Sur quelle planète est-ce que je vis? Ou: Explication logique pour une existence faite de rebondissements extrêmes.

Il y a 23 ans, lorsque je travaillais en support technique pour la page web d’Air Canada, on m’a appris que pour chaque personne qui pose une question ou fait un commentaire, il y en a 50 à 100 autres qui pensent la même chose mais qui ne le disent pas.  Dans une telle optique, ça voudrait dire qu’il doit bien y avoir de 300 à 600 personnes qui me regardent aller en se demandant bien comment est-ce que je fais pour avoir une vie aussi anormale. 

Prenez juste l’année 2020 qui s’achève.  J’ai eu cinq boulots. J’ai habité à neuf endroits.  Je suis retourné aux études.  J’ai été itinérant pendant 40 jours. Je suis redevenu obèse (selon la charte de masse corporelle et de poids), puis de nouveau athlétique.  Barbu puis glable.  TDAH puis médicamenté.  Support technique, préposé aux enfants handicapés, étudiant, préposé aux bénéficiaires, préposé aux résidents.  Fiancé, célibataire.

Il est vrai que l’année 2020 a été exceptionnellement négative pour la plupart du monde.  Mais dans mon cas personnel, personne ne peut nier que j’ai vécu plus de rebondissements qu’une série télé ou un roman.  En fait, même une série-télé ou un roman ne mettrait jamais autant de détails dans sa saga.  Et surtout pas en une seule saison.  À moins d’être une comédie extrême ou une parodie.  Parce qu’il faut bien se l’avouer, ce que je vis, c’est juste trop exceptionnel pour être réaliste.  Et pourtant, c’est la réalité. 

Et ceci fait que, depuis plusieurs années, les gens qui me lisent sur le net ou me voient aller dans la vraie vie, me servent des questions et/ou des commentaires dans lesquels ils expriment qu’ils me trouvent bizarre. 

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Il y a deux ans, lorsque je croyais que ma vie était enfin devenue normale.

Ce n’est pas étonnant qu’ils pensent ça de moi et de ma vie.  Parce que la norme, surtout pour un homme dans la cinquantaine, c’est la stabilité.  En général, à mon âge, on a eu deux, maximum trois carrières longues et stables.  On a eu une, maximum deux conjointes, dans des relations longues et stables.  Des conjointes sérieuses, avec une tête sur les épaules.  La moitié de ces hommes ont eu deux, maximum quatre logements / maisons / condos.  Ils ont un véhicule, un bout de terrain, un revenu stable et confortable.

Alors pourquoi est-ce que dans mon cas personnel, la vie n’est que chaos, instabilité et simplicité involontaire?  D’habitude, lorsque quelqu’un a une vie aussi mal foutue, c’est parce que c’est une personne à problèmes.  Problèmes d’alcool, de drogues, de jeu.  Problème psychologique.  Peu ou pas d’éducation, de logique, de débrouillardise, d’intelligence.  Repris de Justice.  Lâche, paresseux, négatif, défaitiste, dépressif. 

Les gens qui m’entourent et/ou qui me lisent voient bien que je ne suis rien de tout ça.  Au contraire, je suis réfléchi, logique, sobre, positif, courageux, vaillant, tenace.  Pas étonnant que ces gens ne comprennent pas comment je me retrouve sans cesse dans de telles situations.

Il y a une explication logique et celle-ci tient en deux mots : Maturité tardive.  Car en effet, jusqu’à mes 25 ans, j’étais un con.  J’ai fini par m’en rendre compte et j’ai beaucoup travaillé sur moi-même afin de cesser d’avoir les comportements qui me sabotaient à tous les tournants.  Malheureusement, rendu à cette période de ma vie, j’avais déjà tellement pris de mauvaises décisions, que celles-ci allaient me valoir des conséquences négatives pour les trente années qui allaient suivre. 

Oui, 25 + 30 = 55, alors que j’ai 52 ans.  C’est que j’estime que j’en ai pour encore environs trois ans avant que mon passé cesse définitivement d’influencer ma vie à la négative. 

Ce qui va suivre n’est ni une plainte ni une justification ni de la victimisation.  C’est une explication.  Avis tout de même aux âmes sensibles et aux bien-pensants ; attendez-vous à vous sentir agressés par certaines de mes déclarations.  Il se trouve que la vraie vie n’est pas politiquement correcte.  J’ai vu ce que j’ai vu, j’ai vécu ce que j’ai vécu, et les faits sont les faits.

Donc…

Lorsque mes projets échouent, mon premier réflexe a toujours été de me regarder en premier.  De trouver où se situait mon erreur de jugement. De voir ce que j’ai bien pu dire ou faire pour m’attirer tel ou tel problème.  Car s’il est une personne qui a passé sa vie à apprendre de ses erreurs, c’est bien moi. Ce blog le prouve. En douze ans d’existence, je ne cesse d’y publier des billets dans lesquels je raconte de long en large ce qui n’allait pas chez moi, et ce que j’ai fait pour m’améliorer, et ce à tous les niveaux.  Pour les curieux, j’ai mis des liens vers ceux-ci en bas de cet article. 

Cependant, ce sera la première fois que je vais parler de mon manque de maturité, et que j’expliquerai pourquoi et comment est-ce que ça a gâché plus de la moitié de ma vie, la presque totalité de ma vie adulte.

Qu’est-ce que je veux dire par manque de maturité?  En langage clair, enfant, ado et jeune adulte, je me foutais de tout et de tout le monde.  Jusqu’à mes 25 ans, tout ce que je voulais, c’était m’amuser, rire, baiser, et devenir riche et célèbre en y mettant le moins d’effort possible. Voilà pourquoi je me voyais artiste. Faire quelque chose qui me plait et qui demande peu d’efforts, rendre la chose publique, des millions de personnes vont aimer ça, ça fera de moi un multimillionnaire. Comme plan de carrière, difficile de faire plus simple. J’avais déjà du talent en dessin et en rédaction, et puisque tout le monde aime l’humour, moi le premier, bien voilà! Je ferai n’importe quoi, pourvu que ça transmette mon humour: Auteur, bédéiste, scénariste, gagman, humoriste…

Jusqu’à mes 25 ans, j’étais pauvre, maigre, faible, laid, d’une famille qui avait mauvaise réputation dans mon village d’origine.  Et sans pour autant être totalement idiot, mon TDAH me rajoutait de la difficulté d’apprentissage à l’école, ce qui m’a laissé sans diplôme à la fin de mon secondaire, car j’étais en retard de deux ans en maths. Pas grave; je me suis inscrit au cégep en Arts et Lettres, là où les maths ne sont pas un prérequis. J’y suis allé deux sessions, que j’ai abandonné et coulé parce que ça s’est avéré beaucoup plus difficile que je le croyais. De toute façon, seule la vie sociale y avait de l’importance à mes yeux. Je n’en avais rien à foutre, de ne pas être diplômé. J’étais convaincu que mon talent d’artiste et d’humoriste allait me rendre immensément riche. 

Mon comportement était un réflexe compensatoire.  Se prendre pour un plus-que-tout, c’est un réflexe classique qu’ont certaines personnes afin de survivre au sentiment de n’être qu’un moins-que-rien.  Et l’une des manières de se sentir supérieur aux autres, c’est en rabaissant les autres plus bas que soi.  Ainsi, mon humour se concentrait particulièrement sur le dénigrement d’autrui.  Et puisque j’ai toujours eu le don de pouvoir détecter le moindre défaut de chaque personne avec une étonnante exactitude, je me servais tout naturellement de ça comme base pour faire des blagues, textes et dessins à leur sujet.  Le genre d’humour qui apporte beaucoup plus de malaise que d’amusement.

Je ne m’en rendais pas compte, mais j’avais l’humour kamikaze.  Mes cibles premières étaient ce qui m’entourait : Ma ville, mes écoles, mes boulots, mes activités, ma parenté, mes amis, mes collègues, mes professeurs, mes copines et mes conjointes.  Ce besoin de rire des autres et de les rabaisser était tel que lorsque j’étais en classe, je n’hésitais pas à saboter un travail ou un devoir, si ça pouvait me donner une opportunité de donner l’impression aux autres que le prof, le travail ou le devoir était stupide.  Même si ça signifiait échouer.   Et je ratissais large.  Tout ce qui était aimé et populaire, je le prenais comme cible, pour en démontrer l’aspect le plus merdique que je puisse trouver.

Un exemple entre mille, puisque nous sommes dans le temps des fêtes.  À chaque année, des humoristes font d’amusants monologues ou des chansons drôles sur le thème de Noël.  Moi?  Mes créations n’avaient qu’un seul thème : La discorde.  Je vous ferai grâce du monologue, mais son titre dit tout : Le temps des fights.  Quant aux chansons, voici un court extrait de ma parodie de Vive le vent :

C’est du vent, c’est du vent, la période des fêtes
On se dit qu’on s’aime mais toute l’année on s’fait l’air bête
Oh! C’est du vent, c’est du vent, la période des fêtes
Politesses et compliments qui n’ont rien de sincères.
«Joyeux joyeux Noël»
Que l’on se dit
Alors qu’au fond on pense
«Va donc chier mon estie!»
Oh! C’est du vent, c’est du vent, la période des fêtes
Heureusement que l’on se ment sinon ce s’rait l’enfer

Toujours à tout rabaisser.  Toujours à tout tourner au négatif.  Et trop con pour réaliser qu’en persistant dans cette voie, qu’en m’acharnant à dire sans cesse ce que personne n’a envie d’entendre, je ne gagnais pas en popularité.  Bien au contraire.

Et voici en quoi cette immaturité a saboté ma vie adulte jusqu’à aujourd’hui.

C’est à 21 ans que j’ai quitté la maison, suite à une dispute avec mon père.  À ce moment-là, j’avais la chance d’avoir une copine, Marie-France.  Comme la majorité de celles que j’avais eues jusque-là, celle-ci habitait à Montréal.  Car en effet, dans mon St-Hilaire d’origine ainsi que dans les villes avoisinantes, pas une fille sensée ne voulait de moi.  Il fallait que j’aille les chercher loin pour que ma réputation ne me précède pas.  Je suis donc allé vivre avec elle, chez sa mère, devenant du même coup montréalais.

(Mon immaturité prétentieuse m’a poussé à rompre quelques temps plus tard car je ne la trouvais pas assez bien pour moi, mais ceci est une autre histoire.)

Lorsque l’on commence la vie adulte, nos premiers emplois sont à la mesure de nos expériences de travail d’été d’adolescents et/ou de nos études. Dans mon cas personnel, contrairement à mes amis, personne ne m’a refilé un bon emploi pendant mon adolescence, à cause de la mauvaise réputation que me causait ma personnalité immature. Et je n’avais pas mon diplôme de secondaire. Par conséquent, rendu adulte, je ne pouvais que me décrocher des boulots minables et sans avenir au salaire minimum, comme plongeur de restos ou cuisinier de chaine de fast-food.  Le genre de travail qui garde son employé sous le seuil de la pauvreté.  Dans ce temps-là, on va habiter là où les loyers sont les moins chers, et si possible près de notre travail. 

C’est ainsi qu’en 1990, je me suis retrouvé dans le quartier Ville-Émard, à ce moment-là pauvre et mal famé, en tant que cuisinier de nuit dans un Dunkin’ Donuts.  Dès que mes dépenses incontournables du mois étaient payées, c’est à dire loyer, téléphone et épicerie, il me restait 9$ par mois.

Un commerce situé dans un quartier mal famé va forcément avoir à son emploi des habitants de ce quartier.  C’est-à-dire des gens à problèmes.  Problèmes d’alcool, de drogues, de jeu.  Problème psychologique.  Peu ou pas d’éducation, de logique, de débrouillardise, d’intelligence.  Repris de Justice.  Lâche, paresseux, négatif, défaitiste, dépressif. 

Quand tu es un jeune homme de 21 ans en manque affectif et sexuel, mais que tu es pauvre, laid, faible de corps et d’esprit, sans diplômes, que tu n’as que 9$ par mois pour tes loisirs, et que ton manque d’éducation fait que ceci est le summum que tu puisses atteindre, il ne faut pas s’attendre à ce que tu ailles ce qu’il faut pour plaire à une fille belle, intelligente, réfléchie, diplômée et qui a de l’avenir.  Déjà qu’elles sont introuvables dans le quartier pauvre où est situé le taudis que tu habites. Alors tu dois te contenter de celles qui restent.  Vulgaires, inéduquées, laides, grosses, droguées, sans avenir, avec problèmes légaux, psychologiques et comportemental. Et surtout, tout comme toi, tellement désespérées de plaire à quelqu’un qu’elles prendraient n’importe qui, en se foutant bien d’être compatibles au-delà de l’orientation sexuelle.

C’est facile à dire, que mieux vaut être seul que mal accompagné.  Mais quand notre choix se limite justement à être mal accompagné ou bien à passer le reste de notre vie seul, on finit par se résigner à devoir faire des compromis. 

Et c’est comme ça que je me suis retrouvé avec la seule qui a daigné s’abaisser à vouloir de moi: Kim, une grosse laide vulgaire dépensière compulsive avec problème de jeu, légaux, psychologiques et comportemental. Et tellement désespérée de se trouver un homme, et de le garder, qu’elle a lâché la pilule sans me prévenir, afin de me coincer dans cette relation via paternité imposée.  Et c’est ainsi que je suis devenu père, peu après mes 25 ans, sans être prêt financièrement ou émotivement à faire face à cette situation.

Oui, d’accord, j’ai été victime d’un coup de cochon.  N’empêche que si, plus jeune, j’avais eu la maturité de prendre mes études au sérieux, et si je n’avais pas brûlé mes ponts en tournant tout le monde au ridicule, alors je me serais trouvé une copine et un travail dans ma région d’origine. Jamais je n’aurais eu à aller habiter à Montréal, jamais je n’aurais travaillé à ce Dunkin’ Donuts, et jamais je n’aurais rencontré cette fille.  Donc, même si on ne peut nier que je suis la victime et que c’est elle qui a agi de manière malhonnête, il reste que ce qui m’arrivait-là, c’était les conséquences de mon immaturité.

Et c’est là que je n’ai eu d’autre choix que de prendre de la maturité.  J’ai amorcé une longue introspection pour trouver ce qui n’allait pas chez moi.  Je suis retourné aux études.  J’ai terminé mon secondaire et j’ai reçu mon diplôme.  J’ai poursuivi mes études au cégep en journalisme.

