12 raisons pour ne pas occuper trop longtemps un emploi en bas de l’échelle.

Il y a dix-huit ans, en 1999, je travaillais au centre d’appel du service à la clientèle pour Air Canada.  À une époque où le salaire minimum au Québec était $6.90, j’y gagnais $14.00 de l’heure.  C’était un bon moment pour songer à faire des investissements.

Me voici donc à la banque, au bureau de mon conseiller financier.  Après m’avoir posé quelques questions au sujet de mon travail, mon revenu et mes dépenses, celui-ci me demande combien je veux placer par mois.  Je lui donne le montant, qui était le maximum que je pouvais y mettre à ce moment-là.  Celui-ci me répond alors quelque chose je ne m’attendais vraiment pas: « Je vous le déconseille, parce que vous ne garderez pas votre travail longtemps.« 

J’étais choqué.  J’étais insulté.  Moi qui étais fier de lui avoir raconté que, dix ans plus tôt, je travaillais à laver de la vaisselle au resto Le Commensal, travail que j’ai continué tout en retournant aux études, avant de décrocher cet emploi où j’ai commencé à $10.00 de l’heure, et que j’occupe toujours ce poste deux ans plus tard à $14.00.  Moi qui me suis fait un point à lui montrer que je suis travaillant, sérieux, avec la débrouillardise pour m’élever d’un minable travail manuel au salaire minimum à un travail de bureau qui me rapporte plus du double.  Qu’est-ce que c’est, que ces préjugés totalement gratuits à mon égard, comme quoi je serais incapable de garder ma place? Ses insinuations étaient insultantes et injustifiées.  

Il a alors précisé sa pensée en ces termes: « Vous savez, le marché de l’emploi, ce n’est plus comme dans le temps de nos parents.  Eux autres, pouvaient passer toute leur vie au même travail et c’était normal.  Dans ce temps-là, les employés autant que les patrons recherchaient surtout la stabilité, la loyauté.  Ou bien tu restais toujours à la même position, ou bien tu grimpais l’échelle, mais toujours au même endroit.  Mon père a commencé à l’âge de quinze ans à balayer le plancher à la Banque Royale du Canada.  Après ça, la banque lui a donné la formation pour devenir caissier.  Ensuite il est devenu leur comptable.  Vingt ans plus tard, il était gérant, une position qu’il a occupé jusqu’à sa retraite. »

Son histoire était crédible.  Moi-même, ma mère a décroché un travail de caissière à la Banque Canadienne Nationale à l’âge de dix-neuf ans ans, en finissant l’école, malgré le fait qu’elle avait redoublé deux ou trois années.  Et à elle aussi on lui avait éventuellement offert une promotion avec de plus grandes responsabilités.  Par manque de confiance en elle-même, et parce qu’elle ressentait de la sécurité dans son travail routinier, elle a décliné.  Ils l’ont donc laissée à son poste, qu’elle a gardé jusqu’à ce qu’elle se marie et fonde une famille, comme il était coutume à l’époque.     

« Mais de nos jours, ça ne se passe plus comme ça.  Pour chaque position, quand on n’a pas les études, oublie ça, rien à faire pour grimper les échelons.  Soyons francs, téléphoniste, dans une grosse compagnie comme Air Canada, c’est un poste en bas de l’échelle.  Les gens qui y sont engagés, c’est généralement pour avoir un pied dans la place, en attendant que le poste qu’ils convoitent se libère.  Un poste plus haut placé, pour lequel ils sont diplômés. »

Le reste de son explication, ainsi que ce que j’ai pu moi-même observer depuis, lui a donné raison.  Depuis les années 90, non seulement la stabilité n’est plus une qualité recherchée dans le milieu de travail, c’est même un handicap.  Surtout si c’est pour occuper le genre de poste qui entre dans la catégorie Premier travail d’une personne sans expérience.  c’est à dire téléphoniste, plongeur dans un resto, caissière dans un supermarché, et plusieurs autres petite boulots du genre.  Et non seulement est-ce un handicap de carrière, c’en est un social et moral.  Voici les douze raisons:

RAISON 1: Tu es la seule personne stable dans un environnement créé pour être instable.
C’est fou comment, sans pour autant le penser consciemment, on a toujours l’impression que notre nouvel environnement de travail a toujours été le statu quo de la place. Tu es embauché.  Tu apprends à connaitre tes collègues de travail.  Vous vous entendez bien.  Pour toi, ceci est l’univers stable où tu vas passer le reste de tes jours.  Puis, un collègue part occuper de plus hautes fonctions.  Arrive donc le petit nouveau, que tu perçois comme étant l’ovni de la place.  Et étrangement, tu n’es pas vraiment porté à développer d’affinités avec celui-là.  Mais bien vite, tu constates que, un à un, tes premiers collègues font places à de nouveaux.  Un an plus tard, il ne reste plus personne du temps où tu as été embauché.  Tu te sens encore comme le petit nouveau, mais c’est toi qui est l’ancien.  C’est toi, maintenant, l’ovni de la place, car… 

RAISON 2: Tu as de moins en moins d’affinités avec tes collègues.
Au début, le courant passe toujours avec les nouveaux.  Mais après cinq ans sur le marché du travail, le temps a assez passé pour que tu sois totalement décroché des modes, expressions et tendances actuelles que suivent les jeunes qui sortent de l’école.  Ils ont maintenant plus d’affinités entre eux qu’avec toi.  Ce qui fait que plus le temps passe, et plus c’est toi, le vieux con que l’on met de côté.

