Le harcèlement sexuel en milieu de travail… Au féminin! (1ère partie)

Je sais bien que généralement, je préfère mettre en ligne des photos de moi où je parais le mieux. Sauf quand je veux faire une comparaison avant-après à la « Woah p’tain, regardez comment j’me suis amélioré en passant de Quasimodo à Casanova. »  Mais bon, faut dire ce qu’il en est, je suis surtout regardable lorsque je fais des efforts pour améliorer mon apparence et qu’un appareil photo me prend dans un bon angle. Parce que sinon, dans la vie de tous les jours, au naturel, et surtout au travail,  je n’ai pas de quoi faire mouiller une éponge coincée dans l’épave du Titanic.

Et pourtant, si vous saviez le nombre de fois où j’ai pu être la cible de harcèlement sexuel au travail, de 1990 à aujourd’hui.  On entend souvent parler de ce phénomène quand il s’agit d’hommes qui harcèlent les femmes, mais jamais l’inverse.  Pourtant, ça existe. Ça fait vingt-cinq ans que je le subis.

Ayant été élevé dans un environnement presque exclusivement féminin, j’ai passé toute ma jeunesse à entendre filles et femmes parler contre les travers des hommes.  De leur comportement macho, de leur violence, et surtout de leur désir sexuel qui les pousse à commettre tous les écarts.  Je les ai entendu se plaindre comme quoi ils ont les pires comportements, les pires attitudes avec les femmes, surtout en milieu de travail.  J’ai donc été éduqué de façon à ne pas agir ainsi.  Voilà pourquoi, à chaque fois que j’ai un boulot, j’agis de façon professionnelle avec mes collègues féminines, n’étant jamais rien d’autre qu’amical, agissant d’égal à égal, gardant avec elles la même distance respectueuse que je garde envers mes patrons. 

Eh bien, curieux phénomène, depuis que je suis adulte, à chaque fois que j’ai un travail dans lequel il y a 25% de femmes et plus, ce sont elles qui finissent par initier la sexualité entre nous.  Ça va de la simple remarque osée à la proposition sexuelle, de la confidence intime à la déclaration d’amour, de l’exhibition coquine passive à l’agression violente empoigne-paquet dans un coin désert.  Eh oui!  Je ne sais pas si c’est un phénomène exclusivement québécois ou bien si ça se retrouve partout, mais laissez-moi vous dire que même si ça ne s’est jamais rendu jusqu’au viol proprement dit, je sais par expérience personnelle que les femmes sont capables du même harcèlement sexuel en milieu de travail que celui que l’on essaye de nous faire croire comme étant exclusivement masculin.  Et si ça m’est arrivé aussi souvent, je ne dois tout de même pas être le seul.

Pour le moment, je vais fouiller dans ma mémoire et vous raconter la chose au meilleur de mes souvenirs et des feuilles lignées froissées et jaunies de mes archives.  Bonne chose que depuis que j’ai 11 ans, j’écris presque tout ce qui m’arrive.

Le travail: Pâtissier dans un Dunkin Donuts.
L’époque: De 1990 à 1992
Mon âge: De mes 22 à 24 ans.

Manon est une mince et jolie petite brunette malgré un nez à la Gainsbourg.  Dès les premiers jours, elle me parle et me décrit quelque peu sa vie, me disant qu’elle a un chum avec qui elle habite. 

Une semaine plus tard, elle commence à me parler de sexe en me disant: « Mon chum a envie plus souvent que moi, mais moi chus pas tellement cochonne! » Dans les jours qui suivent, elle me parle de plus en plus souvent de sexe.  Un mois plus tard, elle me fera des remarques sexuelles personnelles sur une base quotidienne.  Elle s’interroge sur mon manque de réactions et me demande si je suis gai.  Je lui répond que non, mais que puisqu’elle a déjà un chum, je considère que ses propositions ne sont que des blagues.  La semaine suivante, elle me raconte qu’elle vient de faire un ménage à trois bisexuel avec une copine et le copain de ce dernier dans un motel, et elle me donne tellement de détails qu’elle n’en laisse aucun à mon imagination.

Étant célibataire et en manque, et voyant que son statut de couple ne semble pas l’empêcher de coucher avec qui elle veut, je me risque à lui dire que si elle est sérieuse, d’accord, je veux bien.  Ou sinon, de cesser ses agaceries, parce que ça me déplait de me faire provoquer pour rien.  Elle refuse mes deux propositions, et continuera à me harceler de remarques sexuelles. Un soir, elle va même jusqu’à lever la jupe de son uniforme devant moi en écartant les jambes, et elle me nargue en disant: « C’est ça qu’tu veux, hein?  Ben tu l’auras seulement si MOI je le veux. Ha! Ha! »  Son sexe est bien sûr caché par sa petite culotte et recouvert de ses collants blancs. N’empêche!  Et j’ai eu à endurer ça jusqu’à sa démission quelques mois plus tard.

