Le bon orgueil et le mauvais orgueil

Tout comme le cholestérol, l’orgueil (aussi appelé amour-propre) est quelque chose que la société a un jour étiqueté comme étant indésirable chez l’individu.  Pourtant, de nos jours, tout le monde sait qu’il y a une différence entre le bon et le mauvais cholestérol.  Il en va de même pour l’orgueil: il y a le bon orgueil, et le mauvais orgueil. Voici comment les différencier:

Le Mauvais Orgueil: On va commencer par celui-là puisqu’il est le plus répandu, le plus détesté, donc le plus remarqué.  Le mauvais orgueil, c’est celui qui va faire sans cesse obstacle, non seulement à celui qui le possède, mais également à son entourage.  Voici quelques traits de caractères que l’on retrouve chez les gens qui le possèdent:

  • Un sens de l’auto-importance démesuré.  Il prétend valoir bien plus qu’en réalité, aussi bien aux autres qu’à soi-même.
  • Un désir de toujours rabaisser les autres plus bas que soi.
  • Une tendance à toujours se sentir en compétition, à voir le succès des autres comme étant une atteinte contre nos propre capacités.
  • Ce qui les motivent à mettre de l’effort dans un projet: Dépasser les autres, leur prouver que l’on est meilleurs qu’eux.
  • Une intolérance à toute critique ou remarque négative dirigée contre soi.
  • Une envie constante de toujours remettre à sa place quiconque attirant l’attention.
  • Se sentir constamment insultés, rabaissés et attaqués, même sur des sujets qui ne les concernent pas.
  • Toujours sur la défensive, toujours sur la contre-attaque.
  • Refuser de reconnaître ses propres erreurs.
  • Refuser de s’améliorer sur nos faiblesses et nos torts, puisque ça équivaudrait à admettre nos faiblesses et nos torts.

Le Bon Orgueil, c’est celui qui va permettre d’abattre les obstacle qui se dressent non seulement devant celui qui le possède, mais également devant son entourage.  Voici quelques traits de caractères que l’on retrouve chez les gens qui le possèdent:

  • Un sens de l’auto-importance réaliste.  Il sait ce qu’il vaut, rien de plus, rien de moins, il connait son potentiel, et ne prétend pas autrement.
  • Un désir de toujours se monter plus haut.
  • Une tendance à voir le succès des autres comme étant un bon exemple, un modèle à suivre.
  • Ce qui les motive à mettre de l’effort dans un projet: Se dépasser soi-même, se prouver que l’on peut s’améliorer.
  • Une capacité d’écouter toute critique ou remarque négative dirigée contre soi.
  • Sait faire la différence entre les sujets qui les concernent ou non.
  • Explique ses erreurs, sans les défendre ni y trouver d’excuses.
  • Reconnaît volontiers ses propres erreurs, afin de pouvoir…
  • … s’améliorer sur ses faiblesses et ses torts.

La seule raison pourquoi l’orgueil, bon comme mauvais, est mal vu en société, c’est parce qu’il est étroitement lié à l’égocentrisme et au narcissisme.  Et en effet, dans les deux orgueils, ce qui prédomine, c’est non seulement le Moi, c’est également le désir de ne pas se satisfaire de ce que l’on est.  C’est un besoin de toujours vouloir être plus que notre valeur actuelle.  Or, alors que le bon orgueil pousse les gens à faire des efforts dans ce but, le mauvais orgueil, bien au contraire, prêche l’inaction.  Afin de mieux comprendre, voici une charte montrant comment réagit le bon orgueil et le mauvais orgueil face à la même situation:

Bref, Avoir du bon orgueil, C’est être capable de faire la différence entre une critique pertinente et une qui ne l’est pas, c’est reconnaître volontiers sa propre imperfection, et c’est la volonté de travailler sur soi-même.  Et cela ne peut qu’apporter du positif dans tous les aspects de sa vie, sociale, amoureuse, carrière, financière, santé, etc.

Bref, Avoir du mauvais orgueil, c’est juger impertinentes toutes critiques contre soi, c’est refuser de se croire autrement que parfait, et c’est le refus de travailler sur soi-même.  Et par conséquent, c’est s’assurer de foutre la merde de façon répétitive et perpétuelle dans tous les aspects de sa vie, sociale, amoureuse, carrière, financière, santé, etc.

Un autre aspect non-négligeable entre le bon orgueil et le mauvais, c’est que celui qui fait preuve de mauvais orgueil devient une cible facile pour les manipulateurs.  La raison est simple: Celui qui possède du bon orgueil ne ressent le besoin de se prouver des choses qu’à lui-même.  Par contre, celui qui possède le mauvais orgueil ressent toujours le besoin de se prouver aux autres.  Ainsi, si dans les autres il y a une personne manipulatrice, elle pourra aisément prévoir comment le mauvais orgueilleux va réagir face à certains gestes et à certaines paroles.  À partir de là, la personne qui possède le mauvais orgueil peut se faire manipuler, sans jamais s’en rendre compte, tout en ayant l’impression qu’elle agit de son propre gré.  Et ça, c’est quelque chose que savait parfaitement l’un des plus grand général de guerre de l’Histoire. 

Pour une existence saine dans tous les aspects de notre vie, il n’y a pas que la charité bien ordonnée qui commence par soi-même.  L’orgueil, lorsque bien ordonné, peut être le plus puissant de nos alliés.

_____
Joignez le groupe Mes Prétentions de Sagesse sur Facebook.

 

Le fils maltraité patient. (Une parabole)

Un homme vivait en retrait des autres avec son fils unique.

Le père était un homme qui ne pouvait supporter l’idée de ne pas avoir le contrôle sur tout. C’est la raison pourquoi il vivait à l’écart des autres en obligeant son fils à avoir le moins de contacts possibles avec le reste du monde. Il avait aussi un esprit soupçonneux. Ne pouvant être partout à la fois, donc ne pouvant pas surveiller tous les gestes de son fils, il se disait : « Qu’est-ce qui l’empêche de faire des choses incorrectes lorsque je ne le vois pas ? »  Aussi, il songea à un moyen de lui faire passer le goût de même songer à l’indiscipline. Dès que le fils atteint l’âge de cinq ans, tous les soirs, le père lui donna une fessée. « Pourquoi ? » Demanda le fils en larmes après le sévice. « Tu le sais, pourquoi ! », répondit le père.

Rendu à dix ans, le fils était déjà trop grand pour continuer à recevoir la fessée. Le père changea donc de tactique.

Désormais, il fit mettre le fils, torse nu, contre le mur de la maison et il lui administra dix coups de sa ceinture de cuir rigide sur le dos. « Pourquoi ? » Demanda le fils en larmes après le sévice. « Tu le sais, pourquoi ! », répondit le père.

Rendu à quinze ans, après sa correction quotidienne, le fils se dit : « À tous les jours depuis dix ans, mon père me bat. À tous les jours depuis dix ans, je lui demande pourquoi. À tous les jours depuis dix ans, il me répond que je sais pourquoi. Or, j’ai beau réfléchir, j’ai beau chercher, je ne vois rien dans mon comportement qui ait jamais mérité telle punition. Je suis poli. Je suis respectueux. Je suis obéissant et j’exécute mes tâches sans rechigner. De plus, il n’a jamais hésité à s’exprimer long et fort sur ce qui lui déplaît. Comment se fait-il alors qu’il soit incapable de me dire pourquoi il me bat?  Une seule réponse possible : Il n’a aucune raison de me punir, et il le sait. Pourquoi le fait-il quand même alors? Une seule réponse possible:  Mon père est une brute insensée. Je ne devrais pas accepter d’endurer ses sévices. Hélas, je suis encore trop petit, trop faible pour lui résister. Je pourrais m’enfuir, aller demander la protection des autres contre lui, et même le faire payer pour ses abus. Mais non, ce serait trop facile comme solution. Un jour, je serai assez fort pour être capable de le confronter. Un jour, je le ferai payer pour tout ce qu’il m’a fait.  Et j’aurai la fierté de pouvoir me dire que je l’aurai fait moi-même, sans avoir besoin de l’aide des autres. En attendant, je vais prendre mon mal en patience. En attendant, je vais, peu à peu bâtir mes forces, moralement, psychologiquement et physiquement. »

Rendu à vingt ans, le fils était maintenant un homme dans la force de l’âge. Il était grand. Il était fort. Il s’était conditionné à ne plus avoir peur de son père. Aussi, le premier soir de ses vingt ans, lorsque le père approcha avec sa ceinture et ordonna de se mettre face au mur, le fils fit quelque chose qu’il n’avait jamais osé faire avant. Il se tint debout, droit devant son père, bras croisé.  Il le regarda droit dans les yeux, et il lui répondit « Non! » 

Le père, sous le choc, s’arrêta net. Avec de grands yeux surpris, il demanda : « Qu’est-ce que tu as osé me répondre ? » le fils comprit alors que sa résistance avait porté fruit. Il lui répéta donc fièrement « Non ! » Le père prit cette double indiscipline comme une gifle au visage. Sa surprise fit place à une colère noire. Il se mit à ruer son fils de coups de ceinture.  Et il frappa, frappa, frappa, avec violence, colère, frustration, perdant totalement le contrôle de lui même.  Mais son fils, après quinze ans à supporter de tels sévices, était habitué et ne broncha pas. Plus le père frappait, moins ça avait d’effet. Le père avait beau frapper, ses coups se faisaient de moins en moins violents. C’est qu’il était maintenant un vieil homme, et l’effort requis était plus que ce que son corps usé ne pouvait fournir.  Bientôt, il dut s’arrêter, à bout de souffle, épuisé.

