Elle sera soumise ou abusive, mais jamais égalitaire

Depuis plus de 3 ans, je consomme du contenu masculiniste Red Pill. Ça a commencé par curiosité éducative.  Il est vrai qu’après une décennie complète à me faire exclusivement bourrer le crâne de contenu féministe, il me semblait logique d’étudier l’autre facette de la vision des relations hommes-femmes.  

Je ne crois pas que cela ait influencé mon comportement ni ma mentalité. J’ai constaté que beaucoup de revendications masculinistes sont à base de frustrations de la part d’hommes qui veulent dominer les femmes de manière abusive.  Par exemple Andrew Tate qui affirme que chaque femme qui entre en relation avec un homme devient automatiquement sa propriété, tout juste bonne à être exploité sexuellement et financièrement. Cependant, certaines choses, dites par certains autres influenceurs font du sens, afin d’éviter, inversement, les abus des femmes contre les hommes. Bref, j’en prends et j’en laisse. 

Il y a quelques jours, dans un podcast masculiniste, j’ai entendu une phrase qui m’a fait l’effet d’une gifle dans une douche froide. De tout le contenu masculiniste auquel j’ai pu être exposé, ceci est la phrase la plus intelligente et la plus révélatrice que j’ai entendu. Cette phrase est : Aucune femme ne respecte l’homme qu’elle peut dominer.

La raison pour laquelle cette phrase fut pour moi une révélation, c’est qu’elle m’a permis de comprendre pourquoi la majorité de mes relations se déroulent de la même manière, dans ces neuf étapes.

1. La femme m’approche.
2. Période de flirt.
3. Elle s’offre comme étant soumise.
4. Je la rassure comme quoi elle n’a pas besoin de se soumettre à moi pour m’intéresser, puisque je veux une relation égalitaire.
5. À mesure que la relation avance, elle perd peu à peu son respect envers moi.
6. Elle me méprise et/ou abuse de moi.
7. Je la confronte immédiatement pour son mépris et ses abus, en lui rappelant que je ne tolérerai rien d’autre qu’une relation égalitaire.
8. Elle réagit violemment comme si mes revendications d’égalité étaient le pire des abus envers elle.
9. Rupture chaotique.

Chacune des relations comporte sa petite variante. N’empêche qu’en gros, ouais, ça correspond. Ce ne sont pas les exemples qui manquent. Parmi ceux que je vais vous donner, certains seront nouveaux, tandis que d’autres seront des femmes dont j’ai déjà parlé sur ce blog.

Geneviève la coloc de l’enfer (Lien plus bas)
On se rencontre. Elle se montre fragile et me dit être victime d’abus de son entourage familial. Nous devenons amis. Je l’invite pour un weekend. En accord avec la convention sociale du Si tu viens, tu couches, comme quoi inviter chez soi une personne hétéro du sexe opposé, c’est une invitation au sexe. Et y aller, c’est dire oui au sexe. (Lien plus bas) Elle croit que je planifie de la baiser. En voyant que je ne fais aucune tentative d’approche, elle prend les devants et m’offre sa virginité. Après coup, elle est surprise d’apprendre que jamais je n’avais eu d’intentions cachées à son sujet en l’invitant. Dès le lendemain et pour le reste de la relation, elle sera méprisante, méchante et abusive. Tout ça parce que je la traitais avec égalité, et non en dominant qui la soumet.

Parce que pour être dans sa vie, je devais ou bien être le dominant, ou bien le soumis. Il n’y avait aucune autre option à part ces deux extrèmes.

Nathalie
Un jour, je reçois une demande de contact sur Facebook de la part d’une ancienne camarade de classe de l’école primaire et secondaire. Durant les onze ans où nous avions fréquentés les mêmes écoles et les mêmes classes, on ne s’est jamais échangé un mot. Et là, 33 ans plus tard, voilà qu’elle m’écrit comme si nous étions d’anciens amis qui s’étaient perdus de vue. Elle a flirté avec moi, et j’ai répondu de manière positive.

Dès nos premières rencontres, elle s’est tout de suite dévoilée en tant que quelque chose que bien des gens qualifieraient de Pick-Me Girl. (Lien plus bas) Elle m’a dit qu’elle ne croit pas du tout au féminisme. Que pour qu’une relation soit harmonieuse, il faut que la femme suive l’homme, point final. Et la première fois que nous avons pris son véhicule, elle m’a remis ses clés, en disant que la place de l’homme dans une auto, c’est en tant que conducteur.

Sexuellement, elle était performative, au point où elle en faisait trop. Histoire de se montrer extrèmement sensuelle, elle prenait son temps. Beaucoup trop de temps. C’était la première fois de ma vie que j’avais envie de dire à une partenaire de conclure parce que je commence à trouver le temps long. De plus, lors de nos discussions précédentes, elle m’avait expliqué avoir certaines pratiques sexuelles en horreur, en rapport à certains de ses ex-partenaires qui avaient abusés d’elle de cette manière. Pour, peu après, me les faire de son propre chef, en disant adorer le faire parce que c’était avec moi.

Lorsqu’une femme se plaint d’avoir toujours été abusée par ses ex, un homme tant soit peu décent n’a pas envie de faire partie du problème. Aussi, considérant que c’est son attitude de soumise qui lui attirait tout naturellement les abuseurs, j’avais avec elle une attitude égalitaire.

Après un an de relation à distance, dans laquelle on ne se voyait que les weekends, elle m’a invité à aller habiter avec elle et son fils qui avait des besoins particuliers. À partir de ce moment-là, je devais m’occuper de son fils, du ménage, des repas, et de toute autre tâche ménagère, en plus de contribuer financièrement. Et en retour, je recevais reproches, insatisfaction, blâmes et insultes. Et lorsqu’elle ne trouvait rien à me reprocher, elle en inventait. Elle a pourri ma réputation partout, histoire de s’assurer que je sois isolé. Le tout sous menace sous-entendue de m’expulser de chez elle, ce qui ferait de moi un itinérant. Ce qui a quand même fini par arriver le premier jour de l’été 2020.

Parce que pour être dans sa vie, je devais ou bien être le dominant, ou bien le soumis. Il n’y avait aucune autre option à part ces deux extrèmes.

Nadia
Elle m’avait contacté à l’époque du site MonClasseur. Lors de nos premières correspondances, alors que nous n’avions pas encore couché ensemble, elle m’écrit ceci :

Voilà qui est intéressant. Mais le soir venu, alors que je la cajole, elle me tourne le dos,, sans jamais bouger. Une statue. Je comprends qu’elle a changé d’idée. Alors j’arrête, me retourne et m’endors.

Quelques jours plus tard, un soir où on ne peut pas se voir, elle m’écrit ceci :

À notre rencontre suivante, même scénario. Elle me tourne le dos. Je la cajole. Cette fois, je pousse la chose plus loin, en glissant ma main dans sa petite culotte. Je la caresse intimement pendant quelques minutes. Jusqu’au moment où, par sa respiration, je vois qu’elle commence à ressentir les premiers signes d’un orgasme naissant.

… Et c’est à ce moment précis qu’elle agrippe ma main, la retire de sa culotte, et me dit :

« N’allons pas trop loin ! »

Euh… QUOI ?  C’est elle qui m’a affirmé que nous allions coucher ensemble. C’est elle qui m’a affirmé qu’elle ne changerait pas d’idée. Et la masturber, c’est aller trop loin?

J’ai souvent entendu des filles et des femmes se plaindre que leur homme est égoîste au lit, qu’il ne pense qu’à son plaisir à lui, négligeant celui de sa partenaire. Mais c’était la première fois (et la dernière aussi) que je voyais une femme qui s’empêche d’avoir un orgasme, en arrêtant son partenaire alors qu’il s’en va lui en donner un, afin de ne pas aller trop loin.

Mais bon! Insister sexuellement auprès d’une fille qui a dit non, c’est immoral, mais c’est surtout illégal. Je la lâche donc, et je me retourne pour peu après m’endormir.

Le lendemain matin, nous vivons cette scène, alors que alors que je me dirige vers sa cuisine. Elle me demande:

« Où tu vas? »
« Boire de l’eau! »
« Tu vas quand même pas boire l’eau du robinet!? »
« Ben oui, pourquoi pas?! »
« Elle est dégueulasse. »
« Ah!?  Pourtant, l’eau de Montréal est réputée pour être l’une des meilleures au Québec. »
« R’garde, si tu dois absolument boire, je vais te refiler une bouteille d’eau. »
« Ok! »

Elle va me chercher une bouteille d’eau.  Je l’ouvre et je bois sous son regard sévère.  Alors que je viens d’en avaler le deux-tiers, elle me dit sur un ton amer :

« Mes chats et moi, on n’aura rien à boire demain.  Mais bon, c’est pas grave! »
« Ben là!?  Pourquoi tu me l’as pas dit? »
« À t’entendre, il fallait ABSOLUMENT que tu boives. »

Depuis quand est-ce qu’un besoin aussi de-base que de boire de l’eau puisse être un sujet de reproches ? Mais bon, à chaque problème sa solution, que je lui propose :

« Bon, regarde, c’est pas si grave.  Je vais aller à l’épicerie du coin et t’en acheter d’autres, c’est tout. »
« Y’ont pas la marque que je bois! »
« Où est-ce que tu les achète, tes bouteilles? »
« Au Costco! »
« Bon ben allons-y! »
« J’ai pas d’argent. »
« Moi oui!  Je vais t’en acheter une nouvelle caisse. »
« Non!  J’aime pas que les autres paient pour moi. »
« Quand est-ce que tu vas avoir de l’argent? »
« Mercredi, dans trois jours. »
« Et tu essayes de me faire accroire que tes chats et toi alliez vivre sur une seule bouteille d’eau pendant trois jours? »
« Ben non! Ma mère va m’avancer l’argent demain. »
« Ah bon!?  Il me semblait que t’aimais pas que les autres payent pour toi! »
« C’pas pareil, c’est ma mère! »
« Bon ben voilà, problème réglé! »
« Sauf qu’elle finit de travailler à 17 :00 demain, ce qui va nous laisser 24 heures sans rien à boire. »
« Pardon?  Premièrement, j’ai vu dans ton frigo que tu as du lait et des jus, t’auras qu’à boire ça.  Quant à tes chats, tiens, reprends donc la bouteille, il en reste un tiers, c’est suffisant, ils mourront pas de soif.  Alors avant de dire que tes chats et toi aurez rien à boire… »
« J’respecte mes chats.  J’leurs donne pas de l’eau usagée.   Et je tiens trop à leur santé pour leur refiler de l’eau pleine des microbes des autres! »

Ses chats, comme tous les chats de la planète, se servent de leurs propres langues comme papier-cul.  Alors elle ne me fera pas accroire qu’un atome de ma salive sur un rebord de goulot va les empoisonner.  Mais bon, quand la personne tient à ce que tu sois le problème, elle tient mordicus à ce qu’il n’y ait pas de solution.

À partir de ce jour-là, à ses yeux, je ne pouvais plus rien faire de correct. Tout était sujet aux reproches. Aller aux toilettes. Me laver. Manger. Vouloir la voir. Ne pas vouloir la voir. Et ceci a vite fait de mettre fin à la relation, qui n’aura duré que six semaines. Au final, il semblerait que ce qui lui a déplu, c’est le fait que j’ai respecté son manque d’enthousiasme sexuel. Pour lui plaire, il aurait fallu que je la prenne de force. Et puisque je suis un partisan de relation égalitaire, ce qui implique un respect de ses limites, alors voilà, je ne l’ai pas fait. Par conséquent, je n’avais plus droit qu’à son mépris.

Parce que pour être dans sa vie, je devais ou bien être le dominant, ou bien le soumis. Il n’y avait aucune autre option à part ces deux extrèmes.

Mégane la mystique qui nie la réalité. (Lien plus bas)
On se rencontre dans notre classe de formation de préposés aux bénéficiaires. Je lui tombe dans l’œil. Elle me fait des avances. Dans celles-ci, elle multiplie les « Qu’est-ce que tu me fais, vilain !? Tu m’ensorcelles et me contrôles, Witcher ! » Comme si c’était moi qui allais vers elle, alors que c’était l’inverse.

Nous devenons amants.  Elle désire la fessée, elle désire être attachée, elle désire être fouettée.  Et, aussi paradoxal que je ça puisse sonner, elle désire que je la prenne contre son gré.

Mais ce n’est pas moi, ça. Je ne veux rien savoir d’une relation dans laquelle l’un de nous deux sera soumis à l’autre. Je veux une relation égalitaire, dans le respect de nos désirs et de nos limites. En constatant que je ne remplis pas le rôle du mâle dominant qu’elle m’avait réservé, elle a commencé à me manquer de respect, avant de me laisser tomber pour un homme abusif de qui elle se plaint sans cesse, mais de qui elle reste volontairement la chose.

Elle tenait cependant à me garder dans sa vie, mais pour un rôle bien précis : larbin et commanditaire. Un bel exemple se trouve dans l’une de nos dernières communications, datant de l’année dernière.

Oui, c’est elle-même qui a liké son commentaire.

Mon refus d’accepter ce rôle s’est conclus par une grosse crise de frustration de sa part, qui a mené à la fin de nos contacts.

Parce que pour être dans sa vie, je devais ou bien être le dominant, ou bien le soumis. Il n’y avait aucune autre option à part ces deux extrèmes.

Violaine
Cette relation a duré environ un an. On se contacte via un site adulte à la MeetMeat. La rencontre dans un motel fut un mélange de fougue, de passion et de douceur. Au point où, ce qui ne devait être qu’une rencontre sexuelle, est devenue à ses yeux un possible point de départ pour une relation plus sérieuse. Malheureusement…

Qu’est-ce qui est arrivé à la notion de faire l’amour avec tendresse?

Voilà qui ne ressemble en rien à la relation égalitaire à laquelle j’aspirais. Mais sinon, dans la vie de tous les jours, nos personnalités étaient tellement compatibles, il eut été dommage de dire non à une relation harmonieuse juste à cause de quelques divergences sexuelles,

J’ai bien essayé de jouer le jeu. Mais quand le coeur n’y est pas, ce n’est pas agréable. Et puisqu’il est impossible de maintenir une facade éternellement, plus je revenais à mon naturel, et plus nos séances sexuelles la laissaient insatisfaite. Nous étions en couple ouvert, alors elle pouvait aller chercher ailleurs ce qu’elle ne trouvait pas en moi. Mais parallellement, j’ai eu droit à de plus en plus de reproches, sur tout, sur rien, sur n’importe quoi. Ça a évolué à un point où, peu importe ce que je lui disais, elle me répondait en riant « Pourquoi tu me racontes ça ? » démontrant qu’elle se foutait totalement de toute tentative de ma part de maintenir une communication entre nous. Et le jour où elle m’a dit que plus jamais nous n’allons baiser ensemble, j’ai vu que mon rôle dans sa vie n’était plus que colocataire, guichet automatique lorsqu’elle n’arrivait pas dans son budget, et celui qui assumait 50% des tâches ménagères et des dépenses. Bref, un larbin à son service. Le jour-même, je faisais mes bagages. Le lendemain matin je la quittais.

