10 choses que j’ai apprises en tant que gars hétéro qui a couché avec une lesbienne (3 de 3)

Voici la première partie de ce récit.
Et voici la seconde.

Quelques années se sont écoulées.  Ma relation de couple d’alors s’est terminée en bons termes.  Elle a pris fin pour des raisons qui n’ont aucun rapport avec Vanessa.  Je n’ai plus revu cette dernière, ni tous nos autres amis et contacts impliqués dans 1 Gay, 1 Hétéro depuis que la série a pris fin.  J’ai déménagé.  J’ai changé d’emploi.  On peut dire que j’ai complètement changé de vie.  J’ai réappris à vivre en célibataire, ayant quelques aventures ici et là.  J’ai même eu une amante régulière pendant quelques mois.  Puis, après un an et demi, j’ai rencontré Flavie, qui deviendra ma blonde, puis ma conjointe, et enfin ma fiancée.

L’été dernier, peu après avoir fêté nos trois ans en tant que couple, nous étions au salon, à relaxer tout en jasant.  Je lui parlais de l’invitation que j’avais reçue en mars dernier, pour faire partie du troisième recueil annuel de BD nommé Crémage. Crémage, dont la mission est de parler de sexualité autrement, suggère à leurs auteurs de raconter leurs expériences sexuelles inusitées.

FLAVIE: Ça fait déjà trois mois.  Nous sommes presque à la date de tombée. As-tu pensé à ton récit?
MOI: Ouais! J’en ai un!  Mais j’hésite.  Je ne crois pas t’en avoir déjà parlé avant.  C’est un truc que j’ai vécu à l’époque où je jouais l’hétéro dans la série de photowebcomic 1 Gay, 1 Hétéro. 

Et voilà que je lui raconte mon histoire avec Vanessa, dans tous les détails.  Puis, je lui parle de toutes les réactions que ce récit avait suscitées sur le forum.

MOI: Et c’est pour ça que j’hésite.  Si les commentaires que j’ai reçu à ce moment-là sont le reflet de la mentalité collective, alors j’ai de bonnes raisons pour penser que si j’en fais une BD, ça ne sera vraiment pas bien reçu.
FLAVIE: Mais chéri…  Est-ce que tu te rends compte que l’histoire que tu viens de me raconter…  C’est un viol?

Je soupire, roulant les yeux au ciel.  Flavie étant féministe et plutôt militante, ça m’aurait surpris qu’elle n’arrive pas à cette conclusion elle aussi.

MOI: Je sais, je sais!  Puisqu’elle était saoule, ça signifie que j’ai abusé d’elle.  Parce que même si c’était elle qui me harcelait non-stop pour baiser, l’alcool faisait qu’elle n’avait pas toute sa tête.  Donc, en lui disant oui, j’ai profité de la situation, ce qui en fait un viol.  Je sais, on me l’a déjà dit.
FLAVIE: Non! C’est pas ça que je dis. Bien au contraire.  Oui, c’était un viol…

LEÇON 9: … Mais c’est moi qui l’a subi.

Surpris par cette affirmation, je reste silencieux quelques secondes.

MOI: … Euh… Comment ça?
FLAVIE: La définition d’un viol, c’est d’avoir une relation sexuelle avec une personne non-consentante, ou bien qui n’est pas en état d’être capable de donner un consentement.
MOI: Bah ouais, je sais! Mais c’est pas pareil.  J’ai consenti!
FLAVIE: Oui, tu as consenti.  Mais seulement après qu’elle t’ait harcelé. Après qu’elle ait insisté de multiples fois.  Après qu’elle se soit arrangée pour ne pas te laisser le choix.  En refusant de te dire où elle habitait, pour te manipuler à l’héberger.  En t’embrassant malgré le fait que tu lui avait dit non une demie-douzaine de fois.
MOI: Ben…  Avoir vraiment voulu refuser, je n’aurais jamais changé d’idée.  Je suppose donc qu’au fond de moi, je le voulais.
FLAVIE: Vraiment? Tu me l’as dit tantôt, qu’elle t’avait manipulé de façon à te donner l’impression que si tu refuses de coucher avec elle, ça la mettrait dans un état de déprime épouvantable.  Elle t’a mis en tête que tu étais son dernier recours, pour ne pas se croire laide ou imbaisable.  Et puisque tu l’avais déjà vécu avant, tu savais qu’une fille qui se fait dire non pour du sexe, des fois, ça peut se venger en détruisant ta réputation, ta vie sociale, ton couple.   Alors je te repose la question: Le voulais-tu vraiment? Ou bien est-ce que tu avais peur des conséquences de lui dire non?

Je reste coi.

FLAVIE: Parce que, si tu lui as dit oui par peur des conséquences de lui dire non, alors ce n’est pas du consentement.  La preuve, c’est que tu n’as pas arrêté de lui dire non, ou d’essayer de trouver une façon d’y échapper, jusqu’à ce que tu te rendes compte qu’elle pourrait te faire payer cher ton refus.  Ce n’est pas du consentement, c’est de la peur.  Dire oui par peur, c’est baiser contre son gré.  Et baiser contre son gré, c’est un viol.

Je ne sais pas quoi répondre à ça.  je suis sous le choc de ces révélations.  

MOI:  Mais, je…  Me semble que… Avoir vraiment voulu, j’aurais pu trouver une solution.  Je me souviens très bien m’être dit, dans la salle de bain, avant d’aller la rejoindre, que dans le fond, coucher avec une lesbienne, ce serait un grand honneur.  Une chance unique à ne pas laisser passer.
FLAVIE: Oui, mais tu t’es dit ça quand? Au début, la première fois qu’elle te l’a proposé?  Non! Tu t’es dit ça, seulement une fois que tu t’es senti acculé au pied du mur.  Et ce n’était même pas ta pensée, tu ne faisais que répéter ce qu’elle t’avais dit. 
Tu sais, c’est une situation classique, ça, quand une fille vit une situation semblable.  Plutôt que de s’avouer elle-même qu’elle est en train de se faire manipuler à avoir du sexe contre son gré, elle se convainc elle-même que dans le fond, elle le voulait.

Et voilà! Après toutes ces années, je comprends enfin quel était ce curieux malaise qui m’a habité durant plusieurs semaines, suite à mon aventure avec Vanessa.  C’était un mélange de tout ça.  Peur. Culpabilité. Humiliation. Remords. Regrets. Honte.

FLAVIE: Une autre preuve comme quoi c’était un viol…  Tu sais, les commentaires que tu as reçu?  Eh bien…

LEÇON 10:  Ces réactions à 100% négatives en mon endroit, que j’ai eues suite à mon témoignage, c’est exactement ce que subit toute femme victime d’une agression sexuelle.
C’est ce que Flavie m’a fait constater, en reprenant point par point chaque commentaire que j’ai reçu.

  • On ne me croit pas?  C’est ce qu’elles subissent.
  • On trouve des raisons logiques pour démolir la crédibilité d’une telle anecdote? C’est ce qu’elles subissent.
  • On me dit que je prends mes rêves pour des réalités? C’est ce qu’elles subissent.
  • On évoque le fait que j’ai menti au moins une fois dans ma vie, pour mettre un doute raisonnable sur mon récit? C’est ce qu’elles subissent.
  • On me dit que si j’avais vraiment voulu m’en tirer, ce ne sont pas les options qui manquent: Quitter l’appartement en courant, appeler la police, etc? C’est ce qu’elles subissent.
  • On me dit que dans le fond, être forcé à avoir une relation avec elle, c’est ce que je voulais, puisque je suis juste incapable d’assumer mes désirs? C’est ce qu’elles subissent.
  • On cherche à me convaincre que dans le fond, je le voulais vraiment? C’est ce qu’elles subissent.
  • On inverse les rôles, disant que c’est moi qui est coupable? C’est ce qu’elles subissent.
  • On cherche à ruiner ma vie de couple, pour avoir commis un adultère, même s’il était forcé? C’est ce qu’elles subissent.
  • On évoque le fait que je n’ai pas toujours été fidèle, pour rendre non-crédible le fait que je ne voulais pas tromper ma blonde? C’est ce qu’elles subissent.
  • On dit qu’en fait, je me vante? C’est ce qu’elles subissent.
  • On dit que je ne suis pas assez attrayant pour avoir subi un viol?  Eh oui, là encore, croyez-le ou non, c’est ce qu’elles subissent.


Je n’en reviens pas!

MOI: Alors comme ça… J’aurais vécu un viol!  Eh bien! 

Flavie se rapproche, passant ses bras autour de moi, réconfortante.

FLAVIE: Comment tu te sens, face à tout ça?
MOI: Ben…  Je sais pas trop.  Je suis pas traumatisé, si ça peut te rassurer.  Je veux dire, avant que tu me fasses prendre conscience de ça, c’était déjà une expérience pas trop agréable, sans plus.  Je ne peux pas dire que ça a empiré depuis. C’est juste que ça me permet de comprendre beaucoup plus ce que j’ai subi, et ce que j’ai ressenti.
FLAVIE: Eh bien maintenant, j’espère que tu y penseras à deux fois, avant de rajouter du désagrément à une fille qui te dit avoir déjà subi une agression sexuelle.
MOI: Qu’est-ce que tu veux dire?
FLAVIE: Tu es d’accord avec moi comme quoi tu as subi un viol.  Et on s’entend que le viol est un crime.  Est-ce que tu vas dénoncer Vanessa à la police?
MOI: Euh…  Bah, non!
FLAVIE: Pourquoi?
MOI: Ben là!  Ça fait tellement longtemps.  Et puis, elle va certainement le nier.  Et ça, c’est si elle s’en rappelle pour commencer.  Et puis, je sais pas trop… J’ai vécu avec cette histoire jusqu’à maintenant et ça ne m’a pas affecté outre-mesure.  C’était désagréable,  d’accord, mais pas traumatisant.  Et puis, bon, c’est du passé.  J’ai tiré les leçons que j’avais à en tirer pour ne pas que ça se reproduise.  Je ne vois pas quel bien il y aurait à en tirer, de ramener cette histoire-là, surtout devant les tribunaux.  En plus, ça apprendrait à mon ex que je l’ai faite cocue une fois de plus, alors qu’elle me refaisait confiance.  Sans compter tout le bordel que ça va faire à tous nos entourages respectifs.  En plus qu’il va falloir que je repasse à travers les mêmes commentaires déjà reçus sur le forum.
FLAVIE: Bon ben pourquoi tu m’en a parlé, alors?  Tu voulais te victimiser, en t’en plaignant, sans rien faire, alors qu’il y a tellement de lois et d’organismes à ta disposition?

Je me rends soudain compte de ce qu’elle est en train de faire.

MOI: Je reconnais ces arguments.  Ce sont les miens, lorsque j’en vois qui se plaignent d’agression sexuelle, mais qui laissent leurs agresseurs s’en tirer.
FLAVIE: Eh oui!  Se faire mettre de la pression pour poursuivre un violeur en justice malgré le fait que l’on n’y tient pas pour des raisons personnelles, sous peine de se faire qualifier de victimes volontaires, de lâches, de chialeuses qui font dans la victimisation, d’hypocrites qui font semblant qu’il n’y a pas de solutions, d’irresponsables qui contribuent au crime en laissant aux criminels tout le loisir de recommencer…  Ça aussi, c’est ce qu’elles subissent.  Et ça aussi, c’est aussi désagréable à vivre que tout le reste. Sinon plus!

Jusqu’à ce moment-là, j’avais toujours cru être une personne bien intentionnée.  Ça me semblait tout ce qu’il y a de plus logique, de mettre de la pression sur une victime afin de faire arrêter son agresseur.  J’avais comme arguments que si l’agresseur ne subit aucune conséquences de ses gestes, alors il n’aura aucune raison de cesser de les commettre.  Ainsi, les prochaines victimes qu’il fera, ce sera autant de la faute de l’agresseur, que de ses victimes précédentes qui auraient pu le faire arrêter, mais ont choisi délibérément de ne pas le faire.  

Il m’aura fallu vivre un viol, moi aussi, pour enfin comprendre que dans ce genre de situations, les faits ne sont pas toujours du tout-noir-ou-tout-blanc.  Dans la réalité, c’est du cas par cas, et chacun est beaucoup plus compliqué que ça.

En conclusion, je réalise que je dois beaucoup d’excuses à beaucoup de personnes.

10 choses que j’ai apprises en tant que gars hétéro qui a couché avec une lesbienne (2 de 3)

Ceci est la suite du billet précédent.

Quatre jours plus tard.  Ma blonde est revenue de Suisse.  Elle termine de vider et ranger le contenu de ses bagages tout en me racontant ses anecdotes de voyage.  Ça cogne à la porte de balcon.  C’est Vanessa, tenant mon oreiller et ma douillette.  Je lui ouvre.  Voyant ma blonde, elle lui dit:.

VANESSA: Hey! Hello! T’es revenue d’Europe.
MA BLONDE: Oui, je suis arrivée ce matin.  Chuis encore sous le décalage.  Sept heures de différence.
VANESSA: Fa que ouais, je reviens porter la douillette et l’oreiller de ton chum.
MA BLONDE: Oui, il m’a dit ça tantôt, que t’avais dormi ici parce que t’avais trop bu pour conduire.
VANESSA: Oui oui, mais rassure-toi, j’ai dormi dans ma van. On n’a pas couché ensemble!
MA BLONDE: Ben là, j’pense pas que t’étais saoule au point de le prendre pour une fille. Ha! Ha! Ha!

