Une trouvaille historique?

Recherchiste à temps perdu et historien amateur, je me consacre depuis quelques mois à deux hommes qui ont laissé leur marque dans l’Histoire du Québec. Le premier, Louis Pasquier, est un nom qui ne vous dira probablement rien, puisque le gouvernement de Duplesis à tout fait dès 1951 pour qu’on l’oublie au plus vite. Mais le second, Jordi Bonet, vous en avez peut-être entendu parler. Surtout si vous habitez autour du Mont-Saint-Hilaire, puisque c’est le nom du pont qui enjambe la rivière Richelieu, pont de l’autoroute 116, aussi connu sous le nom de Boulevard Sir Wilfrid Laurier.

Avant d’avoir donné son nom à un pont, Jordi Bonet était un peintre, céramiste, sculpteur et muraliste québécois. Si vous êtes Montréalais et empruntez le métro Pie-IX, alors vous êtes familier avec l’une de ses oeuvres. Tous les murs de béton sculptés qui se trouvent dans cette station sont de lui.

D’origine catalane, Jordi Bonet est venu s’installer au Québec en 1954 où il commença aussitôt à se faire un nom par son grand talent et son art d’un style encore unique pour l’époque. Quant à l’artiste lui-même, bel homme, accent espagnol qui fait craquer, et amputé du bras droit suite à un accident survenu dans son enfance.

Eh oui, un sculpteur manchot. Voilà qui ne passe pas inaperçu. De 1958 à 1978, il créera plus d’une centaine de murales et de sculptures pour des lieux public partout à travers le monde.

Claude Péloquin est un poète, auteur et parolier. On lui doit entre autres le grand classique Lindberg, interprété par Robert Charlebois et Louise Forestier. De 1963 à 2017, il publiera une trentaine de livres, surtout de la poésie.

Vers 1968, les deux hommes deviennent amis. Péloquin lui fit un petit cadeau: Une copie de Jéricho, son premier livre paru cinq ans plus tôt. Il le lui dédicace dans ces termes: “Premier jet pour Jordi. Un ami, Péloquin / 68.”

Les deux hommes passent des soirées à s’échanger des réflexions philosophiques sur le monde et l’existence. Un soir, alors que Bonet lui raconte la guerre qu’il a vécu en Espagne dans son enfance, Péloquin fait le rapprochement avec la guerre du Vietnam qui faisait rage à ce moment-là. Dénonçant la stupidité de s’entretuer depuis l’aube de l’humanité, Péloquin se serait écrié: “Vous êtes pas écoeurés de mourir, bande de caves!? C’est assez!” Cette phrase marqua Jordi Bonet.

Trois ans plus tard, alors qu’il fut embauché pour faire une immense murale sculptée dans le béton au Grand Théâtre de Québec, il y inscrivit la phrase de Péloquin.

Ça fit un scandale énorme qui alimenta les médias pendant près de deux ans.

De 1969 à 1979, Jordi passa les derniers dix ans de sa vie à St-Hilaire. Il y acheta le Manoir Campbell, s’y installa avec sa famille, et y travailla son art. Lorsqu’il mourut prématurément à l’âge de 47 ans pour cause de leucémie, il était le sculpteur québécois le plus connu et le plus populaire de sa génération, et ce à l’échelle de la planète.

Ma passion pour l’histoire, les arts ainsi que le Mont-Saint-Hilaire de mon enfance m’ont amené à faire des recherches sur Jordi Bonet. Et c’est ainsi que, depuis juin dernier, je parcours les bouquineries antiques et les librairies usagées du Québec, à la recherche de livres relatifs à Jordi Bonet. Ou bien des livres à son sujet, ou bien des livres auquel il a collaboré.

Par exemple, il y a quelques semaines, j’ai trouvé le premier livre à lui être consacré : Jordi Bonet, le signe et la terre.  par J. Folch-Ribas, dans la collection Artistes Canadiens, dirigée par Guy Robert. Éditions du Centre de Psychologie et de Pédagogie, Ottawa, février 1964

Puis, j’ai réussi à mettre la main sur une publication rarissime: Chansons Très Naïves de Gérald Godin. Premier recueil de poésie de ce journaliste devenu poète devenu auteur devenu politicien, qui fut également le conjoint de Pauline Julien pendant trente ans, jusqu’à son décès en 1994. Le livre est paru en 1960. Le dessin de couverture est de Jordi Bonet. 500 copies. Non réédité.

Sur ces 500, seules les 50 premières copies sont numérotées et initialées par l’auteur.  Et il se trouve que c’est le no.29.

Avec ce livre, je croyais avoir trouvé le clou de ma collection.  Eh bien je ne me doutais pas que la chance allait mettre sur mon chemin quelque chose d’encore mieux.  Et cette petite merveille, la voici:

Ceci est une copie de Jéricho, le premier recueil de poésie de Claude Péloquin.  Et mieux encore, il s’agit de l’édition originale de 1963.  Sur les 1000 exemplaires de ce premier tirage, c’est la copie no.573.

Jusque là, rien de vraiment extraordinaire.  Même 56 ans après sa publication, il est toujours possible de tomber par hasard sur un livre qui fut tiré à mille exemplaires.  Eh bien je n’étais pas au bout de mes surprises.  Car sur la page de garde, il y a ceci:

Oui! Cette copie est celle que Claude Péloquin avait offert à Jordi Bonet.  Par quel tour du destin s’est-elle retrouvée parmi les bouquins empilés pèle-mêle de cette bouquinerie poussiéreuse?  Mystère!

Et comme si ça ne suffisait pas, entre les pages, j’y ai trouvé une feuille pliée en quatre.

Il s’agit de papier à lettre à en-tête de Jordi Bonet.  Sur celle-ci, un texte au stylo rouge, puis vert, de la main de Claude Péloquin.  Un premier jet un peu maladroit de réflexions philosophiques sur l’inconscient, l’intemporel et la réincarnation, qui sont des thèmes récurrents dans l’oeuvre de Péloquin.  Ne vous cassez pas les yeux, en bas de ces images je reproduis le texte fidèlement sans rien y corriger.

