Les beaux gars ont toutes les qualités

S’il y a une situation qui frustre particulièrement les bons gars, c’est le fait que les filles se contredisent dans leurs choix d’hommes. Une situation déjà décriée par Fu-Zu Jen dans son fameux texte  Hommage aux Bons Gars :  « Je ne suis pas capable de comprendre pourquoi la connexion ne se fait pas entre ce qu’elles disent (Je désire un bon gars!) et ce qu’elles font (Maintenant, je vais coucher avec un salaud). »

Mais voilà, il n’y a pas que dans la dualité Salauds -VS- Bons Gars que les filles se contredisent. Elles le sont dans leurs opinions au sujet des comportements des gars.

Pour l’exemple, généralisons un peu: En partant du principe disant que quand un gars n’a rien pour séduire physiquement, alors il essaye de séduire avec sa personnalité. C’est comme ça qu’il devient un bon gars. Donc, dans ce contexte, on peut en arriver à la conclusion que bon gars = gars laid.  Et voilà l’autre contradiction qui frustre tant les bons gars: Le comportement des filles dans la dualité Beaux Gars -VS- Bons Gars

Voici quelques exemples typiques de ce genre de situation:

Lorsque le beau gars fait une gaffe, il est amusant.
Mais quand le bon gars fait une gaffe, il est niaiseux.

Lorsque le beau gars raconte une joke plate, il est drôle.
Mais quand le bon gars raconte la même joke plate, il est plate.

Lorsque le beau gars est distant, perdu dans ses pensées, n’accordant qu’à peine un regard à celles qui s’adressent à lui, il a une nostalgie et une profondeur en lui qui lui donne un charme mystérieux.
Mais quand le bon gars est distant, perdu dans ses pensées, n’accordant qu’à peine un regard à celles qui s’adressent à lui, c’est un snob qui se prend pour un autre.

Lorsque le beau gars ouvre la porte dans un lieu public à une fille qu’il ne connait pas, il est gentil.
Mais quand le bon gars ouvre la porte dans un lieu public à une fille qu’il ne connait pas, c’est un loser désespéré.

Lorsque le beau gars observe en cachette celle qu’il aime, c’est cute, c’est la preuve d’un amour pur, ça fait de lui un romantique.

Mais quand le bon gars observe en cachette celle qu’il aime, c’est creepy,  c’est la preuve qu’il a un sérieux problème mental, ça fait de lui un harceleur malsain.

Lorsque le beau gars échoue dans un projet, il aura au moins essayé et donné son 100%.  C’est ce qui compte.
Mais quand le bon gars échoue dans un projet, c’est un loser. La preuve: Même en donnant son 100%, il a quand même échoué.

Lorsque le beau gars a un dossier judiciaire, c’est un incompris, un rebelle qui a le courage de ne pas s’en laisser imposer par la dictature et les abus de la société.
Mais quand le bon gars a un dossier judiciaire, c’est un malhonnête, un criminel.

Lorsque le beau gars aime les comics, les jouets, les jeux vidéos, les jeux online, il est une personne qui a su garder son coeur d’enfant tout en se cultivant une intelligence en matière de stratégies et de logique.
Mais quand le bon gars aime les comics, les jouets, les jeux vidéos, les jeux online, c’est un estie de loser pas de vie mal ajusté dans le vrai monde.

Lorsque le beau gars casse la gueule à un autre, il a été provoqué et s’est juste défendu.
Mais quand le bon gars casse la gueule à un autre, c’est un violent qui aurait besoin de suivre une thérapie pour apprendre à contrôler ses crises de rage qui font de lui un agressif dangereux pour la société.

Lorsque le beau gars démolit verbalement une fille en exposant ses mauvais côtés, histoire d’expliquer pourquoi il ne veut rien savoir d’elle, c’est un gars sérieux qui ne se laisse pas contrôler par des choses frivoles telles la beauté physique et l’attrait du sexe. Et anyway la fille est une bitch et il était temps que quelqu’un ait l’honnêteté, la franchise et le courage de le dire.
Mais quand le bon gars démolit verbalement une fille en exposant ses mauvais côtés, histoire d’expliquer pourquoi il ne veut rien savoir d’elle, c’est une tapette, un misogyne frustré, un Marc Lépine en puissance de qui il faut se tenir loin.

Lorsque le beau gars drague une fille de force jusqu’au lit, alors c’est un Homme, un vrai! La fille n’a cédé que parce que personne ne peut résister à un tel mâle.
Mais quand le bon gars drague une fille de force jusqu’au lit, alors c’est un dangereux violeur potentiel.  La fille n’a cédé que parce qu’elle avait peur pour sa santé ou sa vie de résister à un tel malade.

Bref, lorsque le beau gars agit en con, c’est un beau gars.
Mais quand le bon gars agit en con, c’est un con!

Il est fort probable que ce texte offusque quelques filles, qui vont répliquer que je n’y connais rien à la mentalité féminine.  Elle me diront que, contrairement à ce que j’insinue ici, non, l’apparence physique/extérieure n’a aucune importance.  Il n’y a que l’intérieur qui compte.

Oui, je sais, c’est quelque chose que vous essayez très fort de vous convaincre vous-mêmes. Ce n’est pas de votre faute. Nous vivons dans une société bien-pensante qui vous force à dire ceci, sinon vous allez être étiquetée comme étant une personne superficielle, aussi bien dire une conne. Or, personne ne veut passer pour une conne superficielle. Et c’est justement la raison pourquoi, histoire de rendre acceptable votre attirance pour les beaux gars, vous êtes obligées de leur trouver toutes sortes de qualités.

Des qualités qui cessent automatiquement d’être attirantes dès que c’est un gars moins beau qui les possède.


Précisions politically correctes: Je ne dis pas que toutes les filles n’aiment que les beaux gars. Je ne fais que parler de celles pour qui c’est le cas. Et il y en a, sinon les situations décrites plus haut, maintes fois observées et/ou vécues par les Bons Gars,  n’existeraient pas.

