Bienvenue à l’ère du Good Deed Shaming.

Le Good Deed Shaming peut se traduire par se faire donner la honte d’avoir posé un geste décent.  Car en effet, depuis une bonne dizaine d’années, il n’y a plus moyen de faire la moindre bonne action  sans que l’on nous fasse la morale de ne pas avoir fait une bonne action pour une autre cause.  Une cause plus importante.

L’incendie de Notre-Dame de Paris est le plus récent et le plus parfait exemple de la chose. Avez-vous vu ce qui circule sur Facebook à cet effet?  En voici un échantillon:

Oui, d’accord, je veux bien croire qu’il y a des causes plus honorables et plus humanitaires et plus écologiques que de reconstruire une église.  Sauf que… Savez-vous vraiment de quoi vous parlez, lorsque vous nous balancez des comparaisons impliquant la calotte glaciaire, la jungle amazonienne ou les enfants qui meurent de faim en Afrique?

Notre-Dame de Paris, il y a une adresse fixe. On sait où envoyer nos dons.  Je les envoie où, mes dons, pour recongeler le Pôle Nord?

La foret amazonienne est régie par les divers gouvernements des territoires sur laquelle elle s’étend: Brésil, Colombie, Pérou, Venezuela, Suriname, Guyane, Équateur et  Bolivie.  Si un ou plusieurs de ces gouvernements en permettent le déboisement, on fait quoi pour les empêcher? La seule solution serait envahir ces pays et renverser le gouvernement.  On parle ici d’une guerre mondiale. Des centaines de milliers de morts. Pour, bien sûr, se faire critiquer par la planète en entier. Rappelez-vous des manifestations monstres à travers la planète pour protester contre l’intervention des USA pour arrêter Saddam et Laden.

Quant aux enfants qui meurent de faim en Afrique, certains d’entre vous êtes trop jeunes pour vous en rappeler, mais le concert Live Aid, le regroupement USA for Africa, et toutes les chansons à la We are the World, qui ont rapporté des centaines de millions pour enrayer la faim dans ce coin de continent… Le gouvernement éthiopien a saisi l’argent et s’est payé une armée, ce qui n’a aidé ni le peuple ni ses voisins. En fait, les gens qui ont donné de l’argent ont juste contribué à l’augmentation de la répression et des morts.

Je n’invente rien, plusieurs sites en parlent, dont celui-là.

Oh, bien sûr, Bob Geldof n’y croit pas.  Normal, il est le fondateur de cette belle oeuvre de charité, alors il ne tient pas à ce que ça soit entaché, et il ne veut surtout pas que ça écoeure les gens de faire preuve de générosité envers son prochain.

N’empêche que, que ce soit vrai ou non, ça ne change rien au fait que les conditions de vies du peuple éthiopien ne se sont jamais améliorées durant les trois décennies et demie qui se sont écoulées depuis Live Aid.  Alors ils servent à quoi, nos dons pour sauver les gens qui ont faim?

D’ailleurs, puisque l’on parle de dons:  Ceux qui nous disent de donner pour de plus nobles causes… En font-ils, eux, des dons, pour ces mêmes causes? Je serais curieux de savoir s’ils prêchent par l’exemple, ou s’ils se contentent juste d’essayer de nous donner des leçons de morale. Une morale qu’ils ne sont même pas capables de suivre eux-mêmes.

Maintenant, si vous avez une solution, je veux bien l’écouter. Mais en attendant, les faits sont: Si je fais un don pour reconstruire la cathédrale, alors la cathédrale sera reconstruite. Mais si je donne pour les causes que vous proposez, dans le meilleur des cas ça ne changera rien, et dans le pire ça va juste empirer la situation.

Ceci dit, je ne possède pas la vérité absolue. Je me trompe? Alors dites-moi ce que je peux faire.  

Les beautés étrangères: Pourquoi tombe-t-on dans le panneau?

Comme probablement tout le monde, il m’arrive parfois de recevoir des demandes de contacts sur Facebook de la part d’une beauté étrangère qui semble s’intéresser à moi. J’ai beau être célibataire, j’ai de la difficulté à me faire à l’idée d’avoir une relation avec une femme qui habiterait à plus de 5 km de chez moi. Alors d’un autre continent, imaginez! Par conséquent, lorsque ça arrive, j’expédie ça aussi sec:

Comme vous voyez, quand je reçois une réponse négative à « On se connait », j’arrête la conversation là. Mais ces derniers temps, j’ai vu tellement de mes compatriotes féminines québécoises s’amuser à se foutre de la gueule de leurs prétendants étrangers, tout en faisant exprès de leur parler en québécois, que j’ai décidé de prendre exemple sur elles pour m’amuser un peu.

Le résultat: Cet amusant échange avec cette superbe jeune fille de 20 ans du Maroc. Il y aura un lexique entre chaque partie de la conversation, pour faciliter la compréhension à mes lecteurs-z’et-lectrices non-québécois.

Saint-Ciboire-du-bout-de-Christ: La majorité des villes et villages du Québec sont des noms de saints. Or, nos jurons sont aussi composés de mots d’église. Ce (faux) nom de patelin est donc un long juron.
Moose Jaw: Littéralement Mâchoire d’Élan / Mâchoire d’Orignal. Véritable ville canadienne, mais en Saskatchewan et non au Québec.
Où que tu sois, qui que tu sois, que la force soit avec toi: Référence à La Guerre des Étoiles, certes, mais c’est surtout la phrase d’introduction du quiz télévisé pour enfants, Les Satellipopettes, très populaire au Québec au début des années 80.

Mes bas: Mes chaussettes
Une brassée: Un paquet de linge qui vient d’être lavé
La sécheuse: Le sèche-linge.
Manger ses bas: Expression québécoise, l’équivalent de péter un câble.
Isabelle Huot: Populaire nutritionniste québécoise.
Beau Dommage: Populaire groupe musical québécois des années 70, toujours actif de nos jours.
La Complainte du Phoque en Alaska: Chanson de Beau Dommage, leur plus grand succès.

Chus pas regardant: « Je ne me soucie pas de ces détails. »
Icite: Ici.

Je me suis inspiré d’une amie qui avait eu un désopilant échange semblable, quoique plus long, avec un homme Tunisie. Conversation qui est vite devenue virale.

Hier, j’ai posté ma conversation avec ma marocaine sur mon Facebook. Et parmi les commentaires, j’ai reçu celui-ci, qui est la raison de l’existence de ce billet de blog: « Je ne comprends pas comment ces gens peuvent se croire crédibles. « 

Eh bien la réponse à ça est: Parce que, malheureusement, ça fonctionne trop souvent.

Il y a quelques années, j’étais membre d’un forum (apparemment sérieux) de rencontres. Après deux mois discussion, à ne recevoir que des demandes de contacts de femmes de mon groupe d’âge, pour la plupart assez abîmées par la vie, voilà que m’arrive cette jeune beauté ukrainienne qui me sert du « Je amour toi et please envoyer numéro Visa (la carte de crédit) pour mon visa (le passeport) que moi rejoigne tu, so we love & couchette », et ça venait avec une adresse courriel. (Bon, c’était un peu plus articulé que ça, mais c’était en 2012 et je n’en ai pas gardé copie.)

Premier réflexe: Googler l’adresse de courriel de mademoiselle. Je suis tombé sur plein de témoignages d’hommes de partout dans le monde qui se sont fait avoir de plusieurs centaines de milliers de dollars par ce barbu obèse russe.

Quand tu n’arrives même pas à plaire à une femme moyenne de ton propre pays, qu’est-ce qui te fais croire que tu as pu séduire, SANS EFFORTS, une déesse d’un autre continent? C’est pourtant évident, qu’il s’agit d’une arnaque. Alors pourquoi est-ce que ça fonctionne?

La triste réponse à cette question est: Parce que pour ces pauvres hommes seuls, cette fille, ce personnage devrais-je dire, leur vend du rêve. Elle leur donne un espoir comme quoi, malgré leurs 40-70 ans, ils peuvent encore plaire à une jeune beauté, donc qu’ils n’ont rien perdu de leurs attraits.

Quant à ceux qui n’ont jamais eu d’attraits pour commencer, le fait de se commander une beauté étrangère, ça rassure. Son subconscient comprend qu’il est la seule personne qu’elle connait ici, donc qu’il sera sa seule vie sociale si elle vient au pays. Pour les hommes qui ont une faible estime de soi, savoir que cette fille dépendra de lui pour survivre, et surtout que par conséquent il n’aura aucun rival, ça lui procure un sentiment de sécurité.

En conclusion: Le problème, ce n’est pas que ces « femmes » sont crédibles. C’est plutôt que beaucoup d’hommes ressentent le besoin qu’elles le soient. Parce que la réalité est trop difficile à accepter pour eux.

Est-ce que vous vous souvenez du Best Seller de la décennie dernière, Le Secret? La raison pourquoi ce livre a rendu multimillionnaire son auteur, c’est parce qu’il fonctionne sur ce même principe. Par exemple, lisez juste ce passage:

Eh oui! Ce livre (ou du moins cette Lisa Nichols) affirme que si vous recevez des factures d’électricité, de téléphone, de câble, d’internet, de loyer et de carte de crédit, ce n’est pas parce que vous avez l’électricité, le téléphone, le câble, l’internet, un loyer et une carte de crédit, mais bien parce que votre imagination fait surgir ces factures de nulle part. 

