Les prophètes autoréalisateurs -VS- votre réputation (2 de 2)

Autant suis-je orgueilleux, autant je considère que les critiques et commentaires à mon sujet sont de bonnes façons d’en apprendre sur moi-même.   Ça me permet de voir ce qui ne va pas chez moi, de me corriger s’il y a lieu, et ainsi de m’améliorer. 

Mais voilà, il n’est pas toujours facile de faire la juste part des choses.  Car parfois, une personne va te critiquer sans la moindre raison valable, et sans la moindre pertinence. Normal, puisque son but n’est rien d’autre que de te rabaisser.  Dans de telles conditions, comment faire la différence entre une critique qui puisse être constructive , et une calomnie? 

Heureusement, il y a une façon assez simple pour trier le vrai du faux: Si tu es assez honnête pour être capable de te reconnaître dans ce que la personne dit, et si elle n’est pas la seule à le dire, et si en plus ceux qui le disent ne se connaissent pas entre eux, alors c’est un problème réel.  Par contre, si tu ne te reconnais honnêtement pas dans cette description, et que cette personne est la seule à te dépeindre comme tel, alors là, aucun doute, c’est une attaque mensongère.

Pour rester dans les exemples personnels:  Il m’est arrivé à plusieurs reprises d’entendre des rumeurs à mon propre sujet, de sources différentes, comme quoi j’étais un impatient et un enragé qui peut péter un plomb pour la moindre connerie, et ce sans préavis.  Et en effet, pendant une douzaine d’années, de 1999 à 2010, tel fut le cas.  Et bien que, à l’époque, je me sentais justifié de le faire, en réponses aux attaques gratuites que je recevais parfois, j’ai bien vu que cette attitude ne me rapportait rien de bon.  Je me suis donc calmé, et j’ai appris à éviter les situations de conflits inutiles.

Par contre, il m’est arrivé d’entendre quelquefois, de la part d’une seule personne à la fois, que j’avais un défaut particulier que cette personne était la seule à voir en moi.  Et, quel hasard, cette personne travaillait très fort afin de faire de moi ce dont elle m’accusait à tort d’être.  

Autrement dit, cette personne était une prophète autoréalisatrice.  Ou du moins, elle essayait bien fort de l’être.  Je me souviens de cinq cas particulier, que je vous donne ici en exemple:

EXEMPLE 1: Le seul et unique pour qui j’étais un conjoint jaloux et possessif.
Sa méthode: Approcher ma conjointe lorsqu’elle n’est pas en ma compagnie, pour lui dire: « Hey, en passant, savais-tu que ton chum y’aime pas ça pantoute quand d’autres gars parlent sa blonde?  Ben oui, y’é tellement jaloux et possessif que ça le frustre ben raide! »

Son but: En disant quelque chose d’aussi grave à mon sujet, il se doute bien qu’elle va me rapporter ses paroles.  Il sait bien que ça va m’insulter, puisque non seulement il tente de gâcher ma réputation aux yeux de ma conjointe, il le fait en racontant des mensonges sur mon compte.  Ainsi, si je me fâche contre lui, alors techniquement, , il pourra dire à qui veut l’entendre que ça m’a frustré qu’il ait parlé à ma conjointe.  (En se gardant bien toutefois de préciser ce qu’il lui a dit.)  Ainsi, grâce à son hypocrisie, sa prophétie deviendrait autoréalisatrice.

Est-ce que ça a fonctionné?  Du tout!  Parce que, aux deux conjointes qui m’ont rapportées ses paroles, j’ai bien ri en leur expliquant la méthode et le but de ce gars-là.  La première l’a trouvé risible.  La seconde l’a trouvé pathétique, surtout d’avoir essayé ça une seconde fois.

EXEMPLE 2: La seule et unique pour qui j’étais une personne susceptible et misogyne.
Sa méthode: Multiplier les remarques condescendantes, jugementales, rabaissantes et insultantes, en ne manquant pas de dire, souvent d’avance, que je vais probablement frustrer contre elle puisque je suis susceptible.  Susceptible, mais aussi… Misogyne!?  Logique: C’est une femme et moi un homme.  Donc, si je frustre contre elle, alors je frustre contre une femme.  Et si je frustre contre une femme, ce n’est pas parce qu’elle m’insulte, mais bien parce que j’ai des préjugés contre les femmes, ce qui fait de moi un misogyne.  C’t’évident!

Son but: Il y a des gens qui ont passé leur vie à se faire diminuer.  Alors dans leur vision, le monde se divise en deux: Les écraseurs et les écrasés.  Et après une jeunesse entière à se faire rabaisser, ils ont besoin de rabaisser les autres plus bas qu’eux-mêmes, parce que ça leur fait du bien de penser qu’il y a au moins une personne plus basse qu’eux.  Son but est donc de me forcer à endurer ses insultes constantes, sinon sa prédiction comme quoi j’allais me frustrer contre elle deviendrait autoréalisatrice. 

Est-ce que ça a fonctionné?  Oui et non.  Oui, parce que ne pas être susceptible devant de telles attaques de la part d’une personne qui se prétend ton amie, c’est être une victime volontaire ou un lèche-cul sans colonne, et je ne suis ni l’un ni l’autre.  Et non, parce que de tous nos amis commun, personne n’a gobé ses supposées preuves de ma misogynie.

EXEMPLE 3: La seule et unique pour qui je suis un conjoint infidèle.
Sa méthode: M’accuser sans cesse de regarder d’autres filles, d’en désirer d’autres, d’essayer de la tromper, de vouloir la quitter.

Son but: Pouvoir se défouler sur moi, à loisir, de la frustration qu’elle ressentait face aux infidélités que lui a fait subir son seul et unique ex.  Elle me faisait donc payer d’avance pour ce qui, insistait-elle, allait forcément arriver: Moi qui allait éventuellement la quitter pour une petite jeune salope briseuse de ménage, comme elle disait.

Est-ce que ça a fonctionné?  Oui et non.  Oui, parce que je l’ai quitté.  Et non, parce qu’elle n’a jamais pu prouver une infidélité qui n’est jamais arrivée.  Normal: Je ne l’ai pas quitté pour une autre.  Je l’ai fait parce que vivre sous des accusations répétées et non fondées, c’est un enfer éternel puisque c’est une chose dont il est impossible de s’innocenter.

C’est que, voyez vous, s’il est possible de prouver que l’on a fait quelque chose, il est en revanche impossible de prouver ce que l’on n’a pas fait cette chose.  C’est le principe de l’alibi.  Tu ne peux pas prouver que tu n’as pas fait ce dont on t’accuse.  Tu peux juste prouver que tu étais trop occupé à faire autre chose à ce moment-là.  Or, face à un(e) conjoint(e) qui te soupçonne non-stop, tu ne peux pas avoir d’alibis 24/7 avec témoins qui sont à ses yeux dignes de foi.

EXEMPLE 4: La seule et unique pour qui je suis un amant potentiellement violent.
Sa méthode: Multiplier les maladresses dans lequel, toujours accidentellement,  elle m’accroche, me bouscule, me frappe.  Et suite à mon opération à l’appendice, elle qui ne m’avais jamais touché le ventre jusque là, n’arrêtait pas de me l’accrocher et le cogner, toujours accidentellement, me causant des douleurs atroces. Et plus
elle causait ces accidents, et plus souvent après-coup elle reculait, horrifiée, en me criant de ne pas la frapper.  

Son but: Tous ses ex étaient contrôlants, manipulateurs et violents.  Aussi, peut-être voulait-elle prouver à quel point elle n’était pas chanceuse, de toujours tomber sur des hommes violents.   Ou peut-être était-ce sa façon maladroite de dénoncer ce qu’elle a subi, en recréant inconsciemment avec moi des situations dans laquelle elle se faisait tabasser sans que ce soit de sa faute.  Peut-être voulait-elle que je la rassure comme quoi elle n’y était pour rien et que c’était lui le problème.  

Malheureusement, en multipliant à l’infini ces accidents, ça cessait d’en être.  C’était devenu des agressions volontaires.  Alors le choix qu’elle m’offrait était ou bien de continuer de subir sa violence, ou bien lui prouver que moi aussi je fais dans la violence conjugale.  Endurer, ou faire de sa prédiction une autoréalisation.   

Est-ce que ça a fonctionné?  Bah non!  Puisque je n’ai jamais été un violent physique de nature, jamais ses coups ne m’ont enragé contre elle, ni donne envie de lui faire subir la réciproque.  En fait, chaque accrochage, chaque accident, chaque coup, chaque douleur, ne faisait que diminuer l’attrait que je ressentais pour elle.  Jusqu’au jour où cet attrait a disparu, remplacé par un ras-le-bol total, et j’ai fini par la quitter.