Dose de réalité : La mystérieuse charmeuse

 Tu vois cette fille qui a un look particulier, qui se démarque. Tu es un gars.  Tu es à un party, ou du moins un événement social quelconque.  Ça peut même être juste à l’école. Généralement, elle est toute de noir vêtue, au maquillage sombre, tatouages, piercings, ou n’importe quoi d’autre qui la marginalise visuellement. Elle bouge peu, semble relax.  Elle est seule.  Elle regarde droit devant elle, parfois prend un regard absent.  Quelque chose en elle t’attire irrésistiblement. Tu tombes sous le coup de son charme mystérieux, de son regard mélancolique, du fait qu’elle semble perdue dans son monde à elle. Tu sens comme une force étrange qui te contrôle et te pousse vers elle, qui te donne le courage d’aller lui parler, alors que c’est quelque chose que tu n’as jamais osé faire avant avec toute autre fille qui te plaisait. Vous vous échangez quelques mots.  Ses réponses restent brèves, vagues, au sens mystérieux. Ça ne fait que piquer ta curiosité, t’attirer encore plus.  Sans pouvoir dire pourquoi, tu as le feeling que toi et elle, vous êtes faits l’un pour l’autre, que vous êtes des âmes sœurs.

Tu as déjà rencontré une telle fille?  Tu as déjà vécu ce genre de chose? Elle te hante toujours malgré le fait que ça n’est jamais allé plus loin entre vous? Alors peut-être as-tu besoin de cette petite dose de réalité, même si je doute qu’elle te plaise :

Réalité #1: Tu te trompes royalement en pensant que vous êtes des âmes sœurs.  La seule chose que vous avez en commun, c’est le fait que vous êtes des marginaux : Elle par choix, et toi parce que tu es un reject.  Dans un monde de pommes, elle est une orange et toi un soulier : Le fait que vous n’avez rien de commun avec la majorité ne signifie pas du tout que vous avez quoi que ce soit de semblable.

Réalité #2: Elle n’est pas mélancolique.  Elle s’emmerde, c’est juste qu’elle n’est pas portée à y faire quoi que ce soit, genre socialiser, ou bien carrément partir si l’événement/l’endroit est si plate que ça.

Réalité #3: Elle n’est pas mystérieuse. Elle s’ennuie, ta présence la dérange, te parler est une torture.  Voilà pourquoi elle ne te parle que très peu, de façon évasive, et toujours en réponse à tes questions, rien de plus.  C’est juste qu’elle essaye le plus vieux truc passif au monde face à une personne que l’on trouve repoussant : Garder ses distances, limiter les contacts, limiter la conversation à son strict minimum, regarder ailleurs et ne pas s’occuper du tout de l’autre, dans l’espoir qu’il comprenne le message et qu’il christ son camp et lui foute la paix au plus sacrant.

Réalité #4: Ce que tu qualifies de force étrange qui te contrôle et te pousse vers elle, qui te donne le courage d’aller lui parler alors que c’est quelque chose que tu n’as jamais osé faire avec une autre fille qui te plaisait,  c’est loin d’être une main divine qui te guide. Tu le dis toi-même, les autres filles t’intimident. Celle-là, non. Il y a 2 raisons pour ça:

  1. Tel qu’expliqué dans la réalité 1, tu es sous l’impression erronée que votre marginalisme fait que vous êtes semblables.
  2. Les autres filles ont une personnalité, elles parlent, elles bougent.  Tu es donc mal à l’aise face à elles. Tu as peur de les déranger.  Elles t’intimident.  Par contre, tu ne ressens pas de malaise avec une fille qui a l’air encore plus mal ajustée socialement que tu l’es toi. Ça en fait la première avec qui tu as un sentiment de supériorité.

Évidemment, puisque ça se passe au niveau de l’inconscient, tu ne comprends pas pourquoi tu te sens poussé vers elle. Alors tu crois à ces bullshit de signes  du destin, alors que ce n’est rien d’autre qu’une réponse chimique du cerveau via stimulation visuelle.

Enfin, parlant de visuel:

Réalité #5: Elle n’a pas un charme.  Elle te plait parce que tu la trouves physiquement attrayante, voilà tout.  Parce que, sois franc : Si une grosse laide se comportait exactement de la même façon tout en ayant exactement le même look, est-ce que tu dirais qu’elle a un charme mystérieux? Non! Tu te demanderais c’est quoi l’estie de problème de cette grosse snob air bête. Et ça, c’est si tu la remarquerais pour commencer, ce qui n’est pas garanti.

Et ça, c’est la dure réalité.

Surveiller Nathalie, chapitre 21 : Le post scriptum

(Il existe maintenant une version roman en ligne beaucoup mieux travaillée de cette série de blogs, juste ici: SURVEILLER NATHALIE; dans la tête d’un harceleur)

Puisque j’ai eu à subir les mensonges, les cachotteries et les silences, autant de la part de Nathalie que de mon entourage, je ne saurais jamais ce qui s’est vraiment passé pour la faire virer du jour au lendemain de blonde aimante et intéressée à ex qui veut me fuir. Tout au plus, en me basant sur le peu que je sais, je peux utiliser mon esprit de déduction pour émettre la théorie la plus plausible qui soit :

D’abord, je dois reconnaître mes propres erreurs. Pour les gens normaux, leurs parents ne sont pas des gens à moitié fous qui cherchent sans cesse à rabaisser leurs enfants.  Par conséquent, même si ce que je disais au sujet de mon père était vrai, c’était un adulte et moi un jeune.  J’avais donc zéro crédibilité. En plus de passer moi-même comme étant le sans-allure des deux, de dire de telles choses à son sujet.  Ensuite, je reconnais maintenant que sans vraiment m’en rendre compte, j’ai dit à Nathalie que je la trouvais stupide de poser la question « Tu trouves pas que tu vas un peu trop vite? ».  En fait, pire que ça, je l’ai forcé à reconnaitre devant moi que c’était une question stupide.   Enfin, quelle a été ma réaction lorsqu’elle s’est cognée la tête dans ma chambre? Montrer de la compassion? Nullement: Je m’en suis lavé les mains en lui disant que c’était de sa faute, elle n’avait qu’à m’écouter lorsque je lui ai dit d’enlever ses souliers.

