Le Petit Lexique Québécois-Français

Pour une raison qui m’échappe, bien que ce blog soit québécois, 87% de mes lecteurs sont européens.  Par conséquent, il arrive parfois que le sens de mes élucubrations leur échappe.  Pour remédier à la situation, j’ai décidé d’écrire ce billet au sujet de mots et d’expressions que nous utilisons des deux côtés de l’Atlantique, MAIS qui n’ont pas le même sens selon le pays.  C’est parti:

AGACE
France: Du verbe agacer, déranger.
Québec : Allumeuse, diminutif du terme « agace-pissette ».  Terme péjoratif utilisé par frustration et mépris.
Usage : « C’te fille-là a passé la soirée à me parler de cul, sans jamais vouloir rien faire après.  C’t’une hostie d’agace! »

ARRACHER
France: Séparer de force.
Québec : Séparer de force, avoir de la difficulté, en avoir bavé.
Usage : « J’en ai arraché au test de maths ce matin. »

AVOIR LE FEU AU CUL
France: Être excité sexuellement.
Québec : Être enragé, frustré, de très mauvaise humeur.
Usage : « Ma belle-mère m’a insulté hier, ça m’a mis le feu au cul pour toute la soirée. »  

BARRER
France: Se barrer = partir.
Québec: Verrouiller, coincer, exclure.
Usage: « Barrer la porte. » = Verrouiller la porte.
« Barrer le char. » = Verrouiller les portières de l’auto.
« Avoir le dos barré. » =
Avoir le dos coincé et très douloureux.
« Tu ne le reverra plus ici, il est barré. » = Il est banni, exclus.
« Non mais t’es pas barré, toé! » = Tu n’as aucune retenue, tu es sans-gène.

BATTERIE
France: Tambour pour orchestre.
Québec: Pile électrique.  De l’anglais battery.
Usage: « Ma flashlight marche pu, faut changer les batteries. »
Mais on l’utilise aussi dans le sens français: « Je joue de la batterie pour l’orchestre folklorique Turtle Scrotum. »

BAVEUX
France: Qui dégouline: Verre baveux, omelette baveuse.
Québec: Un insolent provocateur.
Usage: « Il vient de m’envoyer une photo où il embrasse mon ex, le p’tit baveux. »

BEIGNE
France: Gifle.
Québec: Beignet, donut.
Usage : « Homer Simpson mange des beignes. »
Le mot change de genre selon le continent.  En France, pour la gifle, on dit une beigne, alors qu’au Québec, pour le donut, c’est un beigne.

BEU
France: Cannabis.
Québec: Policier, vient de bœufs.  Jusque dans les années 70, l’un des critères relatifs à l’embauche des policiers était que le candidat devait être imposant, baraqué, fort comme un bœuf. Aujourd’hui, cette discrimination est interdite.  Bref, les policiers sont donc devenus les bœufs, prononcer beux, et par extension un policier devient un beu. 
Usage : « Fuck! Les beux! » = 22!  V’là les flics!
En France, le genre de beu est féminin.  De la beu = de la marijuana.
Si un français offre « un pet de beu » à un québécois, ce dernier se demandera bien pourquoi on lui offre une flatulence de policier.

BIENVENUE
France: Mot que l’on dit en accueillant quelqu’un.
Québec: Mot que l’on dit en remerciement de s’être fait remercier.  
Usage : « Merci pour les cadeaux. »  « Bienvenue! » 
Vient de l’usage anglais de dire « You’re welcome! » en réponse à « Thank you! » 
Mais on l’utilise aussi dans le sens français:  Bienvenue sur mon blog.

BLONDE
France: Femme aux cheveux blonds, idiote, bière, cigarette au tabac clair.
Québec: Femme aux cheveux blonds, idiote, bière, amie de coeur. 
Usage :  « Ma blonde. »  Amie de coeur.  Comme dans la chanson Auprès de ma blonde. 
« Joke de blonde. » = blague dans laquelle le personnage, une femme blonde, fait preuve d’une grande idiotie.  En général, il s’agit des même vieilles blagues qui se transmettent d’une génération à l’autre, en changeant le sujet selon la tendance de l’époque.  Par exemple, dans les années 70, ces mêmes blagues mettaient en vedette des belges en Europe, et des newfies (Habitants de Newfoundland / Terre-Neuve) au Québec.

