Les derniers seront les premiers

Au-delà de la parabole biblique et des considérations morales, j’ai constaté plusieurs fois que oui, le fait que les derniers se retrouvent premiers, c’est une réalité psychosociale.  Et après l’avoir constaté, j’ai trouvé le moyen d’utiliser la chose à mon avantage.  Je vais vous donner quatre exemples vécus.

 1) Le titre du journal étudiant.
Je vais commencer par l’anecdote qui m’a permis de découvrir ce phénomène.  C’était un hasard, vraiment!  C’était en 2006.  Je faisais partie de l’École nationale de l’humour, programme auteur.  La classe avait décidé de créer un journal étudiant.  Il ne restait plus qu’à en trouver le titre.  Tout le monde y est allé de ses 2-3 suggestions, qui furent écrites au tableau.  Il ne restait plus qu’à les éliminer une à une.

 Quinze minutes plus tard, rendu au trois quart des éliminatoires, un jeu de mots me vient en tête.  Je claque des doigts et je le dis à voix haute :

« L’Obsédé Textuel! »

 Toute la classe se retourne vers moi.  Après une seconde ou deux de silence, tout le monde approuve joyeusement en me complimentant.  Le tableau fut effacé. Un journal étudiant était né. 

… Et mourut après son unique numéro.  Personne ne se doutait à quel point tous nos travaux, études et devoirs allaient accaparer notre temps.  Mais qu’importe!  Ça m’avait permis de me rendre compte de quelque chose qui allait me servir plus tard :  Si j’avais suggéré mon titre au tout début, peut-être qu’il aurait été choisi, et peut-être pas.  Mais je l’ai amené à la toute fin, alors que tout le monde avait passé 30 minutes à entendre ces titres, dont les 15 dernières à les regarder au tableau.  Mon titre avait donc quelque chose que les autres n’avaient plus : Le charme de la nouveauté. 

2) Le jury.
J’ai toujours voulu faire partie d’un jury dans une cause légale.  L’opportunité s’est présentée en 2009, lorsque j’ai été convoqué à ce sujet.  Une fois éliminés ceux qui ont refusé de le faire, il ne restait plus que quarante personnes qui devaient aller se placer devant la porte d’une salle en file autochtone (indienne n’est plus un terme acceptable) en attendant de se faire appeler par le gardien.

Le choix du jury se fait ainsi : On passe devant six personnes : Trois qui représentent la partie défenderesse, et trois qui représentent la Couronne. On doit dire notre prénom, âge et profession.  Si les deux parties sont d’accord, on est choisi pour faire partie des douze jurés. 

Or, cette méthode comporte un défaut, en ce sens qu’elle provoque chez ces six personnes un réflexe psychologique facile à exploiter : Dès qu’ils ont choisi les onze premiers jurés, ils choisissent avec beaucoup plus de précaution celui qui sera le 12e et dernier.  Face à chaque candidat, ils ont toujours un doute, au cas où le suivant conviendrait mieux.  Ainsi, lorsque le dernier de la queue entre dans la salle, il est annoncé comme tel par le gardien.  À ce moment-là, ils n’ont plus le choix : Ils le prennent!

Ce jour-là, je n’ai pas eu à utiliser ce truc, puisque j’ai été le 4e juré choisi.  Mais justement, le fait d’avoir été pris m’a permis de rester dans la salle de tri.  J’ai donc pu voir comment ces éliminatoires fonctionnaient.  À partir ce moment-là, à toutes les autres fois où j’ai participé à des éliminatoires de ce genre, je me suis placé à la fin de la ligne, et j’ai fait partie des lauréats à tous les coups.

3) Défi Diète 2008
Ici encore, c’est un peu par hasard que j’ai appliqué cette méthode.  N’empêche que les résultats furent les mêmes.  En 2007, du 1er au 22 décembre, on pouvait soumettre notre candidature pour Défi Diète 2008.  Celle-ci devait être sous forme de vidéo.  Et les vidéos étaient mises en ligne à mesure qu’elles étaient reçues.  Pendant les deux premières semaines, je les ai regardées.  En fait, j’en ai rarement regardé plus que deux par jour.  Il ne m’a pas fallu grand temps pour constater qu’elles avaient toutes les mêmes lacunes.

  • Caméra fixe, sans le moindre mouvement.
  • La personne assis ou debout, qui bouge à peine.
  • Qui improvise un discours, donc bafouille et se répète.
  • Ou qui récite un discours appris, donc d’un débit de voix non-naturel.
  • Qui dure de quatre à douze minutes.

Je plaignais les juges qui avaient à passer à travers tous ces clips, chacun plus ennuyant que le précédent.  J’ai donc décidé de leur offrir quelque chose qui allait détonner du reste des candidats, qui allait se distinguer, et qui allait le faire de manière positive.  Mon vidéo aura de la musique, de l’humour, des changements de plans, plusieurs personnages.  Et surtout, il ne durera que deux minutes et demie.

Deux jours avant la date de tombée, le 20 décembre à 11 :00, j’envoie ma vidéo, Un vaniteux pour Défi Diète.  Trois heures plus tard, à 14 :00, je reçois un courriel d’un gars de Québécor qui me dit : « Garde ça pour toi mais tu es l’un des 10 gagnants du concours.  Ta vidéo fait le tour des bureaux depuis qu’on l’a reçu et tu nous a vraiment fait passer un bon moment.  Félicitations! »

J’avais raison!

La période de recrutement des candidats n’était même pas encore terminée, que j’avais déjà gagné ma place parmi les lauréats. 

D’accord, techniquement, je n’étais pas LE dernier à avoir appliqué.  N’empêche que j’ai attendu que la majorité des candidats soumettent leur vidéos avant d’en produire un bien meilleur.  Et lorsque Québécor l’a mis en ligne, même si quelqu’un aurait voulu faire mieux que moi, il n’aurait jamais eu le temps.  Ainsi, en étant l’un des derniers, j’ai été littéralement le premier.

4) La bourse d’album de BD.
Il y a quelques années, un festival de BD offrait une bourse destinée à ceux qui travaillaient à créer leur premier album.  Le projet le plus intéressant se méritait mille dollars, et une table au festival de l’année suivante pour présenter son album.  J’ai donc mis en application ce que j’ai appris lors de l’anecdote de l’Obsédé Textuel : J’ai attendu le dernier jour de la date de tombée pour soumettre mon dossier.   Parmi les premiers dossiers qu’ils avaient reçu, et fort probablement tous lus dès la réception, il y en avait certainement dont la qualité devait être égale ou supérieure à mon projet.  Mais voilà, ils avaient été lus depuis une, deux, trois semaines.  Non seulement le charme de la nouveauté n’y était plus, les juges avaient amplement eu le temps d’en oublier.  Alors quand ils ont reçu mon projet, il avait le charme de la nouveauté, et il était tout frais dans leur mémoire au moment de prendre la décision.  Nul doute que ça m’a grandement aidé à remporter la bourse.

Il y en a qui vont dire : « Oui, mais tu ne trouverais pas ça mieux, de savoir sans l’ombre d’un doute, si tu aurais réussi, sans avoir recours à ces trucs? »  À ça je réponds que oui, dans un monde idéal, je préférerais.  Mais voilà, nous ne sommes pas dans un monde idéal.  Quand tu constates que la valeur des choses et des gens dépendent entièrement du moment où la dite chose ou personne se pointe, c’est là que tu réalises que la valeur psychosociale n’est ni une valeur sure ni une qui est constante.