Le fils, malgré ses blessures, n’avait pas bronché.  Il était était toujours debout, les bras croisés, toujours à le fixer du regard. Pour la première fois, il vit son père tel qu’il était vraiment. Un minable! Un lâche! Un homme faible qui a tellement peur des autres qu’il cherche à s’imposer par la peur à plus faible que lui. Le fils compris à ce moment-là qu’il n’aurait plus jamais peur de son père. Calmement, le fils dit: « Pendant quinze ans, tu m’as battu. Pendant quinze ans, j’ai eu à endurer quotidiennement les coups de ta main ou de ta ceinture. Pendant ces quinze ans, tu m’as infligé en tout 5475 sévices, dont pas un seul n’était mérité. Non seulement ça prends fin aujourd’hui, c’est également aujourd’hui que tu va commencer à payer pour tes abus. Et nous allons le faire selon tes propres règles, celles que tu m’as si cruellement imposées durant le dernier trois quart de ma vie. Et moi, au moins, lorsque je te dirais « Tu le sais, pourquoi » , on saura tous les deux que ce sera vrai: Ce sera la juste punition pour tes abus. »

Le père dut se rendre à l’évidence : Il avait perdu le contrôle sur son fils. Il avait perdu le contrôle sur sa propre vie. Il allait devoir payer pour tous ses abus. Le père pris donc son fusil et tira son fils en plein cœur, le tuant net. Il enterra profondément son corps loin dans le bois, et vécut le reste de son existence paisiblement sans jamais avoir eu à payer pour ses crimes.

MORALE : Lorsque tu vis avec une personne qui t’isole et te soumet à une discipline non-méritée, c’est un abuseur. On ne peut pas raisonner avec un abuseur car un abuseur n’est pas un être raisonnable. On ne peut pas retourner les propres règles de l’abuseur contre lui car un abuseur ne respecte aucune règle, même pas les siennes. Face à un abuseur, fuir et demander de l’aide est la seule option. Toutes les autres options te feront perdre ton temps, et possiblement ta vie.

Et ça vaut aussi bien pour les relation de famille que de couple.

10 choses que j’ai apprises en tant que gars hétéro qui a couché avec une lesbienne (3 de 3)

Voici la première partie de ce récit.
Et voici la seconde.

Quelques années se sont écoulées.  Ma relation de couple d’alors s’est terminée en bons termes.  Elle a pris fin pour des raisons qui n’ont aucun rapport avec Vanessa.  Je n’ai plus revu cette dernière, ni tous nos autres amis et contacts impliqués dans 1 Gay, 1 Hétéro depuis que la série a pris fin.  J’ai déménagé.  J’ai changé d’emploi.  On peut dire que j’ai complètement changé de vie.  J’ai réappris à vivre en célibataire, ayant quelques aventures ici et là.  J’ai même eu une amante régulière pendant quelques mois.  Puis, après un an et demi, j’ai rencontré Flavie, qui deviendra ma blonde, puis ma conjointe, et enfin ma fiancée.

L’été dernier, peu après avoir fêté nos trois ans en tant que couple, nous étions au salon, à relaxer tout en jasant.  Je lui parlais de l’invitation que j’avais reçue en mars dernier, pour faire partie du troisième recueil annuel de BD nommé Crémage. Crémage, dont la mission est de parler de sexualité autrement, suggère à leurs auteurs de raconter leurs expériences sexuelles inusitées.

FLAVIE: Ça fait déjà trois mois.  Nous sommes presque à la date de tombée. As-tu pensé à ton récit?
MOI: Ouais! J’en ai un!  Mais j’hésite.  Je ne crois pas t’en avoir déjà parlé avant.  C’est un truc que j’ai vécu à l’époque où je jouais l’hétéro dans la série de photowebcomic 1 Gay, 1 Hétéro. 

Et voilà que je lui raconte mon histoire avec Vanessa, dans tous les détails.  Puis, je lui parle de toutes les réactions que ce récit avait suscitées sur le forum.

MOI: Et c’est pour ça que j’hésite.  Si les commentaires que j’ai reçu à ce moment-là sont le reflet de la mentalité collective, alors j’ai de bonnes raisons pour penser que si j’en fais une BD, ça ne sera vraiment pas bien reçu.
FLAVIE: Mais chéri…  Est-ce que tu te rends compte que l’histoire que tu viens de me raconter…  C’est un viol?

Je soupire, roulant les yeux au ciel.  Flavie étant féministe et plutôt militante, ça m’aurait surpris qu’elle n’arrive pas à cette conclusion elle aussi.

MOI: Je sais, je sais!  Puisqu’elle était saoule, ça signifie que j’ai abusé d’elle.  Parce que même si c’était elle qui me harcelait non-stop pour baiser, l’alcool faisait qu’elle n’avait pas toute sa tête.  Donc, en lui disant oui, j’ai profité de la situation, ce qui en fait un viol.  Je sais, on me l’a déjà dit.
FLAVIE: Non! C’est pas ça que je dis. Bien au contraire.  Oui, c’était un viol…

LEÇON 9: … Mais c’est moi qui l’a subi.

Surpris par cette affirmation, je reste silencieux quelques secondes.

MOI: … Euh… Comment ça?
FLAVIE: La définition d’un viol, c’est d’avoir une relation sexuelle avec une personne non-consentante, ou bien qui n’est pas en état d’être capable de donner un consentement.
MOI: Bah ouais, je sais! Mais c’est pas pareil.  J’ai consenti!
FLAVIE: Oui, tu as consenti.  Mais seulement après qu’elle t’ait harcelé. Après qu’elle ait insisté de multiples fois.  Après qu’elle se soit arrangée pour ne pas te laisser le choix.  En refusant de te dire où elle habitait, pour te manipuler à l’héberger.  En t’embrassant malgré le fait que tu lui avait dit non une demie-douzaine de fois.
MOI: Ben…  Avoir vraiment voulu refuser, je n’aurais jamais changé d’idée.  Je suppose donc qu’au fond de moi, je le voulais.
FLAVIE: Vraiment? Tu me l’as dit tantôt, qu’elle t’avait manipulé de façon à te donner l’impression que si tu refuses de coucher avec elle, ça la mettrait dans un état de déprime épouvantable.  Elle t’a mis en tête que tu étais son dernier recours, pour ne pas se croire laide ou imbaisable.  Et puisque tu l’avais déjà vécu avant, tu savais qu’une fille qui se fait dire non pour du sexe, des fois, ça peut se venger en détruisant ta réputation, ta vie sociale, ton couple.   Alors je te repose la question: Le voulais-tu vraiment? Ou bien est-ce que tu avais peur des conséquences de lui dire non?

Je reste coi.

FLAVIE: Parce que, si tu lui as dit oui par peur des conséquences de lui dire non, alors ce n’est pas du consentement.  La preuve, c’est que tu n’as pas arrêté de lui dire non, ou d’essayer de trouver une façon d’y échapper, jusqu’à ce que tu te rendes compte qu’elle pourrait te faire payer cher ton refus.  Ce n’est pas du consentement, c’est de la peur.  Dire oui par peur, c’est baiser contre son gré.  Et baiser contre son gré, c’est un viol.

Je ne sais pas quoi répondre à ça.  je suis sous le choc de ces révélations.  

