Les ruptures qui réglèrent tous mes problèmes, 3 de 3. Mes 10 principes pour prolonger ma réussite

Dans le premier billet de cette trilogie, je raconte que lors de ma relation de deux ans avec Mégane, mon côté carrière a essuyé de nombreux échecs.  J’ai été renvoyé abusivement de mon premier boulot de préposé aux bénéficiaires qui me rapportait le double du salaire minimum.  Mon employeur suivant a cessé ses activités.  S’en suivit un an de chômage dans lequel j’ai écrit un livre révélant des facettes encore jamais étudiées sur le règne de Maurice Duplessis, mais aucun éditeur n’en veut.  Et que ma seule perspective d’avenir était de finir dans un abattoir de dindons pour quelques dollars de plus qu’au chômage.  Mais puisque Mégane a mis fin à notre relation, je me suis inscrit sur Facebook Rencontres, où j’ai été recruté pour redevenir préposé aux bénéficiaires, cette fois dans les régions maritimes, au triple du salaire minimum.

Dans le second billet, j’explique que contrairement à ce que l’on pourrait s’attendre, les amis, le couple et la famille sont parfois les obstacles qui t’empêchent d’évoluer et de récolter les fruits de tes efforts.  Ce billet est surtout consacré à mes parents que j’ai eu à renier, après avoir découvert qu’ils ont passés ma vie entière à saboter mes relations et mes carrières, dans le but de me garder éternellement dépendant d’eux.

Et dans le 3e billet que vous lisez en ce moment, maintenant que je suis libre, mobile, compétent à mon boulot et prospère, je peux enfin repartir ma vie à zéro sans personne pour me la saboter.

… Personne d’autre que moi-même, en fait. 

Car en effet, sans plus avoir de parents ni qui que ce soit d’autre de mon ancienne vie pour me remettre à ma place, le seul qui puisse encore me saboter, c’est moi.  Aussi, pour éviter que ça arrive, j’ai décidé de suivre dix principes simples qui m’évitent de commettre les erreurs classiques qui pourraient saboter cette nouvelle vie que je me construis.

PRINCIPE 1 : Reconnaitre qu’aucune situation n’est garantie à long terme.
Traduction : Tout va bien maintenant parce que j’ai un bon travail qui me rapporte gros.  Mais mes deux derniers boulots d’il a deux ans étaient aussi de bons emplois qui me rapportaient gros, et qui devaient me permettre de commencer enfin à vivre la vie normale d’un adulte normal.  Hé, c’est également ce que je disais il y a quatre ans au sujet de mon emploi à La Firme de Sherbrooke, et deux ans plus tard, je devenais itinérant.  Fa que tsé!

Et c’est la raison pour laquelle je dois suivre scrupuleusement le…

PRINCIPE 2 : Dire non à la gratification instantanée.
La gratification instantanée, c’est s’offrir une récompense immédiate.  Généralement en se lançant dans de grandes dépenses dès que l’on obtient un boulot payant, et ce avant même d’avoir reçu son premier chèque de paie.  Par exemple, à l’été de 2020, alors que l’on commençait notre stage au CHSLD à $26 de l’heure, je ne peux plus compter le nombre de fois où mes camarades de classe tout comme mes nouveaux collègues, incluant Mégane, me mettaient de la pression pour que je me paie une auto neuve, un condo, des meubles. Ils disaient tous qu’au salaire que l’on fait, je pouvais bien me le permettre. 

J’avais beau leur expliquer que j’avais des dettes, sous la forme de ma marge de crédit à la banque, et de carte de crédit, ils n’en démordaient pas.  J’avais droit à des arguments sophistes comme quoi il est normal, lorsque l’on est adulte, d’avoir des dettes.  J’ai refusé de les écouter.  Leur obstination à insister (ou, de leur point de vue, mon obstination à ne pas les écouter) m’a mis en froid avec certains d’entre eux.

Mais voilà, ceux qui jugent et conseillent ne sont pas ceux qui paient.  J’aurais eu l’air fin, tiens, avec des paiements de char de l’année et de condo sur le dos après avoir perdu deux boulots, en me retrouvant au chômage pour un an, et en allant travailler à l’abattoir.  J’aurais eu à casser mes contrats d’achats, ce qui m’aurait donné un mauvais dossier de crédit pendant sept ans.  Et jamais je n’aurais récupéré mon argent de départ en les revendant.  J’aurais décuplé ma dette initiale sans jamais avoir eu les moyens de la rembourser.

D’accord, pour avoir mon emploi actuel, il a fallu que je me procure un véhicule usagé.  Mais là c’est différent, puisqu’il m’est nécessaire pour mon travail, au point où son essence m’est remboursée.  Ce qui se prend bien en cette époque du autour-du-$2-le-litre.

Mais comme je dis plus tôt, j’ai des dettes, voilà pourquoi, en matière de dépenses, ma priorité est le…

PRINCIPE 3 : Payer mes dettes avant tout.
Mes dettes, c’est ma carte Visa, et la marge de crédit que m’a offert la banque. Ces dettes ne sont pas constituées de dépenses folles, mais bien de nécessités subvenues lorsque mon revenu était insuffisant ou inexistant. J’ai également un prêt auto comme la majorité des propriétaires de véhicules, mais ça c’est moins urgent.

En ce moment, je vis dans un 1½ qui m’est fourni gratuitement.  Et franchement je n’ai pas besoin de plus grand.  La seule dépense non-nécessaire que je me suis permise est le gym local. Mais à part ça, vivre en spartiate me permet de ne garder dans mon compte de banque que l’argent destiné à l’auto et à mon 3½ à Saint-Jean-Baptiste.  Le reste va directement sur ma Visa, qui est prioritaire avec son 19.9% d’intérêts.  Au rythme où je la rembourse, encore deux paies et je l’aurai enfin remise à zéro.  Je m’attaquerai ensuite à ma marge de crédit de la banque.  Et ensuite, ce sera l’auto. 

On parle ici d’au moins un an à travailler sans pouvoir disposer librement de mon salaire.  Mais ceci importe peu pour moi.  Car je crois que vraiment riche est l’homme qui n’a pas de dettes. Et si je ne veux pas avoir de dettes, je dois particulièrement respecter le…

PRINCIPE 4 : Ne pas écouter les conseils des ignorants.
La seule et unique personne qui connait à fond ma situation, c’est moi-même et personne d’autre.  Par conséquent, ceux qui me conseillent au sujet de quoi faire de mon argent et de ma vie sont forcément ignorants.  Écouteriez-vous les conseils d’un ignorant?  Moi non plus!

Parmi les conseils que j’ai reçus, il y a ceux qui ne comprennent pas pourquoi je ne déménage pas dans ma nouvelle ville.  Mes raisons sont nombreuses.  La première est que j’ai toujours mon bail, je ne peux pas le casser comme ça.  Ensuite, avec mes possessions, il me faut au moins un 3½.  De nos jours, ça va chercher dans les $1 100 – $1 500.  Mon 3½ à Saint-Jean-Baptiste ne me coûte que $500.  Puis, il y a le coût et le temps requis pour déménager.  On parle de 767 km de distance, ce qui prend 8-9h à parcourir en auto.  En camion de déménagement, si on compte le temps pour le charger d’abord, et le décharger après, j’en ai pour deux jours.  La location, l’essence, le tarif kilométrique, le motel, les restos… Je dois m’attendre à payer entre $1 000 et $1 200 en tout.  Le double, voire le triple, si je loue les services de déménageurs au lieu de tout faire moi-même.

Ensuite, je perdrais ma prime d’éloignement et d’essence.  Ajouté au coût du nouveau loyer, on parle d’une perte de $2 000 par mois sur mon budget. Ou $24 000 par année. Une dépense aussi exorbitante que complètement inutile.  Surtout quand on pense que cet argent, mis sur mon auto, le rembourserait en entier en moins d’un an. 

Enfin, oui, en ce moment, je suis à Carleton-sur-mer.  Mais à la fin de mon contrat, on pourrait très bien m’envoyer aux Îles-de-la-Madeleine, Gaspé, Percé, Paspébiac, ou même à la Baie James.  J’aurai l’air fin, avec mon 3½ à Carleton. Est-ce qu’il va falloir que je déménage de nouveau?  Est-ce qu’il y aura seulement un 3½ de libre? 

Pourquoi me mettre de telles complications sur le dos, alors que mon agence se charge de me loger gratis?

Je le répète : ceux qui jugent et conseillent ne sont pas ceux qui paient.  J’ai pris ce travail pour payer mes dettes, pas pour les alourdir. Alors n’en déplaise à ceux qui s’obstinent à ne pas vouloir comprendre, je vais continuer de garder mon 3½ à $500 et mon adresse officielle à Saint-Jean-Baptiste, merci, bonsoir.

PRINCIPE 5 : Être en couple même si je suis célibataire.
J’ai eu assez de boulots dans ma vie pour avoir appris à la dure qu’il n’y a rien de pire que d’être célibataire en milieu de travail.  Oui, même si on est un homme.  Cliquez sur ce lien, ça va ouvrir dans un nouvel onglet un de mes vieux billets intitulé Les 12 risques d’avoir une relation en milieu de travail.  Intrigues.  Jalousies.  Médisance.  Étalage de vie privée.  Et la principale : si la relation ne dure pas, on se retrouve à devoir côtoyer notre ex cinq jours par semaine, ce qui n’est jamais bonne chose.

Vous me direz que si une collègue du CHSLD m’approche et tente sa chance, je n’ai qu’à lui expliquer les raisons pourquoi je décline ses avances?  Ha! Ha!  Pauvres naïfs.  Vous croyez qu’elle va bien le prendre?  On a beau dire que cette situation est moins pire pour les hommes que pour les femmes, j’ai appris à la dure qu’il y a du vrai dans le dicton qui affirme que l’enfer n’a point de furie qui égale celle d’une femme repoussée. D’accord, peut-être ne réagira t-elle pas de manière négative. Mais pourquoi prendre ce risque?

Quant à expliquer que je suis demisexuel, soyons francs, ça ne me tente pas que mon orientation sexuelle soit discutée dans mon milieu de travail. Et encore moins mise en doute par des ignorants qui ne se donneront pas la peine de faire des recherches, ne serait-ce que pour apprendre que oui, ça existe.

Et le harcèlement sexuel au féminin en milieu de travail, vous connaissez? Oui, ça aussi ça existe! Je l’ai vécu. Alors imaginez quand elle va en plus raconter ça à nos collègues, en inversant les rôles. En cette époque de #MeToo #OnVousCroit #DénonceTonPorc, il n’en faudrait pas plus pour détruire ma carrière présente et future. Là encore, ce genre de truc, je ne l’ai toujours vécu que lorsque l’on me savait célibataire.

Aussi, d’expérience, j’ai constaté qu’une conjointe rencontrée au travail sera étrangement portée à laver notre linge sale publiquement à ce même travail. Je l’ai vécu à chaque fois que j’en ai eu une. Et dans l’un des cas, il a même fallu que je démissionne, tellement elle avait injustement dégueulassé ma réputation.

Voilà pourquoi au travail je dis que je suis en couple, même lorsque je suis célibataire.  C’est le seul moyen pour s’éviter tout ce cirque.  Comme ça, mon milieu de travail reste harmonieux, l’atmosphère reste positive, et c’est la tête libre de ces soucis inutiles que je vais travailler, à cet endroit dans lequel j’aime travailler. Et je ne veux pas que ça change.

Cependant, il ne faut pas croire que je tiens à passer le reste de mes jours sans amour. Voilà pourquoi j’ai le…

PRINCIPE 6 : Si je me prend vraiment une copine, choisir une femme de carrière et occupée.
Deux raisons. D’abord, parce que si elle est occupée, elle ne va pas passer son temps à chialer comme quoi je la néglige parce que je travaille trop. Et ensuite, si elle gagne bien sa vie, elle connait la valeur de l’argent et du temps requis pour le gagner. En plus que je n’aurai pas à payer pour deux.

PRINCIPE 7 : Garder certains secrets par prévention du sabotage.
Il y a quelques années, lorsque je me suis trouvé un emploi de surintendant dans une tour à condos de luxe, j’ai parlé de la chose de long en large dans ce billet de blog, incluant photos de la place. Une semaine plus tard, mes patrons recevaient une lettre anonyme qui racontait les pires choses à mon sujet. Lettre évidemment envoyée par un ennemi qui prenait mal que mes efforts pour me sortir de la merde portaient fruit. Mais voilà, cette lettre n’a eu aucun effet négatif. D’abord parce que la personne décrite dans cette missive ne me ressemblait en rien. Ensuite parce que la majorité de mes soi-disant défauts n’avaient aucun rapport avec mon travail. Et enfin, parce qu’en travaillant avec moi, mes patrons savaient ce que j’étais et ce que je valais. Ils m’ont donc juste remis la lettre en riant, en me disant que mon succès ne semblait pas plaire à tout le monde.

Ici, vous constaterez qu’en effet, je ne dis pas explicitement où je travaille. Je pourrais le faire. D’abord, parce que là encore, mes employeurs savent ce que je vaut, et c’est la raison pourquoi on m’offre autant de temps supplémentaire. Et ensuite, admettons que je perde cet emploi. Et alors? Mon employeur véritable, ce n’est pas le CHSLD. C’est l’agence de placement. Si mon CHSLD actuel décide de se passer de mes services, mon agence va immédiatement me relocaliser dans un autre CHSLD, et je serai relogé tout près gratuitement. Ça me fera juste voyager et découvrir de nouveaux horizons, chose que je ferai peut-être de toute façon à la fin de mon contrat actuel. Alors pour ce que ça va changer.

PRINCIPE 8 : Éviter toute vie sociale.
Parce que dans mon cas particulier, la vie sociale peut avoir un côté négatif, et un côté positif qui aura des conséquences négatives.

Du côté positif, admettons que je me fasse une vraie bonne bande de copains avec qui il fait bon socialiser. Ça va entrer en conflit avec mes plans de carrière et financiers. Ça implique travailler moins d’heures supplémentaires afin de pouvoir les fréquenter. Et ça me laisse le choix entre demeurer ici afin de ne pas briser notre amitié, ou continuer de voyager et vivre le désagrément de les quitter. Bref, ça ferait d’eux un entourage qui fait obstacle à mon évolution, du même genre de ceux dont je parle dans les deux précédents billets.

Quant au côté négatif, la vie sociale implique des sorties. Et qui dit sortie dit restos, alcool, essence, ce qui n’est pas gratuit, ce qui interfère sur mon plan de remboursement de dettes.

Et avoir des amis, c’est s’exposer encore une autre fois aux jugements et à la pression sociale de « profiter de mon argent si durement gagné », et de « m’acheter un char de l’année pis un condo à c’t’heure que je peux me le permettre », et surtout de « déménager icite puisque je paye un appartement pour rien à Saint-Jean-Baptiste. » Je déteste devoir me répéter presque autant que j’ai en horreur l’obligation de me justifier.

Et justement, l’une des manière d’éviter de devoir faire ça, c’est de suivre le…

PRINCIPE 9 : Ne jamais parler de mon passé de dessinateur et d’auteur d’humour à qui que ce soit.
Lisez cette conversation, que j’ai eue avec une correspondante de Facebook rencontres le 21 septembre dernier. J’ai eu le malheur de lui envoyer une de mes œuvres, histoire de l’amuser. Et voyez le résultat:

Son insistance commençait à devenir lourde.

Et voici une autre conversation avec une autre femme de FB Rencontres, survenue un mois plus tôt.

Et en effet, cette détestable conversation, je l’ai déjà eue des dizaines de fois. Bizarrement, c’était toujours lorsque j’étais au début d’une bonne carrière avec un bon salaire. Dès que je montre ce que je sais faire en texte et en dessin, c’est immanquable, on insiste pour me faire lâcher ma bonne carrière sérieuse naissante, afin de me faire replonger dans celle qui m’a laissé sous le seuil de la pauvreté pendant les trente-cinq ans où je l’ai exercée.

Donc, leçon apprise: À mon nouveau travail, personne ne saura jamais que je suis un wannabe-artiste juste assez bon pour amuser les gens, mais vraiment pas assez talentueux pour faire carrière dans le domaine. Il m’est déjà arrivé par le passé de perdre un emploi après 24h, parce que mon CV ne montrait qu’un passé artistique. C’était un PKF, justement. En me renvoyant, la patronne m’a dit:

« Tu as beaucoup trop de potentiel pour le perdre à travailler à un travail bas de gamme comme celui-ci. Je ne te rendrais pas service de te garder à mon emploi. »

Et m’empêcher de gagner ma vie, ça me rend service, d’après toi, pauvre tarte? En tout cas, faire valoir mes talents artistiques dans un milieu qui n’en demande aucun, voilà une erreur que je ne commettrai plus.

PRINCIPE 10 : Attendre de pied ferme le syndrome de l’imposteur.
Comme moi, beaucoup de gens ont passé leur vie entourés de gens qui les rabaissaient, histoire de les remettre à leur place. Aussi, même si comme moi ils se sont débarrassés de leurs agresseurs, il reste que leur travail de destruction a laissé des traces. Ces gens n’ont donc aucune confiance en eux ni en leurs capacités.

Dans ce temps-là, lorsque comme moi ils ont l’opportunité de briller dans la carrière qui leur convient le mieux, ce manque de confiance en soi font qu’ils finissent par ne pas se sentir à leur place. Inconsciemment, ils sentent qu’ils ne méritent pas de recevoir ce positif. Ils quittent alors volontairement ce travail. Ou alors ils sont portés à s’auto-saboter en y commettant des erreurs délibérées ou bien en faisant preuve de négligence.

Eh bien moi, il n’est pas question que ça m’arrive. Si je me suis débarrassé des saboteurs qui empoisonnaient mon existence, ce n’est certainement pas pour faire leur travail de destruction à leur place. Aussi, croyez-moi que je suis à l’affut du moindre signe dans mon comportement qui puisse démontrer que je commence à être atteint de ce syndrome. Ça ne risque donc pas d’arriver.

En suivant ces dix principes, non seulement je m’assure de garder mon emploi longtemps, j’aurai remboursé toutes mes dettes, incluant mon prêt automobile, avant qu’un an se soit écoulé. Je pourrai ensuite passer les dix années qui me restent avant l’âge de la retraite à m’en assurer une qui sera confortable.