BROSSE
France: Instrument à poils ras qui sert à frotter, polir, démêler.
Québec: Pareil.  Mais aussi une cuite. 
Usage : « J’ai viré une méchante brosse hier. » = J’ai pris une sacrée cuite la veille.

BOSSER
France: Travailler.
Québec: Se prendre pour le patron (sans l’être nécessairement), prendre le contrôle de façon malvenue, abuser de son pouvoir.  Vient de l’anglais boss
Usage : En France: « J’ai bossé tout l’été. » = J’ai travaillé tout l’été.  
Au Québec: « Je me suis fait bosser tout l’été. » = Je me suis fait abusivement donner des ordres tout l’été.
Mais on l’utilise aussi dans le sens français:  Par exemple sur une carrosserie: « T’as-tu fini de bosser mon auto avec ta pelle? »

JE SUIS BOURRÉ
France: Je suis ivre
Québec: J’ai trop mangé.
Usage : « J’ai abusé du buffet, hostie qu’chus bourré! »

BRANLER
France: Masturber.
Québec: Hésiter, trainer.
Usage : « C’est un mauvais employé, il branle dans le manche. »  L’expression branler dans le manche vient du levier de vitesse qui, sur les plus vieilles autos, ne fonctionnent plus très bien, et vibrent anormalement.
Mais on l’utilise aussi dans le sens français: « Je me branle sur des photos cactus. »  Oui, bon, à chacun ses fantasmes, quoi.

ELLE EST BONNE!
France : Elle est baisable.
Québec : Elle est compétente (femme), elle est drôle (blague), elle est délicieuse (nourriture).
Usage : Généralement, on ne met pas le sujet, réduisant l’expression à « ‘Est bonne! »

BOULES
France : Paire de couilles.
Québec : Paire de seins.
Usage : La phrase « La danseuse nue a de belles boules. » exprime sa féminité au Québec et sa masculinité en France.

BAS
France : Le contraire de haut, évidemment.
Québec : Opposé de haut, ainsi que… Chaussettes..
Usage : « Mettre ses bas » = Enfiler des chaussettes.
« Être en pied-de-bas. » =  
Se promener en chaussettes.
Truc étrange, on dit « Avoir des bas dans les pieds », et non les pieds dans les bas, ce qui serait quand même plus logique et pas mal moins douloureux.

CHAUSSETTES
France : Ce que, au Québec, on appelle des bas.
Québec : Pantoufles.
Usage : « J’ai hâte d’arriver chez nous, enlever mes bottes et enfiler mes chaussettes. »

CAISSE
France: Contenant de bois, guichet, voiture.
Québec: Contenant de bois, guichet, boite de carton contenant 12 ou 24 bières, réseau bancaire La Caisse Populaire Desjardins, aujourd’hui Mouvement Desjardins.  
Usage : « J’ai vidé une caisse de douze. » = J’ai bu douze bières.
« Faut j’passe à la Caisse, retirer. » = Je dois passer à (un guichet automatique de) La Caisse Populaire, faire un retrait d’argent.

CAPOTER
France: Faire virer une voiture à l’envers, donc sur son capot.
Québec: Paniquer, se prendre la tête, adorer, être extrêmement ravi.  
Usage : « J’ai vu mon chum avec son ex, je capote. » = J’ai vu mon ami de coeur avec son ex, je panique.
« Je capote sur lui! » = Je l’aime / l’admire / le désire.
« J’ai gagné le tirage? OUAIS, J’CAPOTE! » = Je suis extrêmement ravi.
« Le nouveau manège? Y’é capoté! » = C’est génial.
« Il t’a quitté pour une femme de trois fois le double de ton âge?  C’est donc ben capoté! »  = Étrange, bizarre, surprenant, choquant.
Variante: Virer su’l’top!

CASSÉ
France: Brisé, interrompu, contré.
Québec: Brisé, couple arrivé à terme, être financièrement fauché.  
Usage : « T’as entendu ça? Marilou et Alexandre, y’ont cassé. » = Ils ne sont plus en couple.
« Aller au cinéma? Oublie-ca, chus cassé! » = Je n’ai plus un sou.