Mes réflexions sur ce que je lis concernant les phénomènes parapsychologiques m’indiquent le chemin à suivre pour percer certains mystères de l’eau de là. Ce que nous mangeons comme la viande les pâtes alourdit notre circulation et empêche notre d’être disponible physiquement et écouter notre inconscient. Ensuite les études sur la réincarnation me confirme dans ma théorie “ qu’après notre mort nous sommes des germes condensé qui attend l’instant favorable pour se greffer à nous nouveau sur l’humain qu’il a besoin d’un corps physique pour pour s’instruire sur le sens de l’existence qu’une et même plusieurs vies ne suffise pas selon le cas à faire le tour des choses à savoir. Je suis donc d’accord avec Jung sur cela. Je pense aussi que pour certains âmes aussi appelons-les ainsi.” Il restent longtemps dans l’intemporel avant de se réincarner. Dans ce sens, Jung a raison en (verso) disant que les mots posent des questions. Le mariage, quand il réunit des inconscient sensible, l’évolution est beaucoup plus profonde, alors plusieurs questions trouvent leur réponses. Le phénomène mariage pour donner une image valable est comme les (cromosome?) 2 vies se greffe insensiblement et se féconde jusqu’à l’accouchement, mais il aussi souvent pour les âmes des fausses couches et des avortements

Le fait que ce texte soit écrit sur du papier au nom de Jordi Bonet me porte à croire que ce jour-là, Claude Péloquin était chez Jordi et lui a emprunté du papier pour y écrire ses réflexions.  Il est probablement reparti chez lui en oubliant là son texte.  Je suppose donc que Jordi l’a lui-même pliée en quatre (la feuille est pliée inégale, donc possiblement d’une seule main) et l’a rangée dans le livre de Péloquin, où elle a été tout simplement oubliée.  C’est la théorie qui me semble la plus crédible pour expliquer à la fois pourquoi Péloquin a écrit sur du papier à lettre de Jordi, et pourquoi cette feuille s’est retrouvée dans le livre qu’il lui avait donné.  Bon, ça n’explique toujours pas pourquoi le livre a cessé d’être en sa possession pour se retrouver dans une bouquinerie 51 ans plus tard, mais ça permet de reconstituer une parcelle d’Histoire.

Et maintenant, considérez ceci:

  • C’est la première édition du premier livre d’un auteur important.
  • Le fait que ce premier jet ait été rangé et oublié dans ce livre peu après avoir été écrit, ça signifierait que ce texte est toujours inédit.
  • 2019 est le 40e anniversaire du décès de Jordi Bonet.
  • Le Grand Théâtre de Québec fêtera en 2021 le 50e anniversaire de la fameuse murale de Jordi Bonet. Celle-là même où il a gravé le “Vous êtes pas écoeurés de mourir, bande de caves!? C’est assez!” de Péloquin.
  • Ce livre marque le début de leur amitié et de leur collaboration. Il est donc le point de départ qui a amené Péloquin à faire cette réflexion, et à Bonet à la couler dans le béton.

Pour toutes ces raisons, je crois que cet exemplaire de Jéricho est un artefact qui a sa petite importance dans l’Histoire de l’Art et de la Culture du Québec.

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Y’a liens là:

Faire Hurler les Murs.  Reportage de 22 minutes sur la murale de Jordi Bonet au Grand Théâtre de Québec, filmé pendant qu’il est en train de la sculpter.
1971 – Vous êtes pas écoeurés de mourir bande de caves.  Reportage de deux minutes au sujet de la murale.
Claude Péloquin sur Wikipedia.
Jordi Bonet sur Wikipedia.
Gérald Godin sur Wikipedia.

DIESEL EGO, Phase II, été 2019

Vous avez suivi ma remise en forme de janvier à avril dernier sur Diesel Ego?  Eh bien il y aura une suite.  DIESEL EGO, Phase II, durant tout l’été, du 15 juin au 21 septembre.

10e anniversaire, 450e billet!

Dans ce texte, chaque lien ouvre un nouvel onglet, ce qui vous permet de les ouvrir pour plus tard, et de continuer votre lecture ici.

Il y a dix ans, à pareille date naissait ce qui allait devenir Mes Prétentions de Sagesse.  Ce jour-là, j’ouvrais sur la plateforme spaces.live.com (un dérivé de MSN), un tout nouveau blog nommé Le Sélectif.

À l’époque, beaucoup de gens avaient des blogs. Ça leur servait surtout de journal personnel en ligne. Dans mon cas, ce blog était pour me servir d’archives pour les chroniques que j’écrivais pour un site de rencontres sexuelles. C’est leur graphiste qui m’a fait ma mini-bannière ci-haut.

Pour eux, j’écrivais des textes du même genre que je fais encore maintenant, sur les relations interpersonnelles. C’est juste qu’il y avait plus de contenu sexuel, beaucoup plus d’humour, et étrangement plus de situations fictives. Et aussi, je m’y prenais beaucoup moins au sérieux. Par exemple :

12 mensongères phrases de rupture
18 inventions futures au service de la drague
15 choses à ne jamais faire à un gars
26 signes que vous vivez dans un film porno
Les signes comme quoi ce n’était pas une bonne baise

Quelques mois plus tard, je mettais fin à mon association avec le site en question. C’est que j’ai vécu une situation classique chez tous ceux qui sont dessinateurs / illustrateurs / graphistes : Ils voulaient que le leur fasse 25 illustrations, sans me payer, en échange d’exposition, et d’un abonnement VIP d’un an sur leur site.  J’ai refusé.

  • De un, l’abonnement coûtait le tiers de mon tarif.
  • De 2, je ne considère pas que quelques semaines de travail contre quelques secondes à taper sur un clavier pour me mettre VIP, ce soit un échange équitable.
  • Et de trois, qu’est-ce que j’en avais à foutre, de leur abonnement? J’étais déjà leur associé, et j’étais déjà en couple.

Ils m’ont alors répondu que dans ce cas-là, ils iraient « faire affaire avec un VRAI professionnel », et ils m’ont expulsé du site, effaçant du même coup mes chroniques. Bref, c’était un site pour se faire baiser, dans tous les sens du terme.

Sans être obligé de me limiter au côté sexuel des relations, j’ai commencé à écrire des trucs un peu plus sérieux.