Kim: Cinq pieds deux, les yeux bleus et blonds cheveux, elle n’avait rien d’un top modèle avec son surplus de poids, ses dents croches et jaunies par des années de tabagisme, son menton fuyant et son nez dont la courbe évoque le bec d’un vautour. Elle est tout de même d’une nature joyeuse, ce qui en fait une compagne de travail agréable. Du moins, les premières semaines car un mois après ses débuts, une collègue de travail m’apprend que Kim a commencé à répandre la rumeur comme quoi je serais gai. Elle est arrivée à cette conclusion car je ne dis jamais rien à caractère sexuel à mes collègues de travail, ni directement ni en sous-entendus ni en blagues. Et puisque toutes mes collègues de travail sont des filles, ça lui semble louche que je n’en profite pas. J’avais pourtant de bonnes raisons de ne pas agir ainsi. D’abord, parce que ce n’est pas dans ma nature, et ensuite parce que je suis maintenant en couple avec une fille nommée Marie-France.

Un matin, Marie-France est venue me chercher à la fin de mon quart de travail. Kim, surprise que Marie-France existe pour vrai, nous propose d’aller déjeuner à un resto voisin.  Nous acceptons.  Au resto, Marie-France est à mes côtés tandis que Kim est assise face à moi.  Nous jasons de choses et d’autres lorsque soudain, j’ai la surprise de sentir le pied de Kim qui, sorti de sa botte d’hiver, se glisse entre mes genoux. Je referme aussitôt mes jambes. Elle répond à mon geste en poussant plus fort avec son pied. Je sens soudain les deux pattes avant de ma chaise qui lèvent de terre. J’ai le réflexe de m’ouvrir les cuisses. Les pattes de chaise retombent par terre. Je vois le sourire triomphant de Kim. Bien calée sur sa banquette fixée au mur, elle ne pouvais pas basculer sous la poussée de sa jambe, elle. Mes cuisses lui laissant maintenant le passage, Kim envoie doucement son pied plus loin, jusqu’à pouvoir me caresser l’entrejambe. Surpris de son geste et complètement désemparé, je ne sais pas trop comment réagir. Cette situation me rend franchement mal à l’aise, surtout avec ma blonde assise à côté de moi. Je voudrais que Kim cesse, mais comment pourrais-je réagir? Si je ferme les cuisses, Kim va me faire tomber à la renverse, et comme je la connais, elle va sûrement nier y être pour quelque chose. Si je recule avec ma chaise pour me mettre hors de portée de Kim, Marie-France va me demander pourquoi je me distance de la table. Si je dénonce Kim, je créé un malaise, sans compter qu’elle va probablement tout nier. Je n’ai donc pas le choix. Tout le long du repas, il me faut endurer ses attouchements malvenus en faisant semblant de rien.

Sharon était une brunette anglophone quasi-obèse qui avait un chum.  Ils habitaient tous les deux chez la mère de ce dernier. Elle était très visiblement attirée par moi, et plus le temps passait et moins les messages qu’elle me passait à ce sujet étaient subtils. Mais bon, puisque l’on était tous les deux en couple, je passais ça sous le compte de son sens de l’humour. Il est vrai que c’était une jeune femme très enjouée.

Dès qu’elle a appris ma rupture, elle me dit que, quel hasard, elle a elle-même rompu la veille. Bon, elle habitait encore avec lui chez la mère de ce dernier en attendant de se trouver un appartement, ce qui fait qu’il ne faudrait pas qu’elle soit vue publiquement avec un autre garçon pour ne pas créer de scandale. Mais sinon ouais, elle m’assure que tout est vraiment fini entre eux. Son histoire sent la bullshit à plein nez. Mais bon, pour ce que ça change… Ce n’est pas comme si elle m’attirait.