Au lieu de comprendre que je faisais ça pour pouvoir fournir une vie confortable à ma femme et à nos enfants, Kim a préféré s’imaginer que dès que j’aurai un bon travail, j’irais les abandonner.  Elle a donc tout fait pour saboter mes études, allant jusqu’à appeler la police pour me faire expulser de la maison sous de mensongères accusations de violence envers elle.  À 27 ans, j’ai eu à retourner vivre chez mes parents, maintenant à St-Hyacinthe.  Mon prêt étudiant était calculé pour une personne qui habite le quartier de son école.  Le transport quotidien maison-cégep a tout gobé.  Trois semaines avant les examens, il ne me restait plus rien pour payer le voyage.  J’ai dû interrompre mes études.

J’ai persévéré.  L’année suivante, j’habitais aux résidentes étudiantes du cégep et j’ai pu y poursuivre mes études.  Je m’y suis fait une nouvelle copine.  Camélia.  Belle, avec de l’avenir, et provenant d’une famille aisée avec un père riche avec des connexions partout. Peu après, je me trouvais un travail à La Boite, à m’occuper de la page web d’Air Canada, à $14.00 de l’heure alors que le salaire minimum était de $7.35. 

À 28 ans, est-ce que j’allais enfin commencer une vie adulte prospère et normale?  Eh non!  Maintenant travailleur, je dois rembourser mon prêt étudiant. Et puisque Kim est sur le BS, et que le BS c’est le Gouvernement, et que le Gouvernement cherche à couper dans les prestations autant que possible, ce sont eux qui me collent pour elle un max de pension alimentaire. Pension qui, du reste, ne leur rapporte pas un sou de plus, car le montant exact que je leur verse est retiré de son chèque de BS. Et tout ceci fait que je ne reçois que 36% de mon revenu brut. Ça signifie que même avec mon excellent salaire, il me reste encore moins d’argent pour vivre que lorsque je travaillais au Dunkin.  La seule chose qui me sauve, c’est le bas coût de mon loyer car je suis en colocation avec deux personnes.

Au début de la relation, les parents de Camélia m’appréciaient pour ma maturité.  Mais lorsqu’ils ont appris que j’étais père divorcé (ou l’équivalent), ils ont convaincu Camélia de me laisser tomber.  Car un père divorcé, ça n’aura jamais d’argent, ce qui signifie que ça sera elle qui devra me faire vivre.  Et pour aider sa fille à prendre cette décision, son père a usé de ses connexions de manière à me faire perdre mon emploi et à me ruiner financièrement et socialement, ce qui m’a fait plonger dans une terrible dépression.

Là encore, j’ai été victime d’un sale coup de cochon.  Mais là encore, si j’avais été plus mature étant jeune, je n’aurais pas subi cette paternité imposée, et ça n’aurait pas provoqué le père de Camélia à agir de la sorte.

Perdre mon emploi a eu ceci de bon : ça a annulé mon obligation de payer une pension alimentaire, chose que j’aurais eu à faire jusqu’à ce que la cadette de mes enfants aille 18 ans, 21 si elle poursuit ses études.  Je n’ai donc pas eu le choix : Tant et aussi longtemps que mes enfants n’étaient pas tous majeurs, je devrai renoncer à toute carrière pouvant faire de moi un homme prospère, sous peine d’être de nouveau victime d’abus financiers, et du harcèlement qui vient avec.  Dans de telles conditions, choisir l’option de rester pauvre, ce n’est pas de la fraude, c’est une question de survie.  Et surtout, c’est parfaitement légal.  De toute façon, que je paye ou non le centre jeunesse et la pension, ça ne changera rien du tout aux finances de mon ex, ni aux soins reçus par mes enfants.  Je serais juste puni pour avoir commis le crime d’avoir eu une ex qui a lâché la pilule sans m’en parler.

J’ai donc vécu ainsi, en simplicité involontaire, jusqu’en 2016.  À ce moment-là, j’étais rendu à 48 ans.  J’avais passé la moitié de ma vie, et la presque totalité de ma vie adulte, à être obligé par Kim et par la Loi à rester pauvre.

Je n’ai pas perdu tout ce temps-là à ne rien faire.  Tel que je l’ai décrit dans la majorité des billets de ce blog, j’ai beaucoup travaillé sur moi.  Sur ma personnalité, ma maturité, mon caractère, ma volonté, ma discipline. Sur mon alimentation, ma force, ma résistance cardio, ma santé.  Sur mon éducation et mon acquisition de nombreuses compétences dans divers métiers.  Sur mes choix de buts réalistes.  Ce n’est qu’à 48 ans que j’avais enfin ce qu’il faut pour me construire une vie d’adulte normal, faite de succès et de prospérité.

En théorie du moins. Car si du côté légal je n’ai plus rien qui puisse m’empêcher de réussir ma vie, mon passé d’immature continue encore et toujours à me faire obstacle au niveau social, financier et amoureux.

Et quel est le lien entre les mauvaises décisions que j’ai prises avant mes 25 ans, et le fait que ma vie est encore et toujours un chaos d’instabilité qui m’oblige sans arrêt à recommencer ma vie à zéro?  Simple : Vous vous rappelez lorsque je disais, plus haut dans ce billet, qu’un homme de mon âge, avec ma maturité et ma personnalité, c’est supposé avoir une longue carrière, un bon revenu, un véhicule, une propriété?  Eh bien moi, je n’ai rien de tout ça.  Mieux encore : Avec absolument rien de bon à mettre sur mon CV, il a fallu que je recommence tout en bas de l’échelle, en devenant d’abord gars de ménage dans un garage de bus, avant de devenir concierge, puis surintendant.  Hélas, et c’est quelque chose que tous les médias nous rapportent depuis plusieurs années, si en vingt-cinq ans le salaire minimum a doublé, le coût de la vie en revanche a presque quadruplé.  Ce qui fait que là encore, à 48 ans, j’ai commencé ma vie adulte en gagnant tout juste de quoi survivre.

Comme si ça ne suffisait pas, mon année et demie de chômage de 2015-2016 m’a endetté de $10 000.00 (Une marge de crédit que ma banque m’a offerte à 3.5% d’intérêts afin de payer ma Visa qui elle me chargeait 19.9% d’intérêts), une dette qui perdure à ce jour et que je n’ai jamais été capable de régler.  J’ai déjà réussi à la baisser à $7 500.00, mais quelques imprévus m’ont obligé à aller re-piger dedans.

Comme je l’ai souvent écrit ici, j’ai passé les neuf dernières années à me trouver du travail, y rester un an ou deux, utiliser cette expérience pour me trouver un meilleur travail à meilleur salaire, et recommencer cette manœuvre pendant un an ou deux. Ce qui m’a permis de grimper peu à peu les échelons de carrières, sociaux et financiers.  Avouez que ça démontre débrouillardise, intelligence, persévérance, et surtout d’une grande capacité d’adaptation.

Hélas, à un âge où les hommes avec mes capacités ont une longue carrière derrière eux, les efforts et manœuvres que je fais pour sans cesse améliorer mon sort ne me font pas trouver grâce aux yeux de la population en général. Ils n’y voient pas de l’évolution. Ils n’y voient pas du progrès. Tout ce qu’ils voient, c’est de l’instabilité.

Imaginez que vous êtes une femme dans mon groupe d’âge.  Vous avez une longue carrière, un revenu confortable, des économies, un véhicule et une propriété.  Est-ce que vous allez vous mettre en couple avec un gars comme moi, pauvre, endetté, qui change sans cesse d’emploi et d’adresse? 

Surtout que, comme je le dis plus haut, quand un homme de mon âge vit une situation comme la mienne, c’est parce qu’il a des problèmes légaux, psychologiques, comportemental, de jeu ou de consommation. Moi, non seulement n’ai-je rien de tout ça, j’ai tout pour réussir. Alors les gens ne comprennent pas pourquoi quelqu’un comme moi a une vie comme celle-là.

Et c’est ça qui fait qu’aux yeux des gens normaux, je suis bizarre. Et les gens bizarres, on s’en méfie. Je ne sais plus compter le nombre de fois où j’ai entendu à mon sujet des variantes de « Il a sûrement un problème, c’est juste qu’il cache bien son jeu », ou alors « Personne ne peut vivre ce qu’il a vécu sans que ça laisse des séquelles psychologiques. C’est sûr qu’il est une bombe à retardement, prêt à exploser sans préavis a la première contrariété. » Et en se méfiant de moi de la sorte, les gens bien se tiennent loin de moi. Et puisque ce sont les gens bien qui ont le contrôle sur tout ce qui est bien, socialement comme financièrement, ça ralentit mon évolution dans ces domaines. Quand ça ne va pas carrément l’empêcher..

Rajoutons à ça que, comme me l’a fait remarquer ma BFF Stéphanie, à l’âge où nous sommes rendus, les gens biens sont déjà tous casés depuis longtemps.  Si on veut être en couple, on doit se contenter des restants : Mères monoparentales, hommes ruinés par le divorce et la pension, ou alors des gens à problèmes. À problèmes légaux, psychologiques, comportemental, de jeu ou de consommation.  Le genre de personne qui, lorsqu’ils partagent notre vie, sabotent nos progrès car ils tiennent à nous garder au même niveau qu’eux.

Un niveau au-dessus duquel j’ai passé les derniers 28 ans de ma vie à tout faire pour m’élever.

Et c’est ça, la raison pour laquelle ma vie est un tel chaos.  C’est le fait que je suis pauvre et endetté à 52 ans, sans autre possessions que la base.  C’est le fait que je saute d’une opportunité d’emploi à l’autre.  Et c’est le fait que, malgré que je sois sérieux, mature, réfléchi, logique, sobre, positif, courageux, vaillant, tenace, et en meilleure forme physique que la majorité des hommes de de mon âge, je n’arrive à plaire qu’à des femmes à problèmes qui se mettent de la partie en tentant de m’empêcher de mener une vie normale, et qui vont jusqu’à mentir dans le but de m’expulser de notre appartement, alors que je suis de retour aux études dans le but d’améliorer notre sort. C’est ce que j’ai vécu à l’automne de 1996, et c’est ce que j’ai vécu en juin 2020. Mais cette fois, au lieu de retourner chez mes parents à St-Hyacinthe et ainsi devoir interrompre mes études, j’ai préféré rester dans la région, d’abord en squattant une cabine de motel abandonné, avant d’aller m’installer de façon pas très légale dans un locker d’entrepôt.

Je m’étais bien aménagé, quand même.

Itinérant pendant 40 jours sans raison pertinente de l’être. Raison de plus pour donner à un homme la réputation de « bizarre », de « personne à problèmes qui cache bien son jeu« , donc de « gars de qui il vaut mieux se méfier. » Quand tout le monde croit ça de toi, ils contribuent à te garder là-dedans, et tu reste coincé dans un mouvement perpétuel dans lequel il est quasiment impossible de sortir.

Et ça, ça reste encore et toujours causé par l’effet domino amorcé par ce manque de maturité qui m’a fait prendre de mauvaises décisions avant mes 25 ans. Et c’est pour ça que jusqu’à maintenant, malgré tous les efforts que j’y mets, ma vie demeure chaos, instabilité et simplicité involontaire.

Ceci étant expliqué:

Dans trois ans (ou moins), j’aurai enfin une vie normale à la mesure de la moyenne des hommes de mon âge.  Comme je vous l’expliquerai un jour si je finis par conclure ma série Préposés aux maléficiaires, j’ai enfin fini par décrocher mon emploi de rêve.  Depuis maintenant un mois, je suis préposé dans une résidence privée pour personnes âgées, qui n’a que 18 résidents.  Et il se trouve que je suis beaucoup plus compétent dans ce poste que dans tous mes autres emplois précédents réunis.  L’ambiance est chaleureuse et positive.  Je suis apprécié par tous, autant la direction que les collègues que les résidents.  On est surpris à quel point j’ai appris vite et bien toutes les facettes de mon travail.  La direction a déjà confiance en moi et en mes capacités au point où, après trois semaines, on m’a laissé de garde de nuit, seul, chose qui d’habitude prend de deux à trois mois.  Et le plus beau, c’est que j’ai le genre d’horaire que j’ai toujours souhaité.  En trois jours, je fais mes 37.5 heures par semaine, ce qui me laisse quatre jours par semaine pour mes projets et loisirs.  Et je me suis trouvé un 1½ à coût ridiculement bas, électricité et internet fourni, à huit minutes à pied de mon travail. 

Grâce au salaire et à la Prime Covid du Gouvernement Legault, je gagne presque le double de mon salaire précédent, qui était le meilleur que j’avais eu jusque-là.  Ce qui fait que je reçois en ce moment 4.5 fois plus que ce que j’ai à dépenser pour vivre.  Non seulement suis-je dans la meilleure situation financière de ma vie, j’aurai remboursé la totalité de ma dette à la RBC d’ici à juin 2021.  À partir de là, si je continue à vivre modestement, alors à l’automne de 2023, j’aurai une longue carrière stable, des économies et des placements. À ce moment-là, je pourrai enfin, comme un homme de mon âge, obtenir du financement bancaire pour un véhicule et/ou une propriété. Et là, enfin, aux yeux de tous, je vivrai la situation normale d’un homme normal. Et plus personne ne va se méfier de moi, ni contribuer à me remettre dans la misère qui fut mienne durant toute ma vie jusqu’à maintenant, et qui le sera jusqu’à mes 55 ans.

En attendant que ça arrive, vivre aussi modestement alors que je gagne autant, ça me fait maintenant passer pour un grippe-sou. Je ne plaisante pas, on m’a posé la question. Et puisque pour chaque personne qui pose une question ou fait un commentaire, il y en a de 50 à 100 autres qui pensent la même chose sans le dire, alors voilà, nouvelle raison pour pour les gens normaux de se méfier de moi et m’empêcher d’évoluer.

Mais bon, peu m’importe de ne plus pouvoir avancer, puisque j’ai finalement atteint un point où ma carrière et mes finances sont élevées, stables et sécurisées. Encore trois ans de patience, et plus jamais les mauvaises décisions de mon passé d’immature ne pourront m’empêcher d’avoir une vie normale, ni de la partager avec une femme bien.

Parce que , je vivrai enfin sur la même planète que tout le monde.

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Y’A LIENS LÀ:
Toutes les références que l’on retrouve dans ce billet.


La longue introspection que j’ai faite porte un nom: Autopsie du Loser.

Je m’en suis guéri, tel que l’on peut voir dans cette série de 14 billets intitulés Pas obligé de rester loser. (Cette page les montre à-rebours.)

La super-longue saga en 11 parties qui raconte mon retour aux études, ma rupture avec Kim, ma relation avec Camélia, mon travail à La Boite, et comment mon beau père a usé de son influence pour me faire tout perdre et me faire tomber en dépression. GM = Général Menteurs. (Cette page les montre à-rebours.) Ou alors, vous pouvez commencer par le premier billet de cette série.