Ironiquement, pour tenter de me convaincre de revenir, elle m’a écrit qu’elle m’autorisait à la frapper, en punition de tout ce qu’elle m’a fait subir, puisqu’elle le méritait, puisqu’elle n’était qu’une conne.  J’ai juste effacé le message et je l’ai bloquée de partout.

EXEMPLE 5: La seule et unique pour qui je suis un lâche, physiquement et moralement.
Sa méthode: Me faire subir de la violence physique.

Son but: Me manipuler par mon orgueil, ma décence et mon sens des responsabilités, afin de me pousser à rester volontairement sa victime le plus longtemps possible, sous peine de prouver que je suis le lâche qu’elle m’accuse d’être.

Est-ce que ça a fonctionné?  Oui! Il y a des gens qui sont tellement manipulateurs qu’ils s’arrangent pour que tu perdes, quoi que tu fasses.  Dans ce cas-ci: 

  • Je me laisse faire sans répliquer? « Hey, tout le monde! Regardez ce lâche qui se laisse tabasser par une femme. »
  • Je viens pour répliquer? « Hey, tout le monde!  Regardez ce lâche qui s’apprête à tabasser une femme. »
  • Je fuis cette confrontation sans issue?  « Hey, tout le monde!  Regardez ce lâche qui fuit devant une femme. » 
  • Je la quitte pour ne plus avoir à endurer ça?  « Hey, tout le monde!  Regardez ce lâche qui abandonne sa femme. »  

Il est toujours un peu difficile pour l’orgueil de lâcher prise face à ces gens.  C’est normal, aucun de nous n’aime voir sa réputation se faire salir, encore moins de manière injuste et mensongère.  Personne n’aime se sentir comme s’il était un lâche qui a abandonné trop vite.  Personne n’aime être en situation dans lequel il sent qu’il a accepté délibérément de subir un échec.  Les manipulateurs le savent bien.  Voilà pourquoi ils plantent dans ton subconscient le dilemme suivant: Continuer de débattre avec eux, ce qui te laisse miroiter la possibilité de rétablir les faits.  Ou bien quitter le débat, ce qui leur permet d’affirmer que ta fuite est un aveu, confirmant tout ce qu’ils pensent en mal de toi.  

Le problème, c’est que l’on ne peut jamais trouver grâce aux yeux de ce genre de personne.  Si tu t’obstines, c’est « La vérité choque! »  Mais si tu le laisses faire, alors c’est « Qui ne dit mot consent! »  Aussi, face à une personne qui te met dans une situation dans laquelle tu seras mal vu quoi que tu fasses, la question à se poser est: Pourquoi est-ce que je devrais accorder de l’importance à trouver grâce aux yeux d’une personne qui choisit délibérément de toujours tordre les faits dans le but de ne penser que le pire de moi?  

Parce que, entre rester et subir son mépris, et subir son mépris parce que l’on part, la seconde option a au moins l’avantage de mettre fin à la situation.

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Les prophètes autoréalisateurs -VS- votre réputation (1 de 2)

Comme dans la majorité de mes billets, les genres et orientations citées ici sont interchangeables.  Je n’utilise ceux-là que pour l’exemple, afin de ne pas surcharger le texte.
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On a tous déjà connu au moins une personne qui a ce comportement en deux étapes: Elle commence par nous accuser en avance, et souvent à tort, de quelque chose que l’on n’aurait jamais fait.  Et ensuite (quand ce n’est pas simultanément à son accusation) elle s’arrange pour provoquer elle-même ce dont elle nous a accusé.  On se retrouve donc dans une situation dans laquelle nous n’avons que deux options: Subir éternellement cette accusation mensongère, ou bien l’accomplir ce qui en fait automatiquement une prophétie.  

Et même si on ne fait que la subir sans jamais la réaliser, en être sans cesse accusé fait que les gens autour de nous finissent par se dire qu’il n’y a pas de fumée sans feu.  Donc, face à une telle personne, quoi que l’on fasse ou non, on perd.

Ce comportement est tellement répandu qu’il a sa propre page sur Wikipédia:  La prophétie autoréalisatrice, de l’anglais Self-Fulfilling Prophecy.

Mais qu’est-ce qu’une prophétie autoréalisatrice?  Laissez-moi vous en donner trois exemples observés et/ou vécus: 

EXEMPLE 1: Le gars qui accuse à tort sa conjointe de vouloir le quitter, et qui lui fait des histoires à cause de ça.
Si la fille tient à lui montrer qu’il a tort, alors elle est manipulée à rester dans cette relation abusive dans laquelle elle subit ces accusations à répétitions. Si elle finit par en avoir assez de ces soupçons non-mérités et qu’elle le quitte, il peut alors crier haut et fort qu’il avait raison à son sujet tout ce temps-là.

Voilà pourquoi on parle de prophétie autoréalisatrice:  Cette prophétie ne se serait pas accomplie si elle n’avait pas d’abord été créée.

Et là où c’est parfois de la manipulation, c’est que pendant que la fille est occupée à tout faire pour ne pas donner à son conjoint l’impression qu’elle veut le quitter, elle n’a pas le temps de remarquer les défauts qu’il a. Des défauts qui pourraient vraiment lui donner de vraies bonnes raisons de le quitter.  Des défauts qu’il sait trop bien qu’il possède. Des défauts qu’il préfère camoufler en accusant sa conjointe de ce qu’elle ferait si elle les remarquait, et ce avant même qu’elle les remarque.

EXEMPLE 2: Celle qui accuse son conjoint d’être un homme violent, et qui fera tout pour l’exaspérer.
En poussant même la provocation jusqu’à aller elle-même l’agresser verbalement et/ou physiquement, de façon totalement gratuite.

Le gars se retrouve donc dans le même dilemme que dans mon exemple précédent : Réagir à la provocation en répondant de la même façon dont il se fait agresser (cri contre cri, coups contre coups) et ainsi devenir ce dont il a été si longtemps accusé à tort d’être.  Ou endurer des accusations mensongères, ainsi que des abus physiques et verbaux qui n’en finiront jamais.

Heureusement, dans ce cas-ci, il a aussi le 3e choix de la quitter pour de bon. Elle peut alors se plaindre, à raison, que seuls les hommes violents s’intéressent à elle, les autres la laissent tomber. Normal: Avec son attitude, il n’y a que trois choses qui peuvent arriver:

  1. Ou bien, en tant que victime auto-affichée,  elle attire les hommes violents, puisque ceux-là sont toujours à la recherche de victimes faciles.
  2. Ou bien, par ses provocations violentes, elle transforme l’homme doux en homme violent.
  3. Ou bien, par son attitude accusatrice et violente, elle repousse les hommes qui ont une personnalité trop douce pour répondre à sa violence par la violence.

Mais attention: Je ne dis pas que toutes les femmes victimes d’hommes violents l’ont bien cherché.  Au contraire! Je dis tout simplement que, dans le cas où la fille est une victime autoproclamée, ET une prophète autoréalisatrice qui se plaint à tort d’abus jusque-là inexistants, ET qu’elle fait tout pour provoquer les dits abus, alors là, oui, dans ce cas particulier, elle est la seule et unique cause de la situation dont elle se plaint.

EXEMPLE 3: L’amie qui m’exaspère en m’accusant d’être exaspéré.  Il n’y a pas que dans les relations de couple que les prophètes autoréalisateurs font des ravages. J’ai quelquefois eu à subir les accusations non-fondées d’une amie qui m’accusait de vouloir qu’elle s’en aille, me laisse tranquille, disparaisse de ma vie. Je vivais la chose comme du harcèlement et de la manipulation. Harcèlement parce que je me faisais sans cesse accuser faussement, et toujours de la même chose. Manipulation parce que, pour la rassurer, elle me forçait à lui dire que j’appréciais sa présence, et ce tout juste après m’avoir frustré contre elle avec ses accusations mensongères, donc juste au moment ou je l’appréciais le moins, celui où j’avais le moins envie de sa présence.

De par son attitude, elle avait transformé nos fréquentations. Ce qui était un plaisir au départ était devenu une obligation. Ce qui était positif était devenu négatif.

Avec les années, je me suis rendu compte que les prophètes autoréalisateurs ont une personnalité qui entrent dans l’une, l’autre ou plusieurs des sept catégories suivantes: 

1) Les gens méprisants envers autrui.
Eux, il veulent juste vous rabaisser.  Alors évidemment, ils n’ont pas la patience d’attendre de voir si vous avez quelque chose qu’ils puissent vous reprocher.  C’est plus simple pour eux de vous inventer un défaut, pour ensuite le provoquer.

