Aujourd’hui, il y a eu de l’action sur deux fronts. Pour faciliter la lecture, on va y aller un sujet à la fois.
SUJET 1: Lecture du testament et remise des derniers documents requis pour la succession.
Le 24 mars, j’ai reçu ceci :
Aujourd’hui, lundi le 30 mars. Je passe au bureau de la notaire, en compagnie de ma mère.
Il n’y a pas eu de lecture au sens propre. Ça s’est limité à ceci :
NOTAIRE : Votre mari vous a nommé exécutrice testamentaire.
MA MÈRE : Oui mais je veux que ce soit mon fils qui s’en occupe.
NOTAIRE : On pourrait transférer la fonction d’exécuteur à votre fils, mais il y aurait des frais.
Ah bon ? Pourtant, le testament dit bien que si ma mère refuse, ou en est incapable, c’est moi le second en liste. Elle vient de refuser. Alors en quoi doit-il y avoir des frais alors que l’on ne fait que se prévaloir d’une clause qui est déjà dans le testament ? Il se trouve que poser la question serait inutile car…
NOTAIRE : Mais ça ne servirait à rien puisque vous n’avez pas de maison, ni de véhicule, et vos autres possessions ont été vendues lorsque vous êtes allé en résidence pour personnes âgées. Il n’y a pas non plus de dette à régler. Il n’y a donc aucun besoin d’avoir un exécuteur pour ce testament.
Décidément, depuis le début, à part quand vient le temps de payer, je n’arrête pas d’être inutile.
NOTAIRE : La succession consiste seulement à ouvrir un compte de succession à la Caisse Desjardins de Beloeil pour transférer l’argent de votre mari dans votre compte. Pour ça, il vous faut les certificats qui prouvent qu’une recherche testamentaire a été faite auprès du Barreau du Québec et de la Chambre des Notaires du Québec. Et ces documents, je les ai ici, et je vous les donne.
À 901 $ pour le processus, je n’appelle pas ça donner. Mais bon ! L’Important, c’est que je les ai enfin en ma possession. Armés de ces documents, ma mère et moi traversons le pont qui enjambe la rivière Richelieu, partant de St-Hilaire pour aller à la Caisse Desjardins de Beloeil. Là, on me demande :
- La déclaration de décès de mon père. Je l’ai.
- Ma déclaration de naissance, pour prouver que je suis bien le fils de mon père. Je l’ai.
- Le certificat de mariage de mes parents. Je l’ai.
- Le testament. Je l’ai.
- Une attestation de notaire, prouvant que fut effectuée une recherche testamentaire auprès de la Chambre des Notaires, ainsi que du Barreau du Québec. Je viens tout juste de les recevoir.
Je leur remet le tout. Pour me faire dire que…
CAISSIÈRE : Désolé ! Le testament de votre père est invalide.
… Tu me fucking niaises !?
MOI : HEIN ? Comment ça, invalide ?
CAISSIÈRE : Regardez au bas de cette page, il manque une partie du texte. Ce document est incomplet.
Effectivement
Je prends immédiatement mon téléphone et j’appelle au bureau de la notaire que j’ai quitté il y a vingt minutes.
« Bonjour et bienvenue au bureau du notaire Handfield. Pour le service en anglais faites-le 1. Si vous connaissez, le numéro du poste à rejoindre, faites-le maintenant. Pour connaître nos heures de bureau, faites le 3. Pour la liste de nos employés, partenaires et associés, faites le 4. Pour toute question en rapport a… »
Je raccroche ! La première fois que j’ai appelé pour obtenir un rendez-vous, ça a d’abord été douze jours d’attente avant de recevoir un retour d’appel. Ensuite ce fut dix jours pour un rendez-vous téléphonique. Ensuite un mois et demi pour un rendez-vous en personne, celui d’où je reviens. Ben là, fuck le protocole ! Je saute dans mon auto et je retourne immédiatement et sans m’annoncer au bureau de la notaire. Pas question que je repasse à travers deux autres mois d’attente à cause qu’il y a vingt-cinq ans, le notaire de mon père n’a pas été fichu d’utiliser sa photocopieuse correctement.
