Les 12 risques d’avoir une relation en milieu de travail

De tous les endroits où l’on puisse rencontrer son partenaire amoureux et/ou sexuel, le plus risqué reste le milieu de travail. Autant par observation que par expérience personnelle, j’ai pu répertorier les douze risques les plus communs dans cette situation.

Comme d’habitude, les sexes sont interchangeables.

RISQUE 1 : Ça peut être vu/traité comme étant du harcèlement.
À moins que les deux personnes impliquées vivent un moment magique dans lequel, simultanément, ils se regardent, réalisent soudain qu’ils sont attirés l’un par l’autre et s’embrassent passionnément, ça va plutôt se passer de manière un peu plus normale : L’un va faire savoir à l’autre son attirance, et attendre sa réaction.

Or, il arrive trop souvent que, pour toutes sortes de raisons, la personne sollicitée ne réagisse pas, en espérant que l’autre comprenne que son manque de réaction équivaut à un NON. Pendant ce temps-là, la personne intéressée considère que son manque de réaction peut être dû à l’une de ces raisons :

  • Elle n’a pas compris qu’elle se fait draguer.
  • Elle croit que ce sont des blagues.
  • Elle est trop timide pour dire oui.
  • Elle a oublié qu’il l’a draguée.
  • Elle attend qu’il continue, car qui ne dit mot consent.
  • Elle ne lui oppose qu’une résistance passive de principe.
  • Elle n’est pas intéressée.

Mais puisque cette dernière option ne représente que 14.3% des possibilités, il y a donc 85.7% de chance qu’il soit dans l’erreur. Il se sent donc obligé de revenir à la charge, ne serait-ce que pour la pousser à lui dire franchement si oui ou non elle est intéressée. Et si elle ne l’est pas, mais espère qu’en restant silencieuse « il finisse par comprendre », alors son insistance devient malaisant pour elle. Elle confie donc son désarroi à une collègue, qui lui tord le bras aussitôt pour qu’elle dépose plainte contre lui pour harcèlement en milieu de travail. Par conséquent :

RISQUE 2 : Ça détruit vos réputations.
À partir de maintenant, le gars est vu comme étant un harceleur de qui il faut se tenir loin. Et la fille ne s’en tire pas tout-à-fait blanche comme neige non plus. Il y aura quelques personnes médisantes qui vont lui en vouloir d’avoir causé des problèmes au gars, et/ou qui n’hésiteront pas à l’accuser d’être une allumeuse, une agace qui a couru après.

Mais admettons que ça se passe bien, que l’attirance est mutuelle et que vous formez un couple. Alors :

RISQUE 3 : Ça rend envieux et jaloux les collègues.
À moins d’avoir un physique particulièrement disgracieux et/ou avoir un certain âge, chaque femme au boulot est le sujet des fantaisies amoureuses et/ou sexuelle d’un ou plusieurs de ses collègues. Alors de savoir qu’elle est maintenant en couple, avec un collègue en plus, c’est difficile pour eux à accepter. Aussi… :

RISQUE 4 : Ça créé la médisance.
Ça va du « Qu’est-ce qu’il a de plus que moi, lui? » au « Mais qu’est-ce qu’elle fait avec un con pareil? », sans oublier la classique « Quelle pute, il lui les faut tous! », votre relation est le sujet des conversations des commères de bureau.  Sans oublier ceux et celles qui vont oser venir vous avertir de vous méfier de l’autre, à cause de son passé.

Afin d’éviter ça, certains nouveaux couples de bureau décident de garder leur relation secrète. Cependant :

RISQUE 5 : Il est impossible de garder ça secret.
Dans un couple, il arrive que celui qui se fait suggérer le secret par l’autre ne le prenne pas très bien.  La première pensée qui lui vient en tête est « Pourquoi?  A-tu honte de moi? Veux-tu continuer de te faire passer pour libre pour pouvoir me tromper? »   Avec ou sans l’accord de l’autre, cette personne insécure révélera alors leur relation dans les 48 heures. 

Autre scénario: L’un de vous se confie à une personne de confiance qui, quel hasard, est un(e) de vos collègue.  Or, une personne de confiance ne l’est jamais tout-à-fait. Elle va en parler à une amie qui travaille ailleurs, et ce sans retenue puisque ce n’est pas une collègue. Celle-ci en parlera à tout son entourage. Entourage qui inclut une personne proche d’un de vos collègues, à qui il se fera un plaisir de tout raconter.  Et bientôt, tout le monde au travail le sait et les ennuis commencent.

RISQUE 6 : En général, ça ne dure pas.
Le problème le plus fréquent en matière de drague, c’est que l’on se met ensemble avant de se connaître vraiment.  Alors quand on se rends compte que nous ne sommes pas compatibles, la relation est déjà commencée, il faut donc y mettre fin.  Au moins, chez les couples qui se sont rencontrés n’importe où, c’est simple: Quand on cesse d’être un couple, on cesse de se voir.  Mais vous deux, vous travaillez ensemble.  Ainsi… :

RISQUE 7 : Les choses deviennent malaisantes pour l’un, pour l’autre ou pour les deux.
Il est rare qu’une rupture soit une décision mutuelle et harmonieuse. Aussi, après la relation, il est souvent difficile d’être obligé de côtoyer l’autre huit heures par jour, cinq jours par semaine. Surtout si l’un est encore un peu accro à l’autre.  Par conséquent… :

RISQUE 8 : Ça affecte le rendement et la performance.
Difficile de se consacrer à notre travail quand on ne pense qu’à l’autre.  En plus, on ressent le besoin d’en parler au lieu de travailler.  Et le/la collègue à qui vous vous confiez vous écoute au lieu de travailler.  Et si l’un harcèle l’autre, ça en fait une de plus qui ne travaille pas.  Ni le patron ni les collègues ne risquent d’apprécier. 

RISQUE 9 : Ça détruit la vie sociale.
Pendant la planification d’un 5 à 7, il suffit qu’elle leur dise qu’elle se sentirait mal à l’aise à cause de votre présence, puisque vous êtes son ex. Il n’en faut pas plus que vous vous retrouviez persona non grata sans autre forme de procès. Vous êtes désormais exclus de toute activité entre collègues et amis.

RISQUE 10 : Tout le monde connait vos secrets les plus intimes.
Quand la relation finit mal –Que dis-je : Même quand tout se passe bien— il est quasiment inévitable que l’un ou l’autre raconte tout au sujet de votre vie sexuelle : Elle demande la fessée, il a besoin de se faire sodomiser pendant l’acte, elle exige d’uriner sur son partenaire, il est pédosadofurryzoophile, etc.

Vous vous rappelez ce que je disais plus haut, au sujet de la personne de confiance?  Ben voilà! En un rien de temps, tout le monde sait tout, et plus personne ne vous regarde du même oeil.

RISQUE 11 : On est à la merci du désir de vengeance de l’autre.
À partir du moment où l’autre te fait connaitre son intérêt pour toi, tu es à risque. Tu étais en relation avec cette personne et ça a mal tourné? Elle peut te faire la vie dure au travail pour se venger. Tu n’as jamais été en relation avec cette personne car tu as décliné ses avances? Elle peut te faire la vie dure au travail pour se venger.

RISQUE 12 : Vous perdez votre emploi.
Ou bien vous êtes renvoyé, ou bien vous démissionnez parce que c’est la seule option qui puisse mettre fin à tous ces problèmes.

C’est sûr que comme dans toutes les situations il y a des exceptions.  Mais pour ma part, je considère que de risquer ma vie professionnelle, financière et sociale en échange de quelques orgasmes, ça n’en vaut vraiment pas la peine.

