Les Pompes Funestes, une tragicomédie. 16e partie.

Devant les énormes difficultés pour obtenir une procuration pour m’occuper des affaires de ma mère, j’ai décidé d’y renoncer. En autant que ma mère puisse recevoir l’argent de mon père, afin de payer son loyer pour les années à venir, le reste n’a pas d’importance.

Aujourd’hui à 14h, j’amène ma mère à son rendez-vous à la Caisse Desjardins de Beloeil.  Maintenant que l’on a tous les documents pour ouvrir un compte de succession, l’argent de mon père pourra être transféré dans le compte de ma mère, et tout sera enfin réglé. Ma mère sera à l’abri du besoin, et moi je pourrai retourner travailler. Et il est temps, car la succession, ainsi que mon propre coût de vie, ont totalement décimé mes économies. Je commence à vivre à crédit.

Après quelques minutes dans la salle d’attente, une conseillère vient nous voir. Ma mère et moi nous levons pour lui emboiter le pas. Mais en se tournant vers moi, la conseillère me dit :

« Non, pas vous !  Je dois voir Madame seulement.  Je reviendrai vous chercher au besoin. »

J’ai immédiatement compris que rien n’allait se passer comme prévu.

Au but de quinze minutes, la conseillère vient me chercher. Elle m’amène à son bureau. Je m’assois à côté de ma mère.

« Alors oui, Monsieur Johnson, j’ai bien discuté avec votre mère.  Malheureusement, il semble que Madame ne comprend pas la majorité de ce que je dis. »

Je me retiens de dire que même si elle avait eu toute sa tête, elle n’aurait pas plus compris. Ma mère a toujours eu en horreur les responsabilités testamentaires, c’est pourquoi elle a toujours remis cette fonction à ses proches, lors du décès de ses deux parents et de ses tantes. Voilà d’ailleurs au moins dix ans qu’elle me dit que si mon père meurt avent elle, elle veut que ce soit moi qui s’en occupe.

« Elle n’est donc pas apte à pouvoir remplir son rôle d’exécuteur testamentaire ni de liquidateur des biens de votre père. »
« Je comprend ! »
« Je ne peux donc pas ouvrir de compte de succession. »

Ces mots me frappent comme une gifle. Deux mois et trois semaines de démarches pour obtenir tous les documents requis, pour pouvoir ouvrir un compte de succession. Pour nous le faire refuser quand même.

« Puisque vous êtes le suivant sur la liste des exécuteurs désignés par votre père, vous devez vous procurer un mandat d’inaptitude pour votre mère signé par votre notaire, vous permettant d’avoir une procuration. »

Décidément, je n’y échappe pas, à la procuration. J’essaye de plaider ma cause.

« J’ai déjà eu cette conversation avec la notaire il y a deux semaines.  Elle m’a dit que pour avoir un mandat d’inaptitude, je dois d’abord faire examiner ma mère par son médecin de famille.  Mais quand on y est allé, la réceptionniste nous a dit que ce médecin ne s’occupait plus de ma mère depuis deux ans.  À cause de ça,  je suis pris dans un cul-de-sac. »
« Je comprends.  Mais sans procuration, je ne peux rien faire. »
« Mais enfin !  Je ne comprends pas !  Le testament le dit clairement, que si ma mère refuse la charge d’exécutrice testamentaire, c’est moi le prochain en charge.  Et peu importe qu’elle soit inapte ou non, ça ne change rien au fait qu’elle a toujours refusé de s’en occuper.  Pourquoi est-ce qu’il faut qu’une tierce personne nous donne la permission d’exécuter les volontés de mon père ? »
« C’est nécéssaire, lorsqu’il s’agit de liquidation de biens d’une personne décédée. »
« Mais QUELS biens à liquider ?  Mes parents n’ont pas de maison, pas de véhicules, pas de placements.  Ils n’ont même pas de meubles puisque ma mère les a vendus quand elle s’est retrouvée en résidence.  il n’y a RIEN à liquider.  C’est juste un mari qui transfère son argent dans le compte de sa femme. Je n’ai aucun rapport là-dedans, moi. »
« Écoutez !  Tout ce que je peux vous conseiller, c’est d’aller en parler à votre notaire. »
« Ma notaire demande un rapport de santé d’un médecin de famille qui a décidé de ne plus s’occuper de ma mère.  Regardez votre écran d’ordi.  Vous avez le compte de ma mère sous vos yeux. Regardez ses opérations du mois.  Elle ne reçoit que $1 200 de pension par mois, alors que son loyer est de $2 700.  À ce rythme là, elle n’aura plus un sou au mois d’août.  Je n’invente rien, tout est là, devant vous.  Je ne vous demande pas de me donner l’argent de mon père.  Je vous demande de le donner à ELLE.  Pour qu’elle ne se retrouve pas à la rue au mois d’août, quand elle n’aura plus rien pour payer son loyer. »
« Je suis vraiment désolé. »
« Ça fait trois mois que je ne travaille plus à cause que je dois m’occuper de tout ça en personne parce que c’est impossible à faire par téléphone.  Tout le processus m’a couté près de $8 000 jusqu’à maintenant.  J’ai vidé mon propre compte de banque puisque je ne travaille pas.  Quand mon père est mort, j’ai appelé la notaire.  Ça a pris douze jours avant d’avoir un retour d’appel.  Ensuite, ça a été dix jours pour me fixer un rendez-vous téléphonique. Pour me fixer un rendez-vous en personne un mois et demi plus tard.  Deux mois d’attente pour voir la notaire. Et là vous me demandez de repasser à travers tout ça.  Rendu là, on va être en juin.  Et pourquoi ?  Pour me faire redire par la notaire qu’elle ne peut rien faire, sans avoir un papier du médecin de famille qui a décidé de ne plus s’occuper de ma mère. »
« Je comprends et je sympathise.  Mais je n’y peux rien. »

C’est sous un ton découragé, et non amer, que je répond.

« C’est vous-même qui venez de décider que ma mère était inapte à recevoir l’argent de son défunt mari pour survivre. Mais bon, puisque vous dites que n’y pouvez rien… »

On se lève. La conseillère nous escorte vers la sortie. Ma mère, confuse, me demande.

« Et là, on fait quoi ? Qu’est-ce qui arrive avec l’argent de Pierre ? »

En sachant très bien que la conseillère pouvait tout entendre, aussi bien en profiter pour bien lui faire comprendre les conséquences de sa décision.

« Tu ne pourras jamais l’avoir, parce que je ne pourrai jamais avoir de procuration, parce que ton médecin de famille a décidé de ne plus jamais te traiter. »
« Hein ? Qu’est-ce qu’on va faire ? »
« J’ai pris des renseignements pour te faire transférer de ta résidence privée à une chambre au public. La liste d’attente des CHSLD est de neuf à dix-huit mois. Le problème, c’est que puisque la banque refuse de te remettre ton héritage, alors dans quatre mois, tu n’auras plus un sou pour payer ton loyer. »

La conseillère nous souhaite bonne chance. Ma mère lui dit merci. Je ne dis rien. On va dans le parking. Nous montons dans l’auto. Il ne me reste plus qu’à aller au bureau de la notaire, lui expliquer la situation, pour voir ce qu’elle peut faire.

Alors que j’allais prendre le pont pour passer de Beloeil à St-Hilaire, téléphone.

« Oui allo ? »
« Monsieur Johnson. Ici Maya, la conseillère de Desjardins. On vient de se voir. Écoutez, j’ai peut-être une solution temporaire, qu’on peut faire dans des cas extrèmes. »

Bon ! Il semblerait que ma stratégie de victimisation a fonctionné. Enfin, si on peut parler de victimisation per se, étant donné que tout ce que j’ai dit était vrai.

« En attendant que les choses débloquent pour votre mère, ce qu’on peut faire, c’est transférer la moitié de l’argent de la succession dans le compte de votre mère. Puis, l’autre moitié une fois que tout sera réglé. Ça va vous permettre de gagner du temps. »
« Si ça peut se faire, alors d’accord. »

« Alors si vous pouvez revenir avec votre mère. Passez à un comptoir-caisse et demandez-le à la caissière. »

Demi-tour ! On retourne à Desjardins. On entre. Ma mère s’assoit. Je prend un numéro. On attend. Je passe au comptoir. J’explique à la caissière. Elle ne comprend rien.

« Si vous voulez ouvrir un compte de succession, il vaut faut d’abord recevoir le certificat de décès de votre père. C’est un document bleu qui… »
« Je l’ai déjà ! J’ai déjà tous les documents requis pour ouvrir le compte. C’est pour ça qu’on avait rendez-vous avec une conseillère à 14h. Mais lorsqu’elle a parlé à ma mère, elle l’a déclarée inapte à gerer ses affaires. Alors moi, je viens ici pour faire transférer la moitié des avoirs de mon père dans le compte de ma mère. »
« Avez-vous une procuration ? »

Rendu là, j’ai juste envie de me cogner la tête sur le comptoir. Or, s’il y a un endroit où il ne faut surtout pas perdre le contrôle de ses émotions, même si on se fait couillonner non-stop par le système, c’est bien à la banque. J’ai déjà bien assez d’emmerdes comme ça. inutile d’y ajouter des problèmes avec la Loi. Aussi …

« Écoutez ! J’ai vu Mme Maya. Allez lui en parler, elle va vous expliquer ça mieux que moi. »

Ce qu’elle fait ! Vingt minutes plus tard, la caissière revient avec une collègue qui lui explique le processus. La collègue me demande.

« J’aurais besoin du numéro de compte de votre père. »
« Aucune idée. Je n’ai jamais eu accès à ses documents. Seulement ceux de ma mère. »
« Alors comment voulez-vous que l’on puisse trouver son compte ? »
« De la même façon que vous l’avez trouvé lorsque je suis venu signaler son décès il y a trois mois : Avec son nom et sa date de naissance. »

C’est elle qui doit apprendre à sa collègue comment transferer l’argent d’un compte à l’autre. Mais c’est moi qui doit lui apprendre comment trouver un compte.

