24 heures dans un petit resto 24 heures

Ainsi, vous songez à travailler dans un petit resto ouvert 24 heures?  Bien!  Il y a un quart de siècle de ça, je travaillais dans un Dunkin Donuts, où les gens pouvaient venir consommer café, beignets et sandwiches 24/7.  Laissez-moi vous apprendre ce à quoi vous devez vous attendre.  Voici à quoi ressemblait une journée typique:

Le matin: Il reste peut-être encore 1 ou 2 saoulons de la nuit pour qui l’idée de rentrer seuls dans leur appartement vide les terrifie.  Mais à cette heure-ci, ils sont calmes. Arrivent les gens qui viennent déjeuner. Ce sont des gens civilisés, ils viennent manger avant d’aller travailler.

L’avant-midi: Les gens qui font leurs emplettes vont et viennent dans un flot continu quoi que modéré.

Le midi: Il y a quelques étudiants en groupe qui sont un peu bruyant, mais vraiment rien de grave. Il repartent à l’école et tout reste calme.  Les clients de l’après midi sont surtout des mémés qui prennent une pause entre deux emplettes.

 Le soir: Gros rush de monde pour le souper. 60% de ces clients sont des gens fatigués de leur journée de travail, ils viennent juste s’offrir le souper qu’ils n’ont pas envie de se préparer. Le 40% qui reste est partagé entre ceux qui magasinent, ceux qui flânent, et ceux qui viennent prendre une dernière bouchée avant une sortie (bar, cinéma, etc) Donc encore des gens civilisés.

 20h00: Apparition du premier groupe de fêtards énervés et ivres de leur soir de liberté, et/ou du premier client ivre, d’alcool cette fois.

 21h00: Le calme avant la tempête

 22h00: On remarque un manège un peu louche dans la salle de bain. V’là la pute du coin qui commence a racoler parmi les clients, allant jusqu’à la caisse dire à un client déjà accompagné: « Heille, ça te tentes-tu de te faire sucer pour dix piasses? »

 23h00 à minuit: Arrivent les premiers clients sortant des bars. ‘Ils ne sont pas énormément ivres, mais déjà très bruyant. Heureusement, ceux qui ont pris un coup assez tôt, c’est avec le rire et la joie qu’ils se font entendre.

 01h00 à 04h00: À partir de là, c’est la descente aux enfers. Les gens civilisés sont presque tous partis chez eux. La majorité des clients qui restent de sivisent en deux catégories de sauvages: Ceux qui le sont naturellement, et ceux qui le sont après avoir bu.  Mais le pire de tous que l’on voit parfois: Le sauvage de nature qui a bu. Lui, quand il est là, on peut être certain que ça se termine en vandalisme quelconque ou en bagarre. Ceux qui ont pris un coup sur le tard, ce n’est plus vraiment avec le rire et la joie qu’ils se font entendre, c’est surtout par leurs frustrations et leurs conneries.

 5h00 du matin: Aucun employé n’ose aller dans les toilettes publiques. Qu’est-ce qu’on va y retrouver cette fois ci? Des seringues souillées? Des flaques de pisse faites délibérément par terre? Du vomi? Des murs maculés de sang et/ou de merde?  On plaint l’employé d’entretien qui arrivera dans une heure, et pour qui ces découvertes sont son lot quotidien.

 6h00 du matin: Les cons sont tous partis se coucher afin d’être de nouveau frais et dispo et plein d’énergie pour leur connerie du soir suivant. reste un ou deux saoulons calmés. La civilisation se réveille et les travailleurs reviennent déjeuner. Et le cycle recommence.

La faune typique de ce genre d’endroits:

  •  Le vieux crasseux qui se promène entre les tables en délirant sa philosophie de la société en général d’une voix forte, passant ses commentaires sur les autres clients.
  • La grosse madame ou le p’tit monsieur, bien tranquilles, qui sont là quasiment 24/7 devant leur café, à ne rien faire que lire le journal et regarder le monde passer.
  • Les flaneux qui, eux autres, n’achètent absolument rien. Variante: Celui qui demande un verre d’eau chaude, ce qui est souvent gratos, et qui va se faire un thé avec, qu’il va étirer à sa table pendant 14 heures d’affilée.
  • Le/la client/e qui veut être remboursée car le jus / le lait / la soupe / la bouffe était, dit-il/elle, passée date, et malgré tout il/elle l’a avalé au complet avant de venir se plaindre.
  • Ceux qui essayent de discrètement mettre le feu dans les poubelles.
  • Celui qui fait le coup du sucrier débouché et renversé.
  • Ceux qui viennent engueuler la caissière pour des raisons absolument hors de son contrôle: Les prix des items, le téléphone public défectueux, les graffitis dans les toilettes, un item épuisé, etc.