Parce que pour être dans sa vie, je devais ou bien être le dominant, ou bien le soumis. Il n’y avait aucune autre option à part ces deux extrèmes.

Océane (Lien plus bas)
On se rencontre dans notre classe d’Espagnol. Elle a 19 ans, moi 28. Nous devenons de plus en plus amis. Mais elle est déjà en couple, alors je comprends que ça n’ira pas plus loin.

Un soir, elle vient chez moi, en me sous-entendant qu’elle a un peu trop bu de vin. (Lien plus bas) Puis, elle me donne un signe direct comme quoi elle me désire sexuellement. Avant de fermer les yeux en restant là, soumise, offerte. Le message est clair : Je dois la prendre, la posséder, en faire ma chose. Puisqu’elle est en couple et (apparemment) saoule, je refuse d’en profiter. Je l’accompagne plutôt à l’arrêt de bus.

Dès le lendemain, elle devient froide, distante. Elle ne me parle plus que pour me faire des remarques condescendantes. Et elle me fait croire qu’un cours que nous avions avait été annulé. Ce qui était faux. Ce qui en a provoqué mon absence. Bref, elle me soumettait à son mépris.

Parce que pour être dans sa vie, je devais ou bien être le dominant, ou bien le soumis. Il n’y avait aucune autre option à part ces deux extrèmes.

Je pourrais donner d’autres exemples, mais ceux-là sont déjà bien suffisants. Et toujours, à la fin de la relation, je suis dans l’incompréhension la plus totale. Comment est-ce qu’une personne peut passer de soumise à abusive, et ce aussi rapidement ?  Et surtout, pourquoi est-ce que la notion d’égalité dans le couple semble à être aussi difficile, voire impossible pour ces femmes-là ? Pourquoi vivent-elles dans un extrême ou dans l’autre, mais jamais dans le juste milieu ?

Est-ce à dire que toutes les femmes sont incapables de vivre dans une relation égalitaire ? J’ai déjà posé la question sur un forum.  Et toutes les femmes qui m’ont répondu avaient la même réplique à me donner : « Eh bien moi j’ai une relation à 100 % égalitaire avec mon conjoint, et ça fait 5-10-15-20 ans que nous sommes ensemble. »

Cette réponse me démontre deux choses. D’abord, que oui, il y a des femmes qui sont capable d’avoir une relation égalitaire. Mais l’autre chose, c’est justement le fait que celles-là sont en couple stable à long terme. Ça me porte à croire qu’il y a cause à effet. Ce qui signifie que c’est justement leur personnalité égalitaire qui fait que ça dure aussi longtemps.

Quant aux autres, celles qui restent, ce sont celles qui sont convaincues que dans un couple, la notion d’égalité n’existe pas. À leurs yeux, il faut absolument que l’un domine l’autre.  Et dans leur vision étroite de ce qu’est le couple, si un homme n’est pas dominateur, alors il est soumis. Et si c’est ce qu’elle pense/croit à son sujet, alors elle va automatiquement tenter de le dominer avec son mépris et ses abus. Ce qui fait que la relation ne dure pas. D’où célibat.

Parce que, tel que mentionné plus haut, aucune femme ne respecte l’homme qu’elle peut dominer.

_______
Y’A LIENS LÀ

Geneviève la coloc de l’enfer
La convention sociale du « Si tu viens, tu couches ».
La Pick-Me Girl sur Wikipedia.
Mégane la mystique qui nie la réalité.
Océane
Pourquoi est-ce que Femme + Alcool = Drague ?

Et sinon, du côté du dating ?

Lors de mon voyage à Paris de juin dernier, j’ai été surpris de constater qu’en Europe, Facebook Rencontre (ou Facebook Dating) n’existe pas. Alors pour les gens du vieux continent, qui constituent 86,4% de mon lectorat, je vous explique le principe.

Ici, en Amérique, lorsque l’on ouvre Facebook sur le téléphone, on peut voir un coeur sur la barre d’outils tout en bas de l’écran.

Comme son nom l’indique, il s’agit d’une app de rencontre pour les membres de Facebook. Il n’est pas accessible sur ordinateur ou laptop. Seulement sur téléphone. On s’y fait un profil dans lequel on peut mettre jusqu’à 12 photos, et un texte de présentation d’un maximum de 500 mots.

Comme je l’ai déjà expliqué sur quelques billets déjà, ma formule gagnante pour attirer l’attention sur les sites et apps de rencontres est un texte rigolo + des photos dans lesquelles je fais le beau (dans le sens non-canin du terme.) Et ça donne ceci :

Puis, on peut aller sur la page principale. Et celle-ci nous montre les profils de gens qui correspondent avec les préférences que l’on a inscrit dans l’engin de recherche. Dans mon cas personnel : Femme, 35 à 60 ans, proximité de 100 km, non-fumeuse.

Pas sûr que l’age corresponde à la réalité.

En bas à droite de la photo, il y a un coeur et un X. J’appuie sur le bouton qui correspond à mon intérêt, ou à mon manque de. Ce qui me permet de passer au profil suivant. Et ainsi de suite.

Et lorsque des femmes visitent mon profil et cliquent sur le coeur, ou bien m’envoient un message (ce qui est automatiquement enregistré comme un J’aime), ou bien répondent positivement à mon approche, je reçois une notification.

À partir de là, il n’en tient qu’à moi d’y donner suite ou non.

Comme le savent mes lecteurs de longue date, je suis célibataire et j’ai passé les dernières années sur différents sites de rencontres. Mais cette année, je me contente de Facebook Rencontre, puisque celui-ci a deux avantages sur les autres. De un, c’est gratuit. Et de deux, un tiers de la planète est sur Facebook. Ce ne sont donc pas les candidates qui manquent.

L’Amour est dans le champs de patates, la suite.
Bien que mon but premier dans l’exercice de ces rencontres n’est pas de m’accumuler du nouveau matériel pour la suite de mon livre, je dois reconnaître que depuis le début de l’année, mes différentes expériences ne me donnent que ça.

Mais avant d’aborder le sujet…

Il faut prendre en considération un fait important, et c’est que bien des choses ont changé en moi depuis le début du 21e siècle. D’abord, physiquement. En 2008, l’année de mes 40 ans, j’avais une libido à tout casser. C’était au moment de ma toute première remise en forme, musculaire, alimentaire et cardio, suite à Défi Diète 2008. J’étais beau. J’avais la cote chez les femmes. Et j’avais l’énergie pour en profiter à fond.

J’avais toujours eu une libido d’ado, mais cette année-là elle atteignait des sommets jusque-là inégalés. Alors je prennais chaque opportunité qui passait, en plus de draguer moi-même, chose qui n’est pourtant pas dans mes habitudes. Le résultat : dix différentes partenaires cet été-là. Jeunes, vieilles, belles, laides, minces, obèses, célibataires, mariés, en couple ouvert, en couple fermé, de mon quartier, à 750 km de chez moi. Aucun obstacle de temps, d’argent ou de distance ne pouvait se mettre entre moi et une opportunité de baiser.

Malheureusement, de l’autre côté de la médaille, le fait de prendre n’importe qui fait que l’on se retrouve avec n’importe quoi. La quasi-totalité de ces partenaires ne me convenaient pas, au-delà du sexe, pour diverses raisons d’incompatibilité. Et la moitié de celles-ci avaient des défauts de caractères et de personnalités qui les ont transformées en méprisantes ennemies, suite à mon refus de rendre officielles nos relations.

Depuis autour-de-2013, mon corps a peu à peu diminué sa production de testostérone. Rendu en 2024, il n’en produisait presque plus. Ma libido était morte. Constat réalisé peu après avoir pris avec nonchalance les avances de Noémie, 25 ans, l’une des rares jeunes femmes qui fantasment sur des hommes de l’âge de leur père, tout en ayant un look de mannequin d’OnlyFans.

Image de modèle libre de droit, mais qui ressemble à la vraie Noémie.

Une opportunité pareille, si on ne la saisit pas au moment où elle s’offre, on la perd pour toujours. Je ne l’ai pas saisie. Son désir pour moi est tombé et ne s’est plus jamais relevé. Quinze ans plus tôt, aucun obstacle de temps, d’argent ou de distance ne pouvait se mettre entre moi et une opportunité de baiser. Et là, je venais d’en laisser filer une, de la part d’une candidate qui représente le wet dream ultime de tous les vieux pervers hétéros.

Depuis, je suis en traitement de remplacement de la testostérone. Ma libido a ressuscitée. Or, il y a une différence majeure entre maintenant et jadis. En jouant habilement sur mon dosage, ça me permet de controler ma libido, plutôt que d’être controlé par celle-ci. Et ceci fait toute la différence, car ça me permet de mieux saisir les Red Flags que soulèvent certaines femmes lors de nos premiers contacts.

Bon, en fait, j’ai toujours été capable de les voir, ces Red Flags. C’est juste qu’il fut une époque où mon désir de baiser me poussait à m’en foutre. Tandis que maintenant, je suis beaucoup plus sélectif. Ce qui est une bonne chose, lorsque l’on voit les spécimen de célibat qui s’offrent à moi ces temps-ci. Par exemple :

Celle qui m’insulte dès le tout premier message.
L’expérience m’a appris à la dure que lorsque le premier contact commence de cette façon, non seulement le reste de la relation suit le même thème, ce genre de chose a tendance à empirer avec le temps.

Dans ce temps-là, je règle la question sans tarder.

Celle qui confond ses correspondants.
Difficile de sentir spécial pour une personne qui entretient plusieurs correspondances en même temps.

Celle pour qui le positif est un signe de négatif.
Au mois d’août dernier, je jase pendant quelques jours avec une femme sur Facebook Rencontre. Elle traverse un mauvais moment, alors je suis à son écoute, je la rassure. Elle est même agréablement surprise que je lui fasse remarquer certaines choses, qui peuvent être à la source de certains de ses problèmes. Et surtout, je lui fais prendre conscience que rien de ce qui lui arrive n’est de sa faute. Et ceci lui procure un sentiment de soulagement.

Puis elle m’annonce qu’elle va mettre fin à nos communications. Elle a parlé de moi à sa coach de vie. Et celle-ci lui a dit de se méfier de moi, car mon comportement, c’est à 100 % du pervers narcissique qui fait semblant d’être à l’écoute, de manière à ce qu’elle baisse sa garde face à moi, ce qui va me permettre de mettre le grappin dessus, et de l’exploiter de toutes les façons.

Alors voilà, mesdames et messieurs, nous avons fini par faire le tour. La bienveillance masculine est désormais un Red Flag.

Celle qui est à 100% négative et à 0% informative.
Elle m’écrit : « Salut. » Je vais voir son profil. Je vois ceci:

Aucune description personnelle, à part le fait qu’elle a le feu au cul, mais dans son cas c’est sous forme d’inflammation de l’intestin. Sinon, elle n’offre aucune description de ce qu’elle recherche. Rien que du négatif. Next !

Celle dont la correspondance est incompréhensible.
Elle m’écrit en premier. Côté positif, c’est une très belle et mince jeune femme. Du côté négatif, eh bien…

Quelle étude ?

Quelles recherches sur FB ?

Mais c’est quoi, ces réponses qui n’ont rapport en rien de ce que je lui demande ? Remarquez que ses questions et ses affirmations ne sont pas mieux. Vous savez quoi ? À l’âge où je suis rendu, il ne me reste plus assez d’années de vie pour avoir le temps de déchiffrer son vocabulaire. Bloquée et next !

Après le Speed Dating, voilà le Speed Hating. Ou : celle qui s’attend au pire de ma part… Avant même notre première rencontre.

J’entre au restaurant et me dirige, tout souriant, vers ma correspondante, que je reconnais aisément.

« Bonsoir! T’es bien Émilie? »

Elle me regarde avec un air pas amusé du tout.

« J’aime mieux te prévenir tusuite : si c’est yink pour du cul ou ben si t’es pour me ghoster, aussi ben arrêter là. »
« Euh… je vois ! »
« Ben oui, tu vois une fille qui est écœurée de se faire niaiser. C’pas dur à comprendre. »

Je la regarde pendant quelques secondes, encore un peu déstabilisé du fait que je ne m’attendais pas à ce genre d’accueil. Puis…

« D’accord ! Bonne soirée. »

J’ai tourné les talons. Je suis parti. La plus courte rencontre de toute ma vie. Je n’ai même pas eu le temps de m’asseoir.

Ma motivation pour partir n’était pas que je ne planifiait que de l’utiliser pour du cul avant de la ghoster. C’est le fait que je m’enlignais pour devoir prouver ma bonne foi à une personne qui refuse tellement d’y croire qu’elle le nie avant même que l’on se soit rencontrés. Ce qui me manipulerait à devoir montrer des signes d’intérêt envers une personne qui n’en aurait aucun pour moi. Et surtout, de devoir payer pour ce que d’autres hommes lui on fait. Ce qui n’est pas ma responsabilité.

Celle qui n’en est pas à sa première vie.
Au mois de mai, j’ai eu rendez-vous avec une femme dans la quarantaine. En fait, c’est surtout mon statut d’auteur publié qu’il l’a attiré vers moi.

On commence à jaser de choses et d’autres. Et voilà qu’elle me confie qu’elle est réincarnée. Bon, pas de quoi en faire un plat, beaucoup de gens croient en la réincarnation. Mais attention, elle, c’est spécial. Elle m’affirme qu’elle est la réincarnation d’un des chats de Simone de Beauvoir.

Elle m’a demandé si j’avais des contacts avec des maisons d’édition de la France. Je lui ai demandé pourquoi. Elle m’a proposé de co-écrire avec elle sa biographie féline. Car elle a des révélations à faire qui vont complètement bouleverser ce que l’on croit savoir au sujet de la relation de Simone avec le philosophe Jean-Paul Sartre. Un sujet qui risque de moins intéresser les Québécois que les Européens, d’où sa question.

