Celle à qui j’ai dit oui.

C’est mon amoureuse qui, la première, a parlé de mariage.  C’était l’an dernier.  Elle m’a dit, comme ça, que lorsque ça fera deux ans que l’on sera ensemble, que tout va bien, que l’on s’aime, et que l’on est certain d’avoir trouvé en l’autre la personne faite pour nous, alors on pourrait se fiancer.

Cette année, le jour de notre second anniversaire de couple, on s’aime toujours autant sinon plus.  Alors je lui ai dit oui sans hésitation.

Ce n’est pas la première fois qu’une fille avec qui je sors me propose fiançailles et mariage.  En fait, c’est la troisième.   Alors pourquoi est-ce que j’ai dit oui à elle et non aux autres?  Parce que les deux premières ne m’ont jamais dit autre chose que: « Il faut officialiser notre relation parce que mes parents et/ou ma famille ne voient pas d’un bon oeil qu’une de leurs filles sorte/couche/habite avec un gars sans qu’ils soient mariés. »  La troisième, elle, n’a pas essayé de me manipuler en prétextant une obligation.  Elle m’a dit qu’elle m’aimait et voulait passer sa vie avec moi.

Quand la personne qui te propose les fiançailles ne te donne que des obligations comme arguments, plutôt que l’amour comme raison, ça en dit long sur sa personnalité et sur la façon dont elle considère votre relation.  Et ça n’en dit rien de bon.

Et voilà pourquoi je lui ai dit oui, alors que j’ai refusé aux deux précédentes.  Parce que quand l’autre n’a aucune hésitation à te dire qu’elle veut te marier par amour, c’est là que tu sais que tu as trouvé la bonne.

20 raisons pourquoi je ne publierai jamais de livres

Lorsque les gens voient le lien vers Mes romans juste sous ma bannière ci-haut, ils s’interrogent.  Pourquoi est-ce que je laisse mes écrits en ligne, comme ça, gratuitement?  L’auteure et historienne Catherine Ferland elle-même m’a un jour écrit un commentaire sous ce billet pour me demander si j’ai déjà envisagé publier sous forme de livre.  La réponse est oui, j’y ai déjà songé. Mais voilà bien longtemps que j’y ai renoncé. L’aventure coute juste beaucoup trop de temps et d’argent, et ce pour trop peu de bénéfices au bout du compte. Surtout lorsque tu cherches à te faire publier pour la première fois.

Au début, on s’imagine que c’est facile: On écrit un livre, on l’envoie à une maison d’édition de notre choix, ils le reçoivent, le lisent, et une semaine ou deux plus tard ils t’appellent pour signer un contrat. Tu reviens riche et célèbre et tu passes ta vie entouré de chicks dans une piscine remplie de Baby Duck. Or, lorsque l’on est un auteur encore inconnu, les choses ne se passent pas de cette façon. J’en ai fait amèrement l’expérience pendant plus d’une décennie, soit de l’an 2000 jusqu’en 2010. C’est là que j’ai constaté plusieurs choses qui ont fini par m’enlever l’envie d’essayer de me faire publier.

RAISON 1: L’octroi des bourses est une loterie.
À moins d’être un passionné de l’écriture qui trouve toujours le temps d’écrire à chaque fois qu’il a une minute de libre malgré le fait qu’il travaille à temps plein et plus (C’est mon cas, ce blog le prouve), la majorité des gens auraient besoin d’un bon six mois de congé payé pour s’y mettre. Voilà pourquoi existent les bourses du Conseil des Arts et Lettres du Québec et celles du Conseil des Arts du Canada. Il y a les bourses classiques et les bourses de carrière. Les règles et les montants varient quelque peu d’une demie-année à l’autre, mais quand je cherchais à en avoir une, la bourse classique était entre $25 000.00 et $35 000.00, et était divisée entre les artistes dont les projets se sont montrés les plus intéressants. (Traduction: Avec le plus grand potentiel vendeur). Par exemple, l’année où j’ai été membre du jury au Conseil pour les projets de bandes dessinés, parmi les douze candidats qui demandaient des bourses, trois d’entre eux étaient des grosses pointures: Delaf et Dubuc de la série Les Nombrils, Michel Rabagliati de la série Paul, ainsi que Guy Delisle pour ses souvenirs de voyages sous forme de BD. Ces trois-là étaient des professionnels reconnus qui avaient déjà publiés des albums, ET qui avaient prouvés être de bons vendeurs. La bourse a donc été divisée entre eux. Les neuf autres n’ont rien eu.

Conclusion: Il est normal et même souhaitable qu’un auteur qui a fait ses preuves reçoive la subvention lui permettant de continuer dans la voie du succès. Mais ça signifie que si tu es un auteur de la relève (Traduction: Un inconnu qui n’a pas fait ses preuves), ta seule chance d’avoir une bourse est d’espérer qu’aucun professionnel reconnu n’en fasse une demande en même temps que toi.

RAISON 2: Le jury qui octroie les bourses est composé de tes pairs, ce qui n’est pas toujours une bonne chose.
Comme je le dis dans le point précédent, j’ai déjà été appelé à faire partie d’un jury pour des bourses demandées par des auteurs de BD. C’est normal, puisque j’ai fondé et publié le fanzine de BD MensuHell, et que j’ai travaillé pendant sept ans au magazine de BD Safarir. Or, au Québec, le milieu est petit et les mesquineries entre bédéistes ne manquent pas. Qu’est-ce qui se passe quand une personne qui a décidé de te prendre en grippe devient membre du jury juste au moment où toi tu demandes une bourse? J’ai vécu ça! C’est sûr que ça ne veut pas dire que j’aurais automatiquement reçu une bourse si cette personne n’avait pas fait partie du jury. Par contre, le fait qu’elle y était, ça garantissait qu’on ne me l’accorderait pas.

