Les Pompes Funestes, une tragicomédie. 5e partie.

Tandis que je suis à Québec, je reçois ce courriel de JP, mon ex-beau-frère, qui loge dans mon appartement officiel dans la ville de Saint-Jean-Baptiste.

L’enveloppe est adressée à « Les héritiers de Pierre Johnson » ... Il ne peut s’agir que du certificat de décès de mon père.  (L’autre lettre, c’est mon relevé mensuel de la banque RBC.)

Le lendemain, un petit trois heures de route plus tard, j’arrive chez moi pour constater qu’il y a une seconde enveloppe gouvernementale qui m’attend.  J’ouvre la première.  C’est effectivement une lettre du Registre de l’État Civil, Service de l’Inscription des Décès.  Mais c’est pour me demander de leur envoyer le certificat de naissance de mon père.  Parce que oui, il semblerait que pour déclarer qu’il est décédé, il faut d’abord prouver qu’il est né.  Je devrai donc aller voir ma mère pour fouiller de nouveau dans ses dossiers.

J’ouvre la seconde enveloppe.  Il s’agit d’un chèque gouvernemental au montant de $840, qui comporte mon adresse, mais pas mon nom.  Car là encore, la mention est Hériters de Pierre Johnson.  Je regarde le document joint.  Ce provient de Retraite Québec, de la Régie des Rentes du Québec. Je ne prendrai pas ma retraite avant juillet 2033.  Alors pourquoi est-ce qu’ils m’envoient ça ? 

Je lis le document qui y est rattaché.  Ça parle de comment avoir accès à Mon Dossier en ligne, et comment m’inscrire au dépôt automatique pour les prochaines prestations.  Et c’est tout ! Mais là…  Est-ce pour moi ? Est-ce pour ma mère ?  Est-ce un paiement unique ou bien il y en aura d’autres ?  Est-ce la pension de veuve de ma mère ?   Qu’est-ce que je fais avec ça ?

Si mon raisonnement est exact, je ne dois pas être la première personne dans l’Histoire du Québec à avoir perdu son père.  Donc, logiquement, les banques ont sûrement déjà vu ce type de chèque.  Ils vont pouvoir me renseigner.  

Parlant de perdu son père, je fais un crochet à Beloeil, aux Salons Funéraires Demers pour récupérer ses cendres. Puis, toujours à Beloeil, je me rend à la RBC, à la succursale où je fais affaire.  Oui, la caissière a déjà vu ça.

« C’est un chèque de succession, Monsieur.  Il doit être déposé dans le compte de succession. »

Compte de succession que je pourrai ouvrir à la Caisse Desjardins, dès que j’aurai le certificat de décès de mon père.  Certificat qui ne sera émis qu’après que j’aurai envoyé au Registre de l’État civil son certificat de naissance.  Certificat de naissance que possède ma mère.  Mère que je dois amener à Desjardins pour qu’ils lui fassent une nouvelle carte de guichet.  La piste commence à tourner en rond, mais au moins elle avance.

Je vais à Longueuil, à la résidence où habite ma mère.  Je fouille dans les dossiers de famille et je trouve les documents requis. J’amène ma mère à Beloeil, à sa succursale de Desjardins. Je déclare sa carte perdue ou volée, et je lui en demande une nouvelle. Je montre les documents d’identification requis, et… On m’apprend que ma mère n’a jamais eu de carte de guichet pour son compte personnel.  Je sursaute.

« Hein !? Ben voyons donc ! Je ne peux plus compter le nombre de fois qu’elle est venue ici, dans cette succursale, aux guichets, retirer, déposer et mettre à jour son livret. Je le sais, j’étais là ! »

La caissière vérifie de façon plus approfondie.  Et elle y fait une découverte.

« Est-ce que Madame a perdu son mari dernièrement ? »
« Oui, il y a trois semaines. »
« D’accord !  Alors je vois ici trois comptes relatifs à Madame.  Son compte personnel, le compte de son mari, et leur compte conjoint. »
« D’accord ! »
« Madame n’a jamais eu de carte de guichet pour son compte personnel, car elle a toujours effectué ses opérations avec le compte conjoint. »

Ma mère aurait donc un compte secret qu’elle ne touchait jamais ?  C’est quoi ce délire ?

« Ah bon !?  En tout cas, n’empêche que sa carte de ce compte-là a disparue. »
« Si ça peut vous rassurer, je vois qu’il n’y a pas eu d’opérations faites avec la carte depuis avril 2024. »

Ce qui correspond à quand elle a été placée en résidence. On ne saura donc jamais où ni quand est-ce qu’elle a perdu la carte. Mais au moins, personne ne l’a utilisée.

« Bon !  Alors je suppose qu’avec la nouvelle carte, elle va pouvoir accéder à ses deux comptes. »
« Malheureusement, nous ne pouvons pas lui faire d’une nouvelle carte pour le moment. »
« Hein ? Comment ça ? »
« À cause du décès, le compte de Monsieur a été verrouillé. »

Effectivement, c’est moi-même qui suis venu pour le demander, il y a quelques jours. Mais je ne vois pas le rapport avec le compte de ma mère. La caissière explique.

« Le compte conjoint s’est retrouvé automatiquement verrouillé, puisqu’il porte également le nom de Monsieur. Et puisque le nom de Madame est maintenant associé à un compte verrouillé, alors pour des raisons de sécurité, nous ne pouvons pas lui émettre une nouvelle carte. »
« Pas même pour son compte personnel ? »
« Pas même pour son compte personnel. »

Donc, si je comprends bien, si ma mère et moi avons à faire face à ces nouvelles complications, c’est parce que j’ai fait ce que j’avais à faire, en venant déclarer mon père décédé. Génial !

« Ok ! Alors il va se passer quoi, maintenant ? Ma mère ne pourras plus jamais avoir une carte de guichet de sa vie ? »
« Oh, non, rassurez-vous !  Nous attendons simplement que vous nous apportiez les documents nécéssaires pour pouvoir ouvrir un compte de succession.  C’est à dire le certificat de décès de votre père, votre déclaration de naissance, le certificat de mariage de vos parents, le testament, ainsi que l’attestation qui prouve que vous avez fait votre recherche testamentaire auprès de la Chambre des Notaires, ainsi qu’à l’ordre du Barreau du Québec. »

Incroyable ! Ça n’en finit plus !

« Ensuite, une fois les transferts effectués entre les héritiers inscrits au Testament, et une fois que le compte conjoint et le compte de Monsieur seront fermés, Madame pourra obtenir sa carte de guichets. »

Donc, tant et aussi longtemps que je n’ai pas tous les documents requis pour ouvrir un compte de succession, il m’est impossible de déposer le chèque de $ 840, pas même dans le compte personnel de ma mère.

Qu’est-ce qu’on rigole !

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BIENTÔT : Le service funèbre à l’église.

Les Pompes Funestes ; une tragicomédie. 4e partie

Dans le billet précédent de cette série, j’explique toutes les vaines démarches que j’ai entrepris afin de retrouver ma mère, logée en résidences pour personnes semi-autonomes. N’eut été de Marcel, un ami de la famille qui m’a appelé pour me faire ses condoléances pour le décès de mon père, et qui savait où ma mère avait été placée, je la chercherais encore, car…

Le lendemain de mes plus récentes démarches, je devais recevoir un appel de la dernière travailleuse sociale à s’être occupée de mon père. Ainsi que de Santé Montérégie, section de la santé mentale et dépendance. Aujourd’hui, trois semaines plus tard, alors que j’écris cet article, ni l’un ni l’autre ne m’a contacté.

Le 16 janvier, soit deux jours après m’avoir appelé, Marcel m’amène à la résidence, et je revois ma mère pour la première fois depuis trois ans. Heureux hasard : ce 16 janvier 2026, c’est le jour de son 80e anniversaire. Elle est très heureuse de me revoir. Elle n’arrive pas à croire qu’elle a déjà 80. Elle me posera d’ailleurs la question quatre fois en une heure.

Une autre chose qu’elle a de la difficulté à saisir ; le fait qu’elle est veuve. À trois reprise, elle me redemande.

« T’as-tu dit que Pierre est mort ? »

À chaque fois, avec patience, je lui réexplique les circonstances de son décès, comme si c’était la première fois que je le lui récitais. À tout coup, elle répond :

« Pauvre Pierre ! La dernière fois que je l’ai vu, il m’a regardé pendant un bon cinq minutes. Puis, il a dit « Ma Loulou ! » (Elle s’appelle Louise) … Puis, il n’a plus jamais reparlé. »

L’infirmière-cheffe de la résidence me prend à part et m’explique la situation. En 2023, peu après que mon père ait perdu son permis de conduire à cause de son état cognitif qui en faisait un danger sur la route, son état s’est dégradé, au point où il a fallu le placer en CHSLD. Or, depuis les 2-3 années précédentes, la vie de ma mère se résumait à s’occuper de lui. À partir du moment où mon père est parti, elle n’avait soudainement plus rien à faire de ses journées. Sans devoir le lever, elle ne se levait pas. Sans le diriger à la douche, elle ne se lavait plus. Sans devoir lui dire de s’habiller, elle ne se changeait plus. Sans devoir lui faire à manger, elle ne cuisinait plus. En s’occupant de lui, elle s’occupait d’elle-même par extension, ce qui la gardait active physiquement et mentalement. En perdant son mari, elle perdait du coup son autonomie. Il a fallu la placer en résidence.