Je ris aussi, mais jaune.  Je ne peux pas croire que Vanessa vient vraiment de lui dire ça.  C’est une chose de garder le secret sur notre séance de sexe illicite, c’en est une autre de délibérément amener le sujet à ma blonde dans le but unique de lui mentir en face.

Tard en soirée, tandis que ma blonde dort afin de se remettre au fuseau horaire du Québec, je parcours le net.  J’ai essayé de ne pas trop y penser ces derniers jours, mais depuis la visite surprise de Vanessa cet après-midi, je dois reconnaître que je suis un peu troublé par le souvenir de notre expérience intime.  Je ne saurais cependant dire pourquoi.  Aussi, un peu par réflexe inconscient, je google à la recherche de témoignages d’autres personnes ayant vécu une histoire d’un soir gars hétéro / fille lesbo. 

Je finis par trouver un forum dans lequel il y a justement un tel sujet.  Je lis l’histoire du gars qui l’a démarré.  Je trouve que son récit tient un peu de la romance fantaisiste, surtout le bout où il écrit que la fille l’a remerciée de l’avoir aidée à découvrir son propre corps.  Parce qu’il me semble que s’il y a un genre de fille qui connait bien tous les recoins et fonctions de son corps, c’est bien une lesbienne.  Mais qu’importe!  Je  m’y inscris.  Puis, je passe l’heure suivante à écrire ce que vous avez lu dans le billet précédent.  J’attends ensuite les réactions.  Pour le moment, il n’y en a pas.  Je décide donc d’aller me coucher.

Le lendemain et les semaines suivantes, par contre, les réactions se succèdent.  Bientôt, il y a plusieurs pages de commentaires à la suite de mon histoire.  Et c’est en les lisant que je constate quelques points troublants sur la façon dont les gens perçoivent les histoires comme la mienne.  J’en ai tiré dix leçons:

LEÇON 1:  Pour plusieurs raisons, personne ne trouve la chose crédible.
Une grande partie des répondants qualifient mon histoire de fantaisie de loser puceau qui prend des rêves pour des réalités.  Quelques raisons:

  • Une lesbienne, désirer un gars?  Déjà là, c’est peu crédible.  Alors une butch en plus…
  • Une lesbienne, désirer un gars, alors que sa seule expérience avec des gars était un viol? À d’autres!
  • Pour qu’une lesbienne ait envie d’un gars, il faudrait que ce dernier soit exceptionnellement beau. On parle, mannequin Hollywood-style beau.  J’ai beau m’être amélioré physiquement depuis mon adolescence, je suis loin d’avoir leur look.
  • De toute façon, l’alcool ne change pas la personnalité et encore moins l’orientation sexuelle.  Au contraire, en enlevant les inhibitions, elle ne fait que la raffirmer.
  • Et même si on admet qu’un jour, une lesbienne puisse avoir envie de sortir de sa routine sexuelle afin d’expérimenter la baise avec un gars.  Eh bien, comme elle le dit, c’est le fantasme de tous les gars.  Elle aurait donc l’embarras du choix, les candidats se bousculeraient au portillon.  Elle en choisirait donc un beaucoup mieux foutu que moi. 
  • Certains vont tout de même me qualifier de rafraîchissant, d’avoir utilisé une butch dans mon récit plutôt que la classique belle & jeune lipstick lesbian.  Ce qui fait que certains autres en arrivent à la conclusion que, si j’ai choisi comme personnage une fille avec des traits plus masculins, alors mon récit serait la manifestation d’une homosexualité refoulée que je cherche à nier.
  • Autre chose que les gens trouvent peu crédible: Mon manque d’enthousiasme. Un gars hétéro, hésiter quand une lesbienne lui propose du sexe? Lui refuser? Ne pas avoir envie de jouir?  Dis-donc, nous ne sommes pas nés de la dernière mouille, hein!
  • Et puis d’abord, tout le monde a menti au moins une fois dans sa vie.  Si, à l’âge de huit ans, j’ai menti en disant à mes parents que ce n’est pas moi qui a vidé le pot de beurre d’arachide dans le grille-pain, voici donc la preuve comme quoi je suis un menteur. Et si j’ai menti pour ça, alors il y a un doute raisonnable comme quoi je mens certainement, trente-cinq ans plus tard, en disant m’être tapé une lesbo.  

LEÇON 2: Techniquement, il est impossible pour un homme de coucher avec une lesbienne. 
C’est exactement ce que plusieurs personnes répondent: « Il est impossible pour un homme de coucher avec une lesbienne, car à partir du moment où elle couche avec un gars, elle n’est plus lesbienne mais bien bisexuelle. »   Mais d’autres démentent cette théorie en disant qu’en fait, il existe un moyen pour une lesbienne de baiser avec un gars tout en restant lesbienne: Subir un viol!  Et justement…  

LEÇON 3:  Selon l’opinion générale, je serais coupable d’avoir commis un viol.
Je suis un homme. C’est une femme.  Elle était saoule.  Donc, en couchant avec elle, j’ai profité du fait qu’elle n’avait pas toute sa tête.  Parce que sinon, si elle avait vraiment voulu de moi, disent-ils, elle n’aurait pas hésité à me le dire lorsque à-jeun.  La preuve: Après le sexe, elle m’a fui pour aller se verrouiller dans sa minivan.  Et au matin, réalisant toute l’horreur de ce que je lui ai fait subir la veille, elle a fui sans revenir me donner signe de vie.  TOUTES LES PREUVES SONT LÀ! 

LEÇON 4: Au nom de « Faire ce qui est Juste », tout le monde s’attend à ce que tu n’hésites pas à mettre toutes tes relations en jeu.
Et c’est quoi, faire ce qui est juste, selon eux? C’eut été lui servir un NON! catégorique, et ne jamais céder.  Et si c’eut été la plonger dans une déprime?  Et si ça l’aurait mené à une dépression, vu son très bas état moral?  Et si, comme il m’est arrivé maintes fois par le passé, elle aurait frustré et tenté de se venger en détruisant ma vie sociale et professionnelle en racontant notre soirée, mais en inversant les rôles?  DES EXCUSES QUE TOUT CELA!  Je ne cherche qu’à me justifier d’avoir commis un adultère, voilà tout!

LEÇON 5: Pour deux raisons, ce n’est vu que comme étant de la vantardise.
Raison 1: Ben oui! Relisez le texte, vous verrez:

  • Je dis qu’elle me trouve beau.
  • Je confirme qu’en effet, je suis un ex-laideron devenu beau.
  • Je raconte que la fille insiste pour coucher avec moi, et insiste, et insiste, et insiste.
  • Je rajoute même que j’ai tellement eu d’offres de sexe par le passé que j’ai eu, à maintes reprises, à leur dire non.
  • ET ÇA LES AVAIS TELLEMENT FRUSTRÉES!!!!!!!11!!!!!

Si ce n’est pas de la vantardise, c’est quoi?

Et la raison 2; Ça part du point comme quoi le lesbianisme de Vanessa n’avait aucune importance dans mon récit.  La preuve: Enlevez-en toute mention et l’histoire ne change pas d’un poil.  Ça reste l’histoire d’un gars qui se fait proposer du sexe, refuse pour ne pas tromper sa blonde, puis finit par céder.  Donc, si je prends la peine de préciser son orientation sexuelle, c’est juste par envie de me vanter au monde entier comme quoi j’ai eu l’extrêmement rare honneur d’avoir pu faire du pine-gouine.

LEÇON 6:  Certaines personnes cherchent tellement à nuire à autrui, qu’ils mettent un temps fou et des efforts inouïs à ce but, même s’ils ne connaissent même pas leur cible.
Une semaine après avoir publié mon article sur le forum, ma blonde revient de travailler, toute hilare.

ELLE: Hey, tu devineras jamais quoi?  Y’a un gars tantôt qui m’a envoyé un message sur Facebook comme quoi tu me trompais avec Vanessa.
MOI: Hein? Qui ça? 
MA BLONDE: Je sais pas! Dès que le gars m’a envoyé son message, son nom a changé pour « Utilisateur Facebook », et je ne pouvais même pas lui répondre.  Dommage! J’ai pas eu la chance de lui dire: « Heille, Chose, ton récit serait déjà plus crédible si t’avais pas choisi notre seule amie lesbienne butch. Ha! Ha! Ha! »

Finalement, je me ravise: Ça m’arrange beaucoup, que cette histoire ne soit pas vraiment crédible.  Soulagé, je me penche sur la question suivante: Qui a donc bien pu me dénoncer? 

Premièrement, je ne crois pas que Vanessa se serait vantée de ça auprès de nos amis.  Ensuite, si elle s’était confiée, ça aurait été à son meilleur ami, soit Daniel.  Et agir de cette façon, ce n’est pas son genre.  Il tient trop à notre amitié et à nos projets pour tenter de saboter mon couple. Il ne reste donc que trois suspects possibles: L’un des trois administrateurs du forum.  Pour s’inscrire à un forum, il faut entrer une adresse de courriel.  L’administrateur du forum, après avoir lu mon récit, serait donc allé voir mon profil.  En tant qu’admin, il aurait eu accès à mon adresse de courriel.  Il serait ensuite allé sur Facebook et l’aurait entré dans l’engin de recherche, ce qui l’aurait amené à mon compte.  À l’époque, il y avait moins d’options de sécurité.  Il y aurait donc vu que j’étais en couple, et avec qui.  Enfin, il aurait parcouru la liste de mes amis, aurait visité les profils de toutes les filles, et y aurait trouvé la seule lesbienne célibataire que j’y avais dans le lot. À partir de là, il aurait pris le temps de se créer un faux compte Facebook, juste pour le temps de me dénoncer à ma blonde, avant de le fermer.

Je n’ose même pas imaginer le temps que ça a dû lui prendre.

Eh oui!  Il existe des gens, comme ça, qui sont prêts à tout pour tenter de nuire à autrui, sans même les connaître.  Ça ne devrait pas me surprendre.  Quelques années plus tard, après avoir lu mon très fameux article 30 comportements qu’il faudrait cesser d’avoir sur Facebook, un lecteur anonyme a cru que les fausses captures d’écran que j’y expose étaient vraies.  Ainsi, il a écrit au « mari » (homosexuel dans la vraie vie) de cette fille pour l’avertir qu’elle le faisait cocu avec moi:

… Et là encore, le délateur a détruit son compte une fois son message envoyé.

LEÇON 7: On est confus!  On se demande si nos sentiments, suite à une telle expérience, sont bien normaux, ou bien si c’est nous qui sonnes anormaux. 
Parce que, autant de la part de Vanessa que de la part ce la majorité des répondants sur le forum, parce que c’est une lesbienne et parce que je suis un gars hétéro, j’aurais dû aimer ça.  J’aurais dû être super excité.  J’aurais dû profiter de la chose en venant 7-8 fois en ligne. Ce n’était pas mon cas.  Suis-je normal, docteur?

LEÇON 8: Entendre ce genre d’expérience ne suscite en général que des sentiments négatifs. 
J’ai pu le voir de la part de tous les répondants: Incrédulité, envie, mépris, jalousie, colère, condescendance, désir de me nuire et ruiner mon couple, et j’en passe.  

Alors pourquoi est-ce que je décide d’en parler de nouveau?  C’est à cause des deux dernières leçons, les plus importantes de toutes.

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La suite: Les deux dernières leçons, les plus importantes de toutes.

10 choses que j’ai apprises en tant que gars hétéro qui a couché avec une lesbienne (1 de 3)

Cette anecdote se passe à l’époque où je jouais le rôle de l’hétéro dans  1 Gay, 1 Hétéro.  Cette série racontait les aventures de deux colocataires, l’un gai, l’autre hétéro, comme le dit le titre. C’était comme une bande dessinés, mais en photo-roman au lieu de dessins. Pour vous donner une idée, en voici un gag:

Bien qu’il n’ait jamais été mon colocataire pour vrai, celui qui jouait le rôle de Daniel était véritablement homosexuel.  Et comme on peut s’attendre d’un jeune gai montréalais, il avait beaucoup d’amis gais, autant hommes que femmes.  Et comme le veut le cliché, ceux-ci étaient des fervents du nightlife, sortant dans les bars, à boire, danser, draguer et s’amuser jusqu’à 2-3 heures du matin.  .

L’une des meilleures amies de Daniel s’appelait Vanessa.  Elle était ce que j’appelais, avec toute mon incorrectitude politique de l’époque, une lesbienne génétique.  Vous savez, ces femmes qui sont grandes, ont un grand menton, des épaules larges, des mains d’hommes, pas laides mais sans vraiment avoir de traits féminins, et qui, quel hasard, sont généralement lesbiennes et butchs?  Bon ben voilà, je viens de vous décrire Vanessa.