Lorsqu’elle est revenue chez elle après notre premier rendez-vous, elle ne devait pas être de très bonne humeur, après que je sois allé trop vite à son goût, que je l’ai humilié 2 fois et qu’elle se soit cognée la tête 2 fois.  Elle en a fort probablement parlé à sa mère, à sa sœur, d’où les réactions haineuses qu’elles avaient envers moi alors que nous nous entendions si bien la veille:

  • Sa mère est une adulte. Elle n’a pas dû apprécier mes paroles, dans lequel je n’exprime rien de moins que je considère que je vaux mieux que mon père, un adulte. Et que mon père était sur le BS, ça n’a pas dû aider.  D’où le fait qu’elle n’était plus du tout charmée par moi, la madame.
  • Sa sœur a dû trouver que mes attouchements signifiaient que je n’attendais qu’une occasion de lui sauter dessus, comme le prouve ma réponse quand je traite Nathalie de stupide de m’avoir demandé si je ne trouvais pas que j’allais trop vite.  Ça expliquerait pourquoi elle nous suivait dans toutes les pièces, ne nous laissant jamais seuls. Probablement à la demande de Nathalie elle-même, car je doute qu’une fille de 16 ans, si mature, s’amuse à suivre sa soeur et le chum de cette dernière partout dans la maison dans le simple but de les écoeurer. Surtout qu’elle était agressive verbalement contre moi seulement, et que ça ne semblait pas déranger Nathalie.
  • Quant à Cynthia, comme je la connais, elle a dû appeler Nathalie pour lui poser des questions au sujet de notre rendez-vous.  Puis, elle lui aurait alors proposé de lui présenter Christian en le décrivant comme étant un gars mieux que moi sur tous les points de vue: Plus grand, plus beau, plus riche, en paix avec sa famille, possédant permis de conduire et auto…Un gars qu’elle connaissait depuis au moins un an, si j’en crois la remarque de Loïc comme quoi « S’il te rencontre 5 fois dans un an, il te contera les 5 fois la même blague ». Loïc qui ne l’appréciait pas, ce qui me porte à penser qu’elle a déjà cassé avec lui pour sortir avec ce Christian.

Charmée par l’idée de me remplacer par lui, mais n’osant pas me faire de reproches sur mon attitude, et ne pouvant tout de même pas me dire « Je veux casser car tu es un pauvre fils de BS, maigre, pas beau et sans auto », Nathalie a essayé une stratégie passive: Essayer de me décourager de rester dans cette relation en me disant qu’elle avait un horaire incroyablement chargé : Le travail qui l’oblige à se coucher à 10 pm, ses correspondants, ses sorties entre amis, les appels de ses ex, etc. Le simple fait que tous ces obstacles n’existaient plus avec Christian prouvent que c’était des excuses bidon.

Je suis un gars patient et compréhensif que l’on a trop souvent accusé faussement de se décourager. J’ai donc tenu bon car j’avais quelque chose à prouver. Son but étant de se débarrasser de moi et non de me passer un test de courage, ma résistance face aux obstacles ne pouvait pas lui plaire. Voilà pourquoi elle a agrippé à deux mains la première bonne excuse qu’elle a trouvé pour me domper: M’accuser de l’avoir surveillée, alors que j’avais toutes les circonstances avec moi pour donner un doute très raisonnable en ma faveur à ce sujet.

Et voilà, selon moi, comment les choses ont dû se passer. Je ne peux hélas que deviner, parce que quand on se fait jouer dans le dos par quasiment tout notre entourage, il n’y a jamais personne pour nous dire ce qui s’est vraiment passé. Mais bon, ça me semble être la théorie la plus plausible.

Ça peut sembler simplet comme conclusion, mais la raison principale pourquoi beaucoup de gars virent harceleur, c’est souvent à cause que personne ne prend le temps de les avertir que la relation est terminée.  Car comme j’en parlais déjà dans mon billet La difficulté de dire Non merci, certaines filles sont capable de se cacher du gars pendant des semaines et des mois juste pour ne pas avoir à le confronter avec la décision de rupture. Salomé ne me dira t-elle pas quelques années plus tard, pour expliquer un comportement semblable, qu’elle « ne supporte pas l’idée de devoir être celle qui met fin à la relation parce que ça lui donne le rôle de la méchante » ?  Alors elles blâment mensongèrement les circonstances.  Par conséquent, le gars continue d’avoir espoir.  Un espoir qu’il n’aurait plus si la fille lui disait carrément que non, c’est fini, elle ne l’aime plus, elle en aime un autre.

Les répercutions:
Lorsque l’on se fait mentir, lorsque l’on nous cache des détails, il est difficile de passer à autre chose, puisque l’on a cette désagréable impression que notre histoire n’a pas de conclusion. C’est comme un film interrompu. On veut en savoir la fin, sinon on reste sur notre faim. Voilà pourquoi il est si difficile de décrocher.

En fait, c’est comme une blague que tout le monde se raconte et que personne ne veut te conter.   Tu ne comprends pas pourquoi on te cache quelque chose de si anodin, et tu en viens à la seule conclusion logique : Que c’est toi le sujet de la farce.  Plus tu veux le savoir, plus on te le cache, plus ta curiosité devient de la frustration, et plus tu es obligé d’essayer de te renseigner en douce, en cachette, sournoisement, puisque personne ne te répond lorsque tu le demande directement, de face, franchement.

Et cette manière qu’elle avait de toujours rejeter la faute sur moi pour expliquer notre séparation:

  • Je ne dis rien? J’aurais dû car mon silence l’éloigne.
  • Je dis quelque chose? Je n’aurais pas dû car elle l’a mal interprété et ça l’éloigne.
  • Je ne fais rien? J’aurais dû car j’ai l’air de m’en foutre et ça l’éloigne.
  • Je fais quelque chose? Je n’aurais pas dû car j’ai gaffé et ça l’éloigne.

Ce n’est jamais agréable d’apprendre que si on a échoué, c’est de notre propre faute.  Et ça devient atrocement invivable de voir que, peu importe ce que l’on fait, on est dans l’erreur. On cherche alors une solution à notre comportement à problèmes.  Sauf que la solution est impossible à trouver puisque ce n’est qu’une excuse mensongère, donc que problème n’existe pas.

Puisqu’elle veut cacher que le fait de casser est sa décision à elle, elle nous fait croire que c’est à cause d’une gaffe que l’on a fait. Alors on finit par croire que l’on ne fait rien de bon, que l’on gaffe toujours, que l’on est incapable de prendre une décision intelligente, que l’on est trop cave pour trouver une solution, que l’on est incapable d’agir correctement. Ça nous mine le moral, ça atteint notre estime de soi. Voilà pourquoi j’ai développé plein de complexes qui m’ont pris des années de travail sur moi-même afin de m’en débarrasser.

Mieux encore: C’est en écrivant les 20 chapitres précédents que, au fil de mon ouvrage, je me suis rendu compte d’un truc: Ma situation de l’époque a grandement influencé les oeuvres fictives que j’allais produire pour les années à venir. Prenons par exemple l’un de mes premiers romans, Riverstock. Le personnage principal, Ricky, est devenu vedette de la musique grâce aux connexions de son père dans le showbiz. Situation semblable à mes amis, qui ont presque tous eu du boulot grâce aux connexions haut-placées de leurs pères. Il y a aussi Pat le Loser, le fils du BS du village, que tout le monde méprise injustement parce qu’il est le fils de son père. (D’où Paterson, son nom de famille), et qui a mis au point un plan de meurtre par dépit. Exactement ce que j’ai vécu.

