Mon année 2012, 6e partie: La vie me donne un break!

SEPTEMBRE 2012

Les deux premières semaines de septembre, la température est encore celle de l’été. Je me paie des vraies vacances : Je sors dehors de jour au lieu de le dormir, je me promène en vélo, j’explore des coins où je ne suis jamais encore allé, je visite des commerces où je n’avais jamais mis les pieds. Ça fait du bien de découvrir des endroits inconnus. Après huit ans à habiter à mon appartement précédent, j’étais tombé à court de ce genre de truc depuis longtemps. Et le plus beau : Tout est calme et pratiquement désert. Normal, tous les enfants et ados sont à l’école.

Je profite aussi de mon temps libre afin de renouer un peu avec mes ancêtres. Fiston s’est découvert une passion pour l’histoire de la famille, passion qui a renouvelé la mienne qui s’était un peu endormie avec le temps. Je me remets à un projet d’écriture au sujet de mon illustre arrière-grand-oncle Aegidius Fauteux
Mes recherches me montrent que depuis que je suis arrivé à Montréal en 1990, j’ai quasiment toujours habité à côté de son lieu d’origine, la paroisse de Sainte-Cunégonde, connue aujourd’hui sous le nom de Quartier Petite Bourgogne de Montréal.  Mieux encore: Cette branche de ma famille était tellement populaire que la rue où ils avaient leur manufacture de portes et fenêtres a aujourd’hui leur nom. Je passe des jours à visiter ces endroits, les bibliothèques du quartier et à consulter les archives de la Ville.

Mais je ne néglige pas pour autant la recherche d’emploi. Je vais visiter Emploi Québec plusieurs fois par jour, faisant de 2 à 10 applications quotidiennement. Je passe deux entrevues qui n’ont rien donné, finalement, le 16 septembre, ce sera la 3e qui sera la bonne. Je ne serai resté que deux semaines et deux jours sans emploi.

Le travail étant pour un concierge résident, la condition première est de pouvoir aménager immédiatement. Ma propriétaire me permet de partir pourvu que je trouve pour me remplacer une personne qui a de l’allure. Kijiji aidant, je lui trouve ça en trois semaines. C’est sans regrets que je quitte mon 2½ dans ce sous-sol mal éclairé pour m’en aller là:

On me fournis gratuitement un grand 3½ très bien éclairé par de grandes fenêtres au 11e étage, électricité et chauffage fournis.  Les gratuités incluent internet + téléphone + câble, mais j’ai choisi le caprice d’amener avec moi le contrat Vidéotron que j’ai déjà pour ces 3 services. J’ai 5 bonnes raisons pour ça:

  1. Ça ne me tente pas que l’administration sache sur quel sites internet douteux je passe mes temps libres.
  2. J’ai eu assez de misère à apprendre mon nouveau numéro de téléphone, je l’garde, s’tie!
  3. Anyway, le téléphone + le cell que la job me fournis sont supposés être des instruments de travail.  J’aime garder ma vie privée séparée de ma carrière.
  4. Tant qu’à avoir le câble et ne pas avoir les chaines que je veux, aussi bien avoir mon propre compte.
  5. Hey, je ne paye ni loyer ni chauffage ni électricité. Je peux bien me payer le Vidéotron, hm!?

Je passe le reste du mois à faire l’apprentissage de mon métier. Pour le reste de ma vie, je n’aurai plus jamais besoin de faire appel à un plombier, un électricien, un menuisier ou… euh… une femme de ménage.


OCTOBRE 2012

Je termine mon déménagement. Ma bonne fortune me rend généreux, aussi je laisse à la nouvelle locataire mon vieux fauteuil ainsi que le reste du mois payé.

Au fil des jours et des semaines, je me meuble peu à peu, et ce gratuitement. Car en effet, lorsque les locataires déménagent, ils laissent toujours un meuble ou deux.  C’est ainsi que je me retrouve avec des bibliothèques, une belle table de travail, un fauteuil en cuir 3 places et quelques autres trucs, le tout en excellent état.  Et comme j’ai accès à une machine à vapeur anti-punaises, je ne sers pas de buffet à volonté à ces p’tites bibites.  Le fait que les gens se débarrassent de leurs télés pour des versions ultra-plates fait que je me retrouve bientôt avec 5 grosses TV, toutes parfaitement fonctionnelles.  Je me vois quand même obligé d’en remettre 3 aux vidanges, faute de place et d’utilité. En fait, la seule chose que je me paye, c’est une superbe table des années 50 en parfait état qui fitte parfaitement avec le cachet rétro que je donne peu à peu à la place.

Vers la fin du mois, alors que j’aurai bientôt à retourner voir le podiatre pour le traitement de mon invincible verrue plantaire, je m’observe le pied et constate avec surprise que le dernier traitement a fini par en venir à bout. Ça a pris 5 ans mais j’ai fini par voir le jour où je m’en suis débarrassé.

NEXT: Le Célibat

Rapport 2012 de la part de WordPress au sujet de Mes Prétentions de Sagesse

Les lutins statisticiens chez WordPress.com ont préparé un rapport annuel 2012 pour ce blog.

Voici un extrait :

19 000 personnes étaient présentes au nouveau Barclays Center pour voir Jay-Z. Mes Prétentions de Sagesse a été vu environ 72 000 fois en 2012. Si ce blog était un concert au Barclays Center, il faudrait 4 spectacles pour que tout le monde puisse le voir.

Cliquez ici pour voir le rapport complet.

Mon année 2012, partie 5: La facilité de se trouver un emploi.

Il y a 2 ans, dans mon billet Les Trois Raisons Possibles de l’Échec,  je parlais d’un problème qui me faisait obstacle dans ma recherche d’emploi, soit le côté artistique de mon CV.  En effet, à chaque fois que je me cherchais un travail physique, ils regardaient mon CV, voyaient des trucs comme Safarir et l’École Nationale de l’Humour, et en arrivaient à la conclusion erronée (quoi que logique) que je cherchais juste une job quelconque en attendant de percer dans le milieu artistique.

L’affaire, c’est que la réalité était l’inverse. Tanné du travail à la pige instable et mal payé, j’ai décidé de mettre ça derrière moi en faveur d’un travail stable, à temps plein, à revenu régulier. C’est en faisant des recherches d’emploi que je me suis rendu compte que pour les gens avec peu ou pas d’expérience, les jobs de bras étaient plus payantes que le travail de bureau. D’où mes tentatives d’être embauché dans le domaine. Hélas, mon CV artistique ne faisait que me nuire.

Lorsque la solution à mon problème m’est venue en tête, je n’en revenais pas de ne pas y avoir pensé avant, tellement c’était simple : Me mettre à la place de mon futur patron. Me dire : Et si c’était moi l’employeur… Qu’est-ce que je voudrais entendre? Qu’est-ce que je voudrais voir? Qu’est-ce qui me pousserais à l’employer lui alors que jamais je ne donnerais sa chance à l’autre? Le simple fait de me poser ces questions m’a amené à transformer radicalement les différentes facettes et éléments de ma recherche d’emploi.

MON CV :
Si j’étais patron : Si je cherche un travailleur solide physiquement et que je reçois un CV dans lequel la moitié de ses expériences (les plus récentes en plus) sont artistiques, c’est sûr que je vais le mettre de côté au profit d’un qui n’a que des expériences de travail physique.
Alors ce que j’ai fait : Au début de 2011, j’ai fait application pour travailler dans un garage de bus.  J’ai tout simplement enlevé les détails artistiques de mon CV.  Comme ça, au lieu de le jeter, il m’a appelé pour me demander pourquoi il y avait de grands trous dans ma liste d’expérience. Je lui ai dit la vérité : Parce que j’ai mis la vie artistique derrière moi, et parce que ces expériences me handicapaient dans mon CV. Il a compris. J’ai été embauché.