J’entre et me rend directement à la réceptionniste à qui j’explique le problème du testament invalide. Elle va retransmettre la chose à ma notaire. Vous vous souvenez, il y a deux semaines, lorsqu’il a fallu que je lui fournisse un scan de mon exemplaire du testament parce que celui-ci n’avait pas encore été numérisé par ses assistantes ? Eh bien là, il l’est ! Elle m’en imprime une copie toute fraiche, qu’elle signe. Je repars tout de go à Beloeil, direction la Caisse Desjardins.
Alors cette fois, ça y est ? On peut ouvrir un compte de succession ? Eh non ! Là, c’est l’étape du rendez-vous téléphonique. Qui, heureusement, sera à 15h00 le jour-même.
15h00. Le téléphone sonne. Je met en mode haut-parleur pour que ma mère puisse entendre et intervenir. L’employée lui demande si mon père avait des dettes, une auto, une maison, des biens à liquider. Ma mère a répondu non, non, non et non à ces quatre question auquelles elle aurait aussi bien pu répondre lorsque nous y étions ce matin.
L’EMPLOYÉE : Très bien. Alors nous allons vous rappeler pour vous fixer un rendez-vous avec un conseiller de votre succursale de la Caisse Desjardins de Beloeil.
Encore des délais ? À ce point-ci, je ne roule même plus des yeux, tellement je commence à être habitué à attendre. Et c’est parti pour encore quelques semaines de patience.
Or, avec mon karma, même lorsqu’il s’agit de choses négatives, le destin ne cesse de me contredire. Par conséquent, ce ne sera que dix minutes plus tard qu’on me rappelera de nouveau, pour fixer le rendez-vous au 8 avril. Une date qui a déjà une certaine signification, comme vous le verrez avec le…
SUJET 2, la procuration pour pouvoir m’occuper des affaires de ma mère.
Rappelez-vous un truc que je vous disais quelques chapitres plus tôt. Pour obtenir une procuration, je dois d’abord faire évaluer l’état cognitif de ma mère. L’infirmière qui s’occupe de ma mère à la résidence m’avait dit que pour obtenir l’évaluation, je dois demander un affidavit à ma notaire. Et ma notaire m’a dit qu’elle a besoin d’avoir l’évaluation avant de pouvoir produire un affidavit. Je les ai mis en contact en leur envoyant un courriel à toute les deux, dans lequel je m’adresse aux deux à la fois à ce sujet.
Lors de mon rendez-vous de ce matin avec la notaire, elle m’a dit qu’elles en sont arrivées à la conclusion que la seule personne qui est qualifiée pour faire une évaluation cognitive de ma mère, c’est son médecin de famille.
Je sais de qui il s’agit, et les documents de ma mère le confirment. C’est le Dr Morvan, dont la clinique est située à Varennes. Et Varennes, ce n’est qu’un petit détour en route vers Longueuil, où réside ma mère. Aussi, lorsqu’on a fini par donner tous les documents requis à la Caisse Desjardins, on est partis vers la clinique du Dr Morvan.
Une fois arrivés, je reconnais la place. Effectivement, j’ai déjà accompagné mes parents ici par le passé. Je dis à ma mère d’attendre dans l’auto, le temps de vérifier si son docteur pratique toujours ici. Son nom est encore sur la porte. On y va donc, rassuré que cette fois, on n’aura pas de mauvaises surprises..
Ma mère s’assoit dans la salle d’attente. Je vais au comptoir expliquer ce que l’on vient faire. On me demande la date de naissance de ma mère. Je la donne.
RÉCEPTIONNISTE : Madame Louise B ?
MOI : Exactement !
RÉCEPTIONNISTE : Oui, votre mère a un dossier ici. Mais voilà plusieurs années que le Dr Morvan ne s’occupe plus de votre mère.
.. Tu me fucking niaises !?
MOI : M-mais-mais comment ça ?
RÉCEPTIONNISTE : Je n’ai pas les détails du pourquoi. Mais ça dit ici que votre mère est maitenant suivie par le Dr Lévis, à sa clinique de la rue De l’Église, à Montréal.