Je lui ai répondu qu’il y a quelques années, après vérification, j’ai constaté que les maisons d’édition de chaque pays ne prennent pas les manuscrits en provenance de pays étranger. Ce qui est vrai. Elle a trouvé ça vraiment dommage.

Pourquoi est-ce que je me retrouve toujours avec les crackpots ?

Celle qui ne recevra pas de sitôt le trophée Maman de l’Année.
Je jase quelques fois par jours avec cette femme, mère de trois filles. Et là je reçois un message vocal. Je l’écoute.

« Quand tu te doigtes, tu prends combien de doigts ? Hi Hi ! « 

Aussitôt, je me glace d’horreur. C’était la voix d’une fillette qui ne devait pas avoir plus de dix ans. Donc l’une des filles de cette femme

Je l’efface aussi sec, et je dis à cette femme de ne plus jamais refaire ça. Parce que, de 1, en tant qu’homme de 57 ans (à ce moment-là), je suis très mal à l’aise avec le concept de faire des jokes de cul avec une mineure. Et de 2, avec ce vocal dans mon messenger, il suffirait d’un policier zelé pour me faire coller au fion une accusation de possession de matériel trop louche pour être honnête. Et ça risque d’être encore pire pour cette femme, pour production et distribution de ce même matériel.

La femme me fait le coup de la mère épouvantée, de se rendre compte de ce qu’elle venait de faire. Elle me dit qu’elle ne pensait pas à mal. Que c’est le genre de chose qu’elle fait tout le temps avec ses amis de gars, et que c’est juste drôle.

Et une heure plus tard, elle coupe et tout contact avec moi, en disant que d’une certaine manière, mon humour est toxique pour elle. Parce que je l’incite à faire de l’humour également, mais que ça faisait ressortir le pire en elle.

Alors voilà ! C’est elle qui incite sa fille de dix ans à dire des cochonneries à un homme de 57, mais c’est moi qui suis un monstre. NEXT !

Celle qui n’assume pas son physique.
Je me rend à un premier rendez-vous à un café. Je ne reconnais pas ma correspondante parmi les clients. Il n’y a qu’une femme seule dans ce café. La première chose qui me vient en tête en la voyant est:

« Oh shit ! J’espère que c’est pas elle. »

Aussitôt, elle me salue en m’appellant par mon nom.

À quoi je m’attendais, aussi, avec une photo de profil retouchée par I.A.

Je n’ai rien contre les femmes qui sont en surpoids. Mais quand elle est légèrement grassette en photo, et qu’en personne elle a la silhouette de Barbapapa… Ça donne un choc, disons.

Pas Barbamaman. BARBAPAPA !

Il y a des hommes qui sont amateurs de ce genre de chose. Si elle pouvait assumer son physique, alors elle les trouverait plus facilement qu’en se présentant comme autre chose que ce qu’elle est vraiment.

Celle qui m’éblouit (temporairement) par son haut niveau d’éducation.
Je suis impressionné. Une femme de ma génération, célibataire, sans enfants, de ma région, et qui possède un PhD.

Pour les non-initiés, un PhD est le diplôme de troisième cycle universitaire, nommé Philosophiæ Doctorate par les anglophones. C’est le diplôme d’études le plus full méga Einstein-esque atteignable, et ce uniquement dans les insititutions d’études de niveau supérieur.

Au final, dans son cas, PHD, c’était pour Polyvalente Hyacinthe-Delorme. Pas tout à fait du même niveau, mettons. Pourquoi perdre son temps à discuter philosophie quand on peut s’interroger sur les futures éliminations des candidats de la télé-réalité populaire du moment, pas vrai ?

Dans la série Pas l’temps d’niaiser !

Je me suis fait aussitôt ghoster. Pourtant, j’ai été on-ne-peut-plus conciliant.

Celle qui me fait des propositions en commentaire déplacé.
Déplacé, car le sujet dans lequel elle m’a abordé, c’était l’annonce du décès de mon oncle par infarctus.

Non pas que j’aurais répondu autrement à ce genre de message s’il m’eut été envoyé ailleurs.

Concluons avec Celle qui amorce le contact en me servant une tonne métrique de bullshit.
Bullshit
, littéralement caca de taureau, est un mot anglais qui signifie foutaise ou baratin. Ce terme est utilisé pour qualifier des propos mensongers ou bidon. Et c’est exactement ce que m’a offert ce plus récent spécimen, en m’envoyant une demande de messages sur Facebook.

Un Stéphane, mon véritable prénom. De Québec, ville où j’ai habité de juillet l’an dernier jusqu’a la fin de juin de cette année. Qui a un profil drôle sur Facebook Rencontre, ce qui est mon cas. Et qui liste Steve Requin sur Facebook dans la catégorie Famille, alors que je n’ai aucune famille à part mon alter ego sur Facebook ? De qui pourrait-il donc bien s’agir, d’après vous ?

Effectivement, je me souviens de cette femme qui m’avait dit avoir fait erreur en n’ayant pas vérifié ma ville sur mon profil de FB Rencontre. Je me souviens également qu’elle trouvait dommage que la distance soit un obstacle. Mais là s’arrêtent les faits. Car tout ce qu’elle affirme par la suite n’est que pure foutaise. Aussi …

Logiquement, elle a pourtant tout pour m’intéresser. Une femme qui a fait l’effort de cliquer sur l’option Voir le profil sur Facebook Rencontre, ce qui l’a amené à mon profil de Stéphane Lussier Johnson de Facebook, ce qui lui a permis de parcourir ma liste d’amis, ce qui l’a amené à mon compte de Steve Requin… Une femme qui prend la peine de me dire que je représente ce qu’elle recherche car je suis célibataire et drôle. Une femme qui va même me dire qu’elle me trouve sexy. Une femme qui, même si elle ne m’a pas reconnu d’un compte à l’autre, m’a tout de même choisi les deux fois. Ce qui signifie que, physiquement, je correspond au type d’homme qu’elle préfère. Une femme qui habite à proximité, maintenant que je suis de retour sur la Rive-Sud de Montréal.

Il y a dix ans et plus, voilà une opportunité de baise assurée, voire de relation sérieuse, que je n’aurais certainement pas laissé passer. Car en partant de la logique comme quoi ses mensonges n’étaient que dans le but de se rapprocher de moi, je les lui aurais pardonnés.

Or, peu importe la raison pourquoi elle m’a menti dans son tout premier message, il reste qu’elle m’a menti dans son tout premier message. Un mensonge qui n’était absolument pas nécessaire. Un mensonge totalement gratuit, de son propre chef, car je ne lui ai rien demandé. Ce qui en fait fort probablement une menteuse compulsive. Alors effectivement, si j’ai droit à ça dès le tout premier contact, ça promet pour la suite. Ce n’est pas la paranoïa qui parle. C’est l’expérience. Une expérience acquise à la dure, à l’époque où je fermais les yeux devant ce genre de Red Flags.

Finalement, pour les sorties, mieux vaut me contenter de mes bonnes amies qui sont fières d’être vues en ma compagnie.

Comme ici, mais fières.

Mais pour le reste, comme le dit le proverbe, mieux vaut être seul que mal accompagné.

_______
Y’A LIENS LÀ

Juste si vous êtes curieux, puisque j’ai fait référence à certains sujets déjà traité dans ce blog:

Noémie, ou le rêve devenu réalité. C’est le premier d’une série de six billets à son sujet.
L’intérêt d’une femme vient avec une date d’expiration. Le premier de trois billets, qui expliquent pourquoi Noémie ne m’a pas pardonné ma nonchalance face à ses avances.
Le lobe frontal et l’effrontée, au sujet de Marieke, qui m’a qualifié de nouille dans son tout premier message.

L’une des conséquences du manque de valorisation parentale

Vous savez, cette situation classique dans laquelle un Nice Guy se rend compte que plus il fait tout pour une femme, et moins elle l’apprécie, préférant les Bad Boys ? Ceci en est une variante. À ceci près que pour une fois, on verra la chose sous trois angles : celui de l’homme, celui de la femme, et celui d’un spectateur impartial.

AVERTISSEMENT. Cette illustration les dépeint beaucoup plus beaux (et plus jeunes) que dans la vraie vie.

Cynthia habitait à Québec. Scott habitait à Montréal. Ils étaient tous les deux membres de MeetMeat, un site de rencontres adultes. Après avoir lu quelques messages de Scott sur le forum, Cynthia a lu le profil de Scott et l’a trouvé intéressant. Elle lui a proposé une rencontre dans un motel à mi-chemin, à Drummondville. Il a accepté.

Ça ne devait être qu’une histoire d’un soir. Mais chacun s’est senti naturellement à l’aise avec l’autre. Ce qui ne devait être qu’une rencontre sexuelle contenait beaucoup de tendresse. Au point où, contrairement à son habitude, Cynthia lui a suggéré qu’ils gardent le contact. Scott a accepté.

Cynthia sortait d’une relation cahoteuse qui avait duré deux ans et demi avec Rodrigue, un pervers narcissique qui jouait au yoyo avec ses émotions. Tantôt, il soumettait Cynthia au Love Bombing, et tantôt il la dévalorisait par indifférence et signes d’éloignement. Pour la ramener en la valorisant de nouveau, particulièrement au niveau sexuel. Après toute cette toxicité, elle avait bien besoin d’un changement dans ses relations.

Dès le départ, elle a joué franc-jeu. Même si elle s’intéresse à Scott au point de vouloir en faire son amant régulier, et potentitellement son amoureux, il reste que c’est une femme qui a un très grand appétit sexuel. Elle est libertine, polysexuelle, et elle ne se sent pas capable de changer cet aspect de sa vie. Surtout pour une relation à longue distance. Scott a compris et accepté. Après tout, il est lui-même membre de MeetMeat. Il savait donc dans quoi il s’embarquait, à fréquenter des femmes de ce milieu.

Les premiers mois, ils ne se voyaient que peu. Mais à chaque fois, ils se rapprochaient, se découvrant de plus en plus de points en commun. Et lorsqu’ils ne pouvaient se voir, Cynthia lui demandait parfois si c’était Ok avec lui, qu’elle se trouve un amant pour la soirée, afin de satisfaire son insatiable appétit sexuel. À son agréable surprise, toujours Scott acceptait. Elle craignait qu’il en soit blessé. Mais comme il le lui répétait, ils se sont rencontrés sur MeetMeat, un site de rencontres libertin. Il savait dans quoi il s’embarquait.

Un jour, Scott a eu une opportunité d’emploi dans le coin de Québec. Cynthia lui a spontanément offert la cohabitation. Scott a accepté. Le premier août, ils aménagea chez elle.

D’habitude, lorsque deux personnes cohabitent, chacun doit y mettre un peu d’effort, de compromis, pour que règne l’harmonie. À leur grande surprise, dans leur cas, nul besoin. Le hasard a voulu que les différents aspects de leurs personnalités se divisent en deux catégories : Celles où ils sont semblables, ou bien celles où ils sont différents, mais complémentaires.

Deux mois plus tard, en octobre, Cynthia a eu à s’absenter pour une semaine, en rapport à son travail. À son retour, elle avait une nouvelle embarrassante à annoncer à Scott. Elle a malheureusement constaté que durant cette semaine d’absence, elle ne s’ennuyait pas de Scott tant que ça, finalement. Ce qui signifie qu’elle n’est pas en amour avec lui. Scott en a ressenti une certaine déception. Mais bon ! Ils s’entendent bien. Ils sont toujours amants. La cohabitation est toujours harmonieuse. Il peuvent bien continuer leur relation telle qu’elle est.

Cynthia craignait que Scott l’apprécie moins. Mais lui, sans même savoir qu’elle avait ces craintes, il a eu tôt fait de les calmer. Car toujours, il savait lui montrer son appréciation. Il prenait la peine de lui dire qu’il était reconnaissant de ce qu’elle faisait pour lui. Que ce soit en lui permettant de vivre chez elle, ou lorsqu’elle lui suggérait une activité, ou lorsqu’elle lui préparait un repas. Et il ne manquait pas de lui dire qu’il appréciait sa personnalité. Gentille, franche, altruiste, honnête, compréhensive.

Scott fit cependant une constatation, qu’il a aussitôt partagé avec Cynthia. Lorsqu’il la complimentait, ou lui témoignait de sa reconnaissance, Cynthia semblait gênée. Embarrassée. Et elle l’était. Elle lui confia ce qui, selon elle, était probablement la source de ce malaise. Durant sa jeunesse, elle était toujours dépréciée par ses parents. À cause de ça, elle n’a jamais eu l’impression qu’elle était adéquate. C’est la raison pour laquelle elle fait beaucoup d’efforts pour plaire. Mais surtout, c’est la raison pourquoi elle a autant de difficulté à composer avec des compliments qu’elle n’a pas l’impression de mériter, si c’est sur des sujets dans lesquels elle n’a mis aucun effort particulier. Et effectivement, être soi-même, ça ne demande aucun effort.

Cynthia rencontrait sexuellement un inconnu ou deux par mois. Scott, lui, n’avait pas cette opportunité. Il est vrai que lorsqu’ils s’offrent sexuellement, une femme est beaucoup plus sollicitée qu’un homme. Mais Scott ne s’en plaignait pas. Lorsqu’il avait envie de baiser, Cynthia ne lui disait jamais non. Et ils allaient parfois ensemble dans des clubs échangistes. Il était même question de baiser à deux couples ou plus un jour, bien que pour le moment ils n’avaient pas encore reçu d’offre de gens qui leur plaisait.

Janvier, décès de la mère de Scott. Celui-ci ayant l’esprit trop préoccupé par le chagrin et le labyrinthe administratif qui n’en finit plus, a passé les quatre mois suivants à avoir la libido à zéro. Cynthia ne lui cachait pas qu’elle continuait de rencontrer sexuellement une ou deux fois par mois. Scott n’en faisait pas de cas. Il était même rassuré du fait que que dans une relation ouverte comme la leur, le manque de sexe n’allait jamais pouvoir se mettre entre eux.

Puis, les choses se sont tassées. Au mois de mai, la libido de Scott a repris vie. Il l’exprima à Cynthia. Et celle-ci lui répondit une chose dont jamais il se serait attendu.