Et franchement, avec la vie que j’ai vécue et tout ce que j’ai fait pour m’en sortir, je l’aurai bien mérité.

L’autre rupture qui régla tous mes problèmes, 2 de 3 : l’évolution est une route solitaire

On connait tous l’histoire classique de celui ou celle qui rate plusieurs opportunités de faire quelque chose de bien de sa vie, et qui blâme les autres pour ses échecs en les accusant d’être la source de tous ses problèmes. Ceci est ce genre d’histoire.  Voilà pourquoi le sous-titre de ce billet est l’évolution est une route solitaire.  Parce que ce n’est pas une théorie.  C’est un fait vécu.

À ceci près que d’habitude, la personne qui lance le blâme est en situation d’échec.  Tel que vu dans le billet précédent, ce n’est plus mon cas.  J’ai un travail que j’aime, dans lequel je suis compétent, avec un excellent salaire.  Travail qui m’oblige à avoir une auto (gage de réussite dans mon cas personnel) au point où celle-ci et son utilisation me sont partiellement remboursés.  À 54 ans, je commence enfin à vivre la vie normale d’un adulte normal.

D’accord, il a fallu un hasard inouï pour que cette opportunité de travail me tombe dessus. Et sur Facebook Rencontres en plus.  N’empêche que ce travail correspond en tout point à la formation que je suis allé chercher il y a deux an et demi, et à l’expérience que j’ai ensuite acquise dans le domaine.  C’est l’une des rares fois dans ma vie où j’ai vécu le proverbe Aide toi et le Ciel t’aidera

Donc, Pourquoi l’évolution est-elle une route solitaire?
Dans le meilleur des mondes, toute personne doit sa réussite à l’aide que lui a apporté son entourage.  Encouragements, aide financière et matérielle, coup de main, etc.  Du moins, c’est ainsi que ça se passe dans le monde présenté en fiction dans les livres, à la télé, au cinéma. Et aussi par les Beatles avec I’ll get by with a little help from my friends.

Or, dans la réalité, les choses ne se passent que rarement ainsi.  En parcourant certains de mes billets on peut constater que dans les faits, l’entourage est au contraire un obstacle à l’évolution. Par exemple: (Les liens ouvrent un nouvel onglet)

Dans Général Menteurs, le post-scriptum: L’allergie aux changements, je raconte comment la mère de mes enfants, rencontrée alors que je commençais ma vingtaine au bas de l’échelle, a tout fait pour m’empêcher d’évoluer. En voici un extrait:

Quand on part de rien, on est entouré de gens de rien.  Et dans mon cas, « partir de rien », c’était avoir un travail au salaire minimum qui ne demandait pas d’expérience.  Je suis devenu pâtissier dans un Dunkin Donuts.  Pendant les deux ans et demi où j’ai exercé ce métier, j’ai constaté que 80% de mes collègues de travail n’avaient même pas leur secondaire III, et parmi eux la moitié avaient un dossier judiciaire.  Pour eux, travailler au Dunkin, c’était le maximum qu’ils pouvaient atteindre.

Et c’était le cas de Kim.  Alors quand on a commencé à sortir ensemble, elle s’attendait à ce que je sois un gars sans avenir, comme la majorité de nos collègues.  Mais en voyant que j’avais de l’ambition, elle craignait que je m’élève au-dessus d’elle.  Ne pouvant pas elle-même s’élever au-dessus de sa classe d’origine, il lui était donc logique que si je m’élève, je la quitte.  Elle a donc lâché la pilule sans m’en parler, pour me forcer par responsabilité paternelle à rester avec elle, dans les bas-fonds.  Parce qu’il était plus facile pour elle de faire en sorte que les choses restent comme elles le sont, plutôt que d’accepter que ça puisse changer. Même si ce changement était une amélioration. 

Et lorsque je suis retourné aux études, histoire de ne pas élever nos enfants dans la pauvreté, même chose.  Maintenant diplômé, je pouvais aspirer à de meilleurs emplois, donc un meilleur salaire.  Mais au lieu d’accepter que je puisse changer notre vie pour le mieux, elle a préféré tout saboter pour que les choses restent comme elles sont.  Elle aurait pu m’aider à nous construire, elle a préféré me détruire. Et elle l’a fait en me laissant le choix entre cesser les études, ou me faire expulser de la maison par la police sous des accusations mensongères.  J’ai choisi d’évoluer. 

Ne l’acceptant pas, elle passera les deux décennies suivantes à utiliser les enfants et la pension alimentaire pour toujours m’empêcher de m’élever au-dessus des conditions de vie d’un pauvre.  Ce qui fait que même lorsque je gagnais le double du salaire minimum, j’avais encore moins d’argent pour vivre que lorsque j’étais au Dunkin.  Quant à elle, étant sur le BS, son chèque était amputé du montant de ma pension, par conséquent elle continuait de vivre dans la pauvreté à laquelle elle était habituée. 

Et dans Général Menteurs 10e partie: 21 ans plus tard, l’exorcisme, je raconte comment, à l’aube de mes 30 ans, je me fais une amoureuse d’une famille riche. Ça se passe juste au moment où je termine mes études et me trouve un bon emploi qui me rapporte dès le départ le double du salaire minimum. Mon beau-père est un patron très haut placé chez GM, d’où sa fortune. Dans un monde idéal, il aurait été impressionné par mon évolution, et il m’aurait même offert un emploi encore meilleur que celui que j’occupais. Mais lui, en apprenant mes origines de pauvre, il a décidé que je n’étais pas l’homme qu’il faut à sa fille. Afin de me remettre à ma place, il utilise son influence de manière à me faire perdre mon emploi, me prend dans une arnaque qui me ruine financièrement, et me provoquer une dépression. Cette anecdote est d’ailleurs la raison pour laquelle j’ai refusé de me procurer une automobile avant mes 54 ans.

Et comme je dis dans Témoignage d’un ex-gros, 1 de 2, même lorsque tu entreprends quelque chose d’aussi positif à tous les niveaux que de te mettre en forme et perdre du poids, aucune personne de ton entourage ne va t’encourager à atteindre ton but. Dans le meilleur des cas, tu auras droit à une opinion neutre dans le style de « L’important c’est que tu te sentes bien dans ta peau. » Mais sinon, ils tenteront tous te convaincre de rester tel que tu es.

Quatre des quatorze billets de ma série Pas obligé de rester loser expliquent que pour réussir son évolution personnelle, il faut inévitablement se débarrasser de son entourage. Les billets sont :

1e partie: Le mythe du winner où j’explique que le fait d’avoir un winner comme meilleur ami ne te garantit pas de devenir winner toi-même. En fait, c’est l’inverse, puisque son statut de winner fait qu’il s’empare (ou qu’on lui donne) le peu de wins qui te seraient revenus de droit.

Dans la 4e partie: La nécessité de changer d’amis, je démontre que lorsque l’on a des amis, c’est parce que ceux-ci sont confortables avec nous et avec ce que nous sommes.  Hélas pour le loser, ça signifie qu’ils connaissent ton statut de loser, et c’est comme ça qu’ils t’apprécient. C’est le rôle qu’ils t’ont assigné dans le groupe, et toute tentative d’en changer ne fera que les déranger, puisque ça les tirera hors de leur zone de confort.  Leur premier réflexe sera alors de tenter de garder les choses telles qu’ils les ont toujours connues, en te sabotant et en te rabaissant.

Et si j’ai intitulé la 7e partie: Les revoir? Pourquoi pas! Les re-fréquenter? Surtout pas!, c’est parce que j’ai moi-même brièvement re-fréquenté dans un cadre professionnel mon ex-meilleur ami Carl, après plusieurs années d’évolution sociale, éducatrice et professionnelle. Dès le départ, il me re-colle mon ancien surnom de loser, puis s’arrange pour m’en donner la réputation auprès de sa patronne. Et mon travail, bien qu’utilisé, ne m’a jamais été crédité, m’empêchant de grimper les échelons dans le domaine.

Enfin, dans la 13e partie: se tenir loin des autres losers, je démontre que si les winners vont saboter ton évolution afin de t’empêcher de les rejoindre, les losers vont saboter ton évolution dans le but que tu ne les quitte pas. Deux motivations différentes pour un seul but : te garder à ta place.

À force de vivre ce genre de situation, on finit par se rendre compte à quel point les gens qui nous entourent ont le pouvoir de décision sur notre réussite et nos échecs.  Un pouvoir dont ils se sont emparés sans notre consentement, et dont ils usent et abusent sans retenue ni considération. Alors quand je dis que pour évoluer de manière positive il faut se débarrasser de son entourage, c’est qu’il faut VRAIMENT se débarrasser de son entourage pour réussir.

Et ce n’est pas que dans mon cas personnel.  Il y a quelques années, Eric Abramovitz, l’un de nos plus talentueux clarinettistes canadien, a défrayé les manchettes de la Presse mondiale, alors qu’il avait été accepté au conservatoire Colburn à Los Angeles, le plus prestigieux et contingenté en Amérique.  Les étudiants admis dans cet établissement se voient offrir une chambre et reçoivent une bourse d’étude complète ainsi qu’une allocation pour les repas. Sa copine, ne voulant pas qu’il quitte Montréal pour la Californie, s’est fait passer pour lui en déclinant l’offre. 

Voir l‘article complet sur La Presse

Ce n’est que deux ans plus tard qu’Abramovitz, cette fois célibataire, a repassé une audition devant le même professeur qui lui a fait la première offre.  Ce dernier lui a demandé pourquoi il l’avait décliné, et c’est ainsi que la vérité fut mise à jour.

En fait, même être dans un couple harmonieux, ça peut être suffisant pour t’empêcher d’avancer dans la vie. Tel que démontré dans mon billet précédent, si ma relation avec Mégane avait continué, j’aurais fini ma vie en travaillant dans une chaine de production dans un abattoir de dindons, dans un village que je ne pourrais jamais quitter, avec un salaire me rapportant à peine plus que le chômage. En devenant célibataire, ça m’a libéré de toute attache, ce qui m’a permis de partir à l’aventure, décrochant au loin un travail qui me rapporte le triple du salaire minimum. L’amour me gardait pauvre et sans avenir. Le célibat m’a rendu prospère, avec mobilité et avenir. Ça a beau ne pas être politically correct à dire, les faits sont les faits.

Au mois de mai dernier, il a fallu que je me débarrasse de la plus grande source de sabotage de ma vie : mes propres parents. Ça n’a pas été quelque chose de facile à faire. Et ça l’est encore moins d’en parler, car l’un des plus grands tabous social est d’être un enfant ingrat. Mais quelle gratitude puis-je ressentir envers des gens qui ont toujours tout fait pour me faire perdre conjointes, amis, vie sociale, appartements, emplois, santé, argent et réputation?

Vous connaissez peut-être le phénomène des parents hélicoptères. Il s’agit de parents qui supervisent étroitement la vie de leurs enfants, en intervenant sans cesse dans celle-ci. Mais alors que les parents hélicoptères surprotecteurs normaux ont comme but la réussite de leur progéniture, les miens au contraire n’ont toujours eu comme but que de m’isoler et me faire tout perdre, afin que je reste éternellement dépendant d’eux.

Or, pardonnez mon manque de modestie, mais je suis mille fois plus évolué, intelligent et débrouillard que les boomers pauvres et inéduqués qui me servent de parents. Ainsi, la seule manière pour que je puisse dépendre d’eux, ça serait en étant socialement plus bas qu’ils le sont. Dans mon cas personnel, ça signifie, comme je le dis plus haut, perdre conjointe, amis, vie sociale, logis, emploi, santé, argent et réputation. Il n’y a que là qu’ils puissent intervenir en se donnant le beau rôle, celui de bons parents qui aident leur fils unique, en l’hébergeant. Consciemment ou non, ils sont certainement arrivés à cette conclusion. Ça expliquerait pourquoi ils m’ont fait vivre cette situation quatre fois.

Le plus pathétique dans ce comportement, c’est qu’ils ne se rendent probablement même pas compte qu’ils agissent ainsi. Car, désolé encore, ils sont juste trop stupides pour être capables de planifier de si élaborées manœuvres de manipulation. N’empêche que dès qu’ils rencontrent quelqu’un que je côtoie, ils déduisent instinctivement ce qu’ils doivent lui dire afin de s’assurer que cette personne décide désormais de me tenir à l’écart.

Vous voulez des exemples? J’en ai cent. J’en ai mille! Mes prétentions de sagesse est un blog dans lequel j’ai écrit plus de 500 billets depuis sa création en avril 2009. Eh bien, je pourrais en créer un autre, que j’intitulerais Un câble d’acier ombilical, dans lequel je raconterais tous les agissements que je leur reproche, et la quantité de texte serait encore plus volumineuse. Et je n’exagère pas. Mais pour l’exemple, je ne vais donner que l’un des plus récents et des plus aberrants : Mon déménagement de Montréal vers Sherbrooke.

Dans ma série de quatre billets Le jour où tout a basculé, j’avais raconté que depuis 2016, j’étais surintendant dans une usine de portes et fenêtres. Jusqu’au 15 février 2018, alors qu’une chute dans un escalier verglacé m’a fendu la vertèbre T5, juste entre les omoplates, m’interdisant tout travail physique pour au moins huit mois. J’aurais pu passer tout ce temps à glander en vivant sur 51% de mon salaire, tel que me l’allouait mon chômage de maladie. J’ai préféré évoluer. Puisque la position assise était la plus confortable pour moi, j’ai décidé de me trouver un travail de bureau. En mai, j’en ai décroché un, à La Firme de Sherbrooke. Car tel que décrit dans le 3e billet, malgré mon CV de concierge, j’ai su les impressionner lors de l’entrevue d’embauche. Mon meilleur emploi et salaire jusque-là.

Ce que je me suis abstenu de préciser dans ces billets, c’est que je réalisais enfin mon vieux rêve. Recommencer ma vie dans une ville inconnue, ce qui me permettrait de prendre ma mesure en partant de rien, et surtout à l’abri de la supervision parentale. Évidemment, il a bien fallu que je leur annonce que je déménageais.

Le lendemain, ma mère m’appelle toute heureuse, pour m’annoncer qu’ils ont remis leur loyer et qu’ils vont me suivre à Sherbrooke. Là-bas, loin de leurs familles et amis, j’allait être leur seule et unique vie sociale. Le rêve de toute une vie venait de se transformer en cauchemar avant même d’avoir commencé.

Mon séjour a débuté avec eux qui se sont imposés chez moi, y habitant pendant les six premières semaines. Dans cette période, ils ont réussi à me mettre en froid avec le concierge en allant plusieurs fois vider la litière à chats dans mon bac de recyclage. Et avec mes voisins d’en dessous, en allant vider le porte-poussière par-dessus mon balcon, sur leur linge propre qui séchait sur la corde. Malgré toute ma patience et mon self-control, je n’arrivais pas toujours à garder mon calme face à cette exaspération que je subissais de manière quotidienne dans mon propre logis.

J’ai pris bien soin de leur trouver un appartement éloigné, à 11 km de là. Afin de prolonger leur séjour chez moi, mon père est allé rencontrer mon propriétaire et il lui proposa ses services pour pas cher, afin de rénover mon appartement. Il a fallu que j’intervienne en disant clairement à mon propriétaire que je paye pour occuper un logement et non un chantier, et que je refuse que soient entrepris de tels travaux pendant que j’y habite. Ça fait six semaines que je suis envahi, ça suffit! De par mon passé de concierge, je suis très au fait des lois de la Régie du Logement (Aujourd’hui le Tribunal Administratif du Logement) Le proprio m’a fait ses excuses. Pour sa défense, mon père lui avait dit mensongèrement que je le savais et que j’étais d’accord.

Malgré mes efforts pour les garder loin de chez moi, qu’est-ce que 11 km quand on a une auto et tout son temps libre parce que retraités? Ils ont continué de m’imposer leur présence partout, comme ils ont toujours eu l’habitude de faire : Chez moi évidemment. Mais aussi à l’épicerie, puisque j’habitais près d’un Maxi. Et aussi à mon gym, où je devais servir de coach à mon père, ce qui ne me laissait pas le temps de m’entrainer. Là encore, faisant obstacle à une facette de mon évolution.

Il était fichu, mon beau plan pour refaire ma vie correctement en repartant à zéro. Comment voulez-vous que je puisse me faire une vie sociale et amoureuse avec mes parents qui me collent au cul?

Ils allaient même m’attendre de leur propre chef dans le parking de mon travail. Et ils s’y présentaient plusieurs heures avant que je termine, ce qui leur permettait d’aller jaser de moi à mes collègues et patrons lorsque ceux-ci sortaient diner ou en pause cigarette. Et c’est comme ça qu’ils ont pourri ma réputation auprès d’eux, ce qui a provoqué mon renvoi en janvier 2020, après un an et neuf mois à cet emploi.

Entretemps, je m’étais fait une copine d’une manière dans laquelle mes parents ne pouvaient pas intervenir. Un an plus tôt, Nathalie, une ancienne camarade d’école de mon Mont-Saint-Hilaire d’origine m’avait retracé sur Facebook, et on est devenus amants, puis couple officiel. Et ceci me donna une issue de secours afin de ne pas redevenir dépendant de mes parents en perdant mon emploi, alors qu’elle et son fils m’invitèrent à aller vivre avec eux.

Durant les cinq mois où nous avons cohabité, il m’est arrivé à quatre reprises de sortir seul pour une ballade à pied. Sur ces quatre fois, avant même que j’ai eu l’occasion de parcourir cent mètres, il y en a trois où j’ai croisé mes parents qui passaient dans le coin. Ils ont toujours prétendu que leur présence en région était à cause de rendez-vous à la ville voisine de Beloeil. Par conséquent, nos rencontres près de chez moi n’étaient que le fruit du hasard. Je veux bien croire qu’en effet, ils ont toujours continué de garder les mêmes cliniques, médecins, pharmaciens. Mais qu’ils se trouvent dans ma ville, sur mon chemin, trois des quatre rares fois où je sors seul, par hasard? Alors qu’ils habitent encore à Sherbrooke, à 130 km de chez moi? C’est un peu gros comme coïncidence, vous ne trouvez pas?

