Comment je ne suis pas devenu pompier volontaire

Ça remonte à il y a environ 4 ans. À ce moment-là, j’étais entre deux emplois et je venais de terminer le manuscrit de mon livre Le sucre rouge de Duplessis.  J’habitais depuis deux ans dans un petit village agricole nommé Saint-Jean-Baptiste, situé derrière le Mont-Saint-Hilaire.  J’ai vu dans le journal local que l’on recherchait des pompiers volontaires. En sachant que mon père et mon grand-père l’avaient déjà été eux-mêmes dans leurs jeunesses, je me suis dit que ce serait bien de continuer la tradition.  

Au Québec, l’expression « avoir le feu au cul » signifie être enragé.

Quelle est la différence entre sapeur-pompier et pompier volontaire ?
Un sapeur-pompier est un pompier de carrière. Il reçoit un salaire, et ce, qu’il soit appelé à un incendie ou non. Tandis qu’un pompier volontaire, c’est quelqu’un qui occupe une autre carrière que pompier. Mais qui va tout de même répondre à l’appel lors d’un incendie. Au lieu de recevoir un salaire, il recevra une rémunération pour les jours où il a été appelé sur les lieux d’un incendie.

J’appelle à la caserne des pompiers volontaires de Saint-Jean-Baptiste. Je m’y pointe au jour et à l’heure du rendez-vous.  Il n’y a pas le moindre camion de pompier. À la place, l’espace est occupé par une grande table de vingt places. Je rencontre le chef, un homme costaud dans la cinquantaine. Ainsi que son assistant, un maigrichon à qui je ne donne pas plus que 30 ans.  

Le chef sort quelques papier d’une chemise à dossier. Puis, il commence à me poser la question la plus pertinente :  

« D’après toi, qu’est-ce que ça prend pour être un bon pompier volontaire? »
«  Tout d’abord, comme le nom l’indique, il faut être volontaire. C’est-à-dire être prêt à tout laisser tomber pour se diriger le plus vite possible sur le lieu de l’incendie dès qu’on a un appel.  Ou bien à la caserne, là où est notre équipement, si on ne peut pas l’avoir déjà chez soi. » 
«  Très bien. Et ensuite? »
«  Ensuite  ça prend une bonne forme physique. Il faut être costaud, parce que les lances d’incendie ont une très forte pression, et ce n’est pas toujours facile à contrôler.  Je vais régulièrement au gym, donc ça va pour moi de ce côté-là. À part ça, eh bien, il faut de la discipline. Parce que je suis surtout là pour donner un coup de main au sapeur-pompiers.  Je dois donc obéir aux ordres, de manière à ne pas être dans leur chemin, ni faire obstacle à leur travail. Et surtout, je ne vais pas essayer de jouer au héros. Je dois me tenir à l’écart du danger. Je ne suis pas là pour devenir moi-même une personne à secourir, mais bien pour assister les professionnels à secourir les victimes, s’il y en a. » 

Le chef hoche la tête, approuvant ce que j’ai dit.

« Ce sont de très bonnes réponses. As-tu déjà été pompier volontaire avant ? » 
«  Non, mais ça me semble logique que les choses se déroulent comme ça. » 

Ensuite, le chef commence à me poser toutes sortes de questions d’usage afin de remplir ma fiche de candidature. Mon nom, mon âge, mon occupation première, mes coordonnées, ce genre de trucs.  

Puis, arrive LA question, celle que j’ai toujours eu en horreur.

«  Nomme-moi ton plus grand défaut. » 

Pendant deux décennies, je ne voyais pas la logique derrière cette question. Surtout que je me doute bien qu’elle pourra servir d’excuse à l’employeur potentiel pour ne pas m’embaucher. Ce qui me semble plutôt contre-productif, lorsqu’ils sont en manque de personnel.  

Jusqu’au jour où je me suis imaginé être à la place des recruteurs. Je me suis demandé quelle seraient les raisons pourquoi je poserais une telle question. Quel serait mon avantage à connaître ce détail. Après tout, chaque personne a des défauts qui lui sont propres. En quoi est-ce que ça peut affecter ta carrière, si tu ne fais jamais ton lit, ou si tu manges trop ?

C’est là que j’ai fini par comprendre. Ce que l’on cherche ici, ce n’est pas le défaut. C’est de voir avec quelle facilité ou difficulté le candidat est capable d’admettre ses torts. Car il n’y a rien de plus contreproductif dans un boulot que d’être pris avec un employé trop orgueilleux pour reconnaitre et corriger ses erreurs.

Et cela m’a permis de trouver la réponse parfaite. À la fois parfaite aux oreilles de celui qui me passe en entrevue d’embauche. Et parfaite pour moi, car celle-ci me permet de cerner plus facilement l’environnement de travail.

Cette réponse étant en deux parties, je commence par répondre la première.

«  Je n’en ai pas ! » 

Aussitôt, avec un air bête et une arrogance qui transparaît dans sa voix, l’assistant intervient, en imitant un signal d’alarme : 

« BEEEEEP!  Mauvaise réponse ! »

Et voilà ! En le voyant réagir ainsi, j’ai aussitôt compris à quel genre de personne j’avais à faire. Un prétentieux ! Un arrogant ivre de pouvoir. Un conflictuodépendant qui cherche à confronter les gens et à les prendre en défaut. Bref, le genre de personne qui crée une ambiance toxique au travail.  Et s’il y a un endroit où ce genre de choses peut faire le plus de mal, c’est justement dans une profession qui demande à sauver des vies. 

Vous allez probablement dire « Oui, mais ta propre réponse, comme quoi tu prétends n’avoir aucun défaut, est également un signe de prétention. » Et bien non justement, car c’est là qu’arrive la seconde partie de ma réponse, que je donne au chef.  

«  Je comprends que la raison pour laquelle vous voulez des candidats capables de reconnaître leurs défauts, c’est pour éviter de vous retrouver coincés avec des amateurs qui pensent en savoir plus que les professionnels. Le genre de personnes qui ne vont pas vous écouter et voudront en faire à leur tête, malgré le fait qu’ils n’y connaissent rien. Et dans un travail comme celui-là, où des vies en dépendent, ce n’est pas le temps ni l’endroit de s’obstiner en ne voulant rien entendre.

Mais moi, la raison pour laquelle je vous dis ça, c’est parce que dans les différentes occupations que j’ai eu dans ma vie, comme tout le monde, il m’est arrivé de me faire dire qu’il y avait un défaut dans mon attitude ou ma façon de travailler. À ce moment-là, je modifiais mon attitude ou bien ma manière de travailler. Ainsi, ça régleait le problème. Par conséquent, mes défauts n’existaient plus. Et c’est pour ça que je peux me permettre de vous dire que, jusqu’à nouvel ordre dans un nouveau milieu de travail, effectivement, pour le moment, je n’en ai pas. Et lorsque j’en aurai, je les corrigerai, et je n’en aurai plus. » 

J’aurais pu terminer là. Or, je ne pouvais pas me taire. Et la raison, c’est que peu importe le milieu où j’évolue, qu’il soit social, romantique ou professionel, s’il y a deux comportement que je suis incapable de supporter, c’est l’arrogance et la bullshit.

Comme je le dis plus haut, ma réponse en deux temps est une sorte de test pour les gens qui me passent en entrevue. Parce que leur réaction spontanée à mon affirmation comme quoi je n’ai pas de défauts, ça va me tracer un portrait précis de la personnalité de l’autre, donc de l’ambiance de travail à laquelle je dois m’attendre. Si la réaction avait été amusée ou bien intriguée, j’aurais pu m’attendre à une ambiance sympa. Mais la réaction de l’assistant était une opposition spontanée. Une confrontation. Une accusation. Et surtout, la manifestation d’un esprit fermé qui ne veut rien entendre. Bref, de la tyrannie. Et ça, c’est quelque chose que je ne laisserai jamais passer. Car dès que tu l’acceptes une fois, tu dois t’attendre à la subir non-stop par la suite.

Aussi, pour tuer la chose dans l’oeuf, j’ajoute un truc plein de bonne volonté. 

«  Étant donné que vous ne me connaissez pas, je comprends que c’est facile pour moi, de vous dire que j’écoute, afin de corriger mes défauts. N’importe qui peut prétendre ça. Mais je peux vous le prouver tout de suite » 

Je me retourne face à l’assistant, et je m’adresse à lui. Et alors que je donnais du VOUS au chef, je me limite au TU avec lui, histoire de lui faire comprendre, ne serait-ce qu’au niveau du subconscient, qu’il ne représente aucune autorité à mes yeux.

«  Quand j’ai dit que je n’avais aucun défaut, tu as répondu « BEEEEEP !  Mauvaise réponse. »  Donc, tu affirmes que j’ai des défauts.  Alors puisque je veux les corriger, mes défauts, dis-moi lesquels que j’ai. Vas-y, je t’écoute. » 

Il me regarde sans rien dire pendant un bon cinq secondes, probablement en réalisant que je venais de le prendre au piège, en utilisant ses propres paroles pour le faire.

« Ben là !? » 
« Quoi, Ben là !? … Faut pas hésiter à me le dire. J’ai toujours eu l’esprit ouvert aux commentaires constructifs. » 

Avouer devant moi, et surtout devant son chef, qu’il ne savait pas quels étaient mes défauts, c’eut été admettre qu’il ne savait pas de quoi il parlait en répondant son « BEEEEEP !  Mauvaise réponse ! » Et ça, pour un orgueilleux dans son genre, c’est insupportable. Étant dans l’impossibilité de trouver une réponse qui pourrait le tirer d’embarras, il reste là, sans parler, pendant plusieurs longues secondes.  Je reprends donc la parole. 

«  Et bien? Tu n’es pas capable de me dire c’est quoi mes défauts  » 
«  Ben là, c’est parce que je ne te connais pas. » 

Parfait ! Il m’a dit exactement ce que je voulais qu’il me réponde. Car en m’avouant ceci, il me permet de lui en rajouter une couche.  

« Ah ! D’accord ! Tu ne me connais pas. Mais tu te permets quand même d’affirmer que j’ai des défauts. » 

Je garde le silence une ou deux secondes, tout en continuant de le regarder fixement. Et avant qu’il puisse dire quoi que ce soit, je hoche légèrement la tête en ajoutant.  

« Je vois ! » 

Lorsque quelqu’un affirme quelque chose qui n’est ni à son honneur, ni à son avantage, ces deux mots frappent beaucoup plus que n’importe quelle accusation ou n’importe quel jugement. Parce que justement, dire « Je vois ! », c’est porter un jugement, sans en porter un clairement. En entendant ça, c’est l’autre qui se porte lui-même jugement, en imaginant ce que tu penses de lui.  Et puisque ce genre de personnalité va toujours s’imaginer le pire de toi, alors il va s’imaginer que le jugement que tu lui portes sera aussi pertinent que sans-pitié. Et s’il y a une chose que les pervers narcissiques sont incapables de supporter, c’est d’être mis à jour. Même si c’est seulement dans leur propre imagination. Voilà pourquoi, presque en panique, il tente de rattraper le coup en disant.  

«  Ben là, franchement, personne n’est parfait. Fa que tu peux pas prétendre n’avoir aucun défaut. » 

Ce qui me donne exactement les munitions dont j’avais besoin pour lui asséner le coup de grâce.

« Ah ! d’accord. Tu ne me juges pas sur ce que je suis, ni sur ce que je fais. Tu me juges sur le comportement et sur les agissements des autres. Dans le style de « Certains hommes sont des batteurs de femmes. Donc, si tu es un homme, tu es un batteur de femme. »  

Ce que je démontre ici, c’est que moi, j’ai réussi à défendre mon point avec des arguments logiques. Tandis que lui, est incapable de sortir le moindre argument pertinent pour défendre le sien.

Enfin, alors que mon corps se retourne vers le chef, je continue de regarder l’assistant. Et d’un léger geste de la main, je désigne le chef et moi.

« Donc, finalement, ce que tu nous dis, c’est que tu as des préjugés. »

Et ceci, ces gestes et ces paroles, comme quoi en ce moment c’est LUI qui s’explique devant NOUS, changent complètement la dynamique. Là, ce n’est plus moi qui a à tenter de faire bonne figure devant le chef et l’assistant. C’est l’assistant qui se pète la gueule en échouant à le faire devant son chef et moi.

Puis, ma tête et mon regard reviennent vers le chef. En désignant l’assistant d’un léger signe de tête, je conclus le massacre avec :  

«  En tout cas, lui, on voit tout de suite c’est quoi, son défaut. » 

En faisant ceci, je passe à l’assistant deux messages très clairs. De un, je viens de l’exclure de la discussion.  Et de deux, c’est parce qu’il a utilisé son temps de parole pour démontrer qu’il est trop insignifiant pour faire partie de la conversation.