Un an et demi après la création de mon blog, spaces.live annonçait qu’il allait fermer. On nous offrait de transférer nos données sur l’une des plateforme proposée. J’ai choisi WordPress.  Avec la nouvelle direction qu’avait pris mon blog, un titre comme Le Sélectif  ne le représentait plus tellement.  J’en ai donc fait Mes Prétentions de Sagesse, qui en décrit mieux le contenu. Et tant qu’à faire, puisque WordPress m’en offrait la possibilité, je leur ai acheté l’adresse steverequin.com.

Dans le temps, les forums étaient encore très populaires. Je participais aux discussions, et nombreux furent les sujets où je trouvais de quoi à dire. Et lorsque je voyais que de nombreuses personnes se reconnaissaient dans mes dires, je recyclais mes commentaires sous forme de billet de blog. Par exemple :

L’amie mariée qui veut devenir l’amante.
Commettre l’erreur de pardonner.
6 raisons fallacieuses de snober la St-Valentin
26 phrases clichés que l’on retrouve sur tous les sites de rencontres.

Et j’en profitais même pour régler mes compte de manière subtile, en dénonçant le comportement négatif de ceux qui m’attaquaient sur les forums. Car quoi de plus insultant face à un condescendant que de lui montrer que son attitude est tellement cliché qu’il en est aussi prévisible que risible.

Internet et le déclin des valeurs sociales.
Si, sur le net, tu oses écrire « Aujourd’hui y’a du soleil »…
5 insultes anglaises qui sont en fait des compliments
52 personnalité cliché que l’on rencontre sur le net
Devenez membre de la CIA (Cyber Irresponsible Assholes)

Bien que je marque ce 10e anniversaire avec un 450e billet, j’ai bien dû en écrire entre 480 et 500 en tout. Quelques-uns ont été mis en privé puisque, ma situation changeant, ils auraient pu me saboter.  J’ai connu bien assez de gens qui ont ruiné leur couple et/ou de géniales opportunités de carrière en parlant trop en ligne, je ne vais certainement pas répéter leurs erreurs.  D’autres billets étaient trop reliés à l’actualité, et il n’y a rien qui passe date plus vite que ça. Et il y a ma série Harceler Nathalie que j’ai retravaillé et que j’ai transformé en étude psychosociale sous forme de roman autobiographique en ligne, renommé Surveiller Nathalie;  Dans la tête d’un harceleur.  Inutile de la laisser encore ici à ce moment-là.

Durant ces dix ans, certains de mes billets ont eu beaucoup de succès, certains temporaires et d’autres permanents. Par exemple, en chronologie :

1er octobre 2010 : L’Échelle de Kev, pour mesurer l’appétit sexuel de votre copine. Créé à l’époque où je travaillais pour le magazine Summum. Le rédacteur en chef l’a jugé comme étant trop heavy, même pour eux. Par contre, beaucoup de forums et de sites de rencontres sexuelles en ont parlé, l’ont cité, ou l’ont reproduit.  Un site gai a même essayé d’en faire une version masculine, mais ça ne pouvais juste pas marcher, étant donné les différences physiques, psychologiques et biologiques entre l’homme et la femme.

8 octobre 2010 : Autopsie du loser. Ça a commencé par une très longue introspection pour comprendre ce qui ne va pas chez moi, et ça a fini par devenir un texte qui, si j’en crois les commentaires que je reçois, est une douche froide qui a ouvert les yeux à plusieurs hommes.

4 mai 2011 : Le fameux « Hommages aux bons gars », et ce que j’en dis. L’art de surfer sur la viralité d’un texte qui devint populaire pour les mauvaises raisons.  Je parle de Ode to the Nice guys.  Étrangement, bien que la version originale anglaise est toujours présente sur le net, la version française que j’y décortique ici ne se trouve plus aujourd’hui que sur un seul vieux blog abandonné

5 janvier 2012 : Les 9 étapes de la naissance, le vie et la mort d’un forum. Cité, copié-collé ou lien-é sur plusieurs forums par des membres qui voyaient l’endroit dériver dans le sens décrit dans mon texte.

26 juillet 2012 : 30 comportements qu’il faudrait cesser d’avoir sur Facebook. Mon second article viral. Quatre jour après l’avoir écrit, on en parlait à l’émission matinale Salut Bonjour. À ce jour, une trentaine de liens et articles sur diverses pages, 394 commentaires, plus d’un demi-million de visites, soit 665 701. L’avantage de parler du site web le plus populaire de la planète.

(Je dis que c’est mon second article viral.  C’est que mon premier, vous le connaissez sûrement, il date de 1996, donc précède ce blog, et est également le premier texte viral québécois du net.

8 octobre 2014 : L’influence de la personnalité sur les relations et conditions de travail. Un jour, je me suis rendu compte que je recevais beaucoup de visites en provenance du site du Lycée Léonard de Vinci (Levallois-Perret, Hauts de Seine, France) Il se trouve que ce billet fait partie des lectures suggérées à leurs étudiants en Science de Gestion. J’ai donc rajouté un en-tête pour leur souhaiter la bienvenue, histoire de rendre la chose officielle. D’accord, je n’en reçois pas un sou. Mais hey, on parle ici d’un billet québécois, jugé assez pertinent par des professeurs français, au point de l’inclure dans leur programme. Ça, c’est du prestige!

27 avril 2018 : Truc simple pour savoir (gratuitement) qui vous a choisi sur Tinder. Apparemment, j’ai su mettre le doigt sur un sujet de grand intérêt.  Normal, puisqu’il s’agit d’augmenter nos chances de baiser sans débourser un sou.  Ce billet me rapporte de 350 à 800 visites par jour. Bonne chose, car sept ans après sa création, mon billet sur les comportements Facebook s’est beaucoup essoufflé, avec ses 14-à-30 visites quotidiennes.

Mais dans le fond, ce blog existe pourquoi, au juste?
Quand on me le demande, alors je décris Mes Prétentions de Sagesse comme étant le disque dur externe de ma mémoire. C’est que, apprendre des leçons de vie, c’est une chose. Mais ne pas les oublier, c’en est une toute autre. Et de pouvoir ainsi relire ce que j’ai découvert et ce que j’ai compris, ça me permet de ne jamais oublier ces leçons, et ça m’aide à devenir une meilleure personne.

