Les 13 malédictions de l’Halloween

Il y a toujours eu un genre de malédiction entre moi et l’Halloween qui fait que je n’ai jamais pu vraiment apprécier cette fête correctement. C’est pas du chialage, c’est du témoignage de faits vécus.

oK, ok, c’est aussi du chialage. Mais bon, l’un n’empêche pas l’autre. Gne!

1) Halloween qui me prend par surprise
Quand on souffre de déficit d’attention, ce qui était mon cas dans ma jeunesse, même quand on sait que l’Halloween s’en vient, c’est en voyant plein de gens déguisés qui se promènent qu’on se dit avec surprise « Hein ? C’t’à soir!? »  On réalise alors qu’on est seul, sans déguisements, sans avoir d’endroit où aller le fêter ni personne avec qui le faire.

La première fois que ça m’est arrivé, j’avais 9 ans et j’étais seul à la maison alors que mes parents étaient chez un voisin. Ça a cogné à la porte, j’ai ouvert, je me suis retrouvé face à une gang de déguisés qui me tendaient leurs sacs, et j’ai immédiatement compris que j’avais manqué la fête cette année-là.

2) Toujours seul avec mes parents
Quand, comme moi, on a des parents qui refusent de nous laisser passer l’Halloween en gang avec les autres enfants pour diverses raisons d’angoisses de mère-poule, et qu’on est le seul de son groupe d’âge dans sa famille (si on ne compte pas les enfants qui habitent au foyer d’accueil de mon grand-père à Ste-Thérèse de Blainville à 2h30 de route de chez moi, donc trop loin pour s’y joindre) alors c’est en compagnie de nos propres parents qu’on le passe. Dans ce temps-là, se dire « C’est mieux que rien« , c’est une faible consolation. Ok, je passais aux maisons, et ok, je récoltais des bonbons. N’empêche que j’aurais préféré vivre Halloween socialement. Surtout que…

3) Je n’ai jamais été ben fort sur les bonbons
Enfant, je n’aimais que les Fun Dip, les Sweet Tarts et les cigarettes Popeye. Une fois ça terminés, tout le reste prenait le bord des vidanges.

4) Jamais de bons déguisements
Un des premiers déguisement que j’ai eu, c’était un masque de clown en plastique rigide qui tenait avec un élastique broché chaque bord.  L’élastique trop court m’écrasait le masque dans la face, m’égratignait les oreilles avec les broches, m’empêchait de bien cligner des yeux parce que trop près de mes cils, et j’me pétais la yeule parce que j’avais de la misère à voir à travers les trous des yeux si petits qu’un crayon n’y aurait pas passé. Anyway, je ne souffrais pas trop longtemps, vu que ça prenait environs 15 minutes avant que l’élastique, dans lequel il n’y avait aucun noeud, se libère de la broche.

Mes parents ne pouvaient pas me payer un déguisement. Par contre, ils me permettaient d’en faire un moi-même. Dans les années 70, les sacs d’épicerie étaient en papier. Je m’étais donc fait une face de Frankenstein sur un sac que je me suis mis en cagoule. Apparemment, le sac d’épicerie Steinberg, ça n’attire pas le respect, parce que souvent les adultes qui m’ouvraient la porte disaient « Tiens? C’est qui ça? » et m’enlevaient ma cagoule pour voir.
Encore plus enrageant, c’était les madames qui répétaient la question après m’avoir démasqué parce qu’elle ne me connaissaient pas, qui ne me connaissaient pas plus quand je disais mon nom, et qui avaient d’l’air ben contrariées de donner des bonbons à un enfant qui n’était pas du quartier.

… Sans compter que je suis tombé une coupl’ de fois dans des escaliers, là encore pour cause de vision limitée.

Une fois, ma mère m’a refilé des vieux draps et son nécessaire à couture. Mais puisque j’étais enfant, je n’avais pas le droit à la machine à coudre. Je me suis donc fait un costume de Batman… Du moins, le genre de costume que Batman aurait fait s’il avait 10 ans, aucun talent pour la couture, rien d’autre que du tissus rigide blanc, et une interdiction d’avoir un masque, rapport aux accidents relatés plus tôt.

À 11 et 12 ans, je me suis contenté d’un simple masque de papier à la Zorro collé sur mes lunettes.

Mon premier vrai beau déguisement, là encore fait moi-même, fut en 1984, à l’âge de 16 ans. C’était l’époque où les concours de sosies de vedettes de la chanson étaient très populaires. Puisque je ne ressemblais à personne en particulier, ni à Sting ni à Michael Jackson ni à George Michael ni à Corey Hart, j’ai choisi l’artiste le plus déguisé de son époque, donc celui dont le look est le plus facile à reproduire : Boy George.

Vous pouvez deviner ce que ça fait à la réputation d’un gars qui ne pogne pas trop d’avance auprès des filles, de se déguiser en drag queen. J’ai eu à en souffrir jusqu’à la fin de l’année scolaire, qui, heureusement, était mon secondaire 5.

5) Ado, mes amis trouvent l’Halloween quétaine
Mes amis s’enflaient la tête à prétendre qu’ils avaient de la classe.  Traduction: Ils snobaient tout ce qui était populaire.  Halloween étant populaire, c’était donc socialement tabou.  Ce qui fait que les rares années où j’avais une gang d’amis, il ne faisaient pas de party d’Halloween.

6) La température imprévisible
La majorité des représentations du soir de l’Halloween que nous font les médias (Films, pub, TV, magazines) ont ou bien été tournées aux USA où la température est plus chaude qu’au Québec, ou bien localement mais plusieurs semaines avant l’Halloween alors qu’il fait encore plus ou moins estival dehors, ou alors en studio où la température est contrôlée. Mais dans la réalité, et surtout dans notre situation géographique, y’a rien de plus imprévisible que la température de la fin d’octobre. J’ai vécu Halloween à 15°C tout comme à -8°C, Halloween sous la petite pluie fine tout comme dans la grosse averse, Halloween sec à température agréable tout comme Halloween humide et glacial, sous la tombée de sloshe, dans le vent terrible, sous la neige poudreuse, etc, mais très rarement à température confortable.

Ah, et l’Halloween à 15°C dont je parle plus haut? C’était vraiment le soir d’Halloween idéal, puisque, en plus de son ciel dégagé, celui-là tombait un vendredi.  Mais je n’ai pas pu en profiter puisque c’était l’une des fois où il y a eu… :

7) Les partys d’Halloweens d’où je fus délibérément exclus.
Ailleurs dans ce blog, je parle parfois de Geneviève la coloc de l’enfer.  Pour faire d’une trop longue histoire courte: J’avais des amis, j’ai rencontré cette fille, j’ai sorti avec, je l’ai introduit à mes amis, elle a cassé, elle a convaincu mes amis de ne plus m’inviter aux activités en gang parce que ma présence lui causerait un malaise car elle se sentirait surveillée. Par conséquent, j’ai passé le soir de cet Halloween seul chez moi, puisqu’elle est partie la fêter avec SES amis.

Ce qui était plus blessant, par contre, c’était la fois où j’étais en couple officiel avec une fille, qu’elle fut invitée à un party d’Halloween, et ce plusieurs jours avant le dit party, qu’il y avait plein de nos amis communs qui y étaient également invités, qu’elle y est allée…  Et que jamais elle ne m’a invité à l’y accompagner.  