Le chef me regarde pendant un bon cinq secondes. Le visage complètement figé. Comme s’il avait non seulement de la difficulté à comprendre ce qui était en train de se passer, mais aussi comme s’il n’avait pas la moindre idée de quelle devrait être sa réaction.

Puis, après un rapide soupir, il remet les documents dans son dossier, qu’il ferme. Et il conclut aussi sec l’entrevue sur ces mots. 

«  Ce sera tout. Merci ! » 

Il est vrai qu’après ce qui venait de se passer, c’était sa seule issue possible. Non seulement venais-je de prouver que son assistant était une personne de mauvaise foi, j’ai également démontré que je n’avais aucune hésitation à le confronter avec ses foutaises, sa bullshit comme on dit au Québec. Néanmoins, il reste qu’il était un pompier volontaire d’expérience. Ça le rendait beaucoup plus utile que moi dans ce milieu. Alors même si j’étais justifié d’agir comme je l’ai fait, le chef, en toute logique, ne pouvait pas me prioriser sur lui.

À plusieurs occasions, j’ai utilisé le « Je n’en ai pas ! » comme réponse à la question demandant de nommer nos défauts. Parfois, j’avais comme réplique un étonné « Ah bon ? Explique toi ! » Parfois la personne, ne s’attendant pas à ça, riait. Parfois, j’avais un intrigué « Et qu’est-ce qui te fait dire ça ? » Dans chacun de ces cas, la réaction du recruteur démontrait vouloir en savoir plus. Ce qui fait que je passais aussitôt à la seconde partie de ma réponse. Et à chaque fois, la personne en charge du recrutement voyait la logique dans mes propos. Et à chaque fois, l’environnement de travail entre les employés et la direction était cool, positive.

Mais ça, ce n’est pas quelque chose à laquelle il faut s’attendre de la part d’un membre de la direction qui te coupe la parole, démontrant qu’il ne veut rien savoir, en te lançant un « BEEEEEP ! Mauvaise réponse ! » Car, soyons francs, je vous le demande : en quoi ma réponse était-elle mauvaise ? Provocatrice, d’accord ! Mais mauvaise ? Non !

Je repars donc avec la satisfaction de savoir que je me suis évité un environnement de travail toxique dans lequel mon choix se serait limité à accepter les abus sans rien dire afin de garder la paix. Ou ne pas les accepter, ce qui aurait fait de moi, aux yeux de tous, la source des conflits.

Certaines personnes, en lisant ceci, considéreront que mon comportement durant cette entrevue, c’était ça, mon défaut. J’espère que ce n’est pas votre avis. Car soyons logiques : Lorsque tu es allergique à l’arrogance et à la bullshit, les seules personnes qui peuvent considérer ça comme des défauts, ce sont justement les arrogants et les bullshitteux.

Quand j’étais l’enfoiré du bureau (1 de 4)

C’est facile de se plaindre contre nos collègues de travail. Mais comme dit le proverbe, on peut voir la paille dans l’oeil du voisin, et être aveugle de la poutre dans le sien. Car même si je plaide la totale innocence, n’empêche que dans un boulot en particulier que j’ai occupé il y a près de trente ans, les circonstances ont quelquefois fait de moi l’enfoiré du bureau.

Tous les noms sont bien sûr changés.

Dans la seconde moitié des années 90, j’ai eu une opportunité pour travailler pour le C.U.L, c’est à dire pour Conseillers Ultra-Logiciels, une boite qui offre des services informatiques à d’autres compagnies. À cette époque, Internet faisait ses débuts dans nos foyers.  Soucieux de rester à la page et de pouvoir rejoindre le plus de clients possibles, la compagnie d’aviation Air Canada a décidé d’avoir une page web nommée Cyber Ticket Office, dans laquelle les clients pourraient réserver leur billet eux-même en ligne. De nos jours où tout se fait via le net, ça peut sembler bien anodin. Mais à l’époque, c’était très innovateur. 

L’avantage de faire affaire avec le C.U.L, c’est que les compagnies n’ont pas à dépenser des millions en appareils, personnel et formation. Le C.U.L. possède déjà tout ça.  Air Canada s’adresse donc au C.U.L. qui lui fera de la sous-traitance pour son service de réservations en ligne.

Air Canada voulant offrir le service le plus vite possible, le C.U.L. n’a pas perdu de temps à publier des petites annonces (dans les journaux, à l’époque) pour recruter du personnel. L’annonce a été envoyée à l’interne. Les employés se retrouvaient avec d’intéressants bonus s’ils recrutaient de bons candidats. Une de mes amies, Gina, travaillait pour le C.U.L, elle me l’a proposé. À ce moment-là, j’avais 29 ans et, après un retour aux études, je terminais le Cégep. J’étudiais en lettres, pour me diriger dans le journalisme. Malheureusement, il y avait deux problèmes avec ce choix de carrière. De 1, c’est contingenté. Et de 2, la paye n’est pas si bonne.  Alors lorsque Gina m’a parlé de cette opportunité d’emploi, avec formation incluse et payée, je n’allais pas cracher là-dessus.  Surtout pas à $11.00 de l’heure, car à ce moment-là, le salaire minimum au Québec était de $6.80.

La personne chargée de ma formation s’appelait Benoit. La première semaine, tout se passe bien.  Je prenais les appels pour guider les gens sur la page, s’ils avaient de la difficulté à s’y retrouver. Et je prenais leur renseignement de carte de crédit pour faire le paiement, s’ils craignaient de laisser ces renseignements en ligne. 

Puisqu’il n’y avait que peu d’appels au début, Benoit et moi avions amplement le temps de parler de choses et d’autres. Il m’a avoué qu’il était un peu intrigué, du fait que mes connaissances en informatique étaient nulles. Il est vrai qu’en cette ère de début d’internet dans la population, peu de gens de ma génération avaient touché un ordinateur. Je lui raconte donc comment, quelques années plus tôt, j’avais décidé de retourner aux études. Et pourquoi cette offre d’emploi m’a spontanément fait réorienter ma carrière. Surtout à 11$ de l’heure. 

«  Hein ? Tu gagnes 11$ de l’heure ? » 
«  Oui, je sais bien que c’est juste le salaire d’entrée. Mais ce n’est pas grave, puisque je n’aurai pas à commencer à rembourser mon prêt étudiant avant 6 mois. » 

Pour le reste de la journée, Benoit m’a semblé étrangement silencieux. Même qu’à un moment, il part sans mot dire et me laisse seul pendant plus d’une heure.

 Le lendemain, en entrant au bureau, je me fais aussitôt convoquer par le chef de département.  Celui-ci me dit :

«  Ta formation était supposée durer de 3 à 4 semaines. Sauf que Benoit ne s’occupera plus de ta formation. » 
«  Ah non !? » 
«  Est-ce que c’est Benoit qui t’a demandé ton salaire? » 
«  Non ! Il m’a juste demandé dans quoi j’avais étudié. Je lui ai dit que j’avais étudié en lettre. Il m’a demandé qu’est-ce que je venais faire au C.U.L. alors. Je lui ai répondu qu’en journalisme, j’aurais un salaire bas et instable. Tandis qu’avec ce boulot de C.U.L, j’avais 11$ comme salaire de départ. » 

Le chef me regarde pendant quelques secondes, hochant la tête comme s’il venait de comprendre. Il demande.

« Est-ce que tu sais pourquoi il ne faut jamais parler de salaire avec les collègues de travail ? » 
« Euh… Non ! » 
«  C’est parce que Benoit ne fait pas ton salaire. Il ne gagne pas 11$ de l’heure, lui. » 

Dans mon innocence et ma naïveté, voici ce que je comprends dans ces paroles :

  • Benoit gagne beaucoup plus cher que moi. Ce qui me semble logique, puisque lui programmeur d’expérience, et moi téléphoniste débutant.
  • Ils s’imaginent que je vais prendre ombrage de gagner si peu, comparé à mes collègues.  Aussi, j’essaye de le rassurer.

«  Ben, oui, je comprends ça. C’est normal qu’il gagne beaucoup plus que moi, avec son expérience. Je ne lui ai pas dit ça pour me plaindre. Je le sais bien, que mon salaire est seulement un salaire de débutant. » 
« Non-non-non ! Tu ne comprends pas. Le problème, c’est que Benoit gagne moins cher que toi. » 

Voilà une nouvelle qui me surprend.

« Hein ?  Comment ça ? » 
«  C’est parce que lui, c’est un employé de C.U.L. Il gagne donc le salaire d’un programmeur de C.U.L. qui a 11 ans d’expérience dans le C.U.L. Mais toi, ton salaire, ce n’est pas le C.U.L. qui te le paye.  C’est Air Canada. » 
« Ah bon !? » 

Le chef me raconte qu’hier, Benoit est allé à son bureau lui demander des comptes pendant une bonne heure. Le chef a eu à lui expliquer que la raison pour laquelle Air Canada offrait un si gros salaire, c’est parce qu’ils voulaient s’assurer que le système soit mis en place le plus vite possible. Or, Benoit, fort de ses onze ans d’expérience en programmation informatique dans le C.U.L, prennait très mal de devoir servir de formateur à un gars qui gagne plus cher que lui alors qu’il n’y connait rien.

Pour le C.U.L, il n’était pas question d’augmenter le salaire d’un employé, juste à cause qu’il frustre du fait qu’un autre employé gagne plus que lui. S’ils acceptent ça pour lui, alors tous les autres exigeront la même chose, jusqu’à ce que tous les employés obtiennent le salaire du PDG. Ce qui serait impossible à maintenir. Benoit a donc exigé d’être inclus dans le contrat d’Air Canada. Or, le seul poste disponible dans un avenir rapproché sera téléphoniste, lorsque le volume d’appels augmentera. Benoit a refusé. Lui, un programmeur avec onze ans d’expérience, se retrouver avec le poste le plus bas de gamme de la boite ? C’est une insulte à son expérience.

« Ça me laisse donc avec le problème de devoir lui créer un poste, et d’essayer de faire modifier le contrat avec Air Canada, en essayant de leur faire gober qu’on a absolument besoin de Benoit pour ce poste imprévu au contrat. » 

À la fin de ce sermon, je m’attendais à me faire renvoyer. Mais je me suis seulement fait taper sur les doigts pour avoir divulgué mon salaire. Comme le corbeau de la fable, je jura, honteux et confus, qu’on ne m’y reprendra plus.  

Environ deux semaines plus tard, sur l’heure du dîner, à la cafétéria. J’entends la conversation de la table d’à côté. Ce sont deux programmeurs qui parlent de Benoit.

Le premier raconte au second que Benoit est maintenant rendu au bureau d’Air Canada, dans un des édifices de l’aéroport de Dorval.  Pour lui, on a créé un poste d’agent de liaison.  En gros, c’est pour s’assurer que le contact et les communications entre les ordinateurs de C.U.L. et ceux d’Air Canada passent bien. Le problème, c’est que Benoit habite dans le même quartier que les bureaux du C.U.L. Et ça, c’est à cinquante minutes de route de son nouveau bureau. Du moins, en théorie. Car en réalité, coincé dans le trafic du matin qui avance à pas de tortue, ça va plutôt chercher dans les deux heures. Et c’est pareil pour le retour, à la sortie des bureaux. Et alors que le stationnement du C.U.L. est de 30$ par mois (Ce qui représente environ 3h20 de travail, à son ancien salaire.), là-bas c’est 90$. (Environ 8h00 de travail, malgré son nouveau salaire augmenté.) 

L’obstination de Benoit pour avoir mon salaire lui a causé beaucoup plus de désagréments que d’avantages.  Même s’il a maintenant le même revenu que moi, ses dépenses en parking et en essence font qu’au bout du compte, le montant d’argent qui lui reste après avoir payé tout ça, fait que son revenu est bien en dessous du mien. S’il n’est pas en dessous de son ancien salaire pour commencer. En plus de perdre quatre heures par jour sur la route, cinq jours par semaine.  Son temps libre se trouve ainsi amputé de l’équivalent de deux semaines de travail par mois, qui lui coûtent de l’argent au lieu de lui en rapporter.  

Et bien que le poste de Benoit a dû être inventé, on ne pouvait pas le laisser se tourner les pouces, surtout à ce salaire. Alors désormais, toutes les questions que les téléphonistes ont au sujet du fonctionnement de Cyber Ticket Office doivent être adressés à lui.  Je crois inutile de vous préciser que lorsque ces questions viennent de moi, Benoit les reçoit très mal.  

Il n’y a pas qu’à Benoit que ma présence au C.U.L. causera préjudice. Bientôt, une personne perdra son emploi, et le chef d’équipe perdra la face. Et dans les deux cas, en rapport avec moi.