Sinon, le plus court billet qui puisse expliquer pourquoi Kim et le père de Camélia ont travaillé fort pour s’assurer que je reste dans la misère, c’est le onzième : L’allergie aux changements.

Non seulement ai-je observé Le réflexe compensatoire, j’ai l’appui de recherches scientifiques sérieuses.

Au début de ce texte, je parle de Marie-France, ma copine de mes 21-22 ans, une jeune fille très bien, jolie, sérieuse et tout. Mais après avoir rencontré Christine, je ne la trouvais plus assez bien pour moi.

Par trois fois, j’ai prouvé, devant toute la classe, que les profs disaient des stupidités. Ça m’a valu L’étoffe des zéros.

À la fin de mes 26 ans, voici Comment j’ai appris que je n’étais pas un humoriste.

Nous sommes tous la génération décevante de nos ainés

Je me permet d’interrompre ma série Préposés aux maléficiaires car aujourd’hui, l’options Souvenirs Facebook m’a ramené à un long texte que j’avais divisé en un statut et quelques commentaires il y a deux ans. Réalisant qu’il y avait là matière à billet de blog, j’ai fait quelques ajustements pour le mettre à jour, et le voici.

À 52 ans, je suis enfin rendu à cet âge où beaucop de gens de ma génération rabaissent la génération suivante, pour la simple et mauvaise raison que celle-ci ne vit pas selon des principes semblables à la mienne. Alors, en réponse à…

Cette génération n’est pas « fragile », vous êtes juste frustrés parce que vous ne pouvez plus vous montrer ouvertement homophobes / transphobes sans vous faire rabrouer.

Ben non, ce n’est pas pour ça qu’on dit que cette génération est fragile. Je vais vous le dire, moi, les vraies raisons de pourquoi on dit ça.

Si on dit que cette génération est fragile, c’est parce que quand on change l’heure, il leur faut un arrêt de travail payé de six semaines, quatorze séance de psy, quatre mois de prescriptions de Lexapro, Cipralex, Sipralexa et Seroplex, et six mois de luminothérapie pour s’en remettre.

Cette génération est fragile parce qu’ils ne se nourrissent que de restos, de livraison ou de plats congelés déjà prêts, pour se plaindre ensuite du coût de la vie qui les oblige à vivre dans un placard. S’ils faisaient l’effort d’apprendre a cuisiner, ça leur coûterait 2,5 fois moins cher pour bouffer, et ils pourraient se payer un appartement plus grand. Calculez vous-mêmes: 750$ de resto contre 300$ d’épicerie = 450$ d’économies par mois. En cette époque du 200$-la-pièce, faire l’effort de cuisiner signifie un appartement de 2 pièces de plus. Ou mieux encore: Un appartement pour toi tout seul, sans colocataires.

Cette génération est fragile car elle abuse du snooze.

Allez, encore cinq minutes. (Répéter de deux à huit fois)

Si tu trouves ça pénible, de te faire réveiller le matin, pourquoi est-ce tu fais exprès pour multiplier cette mauvaise expérience de deux à huit fois, quotidiennement? ELLE EST OÙ, LA LOGIQUE?

Tiens, dans le même ordre d’idées que la cuisine, j’ai fait un petit calcul: Un pot de café, une boite de sirop d’érable et un 4-litres de lait = 20$. Avec ça, je me fais de 20 à 25 litres de café glacé à l’érable. Vous avez combien de café glacé trop sucré de chez Starbuck pour le même prix? Trois? Ça fait quoi comme quantité, un litre et demi?

Les commerce l’ont bien compris, eux, que vous êtes une génération tellement molle que vous êtes prêts à payer le gros prix, pourvu que l’on fasse les choses à votre place. Et aussi que l’image, la beauté, est importante, donc que vous débourserez aisément quelques dollars de plus pour qu’un barista vous fasse un joli p’tit dessin dans votre mousse de café, qui ne survivra pas quinze minutes.

Cette génération est fragile car elle préfère aller attendre vingt minutes pour un déjeuner au Tim Horton + le temps de le manger, parce qu’elle n’a pas le temps de prendre les quinze minutes requises pour se le préparer et le manger chez soi.

Un conseil: Lâche le snooze et tu vas l’avoir, le temps.

Il y a douze ans, pour mes 40 ans, j’ai pensé me faire tatouer sur un côté de la poitrine les mots « Courage, Ténacité, Sagesse », à l’envers, pour pouvoir les lire dans le miroir. Puis, je me suis ravisé. Je suis parfaitement capable de vivre ma vie selon ces principes, sans avoir à me les écrire dessus pour m’en rappeler. Il y a quelques années, j’ai vu une femme dans la vingtaine, qui s’était fait tatouer « Rêve, Espoir, Chance »… Le mien parle de mettre l’effort physique et logique pour faire de quoi de sa vie. Le sien parle juste d’attendre que tout lui arrive sans efforts.

Mais moi, je suis d’une autre génération. Pas un Millénial. Pas un Boomer. Je suis l’entre-deux. La Génération X. Et en tant que tel, j‘ai passé ma vie à me faire rabaisser, me faisant traiter de faible, de sans-coeur, de paresseux, de mou, de lâcheur, de gars qui recherche toujours la voie facile, et ce de la part de mes ainés, les Boomers. Pourtant, considérez ceci:

Il y a 27 ans, alors qu’une paternité non-prévue (de mon côté, du moins) ne me laissait plus assez d’argent pour vivre, pendant un mois et demi, j’ai eu deux boulots simultanés de pâtissiers à temps plein dans deux Dunkin’ Donuts différents, l’un de jour, l’autre de nuit. Mon appartement n’était plus qu’un dortoir.

Il y a 26 ans, alors que tous mes amis avaient leurs permis de conduire depuis dix ans, tous payés par leurs papas pendant les vacances d’été dans les rues calmes de St-Hilaire / Beloeil / Otterburn Park, j’ai ramassé chaque sou pour apprendre à conduire en plein hiver dans Montréal, le soir au gros trafic, tout en travaillant à temps plein.

Il y a 24 ans, au lieu de brailler que mon manque de diplôme de 5è Secondaire me condamne à des boulots chiants et cul-de-sac de lavage de vaisselle et de préparation de fast-food au salaire minimum, je suis allé aux cours aux adultes pour finir mon secondaire. Oui, malgré ma dyscalculie, j’ai fait l’effort de ne me ne concentrer que sur ces deux ans de maths qui me manquaient pour avoir mon diplôme. Et je l’ai obtenu.

Il y a 22 ans, alors que le harcèlement moral au travail était encore légal, j’y ai eu tellement droit que j’en ai fait une dépression qui m’a amené à l’hôpital psychiatrique Douglas. Après un séjour et une foule de tests et de consultations, on m’a prescrit des médicaments. Je les ai pris pendant quatre jours avant de les foutre aux poubelles. Me faire droguer pour être capable d’accepter de me faire abuser avec le sourire? Pas question! Ce n’était pas moi le problème, c’était lui. Je me suis pris en main, je l’ai traîné en justice, et j’ai gagné.

Il y a 17 ans, en me voyant de plus en plus grossir, à en avoir le corps en forme de quille, j’aurais pu prendre la voie facile et devenir défenseur de la Fat Pride. À la place, je me suis levé, je suis allé au gym, et j’ai appris à mieux m’alimenter.

Il y a 12 ans, je lâchais Safarir après une 3e diminution de salaire, puisque ça me rapportait maintenant trop peu pour vivre. Je ne savais rien faire d’autre que des arts. Alors j’ai commencé en bas de l’échelle: Faire du ménage dans un garage de bus. Et le taux d’absentéisme parmi mes collègues était si haut que, en étant seul gars fiable de la place, je faisais 2-3 quarts de travail doubles par semaine, et je travaillais souvent des 10-12-15 jours de suite.

Il y a 11 ans, je me mets à la course à pied, activité physique dans laquelle j’ai été le plus nul de toute ma vie. Le premier jour, j’ai fait 200 mètres avant de tomber épuisé-mort, les poumons en feu. Quatre mois et demie plus tard, je faisais 5.2 km non-stop.

Il y a 9 ans, alors que je m’entraînais pour le marathon, foudroyante fasciite plantaire double, me permettant à peine de marcher, m’interdisant le marathon pour toujours.

Est-ce que j’ai fait une dépress’-à-pilules, de voir mon but dans la vie être détruit? Non! Je me suis ajusté à cette nouvelle réalité: J’ai renoncé au marathon, certes, mais maintenant, pour garder la forme, je cours pendant l’hiver, dans la neige, ce qui élimine l’impact. Et l’été, c’est vélo et trampoline.

Il y a 8 ans, je constate que mon travail au garage de bus est abusif et cul-de-sac. Est-ce que je suis resté là à chialer? Non! J’ai utilisé cette expérience pour me trouver un boulot de concierge résident. Je ne sais rien du travail de concierge? J’y ai appris la menuiserie, la plomberie et l’électricité.

Il y a 7 ans, je rencontre la fille parfaite pour moi, bien qu’elle soit de 20 ans ma cadette. Je lui fais des avances. Elle recule. Est-ce que je pars en drama-queen comme quoi elle me friendzone et que dans de telles conditions j’aime mieux prendre mes distances? Du tout! Je l’apprécie pour ce qu’elle est, en tant que personne et en tant qu’être humain, et non parce qu’elle a un vagin. Deux semaine plus tard, c’est elle qui me drague, et on a été ensemble les 4 années suivantes.

Il y a 6 ans, j’ai lâché la conciergerie dans un vieil édifice, pour un poste de surintendant dans une tour à condos de l’Île-des-Soeurs. Mauvaise idée car l’horaire, la quantité de travail et la direction étaient super abusives. On parle de 60 à 80 heures de travail par semaine. Et contrairement au garage de bus, j’avais un salaire fixe qui ne payait pas le temps supplémentaire. Et en 6 mois, j’ai eu un seul jour de congé: Noël. J’ai laissé tomber et je suis parti à la recherche d’un nouveau boulot.

Il y a 5 ans, je me suis retrouvé en chômage pendant quinze mois, à Hochelaga. Tous ces efforts pour me retrouver là. Ai-je déprimé? Ai-je renoncé? Du tout! Je me suis inscrit à un programme de création d’entreprise. Mon projet de buanderie a été approuvé à tous les niveaux.

Il y a également 5 ans, mon appartement est envahi par les punaises de lit, et le proprio ne fait rien pour régler le problème. Je n’ai pas perdu la tête ni le sommeil. Je ne me suis pas contenté de me plaindre contre ce nouveau problème non-mérité qui me tombait dessus. J’ai fait des recherches, j’ai appliqué les solutions, j’ai été patient et logique. Et en partant de là, j’y ai juste laissé les tapis, le lit et le divan, tout le reste a été sauvé.

Il y a 4 ans, impossible d’obtenir du financement pour ce projet de buanderie sur lequel j’ai tant travaillé. Je n’ai pas perdu de temps à chialer contre l’injustice des autres. Je suis retourné en conciergerie, cette fois dans une usine de portes et fenêtres. Bon salaire, horaire fixe, pas trop loin de mon appartement. Mon meilleur travail jusque-là.

Il y a 2 ans et 10 mois, suite à une chute dans les escaliers verglacés, je me pète une vertèbre entre les omoplates. Ce qui m’empêche de faire du travail manuel. Est-ce que je me suis mis en boule dans un coin en délirant à un psy comme quoi la vie et le destin n’arrêtent pas de me saboter à chaque tournant, s’arrangeant pour que je ne puisse jamais gagner ma vie, malgré tous les efforts que j’y mets? Et pis quoi encore!? J’ai utilisé le côté support technique de mon expérience de conciergerie pour me trouver un travail de bureau avec les meilleures conditions de travail de ma vie jusque-là, à Sherbrooke où le coût de la vie est le moins cher au Québec.

Et encore, attendez que je vous raconte mon année 2020 dans un billet futur. Cinq déménagements, la fin de mon couple, quarante jours d’itinérance, un retour aux études, un boulot avec des conditions abusives, couronnées par un renvoi. Tout ça pour m’arranger ensuite pour finir l’année en beauté en tant que préposé dans une résidence pour personnes âgées semi-autonomes. Et encore une fois, il s’agit d’un boulot meilleur que tous mes boulots précédents. Mes meilleures conditions de travail, mon meilleur horaire, avec mon meilleur salaire, à vie.

Et mon but, d’écrire tout ça? Oui, me vanter, je ne le nierai pas, c’est pratiquement tout ce que je fais depuis que ce blog existe. Mais je me sens justifié, du fait qu’à chaque fois que la vie m’a envoyé un coup de pied sur la gueule, j’ai roulé avec le coup, j’ai changé de direction, mais j’ai continué d’avancer, au lieu de rester là à brailler en attendant / espérant que l’on prenne soin de moi. J’ai ouvert de nouvelles portes, au lieu de m’écraser devant celles qui m’étaient désormais fermées.

Mais aussi, rappelez-vous, au début, quand je disais que j’avais passé ma vie à être rabaissé, toujours accusé d’être un faible constamment à la recherche de la solution facile. Eh bien sachez que je subis encore ça, de la part de gens de la génération qui a précédée la mienne. Des gens qui considéraient que d’avoir lâché le travail manuel pour une job de bureau mieux payée avec de meilleures conditions de travail, c’était un signe comme quoi je ne suis pas trop-trop vaillant. Et que d’être passé de Montréal à Sherbrooke, c’était fuir mes problèmes.

Et que d’avoir lâché tout ça pour revenir dans ma Montérégie d’origine? Ce qui m’a rapporté mon travail actuel dans lequel je suis apprécié de tous, collègues comme résidents? Où je suis nourri gratuitement? Dans lequel j’ai un horaire génial où je fais mes 37,5 heures en trois jours, ce qui me laisse quatre jours de temps libre par semaine? Qui me rapporte en salaire net le double de ce que je gagnais à mes quatre boulots précédents, depuis 2011? À six minutes à pied de mon nouveau chez-moi? Un chez-moi à loyer ridiculement bas, avec électricité et internet fourni? Moi j’appelle ça de l’évolution. Eux appellent ça de l’instabilité.

Peu importe ce que vous allez faire dans la vie, vous allez toujours vous faire rabaisser par quelques représentants de la génération d’avant. C’est inévitable. Alors, comme moi, faites de votre mieux, et fuck le reste!

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Une précision et quelques lien.