Geneviève était une ex.  On peut donc comprendre pourquoi elle ne voulait pas m’y voir.  Mais de la part de ma conjointe?  Pendant la relation?  Sans raison aucune pour expliquer ça?  Imaginez l’humiliation de ne pas savoir quoi répondre lorsque nos amis communs présents au party me demandaient plus tard la raison de mon absence.

8 ) Les bonbons drogués
Ce qui suit est un extrait d’un long texte que j’avais mis sur ma toute première page web sur Geocities.
« Étant encore accro au jeu, La belle-mère rêve de pouvoir retourner au casino maintenant qu’elle est en visite à Montréal.  Le problème, c’est que son mari, qui avait prévu le coup, refuse de lui laisser le moindre argent. La belle-mère essaye alors de convaincre Kim de me voler ma carte bancaire dont elle connaît le NIP, mais Kim refuse.  Ne réussissant toujours pas à convaincre son mari, La belle-mère avale une surdose de sa prescription de médicaments contre la dépression, profitant que son mari et Kim étaient partis faire des courses.

Lorsque Kim et son père sont revenus, ils ont trouvés les deux garçons malades et en proie à des crises d’hallucinations, les bouteilles de pilules de la belle-mère ouvertes, et le sac de bonbons d’halloween répandu sur la table. Au nombre de fois où on entend parler de cas de bonbons d’halloween drogués, ceux qu’ils ont mangé ce soir là ont été suspectés, mais on n’a jamais pu établir hors de tout doute laquelle des deux était la source des hallucinations. »

9 ) L’émission Légendes Urbaines sur Canal D
2005 : Une recherchiste pour l’émission Légendes Urbaines qui fera ses débuts l’année suivante sur Canal D a trouvé mon texte et me demande en entrevue pour l’émission spéciale sur les bonbons d’Halloween drogués. J’accepte.

L’émission est tournée dans un bar sur St-Denis. En attendant que tout soit prêt, je jase avec quelques personnes présentes. C’est là que j’en apprends une bonne: À cause de la loi qui interdit de filmer les gens sans leur accord, tous les clients du bar sont des figurants fournis par une agence de casting.  Et non seulement ils mangent et boivent gratos, ils sont payés pour être là. Alors entre les figurants payés à ne rien foutre, et l’équipe de Canal D qui sont évidemment tous salariés, je suis le seul à recevoir zéro dollar et zéro cenne pour ma participation, malgré le fait que sans moi il n’y aurait pas de reportage, donc aucune raison pour eux d’être ici, et encore moins d’être payés.

2006: L’émission est diffusée sur Canal D, je suis le seul qui a un témoignage à apporter, et l’épisode se conclut avec un policier qui dit quelque chose du style de « À chaque fois qu’on nous a rapporté un tel cas, l’enquête a toujours démontré, sans exception, que c’était les parents qui avaient inventés cette histoire, souvent en sabotant eux-mêmes les bonbons, juste pour faire parler d’eux-autres dans les médias. » … Juste assez de sous-entendus pour salir ma réputation à travers le Québec à chaque fois que l’émission passe en reprise, mais pas assez pour que ce soit une accusation officielle demandant poursuite, réparation ou même juste arrêt de diffusion de l’émission.

10) Les enfants malades
Premier Halloween du premier fiston. On l’installé, déguisé, dans son siège d’auto, et on part. Au bout de quelques minutes, BLEUARK! … Solo de vomi du petit.  On se range sur le côté, on arrête l’auto, on ouvre la porte, on nettoie bébé du mieux qu’on peut, vidant la seule boite de Kleenex que l’on a. On roule jusqu’à trouver une poubelle pour se débarrasser des mouchoirs full de barf. On repart avec une désagréable odeur de renvoyage dans l’char. Il fait hélas trop froid pour ouvrir une fenêtre pour aérer. Deux coins de rues plus loin: BLEUARK! … Solo de vomi en rappel! On soupire, on abandonne et on retourne à la maison.

11) Les adultes malades
10 ans plus tard, ma blonde et moi on organise une rencontre entre amis: Une activité de visite guidée halloweenesque au Vieux Port de Montréal. On devait être dix personnes. La moitié se désiste à la dernière minute, un autre a le rhume, un autre a la grippe, ce qui fait qu’il ne reste plus que ma blonde, moi et une amie.  Non seulement je n’ai pas chaud dans mon costume Ash de Army of Darkness malgré mon imper qui me le cache, le 2/3 des gens me confondent avec Leatherface de Massacre à la Tronçonneuse, ce que je trouvais un peu frustrant.

12) Halloween les dimanches, lundis, mardis, mercredis, jeudis.
Sérieusement, puisqu’il s’agit d’une événement qui se fête le soir, c’est loin d’être commode lorsque ça ne tombe pas un soir où on peut se coucher tard.  Pourquoi est-ce que l’on ne fait pas comme pour le Vendredi Saint, qui change de date à chaque année pour que ça tombe un vendredi?

Question comme ça: À qui est-ce que je pourrais bien suggérer ça?  Qui, sur la planète, régit une fête comme l’Halloween? 

13) Noël le lendemain de l’halloween
Du premier novembre jusqu’au 25 décembre, soit pendant sept semaines et demi, il sera impossible d’aller dans les magasins sans que tout soit décoré pour Noël, le tout accompagné de la musique qui va avec. Ça fait qu’il ne faut pas trop magasiner, sinon on se fait imprégner de l’atmosphère magique du temps des fêtes trop tôt, au point où, lorsque le 25 décembre arrive, on est blasé de la chose, et ça n’a plus le charme que ça devrait avoir.

L’altruisme égocentrique

Altruisme: Qui se consacre aux autres.
Égocentrisme: Qui se consacre à soi-même.
Altruisme égocentrique: Prétendre se consacrer autres, mais en réalité ne se consacrer qu’à soi-même.

Je ne parle pas des gens qui, malgré des motifs d’orgueil, rendent quand même véritablement service aux autres. Non, je parle plutôt de… Comment dirais-je?  Tenez, voici trois anecdotes réelles qui vont mieux montrer de quoi je parle :

ANECDOTE 1 : Le graphiste trop bien pour son client
Il y a quelques années, un ancien collègue de travail avait été engagé pour compléter un storyboard pour une agence de pub. Son travail consistait à continuer et terminer les illustrations en reproduisant le style du dessinateur précédent. Boulot simple, classique, typique de ce milieu de travail.

Mais voilà, en voyant les dessins de son prédécesseur, il a refusé de continuer un tel travail de marde qui ne lui permettrait pas de montrer à l’agence de pub ce qu’il était capable de faire, disait-il.  Alors, afin de leur donner la meilleure qualité de travail possible, il a complété la chose dans son style à lui.

Il a été remercié de ses services (se faire renvoyer, belle façon de dire merci) et a passé les semaines suivantes à se plaindre comme quoi les dirigeants de l’agence de pub n’étaient que des cons incapable d’apprécier l’effort et le talent.

