12 raisons pour ne pas occuper trop longtemps un emploi en bas de l’échelle.

Il y a dix-huit ans, en 1999, je travaillais au centre d’appel du service à la clientèle pour Air Canada.  À une époque où le salaire minimum au Québec était $6.90, j’y gagnais $14.00 de l’heure.  C’était un bon moment pour songer à faire des investissements.

Me voici donc à la banque, au bureau de mon conseiller financier.  Après m’avoir posé quelques questions au sujet de mon travail, mon revenu et mes dépenses, celui-ci me demande combien je veux placer par mois.  Je lui donne le montant, qui était le maximum que je pouvais y mettre à ce moment-là.  Celui-ci me répond alors quelque chose je ne m’attendais vraiment pas: « Je vous le déconseille, parce que vous ne garderez pas votre travail longtemps.« 

J’étais choqué.  J’étais insulté.  Moi qui étais fier de lui avoir raconté que, dix ans plus tôt, je travaillais à laver de la vaisselle au resto Le Commensal, travail que j’ai continué tout en retournant aux études, avant de décrocher cet emploi où j’ai commencé à $10.00 de l’heure, et que j’occupe toujours ce poste deux ans plus tard à $14.00.  Moi qui me suis fait un point à lui montrer que je suis travaillant, sérieux, avec la débrouillardise pour m’élever d’un minable travail manuel au salaire minimum à un travail de bureau qui me rapporte plus du double.  Qu’est-ce que c’est, que ces préjugés totalement gratuits à mon égard, comme quoi je serais incapable de garder ma place? Ses insinuations étaient insultantes et injustifiées.  

Il a alors précisé sa pensée en ces termes: « Vous savez, le marché de l’emploi, ce n’est plus comme dans le temps de nos parents.  Eux autres, pouvaient passer toute leur vie au même travail et c’était normal.  Dans ce temps-là, les employés autant que les patrons recherchaient surtout la stabilité, la loyauté.  Ou bien tu restais toujours à la même position, ou bien tu grimpais l’échelle, mais toujours au même endroit.  Mon père a commencé à l’âge de quinze ans à balayer le plancher à la Banque Royale du Canada.  Après ça, la banque lui a donné la formation pour devenir caissier.  Ensuite il est devenu leur comptable.  Vingt ans plus tard, il était gérant, une position qu’il a occupé jusqu’à sa retraite. »

Son histoire était crédible.  Moi-même, ma mère a décroché un travail de caissière à la Banque Canadienne Nationale à l’âge de dix-neuf ans ans, en finissant l’école, malgré le fait qu’elle avait redoublé deux ou trois années.  Et à elle aussi on lui avait éventuellement offert une promotion avec de plus grandes responsabilités.  Par manque de confiance en elle-même, et parce qu’elle ressentait de la sécurité dans son travail routinier, elle a décliné.  Ils l’ont donc laissée à son poste, qu’elle a gardé jusqu’à ce qu’elle se marie et fonde une famille, comme il était coutume à l’époque.     

« Mais de nos jours, ça ne se passe plus comme ça.  Pour chaque position, quand on n’a pas les études, oublie ça, rien à faire pour grimper les échelons.  Soyons francs, téléphoniste, dans une grosse compagnie comme Air Canada, c’est un poste en bas de l’échelle.  Les gens qui y sont engagés, c’est généralement pour avoir un pied dans la place, en attendant que le poste qu’ils convoitent se libère.  Un poste plus haut placé, pour lequel ils sont diplômés. »

Le reste de son explication, ainsi que ce que j’ai pu moi-même observer depuis, lui a donné raison.  Depuis les années 90, non seulement la stabilité n’est plus une qualité recherchée dans le milieu de travail, c’est même un handicap.  Surtout si c’est pour occuper le genre de poste qui entre dans la catégorie Premier travail d’une personne sans expérience.  c’est à dire téléphoniste, plongeur dans un resto, caissière dans un supermarché, et plusieurs autres petite boulots du genre.  Et non seulement est-ce un handicap de carrière, c’en est un social et moral.  Voici les douze raisons:

RAISON 1: Tu es la seule personne stable dans un environnement créé pour être instable.
C’est fou comment, sans pour autant le penser consciemment, on a toujours l’impression que notre nouvel environnement de travail a toujours été le statu quo de la place. Tu es embauché.  Tu apprends à connaitre tes collègues de travail.  Vous vous entendez bien.  Pour toi, ceci est l’univers stable où tu vas passer le reste de tes jours.  Puis, un collègue part occuper de plus hautes fonctions.  Arrive donc le petit nouveau, que tu perçois comme étant l’ovni de la place.  Et étrangement, tu n’es pas vraiment porté à développer d’affinités avec celui-là.  Mais bien vite, tu constates que, un à un, tes premiers collègues font places à de nouveaux.  Un an plus tard, il ne reste plus personne du temps où tu as été embauché.  Tu te sens encore comme le petit nouveau, mais c’est toi qui est l’ancien.  C’est toi, maintenant, l’ovni de la place, car… 

RAISON 2: Tu as de moins en moins d’affinités avec tes collègues.
Au début, le courant passe toujours avec les nouveaux.  Mais après cinq ans sur le marché du travail, le temps a assez passé pour que tu sois totalement décroché des modes, expressions et tendances actuelles que suivent les jeunes qui sortent de l’école.  Ils ont maintenant plus d’affinités entre eux qu’avec toi.  Ce qui fait que plus le temps passe, et plus c’est toi, le vieux con que l’on met de côté.

RAISON 3: Plus tu prends de l’ancienneté, plus ça engendre le mépris.
Normal: De quoi est-ce que ça a l’air, de passer sa vie au bas de l’échelle, à occuper le genre de poste qu’un étudiant occupe  -et quitte-  avant ses vingt ans?  On se fait donc coller l’étiquette de « Pas capable de trouver mieux que ça. »  On a beau se défendre en répliquant « Moi, au moins, je travaille! », cet argument confirme que ta position est tout juste au-dessus des chômeurs, des BS, des parasites et des sans-abris.  Autrement dit, au plus bas du marché du travail, ce qui porte les gens à te juger.  Et même quand ils sont positifs envers toi, c’est encore pire car…  

RAISON 4: Même les encouragements sont décourageants.
Il y a des gens pleins de bonnes intentions, qui vont justement te dire ça:  « Bah, au moins, tu travailles, hein!?  C’est l’important! »   Ils veulent juste t’encourager.  Malheureusement, en disant ça, ils expriment justement le fait qu’à leurs yeux, occuper un tel emploi, c’est quelque chose considéré comme étant décourageant.  C’est suffisant pour donner des complexes.  Et voilà pourquoi… 

RAISON 5: La clientèle fidèle te déprime.
Une cliente régulière a quinze ans, est à l’école secondaire, est célibataire, habite chez ses parents.  Tu as vingt ans, caissière, célibataire, habite seule dans un 3½.
Dix ans plus tard, cette même cliente régulière a vingt-cinq ans, est à l’université et habite un 3½ avec son chum. Tu as trente ans, caissière, célibataire, habite seule dans un 3½.
Encore dix ans plus tard, cette même cliente régulière a trente-cinq ans, est partenaire senior dans un important bureau d’avocats et habite sa propre maison avec son mari et ses deux enfants. Tu as quarante ans, caissière, célibataire, habite seule dans un 3½.
Par conséquent…