Exemple: Une personne qui, du même souffle, t’écrit publiquement quelques commentaires rabaissant tout en te qualifiant de susceptible.  Ou bien tu ne réagis pas et ainsi la laisse continuer de te rabaisser, ce qui est son but.  Ou bien tu réagis et elle criera haut et fort qu’elle avait raison de te dire susceptible, ce qui est également son but.

Les forums et autres lieux d’échanges publics sur le net sont aussi riches en provocateurs qui, après avoir lancés insultes et accusations fantaisistes, vont vite s’empresser d’accuser d’avance les gens de ne pas aimer ce qu’il disent, ou les modérateurs de vouloir le bannir. J’en parlais déjà dans mon billet Devenez Membre de la CIA.

2) Les gens aussi pessimistes qu’orgueilleux.
Pessimiste, ils vont tout de suite s’attendre au pire de ta part.  Orgueilleux, ils ne pourront supporter d’avoir tort à ton sujet.  Ils vont donc créer eux-mêmes le problème et t’en faire porter le blâme.

Exemple: Un patron ou chef d’équipe qui, au premier coup d’oeil, te préjuge comme étant incompétent.  Pour montrer qu’il avait raison à ton sujet, il fera exprès pour ne pas tenir compte de ton bon travail, et il n’hésitera pas à le saboter, juste pour avoir quelque chose à te reprocher.  Il ira même jusqu’à mettre de la pression sur vos collègues pour qu’ils aillent se plaindre de toi, et ce qu’ils aillent des raisons de le faire ou non.

3) Les gens qui ressentent peu d’estime personnelle et/ou peu de confiance envers leurs capacités.
Ceux-là craignent tellement de se faire rejeter qu’ils vivent dans l’angoisse constante que ça arrive.  Aussi, c’est par prévention qu’ils vont t’en accuser d’avance.

Exemple: Tel que mentionné dans l’exemple 1 ci-haut.  Le gars qui va sans cesse accuser sa conjointe de vouloir mettre fin à la relation va effectivement, par cette accusation constante, lui donner envie de mettre fin à la relation. 

Comme on peut le voir dans mon billet Autopsie du Loser, on retrouve beaucoup de prophètes autoréalisateurs chez les gens peu habitués à réussir dans la vie.  À la recherche d’un bouc émissaire à blâmer pour ses propres incapacités, il finit par adopter la personnalité hautaine du gars capable de prévoir qu’il ne réussira pas parce que telle ou telle personne ne voudra pas lui laisser sa chance. Il aura ensuite face à cette personne une attitude qui va lui garantir cet insuccès qu’il avait prédit. Par exemple en draguant une fille ou en faisant application pour un travail, tout en accusant l’autre de façon sous-entendue de ne pas être intéressé par un gars comme lui. 

4) Les gens profiteurs manipulateurs.
Le meilleur exemple que je puisse trouver, c’était chez mes employeurs lors de mon second boulot de concierge résident.  Non seulement je travaillais de 60 à 80 heures semaine (ce qui, si on divisait mon salaire par mes heures, signifie que je gagnais bien en dessous du salaire horaire minimum), non seulement mes seuls congés étaient mardi et mercredi de 8:00 à 15:00, j’étais sans cesse accusé, à tort et en avance, d’être incompétent, paresseux, peu vaillant. Alors quand je m’écroulais de sommeil au travail après n’avoir pu dormir que deux heures sur quarante-huit, ils pouvaient, en effet, affirmer qu’ils avaient raison de m’accuser d’avance d’être le genre à dormir sur la job.  

5) Les victimes qui n’ont jamais apprises à être autre chose que des victimes.
Lorsque ces personnes vivent dans un environnement dans lequel elles ne sont pas victimes, elle vivent une situation qui leur est totalement étrangère.  Puisqu’un paradis inconnu peut être plus intimidant qu’un enfer familier, elles ne savent pas comment agir ou réagir.  Et cela peut être angoissant.  Alors inconsciemment, elles sont portées à recréer les situations qu’elles connaissent, et dans lesquelles elles sont habituées de vivre. Comme dans l’exemple 2 ci-haut, celle qui accuse son conjoint d’être un homme violent et qui fera tout pour l’exaspérer.  C’est que trop souvent, il est difficile d’apprendre à vivre en harmonie quand on a seulement appris à survivre dans la discorde.

6) Les gens souffrant de complexe de persécution.
Ça se voit dans ses accusations non-fondées : On veut les quitter, on veut les frapper, on veut les tromper, etc. Bref, à les entendre, tout le monde ne leur veut que du mal, ou bien en profiter, ou bien les rejeter.  Mais parfois, le complexe de persécution est juste une ruse, dans le but de pouvoir insulter les autres à loisir en leur empêchant tout droit de réplique.

Exemple:  Un voisin que j’ai eu il y a une dizaine d’années. Jeune noir, début vingtaine, arrogant et provocateur avec un petit sourire insolent permanent. Dès qu’il a aménagé au 3e étage d’un bloc voisin ce juillet-là, et ce jusqu’à ce qu’il fasse trop froid pour sortir, son gros fun était de se poster au balcon, seul ou avec ses amis, et d’insulter les gens qu’il voyait dans les cours arrières de la ruelle, en ne manquant pas de les accuser d’être des racistes s’ils osaient lui répondre.

7) Les gens narcissiques qui cherchent à cacher leur propre incompétence et/ou manque de réciprocité.
Que ce soit au travail, en amitié ou en amour, lorsque la personne a une mentalité à la « Je vais toujours penser le pire de toi, c’est à toi de me prouver sans cesse le contraire! », c’est souvent parce qu’elle cherche juste à te distraire.  Car en effet, pendant que tu travailles à trouver les moyens de lui prouver ta compétence, ton amitié, ton amour, tu n’a pas le temps de constater que tu ne reçois aucun signe de compétence, d’amitié ou d’amour de sa part. 

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Dans le prochain billet, je montrerai comment les prophètes autoréalisateurs font ce qu’ils veulent de votre réputation, et pourquoi ça finit toujours (heureusement) par foirer à long terme.

Y’A LIENS LÀ:
Sur Wikipédia, La prophétie autoréalisatrice
Mon billet Devenez Membre de la CIA
Mon billet Autopsie du Loser
Joignez la page Mes Prétentions de Sagesse sur Facebook.

 

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12 illusions fallacieuses qu’essayent de vous vendre les guides de séduction

Comment plaire aux femmes? 
Cette question, l’homme se la pose depuis que le monde est monde. Bon, en fait, il ne se la pose que depuis que la femme a le droit de choisir son partenaire, et surtout de le rejeter.  N’empêche que c’est une question qui fait le désespoir des gars impopulaires auprès des filles, et la fortune des éditeurs de livres de méthodes de séduction.

Eh bien moi, je vais vous dire toute la vérité sur le sujet, dans ce billet, directement, clairement et gratuitement. Je devrai hélas le faire en commençant par vous servir un fait choquant que vous ne voulez probablement pas savoir: Il n’existe aucune méthode infaillible pour séduire une femme. Ou du moins, pas à long terme.

Voilà!
Je l’ai dit.

Vous savez quoi?  Le simple fait qu’existent de tels bouquins, c’est pour continuer d’entretenir certaines illusions chez l’homme désespéré de plaire.  Comme:

ILLUSION 1: Le problème, c’est la femme.
Car en effet, pas un de ces manuels ne va dire à l’homme de s’améliorer de quelque façon que ce soit afin de devenir une personne désirable.  Si tu ne séduis pas, c’est juste parce que tu ne dis pas à la femme ce qu’elle veut entendre.

ILLUSION 2: Toutes les femmes sont manipulables.
Pensez-y un instant: Publier un livre au sujet des méthodes pour séduire, c’est affirmer que les femmes sont comme des objets.  Le simple fait que l’on publie un manuel d’instructions à leur sujet le prouve.  C’est comme si la femme était une télé, et que ce livre en était une télécommande universelle où tu trouveras quel bouton presser pour l’allumer.  Ce qui nous amène à:

ILLUSION 3: Toutes les femmes sont des amoureuses/amantes potentielles, il s’agit juste de savoir comment les draguer/séduire.
Archi-faux!  Chaque femme a ses propres goûts personnels au sujet du physique, de la personnalité, de l’âge, de la race, de la culture, du sexe et du statut social et financier de son partenaire idéal. Ces critères sont à leurs tours influencés par leur degré personnel de tolérance ou bien d’intransigeance, leur milieu social, familial et professionnel, et mille autre chose encore.  Ce qui fait que même chez deux femmes qui aimeraient exactement le type d’homme que tu es, l’une pourrait très bien vouloir de toi et l’autre non, justement à cause de toutes ces différences que l’on retrouve d’une femme à l’autre. Alors non, les femmes ne sont PAS toutes des amantes potentielles. 