Trois jours plus tard, un soir où je travaille tandis que Sharon a congé, cette dernière entre dans la cuisine vers deux heure du matin. Apparemment, elle revient d’un des bars du quartier parce qu’elle a visiblement une bonne douzaine de verres dans le nez, en plus de s’être habillée sexy. Elle me fait des avances qui n’ont plus rien de subtil et essaye de me faire la prise du calmar en rut. Je l’évite et je fais de mon mieux pour ignorer ses avances, en lui disant que je n’ai pas vraiment le temps de lui parler parce que je vais être en retard dans ma production. Elle me suit dans l’entrepôt arrière alors que je m’en vais chercher une poche de cinquante livres de sucre à glacer pour préparer la crème pâtissière. Elle se met devant la porte et me bloque le chemin, me disant que si je veux en sortir, il va falloir lui passer sur le corps. Elle a un chum, elle ne m’attire pas, et elle est saoule. N’importe laquelle de ces raisons est suffisante pour que je refuse de faire quoi que ce soit avec elle, alors imaginez les trois ensemble. Comme je viens pour passer, elle pose sa main directement sur mon entrejambe et essaye de m’embrasser. Je la bouscule sans considérations en passant mon chemin, mon sac de cinquante livres de sucre à glacer sur l’épaule. Elle n’insiste pas. Je suppose que le lendemain elle a eu honte de son comportement parce que dans la journée elle est revenue afin de rendre son uniforme ainsi que sa démission.

Sylvie était une petite aux cheveux bruns frisés avec taches de rousseurs et une petite voix timide.  Ce qu’elle me disait, par contre, ne contenaient aucun degré de timidité.  J’avais souvent droit à des confidences sur ses préférences sexuelles, comme par exemple: « Pour moi, la journée idéale, c’est me faire baiser au matin avant le travail, puis au retour du travail avant souper, puis après souper, puis après le bain avant de dormir », ou bien « Me faire pénétrer, je trouve ça aussi délicieux en arrière qu’en avant. », ou bien des agaceries du style de « C’est dommage qu’on ne travaille pas seuls, on pourrait aller s’enfermer dans les toilettes pour une petite vite. »  Bien sûr, si je répondais positivement à ses propositions, elle trouvait toujours un truc pour nous empêcher.  Elle a été obligée d’arrêter au bout de quelques mois.  Sa grossesse devenait trop évidente pour qu’elle puisse me cacher plus longtemps la vraie raison pourquoi ce n’était que du harcèlement vide: Elle avait un chum, avec qui elle habitait depuis deux ans.  

Hélène, 21 ans, était une superbe métisse au teint cuivré et à cheveu de corbeau, ce qui est surprenant puisque les corbeaux n’ont que des plumes.  Avec elle, c’était un peu différent.  Dès le départ, elle m’a fait comprendre que je n’aurais aucune chance car elle n’en a que pour les hommes qui ont l’âge d’être son père. Ceci précisé, elle me parlait de cul sans cesse, se décrivait comme une nympho, me taquinait, m’agaçait, m’allumait.  Bon, j’avoue que ça m’allumait moins lorsqu’elle me racontait que l’été précédent, alors qu’elle travaillait avec une équipe de rénovation, elle s’était tapée un collègue de 40 ans dans un appartement vide sur lequel ils travaillaient.  Puisque j’avais 23 ans, j’étais dégoûté à l’idée d’un gars dans la quarantaine qui se fait une fille 20 ans plus jeune.  (Je changerai d’idée en atteignant moi-même la quarantaine, étrangement.) 

Ensuite, il y a eu Isabelle l’infidèle, dont j’ai déjà parlé dans ce billet Elle aussi avait un chum, elle aussi habitait avec lui, et elle aussi ne cessait de me draguer.

Christine ressemblait à une jeune Brigitte Nielsen.  Elle m’invite, après notre quart de travail nocturne, à aller déjeuner à un resto du quartier, car elle a quelque chose d’assez important à me dire. Je trouve ça un peu étrange car nous n’avons jamais été autre chose que camarades de travail, mais bon, j’accepte.  Au resto, elle m’explique qu’elle est célibataire depuis trop longtemps à son goût, elle insiste comme quoi elle ne veut surtout pas de relation de couple stable, mais qu’elle a des manques du côté sexuel, et qu’elle n’est pas du genre à avoir des histoires d’un soir ni de coucher avec n’importe qui.  Voilà pourquoi elle me propose une relation de simple collègues de travail devant tout le monde, mais en privé on serait amants.  Je ne m’attendais certainement pas à ça.

Et tout ça durant les deux ans où j’ai travaillé à cet endroit.  De la part de minces comme de grosses, de petites comme de grandes, de belles comme de laides, de célibataires comme en couple.  Et ce n’est pas parce que j’étais exceptionnellement beau ou athlétique.  Bien au contraire. Voici une photo de moi datant d’avril 1991, soit au beau milieu de cette période. 
Remarquez que ce n’est pas non plus comme si toutes les femmes qui subissent le harcèlement sexuel ou même le viol étaient des top-modèles. 

Ces sept filles représentaient, au meilleur de mes souvenirs, le tiers ou le quart de celles avec qui j’ai travaillé durant cette période.  Et  ceci n’était qu’à mon premier travail.  