« Tu sais, depuis le temps, notre relation a évoluée au-delà du Fuck-Friends. Voilà un bon moment que ne ressens plus de désirs sexuels entre nous deux.« 

Au début, Scott ne pouvait pas y croire. Il se dit que c’était un simple malentendu. Il lui expliqua alors que son manque de libido des derniers mois était dû à ses problèmes familiaux. Que jamais il n’a cessé de désirer Cynthia. Qu’elle ne devait pas confondre sa panne temporaire de désirs, avec une absence de désir. Cynthia lui dit qu’elle comprend. Mais que ça ne change rien. Elle ne se voit juste plus coucher avec lui. C’est comme ça !

Scott ne comprennait plus rien. Cynthia adore le sexe. Elle est libertine. Elle a plusieurs partenaires, certains qui reviennent, d’autres qui ne sont que pour un seul soir.  La relation entre Scott et Cynthia a toujours été harmonieuse. Il y a du respect entre eux. Ils se connaissent très bien sexuellement.  Leurs baises sont toujours excellentes et satisfaisantes. Il n’y a jamais eu de bisbille entre eux. Alors pourquoi ? Qu’est-ce que Scott a bien pu faire, pour lui faire perdre tout intérêt sexuel ?

Cynthia ne peut pas répondre. Car elle-même ne saurait l’expliquer. Elle n’a aucune idée de pourquoi elle ne veut plus coucher avec Scott. Tout ce qu’elle sait, c’est qu’elle ne veut plus coucher avec Scott. Ce dernier comprend parfaitement le principe du consentement. Aussi, il accepte la situation. Mais entre l’accepter, la comprendre et la considérer comme étant juste, la marge est large.

Si c’était un cas de Cynthia qui avait perdu tout intérêt pour le sexe, alors Scott aurait compris. Il ne l’aurait pas pris personnel. Or, la libido de Cynthia n’a nullement diminué. Elle est toujours aussi nympho, toujours aussi obsédée par le sexe. Ce qui en revient à dire que ce qu’elle exprime à Scott, c’est l’équivalent de : « Je veux coucher avec n’importe qui… Sauf toi ! »

Dans son désir de comprendre, Scott essaye de voir quelles sont les différences entre lui et les nombreux autres amants de Cynthia. Et la seule chose qu’il voit, c’est que lui, il fait tout pour elle. Il fait la moitié des tâches domestiques. Il l’aide à faire les emplettes. Il l’aide à monter les paquets et descendre les poubelles. Il est là pour lui tenir compagnie. Il lui prête de l’argent lorsqu’elle a un budget trop serré. Et surtout, il paie la moitié du loyer, la moitié de l’électricité, la moitié de la connexion internet. Révolté par cette situation, il ne peut s’empêcher de dire :

« Alors pendant que moi je dois payer pour avoir le privilège de ne PAS coucher avec elle, Madame donne son cul à n’importe quel inconnu qui peut la fourrer gratis !? »

Plus il y réfléchit, plus il en arrive à des conclusions aberrantes :

« Alors c’était ça, son petit jeu. Madame me donne du sexe pour m’attirer ici, sous promesse de possibilité de relation amoureuse. Mais dans le fond, tout ce qu’elle voulait, c’était un larbin et un guichet automatique. »

Il en vient même à avoir des pensées incel.

« Elles sont vraiment toutes pareilles. Plus un gars est gentil avec une femme, plus elle le méprise. Moins un gars en fait pour elle, plus elle le désire. Décidément ! Toutes des putes. »

En réalisant que tout ce que Cynthia voulait de lui, c’était tous les avantages d’une relation de couple, mais sans qu’il n’y ait amour ni sexe, Scott se trouve vraiment naïf d’être tombé dans un piège aussi grossier. Considérant qu’elle a assez abusé de lui comme ça, il lui annonce aussitôt la fin de leur cohabitation. Mais surtout, la fin de leur amitié.

Cynthia est sous le choc. Elle ne peut pas croire que Scott est prêt à foutre en l’air leur si belle relation harmonieuse d’amitié profonde. Elle qui croyait qu’il l’appréciait. Elle qui a cru à toutes ses belles paroles, comme quoi il était reconnaissant de ce qu’elle faisait pour lui. Et lorsqu’il disait qu’il aimait sa personnalité, qu’il la trouvait gentille, franche, altruiste, honnête. Et là, juste parce qu’elle ne couche pas avec lui, automatiquement, plus rien de ça ne compte encore.

« Décidément, les hommes sont tous pareils. Lorsqu’ils veulent coucher avec toi, alors là, tu as toutes les qualités du monde. Mais dès qu’il n’y a plus de sexe entre vous, alors tu n’es plus rien pour lui. Toutes ces belles paroles n’étaient que du baratin. »

Et c’est ainsi qu’encore une fois, un homme se retrouve convaincu que les femmes prétendent vouloir des bons gars, mais ne veulent de lui que son temps, ses énergies et ses ressources. Tandis qu’une femme est convaincue que pour les hommes, les femmes n’ont rien de plus qu’une valeur sexuelle. Ce qu’ils viennent de vivre ensemble en est la preuve flagrante.

En réalité, le problème vient d’une source beaucoup plus profonde que ça.
Dans sa jeunesse, Cynthia n’a pas reçu de valorisation de la part de son entourage. En devenant adolescente et jeune femme, elle a constaté au niveau du subconscient que lorsqu’ils la désiraient sexuellement, alors là, les gars lui montraient de l’intérêt.

Se sentir désirée, c’est valorisant. C’est ainsi qu’elle s’est mise à aimer le sexe. À devenir de plus en plus nympho. À faire l’effort de devenir l’amante parfaite qui fait tout et qui aime tout. Et puisque ça lui rapportait la valorisation dont elle avait tant besoin, elle en devenait véritablement excitée, allumée, affamée sexuellement.

Et c’est là que Scott est arrivé dans sa vie. Scott, qui la complimentait. Scott qui était reconnaissant de ce qu’elle faisait. Scott qui lui montrait qu’elle avait de la valeur, simplement en étant elle-même. Pour la première fois de sa vie, Cynthia était appréciée par un homme. Non pas pour le sexe. Mais pour ses faits, ses gestes, ses paroles, sa personnalité. Au niveau du subconscient, Cynthia a compris qu’elle n’avait plus besoin de coucher avec Scott pour se sentir valorisée par lui. Alors elle a automatiquement cessé de ressentir du désir sexuel pour lui. Et puisque ça se passait au niveau de son inconscient, Cynthia elle-même n’a jamais su expliquer pourquoi.

Et voilà pourquoi la décision de Scott de mettre fin à leur amitié la blesse si profondément. Il n’y a que lui qui lui procurait de la valorisation en tant qu’être humain. Sans lui, Cynthia n’a plus dans son entourage que des hommes qui ne valorisent que son entrecuisse.

Ce qui en revient à dire qu’au fond, Cynthia n’aime pas le sexe. Elle a juste besoin du sentiment de valorisation que le sexe lui procure. Voilà pourquoi elle s’excite à l’idée de séduire un inconnu et de coucher avec lui. Mais qu’elle n’est plus du tout à l’aise avec l’idée de coucher de nouveau avec Scott, avec qui elle avait pourtant plus de compatibilité que n’importe quel autre homme, pour former un couple uni et harmonieux.

Malheureusement, à cause de son besoin de se sentir valorisée, les seuls hommes qui peuvent avoir une relation à long terme avec elle, ce sont les manipulateurs pervers narcissiques comme Rodrigue, qui vont tour à tour la dévaluer, provoquant ainsi un état de manque en elle. Avant de la revaloriser, généralement avec le sexe, comblant ainsi ce besoin. Avant de la dévaloriser de nouveau, la remettant ainsi en état de manque.

À cause de parents qui n’ont pas su valoriser leur enfant, encore une fois, un homme et une femme rejouent la situation classique dans laquelle un Nice Guy se plaint que plus il fait tout pour une femme, et moins elle l’apprécie, préférant les Bad Boys. Et encore une fois, une femme se plaint que les hommes ne veulent rien d’autre que du sexe de la part des femme.

Comment je ne suis pas devenu pompier volontaire

Ça remonte à il y a environ 4 ans. À ce moment-là, j’étais entre deux emplois et je venais de terminer le manuscrit de mon livre Le sucre rouge de Duplessis.  J’habitais depuis deux ans dans un petit village agricole nommé Saint-Jean-Baptiste, situé derrière le Mont-Saint-Hilaire.  J’ai vu dans le journal local que l’on recherchait des pompiers volontaires. En sachant que mon père et mon grand-père l’avaient déjà été eux-mêmes dans leurs jeunesses, je me suis dit que ce serait bien de continuer la tradition.  

Au Québec, l’expression « avoir le feu au cul » signifie être enragé.

Quelle est la différence entre sapeur-pompier et pompier volontaire ?
Un sapeur-pompier est un pompier de carrière. Il reçoit un salaire, et ce, qu’il soit appelé à un incendie ou non. Tandis qu’un pompier volontaire, c’est quelqu’un qui occupe une autre carrière que pompier. Mais qui va tout de même répondre à l’appel lors d’un incendie. Au lieu de recevoir un salaire, il recevra une rémunération pour les jours où il a été appelé sur les lieux d’un incendie.

J’appelle à la caserne des pompiers volontaires de Saint-Jean-Baptiste. Je m’y pointe au jour et à l’heure du rendez-vous.  Il n’y a pas le moindre camion de pompier. À la place, l’espace est occupé par une grande table de vingt places. Je rencontre le chef, un homme costaud dans la cinquantaine. Ainsi que son assistant, un maigrichon à qui je ne donne pas plus que 30 ans.  

Le chef sort quelques papier d’une chemise à dossier. Puis, il commence à me poser la question la plus pertinente :  

« D’après toi, qu’est-ce que ça prend pour être un bon pompier volontaire? »
«  Tout d’abord, comme le nom l’indique, il faut être volontaire. C’est-à-dire être prêt à tout laisser tomber pour se diriger le plus vite possible sur le lieu de l’incendie dès qu’on a un appel.  Ou bien à la caserne, là où est notre équipement, si on ne peut pas l’avoir déjà chez soi. » 
«  Très bien. Et ensuite? »
«  Ensuite  ça prend une bonne forme physique. Il faut être costaud, parce que les lances d’incendie ont une très forte pression, et ce n’est pas toujours facile à contrôler.  Je vais régulièrement au gym, donc ça va pour moi de ce côté-là. À part ça, eh bien, il faut de la discipline. Parce que je suis surtout là pour donner un coup de main au sapeur-pompiers.  Je dois donc obéir aux ordres, de manière à ne pas être dans leur chemin, ni faire obstacle à leur travail. Et surtout, je ne vais pas essayer de jouer au héros. Je dois me tenir à l’écart du danger. Je ne suis pas là pour devenir moi-même une personne à secourir, mais bien pour assister les professionnels à secourir les victimes, s’il y en a. » 

Le chef hoche la tête, approuvant ce que j’ai dit.

« Ce sont de très bonnes réponses. As-tu déjà été pompier volontaire avant ? » 
«  Non, mais ça me semble logique que les choses se déroulent comme ça. » 

Ensuite, le chef commence à me poser toutes sortes de questions d’usage afin de remplir ma fiche de candidature. Mon nom, mon âge, mon occupation première, mes coordonnées, ce genre de trucs.  

Puis, arrive LA question, celle que j’ai toujours eu en horreur.

«  Nomme-moi ton plus grand défaut. » 

Pendant deux décennies, je ne voyais pas la logique derrière cette question. Surtout que je me doute bien qu’elle pourra servir d’excuse à l’employeur potentiel pour ne pas m’embaucher. Ce qui me semble plutôt contre-productif, lorsqu’ils sont en manque de personnel.  

Jusqu’au jour où je me suis imaginé être à la place des recruteurs. Je me suis demandé quelle seraient les raisons pourquoi je poserais une telle question. Quel serait mon avantage à connaître ce détail. Après tout, chaque personne a des défauts qui lui sont propres. En quoi est-ce que ça peut affecter ta carrière, si tu ne fais jamais ton lit, ou si tu manges trop ?

C’est là que j’ai fini par comprendre. Ce que l’on cherche ici, ce n’est pas le défaut. C’est de voir avec quelle facilité ou difficulté le candidat est capable d’admettre ses torts. Car il n’y a rien de plus contreproductif dans un boulot que d’être pris avec un employé trop orgueilleux pour reconnaitre et corriger ses erreurs.

Et cela m’a permis de trouver la réponse parfaite. À la fois parfaite aux oreilles de celui qui me passe en entrevue d’embauche. Et parfaite pour moi, car celle-ci me permet de cerner plus facilement l’environnement de travail.

Cette réponse étant en deux parties, je commence par répondre la première.

«  Je n’en ai pas ! » 

Aussitôt, avec un air bête et une arrogance qui transparaît dans sa voix, l’assistant intervient, en imitant un signal d’alarme : 

« BEEEEEP!  Mauvaise réponse ! »

Et voilà ! En le voyant réagir ainsi, j’ai aussitôt compris à quel genre de personne j’avais à faire. Un prétentieux ! Un arrogant ivre de pouvoir. Un conflictuodépendant qui cherche à confronter les gens et à les prendre en défaut. Bref, le genre de personne qui crée une ambiance toxique au travail.  Et s’il y a un endroit où ce genre de choses peut faire le plus de mal, c’est justement dans une profession qui demande à sauver des vies. 

Vous allez probablement dire « Oui, mais ta propre réponse, comme quoi tu prétends n’avoir aucun défaut, est également un signe de prétention. » Et bien non justement, car c’est là qu’arrive la seconde partie de ma réponse, que je donne au chef.  

«  Je comprends que la raison pour laquelle vous voulez des candidats capables de reconnaître leurs défauts, c’est pour éviter de vous retrouver coincés avec des amateurs qui pensent en savoir plus que les professionnels. Le genre de personnes qui ne vont pas vous écouter et voudront en faire à leur tête, malgré le fait qu’ils n’y connaissent rien. Et dans un travail comme celui-là, où des vies en dépendent, ce n’est pas le temps ni l’endroit de s’obstiner en ne voulant rien entendre.

Mais moi, la raison pour laquelle je vous dis ça, c’est parce que dans les différentes occupations que j’ai eu dans ma vie, comme tout le monde, il m’est arrivé de me faire dire qu’il y avait un défaut dans mon attitude ou ma façon de travailler. À ce moment-là, je modifiais mon attitude ou bien ma manière de travailler. Ainsi, ça régleait le problème. Par conséquent, mes défauts n’existaient plus. Et c’est pour ça que je peux me permettre de vous dire que, jusqu’à nouvel ordre dans un nouveau milieu de travail, effectivement, pour le moment, je n’en ai pas. Et lorsque j’en aurai, je les corrigerai, et je n’en aurai plus. » 

J’aurais pu terminer là. Or, je ne pouvais pas me taire. Et la raison, c’est que peu importe le milieu où j’évolue, qu’il soit social, romantique ou professionel, s’il y a deux comportement que je suis incapable de supporter, c’est l’arrogance et la bullshit.