J’ai encore beaucoup de chemin à faire. N’empêche que ça m’a vraiment aidé à évoluer pour le mieux. Par exemple, juste en relisant mon tout premier billet, on voit clairement qu’il y a dix ans, j’avais un côté passif-agressif, arrogant et belliqueux. J’ai pris pas mal de degrés de zen depuis. Également, je constate que, dans la 4e et 5e année d’existence du blog, j’ai progressivement passé de misogyne ordinaire à féministe. Mais pour cette évolution-là, je n’ai pas de mérite. C’est l’influence de mes amies et de mes récentes conjointes. En fait, éducation serait ici un meilleur mot qu’influence.

Et tant qu’à avoir eu à apprendre ces leçons de vie à la dure, aussi bien en faire profiter les autres en les partageant.

Nouveau blog de remise en forme

Les lecteurs de Mes Prétentions de Sagesse n’étant pas tous fans d’activité physique, je serais malvenu de leur imposer ma nouvelle remise en forme. Aussi, les gens intéressés peuvent venir me suivre sur Diesel Ego

On dirait une étiquette de marque de jeans.

En plus de mes progrès, retranscrits sur une base hebdomadaire, je vais y reprendre la majorité des billets d’exercices et d’alimentations déjà publiés ici ces dix dernières années. Comme ça, ceux qui s’intéressent à ce genre de chose n’auront plus à devoir fouiller ici partout.

Vouloir vaut mieux que mériter

Tous le long de notre vie, on a vécu à plusieurs reprises un sentiment d’injustice lorsque l’on ne recevait pas ce que nous méritions.  Mais ça, ce n’est rien à côté du sentiment d’injustice ressenti lorsque l’on voit une personne recevoir quelque chose de positif qu’il n’a rien fait pour mériter.

Il y a quelques années, alors que je traversais une mauvaise passe dans ma vie, je regardais tous les efforts que j’avais fait, tout le chemin que j’avais parcouru, et comment le hasard et certaines gens sont venus s’en mêler et, par conséquent, comment mon bilan de vie n’était guère brillant.  (Tel que raconté dans la saga General Menteurs) Et là, comme tout le monde, je me suis dit la phrase classique : « Je mérite mieux que ça! »

Ce n’était pas la première fois que je me disais cette phrase.  Et ce n’était pas la première fois non plus que je nourrissais mon amertume envers mon triste sort en pensant ensuite à tous ceux qui, dans mon entourage, l’avaient plus facile que moi, et ce sans l’avoir mérité.

… Sauf que cette fois-là, au lieu de simplement nourrir ma frustration, cette pensée m’a apporté une révélation aussi soudaine qu’illuminatrice.  Je me suis levé de mon fauteuil et, encore à moitié secoué par ce que je venais de comprendre, je me suis dit à voix haute : « Non!  Je ne mérite pas mieux que ça.  Je VEUX mieux que ça!  Je le veux, au point d’aller le chercher moi-même.»

C’est que je venais de comprendre une grande vérité :  Mériter, c’est être passif.  C’est attendre que les autres fassent l’effort de te donner quelque chose, en retour de tes faits et gestes passés.   Tandis que vouloir, c’est être actif.  C’est aller s’emparer soi-même de son but, en y travaillant, et en le faisant maintenant.

Et ceci m’a fait réaliser que la vie en général et la société en particulier n’en avaient rien à foutre, du principe du mérite.  Personne ne te doit rien.  Et même lorsque l’on te doit quelque chose, personne ne se sent vraiment obligé de te le donner.   Et voilà pourquoi la dite récompense ne va pas au plus méritant, mais bien à celui qui va la prendre.

C’est là que j’ai réalisé que, dans le fond, le principe du mérite, de la récompense, c’est un concept artificiel créé par la société. Un principe que l’on nous endoctrine dès la petite école.  Je pense par exemple aux prix Méritas, remis aux enfants pour leur excellente performance, ou pour leur améliorations digne de mention.  Je comprends que le but de remettre ces prix, c’est d’encourager les jeunes à améliorer leurs notes.  Hélas, le concept ne peut fonctionner, et ce pour les six raisons suivantes :

  • Raison 1: Un étudiant studieux et sérieux, ça n’a pas besoin d’un prix Méritas pour être studieux et sérieux.  Ça l’est naturellement.  Dans cette optique, le Méritas ne sert à rien.
  • Raison 2: La récompense de leur efforts, ils l’ont déjà, sous forme de bonnes notes, qui vont leur assurer le nombre de crédits requis pour avoir leur diplômes. Dans cette optique, le Méritas ne sert à rien.
  • Raison 3: Un cancre ne va pas soudainement devenir un génie, juste parce ce que les génies sont récompensés.  Dans cette optique, le Méritas ne sert à rien.
  • Raison 4:  Parmi ceux qui ne reçoivent pas et ne recevront jamais de Méritas, il y aura les envieux qui ne manqueront pas de passer leur frustrations sur ceux qui s’en sont mérités un.  Et ceci risque plutôt de décourager les élèves méritants à poursuivre cet effort qui fait d’eux des cibles.  Dans cette optique, le Méritas est contre-productif.
  • Raison 5: Celui qui sera vraiment alléché par l’idée de recevoir cette récompense, au point de vraiment faire des efforts pour l’avoir, aura inévitablement au moins un bien-pensant dans son entourage, qui lui fera la morale comme quoi faire des efforts dans le but d’avoir une récompense, c’est mettre ses priorités à la mauvaise place, et que les efforts il faut les faire pour soi, pas pour recevoir un mérite.  Dans cette optique, le Méritas lui ayant apporté le mépris, il y renonce aussitôt.  Et par le fait même, renonce à faire des efforts.  Ce qui rend le Méritas contre-productif.
  • Raison 6: Afin d’éviter tout ça, il y a quelques années, certaines écoles ont commencé à récompenser tout le monde, histoire de ne laisser personne exclus.  Mais quand tu vois que ceux qui font zéro efforts sont récompensés de la même manière que ceux qui en font, deux choses peuvent se passer: Ceux qui font des efforts dont dégoûtés de le faire. Et ceux qui n’en font pas exigent maintenant d’obtenir les mêmes mérites que les gens vraiment méritants.

Et si le principe de la récompense ne marche même pas à l’école, là où on vous la doit pour travail bien fait, comment voulez-vous que ça fonctionne dans la vraie vie, là où personne ne vous doit rien?  Ce qui prouve bien que c’est un concept bidon.

Alors plutôt que d’être passif en espérant qu’on te donne quelque chose pour des faits du passé, soit actif pour t’emparer toi-même d’un but futur. 

