La conflictuodépendance : La logique derrière l’illogisme.

Comme je l’ai déjà écrit, une personne manifeste sa personnalité  conflictuodépendante lorsqu’elle cherche querelle à autrui en passant à travers les dix étapes successives que voici:

ÉTAPE 1: Cherche la querelle à une personne calme et sans histoire.

ÉTAPE 2: Le motif utilisé pour démarrer les hostilités est tellement anodin qu’il en est insignifiant. 

ÉTAPE 3: Devant le refus de l’autre à entrer dans le conflit, insiste. 

ÉTAPE 4: Envoie des accusations farfelues en prétendant connaître les motivations cachées de l’autre.

Et voilà qu’arrive le sujet du billet d’aujourd’hui :

ÉTAPE 5, et celui-ci est non seulement le plus illogique de tous, c’est à partir de ce point que l’on voit qu’il s’agit de conflictuodépendance et non d’une simple querelle banale: Accuse mensongèrement l’autre de quelque chose dont il est lui-même coupable et/ou honteux.

Et en effet, avouez que c’est très illogique. S’il est important pour quelqu’un de descendre les autres plus bas que soi, pourquoi essayer le faire en se tirant dans le pied de cette façon?   Je veux dire, prenez les exemples que j’ai déjà donné dans les billets précédents :

  • Mon père. S’il avait vraiment voulu me descendre, ce n’était pas les arguments qui manquaient. Par exemple, il aurait pu m’engueuler sur le fait que je méprisais le travail physique. Il aurait pu m’accuser d’être un snob qui se croit bien meilleurs que lui.  Un ingrat, alors qu’il me fournit gite et couvert. Ça aurait eu le mérite d’être vrai. Mais non, il choisit plutôt de m’accuser mensongèrement d’être un BS, ce qui est faux dans mon cas, et vrai dans le sien. Et il le fait avec mépris.
  • Pareil pour Geneviève. Elle aurait pu me faire des remarques sur le désordre dans ma chambre, ou du fait que je ne nettoyais jamais la salle de bain après utilisation. Ça aurait eu le mérite d’être vrai. Mais non, elle choisit plutôt de m’accuser mensongèrement d’avoir besoin de soins psychiatriques, ce qui est faux dans mon cas, et vrai dans le sien. Et elle le fait avec mépris.
  • Tamara? Je ne sais pas de quoi elle aurait pu m’accuser car c’était notre première rencontre, elle ne pouvait pas connaître mes travers. N’empêche qu’elle a choisi de m’accuser mensongèrement d’avoir l’esprit fermé envers ceux dont les préférences sexuelles sont différentes des miennes, ce qui est faux dans mon cas, et vrai dans le sien. Et elle l’a fait avec mépris.

Attaquer l’autre sur un défaut qu’ils ont eux-mêmes, ce n’est que la première moitié de l’illogisme de ce comportement. La seconde moitié, c’est leur choix de victime. Car en effet…

  • Si mon père ressentait le besoin de mépriser les BS, pourquoi a t-il choisi de s’attaquer à quelqu’un qui ne l’était pas?
  • Si Geneviève ressentait le besoin de mépriser ceux qui ont besoin de soins psychiatriques, pourquoi a t-elle choisi de s’attaquer à quelqu’un qui avait toujours été sain d’esprit?
  • Si Tamara ressentait le besoin de mépriser les gens qui ont l’esprit fermé, pourquoi a t-elle choisi de s’attaquer à quelqu’un qui avait l’esprit ouvert?

Admettons que mon père s’était attaqué à un BS en le traitant de BS. Le plus qu’il risquait, c’est de se faire répondre : « Heille, t’es su’l’BS toé aussi, fa que t’es pas mieux que moi! » Par sa réponse, mon père entendrait « Toi et moi, sommes à égalité! » Par contre, s’il s’attaque à un travailleur en le traitant de BS, il est évident que ce dernier, piqué au vif par par cette accusation injuste parce que fausse, va immédiatement vouloir lui remettre les pendules à l’heure. Il va donc répliquer : « Non! Je travaille, MOI! Le BS, c’est TOI. » Et ça, aux oreilles de mon père, ça se traduit par : « Je vaux mieux que toi! »  Et c’est ÇA que le conflictuodépendant veut entendre de la part de sa cible.