À l’époque, alors que j’étais en Gaspésie, effectivement, j’avais reçu l’appel d’une travailleuse sociale pour me demander si je consentais à ce qu’ils envoient ma mère en centre. Et qu’elle allait me rappeler pour me dire où elle sera placée. Je n’ai jamais reçu ce 2e appel. Voilà pourquoi j’ai eu tant de problèmes à la retracer.

J’ai rapidement constaté le changement en elle. Elle est sur le neutre, faute d’une meilleure expression. Si on lui parle, elle a une conversation normale. Mais sinon, elle reste silencieuse. Si on lui dit quoi faire, elle le fait bien volontiers. Sinon, elle reste immobile. Si on lui demande si elle a faim, elle dira que non. Mais si on lui sert une assiette pleine, elle mange de fort bon appétit.

Elle a aussi perdu tout filtre. Avant, par politesse, ma mère pouvait bien s’entendre avec une personne. Puis, dans son dos, en raconter les pires choses. Maintenant, lorsque ses voisines du centre l’approchent pour l’inviter à partager leur table ou bien jouer aux cartes, elle leur répond franchement « Non, ta face d’hypocrite mangeuse-de-marde me revient pas. » Ma mère a toujours eu le jugement facile et gratuit. Mais là, elle ne s’en cache plus.

Une chose qui n’a heureusement pas changé, c’est son classement méthodique. Dans ses dossiers, je retrouve rapidement copies de leurs assurance-vie, et surtout de leurs testaments. Ce dernier point me réjouis, puisque ça signifie que je n’aurai pas à payer $901 inutilement pour que le notaire fasse une recherche à la Chambres des Notaires ainsi qu’au Barreau du Québec pour le retrouver.

Parler d’argent me fait réaliser un truc : Mes deux parents ont des comptes à la Banque Nationale ainsi qu’à Desjardins. Maintenant que mon père est décédé, il faudrait transférer le contenu de ses comptes dans ceux de ma mère. Celle-ci me donne son portefeuille, et je fais une constatation inquiétante : ses cartes de guichet ont disparu. Alors… Perdues ? Volées ? Une chose est sûre, je dois agir vite, bien que je crains qu’il soit déjà trop tard.

Je me rends à la succursale de Desjardins à Beloeil, celle de mes parents. J’explique la situation. On me répond :

« Puisque votre père est décédé, nous devons geler son compte. Ensuite, il faudra ouvrir un compte de succession, dans lequel l’argent sers transféré. Ensuite, il sera réparti entre les compte de ses héritiers. »
« Ah !? euh, ok ! »

Elle me dit ensuite que pour ouvrir le compte de succession, je dois leur apporter les documents suivants:

  • La déclaration de décès de mon père.
  • Ma déclaration de naissance, pour prouver que je suis bien le fils de mon père.
  • Le certificat de mariage de mes parents.
  • Le testament.
  • Une attestation de notaire, prouvant que fut effectuée une recherche testamentaire auprès de la Chambre des Notaires, ainsi que du Barreau du Québec.

… Phoque !

Ça signifie que je n’y échapperai pas : je devrai payer $901 pour que se fasse cette recherche.

« Et pour ce qui est de la carte de guichet de ma mère ? »
« Si madame le peut, qu’elle vienne ici, et on va lui en refaire une. »

Ce qui devra attendre à la semaine prochaine, car je dois retourner à Québec. De toute façon, je dois attendre de recevoir le certificat de décès, donc rien ne presse. En attendant, je donne mon OK au notaire pour que s’effectue cette recherche inutile qui me coûtera $901.

Trois heures de route plus tard, j’arrive chez moi, à Québec. Je n’ai même pas encore enlevé mon manteau que le téléphone sonne.

« Monsieur Johnson ? Ici le Salon Funéraire Demers. C’est pour vous dire que vous pouvez venir passer prendre les cendres de votre père à notre succursale de Beloeil. »

Beloeil ? Mais j’en reviens !

J’ai comme une impression de déjà vu.

Encore heureux que je ne sois plus en Gaspésie, ce qui signifiait de 8 à 9 heures de route.

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À SUBIR

l’Hypocrisie de la fausse noblesse, 3 de 3. Savoir choisir ses batailles.

Dans le billet précédent, je parle de CanicheGrisonnant, un membre de forum qui m’attaque périodiquement en public depuis un an. Et de comment j’ai réussi à lui fermer la gueule une bonne fois pour toute avec une seule petite réplique de huit mots.

CanicheGrisonnant démontre un trait de caractère tellement cliché, qu’on peut le voir chez les trolls de forums depuis la fin des années 90. Quand ça lui prend d’attaquer la réputation d’autrui, ça y va sans retenue EN PUBLIC. Mais dès que les tables sont retournées, ça panique et ça se pisse dessus comme une chienne battue en demandant d’en discuter EN PRIVÉ. Une hypocrisie qui montre de manière flagrante la différence entre ce qu’il prétend être et ce qu’il est vraiment.

Dès le départ, il donne le ton de ce que sera son plaidoyer : plutôt que de prendre ses responsabilités du conflit que lui seul entretient entre nous, il nous en responsabilise tous les deux. Il me sert du « NOUS nous sommes pris en grippe« , demande s’il est possible que « NOUS cessions de se prendre la tête. » … Sauf que, jamais n’ai-je été en querelle avec lui. C’est plutôt lui qui me cherche régulièrement sur le forum, et ce depuis un an. Ce n’est pas un cas de « C’est lui qui a commencé. » C’est un cas de « Je n’ai jamais embarqué. »

Encore une fois, il tente de me responsabiliser à 50% de ses agissements avec son « NOS points de vue divergent. » Dans les faits, jamais je n’ai exprimé la moindre divergence sur ses points de vue. Lui, par contre, ne s’est jamais gêné pour s’opposer publiquement aux miens.

Un bon point pour lui : il s’excuse. Évidemment, il blâme le forum de « l’avoir pris dans son jeu. » Normal ! Ce genre de personne est irresponsable. Il sera donc toujours incapable de reconnaitre ses torts à 100%. Mais bon, il s’en excuse. C’est déjà ça.

Là encore, il me sert du NOUS et du TOI ET MOI, alors que jamais je ne l’ai attaqué, ni en public, ni en privé. Il rajoute une couche de fantaisie en disant que l’on « mise trop souvent sur nos différences pour débattre. » Chose qui n’est jamais arrivé. Jamais lui et moi n’avons débattu sur quoi que ce soir sur le forum. Au contraire. C’est dans la plus grande indifférence que toujours je l’ai laissé chier en public la merde qu’il lançait dans ma direction, et ce sans jamais lui répondre. Mais voilà, c’est une réalité à laquelle il refuse de faire face, car celle-ci l’obligerait à reconnaitre le genre de personne qu’il est vraiment. La preuve réside dans ses tentatives de réécrire la réalité dans une version qui lui convient mieux. Et en essayant de m’en convaincre, il tente une manoeuvre pour laquelle il existe un terme psychologique que l’on connais tous : gaslighting.

Tel que je l’avais prévu, il annonce qu’il va effacer son commentaire.

Et encore une fois, il s’excuse pour son commentaire. Et justement, ceci est la plus grande preuve que sa personnalité, et surtout que son repentir n’est que bidon / foutaise / fake ! Relisez ma réplique :

Les seuls sentiments que l’on peut retrouver là-dedans, ce sont la reconnaissance et la satisfaction. Alors pourquoi s’excuse-t-il comme si je m’étais plaint ? Parce que ça lui donne la justification nécéssaire pour aller « le retirer de ce pas », son commentaire auto-incriminant. La dernière chose qu’il veut, c’est montrer publiquement son vrai visage. Alors s’il est désolé, c’est pour s’être tiré dans le pied de cette manière, et non pour m’avoir rabaissé.

Et là encore, il joue au noble. Démontrant que LUI, il croit que la discussion est possible. Mais que, dans son infinie magnanimité, si je ne partage pas son ouverture d’esprit, il comprendra. Mais il est prêt à y mettre des efforts, LUI. Quelle noblesse !

Ma réponse ? Premièrement, je lui demande de prouver ce qu’il prétend.

Avant de lui remettre les pendules à l’heure au sujet de qui attaque qui depuis un an. Pour se faire, je ne donne qu’un seul exemple, l’un des moins pires, d’ailleurs.

Je lui donne l’opportunité de s’en sortir propre en reconnaissant ses torts. Mais comme il fallait s’y attendre, sa réplique est a la mesure de son plaidoyer : une défense à base de déni des faits et de la réalité.

Tout d’abord, il a totalement ignoré mon défi de trouver le moindre commentaire négatif de ma part contre lui. À la place, il dit :

Où, dans ma réponse, est-ce que je dis n’avoir rien contre lui ? Nulle part ! Il cherche à montrer que je me contredis, quitte à m’inventer des paroles pour pouvoir le faire.

Parlant de m’inventer des paroles : donner un seul exemple de son harcèlement, c’est ça qu’il appelle énumérer beaucoup d’exemples sur son cas ?

Où, dans ma réponse, est-ce que je prétend qu’il cherche des excuses publiques ? Nulle part ! J’ai juste dit que je lui en ferait, s’il arrive à trouver un seul mot négatif de ma part à son sujet. Chose qu’il n’a pas réussi à faire.

C’est ça, ouais ! Il n’a jamais méprisé qui que ce soit, comme le démontre clairement ce commentaire :

De nouveau, il change le sens d’une de mes paroles. Si je lui ai dit que je ne l’ai jamais bloqué, c’est pour dire qu’il a libre accès à la liste de mes interventions sur le forum, chose que l’on retrouve tout en bas de nos profils. Il pige là-dedans une nouvelle opportunité de se peindre en noble qui respecte les gens malgré leurs différences.