Pourquoi tant de gens ont cru à de telles inepties? Parce que beaucoup trop d’entre eux sont pris dans une vie décevante et sont impuissants à y changer quoi que ce soit. Pour ces gens-là, la pensée magique est leur seul refuge. Car d’un côté, ils ont une triste réalité qui est sans issue. Et de l’autre, il y a ce livre qui leur offre un espoir comme quoi les choses peuvent s’arranger. C’était juste ça, le secret derrière Le Secret.

Et c’est sur ce même principe, en donnant l’espoir qui fait rêver, que le piège grossier de la beauté étrangère arrive à attirer autant de gens qui vont aller s’y jeter délibérément.

Quant à moi, ça ne risque pas de m’arriver. Je suis parfaitement au courant que j’ai 50 ans et que je ne suis plus de première fraîcheur. Le jour où je vais me faire draguer par une matante ridée de Ste-Antoinette-du-Ouaouaron, je vais déjà trouver ça plus crédible qu’un top modèle marocain de 20 ans.

Les commentaires sensuels et/ou sexuels et/ou pervers.

Une fille vient de changer de photo de profil sur Facebook.  Elle est mince, dans la mi-vingtaine, et a les cheveux noirs attachés en deux queues de cheval de chaque côtés de la tête.  Sur sa photo, on la voit en chemise blanche à manches courtes.  La chemise, très serrée, est ouverte et contourne ses volumineux seins, qui sont eux-mêmes dans un soutien-gorge rouge ouvert en V, le tout bordé de dentelles.  Le visage légèrement penché par en avant, elle regarde directement la caméra par-dessus ses lunettes, tout en suçant un popsicle. 

 Les commentaires sous la photo se divisent en cinq catégories :

  • CATÉGORIE 1 : Ses ami-e-s qui lui disent des trucs anodins du style de « Jolie photo! »
  • CATÉGORIE 2 : Des hommes qui lui font des commentaires sensuels et/ou sexuels et/ou pervers.
  • CATÉGORIE 3 : La fille de la photo qui se plaint de recevoir des commentaires sensuels et/ou sexuels et/ou pervers.
  • CATÉGORIE 4 : Les gens qui lui disent que si elle ne veut pas recevoir des commentaires sensuels et/ou sexuels et/ou pervers, alors elle a juste à ne pas poster une telle photo.
  • CATÉGORIE 5 : Les gens qui répliquent que rien ne justifie de tels commentaires, et que c’est son droit de choisir son look sans devoir subir des commentaires déplacés.

 Il y a quelques jours, on a attiré mon attention sur cette photo et sur les commentaires, histoire de me demander mon avis.  Je me suis trouvé un peu désemparé.  C’est que je dois admettre que c’est un sujet sur lequel je refuse de me pencher depuis un bon dix ans.  Mais j’avais une bonne raison pour ça.  Et la voici:

Durant les quinze années où les forums étaient populaires (1998-2012) je me suis vite rendu compte que lorsque le sujet de discussion est sur le thème de la relation agresseur/victime, l’un des premiers commentaire amène la notion de la responsabilité.  Et ça, comme le veut le cliché, c’est la gazoline sur le feu, et personne ne sera à court de bidons (pleins) à y lancer.  Peu importe ton opinion, peu importe la logique de tes arguments, peu importe que tu responsabilises l’un, l’autre, les deux, aucun des deux, les circonstances, le hasard ou rien du tout, tu vas te faire massacrer par tous ceux qui ont une opinion différente de la tienne.  Car sur ce genre de sujet,  les gens ne vont pas attaquer tes arguments, ils vont t’attaquer TOI!  Et la confrontation va continuer comme ça pendant plusieurs jours, sans jamais que personne ne recule d’un pouce.  À la fin, lorsque les gens en auront marre de cette dispute qui ne mène nulle-part, le sujet mourra par lui-même.  Mais rendu là, le mal sera fait.  L’opinion des gens à ton sujet sera négative, et ce pour de bon.  Et au nombre de gens qui ont vu leurs vies se faire ruiner suite à quelque chose qu’ils avaient écrit en ligne, plus personne n’est assez idiot pour encore affirmer que « internet, c’est pas la vraie vie! »  Et c’est pour ça que je me tiens loin de ce genre de truc.

Mais aujourd’hui, je me rends compte que oui, je peux avoir une opinion là-dessus sans pour autant me faire scalper à coup de marteau.  Et c’est parce que je vais m’adresser aux hommes de la catégorie 2, ceux qui lui font des commentaires sensuels et/ou sexuels et/ou pervers.  Et je m’adresserai à eux, non pas pour leur taper dessus, non pas pour leur faire la leçon, mais pour leur donner quelques trucs à retenir, afin qu’ils puissent se protéger des désagréments décrits dans le paragraphe précédent.  Ça va comme suit :

Truc à retenir 1. Est-ce que la fille t’a envoyé cette photo à toi, personnellement, tout seul, en privé?  Non? Alors ça veut dire que tout le côté sexy de cette image ne s’adressait pas à toi personnellement.  Par conséquent, elle ne veut rien savoir de l’effet qu’elle te fait.  Est-ce que tu veux te subir un incessant barrage d’insultes de toutes part pour lui avoir envoyé ce que tu croyais qu’elle voulait recevoir?

Truc à retenir 2. Depuis #MoiAussi #MeToo, c’est la mode de dénoncer tout comportement qui puisse être vu comme étant inapproprié de la part d’un homme envers une femme.  Ça inclut les commentaires sensuels et/ou sexuels et/ou pervers.  Dans cette optique, une photo de profil telle que décrite plus haut, ça sert aussi à repérer les gars qui font ce genre de commentaires.  Une fois qu’ils se sont fait prendre, ils se font dénoncer et crucifier publiquement.  Voulez-vous être victime de la mode? 

Truc à retenir 3. Parfois, une victime aura trop peur de son agresseur pour le confronter.  Alors pour se défouler, elle va provoquer des gens, jusque-là innocents, à faire ou dire un truc qui puisse sonner similaire à ce que disait/faisait son agresseur.  Ça lui donne une excuse pour se venger sur vous, sans avoir peur de subir de représailles.   Avez-vous envie de payer pour ce qu’un autre lui a fait?

Truc à retenir 4. Certaines personnes ont besoin d’exorciser quelques frustrations de jeunesse.  Alors elles, leur truc, c’est de provoquer les autres, pour ensuite les confronter, pour ensuite se faire passer mensongèrement comme pauvres victimes, afin de monter l’opinion des autres contre vous, afin de les manipuler à se battre à leur place contre vous, tandis qu’elles restent bien à l’abri, lâchement, derrière eux.  Et elles se donnent comme mission sacrée d’entacher votre réputation dans tous les aspects de votre vie : Cercle social pour vous faire abandonner, famille pour vous faire renier, conjointe pour vous faire jeter, travail pour vous faire renvoyer…  Vous ne trouvez pas que prendre le risque de ruiner votre vie pour avoir écrit un commentaire sous une photo, c’est un peu cher payer?

Truc à retenir 5. Ces temps-ci, la société considère que la chasse est ouverte contre les gars dans votre genre.  Vous agissez de façon qu’ils jugent réprimandables?  Ils vont vous le faire payer cher.  Vous dites des paroles qu’ils jugent réprimandables? Ils vont vous le faire payer cher.  Vous vous plaignez de ce fait? Ils vont vous le faire payer cher.  Vous vous rebellez contre ce fait? Ils vont vous le faire payer encore plus cher.  Sérieusement, là, c’est vous contre la planète.  Non seulement vous ne gagnerez jamais, vous allez juste vous enfoncer de plus en plus profond.  Et tout ça pourquoi, hm?  Pour envoyer un commentaire à une fille qui va vous mépriser de l’avoir écrit?  Est-ce que ça vaut tous ces emmerdements?

J’en vois déjà qui vont désapprouver les arguments que j’utilise ici, puisque nulle-part je ne suggère à ces homme d’avoir du respect envers les femmes.  C’est parce que si vous pensez ça, ça signifie qu’il y a deux petites choses que vous n’avez jamais comprises. 

  1. Dire aux hommes de respecter les femmes, ça ne sert à rien.  Les hommes respectueux le font déjà, alors dans leur cas c’est inutile.  Et les irrespectueux ne vont pas changer parce que vous le leur demandez, alors dans leur cas c’est également inutile. 
  2. Si un gars est irrespectueux, c’est qu’il est égoïste.  Et un égoïste, ça ne songe qu’à ses propres intérêts.  Aussi, mes cinq trucs à retenir leur montrent qu’il est à l’encontre leurs propres intérêts de leur manquer de respect. 

On demande souvent « Pourquoi est-ce que l’on dit aux filles de ne pas se faire agresser au lieu de dire aux gars de ne pas agresser? »  Eh bien voilà, c’est fait, je viens de dire à l’homme de ne pas agresser la femme, en lui donnant cinq raisons de s’en abstenir.  Alors peu importe la raison pourquoi il la respecte, l’important c’est qu’il la respecte.

 

9 sujets insignifiants qu’utilisent certaines personnes pour se sentir supérieures aux autres.

Il y a une coupl’ d’années, je vous ai offert une série de billets au sujet des conflictuodépendantsIl s’agit de ces gens pour qui l’estime de soi dépend fortement de leur capacité à rabaisser autrui plus bas qu’eux-mêmes.  Ce genre de personne est très facile à repérer car pour eux, tout est prétexte à se comparer à vous, en mieux.  Voici neuf situations particulièrement insignifiantes dans lesquelles ils ne peuvent se retenir de le faire.