Évidemment, puisque je suis l’auteur, je rétablis les choses selon mon propre sens de la justice: Ricky est exposé comme un sans-talent, perd tout et se fait exploiter par son père qui se révèle étant un crosseur. Quant à Pat le Loser, a un retour de Karma qui le fait se retrouver avec plus d’un million de dollars et une auto, et il quitte la ville pour aller refaire sa vie ailleurs, là où son nom de famille n’ira pas gâcher sa vie.

Même aujourd’hui,  de façon non fictive, je n’ai de cesse d’exposer les comportements négatifs, fakes et aberrants qu’ont certaines catégories de gens. Et à force d’observations, je suis devenu assez fin psychologue non seulement pour pouvoir être capable de dire pourquoi ils se comportent ainsi, il m’arrive même de pouvoir prédire d’avance comment une personne va agir/réagir tellement elle est prévisible.

Autrement dit, sans l’influence négative qu’ont eu ces personnes sur moi, il n’y aurait pas de Mes Prétentions de Sagesse.

Surveiller Nathalie, chapitre 20 : Dans la tête d’un harceleur

(Il existe maintenant une version roman en ligne beaucoup mieux travaillée de cette série de blogs, juste ici: SURVEILLER NATHALIE; dans la tête d’un harceleur)

Il y a plusieurs raisons possibles pouvant faire d’un homme un harceleur.  En me basant sur ma propre expérience, voici celles que j’ai répertorié. Selon les cas, le harceleur peut en avoir une, plusieurs, voire même toutes.

La conviction que la vie / le destin / la société nous doit la fille de nos rêves.
Depuis notre enfance,on voit ça dans nos lectures, à la télé et au cinéma. On est donc conditionné à croire que c’est la norme. Alors quand on la trouve et qu’elle ne veut pas de nous, ça nous déplait.

La conviction que la fille nous appartient, ou devrait nous appartenir.
Elle est tout ce que nous avons toujours souhaité, alors on s’attend à ce qu’elle se donne à nous.  On ne se pose même pas la question si nous, nous sommes son idéal. Elle est le notre et ça devrait suffire.

La conviction que ce n’est pas à la fille de choisir.
Ou alors oui, elle a le droit de choisir.  Mais seulement si elle nous choisit. Parce que si elle en choisit un autre, elle se trompe. Il faut donc lui montrer son erreur.

La conviction qu’il suffit de confesser son amour pour que ce soit automatiquement réciproque.
Avec qui Blanche-Neige est-elle tombée en amour? Le forestier chargé de la tuer qui l’a épargné? Non! L’un des nains qui l’a recueillie, logée et nourrie? Non! Le gars qui n’a rien fait pour elle, est arrivée à la fin, l’a embrassée sans son consentement (dans la version Disney, du moins) et lui a dit qu’il l’aimait? Eh oui!

La conviction que la fille nous a fait des promesses non-tenues.
Si la fille ne nous dit pas clairement qu’elle n’est pas intéressée, alors ça veut dire qu’elle l’est. N’y a t-il pas un diction disant Qui ne dit mot consent?

La conviction que les signes démontrent qu’elle est faite pour nous.
C’est qu’un gars qui est accro à une fille va s’accrocher au moindre signe lui démontrant qu’il a une chance de l’avoir… Même si ce signe est l’absence de signes qu’il n’en a aucune.

La conviction que la fille nous doit ce qu’elle donne à l’autre.
Les gars rêvent d’avoir une fille full cochonne , le genre à avoir un score de plus de 90 sur l’Échelle de Kev. Par contre, il ne prends pas qu’elle le soit avec un autre. Voilà pourquoi la définition (non-officielle) du mot salope est « une fille qui baise, mais pas avec toi. »

La conviction d’être trop inadéquat pour pouvoir la garder.
Parce que oui, il arrive qu’un gars soit stalker/harceleur envers la fille avec qui il est déjà en couple. C’est parce qu’il a une si basse estime de lui-même qu’il ne lui vient pas à l’idée qu’elle puisse se contenter de lui.

La conviction qu’elle nous trompe.
Voir raison précédente.

La conviction qu’elle nous ment.
Ça peut être parce qu’elle agit de façon suspecte, tout comme ça peut être juste dans notre tête. Dans un cas comme dans l’autre, on est convaincu qu’elle nous ment. Et se faire mentir  est une insulte car ça signifie que la fille nous prend pour un con.

La conviction que les filles considèrent que le harcèlement est une preuve d’amour.
Every Breath You Take du groupe The Police, est une chanson qui dit: Ne vois-tu pas que tu m’appartiens? Chaque mouvement que tu feras, chaque pas que tu marcheras, chaque bouffée d’air que tu prendras, je te surveillerai.  Toutes les filles que j’ai connu, sans exception, ont aimé la chanson, la trouvant romantique.

La conviction qu’on sera incapable de la remplacer si on la perd.
L’or ne serait pas autant convoité s’il y en avait partout. Il en va de même pour certains gars au sujet des filles qui s’intéressent à lui : Elles sont tellement rares que quand il a la chance d’en trouver une, il ne veut surtout pas la perdre car ce sera peut-être la dernière.

La conviction qu’elle est la seule chose positive dans notre vie.
Si en effet le gars a une vie de merde dans tous ses autres aspects, on peut comprendre pourquoi il s’accroche si désespérément à la seule chose de positive qu’il possède: Elle.

La conviction qu’on n’a aucun contrôle sur elle… et qu’on devrait l’avoir.
Il existe plein de manuels qui font accroire aux gars qu’il existe des méthodes pour séduire. Autrement dit, contrôler la fille. Or, s’il sent que la fille n’est pas toute à lui, il sent qu’il n’a pas le contrôle.  et ça, ça le fait paniquer.

La conviction d’être en situation d’injustice.
Tout le monde a droit à avoir une blonde, tout le monde a le droit d’avoir une fille qui l’aime, mais pas lui? C’est une injustice et il ne l’acceptera pas.