Lorsque j’étais plus jeune, je frustrais toujours face à ce genre de situation.  Je prenais toujours la peine d’être le premier à donner ma candidature, histoire de montrer mon sérieux et mon désir d’avoir la place, et j’étais parfaitement qualifié.  Mais trop souvent, il arrivait exactement ça : Un dernier arrivé, quand ce n’était pas carrément un retardataire, souvent moins qualifié que moi, qui se retrouvait avec le poste.  Ça me révoltait!  Je protestais!  Je dénonçais!  Mais tout ce que ça m’apportait, c’était le mépris de la part des patrons qui n’aiment pas se faire dire qu’ils ont fait une erreur de jugement.  Ça me valait aussi des accusations d’être un loser jaloux du succès des autres. 

Avec le temps, j’ai fini par accepter le fait que ces faiblesses de comportements et de méthodes sont universelles, perpétuelles et éternelles.  Oui, les gens vont toujours avoir leur jugement influencé par le charme de la nouveauté.  Et oui, beaucoup de méthodes de classements, de choix et de qualifications sont imparfaites et ne mettent pas les candidats sur le même pied d’égalité.  Et non, ce n’est pas moi qui va pouvoir y changer quelque chose.  Il me reste donc deux choix : Ou bien je passe le reste de ma vie comme un loser frustré à brailler que c’est injuste.  Ou bien j’exploite ces failles à mon avantage et je suis un winner satisfait.

Il y en a qui vont voir cette méthode d’un mauvais œil.  Laissez-moi pourtant vous faire remarquer que vous connaissiez déjà ce principe depuis longtemps, et que vous l’avez toujours vu de manière positive.  Ça s’appelle « Être au bon endroit au bon moment. »   

La différence, c’est qu’avec ma méthode, je ne laisse pas mon sort aux mains du hasard comme un irresponsable.  Ce que je fais, c’est prendre le contrôle de ma vie.

L’âge n’est pas la fin de tout!

Comme il m’arrive trop souvent de faire, mon billet précédent partait dans plusieurs directions, pour finir avec une conclusion qui, bien qu’ayant rapport, touchait quand même un autre sujet.

Le sujet qui a le plus touché les gens, en particulier les hommes de ma génération, c’est celui qui aborde le fait que la cinquantaine est perçue comme étant la date limite pour amour, carrière et santé.

C’est ce que l’on appelle le seuil psychologique.  C’est un concept qui est surtout utilisé dans le commerce, afin d’éviter de charger un prix qui puisse faire peur au consommateur.  C’est la raison pour laquelle on ne verra jamais affichés des prix tels $10.00, $100.00 ou $1 000.00, mais bien  $9.99, $99.99 ou $999.99.  Comme si un sou allait faire une différence, surtout après les taxes.  N’empêche que ça marche car $999.99, c’est perçu inconsciemment comme étant dans les 900 et non dans les 1000.  Ça donne la perception erronée de sauver 100$.  De la même manière, en passant de la quarantaine à la cinquantaine, on n’a pas l’impression de gagner un an mais bien une décennie.  Voilà pourquoi on peut encore être ok avec l’idée d’avoir 49 ans, mais horrifiés avec celle d’en avoir 50.

Ce qu’il faut comprendre, c’est que seuil psychologique, ce n’est rien d’autre que ça : Une perception.  Ce n’est pas un seul sou qui va faire une différence notable sur le prix d’achat.  Tout comme une seule seconde ne pourra radicalement changer votre vie lorsque vous passerez de 49 ans, 11 mois, 3 semaines, 6 jours, 23 heures, 59 minutes et 59 secondes, à 50 ans.

Sérieux, regardez-moi.  Désolé de vous radoter encore là-dessus, mais à 49 ans j’ai passé de concierge à support technique dans une firme.  À 50 ans, j’ai pris des cours et j’ai maintenant ma carte de secouriste.  Également, à 50 ans, je me suis remis en forme, perdant 23 lbs et prenant du muscle comme jamais dans ma vie.  Et je ne vous l’avais pas dit encore mais j’ai trouvé l’amour au printemps.  Une femme de ma génération, de ma région d’origine, une artiste.  Jamais je n’ai eu autant en commun avec la moindre de mes ex.  On s’entend sur tout, on se bouleverse mutuellement de sentiments amoureux qui nous surprennent nous-mêmes, et le sexe est fantastique.  Compatibilité totale.

Et vous savez pourquoi je sais que c’est elle, la bonne, celle avec qui je vais finir mes jours?  Parce qu’elle est arrivée dans ma vie au moment où je ne ressentais plus le moindre intérêt à avoir de romance ou du sexe, chose dont je me suis rendu compte il y a un an.  Par conséquent, la seule personne qui pouvait rallumer mon cœur et ma libido, c’était celle qui était vraiment faite pour moi.  Ce ne sont pas des paroles en l’air.  Relisez mes billets depuis août 2018, je ne cesse de donner des exemples de fois où j’ai décliné des avances de femmes de tous âges, sur le net comme en face, au lieu de sauter sur l’occasion.

Dans de telles conditions, trouver le vrai amour, ça ne pouvait m’arriver qu’à partir de 50 ans, au moment où ma testostérone à la baisse a cessé de me faire choisir n’importe qui.  Et  un autre avantage à sortir avec une femme de mon âge :  Nous sommes rendus au même point dans la vie.  On sait ce qu’on veut, et on sait ce qu’on ne veut pas.  On peut voir tout de suite si nous sommes faits l’un pour l’autre, et on n’a plus le temps et encore moins l’envie de se faire chier avec des compromis si ce n’est pas le cas.  Comme quoi prendre de l’âge n’apporte pas seulement que du négatif.

La cinquantaine ne marque pas la fin des choses, mais bien la fin de la manière dont on a connu ces choses jusqu’à maintenant. C’est comme pour l’évolution physique.  Oui, dans la vingtaine et la trentaine notre physique et notre santé restent stables, tandis que dans la quarantaine et la cinquantaine elles commencent à décliner.  Mais à 50 ans comme à 20, quand on mange bien, quand on s’exerce au cardio, quand on s’exerce la musculature, les résultats sont les mêmes : On perds de la graisse, on perds du poids, on gagne de l’endurance, on gagne de la force, on gagne du muscle, on devient esthétiquement agréables pour l’œil.  La seule différence, c’est que ça prend un peu plus d’efforts au début, et qu’il faut être plus vigilants par la suite parce que si on se néglige, on va le reperdre plus vite que si on se négligeait dans la vingtaine.  Mais à part ça, il n’y a aucune raison pour voir la cinquantaine comme étant le début de la fin de tout.

En milieu de vie, il y a des choses comme la découverte du vrai amour qui deviennent plus faciles. Il y a des choses comme la remise en forme et en santé qui deviennent plus difficiles.  Il y a des choses comme l’évolution de la carrière qui demandent certaines opportunités du hasard et la vivacité d’esprit de les saisir au vol.  Et il y a des choses comme l’éducation qui demande toujours le même effort, peu importe l’âge.  Mais dans aucun des quatre cas, les choses ne deviennent impossibles.  Elle deviennent différentes, mais elle restent à notre portée.

En prenant de l’âge, si certaines portes se ferment, d’autres portes s’ouvrent. Et si certaines portes ne s’ouvriront que si on en crochète la serrure ou si on les défonce, c’est ça qui fera la différence entre ceux qui se laissent décliner, et ceux qui sauront mettre l’effort requis pour vieillir avec grâce.