Enfin, il me sert ce qui sera la plus pertinente de toutes ses répliques :

Là-dessus, il a bien raison. De par son obstination à nier les faits, tout en continuant d’inventer d’autres faits, alors effectivement, la discussion s’enligne pour être difficile.

Dans le premier billet de cette série, j’explique comment les choses ont changé sur les forums, depuis mes débuts sur le net en 1997. Mais il y a une autre chose qui a beaucoup changé, et dont je n’avais pas encore fait mention.

Cette chose, c’est moi !

Il y a vingt ans et plus, mon interaction avec CanicheGrisonnant se serait passé tout autrement. C’est sans hésitations que j’aurais continué à lui remettre ses foutaises en pleine gueule. Tout ce que vous venez de lire ici. Toutes les contradictions dans son discours que je vous ai étalé. Tous ses mensonges, toutes ses interprétations fantaisistes, son déni de la réalité, ses faux débats, son irresponsabilité. Je lui aurais demandé des comptes pour chacun de ces points, le forçant ou bien à reconnaitre ces faits, ou bien à se montrer comme étant de mauvaise foi. Et tel un pitbull enragé, jamais je n’aurais lâché le morceau, restant immobile sur mes positions, totalement imperturbable. Puisque c’est moi qui possède la vérité dans ce débat, preuves à l’appui.

Mais aujourd’hui, je me suis juste contenté de regarder la chose objectivement. Mon but, c’est d’avoir la paix. Il m’offre la paix. Si le prix de cette paix, c’est d’épargner son Ego, alors soit ! Ce n’est pas trop cher payer.

Je fais donc moi-même dans la fausse noblesse hypocrite, afin de lui dire ce qu’il veut entendre.

Et ça s’est terminé là.

« Cherchant sa vérité » , ouais, quitte à la créer lui-même, dans son cas. Mais bon, lorsqu’une personne fait preuve d’une telle mauvaise foi, on perds son temps à tenter de discuter avec. On ne peut raisonner qu’avec des gens raisonnables.

L’important, c’est qu’après un an à me provoquer, il a vu que si je lui réplique, il va juste perdre la face. Il a compris que dans ces conditions, mieux vaut pour lui de me foutre la paix.

C’est pour ce genre de situation qu’existe le proverbe qui dit que la fin justifie les moyens. Il est vrai que le moyen d’arriver à la paix, ce fut en mettant de côté l’un de mes plus grand principes, celui de se battre pour la vérité. Mais bon, c’est bien beau avoir des principes, il vient un moment dans la vie où on apprend à choisir nos batailles.

Surtout lorsque la guerre est déjà gagnée parce que l’ennemi n’a eu d’autres choix que de se rendre.

L’hypocrisie de la fausse noblesse, 2 de 3.

Ceci est le second billet sur le thème :

… alors que je raconte mes aventures depuis que je suis de retour sur les forums.

Hier, je parlais de CochonnetPuissant, un gars qui a décidé d’être sur mon cas, et ce depuis mes débuts sur un forum de rencontres il y a un an. J’ai décrit comment il a tenté d’utiliser le décès de mon père dans une autre tentative hypocrite de me discréditer publiquement. Et comment ma réponse, également publique, l’a plutôt obligé à faire la paix.

Aujourd’hui, je vais vous parler de CanicheGrisonnant, un forumien de 56 ans. Le genre de personne qui est la preuve vivante que la maturité ne vient pas avec l’âge. Et que l’image bidon qu’une personne cherche à se donner en public est parfois tellement fragile qu’elle peut s’effondrer avec une seule petite réplique objective de seulement huit mots.

Lui aussi, pour une raison qui m’échappe, a décidé de me prendre en grippe, et ce publiquement, depuis un an. Bien que je ne me suis jamais adressé à lui, il réplique souvent à mes commentaires sur les différents sujets des forums. Et ce, toujours de manière négative. Lorsqu’il n’attaque pas mes écrits, il m’attaque personnellement, quand ce n’est pas les deux à la fois.

Vous savez ce que l’on dit : personne n’a jamais ressenti le besoin de rabaisser quelqu’un qui lui est déjà inférieur. Je ne considère donc pas cette personne comme étant une menace. À lui aussi, je donne le traitement de silence. Aucune réplique, sauf lorsqu’il me pose une question directement. Et là encore, mes réponses sont courtes, objectives, sans la moindre trace d’impolitesse, pas même en sous-entendus. Cette stratégie vieille comme le monde a deux buts. Le premier, c’est de démontrer passivement au public lequel de nous deux est respectueux, et lequel est un anus total. Et le second se base sur un principe mille fois prouvé : laisse-lui assez de corde, et il va finir par se pendre avec. 

Ça a pris un an. Mais il a effectivement fini par se pendre avec.

Il y a quelque jours, un membre du forum a démarré un sujet : « Votre mode de séduction. » Il nous demande comment on se comporte lorsque l’on veut séduire. J’ai répondu ceci :

Bien que mon commentaire n’a absolument aucun rapport avec CanicheGrisonnant, il a décidé de le prendre personnel.

Détail que je n’ai pas encore précisé, mais qui a toute son importance ici : CanicheGrisonnant est gai.  Déjà qu’il prend personnel un commentaire qui ne s’adresse pas à lui, pourquoi est-ce qu’il craindrait que les femmes puissent le trouver risible de draguer, alors qu’il ne draguera jamais aucune femme ? Ça n’a aucune logique. Je comprends donc qu’il me cherche encore querelle publique. 

Déjà qu’en tant que gai, il a un avantantage sérieux sur les hommes hétéros. Lui, il peut se permettre de complimenter toutes les femmes du forum, parce que personne ne pourra jamais l’accuser de chercher à les attirer dans son lit. Tout homme héréto qui se permettrait de dire le quart des compliments qu’il leur adresse régulièrement se ferait automatiquement coller l’étiquette de beau parleur, d’hypocrite, de pervers narcissique qui dirait n’importe quoi pour attirer les femmes dans son piège. Bref, son homosexualité contribue à lui donner une excellente réputation en tant que gars le plus sincère du forum. Alors quand un gars comme ça ne cesse de mettre les femmes en garde contre un gars hétéro, on se dit qu’il n’est pas motivé par la rivalité. Son avis a bien plus de poids auprès d’elles. Et là encore, il me semble bien parti pour tenter de me discréditer de cette manière une nouvelle fois.

Ça fait un an qu’il me cherche.  Je pense qu’il est temps qu’il me trouve.

Ce qui est bien avec ces gens-là, c’est à quel point ils sont prévisibles. Ça fait un an que je l’observe, que j’étudie ses commentaires et ses répliques. Pas seulement lorsqu’il me prends pour cible, mais juste son comportement quotidien en général. Ça m’a permis d’en tracer un profil psychologique assez représentatif. Surtout du fait que des personnalités comme la sienne, j’en ai tellement rencontrés que je les connais par coeur. Je sais ce qui les motive. Je sais ce qui les fait réagir. Et surtout, je sais comment ils réagissent. Je sais donc exactement ce que je dois faire pour le manipuler à se tirer dans le pied.

J’écris ma réplique. Elle est en trois parties.

Premier paragraphe : J’éclaircis ce propos de mon cru qui l’a fait tiquer. Ça va l’inciter à vouloir répondre.

Second paragraphe : De par mes observations de la dernière année, j’ai constaté qu’il exprimait souvent son mépris pour ceux qui souffrent du complexe de Caliméro. C’est à dire les gens qui se plaignent que la vie et les autres sont trop injustes avec eux. En écrivant quelque chose dans ce style, il ne pourra pas résister à l’envie de m’attaquer là-dessus.

Troisième paragraphe : Celui-ci est le plus important. Si je veux le manipuler à se montrer sous son vrai jour. Je dois dénoncer D’AVANCE la mauvaise foi de sa campagne de salissage envers moi. Le défi ici est de le faire de manière à ce qu’il ne puisse pas s’en rende compte avant qu’Il soit trop tard.

Et le plus habile dans ma réplique : bien que chacun des paragraphes soit rédigé de manière à faire réagir CanicheGrisonnant, ils répondent tiut de même au sujet de discussion. Ainsi, si je me trompe au sujet de CanicheGrisonant, il n’aura aucune raison d’y répliquer, encore moins de la manière dont je m’y attend. Je garde donc ouverte la possibilité que je puisse me tromper à son sujet.

Or, avec les gars dans ce genre-là, lorsque l’on s’attend à du négatif, on ne se trompe jamais à leur sujet.

Il ne me reste plus qu’à copier-coller la riposte finale que j’avais préparée d’avance.

Aucune défense. Aucune attaque. Aucune insulte.  Aucun mépris.  Une seule phrase objective, composée de huit petits mots clairs, nets, précis. Une réplique implacable. Jamais il ne sera capable de nier qu’effectivement, mon second paragraphe décrit son comportement. Et ni lui ni personne ne peut nier que mon troisième paragraphe a effectivement annoncé d’avance ce qu’il vient de faire. Et ça, c’est le pire affront que l’on puisse faire à quelqu’un qui se donne des airs de supériorité sur autrui : démontrer qu’il est prévisible.

Et son comportement rend tellement évident le fait que mon commentaire final répond au sien, que je n’ai même pas besoin d’y inclure son nom. Tout le monde le voit clairement.