RAISON 6: Tu n’as pas l’impression d’évoluer.
C’est un constat qui peut être très déprimant.  Heureusement, ton salaire évolue, lui.  Car plus longtemps tu travailles au même endroit, plus tu accumules les augmentations.  C’est la loi.  Et c’est justement ça le problème suivant, car…

RAISON 7: Tu finis par coûter trop cher.
Admettons qu’une caissière de supermarché occupe ce poste pendant vingt ans.  En 1997, le salaire était $6.80. Tout dépendant de ton employeur, tu as droit à 50¢ d’augmentation à tous les 6 ou 12 mois.  Faisons donc la moyenne, et disons que notre caissière a eu droit à 75¢ annuellement.  Au bout de vingt ans, ça fait $15.00, qui se rajoute à son salaire initial de $6.80, pour un total de $21.80 de l’heure.  Ça représente plus du double du salaire minimum actuel qui est $10.75.  Ça en fait donc l’employée la mieux payée de la place, tout de suite après le gérant (possiblement même au-dessus du gérant), alors qu’elle occupe pourtant le poste le plus en bas de l’échelle.  Et à cause de ça…

RAISON 8: Ta simple présence dérange tout le monde.
Plus tu travailles longtemps à un endroit, plus il est difficile de garder le secret sur ton salaire.  Surtout s’il est aussi élevé pour un poste si bas.  C’est le genre de chose qui choque le gérant et/ou son comptable, qui en parle à un collègue, qui le répète à d’autres, et c’est ainsi que chaque nouvel employé apprends tôt ou tard que tu gagnes si cher pour faire si peu.  Dans le cas d’une caissière dans un marché d’alimentation, ça t’apportes le ressentiment du boulanger, du boucher, des emballeurs, des étalagistes, des concierges, et bien évidemment des autres caissières qui prennent mal que tu puisses gagner double salaire pour travail égal.  Par conséquent, tout le monde te déteste.  Incluant le gérant qui sait très bien que, pour ce qu’il te paye, il pourrait embaucher deux nouvelles, plus jeunes et plus jolies, qui feront aussi bien que toi après une ou deux semaines d’entrainement.   Ce qui n’aide pas ton cas, c’est que souvent, l’ancienneté te pousse à avoir des comportements qui dérangent.  Par exemple: …

RAISON 9: Tu développes une familiarité qui engendre de mauvaises habitudes.
Parfois, le fait d’occuper un poste depuis très longtemps, ça nous porte à agir comme si la place nous appartenait, et on se permet des gestes et des paroles qui ne sont pas appropriés.  Par exemple, l’été dernier, j’ai eu un contrat temporaire dans une clinique de physiothérapie où je remplaçais les concierges employés permanents pendant leurs semaines de vacances.  Durant mes cinq semaines à cet emploi, 80% du staff et des clients m’ont parlé contre l’un des concierges, qui occupait ce poste depuis dix-neuf ans.  Depuis le temps, non seulement connait-il tout le monde, docteurs autant que patients, il est celui qui a le plus d’ancienneté dans la bâtisse.  Aussi, il se permet de cinq à dix pauses-cigarettes par jour, ce qui représente entre une heure et une heure et demie à être payé sans travailler, il se mêle de toutes les conversations entre réceptionnistes, docteurs et patients, et il va même jusqu’à ouvrir le rideau pour entrer dans les isoloirs pour aller jaser avec les patients pendant leur séance de physio.  Totalement sans-gêne, le gars.  Voilà pourquoi, depuis le début de l’année, il avait reçu deux avertissements de la part de la direction, précisant qu’à la troisième offense, il serait renvoyé.   Bref…

RAISON 10: On cherche la première excuse valable pour te congédier.
Vous vous souvenez de cette caissière de Provigo qui a été congédiée pour avoir dit à un client qu’un fromage était en spécial au Wal Mart? Ça faisait dix-huit ans qu’elle occupait ce poste.  Il y a aussi celle-ci, qui a été congédiée du Mc Donald’s, après avoir payé de sa poche le repas de pompiers qui venaient de combattre un incendie. Mère de deux enfants, qui occupait deux emplois, elle n’avait pas le profil typique d’une caissière de McDo.

Il est vrai que c’est le genre de travail où, si on veut être accepté lorsque l’on n’entre pas dans les critères, il faut s’en démarquer de manière extrême.  Comme madame Go Gwek Eng qui, à 92 ans, est la plus vieille employée de Mc Donald’s au monde.  Juste pour ça, elle est assurée d’occuper cet emploi tout en étant respectée jusqu’à la fin de ses jours.

Ceci dit, quand je parle de première excuse valable pour se débarrasser de toi, j’ai un excellent exemple: Je ne sais pas si ça existe en Europe, mais ici au Québec, il y a des dépliants publicitaires gratuits qui sont accrochés aux boites à lettres, dans un sac en plastique.  Ça s’appelle un Publisac.  En général, ils traînent là, sans que personne ne les ouvre, et se retrouvent aux poubelles ou au recyclage lors du passage suivant du camion de ces derniers.  Bref, c’est plus dérangeant qu’utile.  C’est dire à quel point ça n’a aucune valeur aux yeux des gens.  La raison pourquoi j’en parle?  Parce que j’ai connu une femme dont la familiarité au travail la poussait à faire de plus en plus de commentaires chiants à ses collègues.  La direction a donc sauté à pieds joints sur la première excuse pour s’en débarrasser: Avoir volé un Publisac.  Sûr, c’est une excuse ridicule.  Mais techniquement, le Publisac n’avait pas été livré chez elle, donc techniquement il ne lui appartenait pas, donc techniquement c’était un vol, donc techniquement ça en faisait une excuse valable pour s’en débarrasser.

Et à la lumière de tout ceci, tu constates que… 

RAISON 11:  Plus grand est ton passé, plus angoissant est ton présent, car plus incertain est ton avenir.
Résumons la situation: Tu occupes un travail que n’importe qui pourrait faire, tu gagnes trop cher au goût de tous, tu n’as rien en commun avec tes collègues, tu es méprisé, mis de côté, tu déranges, et tu dois sans cesse marcher sur des oeufs car, pour toutes ces raisons, tu sais trop bien que l’on cherche la moindre excuse pour te congédier.  Tu vis donc dans une angoisse constante, dans un environnement à atmosphère négative.  Et il faut que tu l’endures.  Tu n’as pas le choix, car…

RAISON 12: Il te serait impossible de retrouver un tel emploi, et encore moins à tel salaire.
Trop vieux, payé trop cher, et n’a que ce travail-là à mettre dans son CV.  Quel employeur voudrait de ça?  Et bonne chance pour avoir du chômage si la raison du congédiement donnée par l’employeur tombe dans l’une des catégories qui n’y donnent pas droit.  Et même là, les chèques de chômage ne sont pas éternels.