RAISON 3: Plus tu prends de l’ancienneté, plus ça engendre le mépris.
Normal: De quoi est-ce que ça a l’air, de passer sa vie au bas de l’échelle, à occuper le genre de poste qu’un étudiant occupe  -et quitte-  avant ses vingt ans?  On se fait donc coller l’étiquette de « Pas capable de trouver mieux que ça. »  On a beau se défendre en répliquant « Moi, au moins, je travaille! », cet argument confirme que ta position est tout juste au-dessus des chômeurs, des BS, des parasites et des sans-abris.  Autrement dit, au plus bas du marché du travail, ce qui porte les gens à te juger.  Et même quand ils sont positifs envers toi, c’est encore pire car…  

RAISON 4: Même les encouragements sont décourageants.
Il y a des gens pleins de bonnes intentions, qui vont justement te dire ça:  « Bah, au moins, tu travailles, hein!?  C’est l’important! »   Ils veulent juste t’encourager.  Malheureusement, en disant ça, ils expriment justement le fait qu’à leurs yeux, occuper un tel emploi, c’est quelque chose considéré comme étant décourageant.  C’est suffisant pour donner des complexes.  Et voilà pourquoi… 

RAISON 5: La clientèle fidèle te déprime.
Une cliente régulière a quinze ans, est à l’école secondaire, est célibataire, habite chez ses parents.  Tu as vingt ans, caissière, célibataire, habite seule dans un 3½.
Dix ans plus tard, cette même cliente régulière a vingt-cinq ans, est à l’université et habite un 3½ avec son chum. Tu as trente ans, caissière, célibataire, habite seule dans un 3½.
Encore dix ans plus tard, cette même cliente régulière a trente-cinq ans, est partenaire senior dans un important bureau d’avocats et habite sa propre maison avec son mari et ses deux enfants. Tu as quarante ans, caissière, célibataire, habite seule dans un 3½.
Par conséquent…

RAISON 6: Tu n’as pas l’impression d’évoluer.
C’est un constat qui peut être très déprimant.  Heureusement, ton salaire évolue, lui.  Car plus longtemps tu travailles au même endroit, plus tu accumules les augmentations.  C’est la loi.  Et c’est justement ça le problème suivant, car…

RAISON 7: Tu finis par coûter trop cher.
Admettons qu’une caissière de supermarché occupe ce poste pendant vingt ans.  En 1997, le salaire était $6.80. Tout dépendant de ton employeur, tu as droit à 50¢ d’augmentation à tous les 6 ou 12 mois.  Faisons donc la moyenne, et disons que notre caissière a eu droit à 75¢ annuellement.  Au bout de vingt ans, ça fait $15.00, qui se rajoute à son salaire initial de $6.80, pour un total de $21.80 de l’heure.  Ça représente plus du double du salaire minimum actuel qui est $10.75.  Ça en fait donc l’employée la mieux payée de la place, tout de suite après le gérant (possiblement même au-dessus du gérant), alors qu’elle occupe pourtant le poste le plus en bas de l’échelle.  Et à cause de ça…

RAISON 8: Ta simple présence dérange tout le monde.
Plus tu travailles longtemps à un endroit, plus il est difficile de garder le secret sur ton salaire.  Surtout s’il est aussi élevé pour un poste si bas.  C’est le genre de chose qui choque le gérant et/ou son comptable, qui en parle à un collègue, qui le répète à d’autres, et c’est ainsi que chaque nouvel employé apprends tôt ou tard que tu gagnes si cher pour faire si peu.  Dans le cas d’une caissière dans un marché d’alimentation, ça t’apportes le ressentiment du boulanger, du boucher, des emballeurs, des étalagistes, des concierges, et bien évidemment des autres caissières qui prennent mal que tu puisses gagner double salaire pour travail égal.  Par conséquent, tout le monde te déteste.  Incluant le gérant qui sait très bien que, pour ce qu’il te paye, il pourrait embaucher deux nouvelles, plus jeunes et plus jolies, qui feront aussi bien que toi après une ou deux semaines d’entrainement.   Ce qui n’aide pas ton cas, c’est que souvent, l’ancienneté te pousse à avoir des comportements qui dérangent.  Par exemple: …

RAISON 9: Tu développes une familiarité qui engendre de mauvaises habitudes.
Parfois, le fait d’occuper un poste depuis très longtemps, ça nous porte à agir comme si la place nous appartenait, et on se permet des gestes et des paroles qui ne sont pas appropriés.  Par exemple, l’été dernier, j’ai eu un contrat temporaire dans une clinique de physiothérapie où je remplaçais les concierges employés permanents pendant leurs semaines de vacances.  Durant mes cinq semaines à cet emploi, 80% du staff et des clients m’ont parlé contre l’un des concierges, qui occupait ce poste depuis dix-neuf ans.  Depuis le temps, non seulement connait-il tout le monde, docteurs autant que patients, il est celui qui a le plus d’ancienneté dans la bâtisse.  Aussi, il se permet de cinq à dix pauses-cigarettes par jour, ce qui représente entre une heure et une heure et demie à être payé sans travailler, il se mêle de toutes les conversations entre réceptionnistes, docteurs et patients, et il va même jusqu’à ouvrir le rideau pour entrer dans les isoloirs pour aller jaser avec les patients pendant leur séance de physio.  Totalement sans-gêne, le gars.  Voilà pourquoi, depuis le début de l’année, il avait reçu deux avertissements de la part de la direction, précisant qu’à la troisième offense, il serait renvoyé.   Bref…

RAISON 10: On cherche la première excuse valable pour te congédier.
Vous vous souvenez de cette caissière de Provigo qui a été congédiée pour avoir dit à un client qu’un fromage était en spécial au Wal Mart? Ça faisait dix-huit ans qu’elle occupait ce poste.  Il y a aussi celle-ci, qui a été congédiée du Mc Donald’s, après avoir payé de sa poche le repas de pompiers qui venaient de combattre un incendie. Mère de deux enfants, qui occupait deux emplois, elle n’avait pas le profil typique d’une caissière de McDo.