CAVE
France: Sous-sol, remise à vins.
Québec: Sous-sol, imbécile.  
Usage : « Hostie qu’t’es cave. » = Quel imbécile vous êtes.

CHAUD
France: Contraire de froid, près du but.
Québec: Contraire de froid, ivre.  
Usage : « Y’a passé la soirée à boire, y’é chaud. »   Vient du fait que l’alcool dilate les capillaire des veines, permettant un plus grand afflux sanguin, réchauffant ainsi le visage, les mains et les pieds, qui sont d’habitude plus froids que le reste du corps.  On utilise aussi les termes dérivés chaudasse ou chaudaille.

CHIÂLER
France: Pleurer.
Québec: Se plaindre de façon constante, faire des reproches.  
Usage : « T’es jamais content, maudit chiâleux!? »   

CHIARD
France: Enfant, gamin, garnement.
Québec: Une tâche pénible et difficile.  
Usage : « J’ai essayé de faire moi-même mon rapport d’impôts mais c’était trop un chiard, fa que j’ai pris un comptable. » 

CRISSER
France: Grincer.
Québec: Verbe à multiples usages, désignant une action brusque.  Comme beaucoup de nos jurons, crisse a des origines religieuses catholique, et vient de Christ.   Crisse et ses variantes, tout comme le mot schtroumpf dans le langage des Schtroumpfs, remplace aussi bien un nom, un verbe, un qualificatif ou une exclamation. 
Usage :  « Crisser une volée. » = Foutre une raclée.
« Crisser aux vidanges. » = Jeter aux ordures sans ménagement.
« Crisser les brakes. » = Appliquer les freins en panique.
« J’m’en crisse! » = Je m’en fous.
« Être en crisse. » = Être fâché.
« [Action quelconque] en crisse. » = Exprimer que le sujet  de discussion est de niveau supérieur, aussi bien dans le positif que dans le négatif.  Exemple: Il court en crisse = il court très vite.  Il joue en crisse = c’est un excellent musicien. Ça pue en crisse = C’est particulièrement nauséabond.
« [Action quelconque] comme le crisse. » = Contrairement à l’exemple précédent, comme le crisse n’est utilisé que pour exprimer du négatif.  Ex: Y’é lette comme le crisse! = il est très laid!
« Oreille de crisse. » = Tranche de lard séchée frite dans l’huile qui a pris la forme d’une oreille lors de sa cuisson.  Selon l’une des nombreuses légendes sur l’origine du nom, ça viendrait de crispers (croustilles) mal interprété en Christ ears, et traduit comme tel.
« Ça goûte le crisse. » = Ça goûte mauvais.
« Un crisse de bon deal. » = Une très bonne affaire.
« Au plus crisse! » = Le plus rapidement possible.
« P’tit crisse. » = Petit voyou, garnement.
« Elle m’a crissé-là! » = Elle a rompu avec moi.
« C’est crissement l’fun! » = C’est vachement amusant.
« Mon char est décrissé. » = Mon auto est démolie.
« Décrisse d’icite! » =
Veuillez s’il vous plaît évacuer céans dans les plus brefs délais.
Mais on l’utilise aussi dans le sens français: « La neige crisse sous mes bottes. »

CROSSE
France: Partie postérieure d’un fusil.
Québec: Partie postérieure d’un fusil, bâton de hockey, sport (la crosse ou lacrosse), branlette, arnaque. 
Usage :  « Cette annonce, c’est une crosse. » = Cette publicité est une arnaque.
« Tu suces-tu ou tu crosses yink? » (Yink = rien que) = Pratiques-tu la fellation sur ton partenaire ou bien ne fais-tu que le branler?

CHAR
France:
 Moyen de transport individuel de l’époque romaine, tiré par un ou plusieurs chevaux.  Ou alors: Char d’assaut, un tank.  
Québec: 
Automobile.
Usage :
« J’ai pogné un accident, mon char y’é toutte décrissé. »
Jusque dans les années 70, il y avait d’autres expressions telles:
« Le gros char. » =
Le train.
« Le p’tit char. » =
Le tramway.
« La track des chars. » =
Le chemin de fer.
« C’est pas les gros chars. »  
Se dit de quelque chose qui a peu de valeur, qui est de mauvaise qualité.

