Geneviève la coloc de l’enfer, 2e partie: Une courte relation de couple.

Le lendemain, après le déjeuner, ma mère me remet un petit colis. Ce sont mes nouveaux paquets de verres de contact. Ce sont des lentilles jetables au bout de quatre semaines et j’en ai douze paires, soit suffisamment pour l’année 1996 qui s’en vient. Je me rends à ma table de travail et j’y ouvre les deux boites. Je prends ensuite un marqueur au feutre. Geneviève me demande :

« Tu fais quoi? »
« J’ai ici deux boites de verres de contact. Sur celle-ci c’est écrit « gauche », et sur celle-là c’est écrit « droite ». Mais comme tu peux voir, sur les contenants individuels de chaque lentille, il est juste écrit les degrés de forces, soit -8.25 et -9.00. Je vais donc écrire  G pour gauche et D pour droit sur chacun des petits contenants, au cas où j’en égarerais les boîtes. »
« Ouain! C’est vrai que c’est pas pratique pour ceux qui ont pas de tête. Comme toé! »

Hum!?  J’ai beau avoir le sens de l’humour et de l’autodérision, je reste quelque peu surpris par cette remarque, et en particulier par le ton condescendant avec lequel elle me l’a dite. Surtout que le simple fait que j’ai pensé à identifier de la sorte mes contenants de verres de contact, ça prouve que je suis aussi débrouillard que prévenant. Donc tout le contraire de quelqu’un qui n’aurait pas de tête, comme elle le dit. Mais bon, il m’est arrivé souvent par le passé de faire des remarques qui se voulaient humoristiques et qui ont été perçues par l’autre parti comme étant des insultes. Je mets donc la chose sur le compte d’une simple maladresse de sa part et n’en fais pas de cas.

Pour diner, je l’invite à un resto qui est une institution dans la région, le Ti-Père BBQ. Non pas la grosse salle de réception sur la rue Laframboise, mais bien le petit resto modeste ouvert depuis 1964 sur Dessaulles, soit juste à côté du petit bloc appartement où habitent mes parents. À partir du moment où elle met un pied dans le resto jusqu’à notre départ une heure plus tard, elle ne cesse de bitcher : La place est petite, ça a l’air quétaine, le service est trop rapide parce qu’ils ne lui laissent pas le temps de choisir, les frites sont molles, la sauce est trop piquante, la salade est trop vinaigrée, le poulet goûte la marde…

« En tout cas, si t’aimes ça manger icite, ça montre que t’as vraiment pas d’goût! »

Je veux bien croire que ce n’est pas le St-Hubert BBQ. Mais tout de même, si ça existe depuis aussi longtemps, il doit bien y avoir une raison.  (Au moment où j’écris ces lignes en 2014, soit 19 ans plus tard, ils viennent de fêter leur 50e anniversaire.)  Plus découragé par son négativisme qu’insulté personnellement, je lui réponds objectivement :

« Ouain! Je suppose que c’est comme le vegemite pour les australiens. Il faut être originaire de la région et avoir été élevé avec ça pour pouvoir pleinement l’apprécier. »
« Ben là, frustre pas, calice! »

Euh… « Frustre pas, calice! » !?  Ma réponse a pourtant été dite avec calme, logique, sans contenir la moindre trace d’agressivité, ni dans le ton ni dans les mots ni même dans les intentions.  Je n’ai fait rien d’autre que me montrer compréhensif.  Où est-ce qu’elle peut bien voir la moindre frustration de ma part là-dedans?  Surtout que, puisque c’est elle qui chiale contre tout, si l’un de nous deux est frustré, ce n’est selon toute logique certainement pas moi.  Bref, je ne comprends rien à son comportement.

Le soir venu, chez mes parents, elle me fait subir une combinaison de ses deux sautes d’humeur précédentes, soit l’attaque personnelle comme au matin, et la critique négative de la nourriture comme à midi.  Au souper, comme entrée, il y a de la crème de brocolis.  Je lui sers son bol.  D’un ton de voix aussi dégoûté que son air au visage, elle dit:

« Hostie que ça a d’l’air dégueulasse! On dirait du vomi, ton affaire! Où c’est qu’t’as appris à cuisiner? »
« C’est pas moi qui l’a fait.  C’est juste une crème Campbell’s que j’ai réchauffé. »

Elle prend sa cuiller et y goûte.  Sur le même ton méprisant, elle conclut:

 « Ah, ok, c’pour ça que c’est quand même mangeable. »

Ma mère me regarde, démontée.  Elle ne dit rien mais je vois bien dans son regard qu’elle est abasourdie de ce comportement aussi agressif qu’impoli.  Je me contente de hausser les épaules, me demandant moi-même quel peut donc bien être son problème aujourd’hui.  Qui sait, peut-être regrette-t-elle de m’avoir donné sa virginité? Il est vrai qu’elle avait l’air surprise, une fois l’acte terminé, d’apprendre que coucher avec elle n’avait jamais été mon but en l’invitant ici. Et puis, il ne faut pas oublier que j’ai 27 ans, que je suis divorcé ou l’équivalent, déjà père de trois enfants, et de nouveau chez mes parents depuis ma séparation.  Je suppose que je suis loin de correspondre au partenaire idéal de la première fois d’une fille de 18.

Tout le long de notre relation de couple, son humeur n’a que deux settings avec moi: Neutre ou bien agressif.  J’essaye quelquefois de lui demander pourquoi elle agit ainsi envers moi, mais tout ce que ça me rapporte, ce sont des accusations d’être un frustré de la vie qui me défoule sur elle.  Je pourrais balayer ses dires du revers de la main comme autant d’accusations farfelues sans pertinence.  Mais voilà, puisque je sors d’une relation abusive avec la mère de mes enfants, je me dis que dans le fond, ça pourrait être possible.  Peut-être qu’elle dit vrai, que je fais vraiment ce dont elle m’accuse, et que je ne m’en rend pas compte.  Aussi, un jour, je lui demande qu’est-ce qu’il y a dans mon comportement qui lui fait dire ça.  Sa réponse:

 « Ça se voit tout seul.  Si t’es trop cave pour le voir toi-même, ça servirait à rien que j’te l’dise! »

Bon! Ça valait bien la peine d’avoir l’esprit ouvert. :/

Au bout de dix jours, soit la veille des vacances de Noël, Geneviève me laisse une enveloppe sur mon bureau au local du Vox Populi.  Il s’agit d’une lettre de rupture dans laquelle, après m’avoir servi le classique « C’est pas toi, c’est moi », elle conclut en me disant qu’il vaudrait mieux pour nous deux que l’on ne se voit pas pendant deux ou trois semaines.  Je prend la chose avec un grain de sel. Après tout, pour une fille qui n’a de cesse de me jeter des blâmes, le simple fait qu’elle prenne sur elle la responsabilité de la rupture, ça démontre bien qu’elle avait hâte d’en finir.  C’est aussi bien!  Une fille qui est heureuse en couple n’agit pas envers son chum comme elle le faisait avec moi.  Et par conséquent, je ne pouvais pas être heureux non plus. Ce sont des situations de couple comme la notre qui font qu’existe le proverbe Mieux vaut être seul(e) que mal accompagné(e).   Je tiens cependant à la rassurer en lui montrant que j’ai l’esprit ouvert.  Sachant qu’elle vient de partir en bus, je saute dans mon auto et je pars l’attendre devant chez elle.  Dix minutes plus tard, lorsqu’elle arrive, elle a un mouvement de recul en me voyant.

« Hostie! Je l’savais que tu viendrais chez nous! JE L’SAVAIS! »

Je pars à rire, amusé de sa réaction.  Je m’y attendais.  Aussi, je lui dis en souriant:

« Ha! Ha! Mais non, voyons! C’est pas comme tu penses.  Je te rassures tout de suite, chuis pas venu ici pour t’engueuler ou te convaincre de reprendre, et encore moins pleurnicher en te demandant « Pourquôaaaaa? »  Je veux juste te dire que t’as pas à t’en faire, ok?  Je comprends ta décision, je la respecte et je l’accepte.  T’as pas à avoir peur de moi ou de ma réaction.  Regarde, avant de sortir ensemble, on était des bons amis et on s’entendait bien.  Je ne vois pas pourquoi ça devrait être différent maintenant qu’on a vu qu’on n’était pas fait pour être en couple.  Comme tu me l’as demandé, je vais te foutre la paix durant nos vacances de Noël.  Mais je tenais quand même à te préciser que pour moi, tout est correct, je n’ai aucun problème avec ta décision.  Ça te va? »

Tout le long de mon discours, elle reste en retrait.  Elle a l’air incertaine, mal à l’aise, voire même quelque peu craintive.  J’aurais dû m’y attendre.  Si elle a passé sa vie à être aussi abusée qu’elle me l’a dit, je peux comprendre pourquoi elle a peur de moi en ce moment.  Aussi, lui ayant dit ce que j’avais à dire, je n’insiste pas.   Je la salue, lui souhaite un bon congé de Noël, puis je remonte dans l’auto et repars en direction de chez moi, à St-Hyacinthe. 

« Bon! C’est un peu décevant que je ne saurai jamais exactement pourquoi elle a passé une semaine et demi à me maltraiter de la sorte.  Mais dans le fond, ça n’a aucune importance.  Ce qui compte, c’est que maintenant que je ne sors plus avec elle, les abus sont terminés. »

Next: Un an plus tard.

Geneviève, la coloc de l’enfer, 1e partie: La rencontre.

(Ce texte fait partie de la série La Conflictuodépendance.)

C’est au début d’octobre de l’an 1995 que j’ai rencontré Geneviève. Ou plutôt, qu’on m’a chargé de m’en occuper. J’avais 27 ans et j’étais de retour aux études, au cégep, après dix ans de vie adulte. Geneviève avait 18 ans et a dû commencer en retard à cause qu’elle avait passé son été à l’hôpital psychiatrique Douglas, ce qui lui fit rater la rentrée et le premier mois. La prof de français m’a porté volontaire pour l’aider à se rattraper, rapport que j’étais un des meilleurs de la classe. C’est ainsi que, par obligation de travail, nous sommes devenus amis.

Originaire d’Abitibi, à Montréal depuis peu, elle connait très peu de gens ici et a encore moins d’amis. Ses parents sont divorcés, elle a des relations tendues avec sa mère, distantes avec son père, et abusives avec son frère qui, bien qu’il soit de deux ans son cadet, la méprise et la maltraite. Cette situation n’est pas nouvelle pour elle, qui a passé une partie de son adolescence en refuge pour jeunes filles abusées. C’était d’ailleurs l’une des rares du refuge à être encore vierge.

« Remarque, j’me plains pas de jamais m’être fait violer. Au contraire! » me dit-elle. « Mais en même temps, ça montre à une fille qu’elle peut être tellement reject que même sexuellement, personne n’en veut. »

Elle s’est retrouvée à Douglas suite à un genre de tentative de suicide par grève de la faim progressif. Puisqu’elle n’était pas vraiment anorexique, son geste a été diagnostiqué comme étant un simple appel à l’aide. Dès qu’on le lui a fait comprendre, elle a pu être relâchée. Sortant moi-même d’une longue relation abusive avec la mère de mes enfants, je pouvais parfaitement comprendre pourquoi elle avait craqué. J’ai donc décidé de lui donner un break en l’aidant, et pas seulement dans le cours de Français. J’étais, depuis peu, rédacteur en chef du Vox Populi, le journal étudiant de mon cégep. Ce poste venait avec un groupe de collaborateurs qui sont vites devenus amis. Nous recevions toutes sortes d’invitations pour des premières, films, théâtre, lancements, etc. Puisque nous n’avions pas de photographe officiel, je lui ai offert la place. Elle a accepté. Et c’est ainsi qu’elle s’est retrouvé avec un poste officiel, une utilité, des amis et une vie sociale. Elle était heureuse et m’en fut reconnaissante.

Deux mois et demi plus tard, mi-décembre 1995. Vendredi midi, après notre dernier cours de la journée, alors que je m’apprête à aller la reconduire chez elle en auto, elle me demande ce que je fais ce weekend.  Elle n’a rien à faire, pas d’amis libres, et craint de s’ennuyer ferme.  Je lui propose donc de m’accompagner en venant passer le weekend chez mes parents, à St-Hyacinthe. Elle accepte. Je n’avais aucune idée derrière la tête, mes intentions n’étaient qu’amicales. De toute façon, jamais je n’aurais imaginé qu’une fille de 18 ans pouvait s’intéresser à un vieux de 27. Pourtant, ce soir-là, à ma grande surprise, elle m’a offert sa virginité. Ce geste m’a touché car je considère que c’est un grand honneur. Surtout que je n’aurais jamais imaginé qu’à mon âge, je puisse encore recevoir ce genre de cadeau. Une fois l’acte terminé, je le lui dis.  Elle répond:

« Ben là? C’est pas ce que tu voulais? Pourquoi tu m’as invité à passer la fin de semaine avec toi, d’abord? »
« Euh… Pour pas que tu t’ennuies chez vous, comme tu m’as dit que tu craignais qu’il arrive? »

Elle ne répond pas.  On garde le silence une minute ou deux.  Puis, avant de s’endormir, je lui ai demandé si ça signifiait qu’on était un couple. Elle m’a dit que oui, mais…

« Si ça t’dérange pas, j’aimerais mieux que personne le sache. »

Oui, j’avoue, ça me dérangeait un peu. Depuis mon retour au cégep, mes excellentes notes, la vie sociale qui m’est tombée dessus par elle-même, le poste de rédacteur en chef que l’on m’a offert sans que je le demande alors que je ne me m’y étais présenté que comme simple illustrateur, mon texte au sujet des décrocheurs que le prof de Philosophie utilise en tant que sujet de devoir pour ses cours, tout ça me démontrait que ma période reject et loser était définitivement derrière moi. Aussi, devoir revivre la situation de la fille qui a trop honte que l’on sache qu’elle a une relation avec moi, ça me rabaissait inconfortablement à cette période de ma vie que je croyais révolue. Mais bon, comme je le disais plus tôt, ça m’étonnait, aussi, qu’une fille de 18 ans puisse s’intéresser à un vieux de 27. Et puisqu’elle est à l’âge où les apparences comptent, surtout dans le cercle social, je peux comprendre pourquoi elle pourrait ressentir une certaine gêne à avouer qu’elle est en couple avec moi. Aussi, je l’ai rassurée comme quoi je comprenais et acceptais.