Comme je le dis plus haut, ma réponse en deux temps est une sorte de test pour les gens qui me passent en entrevue. Parce que leur réaction spontanée à mon affirmation comme quoi je n’ai pas de défauts, ça va me tracer un portrait précis de la personnalité de l’autre, donc de l’ambiance de travail à laquelle je dois m’attendre. Si la réaction avait été amusée ou bien intriguée, j’aurais pu m’attendre à une ambiance sympa. Mais la réaction de l’assistant était une opposition spontanée. Une confrontation. Une accusation. Et surtout, la manifestation d’un esprit fermé qui ne veut rien entendre. Bref, de la tyrannie. Et ça, c’est quelque chose que je ne laisserai jamais passer. Car dès que tu l’acceptes une fois, tu dois t’attendre à la subir non-stop par la suite.

Aussi, pour tuer la chose dans l’oeuf, j’ajoute un truc plein de bonne volonté. 

«  Étant donné que vous ne me connaissez pas, je comprends que c’est facile pour moi, de vous dire que j’écoute, afin de corriger mes défauts. N’importe qui peut prétendre ça. Mais je peux vous le prouver tout de suite » 

Je me retourne face à l’assistant, et je m’adresse à lui. Et alors que je donnais du VOUS au chef, je me limite au TU avec lui, histoire de lui faire comprendre, ne serait-ce qu’au niveau du subconscient, qu’il ne représente aucune autorité à mes yeux.

«  Quand j’ai dit que je n’avais aucun défaut, tu as répondu « BEEEEEP !  Mauvaise réponse. »  Donc, tu affirmes que j’ai des défauts.  Alors puisque je veux les corriger, mes défauts, dis-moi lesquels que j’ai. Vas-y, je t’écoute. » 

Il me regarde sans rien dire pendant un bon cinq secondes, probablement en réalisant que je venais de le prendre au piège, en utilisant ses propres paroles pour le faire.

« Ben là !? » 
« Quoi, Ben là !? … Faut pas hésiter à me le dire. J’ai toujours eu l’esprit ouvert aux commentaires constructifs. » 

Avouer devant moi, et surtout devant son chef, qu’il ne savait pas quels étaient mes défauts, c’eut été admettre qu’il ne savait pas de quoi il parlait en répondant son « BEEEEEP !  Mauvaise réponse ! » Et ça, pour un orgueilleux dans son genre, c’est insupportable. Étant dans l’impossibilité de trouver une réponse qui pourrait le tirer d’embarras, il reste là, sans parler, pendant plusieurs longues secondes.  Je reprends donc la parole. 

«  Et bien? Tu n’es pas capable de me dire c’est quoi mes défauts  » 
«  Ben là, c’est parce que je ne te connais pas. » 

Parfait ! Il m’a dit exactement ce que je voulais qu’il me réponde. Car en m’avouant ceci, il me permet de lui en rajouter une couche.  

« Ah ! D’accord ! Tu ne me connais pas. Mais tu te permets quand même d’affirmer que j’ai des défauts. » 

Je garde le silence une ou deux secondes, tout en continuant de le regarder fixement. Et avant qu’il puisse dire quoi que ce soit, je hoche légèrement la tête en ajoutant.  

« Je vois ! » 

Lorsque quelqu’un affirme quelque chose qui n’est ni à son honneur, ni à son avantage, ces deux mots frappent beaucoup plus que n’importe quelle accusation ou n’importe quel jugement. Parce que justement, dire « Je vois ! », c’est porter un jugement, sans en porter un clairement. En entendant ça, c’est l’autre qui se porte lui-même jugement, en imaginant ce que tu penses de lui.  Et puisque ce genre de personnalité va toujours s’imaginer le pire de toi, alors il va s’imaginer que le jugement que tu lui portes sera aussi pertinent que sans-pitié. Et s’il y a une chose que les pervers narcissiques sont incapables de supporter, c’est d’être mis à jour. Même si c’est seulement dans leur propre imagination. Voilà pourquoi, presque en panique, il tente de rattraper le coup en disant.  

«  Ben là, franchement, personne n’est parfait. Fa que tu peux pas prétendre n’avoir aucun défaut. » 

Ce qui me donne exactement les munitions dont j’avais besoin pour lui asséner le coup de grâce.

« Ah ! d’accord. Tu ne me juges pas sur ce que je suis, ni sur ce que je fais. Tu me juges sur le comportement et sur les agissements des autres. Dans le style de « Certains hommes sont des batteurs de femmes. Donc, si tu es un homme, tu es un batteur de femme. »  

Ce que je démontre ici, c’est que moi, j’ai réussi à défendre mon point avec des arguments logiques. Tandis que lui, est incapable de sortir le moindre argument pertinent pour défendre le sien.

Enfin, alors que mon corps se retourne vers le chef, je continue de regarder l’assistant. Et d’un léger geste de la main, je désigne le chef et moi.

« Donc, finalement, ce que tu nous dis, c’est que tu as des préjugés. »

Et ceci, ces gestes et ces paroles, comme quoi en ce moment c’est LUI qui s’explique devant NOUS, changent complètement la dynamique. Là, ce n’est plus moi qui a à tenter de faire bonne figure devant le chef et l’assistant. C’est l’assistant qui se pète la gueule en échouant à le faire devant son chef et moi.

Puis, ma tête et mon regard reviennent vers le chef. En désignant l’assistant d’un léger signe de tête, je conclus le massacre avec :  

«  En tout cas, lui, on voit tout de suite c’est quoi, son défaut. » 

En faisant ceci, je passe à l’assistant deux messages très clairs. De un, je viens de l’exclure de la discussion.  Et de deux, c’est parce qu’il a utilisé son temps de parole pour démontrer qu’il est trop insignifiant pour faire partie de la conversation.

Le chef me regarde pendant un bon cinq secondes. Le visage complètement figé. Comme s’il avait non seulement de la difficulté à comprendre ce qui était en train de se passer, mais aussi comme s’il n’avait pas la moindre idée de quelle devrait être sa réaction.

Puis, après un rapide soupir, il remet les documents dans son dossier, qu’il ferme. Et il conclut aussi sec l’entrevue sur ces mots. 

«  Ce sera tout. Merci ! » 

Il est vrai qu’après ce qui venait de se passer, c’était sa seule issue possible. Non seulement venais-je de prouver que son assistant était une personne de mauvaise foi, j’ai également démontré que je n’avais aucune hésitation à le confronter avec ses foutaises, sa bullshit comme on dit au Québec. Néanmoins, il reste qu’il était un pompier volontaire d’expérience. Ça le rendait beaucoup plus utile que moi dans ce milieu. Alors même si j’étais justifié d’agir comme je l’ai fait, le chef, en toute logique, ne pouvait pas me prioriser sur lui.

À plusieurs occasions, j’ai utilisé le « Je n’en ai pas ! » comme réponse à la question demandant de nommer nos défauts. Parfois, j’avais comme réplique un étonné « Ah bon ? Explique toi ! » Parfois la personne, ne s’attendant pas à ça, riait. Parfois, j’avais un intrigué « Et qu’est-ce qui te fait dire ça ? » Dans chacun de ces cas, la réaction du recruteur démontrait vouloir en savoir plus. Ce qui fait que je passais aussitôt à la seconde partie de ma réponse. Et à chaque fois, la personne en charge du recrutement voyait la logique dans mes propos. Et à chaque fois, l’environnement de travail entre les employés et la direction était cool, positive.

Mais ça, ce n’est pas quelque chose à laquelle il faut s’attendre de la part d’un membre de la direction qui te coupe la parole, démontrant qu’il ne veut rien savoir, en te lançant un « BEEEEEP ! Mauvaise réponse ! » Car, soyons francs, je vous le demande : en quoi ma réponse était-elle mauvaise ? Provocatrice, d’accord ! Mais mauvaise ? Non !

Je repars donc avec la satisfaction de savoir que je me suis évité un environnement de travail toxique dans lequel mon choix se serait limité à accepter les abus sans rien dire afin de garder la paix. Ou ne pas les accepter, ce qui aurait fait de moi, aux yeux de tous, la source des conflits.

Certaines personnes, en lisant ceci, considéreront que mon comportement durant cette entrevue, c’était ça, mon défaut. J’espère que ce n’est pas votre avis. Car soyons logiques : Lorsque tu es allergique à l’arrogance et à la bullshit, les seules personnes qui peuvent considérer ça comme des défauts, ce sont justement les arrogants et les bullshitteux.

Quand j’étais l’enfoiré du bureau (1 de 4)

C’est facile de se plaindre contre nos collègues de travail. Mais comme dit le proverbe, on peut voir la paille dans l’oeil du voisin, et être aveugle de la poutre dans le sien. Car même si je plaide la totale innocence, n’empêche que dans un boulot en particulier que j’ai occupé il y a près de trente ans, les circonstances ont quelquefois fait de moi l’enfoiré du bureau.

Tous les noms sont bien sûr changés.

Dans la seconde moitié des années 90, j’ai eu une opportunité pour travailler pour le C.U.L, c’est à dire pour Conseillers Ultra-Logiciels, une boite qui offre des services informatiques à d’autres compagnies. À cette époque, Internet faisait ses débuts dans nos foyers.  Soucieux de rester à la page et de pouvoir rejoindre le plus de clients possibles, la compagnie d’aviation Air Canada a décidé d’avoir une page web nommée Cyber Ticket Office, dans laquelle les clients pourraient réserver leur billet eux-même en ligne. De nos jours où tout se fait via le net, ça peut sembler bien anodin. Mais à l’époque, c’était très innovateur. 

L’avantage de faire affaire avec le C.U.L, c’est que les compagnies n’ont pas à dépenser des millions en appareils, personnel et formation. Le C.U.L. possède déjà tout ça.  Air Canada s’adresse donc au C.U.L. qui lui fera de la sous-traitance pour son service de réservations en ligne.

Air Canada voulant offrir le service le plus vite possible, le C.U.L. n’a pas perdu de temps à publier des petites annonces (dans les journaux, à l’époque) pour recruter du personnel. L’annonce a été envoyée à l’interne. Les employés se retrouvaient avec d’intéressants bonus s’ils recrutaient de bons candidats. Une de mes amies, Gina, travaillait pour le C.U.L, elle me l’a proposé. À ce moment-là, j’avais 29 ans et, après un retour aux études, je terminais le Cégep. J’étudiais en lettres, pour me diriger dans le journalisme. Malheureusement, il y avait deux problèmes avec ce choix de carrière. De 1, c’est contingenté. Et de 2, la paye n’est pas si bonne.  Alors lorsque Gina m’a parlé de cette opportunité d’emploi, avec formation incluse et payée, je n’allais pas cracher là-dessus.  Surtout pas à $11.00 de l’heure, car à ce moment-là, le salaire minimum au Québec était de $6.80.

La personne chargée de ma formation s’appelait Benoit. La première semaine, tout se passe bien.  Je prenais les appels pour guider les gens sur la page, s’ils avaient de la difficulté à s’y retrouver. Et je prenais leur renseignement de carte de crédit pour faire le paiement, s’ils craignaient de laisser ces renseignements en ligne. 

Puisqu’il n’y avait que peu d’appels au début, Benoit et moi avions amplement le temps de parler de choses et d’autres. Il m’a avoué qu’il était un peu intrigué, du fait que mes connaissances en informatique étaient nulles. Il est vrai qu’en cette ère de début d’internet dans la population, peu de gens de ma génération avaient touché un ordinateur. Je lui raconte donc comment, quelques années plus tôt, j’avais décidé de retourner aux études. Et pourquoi cette offre d’emploi m’a spontanément fait réorienter ma carrière. Surtout à 11$ de l’heure. 

«  Hein ? Tu gagnes 11$ de l’heure ? » 
«  Oui, je sais bien que c’est juste le salaire d’entrée. Mais ce n’est pas grave, puisque je n’aurai pas à commencer à rembourser mon prêt étudiant avant 6 mois. » 

Pour le reste de la journée, Benoit m’a semblé étrangement silencieux. Même qu’à un moment, il part sans mot dire et me laisse seul pendant plus d’une heure.

 Le lendemain, en entrant au bureau, je me fais aussitôt convoquer par le chef de département.  Celui-ci me dit :

«  Ta formation était supposée durer de 3 à 4 semaines. Sauf que Benoit ne s’occupera plus de ta formation. » 
«  Ah non !? » 
«  Est-ce que c’est Benoit qui t’a demandé ton salaire? » 
«  Non ! Il m’a juste demandé dans quoi j’avais étudié. Je lui ai dit que j’avais étudié en lettre. Il m’a demandé qu’est-ce que je venais faire au C.U.L. alors. Je lui ai répondu qu’en journalisme, j’aurais un salaire bas et instable. Tandis qu’avec ce boulot de C.U.L, j’avais 11$ comme salaire de départ. » 

Le chef me regarde pendant quelques secondes, hochant la tête comme s’il venait de comprendre. Il demande.

« Est-ce que tu sais pourquoi il ne faut jamais parler de salaire avec les collègues de travail ? » 
« Euh… Non ! » 
«  C’est parce que Benoit ne fait pas ton salaire. Il ne gagne pas 11$ de l’heure, lui. » 

Dans mon innocence et ma naïveté, voici ce que je comprends dans ces paroles :

  • Benoit gagne beaucoup plus cher que moi. Ce qui me semble logique, puisque lui programmeur d’expérience, et moi téléphoniste débutant.
  • Ils s’imaginent que je vais prendre ombrage de gagner si peu, comparé à mes collègues.  Aussi, j’essaye de le rassurer.

«  Ben, oui, je comprends ça. C’est normal qu’il gagne beaucoup plus que moi, avec son expérience. Je ne lui ai pas dit ça pour me plaindre. Je le sais bien, que mon salaire est seulement un salaire de débutant. » 
« Non-non-non ! Tu ne comprends pas. Le problème, c’est que Benoit gagne moins cher que toi. » 

Voilà une nouvelle qui me surprend.