Il n’y a pas de vérité universelle

La semaine dernière, j’ai eu 51 ans.  Et à trois reprises, on m’a posé une variante de la question suivante : Comment est-ce que tu sens face à ça?

Eh bien, maintenant que vous me posez cette question, je me sens comme si j’étais supposé me sentir mal de prendre de l’âge. 

Ce n’est pas le cas.  Bien au contraire.  Cependant, je ne devrais pas être surpris que les gens s’y attendent.   D’après ce que je peux voir sur les comptes Facebook des hommes de ma génération, devenir quinquagénaire vient en effet avec une terrible dose de remise en question chez la majorité d’entre eux.  On m’a même rapporté un cas à qui ça a donné des idées suicidaires, et l’a amené en thérapie.  (Ironiquement, il s’agit d’un gars qui a passé plusieurs années à essayer de me faire une réputation de déséquilibré mental.)

En général, à ce point-ci de notre vie, cette remise en question se produit sur trois niveaux : 

  • Au niveau amour, couple et famille.  Certains sont satisfaits car ils ont femme et enfants.  D’autres déplorent de ne jamais avoir eu l’un et/ou l’autre.  Et il y a ceux qui les ont eus, mais perdus dans le divorce.
  • Au niveau carrières et finances.  Certains sont satisfaits car leur carrière et les revenus qui viennent avec sont au sommet.  D’autres déplorent de ne jamais avoir eu l’un et/ou l’autre.  Et il y a ceux qui les ont eus, mais perdus dans le divorce.
  • Au niveau physique. De ce côté-là, par contre, je n’en ai pas vu un seul qui se dit satisfait.  Ou bien ils évitent le sujet, ou bien ils déplorent ce que les années ont fait de leurs corps. 

Pourquoi ne sont-ils pas portés à faire des efforts pour améliorer les niveaux dans lesquels ils ont des lacunes, plutôt que de de perdre leurs temps à en déprimer?  La raison, c’est que consciemment ou non, nous voyons la cinquantaine comme étant le point de non-retour.  Car en effet…

  • Au niveau amour, couple et famille: Si tu n’as pas encore trouvé l’amour ni fondé une famille, bonne chance pour te trouver autre chose qu’une mère monoparentale ou un père séparé qui verse le trois quart de ses revenus à son ex et ses enfants.  Quant à avoir toi-même des enfants, te vois-tu changer des couches dans ta cinquantaine, t’occuper d’un ado dans ta soixantaine, le voir enfin quitter la maison au début de ta soixante-dizaine? 
  • Au niveau carrière et tes finances:  Te vois-tu retourner aux études jusqu’à tes 55-60 ans?  Pour ne travailler que cinq à dix ans, soit tout juste le temps requis pour rembourser ton prêt étudiant, avant d’arriver à l’âge de la retraite?  Encore faudrait-il réussir à trouver un employeur qui sera prêt à embaucher un fraîchement diplômé sans expérience de cet âge-là. 
  • Au niveau physique: Comment espérer te remettre en forme quand le moindre effort t’épuise?  À quoi bon perdre du poids si c’est pour prendre un énorme coup de vieux lorsque la peau étirée qui a perdu son élasticité d’antan te transformera en masse de rides flasques?  Et n’oublions pas les cheveux, maintenant gris et/ou partiellement disparus. 

Et c’est en considérant tout cela que ces hommes regrettent leur jeunesse.  Non seulement parce qu’ils y étaient à leur meilleur, mais surtout parce qu’ils réalisent qu’ils auraient dû en profiter pour prendre les bonnes décisions pendant qu’il était encore temps.  Comme l’a si bien dit Henri II Estienne (1528-1598) : Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait.  

Là-dessus, j’ai eu de la chance.  J’ai eu de très mauvais départs dans la vie.  Et les choses ne se sont pas améliorées par la suite, autant à cause de mon entourage qui me sabotait, que par mes propres mauvaises décisions.  

En quoi est-ce que je considère que ce fut une chance?  Simple: Regardez ceux qui l’ont eu facile dans la vie: Beaux car génétiquement parfaits, aisés car provenant de bonnes familles, respectés socialement à cause des deux raisons précédentes…  Ces gens-là n’ont jamais eu à apprendre à faire des efforts, puisqu’ils n’ont jamais eu à se tirer des bas-fonds.  Alors forcément, ce n’est pas à cinquante ans qu’ils vont être portés à commencer à les faire, ces efforts.  Mais dans mon cas personnel, ayant passé la première moitié de ma vie à être inférieur social, physique et monétaire, j’ai passé la seconde moitié de ma vie à faire ce que j’avais à faire pour m’améliorer.  Et voilà pourquoi, à 51 ans, je suis à mon top à tous ces niveaux.  Si vous me lisez régulièrement, je ne vous apprends rien puisque je n’arrête pas de m’en vanter depuis les quatorze derniers mois.  

Une chose que je constate cependant, et c’est un sujet que je n’ai pas encore abordé, c’est que ma mentalité aussi a changé de manière radicale au cours de ces vingt-cinq dernières années. Et là où ma mentalité a le plus évolué, c’est au niveau de ma perception de l’amour et du couple.  Comparons:

Aujourd’hui, au sujet de l’amour et du couple, ma mentalité est : Il est vrai de dire qu’il vaut mieux être seul que mal accompagné.  Et être mal accompagné, ça ne se limite pas qu’à être dans une relation toxique.  Je me suis rendu compte avec les années que l’on peut avoir une relation harmonieuse et respectueuse, et être tout de même avec une personne qui ne nous convient pas.  Si l’on n’a rien en commun, tout ce que l’on fait, dans le fond, c’est être dans un arrangement.  On se tient compagnie, on baise ensemble, on habite ensemble, on va même fonder une famille ensemble.  Mais à part ça, chacun vit de son côté.  Chacun a ses goûts, ses passe-temps, ses activités, son univers propre, dans lequel l’autre est exclus.  Et dans la partie commune de leur vie à deux, chacun se sacrifie un peu, faisant des efforts pour accepter et endurer l’autre dans ses différences.  C’est ce que l’on appelle faire des compromis.  Et c’est vu socialement comme faire preuve de maturité.

Le problème avec ce genre de relation, c’est qu’éventuellement, l’un ou l’autre finit par rencontrer la personne qui lui convient vraiment.  Et avec cette personne, non seulement on retrouve la même harmonie et le même respect que dans le couple, on a en plus des goûts en commun, des passions communes, et, par conséquent, énormément de plaisir à passer du temps ensemble.  Chose que l’on n’a pas dans notre couple.  Et si en plus il y a attirance mutuelle, alors voilà, on a trouvé notre âme sœur, la vraie.  Celle que l’on ne croyait jamais pouvoir trouver un jour, puisque l’on ne croyait pas vraiment que ça puisse exister.

Et c’est là que l’on se retrouve avec un choix difficile : Détruire la belle vie sans histoires que l’on a mis toutes ces années à co-construire, en laissant tomber notre conjoint(e) qui n’a rien fait pour mériter ça.  Sans oublier à quel point ça va perturber la stabilité des enfants, s’il y en a.  Ou alors, l’autre choix, c’est de renoncer pour toujours à l’amour véritable, et se résigner à une vie de couple et de famille sans passion.  Chose que l’on appelle, « prendre ses responsabilités. »

Il y a aussi un 3e choix, qui est de ne renoncer à rien en disant oui aux deux, en ayant une relation illicite.  Hélas, non seulement n’y trouve-t-on jamais satisfaction, ça finira par se savoir, et ça fera de nous, aux yeux de tous, la pauvre merde au comportement irresponsable et inacceptable qui aura tout détruit.