Choisir entre SOINS PRIVÉS ou PRIVÉS DE SOINS.

Cette histoire s’est passée en 2006. J’espère que les choses se sont améliorées depuis.

Ça faisait un an que je voyais ces commerciaux à la TV disant Get tested for aids.  Je me suis finalement décidé à le faire.

La dernière fois que j’ai passé un test de dépistage, c’était en 1993.  (À l’époque on parlait de MTS plutôt que d’ITS.) Depuis ce temps là, il m’est arrivé de prendre des risques en 1995-96-97 avec des cégépiennes ayant peu ou pas d’expérience sexuelle. Mais depuis, je pratique le sexe sécuritaire. Et, après tout ce temps, j’imagine que si j’avais attrapé quelque chose, ça se serait manifesté. N’empêche, il parait que parfois, une personne peut être porteuse de certaines maladies sans jamais en démontrer le moindre symptôme.  J’ai donc toujours eu ce petit doute énervant derrière la tête.

Ce jour-là, je me rend donc à l’Hôpital de Verdun.  Après une heure et demie dans la salle d’attente, je passe au triage:

INTERNE: Bonjour. Comment puis-je vous aider?
MOI: J’aimerais passer un test de dépistage de MTS.
INTERNE: Avez-vous eu des relations sexuelles non-protégées durant ces cinq dernières années?
MOI: Non!
INTERNE: Alors ce n’est pas une urgence. Vous devriez aller à la Clinique de Médecine Familiale, l’édifice d’à côté.

Je sors de l’hôpital et je me rend au bloc à côté. Malheureusement, la Clinique de Médecine Familiale ne prend que 24 personnes par jour, et leur quota est rempli pour la journée.

Le lendemain, je me rend à la Clinique de Médecine Familiale, et donne mon nom au comptoir. Après deux heures, on m’appelle.

INTERNE: Bonjour. Comment puis-je vous aider?
MOI: J’aimerais passer un test de dépistage de MTS.
INTERNE: Qui est votre médecin de famille?
MOI: Euh… Aucune idée!
INTERNE: Vous n’avez pas de médecin de famille?
MOI: Pas que je sache.
INTERNE: Malheureusement, les tests de dépistages doivent nous être demandés par un médecin de famille. Bonne journée.

J’appelle ma mère. S’il y a quelqu’un qui peut me dire si on a un médecin de famille, c’est bien elle. En effet, nous en avions un, mais il ne pourra pas m’aider, rapport qu’il a pris sa retraite il y a 12 ans, et est décédé trois ans plus tard.

Mon amie Carol me dit que je devrais aller à son CLSC. Justement, elle y a rendez-vous pour la semaine prochaine.  Je n’aurai qu’à l’accompagner. Bonne idée!

La semaine suivante, me v’là à son CLSC:

INTERNE: Bonjour. Comment puis-je vous aider?
MOI: J’aimerais passer un test de dépistage de MTS.
INTERNE: Très bien! Quelle est votre adresse?
MOI: 624 Régina, Verdun, H4G…
INTERNE: Verdun, vous dites?
MOI: Oui!
INTERNE: Oh, dans ce cas je suis désolé, mais vous devrez aller au CLSC de Verdun. Ici, nous ne prenons que des patients de notre quartier.

Devant ma déception, Carol propose d’aller m’y reconduire en auto, dès qu’elle aura terminé avec son médecin. J’accepte!  Deux heures plus tard, on se rend au CLSC de Verdun. … CLSC qui a fermé, le temps que l’on s’y rende.

Le lendemain, je vais au CLSC de Verdun. … CLSC qui est fermé.  Nous sommes samedi.  C’est fermé les fins de semaines.

Lundi, je vais au CLSC de Verdun.

INTERNE: Bonjour. Comment puis-je vous aider?
MOI: J’aimerais passer un test de dépistage de MTS.
INTERNE: Très bien! Quelle est votre adresse?
MOI: 624 Régina, Verdun, H4G…
INTERNE: Très bien, remplissez ces formulaires dans la salle d’attente, nous vous appellerons.

Je vais dans la salle d’attente et je remplis quatre pages de documents. C’est que c’est la première fois que je vais là, alors ils ont besoin de me faire un dossier.

On m’appelle.

INTERNE: Bonjour. Comment puis-je vous aider?
MOI: J’aimerais passer un test de dépistage de MTS.
INTERNE: Très bien! Voyons ces documents.
MOI: Voilà!
INTERNE: Verdun… Rue Régina… Vous habitez près du parc ou du PFK?
MOI: Le parc!
INTERNE: Oups, petit problème ici… Vous avez vraiment 37 ans?
MOI: Euh… Bah oui!
INTERNE: C’est parce que quand il s’agit de tests de dépistage de MTS, les CLSC le font afin de diminuer l’engorgement des hôpitaux, sauf que l’âge limite de nos patients pour ces tests en particulier est de 25 ans. À votre âge, si vous voulez passer un test, vous avez deux options: Vous pouvez aller à l’Hôpital de Verdun, ou bien voir votre médecin de famille.

Ça commence à devenir ridicule. Comment est-ce qu’on peut faire pour avoir un médecin de famille si on n’en a pas déjà un? Come on!

C’est là que je me souviens d’un truc. Le docteur de la clinique de mon ancien quartier, Dr Lanski, qui a mis au monde certains de mes enfants. Il est leur médecin de famille.  Logiquement, puisque ce sont mes enfants, si le mot famille est utilisé au sens propre, alors ça devrait être le mien aussi. D’ailleurs, si je me souviens bien, c’est même lui qui m’a testé pour des MTS en 1993. J’aurais dû y penser avant.

Je me rend à sa clinique.  Je donne mon nom au comptoir et attend une heure et demie dans la salle d’attente.  Il m’appelle.

Dr LANSKI: Bonjour. Comment puis-je vous aider?
MOI: J’aimerais passer un test de dépistage de MTS.
Dr LANSKI: Qui est votre médecin de famille?
MOI: Euh…!? C’est pas vous?
Dr LANSKI: Non!
MOI: Mais voyons donc! Vous vous occupez de mes enfants depuis qu’ils sont nés.
Dr LANSKI: Oui, je suis le médecin de famille de vos enfants, mais je ne suis pas le votre.