Et sur ce, je m’endormis, loin de me douter que c’était la dernière fois que je verrai cette version de Geneviève, une version douce, gentille et amicale.

à suivre

2e partie: Savoir reconnaitre la conflictuodépendance.

Une personne qui initie un conflit n’est pas nécessairement conflictuodépendante. En fait, il y a trois raisons qui poussent les gens à initier des conflits :

Par obligation. Dans ce premier cas, la personne est mêlée à une situation qui ne peut plus durer, ou bien elle voit la situation arriver. Elle est donc obligée d’intervenir, soit pour prévenir, soit pour guérir. Cette personne a généralement des raisons pertinentes d’initier ce conflit. Ce dernier se règle donc pour peu que l’autre reconnaisse et/ou cesse ses agissements reprochables. Ce n’est pas de ce genre de personne dont il sera question dans cette série de billets.

Par plaisir personnel. Il y en a qui aiment la confrontation. Qu’ils aient tort, qu’ils aient raison, ils vont l’initier. Si l’autre se défend, on va assister pendant quelques heures, voire quelques jours, à des attaques, défenses, arguments, contre-arguments, répliques, jusqu’à ce que, à court d’arguments, l’un, l’autre ou les deux abandonne(nt), laissant le conflit dans une impasse, chacun restant sur ses positions. Là encore, ce n’est pas d’eux dont nous parlerons.

Par besoin. Comme dans le cas précédent, cette personne ira initier le conflit.  Et peu lui importe si elle a raison ou tort, puisque son but premier n’est pas de chercher la vérité mais bien de gagner le conflit.  Elle tient tellement à cette victoire que tant et aussi longtemps que l’autre ne lui dira pas ce qu’elle veut entendre pour le caler, elle insiste, persiste, s’acharne.  Mais dans ce cas-ci, elle prend toute défense comme une attaque personnelle. Dans sa tête, consciemment ou non, quand on l’empêche de rabaisser les autres plus bas qu’elle, c’est comme si on la rabaissait elle plus bas que les autres.  Il n’en faut pas plus pour qu’elle se sente attaquée, insultée et blessée. Elle réagit donc en sautant une coche, attaquant l’argumenteur plutôt que l’argument, traitant l’autre de susceptible, s’abaissant à l’accuser de mille choses rarement pertinentes. Et toute tentative pour essayer de discuter avec elle des raisons de ce comportement ne produira de sa part que fuite et/ou déni. Elle ira plutôt se victimiser en accusant les autres de chercher à la faire se sentir inférieure, l’écraser, lui faire du mal. Avec elle, il n’y a pas d’entre-deux : Ou bien elle agit de façon abusive, ou bien elle se décrit comme étant abusée. Puisque son bien-être moral dépend de sa capacité de créer et gagner des conflits, ça en fait une conflictuodépendante.  C’est de ces personnes-là dont il sera question.

Je ne m’en suis pas rendu compte sur le coup, mais j’ai plusieurs fois écrit des billets de blogs où il était question de gens conflictuodépendants. Par exemple, dans le billet 50 personnalités clichés que l’on retrouve dans les communautés virtuelles, il y en a plusieurs qui peuvent entrer dans cette catégorie.  Par exemple:

15- Le RéponDétourneur / La RéponDétourneuse
Lorsqu’on lui parle à raison des torts qu’elle a, cette personne répliquera avec une question au lieu d’adresser le sujet. Une question qui essaye nous faire passer comme ayant un problème mental ou comportemental. Une question du genre de: « Bon, t’as-tu fini, là? », « Bravo, tu as exprimé tes frustrations. Ça va mieux? » ou bien « Coudonc, t’es-tu en SPM? ». Ce qui apporte l’aberration de cette dernière phrase à l’échelon supérieur, c’est que dans 90% des cas, c’est une fille qui la pose à un homme, et que c’est le genre de fille qui ferait une révolte monstre si c’était un homme qui la poserait à une femme.

16- La MartyRisible
Cette fille se permet tous les écarts de conduites possible sur un forum et/ou un chat: Insultes déguisées en blagues, mensonges compulsifs et sans fin, humiliation d’autres membres sur un coup de tête, harcèlement, etc. Mais quand on essaye de discuter avec elle au sujet de ces comportements inacceptables, alors là elle part à brailler que son loyer est en retard, sa grand-mère vient de se faire diagnostiquer un cancer, son beau-frère est dans le coma, ses ex la battaient, sa cousine lui pique tous ses amoureux potentiels, son patron cherche juste une bonne excuse pour la mettre dehors, elle a été victime d’un viol collectif à l’age de 4 ans au mariage de sa tante par les 97 gens présent incluant le prêtre et le traiteur, elle n’arrête pas de grossir même si elle prend juste un repas à tous les 48 heures, et maintenant on l’accuse d’être la cause de tous les problèmes du forum incluant probablement ceux arrivés 7 ans avant qu’elle en devienne membre. C’EST TROP INJUSTE!!! Elle conclut alors qu’elle va quitter la place pour toujours… Ce qu’elle fera, pendant environs 36 à 48 heures, avant de revenir et de recommencer.

19- L’AutoMartyr
Celui-ci possède deux caractéristiques particulière. La première: Il se choisit un nom dans le style de Le Maudit, Martyr, Le Banni, Cursed, Reject, Paria, et autres mots pouvant signifier « Pauvre de moi, tout l’monde me haït. »  La seconde: Il se comporte de façon à mériter ce nom en faisant tout pour se faire haïr des autres. Bref, il s’agit d’un passif-agressif qui manipules les gens dans le but de faire de son nom une prophétie autoréalisatrice. Ça a un double but: D’abord pour le fun de pouvoir contrarier les autres à loisir, et ensuite  pour pouvoir blâmer les autres en les accusant d’être des bitchs qui l’attaquent par mesquineries personnelles.

20- L’HypoCritique
Elle commence par faire des critiques rabaissantes. Lorsque la personne visée par ces critiques ose lui répondre, l’HypoCritique va devenir susceptible et se mettre sur la défensive en lui répliquant hypocritement : « Hostie que t’es susceptible et/ou sur la défensive. » C’est ça l’avantage d’être attaqué par une personne HypoCritique: Tout ce dont elle t’accuse après ta première réponse s’applique d’abord à elle-même.

21- Le ManipulActeur / La ManipulActrice
Cette personne constate qu’elle ne peut pas avoir le dessus sur toi parce que tu as des arguments pertinents pour appuyer ton opinion, tandis qu’elle n’en a aucune pour justifier d’être contre. Elle essaye donc de te manipuler à te taire, en t’accusant d’être un manipulateur, donc que tes arguments ne sont que manipulations. Bref, elle te donne son rôle tout en essayant de prendre le tien.

28- L’insulTannant / L’insulTannante
Cette personne considère qu’insulter quelqu’un est une forme d’humour acceptable, alors elle ne s’en gêne pas. Et si son commentaire est suivi d’un lol ou d’un 😉 alors il faut s’attendre à ce que le dit commentaire soit particulièrement rabaissant. Si on le lui fait remarquer, l’InsulTannant va se montrer très surpris qu’on prenne son commentaire si mal, et il s’en défendra en utilisant la grande classique « J’essayais juste de détendre l’atmosphère » en rajoutant que les gens de ce forum sont vraiment susceptibles.

Dans la série Les dommages collatéraux de l’auto-importance démesurée, je raconte comment je provoquais Allen, mon supérieur immédiat au travail, afin de pouvoir ensuite me plaindre à notre patron comme quoi, pauvre de moi, Allen cherche juste à me causer des problèmes. Mon but en faisant ça était de rabaisser Allen.  Mon orgueil avait besoin de ça.  Mais quand le patron a vu clair dans mon jeu et m’a congédié, j’ai passé une partie de l’après-midi à me plaindre comme quoi la société est injuste envers les gars comme moi.  Tout est là:

  • Initie le conflit.
  • Cherche à rabaisser l’autre plus bas que moi.
  • Insiste, persiste, s’acharne. (à manipuler Allen à me chercher du trouble, à prouver au patron qu’il fait erreur de le garder à son emploi)
  • Refuse de discuter avec le patron sur les raisons de mon comportement.
  • Passe aux accusations/insultes.
  • Me victimise.

Dans le premier chapitre de la série Fantasme VS réalité: Le ménage à trois, il y a ce passage dans lequel non seulement une fille essaye de me faire passer pour ce que je ne suis pas, et ce de façon particulièrement persistante.  Et elle réagit très mal lorsque je lui explique de façon objective pourquoi elle se trompe à mon sujet:

TAMARA: Pis toi, Steve, t’es tu bi?
MOI: Non, straight!
TAMARA: Comment tu l’sais?
MOI: Le fait que je suis attiré par les filles et non par les gars, j’dirais que c’est un assez bon indice comme quoi chus hétéro.

TAMARA: Mais t’as jamais couché avec un gars?
MOI: Non.
TAMARA: Comment tu l’sais que t’es pas bi d’abord?
MOI: Parce que ‘me semble que c’est pas mal difficile de se prétendre bi quand on a toujours eu rien que des relations hétéros.
TAMARA: Ça veut rien dire.
MOI: Euh… J’comprends pas.

TAMARA: Tu dis que t’as jamais couché avec un gars.
MOI: Exact!
TAMARA: Ben dans ce cas-là, comment tu l’sais, que t’es pas bi, si t’as pas essayé?
MOI: Pour autant que je sache, la raison pourquoi on a du sexe, c’est pour répondre à nos désirs sexuels. Puisque je n’ai jamais eu de désirs sexuels pour les gars, je peux donc affirmer être straight.

C’est pourtant logique. Je ne vois pas comment on pourrait être plus clair.

TAMARA: Oui mais r’garde… Si t’as jamais couché avec un gars, tu peux pas dire que t’aimes pas ça.
MOI: Ben oui!
TAMARA: Ben non! Tu peux pas dire que t’aimes pas kek’chose sans l’avoir essayé.
MOI: Mais oui je peux: Puisque je n’ai pas envie de le faire, alors c’est évident que je n’aimerais pas le faire.

Loin de voir mon point de vue, Tamara soupire de découragement.

TAMARA: Pffff….  Ah, moi, le monde qui ont des préjugés…
MOI: Des préjugés?
TAMARA: Tu juges sans savoir si t’aimerais vraiment ça ou non baiser avec un gars. Tu peux pas l’savoir sans l’avoir fait. Tsé, quand t’es dans l’noir total pis que tu te fais sucer, tu peux pas l’savoir si c’est un gars ou une fille qui te suces.  Tu vas trouver ça bon pareil.  Fa que c’est quoi la différence, d’abord? Y’en a pas!

Sophisme à l’état pur.  Tandis que je compose mentalement une réplique pour lui expliquer où se situe l’erreur dans son jugement, elle conclut avec une phrase qui m’insulte quelque peu.

TAMARA: T’sé, on ne peut pas être épanoui sexuellement quand on n’a pas l’esprit ouvert.

[…]

MOI: Puisque tu es une personne ouverte d’esprit, tu pourrais peut-être répondre à une question qui me tracasse depuis ben longtemps.
TAMARA: Vas-y!
MOI: Pourquoi est-ce que les personnes qui se disent être ouvertes d’esprit sont toujours celles qui ont l’esprit le plus fermé au fait que les autres puissent avoir des goûts différents des leurs?

Elle ne répond pas.  Je continue:

MOI: En fait, il me semble que la première chose qu’on est supposée démontrer quand on a un esprit ouvert, c’est avoir du respect pour les gens qui sont différents de nous. Par exemple: Toi t’es bi.  Donc t’es différente de moi qui suis straight.  Moi, je respecte ton orientation sexuelle et je ne la questionne pas, même si elle est différente de la mienne.  Pourquoi est-ce que faire pareil avec les autres, c’est si difficile pour toi?