ÉTAPE 6: … et ainsi, consciemment ou non, manipule l’autre à l’attaquer sur ce point faible et/ou honteux.

Car oui, ce point faible est si honteux qu’il lui cause de terribles complexes.

  • Mon père a du mal à assumer d’être sur le BS. La preuve: C’est avec mépris qu’il lance des accusations à ce sujet.
  • Geneviève a du mal à assumer d’avoir besoin de soins psychiatriques.  La preuve: C’est avec mépris qu’elle lance des accusations à ce sujet.
  • Tamara a du mal à assumer d’être, à ses propres yeux, une salope.  Elle n’a donc pas l’esprit aussi ouvert qu’elle voudrait (se) le faire croire.  La preuve: C’est avec mépris qu’elle lance des accusations à ce sujet.

Où est la logique de chercher à se faire contre-attaquer sur un défaut que l’on a par quelqu’un qui ne l’a pas, surtout si ce défaut nous donne des complexes? Parce que s’il est impossible de fuir le sentiment de mépris lorsqu’il vient de soi-même, il est beaucoup plus facile de l’ignorer si ça vient de quelqu’un d’autre.  Surtout si on arrive à se convaincre soi-même que l’autre a des motivations cachées pour agir ainsi.

Et voilà pourquoi le conflictuodépendant a d’abord passé par l’ÉTAPE 4:  Envoie des accusations farfelues en prétendant connaître les motivations cachées de l’autre.  Parce qu’en combinant l’étape 4 avec la 5 (Accuse mensongèrement l’autre de quelque chose dont il est lui-même coupable et/ou honteux) et la 6 (manipule l’autre à l’attaquer sur ce point faible et/ou honteux), ça lui permet de faire ceci:

  • Mon père sous-entend que mon âge fait de moi un je-sais-tout qui croit détenir la vérité absolue: « Christ d’enfants de cul de tabarnak, il faut toujours qu’ils aillent raison, hostie. » Ainsi, ce n’est plus sa conscience qui le méprise parce qu’il est sur le BS.  C’est moi!  Et moi, il peut prétendre que si je l’attaque là-dessus, c’est à cause que je suis un p’tit christ de jeune qui pense qu’il a tout le temps raison.
  • Geneviève sous entend que je suis misogyne, avec: « Tu l’sais-tu c’est quoi ton vrai problème, toé? C’est que ça t’fais chier de voir qu’une fille sache mieux que toé comment se diriger en ville! » Elle sous-entend que je suis immature avec « Ayoye! Préférer déchirer pis flusher la lettre plutôt que de me laisser la voir. Hostie que t’es bébé, man. C’est vraiment pas la maturité qui t’étouffe. »  Enfin, elle sous-entend que je suis cruel et que j’aime rabaisser les autres, avec: « Tu t’penses ben bon, hein, d’attaquer une fille sur ses points faibles?  […]  C’est drôle, hein? C’est drôle de niaiser une fille sur la période où elle n’a jamais été aussi bas de toute sa vie? Ça t’aides-tu à te sentir supérieur, de varger sur une fille pendant qu’elle est à terre? » Ainsi, ce n’est plus sa conscience qui la méprise parce qu’elle a des troubles psychiatriques.  C’est moi!  Et moi, elle peut prétendre que si je l’attaque là-dessus, c’est à cause que je suis un misogyne, un immature, un chien sale qui aime rabaisser les autres et les frapper pendant qu’ils sont par terre.
  • Et Tamara sous-entend que je la juge et que je la traite de salope.  C’est du moins ce que m’a rapporté mon amante Julie en me disant: « C’est parce que pour elle, le fait que tu lui ais dit que t’étais straight, sans vouloir essayer autre chose, c’est comme si tu lui disais que c’t’une salope d’être bi. » Ainsi, ce n’est plus sa conscience qui la méprise parce qu’elle couche avec n’importe qui.  C’est moi!  Et moi, elle peut prétendre que si je l’attaque là-dessus, c’est à cause que je suis un jugemental a l’esprit fermé qui la traite de salope.