ILLUSION 4: Le tout est de trouver la phrase d’approche infaillible.
Erreur!  La pick-up line, ça ne sert pas à séduire. Ça sert à briser la glace. Ça sert à effectuer un premier contact. Une fois ce premier contact fait, c’est ton look et/ou ta personnalité qui va faire que tu vas lui plaire ou non. Parce que la phrase d’approche parfaite n’existe pas. Il n’y a aucune parole qui, telle une formule magique, va instantanément te transformer en gars intéressant pour elle si tu ne corresponds pas déjà à ses goûts.  Et ça marche encore moins avec une pathétique phrase préfabriquée qui se voudrait humoristique.

ILLUSION 5: La femme n’a rien d’autre à faire de sa vie qu’attendre d’être séduite.
Ces bouquins ne le disent pas explicitement dans ces termes, mais c’est pas mal le message qui en ressort lorsque l’on voit qu’ils donnent des méthodes sur comment aborder une femme à une épicerie, une laverie, sur le trottoir, dans le métro, etc.  Hé, mec, désolé de briser tes illusions mais j’ai une p’tite nouvelle pour toi: La fille qui lit en public, là, elle ne le fait pas pour te passer le message comme quoi elle s’emmerde en attendant que tu la dragues.  Elle lit parce qu’elle veut lire, et non pour se faire emmerder par les dragueurs.  Celle à l’épicerie a à rentrer chez elle, le ranger. Celle à la laverie a à rentrer chez elle pour plier et ranger son linge.  Celle dans le métro y est parce qu’elle a une destination où se rendre.  Elles ont toutes autre chose à faire de leur vie, et ne peuvent donc pas être en mode séduisez-moi 24 heures sept jours.

ILLUSION 6: Pour séduire les femmes, il faut s’en foutre.
Celui qui y croit vraiment est pathétique, surtout parce quìl est bien placé pour savoir que c’est faux.  Cette fille que tu désires, celle pour qui tu cherches des méthodes de séduction dans le but de l’avoir, est-ce qu’elle t’a séduit uniquement parce qu’elle se fout de toi? Non, hein?  Elle a bien d’autre choses en elle qui t’attire, n’est-ce pas?  Ben voilà!  C’est pareil en inversant les sexes.  S’il est vrai que donner trop d’attention non-sollicitée à une femme risque de la repousser, faire le contraire et s’en foutre ne va pas l’attirer pour autant.

ILLUSION 7: Pour séduire les femmes, il faut leur manquer de respect.
Ces temps-ci, il y a une école de pensée qui s’appelle la technique du neg qui consiste à déstabiliser la fille en piquant sa curiosité, en lui donnant un compliment contenant une part de négativité (d’où le nom), dont le message se résume à « Mouais, t’es pas mal, mais je ne suis pas convaincu que tu as tout ce qu’il faut pour me plaire. » Il y a trois raisons pourquoi cette méthode est loin d’être infaillible.

  1. Si ce genre de taquinerie peut être amusante et intéressante entre célibataires qui se connaissent depuis quelques heures, voire quelques jours, en revanche c’est un peu trop familier comme phrase brise-glace.  
  2. Tout comme avec les autres techniques d’approche, ça ne peut marcher que si la fille retrouve déjà en toi le potentiel requis pour lui plaire.
  3. Il est difficile de bien doser l’apport de neg sans tomber dans la remarque blessante ou l’insulte. Bref, cette méthode risque de vous donner encore moins de chance que toutes les autres méthodes d’approche.

ILLUSION 8: C’est l’intérieur qui compte.
ILLUSION 9: L’important, c’est d’être beau, grand, musclé et riche.
Si j’ai collé ensemble ces deux principes illusoires, c’est parce que personne n’a jamais pensé de dire que ni l’un ni l’autre n’est universel, et voici pourquoi:  Ne me dites pas que vous n’avez jamais remarqué que les gens qui ne ressemblent en rien aux mannequins de magazines trouvent généralement leur âme soeur, se marient et fondent une famille alors qu’ils sont encore dans la vingtaine, tandis que les plus superbes canons de beauté vont d’une relation décevante à l’autre pour se retrouver, à 45 ans, célibataires et dépressif?

Normal: Quand tu es moins attrayant physiquement, tu séduis par ta personnalité.  Et si l’autre personne est séduite, c’est parce que vous êtes compatibles.  Par contre, plus on est beau, plus grand est le nombre de gens qui ne sont attirés que par notre beauté, et plus il est difficile d’y trouver la personne avec qui on est naturellement compatible.  Surtout si l’autre use de mille ruses et techniques pour te cacher sa nature véritable au début afin de t’avoir.  Vous savez, comme ce que vous recommandent de faire tous ces bouquins de techniques de séduction. Sauf que l’on ne peut pas faire semblant éternellement.  Tôt ou tard le naturel revient au galop, l’incompatibilité sort au grand jour, et c’est là qu’arrivent conflits, drames et séparations.

ILLUSION 10: On peut aisément séduire les femmes par l’humour.
L’erreur que font beaucoup de gars, c’est de pousser la chose trop loin.  Genre, passer la soirée à se prendre pour un humoriste en prenant la fille pour son public.  Il y a une différence entre toujours le mot pour rire et jamais le mot pour être sérieux.  Une fille qui aurait envie de passer aux choses sérieuses risque d’être plutôt refroidie par cette attitude.  Oui, un gars sans humour, c’est ennuyant.  Mais personne ne veut d’un gars qui exagère dans un sens ou dans l’autre parce qu’il n’a aucun sens de la mesure.

ILLUSION 11: On peut séduire une fille n’importe quand.
HA! Si c’était vrai, alors tous les soi-disant bons gars qui sont entrés dans la vie d’une fille en tant que bon ami proche dans le but de les séduire y parviendraient malgré des mois de relation platonique.  

Enfin, la plus fallacieuse de toutes, c’est celle-ci:

ILLUSION 12: Il est acceptable d’utiliser des trucs dans le but de séduire une fille.
De mes 15 à 25 ans, j’étais un soi-disant bon gars, un nice guy classique.  Lorsque je me faisais rejeter par les filles, l’une des raisons que je me faisais servir était « On se connait trop, tu es comme un frère pour moi. »  

Justement, en 1993, à 25 ans, j’étais de retour aux études, d’abord aux cours aux adultes pour finir mon secondaire, puis au cégep deux ans plus tard.  Puisque le retour en classes équivaut à faire de nouvelles rencontres en masse à chaque nouvelle session, j’ai constaté qu’en général, il y a toujours une période d’ambiguïté lors des trois premières semaines suivant la rencontre entre un gars et une fille. Trois semaines dans lesquelles, consciemment ou non, on tâte le terrain, on apprend à connaître l’autre, on est curieux de savoir si on est attiré et/ou attirant. 

Constater ceci m’a permis de voir que l’excuse comme quoi « On se connait trop! »  n’était pas si bidon que ça.  Car tout dépendant de si tu agis ou non, ce sont ces trois semaines qui vont décider si votre relation sera amicale, amoureuse et/ou sexuelle. À partir de la 4e semaine, si tu n’as pas fait connaître tes intentions, alors il sera trop tard.  La fille te classe dans le dossier « Amis seulement » et tu n’en ressors plus.  

Car oui, bien que le terme Friendzone n’existait pas encore à ce moment-là (Il n’allait apparaître que dans l’épisode The one with the blackout de la série Friends en 1994), le principe était déjà connu.

Donc, si je voulais séduire, je devais profiter du seul charme que je possédais; le charme de la nouveauté.  Faire accroire à la fille qu’elle était peut-être intéressée à moi, et ce avant qu’elle n’ait le temps d’apprendre ce que je suis vraiment.  Parce que si je lui laisse le temps de réfléchir, elle va réaliser que non, jamais en 100 ans elle ne me voudrait comme amoureux, et encore moins en tant qu’amant.  Alors si je veux baiser, j’ai intérêt à me grouiller.  