[…]

MOI: Tu vois, quand je suis retourné aux études il y a 3 ans et que je restais aux résidences étudiantes. Il est arrivé un soir qu’on se retrouve à 5 personnes à baiser dans ma chambre: Moi et ma blonde de l’époque, l’amie de ma blonde, son chum et une de leurs amies. Il n’y avait pas d’échange, c’était plus un trip de voyeurisme qu’autre chose.  Mais je me suis rendu compte que la présence d’un autre gars tout nu dans la pièce, ça m’intimidait. C’était la première fois de ma vie que je bandais mou alors que j’étais en contexte sexuel. Si chus juste capable de la garder raide à 60% rien qu’à voir un gars tout nu, j’ose à peine imaginer ce que ça va être s’il me touche.
TAMARA: Ben là, c’est parce que tu t’es pas donné la chance d’apprendre à aimer ça. Faut se forcer au début, tsé. Faut que tu te donnes le temps de t’y faire.
MOI: Euh… C’parce que, me semble que le sexe, c’est laisser libre cours à ses désirs et à ses envies. Pourquoi est-ce que j’aurais du sexe avec quelqu’un pour qui je ne ressens ni désir ni envie? À partir du moment ou il faut apprendre à aimer ça, c’est parce qu’on n’aime pas ça. Quand le sexe arrête d’être quelque chose que l’on aime, ça devient quelque chose que l’on est obligé de faire. Quand c’est une obligation, c’est pu du plaisir. Pis pour être franc… Me semble que juste le principe d’être forcé à faire quelque chose sexuellement… C’est un viol. Non?

Tamara ne répond pas à ça. Je suppose qu’elle voit la logique dans mon explication. Je conclus donc mon point avec la réplique que je planifiais lui servir plus tôt, soit celle qui explique où se situe l’erreur dans son jugement,:

MOI: Pis, ben, ton histoire comme quoi je devrais aimer coucher avec un gars parce que dans le noir je ne peux pas voir la différence entre un suceur masculin ou féminin… C’est comme si je te disais que tu devrais aimer l’inceste, parce que dans le noir, tu ne saurais pas faire la différence entre un cunnilingus donné par ton chum ou un donné par ton père. C’est pas une question qu’une bouche sera pas aussi bonne que l’autre. C’en est une de désirer un partenaire plutôt que l’autre. D’être à l’aise avec un partenaire plutôt qu’un autre. C’est tout. J’veux dire, peu importe la raison pourquoi tu veux pas coucher avec quelqu’un, le simple fait que tu veux pas coucher avec, c’est une raison suffisante pour pas le faire. Non?

Tamara garde le silence. En fait, pendant près d’une minute, personne ne dit rien. J’ai comme une vague impression qu’un malaise plane dans le véhicule. Ce malaise se confirme lorsque Tamara brise son silence et demande à Britney de lui refiler le premier album des Colocs, qu’elle met dans le lecteur CD et fait aussitôt jouer à tue-tête.

Et dans ce chapitre, son comportement m’est expliqué par une amie commune:

MOI: Pis sa remarque, là, comme quoi j’allais encore l’engueuler comme dans le char… Que c’est ça, cette insistance-là qu’elle a à me faire passer ou bien pour un cave ou bien pour un chialeux?
JULIE: C’parce qu’à pense que tu la juges sur sa sexualité.

Cette accusation injustifiée me fait sauter au plafond.

MOI: Que…?  Moi, la juger ELLE? Alors que c’est elle qui n’arrête pas de me chier dessus parce que chus straight!?
JULIE: C’est parce que pour elle, le fait que tu lui ais dit que t’étais straight, sans vouloir essayer autre chose, c’est comme si tu lui disais que c’t’une salope d’être bi.

Je suis en totale aberration devant ces paroles.

MOI: Ben voyons donc? Comment est-ce que la sexualité de quelqu’un pourrait constituer une attaque personnelle contre la sexualité d’une autre? Ça n’a pas de bon sens.

Tout est là:

  • Initie le conflit sans raison valable.
  • Insiste, persiste, s’acharne. (sur la bisexualité de l’autre)
  • Passe aux accusations/insultes (Accuser l’autre d’avoir des préjugés, d’avoir l’esprit fermé)
  • Refuse de discuter sur les raisons de son comportement.
  • Fuit le conflit (en mettant de la musique tellement fort que ça empêche de parler) lorsqu’elle est confrontée à la preuve indéniable qu’elle était dans le tort.
  • Se victimise en prenant mes explications pour des attaques personnelles.

À la fin de ce chapitre de la série Harceler Nathalie, j’ai ce joyeux exemple avec mon père :

Ce n’est pas faute d’essayer d’être conciliant.  Par exemple, un soir alors que j’ai terminé de regarder la télé au salon, mon père est assis à la table de la salle à diner adjacente. Là où il est, il peut apercevoir l’écran de télé.  Histoire de faire plaisir à ma mère, même si elle n’est pas là, j’opte pour faire en sorte de ne pas provoquer sa colère en gardant la télé allumée ou bien fermée par erreur. Il m’a déjà disputé par le passé dans les deux cas.  Mais bon, à quoi s’attendre d’autre d’un gars qui m’a engueulé sans retenue il y a 2 ans en m’accusant d’avoir détraqué la couleur de la TV sur la chaine 12, parce que les reprises de l’émission The Honeymooners (diffusée originalement en 1955-1956) qui y passaient était en noir et blanc. Voilà pourquoi je choisis d’être prudent et de poser lui la question suivante:

MOI: Est-ce que je ferme la télé ou bien tu veux l’écouter?

De son habituel ton sévère et méprisant, il me répond:

PÈRE: Rouvre tes yeux, tabarnak! Chus dans’ cuisine, je r’garde pas la TV. Pense avec ta tête, calice!

Révolté, je me lève, monte le ton et lui dit d’un air exaspéré:

MOI: Quand je ferme la TV, tu chiales parce que tu veux l’écouter.  Quand je laisse la TV allumée, tu chiales parce que personne ne l’écoute.  Pis quand je prends la peine de te poser la question justement pour pas t’entendre faire du chialage, là tu…

Pour toute réponse, mon père se lève, me tourne le dos en levant les bras et dit un très impatient « OK! OK! OK! OK! » avant de sortir de la maison. Tandis qu’il passe dehors devant la fenêtre du salon, je l’entends se parler à lui-même:

PÈRE: Christ d’enfants de cul de tabarnak, il faut toujours qu’ils aillent raison, hostie. Ça mériterait juste une bonne coupl’ de calice de coups de pieds dans l’cul.

Tout est là:

  • Initie le conflit sans raison valable. 
  • Refuse de discuter sur les raisons de son comportement.
  • Fuit le conflit lorsqu’il est confronté à la preuve indéniable qu’il n’avait aucune raison valable de l’avoir initié. 
  • Passe aux accusations/insultes. 
  • Se victimise. 

Sinon, mon billet sur La lâcheté davidienne décrit un comportement typique de gens souffrant de conflictuodépendance.   Et que dire du billet Insulter en prétendant que c’est de l’humour.  Je n’y parle que de ça. On y retrouve d’ailleurs quelques phrases dites par Geneviève la coloc de l’enfer, dont je ne cesse de promettre de remettre son histoire en ligne.

À suivre

Prochaine série / prochain billet: La conflictuodépendance

Je me suis rendu compte aujourd’hui que dans ma vie, j’ai eu à faire avec six personnes qui, sans ne jamais s’être rencontrées, avaient exactement le même comportement négatif envers moi ainsi qu’avec la majorité de leur entourage.  Faute d’un meilleur mot, j’ai nommé ce comportement la conflictuodépendance.

Qu’est-ce que la conflictuodépendance?
Il ne s’agit pas simplement de quelqu’un qui aime les situations de conflits.  C’est également quelqu’un qui en a besoin pour vivre.  Cette définition n’est ni un sarcasme ni une exagération.  De mon père à quelques une de mes ex en passant par la légendaire Geneviève la coloc de l’enfer, de quelques amis que j’ai eu aussi bien sur le net que dans la vraie vie, ils avaient tous ces quelques points en commun:

  • Recherche constamment à démontrer aux autres qu’il vaut mieux qu’eux, en sait mieux qu’eux, est plus logique qu’eux.
  • Recherche constamment à rabaisser les autres plus bas que lui.
  • Utilise la moindre opportunité de trouver une bonne raison de le faire.
  • Au besoin, s’invente des raisons: Mensonges, exagérations, déformations des faits, interprétation farfelue (et négative) des faits, gestes et paroles des autres.
  • Tant et aussi longtemps que l’autre ne lui dira pas ce qu’il veut entendre pour le caler, il insiste, persiste, s’acharne.
  • Ne réserve pas ce comportement que pour ses ennemis/rivaux.  Il s’attaque tout autant à ses amis, membres de sa famille, conjoint(e), etc.
  • Et surtout, et c’est là que se justifie la section dépendance du mot, il prend très mal la moindre contrariété dans ses efforts de démolition d’autrui.  Même si cette contrariété est aussi anodine que de lui pointer une erreur dans un aspect de son jugement de l’autre, ce sera suffisant pour qu’il entre dans une colère noire.
  • Colère qui se manifestera ironiquement en accusant/projetant sur l’autre, à tort, son propre comportement négatif.  Exemple: Accuser l’autre de vouloir rabaisser son entourage, alors que c’est lui-même qui l’a fait en attaquant l’autre pour commencer.  Accuser l’autre d’être frustré, même si l’autre reste calme. 
  • Refuse de reconnaitre qu’il a tort d’agir ainsi avec son entourage et préfère (essayer de faire) croire que l’autre a des motifs négatifs/immoraux de se défendre de ses attaques.
  • Fuit le conflit lorsqu’il réalise que celui-ci n’est pas en sa faveur car il n’a pas raison. 
  • Si on insiste à lui faire reconnaitre que ce comportement est négatif, il ira se victimiser: Accuser les autres d’essayer de la démolir, de l’humilier, de le rabaisser, jusqu’à faire semblant de sombrer dans la dépression, en accusant ceux qui n’acceptent pas sa bullshit d’être la cause de son état.
  • Cherche à rallier à sa cause les amis que sa cible et lui ont en commun.

La seconde moitié de cette liste démontre que les gens conflictuodépendants ont tellement besoin de rabaisser les autres que même si on ne les attaque pas en retour, le simple fait de les empêcher de le faire est suffisant pour les perturber.

Dans les jours et semaines qui vont suivre, je vais vous raconter mes expériences avec ces six personnes.  Et, à la demande générale (oui, on me l’a vraiment demandé plusieurs fois) je vais commencer avec Geneviève la coloc de l’enfer.

Être accro à l’idée de plaire

Je vais vous faire une confidence quelque peu embarrassante.  Vers 2002-2003, j’ai écrit un livre que n’ai jamais envoyé chez un éditeur, faute d’en trouver un dont la ligne éditoriale aurait correspondu avec le sujet.  De ce manuscrit de 229 pages, en voici la première:

Avec le temps, beaucoup d’aspects de ce que j’y ai écrit ont changé et ont cessé d’être valable. (Incluant mes coordonnées.)  Au fil des années, afin de ne pas tout perdre, il m’est arrivé de modifier et recycler quelques articles contenus dans ce projet de livre.  Environs le ¾ du manuscrit fut transformé pour devenir ces billets de blog:

La difficulté de dire « Non merci! » (Titre Original dans le Livre: Pourquoi nous mentent-elles? Les vraies raisons.)
Ce que les filles disent -VS- ce que ça veut dire.  (T.O.L: Décoder le langage féminin)
Les mensonges de la rupture.  (T.O.L: Décoder le langage féminin… Lors de la rupture.)
Échanger une prison contre une autre.
Salomé: Portrait d’une sociopathe.  (T.O.L: Salomé, celle qui obtient tout ce qu’elle veut.)
Les gaffes du premier rendez-vous.  (T.O.L: Les erreurs à ne pas faire.)
L’impuissance de voir une amie délibérément abusée. (T.O.L: Plus je lui ouvre les yeux sur le comportement abusif de son chum et plus elle s’éloigne de moi.  Pourquoi?)
Comment le fait d’être un bon gars a ruiné ma vie sociale, amoureuse et sexuelle, (1ère partie) (T.O.L: Daniella, ou: As a friend!)
Comment le fait d’être un bon gars a ruiné ma vie sociale, amoureuse et sexuelle, (3e partie) (T.O.L: Océane. Comment peut-on être encore aussi naïf à 28 ans?)
TARD ne vaut pas toujours mieux que JAMAIS.
L’analyse malvenue.  (T.O.L: Toi, t’es le genre de fille qui…)
Déclaration d’amour? Grosse erreur.  (T.O.L: Condamné par sa propre bouche.)
La malédiction du bon gars gentil et sauveteur. (T.O.L: l’ingratitude de la fille en détresse.)
Le pire des gars qui soit: Le Bon Gars
.  (T.O.L: Être un gars correct, ou seulement être un gars qui ne fait rien de pas correct.) ‘
Autopsie du Loser.  (T.O.L: Autopsie du Loser.  Êtes-vous votre propre pire ennemi?)
Le Chum idéal? Vraiment?  (T.O.L: Le gars idéal? Y’en a qui s’en font accroire pis pas à peu près!)
L’ÉCHELLE DE KEV, pour mesurer l’appétit sexuel de votre copine.
Misogyne? Moi?  (T.O.L: En guise de conclusion.)