Tant et aussi longtemps que c’était sa propre conscience qui le méprisait pour ce point honteux, le conflictuodépendant ne pouvait pas fuir ce complexe.  Mais là, en remplaçant sa conscience par un bouc émissaire extérieur, et en lui prêtant des intentions malveillantes,  il change cette réalité insupportable contre une qu’ils peut plus facilement assumer.  Et ceci, inconsciemment, était le but véritable du conflictuodépendant. Ce but étant atteint, ils vont à:

ÉTAPE 7: Se victimise en se plaignant comme quoi l’autre l’a l’attaqué sur ce point faible et/ou honteux.

La preuve comme quoi son but était de faire semblant que son complexe est causé par une personne malveillante et non sa propre conscience: À partir du moment où il a atteint ce but, il perd brusquement intérêt au conflit, alors que jusque là il insistait non-stop pour le prolonger .  Il passe donc à:

ÉTAPE 8: Fuit le conflit qu’il a lui-même créé.

Et il le fait à toute vitesse, car il ne faut surtout pas laisser à l’autre le temps de lui remettre la vérité en face. C’est ce qu’a fait…:

  • Mon père, qui quitte la pièce et la maison en gueulant, m’interrompant alors que je lui disais ses quatre vérités.
  • Geneviève, qui part s’enfermer dans sa chambre et hurle pour s’assurer qu’elle ne puisse plus m’entendre répliquer.
  • Tamara, qui met la musique à tue-tête dans l’auto, empêchant la conversation de continuer.

Il ne leur reste plus qu’à s’assurer que l’autre ne contamine pas leurs amis communs avec la vérité sur leur conflit. D’où:

ÉTAPE 9: Cherche à rallier leur entourage commun contre l’autre.

Dans ce but, la personne conflictuodépendante se montrera soudain très amicale, gentille, complice et proche avec leurs amis communs.  Elle ne manquera pas de glisser à chacun, au détour de conversations, les conclusions qu’elle a si sophistement créées à l’étape 4, comme quoi la raison du conflit est que l’autre est un prétentieux, un misogyne, un salaud qui aime rabaisser les autres, etc. Bref, n’importe quoi sauf reconnaître son propre comportement de merde, et encore moins reconnaître qu’il est causé par ses propres complexes.  L’important, c’est de convaincre les gens que l’autre est une personne tellement méprisable que toute opinion de sa part ne devrait avoir aucune valeur.

ÉTAPE 10: Cherche à rendre l’autre coupable de s’être défendu, et (s’il le peut) le punit pour l’avoir fait.

Normal: L’autre est celui qui connait la vérité à son sujet.  Il faut donc l’éliminer car il en sait trop, ou du moins l’amener à prendre sur soi tous les torts en relation avec cette querelle.

Mais bon, comme tous ceux qui ont un problème de comportement, la personne conflictuodépendante ne peut s’empêcher d’être ce qu’elle est.  Tôt ou tard, elle recommencera à chercher querelle à son entourage, en commençant généralement (et illogiquement) par ceux à qui elle s’est plaint le plus de son conflit précédent.

Autrement dit, même si vous ne vous débarrassez pas de cette personne toxique parce que vous êtes patient et compréhensif, sa dépendance aux conflits l’obligera éventuellement à prendre ses distances avec vous.  Et elle le fera en vous faisant porter la responsabilité pour le conflit qu’elle ira elle-même mettre entre vous.

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A propos Steve Requin

Auteur, blogueur, illustrateur, philosophe amateur et concierge de profession.
Cet article a été publié dans Ces filles à éviter, Ces gars à éviter, Dose de Réalité, Fait vécu, Psychologie et comportement social, SÉRIE: La conflictuodépendance. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

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