CULOTTE
France: Sous-vêtement féminin.
Québec: Pantalon, mais toujours utilisé au pluriel.
Usage : « Où sont mes culottes? »
À l’époque où seuls les hommes portaient le pantalon, on disait de la mégère qui dominait son mari que « C’est elle qui porte les culottes dans le couple. »  On utilise encore l’expression « Mettre ses culottes! » pour dire faire un homme de soi.

CARTABLE
France: Mallette pour documents.
Québec: Classeur à anneaux.
Usage : « Mettez vos feuilles lignées dans vos cartables. »

CHÂSSIS
France: Structure rigide sur laquelle sont attachés tous les éléments d’un mécanisme.  Exemple: Châssis d’automobile.
Québec: Fenêtre.
Usage : « Y fait chaud, rouvre-donc l’châssis. »  Vient du fait que justement, tous les éléments de la fenêtre sont attachés à un châssis.

CHAUDIÈRE
France: Équipement de chauffage à l’eau.
Québec: Seau.
Usage : « Il m’a pitché une chaudière d’eau glacée su’à tête. »

DÉPANNEUR
France : Service de remorquage pour véhicule en panne.  Au Québec, on dit plutôt la remorqueuse, ou bien le towing.
Québec : Petite épicerie-bazar de quartier ouverte toute la semaine, généralement de 8 :00 à 22 :00, mais certaines chaines comme le Couche-Tard sont ouvertes 24h.  Nommée ainsi car, avant 1992, tous les commerces étaient fermés le dimanche.  Ainsi, ce commerce, ouvert 7 jours et au-delà des heures des autres commerces, dépanne en cas de besoin.
Usage : « J’m’en va chercher du lait au dépanneur. »

ÉCOEURANT
France: Qui écoeure, qui dégoûte.
Québec: Selon le contexte et l’intonation de la voix, il peut s’agir d’une situation qui écoeure, d’une personne dégoûtante, d’un truc formidable, ou bien d’un homme très admirable par sa beauté et/ou ses talents.
Usage : « Je suis écoeuré par cette société de merde. » = Être dégoûté, découragé, comme au sens européen.
« Il est écoeurant ce gars-là, à ne jamais se laver. » = Être dégoûtant.
« Il m’a menacé de tout raconter, l’hostie d’écoeurant. » = Être un salopard.
« WOW! Ces ailes de poulet sont écoeurantes. » = Formidable!  Dans ce cas-ci, formidablement délicieuses.
« As-tu vu le nouveau prof de gym? Y’é écoeurant. » = Être particulièrement beau, sexy, attirant, irrésistible.
« Ce peintre est vraiment écoeurant. » = Être extrêmement talentueux.
L’utilisation positive de ce mot au Québec s’apparente au principe comme quoi une personne et/ou une chose puisse atteindre un tel niveau de perfection qu’elle en décourage la compétition. Bref; qu’elle l’écoeure.

FINE
France: Mince, alcool (eau-de-vie de vin).
Québec: Gentille.
Usage : « T’es donc ben fine d’être venue m’aider. »
Mais on l’utilise aussi dans le sens français: « Ce mannequin a une taille fine. »

FOUFOUNE
France: Au singulier : La vulve.
Québec: Au pluriel : Les fesses.
Usage : « Papa va taper les foufounes. » = Papa va faire panpan-cucul.
Depuis 1983, on a un bar nommé Foufounes Électriques à Montréal, dont le nom fait sourciller plus d’un touriste européen qui passe par là.

FIFI
France: Neveu de Donald, frère de Riri et Loulou
Québec: Homosexuel efféminé.  Dérivatif de fifille, généralement réduit à fif.
Usage : « J’me suis fait cruiser par un fifi. »

FOURRER
France: 
Farcir une nourriture par une autre nourriture.  Exemple: Chocolats fourrés aux noisettes.
Québec:
Mettre à un endroit, arnaquer, baiser.  Pas dans le sens d’embrasser, on parle ici de l’acte sexuel.  
Usage :
« Où c’est qu’t’as encore fourré les clés? » = Où as-tu mis les clés?
« J’me suis vraiment fait fourrer en achetant c’te bazou-là. » = Je me suis bien fait avoir en achetant cette bagnole. 
« Hostie que j’la fourrerais dans l’cul, elle. » = Diantre, je ressens fichtrement le désir de sodomistement copuler avec cette demoiselle.

