Résumé des derniers développements
Pour que l’argent du compte de la Caisse Desjardins de mon père soit déposé dans celui de ma mère, je dois ouvrir un compte de succession. Pour ce faire, ils me demandent :
- La déclaration de décès de mon père. Je l’ai.
- Ma déclaration de naissance, pour prouver que je suis bien le fils de mon père. Je l’ai.
- Le certificat de mariage de mes parents. Je l’ai.
- Le testament. Je l’ai.
- Une attestation de notaire, prouvant que fut effectuée une recherche testamentaire auprès de la Chambre des Notaires, ainsi que du Barreau du Québec, ce qui me coûtera $901. Je viens tout juste de le recevoir.
J’apporte avec moi le chèque de $842, qui constitue le dernier versement de Retraite Québec à mon père. Je me présente à la Caisse Desjardins avec tous les documents requis. Pour me faire dire que…
« Mais Monsieur… Si vous vous occupez des affaires de votre mère, alors il vous faut une procuration. »
« Pourquoi faire ? Je ne retire aucun argent de son compte. Au contraire, je vais y déposer ce chèque de $842, en plus de lui transférer l’argent de mon père, qui est décédé. »
« Oui, mais là, il ne s’agit pas du compte de votre mère. Il s’agit d’ouvrir un compte de succession. Si elle ne peut pas s’occuper de ses affaires, et que vous le faites à sa place, ça vour prend une procuration. »
VOUS POUVIEZ PAS ME DIRE ÇA IL Y A UN MOIS ET DEMI, SAINT-CIBOIRE !?
« Et comment est-ce que l’on fait, pour obtenir une procuratiuon ? »
« Faites évaluer votre mère par son médecin de famille. Si elle est inapte à s’occuper de ses affaires, il vous signera les documents nécéssaires. »
Ma mère n’a plus de médecin de famille. J’appelle la résidence où loge ma mère. J’essaye de leur expliquer le problème. Mais je tombe sur une employée espagnole qui, apparemment, ne comprend que le Mandarin.
Je m’y rend en personne. Je parle avec une personne qui comprend le français. Je lui explique le problème, et je demande à voir l’infirmière qui s’occupe de ma mère. Elle me dit:
« Nous n’avons pas d’infirmières à notre emploi. »
« Mais alors ? … Qui est-ce qui lui prodigue des soins ? Qui lui prescrit ses médicaments ? »
« Ce sont des infirmières du CLSC. »
« D’accord ! Puis-je avoir le nom et le numéro de téléphone de l’infirmière du CLSC qui s’occupe de ma mère ? »
Elle m’écrit ça sur un bout de papier. Je l’appelle Je suis accueilli par un message enregistré..
« Bonjour et bienvenue au services du CLSC. Cet appel peut être enregistré afin de contrôler la qualité du service. Nous vous rappelons que nous ne tolérons aucune forme de violence verbale. Gardez la ligne, et bonne journée. »
L’infirmière me répond.
« Comment puis-je vous aider ? »
« J’ai besoin de faire évaluer ma mère, pour obtenir une procuration. »
« Vous n’avez pas besoin de faire ça pour obtenir une procuration, monsieur. »
« Ah bon ? Et comment est-ce que je fais ça, alors ? »
« Prenez rendez-vous avec votre notaire, et allez le rencontrer avec votre mère. Elle lui donnera son consentement, et il vous signera une procuration. »
J’appelle le notaire. Après plusieurs options « Pour X, appuyez sur la touche Y », je finis par parler à un être humain.
« Je dois rencontrer un notaire avec ma mère, pour obtenir une procuration. »
« D’accord monsieur. J’envoie votre demande dans la liste d’attente. Et dès qu’il y aura un ou une notaire qui se spécialise dans les procurations qui sera libre, nous vous rappellerons. »
Douze jours passent.
Entretemps, je me cherche du travail. J’avais décidé de prendre congé pour m’occuper des affaires de mes parents. Je m’attendais à ce que ça prenne deux, trois semaines maximum. Mais là, ça commence à être pas mal plus long que prévu. Et pendant ce temps, mes économies fondent.
Je me trouve une agence de placements en soins infirmiers qui demande du personnel en région éloigné. Ce serait pour Rouyn-Noranda, en Abitibi-Témiscamingue, un endroit où je ne suis jamais allé. Puisque j’aime voyager et explorer le Québec, et être payé pour ça, je soumet ma candidature. Je me met disponible pour le 1er avril. Car oui, je me donne encore un mois de liberté, pour m’assurer que j’ai le temps requis pour tout régler.
Hier, lundi 2 mars, je suis à mon ordi. Sur mon écran apparaît une notification de courriel. C’est la madame qui s’occupe de l’agence où j’ai soumis ma candidature. Sa réponse est courte :
_____________
Bonjour
Possible de me contacter
Cordialement
Callista Barnacosti
Coordonnatrice
Montréal : 514 485-████
Ottawa : 613 866-████
Québec : 418 781-████
________________
Puisque je suis à Québec, je suppose que c’est celui-là que je dois appeler. Je le fais. Après 17 coups de sonnerie, ça répond.
« Bonjour et bienvenue au groupe ████████ Vous avez rejont la boite vocale de Callista Barnacosti. »
Ok, wow ! Étant donné que j’ai pris la peine de l’appeler à la minute même où elle m’a écrit, je me serais attendu à ce qu’elle soit disponible à l’instant. Je lui laisse un message.
Une heure et demie plus tard, elle m’appelle.
« Allo ? »
« Oui, je parle bien à Stéphane, le préposé aux bénéficiaires ? »
« Oui ! »
« Ok, ben… J’va te rappeler, ok !? »
« Euh… Ok ! »
Et elle raccroche. Fa que… !? Elle m’a appelé pour me dire qu’elle va m’appeler ? Cette situation me rappelle le titre d’une chanson de Gainsbourg, Je suis venu te dire que je m’en vais.