« Hein ?  Comment ça ? » 
«  C’est parce que lui, c’est un employé de C.U.L. Il gagne donc le salaire d’un programmeur de C.U.L. qui a 11 ans d’expérience dans le C.U.L. Mais toi, ton salaire, ce n’est pas le C.U.L. qui te le paye.  C’est Air Canada. » 
« Ah bon !? » 

Le chef me raconte qu’hier, Benoit est allé à son bureau lui demander des comptes pendant une bonne heure. Le chef a eu à lui expliquer que la raison pour laquelle Air Canada offrait un si gros salaire, c’est parce qu’ils voulaient s’assurer que le système soit mis en place le plus vite possible. Or, Benoit, fort de ses onze ans d’expérience en programmation informatique dans le C.U.L, prennait très mal de devoir servir de formateur à un gars qui gagne plus cher que lui alors qu’il n’y connait rien.

Pour le C.U.L, il n’était pas question d’augmenter le salaire d’un employé, juste à cause qu’il frustre du fait qu’un autre employé gagne plus que lui. S’ils acceptent ça pour lui, alors tous les autres exigeront la même chose, jusqu’à ce que tous les employés obtiennent le salaire du PDG. Ce qui serait impossible à maintenir. Benoit a donc exigé d’être inclus dans le contrat d’Air Canada. Or, le seul poste disponible dans un avenir rapproché sera téléphoniste, lorsque le volume d’appels augmentera. Benoit a refusé. Lui, un programmeur avec onze ans d’expérience, se retrouver avec le poste le plus bas de gamme de la boite ? C’est une insulte à son expérience.

« Ça me laisse donc avec le problème de devoir lui créer un poste, et d’essayer de faire modifier le contrat avec Air Canada, en essayant de leur faire gober qu’on a absolument besoin de Benoit pour ce poste imprévu au contrat. » 

À la fin de ce sermon, je m’attendais à me faire renvoyer. Mais je me suis seulement fait taper sur les doigts pour avoir divulgué mon salaire. Comme le corbeau de la fable, je jura, honteux et confus, qu’on ne m’y reprendra plus.  

Environ deux semaines plus tard, sur l’heure du dîner, à la cafétéria. J’entends la conversation de la table d’à côté. Ce sont deux programmeurs qui parlent de Benoit.

Le premier raconte au second que Benoit est maintenant rendu au bureau d’Air Canada, dans un des édifices de l’aéroport de Dorval.  Pour lui, on a créé un poste d’agent de liaison.  En gros, c’est pour s’assurer que le contact et les communications entre les ordinateurs de C.U.L. et ceux d’Air Canada passent bien. Le problème, c’est que Benoit habite dans le même quartier que les bureaux du C.U.L. Et ça, c’est à cinquante minutes de route de son nouveau bureau. Du moins, en théorie. Car en réalité, coincé dans le trafic du matin qui avance à pas de tortue, ça va plutôt chercher dans les deux heures. Et c’est pareil pour le retour, à la sortie des bureaux. Et alors que le stationnement du C.U.L. est de 30$ par mois (Ce qui représente environ 3h20 de travail, à son ancien salaire.), là-bas c’est 90$. (Environ 8h00 de travail, malgré son nouveau salaire augmenté.) 

L’obstination de Benoit pour avoir mon salaire lui a causé beaucoup plus de désagréments que d’avantages.  Même s’il a maintenant le même revenu que moi, ses dépenses en parking et en essence font qu’au bout du compte, le montant d’argent qui lui reste après avoir payé tout ça, fait que son revenu est bien en dessous du mien. S’il n’est pas en dessous de son ancien salaire pour commencer. En plus de perdre quatre heures par jour sur la route, cinq jours par semaine.  Son temps libre se trouve ainsi amputé de l’équivalent de deux semaines de travail par mois, qui lui coûtent de l’argent au lieu de lui en rapporter.  

Et bien que le poste de Benoit a dû être inventé, on ne pouvait pas le laisser se tourner les pouces, surtout à ce salaire. Alors désormais, toutes les questions que les téléphonistes ont au sujet du fonctionnement de Cyber Ticket Office doivent être adressés à lui.  Je crois inutile de vous préciser que lorsque ces questions viennent de moi, Benoit les reçoit très mal.  

Il n’y a pas qu’à Benoit que ma présence au C.U.L. causera préjudice. Bientôt, une personne perdra son emploi, et le chef d’équipe perdra la face. Et dans les deux cas, en rapport avec moi.

À SUIVRE

l’Hypocrisie de la fausse noblesse, 3 de 3. Savoir choisir ses batailles.

Dans le billet précédent, je parle de CanicheGrisonnant, un membre de forum qui m’attaque périodiquement en public depuis un an. Et de comment j’ai réussi à lui fermer la gueule une bonne fois pour toute avec une seule petite réplique de huit mots.

CanicheGrisonnant démontre un trait de caractère tellement cliché, qu’on peut le voir chez les trolls de forums depuis la fin des années 90. Quand ça lui prend d’attaquer la réputation d’autrui, ça y va sans retenue EN PUBLIC. Mais dès que les tables sont retournées, ça panique et ça se pisse dessus comme une chienne battue en demandant d’en discuter EN PRIVÉ. Une hypocrisie qui montre de manière flagrante la différence entre ce qu’il prétend être et ce qu’il est vraiment.

Dès le départ, il donne le ton de ce que sera son plaidoyer : plutôt que de prendre ses responsabilités du conflit que lui seul entretient entre nous, il nous en responsabilise tous les deux. Il me sert du « NOUS nous sommes pris en grippe« , demande s’il est possible que « NOUS cessions de se prendre la tête. » … Sauf que, jamais n’ai-je été en querelle avec lui. C’est plutôt lui qui me cherche régulièrement sur le forum, et ce depuis un an. Ce n’est pas un cas de « C’est lui qui a commencé. » C’est un cas de « Je n’ai jamais embarqué. »

Encore une fois, il tente de me responsabiliser à 50% de ses agissements avec son « NOS points de vue divergent. » Dans les faits, jamais je n’ai exprimé la moindre divergence sur ses points de vue. Lui, par contre, ne s’est jamais gêné pour s’opposer publiquement aux miens.

Un bon point pour lui : il s’excuse. Évidemment, il blâme le forum de « l’avoir pris dans son jeu. » Normal ! Ce genre de personne est irresponsable. Il sera donc toujours incapable de reconnaitre ses torts à 100%. Mais bon, il s’en excuse. C’est déjà ça.

Là encore, il me sert du NOUS et du TOI ET MOI, alors que jamais je ne l’ai attaqué, ni en public, ni en privé. Il rajoute une couche de fantaisie en disant que l’on « mise trop souvent sur nos différences pour débattre. » Chose qui n’est jamais arrivé. Jamais lui et moi n’avons débattu sur quoi que ce soir sur le forum. Au contraire. C’est dans la plus grande indifférence que toujours je l’ai laissé chier en public la merde qu’il lançait dans ma direction, et ce sans jamais lui répondre. Mais voilà, c’est une réalité à laquelle il refuse de faire face, car celle-ci l’obligerait à reconnaitre le genre de personne qu’il est vraiment. La preuve réside dans ses tentatives de réécrire la réalité dans une version qui lui convient mieux. Et en essayant de m’en convaincre, il tente une manoeuvre pour laquelle il existe un terme psychologique que l’on connais tous : gaslighting.

Tel que je l’avais prévu, il annonce qu’il va effacer son commentaire.

Et encore une fois, il s’excuse pour son commentaire. Et justement, ceci est la plus grande preuve que sa personnalité, et surtout que son repentir n’est que bidon / foutaise / fake ! Relisez ma réplique :

Les seuls sentiments que l’on peut retrouver là-dedans, ce sont la reconnaissance et la satisfaction. Alors pourquoi s’excuse-t-il comme si je m’étais plaint ? Parce que ça lui donne la justification nécéssaire pour aller « le retirer de ce pas », son commentaire auto-incriminant. La dernière chose qu’il veut, c’est montrer publiquement son vrai visage. Alors s’il est désolé, c’est pour s’être tiré dans le pied de cette manière, et non pour m’avoir rabaissé.

Et là encore, il joue au noble. Démontrant que LUI, il croit que la discussion est possible. Mais que, dans son infinie magnanimité, si je ne partage pas son ouverture d’esprit, il comprendra. Mais il est prêt à y mettre des efforts, LUI. Quelle noblesse !

Ma réponse ? Premièrement, je lui demande de prouver ce qu’il prétend.

Avant de lui remettre les pendules à l’heure au sujet de qui attaque qui depuis un an. Pour se faire, je ne donne qu’un seul exemple, l’un des moins pires, d’ailleurs.

Je lui donne l’opportunité de s’en sortir propre en reconnaissant ses torts. Mais comme il fallait s’y attendre, sa réplique est a la mesure de son plaidoyer : une défense à base de déni des faits et de la réalité.

Tout d’abord, il a totalement ignoré mon défi de trouver le moindre commentaire négatif de ma part contre lui. À la place, il dit :

Où, dans ma réponse, est-ce que je dis n’avoir rien contre lui ? Nulle part ! Il cherche à montrer que je me contredis, quitte à m’inventer des paroles pour pouvoir le faire.

Parlant de m’inventer des paroles : donner un seul exemple de son harcèlement, c’est ça qu’il appelle énumérer beaucoup d’exemples sur son cas ?

Où, dans ma réponse, est-ce que je prétend qu’il cherche des excuses publiques ? Nulle part ! J’ai juste dit que je lui en ferait, s’il arrive à trouver un seul mot négatif de ma part à son sujet. Chose qu’il n’a pas réussi à faire.

C’est ça, ouais ! Il n’a jamais méprisé qui que ce soit, comme le démontre clairement ce commentaire :

De nouveau, il change le sens d’une de mes paroles. Si je lui ai dit que je ne l’ai jamais bloqué, c’est pour dire qu’il a libre accès à la liste de mes interventions sur le forum, chose que l’on retrouve tout en bas de nos profils. Il pige là-dedans une nouvelle opportunité de se peindre en noble qui respecte les gens malgré leurs différences.

Enfin, il me sert ce qui sera la plus pertinente de toutes ses répliques :

Là-dessus, il a bien raison. De par son obstination à nier les faits, tout en continuant d’inventer d’autres faits, alors effectivement, la discussion s’enligne pour être difficile.

Dans le premier billet de cette série, j’explique comment les choses ont changé sur les forums, depuis mes débuts sur le net en 1997. Mais il y a une autre chose qui a beaucoup changé, et dont je n’avais pas encore fait mention.

Cette chose, c’est moi !

Il y a vingt ans et plus, mon interaction avec CanicheGrisonnant se serait passé tout autrement. C’est sans hésitations que j’aurais continué à lui remettre ses foutaises en pleine gueule. Tout ce que vous venez de lire ici. Toutes les contradictions dans son discours que je vous ai étalé. Tous ses mensonges, toutes ses interprétations fantaisistes, son déni de la réalité, ses faux débats, son irresponsabilité. Je lui aurais demandé des comptes pour chacun de ces points, le forçant ou bien à reconnaitre ces faits, ou bien à se montrer comme étant de mauvaise foi. Et tel un pitbull enragé, jamais je n’aurais lâché le morceau, restant immobile sur mes positions, totalement imperturbable. Puisque c’est moi qui possède la vérité dans ce débat, preuves à l’appui.

Mais aujourd’hui, je me suis juste contenté de regarder la chose objectivement. Mon but, c’est d’avoir la paix. Il m’offre la paix. Si le prix de cette paix, c’est d’épargner son Ego, alors soit ! Ce n’est pas trop cher payer.

Je fais donc moi-même dans la fausse noblesse hypocrite, afin de lui dire ce qu’il veut entendre.

Et ça s’est terminé là.

« Cherchant sa vérité » , ouais, quitte à la créer lui-même, dans son cas. Mais bon, lorsqu’une personne fait preuve d’une telle mauvaise foi, on perds son temps à tenter de discuter avec. On ne peut raisonner qu’avec des gens raisonnables.

L’important, c’est qu’après un an à me provoquer, il a vu que si je lui réplique, il va juste perdre la face. Il a compris que dans ces conditions, mieux vaut pour lui de me foutre la paix.

C’est pour ce genre de situation qu’existe le proverbe qui dit que la fin justifie les moyens. Il est vrai que le moyen d’arriver à la paix, ce fut en mettant de côté l’un de mes plus grand principes, celui de se battre pour la vérité. Mais bon, c’est bien beau avoir des principes, il vient un moment dans la vie où on apprend à choisir nos batailles.

Surtout lorsque la guerre est déjà gagnée parce que l’ennemi n’a eu d’autres choix que de se rendre.

L’hypocrisie de la fausse noblesse, 2 de 3.

Ceci est le second billet sur le thème :

… alors que je raconte mes aventures depuis que je suis de retour sur les forums.

Hier, je parlais de CochonnetPuissant, un gars qui a décidé d’être sur mon cas, et ce depuis mes débuts sur un forum de rencontres il y a un an. J’ai décrit comment il a tenté d’utiliser le décès de mon père dans une autre tentative hypocrite de me discréditer publiquement. Et comment ma réponse, également publique, l’a plutôt obligé à faire la paix.

Aujourd’hui, je vais vous parler de CanicheGrisonnant, un forumien de 56 ans. Le genre de personne qui est la preuve vivante que la maturité ne vient pas avec l’âge. Et que l’image bidon qu’une personne cherche à se donner en public est parfois tellement fragile qu’elle peut s’effondrer avec une seule petite réplique objective de seulement huit mots.

Lui aussi, pour une raison qui m’échappe, a décidé de me prendre en grippe, et ce publiquement, depuis un an. Bien que je ne me suis jamais adressé à lui, il réplique souvent à mes commentaires sur les différents sujets des forums. Et ce, toujours de manière négative. Lorsqu’il n’attaque pas mes écrits, il m’attaque personnellement, quand ce n’est pas les deux à la fois.

Vous savez ce que l’on dit : personne n’a jamais ressenti le besoin de rabaisser quelqu’un qui lui est déjà inférieur. Je ne considère donc pas cette personne comme étant une menace. À lui aussi, je donne le traitement de silence. Aucune réplique, sauf lorsqu’il me pose une question directement. Et là encore, mes réponses sont courtes, objectives, sans la moindre trace d’impolitesse, pas même en sous-entendus. Cette stratégie vieille comme le monde a deux buts. Le premier, c’est de démontrer passivement au public lequel de nous deux est respectueux, et lequel est un anus total. Et le second se base sur un principe mille fois prouvé : laisse-lui assez de corde, et il va finir par se pendre avec. 

Ça a pris un an. Mais il a effectivement fini par se pendre avec.