 

Quand l’autre devient soudainement déraisonnable, illogique et nébuleux.

Dans ce texte, les sexes sont interchangeables puisque j’ai pu observer ce comportement autant chez les hommes que chez les femmes.

Tu es en couple. Ça peut être depuis cinq semaines, cinq mois ou cinq ans, peu importe.   Vous avez du plaisir ensemble.  Il te complimente.  Il est attentif. Il veut passer le reste de sa vie avec toi.  Il n’y a jamais de temps mort dans la discussion.  Vous faites des plans, des projets à deux.  Votre quotidien est harmonieux et la communication entre vous passe comme un savon huileux sur de la glace mouillée.

Puis, du jour au lendemain, sans qu’il y ait le moindre signe avant-coureur, son attitude change.  Il multiplie les comportements nouveaux, étranges et inexplicables. 

Par exemple :

COMPORTEMENT 1 : Il est soudainement distant physiquement.
Il entre dans l’appartement, tu lui sautes au cou et l’embrasse.  C’est à peine s’il bouge ou te rend ton signe d’affection. 

COMPORTEMENT 2 : Il est soudainement distant en regard et en paroles.
Tu lui parles, il répond avec une voix basse, fatiguée, tout en ayant le regard fuyant.  Mentalement, il n’a pas l’air d’être là avec toi.

COMPORTEMENT 3 : Il cesse avec toi toute interaction.
Au fil des heures et des jours, tu constates que tu es maintenant la seule personne du couple qui entame une conversation avec l’autre, qui embrasse l’autre, qui touche l’autre.

COMPORTEMENT 4 : Il ne te donne pas signe de vie pour un temps exceptionnellement long, comparé à vos habitudes.
Celle-là arrive si vous n’habitez pas ensemble :  Pas de conversation, pas un mail, rien, pendant des jours.  Ou alors un court message évoquant une situation surprise/exceptionnelle qui réclame son attention et sa présence.

COMPORTEMENT 5 : Il est « un peu fatigué en ce moment! »
Tu lui demandes si quelque chose ne va pas.  Il répond de manière évasive que non, ça va, tu n’as pas à t’inquiéter, c’est juste qu’il est un peu fatigué en ce moment.  Si tu insistes, il va évoquer un problème au travail / avec la famille / avec des amis, toujours de manière vague. 

COMPORTEMENT 6 : Son supposé « moment de fatigue » n’a pas l’air de vouloir prendre fin.
Les jours passent, les semaines, mais rien ne change.  Il garde sa nouvelle attitude évasive et silencieuse 24/7.

COMPORTEMENT 7 : Il est sur la défensive.
Tu lui demandes encore ce qui ne va pas.  Mais au lieu de te répondre, il te reproche de lui poser cette question.  Tu l’énerves.  Aussi, tu n’oses plus ramener le sujet, et tu continues de subir son attitude distante.

COMPORTEMENT 8 : Il a soudain des amis que tu n’as jamais vu et dont il ne t’a jamais parlé avant, et qui l’invitent, SEUL.
Des sorties, des réunions pour un projet spécial, des réservations avec liste hermétique d’invités, une fin de semaine en gang dans le chalet du père d’une des personnes du groupe, pour participer à des événements pour lequel il n’avait jamais démontré le moindre intérêt avant. Ses absences se multiplient.

COMPORTEMENT 9 : Il a soudainement un horaire super-rempli…
… dans lequel il n’y a plus de temps libre pour faire quoi que ce soit avec toi.   Mais bon, il te rassure que ce n’est que temporaire.  Il te demande juste un peu de patience.

COMPORTEMENT 10 : Il t’exclut de toutes ses activités, mêmes lorsqu’il est seul.
Alors qu’avant, vous alliez au cinéma, maintenant il va au cinéma.  Alors qu’avant, vous alliez prendre un café, maintenant il va prendre un café.  Alors qu’avant, voussortiez prendre un verre, maintenant il sort prendre un verre.   

COMPORTEMENT 11 : Il reste neutre à tes demandes/suggestions de l’accompagner à tel ou tel truc.
Ses réponses manquent d’enthousiasmes.  Il te sert du « T’es pas obligée! », « Si tu veux! », « Si tu y tiens vraiment. »

COMPORTEMENT 12 : (Suite du précédent) Il annule le truc où tu l’as convaincu de te laisser l’accompagner.
Ça ne lui tente plus.  Il a la migraine.  C’est annulé.  Il vient de réaliser que son budget ne le lui permet pas. Etc. 

COMPORTEMENT 13 : Il te fait part de son admiration sur certaines choses que l’on retrouve chez plusieurs autres filles.
Et ce sont toutes des choses que tu n’as pas et que tu ne pourrais jamais avoir : Sa grandeur, sa voix, son origine ethnique, son emploi, ses diplômes, sa famille, ses connexions, son talent artistique / musical / athlétique…  Tout pour te faire sentir inadéquate.

COMPORTEMENT 14 : Il te compare défavorablement à d’autres gens.
Tu as réussi dans la vie?  Alors il ne peut pas te respecter.  Une personne privilégiée comme toi ne sais pas ce que c’est que la misère.  Tu as de la misère?  Alors il ne peut pas te respecter, car tu ne sais pas ce c’est que d’être capable de réussir dans la vie.

COMPORTEMENT 15 : Il te trouve plein de défauts que tu ignorais avoir.
Et mieux encore : À l’entendre, tout le monde les voit, ces défauts.  C’est juste qu’il est « la seule personne assez honnête pour oser te le dire en face. »

COMPORTEMENT 16 : Il prétend maintenant être énervé par des choses qui ne le dérangeaient pas jusque-là.
La façon dont tu ris.  La manière dont tu prononces son nom.  La façon dont tu cuisines.  Tes vêtements.  Tes moindres habitudes de vie.  Et elles ont toutes ceci en commun : Ce sont toutes des petites choses insignifiantes.

COMPORTEMENT 17 : Il te pose des questions pièges « pour te tester ».
Il te demande ton opinion sur divers sujets.  Dès que tu as répondu, il te révèle que c’était juste un test,  « pour voir le genre de personne que tu es vraiment. »  Et il se montre déçu, blessé, scandalisé, désapprobateur, de ce qu’il voit en toi.

COMPORTEMENT 18 : Il commence à évoquer la possibilité d’aller vivre seul.
En se justifiant avec d’étranges raisons.  Comme par exemple en disant qu’il ne se sent pas vraiment chez lui, avec ta présence constante dans cet appartement. « Avant toi, je vivais avec mes parents et/ou avec mon ex. Je n’ai jamais eu droit à un vrai chez-moi. J’ai besoin d’avoir MA place. »

COMPORTEMENT 19 : Il dit les phrases qui, peu importe comment on les retourne, évoquent une rupture.
« Je ne suis plus vraiment sûr de ce que je veux dans la vie! » « Je suis mêlé dans ma tête en ce moment! »  « J’ai besoin de temps pour réfléchir sur nous deux! »  « Une séparation temporaire ne peut que nous faire du bien. »  

COMPORTEMENT 20 : Bizarrement, « réfléchir sur vous deux pour le bien de votre couple », ça exclut toute intervention de ta part.
Vous avez beau être deux dans le couple, il n’y a que lui qui a le droit de « réfléchir sur vous deux. »  Pourtant, avec tout ce qu’il te reproche, logiquement ce serait vous deux qui auraient besoin d’y réfléchir ensemble et d’en discuter.