GALERIE
France: Endroit où on tient des expositions.
Québec: Balcon.
Usage : « La vieille d’en face passe ses journées assise sur la galerie. »
Mais on l’utilise aussi dans le sens français: « Je suis allé à l’exposition Images de Bites de Dali à la galerie d’art. »

GOMME
France: Gomme à effacer.
Québec: Chewing-gum.
Usage : « Ferme la bouche quand tu mâches ta gomme. »

GOMMER
France: Effacer.
Québec: Couvrir accidentellement quelque chose d’une substance collante ou poisseuse.
Usage : « J’ai changé m chaine de vélo, j’ai les mains toutes gommées. »

GOSSES
France: Enfants.
Québec: Couilles.
Usage : « L’estie d’bitch m’a calissé un coup d’pied dans les gosses. »

GRAINE
France:  Un repas, comme dans « Casser la graine. »  Ou alors un exemple à suivre, comme dans « Prenez-en de la graine. »
Québec: Miettes ou pénis.
Usage : « Mon toaster est full de graines de toasts. »
« Ta femme divorce parce que tu l’as trompée?  T’aurais dû garder ta graine dans tes culottes. »

Mais on l’utilise aussi dans le sens français, en féminin de grain.

GUGUSSE
France:  Clown, individu grotesque.
Québec: Un truc, un machin, une pièce de mécanisme, généralement de petite taille.  Mot utilisé lorsque l’on ne connait pas le nom du truc en question. 
Usage : « J’ai perdu la gugusse pour ouvrir la boite de sardines. »
À l’origine, dans les années 70, on disait plutôt gogosse, mais puisque gosses désigne les couilles, l’expression fut dévulgarisée en gugusse.

INNOCENT
France: Non-coupable.
Québec: Imbécile.
Usage : « T’as encore confondu le fer à friser avec un suppositoire, maudit innocent? »
Vient du fait que si un crime est commis par une personne atteinte d’une déficience intellectuelle, elle n’est pas en mesure de distinguer le bien du mal.  Ce geste n’étant donc pas délibérément malfaisant, il est considéré comme étant accidentel.  La personne est donc automatiquement déclarée innocente.
Mais on l’utilise aussi dans le sens français, évidemment!

LIMONADE.
France : Boisson gazeuse à saveur de citron.
Québec : Boisson non-gazeuse à saveur de citron.

LIQUEUR
France : Boisson à forte teneur d’alcool.
Québec : Boisson gazeuse, coca.
Usage : « On donne pas d’la liqueur brune aux enfants. » Car en effet, les colas foncés contiennent de la caféine, contrairement aux colas clairs, et sont donc décommandés pour les moins de 12 ans.
Mais on l’utilise aussi dans le sens français: Jusque dans les années 70, les commerces de La Société des Alcools du Québec (SAQ) se nommaient La Commission des Liqueurs.

LUMIÈRE
France: Clarté.
Québec: Clarté, ampoule, feu de circulation, phares d’auto, intelligence.  
Usage: « La lumière est brûlée. » = L’ampoule est grillés.
« La lumière verte. » = Le feu vert.
« Avance jusqu’à la lumière. » = Roule jusqu’au feu de circulation.
« Mes lumières de char. » = Mes phares d’auto.
« Hostie qu’t’es pas une lumière, toé! »  = Diantre, mais vous n’êtes point brillant, monsieur.

MEDIUM
France: Clairvoyant.
Québec: Unité de mesure équivalent à « moyen », pour la taille d’un T-shirt, ou la température sur une cuisinière.
Usage : « J’rentre pu dans des chandails médium, il me faut du large. »
Mais on l’utilise aussi dans le sens français: « Est-ce qu’on sait ce qu’est devenue Jojo Médium? »

PAQUETER
France:
Faire des paquets.
Québec:
Saouler fortement.  
Usage : 
« On s’est paqueté la fraise. » = On s’est saoulés la gueule.

