12 illusions fallacieuses qu’essayent de vous vendre les guides de séduction

Comment plaire aux femmes? 
Cette question, l’homme se la pose depuis que le monde est monde. Bon, en fait, il ne se la pose que depuis que la femme a le droit de choisir son partenaire, et surtout de le rejeter.  N’empêche que c’est une question qui fait le désespoir des gars impopulaires auprès des filles, et la fortune des éditeurs de livres de méthodes de séduction.

Eh bien moi, je vais vous dire toute la vérité sur le sujet, dans ce billet, directement, clairement et gratuitement. Je devrai hélas le faire en commençant par vous servir un fait choquant que vous ne voulez probablement pas savoir: Il n’existe aucune méthode infaillible pour séduire une femme. Ou du moins, pas à long terme.

Voilà!
Je l’ai dit.

Vous savez quoi?  Le simple fait qu’existent de tels bouquins, c’est pour continuer d’entretenir certaines illusions chez l’homme désespéré de plaire.  Comme:

ILLUSION 1: Le problème, c’est la femme.
Car en effet, pas un de ces manuels ne va dire à l’homme de s’améliorer de quelque façon que ce soit afin de devenir une personne désirable.  Si tu ne séduis pas, c’est juste parce que tu ne dis pas à la femme ce qu’elle veut entendre.

ILLUSION 2: Toutes les femmes sont manipulables.
Pensez-y un instant: Publier un livre au sujet des méthodes pour séduire, c’est affirmer que les femmes sont comme des objets.  Le simple fait que l’on publie un manuel d’instructions à leur sujet le prouve.  C’est comme si la femme était une télé, et que ce livre en était une télécommande universelle où tu trouveras quel bouton presser pour l’allumer.  Ce qui nous amène à:

ILLUSION 3: Toutes les femmes sont des amoureuses/amantes potentielles, il s’agit juste de savoir comment les draguer/séduire.
Archi-faux!  Chaque femme a ses propres goûts personnels au sujet du physique, de la personnalité, de l’âge, de la race, de la culture, du sexe et du statut social et financier de son partenaire idéal. Ces critères sont à leurs tours influencés par leur degré personnel de tolérance ou bien d’intransigeance, leur milieu social, familial et professionnel, et mille autre chose encore.  Ce qui fait que même chez deux femmes qui aimeraient exactement le type d’homme que tu es, l’une pourrait très bien vouloir de toi et l’autre non, justement à cause de toutes ces différences que l’on retrouve d’une femme à l’autre. Alors non, les femmes ne sont PAS toutes des amantes potentielles. 

ILLUSION 4: Le tout est de trouver la phrase d’approche infaillible.
Erreur!  La pick-up line, ça ne sert pas à séduire. Ça sert à briser la glace. Ça sert à effectuer un premier contact. Une fois ce premier contact fait, c’est ton look et/ou ta personnalité qui va faire que tu vas lui plaire ou non. Parce que la phrase d’approche parfaite n’existe pas. Il n’y a aucune parole qui, telle une formule magique, va instantanément te transformer en gars intéressant pour elle si tu ne corresponds pas déjà à ses goûts.  Et ça marche encore moins avec une pathétique phrase préfabriquée qui se voudrait humoristique.

ILLUSION 5: La femme n’a rien d’autre à faire de sa vie qu’attendre d’être séduite.
Ces bouquins ne le disent pas explicitement dans ces termes, mais c’est pas mal le message qui en ressort lorsque l’on voit qu’ils donnent des méthodes sur comment aborder une femme à une épicerie, une laverie, sur le trottoir, dans le métro, etc.  Hé, mec, désolé de briser tes illusions mais j’ai une p’tite nouvelle pour toi: La fille qui lit en public, là, elle ne le fait pas pour te passer le message comme quoi elle s’emmerde en attendant que tu la dragues.  Elle lit parce qu’elle veut lire, et non pour se faire emmerder par les dragueurs.  Celle à l’épicerie a à rentrer chez elle, le ranger. Celle à la laverie a à rentrer chez elle pour plier et ranger son linge.  Celle dans le métro y est parce qu’elle a une destination où se rendre.  Elles ont toutes autre chose à faire de leur vie, et ne peuvent donc pas être en mode séduisez-moi 24 heures sept jours.

ILLUSION 6: Pour séduire les femmes, il faut s’en foutre.
Celui qui y croit vraiment est pathétique, surtout parce quìl est bien placé pour savoir que c’est faux.  Cette fille que tu désires, celle pour qui tu cherches des méthodes de séduction dans le but de l’avoir, est-ce qu’elle t’a séduit uniquement parce qu’elle se fout de toi? Non, hein?  Elle a bien d’autre choses en elle qui t’attire, n’est-ce pas?  Ben voilà!  C’est pareil en inversant les sexes.  S’il est vrai que donner trop d’attention non-sollicitée à une femme risque de la repousser, faire le contraire et s’en foutre ne va pas l’attirer pour autant.