COMPORTEMENT 21 : Il devient impatient.
Depuis quelques temps, il faut marcher sur des œufs en sa présence.  Non seulement il perd patience à la moindre petite chose imparfaite que tu fais, on dirait que tu ne sais plus rien faire correctement. 

COMPORTEMENT 22 : Il te donne l’impression d’agir sans la moindre logique.
Tu le vois bien, qu’il pourrait y avoir des solutions aux problèmes qu’il évoque.  Elles sont pourtant simples.  Il suffirait de s’en parler, pour lui faire entendre raison.  Mais voilà, il n’a pas l’air de vouloir trouver de solution, ni les entendre, et encore moins les appliquer.

COMPORTEMENT 23 : Il te dit que si tu veux casser, il respecterait ta décision.
Tout en affirmant qu’il ne veut PAS casser.  En fait, il te rassure que non, au contraire, il veut que vous restiez ensemble.  Il t’aime encore.  La preuve : Est-ce qu’il perdrait son temps à réfléchir sur votre couple, si son but était de casser?  Tu le vois bien, qu’il fait des efforts pour sauver la relation.  Mais bon, casser, si c’est ce que tu veux…

COMPORTEMENT 24 : Quoi que tu fasses, c’est de ta faute s’il s’éloigne.
Tu lui laisses son espace?  Il dit que tu lui donnes l’impression de t’en foutre, voilà pourquoi il prend ses distances.  Tu t’accroches?  Il dit que tu envahis son espace, voilà pourquoi il prend ses distances.

Quand on est dans cette situation, on vit un véritable enfer.  Et on a beau chercher la source du problème, on ne trouve rien.  Par conséquent, on a beau tout faire pour essayer de sauver la situation, rien ne fonctionne.  Ce mélange de frustration et de désespoir occupe nos pensées à chaque moment du jour et de la nuit.  C’en est rendu insoutenable.  C’est à vous rendre fou. Si seulement on pouvait savoir où se situe le problème, au juste.

Il est où le problème?  Je vais te le dire, moi : Il a rencontré quelqu’un qui lui plaît plus que toi.  Et si ça se trouve, leur relation est déjà commencée.  Ce qui fait que dans sa tête, vous deux, c’est terminé.

Ce n’est pas un préjugé, ni un jugement facile.  Tout le long de ma vie, une bonne vingtaine de fois, j’ai vu et/ou vécu cette situation.  Et je peux vous affirmer que dans 100% des cas, à chaque fois qu’une personne avait cette attitude, c’était toujours ça. Il y a une autre personne dans sa vie amoureuse.

Maintenant que tu le sais, repense à ses nombreux comportements étranges, tu verras que ça explique tout.

Mais pourquoi agir ainsi au lieu de le dire franchement et mettre fin à la relation de façon claire, nette et rapide?  Ça peut être parce qu’il est lâche, et/ou irresponsable, et/ou honteux, et/ou parce qu’il ne veut pas avoir le mauvais rôle en étant celui qui détruit le couple.  Hey, c’est peut-être même parce qu’il veut juste te mettre au congélateur, pour revenir vers toi si ça ne marche pas avec l’autre.  Mais que ce soit l’une ou plusieurs de ces raisons, ça explique le fait qu’il s’éloigne.  Ça explique le fait qu’il ne veut mettre aucun effort pour sauver la relation.  Ça explique toutes ces sorties / événements / absences, tout ce qu’il fait maintenant sans toi.  Et surtout, ça explique pourquoi ses raisons de se plaindre de toi sonnent bidon.  Normal : Ce SONT des raisons bidons.  Et c’est pour ça qu’il a un comportement aussi illogique, aussi impossible à comprendre.

Et puisque c’est un lâche irresponsable, il rend la relation de plus en plus pénible pour toi, dans le but que tu finisses par en avoir ras-le-bol, de façon à ce que ce soit TOIqui y mette fin.  Comme ça, il pourrait reprendre sa liberté tout en se gardant le beau rôle.  Ce ne serait pas lui qui te laisse tomber pour une autre.  Ce serait toi qui le repousse car tu es « incapable de faire face à la vérité sur ton propre sujet, vérité qu’il est le seul à oser te dire. »

Se faire rejeter d’une manière aussi irresponsable, ça peut avoir des conséquences terrible sur l’estime de soi.  Parce que dans son besoin de faire semblant que tu étais la personne fautive, il a eu à mettre beaucoup d’effort pour te faire croire que tu étais inadéquate dans ta personnalité, dans tes manies, dans ta façon de vivre, dans ton travail, dans tes décisions, en tant qu’être humain, et surtout en tant que moitié d’un couple. 

Tout ceci fait que tu te remets en question.  Mais puisqu’en réalité, tu ne fais rien de mal, tu ne peux pas trouver où se situe ton problème.  Mais puisqu’il t’a convaincu du contraire, le fait de ne pas le trouver t’enlève tout espoir de le régler.  

Alors tu n’oses plus croire en toi, en tes capacités, en tes valeurs.  Et c’est quelque chose qui va affecter négativement ton travail et tes relations pour les prochaines années à venir.

POUR RIEN!

Tout ça parce que l’autre était trop lâche pour assumer sa décision de te laisser tomber pour quelqu’un d’autre.

Pourquoi embaucher une femme?

Prosper, un collègue, travaille jusqu’à 16 :00.  Ce jour-là, au lieu de partir chez lui, il est allé au poste de travail de Carolane, qui elle travaille jusqu’à 17 :00.  Et je ne sais pas au juste comment la discussion s’est rendue là, mais Prosper a commencé à lui expliquer qu’il ne comprend pas pourquoi La Firme prend le risque d’embaucher des jeunes femmes. 

Par exemple, Carolane étant une jeune femme fraîchement sortie de l’université, il est évident qu’elle va un jour trouver mari, fonder une famille, et voudra s’occuper de ses enfants.  Donc, La Firme s’expose au risque qu’elle quitte le travail, ou du moins qu’ils aient à lui payer un congé de maternité.  Autrement dit, La Firme devra lui verser un salaire pour un travail qu’elle ne fera pas.  Dans de telles conditions, il est beaucoup plus avantageux pour La Firme d’embaucher des hommes.

Carolane lui répond alors que ce qu’il dit là, ce ne sont que des fausses valeurs artificielles crées par la société.  Et surtout, ce sont des valeurs dépassées, du moins au Canada où nous sommes.  Mais il n’en démordait pas.

« Ce n’est pas une question de valeurs.  C’est biologique.  C’est la nature qui veut ça! »

Et même lorsqu’elle lui répondait que bien des femmes de carrière n’ont aucune intention d’avoir des enfants, il continuait de lui dire que oui, d’accord, peut-être qu’elle est convaincue maintenant qu’elle n’en veut pas.  Mais ça ne veut pas dire qu’elle ne changera jamais d’idée.

« Pour l’instant, tu es jeune et tu penses à ta carrière et à ta liberté.  C’est normal que tu t’imagines que tu ne voudras jamais d’enfants.  Mais le jour où tu vas rencontrer un homme, que vous allez être vraiment amoureux, et que ça va être le bon, c’est évident que vous voudrez fonder une famille.  C’est biologique.  C’est la nature qui veut ça! »

Peu importe l’argument qu’elle lui donnait, il revenait toujours à la charge, ne démordant pas du fait qu’il se basait sur des faits aussi (bio)logiques que sociaux.  

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À ses yeux, non seulement La Firme perd son temps et perdra son argent à embaucher une femme, Carolane a également perdu temps et argent à poursuivre ses études.