Incroyable !

Elles trouvent le compte de mon père, le compte de ma mère, et leur compte conjoint.

« Alors dans le compte de Monsieur, il y a $10 840. Je vais donc transférer 5 420. »

Que–!? TU ME FUCKING NIAISES ? Je me démène comme un cave depuis trois mois et demi. J’ai liquidé mes $24 000 d’économies, dont $8 000 en frais divers en rapport à mes deux parents, TOUT ÇA POUR QUE MA MÈRE REÇOIVE SEULEMENT DE QUOI SE PAYER TROIS MOIS DE LOYER ?

Oh well ! Voyons les choses du bon côté. Elle se retrouvera à la rue en novembre plutôt qu’au mois d’août. C’est déjà ça.

On connaît tous la loi de Murphy. Tout ce qui peut aller mal va aller mal. Et bien pire que celle de Murphy, il y a la loi de Steve Requin : Tout ce qui n’a aucune raison d’aller mal va aller mal quand même.  C’est exactement le cas ici alors que la caissière doit imprimer un document de trois pages. Ma mère doit apposer sa signature sur la page 3. Or, l’imprimante n’imprime que les deux premières pages. La caissière réessaye une 2e fois. Une 3e. Une 4e. Une 5e. Rien à faire. La machine refuse catégoriquement de produire la page que ma mère doit signer.  Il a fallu transférer le document au bureau d’un employé qui a sa propre imprimante pour enfin y parvenir.

Un détail me revient en tête. La procuration est également nécessaire pour que je puisse demander que Retraite Québec (anciennement Régie des Rentes du Québec) verse à ma mère sa pension de veuve. Avec ça, peut-être pourra-t-elle payer son loyer maintenant et jusqu’à l’heure de sa mort, Amen ! Raison de plus pour obtenir ce rendez-vous avec la notaire.

On quitte Desjardins. On se rend au bureau de la notaire. Il est vrai que j’aurais pu appeler. Mais j’ose espérer qu’en y allant en personne, je puisse en tirer certains avantages. Quels avantages ? Aucune idée. On verra bien.

J’entre et me dirige vers le comptoir de la réceptionniste. Je dis vouloir prendre rendez-vous avec ma notaire. Elle me demande à quel sujet. Je dis que c’est pour obtenir un mandat d’inaptitude. Elle me demande si j’ai un dossier. Je lui montre mon testament. Après une recherche sur son écran, elle me dit :

« Oui, Monsieur Johnson. Je ne peux malheureusement pas vous donner de rendez-vous dans l’immédiat car votre notaire est en vacances. »

Qu–!? Tu me fucking niaises ? Mais QUI prend ses vacances au début du mois d’avril ?

À ce moment, surgit une élégante femme dans la trentaine.

« Vous êtes Monsieur Johnson ? »
« Oui ! »
« Bonjour. Je suis Franka Giguère. On s’est parlés au téléphone. »

Effectivement, cette femme est l’assistante de ma notaire. C’est avec elle que j’ai parlé et échangé des courriels. Je suppose qu’en m’entendant dire le nom de sa patronne, ça a piqué sa curiosité. Chose qui ne serait pas arrivé si j’avais simplement appelé et laissé un message dans le système téléphonique.

« En quoi est-ce que l’on pourrait vous aider ? »
« Il y a deux semaines, dans le bureau ici, ma mère a dit qu’elle voulait que je prenne en charge le rôle d’exécuteur testamentaire. Mais voilà, votre patronne a trouvé que ma mère semblait confuse. »
« Oui, effectivement, elle me l’a dit. »

Ah ! Enfin une personne qui sait de quoi je parle. C’est rafraichissant.

« Elle m’a donc dit d’amener ma mère se faire examiner par son médecin de famille.  On y est allé.  Pour se faire dire que son médecin ne la prend plus en charge depuis deux ans. »
« Est-ce que son dossier a été transféré à un autre médecin ? »
« Non ! »

Enfin, techniquement, oui, son dossier a été tranféré à un médecin sur la rue De l’Église à Montréal. Mais comme on a pu le voir dans le billet précédent, la carte d’assurance maladie ma mère est échue. Et ceci m’a empêché de prendre rendez-vous avec lui. J’ai fait la demande pour recevori la paperasse permettant de demander unenouvelle carte à la RAMQ. Il faut attendre que ma mère la reçoive avant de pouvoir prendre rendez-vous avec lui.

Pourquoi ne l’ai-je pas dit à l’assistante de ma notaire ? Simple : Parce qu’à ce point-ci, rien ne prouve que ce médecin a bien reçu le dossier de ma mère. Et même s’il l’a, rien de garantit qu’il va accepter de s’en occuper. Un mois d’attente pour la carte, ensuite de trois à six semaines d’attente pour un rendez-vous. On s’enligne pour deux mois et demi à patienter, pour peut-être frapper un autre mur. Je ni ne veux ni ne peux me permettre de prendre ce risque.

« Donc, votre mère n’a personne pour remplir un constat d’inaptitude. »
« Voilà !  On revient de la Caisse Desjardins de Beloeil.  On devait ouvrir un compte de succession.  Mais ils refusent, tant que ma notaire ne produira pas un mandat d’inaptitude.  Mandat d’inaptitude que je ne peux pas recevoir sans le constat du médecin de famille.  Médecin de famille qui ne s’occupe plus de ma mère. »
« Ah, ok !  Vous êtes encore en train de tourner en rond tandis que tout le monde se renvoie la balle. »
« Oui, exactement, depuis maintenant trois mois. »

Quelques chapitres plus tôt, je vous ai raconté comment j’avais écrit un courriel à la fois à ma notaire et à l’infirmière de la résidence où habite ma mère, car chacune me renvoyait à l’autre pout obtenir un document. Puisque c’est l’assistante qui s’occupe de sa correspondance, elle est forcément au courant de la situation. Je conclus par ces questions que je me pose depuis maintenant deux mois.

« La succession, est-ce que ça se passe vraiment comme ça pour tout le monde ? Ou bien est-ce que c’est seulement moi ? Sinon, comment font-ils, les autres ? »
« Bon ben écoutez, Monsieur Johnson. Je vais vous dire qu’effectivement, ce genre de difficultés ne fait pas partie de la norme. »

BON ! ENFIN ! Après trois mois de niaisage non-stop, il était temps qu’une personne impliquée professionnellement reconnaisse que c’est anormal.

« Alors voilà ce que je vais faire. Ma patronne revient de vacances lundi dans cinq jours. Je vais lui écrire une note tout de suite. Et à son retour, je vais lui demander de vous passer en priorité. Elle va pouvoir produire le mandat d’inaptitude, basé sur ses propres observations au sujet de votre mère. »
« Les notaires peuvent faire ça ? »
« On préfère que ça soit fait officiellement, avec le médecin de famille. Mais dans les cas exceptionnels comme le vôtre, oui, ça peut se faire. Donc, je vais écrire la note tout de suite, et je recommunique avec vous pour fixer rendez-vous. »

C’est tout juste si je ne me suis pas jeté à ses pieds pour les lui embrasser. Non pas par perversion, mais bien de reconnaissance. Parce qu’après tout ce que j’ai traversé, recevoir enfin un peu de considération humaine, ça m’enlève un poids.

Au final, j’avais raison d’y aller en personne plutôt que de laisser un message par téléphone. Ceci m’a permis de transformer deux ou trois mois d’attente en deux ou trois semaines d’attente.

Sur ce, je ramène ma mère à sa résidence. Du courrier l’y attend. C’est le formulaire pour le renouvellement de sa carte d’assurance maladie de la RAMQ, que j’ai commandé il y a deux semaines. Je remplis la chose, je la fais signer, et direction le plus proche comptoir de Poste Canada

La situation est encore plus timbrée que l’enveloppe.

Il ne me reste plus qu’à attendre l’appel pour le rendez-vous de la notaire. Bon, c’est sûr qu’il y aura encore des frais. Mais qu’importe, pourvu que la chose se règle, afin que je puisse obtenir la procuration.

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À SUIVRE, car je n’ose plus dire À CONCLURE.

Les Pompes Funestes, une tragicomédie. 15e partie.

Puisque c’est le temps des impôts, j’ai fait appel à la firme de comptable associée à mon agence d’emploi en santé. Jusqu’à maintenant, je n’ai pas à m’en plaindre. Ils m’ont toujours apporté des retours intéressants. La chose se fait en ligne. J’ouvre le lien vers le formulaire à remplir.

Cette firme me charge 90$ pour faire mes impôts. Voilà pourquoi je suis aussi surpris de voir cette partie du formulaire.

Euh… Tu me fucking niaises ? En quel honneur est-ce que les impôts de mon père coûteraient près de huit fois le prix normal ? Sûrement, il doit y avoir une erreur. Une faute de frappe qui aurait changé le 70$ en 700$. Je sais bien que nous sommes le premier avril, mais ça m’étonnerait qu’il s’agisse d’un poisson d’avril. Aussi, je leur écris.

La réponse n’a pas tardé.

Bon ! Alors ce que j’en comprends, c’est que, puisque mon père était vivant durant toute l’année 2025, faire ses impôts coûtera le tarif habituel, soit 90$. Mais l’année prochaine, puisqu’il est décédé en 2026, alors là, ce sera 700$.

À 81 ans, le seul revenu de mon père était sa pension. Il est décédé le 9 janvier à six heures du matin. Ce qui signifie qu’en guise de revenu total pour l’année 2026, il va déclarer huit jours et quart. Et on s’attend à ce que je paie 700$ pour ça ?

Décidément, c’est auprès du cadavre que l’on voit les vautours.