Ces huit petits mots mettent à jour son harcèlement de manière tellement flagrante, que ça invalide automatiquement tout ce qu’il écrit contre moi. Désormais, chacune de ses attaque devient une preuve contre lui. Et aucun argument ne peut contredire ce fait.

Un gars comme CanicheGrisonnant est juste trop orgueilleux pour laisser passer ça sans rien faire. Une situation qui le dépeint sous son vrai jour de manière tellement flagrante qu’il n’y a aucun déni possible, c’est insupportable pour lui. Fort de mon expérience avec ce genre de personne, je sais qu’il n’y a que deux choses qui vont arriver maintenant. Ou bien il va effacer son commentaire. Ou bien il va m’écrire en privé. Mais ce sera plus probablement les deux.
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À CONCLURE

L’hypocrisie de la fausse noblesse.

Durant les premières années d’activité de ce blog, l’un de mes thèmes les plus récurrents était les forums.  Je fréquentais ces endroits depuis mes débuts sur le net, c’est-à-dire dès 1997.  Je me suis peu à peu détaché de ce thème, à mesure où moi-même je cessais peu à peu d’en fréquenter.  Mais depuis un an, je suis activement …

En plus d’un quart de siècle, certaines choses ont changé.  La plus grande différence étant qu’à l’époque, des forums, il en pleuvait.  Aujourd’hui, ils sont plus rares.  Les gens ne se donnent plus la peine d’en monter un, puisqu’il est bien plus simple de créer un groupe sur Facebook.  Les forums encore existants sont majoritairement réservés à certains sites spécialisés.  Particulièrement les sites de rencontres. Endroits que je recommence à fréquenter, et grâce auquel j’ai publié mon second livre l’Amour est dans le champ de patates.

Autre chose qui a changé depuis le tournant du siècle, c’est le fait qu’Internet a perdu son statut d’endroit où tous peuvent se laisser aller sans limite ni contrôle.  Il est fini, le temps où les gens pouvaient insulter et menacer les autres, tout en se lavant les mains en se cachant derrière l’excuse que « le net, c’est pas la vraie vie. »  Maintenant que la cyberintimidation est reconnue par la loi, les forums sont maintenant bien plus réglementés.

Ce qui n’a pas changé, par contre, c’est l’attitude des gens que l’on y retrouve. Aujourd’hui, je vais vous présenter l’un d’eux, j’ai nommé le faux noble. J’ai deux exemples. Le premier, appelons-le CochonnetPuissant.

Pour une raison qui m’échappe, le gars a décidé de me prendre en grippe dès mon arrivée sur le forum il y a un an. C’était dans un sujet en rapport au consentement. J’avais donné un résumé de mon vieux billet, Elle a dit OUI par peur des conséquences de dire NON. Dans celui-ci, je démontrais qu’il fallait être attentif aux signes, comme quoi même si un consentement est donné, ça ne signifie pas pour autant que celui-ci est sincère.

CochonnetPuissant a alors répliqué un truc dans le style de : « Ceci est l’exemple parfait du beau parleur qui dirait n’importe quoi pour mettre les femmes en confiance. C’est le plus grand signe d’une personnalité perverse narcissique. Ne tombez pas dans le piège, et méfiez-vous de ceux qui vous baratinent comme dans Le Corbeau et le Renard. »

Quand un gars se montre à ce point-là irrité par un homme qui colporte l’idée que l’on doit respecter le consentement, on est en droit de se poser de sérieuses questions à son sujet. Voilà ce que j’aurais pu répliquer. Mais je m’en suis abstenu. Si moi je suis arrivé à ce raisonnement, c’est certainement le cas des femmes de ce forum. Inutile de leur faire du mansplaining. J’opte donc pour lui faire le traitement du silence, sauf s’il s’adresse à moi directement.

Je suis tout de même allé cliquer sur son profil, pour voir aussitôt qu’il m’en avait bloqué. De toute manière, je n’avais pas besoin de cliquer dessus pour le savoir. Il se trouve que sur ce forum, lorsqu’une personne nous bloque, les boutons J’AIME et RÉPONDRE n’apparaissent pas sous leurs commentaires.

Je suppose que c’est pour éviter de se faire narguer de manière passive, en recevant sans cesse des J’AIME de la part de gens que l’on bloque.

Durant l’année qui suivit, il lui est arrivé à cinq ou six reprises d’attaquer ma réputation. Toujours de la même manière, soit en sous-entendant que chacune de mes paroles positives et bienveillantes n’est motivée que dans le but de tromper les femmes sur mes véritables intentions. Là encore, je le laisse parler. Je n’ai pas besoin de me défendre. Depuis un an, mes interactions sur le forum parlent d’elles-mêmes. Je considère même que ses attaques constituent un excellent filtre. Ceux qui ne sont pas dupes interagissent avec moi. Et ceux qui croient à sa merde se tiennent loin de moi, ce qui est positif, car il n’y a rien de plus toxique que d’avoir dans notre entourage des gens qui sont volontiers prêts à croire le pire de nous, surtout sans preuves pertinentes.

Comme je l’ai annoncé ici, mon père est décédé le 9 janvier dernier. On ne s’est jamais entendus sur rien. Et comme je le souligne dans ma série de billets Un câble d’acier ombilical, je lui dois la majorité des déboires de ma vie, incluant ma colonne vertébrale déviée et ma jambe croche, due à la râclée qu’il m’a donnée lorsque j’avais six ans.. Mais bon, c’est le seul père que j’aurai jamais. Aussi, j’en ai parlé sur le forum.

Quelques jours plus tard je vois ceci :

À moins qu’il y a une autre personne sur ce forum avec qui il ne s’entend pas, qu’il a l’habitude de le comparer au renard beau-parleur de la fable de La Fontaine, et qui a également perdu son père, alors je suppose qu’il parle de moi. Je retourne sur le sujet où j’ai parlé de mon père. Et effectivement, j’y vois un commentaire de CochonnetPuissant. Du moins, je vois qu‘il y a eu un commentaire, avant qu’il l’efface.

J’en arrive à la conclusion logique qu’un membre du forum n’a pas cru en la sincérité de CochonnetPuissant et qu’il l’a insulté. Et que, pour y mettre fin, il a effacé son message. J’exprime donc la chose dans cette réponse. Réponse qui, je le précise, n’a autre choix que d’être publique. Étant bloqué de son profil, je ne peux pas lui répondre par message privé.

Si je dis ON s’est bloqués, plutôt que la vérité qui est que c’est lui qui m’a bloqué, c’est pour éviter les accusations du style de ceci est un réglement de compte.

Là encore, choix de mots pour éviter la confrontation : Celui-ci a été effacé, plutôt que le plus réaliste TU L’AS effacé.

Ce à quoi il répond :

… Euh !? Alors si je résume la situation :

  • Le gars me bloque.
  • Par conséquent, je n’ai pas accès au bouton J’AIME sous ses commentaires.
  • Il m’adresse ses condoléances. (Que je n’ai pas eu le temps de voir.)
  • Il m’est impossible de cliquer sur J’AIME. (Même si j’avais vu ses condoléances.)
  • Il frustre parce que je n’ai pas (pu) cliqué(r) sur J’AIME.
  • Il efface ses condoléances.
  • Il peut maintenant se permettre de se plaindre publiquement que son geste de décence a été reçu avec mépris. Ce qui démontre clairement lequel de nous deux est noble, et lequel se comporte en anus total. Et il en a remis une couche avec sa fable de La Fontaine.

Voilà ce que j’appelle l’hypocrisie de la fausse noblesse.

Il ne s’attendait probablement pas à ce que je m’adresse à lui directement, en public, en le nommant, alors que je croyais naïvement à la sincérité de sa démarche. Il n’a donc eu d’autre choix que de reconnaitre que je ne pouvais voir le bouton J’AIME. Et, par conséquent, démontrer clairement que ses accusations envers moi, comme quoi j’étais un beau parleur incapable de faire la différence entre une divergence d’opinion et des condoléances sincères, n’étaient pas fondées.

Ouais… Des condoléances tellement sincères qu’il a vite fait de les effacer.

Il y aura au moins ceci de bon à cette nouvelle tentative hypocrite de me trainer dans la boue : ça l’a forcé à faire la paix publiquement.

Au prochain billet, je vous parlerai d’un exemple encore plus risible. Celui-là, avec un membre que j’appellerai CanicheGrisonnant.

_____
Y’A LIENS LÀ

Par nostalgie pour mes anciens abonnés, et par découverte pour les nouveaux, voici quelques anciens billets au sujet des sites de rencontres, des gens que l’on y retrouve, et de l’attitude que ces derniers mettent de l’avant.

54 personnalités clichés que l’on retrouve sur le net. On les voyait en 1997. Et on les voit toujours en 2026.

Les 9 étapes de la naisssance, le vie et la mort d’un forum. L’une des raisons pourquoi 95% de ceux-ci ont disparus.

Si, dans un forum, tu oses écrire « Aujourd’hui y’a du soleil » 59 réponses qui semblent exagérées, mais n’en demeurent pas moins réalistes.

Devenez membre de la CIA en 5 leçons faciles. Ce comportement est en perte de vitesse, maintenant que la censure a la gâchette facile. Mais ouais, c’était le bon(?) vieux temps d’internet.

Les Pompes Funestes ; une tragicomédie. 3e partie

Mercredi le 14 janvier.
La travailleuse sociale de mon père ne sera disponible que demain. En attendant, je ne reste pas les bras croisés. Je parcours Google, à la recherche de quelque chose qui puisse m’aider à retracer ma mère. À tout hasard, je me dis qu’il existe peut-être une centrale des résidences pour personnes âgées au Québec. Je tombe sur exactement ça : Résidences Québec. Je leur écrit.