C’est également à cette époque que, tel que mentionné dans mon billet précédent, j’ai développé ma méthode d’approche qui est « Respecte toujours son NON, mais n’attends jamais après son OUI. »  Aussi, dès 1995, rendu à 27 ans, au cégep, dès la première, seconde ou troisième semaine, je m’essayais sur chaque fille qui avait l’air de voir en moi le charme de la nouveauté.  Et je n’attendais pas d’y être sollicité.  Je faisais les premier pas.  En gestes, et non en paroles.  Parce que c’est plus difficile pour elle de dire non quand on a déjà commencé.   Et dans 90% des cas, en effet, elles répondaient positivement.  J’ai donc pu voir par moi-même que oui, séduire la fille avant qu’elle ait le temps de te connaitre vraiment, ça fonctionne.

Sauf que, et vous constaterez que l’on voit ça souvent chez les couples qui se sont formés trop vite pour avoir eu le temps de se connaitre: Une fois que le charme de la nouveauté est passé, ils constatent qu’ils ne sont pas si compatibles que ça.  Et c’est là que les problèmes surviennent.  Mais voilà, ils sont déjà en couple.  Alors ils continuent de sortir ensemble, de baiser ensemble.  Parce que l’idée d’essayer d’arranger les choses, c’est quand même moins pénible que celle de se mettre en état d’échec amoureux en cassant.  

N’empêche que si la fille avait eu le temps de bien connaître le gars, jamais elle n’aurait accepté d’être en relation amoureuse, et encore moins sexuelle, avec lui.  Ce qui signifie que dans le fond, les trucs de séduction, ça sert juste à manipuler la fille au moment où elle est encore à l’état d’ignorance, afin de l’amener à subir volontairement ce qui équivaut à un viol. Parce que baiser avec un gars avec qui jamais on n’aurait voulu le faire, c’est un viol.  

Et c’est en constatant ce fait que l’on se rend compte de toute l’horreur que représentent les guides de séduction.  Des guides qui ne font que contribuer, à leur façon, à la culture du viol.  

Mais alors, comment faire pour plaire?
Il y a moyen de plaire à une fille sans pour autant la manipuler à croire que vous êtes faits l’un pour l’autre.  Il suffit de… :

  • Être gentil sans être son esclave.
  • Être poli sans se prosterner à ses pieds.
  • Être décisif sans être contrôlant.
  • Être sûr de soi sans être prétentieux.
  • Lui montrer de l’intérêt sans être insistant.
  • S’intéresser à elle sans en être obsédé.
  • Lui parler sans pour autant monopoliser la conversation.
  • L’écouter sans pour autant rester muet.
  • Bref, avoir une personnalité assez forte pour s’affirmer mais pas assez écrasante pour étouffer la sienne.

Et surtout, ne jamais essayer de l’impressionner, parce qu’il n’y a rien de plus risible qu’un gars qui essaye de se vendre. Autrement dit, aussi cliché que ça semble: Rester naturel.  À partir de là, ce sera le degré de votre compatibilité naturelle qui décidera si vous êtes faits pour être ensemble ou non.

Et si ça ne marche pas?
Alors dans ce cas-là, ça veut juste dire qu’elle n’est pas intéressée par un gars dans ton genre, donc que ce n’est pas celle pour toi. C’est une bonne chose à savoir. Parce que sérieusement, pourquoi est-ce que tu voudrais gâcher ta vie en la partageant avec quelqu’un qui n’aime pas ce que tu es?

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Elle a dit OUI par peur des conséquences de dire NON.

Il y a 20 ans, cette année, j’ai appris que dans certaines circonstances, je pouvais, si je le voulais, devenir un agresseur sexuel, et personne ne pourrait jamais m’en condamner au sens légal.  Laissez-moi vous raconter comment j’ai fait ce triste constat.

Printemps 1997. J’ai 28 ans. Je suis chez un couple d’amis.  Il est passé deux heure du matin.  Le party vient de finir.  La majorité des invités sont partis, sauf deux ou trois qui ont été invités à passer la nuit, dont moi. Je suis couché au salon, dans le grand divan-lit, que je partage avec Audrey, une demoiselle de 19 ans.  

Audrey et moi nous nous sommes rencontrés ici-même il y a quelques heures. Nous avons passé la majorité de la soirée à jaser ensemble, chose que nous continuons de faire maintenant.  Puis, décidant qu’il est temps de passer aux choses sérieuses, je passe doucement ma main sur sa joue, l’incitant à tourner son visage vers moi, et je l’embrasse doucement, histoire de tâter le terrain.  Elle répond favorablement, en posant sa main sur mon épaule, ouvrant la bouche et glissant sa langue dans la mienne.  Après quelques minutes de french-kiss, comme il est de mon habitude dans ces cas-là, je passe à l’étape suivante qui est de commencer à lui caresser les seins, histoire de lui faire comprendre clairement mon désir d’aller plus loin.  Audrey comprend.  Aussi, elle interrompt nos embrassades pour dire:

« Ben…  Là chus dans ma semaine pis j’porte un tampon, fa que ça m’tente pas ben ben.  Mais si tu y tiens vraiment, je peux toujours te branler.  Au pire, je pourrais sucer. »

Ces phrases résonnent dans ma tête.  Instantanément, je rejoue mentalement tout ce qu’elle vient de me dire.  Et je note certains passages en particulier.  

« Ça m’tente pas. »
« Si TU y tiens vraiment. »
 » Je peux toujours. »
 » Je pourrais. »
« AU PIRE!« 

Je ressens aussitôt la malaisante impression je suis à deux doigts de commettre une agression sexuelle.  En fait, je me sens comme si je l’avais déjà commencée, cette agression.  Ceci me déstabilise moralement.  Aussi, c’est d’une voix calme et posée que je lui répond:

« Naah!  Merci, mais pas obligée, chuis épuisé.  J’ai toute ma journée dans le corps aujourd’hui. Y’a eu le cégep, le cours d’éducation physique, j’ai aidé une amie à déménager, puis après ça y’a eu le party ici, sans oublier l’alcool…  Je remettrais ça à une autre fois, si ça adonne, et si on en a encore envie tous les deux.  Ça te va? »
« Ben correct! »

Sur ce, dernier petit baiser rapide, souhaits de bonne nuit, je lui tourne le dos et m’installe pour dormir.  

Un an et demi plus tôt, je quittais la plus longue et la plus toxique relation de ma vie.  J’étais de retour aux études, à 27 ans, au cégep.  Puisque j’étais 8-9-10 ans plus âgé que les autres étudiants, je ne m’attendais pas à me faire des amis.  Voilà pourquoi j’ai été totalement pris au dépourvu lorsque quelques filles m’ont approché en me désirant comme amoureux et/ou amant.  Il faut dire qu’après avoir passé les cinq années précédentes coincé dans une relation dans laquelle j’étais sans cesse rabaissé à tous les niveaux, je ne m’étais jamais rendu compte que j’étais devenu beaucoup plus regardable que la dernière fois que j’étais allé à l’école.

Cette nouvelle popularité auprès de la gent féminine m’a fait passer à travers quatre étapes:

Étape 1: Subir quelques déboires amoureux et sexuel, puisque je ne savais pas du tout comment réagir aux avances de ces filles.  Par conséquent, elles perdaient intérêt devant mon manque de réaction.  Ou devant le fait que je réagissais, mais incorrectement
Étape 2: Subir quelques déboires amoureux et sexuel, puisque je réagissais positivement à toutes les propositions de toutes les filles.  Par conséquent, j’avais de la difficulté à jongler avec le fait d’avoir plusieurs amantes à la fois, me faisant surprendre quelquefois en situation d’adultère.
Étape 3: Subir quelques déboires amoureux et sexuel, puisque je me laissais choisir par n’importe qui.  Disons que quand l’amour du sexe est tout ce que nous avons en commun, ça ne fait pas les meilleures relations amicales, encore moins amoureuses.

Aussi, depuis le début de l’année ’97, j’ai décidé de changer complètement mon attitude et de passer à l’étape 4:   Agir en Homme, en vrai!  From half-a-male to Alpha Male.  Puisque le cégep me donne accès à un grand bassin de population féminine qui se renouvelle sans cesse, j’allais en profiter à fond.  Et désormais j’allais avoir le contrôle.  J’allais choisir moi-même mes amantes, sans retenue.  Je me suis même donné comme défi pour l’année ’97 de coucher avec plus de filles que durant toute ma vie jusque-là.  J’allais être fonceur. Déterminé! Conquérant!  

Mais attention, fonceur ne veut pas dire défonceur.  J’allais quand même continuer à avoir une certaine retenue et un respect de leurs limites. Voilà comment j’ai créé ma devise: N’attend pas après son OUI, mais respecte son NON.  

