L’année 2015 à travers les photos de profil Facebook

Au début de l’année, nous étions Charlie.

Pendant l’été, il était politically correct de manifester notre support au droit du mariage gai en appliquant un filtre arc-en-ciel sur notre photo de profil.

En anticipation du film Peanuts en 3D, nous avons eut droit à un logiciel capable de nous transformer en avatar charliebrownesque.

Et suite aux attentats de Paris, nous avons montré notre support à la France.

Puis, en novembre, c’est le Movember, où on affiche notre support pour la recherche contre le cancer des valseuses.

Pour ensuite, à la sortie de l’épisode VII, nous afficher en tant que fans de Star Wars.

Et tout ceci sans oublier les mignons minions qui ont fait sentir leur présence durant toute l’année, aussi bien en illustrant des pensées du jour qu’en photos de profils.

Ça fait beaucoup d’images pour comprimer un an de modes passagères facebookiennes. Aussi, il me fait plaisir de vous offrir:
L’ULTIME PHOTO DE PROFIL DE FACEBOOK DE L’ANNÉE 2015:

Comment nait la culture du viol.

Désolé pour mes lecteurs d’outre-mer mais ce texte contient beaucoup de vocabulaire propre aux québécois.

Lorsque j’étais enfant, mon physique maigre et faible fit que j’étais victime de rejet ou d’intimidation de la part des autres garçons. À cause de ça, dès la maternelle, je me suis toujours senti beaucoup plus à l’aise en compagnie des filles. Avec elles, je n’étais ni en compétition ni méprisé. Ainsi, sans m’en rendre compte, à défaut de faire partie de la confrérie des p’tits gars, j’étais en bonne position pour les regarder agir. Et c’est comme ça que, me rends-je compte aujourd’hui, j’ai vu comment naissait chez les garçons l’attitude qui amène plus tard à la culture du viol.

Je ne sais pas si c’est encore le cas aujourd’hui, mais dans mon temps les filles et les garçons de 5 à 12 ans ne se mélangeaient pas. Ce n’était pas de la faute des filles. Elles n’avaient rien contre les gars. La preuve, c’est qu’elles m’acceptaient dans leur entourage. La source de cette ségrégation, c’était les autres garçons qui, par la même attitude macho qui les poussait à me rejeter, méprisaient également les filles pour leur délicatesse et leur faiblesse. Ils l’exprimaient souvent avec le slogan « ♫ Les filles, les guenilles! ♫ Les gars, les soldats! ♫ ».

Puis, arrive l’adolescence, l’âge où les hormones en éveil poussent les gars à s’intéresser aux filles sur quatre niveaux :

  • Sur le plan social, en désirant leur présence.
  • Sur le plan intellectuel, en désirant établir une communication.
  • Sur le plan émotif, en désirant une relation romantique.
  • Sur le plan sexuel, en désirant avoir des relations sexuelles.

Parmi les gars qui commencent à vivre cette attirance, il y a les nombreux qui ne décrochent pas de leur période petit macho méprisant misogyne de leur enfance. Cette habitude est en eux bien encrée et ils n’ont rien à foutre de développer avec elles une connexion sociale, intellectuelle ou émotionnelle. Si ce n’était de leurs désirs sexuel, ils continueraient certainement de les ignorer. Alors puisqu’il n’y a que le sexe qui les intéresse chez les filles, c’est comme ça qu’ils apprennent à les voir : Comme un produit sexuel qui n’existe que pour répondre à leurs attentes à ce sujet, rien de plus.

Et c’est comme ça qu’aux yeux de ces gars, la fille n’est rien d’autre qu’une vulve.  Par conséquent, tout ce qu’il a à dire au sujet des filles ne tourne qu’autour de ça : Quand il parle des filles et des femmes en général, il ne dit pas les filles et les femmes. Non, il dit « Les plottes. » D’ailleurs, quand il parle de sa blonde, il dit « Ma plotte! » Il n’aime pas une femme en particulier? Alors c’est une salope et une pute, même si ce qu’il lui reproche n’a rien de sexuel. Elle n’est pas de bonne humeur? Alors elle est en SPM, autre truc relié à son vagin. Lorsqu’une femme revendique ses droits, ou bien qu’elle est patron qui dirige avec une main de fer, alors « C’t’une hostie de mal-baisée qui aurait besoin de se faire mettre. » Elle est féministe? Alors elle est frigide ou lesbienne. Toujours le sexe!

Pour ces gars-là, les femmes se classent en deux catégories : Celle qu’il rabaisse à un sexe qu’il voudrait baiser, ou celle qu’il rabaisse à un sexe qu’il ne voudrait PAS baiser.  Exemple: Maxime Roberge, un animateur de radio du Saguenay, n’aime pas l’artiste Coeur de Pirate.  Est-ce qu’il l’attaque sur sa voix, sa musique, ses gestes ou ses paroles?  Non: Il se contente de la traiter de plotte.

Apparemment, il ne faudrait pas s’en étonner.  Cet article de Cracked explique comment le sexe sous toutes ses formes est l’unique unité de mesure utilisée pour juger la femme dans notre société. Regardez les trois images qui suivent. La première est une photo de Sandra Fluke, étudiante en droit à l’université de Georgetown, qui a osé demander au congrès américain d’inclure les contraceptifs dans la liste des médicaments gratuits et/ou remboursables. Voyez comment la caricature éditoriale qui suit la dépeint.

Elle est mince, attrayante, d’apparence soignée, et ses demandes sont raisonnables et pertinentes. Or, parce que c’est une femme, si on est en désaccord avec elle, il faut que ce soit d’abord et avant tout parce qu’elle ne remplit pas son rôle d’objet sexuel. On la transforme donc en grosse laide négligée. On donne ensuite un angle sexuel à ses revendications en la montrant en train d’écrire « Pour passer un bon moment, appelez-moi » sur la porte des toilettes des hommes, histoire d’en faire une salope, voire une pute.  Ce qui expliquerait pourquoi elle revendique la contraception gratuite. Et voilà, mission accomplie. Une femme n’est qu’un sexe, alors on l’attaque sur son sex-appeal et sa sexualité. Rien d’autre!

Vous allez me dire que puisqu’il s’agissait de contraception, le sujet était tout de même sexuel. Alors laissez-moi vous donner un autre exemple de comportement misogyne, cette fois dans un contexte totalement asexué: Un entrepôt de bouquins.