Il est vrai que c’est le genre de travail où, si on veut être accepté lorsque l’on n’entre pas dans les critères, il faut s’en démarquer de manière extrême.  Comme madame Go Gwek Eng qui, à 92 ans, est la plus vieille employée de Mc Donald’s au monde.  Juste pour ça, elle est assurée d’occuper cet emploi tout en étant respectée jusqu’à la fin de ses jours.

Ceci dit, quand je parle de première excuse valable pour se débarrasser de toi, j’ai un excellent exemple: Je ne sais pas si ça existe en Europe, mais ici au Québec, il y a des dépliants publicitaires gratuits qui sont accrochés aux boites à lettres, dans un sac en plastique.  Ça s’appelle un Publisac.  En général, ils traînent là, sans que personne ne les ouvre, et se retrouvent aux poubelles ou au recyclage lors du passage suivant du camion de ces derniers.  Bref, c’est plus dérangeant qu’utile.  C’est dire à quel point ça n’a aucune valeur aux yeux des gens.  La raison pourquoi j’en parle?  Parce que j’ai connu une femme dont la familiarité au travail la poussait à faire de plus en plus de commentaires chiants à ses collègues.  La direction a donc sauté à pieds joints sur la première excuse pour s’en débarrasser: Avoir volé un Publisac.  Sûr, c’est une excuse ridicule.  Mais techniquement, le Publisac n’avait pas été livré chez elle, donc techniquement il ne lui appartenait pas, donc techniquement c’était un vol, donc techniquement ça en faisait une excuse valable pour s’en débarrasser.

Et à la lumière de tout ceci, tu constates que… 

RAISON 11:  Plus grand est ton passé, plus angoissant est ton présent, car plus incertain est ton avenir.
Résumons la situation: Tu occupes un travail que n’importe qui pourrait faire, tu gagnes trop cher au goût de tous, tu n’as rien en commun avec tes collègues, tu es méprisé, mis de côté, tu déranges, et tu dois sans cesse marcher sur des oeufs car, pour toutes ces raisons, tu sais trop bien que l’on cherche la moindre excuse pour te congédier.  Tu vis donc dans une angoisse constante, dans un environnement à atmosphère négative.  Et il faut que tu l’endures.  Tu n’as pas le choix, car…

RAISON 12: Il te serait impossible de retrouver un tel emploi, et encore moins à tel salaire.
Trop vieux, payé trop cher, et n’a que ce travail-là à mettre dans son CV.  Quel employeur voudrait de ça?  Et bonne chance pour avoir du chômage si la raison du congédiement donnée par l’employeur tombe dans l’une des catégories qui n’y donnent pas droit.  Et même là, les chèques de chômage ne sont pas éternels.

Et même si, exceptionnellement, on arrive à garder notre poste en évitant tous ces problèmes avec nos collègues et patrons…  Vous en connaissez beaucoup, des commerces qui arrivent à exister pendant plus de vingt ans?  C’est sûr qu’il y en a.  Mais tôt ou tard, parmi ceux qui prennent la place des anciens à la présidence, il y en aura un qui n’aura pas le talent de son prédécesseur pour garder la compagnie prospère.  Ou pire encore: Oui, il l’a…  Mais le marché change, et le produit et service n’a plus sa place, et la compagnie finit par fermer.   

Et c’est ainsi que, pour avoir eu la fierté d’être une personne stable, on se peinture dans un coin, s’écrasant de plus en plus dans le mur du fond du cul-de-sac de notre emploi.  Jusqu’à ce que quelque chose cède: le mur, ou nous.

C’est bien beau d’avoir de vieilles valeurs, telles la stabilité en emploi.  Mais si ces valeurs sont qualifiées de vieilles, c’est généralement parce qu’elles n’ont plus leur place à notre époque moderne où, ce qui était hier décrié comme étant instabilité, est aujourd’hui louangé comme étant évolution

Le Petit Lexique Québécois-Français

Pour une raison qui m’échappe, bien que ce blog soit québécois, 87% de mes lecteurs sont européens.  Par conséquent, il arrive parfois que le sens de mes élucubrations leur échappe.  Pour remédier à la situation, j’ai décidé d’écrire ce billet au sujet de mots et d’expressions que nous utilisons des deux côtés de l’Atlantique, MAIS qui n’ont pas le même sens selon le pays.  C’est parti:

AGACE
France: Du verbe agacer, déranger.
Québec : Allumeuse, diminutif du terme « agace-pissette ».  Terme péjoratif utilisé par frustration et mépris.
Usage : « C’te fille-là a passé la soirée à me parler de cul, sans jamais vouloir rien faire après.  C’t’une hostie d’agace! »