Au sujet du fait que j’ai dit non aux médicaments.
Je ne prétends pas que tout l’monde est capable de s’en passer. Ma dépression était due à une source extérieure. Une fois la source partie, je suis revenue à la normale. Ou, devrais-je dire, à ma normale personnelle qui, je le sais très bien, n’est pas celle de tout le monde.

Au sujet de mes prises et perte de poids.
Il y a ici mon témoignage d’un ex-gros.

Au sujet de mon entrainement pour le marathon, suivi de ma fasciite plantaire.
Le billet Dans l’espoir d’un marathon, décrivant mon premier mois d’entrainement.
Le billet Quatre mois d’entrainement: Le résultat
Le billet Rouler avec les coups, expliquant pourquoi j’ai gardé le moral malgré ce handicap.
Enfin, dans Anecdote de course, je montre comment la police peut nous trouver louche lorsque l’on est un coureur sans en avoir l’air.

Au sujet de cet accident qui m’a fendu une vertèbre.
Voici le premier de quatre billets intitulés Le jour où tout a basculé.

Au sujet du harcèlement au travail qui m’a mené à la dépression.
J’ai plusieurs billets de blog à ce sujet, le premier étant ici, au milieu de la série Général Menteurs.

Les conséquences de la conflictuodépendance

Voilà un bon moment que je n’avais pas parlé des conflictuodépendants. Il s’agit de gens qui souffrent d’une estime de soi aussi basse que profonde, souvent à cause d’une enfance et adolescence dans laquelle ils ont été constamment rabaissés par leur entourage.  Ils sont complexés, en général parce qu’ils sont ou bien obèses, laids, faibles, pauvres, de mauvaises familles, et/ou toute autre raison qui puisse nous attirer les moqueries et le mépris social. 

Devenus adultes, trop lâches pour être capables de travailler sur leurs problèmes et les régler, ils ont recours à la seule option qui est à leur portée afin de se sentir mieux avec eux-mêmes : Tenter de rabaisser les autres plus bas qu’eux. Ainsi, puisque leur bien-être moral dépend des situations de conflit, ça fait d’eux des gens conflictuodépendants.

Je vais vous présenter une situation potentiellement négative, tirée de ce que je vis en ce moment.  Puis, je comparerai deux réactions : Celle de la personne confluctuodépendante, et celle de la personne normale.

LA SITUATION.
Je déménage bientôt pour retourner dans ma Montérégie d’origine. Habitué d’être membre au gym de la chaine Éconofitness, j’ai cherché sur Google pour voir s’il y en avait dans la région. J’ai été déçu de voir que non. Par contre, il y en a une dizaine d’autres.  Deux appartiennent à des chaînes bien connues, soit Énergie Cardio et Nautilus Plus, tandis que les autres sont des gyms privés ou indépendants.

Seconde déception : Si les chaînes affichent clairement leurs tarifs (avant taxes), les gyms indépendants ne disent pas un mot sur le sujet. Ils utilisent des termes comme tarifs avantageux, ainsi que forfaits économiques. Mais à part ça, pas un ne daigne afficher ses prix.

J’ai cru avoir trouvé une exception en constatant que la page web de l’un d’eux avait une sections FRAIS ET TARIFS. J’ai déchanté en y cliquant. Au lieu d’y trouver une grille tarifaire, on a plutôt droit à ce texte :

« Ici, chez HE’S DEAD, GYM! Nous croyons que la qualité d’une salle d’entrainement sérieuse se mesure à l’équipement fourni, à l’ambiance générale de l’endroit, à la courtoisie du personnel, et la propreté des lieux. C’est la raison pour laquelle nous ne donnons nos tarifs ni sur le net ni par téléphone. »

Lire ceci m’a allumé une alarme dans la tête. Je sais par (mauvaise) expérience qu’il y a deux raisons pourquoi un commerce va refuser de dire franchement ses prix dès le départ.

RAISON 1 : C’est très onéreux. Dans ce temps-là, le commerce fragmente le produit, chaque partie ayant son tarif qui lui est propre. Par exemple, une automobile sera divisée ainsi : Le produit principal qui est l’auto elle-même, Puis, les options, c’est-à-dire les pneus, l’antirouille, l’antivol, les assurances, etc. Évidemment, puisqu’il est impossible de rouler sans pneus et illégal de le faire sans assurance, et que les assurances vont t’obliger à prendre l’antivol et l’antirouille, on n’a d’autre choix que d’acheter ces options et on ne sait jamais combien on paie avant les toutes dernières secondes, soit lorsque vient le moment d’apposer notre signature sur le contrat. Et à tout coup, c’est beaucoup plus cher que l’on espérait.

RAISON 2 : Leur but premier est de vous soutirer le plus d’argent possible. Pourquoi se contenter de charger $100 pour un produit si le client a les moyens d’en payer $2000? Voilà pourquoi, au lieu de vous dire leurs prix, la première question qu’ils vont vous poser est « Quel est votre budget? » Et à chaque fois, non seulement on ne vous vendra pas ce qui vous convient, ça va vous coûter entre 60% et 110% de plus que la limite que vous aviez pourtant établie en répondant à cette question.

Je me suis fait avoir deux fois de cette manière. La première fois pour un vélo. La seconde pour un système de son. Je me suis juré qu’il n’y aurait pas de 3e fois. Aussi, lorsque je me fais poser cette question, j’ai maintenant la réponse parfaite : « Mon budget, c’est : Voir ce que vous offrez, voir combien ça coûte, et voir si ça me convient. »

Bref, lorsque j’ai lu le texte au sujet de la tarification chez He’s Dead, Gym!, j’ai compris immédiatement que s’inscrire là coûte beaucoup plus cher que chez Nautilus Plus ou Énergie Cardio. Parce que si c’était le contraire, ils n’auraient pas peur de le dire.

LA RÉACTION D’UNE PERSONNE CONFLICTUODÉPENDANTE.
D’instinct, il reconnait une situation dans laquelle il peut confronter l’autre sur son hypocrisie et avoir raison contre lui.  Dans son besoin vital de rabaisser autrui plus bas que lui, il ne peut pas laisser passer une telle opportunité. Prévoyant se rendre à ce gym pour les confronter, il réfléchit au sujet de tout ce que le gym pourrait lui dire.  Et à chaque phrase potentielle, il planifie d’avance de cinglantes répliques.

GYM : « Bienvenue chez He’s Dead, Gym!  Comment puis-je vous aider?»
LUI :
« J’aimerais connaître votre grille tarifaire pour vos différentes options. »

GYM : « Ça dépend! Quel est votre budget? »
LUI: « Ah bon!? Dès le départ, la première chose qui vous intéresse, c’est mon argent?  Donc, dans le fond, ce que je recherche, de quoi j’ai besoin, ça, vous n’en avez rien à chier. »
GYM : « Oui mais je ne peux pas savoir ce à quoi vous avez droit si je ne sais pas combien d’argent vous êtes prêt à investir. »
LUI : « Quoi, vous travaillez ici, et vous ne connaissez même pas les prix de vos propres services? Est-ce que je pourrais parler à quelqu’un de compétent qui connait son travail? »
GYM: « C’est que nous offrons tellement de différents services qu’il me serait impossible de vous donner tous nos différents prix comme ça dès le départ. »
LUI : « Vous refusez de donner vos tarifs sur le net. Vous refusez de donner vos tarifs par téléphone. Et là vous refusez de donner vos tarifs en personne. J’ai jamais vu un commerce avoir peur à ce point-là de dire combien il charge. Du moins, pas un commerce honnête.»
GYM: « C’est que je dois savoir ce qui vous intéresse dans un gym.  Comme ça, je pourrai savoir quel forfait vous convient le mieux. »
LUI: « Ben oui, chose!  Tu veux tellement savoir ce qui m’intéresse, que ta première question est de me demander combien j’ai d’argent dans les poches. Est-ce que ça prend une formation en menterie et en hypocrisie pour travailler ici, ou bien c’est un talent naturel? »
GYM : « Écoutez!  Si on ne commence pas par fournir nos tarifs, c’est parce que justement, il y a trop de gens qui ne pensent qu’à l’argent.  Nous croyons que la qualité d’une salle d’entrainement sérieuse se mesure non pas à ses tarifs mais bien à l’équipement fourni, à l’ambiance générale de l’endroit et à la propreté des lieux. »
LUI : « Traduction : Tu as de l’équipement, de la musique, et tu laves les plancher. Comme tous les autres gyms de la planète, finalement. Ce qui en revient à dire que la seule différence entre ce gym-ci et les autres, c’est vos prix abusifs. Et vous le savez très bien qu’ils sont abusifs. C’est la raison pour laquelle vous avez besoin de prendre le temps d’essayer de les justifier, avant d’oser les révéler. Tu trouves pas que c’est manipulateur?  Tu trouves pas que c’est hypocrite? »
GYM : « Si ça ne vous convient pas, rien ne vous empêche d’aller vous abonner ailleurs. »  
LUI: « Attend!?  Tu dis que les prix ne me conviennent pas, mais en même temps tu m’as jamais dit les prix.  Wow!  Juste… Wow! »  (Aplaudit lentement.)
GYM : « Je ne vais pas perdre mon temps à dire nos tarifs à quelqu’un qui ne va pas s’abonner. »  
LUI: « HEIN!?  T’es capable de savoir ça, toi? 
Non seulement tu lis dans ma tête, mais t’es capable de voir le futur?  Pour vrai, là?  Tu te prétends vraiment télépathe et clairvoyant?   Sérieux, là, tu crois vraiment à ce que tu dis? Ok, wow!  J’ai déjà vu des gens qui n’ont pas les deux pieds sur terre… Mais être à ce point-là déconnecté de la réalité ça tombe dans le domaine du handicap mental.  As-tu déjà pensé à consulter un psychiatre?« 

Lorsque l’on pique quelqu’un au vif en le confrontant avec des preuves de son hypocrisie et du manque de logique de ses arguments, il est très rare que la personne ainsi acculée au pied du mur reste calme et posée.  Le confluctuodépendant le sait.  Voilà pourquoi il attaque l’autre sans répit en parsemant ses répliques d’insultes.  Il cherche à provoquer chez l’autre une contre-attaque violente.  Verbale bien sûr, mais physique serait encore mieux. 

C’est un comportement classique chez le conflictuodépendant, d’agresser quelqu’un pour le faire réagir, dans le but de se faire ensuite passer comme étant la victime de cette personne.  Et pour éviter que ça ne soit qu’un cas de sa parole contre celle de l’autre, il va même jusqu’à songer à acheter une caméra espion déguisée en stylo qu’il portera à la poche de chemise.  Comme ça, il pourra exposer sur le net le mépris, les insultes, les engueulades, les menaces, voire même les voies de fait, de l’employé / du gérant / du propriétaire de ce gym.

Qu’est-ce qui pousse un conflictuodépendant à planifier de transformer une manoeuvre tarifaire légale en conflit haineux et violent pour détruire la réputation d’un commerçant avec qui il ne voudrait même pas faire affaire pour commencer?  Comme tout le monde, les confictuodépendants se sont déjà fait avoir. Et bien qu’ils soient revanchards, ils sont trop lâches pour être capables de se battre pour obtenir justice contre ceux qui les ont vraiment lésés.  Ils vont donc rechercher activement des situations potentiellement semblables.  Ils vont ensuite provoquer eux-mêmes ces situations.  Ils cachent leurs motivations mesquines en appelant ça « Avoir un grand sens de la justice. » 

Qu’est-ce que ça lui rapporte de bien? La satisfaction morale d’avoir renversé les rôles agresseur-victime. La justification de savoir que sa cible l’aura bien mérité. La fierté d’avoir exposé publiquement un arnaqueur.  Et il se vante que, par ses actions, il va diminuer le nombre des victimes potentielles de ce commerce.

Qu’est-ce que ça peut lui rapporter de mal?  Ça, c’est une question sur laquelle les confluctuodépendants ne prennent jamais le temps de réfléchir avant d’agir. 

Par exemple, dans ce cas-ci, si on y réfléchit, on comprend aisément que la Montérégie est un de ces coins de pays peuplés de petites villes et de villages dans lesquels tout le monde connait tout le monde. Et c’est encore plus vrai depuis que nous sommes tous reliés par Internet. Un commerçant a forcément beaucoup d’amis et de contacts dans la communauté. Et pas n’importe qui.  Car s’il charge plus que ses concurrents, il attire forcément les citoyens plus plus aisés.  Donc les notables, les gens qui ont des connexions, les gens haut-placés, membres de la chambre de commerce, maires, députés… Et ces gens-là vont bien se foutre que le confluctuodépendant aille raison ou non d’agir ainsi.  Pour eux, il ne sera rien d’autre qu’une pauvre merde qui cherche à détruire la réputation et le commerce d’un de leurs amis, parents, conjoint, associé, etc.  Et tous ces gens n’hésiteront pas à le décrire comme tel dans tout leur entourage. En un rien de temps, le conflictuodépendant va devenir l’une des personnes les plus méprisées de la région. Une belle façon d’auto-saboter sa réputation, sa vie sociale et ses recherches d’emploi.  Pas la chose la plus brillante à faire quand ton but en déménageant est justement de refaire ta vie en mieux.

Et le plus aberrant, c’est qu’à la base, le confluctuodépendant a monté tout un plan digne d’un scénario de film d’espions, en n’ayant aucune preuve que le gym commencerait par lui demander quel est son budget.  Pour préparer une contre-attaque en prévision d’une attaque qui, pour autant qu’il le sache, n’arriverait probablement jamais, il faut être parano quelque chose de rare.

Et à l’inverse, il y a:

LA RÉACTION D’UNE PERSONNE NORMALE.
Je n’ai pas envie de payer plus cher pour les mêmes services que je peux trouver ailleurs. J’irai donc m’inscrire chez Nautilus Plus ou Énergie Cardio, qui eux affichent leurs prix.

Voilà!  Ça finit là! Pas de baratin.  Pas de pression.  Pas de facture plus élevée.  Pas de sentiment inconfortable comme quoi on me prend pour un con. Pas de frustration.  Pas de confrontation.  Pas d’insultes.  Pas de mépris.  Pas de mauvaise réputation.  Pas de conséquences négatives.  Pas d’ennemis.  Pas d’ennuis.

Bon nombres de conflits dans lesquels nous sommes mêlés n’existeraient même pas si nous ne les avions pas d’abord provoqués nous-mêmes.  Quand on se rend compte de ça, et que l’on prend le temps de réfléchir aux conséquences, alors on apprend à choisir nos batailles. 

Le principe de l’échec perpétuel

OU : Avoir des principes pour s’assurer de rester loser.