Et voilà pourquoi il vaut mieux attendre de trouver l’amour véritable, le vrai.  Parce que sinon, dans le pire des cas, on se retrouve dans une relation toxique.  Ou dans le meilleurs des cas, dans une relation « mieux que rien en attendant. »   

Mais il y a 25 ans, ma mentalité au sujet de l’amour et du couple était :  Facile à dire, ça, « mieux vaut être seul que mal accompagné. »  Quand ton choix se résume entre avoir des relations toxiques ou bien à ne pas avoir de relations du tout, tu fais quoi?  Tu dois accepter de passer ta vie seul?  Il faut se rentrer dans la tête que dans les faits, la relation parfaite, ça n’existe pas.  C’est une utopie.  Nous sommes tous différents, on ne pourra jamais nous entendre à 100% avec quelqu’un.  Ou bien tu fais des sacrifices, ou bien tu passes ta vie à attendre après un amour parfait qui n’existe nulle part sauf à la télé ou au cinéma.  De toute façon, d’après ce que j’ai pu voir à date, la majorité du temps, le couple, c’est un arrangement : La fille te laisse le passage entre ses cuisses, et en retour tu lui laisses le droit d’abuser de toi moralement et/ou financièrement.  Dans le pire des cas, tu as le choix entre être l’abusé ou l’abuseur.  Dans le meilleur des cas, tu en trouves une avec qui former un couple dans lequel personne n’abuse de l’autre.  Il n’y a plus qu’à espérer que côté sexe, au moins, vous allez vous entendre.  Sinon, il y a toujours la porno su’l’net.  Plus vite tu te feras à l’idée, mieux tu vas te porter.

Il faut préciser qu’à 25 ans, j’étais maigre, faible, laid, pauvre, et je n’avais pas mon diplôme d’études secondaires.  Je n’arrivais qu’à décrocher du travail physique sans issue avec salaire minable, c’est à dire laveur de vaisselle ou pâtissier au Dunkin Donuts.  Par conséquent, je ne pouvais habiter que des quartiers défavorisés, près de mon emploi.  Et forcément, je ne pouvais que côtoyer les gens que l’on y retrouvait.  Des gens sans avenir, peu portés à faire les efforts requis pour se tirer de la misère.  Des gens qui ont les problèmes de personnalité et de comportement qui sont la cause directe de leur manque d’éducation et/ou d’emploi, ce qui cause leur pauvreté. 

Lorsque l’on est dans ce milieu, il est difficile de côtoyer des gens bien, logiques, sérieux, prospères ou avec un avenir qui le sera.  Et quand on a la chance d’en rencontrer, il est encore plus difficile de leur plaire, car avec notre situation, on nous voit comme étant des parasites sans avenir.  Dans de telles conditions, à moins d’avoir  la chance d’être exceptionnellement beaux, impossible de la rencontrer, notre âme sœur. Et même si on la rencontre, elle peut trouver bien mieux que nous, et elle le sait. 

Quand tous les aspects de notre vie personnelle et professionnelle sont minables, le célibat est la dernière brique qui cimente notre statut de loser.  Et puisqu’on ne veut surtout pas être loser à tous les niveaux, on n’a pas le choix :  On se met en couple entre minables.  Deux frustrés de la vie, qui prennent mal le fait d’être incapable de se trouver mieux, mais qui doivent s’y résigner car c’est ça ou rien.  Rien d’étonnant alors que l’on ne croit pas au vrai amour, et que l’on ne voit le couple que comme un échange de services dans lequel on essaye tant bien que mal d’éviter les abus.

Tel que déjà cité dans de nombreux billets passés, j’ai su mettre les efforts et la persévérance pour m’améliorer à tous les points de vue.  Je suis retourné aux études, j’ai eu mes diplômes, je me suis éduqué au niveau moral, psychologique et social.  J’ai appris la base de plusieurs métiers, autant physiques que de bureau.  Quant à mon art, à toujours améliorer mes textes et mes dessins, j’ai remporté de nombreux prix.  Et bien que je n’arrive jamais à tout à fait stabiliser mon poids, il reste que la bonne alimentation combinée aux exercices musculaires et cardios ont fait que je me suis amélioré physiquement avec l’âge, au lieu de décrépir. 

En étant maintenant capable de réussir ma vie personnelle et professionnelle à tous les niveaux, ça a changé ma personnalité de deux façons.  La première, c’est que mon humeur générale s’est fortement améliorée.  Je suis beaucoup moins frustré de la vie, donc  beaucoup plus zen, patient et compréhensif qu’avant.  Et puisque je peux trouver ma valeur dans bien d’autres choses que dans ma capacité de séduire, le couple a cessé d’être pour moi un but compensatoire, et a donc perdu à mes yeux l’importance démesurée qu’il n’aurait jamais dû avoir. 

Et où est-ce que je veux en venir, avec cette nouvelle manifestation de ma vantardise?  Au fait que j’ai constaté une chose qui, à première vue, peut sembler paradoxale:  Ma mentalité de 25 ans a beau être totalement opposée à celle de 50 ans, il reste que dans les deux cas, elles sont totalement logiques et valides.  Et ça, c’est parce que chaque mentalité correspond aux différents styles de vie que j’ai eu.  Ma mentalité de l’époque ne convient pas à ma vie actuelle, tout comme ma mentalité actuelle n’aurait pas convenu à ma vie de l’époque.

Et c’est un fait que nous avons tendance à oublier, nous, les gens portés à donner des conseils: Il n’y a pas de conseils ou de vérité qui soit universelle, car tout dépend de la situation de la personne à qui on s’adresse.

20 personnalités qui ne font pas long feu au travail

J’ai occupé toutes sortes de boulots dans ma vie : De la cuisine, de la conciergerie, du travail de bureau, des arts et des lettres… Mais peu importe le domaine, à chaque fois que l’on a des nouveaux collègues, il y en a toujours qui ne feront que passer.

Ce n’est pas nécessairement une question de savoir faire le travail ou non. Ça aurait plutôt rapport avec l’attitude de la personne. Avec le temps, j’ai fini par pouvoir les repérer dès le départ, ce qui m’a permis de les répertorier en vingt personnalités distinctes.

1- L’insatisfaite.
Cette personne ne s’intéresse qu’à ce que le travail peut faire pour elle : Bonus, primes, avantages sociaux, etc, et elle en exige toujours plus. Les avantages n’étant pas à la hauteur de ses attentes démesurées, elle ne cesse de se plaindre qu’on l’a embauché en lui promettant une licorne, et elle passe ses heures de travail à visiter les sites d’annonces d’emplois.

2- Le voleur.
Surtout présent en restauration, où il va carrément se servir dans les frigos et le stock-room pour ramener chez lui la moitié de son épicerie de la semaine. La meilleure, c’est qu’il ne s’en cache pas à ses collègues. Et c’est ça, autant que son manque de modération dans la quantité de ses vols, qui cause rapidement sa perte.

3- La ragoteuse.
Elle parle à toi contre tout le monde, et elle parle à tout le monde contre toi. Éventuellement, tout le monde se rend compte qu’elle parle contre tout le monde, et elle se met tout le monde à dos.