PELOTE
France: Matériel compacté en une boule, généralement de la ficelle ou de la laine à tricoter. 
Québec:  Désignant d’abord le pubis, c’est devenu un synonyme de vagin.  Se prononce  plote, s’écrit souvent plotte.  Mot très vulgaire. 
Usage : « J’ai la plotte en sang. » = Je suis menstruée.
« C’te fille-là, c’t’une crisse de plotte! » = Cette fille est une salope.
« Y’a d’la plotte icite à soir. » = Je constate la présence de plusieurs femmes à cette soirée.
« Ma plotte! » = Terme macho et dégradant utilisé par certains hommes pour désigner leur amante.  D’ailleurs, en général, dans leur vocabulaire, le mot plotte remplace femme.
« Plotte à cash. » = Femme qui ne s’intéresse qu’au pognon des hommes.
« Maudite gang de plottes! » = Bande de lâches.
« J’ai la plotte à terre! » = Je suis épuisé.

PÉTARD
France: Petit explosif, joint de marijuana, parfois diminué à pet, comme dans « Un pet de beu. » 
Québec: Petit explosif, personne sexy.
Usage : « Woah! R’garde-moi l’pétard la-bas!  J’te dis que j’y ferais pas mal. »

POCHE
France: Sac, espace de rangement du pantalon ou d’un manteau.
Québec: Sac, espace de rangement du pantalon ou d’un manteau, ennuyant, scrotum, incompétent, mauvais, jeu de cornhole
Usage : « Ce roman est poche. » = Ennuyant, sans intérêt.
« Il se gratte la poche. » =
Se gratter le scrotum.
« J’ai poché mon examen » =
Avoir échoué un contrôle.
« Je suis trop poche au hockey pour aimer ça. » Je suis trop mauvais/incompétent dans ce sport pour aimer y jouer.
« Jouer aux poches. »  = Variante domestique du jeu de cornhole.  Jeu qui consiste à lancer de petites poches de sable ou de grains sur une boite de bois dans laquelle il y a plusieurs trous, généralement 9, chaque trou valant un nombre X de points.

AVOIR DU POT
France: Être chanceux.
Québec: Posséder de la marijuana.
Bien que ça s’écrive de la même façon, la prononciation est différente.  En France, c’est pô, au Québec c’est pote.
Usage : « Hey man, t’as-tu du pot? »
 Avec l’accent, ça sonne: « Heille manne, t’as-tu du pote? »

PORTABLE
France: Téléphone cellulaire.
Québec: Ordinateur à piles, laptop.
De nos jours, avec les téléphones qui ont les fonctions d’un ordi et vice-versa, le terme portable est désuet.

PQ
France: Papier cul.
Québec: Parti Québécois (politique), Province de Québec (Remplacé officiellement par QC depuis les années 80).
Usage : « René Lévesque, en tant que chef du PQ, était notre meilleur représentant au cabinet. » (Jeu de mots intentionnel)

SAOULER
France : Enivrer, et énerver.
Québec : Enivrer seulement.
Usage : « Elle m’a saoulé toute la nuit. »

SÉCHER
France : Ne pas se présenter à ses cours.
Québec : Attendre en vain, avoir été oublié.
Usage : « Elle a dit qu’elle serait là avant minuit, elle m’a fait sécher toute la nuit. »

SÉRAPHIN
France : Petit ange.
Québec : Avare, Harpagon.
Usage : « C’est pour une bonne cause, fais-pas ton Séraphin. »  Vient de Séraphin Poudrier, personnage reconnu pour sa grande avarice, créé par l’auteur québécois Claude-Henri Grignon, tiré de la série Les (Belles Histoires des) Pays d’En-Haut, d’abord écrit en romans, puis adaptés à la radio, la télé et le cinéma.

TANK
France: Char d’assaut.
Québec: Char d’assaut, mais aussi réservoir, puisque les anglais utilisent également le mot tank en ce sens.  Sauf qu’on le prononce tinque. 
Usage : « La tank à gaz. » = Le réservoir à essence.
« La tank à eau chaude. » =
Le chauffe-eau.
« Tanker »
prononcer tinqué = Mettre de l’essence dans le réservoir.

TANNER
France: Travailler dans une tannerie.
Québec: Énerver, saouler dans le sens non-alcoolique du terme. 
Usage : « Chuis tanné, là! » = Alors là, j’en ai marre.