Et même si, exceptionnellement, on arrive à garder notre poste en évitant tous ces problèmes avec nos collègues et patrons…  Vous en connaissez beaucoup, des commerces qui arrivent à exister pendant plus de vingt ans?  C’est sûr qu’il y en a.  Mais tôt ou tard, parmi ceux qui prennent la place des anciens à la présidence, il y en aura un qui n’aura pas le talent de son prédécesseur pour garder la compagnie prospère.  Ou pire encore: Oui, il l’a…  Mais le marché change, et le produit et service n’a plus sa place, et la compagnie finit par fermer.   

Et c’est ainsi que, pour avoir eu la fierté d’être une personne stable, on se peinture dans un coin, s’écrasant de plus en plus dans le mur du fond du cul-de-sac de notre emploi.  Jusqu’à ce que quelque chose cède: le mur, ou nous.

C’est bien beau d’avoir de vieilles valeurs, telles la stabilité en emploi.  Mais si ces valeurs sont qualifiées de vieilles, c’est généralement parce qu’elles n’ont plus leur place à notre époque moderne où, ce qui était hier décrié comme étant instabilité, est aujourd’hui louangé comme étant évolution

Opportunité d’insulter, ou opportunité d’affaires.

Il y a quelques jours, j’ai reçu sur Facebook la proposition suivante:

Cette proposition me rappelait de bien mauvais souvenirs, comme le démontre cet extrait de mon billet Les 12 malédictions de l’Halloween, alors que j’étais le sujet d’un reportage.

L’émission est tournée dans un bar sur St-Denis. En attendant que tout soit prêt, je jase avec quelques personnes présentes. C’est là que j’en apprends une bonne: À cause de la loi qui interdit de filmer les gens sans leur accord, tous les clients du bar sont des figurants fournis par une agence de casting. Et non seulement ils mangent et boivent gratos, ils sont payés pour être là. Alors entre les figurants payés à ne rien foutre, et l’équipe de Canal D qui sont évidemment tous salariés, je suis le seul à recevoir zéro dollar et zéro sou pour ma participation, malgré le fait que sans moi il n’y aurait pas de reportage, donc aucune raison pour eux d’être ici, et encore moins d’être payés.

Je pense inutile de préciser que je ne voulais pas revivre cette injuste situation.

L’an dernier, j’ai écrit un billet intitulé Être artiste professionnel, sauf en attitude.  Dans celui-ci, je raconte qu’il n’est pas rare que l’on se fasse proposer de travailler gratuitement, ce qui est d’autant plus désagréable, quand on sait que le fruit de notre travail est destiné à amener des revenus à notre employeur potentiel.  Je déplorais également que la première option qui vient en tête à beaucoup de mes collègues, c’est de répondre avec sarcasme, mépris, insulte, pour conclure avec un refus catégorique. 

Surtout que beaucoup d’entre eux mettent ensuite en ligne une reproduction de la discussion, histoire de bien salir publiquement la réputation de l’employeur potentiel.  Aussi, j’avais conclu ce billet en disant ceci:  

Mais quand on est un artiste qui vit d’accumulations de ce genre de petits contrats, on ne peut pas se permettre d’agir de façon à se fermer des portes.  Si, comme lui, le Huffington Post m’avait proposé de reproduire un de mes billets de blog, je leur aurais envoyé mes tarifs. Comme ça, plus tard, s’ils avaient vraiment voulu de mes textes, ils m’auraient recontactés pour négocier une entente de paiement.  Pareil pour le restaurateur qui se cherche un photographe.   Normal, puisqu’à leurs yeux je serais « celui qui accepte sous certaines conditions » et non pas « celui qui lui a dit NON, qui l’a insulté et qui tente de l’humilier publiquement en salissant sa réputation. »

Pratiquant ce que je prêche, voici quelle fut ma réponse à Urbania :

C’est normal d’être à l’affût de toute arnaque et de se méfier au début.  Cependant, on ne peut pas mettre tout le monde dans le même panier.  La personne d’Urbania qui m’a fait cette proposition ne me connait pas.  Elle m’a donc proposée une entrevue, comme si j’étais un citoyen non-auteur.  Elle ne sait pas que je suis capable d’écrire moi-même ce texte.  Elle n’a aucune idée que je charge pour mes textes, mes dessins, mes photos.  Comment aurait-elle pu le savoir avant que je lui dise?  

Ils m’ont fait une proposition.  Je leur ai fait une contre-proposition.  L’Échange fut professionnel et courtois.  Après trente minutes, voici quelle fut leur réponse:

Et voilà!  Plutôt que d’accepter la première proposition pour ensuite chialer que tout le monde a été payé sauf moi alors que sans moi il n’y aurait pas eu d’article, plutôt que de les insulter et m’assurer de me fermer des portes, j’ai transformé cette proposition inacceptable en opportunité d’être publié, d’être payé, et de me faire un bon nom dans le milieu.

Dans le milieu du journalisme, je parle.  Parce que dans le milieu de la conciergerie, je ne suis pas sûr si ça aura le même effet, avec le gif animé qu’ils ont choisi pour me représenter:

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Y’A LIENS LÀ:

Urbania.ca
Mon article sur Urbania.  Puisqu’il s’agit d’un article sponsorisé, le défi était de terminer mon texte de façon à le mettre en rapport avec une publicité pour un site de recherche de logements.  Je pense m’en être bien tiré.

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L’influence de la personnalité sur les relations et conditions de travail.

Dans les meilleures conditions, il est facile de se montrer sous son meilleur jour. Cependant, rien ne vaut une situation aussi injuste que désagréable pour faire ressortir la vraie personnalité car c’est la façon dont la personne va réagir qui montrera le mieux ce qu’elle est vraiment. Et c’est le genre de chose qui a une influence sur nos relations et conditions de travail. Par exemple :

LA SITUATION : Un concierge travaille dans un édifice. Il est presque à court de sacs poubelle. Il le signale à son patron puisque c’est ce dernier qui s’occupe de la commande. Le patron, ayant beaucoup de choses à penser dans son travail d’administrateur de building, oublie. Quelques jours plus tard, au matin, pénurie de sacs. Impossible de faire les poubelles. Le patron n’étant pas encore arrivé, le concierge remet les poubelles à plus tard et passe à la suite de son travail. Quelques heures plus tard, le patron arrive et, faisant sa ronde matinale, constate que les poubelles n’ont pas été ramassées. Le patron a horreur de l’incompétence et est prompt à se fâcher, alors de voir que la première tâche du matin n’est pas faite, ça l’enrage.

L’ACTION : Le patron convoque son employé et lui dit sèchement que les poubelles ont besoin d’être changées, première chose au matin, et que l’incompétence n’est pas tolérée ici.

À partir d’ici, le concierge peut avoir huit différentes réactions.

RÉACTION 1, la réponse claire : Le concierge dit d’un ton neutre : « Pas d’problème! Dès que je reçois les sacs. » Le patron se rappelle soudain qu’il a oublié d’en acheter. Il dit alors au concierge qu’il s’occupe de voir ce qui ne va pas avec la commande, et le laisse aller continuer son boulot.

Ce que le patron entend : « Pas d’problème! Dès que je reçois les sacs. »

Désormais, son opinion de l’employé est : Un gars qui fait son boulot, rien de plus, rien de moins, pour peu qu’il ait ce dont il a besoin pour le faire.