4- La militante cherchant une cause.
Dès sa première journée au travail, elle voit tout de suite à quel point l’employeur est un abuseur : Le café n’est pas gratuit, les pauses ne sont pas assez longues, les salles de bains sont cisgenrées, etc. Elle passe la première semaine à interroger les collègues pour chercher des poux à l’employeur, et dès la 2e semaine elle parle déjà de syndicat. Il lui arrive même de parler du président-directeur-général-fondateur, en glissant son prénom dans la conversation comme si elle le connaissait personnellement, histoire de mettre les patrons en malaise.  À force de mordre la main qui la nourrit, littéralement, elle finit par se mettre la direction à dos qui lui montrera la porte.

5- Le cock dans le poulailler.
Généralement masculin, peu importe qu’il soit gai ou hétéro, la première chose qui l’intéresse, et ce dès son premier jour, c’est de repérer les collègues les plus baisables, en se donnant bien comme mission de les avoir dans son lit le plus tôt possible. Or, quand on mêle le sexe avec le travail, ça fucke notre carrière.

6- Le vacancier absentéiste.
Dès ses premiers mois au travail, il utilise rapidement tous ses congés de maladie payés. Il multiplie ensuite les retards et les situations d’urgences qui l’obligent à quitter le travail. Et s’il ne se fait pas mettre dehors, il finit par juste ne plus rentrer.

7- L’attention whore.
Elle n’a qu’un but : attirer l’attention, les compliments, et se faire draguer. Dans ce dernier cas, jamais elle ne répondra positivement aux avances. Mais attention : ça ne veut pas dire pour autant qu’elle veut que les attentions arrêtent. Et s’il y a un homme dans le lot qui n’a pas l’air de s’intéresser à elle, alors elle s’arrangera pour provoquer son intérêt. … Sans pour autant y répondre lorsque celui-ci se développera. Elle causera ainsi beaucoup de jalousies et de frustrations romantiques et sexuelles qui finiront par exploser entre collègues. Ça lui donnera une réputation désagréable qui lui deviendra trop lourde à porter, et elle remettra sa démission.

8- Le provocateur auto-victimisateur.
C’est l’employé non-blanc qui va faire exprès pour mal faire son travail et crier au racisme à chaque réprimande. Même scénario avec le gai, sauf qu’il va crier à l’homophobie. Même scénario avec la femme, sauf qu’elle va crier à la misogynie. Même scénario avec l’handicapé, sauf qu’il va crier à … euh… l’handicapophobie? Et oui, même scénario aussi avec l’homme blanc, sauf que lui va crier au harcèlement moral. Et dans tous les cas, ça se termine avec une poursuite aux normes du travail et/ou en Cour, dans l’espoir d’extorquer une jolie somme à l’employeur.

9- Le têtu méthodique.
Celui-là a des idées bien arrêtées sur la manière de faire son travail. Et peu importe le nombre de fois où il se fera répéter de travailler en utilisant la méthode officielle, il n’en fera qu’à sa tête.

10- La moitié d’un couple toxique.
Toutes ses pauses et tout son temps de diner est consacré à échanger, par texto ou téléphone avec sa pas-si-tendre moitié. Et comme si ça ne suffisait pas, ils continuent leurs échanges houleux pendant les heures de travail, négligeant le boulot. Éventuellement, à force de se mettre entre son travail et lui, son couple vient à bout de sa carrière.

11- Le négligeant.
Il coupe les coins ronds, va pour la solution facile, fait le travail à moitié, et de cette moitié il y en a le trois quart qui est à refaire. Plutôt que de faire avancer la machine, il la ralentit.

12- Le joyeux insolent.
Il a un grand sens de l’humour. Hélas, dans sa tête, l’humour se limite à rabaisser autrui. Ainsi, toutes ses conversations, toutes ses remarques, toutes ses blagues, tous ses commentaires, sont dans le but de se moquer de son interlocuteur. Et ça inclut les patrons.

13- Le donneur de leçons.
Toujours à donner ses conseils non-sollicités, son côté arrogant fait que pour lui, il n’y a que deux manières de travailler : Ou bien de sa façon à lui, ou bien de la mauvaise façon. Là où ça lui cause des problèmes, c’est qu’il n’hésite pas à agir ainsi envers ses supérieurs hiérarchiques.

14- Le militant non-conformiste.
Quand le travail de bureau demande à porter des pantalons une chemise et une cravate, il s’agit de l’employé qui décide de faire la guerre à ce règlement particulier. Et il le fera en prenant bien soin de toujours respecter le règlement, de manière à faire un pied-de-nez à l’autorité : Il portera une chemise à carreaux et une cravate à pois, de manière à faire le pire des agencements. Parfois il portera une jupe pour ne pas porter de pantalon, ou d’une robe pour ne pas porter la cravate. Les patrons, en effet, le laisseront faire, car comme l’employé e vante de le dire, rien dans les règlements officiels n’empêchent ceci. Mais par ses agissements, non seulement il se met la direction à dos à cause de sa personnalité merdique, il devient vite la risée du bureau pour son accoutrement, chose qu’il ne supportera pas, et il partira.

15- Le panier percé.
Celle-là, c’est la grande gueule hors du bureau, où elle révèle à son entourage des détails importants de son travail, en particulier sur des sujets sur lesquels on lui a fait pourtant signer une entente de confidentialité. Une fois sur deux, ça revient aux oreilles des patrons, et ça va parfois jusqu’à saboter le projet. Dans un cas comme dans l’autre, c’est le renvoi assuré.

16- Monsieur Social.
Au lieu de faire son boulot, il va faire la conversation à ses collègues. Ce qui fait que non seulement il ne travaille pas, il ralentit le travail des autres.

17- L’impaChiant.
Il fait son travail à la perfection, ou du moins il s’arrange pour en avoir l’air. Et il demande la même perfection de tous ceux qui l’entourent. Son impatience envers la moindre faille se manifeste en multipliant les remarques et commentaires aussi négatifs que brutaux. Avant de quitter volontairement et/ou se faire renvoyer, il sera la cause de quelques démissions, de gens à qui il aura rendu insupportable l’atmosphère de travail.

18- L’entrepreneur.
Bien qu’il soit employé, il a son propre business, qu’il gère sur ses heures de travail. Inutile de dire que dans ce temps-là, il gère mal le travail pour lequel on l’a embauché.

19- Le boss des bécosses.
Nommé ainsi car non seulement il agit en superviseur, il est chiant. Même si sa connaissance du travail est moindre, même s’il vient à peine d’être embauché, et surtout même s’il est au même niveau que toi, il va toujours te parler comme si tu avais des comptes à lui rendre sur ta manière de travailler et/ou sur ta performance au travail. Il se ramasse généralement avec plusieurs plaintes auprès de la direction, ou avec une bonne baffe sur la gueule. Ou du moins, puisque cette dernière est illégale, une engueulade bien sentie.

20- L’intravailleur.
Lui, il n’est pas là pour travailler. Non seulement il en fait le moins possible, il se plaint souvent qu’il s’ennuie à ne rien faire, et passe son temps à chercher comment passer le temps. Le genre d’employé à ne pas mettre sur le quart de soir ou de nuit car on ne peut jamais le laisser sans surveillance. Le genre à dormir sur l’ouvrage, au sens propre.

Bref, dans tous les cas, les employés qui ne font pas long feu, ce sont toujours ceux qui mettent la priorité sur autre chose (c’est-à-dire sur eux-mêmes, généralement) que sur le travail.