MA SITUATION GÉOGRAPHIQUE
Si j’étais patron : Je voudrais d’un employé qui habite près, et ce pour deux raisons : C’est plus pratique lorsqu’il faut appeler quelqu’un pour faire du remplacement de dernière minute, et je n’ai pas à craindre les retards et l’absentéisme pour cause de le bus n’est pas passé / le métro est arrêté / l’auto est en panne.
Alors ce que j’ai fait : À tous les jours, j’allais sur Emploi Québec et je ne consultais que les annonces de mon quartier.  Les gens me disaient que c’était une erreur, et que si je voulais vraiment travailler j’irais prendre la job là où elle est.  Eh bien j’ai eu raison de m’obstiner car ça ne m’a pris qu’un mois avant de trouver du travail au garage de bus de mon coin. J’y allais à pied ou en vélo.

MON PHYSIQUE
Si j’étais patron d’une boutique de vêtements pour jeunes, je voudrais des vendeurs jeunes, minces, beaux, qui ont du style. Si j’étais patron d’un magasin d’équipement de sport, je voudrais des vendeurs d’allure sportive, en forme, en tenue de gym.  Et si j’étais patron d’un garage de bus, je voudrais un employé solide, costaud, habillé de façon qui démontre qu’il n’a pas peur de se salir.  Il y a une raison pourquoi existe l’expression Avoir le physique de l’emploi.  Dès le premier coup d’œil sur ton allure, le patron sait déjà si ça vaut la peine de te faire passer une entrevue ou non.
Alors ce que j’ai fait : À ce moment-là, je venais de passer tout l’hiver à m’entrainer à la course, en plus de faire des poids. J’étais athlétique, costaud. J’étais trop vieux pour être vendeur dans des boutiques, surtout sans expérience au niveau de la vente. Par contre, j’avais le physique requis pour travailler dans un garage de bus.

MON COMPORTEMENT PENDANT L’ENTREVUE
Si j’étais patron : Je voudrais d’un candidat avec qui le courant passe bien.  Quelqu’un avec qui la communication se fait aisément. Quelqu’un qui est à l’aise avec moi, surtout si on est pour travailler ensemble.
Alors ce que j’ai fait : Tous ceux qui se sont butés à la difficulté de se trouver un emploi se sont tous fait donner les mêmes conseils : Assis-toi droit, regarde-le dans les yeux, garde le sourire… Hélas, la majorité des gens poussent la chose trop loin, et l’intervieweur se retrouve face à un candidat raide comme une statue, au sourire figé et qui le regarde pendant 17 minutes sans cligner des yeux.  Alors je me suis tout simplement détendu en me disant qu’après tout, à part pour son poste, c’est un gars tout à fait normal et pareil que moi. Il y a moyen de rester poli et respectueux sans avoir l’air d’un robot, et d’être détendu et à l’aise sans être exagérément familier.

MON EXPÉRIENCE
Si j’étais patron d’un travail qui demande de l’expérience, c’est évident que je ne voudrai embaucher que ceux qui en ont. Mais si c’est pour un travail simple dans lequel on fournit le training, n’importe qui fera l’affaire.
Alors ce que j’ai fait : Je n’ai pas perdu mon temps à regarder les emplois demandant une expérience que je n’avais pas. Voilà pourquoi j’ai fait application dans l’entretien ménager :  Tout le monde sait faire du ménage. Le reste, ils te l’apprennent.

Jusqu’ici, je ne parle que de mon travail dans le garage de bus, que j’ai eu d’avril 2011 à aout 2012. Dès que j’ai démissionné du garage, je me suis mis à chercher un travail une coche au-dessus : Concierge dans un édifice à appartements.  Parce que là, j’avais de l’expérience pour un boulot qui en demandait. Après deux semaines et demi à visiter quotidiennement Emploi Québec, j’ai trouvé ma job idéale : Concierge/homme à tout faire dans un bloc de 22 étages, meilleur salaire qu’au garage, logement + électricité + chauffage + internet + téléphone + câble fourni gratis.

MON CV
Puisque cette fois j’avais derrière moi 16 mois d’expérience dans un travail similaire, je me suis permis d’y remettre mes expériences artistiques, histoire de montrer que j’ai passé la majorité de ma vie à travailler.  Le fait que j’ai donné ma démission correctement, tel que vu dans le billet précédent, n’a pas dû nuire lorsqu’ils ont contacté mon dernier employeur.

MES DOCUMENTS
Je suis arrivé préparé. J’avais avec moi tous les documents imaginables :

  • Mon CV avec toutes les coordonnées de mes employeurs.
  • Mes cartes.
  • Mes 2 derniers baux.
  • Mon passeport.
  • Un spécimen de chèque de mon compte de banque.
  • Mon certificat de naissance.
  • Une liste de questions.
  • Une lettre de présentation.
  • Une 2e lettre, celle-là je vous en parlerai plus tard.

Je doute fort que les autres candidats étaient aussi préparés que moi. En démontrant à mon futur employeur à quel point je suis une personne organisée, que j’ai ce qu’il veut de moi au moment où il en a besoin, ça me donne une longueur d’avance sur les autres.

LA LETTRE DE PRÉSENTATION
On n’accorde jamais assez d’importance à la lettre de présentation parce qu’on est portés à croire que tout ce que l’on pourrait y écrire, on va le dire pendant l’entrevue anyway. Eh bien moi, j’ai deux bonnes raisons pourquoi je tenais à en écrire une :

  1. La mémoire est une faculté qui oublie.  Plus l’employeur passe d’entrevues, plus il sera difficile pour lui de se souvenir de qui lui a dit quoi.  La lettre de présentation fait donc de moi la seule personne de qui il lui est facile de tout de se rappeler.
  2. Plus l’employeur a d’entrevues à passer, moins il a le temps de me poser les questions qui l’aideront à comprendre pourquoi je suis un meilleur candidat que les autres. Voilà pourquoi j’ai bien pris le temps de lui (d)écrire tous les aspects de ma personnalité qui sont compatibles avec ce travail en particulier.

LA LISTE DE QUESTION
Ça aussi c’est important, parce que ça démontre à l’employeur que l’on est vraiment intéressé à avoir ce travail.  Dans mon cas personnel, lorsque la madame qui m’a passé en entrevue est venue pour conclure en me demandant si j’avais des questions, j’ai sorti ma liste en lui disant que des dix que j’avais, il n’y en a que quatre dont nous n’avons pas discuté.

NE RIEN AVOIR À CACHER
J’ai (peut-être) déjà parlé du fait que j’ai un dossier judiciaire à cause qu’une de mes ex m’a trainé en cour. Aussi, lors de l’entrevue, après avoir répondu à mes dernières questions, la madame me donne un document et me dit : « Ça c’est un document que tu dois signer, dans lequel tu déclares nous donner l’autorisation de faire une enquête à ton sujet.  Parce que tu comprendras qu’on ne va pas donner les clés de 260 appartements à quelqu’un qui a un dossier judiciaire pour vol, hein? Ha! Ha! Ha! »  C’était prévisible!  Aussi, l’ais-je prévu : Je sors ma 2e lettre de mon cartable et lui réponds : « Ça dépend! Au Québec, je n’en ai pas.  Par contre, au Canada oui. Je vous ai écrit ce texte qui explique tout en détails.» Elle l’a pris, l’a lu, en a fait une photocopie, et m’a dit qu’elle me rappellera dans deux jours si je suis pris.