À SUIVRE

l’Hypocrisie de la fausse noblesse, 3 de 3. Savoir choisir ses batailles.

Dans le billet précédent, je parle de CanicheGrisonnant, un membre de forum qui m’attaque périodiquement en public depuis un an. Et de comment j’ai réussi à lui fermer la gueule une bonne fois pour toute avec une seule petite réplique de huit mots.

CanicheGrisonnant démontre un trait de caractère tellement cliché, qu’on peut le voir chez les trolls de forums depuis la fin des années 90. Quand ça lui prend d’attaquer la réputation d’autrui, ça y va sans retenue EN PUBLIC. Mais dès que les tables sont retournées, ça panique et ça se pisse dessus comme une chienne battue en demandant d’en discuter EN PRIVÉ. Une hypocrisie qui montre de manière flagrante la différence entre ce qu’il prétend être et ce qu’il est vraiment.

Dès le départ, il donne le ton de ce que sera son plaidoyer : plutôt que de prendre ses responsabilités du conflit que lui seul entretient entre nous, il nous en responsabilise tous les deux. Il me sert du « NOUS nous sommes pris en grippe« , demande s’il est possible que « NOUS cessions de se prendre la tête. » … Sauf que, jamais n’ai-je été en querelle avec lui. C’est plutôt lui qui me cherche régulièrement sur le forum, et ce depuis un an. Ce n’est pas un cas de « C’est lui qui a commencé. » C’est un cas de « Je n’ai jamais embarqué. »

Encore une fois, il tente de me responsabiliser à 50% de ses agissements avec son « NOS points de vue divergent. » Dans les faits, jamais je n’ai exprimé la moindre divergence sur ses points de vue. Lui, par contre, ne s’est jamais gêné pour s’opposer publiquement aux miens.

Un bon point pour lui : il s’excuse. Évidemment, il blâme le forum de « l’avoir pris dans son jeu. » Normal ! Ce genre de personne est irresponsable. Il sera donc toujours incapable de reconnaitre ses torts à 100%. Mais bon, il s’en excuse. C’est déjà ça.

Là encore, il me sert du NOUS et du TOI ET MOI, alors que jamais je ne l’ai attaqué, ni en public, ni en privé. Il rajoute une couche de fantaisie en disant que l’on « mise trop souvent sur nos différences pour débattre. » Chose qui n’est jamais arrivé. Jamais lui et moi n’avons débattu sur quoi que ce soir sur le forum. Au contraire. C’est dans la plus grande indifférence que toujours je l’ai laissé chier en public la merde qu’il lançait dans ma direction, et ce sans jamais lui répondre. Mais voilà, c’est une réalité à laquelle il refuse de faire face, car celle-ci l’obligerait à reconnaitre le genre de personne qu’il est vraiment. La preuve réside dans ses tentatives de réécrire la réalité dans une version qui lui convient mieux. Et en essayant de m’en convaincre, il tente une manoeuvre pour laquelle il existe un terme psychologique que l’on connais tous : gaslighting.

Tel que je l’avais prévu, il annonce qu’il va effacer son commentaire.

Et encore une fois, il s’excuse pour son commentaire. Et justement, ceci est la plus grande preuve que sa personnalité, et surtout que son repentir n’est que bidon / foutaise / fake ! Relisez ma réplique :

Les seuls sentiments que l’on peut retrouver là-dedans, ce sont la reconnaissance et la satisfaction. Alors pourquoi s’excuse-t-il comme si je m’étais plaint ? Parce que ça lui donne la justification nécéssaire pour aller « le retirer de ce pas », son commentaire auto-incriminant. La dernière chose qu’il veut, c’est montrer publiquement son vrai visage. Alors s’il est désolé, c’est pour s’être tiré dans le pied de cette manière, et non pour m’avoir rabaissé.

Et là encore, il joue au noble. Démontrant que LUI, il croit que la discussion est possible. Mais que, dans son infinie magnanimité, si je ne partage pas son ouverture d’esprit, il comprendra. Mais il est prêt à y mettre des efforts, LUI. Quelle noblesse !

Ma réponse ? Premièrement, je lui demande de prouver ce qu’il prétend.

Avant de lui remettre les pendules à l’heure au sujet de qui attaque qui depuis un an. Pour se faire, je ne donne qu’un seul exemple, l’un des moins pires, d’ailleurs.

Je lui donne l’opportunité de s’en sortir propre en reconnaissant ses torts. Mais comme il fallait s’y attendre, sa réplique est a la mesure de son plaidoyer : une défense à base de déni des faits et de la réalité.

Tout d’abord, il a totalement ignoré mon défi de trouver le moindre commentaire négatif de ma part contre lui. À la place, il dit :

Où, dans ma réponse, est-ce que je dis n’avoir rien contre lui ? Nulle part ! Il cherche à montrer que je me contredis, quitte à m’inventer des paroles pour pouvoir le faire.

Parlant de m’inventer des paroles : donner un seul exemple de son harcèlement, c’est ça qu’il appelle énumérer beaucoup d’exemples sur son cas ?

Où, dans ma réponse, est-ce que je prétend qu’il cherche des excuses publiques ? Nulle part ! J’ai juste dit que je lui en ferait, s’il arrive à trouver un seul mot négatif de ma part à son sujet. Chose qu’il n’a pas réussi à faire.

C’est ça, ouais ! Il n’a jamais méprisé qui que ce soit, comme le démontre clairement ce commentaire :

De nouveau, il change le sens d’une de mes paroles. Si je lui ai dit que je ne l’ai jamais bloqué, c’est pour dire qu’il a libre accès à la liste de mes interventions sur le forum, chose que l’on retrouve tout en bas de nos profils. Il pige là-dedans une nouvelle opportunité de se peindre en noble qui respecte les gens malgré leurs différences.

Enfin, il me sert ce qui sera la plus pertinente de toutes ses répliques :

Là-dessus, il a bien raison. De par son obstination à nier les faits, tout en continuant d’inventer d’autres faits, alors effectivement, la discussion s’enligne pour être difficile.

Dans le premier billet de cette série, j’explique comment les choses ont changé sur les forums, depuis mes débuts sur le net en 1997. Mais il y a une autre chose qui a beaucoup changé, et dont je n’avais pas encore fait mention.

Cette chose, c’est moi !

Il y a vingt ans et plus, mon interaction avec CanicheGrisonnant se serait passé tout autrement. C’est sans hésitations que j’aurais continué à lui remettre ses foutaises en pleine gueule. Tout ce que vous venez de lire ici. Toutes les contradictions dans son discours que je vous ai étalé. Tous ses mensonges, toutes ses interprétations fantaisistes, son déni de la réalité, ses faux débats, son irresponsabilité. Je lui aurais demandé des comptes pour chacun de ces points, le forçant ou bien à reconnaitre ces faits, ou bien à se montrer comme étant de mauvaise foi. Et tel un pitbull enragé, jamais je n’aurais lâché le morceau, restant immobile sur mes positions, totalement imperturbable. Puisque c’est moi qui possède la vérité dans ce débat, preuves à l’appui.

Mais aujourd’hui, je me suis juste contenté de regarder la chose objectivement. Mon but, c’est d’avoir la paix. Il m’offre la paix. Si le prix de cette paix, c’est d’épargner son Ego, alors soit ! Ce n’est pas trop cher payer.

Je fais donc moi-même dans la fausse noblesse hypocrite, afin de lui dire ce qu’il veut entendre.

Et ça s’est terminé là.

« Cherchant sa vérité » , ouais, quitte à la créer lui-même, dans son cas. Mais bon, lorsqu’une personne fait preuve d’une telle mauvaise foi, on perds son temps à tenter de discuter avec. On ne peut raisonner qu’avec des gens raisonnables.

L’important, c’est qu’après un an à me provoquer, il a vu que si je lui réplique, il va juste perdre la face. Il a compris que dans ces conditions, mieux vaut pour lui de me foutre la paix.

C’est pour ce genre de situation qu’existe le proverbe qui dit que la fin justifie les moyens. Il est vrai que le moyen d’arriver à la paix, ce fut en mettant de côté l’un de mes plus grand principes, celui de se battre pour la vérité. Mais bon, c’est bien beau avoir des principes, il vient un moment dans la vie où on apprend à choisir nos batailles.

Surtout lorsque la guerre est déjà gagnée parce que l’ennemi n’a eu d’autres choix que de se rendre.

L’hypocrisie de la fausse noblesse, 2 de 3.

Ceci est le second billet sur le thème :

… alors que je raconte mes aventures depuis que je suis de retour sur les forums.

Hier, je parlais de CochonnetPuissant, un gars qui a décidé d’être sur mon cas, et ce depuis mes débuts sur un forum de rencontres il y a un an. J’ai décrit comment il a tenté d’utiliser le décès de mon père dans une autre tentative hypocrite de me discréditer publiquement. Et comment ma réponse, également publique, l’a plutôt obligé à faire la paix.

Aujourd’hui, je vais vous parler de CanicheGrisonnant, un forumien de 56 ans. Le genre de personne qui est la preuve vivante que la maturité ne vient pas avec l’âge. Et que l’image bidon qu’une personne cherche à se donner en public est parfois tellement fragile qu’elle peut s’effondrer avec une seule petite réplique objective de seulement huit mots.

Lui aussi, pour une raison qui m’échappe, a décidé de me prendre en grippe, et ce publiquement, depuis un an. Bien que je ne me suis jamais adressé à lui, il réplique souvent à mes commentaires sur les différents sujets des forums. Et ce, toujours de manière négative. Lorsqu’il n’attaque pas mes écrits, il m’attaque personnellement, quand ce n’est pas les deux à la fois.

Vous savez ce que l’on dit : personne n’a jamais ressenti le besoin de rabaisser quelqu’un qui lui est déjà inférieur. Je ne considère donc pas cette personne comme étant une menace. À lui aussi, je donne le traitement de silence. Aucune réplique, sauf lorsqu’il me pose une question directement. Et là encore, mes réponses sont courtes, objectives, sans la moindre trace d’impolitesse, pas même en sous-entendus. Cette stratégie vieille comme le monde a deux buts. Le premier, c’est de démontrer passivement au public lequel de nous deux est respectueux, et lequel est un anus total. Et le second se base sur un principe mille fois prouvé : laisse-lui assez de corde, et il va finir par se pendre avec. 

Ça a pris un an. Mais il a effectivement fini par se pendre avec.

Il y a quelque jours, un membre du forum a démarré un sujet : « Votre mode de séduction. » Il nous demande comment on se comporte lorsque l’on veut séduire. J’ai répondu ceci :

Bien que mon commentaire n’a absolument aucun rapport avec CanicheGrisonnant, il a décidé de le prendre personnel.

Détail que je n’ai pas encore précisé, mais qui a toute son importance ici : CanicheGrisonnant est gai.  Déjà qu’il prend personnel un commentaire qui ne s’adresse pas à lui, pourquoi est-ce qu’il craindrait que les femmes puissent le trouver risible de draguer, alors qu’il ne draguera jamais aucune femme ? Ça n’a aucune logique. Je comprends donc qu’il me cherche encore querelle publique. 

Déjà qu’en tant que gai, il a un avantantage sérieux sur les hommes hétéros. Lui, il peut se permettre de complimenter toutes les femmes du forum, parce que personne ne pourra jamais l’accuser de chercher à les attirer dans son lit. Tout homme héréto qui se permettrait de dire le quart des compliments qu’il leur adresse régulièrement se ferait automatiquement coller l’étiquette de beau parleur, d’hypocrite, de pervers narcissique qui dirait n’importe quoi pour attirer les femmes dans son piège. Bref, son homosexualité contribue à lui donner une excellente réputation en tant que gars le plus sincère du forum. Alors quand un gars comme ça ne cesse de mettre les femmes en garde contre un gars hétéro, on se dit qu’il n’est pas motivé par la rivalité. Son avis a bien plus de poids auprès d’elles. Et là encore, il me semble bien parti pour tenter de me discréditer de cette manière une nouvelle fois.

Ça fait un an qu’il me cherche.  Je pense qu’il est temps qu’il me trouve.

Ce qui est bien avec ces gens-là, c’est à quel point ils sont prévisibles. Ça fait un an que je l’observe, que j’étudie ses commentaires et ses répliques. Pas seulement lorsqu’il me prends pour cible, mais juste son comportement quotidien en général. Ça m’a permis d’en tracer un profil psychologique assez représentatif. Surtout du fait que des personnalités comme la sienne, j’en ai tellement rencontrés que je les connais par coeur. Je sais ce qui les motive. Je sais ce qui les fait réagir. Et surtout, je sais comment ils réagissent. Je sais donc exactement ce que je dois faire pour le manipuler à se tirer dans le pied.