ANECDOTE 2: La programmeuse qui sait mieux que le prof
Celle-là date de quand j’étais étudiant à l’École Nationale de l’Humour, programme Auteur. Pour notre cours Humour et Nouveaux Médias, il fallait créer une page web humoristique. Mon plan avait été lu, corrigé et approuvé par notre professeur. Il ne me restait plus qu’à faire la chose pour pouvoir la présenter comme travail de fin de session. En l’apprenant, une de mes amies insiste pour s’occuper de programmer la page web.  Cette reproduction de mémoire de notre conversation MSN résume bien le reste:

ELLE: Tu as choisi exactement les couleurs que je n’utiliserais jamais. Quant aux photos de la bannière, c’est vraiment à chier.
MOI: C’est pour une page d’humour.
ELLE: On s’en fiche. Personne ne va vouloir aller sur une page aussi laide.
MOI: Mais il faut qu’elle ait l’air de ça. Ça fitte avec le thème.
ELLE: Il y a moyen de faire une page d’humour sans qu’elle ait l’air aussi scrap.
MOI: C’est ce que le prof veut.
ELLE: T’auras vraiment pas une bonne note si tu lui remets cette merde.
MOI: Regarde: Notre prof nous a expliqué que la page web doit être un reflet de son sujet. Il nous a montré comme exemple la page promotionnelle du film de Borat. Puisque Borat est un crétin et un ignorant, le site du film ressemble aux pages personnelles de débutants que les gens faisaient sur Geocities et Angelfire à la fin des années 90: Mauvais montage, fond blanc, lettrage en couleurs fluos agressantes pour l’oeil, gifs animés cheap… Tu penses bien que Hollywood possède la technologie et le budget pour lui faire une page full high-tech. Sauf que c’est pas une question de technologie ni de budget. C’en est une de respecter le thème de ton sujet.

Devant une explication aussi complète, elle ne peut que comprendre pourquoi la page doit être faite selon mon plan, plan qui a été approuvé par le prof. Sa réponse:

ELLE: T’es pas Borat!

J’en fus quitte pour m’arranger tout seul en créant sur Photoshop de fausses captures d’écran de page web que j’ai présenté en classe, et endurer une coupl’ de semaines de bouderies de mon amie qui prenait mal le fait que je l’avais empêché de montrer ce qu’elle était capable de faire.

ANECDOTE 3 : Les Dents de l’Amère
Petit trip nostalgique (?) vers mes dernières années de célibat. J’étais au lit avec cette fille rencontrée le jour-même après quelques semaines de jasette sur le net. Elle utilisait ses dents pendant la fellation. Bon, chacun ses trips, c’est juste pas le mien, voilà tout. En plus, elle insistait pour me mettre une forte pression sous le scrotum avec ses doigts, ce qui était franchement inconfortable.  Je lui suggère donc de rétracter la dentition un ti-peu et de cesser de me presser le sous-sac, ça ne me fera que mieux apprécier sa job de siphonnage phallique.

Elle se retourne, insultée, et me dit:  « Heille! Je l’sais, moé, c’est quoi que les gars aiment qu’on leur fassent! » … Et elle se remet aussitôt à l’ouvrage en ne changeant pas sa technique le moins du monde.

Sous le choc, il a bien fallu que je me rende à l’évidence: Elle est tellement convaincue de savoir mieux que moi ce que j’aime que toute suggestion qui en déroge va m’exposer à sa rage. Il a donc fallu que je me ferme les yeux et que je fantasme très fort sur des scènes imaginaires particulièrement full-cochonne pour pouvoir conclure.

Dans les trois cas, ces personnes avaient toutes un point en commun : Elles tenaient mordicus à montrer ce qu’elles étaient capable de faire. Le graphiste voulait montrer qu’il était capable de faire bien mieux que des dessins simplets. La programmeuse  voulait montrer qu’elle était capable de faire une page web ultra-technique en alliant 1000 options sophistiquées à un graphisme full design. La partenaire sexuelle tenait à démontrer qu’elle valait mieux que la moyenne des femmes au lit.

Malheureusement, dans les trois cas, la seule chose que ces personnes ont réussi à montrer, c’est qu’elles n’étaient pas capable de faire ce qu’on leur demande.

Être à l’écoute des gens, ça ne signifie pas se taire quand on voit que l’autre a pris une décision idiote.  Ça ne signifie pas non plus lui imposer son point de vue. C’est l’écouter, dans le doute lui poser des questions et/ou offrir autre chose, et ensuite respecter sa décision finale. Et ça, ça vaut autant au travail que dans les relations interpersonnelles.


Et maintenant, quelques remerciements pour VRAIS services rendus:
Avec mon amie Stéphanie qui a décidé de tagger mes articles sur Digg et avec l’article à mon sujet sur The Guy Whisperer, j’me tape maintenant aux alentours de 100 visites uniques par jour. Ça bat les 4-à-17 que j’avais avant.. Merci à vous deux, ça me crinque pour de nouveaux articles, d’où celui d’aujourd’hui. Ça m’a aussi influencé à soigner ma présentation, ce qui fait que désormais (depuis hier, en fait) mes articles seront illustrés.

 

Je ne suis pas un vrai mec, part 1: Je ne lui mens pas assez!

Aujourd’hui sur MSN, section Style de Vie, il y a un amusant article signé par l’un des 8624 hommes au Québec à s’appeler « Éric Paquette »: 10 mensonges que les hommes servent aux femmes.

Cet article est très éclairant sur un point important de ma vie de couple. Vous vous demandez comment ça se fait qu’on vit en harmonie depuis les 11 dernières années, ma blonde et moi? Apparemment, ça aurait rapport au fait que je ne lui ai jamais servi ces mensonges-là:

MENSONGE 1 : «Chérie, je suis là dans cinq minutes»
Je ne me suis jamais trouvé dans une situation dans laquelle elle attendait après moi. Et quand on a de quoi à faire ensemble, on ne se booke pas autre chose le même jour.

MENSONGE 3 (Oui, le 3 passe avant le 2 dans l’article): «Je n’ai bu que deux bières!»
Je ne bois pas. Et les rares fois que je fais du social alcoolisé, (de 2 à 4 fois maximum par année) je ne me cache jamais de combien j’ai bu. Anyway, j’ai une faible tolérance à l’alcool. Une demi bière et je chante du Elvis, deux bières pis chus full chaudasse.

MENSONGE 2 : «Je te jure, mon cellulaire n’avait plus de batterie! J’ai oublié de le charger hier»
Je n’ai pas de cell. En plus, ça fait 10 ans qu’on habite ensemble. Pourquoi devrait-on s’appeler pour se parler?

MENSONGE 4 : «Je n’ai joué que 15 minutes…»
Chez nous, les jeux, c’est à elle. WoW, Wii, Xbox, Xbox 360, Gameboy, Gameboy Advance, et d’autres que j’oublie, c’est elle la gameuse. Je joue parfois à Mario Galaxie, mais le seul jeu auquel je me consacrais une heure ou + par jour, avant que ma belle-sœur nous l’emprunte, c’était Wii Fit. Alors non seulement je ne mens jamais sur mon temps de jeu, je n’ai absolument aucune raison de le faire.

MENSONGE 5 : «Je pense toujours à toi»
Euh… Avant de lire cette phrase, l’idée qu’on puisse se dire ça ne m’était encore jamais venue. Il est évident autant pour elle que pour moi que l’un pense à l’autre. Tk, une chose est certaine, si on n’a jamais pensé à se le dire, ça ne peut pas devenir un mensonge.

MENSONGE 6 : «[T’as] pas [pris] un gramme!»
Je m’amuse parfois à dire à ma blonde «T’as pris quoi, 5 lbs depuis que je t’ai connu en 1999?». D’abord parce que c’est vrai, et ensuite pour se moquer du mythe disant que toutes les filles sont full préoccupées par leur poids. Ma blonde a toujours été une mince d’une famille de minces. Non seulement elle ne se préoccupe pas pantoute de son poids, elle est assez logique et réaliste pour être capable de lire elle-même son poids sur la balance et faire ce qu’elle a à faire si ça la dérange. Alors non seulement elle ne me pose jamais de questions en rapport à son poids, pourquoi est-ce que je lui mentirais si elle le faisait? Ça n’a aucun sens!