Originalement, le message contenu dans ces textes disait « Dans telles situations, les filles agissent comme ça, et puis voilà, faut pas chercher à comprendre, c’est comme ça et pas autrement, faut l’accepter où se faire rejeter. » C’est qu’à l’époque, bien que j’étais déjà observateur, je n’avais pas encore acquis un haut niveau de sagesse.  Bref, c’était peut-être un pas dans la bonne direction, il reste que ce n’était qu’un pas.  Et un seul pas, ça ne va pas loin. Aussi, les modifications que j’ai apporté à ces textes avant de les reprendre sur ce blog sont surtout au niveau de la compréhension.  C’est à dire que maintenant j’explique le comment et le pourquoi de tels comportement au lieu de simplement les dénoncer.  J’ai aussi constaté avec les années que bon nombre de ces comportements sont unisexes.

Pour le billet d’aujourd’hui, j’expérimente une approche différente: Je reprend un autre texte de ce manuscrit en le laissant tel quel.  Et à la fin de celui-ci, j’apporterai corrections et compléments requis.   C’est parti:

Accros à l’idée de plaire
Cesser de vouloir une fille, c’est l’insulter? WTF?

Dans le chapitre Pourquoi nous mentent-elles? Les vraies raisons,  j’ai parlé de l’incapacité de certaines filles de pouvoir dire à un gars de façon directe et précise qu’il ne l’intéresse pas au-delà de la simple amitié.  Or, j’ai appris à mes dépens que si c’est une bonne chose de réussir à décrocher d’une fille qui ne veut rien savoir de nous, ce n’est vraiment pas une bonne idée de le lui faire savoir.

En vingt ans de fréquentations féminines diverses, il m’est arrivé à au moins quatre reprises de vivre la situation suivante : Je suis attiré émotivement ou sexuellement par une fille, et je lui fais savoir.  Me demandant de patienter car elle ne peut accéder à ma demande pour l’instant, elle me fait staller durant une période allant de quelques semaines à quelques mois, soit parce qu’elle n’est pas prête à ça pour le moment, ou bien parce qu’elle a un chum.  J’ai beau être patient, il vient un moment où un gars se rend compte qu’il attend en vain. Par exemple, quand tu lui as déclaré ta flamme pendant qu’elle est célibataire, qu’elle te demande de patienter, puis qu’ensuite elle commence à sortir avec un autre gars tout en sachant que toi tu trippes sur elle, c’est généralement un bon signe comme quoi tu perds ton temps.  Dans ce temps là, puisque je vois bien que la fille n’est pas intéressée, je réalise que ça ne sert à rien d’insister puisque ça me fait attendre quelque chose qui n’arrivera jamais, tandis qu’elle a à subir mon désir non sollicité.   Quant à son chum, c’est jamais l’fun de savoir qu’on a un rival, qu’il ait des chances ou non.

Aussi, pour nous rendre service à tous, je me fais une raison et j’oublie ça.  Afin de la rassurer,  je lui fais savoir qu’elle peut enfin me voir sans avoir peur que je la viole, car mon intérêt pour elle a complètement disparu, à part la simple amitié que l’on a déjà.

La réaction de ces filles face à mes paroles qui se voulaient sincèrement rassurantes ?  Elles ont frustré, m’ont insulté, calomnié, m’ont évité, ont inventé plein d’écoeuranteries à mon sujet pour me descendre aux yeux des autres, et j’en passe et des pires.

 What the fuck ?

 Le plus frustrant, c’est que non seulement je prends la peine d’être assez compréhensif pour décrocher d’elles, j’accepte le fait qu’il ne se passera rien entre nous et je me retire dans le calme, l’harmonie et la dignité, tout en voulant continuer la relation amicale, plutôt que de frustrer après et de les traiter de toutes sortes de noms. Logiquement, si elle n’a pas envie de moi au-delà de l’amitié, la nouvelle comme quoi elle n’a plus rien à craindre de mes envies non-partagées ne peut qu’être accueillie positivement, non ?  Décrocher et te le faire savoir, n’est-ce pas la réaction idéale que peut avoir quelqu’un qui ne t’intéresse pas ?  Alors pourquoi une telle réaction ? Pourquoi ces filles m’ont-elle traité comme si je leur avait fait le pire des affronts alors que tout ce que j’ai fait c’est de les libérer d’un poids inutile ?

Quelle fut mon erreur ?  Mon erreur fut de réagir comme un gars, donc en utilisant la logique pour contrôler mes sentiments.  Or, au sujet des sentiments, rares sont les femmes qui font appel à la logique.  Ce n’est pas parce qu’une situation est meilleure pour tout le monde que ça signifie que cette solution va automatiquement lui plaire.

Les valeurs que véhiculent la société font que la femme ressent le besoin de plaire et de séduire afin de se sentir valorisée.  C’est sûr que de nos jours, une femme peut se trouver valorisée autrement, que ce soit dans sa carrière ou dans son rôle de membre actif de la société, de par son intellect, ou même comme mère modèle.  Hélas, pour celle qui n’a pas l’étoffe d’une femme de tête, de carrière ou de famille, son potentiel séducteur est pas mal tout ce qui lui reste pour se valoriser.  Je pense, par exemple, aux grosses dans les sites de rencontres, qui ne font rien d’autre que de passer leurs journées et leurs soirées devant leur webcam, en déshabillé transparent, à jouer la carte de la fille facile en offrant du sexe à tous les hommes, même ceux qui ne lui plaisent pas, juste pour avoir leur attention et leur affection.  Dans de telles conditions, lui faire savoir qu’elle a baissé sur notre échelle de désir, ça équivaut à lui dire qu’elle ne vaut pas grand chose.  Et ça, c’est insultant.

La dernière avec qui ça m’est arrivé était une belle jeune fille de 26 ans, le genre a avoir l’embarras du choix et à vouloir le garder.  Voyant que je n’avais aucune chance, je l’ai rassurée que j’avais décroché.  Elle me faisait la belle façon en face, tout en écrivant dans son journal personnel online que j’étais rien qu’un hypocrite plein d’marde qui lui joue dans l’dos. Confrontée aux écoeuranteries qu’elle écrivait en public à mon sujet, elle m’a donné comme explication que, puisque j’avais perdu tout désir charnel pour elle, il était donc évident que je ne voulais plus rien savoir d’elle, même en ami. (Et on dira après ça que seules les femmes sont la cible de préjugés sexistes.)  Et puisque dans son raisonnement, lorsque l’on n’est pas ami on est ennemi, alors elle ne se gênait pas de me traiter comme tel, du moins dans son journal.

Un conseil en passant, pour les auteurs de blogs : Un journal personnel ne peut pas être à la fois ONLINE et SECRET.  C’était la 4e fois qu’elle perdait des amis parce qu’ils avaient découvert de cette façon ce qu’elle pensait d’eux. Y’en a qui n’apprennent jamais.

Comment ne pas faire cette erreur ?  Sans pour autant faire exprès de continuer d’entretenir faussement chez elle l’idée que tu trippes dessus, la meilleure chose à faire est de fermer ta yeule.  Mieux vaut que ton manque de désir pour elle reste nébuleux, plutôt que d’avoir sa frustration pour toi qui soit claire.

J’en vois déjà qui vont s’objecter du fait que quand une fille repousse un gars, il faut l’accepter, mais quand c’est un gars qui repousse une fille, elle ne l’accepte pas.

Est-ce que c’est injuste?  Oui!
Est-ce que c’est immature comme réaction et comme comportement féminin?  Oui!
Qu’est-ce qu’on peut y faire?  Rien!

 Celui qui se donnerait comme mission d’éduquer les filles sur ce point et de les forcer à faire face à la réalité de l’injustice de ce comportement doit s’attendre à passer une longue vie solitaire, s’il croit vraiment pouvoir à lui tout seul changer la mentalité de 50% de la population.  Alors c’est toi qui as le choix :  Si tu veux jouer, il va falloir accepter leurs règles, sinon tu vas passer le reste de ta vie à devoir t’amuser tout seul dans ton coin.

Attendrissant, non, ce petit côté frustré, misogyne et passif-agressif que l’on peut déceler dans ce texte? Il ne faut pas m’en vouloir.  D’abord, parce qu’en 2002, j’étais encore ignorant.  Et ensuite, non seulement j’y démontrais que je m’étais résigné à jouer selon les règles injustes établies par les femmes, j’invitais les autres hommes à en faire autant. On ne peut donc pas nier que j’avais l’esprit ouvert.  Ignorant, d’accord, mais tout de même ouvert.  De toutes façons, au nombre de fois où on m’a cité Oscar Wilde avec son « Les femmes sont faites pour être aimées, pas pour être comprises. », je m’étais également résigné au fait que personne ne nous demandait de comprendre pourquoi une fille tenait à avoir l’affection de gars qui ne l’intéressaient pas.  Je devais juste l’accepter.

Et nous voici au moment où je vous fais ma confidence embarrassante. Non, ce n’est pas le fait que j’ai un jour écrit un tel livre.  C’est le fait que six ans après avoir écrit l’article reproduit ci-haut, j’ai moi-même adopté l’attitude que j’y dénonce.

Janvier 2008, je m’inscris à Défi Diète.  J’ai déjà raconté cette histoire alors on n’y reviendra pas. Il suffit juste de voir les résultats…
… et de savoir que pour la première fois de ma vie, je plaisais avec mon physique. 

Ça a débuté de façon anodine, sur le blog de Défi Diète que les participants étaient encouragés à écrire sur (le maintenant défunt) Espace Canoë.  Lorsque j’y ai posté mes photos post-défi, plein de gens que je ne connaissais pas m’ont écrit des commentaires positifs.  Les gars étaient impressionnés.  Les filles disaient me trouver beau.  Et gars comme filles m’exprimaient ne pas croire que j’allais avoir 40 ans au milieu de cet été-là.

Peut-être par manque d’habitude ou peut-être pour cause d’Ego déjà naturellement porté à trop se gonfler, ces flatteries me sont vite montées à la tête.  Plus je recevais de compliments, plus ça me faisait du bien et plus je voulais en avoir.  C’était une drogue.  Voilà pourquoi je n’ai de ma vie jamais autant fait preuve de narcissisme que durant les mois de juin, juillet et aout 2008.

À la recherche d’autres flatteries, je suis allé dans les quelques forums que je fréquentais et j’y ai posté un résumé de mon parcours dans les section sports/santé/bien-être, avec photos à l’appui, bien entendu.  Ça n’a pas trainé: Témoignage d’étonnement, mots d’admiration, et surtout des compliments de la part de filles qui ne m’avaient jusque-là jamais donné que leur indifférence.  Je m’inscris à d’autres forums et je retourne sur ceux que j’avais abandonné depuis des années, incluant un créé par et pour des femmes ayant de l’embonpoint mais où les messieurs étaient les bienvenus.  J’ai poursuivi ma lancée en allant m’afficher sur de mes blogs inactifs sur MySpace.  J’ai même poussé la chose jusqu’à aller m’inscrire sur plusieurs sites de rencontres.  Sans pour autant dire sur ma fiche que j’étais en couple, je prenais néanmoins la peine d’y écrire que je n’étais là que pour amitié seulement.  C’est que je me doutais bien que ça allait m’attirer beaucoup plus de compliments et d’attention que si je disais que j’avais déjà une blonde. 

De celles qui venaient à moi d’elles-même, je buvais les compliments et l’attention, toujours en y répondant d’un air faussement naïf, les poussant à continuer, à me multiplier les témoignages d’affection, me laissant désirer.  Beaucoup m’offraient leur adresse MSN (Version préhistorique de Skype, mais dans le style de la messagerie Facebook.) afin de jaser en privé.  J’en acceptais certaines, j’en refusais d’autres.  Je jouais le jeu du naïf qui ne se rend pas compte qu’il se fait draguer.  Et j’étirais la sauce autant que possible, jusqu’au moment où la fille, désespérée de me voir réagir, finissait par me dire clairement que je lui plais et/ou qu’elle me désire sexuellement.  C’est là que, à mon grand regret, j’ai eu à mettre les choses au clair avec elles et que j’ai eu à les repousser.  Et si je dis que c’était à mon grand regret, c’est parce que ça signifiait que ça allait diminuer l’attention et les compliments que j’allais recevoir.

Hélas, se faire repousser, peu de gens le prennent bien.  Surtout quand l’autre n’a jamais été clair et t’a laissé rêver à son sujet.  J’ai eu droit à tout: De la déprime à la colère noire, des crises de larmes aux crises d’hystéries, des lettres d’amour aux mails d’insultes, de celles qui m’ont instantanément banni et oublié à celles qui sont restés accrochés sur mon cas en me stalkant partout jusqu’à un an et demi plus tard.  Ayant eu la stupidité d’avoir joué ce jeu avec une des programmeuses/modératrices d’Espace Canoë, elle a commencé par m’en interdire l’accès en changeant le mot de passe de mon blog, avant de le détruire pour de bon la semaine suivante. Du côté des forums, il n’était pas rare que des gens soient membres de plusieurs de ceux-ci, alors partout où j’allais, il y en avait au moins un qui me connaissait, ne serait-ce que de (mauvaise) réputation, et en parlait aux autres.  Rendu en septembre 2008, tout le monde s’était passé le mot et voyait clair dans mon jeu.  Les seules personnes à me manifester encore de l’intérêt, c’était pour me démolir.  Les autres m’ignoraient avec mépris. 