RAISON 3: Avant de recevoir une bourse de carrière pour écrire un livre, tu dois d’abord avoir publié cinq livres.
Jusqu’en 2008, tout ce que tu avais besoin pour recevoir une bourse de carrière, c’était d’avoir été publié régulièrement sur une période de vingt ans. À ce moment là, puisque mes débuts étaient dans le magazine Wow en 1988, je l’avais. Enfin, presque! La demande de bourse devait être déposée en avril 2008, et mes débuts à Wow étaient en juin 1988. Il me manquait donc deux mois pour les avoir, mes vingt ans. Et puisque la bourse de carrière ne peut être demandée qu’une fois par année, j’en fus quitte pour attendre un an de plus.

Rendu en 2009, les règles avaient changé. Il ne suffisait plus d’avoir été publié pendant vingt ans. Il fallait également, pour y avoir droit, avoir publié au moins cinq livres. Autrement dit, maintenant, si je veux avoir une bourse pour écrire un livre, il faut d’abord que je prouve que je suis capable d’écrire et me faire publier cinq livres. …Sans bourse.

RAISON 4: attendre après une bourse pour écrire un livre, c’est une perte de temps.
On ne peut faire une demande de bourse normale que deux fois par année. Si tu rates la date de tombée, alors sucks to be you. Tu en as encore pour six mois d’attente. Ensuite, c’est six autres mois avant qu’ils rendent la décision. Puis, six autres mois avant que tu reçoives le chèque. Et de là, tu as six mois pour écrire ton livre. Bref, de un an et demi à deux ans entre le jour où tu te dis que tu voudrais écrire un livre, et le produit fini. C’est une sacrée perte de temps, quand je pense qu’à la fin de l’été dernier, ça ne m’a pris que trois semaines, sans bourse et en travaillant à temps plein, pour écrire mon roman Sept Semaines en Appartement.

Mais dans le fond, bourse ou pas, ça ne change pas grand chose au bout du compte, parce que…

RAISON 5: Obtenir une bourse ne garantit en rien la publication.
Si vous croyez que je parle contre le système boursier par frustration de ne jamais en avoir reçu une, détrompez-vous : En janvier 2007, j’en ai eu une de $9 300.00. Six mois plus tard, Riverstock était prêt. Il a passé le premier triage et la première lecture aux éditions Québec-Amérique, mais ça n’a pas été plus loin.

Vous allez dire Oui, mais le fait qu’il avait été accepté à la première lecture, ça démontrait qu’il avait le potentiel d’être accepté et publié dans une autre maison d’édition, non? Possible, mais c’est une théorie que l’état de mes finances ne m’a pas permis de vérifier car…

RAISON 6: Envoyer des manuscrits, ça coûte cher.
Le prix pour faire des copies d’un manuscrit de 250 pages varie d’un centre de photocopies à l’autre et dépend du nombre que tu en prends. Mais disons pour l’exemple que chaque copie te revient à 4$. Au poids du papier, ça coûte environs 8$ pour l’envoyer par la poste. Et si tu veux que les maisons d’éditions te renvoient ton manuscrit en cas de refus, il faut leur fournir une enveloppe de retour pré-affranchie, donc un autre 8$. Au total, chaque manuscrit envoyé par la poste te coûtera 20$. À partir d’ici, tu as le choix entre…:

  • Sauver du temps: Tu veux l’envoyer à 10 maisons d’éditions en même temps? Ça va te coûter 200$. As-tu 1000$ à perdre pour l’envoyer à 50 maisons d’éditions?
  • Sauver de l’argent: Si tu peux juste te permettre 60$ dans ton budget, il ne te reste plus qu’à envoyer ton manuscrit à 3 maisons d’éditions, attendre de 2 à 10 mois leur réponse (probablement négative), recevoir ton manuscrit par la poste, et réinvestir 16$ pour le renvoyer ailleurs. À ce rythme, tu devrais bien finir par trouver une maison d’édition qui acceptera de te publier dans, disons, six ou sept ans, à condition que le sujet de ton récit ne soit pas rendu dépassé à ce moment-là.

RAISON 7: Car oui, les éditeurs prennent une éternité à répondre.
En 2001, un de mes manuscrit m’a été retourné avec une lettre disant ceci:

Monsieur
Nous avons le regret de vous informer que depuis le début de l’année, la direction de notre collection jeunesse n’accepte que les manuscrits sollicités.
En vous remerciant de l’intérêt que vous portez à notre maison d’édition, veuillez bla bla bla etc.

Je comprends et accepte leur refus. Mais ce qui me dérange, c’est qu’il se se soit écoulé quatorze semaines entre le moment où je leur ai posté mon manuscrit, et le moment où j’ai reçu cette lettre. Je veux bien croire que les maisons d’édition sont submergées car tout le monde se prend pour un écrivain depuis qu’internet existe. Mais come on, ça ne devrait quand même pas prendre trois mois et demi avant de se rendre compte qu’un manuscrit qu’ils ont reçu n’a pas été sollicité.

N’empêche, Ça vaut encore mieux que de se faire servir…

RAISON 8: Les excuses bidon pour ne pas te publier.
Si vous me dites que je suis ennuyeux, que le sujet de mon récit n’a pas le potentiel de bien se vendre, que les gens n’en ont rien à diarrher des anecdotes autobiographiques d’un inconnu, d’accord, je peux comprendre et accepter le refus. Je vais même en tirer une leçon. Mais quelle leçon voulez-vous que je tire à part cet éditeur est le pape de la bullshit quand les raisons que l’on me donne ne tiennent pas la route? Par exemple, en 2010, j’ai reçu un refus pour mon roman Miki contre les Forces Occultes. Voici un extrait de la lettre:

La raison de [notre refus] concerne principalement vos références sociales qui sont quelques peu dépassées si on considère l’âge de vos lecteurs. Citons entre autres The Matrix, Star Trek et le magazine Mad.