Il y a quelques jours, dans un groupe de Facebook consacré aux vieux objets de collections, une femme a décidé de partager la chance qu’elle a d’avoir accès à un entrepôt où s’empilent des milliers de vieux livres. Après nous avoir montré quelques photos de l’endroit et de ce que l’on peut y trouver, elle nous a fait une offre : Si l’un des membres de ce groupe cherche une publication en particulier, il n’a qu’à lui écrire la liste de ce qu’il cherche, et elle verra si elle peut le lui trouver. Aussitôt, un membre masculin est venu et a échangé avec elle la malaisante conversation qui suit :




  • Il veut savoir où se situe l’endroit.
  • Il argumente.
  • Il ne respecte pas ses limites.
  • Il cherche à mettre en doute l’honnêteté de ses intentions. 
  • Il lui demande encore et encore de justifier son refus.
  • Il dit qu’elle a un comportement d’agace. 
  • Et après qu’elle lui ait demandé d’arrêter, après lui avoir exprimé vouloir mettre fin à la conversation, il continue d’insister, ce qui est du harcèlement.  
  • Et pour terminer, il lui fait comprendre que c’est de sa faute à elle s’il insiste.

Si vous êtes une fille ou une femme, ce comportement doit certainement vous rappeler de mauvaises expériences. Car en effet, quand un homme veut s’inviter chez une femme dans le but d’avoir du sexe, il agit exactement de cette manière. Ce n’est pas le cas ici puisqu’il ne s’agissait que d’un entrepôt et de livres.  N’empêche, même comportement, mêmes paroles. 

Mais bon, ça ne devrait pas nous surprendre, de la part d’un gars qui fait la leçon publiquement aux féministes, en leur disant que si une fille se fait harceler de regards insistants sur sa poitrine, c’est qu’elle l’a bien cherché, de la façon dont elle s’habille.

Il y a fort à parier que s’il était confronté au sujet de ce commentaire, il aurait de la difficulté à comprendre pourquoi ce dernier est mal reçu puisque ce n’était pour lui qu’une remarque faite sous le ton de la blague. Car en effet, en général, ceux qui sont coupables d’un tel comportement vont toujours plaider l’innocence, parce qu’à leurs yeux ces paroles sont anodines.

N’allez pas qualifier ces hommes de cons.  Vous ne feriez que renforcer cette tendance, puisque con est un autre mot désignant le sexe de la femme. Comme quoi la misogynie et la culture du viol sont beaucoup plus profondément enracinées dans nos mœurs, nos comportements et nos paroles qu’on pourrait le croire.

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Références:
La page Wikipedia sur le Slut Shaming parle justement de l’affaire Sandra Fluke: « Le 29 février 2012, Sandra Fluke qui réclamait alors le remboursement de la contraception par les assurances-santé, avait été traitée de « salope » et comparée à une « prostituée » par Rush Limbaugh lors de son émission. »
Voir aussi Culture du viol.

Abandonner: Lâcheté ou sagesse?

Depuis quelques jours, il se ballade sur Facebook une image dangereuse qui s’intitule:

POURQUOI LES GENS ABANDONNENT-ILS?


Pourquoi est-ce que je dis que c’est une image dangereuse?  Parce qu’elle colporte l’idée que tout abandon est un signe de lâcheté, de personnalité faible, et autres traits de caractères honteux.  Elle est dangereuse parce qu’elle fait stupidement croire que tout est à notre portée, pourvu que l’on s’acharne.

Or, s’acharner et refuser d’abandonner, il y a un terme légal pour ça lorsque ça s’applique aux relations: Harcèlement!  Si je n’avais pas passé mon enfance et mon adolescence à être endoctriné par l’école de pensée que colporte si bien cette image que les gens se partagent comme si c’était la sagesse pure, je n’aurais pas passé tout l’été de mes 21 ans à Surveiller Nathalie.

Et il n’y a pas que dans nos relations avec les autres que l’acharnement puisse être une perte de temps.  Ça peut l’être dans un projet qui est hors de notre portée, un travail sans opportunité d’avancement, le fait que nous sommes bloqués par un hasard, une chose ou une personne qui nous fait obstacle.  Hélas, à partir du moment où l’on écoute ceux qui disent que l’abandon est toujours une décision lâche et honteuse, on oublie alors de voir les faits et d’écouter notre gros bon sens.  Aussi, il est évident qu’il manque un pictogramme important à cette image.  Celui-ci :

Voilà vingt ans que ma vie est régie par trois principes: Courage, persévérance et sagesse.

  • Courage d’entreprendre un projet.
  • Persévérance pour atteindre ce but.
  • Sagesse de savoir faire la différence entre un objectif réalisable et une cause perdue.

Il serait temps que les gens se rendent compte que l’école de pensée qui dit qu’il ne faut jamais abandonner est rétrograde, dépassée, et n’a de toute façon jamais été vraie.  Il y a une raison pourquoi, depuis sa sortie en 2013, Let it go est devenue la chanson de Disney la plus populaire de tous les temps.  C’est que parfois, aussi bien dans nos relations que dans tous les autres aspects de notre vie, lâcher prise est la meilleure décision que l’on puisse prendre afin d’avancer.

L’inutilité de laisser sa chance à une conflictuodépendante

Sérieusement, si vous avez une personne conflictuodépendante dans votre vie, éloignez vous-en au plus vite.  Ne croyez pas que vous êtes à l’abri de ses attaques.  Tôt ou tard, elle vous prendra pour cible.  Vous y laisserez votre amour-propre, votre respect de soi, et fort probablement votre vie sociale.  Depuis Geneviève la coloc de l’enfer, j’ai stupidement cru qu’une telle personne ne pouvait nous affecter que si on avait commis l’erreur de s’être mis en couple avec.  J’ai hélas appris à la dure que même une relation d’amitié pouvait nous exposer aux conséquences désagréables de ceux qui ont une telle personnalité.

D’actualité? Depuis quand est-ce que les gens se limitent à ne se déguiser qu’en ce qui est actuel? Dracula est-il actuel? Un clown est-il actuel? Pourtant il y a toujours plein de gens déguisés en Dracula et en clown à chaque année. Je ne vois pas la pertinence de son commentaire.

Pourtant, d’habitude, Maryse utilise des arguments logiques. En fait, les seuls moments où elle dit n’importe quoi publiquement sur le mur de Facebook de quelqu’un, c’est lorsque son besoin de se prouver supérieure à autrui est si grand qu’elle se fout de la logique de ses arguments, pourvu que ça puisse l’amener à descendre son interlocuteur. C’est ce qu’elle avait fait avec son neveu, si vous vous rappelez.

Est-ce qu’elle aurait décidé ce jour-là de me prendre pour cible dans ce but?  J’espère sincèrement que non.