Vanessa était gentille, amusante, mature, joyeuse.  Cependant, sa vie avait récemment pris un mauvais tournant.  Ou un bon, c’est selon.  Son couple venait de prendre fin.  Elle venait de déménager de Montréal vers l’Île-des-Sœurs (Verdun) afin de fuir sa conjointe des dix dernières années.  Une conjointe petite, jolie, délicate, douce…  Mais qui lui faisait subir de la violence psychologique et physique depuis plusieurs années.  Comme quoi la personne violente dans un couple n’est pas toujours celle que l’on s’imagine.  Bref, reprenant sa liberté après des années d’esclavagisme dans lequel elle était sans cesse rabaissée, elle redevenait célibataire, devant réapprendre à vivre, et surtout réapprendre qui elle était.  Et ça, ce n’est pas toujours facile.

Depuis sa rupture, Vanessa avait pris deux habitudes qui nous dérangeaient un peu.  La première, c’est qu’elle s’était mise à draguer sans bon sens, approchant toutes les filles sur qui elle posait les yeux.  Non seulement aux bars du Village gai où nous sortions, mais également celles qu’elle savait pourtant hétéro.  Et la seconde, c’est que depuis son célibat, elle avait fortement augmenté sa consommation d’alcool.  Je me souviens d’une journée en particulier, où Daniel et moi sommes allés la retrouver chez elle dès 10 :30 du matin, et que nous ne nous sommes quittés que passé minuit.  Eh bien tout le long, elle avait une bouteille de bière à la main.  Elle s’en est tapé au moins une à l’heure. 

Son alcoolisme a commencé à devenir alarmant lorsque, après une soirée aux bars, elle s’est offerte d’aller nous reconduire dans son minivan, puisque les métros étaient fermés.  Jamais je n’oublierai cette nuit-là. Trois heures du matin, sur l’échangeur Turcot.  La radio qui blaste à tue-tête Poker Face de Lady Gaga.  On dit que les gens saouls conduisent tout-croche.  Eh bien Vanessa, elle, conduisait droit…  Y compris dans les courbes.  Par quatre fois, il a fallu que j’agrippe le volant pour éviter que l’on percute le muret de béton.  Bonne chose que je ne suis pas cardiaque.  Je crois que la majorité de mes cheveux blancs actuels ont pris naissance lors de cette ballade.

Dès que nous sommes arrivés chez Daniel pour le déposer, j’ai été catégorique : Ou bien elle me laisse conduire, ou bien….  Non, en fait, il n’y a pas eu de ou bien! Je l’ai obligé à me céder la place, point!  Elle a accepté.  De toute façon, si elle refusait, je m’emparais des clés. 

Sur le chemin du retour, alors que je conduis en longeant le fleuve en direction de Verdun, voilà qu’elle me dit :

ELLE : Bon ben là, y va être obligé de se passer de quoi entre nous deux.
MOI : Ha! Ha! ‘Est bonne!
ELLE : J’niaise pas!
MOI : Qu’est-ce tu veux qu’y se passe entre nous? J’ai une blonde, pis t’es lesbienne.
ELLE : C’est sûr qu’y va se passer d’quoi!  T’as passé la soirée à danser sensuellement avec moi au Cocktail
MOI : Ben là! Tu m’as collé pis tu m’as agrippé les fesses!  J’étais supposé faire quoi?  Partir à courir en criant « AU VIOL! »?  Ben non!  T’as fait semblant de me draguer, pis j’ai embarqué dans le jeu. C’était drôle, pis c’est tout.

Quelques instants de silence.  Puis elle dit:

ELLE : Ça t’tenterais pas de me faire un enfant?

Je ne m’attendais pas à me la faire poser, celle-là. 

MOI : J’peux te refiler un des miens, si tu veux.  J’en ai déjà quatre avec mon ex, je ne tiens pas à en faire d’autres.
ELLE :  Naaah!  Je voudrais un enfant à moi.  Pis si c’est toi le père, je l’sais qu’y va être beau. 

Vanessa pose sa main sur mon épaule.

ELLE: Tu l’savais, ça, que t’es beau?

J’ai toujours ressenti un certain malaise de recevoir des compliments au sujet de mon physique.  J’ai passé ma jeunesse à être laid.  Et à cette époque-là, les seules qui me disait me trouver beau, c’était pour se moquer de moi.  Ce n’est qu’à la veille de mes quarante ans, à l’âge où d’habitude on commence à décliner, que moi, au contraire, j’ai inexplicablement commencé à être regardable. 

Bref, non seulement je manque d’habitude de me faire dire ça, j’ai toujours de la difficulté à croire que c’est un compliment sincère.  Alors de la part d’une lesbienne en plus, ça devient carrément surréaliste.    

MOI :  Eh bien merci, c’est gentil.
ELLE : Chus sérieuse!
MOI : Alors c’est encore plus gentil, fa que encore plus merci.
ELLE : Ça te tenterais pas qu’on couche ensemble?

J’ai le sens de l’humour, mais je commence à trouver qu’elle insiste lourdement.

MOI : Bah! Si j’étais célibataire et toi straight, je sais pas…  Mais on n’est ni l’un ni l’autre, fa que, pour être franc, je n’y ai jamais pensé.
ELLE : T’aimerais pas ça, coucher avec une lesbienne?  ‘Me semble que c’est le fantasme de tous les gars.  C’est ce que tu montres dans le dernier épisode de 1 Gay 1 Hétéro, non, que t’aimerais ça en avoir une?
MOI : Oh, faut pas confondre.  Je ne suis pas comme ça, je dénonce ceux qui le sont.

Je crois comprendre.  Puisqu’elle est en état d’ébriété, elle craint peut-être que j’essaye d’en profiter.  Je la rassure donc, comme quoi je ne suis pas ce genre de gars.

MOI :  Tu vois, coucher avec une lesbienne, ça ne m’a jamais traversé l’esprit.  Je ne suis pas du genre à perdre mon temps sur des causes perdues.  75% de mon excitation vient du fait que je sais que la fille me désire.  Une lesbienne ne peut pas me désirer, fa que les lesbiennes ne m’allument pas.
ELLE : Ben j’te désire, moi!  Pis si ça peut te rassurer, tu serais pas le premier gars avec qui je couche.
MOI : Ah bon?
ELLE : Non, mais par contre, tu serais le premier avec qui je le fais volontairement. 

Est-ce qu’elle est en train de me dire qu’elle a déjà été victime d’une agression sexuelle?

ELLE: Tu lisais-tu le journal Photo-Police y’a 10 ans?
MOI : Ça m’arrivait, ouais!
ELLE : Ben y’a eu un article de deux pages sur moi.  J’avais été enlevée par trois gars qui m’ont violée tour à tour, toute une fin de semaine.

Je reste silencieux quelques secondes, sous le choc de cette confidence.  C’est d’une voix hésitante que je réponds.

MOI : … Holy shit!

S’en suit quelques secondes d’un silence malaisant, que je brise en disant :

MOI :  Euh… Bon! On va être au pont de Verdun-Île-des-Sœurs dans 3-4 minutes.  Va falloir que tu me guides, j’ai un peu de misère à m’orienter puisque leurs rues sont en courbes au lieu d’être en quadrilatères.
ELLE : Ta blonde es-tu chez vous?
MOI : Non, elle est en Suisse, pour présenter son nouveau livre.
ELLE : Bon ben amène-moi chez vous.
MOI : Euh… Tu veux pas que je te ramène chez toi?
ELLE : Comment tu vas faire pour revenir chez vous après?  Y’a pas de bus à cette heure-ci.  Non, regarde, tu m’amène chez vous, pis on va coucher ensemble, pis demain matin je repartirai.

Je suis en couple!  Elle est saoule!  Elle ne m’attire pas du tout!  Une seule de ces raisons est suffisante pour que je refuse, et là j’en ai trois.  Aussi…   

MOI :  Non, r’garde, j’peux pas faire ça à ma blonde.
ELLE : T’es pas obligé de lui dire.  De toute façon, tu deviendras pas mon amant régulier. C’est juste pour un soir.
MOI :  J’aimerais mieux pas.  Ce ne serait pas correct.

Vanessa soupire.  Sa voix prend un ton triste, découragé.

ELLE :  Mon ex avait ben raison, de me dire que si je la quittais, je m’en trouverais jamais une autre.  Ça fait deux mois que je cruise comme une malade, pis y’en a pas une qui veut de moi.
MOI :  Ah bon? Mais d’après Daniel, tu t’en es ramassée deux ou trois.
ELLE :  C’était juste des one-night! Après ça, elle ne veulent plus me revoir.  Je sais pas si c’est parce que je suis laide ou bien si c’est parce que je baise mal.

Je ne vois pas ce que je pourrais répondre à ça.  J’aimerais bien la rassurer, lui dire « Ben non, voyons, t’es pas laide.  En plus, t’es une bonne fille, gentille, charmante, etc.  T’as juste pas encore trouvée la bonne personne.  Un jour tu vas bla bla bla cliché cliché. »  Mais je crains qu’elle n’attende que ça pour revenir à la charge, en me demandant pourquoi est-ce que je ne veux pas d’elle, si je suis vraiment sincère en lui disant ça.  Voyant que je ne répond pas, elle ajoute:

ELLE :  Comment est-ce que je peux espérer plaire à une fille si chus même pas capable de plaire à un gars, malgré le fait que tous les gars rêvent de fourrer une lesbienne?

Je ne dis rien, mais ce dernier commentaire joue sur mon sentiment de culpabilité.  Je savais que ce n’était pas la joie pour elle depuis sa rupture.  J’ignorais que ça l’avait affecté à ce point au niveau de son estime personnelle.  Et là, elle vient carrément de me mettre sur les épaules la responsabilité de la fragilité de son ego, de son équilibre moral et de son estime personnelle.  Je suis supposé faire quoi, maintenant?  Accepter de coucher avec elle et ainsi tromper ma blonde, chose que je m’étais promis ne plus jamais refaire?  Ou bien refuser et être responsable d’une déprime décuplée par son état éthylique?  Vanessa vient de me mettre dans une situation cornélienne dans laquelle je serai dans le tort, quoi que je fasse.

Alors que je stationne la minivan dans ma cour arrière, j’espère juste que Vanessa n’insistera plus.  En silence, nous montons les escaliers en colimaçon qui mènent jusqu’à mon balcon arrière, à mon appartement qui occupe la totalité du 3e  et dernier étage.  J’entre, suivi par Vanessa, dans la cuisine faiblement éclairée par la lumière de la cuisinière.

MOI : Bon ben nous y v’là! Fa que, t’as le choix.  Tu peux dormir sur mon lit dans ma chambre, ou sur le lit de ma blonde dans sa chambre, ou même le fauteuil du salon si ça te chante.
ELLE : Je vais me coucher dans ton lit, avec toi.

Doucement, elle me prends par les épaules et me tourne face à elle.  Elle approche son visage du mien et m’embrasse.  Sa bouche s’entrouvre, sa langue au goût de bière et de tabac trouve la mienne.  Résigné, je choisis de me laisser faire.  Je passe mes bras autour d’elle et nous prolongeons ce french-kiss toute une minute.  Puis, j’y mets fin.  Je sépare ma bouche de la sienne, j’ouvre les yeux et regarde dans les siens.

MOI : Ok…  Tu veux vraiment faire ça!?
ELLE :
 Oui!
MOI : D’accord!  Mais avec condoms.
ELLE : Comme tu veux!

La dernière chose que je veux, c’est une cinquième paternité. Surtout avec une personne qui traverse une telle période d’instabilité émotionnelle. Je l’amène à ma chambre.

MOI : Voilà! Installe-toi, je reviens!
ELLE : Tu vas où? 
MOI : Aux toilettes.

Avec un peu de chance, l’alcool aidant, et le fait qu’il est passé quatre heures du matin, si je la fais attendre, il est possible qu’elle s’endorme.  On dirait qu’elle a lu dans mes pensées, parce que… 

ELLE : Tu reviens, hein?  Oublie pas, tu m’as promis.  N’espère pas que je m’endorme en t’attendant.  Je vais rester debout, ici, dans le cadre de porte.

Bon! Ça m’a tout l’air que je n’y échapperai pas.  

Tandis que je me brosse les dents, je tente un dernier coup de trouver une façon de lui dire non. Mais plus j’y pense et plus j’ai un doute: Est-ce vraiment une bonne idée? Il m’est arrivé plusieurs fois de dire non à des filles par le passé.  Et qu’est-ce qui est arrivé? Pour la majorité, elles ne l’ont pas pris et elles ont frustré solide.  Certaines d’entre elles m’ont ensuite fait mauvaise réputation, racontant ce qui s’était passé, mais en inversant qui avait harcelé qui.  Si jamais il prend à Vanessa l’envie de me faire ce coup-là, c’en est fini de ma vie amoureuse et sociale.  Déjà que personne ne me croyais quand je disais la vérité pour me défendre de leurs accusations, je vais être encore mille fois moins crédible, de prétendre que c’est moi, un homme, qui s’est fait harceler sexuellement par une lesbienne

Voyons plutôt la chose du bon côté. C’est une fille qui m’offre du sexe.  J’aime les filles. J’aime le sexe.  Et puis, hey, comme elle me le répète sans cesse: LESBIENNE!    Combien de gars peuvent se vanter d’avoir couché avec une lesbienne?  Et surtout, combien d’entre eux se le sont fait proposer de façon aussi insistante?  Je devrais prendre son offre comme un grand honneur.  C’est une opportunité unique qui ne se reproduira jamais.  Alors dans le fond, à part pour le fait que ça signifie tromper ma blonde, chose que j’ai déjà faite par le passé, je ne vois pas en quoi ça devrait être si terrible, d’accepter.