J’écris ma réplique. Elle est en trois parties.

Premier paragraphe : J’éclaircis ce propos de mon cru qui l’a fait tiquer. Ça va l’inciter à vouloir répondre.

Second paragraphe : De par mes observations de la dernière année, j’ai constaté qu’il exprimait souvent son mépris pour ceux qui souffrent du complexe de Caliméro. C’est à dire les gens qui se plaignent que la vie et les autres sont trop injustes avec eux. En écrivant quelque chose dans ce style, il ne pourra pas résister à l’envie de m’attaquer là-dessus.

Troisième paragraphe : Celui-ci est le plus important. Si je veux le manipuler à se montrer sous son vrai jour. Je dois dénoncer D’AVANCE la mauvaise foi de sa campagne de salissage envers moi. Le défi ici est de le faire de manière à ce qu’il ne puisse pas s’en rende compte avant qu’Il soit trop tard.

Et le plus habile dans ma réplique : bien que chacun des paragraphes soit rédigé de manière à faire réagir CanicheGrisonnant, ils répondent tiut de même au sujet de discussion. Ainsi, si je me trompe au sujet de CanicheGrisonant, il n’aura aucune raison d’y répliquer, encore moins de la manière dont je m’y attend. Je garde donc ouverte la possibilité que je puisse me tromper à son sujet.

Or, avec les gars dans ce genre-là, lorsque l’on s’attend à du négatif, on ne se trompe jamais à leur sujet.

Il ne me reste plus qu’à copier-coller la riposte finale que j’avais préparée d’avance.

Aucune défense. Aucune attaque. Aucune insulte.  Aucun mépris.  Une seule phrase objective, composée de huit petits mots clairs, nets, précis. Une réplique implacable. Jamais il ne sera capable de nier qu’effectivement, mon second paragraphe décrit son comportement. Et ni lui ni personne ne peut nier que mon troisième paragraphe a effectivement annoncé d’avance ce qu’il vient de faire. Et ça, c’est le pire affront que l’on puisse faire à quelqu’un qui se donne des airs de supériorité sur autrui : démontrer qu’il est prévisible.

Et son comportement rend tellement évident le fait que mon commentaire final répond au sien, que je n’ai même pas besoin d’y inclure son nom. Tout le monde le voit clairement.

Ces huit petits mots mettent à jour son harcèlement de manière tellement flagrante, que ça invalide automatiquement tout ce qu’il écrit contre moi. Désormais, chacune de ses attaque devient une preuve contre lui. Et aucun argument ne peut contredire ce fait.

Un gars comme CanicheGrisonnant est juste trop orgueilleux pour laisser passer ça sans rien faire. Une situation qui le dépeint sous son vrai jour de manière tellement flagrante qu’il n’y a aucun déni possible, c’est insupportable pour lui. Fort de mon expérience avec ce genre de personne, je sais qu’il n’y a que deux choses qui vont arriver maintenant. Ou bien il va effacer son commentaire. Ou bien il va m’écrire en privé. Mais ce sera plus probablement les deux.
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À CONCLURE

Le lobe frontal et l’effrontée

Depuis environs trois ans, je suis de retour sur les sites et apps de rencontres. Et comme vous le savez puisque je m’en vante sans cesse, je me suis inspiré de mes mésaventures de rensontres pour écrire un livre, dans lequel je pousse la mégalomanie jusqu’à me mettre en couverture. En plus des librairies du Québec, il est sur Amazon, alors allez l’acheter, il est excellent.

Comme je crois vous l’avoir déjà dit environs deux centaines de fois, plus j’avance en âge, et plus je travaille fort pour me garder jeune et vigoureux. Et effectivement, à part pour mon traitement de remplacement de la testostérone, je n’ai besoin d’aucun médicament, ne souffre d’aucune blessure, aucun handicap.

Le problème, c’est que j’ai 57 ans. Et que contrairement à moi, la quasi-totalité des femmes de ma génération ne prennent soin ni de leur alimentation ni de leur forme ni de leur santé. Par conséquent, celles qui m’approchent sur les sites et apps de rencontres ont entre 50 et 65 ans, et elles ressemblent majoritairement à ceci.

Rassurez-vous, je ne manque pas de classe au point de mettre ici leurs vraies photos. Celles-ci furent créé par I.A. N’empêche que j’exagère à peine.

Et ceci m’a amené à regarder la réalité en face. C’est bien beau de vouloir se plier à la pensée SocioWokeAcceptable comme quoi c’est l’intérieur qui compte. Mais quand, en plus de son physique disgracieux, elle peut à peine me suivre parce qu’elle a le souffle court, et doit se prendre quotidiennement des injections et des pilules pour son foie, son coeur, ses reins, son cholestérol, son diabète, son arthrite, sa digestion, ses hanches, sa pression et sa dépression, eh bien disons que malgré nos âges similaires, nous ne sommes pas tout à fait au même niveau.

Aussi, comme résolution pour 2026, j’ai décidé de laisser libre cours à mes désirs clichés de mâle vieillissant full typique. Désormais, je vais approcher des jeunes femmes à partir de l’âge de mes propres filles. Il me semble que ma cadette a 27 ou 28 ans. Alors voilà, je vais les prendre peu après l’âge où Leonardo Di Caprio les largue.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire à prime abord, cette limite est tout à fait acceptable, socialement, moralement et surtout biologiquement. Une étude réalisée par Van Koppen en 2018 et appuyée par celles de Lindell et Goodpoint en 2022 a démontré que le lobe frontal continue de se développer jusqu’à l’âge de 25 ans. Le lobe frontal, c’est la partie du cerveau qui créé et contrôle le raisonnement, la logique, la créativité, la prise de décision, le jugement, et surtout la maîtrise des impulsions.  Autrement dit, nos comportements volontaires.

Ce que ça signifie, c’est que lorsqu’une femme a plus de 27 ans, donc avec un lobe frontal pleinement développé, elle sait ce qu’elle fait. Par conséquent, personne, pas même elle quelques années plus tard, ne pourra m’accuser d’en avoir pris avantage à un âge où elle eut été trop jeune et inexpérimentée pour savoir à 100% dans quoi elle s’embarque.

Et je sais par expérience que c’est vraiment le cas. Il y a 9 ans, sur ce blog, j’ai écrit un billet intitulé Quand l’amitié arrive à sa date d’expiration. Dans celui-ci, je reproduis ma dernière discussion sur Messenger avec une jeune femme, que je renomme Emmy, et qui vient d’avoir 27 ans.

Emmy est une ex-amante. C’était une lectrice de Safarir, et grande fan de mes textes et BD. À l’âge de 18 ans et deux mois, elle me retrace sur Facebook. Et voilà qu’elle commence à me draguer de manière aussi ouverte qu’insistante. Pour que ça passe mieux, elle le fait avec humour. Et moi, à ce moment-là à 39 ans, je prends effectivement la chose pour des blagues. C’est en venant me rencontrer chez moi, et en retirant devant moi sa culotte sous sa jupe, que j’ai compris qu’elle était sérieuse. S’en suivit une relation de passions déchainées. Et c’est avec elle que je fêterai très intimement mon 40e anniversaire.

Mais voilà… 18, 40… Nous n’étions pas rendus au même niveau dans la vie. De plus, dans nos goûts, nos aspirations, dans la façon dont nous vivions notre quotidien, nous n’avions aucun points en commun. Au bout de quatre mois, il a fallu se rendre à l’évidence que ça ne pouvait pas marcher. La rupture n’a pas été douce. Mais nous sommes tout de même restés en contact sur Facebook et Messenger. Et peu à peu, l’amitié s’est développée. Comme tout contact FB nornal, on se laissait parfois des commentaires sur nos publications, et des fois on dialoguait en privé sur un sujet ou un autre.

Puis, arrivèrent ses 27 ans. Et dans le dialogue reproduit dans le billet à son sujet, elle me dit, en gros, qu’elle a honte de la personne qu’elle était à 18 ans. Qu’elle ne ressent aucune nostalgie en relisant nos vieux trucs. Elle décrit cette période comme étant son « vieux MOI de merde. » Et que, en restant en contact avec moi sur Facebook, ma simple présence lui rappelle ce passé honteux qu’elle cherche activement à oublier. Voilà pourquoi elle veut me retirer de sa liste d’amis, et cesser tout contact avec moi. Je comprends sa démarche, et surtout j’apprécie qu’elle ait la maturité, et surtout le respect, de me le dire, plutôt que simplement me ghoster.

Ainsi, de la bouche d’une femme de 27 ans, donc avec un lobe frontal parfaitement développé, j’ai eu la confirmation que dans les premières années de son âge adulte, une personne peut croire sincèrement qu’elle sait ce qu’elle fait. Mais en réalité, ce n’est pas le cas. Ce ne sera que plusieurs années plus tard qu’elle se rendra compte de ses agissements de l’époque, et qu’elle en ressentira de la honte. Car elle le sera plus du tout la personne qu’elle était à ce moment-là.

Évidemment, je ne vais pas me borner qu’à ne draguer des femmes de 27 ans. De nos jours, on peut aisément vieillir avec grâce jusqu’à 45 ans et même plus. J’en suis la preuve vivante. Alors en me limitant autour du groupe de 27-45, je devrais m’enligner à vivre des relations avec de jeunes adultes fraiches et matures brillantes, belles. Et full tatouées parce que bon, c’est ça maintenant.

La belle et le grand-père vert.

Et justement, il y a quelques jours, sur Facebook Rencontre, je me suis fait contacter par une femme qui correspond à mes nouveaux critères. 43 ans. En forme. Belle. Et si j’en crois ses photos, active. En trouvant mon profil, elle a mis un commentaire sous l’une de mes images. Celle où je tiens une photo de Dick Rivers, en disant que c’est ma Dick pic.

Malheureusement…

Elle me sert l’équivalent de« Ha ha ha, hostie qu’t’es con ! » Et ceci est un red flag qui ne trompe jamais. Tel que je l’ai écrit ici l’an dernier, l’expérience m’a appris à la dure que toute personne qui me sert cette phrase démontre n’avoir aucun respect pour moi. Et à chaque coup, effectivement, j’ai vécu avec ces gens des relations abusives.

Je tiens malgré tout à connaître le fond de sa pensée, en lui demandant de terminer sa seconde phrase. Parce que, bon, qui sait, ma première impression pourrait être erronée. En attendant sa réponse, je vais jeter un oeil à son profil.

Okay ! … « Si tu n’aimes pas la vérité, tiens-toi loin de moi. » Cette phrase d’introduction dit tout ce que j’ai à savoir sur cette femme. C’est le genre à être indélicate, à dire n’importe quel commentaire blessant qui lui passe par la tête, sans le moindre filtre. Et qui se cache derrière l’excuse de « ne rien faire d’autre que de dire la vérité » pour se justifier. Le simple fait qu’elle ajoute un émoticone de vomi pour signaler qu’elle déteste se faire ghoster vient cimenter la chose. Car de 1, ça démontre qu’elle se fait souvent ghoster. Et puisqu’il s’agit d’une belle jeune femme, ça ne doit certainement pas être à cause de son physique. Et de 2, s’il y a une chose que les pervers narcissiques sont incapable de supporter, c’est lorsque les autres ne veulent pas entendre « la vérité » qui leur sort de la bouche. Dans de telles conditions, « entretenir quelque chose de réel », ça veut certainement dire « accepter ses abus parce que les relations parfaites n’existent pas dans le réel. » J’ai déjà entendu ça, et ce beaucoup trop souvent à mon goût.

Presque sept heures plus tard, elle finit par m’écrire. Mais pas pour répondre à ma question. Elle me propose de passer directement à Messenger. Or, rendu là, mon idée à son sujet était faite. Et je ne me suis pas gêné pour la lui dire.

En moins de cinq secondes, ceci changea sur mon écran.

Traduction : Bloqué !

Apparemment, elle n’aime pas la vérité, voilà pourquoi elle a décidé de se tenir loin de moi. Et elle, qui se prononce contre ceux qui ghostent, m’a ghosté. La dernière chose que j’ai besoin dans ma vie, c’est une sermonneuse qui est incapable de pratiquer ce qu’elle prêche. Bon vent et bon débarras.

Il y a un avantage sérieux à connaitre les réalités de la maturité du lobe frontal.
Toute personne qui a au moins 27 ans, donc avec deux ans de maturité derrière elle, sera aussi réfléchie qu’une personne de 40, 50, 60 ans. Ce qui signifie qu’à partir de cet âge, sa personnalité et ses agissements seront les mêmes pour le reste de sa vie.