MOI:  Mais, je…  Me semble que… Avoir vraiment voulu, j’aurais pu trouver une solution.  Je me souviens très bien m’être dit, dans la salle de bain, avant d’aller la rejoindre, que dans le fond, coucher avec une lesbienne, ce serait un grand honneur.  Une chance unique à ne pas laisser passer.
FLAVIE: Oui, mais tu t’es dit ça quand? Au début, la première fois qu’elle te l’a proposé?  Non! Tu t’es dit ça, seulement une fois que tu t’es senti acculé au pied du mur.  Et ce n’était même pas ta pensée, tu ne faisais que répéter ce qu’elle t’avais dit. 
Tu sais, c’est une situation classique, ça, quand une fille vit une situation semblable.  Plutôt que de s’avouer elle-même qu’elle est en train de se faire manipuler à avoir du sexe contre son gré, elle se convainc elle-même que dans le fond, elle le voulait.

Et voilà! Après toutes ces années, je comprends enfin quel était ce curieux malaise qui m’a habité durant plusieurs semaines, suite à mon aventure avec Vanessa.  C’était un mélange de tout ça.  Peur. Culpabilité. Humiliation. Remords. Regrets. Honte.

FLAVIE: Une autre preuve comme quoi c’était un viol…  Tu sais, les commentaires que tu as reçu?  Eh bien…

LEÇON 10:  Ces réactions à 100% négatives en mon endroit, que j’ai eues suite à mon témoignage, c’est exactement ce que subit toute femme victime d’une agression sexuelle.
C’est ce que Flavie m’a fait constater, en reprenant point par point chaque commentaire que j’ai reçu.

  • On ne me croit pas?  C’est ce qu’elles subissent.
  • On trouve des raisons logiques pour démolir la crédibilité d’une telle anecdote? C’est ce qu’elles subissent.
  • On me dit que je prends mes rêves pour des réalités? C’est ce qu’elles subissent.
  • On évoque le fait que j’ai menti au moins une fois dans ma vie, pour mettre un doute raisonnable sur mon récit? C’est ce qu’elles subissent.
  • On me dit que si j’avais vraiment voulu m’en tirer, ce ne sont pas les options qui manquent: Quitter l’appartement en courant, appeler la police, etc? C’est ce qu’elles subissent.
  • On me dit que dans le fond, être forcé à avoir une relation avec elle, c’est ce que je voulais, puisque je suis juste incapable d’assumer mes désirs? C’est ce qu’elles subissent.
  • On cherche à me convaincre que dans le fond, je le voulais vraiment? C’est ce qu’elles subissent.
  • On inverse les rôles, disant que c’est moi qui est coupable? C’est ce qu’elles subissent.
  • On cherche à ruiner ma vie de couple, pour avoir commis un adultère, même s’il était forcé? C’est ce qu’elles subissent.
  • On évoque le fait que je n’ai pas toujours été fidèle, pour rendre non-crédible le fait que je ne voulais pas tromper ma blonde? C’est ce qu’elles subissent.
  • On dit qu’en fait, je me vante? C’est ce qu’elles subissent.
  • On dit que je ne suis pas assez attrayant pour avoir subi un viol?  Eh oui, là encore, croyez-le ou non, c’est ce qu’elles subissent.


Je n’en reviens pas!

MOI: Alors comme ça… J’aurais vécu un viol!  Eh bien! 

Flavie se rapproche, passant ses bras autour de moi, réconfortante.

FLAVIE: Comment tu te sens, face à tout ça?
MOI: Ben…  Je sais pas trop.  Je suis pas traumatisé, si ça peut te rassurer.  Je veux dire, avant que tu me fasses prendre conscience de ça, c’était déjà une expérience pas trop agréable, sans plus.  Je ne peux pas dire que ça a empiré depuis. C’est juste que ça me permet de comprendre beaucoup plus ce que j’ai subi, et ce que j’ai ressenti.
FLAVIE: Eh bien maintenant, j’espère que tu y penseras à deux fois, avant de rajouter du désagrément à une fille qui te dit avoir déjà subi une agression sexuelle.
MOI: Qu’est-ce que tu veux dire?
FLAVIE: Tu es d’accord avec moi comme quoi tu as subi un viol.  Et on s’entend que le viol est un crime.  Est-ce que tu vas dénoncer Vanessa à la police?
MOI: Euh…  Bah, non!
FLAVIE: Pourquoi?
MOI: Ben là!  Ça fait tellement longtemps.  Et puis, elle va certainement le nier.  Et ça, c’est si elle s’en rappelle pour commencer.  Et puis, je sais pas trop… J’ai vécu avec cette histoire jusqu’à maintenant et ça ne m’a pas affecté outre-mesure.  C’était désagréable,  d’accord, mais pas traumatisant.  Et puis, bon, c’est du passé.  J’ai tiré les leçons que j’avais à en tirer pour ne pas que ça se reproduise.  Je ne vois pas quel bien il y aurait à en tirer, de ramener cette histoire-là, surtout devant les tribunaux.  En plus, ça apprendrait à mon ex que je l’ai faite cocue une fois de plus, alors qu’elle me refaisait confiance.  Sans compter tout le bordel que ça va faire à tous nos entourages respectifs.  En plus qu’il va falloir que je repasse à travers les mêmes commentaires déjà reçus sur le forum.
FLAVIE: Bon ben pourquoi tu m’en a parlé, alors?  Tu voulais te victimiser, en t’en plaignant, sans rien faire, alors qu’il y a tellement de lois et d’organismes à ta disposition?

Je me rends soudain compte de ce qu’elle est en train de faire.

MOI: Je reconnais ces arguments.  Ce sont les miens, lorsque j’en vois qui se plaignent d’agression sexuelle, mais qui laissent leurs agresseurs s’en tirer.
FLAVIE: Eh oui!  Se faire mettre de la pression pour poursuivre un violeur en justice malgré le fait que l’on n’y tient pas pour des raisons personnelles, sous peine de se faire qualifier de victimes volontaires, de lâches, de chialeuses qui font dans la victimisation, d’hypocrites qui font semblant qu’il n’y a pas de solutions, d’irresponsables qui contribuent au crime en laissant aux criminels tout le loisir de recommencer…  Ça aussi, c’est ce qu’elles subissent.  Et ça aussi, c’est aussi désagréable à vivre que tout le reste. Sinon plus!

Jusqu’à ce moment-là, j’avais toujours cru être une personne bien intentionnée.  Ça me semblait tout ce qu’il y a de plus logique, de mettre de la pression sur une victime afin de faire arrêter son agresseur.  J’avais comme arguments que si l’agresseur ne subit aucune conséquences de ses gestes, alors il n’aura aucune raison de cesser de les commettre.  Ainsi, les prochaines victimes qu’il fera, ce sera autant de la faute de l’agresseur, que de ses victimes précédentes qui auraient pu le faire arrêter, mais ont choisi délibérément de ne pas le faire.  

Il m’aura fallu vivre un viol, moi aussi, pour enfin comprendre que dans ce genre de situations, les faits ne sont pas toujours du tout-noir-ou-tout-blanc.  Dans la réalité, c’est du cas par cas, et chacun est beaucoup plus compliqué que ça.

En conclusion, je réalise que je dois beaucoup d’excuses à beaucoup de personnes.

10 choses que j’ai apprises en tant que gars hétéro qui a couché avec une lesbienne (2 de 3)

Ceci est la suite du billet précédent.

Quatre jours plus tard.  Ma blonde est revenue de Suisse.  Elle termine de vider et ranger le contenu de ses bagages tout en me racontant ses anecdotes de voyage.  Ça cogne à la porte de balcon.  C’est Vanessa, tenant mon oreiller et ma douillette.  Je lui ouvre.  Voyant ma blonde, elle lui dit:.

VANESSA: Hey! Hello! T’es revenue d’Europe.
MA BLONDE: Oui, je suis arrivée ce matin.  Chuis encore sous le décalage.  Sept heures de différence.
VANESSA: Fa que ouais, je reviens porter la douillette et l’oreiller de ton chum.
MA BLONDE: Oui, il m’a dit ça tantôt, que t’avais dormi ici parce que t’avais trop bu pour conduire.
VANESSA: Oui oui, mais rassure-toi, j’ai dormi dans ma van. On n’a pas couché ensemble!
MA BLONDE: Ben là, j’pense pas que t’étais saoule au point de le prendre pour une fille. Ha! Ha! Ha!

Je ris aussi, mais jaune.  Je ne peux pas croire que Vanessa vient vraiment de lui dire ça.  C’est une chose de garder le secret sur notre séance de sexe illicite, c’en est une autre de délibérément amener le sujet à ma blonde dans le but unique de lui mentir en face.