Après m’être fait un petit brin de toilette aux parties intimes, je vais la rejoindre.  Tandis qu’elle se dirige vers le lit, j’éteins la lumière.  Elle ne proteste pas.  Tant mieux.  Je ne saurais dire pourquoi au juste, mais je ne me sens pas à l’aise avec l’idée que l’on se voit nus. 

ELLE : Pas besoin de préliminaires, je suis prête.  Veux-tu que je te chevauche?
MOI : Ok!

Je m’installe sur le dos tandis qu’elle prend place au-dessus de moi.  Alors que j’ouvre l’enveloppe du condom que j’ai amené, elle pose doucement sa main sur les miennes pour m’interrompre.

ELLE : T’as pas besoin de ça!
MOI : Vanessa! J’étais d’accord, mais juste à cette condition-là!

Elle ne dit rien mais retire sa main.  J’enfile le condom.  Puis, elle me guide vers son entrée, m’engloutissant en descendant.  Elle n’avait pas menti en disant être prête.  Son sexe est chaud et glisse sans problème.  Tandis qu’elle monte et descends, je me demande si elle s’attend à ce que je lui fasse des choses avec mes doigts et ma langue.  Je suppose que non. Après tout, c’est une lesbienne.  Les doigts et la langue, elle a déjà ça de la part des autres lesbiennes, et elles sont probablement bien plus habiles à ça que je le suis.  Si elle veut d’un gars ce soir, c’est parce qu’elle veut la seule chose que ses amantes ne puissent anatomiquement lui apporter.  Je vais donc m’en tenir à ça, sauf si avis contraire.

Au fil des minutes, à mesure que nous nous activons, nous changeons quelquefois de position.  De la chevauchée, nous passons en levrette, ce qui me permet de la pénétrer plus en profondeur.  Puis, nous changeons de nouveau.  Je ne connais pas le nom de cette position, si elle en a un.  Elle est couchée sur le côté, une jambe relevée.  Et moi, chevauchant la cuisse couchée, je lui fait du va et viens.  À la pénétration, je décide de rajouter des caresses clitoridiennes avec mes doigts.  Bien m’en pris, moins d’une minute plus tard, ça l’amena à l’orgasme.  Se mettant sur le dos, elle me lance une petite vulgarité.

ELLE : Allez! À ton tour! Viens! Je veux voir ta face quand ta queue va jouir dans ma petite plotte de lesbienne.

C’est qu’elle tient vraiment à jouer la carte de son orientation sexuelle afin de m’exciter.  Je m’installe en missionnaire.  Elle est chaude.  Elle est glissante.  Elle est étroite.  Elle me désire.  Elle me dit d’allumantes cochonneries.  Mais bien que je m’active, je ne peux me nier plus longtemps ce sentiment qui m’habite depuis le tout début de nos ébats: Je sens que n’arriverai pas à jouir.  Je ne sais pas si c’est parce que je me sens manipulé ou si c’est par culpabilité pour mon adultère, ou même si c’est parce que j’ai l’étrange impression que notre union est contre-nature.  Il y a aussi le fait que je sais qu’elle ne m’a proposé du sexe que dans le but de lui faire un enfant.  En portant un condom, je lui enlève sa seule raison de vouloir coucher avec moi.  Alors en la baisant malgré tout, j’ai la désagréable impression que je suis en train de commettre un genre de viol.

Mais bon, peu importe la raison pourquoi je ne suis pas à l’aise, le fait est que je n’ai juste pas envie d’atteindre l’orgasme.  Je songe à le lui dire, mais je crains qu’elle insiste, qu’elle le prenne mal.  Je décide donc de prendre la meilleure option qui s’offre à moi: Faire semblant.  Comme ça, elle sera satisfaite, et ça me permettra d’y mettre fin.  De toute façon, il fait noir, et ça m’étonnerait qu’elle inspecte ensuite le condom pour vérifier si j’ai bien joui dedans.

Ainsi, sur elle, en elle, je feins l’orgasme tout en la regardant dans les yeux, tandis que je distingue sur son visage, malgré la pénombre, un sourire satisfait.  Ceci fait, je me retire.  Puis, elle se lève, se rhabille et me dit un truc auquel je ne m’attendais pas.

ELLE : je vais t’emprunter un oreiller et une douillette. Je vais aller dormir dans ma van.
MOI : Hein? Mais pourquoi?
ELLE : Je serai plus à l’aise!
MOI : Ben là! On a trois lits ici, t’es vraiment pas obligé de…
ELLE : Non! Je dors dans ma van, point final!

Je n’y comprends rien!  Mais bon, ce n’est pas la première fois ce soir qu’elle dit et fait des choses qui dépassent mon entendement.  Aussi, je n’insiste pas.

Le lendemain, vers 10:00, je me réveille.  Je jette un coup d’oeil en bas du balcon arrière.  La minivan y est toujours.  

MOI :  Bon ben, le temps de prendre une douche, je vais nous préparer à déjeuner.  Je vais laisser la porte déverrouillée, au cas-où.

Un quart d’heure plus tard, en sortant de la salle de bain, je regarde de nouveau en bas du balcon, et… Plus rien.  Elle est partie.

La suite, chapitre 2 de 3.


Le sexisme et la misogynie n’existent pas. (Du moins, pas comme on le croit.)

Au cas où vous vous demandez pourquoi j’ai retiré mon billet précédent, le harcèlement masculin en milieu de travail, c’est que j’ai décidé de l’envoyer à un concours littéraire qui demandait un sujet et un nombre de mots qui correspondaient parfaitement à ce texte. Mais voilà, l’un des règlements demandait qu’il ne soit pas déjà disponible sur le net. Alors après l’avoir enlevé, je l’ai retravaillé non-stop pendant trois jours. Il a été tellement modifié qu’il n’en reste même plus une seule phrase du texte original. Bien qu’il ne s’agisse plus du tout du même texte, ça raconte néanmoins la même anecdote, alors je préfère rester prudent. Je le remettrai en ligne, que je gagne ou non, à la fin du concours.

Pour rafraîchir la mémoire à ceux qui l’ont lu, et renseigner ceux qui ne l’ont jamais vu, je racontais comment un jeune gai collègue de travail m’a déjà harcelé sexuellement durant tout un été. J’avais déjà raconté la chose dans ma revue personnelle de l’année 2012.  En gros: 

  • Il commence par me faire des compliments.
  • Commence à me faire des commentaires grivois.
  • Augmente de plus en plus la fréquence et la quantité de ces commentaires.
  • Me drague en sous-entendus.
  • Devant mon manque de réaction, me fait des avances directes, que je décline.
  • Commence à exprimer qu’il met en doute mon intelligence.
  • Vole mon talon de paie.
  • Se présente chez moi sans y avoir jamais été invité, pour me le rendre.
  • Vole mon savon dans les douches au travail. Se présente chez moi sans y avoir jamais été invité, pour me le rendre.
  • Me fait des commentaires gratuits de plus en plus rabaissants.
  • Trouve mon numéro de téléphone et appelle sans cesse.
  • Me dérange constamment dans mon travail afin de mettre ma compétence en doute
  • Commence à m’humilier publiquement au travail en tentant de planter le doute sur ma compétence dans l’esprit de nos collègues.

 Le comportement qu’il avait envers moi avait trois facettes:

1) L’infantilisation:  Tout le long, il a agi non pas comme si j’étais un adulte responsable mais bien un enfant qu’il avait décidé de prendre en charge: Il s’impose dans ma vie, et se comporte envers mes possessions avec la même liberté qu’un adulte, en se permettant de confisquer mon bordereau de chèque de paie, en se permettant d’enlever mon savon des douches au travail pour le ramener chez moi, comme un parent qui ramène dans la chambre de son enfant un jouet oublié dans une autre pièce en disant de ramasser ses affaires parce que ce n’est pas là que ça va. De plus, il n’accordait aucune crédibilité à mes paroles.  Je lui dis non?  C’est comme si je n’avais rien dit.  J’affirme être hétérosexuel?  C’est comme s’il savait mieux que moi si je l’étais ou non.  Ce qui nous amène au point suivant qui est:

2) La sexualisation: Au travail, les seules paroles positives à mon sujet qui sortaient de sa bouche, c’était l’expression de son désir pour moi.  Tout le reste était dénigré. Ce qui signifie qu’à ses yeux, la seule valeur que j’avais était sexuelle. Et puisque je refusais de lui donner ce qu’il voulait de moi, c’est comme si j’étais un enfant indiscipliné qui refuse d’obéir: Il faut le punir.  Ce qui va de pair avec… :

3) La dévalorisation:  D’où sa tentative de m’humilier publiquement.  D’où sa tentative pour saboter ma réputation, voire ma carrière, en plantant le doute sur ma compétence dans l’esprit de nos collègues.  Mais cette attitude, il l’avait bien avant ça.  Lorsqu’il a commencé à travailler, non seulement avais-je déjà un an d’expérience dans la place, c’est moi qui lui ai appris le boulot.  En fait, ça faisait au moins neuf mois que j’entraînais chaque nouveau qui entrait.   Il se permettait pourtant de me corriger, me réprimander, me rabaisser.  Comme si, à ses yeux, mes compétences, mon expérience, mes connaissances, n’avaient aucune valeur.  

C’est en réécrivant ce texte pour le concours que j’ai constaté quelque chose qui ne m’avais pas frappé jusque-là: Tout ce que ce gars-là m’a fait subir, c’est exactement le genre d’attitude et de comportement sexiste et misogyne dont les femmes se plaignent de la part des hommes.  

Mais voilà, dans mon cas particulier, c’était un homme envers un autre homme.  Ça ne pouvait donc être ni du sexisme ni de la misogynie.  On ne peut pourtant pas nier que c’était exactement le même comportement.

Et c’est là que j’ai eu une illumination: Le sexisme et la misogynie, ça n’existe pas.  Tout ça, toute cette attitude, tous ces comportements, ce n’est que la façon instinctive d’agir envers une personne que l’on désire, ou du moins toute personne qui fait partie du groupe visé par notre orientation sexuelle.  C’est la seule explication pourquoi un homosexuel aurait envers un homme exactement la même attitude qu’un homme hétéro envers les femmes.

Oui, je sais, hétéro ou homo, « Ils ne sont pas tous comme ça! »   Ça ne change rien au fait que, tous sexes et orientations confondus, il y a un assez grand nombre de gens  qui sont portés à rabaisser ceux qu’ils désirent sexuellement pour que ça pose un problème de société. 

Mais pourquoi sont-ils portés à rabaisser ceux qu’ils désirent sexuellement?  C’est que de tous les temps, le désir sexuel n’a jamais été relié à la notion d’égalité.  Bien au contraire, il l’est avec la notion de propriété via domination.  L‘homme parle de conquérir une femme, d’en prendre possession.  Et c’est ce sentiment possessif qui conduit aux abus.

Ça fait longtemps que la société le sait, que le sexe, la possession et l’abus ne font trop souvent qu’un.  Juste dans notre langage, lorsque l’on a été victime d’une arnaque, qu’est-ce qu’on dit?  « Il m’a bien possédé.  je me suis fait baiser. »   Variante québécoise: « Il m’a bien eu!  Je me suis fait fourrer. »   Vous voyez le parallèle?  Mon collègue voulait me baiser.  Il voulait quelque chose de moi que je ne voulais pas lui donner.  Il a donc tenté de se l’approprier contre mon gré.  Comme le fait un arnaqueur.  Il s’emparait de mes possessions.  Il niait mon identité.  Non pas mon nom, mais mon identité sexuelle d’hétéro.  Et comme un conquérant qui envahit un pays, il a tenté de me conquérir en envahissant mon logement.  Bref, il ne me traitait pas en égal mais bien en inférieur.  Lui en vainqueur, moi en (futur) vaincu.

Parce qu’à la base, le sexe, ça reste une personne qui manifeste sa supériorité et son contrôle sur l’autre.  Même entre deux partenaires sexuels hétéros qui se respectent et se voient en égaux, il reste que la nature oblige que pendant l’acte sexuel, l’un a une position dominante sur l’autre.  Quand on parle de faire l’amour, quelles sont les deux premières positions qui nous viennent en tête? Le missionnaire et la levrette.  L’homme est en position supérieure donc dominante, la femme est dessous, couchée ou penchée, position dominée.  L’homme pénètre, la femme se fait pénétrer.  L’homme est actif, la femme est passive.  Et s’il s’agit de leur première fois, l’homme doit défoncer la barrière qu’est l’hymen. Bref s’introduire de force.  Alors qu’on le veuille ou non, la nature fait en sorte de donner aux hommes l’impression que lorsqu’ils désirent sexuellement une personne, il doit la conquérir et ne pas se laisser arrêter par les obstacles.  Bref, comme on dit en bon français, lui rentrer dedans, dans tous les sens du terme.