À SUBIR

Les femmes et le harcèlement dans la rue: J’ÉTAIS DANS L’ERREUR!

Il y a presque deux ans, j’ai écrit un billet de blog qui a été très mal reçu par certaines lectrices européennes: Lire en public = « Harcelez-moi! » . Dans celui-ci, je cite le billet d’une blogueuse américaine qui se plaint d’être victime de harcèlement lorsqu’elle utilise les transports en commun.   Et elle l’est quotidiennement, une, deux, et même trois fois par jour.  Ce qui démontre bien que les hommes sont majoritairement des néandertaliens attardés machos et harceleur.  Le fait qu’elle se fasse aussi souvent aborder contre son gré le prouve. Tant qu’il y aura des hommes en liberté, une femme ne sera en sécurité nulle part.

À ceci, j’ai émis le doute suivant:  Si c’était vraiment le cas, ça arriverait à toutes les femmes, pas seulement à elle, non?  Je veux dire, la majorité de mes amis sont des femmes, elles prennent les transports en commun quotidiennement, et là-dessus il y en a peut-être deux ou trois qui ont déjà été la cible d’un freak dans le métro ou dans le bus.  Et il y avait généralement plusieurs mois, voire plusieurs années d’écart entre chacun de ces incidents.  Jamais je n’ai entendu l’une d’elle dire que ça lui arrivait aussi souvent qu’à cette blogueuse.

Tout le long de son billet, cette femme décrit le fait qu’elle n’arrive pas à avoir la paix, malgré le fait qu’elle se replie sur elle-même, le nez dans un livre.  Bien que je sois un homme, j’ai été moi-même plusieurs fois été dérangé en public par des gens qui voulaient me faire de la conversation.  Or, les seules fois où ça m’est arrivé, c’était lorsque j’essayais de lire.  J’en suis donc arrivé à la conclusion logique et pertinente que c’est le fait de lire en public qui attire une certaine catégorie de gens à venir nous harceler.  Donc, qu’en essayant de fuir un problème, elle le créé elle-même.  Conclusion: Si elle veut arrêter de se faire harceler, elle doit cesser de lire en public.

Cette conclusion m’a valu, dans la section des commentaires d’un autre de mes billets, de la haine, des insultes, et même de me faire souhaiter de me retrouver en prison dans le but de me faire copieusement sodomiser.  Tout ça parce que j’ai commis le crime de donner, aux femmes qui se font harceler en public, un truc capable de diminuer le nombre de fois où elles se font harceler en public. 

Le problème, c’est qu’en tant que montréalais, je ne peux voir ce qui se passe qu’à Montréal.  Il a fallu que la BD-blogueuse européenne Mirion Malle vienne à Montréal et illustre les points forts de son séjour pour que je comprenne où se situait la faille dans mon raisonnement:

Les québécois respectent la femme beaucoup plus que le font les européens et les américains.  Par conséquent, oui, mes conclusions sont bonnes, et mon truc pour éviter (ou du moins diminuer) le harcèlement public fonctionne…  Mais il ne fonctionne qu’au Québec seulement.  Parce que la réalité de la femme au Québec, c’est autre chose que la réalité des femmes ailleurs sur la planète.

Il faut dire que nous, on a eu droit à La Révolution Féministe de 1993-2003.  C’est probablement ce qui fait toute la différence.

Bref, mea culpa pour mon ignorance culturelle géographique qui fait que j’avais tort à grande échelle.

La conflictuodépendance : La logique derrière l’illogisme.

Comme je l’ai déjà écrit, une personne manifeste sa personnalité  conflictuodépendante lorsqu’elle cherche querelle à autrui en passant à travers les dix étapes successives que voici:

ÉTAPE 1: Cherche la querelle à une personne calme et sans histoire.

ÉTAPE 2: Le motif utilisé pour démarrer les hostilités est tellement anodin qu’il en est insignifiant. 

ÉTAPE 3: Devant le refus de l’autre à entrer dans le conflit, insiste. 

ÉTAPE 4: Envoie des accusations farfelues en prétendant connaître les motivations cachées de l’autre.

Et voilà qu’arrive le sujet du billet d’aujourd’hui :

ÉTAPE 5, et celui-ci est non seulement le plus illogique de tous, c’est à partir de ce point que l’on voit qu’il s’agit de conflictuodépendance et non d’une simple querelle banale: Accuse mensongèrement l’autre de quelque chose dont il est lui-même coupable et/ou honteux.