Et parmi les employés, je pourrais parler de:

  • La fille qui ne fous rien de tout son quart de travail et qui ose vous appeler à l’aide car elle n’arrivera pas à finir son ménage avant la fin de sa journée.
  • La fille dont le chum vient lui faire des scènes de jalousie devant les clients.
  • La fille qui passe discrètement plein de stock gratos à son chum et/ou ses amis.
  • Variante: Celle qui vient faire ça sur votre quart de travail, pour que ça vous passe sur le dos.
  • La fille qui ne fait pas les rotations des produits dans les frigos, laissant le plus vieux stock en arrière et mettant le neuf à l’avant.
  • La fille qui fait son p’tit boss, se permettant de vous donner des leçons sur un travail que vous faites parfaitement bien.
  • La bitch qui pense pouvoir tout se permettre car elle sort avec le proprio / le gérant / l’assistant gérant.
  • Le gars qui ne peut pas s’empêcher de draguer chaque nouvelle employée féminine qui commence à travailler là.

Et j’en passe. J’en ai tellement vu…

Que ce soit un Dunkin Donuts à Montréal il y a 25 ans, un Tim Horton’s à St-Hyacinthe il y a 12 ans ou un McDonald’s à Québec l’an passé, ces gens-là ne changent pas. D’une génération à l’autre, on y retrouve toujours les mêmes comportements. Comme dans tous les cas, il y a des exceptions, mais j’ai vu trop souvent ce programme se dérouler fidèlement pour ne pas généraliser.  

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La pire des manipulations amoureuse et sexuelle

Dénoncer ce genre de comportement, c’est parfois mal interprété.  Car bien que le but est d’informer et éduquer les victimes potentielles, certaines personnes craignent que d’exposer les trucs des manipulateurs, c’est l’équivalent de donner un manuel d’instruction pour encourager les gens à le devenir.  À ça je répond: Rien à craindre.  La manipulation, c’est comme l’orientation sexuelle: C’est quelque chose que l’on est ou que l’on n’est pas.  Ceux qui le sont connaissent déjà les trucs et les utilisent.  Et ceux qui ne le sont pas ne vont certainement pas le devenir.  Le seul changement que cette connaissance va leur apporter, ce sera d’être désormais capable de reconnaître la situation pour mieux l’éviter.

Donc… :

De toutes les manipulations amoureuses et sexuelles, j’ai décidé d’exposer l’une des plus insidieuses :  Celle qui pousse la victime à accepter volontairement à se soumettre à n’être rien de plus qu’un objet sexuel

Afin de faciliter la lecture, je vais rester dans le cliché accepté et reconnu comme quoi le manipulateur est un homme et sa victime une femme.  De toute façon, vous saurez bien adapter les exemples à votre vécu, s’il y a lieu.  Alors ça va comme suit.

Portrait typique de ce genre d’homme:  Dès le départ, oubliez Christian Grey, des 50 shades of.  Celui qui s’adonne à ce genre de manipulation n’est ni beau, ni athlétique ni riche.  Consciemment ou non, il souffre d’un complexe d’infériorité (parfois relié à son physique) qui lui donne l’impression qu’il n’est pas à la hauteur lorsque face aux femmes.  Et c’est là qu’est la source de sa perversion.  N’ayant pas l’impression qu’il puisse garder une femme dans une relation égalitaire, il cherchera à avoir le contrôle total sur elle.  Pour ce faire, il a besoin de la dominer.  Or, dans le cas d’une personne souffrant de complexe d’infériorité, il ne se sentirait jamais capable de se placer au-dessus d’elle.  Il se rabat donc vers la solution alternative: La descendre plus bas que lui. 