Lorsque l’on prend conscience de ce fait, on cesse de s’imaginer stupidement qu’une personne abusive peut changer avec le temps. Rendue à cet âge, la personne est ce qu’elle sera pour toujours.

Et savoir ça, ça nous permet de s’éviter bien des déboires. Comme je viens de le faire avec cette Marieke.

PROCHAIN LIVRE: l’Amour est dans le champ de patates

Ca y est ! Le manuscrit est terminé. Il a été accepté par mon éditeur. Le contrat est signé. Il sera sur les tablettes pour la rentrée littéraire de cet automne, à la mi-décembre 2025.

C’est juste un projet de couverture pour donner une idée au graphiste. Mais il se peut que l’on aille pour ça au final.

Pour mes lecteurs Européens, dans le langage québécois, l’expressions être dans le champ signifie être à côté de la plaque. Tandis qu‘être dans les patates signifie que l’on a tout faux. On dit aussi faire patate lorsque l’on essuie un échec. Et aussi, il y a une télé réalité québécoise intitulée l’Amour est dans le pré qui en est à sa vingtième saison cette année. C’est en combinant ces éléments que je suis arrivé à ce titre.

Mes Prétentions de Sagesse est un blog qui existe depuis avril 2009. En seize ans d’existence, une question est revenue assez souvent dans les commentaires sous mes billets qui traitent des relations entre hommes et femmes. Une question que l’on retrouve, entre autres, à la fin de ce commentaire que m’a écrit l’autrice et historienne Catherine Ferland sous ce billet.

Bonjour.
Depuis quelques temps, je lis tes billets avec beaucoup d’intérêt, Je trouve ça tout simplement fascinant car il est rare d’avoir l’occasion de découvrir comment se construit progressivement le rapport à l’autre chez un homme. On a surtout vu des filles s’épancher sur ce sujet (avec des dérives pas toujours heureuses, comme la « chick lit ») mais la contrepartie masculine est rarement décrite avec autant d’acuité, saupoudrée d’une touche d’humour. À dire vrai, je n’avais rien lu d’aussi bon depuis Stéphane Bourguignon (j’aime bien Vic Verdier aussi). As-tu déjà envisagé publier tout ça sous forme de livre ?
Catherine.

Au moment où elle m’a écrit ceci, j’avais passé une bonne partie de ma vie adulte à écrire des romans, à les envoyer aux maisons d’édition, et à ne jamais recevoir de réponse positive. C’est la raison pour laquelle j’avais fini par y renoncer. Chose que je décrirai en détail en 2015 dans le billet 20 raisons pourquoi je ne publierai jamais de livres.

Mais voilà, dans les dix ans qui se sont écoulées depuis la rédaction de cet article, bien des choses ont eu le temps de changer. Autant dans les règles du monde de l’édition, que du fait que j’ai fini par publier un livre, Le sucre rouge de Duplessis. Ce qui me donne le statut d’auteur qui a fait ses preuves. Ce qui fait qu’enfin, les portes de la publication autres qu’en journaux, magazines et blogs me sont ouvertes. Après 30 ans à me faire dire par tout le monde et son frère que je suis talentueux, mais à me faire toujours refuser mes projets, je dois dire que je n’y croyais plus tellement.

En fait, je vais vous faire un aveu : je continue de ne plus tellement y croire. Et ceci m’a incité à la prudence. Au point où j’ai délibérément dit STOP à mon éditeur au sujet de la publication de ce qui était mon véritable second projet de livre. Car en effet…

Initialement, c’est un autre de mes projets qui avait reçu le feu vert pour publication. Une romance que j’avais commencé à écrire vers 2010, et dont certains d’entre vous se souviennent. Car à l’époque, je l’écrivais et la publiais à mesure, en ligne. Originalement, le titre était Un été à Saint-Ignace-de-Montrouge. Je m’étais arrêté suite à un moment de découragement, la laissant inachevée pendant neuf ans.

Puis, en 2019, je l’ai repris. Mais comme toutes les histoires qui s’inspirent de faits réels, j’avais tellement de détails en tête que le manuscrit risquait de faire 400 pages. Aussi, j’ai décidé de le faire en deux parties. Mais quel éditeur voudrait prendre le risque de publier une histoire d’un auteur inconnu, en deux parties, sans garantie que la première partie se vendra, et sans que j’ai écrit une ligne du tome 2 ?

Cinq ans plus tard, j’ai décidé d’en finir. L’an dernier, en 2024, j’ai terminé cette histoire en n’écrivant que le principal, allant droit au but. Puis, je l’ai relue des centaines de fois en la soumettant à une réécriture massive. D’abord, en coupant sans merci, élaguant tout ce qui était inutile, répétitif, à controverse, ou négatif, emputant près d’un quart du manuscrit original. Puis, en restructurant le reste, pour en faire un récit fluide. Au final, ces modifications majeures ont donné une sympathique petite histoire qui fut appréciée par les lecteurs-test que j’ai recruté sur Facebook. Enfin, j’ai opté pour un nouveau titre plus symbolique que descriptif, mais qui évoque à la fois la romance, le voyage et la liberté, trois thèmes étroitement liés au sujet.

Corail Provencher, qui deviendra l’intérêt amoureux du personnage principal, dans la scène où elle vit à plein le bonheur de s’être enfin libérée d’une trop longue relation toxique.

Résumé. Après avoir roulé une bonne partie de la nuit vers l’inconnu, Simon Hotte, montréalais sédentaire de 33 ans, s’endort au volant. Il reprend conscience au matin dans l’épave de sa voiture plantée contre un arbre. Il se retrouve itinérant à Saint-Ignace-de-Montrouge. Pris entre son envie instinctive de revenir chez lui et sa peur de retomber dans la situation qu’il a fui, il devra se créer une nouvelle vie dans ce petit village où les gens sont chaleureux et solidaires. Pour survivre, il devra faire du travail manuel pour la première fois de sa vie.Corail Provencher, fille de la propriétaire du Resto-Bar local, est intriguée par ce mystérieux étranger. Pourquoi se retrouve-t-il ici sans cartes d’identité, sans argent, sans téléphone ni accès à internet ? De qui et de quoi se cache-t-il ? Et pourquoi semble-t-il avoir des perceptions erronées de la société en général et des relations de couple en particulier ? Une histoire sur les thèmes de l’évolution personnelle, des relations toxiques, et du choc des cultures entre citadin de la grande ville et habitants de petits villages.

Quinze ans après avoir débuté sa rédaction, j’aurais dû être ravi de savoir que cette histoire serait enfin publiée. Et effectivement, je l’étais. N’empêche que j’avais certains doutes. Et ce, pour les trois raisons suivantes.

  1. Je ne suis pas reconnu en tant qu’auteur de romances. Mon premier livre était une recherche sérieuse, un essai sur l’Histoire du Québec. Ce qui est d’un tout autre registe.
  2. Il s’agit d’une fiction. Mon livre précédent avait un avantage : tout le monde connait Duplessis. Ça a attiré le public. Mais pour ce roman, personne ne connait Simon Hotte ni Corail Provencher, deux personnages fictifs. Comment intéresser les gens à ce livre ?
  3. Les romances, c’est pour les femmes. Seront-elles intéressées par cette histoire écrite par un homme, dans laquelle le protagoniste est masculin ?

Le fait qu’un éditeur soit prêt à prendre cette chance est un signe encourageant. N’empêche que je ne suis pas convaincu. Aussi, après mure réflexion, j’ai décidé de mettre sa publication en suspens. Si je suis pour publier un livre, aussi bien m’assurer que j’ai les meilleures chances de faire des ventes. et avec une fiction c’est un coup de dés.

Par contre, si j’ai un sujet dans lequel les gens peuvent se reconnaître, dans lequel ils retrouvent des situations vécues, un sujet qui peut attirer leur curiosité, les amuser, alors là je multiplie mes chances d’avoir du succès. Et qu’est-ce qui est plus dans l’air du temps que la recherche de l’âme soeur en cette ère d’apps et de sites de rencontres ? Non seulement est-ce un sujet qui touche aussi bien les hommes que les femmes, mon livre a quelque chose que l’on ne retrouve pas dans la majorité des ouvrages qui se consacrent à ce sujet : le point de vue masculin. Car le dating tel que vécu par les femmes et tel que vécu par les hommes, ce sont deux réalités complètement différentes. Et comme l’a dit Catherine Ferland, il est rare d’avoir l’occasion de découvrir comment se construit progressivement le rapport à l’autre chez un homme. Et c’est ce qui a le potentiel de rendre la chose fascinante aux yeux du lectorat féminin.

Il se trouve que j’ai vécu énormément d’histoires de rencontres rocambolesques.  Ce blog le prouve. Et justement, au lieu d’être une seule et longue histoire comme mon roman, ce livre est constitué de plusieurs petites anecdotes. Bien qu’il y aura un fil conducteur qui les relie, ça reste moins lourd, plus fluide, donc bien plus intéressant. Enfin, ce livre aura à moitié moins de pages que mon roman. Ceci en diminuera les coûts de production, du même coup son prix d’achat, ce qui va encourager les ventes.

Et si ça marche bien, que c’est populaire, alors j’en écrirai un second tome. Et s’il a également du succès, ça me fera un nom en tant qu’auteur sur le thème de la romance. Alors là, j’envisagerai de publier Le Bonheur en Cavale.

L’Amour est dans le champ de patates, Éditions de l’Apothéose, sortie pour novembre 2025.

Un bon sommeil pour un bon éveil

Ça fait au moins quinze ans que je ronfle. Et trois ans que je me réveille 3-4-5 fois par nuit. Ce qui fait que depuis quelques années, je me sentais toujours fatigué durant le jour. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle je n’arrivais plus à me livrer aux exercices cardio, me limitant à la musculation. Je n’en avais juste plus l’énergie.

Avec la fatigue physique vient la fatigue mentale. Problème de concentration. Difficulté d’apprentissage. Pertes de mémoire. Erreurs de jugement. Et quand la fatigue mentale et physique se combinent, voilà qu’arrive la plus dangereuse de toutes les conséquences : s’endormir au volant. En plein jour.

J’ai trouvé une clinique de sommeil sur Google, située pas loin de mon boulot. On m’a refilé un moniteur à porter autour du torse, avec pince-doigt pour le pouls, et tubes dans le nez, avec lequel j’ai dormi pendant deux nuits. Tout a été enregistré. Le verdict: Apnée du sommeil sévère.

Avec l’âge, le voile du palais s’effondre. C’est comme ça ! Rien à faire.

À la clinique, on m’a montré les graphiques démontrant que lorsque je dors, ou du moins que j’essaies, je ne respire pas la moitié du temps. Ce qui me réveille pour pouvoir recommencer à respirer. Et bien que je croyais me réveiller 3-4-5 fois par nuit, ces 3-4-5 fois ne sont que celles où je suis assez éveillé pour m’en rende compte. Dans les faits, je me réveille une moyenne de trente-six fois. Pas par nuit. PAR HEURE. Sur des nuits de 5-6 heures. Ce qui m’empêche de tomber dans le sommeil profond, c’est à dire celui qui est réparateur pour le corps et l’esprit.

Il se développe en ce moment des traitements permanents au laser, mais ceux-ci sont encore au stade expérimentaux. En attendant, le traitement le plus sûr reste le respirateur. À la clinique où je suis allé, il y avait quatre modèles. Je ne plaisante pas avec ma santé, alors j’ai pris le plus haut de gamme, à $1 900. Ajoutons à cela la consultation qui était autour de $300. Je n’ai pas d’assurances, mais puisqu’il s’agit d’un problème de santé, le tout est déductible d’impôts.

Le tube du respirateur se place aux narines et tient avec une courroie autour de la tête. La machine calcule la résistance de l’air et envoie la pression appropriée pour déplacer le voile du palais. Et ceci permet une respiration normale. Ce qui nous permet de sombrer peu à peu dans le sommeil profond et réparateur.

La première nuit, ça fait un peu bizarre. Et il faut ajuster la courroie correctement pour asssurer l’étanchéité tout en évitant l’inconfort. Mais on s’habitue rapidement. Il ne faut juste pas oublier de remplir le réservoir d’eau distillée et/ou déminéralisée, sinon on se réveille avec la migraine pour cause de deshydratation.

La machine envoie automatiquement tes données de sommeil via connection Bluetooth à la clinique. L’appareil est garanti pour trois ans, avec option de la prolonger jusqu’à cinq. Mais j’ai décliné, puisque dans trois ans il pourrait bien en exister un modèle encore meilleur. Ou peut-être que le traitement au laser aura fait ses preuves à long terme.

