Pourquoi embaucher une femme?

Prosper, un collègue, travaille jusqu’à 16 :00.  Ce jour-là, au lieu de partir chez lui, il est allé au poste de travail de Carolane, qui elle travaille jusqu’à 17 :00.  Et je ne sais pas au juste comment la discussion s’est rendue là, mais Prosper a commencé à lui expliquer qu’il ne comprend pas pourquoi La Firme prend le risque d’embaucher des jeunes femmes. 

Par exemple, Carolane étant une jeune femme fraîchement sortie de l’université, il est évident qu’elle va un jour trouver mari, fonder une famille, et voudra s’occuper de ses enfants.  Donc, La Firme s’expose au risque qu’elle quitte le travail, ou du moins qu’ils aient à lui payer un congé de maternité.  Autrement dit, La Firme devra lui verser un salaire pour un travail qu’elle ne fera pas.  Dans de telles conditions, il est beaucoup plus avantageux pour La Firme d’embaucher des hommes.

Carolane lui répond alors que ce qu’il dit là, ce ne sont que des fausses valeurs artificielles crées par la société.  Et surtout, ce sont des valeurs dépassées, du moins au Canada où nous sommes.  Mais il n’en démordait pas.

« Ce n’est pas une question de valeurs.  C’est biologique.  C’est la nature qui veut ça! »

Et même lorsqu’elle lui répondait que bien des femmes de carrière n’ont aucune intention d’avoir des enfants, il continuait de lui dire que oui, d’accord, peut-être qu’elle est convaincue maintenant qu’elle n’en veut pas.  Mais ça ne veut pas dire qu’elle ne changera jamais d’idée.

« Pour l’instant, tu es jeune et tu penses à ta carrière et à ta liberté.  C’est normal que tu t’imagines que tu ne voudras jamais d’enfants.  Mais le jour où tu vas rencontrer un homme, que vous allez être vraiment amoureux, et que ça va être le bon, c’est évident que vous voudrez fonder une famille.  C’est biologique.  C’est la nature qui veut ça! »

Peu importe l’argument qu’elle lui donnait, il revenait toujours à la charge, ne démordant pas du fait qu’il se basait sur des faits aussi (bio)logiques que sociaux.  

Cette image a un attribut alt vide ; son nom de fichier est DevoirSocial_zpsyc7yhoyw.jpg

À ses yeux, non seulement La Firme perd son temps et perdra son argent à embaucher une femme, Carolane a également perdu temps et argent à poursuivre ses études.

« À quoi ils vont te servir, tes diplômes, dans ta cuisine, à t’occuper de tes enfants? »

Leur discussion a même attiré l’attention de deux de leurs voisins de table, qui se sont mêlés à la conversation, multipliant par trois le nombre d’employés qui n’étaient plus concentrés sur leur travail.  À un moment donné, l’un d’eux essaye de m’y entrainer en me demandant :

« Imagine que tu es patron.  À compétence égale, qui est-ce que tu embaucherais?  Une femme, qui risque de partir un jour pour maternité, ou un homme? »

J’ai répondu que puisque je ne serai jamais patron, je ne perds pas mon temps à discuter inutilement sur des trucs qui n’arriveront jamais.  Leur discussion a donc continué entre eux.

La raison pour laquelle je n’ai pas voulu y prendre part, c’est qu’il y a des sujets pour lesquels peu importe ce que tu dis, tu vas te faire condamner pour ton étroitesse d’esprit.  Par exemple, il y a quelques années, j’ai écrit un billet intitulé Ingrid, cinq jours parmi les loups, qui remonte à l’époque où je travaillais à La Boite.  Une superbe jeune femme avait rejoint notre département.  Cette semaine-là, six des dix-sept hommes du bureau négligeaient le travail pour aller lui parler.  Et il y en a même un qui a utilisé illégalement le poste de travail de la réceptionniste pour trouver l’adresse d’Ingrid pour se pointer chez elle sans y avoir été invité.  Au bout d’une semaine, n’en pouvant plus, elle a démissionné. 

Imaginez le dilemme du patron, maintenant :  S’il embauche une femme, ça va distraire les hommes, ce qui fait que la performance de La Boite va tomber en chute libre.  Et la Boite va s’exposer à des plaintes pour harcèlement en milieu de travail. 