Tard en soirée, tandis que ma blonde dort afin de se remettre au fuseau horaire du Québec, je parcours le net.  J’ai essayé de ne pas trop y penser ces derniers jours, mais depuis la visite surprise de Vanessa cet après-midi, je dois reconnaître que je suis un peu troublé par le souvenir de notre expérience intime.  Je ne saurais cependant dire pourquoi.  Aussi, un peu par réflexe inconscient, je google à la recherche de témoignages d’autres personnes ayant vécu une histoire d’un soir gars hétéro / fille lesbo. 

Je finis par trouver un forum dans lequel il y a justement un tel sujet.  Je lis l’histoire du gars qui l’a démarré.  Je trouve que son récit tient un peu de la romance fantaisiste, surtout le bout où il écrit que la fille l’a remerciée de l’avoir aidée à découvrir son propre corps.  Parce qu’il me semble que s’il y a un genre de fille qui connait bien tous les recoins et fonctions de son corps, c’est bien une lesbienne.  Mais qu’importe!  Je  m’y inscris.  Puis, je passe l’heure suivante à écrire ce que vous avez lu dans le billet précédent.  J’attends ensuite les réactions.  Pour le moment, il n’y en a pas.  Je décide donc d’aller me coucher.

Le lendemain et les semaines suivantes, par contre, les réactions se succèdent.  Bientôt, il y a plusieurs pages de commentaires à la suite de mon histoire.  Et c’est en les lisant que je constate quelques points troublants sur la façon dont les gens perçoivent les histoires comme la mienne.  J’en ai tiré dix leçons:

LEÇON 1:  Pour plusieurs raisons, personne ne trouve la chose crédible.
Une grande partie des répondants qualifient mon histoire de fantaisie de loser puceau qui prend des rêves pour des réalités.  Quelques raisons:

  • Une lesbienne, désirer un gars?  Déjà là, c’est peu crédible.  Alors une butch en plus…
  • Une lesbienne, désirer un gars, alors que sa seule expérience avec des gars était un viol? À d’autres!
  • Pour qu’une lesbienne ait envie d’un gars, il faudrait que ce dernier soit exceptionnellement beau. On parle, mannequin Hollywood-style beau.  J’ai beau m’être amélioré physiquement depuis mon adolescence, je suis loin d’avoir leur look.
  • De toute façon, l’alcool ne change pas la personnalité et encore moins l’orientation sexuelle.  Au contraire, en enlevant les inhibitions, elle ne fait que la raffirmer.
  • Et même si on admet qu’un jour, une lesbienne puisse avoir envie de sortir de sa routine sexuelle afin d’expérimenter la baise avec un gars.  Eh bien, comme elle le dit, c’est le fantasme de tous les gars.  Elle aurait donc l’embarras du choix, les candidats se bousculeraient au portillon.  Elle en choisirait donc un beaucoup mieux foutu que moi. 
  • Certains vont tout de même me qualifier de rafraîchissant, d’avoir utilisé une butch dans mon récit plutôt que la classique belle & jeune lipstick lesbian.  Ce qui fait que certains autres en arrivent à la conclusion que, si j’ai choisi comme personnage une fille avec des traits plus masculins, alors mon récit serait la manifestation d’une homosexualité refoulée que je cherche à nier.
  • Autre chose que les gens trouvent peu crédible: Mon manque d’enthousiasme. Un gars hétéro, hésiter quand une lesbienne lui propose du sexe? Lui refuser? Ne pas avoir envie de jouir?  Dis-donc, nous ne sommes pas nés de la dernière mouille, hein!
  • Et puis d’abord, tout le monde a menti au moins une fois dans sa vie.  Si, à l’âge de huit ans, j’ai menti en disant à mes parents que ce n’est pas moi qui a vidé le pot de beurre d’arachide dans le grille-pain, voici donc la preuve comme quoi je suis un menteur. Et si j’ai menti pour ça, alors il y a un doute raisonnable comme quoi je mens certainement, trente-cinq ans plus tard, en disant m’être tapé une lesbo.  

LEÇON 2: Techniquement, il est impossible pour un homme de coucher avec une lesbienne. 
C’est exactement ce que plusieurs personnes répondent: « Il est impossible pour un homme de coucher avec une lesbienne, car à partir du moment où elle couche avec un gars, elle n’est plus lesbienne mais bien bisexuelle. »   Mais d’autres démentent cette théorie en disant qu’en fait, il existe un moyen pour une lesbienne de baiser avec un gars tout en restant lesbienne: Subir un viol!  Et justement…  

LEÇON 3:  Selon l’opinion générale, je serais coupable d’avoir commis un viol.
Je suis un homme. C’est une femme.  Elle était saoule.  Donc, en couchant avec elle, j’ai profité du fait qu’elle n’avait pas toute sa tête.  Parce que sinon, si elle avait vraiment voulu de moi, disent-ils, elle n’aurait pas hésité à me le dire lorsque à-jeun.  La preuve: Après le sexe, elle m’a fui pour aller se verrouiller dans sa minivan.  Et au matin, réalisant toute l’horreur de ce que je lui ai fait subir la veille, elle a fui sans revenir me donner signe de vie.  TOUTES LES PREUVES SONT LÀ! 

LEÇON 4: Au nom de « Faire ce qui est Juste », tout le monde s’attend à ce que tu n’hésites pas à mettre toutes tes relations en jeu.
Et c’est quoi, faire ce qui est juste, selon eux? C’eut été lui servir un NON! catégorique, et ne jamais céder.  Et si c’eut été la plonger dans une déprime?  Et si ça l’aurait mené à une dépression, vu son très bas état moral?  Et si, comme il m’est arrivé maintes fois par le passé, elle aurait frustré et tenté de se venger en détruisant ma vie sociale et professionnelle en racontant notre soirée, mais en inversant les rôles?  DES EXCUSES QUE TOUT CELA!  Je ne cherche qu’à me justifier d’avoir commis un adultère, voilà tout!

LEÇON 5: Pour deux raisons, ce n’est vu que comme étant de la vantardise.
Raison 1: Ben oui! Relisez le texte, vous verrez:

  • Je dis qu’elle me trouve beau.
  • Je confirme qu’en effet, je suis un ex-laideron devenu beau.
  • Je raconte que la fille insiste pour coucher avec moi, et insiste, et insiste, et insiste.
  • Je rajoute même que j’ai tellement eu d’offres de sexe par le passé que j’ai eu, à maintes reprises, à leur dire non.
  • ET ÇA LES AVAIS TELLEMENT FRUSTRÉES!!!!!!!11!!!!!

Si ce n’est pas de la vantardise, c’est quoi?

Et la raison 2; Ça part du point comme quoi le lesbianisme de Vanessa n’avait aucune importance dans mon récit.  La preuve: Enlevez-en toute mention et l’histoire ne change pas d’un poil.  Ça reste l’histoire d’un gars qui se fait proposer du sexe, refuse pour ne pas tromper sa blonde, puis finit par céder.  Donc, si je prends la peine de préciser son orientation sexuelle, c’est juste par envie de me vanter au monde entier comme quoi j’ai eu l’extrêmement rare honneur d’avoir pu faire du pine-gouine.

LEÇON 6:  Certaines personnes cherchent tellement à nuire à autrui, qu’ils mettent un temps fou et des efforts inouïs à ce but, même s’ils ne connaissent même pas leur cible.
Une semaine après avoir publié mon article sur le forum, ma blonde revient de travailler, toute hilare.

ELLE: Hey, tu devineras jamais quoi?  Y’a un gars tantôt qui m’a envoyé un message sur Facebook comme quoi tu me trompais avec Vanessa.
MOI: Hein? Qui ça? 
MA BLONDE: Je sais pas! Dès que le gars m’a envoyé son message, son nom a changé pour « Utilisateur Facebook », et je ne pouvais même pas lui répondre.  Dommage! J’ai pas eu la chance de lui dire: « Heille, Chose, ton récit serait déjà plus crédible si t’avais pas choisi notre seule amie lesbienne butch. Ha! Ha! Ha! »

Finalement, je me ravise: Ça m’arrange beaucoup, que cette histoire ne soit pas vraiment crédible.  Soulagé, je me penche sur la question suivante: Qui a donc bien pu me dénoncer? 