ILLUSION 7: Pour séduire les femmes, il faut leur manquer de respect.
Ces temps-ci, il y a une école de pensée qui s’appelle la technique du neg qui consiste à déstabiliser la fille en piquant sa curiosité, en lui donnant un compliment contenant une part de négativité (d’où le nom), dont le message se résume à « Mouais, t’es pas mal, mais je ne suis pas convaincu que tu as tout ce qu’il faut pour me plaire. » Il y a trois raisons pourquoi cette méthode est loin d’être infaillible.

  1. Si ce genre de taquinerie peut être amusante et intéressante entre célibataires qui se connaissent depuis quelques heures, voire quelques jours, en revanche c’est un peu trop familier comme phrase brise-glace.  
  2. Tout comme avec les autres techniques d’approche, ça ne peut marcher que si la fille retrouve déjà en toi le potentiel requis pour lui plaire.
  3. Il est difficile de bien doser l’apport de neg sans tomber dans la remarque blessante ou l’insulte. Bref, cette méthode risque de vous donner encore moins de chance que toutes les autres méthodes d’approche.

ILLUSION 8: C’est l’intérieur qui compte.
ILLUSION 9: L’important, c’est d’être beau, grand, musclé et riche.
Si j’ai collé ensemble ces deux principes illusoires, c’est parce que personne n’a jamais pensé de dire que ni l’un ni l’autre n’est universel, et voici pourquoi:  Ne me dites pas que vous n’avez jamais remarqué que les gens qui ne ressemblent en rien aux mannequins de magazines trouvent généralement leur âme soeur, se marient et fondent une famille alors qu’ils sont encore dans la vingtaine, tandis que les plus superbes canons de beauté vont d’une relation décevante à l’autre pour se retrouver, à 45 ans, célibataires et dépressif?

Normal: Quand tu es moins attrayant physiquement, tu séduis par ta personnalité.  Et si l’autre personne est séduite, c’est parce que vous êtes compatibles.  Par contre, plus on est beau, plus grand est le nombre de gens qui ne sont attirés que par notre beauté, et plus il est difficile d’y trouver la personne avec qui on est naturellement compatible.  Surtout si l’autre use de mille ruses et techniques pour te cacher sa nature véritable au début afin de t’avoir.  Vous savez, comme ce que vous recommandent de faire tous ces bouquins de techniques de séduction. Sauf que l’on ne peut pas faire semblant éternellement.  Tôt ou tard le naturel revient au galop, l’incompatibilité sort au grand jour, et c’est là qu’arrivent conflits, drames et séparations.

ILLUSION 10: On peut aisément séduire les femmes par l’humour.
L’erreur que font beaucoup de gars, c’est de pousser la chose trop loin.  Genre, passer la soirée à se prendre pour un humoriste en prenant la fille pour son public.  Il y a une différence entre toujours le mot pour rire et jamais le mot pour être sérieux.  Une fille qui aurait envie de passer aux choses sérieuses risque d’être plutôt refroidie par cette attitude.  Oui, un gars sans humour, c’est ennuyant.  Mais personne ne veut d’un gars qui exagère dans un sens ou dans l’autre parce qu’il n’a aucun sens de la mesure.

ILLUSION 11: On peut séduire une fille n’importe quand.
HA! Si c’était vrai, alors tous les soi-disant bons gars qui sont entrés dans la vie d’une fille en tant que bon ami proche dans le but de les séduire y parviendraient malgré des mois de relation platonique.  

Enfin, la plus fallacieuse de toutes, c’est celle-ci:

ILLUSION 12: Il est acceptable d’utiliser des trucs dans le but de séduire une fille.
De mes 15 à 25 ans, j’étais un soi-disant bon gars, un nice guy classique.  Lorsque je me faisais rejeter par les filles, l’une des raisons que je me faisais servir était « On se connait trop, tu es comme un frère pour moi. »  

Justement, en 1993, à 25 ans, j’étais de retour aux études, d’abord aux cours aux adultes pour finir mon secondaire, puis au cégep deux ans plus tard.  Puisque le retour en classes équivaut à faire de nouvelles rencontres en masse à chaque nouvelle session, j’ai constaté qu’en général, il y a toujours une période d’ambiguïté lors des trois premières semaines suivant la rencontre entre un gars et une fille. Trois semaines dans lesquelles, consciemment ou non, on tâte le terrain, on apprend à connaître l’autre, on est curieux de savoir si on est attiré et/ou attirant. 