« À quoi ils vont te servir, tes diplômes, dans ta cuisine, à t’occuper de tes enfants? »

Leur discussion a même attiré l’attention de deux de leurs voisins de table, qui se sont mêlés à la conversation, multipliant par trois le nombre d’employés qui n’étaient plus concentrés sur leur travail.  À un moment donné, l’un d’eux essaye de m’y entrainer en me demandant :

« Imagine que tu es patron.  À compétence égale, qui est-ce que tu embaucherais?  Une femme, qui risque de partir un jour pour maternité, ou un homme? »

J’ai répondu que puisque je ne serai jamais patron, je ne perds pas mon temps à discuter inutilement sur des trucs qui n’arriveront jamais.  Leur discussion a donc continué entre eux.

La raison pour laquelle je n’ai pas voulu y prendre part, c’est qu’il y a des sujets pour lesquels peu importe ce que tu dis, tu vas te faire condamner pour ton étroitesse d’esprit.  Par exemple, il y a quelques années, j’ai écrit un billet intitulé Ingrid, cinq jours parmi les loups, qui remonte à l’époque où je travaillais à La Boite.  Une superbe jeune femme avait rejoint notre département.  Cette semaine-là, six des dix-sept hommes du bureau négligeaient le travail pour aller lui parler.  Et il y en a même un qui a utilisé illégalement le poste de travail de la réceptionniste pour trouver l’adresse d’Ingrid pour se pointer chez elle sans y avoir été invité.  Au bout d’une semaine, n’en pouvant plus, elle a démissionné. 

Imaginez le dilemme du patron, maintenant :  S’il embauche une femme, ça va distraire les hommes, ce qui fait que la performance de La Boite va tomber en chute libre.  Et la Boite va s’exposer à des plaintes pour harcèlement en milieu de travail. 

Évidemment, blâmer une femme pour le comportement immoral des hommes, ça ne se fait pas.  Alors le patron devra payer pour embaucher des gens pour monter des ateliers de prévention.  Il devra y envoyer tous ses employés masculin pendant une heure ou deux.  Employés à qui il devra payer cette heure ou deux.  Et non seulement ça ne garantit pas que ces hommes vont suivre ces règlements, chaque nouvel employé mâle à partir de ce point n’aura pas passé par cet atelier, il y a donc risque que lui refasse ces comportements contre lesquels il n’a pas été prévenu.

Ou bien, pour s’éviter tous ces ennuis et toutes ces dépenses, il prend la solution la plus simple : Il n’embauche que des hommes.  Mais en faisant ça, il est automatiquement sexiste, il s’expose à des plaintes aux Normes du Travail, ce qui signifie enquêtes, réprimandes, amendes, et mauvaise réputation.  Voilà ce que je voulais dire, en parlant de situations pour laquelle quoi que l’on fasse, on perd.  Et voilà pourquoi j’évite comme la peste ce genre de sujets.

Mais ce soir-là, en revenant chez moi, en y repensant, j’ai trouvé la réponse parfaite à cette question :

On ne verra jamais une femme (et encore moins six femmes en même temps) quitter son poste de travail pour aller draguer un collègue, l’empêchant lui aussi de travailler.  On ne verra jamais une femme harceler un nouvel employé jusque chez lui.  Et surtout, on ne verra jamais une femme aller au poste de travail d’un homme pour passer plus d’une heure à essayer de le convaincre que sa place n’est pas au travail, mais bien chez lui, à se marier et faire des enfants.  Ce comportement est exclusivement masculin.  Et c’est ce comportement masculin qui cause tous les problèmes au travail mentionnés plus haut.  

Alors à compétence égale, qui est-ce que j’embaucherais entre un homme ou une femme si j’étais patron?  La femme, à tout coup, sans la moindre hésitation. 

Parce que, d’après ce que j’ai pu constater par moi-même au cours des années, il doit bien y avoir cent fois plus de harcèlement masculin (sexuel ou non) en milieu de travail que de congés de maternité.

Dick Pics: La chanson des pénis laids

Inspiré d’un phénomène trop souvent vécu par les filles et les femmes, voici la chanson Pénis laid du populaire groupe Les Bite Seules.

Un pénis laid vient d’apparaître dans ma conversation
Sans que ça ait rapport à notre discussion
Il l’a sorti et l’a pris en photo
Pour me dire « Allo! »

Ce matin c’était un autre gars, cette fois sur Tinder
Qui me montrait qu’il était prêt, déjà d’bonne heure
En pensant que ça ferait mon bonheur
Pourquoi font-ils ça? C’est loser!

Pénis laid, t’es dans ma face, t’es sur mon cell
C’est c’qu’envoient ces gars à toutes les filles
Pour dire qu’ils les trouvent belles.

Un pénis laid, c’est un pompier qui me montre son boyau.
C’est un artiste qui voudrait tremper son pinceau
C’est un boucher qui veux j’goûte sa saucisse
C’est gossant en Christ!

(Bout musical où s’enchaînent plein de dick picks)

Pénis laid, au garde-à vous, j’te vois partout
Sur facebook dans messenger
Mais pourquoi? C’est loser!

Derrière les arbres au beau milieu d’un parc achalandé
Un comptable est en train de se déculotter
Il se déplace pour me montrer qu’il est,
En train d’se branler

Dans son auto un monsieur vient me demander son chemin,
Tandis qu’il tient son engin bien dur à la main,
On dirait que ça l’excite de m’faire peur.
Pourquoi font-ils ça? C’est loser!

Penis laid, partout où j’vais, tu apparais
Le pâtissier qui montre la baguette
L’étalage de quéquettes

Penis laid qui veut me montrer qu’il est gros
Le plombier qui me montre son tuyau
Penis laid!

Les beautés étrangères: Pourquoi tombe-t-on dans le panneau?

Comme probablement tout le monde, il m’arrive parfois de recevoir des demandes de contacts sur Facebook de la part d’une beauté étrangère qui semble s’intéresser à moi. J’ai beau être célibataire, j’ai de la difficulté à me faire à l’idée d’avoir une relation avec une femme qui habiterait à plus de 5 km de chez moi. Alors d’un autre continent, imaginez! Par conséquent, lorsque ça arrive, j’expédie ça aussi sec:

Comme vous voyez, quand je reçois une réponse négative à « On se connait », j’arrête la conversation là. Mais ces derniers temps, j’ai vu tellement de mes compatriotes féminines québécoises s’amuser à se foutre de la gueule de leurs prétendants étrangers, tout en faisant exprès de leur parler en québécois, que j’ai décidé de prendre exemple sur elles pour m’amuser un peu.

Le résultat: Cet amusant échange avec cette superbe jeune fille de 20 ans du Maroc. Il y aura un lexique entre chaque partie de la conversation, pour faciliter la compréhension à mes lecteurs-z’et-lectrices non-québécois.

Saint-Ciboire-du-bout-de-Christ: La majorité des villes et villages du Québec sont des noms de saints. Or, nos jurons sont aussi composés de mots d’église. Ce (faux) nom de patelin est donc un long juron.
Moose Jaw: Littéralement Mâchoire d’Élan / Mâchoire d’Orignal. Véritable ville canadienne, mais en Saskatchewan et non au Québec.
Où que tu sois, qui que tu sois, que la force soit avec toi: Référence à La Guerre des Étoiles, certes, mais c’est surtout la phrase d’introduction du quiz télévisé pour enfants, Les Satellipopettes, très populaire au Québec au début des années 80.