1- Manger avec des baguettes.  Lorsque tu es en présence de cette personne dans un resto asiatique, (et crois moi qu’elle va t’y entraîner un jour, c’est inévitable), tu n’y échapperas pas.  Prendre une soupe avec une cuillère?  Des nouilles avec une fourchette? Des sushis avec tes doigts?  N’y pense même pas!  Tu vas t’attirer automatiquement ses remarques moqueuses à la « HEIIIIN? Tu ne sais pas utiliser des bagueeettes? »   Pour ce que ça change: Si tu les utilises, alors elle dira avec surprise, « HEIIIIN? Tu sais utiliser des bagueeettes? », avant de te donner un cours détaillé en quatorze points sur tout ce que tu fais d’incorrect dans ta manière de les tenir, les manipuler et les utiliser. 

C’est que cette personne n’a tellement rien en elle qui puisse la distinguer des autres, qu’elle se rabat sur sa maîtrise des baguettes pour se sentir supérieure.  En démontrant que toi aussi tu sais les utiliser, tu lui enlèves ce qui fait d’elle une personne spéciale.  Et ça, c’est pour elle très difficile à avaler.

Ceci dit, on parle ici d’un adulte qui ressent le besoin de crier sur tous les toits qu’il est capable d’utiliser une technique que maîtrise n’importe quel enfant asiatique âgé de quatre ans.  Bravo, champion!

2- Manger épicé.  Il y a des gens comme ça qui semblent croire sincèrement que manger épicé est un exploit.  Alors à chaque fois qu’ils vont au resto en groupe, c’est inévitable, ils commandent toujours le plat le plus épicé.  Puis, histoire de prouver qu’ils ont fait ce choix dans le but de rabaisser les autres et non par simple goût personnel, ils se moquent aussitôt de celui qui, à table, a commandé des mets non-épicés. 

Parce que oui, pour cette personne, même quelque chose d’aussi basique que se nourrir, c’est une opportunité de se mettre en compétition avec les autres.  Mais sérieusement, faut-il avoir un complexe d’infériorité en béton pour considérer que  transformer ses repas en expérience désagréable, c’est une raison pour se sentir supérieur aux autres?  

3- Ne pas utiliser Google.  Il y a quelques temps, sur un forum de BD européenne, j’ai décidé d’expliquer un gag de la série Achille Talon, dans lequel la chute était une citation latine.  J’ai cherché une version française de la citation sur Google, et j’en ai posté le résultat sur le forum.  Les commentaires que j’ai reçu n’ont eu aucun rapport avec Achille Talon, ni avec la citation.  C’était des conseils pour éviter d’utiliser Google. 

Parce que oui, Google étant très populaire, c’est automatiquement le mal incarné.  Et  honte à ceux qui l’utilisent car, puisque c’est justement l’engin de recherche le plus connu, ça démontre que tu ne connais pas grand chose, contrairement à eux qui connaissent des solutions alternatives.  

Mais voilà, pourquoi apporter une solution alternative quand la première solution fonctionne déjà très bien?  Il y en a qui vont apporter l’argument comme quoi il faut éviter Google car il fait des publicités ciblées à ses usagers en se basant sur leurs habitudes du net.  Bah ouais, et alors?  Vous croyez qu’au lieu de voir une pub qui pourrait m’être utile,  je vais préférer avoir une pub de Tampax?

4- Ne pas utiliser Facebook. On en a tous connu au moins un comme ça, qui prétend que Facebook ne sert qu’à faire perdre du temps au gens, les empêchant de faire ce qui est vraiment important dans le quotidien.  Mais voilà, il est trop intelligent pour tomber dans ce genre de piège, lui.  FUCK FACEBOOK!

Dites, vous en connaissez beaucoup, vous autres, des gens qui négligent leurs vies pour excès de Facebook?  Moi non plus.  Ce qui en revient à dire qu’en déclarant ceci, il nous affirme que c’est lui qui, contrairement à la majorité, n’a pas la volonté de se contrôler face à Facebook.  Et il trouve le moyen de tordre ça de manière à s’en vanter.  Tsk! Tsk!

Il y en a une autre comme ça qui, en 2007, décida de se démarquer du reste de l’humanité de cette façon.  La comédienne Jessica Barker décida de ne pas s’inscrire sur Facebook, qui venait d’atteindre 50 millions d’abonnés Elle prétendait que Facebook n’était qu’une mode passagère.

Mais voilà, ne pas aimer Facebook ne lui suffisait pas.  Elle décida de haïr Facebook.  Et pour pouvoir bien rentrer de force sa haine dans la gorge de tous les passants, elle décida d’imprimer, arborer et vendre des T-shirts « Fuck Facebook ».  Et pour se faire de la pub, elle demanda à l’auteure Raphaële Germain et aux comédiens Guillaume Lemay-ThiviergeVincent Bolduc et Patricia Paquin de les porter fièrement avec elle pour une séance de photo…  

…sur laquelle les deux premiers ont plutôt l’air de porter un chandail qui dit « Fuckface ».  Assez amusant lorsque l’on sait que fuckface est synonyme de stupide, idiot, irritant, grande gueule, je-sais-tout.

Le mois dernier, Facebook comportait 2.07 milliard d’usagers actifs.  Nombre qui n’inclut toujours pas Jessica qui continue d’affirmer que Facebook n’est qu’une mode passagère qui disparaîtra de la surface de la terre d’ici quelques années.

Si, histoire d’expliquer la non-utilisation de Google et Facebook, on te propose des arguments sérieux, dénonçant leurs failles niveau modèle économique, vie privée, monopole, NSA, etc, là, d’accord.  Mais lorsque le seul argument que l’autre puisse te donner est de te regarder comme si tu étais un attardé en disant  « Bah là, parce que c’est Facebook/Google. C’est suffisant comme raison. », c’est non seulement méprisant, c’est idiot.

5- Ne connaitre que la Pop Culture d’il y a 20-30-40 ans.  Ces gens, en général âgés entre 35 et 55 ans, considèrent comme étant une hérésie le fait que des moins de 25 ans ne peuvent comprendre des références vieilles de plus de deux décennies. La BD qui suit en montre un excellent exemple.



Source: Le webcomic The non-adventures of Wonderella.

Avez-vous déjà remarqué que ceux qui ne jurent que par la pop-culture de leurs années de jeunesse sont tous, sans exception, totalement incapable de nommer les équivalents actuels de ces mêmes sujets?  Ça vit dans le passé pour compenser le fait qu’ils sont incapable d’évoluer pour vivre avec leur temps, et ça se permet de vous rabaisser parce que vous ne pouvez pas connaitre les détails d’une époque dans laquelle vous n’étiez pas encore nés. 

6- Être utilisateurs de produits Apple.  Cette personne ne cesse de répéter à quel point Mac vaut 100 000 fois mieux que PC.  Elle ne manque pas de faire des commentaires rabaissants, et surtout non-sollicités, à tous les utilisateurs de PC autour d’elle, et elle en profite pour mettre en doute leur intelligence.  Elle est ce qu’on appelle une iSnob.

J’ai été amené à travailler en informatique pour de nombreux clients importants.  Aussi, il m’est arrivé à trois reprises de poser la question suivante à ce genre de personne.

« Si Apple est supérieur, pourquoi est-ce que BMO (Banque de Montréal), le Mouvement Desjardins, Air Canada, le système de paie des employés de la Ville de Montréal, les Bibliothèques et Archives Nationales du Québec, etc, utilisent tous PC au lieu de Mac? »  

Dans les trois cas, la réponse fut une variante de :

« Parce que c’est une bande de caves! »  

Voilà des arguments qui mettent bien en évidence l’intelligence supérieure qu’ils proclament posséder.

7- Les voyages.  Ils méprisent ceux qui ne voyagent pas car selon eux, les voyages, il n’y a que ça pour donner culture, maturité et intelligence.  Et si tu as voyagé aux USA, en République Dominicaine ou à Cuba, HORREUR!  À leurs yeux, c’est encore pire que de ne jamais avoir voyagé. 

C’est qu’ils se sont endettés pour aller au Japon et en Allemagne, eux!  Ils ont vu Istanbul et ont passé trois semaines dans un cachot de trois mètres carré avec 17 autres prisonniers à Copenhague, eux!  Et ils l’ont fait à pied, en sac-à-dos, car ils snobent particulièrement les voyages tout-inclus.  Ça leur a permis de voir le vrai visage du pays qu’ils ont visité, eux!  

Autrement dit, tandis que « tous ces cons de touristes en voyage organisés » visitent des endroits historiques, reçoivent de brèves leçons d’histoire, mangent bien, sont logés et sont en sécurité, tout ça à prix modique, eux vivent en vagabonds, sans abris, à la merci des éléments et des gens mal intentionnés, en ne voyant de ces pays rien de plus que ce que l’on retrouve ici en se promenant dehors: Des quartier pauvres, des routes et de la végétation. Pour le même prix qu’un tout-inclusif, sinon plus.  Et ils s’en vantent.