Évidemment, blâmer une femme pour le comportement immoral des hommes, ça ne se fait pas.  Alors le patron devra payer pour embaucher des gens pour monter des ateliers de prévention.  Il devra y envoyer tous ses employés masculin pendant une heure ou deux.  Employés à qui il devra payer cette heure ou deux.  Et non seulement ça ne garantit pas que ces hommes vont suivre ces règlements, chaque nouvel employé mâle à partir de ce point n’aura pas passé par cet atelier, il y a donc risque que lui refasse ces comportements contre lesquels il n’a pas été prévenu.

Ou bien, pour s’éviter tous ces ennuis et toutes ces dépenses, il prend la solution la plus simple : Il n’embauche que des hommes.  Mais en faisant ça, il est automatiquement sexiste, il s’expose à des plaintes aux Normes du Travail, ce qui signifie enquêtes, réprimandes, amendes, et mauvaise réputation.  Voilà ce que je voulais dire, en parlant de situations pour laquelle quoi que l’on fasse, on perd.  Et voilà pourquoi j’évite comme la peste ce genre de sujets.

Mais ce soir-là, en revenant chez moi, en y repensant, j’ai trouvé la réponse parfaite à cette question :

On ne verra jamais une femme (et encore moins six femmes en même temps) quitter son poste de travail pour aller draguer un collègue, l’empêchant lui aussi de travailler.  On ne verra jamais une femme harceler un nouvel employé jusque chez lui.  Et surtout, on ne verra jamais une femme aller au poste de travail d’un homme pour passer plus d’une heure à essayer de le convaincre que sa place n’est pas au travail, mais bien chez lui, à se marier et faire des enfants.  Ce comportement est exclusivement masculin.  Et c’est ce comportement masculin qui cause tous les problèmes au travail mentionnés plus haut.  

Alors à compétence égale, qui est-ce que j’embaucherais entre un homme ou une femme si j’étais patron?  La femme, à tout coup, sans la moindre hésitation. 

Parce que, d’après ce que j’ai pu constater par moi-même au cours des années, il doit bien y avoir cent fois plus de harcèlement masculin (sexuel ou non) en milieu de travail que de congés de maternité.

Publicités

Dick Pics: La chanson des pénis laids

Inspiré d’un phénomène trop souvent vécu par les filles et les femmes, voici la chanson Pénis laid du populaire groupe Les Bite Seules.

Un pénis laid vient d’apparaître dans ma conversation
Sans que ça ait rapport à notre discussion
Il l’a sorti et l’a pris en photo
Pour me dire « Allo! »

Ce matin c’était un autre gars, cette fois sur Tinder
Qui me montrait qu’il était prêt, déjà d’bonne heure
En pensant que ça ferait mon bonheur
Pourquoi font-ils ça? C’est loser!

Pénis laid, t’es dans ma face, t’es sur mon cell
C’est c’qu’envoient ces gars à toutes les filles
Pour dire qu’ils les trouvent belles.

Un pénis laid, c’est un pompier qui me montre son boyau.
C’est un artiste qui voudrait tremper son pinceau
C’est un boucher qui veux j’goûte sa saucisse
C’est gossant en Christ!

(Bout musical où s’enchaînent plein de dick picks)

Pénis laid, au garde-à vous, j’te vois partout
Sur facebook dans messenger
Mais pourquoi? C’est loser!

Derrière les arbres au beau milieu d’un parc achalandé
Un comptable est en train de se déculotter
Il se déplace pour me montrer qu’il est,
En train d’se branler

Dans son auto un monsieur vient me demander son chemin,
Tandis qu’il tient son engin bien dur à la main,
On dirait que ça l’excite de m’faire peur.
Pourquoi font-ils ça? C’est loser!

Penis laid, partout où j’vais, tu apparais
Le pâtissier qui montre la baguette
L’étalage de quéquettes

Penis laid qui veut me montrer qu’il est gros
Le plombier qui me montre son tuyau
Penis laid!

Nouveau blog de remise en forme

Les lecteurs de Mes Prétentions de Sagesse n’étant pas tous fans d’activité physique, je serais malvenu de leur imposer ma nouvelle remise en forme. Aussi, les gens intéressés peuvent venir me suivre sur Diesel Ego

On dirait une étiquette de marque de jeans.