Premièrement, je ne crois pas que Vanessa se serait vantée de ça auprès de nos amis.  Ensuite, si elle s’était confiée, ça aurait été à son meilleur ami, soit Daniel.  Et agir de cette façon, ce n’est pas son genre.  Il tient trop à notre amitié et à nos projets pour tenter de saboter mon couple. Il ne reste donc que trois suspects possibles: L’un des trois administrateurs du forum.  Pour s’inscrire à un forum, il faut entrer une adresse de courriel.  L’administrateur du forum, après avoir lu mon récit, serait donc allé voir mon profil.  En tant qu’admin, il aurait eu accès à mon adresse de courriel.  Il serait ensuite allé sur Facebook et l’aurait entré dans l’engin de recherche, ce qui l’aurait amené à mon compte.  À l’époque, il y avait moins d’options de sécurité.  Il y aurait donc vu que j’étais en couple, et avec qui.  Enfin, il aurait parcouru la liste de mes amis, aurait visité les profils de toutes les filles, et y aurait trouvé la seule lesbienne célibataire que j’y avais dans le lot. À partir de là, il aurait pris le temps de se créer un faux compte Facebook, juste pour le temps de me dénoncer à ma blonde, avant de le fermer.

Je n’ose même pas imaginer le temps que ça a dû lui prendre.

Eh oui!  Il existe des gens, comme ça, qui sont prêts à tout pour tenter de nuire à autrui, sans même les connaître.  Ça ne devrait pas me surprendre.  Quelques années plus tard, après avoir lu mon très fameux article 30 comportements qu’il faudrait cesser d’avoir sur Facebook, un lecteur anonyme a cru que les fausses captures d’écran que j’y expose étaient vraies.  Ainsi, il a écrit au « mari » (homosexuel dans la vraie vie) de cette fille pour l’avertir qu’elle le faisait cocu avec moi:

… Et là encore, le délateur a détruit son compte une fois son message envoyé.

LEÇON 7: On est confus!  On se demande si nos sentiments, suite à une telle expérience, sont bien normaux, ou bien si c’est nous qui sonnes anormaux. 
Parce que, autant de la part de Vanessa que de la part ce la majorité des répondants sur le forum, parce que c’est une lesbienne et parce que je suis un gars hétéro, j’aurais dû aimer ça.  J’aurais dû être super excité.  J’aurais dû profiter de la chose en venant 7-8 fois en ligne. Ce n’était pas mon cas.  Suis-je normal, docteur?

LEÇON 8: Entendre ce genre d’expérience ne suscite en général que des sentiments négatifs. 
J’ai pu le voir de la part de tous les répondants: Incrédulité, envie, mépris, jalousie, colère, condescendance, désir de me nuire et ruiner mon couple, et j’en passe.  

Alors pourquoi est-ce que je décide d’en parler de nouveau?  C’est à cause des deux dernières leçons, les plus importantes de toutes.

____
La suite: Les deux dernières leçons, les plus importantes de toutes.

30 gars typiques de sites de rencontres.

La plupart de mes lecteurs étant des lectrices, je me suis souvent fait demander par celles-ci de répertorier le genre de gars que l’on retrouve sur les sites de rencontres. En particulier ceux qui ont un comportement peu appréciable. Voici donc, à la demande générale, 30 gars typiques de ce genre de sites:

1- Le Copieur-Colleur
Il t’a envoyé un mot gentil et tout plein de compliments? Bien! Est-ce qu’il y a au moins une chose dans son message qui te décrit personnellement? Ne serait-ce que ton nom? Non? Dans ce cas, les chances sont grandes qu’il t’a juste copié-collé le même message qu’il a envoyé à un grand nombre de filles. Tu peux t’en rendre compte assez vite quand tu en parles à tes amies du site, et qu’elles te disent qu’elles ont reçu exactement le même message du même gars.

2- Le CONtre-Argumenteur
Pas besoin d’avoir mis des photos sexy sur ton profil.  Le simple fait d’être de sexe féminin suffit pour attirer cet excité du gland qui va vite te suggérer d’allumer ta cam pour lui montrer tes seins ou ton entrecuisse. Tu déclines?  Il insiste, d’abord gentiment. Puis il va te demander pourquoi tu refuses. À chaque argument que tu sors, il aura un contre-argument car à ses yeux aucune de tes raisons de lui refuser n’est bonne. Et il va insister. Et insister. Et insister. Et insister. Et insister. Et insister. Et insister. Et insister. Et il va se montrer très déçu que ton non ne se transforme pas en oui et il va conclure en tentant de discréditer publiquement sur ce qui, pour lui, est un manque de cohérence de ta part, avec des phrases du genre de « Mais kess’tu fous sur un site de cul si tu veux pas le montrer?  »

3- Le Jeckyl et Hyde
Il est vrai que l’amour et la haine sont des sentiments très près l’un de l’autre. La preuve: Ce gars-là va t’approcher en parfait gentleman respectueux et irréprochable. Puis, il va te faire tout plein de compliments: Tu es gentille jolie, intéressante, intelligente, etc. Et si tu as un surplus de poids, aucun problème. Bien au contraire, il sait apprécier la beauté des femmes bien en chair et ne se gène pas pour te le dire. Voici le moment où il te sens mure pour recevoir ses propositions sexuelles. Mais voilà, le gars ne te plaît pas, alors tu déclines.  Peu importe la raison que tu lui donnes pour refuser ses avances, le fait est que tu refuses ses avances. Et ça, il ne le prend pas. Il change alors complètement son opinion sur toi, te disant que tu n’es qu’une  grosse vache laide à en vomir qui devrait le remercier à genoux d’avoir daigné s’abaisser à t’accorder son attention. Le bout un peu étrange, c’est qu’il va te traiter de salope parce que tu refuses d’avoir du sexe. Mais bon, quand on est frustré, on ne regarde pas à la logique de nos insultes.

4- Le ContraDictateur
Sa fiche dit qu’il s’agit d’un couple bi de 60 ans qui habite Québec et qui recherche une femme bi de 30-60 ans, de leur région, pour trips de sexe. Ta fiche dit que tu es une femme hétéro de 25 ans de Montréal, qui recherche une relation sérieuse avec un homme de Montréal dans la vingtaine. Il te contacte pour une soirée de sexe. Tu déclines en lui expliquant qu’ils ne sont pas ce que tu cherches. Il insiste. Tu lui dit que, selon leur fiche, toi non plus tu n’es pas ce qu’ils cherchent. Il te répond que seuls les fous ne changent pas d’idée, et continue d’insister. Donc, non seulement il insiste malgré le manque total de compatibilité entre vous, ils se permet de te traiter de folle.

5- Le cunnilinguiste

La toute première chose qu’il te dit sur le site (ou la deuxième, s’il a la patience de te saluer avant), c’est « J’aimerais te manger la chatte!  »  Il ne faut pas s’en étonner. C’est que nous autres, les gars, avons maintes fois entendu des filles se plaindre que leurs partenaires passés et/ou présents n’aiment pas leur faire plaisir oralement. On en vient donc à la conclusion logique qu’offrir la chose, c’est la baise assurée.  Et lorsqu’il essuie un refus, il est totalement confus.  C’est qu’il n’arrive pas à comprendre que même quand une fille a une folle envie de se faire servir oralement, ça ne signifie pas pour autant qu’elle est prête à laisser n’importe quel inconnu le lui faire.  Ceci dit, lorsqu’un gars utilise cette suggestion comme première approche, c’est surtout parce qu’il se doute bien qu’il n’a pas grand chose d’autre pour réussir à plaire. 

6- Le Drogué Raide

Ça, c’est le gars qui t’approche en te disant « Hé, ça te dit de baiser toute la nuit? J’ai pris du Viagra et/ou de l’XTC et j’en ai pour une semaine à avoir la pine d’acier!  » Comment voulez-vous que la fille se sente excitante et désirée si la première chose que lui dit le gars est qu’il a besoin de se doper pour se la garder raide avec elle? Turn-off total.

7- L’Analpha-Bête
Dragueur que l’on nomme ainsi ou bien parce qu’il ne sait pas lire, ou bien il est trop bête pour comprendre quand tu dis sur ton profil ne pas chercher quelqu’un comme lui.

8- Le Membre Fantôme
Un jour, un membre dont  tu n’as jamais entendu parler avant t’écrit en privé qu’il te trouve intéressante et aimerait bien te connaître plus. Tu visites son profil, histoire d’en savoir plus. Il n’a pas de photo, son nombre de messages dans la place est de zéro, et il y est membre depuis trois ans et demi. WTF?

9- L’Amoureux Instantané
Il commence par t’envoyer un mot gentil et amical, et il va rester gentil et amical jusqu’au moment où vous aller passer aux conversations privées.  Il passe alors d’amical, à dragueur en blagues, à dragueur de moins en moins en blagues, à totalement amoureux full-accro qui te supplie de le rencontrer, et ce moins de 48 heures après votre premier contact.