8- Ton téléphone mobile.  Sur ce sujet en particulier, rien à faire pour s’en tirer.  Quoi que tu fasses ou non, tu ne peux échapper à son mépris.  La preuve:

  • Tu as le modèle sorti il y a 18 mois?  « OMG! Attardé!  Arrive au 21e siècle! »
  • Tu as le modèle sorti il y a 3 jours? « OMG! Mouton! Tu achèterais n’importe quoi, pourvu que ce soit nouveau. »
  • Tu as un Sam Koogers?  « OMG! Mais c’est tellement de la merde comparé à mon iBelléotron. »
  • Ton forfait te coûte [X]?  « OMG! J’ai trois fois le double de tes services et apps pour le quart du prix que tu payes. »
  • Tu te crois à l’abri car tu n’as pas de téléphone mobile? « OMG! Attardé!  Arrive au 21e siècle! »

9- Ce qui n’est pas du vrai / de la vraie [insérer sujet quelconque].  Si cette personne vous demande ce que vous planifiez manger ce soir, et que vous avez bien envie de vous taper un sachet ou deux de ceci…
… alors n’allez surtout pas lui répondre « Des nouilles ramen au poulet ».  Ça a beau être des nouilles, ça a beau être écrit « Ramen » sur le sachet, et ça a beau être à goût de poulet, C’EST PAS ÇA, DES VRAIS RAMEN!  Cette personne vous fera alors la leçon comme quoi quand elle mange du Ramen, alors c’est du VRAI Ramen, composé de nouilles Udon, de miso, de dashi, d’huile de sésame et de chili, de coeur de pousses de bambou de Kobe, d’oignons du printemps, de gingembre, de feuilles de Nori et d’émincé de poulet ou de foie de panda égorgé sur place avec une lame d’acier composite San-Maï, le tout préparé par un vrai chef japonais ayant reçu son diplôme culinaire des mains de l’empereur régnant de l’ère Kyōwa.  Toute dérogation ne mérite pas de porter le nom de Ramen.  Et ceci, à ses yeux, cimente définitivement votre statut de péquenaud inculte pour avoir déjà cru autre chose. 

Ce genre de comportement ne s’arrête pas à la nourriture.   Par exemple, si vous aimez le whisky canadien (Rye), elle vous fera la leçon comme quoi le vrai whisky est écossais (Scotch).  Ah, et que la musique que vous appréciez, ce n’est pas de la vraie musique, contrairement à ce qu’elle écoute.   Et que le Maxwell House que vous osez appeler café n’est pas du vrai café, contrairement à ce qu’elle boit.  Etc.

Il n’y a pas de mal à savoir manger avec des baguettes, aimer manger épicé, n’utiliser ni Google ni Facebook, apprécier la pop-culture rétro, voyager, avoir un bon forfait mobile, et préférer les « vraies » choses.  Mais lorsque l’on ressent le besoin d’utiliser ceci pour prendre les autres de haut, les rabaisser, s’affirmer supérieur à eux, alors là, ce n’est pas non plus de la vraie amitié.   Par conséquent, on n’a aucune vraie bonne raison de se soumettre aux jugements de ce genre de personne en la gardant dans notre entourage. 

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Pour en savoir plus sur ce genre de personnes, je vous invite à lire le billet suivant: 37 signes pour détecter d’avance une personne conflictuodépendante,  ou à consulter les billets de la série La Conflictuodépendance.

L’année 2015 à travers les photos de profil Facebook

Au début de l’année, nous étions Charlie.

Pendant l’été, il était politically correct de manifester notre support au droit du mariage gai en appliquant un filtre arc-en-ciel sur notre photo de profil.

En anticipation du film Peanuts en 3D, nous avons eut droit à un logiciel capable de nous transformer en avatar charliebrownesque.

Et suite aux attentats de Paris, nous avons montré notre support à la France.

Puis, en novembre, c’est le Movember, où on affiche notre support pour la recherche contre le cancer des valseuses.

Pour ensuite, à la sortie de l’épisode VII, nous afficher en tant que fans de Star Wars.

Et tout ceci sans oublier les mignons minions qui ont fait sentir leur présence durant toute l’année, aussi bien en illustrant des pensées du jour qu’en photos de profils.

Ça fait beaucoup d’images pour comprimer un an de modes passagères facebookiennes. Aussi, il me fait plaisir de vous offrir:
L’ULTIME PHOTO DE PROFIL DE FACEBOOK DE L’ANNÉE 2015:

Comment naît la culture du viol.

Désolé pour mes lecteurs d’outre-mer mais ce texte contient beaucoup de vocabulaire propre aux québécois.

Lorsque j’étais enfant, mon physique maigre et faible fit que j’étais victime de rejet ou d’intimidation de la part des autres garçons. À cause de ça, dès la maternelle, je me suis toujours senti beaucoup plus à l’aise en compagnie des filles. Avec elles, je n’étais ni en compétition ni méprisé. Ainsi, sans m’en rendre compte, à défaut de faire partie de la confrérie des p’tits gars, j’étais en bonne position pour les regarder agir. Et c’est comme ça que, me rends-je compte aujourd’hui, j’ai vu comment naissait chez les garçons l’attitude qui amène plus tard à la culture du viol.

Je ne sais pas si c’est encore le cas aujourd’hui, mais dans mon temps les filles et les garçons de 5 à 12 ans ne se mélangeaient pas. Ce n’était pas de la faute des filles. Elles n’avaient rien contre les gars. La preuve, c’est qu’elles m’acceptaient dans leur entourage. La source de cette ségrégation, c’était les autres garçons qui, par la même attitude macho qui les poussait à me rejeter, méprisaient également les filles pour leur délicatesse et leur faiblesse. Ils l’exprimaient souvent avec le slogan « ♫ Les filles, les guenilles! ♫ Les gars, les soldats! ♫ ».

Puis, arrive l’adolescence, l’âge où les hormones en éveil poussent les gars à s’intéresser aux filles sur quatre niveaux :

  • Sur le plan social, en désirant leur présence.
  • Sur le plan intellectuel, en désirant établir une communication.
  • Sur le plan émotif, en désirant une relation romantique.
  • Sur le plan sexuel, en désirant avoir des relations sexuelles.

Parmi les gars qui commencent à vivre cette attirance, il y a les nombreux qui ne décrochent pas de leur période petit macho méprisant misogyne de leur enfance. Cette habitude est en eux bien encrée et ils n’ont rien à foutre de développer avec elles une connexion sociale, intellectuelle ou émotionnelle. Si ce n’était de leurs désirs sexuel, ils continueraient certainement de les ignorer. Alors puisqu’il n’y a que le sexe qui les intéresse chez les filles, c’est comme ça qu’ils apprennent à les voir : Comme un produit sexuel qui n’existe que pour répondre à leurs attentes à ce sujet, rien de plus.

Et c’est comme ça que, aux yeux des gars qui entrent dans cette catégorie, la fille n’est rien d’autre qu’une vulve.  Par conséquent, tout ce qu’il a à dire à leur sujet tourne autour de ce thème : Quand il parle des filles et des femmes en général, il ne dit pas les filles ni les femmes. Non, il dit « Les plottes. » D’ailleurs, quand il parle de sa blonde, il dit « Ma plotte! » Il n’aime pas une femme en particulier? Alors c’est une salope et une pute, même si ce qu’il lui reproche n’a rien de sexuel. Elle n’est pas de bonne humeur? Alors elle est en SPM, autre truc relié à son vagin. Lorsqu’une femme revendique ses droits, ou bien qu’elle est patron qui dirige avec une main de fer, alors « C’t’une hostie de mal-baisée qui aurait besoin de se faire mettre. » Elle est féministe? Alors elle est frigide ou lesbienne. Toujours le sexe!

Pour ces gars-là, les femmes se classent en deux catégories : Celle qu’il rabaisse à un sexe qu’il voudrait baiser, ou celle qu’il rabaisse à un sexe qu’il ne voudrait PAS baiser.  Exemple: Maxime Roberge, un animateur de radio du Saguenay, n’aime pas l’artiste Coeur de Pirate.  Est-ce qu’il l’attaque sur sa voix, sa musique, ses gestes ou ses paroles?  Non: Il se contente de la traiter de plotte.

Apparemment, il ne faudrait pas s’en étonner.  Cet article de Cracked explique comment le sexe sous toutes ses formes est l’unique unité de mesure utilisée pour juger la femme dans notre société. Regardez les trois images qui suivent. La première est une photo de Sandra Fluke, à l’époque étudiante en droit à l’université de Georgetown, qui a osé demander au congrès américain d’inclure les contraceptifs dans la liste des médicaments gratuits et/ou remboursables. Voyez comment la caricature éditoriale qui suit la dépeint.

Elle est mince, attrayante, d’apparence soignée, et ses demandes sont raisonnables et pertinentes. Or, parce que c’est une femme, si on est en désaccord avec elle, il faut que ce soit d’abord et avant tout parce qu’elle ne remplit pas son rôle d’objet sexuel. On la transforme donc en grosse laide négligée. On donne ensuite un angle sexuel à ses revendications en la montrant en train d’écrire « Pour passer un bon moment, appelez-moi » sur la porte des toilettes des hommes, histoire d’en faire une salope, voire une pute, ce qui expliquerait pourquoi elle revendique la contraception gratuite. Et voilà, mission accomplie. Une femme n’est qu’un sexe, alors on l’attaque sur son sex-appeal et sa sexualité. Rien d’autre!