En plus de mes progrès, retranscrits sur une base hebdomadaire, je vais y reprendre la majorité des billets d’exercices et d’alimentations déjà publiés ici ces dix dernières années. Comme ça, ceux qui s’intéressent à ce genre de chose n’auront plus à devoir fouiller ici partout.

Évolution personnelle: Où trouver la motivation?

Il y a environs deux mois, un lecteur nommé Alexandre m’a écrit ceci:

Bonjour Steve,

Je laisse ce commentaire sur ton post le plus récent. Je suis récemment tombé sur tes écrits par hasard et je les trouve assez intéressants. Ta progression et ton évolution, comment tu es parti de rien, c’est assez impressionnant comme travail personnel je dois avouer.

Je me rappelle qu’adolescent, je te lisais dans Safarir.

Il y a cependant un truc qui me chicote – et c’est probablement matière à un post en entier, peut-être…

Comment trouvais-tu et maintenais-tu ta motivation pour continuer ton évolution? Par exemple, tu mentionnes t’être mis à la course à pied. En ligne droite le plus loin possible, à chaque jour.

Comment gardais-tu ta motivation pour t’assurer de continuer à faire les efforts nécessaires pour atteindre tes objectifs?

Tes écrits ne sont pas tombés dans l’oreille d’un sourd. Bien qu’il y ait certain sujets sur lesquels j’ai une opinion différente (c’est un peu normal; nous n’avons pas le même background et expériences de vie), je trouve tes écrits en général très enrichissants et vais tenter d’intégrer certaines leçons à ma vie.

Merci pour tout.

Il y a bien des choses que je pourrais répondre à ça. Tout d’abord, la réponse air-bête: « J’en ai déjà parlé. C’est sur mon blog. Cherche! » Mais bon, après 9 ans et ¾ d’existence et 426 billets, je comprends que la tâche puisse être pénible. Aussi, je répondrai à ta question ici, avec lien lorsque je citerai un vieux billet.

Seconde réponse air-bête: « La motivation est là où elle est! » C’est quelque chose que je prêchais déjà il y a onze ans, lorsque j’ai posé ma candidature pour Défi Diète 2008 avec ce vidéo. Dans celui-ci, je dis carrément que si je cherche à perdre du poids, ce n’est pas pour « améliorer ma santé » ni pour « m’assurer que mes petits enfants aient la chance de connaître leur grand-père », et encore moins parce que « ma femme et/ou mes enfants s’inquiètent de moi. » Non! Moi, si je veux perdre du poids, c’est parce que je veux être beau. Eh bien ma vidéo, autant que son titre et ma déclaration ont fait de moi le premier candidat choisi, tellement je détonnais sur les autres.

Trois mois plus tard, à la fin de Défi Diète, j’avais perdu 22 lbs.

Extrait de mon billet Témoignage d’un ex-gros, 2 de 2.
[Le] 14 janvier 2009. Une grande photo couleur de moi trône au centre de la page 45 du Journal de Montréal. C’est Défi Diète qui invite le public à poser leur candidature pour l’édition 2009, en m’ayant choisi en tant qu’exemple de participant de l’année dernière à qui le programme a été profitable.

Le reportage s’intitule Que sont-ils devenus? et a été fait à partir d’entrevues téléphoniques dans lequel ils nous posaient quelques questions sur notre vie post-Défi Diète 2008. En particulier au sujet de où nous en étions rendus avec notre poids. Voici le bilan pour les dix candidats:

  • 1 a repris 0.8 lbs.
  • 1 a repris 3 lbs.
  • 1 a repris 4.5 lbs.
  • 1 a repris 10 lbs.
  • 1 a repris 15 lbs.
  • 1 n’a pas pu être rejoint pour en parler (J’ai appris plus tard qu’il avait repris plus que ce qu’il avait perdu.)
  • 1 est resté au même poids.
  • 1 a perdu 2 autres lbs.
  • 1 a perdu 10 autres lbs.
  • Et moi, avec mon 196 contre les 208 de la fin de Défi Diète 2008 j’ai perdu 12 autres lbs. [Fin de l’extrait]

La différence entre eux et moi? Je ne me suis pas préoccupé de bien paraître aux yeux des autres en ayant une motivation politically correct socialement acceptable. Ma motivation, devenir beau, venait de moi, et non d’une source extérieure. Les six premiers candidats sur les dix que nous étions étaient motivés par tout l’entourage que nous avions à Défi Diète: Les entraineurs, les motivateurs, la nutritionniste, les reportages… Dès qu’ils ont perdu tout ça, ils n’avaient plus de motivation. Mais dans mon cas personnel, puisque ma motivation était en moi, je n’ai jamais pu la perdre.