Anyway, dans notre couple, c’est moi qui a le complexe du poids.

MENSONGE 7 : «C’est la première fois que ça m’arrive [de ne pas avoir le zouiz qui fait Heil Hitler pendant l’acte]
Ok, réglons quelque chose immédiatement: Qu’on le veuille ou non, y’a toujours une première fois. Et quand c’est la première fois que le gars a une panne de libido, dire «C’est la première fois que ça m’arrive!» n’est pas un mensonge. Je ne l’ai dit qu’une seule fois dans ma vie, et c’était vrai. Les fois suivantes, au contraire, je la rassurais comme quoi que non, ce n’était pas la première fois, donc qu’elle n’est pas en cause.

MENSONGE 8 : «C’était ma dernière brosse!»
J’ai été saoul raide deux fois dans ma vie, une fois en 1993, l’autre en 2008. Dans les deux cas, j’avais avalé du fort un peu trop vite dans un party où la boisson était a volonté. Puisque ce n’est pas dans mes habitudes de me paqueter la yeule, je n’ai pas besoin de prendre une résolution anti-alcool. Et encore moins de mentir en la prenant.

MENSONGE 9 : «La porno [qui apparait de façon] magique [sur l’ordi]»
Ha! Ha! Celle-là, j’en suis coupable à deux niveaux, mais pas de la façon classique. Oui, je suis allé sur des sites xXx, mais sans pour autant lui affirmer fièrement, je ne lui ai jamais caché. Ensuite, les fois où je mens sur le sujet, c’est quand elle me pogne en train de regarder des clips sur YouTube de chatons et chiots qui font les cutes. À ce moment-là, je dis : « Oops! Non, t’as mal vu. Je regardais… euh… de la porno !» Elle trouve ça cute que j’essaye de lui cacher mon côté beubélala.

MENSONGE 10 : «Le regard qui trahit»
Regarder le cul des femmes qui passent en ayant un regard de macaque qui veut se faire peler la banane? Je l’faisais même pas quand j’étais célibataire. Veux-tu ben m’dire pourquoi je le ferais maintenant que j’ai une blonde? Franchement! Donc, pas besoin de lui mentir sur le sujet.

Et en rapport avec ce dernier point : J’ai été élevé dans un environnement presque exclusivement féminin. J’ai toujours eu plein d’amies de filles et presque pas de gars. C’est peut-être pour ça que je n’ai jamais vu les filles comme étant des proies.

Et c’est peut-être pour ça que l’idée de lui mentir sur ces sujets ne m’est jamais venue en tête.

Un rendez-vous traumatisant

Aujourd’hui, puisque je vous propose un long texte, je vais commencer par la conclusion, au cas où vous seriez trop impatient de savoir où je veux en venir:

EN CONCLUSION: Oubliez tout ce que vous savez au sujet du lien entre la personnalité et le look. Les réalités de la vie à ce sujet sont :

  • Une belle fille peut être bitch avec les gars à cause que le pouvoir que sa beauté lui apporte sur les hommes lui est monté à la tête.
  • Tout comme une belle fille peut être gentille avec les gars parce que sa beauté la rend heureuse et rend également aimables les gens qui l’entourent.
  • Une fille laide peut être une bitch avec les gars parce qu’elle ne s’aime pas elle-même à cause de son physique.
  • Tout comme une fille laide peut être gentille avec les gars parce qu’elle veut être aimée malgré son physique.
  • Tout comme la personnalité peut n’avoir absolument rien à voir avec le physique.
  • C’est la même chose sur le plan sexuel.
  • C’est la même chose en inversant les sexes.

Maintenant qu’on a la morale de l’histoire, passons à l’histoire elle-même. Il s’agit d’un rendez-vous traumatisant que j’ai vécu à l’époque où internet faisait ses débuts dans nos foyers.

1998. J’avais 30 ans. Je me tenais sur un site appelé La Jasette, sur la page web de l’émission Pignon sur Rue, le premier show réalité du Québec, mais qui avait passé à peu près inaperçu parce que diffusé sur Télé Québec, donc non-promotionné par l’empire Québécor.

Sur ce site de jasette, une fille de 28 ans du nom de Dominique me drague. On se jase une coupl’ de semaines. Elle est sympathique et on s’entend bien. On finit par se suggérer une rencontre.

À l’époque, à part pour les sites de rencontres, peu d’endroits demandaient une photo ou un avatar dans ton profil. Je ne savais donc pas de quoi elle avait l’air, et elle non plus à mon sujet. Encore peu de gens avaient un scanner ou un moyen de se prendre digitalement en photo. On s’était cependant décrits pour s’assurer qu’on se reconnaisse.

Je propose un plan de match pour la mettre à l’aise: On se rencontre au métro, on va souper au resto, on parle, puis on rentre chacun chez soi. Si on s’est plu, tant mieux, on se le dira sur MSN et on va plus loin dans notre relation. Sinon, y’a pas de malaise ni obligations et on reste amis.  Je n’ai pas précisé que si on se plaisait ce soir-là qu’on pouvait très bien passer au lit après le souper, mais ça me semblait aller de soi que si on est victime d’un coup de foudre réciproque drette-là, ce serait idiot de remettre ça à plus tard.

Le jour de la rencontre, je me pointe à la station de métro choisie. Elle y est déjà. C’est elle qui me reconnaît en premier. C’est là que j’ai mon premier turn-off.  Elle m’avait bien dit qu’elle était un ti-peu ronde. J’étais bien ok avec ça. Par contre, elle aurait pu me préciser que c’était une géante de plus de six pieds avec des épaules comme un joueur de football. Je ne fais que 5’7″ et j’étais loin d’être un athlète. Et bien qu’elle était quand même trop petite pour souffrir de gigantisme, elle en avait quand même quelques caractéristiques physiques, comme le front large, le menton surdéveloppé et un sourire qui montre deux fois plus de gencives que de dents. Je sais bien que c’est pas de sa faute et qu’on est comme on est, je ne peux m’empêcher d’avoir un mouvement de recul, mental tout le moins. À ce moment là, bien que je n’ai pas baisé depuis un bon moment, je réalise que finalement je pourrais très bien attendre encore un peu.

Tandis que l’on se marche vers le resto en jasant, j’ai l’impression d’être un hypocrite.  Dans le fond, je ne suis pas correct de la trouver physiquement repoussante. Je sais bien ce que c’est, que de me faire mettre de côté pour mon apparence.  J’ai assez souffert de ça avant mes 25 ans, à l’époque où j’étais si maigre qu’on disait que j’avais l’air d’un sidéen en phase avancée. Et aujourd’hui, je lui fais à elle ce que j’ai toujours reproché aux autres de me faire?  Moi, le gars qui a toujours dit que la vraie beauté est intérieure?  Je me ressaisit donc, en me disant que je devrais plutôt mettre en pratique ce que je prêche.