ARRACHER
France: Séparer de force.
Québec : Séparer de force, avoir de la difficulté, en avoir bavé.
Usage : « J’en ai arraché au test de maths ce matin. »

AVOIR LE FEU AU CUL
France: Être excité sexuellement.
Québec : Être enragé, frustré, de très mauvaise humeur.
Usage : « Ma belle-mère m’a insulté hier, ça m’a mis le feu au cul pour toute la soirée. »  

BARRER
France: Se barrer = partir.
Québec: Verrouiller, coincer, exclure.
Usage: « Barrer la porte. » = Verrouiller la porte.
« Barrer le char. » = Verrouiller les portières de l’auto.
« Avoir le dos barré. » =
Avoir le dos coincé et très douloureux.
« Tu ne le reverra plus ici, il est barré. » = Il est banni, exclus.
« Non mais t’es pas barré, toé! » = Tu n’as aucune retenue, tu es sans-gène.

BATTERIE
France: Tambour pour orchestre.
Québec: Pile électrique.  De l’anglais battery.
Usage: « Ma flashlight marche pu, faut changer les batteries. »
Mais on l’utilise aussi dans le sens français: « Je joue de la batterie pour l’orchestre folklorique Turtle Scrotum. »

BAVEUX
France: Qui dégouline: Verre baveux, omelette baveuse.
Québec: Un insolent provocateur.
Usage: « Il vient de m’envoyer une photo où il embrasse mon ex, le p’tit baveux. »

BEIGNE
France: Gifle.
Québec: Beignet, donut.
Usage : « Homer Simpson mange des beignes. »
Le mot change de genre selon le continent.  En France, pour la gifle, on dit une beigne, alors qu’au Québec, pour le donut, c’est un beigne.

BEU
France: Cannabis.
Québec: Policier, vient de bœufs.  Jusque dans les années 70, l’un des critères relatifs à l’embauche des policiers était que le candidat devait être imposant, baraqué, fort comme un bœuf. Aujourd’hui, cette discrimination est interdite.  Bref, les policiers sont donc devenus les bœufs, prononcer beux, et par extension un policier devient un beu. 
Usage : « Fuck! Les beux! » = 22!  V’là les flics!
En France, le genre de beu est féminin.  De la beu = de la marijuana.
Si un français offre « un pet de beu » à un québécois, ce dernier se demandera bien pourquoi on lui offre une flatulence de policier.

BIENVENUE
France: Mot que l’on dit en accueillant quelqu’un.
Québec: Mot que l’on dit en remerciement de s’être fait remercier.  
Usage : « Merci pour les cadeaux. »  « Bienvenue! » 
Vient de l’usage anglais de dire « You’re welcome! » en réponse à « Thank you! » 
Mais on l’utilise aussi dans le sens français:  Bienvenue sur mon blog.

BLONDE
France: Femme aux cheveux blonds, idiote, bière, cigarette au tabac clair.
Québec: Femme aux cheveux blonds, idiote, bière, amie de coeur. 
Usage :  « Ma blonde. »  Amie de coeur.  Comme dans la chanson Auprès de ma blonde. 
« Joke de blonde. » = blague dans laquelle le personnage, une femme blonde, fait preuve d’une grande idiotie.  En général, il s’agit des même vieilles blagues qui se transmettent d’une génération à l’autre, en changeant le sujet selon la tendance de l’époque.  Par exemple, dans les années 70, ces mêmes blagues mettaient en vedette des belges en Europe, et des newfies (Habitants de Newfoundland / Terre-Neuve) au Québec.

BROSSE
France: Instrument à poils ras qui sert à frotter, polir, démêler.
Québec: Pareil.  Mais aussi une cuite. 
Usage : « J’ai viré une méchante brosse hier. » = J’ai pris une sacrée cuite la veille.

BOSSER
France: Travailler.
Québec: Se prendre pour le patron (sans l’être nécessairement), prendre le contrôle de façon malvenue, abuser de son pouvoir.  Vient de l’anglais boss
Usage : En France: « J’ai bossé tout l’été. » = J’ai travaillé tout l’été.  
Au Québec: « Je me suis fait bosser tout l’été. » = Je me suis fait abusivement donner des ordres tout l’été.
Mais on l’utilise aussi dans le sens de « bosseler »:  Par exemple sur une carrosserie: « T’as-tu fini de bosser mon auto avec ta pelle? »

JE SUIS BOURRÉ
France: Je suis ivre
Québec: J’ai trop mangé.
Usage : « J’ai abusé du buffet, hostie qu’chus bourré! »

BRANLER
France: Masturber.
Québec: Hésiter, trainer.
Usage : « C’est un mauvais employé, il branle dans le manche. »  L’expression branler dans le manche vient du levier de vitesse qui, sur les plus vieilles autos, ne fonctionnent plus très bien, et vibrent anormalement.
Mais on l’utilise aussi dans le sens français: « Je me branle sur des photos cactus. »  Oui, bon, à chacun ses fantasmes, quoi.

ELLE EST BONNE!
France : Elle est baisable.
Québec : Elle est compétente (femme), elle est drôle (blague), elle est délicieuse (nourriture).
Usage : Généralement, on ne met pas le sujet, réduisant l’expression à « ‘Est bonne! »

BOULES
France : Paire de couilles.
Québec : Paire de seins.
Usage : La phrase « La danseuse nue a de belles boules. » exprime sa féminité au Québec et sa masculinité en France.