Mais voilà, je me suis déjà fait dire: « L’orgueil et la vanité, ce sont des défauts. Est-ce vraiment une bonne idée de se motiver avec quelque chose de négatif? » À ça, je réponds: Quand on dit motivation négative, il y a celui qui va accrocher au mot motivation, et il y a celui qui va accrocher au mot négatif. Le premier va avancer. Le second va rester sur place.

Extrait de mon billet Tout passe par le physique
Les défauts sont-ils obligés d’être des défauts?
C’est là que je me suis posé la question suivante: Et si, au lieu d’essayer de se débarrasser des défauts de notre personnalité comme le voudrait une société trop bien-pensante, on les accepterait plutôt comme étant partie intégrante de soi-même? Mieux encore: Et si on utilisait plutôt toute l’énergie physique et mentale contenue dans nos défauts pour l’investir dans quelque chose de positif?

Je suis orgueilleux et vaniteux? Ok alors, voilà ma source de motivation mentale pour changer mon apparence. Je suis jaloux et envieux du physique des gars qui plaisent? Voilà la source de ma motivation physique pour faire de l’exercice. Je suis frustré d’avoir été rejeté par des filles qui disaient préférer des bons gars comme moi, mais qui s’en allaient toujours vers des gros machos violents qui auraient pu m’envoyer à l’hôpital d’une pichenette? Voilà ma source de rage, ce qui me fournit en énergie, qui me pousse à aller toujours plus loin, à faire de plus en plus d’efforts.
[…]
Orgueilleux, vaniteux, jaloux, envieux et frustré. Cinq traits de caractère qui auraient pu me pousser à commettre des gestes négatif envers mon entourage et moi-même. Cinq défauts qui auraient pu me détruire. Je les ai plutôt utilisés pour me construire.
[Fin de l’extrait]

Mais voilà, c’est une chose d’avoir la motivation de commencer, c’en est une toute autre d’avoir la motivation de ne pas lâcher en cours de route. Ce qui décourage les gens, c’est que, peu importe le temps qu’ils consacrent à leur but, celui-ci a beau se rapprocher, il reste qu’il ne se rapproche qu’à à pas de tortue amputée de trois pattes. Quelle est la solution, alors? Simple: Mettre son focus sur le travail plutôt que sur le résultat du travail.

Extrait de mon billet S’entrainer avec sagesse.
L’AUTRE : Son objectif: Perdre 60 lbs / 27 kgs.  Par conséquent, son but était encore très loin.
MOI : Mon objectif: Aller au gym de 2 à 4 fois par semaines, faire 10 exercices, trois sets de 10 répétitions, jamais les mêmes exercices que le jour précédent.  Donc, à tous les jours où je revenais du gym, j’étais satisfait car j’avais atteint mon but.  Donc, tandis que…

L’AUTRE : Met son focus sur la perte de poids, donc sur le résultat de l’exercice…
MOI :  Je mets mon focus sur l’exercice.  Non seulement ça m’apporte la satisfaction quotidienne d’avoir atteint mon but, le résultat sous forme de perte de gras et de gains musculaires ne devient plus qu’un bonus, une prime qui se rajoute agréablement à la satisfaction du travail bien fait.
[Fin de l’extrait]

J’élabore davantage:

Extrait de mon billet Ajuster ses résolutions du nouvel an.
À chaque année, c’est la même chose:  On se donne des résolutions dans le style de…

  • Perdre du poids.
  • Se mettre en couple.
  • Avoir un bon travail.
  • Devenir riche.
  • Devenir célèbre. (Si on est artiste)

… et à chaque année, on est déçu de ne pas avoir réussi.  Mais ce n’est pas grave.  Voici la nouvelle année.  Cette fois, c’est dit: On se donne des résolutions dans le style de…

  • Perdre du poids.
  • Se mettre en couple.
  • Avoir un bon travail.
  • Devenir riche.
  • Devenir célèbre.  (Si on est artiste.)

Vous savez ce qui ne va pas dans ces résolutions?  Très simple : Ce ne sont pas des actions.  Ce sont des résultats d’actions. Voilà pourquoi ça ne marchera pas plus cette année que l’année d’avant.