Pendant 90 jours, je me suis comporté exactement comme ces femmes que je dénonçais six ans plus tôt dans mon texte, en désirant avoir l’amour et l’attention de gens à qui je n’aurais jamais rendu la pareille.  Après ces trois mois de rêve à me faire idolâtrer, j’étais redevenu un moins que rien.  Je ne suis pas un haineux de nature, alors je ne me suis pas mis à haïr ces femmes et ces filles pour avoir commis le crime de cesser de m’aimer.   N’empêche que ça m’a rendu très déprimé.

C’est là que j’ai appris qu’il est facile de juger quelqu’un pour son comportement égoïste et illogique.  Mais quand on se met à la place de cette personne, même si ce comportement reste égoïste et illogique, on peut quand même mieux comprendre ce qui la pousse à agir ainsi.  Peut-être pas l’accepter, mais au moins le comprendre.

Pas obligé de rester loser, 13e partie : Se tenir loin des autres losers.

Il y a un proverbe anglais qui dit Misery loves company, ce que l’on peut plus ou moins traduire par Les gens misérables préfèrent vivre leur misère en compagnie d’autres miséreux, parce que c’est plus facile d’essayer d’attirer les autres en bas avec toi que de faire l’effort de t’élever vers eux. Et c’est vrai! Il m’est arrivé plusieurs fois d’observer ou de vivre ce phénomène.

Quelques chapitres plus tôt, je parlais de deux catégories de gens qui cherchent à te garder loser : Ceux qui le font par mesquinerie car ils veulent rester au-dessus de toi, et ceux qui le font par crainte que tu essuies un échec si tu essayes de t’en tirer. J’avais oublié qu’il existe une 3e catégorie : Les losers qui ne veulent pas être les seuls à être losers.

On a beau être loser, ça ne nous empêche pas d’avoir un peu d’orgueil et d’amour-propre.  Même qu’on en a plus que la majorité puisque le fait d’être loser nous dérange sans cesse. Voilà pourquoi, tel qu’expliqué dans plusieurs des chapitres précédents, le loser se cherche toujours une bonne raison pour expliquer et excuser son loserisme.  Généralement, en démontrant que ses échecs ne sont pas de sa faute, et que n’importe qui à sa place se serait tout autant cassé la gueule que lui. Ce besoin de se justifier va parfois l’inspirer à se lancer dans les trois étapes suivantes:

  1. Entreprendre un projet personnel dans lequel il n’a que peu de chances de réussite.
  2. Convaincre une personne de lui servir de partenaire dans ce projet.
  3. Faire en sorte pour que le projet échoue.

Ou bien, alternativement:

  1. Choisir une personne qui entreprend un projet dans lequel elle peut réussir.
  2. Convaincre cette personne de l’accepter comme partenaire dans ce projet.
  3. Faire en sorte que le projet échoue.

Dans un cas comme dans l’autre, malheur à toi si tu es la personne en partenariat avec le loser.  De son côté, en s’arrangeant pour que ça échoue pour vous deux, ça va lui donner l’illusion que le problème puisse se situer ou bien dans le projet, ou bien en toi, ou bien dans des circonstances hors de contrôle dans lequel tu joues le rôle de témoin pour confirmer que le problème ne vient pas nécessairement lui. Mais de ton côté, puisqu’il s’arrange pour que toi aussi tu échoues, cette personne fait de toi un loser. Normal: Comment être autre chose qu’un perdant quand on perd temps, argent et énergie sur quelque chose destiné à foirer?

Des gens comme ça, j’en ai vu et j’en ai subi.  En voici quatre exemples:

EXEMPLE 1: La fille qui (ne) voulait (pas) apprendre à dessiner.
Elle aime mes dessins, elle est abonnée à ma galerie sur DeviantArt, et elle me dit qu’elle aimerait savoir dessiner aussi bien que moi.  Je lui réponds que pour devenir bon en dessin, il faut d’abord aimer dessiner.  À force de le faire, la technique personnelle se développe, le talent vient peu à peu et le résultat évolue. Elle comprend, mais elle aimerait tout de même qu’on lui donne des trucs, au lieu de devoir perdre son temps à les apprendre par elle-même via essai et erreur.  Elle me demande de lui donner des cours de dessins.  J’accepte!  Les deux phrases que nous échangerons immédiatement après donnent dès le départ le ton que prendra ce projet:

MOI: Tout d’abord, je vais te faire une liste du matériel dont tu auras besoin.
ELLE: Ben oui hein, quelle longue liste: Un papier, un crayon, une efface! Wooooow! C’est vrai que c’est compliqué en hostie comme matériel.

Je peux comprendre qu’une personne qui ne travaille pas dans le dessin puisse ignorer tout ce qui a rapport au matériel.  Mais de là à prétendre s’y connaitre mieux qu’un professionnel avec 20 ans de carrière derrière lui, et le faire en montrant de façon sarcastique qu’on le prend pour un con, y’a de l’abus.  Ais-je précisé que, puisqu’on ne pouvait pas se rencontrer à cause de la distance et de nos horaires, elle voulait que je lui donne des leçons de dessin par webcam?  Et qu’à chaque chose que je lui disais, elle trouvait toujours à redire et à m’obstiner, comme quoi elle avait vu dans tel ou tel reportage, tel ou tel artiste s’y prendre différemment?  En voyant que je perdais mon temps, j’ai fini par lui donner une liste de liens de vidéos sur Youtube, dans lequel plusieurs dessinateurs donnent des leçons de dessins sous forme de clips.  Elle a refusé de les utiliser parce que « ça pouvait pas être aussi bon qu’avec un prof privé en personne. »

En tout cas, maintenant elle peut dire que si elle ne dessine pas bien, c’est parce que c’est moi qui a failli à la tâche pourtant simple de lui apprendre.  Donc, que l’échec de ce projet a démontré que nous sommes deux losers.

EXEMPLE 2: La fille qui (ne) voulait (pas) perdre du poids.
Tel que je l’explique dans Témoignage d’un ex-gros, à chaque fois que j’ai décidé d’essayer de perdre du poids, j’ai réussi. Évidemment, grosse tête que je suis, je ne pouvais m’empêcher de m’en vanter publiquement.  Arrive cette fille jolie et coquette, mais qui a un bon 50 lbs en trop.  Elle a essayé bien des régimes commerciaux dans sa vie, mais aucun n’a fonctionné. Heureuse de voir en moi quelqu’un qui a réussi à trouver une méthode qui fonctionne, elle me demande de la coacher.  J’accepte!  Je commence donc par lui donner les bases: Côté alimentation, je lui explique l’importance de ne sauter aucun repas, surtout le déjeuner, puisque ce sont les repas irrégulier qui affament le corps, ce qui fait que celui-ci, craignant une famine, a le réflexe de garder toutes les calories qu’il absorbe.  Et côté exercice, je lui recommande de commencer par quelque chose de simple, soit prendre les escaliers au lieu des escalateurs mobiles. Le lendemain, nous avons eu cet échange:

MOI:  Alors? Qu’est-ce que tu as pris à déjeuner et en snack entre-repas?
ELLE:  Rien!
MOI:  Comment ça, rien?
ELLE:  Sois logique.  Si je ne mange pas, je ne consomme pas de calories.  Et si je ne consomme pas de calories, je ne peux pas grossir.

Quand je pense que j’ai pourtant pris la peine de lui expliquer pourquoi cette méthode donne le contraire de l’effet recherché. Je ne peux pas croire qu’elle s’obstine à continuer de faire cette erreur stupide que dénoncent tous les nutritionnistes de la planète.

MOI: Et pour les exercices? Tu prends les escaliers?
ELLE: Non! Y’a rien qui m’empêche à la fois de prendre l’escalateur et d’en grimper les marches.  Comme ça j’ai mon exercice, je ne perds pas de temps et j’arrive même plus vite en haut.

Ouais, sauf que le but de l’exercice n’est pas de sauver du temps ni d’arriver en haut plus vite. C’est de brûler des calories, chose qui ne se fait pas avec sa méthode. 

En tout cas, maintenant elle peut dire que si elle n’a pas perdu de poids, c’est parce que c’est moi qui a failli à la tâche pourtant simple de lui apprendre.  Donc, que l’échec de ce projet a démontré que nous sommes deux losers.

Sérieusement, quand ta méthode personnelle ne fonctionne pas, et que la méthode de l’autre a prouvé fonctionner pour lui, où est la logique d’insister pour continuer de le faire de ta façon?

Maintenant que je vous ai parlé de gens qui m’ont embarqué dans leurs projets, passons à l’inverse: Ceux qui ont insisté pour que je les embarque dans les miens:

EXEMPLE 3: La fille qui (ne) voulait (pas) apprendre à courir.
Comme je m’en suis quelquefois vanté dans cette série, je me suis mis à la course à pieds en décembre 2010. Ma méthode était simple:

  • Courir en ligne droite jusqu’à épuisement.
  • Marcher le temps de récupérer.
  • Répéter sans cesse les deux étapes précédentes.
  • Se rendre à un point où on est trop fatigué pour courir un pas de plus. 
  • Retourner à la maison, ce qui nous oblige à marcher en sens inverse tout le chemin parcouru, ce qui nous fait brûler encore plus de calories. 
  • Répéter à tous les jours.
  • Cesser de courir lorsque l’on commence à ressentir la moindre douleur, particulièrement aux articulations, et ne plus courir tant que la douleur n’est pas disparue. Parce que le but ici est d’améliorer sa forme physique et non de se ruiner les genoux pour la vie, comme ce fut le cas pour certains participants de The Biggest Loser.

Au début, je ne pouvais faire que des segments de 200 mètres avant de tomber épuisé.  Quatre mois plus tard, en avril 2011, je pouvais courir des segments de 5 km.  Non seulement ais-je fortement amélioré mon cardio et mes muscles, cet exercice m’a fait perdre une vingtaine de lbs, ce qui me donne un corps particulièrement découpé.

Arrive cette amie qui, voyant mes progrès, décide de se mettre à la course elle aussi. Mais voilà, elle veut s’entrainer avec moi, ce que je refuse.  Non pas pour être désagréable, mais le fait est que je suis trop avancé pour elle.  Si je m’entraine à mon rythme, elle ne pourra pas me suivre. Et si je descends à son rythme, je ne me pousserai pas à bout, et ainsi je ne ferai plus de progrès.  En réponse, elle me propose une méthode trouvée dans un livre qui, m’assure t-elle, est bien meilleure que la mienne.  Car en effet, ça dit que si j’avais suivi celle-là, ce serait 15 km ininterrompus que je serais capable de courir aujourd’hui, plutôt que seulement 5 .  Autrement dit, en n’ayant obtenu qu’un tiers des résultats possible, ce que je considère stupidement comme étant un accomplissement, c’est plutôt du loserisme.

Ainsi, dès le départ, en transformant mon fier accomplissement en honteux échec, elle donne le ton de ce que sera notre association pour le mois à venir.

Je lui rappelle que de toute façon, elle porte des orthèses à cause de ses problèmes de pieds.  Il existe tellement d’exercices cardio qui font perdre du poids, pourquoi veut-elle choisir le seul dans lequel elle a un handicap qui risque de tout faire foirer?  Elle me répond que ceci est un raisonnement de loser car si on se laisse arrêter par le moindre petit obstacle, on n’arrive jamais à rien dans la vie.  Je cède donc et accepte de lui servir de partenaire de course.  Je mets ma méthode de côté pour utiliser la sienne.

Durant quatre semaines, à tous les trois jours, on doit courir de cette façon: Deux minutes de course, une minute de marche, répéter pendant 30 minutes. Au bout de quatre semaines, on est supposé être capable de courir pendant un quart d’heure non-stop.

Après un mois à suivre scrupuleusement cette méthode, arrive le moment de vérité.  On commence à courir.  Et trois minutes plus tard, elle se voit obligé d’arrêter, à bout de souffle.  Après une minute de repos, elle repart, mais malgré toute son obstination, après deux minutes, elle se voit incapable de courir un pas de plus.  Elle s’en va agripper un poteau sur lequel elle s’effondre en larmes. 

Je regarde la scène, complètement découragé. J’ai donc sacrifié tout un mois d’entrainement fonctionnel pour ça!?  Un mois à me faire dire que ma méthode personnelle était merdique.  Un mois dans lequel je n’ai pu ni me pousser à bout ni faire reculer mes limites.   Un mois à endurer de la négativité non-stop depuis le tout premier jour, et une fin sous le signe de l’échec et du loserisme.   Cette activité que j’aimais et qui, les quatre premiers mois où je l’ai faite seul, ne me rapportait que du positif autant physiquement que moralement, était devenue une épreuve pénible dont je ne tirais plus rien de bon. 