Après une vie entière à rater de multiples occasions de baiser parce que j’étais trop passif, cette méthode m’a été jusqu’à maintenant infaillible.  Aucune ne m’a encore dit non.  Ça m’a même permis de constater que même les filles qui n’avaient manifesté aucun désir sexuel pour moi étaient capable d’en avoir dès l’instant où je leur manifestais le mien.   C’est autant de relations sexuelles que je n’aurais jamais eues si, comme avant, j’aurais attendu passivement que l’autre me montre son intérêt, un intérêt que je ne faisais rien pour lui donner.  Ce qui me prouve que j’ai bien fait de l’adopter, cette méthode.  

Et là, couché sur ce divan-lit, tournant le dos à Audrey, pour la première fois, j’ai un doute au sujet de ma méthode.  Jusque-là, j’ai toujours cru qu’elle était irréprochable puisque quoi qui se passe, les filles sont assurées de mon respect de leurs limites.  

Mais, et c’est là où ma méthode fait défaut, encore faut-il que les filles le sachent, que je vais les respecter, leurs limites.  Et ce soir, la réponse d’Audrey face à mes avances m’a bien démontré que non, rien dans mon attitude ne pouvait le lui faire savoir.

Et pire encore: Audrey m’a démontré que mon désir pour elle lui faisait peur.  Elle n’avait aucune envie sexuelle à mon égard.  Mais elle avait tellement peur de ma réaction face à son refus, qu’elle était prête à acheter la paix en m’offrant une compensation sexuelle, en s’offrant de me masturber.

Ou, au pire, me sucer.

« AU PIRE! »

J’ose à peine imaginer les réaction négatives et violentes qu’elle a dû recevoir dans le passé, de la part des gars à qui elle s’est refusée sexuellement, pour considérer aujourd’hui que faire une fellation à un homme qui ne lui plait pas, c’est la moins pénible des deux options.

C’est sûr que techniquement, j’aurais pu l’accepter, sa proposition.  D’accord, c’est moi qui a initié le premier contact physique.  N’empêche qu’elle a répondu positivement à mes baisers.  Et c’est elle qui m’a ensuite offert branlette et pipe sans que je ne lui demande quoi que ce soit, ni que je lui mette de pression.  Je pourrais en profiter.  Je pourrais me retourner sur le dos, baisser mon pantalon, et lui dire: « Ok, j’accepte la fellation que tu m’offres. »  Je ne ferais que dire oui à sa proposition.  Aucun jury ne me condamnerait de l’avoir fait.  

N’empêche que la première chose qu’elle m’a dite, c’était qu’elle n’en avait pas envie.  Et ses « si tu y tiens vraiment », son « je pourrais », et surtout son « au pire », ça me montre clairement qu’elle le ferait contre sa volonté.   Et avoir du sexe contre la volonté de notre partenaire, c’est un viol.  Et même si ce viol est consenti, ça reste un viol quand même.

Je l’ai souvent répété: En situation sexuelle, 75% de mon excitation provient du fait que je sais que la fille me désire, qu’elle a envie de moi, qu’elle aime ce que l’on fait.  Que ce soit de l’instinct naturel, un réflexe acquis, du respect ou de l’orgueil, peu importe, il reste que c’est comme ça.  Dans de telles conditions, après ce qu’elle vient de me dire, il m’est impossible de voir en Audrey quelqu’un avec qui je puisse prendre plaisir à avoir une relation sexuelle.  Par conséquent, mon excitation a tombé et mon désir a disparu.

J’aurais pu tenter de la rassurer en lui répondant que j’avais compris son message.  Mais j’ai aussi compris que cette fille avait peur.  Peur de mon désir sexuel.  Peur que j’insiste.  Peur de moi.  Elle avait donc probablement tout aussi peur que je vois clair dans son bluff, en comprenant qu’en réalité elle ne voulait rien faire de sexuel avec moi.  Voilà pourquoi je lui ai répondu la seule chose qui pouvait la rassurer: Lui dire que finalement, je suis trop fatigué pour en avoir envie. Ça lui a évité de devoir faire les activités sexuelles qu’elle m’avait proposé à contre-coeur, et ça lui a enlevé la crainte de subir des représailles de ne pas me les avoir fait.

Toute ma vie jusque-là, à force de voir les gars gentils et timides se faire dire non par les filles, et à voir les gars fonceurs se faire dire oui par ces mêmes filles, j’en suis arrivé, comme la majorité des gars, a croire que les filles aiment les gars fonceurs.  Eh bien ce soir-là, pour la première fois, j’ai compris que si une fille dit oui à un gars fonceur, ce n’est pas nécessairement parce qu’elle le veut vraiment.  C’est parfois parce qu’elle a peur des conséquences de lui dire non.  

… Ce qui signifie que, de toutes ces filles qui m’ont dit oui depuis que j’utilise cette méthode, il y en a peut-être qui auraient préféré me dire non.  Ce qui signifie que sans le savoir, j’aurais été un agresseur sexuel.

Et voilà pourquoi j’ai changé ma méthode d’approche.  Depuis ce soir-là, il m’arrive encore de proposer lorsque la fille me fait envie.  Et bien entendu, je continue de respecter son manque d’intérêt.  Mais maintenant, non seulement j’attends son approbation avant d’agir, je suis beaucoup plus attentif aux signes qui pourraient démontrer qu’elle ne m’aurait dit oui que par peur des conséquences de me dire non. 

Parce que même lorsqu’un agresseur sexuel reçoit l’autorisation de sa victime, ça ne change rien au fait qu’il est un agresseur sexuel.  Et ça, ce n’est pas quelque chose que je veux être.

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S’entraîner avec sagesse.

Voici à quoi ça ressemble, au bout de six mois, une résolution du nouvel an qui n’est pas abandonnée en cours de route.  À l’aube de mes 49 ans, me voilà dans la meilleure forme de ma vie, et c’est sans la moindre appréhension que je vois arriver la cinquantaine. 

Ce qu’il y a de bien, lorsque l’on fait sans cesse des efforts afin de s’améliorer non-stop, c’est que l’on n’a jamais besoin de ressentir de la nostalgie pour ce que l’on a déjà été.

Bien que l’on voit déjà l’amélioration, je ne suis encore qu’à mi-chemin avant d’atteindre l’objectif que je me suis fixé, c’est à dire atteindre mon plein potentiel personnel de force et d’endurance.  Ensuite, je passerai à l’étape plus relaxe, celui de l’entretien.  C’est à dire passer de l’entrainement intense et régime modéré actuel, à l’entrainement modéré et régime relax.  Prendre mon poids une fois par semaine, et ajuster entrainement et nourriture de la semaine à ce moment-là, pour m’assurer de garder stable la bonne forme.  

Il y a une personne, ex-connaissance à moi, qui avait aussi comme résolution l’amélioration physique pour l’été de 2017.  Et cette personne a échoué en un an ce que j’ai réussi en six mois.  Il faut dire que notre approche de l’entrainement est très différente.  Et c’est en l’observant que j’ai compris pourquoi certaines méthodes fonctionnent alors que d’autres non.  Par exemple, tandis que…

L’AUTRE : Se plaignait sans cesse comme quoi il y avait toujours foule au gym, et que ça lui est un turn-off total.
MOI : Je faisais partie de la foule.  Mieux encore: J’utilisais la foule.  À chaque fois qu’une machine que je voulais était occupée, au lieu d’attendre et/ou de chialer, j’allais à la première machine libre que je voyais.  Machine que, autrement, je n’aurais pas été porté à utiliser.  Ça a diversifié mon entrainement.  Ça a même rajouté à ma routine des exercices que je n’aurais pas découvert autrement.

L’AUTRE : Courait pour aller nulle-part, sur les tapis roulants et les elliptiques.
MOI : La course, je la faisais deux fois : De chez moi en allant au gym, et ensuite du gym en allant chez moi, ce qui est beaucoup moins ennuyant. D’ailleurs…

L’AUTRE : Recherchait sans cesse une personne pour l’accompagner dans ses exercices, car elle trouvait l’entrainement ennuyant.
MOI : Je ne m’ennuie pas.  Au contraire, le fait d’observer, de penser à chaque exercice, de les planifier, de les diversifier, de me concentrer sur ce que je fais, fait que je n’ai pas besoin d’une personne pour me distraire.  Parce que c’est tout ce que ça ferais, justement: Me distraire de mes exercices, ce qui serait contre-productif.

L’AUTRE : N’utilisait pas ce que le gym pouvait vraiment offrir.
MOI : Car en effet, la course, le cardio, on peut faire ça partout à l’extérieur.  Par contre, les poids, haltères et autres machines à travailler les muscles, on ne peut pas trouver ça dans la rue.  C’est donc là-dessus que je travaille lorsque je vais au gym.