Et en effet, avouez que c’est très illogique. S’il est important pour quelqu’un de descendre les autres plus bas que soi, pourquoi essayer le faire en se tirant dans le pied de cette façon?   Je veux dire, prenez les exemples que j’ai déjà donné dans les billets précédents :

  • Mon père. S’il avait vraiment voulu me descendre, ce n’était pas les arguments qui manquaient. Par exemple, il aurait pu m’engueuler sur le fait que je méprisais le travail physique. Il aurait pu m’accuser d’être un snob qui se croit bien meilleurs que lui.  Un ingrat, alors qu’il me fournit gite et couvert. Ça aurait eu le mérite d’être vrai. Mais non, il choisit plutôt de m’accuser mensongèrement d’être un BS, ce qui est faux dans mon cas, et vrai dans le sien. Et il le fait avec mépris.
  • Pareil pour Geneviève. Elle aurait pu me faire des remarques sur le désordre dans ma chambre, ou du fait que je ne nettoyais jamais la salle de bain après utilisation. Ça aurait eu le mérite d’être vrai. Mais non, elle choisit plutôt de m’accuser mensongèrement d’avoir besoin de soins psychiatriques, ce qui est faux dans mon cas, et vrai dans le sien. Et elle le fait avec mépris.
  • Tamara? Je ne sais pas de quoi elle aurait pu m’accuser car c’était notre première rencontre, elle ne pouvait pas connaître mes travers. N’empêche qu’elle a choisi de m’accuser mensongèrement d’avoir l’esprit fermé envers ceux dont les préférences sexuelles sont différentes des miennes, ce qui est faux dans mon cas, et vrai dans le sien. Et elle l’a fait avec mépris.

Attaquer l’autre sur un défaut qu’ils ont eux-mêmes, ce n’est que la première moitié de l’illogisme de ce comportement. La seconde moitié, c’est leur choix de victime. Car en effet…

  • Si mon père ressentait le besoin de mépriser les BS, pourquoi a t-il choisi de s’attaquer à quelqu’un qui ne l’était pas?
  • Si Geneviève ressentait le besoin de mépriser ceux qui ont besoin de soins psychiatriques, pourquoi a t-elle choisi de s’attaquer à quelqu’un qui avait toujours été sain d’esprit?
  • Si Tamara ressentait le besoin de mépriser les gens qui ont l’esprit fermé, pourquoi a t-elle choisi de s’attaquer à quelqu’un qui avait l’esprit ouvert?

Admettons que mon père s’était attaqué à un BS en le traitant de BS. Le plus qu’il risquait, c’est de se faire répondre : « Heille, t’es su’l’BS toé aussi, fa que t’es pas mieux que moi! » Par sa réponse, mon père entendrait « Toi et moi, sommes à égalité! » Par contre, s’il s’attaque à un travailleur en le traitant de BS, il est évident que ce dernier, piqué au vif par par cette accusation injuste parce que fausse, va immédiatement vouloir lui remettre les pendules à l’heure. Il va donc répliquer : « Non! Je travaille, MOI! Le BS, c’est TOI. » Et ça, aux oreilles de mon père, ça se traduit par : « Je vaux mieux que toi! »  Et c’est ÇA que le conflictuodépendant veut entendre de la part de sa cible.

ÉTAPE 6: … et ainsi, consciemment ou non, manipule l’autre à l’attaquer sur ce point faible et/ou honteux.

Car oui, ce point faible est si honteux qu’il lui cause de terribles complexes.

  • Mon père a du mal à assumer d’être sur le BS. La preuve: C’est avec mépris qu’il lance des accusations à ce sujet.
  • Geneviève a du mal à assumer d’avoir besoin de soins psychiatriques.  La preuve: C’est avec mépris qu’elle lance des accusations à ce sujet.
  • Tamara a du mal à assumer d’être, à ses propres yeux, une salope.  Elle n’a donc pas l’esprit aussi ouvert qu’elle voudrait (se) le faire croire.  La preuve: C’est avec mépris qu’elle lance des accusations à ce sujet.

Où est la logique de chercher à se faire contre-attaquer sur un défaut que l’on a par quelqu’un qui ne l’a pas, surtout si ce défaut nous donne des complexes? Parce que s’il est impossible de fuir le sentiment de mépris lorsqu’il vient de soi-même, il est beaucoup plus facile de l’ignorer si ça vient de quelqu’un d’autre.  Surtout si on arrive à se convaincre soi-même que l’autre a des motivations cachées pour agir ainsi.

