34 signes pour détecter d’avance une personne conflictuodépendante

On m’a fait constater qu’il y a une faille dans la conclusion d’un de mes billet au sujet de la conflictuodépendance. Dans celui-ci, je dis qu’il faut se tenir loin de ces gens.  Or, dès qu’ils nous font passer à travers les dix étapes démontrant qu’ils le sont, ça nous amène à ça de toute façon. Et rendu-là, il est trop tard, le dommage est fait. La question est donc : Comment les reconnaître afin de pouvoir s’en éloigner avant que ça en arrive là? Je vous ai préparé une liste des comportements les plus communs que j’ai pu observer chez les six personnes conflictuodépendantes que j’ai eu le malheur de côtoyer dans ma vie.

L’an dernier, j’ai posté ici ce que j’appelle Le Questionnaire Landru, qui est une liste de comportements servant à déterminer si vous êtes en couple avec une personne vous faisant subir manipulation et violence domestique.  La personne n’a pas besoin de poser tous les gestes listés pour en être coupable.  Mais plus grand est le nombre de situations où on la reconnait, et plus grande est la preuve qu’elle l’est.  C’est pareil ici.

Tout d’abord, le plus important lorsque vous commencez à lier une nouvelle amitié, c’est de garder votre relation entre vous.  En ne l’amenant pas tout de suite dans votre cercle social, ça vous permettra de prendre le temps de la connaitre.  Il ne faut jamais oublier qu’au début de la relation, une personne va faire l’effort de se montrer sous son meilleur jour.  Avec les semaines et les mois, elle se sentira de plus en plus à l’aise et se montrera ainsi sous son visage véritable.  Et ce qu’il y a de bien de nos jours, c’est qu’avec Facebook, il est très facile de voir comment elle se comporte autant avec les autres qu’avec vous.  Voici donc les signes desquels il faut être à l’affut afin de déterminer si la personne est ou non conflictuodépendante.

1) À l’entendre, sa vie est une longue suite d’expériences négatives causées par des imbéciles et des abuseurs.
Si elle est introvertie, on peut comprendre que les gens prennent sa timidité pour de la soumission, ce qui attire en effet les abuseurs.  Mais si elle se montre au contraire extravertie et dynamique, méfiance. 

2) Tout est prétexte à comparaison en sa faveur.
Pour elle, il n’existe que deux manière de faire les choses: De sa façon, ou bien de la mauvaise façon.

3) Tout est prétexte à compétition en sa faveur.
Tout ce que tu as, elle a mieux.
Tout ce que tu fais, elle le fait mieux.
Tout ce que tu sais, elle le sait mieux.
Tout ce que tu dis, elle trouve à redire.

4) A très peu, sinon pas du tout, de tolérance pour les goûts différents des siens.
Tu aimes une série télé qu’elle n’aime pas? Alors tu as mauvais goût.
Tu n’aimes pas une série qu’elle aime? Tu n’as pas de goût.
Tu n’aimes pas quelque chose qu’elle et 98% de la population aiment? Tu es snob.
Elle n’aime pas quelque chose que toi et 98% de la population aiment? Tu es un mouton.
S’applique également à la musique, la nourriture, les vêtements, les passe-temps, etc.

5) A une curieuse tendance à prendre personnel toute opinion différente de la sienne. 
Même si l’autre la respecte dans ses opinions, elle prend la divergence de celle de l’autre comme une attaque contre la sienne, et n’aura de cesse d’essayer de le convaincre qu’il a tort.  S’il reste sur ses positions, il doit s’attendre à des remarques condescendantes et/ou des insultes, si ce n’est pas de l’auto-victimisation en passant des commentaires du style de: « Ok, j’ai compris ton point de vue: C’est moi qui est conne de penser ça.  Merci bien! »

6) Elle est prudente.  Tu es parano.
C’est comme ça qu’elle voit la chose: Si elle se méfie de toi, elle est prudente.  Mais si tu te méfies d’elle, alors tu es parano.

7) Utilise beaucoup plus le moi que le je lorsqu’elle se compare avantageusement.
Moi, j’aime mieux…  Moi, je sais que…  Moi, j’ai…  Tandis que Moi…  Heureusement que Moi… Selon Moi… Parce que Moi… Je ne suis pas comme ça, Moi!