Vous ne voyez pas la différence? D’accord, je précise : Si je vous dis : Perds du poids! Maintenant!  Là! Tout de suite!  Vas-y!  Go! Allez, maigris!  Êtes-vous capable faire ça sur commande? Non, hein!?

Par contre, si je dis :  Fais du jogging!  Vous pouvez vous lever et courir immédiatement.  Si je dis Mange moins et mange mieux.  Vous pouvez vous préparer sur le champ un truc bon pour la santé et n’en manger qu’une portion raisonnable.

Ça parait simple, anodin, voire ridicule comme ajustement.  Pourtant, c’est ce petit changement qui va faire toute la différence. Voyez plutôt: Si votre focus est de perdre 10 kgs / 20 lbs, alors ça prendra 2, 3, 4, 5 mois avant de pouvoir enfin ressentir la satisfaction. D’ici à ce que vous atteigniez votre but, vous risquez de trouver le temps long, ce qui augmente les possibilités d’abandonner en chemin.

Par contre, si votre but est de faire du jogging trois fois par semaine, alors ce sera trois fois par semaine que vous ressentirez la satisfaction de l’avoir atteint, ce but. Focussez sur bien manger, et vous ressentirez en plus cette même satisfaction trois fois par jour.  Non seulement la satisfaction d’avoir atteint son objectif sera quotidienne et multiple, la perte de poids ne deviendra qu’un effet secondaire, un  bonus qui se rajoute à tout le positif que l’on a déjà vécu. Avouez que c’est bien plus encourageant comme ça.
[Fin de l’extrait]

C’est sûr qu’ici, on parle d’exercice. Il reste que c’est une mentalité que j’applique également dans toutes les facettes de mon existence.

Et c’est reparti pour 2019
Comme je le répète souvent, depuis que je me suis brisé une vertèbre il y a dix mois, j’ai eu à cesser toute activité physique. J’aurais cependant dû ajuster ma diète, car je suis remonté à 218 lbs. Je reste encore loin des 232 lbs pré-Défi-Diète-2008, surtout que j’ai pris un peu de muscle ces onze dernières années, mais ça reste 20 de trop que ma normale. Et bien je m’y remet cette année, et je posterai le journal de mes progrès ici à toutes les deux semaines. Ça permettra de voir en direct comment je me motive dans un environnement nouveau.

Vouloir vaut mieux que mériter

Tous le long de notre vie, on a vécu à plusieurs reprises un sentiment d’injustice lorsque l’on ne recevait pas ce que nous méritions.  Mais ça, ce n’est rien à côté du sentiment d’injustice ressenti lorsque l’on voit une personne recevoir quelque chose de positif qu’il n’a rien fait pour mériter.

Il y a quelques années, alors que je traversais une mauvaise passe dans ma vie, je regardais tous les efforts que j’avais fait, tout le chemin que j’avais parcouru, et comment le hasard et certaines gens sont venus s’en mêler et, par conséquent, comment mon bilan de vie n’était guère brillant.  (Tel que raconté dans la saga General Menteurs) Et là, comme tout le monde, je me suis dit la phrase classique : « Je mérite mieux que ça! »

Ce n’était pas la première fois que je me disais cette phrase.  Et ce n’était pas la première fois non plus que je nourrissais mon amertume envers mon triste sort en pensant ensuite à tous ceux qui, dans mon entourage, l’avaient plus facile que moi, et ce sans l’avoir mérité.

… Sauf que cette fois-là, au lieu de simplement nourrir ma frustration, cette pensée m’a apporté une révélation aussi soudaine qu’illuminatrice.  Je me suis levé de mon fauteuil et, encore à moitié secoué par ce que je venais de comprendre, je me suis dit à voix haute : « Non!  Je VEUX mieux que ça!  Au point d’aller le chercher moi-même.»

C’est que je venais de comprendre une grande vérité :  Mériter, c’est être passif.  C’est attendre que les autres fassent l’effort de te donner quelque chose, en retour de tes faits et gestes passés.   Tandis que vouloir, c’est être actif.  C’est aller s’emparer soi-même de son but, en y travaillant, et en le faisant maintenant.