Vous qui lisez ceci en ce moment, Je pense ne pas me tromper en affirmant que si quelqu’un vous dit « Visage de cadavre à la Tim Burton », à moins que vous proveniez d’une culture très différente de la mienne, les deux premières images qui vont vous venir en tête seront Monsieur Jack de L’Étrange Noël de Monsieur Jack et la mariée cadavérique du film du même nom au Québec, connu en Europe sous Les Noces Funèbres.

Euh… Une fille comme elle, grande fan de tout ce qui est Tim Burton, prétendre ne pas comprendre ce que je veux dire? C’est impossible! Je ne veux pas sauter aux conclusions mais je pense qu’elle cherche vraiment à m’humilier publiquement. C’est la seule raison logique pourquoi elle ferait semblant de ne pas comprendre. Je vais essayer de lui dire un truc démontrant qu’il m’est impossible de répondre à sa question. Avec un peu de chance, ça finira sur cette impasse et on pourra passer à autre chose.

Oh shit! Elle veut comprendre MA définition de Tim Burton. Voilà une phrase qui ressemble beaucoup trop à « Je cherche à t’amener à me donner une opportunité de démontrer publiquement que tu dis n’importe quoi. »  C’est le genre de piège grossier que les gens réservent pour ceux qu’ils méprisent.

Et elle insiste. 😦 Très bien alors!  Une seule façon de connaître ses intentions véritables : Étirer la sauce en faisant semblant moi aussi de ne pas comprendre. Si elle s’explique clairement, alors je me trompe sur son compte et c’est tant mieux. Mais si j’ai raison, alors elle va insister pour rester vague jusqu’à ce que je lui donne ce qu’elle veut de moi, c’est à dire une excuse pour me descendre publiquement. Passons-lui le test : Je vais lui demander pourquoi elle me pose cette question.

Bon! Ça ne peut pas être plus clair. Si ses intentions étaient de me rendre service en me renseignant, elle le ferait. Mais là, de son propre aveu, elle cherche à me faire passer un test, pour ensuite me juger sur ma réponse. Et puisqu’elle garde le silence sur ce qu’elle considère être la bonne réponse, ça signifie qu’elle attend de savoir ce que je vais dire pour être sûre de pouvoir trouver à contredire. D’un côté je veux éviter la confrontation. Mais d’un autre, je ne veux pas non plus accepter passivement de me faire humilier publiquement, surtout par quelqu’un qui se prétend mon amie.

Si je garde le silence, elle va revenir me harceler pour celui-ci. Si je lui réponds que je vois clair dans son jeu, elle va me traiter de susceptible. Et quoi que je réponde, elle aura une réplique qui aura comme but de démontrer que je suis dans l’erreur. Ce n’est pas de la parano, je l’ai vu faire ça tellement souvent par le passé avec d’autres. C’est la raison pour laquelle ça fait plus d’un an que je me suis désabonné de son fil de nouvelles et que je ne commente plus rien de ce qu’elle écrit. J’en avais marre de la voir sans cesse provoquer la dispute avec tout le monde, incluant d’autres membres de sa propre famille.

Je suppose que je n’ai pas le choix. Histoire de ne pas avoir à lui donner « MA définition de Tim Burton », je vais aller chercher patiemment les images requises sur les albums photos de l’année dernière de mes amies FB qui arboraient de tels maquillages, et en faire un montage.

Alors c’est ça, son argument? Que le seul moment où on a le droit d’utiliser « face de cadavre à la Tim Burton » pour décrire un maquillage, c’est lorsque la personne investit un nombre incalculable de temps et d’argent dans un cosplay? Mais à part les fanatiques qui se transforment ainsi lors de conventions, qui donc, parmi le commun des mortels avec un horaire chargé, un travail, de l’école, des enfants, et surtout qui n’a pas toujours le physique approprié pour être le sosie parfait d’un personnage fictif, va vouloir/pouvoir y consacrer le temps que ça prendrait?  Et tout ça pourquoi, pour accompagner ses enfants pendant deux heures pendant leur tournée de bonbons, ou pour passer quatre heures maximum dans un party entre amis?  Personne ne s’investirait à ce point pour si peu.

Et puis d’abord, l’image qu’elle vient de m’envoyer, c’est Sally, une poupée de chiffon, du film L’Étrange Noël de Monsieur Jack.  En quoi est-ce que ça décrit une face de cadavre à la Tim Burton.  Même pas capable d’amener un argument en rapport avec le sujet, et ça se permet de donner des leçons aux autres.

Je pourrais lui faire part des deux point précédents, mais à quoi bon!?  Elle a eu de moi ce qu’elle voulait.  Elle s’est prouvé ce qu’elle avait à se prouver.  Elle est satisfaite.  Il ne me reste plus qu’à y mettre de la bonne volonté et de conclure avec grâce.

Et voilà, c’est terminé. Nous pouvons maintenant passer à autre cho-

Elle insiste!

Ok, là, je craque!  Cette manifestation supplémentaire de son mépris dépasse les bornes.

Pour mes lecteurs qui ne sont pas calés en culture américaine, ceci est le logo de The More You Know, une série éducative destinée aux enfants.  Voilà donc une superbement condescendante claque sur ma gueule de sa part malgré tous les efforts que j’ai mis pour l’éviter.  J’ai essayé de détourner le sujet! J’ai été patient! J’ai été raisonnable! J’ai collaboré! Je me suis plié de bonne grâce! Mais là, il y a des limites à se faire chier dessus.

Et voilà! C’était inévitable. Bon ben maintenant qu’elle a officiellement établi que je ne sais pas de quoi je parle, que j’ai l’âge mental d’un enfant et que je suis un susceptible, est-ce qu’il me reste encore quelque chose à perdre?


Ok, wow! Ou bien j’accepte ses insultes, ou bien je suis misogyne. Je sais qu’il y a des gens qui ont une haute estime de leurs propres opinions. Et moi le premier. Par contre, qu’une fille se croit tellement dans son droit de rabaisser un autre qu’elle considère que la seule raison pourquoi il se défend, c’est parce qu’il a des préjugés contre le sexe opposé? Je n’avais encore jamais vu ça.

Euh… En fait, je me trompe. J’ai déjà vécu ça avant, de la part de Geneviève la coloc de l’enfer. Je suis renversé de voir que deux personnes qui ne se sont jamais rencontrées ont pu, à quinze ans d’intervalle, me servir la même réplique sans pertinence.  À personnalités semblables, arguments sophistes semblables, faut croire. (C’est cet élément qui m’amènera à me pencher sur les raisons de ce comportement, ce qui m’amènera une semaine plus tard à découvrir le phénomène que je baptiserai conflictuodépendance.)