Pourquoi est-ce qu’on les appelle médecins de famille s’ils ne soignent pas tous les membres d’une même famille? Tu parles d’une idiotie.

Dr LANSKI:Vous n’avez jamais pris de rendez-vous avec moi, vous êtes toujours venu à l’urgence.  Voilà pourquoi des fois c’est ma femme (médecin également) qui vous traitait.
MOI: Bon, d’accord, vous n’êtes pas mon médecin de famille.  Mais vous m’avez pourtant fait passer un test de dépistage en 1993.  Pourquoi est-ce que vous ne pouvez pas maintenant?
Dr LANSKI: Quel âge aviez-vous en 1993?
MOI:
Euh… 24 ans, 25 après le 21 juillet. 
Dr LANSKI: Et bien voilà! Quand il s’agit de tests de dépistage de MTS, les cliniques le font afin de diminuer l’engorgement des hôpitaux. Sauf que l’âge limite est 25 ans. À votre âge, si vous voulez passer un test, vous avez deux options: Vous pouvez aller à l’Hôpital de Verdun, ou bien voir votre médecin de famille.

Incroyable!

La maison des fous, ce n’est rien à côté de tout ça.

MOI: Bon, d’accord, mais dites-moi au moins ceci: Comment est-ce que je pourrais obtenir un médecin de famille. Genre, vous, par exemple?
Dr LANSKI: Il me faudrait un mot de recommandation de votre médecin de famille actuel.
MOI: Il est mort!
Dr LANSKI: Alors c’est bien regrettable, je ne peux rien faire.

Bon!

Je ne suis pas homme à lâcher prise facilement, surtout si c’est dans le but d’obtenir quelque chose que, apparemment, tout le monde arrive à avoir sans problème. De retour chez moi, je vais sur Google et je cherche des cliniques à Montréal qui font des tests de dépistages de MTS. J’en trouve une près de chez moi, sur l’avenue Verdun. J’y vais. Après deux heures d’attente, on m’appelle.

DOCTEUR: Bonjour. Comment puis-je vous aider?
MOI: J’aimerais passer un test de dépistage de MTS.
DOCTEUR: Très bien, donnez-moi un moment pour remplir ce document. Une fois rempli, allez juste le porter au centre de prélèvements de l’Hôpital de Verdun. Vous leur donnez, ils vous font des prélèvements, et ils feront les tests.
MOI: Wow! Merci beaucoup!

Eh ben! Avec tout ce que j’ai traversé, je suis étonné de la facilité de la chose.  Je me rend au centre de prélèvements de l’Hôpital de Verdun.  Celui-ci est fermé depuis quelques minutes.

Le lendemain, j’y retourne aux heures de bureau. La salle d’attente est presque vide. Je me présente au comptoir, donne le document, répond à quelques questions, et vais m’asseoir. On m’appelle en dix minutes.  Une interne me remet deux petites fioles.

INTERNE:  Allez à la salle de bain et remplissez d’urine ces deux contenants, puis revenez les porter ici.
MOI: Euh… C’est tout? C’est bien pour un test de dépistage de MTS, oui?
INTERNE: Oui.

Eh ben! Je suppose que de nos jours, la médecine est tellement avancée qu’un simple échantillon d’urine est suffisant pour trouver toute trace de ce qu’on pourrait avoir.  Et moi qui m’imaginais devoir y laisser 3 litres de sang et me faire ramoner l’urètre avec une brosse à bécosses.  Oh well, je ne me plaindrai pas.

Je ramène les contenants remplis à l’interne. Elle me dit que j’aurai les résultats dans une semaine. C’est tout heureux que je reviens chez moi.  Ça a pris du temps. Mais là, au moins, je vais enfin savoir. Plus qu’une semaine avant la tranquillité d’esprit.

Une semaine passe. Pas de nouvelles.

Deux semaines. Toujours pas de nouvelles.

Je retourne au centre de prélèvements et demande au sujet de mes résultats.

INTERNE: Oh, nous ne pouvons pas donner ces informations confidentielles aux patients. Ça a été envoyé directement au docteur qui les a demandé.

Ok!  C’est MOI qui a demandé ces tests.  C’est MOI qui s’est fait tester.  Ce sont des tests sur MON état de santé.  Mais ils n’ont pas le droit de m’en donner les résultats?  Mais c’est quoi cette logique de marde?

Très bien alors, je retourne à la dernière clinique. J’attends. On m’appelle, mais je ne revois pas le même docteur que la dernière fois

DOCTEUR: Bonjour. Comment puis-je vous aider?
MOI: Je suis venu pour passer un test de dépistage de MTS il y a deux semaines. J’ai été envoyé à l’hôpital de Verdun pour les prélèvements et ils m’ont dit que les résultats avaient été envoyés ici.
DOCTEUR: Le docteur qui vous a envoyé à Verdun, c’est votre médecin de famille?
MOI: Non!
DOCTEUR: Alors je suis désolé, mais la loi ne lui permet pas de vous donner les résultats de ces tests. Seul un médecin de famille à le droit de le faire. Et à votre place, je le contacterais sans tarder pour qu’il communique avec nous. Parce que si au bout de trois semaines, les renseignements sont non-réclamés, ils sont aussitôt détruits.
MOI: Et si je n’ai pas de médecin de famille?
DOCTEUR: Alors vous pouvez toujours vous présenter à l’urgence de l’hôpital de Verdun.

…Urgence de l’hôpital de Verdun qui, au tout début de cette histoire, a refusé de me traiter parce que je n’ai pas baisé sans condoms durant ces 5 dernières années.

Il semblerait donc que la meilleure façon pour moi de savoir si j’ai une MTS serait de coucher sans protection avec une vierge de moins de 25 ans, et que ce soit elle  qui aille passer un test de dépistage au CLSC.

Devant le manque de volontaires, je me suis donc dirigé au privé quelques années plus tard.  Pour 620$, j’ai été testé sur toutes les ITS imaginables.  J’ai reçu certains résultats immédiatement, d’autres plus tard par courriel.  Ils furent tous négatifs. 

Et depuis, pas une fois depuis n’ais-je fait awing-ahan sans porter le condom.  La tranquillité d’esprit vaut bien cette petite discipline.

L’évolution du point de vue (3 de 3)

Lorsque je regarde celui que j’étais dans la jeune vingtaine, je constate que je ne suis plus du tout la même personne.  En particulier de la façon dont je vois les choses.