Choisir sa victime: Une victime de choix.   Ce ne sont pas toutes les femmes qui peuvent se laisser facilement manipuler.  Cet homme le sait bien.  Aussi, il est à l’affût d’un genre en particulier.

Portrait typique de ce genre de femme:  Elle est sociable, un peu timide, mais tout de même relativement à l’aise en groupe.  En amour, elle n’a jamais vraiment eu de chance.  Son ex, ainsi que la majorité de ses prédécesseurs, avaient généralement tendance à la rabaisser, à lui faire des reproches.  Elle qui était pourtant si gentille avec eux.

Le manipulateur reconnait d’instinct en elle la proie parfaite.  Aussi, peu importe les circonstances de leur rencontre, il devient vite très amical avec elle.  Il se montre gentil, intéressé, oreille attentive.  La fille retrouve en lui toutes ces qualités qu’elle espérait en vain chez ses ex.  Puis, au bout d’un certain temps, peu importe que ce soit lui ou elle qui fasse les premiers pas, le résultat est le même: Ils finissent ensemble.

Et c’est là que, sexuellement, ils arrivent à:

L’ÉTAPE 1: Adoration inconditionnelle de tout ce qu’elle est.
Dès leurs toutes premières relations sexuelles, il est vraiment l’amant parfait.  Il est doux, il est expérimenté, et surtout, il est respectueux.  Car jamais il n’osera faire quelque chose sans d’abord lui demander son avis.  Et plusieurs fois, il ira lui rappeler qu’elle peut dire non à tout moment.  Et malgré tout, il se montre très passionné, très désirant, et ne cesse de lui montrer en paroles et en gestes. 

Par-dessus tout, vers la fin de la séance, il la complimentera sans retenue sur son sexe: Il est chaud, il est doux, il est étroit, il est confortable, et il me manquera pas de lui dire combien il adore la faire jouir avec sa bouche, tellement il apprécie son goût.

La fille, agréablement surprise d’avoir enfin trouvé la perle rare, est comblée, heureuse, amoureuse comme jamais.

Quelques temps plus tard, alors qu’il sent qu’elle est mure pour ajouter quelque chose dans leur routine, il passe à:

L’ÉTAPE 2: Lui retirer son statut de femme adulte.
Il lui suggère, mais toujours en la rassurant qu’elle peut refuser, un petit jeu de rôle.  Cette fois-ci, il lui dira quoi faire, et elle n’aura qu’à obéir.  Cette idée amuse la fille.  Elle se dit que pourquoi pas.  Après tout, il est si gentil, si respectueux, si bon amant… Si ça peut lui faire plaisir, elle n’est que trop heureuse d’accepter.

Au fil de leurs séances de sexe, il installe peu à peu le ton.  Il la fait mettre à genoux devant lui.  Elle doit l’appeler Monsieur et lui dire vous. Elle reçoit la fessée.  Se fait mettre en punition.  Bref, il l’infantilise.  Elle agit comme une enfant, et donc cesse d’agir en femme.  Il se masturbe et éjacule sur ses seins, sur son visage. 

Là encore, jamais il n’osera faire quelque chose sans d’abord lui demander son avis.  Et plusieurs fois, il ira lui rappeler qu’elle peut dire non à tout moment.  Mais elle, reconnaissante de son respect, n’est que trop heureuse de le laisser faire.

Et là encore, il la complimentera sans retenue sur son sexe. 

Après la baise, alors qu’il la câline doucement, il ne manquera pas de lui dire à quel point elle est sexy, avec son sperme au visage et aux seins.  Sur ce dernier point, il choisit subtilement ses mots.  Il ne lui dit pas qu’il la trouve sexy.  Il dit qu’elle est sexy.  Ça peut paraître minime, mais c’est une variante qui fait toute la différence dans l’idée qu’elle aura d’elle-même par la suite.