Du reste, je n’ai en effet habité chez Nathalie que pendant cinq mois. Soit jusqu’à ce que mes parents, Nathalie et mon beau-fils se rencontrent. Devant moi, mes parents étaient courtois. Mais lorsque l’on m’envoyait chercher des choses à l’épicerie ou au restaurant, ils en profitaient pour raconter les pires vacheries à mon sujet. Entre autres, en se plaignant comme quoi « À Sherbrooke, on faisait tout pour lui, et il nous faisait l’air bête et il nous engueulait. »

En trois petits visites étalées sur deux semaines, mes parents leur ont raconté tellement de merde à mon sujet que mon beau-fils en est venu à me craindre. Quant à Nathalie, face à de telles révélations, elle en arriva à la conclusion que pendant un an et demi, ma personnalité positive, chaleureuse et altruiste n’était qu’une facette. De la manière dont mes parents m’ont dépeint, j’étais une bombe à retardement qui risquait de leur exploser dessus sans préavis à la moindre contrariété. Le défunt mari de Nathalie, le père de son fils, était un homme violent, et ils craignaient par-dessus tout de retomber dans le même genre de situation avec ce même genre d’homme à la maison. Et à quoi s’attendre d’autre d’un fils ingrat de 51 ans qui traite si mal ses propres parents?

Après dix-huit mois de relation harmonieuse et sans histoire, dont les cinq derniers à cohabiter, ni Nathalie ni son fils ne pouvaient endurer l’angoisse que mes parents ont fait naître en eux à mon sujet. Ils m’ont donc jeté à la rue.

21 juin, le premier jour de l’été 2020, à un mois de mes 52 ans. Assis sur ce banc de parc, je contemple la merde qu’est devenue ma vie, en me demandant bien comment est-ce que j’ai pu en arriver là après tous les efforts que j’y ai mis. Encore une fois, cette vie adulte normale j’avais tant travaillé pour me construire venait d’être détruite. Conjointe. Logis. Carrière. Argent. Réputation. J’avais tout perdu. Il m’était déjà arrivé à trois reprises par le passé d’être obligé de repartir ma vie à zéro. Mais là, c’était la première fois que je me retrouvais itinérant. J’avais toujours l’option de retourner vive chez mes parents, comme les fois précédentes. Mais ça aurait signifié abandonner mes cours de formation de préposé aux bénéficiaires, à cause de la distance entre mon école et le logement de mes parents.

Et c’est là, soudainement, que je prends conscience de cette réalité que j’étais jusque-là trop naïf pour remarquer: Ça ferait quatre fois, depuis le début de ma vie adulte, que je suis obligé d’aller retourner vivre chez mes parents. Ce n’est pas normal. Il peut arriver dans la vie de certaines personnes qu’un malheur les y oblige à une occasion. Mais quatre fois? Je répète, CE N’EST PAS NORMAL!

Et c’est là que je réalise enfin que mes parents ont toujours tout fait pour détruire ma vie, de manière à ce que je reste éternellement dépendant d’eux. C’est ce qu’ils ont toujours fait par le passé, et c’est ce qu’ils viennent de refaire. Et si je retourne chez eux de nouveau, je devrai en plus abandonner mes cours de formations de préposé aux bénéficiaires, ce qui m’empêchera définitivement de faire quelque chose de ma vie à partir de ce point.

Ils ont détruit mon passé. Ils ont détruit mon présent. Ils ne détruiront pas mon avenir. Plutôt la rue que de retomber entre leurs mains.

Et c’est ainsi que commencèrent mes 40 jours d’itinérance de l’été de 2020. Ce qui devint l’une des plus positives et fantastiques expériences de ma vie. Une expérience qui m’a enfin permis de prendre ma mesure, sur ma vaillance, ma débrouillardise, et surtout mon esprit aventurier jusque-là sans cesse réprimé. Une expérience qui m’a mis dans la meilleure forme de ma vie, physiquement mais surtout moralement.

N’empêche… Dans les familles normales, les parents vont vanter les qualités de leur progéniture en public, et lui parler en privé de ce qu’ils lui reprochent. Avec eux, ça a toujours été l’inverse. Parce que leur amour pour moi est tellement égoïste, qu’ils sont prêts à tout afin de s’assurer que je ne les quitterai jamais. Et être prêt à tout, dans leur cas, ça signifie faire en sorte que je perde tout ce qui puisse me rendre indépendant d’eux. Ça signifie m’isoler totalement du reste du monde. C’était le cas lorsque j’étais enfant. C’était le cas lorsque j’étais adolescent. C’est encore le cas depuis que je suis adulte. Et c’était toujours le cas à ce moment-là, à l’aube de mes 52 ans.

Mes propres parents. Les gens sur qui nous somme supposés compter toute notre vie pour nous soutenir et nous aider à évoluer. Sous leur façade de bons parents catholiques irréprochables, ils ont passé ma vie à abuser de ma confiance en étant pour moi les plus hypocrites de mes pires ennemis. Ceci est le plus triste constat de ma vie.

J’ai tenté de leur en parler. J’ai même écrit plusieurs textes que je leurs ai remis. Mais ma mère est trop orgueilleuse pour reconnaitre ses torts. Elle a juste passé les textes à la déchiqueteuse. N’empêche que mon message était passé. Aussi, pour les deux années qui ont suivi, j’ai espéré que les choses allaient changer pour le mieux. Mais encore une fois, j’étais trop naïf. On ne peut pas changer du jour au lendemain les mauvaises habitudes que l’on a ancré en soi pendant plus de 50 ans.

Le 3 mai 2022, ma patience ayant atteint ma limite finale, j’ai renié mes parents. Et mon seul regret, c’est de ne pas l’avoir fait il y a trente ans. Mais voilà, je suis un naïf de nature. Juste parce que je suis capable d’évoluer pour le mieux, j’ai toujours stupidement cru que c’était pareil pour tout le monde. Ce qui démontre au fond à quel point je suis modeste, puisqu’à mes yeux je n’avais rien de spécial de le faire. Mais il a bien fallu que je me rende à l’évidence. La majorité des gens sont incapables d’évoluer, et une encore plus grande quantité de gens ne veulent même pas faire l’effort d’essayer. Parce qu’il est beaucoup plus facile de rabaisser les autres plus bas que soi, que de mettre le temps et l’effort de s’élever à leur niveau.

Flavie, mon ex avec qui j’ai toujours de bons contacts et avec qui on se partage toujours la garde de nos deux chats à l’occasion, me l’a dit elle-même, que depuis que j’ai coupé tout contact avec mes parents, ma vie a pris un tournant positif radical.

Et voilà pourquoi le titre de ce billet s’intitule L’autre rupture qui régla tous mes problèmes, puisqu’il s’agit cette fois de ma relation avec mes parents. Et pour tous les exemples concrets que je donne dans ce billet, je peux me permettre d’affirmer, comme le dit le reste du titre, que le chemin de l’évolution est effectivement une route solitaire. Parce que pour pouvoir enfin évoluer de manière à atteindre une vie normale avec le revenu normal d’un adulte normal, il a fallu que je sois sans parents ni amis ni conjointe pour me retenir. Pour me remettre à ma place. Une place qu’ils ont choisi pour moi et qu’ils ont passé ma vie à m’imposer.

En dénonçant tout ceci, je contreviens à la règle biblique et sociale disant qu’il faut honorer son père et sa mère. Mais dans la réalité, baiser sans protection, ça ne transforme pas automatiquement un enfoiré en figure irréprochable de sainteté. Ça ne fait que lui rajouter le titre de parent. Du reste, si les parents étaient tous irréprochables, la DPJ n’existerait pas, hm!?

C’est bien beau de m’être débarrassé de ceux qui ont toujours saboté ma vie et qui m’ont empêché d’évoluer. Mais ce n’est que la moitié du problème. Je dois maintenant m’assurer de ne pas prendre leur relève en me sabotant moi-même inconsciemment. Aussi, dans le 3e et dernier billet de cette série, j’expliquerai comment je fais en sorte de m’assurer de ne pas perdre cette nouvelle vie, la meilleure que j’ai réussi à me construire jusqu’à maintenant.

La rupture qui régla tous mes problèmes, 1 de 3

On connait tous l’histoire classique de celui ou celle en couple avec une personne abusive et dépensière.  Et qui voit ensuite sa vie s’améliorer à tous les niveaux après s’être séparé de cette personne qui était la source de tous ces problèmes.

Ceci n’est pas ce genre d’histoire.

Tout d’abord, mise en contexte.  Il y a deux ans et demi, j’ai suivi une formation accélérée afin de devenir préposé aux bénéficiaires.  Formation offerte par le Gouvernement du Québec, face à la crise du manque de personnel dans le milieu de la santé, alors que les employés démissionnaient en bloc par crainte de la Covid-19 qui n’avait encore aucun vaccin à ce moment-là. 

À ma grande surprise, bien qu’étant âgé de 51 ans, j’étais le second plus jeune homme de ma classe.  Et aussi le plus beau, mes 40 jours d’itinérance ayant fait de moi un athlète.  À ma connaissance, au moins cinq femmes de cette classe se sont intéressées sérieusement à moi. Mais la majorité étant en couple avec le père de leurs enfants, elles n’étaient pas une option.  Et puis, j’ai toujours évité comme la peste les relations au travail.  Car si la relation tourne au vinaigre, il n’y a rien de pire que de d’être obligé de côtoyer son ex cinq jours par semaine.

Cependant, j’ai dû faire exception pour Mégane.  Non seulement était-elle la plus directe et la plus insistante, son langage corporel et ses réactions physiques face à moi démontraient une attirance profonde, un instinct de désir quasi-animal qui allait bien au-delà du simple caprice. En plus d’être d’une grande beauté et bien plus jeune que moi, ce qui ne gâchait rien.  Rarement ai-je eu une si grande compatibilité sexuelle avec une partenaire, et ce dès la toute première fois.  Chacun de nous était convaincu avoir trouvé son match parfait, et il était même dans nos projets de nous marier.

Si notre relation fut sans histoires, il n’en était pas de même pour les autres aspects de ma vie, alors que j’ai eu à faire avec un impressionnant nombre de problèmes. Pour ne citer que les principaux :

  • Des 16 de ma classe embauchés par le CHSLD local, je fus le 8e à être abusivement renvoyé.
  • Je me suis aussitôt trouvé du travail dans une maison pour personnes retraitées, mais celle-ci a dû fermer lorsque ma patronne a perdu sa licence (et n’a jamais voulu nous dire pourquoi.) 
  • J’ai eu droit à 50 semaines de chômage.  J’ai décidé de faire comme s’il s’agissait d’une bourse d’écriture, le prendre, et d’écrire un livre sure une facette encore inconnue sur le règne de Duplessis.  Mais à ma grande surprise, bien que la majorité des maisons d’éditions me félicitent pour mon travail de recherche dantesque (pour citer l’un de ceux-ci) aucun ne veut le publier.  Certains m’ont même recommandés des maisons concurrentes, qui n’en ont pas plus voulu.  
  • Bien que ma page Autour du Mont-Saint-Hilaire d’autrefois m’ait apporté de bonnes connexions avec l’administration de la ville de Saint-Jean-Baptiste où j’habite, aucune de leurs promesses d’emploi, de poste ou de contrat ne s’est concrétisée.
  • Saint-Jean-Baptiste étant surtout une ville agricole, les perspectives d’emploi au-dessus du salaire minimum sont rares.  Et sans véhicule, impossible pour moi d’aller travailler ailleurs.

À la fin de mon chômage, ma seule option de travail était d’aller joindre l’abattoir de dindes pas loin de chez moi, à travailler sur une chaîne de production.  Et ceci me pose deux problèmes.  L’abattoir n’a qu’un seul quart de travail, le jour, du lundi au vendredi. Mégane travaille de soir et n’a pas droit au weekend, ses congés étant des jours variés en semaine.  Alors dès que je commencerai à travailler, on ne se verra plus. 

Second problème, un calcul rapide me démontre qu’une fois les déductions salariales retirées, travailler à l’abattoir ne me rapportera que $36 de plus par chèque que le chômage.  Ce n’est pas avec ce salaire-là que je vais pouvoir me payer un véhicule qui me permettra d’aller chercher du travail ailleurs.  Je me vois donc condamné à passer le reste de ma vie pauvre.  Pauvre et seul.  Car déjà que ma pauvreté était un obstacle à toute perspective d’avenir sérieux avec Mégane, tenter d’y remédier en travaillant à l’abattoir, ma seule option, allait nous séparer pour de bon.

Ce que je ne savais pas, c’est que je n’étais plus en couple avec Mégane depuis deux mois.  Elle avait juste omis de me le dire.

Au début du mois d’avril, l’un de ses ex d’il y a trente ans l’a retrouvé et recontacté sur Facebook.  Il est marié, est père de jeunes ados. Après quelques jours de Hey-salut-comment-ça-va-qu’est-ce-que-tu-deviens, il lui a sorti le grand jeu du je-ne-t’ai-jamais-oublié-tu-a-toujours-été-la-femme-de-ma-vie.  Et elle a embarqué.

Ne s’attendant pas elle-même à (re)tomber en amour avec un autre, elle était désemparée et ne savait pas comment me le dire.  Mais en deux ans, j’ai appris à la connaître parfaitement.  Et j’ai une grande expérience de ce genre de situation.  Je sais voir le changement de comportement d’une conjointe envers moi, et je sais ce que ça signifie.  J’ai compris qu’elle m’avait remplacé par un autre.  Il a fallu que ce soit moi qui aborde le sujet.  Elle n’a eu d’autres choix que d’avouer.

Elle m’a dit que l’une des choses qui a miné notre amour est le fait que, pendant les deux ans de notre relation,  je lui ai démontré que je serais incapable de contribuer à notre avenir commun de manière significative.  Car tout le long de notre relation, elle m’a seulement vu plonger de plus en plus bas.  En un an, elle m’a vu perdre un bon emploi.  Puis un second.  S’en suivit un an de chômage, dans lequel elle m’a vu me démener en vain pour me trouver un bon poste dans l’administration de la Ville.  Elle qui croyait en moi et en mon talent, m’a vu travailler très sérieusement sur un livre, reconstituant une partie inédite de l’Histoire du Québec, un sujet garanti de se faire publier… Et personne n’en veut.  Et mon seul avenir à ce point-ci, c’est de finir dans une chaine d’abattoir de dindons pour à peine plus cher que le chômage.  Tandis que son nouvel homme travaille pour le Gouvernement depuis 25 ans.  S’ils finissent un jour par vivre ensemble, sa contribution au revenu ménager total leur assurera un avenir bien meilleur que tout ce que je pourrais lui offrir.

À ce point-là de ma vie, Mégane constituait à elle-seule mon unique vie sociale.  Ma semaine de deuil de notre relation de couple fut rude pour mon moral. 

À la fin de celle-ci, histoire de me changer les idées, j’ai décidé de m’inscrire sur Facebook Rencontres.  Tirant leçon de mes expériences de 2018 sur Tinder et autre sites de rencontres, j’y suis allé avec une approche différente de celle des autres hommes : Description courte non-sexuelle, et photos empreintes d’humour.  J’y ai tout de même ajouté une photo d’extérieur pour faire mon beau, et une photo du temps où j’étais préposé aux bénéficiaires, histoire de cacher que j’étais ex-chômeur et futur chaînon de production. Ce n’était pas dans l’unique but de ruser pour me faire passer pour plus riche que j’étais.  C’est surtout que, étant au début du mois d’août, je réalisais que j’avais encore droit à trois, peut-être quatre mois de températures permettant l’utilisation de mon vélo.  Je songeais à aller poser ma candidature à l’une des nombreuses maisons de retraite et CHSLD des villes environnantes.  Évidemment, j’aurais à démissionner au retour des grands froids.  Mais en attendant, j’aurais droit à un bon salaire.

Mon profil sur Facebook Rencontres était comme suit :

Et comme il y a quatre ans, ceci a attiré l’attention de bon nombre de femmes.  Mais sans posséder de véhicule autre que mon vélo, la majorité habitait beaucoup trop loin pour moi.  Incluant Anne-Marie qui, passant la majorité de son temps dans les provinces maritimes, était vraiment trop éloignée.  Ce qu’elle avait à me dire, par contre, valait la peine que je m’y arrête, comme le démontre cette version abrégée de nos échanges. D’habitude, par respect de la pudeur sociale au sujet des salaires, je ne divulgue jamais le mien.  Mais là, Basta!  Impossible de donner une bonne idée en ne faisant que sous-entendre les faits.

ELLE : J’ai vu ta photo de préposé aux bénéficiaires. Tu travailles où?
MOI :
Sans emploi, mais je suis justement en train de refaire mon CV pour commencer à faire application demain.  Il y a tellement de demande dans le milieu que je suis assuré de commencer à travailler dans les 48h.
ELLE :
Laisse faire ça, ils vont juste te payer $26 de l’heure.  Viens travailler avec moi dans les Maritimes.  Ici, on commence à $35. 
MOI :
Sérieux?  Pour quel CHSLD?
ELLE :
Non, je travaille pour une agence de placement qui fournit des préposés là où la demande est une urgence.  On m’envoie partout, Gaspé, Iles-de-la-Madeleine, Rimouski, Campbellton, Terre-Neuve, Baie James…  Plus c’est loin, plus haut est le salaire.  Par exemple, à la Baie-James, on commence à $46.  Mais peu importe où tu vas, ils te donnent en plus une allocation de $60 par jour pour te nourrir, et tu es logé gratuitement.  Et ton déplacement est payé aussi, on te donne 45¢ du kilomètre entre chez toi et ton lieu de travail.  Et le plus beau, c’est que c’est toi qui décide de ton horaire.  Tu dis que tu es disponible de telle date à telle date, on te case ces dates-là, et voilà.  Et le taux d’absentéisme chez les employés de CHSLD est tellement grand que l’on va te proposer souvent double quart de travail.  Et au-delà de 40 heures par semaine, toute heure supplémentaire est payée temps et demi.

Voilà une situation qui semble trop belle pour être vraie.  Je ne vois cependant pas de raison logique de me faire un tel baratin.  Elle m’a donné la page web de son agence.  J’y suis allé.  J’ai fait application.  J’ai eu un retour d’appel.  On m’a confirmé que tout était vrai.  J’ai donc fourni les documents prouvant ma formation et mon expérience.  Et voilà que l’on m’annonce que l’on m’offre un premier contrat d’un mois à Carleton-sur-Mer.