Finalement, ce fut après 24 heures et non 48 qu’elle m’a appelé.  Elle me dit : « Bon ben le rapport de la GRC vient d’arriver et ça dit exactement ce qu’il y a dans ta lettre.  Fa que, si t’es prêt, tu commences demain matin à 8am. »

Et voilà comment un gars qui a passé vingt ans de sa vie à avoir une carrière artistique a pu se décrocher un bon travail physique bien payant.  Voilà comment un gars avec un dossier judiciaire pour vol a pu obtenir un travail où on lui confie les clés de 260 logements.  Si moi j’ai réussi ça, malgré mes handicaps sociaux, tout en restant franc et honnête, qu’est-ce qui vous empêche d’en faire autant?

NEXT: partie 5B: Les erreurs à ne pas commettre

Mon année 2012, 4e partie: Un bel été!

JUILLET 2012

Je ne sais pas si c’est le fait que je manipule une lourde pompe à diésel de 20 à 30 fois par jour depuis un an, mais je commence à avoir mal aux coudes à chaque fois que je le fais. Peu importe, j’ai pris les deux dernières semaines du mois pour mes vacances, je pourrai me les reposer à ce moment-là. Le truc étrange, c’est que tout le monde, autant mes boss que mes collègues, sont surpris que je prends mes deux semaines collées. Tant pis si ça leur cause des problèmes d’horaire, avec tout le temps supplémentaire que j’ai fait en un an, je mérite bien mon repos.

Quoi que repos c’est vite dit. Je passerai la première semaine de vacances avec mes parents, et eux sont loin d’être reposants.  Surtout mon père qui est un enragé verbal au volant. Alors pour ce qui est du trajet Montréal-Québec…

C’est à cette occasion que je reverrai mon fils ainé pour la première fois depuis quatre ans. C’est maintenant un homme et un fier papa. Je demande à ma belle-fille de nous prendre en photo tous les quatre…

… histoire de poursuivre la tradition familiale de prendre 4 générations sur la même photo.

Le 21 juillet, j’ai 44 ans.  Je passe cette journée exactement comme je le planifiais : Étendu confortablement sur mon divan, devant la télé, canettes de Diet Pepsi glacé à la main, bien au frais dans mon appartement au sous-sol, une brise fraîche qui entre par la fenêtre, mon chat ronronnant couché sur mon ventre.  Calme, relaxation, détente, bonheur. C’est fou comment ma conception de l’anniversaire idéal a pu changer en 25 ans.  Si j’avais passé le jour de mon 19e anniversaire de cette façon, je me serais trouvé loser en #@/$?&!!

À temps perdu, j’écris ce qui deviendra mon texte le plus populaire de tous les temps: Quelques comportements qu’il faudrait cesser d’avoir sur Facebook.  Plus de 62 000 visites en une semaine, dont 21 860 pour le 2e jour. Ça fait changement de mes habituels 50-à-120 visites quotidiennes. J’ai apparemment mis le doigt sur un sujet d’intérêt public, car une dizaine de stations de radios en ont parlé en ondes, sur leur page Facebook et leurs Twitter. Jusqu’à l’émission Salut Bonjour qui en a fait une capsule à la télé au matin du 3e jour.


AOUT 2012

De retour au travail.  Je suis déçu de constater que mes coudes ne vont pas mieux du tout. Je décide qu’il est temps de changer de métier.  Je me dirige au bureau de mon grand boss pour lui dire que je suis prêt à passer mon test pour mon permis de classe 2 à la SAAQ. Une surprise m’attend: On m’apprend qu’il ne travaille plus ici. Eh non!  Il se trouve que les dirigeants de la compagnie, situés à Toronto, ont envoyé des cravates (représentants unilingues anglais) ici afin de faire le ménage.  Lundi dernier, quand mon boss s’est présenté au bureau, toutes ses affaires l’attendaient dehors, et on l’a sommé de rendre ses clés et ses cartes. Il était renvoyé.  Son crime: Être trop relax avec les employés, trop généreux, pas assez à-cheval sur le règlement. Ainsi, son offre de me prêter un autobus pour mon test sur la route n’a plus aucun pouvoir maintenant qu’il n’est plus là, pas plus que celle de faire payer mon test par la compagnie puisque je serais à leur emploi. Maintenant, si je veux être chauffeur, c’est $3000.00. Je vis tout juste au niveau de mes moyens avec mes revenus actuels.  Comment est-ce que je vais pouvoir économiser cet argent-là?

Fiston décide lui-aussi de prendre des vacances.  Il viendra une semaine à Montréal, semaine où il logera chez moi.  Il (re)visitera plein d’endroits où il a passé son enfance. Il le fera avec moi quand je suis libre, ou bien seul à vélo quand je travaille. Quoi que, quand j’arrive chez moi peu avant minuit après le boulot, on ne va pas se coucher pour autant: Pizzas, pogos, visite au McDo pour sundaes et McFlurries, etc.

Un coin en particulier que l’on visite se transforme bien malgré nous en aventure d’exploration urbaine: Alors que le soir tombe, je l’amène à La Petite Ferme du Parc Angrignon, où sa mère et moi l’amenions parfois lorsqu’il était petit. Les portes du côté sont grandes ouvertes, il n’y a aucun gardien, rien. Nous entrons, sans savoir que la place est à l’abandon depuis quelques années. Y’a pas à dire, il n’y a rien de plus creepy qu’un parc pour enfant non-entretenu et laissé à l’usure du temps. Nous en faisons le tour, nous prenons quelques photos et repartons. C’est lorsque nous revenons le lendemain pour visiter la place en plein jour que l’on se fait dire par les gardiens de la place que le parc est fermé au public.  Ça a l’air que notre présence ici hier était illégale. Mais bon, c’était une erreur honnête. Ce n’est pas comme si on était entrés par effraction, ni comme si on s’était cachés non plus. Fiston retourne à Québec, bien heureux de sa visite.

Quant à moi, au travail, je me fais convoquer au bureau d’une des cravates. Il me dit qu’il a étudié mon dossier, et il a vu que depuis que je travaille là, j’ai fais pas moins de 6 accrochages en conduisant des bus. Or, la politique de la compagnie, c’est un renvoi après 3.  Il consentent cependant à me garder puisque mon chef d’équipe lui a fait bien comprendre qu’ils sont toujours en manque de personnel au garage (Y’a une raison pourquoi j’ai fait autant de temps supplémentaire en un an).  Cependant ils me collent un 3 jours de suspension sans solde, en m’avertissant bien qu’au prochain incident/accident, ce sera le renvoi immédiat.

Trois jours plus tard, de retour au travail, j’ai des doutes quant à mon avenir dans cet endroit. S’ils m’ont suspendus 3 jours pour des accidents mineurs, je doute qu’ils voudront me donner un poste de chauffeur. Finalement, alors que je pose des questions à un chauffeur au sujet de comment en devenir un, il me dit que selon la politique de la compagnie, on ne peut pas le devenir si on est myope à un degré plus que -5.00.  … Je fais -9.25 d’un oeil et -10.00 de l’autre.  Donc en résumé:

  • Je n’ai pas le 3000$ pour me payer les cours.
  • Les boss ne vont certainement pas m’engager même si je deviens chauffeur.
  • Je suis trop myope pour le devenir anyway.
  • Je risque de perdre ma job actuelle à tout moment, au moindre accrochage.
  • Même si je n’accroche plus rien, mes coudes me font de plus en plus souffrir à manipuler la pompe à diesel.

Voyant que je n’ai plus aucun avenir dans cette compagnie, j’en viens à la conclusion que j’y ai fait mon temps. J’ai eu bien assez de me faire estropier les pieds, ça ne me tente pas de faire pareil avec mes bras.

Le 30 aout, je remet ma démission à mon chef d’équipe. Ma décision est sans appel. L’administration est surprise de me voir arriver avec ma lettre de démission, en rendant mes clés, ma carte, mes uniformes, prêt à remplir les documents de démission.  Il parait que je suis le tout premier employé d’entretien du garage  à le faire en bonne et due forme depuis l’ouverture de cette succursale, tous les autres ayant démissionné en sauvage en cessant tout simplement de rentrer travailler.