Quelques temps plus tard, alors qu’il sent qu’elle est mure pour ajouter quelque chose dans leur routine, il passe à:

L’ÉTAPE 3: Lui retirer son statut d’être humain. 
Il lui suggère, mais toujours en la rassurant qu’elle peut refuser, un petit jeu de rôles.  Cette fois-ci, il utilisera un langage un peu plus cru, et fera d’elle son animal obéissant : Sa chienne.  Il utilisera des termes comme chienne en chaleur, et des te baiser comme une chienne.  Il lui dira quoi faire, et elle n’aura qu’à obéir.  Cette idée surprend un peu la fille au début.  Mais bon, elle est déjà habituée à obéir à ses ordres.   Sa suggestion est bien mineure comme changement.  Aussi, elle se dit que pourquoi pas.  Après tout, il est si gentil, si respectueux, si bon amant…  Elle n’est que trop heureuse de lui procurer du plaisir en retour.

(Détail: Étant donné la connotation négative et insultante qu’a le mot chienne, il arrive souvent qu’ils optent plutôt pour la chatte.  Ce qui est encore mieux, étant donné le sens sexuel de ce mot.)

Au fil de leurs séances de sexe, il installe peu à peu le ton.  Il la fait mettre à quatre pattes.  Elle portera un collier et/ou de fausses oreilles animales.  Elle ne s’exprimera qu’en sons d’animaux.  Bref, il la bestialise.  Elle agit comme un animal, et donc cesse d’agir en humain.  Il se masturbe et éjacule sur ses seins, sur son visage. 

Là encore, jamais il n’osera faire quelque chose sans d’abord lui demander son avis.  Et plusieurs fois, il ira lui rappeler qu’elle peut dire non à tout moment.  Mais elle, reconnaissante de son respect, n’est que trop heureuse de le laisser faire.

Et là encore, il la complimentera sans retenue sur son sexe.  Et là encore, après la séance, il ne cessera de lui dire à quel point elle a été parfaite, excitante, sexy.

En général, ces pratiques ne dépassent pas l’étape 2 ou 3.  Cependant, certains hommes vont pousser la chose plus loin:

L’ÉTAPE 4: Lui retirer son statut d’être vivant, en faisant d’elle sa poupée.  Il lui fera porter certaines pièces de vêtements, en lui disant bien que dès qu’elle sera habillée, alors elle n’aura plus la permission de bouger ni de dire un mot, autre que le safe word (Mot de code permettant de tout arrêter.)    

L’ÉTAPE 5: Lui retirer son sa forme humaine, en faisant d’elle son objet sexuel.  Cette fois, plus question de songer à son plaisir à elle.  Il l’introduit au principe du deep throat : Elle doit se coucher sur le dos, sur le lit, la tête pendante sur le rebord, ouvrir grand la bouche, et ne pas bouger tandis qu’il lui pénètre la gorge comme un vagin.  Bien sûr, elle a encore droit au safe word… Mais comment pourrait-elle le prononcer pendant cette pratique, si elle change d’idée en cours de route?  Elle devra donc se résigner à le laisser faire.

L’ÉTAPE 6: Lui retirer son statut d’objet sexuel, en faisant d’elle un objet qui, bien que intime, n’a plus rapport avec le sexe.  Généralement, sa toilette.  

Rares sont ceux qui se rendent jusque-là car pour ce faire, il faut être particulièrement pervers.  N’empêche que la méthode reste la même:  Dépouiller peu à peu la femme de tout ce qui constitue son identité en tant que femme, en tant qu’être humain, en tant qu’être vivant.  Et ce, tout en continuant de lui montrer à quel point il apprécie son sexe, et à quel point elle est belle lorsque soumise à lui.

Ceci dit, peu importe à quelle étape la relation se stabilise, une chose ne change pas:  À force de se faire seulement apprécier au niveau du sexe, et dénigrer en tant que femme, qu’adulte, qu’être humain, la fille se laisse peu à peu conditionner à ne plus voir en elle-même de valeur en tant que femme, ni adulte ni être humain.  Sa seule valeur, elle n’en voit plus que dans son sexe.

Ce changement dans son estime personnelle se passe au niveau de l’inconscient, tellement le travail du manipulateur est subtil.  Elle constate cependant elle-même combien elle a pu changer sur un autre sujet:  Tout ce qu’elle n’aurais jamais accepté de faire avec ses ex, elle le fait volontiers avec lui.  Et puisqu’il lui a toujours laissé le choix, alors elle croit que son statut de soumise, d’infantilisée, d’animale, d’objectifiée, que ça vient d’elle.  Il n’a fait que l’aider à se découvrir elle-même, voilà tout.