The Matrix est un classique que tout le monde connait, il y a eu deux films de Star Trek récent, l’un en 2009 et l’autre en 2012, et le magazine Mad existe toujours aujourd’hui, cinq ans après qu’ils m’aient écrit cette lettre. En quoi est-ce que ces références sont dépassées? Et je suis supposé croire que c’est ça, la raison pourquoi ils rejettent le roman? Je dois trouver crédible qu’ils préfèrent me rejeter plutôt que de me demander d’enlever trois petits détails anodins qui ne changent rien à l’histoire?

En 2003, histoire de sauver temps et argent, j’ai eu l’idée d’écrire un courriel à une maison d’éditions dans lequel je donne une courte description de mon roman, en leur demandant si la maison publie ce genre de truc. Si oui, je leur envoie et ils jugeront s’ils en veulent ou non. Sinon, je m’abstiendrai et m’essaierai ailleurs, voilà tout. Leur réponse:

Monsieur.
Nous avons bien lu et relu votre manuscrit. Malgré ses indéniables qualités et son bon potentiel, il a été décidé au final de ne pas le publier.

Comment est-ce qu’ils ont donc bien pu lire et relire un manuscrit que je ne leur ai jamais envoyé?

RAISON 9: En échange de publication, l’éditeur peut dénaturer ton travail.
En 2010, je me suis trouvé un éditeur qui a adoré Miki contre les Forces Occultes. Nous avons signé un contrat, et là ce fut l’étape de la correction par son comité de lecture, constitué en fait de six de leurs auteurs-fondateurs. L’un d’eux a réécrit 60% de mon texte dans son style à lui, a enlevé plusieurs gags, a introduit quelques erreurs de continuité, et a changé les dialogues des adolescents en quelque chose que l’on s’attendrait à entendre de la bouche de professeurs d’université. Lorsque j’ai protesté en disant que les adolescents ne parlent pas comme ça, l’éditeur m’a répondu: « Non, mais les critiques oui. C’est à eux qu’il faut plaire. » Ben oui, tsé, parce que tout le monde sait bien que les adolescents ne lisent que les livres qui sont approuvés par Nathalie Petrowski.

Autres éditeurs, autre livre: Il y en a deux qui se sont montrés intéressés à publier Le Terrorisme Féminin au Québec, histoire dans laquelle je raconte ma relation avec mon ex, la mère de mes enfants, qui se permet de commettre tous les abus contre moi, avec la complicité de la loi. Non seulement ils m’ont tous deux demandé de retirer chaque scène dans laquelle je décris mes propres torts, l’un d’eux a voulu m’imposer, comme couverture, une main de femme faisant un doigt d’honneur, main couverte de bijoux et entourée d’argent et de papiers légaux. Bref, pour être publié, je devais accepter que l’on transforme mon histoire autobiographique en manifeste haineux antiféministe et misogyne.

Vous n’avez jamais entendu parler de ces deux livres? Normal, j’ai préféré rester non-publié et inconnu plutôt que d’accepter que de me faire connaitre en tant qu’auteur des merdes que ces éditeurs voulaient en faire.

RAISON 10: Les contraintes en matière d’écriture et illustrations.
Vous le savez, je suis dessinateur et scénariste. En 2008, j’avais un projet de livre pour enfant. S’il n’a jamais vu le jour, c’est parce que l’auteur n’a pas le droit d’illustrer son propre texte. Eh non, à cause de certaines lois, il doit être dessiné par un illustrateur à l’emploi de l’éditeur. Or, pour être illustrateur, il faut être membre de
Illustrations Québec, ce qui coûte de $183.96 à $344.93. Et payer ces frais qui dépassent largement tout profit que je ferais dans les ventes ne garantit en rien que je serai embauché par l’éditeur, et encore moins que je sois assigné à illustrer mon propre livre.

RAISON 11: La population du Québec n’est pas suffisante pour publier tous les sujets.
Comparons:

  • Population des États-Unis: 316 millions. Tu vends ton livre à 0,1% de la population, ça fait 316 000 copies de vendues, ce qui te rapporte $790 000.00.
  • Population de la France: 66 millions. Tu vends ton livre à 0,1% de la population, ça fait 66 000 copies de vendues, ce qui te rapporte $165 000.00.
  • Population du Québec: 8 millions. Tu vends ton livre à 0,1% de la population, ça fait 8 000 vendus, ça te rapporte $20 000 dollars. Soit $2 720 en dessous du seuil de la pauvreté.

Avec notre faible population, si on veut se faire publier, on ne peut pas écrire sur n’importe quel sujet. Au moment où j’écris ce billet, le palmarès des meilleurs vendeurs au Québec démontre que les sujets qui intéressent le plus les québécois sont: Histoire, politique, santé, nutrition, biographies et études sur la sexualité. Vous écrivez autre chose? Bonne chance pour trouver un éditeur!

RAISON 12: L’immigration peut être une solution, mais…
Tandis que l’on n’arrive pas à se faire publier si on fait de la science fiction, du fantastique ou de la bande dessinés, nous sommes envahis de science-fiction, de fantastique et de bandes dessinées en provenance d’Europe et des États-Unis. La solution peut paraître simple: Déménage en Europe ou aux États-Unis et fais-toi publier là-bas. Oh, mais trouve-toi d’abord une machine à remonter dans le temps qui te ramènera dans les années 70-80. Non seulement il est de plus en plus difficile de changer de pays, certains comme les États-Unis ne t’accepteront que si tu arrives à prouver que tu sais faire un travail qu’un natif américain ne peut pas faire. Et des gens qui ne sont pas capables de se faire publier dans leur pays d’origine, il en ont déjà par millions aux USA.

Ceci dit, puisque deux référendums plus tard, le Québec fait encore partie du Canada, tu peux déménager en Ontario sans que personne ne trouve à redire. Selon Christ Oliver qui a publié quelques livres pour enfants avec mon ex Karine depuis 2004, alors qu’ici on se bat pour avoir des bourses et trouver une maison qui daignera nous publier, là-bas le Gouvernement encourage à coup de subventions la création de maisons d’éditions francophones, et ceux-ci cherchent sans cesse des auteurs francophones ontariens à publier. Évidemment, pour devenir ontarien et y avoir droit, il faut juste que tu quittes le Québec, abandonne ton travail, ta famille et tes amis. Tu as une conjointe qui travaille? Des enfants d’âge scolaire? Tu as trois choix.