Petit problème : Pour avoir le travail, j’ai besoin d’une auto.  Et pour acheter une auto, il me faut un travail.  Les concessionnaires en ayant vu d’autres, ils ont communiqué avec mon futur employeur, afin de s’assurer que oui, j’allais bientôt avoir un revenu stable.  Et puisque j’ai toujours géré mes finances de manière intelligente, j’ai un excellent dossier de crédit.  Je me suis donc procuré un véhicule usagé pour $22 000.

J’ai déjà écrit par le passé à quel point un véhicule était, dans mon cas, une dépense totalement inutile, qui me handicaperait financièrement.  Sans compter la fois où je me suis fait avoir comme c’est pas possible avec un représentant de Général Menteurs il y a 25 ans.  Mais cette fois, la situation est totalement différente.  De un, j’achète au lieu de louer.  De deux, il est usagé et non neuf.  De trois, mon essence est remboursée.  Et le plus beau, de quatre, puisque je peux prouver que j’ai été obligé de l’acheter pour avoir mon travail, un bon comptable pourra en déduire une partie sur mes impôts.

Fort de ma première expérience en CHSLD, je m’attendais à être reçu comme un malpropre, et subir le harcèlement et le rabaissement quotidien.  Il n’en fut rien.  Tout le monde, collègues, patrons, chefs d’équipe, infirmiers, sont chaleureux, aidants, compréhensifs, positifs.  De toute ma vie, jamais n’ai-je travaillé dans un environnement aussi harmonieux.  Et toutes les promesses d’Anne-Marie se sont révélées exactes. 

À la fin de ce premier contrat, j’ai pris deux semaines chez moi à Saint-Jean-Baptiste.  Après ce temps de réflexion, mon idée était faite.  Je suis reparti et me suis remis disponible pour trois mois.  Incluant les jours fériés de la fin de l’année.  Et pourquoi pas!?  Je suis célibataire.  Mes enfants sont partis fonder leurs propres familles.  Mes chats sont avec Flavie.  Je n’ai même pas une plante verte.

Ah, et en passant : Il se trouve que l’intérêt qu’avait Anne-Marie envers moi n’était que financier.  Lorsqu’un employé de l’agence recrute un candidat qui fait l’affaire, il reçoit un bonus de $1 000. Mais qu’importe, puisque Facebook Rencontres m’a permis de débuter ici, près de mon nouveau travail, une nouvelle relation.  Et pas avec n’importe qui : il s’agit d’une autrice qui a 21 livres publiés à son actif.  Je me retrouve donc avec une amie de cœur avec qui j’ai beaucoup plus de passions artistiques en commun que je pouvais en avoir avec Mégane.

À quelques reprises, dans des billets écrits par le passé, je faisais état de l’effort que je mettais dans mon évolution de carrière.  Voici la chose, mise à jour :

  1. Il y a onze ans, j’étais artiste et auteur à mon compte, et sans emploi.
  2. Il y a dix ans, j’ai commencé au bas de l’échelle en allant faire du ménage dans un garage de bus.
  3. Il y a neuf ans, cette expérience m’a permis de décrocher un emploi comme concierge résident.
  4. Il y a sept ans, cette expérience m’a permis de décrocher un emploi comme surintendant.
  5. Il y a cinq ans, cette expérience m’a permis de décrocher un travail de bureau pour une grande firme.
  6. Il y a deux ans et demi, cette expérience m’a permis d’être l’un des 10 000 choisi parmi les 90 000 candidats à la formation de préposé aux bénéficiaires, qui m’a permis ensuite de travailler brièvement dans un CHSLD.
  7. Il y a deux ans, cette expérience m’a permis de décrocher un emploi dans une maison de retraite.
  8. Cette année, ces deux expériences précédentes m’ont permis de décrocher mon emploi actuel.  Emploi qui, avec les bonus, me rapporte trois fois le salaire minimum.  Avant temps supplémentaire.

Ça m’a pris onze ans mais j’y suis enfin arrivé.  Je suis parti de rien.  Et aujourd’hui, j’ai tout ce que j’ai toujours voulu.  J’ai un travail dans lequel je suis compétent. J’ai un salaire qui me permettra bientôt de vivre une vie normale d’adulte normal. Mon travail m’amène à voyager dans des endroits touristiques magnifiques.  Et j’ai l’amour avec une femme qui partage ma passion de l’écriture.

Si l’ex de Mégane n’était pas venu me la ravir, j’aurais fini ma vie pauvre et seul, sur une chaine de production d’un abattoir de dindons, malgré tous les efforts que j’ai pu faire depuis onze ans pour m’en sortir.  Mais parce qu’il a mis fin à mon couple, je me suis inscrit sur Facebook Rencontres, et à partir de là tout est tombé en place.  Non seulement ça a réglé tous mes problèmes, je vis maintenant la vie idéale à laquelle j’ai toujours rêvé.

J’avais tout ce qu’il faut pour réussir. La preuve, c’est que j’ai réussi. Il me fallait juste une opportunité pour pouvoir y arriver. Cette opportunité ne se serait jamais présentée si l’autre gars était resté fidèle à sa femme, et Mégane à moi. C’est tout de même ironique.  Mais c’est le propre de la réalité: Trop souvent, la réussite ou l’échec dépendent de situations qui n’ont rien à voir avec les règles de la morale ou de la logique.

À SUIVRE

Dépenser pour prospérer en 15 étapes

Ça prend de l’argent pour faire de l’argent, que dit le proverbe. Et c’est vrai. J’aurais quand même apprécié apprendre au début de ma vie adulte les quinze règles qui vont suivre. Au pire, avant mes trente ans. Parce que là, à la veille de mes 54, il faudrait que je gagne au moins un ou deux million à la loterie pour pouvoir être capable de les appliquer. Mais bon, apprenons tout de même, qui sait, ça peut toujours servir.

Avant tout, il y a une chose qu’il faut comprendre. C’est une idée qui va sembler étrange pour la plupart d’entre nous, mais ça n’en demeure pas moins un fait: L’argent, ça n’existe pas. Ce n’est qu’un concept social. C’est la raison pour laquelle celui-ci change sans cesse de valeur. C’est la raison pourquoi le prix des actions en bourse ne cesse de fluctuer. C’est la raison pour laquelle le Bitcoin valait $1 il y a dix ans, $68 000 il y a un an, et $17 500 il y a un mois. Et que dire du prix de l’essence. Près de chez moi, en ce jour du 2 juillet 2022, il est à $2.20 le litre. En avril 2020, après un mois et demi de pandémie, je le payais à 73¢. Est-ce que le pétrole est plus difficile à extraire et à raffiner aujourd’hui qu’il l’était il y a deux ans et quart? Non, pourtant!

L’argent, ça s’évapore.
Lorsque tu travailles, tu gagnes un salaire, et le pouvoir d’achat de ce dernier est taxé sur tous les niveaux.

  • Tu paies des frais d’utilisation à chaque fois que tu utilises ta carte bancaire.
  • Tu paies des intérêts quand tu utilises ta carte de crédit.
  • Peu importes ce que tu achètes, tu paies en plus une taxe. Deux taxes, si tu es au Québec.

Tu crois que la solution est simple. Comme le disent nos boomers de (grands-) parents : « Pour ne pas voir notre argent diminuer, on n’a qu’à ne pas y toucher. » Ha! Ha! Elle est bonne, celle-là! Mais mon pauvre ami, tu n’as pas besoin de toucher à ton argent pour le voir s’évaporer. Avant même que tu reçoives ton salaire, on lui a d’abord enlevé…

  • Les cotisations pour la Régie des Rentes du Québec.
  • L’Assurance Emploi.
  • Le Régime Québécois d’Assurance Parentale.
  • L’impôt fédéral.
  • L’impôt provincial.
  • Pour certaines jobs, il y a aussi la cotisation syndicale et/ou le régime d’assurances collectif.

Mais bon, une fois tes dépenses du mois effectuées, tu peux te dire qu’au moins, tu as toujours l’argent qui te reste en banque. Cependant, sur celui-ci, il y a …

  • Les frais mensuels de tenue de compte.
  • La charmante obligation annuelle qu’est la déclaration de revenus, aussi connu comme étant le temps des impôts.
  • Sans oublier l’inflation qui augmente les prix, et qui par le fait même diminue ton pouvoir d’achat.

Alors que tu y touches ou non, ton argent, c’est du sable fin dans une passoire.

Vivre, c’est payer.
Pour la plupart d’entre nous, dès que l’on commence notre vie d’adulte, nos deux priorités sont le logement et le véhicule. Un appartement, c’est une perte, car il faut payer à tant par mois. Une maison l’est encore plus car même si on nous en fait cadeau, elle nous coûte sans cesse de l’argent. Le coût annuel des taxes municipales et scolaires en plus des frais d’entretien et l’électricité, ça va chercher dans les $12 000. Soit un peu plus de la moitié de ce que rapporte le salaire horaire minimum actuellement. Pour une auto, c’est la même chose. On connait tous le cliché qui dit qu’au moment où tu as signé ton contrat d’achats d’une auto, celle-ci perd automatiquement quelques milliers de dollars en valeur. Or, ce n’est pas qu’un cliché. C’est un fait!

Où est donc la logique de cette dévaluation?
La valeur d’un véhicule repose sur un concept imaginaire : Avant la signature, c’est un véhicule neuf. Après la signature, c’est un véhicule usagé, puisqu’il a (eu) propriétaire. À la seconde même ou un véhicule passe de neuf à usagé, sa valeur marchande tombe automatiquement. Il s’agit pourtant du même véhicule, qui n’a pourtant pas changé d’un atome entre le moment où tu as pris le stylo, et les cinq secondes qu’il t’a fallu pour apposer ta signature. Normal! Une auto, c’est quelque chose de tangible, physique, réel. Par contre, neuf et usagé, sont des concepts imaginaires, et ils n’ont de valeur que celle que veulent leur accorder ceux qui possèdent le véhicule que vous désirez avoir. Si tu veux l’acheter, tu n’as pas le choix, tu dois te plier à cette règle abusive qui te fait payer pour rien, ou bien tu devras t’en passer. En Justice, c’est une pratique illégale qui a un nom: Extorsion. Mais en business, c’est une pratique légale qui porte un tout autre nom: Business.

Financièrement parlant, en société, il y a deux catégories de gens. Il y a ceux qui travaillent pour de l’argent. Ceux-là n’arrivent jamais à en avoir. Et il y a ceux pour qui l’argent travaille pour eux. Ceux-là en reçoivent sans cesse, même en se tournant les pouces.

Mais comment faire pour passer du premier au second? Comment peut-on y arriver si l’on part de rien? Comment faire de l’argent si on n’a pas d’argent puisque ça prend de l’argent pour faire de l’argent?

Ça fait plusieurs années que je me penche sur le sujet, m’intéressant au monde de la finance, des investissements, des placements, et sur les différentes méthodes de faire fructifier ses avoirs. Et surtout, sur l’art d’utiliser le crédit de manière intelligente. À ça, j’y ajoute mes propres expériences qui m’ont apprises quelques vérités que l’on ne nous montre pas dans les tutoriels financiers.

J’ai constaté qu’il existe plusieurs méthodes qui nous amènent à prospérité, et celles-ci comportent toutes diverses variantes pour s’adapter à la situation de chacun. Mais l’une des plus sécuritaires, les plus stables et garanties de fonctionner à long terme est cette méthode en quinze points. Plus on l’applique jeune, plus on est assurés d’y parvenir pendant que l’on peut encore profiter de la vie.

En admettant que l’on part avec un capital de $0.00, ça va comme suit:

ÉTAPE 1: Étudie le marché pour connaitre quelles sont les professions qui paient le plus. 
Et où peut-on trouver cette liste de professions? Mais sur Google, évidemment. Au 21e siècle, nous avons un avantage incroyable que n’ont pas eues les générations précédentes : Nous avons accès à internet, qui contient toute la connaissance de toute l’humanité, aussi bien ancienne qu’actuelle. Peut importe ce que tu veux savoir, Google le sait.  Google sait tout!

ÉTAPE 2: De ces domaines, étudie dans celui qui te convient le mieux.
La vie est trop courte pour se faire chier à une profession que l’on déteste et que l’on ne choisit que pour l’argent. Il faut donc aller vers un domaine qui nous plaît, ou au pire qui nous ennuie pas trop. Mais si tu as une personnalité spartiate, alors va pour le job le plus payant, quel qu’il soit.

À ça, il faut aussi en choisir un dont les études ne vont pas exiger que l’on y consacre la majorité de nos jeunes années en nous endettant pour le reste de notre vie. De deux à cinq ans d’études restent une bonne moyenne.

ÉTAPE 3: Pratique cette profession.
À la fin de tes études, évidemment, le plus tôt possible.

ÉTAPE 4: Vis modestement.
Le piège dans lequel tombent 90% des jeunes professionnels qui démarrent avec un gros salaire, c’est de vouloir immédiatement vivre le prestige de posséder le condo et la bagnole. Pas grave si c’est à crédit, que l’on se dit. Avec notre salaire on peut se le permettre.

Sauf que l’idée ici, c’est de pouvoir se mettre de l’argent de côté pour que cet argent travaille éventuellement pour nous. Comment pourras-tu faire ça si ton salaire part au fur et à mesure dans l’auto, l’essence, l’assurance auto, le prêt hypothécaire, la taxe de bienvenue, les taxes municipales, les taxes scolaires, l’assurance habitation, la cotisation à l’association des propriétaires de condos, l’électricité, l’ameublement, les électroménagers, internet, le téléphone, la nourriture, et ton prêt étudiant? La réponse: JAMAIS! En planifiant de te mettre ces responsabilités sur le dos avant même d’avoir ton premier chèque de paie, tu viens de t’assurer que tu vas passer ta vie d’adulte en tant qu’endetté qui ne fera que payer non-stop.

Prend un petit appartement pas cher. Près de ton travail si possible. Ne mange que rarement au resto. Pas de nourriture livrée non plus. Apprend à cuisiner au lieu d’acheter des produits tout prêts. Cuisine de grandes portions, sépare et congèle. Conditionne-toi à te lever à la première sonnerie. Tu peux te préparer d’avance, chez toi, entre cinq et dix litres de café glacé pour le prix d’un verre de 550 ml. Prépare ton déjeuner d’avance la veille s’il le faut, tu n’auras qu’à le passer au micro-ondes le matin. Juste en faisant ceci, tu dormiras mieux, tu dormiras plus longtemps, tu seras en meilleure forme, tu n’auras pas à partir plus tôt pour faire la file derrière ces milliers de gens qui sont trop lâches pour se préparer à déjeuner. Et non seulement vas-tu sauver beaucoup d’argent, tu vas sauver du temps. Et le temps, c’est de l’argent.

Avec Internet et le téléphone, plus personne n’a besoin de télé câblée de nos jours. Et Youtube déborde de tutoriels pour s’entrainer comme des athlètes sans avoir à aller au gym. Deux autres dépenses inutiles en moins.

ÉTAPE 5: Ne fréquente jamais une personne dépensière compulsive et/ou qui ne pratique aucun métier sérieux et/ou qui cherche à avoir un enfant rapidement. 
Cette personne causera ta ruine. C’est inévitable! Fait vécu et maintes fois observé. Désolé si ce n’est pas politically correct de le dire, mais les faits sont les faits.

Et je ne parle ici que d’une potentielle conjointe. Mais dans les faits, pour les premiers 2-3 ans de ta vie professionnelle, la triste réalité est que tout le monde va te mettre de la pression pour que tu dépenses ton argent. Tes collègues, tes amis, ta famille. Je te garantis que d’ici peu, tu ne sauras plus compter le nombre de fois où tu vas te faire mettre de la pression pour acheter une auto, te payer un condo, où même des sorties de resto-bars à n’en plus finir qui te coûteront de $100 à $300 la soirée. Je peux t’assurer que toute cette pression constante va te mettre dans un état de ras-le-bol à répétition. C’est là qu’il va falloir faire preuve de force de caractère et ne jamais céder. Au bout de quelques mois, ils vont bien finir par voir que ça ne sert à rien d’insister et ils vont se lasser et te foutre la paix sur le sujet. Mais en effet, ça peut prendre jusqu’à 2-3 ans avant que tout le monde l’accepte.

Pourquoi voudriez-vous accepter de vous laisser ruiner par des gens qui manquent à ce point de respect envers vos limites?.

ÉTAPE 6: Paie tes dettes d’études.
Le plus vite possible, à tant par mois.  Pas de paiements mensuels trop cher pour ne pas déséquilibrer ton budget, mais pas trop bas pour éviter de payer le double en intérêts. Trouve le juste équilibre.

ÉTAPE 7: Dès que tes dépenses du mois seront payées, il te restera de l’argent. Va à la banque pour le placer et l’investir. 
Tel que déjà abordé dans le point 10 d’un billet précédent, il est beaucoup plus sécuritaire de faire affaire avec ta banque qu’avec un bureau de conseillers financiers. Même si les placements ne rapportent que peu d’intérêts, il faut quand même y investir.  Car avec les frais bancaires mensuels et l’augmentation du coût de la vie qui diminue le pouvoir d’achat de ton argent, le laisser dans ton compte, c’est le voir s’évaporer.

ÉTAPE 8: Au bout de dix ans à travailler dur, gagner cher et vivre en spartiate, tu devrais avoir récolté au moins un demi-million
Les banques ne prêtent que la somme d’argent équivalente à ce que possède déjà l’emprunteur. Tu as un demi-million? Alors contracte avec eux un prêt hypothécaire d’un demi-million sur dix ans.

ÉTAPE 9: Avec ton million, achète une maison avec terrain.
Posséder et habiter une maison, ça coûte cher. Juste en taxes municipales et scolaires, en assurances et en entretien, tu t’enlignes pour payer $12 000 par an. Et n’oublions pas la taxe de bienvenue de la première année. À ça, rajoute les $60 000 que tu dois donner annuellement pendant dix ans à la banque, soit $600 000, c’est à dire le $500 000 emprunté + $100 000 qui représentent 19.9% d’intérêt. Pour un total de $82 000 annuellement, ou $6834 par mois, juste pour habiter là. Et encore, tu peux te compter chanceux, tu n’as emprunté qu’un demi-million pour te l’acheter car tu en possédais déjà la moitié. Toute autre personne aurait eu à emprunter plus, et rembourser plus. En moyenne, on parle de $120 000 par année.