Et ceci m’a fait réaliser que la vie en général et la société en particulier n’en avaient rien à foutre, du principe du mérite.  Personne ne te doit rien.  Et même lorsque l’on te doit quelque chose, personne ne se sent vraiment obligé de te le donner.   Et voilà pourquoi la dite récompense ne va pas au plus méritant, mais bien à celui qui va la prendre.

C’est là que j’ai réalisé que, dans le fond, le principe du mérite, de la récompense, c’est un concept artificiel créé par la société. Un principe que l’on nous endoctrine dès la petite école.  Je pense par exemple aux prix Méritas, remis aux enfants pour leur excellente performance, ou pour leur améliorations digne de mention.  Je comprends que le but de remettre ces prix, c’est d’encourager les jeunes à améliorer leurs notes.  Hélas, le concept ne peut fonctionner, et ce pour les six raisons suivantes :

  • Raison 1: Un étudiant studieux et sérieux, ça n’a pas besoin d’un prix Méritas pour être studieux et sérieux.  Ça l’est naturellement.  Dans cette optique, le Méritas ne sert à rien.
  • Raison 2: La récompense de leur efforts, ils l’ont déjà, sous forme de bonnes notes, qui vont leur assurer le nombre de crédits requis pour avoir leur diplômes. Dans cette optique, le Méritas ne sert à rien.
  • Raison 3: Un cancre ne va pas soudainement devenir un génie, juste parce ce que les génies sont récompensés.  Dans cette optique, le Méritas ne sert à rien.
  • Raison 4:  Parmi ceux qui ne reçoivent pas et ne recevront jamais de Méritas, il y aura les envieux qui ne manqueront pas de passer leur frustrations sur ceux qui s’en sont mérités un.  Et ceci risque plutôt de décourager les élèves méritants à poursuivre cet effort qui fait d’eux des cibles.  Dans cette optique, le Méritas est contre-productif.
  • Raison 5: Celui qui sera vraiment alléché par l’idée de recevoir cette récompense, au point de vraiment faire des efforts pour l’avoir, aura inévitablement au moins un bien-pensant dans son entourage, qui lui fera la morale comme quoi faire des efforts dans le but d’avoir une récompense, c’est mettre ses priorités à la mauvaise place, et que les efforts il faut les faire pour soi, pas pour recevoir un mérite.  Dans cette optique, le Méritas lui ayant apporté le mépris, il y renonce aussitôt.  Et par le fait même, renonce à faire des efforts.  Ce qui rend le Méritas contre-productif.
  • Raison 6: Afin d’éviter tout ça, il y a quelques années, certaines écoles ont commencé à récompenser tout le monde, histoire de ne laisser personne exclus.  Mais quand tu vois que ceux qui font zéro efforts sont récompensés de la même manière que ceux qui en font, deux choses peuvent se passer: Ceux qui font des efforts dont dégoûtés de le faire. Et ceux qui n’en font pas exigent maintenant d’obtenir les mêmes mérites que les gens vraiment méritants.

Et si le principe de la récompense ne marche même pas à l’école, là où on vous la doit pour travail bien fait, comment voulez-vous que ça fonctionne dans la vraie vie, là où personne ne vous doit rien?  Ce qui prouve bien que c’est un concept bidon.

Alors plutôt que d’être passif en espérant qu’on te donne quelque chose pour des faits du passé, soit actif pour t’emparer toi-même d’un but futur. 

Disputasseries Facebookiennes

Les disputes sur Facebook, c’est toujours pareil, et tout le monde le sait.  La preuve: En mars 2018, je me suis amusé à faire semblant de partir un débat scandaleux.  Et à ma grande et agréable surprise, plein de mes contacts ont compris et embarqué.  L’ayant redécouvert hier alors que je parcourais mon année 2018 sur Facebook pour faire ma rétrospective annuelle, j’ai décidé de partager avec vous le désopilant résultat.

C’est parti:

Ça démontre bien que sur internet, peu importe le sujet, les réactions seront toujours les mêmes.

2018, jour 365.

Aujourd’hui, 31 décembre 2018. 

D’habitude, je suis porté à publier une rétrospective de mon année.  Mais là, j’ai déjà passé à travers le sujet de long en large quasiment non-stop tout le long de 2018, aussi bien sur mon blog que sur Facebook, alors dans le fond je ne ferais que me répéter.