Quarante minutes plus tard, elle me rappelle.
« Bon, donc, toi, tu disais dans le formulaire que tu serais disponible à partir du premier avril ? »
« C’est exact ! »
« Bon, ok ! Je vais vérifier une affaire pis je te reviens. »
Elle me met en attente, avec la musique de piano qui revient en loop à toutes les dix secondes.
Et j’attends.
Et j’attends.
Et j’attends.
Au bout de quinze minutes, je décide de mettre mon téléphone sur intercom, comme ça j’aurai les mains libres pour utiliser mon clavier d’ordi en attendant qu’elle me revienne.
Huit minutes plus tard : BOOP ! BOOP ! Le signal comme quoi je reçois un second appel. Je regarde mon téléphone.
« FUCK ! C’est le notaire ! »
Je fais quoi, maintenant ? D’un côté, je ne veux pas perdre cette opportunité d’emploi, en ayant l’air trop impatient pour être capable d’attendre que ma future employeuse me revienne. Mais d’un autre, ça fait douze jours que j’attend le retour d’appel du notaire. Je ne veux pas en réattendre une autre douzaine si je rate celui-là.
« Tabarnak ! Je peux passer des semaines sans jamais recevoir le moindre appel… Et LÀ, juste parce que ce sont les deux seuls appels qui me sont importants d’avoir, ils faut qu’ils arrivent tous les deux exactement au même moment. »
Le compteur montre que ça fait 24 minutes que je suis en attente. Sûrement qu’elle va me revenir d’ici à quelques secondes. J’opte donc pour ne pas répondre au notaire, en espérant qu’il me laisse un message sur ma boite vocale. Ce qu’il fait, Dieu merci.
Je suis un gars patient et déterminé. Mais même moi j’ai des limites. Au moment où je constate que ça fait une heure que je suis en attente, je raccroche.

J’écoute ma boite vocale. Bien m’en pris, car le numéro laissé par la notaire n’est pas celui qui m’a appelé. Je le compose. Une femme me répond à la première sonnerie. Voici un condensé des lignes les plus importantes de cette conversation :
« Bonjour ! J’appelle pour obtenir une procuration. »
« D’accord. Je ne suis pas notaire, je suis la personne en charge de vous expliquer en quoi le rendez-vous va consister, ainsi que les tarifs. »
Et encore des tarifs. Comme si je ne leur en avais pas déjà donné assez d’argent comme ça, avec les $901 que j’ai dû leur verser pour leur recherche testamentaire.
« Donc, quelle est la raison de cette procuration ? Est-ce que votre mère est invalide ? »
« Oui ! »
« Est-ce que vous l’avez faite examiner par le médecin qui s’en occupe ? »
« Euh… Non ! »
« Alors vous devez commencer par ça. Si madame est invalide, la demande de procuration doit être signée par la personne en médecine qui s’en occupe. »
Tu me fucking niaises ?
Après toutes ces démarches et ce niaisage auquel j’ai droit depuis le décès de mon père il y a presque huit semaines, mon humeur commence à entrer dans une phase pas marrante.
« Écoutez ! Il y a douze jours, j’ai commencé par appeler l’infirmière qui s’occupe de ma mère, pour qu’elle l’examine, pour avoir une procuration. Et c’est ELLE, qui m’a dit que je n’avais pas besoin de ça. Que je dois seulement prendre rendez-vous avec un notaire, en présence de ma mère. Et là, vous, aujourd’hui, vous me dites le contraire. Comprenez-moi bien, je ne vous blâme pas, je sais que ce n’est pas de votre faute. Mais moi, chacun me dit de m’adresser à l’autre, et je me retrouve à être la balle de ping-pong pris entre les deux. Alors avant que l’infirmière m’obstine encore une fois comme quoi ce n’est pas sa job à elle, pouvez-vous m’envoyer un mot,. un document, n’importe quoi, que je puisse lui prouver que oui, c’est bien à elle d’examiner ma mère ? »
« Bon ! Je comprends ce que vous dites, monsieur. Je vais référer votre problème à une notaire qui se spécialise dans les questions à ce sujet. Je vais vous inscrire pour un rendez-vous téléphonique. Ce sera jeudi le 12 mars. »
Que- … DANS DIX JOURS ? Mais bon, est-ce que j’ai le choix ? J’accepte ! En raccrochant, je me dis :
« Tabarnak ! À cause de cette sale conne d’infirmière du CLSC, les procédures sont rallongées de plus de trois semaines. Je comprends maintenant pourquoi les appels du CLSC commencent avec un avertissement interdisant toute violence verbale envers leurs employées. Je ne dois pas être le premier qu’ils font chier avec leur incompétence. »
Bon, ce n’est pas tout, ça ! Il faut que je rappelle ma future employeuse. Ce que je fais. Pour tomber sur un message enregistré, me disant d’appeler aux heures de bureau.
Je regarde l’heure. Il est 17h03. Effectivement, l’agence vient de fermer.
Le lendemain, aujourd’hui, j’ai appelé l’agence à toutes les heures. En vain. Je pense que pour mon travail à Rouyn-Norenda, je suis aussi bien d’oublier ça.
Une infirmière qui ne veut pas travailler.
Une employeuse qui ne me fera vraisemblablement pas travailler.
Un bureau de notaire qui a trop de travail.
Décidément, on n’est bien servis nulle part.
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ET C’EST ENCORE À SUIVRE




