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À CONCLURE DANS UNE SEMAINE ?

J’amènerai ma mère à la Caisse Desjardins mercredi le 8 avril à 14h pour son rendez-vous pour finaliser le transfert des actifs de mon père dans son compte à elle. Normalement et logiquement, rien de négatif ne peut encore arriver pour faire obstacle au bon déroulement de la chose.

… Normalement et logiquement.

Les Pompes Funestes, une tragicomédie. 14e partie.

Aujourd’hui, trois sujets.

SUJET 1 : La facture finale.
Alors voilà ! Lundi le 30 mars, la notaire m’a remis les certificats de recherches testamentaires effectuées auprès du Barreau du Québec, ainsi qu’à l’Ordre des Notaires. Et elle m’a même fourni une copie toute neuve du testament de mon père, puisque l’exemplaire produit en 2001 par le fondateur du bureau Handfield avait été tellement mal photocopié qu’il était invalide. Tout est donc terminé de ce côté là. Je n’ai plus besoin de leurs services. D’où ce courriel qui m’a été expédié le lendemain de notre rencontre finale.

Quand on a besoin de leur services, il faut appeler, puis attendre douze jours pour un retour d’appel, ensuite c’est dix jours pour un rendez-vous téléphonique, puis un mois et demi avant rencontre en personne. Donc, deux mois entre le moment où tu appelles pour un rendez-vous, et le jours où tu l’obtiens. Par contre, quand il s’agit de les payer, tu reçois la facture en 24h, avec notification de la régler sans délais.

Alors voilà la facture finale, qui inclut le montant avant taxes, les taxes, le montant après taxes, et les avertissements et menaces légales auquelles ils faut s’attendre de la part de ce genre d’entreprise.

Pourquoi est-ce que le montant avant taxes est de 925 $ plutôt que le 901 $ initial, tel que montré ici à quelques reprises dans les chapitres précédents ? Parce que, comme je disais, il a fallu que la notaire me produise une copie neuve du testament, puisque la version fournie par ce même bureau il y a 25 ans était invalide. Ce sont eux qui ont commis cette erreur. Mais c’est moi qui dois la leur payer.

Eh ouais !

SUJET 2 : Retraite Québec (Anciennement la Régie des Rentes du Québec.)
Tel que mentionné dans les chapitres précédents, la procédure pour souscrire à la pension de veuve aurait été déjà trop compliqué pour ma mère, même si elle avait toute sa tête. Ça l’est encore plus maintenant que son état cognitif est diminué. C’est donc moi qui doit s’en occuper. Or, je ne possède pas la procuration qui me permettrait de faire cette demande pour elle. Ils m’ont donné jusqu’au 8 avril pour l’obtenir.

Et puisque la carte de RAMQ (assurance maladie) de ma mère est expirée, ça va prendre un mois avant de recevoir la nouvelle. Ajoutons à ça le temps de prendre rendez-vous avec son médecin de famille, d’y aller et d’obtenir l’évaluation requise, je ne dois pas m’attendre à l’avoir avant juin ou juillet. Et à partir de là, allez savoir combien de temps ça va prendre pour recevoir la procuration. À l’Halloween, peut-être !?

Voici donc un résumé de la situation, incluant ma tentative de régler le problème, ainsi que le résultat.

  • Retraite Québec me demande une procuration si je veux m’occuper des affaires de ma mère.
  • Je ne pourrai pas l’obtenir pour la date limite.
  • J’appelle Retraite Québec pour demander de reculer la date limite.
  • Puisqu’il s’agit du dossier de ma mère, et que je n’ai pas la procuration qui me permettrait de leur faire cette demande, ils ne peuvent donc pas y répondre. Même si la demande est dans le but d’obtenir la dite procuration.

Eh ouais !

SUJET 3 : Le destin essaie-t-il de me passer un message ?
Je suis revenu chez moi à Québec, après huit jours à me démener en Montérégie pour la succession de mon père et les affaires de ma mère. Ayant quelques bagages à sortir de l’auto, j’ai posé l’un de mes sacs sur le toit du véhicule. Aussitôt, une bourrasque se manifeste. Le sac tombe par terre. Sous l’impact, le sac s’ouvre. La chemise à dossier contenant les documents de succession et des affaires de ma mère en tombe. La chemise s’ouvre. Les documents partent aux quatres vents et se dispersent dans un rayon d’une trentaine de mètres. Et voilà l’acte de décès de mon père, le testament fraichement imprimé, le registre de recherche testamentaire, celui du mariage, qui atterissent dans la neige, sur l’asphalte humide et poussiereuse, dans une flaque, dans la boue… Tous ces documents que je devrai présenter à la Caisse Desjardins dans huit jours alors que ma mère signera l’acte final pour le transfert de l’argent de mon père dans son compte à elle, sont ruinés.

Un document imprimé le jour-même.

Eh ouais !

Il y a quelques années, j’ai écrit ici une série de billets intitulés Un câble d’acier ombilical. Dans ceux-ci, j’explique que mes parents entrent dans la catégorie des parents hélicoptères. À une terrible variante près : alors que les parents hélicoptères « normaux » sont surprotecteurs afin d’assurer la réussite de leur enfant, les miens ont toujours tout mis en oeuvre pour saboter ma vie, me faisant perdre amis, conjointes, vie sociale, logis, santé, réputation, argent et carrières. Le but étant de me rendre éternellement dépendant d’eux. C’est la raison pour laquelle, le 5 mai 2021, j’ai renié mes parents et je me suis enfui en Gaspésie, à 700 km de chez eux. Ce qui m’a permis, à l’âge de 52 ans, d’atteindre enfin la prospérité après toute une vie d’efforts et de travail acharné. Et, incidemment, de pouvoir enfin me procurer mon premier véhicule, à l’âge où, en général, on en est à notre 5e ou 6e.

En apprenant il y a trois mois que mon père vivait ses derniers jours, ainsi que l’état cognitif de ma mère, j’ai décidé de m’en occuper. Et depuis, comme on le constate en lisant cette série de billets, voilà trois mois que je ne travaille plus, que je me démène pour ne faire que rencontrer obstacles par-dessus contrariétés par-dessus problèmes. J’ai vidé mon compte de banque, et je ne fais que payer encore et encore. Bref, je suis en train de revivre le même sabotage de vie que m’ont fait subir mes parents pendant cinquante ans.

Dans de telles conditions, vous pouvez certainement comprendre pourquoi je commence à penser que le destin a essayé de me passer un message, en tentant de faire disparaitre tous les documents de la succession et des affaires de ma mère. Je veux dire, un gars a beau être raisonnable, réaliste et cartésien… Il vient un moment où il est en droit de se poser de sérieuses questions, lorsque tout autour de lui se met en oeuvre pour l’empêcher d’avancer dans la tâche qu’il tente d’accomplir.

Surtout quand la dite tâche ne se bute jamais à un tel nombre d’obstacles lorsque c’est n’importe qui d’autre qui s’y met.

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Je dirais bien À CONCLURE, mais je suis

rendu un peu pessimiste sur le sujet.

Les Pompes Funestes, une tragicomédie.  13e Partie.

Aujourd’hui, il y a eu de l’action sur deux fronts. Pour faciliter la lecture, on va y aller un sujet à la fois.

SUJET 1: Lecture du testament et remise des derniers documents requis pour la succession.

Le 24 mars, j’ai reçu ceci :

Aujourd’hui, lundi le 30 mars. Je passe au bureau de la notaire, en compagnie de ma mère.

Il n’y a pas eu de lecture au sens propre. Ça s’est limité à ceci :

NOTAIRE : Votre mari vous a nommé exécutrice testamentaire.
MA MÈRE : Oui mais je veux que ce soit mon fils qui s’en occupe.
NOTAIRE : On pourrait transférer la fonction d’exécuteur à votre fils, mais il y aurait des frais.

Ah bon ? Pourtant, le testament dit bien que si ma mère refuse, ou en est incapable, c’est moi le second en liste. Elle vient de refuser. Alors en quoi doit-il y avoir des frais alors que l’on ne fait que se prévaloir d’une clause qui est déjà dans le testament ? Il se trouve que poser la question serait inutile car…

NOTAIRE : Mais ça ne servirait à rien puisque vous n’avez pas de maison, ni de véhicule, et vos autres possessions ont été vendues lorsque vous êtes allé en résidence pour personnes âgées. Il n’y a pas non plus de dette à régler. Il n’y a donc aucun besoin d’avoir un exécuteur pour ce testament.

Décidément, depuis le début, à part quand vient le temps de payer, je n’arrête pas d’être inutile.

NOTAIRE : La succession consiste seulement à ouvrir un compte de succession à la Caisse Desjardins de Beloeil pour transférer l’argent de votre mari dans votre compte. Pour ça, il vous faut les certificats qui prouvent qu’une recherche testamentaire a été faite auprès du Barreau du Québec et de la Chambre des Notaires du Québec. Et ces documents, je les ai ici, et je vous les donne.

À 901 $ pour le processus, je n’appelle pas ça donner. Mais bon ! L’Important, c’est que je les ai enfin en ma possession. Armés de ces documents, ma mère et moi traversons le pont qui enjambe la rivière Richelieu, partant de St-Hilaire pour aller à la Caisse Desjardins de Beloeil. Là, on me demande :

  • La déclaration de décès de mon père. Je l’ai.
  • Ma déclaration de naissance, pour prouver que je suis bien le fils de mon père. Je l’ai.
  • Le certificat de mariage de mes parents. Je l’ai.
  • Le testament. Je l’ai.
  • Une attestation de notaire, prouvant que fut effectuée une recherche testamentaire auprès de la Chambre des Notaires, ainsi que du Barreau du Québec. Je viens tout juste de les recevoir.

Je leur remet le tout. Pour me faire dire que…

CAISSIÈRE : Désolé !  Le testament de votre père est invalide.