Et encore un argument accusateur à base de n’importe quoi. Elle sait parfaitement que tout ce qui est envoyé via Facebook reste archivé par Facebook. Je n’ai donc pas d’obsession à tout garder, contrairement à ce qu’elle prétend.  En tout cas, on reconnait bien là l’hypocrisie propre aux trolls: Faire tout pour frustrer autrui, pour ensuite le blâmer d’être frustré.

Mon premier réflexe en lisant ceci fut de vouloir lui demander pourquoi, lorsqu’elle attaque autrui, personne ne lui dit rien. Mais dès que l’une de ses victimes ose exposer son comportement désagréable, alors là, scandale! Puis je me suis ravisé. C’est que j’ai réalisé qu’avec ce commentaire qu’il m’a écrit, Dérek m’offrait l’opportunité de décrire le problème tel qu’il est :

« Et le combat cessa, faute de combattants. » (Pierre Corneille, Le Cid, Acte IV, Scène 3, Rodrigue.)  Je n’ai cependant pas pu résister à l’envie de conclure comme il se doit, en lui rendant son…:

J’avais à peine posté ce dernier commentaire qu’un message apparut dans ma boite, de la part d’une amie commune.  Je me serais attendu à des réprimandes.  Mais non:

S’en suivirent deux autres messages en provenance d’autres amis communs:

Cette dernière phrase me fait réfléchir.  Je me demande en quoi est-ce que ce serait une bonne chose qu’elle me pardonne?  Elle provoque le conflit, elle est condescendante, elle cherche toujours à descendre tout le monde. Il y a un an et demi, j’ai tenté d’en discuter avec elle en privé, sans succès. Elle ne peut donc pas se cacher derrière l’excuse comme quoi elle ignorait que ce comportement de sa part me déplait. Pourtant, elle vient de récidiver.  En quoi est-ce que quelqu’un qui agit de la sorte puisse être digne du titre d’ami?  C’est cette question qui m’a décidé, deux jours plus tard, à faire cette petite (?) modification à mon dernier commentaire:


Deux mois s’écoulent.  Ma conjointe décide de profiter de ses semaines de congé de l’université pour planifier la pendaison de crémaillère de notre condo à l’Ile-des-Soeurs.  On se choisit une date entre Noël et le jour de l’an, histoire de ne pas entrer en conflit d’horaire avec ceux qui fêtent en famille.  Je me charge de créer l’événement sur Facebook.  Notre dispute étant déjà de l’histoire ancienne dans ma tête, je cherche Maryse dans ma liste d’amis pour l’inviter.

… Pour réaliser qu’elle n’y est plus.  Elle m’a enlevé de ses contacts.

J’en parle à ma conjointe, et nous arrivons à la conclusion que nous voilà dans un vilain dilemme.  Si nous invitons tous nos amis communs incluant son Jules, il est évident qu’elle va le prendre furieusement personnel.  Quant à nos amis, à qui elle s’est tous plaint de notre dispute, ça va les mettre dans la très inconfortable position de devoir choisir entre accepter notre invitation à un party où elle ne sera pas, ou s’en abstenir pour ne pas la choquer.  Ce n’est pas ce que nous souhaitons leur faire.  Il a donc fallu se résigner à n’inviter que la poignée d’amis non-communs que nous avions.  Ce qui devait être une fête de vingt à trente personnes est devenu un simple souper à cinq.   Sa conflictuodépendance avait gâché notre soirée en particulier, et notre vie sociale en général.  Elle s’en lavera les mains, disant que c’était de notre responsabilité de se faire de nouveaux amis durant les deux mois dans lesquels nous ignorions qu’elle m’avait banni.

Les dix étapes de la conflictuodépendance.  Encore une fois, tout comme les autres personnes dont il a été question jusqu’ici dans cette série de billets, elle les a, elle aussi, toutes franchies:

ÉTAPE 1: Cherche la querelle à une personne calme et sans histoire.
Je ne fais qu’écrire un statut anodin sans rapport à elle.

ÉTAPE 2: Le motif utilisé pour démarrer les hostilités est tellement anodin qu’il en est insignifiant.
La définition de ce que devrait être « visage de cadavre à la Tim Burton ».

ÉTAPE 3: Devant le refus de l’autre à entrer dans le conflit, insiste.
Mon refus de m’y prêter et son insistance sont ici très clairs.

ÉTAPE 4: Envoie des accusations farfelues en prétendant connaître les motivations cachées de l’autre.
Selon elle, si je n’aime pas me faire humilier publiquement, c’est parce que je suis un misogyne.

ÉTAPE 5, et celui-ci est non seulement le plus illogique de tous, c’est à partir de ce point que l’on voit qu’il s’agit de conflictuodépendance et non d’une simple querelle banale: Accuse mensongèrement l’autre de quelque chose dont il est lui-même coupable et/ou honteux.
Elle dit que j’attaque les autres dans le but de me donner une impression de supériorité, alors que c’est elle seule qui venait de passer une heure et douze minutes sur mon statut à ne faire que ça.

ÉTAPE 6: … et ainsi, consciemment ou non, manipule l’autre à l’attaquer sur ce point faible et/ou honteux.
Ce que je fis, deux fois: D’abord en exposant la fois où elle avait eu un comportement semblable avec son neveu.  Et ensuite dans la révision de mon dernier commentaire.

ÉTAPE 7: Se victimise en se plaignant comme quoi l’autre l’a l’attaqué sur ce point faible et/ou honteux.
Elle se présente en victime de ma susceptibilité, de ma frustration, de ma misogynie, du fait que je garde tout en archives pour faire des hosties de comeback…  Car en effet, puisqu’elle ne peut nier l’évidence publique de ses comportements désagréables, alors elle se plaint que je les expose.

ÉTAPE 8: Fuit le conflit qu’il/elle a lui/elle-même créé.
« Ok, ça suffit, j’me casse! »

ÉTAPE 9: Cherche à rallier leur entourage commun contre l’autre.
Encore une fois, quelques uns de nos amis communs nous ont en effet rapportés des plaintes qu’elle  leur faisait à mon sujet.

ÉTAPE 10: Cherche à rendre l’autre coupable de s’être défendu, et (s’il le peut) le punit pour l’avoir fait.
Les problèmes que ça cause au niveau de notre vie sociale, comme le démontre le gâchis de notre soirée planifiée.