Créer le problème par instinct de survie sociale

Ce que l’on apprend en étant enfant et adolescent, ça nous suit toute notre vie : Lire, écrire, calculer… Hélas, ça inclut aussi comment les gens qui nous entourent se comportent avec nous.  Et en général, durant les 20 premières années de notre vie, nous sommes entourés du même groupe de personnes : Familles, amis, voisins, camarades de classe…  Par conséquent, si ces gens nous traitent de façon négative, nous subirons ce traitement durant nos vingt premières années. Et ça, ça laisse des marques toute notre vie.  J’ai trois exemples observés :

EXEMPLE 1 : Dans son enfance et adolescence, Alain n’était pas tellement apprécié de ses pairs. Il faut dire qu’il avait un comportement énervant, et qu’il ne savait pas quand il était de trop, ni quand il imposait sa présence trop longtemps.  Par conséquent, il ne faisait souvent mettre de côté lorsque se planifiait des événements sociaux : Sorties, partys, soirées, fêtes.  Et quand il y était, on lui faisait de plus en plus clairement savoir qu’il était de trop.

Devenu adulte, réfléchi et professionnel dans son attitude, Alain n’en a pas moins conservé l’impression d’être un mal-aimé social. Aussi, au travail et/ou avec ses amis, à chaque fois qu’il y a sorties, partys, soirées, fêtes, deux choses arrivent : Ou bien il décline poliment, prétextant avoir un autre engagement.  Ou bien il participe, mais brièvement, étant toujours le premier à partir.  Il prend bien le temps de saluer tout le monde, de dire qu’il est désolé, qu’il resterait bien mais qu’il a un engagement X.  Dans les deux cas, l’engagement en question n’existe pas.

En retournant chez lui, Alain a un sourire satisfait. Il se dit que tout s’est bien passé, il est resté le temps juste qu’il fallait, tout va bien.  Et, tandis que ses amis et collègues s’amusent, il est chez lui, seul, avec pour toute compagnie que son sentiment du devoir accompli.

Dans sa tête, il est clair que le fait d’être mis à l’écart du groupe, c’est une fatalité. C’était quelque chose d’inévitable, puisque ça a toujours été ainsi.  Mais sans savoir quand ni pourquoi ça arriverait, ça le mettait dans un état d’angoisse.  Alors en agissant ainsi, oui, il est toujours à l’écart du groupe.  Mais là, au moins, il a le contrôle de la situation.  C’est lui qui décide quand et pourquoi il est en marge.

EXEMPLE 2 : Sophie avait toujours eu des conjoints violents verbalement et physiquement. Et là, elle a la chance d’en avoir un qui ne lui fait subir ni l’un ni l’autre.

Alors elle commence multiplier les maladresses dans lequel, toujours accidentellement,  elle accroche son conjoint, le bouscule, le frappe.  Et lorsqu’il a subi une opération à l’appendice, elle qui ne lui avait jamais particulièrement touché le ventre jusque-là, n’arrêtait pas de l’accrocher et le cogner, toujours accidentellement, lui causant des douleurs atroces. Et plus elle causait ces accidents, et plus souvent après-coup elle reculait, horrifiée, en le suppliant de ne pas l’engueuler ou la frapper, car elle avait toujours une bonne excuse, une bonne explication logique, pour expliquer ses maladresses.

Inconsciemment, pour elle, subir la violence conjugale, c’est la norme. Ce n’est qu’une question de temps avant qu’elle la subisse de nouveau.  Alors au lieu d’angoisser en se demandant quand et pourquoi ça va arriver, et si elle pourra s’en tirer, eh bien voilà : Elle agit de manière à provoquer la violence verbale et/ou physique de son conjoint.  Et elle le fait de manière à pouvoir lui démontrer qu’il serait abusif de s’en prendre à elle, puisqu’elle peut prouver que c’est toujours un hasard ou un accident.

Donc, en agissant ainsi, oui, elle vit toujours dans la crainte de subir de la violence verbale et/ou physique. Mais là, au moins, elle a le contrôle.  C’est elle qui décide quand et pour quelle raison elle devrait la subir, et elle a toujours la bonne excuse pour s’en tirer.

EXEMPLE 3 : Dans son enfance, Julia était sans cesse critiquée sur tout.  Et quand les gens ne trouvaient pas de bonnes raisons de la critiquer, ils en inventaient.  Et dans ce dernier ça, ça lui posait un soucis de taille : Comment régler un problème lorsque le dit problème n’existe pas?  Ça la mettait dans une situation cul-de-sac angoissante.

Devenue adulte, Julia s’est inscrite au gym de son quartier. Et au gym, le règlement est clair sur le fait qu’il faut porter ou bien des shorts ou bien des pantalons de gym en coton ouatés.  Surtout pas de jeans.

Dans une boutique de vêtements de sport, Julia n’arrive pas à faire son choix. Le règlement a beau être clair, elle angoisse.  Ayant toujours été critiquée sur tout, souvent sans raison valable, elle s’attend d’instinct à être critiquée sur ses vêtements de gym.  Elle a peur de se faire dire qu’elle ne porte pas le bon genre de shorts.  Aussi, peu importe ce qu’elle regarde, elle n’arrive pas à faire son choix.

Puis, quelque chose attire son attention : Des pantalons de gym en coton ouatés, imprimés en trompe l’œil en paire de jeans. Elle les prend immédiatement.

Pourquoi? C’est que, inconsciemment, elle avait l’impression qu’elle avait deux choix :

  1. S’habiller comme tout le monde, et être totalement désemparée si jamais on lui dit que ses vêtements ne sont pas conformes.
  2. Ou s’habiller en pantalons de gym en motif jeans. Comme ça, quand les employés viendront lui dire que ses vêtements ne sont pas conformes, elle ne sera pas désemparée : Elle pourra leur prouver que, au contraire, elle porte un pantalon en coton ouaté imprimé, donc exactement ce que permet le règlement.

Dans le premier cas, si les réprimandes lui arrivent, elle n’a aucun contrôle là-dessus, et ne pourra pas trouver de solution. Mais dans le second cas, elle s’arrange pour contrôler la situation : Elle provoque la réprimande, elle la dirige sur un détail, détail qu’elle peut prouver comme étant faux

Dans sa tête, le fait qu’elle allait être critiquée sur son linge, c’était une fatalité. Ça allait arriver.  Le mieux qu’elle pouvait faire pour contrôler son angoisse, c’était de contrôler la situation de réprimande de A à Z.  En portant ces pantalons, elle n’a pas à se demander si elle va être réprimandée.  Elle sait qu’elle va l’être.  Elle n’a pas à se demander sur quel sujet elle le sera.  Elle sait sur quel sujet.  Elle n’a pas à se demander ce qu’elle pourrait dire pour sa défense.  Elle sait quoi dire.  Impossible pour elle d’être prise au dépourvu.  Elle peut maintenant profiter du gym en toute tranquillité d’esprit.

On peut comprendre que ces gens ont développé le réflexe d’agir ainsi par instinct de survie sociale. N’empêche que ces gens provoquent eux-mêmes le problème qu’ils cherchent à éviter.

  • Le gars qui craint de se faire mettre de côté se met lui-même de côté.
  • La femme qui craint la violence conjugale provoque elle-même la violence conjugale.
  • La fille qui craint de se faire réprimander pour son linge de gym s’arrange pour se faire réprimander pour son linge de gym.