Oui, je pars comme ça, sur un coup de tête, sans avoir une autre job en vue et sans la moindre intention de demander chômage ou BS. D’abord, j’ai placé assez d’argent dans les Obligations d’Épargne du Canada pour pouvoir vivre là-dessus jusqu’à la fin de l’année s’il le faut.  Ensuite, j’ai confiance que j’arriverai à me trouver autre chose en 3 semaines gros max. Il n’y a aucun doute dans ma tête là-dessus.

À continuer

Mon année 2012, partie 3: Enrique!

Cette anecdote se passe en juin 2012 (du moins, sa conclusion) mais mérite sa propre entrée individuelle.

Depuis qu’il a commencé à travailler au garage, Enrique n’a de cesse d’afficher trois traits qui lui sont propres: Son homosexualité, son narcissisme, et son désir de prouver à tous qu’il vaut mieux que nous. Et il le fait de la façon classique des losers: En essayant de caler plus bas que lui les autres, parce que c’est bien plus facile que de mettre l’effort pour leur être vraiment supérieur.

Être un beau jeune bronzé naturel ne lui suffit pas pour se sentir sécure dans sa capacité de séduire dans sa vie privée.  Il faut que même au travail, il se mette en mode dragueur en beach party: Lunettes soleil, cellulaire, iPad, shorts, cheveux toujours superbement coiffés et gelés, bracelets, pendentif, parfum… Et même s’il porte la chemise de l’uniforme réglementaire, il n’en attache que le bouton au niveau du nombril, histoire d’arborer fièrement son chest fraichement épilé à la cire et son piercing au mamelon gauche. Apparemment, il n’a pas encore compris qu’il y a un temps et une place pour chaque chose.

Je suppose que ça fait peu de temps qu’il a découvert et accepté son homosexualité parce qu’il se comporte en nouveau gay typique, soit en ne manquant pas une occasion de parler de sa vie sexuelle. Ainsi, bien malgré moi,  j’ai appris que:

  • Il suce et avale.
  • Il a souvent trompé son fiancé.
  • Fiancé qui a la plus grosse bite qu’il a eu la chance de voir de sa vie.
  • Bite qui ramollit vite après l’orgasme, d’où le fait que la veille, en se retirant, il lui a laissé le condom au fond du trou d CENSURÉ 
  • Il trouve particulièrement excitant de voir son ex fiancé frencher avec son fiancé actuel dans les soirées d’orgies qu’il se font des fois.

Enrique a le genre de sens de l’humour qui fait fureur dans les forums du net: Insulter les autres pour ensuite prétendre que c’est yink des jokes et que c’est nous qui n’avons pas le sens de l’humour.  Par exemple, un soir où je stationne le bus légèrement décalé de la plaque d’égout où on vide la toilette chimique, il me dit: « J’comprends pas comment t’as pu faire 4 enfants alors que t’es pas capable de bien viser le trou . »  J’ai droit à ce genre de craques de 5 à 10 fois par nuit.

De plus, loin de nous aider, son comportement ne fait que nous nuire dans notre travail. Quelques exemples :

Je viens pour entrer dans un bus pour l’amener au garage.  Enrique, me voyant faire, s’empresse de s’installer au volant.  Comprenant qu’il veut l’y amener lui-même, j’arrête et j’attends.  Il prend le volant à deux mains et ne bouge pas.  Il reste immobile pendant 10 secondes.  Puis, il me demande ce que je fais là. Je lui réponds que j’attends qu’il amène le bus dans le garage.  Il part à rire, débarque et me dit : « Voyons, à quoi tu penses? J’ai pas mon permis! »

Depuis qu’il est entré, il a convaincu son père du bien fondé de nous faire tous trainer un walkie-talkie, encombrante pièce d’équipement pour moi qui a à faire maintes acrobaties dans les bus, sur et sous les bancs, pour faire le nettoyage. Ça tire sur le linge, ça accroche, ça tombe… Et surtout, ça a le démérite de sonner souvent. Il faut alors que je lâche tout, au sens propre comme au figuré, que je me relève et que je réponde. Et c’est toujours Enrique pour poser des questions stupides ou bien faire des remarques inutiles. Celle-là en particulier me hérisse sans bon sens: Il me demande la liste des bus que j’ai nettoyé. Je prends donc ma liste de 12 bus, et lui lis ceux que j’ai rayés, soit du second au huitième.

LUI: Pis le 83888 (le premier sur la liste), pourquoi tu l’as pas fait?
MOI: Y’é pas encore arrivé.
LUI: Ah? C’est bizarre! Comment ça s’fait que je le vois, moi, sur l’écran du GPS?

Cette tentative de me faire passer pour un menteur ou pour un incompétent me fait bouillir le sang. Surtout que j’ai zéro compte à rendre, encore moins à lui, au sujet des bus nettoyés. Je lui explique donc les faits pourtant évidents:

MOI: Parce que y’é arrivé pendant que j’en lavais un autre, comme ça arrive souvent, franchement! Tu saurais ça si tu te servais de ta logique.

Puis je ferme l’appareil, le rempoche et ré-empoigne mon balai, pas mal moins de bonne humeur qu’avant son appel. Le walkie-talkie sonne de nouveau. Je lâche tout de nouveau.

MOI: Quoi?
LUI: Oublie pas de faire le 83888, là!
MOI: Heille, t’as-tu fini de m’interrompre pour dire des messages inutiles?
LUI: I love you! 😀

Oui, c’est une habitude qu’il a pris: À chaque fois qu’il voit qu’il arrive à me faire perdre patience, il fait un petit sourire insolent, me dit « I love you! 😀 « , et il part, fier de son coup. Comme la dernière d’une des nombreuses fois qu’il a fait exprès de m’appeler alors que j’étais au volant d’un bus que je m’apprêtais à rentrer au garage. Ça sonne, je m’arrête, répond, et me fais dire: « Accroche pas le bord de la porte du garage, là! » En sortant, je lui brandit furieusement mon walkie-talkie en disant d’une voix fortement impatiente que cet appareil n’est pas un jouet. Sa réponse: Petit sourire insolent suivi d’un « I love you! 😀 « 

Quand un de mes collègues de travail commet un oubli, par exemple de remettre le bouchon du réservoir d’huile, et que je m’en aperçois, j’agis de la façon normale: Je remets le bouchon moi-même, et je le lui dis (ou non) plus tard. Temps écoulé : 5 secondes. Mais si je travaille avec Enrique et que moi  j’oublie de remettre le bouchon, voici ce qui se passe :

  • Enrique vient me rejoindre alors que je fais whatever autre job.
  • Il me demande si je n’ai pas oublié quelque chose. Je dois prendre le temps de réfléchir.  Mais puisque je l’ai oublié, c’est normal que je ne m’en souviens pas, hm? Je lui réponds alors que non.
  • Il insiste pour que je me rappelle.  Mais rien à faire.  Il ré-insiste comme ça 2-3-4-5 fois, me donnant des indices très vagues qui n’aident pas du tout.
  • Démontrant d’un air fendant qu’il s’amuse de mon manque d’intelligence, il me demande de le suivre.
  • Il m’amène à l’arrière du véhicule. Le panneau d’accès au moteur est fermé. Il me dit : « Pis là? »
  • Je regarde tout l’arrière du bus mais ne vois rien de spécial. Ou alors je vois des trucs qui ont zéro rapport.
  • Après m’avoir fait niaiser comme ça pendant plusieurs longues minutes, il se décide à me dire « Le moteur! »
  • J’ouvre le panneau mais ne vois pas grand chose car on travaille de nuit et la lumière arrière du garage ne tombe pas dans le bon angle pour permettre de distinguer tous les détails d’un moteur noirci par la crasse huileuse.
  • Je dois donc aller chercher ma lampe de poche, revenir, et regarder partout jusqu’à ce que, enfin, je vois que le bouchon d’huile n’est pas remis correctement, sous les railleries condescendante de Enrique amusé que ça m’ait pris autant de temps pour allumer.