Je conclus donc en vous rappelant de vous tenir aussi loin que possible de ces gens.  Parce qu’une fois que cette personne sentira qu’elle s’est incrustée assez dans votre vie pour vous laisser le choix entre accepter ses insultes ou bien ruiner votre réputation et votre vie sociale, elle le fera.  C’était vrai avec Geneviève la Coloc de l’Enfer il y a seize ans, et c’était encore vrai avec Maryse l’an dernier. 

Il n’y a pas que la charité bien ordonnée qui commence par soi-même. Le respect aussi.  Vous vous devez bien ça.

La Conflictuodépendance: Le réflexe compensatoire

Comme j’en ai déjà parlé dans le billet Les Raisons de la Colère, la fonction de base du cerveau est de produire l’instinct de survie. Ce n’est pas exclusif à l’être humain. Tous les animaux l’ont: Le lion qui court après la gazelle afin de manger.  La gazelle qui fuit pour ne pas l’être.  Le chaton naissant qui, malgré un cerveau totalement vierge d’expérience de vie, sait qu’il lui faut trouver la mamelle et téter   Chez l’être humain moderne, la civilisation s’occupe déjà de nous fournir tout ce dont on a besoin pour la survie de base, et ce dès la naissance : Nourriture, chaleur, logis. Ainsi, une personne peut passer sa vie entière sans que son instinct de survie ne soit sollicité. Or, sollicité ou non, cet instinct fait partie de nous. Et puisque nous n’en avons pas besoin pour survivre au niveau physique, il se manifeste alors au niveau psychologique.

Tout le monde connait le principe de la survie du plus fort. À notre époque, la survie a été remplacée par un autre concept: Le succès.  C’est sur cette base que l’on jauge la force ou la faiblesse de l’individu.  La preuve, c’est que depuis les trente dernières années, il n’est pire tare sociale que d’être étiqueté comme étant un perdant, un loser.  Pour cette raison, ce qualificatif est devenu l’insulte de choix pour rabaisser les autres.  C’est ainsi que la peur du loserisme porte certaines personnes à vivre sous la crainte des conséquences de leurs propres faiblesses.  C’est ce que l’on appelle le sentiment d’infériorité. Et puisque c’est pour eux un sentiment trop difficile à assumer, leur instinct de survie se manifeste sous une forme que j’ai nommé le réflexe compensatoire.  C’est quelque chose que le psychothérapeute Alfred Adler, père de la psychologie individuelle, avait déjà découvert.  Mais lui, il l’a tout simplement appelée la compensation.

Les hommes de cinéma Arnold Schwarzenegger et Woody Allen sont deux excellents exemples de ce phénomène. Arnold, était un adolescent chétif.  Il a compensé en devenant, à une époque, l’homme au physique le mieux développé de l’univers.  Woody y est allé autrement.  Petit, moche, maigre, faible, n’ayant rien pour séduire selon les standards de beauté, il a passé sa vie à compenser de trois façons.  La première, en se mettant en scène dans des comédies où ses carences physiques l’amènent à vivre toutes sortes de déboires qui ont pour but de lui gagner la sympathie du public, donc d’être aimé malgré son apparence.  La seconde, en se mettant en scène dans des films où il finit au lit avec une ou plusieurs belles jeunes filles.  Et dans les deux cas, il ne manque pas de passer le message comme quoi il est un excellent baiseur, ce qui est le réflexe compensatoire classique de l’homme complexé.  La troisième façon, c’est dans la vraie vie, en ayant des relations avec le genre de femmes que l’homme moyen considèrerait hors d’atteinte, comme les actrices Diane Keaton et Mia Farrow.  Dans cette optique, son ultime tour de force compensatoire fut de séduire, à 56 ans, une jeunette de 19,  Soon-Yi Previn, qui est aujourd’hui son épouse.

Le réflexe compensatoire pour une basse estime de soi est également à la base de la personnalité conflictuodépendante.

D’abord, petit rappel. Une personne conflictuodépendante manifeste cette personnalité lorsqu’elle passe à travers les dix étapes suivantes:

  • ÉTAPE 1: Cherche la querelle à une personne calme et sans histoire.
  • ÉTAPE 2: Le motif utilisé pour démarrer les hostilités est tellement anodin qu’il en est insignifiant.
  • ÉTAPE 3: Devant le refus de l’autre à entrer dans le conflit, insiste.
  • ÉTAPE 4: Envoie des accusations farfelues en prétendant connaître les motivations cachées de l’autre.
  • ÉTAPE 5: Accuse mensongèrement l’autre de quelque chose dont il est lui-même coupable et/ou honteux.
  • ÉTAPE 6: Manipule l’autre à l’attaquer sur ce point faible et/ou honteux.
  • ÉTAPE 7: Se victimise en se plaignant comme quoi l’autre l’a l’attaqué sur ce point faible et/ou honteux.
  • ÉTAPE 8: Fuit le conflit qu’il a lui-même créé.
  • ÉTAPE 9: Cherche à rallier leur entourage commun contre l’autre.
  • ÉTAPE 10: Cherche à rendre l’autre coupable de s’être défendu, et (s’il le peut) le punit pour l’avoir fait.

Et pourquoi cette personne entre-t-elle dans l’étape 1 pour commencer?  C’est le sujet de ce billet.

Lorsque l’on souffre d’un complexe d’infériorité, notre réflexe compensatoire consiste à convaincre les autres, à commencer par se convaincre soi-même, que l’on est au contraire leur supérieur.  Tout dépendant de la façon dont on s’y prend pour atteindre ce but, on peut être classés dans l’un de ces trois différents types:

  1. Le complexé de type 1:  Il reconnait qu’il est inférieur.  Il accepte le fait qu’il doit mettre de l’effort pour devenir supérieur.  Il y travaille sérieusement. Il réussit.  Exemple: Arnold Schwarzenegger qui a passé d’adolescent chétif à Monsieur Univers.
  2. Le complexé de type 2: Il reconnait son infériorité mais refuse de la laisser l’arrêter. Il veut avoir les mêmes avantages que ceux qui lui sont supérieurs, mais sans y mettre les mêmes efforts.  Il trouve donc des moyens détournés pour y arriver. Exemple: Woody Allen qui a obtenu pouvoir de séduction, non par son physique mais via notoriété cinématographique.
  3. Le complexé de type 3: Refuse d’accepter son complexe d’infériorité, ou bien ne possède pas la force morale pour être capable de reconnaitre en avoir un.  Compense en se prétendant supérieur.  A besoin de se le prouver pour se rassurer.  Tente sans cesse de descendre les autres plus bas que lui, histoire d’être leur supérieur par défaut.  Exemple: Les conflictuodépendants.