Mes bas: Mes chaussettes
Une brassée: Un paquet de linge qui vient d’être lavé
La sécheuse: Le sèche-linge.
Manger ses bas: Expression québécoise, l’équivalent de péter un câble.
Isabelle Huot: Populaire nutritionniste québécoise.
Beau Dommage: Populaire groupe musical québécois des années 70, toujours actif de nos jours.
La Complainte du Phoque en Alaska: Chanson de Beau Dommage, leur plus grand succès.

Chus pas regardant: « Je ne me soucie pas de ces détails. »
Icite: Ici.

Je me suis inspiré d’une amie qui avait eu un désopilant échange semblable, quoique plus long, avec un homme Tunisie. Conversation qui est vite devenue virale.

Hier, j’ai posté ma conversation avec ma marocaine sur mon Facebook. Et parmi les commentaires, j’ai reçu celui-ci, qui est la raison de l’existence de ce billet de blog: « Je ne comprends pas comment ces gens peuvent se croire crédibles. « 

Eh bien la réponse à ça est: Parce que, malheureusement, ça fonctionne trop souvent.

Il y a quelques années, j’étais membre d’un forum (apparemment sérieux) de rencontres. Après deux mois discussion, à ne recevoir que des demandes de contacts de femmes de mon groupe d’âge, pour la plupart assez abîmées par la vie, voilà que m’arrive cette jeune beauté ukrainienne qui me sert du « Je amour toi et please envoyer numéro Visa (la carte de crédit) pour mon visa (le passeport) que moi rejoigne tu, so we love & couchette », et ça venait avec une adresse courriel. (Bon, c’était un peu plus articulé que ça, mais c’était en 2012 et je n’en ai pas gardé copie.)

Premier réflexe: Googler l’adresse de courriel de mademoiselle. Je suis tombé sur plein de témoignages d’hommes de partout dans le monde qui se sont fait avoir de plusieurs centaines de milliers de dollars par ce barbu obèse russe.

Quand tu n’arrives même pas à plaire à une femme moyenne de ton propre pays, qu’est-ce qui te fais croire que tu as pu séduire, SANS EFFORTS, une déesse d’un autre continent? C’est pourtant évident, qu’il s’agit d’une arnaque. Alors pourquoi est-ce que ça fonctionne?

La triste réponse à cette question est: Parce que pour ces pauvres hommes seuls, cette fille, ce personnage devrais-je dire, leur vend du rêve. Elle leur donne un espoir comme quoi, malgré leurs 40-70 ans, ils peuvent encore plaire à une jeune beauté, donc qu’ils n’ont rien perdu de leurs attraits.

Quant à ceux qui n’ont jamais eu d’attraits pour commencer, le fait de se commander une beauté étrangère, ça rassure. Son subconscient comprend qu’il est la seule personne qu’elle connait ici, donc qu’il sera sa seule vie sociale si elle vient au pays. Pour les hommes qui ont une faible estime de soi, savoir que cette fille dépendra de lui pour survivre, et surtout que par conséquent il n’aura aucun rival, ça lui procure un sentiment de sécurité.

En conclusion: Le problème, ce n’est pas que ces « femmes » sont crédibles. C’est plutôt que beaucoup d’hommes ressentent le besoin qu’elles le soient. Parce que la réalité est trop difficile à accepter pour eux.

Est-ce que vous vous souvenez du Best Seller de la décennie dernière, Le Secret? La raison pourquoi ce livre a rendu multimillionnaire son auteur, c’est parce qu’il fonctionne sur ce même principe. Par exemple, lisez juste ce passage:

Eh oui! Ce livre (ou du moins cette Lisa Nichols) affirme que si vous recevez des factures d’électricité, de téléphone, de câble, d’internet, de loyer et de carte de crédit, ce n’est pas parce que vous avez l’électricité, le téléphone, le câble, l’internet, un loyer et une carte de crédit, mais bien parce que votre imagination fait surgir ces factures de nulle part. 

Pourquoi tant de gens ont cru à de telles inepties? Parce que beaucoup trop d’entre eux sont pris dans une vie décevante et sont impuissants à y changer quoi que ce soit. Pour ces gens-là, la pensée magique est leur seul refuge. Car d’un côté, ils ont une triste réalité qui est sans issue. Et de l’autre, il y a ce livre qui leur offre un espoir comme quoi les choses peuvent s’arranger. C’était juste ça, le secret derrière Le Secret.

Et c’est sur ce même principe, en donnant l’espoir qui fait rêver, que le piège grossier de la beauté étrangère arrive à attirer autant de gens qui vont aller s’y jeter délibérément.

Quant à moi, ça ne risque pas de m’arriver. Je suis parfaitement au courant que j’ai 50 ans et que je ne suis plus de première fraîcheur. Le jour où je vais me faire draguer par une matante ridée de Ste-Antoinette-du-Ouaouaron, je vais déjà trouver ça plus crédible qu’un top modèle marocain de 20 ans.

General Menteurs, le post scriptum: L’allergie aux changements

Printemps 1979.  J’ai 10 ans.  Hier, ma mère m’a remis une casquette que lui a donnée une voisine pour moi.  C’est ma toute première casquette.  Je la porte fièrement sur le chemin de l’école. 

Ce matin-là, avant d’entrer en classes, deux élèves différents m’enlèveront la casquette de la tête en courant.  On me refera le coup une fois ensuite à la récré du matin.  Deux autres fois à l’heure du diner.  Une fois à la récré d’après-midi.  Et enfin, à la sortie des cours, où cette fois on me la lancera par-dessus la clôture qui délimite le terrain de la cour d’école.  J’ai donc été agressé, de la même manière, le même jour, pour un total de sept fois, de la part de six enfants différents, dont deux que je ne connais que de vue.  Et tout ça pour le crime d’avoir porté une casquette.

Sur le chemin du retour, frustré d’avoir été la cible de toutes ces manifestations d’hostilité, surtout pour une raison aussi insignifiante, je m’interroge :

« Mario Paquin, y porte ben sa casquette tout l’temps, lui.  Pis j’ai jamais vu personne lui enlever.  Pourquoi que quand c’est moi qui en porte une, tout l’monde me l’enlève? »

Juste en me disant ça, je vois tout de suite où se situe la différence entre lui et moi.  Mario porte sa casquette depuis le tout premier jour de l’école.  Alors aux yeux des autres, depuis le tout début, Mario Paquin, c’est le gars à la casquette.  Ils sont habitués à le voir avec ça sur la tête.  Mais moi?  Non!  Voilà pourquoi ça a attiré leur attention.  Parce que c’était nouveau. 

En fait, je constate que cette situation est similaire à ce que mes camarade de classe ou moi subissons à l’école après une coupe de cheveux : On passe la journée à être sujet de moqueries non-stop.  Et ça dure parfois deux, voire même trois jours, avant qu’ils finissent par s’habituer à nous voir avec les cheveux courts, et que ça cesse d’attirer leur attention.

Pour la première fois de ma vie, à l’âge de dix ans, je réalise que certain stimuli peuvent provoquer certaines réaction chez les gens.  N’étant âgé que de 10 ans, je n’aurais pas su expliquer le comment du pourquoi de ce comportement.  Mais une chose était sure : Le changement, ça dérange.  Alors quand on essaye d’être autre chose que l’image que les gens ont de nous, on les dérange.  Et puisque ce sont des enfants, il est plus facile pour eux de tenter de remettre les choses comme elles l’étaient, plutôt que de se faire à l’idée que les choses aient pu changer.  D’où le vol répété de ma casquette. 