Aujourd’hui, après 5 jours (5 nuits, en fait) sur le respirateur nocturne, je me sens pleinement énergisé au réveil. En plus de régler mes problèmes d’arrêt respiratoire, il y a trois avantages collatéraux, dus au fait que je n’ai plus besoin d’ouvrir la bouche pour respirer.

  1. Je ne ronfle plus.
  2. Je ne détrempe plus mon oreiller et ma barbe avec de la bave à parfum d’haleine du matin.
  3. Je n’ai plus de problème de toux dûs à la gorge sechée.

Voilà deux nuits de suite que je dors huit heures completes, et ce furent huit heures de sommeil de qualité. Et je ne m’en porte que beaucoup mieux.

L’apnée du sommeil. Ou : l’origine des vieux cons.
Tout comme la cigarette affecte à long terme la santé physique, le manque d’oxygène finit par affecter la santé cognitive. Tel que décrit plus haut, on parle de problème de concentration. De ce problème nait la difficulté d’apprentissage. Ce qui fait que beaucoup de vieux sont de plus en plus perdus face aux changement sociaux et technologiques, alors que dans leur jeunesse ils apprenaient et s’adaptaient. Il y a les pertes de mémoire, que l’on associe souvent à tort à l’Alzheimer. Sans oublier les erreurs de jugement, le genre que jamais ils n’auraient commis avant. Hélas, après quelques décennies sans traitement, à avoir le cerveau qui manque d’oxygène sur une base quotidienne, cet état cognitif finit par devenir irréversible. J’ai été pris à temps, car après seulement cinq jours je vois une différence marquante. Et mes collègues de travail aussi.

Sérieux, vive la techno-médecine moderne.

Le respect dès le départ nous évite les déboires. (3 de 3)

Cet article est au sujet de relations naissantes entre un homme et une femme, tous deux hétéros.  Puisque je parle de mon expérience personnelle, cet article sera relaté d’un point de vue masculin. On va peut-être me traiter de misogyne, mais Basta ! J’ai vécu ce que j’ai vécu, et les faits sont les faits.

L’une des plus grandes erreurs que l’on puisse faire, c’est d’ignorer les signes de manque de respect lorsqu’ils apparaissent au début de la relation.
Les première fois, c’est subtil.  Une remarque sarcastique. Un mot blessant déguisé en blague.  Une limite anodine qui n’est pas respectée. Au fil des jours, des semaines et des mois, ça escalade au point où elle n’accorde ni importance ni crédibilité à ce que tu dis. Et bientôt elle agit à sa guise en te maltraitant sans raison ni logique, et surtout sans arrêt.

J’avais 53 ans, et elle 44.

Le problème, c’est qu’au début on ne veut pas en faire de cas. On s’attend à ce qu’un homme soit solide. On ne peut donc pas se montrer fragile en étant intolérant, impatient, incompréhensif. La dernière chose que l’on veut, c’est que la femme voit en nous un Red Flag.  Alors on laisse passer un désagrément. Puis un autre. Puis un autre. Et un jour on se retrouve dans une relation dans laquelle l’autre ne nous fait que subir du désagrément sans la moindre once de respect. Et là il est trop tard. Tu peux essayer de protester, te fâcher, lui demander d’arrêter, le lui ordonner… Tu perds ton temps. Parce que rendu à ce point, votre relation, c’est ça ! Et elle ne sera jamais autre chose.

Pourquoi certaines femmes tentent-elles d’abuser dès le départ de celui qu’elles prétendent désirer ?
N’en déplaise aux apôtres socio-moralistes, il reste que biologiquement, psychologiquement et surtout socialement, l’homme et la femme ne sont pas, n’ont jamais été et ne seront jamais égaux. Et ceci est dû aux deux points que voici.

POINT 1. La société permet aux femmes qui le désirent de n’être responsables de rien. 
Que ce soit la réalité ou bien une opinion purement misogyne, l’homme a toujours dit que la femme est contrôlée par ses émotions. Et quand l’émotion prend les commandes, il n’y a de place ni pour la logique ni pour l’intellect. Et pour enlever toute pertinence aux revendications de la femme en colère, on leur a ensuite collé l’excuse du syndrôme prémenstruel. Ce qui fait que si elle agit de manière insensée, ce n’est jamais de sa faute, c’est sa nature féminine, tout simplement. Alors si une femme est dotée d’une personnalité irresponsable, elle n’hésitera jamais à user et abuser de ces excuses que l’homme lui a si gentiment fourni.

J’avais une amie comme ça. Un été, au mois de juin, j’ai noté sur mon calendrier toutes les fois où elle évoquait le syndrôme prémenstruel. J’ai été bien amusé de voir que trois jours après la fin de sa semaine, elle évoquait de nouveau les SPM. À la fin du mois, si on en croyait ses dires, un petit calcul montrait qu’elle aurait été en menstru ou en pré-menstru 26 jours sur 30.

POINT 2.  Socialement, l’homme donne à la femme le poste de responsable de la sexualité.
On a beau dire que l’homme est un prédateur qui voit la femme comme une proie, il reste que la majorité des hommes hétéros ne sont pas des agresseurs sexuels. Chez cette majorité, les femmes réalisent assez rapidement à quel point elles peuvent avoir du pouvoir sur les hommes. Car elles possèdent ce qu’ils cherchent le plus au monde à avoir à leur disposition : un vagin.

Il n’y a qu’à voir sur les sites de rencontres. La majorité des femmes y reçoivent de 10 à 50 propositions sexuelles par jour. Tandis que l’homme, s’il est chanceux et particulièrement beau, en recevra peut-être une ou deux par mois. Ainsi, la femme comprend vite qu’elle est ce que l’homme convoite.

Ce pouvoir montera à la tête de certaines d’entre elles. Aussi, elle sera portée à le tester pour voir jusqu’à quel point il sera prêt à accepter ses caprices, en échange de la possibilité d’avoir accès à son entrejambe. Et ça commence toujours de la même façon : avec des remarques rabaissantes et des mots blessants dits sous le couvert de la blague.

MAIS ATTENTION ! Je ne dis pas que toutes les femmes agissent ainsi. Je dis seulement qu’à cause des deux points cités plus haut, celles qui veulent agir ainsi le peuvent. Et j’en ai rencontré un assez grand nombre dans ma vie pour pouvoir affirmer que oui, ces femmes existent.

À partir d’ici, c’est l’homme qui décide s’il accepte ça ou non. Dès les tout premiers signes d’abus, l’homme qui contrôle son propre respect met son pied à terre en disant de manière claire que non, il ne tolère pas ça. Aucune discussion, aucune négociation. C’est à prendre ou à laisser.

Ce qui en revient à dire deux choses :

  1. C’est la femme qui a le contrôle de la sexualité.
  2. C’est l’homme qui a le contrôle de la relation.

Et c’est très bien ainsi. Parce que l’inverse signifierait que l’homme serait abusif sexuellement, et la femme abusive socialement. Ce serait un tel chaos que toute société fonctionnelle serait impossible.

L’erreur d’avoir recours à la logique.
Un homme et une femme se rencontrent, peu importe que ce soit virtuellement ou dans la vraie vie. Il y a un intérêt réciproque entre les deux. Mais bientôt, la femme commence à se moquer de lui. Et certaines de ces moqueries sont blessantes.

L’homme respectueux qui a l’esprit ouvert donnera à la femme le bénéfice du doute. Il tentera d’ouvrir le dialogue afin de comprendre son raisonnement. Il demande à la femme « Pourquoi agis-tu comme ça ? », « Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça ? »

Et c’est là qu’il commet son erreur fatale. Pour lui, c’est normal de vouloir raisonner. Or, on ne peut raisonner qu’avec des gens raisonnables. Et une femme qui va agir ainsi avec lui sera tout sauf raisonnable.

En lui posant ces questions, le message qu’il lui passe, c’est qu’il croit qu’elle puisse avoir une raison valide de lui manquer de respect. Elle comprend aussitôt dans son subconscient qu’il considère que le respect est quelque chose qui se discute et se négocie.

Poser ces questions, c’est demander à la femme de décider elle-même quelle est la valeur qu’elle veut bien accorder à l’homme qu’il est. Et pire encore, c’est lui demander ce qu’il doit faire pour mériter son respect. L’homme donne donc à la femme le plein pouvoir sur leur relation. Et si elle a commencé la relation en lui manquant de respect, elle ne manquera pas d’abuser de ce pouvoir qu’il lui donne. Ça commence par des suggestions peu raisonnables. Suivies par des demandes exagérées. Et ça finit par lui ordonner de se plier à des caprices de plus en plus insensés.

D’instinct, la femme est attirée par le Mâle Alpha. Celui qu’elle ne pourra jamais contrôler. C’est bien connu. Combien de fois a-t-on entendu les hommes se lamenter que les femmes disent vouloir des Nice Guys, mais qu’elles choisissent les Bad Boys ? C’est parce que l’homme qui se soumet aux caprices d’une femme est tout le contraire d’un Alpha-Bad-Boy. Par conséquent, aucune femme ne peut ressentir de respect pour lui. Plus cet homme fera tout pour lui être agréable, et plus profond sera le mépris qu’elle ressentira pour lui.

Où est la logique ? Il n’y en a pas ! Rappelez-vous du point 1. La femme ne fonctionne pas par logique, Elle fonctionne à l’instinct et à l’émotion. Face à une femme qui se comporte ainsi, être compréhensif, conciliant, et faire des compromis n’apportera jamais à l’homme le respect ni l’harmonie.

C’est quand même ironique quand on y pense. Tous ces hommes qui se plaignent que les femmes vont vers les Bad Boys... Et ces mêmes hommes sont les premiers à aller se jeter aux pieds des Bad Bitchs.

Et tout ça commence par un simple petit mot blessant envoyé à la blague. Un mot que l’homme a commis l’erreur de laisser passer.

Dans le billet précédent, je parle de Daisy qui ne peut s’empêcher de me traiter de con lorsque je la fais rigoler.  Pour moi, ce mot est une gifle.  Et je le lui ai dit.  Mais elle insiste comme quoi dans sa tête, dans le contexte où une personne la fait rire, ce mot n’a aucune connotation négative ou irrespectueuse. Voilà pourquoi elle n’a pas l’intention d’arrêter de l’utiliser.

Malgré le fait que nous semblons compatibles en tout point…  Malgré le fait qu’elle est une artiste comme moi, chose que je n’ai retrouvé que chez Karine et Flavie qui furent mes meilleures relations…  Malgré le fait qu’il est évident pour nous deux que nous ressentons de l’attirance envers l’autre… Malgré tout ça, son insistance à d’abord me traiter de con, puis à continuer de le faire en sous-entendus après que je le lui ai interdit, c’est venu à bout de ma patience.  Sans pour autant lui servir un ultimatum, je lui ai fait comprendre que je n’en endurerai pas davantage.  Ou bien elle cesse, ou bien nous n’avons aucun avenir ensemble. 

Rendu à ce point, elle était trop habituée à me traiter de con pour pouvoir accepter d’arrêter de le faire. Elle a choisi de mettre fin à la relation. Chose que j’aurais fait moi-même de toute façon. Mais le fait que ça vienne d’elle démontre clairement qu’à partir du moment où tu laisse une femme te manquer de respect, il n’y a plus moyen de revenir en arrière.

Aut respectus, aut ruptura.
« Ou bien le respect, ou bien la rupture. » Mais pourquoi suis-je aussi radical dans mes relations amoureuses, sexuelles, familiales, sociales et professionnelles ?  La raison est simple. À l’aube de mes 57 ans, j’ai vécu assez longtemps pour constater que la majorité des gens ne changeront jamais. Surtout dans les côtés négatifs de leur personnalité.

Lorsque j’étais enfant, ma mère avait toujours quelque chose à dire pour se moquer de moi. Certaines de ses paroles me hérissaient, au point où j’osais braver ma peur de l’autorité pour lui dire d’arrêter. Ça lui montrait qu’elle avait trouvé une phrase qui me faisait réagir. Ce qui ne faisait que l’encourager à me la répéter. C’est ainsi qu’elle a gardé en tête une liste de sujets blessants, qu’elle me lançait comme ça, à tout bout de champ, parce que ça l’amusait de savoir que ça allait me frustrer.

Ma mère fait partie de cette catégorie de gens qui considèrent que rabaisser les autres est une forme d’humour acceptable. Elle ne voyait donc pas pourquoi elle arrêterait, puisque « C’est rien qu’des blagues ! » 

Cependant, jamais elle n’aurait osé agir ainsi avec un homme. Mais nos positions, elle en tant que mère et moi en tant qu’enfant, faisaient qu’elle n’avait à craindre aucune conséquence sociale ou physique d’abuser de moi. Elle respectait l’homme qui avait dominance sur elle. Mais elle ne pouvait respecter le garçon qu’elle dominait. Alors si je réagissais de manière trop colérique à son goût, elle me mettait en punition. Le message était clair. Je pouvais rendre ma mère joyeuse en acceptant ses abus. Ou bien les refuser et ainsi être privé de son amour, la faire frustrer contre moi, et en subir les conséquences.