TICKET
France: Billet de cinéma, (avoir un) ticket = plaire.
Québec: Se prononce Tsikette: Contravention.
Usage : « J’ai pogné un ticket de stationnement. »

TOTON
France: Toupie.
Québec: Sein, ou idiot.
Usage : « La chick a des gros totons! »  = Cette demoiselle a une généreuse poitrine.
 » T’es donc ben toton! » =
Non mais quel idiot!

TOUTOU
France: Chien.
Québec: Animal en peluche.
Usage : « Avec quel toutou veux-tu dormir? »

TURLUTTE
France: Fellation.
Québec: Chant traditionnel québécois utilisant des sons modulés au lieu de mots, popularisé par La Bolduc.
Usage :

UNE P’TITE BITE
France: Un petit pénis.
Québec: Équivalent de « Un peu. »
Usage : « Si je veux du pop-corn? Ouais, j’vais en prendre une p’tite bite. » Vient de la tendance québécoise à s’inspirer des expressions anglophone, dans ce cas-ci « A little bit. »
Mais on l’utilise aussi dans le sens français: « Il se disait viril…  J’ai rien senti, avec sa p’tite bite de Schtroumpf. »

VADROUILLE
France: Promenade, voyage.
Québec: Serpillière.
Usage : « Passe la vadrouille, y’a encore un saoulon qui a vomi aux toilettes. »

VIDANGES
France: Filtrer du liquide usé (eau, huile, etc) ou la remplacer par de la neuve.
Québec: Rebuts, déchets, poubelles.
Usage : « Sortir les vidanges. » = Mettre les poubelles sur le trottoir le jour du passage des éboueurs.
Mais on l’utilise aussi dans le sens français: « Chus allé au garage, faire faire la vidange d’huile sur mon char. »

VOYAGE
France: Partir à l’étranger, trip de drogues.
Québec: Partir à l’étranger, étonnement, transport de matériel.
« Un voyage de [terre, bois ou autres matériaux] » = Un plein véhicule de matériel à déplacer.
« Ah ben j’ai mon voyage! » = Ça alors, c’est pas croyable!
Dans ce dernier cas, il faut probablement prendre voyage dans le sens de voir, puisque dire « J’ai mon voyage! » signifie aussi 
« Alors là, j’aurai tout vu! »

C’est tout ce que j’ai trouvé pour l’instant.  Il ne me reste plus qu’à terminer avec cette leçon de vocabulaire tirée du film Bon Cop, Bad Cop.  Parce que toute bonne leçon de langue étrangère se doit de commencer par les jurons.

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A propos Steve Requin

Auteur, blogueur, illustrateur, philosophe amateur et concierge de profession.
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4 commentaires pour Le Petit Lexique Québécois-Français

  1. Simon dit :

    Juste pour préciser : « ne pas être une lumière » dans le sens « être idiot » s’emploie aussi en France et « char » désigne également un tank (raccourci pour « char d’assaut »).

    Aimé par 1 personne

  2. Simon dit :

    « Trois raisons pourquoi 87 % des lecteurs du blog sont européens » :
    1 – Il y a environ huit fois plus d’habitants en France qu’au Québec, et donc beaucoup plus de lecteurs potentiels (les moteurs de recherche ne trient généralement pas l’origine géographique des résultats, du moins dans leur configuration par défaut).
    2 – Les thèmes abordés sur ce blog sont susceptibles d’intéresser autant en Europe car on peut y trouver beaucoup de gens d’un milieu social plus ou moins similaire qui pourront s’y reconnaître, ou reconnaître des gens qu’ils connaissent (même remarque en ce qui concerne les références culturelles, beaucoup sont internationales ou du moins connues dans tout le monde francophone comme Astérix).
    3 – Le français écrit est beaucoup plus homogène que le français parlé, et même les mots ou expressions inconnues en France ne gênent pas forcément a compréhension (grâce au contexte, de plus on a le temps qu’on veut pour lire et aller vérifier la signification…).

    Cela fonctionne également pour des sujets qui intéressent beaucoup moins de gens (il y en a au moins deux parmi mes centres d’intérêt pour lesquels il existe des auteurs importants dans le domaine qui sont québécois).

    Aimé par 1 personne

  3. Prestige dit :

    À noter que pétard à surtout comme sens premier d’être une « Pièce d’artifice qui explose en produisant une détonation.  » linternaute.com

    Je ne pense pas vraiment à un joint de marijuana personnellement.

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