Vous allez me dire que puisqu’il s’agissait de contraception, le sujet était tout de même sexuel. Alors laissez-moi vous donner un autre exemple de comportement misogyne, cette fois dans un contexte totalement asexué: Un entrepôt de bouquins.

Il y a quelques jours, dans un groupe de Facebook consacré aux vieux objets de collections, une femme a décidé de faire profiter les gens de la chance qu’elle a d’avoir accès à un entrepôt privé où s’empilent des milliers de vieux livres. Après nous avoir montré quelques photos de l’endroit et de ce que l’on peut y trouver, elle nous a fait une offre : Si l’un des membres de ce groupe cherche une publication en particulier, il n’a qu’à lui écrire, lui envoyer la liste de ce qu’il cherche, et elle verra si elle peut le lui trouver. Aussitôt, un membre masculin est venu et a échangé avec elle la malaisante conversation qui suit :




  • Il veut savoir où se situe l’endroit.
  • Devant son refus de lui dire, il argumente.
  • Il ne respecte pas les limites qu’elle a clairement établi.
  • Il cherche à mettre en doute l’honnêteté de ses intentions. 
  • Il lui demande encore et encore de justifier son refus.
  • Il dit qu’elle a un comportement d’agace. 
  • Et après qu’elle lui ait demandé d’arrêter, après lui avoir exprimé vouloir mettre fin à la conversation, il continue d’insister, ce qui est du harcèlement.  
  • Il lui fait comprendre que s’il insiste, c’est elle qui l’a cherché, c’est de sa faute à elle, elle n’avait qu’à lui donner ce qu’il veut.
  • Et pour finir, il lui fait clairement comprendre que si elle avait été en face de lui plutôt que sur internet, il aurait obtenu d’elle ce qu’il veut.  En cinq minutes.

Si vous êtes une fille ou une femme, ce comportement doit certainement vous rappeler de très mauvaises expériences. Car en effet, quand un homme veut s’inviter chez une femme dans le but d’avoir du sexe, il agit exactement de cette manière. Ce n’est pas le cas ici puisqu’il ne s’agissait que d’un entrepôt et de livres.  N’empêche, c’est le même comportement, la même attitude, les mêmes paroles. 

Mais bon, ça ne devrait pas nous surprendre, de la part d’un gars qui fait la leçon publiquement aux féministes, en leur disant que si une fille se fait harceler de regards insistants sur sa poitrine, c’est qu’elle l’a bien cherché, de la façon dont elle s’habille.

Il y a fort à parier que s’il était confronté au sujet de ce commentaire, il aurait de la difficulté à comprendre pourquoi ce dernier est mal reçu puisque ce n’était pour lui qu’une remarque faite sous le ton de la blague. Car en effet, en général, ceux qui sont coupables d’un tel comportement vont toujours plaider l’innocence, parce qu’à leurs yeux ces paroles sont anodines.

Et n’allez surtout pas qualifier ces hommes de cons.  Vous ne feriez que renforcer cette tendance, puisque con est un autre mot désignant le sexe de la femme.  Le sexe de la femme, utilisé comme insulte.

Comme quoi la misogynie et la culture du viol sont beaucoup plus profondément enracinées dans nos mœurs, nos comportements et nos paroles qu’on pourrait le croire.

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Références:

  • La page Wikipedia de Sandra Fluke.
  • La page Wikipedia sur le Slut Shaming parle justement de l’affaire Sandra Fluke: « Le 29 février 2012, Sandra Fluke qui réclamait alors le remboursement de la contraception par les assurances-santé, avait été traitée de « salope » et comparée à une « prostituée » par Rush Limbaugh lors de son émission. »
  • Il y a même une page Wikipedia au sujet de la controverse Rush Limbaugh / Sandra Fluke.
  • Voir aussi Culture du viol.

 

Abandonner: Lâcheté ou sagesse?

Depuis quelques jours, il se ballade sur Facebook une image dangereuse qui s’intitule:

POURQUOI LES GENS ABANDONNENT-ILS?


Pourquoi est-ce que je dis que c’est une image dangereuse?  Parce qu’elle colporte l’idée que tout abandon est un signe de lâcheté, de personnalité faible, et autres traits de caractères honteux.  Elle est dangereuse parce qu’elle fait stupidement croire que tout est à notre portée, pourvu que l’on s’acharne.

Or, s’acharner et refuser d’abandonner, il y a un terme légal pour ça lorsque ça s’applique aux relations: Harcèlement!  Si je n’avais pas passé mon enfance et mon adolescence à être endoctriné par l’école de pensée que colporte si bien cette image que les gens se partagent comme si c’était la sagesse pure, je n’aurais pas passé tout l’été de mes 21 ans à Surveiller Nathalie.

Et il n’y a pas que dans nos relations avec les autres que l’acharnement puisse être une perte de temps.  Ça peut l’être dans un projet qui est hors de notre portée, un travail sans opportunité d’avancement, le fait que nous sommes bloqués par un hasard, une chose ou une personne qui nous fait obstacle.  Hélas, à partir du moment où l’on écoute ceux qui disent que l’abandon est toujours une décision lâche et honteuse, on oublie alors de voir les faits et d’écouter notre gros bon sens.  Aussi, il est évident qu’il manque un pictogramme important à cette image.  Celui-ci :

Voilà vingt ans que ma vie est régie par trois principes: Courage, persévérance et sagesse.

  • Courage d’entreprendre un projet.
  • Persévérance pour atteindre ce but.
  • Sagesse de savoir faire la différence entre un objectif réalisable et une cause perdue.

Il serait temps que les gens se rendent compte que l’école de pensée qui dit qu’il ne faut jamais abandonner est rétrograde, dépassée, et n’a de toute façon jamais été vraie.  Il y a une raison pourquoi, depuis sa sortie en 2013, Let it go est devenue la chanson de Disney la plus populaire de tous les temps.  C’est que parfois, aussi bien dans nos relations que dans tous les autres aspects de notre vie, lâcher prise est la meilleure décision que l’on puisse prendre afin d’avancer.

L’inutilité de laisser sa chance à une conflictuodépendante

Sérieusement, si vous avez une personne conflictuodépendante dans votre vie, éloignez vous-en au plus vite.  Ne croyez pas que vous êtes à l’abri de ses attaques.  Tôt ou tard, elle vous prendra pour cible.  Vous y laisserez votre amour-propre, votre respect de soi, et fort probablement votre vie sociale.  Depuis Geneviève la coloc de l’enfer, j’ai stupidement cru qu’une telle personne ne pouvait nous affecter que si on avait commis l’erreur de s’être mis en couple avec.  J’ai hélas appris à la dure que même une relation d’amitié pouvait nous exposer aux conséquences désagréables de ceux qui ont une telle personnalité.

D’actualité? Depuis quand est-ce que les gens se limitent à ne se déguiser qu’en ce qui est actuel? Dracula est-il actuel? Un clown est-il actuel? Pourtant il y a toujours plein de gens déguisés en Dracula et en clown à chaque année. Je ne vois pas la pertinence de son commentaire.

Pourtant, d’habitude, Maryse utilise des arguments logiques. En fait, les seuls moments où elle dit n’importe quoi publiquement sur le mur de Facebook de quelqu’un, c’est lorsque son besoin de se prouver supérieure à autrui est si grand qu’elle se fout de la logique de ses arguments, pourvu que ça puisse l’amener à descendre son interlocuteur. C’est ce qu’elle avait fait avec son neveu, si vous vous rappelez.

Est-ce qu’elle aurait décidé ce jour-là de me prendre pour cible dans ce but?  J’espère sincèrement que non.

Vous qui lisez ceci en ce moment, Je pense ne pas me tromper en affirmant que si quelqu’un vous dit « Visage de cadavre à la Tim Burton », à moins que vous proveniez d’une culture très différente de la mienne, les deux premières images qui vont vous venir en tête seront Monsieur Jack de L’Étrange Noël de Monsieur Jack et la mariée cadavérique du film du même nom au Québec, connu en Europe sous Les Noces Funèbres.

Euh… Une fille comme elle, grande fan de tout ce qui est Tim Burton, prétendre ne pas comprendre ce que je veux dire? C’est impossible! Je ne veux pas sauter aux conclusions mais je pense qu’elle cherche vraiment à m’humilier publiquement. C’est la seule raison logique pourquoi elle ferait semblant de ne pas comprendre. Je vais essayer de lui dire un truc démontrant qu’il m’est impossible de répondre à sa question. Avec un peu de chance, ça finira sur cette impasse et on pourra passer à autre chose.

Oh shit! Elle veut comprendre MA définition de Tim Burton. Voilà une phrase qui ressemble beaucoup trop à « Je cherche à t’amener à me donner une opportunité de démontrer publiquement que tu dis n’importe quoi. »  C’est le genre de piège grossier que les gens réservent pour ceux qu’ils méprisent.

Et elle insiste. 😦 Très bien alors!  Une seule façon de connaître ses intentions véritables : Étirer la sauce en faisant semblant moi aussi de ne pas comprendre. Si elle s’explique clairement, alors je me trompe sur son compte et c’est tant mieux. Mais si j’ai raison, alors elle va insister pour rester vague jusqu’à ce que je lui donne ce qu’elle veut de moi, c’est à dire une excuse pour me descendre publiquement. Passons-lui le test : Je vais lui demander pourquoi elle me pose cette question.