Temps écoulé : 5 à 10 minutes.

Maintenant répétez ce comportement de 5 à 10 fois par nuit, sans oublier que lui non plus ne travaille pas pendant qu’il m’empêche de travailler, et vous comprendrez aisément comment il peut nous faire perdre de une à deux heures de travail par shift avec ses niaiseries.

Arrive le 24 juin 2012 au soir.  À ce moment-là, je travaille sur le quart de soir, de 3:00 pm à 11:30 pm. Cependant, le quart de nuit commence à 10:30 pm. Par conséquent, même si je ne travaille plus avec lui, je passe quand même ma dernière heure de travail avec Enrique qui commence le sien.

LUI : Qu’est-ce que tu fais à minuit?
MOI : Je dors!
LUI : Tu ne veux pas rester?
MOI : Pourquoi faire?
LUI : Il y a les feux d’artifices ce soir.
MOI : Et alors?
LUI : On pourrait aller sur le pont pour les admirer en amoureux.

En amoureux?  Il faut vraiment qu’il ne doute de rien pour penser que son physique est suffisant pour séduire un hétéro qui est de 26 ans son ainé. Et si je dis son physique, c’est parce que ce n’est certainement pas avec une personnalité aussi merdique qu’il va me faire reconsidérer mon orientation sexuelle. Il se prend pour le boss, donne des ordres, nous dérange, ne fait que des remarques rabaissantes et condescendantes, ne cherche qu’à prouver que nous sommes des incompétents, nous fait perdre notre temps… Même si j’avais été gay, comment voulez-vous que je ressente de l’attirance pour un petit loser frais chié dans son genre!?

Alors que je termine le ménage de mon dernier bus et que j’en sors pour retourner chez moi, Enrique m’appelle au walkie-talkie et me demande de rester en prétextant qu’ils ont trop de bus pour être capable de les faire tous cette nuit.  J’en regarde le nombre.  Rhonda (la black malcommode) et moi en faisions plus que ça les nuits où nous étions seuls tous les deux. Et là, lui, il veut me faire accroire qu’à trois gars cette nuit, ils n’y arriveront pas? « C’est ça, ouais! » C’est d’ailleurs ce que je réponds avant d’éteindre le walkie talkie pour la nuit. De toutes façons, son père et le grand boss sont les deux seules personnes qui ont le pouvoir de dire qui a le droit de faire du temps supplémentaire ou non. J’ai bien le droit de prendre l’initiative de rester si des employés du shift suivant ne se présentent pas, mais ce n’est pas le cas ce soir.

En arrivant chez moi à 11:42 pm, je constate que mon téléphone ne cesse pas de sonner. C’est Enrique qui me laisse full de messages me demandant où je suis, pourquoi je ne suis pas resté, et de SVP revenir au travail.  Je ne répond pas. Rendu à une heure du matin, je suis obligé de débrancher le téléphone si je veux parvenir à dormir parce qu’il continue d’appeler.

Son comportement et surtout son harcèlement me mettent dans un état de rage pas possible. Et ce qui fait le plus chier, c’est que mes plaintes à son père et à notre grand boss n’ont rien donné. Il me reste quelle option maintenant? La violence physique? Le problème, c’est qu’il a quatre choses en sa faveur qui m’empêchent de riposter:

  1. C’est un mineur. Si je lui met mon pied au cul, j’ai la police sur moi.
  2. Il est homosexuel. Il s’agit qu’un avocat fasse passer mon geste pour un cas de violence haineuse homophobe et je suis fait. Parce qu’en tant qu’homme de 43 ans employé dans un garage, j’aurai assez peu de crédibilité pour faire croire le contraire.
  3. Il est espagnol. Je suis blanc. Si je lui cause des problèmes, je suis un raciste.
  4. Enfin, c’est le fils de mon supérieur immédiat. Si je fais du trouble à son fils, il faut que je m’attende à avoir des problèmes à ma job en retour.

Toute la journée du lendemain, je songe à l’option légale qui est recommandée de prendre lorsque l’on est victime de harcèlement au travail: Demander à un collègue de te servir de témoin, aller voir la personne fautive, et lui demander de cesser son comportement harcelant, incluant sexuel, en concluant par un avertissement comme quoi toute insistance de sa part lui vaudra une poursuite aux tribunaux.  C’est bien joli, mais c’est plus facile à dire qu’à faire.  Je doute que je puisse trouver un collègue qui aura envie d’être témoin d’une situation qui causera le malaise entre eux au travail.  Ensuite,  soyons réalistes… Un homme de 43 ans au physique moyen qui se plaint de harcèlement sexuel de la part d’un beau jeune de 17 ans déjà en couple et fiancé? Pas vraiment crédible! Si ça se trouve, la majorité des gens vont croire que la situation est en réalité l’inverse.

À une heure de la fin de mon quart de travail, je n’ai d’autre choix que de constater que la situation est cul-de-sac pour moi. Peu importe ce que je fais, je vais empirer mon cas au lieu de l’améliorer. De toutes façons, il a beau agir en cave, il n’est sûrement pas idiot. En voyant que j’ai refusé de rester hier et que je n’ai ni répondu ni retourné ses appels, il a bien dû comprendre le message comme quoi ça ne lui sert à rien de continuer de me harceler. Conclusion: Il serait bien plus sage de ma part de ne rien faire, d’oublier ça et de passer à autre chose.

À ce moment, il entre dans le bus.

LUI : Heille, t’as fait un dégât.
MOI : Où ça?
LUI : Les poubelles, dehors. Y’a un sac qui s’est ouvert!
MOI : Ah bon!
LUI : Tu comptes faire quoi?

Je craque!

Après son harcèlement de la veille, cette nouvelle tentative de se prendre pour un boss à qui j’ai des comptes à rendre, tout en me faisant passer pour un incompétent, c’est de trop. Je lâche mon sac de vidanges et je lui dit :

MOI : Fa que là, quoi? Faudrait que j’interrompe mon nettoyage pour aller ramasser les vidanges dehors, choses que je vais faire anyway à la fin de mon shift?

J’aurais pu arrêter là. Mais voilà, une brèche s’était ouverte dans le barrage de ma patience, ça a donc continué de couler :

MOI : T’es-tu capable de faire autre chose que nous faire perdre notre temps avec tes remarques négatives, tes questions stupides, pis les conneries que tu nous lances 10 fois par soirs via les walkie-talkies?

La brèche s’agrandit. Je me lève.

MOI : Sérieusement là, qu’est-ce tu fais icite? Tu nous aides pas, tu nous nuis! Linda pis moi, on a constaté que les nuits qu’on travaillais seuls elle pis moi, on faisait entre 16 et 18 bus. Quant tu travailles avec nous autres, on en fait juste entre 12 et 14. T’es-tu capable de faire autre chose que de nous interrompre pis nous ralentir dans notre job?

Je vois qu’il est étonné.  Il ouvre la bouche pour répondre. Je ne lui en laisse pas le temps. Je marche vers lui et mon ton de voix monte d’une coupl’ de coches.

MOI : À chaque fois que j’essaye de t’en parler, ça sert à rien. Tu réponds quoi? « I love you ! » COUDONC, T’ÉCOUTES-TU DES FOIS QUAND ON TE PARLE, OU TU FAIS YINK TE CALISSER DE TOUT CE QU’ON TE DIT?