La conséquence : Le patron commande les sacs, les donne au concierge, celui-ci ramasse les poubelles, voilà, on oublie tout, l’incident est clôt, tout va bien, circulez y’a rien à voir.

RÉACTION 2, la soumission : Le concierge ne dit rien. Il sait très bien que ce n’est pas de sa faute si les sacs ne sont pas arrivés. Il ne sait pas si c’est le patron qui a oublié de faire la commande, ou si celle-ci n’est pas encore arrivée. Mais au lieu d’en parler, il se contente de répondre « Oui monsieur! » et repart faire son boulot sans jamais lui dire au sujet des sacs. Le lendemain le patron constate qu’il y a le double des déchets et qu’ils ne sont pas plus ramassés, il explose et demande au concierge pourquoi il n’a toujours pas fait son boulot. Sa réponse : « Ben, j’attends encore ma commande de sacs. » Le patron réalise que c’est lui-même le fautif, d’avoir oublié de commander les sacs. Il demande au concierge pourquoi il ne lui a pas dit hier. Le concierge lui répond timidement qu’il ne le lui avait pas demandé.

Ce que le patron entend : « Je suis incapable de vous dire ce qui ne va pas dans le travail, alors c’est à vous de penser à tout. Incluant deviner quelles questions me poser, et deviner quand le faire. »

Désormais, son opinion de l’employé est : Un gars qui va faire tout juste ce qu’on lui demande, rien de plus. Techniquement irréprochable, n’empêche que ça signifie qu’on ne peut pas s’y fier en cas de pépin car il va considérer que tout ce qui est au-delà de sa définition de tâches n’est pas son problème.

La conséquence : Le patron s’en veut d’avoir oublié la commande et se sent quelque peu humilié d’avoir insulté l’autre pour sa propre erreur. Mais considère tout de même que c’était au concierge de lui rappeler. Il est donc en rogne contre le concierge qu’il va prendre pour un idiot. Dans le meilleur des cas, ça ne changera rien à ses relations et conditions de travail. Dans le pire des cas, ça peut avoir des conséquences fâcheuses. Tout dépend de la personnalité du patron et à son potentiel de rancune et de mesquinerie. Une chose est certaine, l’employé lui a démontré être du genre à prendre les abus, même ceux non-mérités. Ce comportement n’attire pas le respect, et encore moins les promotions à des postes de pouvoir.

RÉACTION 3, la victimisation passive-agressive : Les choses se passent exactement telles que dans la réaction précédente, c’est à dire que le patron engueule l’employé qui ne dit rien.  Mais le lendemain, au moment où le patron demande pourquoi le concierge ne lui a pas dit la veille au sujet des sacs, ce dernier répond avec un air innocent : « Si vous aviez vraiment voulu savoir pourquoi il m’était impossible de ramasser les poubelles, vous m’auriez posé la question hier. Mais à ce moment-là, la seule chose qui vous intéressait, c’était de m’engueuler et me traiter d’incompétent. Et puisque ce n’est pas à moi de dire à mon patron comment faire son boulot, je vous ai écouté sans protester. C’est ce que je suis supposé faire, non? »

Ce que le patron entend : « Tu préfères chier sur les autres sans savoir de quoi tu parles, plutôt que de t’assurer du bon rendement du travail. En plus de ne pas avoir passé la commande des sacs tels que tu étais supposé, ce qui fait que tu essayes de me blâmer pour ton erreur. Donc, de nous deux, l’incompétent, c’est plutôt toi. Contrairement à moi, qui fait ce qu’il a à faire et respecte les autres. »

Désormais, son opinion de l’employé est : Un passif-agressif qui va faire tout juste ce qu’on lui demande, rien de plus, en attendant chaque occasion de prouver qu’il est le seul de la boite à être parfait et irréprochable, ce qui est culotté puisqu’il n’est que simple concierge.

La conséquence : Le patron est furieux et en veut à son employé de l’avoir humilié ainsi. Il considère que ce genre d’employé ne mérite ni augmentation ni avancement, et cherchera la première bonne excuse pour le congédier.

RÉACTION 4, les accusations :  L’employé répond alors: « Je vois! Alors c’est comme ça que ça marche, ici? Vous me blâmez moi alors que c’est vous qui n’avez pas passé la commande de sacs? »

Ce que le patron entend : « Vous êtes un salaud qui cherche tellement à harceler ses employés, que vous n’hésitez pas à être malhonnête en créant vous-même le problème, afin de vous donner une excuse pour leur faire des reproches. »

Désormais, son opinion de l’employé est : Un salopard qui cherche à le faire passer pour un être mesquin qui aime descendre les autres pour son plaisir personnel.

La conséquence :  Le patron est furieux et en veut à son employé de chercher à le faire passer pour pire qu’il est. Il considère que ce genre d’employé ne mérite ni augmentation ni avancement, et cherchera la première bonne excuse pour le congédier.

RÉACTION 5, la plainte : Le concierge ne dit rien sur le coup.  Mais dès qu’il est sorti du bureau, il raconte à tous ses collègues comment le patron a essayé de le blâmer pour une erreur qu’il a fait lui-même.

Ce que le patron entend : Il entend, via la rumeur qui lui revient aux oreilles, ce que l’employé raconte sur lui.

Désormais, son opinion de l’employé est : Un fauteur de troubles qui cherche à monter tous les employés contre lui.  Un lâche qui préfère parler contre lui dans son dos au lieu de lui dire en face le problème qu’il a avec lui.

La conséquence : Le patron est furieux et en veut à son employé de chercher à lui causer ces problèmes. Il considère que ce genre d’employé ne mérite ni augmentation ni avancement, et cherchera la première bonne excuse pour le congédier.

RÉACTION 6, la colère : Le concierge ne prends pas de se faire blâmer pour l’erreur d’un autre et il ne lui fait pas envoyer dire : « Hey, commence donc par les commander les # »/$%?& de sacs, que je puisse les ramasser, les poubelles. »

Ce que le patron entend : « Ta gueule, pauvre incompétent! »

Désormais, son opinion de l’employé est : Un être brusque, sans manières, impoli.

La conséquence :  le patron ne l’appréciera pas tellement, ce qui n’est jamais bon dans une atmosphère de travail.

RÉACTION 7, la confrontation en contre-attaque hautaine : Calmement, le concierge dit  « Bon! » , dépose ce qu’il tient, se tire une chaise et s’assoit face au patron. Puis, posément, d’un air sérieux et paternaliste, il dit :  « D’habitude, quand je passe la commande pour des sacs, ça prend trois jours avant que je les reçoive. Là, tel que je suis supposé le faire, je vous ai signalé il y a une semaine que j’allais bientôt en manquer. Comment se fait-il que je ne les ai pas encore reçus? Est-ce que vous avez passé la commande, tel que je vous l’ai demandé? Non? Je vois! Pardon? Pour qui je me prends au juste? Eh bien, je me prends pour un employé qui se fait engueuler et traiter d’incompétent par celui qui a commis l’erreur pour laquelle il se permet de m’insulter. Pourquoi? Est-ce que je devrais me prendre pour autre chose? Non, je ne vous porte pas de jugements, j’essaye juste de comprendre. »

Ce que le patron entend : « Tu es un con, un incompétent, de mauvaise foi, et je vaux cent fois mieux que toi. »

Désormais, son opinion de l’employé est : Un prétentieux qui ne cherche qu’à l’humilier. Un snob à descendre et à écraser. Un loser qui se prend pour meilleur que tout le monde alors qu’il n’est même pas foutu de faire autre chose de sa vie que d’être simple concierge. Une personne à éliminer de son entourage le plus rapidement possible, peu importe comment.