On pourrait croire que ces gens se complaisent dans leurs malheurs, puisqu’ils ne font que les provoquer. Hélas, dans les faits, le problème, est bien plus profound que ça.  C’est qu’il est difficile de vivre en harmonie quand on a seulement appris à survivre dans la discorde.

L’identité sexuelle et la (ré)pression sociale

Lorsque j’étais enfant, je ne me posais pas de question sur mon identité sexuelle. Cependant, les gens qui m’entouraient, et la société en général, se les posaient à ma place, ces questions. Et malheureusement, ils en fournissaient également les réponses.

À l’école, et ce dès la maternelle, j’étais toujours le plus petit, le plus chétif, le moins sportif. Ne valant rien en sports, je ne pouvais pas être apprécié par mes coéquipiers. De ces activités sportives imposées par l’école naissait leur mépris pour moi, mépris qui se prolongeait en classe et partout ailleurs. Faible et méprisé, ça faisait de moi la cible parfaite pour l’intimidation.

Alors, pour l’amitié et les jeux, j’allais vers les filles. Elle ne me mettaient pas en compétition avec elles. Elles ne m’intimidaient pas. Je jouais donc avec elles, à leurs jeux de filles. J’aimais ces jeux qui n’étaient pas violents, pas épuisants, qui demandaient de la pratique, de l’habileté ou de l’imagination, et non une force physique que je n’avais pas.

Mon père disait que d’agir comme ça, ça allait faire de moi une tapette, et que ça se voyait déjà dans mes goûts personnels. Quand nous étions enfants et adolescents, à la télé, les gars adoraient l’Homme de 6 Millions. Moi, c’était La femme Bionique. (L’Homme qui Valait Trois Milliards et Super Jamie, pour mes lecteurs européens) Ils regardaient Goldorak et Albator. Moi, je préférais Candy. Ils suivaient G.I*Joe, les Transformers, Musclor. Moi, c’était Jem. Je n’étais pas un vrai gars, tous les signes étaient là.

Et la commission scolaire elle-même se mettait de la partie pour donner la honte à tout garçon qui aurait songé à dévier de son rôle masculin. En secondaire II ou III, nous avions une classe qui changeait à toutes les six semaines, avec des cours pour nous préparer à la vie adulte. Il y avait :

  • Option Gars : Méthodologie de travail, mécanique automobile, menuiserie, coupe de viande.
  • Option Filles : Cuisine, premiers soins, budget, tenue de maison.

Oui, les cours s’appelaient vraiment Option Gars et Option Filles. Personnellement, je n’en avais rien à cirer des moteurs, du bois et de la boucherie. Lorsque je suis parti en appartement, il m’aurait été beaucoup plus utile d’avoir su cuisiner, faire un budget et tenir maison. Mais voilà, être un gars dans l’Option Filles, c’eut été accepter d’être socialement émasculé aux yeux de tous mes camarades de classe et mes profs. À un âge où se forment notre identité sociale, personnelle et sexuelle, ce n’était pas chose à faire.

Dans le cours d’Éducation Physique, même scénario. Notre prof se couche face contre terre en position de faire des pompes, et il nous dit : « Il y a deux façons de faire des push-ups. Sur la pointe des pieds. On appelle ça des push-ups de gars. Mais si c’est trop dur, vous pouvez les faire sur les genoux au lieu des orteils. On appelle ça des push-ups de filles. » Avec ma musculature sous-développée, j’avais toute la misère du monde à en faire cinq. Mais voilà, en éducation physique, où nous sommes justement séparés en classes de gars et en classes de filles, jamais un gars n’aurait osé faire des push-ups de filles.

J’ai souvent blâmé ma faiblesse sur le fait que mon anniversaire est au milieu de l’été. À cause de ça, j’ai toujours été le plus jeune à l’école, donc le plus petit et le plus faible.  Mais en réalité, bien que ça n’aidait pas, le fait est que j’étais vraiment de constitution physique plus faible. En secondaire IV et V, j’ai trop souvent vécu l’humiliation d’être la victime des intimidateurs d’un an ou deux plus jeunes que moi. Quand un gars de seize ans peut se faire tabasser par un de quatorze, ça ne l’aide pas à se retrouver en tant que mâle dans son identité.

À cause de tout ça, jusqu’à ma jeune vingtaine, je n’avais pas vraiment l’impression que j’étais un gars. Je me suis toujours senti comme si j’étais une fille mal née. Je ne m’intéressais à rien de masculin. Je n’en avais ni les goûts, ni les activités. Et j’en avais encore moins le comportement. Jamais, dans la rue, on me voyait regarder la poitrine ou le derrière des filles qui passaient. Et pourtant, je me suis toujours intéressé aux filles.  J’en étais même obsédé.  Mais bon, ça ne veut rien dire. Il y a des filles qui s’intéressent aux filles. Je suppose que la fille que j’étais dans mon âme était lesbienne.

Et puis, vers l’âge de 24 ans, un matin, je me suis regardé dans le miroir de la salle de bain et j’étais dégoûté. Dégoûté de ma faiblesse.  Dégoûté de mon corps rachitique.  Dégoûté d’être une victime facile.  Dégoûté d’être moi.   On m’a toujours fait croire que les abus et l’intimidation né du fait que je ne représente en rien l’image de la masculinité, ça allait cesser une fois rendu adulte.  On m’a menti.  Ça n’a jamais arrêté.  Une femme, faible comme une femme, et victime d’hommes qui profitent de leurs faiblesses, elle peut avoir recours à la loi et à la justice pour faire cesser les abus et faire payer cher les contrevenants.  Mais quand tu es un homme, blanc, québécois de souche, catholique, hétéro, adulte, alors oublie ça.  Tu représentes la plus haute classe privilégiée de la société.  Par conséquent il n’y a rien, pas une loi, pas un organisme, pas un regroupement, pour t’aider.  L’homme, blanc, québécois de souche, catholique, hétéro, adulte, n’a pas le droit d’être faible.  S’il l’est, tant pis pour lui, il n’aura que du mépris.

À l’époque, je travaillais comme pâtissier dans un Dunkin Donuts. Alors à partir de ce jour-là, au travail, je suis allé m’enfermer dans la salle de bain des employés. Je me suis couché face contre terre, et j’ai fait des push-ups. Je forçais comme un malade, pour être juste capable d’en faire cinq. Et j’ai recommencé comme ça à l’heure suivante. À tous les jours où je travaillais, à toutes les heures, je le refaisais. Au bout d’une semaine, le miracle : J’étais maintenant capable de faire dix push-ups. À chaque semaine, je progressais. À chaque semaine, j’en faisais cinq de plus. Au bout de cinq mois, j’ai fini par être capable d’en faire cent, un chiffre que je n’aurais imaginé atteindre. J’avais maintenant des épaules d’hommes. Et pour la première fois de ma vie, une personne m’a qualifié de costaud. Ça m’a encouragé à m’entraîner. Ne pouvant pas me payer le gym, je m’entraînais à la maison avec les moyens du bord : Chaises, boites de livre, divan… Un poids, c’est un poids. Tout ce que ça prend, c’est de l’imagination et de la débrouillardise.

Rendu à 27 ans, lors de mon retour aux études au cégep, j’avais maintenant un physique masculin moyen normal. C’est là que j’ai vraiment commencé à plaire aux filles. Les hommes ont cessé de me voir comme une cible facile pour l’intimidation. En sports, j’ai passé de médiocre à moyen. Et en continuant de m’entraîner, même sporadiquement, non seulement ais-je atteint les mêmes capacités physiques que les autres hommes, j’ai même commencé à les dépasser sur certains points.