Cependant, le plan n’a jamais été d’y vivre soi-même. Le but ici est de gagner de l’argent, pas d’en dépenser. Aussi…

ÉTAPE 10: Dès que tu es propriétaire, met immédiatement la maison à louer.
En sachant que de nos jours, un 4½ va chercher dans les $1 000 par mois, et on parle d’un vieux logis moyen à la limite du taudis, une maison avec un terrain trouvera facilement locataire à $6 000 par mois. La maison va donc te rapporter $72 000 par année. Beaucoup de jeunes professionnels sont prêts à payer ça pour la louer, plutôt que de l’acheter à $120 000 par an.

Une fois que tu auras payé les taxes scolaires, les taxes municipales, l’entretien et les assurances, il te reste $60 000 de profit net, soit exactement ce que la banque te demande pour rembourser l’hypothèque. Autrement dit, ta maison ne te coûte plus un sou, elle va se rembourser toute seule pendant les dix prochaines années. Plus vite, si tu augmente le loyer annuellement.

Ça t’a pris dix ans en partant de rien. Mais là, enfin, tu viens de passer dans la seconde catégorie de gens. Tu es dans celle où ton argent travaille pour toi.

ÉTAPE 11: Au bout de ces dix ans de sacrifices, tu es maintenant au summum de ton budget.
Tu as maintenant dix ans d’expérience de travail dans ton domaine. Tu as été augmenté sur une base annuelle. Tu n’as plus besoin d’économiser pour acheter ta maison, elle se paie toute seule. Tu n’as plus besoin de payer ton prêt étudiant, il est remboursé. Plusieurs choix s’offrent maintenant à toi.

  • Vivre moins modestement et commencer à t’accorder un peu de confort.
  • Avoir une relation sérieuse, voire même fonder une famille.
  • Ou bien tu peux continuer sur ta lancée en prolongeant la vie modeste tout en continuant tes investissements, en y ajoutant en plus l’argent que tu mettais jusque-là sur ton prêt étudiant. 

    ÉTAPE 12. Si tu es un homme hétéro, ne te marie surtout pas. 
    Fais tes propres recherches et tu le verras toi-même: Il n’y a aucun avantage social, légal ni financier à se marier quand on est un homme.  Bien au contraire!  50% des mariages finissent en divorce, et 70% des divorces sont initiés par la femme.  Pour une belle cérémonie inutilement coûteuse et un bout de papier sans valeur pour toi, tu joues à pile-ou-face les fruits de toute une vie de travail et de planification financière pourtant intelligente.

    ÉTAPE 13. Dix ans après avoir acheté ta maison et vingt ans après avoir commencé ta carrière, tu as de nouveau un demi-million en investissements.
    En fait, si tu as continué à vivre comme un pauvre en investissant tes augmentations de revenus + l’argent que tu donnais jadis en prêt étudiant, tu auras probablement plus. Quelque chose entre ¾ de million et un million complet.  Ton prêt hypothécaire s’est remboursé tout seul. Ta propriété vaut maintenant $2 millions de dollars à cause de la hausse de la valeur du marché immobilier.  Une personne qui voudrait en acheter une semblable devra obtenir une hypothèque sur 20, 25 ou 30 ans, au bout duquel il devra rembourser le double, soit $4 millions.  Mais toi, en l’achetant intelligemment, tu l’as eu pour $500 000, soit huit fois moins. Et à partir de maintenant, elle te rapporte $100 000 par an, puisque tu as augmenté peu à peu le loyer à chaque année. Donc, encore cinq ans et elle se sera remboursée au complet. Quatre, si tu continues d’augmenter.

Tandis que la majorité des propriétaires vont prendre un prêt habitation qu’ils devront payer pendant 20, 25, 30 ans, toi tu as une maison qui ne t’aura pas coûtée un sou car elle se sera remboursée au complet, toute seule, en moins de 15 ans.

ÉTAPE 14. As-tu besoin d’un véhicule?  Si oui, n’achète pas, loue!
Tel qu’expliqué plus haut, à partir du moment où tu l’achètes, la valeur du véhicule ne fait que tomber. Inversement, les frais d’entretien ne font qu’augmenter à mesure que le besoin de réparations se fait de plus en plus fréquent.  Alors si tu as une auto, vend-là.  Va au concessionnaire et loues-en une neuve sur trois ans.  Tu n’auras plus jamais à te soucier de l’entretien puisque c’est le concessionnaire qui s’occupe de tout. Tu l’échangeras contre un modèle tout neuf avant-même que les premières avaries n’y apparaissent.  Et puisqu’il appartient toujours au concessionnaire et que son but est de le revendre au meilleur prix dans trois ans, tu es assuré qu’il ne va pas te refiler un citron. Il y va de son propre intérêt. Et le tout, auto, immatriculation, assurances, entretien, essence, ne te coûtera au gros maximum que le tiers de ce que te rapporte ta maison en loyer. 

Autrement dit, quinze ans après son achat et pour le reste de tes jours, ta maison gratuite te fournira l’appartement gratuit, la nourriture gratuite, et tu rouleras toujours dans un char neuf gratuit. Et pendant ce temps-là, ceux qui te mettaient de la pression il y a quinze ans pour que tu dépenses ton argent à mesure sont TOUS esclaves de leurs dettes, qu’ils n’auront probablement même pas fini de rembourser lorsqu’ils seront rendus à l’âge de la retraite.

ÉTAPE 15. Tu as maintenant la liberté de pouvoir choisir ce que tu vas faire du reste de ta vie.
Admettons que tu as commencé tes études à 20 ans et commencé à travailler à 25, tu as maintenant entre 40 et 45 ans et tu vaux environ $3 millions. Si en plus tu as pris soin de ta santé, de ta forme et de ton alimentation, tu peux pleinement profiter de ta jeunesse adulte en prenant ta retraite 20-25 ans avant tout le monde. Car en effet, à partir de ce point, tu peux vivre confortablement mais sans excès avec les $66 000 annuels (si on enlève les dépenses du véhicule) que te rapportent ta maison + tes placements. Ou alors tu continues de pratiquer ton métier et tu continues de prospérer en y ajoutant ton salaire.  Ou alors tu continues d’appliquer ce principe en achetant une seconde maison et la mettre à louer. Hey, tu peux même continuer de travailler, expulser ton locataire et vivre avec zéro dette dans ta maison qui, en se remboursant toute seule en 14-15 ans, ne t’a pas coûté un sou. Ou, le meilleur des deux mondes, habiter une seconde maison qui sera payée par le loyer de la première. C’est la beauté de la chose : rendu à ce point-ci de ta vie, tu as le choix!

Et ceci, si tu as des enfants, te permet de leur assurer une fortune générationnelle. Car non seulement vont-ils hériter de la maison en tant que source de revenus, ils vont également hériter de ton exemple, de ton savoir-faire, pour que leur argent travaille pour eux et non l’inverse.

Il y en a qui vont dire qu’au lieu d’acheter une maison, mieux vaudrait acheter un duplex, triplex, quadruplex ou un bloc-appartements de 10, 20, 40 logements. Les revenus n’en seront que plus grands. En théorie, c’est vrai! Mais j’ai été concierge et surintendant assez longtemps pour savoir qu’un locataire = un problème, vingt locataires = vingt problèmes, quarante locataires = quarante problèmes… Plus on a de locataires, plus grandes sont les possibilités de devoir faire face aux loyers non-payés, aux accidents, aux dégâts d’eau, à la négligence, aux incendies, aux punaises de lit… On passe alors tout notre temps et une bonne partie de notre revenu à devoir s’en occuper, ou alors à devoir embaucher des gérants d’immeubles et des concierges. C’est juste trop compliqué pour moi. Au moins, en louant une maison d’un million de dollars, je sais que j’ai affaire à une personne sérieuse qui gagne très bien sa vie. En général, ce ne sont pas ces gens-là qui vont causer des problèmes. J’échange donc un revenu potentiellement immense pour un revenu somme toute assez bon et la tranquillité d’esprit. Mais ça, c’est mon choix personnel.

L’important, c’est que rendu à ce point, et pour le reste de notre vie, on fait partie des gens pour qui l’argent travaille, plutôt que des gens qui travaillent pour l’argent. C’est surtout d’être capable de comprendre que le fait de valoir trois millions ne veut pas dire posséder trois millions de dollars comptant et vivre en dépensant cet argent. Parce que faire ceci, c’est s’assurer qu’au bout d’une période allant de trois à sept ans, il ne nous restera plus rien. Non seulement aura-t-on échangé le confort à long terme pour une vie de millionnaire à court terme, on aura détruit notre source de revenus, et on aura saboté pour de bon nos chances de pouvoir refaire fortune un jour.

En conclusion, mieux vaut l’argent qui travaille pour nous, que de travailler pour l’argent. Car comme le dit le proverbe : L’argent est un bon serviteur mais un mauvais maître.

Un mauvais côté inattendu de l’amélioration physique

Dialogue entre une collègue de travail et moi.

ELLE: Et pourquoi est-ce que tu n’as pas de vie sociale?
MOI: Je n’ai jamais été vraiment populaire.
ELLE: Pourtant, un bel homme comme toi…
MOI: Je ne l’ai pas toujours été. J’étais même assez laid dans ma jeunesse.
ELLE: Oui mais là tu parais bien, surtout pour ton âge. Sors un peu, va rencontrer des gens, c’est sûr que tu vas séduire un max.
MOI: Ben justement! Quand j’étais laid, les filles refusaient que je sois invité dans les soirées, de peur que je les drague. Depuis que je suis beau, les gars refusent que je sois invité dans les soirées de peur que leurs femmes me draguent. Alors pour ce que ça change!

Je ne blague même pas. Une de mes amies de notre formation de préposés aux bénéficiaires faisait une soirée chez elle et m’y avait invité. Elle m’a ensuite dit, quelques jours avant la soirée, que son mari voyait d’un mauvais oeil l’idée de ma présence. Car il m’avait vu l’été précédent, lors de notre graduation. C’était à la fin de mes 40 jours d’itinérance, alors que la vie rude m’avait remis athlétique tout-plein.

Juste moi, mon vélo, les grands espaces, mon laptop, et le wifi gratuit des parc municipaux.

Je suppose que quand on met dans la même pièce des femmes de 40-50 ans et un homme de (à ce moment-là) 51, célibataire, bon boulot, bon salaire et qui ressemble à ça, l’homme en couple va craindre que Madame se trouve soudainement à moins apprécier ses derniers 10-15-20 ans d’épouse et de mère.

La meilleure, c’est que je n’en ai rien à cirer d’être en couple. C’est sûr que des fois, je ne serais pas contre l’idée d’avoir une vie sociale plus active. Mais pour le côté couple, amour, sexe, j’ai totalement perdu intérêt. Je ne voudrais même pas d’une célibataire. Alors une épouse et mère, pensez-donc.

Mais bon, je peux comprendre. La norme, c’est d’être beau et en forme à 20 ans, puis d’être gras, ridé, chauve et fatigué à 50. Quel que soit le domaine, une personne qui ne suit pas la norme, c’est une personne qui dérange.

C’est ironique, quand même. Tu passes ta vie à travailler sur toi, physiquement, moralement et intellectuellement pour te débarrasser de tes insécurités. Et au bout du compte, tu finis victime de l’insécurité des autres.

L’anneau de Gygès et l’exploration urbaine (2 de 2)

Cette anecdote d’exploration urbaine d’endroit abandonné s’est passée en juin 2021, dans le motel que j’ai utilisé en guise d’exemple pour l’article précédent.

Comme tout bon explorateur urbain, je vais suivre certaines règles. Les deux règles principales et universelles de l’urbex sont «ne rien prendre sauf des photos» et «ne laisser aucune trace, si ce n’est des traces de pas». À ça peuvent s’ajouter certaines règles personnelles. J’en ai adopté trois dans le but de m’éviter les problèmes légaux.

Règle no.1. Tout d’abord, je ne pénètre jamais des endroits récemment incendiés. Même sans tenir compte du danger de se balader dans une structure affaiblie, le fait est que le terrain et tout ce qu’il contient demeure la propriété privée d’une famille qui vient de tout perdre. C’est un double manque de respect.

Règle no.2. Je ne pénètre jamais sur un terrain clôturé sans ouverture, et je ne m’introduis jamais par effraction dans une propriété. Par contre, si un vandale irrespectueux a passé avant moi en se défonçant une entrée, je n’hésite pas à y aller puisque la place est déjà ouverte. Il m’est arrivé à deux reprises de n’avoir accès qu’aux sous-sols sans pouvoir pénétrer aux étages supérieurs. Je me suis donc contenté d’explorer les dessous, sans tenter de m’introduire de force dans le reste de la propriété.

Ce motel en particulier, situé dans ma région d’origine, a un petit côté village fantôme, ce qui ne le rend que plus intéressant.

On le voit mal au centre de la photo tout en haut de cet article, mais la porte extérieure d’une des chambres de ce motel est défoncée. Chaque chambre a deux portes : une issue vers l’extérieur, et l’autre qui donne accès a un corridor commun intérieur. Ça m’a permis de pouvoir explorer l’endroit de fonds en combles, en commençant par le sous-sol.

Comme beaucoup de propriétés construite avant les années 70, une partie du sous-sol n’est pas finie, laissant le sol terreux et trop souvent humide. Plus jeune, j’avais une peur bleue à l’idée de m’y retrouver. Jusqu’au jour où j’ai vu la chose avec logique: Puisqu’il n’y a pas de nourriture fraiche là-dedans, il n’y a donc pas de rats ni de souris. Puisqu’il n’y a pas de lumière, rien n’y attire les moustiques, il n’y a donc pas d’araignées pour les bouffer.

Depuis que je fais de l’urbex, j’ai visité trois de ces caves, et je n’en reviens pas du foutoir bordélique que j’y ai retrouvé à chaque fois.

La majorité de son contenu me semblait être tout de même en bon état. Comme ce four micro-ondes. Fallait juste le déterrer un peu.

En descendant dans une cave, il est important de sonder devant soi avec un bâton. Ça peut éviter certains désagrément. Comme ici, en bas de l’escalier, ça m’a permis de constater que la partie terminée du sous-sol, ainsi que son contenu, baignent dans un bon trente centimètres d’eau croupie. Puisque rien ne faisait rider l’eau, je n’ai pas vu que c’en était, même avec ma lampe frontale.

De l’eau vaseuse comme celle-là a certainement rendu le plancher glissant. Alors non seulement tu risques de t’étaler de tout ton long dans une eau dégueulasse, tu peux te blesser sur tout ce que cette eau cache. J’ai une trousse de premiers soins dans un de mes paniers de vélo, mais elle a ses limites.

En remontant au rez-de-chaussée pour explorer la partie commerciale de ce motel, j’ai été déçu de voir que les chambres, bien que vidées de tout mobilier, avaient toutes été saccagées. Fenêtres brisées, murs défoncés, plafonds arrachés… Ce triste spectacle n’a hélas rien d’inhabituel. Cependant, pour la première fois en un an d’exploration, j’ai aperçu ce qui avait toutes les allures d’une vision d’horreur.

Qu’est-ce que je viens d’apercevoir dans le bain de cet endroit abandonné? Une personne? Un gros chien? Un poney?

Deux choses me rassurent: Aucun son de respiration, et aucune odeur de viande avariée. Après un moment d’hésitation, ma curiosité l’emporte. N’empêche que je n’étais pas rassuré.

Au final, c’était ceci: un poney en peluche.

Je n’ai cependant pas investigué davantage au sujet des traces sur le mur.

Enfin, Règle no.3. Je ne signale pas ma présence, mais je ne me cache jamais non plus. Ça signifie que je vais prendre le soin d’attacher mon vélo dans un coin discret. Mais sinon je marche avec naturel sur le terrain, comme si j’y avais à faire. Ainsi, les éventuels passants n’ont aucune raison de me trouver louche.

Également, pendant mon exploration, si je constate que la police, le proprio ou des travailleurs se pointent, je ne les évite pas. Bien au contraire, je vais immédiatement à leur rencontre. Je me présente et j’explique la raison de ma présence. À date, ça ne m’est arrivé qu’une seule fois, en 2020, avec des travailleurs qui venaient barricader la place, justement à cause de vandalisme. D’où l’importance de se débusquer, sinon je me serais retrouvé emmuré.

Alors que je terminais mon exploration de ce motel, ce n’est ni la police ni le proprio ni un travailleur, ni même un autre explorateur urbain que j’ai rencontré. Je précise que le terrain ayant été laissé en friche pendant trois ans, de hautes haies sauvages en dissimulaient une bonne partie. De plus, située entre champs et boisés, l’endroit n’est pas tellement passant.

Ayant vu tout ce qu’il y avait à voir dans le bâtiment, je marche dans le corridor et je retourne dans la chambre par laquelle je suis entré. Par la porte extérieure qui est grande-ouverte because défoncée, je vois l’arrière d’une camionnette dans le parking, à environs quinze mètres devant le motel. Un gars costaud, grassouillet, cinquantaine avancée, vient se placer derrière le véhicule et pose sa main sur le rebord de la boite du véhicule. Il est rejoint par un homme dans la trentaine, que je vois de dos, et qui vient s’agenouiller devant lui.

Par l’allure des hommes, et puisque le véhicule est un pick-up Ford classique, je comprends qu’ils s’apprêtent à ouvrir la porte de la boite du véhicule. Il s’agit donc probablement du proprio, ou bien de travailleurs venus eux aussi pour barricader la place. Je sors de la chambre et me dirige droit vers eux, tout sourire, me préparant à me présenter et à leur dire que ma présence n’était que dans le but de faire de l’exploration urbaine, sans rien vandaliser. Ils ne me voient pas encore car le jeune me tourne le dos, le vieux regarde vers le bas, et ils sont tous les deux concentrés sur leur besogne.

Le vieux baisse son jeans et commence à se branler devant la face du jeune. Et moi, simultanément, je me dirige droit sur eux avec un beau sourire.