L’AUTRE : Ne faisait que du cardio.
MOI : Je fais de tout: Bras, jambes, poitrine, ventre, dos, muscu, cardio, force, résistance, endurance… Le corps brûle les gras et prend du muscle beaucoup mieux lorsque toutes les parties sont sollicitées, surtout de toutes les façons.  

L’AUTRE : Se vante d’avance de ses résultats à venir.  C’est une très mauvaise idée, car une fois que l’on a conditionné tout notre entourage à attendre nos résultats, ça nous met de la pression.  Ça transforme en corvée obligatoire ce qui aurait dû être une activité volontaire, et ça devient d’autant plus humiliant si on échoue dans nos objectifs.  
MOI : Je suis resté humble et discret.  Ainsi, ma victoire actuelle est une annonce agréable et positive qui prend tout le monde par surprise.  Et si j’avais échoué, alors personne ne l’aurait su.

L’AUTRE : Son objectif: Perdre 60 lbs / 27 kgs.  Par conséquent, son but était encore très loin.
MOI : Mon objectif: Aller au gym de 2 à 4 fois par semaines, faire 10 exercices, trois sets de 10 répétitions, jamais les mêmes exercices que le jour précédent.  Donc, à tous les jours où je revenais du gym, j’étais satisfait car j’avais atteint mon but.  Donc, tandis que…

L’AUTRE : Met son focus sur la perte de poids, donc sur le résultat de l’exercice…
MOI :  Je mets mon focus sur l’exercice.  Non seulement ça m’apporte la satisfaction quotidienne d’avoir atteint mon but, le résultat sous forme de perte de gras et de gains musculaires ne devient plus qu’un bonus, une prime qui se rajoute agréablement à la satisfaction du travail bien fait.  Par conséquent…

L’AUTRE :  Changeait de succursale, recherchant le gym qui lui conviendrait, sans jamais vraiment le trouver.
MOI :  Je m’adapte! Non mais sérieux, là, le principe de faire de l’exercice, c’est de forcer le corps et l’esprit à s’adapter à des situations qui ne lui sont pas familières, d’où évolution à tous les niveaux.  On va au gym pour chercher le challenge, l’inconfort.  Si tu y vas pour chercher ton petit confort, c’est perdu d’avance.

L’AUTRE : Bon, j’avoue, je ne connais rien de son régime alimentaire.  Tout ce que je peux dire, c’est que pour bien des gens, un régime consiste à manger moins, et à abandonner toute la junk food qui lui faisait tant envie.  Elle se retrouve donc à vivre sur une nourriture qui ne lui est pas familière, à quantité insatisfaisante, et à déprimer au sujet de tous ces mets qu’elle ne pourra plus jamais se permettre.
MOI :  J’ai utilisé une méthode en trois facettes:
– Facette 1: Je ne change pas la quantité de nourriture à laquelle je suis habitué.  Mais bon, au départ, je ne mangeais pas comme un ogre non plus.
– Facette 2: Six jours semaines, que des fruits, des légumes, peu de volaille, presque pas de viande, pas de pain ni ses dérivés.
– Facette 3: Le samedi, je mange tout ce que je veux, la quantité que je veux.  Car en effet, renoncer à la poutine et à la pizza pour toujours, ce serait déprimant.  Il m’est beaucoup plus facile moralement de me dire que samedi s’en vient.

L’AUTRE : Y a renoncé, préférant maintenant nier la réalité, se mentant à soi-même, se faisant accroire qu’elle vieillit avec grâce plutôt qu’avec grasse, et ignore délibérément tous les problèmes de santé que ça va lui valoir dans les années à venir.
MOI : Je continue le cardio, la bonne alimentation, la musculation, l’endurance, et, par conséquent, l’évolution positive.

Mais je crois que la plus grande différence, c’est le fait que pour…

L’AUTRE : Les exercices et la bonne alimentation sont un mal nécessaire, une obligation planifiée pour n’être que temporaire, le temps d’atteindre la bonne forme.
MOI : Les exercices et la bonne alimentation sont un bien nécessaire, quelque chose de volontiers, que je planifie bien garder pour le reste de ma vie, pour garder la bonne forme longtemps.

Ceci dit, si ma tendance habituelle se maintient, d’ici quatre ans, j’aurai repris le poids perdu.  Je ne crois pas que ça va arriver.  Mais même si c’est le cas, et alors?  Premièrement, j’aurai toujours les gains musculaires obtenus.  Ensuite, je n’aurai qu’à recommencer, et je réussirai de nouveau, voilà tout.

 


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Ça a été ma fête. Ou: Les 20 désagréments de mes 29 ans.

Dans quelques semaines, je fêterai mon 49ième anniversaire.  Et si je me souviens encore de celui d’il y a vingt ans, ce n’est pas par nostalgie.

Juillet 1997.  Je viens d’avoir 29 ans.  Je sors avec une jolie étudiante du nom de Camélia, âgée de 20 ans.  La semaine, je suis administrateur (et résident) des Résidences Étudiantes du Cégep André-Laurendeau.  Les weekends je travaille au restaurant végétarien Le Commensal, situé près de l’Oratoire St-Joseph.  

À l’époque, je ne suis pas encore un partisan de la bouffe santé.  Aussi, ce samedi-là, je suis bien embêté de voir que j’ai oublié mon lunch chez moi.  Je me vois donc obligé de manger la seule chose qui se rapproche de mon menu habituel, soit la lasagne végétarienne.  Après le boulot, je me rends aux casiers, j’y laisse mon uniforme, et je me remets en shorts et T-shirt, ce qui sied avec la température actuelle de 27°C.

Cette année-là, mon anniversaire tombait un lundi.  Voilà pourquoi Camélia a préféré attendre le samedi suivant pour me fêter.  Je me suis donc rendu directement chez elle, à Kirkland, ce qui, à partir de mon boulot, demande un trajet de deux métros, deux bus et deux heures.   Ses parents étaient partis pour la fin de semaine.  Elle en a donc profité pour me faire la plus surprenante des surprise-party.  Il y avait une vingtaine d’invités, représentant mes amis du cégep, ceux du monde de la BD, et quelques uns de mes vieux amis de St-Hilaire, dont mon bon vieux copain Carl.  Ça avait beau faire deux ans que j’avais changé de vie pour le mieux, jamais avais-je eu droit avant à une si grande marque d’appréciation, d’un aussi grand nombre de personnes.  

À la fin de la soirée, après que les derniers invités soient partis, Camélia m’a fait rester, car elle était maintenant prête à m’offrir la seconde partie de mon cadeau, soit quelques heures de baise.  Un fringuant jeune homme de 29 ans ne dit pas non à ça.  Et lorsque nous avons enfin déclaré forfait, passé une heure du matin, je n’avais autre choix que de passer la nuit là.  Elle a réglé le réveil pour que je me lève à 5:30 am, ce qui me laissera 30 minutes pour me lever, déjeuner et partir, et les deux heures de bus et métro requises pour arriver au boulot à temps.

Dimanche matin, la sonnerie du réveil marque le début d’une longue suite de désagréments.

Premier désagrément: Le réveil. J’ai dû dormir à peu près quatre heures en tout. La fatigue + l’alcool pris la veille me donnent une désagréable gueule de bois.

2e désagrément: Je gèle!  Quelques heures plus tôt, lorsque l’on s’est endormis, la température avait encore le Celsius dans la vingtaine.  Aussi, on a laissé la fenêtre ouverte.  Eh bien ce matin il fait 12°C.   Et comme le veut le cliché, ma tendre moitié s’est emmitouflée dans les couvertures cette nuit, me laissant exposé au froid.

3e désagrément: Étant riches et snobs, les parents de Camélia ne connaissant pas le pain blanc tranché.  Dans une miche de pain de foin entier, je me taille maladroitement des tranches trop grosses pour le grille-pain, que je me vois en plus obligé de manger nature car la seule chose qu’il y a de tartinable ici, c’est de la marmelade d’orange, et j’ai horreur de ça.

4e désagrément: 12°C, quand on n’a rien d’autre qu’un T-shirt et des shorts, c’est inconfortablement froid.  Surtout au grand vent qu’il y a ce matin.  Je marche jusqu’au boulevard et je m’assois à l’arrêt de bus, qui n’est pas un abribus mais un simple banc, dans l’attente du premier bus, un local, qui ne fait que les rues de Kirkland.

5e désagrément: Je suis patient, mais au bout de 20 minutes d’attente dans le froid, je commence à en avoir un peu assez.  Histoire de ne donner une idée du temps qu’il me reste encore à attendre, je me lève et je vais jeter un oeil à l’horaire du bus pour savoir quand est-ce qu’il passe, au juste.