Il y a quelque jours, un membre du forum a démarré un sujet : « Votre mode de séduction. » Il nous demande comment on se comporte lorsque l’on veut séduire. J’ai répondu ceci :

Bien que mon commentaire n’a absolument aucun rapport avec CanicheGrisonnant, il a décidé de le prendre personnel.

Détail que je n’ai pas encore précisé, mais qui a toute son importance ici : CanicheGrisonnant est gai.  Déjà qu’il prend personnel un commentaire qui ne s’adresse pas à lui, pourquoi est-ce qu’il craindrait que les femmes puissent le trouver risible de draguer, alors qu’il ne draguera jamais aucune femme ? Ça n’a aucune logique. Je comprends donc qu’il me cherche encore querelle publique. 

Déjà qu’en tant que gai, il a un avantantage sérieux sur les hommes hétéros. Lui, il peut se permettre de complimenter toutes les femmes du forum, parce que personne ne pourra jamais l’accuser de chercher à les attirer dans son lit. Tout homme héréto qui se permettrait de dire le quart des compliments qu’il leur adresse régulièrement se ferait automatiquement coller l’étiquette de beau parleur, d’hypocrite, de pervers narcissique qui dirait n’importe quoi pour attirer les femmes dans son piège. Bref, son homosexualité contribue à lui donner une excellente réputation en tant que gars le plus sincère du forum. Alors quand un gars comme ça ne cesse de mettre les femmes en garde contre un gars hétéro, on se dit qu’il n’est pas motivé par la rivalité. Son avis a bien plus de poids auprès d’elles. Et là encore, il me semble bien parti pour tenter de me discréditer de cette manière une nouvelle fois.

Ça fait un an qu’il me cherche.  Je pense qu’il est temps qu’il me trouve.

Ce qui est bien avec ces gens-là, c’est à quel point ils sont prévisibles. Ça fait un an que je l’observe, que j’étudie ses commentaires et ses répliques. Pas seulement lorsqu’il me prends pour cible, mais juste son comportement quotidien en général. Ça m’a permis d’en tracer un profil psychologique assez représentatif. Surtout du fait que des personnalités comme la sienne, j’en ai tellement rencontrés que je les connais par coeur. Je sais ce qui les motive. Je sais ce qui les fait réagir. Et surtout, je sais comment ils réagissent. Je sais donc exactement ce que je dois faire pour le manipuler à se tirer dans le pied.

J’écris ma réplique. Elle est en trois parties.

Premier paragraphe : J’éclaircis ce propos de mon cru qui l’a fait tiquer. Ça va l’inciter à vouloir répondre.

Second paragraphe : De par mes observations de la dernière année, j’ai constaté qu’il exprimait souvent son mépris pour ceux qui souffrent du complexe de Caliméro. C’est à dire les gens qui se plaignent que la vie et les autres sont trop injustes avec eux. En écrivant quelque chose dans ce style, il ne pourra pas résister à l’envie de m’attaquer là-dessus.

Troisième paragraphe : Celui-ci est le plus important. Si je veux le manipuler à se montrer sous son vrai jour. Je dois dénoncer D’AVANCE la mauvaise foi de sa campagne de salissage envers moi. Le défi ici est de le faire de manière à ce qu’il ne puisse pas s’en rende compte avant qu’Il soit trop tard.

Et le plus habile dans ma réplique : bien que chacun des paragraphes soit rédigé de manière à faire réagir CanicheGrisonnant, ils répondent tiut de même au sujet de discussion. Ainsi, si je me trompe au sujet de CanicheGrisonant, il n’aura aucune raison d’y répliquer, encore moins de la manière dont je m’y attend. Je garde donc ouverte la possibilité que je puisse me tromper à son sujet.

Or, avec les gars dans ce genre-là, lorsque l’on s’attend à du négatif, on ne se trompe jamais à leur sujet.

Il ne me reste plus qu’à copier-coller la riposte finale que j’avais préparée d’avance.

Aucune défense. Aucune attaque. Aucune insulte.  Aucun mépris.  Une seule phrase objective, composée de huit petits mots clairs, nets, précis. Une réplique implacable. Jamais il ne sera capable de nier qu’effectivement, mon second paragraphe décrit son comportement. Et ni lui ni personne ne peut nier que mon troisième paragraphe a effectivement annoncé d’avance ce qu’il vient de faire. Et ça, c’est le pire affront que l’on puisse faire à quelqu’un qui se donne des airs de supériorité sur autrui : démontrer qu’il est prévisible.

Et son comportement rend tellement évident le fait que mon commentaire final répond au sien, que je n’ai même pas besoin d’y inclure son nom. Tout le monde le voit clairement.

Ces huit petits mots mettent à jour son harcèlement de manière tellement flagrante, que ça invalide automatiquement tout ce qu’il écrit contre moi. Désormais, chacune de ses attaque devient une preuve contre lui. Et aucun argument ne peut contredire ce fait.

Un gars comme CanicheGrisonnant est juste trop orgueilleux pour laisser passer ça sans rien faire. Une situation qui le dépeint sous son vrai jour de manière tellement flagrante qu’il n’y a aucun déni possible, c’est insupportable pour lui. Fort de mon expérience avec ce genre de personne, je sais qu’il n’y a que deux choses qui vont arriver maintenant. Ou bien il va effacer son commentaire. Ou bien il va m’écrire en privé. Mais ce sera plus probablement les deux.
_____
À CONCLURE

Le lobe frontal et l’effrontée

Depuis environs trois ans, je suis de retour sur les sites et apps de rencontres. Et comme vous le savez puisque je m’en vante sans cesse, je me suis inspiré de mes mésaventures de rencontres pour écrire un livre, dans lequel je pousse la mégalomanie jusqu’à me mettre en couverture. En plus des librairies du Québec, il est sur Amazon, alors allez l’acheter, il est excellent.

Comme je crois vous l’avoir déjà dit environs deux centaines de fois, plus j’avance en âge, et plus je travaille fort pour me garder jeune et vigoureux. Et effectivement, à part pour mon traitement de remplacement de la testostérone, je n’ai besoin d’aucun médicament, ne souffre d’aucune blessure, aucun handicap.

Le problème, c’est que j’ai 57 ans. Et que contrairement à moi, la quasi-totalité des femmes de ma génération ne prennent soin ni de leur alimentation ni de leur forme ni de leur santé. Par conséquent, celles qui m’approchent sur les sites et apps de rencontres ont entre 50 et 65 ans, et elles ressemblent majoritairement à ceci.

Rassurez-vous, je ne manque pas de classe au point de mettre ici leurs vraies photos. Celles-ci furent créé par I.A. N’empêche que j’exagère à peine.

Et ceci m’a amené à regarder la réalité en face. C’est bien beau de vouloir se plier à la pensée SocioWokeAcceptable comme quoi c’est l’intérieur qui compte. Mais quand, en plus de son physique disgracieux, elle peut à peine me suivre parce qu’elle a le souffle court, et doit se prendre quotidiennement des injections et des pilules pour son foie, son coeur, ses reins, son cholestérol, son diabète, son arthrite, sa digestion, ses hanches, sa pression et sa dépression, eh bien disons que malgré nos âges similaires, nous ne sommes pas tout à fait au même niveau.

Aussi, comme résolution pour 2026, j’ai décidé de laisser libre cours à mes désirs clichés de mâle vieillissant full typique. Désormais, je vais approcher des jeunes femmes à partir de l’âge de mes propres filles. Il me semble que ma cadette a 27 ou 28 ans. Alors voilà, je vais les prendre peu après l’âge où Leonardo Di Caprio les largue.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire à prime abord, cette limite est tout à fait acceptable, socialement, moralement et surtout biologiquement. Une étude réalisée par Van Koppen en 2018 et appuyée par celles de Lindell et Goodpoint en 2022 a démontré que le lobe frontal continue de se développer jusqu’à l’âge de 25 ans. Le lobe frontal, c’est la partie du cerveau qui créé et contrôle le raisonnement, la logique, la créativité, la prise de décision, le jugement, et surtout la maîtrise des impulsions.  Autrement dit, nos comportements volontaires.

Ce que ça signifie, c’est que lorsqu’une femme a plus de 27 ans, donc avec un lobe frontal pleinement développé, elle sait ce qu’elle fait. Par conséquent, personne, pas même elle quelques années plus tard, ne pourra m’accuser d’en avoir pris avantage à un âge où elle eut été trop jeune et inexpérimentée pour savoir à 100% dans quoi elle s’embarque.

Et je sais par expérience que c’est vraiment le cas. Il y a 9 ans, sur ce blog, j’ai écrit un billet intitulé Quand l’amitié arrive à sa date d’expiration. Dans celui-ci, je reproduis ma dernière discussion sur Messenger avec une jeune femme, que je renomme Emmy, et qui vient d’avoir 27 ans.

Emmy est une ex-amante. C’était une lectrice de Safarir, et grande fan de mes textes et BD. À l’âge de 18 ans et deux mois, elle me retrace sur Facebook. Et voilà qu’elle commence à me draguer de manière aussi ouverte qu’insistante. Pour que ça passe mieux, elle le fait avec humour. Et moi, à ce moment-là à 39 ans, je prends effectivement la chose pour des blagues. C’est en venant me rencontrer chez moi, et en retirant devant moi sa culotte sous sa jupe, que j’ai compris qu’elle était sérieuse. S’en suivit une relation de passions déchainées. Et c’est avec elle que je fêterai très intimement mon 40e anniversaire.

Mais voilà… 18, 40… Nous n’étions pas rendus au même niveau dans la vie. De plus, dans nos goûts, nos aspirations, dans la façon dont nous vivions notre quotidien, nous n’avions aucun points en commun. Au bout de quatre mois, il a fallu se rendre à l’évidence que ça ne pouvait pas marcher. La rupture n’a pas été douce. Mais nous sommes tout de même restés en contact sur Facebook et Messenger. Et peu à peu, l’amitié s’est développée. Comme tout contact FB nornal, on se laissait parfois des commentaires sur nos publications, et des fois on dialoguait en privé sur un sujet ou un autre.

Puis, arrivèrent ses 27 ans. Et dans le dialogue reproduit dans le billet à son sujet, elle me dit, en gros, qu’elle a honte de la personne qu’elle était à 18 ans. Qu’elle ne ressent aucune nostalgie en relisant nos vieux trucs. Elle décrit cette période comme étant son « vieux MOI de merde. » Et que, en restant en contact avec moi sur Facebook, ma simple présence lui rappelle ce passé honteux qu’elle cherche activement à oublier. Voilà pourquoi elle veut me retirer de sa liste d’amis, et cesser tout contact avec moi. Je comprends sa démarche, et surtout j’apprécie qu’elle ait la maturité, et surtout le respect, de me le dire, plutôt que simplement me ghoster.

Ainsi, de la bouche d’une femme de 27 ans, donc avec un lobe frontal parfaitement développé, j’ai eu la confirmation que dans les premières années de son âge adulte, une personne peut croire sincèrement qu’elle sait ce qu’elle fait. Mais en réalité, ce n’est pas le cas. Ce ne sera que plusieurs années plus tard qu’elle se rendra compte de ses agissements de l’époque, et qu’elle en ressentira de la honte. Car elle le sera plus du tout la personne qu’elle était à ce moment-là.

Évidemment, je ne vais pas me borner qu’à ne draguer des femmes de 27 ans. De nos jours, on peut aisément vieillir avec grâce jusqu’à 45 ans et même plus. J’en suis la preuve vivante. Alors en me limitant autour du groupe de 27-45, je devrais m’enligner à vivre des relations avec de jeunes adultes fraiches et matures brillantes, belles. Et full tatouées parce que bon, c’est ça maintenant.

La belle et le grand-père vert.

Et justement, il y a quelques jours, sur Facebook Rencontre, je me suis fait contacter par une femme qui correspond à mes nouveaux critères. 43 ans. En forme. Belle. Et si j’en crois ses photos, active. En trouvant mon profil, elle a mis un commentaire sous l’une de mes images. Celle où je tiens une photo de Dick Rivers, en disant que c’est ma Dick pic.

Malheureusement…

Elle me sert l’équivalent de« Ha ha ha, hostie qu’t’es con ! » Et ceci est un red flag qui ne trompe jamais. Tel que je l’ai écrit ici l’an dernier, l’expérience m’a appris à la dure que toute personne qui me sert cette phrase démontre n’avoir aucun respect pour moi. Et à chaque coup, effectivement, j’ai vécu avec ces gens des relations abusives.

Je tiens malgré tout à connaître le fond de sa pensée, en lui demandant de terminer sa seconde phrase. Parce que, bon, qui sait, ma première impression pourrait être erronée. En attendant sa réponse, je vais jeter un oeil à son profil.

Okay ! … « Si tu n’aimes pas la vérité, tiens-toi loin de moi. » Cette phrase d’introduction dit tout ce que j’ai à savoir sur cette femme. C’est le genre à être indélicate, à dire n’importe quel commentaire blessant qui lui passe par la tête, sans le moindre filtre. Et qui se cache derrière l’excuse de « ne rien faire d’autre que de dire la vérité » pour se justifier. Le simple fait qu’elle ajoute un émoticone de vomi pour signaler qu’elle déteste se faire ghoster vient cimenter la chose. Car de 1, ça démontre qu’elle se fait souvent ghoster. Et puisqu’il s’agit d’une belle jeune femme, ça ne doit certainement pas être à cause de son physique. Et de 2, s’il y a une chose que les pervers narcissiques sont incapable de supporter, c’est lorsque les autres ne veulent pas entendre « la vérité » qui leur sort de la bouche. Dans de telles conditions, « entretenir quelque chose de réel », ça veut certainement dire « accepter ses abus parce que les relations parfaites n’existent pas dans le réel. » J’ai déjà entendu ça, et ce beaucoup trop souvent à mon goût.

Presque sept heures plus tard, elle finit par m’écrire. Mais pas pour répondre à ma question. Elle me propose de passer directement à Messenger. Or, rendu là, mon idée à son sujet était faite. Et je ne me suis pas gêné pour la lui dire.

En moins de cinq secondes, ceci changea sur mon écran.

Traduction : Bloqué !

Apparemment, elle n’aime pas la vérité, voilà pourquoi elle a décidé de se tenir loin de moi. Et elle, qui se prononce contre ceux qui ghostent, m’a ghosté. La dernière chose que j’ai besoin dans ma vie, c’est une sermonneuse qui est incapable de pratiquer ce qu’elle prêche. Bon vent et bon débarras.