Malaiiise! 😬

Brusque quart de tour à gauche, mes bottes crissent dans le gravier alors que je me dirige vers mon vélo en regardant droit devant moi. Je l’ai à peine rejoint que j’entends deux portes de véhicules fermer, et la camionnette partir, suivie presque aussitôt par une auto. À voir la vitesse à laquelle ils ont déguerpis, ils ont dû être très embarrassés de constater que leur scène m’avait eu comme témoin à quelques mètres devant eux.

Donc… Amoureux secrets? Rencontre Tinder? Escorte et son client? Aucune idée. en tout cas, ce motel a beau être fermé depuis trois ans, il continue d’y avoir de l’action.

Quel est le rapport entre tout ça et l’anneau de Gygès?
Dans la philosophie grecque, l’anneau de Gygès est une allégorie tirée des écrits de Platon. Ça raconte l’histoire d’un homme nommé Gygès qui trouve un anneau qui lui permet de devenir invisible. Gygès, jusque-là irréprochable, utilise son pouvoir pour voler des renseignements secrets, séduire la reine, renverser le gouvernement.

C’est une théorie qui suggère l’idée comme quoi les vertus telles la loyauté, l’honnêteté, les bonnes manières, et surtout le respect des autres et de la loi, n’existent que parce que l’on se sait observé. Ça indique que l’être humain est fondamentalement mauvais, et que si une personne jusque-là sans histoire se retrouve dans une situation où il n’aura jamais à subir de représailles, il va se laisser aller à ses instincts naturels, se montrant sous son vrai jour, devenant le genre de personne de qui l’on dit: « Jamais je n’aurais pu imaginer ça de lui. »

On retrouve aussi ce genre de comportement chez les superstars, les politiciens, les riches, les gens d’influence et de pouvoir, ceux qui jouissent d’une assez grande popularité. Serge Gainsbourg, Charlie Sheen et Éric Salvail en sont d’excellents exemples français, américain et québécois. Leur succès, leur millions, leur influence, et surtout l’amour inconditionnel que leur accordaient leur public, c’était ça leur anneau de Gygès. À force de voir qu’ils pouvaient faire n’importe quoi impunément, ils faisaient n’importe quoi impunément.

Faire de l’urbex permet de constater que les endroits abandonnés ont une influence similaire sur le comportement des gens. La place est cachée, sans surveillance, promise à la démolition, totalement abandonnée et déserte, et personne n’est au courant de la présence de l’explorateur. La personne comprend donc d’instinct que quoi qu’elle fasse, elle n’aura jamais à craindre la moindre conséquences de ce qu’elle va y faire. Pour certains des explorateurs dont je suis, le seul manque de respect que cette liberté nous pousse à commettre est au niveau de la violation de propriété privée. On entre, on observe, et on ressors. Pour nous, ça s’arrête là. Mais pour beaucoup trop d’autres, ça donne juste une impulsion irrésistible de laisser libre cours à leurs instincts refoulés. Par exemple, comme dans ce cas-ci, on s’y donne rendez-vous pour des activités illicites. Mais plus souvent qu’autrement, on tague, on vandalise, on démolit, on défonce des murs, on brise des fenêtres, on saccage tout. Certains vont même jusqu’à y mettre le feu.

Et justement, trois mois après mon passage…

Depuis le 21 juin 2020, qui fut le premier de mes 40 jours d’itinérance, j’ai exploré sept endroits abandonnés. Un seul était impeccable, probablement parce que j’étais le premier à y entrer. Le vandalisme est la raison pour laquelle je ne divulgue plus où sont situés ces endroits. Quand j’en poste des photos et vidéos, j’en choisis qui ne permettent pas de les identifier. Si je me le suis permis aujourd’hui, c’est parce qu’à part sur Street View, l’endroit n’existe plus.

Lire l’article complet.

Jusqu’à tout récemment, je croyais qu’il n’y avait qu’à trois moments dans la vie où l’on peut voir la vraie personnalité de tout-un-chacun : lorsqu’il est enfant, lorsqu’il est ivre, et lorsqu’il est frustré. Je dois maintenant ajouter un quatrième moment: lorsqu’il sait qu’il n’aura jamais à subir les conséquences de ses gestes.

Bref, lorsque les circonstances lui donnent un anneau de Gygès.

La fin du trip de jeunesse (Texte de 2004)

Je viens de retrouver un document sur Wordpad que j’ai écrit il y a dix-huit ans, en février 2004. Puisque Mes Prétentions de Sagesse ne sera créé que cinq ans plus tard en 2009, je me demande bien à quoi je le destinais. J’avais bien quelques blogs à l’époque, tels The Testosterone Diary sur la plateforme Xanga, ainsi que Ryu; Because I have something to say sur MySpace. Mais comme l’indiquent ces titres, ils étaient en anglais. Quant à La Zone Requin, c’était un recueil d’expériences négatives vécues dans le style de Fuck My Life, ce qui n’est pas du tout le thème de ce texte. Donc, mystère total. Le voici dans son intégralité, on verra s’il est toujours d’actualité.

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La fin du trip de jeunesse.
D’après ce que j’ai pu observer avec les années, la fin du trip de jeunesse est quelque chose qui vient naturellement, qui n’est pas une décision consciente. C’est d’abord un truc que l’on vit, puis que l’on remarque, puis qu’on constate ensuite avoir naturellement accepté.

Quand on vit chez ses parents ou bien sous les prêts et bourses, on n’a pas trop de soucis à se faire, pas vraiment de responsabilité. Déjà, le simple fait de suivre des cours volontairement (cégep et université) nous donne l’impression d’être responsable. Alors évidemment c’est les gros trips: Le cinéma, les bars, les restos, la boisson, le sexe…

Puis vient la fin des études. On commence à travailler. Bonne chose, car il faut commencer à rembourser les prêts étudiants. On part de chez ses parents ou des résidences étudiantes pour aller en appartement. On travaille dur pour payer le loyer, l’électricité, le téléphone, la bouffe, le prêt étudiant.

Avant, « de l’argent », c’était tout l’argent que l’on recevait. Maintenant, « de l’argent », c’est le peu qu’il nous reste, une fois qu’on a tout payé. Alors si on veut se meubler en plus, faut en mettre de côté. Pour ça, on devient économe, on sacrifie sur certaines choses moins utiles. On coupe sur les sorties. Anyway, avec le travail, on a moins de temps pour en faire. On voit moins souvent nos amis. Après une bonne journée de travail, on a envie de rentrer et se reposer, on a donc moins d’énergie. Peu à peu, on s’atrophie. Alors qu’il y a deux ans à peine, quand on faisait l’party, tout l’monde dansait, maintenant on reste assis calmement et on parle de nos jobs, nos soucis, nos paiements, nos relations de travail…

Et c’est là qu’on remarque que notre vie a bien changé entre nos 19 et 21 ans, et qu’on s’est tellement bien adapté à notre vie actuelle qu’on réalise que l’on n’aurait ni l’énergie physique ni l’énergie mentale de revenir en arrière. Et même si on le voulait, on ne le pourrait pas. On ne peut pas cesser de rembourser un prêt étudiant avant qu’il soit terminé, ni casser un bail, ni retourner chez nos parents. Dès que l’on a commencé à payer, il est impossible d’arrêter. Pas question de cesser de travailler dans ce temps là.

Courir après le sexe opposé devient quelque chose pour lequel on n’a plus de temps pour niaiser sur des détails idiots, comme jouer à l’indépendant et se tourner autour pendant des mois. Sans aller à l’école, le nombre de représentant de l’autre sexe que l’on peut rencontrer se limite aux collègues de travail, c’est à dire très peu, et ils sont loin d’être tous potables. Sans avoir l’embarras du choix pour remplacer aisément son chum / sa blonde, on commence a prendre les relations un peu plus sérieusement, à accepter l’autre avec ses défauts et à faire des concessions, à vouloir faire durer la relation plus longtemps.

Bon nombre de filles avec qui j’ai eu des relations durant mes années de Cegep étaient très libérées sexuellement: Bisexuelles, échangistes et friandes de leur liberté. Comment oublier les 4-5 partys dans ma chambre aux résidences étudiantes, qui sont virées en séance de sexe à plusieurs. À peine leurs études terminées, cette partie de leur passé leur faisait déjà honte. Maintenant qu’elles sont sérieuses et rangées, malheur à celui qui oserait le leur évoquer, il se retrouvera aussitôt banni de leur entourage.

Et un jour, quand on se rend compte que non seulement notre vie a changé mais qu’on ne pourrait pas faire machine arrière, c’est là qu’on se dit: « Ouais, j’ai fini mon trip de jeunesse. Chuis sérieux maintenant. »

Et ceux qui n’ont pas commencé a travailler dans la début vingtaine ? Ceux qui ont essayé d’étirer leur vie de jeunesse plus longtemps ? Ils se sont rapidement retrouvés biens seuls, en constatant que leurs amis évoluaient, sauf eux. Ils n’ont alors pas le choix d’évoluer à leur tour, car des trips seuls, c’est pas vraiment trippant.

Et celui qui insiste pour continuer de vivre son trip de jeunesse ? On le reconnait aisément: C’est le gars de 35-40 ans assis au fond d’un bar enfumé où tout le monde boit et/ou joue aux machines à poker et que personne ne danse, avec la moustache, la bedaine, la coupe Longueuil, la job misérable (s’il est salarié et non su’l’BS), désespéré que sa blonde est encore enceinte.
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À première vue, il n’y a que quatre choses qui font dater ce texte:

  • La mention du bar enfumé. L’interdiction de fumer dans les endroits public a commencé dans les écoles en 1996, pour se conclure dans les bars en 2006.
  • Tinder, ainsi que plusieurs autres apps de rencontres, ont réglé le problème du nombre limité de conjoints potentiels autour de nous.
  • En ces temps (espérons temporaires) de Covid-19, pas sûr que la majorité des activités de groupes décrites ici seraient encore réalisables.
  • La description du personnage au dernier paragraphe. La moustache et la coiffure mullet, c’était la mode à la fin des années 80. Il était donc normal que l’on retrouve des hommes de 35-40 ans qui arboraient toujours ce look en 2004. Mais en 2022? Vraiment pas!
Des adolescents de 35 ans.

Mais sinon, ouais, dans l’ensemble, je crois bien que le thème principal du passage obligatoire à la vie adulte qui met fin au trip de jeunesse, c’est quelque chose qui ne se démodera jamais.

Quand l’autre fait de toi la Cassandre du couple (2 de 2)

AVERTISSEMENT HABITUEL: Ceci est une situation dans laquelle on peut aisément inverser les sexes. C’est juste que je parle par expérience personnelle, et qu’en tant qu’homme hétéro, je n’ai vécu ça qu’avec des femmes.

Dans la mythologie grecque, Cassandre avait un don et une malédiction: Elle pouvait prédire l’avenir, mais personne ne la croyait. Et à force de voir que ses prédictions négatives se réalisaient, le peuple en est venu à la détester au lieu d’en tirer des leçons et de l’écouter. Aussi, dans le billet précédent, je parle de femmes qui ont fait de moi la Cassandre du couple, en n’écoutant pas ce que je dis, et en me maudissant d’avoir tenté de prévenir les conséquences fâcheuses qui en ont découlé, conséquences contre lesquelles je les avais prévenu.

Ce qui me frustrait le plus, c’était de constater que ce comportement était aléatoire. Dans le sens que n’importe qui pouvait l’avoir, peu importe son âge, sa culture, sa personnalité, son statut social, son intelligence ou sa logique. Et le pire, c’est qu’il n’y a jamais moyen de voir si la personne est comme ça si nous ne sommes pas en couple avec. Si c’est le cas, alors ça prend de quelques semaines à quelques mois pour que ce comportement se manifeste. Et bien que le billet précédent ne parle que de trois femmes, il y en a eu beaucoup plus que ça qui m’ont fait vivre cette situation.

Ça m’a pris plusieurs années avant de constater que toutes ces femmes, pour la majorité, avaient en commun les douze points suivants.

1er POINT COMMUN: Moi.
Si, tout le long de ma vie, j’ai eu exactement le même problème avec plusieurs femmes qui ne se connaissaient pas, il est impossible que le problème vienne toujours d’elles. J’en suis parfaitement conscient. Et c’est la raison pour laquelle j’ai passé la seconde moitié de ma vie à faire de l’introspection. On peut le voir, entre autres, dans mon billet Autopsie du Loser.

Mon trait de personnalité le plus dominant est que je suis un solutionnaire. Comme tout le monde, j’ai de l’orgueil. Et comme tout orgueilleux, j’ai horreur que l’on me fasse des reproches. En tant que solutionnaire, je suis conscient que l’on ne peut pas régler un problème en le niant, en l’ignorant ou en le négligeant. Alors si je ne veux plus le subir, j’y ferai face immédiatement pour le régler. Voilà pourquoi, si on me dit que j’ai tel ou tel défaut, je traite la chose comme une information, plutôt que comme une attaque. Cette charte, tirée d’un billet que j’ai écrit il y a quatre ans, décrit mon processus :

Plutôt que de mettre de l’effort pour donner l’illusion que je suis une personne bien, je vais le mettre dans le but de le devenir vraiment. Dans mon comportement. Dans mon travail. Dans mon art. Et même au niveau physique. Et tout ceci fait de moi une personne réfléchie, logique, sociale, respectueuse de son prochain.

Alors qu’est-ce que j’ai, moi, pour attirer celles qui ont tendance à faire de moi la Cassandre du couple? Qu’est-ce que je fais pour provoquer cette situation? Où est-il, le défaut dans ma personnalité, que je puisse le régler?

Eh bien ironiquement, tout porte à croire qu’au contraire, le problème ne se situe pas dans mes défauts. Il se situe dans mes qualités. Ce sont celles-ci qui attirent ce genre de femmes en particulier. Regardez leur prochains points en commun et jugez-en par vous-mêmes.

2e POINT COMMUN: Je suis une grande amélioration sur son ex (ou sur sa relation en cours.)
Les premiers temps sont magiques. Elle et/ou ses amis et/ou des membres de sa famille, me disent tous, à répétition, à quel point ils sont heureux que je sois arrivé dans sa vie. Car, la pauvre, elle n’a pas eu de chance avec les hommes jusqu’à maintenant. Alcolos, violents, drogués, pervers narcissiques, BS, infidèles, négligents de leur personne et/ou dans le couple, abusifs mentalement et/ou physiquement. Comparé à ça, même un homme dans le coma ferait figure de sainteté. On me pose donc sur un piédestal de perfection dès le départ.

3e POINT COMMUN: Elle me répète souvent que je lui fais le plus grand bien au niveau de son estime de soi.
Chacune d’entre elle me raconte qu’elle provient d’un environnement dans lequel on l’a toujours sous-estimée et rabaissée. En famille et/ou en couple et/ou socialement et/ou au travail. On n’avait aucune tolérance pour elle. On lui trouvait tout un tas de défauts. On l’insultait. On lui répétait, ou du moins on lui donnait l’impression, qu’elle était ignorante, stupide, inutile, sans charmes ou carrément repoussante. Mais depuis qu’elle est avec moi, elle est au paradis. Je suis gentil, respectueux, compréhensif. Je n’ai que de bons mots pour elle. J’ai confiance en elle et en ses capacités. Avec moi, elle prend de la confiance, elle prend de l’estime de soi, elle se sens enfin épanouie. Et toujours, elle exprime n’avoir qu’un seul regret à notre sujet, et c’est de ne pas avoir eu la chance de me rencontrer avant.

Et c’est probablement la raison pour laquelle elle me propose…

4e POINT COMMUN: Des fiançailles rapides.
Lorsque l’on a la chance d’avoir dans notre vie une personne (que l’on croit) aussi extraordinaire, c’est normal de vouloir la garder. Et si on combine ça avec le complexe d’infériorité que notre entourage a fait naître en nous en nous critiquant et en nous rabaissant toute notre vie, il se peut très bien qu’au niveau du subconscient, on craint de ne pas avoir ce qu’il faut pour garder cette personne. Pour se rassurer, on ressent le besoin d’officialiser notre couple. Aussi, rendu au 3è ou 4è mois de relation, près de la moitié de ces femmes m’ont parlé de mariage, ou alors m’ont proposé un symbole éternel de notre union, tels des tatouages assortis.

J’ai toujours refusé le tatouage car je n’aime pas l’idée d’avoir une marque artificielle permanente sur mon corps. Mais il m’est arrivé de dire oui pour les fiançailles, si c’était une fille bien et que je l’aimais vraiment.

5e POINT COMMUN: Le besoin vital de se prouver utile.
Lorsqu’une personne nous fait sentir aussi bien, il est normal, et même très sain, d’avoir envie de lui en faire autant. Aussi, il lui arrive de vouloir me rendre de menus services que j’accepte volontiers: M’aider à diverses tâches, me faire certains cadeaux, me préparer un mets, me surprendre en nous organisant une activité de couple. Ayant moi-même trop souvent partagé ma vie avec des égoïstes qui prennent tout et ne donnent rien, j’accepte avec joie et reconnaissance.

Un jour, la chose qu’elle veut pour moi ne me convient pas. Ce n’est rien de personnel. Faire erreur par ignorance des faits malgré les meilleures intentions, ça arrive. C’est la réalité, et ce pour tout le monde. Malheureusement, c’est à partir de ce moment-là que notre relation prend un tournant négatif, alors que…

6e POINT COMMUN: Elle fait de moi la Cassandre du couple.
Tel que raconté dans le billet précédent:

  • Elle m’annonce vouloir faire un truc.
  • Je sais par expérience qu’il ne faut pas faire ce truc.
  • Je lui dis de ne pas faire ce truc.
  • Elle prend mes avertissements comme étant ma manière de lui dire que je crois qu’elle est irréfléchie et ne connait rien.
  • Je lui explique en détails logiques, avec preuves si j’en ai, pourquoi ce n’est vraiment pas une bonne idée de faire ce truc.
  • Elle m’accuse de la prendre pour une conne qui ne sait pas ce qu’elle fait, ce qui la rend encore plus déterminée à faire ce truc, pour me montrer que c’est elle qui a raison.
  • Elle fait ce truc.
  • Toutes les conséquences fâcheuses contre lesquelles je l’avais prévenue arrivent.
  • Elle se sent totalement humiliée, puisque nous avons tous les deux la preuve irréfutable qu’elle a eu tort d’insister pour faire ce truc.