… Tu me fucking niaises !?

MOI : HEIN ? Comment ça, invalide ?
CAISSIÈRE : Regardez au bas de cette page, il manque une partie du texte. Ce document est incomplet.

Effectivement

Je prends immédiatement mon téléphone et j’appelle au bureau de la notaire que j’ai quitté il y a vingt minutes.

« Bonjour et bienvenue au bureau du notaire Handfield. Pour le service en anglais faites-le 1. Si vous connaissez, le numéro du poste à rejoindre, faites-le maintenant. Pour connaître nos heures de bureau, faites le 3. Pour la liste de nos employés, partenaires et associés, faites le 4. Pour toute question en rapport a… »

Je raccroche ! La première fois que j’ai appelé pour obtenir un rendez-vous, ça a d’abord été douze jours d’attente avant de recevoir un retour d’appel. Ensuite ce fut dix jours pour un rendez-vous téléphonique. Ensuite un mois et demi pour un rendez-vous en personne, celui d’où je reviens. Ben là, fuck le protocole ! Je saute dans mon auto et je retourne immédiatement et sans m’annoncer au bureau de la notaire. Pas question que je repasse à travers deux autres mois d’attente à cause qu’il y a vingt-cinq ans, le notaire de mon père n’a pas été fichu d’utiliser sa photocopieuse correctement.

J’entre et me rend directement à la réceptionniste à qui j’explique le problème du testament invalide. Elle va retransmettre la chose à ma notaire. Vous vous souvenez, il y a deux semaines, lorsqu’il a fallu que je lui fournisse un scan de mon exemplaire du testament parce que celui-ci n’avait pas encore été numérisé par ses assistantes ? Eh bien là, il l’est ! Elle m’en imprime une copie toute fraiche, qu’elle signe. Je repars tout de go à Beloeil, direction la Caisse Desjardins.

Alors cette fois, ça y est ? On peut ouvrir un compte de succession ? Eh non ! Là, c’est l’étape du rendez-vous téléphonique. Qui, heureusement, sera à 15h00 le jour-même.

15h00. Le téléphone sonne. Je met en mode haut-parleur pour que ma mère puisse entendre et intervenir. L’employée lui demande si mon père avait des dettes, une auto, une maison, des biens à liquider. Ma mère a répondu non, non, non et non à ces quatre question auquelles elle aurait aussi bien pu répondre lorsque nous y étions ce matin.

L’EMPLOYÉE : Très bien. Alors nous allons vous rappeler pour vous fixer un rendez-vous avec un conseiller de votre succursale de la Caisse Desjardins de Beloeil.

Encore des délais ? À ce point-ci, je ne roule même plus des yeux, tellement je commence à être habitué à attendre. Et c’est parti pour encore quelques semaines de patience.

Or, avec mon karma, même lorsqu’il s’agit de choses négatives, le destin ne cesse de me contredire. Par conséquent, ce ne sera que dix minutes plus tard qu’on me rappelera de nouveau, pour fixer le rendez-vous au 8 avril. Une date qui a déjà une certaine signification, comme vous le verrez avec le…

SUJET 2, la procuration pour pouvoir m’occuper des affaires de ma mère.

Rappelez-vous un truc que je vous disais quelques chapitres plus tôt. Pour obtenir une procuration, je dois d’abord faire évaluer l’état cognitif de ma mère. L’infirmière qui s’occupe de ma mère à la résidence m’avait dit que pour obtenir l’évaluation, je dois demander un affidavit à ma notaire. Et ma notaire m’a dit qu’elle a besoin d’avoir l’évaluation avant de pouvoir produire un affidavit. Je les ai mis en contact en leur envoyant un courriel à toute les deux, dans lequel je m’adresse aux deux à la fois à ce sujet.

Lors de mon rendez-vous de ce matin avec la notaire, elle m’a dit qu’elles en sont arrivées à la conclusion que la seule personne qui est qualifiée pour faire une évaluation cognitive de ma mère, c’est son médecin de famille.

Je sais de qui il s’agit, et les documents de ma mère le confirment. C’est le Dr Morvan, dont la clinique est située à Varennes. Et Varennes, ce n’est qu’un petit détour en route vers Longueuil, où réside ma mère. Aussi, lorsqu’on a fini par donner tous les documents requis à la Caisse Desjardins, on est partis vers la clinique du Dr Morvan.

Une fois arrivés, je reconnais la place. Effectivement, j’ai déjà accompagné mes parents ici par le passé. Je dis à ma mère d’attendre dans l’auto, le temps de vérifier si son docteur pratique toujours ici. Son nom est encore sur la porte. On y va donc, rassuré que cette fois, on n’aura pas de mauvaises surprises..

Ma mère s’assoit dans la salle d’attente. Je vais au comptoir expliquer ce que l’on vient faire. On me demande la date de naissance de ma mère. Je la donne.

RÉCEPTIONNISTE : Madame Louise B ?
MOI : Exactement !
RÉCEPTIONNISTE : Oui, votre mère a un dossier ici. Mais voilà plusieurs années que le Dr Morvan ne s’occupe plus de votre mère.

.. Tu me fucking niaises !?

MOI : M-mais-mais comment ça ?
RÉCEPTIONNISTE : Je n’ai pas les détails du pourquoi. Mais ça dit ici que votre mère est maitenant suivie par le Dr Lévis, à sa clinique de la rue De l’Église, à Montréal.
MOI : Comment ça, à Montréal ? Qu’est-ce que c’est que cette histoire de fous ?

Je regarde ma mère, qui ne comprend pas plus que moi. Quoique dans son cas, ça peut être dû à son état neurologique. La réceptionniste me donne tous les détails de son nouveau médecin de famille, nom, adresse et téléphone. Je prends le tout, et on repars. Je la ramène à sa résidence.

Tel que décrit dans un chapitre précédent, lorsque ma mère habitait au rez-de-chaussée de sa résidence, elle avait la mauvaise habitude de tenter de s’évader pendant la nuit. Elle a donc été déménagée au 3e étage, unité surveillée 24h, il y a trois semaines.

Sa porte de chambre est verrouillée. J’utilise sa clé. La clé ne fonctionne pas. J’en parle à l’infirmier chef. Il l’essaye. Rien à faire. Il a fallu aller chercher le concierge, pour qu’il puisse l’ouvrir avec sa master key.

Il semblerait que ma mère n’a jamais reçu la clé de sa nouvelle chambre. Et il a fallu que ce soit moi qui le leur fasse constater, au bout de 21 jours.

Incroyable !

Nous voilà dans sa chambre. Il nous reste une heure avant de recevoir l’appel de la Caisse Desjardins. En attendant, sur mon téléphone, je fais mes recherches au sujet de son nouveau médecin de famille. Je trouve sa clinique. Il faut prendre rendez-vous en ligne. Aussi bien le faire maintenant pour gagner du temps. J’entre le nom de ma mère, son adresse, son numéro de carte de la RAMQ. Puis je clique sur SUIVANT. Et ça me donne ce message d’erreur.

Une situation a régulariser auprès de la RAMQ ? Ceci me rappelle qu’en effet, à l’hôpital la semaine dernière, on m’a dit que la carte de ma mère était expirée. Et effectivement…

Et encore une nouvelle contrariété à ajouter dans la liste déjà dantesque de problèmes et d’obstacles.

Je me rend sur la page de la RAMQ. Je remplis la demande de renouvellement de la carte. Il ne me reste plus qu’a cliquer sur SUIVANT et voir dans combien de temps elle recevra sa nouvelle carte.

Euh… Quoi !?

Le formulaire que je viens de remplir, c’est pour recevoir le formulaire par la poste ? Il n’y a donc pas moyen de remplacer la carte en ligne ? Il faut absolument que ce soit le formulaire en papier ? Et c’est celui-ci que ma mère va recevoir dans dix jours ouvrables. Donc dans deux semaines ? Et il faudra probablement compter deux autres semaines pour recevoir la carte ? Donc dans quatre semaines !? Je dois donc attendre encore un mois avant de pouvoir prendre rendez-vous avec son nouveau médecin ? Rendez-vous qui prendra probablement entre trois et six semaines avant d’arriver ? Et puisque ce rendez-vous sera pour savoir ce que l’on veut, au juste, ça va prendre un second rendez-vous ? Ce qui fait que l’évaluation ne se fera pas avant juin ou juillet ? Alors que mon père est décédé le 9 janvier ? ALORS QUE, TEL QUE VU DANS UN CHAPITRE PRÉCÉDENT, RETRAITE QUÉBEC ME DONNE JUSQU’AU 8 AVRIL POUR LEUR FOURNIR L’ÉVALUATION, SI ELLE VEUT RECEVOIR SA PENSION DE VEUVE ?

Incroyable !

Vous savez quoi ? Je pense que je vais tout simplement faire passer ma mère comme étant saine d’esprit auprès de Retraite Québec, et renoncer à me la procurer, cette procuration. En autant qu’elle reçoive sa pension de veuve et que la succession puisse se régler, pour que ma mère puisse recevoir l’argent de mon père, c’est ça qui est important.

Encore faut-il que la succession se règle vraiment lors du rendez-vous avec la Caisse Desjardins, ce même 8 avril, dans dix jours.

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À SUBIR

Les Pompes Funestes, une tragicomédie. 12e partie.

Mercredi le 18 mars.
Tel qu’expliqué dans le chapitre 10, je reçois un appel de l’hôpital Pierre-Boucher pour me dire que ma mère a un rendez-vous pour une résonnance magnétique mardi le 24 mars à 14h30. Je vais me charger de l’y amener.

Jeudi le 19 mars.
Toujours dans le chapitre 10, ma mère a été envoyée à l’hôpital Pierre-Boucher pour cause d’infection urinaire. Infection qui l’affectait cognitivement au point où elle s’imaginait en conversation téléphonique, en utilisant un verre de styrofoam en guise de cellulaire.