Vous savez, ces gens qui se plaignent toujours qu’ils n’ont pas de chance dans la vie. Et que dès qu’on leur donne une opportunité de réussir, ils déclinent pour des raisons stupides? C’est de ces gens dont il est question.

Lorsqu’il s’agit de réussite et d’échec, notre premier réflexe est de se comparer aux autres. Surtout lorsque l’on subit un échec là où un autre réussit. Et c’est normal.  C’est ce qui s’appelle apprendre de ses erreurs.  En voyant pourquoi ça a marché pour l’autre, ça nous aide à comprendre pourquoi ça n’a pas marché pour nous.  À partir de là, on fait ce qu’on a à faire pour améliorer nos chances de réussir dans l’avenir.

Hélas, ce n’est pas tout le monde qui agit comme ça.  Certains ont plutôt le réflêxe de prétendre qu’ils ont des principes.

Par exemple, pour un emploi. Cette personne a mis les mêmes efforts, voire plus d’efforts que l’autre, pour l’obtenir.  Il a les mêmes qualifications, voire plus de qualifications que l’autre.  Il a la même expérience, voire plus d’expérience que l’autre. Or, l’autre a la chance d’être le fils d’une personne influente, ou bien il a déjà des amis dans la boite. C’est donc lui qui a obtenu l’emploi.

Frustré et amer de cette injuste situation, la personne se dit : « Pfff! On sait bien! Il vient d’une famille influente, LUI! Il a des connexions, LUI! Il a une conjointe qui lui a signalé que le poste était offert, LUI! Facile de réussir dans de telles conditions. »  Elle a le réflexe de dire que, elle, au moins, elle a des principes. Lorsqu’elle réussira, elle aura la fierté de dire que ça aura été par ses propres moyens. Et c’est avec un mélange de mépris et de snobisme qu’elle répète à qui veut l’entendre : « Je ne suis pas du genre à toujours vouloir choisir la solution facile, MOI! »

Avec les années qui passent, que ce soit en amour, en argent, au travail, elle voit de plus en plus souvent des gens qui réussissent en utilisant des avantages qu’elle n’a pas.  Et à chaque fois, pour ne pas se sentir inférieure, elle prend ça avec une attitude hautaine et méprisante.  Elle les qualifie de tricheurs, de lâches, de paresseux, de mous toujours à la recherche de la solution facile. Bref : « Exactement le genre de personne que je ne voudrais jamais devenir! »

Évidemment, tout ceci n’est qu’un réflexe de survie morale. Quand on n’a pas de talent, pas de vaillance, pas de courage, pas de connexion, pas de débrouillardise, pas d’amis, ou du moins pas d’amis qui croient en nous et qui nous font confiance, alors il est en effet beaucoup moins dur pour le moral de se faire accroire que si on ne l’a pas facile, c’est parce que l’on a des principes. C’est moins déprimant que de regarder la réalité en face.

Le problème avec ce réflexe, c’est qu’il nous assure de ne jamais réussir. Parce que quand on parle sans cesse contre les méthode de réussite des autres, on se conditionne à mépriser ces méthodes. Alors quand une opportunité de réussite de ce genre s’offre à nous, notre premier réflexe est de la rejeter.

C’est quelque chose que j’ai vu beaucoup trop souvent chez les personnes qui développent des principes par réflexe de survie morale. D’abord elle se plaint que personne ne lève le petit doigt pour l’aider. Puis, un jour, miracle, un ami haut-placé dans une boite lui signale qu’il y a un emploi génial et bien payé disponible. Est-ce qu’elle va en profiter, pour une fois qu’elle a la chance d’avoir les mêmes opportunités que les autres? Du tout! Elle va répondre un truc dans le genre de : « Non, regarde, si je réussis, c’est parce que j’y serai parvenue par moi-même.  Si j’y arrive a cause de l’aide des autres, ça ne vaudra rien. »

Pourquoi un comportement aussi illogique?  Simple: Ça fait tellement d’années qu’elle gueule contre ceux qui utilisent leurs connexions pour avoir un emploi, elle ne va certainement pas se mettre à agir comme ces gens qu’elle méprise. C’est qu’elle a des principes, ELLE!

Dans l’expression solution facile, les gens normaux accrochent au mot solution et ils l’appliquent. Tandis que cette personne accroche au mot facile, et elle laisse son orgueil mal placé dire non à la solution.

Avez-vous remarqué qu’à chaque fois que les gens ont des principes, ils les utilisent toujours pour s’empêcher de réussir? Sérieusement! Observez-les et vous verrez. Jamais on ne voit leurs principes leur apporter du positif. Ça ne fait que leur créer des obstacles là où il n’y en avait pas, et ce à tout coup.

On développe le réflexe de se faire accroire que l’on a des principes, de manière à survivre moralement aux situations qui nous rendent loser. Et on finit par avoir le réflexe d’appliquer ces principes de manière à s’assurer de rester loser dans toutes les situations.

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YA LIENS LÀ

Dans le très long texte Autopsie du Loser, la section Dans sa morale et ses principes décrit comment son code d’honneur ne fait que lui faire obstacle et le saboter.

Toujours dans le thème de s’imposer des principes par réflexe de survie, celui-là va les abandonner aussi sec dès qu’il se retrouve face à une opportunité à laquelle il ne croyait jamais avoir droit un jour. Être bidon par réflexe de survie.

Une autre faille dans le concept d’aller refaire sa vie ailleurs

Au mois de mars dernier, j’ai écrit un billet de blog intitulé Se présenter comme étant l’inverse de ce que l’on est.  Si je le déplace ici aujourd’hui, avec ce nouveau titre et quelques modifications, c’est parce qu’il décrit très bien l’une des raisons qui fait foirer le concept d’aller refaire sa vie ailleurs.  Et cette raison est: On ne peut pas éternellement faire semblant d’être autre chose que ce que l’on est.

J’ai rencontré plusieurs personnes qui agirent ainsi.  Je n’en nommerai que quatre.

GENEVIÈVE, la coloc de l’enfer.
Le changement d’univers:  À 18 ans, elle est partie d’Abitibi pour aller vivre à Montréal.
La présentation : 
Elle a fui cette région pour venir à Montréal pour pouvoir enfin étudier et être elle-même, sans devoir subir le harcèlement constant de ses proches.  Elle a des relations tendues avec sa mère, distantes avec son père, et abusives avec son frère qui, bien qu’il soit de deux ans son cadet, la méprise et la maltraite. Elle a passé une partie de son adolescence en refuge pour jeunes filles abusées.  Elle n’a pas d’amis.  Elle est toujours jugée, méprisée, repoussée, sans raisons valables.
Le naturel qui revint au galop : Deux mois plus tard, et pour le reste du temps où elle était dans mon entourage, elle fut rabaissante, méprisante, violente, malhonnête, hypocrite, voleuse, calomnieuse, conflictuodépendanteBref, loin d’être la victime, elle était à 100% l’agresseur.   J’ai déjà écrit une longue série de billets à son sujet.
Le retour à l’expéditeur:  Après ses études, elle est retourné en Abitibi où elle a coincé un homme dans une relation en lâchant la pilule sans lui dire.  Aux dernières nouvelles, elle était tellement mère indigne que la DPJ lui a retiré la garde complète de sa fille cadette.

VICKY.
Le changement d’univers:
À 26 ans, elle est partie des Îles-de-la-Madeleine pour aller vivre à Sherbrooke.  
La présentation :
  Elle a fui un ex violent et rabaissant, et une famille manipulatrice.  Elle se montre tout de suite à moi comme étant une véritable Manic Pixie Dream Girl.  Il n’y a pas de traduction officielle pour cette expression, mais ce qui s’en rapproche le plus selon moi serait  « Fille de tes rêves, fée-marraine, survoltée. »   Dans les films, ce personnage apparaît de nulle part dans l’existence terne et ennuyante d’un homme pour transformer sa vie en lui apportant la joie de vivre par sa présence, son humour, ses compliments et les activités qu’elle concocte pour faire avec lui.  J’ai vécu exactement ça avec Vicky.  Dès le départ, elle dit qu’elle trouve que je n’ai pas vraiment vécu, et elle m’écrit une liste de 14 activités à faire ensemble.  Nous sommes vite devenus bons amis et complices.
Le naturel qui revint au galop : Au cours des trois mois qui ont suivi,
 Vicky s’est vite révélée comme étant une personne déprimée, négative, angoissée au point d’avoir besoin de prescriptions de médicaments.  Et elle traînait dans la boue nos collègues dans nos conversations sur Messenger, tout en leur étant amicale et chaleureuse en personne.  Elle a annulé tous nos plans de sorties et activités à la dernière minutes, sauf trois.  Et ces trois-là furent ennuyants et courts, puisqu’elle n’avait jamais la tête à ça, et elle les a interrompus.  Elle est le sujet de mon récent billet, Mon année 2019, 1 de 3, dans lequel je décris comment elle a porté son choix amoureux et sexuel sur un collègue que tout le monde savait violent et manipulateur. Elle-même manipulatrice, elle cessa aussitôt de me parler et tenta de me causer des problèmes au travail.  Ça s’est retourné contre elle lorsque tous les aspects de sa personnalité merdique furent exposés.  Elle s’est fait  renvoyer, et quatre autres collègues ont cessé de travailler là par sa faute.
Le retour à l’expéditeur:  La dernière chose qu’elle a dit à nos collègues avant de disparaître, c’est que maintenant que plus rien ne la retenait ici, elle repart aux Îles-de-la-Madeleine.

RHONDA
Le changement d’univers:
Un nouvel emploi.
La présentation : Femme de 50 ans et collègue lorsque je travaillais de nuit pour un garage de bus.  Elle se présente comme une bonne mère de cinq, catholique pratiquante, respectueuse envers les gens qui l’entourent, qui considère le sexe hors du mariage comme étant une aberration.
Le naturel qui revint au galop :
Au bout de trois semaines, elle commence à me parler de sa vie sexuelle avec son amant, avec qui elle n’est pas mariée.  4e semaine, elle m’envoie de subtiles invitations à se voir hors du travail.  Quant à l’évolution de ses paroles, eh bien…
6e semaine : 
« Ok, je vais faire un somme pendant la pause.  Profites-z-en pas pour me violer. »
7e semaine : « Tu sais, quand la fille est consentante, c’est pas un viol! »
8e semaine :« Si tu me laisse dormir une heure de plus, je te fais une pipe à mon réveil. »
À force de rester impassible ou à décliner ses offres, elle a fini par comprendre.  Elle a aussi viré en mode full bitch.  Parce que bon, c’est bien connu que l’enfer n’est rien comparé à la furie d’une femme repoussée.
Le retour à l’expéditeur:  Ses frustrations sexuelles la rendirent d’humeur tellement insupportable avec tout le monde qu’elle s’est fait renvoyer. 

MANON
Le changement d’univers:
Passer de Granby à Montréal, où elle s’est décroché un nouvel emploi.  Elle fuyait son lieu d’origine où, depuis l’école secondaire, quelques gars lui ont fait une très nuisible réputation de salope infidèle.
La présentation :
 Dès que l’on commence à travailler ensemble, elle se décrit comme étant en couple, fiancée, et de nature calme, sage et peu portée sur le sexe.
Le naturel qui revint au galop : Au bout d’un mois ou deux, elle me parle d’un ménage-à-trois qu’elle a vécu la veille avec un couple, sans son fiancé.  Et pour les quelques mois où nous travaillerons ensemble, elle ne cesse de me parler de sexe, me faisant des propositions malvenues, allant même jusqu’à m’agresseren s’arrangeant pour me faire passer pour le coupable aux yeux de nos collègues.
Le retour à l’expéditeur: 
Elle est retournée à Granby après que son conjoint lui ait montré la porte, après avoir appris qu’elle le trompait non-stop depuis le début de leur relation.

Et voilà pourquoi, dans leurs cas, leur nouvel univers s’est si vite écroulé.  Quand on se présente comme étant l’inverse de ce que l’on est vraiment, on attire des gens qui apprécient cette façade.  Alors lorsque cette façade s’écroule, ils ne reconnaissent plus en nous la personne qu’ils ont aimé.  Normal, puisque cette personne n’a jamais existé.  

Il est vrai qu’en théorie ça a l’air facile, de changer d’attitude.  Quand on va là où personne ne nous connaît, là où personne ne peut nous empêcher d’évoluer.  Ainsi, les gens qui changent d’univers ont souvent le réflexe de se présenter non pas comme ils sont, mais plutôt comme ils voudraient être.  Fonceurs quand ils sont angoissés.  Prudes quand ils sont obsédés.  Victimes quand ils sont agresseurs.  Intéressants quand ils sont ennuyeux.  Actifs quand ils sont sédentaires.  Or, changer pour le mieux, ça ne s’improvise pas.  Ça demande un long travail d’introspection.  Mais surtout, ça prend beaucoup d’honnêteté et d’humilité pour être capable de reconnaître soi-même ses propres défauts, et ça prend ensuite de la volonté et de la bonne foi pour être capable de vraiment changer.

 

La faille de base dans le concept d’aller refaire sa vie ailleurs

C’est un rêve classique: Insatisfait de la vie que l’on mène, on songe à partir.  Déménager vers une ville où personne ne nous connait, loin des situation et des gens qui nous ont toujours empoisonnés l’existence.  On se dit que de là, on pourra refaire notre vie, passant de loser à winner, de méprisé à respecté, de rejeté à aimé. 

Alors que la majorité vont se contenter d’en rêver, il y en a qui vont vraiment tenter l’aventure.  D’après ce que j’ai pu constater autant par observation que par expérience personnelle, leur nouvelle vie passe généralement à travers les quatre étapes suivantes.

1ère ÉTAPE : l’émerveillement de la découverte.
Nouvelle ville, nouveau quartier, nouvel appartement, nouvelle école et/ou nouveau boulot, ce qui nous amène les nouveaux voisins, nouveaux collègues et/ou camarades de classe.  Tout est beau, la vie est pleine de promesse, l’avenir s’annonce bien.

2e ÉTAPE : La lune de miel.
Sans personne pour nous surveiller et nous imposer sa loi, on peut enfin agir à notre guise. On change d’attitude.  On est fonceur.   Et ici, on possède quelque chose que l’on n’avait pas là-bas : Le charme de la nouveauté.  Par conséquent, les autres s’intéressent à nous et nous approchent.  Les voisins sont polis et affables.  Le patron et/ou les profs sont compréhensifs et sympathiques.  Les collègues et/ou camarades de classe sont irréprochables.  Les nouveaux amis sont intéressants et amusant.  On se retrouve même en couple, ou au moins dans une relation d’amants.  Notre nouvelle vie sociale où on fait plein d’activités en groupe est géniale. 