Rendu là, je suis dans sa face et je lui crie carrément après sans plus aucune retenue, tellement qu’il en baisse la tête et la détourne :

MOI : LÀ, LÀ, ÇA VA FAIRE. JE ME SUIS PLAINT À TON PÈRE, JE ME SUIS PLAINT À PIERRE (notre grand boss), À PARTIR DE MAINTENANT TU VIENS PU CHEZ NOUS PIS TU M’APPELLES PU, C’TU CLAIR? PARCE QUE LA PROCHAINE PLAINTE, C’EST PAS À PIERRE NI À TON PÈRE QUE M’AS LA FAIRE, C’T’À LA POLICE. LE HARCÈLEMENT, C’EST PAS DES JOKES. T’AS-TU COMPRIS, TABARNAK?

Et c’est là qu’il a répondu doucement « ok », la mine basse, en descendant les escaliers du bus.

Et voilà ce qui arrive lorsque l’on commet l’erreur de confondre ma patience avec de la soumission.  Tôt ou tard, une petite merde comme lui me pousse trop loin et apprend la différence assez raide merci! Il est très rare que je me fâche et que j’engueule quelqu’un comme du poisson pourri, mais y’a quand même ben des hosties de limites.

Je ne m’étais pas rendu compte que la scène avait eu des témoins. En descendant moi-même du bus quelques minutes plus tard, un de nos collègues  me fait signe, le pouce en l’air, avec un grand sourire, et me dit « Like a boss! »  Apparemment, je n’étais pas le seul qui en avais assez de son comportement, et il semblait bien heureux que je l’ais remis à sa place. Je rentre chez moi avec le sentiment de satisfaction du devoir accompli.

Il faut me comprendre: Depuis quelques temps, les différents aspects de ma vie qui allaient mal ont tous fini par se régler.  En ce moment, tout va très bien dans le meilleur des mondes, et il n’y avait que lui qui venait me saboter mon bien-être. Aussi, faut que je l’avoue, je suis assez fier d’avoir réglé le problème de façon aussi implacable.

Ce sont les caves comme lui qui donnent une mauvaise réputation à la communauté gaie. Rassurez-vous, je sais faire la différence. J’ai très vite compris que ce n’était pas le comportement typique d’un homosexuel.  C’est juste le comportement typique d’un imbécile. Même si l’un n’empêche pas l’autre, l’un n’a aucun rapport avec l’autre.

En tout cas, cette fois, il a compris.  Tout fils de boss, mineur, ethnie et gay qu’il est, mon explosion de colère contre lui me ne rapportera aucun ennui, et plus jamais je n’aurai à endurer ses conneries. Comme quoi il est idiot de penser que la compréhension vaut toujours mieux que la colère.

Cette expérience m’aura au moins permis de comprendre ce que peuvent ressentir bien des femmes, puisqu’elles sont plus souvent victimes d’attention non-sollicitée que les hommes. Et le moins que je puisse dire, c’est que ce n’est vraiment pas plaisant.

NEXT: Juillet et aout

Mon année 2012, 2e partie

AVRIL 2012

C’est avec soulagement que je vide et range le contenu de la dernière boite.  D’accord, que le déménagement m’a permis de retrouver du linge que j’avais perdu ça et là au cours des années, c’est positif. Mais je suis supposé faire quoi avec 32 débarbouillettes?

J’ai maintenant comme collègue de travail le fils de mon superviseur, un beau gay espagnol de 17 ans (que je surnommerai ici Enrique). Il se montre vite chiant, croyant d’instinct que le poste de son père est comme un titre royal faisant de lui le prince de la place.  Si seulement il savait faire autre chose que de nous ralentir dans notre travail. C’est un peu pour l’éviter que je me porte volontaire pour aller nettoyer les bus à l’autre bout de la cour. Dans l’un d’eux, j’y trouve deux sachets de un gramme de coke. Du moins, je pense que c’en est, je n’en ai encore jamais vu en vrai. Une amie m’en confirmera plus tard l’authenticité.

Les beaux jours reviennent. Profitant du fait que j’habite à côté du Parc Angrignon, je vais m’y promener su bord du lac et m’y prend en photo.

Me trouvant pas pire regardable pour mes 43 ans, je décide de donner une seconde chance à mon compte sur MonClasseur.  J’y mets l’une de ces nouvelles photos sur mon profil et je trouve rapidement une jolie demoiselle dans la mi-trentaine, sérieuse avec bon métier. Je lui donne rendez-vous à un resto. Tout le long de la date, elle ne cesse de me poser full de questions au sujet de ma relation avec l’une de mes ex, soit la mère de mes enfants.  J’aurais bien voulu parler d’autres choses mais elle y revenait toujours. Puis, prétextant un début de rhume, elle coupe court à la soirée et on se quitte au métro. Une fois arrivé chez moi, un message de sa part m’attend : Elle dit qu’elle voit bien que je ne suis pas prêt à m’en aller dans une nouvelle relation parce que je n’ai pas arrêté de parler de mon ex de la soirée. BEN LÀ, TSÉ, COME ON!!! Avoir su, je me serais épargné 50$ de resto. Ça me démontre d’ailleurs que mes finances ne peuvent me permettre tout le processus de dating de façon régulière.  Je décide donc de ne pas renouveler l’expérience et je détruis mon compte sur MonClasseur.

Ceci dit, elle ne mentait pas à propos de son rhume, parce qu’elle a réussi à me le refiler. Pour cause de temps supplémentaire incessant, je n’ai qu’un seul jour de congé après 10 jours de boulot non-stop dans lequel j’ai fait 13 quarts de travail. Et là, pendant mon seul jour de congé, me voilà malade comme un chien alors que j’ai une tonne de trucs urgents à faire. C’est là que je me souviens que je possède deux sachets de coke. Tant qu’à les avoir, aussi bien les utiliser. Si ce qu’on en dit est vrai, ça pourrait être utile.

La perspective de me mettre ce truc dans le nez ne me plaît pas vraiment.  Je décide donc de faire comme Alex dans Orange Mécanique  et le prendre sous forme de milkshake: Du lait, des fruits, un sachet de poudre de déjeuner Carnation à la vanille le tout passé au blender.  Le gramme de cocaïne que j’y rajoute lui donne un goût désagréablement amer.  N’empêche que ça fait effet. Au bout de dix minutes, je me sens requinqué.  À quinze minutes, c’est comme si je n’avais plus de rhume du tout. Rendu à vingt, mon cerveau fonctionne tellement vite que tout me semble se dérouler au ralenti. J’en profite au max, aussi surpris que ravi de l’énergie qui m’envahit le corps et l’esprit. Ce ne sera que deux heures et demie plus tard que je redescendrai de mon high, avec toutes mes tâches de la journée accomplies en un temps record.

Les vingt minutes suivantes, alors que je redeviens peu à peu mal en point et enrhumé, je songe à me prendre une boisson énergie afin d’étirer le high.  Je me ravise aussitôt car ça me fait réaliser comment il est facile d’accrocher à cette sensation de performance surhumaine.  Je n’ai pas besoin de le vivre moi- même pour le savoir : Depuis que je suis enfant, la TV, la radio, les magazines et les journaux m’ont bombardé de milliers de témoignages d’ex-drogués disant que la coke c’est ben l’fun au début mais plus le corps s’y habitue et moins ça fait effet, et on finit par en prendre juste pour ne pas vivre le manque.  Et à 100$ et plus le gramme, c’est facile de se ruiner là-dedans.

Une recherche Google au sujet de la cocaïne m’apprend un truc qui me laisse la mâchoire pendante: L’effet de la coke est supposé durer de 30 à 45 minutes. ÇA M’A FAIT EFFET PENDANT TROIS HEURES!!!  Est-ce parce que je l’ai pris par voie orale? Est-ce parce que je l’ai mélangé à un milkshake ne contenant que des éléments full nutritifs? Est-ce parce que j’étais malade, donc que je pouvais vraiment sentir la différence entre coké et non-coké? Ou est-ce tout simplement parce que c’était la première fois de ma vie que j’en prenais, donc que mon organisme n’y était pas du tout habitué? Une chose est sure, ça ne sera plus jamais aussi génial que cette fois-là. Je comprends donc que, pour que cette expérience reste agréable et positive, il faut que ça reste un truc d’une seule fois dans une vie.  C’est donc sans remords que je me débarrasse du second gramme dans les toilettes.