On entre au resto et on s’assoit à une banquette, face à face. À l’heure qu’il est, il n’y a que trois autres tables d’occupées. En attendant la serveuse, elle commence à me jaser au sujet des études:

ELLE: T’as étudié dans quoi?
MOI: Lettres, pour me diriger dans…
ELLE: BON! Un autre loser qui savait tellement pas quoi faire de sa vie qui s’est allé en Arts et Lettres.
MOI: Euh… Mais non, je sais ce que je veux faire.
ELLE: Ben oui: Être su’l’BS comme tous les autres diplômés du Cégep du Vieux Montréal.
MOI: Je ne suis pas allé au Cégep du Vieux.
ELLE: Attend… T’as même pas été capable de te faire accepter au Cégep du Vieux? LE cégep qui prennent tout l’monde, même les plus losers!? Même eux-autres, y’ont pas voulu de toi!?
MOI: J’ai jamais appliqué là, chus allé à André Laurendeau.
ELLE: Pourquoi t’es allé là?
MOI: C’était celui l’plus proche de chez moi.
ELLE: Attend… T’as choisi ton cégep non pas en fonction de leur spécialité, mais bien pour marcher moins loin? Tu joues ton avenir complet pour une raison aussi épaisse? C’est donc ben cave!
MOI: Y’ m’semblait que l’Cégep du Vieux, c’tait pour les losers, que tu disais.
ELLE: J’ai dit que s’en aller en Arts et Lettres c’était loser, mais tant qu’à faire un choix de vie loser, c’est déjà moins loser quand tu vas à l’école qui se spécialise dans ce que tu veux faire.

Huh? C’est quoi cette attaque qui sort de nulle-part? J’ai le sens de l’humour et de l’autodérision et je sais que pour certaines personnes, insulter les gens est une forme maladroite d’humour utilisée, disent-ils, pour détendre l’atmosphère. N’empêche que je me demande bien ce qu’elle essaye d’accomplir en insistant pour prouver que mon choix d’études et de carrière fait de moi un loser su’l’BS. Surtout que je travaillais à l’époque au centre d’appel de la page web d’Air Canada, avec un très bon salaire, et elle le savait.

La serveuse arrive. Elle prend d’abord la commande de Mam’zelle, puis se tourne vers moi. Je lui dit:

MOI: Je vais prendre un club sandwich avec frites, avec un Diet Pepsi, s’il vous plaît.

Dominique fait alors quelque chose à laquelle je ne me serais jamais attendu de la part d’une adulte: Elle m’imite avec une voix niaiseusement nasillarde:

ELLE: « Ne vas pnende un cnub sanwitss avec fnites, avec un Diet Pepsi, s’in vous pnaît. »... Quétaine jusque dans son choix de bouffe.
MOI: Euh… C’est parce que ‘me semble que le but premier quand on est dans un resto, c’est de manger kek’chose qu’on aime, et non essayer d’impressionner l’autre.
ELLE: Pfff… T’as rien pour impressionner personne, mon pauvre p’tit gars.

Le serveuse finit de prendre ses notes, me dit « Ok! » et repart en faisant semblant de rien. Mais dans un métier où il est de bon ton de sourire aux clients et d’être un peu plus jasante que ça, c’est justement le fait qu’elle faisait semblant de rien qui démontrait le malaise. Nul doute qu’elle est allé raconter ça au reste du staff parce que pour le reste de la soirée, à chaque fois que je levais la tête pour regarder autour, il y en avait toujours un ou deux, au loin, en retrait, debout, immobiles, qui regardaient dans notre direction. Ils n’ont pas dû être déçus de la suite.

J’ai fait quelques tentatives de détourner la conversation vers elle, histoire qu’elle me lâche un peu. Voici les deux exemples dont je me souviens du foirage que ça a donné:

MOI: Tu travailles dans quoi?
ELLE: En quoi ça te regarde?

MOI: Tu restes dans quel coin?
ELLE: Pas d’tes calice d’affaires. C’est notre première rencontre, j’te connais pas, je l’sais pas quel genre de gars que t’es.  M’as pas donner mon adresse à un violeur potentiel.

Et ça continue comme ça, jusqu’au moment où elle décide de donner un virage sexuel à la conversation. Elle le fait avec cette question:

ELLE: T’as-tu déjà mis un pénis dans ta bouche?

Et voilà! LA conversation classique que j’ai eu à subir des dizaines de fois par le passé. Je la connais tellement par coeur que je peux prévoir exactement ce qui va se passer, à quelques variantes près.  Et c’est parti pour un autre tour:

MOI: Non, je ne suis pas gai.
ELLE: Comment tu le sais?
MOI: J’ai couché avec 20 filles, zéro gars, et j’ai 4 enfants
ELLE: Avoir des enfants, c’est pas une preuve. Tu peux être bisexuel.
MOI: Non, chu hétéro.
ELLE: Tu peux pas en être sûr à 100%.
MOI: Ben oui j’peux. Je sais que j’aime les femmes, et je sais ce que je n’aime pas les hommes. Par conséquent, je sais que chu hétéro.
ELLE: Comment tu peux savoir que t’aimes pas ça si tu l’a jamais fait?
MOI: Je le sais parce que les hommes ne m’attirent pas.
ELLE: Ça veut pas dire que t’aimerais pas ça.
MOI: J’aimerais pas ça parce que l’idée de me faire toucher par un homme dans un but sexuel, c’est suffisant pour me faire perdre ma libido. Je me souviens de la première fois où je me suis retrouvé dans une soirée orgiaque. Pour la première fois de ma vie, ce soir là, j’ai eu des problèmes d’érection. La présence d’autres gars tout nus me dérangeait.
ELLE: Je trouve que tu te défend beaucoup. Qui c’est que t’essayes de convaincre ici? Moi, ou bien toi?

Vous voyez le genre de mentalité? Si tu ne te défends pas, c’est parce que tu l’es. Si tu te défends, ça veut dire que tu l’es, mais essaye de le cacher. Peu importe ce que tu leur dis, à ces filles-là, rien ne leur fera changer d’idée à ton sujet.

L’expérience m’a appris une chose importante dans ce genre de situation: Quand une fille insiste à mort comme quoi tu es bi, si tu ne veux pas gâcher la soirée, alors dis-lui ce qu’elle veut entendre. La date ayant déjà assez mal commencé comme ça à mon goût, ça ne me tente pas d’en rajouter en la contrariant. Je suis bon improvisateur et conteur d’histoires, je m’invente donc une expérience bi drette-là pour la satisfaire:

MOI: Oui, une fois, quand j’habit…

Elle fait immédiatement une moue de dégoût et m’interrompt en disant:

ELLE: OH, OUAAACHE!

Eh oui, son insistance à me faire avouer une relation fif-o-sexuelle que je n’ai jamais eu, ce n’était pas pour tester mon ouverture d’esprit. C’était juste dans le but de pouvoir me descendre verbalement encore une fois.  J’ai déjà subi des attaques totalement gratuites dans le passé, mais c’était la première fois qu’on prenait la peine de mettre autant d’effort pour me tendre un tel piège.

Sérieusement là, rendu à ce point-là de la soirée, « Je veux baiser cette fille » était la dernière chose que j’avais en tête, tout de suite en dessous de « Je me masturberais bien avec du papier sablé à gros grains, avec du tabasco comme lubrifiant. » J’ai enduré le reste du souper tout en restant poli et amical parce que ma maman m’a appris qu’en public vaut mieux agir en être civilisé que de faire scandale. Malheureusement, beaucoup de gens abusifs confondent ma patience pour de la soumission, d’où gros scandale inévitable lors de ma défense et/ou contre-attaque et/ou retraite.