Et voilà pourquoi le conflictuodépendant a d’abord passé par l’ÉTAPE 4:  Envoie des accusations farfelues en prétendant connaître les motivations cachées de l’autre.  Parce qu’en combinant l’étape 4 avec la 5 (Accuse mensongèrement l’autre de quelque chose dont il est lui-même coupable et/ou honteux) et la 6 (manipule l’autre à l’attaquer sur ce point faible et/ou honteux), ça lui permet de faire ceci:

  • Mon père sous-entend que mon âge fait de moi un je-sais-tout qui croit détenir la vérité absolue: « Christ d’enfants de cul de tabarnak, il faut toujours qu’ils aillent raison, hostie. » Ainsi, ce n’est plus sa conscience qui le méprise parce qu’il est sur le BS.  C’est moi!  Et moi, il peut prétendre que si je l’attaque là-dessus, c’est à cause que je suis un p’tit christ de jeune qui pense qu’il a tout le temps raison.
  • Geneviève sous entend que je suis misogyne, avec: « Tu l’sais-tu c’est quoi ton vrai problème, toé? C’est que ça t’fais chier de voir qu’une fille sache mieux que toé comment se diriger en ville! » Elle sous-entend que je suis immature avec « Ayoye! Préférer déchirer pis flusher la lettre plutôt que de me laisser la voir. Hostie que t’es bébé, man. C’est vraiment pas la maturité qui t’étouffe. »  Enfin, elle sous-entend que je suis cruel et que j’aime rabaisser les autres, avec: « Tu t’penses ben bon, hein, d’attaquer une fille sur ses points faibles?  […]  C’est drôle, hein? C’est drôle de niaiser une fille sur la période où elle n’a jamais été aussi bas de toute sa vie? Ça t’aides-tu à te sentir supérieur, de varger sur une fille pendant qu’elle est à terre? » Ainsi, ce n’est plus sa conscience qui la méprise parce qu’elle a des troubles psychiatriques.  C’est moi!  Et moi, elle peut prétendre que si je l’attaque là-dessus, c’est à cause que je suis un misogyne, un immature, un chien sale qui aime rabaisser les autres et les frapper pendant qu’ils sont par terre.
  • Et Tamara sous-entend que je la juge et que je la traite de salope.  C’est du moins ce que m’a rapporté mon amante Julie en me disant: « C’est parce que pour elle, le fait que tu lui ais dit que t’étais straight, sans vouloir essayer autre chose, c’est comme si tu lui disais que c’t’une salope d’être bi. » Ainsi, ce n’est plus sa conscience qui la méprise parce qu’elle couche avec n’importe qui.  C’est moi!  Et moi, elle peut prétendre que si je l’attaque là-dessus, c’est à cause que je suis un jugemental a l’esprit fermé qui la traite de salope.

Tant et aussi longtemps que c’était sa propre conscience qui le méprisait pour ce point honteux, le conflictuodépendant ne pouvait pas fuir ce complexe.  Mais là, en remplaçant sa conscience par un bouc émissaire extérieur, et en lui prêtant des intentions malveillantes,  il change cette réalité insupportable contre une qu’ils peut plus facilement assumer.  Et ceci, inconsciemment, était le but véritable du conflictuodépendant. Ce but étant atteint, ils vont à:

ÉTAPE 7: Se victimise en se plaignant comme quoi l’autre l’a l’attaqué sur ce point faible et/ou honteux.

La preuve comme quoi son but était de faire semblant que son complexe est causé par une personne malveillante et non sa propre conscience: À partir du moment où il a atteint ce but, il perd brusquement intérêt au conflit, alors que jusque là il insistait non-stop pour le prolonger .  Il passe donc à:

ÉTAPE 8: Fuit le conflit qu’il a lui-même créé.

Et il le fait à toute vitesse, car il ne faut surtout pas laisser à l’autre le temps de lui remettre la vérité en face. C’est ce qu’a fait…:

  • Mon père, qui quitte la pièce et la maison en gueulant, m’interrompant alors que je lui disais ses quatre vérités.
  • Geneviève, qui part s’enfermer dans sa chambre et hurle pour s’assurer qu’elle ne puisse plus m’entendre répliquer.
  • Tamara, qui met la musique à tue-tête dans l’auto, empêchant la conversation de continuer.

Il ne leur reste plus qu’à s’assurer que l’autre ne contamine pas leurs amis communs avec la vérité sur leur conflit. D’où:

ÉTAPE 9: Cherche à rallier leur entourage commun contre l’autre.

Dans ce but, la personne conflictuodépendante se montrera soudain très amicale, gentille, complice et proche avec leurs amis communs.  Elle ne manquera pas de glisser à chacun, au détour de conversations, les conclusions qu’elle a si sophistement créées à l’étape 4, comme quoi la raison du conflit est que l’autre est un prétentieux, un misogyne, un salaud qui aime rabaisser les autres, etc. Bref, n’importe quoi sauf reconnaître son propre comportement de merde, et encore moins reconnaître qu’il est causé par ses propres complexes.  L’important, c’est de convaincre les gens que l’autre est une personne tellement méprisable que toute opinion de sa part ne devrait avoir aucune valeur.