Bon! Ça ne peut pas être plus clair. Si ses intentions étaient de me rendre service en me renseignant, elle le ferait. Mais là, de son propre aveu, elle cherche à me faire passer un test, pour ensuite me juger sur ma réponse. Et puisqu’elle garde le silence sur ce qu’elle considère être la bonne réponse, ça signifie qu’elle attend de savoir ce que je vais dire pour être sûre de pouvoir trouver à contredire. D’un côté je veux éviter la confrontation. Mais d’un autre, je ne veux pas non plus accepter passivement de me faire humilier publiquement, surtout par quelqu’un qui se prétend mon amie.

Si je garde le silence, elle va revenir me harceler pour celui-ci. Si je lui réponds que je vois clair dans son jeu, elle va me traiter de susceptible. Et quoi que je réponde, elle aura une réplique qui aura comme but de démontrer que je suis dans l’erreur. Ce n’est pas de la parano, je l’ai vu faire ça tellement souvent par le passé avec d’autres. C’est la raison pour laquelle ça fait plus d’un an que je me suis désabonné de son fil de nouvelles et que je ne commente plus rien de ce qu’elle écrit. J’en avais marre de la voir sans cesse provoquer la dispute avec tout le monde, incluant d’autres membres de sa propre famille.

Je suppose que je n’ai pas le choix. Histoire de ne pas avoir à lui donner « MA définition de Tim Burton », je vais aller chercher patiemment les images requises sur les albums photos de l’année dernière de mes amies FB qui arboraient de tels maquillages, et en faire un montage.

Alors c’est ça, son argument? Que le seul moment où on a le droit d’utiliser « face de cadavre à la Tim Burton » pour décrire un maquillage, c’est lorsque la personne investit un nombre incalculable de temps et d’argent dans un cosplay? Mais à part les fanatiques qui se transforment ainsi lors de conventions, qui donc, parmi le commun des mortels avec un horaire chargé, un travail, de l’école, des enfants, et surtout qui n’a pas toujours le physique approprié pour être le sosie parfait d’un personnage fictif, va vouloir/pouvoir y consacrer le temps que ça prendrait?  Et tout ça pourquoi, pour accompagner ses enfants pendant deux heures pendant leur tournée de bonbons, ou pour passer quatre heures maximum dans un party entre amis?  Personne ne s’investirait à ce point pour si peu.

Je pourrais lui faire part de cet argument, mais à quoi bon!?  Elle a eu de moi ce qu’elle voulait.  Elle s’est prouvé ce qu’elle avait à se prouver.  Elle est satisfaite.  Il ne me reste plus qu’à y mettre de la bonne volonté et de conclure avec grâce.

Et voilà, c’est terminé. Nous pouvons maintenant passer à autre cho-

Elle insiste!

Ok, là, je craque!  Cette manifestation supplémentaire de son mépris dépasse les bornes.

Pour mes lecteurs qui ne sont pas calés en culture américaine, ceci est le logo de The More You Know, une série éducative destinée aux enfants.  Voilà donc une superbement condescendante claque sur ma gueule de sa part malgré tous les efforts que j’ai mis pour l’éviter.  J’ai essayé de détourner le sujet! J’ai été patient! J’ai été raisonnable! J’ai collaboré! Je me suis plié de bonne grâce! Mais là, il y a des limites à se faire chier dessus.

Et voilà! C’était inévitable. Bon ben maintenant qu’elle a officiellement établi que je ne sais pas de quoi je parle, que j’ai l’âge mental d’un enfant et que je suis un susceptible, est-ce qu’il me reste encore quelque chose à perdre?


Ok, wow! Ou bien j’accepte ses insultes, ou bien je suis misogyne. Je sais qu’il y a des gens qui ont une haute estime de leurs propres opinions. Et moi le premier. Par contre, qu’une fille se croit tellement dans son droit de rabaisser un autre qu’elle considère que la seule raison pourquoi il se défend, c’est parce qu’il a des préjugés contre le sexe opposé? Je n’avais encore jamais vu ça.

Euh… En fait, je me trompe. J’ai déjà vécu ça avant, de la part de Geneviève la coloc de l’enfer. Je suis renversé de voir que deux personnes qui ne se sont jamais rencontrées ont pu, à quinze ans d’intervalle, me servir la même réplique sans pertinence.  À personnalités semblables, arguments sophistes semblables, faut croire. (C’est cet élément qui m’amènera à me pencher sur les raisons de ce comportement, ce qui m’amènera une semaine plus tard à découvrir le phénomène que je baptiserai conflictuodépendance.)

Et encore un argument accusateur à base de n’importe quoi. Elle sait parfaitement que tout ce qui est envoyé via Facebook reste archivé par Facebook. Je n’ai donc pas d’obsession à tout garder, contrairement à ce qu’elle prétend.  En tout cas, on reconnait bien là l’hypocrisie propre aux trolls: Faire tout pour frustrer autrui, pour ensuite le blâmer d’être frustré.

Mon premier réflexe en lisant ceci fut de vouloir lui demander pourquoi, lorsqu’elle attaque autrui, personne ne lui dit rien. Mais dès que l’une de ses victimes ose exposer son comportement désagréable, alors là, scandale! Puis je me suis ravisé. C’est que j’ai réalisé qu’avec ce commentaire qu’il m’a écrit, Dérek m’offrait l’opportunité de décrire le problème tel qu’il est :

« Et le combat cessa, faute de combattants. » (Pierre Corneille, Le Cid, Acte IV, Scène 3, Rodrigue.)  Je n’ai cependant pas pu résister à l’envie de conclure comme il se doit, en lui rendant son…:

J’avais à peine posté ce dernier commentaire qu’un message apparut dans ma boite, de la part d’une amie commune.  Je me serais attendu à des réprimandes.  Mais non:

S’en suivirent deux autres messages en provenance d’autres amis communs:

Cette dernière phrase me fait réfléchir.  Je me demande en quoi est-ce que ce serait une bonne chose qu’elle me pardonne?  Elle provoque le conflit, elle est condescendante, elle cherche toujours à descendre tout le monde. Il y a un an et demi, j’ai tenté d’en discuter avec elle en privé, sans succès. Elle ne peut donc pas se cacher derrière l’excuse comme quoi elle ignorait que ce comportement de sa part me déplait. Pourtant, elle vient de récidiver.  En quoi est-ce que quelqu’un qui agit de la sorte puisse être digne du titre d’ami?  C’est cette question qui m’a décidé, deux jours plus tard, à faire cette petite (?) modification à mon dernier commentaire:


Deux mois s’écoulent.  Ma conjointe décide de profiter de ses semaines de congé de l’université pour planifier la pendaison de crémaillère de notre condo à l’Ile-des-Soeurs.  On se choisit une date entre Noël et le jour de l’an, histoire de ne pas entrer en conflit d’horaire avec ceux qui fêtent en famille.  Je me charge de créer l’événement sur Facebook.  Notre dispute étant déjà de l’histoire ancienne dans ma tête, je cherche Maryse dans ma liste d’amis pour l’inviter.

… Pour réaliser qu’elle n’y est plus.  Elle m’a enlevé de ses contacts.

J’en parle à ma conjointe, et nous arrivons à la conclusion que nous voilà dans un vilain dilemme.  Si nous invitons tous nos amis communs incluant son Jules, il est évident qu’elle va le prendre furieusement personnel.  Quant à nos amis, à qui elle s’est tous plaint de notre dispute, ça va les mettre dans la très inconfortable position de devoir choisir entre accepter notre invitation à un party où elle ne sera pas, ou s’en abstenir pour ne pas la choquer.  Ce n’est pas ce que nous souhaitons leur faire.  Il a donc fallu se résigner à n’inviter que la poignée d’amis non-communs que nous avions.  Ce qui devait être une fête de vingt à trente personnes est devenu un simple souper à cinq.   Sa conflictuodépendance avait gâché notre soirée en particulier, et notre vie sociale en général.  Elle s’en lavera les mains, disant que c’était de notre responsabilité de se faire de nouveaux amis durant les deux mois dans lesquels nous ignorions qu’elle m’avait banni.

Les dix étapes de la conflictuodépendance.  Encore une fois, tout comme les autres personnes dont il a été question jusqu’ici dans cette série de billets, elle les a, elle aussi, toutes franchies:

ÉTAPE 1: Cherche la querelle à une personne calme et sans histoire.
Je ne fais qu’écrire un statut anodin sans rapport à elle.

ÉTAPE 2: Le motif utilisé pour démarrer les hostilités est tellement anodin qu’il en est insignifiant.
La définition de ce que devrait être « visage de cadavre à la Tim Burton ».

ÉTAPE 3: Devant le refus de l’autre à entrer dans le conflit, insiste.
Mon refus de m’y prêter et son insistance sont ici très clairs.

ÉTAPE 4: Envoie des accusations farfelues en prétendant connaître les motivations cachées de l’autre.
Selon elle, si je n’aime pas me faire humilier publiquement, c’est parce que je suis un misogyne.

ÉTAPE 5, et celui-ci est non seulement le plus illogique de tous, c’est à partir de ce point que l’on voit qu’il s’agit de conflictuodépendance et non d’une simple querelle banale: Accuse mensongèrement l’autre de quelque chose dont il est lui-même coupable et/ou honteux.
Elle dit que j’attaque les autres dans le but de me donner une impression de supériorité, alors que c’est elle seule qui venait de passer une heure et douze minutes sur mon statut à ne faire que ça.