EXEMPLE 4: La fille qui (ne) voulait (pas) se sortir de la pauvreté. (N’allez pas croire que je suis misogyne si je ne parle que de femmes.  Il y a sûrement des hommes qui ont une telle attitude, il se trouve juste que je n’en ai personnellement jamais rencontré.)
Ici, il s’agit de Kim, mon ex, la mère de mes enfants, dont je parle  en tant que première relation, au chapitre 8. Nous étions tous les deux sur le BS et je considérais que ce n’était pas la situation idéale pour élever des enfants. Je planifie donc retourner aux études et finir mon secondaire, avant d’aller au cégep me prendre un diplôme en lettres, ce qui me permettra d’avoir un travail qui nous fera sortir de la misère.  Elle trouve que c’est une bonne idée et suggère d’embarquer dans mon plan de cette façon: Elle m’aide dans mes études s’il y a des matières dans lesquelles je suis faible, et elle s’occupe des enfants.  Et dès que je suis diplômé on fera l’inverse: Elle retourne aux études tandis que je m’occupe du reste. Ainsi, on sera deux diplômés capable tous les deux de trouver un bon emploi. J’accepte! 

Lors de la partie des études secondaires, tout se passe comme prévu.  Mais dès que je me rend au cégep, l’attitude de Kim change.  Elle me sort de nulle part des accusations de chercher à la tromper avec des p’tites jeunes salopes briseuses de ménage (Traduction: des cégepiennes) et voilà qu’elle fait tout pour saboter mes études: M’empêche de faire mes devoirs à la maison, me garde éveillé toute la nuit pour m’empêcher d’aller à mes examens le lendemain, vient m’agresser physiquement à coup de poing dehors à l’arrêt de bus qui devait m’amener au cégep, me fais expulser de la maison par la police sous de mensongères accusations de violence conjugale…  Alors que je faisais tous les efforts possible pour tirer ma famille de la merde, elle faisait tout son possible pour me garder dedans avec eux.  Et elle a réussi: Par sa faute, j’ai cumulé tellement d’échecs au cégep que je n’ai plus le droit de m’y réinscrire, et ce pour le reste de ma vie.

Les six ans qui ont suivi, elle a souvent répété à qui voulait l’entendre que mon échec avait prouvé qu’elle avait fait une erreur en me permettant d’aller au cégep, et que c’est plutôt elle qui aurait dû reprendre ses études en premier. La dernière fois qu’elle a osé le dire en public, je l’ai mis au défi de le faire.  Je l’ai assuré, devant tous ces témoins que j’allais m’occuper des enfants malgré le fait que je travaillais à temps plein, même si ça signifie ne jamais dormir plus que cinq heures par jour.  Elle ne pouvait pas refuser sans perdre la face. 

À la fin du mois d’aout, elle retournait au cégep.  En décembre, à force d’accumuler les absences et les retards, elle a coulé.  

En collaborant avec elle du début à la fin, sans que jamais je ne mette le moindre petit bâton dans les roues de son retour aux études, je lui ai laissé sa chance de réussir. Ça a juste prouvé que la seule responsable de l’échec de ce projet, autant de mon bord que du sien, c’était elle. Et que son insistance à me faire échouer mes études, c’était juste pour camoufler le fait qu’elle était incapable de réussir les siennes. 

En conclusion: Ce n’est pas parce que tu as réussi à trouver en toi la volonté de te sortir de ton loserisme, et le courage de faire ce qu’il faut pour y arriver, que ça signifie qu’il en est de même pour tous les autres losers.  Je suis très bien placé pour savoir que quand on est un ex-loser, on peut être porté à vouloir s’investir à aider un autre qui dit vouloir cesser de l’être.  Or, s’en sortir, c’est un cheminement personnel, un parcours que l’on ne peut faire que soi-même. Par conséquent, il est impossible de jouer au sauveur avec ces gens-là. Je vais me répéter, mais c’est quelque chose de trop important pour l’oublier: Lorsque les gens demandent ton aide pour se sortir d’une vie malheureuse, contente-toi de les renseigner sur ce qu’ils peuvent faire afin de s’en tirer eux-mêmes. À partir de là, ceux qui veulent vraiment s’en sortir vont y arriver tout seul, et ceux qui se complaisent dans leur malheur vont y rester. Dans un cas comme dans l’autre, en les aidant plus que ça, tu perdrais ton temps.

Le Questionnaire Landru: Êtes-vous dans une relation abusive?

D’habitude, je ne publie pas sur mon blog des textes qui ne sont pas les miens.  Mais pour la seconde fois en cinq ans, je vais me le permettre, puisque c’est pour une bonne cause.  Il s’agit d’un test qui, à l’origine, n’avait pas de nom, et que j’ai baptisé Le Questionnaire Landru la première fois que je l’ai mis sur le net en 1998.

Pourquoi le nommer « Landru »?
Henri-Désiré Landru (1869-1922) est un célèbre tueur en série et criminel français.  Cet homme avait beaucoup de charme, qu’il utilisait afin de séduire de nombreuses femmes. 

Beau parleur, il fait signer à ses victimes des procurations lui permettant ensuite de faire main basse sur leurs comptes bancaires. Il ne lui reste plus qu’à les tuer et à faire disparaître les corps.  La célébrité que lui apportera son procès aura comme répercutions que la majorité des Landru changeront leur nom en Landry ou en Landré. (C’est du moins ce que j’ai entendu Bruno Landry dire en entrevue.)

En 1995, alors que je suis étudiant au cégep André-Laurendeau, il s’y déroule une semaine de la prévention contre la violence.  On y retrouve divers kiosques, chacun s’occupant d’un genre de violence en particulier: Violence faite aux enfants, violence des gangs de rues, violence raciste, etc.  Je m’arrête devant celui de la violence domestique.  Je regarde les pamphlets empilés sur la table et j’en prend un.  Il s’agit d’un questionnaire qui présente une liste de 30 situations:

1 –Votre conjoint(e) entretient-il/elle directement ou indirectement des menaces…

  • qu’en cas de rupture, il/elle pourrait vous ruiner?
  • qu’il/elle a la possibilité de déposer une plainte contre vous auprès de la police en vous accusant d’être un parent inadéquat ou un conjoint(e) violent(e)?
  • qu’en cas de rupture, votre relation avec vos enfants pourrait être menacée?
  • qu’il/elle pourrait vous discréditer auprès de votre famille, vos enfants, votre employeur, vos amis, votre thérapeute?
  • qu’en cas de rupture, il/elle obtiendrait la collaboration des membres de son entourage pour vous affronter?


2 –Votre conjoint(e) vous a-t-il/elle déjà frappé, tenté ou menacé de le faire avec ou sans objet contondant?

3 –Votre conjoint(e) a-t-il/elle déjà endommagé ou menacé d’endommager des objets auxquels vous tenez?

4 –Votre conjoint(e) a-t-il/elle déjà mis dans une situation difficile en vous entraînant dans une dispute au moment où vous aviez quelque-chose d’important à faire?

5 –Votre conjoint(e) a-t-il/elle déjà contraint à faire une dépense qui ne vous convenait pas, en utilisant votre bien-être ou celui de vos enfants comme argument pour vous y contraindre?

6 –Votre conjoint(e) vous menace-t-il/elle de s’intéresser à un autre partenaire sexuel, vous invite-t-il/elle à « aller voir ailleurs », parle-t-il/elle souvent de partenaires qu’il/elle a connu dans le passé, de ceux qu’il/elle souhaite avoir dans l’avenir ou de ceux qu’il/elle aurait souhaité avoir?

7 -Votre partenaire vous menace-t-il/elle de vous quitter, répète-t-il/elle qu’il/elle serait mieux sans vous ou évoque-t-il/elle souvent une rupture éventuelle?

8 –Votre partenaire utilise-t-il/elle la sexualité ou la privation de relations sexuelles pour sanctionner vos comportements?

9 -Si votre sexualité n’est pas ce que vous souhaiteriez qu’elle soit…

  • votre conjoint(e) vous en fait-il/elle porter seul la responsabilité?
  • votre conjoint(e) tente-t-il/elle de vous empêcher de vous satisfaire?


10 –Votre conjoint(e) vous discrédite-t-il/elle au sujet de questions qui vous sont chères ou qui touchent votre identité? (travail, enfants, habillement, loisirs, etc.)

11 –Votre conjoint(e) voit-il/elle d’un mauvais oeil que vous entreteniez des relations avec vos proches? Votre famille, vos enfants, vos amis, vos collègues?

12 -Vos conversations avec votre conjoint(e) sont-elles laborieuses, insatisfaisantes et stériles?

13 -Votre conjoint(e) menace-t-il/elle de se suicider, afin de vous contrôler?

14 –Votre conjoint(e) vous reproche-t-il/elle de vous plaindre de lui auprès de tiers? Vous rapporte-t-il/elle des propos défavorables d’autrui à votre endroit?

15 -Votre conjoint(e) refuse-t-il/elle vos propositions de participer aux tâches ménagères alors qu’il/elle se plaint que vous ne faites pas votre juste part et que vous le traitez comme un domestique?

16 -Avez-vous parfois l’impression que votre vie est inutile? Entrevoyez-vous votre décès éventuel comme une libération? Avez-vous déjà pensé à la meilleure façon d’en finir? Entrevoyez-vous la possibilité de ne pas faire soigner une maladie grave dont vous seriez éventuellement atteint?

17 –Lorsque vous avez prévu participer à une fête de famille ou à une activité impliquant des tiers, êtes-vous incertain, jusqu’au moment de l’événement, que votre conjoint(e) vous y accompagnera?

18 –Avez-vous l’impression qu’une crise menace d’éclater, que vous pourriez, sans le savoir, dire ou faire quelque-chose qui pourrait provoquer une crise, ou que votre vie est une suite de crises?

19 -Votre conjoint(e) a-t-il/elle l’habitude de quitter ou de menacer de quitter la pièce au moment où vous tentez d’avoir une conversation avec lui/elle?

20 –Avez-vous l’impression qu’avec votre conjoint(e), vous n’avez jamais raison?

21 –Est-ce que vos conversations aboutissent souvent en dispute?

22 –Est-ce que votre conjoint(e) vous « fait la leçon? »

23 –Est-ce que votre conjoint(e) vous insulte?

24 –Avez-vous l’impression qu’avec votre conjoint(e), il y a de nombreux sujets qu’il vaut mieux ne pas aborder?

25 -Votre conjoint(e) respecte-t-il/elle votre volonté quand vous demandez de mettre fin à une conversation qui ne mène nulle-part?

26 -Votre conjoint(e) vous pose-t-il/elle des questions sans vous laisser le loisir d’y répondre, sans s’intéresser à votre réponse, ou sans en tenir compte?

27 -Votre conjoint(e) vous pose-t-il/elle des questions qui sont formulées de telle sorte qu’elles sont des affirmations déguisées?

28 –Votre conjoint(e) vous accuse-t-il/elle injustement d’avoir des comportements que vous n’avez pas, d’avoir des défauts que vous ne reconnaissez pas, d’avoir des intentions que vous n’avez pas?

29 –Avez-vous l’impression qu’au moment de prendre une décision (le choix des activités de vacances, l’aménagement de la maison, le menu d’un repas,) votre suggestion ne vaut que si elle convient à votre conjoint(e) et que la réciproque ne vaut pas?

30 –Avez-vous l’impression que votre conjoint(e) sait où vous êtes et ce que vous faites à tout moment?

Si vous avez coché quatre situations ou plus, alors vous êtes victime de violence domestique. Vous devriez considérer la possibilité d’obtenir de l’aide d’un conseiller. Il pourrait être utile d’en discuter avec un ami en qui vous avez confiance, un psychologue, un travailleur social du CLSC, un médiateur attaché au Palais de justice, un membre du clergé ou un membre de votre famille. Il n’y a aucune honte à demander de l’aide, au contraire. Assurez-vous cependant que votre volonté de trouver une solution à l’impasse dans laquelle vous vous trouvez est partagée par votre conjoint(e). Si tel n’est pas le cas, vous devriez considérer la possibilité de quitter cette personne abusive.

À l’origine, le questionnaire était exclusivement masculin, ne parlant que de conjoint violent.  Si je l’ai modifié afin de le rendre unisexe, c’est parce qu’à l’époque, alors que je vivais avec Kim, la mère de mes enfants, j’ai constaté qu’elle me faisait subir 22 de ces 30 situations. (Celles, dans ce questionnaire, précédées d’un chiffre en noir gras, si vous êtes curieux.) Réalisant que ces comportements pouvaient aussi bien se retrouver chez l’homme que la femme, il me semblait logique, et beaucoup plus productif, de le multigenrer.  Et si j’ai donné à ce test le nom d’un homme violent, c’est tout simplement parce que, comme je dis plus haut, plus personne ne s’appelle ainsi.  Je ne risque donc pas de froisser qui que ce soit.

Ceci dit, pas besoin de faire un long test pour déterminer si on est dans une relation abusive ou non.  Vous n’avez qu’à penser à la façon dont votre partenaire vous traite actuellement.  Cette personne se comportait-elle de la sorte envers vous lorsqu’elle vous a séduite?  Si la réponse est non, et que les changements ne sont que négatifs, alors déjà là, il y a lieu de remettre son couple en question.

Le premier Nice Guy

(Pour rester dans le thème Astérix et Cléopâtre du billet précédent)
Selon les archéologues, la première apparition du Nice Guy remonte à 50 avant Jésus Christ, en Égypte.