8) S’exprime de façon vague, pour pouvoir ensuite accuser l’autre de n’avoir rien compris.
Ce qui lui permet d’établir que l’autre n’est pas très intelligent et/ou qu’il est susceptible. 

9) Prend très mal le rejet.
Elle va quotidiennement casser les oreilles de tout son entourage comme quoi le gars sur qui elle a l’oeil depuis les 97 dernières semaine est le plus parfait spécimen d’être humain au monde, doux, gentil, intelligent, sans le moindre défaut.  Mais dès qu’il se montrera clairement non-intéréssé à elle, soudainement il sera con, superficiel, imbécile, rabaissant, hypocrite, immature, agressif, violent, pédosadozoophile…

10) Trouve toujours à redire contre tes possessions.
Automobile, télévision, ordinateur, cellulaire, peu importe, elle se fera grand plaisir de te donner un commentaire aussi négatif que  non-sollicité.  Ou bien tu l’as payé trop cher, ou bien c’est de la merde, ou bien c’est une vieillerie préhistorique, quand ce n’est pas carrément affirmer que « T’as pas besoin de ça! »

11) Se répète dans ses affronts.
L’exemple précédent n’arrivera pas qu’une fois.  Dès qu’elle aura décidé de te faire des remarques négative sur une de tes possessions, elle te les répètera à chaque fois qu’elle verra cet objet.

12) Insulte sans retenue en appelant la chose humour et sarcasme.
Si on lui fait remarquer que ses paroles sont blessantes, elle s’en défendra comme quoi ce n’était qu’une blague et que vous êtes décidément susceptibles.

13) Se vante que son usage constant d’ironie et de sarcasme est un signe d’intelligence supérieure.
Comme le démontrent certaines études sur le sujet, ce n’est pas faux. L’ironie et le sarcasme sont des exercices intellectuels.  Plus on pratique son intellect, plus il se développe.  Or, considérez ceci: De tous les sujets possibles sur lesquels faire travailler son cerveau pour l’amener à des niveaux supérieurs, elle a choisi de mettre ses efforts dans l’art d’insulter.  Voilà qui en dit long sur sa personnalité. Alors si en plus elle trouve qu’il y a de quoi se vanter… 

14) Jamais repentante, toujours furieuse.
Si tu oses lui dire qu’elle t’a blessé, insulté ou causé du tort, jamais elle ne va s’excuser ni être compréhensive.  Au contraire, ça va la plonger dans une grosse colère.  Et ça c’est parce que…:

15) C’est toujours la faute des autres.
Tu es insultée de sa remarque? Ce n’est pas elle qui est insultante, mais toi qui est susceptible.  Tu ne comprends pas ses sous-entendus?  Ce n’est pas elle qui manque de clarté, mais toi qui manque d’intelligence. Elle a brisé une de tes possession?  Ce n’est pas elle qui est maladroite, mais toi qui a acheté de la mauvaise qualité. Elle te fais la leçon? Ce n’est pas elle qui est condescendante, mais toi qui est stupide. Elle te gifle? Ce n’est pas elle qui est violente, mais toi qui l’a provoquée.

16) Intervient souvent de façon à ternir publiquement l’image d’autrui.
Soit en démontrant (de façon pertinente ou non) qu’il est dans l’erreur, soit en comparant ce qu’il vient de dire/faire à quelque chose qu’il a dit/fait par le passé, afin de démontrer qu’il se contredit, est menteur, malhonnête, a mauvaise mémoire, etc. Non pas lors d’une dispute, non pas contre un ennemi, mais bien à son entourage, gratuitement, comme ça, pour le plaisir de leur faire perdre la face.

17) Attaque ceux à qui elle demande de l’aide.
Exemple vécu: Une amie vient chez moi chercher un peu de réconfort moral car rien ne va plus dans sa vie amoureuse. On en discute au salon. Au milieu de ses confidences, elle prend une pause pour me dire que mon divan est laid.  Puis elle reprend son récit en s’attendant toujours à de la compassion de ma part.