Quand finalement on sors du resto, elle me dit la dernière chose à laquelle je m’attendais d’entendre:

ELLE: J’reste à côté, tu viens-tu?

QUOI?  Non mais sérieusement, là… La fille a passé l’heure et demi de notre rencontre à rire de moi, m’insulter, m’humilier… Et moi, comme un cave, j’irais la récompenser en lui donnant du sexe? Fuck that! Je n’ai jamais compris la logique derrière la mentalité « Tu m’agresses, donc je te respecte et te désire », alors je ne vais certainement pas y adhérer. De toute façon, le plan de la soirée que j’avais proposé et qu’elle avait accepté était que l’on se rencontre, qu’on jase, qu’on se quitte, et qu’on se dise ensuite VIA INTERNET si on s’est plu ou non. C’est à ça que je m’accroche pour décliner son offre.

MOI: Euh… Merci mais je vais m’en tenir au plan.
ELLE: Ben là…!? C’est quoi la joke? C’est-tu à cause de c’que j’t’ai dit au resto? T’es donc ben fif, estie.

Heille, c’est bandant, ça, encore!

Je lui ai dit que comme, suivant le plan original, je ne m’attendais pas à ce que l’on passe la soirée ensemble. J’ai donc prévu d’autres trucs pour la soirée avec des amis qui m’attendent. C’était faux, bien sûr. Revenu chez moi, je me suis logué et je l’ai bloquée et ignorée de partout.

Et c’est ainsi que j’ai appris que si la beauté véritable est à l’intérieur, alors il existe des gens beaucoup plus laids qu’ils en ont l’air. C’est sûr que j’aurais pu essayer de comprendre pourquoi elle agissait ainsi. Mais voilà, j’étais sa date et non son psy.  Et franchement, ça ne me tentais pas de le devenir.

Et c’est pour toutes ces raisons que cette soirée qui s’enlignait pour se conclure sexuellement fut la rencontre la plus turn-off de toute ma vie de célibataire de moins en moins endurci.

Pourquoi agissait-elle ainsi? Selon le cliché, on aurait pu s’attendre à ce qu’une grosse laide soit gentille. Or, que les choses se passent ainsi en général ne signifie pas qu’elles se passent ainsi tout le temps.   Qui sait, peut-être que, consciemment ou non, elle se disait: « Chus grosse, chus lette, fa que si en plus chus chiante pis que le gars y survit, c’est probablement l’homme de ma vie. » Ça expliquerait son offre pour passer ensuite chez elle.

Ou peut-être que, s’étant fait niaiser toute sa vie par les gars pour son physique, elle a développé le réflexe d’attaquer en premier en s’attendant à ce que le gars la repousse juste à la voir. Ça expliquerait son invitation de l’après-repas. Elle a vu qu’elle m’avait mal jugé et elle a essayé de rattraper le coup.

Ou peut-être que, incapable d’assumer son physique, elle avait besoin d’une meilleure excuse pour s’expliquer ses rejets. Tsé, comme ça elle pouvait se dire « S’il ne voulait pas de moi, c’est parce qu’il n’a pas aimé ce que je lui ai dit, voilà tout! » Il est vrai que c’est un réflexe que développent beaucoup de gens reject: Tant qu’à être mis à l’écart, aussi bien se donner l’illusion que c’est parce qu’on l’a voulu, donc qu’on a le contrôle sur la situation.

Ou peut-être que je perds mon temps à essayer de lui trouver des excuses et qu’elle était juste vraiment bitch dans sa nature profonde. Ce qui signifie que j’ai eu d’autant plus raison de décliner son offre. Quand une personne cherche juste à rire de toi en t’attaquant sur tous tes aspects possibles, c’est vraiment courir après l’humiliation que d’aller ensuite se mettre délibérément tout-nu devant elle.

Scène de rupture que j’aimerais bien voir

On connaît tous la grande scène classique dans laquelle l’homme découvre que sa femme entretient une relation amoureuse à longue distance avec un gars qu’elle n’a encore jamais rencontré en personne,bien qu’ils planifient de le faire bientôt. Cette scène a été jouée des milliers de fois aussi bien en fiction que dans la vraie vie. La seule différence, c’est que dans la fiction, c’est toujours par accident que le gars tombe sur ces preuves. Parce que oui, même s’il a raison au bout du compte d’avoir fouillé dans son ordi parce qu’il était soupçonneux et jaloux, ça demeure tabou pour un homme de l’être. Il doit donc se montrer pur et innocent.

N’empêche que dans la réalité comme dans la fiction, la suite se passe ainsi : La femme revient à la maison, fait semblant de rien, est toute gentille, joyeuse, amicale… Puis, elle est surprise. Le gars a empaqueté toutes les affaires de la fille dans des valises et des boites, il lui révèle qu’il sait tout, et lui dit de dégager. La fille est sous le choc, n’y croit pas, tremble, bafouille, est en larmes, se rend compte qu’elle a gâché sa vie pour une stupidité virtuelle, pleure, implore…  Mais rien à faire, l’homme reste inflexible. Elle part en larmes en trainant péniblement ses 27 valises.  L’homme la regarde s’éloigner, sans l’aider, tout en ayant au visage un air à la fois ferme et digne, tandis que la salope n’a eu que ce qu’elle méritait.

Dix ans avant qu’internet envahisse tous les foyers, Oran « Juice » Jones nous joue une version de cette scène dans le vidéo de sa chanson « The Rain »

Eh bien moi, j’aimerais bien un jour voir la version suivante : Tout se déroule de pareille façon, jusqu’au moment où l fille rentre et elle voit que son chum a fait ses valises, ses boîtes, lui révèle qu’il sait tout, et lui dit de dégager.

Après un moment de silence où elle est en train de comprendre ce qui se passe, elle aurait un haussement d’épaule, ramasserait ses valises et lui dirait :

Tu vois, jusqu’à aujourd’hui, j’étais prise dans un dilemme… J’avais le choix entre poursuivre avec lui un rêve qui part de zéro, ou bien travailler à sauver la relation que j’ai bâti depuis [X nombre d’années] avec toi. Mais là, par ton geste de rejet, tu me fais réaliser quelque chose:  D’un côté j’ai lui, un homme pour qui je suis tellement importante qu’il est prêt à affronter tout ce qui nous sépare, comme la distance, le fait que je suis en couple et que j’habite avec mon conjoint. Et de l’autre côté, j’ai toi, un homme qui préfère me domper et détruire tout ce qu’on a construit ensemble à cause de ma relation avec un paquet de pixels sur mon écran. Lui a le courage d’affronter les obstacles, alors que toi tu n’as même pas celui de venir m’en parler. Alors finalement, je n’ai d’autre choix que de me rendre à l’évidence : Non seulement l’autre vaut mieux que toi, tu me rends un grand service en me laissant à lui.

Parce que, soyons franc, elle a raison.

Alors que vous soyez homme ou femme, cocu ou cocue, virtuellement ou réellement, avant de jouer cette scène, posez-vous d’abord les questions suivantes: Qu’est-ce qui est le plus important pour moi? Venger ma frustration ou bien sauver mon couple?