Chez un adulte, on s’attend à ce que ça soit différent.  Mais dans le fond, un adulte, ce n’est qu’un enfant qui a accepté de se faire imposer des règles pour pouvoir vivre en société.  Ça ne veut pas dire pour autant que sa personnalité ait vraiment changé.  Car comme je le répète souvent, il y a trois moment dans la vie où on voit la vraie personnalité d’autrui :

  1. Lorsqu’il est ivre, et…
  2. Lorsqu’il est frustré.  Deux moments qui lui redonnent la personnalité qu’il avait… :
  3. Lorsqu’il était enfant.  Et un enfant, ça n’accepte pas le changement. 

En fait, le principe du changement créé un curieux paradoxe dans la personnalité de l’être humain : On accueille à bras ouvert tout changement positif dans notre vie.  On veut s’améliorer.  On veut évoluer.  Par contre, on accepte mal le changement lorsqu’il arrive autour de nous.  On ne veut pas perdre nos points de repères. 

Pourquoi est-ce que je prends la peine de vous expliquer tout ça?  Parce que tous les ennuis financiers, sociaux et juridiques que j’ai subi de mes 24 à 48 ans, tel que raconté dans les 10 chapitres de la saga Général Menteurs,  sont dues à deux personnes qui, comme les enfants décrits plus haut, refusaient que je change.  Ni la mère de mes enfants ni le père de Camélia n’acceptaient de me voir m’élever au-dessus de la pauvreté.

Quand on part de rien, on est entouré de gens de rien.  Et dans mon cas, partir de rien, c’était avoir un travail au salaire minimum qui ne demandait pas d’expérience.  Je suis devenu pâtissier dans un Dunkin Donuts.  Pendant les deux ans et demie où j’ai exercé ce métier, j’ai constaté que 80% de mes collègues de travail n’avaient même pas leur secondaire III, et parmi eux la moitié avaient un dossier judiciaire.  Pour eux, travailler au Dunkin, c’était le maximum qu’ils pouvaient atteindre.

Et c’était le cas de Kim.  Alors quand on a commencé à sortir ensemble, elle s’attendait à ce que je sois un gars sans avenir, comme la majorité de nos collègues.  Mais en voyant que j’avais de l’ambition, elle craignait que je m’élève au-dessus d’elle.  Ne pouvant pas elle-même s’élever au-dessus de sa classe d’origine, il lui était donc logique que si je m’élève, je la quitte.  Elle a donc lâché la pilule sans m’en parler, pour me forcer par responsabilité paternelle à rester avec elle, dans les bas-fonds.  Parce que, comme un enfant, il était plus facile pour elle de faire en sorte que les choses restent comme elles le sont, plutôt que d’accepter que ça puisse changer. Même si ce changement était une amélioration. 

Et lorsque je suis retourné aux études, histoire de ne pas élever nos enfants dans la pauvreté, même chose.  Maintenant diplômé, je pouvais aspirer à de meilleurs emplois, donc un meilleur salaire.  Mais au lieu d’accepter que je puisse changer notre vie pour le mieux, elle a préféré tout saboter pour que les choses restent comme elles sont.  Elle aurait pu m’aider à nous construire, elle a préféré me détruire. Et elle l’a fait en me laissant le choix entre cesser les études, ou me faire expulser de la maison par la police sous des accusations mensongères.  J’ai choisi d’évoluer. 

Ne l’acceptant pas, elle passera les deux décennies suivantes à utiliser les enfants et la pension alimentaire pour toujours m’empêcher de m’élever au-delà des conditions de vie d’un pauvre.  Ce qui fait que même lorsque je gagnais le double du salaire minimum, j’avais encore moins d’argent pour vivre que lorsque j’étais au Dunkin.  Quant à elle, étant sur le BS, son chèque était amputé du montant de ma pension, par conséquent elle continuait de vivre dans la pauvreté à laquelle elle était habituée. 

Il y a six ans, on lui a proposé un travail dans un casino dans une région du Québec à la fois rurale et touristique.  Le genre d’endroit où on ne trouve pas le moindre anglophone à des kilomètres à la ronde.  Ayant passé sa vie à Montréal, elle était bilingue.  Il ne lui en fallait pas plus pour y être embauchée, au salaire faramineux de $49 000.00 par année.  Est-ce que ça a changé sa vie pour le mieux?  Non, car si j’en crois ce que notre cadette m’a rapporté, elle s’est endettée d’au-dessus de $30 000.00.  Aujourd’hui, à 45 ans, elle est obligée de retourner vivre chez son père.  Son salaire a beau être d’environs 30% plus élevé que le miens, elle demeure beaucoup plus pauvre que je le suis.  Bref, elle n’a pas changé et ne changera jamais.  Peu importe son revenu, elle vivra toujours dans les conditions de vie de sa classe pauvre d’origine. Et elle continuera d’entraîner dans la pauvreté tous ceux qui ont le malheur de faire partie de son entourage.

Les parents de Camélia avaient une mentalité similaire.  Dans le sens que pour eux, une personne qui provient de la classe pauvre, ça reste toujours pauvre. (Et de la manière que la mère de mes enfants gère son budget, on peut comprendre pourquoi ce préjugé existe.)  Or, je venais juste de me trouver un emploi à La Boite, à près du double du salaire minimum.  Au lieu d’accepter le fait que je puisse changer pour le mieux et m’élever au-dessus de la classe pauvre, ils ont fait en sorte pour que je reste à ma place.  Son père, haut placé dans la hiérarchie de GM a recherché qui, dans les employés de GM, pouvait avoir un lien avec mon emploi.  Le hasard a voulu qu’un de leurs employés soit le grand-frère de mon PDG.  Voilà pourquoi le beau-père m’a envoyé à ce concessionnaire-là si loin de chez moi, et à ce vendeur-là en particulier.  Ainsi, après avoir détruit mes finances avec un contrat de location abusif, ils ont pu étendre leur influence jusqu’à mon travail pour détruire ma carrière, s’assurant ainsi que je ne sorte jamais de la classe pauvre. 

Bon, « jamais », c’est relatif.  Ces responsabilités imposées ne pouvaient pas durer éternellement.  N’empêche qu’à cause de leurs manigances combinées, la mère de mes enfants et le père de Camélia m’ont quand même volé 24 ans de ma vie adulte. Et puisque ça ne leur a rien rapporté financièrement, ça veut dire que leur motivation n’était pas le profit personnel. C’était juste pour satisfaire leur désir de ruiner la vie d’autrui.    

Ce qui démontre, comme je disais plus haut, que le changement, ça dérange.  Alors quand on essaye d’être autre chose que l’image que les gens ont de nous, ils ne l’acceptent pas.  Et comme pour les enfants, leur premier réflexe est de tenter de remettre les choses telles qu’elles les ont toujours connues, plutôt que de se faire à l’idée que les choses aient pu changer. 

Ils ne pouvaient pas supporter de me voir avec une nouvelle casquette.  Il fallait qu’ils me l’enlèvent.  C’était juste plus fort qu’eux. 

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Y’A LIENS LÀ:

J’ai déjà étudié le phénomène démontrant que tout changement majeur de notre vie doit malheureusement s’accompagner d’un changement de notre entourage.  Ces trois billets en particulier décrivent bien la chose :

Pas obligé de rester loser, 4e partie : La nécessité de changer d’amis.

Pas obligé de rester loser, 7e partie: Les revoir? Pourquoi pas! Les re-fréquenter? Surtout pas!

Pas obligé de rester loser, 13e partie : Se tenir loin des autres losers.

Et tant qu’à faire, voici tous les billets de la série Pas obligé de rester loser

General Menteurs, 10e partie: 21 ans plus tard, l’exorcisme.