18) Attaque ceux qui lui demandent de l’aide.
Posez-lui une question, demandez-lui un renseignement. Son premier réflexe ne sera pas d’y répondre.  Elle va plutôt se montrer très intéressée du fait que vous l’ignorez.  Elle vous servira alors du:

  • Hein?  Tu l’sais pas?
  • Comment ça s’fait / en quel honneur que tu ne le sais pas? 
  • C’est toi qui [insérer activité quelconque] pis tu sais même pas ça?
  • Même [insérer le nom d’une personnes non-impliquée et/ou non-qualifiée] le sait, franchement! » 
  • Ben là, c’est évident!
  • Ça se dit tout seul!
  • T’as pas appris ça? / On te l’as pourtant appris / On te l’a pourtant dit.
  • Quoi, tu sais pas utiliser Google?

Parce que pour elle, montrer qu’elle sait, mais surtout montrer que vous ne le savez pas, c’est ÇA qui est important.  D’ailleurs…

19) les seules connaissance importantes et acceptables sont les siennes.
Tu ne sais pas quelque chose qu’elle sait?  Alors tu es ignorante et inculte.
Tu sais quelque chose qu’elle ne sait pas?  Alors tu perds ton temps à t’intéresser à des niaiseries sans importances.

20) Utilise La Vérité comme excuse pour manquer de délicatesse et de respect.
Elle ne se gênera pas pour pointer tous les travers d’autrui, en rajoutant que « Ben là, c’est la vérité, c’est pas de ma faute à moi si elle n’est pas capable de l’assumer. » 

21) Elle fait dans le deux poids deux mesures.
Par contre, si toi tu oses lui dire une vérité négative, alors là, tu l’attaques sur ses points faibles par pure méchanceté, par frustration, par susceptibilité…

22) A beaucoup de difficulté à décrocher lorsqu’elle (croit qu’elle) a une bonne raison pour blâmer autrui.
Tu reconnais tes torts?  Ça ne lui suffit pas, tu dois t’excuser.
Tu lui fais tes excuses?  Ça ne lui suffit pas, tu dois ne jamais recommencer.
Tu lui dis que tu ne le feras plus?  Ça ne lui suffit pas, tu l’as déjà fait.
Tu la rassures que tu feras attention désormais?  Ça ne lui suffit pas, c’était avant qu’il fallait faire attention.

23) Souffre du syndrome de la pédanterie grammaticale. (VF de Grammar Nazi)
Enfin, souffre, c’est vite dit.  En fait souffrir les autres serait plus exact. Lorsque cette personne ressent le besoin de se montrer supérieure aux autres / de descendre les autres plus bas qu’elle, elle ne peut s’empêcher de sauter furieusement sur cette occasion légitime de démontrer à tous que c’est elle qui a raison. 


24) S’exaspère exagérément afin de démontrer que la stupidité d’autrui est pour elle un très lourd fardeau moral à supporter.
Voir l’exemple précédent.

25) Utilise très souvent les qualificatifs frustré et susceptible pour désigner autrui.
Vous constaterez assez rapidement qu’elle fait ça dix fois plus que n’importe qui, alors qu’elle n’est pourtant entourée que de gens doux et passifs. 

26) Accuse autrui de défauts que, étrangement, elle est la seule à voir en eux.
Demandez à ceux qu’elle traite régulièrement de susceptibles et de frustrés, ils vous confirmeront que personne à part elle ne dit ceci à leur sujet.

27) Mord la main qui la nourrit.
Parents, professeurs, patrons, on pourrait croire qu’une personne de qui elle dépend puisse être à l’abri de ses attaques.  Au contraire, elle ne manque jamais une occasion de leur démontrer qu’elle vaut mieux qu’eux, ou du moins qu’ils ne valent pas mieux qu’elle.  Et si l’opportunité ne se présente pas, elle la créera elle-même.

28) A déjà perdu son emploi pour des motifs ridicules.
Lorsque l’on a le malheur d’avoir une personne conflictuodépendante en milieu de travail, nous sommes coincés avec elle huit heures par jour, cinq jours par semaine.  Éventuellement, à force de faire chier ses collègues et patrons avec ses remarques condescendantes, elle rend l’atmosphère de travail tellement désagréable que la direction saute sur la première excuse, aussi ridicule soit-elle, pour s’en débarrasser.  Ainsi, j’en ai déjà connu une qui s’est fait renvoyer pour « avoir volé un Publisac. »

29) Possède une mentalité Celui qui le dit c’est lui qui l’est et pire que moi d’abord alors ta gueule.
On le voit rapidement dès qu’elle reçoit la moindre critique.