3e ÉTAPE : Le début des problèmes.
Peu à peu, les choses changent, et pas pour le mieux.
Chez les voisins, certains sont inconfortablement bruyants et ça résonne dans notre appartement.  Il y en a un/une qui commence à s’intéresser à nous de manière un peu trop dérangeante, venant sonner à notre porte n’importe quand pour nous parler de n’importe quoi.  Et il y a un/e qui a décidé de nous prendre en grippe, qui nous reproche des choses totalement fantaisistes et qui nous fait une mauvaise réputation auprès du propriétaire et des autres locataires.  Au travail et/ou à l’école, le patron / les profs sont de plus en plus exigeants et de moins en moins compréhensifs.  Quant aux collègues et/ou camarades de classe, une partie s’est éloignée de nous et ne semblent plus vouloir garder le contact.  Et chez ceux qui restent, il y en a qui deviennent méprisants sans la moindre explication.  On a droit à des insultes déguisées sous forme de sarcasmes, et des reproches faits sur un ton impatient.  Même notre amant(e)/conjoint(e) a toujours le mot pour nous rabaisser depuis quelques temps.  Et toute tentative d’en parler nous mérite des réponses colériques ainsi que le qualificatif de susceptible.  Mais ce n’est rien à côté du choc blessant que l’on reçoit en apprenant que nos copains font maintenant des sorties en groupe sans nous y inviter.

4e ÉTAPE : L’enfer total.
On a perdu nos amis, notre vie sociale, notre vie amoureuse et/ou sexuelle, et les gens au boulot font tout pour nous pousser à démissionner.  Le logement n’est même plus un refuge, à cause du bruit et du harcèlement des voisins.  Plus personne ne veut interagir sauf pour nous saboter, nous mépriser, nous insulter, nous rabaisser ou nous harceler.  Toute tentative de trouver un meilleur travail ne donne rien du tout.  On nous colle la pire des réputations sur tous les points.  On constate que tous les aspects de notre nouvelle vie sont rendus cent fois pire que l’ancienne.  Et le plus désespérant dans tout ça, c’est que l’on n’a pas la moindre idée de la raison pourquoi ça arrive.  Et on en est rendus au point où on n’a plus le choix, il faut retourner d’où on vient, ce que l’on fait de mauvaise grâce en ruminant sur ce frustrant échec.  

Tout dépendant de la personne, ça prend généralement entre trois mois et un an pour que sa nouvelle vie de rêve se transforme en cauchemar.  Non seulement elle a exactement les mêmes problèmes qu’elle tentait de fuir, elle se retrouve avec tout plein de situations négatives qu’elle n’avait jamais vécu avant.  Et le plus surprenant, c’est la vitesse à laquelle notre vie a fait 180° dans le négatif.

Et en effet, pourquoi est-ce arrivé, et surtout si vite?  La raison va vous surprendre, mais elle est parfaitement pertinente.  C’est que, aussi étrange que ça puisse paraître, dans ton coin d’origine, tu avais droit à un genre d’acceptation et de respect.  Oui, vraiment!  Et c’est normal : Depuis le temps que tu habites là, tout le monde est habitué à toi, à ta personnalité, à tes habitudes, à tes mauvaises habitudes…  Ils peuvent bien y réagir une fois de temps en temps, mais plus personne n’en fait de cas, et encore moins de drame, depuis longtemps.  Ça fait tellement partie de leur décor quotidien qu’ils ne le remarquent même plus.  Et les rôles sociaux et hiérarchiques se sont établis tout naturellement autour de toi depuis que tu es en âge d’aller à l’école.  Ta famille est forcément proche de toi.  Tes amis sont près.  Ceux qui n’ont rien à foutre de ton existence restent neutres.  Ceux qui ne t’aiment pas se tiennent loin.  Et ceux qui ne peuvent se tenir loin se sont résignés à t’endurer.  Tout le monde sait si tu es leader, suiveur ou laissé pour compte et agissent avec toi en conséquence.  Bref, tout le monde, toi inclus, connait ta place dans cet univers.

… Ce qui n’est fichtrement pas le cas avec les gens qui peuplent ton nouvel univers.  

Tout à l’heure, je parlais du charme de la nouveauté.  Ben voilà : Quand on change de décor, on devient l’élément nouveau qui détonne de ce décor.  Celui que les gens remarquent parce qu’ils n’y sont pas habitués.  Par conséquent, tous les yeux de cet univers sont tournés vers nous.  Et puisque personne ne nous connait, personne ne peut savoir si entre nous le courant va bien passer ou non.  La seule manière de le savoir, c’est de faire partie de notre entourage, le temps de l’apprendre.  Hélas, c’est quelque chose que l’on va apprendre à la dure. 

L’une des choses que l’on apprend à la dure, ce sont tous les défauts de comportement et de personnalité que l’on nous reproche.  Des défauts qui sont les raisons du revirement négatif de notre nouvelle vie.  Des défauts que l’on ne savait même pas que l’on avait.  Ou alors oui, on le savait, mais puisque personne n’en avait jamais fait de drame avant, on ne s’imaginait pas que c’était aussi pire.  C’est que là encore, puisque les gens de notre nouvel univers n’ont jamais fait partie de notre entourage, ils n’ont pas eu toute une vie pour s’y faire.  Pour eux, c’est quelque chose de nouveau.  De négativement nouveau.  Par conséquent, à leurs yeux, nos défauts sont aussi flagrants qu’insupportables.

À quelque chose, malheur est bon, que dit le proverbe.  Et ça s’applique ici, car cette décevante expérience aura au moins eu le mérite de nous faire prendre connaissance de ce qui ne va pas en nous.  À partir du moment que l’on connait nos défauts, deux choix s’offrent à nous.  On peut travailler sur soi, de manière à devenir une meilleure personne, et ainsi pouvoir vraiment refaire sa vie un jour, cette fois-ci de manière positive.  On bien, si on est aussi lâche qu’orgueilleux, on peut se les nier.  Mais à ce moment-là, il ne faut pas être surpris si l’on vit toujours les mêmes merdes, peu importe le nombre de fois où on tente de refaire sa vie, peu importe où on s’en va pour le faire.

Le handicap du perfectionnisme

Au sujet des entrevues d’emploi tout le monde connait cette grande classique: Lorsque l’employeur demande « Nomme-moi ton pire défaut », il faut répondre « Je suis perfectionniste! »

On se pense bien malin d’ainsi déguiser une qualité en défaut. Mais en réalité, ce n’est vraiment pas chose à dire. Car au contraire, lorsqu’il s’agit de travail, il n’y a pas pire défaut que le perfectionnisme. Je le sais, j’ai eu à faire avec beaucoup trop de perfectionnistes dans ma vie.

Il y a trois ans, j’ai gagné une bourse pour faire un album de BD, avec un an pour le produire. J’ai fini avec un mois d’avance, soit amplement le temps pour le faire imprimer, pour qu’il soit prêt pour le festival de BD. À ce moment-là, un perfectionniste m’a dit :

« Maintenant, il faut juste que tu refasse les quinze premières pages, pour que tes dessins du début ressemblent mieux à ceux de la fin. »

Ce qu’il y a avec l’art, autant dessin que écriture, c’est que plus on le pratique et plus il évolue. Aussi, si je refais mes quinze premières pages, l’art de la seconde version de la page 15 va détonner avec celui de la page 16, ce qui me forcera à continuer de les refaire. Et une fois mes 48 pages refaites, nul doute que de nouveau, l’art de la dernière page sera différent de celui de la première page. Alors si j’écoute le perfectionniste, non seulement n’aurais-je jamais fini mon album dans les temps requis, je vais me condamner à refaire toujours le même travail sans jamais en être satisfait, et sans jamais passer à autre chose. Mon choix se résumera donc à ou bien perdre mon temps à la poursuite d’une perfection que je n’atteindrai jamais, ou bien d’abandonner ce projet éternellement insatisfaisant. Dans les deux cas, ça signifie ne jamais produire l’ouvrage. Je ne l’ai donc jamais écouté, et j’ai produit un album dans lequel mes lecteurs ont pu, en plus de lire les histoires, observer l’évolution du dessin.

Cent fois sur le métier, remet ton ouvrage, que dit le proverbe. Bon, en fait, c’est une déformation populaire. La version originale nous vient de l’écrivain Nicolas Boileau-Despréaux (1636-1711) qui disait :

Hâtez-vous lentement, et, sans perdre courage,
Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage :
Polissez-le sans cesse et le repolissez ;
Ajoutez quelquefois, et souvent effacez.

C’est bien joli, d’essayer d’appliquer à notre époque moderne une opinion tirée d’un poème écrit au XVIe siècle. Mais soyons franc : Je pense qu’on peut s’entendre sur le fait que quand un employé a besoin de se reprendre à vingt fois pour faire son travail correctement, c’est un indéniable signe d’incompétence. Alors à cent fois, imaginez!

À l’époque où j’étais concierge, j’ai passé six mois à être surintendant d’une tour à condos de luxe construite deux ans plus tôt. L’endroit tombait en pièces de tous côtés, car construit trop vite, avec des matériaux de trop mauvaise qualité. L’endroit aurait pu être bien mieux fait. Mais voilà, il aurait coûté beaucoup plus cher, et il n’aurait jamais été terminé dans les temps. C’est que les résidents n’en avaient rien à faire, de la qualité. Ils avaient payé d’avance pour avoir leurs condos à telle date, les condos devaient donc être terminés à telle date, point! Ce qui fut fait, à la satisfaction de tous. Mon travail était donc de réparer les défauts de l’ouvrage à mesure que ceux-ci apparaissaient.

D’ailleurs, l’entrainement pour faire mon travail de concierge, au début, ça a été ça : On me donne les outils, on me donne une description sommaire de la tâche, puis je me débrouille. Mes erreurs, je les fais pendant que je sers le client, et je les corrige immédiatement ou plus tard, tout dépendant s’ils sont visibles immédiatement ou plus tard.

Ça peut sonner cynique, mais de nos jours, les gens ne veulent pas d’une personne qui va faire le travail à la perfection. Ils veulent quelqu’un qui va faire le travail, point! Et si le travail est mal fait, qu’importe! Se plaindre contre tout et contre tous, ça fait tellement partie de notre culture actuelle que même lorsque les gens n’ont rien à nous reprocher, ils le font quand même, en inventant des raisons et/ou en déformant les faits. Les gens ne veulent pas d’un service parfait, ils veulent juste d’un bouc émissaire. Pourquoi croyez-vous que les américains ont élu Trump, après avoir passé huit ans à crucifier Obama.

L’imparfait fera peut-être mal son travail.  Mais il le fera, ce travail. Tandis que le perfectionniste, à toujours poursuivre une perfection qu’il n’atteindra jamais, va toujours travailler plus que tout le monde, pour ne jamais rien terminer. Si Boileau avait vécu de nos jours, sa poésie aurait été toute autre.

Travaillez de votre mieux et dans les temps requis
Oubliez la perfection, c’est une utopie.
Et comme perfectionniste, ne jamais s’afficher.
Sauf si vous ne voulez jamais rien achever.

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Y’A LIENS LÀ.

Dans le même ordre d’idées :
L’inutilité de la perfection.
L’altruisme égocentrique.

15 signes démontrant qu’une relation mieux-que-rien est une relation pire-que-tout!

Il y a des gens qui ne supportent pas le célibat.  Pour eux, être seul, ça signifie ne pas être aimé, donc être rejeté, donc être loser.  Il doivent absolument être en couple, c’est un besoin vital.

Leur premier but dans la vie étant d’être en couple, ils choisissent n’importe qui, sans se soucier d’avoir des affinités avec cette personne.  Pour eux, tant que tu es célibataire et que ton orientation sexuelle est compatible avec la leur, vous avez tout pour être ensemble.

Mais voilà, le couple, ça ne fonctionne pas comme ça.   Sans affinités, tu ne pourras pas répondre à ses attentes, ses besoins et ses envies en matière de partenaire.  Alors à partir du moment où la relation commence, la personne te traite comme une obligation et non un désir.  Ce qui fait que l’autre te fait vivre sa frustration d’être dans une relation qui ne lui convient pas.  De la part de la personne qui t’a draguée, c’est un comble.

Voici 15 signes qui prouvent sans l’ombre d’un doute que tu es dans ce genre de relation avec ce genre de personne.

SIGNE 1 :   La personne n’a pas l’air de vouloir être avec toi.
Tu es là mais tu fais partie du décor.  Plus souvent qu’autrement tu as l’impression de déranger.  Même quand l’autre t’invite à son domicile, tu passes après son temps de jeu, ses épisodes de séries, sa lecture et réponse à ses mails, son Facebook, ses appels…

SIGNE 2 :   La personne semble toujours frustrée et contrariée.
Certains jours où vous êtes ensemble, la personne est distante, semble contrariée, frustre silencieusement contre tout, mais ne va jamais te dire ce qui ne va pas.  Une fois, passe encore.  Mais ça arrive tellement souvent que tu finis par te demander si c’est ta présence qui dérange.  Le lui demander rapporte généralement une réponse évasive du style de : « Ben non… Tu comprends pas… Laisse faire! »

SIGNE 3 :   Tu dois lui rembourser la relation.
Même si tu payes ta part des dépenses quand vous sortez, voilà que l’autre commence à dire, de façon sérieuse et légèrement irritée, que de sortir avec toi, ça lui coûte cher.  Il y a l’essence pour l’auto.  Et puis, tout ce que tu manges quand tu es à son logement, ça gonfle sa facture d’épicerie.  Sans oublier les sorties.  Parce que bon, tu as beau payer ta part, n’empêche qu’il ne ferait pas ces sorties et ces dépenses s’il n’était pas en couple avec toi, hm!?

SIGNE 4 :   L’autre fait tout pour cacher votre relation.
Qu’il/elle ne veuille pas changer son statut de  célibataire pour  en couple sur Facebook passe encore.  Mais qu’il/elle ne veuille faire aucune activité en groupe.  Qu’il/elle ne te présente pas à ses amis, et encore moins aux membres de sa famille.  Qu’il/elle ne veut même pas que vous soyez vus ensemble en public, du moins pas dans son quartier.  Rendu là, il est évident que quelque chose ne tourne pas rond dans la relation.  

SIGNE 5 :   Et il/elle ne veut rien savoir de ton entourage non plus.
C’est comme s’il/elle avait peur que votre relation soit vue comme étant officielle aux yeux des autres.  En tout cas, à force de parler à ton entourage d’un partenaire de couple qu’ils ne voient jamais, ils vont finir par croire que tu l’as inventé.