  • Ou bien tu les amène et les déracine de force, chamboulant leurs vies de façon radicale, afin que tu puisse réaliser ton rêve.
  • Ou bien tu les abandonne eux aussi, contre l’opportunité de voir ton nom imprimé sur un paquet de papier relié.
  • Ou bien tu abandonnes ton rêve, faisant d’eux les symboles de ce qui t’a empêché de réussir dans la vie.

Mais que ce soit au Québec ou en Ontario, même si tu trouves à te faire publier…

RAISON 13: Il faut être un BS, un chômeur, un retraité, un riche, ou bien déjà auteur à succès pour promouvoir le livre.
Les meilleures ventes d’un livre se font lorsqu’il y a une séance de rencontre et signatures avec l’auteur. Ça signifie devoir faire la tournée des libraires à travers la province, sans oublier les salons du livre. Et même si tu as la chance d’avoir un éditeur assez fortuné et généreux pour payer ton transport, ta nourriture et ta chambre d’hôtel, ça ne change rien au fait que pendant que tu es en tournée, tu ne travailles pas, donc ne gagnes pas d’argent. Comment peux-tu payer ton loyer, l’électricité, le téléphone? Sans compter que pendant que tu te ballades on ze road, tu ne vois plus ni ami ni conjoint ni famille. À moins, bien sûr, de ne te limiter qu’à faire la tournée des librairies de ta ville.

RAISON 14: Tout le monde s’enrichit sur le dos de l’auteur… Sauf l’auteur.
Admettons que tu as écrit un livre, que tu as trouvé un éditeur, qu’il a reçu du cash pour le publier (comme en témoigne la page de garde sur laquelle il remercie le Conseil des Arts et Lettres du Québec et/ou du Canada pour la bourse obtenue dans ce but) et que celui-ci se vend $20.00. Crois-tu que cet argent-là ira dans ta poche? Ha! En réalité, sur chaque copie vendue…

  • $10.00 va au distributeur.  Parce qu’il faut bien faire vivre leurs employés salariés.
  • $5.00 va au libraire.  Parce qu’il faut bien faire vivre leurs employés salariés.
  • $2.50 s’en vont à l’éditeur.  Parce qu’il faut bien faire vivre leurs employés salariés.
  • Et le $2.50 restant, c’est toi, l’auteur non-salarié (sauf si tu as eu la chance d’avoir une bourse) qui le reçoit.
  • … à condition que ce soit un travail solo. Parce que dans le cas d’un livre pour enfants, tu dois partager ton gain avec l’illustrateur que l’on t’a imposé, ce qui te laisse $1.25.

Mieux encore: Si on tient compte de la taxe de 14%, ce qui rajoute $2.80 sur le prix de vente, ça signifie que celui qui achète ton livre donne plus d’argent au gouvernement qu’il ne t’en donne à toi.

Sans auteur, il n’y aurait pas de livres, donc pas d’imprimeries, pas de maison d’éditions, pas de distributeurs et pas de librairies. Pourtant, de tous ces gens, celui qui reçoit le moins d’argent, c’est l’auteur.  Pourquoi? Parce que c’est ça qui est ça. Parce que c’est comme ça et pas autrement. Because fuck you, that’s why! 

RAISON 15:  Certains éditeurs facturent les auteurs au lieu de les payer, ou bien les payent en copies de leurs livres plutôt qu’en argent.
Et on ne parle pas ici de petites maison d’éditions louches et inconnues.  On parle, entre autres, des Éditions de Trois Pistoles de l’auteur à succès Victor-Lévy Beaulieu.  Et s’ils font ça aux auteurs professionnels établis depuis longtemps, quelle chance avons-nous, auteurs inconnus?

Il y en a qui vont dire: « Bon ben tant qu’à payer pour publier, alors qu’est-ce qui t’empêche de publier toi-même tes romans à compte d’auteur? » Simple: Je ne suis pas un éditeur, je suis un auteur. Je n’ai pas l’argent requis pour imprimer ces copies, je n’ai aucune formation pour vendre et distribuer, et encore moins ce qu’il faut pour la comptabilité.  Et de toutes façons…:

RAISON 16: Personne ne respecte l’auto-publication.
J’ai fondé MensuHell et publié ses 33 premiers numéros. L’une des fois où j’ai demandé une bourse pour un projet d’album de BD, il fallait nommer les magazines et journaux dans lesquels nous avons été publiés. Or, l’auto-publication ne compte pas. Ironiquement, ça signifie qu’un auteur de BD peut dire qu’il a été publié dans MensuHell, et ça compte pour lui. Mais puisque c’est moi qui faisais MensuHell, alors dans mon cas, c’était de l’auto-publication. Donc, même si j’y travaillais plus que tous ceux que j’y ai publié, ça ne compte pas.

De plus, lorsque quelqu’un choisit de s’éditer lui-même, la première chose qui vient en tête des gens, c’est que s’il est obligé de s’auto-publier, c’est qu’il n’a pas réussi à trouver un éditeur voulant de lui, ce qui est signe qu’il est un sans-talent. Je dois donc me rendre à l’évidence: Même si j’ai été publié dans des journaux et magazines de 1988 à 2008…:

RAISON 17: Je manque de talent.
Soyons réalistes! Depuis le temps que j’écris, si j’étais vraiment talentueux, ça ferait longtemps que j’aurais trouvé un éditeur pour publier mes livres, peu importe les obstacles. Parce que malgré tout ce que je trouve à dire contre le domaine de l’édition, de nouveaux auteurs apparaissent sur les tablettes à chaque année sans que ça ruine leur vie personnelle ou financière. Ça ne peut donc pas être toujours de la faute des éditeurs ou de ma situation géographique.