La conséquence : Je l’ai déjà dit et je le répète : Lorsque la personne devant toi a le pouvoir sur ta réussite et ton échec, ce n’est jamais une bonne idée de lui montrer qu’elle ne vaut pas mieux que toi. Ou pire encore : Que tu vaux mieux que lui. Surtout pendant qu’il est en train d’encaisser l’humiliation de constater qu’il était dans l’erreur de te blâmer.

RÉACTION 8, la collaboration : Le concierge dit d’un ton intéressé et actif : « Oui, je ne sais pas ce que la compagnie des sacs ont fait de notre commande, mais ils ont l’air de nous avoir oubliés. Pourrais-tu les rappeler pour voir ce qui ne va pas? Ça me rendrait bien grand service. Ah, et me rappeler ensuite dès qu’on les a reçus, que je puisse m’y mettre au plus vite. Merci beaucoup! »

Ce que le patron entend : « J’ai tellement confiance en toi et en ta compétence que jamais je n’ai pensé que le problème puisse venir de ton bord. Ce sont eux qui nous posent le problème. Je suis reconnaissant de ce que vous faites pour moi. Je ne demande qu’à faire mon boulot le mieux possible et je reste dispo pour toute urgence. »

Désormais, son opinion de l’employé est : Un bon employé, un excellent collaborateur, une personne sympathique.

La conséquence : Le patron sait très bien que c’est lui-même qui a commis l’erreur ici. Aussi, il est heureux de s’en tirer à si bon compte avec son orgueil et sa réputation intacte. Et inconsciemment, puisque cette bonne humeur est associée avec l’image de cet employé, il l’aura toujours en haute estime, surtout s’il continue d’agir ainsi. Et ça, ça attire le respect, la confiance, les avancements, les augmentations et les meilleures conditions de travail.

Il y en a qui, en lisant ceci, ce seront reconnus dans l’une des sept premières situations. Ceux-là vont s’en défendre en disant qu’ils ont tout de même eu raison d’agir ainsi, puisque c’est le patron et non l’employé qui se démontre incompétent ici.  C’est vrai! En fait, les huit employés ont eu raison d’agir comme ils l’ont fait. Mais là n’est pas la question.

Un patron est un être humain comme tout le monde, avec les mêmes travers, les mêmes défauts, le même potentiel de faire des erreurs. C’est juste qu’il occupe un poste plus élevé que nous, avec beaucoup plus de responsabilités, de choses à penser, de pression et de stress. Alors d’un côté il a un employé qui est conciliant, responsable, qui lui facilite la tâche, qui épargne son orgueil en l’aidant à corriger son erreur au lieu de l’utiliser pour l’humilier. Bref, un employé qui travaille pour lui et non contre lui. Et de l’autre côté, il en a six qui font le contraire, et un qui est irréprochable mais qui n’apporte rien de plus au boulot que ce qui lui est demandé. Dans de telles conditions, il n’est pas difficile de voir lequel des huit a le plus de potentiel d’attirer le respect, les avancements, les augmentations et les meilleures conditions de travail.

L’harmonie et la réussite au travail, ce n’est pas une question d’avoir raison, surtout quand c’est pour démontrer clairement à la personne qui signe ton chèque de paie que c’est un con. Surtout si c’est vrai. Je n’aime pas citer les proverbes, mais il y a tout de même une raison pourquoi il en existe un qui déconseille de mordre la main qui vous nourrit. Sans pour autant être un lèche-cul, il y a moyen d’établir un respect mutuel entre le patron et l’employé.

Et cette méthode vaut aussi dans n’importe quelle autre relation interpersonnelle.

Clément Beaucitron, loser sans emploi.

Oui, c’est un reblog. Bon, disons un déplacement. C’est parce que ce billet était au beau milieu de la série « Mon année 2012″, et que ça en brisait le rythme.


Depuis quelques années, il circule sur le net une capture d’écran qui montre comment une jeune fille a perdu son emploi après avoir bitché son patron via Facebook:


Traduction pour malenglophonants(*): En gros, la fille dit qu’elle déteste sa job parce que son patron n’est qu’un pervers et un branleur qui fait exprès de lui donner du travail de merde juste pour la faire chier. Elle avait oublié que son patron était dans sa liste d’amis Facebook. Il lui a répondu que de 1, elle peut cesser de se surestimer car, de 2, il est gai alors il lui serait difficile d’être pervers avec elle. De 3, la « merde » dont elle parle, ça s’appelle « le travail pourquoi elle est payée ». Et de 4, elle est renvoyée.

Cet exemple parle de quelqu’un qui a perdu un emploi qu’elle occupait. Or, avec internet, on n’a même plus besoin d’avoir un emploi avant de le perdre. C’est que de nos jours, lorsqu’un employeur reçoit un CV, il n’est pas rare qu’il entre le nom ou l’adresse de courriel du candidat dans l’engin de recherche de Facebook afin d’en savoir plus sur le genre de personne qui a fait application. Ce qu’il y trouvera ou non peut faire toute la différence entre vouloir ou non embaucher le candidat. Et ça, on dirait que certains candidats ne sont pas assez brillant pour y penser d’avance.

Récemment, j’ai entendu parler d’un gars qui recherche en vain du travail depuis des lustres. Je suis donc allé visiter son Facebook. Ça m’a permis de constater que j’y avais libre accès. Et si moi je peux le voir, alors ses futurs employeurs aussi.

Ce qui suit sont de véritables captures d’écran de statuts provenant du Facebook de ce candidat.  J’ai modifié le nom et l’image du profil avec Photoshop afin de protéger l’innocent, mais le reste est authentique et non-retouché.  Le texte en rouge vin en dessous de chaque image décrit ce qu’un employeur peut potentiellement penser de ce genre de statuts, donc pourquoi c’est une mauvaise idée d’écrire publiquement ce genre de trucs. C’est parti:

Bon… Le gars est un déprimé et il est incapable d’en sortir par lui-même. Il faut qu’un autre lui remonte le moral. Ça commence bien.

À moins d’être moi-même représentant Avon, ce qui n’est pas le cas, ce statut me déplait. Ça me montre que même s’il a fait application chez moi, c’est ailleurs qu’il aimerait travailler. Pourquoi est-ce que je perdrais mon temps à embaucher quelqu’un comme ça?