La conviction qu’il ne faut jamais se décourager.
Le concept comme quoi la seule voie de la réussite est la persévérance, c’est quelque chose que l’on nous a appris dès notre plus jeune âge : Quand on veut, on peut. À cœur vaillant, rien d’impossible. Un gagnant ne lâche jamais, un lâcheur ne gagne jamais. Etc.  La preuve : À la télé, le bon gars finit toujours par avoir la fille qu’il convoite, et ce peu importe le nombre de saisons que ça lui prend. Surtout que nous avons tous connu au moins une fille qui prétendait ne pas être intéressée par tel gars, pour finir par lui céder quand même. Enfin, peu importe le sujet, lorsqu’on abandonne, il y a toujours quelqu’un pour s’en moquer et appeler ça du découragement. Dans ces conditions, il est parfois difficile pour un gars d’être capable de faire la différence entre la persévérance et le harcèlement. Tellement que même s’il se fait arrêter pour harcèlement, il trouvera consolation dans le fait de se dire qu’au moins il est allé jusqu’au bout, au moins il n’a jamais abandonné avant d’y avoir été contraint.

Vous considérez ces convictions déraisonnables? Vous avez raison, mais si le gars pensais de façon raisonnable, il ne harcèlerait pas.  Le problème, c’est qu’il est difficile, voire impossible de raisonner quelqu’un qui a ces convictions car c’est quelque chose qui se passe au niveau de l’inconscient, des tripes.

Et surtout, s’il y a des gars qui, comme moi, deviennent harceleur parce que la fille a tout fait pour que je le devienne, il y en a hélas d’autres qui le sont naturellement, sans besoin d’avoir été provoqué.  C’est surtout ceux-là qu’il faut repérer au plus vite et éviter comme la peste.

Surveiller Nathalie, chapitre 19 : Plus jamais!

(Il existe maintenant une version roman en ligne beaucoup mieux travaillée de cette série de blogs, juste ici: SURVEILLER NATHALIE; dans la tête d’un harceleur)

Geneviève et moi avons commencé à sortir ensemble en octobre 1989. En février 1990, une confrontation de trop avec mon père a eu pour résultat que j’ai quitté la maison familiale. De toute façon, avec ma réputation irrémédiablement salie dans le coin à cause que je portais son nom de famille, et avec ma vie sociale gâchée à cause de ma relation avec Nathalie, je n’avais plus le moindre avenir dans ce village, si j’en avais déjà eu un pour commencer. Je suis allé habiter temporairement avec Geneviève chez sa mère. Geneviève travaillait au Dunkin Donuts coin Monk et Jolicoeur à Ville Émard. Elle m’a signalé qu’ils avaient besoin d’un employé pour le ménage.  Je suis allé appliquer pour le poste.  À la fin de l’entrevue, le gérant me dit :

GÉRANT : Je t’écoute parler depuis le début, pis on voit que t’es une personne éduquée, sérieuse.  T’as ben qu’trop de potentiel pour le perdre au ménage.  Tu voudrais pas plutôt devenir pâtissier pour moi? Y’a un poste qui se libère dans un mois. Même salaire, mais beaucoup plus d’heures.

C’est avec surprise et joie que j’ai accepté. C’était la première fois que l’on reconnaissait mes capacités et qu’on me faisait confiance pour un poste plus haut que celui pour lequel j’ai appliqué. J’étais loin de St-Hilaire.

Geneviève et moi avons mis fin à notre relation en avril 1992.  Elle a eu à déménager à Québec pour ses études à l’automne précédent, et la distance a eu raison de notre couple. Peu de temps après, cette même année, je rencontrais la future mère de mes quatre enfants.

En 1994, considérant que le nom « Stéphane Johnson » ne m’a jamais porté chance et qu’il était de toute façon trop stigmatisé,  j’ai changé pour Steve Requin.  J’ai créé le fanzine Requin Roll.

1995 fut l’année de ma renaissance. J’ai commencé à m’entrainer. J’ai recommencé à m’intéresser à la musique actuelle. J’ai changé de look. J’ai produit plus de textes et BD cette année-là que de toute ma vie à date.  J’ai bronzé. Je suis retourné aux études.  Je suis entré au journal étudiant Vox Populi comme simple illustrateur, et un mois plus tard on m’offrait le poste de rédacteur en chef sans même que j’y applique. Les filles ont commencé à s’intéresser à moi.  Et la meilleure : Je suis devenu beau.

En 1996, j’ai une relation de trois semaines avec une fille dont l’attitude envers moi comporte des similitudes troublantes avec celle de Nathalie.  Sauf que cette fois, après une semaine à voir que la relation ne marche plus, j’y mets fin moi-même. Et je ne fais aucune rechute de stalker/harceleur car maintenant que je suis rendu attrayant, je sais que je pourrai la remplacer n’importe quand. Comme quoi, plutôt que de jalouser et frustrer contre les gars qui sont populaires, il est beaucoup plus constructif de mettre les efforts pour en devenir un.

Un beau samedi ensoleillé de juillet de cette même année, Carl organise un après-midi party et piscine, dans lequel la vieille gang (sans Nathalie) se retrouve.  Puisqu’ils ne m’ont pas vu évoluer de 1989 à 1996, j’en épate plus d’un avec mon nouveau look et ma nouvelle personnalité zen, réfléchie et sure de soi. Megan, près de qui je reste assis un quart d’heure, fait le saut en m’entendant parler.  Elle ne m’avait pas reconnu du tout avant d’entendre ma voix.  Même Cynthia me dit que si elle m’avait croisé dans la rue, elle ne n’aurait jamais su que c’était moi.

1998 est l’année où je suis le plus actif dans le domaine de la BD underground, apparaissant dans plusieurs publications simultanément, participant à des événements BD, en mettant d’autres sur pied. Un reportage dans La Presse parle de Requin Roll comme l’une des quatre plus populaires publications de BD underground. Je lance une nouvelle série nommée Les Plagiats de la BD.  Le lancement de Requin Roll #7 est sujet d’un reportage à l’émission La Fin du Monde est à 7 Heures. Je provoque aussi quelques scandales lorsque je monte l’opinion publique contre le Festival de BD de Québec qui fait toujours faire l’affiche officielle de l’événement par un dessinateur européen au lieu d’un québécois.  Ça m’a valu d’être banni de l’événement, mais au moins l’affiche est maintenant faite par le talent local.

En 1999, je fonde MensuHell, le fanzine qui aura (probablement) le record de longévité avec 109 numéros en neuf ans. Je rencontre Karine, une bédéiste comme moi, avec qui j’ai une relation de couple de douze ans et demi, et nous resterons très bons amis à la fin de celle-ci.