10- Le Tape-d’une-main
Vous échangez de façon courtoise pour une période pouvant aller de quelques minutes à quelques heures.  Puis, il te révèle qu’il n’a pas cessé de se branler tout le long de votre conversation, malgré le fait que tu n’as rien fait d’autre que de lui parler de ta journée au boulot et de ce que tu prépares pour souper.

11- Le Respectueux Extrémiste

Ça, c’est le gars qui s’est rendu compte que beaucoup de femmes se plaignent que les gars ne respectent pas leurs limites. Par conséquent, il croit avoir trouvé la formule pour être un gars parfait: Le Respect! Il n’arrête jamais d’attirer l’attention sur le fait qu’il va toujours rester à sa place et que jamais il ne forcera une femme à faire quoi que ce soit car il est respectueux, lui. Le problème, c’est que puisque son respect est juste une façade qu’il se donne pour séduire, il ne sait pas où s’arrêter. Alors si une femme lui fait des proposition, il va les décliner, en rajoutant fièrement qu’il refuse par respect pour elle. Il aura bien du mal à comprendre pourquoi, suite à cette douche froide, elle s’éloigne de lui, puisqu’il l’a pourtant toujours traitée avec respect.

12- Le Malléable
Ça, c’est celui qui prendra n’importe qui, de n’importe quel site, habitant n’importe où, voulant n’importe quoi, n’importe quand. Au lieu de se décrire tel qu’il est, il te dira plutôt ce qu’il n’est pas: Il n’est pas jaloux, il n’est pas drogué, il n’est pas infidèle, bref, tous les défauts que les femmes détestent chez les hommes, il ne l’est pas. Il va te poser tout plein de questions sur tes goûts et activités, de façon à pouvoir s’y conformer en répondant « Je suis pareil!  », chose qu’il n’aurait pas pu prétendre s’il s’était décrit en premier. Ça ne l’empêchera pas d’affirmer que tu es spéciale pour lui car il n’est pas désespéré.

13- L’ÉnerVantard
Tout ce dont il parle, c’est he, himself and him. Il a tout vu, il a tout fait, et beaucoup mieux que les autres. Il ne dialogue pas avec toi, il monologue!  Il est tellement pris dans sa mission de t’éblouir qu’il se fout complètement de ce que toi tu as à dire.

14- Le ProfessioNul
Les femmes et le sexe, il connait ça! Il a tout lu, tout étudié, et tout appris pour devenir l’amant parfait, et a utilisé ses vastes connaissances afin de développer sa propre formula gagnante sexuelle : D’abord, préliminaires d’embrassades et de caresses pendant 10 minutes. Ensuite, cunnilingus pendant 10 minutes. Ensuite, pénétration, stimulation du point G et changement de position aux 10 minutes. Répéter tant qu’il ne t’aura pas procuré au moins 3 orgasmes. C’est bien!  Mais il faut avouer que parfois, ce n’est pas la peine qu’il se donne autant de mal, puisque tu es tellement allumée que tu n’as pas besoin de préliminaires.  Dans ces moments-là, tu as juste envie de te déculotter et te faire enfiler immédiatement sans ménagement. Et ça…

  • A) il ne le comprends pas, parce qu’il n’a appris à baiser que de sa façon technique.
  • B) il est pris au dépourvu parce que tu lui empêches de montrer à quel point c’est un bon baiseur expérimenté et adroit.
  • C) il se demande si tu te fous de sa gueule, parce qu’il est convaincu qu’aucune fille n’aime se faire baiser avec force et passion.
  • D) il frustre, prétend qu’il sait mieux que toi ce que tu aimes vraiment, et insiste pour te baiser à SA façon.

Autrement dit, même s’il prétend être attentif aux besoins sexuels des femmes, en réalité la seule chose qui l’intéresse c’est son image d’amant parfait. Sauf que s’il était vraiment l’amant parfait, il t’écouterait au lieu d’en faire à sa tête.

15- Le SexTremiste
Il se vante que la nature a été généreuse avec lui, ce qui lui permet de pouvoir garder une femme éveillée toute la nuit car qu’il est aussi insatiable que résistant. Lorsque tu lui laisses la chance de le prouver, tu constates qu’il se limite à la pénétration et que tu n’as pas senti grand chose de sa bite de schtroumpf durant les huit minutes qu’ont duré la baise.

16- L’AlphaBite
Il a une grosse bite, il est convaincu que ça fait de lui un mâle alpha, alors tout tourne autour de ça: Sa photo de profil est sa bite. Ses galeries sont des photos de sa bite. Sa cam est braquée sur sa bite. Et il ne parle que de sa bite.

17- Le Vif du Sujet
Avec lui, pas de temps à perdre! Son premier message est court et droit au but: Quand ce n’est pas « On baise quand?  », c’est quelque chose d’aussi rapide disant sensiblement la même chose . Et si tu ne lui réponds pas, il est fort possible qu’il ne s’en rendra jamais compte, puisqu’il a envoyé le même message à 8624 autres filles.

18- Le ConPétiteur
Dès qu’il voit un autre gars attirer l’attention d’une (ou plusieurs) des filles du site, il ne le digère pas. Il part alors en croisade contre celui qu’il voit maintenant comme un adversaire, dans le but de le rabaisser dans l’estime des filles. Pour ce faire, il prendra la moindre parcelle d’information à son sujet et la déformera de façon négative afin d’étaler au grand jour, dira t-il, la vraie nature de l’autre gars. En fait, en agissant ainsi, c’est plutôt sa propre nature qu’il étale: Insécure, jaloux, mesquin, envieux, menteur, manipulateur, etc.

19- Le Moqueur-Agressif
Lui, il ne perd pas de temps à jouer au bon gars.  Sur le forum ou le t’chat, il fait tout plein de blagues sexistes.  Ces remarques vont faire que…

  • 50% des filles vont l’ignorer.
  • 35% vont le trouver cave, et le dire publiquement.
  • 10% vont le trouver drôle, et même que…
  • 5% vont le défendre contre celles le trouvant cave.

On pourrait penser que cette attitude est stupide comme technique d’approche. Pourtant, ça marche. La preuve: Quel membre gentil et respectueux peut se vanter d’avoir réussi à  attirer l’attention et mettre de son bord 15% des membres féminines du site, comme lui vient de le faire?

20- L’impaChiant
N’arrête pas de se plaindre que ça fait 36 heures qu’il est membre ici, il a envoyé 97 demandes de contacts, et il n’a toujours pas une seule fille intéressée par lui… CE SITE EST UNE MERDE!

21- Le Cliché Cliché.
Sa photo de profil entre dans l’une de ces très typiques catégories:

  • Le mec et sa bagnole.
  • Le mec et sa moto.
  • Le mec et son chien.
  • Le mec qui a la main de son ex sur l’épaule (il a découpé le reste).
  • Le mec à casquette et verres fumés.
  • Le mec torse nu.
  • Le mec sportif, habillé de tout l’équipement du randonneur, en plein bois ou en montagne.
  • Le selfie en situation dangereuse.

22- Le Tout-Faux
Il est gentil et charmant, mais c’est bien la seule chose chez lui qui est vraie.  Pour le reste: Sa photo de profil date d’il y a plus de 5 ans.  Il dit avoir 29 ans mais il est dans la quarantaine. Il dit ne pas avoir d’enfants alors qu’il en a déjà deux.  Il est toujours prêt à te rencontrer mais jamais chez lui car, bien sûr, il se dit célibataire alors qu’il est en couple et habite avec sa conjointe. Lorsqu’il sera finalement démasqué au bout de deux ou trois mois, il braillera qu’il n’avait pas le choix de s’inventer une vie parce que, étrangement, personne ne l’aime tel qu’il est vraiment.  La preuve: Maintenant que tu sais la vérité à son sujet, tu as perdu intérêt pour lui.

23- L’habitué
Sa fiche dit qu’il est membre de la place depuis plus de cinq ans. Ça peut vouloir dire trois choses:

  1. Ou bien il n’a vraiment rien pour plaire.
  2. Ou bien il est en chasse permanente.
  3. Ou bien il a été membre ici il y a longtemps, il a eu une relation, et maintenant que celle-ci est terminée, il est de retour.  Ce qui veut dire qu’il s’attendait à ce que la relation ne dure pas, et à avoir à revenir.

D’une façon comme d’une autre, on ne peut pas dire qu’il constitue du bon matériel pour une relation monogame.

24- L’Esthète-de-noeud
Les photos de sa liste d’amis ne sont qu’une collection de filles de style mannequins et douchebaguettes. Voilà qui en dit long sur ses préférences, donc sur sa personnalité.