 Par exemple :

Détermination romantique hier, harcèlement malvenu aujourd’hui.
De mes 14 à 27 ans, j’avais beaucoup de difficulté à me mettre en couple.  Du moins, avec des filles qui en valaient la peine.  

Ma mentalité à l’époque :En matière de couple, les filles ne sont que des menteuses, des hypocrites et des connes.  Non mais c’est vrai, quoi!  Regardez-les agir : 

  • Elles disent que c’est l’intérieur qui compte, mais elles ne s’intéressent qu’aux beaux gars. 
  • Elles disent vouloir des Nice Guys mais choisissent des Bad Boys. 
  • Elles disent qu’elles cherchent un gars avec qui elles ont beaucoup en commun, mais quand on a une amie avec qui on est full semblables, elle refuse en nous servant des excuses bidons du genre de « Je ne veux pas gâcher notre amitié. » , ou bien « Ça ne pourrait pas marcher entre nous car nous sommes trop semblables. »

NON MAIS C’EST QUOI, CETTE LOGIQUE DE MERDE?  De un, en me refusant, et en pensant que je suis con au point de gober des excuses aussi tartes, c’est toi qui la gâches, notre amitié.  De deux, tu préfères quoi?  Un gars avec qui tu n’as rien en commun?  Ça explique bien des choses, alors.  Pas surprenant que tu me casses toujours les oreilles à te plaindre de tes différentes relations de couple. 

En tout cas, c’est de deux choses l’une : Ou bien les filles sont juste trop connes pour être capable de faire le bon choix en matière de couple, ce qui signifie que c’est une décision qu’il faut prendre à leur place.  Ou bien elles nous mentent, ce qui fait que nous avons le droit de leur mentir en retour pour les manipuler à sortir avec nous, ou du moins à coucher.  

De toute façon, c’est comme ça que ça marche, hein!?  L’homme ment à la femme pour s’en rapprocher, la femme ment à l’homme pour s’en éloigner.  Je l’ai assez souvent observé pour voir que c’est vrai.

Et avant de nous juger, constatez vous-mêmes : ON N’A PAS LE CHOIX!  C’est ou bien ça, ou bien passer notre vie célibataire.  Au moins, pendant qu’elles sont avec nous, elles ne sont pas avec ceux qu’elles choisissent elles-mêmes, c’est à dire les salauds qui les maltraitent et dont elles se plaignent tant.

Et si ça ne marche toujours pas, alors qu’elle aille se faire foutre, avec ses « On peut toujours rester amis. »  Des amis, j’en ai déjà.  Ce n’est pas une amie que je cherche, c’est une amoureuse ou une amante.

Ma mentalité maintenant :  Si la fille ne s’intéresse pas à moi, peu importe la raison, peu importe si cette raison me semble logique ou non, ça ne change rien au fait qu’elle ne s’intéresse pas à moi.  C’est suffisant pour lâcher prise, oublier et passer à autre chose.  Et il n’y a aucune raison d’être peiné, frustré, ou de ne plus en vouloir en tant qu’amie.

Qu’est-ce qui a changé en moi?  Jusqu’à mes 27 ans, comme bien des incels (célibataires involontaires), je croyais, à force de l’avoir souvent observé, que « Pour séduire les filles, il faut les maltraiter! » 

… Sauf que je ne pouvais pas y croire vraiment.  Parce que, soyons francs, il n’y a aucune logique dans cette affirmation.  Pourtant, je ne pouvais pas nier que c’était exactement ce dont ça avait l’air.  Du moins, à la surface.  Donc, logiquement, si les filles « préfèrent sortir avec ces salauds plutôt qu’avec un bon gars comme moi » il devait bien y avoir une raison.  Il ne me restait plus qu’à trouver laquelle

J’ai donc commencé à observer les gars qui avaient la cote auprès des filles, et je me suis comparé à eux.  Ça m’a permis de constater plusieurs choses sur trois sujets importants:

  1.  La beauté :  Je n’étais pas beau, mais le problème véritable était plus profond que ça. C’est que la beauté physique peut être séparée en deux catégories:  La naturelle, et la travaillée.  J’ai connu des gars qui étaient laids du visage, mais que les femmes considéraient néanmoins comme étant beaux.  La raison?  Ces hommes prenaient soin d’eux, étaient sportifs, développaient leur physique.  Bref, juste en les regardant, on voyait qu’ils démontraient de la discipline, de la détermination, du courage face à l’effort, de la confiance en soi.  Et ce genre de comportement, eh bien, c’est sexy.  Moi?  Je n’étais pas beau du visage, et mon physique maigre et négligé ne démontrait aucune vaillance. 
  2. L’argent. Je n’en avais pas, mais le problème véritable était plus profond que ça. D’abord, je n’avais pas ce qu’il faut pour décrocher plus qu’un boulot minable au salaire minimum.  Ensuite, tel que je l’expliquais dans le billet précédent, non seulement je m’arrangeais toujours pour vivre à la limite de mes moyens, je dépensais stupidement, débalançant du coup mon budget, parfois pour des mois.  Je n’étais donc pas le genre de personne avec qui une fille pouvait se sentir en sécurité financière.  Je donnais plutôt l’impression que j’allais être une charge pour elle. 
  3. La carrière / l’avenir / l’ambition.  Mes attentes face à l’avenir étaient quelque peu fantaisistes, puisque je voulais devenir riche et célèbre, à la radio, à la télé, au cinéma, en humour, en théâtre, en publicité…  Mais le problème véritable était plus profond que ça.  Mon focus était sur la récompense de l’effort, plutôt que sur l’effort lui-même.  Je n’avais ni les études ni les connexions pour faire partie de ces univers, je n’avais pas la moindre idée de comment y parvenir, et je savais encore moins comment, où et à qui m’adresser pour l’apprendre.  Un gars de ce genre-là, qui a des attentes irréalistes face à son avenir, ça n’a pas l’air d’avoir les pieds sur terre, ce qui ne sécurise pas une femme.

Constater tout ceci m’a permis de comprendre une chose très importante : Oui, une femme peut avoir une relation avec un gars qui a certains défauts.  Sauf qu’elle ne va jamais choisir un homme à cause de ses défauts.  Elle va le choisir malgré ceux-ci.  Et ça, ça veut dire que ce gars-là possède des qualités qui pèsent beaucoup plus sur la balance que ses défauts.