BAS
France : Le contraire de haut, évidemment.
Québec : Opposé de haut, ainsi que… Chaussettes..
Usage : « Mettre ses bas » = Enfiler des chaussettes.
« Être en pied-de-bas. » =  
Se promener en chaussettes.
Truc étrange, on dit « Avoir des bas dans les pieds », et non les pieds dans les bas, ce qui serait quand même plus logique et pas mal moins douloureux.

CHAUSSETTES
France : Ce que, au Québec, on appelle des bas.
Québec : Pantoufles.
Usage : « J’ai hâte d’arriver chez nous, enlever mes bottes et enfiler mes chaussettes. »

CAISSE
France: Contenant de bois, guichet, voiture.
Québec: Contenant de bois, guichet, boite de carton contenant 12 ou 24 bières, réseau bancaire La Caisse Populaire Desjardins, aujourd’hui Mouvement Desjardins.  
Usage : « J’ai vidé une caisse de douze. » = J’ai bu douze bières.
« Faut j’passe à la Caisse, retirer. » = Je dois passer à (un guichet automatique de) La Caisse Populaire, faire un retrait d’argent.

CAPOTER
France: Faire virer une voiture à l’envers, donc sur son capot.
Québec: Paniquer, se prendre la tête, adorer, être extrêmement ravi.  
Usage : « J’ai vu mon chum avec son ex, je capote. » = J’ai vu mon ami de coeur avec son ex, je panique.
« Je capote sur lui! » = Je l’aime / l’admire / le désire.
« J’ai gagné le tirage? OUAIS, J’CAPOTE! » = Je suis extrêmement ravi.
« Le nouveau manège? Y’é capoté! » = C’est génial.
« Il t’a quitté pour une femme de trois fois le double de ton âge?  C’est donc ben capoté! »  = Étrange, bizarre, surprenant, choquant.
Variante: Virer su’l’top!

CASSÉ
France: Brisé, interrompu, contré.
Québec: Brisé, couple arrivé à terme, être financièrement fauché.  
Usage : « T’as entendu ça? Marilou et Alexandre, y’ont cassé. » = Ils ne sont plus en couple.
« Aller au cinéma? Oublie-ca, chus cassé! » = Je n’ai plus un sou.

CAVE
France: Sous-sol, remise à vins.
Québec: Sous-sol, imbécile.  
Usage : « Hostie qu’t’es cave. » = Quel imbécile vous êtes.

CHAUD
France: Contraire de froid, près du but.
Québec: Contraire de froid, ivre.  
Usage : « Y’a passé la soirée à boire, y’é chaud. »   Vient du fait que l’alcool dilate les capillaire des veines, permettant un plus grand afflux sanguin, réchauffant ainsi le visage, les mains et les pieds, qui sont d’habitude plus froids que le reste du corps.  On utilise aussi les termes dérivés chaudasse ou chaudaille.

CHIÂLER
France: Pleurer.
Québec: Se plaindre de façon constante, protester de manière insistante, faire des reproches répétitifs.  
Usage : « T’es jamais content, maudit chiâleux!? »   

CHIARD
France: Enfant, gamin, garnement.
Québec: Une tâche pénible et difficile.  
Usage : « J’ai essayé de faire moi-même mon rapport d’impôts mais c’était trop un chiard, fa que j’ai pris un comptable. » 

CRISSER
France: Grincer.
Québec: Verbe à multiples usages, désignant une action brusque.  Comme beaucoup de nos jurons, crisse a des origines religieuses catholique, et vient de Christ.   Crisse et ses variantes, tout comme le mot schtroumpf dans le langage des Schtroumpfs, remplace aussi bien un nom, un verbe, un qualificatif ou une exclamation. 
Usage :  « Crisser une volée. » = Foutre une raclée.
« Crisser aux vidanges. » = Jeter aux ordures sans ménagement.
« Crisser les brakes. » = Appliquer les freins en panique.
« J’m’en crisse! » = Je m’en fous.
« Être en crisse. » = Être fâché.
« [Action quelconque] en crisse. » = Exprimer que le sujet  de discussion est de niveau supérieur, aussi bien dans le positif que dans le négatif.  Exemple: Il court en crisse = il court très vite.  Il joue en crisse = c’est un excellent musicien. Ça pue en crisse = C’est particulièrement nauséabond.
« [Action quelconque] comme le crisse. » = Contrairement à l’exemple précédent, comme le crisse n’est utilisé que pour exprimer du négatif.  Ex: Y’é lette comme le crisse! = il est très laid!
« Oreille de crisse. » = Tranche de lard séchée frite dans l’huile qui a pris la forme d’une oreille lors de sa cuisson.  Selon l’une des nombreuses légendes sur l’origine du nom, ça viendrait de crispers (croustilles) mal interprété en Christ ears, et traduit comme tel.
« Ça goûte le crisse. » = Ça goûte mauvais.
« Un crisse de bon deal. » = Une très bonne affaire.
« Au plus crisse! » = Le plus rapidement possible.
« P’tit crisse. » = Petit voyou, garnement.
« Elle m’a crissé-là! » = Elle a rompu avec moi.
« C’est crissement l’fun! » = C’est vachement amusant.
« Mon char est décrissé. » = Mon auto est démolie.
« Décrisse d’icite! » =
Veuillez s’il vous plaît évacuer céans dans les plus brefs délais.
Mais on l’utilise aussi dans le sens français: « La neige crisse sous mes bottes. »

CROSSE
France: Partie postérieure d’un fusil.
Québec: Partie postérieure d’un fusil, bâton de hockey, sport (la crosse ou lacrosse), branlette, arnaque. 
Usage :  « Cette annonce, c’est une crosse. » = Cette publicité est une arnaque.
« Tu suces-tu ou tu crosses yink? » (Yink = rien que) = Pratiques-tu la fellation sur ton partenaire ou bien ne fais-tu que le branler?