Et voilà comment j’ai commencé ma vie adulte. En ayant été conditionné à trouver acceptable et normal de devoir me faire rabaisser par une femme, si je voulais me mériter son attention et son amour. Un pattern que j’ai mis toute la décennie 90 à briser. Or, tu as beau tout faire pour évoluer, il reste que les gens qui t’entourent vont toujours vouloir te garder dans le rôle auquel ils t’ont confiné dans leurs vies.

Durant toute mon existence, que je sois enfant, adolescent ou adulte, à chaque jour que je voyais ma mère, c’était inévitable, il fallait qu’elle me rappelle en riant à quel point telle ou telle phrase me faisait fâcher lorsque j’étais enfant. Plusieurs fois, dans ma vingtaine, ma trentaine et ma quarantaine, je lui ai dit clairement que je ne voulais plus entendre ces phrases. Alors elle faisait comme Daisy : elle utilisait des détours pour pouvoir continuer d’évoquer ces paroles blessantes en sous-entendus. Et à chacune de mes nouvelles copines qu’elle a rencontré, elle prennait plaisir à m’humilier en leur transmettant ces phrases devant moi. Et elle ne manquait pas de les encourager à prendre sa relève, en rajoutant à tout coup : « Parce que moi, j’ai pu l’droit de lui dire. » Déclaration hypocrite, du reste, car non, elle n’a jamais arrêté.

Puisque notre relation a débuté avec elle qui a abusé de moi dès le départ, il lui était impossible de pouvoir changer. Par conséquent, j’ai eu à subir ça non-stop pendant cinquante ans. Soit jusqu’au 3 mai 2022, le jour où je me suis enfin décidé à renier mes parents, à l’âge de 53 ans. Pour une longue série de raisons, certes. Mais celle-ci était tout de même située assez haut sur la liste. Depuis, mon seul regret sera de ne pas l’avoir fait trente ans plus tôt.

Exiger le respect, ce n’est pas une question d’avoir des Mommy issues non-résolus.
Si je parle de ma mère, c’est parce qu’en tant que membre de ma famille immédiate, c’est l’une des personnes que j’ai eu le plus longtemps dans mon entourage. Et ceci me permet de vous démontrer que lorsqu’une femme est butée avec l’idée de te répéter des paroles blessante, tu auras beau être patient, tu auras beau espérer qu’elle finisse par s’en lasser, tu auras beau lui dire d’arrêter, de le lui ordonner, tu perds ton temps. Tu vas juste attendre après quelque chose qui n’arrivera jamais. Le simple fait que j’ai eu à endurer ça, je le répète, PENDANT CINQUANTE ANS, ça le prouve hors de tout doute.

À la lumière de cette réalité, est-ce que je veux m’en aller dans une relation avec une femme qui insiste pour me traiter de con en rigolant ? Est-ce que je veux vraiment recommencer à subir le même comportement qui a empoisonné ma vie jusqu’à mes 53 ans ? Suis-je à ce point désespéré de trouver l’amour, que je suis prêt à accepter de me faire dévaloriser pour le reste de mes jours ?

La réponse est : Non !  Je ne l’accepterai pas.  Je n’ai qu’une seule vie, et je refuse de la vivre de cette manière. 

Face à un comportement comme celui de Daisy, je refuse d’être compréhensif, conciliant, ou de faire des compromis.  Il y a une raison pourquoi ces trois mots commencent par la syllabe CON. Parce que si j’acceptais de le faire, alors là, Daisy aurait raison de me répéter que je le suis.

Le respect dès le départ nous évite les déboires. (2 de 3)

Depuis environ un mois, je correspondais avec Daisy, femme de 50 ans de la rive Nord de Montréal. Et malgré les 800 km qui nous séparent, l’attirance entre nous était palpable. Ce n’était pas que physique. Sans pour autant être tombés en amour, on s’est trouvés des traits de caractères assez semblables pour nous permettre de tisser des liens assez profonds.

Comme j’en ai parlé à plusieurs reprises dans ce blog depuis sa création, il n’y a que deux relations de couples à long terme qui ont vraiment compté pour moi, Karine et Flavie, avec qui j’ai été ami avant, pendant et après notre période couple et colocataires. Et je crois sincèrement que ça vient du fait que, tout comme moi, ce sont des artistes. Et il se trouve que Daisy fut autrefois designer pour une compagnie de jouets. Elle m’a montré de son travail. Ses dessins et sa couleur sont époustouflants. Son art égale le mien, le dépasse même. De là à penser que j’ai enfin trouvé mon match parfait, il n’y a qu’un pas. Un que nous franchirons peut-être, qui sait, lorsque l’on se rencontrera dans deux semaines, alors que j’aurai à faire à Montréal.

Entretemps, à ma grande déception, est arrivé un Red Flag. Et c’en était un que je ne pouvais pas ignorer.

Il y a trois mois, j’ai posté ici un billet qui s’intitule « Hostie qu’t’es con ! » ou: Le Red Flag qui ne trompe jamais. J’y démontre qu’à chaque fois que j’ai eu une personne dans mon entourage qui m’a traité de con de façon joyeuse et en riant, dans 100% des cas, cette personne était condescendante, rabaissante, et avait comme opinion de moi que je lui étais inférieur. Chose qu’elle démontrait en ne m’accordant aucune crédibilité et encore moins de respect. Et à tout coup, sans la moindre exception, ça a évolué en relation qui fut pour moi abusive et toxique. Ayant appris la leçon, je ne tolère plus le manque de respect, surtout si celui-ci se pointe au début de la relation.

Or, en réponse à une de mes blagues, Daisy m’a envoyé un message vocal dans lequel elle disait « Ha! Ha! Ha! Hostie qu’t’es con ! » … Soit exactement le Red Flag en question. Mot pour mot.

Ma déception était terrible. Parce que jusque-là, à part un petit problème de compréhension ou trois datant de nos premiers jours, le courant passait à merveille entre nous deux. J’ai même interrompu la rédaction de mon manuscrit pendant deux jours pour la soutenir moralement alors qu’elle passait à travers une terrible épreuve. Et j’ai su l’aider et la conseiller, en lui faisant prendre conscience de certaines choses qu’elle n’avait jamais pris en compte. Elle m’en était tellement reconnaissante que je me suis dit que logiquement, en retour, elle pourrait bien accepter de ne plus jamais me traiter de con lorsque je la rend joyeuse.

Malgré tout le respect qu’elle disait avoir pour moi, elle ne voulait pas en entendre parler. Toute sa vie, elle a toujours traité de cons les gens qui l’entourent. Et toujours, c’était dans un contexte humoristique. Ce mot était pour elle l’équivalent de drôle, amusant ou comique. Même si ce mot est reconnu et utilisé en tant qu’insulte dans tous les peuples francophones de la planète, il reste qu’elle s’obstine à dire que ce n’est pas son cas à elle. Et que c’est donc à moi de ne pas en prendre ombrage lorsqu’elle me qualifie de con.

Je l’ai donc envoyé lire mon billet de blog, afin qu’elle apprenne les expériences que j’ai vécues avec ceux qui me qualifiaient de con en riant, pour qu’elle comprenne mon point de vue sur le sujet. Apparemment elle a compris, car après lecture elle m’a écrit ceci :

Effectivement, elle a arrêté. Enfin, si on veut.

Durant les douze jours qui ont suivis, à chaque fois que je disais quelque chose pour la faire rire, j’avais droit à ceci :

Cinq commentaires qui peuvent tous se traduire par « Je veux te qualifier de con, mais tu l’interdis. » Donc, même si je lui ai demandé d’arrêter, elle continue de le faire. De façon détournée, mais elle le fait.

La raison de son obstination, c’est qu’elle ne considère pas que le mot con est une insulte. Ce qui signifie qu’à ses yeux, elle n’a aucune raison d’arrêter de me le lancer, donc que je dois accepter de le recevoir. C’est l’équivalent de te permettre de rentrer de force des arachides dans la gorge d’une personne allergique, juste parce que TOI tu ne l’es pas.

Puisqu’elle refuse de respecter ma limite, elle ne me laisse plus le choix.

« Tu sais parfaitement que je ne tolère aucun manque de respect. 

Je ne vois pas pourquoi c’est à ce point-là important pour toi, de me répéter aussi souvent que tu me traiterais de con, si ce n’était pas du fait que je te l’interdis. Mais à chaque fois que tu me fais ça, ça reste l’équivalent de me traiter de con.  Le fait que tu me le dises en sous-entendu, ça ne change rien au fait que tu me le dis quand même

J’ai été très patient. Personne ne peut dire le contraire. Mais là j’ai atteint ma limite. 

Je ne pense pas t’avoir jamais manqué de respect.  Mais peut-être que je me trompe.« 

Sa réponse n’a pas tardé

« Je vais me permette d’être franche. Tu as mis ta limite, oui. Je t’ai expliqué mon point de vue par rapport à ce mot qui pour moi n’est pas un manque de respect, mais plutôt une mauvaise habitude « dans le parler ».  Dans mon entourage, je traite tout le monde de con et ça n’a aucune connotation négative, ni manque de respect, JAMAIS.

Je suis désolé de ne pas avoir respecté ta limite. Par contre pour ma défense, tu as joué à ça ! Toujours à trouver la blague pour me faire répliquer ce mot.« 

Voilà un discours qui est assez similaire à celui d’un homme qui commet du harcèlement sexuel.  Il s’en justifie en disant que c’est l’autre qui l’a provoqué.

« Je suis en période de recherche de simplicité, et notre manque dans notre communication me cause des maux de tête. Je n’ai aucune amertume de ce que nous avons vécu mais cela devient trop lourd pour moi.  Je suis en quête de légèreté et je dois constant surveiller mes mots, mon vocable, comment je dis les choses… ça m’ajoute de la charge mentale.« 

Tu me fucking niaises ? 

Tout ce que je lui demande, c’est de ne pas me traiter de con lorsque je la fais rire. Et elle réagit avec l’équivalent de OMG TU M’OBLIGES À SURVEILLER CHAQUE MOT DE CHACUNE DE NOS CONVERSATIONS AVANT QU’ILS SORTENT DE MA BOUCHE, TU M’IMPOSES TELLEMENT TROP DE PRESSIOOOON!!!  À l’entendre, on pourrait croire que le fait de l’empêcher de me traiter de con fait de moi une personne toxique.

Sur ce, elle termine son message sur ces mots:

« Merci d’avoir été là! Je te souhaite une belle continuité! Malheureusement, comme je n’aime pas ce que je te fais ressentir (et que ça n’a jamais été mon intention), je mets fin à nos discussions.  On s’est parlé de vive voix, tu as pu ressentir que je n’ai jamais eu de mauvaises intentions, mais tu continues de croire que j’en ai, à toujours me ramener ça.« 

Il est plus simple pour elle de foutre notre relation en l’air que de s’abstenir de m’insulter. Et jamais elle ne va se remettre en question. Toujours, elle se qualifiera de bonne personne, sans malice ni intentions malveillantes. Je veux bien croire que c’est l’intention qui compte. Un enfant qui donne du chocolat à un chien ne le fait pas dans le but de le tuer. Il cherche à le rendre heureux. N’empêche qu’après ça, le chien est mort. Est-ce que ça lui donne le droit de continuer de donner du chocolat aux chiens ?  

Est-ce que j’en demande trop ?
Imaginons que j’aurais passé mon enfance à subir des agressions sexuelles d’un homme qui commençait toujours ses assauts en me disant « Bonjour ! »  Et qu’à cause de ça, je ne puisse plus supporter que l’on me dise bonjour.  Je pourrais comprendre que les gens auraient de la difficulté à respecter ma limite, puisque ce mot n’est ni une insulte ni une agression. En fait, ce serait à moi de suivre une thérapie, afin d’accepter d’entendre ce mot sans me sentir attaqué.

Mais ici, on parle du mot CON.  Une insulte !  Je veux bien croire que dans un certain contexte, il peut être utilisé pour remplacer des mots comme drôle, amusant ou comique.  Mais c’est justement ça, mon point : Pourquoi ne peut-elle pas remplacer le mot con par drôle, amusant ou comique ?  Contrairement au mot bonjour, elle a le choix. Il y a plusieurs autres mots qui conviennent beaucoup mieux à ce qu’elle veut me dire lorsque je la fais rire. Mais sur lequel porte-t-elle obstinément son choix ? Sur celui qui peut blesser. Et ce, en toute connaissance de cause. Et elle refuse d’arrêter.