SIGNE 6 :   Tous tes amis et les membres de ta famille désapprouvent votre relation.
C’est sûr que votre relation, c’est de vos affaires, pas les leurs.  Et peu importe avec qui tu sortiras, il y en aura toujours un ou deux qui vont désapprouver.  Mais là on ne parle pas juste d’une coupl’ de personnes.  On parle de la majorité d’entre eux.  Et même s’il y en a qui restent neutres, ils vont se contenter de dire « C’est ta relation, pas la mienne! »,  Et ça, ce n’est pas quelque chose qu’ils diraient si tu étais dans une relation saine qu’ils approuvent.

SIGNE 7 :   Il ne veut rien faire sauf baiser.  (Et ta présence n’est plus requise une fois ce but atteint.)
Oui, je dis « il » parce que bon, ça a beau être un cliché, les clichés existent pour une raison.  Mais au-delà de la généralisation disant que les hommes ne pensent qu’au sexe, il reste que si c’est tout ce qu’il veut faire avec toi, alors ça veut dire que la seule utilité qu’il te trouve dans le couple est sexuelle, donc que c’est la seule valeur que tu as à ses yeux.  Si vous aviez des choses en commun, vous feriez des activités en dehors du lit.  Mais là?  Non!  Rien!  La preuve, c’est qu’il perd même intérêt en ta présence une fois ses pulsions satisfaites.

SIGNE 8 :  Elle fait tout pour repousser à plus tard le sexe promis.
Oui, je dis « elle », parce que bon, ça a beau être un cliché, les clichés existent pour une raison.  Mais au-delà de la généralisation disant que les femmes font des promesses  sexuelles vides pour manipuler les hommes à avoir de l’intérêt pour elles, il reste que si elle agit ainsi, c’est parce qu’elle-même est incapable de voir de quelle autre façon elle pourrait être intéressante à tes yeux.  Ce qui démontre vraiment à quel point vous n’avez rien à faire ensemble.  Preuve de plus : Même sexuellement, malgré le fait qu’elle va délibérément t’allumer, elle n’a aucun intérêt pour toi.

SIGNE 9 :   Tu n’as jamais l’impression que votre relation est normale.
Quand tu regardes autour de toi, tu vois les autres couples agir.  Ils parlent.  Ils rient.  Ils se donnent la main.  Ils se donnent des signes d’affection.  Ils sont complices.  Ils font des choses ensemble.  Et surtout; Ils ont l’air heureux d’être ensemble.  Et toi, qui regarde ça, tu ne reconnais pas du tout ton couple là-dedans.

SIGNE 10 :   L’autre ne donne des signes d’affection que rarement, et ce n’est toujours qu’au moment où tu  arrives au bout de ta patience.
Par exemple, après avoir passé plusieurs heures à t’ignorer, l’autre rend compte que tu es à deux doigts de te lever et partir.  L’autre t’approche, t’embrasse et s’excuse, c’est juste qu’il/elle est très préoccupé(e) en ce moment.  Mais un peu de patience et il/elle sera à toi bientôt.  Rassuré et surtout soulagé de voir que ton calvaire prendra bientôt fin, tu restes.  Mais ça ne change rien à rien.  Et la situation se répète encore et toujours.

SIGNE 11 :   Tu passes toujours après ses amis.
Tu lui propose une activité à deux.  Pas de chance, il avait réservé ce temps avec ses amis.  Bon, une fois de temps en temps, ça peut arriver.  Ce qui est plus décevant, c’est quand ça arrive a répétition.  Ou pire encore: Quand vous aviez quelque chose de prévu, mais qu’il annule parce que des amis lui ont ensuite proposé autre chose.  Et ce sont toujours des choses dans lesquelles tu es exclus.

En tant que partenaire de couple, dans la hiérarchie sociale, tu serais logiquement supposé te situer à au moins une coche au-dessus de ses amis.  Ou au pire, à leur égalité.  Pas plusieurs niveaux en-dessous.

SIGNE 12 :   L’autre te garde à sa disposition toute la journée, juste au cas-où.
10:00 am.  Vous avez congé tous les deux.  Allez-vous passer la journée ensemble?  Ben, ça dépend.  L’autre a deux-trois petites choses à faire, des gens à appeler… Il/elle ne sait pas trop.   L’autre te demande de lui envoyer un texto dans quelques heures.  On verra bien à ce moment-là.

Après quelques heures et quelques textos de ta part qui ont droit à une réponse vague (si réponse il y a pour commencer), tu décides en milieu d’après-midi de lui dire de laisser faire.  Pour celle-là, par contre, la réponse arrive sans tarder, te demandant un peu de patience s’il te plait.  Alors tu restes sur la touche.  Jusqu’à ce que, rendu à 19:00, tu reçois un texto de sa part, disant qu’après la journée qu’il/elle a eu(e), il/elle a besoin de se reposer et décompresser.  Tu as donc perdu ton temps à attendre, sans avoir eu le droit de faire quoi que ce soit de toute ta journée.  Pour rien!

Déjà que passer après tout le monde, c’est rabaissant.  Ceci est un niveau encore plus bas :  Avoir laissé passer tout le monde devant toi, pour ensuite ne pas te laisser passer du tout.

SIGNE 13 :   L’autre créé des situations de conflits totalement cul-de-sac à partir des choses les plus basiques, dans lequel c’est toi qui est le gros méchant.
Avec ce genre de partenaire, tu as toujours l’impression que tu déranges.  Et même si tu prends bien soin de ne jamais rien faire de mal, alors tu auras droit à des reproches sur des choses ridicules.  Et l’autre prendra bien soin de ne choisir que des choses inévitables pour en faire des sujets de discorde.  Par exemple, si tu vas à la toilette la nuit, il va prétendre que le bruit de la chasse d’eau va réveiller les voisins et il se fera engueuler par ta faute.  Si tu proposes alors de ne pas tirer la chasse, alors tu es dégueulasse.  D’ailleurs, ce va-et-vient dans le lit le réveille.  Déjà que le son de ta respiration l’empêche de dormir.  Et dire que si tu as passé la nuit là, c’était sur son invitation.

Même quelque chose d’aussi insignifiant que de vouloir prendre un verre d’eau peut dégénérer en la proverbiale tempête.  Je le sais, je l’ai vécu.  J’étais chez cette fille, et alors que je me dirigeais vers sa cuisine, elle me demande:

« Où tu vas? »
« Boire de l’eau! »
« Tu vas quand même pas boire l’eau du robinet!? »
« Ben oui, pourquoi pas?! »
« Elle est dégueulasse. »
« Ah!?  Pourtant, l’eau de Montréal est réputée pour être l’une des meilleures au Québec. »
« R’garde, si tu dois absolument boire, je vais te refiler une bouteille d’eau. »
« Ok! »

Elle va me chercher une bouteille d’eau.  Je l’ouvre et je bois sous son regard sévère.  Alors que je viens d’en avaler le deux-tiers, elle me dit sur un ton amer :

« Mes chats et moi, on n’aura rien à boire demain.  Mais bon, c’est pas grave! »
« Ben là!?  Pourquoi tu me l’as pas dit? »
« À t’entendre, il fallait ABSOLUMENT que tu boives. »
« Bon, regarde, c’est pas si grave.  Je vais aller à l’épicerie du coin et t’en acheter d’autres, c’est tout. »
« Y’ont pas la marque que je bois! »
« Où est-ce que tu les achète, tes bouteilles? »
« Au Costco! »
« Bon ben allons-y! »
« J’ai pas d’argent. »
« Moi oui!  Je vais t’en acheter une nouvelle caisse. »
« Non!  J’aime pas que les autres paient pour moi. »
« Quand est-ce que tu vas avoir de l’argent? »
« Mercredi, dans trois jours. »
« Et tu essayes de me faire accroire que tes chats et toi alliez vivre sur une seule bouteille d’eau pendant trois jours? »
« Ben non! Ma mère va m’avancer l’argent demain. »
« Ah bon!?  Il me semblait que t’aimais pas que les autres payent pour toi! »
« C’pas pareil, c’est ma mère! »
« Bon ben voilà, problème réglé! »
« Sauf qu’elle finit de travailler à 17 :00 demain, ce qui va nous laisser 24 heures sans rien à boire. »
« Pardon?  Premièrement, j’ai vu dans ton frigo que tu as du lait et des jus, t’auras qu’à boire ça.  Quant à tes chats, tiens, reprends donc la bouteille, il en reste un tiers, c’est suffisant, ils mourront pas de soif.  Alors avant de dire que tes chats et toi aurez rien à boire… »
« J’respecte mes chats.  J’leurs donne pas de l’eau usagée.   Et je tiens trop à leur santé pour leur refiler de l’eau pleine des microbes des autres! »

Ses chats, comme tous les chats de la planète, se servent de leurs propres langues comme papier-cul.  Alors elle ne me fera pas accroire qu’un atome de ma salive sur un rebord de goulot va les empoisonner.  Mais bon, quand la personne tient à ce que tu sois le problème, elle tient mordicus à ce qu’il n’y ait pas de solution.

SIGNE 14: L’autre évite toute tentative de ta part pour discuter de son comportement à problème.
Personne n’aime la confrontation, et encore moins être la personne qui se fait confronter, surtout si tu as des raisons pertinentes de le faire, contre lesquelles l’autre ne pourra pas se défendre.  Alors dès que tu essayes de lui en parler, oups, un instant, il faut que l’autre aille aux toilettes.  En ressortant, une minutes s’il-te-plaît, l’autre est au téléphone.  L’appel est fini?  Bien!  Là vous allez pouvoir parl-Un instant SVP!  L’autre doit absolument aller chercher le courrier / parler au propriétaire / demander un truc au voisin.  Et à son retour, minute, il a ce mail très important à lire.

Si l’autre n’arrive pas à t’avoir à l’usure et que tu réussis à le confronter avec tout ce qu’il/elle te fait subir, alors tu recevras des accusations d’exagérer, ou d’avoir une idée trop parfaite de ce que devrait être une relation, probablement influencé par tes lectures ou les séries que tu regardes. 

« Dans la vraie vie, ce genre de couple n’existe pas, alors redescends un peu sur terre, veux-tu!? »

SIGNE 15 : L’autre ne s’intéresse à toi qu’à partir du moment où tu mets fin à la relation.
Éventuellement, tu finis par en avoir ras le bol de cette situation et tu mets fin à la relation.  L’autre se met soudain à te traiter comme si tu étais la chose la plus précieuse au monde, et te demande de revenir sur ta décision.  Mais à partir du moment où tu le fais, tout recommence, rien ne change.

C’est que, vois-tu, peu importe à quel point le fait de sortir avec toi rend  l’autre personne malheureuse, il n’y a qu’une seule chose qui puisse la rendre encore plus misérable, et c’est d’être célibataire.

Cette personne est un problème pour lequel tu ne seras jamais une solution.

La différence entre la fierté et l’orgueil

Je m’amuse souvent à me qualifier moi-même d’orgueilleux.  Il faut dire que j’ai toujours eu du mal à gérer les compliments.  Ça vient du fait que dans les vingt-sept premières années de ma vie, j’ai appris à survivre dans la discorde plutôt que de vivre dans l’harmonie.  Alors lorsque je me fais complimenter, je ne sais pas trop comment réagir.  Par exemple, ces temps-ci, lorsque l’on me rencontre, je me fais généralement complimenter sur le fait que j’ai l’air beaucoup plus jeune que mes 51 ans.  J’ai donc développé une routine qui m’empêche de perdre mes moyens : Lorsqu’on me dit ça, je me passe la main dans la barbe et les cheveux en répondant :

« Ah ça, c’est grâce à Miss Clairol.  Mais bon, que voulez-vous, chuis orgueilleux comme ça! »

Ça fait sourire, on jase un peu sur le sujet, et on passe à autre chose.  Bon, si j’étais vraiment orgueilleux, jamais je n’irais avouer me teindre, et encore moins avec des produits pour femmes.  Mais en même temps, si vous lisez ce blog depuis longtemps, vous m’avez vu de nombreuses fois montrer de mes photos avant-après à chaque fois que je mets l’effort de travailler sur ma santé, ma forme physique et mon look.  J’ai même créé un autre blog, Diesel Ego, pour chroniquer en temps réel ma remise en forme du printemps 2019.  Alors puisque je m’attends toujours à me faire traiter d’orgueilleux, je prends les devants.  Après tout, on ne peut pas me faire honte sur un point de ma personnalité si c’en est un que je reconnais déjà volontiers.

Ceci dit, je me suis rendu compte avec les années que la différence entre la fierté et l’orgueil est toute simple :

  • La fierté, c’est un sentiment que l’on ressens envers soi-même, pour soi-même.  On ne ressens pas le besoin de prouver quoi que ce soit à qui que ce soit.
  • Tandis que l’orgueil, c’est quelque chose qui demande un public.  C’est ressentir le besoin irrésistible de voir nos mérites reconnus par les autres.  

Dans cette optique, l’orgueilleux peut facilement se faire contrôler par toute personne manipulatrice.

Exemple vécu il y a une vingtaine d’années : J’étais à une sortie en petit groupe d’amis.  Ayant besoin d’avoir momentanément les mains libres pour remettre de l’ordre dans sa tenue, une amie me refile son grand sac à bandoulières.  Puis on poursuit notre chemin tandis qu’elle me laisse son sac.  Quatre ou cinq minutes plus tard, comme si elle se rappelait soudain me l’avoir refilé, elle se retourne presque en sursaut, et me dit :

« Oh! J’m’excuuuuse!  Si c’est trop lourd, je vais le reprendre, si tu veux. » 

Je suppose que j’étais un brin orgueilleux, ou alors qu’elle était une excellente manipulatrice, ou bien les deux.  Mais son attitude et sa phrase ont créé en moi deux sentiments simultanés :  Celui de me sentir injustement diminué à ses yeux, et celui de vouloir lui remettre les pendules à l’heure en lui démontrant qu’elle se trompait à mon sujet.  Mon réflexe spontané fut donc de vouloir continuer à lui porter son sac en la rassurant comme quoi j’en étais capable.

Avant même que les mots sortent de ma bouche, j’ai senti que quelque chose ne tournait pas rond dans cette situation.  De un, avant qu’elle me dise ceci, j’avais juste hâte qu’elle le reprenne, son sac.  Le fait que j’aille soudainement envie de le lui porter, c’était un illogisme flagrant dans lequel je ne me reconnaissais pas.  Et de deux, sans pour autant être un athlète, j’avais quand même un physique costaud, tandis qu’elle passait souvent pour une anorexique.  Il était donc impossible qu’elle puisse vraiment croire son sac plus lourd pour moi que pour elle. 