Apparemment, ce candidat a de la difficulté à se trouver un emploi. Si tous les endroits où il a fait application avant chez moi ont rejeté sa candidature, il doit y avoir une raison. Continuons la visite, on verra peut-être pourquoi:

Avec ce statut, il nous démontre qu’il est un loser, et ce pour deux raisons:

La première, parce qu’il liste ici des employeurs qui ne veulent pas de lui. …Qui ne veulent pas de lui malgré les milliers de CV qu’il leur a envoyé. S’être fait rejeter des milliers de fois pour des emplois, ce n’est pas le genre de chose dont il faut se vanter en public lorsque l’on veut faire croire qu’on est un bon candidat pour un emploi. Moi, en tout cas, être gérant de HMV et apprendre qu’aucun HMV n’a voulu de lui, ça m’enlèverait le goût de l’embaucher. Bref, avec ce statut, il se sabote lui-même.

La seconde raison: Malgré le fait qu’il ne veulent pas de lui, il affirme qu’il continue de vouloir y travailler. Bref, il montre qu’il est du genre à s’accrocher à des causes perdues. Il y a une différence entre être déterminé et être trop cave pour voir que ça ne marchera jamais. Quand ça fait des milliers de CV que tu envoies vain, il me semble que la différence est claire.

Ceci dit: Des milliers de CV? Vraiment? Même si on additionnait toutes les succursales de Renaud Bray, HMV, Archambault et les salles de cinémas de Montréal, on n’arriverait jamais à mille. En fait, je ne suis même pas sûr que l’on arriverait à cent. Alors de deux choses l’une: Où bien il y a fait application partout dans la province de Québec, ce qui démontre un manque de logique et de sens pratique. Ou bien, option plus crédible: il ment. Ou du moins, il est du genre à exagérer.

Et en passant, si on enlève les dimanches et jours fériés, il y a environs 330 jours ouvrables dans une année pour les commerces. Ça veut dire que pour envoyer 1000 CV au HMV, il aurait fallu qu’il leur envoie un par jour ouvrable, non-stop, pendant trois ans.  Alors s’il a vraiment envoyé des milliers de CV à un employeur qui ne veut pas de lui, il démontre un trait de caractère absolument non-souhaitable chez un candidat: Porté sur le harcèlement.

S’il se décourage juste à regarder les annonces d’emploi, qu’est-ce que ça va être quand il aura l’emploi? Se découragera t-il juste à regarder sa liste de tâches de la journée?

Bon, apparemment il a en plus un complexe de persécution: Personne ne veut de lui, tout le monde trouve des excuses pour le rejeter, même si les dites excuses se contredisent.

Petite dose de réalité: Si le monde de l’emploi était vraiment tel que décrit dans cette BD, alors personne ne travaillerait.

Dire oui à toutes les questions… Autrement dit, répondre n’importe quoi à ses employeurs potentiels, que ce soit vrai ou non, pourvu que ça lui rapporte l’emploi. Est-ce que je veux comme employé le genre de personne qui se vante publiquement qu’il va me mentir dans ma face? Mieux encore: Avec son « Sourire comme si c’était sincère », il démontre en plus qu’il est hypocrite. Un vrai charmeur, dites donc!

Résumons: Il sait qu’il faut faire application en ligne puisqu’il l’a déjà fait, et malgré tout il n’en fait qu’à sa tête en allant se présenter en personne. Donc: N’écoute pas ce que l’employeur lui demande de faire. Et pour faire pitié de façon passive-agressive, il démontre que le fait d’aller donner sa candidature l’a affamé. Donc: Il n’a pas mangé avant d’y aller et/ou n’a pas amené de lunch. Conclusion: Zéro sens de la planification ou de la débrouillardise.

Et il a mal au pieds d’avoir marché. Je suppose qu’il essaye de se vanter de son courage, d’avoir fourni un tel effort physique surhumain afin de se trouver un emploi. Mais à moi, l’employeur, tout ce que ça me dit, c’est ceci: Il habite loin du lieu de travail, n’a pas d’auto, pas de titre de transport en commun, pas de vélo. Donc, si on l’engage, il faut s’attendre à des retards, de l’absentéisme, des problèmes de pieds le ralentissant dans son travail, etc. Bref, ça ne me dit rien de bon.

D’après ce que l’on voit via ses statuts, voici ce que HMV manque: Un employé menteur, hypocrite, qui n’écoute pas ce qu’on lui dit de faire, passif-agressif, harceleur, qui manque de logique, de sens pratique et de débrouillardise, découragé, déprimé, se complaisant dans la victimisation de soi…

Deux ans? DEUX ANS à se chercher un emploi sans jamais en avoir trouvé un seul? Il est normal de tomber sur quelques employeurs déraisonnables qui refusent d’embaucher quelqu’un pour des raisons mesquines. Mais pendant deux ans, ne tomber que sur ce genre de personne? Non, définitivement, il est impossible que ce soit toujours les employeurs qui sont la source du problème.

Un CV n’est qu’une liste des anciens employeurs, leur coordonnées, la personne à contacter et une brève description de nos tâches. S’il a besoin d’un professionnel pour faire ça à sa place, alors il n’est vraiment pas le genre de personne avec qui je me sentirai en confiance de lui donner des tâches à faire, même les plus simples.

Et il veut nous faire accroire qu’il a réussi à trouver 70 emplois par jour qui convenaient à ses goûts, ses expériences, ses capacités, et ce dans l’île de Montréal? Parcourir les annonces, en trouver une qui nous convient, leur écrire un mail personnalisé, y attacher un CV et envoyer le tout, ça prends environs un quart d’heure. Multiplié par 70 applications, puis divisé par 60 minutes, ça fait 17:30 heures par jour. Et il trouvait le temps de dormir, manger, s’habiller, se laver, et surtout faire des suivis? Wow! Si la bullshit était une discipline olympique, il y en a qui seraient médaillés triple platine.

Ah, tout de même! La vie a fini par lui donner un break. Bon eh bien je lui souhaite bonne chance!

Hein!?  N’avait-il pas trouvé un boulot, il y a moins de 48 heures? Un qu’il devait commencer dans huit jours? Est-ce qu’il est train de nous dire qu’il a perdu son emploi, et ce une semaine avant même de commencer à y travailler? Wow! Juste… Wow!

Ok… Il faut qu’on lui remonte le moral, il faut qu’on fasse son CV à sa place, et maintenant il faut qu’on lui trouve un contact parce qu’il faut que ce contact lui trouve une job!? Est-ce que ce gars-là est capable de faire quelque chose par lui-même? Sérieux là, tout ce qu’il démontre, c’est qu’avec un tel manque de débrouillardise il serait un employé totalement inutile. Un poids mort. Il serait probablement même une nuisance.

Pensez-vous qu’un employeur va vouloir engager quelqu’un qui prétend que ce sont les employeurs qui ont un ostie de problème? Il ne manquait plus que cette qualité(?)-là pour lui compléter le profil: Irresponsable! À l’entendre ce n’est pas lui la source du problème. Non, depuis au moins deux ans, s’il est sans travail, c’est toujours de la faute des autres. De TOUS les autres! De tous les autres PAR MILLIERS!

Pas besoin d’en voir plus pour comprendre qu’avec une telle personnalité, même le BS n’en voudrait pas. Bonne chose pour lui qu’il est supposément beau pis fin. Ça devrait lui permettre de se trouver quelqu’un pour le faire vivre. Parce qu’avec une telle attitude et un tel comportement face à l’emploi, c’est pas mal la seule option qu’il lui reste pour ne pas finir itinérant ou bien habiter encore chez ses parents passé 35 ans.