Pour le complexé de type 3, le sentiment de supériorité est un réflexe de survie.  Voilà pourquoi son bien-être moral et mental dépend du conflit car il n’y a que ça qui puisse lui donner l’opportunité de se prouver supérieur sur une autre personne.  Dans l’ouvrage Relation of threatened egotism to violence and aggression: the dark side of high self-esteem, les auteurs décrivent la chose en ces termes (que je traduis): L’individu qui souffre de mauvaise estime de soi va avoir le réflexe de vouloir démarrer des conflits dans des situations où il croit pouvoir triompher.   Un peu plus loin, on explique le choix de sa cible en ces mots: S’en prendre à une cible puissante demanderait une grande confiance en soi.  Mais lorsque la cible est faible, les chances de succès lui semblent meilleures.  […]  Ainsi, c’est celle-ci qu’il ira attaquer.  Non pas parce que la faible estime de soi cause la violence, mais bien parce qu’elle les pousse à se chercher le genre de victime qui lui semble peu portée à se défendre.

Facebook étant le terrain de choix dans lequel les conflictuodépendants se manifestent, c’est de là que viennent les exemples qui vont suivre.  Bien que ceux-ci soient fictifs, incluant les noms et photos, ils se basent sur des faits bien réels. Voici donc l’exemple d’une complexée de type 3 qui applique ici les étapes 1 (initie le conflit avec une personne calme sans histoires) et 2 (sur un sujet anodin) :

Son statut d’adulte et son titre et de matante lui donne naturellement un sentiment  d’autorité sur le jeune homme.  Et le statut de neveu de ce dernier l’oblige à garder envers elle un certain respect.  Pour toutes ces raisons, il est donc pour elle, tel que cité plus haut, le genre de victime qui lui semble peu portée à se défendre. Voilà pourquoi elle l’a instinctivement choisi.

Il aurait pu s’agir d’une simple boutade entre membres d’une même famille, une plaisanterie entre gens proches.  Alors qu’est-ce qui  permet d’affirmer que c’est plutôt un cas de conflictuodépendante qui rabaisse les autres pour se sentir supérieure afin de compenser pour un sentiment de basse estime de soi?  Simple: Le fait qu’elle en a pris une capture d’écran afin de montrer fièrement la chose à ses amis.

Agir ainsi, c’est chercher l’approbation des autres.  C’est désirer recevoir la confirmation comme quoi elle a raison. Bref, c’est avoir besoin d’être rassurée comme quoi elle est dans son droit de se croire supérieure.  Malheureusement, lorsque notre complexe d’infériorité nous pousse à sauter sur chaque opportunité de prouver le contraire, on ne prend pas toujours la peine de vérifier la pertinence de nos arguments.  La preuve, c’est que l’argument de Maryse repose sur deux points qui ne tiennent pas la route, le premier étant erroné et le second illogique. D’abord, Bouddah ne parle pas du tout de simplicité volontaire, mais bien d’accepter le fait que certaines choses ne nous sont pas destinées.  Par exemple, l’amour d’une personne qui nous intéresse sans que ce soit réciproque.  Et ensuite, où est la pertinence de lui faire la leçon en comparant une chose qui ne lui serait pas destinée avec un iPhone qu’il possède?

J’ai songé à lui pointer ces deux failles dans son raisonnement.  Mais sachant à quel point elle était susceptible, j’ai plutôt choisi de lui répondre un commentaire neutre, qui ne faisait rien d’autre que de décrire ce qu’elle venait de faire.

… Ce qui l’a quand même mise en colère.

Là encore, j’aurais pu lui pointer les deux erreurs qu’elle faisait à comparer ses commentaires à mes billets de blog.  Mes lecteurs savent le genre de textes qu’ils vont trouver ici, alors ils me visitent volontairement, en toute connaissance de cause.  Tandis qu’elle, elle va envahir le mur Facebook des autres pour leur rentrer ses opinions négatives de force dans la gorge en public.  Et lorsque j’expose des captures d’écran, je change le nom et les photos, chose qu’elle n’avait pas fait en distribuant sa capture d’écran originale.  Mais là encore j’ai préféré m’abstenir.  Parce que soyons francs, pour écrire ce qu’elle a répondu à mon commentaire qui était pourtant objectif, il faut être extrêmement susceptible. 

Et justement, Alfred Adler voit dans l’extrême susceptibilité le signe révélateur d’un sentiment d’infériorité, en ce qu’elle surgit chaque fois que la personne a le vague sentiment qu’on a mis le doigt sur le défaut de sa cuirasse On ne peut pas nier que c’est exactement ce qui s’est passé ici. Cette théorie se retrouve également dans l’ouvrage The dark side of high self-esteem: Ces gens deviennent agressifs lorsqu’ils reçoivent des commentaires qui vont à l’encontre de l’image favorable qu’ils ont d’eux-mêmes.  Bref, ils deviennent frustrés dès que l’on insinue qu’ils ne sont peut-être pas aussi supérieurs qu’ils le prétendent

Ce comportement est également décrit ici en ces termes:  La peur de se trouver en état d’infériorité vis-à-vis d’autrui s’est ainsi enracinée dans le cœur des hommes et a créé le sentiment de l’amour-propre (autre nom de l’orgueil). Une offense à l’amour-propre se traduit quelquefois par la pâleur, le plus souvent par la rougeur émotive (honte dans le cas d’acceptation de l’infériorité, colère dans le cas de révolte).  […] Conserver la face vis-à-vis de l’opinion publique est donc le fondement de l’amour-propre et, par conséquent, le fondement de la morale.

Ce qui en revient à ce que je disais dans mon billet Les Raisons de la Colère: Celui que l’on empêche d’agir selon son instinct de survie réagit avec violence.  Puisque c’est son instinct de survie morale qui l’a poussé à tenter de démontrer publiquement son neveu inférieur à elle, la contrarier sur ce point ou même refuser de prendre son parti par désir de rester neutre, ce fut instinctivement pris comme étant une menace pour sa survie. D’où réaction de colère.

La personnalité narcissique n’est pas toujours source de conflits.  Beaucoup de gens ont une haute estime d’eux-mêmes sans pour autant ressentir le besoin de rabaisser les autres.  Alors pourquoi certains narcisses sont-ils incapables de vivre en harmonie avec les autres, ce qui les rends conflictuodépendants? L’une des raisons est bien expliquée au point #5 de cet article de Cracked: Lorsqu’il s’agit de succès et d’estime de soi, les gens ont la fâcheuse tendance à prendre le problème à l’envers:  Au lieu de reconnaitre que c’est le succès qui apporte l’estime, la fierté et la confiance, on nous bourre le crane dès notre enfance que nous devons d’abord ressentir de l’estime de soi, de la fierté et de la confiance en nos capacités, et que c’est ça qui va nous apporter le succès.  Tu grandis donc avec l’idée erronée que même sans avoir accompli quoi que ce soit, tu vaux autant que ceux qui ont accompli quelque chose. Hélas, ça a eu comme conséquence fâcheuse de t’apporter instinctivement le sentiment que tu veux mieux que ceux qui ont été obligés de travailler fort pour atteindre la même valeur que toi. 