Ceci dit, est-ce que ça m’a déjà arrêté avant?  Donc, en 2018 :

  • Je commence l’année comme concierge dans une manufacture de portes et fenêtres à Montréal.
  • Je me pète le dos dans un escalier verglacé.
  • Arrêt de travail de 5 mois.
  • Je termine mon album BD de La Clique Vidéo, pour lequel j’ai reçu la bourse Jacques-Hurtubise.
  • J’ai une table au Festival Québec BD, où je fais mon lancement.
  • Ma convalescence est trop longue à mon goût, je me cherche un travail de bureau.
  • Je me trouve un travail de bureau.
  • Je déménage de Montréal à Sherbrooke pour le travail de bureau.
  • Je finis l’année comme support technique dans une firme à Sherbrooke.

Tous les aspects de ma vie, autant social que financier que dans mon quotidien en général, ont pris un tournant positif. 

Mon seul revers de l’année : Sans pouvoir m’exercer à cause de ma blessure, j’ai repris du poids et perdu de la forme.  Mais après dix mois de repos, je viens de me réinscrire au gym et je me re-planifie de meilleures habitudes alimentaires.  Si je me fie à mes remises en formes des années passées, je devrais être de nouveau jeune et beau d’ici mai 2019.

Ah, et les graines de chanvre, ça me donne mal au crâne.  C’est fou ce qu’on peut découvrir sur soi en changeant son alimentation.

Il y a un truc dont je n’ai pas parlé encore cette année, et le voici : Je suis bien dans mon célibat, et tout le processus de dating et de découverte de l’autre en début de relation m’ennuie.  Et j’en suis le premier surpris. 

Je me suis peu à peu rendu compte de ce fait au printemps et en été, pendant que je testais les sites de rencontres en ligne, pour ma série de billets sur ce même sujet.  J’en ai rencontré quelques-unes, avec qui le courant passait bien.  Mais côté attirance et désir?  Rien du tout!  Que dalle!  Peau de couilles d’huitre!  Même la perspective d’avoir de nouveau une vie sexuelle active n’était pas suffisante pour me donner envie de faire l’effort pour que ça arrive.

En fait, tout est dit, juste là : Faire un effort!  Quand ça prend un effort pour avoir envie de quelqu’un, c’est parce qu’on n’a pas envie de cette personne.  Apparemment, je suis rendu à un point dans mon évolution personnelle où le célibat ne me pèse plus du tout.  Je ne reste pas fermé à 100% au couple, où même à une relation d’amants réguliers.  Mais Il faudrait vraiment que le hasard mette sur ma route une femme exceptionnelle, avec qui je pourrais avoir une connexion profonde dans nos personnalités, pour m’en donner envie.  Et encore, faudrait-il que l’attirance soit mutuelle, ce qui n’est pas garanti.  Et si je ne l’intéresse pas, alors comme d’habitude, mon propre intérêt physique pour elle va disparaître, et nous resterons bons amis.

Et là encore, voyez ce que je dis : Que le hasard la mette sur ma route.  Je n’ai même pas envie de chercher, tellement ça ne me dérange plus.  Si ça arrive, tant mieux.  Si ça n’arrive pas, tant mieux aussi.

Y’a pas à dire, j’ai fait pas mal de chemin depuis ma vingtaine, époque où « nous sommes de sexe opposé, hétéros et célibataires » était suffisant pour me donner envie de culbuter comme une machine à coudre quiconque entrait dans ces critères.  Hey, j’ai même traversé une période dans laquelle le célibat avait cessé d’être un critère, c’est tout dire.  Il est vrai qu’il y a dix ans, le sexe était encore pour moi un besoin vital qui demandait satisfaction le plus souvent et le plus longtemps possible.  Maintenant?  Pfff!  Ça reste un plaisir agréable, mais absolument pas nécessaire. 

Je suppose que je devrais me sentir diminué car après tout, on a beau être (presque) en 2019, il reste que l’homme continue d’être défini dans sa masculinité par son envie de baiser.  Mais quand je repense à tout ce que mon désir sexuel m’a fait faire, accepter et subir, de mes 17 à 44 ans, je me demande pourquoi je me ne suis pas improvisé plus tôt un kit de castration maison avec une brique et un marteau.

Qui sait, peut-être que j’ai la testostérone qui baisse avec l’âge.  M’enfin, peu importe le comment et le pourquoi, il reste que ça fera partie de mes nouvelles expériences de vie à explorer en 2019.