Le 14 décembre dernier, je publiais ici un billet de blog intitulé L’art de se faire rouler, dans lequel j’imagine le pire scénario catastrophe qui puisse arriver lorsque l’on succombe à une offre alléchante en rapport à l’achat d’une automobile.

À chaque fois que j’écris un nouveau billet, je mets un lien sur mon Facebook. Et c’est sur celui-ci que l’on me pose la question qui allait changer ma vie. Deux simples petits mots :

Le début de la fin

Pour la première fois depuis ces événements, j’en parle sur le net. Non sans une certaine appréhension, car comme vous pouvez le voir, je prends la peine de prévenir à quel point ma mésaventure est invraisemblable. J’écris néanmoins trois longs commentaires qui résument les 9 chapitres précédents.

Après avoir tout lu, Louis-Sébastien me pose le genre de question que l’on ne m’a posée que trop de fois déjà:

Louis-Sébastien
Wow toute une histoire! Est-ce que tu t’es questionné et compris pourquoi tu t’étais ramassé dans ce type d’histoire abracadabrante? Genre, pourquoi c’est arrivé à toi et pas à d’autres personnes?

« Et voilà! », me suis-je dit. « Encore une fois, je vais me faire juger comme quoi si ce genre de truc n’arrive qu’à moi, c’est qu’il doit bien y avoir une raison. Traduction: c’est de ma faute, j’ai fait exprès, j’ai couru après, etc. J’aurais dont dû continuer comme je le fais depuis quinze ans, et juste ne pas en parler. »

Je réponds cependant.

Steve Requin
Oh que oui, et c’est justement ça, le problème. J’ai beau réfléchir là-dessus depuis 20 ans, je ne trouve rien, car tout ça a l’air d’être une série de malheureux hasards. 

La fille du boss de GM, je l’ai rencontré au Journal étudiant, car c’était à ce moment-là la blonde d’un journaliste, et c’est elle qui m’a dragué. L’amie qui m’a trouvé ma job payante n’avait aucune connexion de près ou de loin à tout ceci. Le hasard a voulu que le père de ma nouvelle blonde soit le boss d’un gars dont le frère était le président de ma job.

Tu vois à quel point c’est aussi fucké que peu crédible, tellement c’est une série de hasards et coincidences incroyables. Ben c’est ça !

Comme je m’y attendais, Louis-Sébastien n’y a pas vu là une série de hasards. (Bon, à part peut-être le lien de parenté entre mon PDG et le vendeur chez GM) Il a tout de même une théorie à ce sujet, et me demande si je voudrais la connaître. Là encore, j’appréhende un sermon sur le fait de se regarder soi-même et de prendre mes responsabilités pour les malheurs que l’on attire soi-même sur soi, et toutes cette sorte de choses. Mais bon, puisque je ne peux pas juger un commentaire que je n’ai pas encore lu parce qu’il n’est même pas encore écrit, je lui ai donné mon Ok.

Trente minutes plus tard, il me poste ceci:

Louis-Sébastien
La première chose problématique qui me saute aux yeux, c’est la nature même de la relation que tu avais avec cette fille. Elle avait 20 ans, tu en avais 29. Juste cette question a plusieurs répercussions conscientes et inconscientes. Tu ne pars pas sur un pied d’égalité avec la fille. Ça peut être un avantage comme ça peut être un désavantage.

Ça sûrement été un avantage au début dans la phase de séduction, parce que c’est probablement ce qui l’attirait, un gars plus vieux qui représente la maturité, la sécurité et même une sorte de rébellion. Mais ce rôle vient avec des responsabilités que tu n’étais finalement pas en état de remplir sur le long terme (surtout à cause de ta situation financière)… que ce soit dans ses yeux à elle ou dans ceux de ses parents. Ta première erreur a été de ne pas t’en rendre compte.

Cette première erreur a menée à toutes les autres. En sachant que tu n’étais plus le bienvenu dans la vie de cette enfant de 20 ans (parce que soudainement tu ne représentante plus la maturité ni la sécurité), ton réflexe a été d’investir dans la relation au lieu de t’en éloigner comme tu aurais dû. 

En sachant que tu n’étais plus le bienvenu dans la vie de la famille, tu es resté. Tu t’es soumis au désir de son père de te procurer une auto, et juste là tu perds de la valeur face à sa fille. Son geste de rébellion qui est de fréquenter un homme plus vieux s’éteint au moment où cet homme plus vieux ce soumet à son puissant père.

Soudainement t’es pu excitant, t’es pu mature et t’es pu sécurisant.

T’es juste la marionnette de son père, qui a bel et bien décidé que tu sortirais de la vie de son enfant parce que t’as rien à lui apporté d’un point de vue rationnel. À partir de là tu contrôle pu rien, tu récoltes les émotions négatives liées à ta défaite contre son père (qui est pas un cadre haut placé dans une multinationale pour rien.. oui il avait tout manigancé). Tu prends des décisions irrationnelles, et ça fais juste empirer les choses à chaque fois.

Tout ça a découlé d’une mauvaise lecture de ce qui était attendu et possible pour toi dans la relation avec cette fille. Mauvaise lecture qui a menée à un gros investissement irréfléchie et irrationnel.

Est-ce que ça fais du sens ce que je dis?

J’avoue que, au sujet des raisons qui ont poussé Camélia à d’abord aller vers moi et ensuite me repousser, ouais, ça avait un certain sens. Mais la chose qui m’a le plus frappée dans son analyse est:

« Son père [n’]est pas un cadre haut placé dans une multinationale pour rien. Oui, il avait tout manigancé. »

Après 21 ans, l’évidence de la situation me frappe comme une retentissante claque sur la gueule.

Les vendeurs d’auto sont des arnaqueurs. C’est comme ça partout. Toute la planète le sait. Et pour que ce soit l’un des plus vieux clichés du monde moderne depuis que nous sommes entrés dans l’ère de l’industrialisation, c’est bien parce qu’il y a du vrai là-dedans. Pour monter aussi haut au sein de General Motors, cet homme se doit donc d’être un arnaqueur de classe supérieure. D’être un fin stratège exceptionnel. Un homme d’une intelligence froide, calculée, manipulatrice et logique, et qui n’hésite pas à l’utiliser pour arriver à ses fins.

Et soudain, tout fait du sens. Ça explique tellement de choses.

Tout d’abord, comme je l’ai déjà dit, La Boite où je travaillais avait des milliers d’employés dispersés dans plusieurs bureaux parsemés dans tout Montréal et les environs. General Motors, même chose avec ses 14 concessionnaires dispersés dans le Grand Montréal. Alors statistiquement parlant, les probabilités que les employés de l’un aient des contacts parmi les employés de l’autre étaient assez bonnes. Et le hasard a justement voulu que le PDG et fondateur de La Boite ait un frère chez GM.

Pourquoi est-ce que je ne me suis jamais posé de questions sur le fait que, de tous les concessionnaires où il aurait pu m’envoyer, il ma pris rendez-vous à celui de l’Île-des-Soeurs? Même pas dans Montréal.

Une seule réponse possible: Ce n’était pas un hasard. Ce qui voudrait dire que le beau-père a vraiment fait des recherches parmi les employés de GM pour voir s’il y en a un avec des connexions à La Boite. Et en y trouvant le frère de mon PDG, il est tombé sur le jackpot. Il est donc allé le voir et il a tout manigancé avec lui.