En 2001, je joins le magazine Safarir auquel je collaborerai pendant sept ans.  Bien que le métier d’auteur de BD est loin de rendre aussi populaire qu’être acteur ou musicien, j’aurai quand même quelques fans, et même une ou deux jeunes et jolies groupies.

Et je pourrais vous en conter plein d’autres comme ça.  Ce ne sont que les grandes lignes de ma vie post-Nathalie, Post-St-Hilaire, mais surtout post-pauvre de petit moi qui n’as pas eu de chance dans la vie de naitre maigre, pas beau et fils du BS du village. C’est surtout pour vous dire qu’après  Nathalie, je n’ai plus jamais été un harceleur.  Ce qui ne peut signifier qu’une chose: Être un stalker, ce n’est pas dans ma nature.  Comme je l’explique dans le texte Vivre sa jalousie ou accorder sa confiance, il existe deux sortes de jalousies: La jalousie naturelle, et la jalousie provoquée. La mienne était définitivement provoquée par la façon dont Nathalie agissait avec moi. La preuve, c’est que sept ans plus tard lorsqu’une cégépienne a eu avec moi le même comportement, j’ai d’abord commencé par ressentir le même genre de malaise qu’avec Nathalie.  Mais au lieu d’avoir envie de la surveiller à la recherche de la vérité, j’ai juste perdu intérêt à la relation et j’y ai mis fin.

Ce qui est peut-être un peu décevant, c’est la morale de cette histoire.  Parce que, dans le fond, ce que ça dit, c’est que je suis devenu socialement et mentalement équilibré à partir du moment où j’ai eu ce que je voulais: Avoir une blonde idéale, devenir beau, séduire des filles, être populaire, être reconnu dans mon travail et dans mon art… Est-ce à dire qu’il suffit simplement de donner ce qu’il veut à un harceleur pour qu’il cesse d’en être un? Je ne saurais répondre à ça.  Je suppose que c’est du cas par cas.  Tout ce que je peux dire, c’est que dans mon cas personnel, à partir du moment où tous les aspects de ma vie ont enfin fonctionné tel que supposés, alors là, avoir une vie de couple avec la fille parfaite n’avait plus une aussi grande importance à mes yeux. J’avais autre chose dans ma vie qui pouvait me rendre heureux.

N’empêche que je me demande parfois ce qui serait arrivé si Geneviève ne m’avait pas appelé, au moment où j’étais le plus imprégné de ma folie envers Nathalie. Mais bon, l’important, c’est qu’après cet appel, je n’ai plus jamais revu Nathalie, ni ne suis-je retourné passer près de chez elle, ni n’en ai-je réentendu parler. C’est comme si elle avait cessé d’exister.

Et c’est tant mieux!

Surveiller Nathalie, chapitre 18 : Le duel intérieur

(Il existe maintenant une version roman en ligne beaucoup mieux travaillée de cette série de blogs, juste ici: SURVEILLER NATHALIE; dans la tête d’un harceleur)

(La Geneviève dont il est question ici n’est pas celle que je mentionne parfois en tant que Geneviève, la Coloc de l’Enfer, dont certains se souviennent à cause d’un texte éponyme sur ma défunte page La Zone Requin (2003-2009) À part le prénom, elles n’ont rien en commun.)

Lorsque je raccroche, j’ai passé une bonne heure au téléphone avec Geneviève.  On s’est raconté notre dernière année.  Je lui ai parlé de la mort de Wow! et de mon contrat pour Échec et Maths. Je lui ai dit qu’elle pourra me voir à la télé la semaine prochaine, battre mon adversaire à plate couture à l’émission Fais-Moi un Dessin.  Je lui ai parlé du fait que j’ai joint la Télé Communautaire de la Vallée du Richelieu à Beloeil il y a 3 semaines. Ça ne paye pas, mais je compte y prendre assez d’expérience pour un jour pouvoir être embauché par une vraie télé commerciale. J’ai cependant bien évité de faire la moindre mention au sujet de Nathalie. D’abord parce que je doute qu’elle soit intéressée à savoir à quel point j’ai pu être obsédé par une autre fille.  Mais surtout, c’est pour éviter d’avoir l’air du loser que je suis.

De son côté, Geneviève m’annonce qu’elle est célibataire, qu’elle a cassé avec son chum il y a 2 mois parce qu’elle a appris qu’il la trompait, et qu’elle aimerait bien me revoir, si ça me tente. Pourquoi pas!? On s’est donné rendez-vous pour vendredi qui s’en vient pour aller voir Young Einstein, une comédie mettant en vedette un certain Yahoo Serious à qui on prédit une grande carrière.

Je passe une bonne partie de la journée dans la joie que me procure son appel.  Puis, sans que je m’en aperçoive, l’amertume qui habite mon âme depuis 2 mois corrompt peu à peu mes sentiments.  Ma source de joie passe de l’appel de Geneviève au fait qu’elle a dompé son cave.  Puis, au fait que le temps a montré à Geneviève à quel point elle était stupide de continuer de sortir avec lui l’an passé plutôt que de le laisser pour moi.  …et en quelques heures, la joie que je ressentais a fait place au même genre de haine que je voue à Nathalie, de l’avoir choisi lui plutôt que moi. Voilà pourquoi, à la tombée de la nuit, je m’assois à ma table de travail et je commence à écrire un nouveau plan.  Dans celui-ci, sans pour autant planifier un laps de temps, je compte aller à notre rendez-vous, être gentil, la séduire, la faire craquer pour moi, et baiser avec elle.  Puis, dès que j’aurai eu mon fun, me retirer, me rhabiller et lui dire « Ouain ben finalement, j’pense que je vais rester avec ma blonde. » Et ce sera bien fait, parce que c’est tout ce qu’elle mérite, que je lui remettre le coup qu’elle m’a fait l’an passée. Bon, nous n’avions pas eu de sexe à ce moment-là, mais quand même, la situation est assez similaire pour que…

… pour que…

En relisant mon plan, je réalise ce que je suis en train de faire.  Je réalise ce que je suis devenu.  Et surtout, je réalise que je ne me reconnais plus.  Depuis le temps que je veux qu’une fille comme Geneviève s’intéresse à moi.  Ce n’est pas moi, ça, de planifier de la jeter comme une merde.

En moi, ma raison et mes émotions s’affrontent dans un combat sans merci.