Et c’est normal.  Le but premier de la nature étant la survie, il n’est pas difficile d’imaginer qu’à l’aube de l’humanité, on ne pouvait pas toujours se permettre d’attendre le consentement sexuel de l’autre.  Ainsi, pour garantir une génération future, il naissait une fois de temps en temps un homme programmé avec une forte libido, mais sans la capacité de ressentir du respect et de l’empathie.  Aujourd’hui, lorsque nait un tel homme, son désir sexuel combiné à ce manque de respect peut aller de la simple frustration jusqu’au viol.  Dans mon cas, mon harceleur n’aurait pas pu se rendre jusque-là car j’avais la capacité physique de lui foutre une raclée bien mérité s’il avait en plus osé me toucher.  N’empêche que tous les autres comportements que les femmes étiquettent comme sexiste et misogyne lorsque c’est un homme qui l’a envers une femme, lui les avait envers moi.  Ça démontre que si une grande partie des femmes reçoivent un tel traitement de la part des hommes, ce n’est pas parce que ce sont des femmes.  C’est tout simplement parce que… :

  1. Le désir sexuel est relié à la testostérone. 
  2. Les hommes produisent plus de testostérone que les femmes.
  3. Les hommes ont donc une plus grande libido que les femmes.
  4. La population est majoritairement hétérosexuelle.
  5. Par conséquent, ce sont majoritairement les femmes qui sont victimes de cette attitude de la part des hommes. 

Et comme je l’ai constaté personnellement, ça n’empêche pas les non-hétéros d’avoir exactement les mêmes comportement envers ceux qu’ils désirent sexuellement.  Et voilà pourquoi je dis que la misogynie et le sexisme n’existent pas. Si certains hommes agissent ainsi envers les femme, ce n’est pas parce que c’est une femme. C’est parce que la nature a programmé l’être humain de manière à ce qu’il se croit instinctivement supérieur aux gens visés par son orientation sexuelle.  Et personne n’est porté à accorder de respect, de crédibilité ou de pertinence à quelqu’un qu’il croit dominer.  

Même en anglais, qu’est-ce que l’on dit d’une personne ou d’une chose que l’on veut dévaloriser?  Fuck him! Fuck that! Fuck you!  N’avoir aucune valeur du tout = n’avoir qu’une utilité sexuelle.

Ça pourrait même donner deux raisons pourquoi, à compétences égales, un candidat homme est favorisé à l’embauche plutôt qu’une femme:
Raison 1) Le recruteur est un homme hétéro. Il se croit donc d’instinct supérieur à la candidate femme, tout en se voyant sur un pied d’égalité avec le candidat homme.  L’homme commence donc avec une longueur d’avance.
Raison 2) Le recruteur peut très bien ne pas être influencé personnellement par le sexe de la candidate. Cependant, il sait que la présence de cette dernière au sein de l’entreprise pourrait ralentir la performance des employés mâles qui dirigeraient leur attention sur elle plutôt que sur leur travail.  Ce n’est pas farfelu comme croyance, car comme je le raconte dans ce billet, tout ce que faisait mon harceleur pour attirer mon attention au travail nous faisait perdre de une à deux heures quotidiennement.  Pour un employeur, ces pertes de temps, ça équivaut annuellement à arrêter le travail pendant un mois et demi.  On parle de centaines de milliers de dollars perdus pour l’entreprise, pour un problème qu’il peut éviter facilement s’il embauche un homme hétéro plutôt qu’une femme qui deviendrait aussitôt objet de convoitise par les employés hétéros masculins. 

Puisque cette attitude est reliée au désir sexuel, donc au sexe, je suppose qu’on peut toujours parler de sexisme.  Et tant qu’à faire, misogynie peut continuer de  décrire ce segment dans lequel ce sont des hommes hétéros qui font subir ça aux femmes.  Mais je tenais quand même à faire prendre conscience que cette attitude n’est pas une question de discrimination volontaire contre un sexe en particulier.  C’est une question de désirs sexuels naturels, et des comportements que ceux-ci engendrent chez ceux qui les ressentent.  

Ceci étant dit, la raison pourquoi j’explique la logique derrière ce comportement, ce n’est pas dans le but de l’approuver.   C’est pour comprendre pourquoi il existe, de façon à mieux pouvoir le contrer, tout simplement.  Parce que même si un tel comportement est voulu par la nature, nous ne sommes pas dans la nature, nous sommes dans une civilisation.  Et dans la civilisation, il n’y a pas de place pour un tel comportement.  Par conséquent, cette attitude est, et sera toujours, inacceptable.

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Y’a liens là:

La même situation, mais plus classique, où c’est la femme qui subit ça au travail: Ingrid; Cinq jours parmi les loups.
Dans Comment nait la culture du viol, j’explique comment, dès son plus jeune âge, le garçon est conditionnés à se croire supérieur aux filles, ce qui l’amène plus tard à ne les voir que comme un sexe à posséder, sans plus.
Dans 11 illusions fallacieuses qu’essaient de nous vendre les guides de séduction, on peut voir comment ces bouquins contribuent à garder vivante l’idée que toute femme peut être conquise, pour peu que l’on possède les couilles d’aller s’en emparer.

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30 situations fréquentes lorsque l’on est dans un couple ouvert (suite et fin)

Ce billet est la suite de 30 situations fréquentes lorsque l’on est dans un couple ouvert (1e partie).  

16) Il est plus facile de draguer lorsque l’on est en couple ouvert.
Il y a plusieurs raisons pour ça.  Par exemple, un célibataire qui drague et se fait rejeter en est quitte pour finir la soirée à se faire du pilotage manuel sur PornHub.  Tandis qu’en couple, quoi qu’il arrive, il/elle a son/sa partenaire.  En n’ayant rien à perdre, ça enlève de la pression, et ainsi on est plus à l’aise pour approcher un(e) candidat(e).  

Mieux encore: Un célibataire qui ne veut qu’une aventure sexuelle doit le dire directement, et passe pour un sale macho pervers en manque.  Et une célibataire qui ne veut qu’une aventure sexuelle doit le dire directement, et passe pour une salope désespérée.  Par contre, quand tu dis « Je suis dans un couple ouvert »,  l’interlocuteur comprends immédiatement et simultanément tous les points suivants:

  • Tu n’es pas en manque.
  • Tu n’es pas désespéré(e).  
  • Tu es dans un couple assez solide pour vous permettez ce genre de fantaisies.
  • Tu ne chercheras pas à mettre le grappin dessus pour partir en couple.  
  • Lui faire cette révélation est une possible invitation sexuelle.

Et voilà, nul besoin d’être plus direct.  À partir de là, c’est la réaction (ou le manque de) de l’interlocuteur qui montrera s’il est intéréssé ou non.  Mais qu’il accepte ou refuse, il n’y aura ni pression ni frustration. Bref, ça met tout le monde à l’aise.

 Mais malheureusement, quand on baise avec un(e) inconnu(e)… :  

17) Aimer le sexe est parfois notre seul et unique point en commun.
Ça, c’est le mauvais côté de commencer à fréquenter des gens par la couchette.  On se rencontre, on passe au lit.  Le courant passe, tout va bien. Puis, on se rhabille, on prend un verre, on jase… Et c’est là qu’on voit qu’on a fuck/all à se dire, soit parce que nos goûts ne correspondent pas, soit parce que nos opinions sont opposées.  Même si on a eu la plus géniale séance de sexe ever, si on ne s’entend pas hors du lit, ça en gâche le souvenir, et il n’y aura jamais de suite. 

18) Les lâcheurs sont légion.
D’après ce que j’ai vécu, ce que j’ai pu observer, et ce qu’on m’a rapporté, il n’est pas rare qu’une séance de sexe-à-trois-ou-plus annoncée n’a finalement pas eu lieu. Les raisons en vrac :

  • Il s’agissait d’un cas classiques de gros parleurs, p’tits faiseurs.  Généralement, quelques personnes qui ont un jour décidé d’expérimenter le sexe en groupe.  Mais qui, une fois réunis, réalisent qu’ils ne sont pas si à l’aise que ça avec cette idée. Si ce sont tous des débutants, c’est moins pire, puisque c’est tout le monde qui lâche en même temps.
  • J’ai déjà vu un cas comme le précédent, dans lequel il y avait un couple ouvert expérimenté dans le lot.  Plutôt que de voir les signes de malaise et y renoncer, ils ont pris ça comme un cas de « Il faut que quelqu’un brise la glace en donnant l’exemple ».  Ils ont commencé à se déshabiller et à baiser.  S’en est suivi un malaise général qui fit que les autres quittèrent la pièce, certains pour retourner chez eux.
  • Il y a eu la fois où les gars n’avaient pas prévenu leurs blondes (qui n’avaient jamais fait ça avant), et elles ne l’ont pas bien pris du tout du tout.  C’est vrai que c’était pas cool, les gars!
  • L’amant potentiel arrive chez le couple pour un premier ménage-à-trois ensemble.  À mesure que la soirée passe, il constate que la fille du couple semble bien excitée, mais que l’autre gars parle de tout sauf de ça.  Rendu près de minuit, l’amant potentiel se rend à l’évidence que si la soirée avait eue à virer sexuelle, ce serait déjà fait.  Il leur dit donc qu’il doit partir s’il ne veut pas rater le dernier métro.  Le couple le salue bien, sans jamais faire mention de sexe.  Le lendemain, la fille écrit à l’amant potentiel pour lui expliquer que son chum n’avait pas aimé le fait que « ils avaient trop l’air d’en avoir envie. » Bref, un cas de gars qui n’était pas vraiment fait pour être en couple ouvert.
  • Le couple ouvert invite plusieurs personnes, autant gars que filles.  Pas une fille ne s’y présente.  Il y en a bien un qui a suggéré de transformer la soirée d’échangisme en soirée gangbang pour la maîtresse de maison, mais personne n’était chaud à l’idée, surtout pas le couple.

19) Même chez les libertins, la jalousie, la possessivité et le désir d’exclusivité existe.
Un truc vécu personnellement: J’avais cette amante totalement bi qui avait une amante régulière.  Un soir, lors d’une sortie, tout s’enlignait pour que ça finisse entre nous trois.  Même que l’autre fille m’a dit, pendant la soirée, qu’elle était contente que son amie partage.  Arrive la fermeture du bar.  Mon amante me prend à part et me dit que finalement, l’autre fille est trop fatiguée, et que de toute façons elle n’était pas très à l’aise à l’idée de le faire avec moi.  Je comprends et accepte.  Je retourne donc seul chez moi.

Le lendemain, l’autre fille me demande en ami Facebook, et elle m’exprime trouver dommage que j’étais trop fatigué la veille pour finir la soirée avec elles.  Car oui, mon amante nous avait menti à tous les deux sur le sujet, en racontant à chacun de nous que c’était l’autre qui ne pouvait pas.  Sauf que, une fois rendues chez elle, pour satisfaire leur désir de phallus, elles ont invité un autre gars, qui est arrivé chez elle complètement saoul à cinq heure du matin, qui n’a jamais réussi à avoir une érection, et qui s’est endormi pendant l’acte.  J’ai été très déçu de voir que mon amante m’avait menti, et encore plus insulté qu’elle ait préféré ÇA à moi.  J’ai appris plus tard, par une autre amie commune que ma (désormais ex) amante m’avait dans la peau, disait-elle, et ainsi ne voulait pas me partager.  Ça valait bien la peine de prendre une amante libertine, tiens!

Aussi, il n’est pas rare qu’une personne avec qui vous couchiez soit en couple, partouze 2 fois par semaine et ait plusieurs amant(e)s régulier(e)s, mais qu’elle prenne très mal que vous osiez considérer coucher avec quelqu’un d’autre.  Faut pas chercher la logique. 

20) La bisexualité n’est pas toujours du côté que l’on croit.
Dans la majorité des couple ouverts que j’ai connu, l’un des deux était bi.  Quand on apprend ça, on présume automatiquement que c’est la fille.  Or, j’ai vu assez souvent des cas où la fille était hétéro, et que c’était le gars qui était bi.  Et dans presque tous les cas, ils amenaient l’idée avec prudence, voire avec une certaine crainte du jugement.  Et c’est normal.  Faire une fellation et se faire pénétrer, ce sont des activités sexuelles propres à la femme.  Dans une société misogyne comme la nôtre, tout ce qui met en doute notre masculinité est vu comme étant rabaissant. Ainsi, aucun gars ne veut être démasculinisé.  Ironique, quand on pense que quand on est à 100% gai, personne ne met notre virilité en doute.

21) Les limites préétablies ne sont pas toujours respectées.
Dans le feu de l’action, il y en a toujours un qui s’essaye à faire plus que ce que l’autre lui permet.  On se retrouve donc avec le choix entre le laisser faire, ce qui est malaisant pour celui/celle/ceux qui ont établi la limite.  Ou le lui rappeler gentiment, en espérant qu’il réagisse bien.  D’une façon ou d’une autre, ça entache un peu une soirée qui était, jusque-là, impeccable.

22) La liberté sexuelle provoque plus de frustration que d’épanouissement.
Tout le monde a sa petite idée et ses attentes et ses espoirs au sujet de séances de sexe à plusieurs.  Ça pousse les gens à s’attendre à ce que tous leurs désirs soient assouvis.  Alors quand ils voient que ce n’est pas le cas, ils frustrent. C’est incroyable comment, dans un contexte sexuel, certaines personnes peuvent être susceptibles.