En tout cas, la logique démontre une chose: S’il fait tout ce qu’il a à faire pour se trouver un emploi, et si son CV est professionnel, et qu’il a contacté des milliers d’employeur différents, alors le problème ne peut pas venir de ces aspects. La seule source de problème qui reste, c’est Clément lui-même!

Vous allez peut-être me dire que l’analyse de Clément par mon personnage d’employeur est erronée ou exagérée? Possible! Mais peu importe si l’employeur se trompe ou non au sujet de Clément. Ça ne change rien au fait que ce sont les statuts de Clément qui influencent les gens à penser ça de lui. Et que ces conclusions soient justes ou non, il reste qu’elles n’existent que parce que Clément a un comportement qui n’engendre que des sentiments négatifs. Donc, pour son incapacité de se trouver un emploi, Clément n’a personne d’autre à blâmer que lui-même.

En recherche d’emploi comme en amour et comme partout ailleurs, il existe sept règles assurant le succès. Je me donne en exemple dans chacune de celles-ci pour démontrer comment ça s’est appliqué dans mon cas:

RÈGLE 1: Avoir du talent. J’ai passé ma jeunesse à assister mon père, bien contre mon gré, à des jobs de rénovations, entretien et menuiserie. Même si ce travail me déplaisait, j’ai forcément appris la base du métier. Alors quand mes amis me voyaient réparer aisément un truc alors qu’ils n’y connaissaient rien et ne m’avaient jamais vu bricoler, ça a tout de suite passé pour un talent naturel. Parce que dans le fond, le talent, c’est un peu ça.

RÈGLE 2: Travailler dur. J’ai travaillé très fort en entretien à mon emploi précédent. Tellement que je m’y suis cassé les pieds et quasiment les bras.

RÈGLE 3: Avoir la chance d’être au bon endroit au bon moment. J’ai vu l’annonce d’embauche pour mon emploi actuel sur EmploiQuébec.net à peine 10 minutes après qu’elle ait été postée, alors que j’étais sans emploi depuis deux semaines, remis de mes blessures, prêt à travailler.

RÈGLE 4: Savoir saisir l’opportunité au moment où elle se présente. Le travail demandait de devoir déménager pour y résider. Bien qu’un déménagement soit une décision majeure, je n’ai pas eu besoin d’y réfléchir longtemps pour voir que ça valait le coup. 12 minutes après avoir lu l’annonce, je leur envoyais ma candidature et mon acceptation de leurs conditions.

RÈGLE 5: Avoir la chance de rencontrer les bonnes personnes. J’ai passé en entrevue avec la gérante de l’édifice. Elle a fait un truc que le boss/proprio n’aurait probablement pas fait si je l’avais rencontré en premier : Prendre une chance avec moi plutôt qu’avec les autres candidats, et ce malgré mon dossier judiciaire.

RÈGLE 6: Leur donner envie de te choisir / de te dire oui. J’ai passé la majorité de ma vie à avoir pour mon dire: Peu importe les efforts que tu y mets, lorsque le succès ou l’échec de ton projet dépend d’un autre, et que lui décide que ce sera un échec, alors rien à faire, ça va échouer. J’y crois encore. C’est juste que maintenant, je rajoute: Par conséquent, il faut que tu fasses en sorte de donner à cette personne l’envie d’en faire un succès. C’est exactement ce que j’ai fait.

RÈGLE 7: Et ne pas tout gâcher ensuite en les faisant chier. Voilà une leçon que la fille de l’exemple en haut de ce billet a appris à la dure.

____

(*) Quand un mot n’existe pas, on l’invente.

Mon année 2012, partie 5: La facilité de se trouver un emploi.

Il y a 2 ans, dans mon billet Les Trois Raisons Possibles de l’Échec,  je parlais d’un problème qui me faisait obstacle dans ma recherche d’emploi, soit le côté artistique de mon CV.  En effet, à chaque fois que je me cherchais un travail physique, ils regardaient mon CV, voyaient des trucs comme Safarir et l’École Nationale de l’Humour, et en arrivaient à la conclusion erronée (quoi que logique) que je cherchais juste une job quelconque en attendant de percer dans le milieu artistique.

L’affaire, c’est que la réalité était l’inverse. Tanné du travail à la pige instable et mal payé, j’ai décidé de mettre ça derrière moi en faveur d’un travail stable, à temps plein, à revenu régulier. C’est en faisant des recherches d’emploi que je me suis rendu compte que pour les gens avec peu ou pas d’expérience, les jobs de bras étaient plus payantes que le travail de bureau. D’où mes tentatives d’être embauché dans le domaine. Hélas, mon CV artistique ne faisait que me nuire.

Lorsque la solution à mon problème m’est venue en tête, je n’en revenais pas de ne pas y avoir pensé avant, tellement c’était simple : Me mettre à la place de mon futur patron. Me dire : Et si c’était moi l’employeur… Qu’est-ce que je voudrais entendre? Qu’est-ce que je voudrais voir? Qu’est-ce qui me pousserais à l’employer lui alors que jamais je ne donnerais sa chance à l’autre? Le simple fait de me poser ces questions m’a amené à transformer radicalement les différentes facettes et éléments de ma recherche d’emploi.

MON CV :
Si j’étais patron : Si je cherche un travailleur solide physiquement et que je reçois un CV dans lequel la moitié de ses expériences (les plus récentes en plus) sont artistiques, c’est sûr que je vais le mettre de côté au profit d’un qui n’a que des expériences de travail physique.
Alors ce que j’ai fait : Au début de 2011, j’ai fait application pour travailler dans un garage de bus.  J’ai tout simplement enlevé les détails artistiques de mon CV.  Comme ça, au lieu de le jeter, il m’a appelé pour me demander pourquoi il y avait de grands trous dans ma liste d’expérience. Je lui ai dit la vérité : Parce que j’ai mis la vie artistique derrière moi, et parce que ces expériences me handicapaient dans mon CV. Il a compris. J’ai été embauché.

MA SITUATION GÉOGRAPHIQUE
Si j’étais patron : Je voudrais d’un employé qui habite près, et ce pour deux raisons : C’est plus pratique lorsqu’il faut appeler quelqu’un pour faire du remplacement de dernière minute, et je n’ai pas à craindre les retards et l’absentéisme pour cause de le bus n’est pas passé / le métro est arrêté / l’auto est en panne.
Alors ce que j’ai fait : À tous les jours, j’allais sur Emploi Québec et je ne consultais que les annonces de mon quartier.  Les gens me disaient que c’était une erreur, et que si je voulais vraiment travailler j’irais prendre la job là où elle est.  Eh bien j’ai eu raison de m’obstiner car ça ne m’a pris qu’un mois avant de trouver du travail au garage de bus de mon coin. J’y allais à pied ou en vélo.