Et voilà pourquoi aucune fille (sensée) ne voulait de moi.  Je n’avais peut-être aucun des défauts de ces gars-là, mais je n’avais aucune de leurs qualités pour me rattraper non plus.  Ça m’enlevait tout espoir de plaire, ce qui faisait de moi un gars désespéré.  Dans de telles conditions, un gars se croit justifié d’utiliser mensonges et manipulations pour avoir la fille.  Parce que dans sa vision étroite, telles sont les relations entre hommes et femmes : La femme n’est qu’une proie qui s’amuse à fuir l’homme, et c’est à l’homme de la capturer.

Pour la défense du gars que j’étais à l’époque, et de ceux qui pensent comme ça aujourd’hui, il ne faut pas s’étonner de cette mentalité.  C’est à cause que l’on passe notre vie à être bombardés de messages de ce genre.  Par exemple :

  • Dans les contes pour enfants tels La Belle au Bois Dormant ou bien Blanche-Neige, le gars arrive vers la fin, dit à la fille qu’il l’aime, et voilà, elle lui dit oui.  Déjà là, on nous montre que la fille n’a aucune raison, voire aucun droit, de dire non à un gars qui se déclare.  Elle est juste disponible en attendant d’être choisie, voilà tout. 
  • Et dans les deux cas, ces gars ont commencé à être physiques avec elles sans leur demander leur avis, en les embrassant (et peut-être plus, selon versions) alors qu’elles étaient inconscientes. Aussi bien dire qu’elles n’ont aucun droit sur leurs propres corps.
  • Dans les chansons, combien de centaines de milliers d’entre elles ont comme thème « Un jour tu seras mienne »?  Et que dire de ce grand classique des années 80, Every Breath you Take, qui n’est rien de moins qu’un hymne au harcèlement.
  • Dans les films, prenez par exemple ce grand classique de mon adolescence, The Breakfast Club.  Tout le long du film, le voyou insulte la p’tite snob riche, la déprécie, la harcèle sexuellement.  À la fin, tandis qu’il est en isolation, elle va le rejoindre et s’offre à lui de son plein gré.  Dans le même film, le sportif n’adresse pas un mot à la fuckée.  Mais dès que celle-ci change de look et devient belle (Selon le scénario, car peu de spectateurs sont d’accord là-dessus, mais passons) alors là, le sportif la drague.  Et elle aime ça et se laisse faire, malgré le fait qu’ils n’ont rien en commun.
  • Dans les séries télé, si le personnage masculin moche insiste assez longtemps, il finira avec la belle.  Peu importe le nombre de saisons que ça lui prendra, elle sera sienne.  On s’en fout qu’il n’aient rien en commun, ELLE EST BELLE!  C’est tout ce qui compte.  C’était vrai il y a 25 ans dans Family Matters, et c’est encore vrai à notre époque avec The Big Bang Theory.  

C’est ça que la société nous apprend : Pour avoir une fille, il faut insister, voire même se servir sans lui demander son avis.  L’important, c’est se montrer assez déterminé jusqu’à ce que l’on arrive à la faire craquer.

À 27 ans, j’ai réalisé que ce comportement, c’était du harcèlement.  Et que trop souvent, quand une fille dit oui, ce n’est pas parce qu’elle est séduite.  C’est parce qu’elle a peur des conséquences de dire non.  Et avoir une relation sous la contrainte, c’est une agression.  

Puisque je ne voulais pas devenir un harceleur ni un agresseur sexuel, il fallait que j’arrête de leur courir après.  Mais voilà, je ne voulais pas passer le reste de ma vie seul.  Il fallait donc qu’elles arrêtent de me fuir.  Et pour ça, je devais devenir attirant, autant de l’extérieur que de l’intérieur.

Je me suis mis à la musculation pour améliorer mon physique.  Je me suis mis au cardio pour améliorer mon endurance, ma résistance et ma production d’énergie.  Je suis retourné aux études.  J’ai obtenu les connaissances dans divers domaines pour obtenir des emplois.  J’ai eu des emplois successifs, chacun meilleur que le précédent.  J’ai amélioré mon revenu.  J’ai appris à faire un budget et à dépenser intelligemment.  Et voilà comment j’ai commencé à être intéressant aux yeux des femmes.  Ce qui m’a montré que durant tout le temps où elles me fuyaient, le problème n’était pas elles.  C’était moi!

Mieux encore: Avec mes études, mes connaissances, mon expérience grandissante,  j’étais capable de faire quelque chose (voire plusieurs choses) de ma vie.  Par conséquent être en couple a cessé d’avoir une importance démesurée dans ma vie.  Je pouvais trouver ma valeur ailleurs que dans ma capacité de séduire.

J’ai cessé de voir chaque fille qui m’entoure comme étant une conjointe potentielle.  J‘ai cessé de ne les voir que comme des accessoires amoureux/sexuel à la disposition des hommes, à jeter comme un objet brisé lorsqu’elles refusaient de remplir cette fonction avec moi.  Ce qui fait que j’ai commencé à les voir vraiment comme des êtres humains, des égales.  Par conséquent, je n’ai plus jamais ressenti de problème à les avoir dans ma vie comme amies platoniques, puisque j’ai cessé de voir leur amitié comme étant le symbole de mon échec amoureux/sexuel.  

Mieux encore:  Maintenant que j’étais apprécié des femmes, je pouvais arrêter de m’essayer avec n’importe qui, et ne me rapprocher que de celles avec qui j’avais beaucoup en commun.  Celles-là se divisaient en deux catégories: Celles avec qui il n’y avait aucune attirance romantique/sexuelle réciproque, qui devinrent d’excellentes relations d’amitié.  Et celles avec qui il y avait attirance romantique/sexuelle réciproque, qui devinrent d’excellentes relations de couple… Pour (re)devenir d’excellentes relations d’amitié si le couple prenait fin.

Et ce à quoi je ne m’attendais pas: Aux yeux de celles qui furent déçues de ne pas être choisies, c’était maintenant moi  le salaud qui leur faisait de la peine. 

Comme quoi ce que l’on qualifie de bad boy, ça peut être très relatif, finalement.

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Et cet article qui conclut cette trilogie est le 400ième de ce blog en 9 ans et trois mois d’existence.