Méfiez-vous des prophètes autoréalisateurs

– Je l’sais qu’tu m’trouves fatiquant.
– Moi? Ben non! En voilà une idée!
– Essayes pas! Je l’sais qu’tu m’trouves fatiquant.
– J’viens d’te dire que non.
– Tu m’trouves fatiquant.
– D’où ça sort c’t’accusation là?
– Tu m’trouves fatiquant.
– J’ai-tu dit de quoi pour te faire penser ça?
– Tu m’trouves fatiquant.
– Franchement, là…
– Tu m’trouves fatiquant.
– Je…
– Tu m’trouves fatiquant. Tu m’trouves fatiquant. Tu m’trouves fatiquant. Tu m’trouves fatiquant.
– HOSTIE QU’T’ES FATIQUANT!
– Tu vois? Je l’savais!

De l’anglais self-fulfilling prophecy, la prophétie autoréalisatrice est une méthode de manipulation qui consiste à lancer une accusation d’avance dans le but d’influencer autrui via l’orgueil ou la bonne-foi de ce dernier. La cible de cette provocation se retrouve donc dans une situation dans laquelle elle n’a que deux choix: Subir éternellement cette accusation mensongère, ou bien l’accomplir ce qui en fait automatiquement une prophétie. Donc, quoi qu’il fasse, il perd.

EXEMPLE 1: Le gars qui accuse à tort sa blonde de vouloir le quitter, et qui lui fait des histoires à cause de ça. Si la fille tient à lui montrer qu’il a tort, alors elle est manipulée à rester dans cette relation abusive dans laquelle elle subit ces accusations à répétitions. Si elle finit par en avoir assez de ces soupçons non-mérités et qu’elle le quitte, il peut alors crier haut et fort qu’il avait raison à son sujet tout ce temps-là.

Voilà pourquoi on parle de prophétie autoréalisatrice: Cette prophétie ne se serait pas accomplie si elle n’avait pas d’abord existé.

Et là où c’est parfois de la manipulation, c’est que pendant que la fille est occupée à tout faire pour ne pas donner à son chum l’impression qu’elle veut le quitter, elle n’a pas le temps de remarquer les défauts qu’il a. Des défauts qui pourraient vraiment lui donner de vraies bonnes raisons de le quitter.  Des défauts qu’il sait trop bien qu’il possède. Des défauts qu’il préfère camoufler en accusant sa blonde de ce qu’elle ferait si elle les remarquait, et ce avant même qu’elle les remarque.

EXEMPLE 2: Celle qui accuse son chum de vouloir la frapper, et qui fera tout pour l’exaspérer, poussant même la provocation en allant jusqu’à l’agresser physiquement elle-même. Le gars se retrouve dans le même dilemme que dans mon exemple précédent : Céder à la provocation et ainsi devenir ce dont il a été si longtemps accusé à tort d’être, ou endurer des abus qui n’en finiront jamais.

Heureusement, dans ce cas-ci, il a aussi le 3e choix de la quitter pour de bon. Elle peut alors se plaindre à raison que seuls les hommes violents s’intéressent à elle, les autres la laissent tomber. Normal: Avec son attitude, ou bien elle attire les hommes violents, ou bien elle transforme l’homme doux en homme violent, ou bien elle repousse les hommes qui sont trop doux pour pouvoir virer violents. Elle est donc elle-même la seule et unique cause de la situation dont elle se plaint.

Il n’y a pas que dans les relations de couple que les prophètes autoréalisateurs font des ravages. J’ai quelquefois eu à subir les accusations non-fondées d’une amie qui m’accusait de vouloir qu’elle s’en aille, me laisse tranquille, disparaisse de ma vie. Je vivais la chose comme du harcèlement et de la manipulation. Harcèlement parce que je me faisais sans cesse accuser faussement, et toujours de la même chose. Manipulation parce qu’elle me forçait à lui dire que j’appréciais sa présence, et ce tout juste après m’avoir frustré contre elle avec ses accusations mensongères, donc juste au moment ou je l’appréciais le moins, celui où j’avais le moins envie de sa présence.

De par son attitude, elle avait transformé nos fréquentations. Ce qui était un plaisir au départ était devenu une obligation. Ce qui était positif était devenu négatif.

Les prophètes autoréalisateurs de relations souffrent de trois choses

  • Un grand manque de confiance en soi. Ces gens ne croient pas être capable d’obtenir ce qu’ils veulent autrement que dans une situation dans laquelle l’autre n’a nul autre choix que de la lui donner. L’amitié, l’amour, la fidélité, la douceur, etc.
  • Une très basse estime d’eux-mêmes. Quand tu crois que la seule façon pour toi d’obtenir amitié, amour et respect c’est en forçant l’autre à t’en donner, c’est parce que tu ne crois pas être capable de le mériter.
  • Un complexe de persécution. Ça se voit dans ses accusations non-fondées : On veut la quitter, on veut la frapper, on veut la tromper, etc. Bref, à l’entendre, on ne lui veux que du mal et/ou la rejeter.

Les prophètes autoréalisateurs se retrouvent aussi chez les provocateurs qui cherchent à ternir l’image des autres. Cette méthode est alors appliquée afin de les insulter à loisir sans leur laisser le droit de réplique.

Exemple vécu : Un voisin que j’ai eu il y a deux ans. Jeune noir full arrogant qui se la joue avec un petit sourire insolent permanent. Dès qu’il a aménagé au 3e étage d’un bloc voisin ce juillet-là, et ce jusqu’à ce qu’il fasse trop froid pour sortir, son fun était de se poster au balcon, seul ou avec ses ami, et d’insulter les gens qu’il voyait dans les cours arrières de la ruelle, en ne manquant pas de les accuser d’être des racistes qui cherchent juste à se plaindre contre les noirs.

Les forums et autres lieux d’échanges publics sur le net sont aussi riches en provocateurs qui, après avoir lancés insultes et accusations fantaisistes, vont vite s’empresser d’accuser d’avance les gens de ne pas aimer ce qu’il disent, ou les modérateurs de vouloir le bannir. J’en parlais déjà dans mon billet Devenez Membre de la CIA.

« Tu vois bien? Je te l’avais dit que ça ne marcherait pas. »
Comme on a pu le voir dans mon autre billet Autopsie du Loser, on retrouve beaucoup de prophètes autoréalisateurs chez les gens négatifs. Peu habitué à réussir dans la vie, il finit par adopter la personnalité hautaine du gars capable de prévoir qu’il ne réussira pas parce que telle ou telle personne ne voudra pas lui laisser sa chance. Il aura ensuite face à cette personne une attitude qui va lui garantir cet insuccès qu’il avait prédit. Par exemple en draguant une fille ou en faisant application pour un travail tout en accusant l’autre de façon sous-entendue de ne pas être intéressé par un gars comme lui. Cette attitude est aussi connue sous un autre terme: Créer soi-même ses propres malheurs.

Rajoutons à ça les gens rabaissants qui utilisent la prophétie autoréalisatrices afin de te manipuler car ils ont une mentalité qui se traduit par « je vais toujours penser le pire de toi, c’est à toi de me prouver sans cesse le contraire », et vous comprendrez pourquoi il faut se tenir loin des prophètes autoréalisateurs.

Les Trois Raisons Possibles de l’Échec

Des formules comme Quand on veut, on peut, ou bien La vie est ce que l’on en fait sont supposés être des outils de motivations avant et pendant que l’on entreprend un projet. Hélas, c’est surtout utilisé par les autres afin de nous rabaisser, et ce après que le projet se soit soldé par un échec.  Dans ce temps-là, ils vous disent qu’« on n’a qu’à ne pas se laisser arrêter par cet obstacle » ou alors qu’« il n’y a qu’à le contourner ».