23) Être dans un couple ouvert amène parfois un sentiment de culpabilité.
 Prenons ce couple où la fille a 25 ans et le gars 40.  Elle aime son chum et est certaine de vouloir passer sa vie avec lui.  Or, elle trouve dommage de devoir renoncer si jeune à explorer sa sexualité.  Pas de problème; l’homme a déjà été jeune, lui aussi était fringuant à cet âge, et lui aussi en a profité.  Il comprend parfaitement et lui propose de former un couple ouvert.  La fille est heureuse d’avoir comme amoureux un homme aussi compréhensif.  Aussi, elle a une aventure d’un soir avec un autre.  Et une autre journée, elle se prend un amant régulier.  Et un jour, en revoyant un de ses ex, elle s’offre un trip nostalgique en re-baisant avec lui une fois.  Cependant, elle s’interroge.  Bien qu’il soit libre de forniquer avec qui en voudra, son fiancé n’a pas l’air de vouloir en profiter.  Elle lui demande pourquoi.  Il lui répond qu’il a déjà vécu dans sa jeunesse toutes les expériences qu’il voulait vivre, et ainsi ne ressent plus le besoin de recommencer.  Elle a beau comprendre son point, n’empêche qu’elle se sent un peu égoïste d’être la seule à en profiter.  Et il y a toujours cette crainte qu’il utilise un jour contre elle l’argument du « Je sais être fidèle en couple. MOI! »  Elle en vient même à l’encourager à coucher avec d’autres filles, histoire de moins culpabiliser.  

24) Qu’on le veuille ou non, il y a de la compétition.
Il y a toujours des gens qui auront des doutes sur leurs propre valeur, qui seront insécures et qui verront de la compétition partout.  Alors quand il s’agit de voir, ou même d’imaginer, son/sa partenaire en acte sexuel avec une autre personne, ça les angoisse.  Va t-il préférer le physique de l’autre fille?  Va t-elle préférer le calibre de l’autre gars?  Elle est plus sollicitée que moi, c’est injuste.  Il a un plus grand appétit sexuel que moi, c’est injuste.  Est-ce que je dois me montrer plus performant / plus cochonne pour m’assurer qu’il/elle ne me quitte pas pour l’autre?  C’est décevant de constater que la liberté sexuelle, qui est supposée être le signe que l’on est plus épanoui que les autres, peut au contraire provoquer autant de malaises.

D’ailleurs, parlant de compétition…

25) Certains en profitent pour laver leur linge sale sexuel en public, en faisant des comparaisons malvenues.
Deux exemples en particulier dont j’ai été témoin :

  • Le gars en couple qui pénètre une amante, en disant, devant sa blonde « Mmmm… Enfin, une fille qui l’a étroite! »
  • La fille en couple, dont l’amant l’a fait jouir en lui stimulant le point G.  Elle se retourne ensuite vers son chum en disant : « Tiens, tu vois? Il est capable, LUI! »

26) Il y en a toujours un qui a le don de faire des remarques déplacées.
OK, pour celle-là, j’avoue, c’est probablement moi qui a une imagination qui prend les choses un peu trop au pied de la lettre.  Mais on dirait qu’il y en a pour qui la liberté sexuelle semble demander l’utilisation d’un vocabulaire dégradant. Voici quelques trucs que j’ai entendu, toujours de la part d’hommes, et pourquoi ça me faisait sourciller.

  • Alors qu’on s’apprête à passer à la chambre, il dit tout fier de lui: « Ouain, ça va sentir le cul icite à’ soir! » C’est p’t’être juste moi, mais là d’où je viens, quand on dit que ça sent le cul, ça veut dire que ça sent la merde, ou du moins qu’il flotte une odeur désagréable.  Donc, rien de tellement érotique à entendre.  À moins d’être scato, je suppose.
  • « On va la fourrer solide comme une p’tite chienne. » J’ai souvent entendu des gens utiliser « petite chienne » dans un contexte sexuel.  Je n’en suis pas fan.  D’abord parce que la bestialité ne fait pas partie de mes fantasmes.  Et ensuite, parce que pour moi, traiter une femme de chienne, c’est une insulte et c’est rabaissant.  Ça non plus, je n’y vois rien d’érotique. 
  • Une fois, alors qu’il se faisait faire une pipe par une mignonne demoiselle, le gars lui a dit : « Aah, ouais, ah, t’aimes ça, sucer des queues, hein? »  La fille cesse aussitôt pour lui répondre « Pas vraiment, non! »  Sans vouloir faire de jeu de mots, le gars ne savait plus où se mettre, et la fille n’avait plus tellement envie de continuer.  C’est ça qui arrive quand on prend les dialogues de films porno comme modèle.

27) À trois, oui! À deux, non!
Quand un couple accepte d’être ouvert, c’est sous certaines conditions. Et parfois, l’une de celle-ci, c’est que l’un des membres ne doit jamais exclure l’autre.  Hélas, comme je l’ai dit plus haut, quand il s’agit de désirs sexuels, les conditions préétablies ne sont pas toujours respectées.  Il m’est arrivé à quatre reprise d’entendre une histoire comme quoi, le lendemain d’un ménage à trois, l’une des deux personne du couple se réveille et constate que sa moitié baise avec l’autre sans l’inclure.  Pas cool!

28) Les orgies ne se passent jamais comme on se l’imaginait.
Blâmons l’influence de la porno qui démontre dans ces films que tout le monde est actif non-stop, avec tout le monde, sans condoms, que les filles sont toutes bi et se laissent pénétrer dans leurs trois orifices, et qu’après en avoir profité au max, tout le monde vient à peu près en même temps.  Dans la réalité, non seulement rien de tout ça n’est vrai, rares sont ceux qui ont un physique de pornstar.  Ce qui fait que même visuellement, ce n’est pas vraiment ça.

29) Vous vous retrouvez avec des ennemis dont vous n’aviez jamais entendu parler avant qu’ils se manifestent contre vous.
Épouses trompées, fiancés cocus, amoureux jaloux, envieux frustrés, parents contrôlants… Ils surgissent de nulle-part avec violence car ils viennent d’apprendre que vous avez eu des relations sexuelles avec telle personne, et ils vous en veulent à mort pour ça.  Vous en êtes les premiers surpris, car il est évident que cette personne ne vous a jamais parlé de sa situation amoureuse et/ou familiale, ou alors elle vous a menti à ce sujet.  Et voilà comment, sans avoir rien fait de mal, vous vous retrouvez avec des problèmes.

Enfin, désolé d’aborder le sujet qui suit, mais c’est quand même une réalité qui est hélas trop répandue dans ce milieu :

30) Certaines filles en couple ouvert sont devenues libertines afin d’exorciser une agression sexuelle subie à l’enfance ou à l’adolescence.
Subir un viol démontre à la fille que ce sont les hommes et non elle-même qui ont le contrôle sur sa propre sexualité.  C’est quelque chose de très difficile à vivre.  Tellement que parfois, au niveau du subconscient, elle en arrive à la conclusion que la meilleure façon d’éviter que le sexe soit utilisé comme arme contre elle, c’est d’aimer ça.  Car comme l’une d’elle m’a déjà dit : « You can’t rape the willing! » (Ça ne peut pas être un viol si la personne est consentante.) 

Elle s’affiche donc au grand jour comme étant une nympho.  Elle se trouve un gars avec qui être en couple ouvert.  Les premiers temps, ça marche.  Les hommes qui fantasment à soumettre la femme de force ne voient pas en elle la victime qu’ils recherchent, et ainsi ne l’approchent pas.  Et le fait d’avoir déjà un amoureux stable la protège de tout homme qui voudrait en prendre possession par insistance.  Par contre, les hommes respectueux et/ou plus timides et/ou qui n’ont rien du conquérant ni du prédateur s’intéressent à cette fille qui fait les premiers pas.  Ils sont gentils, ils la complimentent, ils sont attentifs.  Sexuellement parlant, ils ne s’imposent pas: Ils demandent, proposent, se montrent disponibles.  C’est elle qui décide si elle couche, quand elle couche, avec qui elle couche, et ses choix sont respectés.  Et même s’il y en a un ou deux qui chialent de ne pas avoir obtenu d’elle ce qu’ils espéraient, ils n’oseront jamais rien faire contre elle.  Car elle est populaire, maintenant, ce qui fait qu’elle peut compter sur l’appui de beaucoup de personnes s’il y a conflit. Les hommes sont à ses pieds, et elle en fait ce qu’elle veut.  Bref, c’est elle qui les contrôle via sa sexualité.  Et elle adore ça.

Puis, l’impensable arrive: Elle s’offre à un gars hétéro célibataire et actif sexuellement, et celui-ci décline poliment ses avances.  Ça la trouble.  Elle ne comprend pas.  Pourquoi est-ce qu’il lui dit non?  Est-ce qu’elle est trop salope? Est-ce qu’elle ne l’est pas assez?  Elle n’a encore jamais rencontré un homme qui ne voulait pas coucher avec elle.  De force, s’il le faut.  Son viol le prouve. Alors pourquoi est-ce que lui n’en veut pas, alors qu’elle le lui offre?  Est-ce qu’il est gai?    Non, pourtant!  Alors c’est quoi son putain de problème?  Pour qui il se prend, d’agir comme si elle n’était pas assez bien pour lui?  Elle est frustrée, insultée, en colère, triste, confuse.  

Toute autre fille se dirait « Meh, whatever, j’en ai d’autres, des candidats, ça se bouscule aux portes. »  et n’y attacherait aucune importance.  Mais pour elle, ce rejet est inexplicablement troublant.  Et ceci est la première manifestation comme quoi elle n’est peut-être pas si à l’aise que ça dans ce style de vie.

Bientôt, le charme de la nouveauté s’estompe.  Son libertinage ne lui procure plus le bien-être qu’elle y trouvait avant et elle ne comprend pas pourquoi. Elle augmente la fréquence de ses aventures sexuelles, y cherchant le bonheur des débuts, mais c’est en vain.  Elle déprime de plus en plus, ce qui conduit trop souvent à l’alcool, la drogue, la dépression. 

Dans le pire des cas, ça se termine en (tentative de) suicide.  Dans le meilleur, elle a la chance de rencontrer un(e) thérapeute qui lui fera comprendre que tout ça a rapport avec l’agression qu’elle a subie.    Et là, l’illumination se fait.  Elle comprends tout:  Son agression était sa première expérience intime avec un homme.  La seule chose en elle qui intéressait cet homme, c’était son sexe.    Elle a donc eu le réflexe de croire qu’en elle, pour les hommes, seul son sexe avait de la valeur.  Elle a donc appris à contrôler toute sa vie sociale avec son sexe.  Aussi, lorsqu’un homme décline ses avances sans raison valable, elle réalise que dans son cas à lui, elle n’a aucun contrôle.  Alors elle panique.  Elle est troublée. Elle ne sait pas comment composer avec une personne qui la voit comme étant autre chose qu’un vagin à désirer.  Parce que elle-même ne voit pas ce qu’elle peut bien être à part ça.  

Dès qu’elle a compris ceci, elle coupe brutalement tout contact avec le milieu, lâche son chum, déménage, poursuit sa thérapie, commence à prendre confiance en elle, réalise qu’elle a d’autres valeurs que son entrecuisse, se trouve un nouveau chum gentil et compréhensif qui accepte son passé, l’épouse, fait des enfants, fait la paix avec son passé, et passe le reste de sa vie dans une relation heureuse, et surtout monogame.

À lire tout ça, on pourrait croire qu’être dans un couple ouvert, ça rapporte plus de mal que de bien. En fait, le sexe est pareil que l’alcool et la drogue: Lorsqu’on le consomme de façon intelligente et contrôlée, ça reste agréable.  Or, puisque c’est un plaisir, il n’est pas toujours facile d’avoir la discipline requise pour être capable de se modérer.  Et à partir du moment où on en perd le contrôle, notre plaisir cesse d’en être un, et c’est nous qui nous faisons consommer. Et même si on arrive à éviter les dérapages, rien ne garantit que notre entourage qui partage ce style de vie auront eux aussi cette force de caractère.  Dans ce temps là, on peut se retrouver avec des problèmes sans même les avoir causés.  

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Y’a liens là:

Si vous aimez les faits vécus pleins de rebondissements, qui sont justement sur le thème du couple ouvert, je vous recommande mon texte autobiographique Fantasme VS Réalité: Le ménage à trois.

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30 situations fréquentes lorsque l’on est dans un couple ouvert (1e partie)

Généralement, la première chose qui nous vient en tête lorsque l’on parle de couple ouvert, c’est d’imaginer des gens qui participent à des orgies 2-3 fois par semaine car leur vie tourne autour du sexe. Mais au-delà de ce cliché irréaliste sommeille une réalité qui, bien que possédant quelques bons côtés, n’est pas toujours de tout repos.

Entre mes trois relations monogames à long terme passées et présente, j’ai eu deux périodes de célibat. La première a duré quatre ans (1995-1998). La seconde fut de deux ans (2011-2013). Dans les deux cas, j’ai eu des amantes. Avec elles, on ne peut pas vraiment parler de couple ouvert proprement dit, puisque techniquement nous ne formions pas un couple. N’empêche que l’arrangement était assez similaire, c’est-à-dire que nous nous fréquentions régulièrement tout en ayant des aventures chacun de notre côté. C’est lors de ces périodes que j’ai rencontré quelques véritables couples ouverts. Ceci m’a non seulement permis de voir comment ça se passe, ça m’a également permis de le vivre. Et c’est ainsi que j’ai appris qu’il existe 30 situations assez fréquentes lorsque l’on fait partie de ce milieu.