ÉTAPE 10: Cherche à rendre l’autre coupable de s’être défendu, et (s’il le peut) le punit pour l’avoir fait.

Normal: L’autre est celui qui connait la vérité à son sujet.  Il faut donc l’éliminer car il en sait trop, ou du moins l’amener à prendre sur soi tous les torts en relation avec cette querelle.

Mais bon, comme tous ceux qui ont un problème de comportement, la personne conflictuodépendante ne peut s’empêcher d’être ce qu’elle est.  Tôt ou tard, elle recommencera à chercher querelle à son entourage, en commençant généralement (et illogiquement) par ceux à qui elle s’est plaint le plus de son conflit précédent.

Autrement dit, même si vous ne vous débarrassez pas de cette personne toxique parce que vous êtes patient et compréhensif, sa dépendance aux conflits l’obligera éventuellement à prendre ses distances avec vous.  Et elle le fera en vous faisant porter la responsabilité pour le conflit qu’elle ira elle-même mettre entre vous.

Je Suis Char…rié par les médias.

Je ne suis pas directement concerné par le conflit entre Charlie Hebdo et les tueurs de l’état islamique. Dans le sens que ma vie n’est pas en danger.  Sûr, comme des milliers de personnes, j’ai arboré un Je suis Charlie sur mon Facebook pendant quelques jours, parce que je trouvais aberrant que l’on tue douze personnes, dont deux de mes idoles de jeunesse, à cause de quelques dessins. Mais à part ça, je n’ai aucun parti pris. Je ne suis pas un militant de la liberté d’expression.  Oui, je suis pour, mais je considère que ça ne devrait pas être une excuse pour dire n’importe quoi.  Et bien que je sois croyant, je n’adhère à aucune religion. Je n’ai donc rien d’un théologicien. La preuve, c’est qu’en soulignant ce mot en rouge lorsque je l’ai écrit, Word m’a démontré qu’il n’existe même pas.
Non, comme la majorité, je suis juste un gars du public. Et nous, du public, plus le temps passe, et moins on s’y retrouve dans toute cette histoire.

Un jour, on apprend que deux-trois musulmans ont tué des gens dont le crime fut de caricaturer leur prophète. Le lendemain, plein de chefs religieux musulmans condamnent l’attentat, assurant la population que ces tristes individus ne représentent en rien l’Islam, et que cette religion en est une de paix. Quelques jours plus tard, d’autres tueries en relation avec Charlie Hebdo sont perpétrées au nom de l’Islam. Un jour, on nous dit que nulle part dans le Coran on ne fait mention de l’interdiction de caricaturer le prophète. Le lendemain, reportage à la télé comme quoi il y a eu huit nouveaux morts, en réaction à de nouvelles caricatures du prophète qui insultent le Coran.

D’un côté on est pour le respect de la liberté d’expression. De l’autre, on déplore que l’on profite de la liberté d’expression pour manquer de respect aux autres. D’un côté, on insulte la religion des autres, ce qui provoque des assassinats, ce qui est inacceptable. De l’autre, si on arrête par peur de se faire tuer, surtout pour de simples dessins d’humour, alors ça signifie que l’on cède au terrorisme, ce qui est inacceptable. D’un côté, on se dit que les véritables fous, ce sont ceux qui sont capables de tuer pour un dessin. Et d’un autre côté, on se dit que les fous, ce sont ceux qui font des dessins dans le but de provoquer ceux que l’on sait capables de tuer pour un dessin.

Et pendant ce temps-là, à tous les jours, le public voit le conflit escalader, et il angoisse comme jamais car il lui est impossible de prendre position. Parce que tout ce qu’on lui dit, on le lui contredit aussitôt. Parce que de la façon dont les deux parties réagissent, il est impossible de distinguer les bons des méchants. Parce que d’un côté, tout le monde a tort de rester sur ses positions. Et de l’autre côté, tout le monde a raison de rester sur ses positions. D’un côté, ce que je viens de dire est illogique et impossible. Et de l’autre côté, on n’a qu’à voir les nouvelles dans les journaux et à la télé pour constater que ça n’en demeure pas moins les faits et la réalité.