6e désagrément: Je constate que je viens d’attendre pour rien.  Ce bus ne passe pas le dimanche.  Il fallait s’y attendre.  Kirkland est un de ces endroits de riches, avec surtout des maisons privées, où vivent des familles biens établies en suivant les valeurs à l’ancienne. Autrement dit, ici, le monde travaille du lundi au vendredi, parfois le samedi, mais jamais le dimanche. Par conséquent, l’autobus n’a aucune raison de passer ce jour là pass’que tout est fermé et que les gens restent chez eux. Et s’il y en a qui ont à se déplacer, ils ont leur auto pour le faire. Par conséquent:

7e désagrément: Je me vois obligé de marcher un autre 20 minutes le long du boulevard pour me rendre à l’arrêt de l’autre autobus qui, lui, va m’amener jusqu’au métro Lionel Groulx. Si seulement j’avais consulté l’horaire du bus local dès mon arrivée, je serais déjà en train d’attendre le 2e bus en ce moment, ou peut-être serais-je déjà dedans.  Je marche dons à pas rapide, du côté ensoleillé de la rue, dans l’espoir de me réchauffer quelque peu.

8e désagrément.  Une fois rendu à l’intersection, je constate qu’il y a des arrêts de bus aux quatre coins, mais un seul qui n’a ni abribus ni banc: Le mien.  Au moins, l’horaire de bus de celui-là confirme qu’il passe les dimanches, et le prochain sera dans onze minutes.  C’est déjà ça.

Accoté à un arbre à me les geler en attendant le bus, il me prend une banale envie de flatuler.  Je suis seul et au grand air, pour ne pas dire au grand vent, alors comme de raison je me laisse aller sans retenue.

9e désagrément: Ce n’était pas gazeux! C’était liquide!  Je ne peux m’empêcher de lâcher à haute voix mon répertoire de mots d’église par ordre alphabétique.  Pendant un instant, je songe à aller me réfugier dans l’un des trois abribus afin de rapidement enlever mes shorts et jeter mon caleçon.  

10e désagrément: … Mais voilà que j’aperçois le bus qui arrive.  Je ne peux pas me permettre de le rater.  Je me vois donc obligé d’embarquer, de m’y asseoir, et de passer toute l’heure suivante à devoir endurer le visqueux qui m’imprègne désagréablement les poils du cul.

De retour au métro Lionel Groulx, j’emprunte la ligne orange, pour ensuite transférer sur la ligne bleue. Inutile de dire que j’ai hâte d’arriver pour pouvoir me torcher, nettoyer mes bobettes dans l’évier des bécosses du resto, et me changer en linge de job, en espérant que le fait d’étendre mes boxers dans mon casier pendant 8 heures sera suffisant pour les faire sécher. J’ai horreur d’avoir le paquet à l’air dans mon pantalon, mais là je n’aurai pas le choix.

11e désagrément: J’arrive en retard.  Bon, d’une seule minute, donc pas assez pour me faire engueuler, mais c’est chiant quand même. D’ailleurs, parlant de chiant, j’avais très hâte de pouvoir me réfugier aux toilettes du boulot parce que mon accident de tantôt n’était que le précurseur de ce qui s’en vient.  Car en effet, depuis un bon quart d’heure…

12e désagrément: J’ai de la pression intestine qui va en augmentant, avec des crampes qui reviennent par vagues de plus en plus rapprochées. Ça va être un miracle si je n’explose pas avant d’arriver. c’est avec soulagement que j’agrippe la poignée de la porte principale du Commensal et que…

13e désagrément: La porte refuse d’ouvrir.  Eh oui, la place est verrouillée. Je ne comprends pas!  D’habitude à cette heure là, il y a déjà au moins un cuisinier + Étienne et Patrick, mes deux autres collègues bus boy / plongeurs.  Il n’y a aucune explication, rien d’affiché sur la porte.  C’est juste fermé, c’est tout!  Je réfléchis.  J’essaye de me rappeler si aujourd’hui est un jour férié ou de congé spécial.  Mais non, pour autant que je sache, il n’y a rien du tout.  Je vais à la croissanterie située juste au dessous du Commensal. On partage une entrée commune, alors ils doivent bien savoir ce qui se passe. L’employé me dis qu’il n’en sait rien.  Bah, en attendant que le mystère s’éclaircisse, je vais au moins en profiter pour utiliser leur toilettes. Mon statut d’employé d’un commerce de la place me permet de passer outre le règlement comme quoi les toilettes sont réservées pour les clients seulement. Aussi, je me dirige expressément vers les toilettes…

14e désagrément:  … qui sont déjà occupées.  Pour les dix minutes qui suivent, je me vois obligé de prendre mes crampes en patience et pousse la résistance de mes sphincters à leurs limites en attendant que le client finisse par sortir des bécosses!

Après avoir enfin pu les utiliser, j’en ressors fortement soulagé, caleçon en moins sous mes shorts puisque je l’ai abandonné dans la poubelle.  Je passe les heures suivantes à attendre en vain l’ouverture du resto.

15e désagrément: J’ai faim!  Il est presque midi.  Je n’ai aucun argent sur moi pour m’acheter à manger.  Travaillant dans un resto, je m’attendais à manger sur place.  je n’ai donc rien amené comme lunch de chez Camélia.  Je dois me rendre à l’évidence, Le Commensal est fermé aujourd’hui, je rentre donc chez moi, affamé.

16e désagrément: Une heure plus tard, à peine entré chez moi, je dois me précipiter de nouveau à la salle de bain de toute urgence.  Je commence à croire qu’il y avait quelque chose dans la nourriture servie dans mon party d’anniversaire la veille qui n’était pas de première fraîcheur, parce que j’ai les intérieurs qui veulent vraiment pas le garder.  Soulagé de nouveau, je prends une douche bien méritée, et surtout bien nécessaire.

En sortant de la salle de bain, je vois qu’il y a des messages sur le répondeur téléphonique. Je les écoute. L’un d’eux, qui m’a été laissé la veille, est de Lise, l’assistante-gérante du Commensal. Elle me dit que je n’ai pas à me présenter au Commensal dimanche, donc aujourd’hui, car ça va être fermé.

17e désagrément:  Je constate que si je n’avais pas passé la veille chez Camélia, ou si j’avais pris la peine de vérifier mes messages, j’aurais pu m’éviter une bonne partie des désagréments des sept dernières heures.

Et pourquoi est-ce que le Commensal est fermé, au juste?  Eh bien, c’est qu’on leur a signalé des cas de clients qui ont été contaminés la veille par un item du buffet. À cause de ça, le resto va être fermé quelques jours, le temps que tout soit décontaminé, et que les employés contaminés se fassent tester et soigner s’il y a lieu.

Et de quel item et de quels symptômes s’agit-il au juste?

18e désagrément: La lasagne végétarienne, contaminée par un virus qui donne la diarrhée.

19e désagrément: De toutes les journées pour oublier son lunch, pourquoi a-t-il fallu que je laisse le mien chez moi CE JOUR-LÀ EN PARTICULIER?  

20e désagrément: De tous les mets parmi la soixantaine disponible au buffet, pourquoi a-t-il fallu que mon choix se porte sur CELUI-LÀ EN PARTICULIER?

Les gens ont beau dire que la chance, c’est quelque chose que l’on se fait soi même parce que la malchance n’existe pas puisque ce n’est qu’une conséquence de nos mauvaises décisions….  N’empêche que je ne vois vraiment pas comment le fait d’oublier mon lunch aurait pu être une décision de ma part.  D’accord, oui, à cause de ça, j’ai décidé de manger de la lasagne.  Mais comment aurais-je pu savoir qu’elle était contaminée?  

J’aurai appris au moins une chose de ce weekend-là, et c’est que parfois, peu importe ce que tu fais ou ne fais pas, il arrive que le hasard mette tout en oeuvre pour te faire chier.

 

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Eh oui, quoi de mieux pour me pousser à garder le rythme de production, qu’en publiant les BD de La Clique Vidéo dans une page Facebook deux fois par semaine, les mardis et jeudis!?

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« Tope-la sur la tronche » en québécois.

Rappelons que lors du dernier Festival de BD francophone de Québec, j’ai remporté le prix Jacques-Hurtubise pour encourager la nouvelle création en BD.  Il m’a été remis par Hélène Fleury, membre du jury et cofondatrice du magazine Croc.  Un chèque de mille dollars, gracieuseté de Brouillard Communication, m’a été remis par le sympathique Jean Brouillard, président et fondateur de la firme. 

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