MON PHYSIQUE
Si j’étais patron d’une boutique de vêtements pour jeunes, je voudrais des vendeurs jeunes, minces, beaux, qui ont du style. Si j’étais patron d’un magasin d’équipement de sport, je voudrais des vendeurs d’allure sportive, en forme, en tenue de gym.  Et si j’étais patron d’un garage de bus, je voudrais un employé solide, costaud, habillé de façon qui démontre qu’il n’a pas peur de se salir.  Il y a une raison pourquoi existe l’expression Avoir le physique de l’emploi.  Dès le premier coup d’œil sur ton allure, le patron sait déjà si ça vaut la peine de te faire passer une entrevue ou non.
Alors ce que j’ai fait : À ce moment-là, je venais de passer tout l’hiver à m’entrainer à la course, en plus de faire des poids. J’étais athlétique, costaud. J’étais trop vieux pour être vendeur dans des boutiques, surtout sans expérience au niveau de la vente. Par contre, j’avais le physique requis pour travailler dans un garage de bus.

MON COMPORTEMENT PENDANT L’ENTREVUE
Si j’étais patron : Je voudrais d’un candidat avec qui le courant passe bien.  Quelqu’un avec qui la communication se fait aisément. Quelqu’un qui est à l’aise avec moi, surtout si on est pour travailler ensemble.
Alors ce que j’ai fait : Tous ceux qui se sont butés à la difficulté de se trouver un emploi se sont tous fait donner les mêmes conseils : Assis-toi droit, regarde-le dans les yeux, garde le sourire… Hélas, la majorité des gens poussent la chose trop loin, et l’intervieweur se retrouve face à un candidat raide comme une statue, au sourire figé et qui le regarde pendant 17 minutes sans cligner des yeux.  Alors je me suis tout simplement détendu en me disant qu’après tout, à part pour son poste, c’est un gars tout à fait normal et pareil que moi. Il y a moyen de rester poli et respectueux sans avoir l’air d’un robot, et d’être détendu et à l’aise sans être exagérément familier.

MON EXPÉRIENCE
Si j’étais patron d’un travail qui demande de l’expérience, c’est évident que je ne voudrai embaucher que ceux qui en ont. Mais si c’est pour un travail simple dans lequel on fournit le training, n’importe qui fera l’affaire.
Alors ce que j’ai fait : Je n’ai pas perdu mon temps à regarder les emplois demandant une expérience que je n’avais pas. Voilà pourquoi j’ai fait application dans l’entretien ménager :  Tout le monde sait faire du ménage. Le reste, ils te l’apprennent.

Jusqu’ici, je ne parle que de mon travail dans le garage de bus, que j’ai eu d’avril 2011 à aout 2012. Dès que j’ai démissionné du garage, je me suis mis à chercher un travail une coche au-dessus : Concierge dans un édifice à appartements.  Parce que là, j’avais de l’expérience pour un boulot qui en demandait. Après deux semaines et demi à visiter quotidiennement Emploi Québec, j’ai trouvé ma job idéale : Concierge/homme à tout faire dans un bloc de 22 étages, meilleur salaire qu’au garage, logement + électricité + chauffage + internet + téléphone + câble fourni gratis.

MON CV
Puisque cette fois j’avais derrière moi 16 mois d’expérience dans un travail similaire, je me suis permis d’y remettre mes expériences artistiques, histoire de montrer que j’ai passé la majorité de ma vie à travailler.  Le fait que j’ai donné ma démission correctement, tel que vu dans le billet précédent, n’a pas dû nuire lorsqu’ils ont contacté mon dernier employeur.

MES DOCUMENTS
Je suis arrivé préparé. J’avais avec moi tous les documents imaginables :

  • Mon CV avec toutes les coordonnées de mes employeurs.
  • Mes cartes.
  • Mes 2 derniers baux.
  • Mon passeport.
  • Un spécimen de chèque de mon compte de banque.
  • Mon certificat de naissance.
  • Une liste de questions.
  • Une lettre de présentation.
  • Une 2e lettre, celle-là je vous en parlerai plus tard.

Je doute fort que les autres candidats étaient aussi préparés que moi. En démontrant à mon futur employeur à quel point je suis une personne organisée, que j’ai ce qu’il veut de moi au moment où il en a besoin, ça me donne une longueur d’avance sur les autres.

LA LETTRE DE PRÉSENTATION
On n’accorde jamais assez d’importance à la lettre de présentation parce qu’on est portés à croire que tout ce que l’on pourrait y écrire, on va le dire pendant l’entrevue anyway. Eh bien moi, j’ai deux bonnes raisons pourquoi je tenais à en écrire une :

  1. La mémoire est une faculté qui oublie.  Plus l’employeur passe d’entrevues, plus il sera difficile pour lui de se souvenir de qui lui a dit quoi.  La lettre de présentation fait donc de moi la seule personne de qui il lui est facile de tout de se rappeler.
  2. Plus l’employeur a d’entrevues à passer, moins il a le temps de me poser les questions qui l’aideront à comprendre pourquoi je suis un meilleur candidat que les autres. Voilà pourquoi j’ai bien pris le temps de lui (d)écrire tous les aspects de ma personnalité qui sont compatibles avec ce travail en particulier.

LA LISTE DE QUESTION
Ça aussi c’est important, parce que ça démontre à l’employeur que l’on est vraiment intéressé à avoir ce travail.  Dans mon cas personnel, lorsque la madame qui m’a passé en entrevue est venue pour conclure en me demandant si j’avais des questions, j’ai sorti ma liste en lui disant que des dix que j’avais, il n’y en a que quatre dont nous n’avons pas discuté.

NE RIEN AVOIR À CACHER
J’ai (peut-être) déjà parlé du fait que j’ai un dossier judiciaire à cause qu’une de mes ex m’a trainé en cour. Aussi, lors de l’entrevue, après avoir répondu à mes dernières questions, la madame me donne un document et me dit : « Ça c’est un document que tu dois signer, dans lequel tu déclares nous donner l’autorisation de faire une enquête à ton sujet.  Parce que tu comprendras qu’on ne va pas donner les clés de 260 appartements à quelqu’un qui a un dossier judiciaire pour vol, hein? Ha! Ha! Ha! »  C’était prévisible!  Aussi, l’ais-je prévu : Je sors ma 2e lettre de mon cartable et lui réponds : « Ça dépend! Au Québec, je n’en ai pas.  Par contre, au Canada oui. Je vous ai écrit ce texte qui explique tout en détails.» Elle l’a pris, l’a lu, en a fait une photocopie, et m’a dit qu’elle me rappellera dans deux jours si je suis pris.

Finalement, ce fut après 24 heures et non 48 qu’elle m’a appelé.  Elle me dit : « Bon ben le rapport de la GRC vient d’arriver et ça dit exactement ce qu’il y a dans ta lettre.  Fa que, si t’es prêt, tu commences demain matin à 8am. »

Et voilà comment un gars qui a passé vingt ans de sa vie à avoir une carrière artistique a pu se décrocher un bon travail physique bien payant.  Voilà comment un gars avec un dossier judiciaire pour vol a pu obtenir un travail où on lui confie les clés de 260 logements.  Si moi j’ai réussi ça, malgré mes handicaps sociaux, tout en restant franc et honnête, qu’est-ce qui vous empêche d’en faire autant?

NEXT: partie 5B: Les erreurs à ne pas commettre

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