CHAR
France:
 Moyen de transport individuel de l’époque romaine, tiré par un ou plusieurs chevaux.  Ou alors: Char d’assaut, un tank.  
Québec: 
Automobile.
Usage :
« J’ai pogné un accident, mon char y’é toutte décrissé. »
Jusque dans les années 70, il y avait d’autres expressions telles:
« Le gros char. » =
Le train.
« Le p’tit char. » =
Le tramway.
« La track des chars. » =
Le chemin de fer.
« C’est pas les gros chars. »  
Se dit de quelque chose qui a peu de valeur, qui est de mauvaise qualité.

CULOTTE
France: Sous-vêtement féminin.
Québec: La petite culotte = sous vêtements féminin, tandis que les culottes, au pluriel = Pantalon pour hommes.
Usage : « J’me suis assis sur du goudron, j’ai toutt’ taché mon fond d’culottes? »
À l’époque où seuls les hommes portaient le pantalon, on disait de la mégère qui dominait son mari que « C’est elle qui porte les culottes dans le couple. »  On utilise encore l’expression « Mettre ses culottes! » pour dire faire un homme de soi.

CARTABLE
France: Mallette pour documents.
Québec: Classeur à anneaux.
Usage : « Mettez vos feuilles lignées dans vos cartables. »

CHÂSSIS
France: Structure rigide sur laquelle sont attachés tous les éléments d’un mécanisme.  Exemple: Châssis d’automobile.
Québec: Fenêtre.
Usage : « Y fait chaud, rouvre-donc l’châssis. »  Vient du fait que justement, tous les éléments de la fenêtre sont attachés à un châssis.

CHAUDIÈRE
France: Équipement de chauffage à l’eau.
Québec: Seau.
Usage : « Il m’a pitché une chaudière d’eau glacée su’à tête. »

DÉPANNEUR
France : Service de remorquage pour véhicule en panne.  Au Québec, on dit plutôt la remorqueuse, ou bien le towing.
Québec : Petite épicerie-bazar de quartier ouverte toute la semaine, généralement de 8 :00 à 22 :00, mais certaines chaines comme le Couche-Tard sont ouvertes 24h.  Nommée ainsi car, avant 1992, tous les commerces étaient fermés le dimanche.  Ainsi, ce commerce, ouvert 7 jours et au-delà des heures des autres commerces, dépanne en cas de besoin.
Usage : « J’m’en va chercher du lait au dépanneur. »

ÉCOEURANT
France: Qui écoeure, qui dégoûte.
Québec: Selon le contexte et l’intonation de la voix, il peut s’agir d’une situation qui écoeure, d’une personne dégoûtante, d’un truc formidable, ou bien d’un homme très admirable par sa beauté et/ou ses talents.
Usage : « Je suis écoeuré par cette société de merde. » = Être dégoûté, découragé, comme au sens européen.
« Il est écoeurant ce gars-là, à ne jamais se laver. » = Être dégoûtant.
« Il m’a menacé de tout raconter, l’hostie d’écoeurant. » = Être un salopard.
« WOW! Ces ailes de poulet sont écoeurantes. » = Formidable!  Dans ce cas-ci, formidablement délicieuses.
« As-tu vu le nouveau prof de gym? Y’é écoeurant. » = Être particulièrement beau, sexy, attirant, irrésistible.
« Ce peintre est vraiment écoeurant. » = Être extrêmement talentueux.
L’utilisation positive de ce mot au Québec s’apparente au principe comme quoi une personne et/ou une chose puisse atteindre un tel niveau de perfection qu’elle en décourage la compétition. Bref; qu’elle l’écoeure.

FINE
France: Mince, alcool (eau-de-vie de vin).
Québec: Gentille.
Usage : « T’es donc ben fine d’être venue m’aider. »
Mais on l’utilise aussi dans le sens français: « Ce mannequin a une taille fine. »

FOUFOUNE
France: Au singulier : La vulve.
Québec: Au pluriel : Les fesses.
Usage : « Papa va taper les foufounes. » = Papa va faire panpan-cucul.
Depuis 1983, on a un bar nommé Foufounes Électriques à Montréal, dont le nom fait sourciller plus d’un touriste européen qui passe par là.

FIFI
France: Neveu de Donald, frère de Riri et Loulou
Québec: Homosexuel efféminé.  Dérivatif de fifille, généralement réduit à fif.
Usage : « J’me suis fait cruiser par un fifi. »

FOURRER
France: 
Farcir une nourriture par une autre nourriture.  Exemple: Chocolats fourrés aux noisettes.
Québec:
Mettre à un endroit, arnaquer, baiser.  Pas dans le sens d’embrasser, on parle ici de l’acte sexuel.  
Usage :
« Où c’est qu’t’as encore fourré les clés? » = Où as-tu mis les clés?
« J’me suis vraiment fait fourrer en achetant c’te bazou-là. » = Je me suis bien fait avoir en achetant cette bagnole. 
« Hostie que j’la fourrerais dans l’cul, elle. » = Diantre, je ressens fichtrement le désir de copuler sodomistement avec cette demoiselle.