Dans les années 70, 80 et 90, j’ai utilisé à plusieurs reprises le mot-qui-commence-par-N.  Ce n’était pas par racisme.  Ça faisait juste partie de mon vocabulaire.  En fait, pas juste du mien.  Ne dit-on pas d’une personne vaillante qu’elle travaille comme un n**** ?  Combien de fois a-t-on entendu Normand Brathwaite dire n**** à la radio ou à la télé ?  En sa compagnie, lors d’un Bye-Bye de fin d’année, François Pérusse n’a-t-il pas parodié la chanson L’Aigle Noir en N**** Noir ?  Du côté littéraire, le livre Les n***** blancs d’Amérique est considéré comme étant le meilleur document québécois sur les conditions de vie des années 1960.  L’un des romans classiques d’Agatha Christie se nomme Dix petits n*****.  Et que dire de Dany Laferrière, avec son roman devenu film, Comment faire l’amour avec un n**** sans se fatiguer. Et puisque l’on parle de littérature, n**** est le mot utilisé pour parler d’un ghost writer, c’est à dire personne qui rédige anonymement un livre qui sera publié sous le nom d’un autre auteur.

Malgré ça, on me dit que je ne dois plus utiliser ce mot parce que les gens concernés le considèrent comme une insulte.  Est-ce que j’ai revendiqué mon droit de le dire quand même, en me justifiant du fait que ce mot étant un synonyme pour noir, ce n’est techniquement pas une insulte ?  Me suis-je obstiné en disant que moi, personnellement, je n’ai jamais utilisé ce mot pour rabaisser ou blesser qui que ce soit ?  Ben non !  Les individus concernés m’ont dit que pour eux, ce mot était malvenu. Alors j’ai tout simplement cessé de l’utiliser.  Parce que je respecte leurs limites.  Parce que c’est la chose décente à faire.

Alors en quoi serait-ce si difficile de faire pareil pour le mot con, qui EST une insulte ?

Je dois avouer que les derniers mots qu’elle m’a écrit ont fait naitre du remors en moi. Elle déplore que je la juge comme étant une mauvaise personne, ce qu’elle n’est pas. Avais-je vraiment raison ? Est-elle vraiment dans le tort ?

Et puis, j’ai considéré la chose objectivement :

  • Je revendique mon droit au respect.
  • Elle revendique son droit de me manquer de respect.

Alors finalement, est-ce une si mauvaise chose qu’elle ne fasse plus partie de ma vie ?

À CONCLURE

Le respect dès le départ nous évite les déboires. (1 de 3)

Cet article est au sujet de relations naissantes entre un homme et une femme, tous deux hétéros.  Puisque je parle de mon expérience personnelle, cet article sera relaté d’un point de vue masculin. Mais je vous fais confiance, vous saurez adapter la chose à d’autres situations.

Comme vous le savez, depuis quelques temps, je suis de retour sur les apps et sites de rencontres. Et tout récemment, en l’espace de trois jours, j’ai annulé deux rencontres. Ce qui porte à trois le nombre de rendez-vous que j’ai eu à annuler en un mois. Et dans chacun de ces cas, si j’ai laissé tomber, c’était pour une seule et même raison : le manque de respect.

Loser s’écrit avec un seul O, loser !

Que me valait donc cette insulte totalement gratuite ?
Cette femme connaissait l’existence de mon blog depuis quelques semaines. Et parmi les nombreux billets qu’elle y a lu, il y avait mon grand classique Autopsie du Loser. J’ai écrit ce billet en 2010, il y a 15 ans. Son origine remonte au début des années 90, lorsque je me suis mis à réfléchir sur tout ce qui n’allait pas chez moi, en me comparant aux winners, ou du moins aux non-losers. Il s’agit donc d’une longue auto-analyse qui s’est étendue sur une décennie complète. Rendu au 21e siècle, le loser en moi était mort. D’où le « Autopsie » du titre. Et c’est quelque chose que je dis très clairement à la fin du billet.

C’est en référence à ce billet que mon interlocutrice a décidé de me lancer un jugement de valeur. Mais elle l’a fait non pas en se basant sur celui que je suis aujourd’hui, mais plutôt sur celui que j’étais il y a plus de trente ans.

En plus, il a fallu que ce soit moi qui trouve la raison de son insulte.

Qu’est-ce que ce comportement dit au sujet de cette femme ?
Dès le départ, voyons ce choix qu’elle a fait. Des 548 billets que l’on retrouve sur ce blog, celui auquel elle a choisi de faire référence, c’est celui où je décris le loser que j’étais autrefois. Et par autrefois je veux dire au siècle dernier. Littéralement !

Ensuite, si elle avait voulu me complimenter, ça aurait été simple. Il lui aurait suffi de dire « pour un ex-loser. » Ce qui aurait vraiment fait référence au sujet du billet. Mais non ! Comme tant d’autres, il était important pour elle de me manifester son mépris. Et surtout de s’en justifier.

Ce qu’elle me dit: Beau bonhomme.
Ce qu’elle dit vraiment: Tu as une chance de te retrouver dans mon lit. Alors tu feras mieux d’accepter l’insulte qui va suivre.

Ce qu’elle me dit: Pour un Looser.
Ce qu’elle dit vraiment: Ta seule valeur à mes yeux est dans ton physique. Alors si tu ne veux pas perdre ça aussi, sois beau et ta gueule.

Ce qu’elle me dit: C’est une blague.
Ce qu’elle dit vraiment: Ce qui me fait rire, c’est de te rabaisser.

Ce qu’elle me dit: Je ne dirais pas ça si je le pensais.
Ce qu’elle dit vraiment: J’essaye de te gaslighter de manière à toujours pouvoir rester floue sur mes intentions.

Ce qu’elle me dit: Je suis souvent 2e degré.
Ce qu’elle dit vraiment: Je veux que tu acceptes sans broncher mes insultes présentes et futures. Et si jamais tu te sens insulté, alors c’est toi le cave, de ne pas comprendre que c’est du second degré.

Ce qu’elle me dit: Ce mot ne me serait jamais venu (en tête) sinon.
Ce qu’elle dit vraiment: Que c’est de ma faute. Ce qui démontre qu’elle ne veut prendre aucune responsabilité pour ses faits, gestes et paroles. Au même titre qu’un agresseur sexuel qui va blâmer sa victime, en affirmant qu’elle s’habillait trop sexy, ce qui l’a provoqué à l’agresser.

Pourquoi certaines femmes agissent-elle ainsi ?
D’où est-ce que ça vient, au juste, ce réflexe de manifester du mépris envers l’homme à qui elles démontrent ressentir de l’intérêt ? Un power trip ? La curiosité de voir à quel point le gars va accepter de se faire rabaisser et humilier, en échange d’une promesse vide de vagin à sa disposition ? Est-ce pour elles une manière de bien nous faire comprendre que dans le contexte des sites de rencontres, ce sont elles qui ont le beau jeu ? Pour nous, les gars hétéros, les propositions sexuelles sont rares comme l’or. Mais pour elles, c’est commun comme le gravier. Elles savent très bien que si l’homme ne tolère pas leur manque de respect, c’est lui et non pas elle qui aura de la difficulté à se trouver une autre partenaire. Ainsi, dès le départ, elles fixent le tarif. Le prix d’entrée entre ses cuisses, c’est l’humiliation, la soumission morale.

Et ça, c’est un prix que je considererai toujours comme étant trop élevé pour ma bourse.

Ce qui est ironique, c’est que lorsqu’elle a découvert mon blog, elle a dit qu’elle aurait de la difficulté à se sentir à l’aise en ma présence. Parce qu’elle ne pourra pas s’empêcher de se demander si j’analyse ses paroles et son attitude. Et que ça la porterait à vouloir se justifier sur tout. Plutôt étrange alors, qu’elle s’est ensuite comportée comme elle l’a fait.

Voyez avec quelle désinvolture elle accepte mon départ. Je refuse de me plier à ses règles de dominance ? Alors je suis expulsé du jeu. Ce qui en dit long au sujet de la valeur que je pouvais avoir à ses yeux.

On pourrait croire que mon analyse de chacune de ses phrases puisse être biaisée. Peut-être. N’empêche que ce n’est pas mon opinion qui parle. C’est mon expérience. Je pourrais donner des dizaines d’exemples, vécues de mon enfance jusqu’à mes 26 ans. Mais je vais me contenter d’une seule, la pire.

L’importance d’établir ses limites dès le départ.
Au début de la décennie 90, je n’avais rien pour plaire aux filles. Ni du physique ni de la personnalité. Pauvre, maigre, laid, inéduqué, sans diplôme de secondaire V, donc sans avenir… Et une libido à tout casser.

La seule fille qui me donnait de l’attention, c’était pour se moquer, me rabaisser, m’insulter, m’humilier. Mais toujours elle le faisait sur le ton de la blague, avec le sourire, sous des prétentions d’amitié et de complicité. Au niveau du subconscient, le message était clair. Ou bien j’acceptais d’être mal accompagné. Ou bien je finirais ma vie seul.

Ça commence subtilement.
Je fais une petite blague pour détendre l’atmosphère. Elle en rit, en disant « Eh qu’y’est con, c’t’enfant-là ! » … Insulte, et aussi infantilisation. De la part d’une fille plus jeune que moi de 5 ans, rien de moins. Le tout dans la joie et la complicité pour bien m’imprégner de l’idée que ses paroles rabaissantes sont en fait un signe d’appréciation, pour la bonne humeur que je lui procure.

Un jour, je fais une petite erreur sans importance, genre oublier le lait sur la table après déjeuner. Sur un ton sarcastique, j’y ai droit. « Eh qu’y’est con, c’t’enfant-là ! »

Au resto, au buffet chinois. Il y a une petite flaque par terre. J’y glisse et échappe mon assiette, qui se brise en répendant son contenu autour. Elle éclate de rire, en s’exclamant devant tous les clients : « Eh qu’y’est con, c’t’enfant-là ! »

Un jour, je me fais voler mon portefeuille, qui contenait l’argent du loyer. Elle m’engueule en ne manquant pas de commenter : « Eh qu’y’est con, c’t’enfant-là ! »

J’avais beau être désespéré, même moi j’avais mes limites, et elle était en train de les faire atteindre. Et elle a dû le deviner. Voilà pourquoi elle a lâché la pilule sans m’en parler, afin de me coincer dans la relation via paternité imposée. Nul doute que sa pensée envers moi était « Eh qu’y’est con, c’t’enfant-là ! » de voir que j’étais tombé dans un piège aussi grossier.

Et ceci fut une leçon que j’ai apprise à la dure.
Au début d’une relation, les gens seront portés à te tester, histoire de voir jusqu’à quel point ils peuvent te manquer de respect. C’est vrai dans les relations intimes, et c’est tout aussi vrai dans les relations amicales, que dans les relations professionnelles. Voilà pourquoi il est important d’établir dès le départ, et ce de manière claire, les limites de ce que tu vas tolérer ou non. Il ne s’agit pas d’exploser au moindre petit signe qui puisse être interprété comme étant une injure. Réagir ainsi ne réussira qu’à te donner une image de fou furieux susceptible au max. Mais il y a moyen de juste dire « Non ! Désolé, ça c’est un commentaire rabaissant, et ça ne passe pas. »

Généralement, la personne fautive va se rétracter. Parfois en te faisant ses excuses. Mais plus souvent, ce sera en se justifiant comme quoi elle n’avait aucune intention malveillante. Hey, elle va peut-être réagir avec furie, en te traitant de susceptible. Peu importe ! Ne discute pas. À ce point-ci, l’important, c’est que le message soit passé. À partir de là, dans 90% des cas, la personne ne recommencera pas. Et ce, parce que tu as su établir dès le départ que tu n’es pas son chien, et que tu n’as pas à accepter d’être traité comme tel. Et surtout, tu l’as fait avant qu’elle prenne cette habitude avec toi.

À partir de ce moment-là, deux choses peuvent arriver.

  1. La personne cesse de te manquer de respect. Ce qui est positif.
  2. La personne sort de ta vie. Ce qui est positif.

Et si la personne reste dans ta vie, et persiste à te manquer de respect ?
Il arrive parfois que la personne dise quelque chose qui t’offense,. Tu lui explique pourquoi ça t’offense. Elle dit qu’elle comprend, et jure de ne plus le refaire. Mais elle récidive. Ou pire, encore, elle le fait de manière juste assez subtile pour ne pas utiliser les mots qui te heurtent, mais qui te communiquent quand même l’idée offensante. Que faire dans ce temps-là ?

Ce sera le sujet du prochain billet.

À SUIVRE