« Bonjour.
Ma mère a été placée dans un centre, suite à une perte d’autonomie, alors que je travaillais en région éloignée. Mais je ne sais pas où ils l’ont mis. Mon père est décédé vendredi le 9 janvier. Je dois retrouver ma mère pour la suite des procédures légales. Voici son nom et sa date de naissance.
« 

Quelques minutes plus tard, je reçois confirmation.

Et dix minutes après, on m’appelle. On me dit qu’ils n’ont personne du nom de ma mère parmi leurs résidents. On me précise que Résidences Québec est un répertoire de résidences privées. Alors si elle n’habite pas au privé, ça signifie qu’elle est au public, donc dans un CHSLD. On me conseille de consulter le CLSC de sa région. J’explique que je l’ai fait hier, mais qu’à cause de la Loi 25, ils ne peuvent pas me donner cette information, aussi illogique que ça puisse être. Elle me suggère donc la Curatelle Publique. Ou mieux encore, Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de la Montérégie Est. Je la remercie et je raccroche.

Je commence par la curatelle publique. Je trouve la page de demande de renseignement. Je remplis la fiche et la demande.

« Bonjour.
Ma mère a été placée dans un centre, suite à une perte d’autonomie, alors que je travaillais en région éloignée. Mais je ne sais pas où ils l’ont mis. Mon père est décédé vendredi le 9 janvier. Je dois retrouver ma mère pour la suite des procédures légales. Voici son nom et sa date de naissance.
« 

Une heure et demie plus tard, j’ai un appel.

« Allo ? »
« Bonjour monsieur Johnson. Mon nom est Yasmine et je vous appelle de la curatelle publique. »

Elle me demande si le nom et la date de naissance de ma mère, tels qu’inscrits dans mon courriel, sont exact. Je le confirme.

« Malheureusement, votre mère n’est pas inscrite dans notre base de données. Je vous souhaite bonne chance dans vos recherches. »

Ok alors, va pour le CISSS de la Montérégie Est. Je trouve les coordonnées sur Google. Ce qui me permet de constater que …

« Tu me fucking niaises ? Leurs bureaux sont situés à l’hôpital Honoré-Mercier de St-Hyacinthe ? J’aurais donc pu me renseigner dès le départ LÀ OÙ MON PÈRE EST MORT ? »

Incroyable !

Puisque je suis à Québec, je ne vais pas faire encore 2h30 de route vers St-Hyacinthe. Je clique sur le lien du site web, que je parcours à la recherche d’un numéro où les appeler. Mais d’un lien à l’autre, je finis par me faire suggérer le 811, option 2, info social. J’appelle. Après un quart d’heure d’attente, on me répond.

« 811 info social, mon nom est Fatima, comment puis-je vous aider ? »
« Bonjour. Ma mère a été placée dans un centre, suite à une perte d’autonomie, alors que je travaillais en région éloignée. Mais je ne sais pas où ils l’ont mis. Mon père est décédé vendredi le 9 janvier. Je dois retrouver ma mère pour la suite des procédures légales.« 
« Est-ce que vous habitez à Québec ? »
« J’y suis présentement, mais mon adresse officielle est à St-Jean-Baptiste. »
« Et votre mère, résidait-elle à Québec ? »
« Non, à Beloeil. »

Étant donné que j’appelle de Québec, il semblerait que je me suis automatiquement retrouvé aux services de la ville de Québec. On me transfère donc à l’équivalent, mais situé dans la ville de Beloeil. Mais avant, elle me demande :

« Sinon, de votre côté, est-ce que vous avez besoin de soins ? Ressentez-vous de la déprime ou bien des idées suicidaires ? »
« Hein ? Moi ? Non ! Je suis bien correct ! Je suis préposé aux bénéficiaires, alors j’en ai vu d’autres. »
« D’accord ! Alors je vous transfère. »

Et c’est reparti pour l’attente, qui dure cette fois 1h34.

« Centre intégré de santé et de services sociaux de la Montérégie Est. Mon nom est Membayé. Comment puis-je vous aider ? »
« Bonjour. Ma mère a été placée dans un centre, suite à une perte d’autonomie, alors que je travaillais en région éloignée. Mais je ne sais pas où ils l’ont mis. Mon père est décédé vendredi le 9 janvier. Je dois retrouver ma mère pour la suite des procédures légales.« 

Il me pose quelques questions. La première étant de savoir s’il y a en ce moment contre moi une raison légale ou judiciaire de ne pas avoir de contacts avec elle. Je le rassure que non.après quelques autres échanges, il me dit qu’il n’a pas accès à ces renseignements. Mais que je dois appeler à Santé Montérégie, section de la santé mentale et dépendance.

« Vous ne parlerez pas à un être humain. Ce sera un répondeur. Vous devrez donner la raison de votre appel. Le nom de votre mère et sa date de naissance. Le nom de votre père, sa date de décès, et le nom de sa travailleuse sociale. Enfin, votre nom et numéro de téléphone. Dans les 24 heures, vous aurez droit à un retour d’appel. Avez-vous un papier et un crayon ? »
« Oui ! »
« Parfait. je vous donne leur numéro de téléphone. »

J’ai noté. J’ai appelé. J’ai dit tout ça. Il ne me reste plus qu’à attendre demain les rappels de la travailleuse sociale de mon père, ainsi que du préposé de Santé Montérégie. Ce fut beaucoup de travail. Mais au moins, là, j’ai doublé les chances de retracer ma mère.

Et là, DÉNOUEMENT INATTENDU !
Une heure après avoir terminé le dernier appel, j’en reçois un autre.

« Allo ! »
« Stéphane ? J’m’appelle Marcel, chus un ami de ton père. J’ai appris pour Pierre. Mes condoléances. »
« Merci ! »
« J’va aller voir ta mère tantôt, faut que j’y annonce ça délicatement. »
« Que… VOUS SAVEZ OÙ EST MA MÈRE ? »


Non seulement il le sait, c’est lui qui possède tous leurs documents, et qui a récupéré leurs possessions. Incluant le portefeuille de mon père ainsi que toutes ses cartes. Il me dit que ma mère réside aux Habitats Lafayette de Longueuil. Je prend le nom en note pour chercher l’adresse plus tard sur Google. Il me donne les deux numéros d’assurance sociale de mes parents. Pour la date de mariage, il va le demander tantôt à ma mère, et il me rappellera. Ce qu’il fit. Alors voilà, enfin, j’ai tout ce qu’il faut pour que commencent les procédures légale du certificat de décès et de la succession.

Ce qui signifie que j’aurai passé les derniers 48h à me démener comme un malade, et ce absolument pour rien, puisque je n’avais qu’à rester évaché sur mon cul à attendre l’appel de ce Marcel dont j’ignorais l’existence.

Mais attendez, ce n’est pas tout.
Vous savez, les Habitats Lafayette où réside ma mère ? Voici leur page web, que j’ai cherché pour en obtenir l’adresse.

Vous voyez ce qu’il y a d’écrit en haut à gauche ? RÉSIDENCES QUÉBEC. Ce même Résidences Québec qui, au tout début de mes recherches d’aujourd’hui, m’a appelé pour m’affirmer que ma mère ne faisait pas partie de leurs résidents.

Ce qui signifie que je m’enlignais pour passer encore des jours, des semaines, des mois, à rechercher ma mère dans le système public. Système public dans lequel je ne ne l’aurais évidemment jamais trouvée, puisqu’elle était au privé.

La voilà, la manière on est servis, dans le domaine de la santé, au Québec.

Il aura fallu qu’un simple citoyen que je ne connaissais pas, décide comme ça, par hasard, de m’appeler pour me faire ses condoléances, pour que tous mes problèmes se règlent, là où deux jours de recherches, de déplacements et d’appels auprès des autorités dites « compétentes » n’ont rien donné.

Incroyable !

Mais bon, peu importe comment le problème a pu se régler, l’important, c’est que le problème a pu se régler.

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À CONCLURE

Les Pompes Funestes ; une tragicomédie. 2e partie

Mardi le 13 janvier.
13h. Je suis au Salon Funéraire Demers. L’employée me donne ses sympathies. On passe à son bureau.

Il y a quatre jours, au moment du décès de mon père, je n’avais que trois souhaits. Le premier, d’être présent pour l’accompagner jusqu’à la fin. Chose que je n’ai pas pu faire, puisqu’il est mort quelque part dans la nuit. C’est que, de tous les hôpitaux que j’ai visité dans ma vie, celui-là était le seul où, dans la chambre, il n’y a pas de chaise qui s’allonge, pour les visiteurs. Impossible pour moi de pouvoir y dormir. Ce qui m’a obligé à retourner chez moi à Québec. Ce qui a résulté à mon absence lors du décès.

Le second souhait, pouvoir le mettre moi-même dans son linceuil. Chose que je n’ai pas pu faire, puisqu’ils s’en sont occupés eux-mêmes tandis que j’étais en route vers l’hôpital.