MOI : Comment ça, à Montréal ? Qu’est-ce que c’est que cette histoire de fous ?
Je regarde ma mère, qui ne comprend pas plus que moi. Quoique dans son cas, ça peut être dû à son état neurologique. La réceptionniste me donne tous les détails de son nouveau médecin de famille, nom, adresse et téléphone. Je prends le tout, et on repars. Je la ramène à sa résidence.
Tel que décrit dans un chapitre précédent, lorsque ma mère habitait au rez-de-chaussée de sa résidence, elle avait la mauvaise habitude de tenter de s’évader pendant la nuit. Elle a donc été déménagée au 3e étage, unité surveillée 24h, il y a trois semaines.
Sa porte de chambre est verrouillée. J’utilise sa clé. La clé ne fonctionne pas. J’en parle à l’infirmier chef. Il l’essaye. Rien à faire. Il a fallu aller chercher le concierge, pour qu’il puisse l’ouvrir avec sa master key.
Il semblerait que ma mère n’a jamais reçu la clé de sa nouvelle chambre. Et il a fallu que ce soit moi qui le leur fasse constater, au bout de 21 jours.
Incroyable !
Nous voilà dans sa chambre. Il nous reste une heure avant de recevoir l’appel de la Caisse Desjardins. En attendant, sur mon téléphone, je fais mes recherches au sujet de son nouveau médecin de famille. Je trouve sa clinique. Il faut prendre rendez-vous en ligne. Aussi bien le faire maintenant pour gagner du temps. J’entre le nom de ma mère, son adresse, son numéro de carte de la RAMQ. Puis je clique sur SUIVANT. Et ça me donne ce message d’erreur.
Une situation a régulariser auprès de la RAMQ ? Ceci me rappelle qu’en effet, à l’hôpital la semaine dernière, on m’a dit que la carte de ma mère était expirée. Et effectivement…
Et encore une nouvelle contrariété à ajouter dans la liste déjà dantesque de problèmes et d’obstacles.
Je me rend sur la page de la RAMQ. Je remplis la demande de renouvellement de la carte. Il ne me reste plus qu’a cliquer sur SUIVANT et voir dans combien de temps elle recevra sa nouvelle carte.
Euh… Quoi !?
Le formulaire que je viens de remplir, c’est pour recevoir le formulaire par la poste ? Il n’y a donc pas moyen de remplacer la carte en ligne ? Il faut absolument que ce soit le formulaire en papier ? Et c’est celui-ci que ma mère va recevoir dans dix jours ouvrables. Donc dans deux semaines ? Et il faudra probablement compter deux autres semaines pour recevoir la carte ? Donc dans quatre semaines !? Je dois donc attendre encore un mois avant de pouvoir prendre rendez-vous avec son nouveau médecin ? Rendez-vous qui prendra probablement entre trois et six semaines avant d’arriver ? Et puisque ce rendez-vous sera pour savoir ce que l’on veut, au juste, ça va prendre un second rendez-vous ? Ce qui fait que l’évaluation ne se fera pas avant juin ou juillet ? Alors que mon père est décédé le 9 janvier ? ALORS QUE, TEL QUE VU DANS UN CHAPITRE PRÉCÉDENT, RETRAITE QUÉBEC ME DONNE JUSQU’AU 8 AVRIL POUR LEUR FOURNIR L’ÉVALUATION, SI ELLE VEUT RECEVOIR SA PENSION DE VEUVE ?

Incroyable !
Vous savez quoi ? Je pense que je vais tout simplement faire passer ma mère comme étant saine d’esprit auprès de Retraite Québec, et renoncer à me la procurer, cette procuration. En autant qu’elle reçoive sa pension de veuve et que la succession puisse se régler, pour que ma mère puisse recevoir l’argent de mon père, c’est ça qui est important.
Encore faut-il que la succession se règle vraiment lors du rendez-vous avec la Caisse Desjardins, ce même 8 avril, dans dix jours.
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À SUBIR
