GALERIE
France: Endroit où on tient des expositions.
Québec: Balcon.
Usage : « La vieille d’en face passe ses journées assise sur la galerie. »
Mais on l’utilise aussi dans le sens français: « Je suis allé à l’exposition Images de Bites de Dali à la galerie d’art. »

GOMME
France: Gomme à effacer.
Québec: Chewing-gum.
Usage : « Ferme la bouche quand tu mâches ta gomme. »

GOMMER
France: Effacer.
Québec: Couvrir accidentellement quelque chose d’une substance collante ou poisseuse.
Usage : « J’ai changé ma chaîne de vélo, j’ai les mains toutes gommées. »

GOSSES
France: Enfants.
Québec: Couilles.
Usage : « L’estie d’bitch m’a calissé un coup d’pied dans les gosses. »

GRAINE
France:  Un repas, comme dans « Casser la graine. »  Ou alors un exemple à suivre, comme dans « Prenez-en de la graine. »
Québec: Miettes ou pénis.
Usage : « Mon toaster est full de graines de toasts. »
« Ta femme divorce parce que tu l’as trompée?  T’aurais dû garder ta graine dans tes culottes. »

Mais on l’utilise aussi dans le sens français, en féminin de grain.

GUGUSSE
France:  Clown, individu grotesque.
Québec: Un truc, un machin, une pièce de mécanisme, généralement de petite taille.  Mot utilisé lorsque l’on ne connait pas le nom du truc en question. 
Usage : « J’ai perdu la gugusse pour ouvrir la boite de sardines. »
À l’origine, dans les années 70, on disait plutôt gogosse, mais puisque gosses désigne les couilles, l’expression fut dévulgarisée en gugusse.

INNOCENT
France: Non-coupable.
Québec: Imbécile.
Usage : « T’as encore confondu le fer à friser avec un suppositoire, maudit innocent? »
Vient du fait que si un crime est commis par une personne atteinte d’une déficience intellectuelle, elle n’est pas en mesure de distinguer le bien du mal.  Ce geste n’étant donc pas délibérément malfaisant, il est considéré comme étant accidentel.  La personne est donc automatiquement déclarée innocente.
Mais on l’utilise aussi dans le sens français, évidemment!

LIMONADE.
France : Boisson gazeuse à saveur de citron.
Québec : Boisson non-gazeuse à saveur de citron.

LIQUEUR
France : Boisson à forte teneur d’alcool.
Québec : Boisson gazeuse, coca.
Usage : « On donne pas d’la liqueur brune aux enfants. » Car en effet, les colas foncés contiennent de la caféine, contrairement aux colas clairs, et sont donc décommandés pour les moins de 12 ans.
Mais on l’utilise aussi dans le sens français: Jusque dans les années 70, les commerces de La Société des Alcools du Québec (SAQ) se nommaient La Commission des Liqueurs.

LUMIÈRE
France: Clarté.
Québec: Clarté, ampoule, feu de circulation, phares d’auto, intelligence.  
Usage: « La lumière est brûlée. » = L’ampoule est grillés.
« La lumière verte. » = Le feu vert.
« Avance jusqu’à la lumière. » = Roule jusqu’au feu de circulation.
« Mes lumières de char. » = Mes phares d’auto.
« Hostie qu’t’es pas une lumière, toé! »  = Diantre, mais vous n’êtes point brillant, monsieur.

MEDIUM
France: Clairvoyant.
Québec: Unité de mesure équivalent à « moyen », pour la taille d’un T-shirt, ou la température sur une cuisinière.
Usage : « J’rentre pu dans des chandails médium, il me faut du large. »
Mais on l’utilise aussi dans le sens français: « Est-ce qu’on sait ce qu’est devenue Jojo Médium? »

PAQUETER
France:
Faire des paquets.
Québec:
Saouler fortement.  
Usage : 
« On s’est paqueté la fraise. » = On s’est saoulés la gueule.

PELOTE
France: Matériel compacté en une boule, généralement de la ficelle ou de la laine à tricoter. 
Québec:  Désignant d’abord le pubis, c’est devenu un synonyme de vagin.  Se prononce  plote, s’écrit souvent plotte.  Mot très vulgaire. 
Usage : « J’ai la plotte en sang. » = Je suis menstruée.
« C’te fille-là, c’t’une crisse de plotte! » = Cette fille est une salope.
« Y’a d’la plotte icite à soir. » = Je constate la présence de plusieurs femmes à cette soirée.
« Ma plotte! » = Terme macho et dégradant utilisé par certains hommes pour désigner leur amante.  D’ailleurs, en général, dans leur vocabulaire, le mot plotte remplace femme.
« Plotte à cash. » = Femme qui ne s’intéresse qu’au pognon des hommes.
« Maudite gang de plottes! » = Bande de lâches.
« J’ai la plotte à terre! » = Je suis épuisé.