Et le troisième souhait, donner son corps à la science, pour la recherche sur l’Alzheimer. La maladie de mon père fut exceptionnelle, étant donné la lenteur à laquelle elle a progressée, c’est à dire sur une période de vingt ans. Qui sait, peut-être trouveront-ils en lui un gène, un enzyme, une molécule, quelque chose qui pourrait être reproduite chez les autres, afin de pouvoir freiner cette horrible maladie. L’employée du salon funéraire me répond :

« C’est une très bonne idée, monsieur. Malheureusement, il aurait fallu en discuter avec l’Hôpital, le jour de son décès. C’est quelque chose qui doit être fait dans les douze heures. Alors après quatre jours, vous pensez bien… »

QUOI !? Mais J’AI voulu en parler à l’hôpital. Je l’ai dit à l’infirmière, après avoir fait mes adieux à mon père. Mais elle m’a répondu que ce serait le salon funéraire qui s’occuperait de tout.

Incroyable !

Je ne dis rien. Inutile d’exploser à la face de cette employée, qui n’a de toute façon rien à voir là-dedans. Il ne me reste plus qu’à me résigner au fait que, lorsqu’il s’agit de mes parents, « Que ma volonté soit faite ! » n’a jamais été et ne sera jamais un adage respecté. Qui sait, peut-être que mon père aurait pu aider, par sa mort, à faire progresser la médecine, et par le fait même, l’Humanité. Et peut-être que je me fais des illusions aussi. N’empêche qu’à cause d’une infirmière ignorante ou négligente, nous ne le saurons jamais.

Du coup, maintenant qu’il faut disposer du corps, je serai obligé de payer les frais de la crémation et des autres services.

J’explique que dans le cas de mon père, on peut oublier les traditions. Il ne lui reste plus un ami de vivant. Pareil pour la famille, pas de frère, soeur, parent, oncle, tante, cousin. Il n’y a que ma mère, placée dans un foyer d’accueil depuis qu’elle a commencé à dégrader cognitivement il y a un an. Donc, inutile de payer un cercueil, une exposition, une messe, des signets, ou même une annonce dans le journal. Il n’y aurait qu’à moi que tout ça s’adresserait. Je vais donc pour le plus économique. De toute façon, mes deux parents m’ont toujours répétés qu’ils ne voulaient pas de chichis. Incinérés, et hop, fini. Ce que je fais, avec l’urne de base, une simple boite de métal, ouvrable. (Car il y a également des modèles scellés.) Et pas de colombarium, je garde le tout. Un jour, je planterai un arbre, avec ses cendres sous les racines. Ça vaudra bien toutes les pierres tombales. Le tout me coûte $3 000.

Je réponds aux questions du formulaire d’usage. Bonne nouvelle, j’apprend qu’il existe un octroit gouvernemental qui me permet de recevoir $2 500 pour contribuer aux frais des funérailles. Cependant, il manque quatre renseignements pour que je puisse y avoir droit.

  • Le numéro d’assurance sociale de mon père
  • Le numéro d’assurance sociale de ma mère.
  • Leur date de mariage.
  • L’adresse de ma mère, c’est à dire là où elle réside actuellement.

Et c’est également requis pour le certificat de décès, que je ne pourrai obtenir sans ces renseignements pour compléter le dossier. Et aussi pour me permettre d’avoir droit à son assurance-vie. Et prendre en charge leurs affaires, les assurances, la banque.

Par contre, pour ce qui est d’arrêter les versements de sa pension, alors là, bizarrement, l’employée peut le faire imédiatement, car le Gouvernement n’a besoin que de son nom et de sa date de naissance.

L’employée m’apprend aussi qu’au sujet du testament, on peut maintenant s’adresser à n’importe quel notaire. Celui-ci s’adresse à la Chambre des Notaires du Québec, qui fait une recherche dans les archives de tous les bureaux de notaires du Québec. C’est que trop souvent par le passé, les héritiers ignoraient avec quel notaire leurs parents faisaient affaire. Cette méthode leur est donc très utile. Ce qui ne sera pas le cas dans le mien, puisque je sais déjà que mon père faisait affaire avec le notaire Handfield. Pas le choix. À l’époque, c’était le seul du village.

Étant donné que mes parents n’ont jamais tenus leurs affaires en ordre, et qu’ils ont été placés dans des foyers alors que j’étais en région éloignée, je me retrouve avec trois problèmes de taille.

  • 1- Où est le portefeuille de mon père ? Sans ses cartes, j’ignore son numéro d’assurance sociale.
  • 2- Où est donc placée ma mère ? Parce qu’on ne me l’a jamais dit. Or, il me faut son adresse. Et il faut bien qu’elle aprenne que son mari est mort. De plus, elle a droit à une pension de veuve. Il me faut donc ses cartes, ses papiers. Et elle seule peut me fournir son numéro d’assurance sociale, ainsi que leur date de mariage.
  • 3- Que sont devenus leurs possessions ? Après que ma mère ait eu à quitter l’appartement, où sont les meubles, les souvenirs de famille, mais surtout les documents ? Est-ce que ça a été entreposé quelque part ? Ou est-ce que le propriétaire a tout jeté ?

L’employée me donne la carte d’assurance maladie de mon père, que lui a rendu l’hôpital lorsqu’ils sont allé chercher le corps. Elle me suggère de commencer par aller chercher ses affaires au foyer où il résidait ces deux dernières années. Elle attendra de mes nouvelles par courriel, pour lui fournir les quatre renseignements qui manquent pour démarrer les procédures gouvernementales.

Première étape : la dernière résidence de mon père.
Je me rend à la résidence de soins pour personnes âgées.

« Bonjour ! Je suis le fils de Pierre Johnson. Je viens chercher ses affaires. »

Elle me regarde avec des grands yeux ronds, bouche bée, muette pendant un bon cinq secondes. Elle retrouve l’usage de la parole pour me dire :

« Euh… c’est que sa chambre a été vidée il y a trois jours. »
« HEIN ? Mais ses cartes ? Son portefeuille ? J’ai besoin de ça pour les procédures gouvernementales. »

Elle me demande de retourner à l’entrée, m’assoir et attendre, le temps qu’elle aille voir l’infirmière-cheffe pour démêler tout ça. Dix minutes plus tard, celle-ci vient me rejoindre. Elle me rassure que ses affaires sont toujours ici, en storage, au sous-sol. Je rapatrie donc ses vêtements, ses lunettes, ses cadres au mur, et même ses médicaments. Mais il me manque le plus important.

« Et son portefeuille ? »
« Pour autant que je sache, monsieur Johnson n’a jamais eu son portefeulle avec lui. Nous, on avait juste besoin de sa carte d’assurance maladie. Ses autres cartes sont restées chez lui, avec votre mère. »
« C’est que ma mère a été placée en foyer elle aussi. Mais je ne sais pas lequel. C’est arrivé alors que je travaillais en région éloignée. »
« Ah ? Bon eh bien, ce que je peux faire, c’est vous donner le nom et le numéro de la travailleuse sociale de votre père. Elle pourra sûrement vous aider. »

Deuxième étape, la travailleuse sociale.
Dans le parking, assis au volant, je compose son numéro. C’est un répondeur.

« Bonjour veuillez prendre note que je serai indisponible les 13 et 14 janvier. »

Et quelle date sommes-nous aujourd’hui ? MARDI LE 13 JANVIER, BOUT D’VIARGE ! Le premier de ses deux jours de congés. J’en ai donc pour 48h. Alors en attendant…

Troisième étape, le notaire Handfield.
Je compose son numéro. C’est un système téléphonique automatique. J’appuie sur les bons boutons, et je finis par parler à une personne. Qui me transfère à une autre. Qui me transfère à une autre. Qui me transfère à une autre.

« Coudonc ! C’est donc ben compliqué, pour un petit notaire de village. »

On finit par me répondre. J’explique que mon père a déposé son testament chez eux dans les années 90. Elle me demande son nom et sa date de naissance. Je lui donne.

« Très bien monsieur. Alors nous, on va s’adresser à la Chambre des Notaires, qui va faire une recherche dans les archives de tous les bureaux de notaires du Québec. Et s’il y a un testament à son nom, nous vous contacterons. Le tout va prendre entre quatre et huit semaines. »

DAFUQ !? J’appelle le notaire Handfield parce que mon père a déposé son testament au notaire Handfield. Et là, le notaire Handfield doit passer par la Chambre des Notaires du Québec pour trouver son testament, ALORS QU’IL EST DÉJÀ DANS LES ARCHIVES DU NOTAIRE HANDFIELD !!!

Incroyable !

Et comme on s’en doute, ces complications ne font rien pour baisser la facture.

Bon eh bien, il me reste encore un détail à vérifier.

Quatrième étape, leur dernier appartement.
Je m’y rend. Je constate que leur place de stationnement est occupée, ce qui signifie que l’appartement est loué à un autre. Je sonne chez le concierge une fois. Deux fois. Trois fois. Aucune réponse. Sans concierge, je ne peux pas connaitre le nom du propriétaire, et encore moins son numéro de téléphone. Je ne peux donc pas savoir ce qui est advenu de leurs possessions.

Je soupire ! Qu’est-ce que je fais, maintenant ?

À tout hasard, je prends mon téléphone. J’ouvre le micro de Google et je demande :

« Au Québec, comment retrouver quelqu’un qui habite en CHSLD ? »

La réponse ne tarde pas.

Cinquième étape, le CLSC.
Le CLSC n’est pas loin. Je m’y rend. Il n’y a personne qui attend à l’entrée, ce qui me permet d’être accueilli rapidement au comptoir.