Ou alors, c’est peut -être tout simplement parce que…

RAISON 18: Je m’obstine à n’écrire que sur des sujets tabous et/ou mal vus et/ou trop négatifs.
Les éditeurs refusent tout ce qui puisse être vu comme étant la justification d’un acte criminel, ou toute littérature qui puisse engendrer de la haine contre un groupe.  Or, puisque la plupart de mes récits s’inspirent de faits réels, il y a beaucoup de ça. Par exemple:

Seize Ans d’Abus, aussi connu sous le titre alternatif de Le Terrorisme Féminin au Québec, ne faisait que raconter, et ce de manière totalement objective, la manière  dont une de mes ex se servait de la Loi afin de me faire subir les pires abus, à répétition, et ce impunément.  La moitié des commentaires que j’ai reçu disaient « Fuck, t’es patient, à ta place j’te l’aurais massacrée, c’te bitch-là! » ou bien « Moi j’aurais payé une coupl’ de gars pour lui faire casser les deux jambes. »  Et la majorité de ces commentaires me venaient de lectrices. Oui, des femmes!  Bref, même si je ne racontais que la vérité, sans jamais y poser moi-même des jugements de valeur contre cette ex, il reste que sa lecture incitait les gens à en arriver à la conclusion que non seulement la violence contre une femme est parfois justifiée, dans certains cas isolés ça reste la seule solution.  Et ça, en effet, ce n’est pas un sentiment qu’il faut transmettre à la population.

Dans Surveiller Nathalie, voyage dans la tête d’un harceleur, je raconte exactement ce que dit le titre.  J’y raconte les deux seuls mois de ma vie, en été 1989, où j’ai harcelé une ex.  Je me disais que ça pourrait intéresser les gens si, pour une fois, le harcèlement était raconté à partir du point de vue du harceleur, et non de sa victime.  Malheureusement, en expliquant les raisons qui m’ont poussées à poser ces gestes, c’est comme si je les justifiais.  Or, tout comme dans l’exemple précédent, il ne faut pas donner à la population l’idée qu’un geste négatif contre autrui, surtout s’il est immoral et illégal, surtout contre une femme, puisse être justifiable.  Donc, dommage pour le côté éducatif de la chose, mais non, impubliable.

Dans 52 jours à Montréal, aussi connu sous le titre original de Sept Semaines en Appartement, je raconte comment, à 19 ans, je tente de tromper ma blonde, je vole de l’argent et de la nourriture à ma colocataire, je fais un trou dans le mur afin de la voir dans sa chambre en train de baiser, je mens, je suis méprisant, haineux, homophobe, et même si je ne le fais jamais, j’avoue néanmoins être tenté de céder aux avances sexuelles de ma cousine (par alliance) de 14 ans. Et non seulement je me donne l’air noble en décidant d’avouer mes vols à ma coloc, je rabaisse le fait qu’elle entre dans une colère pourtant justifiée. Je vis des déboires, mais aucun n’est en conséquence des gestes immoraux et illégaux que je pose.  En fait, c’est le contraire: Mes pires déboires sont les conséquences de quand je fais ce que j’ai à faire, quand je suis honnête et quand je dis la vérité. 

Le roman Un Été à Saint-Ignace-de-Montrouge a beau être une oeuvre de fiction, le personnage principal est porté disparu car il a fui une conjointe qui n’est qu’une pâle copie de mon ex, celle de Seize Ans d’Abus. Là encore, ça dépeint la femme sous un mauvais jour.  Et là encore, d’ici à ce que la population en vienne à la conclusion comme quoi le message de mon livre est que les femmes sont toutes pareilles, il n’y a qu’un pas.

Et dans mes deux autres romans fictifs, Riverstock et Miki Contre les Forces Occultes, les gens se divisent en trois catégories: Les abuseurs, les losers, et les adultes qui exploitent enfants et ados.  Et puisque dans les deux cas, les personnages sont mineurs, les éditeurs envoient ça directement dans leurs collection jeunesse.  Mais voilà, les publications destinées aux jeunes ne veulent pas d’histoires dans lesquelles tous les adultes sont dépeints comme étant des pourris qui ne sont qu’hostiles envers les jeunes.

RAISON 19:  Les histoires autobiographiques d’auteurs inconnus, ça n’intéresse que ceux qui les écrivent.
C’est du moins l’opinion de trois grands éditeurs au Québec.  Une opinion qui rend doublement impubliable la majorité de mes récits.    

Alors pourquoi est-ce que je continue d’écrire malgré le fait que je suis impubliable? Parce que mon but premier n’a jamais été d’être publié. Mon but premier, c’est d’écrire. C’est ça ma passion. Le papier, ce n’est rien d’autre qu’un véhicule qui sert transporter l’oeuvre d’un auteur vers son public. En ce sens, Internet est beaucoup plus efficace. C’est la raison pourquoi j’ai cessé de faire du fanzinat en 2003 pour mettre tous mes textes et dessins sur le net. Sur mon blog, mes écrits sont envoyés instantanément à mes lecteurs, je n’ai aucune restrictions de temps ou de censure, j’ai régulièrement de 350 à 500 visites par jour. Et bien que je n’en retire pas un sou, ce n’est pas non plus comme si je ferais grand argent à être publié, de la façon que ça marche dans le monde de l’édition au Québec.

Et puis, côté talent, il ne faut pas oublier qu’il y a 20 ans cette année j’ai écrit une liste de noms de famille composés qui est devenu le premier texte viral québécois, et celui-ci continue encore aujourd’hui d’être envoyé et reproduit partout sur le net, dans les journaux, les magazines, cité à la télé et à la radio, et ce dans tous les pays francophones de la planète. Quant à mon premier billet sur les comportements sur Facebook, il a reçu 108 733 visites en une seule journée. Alors après 35 ans d’écriture non-stop, il y a peut-être de l’espoir pour moi.