Il y a un avantage sérieux à connaitre les réalités de la maturité du lobe frontal.
Toute personne qui a au moins 27 ans, donc avec deux ans de maturité derrière elle, sera aussi réfléchie qu’une personne de 40, 50, 60 ans. Ce qui signifie qu’à partir de cet âge, sa personnalité et ses agissements seront les mêmes pour le reste de sa vie.

Lorsque l’on prend conscience de ce fait, on cesse de s’imaginer stupidement qu’une personne abusive peut changer avec le temps. Rendue à cet âge, la personne est ce qu’elle sera pour toujours.

Et savoir ça, ça nous permet de s’éviter bien des déboires. Comme je viens de le faire avec cette Marieke.

PROCHAIN LIVRE: l’Amour est dans le champ de patates

Ca y est ! Le manuscrit est terminé. Il a été accepté par mon éditeur. Le contrat est signé. Il sera sur les tablettes pour la rentrée littéraire de cet automne, à la mi-décembre 2025.

C’est juste un projet de couverture pour donner une idée au graphiste. Mais il se peut que l’on aille pour ça au final.

Pour mes lecteurs Européens, dans le langage québécois, l’expressions être dans le champ signifie être à côté de la plaque. Tandis qu‘être dans les patates signifie que l’on a tout faux. On dit aussi faire patate lorsque l’on essuie un échec. Et aussi, il y a une télé réalité québécoise intitulée l’Amour est dans le pré qui en est à sa vingtième saison cette année. C’est en combinant ces éléments que je suis arrivé à ce titre.

Mes Prétentions de Sagesse est un blog qui existe depuis avril 2009. En seize ans d’existence, une question est revenue assez souvent dans les commentaires sous mes billets qui traitent des relations entre hommes et femmes. Une question que l’on retrouve, entre autres, à la fin de ce commentaire que m’a écrit l’autrice et historienne Catherine Ferland sous ce billet.

Bonjour.
Depuis quelques temps, je lis tes billets avec beaucoup d’intérêt, Je trouve ça tout simplement fascinant car il est rare d’avoir l’occasion de découvrir comment se construit progressivement le rapport à l’autre chez un homme. On a surtout vu des filles s’épancher sur ce sujet (avec des dérives pas toujours heureuses, comme la « chick lit ») mais la contrepartie masculine est rarement décrite avec autant d’acuité, saupoudrée d’une touche d’humour. À dire vrai, je n’avais rien lu d’aussi bon depuis Stéphane Bourguignon (j’aime bien Vic Verdier aussi). As-tu déjà envisagé publier tout ça sous forme de livre ?
Catherine.

Au moment où elle m’a écrit ceci, j’avais passé une bonne partie de ma vie adulte à écrire des romans, à les envoyer aux maisons d’édition, et à ne jamais recevoir de réponse positive. C’est la raison pour laquelle j’avais fini par y renoncer. Chose que je décrirai en détail en 2015 dans le billet 20 raisons pourquoi je ne publierai jamais de livres.

Mais voilà, dans les dix ans qui se sont écoulées depuis la rédaction de cet article, bien des choses ont eu le temps de changer. Autant dans les règles du monde de l’édition, que du fait que j’ai fini par publier un livre, Le sucre rouge de Duplessis. Ce qui me donne le statut d’auteur qui a fait ses preuves. Ce qui fait qu’enfin, les portes de la publication autres qu’en journaux, magazines et blogs me sont ouvertes. Après 30 ans à me faire dire par tout le monde et son frère que je suis talentueux, mais à me faire toujours refuser mes projets, je dois dire que je n’y croyais plus tellement.

En fait, je vais vous faire un aveu : je continue de ne plus tellement y croire. Et ceci m’a incité à la prudence. Au point où j’ai délibérément dit STOP à mon éditeur au sujet de la publication de ce qui était mon véritable second projet de livre. Car en effet…

Initialement, c’est un autre de mes projets qui avait reçu le feu vert pour publication. Une romance que j’avais commencé à écrire vers 2010, et dont certains d’entre vous se souviennent. Car à l’époque, je l’écrivais et la publiais à mesure, en ligne. Originalement, le titre était Un été à Saint-Ignace-de-Montrouge. Je m’étais arrêté suite à un moment de découragement, la laissant inachevée pendant neuf ans.

Puis, en 2019, je l’ai repris. Mais comme toutes les histoires qui s’inspirent de faits réels, j’avais tellement de détails en tête que le manuscrit risquait de faire 400 pages. Aussi, j’ai décidé de le faire en deux parties. Mais quel éditeur voudrait prendre le risque de publier une histoire d’un auteur inconnu, en deux parties, sans garantie que la première partie se vendra, et sans que j’ai écrit une ligne du tome 2 ?

Cinq ans plus tard, j’ai décidé d’en finir. L’an dernier, en 2024, j’ai terminé cette histoire en n’écrivant que le principal, allant droit au but. Puis, je l’ai relue des centaines de fois en la soumettant à une réécriture massive. D’abord, en coupant sans merci, élaguant tout ce qui était inutile, répétitif, à controverse, ou négatif, emputant près d’un quart du manuscrit original. Puis, en restructurant le reste, pour en faire un récit fluide. Au final, ces modifications majeures ont donné une sympathique petite histoire qui fut appréciée par les lecteurs-test que j’ai recruté sur Facebook. Enfin, j’ai opté pour un nouveau titre plus symbolique que descriptif, mais qui évoque à la fois la romance, le voyage et la liberté, trois thèmes étroitement liés au sujet.

Corail Provencher, qui deviendra l’intérêt amoureux du personnage principal, dans la scène où elle vit à plein le bonheur de s’être enfin libérée d’une trop longue relation toxique.

Résumé. Après avoir roulé une bonne partie de la nuit vers l’inconnu, Simon Hotte, montréalais sédentaire de 33 ans, s’endort au volant. Il reprend conscience au matin dans l’épave de sa voiture plantée contre un arbre. Il se retrouve itinérant à Saint-Ignace-de-Montrouge. Pris entre son envie instinctive de revenir chez lui et sa peur de retomber dans la situation qu’il a fui, il devra se créer une nouvelle vie dans ce petit village où les gens sont chaleureux et solidaires. Pour survivre, il devra faire du travail manuel pour la première fois de sa vie.Corail Provencher, fille de la propriétaire du Resto-Bar local, est intriguée par ce mystérieux étranger. Pourquoi se retrouve-t-il ici sans cartes d’identité, sans argent, sans téléphone ni accès à internet ? De qui et de quoi se cache-t-il ? Et pourquoi semble-t-il avoir des perceptions erronées de la société en général et des relations de couple en particulier ? Une histoire sur les thèmes de l’évolution personnelle, des relations toxiques, et du choc des cultures entre citadin de la grande ville et habitants de petits villages.

Quinze ans après avoir débuté sa rédaction, j’aurais dû être ravi de savoir que cette histoire serait enfin publiée. Et effectivement, je l’étais. N’empêche que j’avais certains doutes. Et ce, pour les trois raisons suivantes.

  1. Je ne suis pas reconnu en tant qu’auteur de romances. Mon premier livre était une recherche sérieuse, un essai sur l’Histoire du Québec. Ce qui est d’un tout autre registe.
  2. Il s’agit d’une fiction. Mon livre précédent avait un avantage : tout le monde connait Duplessis. Ça a attiré le public. Mais pour ce roman, personne ne connait Simon Hotte ni Corail Provencher, deux personnages fictifs. Comment intéresser les gens à ce livre ?
  3. Les romances, c’est pour les femmes. Seront-elles intéressées par cette histoire écrite par un homme, dans laquelle le protagoniste est masculin ?

Le fait qu’un éditeur soit prêt à prendre cette chance est un signe encourageant. N’empêche que je ne suis pas convaincu. Aussi, après mure réflexion, j’ai décidé de mettre sa publication en suspens. Si je suis pour publier un livre, aussi bien m’assurer que j’ai les meilleures chances de faire des ventes. et avec une fiction c’est un coup de dés.

Par contre, si j’ai un sujet dans lequel les gens peuvent se reconnaître, dans lequel ils retrouvent des situations vécues, un sujet qui peut attirer leur curiosité, les amuser, alors là je multiplie mes chances d’avoir du succès. Et qu’est-ce qui est plus dans l’air du temps que la recherche de l’âme soeur en cette ère d’apps et de sites de rencontres ? Non seulement est-ce un sujet qui touche aussi bien les hommes que les femmes, mon livre a quelque chose que l’on ne retrouve pas dans la majorité des ouvrages qui se consacrent à ce sujet : le point de vue masculin. Car le dating tel que vécu par les femmes et tel que vécu par les hommes, ce sont deux réalités complètement différentes. Et comme l’a dit Catherine Ferland, il est rare d’avoir l’occasion de découvrir comment se construit progressivement le rapport à l’autre chez un homme. Et c’est ce qui a le potentiel de rendre la chose fascinante aux yeux du lectorat féminin.

Il se trouve que j’ai vécu énormément d’histoires de rencontres rocambolesques.  Ce blog le prouve. Et justement, au lieu d’être une seule et longue histoire comme mon roman, ce livre est constitué de plusieurs petites anecdotes. Bien qu’il y aura un fil conducteur qui les relie, ça reste moins lourd, plus fluide, donc bien plus intéressant. Enfin, ce livre aura à moitié moins de pages que mon roman. Ceci en diminuera les coûts de production, du même coup son prix d’achat, ce qui va encourager les ventes.

Et si ça marche bien, que c’est populaire, alors j’en écrirai un second tome. Et s’il a également du succès, ça me fera un nom en tant qu’auteur sur le thème de la romance. Alors là, j’envisagerai de publier Le Bonheur en Cavale.

L’Amour est dans le champ de patates, Éditions de l’Apothéose, sortie pour novembre 2025.

Un bon sommeil pour un bon éveil

Ça fait au moins quinze ans que je ronfle. Et trois ans que je me réveille 3-4-5 fois par nuit. Ce qui fait que depuis quelques années, je me sentais toujours fatigué durant le jour. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle je n’arrivais plus à me livrer aux exercices cardio, me limitant à la musculation. Je n’en avais juste plus l’énergie.

Avec la fatigue physique vient la fatigue mentale. Problème de concentration. Difficulté d’apprentissage. Pertes de mémoire. Erreurs de jugement. Et quand la fatigue mentale et physique se combinent, voilà qu’arrive la plus dangereuse de toutes les conséquences : s’endormir au volant. En plein jour.

J’ai trouvé une clinique de sommeil sur Google, située pas loin de mon boulot. On m’a refilé un moniteur à porter autour du torse, avec pince-doigt pour le pouls, et tubes dans le nez, avec lequel j’ai dormi pendant deux nuits. Tout a été enregistré. Le verdict: Apnée du sommeil sévère.

Avec l’âge, le voile du palais s’effondre. C’est comme ça ! Rien à faire.

À la clinique, on m’a montré les graphiques démontrant que lorsque je dors, ou du moins que j’essaies, je ne respire pas la moitié du temps. Ce qui me réveille pour pouvoir recommencer à respirer. Et bien que je croyais me réveiller 3-4-5 fois par nuit, ces 3-4-5 fois ne sont que celles où je suis assez éveillé pour m’en rende compte. Dans les faits, je me réveille une moyenne de trente-six fois. Pas par nuit. PAR HEURE. Sur des nuits de 5-6 heures. Ce qui m’empêche de tomber dans le sommeil profond, c’est à dire celui qui est réparateur pour le corps et l’esprit.

Il se développe en ce moment des traitements permanents au laser, mais ceux-ci sont encore au stade expérimentaux. En attendant, le traitement le plus sûr reste le respirateur. À la clinique où je suis allé, il y avait quatre modèles. Je ne plaisante pas avec ma santé, alors j’ai pris le plus haut de gamme, à $1 900. Ajoutons à cela la consultation qui était autour de $300. Je n’ai pas d’assurances, mais puisqu’il s’agit d’un problème de santé, le tout est déductible d’impôts.

Le tube du respirateur se place aux narines et tient avec une courroie autour de la tête. La machine calcule la résistance de l’air et envoie la pression appropriée pour déplacer le voile du palais. Et ceci permet une respiration normale. Ce qui nous permet de sombrer peu à peu dans le sommeil profond et réparateur.

La première nuit, ça fait un peu bizarre. Et il faut ajuster la courroie correctement pour asssurer l’étanchéité tout en évitant l’inconfort. Mais on s’habitue rapidement. Il ne faut juste pas oublier de remplir le réservoir d’eau distillée et/ou déminéralisée, sinon on se réveille avec la migraine pour cause de deshydratation.

La machine envoie automatiquement tes données de sommeil via connection Bluetooth à la clinique. L’appareil est garanti pour trois ans, avec option de la prolonger jusqu’à cinq. Mais j’ai décliné, puisque dans trois ans il pourrait bien en exister un modèle encore meilleur. Ou peut-être que le traitement au laser aura fait ses preuves à long terme.

Aujourd’hui, après 5 jours (5 nuits, en fait) sur le respirateur nocturne, je me sens pleinement énergisé au réveil. En plus de régler mes problèmes d’arrêt respiratoire, il y a trois avantages collatéraux, dus au fait que je n’ai plus besoin d’ouvrir la bouche pour respirer.

  1. Je ne ronfle plus.
  2. Je ne détrempe plus mon oreiller et ma barbe avec de la bave à parfum d’haleine du matin.
  3. Je n’ai plus de problème de toux dûs à la gorge sechée.

Voilà deux nuits de suite que je dors huit heures completes, et ce furent huit heures de sommeil de qualité. Et je ne m’en porte que beaucoup mieux.

L’apnée du sommeil. Ou : l’origine des vieux cons.
Tout comme la cigarette affecte à long terme la santé physique, le manque d’oxygène finit par affecter la santé cognitive. Tel que décrit plus haut, on parle de problème de concentration. De ce problème nait la difficulté d’apprentissage. Ce qui fait que beaucoup de vieux sont de plus en plus perdus face aux changement sociaux et technologiques, alors que dans leur jeunesse ils apprenaient et s’adaptaient. Il y a les pertes de mémoire, que l’on associe souvent à tort à l’Alzheimer. Sans oublier les erreurs de jugement, le genre que jamais ils n’auraient commis avant. Hélas, après quelques décennies sans traitement, à avoir le cerveau qui manque d’oxygène sur une base quotidienne, cet état cognitif finit par devenir irréversible. J’ai été pris à temps, car après seulement cinq jours je vois une différence marquante. Et mes collègues de travail aussi.

Sérieux, vive la techno-médecine moderne.