Hier, lundi le 23 mars.
Je reçois un appel de l’hôpital Pierre-Boucher pour me dire que ma mère a obtenu son congé, et qu’elle est retournée en résidence. N’empêche que je dois quand même l’y amener demain pour sa résonnance magnétique.

Aujourd’hui, mardi le 24 mars.
Je me rend à la résidence où ma mère habite. Devant sa chambre, je me bute à une porte verrouillée. Un employé me voit.

LUI : Vous cherchez quelqu’un ?
MOI : Ma mère, Mme Louise B.
LUI : Ça fait une semaine qu’elle est à l’hôpital Pierre-Boucher. On ne vous a pas prévenu ?
MOI : QUOI ? L’hôpital m’a appelé hier pour me dire qu’elle avait reçu son congé, et qu’elle avait été ramené ici par transport adapté.
LUI : Ah ? Ben, non ! Je le saurais, c’est moi l’infirmier-chef de tout l’étage.
MOI : Mais… Pourquoi est-ce qu’ils m’ont appelé hier pour me dire qu’elle était revenue ?
LUI : Ben, vous savez, il arrive des fois qu’un médecin dise que c’est beau, un patient peut partir. Mais que le médecin chef l’examine ensuite et dise non, la personne reste 24h de plus. Je suppose que la secrétaire qui a été avisée de son départ ne l’a pas été de son prolongement de séjour.

Bon ! Prennons la chose du bon côté. Elle sera déjà sur place pour sa résonnance magnétique. Puisque je sais par expérience que les départements d’un centre hospitalier ne se parlent pas entre eux, je vais y aller afin de m’assurer qu’on la transfèrera en temps et lieu de son rendez-vous. Parce que ce serait trop bête qu’elle rate son rendez-vous à l’hôpital Pierre-Boucher à cause qu’elle est déjà à l’hôpital Pierre-Boucher.

Vingt minutes de route vers l’hôpital Pierre-Boucher. Je me stationne. J’entre. Je me dirige au comptoir. Je donne le nom de ma mère.

ELLE : Ça dit ici que Madame a reçu son congé.
MOI : Je sais ! On m’a appelé hier pour me le dire. Je suis allé à sa résidence. Et eux m’ont dit qu’elle était encore ici.
ELLE : Bon ! Ben, je vois ici que sa chambre était au 8e étage, chambre 814.

Je prends l’ascenseur. Je monte au 8e étage, chambre 814. Elle est vide. Une infirmière me demande :

ELLE : Vous cherchez quelqu’un ?
MOI : Ma mère, Mme Louise B.
ELLE : Et vous êtes ?
MOI : Stéphane Lussier Johnson.
ELLE : Non, mais en rapport à elle.

Je viens de te dire que c’était ma mère. Alors je suis quoi, en rapport à elle, d’après toi ? Son arrière-grand-oncle ?

MOI : Son fils !
ELLE : D’accord ! Un instant, je vais vérifier.

Elle vérifie et ne trouve pas. Elle demande à l’infirmière chef. Celle-ci vient me parler.

ELLE : Votre mère a reçu son congé.
MOI : Non ! J’arrive de sa résidence. Ils m’ont dit qu’elle était encore ici.
ELLE : Ça fait vingt minutes que le transport adapté est venu la chercher, pour la ramener chez elle.

Tu me fucking niaises ? Ma mère était là pendant une semaine. Vous m’avez appelé pour me dire qu’elle était retournée la sa résidence, alors que vous l’avez gardé sans m’en avertir. Ce qui fait que je suis allé la chercher à la résidence pour rien. Et , pendant les vingt minutes que j’ai mis à venir ici, ce sont exactement ces mêmes vingt minutes que vous avez choisi pour vous décider de la renoyer à sa résidence ? Alors qu’elle a rendez-vous ici dans deux heures ?

Incroyable !

Vingt minutes de route vers la résidence. J’y retrouve ma mère devant son plat préféré, un hot chicken. Je regarde ça, à moitié découragé, en espérant que son test de résonnance magnétique ne demandait pas qu’elle soit à-jeun.

Ma mère est très heureuse de me voir. Elle est lucide. Bon, avec un discours un peu incohérent, mais pas plus que ces dernières semaines. Après son repas, je la ramène dans sa chambre. Je lui met son manteau pour la ramener à l’hôpital Pierre-Boucher. J’ouvre son portefeuille pour y prendre sa carte de l’hôpital Pierre-Boucher et sa carte de la RAMQ (assurance maladie.) … Pour constater qu’aucune de ces deux cartes n’y sont. Est-ce que l’hôpital les a rendues ? Est-ce que c’est le personnel des la résidence qui les a ?

Je vais voir l’infirmière, qui essaye ensuite de rejoindre l’infirmier-chef. Ce dernier vient de partir pour diner. On l’attrappe in extremis, alors qu’il s’apprêtait à quitter la résidence. Il avait encore les cartes de ma mère dans ses poches.

Vingt minutes de route vers l’hôpital Pierre-Boucher. Je me stationne. On entre. On se dirige au comptoir. Je donne le nom de ma mère à la réceptionniste.

ELLE : Résonnance magnétique, 1er étage.

On prend l’ascenseur. On arrive. Au comptoir, je donne à la réceptionniste sa carte de l’hôpital Pierre-Boucher et sa carte de la RAMQ. Elle les regarde.

ELLE : Je ne peux pas prendre sa carte de la RAMQ. Elle est expirée depuis janvier. Il va falloir que vous la fassiez renouveler auprès de la RAMQ et que vous nous rappelez ensuite pour prendre un autre rendez-vous.

Tu me fucking niaises ?

MOI : Mais voyons donc !? Ma mère vient de passer cinq jours ici. Il y a une heure, elle était encore dans sa chambre, au 8e étage. Je veux bien croire que sa carte est expirée. Mais ça ne les a pas empêché de la traiter.
ELLE : Un instant, je vais vérifier quelque chose.

Elle fait un appel. Après quelques minutes, elle me revient.

ELLE : Ok, vous allez vous rendre au rez-de-chaussée, au comptoir des cartes d’hôpital. Vous aller leur expliquez votre situation. Eux, ils vont vous remettre un papier rose. Vous allez me le ramener. Je vais avoir besoin de ça pour inscrire votre mère. Sinon, il faudra payer les frais de l’examen.

Je dis à ma mère de rester dans la salle d’attente. Je descends au rez-de-chaussée. Je le parcours. Je trouve le comptoir des cartes d’hôpital. J’explique la situation au gars au comptoir.

LUI : Alors il va falloir que vous alliez sur https://www.ramq.gouv.qc.ca/fr. De là, vous pourrez faire renouveler sa carte, ce qui dev-…
MOI : NON ! La réceptionniste au 1er étage m’a dit que je dois venir ici, demander un papier rose.
LUI : Ah ? Un instant, je vais vérifier quelque chose.

Il prend la carte de RAMQ de ma mère. Il en scanne le code-barres. Il regarde son écran d’ordi. Il imprime un papier, qu’il me donne. Sur la feuille blanche, il est écrit l’équivalent de « Cette carte est valide. »

MOI : Euh… Et le papier rose qu’elle m’a demandé ?
LUI : Vous n’avez pas besoin du papier rose. Cette carte est valide.

Je ne comprend rien de rien à rien. Je me lève, reprends l’ascenseur et je remonte au 1er étage. J’amène le papier blanc à la réceptionniste.

MOI : Il m’a dit que je n’avais pas besoin du papier rose.

Elle regarde le papier. Elle reprend la carte de ma mère. Elle en scanne le code barres.

ELLE : Très bien. Vous pouvez y aller, première porte à gauche.

Euh… Dis moi que tu m’as fait descendre pour rien, sans me dire explicitememt que tu m’as fait descendre pour rien !? ALORS QUE TOUT CE QUE TU AVAIS À FAIRE, C’ÉTAIT DE SCANNER LA CARTE !?

Je regarde l’heure. Il est 14h22. C’est un miracle que tout ce niaisage de va-et-vient inutile ne nous a pas mis en retard.

Ma mére a eu sa résonnance magnétique. Elle a eu son congé. Elle a voulu un café et une pâtisserie. Nous sommes allé à la cafétéria au rez-de-chaussée. Tout était dans des machines distributrices. J’ai des cartes de guichet, des cartes de crédit et quelques billets de $10. Les machines ne prennent que de la monnaie. Et il n’y a pas de machine à changer les billets en monnaie.

Par contre, quand est venu le temps de payer le parking en sortant, alors là, pas de problèmes. Tu peux les payer comptant, par interac, crédit, chèque, virement bancaire, traveler’s checks, bitcoin et peau de castor.

Vingt minutes de route plus tard, j’avais ramené ma mère à sa résidence. Elle s’est couchée car tout ce voyagement l’a épuisée. Et encore, contrairement à moi, elle n’a pas fait résidence – hopital – residence – hopital – premier étage – rez-de-chaussée -premier étage – résidence. Dans son état de fablesse actuel, elle n’aurait pas survécu

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À SUIVRE

Les Pompes Funestes, une tragicomédie. 11e partie.

Tout d’abord, mon Mea Culpa pour un truc. Voici la facture de ma Notaire. Depuis le départ, je dis que la recherche testamentaire m’a coûté 901 $. En fait, ce qui coûte 901, c’est la procédure complète de succession. Avant taxes.

La recherche testamentaire, elle, n’est que de 30 $.

MAIS... Si on regarde bien un peu plus haut sur la facture, il y a cet autre frais en rapport à cette recherche.