7e POINT COMMUN: Elle n’est pourtant pas une capricieuse ni une idiote.
De la part d’une personne qui agit ainsi, on pourrait s’attendre à ce qu’elle ait un comportement similaire en tout. Par exemple qu’elle fasse des caprices lors du choix des activités en couple ou le choix des repas. Mais non! Dans tous les autres domaines, elle écoute, elle propose, elle discute, elle négocie, et elle accepte très bien le refus. Il n’y a qu’un seul sujet dans lequel elle est intraitable, et c’est lorsqu’elle veut faire quelque chose pour moi et/ou pour nous.

Quand son idée est bonne, j’accepte et tout se passe bien. Mais lorsque je refuse, alors là, c’est Jeckyll & Hyde. De personne mature à l’esprit ouvert, elle passe à obstinée, susceptible et totalement irraisonnable.

Ces filles-là étaient pourtant loin d’être des connes. (Bon, à part Camélia. Celle-là était aussi utile qu’un balai sans brosse.) Mais sinon, chez les autres, la plupart eurent de bien meilleurs résultats scolaires que moi. Il y en a même deux qui ont fait de hautes études universitaires avec succès. Et beaucoup ont poursuivi des carrières honorables et lucratives. Aussi, on ne s’attendrait pas de leur part à un comportement aussi déraisonnable.

Et pourtant…

8e POINT COMMUN: Il n’y a que trois manières de répondre à ses propositions, et elles n’ont que des conséquences négatives pour moi.
Cette situation dans laquelle elle me coince me limite à choisir entre être l’imbécile, l’insultant, la victime ou l’agresseur.

  • Si je ne fais pas ce qu’elle dit, alors à ses yeux, je suis un obstiné qui ne veut pas comprendre le bon sens. (Donc, l’imbécile.)
  • Si je lui explique pourquoi il ne faut pas faire ce qu’elle dit, alors ça l’insulte et je deviens à ses yeux celui qui la traite d’idiote qui ne connait rien. (Donc, l’insultant.)
  • Si je cède et je fais ce qu’elle dit, je subis les conséquences contre lesquelles je l’avais avertie. (Donc, la victime.) Ce qui, à ses yeux, est comme si je venais de prouver qu’en effet, elle n’est qu’une idiote qui ne connait rien. (Donc, l’agresseur.)

Et à cause de ça…

9e POINT COMMUN: Elle se plaint que je suis la seule personne dans tout son entourage avec qui elle se dispute aussi souvent, et qui la fait se sentir aussi bas.
Comme ça, du jour au lendemain, mon titre passe de meilleure chose qui lui soit arrivée de toute sa vie, pour devenir la pire des merdes à avoir été chiée sur son existence. Cette situation extrémiste est assez aberrante, surtout quand on réalise que mon seul crime fut de lui dire non afin d’éviter des conséquences que je sais par expérience qu’elles seront fâcheuses. La solution est pourtant simple: Elle n’a qu’à accepter mon refus. Ce n’est pas compliqué à comprendre, et encore moins difficile à faire.

J’ai tenté plusieurs fois de lui faire entendre raison. Mais bizarrement, sur ce sujet, et sur ce sujet seulement, elle me fait l’équivalent de hurler en se bouchant les oreilles, en m’accusant une fois de plus de ne chercher qu’à la rabaisser.

Il y a trois ans, j’ai écrit un billet intitulé: On ne veut pas connaître la vérité. On veut juste avoir raison. Eh bien justement…

10e POINT COMMUN: Elle ne veut pas connaître la vérité. Elle veut juste avoir raison.
Tel qu’expliqué plus haut, je suis un solutionnaire. À chaque problème sa solution. Il suffit d’aborder le problème, voir où en est la source, et à partir de là prendre les mesures logiques et faisables afin que le problème ne se manifeste plus.

Malheureusement, que ce soit lorsque je lui explique pourquoi ce n’est pas une bonne idée de faire le truc qu’elle propose, ou bien si je lui rappelle que ça a viré à la catastrophe à toutes les autres fois où elle ne m’a pas écouté lorsque je lui ai dit non, elle ne veut rien entendre. Et si j’insiste, il arrive inévitablement le moment où elle m’accuse d’être un prétentieux je-sais-tout qui se croit mieux que tout le monde. Et elle le fait avec cette phrase: « Il faut toujours que tu ais raison. »

À partir du moment où elle dit cette phrase, sans s’en rendre compte, elle explique pourquoi elle réagit ainsi. Elle veut avoir raison, point final. Et quand on tient absolument à avoir raison, on ne veut pas connaître la vérité. Parce que la vérité démontrerait qu’elle a tort, ce qui entrerait en conflit avec le sentiment qui la domine totalement à ce moment-là, son besoin démesuré d’avoir raison. Elle ne pourrait juste pas le supporter.

11e POINT COMMUN: Elle nous fait revivre ce problème de nombreuses fois.
Puisqu’elle ne nous permet jamais d’aborder le problème, on ne peut jamais le régler. Ainsi, tout le long de notre relation, elle répétera le processus plusieurs fois, et ça se terminera toujours de la même façon. Jusqu’au jour où, écoeurée de s’humilier à répétition devant moi de cette manière, elle ne voudra plus que je fasse partie de sa vie.

12e POINT COMMUN: Elle retourne dans des relations abusives avec des abuseurs, et ce en toute connaissance de cause.
Parce que trop souvent, un enfer familier est moins intimidant qu’un paradis inconnu.

Mais pourquoi est-ce si important pour elles, d’avoir absolument raison, au point où toute contrariété leur déclenche quasiment une crise d’hystérie?
Lorsque l’on tient compte de tous les points qu’elles ont en commun, on peut en arriver à la théorie suivante qui me semble la plus plausible:

Ce que je représente pour elle, c’est d’abord et avant tout l’espoir. L’espoir que non, contrairement à ce qu’on lui a fait croire toute sa vie, elle n’est pas stupide, et elle n’est pas inutile.

En ne faisant que la traiter en égale et avec respect, je lui procure un bien-être incroyable qui contrecarre les sentiments négatifs et les complexes d’infériorité que son passé a ancré en elle. En retour, elle ressent le besoin de me rendre heureux. Un sentiment tout à fait normal, qui démontre que cette femme est une personne bien.

À cause de ses relations passés, elle ressent constamment le besoin de faire ses preuves. De me démontrer, mais d’abord de se prouver à elle même, qu’elle mérite le respect, l’attention et l’amour que je lui donne. Alors lorsque je refuse sa proposition, je l’empêche de me montrer sa valeur. Je l’empêche d’exprimer sa reconnaissance. Je l’empêche de se montrer utile. Et en lui expliquant pourquoi c’est une mauvaise idée, je montre qu’elle a été ignorante.

Ce qui fait que sans le vouloir, je lui fais revivre ce sentiment d’inutilité et de stupidité qui lui vient de tous ceux qui l’ont rabaissée par le passé. Et le pire, c’est que cette fois ça provient de moi. L’homme de sa vie. Son fiancé. Celui qu’elle aime plus que tout au monde. De la part d’un autre, ça serait négatif mais pas tragique. Mais de moi, c’est la plus blessante des trahisons. Voilà pourquoi elle affirme que jamais personne ne lui a fait aussi mal que moi à ce moment-là.

Hantée par l’idée que je l’ai bien eue tout ce temps-là en lui faisant croire que j’étais parfait et irréprochable, elle réalise que je ne vaux pas mieux que les autres. En fait, je suis encore pire. Parce que les autres n’ont jamais caché leur méchanceté. Tandis que moi, j’ai bien caché mon jeu afin de mieux la surprendre pour la blesser beaucoup plus profondément que les autres. C’est faux, bien entendu, mais c’est l’impression que cette situation lui donne.

Pour une fois qu’elle avait trouvé un homme qui lui accordait cette valeur dont on l’a si longtemps privée. À ses yeux, mon refus lui fait perdre cette valeur, ce qui la fait paniquer, ce qui lui donne le besoin de me montrer qu’elle a raison de me proposer ce truc, et c’est pourquoi elle ne veut entendre ni mon refus ni les raisons de celui-ci.

Bref, même si elle est sincère en affirmant qu’elle veut faire ça pour moi, elle ne se rend pas compte qu’en réalité, elle le fait d’abord et avant tout pour elle-même. Pour son estime de soi.

Et voilà pourquoi, sur n’importe quel autre sujet, elle a l’esprit ouvert, elle est capable d’entendre raison, et jamais elle ne prend mes refus comme des attaques personnelles. Mais sur ce sujet-là en particulier, rien à faire, c’est plus fort qu’elle. Dans ce temps-là, elle ne réagit pas à la critique négative avec logique comme je le fais moi-même. Elle y réagit avec ses émotions. C’est à dire de cette manière :

Les réactions que montre cette charte seront surtout de la part de personnes rancunières et revanchardes. N’empêche que même pour une bonne personne, les deux dernières étapes restent les mêmes.

Enfin, si elle ne veut pas entendre mes explications lorsqu’elle rage contre moi, la raison est fort simple. Elle a passé sa vie à se faire rabaisser. La plupart des gens qui l’ont rabaissée étaient ou bien intimidants, ou bien étaient en situation de pouvoir sur elle. Elle était donc obligée d’endurer en silence. Moi, par contre, en tant qu’amoureux / conjoint, gentil et compréhensif, je me suis pas intimidant. Et ceci fait de moi la première personne sur qui elle peut se défouler, exprimer toutes ses blessures et frustrations accumulées, à partir du moment où elle a l’impression de voir en moi quelque chose qui lui rappelle ses agresseurs. Voilà pourquoi j’ai droit à toutes les accusations négatives les plus fantaisistes qui soient. Des accusations qu’elle-même, pourtant, ne croirait pas si elle était calme.

Si seulement ces femmes avaient pu mettre leur orgueil de côté pendant cinq minutes. Elles auraient alors cessé d’être sur la défensive, et elles auraient compris que jamais mon but n’a été de les blesser. Je n’ai jamais cherché à les vexer. Je n’ai jamais agi de manière à les insulter ni à les rabaisser. Je cherchais seulement à me protéger. À nous protéger.

Hélas, tous ceux qui en ont abusé par le passé ont laissé sur son coeur une tache toxique qui va toujours l’empoisonner. Et ils ont tellement bien fait leur travail de sabotage qu’ils ont réussi à la conditionner de manière à ce que jamais elle ne ressente l’envie d’aller la nettoyer. Parce que reconnaître que cette tache existe, c’est l’obliger à se souvenir de ces blessures qu’elle a tant besoin d’oublier.

Par conséquent, comme je le constate hélas trop souvent, une personne qui a passé sa vie à survivre dans la discorde ne s’est jamais permis d’apprendre à vivre dans l’harmonie.

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Y’A LIENS LÀ
Voici quelques billets sur le même thème.

On ne veut pas connaître la vérité. On veut juste avoir raison. Ce sont des exemples dans lesquels ce comportement arrive ailleurs que dans le couple.
Le bon orgueil et le mauvais orgueil. D’où sont tirées les deux chartes utilisées ici.
Déjà en 2010, dans le billet l’altruisme égocentrique, je parlais de ce comportement, cette fois en contexte professionnel et sexuel.

Et bien sûr mon très long billet Autopsie du Loser, qui montre tous les défauts que l’on peut trouver en soi et corriger, pour peu que l’on se donne la peine de se regarder soi-même.



Quand l’autre fait de toi la Cassandre du couple (1 de 2)

Cassandre était un personnage de la mythologie grecque. Elle habitait la ville de Troie. Apollon, voulant séduire cette femme de grande beauté, lui donna la capacité de voir dans l’avenir. Un don très utile à cette époque guerrière, avec la Grèce sans cesse attaquée de toutes parts. Malgré ce cadeau divin, Apollon ne réussit pas à charmer Cassandre. Frustré, il ajouta une clause à son don. Oui, elle verra l’avenir, les catastrophes, et tout ce qui peut arriver de mal. Mais personne ne la croira.

Elle tenta ainsi de prévenir les gens grâce à ses visions du futur, en annonçant des accidents, des meurtres, des coups d’état. Elle alla même avertir les résidents de Troie contre le cheval de bois. Mais tel qu’Apollon en avait décidé, personne ne la croyait.

Après chaque défaite, après chaque catastrophe, Cassandre leur répétait qu’elle les avait pourtant prévenus. Elle le leur rappelait, uniquement dans le but qu’on lui accorde de la crédibilité dans l’avenir, pour que les gens l’écoutent, et ainsi s’évitent de vivre des incidents fâcheux.

Ils ont choisi « merde »

Mais les gens, trop orgueilleux, voyaient ça autrement. À leurs yeux, Cassandre cherchait à les humilier, les rabaisser, les faire passer pour des imbéciles qui ne connaissent rien. Personne ne veut accorder de crédibilité à quelqu’un qui nous fait sentir comme si on était idiot. Alors en plus de ne pas l’écouter, la frustration ressentie envers elle fit que l’on en vint à l’accuser de porter malheur. Voire de causer elle-même les catastrophes qu’elle annonçait. Ces accusations avaient beau défier toute logique, on faisait le choix délibéré d’y croire. Normal! Lorsque l’on est frustré contre une personne, on va rarement s’arrêter à la logique de nos arguments contre elle.

Cassandre mourut après avoir prédit l’assassinat de sa famille complète, ainsi que les noms des meurtriers. Ce qui, comme d’habitude, n’a pas été pris au sérieux par son entourage.

Et maintenant, voici le lien entre cette histoire et le titre de ce billet.

Tout le long de ma vie, j’ai attiré un genre de femme en particulier; celle qui provient d’un environnement dans lequel elle fut toujours rabaissée. C’est quelque chose qui n’est pas évident à voir au premier coup d’oeil car ça ne parait pas nécessairement dans leur comportement ou leur personnalité. Certaines étaient, comme on le devine, très timides et renfermées. D’autres, à l’extrême opposé, étaient de très joyeuses extraverties. Et d’autres encore se situaient entre les deux. Celles-là semblaient totalement moyennes, normales, sans histoire.

Je suis de nature calme, réfléchie, compréhensive. J’ai un sens inné du respect envers autrui. Pour une femme qui a toujours vécu dans un environnement où on l’a sans cesse sous-estimée et rabaissée, ceci fait que je représente à ses yeux l’homme idéal. Et voilà comment nous avons commencé à former un couple.

Voici trois exemples dans lesquels ces femmes ont fait de moi la Cassandre du couple. Je vais prendre de vieilles anecdotes qui remontent au siècle dernier, ne serait-ce que pour montrer que cette situation ne date pas d’hier. Également, je ne citerai qu’un seul exemple par personne, bien que ce soit quelque chose que chacune d’entre elles m’a fait vivre à plusieurs reprises dans différentes situations.

Noémie.
Ses intentions étaient bonnes. Elle voulait nous préparer de la limonade citron-lime-pamplemousse-menthe. Sa recette nécessitait deux pichets. J’en avais deux. L’un en plastique, dans mon armoire. L’autre, au frigo, gardait de l’eau fraîche. Je lui demande de ne pas utiliser celui-là. J’ai de grands bols en plastique qui peuvent tout aussi bien faire l’affaire.

Pourquoi?”
“Celui du frigo est mon pichet antique, en verre.”
“Et alors?”
“La recette demande de verser de l’eau bouillante dans le pichet. Pour un pot de jus en plastique semi-souple, il n’y a pas de problème. Mais celui-là est en verre. C’est un modèle qui ne se fait plus depuis qu’on les fait en plastique. En plus, c’est l’un des derniers objets qui me reste de mon arrière-grand-père, du temps où il avait un restaurant à Saint-Hilaire, dans les années 40. Je ne veux pas prendre de risque.”


Face à mes objections, elle se met en colère, insultée. Elle se donne la peine de nous préparer une délicieuse limonade fraiche, avec de bons ingrédients, au lieu de la merde en bouteille ou en poudre que l’on retrouve à l’épicerie. Et moi, non seulement je refuse, je lui donne une liste de raisons pourquoi je trouve que ce n’est pas une bonne idée. Ce qui, à ses yeux, équivaut à lui dire que son idée est stupide, donc qu’elle n’est qu’une idiote.

J’vais y faire attention à ton pichet. Je sais ce que je fais!”

Je reste intraitable. Ce pichet est un antique souvenir de famille et j’y tiens. Aussi, je propose une solution. Le marché d’alimentation n’est qu’à dix minutes de marche d’ici. Je vais aller y acheter un nouveau pichet de plastique semi-souple. Comme ça, moi je pourrai garder mon pichet d’eau froide au frigo, et elle aura ses deux pichets pour sa limonade. Sa recette prend justement une vingtaine de minutes, donc le temps que je fasse l’aller-retour. Elle accepte.

Je pars acheter le nouveau pot de jus. À mon retour, j’entre dans l’appartement juste au bon moment pour entendre mon pichet de verre exploser dans la cuisine.

Elle tenait à me montrer que c’était elle qui avait raison. Elle ne m’a donc pas écouté. Dans sa hâte pour me faire la leçon avant mon retour, elle a pris mon pichet de verre directement du frigo, l’a vidé dans l’évier et y a aussitôt versé l’eau de la bouilloire. Le choc thermique a fracassé le verre. Aussi, c’est très exaspéré que j’entre dans la cuisine en disant:

Mais qu’est-ce que tu ne comprends pas dans la phrase “N’UTILISE PAS MON PICHET EN VERRE!”, hostie!?”

Éventuellement, elle m’a laissé tomber. Elle ne pouvait plus continuer de former un couple avec un gars comme moi, qui la faisait toujours se sentir stupide.

Si seulement elle m’avait écouté lorsque je lui disais NON!

Christine.
Ses intentions étaient bonnes. Elle voulait mettre un peu de romance dans notre couple. Aussi, elle a proposé un bain chaud et relaxant, que l’on prendrait tous les deux, à la chandelle.

Je lui explique alors pourquoi ce n’est pas une bonne idée. J’habite dans un sous-sol. La salle de bain est petite, sans fenêtre. Les bains à deux, tels qu’on les voit à la télé, au cinéma, dans les magazines, sont dans de grandes baignoires, larges et profondes. Pas dans des bains standards d’étroites salles de bain de sous-sol. Et puis, je n’aurais jamais osé le lui dire, mais sans pour autant être obèse, Christine était quand même assez costaude. Ça n’allait pas être le confort avec nous deux là-dedans.