ÉTAPE 6: … et ainsi, consciemment ou non, manipule l’autre à l’attaquer sur ce point faible et/ou honteux.
Ce que je fis, deux fois: D’abord en exposant la fois où elle avait eu un comportement semblable avec son neveu.  Et ensuite dans la révision de mon dernier commentaire.

ÉTAPE 7: Se victimise en se plaignant comme quoi l’autre l’a l’attaqué sur ce point faible et/ou honteux.
Elle se présente en victime de ma susceptibilité, de ma frustration, de ma misogynie, du fait que je garde tout en archives pour faire des hosties de comeback…  Car en effet, puisqu’elle ne peut nier l’évidence publique de ses comportements désagréables, alors elle se plaint que je les expose.

ÉTAPE 8: Fuit le conflit qu’il/elle a lui/elle-même créé.
« Ok, ça suffit, j’me casse! »

ÉTAPE 9: Cherche à rallier leur entourage commun contre l’autre.
Encore une fois, quelques uns de nos amis communs nous ont en effet rapportés des plaintes qu’elle  leur faisait à mon sujet.

ÉTAPE 10: Cherche à rendre l’autre coupable de s’être défendu, et (s’il le peut) le punit pour l’avoir fait.
Les problèmes que ça cause au niveau de notre vie sociale, comme le démontre le gâchis de notre soirée planifiée.

Je conclus donc en vous rappelant de vous tenir aussi loin que possible de ces gens.  Parce qu’une fois que cette personne sentira qu’elle s’est incrustée assez dans votre vie pour vous laisser le choix entre accepter ses insultes ou bien ruiner votre réputation et votre vie sociale, elle le fera.  C’était vrai avec Geneviève la Coloc de l’Enfer il y a seize ans, et c’était encore vrai avec Maryse l’an dernier. 

Il n’y a pas que la charité bien ordonnée qui commence par soi-même. Le respect aussi.  Vous vous devez bien ça.

La Conflictuodépendance: Le réflexe compensatoire

Comme j’en ai déjà parlé dans le billet Les Raisons de la Colère, la fonction de base du cerveau est de produire l’instinct de survie. Ce n’est pas exclusif à l’être humain. Tous les animaux l’ont: Le lion qui court après la gazelle afin de manger.  La gazelle qui fuit pour ne pas l’être.  Le chaton naissant qui, malgré un cerveau totalement vierge d’expérience de vie, sait qu’il lui faut trouver la mamelle et téter   Chez l’être humain moderne, la civilisation s’occupe déjà de nous fournir tout ce dont on a besoin pour la survie de base, et ce dès la naissance : Nourriture, chaleur, logis. Ainsi, une personne peut passer sa vie entière sans que son instinct de survie ne soit sollicité. Or, sollicité ou non, cet instinct fait partie de nous. Et puisque nous n’en avons pas besoin pour survivre au niveau physique, il se manifeste alors au niveau psychologique.

Tout le monde connait le principe de la survie du plus fort. À notre époque, la survie a été remplacée par un autre concept: Le succès.  C’est sur cette base que l’on jauge la force ou la faiblesse de l’individu.  La preuve, c’est que depuis les trente dernières années, il n’est pire tare sociale que d’être étiqueté comme étant un perdant, un loser.  Pour cette raison, ce qualificatif est devenu l’insulte de choix pour rabaisser les autres.  C’est ainsi que la peur du loserisme porte certaines personnes à vivre sous la crainte des conséquences de leurs propres faiblesses.  C’est ce que l’on appelle le sentiment d’infériorité. Et puisque c’est pour eux un sentiment trop difficile à assumer, leur instinct de survie se manifeste sous une forme que j’ai nommé le réflexe compensatoire.  C’est quelque chose que le psychothérapeute Alfred Adler, père de la psychologie individuelle, avait déjà découvert.  Mais lui, il l’a tout simplement appelée la compensation.

Les hommes de cinéma Arnold Schwarzenegger et Woody Allen sont deux excellents exemples de ce phénomène. Arnold, était un adolescent chétif.  Il a compensé en devenant, à une époque, l’homme au physique le mieux développé de l’univers.  Woody y est allé autrement.  Petit, moche, maigre, faible, n’ayant rien pour séduire selon les standards de beauté, il a passé sa vie à compenser de trois façons.  La première, en se mettant en scène dans des comédies où ses carences physiques l’amènent à vivre toutes sortes de déboires qui ont pour but de lui gagner la sympathie du public, donc d’être aimé malgré son apparence.  La seconde, en se mettant en scène dans des films où il finit au lit avec une ou plusieurs belles jeunes filles.  Et dans les deux cas, il ne manque pas de passer le message comme quoi il est un excellent baiseur, ce qui est le réflexe compensatoire classique de l’homme complexé.  La troisième façon, c’est dans la vraie vie, en ayant des relations avec le genre de femmes que l’homme moyen considèrerait hors d’atteinte, comme les actrices Diane Keaton et Mia Farrow.  Dans cette optique, son ultime tour de force compensatoire fut de séduire, à 56 ans, une jeunette de 19,  Soon-Yi Previn, qui est aujourd’hui son épouse.

Le réflexe compensatoire pour une basse estime de soi est également à la base de la personnalité conflictuodépendante.

D’abord, petit rappel. Une personne conflictuodépendante manifeste cette personnalité lorsqu’elle passe à travers les dix étapes suivantes:

  • ÉTAPE 1: Cherche la querelle à une personne calme et sans histoire.
  • ÉTAPE 2: Le motif utilisé pour démarrer les hostilités est tellement anodin qu’il en est insignifiant.
  • ÉTAPE 3: Devant le refus de l’autre à entrer dans le conflit, insiste.
  • ÉTAPE 4: Envoie des accusations farfelues en prétendant connaître les motivations cachées de l’autre.
  • ÉTAPE 5: Accuse mensongèrement l’autre de quelque chose dont il est lui-même coupable et/ou honteux.
  • ÉTAPE 6: Manipule l’autre à l’attaquer sur ce point faible et/ou honteux.
  • ÉTAPE 7: Se victimise en se plaignant comme quoi l’autre l’a l’attaqué sur ce point faible et/ou honteux.
  • ÉTAPE 8: Fuit le conflit qu’il a lui-même créé.
  • ÉTAPE 9: Cherche à rallier leur entourage commun contre l’autre.
  • ÉTAPE 10: Cherche à rendre l’autre coupable de s’être défendu, et (s’il le peut) le punit pour l’avoir fait.

Et pourquoi cette personne entre-t-elle dans l’étape 1 pour commencer?  C’est le sujet de ce billet.

Lorsque l’on souffre d’un complexe d’infériorité, notre réflexe compensatoire consiste à convaincre les autres, à commencer par se convaincre soi-même, que l’on est au contraire leur supérieur.  Tout dépendant de la façon dont on s’y prend pour atteindre ce but, on peut être classés dans l’un de ces trois différents types:

  1. Le complexé de type 1:  Il reconnait qu’il est inférieur.  Il accepte le fait qu’il doit mettre de l’effort pour devenir supérieur.  Il y travaille sérieusement. Il réussit.  Exemple: Arnold Schwarzenegger qui a passé d’adolescent chétif à Monsieur Univers.
  2. Le complexé de type 2: Il reconnait son infériorité mais refuse de la laisser l’arrêter. Il veut avoir les mêmes avantages que ceux qui lui sont supérieurs, mais sans y mettre les mêmes efforts.  Il trouve donc des moyens détournés pour y arriver. Exemple: Woody Allen qui a obtenu pouvoir de séduction, non par son physique mais via notoriété cinématographique.
  3. Le complexé de type 3: Refuse d’accepter son complexe d’infériorité, ou bien ne possède pas la force morale pour être capable de reconnaitre en avoir un.  Compense en se prétendant supérieur.  A besoin de se le prouver pour se rassurer.  Tente sans cesse de descendre les autres plus bas que lui, histoire d’être leur supérieur par défaut.  Exemple: Les conflictuodépendants.

Pour le complexé de type 3, le sentiment de supériorité est un réflexe de survie.  Voilà pourquoi son bien-être moral et mental dépend du conflit car il n’y a que ça qui puisse lui donner l’opportunité de se prouver supérieur sur une autre personne.  Dans l’ouvrage Relation of threatened egotism to violence and aggression: the dark side of high self-esteem, les auteurs décrivent la chose en ces termes (que je traduis): L’individu qui souffre de mauvaise estime de soi va avoir le réflexe de vouloir démarrer des conflits dans des situations où il croit pouvoir triompher.   Un peu plus loin, on explique le choix de sa cible en ces mots: S’en prendre à une cible puissante demanderait une grande confiance en soi.  Mais lorsque la cible est faible, les chances de succès lui semblent meilleures.  […]  Ainsi, c’est celle-ci qu’il ira attaquer.  Non pas parce que la faible estime de soi cause la violence, mais bien parce qu’elle les pousse à se chercher le genre de victime qui lui semble peu portée à se défendre.

Facebook étant le terrain de choix dans lequel les conflictuodépendants se manifestent, c’est de là que viennent les exemples qui vont suivre.  Bien que ceux-ci soient fictifs, incluant les noms et photos, ils se basent sur des faits bien réels. Voici donc l’exemple d’une complexée de type 3 qui applique ici les étapes 1 (initie le conflit avec une personne calme sans histoires) et 2 (sur un sujet anodin) :

Son statut d’adulte et son titre et de matante lui donne naturellement un sentiment  d’autorité sur le jeune homme.  Et le statut de neveu de ce dernier l’oblige à garder envers elle un certain respect.  Pour toutes ces raisons, il est donc pour elle, tel que cité plus haut, le genre de victime qui lui semble peu portée à se défendre. Voilà pourquoi elle l’a instinctivement choisi.