RAISON : Mais voyons donc… Pourquoi est-ce que je fais ça?
ÉMOTIONS : Parce qu’elle le mérite.
RAISON : Geneviève, ce n’est pas Nathalie.  Elle ne m’a rien fait.
ÉMOTIONS : Rien fait? Elle t’a fait accroire qu’elle s’intéressait à toi pour finalement en choisir un autre. Exactement comme Nathalie t’a fait.
RAISON : Mais non, c’est pas pareil.  Nathalie m’a laissé tomber pour commencer à sortir avec un autre gars.  Geneviève sortait déjà avec l’autre gars quand elle m’a rencontré.
ÉMOTIONS : On s’en christ! Dans les 2 cas, elles ont considéré qu’un cave avec un char, ça valait mieux que toi.
RAISON : Si Geneviève était comme Nathalie, elle aurait lâché son chum pour moi, tout comme Nathalie m’a lâché pour Christian. Si ça prouve une chose, c’est que Geneviève vaut mieux que Nathalie.
ÉMOTIONS : Dans les deux cas, ça a été toi le loser.  Tu vas accepter ça?
RAISON : Non, dans le cas de Geneviève, c’est son ex qui est loser, pas moi.  Il a eu la chance d’avoir une fille comme elle, et il s’est arrangé pour la perdre en étant macho, en faisant son indépendant, en la négligeant, en la trompant…
ÉMOTIONS : …ce qui veut dire que, pendant tout un an, Geneviève considérait qu’un gars comme lui, ça valait mieux que toi. C’est insultant!
RAISON : Et même si c’était vrai… Geneviève te veux, maintenant. C’est ce que tu voulais, non?
ÉMOTIONS : Oui, c’est ce que je voulais… L’an passé, quand c’était le temps!
RAISON : Pourquoi est-ce que ce ne serait pas encore le temps aujourd’hui?
ÉMOTIONS : Parce que l’an passé, te choisir toi, ça aurait démontré son intelligence, en plus de montrer qu’elle t’aimait vraiment.  Tandis que là, ça démontre juste que tu es mieux que rien. T’es rien qu’un rebound.
RAISON : Ben, deux mois plus tard, j’appelle pu tellement ça un rebound.
ÉMOTIONS : Moi non plus, en fait, j’appelle ça « Tellement désespérée de ne  pas avoir été capable de se pogner un chum en 2 mois qu’elle en est réduite à t’appeler toi. » Heille, soyons sérieux! Elle habite Montréal, et toi St-Hilaire. Qui veut d’une relation à longue distance? Où est la logique de faire appel à toi?
RAISON : Justement: Si la distance n’est pas un obstacle, c’est parce qu’elle m’aime vraiment.
ÉMOTIONS : … euh… mais… Mais même si c’était le cas, c’est l’an passé que…
RAISON : Eh oui, ça aurait été mieux l’an passé. Mais bon, mieux vaut tard que jamais.
ÉMOTIONS : Si Geneviève t’avait choisi l’an passé, tu aurais eu une blonde quand tu as rencontré Nathalie, et tu n’aurais pas vécu toute la marde que tu as eu ces 2 derniers mois. Donc, ton histoire avec Nathalie, c’est en partie de sa faute.
RAISON : C’est idiot! Geneviève ne pouvait pas deviner ça, et elle n’a sûrement pas choisi de rester avec son chum dans le but de que ça me créé des problèmes un an plus tard.
ÉMOTIONS : Mais ça l’a fait quand même!
RAISON : Ce sont des choses qui arrivent.
ÉMOTIONS : Ce sont des choses qui t’arrivent à TOI, à cause de décisions prises par des filles comme ELLES.
RAISON : Il est peut-être temps que je pardonne et que j’oublie.
ÉMOTIONS : Le pardon et l’oubli sont pour les faibles qui sont trop lâches pour être capable de faire en sorte d’obtenir justice.
RAISON : Le principe de la justice, c’est d’être jugé par ses pairs.  D’être reconnu par la société comme étant fautif. Je n’obtiendrai jamais justice contre Nathalie parce que personne ne veut m’écouter, me croire ou m’appuyer.
ÉMOTIONS : Mais… Mais le fait que Nathalie t’a fait cocu, qu’elle a commencé à sortir avec l’autre avant de casser avec toi, qu’elle a commencé à te mentir depuis au moins 24 heures après le début de ta relation et qu’elle n’a jamais arrêté par la suite, et qu’elle s’est mise entre toi et tes amis pour t’isoler de ta gang pendant les sorties… C’est la vérité.  Tout le monde le sait.
RAISON : En effet! Mais voilà, la seule vérité qui importe aux gens, c’est celle dont ils peuvent tirer profit.  La mère de Nathalie n’aurait aucun profit de se ranger de mon bord, malgré tout ce que je lui ai révélé au sujet de sa fille.  Nathalie n’aurait aucun profit à se mettre en froid avec Cynthia, même si c’est elle qui a tout dit à Loïc, qui me l’a ensuite révélé.  Et Ni Loïc ni Carl ni personne d’autre de la gang ne tirerait profit à se ranger de mon bord pour ce que Nathalie et Cynthia m’ont fait.  Même le fait que Cynthia a sorti avec le frère de Loïc, ça n’a pas réussi à la faire boycotter de la gang, malgré le fait que tout le monde trouvait qu’elle n’avait pas d’allure et qu’elle dépassait les bornes.  Alors pourquoi est-ce que tout ce beau monde-là irait se mettre en situation de conflit avec des gens qui leur sont proche? Il est beaucoup plus facile d’ignorer la vérité lorsque celle-ci ne nous convient pas.
ÉMOTIONS : Mais elle ne peut pas s’en tirer comme ça.
RAISON : Oui, elle le peut!  La preuve, c’est qu’elle le fait depuis le début.
ÉMOTIONS : MAIS.. MAIS C’EST INJUSTE!!!
RAISON : Vrai, mais si je m’acharne à obtenir justice, c’est moi qui va en subir les conséquences, ce qui va être encore plus injuste.
ÉMOTIONS : … Ce n’est pas comme ça que les choses devraient se passer.
RAISON : C’est vrai! Mais ça ne change rien au fait que c’est comme ça que les choses se passent.
ÉMOTIONS : C’est tellement…
RAISON : On n’y peut rien!
ÉMOTIONS : Alors tu vas laisser Nathalie s’en tirer à bon compte, t’oublier et vivre le parfait bonheur avec son cave, pendant que toi tu…
RAISON : …pendant que je vais moi-même l’oublier et vivre le parfait bonheur avec Geneviève.
ÉMOTIONS : Nathalie ne mérite pas son bonheur.
RAISON : Mais moi je mérite le mien. Il est temps que je tourne la page et que je m’y consacre, avec Geneviève.
ÉMOTIONS : Geneviève qui t’a…
RAISON : Geneviève qui ne mérite pas de payer pour ce que Nathalie m’a fait.  Une relation négative se termine.  Une relation positive commence.  
C’est tout ce qui compte!
ÉMOTIONS : …

Mes émotions se taisent.  Ma raison est venue à bout de ma rancoeur et de mon amertume.  Le calme et la sérénité m’habite pour la première fois depuis 2 mois.  J’ai l’impression de recouvrer mes esprit. Je me sens comme si je me réveillais d’un long cauchemar.  Je me laisse ramollir sur ma chaise, cabrant mon dos et laissant ma tête se pencher par en arrière, par dessus le dossier.  Dans cette position, les yeux au plafond, je lâche un long soupir de soulagement.