Puisque la recherche testamentaire consiste à entrer le nom et la date de naissance de mon père dans l’ordinateur, alors c’est quoi, les « démarches pour l’obtention des recherches » ? Mettre son cul sur la chaise ? Démarrer l’ordinateur ? Quoi qu’il en soit, il semblerait que ces démarches alourdissent le travail, au point de coûter plus de quatre fois plus cher que la recherche elle-même, justifiant d’en monter la facture à un total de 160 $.

Mais attendez, ce n’est pas tout.

130 $ pour quatre copies du testament ? Ouch ! Je devrais leur fournir l’adresse de Copibec. Eux, il ne chargent que 5¢ par photocopie. De plus, je ne vois pas pourquoi ils me chargent pour le certificat de décès, puisque je le leur ai fourni moi-même. Il va falloir que je les interroge là-dessus. En attendant, ça monte la facture de recherche testamentaire à 290 $.

Cette facture de ma Notaire date d’il y a deux mois. Et aujourd’hui, ma notaire m’a écrit ceci.

Euh… Tu me fucking niaises ?

D’accord ! Puisqu’elle me le demande, je lui scanne ma copie du testament de mon père. Et, inclut avec ce document, je lui envoie également une copie de ma façon de penser.

Je peux sembler brusque dans mon message. N’empêche qu’en tant que client, je suis dans mon droit de demander des explications au sujet des services que je leur paie. Surtout lorsque je suis obligé de leur fournir moi-même, ce service pour lequel je les paie.

Moins de cinq secondes après avoir envoyé ma réponse, je reçois ceci :

Euh… !? J’ai droit à une réponse automatique ? Réponse qui me dit qu’elle lira mon courriel dans deux ou trois jours ? Et, puisque nous sommes un vendredi, et que le vendredi leurs bureaux ferment à 13h, donc dans 44 minutes, je ne dois pas m’attendre à une réponse aujourd’hui ? Et ils parlent ici de deux ou trois jours ouvrables ? Donc dans quatre ou cinq jours ? ALORS QUE JE N’AI PRIS QUE SIX MINUTES POUR LUI RÉPONDRE AFIN QUE LE TOUT SE DÉROULE LE PLUS VITE POSSIBLE ?

Ils se plaignent de devoir traiter un volume élevé de dossiers… Mais ils ne sont ouverts que quatre jours et demi par semaine.

Incroyable !

Et ceci, qui se rajoute à toutes les difficultés bureaucratiques auquel j’ai à faire face, telles que relatées dans cette série de billets, vous donne une idée d’à quel point sont mal servis les successeurs d’un parent décédé.

Même pour les services qu’ils paient.

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ÇA NE PRENDRA PROBABLEMENT PAS FIN DE SITÔT.

Les Pompes Funestes, une tragicomédie. 10e partie.

Lorsque j’ai commencé cette série, je m’attendais à une histoire en trois parties. Je croyais également qu’il ne s’agirait que de la succession de mon père. Il se trouve que l’état physique et cognitif de ma mère joue un rôle de plus en plus grand dans cette histoire.

Hier, jeudi 18 mars, j’ai reçu un appel de l’Hôpital Pierre-Boucher de Longueuil. Ma mère doit passer un scan. Une résonnance magnétique, au niveau du cerveau, afin de pouvoir diagnostiquer de son état cognitif. Je leur donne le numéro de la résidence où elle habite, pour qu’ils puissent s’arranger avec ça.

Dix minutes plus tard, l’Hôpital me rappelle. Puisque ma mère habite dans une résidence privée, ils ne prennent pas en charge l’accompagnement de leurs résidents en mileu hospitalier. Incroyable ! On les paye de deux à trois fois ce que ça coûterait si elle était dans le système public, et on a droit à moins de services.

J’ai donc pris rendez-vous pour elle. Et je passerai la prendre et l’amener à l’hôpital mardi le 24 mars. Et puisque ma mère est clautrophobe, et qu’elle a horreur des cat scans, je devrai rester avec elle pour la calmer. Même si je ne peux pas rester dans la pièce, je la connais assez pour savoir que ma présence derrière la porte sera suffisante pour la rassurer.

Ce matin, je reçois deux appels : la résidence, et Marcel. En combinant ce qu’ils m’ont dit, voici une reconstitution des dernières 24h.

Tout d’abord, tel que relaté dans un chapitre précédent, à sa résidence, elle a été transférée du rez-de-chaussée au 3e étage, là où la surveillance et les porte verrouillées allaient l’empêcher de s’enfuir dehors de nouveau.

Hier, Marcel est allé la visiter. Elle l’a reconnu. Elle lui a dit de ne pas faire de bruit parce que son frère Jean-René et moi, on était venu ici veiller sur elle. Et que nous dormions dans l’autre pièce.

Marcel a bien vu que je n’étais pas là. D’abord, elle habite dans une chambre. Il n’a pas de seconde pièce. Quant à Jean-René, eh bien, voilà quatre ans et demi qu’il n’est plus parmi nous.

Marcel a essayé d’avoir une conversation avec elle. Mais elle répondait vraiment n’importe quoi, un discours incohérent. Marcel est allé en parler à l’infirmière. Et voici ce qu’il a eu comme réponse :

« Ah, Madame Louise n’est pas en état de se déplacer pour souper, donc !? Très bien, nous allons la servir à sa chambre. »

… Euh… Ok !?

Devant son repas, ma mère ne se souvenait plus comment utiliser ses ustensiles. C’est Marcel qui l’a nourri, Mais après la soupe, elle a insisté comme quoi elle avait bien assez mangé. Il n’a pas poussé plus loin.

Elle tenait dans ses mains, un verre de styrofoam. Elle s’est excusée auprès de Marcel en disant qu’elle devrait prendre cet appel. Elle s’est couchée sur le lit et a utilisé le verre de styrofoam comme un téléphone. Et elle avait une conversation. Elle disait à son interlocutrice imaginaire à quel point elle était contente de lui reparler après toutes ces années, et comment elles avaient du fun toutes les deux lorsqu’elles allaient à l’école ensemble.

Jusque-là, elle souffrait de pertes de mémoires au sujet d’événements récents. Mais de un, elle en était consciente. Et de deux, elle pouvait avoir une conversation qui se tenait. Et à part pour son impression qu’il y avait des urnes funéraires dans son placard, elle n’avait encore jamais été dans un tel état de déconnexion avec la réalité.

Dans une tentative de la tirer doucement de son rêve éveillé, Marcel l’a appelé. Le téléphone mural de ma mère a sonné. Mais ça n’a eu aucun effet. Ma mère ne l’entendait pas. Elle était dans son monde, complètement isolé du nôtre.

Voyant qu’il n’y avait plus rien à faire, Marcel est parti. Il a expliqué la chose à l’infirmière, et il est rentré chez lui.

Pendant la nuit, ma mère est sortie de sa chambre sans sa marchette. Avec ses jambes afaiblies, elle est tombée dans le corridor.

Ce matin, l’infirmière des résidences m’a appelé. Elle m’a dit que ma mère avait été envoyée à l’Hôpital Pierre-Boucher car, en plus de sa chute, on lui soupçonne une infection urinaire. Et qu’elle était dans un état d’incohérence total. Elle ne comprennait rien de ce qu’on lui disait. Encore heureux que ma mère est d’un naturel docile, malgré sa tendance à protester sur tout.

Malgré tout, mardi le 24, je devrai quand même me déplacer car ce sera de deux choses l’une : Ou bien elle sera toujours à l’hôpital, et je devrai leur dire qu’elle y est déjà, car je doûte que les départements se parlent entre eux. Ou alors elle sera revenue en résidence, et je devrai l’amener à l’hôpital. Dans un cas comme dans l’autre, je dois y aller.

Dire que son état cognitif est resté stable pendant trois ans. Et depuis que mon père est mort, elle dégénère à vitesse folle. Et pendant ce temps-là, j’ai toutes les misères du monde à tenter d’obtenir un rapport sur son état de santé me permettant d’obtenir une procuration.

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À SUIVRE

Les Pompes Funestes, une tragicomédie. 9e partie.

Dans les deux chapitre précédent, je parle du fait que je tente d’obtenir la procuration qui me permettra légalement de m’occuper des affaires de ma mère, chose indispendable pour m’occuper de la succession de mon père décédé il y a maintenant deux mois. Et puisque les notaires du Québec sont très occupés avec la vague de décès des baby-boomers, j’ai dû attendre douze jours pour un retour d’appel. Et dès que je l’ai eu, ce fut encore dix autres jours pour un rendez-vous téléphonique. Que j’ai reçu aujourd’hui.

Entretemps, la santé cognitive de ma mère continue de dégénérer. Il y a deux semaines, elle s’est réveillée au milieu de la nuit. Puis, oubliant qu’elle habitait dans une résidence pour personnes âgées, elle a décidé de retourner chez elle, c’est à dire l’appartement qu’elle a quitté il y a deux ans et demi. Elle est sortie de sa chambre en pyjama. Et, puisqu’il n’y a pas de surveillance la nuit là où elle habite, elle est sortie dehors par -23°C, sans bottes, sans manteau, sans rien sur la tête. Pour glisser sur une plaque de glace et tomber. Malgré ses 80 ans, ses os sont solides. Donc, à part quelques bleus, elle n’a rien.

La réaction de la direction des habitations face à cet incident fut de la placer à l’unité prothétique, au 3e étage, là où les portes sont verrouillées, et où il y a de la surveillance 24h.

Oui, je sais, je pourrais porter plainte et/ou intenter une poursuite judiciaire. Mais ça ne ferait que rendre encore plus compliqué un dossier qui est déjà de plus en plus migraine-ogène de par tout ce qui s’y rajoute sans cesse. À commencer par…

L’impôt de mon père.
Par la poste, j’ai reçu une autre lettre pour Héritiers de Pierre Johnson. Il s’agit des TP4 pour faire son rapport d’impôts.