… Et puis, après avoir vu sur le net qu’au Québec, la simple possession de cocaïne peut valoir 1000$ d’amende et 7 ans de prison, ça a quelque peu influencé ma décision de ne pas la garder.


MAI 2012

Mon horaire de job pour tout le mois de mai suce des scrotums de babouins.  Voici de quoi est fait ma semaine:

Samedi + dimanche + lundi = de soir.
Mardi + mercredi = de nuit.
Jeudi + vendredi = congé.

…Sauf que ça ne me fait qu’un jour et demi de congé puisque je dors la première partie de jeudi, rapport que j’arrive chez moi jeudi matin. Après une première semaine à ce régime, j’arrive chez moi en ayant hâte de me coucher. C’est là que  je vois avec horreur des employés de la ville poser des cônes orangés devant chez moi et débarquer des marteaux piqueurs.

Lorsque j’ai aménagé ici, j’ai décidé de prendre un forfait téléphone + câble + internet avec Videotron. Bien que mon contrat téléphonique avec Bell a pris fin le 1er mars, ils ne me lâchent pas. Après la sollicitation téléphonique, l’offre postale pour les mêmes services qu’avec Videotron à tarif plus bas (pour les 6 premiers mois seulement, sauf qu’ils se rattrappent à cause des frais de branchement), les cadeaux ridicules (un bloc note avec mon nom à l’en-tête), voilà qu’ils m’envoient une révision de facture. Ça a l’air que je leur dois encore $2.27. Pfff…

Au travail, Enrique continue de faire des siennes, tout en me draguant en blague plusieurs fois durant le mois.  Je dis en blague puisque c’est l’évidence même : Qu’est-ce qu’un beau jeune gay espagnol bronzé de 17 ans en couple et fiancé foutrait d’un blanc blanc straight de 43 ans avec une sale gueule? Ouais, mon célibat et mon travail de garage ne me portent pas tellement à prendre soin de mon apparence.

Ce mois-ci, ça fait un an que je travaille au garage de bus.  Je décide qu’il est temps de monter les échelons. Je vais voir mon grand boss et je lui demande ce que ça prend pour devenir chauffeur pour leurs coach longs trajets et les voyages organisés. J’aime conduire, j’aime voyager, et d’après ce que j’entends, le salaire est alléchant. Il est ravi de ma décision et m’apprend que l’année que j’ai passé à conduire les bus pour les déplacer du parking au garage et inversement, c’est considéré comme étant de l’expérience aux yeux de la SAAQ. Il me donne des bouquins à étudier et me dit que j’ai juste à lui dire quand je me sentirai prêt. Il me prendra rendez-vous pour passer mon permis de classe 2 (autobus de plus de 24 passagers)  et me prêtera même un bus pour mon test sur la route.  Cool!


JUIN 2012

Eh ben voilà, retour de l’horaire de soir (3pm à 11:30 pm) à temps plein au travail. Un seul détail déplaisant: Ma fin de semaine, c’est maintenant mardi + mercredi. Par contre, qui est-ce qui a ses samedis + dimanches de congé depuis qu’il a commencé à travailler il y a 2 mois? Enrique, le fils de mon chef d’équipe, chef d’équipe qui est aussi le préposé aux horaires. QUELLE COÏNCIDENCE!  Mais bah, j’étudie assidument mes manuels de conduite de bus, je n’en ai plus pour longtemps à le subir.

Parlant de Enrique, non satisfait d’être chiant à toutes les sauces à mon travail, voilà qu’il commence à l’être dans ma vie privée. Un matin, le jour de paye, il pique mon talon de chèque dans le bureau du boss pour savoir où j’habite, puisque mon adresse est dessus. Le matin même alors que je dors, le voilà qu’il s’invite chez moi pour venir me le porter en personne. Mon air ahuri et fortement endormi lui fait comprendre que ce n’est pas le temps de me déranger. Aussi, il me remet l’enveloppe en disant « Tiens, tu m’as jamais vu, ok!? » Dans les jours qui suivent, voilà qu’il m’appelle à toute heure du jour ou de la nuit, ce qui signifie qu’il est allé fouiller dans le cellulaire de job de son père. Grâce à l’afficheur, je ne réponds pas, mais je doute que ce soit bien légal, tout ça.

Histoire de sauver un peu sur mon budget en épargnant l’eau chaude, je décide d’utiliser les douches du vestiaire au boulot. Une fois la chose terminée, je mets mon savon dans un sac Ziploc et je le laisse sur place, sur une tablette.  Quelques heures plus tard, chez moi, alors que je dors, ça cogne à ma porte.  Je regarde via l’œil de ma porte.  Devinez c’est qui?  Eh oui, Enrique, qui vient me rendre mon savon. (Insérer ici remarque classique au sujet de gays, de douches et de savon) Là, il dépasse les bornes. Je n’ouvre pas, mais le soir venu je glisse un mot à mon grand boss au sujet du comportement inacceptable du fils de mon chef d’équipe, en espérant qu’il lui passe un savon. Ce sera la seule et unique fois où je prendrai une douche au boulot.

Oh, bravo Bell Canada! Ils viennent de m’envoyer une facture de 0.00$, à payer avant le 1er juillet, sinon ils vont me facturer des frais de retard. COMMENT CHUIS SUPPOSÉ PAYER UNE FACTURE DE ZÉRO DOLLAR ET ZÉRO CENNE, TABARNASTIE!?

La meilleure: Le frais de retard est de 2.27%, ce qui explique ma dernière facture de 2.27$. Ceci dit, je suis peut être pourri en maths, je sais que 2.27% de zéro dollar et zéro cenne, ça donne quand même zéro dollar et zéro cenne. Mais bon, ça me coûterait plus cher de frais de banque de me faire recréditer pour ce montant. Je laisse passer, mais plus jamais je ne ferai affaire avec Bell.

Ce mois est cependant celui de la famille qui se recompose.  Après 4 ans sans avoir pu communiquer avec moi parce qu’il était mineur, mon fils ainé me retrouve via  le net pour m’apprendre une grande nouvelle: Je deviendrai grand-père le 22 juin. J’attends impatiemment mes vacances du mois prochain pour aller tous les rencontrer à Québec, mon grand fils, ma belle-fille et ma petite-fille.

À suivre

Mon année 2012, 1ere partie

Étant donné que la vie ne repart pas à zéro le premier de l’an, ce que l’on vit en janvier est bien souvent la suite et la fin de choses qui ont pris naissance le mois précédent.  Voilà pourquoi je vais commencer par :


DÉCEMBRE 2011

Après avoir subi un douloureux traitement pour une verrue plantaire qui résiste à tout depuis quatre ans,  j’ai de la difficulté à marcher sur mon pied droit.  Aussi, pour l’épargner un peu, je décide de me déplacer dans ma cuisine en sautillant sur le pied gauche.  Mal m’en pris, une douleur foudroyante envahit aussitôt mon pied gauche. Me voilà incapable de marcher. Le podiatre me diagnostique une fasciite plantaire aiguë aux deux pieds.

Mieux encore, il parait que j’ai les deux pieds et une jambe croches. Cet incident aura au moins le mérite de m’expliquer enfin pourquoi j’ai passé mon enfance et mon adolescence à être nul en sports. N’empêche que je resterai deux mois sans pouvoir marcher autrement qu’avec des béquilles, incapable de faire mon travail d’employé d’entretien dans un garage de bus.  Travail qui, soit dit en passant, fut l’élément déclencheur de ce mal.