Et voilà comment nous avons créé une superbe génération de douchebags auto-suffisants qui croient que tout leur est dû. Alors quand leur sentiment de supériorité se bute au fait qu’ils n’ont rien pouvant le justifier, c’est là que se manifeste leur réflexe compensatoire.

Tant qu’ils s’agit de complexés de type 1 et 2, ça va.  Mais si vous avez le malheur d’avoir un complexé du type 3 dans votre entourage, alors attendez-vous à une relation abusive.  Normal: Abuser des autres en les rabaissant sans cesse, c’est le propre des conflictuodépendants.

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Les liens internes cités dans ce texte:
Mes Prétentions de Sagesse: Les Raisons de la Colère.
Mes Prétentions de Sagesse: Autopsie du Loser.
Mes Prétentions de Sagesse: SÉRIE: La conflictuodépendance

Liens externes.  Parce que des fois, il est bon de démontrer que mes  théories sont confirmées par des recherches reconnues.
Wikipedia: Alfred Adler.
Wikipedia: La Psychologie Individuelle.
Psychologie.com: La psychologie adlérienne.
Psychologie.com: La compensation (avec l’exemple d’Arnold Schwarzenegger)
Relation of threatened egotism to violence and agression: The dark side of self-esteem  (PDF)
Encyclopédie anarchiste: L’infériorité
Cracked: 6 bullshit facts about psychology that everyone believes.
Santé Psy: Qu’est-ce que la compensation.
Psychoweb: Narcissisme et culte de la consommation.

Fuckfaces gonna hate

Je me moque souvent de Facebook, ou du moins du comportement cliché de certains de ses membres. Alors aujourd’hui pour contrebalancer je vais me moquer de ceux qui ont choisi délibérément de haïr Facebook, pour rien d’autre que la très pertinente raison que C’est populaire donc c’est d’la merde, gneu-heu!

Il était une fois une comédienne du nom de Jessica Barker.  En 2007, histoire d’essayer de se démarquer du reste de l’humanité, Jessica décida de ne pas s’inscrire sur Facebook, qui venait d’atteindre 50 millions d’abonnés. Jusque là, rien à redire. À chacun ses choix personnels.  Mais voilà, ne pas aimer Facebook ne lui suffisait pas.  Elle décida de haïr Facebook.  Et pour pouvoir bien rentrer de force sa haine dans la gorge de tous les passants, elle décida d’imprimer, arborer et vendre des T-shirts Fuck Facebook.  Un peu comme les homophobes américains qui, non satisfaits de vivre leurs vies d’hétéros, manifestent avec leurs pancartes GOD HATES FAGS.  Et pour se faire de la pub, elle demanda à l’auteure Raphaële Germain et aux comédiens Guillaume Lemay-Thivierge, Vincent Bolduc et Patricia Paquin de les porter fièrement avec elle pour un photoshoot. 

Quatre ans plus tard, en 2011.  Facebook a maintenant 500 millions d’abonnés.  Guillaume Lemay-Thivierge y a même sa page officielle.  Quant à Jessica, selon cet article signé Nathalie Petrowski, elle se tient toujours en marge du populaire réseau social et continue d’affirmer que Facebook n’est qu’une mode passagère qui disparaitra de la surface de la terre d’ici quelques années.

Quatre autre années plus tard, aujourd’hui, 2015.  Facebook compte 1,35 milliards d’abonnés.  Patricia Paquin y a elle aussi sa page officielle.  Et Guillaume Lemay-Thivierge, en plus de sa page officielle, y a maintenant sa page personnelle

Quant à Jessica Fuck Facebook Barker, devinez?

En conclusion, il est fascinant de voir comment une photo arrive parfois à capturer à la perfection la personnalité de ceux que l’on y retrouve, au moment où celle-ci a été prise.


6 options que l’on aimerait bien avoir sur Facebook

OPTION 1 : Recevoir une notification lorsque l’on reçoit un message dans le dossier « Autre ».
Comme bien des gens, c’est par hasard que j’ai découvert qu’existait ce dossier.  En fait, je l’ai découvert quand une amie perdue de vue de longue date l’a elle-même découvert, et m’a écrit ceci:

D’après ce que j’ai pu voir dans ma boite Autre, c’est là que se retrouvent les messages que nous ont écrit les gens qui ne sont pas nos amis FB.

Faisabilité de la chose: En fait, techniquement, on la reçoit, cette notification.  C’est juste que contrairement qu’au sujet des messages envoyés dans la boite de réception, elle est très discrète:

OPTION 2 : Pouvoir se réconcilier en douce.
Mise en situation : Un contact FB a fait/dit/écrit quelque chose qui vous a offensé. Vous retirez donc cette personne votre liste d’amis. Parce que fuck le concept de la discussion entre deux personnes civilisées.

Plus tard, vous réalisez que dans le feu de l’action, vous avez complètement oublié quelques détails importants au sujet de votre relation avec cette personne. Par exemple, que vous êtes obligé de la revoir car elle fréquente quelqu’un qui vous est proche, ou bien qu’elle vous a emprunté votre précieux coffret de la série Twilight autographié par Paul McCartney. Voyant que vous avez peut-être agi un peu vite, vous lui refaite une demande d’amitié FB. Et c’est là que l’étron percute quelque peu le ventilo, puisque c’est en lui demandant de vous rajouter qu’elle comprend que vous l’avez enlevée.

Voilà pourquoi il serait bon qu’un bouton Réconcilier apparaisse sur le profil de ceux que vous avez retirés de votre liste d’amis. Vous pourriez ainsi redevenir amis avant même qu’elle sache que vous ne l’étiez plus, ce qui éviterait quelques drames.