Toi qui me lis, imagine que tu sois vendeur de [peu importe]. Un client te dis qu’il travaille pour la compagnie que ton frère a fondée. Tu réagis comment? Comme une personne normale, tu es amusé(e) par la coïncidence et tu lui dis: « Hey, mais je connais ça, c’t’endroit là! C’est mon frère qui en est le fondateur et le PDG actuel. »

Mais mon vendeur de GM quand je lui ai dit? Aucune réaction. Pas un mot sur le sujet. Comme s’il savait qu’il devait stratégiquement me cacher cette information jusqu’au moment où il pourrait l’utiliser contre moi.

Quoi de plus facile pour lui que d’aller voir le PDG de La Boite et de lui dire qu’un de ses employés veut lui acheter une auto, et qu’il désire avoir des renseignements à son sujet. C’est son frère, il ne lui fera donc pas subir tout le protocole de la protection sur les renseignements privés. Il va tout lui révéler: Mon statut d’employé temporaire à contrats, combien je gagne, le retrait direct que m’y fait Revenu Québec Pensions Alimentaires sur mon chèque de paie pour la mère de mes enfants… La totale.

À partir de ça, le vendeur a tout ce qu’il lui faut pour me monter un beau plan: Me faire signer une déclaration comme quoi je suis employé permanent, demander ensuite une preuve comme quoi je le suis, me menacer de poursuite et congédiement si je ne lui falsifie pas une preuve d’employé permanent, etc.

Et comment ai-je pu croire son histoire de la Golf à $150 qui tombe en panne justement le matin où il devait me la livrer? Tout était planifié d’avance. Je ne peux (supposément) pas acheter d’auto, mais puisque j’ai déjà signé un contrat avec lui, je suis forcé de l’honorer, ce qui m’oblige donc à accepter que la vente devienne une location, ce qui entraîne plein de frais imprévus qui me dépouillent, ne me laissant que 15$ pour manger au bout du mois.

Attend un peu…!? $15? Mais c’est le montant que j’ai sauvé en me fâchant lorsqu’il multipliait les frais cachés, ça. C’est le montant que j’aurais eu à payer pour les plaques, s’il ne m’avait pas amadoué en me les offrant.

Ça veut dire que sans ce rabais imprévu, l’auto m’aurait coûté tout l’argent qu’il me restait, au dollar près? ET JE SUIS ENCORE SUPPOSÉ CROIRE QUE C’ÉTAIT UNE COïNCIDENCE? Non, il fallait que ce gars-là connaisse mon salaire. C’est la seule explication qui tienne la route.

Et quand je tente de faire casser le contrat, et que je vendeur me répond que je n’ai pas à me défouler sur lui du fait que Camélia vient de me larguer? Ça ne faisait même pas 48 heures que c’était arrivé. Comment pouvait il le savoir? Une seule explication logique: Le beau-père le lui a dit. Il a dû l’appeler, immédiatement après la rupture, pour le féliciter pour son travail bien fait. Preuve de plus comme quoi le tout avait été manigancé depuis le début.

Ah, et le fait que l’auto a été vendue au prix dérisoire de $15 500.00, ce qui fait que je devais à GM le reste de sa valeur, soit $27 000.00… Ce qui est le montant exact que j’aurais eu à payer si je n’avais pas cassé le contrat de location. Je suis supposé croire que c’est juste une autre coïncidence, peut-être?

Dès le départ en tant que travailleur à La Boite, mon statut de temporaire ne m’a pas empêché d’avoir droit au bonus de 50¢ l’heure pour ceux qui travaillent de soir. Mais à partir du moment où j’ai signé avec GM, là, soudainement, mon statut d’employé temporaire m’empêchait d’avoir le bonus de Noël, la double paie de la crise du verglas, l’augmentation des six mois, le contrat ou la permanence… Bizarre, comme coïncidence, non?

Et moins d’une semaine après que j’aille rendu l’auto, ma chef d’équipe a droit à une promotion surprise, et on met Le Nazi à sa place, qui me prend aussitôt en grippe sans aucune raison logique de le faire.

Eh, ça explique même pourquoi, de nulle part, Camélia a affirmé devant le vendeur que je n’allais pas garder mon travail longtemps parce que c’est du travail de bureau et je suis un artiste. Ça doit être ses parents qui lui ont mis ça en tête. Elle me l’a dit elle-même, que ça faisait des mois qu’ils la prévenaient contre moi. Et avec ses connexions à GM et à mon travail, le beau-père avait tout ce dont il avait besoin pour faire de ses médisances contre moi une prophétie auto-réalisatrice.

Et tout ce temps-là, j’ai cru que ce n’était qu’une suite de hasards malheureux. J’ai cru que c’était le destin qui s’acharnait sur moi. Que j’avais la malchance extrême qui me collait au cul. Mais maintenant que Louis-Sébastien m’avait pointé l’évidence comme quoi c’était mon beau-père avait tout manigancé, je réalise enfin la vérité: Je n’ai jamais été l’homme le plus malchanceux du monde! La preuve, c’est au nombre de fois où au contraire j’ai eu des chances durant cette période. Le fait d’avoir gagné des billets d’avion. Le fait que j’ai pu travailler pendant les trois semaines de panne, sinon j’aurais été trois semaines sans revenus. Le fait que le bureau de financement de GM ait perdu ma trace et, au bout d’un an, ait vendu ma dette à une agence de collecte. Ma ruine qui a effacé ma dette de GM à l’agence, et qui a fait cesser la pension. Mon retour d’impôts qui a effacé ma dette de pension.

Tout ce que j’ai subi de négatif durant cette période, ce n’était pas de la malchance. Ce n’était pas du hasard. C’était planifié. C’était juste un père qui tenait à ce que je me tienne loin de sa fille, c’est tout. C’est juste que, avec ses connexions qui s’étendaient jusqu’à mon travail, il pouvait s’assurer que jamais je ne serai assez riche pour qu’elle veuille de moi de nouveau.

C’était juste ça! L’équivalent millionnaire du fermier redneck qui me poursuit avec sa fourche parce que j’ai basculé sa fille dans le poulailler.

Je ne saurais vous exprimer à quel point cette révélation m’a libéré d’un grand poids qui me pèse depuis deux décennies. Cet indescriptible sentiment de soulagement. Tous ces murs qui s’écroulent dans ma tête. Tous ces engrenages libérés des bâtons qui les coinçaient. Je pleurais et je riais en même temps, tellement j’en étais chamboulé. Mais ce fut un chamboulement positif. Car enfin, depuis le temps que je me répétais qu’il était impossible que le sort s’acharne sur quelqu’un à ce point-là en lui balançant des coïncidences aussi extraordinairement négatives, j’ai enfin la preuve comme quoi j’avais raison.

Si j’avais su que le fait d’en parler sur le net allait me donner l’explication qui irait me libérer de ce poids moral, je l’aurais fait bien avant.

Techniquement, j’aurais toutes les raisons d’en vouloir à mon ex-beau-père, mon ex-vendeur de GM, mon ex-PDG… Mais vous savez quoi? Je ne ressens rien de tel. Je suis juste trop envahi par le sentiment de soulagement que m’a apporté le fait de pouvoir enfin comprendre ce qui s’est passé, que je ne suis même pas capable de ressentir de rancune envers qui que ce soit. Pendant deux décennies, j’ai vécu sous l’impression d’être un loser avec la poisse qui lui colle à la peau. En réalisant enfin que je me trompais tout ce temps-là, puisqu’en réalité je n’avais jamais été plus malchanceux que n’importe qui, je ne ressens rien d’autre qu’une profonde paix intérieure.

Et quiconque ne ressens que paix n’a pas de place dans son âme pour la haine.