Face à mes objections, elle se met en colère, insultée. Elle prend la peine de planifier une activité romantique pour nous deux. Et moi, non seulement je refuse, mais je lui donne une liste de raisons pourquoi je trouve que ce n’est pas une bonne idée. Ce qui, à ses yeux, équivaut à lui dire que son idée est stupide, donc qu’elle n’est qu’une idiote. Une Miss Catastrophe!

Miss Catastrophe” est le qualificatif que je lui ai donné une fois alors que, pour la j’sais-plus-trop-combientième fois, l’une de ses initiatives que je lui avais décommandé avait eu des conséquences fâcheuses pour moi. Depuis, elle me remettait souvent sur le nez ce surnom rabaissant.

Ne voulant pas créer une nouvelle situation tendue entre nous deux, j’ai encore une fois cédé, espérant encore une fois que tout se passe bien, malgré le fait que tout me portait à croire que ça serait le contraire.

Elle ferme la porte de la salle de bain, allume une chandelle aromatisée, éteint la lumière, et place la chandelle sur le réservoir d’eau de la toilette. Je lui dis:

Pose-la plutôt sur le bord du lavabo s’il te plaît.”
“Pourquoi faire?”
“Ben, comme tu peux voir, au-dessus de la toilette, j’ai des tablettes en verre. La fumée, ça laisse des taches qui ne partent pas. Je voudrais éviter que la propriétaire me fasse payer pour les remplacer.”
“Panique pas, calice! C’est une chandelle qui ne fait pas de fumée, ok!? Je sais ce que je fais.”

Voyant qu’elle était à cran et qu’elle prend toute suggestion comme étant une critique dérogatoire, je soupire intérieurement et je n’insiste pas. Aussi, je ne dis rien en constatant que l’eau du bain est plus chaude que ce que je suis confortable de supporter. Je ne fais pas remarquer à quel point nous sommes trop grands et gros pour être à l’aise à deux dans mon bain. Je ne dis rien du tout alors que les robinets et le tuyau d’eau me rentrent inconfortablement dans le dos, me forçant à changer de position à toutes les 30 secondes. Je fais semblant de rien lorsque le moindre mouvement fait déborder le bain. Et je me ferme la gueule tandis que l’inconfortable humidité brûlante me fait transpirer et que la sueur de mon front me coule dans les yeux, et que les essuyer de mes mains détrempées d’eau savonneuses ne font que me rajouter de l’inconfort et de la douleur.

Sous la chaleur de la chandelle, le centre de la tablette de verre se dilate. Elle éclate dans un bruit sec. Tout ce qu’elle contient, incluant mon verre, mon porte-savon et mon porte-brosse à dents, tous en céramique, tombent et explosent sur le plancher de tuiles. Aussi, c’est très exaspéré que je me lève du bain et allume la lumière en disant:

Mais qu’est-ce que tu ne comprends pas dans la phrase “NE MET PAS LA CHANDELLE SOUS LA TABLETTE DE VERRE!”, calice!?”

D’accord, moi-même je n’avais pas prévu que la chaleur de la chandelle briserait la tablette. N’empêche que je savais que c’était une mauvaise idée de la poser dessous. Si elle m’avait écouté en la plaçant près du lavabo, ça ne serait pas arrivé.

Christine regarde le dégât! Elle a au visage et dans la voix un air de surprise, de découragement et de panique. Promptement, elle se lève et sort du bain en disant:

“Non! Oh mon Dieu! C’est vrai! C’est vraiment vrai! Je SUIS une Miss Catastrophe! Non! Non! Non! My God! C’est terrible! Je fais toujours tout pour te causer du tort! Je suis vraiment méchante! Tout ce que je fais, c’est de provoquer de la merde! Je ne fais jamais rien de bon! Je suis vraiment Miss catastrophe! Je n’arrête pas de te faire du trouble. Je suis une malédiction. Miss Catastrophe! ”

Je l’ai regardé se rhabiller, ramasser ses affaires et s’en aller. Je ne ne suis pas intervenu. Je n’ai rien dit. Je n’ai rien fait. Je voyais bien que ses paroles étaient exagérées. Je devinais que, consciemment ou non, elle me les récitait dans l’espoir que je les démentisse pour la rassurer. Or, je ne pouvais pas faire ça. Pour mon propre bien, il eut été contreproductif de nier les conséquences fâcheuses qui arrivent lorsqu’elle insiste à ne pas respecter mes limites. J’espérais seulement qu’à partir de maintenant, la leçon serait apprise une bonne fois pour toutes. Je ne demande pas la lune. Je ne cherche pas à la contrôler. Je n’ai jamais voulu l’insulter ni la rabaisser. Je veux juste qu’elle m’écoute, lorsque je lui dis que ce qu’elle me propose ne me convient pas.

Hélas, cet espoir ne s’est jamais réalisé. Éventuellement, elle m’a laissé tomber. Elle ne pouvait plus continuer de former un couple avec un gars comme moi, qui la faisait toujours se sentir stupide.

Si seulement elle m’avait écouté lorsque je lui disais NON!

Camélia.
Ses intentions étaient bonnes. Elle voulait rassurer Lynn, une de mes amies. Lynn venait de se faire avorter. Elle s’est confiée à ce sujet à ses trois amis les plus proches, incluant moi.

Un jour, alors que Camélia était chez moi pendant mon absence, elle a fouillé partout dans mes tiroirs et dossiers. Elle y a trouvé un dépliant de la clinique d’avortement, avec le nom de Lynn d’écrit dessus. À mon retour, j’ai eu droit à une interrogation à ce sujet. Je n’ai eu d’autre choix que de lui expliquer la situation. Ce qui a eu pour effet de l’insulter.

Pourquoi est-ce qu’elle s’est confiée à toi et pas à moi?”
“Parce qu’elle et moi, on se connait de longue date. Notre gang remonte au cégep.”
“C’est pas une raison pour penser que j’allais la juger!”
“Hein? Elle n’a jamais pensé que tu allais la juger.”
“Pourquoi elle me l’a pas dit, d’abord?”
“Parce que c’est une expérience pénible pour elle. Le fait que c’est pénible, ça l’a poussé à se confier à quelques amis proches. Mais en même temps, puisque c’est pénible, elle ne veut pas que tout le monde le sache.”

Toute la soirée, elle n’a pas voulu changer de sujet. J’ai eu beau lui expliquer sous tous les angles, elle n’en démordait pas. À ses yeux, si notre amie ne s’était pas confiée à elle, c’est parce qu’elle croyait que Camélia allait la juger. J’ai tenté de conclure avec ce point final:

Écoute! Peu importe la raison pourquoi elle ne veut pas que les autres le sachent, si elle ne veut pas qu’on en parle, alors il ne faut pas en parler. Si on est ses amis, on doit comprendre ça. Ce sont ses limites, et on doit les respecter.”

Le lendemain, vers la fin de l’après midi, je reçois un appel de Lisa, une de celles à qui Lynn s’était confiée. Elle m’apprend que Lynn vit une grosse crise sociale et familiale en ce moment, parce que tout son entourage vient d’apprendre son avortement. Et qu’on lui a rapporté que ce serait Camélia et moi qui en avons parlé. Nous sommes désormais banni de notre bande d’amis, qui sont particulièrement dégoûtés de cette trahison de ma part.

Lorsque Camélia arrive chez moi quelques heures plus tard, c’est très exaspéré que je lui explique ce qui vient de se passer. Elle répond:

« Ben voyons donc! Ça s’peut pas, qu’elle réagisse comme tu dis. Ceux à qui j’en ai parlé ne l’ont pas jugée. Exactement ce que je te disais! Tu vois bien que je sais ce que je fais!”« 

Camélia tenait à me montrer que c’était elle qui avait raison. Elle ne m’a donc pas écouté. Et maintenant, c’est moi qui payait le prix de son obstination, sans oublier Lynn qui vit précisément l’enfer qu’elle cherchait à éviter.

Mais qu’est-ce que tu ne comprends pas dans la phrase “ELLE NE VEUT PAS QUE SON ENTOURAGE LE SACHE!”, tabarnak!?”

Face à mes objections, elle se met en colère, insultée. Elle se donne la peine de contacter tout notre entourage afin de calmer les craintes de notre amie, comme quoi personne ne va la juger. Et moi, non seulement je lui dis de ne pas faire ça, je lui démontre qu’en faisant à sa tête, elle avait ruiné ma vie sociale. Ce qui, à ses yeux, équivaut à lui dire que son obstination était stupide, donc qu’elle n’est qu’une idiote.

Éventuellement, elle m’a laissé tomber. En partie à cause de l’influence que ses parents avaient sur elle contre moi. Mais aussi parce qu’elle en avait assez de continuer de former un couple avec un gars comme moi, qui la faisait toujours se sentir stupide.

Si seulement elle m’avait écouté lorsque je lui disais NON!

Ça m’a pris de nombreuses années avant que je constate qu’il y avait plusieurs constantes dans cette situation qui se répétait. Ce sera le sujet du prochain billet.

À SUIVRE

Ne souffre point de l’adversité celui qui sait la manipuler

ANECDOTE 1. Ça faisait environ sept ans qu’internet avait fait son apparition dans les foyers. C’était l’époque pré-Google, pré-Facebook, Pré-Twitter, pré-Instagram, pré-Youtube. Dans ces années-là, le moyen par excellence pour avoir accès à un public, c’était via les forums d’échanges et de discussions. Tel que je l’ai décrit en 2012 dans le billet Les 9 étapes de la naissance, la vie et la mort d’un forum, les choses se passaient presque toujours comme suit: Le forum est créé. Au début, tout le monde est émerveille de cet outil de communication. Dans un laps de temps variant entre 5 à 10 mois, c’est l’harmonie totale. Puis, tel que j’en ai parlé en 2009 dans le billet Devenez membre de la CIA (Cyber Irresponsible Asshole) en 5 leçons faciles, voilà qu’arrive un enfoiré qui commence à faire chier les autres car il se sent à l’abri de représailles, du fait qu’il est derrière son écran et que « internet, c’est pas la vraie vie. »

Bientôt, d’autres suivent son exemple, les emmerdements commencent, et les membres du forum se divisent en sept camps:

  1. Les agresseurs.
  2. Leurs victimes, qui ripostent.
  3. Ceux qui se plaignent de ces guerres.
  4. Ceux qui encouragent les guerres car « ça met de la vie dans le forum ».
  5. Les modérateurs qui, trop souvent, profitent de leur position pour faire partie du problème.
  6. Les administrateurs qui, en général, ne foutent rien pour régler le problème.
  7. Les spectateurs qui se contentent d’en rire.

Bref, tout ça pour dire que la majorité des membres des forums se retrouvaient rapidement avec des ennemis. C’était mon cas.

Au tournant du siècle, beaucoup d’internautes se créaient un journal intime. Du moins, aussi intime que puisse l’être quelque chose que l’on met sur le net. Et ça, à une époque où on n’avait pas encore l’option de mettre nos écrits en privé, ça a causé plus d’un drame dans la vraie vie, lorsque l’entourage d’une personne découvrait son blog et y voyait ce qu’elle pensait d’eux. Également, beaucoup se créaient des pages web pour diffuser leur art, leur travail, leur humour.

Et c’est ainsi que quelqu’un m’a piqué mon nom d’artiste. Il a enregistré steverequin.com et il a créé une page web dans laquelle il diffusait de court sketchs en vidéo de son cru. Il était évident qu’il tentait de recréer à sa manière le concept des Têtes à Claques, sans en avoir les moyens techniques ni le talent.

Pour autant que je sache, ce vol n’était pas personnel. Je ne connaissais pas ce gars-là. Peut-être avait-il lu mon nom quelque part et il l’avait trouvé original. Ou peut-être avait-il créé lui-même Steve Requin par hasard quelques années après moi. N’empêche que ça me posait un problème. Étant donné que je cherchais moi-même à me créer ma propre page web à mon nom, le fait qu’il l’avait déjà enregistré me contrariait. Je me demandais comment est-ce que je pourrais le récupérer. Chose d’autant plus difficile, du fait qu’aucune loi ne régissait encore internet.

Je suis donc allé sur ce forum que je fréquentais, pour voir si je pourrais y trouver conseil. Dans le sujet « Parlez-nous de vos projets », j’ai écrit quelque chose dans le style de: « Je veux juste vous dire que je n’ai rien à voir avec la page steverequin.com », en ajoutant un lien direct. Quelques membres ont commenté, tel que je dis plus haut, sur le fait que le gars semblait vouloir recréer le style des Têtes à Claques.

Et c’est là que sont intervenus mes ennemis, en raillant comme quoi il fallait s’attendre de ma part à une nouvelle tentative de poursuite judiciaire. (Ils faisaient référence à une poursuite que j’avais intenté contre un ex-employeur pour harcèlement moral au travail.)

Cette intervention de mes ennemis m’a fait réfléchir. Je les connaissais bien et je savais ce qu’ils étaient capables de faire. J’ai compris que si je demandais dans le forum des conseils pour faire en sorte que cette personne cesse d’utiliser mon nom, ils allaient aussitôt se rallier du côté de l’imposteur. L’un de mes ennemis étant très fort pour évoquer les clauses légales, je me doutais bien qu’il serait capable de le contacter afin de lui dire exactement quoi faire pour s’assurer d’avoir la propriété légale de steverequin jusqu’à la fin des temps.

J’ai alors compris ce que je devais faire. Retournant à mon clavier, j’ai répondu:

« Le poursuivre? Allons donc, il n’y a pas de profit à tirer d’une personne pauvre et inconnue. Je planifie au contraire de le laisser continuer sans intervenir. S’il n’arrive pas à percer en humour, je n’en serai pas plus mal. Mais s’il améliore ses sketchs et son style et qu’il devient riche et célèbre, alors LÀ, je le poursuivrai. J’ai plusieurs preuves recevables légalement comme quoi j’utilise le nom Steve Requin depuis au moins huit ans avant lui. À ce moment-là, non seulement devra-t-il me verser la quasi-totalité de ses gains, je profiterai de ce tremplin médiatique pour lancer ma propre carrière d’auteur à la télé. »

Une semaine plus tard, ce que j’avais prévu arriva. La page steverequin.com disparut du net.

Lorsque tu as des ennemis qui ne cherchent qu’à te nuire, ceux-ci ne peuvent supporter l’idée que tu puisses tirer profit d’une situation. Dans ce temps-là, ils font tout en leur possible pour saboter cette opportunité. Dès que j’ai compris ceci, je n’avais plus qu’à leur faire croire que mon but était le contraire de ce que je voulais vraiment. Alors en cherchant à me nuire, ils ne se doutaient pas qu’au contraire, ils mettaient leurs efforts à travailler au meilleur de mes intérêts. Dans ce cas-ci, en allant persuader l’autre Steve Requin d’abandonner son site et mon identité, afin que je ne puisse rien en tirer.

Un an plus tard, dès que le nom redevint libre, je m’en suis aussitôt emparé, le renouvelant annuellement, avant de le greffer à ce blog que vous lisez en ce moment.

ANECDOTE 2. Époque pré-Google. Je ne me souviens plus exactement de tous les détails. Mais j’avais un texte à écrire, et je n’en connaissais pas le sujet à 100%. Il m’était arrivé, par le passé, d’essayer de me renseigner sur un sujet sur ce forum. Tout ce que j’ai eu comme réponse fut des « Débrouille-toé! »

Cette fois-ci, j’ai opté pour l’option inverse: J’ai affirmé des choses, en sachant d’avance que j’étais dans l’erreur. Je me doutais bien que les négatifs du forums allaient se faire un plaisir de tenter de m’humilier en étalant les bonnes informations afin de prouver que j’avais tort. Et en effet, ça n’a pas tardé. Grâce à leurs informations et aux liens qu’ils fournissaient afin de prouver leurs dires, j’ai pu écrire mon texte en (désormais) toute connaissance de cause.

ANECDOTE 3. J’avais, dans mon entourage, une illustratrice extrêmement talentueuse. Elle faisait des portraits-caricatures très ressemblants, d’un style que l’on aurait pu croire tirés de dessins animés. Elle chargeait cher, mais elle le valait. Elle avait aussi un orgueil démesuré et souffrait d’un viscéral complexe d’infériorité. Le genre de personne qui voit de la compétition partout. Et surtout, qui ne peux pas supporter que l’on complimente toute personne ayant moins de talent qu’elle.

Nous avions une amie commune qui aurait bien voulu se voir en version dessin, mais elle n’avait pas envie de payer si cher. Et en même temps, elle n’aurais jamais osé lui demander un rabais. Alors je lui ai proposé un truc: Avec mon pousse-mine, je lui ai fait sa caricature, mais juste en quelques traits. On parle ici d’un petit dessin premier-jet primitif de la taille d’un 5¢ qui ne m’a pas pris plus que 30 secondes. Et au lieu de le scanner, je l’ai pris en photo, ce qui a laissé l’image grisâtre. Je lui ai suggéré d’en faire son avatar de Facebook, en commentant comme quoi elle trouve mon dessin mignon.

Ça n’a pas raté. L’illustratrice a laissé sous l’image un commentaire passif-agressif amer qui exprimait son incompréhension face à l’émerveillement de notre amie pour ce dessin. Puis, trois semaines plus tard, elle lui a fait cadeau d’un superbe dessin couleur. Tel que prévu, incapable de supporter que l’on admire un dessin moins bien que les siens, elle ressentait un profond besoin de démontrer sa supériorité. Ainsi, notre amie a eu ce qu’elle voulait: Un superbe portrait-caricature-cartoon, totalement gratuit puisque non-sollicité.

EN CONCLUSION : À partir du moment où l’on sait ce qui motive les gens haineux, on peut aisément les manipuler à faire n’importe quoi. Il y a un proverbe qui dit : Sois près de tes amis, et encore plus près de tes ennemis. Pour ceux qui se demandent où se situe la logique de ce dicton, vous venez d’en lire trois bon exemple.

À partir du moment où tu sais ce qui motive tes ennemis, tu n’as plus d’ennemis. Tu n’as que des gens que tu peux aisément manipuler à travailler pour toi. Et lorsqu’ils sont motivés par la haine, ils savent se montrer beaucoup plus efficaces dans leur travail que le seraient la majorité de tes amis.