Ou du moins, il y en avait jusqu’à aujourd’hui. Car, voyez-vous…

RAISON 20: Le budget du Conseil des Arts et Lettres du Québec vient de se faire couper 2,5 millions.
Ils ont beau dire que les créateurs ne devraient pas subir les effets de cette réduction de budget, ça n’améliorera certainement pas les choses. Ce qui est désolant de constater, c’est que si les réalités de l’édition au Québec étaient universelles, bon nombre de grands classiques contemporains n’auraient jamais pu voir le jour, et la culture s’en serait retrouvée fort appauvrie.

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Y’A LIENS LÀ:

Joignez la page Facebook de Mes Prétentions de Sagesse.
Radio Canada: Le côté sombre du livre québécois.

 

 

L’arnaque du mois: EconoFitness

Dans le texte qui suit, tous les prix indiqués sont avant taxes.

Histoire de me remettre en forme afin de ne pas trop faire mes quasi-47 ans, je viens de m’abonner au EconoFitness de mon quartier.  Je me demandais bien quelle pouvait être l’arnaque derrière leur très avantageux tarif de $120.00 + taxes pour un abonnement d’un an.

Eh bien à ma grande surprise, il n’y en a pas.  Pas de frais d’abonnement.  Pas de frais de carte.  Aucune obligations de devoir payer autre chose afin de pouvoir profiter de ce tarif.  Rien pantoute!    Ils annoncent $120.00 + taxes, ils chargent $120.00 + taxes, point final.

Mais alors, où est l’arnaque? 
Elle vient du fait que les employés jouent avec notre crainte qu’un si bas tarif ne puisse durer.  Ainsi, pour un risible $2.50 supplémentaire, vous pouvez vous assurer que votre abonnement n’augmentera jamais, et ce tant et aussi longtemps que vous le renouvellerez.  C’est l’option Gel de tarif.  Et le contrat est bien clair: Cette offre est d’une durée à vie.

En quoi est-ce une arnaque?
Le $2.50, c’est un ajout mensuel.
$2.50 multiplié par douze mois égale $30.00.
$30.00 rajouté au tarif de base, ça donne $150.00.
$150.00 devient donc le prix de base annuel éternel.

Admettons que le tarif de base de $120.00 d’Écono Fitness augmente de 10$ par année. Ça m’étonnerait qu’ils l’augmentent autant et à rythme aussi régulier, mais c’est juste pour l’exemple.  Donc, le coût de l’abonnement annuel irait comme suit :

Sauf que si on prend l’option Gel de tarif, au bout de quatre ans, on paye ceci :

Ce n’est pas vraiment ce que j’appelle une économie.

Mais ce n’est pas grave. Tout ce qu’on a à faire, c’est de renouveler notre abonnement jusqu’à ce que la chose devienne rentable. Mais qu’est-ce que ça représente comme temps, au juste? Oh, une bagatelle : Huit ans!

Huit ans, au bout duquel tu fais l’astronomique économie de… $40.00.  Et ça, c’est SI ils augmentent, et SI ils le font à coup de $10.00.  Si on se fie aux augmentations de tarifs de leur maison mère, Énergie Cardio, une augmentation annuelle de $3.50 à $7.00 serait plus crédible.  Mais ça, ça signifie attendre dix, douze, voire quinze ans avant que l’option Gel de tarif devienne enfin rentable.  Ça vous tente d’attendre tout ce temps-là, vous?

Je ne sais pas pour vous, mais le commun des mortels passe très rarement de huit à quinze ans au gym, et encore moins au même gym.  Alors si vous êtes une personne normale avec des habitudes de vies normales, tenez vous-en au tarif de base.  C’est là que se situe la vraie économie.

Les résolutions masculines de l’été.

C’est le printemps. Le beau temps arrive et vous voulez séduire cet été. Sauf qu’en vous regardant dans le miroir, vous comprenez pourquoi qu’à part le rhume, vous n’avez pas attiré grand chose depuis le début de l’année. Le bel Adonis de 18 ans que vous étiez jadis a aujourd’hui le double de son âge, mais aussi de son poids. Vous décidez alors de changer radicalement votre style de vie. Ça suffit, le niaisage! On se reprend en main.

Vous achetez un kit d’entraînement maison, vous vous inscrivez à un gym, vous suivez un régime végétarien, vous commencez à vous mettre au jogging, vous vous inscrivez à un salon de bronzage, vous achetez tout plein de supplément alimentaires en poudre pour smooties qu’utilisent les athlètes, vous achetez des rollerblades, toute une garde robe de sportif incluant short de cycliste, casque, protège coudes, protège genoux, gants, camisole Nike, et vous vous vantez d’avance à tous vos amis comment vous deviendrez une masse de muscles digne d’un dieu de l’Olympe en un rien de temps.

Premier mai
Vous vous exercez à fond. La vie est belle, la perspective de devenir Mr Univers est attirante, le moral est bon, rien ne vous semble impossible. Vous y allez fort.

2, 3 et 4 mai
Vous ne pouvez faire aucun exercice tellement vos muscles sont endoloris par les exercices du 1er mai.

5 mai
En attendant que vos muscles finissent de récupérer, vous décidez de vous mettre à la course à pieds. Vous sortez de la maison, vous virez à gauche au trottoir, vous allez droit devant vous et vous courez allègrement. Quatre minutes et deux rues plus loin, vous êtes obligé d’arrêter tellement vous n’en pouvez plus. Vous revenez à la maison en marchant tout en restant essoufflé tout le long du trajet.

Une fois reposé, vous décidez de ne pas rester sur cet échec et vous repartez de plus belle, cette fois en rollerblades. Vous partez, et revenez à la maison au bout de deux heures après avoir successivement failli tomber dans les escaliers en sortant, vous être accroché à presque tous les murs, piquets et poteaux de chez vous jusqu’à la rue, avoir foncé sur quatre personnes, deux autos stationnées et un mur parce que vous n’avez pas la moindre idée de comment est-ce qu’on freine sur ces engins de mort, être tombé sept fois dont quatre en essayant de tourner un coin de rue et enfin vous vous êtes étendu de tous votre long dans les escaliers alors que vous les escaladiez pour rentrer chez vous lorsque les roues se sont traîtreusement dérobées sous vos pieds. En plus de vous être meurtri et égratigné sur toutes les parties de votre corps non protégées, vous aurez mal au mollet pour les deux prochains jours.