J’appelle Marcel, qui se trouve à être le comptable de mes parents. Il me dit que oui, c’est lui qui fait les impôts de ma mère depuis que mon père a été placé en Centre il y a trois ans. Mais jamais il n’a fait ceux de mon père. D’ailleurs, pour les faire, il faut un document important, que je n’ai pas reçu avec le reste. C’est à dire…

Son formulaire de déclaration de revenus.
Marcel me dit que ça a sûrement été envoyé à sa dernière adresse, la résidence de Beloeil. Je m’y rend. Pour me faire dire que cette résidence ne reçoit pas de courrier pour leurs résidents.

Et ceci me fait réaliser que ça signifie que ça fait trois ans que mon père n’a pas fait de déclaration d’impôts. Voilà qui risque de compliquer encore plus le processus de succession. D’autant plus que, le lendemain, je recevrai par la poste…

Deux formulaires de Retraite Québec (Anciennement la Régie des Rentes du Québec)
Le premier : une demande pour une évaluation de la capacité mentale d’une personne, dans ce cas-ci ma mère, à gérer ses affaires.

Et le second est le formulaire requis pour qu’elle puisse recevoir sa pension de veuve.

Et pour rajouter du stress, la demande vient avec cette note :

Le 8 avril 2026.  Ce qui me laisse trois semaines et demie au moment où j’écris ceci, pour tout régler. Et il y a tout intérêt à ce que je ne rate pas la date limite, à cause du problème que constitue…

Le loyer de ma mère.
Tel que décrit dans un précédent chapitre, ma mère avait environ $45 000 en banque lorsqu’elle a été placée aux Habitations Lafayette. Or, son loyer coûte $2 700 par mois, soit $1 200 de plus que ce qu’elle reçoit comme pension. À ce rythme, elle n’aura plus un sou en banque en septembre. Et maintenant qu’elle est à l’unité prothétique, on m’a fait comprendre que son loyer sera encore plus cher, en rapport aux soins supplémentaires. J’estime donc qu’on arrivera au bout de ses économies en juillet plutôt qu’en septembre. D’où urgence que ma mère reçoive sa pension de veuve, ainsi que l’argent du compte de banque mon père. Mais pour ça, il me manque…

La procuration.
Pour l’obtenir, il me faut…

Un mandat de protection.
Et pour le recevoir, je dois d’abord me procurer…

Le billet médical attestant de l’état de santé cognitif de ma mère.
Que j’ai demandé à la résidence. Mais leur infirmière insiste comme quoi, pour le recevoir, ils ont besoin que je leur apporte d’abord…

Un affidavit (déclaration sous serment) du notaire.
Tel que spécifié dans ce document que la résidence de ma mère m’a envoyé par courriel :

Ce qui nous amène enfin, aujourd’hui, après 22 jours d’attente, à…

L’appel de ma notaire.
Ma notaire m’a dit qu’un affidavit ne peut être produit sans avoir d’abord un billet médical attestant de l’état de santé cognitif de ma mère. Soit le contraire de ce qu’affirme le document précédent. Et ceci me ramène à ma case de départ, soit celle où chacun me renvoie à l’autre comme une balle de ping-pong.

Alors j’ai été malin. J’ai d’abord demandé à ma notaire de me fournir ses coordonnées. Puis, après l’appel, j’ai ouvert le courriel que m’avait envoyé l’infirmière de la résidence, qui dit ceci :

Et je lui ai répondu ceci :

Et voilà ! Par ce courriel, envoyé simultanément à l’infirmière et à la notaire, elles sont maintenant en contact. Ce qui a, du même coup, envoyé à la notaire le document de demande d’affidavit, pour bien confirmer mes dires. Alors maintenant, puisque chacune prétend que je dois m’adresser à l’autre en premier, qu’elles s’arrangent entre elles.

Avec un peu de chance, ça devrait être réglé avant la date limite du 8 avril que m’impose Retraite Québec. Mais de la manière dont les choses se sont passées jusqu’à maintenant, j’en doute.

N’empêche que plus le temps passe et plus je me pose les questions suivantes : La succession, est-ce que ça se passe vraiment comme ça pour tout le monde ? Ou bien est-ce que c’est seulement moi ? Sinon, comment font-ils, les autres ?

Et surtout : Le document que m’a envoyé l’infirmière, disant que j’ai besoin d’un affidavit avant de faire l’examen médical, ça ne vient pas de nulle-part. C’est certainement un document officiel et légal. Quant à la notaire, il me semble impossible qu’elle me mente, en me disant qu’au contraire, ça lui prend un examen médical pour pouvoir produire un affidavit. Comment est-ce que deux professions, qui sont obligées de travailler en collaboration, peuvent-elles être soumises à des règles qui se contredisent, tout en étant légales ? Et si c’est vraiment le cas, comment se fait-il que personne ne dénonce ni ne proteste cet état des choses ? Cette situation ne fait aucun sens.

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Évidemment que c’est à suivre.

Les Pompes Funestes, une tragicomédie. 8e partie.

Résumé des derniers développements
Tel que décrit dans le billet précédent, je suis en processus pour obtenir une procuration afin de pouvoir m’occuper des affaires de ma mère, ainsi que de la succession de mon père. Voici la chose avec un peu plus de détails.

D’abord, on m’a demandé de faire évaluer ma mère par son médecin traitant à la résidence. J’essaye de leur expliquer le problème. Mais je tombe sur une employée espagnole qui, apparemment, ne comprend que le Mandarin.

Je m’y rend en personne. Je parle avec une personne qui comprend le français. Je lui explique le problème, et je demande à voir l’infirmière qui s’occupe de ma mère. Elle me dit:

« Nous n’avons pas d’infirmières à notre emploi. »
« Mais alors ? … Qui est-ce qui lui prodigue des soins ? Qui lui prescrit ses médicaments ? »
« Ce sont des infirmières du CLSC. »
« D’accord ! Puis-je avoir le nom et le numéro de téléphone de l’infirmière du CLSC qui s’occupe de ma mère ? »

Elle m’écrit ça sur un bout de papier. Je l’appelle Je suis accueilli par un message enregistré..

« Bonjour et bienvenue au services du CLSC. Cet appel peut être enregistré afin de contrôler la qualité du service. Nous vous rappelons que nous ne tolérons aucune forme de violence verbale. Gardez la ligne, et bonne journée. »

L’infirmière me répond.

« Comment puis-je vous aider ? »
« J’ai besoin de faire évaluer ma mère, pour obtenir une procuration. »
« Vous n’avez pas besoin de faire ça pour obtenir une procuration, monsieur. »
« Ah bon ? Et comment est-ce que je fais ça, alors ? »
« Prenez rendez-vous avec votre notaire, et allez le rencontrer avec votre mère. Elle lui donnera son consentement, et il vous signera une procuration. »

J’appelle le notaire. Après plusieurs options « Pour X, appuyez sur la touche Y », je finis par parler à un être humain.

« Je dois rencontrer un notaire avec ma mère, pour obtenir une procuration. »
« D’accord monsieur. J’envoie votre demande dans la liste d’attente. Et dès qu’il y aura un ou une notaire qui se spécialise dans les procurations qui sera libre, nous vous rappellerons. »

Douze jours passent.
Entretemps, je me cherche du travail. J’avais décidé de prendre congé pour m’occuper des affaires de mes parents. Je m’attendais à ce que ça prenne deux, trois semaines maximum. Mais là, ça commence à être pas mal plus long que prévu. Et pendant ce temps, mes économies fondent.

Je me trouve une agence de placements en soins infirmiers qui demande du personnel en région éloigné. Ce serait pour Rouyn-Noranda, en Abitibi-Témiscamingue, un endroit où je ne suis jamais allé. Puisque j’aime voyager et explorer le Québec, et être payé pour ça, je soumet ma candidature. Je me met disponible pour le 1er avril. Car oui, je me donne encore un mois de liberté, pour m’assurer que j’ai le temps requis pour tout régler.

Hier, lundi 2 mars, je suis à mon ordi. Sur mon écran apparaît une notification de courriel. C’est la madame qui s’occupe de l’agence où j’ai soumis ma candidature. Sa réponse est courte :

_____________
Bonjour
Possible de me contacter
Cordialement

Callista Barnacosti
Coordonnatrice

Montréal : 514 485-████
Ottawa :    613 866-████
Québec :   418 781-████

________________

Puisque je suis à Québec, je suppose que c’est celui-là que je dois appeler. Je le fais. Après 17 coups de sonnerie, ça répond.

« Bonjour et bienvenue au groupe ████████ Vous avez rejont la boite vocale de Callista Barnacosti. »

Ok, wow ! Étant donné que j’ai pris la peine de l’appeler à la minute même où elle m’a écrit, je me serais attendu à ce qu’elle soit disponible à l’instant. Je lui laisse un message.

Une heure et demie plus tard, elle m’appelle.

« Allo ? »
« Oui, je parle bien à Stéphane, le préposé aux bénéficiaires ? »
« Oui ! »
« Ok, ben… J’va te rappeler, ok !? »
« Euh… Ok ! »

Et elle raccroche. Fa que… !? Elle m’a appelé pour me dire qu’elle va m’appeler ? Cette situation me rappelle le titre d’une chanson de Gainsbourg, Je suis venu te dire que je m’en vais.

Quarante minutes plus tard, elle me rappelle.

« Bon, donc, toi, tu disais dans le formulaire que tu serais disponible à partir du premier avril ? »
« C’est exact ! »
« Bon, ok ! Je vais vérifier une affaire pis je te reviens. »

Elle me met en attente, avec la musique de piano qui revient en loop à toutes les dix secondes.

Et j’attends.
Et j’attends.
Et j’attends.

Au bout de quinze minutes, je décide de mettre mon téléphone sur intercom, comme ça j’aurai les mains libres pour utiliser mon clavier d’ordi en attendant qu’elle me revienne.