Et c’est là qu’elle fait erreur.  Deux erreurs, pour être précis. 

Première erreur :  Toutes ces idées, là, de jouer à l’enfant, à la chienne (ou à la chatte), à la poupée…  Est-ce que c’est venu d’elle?  Non!  Tout ça, c’est venu de lui.  Parce que sinon, jamais elle n’y aurait pensé par elle-même.  Dans de telles conditions, lorsqu’elle dit que c’est ce qu’elle est vraiment, elle se trompe.   

Seconde erreur :  Bon, d’accord, l’idée de jouer à l’enfant, à la chienne (ou à la chatte), à la poupée, ça ne venait pas d’elle.  N’empêche qu’il lui a laissé le choix, et qu’elle a accepté.  Donc, ça doit bien être la preuve comme quoi oui, c’est ce qu’elle est vraiment

Mais voilà, il ne faut pas oublier un détail important: Si cet homme a choisi cette fille en particulier, c’est parce qu’elle souffrait d’être rabaissée par les autres hommes, qui lui manquaient de respect, qui lui faisaient des reproches.  Tout ce qu’il a eu à faire pour gagner les faveurs de cette fille, c’était de se comporter de manière inverse avec elle.  Il l’a toujours respectée.  Il l’a toujours fait sentir spéciale.  Dans de telles conditions, il n’y a rien d’étonnant à ce qu’elle tient à lui rendre la pareille, en acceptant de lui faire plaisir, en VOULANT lui faire plaisir.  Et puisqu’elle aime lui faire plaisir, alors elle a cru qu’elle aimait faire ça.  Il l’a conditionné à confondre l’aimer lui avec aimer ces pratiques.

Et c’est comme ça que, patiemment, au compte-goutte, non seulement a-t-il réussi à lui faire accepter de ne plus être autre chose qu’un objet sexuel, il a réussi à lui faire croire à chaque étape que tout ça, c’était ses décision à elle.

Puisqu’elle considère (de manière erronée) qu’il s’agit de la plus géniale relation de couple de sa vie, elle ne peut s’empêcher d’en parler dans tous les détails à son entourage, à  la grande horreur de ces gens qui l’aiment, de la voir ainsi être devenue un enfant / animal / objet sexuel soumis et rabaissé. Par conséquent, si une tierce personne essaye de lui ouvrir les yeux sur sa condition véritable de soumise et de rabaissée, la fille ne voudra rien savoir.  Elle répondra alors des trucs du genre de:  « Pourquoi tu essayes de te mettre entre nous deux?  Pourquoi essayes-tu de gâcher mon bonheur?  Tu ne le connais pas.  Tu ne sais rien de lui. Tu ne connais rien de ce qu’il y a entre nous.  Tu ne connais rien aux pratiques BDSM. Je sais parfaitement ce que je fais, et je le fais en toute connaissance de cause. Tu ne sais pas de quoi tu parles.  Et puis d’abord, ça ne te regarde pas. »

Et lui, lorsque cette confrontation lui arrivera aux oreilles, il ressentira une grande satisfaction, de voir qu’il a atteint son but.  Il est respecté par une fille qu’il ne respecte pas.  Il est tenu en haute estime par celle qu’il ne fait que rabaisser.  Il l’a manipulée à croire qu’elle n’a jamais été manipulée.  Et il a tellement bien réussi son coup qu’elle protège son agresseur, et elle agresse ses protecteurs.  Il contrôle ce qu’elle fait, ce qu’elle est, et même ce qu’elle aime.  Il a donc le contrôle total sur elle, à tout les niveaux.

Et c’est là sa plus grande force: Puisque tout le monde doit respecter ce qui se passe entre adultes consentants, il a su faire de la fille une victime consentante. 

 

 

Le Party avec Salvail chez Rozon (2e partie)

À SUIVRE

C’est une réaction classique que l’on voit (trop) souvent: Quelque chose d’illégal / immoral se passe. Tout le monde le voit, mais personne ne réagit… Sauf UNE personne. Ça donne la honte aux autres. Ils voient l’action de cette personne comme une dénonciation de leur propre inaction. Ils prennent ça comme une attaque personnelle.