7 mai
Vous allez à votre première séance de gym et vous vous sentez déjà humilié d’être le plus maigre de la place. Des bras, en tout cas, parce qu’au niveau du ventre, c’est l’inverse. Les appareils que vous voulez utiliser sont toujours pris et vous n’osez pas demander à ceux qui les utilisent de vous céder la place. Par contre, les autres ne se gênent pas pour vous dire que vous occupez un appareil qu’ils doivent utiliser maintenant. Vous sentant complètement hors de votre élément, vous ramassez vos affaires et quittez le gym sans même prendre de douche pour ne plus jamais y revenir. Dommage pour votre abonnement d’un an payé d’avance et non remboursable dans le cadre de leur spécial Abonnez-vous-pour-six-mois-et-obtenez-six-autres-mois-pour-la-moitié-du-prix-d’un-abonnement-d’un-an.

8 mai
Vous faites des exercices à la maison mais le cœur n’y est pas. De plus, votre régime végétarien vous laisse sur votre faim, ce qui joue sur votre humeur. Le soir venu, vous trichez pour la première fois votre régime végétarien.

9 mai
Quel régime végétarien?

10 mai
Ça y est, vous avez recommencé à manger comme avant. La seule chose qui change, c’est votre milk-shake aux suppléments alimentaire que vous continuez de vous faire 5 jours par semaine. Au prix que ça coûte, ce serait bête de gaspiller ça.

12 mai
Vous décidez de ne plus vous exercer avec votre gym maison que deux fois par semaines. Ayant l’habitude de charger vos haltères à la limite de ce que vous pouvez soulever, vous ne pouvez faire que des séances de 5 à 10 minutes avant épuisement total. Vous pourriez réduire le poids de vos appareils afin de vous exercer plus longuement mais votre orgueil vous l’interdit. Vous faites plutôt des efforts supplémentaires pour les soulever, en vous disant que vous finirez bien par vous adapter.

13 mai
Vos maux de dos, dus aux trop grands efforts de la veille que vous avez mis pour soulever vos haltères, vous forcent à cesser vos exercices pour les dix prochains jours.

23 mai
Vous constatez avec déception que douze séances de salon de bronzage plus tard, votre teint n’est toujours pas plus brun. Juste un peu plus rouge.

30 mai
Laitue, tofu, soja et autres légumes achetés en grande quantité au début du mois se retrouvent à la poubelle après avoir pourris dans votre frigo parce que intouchés durant les trois dernières semaines.

7 juin
Vous terminez vos vingt séances initiales de bronzage sans avoir bruni d’un poil, si ce n’est ce curieux hâle légèrement orangé que vous semblez avoir autour des yeux. L’employée du salon vous encourage à renouveler votre abonnement car, dit-elle, maintenant que votre épiderme s’est habitué aux rayons UV, vous devriez commencer à bronzer sous peu. Avec la désagréable impression que vous vous êtes fait arnaquer solide, vous lui répondez gentiment que vous repasserez vous réabonner dans la semaine. Vous ne le ferez jamais.

9 juin
Vous vous regardez dans le miroir de la salle de bain. Vous n’avez pas bronzé. Vos muscles n’ont pas grossis. Par contre les milk-shakes aux suppléments alimentaire combinés à votre régime normal vous ont fait prendre du ventre.

10 juin
Vous faites vos exercices pour la dernière fois ce mois-ci.

1er juillet
Votre déménagement vous montre une chose: Ces trois dernières semaines de paresse vous ont remis au niveau complètement-pas-en-forme dans lequel vous étiez avant le premier mai.

17 juillet
Maintenant que vous avez enfin fini de vous installer dans votre nouveau logis, vous vous accordez une pause en vous jurant de recommencer les exercices dès le premier aout.

Du 1er aout de cette année jusqu’au 1er juin de l’année prochaine
Vous refaites trois ou quatre tentatives de reprise des exercices dont la plus longue ne dépasse pas deux semaines.

14 juin l’an prochain
Vous faites une vente de garage où vous tentez de vendre votre kit d’entraînement maison, vos rollerblades, et votre garde robe de sportif incluant short de cycliste, casque, protège coudes et genoux, gants et camisole Nike. Vous arrivez à vendre le quart de votre matériel et vous récupérez ainsi le 3/100e de l’argent que vous avez investi dans votre forme il y a un an. Vous êtes obligé d’emporter ce qui reste de votre équipement lors de votre déménagement. Ça ira encombrer vos placards pour les années à venir, ce qui vous rappellera votre échec à faire de l’exercice à chaque fois que vous mettrez les yeux dessus

La vengeance

« Tu ne montreras aucune pitié: vie pour vie, oeil pour oeil, dent pour dent, main pour main, pied pour pied. »  On connait surtout la version écourtée Oeil pour oeil, dent pour dent, que l’on appelle aussi La Loi du Talion, soit infliger au fautif une punition à la mesure de son crime. 

Ma position sur la vengeance a souvent été mal vue parce que je me suis livré sans remords à quelques actes de vengeances par le passé. Mais attention: Jamais n’ai-je utilisé La Loi du Talion comme justification pour me livrer à des actes de vengeances démesurées, ni ne l’utilisais-je à la moindre occasion ni contre tout un chacun. Comme dans toute chose, j’usais autant de modération que de réflexion afin de déterminer qui le méritaient vraiment. Tout dépendait de la situation. Par exemple:

La situation : Un gars me pique ma blonde.
Vais-je me venger? Non!
Pourquoi? D’abord, c’est une décision qui se prend à deux, soit par elle et par lui. L’un n’est donc pas plus coupable que l’autre. Ensuite, la raison première pourquoi ils ont fait ça, ce n’est pas dans le but de me faire du tort. C’est parce qu’ils étaient attirés l’un par l’autre. Le tort que ça m’a fait n’était  qu’un malheureux effet secondaire de cette attirance réciproque.