J’ai donc compris qu’elle cherchait à me manipuler à lui servir volontairement d’esclave.  Sur le coup, j’étais furieux qu’elle me croit aussi crédule.  Mais ça n’était rien à côté du sentiment de déception que je ressentais.  De la trahison, de voir qu’une personne que je croyais mon amie puisse me considérer comme un imbécile manipulable juste bon à exploiter. 

Consciemment ou non, en me faisant ça devant nos amis, elle avait bien calculé son coup.  Si je garde son sac, je subis l’humiliation personnelle d’être son larbin.  Si je lui rends son sac, je subis l’humiliation publique  de confirmer son affirmation qu’il est trop lourd pour moi.  Et si je la confronte sur cette tentative de manipulation, je subis l’humiliation publique et privée d’être le parano qui met une mauvaise ambiance dans notre sortie entre amis, ce qui fait qu’ils risquent d’y repenser à deux fois avant de m’inclure de nouveau dans nos activités de groupe.  Elle croyait donc probablement m’avoir peinturé dans un coin.

C’était mal me connaitre. 

En courbant l’échine, j’ai retiré son sac de mes épaules en tremblotant comme s’il pesait des tonnes.  Je lui ai dit avec une voix faible et essoufflée :

« Oh!  Oui!  Ton sac est tellement louuuuurd.  Par pitié, vient en aide à la pauvre petite lavette que je suis. »

Devant les regards amusés de nos amis, elle n’a eu d’autre choix que de reprendre le sac que je lui tendais.  Ce qui m’a permis de rajouter un truc avec une voix admirative, ce qui a bien fait rigoler tout le monde.

« Woah! Toi t’es un homme!  Un vrai! »

Si j’avais été orgueilleux, j’aurais eu peur de passer pour une mauviette, et je le lui aurais volontairement porté, son sac.  Mais voilà, je n’étais pas orgueilleux.  J’étais fier.  Trop fier pour accepter de me laisser manipuler.  Et puis sérieusement, juste à nous regarder, personne ne pouvait vraiment s’imaginer que j’étais plus faible qu’elle.  Je n’avais donc rien à prouver à qui que ce soit, et encore moins à moi-même.

D’autres membres de ma famille ne sont hélas pas aussi auto-observateurs.  Par conséquent ils se font exploiter sans limite.  Par exemple, mon oncle Armand et sa femme Diane.  Armand est menuisier et Diane a un frère qui a toujours une rénovation ou une autre à faire dans les nombreuses propriétés qu’il possède.  Alors il embauche Armand pour rénover un appartement, repeindre une maison, construire un patio, etc.  Il s’entendent sur un tarif en-dessous du salaire minimum parce que bon, en famille, faut bien s’entraider hein!?  Mais quand le travail est terminé et que vient le temps de payer, le beau-frère le fait, mais en chialant comme quoi il les a logés, nourris, qu’ils ont pris des douches quotidiennes et fait du lavage, donc utilisé de l’électricité, et que rien de tout ça n’est gratuit.  Diane, insultée, lui remet alors son argent en lui disant que s’il est avare à ce point-là, qu’il le garde donc, son argent.  Ils repartent, furieux, mais fiers de lui avoir démontré que moralement, ils valent mieux que lui.

Les manipulateurs sont très intelligents.  Ce qui aide le beau-frère à manipuler Diane à rendre l’argent, c’est justement le fait qu’ils commencent à s’entendre sur un salaire de misère.  Si le beau-frère payait Armand le véritable tarif, alors là ce serait plusieurs milliers de dollars qui seraient en cause.  Diane serait beaucoup plus réticente à y renoncer.  Son frère s’en doute bien.   Mais là?  Quand il ne s’agit que trois ou quatre cent dollars?  Sur lesquels il rechigne ensuite sur le coût des repas et de l’électricité?  C’est beaucoup plus facile pour elle de se scandaliser de son avarice et de tout lui remettre sur un coup de tête.  Le beau-frère a donc eu tous les services de menuiserie et de rénovation dont il avait besoin, et ça ne lui a coûté que quelques repas maison.

Le problème, c’est qu’Armand et Diane ne sont pas fiers.  Ils sont orgueilleux.  S’ils avaient de la fierté, ils refuseraient de se faire exploiter, et ils prendraient leur juste dû.  Mais puisqu’ils sont orgueilleux, leur premier (et unique) réflexe est de faire la leçon de morale au beau-frère.  Leçon qui n’a autant d’effet qu’un coup d’épée dans l’eau, puisque quand on est exploiteur on se fout bien de la morale.  

De quelques mois à quelques années plus tard, le beau-frère récidive en réembauchant Armand et Diane pour d’autres travaux.  Et eux, éternelles bonnes poires, s’imaginent qu’il a honte de son comportement passé et qu’il ne récidivera pas.  Et ça se termine encore et toujours de la même façon.  Et ça fait cinquante ans que ça dure!

La fierté naît de la confiance en soi et en ses propres capacités.  On sait ce que l’on vaut, ni plus, ni moins, et on ne laisse pas les autres décider de notre valeur à notre place.  Inversement, l’orgueil est le symptôme d’un manque total de confiance en soi.  En étant incapable de se rassurer soi-même sur sa propre valeur, l’orgueilleux a toujours besoin de se comparer favorablement à d’autres, et à recevoir l’approbation des autres. 

Et c’est ce besoin vital de trouver grâce aux yeux des autres qui fait de l’orgueilleux une personne aussi facile à manipuler et à exploiter.

Les derniers seront les premiers

Au-delà de la parabole biblique et des considérations morales, j’ai constaté plusieurs fois que oui, le fait que les derniers se retrouvent premiers, c’est une réalité psychosociale.  Et après l’avoir constaté, j’ai trouvé le moyen d’utiliser la chose à mon avantage.  Je vais vous donner quatre exemples vécus.

 1) Le titre du journal étudiant.
Je vais commencer par l’anecdote qui m’a permis de découvrir ce phénomène.  C’était un hasard, vraiment!  C’était en 2006.  Je faisais partie de l’École nationale de l’humour, programme auteur.  La classe avait décidé de créer un journal étudiant.  Il ne restait plus qu’à en trouver le titre.  Tout le monde y est allé de ses 2-3 suggestions, qui furent écrites au tableau.  Il ne restait plus qu’à les éliminer une à une.

 Quinze minutes plus tard, rendu au trois quart des éliminatoires, un jeu de mots me vient en tête.  Je claque des doigts et je le dis à voix haute :

« L’Obsédé Textuel! »

 Toute la classe se retourne vers moi.  Après une seconde ou deux de silence, tout le monde approuve joyeusement en me complimentant.  Le tableau fut effacé. Un journal étudiant était né. 

… Et mourut après son unique numéro.  Personne ne se doutait à quel point tous nos travaux, études et devoirs allaient accaparer notre temps.  Mais qu’importe!  Ça m’avait permis de me rendre compte de quelque chose qui allait me servir plus tard :  Si j’avais suggéré mon titre au tout début, peut-être qu’il aurait été choisi, et peut-être pas.  Mais je l’ai amené à la toute fin, alors que tout le monde avait passé 30 minutes à entendre ces titres, dont les 15 dernières à les regarder au tableau.  Mon titre avait donc quelque chose que les autres n’avaient plus : Le charme de la nouveauté. 

2) Le jury.
J’ai toujours voulu faire partie d’un jury dans une cause légale.  L’opportunité s’est présentée en 2009, lorsque j’ai été convoqué à ce sujet.  Une fois éliminés ceux qui ont refusé de le faire, il ne restait plus que quarante personnes qui devaient aller se placer devant la porte d’une salle en file Premières Nations (indienne n’est plus un terme acceptable) en attendant de se faire appeler par le gardien.

Le choix du jury se fait ainsi : On passe devant six personnes : Trois qui représentent la partie défenderesse, et trois qui représentent la Couronne. On doit dire notre prénom, âge et profession.  Si les deux parties sont d’accord, on est choisi pour faire partie des douze jurés. 

Or, cette méthode comporte un défaut, en ce sens qu’elle provoque chez ces six personnes un réflexe psychologique facile à exploiter : Dès qu’ils ont choisi les onze premiers jurés, ils choisissent avec beaucoup plus de précaution celui qui sera le 12e et dernier.  Face à chaque candidat, ils ont toujours un doute, au cas où le suivant conviendrait mieux.  Ainsi, lorsque le dernier de la queue entre dans la salle, il est annoncé comme tel par le gardien.  À ce moment-là, ils n’ont plus le choix : Ils le prennent!

Ce jour-là, je n’ai pas eu à utiliser ce truc, puisque j’ai été le 4e juré choisi.  Mais justement, le fait d’avoir été pris m’a permis de rester dans la salle de tri.  J’ai donc pu voir comment ces éliminatoires fonctionnaient.  À partir ce moment-là, à toutes les autres fois où j’ai participé à des éliminatoires de ce genre, je me suis placé à la fin de la ligne, et j’ai fait partie des lauréats à tous les coups.

3) Défi Diète 2008
Ici encore, c’est un peu par hasard que j’ai appliqué cette méthode.  N’empêche que les résultats furent les mêmes.  En 2007, du 1er au 22 décembre, on pouvait soumettre notre candidature pour Défi Diète 2008.  Celle-ci devait être sous forme de vidéo.  Et les vidéos étaient mises en ligne à mesure qu’elles étaient reçues.  Pendant les deux premières semaines, je les ai regardées.  En fait, j’en ai rarement regardé plus que deux par jour.  Il ne m’a pas fallu grand temps pour constater qu’elles avaient toutes les mêmes lacunes.

  • Caméra fixe, sans le moindre mouvement.
  • La personne assis ou debout, qui bouge à peine.
  • Qui improvise un discours, donc bafouille et se répète.
  • Ou qui récite un discours appris, donc d’un débit de voix non-naturel.
  • Qui dure de quatre à douze minutes.

Je plaignais les juges qui avaient à passer à travers tous ces clips, chacun plus ennuyant que le précédent.  J’ai donc décidé de leur offrir quelque chose qui allait détonner du reste des candidats, qui allait se distinguer, et qui allait le faire de manière positive.  Mon vidéo aura de la musique, de l’humour, des changements de plans, plusieurs personnages.  Et surtout, il ne durera que deux minutes et demie.

Deux jours avant la date de tombée, le 20 décembre à 11 :00, j’envoie ma vidéo, Un vaniteux pour Défi Diète.  Trois heures plus tard, à 14 :00, je reçois un courriel d’un gars de Québécor qui me dit : « Garde ça pour toi mais tu es l’un des 10 gagnants du concours.  Ta vidéo fait le tour des bureaux depuis qu’on l’a reçu et tu nous a vraiment fait passer un bon moment.  Félicitations! »

J’avais raison!

La période de recrutement des candidats n’était même pas encore terminée, que j’avais déjà gagné ma place parmi les lauréats. 

D’accord, techniquement, je n’étais pas LE dernier à avoir appliqué.  N’empêche que j’ai attendu que la majorité des candidats soumettent leur vidéos avant d’en produire un bien meilleur.  Et lorsque Québécor l’a mis en ligne, même si quelqu’un aurait voulu faire mieux que moi, il n’aurait jamais eu le temps.  Ainsi, en étant l’un des derniers, j’ai été littéralement le premier.

4) La bourse d’album de BD.
Il y a quelques années, un festival de BD offrait une bourse destinée à ceux qui travaillaient à créer leur premier album.  Le projet le plus intéressant se méritait mille dollars, et une table au festival de l’année suivante pour présenter son album.  J’ai donc mis en application ce que j’ai appris lors de l’anecdote de l’Obsédé Textuel : J’ai attendu le dernier jour de la date de tombée pour soumettre mon dossier.   Parmi les premiers dossiers qu’ils avaient reçu, et fort probablement tous lus dès la réception, il y en avait certainement dont la qualité devait être égale ou supérieure à mon projet.  Mais voilà, ils avaient été lus depuis une, deux, trois semaines.  Non seulement le charme de la nouveauté n’y était plus, les juges avaient amplement eu le temps d’en oublier.  Alors quand ils ont reçu mon projet, il avait le charme de la nouveauté, et il était tout frais dans leur mémoire au moment de prendre la décision.  Nul doute que ça m’a grandement aidé à remporter la bourse.

Il y en a qui vont dire : « Oui, mais tu ne trouverais pas ça mieux, de savoir sans l’ombre d’un doute, si tu aurais réussi, sans avoir recours à ces trucs? »  À ça je réponds que oui, dans un monde idéal, je préférerais.  Mais voilà, nous ne sommes pas dans un monde idéal.  Quand tu constates que la valeur des choses et des gens dépendent entièrement du moment où la dite chose ou personne se pointe, c’est là que tu réalises que la valeur psychosociale n’est ni une valeur sure ni une qui est constante.

Lorsque j’étais plus jeune, je frustrais toujours face à ce genre de situation.  Je prenais toujours la peine d’être le premier à donner ma candidature, histoire de montrer mon sérieux et mon désir d’avoir la place, et j’étais parfaitement qualifié.  Mais trop souvent, il arrivait exactement ça : Un dernier arrivé, quand ce n’était pas carrément un retardataire, souvent moins qualifié que moi, qui se retrouvait avec le poste.  Ça me révoltait!  Je protestais!  Je dénonçais!  Mais tout ce que ça m’apportait, c’était le mépris de la part des patrons qui n’aiment pas se faire dire qu’ils ont fait une erreur de jugement.  Ça me valait aussi des accusations d’être un loser jaloux du succès des autres. 

Avec le temps, j’ai fini par accepter le fait que ces faiblesses de comportements et de méthodes sont universelles, perpétuelles et éternelles.  Oui, les gens vont toujours avoir leur jugement influencé par le charme de la nouveauté.  Et oui, beaucoup de méthodes de classements, de choix et de qualifications sont imparfaites et ne mettent pas les candidats sur le même pied d’égalité.  Et non, ce n’est pas moi qui va pouvoir y changer quelque chose.  Il me reste donc deux choix : Ou bien je passe le reste de ma vie comme un loser frustré à brailler que c’est injuste.  Ou bien j’exploite ces failles à mon avantage et je suis un winner satisfait.

Il y en a qui vont voir cette méthode d’un mauvais œil.  Laissez-moi pourtant vous faire remarquer que vous connaissiez déjà ce principe depuis longtemps, et que vous l’avez toujours vu de manière positive.  Ça s’appelle « Être au bon endroit au bon moment. »   

La différence, c’est qu’avec ma méthode, je ne laisse pas mon sort aux mains du hasard comme un irresponsable.  Ce que je fais, c’est prendre le contrôle de ma vie.