Aimez-vous qu’on vous fasse honte en vous attaquant? Eux non plus! Alors leur premier réflexe est de contre-attaquer. Première chose: Prouver, à soi-même et aux autres, que non, la personne qui a agi n’est pas moralement meilleure qu’eux. On cherche donc à trouver un motif caché (et croche) pour expliquer son action.

Elle a dit OUI par peur des conséquences de dire NON.

Il y a 20 ans, cette année, j’ai appris que dans certaines circonstances, je pouvais, si je le voulais, devenir un agresseur sexuel, et personne ne pourrait jamais m’en condamner au sens légal.  Laissez-moi vous raconter comment j’ai fait ce triste constat.

Printemps 1997. J’ai 28 ans. Je suis chez un couple d’amis.  Il est passé deux heure du matin.  Le party vient de finir.  La majorité des invités sont partis, sauf deux ou trois qui ont été invités à passer la nuit, dont moi. Je suis couché au salon, dans le grand divan-lit, que je partage avec Audrey, une demoiselle de 19 ans.  

Audrey et moi nous nous sommes rencontrés ici-même il y a quelques heures. Nous avons passé la majorité de la soirée à jaser ensemble, chose que nous continuons de faire maintenant.  Puis, décidant qu’il est temps de passer aux choses sérieuses, je passe doucement ma main sur sa joue, l’incitant à tourner son visage vers moi, et je l’embrasse doucement, histoire de tâter le terrain.  Elle répond favorablement, en posant sa main sur mon épaule, ouvrant la bouche et glissant sa langue dans la mienne.  Après quelques minutes de french-kiss, comme il est de mon habitude dans ces cas-là, je passe à l’étape suivante qui est de commencer à lui caresser les seins, histoire de lui faire comprendre clairement mon désir d’aller plus loin.  Audrey comprend.  Aussi, elle interrompt nos embrassades pour dire:

« Ben…  Là chus dans ma semaine pis j’porte un tampon, fa que ça m’tente pas ben ben.  Mais si tu y tiens vraiment, je peux toujours te branler.  Au pire, je pourrais sucer. »

Ces phrases résonnent dans ma tête.  Instantanément, je rejoue mentalement tout ce qu’elle vient de me dire.  Et je note certains passages en particulier.  

« Ça m’tente pas. »
« Si TU y tiens vraiment. »
 » Je peux toujours. »
 » Je pourrais. »
« AU PIRE!« 

Je ressens aussitôt la malaisante impression je suis à deux doigts de commettre une agression sexuelle.  En fait, je me sens comme si je l’avais déjà commencée, cette agression.  Ceci me déstabilise moralement.  Aussi, c’est d’une voix calme et posée que je lui répond:

« Naah!  Merci, mais pas obligée, chuis épuisé.  J’ai toute ma journée dans le corps aujourd’hui. Y’a eu le cégep, le cours d’éducation physique, j’ai aidé une amie à déménager, puis après ça y’a eu le party ici, sans oublier l’alcool…  Je remettrais ça à une autre fois, si ça adonne, et si on en a encore envie tous les deux.  Ça te va? »
« Ben correct! »

Sur ce, dernier petit baiser rapide, souhaits de bonne nuit, je lui tourne le dos et m’installe pour dormir.  

Un an et demi plus tôt, je quittais la plus longue et la plus toxique relation de ma vie.  J’étais de retour aux études, à 27 ans, au cégep.  Puisque j’étais 8-9-10 ans plus âgé que les autres étudiants, je ne m’attendais pas à me faire des amis.  Voilà pourquoi j’ai été totalement pris au dépourvu lorsque quelques filles m’ont approché en me désirant comme amoureux et/ou amant.  Il faut dire qu’après avoir passé les cinq années précédentes coincé dans une relation dans laquelle j’étais sans cesse rabaissé à tous les niveaux, je ne m’étais jamais rendu compte que j’étais devenu beaucoup plus regardable que la dernière fois que j’étais allé à l’école.