1) Vous êtes obligés d’en parler.
Il y a des gens qui disent : « Pourquoi est-ce que les lesbiennes, les gais, les bis et les couples ouverts se sentent toujours obligés de s’annoncer comme tel? Tu ne verras jamais un hétéro aller se présenter à quelqu’un en disant « Bonjour, je suis hétéro! » Vrai, mais c’est normal puisque nous vivons dans une société dans laquelle l’hétérosexualité monogame est l’orientation par défaut. Mais lorsque tu ne fais pas partie du cadre hétéro-normatif, le seul moyen de savoir si les gens autour sont compatibles avec ton orientation, c’est de le dire.

2) Tâter le terrain comporte des risques.
Car il est en effet impossible de savoir comment l’autre personne va réagir en apprenant ça. Ça peut être positif. Ça peut être neutre. Ça peut être négatif. Ça peut être carrément haineux. Tout comme la personne peut se montrer neutre ou positive devant toi, mais vous massacrer verbalement dans ton dos. C’est vraiment un coup de dés. Et une fois que vous l’avez lancé, vous ne pouvez pas revenir en arrière.

3) Certains commentaires annoncés comme étant respectueux et ouvert d’esprit sont en fait de la négativité passive-agressive.
Exemple : « C’est sûr que si t’aimes pas assez ton chum pour être capable de lui être fidèle, tu es tout à fait dans ton droit de le faire cocu. » Ou bien « J’admire la façon sereine que tu as d’assumer le fait que tu n’es pas capable de le/la satisfaire sexuellement. » Avec ses encouragements hypocrites, cette personne te laisse le choix entre ne rien dire et ainsi confirmer son accusation, ou bien lui expliquer, ce qui est peine perdue car la personne reviendra toujours avec d’autres questions aux sous-entendus tout aussi méprisants. Dans son cas, quand elle dit « J’essaye juste de comprendre. », ça veut dire en réalité « J’essaye juste de tourner les phrases et les questions de manière à te faire admettre que tu es une salope / que tu es un loser cocu volontaire / que vous n’êtes pas vraiment en amour / que vous êtes des dépravés. »

4) Certaines personnes totalement non-concernées prennent votre choix de vie comme une attaque personnelle.
Il y a des gens qui ressentent un grand besoin d’être vus comme étant parfaits et irréprochables.  Pour eux, en principes, la sexualité est une chose de sacrée qui ne se fait qu’entre deux personnes amoureuses et en couple stable monogame.  S’ils ont le malheur d’apprendre que vous vivez votre sexualité autrement que selon leurs principes à eux, attendez-vous à des attaques où aucun mot ne sera mâché.  Cette personne réagit comme si vous l’aviez personnellement attaquée, et jamais elle ne cessera de vous démolir verbalement car jamais elle ne se remettra de ce qui, à ses yeux, est un impardonnable écart de conduite.  Si vous avez le malheur d’avoir cette personne dans votre entourage, attendez-vous à avoir la pire des réputations sexuelle, et ce pour le reste de votre vie.

5) Vous recevez beaucoup plus de sollicitation sexuelle lorsque vous êtes dans un couple ouvert que lorsque vous êtes célibataire.
Il est vrai que lorsque l’on approche une personne célibataire sans autre raison que le sexe, on risque fort de se faire virer.  Mais quand elle s’affiche comme étant en couple ouvert, on comprend automatiquement que même si nos propositions sexuelles seront déclinées, elles ne seront pas malvenues.  Ça rassure.  Cependant…

6) Dans un couple ouvert, la fille est beaucoup plus sollicitée que le gars.
Un homme seul qui va vers ce couple, c’est sûr qu’il va vouloir la fille. Une lesbienne, une bi ou une bi-curieuse, là encore, n’aura rien à foutre du gars. Mais là où c’est décevant, c’est que même les couples vont majoritairement solliciter la fille, en tâtant le terrain pour voir si elle accepterait de le faire sans son mec.

7) Il arrive parfois que l’un des partenaires se sente obligé de consentir.
Ça parait généralement dans la soirée, par exemple, lorsque la femme n’est pas très active, et ne semble pas vraiment en tirer de plaisir.  On comprend alors qu’elle ne fait ceci que pour satisfaire les fantasmes de Monsieur.  À moins de se foutre du confort des autres, voilà qui apporte une touche de malaise dans la soirée.  J’ai également vu un gars qui s’était fait complimenter sur son ouverture d’esprit, d’accepter que sa blonde couche avec d’autres.  Il a répondu d’un air abattu et résigné: « Je fais ce que j’ai à faire pour m’assurer qu’elle reste avec moi. »  Ouch!

8) Il y a le risque qu’un(e) amant(e) essaye de se mettre entre vous.
Soyons réalistes: Dans un couple, la compatibilité sexuelle est importante.  Aussi, l’avantage d’être libertin, c’est que ça nous permet de voir si le sexe avec telle ou telle personne est mauvais, bon, satisfaisant ou génial.  Ainsi, parfois, un amant peut tout faire pour se montrer comme amant génial pour la fille en couple.  Une fois leur compatibilité sexuelle établie, il se montre doux, gentil, attentionné.  Il cherche à savoir quels sont les aspects qui ne fonctionnent pas dans le couple, afin de mieux essayer par la suite de se montrer meilleur que son chum, histoire de prendre sa place.  Et si, comme dans le point précédent, la fille n’est en couple ouvert que par obligation, elle se laissera certainement séduire par l’idée d’un nouveau chum avec forte compatibilité sexuelle, qui lui offre une relation monogame.  J’ai vu ça arriver assez souvent.

9) Le nombre de gens qui veulent le faire sans condoms est assez aberrant.
Dans une soirée de sexe à plusieurs, il n’est en effet pas rare que l’un des hommes se prononce contre le port du condom, en disant que « Moi, fourrer du plastique, j’sens rien! » ou bien que « Ça m’fait débander parce que c’est trop serré! »   Ils vont même se donner un air boudeur et contrarié tout le long de la soirée, et n’hésiteront pas à sous-entendre que ce malaise est de la faute de ceux qui insistent pour être sécuritaires. Et lorsque l’on évoque les dangers de contractions d’une ITS, ils sont prêts à nous jurer que chacun des 97 partenaires qu’ils ont eu ces derniers mois acceptaient de le faire sans protections car ils sont tous en parfaite santé car ils ont tous des habitudes sexuelles sans risques.  Personnellement, je n’ai jamais compris comment on peut affirmer être sécuritaire lorsque l’on a plusieurs partenaires sans protection, ce qui est un comportement à risques. Mais bon, c’est p’t’être juste moi.

De la part d’hommes, on s’y attend.  Or, j’ai été très surpris de voir qu’il y avait des femmes toutes aussi insistantes à être contre le port du condom.
 Ce malaisant dialogue que j’ai eu une fois avec une fille en couple ouvert le démontre:

ELLE: T’as pas besoin de mettre ça, j’prends la pilule.
MOI: Je préfère, quand même.
ELLE: T’as-tu une ITS? Pass’que moi, j’couche pas avec le monde qui en ont.
MOI: Non, je n’en ai pas, et je tiens à ce que ça reste comme ça.
ELLE: Ok! Fa que t’es en train de m’accuser d’en avoir une!?
MOI: Non, je Je n’accuse pas. Je n’en sais rien. Je ne veux juste pas qu’on l’apprenne de la mauvaise façon.
ELLE: R’garde, si c’est ça que tu penses de moi, laisse donc faire.  Crisse ton camp chez vous pis crosse-toé tu-seul dans ton Ziploc-à-graines. J’vas en appeler un autre qui m’prendra pas pour une salope, LUI!
MOI: Comme tu voudras!

Je me lève, reprend mes vêtements, me rhabille et part sous une pluie d’insultes.  Elle a passé la semaine suivante à me lancer des attaques aussi bien publiques que privées, autant sur Facebook que sur le forum de rencontres que nous fréquentions. Je n’aurais jamais imaginé que l’on puisse autant capoter pour une histoire de port de condoms.  

10) Des fois, le couple ouvert, c’est juste une façon déguisée de trouver mieux.
Je me souviens, à l’époque de mon retour aux études, qui correspondait à une de mes périodes de célibat, de cette amante que j’ai eu et qui était dans un couple ouvert. Elle ne cessait de se plaindre, comme quoi elle était malheureuse avec lui, et me donnait de plus en plus de signes comme quoi elle était en train de tomber en amour avec moi. Puis, un jour, elle m’appelle, toute heureuse, pour me dire qu’elle avait lâché son chum, donc que rien ne nous empêchait désormais de former un couple. Acculé au pied du mur, je n’ai eu d’autre choix que de lui remettre les pendules à l’heure en lui disant: « J’ai toujours été clair comme quoi je ne veux rien savoir d’une relation sérieuse. Pourquoi, tu penses, que je ne couche qu’avec des filles déjà en couple? » C’était brusque, j’avoue, mais ce n’est pas comme si j’avais eu le choix.  Aujourd’hui, elle est mariée à cet homme de qui elle se plaignait tant, et ils ont eu deux ou trois enfants. Comme quoi elle s’est résignée et a cessé de chercher mieux.

11) Certaines personnes semblent penser que votre situation de couple ouvert fait que vous n’avez aucun droit de leur refuser du sexe.
Comme si le fait de coucher avec qui on veut signifiait automatiquement que l’on couche avec n’importe qui. Et c’est d’ailleurs ça leur argument : « Ah bon!? Alors comme ça, t’as pas de problème à coucher avec n’importe qui… Sauf MOI!? ». Pas surprenant qu’en ayant une aussi étroite mentalité, ils le prennent personnel. Et voilà pourquoi… :

12) La frustration sexuelle peut transformer une relation harmonieuse en guerre haineuse.
Que ce soit en déclinant les avances d’une femme qui ne m’intéressait pas, ou bien que je mettais fin à mes activités sexuelles avec mes amantes, ou bien comme au point 9 lorsque j’insistais pour porter le condom, j’ai eu droit à tout: De la déprime à la colère noire, des crises de larmes aux crises d’hystéries, des lettres d’amour aux mails d’insultes, de celles qui m’ont instantanément banni et oublié à celles qui sont restés accrochés sur mon cas en me retraçant partout jusqu’à un an et demi plus tard.  Je me compte quand même chanceux, j’en ai connu une qui a perdu son emploi, lorsqu’un ex amant frustré est allé y foutre la merde. 

13) Il y a toute une problématique au sujet de la discrétion.
Il est normal de vouloir laisser libre cours à ses fantasmes, sans pour autant vouloir que notre entourage le sache.  Malheureusement, concilier ces deux aspects n’est pas de tout repos.  Comment rester discrets si, pour trouver des partenaires, il faut s’afficher? Est-ce que vos amant(e)s vont bien le prendre, que vous ne voulez pas que les gens sachent que vous couchez avec eux, ou bien vont-ils le prendre personnel en vous accusant d’en avoir honte?  Comment éviter que les gens virtueux, les candidats insultés d’avoir été refusée, et les ex-amant(e)s frustré(e)s se fassent un haineux plaisir de vous exposer partout afin de détruire votre réputation?  C’est un sacré casse-tête pour lequel il n’y a aucune solution.  On peut juste espérer que ça n’arrive pas, et c’est pas mal tout ce qu’on peut faire.

14) Il peut être difficile pour le couple de cesser d’être ouvert.
Il vient parfois un temps où on se rend compte que le charme s’est estompé, et que l’on ne prend plus autant de plaisir qu’avant à faire ces activités.  Qu’est-ce qui arrive si notre partenaire n’est pas prêt(e) à arrêter?  Et nos bons amis proches, avec qui on baise en groupe sur une base hebdomadaire, comment vont-ils prendre de ne plus pouvoir le faire avec vous? Vont-ils l’accepter? Vont-ils continuer de vous fréquenter si ça devient platonique?  Vont-ils insister et vous mettre de la pression? Vont-ils, comme au point 12, se mettre à vous haïr parce que vous les frustrez sexuellement? Vont-ils prendre ça comme une attaque personnelle, parce que là, soudainement, vous avez évolué au-dessus de tout ça, ce qui équivaut à dire (dans leurs têtes) que vous valez mieux qu’eux?  

15) Le monde est petit, la haine est grande.
Parlez-en à une de mes ex-amantes, qui a perdu son travail dans une garderie, lorsque l’un de ses ex-amants est allé y inscrire son enfant, l’a reconnue et l’a dénoncée aux autres parents.  Ça avait beau faire 9 ans qu’ils ne s’étaient pas vus et 8 qu’elle avait cessé d’organiser des soirées, il avait gardé des photos et des textes qu’elle avait eu le malheur de laisser sur le net à l’époque.

C’est sûr qu’il y a des gens qui font du couple ouvert un mode de vie et que celui-ci leur apporte peu de négativité.  Mais ça prend un couple solide, intelligent, complice et équilibré, et ils doivent aussi exceller dans l’art de réussir à ne s’entourer que de gens qui ont les mêmes habilités à vivre cette situation.  Donc, c’est possible, mais ça reste quand même un exploit.

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Y’a liens là:

Il y a une suite: 30 situations fréquentes lorsque l’on est dans un couple ouvert (suite et fin).

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12 leçons que j’ai apprises en m’entraînant pour le marathon.