« Bonjour. Comment puis-je vous aider ? »
« Oui, c’est pour un renseignenent… Ma mère a été placée en CHSLD tandis que je travaillais en région éloignée. Mais on ne m’a jamais dit où ils l’ont mis. Et là, mon père est mort, alors vous comprenez que je dois la retrouver. »
« Oh ! Euh… Ok ! Ben, mes sympathies. »
« Merci ! Fa que, puisque les CLSC ont des liens avec les CHSLD, je me demandais si vous pourriez la retracer. »
« Moi, non. Mais attendez, je vais demander à une secrétaire administrative. Donnez-moi le nom de votre mère et sa date de naissance. »

Quelques minutes plus tard, elles reviennent toutes les deux. La secrétaire administrative se montre empathique. Mais hélas, elles n’ont pas accès à ces renseignements. Et c’est là qu’elle rajoute un détail que je considère comme étant inhumain.

« De toute façon, même si on le savait, on n’aurait pas le droit de vous le dire, puisque ça fait partie des renseignements confidentiels, en rapport à la loi 25. »

Tu me fucking niaises ?

Il faut que j’annonce à ma mère que son mari est mort. Il faut qu’elle reçoive sa pension de veuve. Il me faut ses renseignements légaux pour produire un certificat de décès, enclancher les procédures testamentaires, les assurances, la succession, les prises en charge. Et je n’ai pas le droit de savoir où elle réside, parce que c’est un renseignement confidentiel ? ALORS QUE JE SUIS SON PROPRE FILS, BOUT D’VIARGE !

Incroyable !

Il ne me reste plus qu’à attendre jeudi le 15 janvier, pour pouvoir contacter la travailleuse sociale de mon père, en espérant qu’elle pourra m’aider à démêler tout ça.

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À SUBIR

Les Pompes Funestes ; une tragicomédie. 1e partie

Il y a environ vingt ans, sont apparus les premiers signes de démence chez mon père. Celle-ci allait évoluer en Alzheimer. Or, le hasard a fait que mon père pratiquait déjà les exercices requis pour retarder la progression de cette maladie : Mots mystères, Sudoku, mots cachés, mots croisés… Bricoleur, il occupait ses temps libres à faire des cabanes d’oiseaux. Mais attention : il reproduisait à échelle de véritables maisons. Il était extrêmement méticuleux dans cet ouvrage, ce qui demandait une impressionnante quantité de calculs. Et ceci gardait son cerveau actif.

Il y a environs dix ans, il a commencé à avoir ce que j’appelle la mémoire miroir. Par exemple, en auto, si sa destination était à droite, il croyait qu’elle était à gauche. Il a même quelquefois roulé en sens inverse de la circulation. Il y a trois ans, ça a provoqué un accident d’auto qui lui a retiré son permis de conduire.

Depuis deux ans, il ne reconnaissait plus personne.

Depuis un an, la dernière fois que je l’ai vu, il ne parlait plus.

Notre dernier selfie, octobre 2024

Mardi 6 janvier.
Je reçois un appel de l’hôpital Honoré-Mercier de St-Hyacinthe. On m’apprend que mon père vit ses derniers jours. Comme on a pu le lire ici à de maintes reprises, mon père et moi n’avions pas la meilleure des relations. Mais bon, il reste que c’est le seul père que j’aurai jamais.

Mon métier de préposé aux bénéficiaires m’a quelques fois amené à accompagner des résidents lors de leurs derniers instants. Je peux donc bien faire ça pour mon propre père.

Mercredi 7 janvier.
Je pars de Québec et après deux heures trente de route (Je me suis juré de n’avoir aucune contravention pour excès de vitesse en 2026) j’arrive à l’hôpital à St-Hyacinthe. J’entre dans la chambre de mon père, et… Il est là, debout, avançant doucement avec sa marchette, avec deux préposés qui lui tiennent les bras.

« Que… !? Hier, on m’appelle pour me dire qu’il est à l’article de la mort. Et aujourd’hui, IL MARCHE !? »
« Votre père était très agité aujourd’hui, et n’arrêtait pas d’essayer de se lever. On s’est dit qu’en le faisant marcher un peu, ça allait le fatiguer, et il serait plus tranquille. »

Je regarde le vieillard squelettique qui se tient péniblement debout devant moi. Mon père a toujours pris soin de sa santé. Toujours actif, il ne consommait ni tabac ni alcool ni drogues, et il a toujours mangé modérément. À 81 ans, il n’a aucun problème de coeur, de poumons, de reins, d’intestin, de prostate ou d’articulations. Pas de diabète, de cholestérol, de haute ou basse pression. Il aurait pu vivre cent ans et au-delà. Mais l’Alzheimer en avait décidé autrement. En lui enlevant d’abord sa mémoire, puis sa conscience, puis son appétit, d’où sa maigreur actuelle. Et bientôt, elle lui fera oublier de respirer, et ce sera fini. Mais en attendant, pour un mourant, il est encore bien vif.

Jeudi 8 janvier.
Aujourd’hui, mon père est allongé, plongé dans un sommeil agité. Il est tellement maigre que ses narines se sont refermées. Aussi, il dort avec la bouche grande ouverte. Il n’est branché à rien. Normal ! N’était de cette maladie dégénérative, il serait en pleine forme.

Une infirmière arrive et se présente. Elle lui parle doucement, lui disant qu’il est vraiment un beau monsieur, avec sa belle barbe blanche bien fournie. Je me retiens de lui préciser que mon père n’a jamais porté la barbe de sa vie. Que celle-ci est le résultat de la négligence du centre d’accueil où il loge depuis deux ans. Et que, par conséquent, il ne pourra même pas mourir avec son propre visage.

L’Infirmière-cheffe arrive. Elle engueule l’infirmière auxiliaire pour avoir négligé de retirer le dentier de mon père. Jusqu’à ce qu’elle réalise, en tentant de le lui enlever, que certaines de ces dents sont plombées. Car effectivement, il n’a jamais porté de dentier. L’infirmière n’avait encore jamais vu ça, un Baby Boomer de 81 ans qui posséde encore toutes ses dents naturelles. Quand je disais qu’il prenait grand soin de lui.

Au bout de quelque heures, je suis allé chez moi, me promettant de revenir le lendemain matin.

Vendredi 9 janvier.
06h22. le téléphone sonne. On m’apprend que mon père est mort à 6h10 ce matin. Je comprends immédiatement que c’est de la bullshit ! 6h, c’est l’heure du changement de quart. Il a été découvert mort lors de la première tournée du matin, voilà tout. En réalité, il a dû décéder pendant la nuit. Mais puisqu’il n’était branché sur aucune machine, aucun moniteur, son heure de décès véritable ne sera jamais connue.

Puisque je n’ai pas pu être là pour sa mort, je vais leur demander une faveur. Le mettre moi-même dans son linceuil. J’ai exécuté cette manoeuvre une dizaine de fois dans mon travail. J’accepterai volontiers la présence d’un préposé pour surveiller. Après un décès, on peut laisser le corps jusqu’à douze heures dans son lit, sans que ça ne cause le moindre problème. Ça me laisse largement le temps d’arriver.

Lorsque je me présente à l’hôpital, je suis surpris de voir sa chambre vide, son lit défait, le matelas enlevé pour désinfection. Je demande à une infirmière qui passe :

« Euh… Excusez-moi… Où est-ce que vous avez mis mon père ? »

L’infirmière me regarde, surprise.

« Vous êtes son fils ? »
« Oui ! »
« Vous n’étiez pas là ce matin ? »
« Non, je viens d’arriver. »
« C’est parce que ce matin, quelqu’un est venu réclamer le corps de votre père. »
« HEIN !? Mais voyons ! C’est impossible. À part moi et ma mère qui est en foyer d’accueil, il ne reste plus personne de vivant de sa famille immédiate. »

On me fait asseoir dans une pièce vide, le temps de démêler ça. Finalement. il y a eu erreur sur la personne. Il y a eu un autre décès au même étage cette nuit, et c’est lui dont le fils est venu ce matin. Quant à mon père …

« Votre père est à la morgue, au sous-sol. »
« Mais… On m’avait dit qu’il resterait dans son lit jusqu’à mon arivée. »
« C’est que vous savez, monsieur, après le décès, on n’a qu’une fenêtre de deux heures, avant de devoir mettre le corps en conservation. »

Je me retiens de lui dire que, moi-même préposé aux bénéficiaires, je savais très bien qu’en réalité j’avais douze heures devant moi. Mais bon, j’ai quand même conscience qu’ici, ce n’est pas un CHSLD. C’est un hôpital. Et dans un hôpital, les lits libres sont rares, et les chambres libres, encore plus. N’empêche qu’à cause de ça, après avoir raté son trépas, j’ai raté l’opportunité de le mettre en linceuil.

« Est-ce que vous désirez le voir ? »
« Oui s’il vous plaît ! »

Elle fait un appel, puis me demande de la suivre. Elle m’entraine dans une pièce au sous-sol. Mon père y est, linceuil ouvert jusqu’à la poitrine. Il repose sur l’armature en fer d’un lit sans matelas. On me demande si je veux rester seul avec lui. Je dis oui. Elle me laisse.

Lorsque l’on parle d’une personne qui décède dans son sommeil, on l’imagine le visage doux, une expression sereine, le corps détendu. Mon père a un oeil fermé et l’autre ouvert depuis tellement longtemps qu’il est vitreux. Les narines fermées. La bouche grande ouverte. Les dents qui ressortent. Le corps recroquevillé. Les mains crispées sur sa poitrine, les doigts crochus. Je me penche contre sa poitrine et je le blottis contre moi. Et moi, pourtant si cartésien, si en contrôle de ses émotions, voilà que je me mets à pleurer à chaude larmes. Quelques longues minutes plus tard, je lui fais mes adieux en l’embrassant sur le front.