La situation : La personne me cause du tort par erreur ou par accident.
Vais-je me venger? Non!
Pourquoi: Si c’est une erreur ou un accident, ça se mérite ou bien un pardon, ou bien une engueulade dans le pire des cas. Mais de la vengeance? Non!

La situation : Un gars me vole quelque chose / vandalise mes possessions / m’attaque physiquement.
Vais-je me venger? Oui et non.
Pourquoi : Lorsque les gestes commis contre soi sont un crime dans le code civil, se faire justice soi-même est illégal et pourrait se mériter une sentence encore pire que celle que recevra le contrevenant. Donc, il s’agit tout simplement de déposer une plainte aux autorités, et le cas est réglé. C’est recommandé, c’est légal, c’est moral, et ça satisfait même ton esprit de vengeance si tu en as un.

La situation : La personne me cause du trouble intentionnellement. Parfois même à répétition. Et presque toujours pour des choses dites chiennes mais légales, ou bien impossibles à prouver.
Vais-je me venger? Oui! Pas de pitié!
Pourquoi : Parce que contrairement aux exemples précédents, il est impossible de raisonner avec ces gens-là. Et ce n’est pas seulement une question de se venger. C’en est aussi une que, si on laisse la personne s’en tirer à bon compte, elle n’apprendra jamais sa leçon. Elle va continuer de causer du torts aux autres sans jamais avoir de raisons de cesser, puisqu’elle sait qu’elle peut s’en tirer impunément. Et elle le sait, puisque tout le monde est porté à dire à son sujet qu’il ne faut pas s’abaisser à son niveau.  Par conséquent, l’autre est ben à l’abri, dans son niveau, où il peut faire du tort aux autres en toute tranquillité. Par contre, s’il reçoit les conséquences de ses gestes, il va y repenser deux fois avant de recommencer. C’est une situation dont je parlais déjà dans le billet Commettre l’erreur de pardonner.

Et à ceux qui utilisent le cliché tout fait disant que seuls les faibles se vengent: Si on a à se venger, c’est parce qu’on a été victime des agissements d’un autre. Si on a été victime, alors techniquement notre position en tant que faible a déjà été confirmée, ce qui signifie que rendu là, on n’a plus rien à perdre.   Tout le monde sait que les forts agissent et les faibles subissent. Eh bien agir contre notre agresseur, c’est renverser les rôles. C’est passer de faible à fort. Quiconque en désaccord avec ce principe n’a rien à faire dans ta vie.

Les adeptes du pardon disent que la vengeance c’est con, c’est immature, c’est signe qu’on a un problème de comportent, c’est signe qu’on n’arrive pas à décrocher de ses frustrations. Justement! Quand un gars a la réputation d’être un con immature avec un problème de comportement qui fait qu’il ne décroche pas, allez-vous faire exprès de le provoquer? Ben voilà!  Depuis que j’ai cette réputation, j’ai autour de moi de moins en moins de fauteurs de troubles me voyant comme victime potentielle.  D’accord, ça ne me donne pas l’image la plus flatteuse.  Mais c’est un faible prix à payer pour pouvoir vivre en harmonie dans un entourage dépourvu de gens délibérément chiants.

Beaucoup de gens vont crier haut et fort être contre le principe de la vengeance. On les reconnait facilement: Ce sont ceux qui adhèrent à la mentalité du karma comme quoi la vie va se charger de faire payer ceux qui commettent des mauvaises actions.  Ceci démontre à quel point il s’agit de gens hypocrite, parce que faire payer quelqu’un pour ses mauvaises actions, c’est le principe de la vengeance. Mais voilà, puisqu’ils sont trop lâches pour faire eux-mêmes en sorte d’obtenir justice, ils préfèrent espérer que la vie et le destin se charge de punir les fautifs à leur place.

Mais quand je dis que je me livre à la vengeance… Je parle de quoi, au juste? Rassurez-vous, je ne fais pas dans le vandalisme ou la violence ou quoi que ce soit d’illégal.  Non, je dénonce publiquement leurs faits, paroles et gestes négatifs, preuve à l’appui, en toute objectivité.

Et très souvent en leur donnant l’anonymat, comme ceux de qui je parle dans ma série de billets sur la conflictuodépendance.  Non seulement est-ce légal, ça a le mérite de confirmer ce qui est un comportement fautif ou non: Si l’auteur de ces gestes frustre de te voir les étaler publiquement, alors il reconnait lui-même qu’ils sont fautifs.  Sinon, pourquoi est-ce que ça le dérangerait?

De toute façon, tout le monde est d’accord comme quoi la meilleure façon de faire en sorte que cessent les agressions, c’est de dénoncer les agresseurs.  Parce que le plus grand complice de ton agresseur, ce sera toujours ton propre silence.

Hélas, qui dit dénonciation dit confrontation.  Et même si je ne recule jamais devant un affrontement, ça reste une expérience négative que je cherche toujours à éviter.  Mais si l’autre insiste pour me chercher jusqu’au moment où il ne me laisse le choix qu’entre m’écraser devant lui en victime consentante, ou bien riposter en étalant son comportement négatif, alors ce sera la riposte.  Désolé mais si on a le moindre respect pour soi-même, alors on n’a, en fait, aucun autre choix.

Heureusement, avec le temps, j’ai fini par trouver la solution idéale: À force d’avoir à faire avec les fauteurs de trouble, je suis maintenant capable de les reconnaître dès les premiers jours de fréquentation, sinon les premières heures. Ça me permet de m’en tenir éloigné. Comme ça, j’évite les problèmes, donc j’évite les désirs de vengeance, et je n’ai donc plus besoin d’en commettre.  C’est l’idéal.

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