30) Son temps libre pour argumenter en ligne dépend de qui est cible de reproches.
Si elle a quelque chose à te reprocher, une remarque négative à t’envoyer, un procès moral à te faire subir, elle peut y consacrer des heures. Par contre, cite la moindre de ses failles, elle mettra aussitôt fin à la conversation avec un Bye!  Fin de conversation, du reste, qu’elle ne respectera pas plus de trente secondes, avant d’en rajouter une couche (ou douze) de répliques sur la défensive-offensive.

31) Passe beaucoup de temps à tenter de te convaincre de l’appuyer dans ses guerres contre autrui. 
Et n’hésitera pas à exprimer que ton hésitation fait qu’elle met ton amitié en doute, histoire te mettre de la pression à prendre son parti.  D’ailleurs… :

32) Ou bien tu es avec elle, ou bien tu es contre elle.
Puisqu’elle croit qu’il est impossible qu’elle puisse avoir tort, elle considère que ceux qui veulent rester neutre le font par refus de reconnaître qu’elle a raison. Donc, à ses yeux, rester neutre est une manière passive de l’accuser d’avoir tort.  Et ça, c’est un affront qu’elle n’encaisse pas.  D’ailleurs…

33) Elle prévient/menace son entourage qu’elle peut être leur amie ou leur ennemie. 
Que ce soit sur Facebook, son blog ou bien sa fiche de présentation sur un site quelconque, elle ne manque pas de décrire la chose en ces termes:

  • « Je peux être ta meilleure amie ou bien ta pire ennemie. »
  • « Mon comportement avec toi dépendra de ton comportement avec toi. »
  • « Je serai ton rêve le plus doux ou ton pire cauchemar. »
  • Et toute autre variante voulant dire la même chose.
  • …En rajoutant parfois des « Il n’en tient qu’à toi. ». « C’est toi qui choisis. » « ¨Ça va dépendre entièrement de toi. », etc.

34) Et, évidemment, on la voit souvent passer avec autrui les trois premières (au moins) des dix étapes de la conflictuodépendance:

  • ÉTAPE 1: Cherche la querelle à une personne calme et sans histoire.
  • ÉTAPE 2: Le motif utilisé pour démarrer les hostilités est tellement anodin qu’il en est insignifiant.
  • ÉTAPE 3: Devant le refus de l’autre à entrer dans le conflit, insiste.

Si vous avez gardé cette personne à l’écart de votre cercle social pour vos premiers six à douze mois de contacts et que durant ce laps de temps elle n’a eu occasionnellement qu’entre zéro et trois de ces trente comportements (parce que personne n’est parfait, quand même), vous pouvez la garder près de vous et la mêler à vos autres amis sans craindre quoi que ce soit.   Mais plus elle accumule de ces comportements, et mieux vaut accumuler la distance avec cette personne.

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A propos Steve Requin

Auteur, blogueur, illustrateur, philosophe amateur et concierge de profession.
Cet article a été publié dans Ces filles à éviter, Ces gars à éviter, Dose de Réalité, Fait vécu, Listes, Psychologie et comportement social, SÉRIE: La conflictuodépendance. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

2 commentaires pour 34 signes pour détecter d’avance une personne conflictuodépendante

  1. Simon dit :

    A propos de « pédanterie grammaticale » (cf. n° 23), c’est amusant de voir tous ces anglicismes masculins en France et féminins au Québec, je me demande bien d’où vient cette différence (moi qui habite en France, je dirais sans hésiter « un sandwich » comme je mettrais spontanément les emprunts à l’anglais au masculin, mais apparemment la préférence va au féminin de l’autre côté de l’Atlantique – l’avantage de cette expression est qu’elle peut s’appliquer aussi bien à la France qu’au Québec). Cela m’a un peu surpris au début, je dois avouer.

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