25- Le N’importe-Quoi-Pourvu-que-ça-Baise
L’inverse du précédent. Grand croyant de la rumeur populaire comme quoi les vieilles, les grosses et les laides sont les plus allumées et/ou les plus désespérées, c’est celles-là qu’il approche. Par conséquent, s’il ne s’occupe pas de toi, c’est ironiquement parce qu’il te croit trop bien pour lui.

26- Le Passif Non-Agressif
Il te fait une demande de contact, tu l’acceptes, et vous vous échangez quelques messages.  Il est gentil, drôle, mais plus les jours passent plus tu réalises qu’il ne te dit que des banalités. Il ne montre aucun signe d’intérêt particulier pour toi, même que sa conversation devient de plus en plus courte et insipide.  Tu finis par ne plus lui répondre, et il cessera de te donner signe de vie pendant une semaine ou deux. Puis, il te relance, toujours sur des banalités, et tu te demande bien pourquoi il te dérange ainsi pour rien.

La réponse est simple: Il cherche à se faire draguer.  Il veut que tout vienne de toi: Les premier pas, les propositions de rencontres, les propositions de baise, et ce sans jamais rien faire pour t’en donner envie.

27- Le Nique-ma-Race
Trois éléments invariables:

  1. Il est d’une autre race / couleur / culture que toi.
  2. Il t’aborde et fait des propositions sexuelles.
  3. « Tu refuses? Mais t’es raciste, salope! »

Faut juste pas confondre.  Ceci n’est pas un comportement ethnique. C’est simplement un comportement de con.  Et des cons, on en retrouve partout!

28- Le 180 Degrés de Séparation
Vous vous contactez, vous échangez des messages, vous vous jasez sur messagerie.  Le courant passe à merveille, vous vous entendez super bien, vous discutez même d’une rencontre bientôt. Puis, sans prévenir, il te fait un 180°: Il te met sur sa liste noire de Skype, de Facebook, de son courriel, du site que vous fréquentez. Il t’a banni de sa vie pour toujours, et ce sans le moindre mot d’explication.

29- Le Mature Responsable Intense et Tourmenté
Il est beau, athlétique, il est séparé/divorcé et a au moins un enfant. Il vit seul et il partage son temps entre travailler, tenir maison propre et assumer ses responsabilités paternelles. C’est un miracle qu’il arrive à trouver du temps libre pour être sur un site de rencontres. La preuve: Ça fait au moins deux ans qu’il n’a pas baisé. Mais ça ne le dérange pas outre-mesure. Ce n’est pas vraiment ce qu’il cherche. Et il n’a pas le temps pour une romance non plus. Il cherche juste quelqu’un à qui parler.

Il est si mature, si responsable, et en même temps si victime des circonstances qui ne sont pas de sa faute à lui… Quelle fille ne craquerait pas pour un tel homme? Alors tu t’en rapproches, tu deviens vite son ami, vous passez vos soirées à jaser.  Il trouve un trou dans son horaire pour une rencontre.  Vous passez une excellente soirée ensemble et une très géniale nuit de baise. Tu te sens honorée d’être sa toute première baise en deux ans, baise dans laquelle il t’a avoué avoir ressenti avec toi des sentiments qu’il ne croyait plus être capable d’avoir. Tu es certaine d’avoir trouvé l’homme de ta vie et te sens prête à partager la sienne, incluant responsabilités et tourments.

Mais dès le lendemain et pour les jours suivants, il devient distant et utilise son travail et ses responsabilités paternelles comme excuses pour annuler vos rendez-vous l’un après l’autre, jusqu’au jour où il disparaît de tes contacts et de ta vie. Normal: Il est maintenant occupé à faire son numéro de mature responsable intense et tourmenté à une autre fille qui craque pour lui. Une fille qui sera très honorée d’être sa toute première baise en deux ans.

30- L’inévitable Nice Guy.
Vous connaissez le genre.

C’est tout?
Bah ouais, que voulez-vous, en tant qu’homme hétéro, je n’ai pas tellement l’expérience de l’interaction avec les gars de sites de rencontres.  Mais j’ai quand même observé ceux-là.

Avez-vous déjà eu à faire avec ces types de comportements?  En avez-vous constatés d’autres?  Parlons-en dans les commentaires.

————-

J’ai mis un lien vers cet article-ci dans le section des commentaires sur un billet intitulé Les Sites de Rencontres et l’Humiliation, même combat Un très bon article (quoi que un peu court) signé Sylvie Savard, du site Mitsou.com.

Nouveau lecteur, nouvelle lectrice? Joignez le groupe Facebook de Mes Prétentions de Sagesse.

Ce que vivent les femmes sur les sites de rencontres (sur l’air de « Je l’aime à mourir »)

Tout le monde connait le grand classique Je l’Aime à Mourir de Francis Cabrel. Pour une raison quelconque, je me suis amusé à en faire une version qui décrit ce qu’une fille vit généralement lorsqu’elle fréquente un site de rencontres. Ça va comme suit:

(allumez musique pour l’ambiance)

Chuis célibataire
et je me suis inscrit
À un site dans lequel
Il y a plein de gars qui
Essayent de séduire

Ils peuvent bien m’écrire
tout ce qui leur plaira
Si leurs profils n’a rien
qu’des pics de leur gros bras
Je n’vais pas mentir :
Ça va me faire fuir
Oui je vais m’enfuir

Il y a ceux qui disent
Vouloir de l’amitié
Et dès la troisième phrase
Ils parlent de me baiser
Qu’est-ce qu’ils me font rire

Il y a les gars casés
Avec des filles pas belles
Et qui espèrent trouver
Sur ce site, bien mieux qu’elles
Alors qu’eux mêmes ils
Alors qu’eux mêmes ils
Sont laids à vomir

Au lieu d’se taire
Ces gens vulgaires
S’imaginent que c’est comme ça qu’il
Faut agir pour
Pouvoir nous plaire
Et trouver… de l’amour ainsi.

Il y a aussi les cons
Qui croient que pour séduire,
En baissant leur caleçon
Ça va leur réussir
C’est loin de m’faire jouir

Il y a ces fiches qu’on
Ne peut pas déchiffrer
Aucune ponctuation
Et des fautes par milliers
C’est trop dur à lire
C’est trop dur à lire
Ils savent pas écrire

Enfin, il y a ceux qui
Se disent « des bons gars »
Qui voudraient me séduire
Mais ne font rien pour ça
C’est ceux-là les pires

Eux, ils restant à l’écart
Et s’permettent de juger
Mon envie de vouloir
Un gars déterminé
Qui va me choisir
Qui va réussir
Lui, à me ravir

Au lieu d’se taire
Ces gens vulgaires
S’imaginent que c’est comme ça qu’y
Faut agir pour
Pouvoir nous plaire
Et trouver… de l’amour ainsi

Chuis célibataire
et je me suis inscrit
À un site dans lequel
Il y a plein de gars qui
M’ennuient à mourir

Après tellement de temps
Perdu sur ces sites-là
Voilà que finalement
J’apprécie l’célibat
Je vais m’désinscrire
Et je vais partir
Ne plus revenir.

____
Devenez membre de la page Facebook de Mes Prétentions de Sagesse.

Il se croyait irrésistible.

Subir le harcèlement sexuel d’un collègue de travail, ça m’est arrivé à moi aussi.  Je n’oublierai jamais ma première fois. Il était jeune.  Il était beau.  Il se croyait irrésistible.  Il était le fils de mon supérieur immédiat. Et dès qu’il a commencé à travailler, il a eu l’œil sur moi, chose qui n’était pas réciproque.  Tous les éléments étaient en place pour une belle catastrophe.

Les premières semaines, il restait à distance respectueuse.  Puis, ça a commencé doucement.  Un compliment anodin par-ci.  Une remarque coquine isolée par-là.  Je n’en faisais pas de cas.  Ça semblait juste être son humour particulier.  

Au fil des semaines, ses commentaires devinrent libidineux.  Ceux-ci devinrent ensuite de plus en plus nombreux.  Il prenait bien soin de toujours les dire à la blague, pour que ça passe mieux.  Je les ignorais délibérément.  J’espérais qu’en ne me voyant pas embarquer dans son jeu, il finisse par se lasser.  En attendant, je devais juste faire preuve de patience.  

Est-ce que ça a fonctionné?  Eh non!  