Huit minutes plus tard : BOOP ! BOOP ! Le signal comme quoi je reçois un second appel. Je regarde mon téléphone.

« FUCK ! C’est le notaire ! »

Je fais quoi, maintenant ? D’un côté, je ne veux pas perdre cette opportunité d’emploi, en ayant l’air trop impatient pour être capable d’attendre que ma future employeuse me revienne. Mais d’un autre, ça fait douze jours que j’attend le retour d’appel du notaire. Je ne veux pas en réattendre une autre douzaine si je rate celui-là.

« Tabarnak ! Je peux passer des semaines sans jamais recevoir le moindre appel… Et LÀ, juste parce que ce sont les deux seuls appels qui me sont importants d’avoir, ils faut qu’ils arrivent tous les deux exactement au même moment. »

Le compteur montre que ça fait 24 minutes que je suis en attente. Sûrement qu’elle va me revenir d’ici à quelques secondes. J’opte donc pour ne pas répondre au notaire, en espérant qu’il me laisse un message sur ma boite vocale. Ce qu’il fait, Dieu merci.

Je suis un gars patient et déterminé. Mais même moi j’ai des limites. Au moment où je constate que ça fait une heure que je suis en attente, je raccroche.

J’écoute ma boite vocale. Bien m’en pris, car le numéro laissé par la notaire n’est pas celui qui m’a appelé. Je le compose. Une femme me répond à la première sonnerie. Voici un condensé des lignes les plus importantes de cette conversation :

« Bonjour ! J’appelle pour obtenir une procuration. »
« D’accord. Je ne suis pas notaire, je suis la personne en charge de vous expliquer en quoi le rendez-vous va consister, ainsi que les tarifs. »

Et encore des tarifs. Comme si je ne leur en avais pas déjà donné assez d’argent comme ça, avec les $901 que j’ai dû leur verser pour leur recherche testamentaire.

« Donc, quelle est la raison de cette procuration ? Est-ce que votre mère est invalide ? »
« Oui ! »
« Est-ce que vous l’avez faite examiner par le médecin qui s’en occupe ? »
« Euh… Non ! »
« Alors vous devez commencer par ça. Si madame est invalide, la demande de procuration doit être signée par la personne en médecine qui s’en occupe. »

Tu me fucking niaises ?

Après toutes ces démarches et ce niaisage auquel j’ai droit depuis le décès de mon père il y a presque huit semaines, mon humeur commence à entrer dans une phase pas marrante.

« Écoutez ! Il y a douze jours, j’ai commencé par appeler l’infirmière qui s’occupe de ma mère, pour qu’elle l’examine, pour avoir une procuration. Et c’est ELLE, qui m’a dit que je n’avais pas besoin de ça. Que je dois seulement prendre rendez-vous avec un notaire, en présence de ma mère. Et là, vous, aujourd’hui, vous me dites le contraire. Comprenez-moi bien, je ne vous blâme pas, je sais que ce n’est pas de votre faute. Mais moi, chacun me dit de m’adresser à l’autre, et je me retrouve à être la balle de ping-pong pris entre les deux. Alors avant que l’infirmière m’obstine encore une fois comme quoi ce n’est pas sa job à elle, pouvez-vous m’envoyer un mot,. un document, n’importe quoi, que je puisse lui prouver que oui, c’est bien à elle d’examiner ma mère ? »
« Bon ! Je comprends ce que vous dites, monsieur. Je vais référer votre problème à une notaire qui se spécialise dans les questions à ce sujet. Je vais vous inscrire pour un rendez-vous téléphonique. Ce sera jeudi le 12 mars. »

Que- … DANS DIX JOURS ? Mais bon, est-ce que j’ai le choix ? J’accepte ! En raccrochant, je me dis :

« Tabarnak ! À cause de cette sale conne d’infirmière du CLSC, les procédures sont rallongées de plus de trois semaines. Je comprends maintenant pourquoi les appels du CLSC commencent avec un avertissement interdisant toute violence verbale envers leurs employées. Je ne dois pas être le premier qu’ils font chier avec leur incompétence. »

Bon, ce n’est pas tout, ça ! Il faut que je rappelle ma future employeuse. Ce que je fais. Pour tomber sur un message enregistré, me disant d’appeler aux heures de bureau.

Je regarde l’heure. Il est 17h03. Effectivement, l’agence vient de fermer.

Le lendemain, aujourd’hui, j’ai appelé l’agence à toutes les heures. En vain. Je pense que pour mon travail à Rouyn-Norenda, je suis aussi bien d’oublier ça.

Une infirmière qui ne veut pas travailler.
Une employeuse qui ne me fera vraisemblablement pas travailler.
Un bureau de notaire qui a trop de travail.

Décidément, on n’est bien servis nulle part.

___________

ET C’EST ENCORE À SUIVRE

Les Pompes Funestes, une tragicomédie. 7e partie.

Vendredi le 15 février, cinq semaines après le décès de mon père. Je reçois un appel des assurances. Le testament dit bien qu’il a fait de son épouse, ma mère, sa bénéficiaire. Or, ils n’ont aucune preuve dans le dossier que ma mère est bien son épouse. Je dois donc leur envoyer une copie de leur certificat de mariage. Je le demanderai à ma mère la semaine suivante, lorsque j’irai pour la messe de mon père.

Vendredi le 20 février, six semaines après son décès, je reçois enfin le certificat de décès de mon père. Le fait qu’il s’appelait Pierre, mais a été baptisé Peter, n’a apparemment pas causé de problème à l’état civil. Il est vrai qu’il avait déjà réglé ce problème il y a seize ans, lorsqu’il est tombé en retraite.

Tel que demandé dans son testament, mon père a eu sa messe. Pour ce faire, il a fallu que je réserve l’église, bien que nous n’étions que trois, soit Marcel, ma mère et moi. Ça m’a coûté $650. On aurait été 150 personnes que ça aurait été le même prix. Je me suis renseigné auprès du salon funéraire, puisqu’ils ont des petites chapelles plus intimes. Mais eux, leur tarif était $1000. Aussi bien me payer l’église et épargner $350.

Ayant récupéré le certificat de mariage de mes parents, j’en ai envoyé copie aux assurances. Et j’ai envoyé copie du certificat à Retraite Québec (ex Régie des Rentes du Québec) avec les documents requis pour que A) Ils cessent de verser une pension à mon père. et B) Ils versent une pension de veuve à ma mère.

Parlant de ma mère. Sa condition mentale / cognitive est assez unique, car je n’en ai pas encore vu de semblable durant mes années en tant que préposé aux bénéficiaires. Elle est consciente de ses pertes de mémoires. Elle le dit souvent « C’est donc frustrant ! Le passé, je me rappelle de toutte. Mais le présent, ça me reste pas en tête. J’ai conscience qu’aujourd’hui j’arrête pas de te demander où on va. Mais je ne me rappelle jamais de ta réponse. » Si je dis que c’est unique, c’est que je suis plutôt habitués à des gens qui nient avoir oublié. Tandis qu’elle, elle se souvient d’avoir oublié.

Cependant, elle me raconte deux situations irréelles. La première : « Après que tu sois né, on a essayé de te cacher de moi pendant dix-huit ans. Mais je le savais que j’avais accouché. Ils ont essayé de me faire dire que t’existais pas, mais je le savais que j’avais eu un fils. » ... Et malgré le fait qu’elle y croit, elle se souvient de plein d’anecdotes de mon enfance.

Je l’écoute sans la contrarier. Mais tout de même, ça ébranle.

L’autre truc faux qu’elle affirme : « Dans le placard, c’est plein d’urnes funéraires. J’ai dit à la direction d’enlever ça de ma chambre, ça n’a pas d’affaire là. Mais ils ne font rien. » Plutôt que de la contredire, je lui ai répondu que j’avais moi-même demandé à ce qu’ils les enlèvent. Et j’ai ouvert la porte du placard, pour lui montrer qu’il n’y a là que les produits de ménage. Rassurée, elle a refermé la porte. Puis, elle est allée se coucher, Mais au moment où j’allais partir, elle m’a dit : « Qu’est-ce tu vas faire, pour qu’ils enlèvent les urnes dans le placard ? Ça n’a pas d’affaire là ! » Ça faisait 10 minutes que je lui avais montré qu’il n’y avait pas d’urnes, et elle repart là-dessus.

Quelques jours plus tard, je reçois un appel de Retraite Québec. Ils veulent parler à ma mère. Je leur explique que dans son état cognitif, c’est moi qui doit s’occuper de ses affaires. Ils m’apprennent que pour faire ça, je dois recevoir une procuration. Et pour ce faire, je dois faire tester ma mère afin qu’elle soit déclarée invalide, ou du moins incapable de s’occuper de ses affaires.

Je vais voir la direction de la résidence où elle loge. On me dit que pour ça, je dois contacter le CLSC où travaille l’infirmière qui s’occupe de ma mère.

Je contacte le CLSC et je parle à l’infirmière qui s’occupe de ma mère. Elle me dit que cette demande doit être faite par la travailleuse sociale qui s’occupe de ma mère..

Je contacte la résidence où ma mère loge pour leur demander les coordonnées de sa travailleuse sociale.

La travailleuse sociale me dit que pour avoir une procuration, il ne faut pas la faire déclarer inapte par son infirmière. Il suffit tout simplement de prendre un rendez-vous avec un notaire, et d’aller le rencontrer avec ma mère, afin que ce soit elle qui demande une procuration, en me mettant responsable de ses affaires.

J’appelle le notaire. Je tombe sur un genre de triage. On me demande la raison de mon appel. Je leur explique. On me dit que, très bien, ma demande est faite. D’ici cinq jours ouvrables, un ou une notaire spécialisée en procuration devrait me rappeler pour discuter de la date de rendez-vous et des tarifs.

C’est donc encore à suivre.