Numérofif n’est qu’un architecte minable, pauvre, petit, laid, et il est tellement lâche qu’il n’est même pas capable de démontrer ses sentiments à celle qu’il aime.  Tandis que César est grand, beau, charismatique, et il a tellement de drive que non seulement il est empereur de Rome, il a conquis la quasi-totalité du globe. Numérofif est un esclave volontaire, César est un conquérant. Devrait-on se surprendre que Cléopâtre préfère César?

Mais ça, le Nice Guy ne le voit pas.  À ses yeux, César n’a rien de plus que lui.  Alors dans sa vision étroite, la seule différence entre César et lui, c’est dans leurs façons de traiter Cléopâtre.  Et voilà comment les soi-disant Bons Gars commettent la même erreur de jugement que Numérofif, en arrivant à la même conclusion stupide comme quoi pour plaire aux filles, il suffit de les maltraiter.

Parce qu’en réalité, Cléopâtre a beaucoup plus de raisons d’être tombée en amour avec un gars intéressant comme César qu’elle n’en aurait d’aimer un ennuyant comme Numérofif.  Ce qui fait que, contrairement à ce que pense Numérofif, elle n’aime pas César à cause  que c’est un douchebag.  Elle l’aime malgré le fait qu’il en est un.

Fantasme -VS- Réalité: Le ménage à trois (5e partie: la conclusion)

À quelque chose, malheur est bon, que dit le proverbe.  Et en effet, de ces trois jours merdiques, j’ai réussi à tirer du positif, sous la forme de huit leçons de vie:

LEÇON 1 : Les gens survivent à leurs traumatismes comme ils le peuvent, pas nécessairement comme ils le devraient.
Tamara se fait abuser sexuellement.  Tamara devient donc une personne dont la vie tourne autour du sexe.  Elle se forge elle-même une réputation justifiée de folle du sexe qui baise avec n’importe qui, n’importe comment.  Par conséquent, puisque tout le monde sait qu’elle aime le sexe sous toutes ses formes, plus personne ne peut utiliser le sexe pour lui faire de mal.

D’un côté, oui, j’ai longtemps considéré Tamara comme étant pathétique de réagir ainsi.  Mais d’un autre, le simple fait qu’elle ait réagi ainsi, ça prouve que son viol incestueux l’a traumatisé.  Puisqu’elle n’a pas en elle le force de faire payer ses agresseurs, il ne lui reste que quatre options:

  1. Devenir elle-même abusive sexuellement.
  2. La dépression, les médicaments et les thérapies.
  3. Le suicide
  4. Se faire accroire qu’elle aime tellement le sexe, qu’il est impossible de lui faire de mal en utilisant le sexe.

D’accord, la 4e option n’est pas la meilleure ni la plus irréprochable.  Mais au moins, elle lui permet de survivre.  C’est l’option qui lui permet le mieux de vivre en harmonie avec son entourage et en société. Et dans le fond, c’est ça qui compte.

LEÇON 2 : Personne n’aime un chialeux.
Sérieux là, même moi en me relisant, je me trouvais chiant. Même si j’avais des raisons pertinentes de me plaindre, il reste que tout ce que je faisais, c’était de démontrer aux filles à quel point c’était des connes d’agir comme elles le faisaient. Et le fait que j’avais raison, c’était encore pire pour elles. Si j’avais exagéré ou menti, elles auraient pu s’en défendre. Mais là, elles ne pouvaient pas. Elles étaient obligées de reconnaître mes remarques rabaissantes en tant que faits indéniables.

N’oublions jamais que la majorité des gens suivent la loi du moindre effort. Si elles ne voulaient plus m’entendre leur faire la leçon sur la façon de gérer leurs relations, leurs sexualités et leurs vies, elles avaient deux choix :

  1. Ou bien changer complètement d’attitude dans tous ces aspects, ce qui aurait demandé des efforts de tous les instants et ce pendant de nombreux mois, voire des années.
  2. Me bannir de leurs vies.  Aucun effort à faire, et arrêt immédiat de mes remarques jugementales et insultantes.

Doit-on être surpris qu’elles aient choisi cette dernière option?  Raison de plus pourquoi il existe un proverbe comme qui dit que toute vérité n’est pas bonne à dire.

LEÇON 3 : Faire les choses à moitié, ça ne règle jamais rien.
Sincèrement, même aujourd’hui je trouve stupide que Tamara ait pris la peine de déménager à deux heures de route de Montréal afin de fuir son ex abusive, mais lui a tout de même laissé son numéro de téléphone et son adresse.  Si elle avait complètement disparu de la carte, son ex aurait fini par être obligée de l’oublier et passer à autre chose.  Mais en lui laissant toujours la possibilité de la contacter, elle prolongeait la situation.  Non seulement elle continuait de la harceler, le risque qu’elle aille la rejoindre pour lui mettre une raclée existait toujours.

LEÇON 4 : Il ne faut jamais parler de viol et d’inceste à une fille que l’on vient de rencontrer.
Parce que ce n’est pas écrit dans sa face si elle a été victime de l’un, de l’autre ou des deux.

LEÇON 5 : Il faut toujours être fidèle à soi-même, au lieu de s’annoncer comme ce que l’on n’est pas. 
Certaines filles feraient tout pour avoir l’air d’être des bonnes amantes. Dans ce cas-ci, Julie: Elle se forçait à apprendre à être bisexuelle alors que ce n’était pas du tout dans sa personnalité.  Tout comme elle m’a proposé d’avaler alors qu’elle détestait ça.  Elle n’a jamais réussi à être le premier, et n’a jamais fait le second.

Le problème lorsque l’on séduit quelqu’un en se donnant l’air de ce que l’on n’est pas vraiment, c’est qu’on ne peut pas jouer le jeu éternellement.  Tôt ou tard, pour rester dans les proverbes, chassez le naturel, il revient au galop. L’autre nous reproche de ne pas être la personne qui l’a séduit.  Normal, cette personne n’a jamais existé, puisque c’était un rôle que l’on s’est donné. Pas étonnant que Gainsbourg disait:

LEÇON 6 : Apprécie ce que l’on fait pour toi, au lieu d’y voir une occasion de chialer pour ce qu’on ne fait pas.
Parce que justement, se forcer à être bi même si elle ne l’est pas, vouloir essayer d’avaler même si elle n’aime pas ça, me proposer un ménage à trois alors qu’elle aurait très bien pu me garder pour elle seule, ce sont là autant d’efforts qu’elle a fait pour moi.  J’aurais dû lui montrer mon appréciation en la remerciant.  Mais non, à la place, je préférais me plaindre non-stop, alors que tout le long de ce weekend planifié pour être sexuel, c’est  la seule à m’avoir baisé de façon satisfaisante.

LEÇON 7 : Ne perd jamais de vue quel est ton but premier.
Il y a des moments dans la vie où, avant d’agir ou bien de s’ouvrir la gueule, il faut s’arrêter et se demander « Qu’est-ce que j’essaye d’accomplir, au juste.  C’est quoi mon but? Est-ce que mes gestes et paroles vont me rapprocher de ce but, ou au contraire vont-ils être contreproductifs? « 

Mon but premier en allant à cette fin de semaine, c’était de baiser deux filles.  un but que j’ai oublié, tellement j’étais focussé à faire la leçon à Tamara dans l’auto qui nous amenait chez elle.  Un but que j’ai oublié, tellement je ressentais le besoin de me défouler verbalement de mes frustrations sur Julie.  En ayant perdu de vue ce but, j’ai finit par le perdre tout court.

Et surtout, LEÇON 8 : Parfois, il vaut mieux faire semblant d’être d’accord avec son interlocuteur, surtout si c’est sur un point qui est à la fois anodin pour toi et important pour l’autre.
Après cette mésaventure, il m’est arrivé à quelques reprises de me faire poser la question par quelques filles (et un gay) au sujet de ma possible bisexualité. À chaque fois, j’ai répondu : « J’ai eu des expériences sexuelles au cégep avec des gars, ce qui m’a permis de me rendre compte que non, je n’aime pas. » Ce n’est pas un mensonge : Oui il m’est arrivé d’avoir du sexe à deux couples, donc en présence du chum de l’autre fille. Techniquement, même si l’autre gars et moi ne nous sommes jamais touchés, ça reste une expérience sexuelle, et c’est avec un gars présent.  Et puisque la première fois, sa présence m’intimidait au point où je bandais mou et que j’ai horreur d’être sous-performant, il est vrai que ça m’a permis de me rendre compte que non, je n’aime pas. Comme ça, la personne est satisfaite et n’insiste pas comme quoi je ne peux pas le savoir sans jamais l’avoir fait, et la discussion s’arrête là.

C’est sûr qu’il y en a qui vont dire que puisque je joue sur les mots, ça reste malhonnête de ma part, que c’est hypocrite, que mieux vaut dire la vérité, que si l’autre n’est pas capable de le prendre c’est son problème pas le mien. Eh bien au contraire, pendant ces trois jours, ça a été mon problème, pas le sien.  Parce qu’on a beau dire que c’est à elle d’accepter la vérité, personne ne peut l’en obliger.  Et si elle décide que non, elle ne l’accepte pas, alors on ne peut rien faire, à part subir. Par conséquent, non, dire la vérité, ça ne vaut pas toujours mieux.

Parce que la vérité, ce n’est pas tout le monde qui est capable de la prendre.

Fantasme -VS- Réalité: Le ménage à trois (4e partie)

AVERTISSEMENT: Ce chapitre contient quelques scènes de sexe, qui sont beaucoup moins choquantes que les jugements de valeur que j’y émets contre certaines femmes.  Mais bon, j’étais jeune et intolérant.  Méa coupabl’.

Chapitre 4: L’EFFET DOMINO

Tamara entre dans la chambre avec son téléphone sans fil qu’elle repose sur son socle.

JULIE: Pis?
TAMARA: Bah, comme d’habitude. A braille, a dit qu’a l’a changé. Pis tu vois, tout à l’heure, elle m’appelait pour me dire qu’elle avait des preuves comme quoi je l’avais déjà trompée, fa que…

Je ne peux pas croire qu’elle la laisse nous déranger sans arrêt alors que la solution est pourtant si simple:

MOI: Y’a rien qui t’oblige à lui répondre. T’as rien qu’à éteindre la sonnerie.
TAMARA: T’es tu malade? Des plans pour qu’à retontisse icite.
MOI: Pis la police, elle sert à rien?
TAMARA: C’pas ça. Paquetée comme qu’elle est, si a pogne un accident, j’m’en voudrai toute ma vie.

Elle va s’en vouloir qu’une ivrogne abusive harceleuse violente n’ait que ce qu’elle mérite? Non mais qu’est-ce que c’est que cette espèce de connasse qui s’écrase devant quelqu’un qui lui fait du trouble, mais qui n’arrête pas de m’attaquer et de m’insulter moi qui ne lui ai jamais montré autre chose que du respect? J’en ai un peu ras le bol de servir de punching bag à ceux et celles qui ont besoin de remonter leur estime de soi en frappant sur les gens inoffensifs, juste parce qu’ils sont trop lâches pour se tenir debout devant ceux qui les abusent. Coudonc, qu’est-ce qui est arrivé à la notion de courage, du devoir et de la justice, telle que l’on m’a appris quand j’étais petit? Tamara est pourtant une fille de ma génération. J’peux pas croire qu’elle se trouve correcte d’agir ainsi. Elle ne voit pas que tant et aussi longtemps que l’on cède aux abuseurs, on ne va jamais cesser d’être abusés? Ça me dépasse!

Mais bon, je ne vais quand même pas lui dire ça. Ce serait l’insulter sous son propre toit, chose qui ne se fait pas. Sans compter que ça mettrait fin au trip à trois avant même que j’ai eu le temps de jouir une seule fois. Je me ferme donc la yeule, à part pour dire:

MOI: M’ouin, t’as raison. Tk, avec un peu de chance, elle ne rappellera pu, là.

Il y aura eu au moins ça de positif, ces appels ont changé le sujet, ce qui fait que Tamara n’insiste plus au sujet de la stimulation prostatique. Surtout que, n’ayant jamais entendu parler de ça avant, je ne vois vraiment pas pourquoi quelqu’un voudrait se faire toucher là pendant l’acte sexuel. Pourquoi pas le pancréas ou la trompe d’Eustache, tant qu’à y être?

Tamara vient rejoindre Julie et rapproche son visage de mon pénis qui a miraculeusement conservé son érection malgré l’atmosphère qui dégage autant d’érotisme qu’une poignée de clous dans un blender. Je vais au moins vivre le fun de me faire sucer par deux filles en même temps. Je suppose que ce serait trop leur demander de se frencher en même temps et de se partager ma décharge quand elle va arriver. Je me compte déjà chanceux que le trip continue malgré toutes ces interruptions. Julie commence à me sucer tandis que Tamara pose sa main sous mon scrotum qu’elle commence à doucement remuer.