Et à partir de ce moment-là, je me suis enfin senti comme un homme. Plus jamais n’ai-je eu l’impression que j’étais une fille qui avait perdu une patte de chromosome à la naissance.  Je n’ai plus le moindre doute sur mon identité masculine, et je suis parfaitement à l’aise avec ma cisgenrerie.  Tout ce temps-là, c’était la société qui me rendait confus en me répétant qu’un homme, UN VRAI, c’est supposé aimer tel truc, avoir tel comportement, faire telles activités et avoir tel physique.

Si j’avais été enfant et ado à notre époque plutôt que dans les années 70 et 80, j’aurais pris une option qui n’était pas disponible dans le temps : Je serais sorti du placard en tant que fille dans un corps de gars, et j’aurais demandé à commencer à suivre un traitement aux hormones.

Mais voilà, dans mon cas, ça aurait été une erreur.

Je n’étais pas une fille dans un corps de gars. J’étais juste un gars trop faible physiquement pour être capable de faire des activités dites « de gars ».  Je n’avais donc développé aucun intérêt pour les trucs dits « de gars ».  Quant à ma retenue naturelle envers les femmes, qui faisait que je ne me comportais pas en macho harceleur avec elles, ça n’avait rien à voir avec mon genre ni mon orientation on-ne-peut-plus hétéro. Ça vient du fait que je suis demisexuel, chose que j’ignorais à l’époque.

Si j’étais devenu transsexuel avant de vraiment savoir ce que j’étais, ça aurait fucké ma vie pour toujours. Parce que, en plus de me faire rabaisser / harceler / rejeter pour être un faible, je l’aurais été en plus pour être un transgenre. Et à ça se rajouterait le harcèlement des hommes qui m’auraient trouvés à leur goût. En plus du harcèlement des homophobes, et de celui des transphobes. Quant à ma vie amoureuse, puisque je n’aime que les femmes, il eut fallu que j’arrive à en trouver une pouvant aimer un homme devenu femme.  Et ça, ça ne me semble pas évident.  Donc, plutôt que d’améliorer ma vie, transgenrer l’aurait empiré à tous les niveaux. Pour une personne qui cherche juste à avoir la paix et à vivre normalement en société pour être bien dans sa peau, c’eut été terriblement contre-productif.

Tandis que là, en restant homme, juste en travaillant sur mon physique, ma forme, ma force, ma résistance, mon cardio, plus personne ne doute de mon sexe et/ou de mon orientation, moi le premier, et je suis en parfaite harmonie avec les autres et envers moi-même. Et regardez-moi aujourd’hui, à 50 ans, de tous mes anciens camarades de classe, je suis l’un des plus beaux, les plus forts, les plus athlétiques. Et à voir le nombre d’entre eux qui commencent à avoir besoin de Viagra, ce n’est plus ma virilité que l’on peut mettre en doute, maintenant.

Bref, tout ça pour dire que même si à l’époque j’étais à 100% convaincu que j’étais une fille, je ne pouvais pas faire un choix éclairé sur le sujet, car il me manquait beaucoup trop de données sur les raisons qui faisaient que je me sentais comme ça.  Je ne m’étais juste pas rendu compte qu’en réalité, ça n’a jamais été moi qui avait cette impression.  Ce sont les autres qui me donnaient cette impression.

Je ne prétends pas que c’est le cas pour tous les garçons qui ont de la difficulté à se reconnaître dans les critères masculins imposés par notre entourage et la société. Mais dans mon cas personnel, oui, c’était ça.  C’était juste le fait que je ne répondais pas aux attentes de la société qui colporte des critères un peu trop toxiques de ce que devrait être la masculinité.

Bienvenue à l’ère du Good Deed Shaming.

Le Good Deed Shaming peut se traduire par se faire donner la honte d’avoir posé un geste décent.  Car en effet, depuis une bonne dizaine d’années, il n’y a plus moyen de faire la moindre bonne action  sans que l’on nous fasse la morale de ne pas avoir fait une bonne action pour une autre cause.  Une cause plus importante.

L’incendie de Notre-Dame de Paris est le plus récent et le plus parfait exemple de la chose. Avez-vous vu ce qui circule sur Facebook à cet effet?  En voici un échantillon:

Oui, d’accord, je veux bien croire qu’il y a des causes plus honorables et plus humanitaires et plus écologiques que de reconstruire une église.  Sauf que… Savez-vous vraiment de quoi vous parlez, lorsque vous nous balancez des comparaisons impliquant la calotte glaciaire, la jungle amazonienne ou les enfants qui meurent de faim en Afrique?

Notre-Dame de Paris, il y a une adresse fixe. On sait où envoyer nos dons.  Je les envoie où, mes dons, pour recongeler le Pôle Nord?

La foret amazonienne est régie par les divers gouvernements des territoires sur laquelle elle s’étend: Brésil, Colombie, Pérou, Venezuela, Suriname, Guyane, Équateur et  Bolivie.  Si un ou plusieurs de ces gouvernements en permettent le déboisement, on fait quoi pour les empêcher? La seule solution serait envahir ces pays et renverser le gouvernement.  On parle ici d’une guerre mondiale. Des centaines de milliers de morts. Pour, bien sûr, se faire critiquer par la planète en entier. Rappelez-vous des manifestations monstres à travers la planète pour protester contre l’intervention des USA pour arrêter Saddam et Laden.

Quant aux enfants qui meurent de faim en Afrique, certains d’entre vous êtes trop jeunes pour vous en rappeler, mais le concert Live Aid, le regroupement USA for Africa, et toutes les chansons à la We are the World, qui ont rapporté des centaines de millions pour enrayer la faim dans ce coin de continent… Le gouvernement éthiopien a saisi l’argent et s’est payé une armée, ce qui n’a aidé ni le peuple ni ses voisins. En fait, les gens qui ont donné de l’argent ont juste contribué à l’augmentation de la répression et des morts.

Je n’invente rien, plusieurs sites en parlent, dont celui-là.

Oh, bien sûr, Bob Geldof n’y croit pas.  Normal, il est le fondateur de cette belle oeuvre de charité, alors il ne tient pas à ce que ça soit entaché, et il ne veut surtout pas que ça écoeure les gens de faire preuve de générosité envers son prochain.

N’empêche que, que ce soit vrai ou non, ça ne change rien au fait que les conditions de vies du peuple éthiopien ne se sont jamais améliorées durant les trois décennies et demie qui se sont écoulées depuis Live Aid.  Alors ils servent à quoi, nos dons pour sauver les gens qui ont faim?

D’ailleurs, puisque l’on parle de dons:  Ceux qui nous disent de donner pour de plus nobles causes… En font-ils, eux, des dons, pour ces mêmes causes? Je serais curieux de savoir s’ils prêchent par l’exemple, ou s’ils se contentent juste d’essayer de nous donner des leçons de morale. Une morale qu’ils ne sont même pas capables de suivre eux-mêmes.

Maintenant, si vous avez une solution, je veux bien l’écouter. Mais en attendant, les faits sont: Si je fais un don pour reconstruire la cathédrale, alors la cathédrale sera reconstruite. Mais si je donne pour les causes que vous proposez, dans le meilleur des cas ça ne changera rien, et dans le pire ça va juste empirer la situation.

Ceci dit, je ne possède pas la vérité absolue. Je me trompe? Alors dites-moi ce que je peux faire.