Lorsque j’étais enfant, il m’arrivait souvent d’allumer la télé très tôt le matin, avant que commencent les émissions du Canal 10, pour écouter un animateur réciter la programmation du jour.  Il terminait toujours en citant la même prière.  Une prière qui me revient en tête. Une prière que je me récite doucement à haute voix:

MOI : Mon Dieu, donne-moi la force d’accepter les choses que je ne peux changer, le courage de changer les choses que je peux, et la sagesse d’en connaitre la différence.

Pour la première fois depuis 2 mois, je crois que je peux prétendre avoir cette sagesse.

BIENTÔT: La conclusion

Surveiller Nathalie, chapitre 17: Des plans et du non-planifié

(Il existe maintenant une version roman en ligne beaucoup mieux travaillée de cette série de blogs, juste ici: SURVEILLER NATHALIE; dans la tête d’un harceleur)

Dimanche, 17 septembre 1989 au matin, après déjeuner.  Je relis mon plan une fois de plus.  Bien que je le considère parfait, il y a tout de même un nombre incalculable de hasards qui pourraient le faire foirer.  Par exemple, qu’il n’y ait pas de passants sur l’accotement ce soir-là, ou au contraire qu’il y en ait plusieurs.  Ou bien que, parmi les autos qui passent, l’un d’eux en soit un de la police qui pourrait s’arrêter pour voir ce qui se passe.  Sans oublier la possibilité que mes parents constatent mon absence et celle de l’auto pendant que je suis parti. Ce sont des facteurs de risques importants. Mais d’un autre côté, avec tout ce qui m’est arrivé ces derniers temps, j’en suis venu à avoir un nouveau concept à ce sujet: Le hasard est aveugle et sans préjugés.  Il peut frapper ou non, autant de façon positive que négative.   Si j’agis, il n’y a pas moyen d’être sûr que mon plan va se réaliser ou non.  Par contre, si je n’agis pas, c’est sûr que c’est non. Voilà pourquoi, malgré le haut taux de risque impliqué, je suis convaincu que ça en vaut la peine.

Tout à coup, je réalise l’absurdité à la base de mon plan:

MOI: Mais qu’est-ce que je suis en train de planifier là? C’est complètement stupide!

Est-ce que je viens de me libérer de ma folie meurtrière? Jugez-en vous-même:

MOI:  Il y a trois personnes d’impliquées dans mon plan: Nathalie, qui est à 100% responsable de l’été de merde que j’ai passé.  Christian, qui n’est responsable qu’à 50%.  Et ce passant inconnu, qui en est responsable à 0%.  Si mon plan s’exécute, le passant est celui qui est puni à 100% puisqu’il le paye de sa vie.  Christian est puni à 50%, puisqu’il restera vivant et que ses ennuis avec la loi ne seront pas éternels.  Quant à Nathalie, celle qui a tout fait, elle subit 0% des problèmes.  Ça n’a pas d’allure.  C’est elle qui devrait avoir le plus de problèmes.  C’est elle qui le mérite.  C’est elle que je devrais écraser avec le char, au lieu d’un innocent qui ne m’a jamais rien fait. Sauf que bon, non seulement je ne pourrais pas planifier ça, je serais le premier soupçonné puisque je suis son ex harceleur.

Bon! Je ne suis pas libre à 100% de ma psychose. Mais au moins, ma logique fonctionne toujours. Et c’est cette même logique qui, en ce moment, se rend compte de quelque chose que pourtant je savais sans jamais l’avoir particulièrement remarqué:  Le fait que l’être humain est porté à respecter ceux qui les opposent et les méprisent, tout en étant capables de faire subir les pires choses à ceux qui ne lui ont jamais rien fait.  Je constate même que c’est une situation qui se passe chez moi depuis toujours: À chaque fois que mon père travaille, il file doux devant son patron et ses collègues.  Mais quand il est à la maison, il se défoule sur nous des frustrations qu’il ressent par rapport à son boulot. Et depuis le temps qu’il nous fait la vie dure, c’en est devenu une habitude qui ne nécessite même plus des raisons de travail pour le faire.  Et moi, sans le savoir, j’étais en train de me comporter envers Nathalie, Christian et le passant inconnu exactement comme mon père le fait envers ses patrons, ma mère et moi.  Je ne sais pas pourquoi les gens ont un tel comportement, mais une chose est sûre, je n’aime pas ça du tout. Non seulement est-ce un comportement illogique et imbécile, j’ai honte d’avoir failli moi-même l’adopter.

Et puis, un autre truc me vient en tête: Supposons que j’exécute mon plan et qu’il se passe à la perfection, que Christian va en prison et que Nathalie casse avec lui… J’imagine quoi, là? Qu’elle va le pleurer et rester célibataire pour le restant de ses jours? Si ça se trouve, elle va le remplacer le jour-même par un autre gars, et j’aurai mis fin à une vie en en gâchant une autre absolument pour rien.

MOI: Et puis, dans le fond, c’est quoi, au juste, le crime que Christian a commis contre moi? Il a juste dit oui à Nathalie.  Non pas pour me faire chier, mais bien parce que Nathalie est irrésistible. Et je suis bien placé pour le savoir.

Je passe les trente minutes suivantes à relire mon plan, à essayer de voir comment est-ce que je pourrais plutôt nuire à Nathalie, comme elle le mérite, sans que je puisse être soupçonné de près ou de loin.  Mais je ne trouve rien.  Résigné, je range mon plan dans le cartable avec le reste de mes notes.

Le téléphone sonne.  Je réponds.

MOI: Oui allo!?
INTERLOCUTRICE : Hey, salut, ça va? Tu me reconnais? C’est Geneviève!  La fille du terrain de camping, l’été passé.

À SUIVRE

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