Lorsque le téléphone sonne de nouveau, dix minutes plus tard, Julie me pipait toujours tandis que Tamara me gigotait toujours le sachet couillon. Elle me lâche, se lève, prend le téléphone et ressort de la pièce.  La situation est tellement chiante qu’elle déteint sur moi, me rendant tout aussi chiant:

MOI: C’est ça qu’elle appelle sucer un gars à deux filles? Se contenter de me brasser les gorlos? Que c’est qu’à l’essaye de faire? Du milk-shake?
JULIE: Ben là, comprends-la un peu. Elle doit pas avoir ben ben la tête à ça, avec Nathalie qui la harcèle.
MOI: Quand j’pense que moi j’l’ai mangée pendant un bon quart d’heure. Pis ‘est même pas venue en plus. D’ailleurs, parlant de ça, y’a un affaire que j’ai ben de la misère à comprendre.
JULIE: Quoi?
MOI: Chus pas un psy, mais il est évident, depuis que je la connais, qu’elle n’est pas à l’aise dans sa sexualité. Avec elle, tout est toujours une question de forçage, d’obligations. Comment est-ce que quelqu’un qui a été si souvent abusée sexuellement peut baiser volontairement aussi souvent et de toutes les façons possibles avec autant de monde que ça, et ce des deux sexes?
JULIE: C’est normal. Quand le monde savent que t’aime le sexe sous toutes ses formes, alors personne ne peut utiliser la sexualité pour te faire du mal.

Cette réponse me laisse un peu perplexe. Si elle est en train de dire que pour Tamara, la seule façon de survivre aux abus, c’est de se forcer à apprendre à aimer les abus, je ne suis pas sûr si je veux poursuivre la discussion plus loin. Faire accroire mensongèrement à notre agresseur qu’il ne nous a pas fait de mal, ça ne peut avoir que deux conséquences:

  • Lui mettre dans la tête que ce qu’il a fait est acceptable, ce qui ne peut que l’encourager à recommencer, avec toi où avec d’autres.
  • Ou bien le frustrer et le forcer à aller encore plus loin dans son désir de t’écraser.

Dans un cas comme dans l’autre, c’est inacceptable. Mais bon, j’ai assez de mes propres combats, je ne me battrai pas pour ceux des autres. Si pour survivre elle a besoin se faire accroire qu’elle est heureuse dans sa vie de victime consentante, ce sont ses affaires à elle. Mais qu’elle n’essaye plus de s’en défouler sur moi.  Parce que là, ça devient mes affaires.

Tamara rentre dans la pièce et repose le téléphone sur son socle.

TAMARA: Elle devrait pu rappeler. Je lui ai fait le coup du téléphone qui signale qu’il est déchargé. J’y ai dit que ça va être normal si à partir de maintenant si c’est le répondeur de Bell.
JULIE: Tant mieux!
MOI: Parfait!

Bon, enfin! Plus rien ne va se mettre entre moi et ma nuit de trip à trois. Je pense que je vais juste cesser de me casser la tête et en profiter au max. D’abord, je vais mettre un condom et baiser Tamara à quatre pattes tandis qu’elle repasse le coco à Julie. Puis, quand j’aurai joui, je vais changer de condom et prendre Julie en missionnaire. Dès que je serai re-venu., je re-change de condom et de partenaire, et ainsi de suite, jusqu’à épuisement total. Ça va faire, le niaisage.

Le téléphone sonne. J’ai un petit sourire de satisfaction en sachant que Tamara ne va pas répondre. La face me tombe quand au contraire elle décroche et répond. Je ne peux m’empêcher de marmonner:

MOI: C’est ça qu’elle appelle laisser le répondeur répondre!?
JULIE: Chut!

Tamara se retourne vers moi.

TAMARA: T’en a encore pour combien de temps avant d’avoir fini?
MOI: Hein?
TAMARA: Ton trip à trois. Tu l’finis quand?
MOI: Euh… Ben, j’sais pas, moi… Dans une heure?

Tamara retourne à son appel.

TAMARA: Dans une heure, ça te va-tu? Ok? Parfait, à tantôt!

Elle raccroche.

JULIE: C’est qui?
TAMARA: C’est Sébastien, le gars que j’ai cancellé hier pour fourrer avec Justin. Il voulait absolument me voir le plus vite possible, fa que je lui ai dit de rappeler à soir à minuit.

Je regarde le radio-réveil.  Tiens, en effet, il est déjà minuit. À cause de cette stupide Nathalie qui l’appelle depuis dix heures, et Tamara qui n’est pas plus bright de lui répondre, ça fait deux heures que j’essaye en vain de le commencer, l’estie de trip à trois qu’on m’avait promis.

TAMARA: Fa que j’viens d’y dire d’arriver dans une heure, quand t’auras fini.

Hostie! J’la crois pas, celle-là! Je réalise tout à coup l’effet domino qui a pris le contrôle de mon weekend:

  • Parce que Tamara a insisté pour me faire dire que je suis bi, j’ai insisté que non.
  • Parce que j’ai insisté que non, je l’ai mise mal à l’aise envers moi.
  • Parce que je l’ai mise mal à l’aise envers moi, elle n’a pas voulu de moi vendredi.
  • Parce qu’elle n’a pas voulu de moi vendredi, j’ai dormi au salon.
  • Parce que j’ai dormi au salon, je me suis fait réveiller tôt.
  • Parce que je me suis fait réveiller tôt, j’ai dormi pendant l’après-midi.
  • Parce que j’ai dormi pendant l’après-midi, elles sont allées faire l’épicerie au lieu de m’y envoyer comme la dernière fois.
  • Parce qu’elles sont allées faire l’épicerie, elles y ont rencontré Justin.
  • Parce qu’elles ont rencontré Justin, Tamara a cancellé Sébastien hier.
  • Parce que Tamara a cancellé Sébastien hier, il vient la voir aujourd’hui.
  • Parce qu’il vient la voir aujourd’hui, il me casse mon trip à trois juste au moment où les interruptions venaient enfin de se terminer.

En conclusion: Si mes chances de vivre un trip à trois convenable cette fin de semaines ont été toutes cassées, c’est parce que je n’ai pas mensongèrement dit à Tamara que j’étais bi.  Ça n’a aucun bon sens! 

En tout cas, il y a au moins une chose qui se déroule comme je le veux: Tamara a accepté ma suggestion. Je la prend en levrette tandis qu’elle est à quatre pattes entre les jambes de Julie qui est couchée, et qu’elle lui passe le coco. J’ai décidé de profiter à fond de l’heure que j’ai devant moi. Ça fait vingt minutes que je lui joue du piston tandis que je la vois faire jouir Julie à répétition. Je compte jouir une fois par vingt minutes, ce qui me laisse le temps de le faire trois fois, avant que l’autre gars arrive. Par deux fois, il a fallu que j’arrête de pomper parce que je sentais que j’allais venir, mais c’était encore trop tôt. Je tenais à faire durer le plaisir. Mais là, je me sens prêt. Dès que je verrai Julie jouir à nouveau, je vais me laisser aller, et…

Le téléphone sonne.

Tamara s’en va répondre, me retirant automatiquement de son entrejambe, me laissant là comme un cave, à genoux, en position de zignage du vide entre mes mains. Elle me dit:

TAMARA: Ça va-tu aller, ou ben je le fais encore patienter 40 minutes?

Oooooh non! No fuckin way que je cède! La promesse du weekend de ménage à trois a été réduite à une seule heure, on m’a promis cette heure, je vais avoir mon heure, point final!

MOI: Ben là, r’garde! Ça fait trois jours que chus icite, tu m’as juste permis de le faire à soir, ta Nathalie nous a écoeuré les deux premières heures, il me reste juste une heure de fun. J’ai été très patient, tu peux pas dire le contraire.  J’ai mérité de l’avoir, mon heure complète.
TAMARA: C’est parce que y’é déjà arrivé. Y’é en bas pis y fait -34 dehors
MOI: QUOI? Y’é-tu venu icite à pied?
TAMARA: Oui!

OH, COME ON!!!  Encore une fois, elle me donne le choix entre me faire abuser, ou bien me faire passer pour le gros écoeurant de chien sale. Mais là, franchement, tsé, par -34 dehors, est-ce que j’ai vraiment le choix? Hostie de manipulatrice rabaissante de tab…

Non! Si je commence à penser à quel point elle n’a pas d’allure, je vais lui exploser dans sa face. Je suis tout à fait d’accord comme quoi la violence contre une femme, verbale, physique ou autre, est inacceptable et inexcusable. Voilà pourquoi je n’en ai jamais fait et que je ne le ferai jamais. N’empêche que si elle se comportait comme ça avec ses ex, je commence à mieux comprendre pourquoi elle recevait des raclées. Je n’approuverai jamais la violence, mais des fois je peux quand même comprendre ce qui la provoque.

Fa que, puisqu’elle m’encule au pied du mur (non, je ne me suis pas trompé de mot) je n’ai pas la moindre option, à part de lui dire que c’est d’accord, que son Sébastien peut entrer.

Comme le dit si bien Prince dans 1999: Party over, oops! Out of time!

Tamara quitte la pièce pour aller l’accueillir. Pendant ce temps-là, je change de condom. Il est tard, je suis épuisé, je suis frustré, je ne suis même pas venu encore, et la dernière chose que j’ai envie, c’est de perdre du temps à jaser avec un inconnu pour une période indéterminée, soit le temps qu’il se mette assez à l’aise pour joindre l’action. Julie est toujours sur le dos. Je me couche sur elle, je la pénètre et je commence à lui faire du va-et-vient. Je ne vois ni Tamara ni Sébastien entrer car le leur tourne le dos, mais je les entends:

TAMARA: Ah ben! Comme tu vois, l’action est déjà commencé, fa que tu peux te mettre à l’aise.
SÉBASTIEN: Parfait, je d’mande pas mieux.

Le gars a une voix qui me semble légèrement nasillarde. Je suppose qu’il a le rhume. J’espère qu’il saura garder ses microbes pour lui. Il se déshabille et monte sur le lit. De par ses mouvements que je sens de la façon dont le lit remue, il semble avoir des gestes brusques, nerveux.

TAMARA: Sébastien est bi, mais j’y ai dit que toi tu l’étais pas, fa que tout est ok.

Ah bon? Son amant régulier, celui qu’elle devait voir hier, est bisexuel? Ah ben torvisse! Je pense que je la comprends, finalement, son insistance à me convaincre d’essayer de baiser un gars. Je parie que dans son plan original, soit avant que je la refroidisse avec mes histoires de viol et d’inceste, elle planifiait de m’offrir à son amant pour une séance de gaieté. Tout s’explique. Je me retourne vers eux pour voir la gueule de celui qui espérait m’introduire à sa bi-bite, et…

IL Y A UN NAIN CHAUVE BARBU TOUT NU FULL-BANDÉ DEBOUT DANS LE LIT QUI ME REGARDE.

Non, je ne vous niaise pas.  Oui, vous avez bien lu.  Sébastien est un nain de quatre pied quatre, le genre tête + torse à proportions normales, mais avec des jambes et des bras raccourcis de moitié et qui, par conséquent, bougent plus vite que les nôtres, d’où l’apparence brusque des gestes. Par contre, il n’est pas raccourci de la bite. Oh que non! Elle doit bien faire trois pouces de plus que la mienne, en plus d’avoir l’air d’être le double de mon diamètre.

Là, là, j’ai mon crisse de voyage! Quand le destin passe trois jours à te casser tous les aspects possibles et imaginables du seul et unique ménage à trois que tu auras de toute ta vie, en te mettant mille obstacles et désagréments sur ta route, et qu’il conclut le massacre en interrompant la dernière heure de ton dernier jour en te montrant en plus que même un nain est mieux shafté que toi… Disons qu’il vient un moment où tu te rends compte que ça ne vaut plus la peine d’insister. Je fais semblant de jouir pour ne pas faire de peine à Julie et/ou mettre une mauvaise ambiance dans le lit. Puis, je me retire, j’enlève mon condom, je m’excuse auprès des autres pour fatigue, je me fabrique des bouchons pour oreilles, je les rassure que je suis tellement fatigué que rien ne pourrait m’empêcher de dormir, et je m’endors dans l’un des 2 lits queen dans les bras de Julie qui ne tient pas non plus à les joindre. J’ai un de ces mal de couilles carabiné mais je ne saurais dire si c’est un simple cas d’excitation inassouvie puisque je ne suis jamais venu, ou si c’est à force de me les faire casser par Tamara depuis trois jours. Je pencherais pour le 2e.

Le lendemain, après avoir envoyé les enfants à l’école, Tamara va nous reconduire à Montréal. Je la remercie de cette fin de semaine inoubliable, et je ne la reverrai plus jamais. Je n’ai plus revu non plus Julie. On ne s’est tout simplement plus jamais rappelé. Je suppose que cette fin de semaine lui a montré un aspect de moi qu’elle n’a pas aimé voir.  Quant à moi, je n’ai pas vraiment digéré qu’elle se dise faussement bi, puisque ce qui fut à l’origine du nombre incalculable de déceptions, d’insultes et de déboires que j’ai eu à subir cette fin de semaine là.

Un mois et demi plus tard, je rencontrerai celle qui allait devenir ma conjointe pour les 12½ années qui allaient suivre, mettant ainsi fin aux rencontres étranges et aux situations dingues qui viennent avec la vie de célibataire sexuellement actif.

À CONCLURE