Il y a cinq ans, au début de l’hiver de 2010-2011, j’ai décidé, comme ça, sur un coup de tête, de m’entraîner pour participer au Marathon de Montréal, une course de 42 km se tenant le (ou autour du) 15 septembre. De toutes les activités physiques qui puissent exister, la course à pied avait toujours été mon point le plus faible. J’ai toujours été celui qui courait le moins vite et le moins longtemps.  J’ai décidé de m’y attaquer, et ce sans attendre le printemps. Bien m’en pris car…

1) L’hiver est la meilleure saison pour commencer à s’entraîner.
En été, un coureur doit être habillé comme un coureur. C’est l’uniforme qui fait la différence entre un coureur et un fuyard, surtout aux yeux de la police qui patrouille le quartier louche où tu habites. Or, autant on remarque un civil qui court, autant on remarque un coureur qui marche. En hiver, par contre, coureurs comme passants doivent être habillés en gros manteau chaud. Ainsi, lorsque je marchais plutôt que de courir, rien ne me distinguait d’un passant et je n’avais pas l’air d’avoir abandonné l’entrainement.

Afin d’obtenir de meilleurs résultats, j’ai eu l’idée de courir dans la neige sur des pistes non-dégagées où on enfonce parfois jusqu’aux genoux. Ça épuise plus vite, ça fait suer, ça réchauffe au point où j’ouvrais souvent mon manteau même s’il faisait -12°C, et je ne ressentais pas le froid puisque j’étais moi-même ma propre source de chaleur. C’était un avantage non négligeable, comme je le démontre dans le point suivant qui est :

2) Les bienfaits sont d’abord petits mais immédiats et omniprésents.
Si vous vivez dans un pays où l’hiver est rude, vous connaissez la désagréable sensation de devoir prendre une douche alors que l’hiver refroidit la salle de bain. Eh bien moi, en revenant de mon entrainement de course, j’allais immédiatement à la douche. Et jamais je n’y ai eu froid de l’hiver, pour la simple et bonne raison que la chaleur provenait de moi. Je me permettais même de prendre des douches à peine plus chaudes que tièdes. Moins d’eau chaude, douches de moins longue durées, moins d’énergie électrique dépensée, donc économie. Une économie qui se prolongeait dans l’appartement, où je n’avais soudainement plus besoin de chauffer autant.

Parmi les autres avantages que m’a procuré la course à pied, notons un sommeil plus profond, un réveil plus reposé, une amélioration de la concentration, une meilleure humeur en général. La libido aussi se réveille, et on a soudain une plus grande énergie et une meilleure résistance pendant l’acte. Et l’économie dont je parlais au paragraphe précédent s’étalait jusque dans ma facture d’épicerie, tel qu’expliqué dans le point suivant qui est :

3) La perte de poids est immédiate parce que…
A) L’appétit diminue. On pourrait croire que dépenser autant d’énergie pourrait donner un appétit d’ogre. Mais non, au contraire. Je ne sais pas ce que l’activité physique fait à l’estomac, mais non seulement j’ai perdu envie de manger entre les repas, je mangeais moins durant ceux-ci. Je n’ai même pas eu à changer mon alimentation pour du végé-santé.
B) Les calories brûlent. Faire un effort puissant à court terme brûle les sucres. Par contre, l’effort constant à long terme, comme celui de la course à pieds, consomme le gras.  Voilà pourquoi:

4) La perte de poids est spectaculaire.  … Mais temporaire.
Non pas temporaire dans le sens où on le reprend tout aussi vite, mais bien dans le sens ou on cesse éventuellement d’en perdre. Voici le poids que j’ai perdu durant les quatre mois de mon entrainement :

1er mois : 13 lbs. (5.90 kg)
2e mois : 7 lbs. (3.18 kg)
3e mois : 2 lbs. (0.90 kg)
4e mois : 0 lbs. (0 kg [/mansplaining] ) 

Voilà pourquoi beaucoup de gens se découragent et abandonnent l’entrainement au bout de deux mois.  Il est logique de penser qu’en poursuivant l’entrainement avec la même intensité, la perte va continuer au même rythme qu’au premier mois. Mais voilà, cette logique est fallacieuse. Dans les faits, à mesure que le corps s’habitue à l’effort, il devient de plus en plus performant. Il réclame donc moins de calories pour fonctionner.  Et c’est pour ça que c’est le premier mois où j’en ai le plus perdu, car:

5) Ça prend un mois avant d’être vraiment performant.
Par un bel après-midi ensoleillé entre Noël et le jour de l’An de décembre 2010,   j’étais allé courir le long du Canal Lachine.  

Ça faisait trois semaines que je m’entraînais. Tandis que j’alternais course et repos sous forme de marche lente, un passant promenait son chien.  D’abord derrière moi, il m’a dépassé et a pris de plus en plus de distance.  De voir ainsi un homme parcourir plus vite plus de distance que moi, alors qu’il ne fait que marcher et que je suis en course intermittente, ça m’a donne une fracture de l’orgueil.  Mais pas assez pour me faire abandonner.  D’abord, parce que j’étais déjà bien plus performant qu’à mes débuts, où j’étais tombé épuisé-mort après 200 mètres de course.  Mais aussi parce que: 

6) Le bien-être ressenti est incroyable.
Sérieux là, après la première semaine, on commence à ressentir un état d’euphorie quasi-permanent.  Je ne sais pas si c’est à cause de l’oxygénation ou des bienfaits mentionnés au point 2.  Toujours est-il qu’on se sent comme si on était sur la boisson énergie, mais sans le rush du sucre.  On se sent mieux, plus énergique, plus éveillé, bref, plus jeune.  Et moi qui était du genre à attraper 2-3 rhumes par saison froide, pour la première fois de ma vie, j’en ai eu un gros total de zéro cet hiver-là.

Mieux encore: Pour certaines personnes, dont je faisais partie, l’hiver n’est pas une saison tellement intéressante ni agréable.  Eh bien cette année-là, en décidant que l’hiver serait mon gym, j’ai complètement transformé ma vision de cette saison en quelque chose de positif, vision qui perdure encore aujourd’hui.  Quoi de mieux pour le moral que d’apprécier les températures extérieures à l’année longue.

7) On ne peut s’empêcher de vouloir partager nos progrès.
C’est quelque chose que l’on fait autant pour s’encourager soi-même que pour s’en vanter.  Et c’est normal.  Quoi de mieux pour le moral de revenir sur nos entrées précédentes sur Facebook ou sur notre blog pour revoir tout le progrès que l’on a fait.  Sans compter les encouragements et les félicitations que l’on reçoit de la part d’amis.  Hélas, il n’y a pas qu’eux qui constatent nos progrès.  Et si je dis hélas, c’est parce que, pour une grosse part de notre entourage … :

8) On dérange!
Qu’on le veuille ou non, notre entourage est adapté à notre style de vie. Ainsi, les oisifs attirent les oisifs, et les sportifs sont entourés de sportifs. Aussi, lorsque l’on change radicalement nos habitudes de vie, c’est tout notre entourage qui s’en trouve affecté. les gens se divisent alors dans ces catégories :

  • Le/la conjoint/conjointe qui commence à craindre, consciemment ou non, que tu deviennes trop bien pour elle/lui. Ce ne fut pas mon cas, heureusement.  Mais j’ai déjà vu ça.
  • Ceux qui regardent tes progrès avec malaise car ton courage devient pour eux le symbole de leur propre lâcheté.
  • Ceux qui sabotent ton entrainement en voulant t’aider. Généralement en affirmant que si tu avais plutôt utilisé une méthode X, tes progrès seraient au moins trois fois ce que tu as obtenu par la tienne.  Et même s’ils n’arrivent pas à t’imposer leur méthode, leurs commentaires minent le moral.
  • Ceux qui qui sabotent ton entrainement en voulant que tu les aide. Hélas, puisqu’ils ne sont pas à ton niveau, les aider signifie que tu cesses de te pousser, et ainsi cesse d’obtenir des résultats.
  • Ceux qui te découragent de continuer, et qui le font pour ton bien.  En effet, convaincus que tu vas échouer, ils ne veulent pas que tu subisse cet échec. Ils sont de la mentalité du Qui rien n’essaie rien n’échoue, et cherchent à te l’imposer.

Et voilà pourquoi:

9) Tu te sens bien seul tout à coup….
… en réalisant qu’il n’y a personne dans ton entourage avec qui tu peux parler de ta nouvelle passion. Puisqu’ils ne la partagent pas, ils ne peuvent pas comprendre, ni te soutenir, ni t’aider.  La majorité du temps, en leur en parlant, tu les ennuies.  Et essayer de trouver de nouveaux amis sur le net qui, eux, peuvent te comprendre, c’est moins facile qu’on pourrait le croire, parce que :

10) Internet regorge de faux experts et de gens haineux.
Je me suis inscrit sur un forum montréalais de course à pied. Je n’y suis pas resté plus que vingt minutes, et ce pour deux raisons.

  • La première : Un membre se décrivant comme étant entraîneur professionnel travaillant dans un gym, a parti un sujet dans lequel il affirme que courir ne fait pas perdre de poids. Et il avais les liens d’expertises pour le prouver.  Je suppose donc que mon pèse-personne, mon miroir, mes vêtements, mon corps, mes yeux et tout mon entourage me mentent depuis quatre mois.
  • La seconde : J’ai découvert par hasard qu’un de leurs membres y avait mis un lien vers l’un de mes billets de blogs dans lequel j’avais posté des images de moi avant-après, qui montraient ma perte de poids et ma prise de muscles. Le lien venait avec le commentaire suivant : « Ça ne donne pas envie de se mettre à courir! » Une remarque aussi méprisante et gratuite que totalement injustifiée.  

Face à pareille atmosphère empreinte de mauvaise foi, faut pas se demander pourquoi j’ai renoncé à fréquenter l’endroit.

11) Le choix de bons souliers est primordial.
Pendant longtemps, j’ai cru que les boutiques sportives bullshittaient lorsqu’ils affirmaient que pour courir sans problèmes, il faut absolument débourser une fortune pour se procurer chez eux un soulier en mélange de polyester et soie de cocons de papillons de l’Arctique avec semelle en fibre d’élastine coussiné à la mousse de nombril de panda, sinon nos pieds vont pourrir et tomber. Et je suppose que j’ai raison jusqu’à un certain point car je ne vois pas en quoi un soulier à 600$ la paire pourrait donner de meilleurs résultats qu’une paire à 150$. Par contre, cette petite BD que j’ai faite à l’époque montre comment j’ai appris à la dure les réalités d’être bien chaussé.

Je suppose que j’ai dû me faire des micro-fractures au tibias car j’en ai eu pour un mois à ne plus être capable de courir. Ensuite, j’ai commencé à travailler à plus-que-temps-plein, alors je n’avais plus le temps de m’entrainer. Hélas, il était trop tard pour moi, le dommage était fait. Car en effet :

12) Si vous n’avez jamais été bon à la course, il y a peut-être une raison.
Comme je le dis tout en haut de cet article, la course avait toujours été mon point le plus faible.  J’ai appris pourquoi quand, en décembre 2011, un an après avoir commencé à faire de la course, mes pieds sont soudainement devenus trop douloureux pour que je puisse me tenir debout.  Le podiatre a constaté que j’ai une jambe et les deux pieds croches.  

Voilà pourquoi je n’ai jamais été bon coureur.  Voilà pourquoi je n’ai jamais tenu sur des skis, des patins, des raquettes et des rollerblades.  À cause de ce handicap de naissance jamais détecté avant parce que jamais recherché spécifiquement, j’ai toujours marché sur le rebord de mes pieds plutôt qu’à plat.  Jusque là, je pouvais l’endurer.  Mais en m’entraînant, je les ai forcés en leur imposant un effort qu’ils n’étaient pas conçus pour soutenir.  S’en suivit une fasciite plantaire sévère aux deux pieds qui m’a laissé un mois en béquilles et deux mois sans pouvoir travailler.  Comme quoi il faut toujours consulter un médecin et se faire examiner les parties qui vont travailler, avant de se mettre à l’exercice.

Aujourd’hui, je me suis fait une raison.  Je ne courrai jamais le marathon.  J’ai changé mon entrainement pour un plus musculaire parce que bon, il y a plus d’une façon de devenir athlétique.  Je m’entraîne toujours au cardio à mon gym, non pas sur le tapis roulant mais plutôt sur la machine elliptique sans impact.  Au moins une fois par hiver, je ne peux résister à l’envie de courir dans la neige, ce qui me permet de constater que je suis encore capable de parcourir une distance de 2 km non-stop.  C’est moins que les 5 km que je pouvais faire au dernier jour de mon entrainement, mais ça demeure bien mieux que les 200 mètres du premier jour.

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Y’A LIENS LÀ:

Le billet Dans l’espoir d’un marathon, décrivant mon premier mois d’entrainement.
Le billet Quatre mois d’entrainement: Le résultat. 
Le billet Rouler avec les coups, expliquant pourquoi j’ai gardé le moral malgré ce handicap.
Enfin, dans Anecdote de course, je montre comment la police peut nous trouver louche lorsque l’on est un coureur sans en avoir l’air.

Avez-vous des questions?  Des commentaires?  Venez en discuter ici, ou bien sur Mes Prétentions de Sagesse sur Facebook.  Vous pouvez aussi partager ce billet avec les liens suivants:

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