Il aurait pu s’agir d’une simple boutade entre membres d’une même famille, une plaisanterie entre gens proches.  Alors qu’est-ce qui  permet d’affirmer que c’est plutôt un cas de conflictuodépendante qui rabaisse les autres pour se sentir supérieure afin de compenser pour un sentiment de basse estime de soi?  Simple: Le fait qu’elle en a pris une capture d’écran afin de montrer fièrement la chose à ses amis.

Agir ainsi, c’est chercher l’approbation des autres.  C’est désirer recevoir la confirmation comme quoi elle a raison. Bref, c’est avoir besoin d’être rassurée comme quoi elle est dans son droit de se croire supérieure.  Malheureusement, lorsque notre complexe d’infériorité nous pousse à sauter sur chaque opportunité de prouver le contraire, on ne prend pas toujours la peine de vérifier la pertinence de nos arguments.  La preuve, c’est que l’argument de Maryse repose sur deux points qui ne tiennent pas la route, le premier étant erroné et le second illogique. D’abord, Bouddah ne parle pas du tout de simplicité volontaire, mais bien d’accepter le fait que certaines choses ne nous sont pas destinées.  Par exemple, l’amour d’une personne qui nous intéresse sans que ce soit réciproque.  Et ensuite, où est la pertinence de lui faire la leçon en comparant une chose qui ne lui serait pas destinée avec un iPhone qu’il possède?

J’ai songé à lui pointer ces deux failles dans son raisonnement.  Mais sachant à quel point elle était susceptible, j’ai plutôt choisi de lui répondre un commentaire neutre, qui ne faisait rien d’autre que de décrire ce qu’elle venait de faire.

… Ce qui l’a quand même mise en colère.

Là encore, j’aurais pu lui pointer les deux erreurs qu’elle faisait à comparer ses commentaires à mes billets de blog.  Mes lecteurs savent le genre de textes qu’ils vont trouver ici, alors ils me visitent volontairement, en toute connaissance de cause.  Tandis qu’elle, elle va envahir le mur Facebook des autres pour leur rentrer ses opinions négatives de force dans la gorge en public.  Et lorsque j’expose des captures d’écran, je change le nom et les photos, chose qu’elle n’avait pas fait en distribuant sa capture d’écran originale.  Mais là encore j’ai préféré m’abstenir.  Parce que soyons francs, pour écrire ce qu’elle a répondu à mon commentaire qui était pourtant objectif, il faut être extrêmement susceptible. 

Et justement, Alfred Adler voit dans l’extrême susceptibilité le signe révélateur d’un sentiment d’infériorité, en ce qu’elle surgit chaque fois que la personne a le vague sentiment qu’on a mis le doigt sur le défaut de sa cuirasse On ne peut pas nier que c’est exactement ce qui s’est passé ici. Cette théorie se retrouve également dans l’ouvrage The dark side of high self-esteem: Ces gens deviennent agressifs lorsqu’ils reçoivent des commentaires qui vont à l’encontre de l’image favorable qu’ils ont d’eux-mêmes.  Bref, ils deviennent frustrés dès que l’on insinue qu’ils ne sont peut-être pas aussi supérieurs qu’ils le prétendent

Ce comportement est également décrit ici en ces termes:  La peur de se trouver en état d’infériorité vis-à-vis d’autrui s’est ainsi enracinée dans le cœur des hommes et a créé le sentiment de l’amour-propre (autre nom de l’orgueil). Une offense à l’amour-propre se traduit quelquefois par la pâleur, le plus souvent par la rougeur émotive (honte dans le cas d’acceptation de l’infériorité, colère dans le cas de révolte).  […] Conserver la face vis-à-vis de l’opinion publique est donc le fondement de l’amour-propre et, par conséquent, le fondement de la morale.

Ce qui en revient à ce que je disais dans mon billet Les Raisons de la Colère: Celui que l’on empêche d’agir selon son instinct de survie réagit avec violence.  Puisque c’est son instinct de survie morale qui l’a poussé à tenter de démontrer publiquement son neveu inférieur à elle, la contrarier sur ce point ou même refuser de prendre son parti par désir de rester neutre, ce fut instinctivement pris comme étant une menace pour sa survie. D’où réaction de colère.

La personnalité narcissique n’est pas toujours source de conflits.  Beaucoup de gens ont une haute estime d’eux-mêmes sans pour autant ressentir le besoin de rabaisser les autres.  Alors pourquoi certains narcisses sont-ils incapables de vivre en harmonie avec les autres, ce qui les rends conflictuodépendants? L’une des raisons est bien expliquée au point #5 de cet article de Cracked: Lorsqu’il s’agit de succès et d’estime de soi, les gens ont la fâcheuse tendance à prendre le problème à l’envers:  Au lieu de reconnaitre que c’est le succès qui apporte l’estime, la fierté et la confiance, on nous bourre le crane dès notre enfance que nous devons d’abord ressentir de l’estime de soi, de la fierté et de la confiance en nos capacités, et que c’est ça qui va nous apporter le succès.  Tu grandis donc avec l’idée erronée que même sans avoir accompli quoi que ce soit, tu vaux autant que ceux qui ont accompli quelque chose. Hélas, ça a eu comme conséquence fâcheuse de t’apporter instinctivement le sentiment que tu veux mieux que ceux qui ont été obligés de travailler fort pour atteindre la même valeur que toi. 

Et voilà comment nous avons créé une superbe génération de douchebags auto-suffisants qui croient que tout leur est dû. Alors quand leur sentiment de supériorité se bute au fait qu’ils n’ont rien pouvant le justifier, c’est là que se manifeste leur réflexe compensatoire.

Tant qu’ils s’agit de complexés de type 1 et 2, ça va.  Mais si vous avez le malheur d’avoir un complexé du type 3 dans votre entourage, alors attendez-vous à une relation abusive.  Normal: Abuser des autres en les rabaissant sans cesse, c’est le propre des conflictuodépendants.

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Les liens internes cités dans ce texte:
Mes Prétentions de Sagesse: Les Raisons de la Colère.
Mes Prétentions de Sagesse: Autopsie du Loser.
Mes Prétentions de Sagesse: SÉRIE: La conflictuodépendance

Liens externes.  Parce que des fois, il est bon de démontrer que mes  théories sont confirmées par des recherches reconnues.
Wikipedia: Alfred Adler.
Wikipedia: La Psychologie Individuelle.
Psychologie.com: La psychologie adlérienne.
Psychologie.com: La compensation (avec l’exemple d’Arnold Schwarzenegger)
Relation of threatened egotism to violence and agression: The dark side of self-esteem  (PDF)
Encyclopédie anarchiste: L’infériorité
Cracked: 6 bullshit facts about psychology that everyone believes.
Santé Psy: Qu’est-ce que la compensation.
Psychoweb: Narcissisme et culte de la consommation.

Fuckfaces gonna hate

Je me moque souvent de Facebook, ou du moins du comportement cliché de certains de ses membres. Alors aujourd’hui pour contrebalancer je vais me moquer de ceux qui ont choisi délibérément de haïr Facebook, pour rien d’autre que la très pertinente raison que C’est populaire donc c’est d’la merde, gneu-heu!

Il était une fois une comédienne du nom de Jessica Barker.  En 2007, histoire d’essayer de se démarquer du reste de l’humanité, Jessica décida de ne pas s’inscrire sur Facebook, qui venait d’atteindre 50 millions d’abonnés. Jusque là, rien à redire. À chacun ses choix personnels.  Mais voilà, ne pas aimer Facebook ne lui suffisait pas.  Elle décida de haïr Facebook.  Et pour pouvoir bien rentrer de force sa haine dans la gorge de tous les passants, elle décida d’imprimer, arborer et vendre des T-shirts Fuck Facebook.  Un peu comme les homophobes américains qui, non satisfaits de vivre leurs vies d’hétéros, manifestent avec leurs pancartes GOD HATES FAGS.  Et pour se faire de la pub, elle demanda à l’auteure Raphaële Germain et aux comédiens Guillaume Lemay-Thivierge, Vincent Bolduc et Patricia Paquin de les porter fièrement avec elle pour un photoshoot. 

Quatre ans plus tard, en 2011.  Facebook a maintenant 500 millions d’abonnés.  Guillaume Lemay-Thivierge y a même sa page officielle.  Quant à Jessica, selon cet article signé Nathalie Petrowski, elle se tient toujours en marge du populaire réseau social et continue d’affirmer que Facebook n’est qu’une mode passagère qui disparaitra de la surface de la terre d’ici quelques années.

Quatre autre années plus tard, aujourd’hui, 2015.  Facebook compte 1,35 milliards d’abonnés.  Patricia Paquin y a elle aussi sa page officielle.  Et Guillaume Lemay-Thivierge, en plus de sa page officielle, y a maintenant sa page personnelle

Quant à Jessica Fuck Facebook Barker, devinez?

En conclusion, il est fascinant de voir comment une photo arrive parfois à capturer à la perfection la personnalité de ceux que l’on y retrouve, au moment où celle-ci a été prise.