PÉTARD
France: Petit explosif, joint de marijuana, parfois diminué à pet, comme dans « Un pet de beu. » 
Québec: Petit explosif, personne sexy.
Usage : « Woah! R’garde-moi l’pétard la-bas!  J’te dis que j’y ferais pas mal. »

POCHE
France: Sac, espace de rangement du pantalon ou d’un manteau.
Québec: Sac, espace de rangement du pantalon ou d’un manteau, ennuyant, scrotum, incompétent, mauvais, jeu de cornhole
Usage : « Ce roman est poche. » = Ennuyant, sans intérêt.
« Il se gratte la poche. » =
Se gratter le scrotum.
« J’ai poché mon examen » =
Avoir échoué un contrôle.
« Je suis trop poche au hockey pour aimer ça. » Je suis trop mauvais/incompétent dans ce sport pour aimer y jouer.
« Jouer aux poches. »  = Variante domestique du jeu de cornhole.  Jeu qui consiste à lancer de petites poches de sable ou de grains sur une boite de bois dans laquelle il y a plusieurs trous, généralement 9, chaque trou valant un nombre X de points.

AVOIR DU POT
France: Être chanceux.
Québec: Posséder de la marijuana.
Bien que ça s’écrive de la même façon, la prononciation est différente.  En France, c’est pô, au Québec c’est pote.
Usage : « Hey man, t’as-tu du pot? »
 Avec l’accent, ça sonne: « Heille manne, t’as-tu du pote? »

PORTABLE
France: Téléphone cellulaire.
Québec: Ordinateur à piles, laptop.
De nos jours, avec les téléphones qui ont les fonctions d’un ordi et vice-versa, le terme portable est désuet.

PQ
France: Papier cul.
Québec: Parti Québécois (politique), Province de Québec (Remplacé officiellement par QC depuis les années 80).
Usage : « René Lévesque, en tant que chef du PQ, était notre meilleur représentant au cabinet. » (Jeu de mots intentionnel)

SAOULER
France : Enivrer, et énerver.
Québec : Enivrer seulement.
Usage : « Elle m’a saoulé toute la nuit. »

SÉCHER
France : Ne pas se présenter à ses cours.
Québec : Attendre en vain, avoir été oublié.
Usage : « Elle a dit qu’elle serait là avant minuit, elle m’a fait sécher toute la nuit. »

SÉRAPHIN
France : Petit ange.
Québec : Avare, Harpagon.
Usage : « C’est pour une bonne cause, fais-pas ton Séraphin. »  Vient de Séraphin Poudrier, personnage reconnu pour sa grande avarice, créé par l’auteur québécois Claude-Henri Grignon, tiré de la série Les (Belles Histoires des) Pays d’En-Haut, d’abord écrit en romans, puis adaptés à la radio, la télé et le cinéma.

TANK
France: Char d’assaut.
Québec: Char d’assaut, mais aussi réservoir, puisque les anglais utilisent également le mot tank en ce sens.  Sauf qu’on le prononce tinque. 
Usage : « La tank à gaz. » = Le réservoir à essence.
« La tank à eau chaude. » =
Le chauffe-eau.
« Tanker »
prononcer tinqué = Mettre de l’essence dans le réservoir.

TANNER
France: Travailler dans une tannerie.
Québec: Énerver, saouler dans le sens non-alcoolique du terme. 
Usage : « Chuis tanné, là! » = Alors là, j’en ai marre.

TICKET
France: Billet de cinéma, (avoir un) ticket = plaire.
Québec: Se prononce Tsikette: Contravention.
Usage : « J’ai pogné un ticket de stationnement. »

TOTON
France: Toupie.
Québec: Sein, ou idiot.
Usage : « La chick a des gros totons! »  = Cette demoiselle a une généreuse poitrine.
 » T’es donc ben toton! » =
Non mais quel idiot!

TOUTOU
France: Chien.
Québec: Animal en peluche.
Usage : « Avec quel toutou veux-tu dormir? »

TURLUTTE
France: Fellation.
Québec: Chant traditionnel québécois utilisant des sons modulés au lieu de mots, popularisé par La Bolduc.
Usage :

UNE P’TITE BITE
France: Un petit pénis.
Québec: Équivalent de « Un peu. »
Usage : « Si je veux du pop-corn? Ouais, j’vais en prendre une p’tite bite. » Vient de la tendance québécoise à s’inspirer des expressions anglophone, dans ce cas-ci « A little bit. »
Mais on l’utilise aussi dans le sens français: « Il se disait viril…  J’ai rien senti, avec sa p’tite bite de Schtroumpf. »

VADROUILLE
France: Promenade, voyage.
Québec: Serpillière.
Usage : « Passe la vadrouille, y’a encore un saoulon qui a vomi aux toilettes. »

VIDANGES
France: Filtrer du liquide usé (eau, huile, etc) ou la remplacer par de la neuve.
Québec: Rebuts, déchets, poubelles.
Usage : « Sortir les vidanges. » = Mettre les poubelles sur le trottoir le jour du passage des éboueurs.
Mais on l’utilise aussi dans le sens français: « Chus allé au garage, faire faire la vidange d’huile sur mon char. »

VOYAGE
France: Partir à l’étranger, trip de drogues.
Québec: Partir à l’étranger, étonnement, transport de matériel.
« Un voyage de [terre, bois ou autres matériaux] » = Un plein véhicule de matériel à déplacer.
« Ah ben j’ai mon voyage! » = Ça alors, c’est pas croyable!
Dans ce dernier cas, il faut probablement prendre voyage dans le sens de voir, puisque dire « J’ai mon voyage! » signifie aussi 
« Alors là, j’aurai tout vu! »

C’est tout ce que j’ai trouvé pour l’instant.  Il ne me reste plus qu’à terminer avec cette leçon de vocabulaire tirée du film Bon Cop, Bad Cop.  Parce que toute bonne leçon de langue étrangère se doit de commencer par les jurons.

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