Ne pouvant concevoir que je ne succombe point à ses avances, il en arriva à la conclusion que mon manque de réaction signifiait que j’étais juste trop stupide pour me rendre compte que l’on me drague.  Il a donc opté pour me déclarer sa flamme de façon directe, en m’expliquant que quand un homme agit comme lui l’a fait envers moi, c’est parce qu’on l’intéresse.  Alors c’est ça, le mansplaining?  Je l’ai trouvée bien malvenue, cette façon condescendante de mettre en doute mon intelligence.

Ceci dit, j’avais quelques raisons de décliner ses avances.  D’abord, nous n’avions pas la même orientation sexuelle. Déjà là, c’est un obstacle assez incontournable.  Et ensuite, il était déjà en couple, imaginez.  Et même s’il n’y avait pas eu ces deux faits, ce n’est pas avec une personnalité aussi désagréable que la sienne qu’il aurait réussi à me séduire.  Je lui ai fait part des deux premières raisons.  Pas de la troisième.  Il faut bien garder une ambiance harmonieuse en milieu de travail.  Mais qu’importe, mon message était passé.  Nous pouvions maintenant tourner la page et passer à autre chose.  

Deux fois par mois, tandis que nos chèques étaient envoyés automatiquement à la banque, on nous distribuait nos bordereaux personnellement. Ce jour-là, je n’ai pas reçu le mien.  J’ai compris pourquoi, quelques heures plus tard, lorsque l’on frappa à la porte chez moi.  J’ai regardé par le judas.  Surprise!  C’était lui, mon bordereau en main.  Il l’avait volé afin d’y trouver mon adresse.  Je n’en croyais pas mon œil.  J’ai reculé doucement pour éviter que le plancher craque et trahisse ainsi ma présence.  Après dix minutes à cogner périodiquement sans que j’ouvre, il abandonna. Bien que ressentant du soulagement de le voir partir, je trouvais aberrant qu’il ait osé poser de tels gestes.

À cette époque, j’étais dans une situation économique précaire dans laquelle chaque sou comptait. Un jour, après le boulot, j’ai décidé d’utiliser la cabine de douche disponible au travail, une option dont aucun autre employé ne se prévalait.  Ceci fait, plutôt que de remettre mon savon humide dans mon sac, je l’ai laissé sur place.  De retour chez moi, j’ai pu éteindre mon réservoir d’eau chaude.

Quelques heures plus tard, il frappait encore à ma porte.  Cette fois, c’est mon savon qu’il avait en main.  Je n’ai pas répondu.  Après ce coup-là, je n’ai plus osé utiliser la douche au travail.

Avoir été à sa place, si j’avais essuyé deux échecs après m’être présenté deux fois chez une personne sans invitations, j’aurais compris le message et laissé tomber.  Surtout si elle m’avait dit clairement ne pas être intéressée.  Mais voilà, je ne suis pas le genre de personne qui va aller s’imposer chez autrui.  Aussi, l’idée qu’il puisse persévérer ne m’a pas effleurée l’esprit.  

Un soir, il a commencé à m’appeler.  Je suppose qu’il a trouvé mon numéro sur le cellulaire de son père. Je n’ai pas répondu.  Il a rappelé à toutes les quinze à vingt minutes.  J’ai laissé sonner, en espérant qu’il finisse par se lasser.  À une heure du matin, il a fallu que je déconnecte le téléphone afin de pouvoir dormir.

Il m’empêchait d’épargner sur l’eau chaude.  Je risquais de manquer un appel important si je laissais le téléphone débranché.  Je ne pouvais plus sortir sans craindre qu’il passe « par hasard » sur ma rue au même moment.  Endurer le harcèlement au travail, c’est une chose.  Mais faire perturber ma vie privée à répétition dans mon propre logement, ça, non. 

L’option légale recommandée dans ces cas-là, c’est de prendre un collègue de travail comme témoin, aller voir la personne fautive, lui demander de cesser son comportement harcelant, et conclure par un avertissement comme quoi toute insistance de sa part lui vaudra plainte et poursuite. En théorie c’est bien joli, mais c’est plus facile à dire qu’à faire.  De un, ça m’étonnerait qu’un collègue accepte d’être témoin d’une situation qui causera un malaise entre eux.  Ensuite, en étant dans l’obligation d’expliquer à chaque témoin potentiel pourquoi j’en ai besoin, plus j’essuierais de refus, plus de collègues sauraient l’histoire, et plus grand serait le risque qu’on m’accuse de salir la réputation du fils de notre supérieur immédiat.  Il valait mieux y renoncer.

J’ai décidé de lui accorder le bénéfice du doute.   Il sait qu’il ne m’intéresse pas.  Il a bien vu qu’aucune de ses tentatives pour se rapprocher de moi ne fonctionne. C’est une cause qu’il sait perdue d’avance.  Le gars n’est sûrement pas idiot. Selon le bon sens, il devrait arrêter.

Mais voilà, je lui créditais trop de bon sens.  C’était un idiot.  Il n’a pas arrêté. 

Puis, un jour, devant nos collègues, il me lança un reproche sarcastique au sujet d’une erreur sans importance dans mon travail.  En un éclair, j’ai compris ce qui était en train de se passer.  Probablement frustré par ses échecs à me séduire, il allait désormais tenter de m’humilier publiquement, voire de saboter ma carrière, en commençant à sous-entendre mon incompétence à nos collègues. 

Je me doutais qu’il ne s’agirait pas d’un incident isolé. 
Je connaissais trop bien sa persistance. 
Je savais qu’il ne s’arrêterait pas là.   

Trop c’est trop.  J’ai craqué.

De tels récits, vous en avez déjà entendu par dizaines, de la part de filles et de femmes qui se font harceler de cette manière depuis qu’elles sont en âge de travailler.  Cependant, mon histoire à moi se démarque sur un point important.

Ce point est : Je suis un homme.  

Homme, blanc, hétéro, de quarante-deux ans, catholique, cisgenre, et d’environ 35 kg de plus massif que mon harceleur.  Je n’ai pas eu à fuir.  Je n’ai pas eu à donner ma démission.  Je n’ai pas eu à me terrer chez moi sans plus jamais oser sortir jusqu’à ce que je sois obligé de changer d’adresse et de numéro de téléphone.  Non!  Je l’ai confronté.  Debout, face-à-face, je l’ai engueulé sans retenue, avec comme témoin ces mêmes collègues devant qui il venait d’essayer de me discréditer.  J’ai dénoncé son harcèlement, tant au travail que chez moi.  Ses commentaires, ses avances, son vol de mon bordereau de chèque de paie, ses visites, ses appels.  J’ai tout étalé, là, en public, et j’ai conclu en lui lançant cet ultimatum : Ou bien il arrête, ou bien je le fais arrêter.  

Il n’a pas répliqué.  Il a juste baissé le regard, tourné les talons, et il a calmement quitté la pièce.

J’entends parfois des femmes raconter comment, après en avoir eu assez, elles ont réagi exactement comme je l’ai fait.  Mais la suite de leurs histoires me montre à chaque fois que le fait d’être un homme, ça ne m’a pas seulement servi qu’à intimider physiquement mon harceleur.  Ça m’a aussi évité de me faire dire que je l’avais peut-être provoqué.  Ça m’a épargné les théories comme quoi je m’habillais possiblement trop sexy.  Personne n’a utilisé de termes comme hystérique, mal baisé ou SPM pour expliquer ma réaction.  Mieux encore, je n’ai même pas eu à aller me plaindre aux patrons.  La nouvelle de notre confrontation leur est juste parvenue aux oreilles.  Ce fut suffisant pour qu’ils prennent la chose au sérieux.  Ils l’ont aussitôt déplacé vers un autre quart de travail, et je ne l’ai plus jamais revu.  Et bien qu’il soit le fils de mon supérieur immédiat, je n’en ai subi aucune conséquence. 

Avoir été une femme, ça ne se serait certainement pas aussi bien passé. Mais voilà; Je suis un homme, moi!   N’empêche que cette expérience fut l’une des plus désagréables, des plus malaisantes et des plus angoissantes que j’ai vécues de toute ma vie.  Puisque je suis un homme, je sais que ne repasserai probablement plus jamais à travers ça.  Ça me permet de comprendre que je ne vivrai jamais ce qu’est l’ambiance au travail pour une femme.  Je comprends qu’on ne me fera jamais vivre les choses de la même façon que si j’étais une femme  Donc, je comprends que je ne pourrai jamais comprendre à 100% le quotidien d’une femme en milieu de travail.

Mais pendant une courte période, j’en ai eu un aperçu.  Et cet aperçu, je l’ai trouvé terrifiant.   

_________

Soyez au courant des prochains articles, joignez la page Facebook de Mes Prétentions de Sagesse.

Previous Older Entries

%d blogueurs aiment cette page :