Il y a cinq ans, j’ai écrit un billet au sujet d’un principe que j’ai nommé La Lâcheté Davidienne, une technique qui consiste à attaquer sans cesse une cible beaucoup plus forte que nous, de façon à ce que, quoi qu’il fasse, il perde aux yeux de l’opinion publique. Par exemple, une faible femme de 5 pieds 2 pesant 110 lbs qui se mettrait soudain à frapper son conjoint de 6 pieds et 250 lbs:

  • Il ne lui rend pas ses coups? Hey, tout le monde, regardez ce lâche qui se laisse tabasser par une faible femme.
  • Il la frappe ou se contente de l’immobiliser? Hey, tout le monde, regardez ce lâche qui s’en prend physiquement à une faible femme.
  • Il se contente de partir? Hey, tout le monde, regardez ce lâche qui fuit devant une faible femme.

Remplacez la femme par Charlie Hebdo, les coups par leurs caricatures de Mahomet, et le mari par l’Islam. C’est la même situation : Un faible qui s’attaque à plus grand que lui en criant « Même pas peur! » Ou bien il gagne et devient un héros dont le courage mobilise la foule contre sa cible. Ou bien il perd et devient un martyr dont le courage mobilise la foule contre sa cible. D’une certaine façon, on peut se dire que c’est admirable car c’est ce qu’a fait Martin Luther King en se battant pour les droits des noirs aux États Unis. À ceci près qu’il y a une sacrée différence entre réclamer le droit à l’égalité sociale, et réclamer le droit d’insulter la religion des autres.

Vous savez quoi? Je pense que Charlie Hebdo est un conflictuodépendant. 

 Il dépend du conflit pour vivre, alors il l’alimente.

Le mouvement « Je suis Charlie » et les cyniques.

Avez-vous remarqué qu’à chaque fois que les gens apportent leur soutient à une cause, il y a toujours des imbéciles pour essayer de les freiner à coup de sophismes?



En fait, non, ce ne sont pas des imbéciles. Ce sont juste des gens qui ont peur de se faire juger pour ne pas avoir joint la cause en question.  Ils tentent alors de se justifier en contre-attaquant ceux qui l’ont joint. Or, quand on contre-attaque avant même d’être attaqué, c’est parce que consciemment ou non, on considère que les autres ont de bonnes raisons de nous faire des reproches.  Et quand on se sent comme ça, c’est signe que l’on n’a pas la conscience tranquille. On agit alors en imbécile, en attaquant ceux dont le seul crime a été de vouloir apporter un soutien moral à autrui.

On peut ne pas croire en une cause.  On peut y être indifférent.  On peut même être contre.  C’est normal et acceptable. Mais quand on attaque ceux qui sont pour, même s’ils ne nous ont jamais demandé de faire comme eux, alors on a un sérieux problème de personnalité.

Aujourd’hui, je suis Charlie!

Il y a de ces hasards, tout de même!

En 1981, à 14 ans, j’ai découvert les magazines Charlie et Hara Kiri. J’y ai découvert Cabu, Wolinski, Reiser, Gébé, Schlingo, et plein d’autres grands artistes aujourd’hui disparus.  Des artistes qui m’ont influencé à faire de la BD.  Des artistes irrévérencieux qui m’ont influencés avec leur style d’humour dans lequel tout est permis.

En 1995, je publiais mon propre fanzine de textes et BD de goût douteux, nommé Requin Roll.

Il y a un an, j’ai décidé d’en mettre les pages sur le web. 

Il y a un mois et demi, j’ai hésité à poursuivre cet exercice.  J’ai interrompu la mise au web de Requin Roll numéro 3.  Sans pour autant être honteux de mon passé, je me demandais si c’était une bonne idée de mettre ces BD sur le web, puisque ça pourrait choquer quelques sensibilités.  Par exemple, dans la BD intitulée Robocock, on y retrouve du sexe, des morts violentes, des obèses morbides, de la pédophilie, et le tout traité avec humour.

Hier, cette BD que j’ai dessinée il y a 20 ans, cette BD dans lequel des fanatiques religieux font irruption dans les bureaux d’un journal parce qu’ils étaient offensés de son contenu, s’est révélée étrangement prophétique.

Aujourd’hui, j’ai honte de m’être censuré alors que ces artistes sont mort pour leur liberté d’expression.  Ces artistes sans qui Requin Roll n’aurait pas pu exister. 

Aujourd’hui, je mets les 7 pages de cette BD sur le web, en version originale, sans censure, en l’honneur de ceux qui m’ont inspirés à faire de la BD irrévérencieuse et dénonciatrice qui attaque avec humour les travers de tous ces bien-pensants qui utilisent la haine et la violence pour nous imposer leur vision de l’amour et du respect.

Aujourd’hui, je suis Charlie!

(Pour voir cette BD: http://requinroll.wordpress.com/2015/01/08/aujourdhui-je-suis-charlie/)

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