Avant de le quitter, je songe à le renfermer dans son linceuil. Mais la corde a été coupée à pluisurs endroits, la rendant inutile. En soupirant, j’ouvre la porte et je quitte la pièce. Je n’ai pas pu être là à son décès. Je n’ai pas pu le mettre dans son linceuil. Espérons que je pourrai au moins réaliser mon troisième souhait qui est :

« J’aimerais donner son corps pour la recherche contre l’Alzheimer. »
« C’est le salon funéraire qui va s’occuper de tout ça. Appelez-les. Ils vont venir chercher le corps, et ils vont tout vous expliquer. »
« Ah ? Ok ! Bon, ben, pour le certificat de décès, qu’est-ce que je dois signer ? »
« Vous n’avez rien à signer ici. Le salon funéraire va pouvoir répondre à toutes vos questions. »

Bon ! Je repars et me rend à mon auto.

Depuis toujours, je sais avec quel salon funéraire mes parents font affaire. Tout comme avec quel notaire. Aussi, je décide de commencer par aller rendre visite au notaire.

J’arrive au Mont-Saint-Hilaire à midi pile. Usant de ma logique, je me dis que rien ne sert de se présenter là pendant l’heure du dîner. Mieux vaut aller moi-même manger. Je regarde sur Google, et je vois que le bureau du notaire est ouvert jusqu’à 16h30. Je m’arrête donc au Shack Attakk.

13h05. J’arrive au bureau du notaire, et je me bute sur une porte fermée. Toutes les lumières sont éteintes. Je les appelle. C’est un répondeur.

« Bonjour ! Veuillez noter que nos heures de bureau sont de 9h à 16h30 du lundi au jeudi, et de 9h à 13h le vendredi. »

Et quel jour on est aujourd’hui ? Vendredi ! Ce qui signifie que, si je m’étais présenté comme un cave pendant l’heure du diner, j’aurais pu parler au notaire. Mais parce que j’ai eu l’intelligence de prendre en compte l’heure du diner, je dois attendre à lundi.

Incroyable !

Bon, eh bien il ne me reste plus qu’à appeler le salon funéraire. J’ouvre le micro de Google et je dis :

« Salon funéraire Demers, Mont-Saint-Hilaire. »

Je clique sur le symbole du téléphone du premier résultat.

« Oui allo ? »
« Bonjour ! C’est pour un renseignement. Mon père vient de décéder à l’Hôpital Honoré-Mercier de St-Hyacinthe. »
« Mes sympathies. »
« Merci ! Donc,. j’appelle au sujet des préarrangements funéraires qu’il avait chez vous. »
« Euh… Je suis désolé. Mais ici, c’est la Clinique Éterna. »

Dafuq !? Je veux bien croire que les premiers résultats des recherches sur Google sont des liens sponsorisés. Mais voulez-vous bien me dire comment est-ce qu’une recherche sur un salon funéraire a pu générer une pub pour une clinique de soins esthétiques ?

Nouvelle recherche. Cette fois, c’est la bonne. La personne avec qui je parle me demande le nom de mon père et sa date de naissance. Je lui dis.

« Ah, oui, ici, je vois qu’il y a eu une demande de soumission pour un préarrangement, qui date de 2001. »
« Bien ! »
« … Mais, euh … Ça n’a pas dépassé l’étape de la demande. Le contrat n’a jamais été signé. »

« Ah !? »

Bon ! De deux choses l’une. Ou bien mon père a fait affaire ailleurs, ce qui m’étonnerait. Ou bien il m’a menti, ces trente dernières années, en disant qu’il avait fait ses préarrangements. Ce qui serait tout-à-fait lui.

« Voulez-vous que l’on s’en occupe tout de même ? »

Ou bien j’accepte, ou bien je m’enligne pour appeler tous les salons funéraires de la région. Aussi …

« Oui s’il vous plaît ! »
« D’accord. Seriez-vous disponible pour une rencontre mardi le 13 janvier à 13h ? »
« Ça me va. »


À SUIVRE

Lancements simultanés de Steve Requin et Stéphane Lussier Johnson

Il y a treize mois, j’annonçais que je mettais mon identité de Steve Requin derrière moi. Il est vrai que je n’avais plus rien signé sous ce nom depuis mon album de BD La Clique Vidéo en 2018. Et je ne faisais pratiquement plus rien sous ce nom. Mon premier bouquin sorti en 2023, Le sucre rouge de Duplessis, une étude sérieuse sur l’Histoire du Québec, est signé Stéphane Lussier Johnson. Tout comme mon roman constitué d’anecdotes autobiographiques, l’Amour est dans le champ de patates, disponible depuis quelques semaines.

Il y a dix ans, en automne 2015, je sortais le premier numéro de l’Héritage Comique. Un fanzine de 88 pages consacré aux comics de super héros de Marvel et DC traduits au Québec par les Éditions Héritage de 1969 à 1986. Trois ans plus tard, été 2018, je publiais un second numéro.

À la dernière page de ce second numéro, j’annonçais que le 3e sera consacré à Pif Gadget. Mais la vie m’a amené dans plusieurs autres directions qui n’avaient rien d’artistique. Ce 3e numéro n’a donc jamais vu le jour.

En septembre dernier, il me prend l’impulsion soudaine de le faire, ce 3e numéro. Je m’y suis attelé sérieusement. Et six semaines plus tard, c’était fait. L’Héritage Comique No.3, spécial Pif Gadget 1969-1982, 108 pages. format magazine avec reliure allemande (dos carré collé) ce qui lui donne le format d’un vieux PIForama. Ce qui était l’effet recherché, puisque j’en reprends la design de couverture.

Or, je ne pouvais pas le signer Stéphane Lussier Johnson alors que les deux premiers étaient signés Steve Requin. Surtout que, malgré tout ce que j’ai produit sous ce nom, il n’y a que l’Héritage Comique qui a eu du succès auprès des collectionneurs. Alors pour cette communauté, Steve Requin, c’est indissociable avec l’Héritage Comique.

Aussi, un an aprèes l’avoir enterré, j’ai exhumé mon alter ego requinesque. Et c’est sous ce nom que je l’ai signé. Ce qui fait que, samedi le 22 novembre 2015, au Salon du Livre de Montréal, de 15h à 18h, kiosque 2129, je lancerai simultanément l’Héritage Comique no.3 par Steve Requin, et L’Amour est dans le champ de patates par Stéphane Lussier Johnson.

Pour quelqu’un qui avait mis la vie artistique et la création derrière lui, je produis sans bon sens ces jours-ci.

Le bon prof et le mauvais prof

Le bon prof va commencer par donner la bonne méthode à ses élèves. Il leur demandera ensuite s’il y en a parmi eux qui utilisaient une autre méthode. Les élèves, sachant d’avance qu’ils vont avouer utiliser une mauvaise méthode, vont décider eux-mêmes s’ils veulent s’exposer à ça ou non. Ceux qui décident que oui, ce sont ceux qui demandent à savoir. En leur disant où se situaient leurs erreurs et pourquoi elles en sont, le prof répond à leur demande. Il est donc considéré comme étant sympathique et il aura l’attention de ses élèves qui auront du plaisir à suivre ses instructions.

Le mauvais prof va commencer par demander à ses élèves quelle méthode ils utilisent, pour leur dire aussitôt qu’ils sont dans l’erreur. Il va refaire la chose plusieurs fois, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus personne qui réponde à la question. C’est seulement après cela qu’il leur donnera la bonne méthode. Ça met dès le départ une ambiance dans laquelle les élèves le perçoivent comme quelqu’un qui prend plaisir à les humilier pour leur ignorance. Par conséquent, lorsqu’il leur donne la bonne méthode, personne n’a envie de l’écouter. Qui a envie d’obéir à quelqu’un qui nous fait chier?

Si on explique au mauvais prof l’erreur dans sa façon d’apprendre aux élèves et qu’il comprend et change sa façon de faire, alors c’est que c’était un bon prof au fond, il avait juste un problème de communication. Mais s’il répond qu’il n’est pas là pour se faire aimer mais bien pour faire réussir ceux qui vont lui obéir, alors oui, définitivement, c’est un mauvais prof. Parce que son but premier n’est pas d’enseigner aux élèves. C’est de les humilier, les briser, les rabaisser. Enseigner ne vient qu’ensuite.

Lorsque j’allais au cegep, au cour de Littérature Québécoise, nous avions cette prof fraîchement sortie de l’université qui semblait penser qu’on était tous au même niveau intello qu’elle. On avait eu une question d’examen où elle avait utilisé le mot nuancez au lieu du mot décrivez. Donc, plutôt que d’apporter des faits, nous avons tenté, tant bien que mal, d’y apporter des nuances, même si on ne comprennait pas vraiment le but de cet exercice. Puisque personne n’a compris la question, personne n’a bien répondu. Et devinez quoi ? Elle nous a tous fait couler l’examen. Jamais elle n’a remis en question ses compétences de communicatrice. Quand personne dans la classe n’a compris une question, les chances que tu sois tombé sur 35 débiles mentaux sont quand même plus minces que celles que tu ailles mal formulé ta question.

Le bon prof est celui qui est prêt à se remettre en question. Elle n’était définitivement pas un bon prof.

Il en va de même pour les gens qui t’entourent. Il y a ceux dont le but sera de te renseigner clairement. Et il y aura ceux qui chercheront à t’humilier et te rabaisser pour ton ignorance. Reste près du premier, et fuis le second.