Constater ceci m’a permis de voir que l’excuse comme quoi « On se connait trop! »  n’était pas si bidon que ça.  Car tout dépendant de si tu agis ou non, ce sont ces trois semaines qui vont décider si votre relation sera amicale, amoureuse et/ou sexuelle. À partir de la 4e semaine, si tu n’as pas fait connaître tes intentions, alors il sera trop tard.  La fille te classe dans le dossier « Amis seulement » et tu n’en ressors plus.  

Car oui, bien que le terme Friendzone n’existait pas encore à ce moment-là (Il n’allait apparaître que dans l’épisode The one with the blackout de la série Friends en 1994), le principe était déjà connu.

Donc, si je voulais séduire, je devais profiter du seul charme que je possédais; le charme de la nouveauté.  Faire accroire à la fille qu’elle était peut-être intéressée à moi, et ce avant qu’elle n’ait le temps d’apprendre ce que je suis vraiment.  Parce que si je lui laisse le temps de réfléchir, elle va réaliser que non, jamais en 100 ans elle ne me voudrait comme amoureux, et encore moins en tant qu’amant.  Alors si je veux baiser, j’ai intérêt à me grouiller.  

C’est également à cette époque que, tel que mentionné dans mon billet précédent, j’ai développé ma méthode d’approche qui est « Respecte toujours son NON, mais n’attends jamais après son OUI. »  Aussi, dès 1995, rendu à 27 ans, au cégep, dès la première, seconde ou troisième semaine, je m’essayais sur chaque fille qui avait l’air de voir en moi le charme de la nouveauté.  Et je n’attendais pas d’y être sollicité.  Je faisais les premier pas.  En gestes, et non en paroles.  Parce que c’est plus difficile pour elle de dire non quand on a déjà commencé.   Et dans 90% des cas, en effet, elles répondaient positivement.  J’ai donc pu voir par moi-même que oui, séduire la fille avant qu’elle ait le temps de te connaitre vraiment, ça fonctionne.

Sauf que, et vous constaterez que l’on voit ça souvent chez les couples qui se sont formés trop vite pour avoir eu le temps de se connaitre: Une fois que le charme de la nouveauté est passé, ils constatent qu’ils ne sont pas si compatibles que ça.  Et c’est là que les problèmes surviennent.  Mais voilà, ils sont déjà en couple.  Alors ils continuent de sortir ensemble, de baiser ensemble.  Parce que l’idée d’essayer d’arranger les choses, c’est quand même moins pénible que celle de se mettre en état d’échec amoureux en cassant.  

N’empêche que si la fille avait eu le temps de bien connaître le gars, jamais elle n’aurait accepté d’être en relation amoureuse, et encore moins sexuelle, avec lui.  Ce qui signifie que dans le fond, les trucs de séduction, ça sert juste à manipuler la fille au moment où elle est encore à l’état d’ignorance, afin de l’amener à subir volontairement ce qui équivaut à un viol. Parce que baiser avec un gars avec qui jamais on n’aurait voulu le faire, c’est un viol.  

Et c’est en constatant ce fait que l’on se rend compte de toute l’horreur que représentent les guides de séduction.  Des guides qui ne font que contribuer, à leur façon, à la culture du viol.  

Mais alors, comment faire pour plaire?
Il y a moyen de plaire à une fille sans pour autant la manipuler à croire que vous êtes faits l’un pour l’autre.  Il suffit de… :

  • Être gentil sans être son esclave.
  • Être poli sans se prosterner à ses pieds.
  • Être décisif sans être contrôlant.
  • Être sûr de soi sans être prétentieux.
  • Lui montrer de l’intérêt sans être insistant.
  • S’intéresser à elle sans en être obsédé.
  • Lui parler sans pour autant monopoliser la conversation.
  • L’écouter sans pour autant rester muet.
  • Bref, avoir une personnalité assez forte pour s’affirmer mais pas assez écrasante pour étouffer la sienne.

Et surtout, ne jamais essayer de l’impressionner, parce qu’il n’y a rien de plus risible qu’un gars qui essaye de se vendre. Autrement dit, aussi cliché que ça semble: Rester naturel.  À partir de là, ce sera le degré de votre compatibilité naturelle qui décidera si vous êtes faits pour être ensemble ou non.

Et si ça ne marche pas?
Alors dans ce cas-là, ça veut juste dire qu’elle n’est pas intéressée par un gars dans ton genre, donc que ce n’est pas celle pour toi. C’est une bonne chose à savoir. Parce que sérieusement, pourquoi est-ce que tu voudrais gâcher ta vie en la partageant avec quelqu’un qui n’aime pas ce que tu es?

Publicités

A propos Steve Requin

Auteur, blogueur, illustrateur, philosophe amateur et concierge de profession.
Cet article a été publié dans Ces gars à éviter, Dose de Réalité, Fait vécu, Les bons gars, Listes, Psychologie et comportement social, sexualité. Ajoutez ce permalien à vos favoris.