(On le voit mal mais le pictogramme est un symbolique pot cassé)

Faisabilité de la chose: Pourquoi pas? Cependant, histoire d’éviter les abus à la je-vais-cesser-d’être-ami-avec-cette-personne-et-utiliser-le-bouton-Réconcilier-pour-l’espionner-par-surprise-plus-tard, il faut s’attendre à ce que Facebook y mette certaines conditions. Genre:

  • Vous n’avez que 48 heures pour changer d’idée. Passé ce délai, le bouton Réconcilier disparait et vous devrez vous remettre amis à la dure.
  • Le bouton Réconcilier n’apparaitrait pas sur le profil d’une personne que vous aurez mis dans votre liste de bloqués.
  • L’Option Réconcilier ne fonctionne qu’une seule fois par ex-ami, pour éviter qu’un utilisateur contourne le concept en allant espionner un ex-ami-devenu-ennemi à tous les 48 heures.

OPTION 3 : D’autres types de relations.
Parce que parfois, votre situation est tellement compliquée que même C’est compliqué n’arrive pas à la décrire adéquatement.

Faisabilité de la chose: Pas sûr! Parce que soyons franc, si votre situation de couple n’est pas couverte par les options actuelles, est-ce vraiment le genre de relations dont vous voulez parler en public?

OPTION 4 : Un logiciel de reconnaissance faciale.
Lorsque quelqu’un poste une photo dans laquelle vous apparaissez et que cette personne vous y identifie, vous recevez aussitôt une notification qui vous permet de choisir si vous voulez ou non avoir votre nom attaché à cette image. Sauf que… Qu’arrive-t-il lorsque l’on poste une embarrassante photo de vous sans vous y identifier? Ou pire encore : Que l’on vous y identifie en texte, mais pas en lien? Tout le monde se moque de vous dans votre dos et vous êtes le dernier à le savoir. Et c’est là qu’une telle option serait utile, en vous envoyant une notification dès que le logiciel vous reconnait la binette.

Faisabilité de la chose: Oui, ce serait possible. Sauf que quand on voit les résultats sur les sites qui utilisent ce genre de logiciel, on risquerait de recevoir pas mal de fausses alertes.

OPTION 5 : Un compteur de visiteurs / une liste de visiteurs
Je suis sur Facebook depuis janvier 2006 et ça fait depuis ce temps-là que je vois des gens tenter de mettre cette fonction sur leur page et/ou la demander à FB. Neuf ans plus tard, on ne l’a toujours pas. Ça n’a pourtant pris que quelques mois aux programmeurs de FB pour introduire la fonction hashtag, à force de voir les membres l’utiliser ironiquement en référence à Twitter. Alors pourquoi ne pas rajouter cette fonction si longtemps demandée?

Faisabilité de la chose: Nulle! Pourquoi? Pour la même raison pour laquelle ils refusent de nous donner l’option suivante qui est … :

OPTION 6 : Le bouton Dislike / Je n’aime pas.
Combien de fois avons-nous vu le commentaire « Où est le bouton dislike / Je n’aime pas? » de la part de quelqu’un qui dislike / n’aime pas ce que vient de poster un facebookiste? Alors qu’est-ce qu’ils attendent pour nous le donner?

Faisabilité de la chose: Ça n’arrivera jamais, ni cette option, ni la précédente, et c’est pour une simple et banale raison de marketing.

C’est que les proprios et programmeurs de Facebook ne sont pas fous. Depuis qu’internet est dans nos foyers, ils ont bien dû voir les conséquences de ces options sur les autres sites qui, eux, les offrent. Oui, ça flatte l’Ego d’avoir un compteur qui divulgue le nombre de visites que l’on a. Sauf que si vous voyez que vous avez quotidiennement entre zéro et une visite par jour, vous allez perdre intérêt à Facebook et partir. Et ça, ils veulent l’éviter.

Quant à savoir qui vous a visité, il y aura toujours quelqu’un qui va utiliser cette fonction pour humilier un autre.  Par exemple en l’accusant de harcèlement ou de stalking, avec comme preuve à l’appui une capture d’écran mise en public démontrant son nombre de visites. Et en sachant qu’une seule visite peut être suffisante pour offenser quelqu’un qui a décidé de vous prendre en grippe, ça engendrerait du drame à la tonne métrique. Plus personne n’oserait aller voir la page des autres par peur du ridicule et autres représailles. Ce qui engendrerait un autre problème: Ceux qui frustrent en voyant que leurs amis et/ou conjoints ne visitent pas leur page assez souvent. Voyant que l’on peut être dans le tort, et ce que l’on visite ou non, on finirait par trouver Facebook chiant et partir. Et ça, ils veulent l’éviter.

Quant au bouton Dislike / Je n’aime pas, il n’y a rien de mieux pour pourrir l’ambiance d’un site public que d’avoir une option qui permet en un simple clic de frustrer les autres et déclencher les hostilités. On finirait par s’écoeurer de Facebook et partir. Et ça, ils veulent l’éviter.

Bref, si Facebook est devenu le site le plus populaire au monde, c’est en enlevant à ses membres l’opportunité de poser des gestes abusifs. Comme par exemple débloquer quelqu’un pendant quelques minutes, le temps de l’espionner, avant de le bloquer de nouveau. Juste le fait d’imposer 48 heures de délai durant lequel le bloqueur peut être vu par le bloqué, c’est suffisant pour lui enlever l’envie de jouer à ça.


Ce qui fait que techniquement on ne peut même pas en vouloir à Facebook de nous enlever ces libertés, puisque ça signifierait que nous sommes frustrés de ne pas pouvoir déranger les autres.

Preuve de plus comme quoi Facebook fait tout pour éviter les sentiments négatifs: Avant, si une personne qui nous a bloqué écrivait un commentaire sur la photo ou le statut d’un ami commun, on ne pouvait pas voir son commentaire.  Par contre, on pouvait voir la réponse de notre ami commun, et ainsi comprendre que quelqu’un quelque part nous a bloqué.  Depuis peu, on peut répondre directement aux commentaires individuels.  Alors si une personne qui nous a bloqué écrit à un ami commun, on ne voit ni son commentaire ni la réponse de l’ami.  Donc, pas de frustration de voir que X nous a bloqué, ni de sentiment de trahison de voir que Y continue d’être amical avec.

Ainsi, plus l’expérience Facebook reste positive, moins il y a de drames, et moins leurs membres ressentent l’envie de quitter la place pour chercher mieux ailleurs, chose que l’on voit trop souvent dans les forums. Et ça marche, car malgré les efforts de Tumblr (420 millions de membres), de Google+ (300 millions) ou de Ello (1 million), pour s’afficher en tant que comme-Facebook-mais-en-mieux, le nombre de leurs abonnés restent ridicule comparé à Facebook et leur 1.35 milliards de membres. Et plus il y a de membres, plus cher ils vendent leurs espaces pub. Pas étonnant qu’ils tiennent à ce que les membres restent.

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Source des statistiques : The 800+ Top Social Medias Stats

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