Maigre consolation : La forme de mes pieds est tellement originale que désormais, maintenant que les podiatres en ont un moulage, elle portera officiellement mon nom. Quel pied!

Après 12½ ans ensemble, Karine et moi mettons fin notre couple. Nous décidons de garder la chose secrète pour six mois, histoire de nous donner le temps de s’occuper de la séparation des biens. Nous tenions surtout à éviter que des gens trop bien intentionnés se mêlent de nos affaires, ce qui aurait fait plus de tort que de bien. Elle déménagera en juillet 2012.  Je songe à garder l’appartement. Je pourrais me le permettre, bien que j’arriverais serré dans mon budget.


JANVIER 2012

Les béquilles louées au Jean Coutu n’ont aucun rembourrage par-dessus leurs poignées de plastique rigide dentelé. Je me fais des ampoules et des plaies dans les paumes juste à me déplacer. Par conséquent, je dois encore plus limiter mes déplacements.  Je suis vraiment prisonnier de mon handicap.

Le propriétaire a reçu une subvention de la Ville afin de rénover l’appartement. Les rénovations devraient durer du 1er avril au 1er juillet.  Nous sommes donc forcés de libérer les lieux pour trois mois.  Mais voilà, bien que la loi nous permette de rester encore un an ou deux sans augmentation de loyer, le propriétaire viens nous voir et nous demande gentiment de ne pas revenir en juillet. S’il a acheté ce bloc de trois étages l’année dernière, c’est dans le but d’y habiter avec toute sa famille. Puisque Karine et moi nous nous séparons, et qu’elle ne reviendra pas ici anyway, et que le loyer serait quand même difficile pour mon budget maintenant que je  n’ai aucune idée de l’état de mes finances futures à cause de mon handicap, nous acceptons tous les deux de partir pour de bon dans le courant du mois de mars qui vient.

Je perds ma blonde après 12 ans, mon appartement après 8 ans , ma capacité de travailler après seulement 6 mois, parce que j’ai perdu ma capacité de marcher après toute une vie à mettre mes pieds sous tension à cause d’un handicap que j’ignorais avoir.  Ah, et après 30 ans à porter des verres de contact, mon oeil gauche ne peut plus en endurer davantage sans faire des orgelet format familial. L’année ne commence vraiment pas bien pour moi.


FÉVRIER 2012

Une recherche sur Kijiji pour un appartement se montre fructueuse : Je trouve un 2½ pas trop cher dans un sous-sol, situé à 12 minutes à vélo de mon travail. Et la proprio est très exigeante, ce qui fait que je suis assuré d’avoir des voisins corrects et tranquilles. La locataire actuelle part la première semaine de février, ce qui me permet de déménager sans trop me presser pendant février et mars. Ça me force à trier et me débarrasser d’une tonne de stock. Bien obligé, je passe d’un 6½ à un 2½, et c’était mon stock qui occupait le 2/3 de la place.

$850.00 de traitements et d’orthèses plus tard, je recommence à marcher progressivement. Maintenant, mon poids est réparti sur toute la surface de mes pieds au lieu de sur le côté extérieur. Ça reste une habitude à prendre, parce que c’est comme marcher avec des talons hauts. J’ai légèrement tendance à vouloir planter par en avant à chaque fois que je me lève. Mes ex m’ont toujours dit que j’étais un peu déséquilibré.

Je recommence à travailler progressivement aussi, soit 3 jours par semaine.  Un heureux hasard fait que février est pour moi un mois à trois payes, ce qui fait que j’arrive dans mon budget même si je fais du temps partiel.  Il y a du nouveau à ma job, sous forme d’une nouvelle collègue de travail : Rhonda, une black de 50 ans, 5 pieds de haut, obèse quasi morbide, unilingue anglaise, mère de 5 enfants, avec une voix forte et nasillarde qui porte loin et qui étire les syllabes, et dont le passe-temps quotidien est de chialer pour démontrer à quel point ses collègues de travail font mal la job.  Quand une fille comme ça commence à te dessiner des coeurs sur les fenêtres du bus avec son nettoyant en mousse, y’é temps de t’inventer une nouvelle blonde fictive pour la tenir à distance.  Ce que je fis.

Mais j’y pense, pourquoi devrait-elle être fictive? Je tente le coup et m’inscris sur MonClasseur. Je m’y fais aussitôt approcher par une fille qui était déjà dans mes amis Facebook (parce que amie de certains de mes amis) qui s’intéresse à moi depuis deux ans, mais qui n’a pas osé en parler parce que j’étais en couple. Puisque ce n’est plus le cas, elle tente sa chance. Le moins qu’on puisse dire, c’est que cette situation flatte mon ego, comme le démontre cette image que je fis à ce moment-là pour commémorer la chose:

S’en suit une courte relation dans laquelle on se rend compte assez rapidement que nous sommes totalement incompatibles. Malgré tout, je ne regrette rien, et ce pour trois raisons :

  • Avoir une nouvelle relation m’a permis d’amortir ma chute de ma relation précédente.
  • Cette incompatibilité m’a démontré que finalement, être en couple, c’était surtout une habitude pour moi, et pas vraiment un besoin réel.
  • On a eu quelques bons moments, quand même. Bref,  j’en avais besoin!

MARS 2012

Le premier mois dans mon nouvel appartement, je me sens misérable. Normal : J’ai passé d’un 6½ qui occupait tout le 3e et dernier étage bien éclairé parce que fenêtres partout, à un 2½ sombre dans un sous-sol mal éclairé par ses deux fenêtres, dont une qui donne directement sur le mur de la maison d’à côté. Et non seulement on n’a encore que peu de lumière en cette saison, le temps est toujours gris, sombre, pluvieux.

Mon chat s’adapte mal d’avoir perdu l’un de ses maitres et son grand appartement. Il passe son temps à tourner en rond et miauler. Et il hurle encore plus aux chats qui, à l’extérieur, viennent le narguer, maintenant qu’il vit au  ras du sol, ce qui me met à bout de nerfs. Je roule des yeux lorsque j’entends la « solution » que me proposent certaines personnes, soit de condamner les fenêtres avec du carton et du duct tape. C’est ça, en plein ce que j’ai besoin : Encore moins de lumière.  Brillant!

En plus, à chaque fois que je finis de vider et ranger des boites, il m’en arrive toujours d’autres de l’ancien appartement. J’ai l’impression que le fouillis n’en finira jamais.

Dès le premier mars,  je recommence à travailler à temps plein.  Or, ma job a ceci de particulier : Il ne faut avoir aucune vie sociale pour y travailler.  Car en effet, mon horaire est ou bien de soir (3pm à 11h30pm) ou bien de nuit (10h30 pm à 7am), et mes jours de congés sont mardi et mercredi, ou bien mercredi et jeudi. Et même encore, il m’arrive souvent de devoir faire du temps supplémentaire à cause de collègues absents, malades ou bien qui démissionnent du jour au lendemain. Je n’ai jamais enfilé autant de 24 heures éveillé de suite dans la même semaine. Ça va sauver mon budget, n’empêche que mentalement je ne me sens plus tout là.

Cependant, je termine moi-même le mois avec une bonne raison d’être absent : Trois jours à subir l’effet purgatif d’un empoisonnement alimentaire. C’est là que j’ai appris la leçon qui suit : Il ne faut jamais manger des framboises et bleuets recouverts de chocolat blanc enrobés d’une coquille de sucre rouge ou bleu, le tout emballés des petits sachets fancy en provenance d’une boutique de souvenirs d’un coin touristique. On ne sait jamais depuis combien de temps ça traine sur le comptoir avant de trouver preneur.  Par conséquent, une fois achetés, les fruits ne sont plus de première fraîcheur.

NEXT: Ça commence à aller mieux.

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