Eh bien moi, je n’ai qu’une chose à répondre à ça, et c’est Bullshit!

Petite dose de réalité: Prétendre que chacun est la seule et unique cause de sa propre réussite ou son propre échec, c’est aussi irréaliste que stupide.

Prenons, comme exemple, quelqu’un qui a réussi dans la vie: François Pérusse. Pour ses capsules d’humour, il fait tout: Le texte, les différentes voix, la musique, les effets sonores, le mixage et l’enregistrement. Vous direz que son succès, il ne le doit à personne parce que lui seul a tout fait de A à Z? Désolé mais non, c’est une erreur. Si aucun dirigeant de maison de disque n’avait voulu de son produit, tous ses efforts et tout son travail lui  auraient valu un beau zéro. Le plus qu’il pouvait faire, c’était d’essayer de rendre son produit le plus attrayant possible.  Là s’arrêtait sa responsabilité sur son succès. Le reste dépendait des autre.

Quant à sa carrière d’auteur de capsules humoristiques, ce n’est pas comme s’il l’avait planifiée d’avance. Ça lui est tombé dessus par hasard, comme on peut le voir sur sa page de Wikipédia: « En 1990, il réalise une publicité pour l’album Sauvez mon âme de Luc De Larochellière. Cette capsule publicitaire humoristique suggère que le disque de De Larochellière permet d’entendre, si on le fait jouer à l’envers, des messages subliminaux diaboliques : cela attire l’attention de la station CKOI-FM qui l’embauche pour créer ses 2 minutes du peuple. »

C’est bien beau, la philosophie de la pensée positive et le concept comme quoi chacun est le seul et unique maître de son destin afin d’expliquer les échecs. C’est bien beau les théories comme quoi on n’a qu’à ne pas se laisser arrêter par les obstacles, et qu’il s’agit tout simplement de les contourner.  Mais si on lâchait un peu les théories philosophiques et qu’on parlait un peu du concret, hm? Si on parlait de faits vécus?

FAIT VÉCU 1 : Mes efforts pour être embauché au gym. À l’entrevue, on m’apprend que certains cours de formation se donnent au cégep. Or, à cause que mon ex m’a fait abandonner le cégep une fois de trop il y a 15 ans, je n’ai plus le droit de m’y réinscrire. Comment est-ce que je pourrais « ne pas me laisser arrêter par ça » ou bien « contourner cet obstacle »?

FAIT VÉCU 2 : L’armée, quand je me suis enrôlé comme steward dans les marines, un poste difficile à obtenir parce que rare. Ils ne prennent pas les gens sous probation, ce que j’étais à cause que mon ex m’a trainé en cour. Ensuite c’est 3 ans d’attente avant d’avoir le droit de me réinscrire. Comment est-ce que je pourrais « ne pas me laisser arrêter par ça » ou bien « contourner cet obstacle »?

FAIT VÉCU 3 : Il y a quelques semaines, ma blonde m’a fait comprendre que mon projet de livre pour enfant ne pourra pas se produire parce que l’auteur n’a pas le droit d’illustrer son propre texte. Eh non, à cause de certaines lois qui protègent les illustrateurs,  il doit être dessiné par un dessinateur à l’emploi de l’éditeur. Or, pour être illustrateur, il faut être membre de Illustrations Québec, ce qui coûte de $183.96 à $344.93. Et payer ces frais qui dépassnt largement tout profit que je ferais dans les ventes ne garantit en rien que je serai embauché par l’éditeur, et encore moins que je sois assigné à illustrer mon propre livre. Comment est-ce que je pourrais « ne pas me laisser arrêter par ça » ou bien « contourner cet obstacle »?

FAIT VÉCU 4 : Je n’ai rien pour entreprendre une grande carrière? Ok, je me résigne: Je viens d’appliquer pour une job au salaire minimum au Rona de mon quartier. Je me suis fait refaire le même coup qu’au PFK l’an passée, c’est à dire me faire dire par le gérant que mon CV démontre que j’ai trop de potentiel pour le perdre dans ce genre de job, donc qu’il ne me rendrait pas service de m’embaucher. Comment est-ce que je pourrais « ne pas me laisser arrêter par ça » ou bien « contourner cet obstacle »?

FAIT VÉCU 5 : D’accord, être embauché, ça dépend des autres. Alors je choisis une activité dans lequel je suis le seul maître de ma réussite: M’entraîner à la course dans le but de courir le marathon: Après cinq mois d’entraînement, j’ai développé une fasciite plantaire, ce qui limite désormais, et pour le reste de ma vie, le temps que je dois passer debout. Un handicap permanent qui m’empêche de courir à tout jamais.  Comment est-ce que je pourrais « ne pas me laisser arrêter par ça » ou bien « contourner cet obstacle »?

Je pourrais continuer longtemps comme ça, j’ai des douzaines d’exemples. Alors allez-y, expliquez-moi comment je peux «ne pas laisser» mon ex me causer des problèmes avec la loi, «ne pas laisser» les règlements de l’armée m’empêcher de m’enrôler,  «ne pas laisser» un éditeur refuser de me publier puisque j’illustre mes propres histoires, «ne pas laisser» un Rona refuser de m’embaucher, «ne pas laisser» un handicap physique se développer?

Donc, désolé pour tous les bien-pensants qui nous font la morale avec leur réponse universelle comme quoi tout est de notre responsabilité, mais non, les échecs ne s’expliquent pas tous par une seule et unique raison. La réalité, c’est que ça peut être dû à une, deux ou bien les trois raisons suivantes.

Les trois raisons possibles de l’échec:

  • Ta propre faute: Un abandon, de mauvaise décisions, de la négligence, une gaffe, créer des tensions, avoir choisi un projet irréaliste ou hors de sa portée, etc. Consciemment ou non, beaucoup de gens se sabotent eux-mêmes.
  • La faute des autres: Il est très rare que l’on n’ait à compter sur personne d’autres que nous-mêmes pour réussir. Et quand celui qui a le pouvoir d’en faire une réussite ou un échec décide que ce sera un échec, alors rien à faire, ce sera un échec. Et ça, c’est sans compter ceux qui vont délibérément te saboter.
  • Le hasard. Il arrive que des hasards malheureux et imprévus se produisent et ont comme conséquence de saboter ton projet. Une panne. Un problème de santé. Un accident. Ce sont des choses qui arrivent sans que rien ni personne ne puissent les prévenir, les contrôler ou les contourner.

Parce que quand on commence à croire que tout ce qui nous arrive, sans aucune exception, est toujours de notre faute, on finit par perdre contact avec la réalité. Comme tous ceux qui sont d’accord avec le livre Le Secret lorsque celui-ci affirme que si vous recevez des factures d’électricité, de téléphone, de câble, de loyer et de carte de crédit, ce n’est pas parce que vous avez l’électricité, le téléphone, le câble, un loyer et une carte de crédit, mais bien parce que votre imagination fait surgir ces factures de nulle part. Voyez plutôt:

Vous en voulez, une formule à la fois réaliste et non-pessimiste au sujet de la réussite ou de l’échec d’un projet que l’on entreprend? La voici: Essayer, c’est réussir ou bien échouer. Ne pas essayer, c’est échouer.

Et ça, c’est tout ce que l’on peut se permettre d’affirmer à ce sujet.

Previous Older Entries

%d blogueurs aiment cette page :