Cette nouvelle popularité auprès de la gent féminine m’a fait passer à travers quatre étapes:

Étape 1: Subir quelques déboires amoureux et sexuel, puisque je ne savais pas du tout comment réagir aux avances de ces filles.  Par conséquent, elles perdaient intérêt devant mon manque de réaction.  Ou devant le fait que je réagissais, mais incorrectement
Étape 2: Subir quelques déboires amoureux et sexuel, puisque je réagissais positivement à toutes les propositions de toutes les filles.  Par conséquent, j’avais de la difficulté à jongler avec le fait d’avoir plusieurs amantes à la fois, me faisant surprendre quelquefois en situation d’adultère.
Étape 3: Subir quelques déboires amoureux et sexuel, puisque je me laissais choisir par n’importe qui.  Disons que quand l’amour du sexe est tout ce que nous avons en commun, ça ne fait pas les meilleures relations amicales, encore moins amoureuses.

Aussi, depuis le début de l’année ’97, j’ai décidé de changer complètement mon attitude et de passer à l’étape 4:   Agir en Homme, en vrai!  From half-a-male to Alpha Male.  Puisque le cégep me donne accès à un grand bassin de population féminine qui se renouvelle sans cesse, j’allais en profiter à fond.  Et désormais j’allais avoir le contrôle.  J’allais choisir moi-même mes amantes, sans retenue.  Je me suis même donné comme défi pour l’année ’97 de coucher avec plus de filles que durant toute ma vie jusque-là.  J’allais être fonceur. Déterminé! Conquérant!  

Mais attention, fonceur ne veut pas dire défonceur.  J’allais quand même continuer à avoir une certaine retenue et un respect de leurs limites. Voilà comment j’ai créé ma devise: N’attend pas après son OUI, mais respecte son NON.  

Après une vie entière à rater de multiples occasions de baiser parce que j’étais trop passif, cette méthode m’a été jusqu’à maintenant infaillible.  Aucune ne m’a encore dit non.  Ça m’a même permis de constater que même les filles qui n’avaient manifesté aucun désir sexuel pour moi étaient capable d’en avoir dès l’instant où je leur manifestais le mien.   C’est autant de relations sexuelles que je n’aurais jamais eues si, comme avant, j’aurais attendu passivement que l’autre me montre son intérêt, un intérêt que je ne faisais rien pour lui donner.  Ce qui me prouve que j’ai bien fait de l’adopter, cette méthode.  

Et là, couché sur ce divan-lit, tournant le dos à Audrey, pour la première fois, j’ai un doute au sujet de ma méthode.  Jusque-là, j’ai toujours cru qu’elle était irréprochable puisque quoi qui se passe, les filles sont assurées de mon respect de leurs limites.  

Mais, et c’est là où ma méthode fait défaut, encore faut-il que les filles le sachent, que je vais les respecter, leurs limites.  Et ce soir, la réponse d’Audrey face à mes avances m’a bien démontré que non, rien dans mon attitude ne pouvait le lui faire savoir.

Et pire encore: Audrey m’a démontré que mon désir pour elle lui faisait peur.  Elle n’avait aucune envie sexuelle à mon égard.  Mais elle avait tellement peur de ma réaction face à son refus, qu’elle était prête à acheter la paix en m’offrant une compensation sexuelle, en s’offrant de me masturber.

Ou, au pire, me sucer.

« AU PIRE! »

J’ose à peine imaginer les réaction négatives et violentes qu’elle a dû recevoir dans le passé, de la part des gars à qui elle s’est refusée sexuellement, pour considérer aujourd’hui que faire une fellation à un homme qui ne lui plait pas, c’est la moins pénible des deux options.

C’est sûr que techniquement, j’aurais pu l’accepter, sa proposition.  D’accord, c’est moi qui a initié le premier contact physique.  N’empêche qu’elle a répondu positivement à mes baisers.  Et c’est elle qui m’a ensuite offert branlette et pipe sans que je ne lui demande quoi que ce soit, ni que je lui mette de pression.  Je pourrais en profiter.  Je pourrais me retourner sur le dos, baisser mon pantalon, et lui dire: « Ok, j’accepte la fellation que tu m’offres. »  Je ne ferais que dire oui à sa proposition.  Aucun jury ne me condamnerait de l’avoir fait.  

N’empêche que la première chose qu’elle m’a dite, c’était qu’elle n’en avait pas envie.  Et ses « si tu y tiens vraiment », son « je pourrais », et surtout son « au pire », ça me montre clairement qu’elle le ferait contre sa volonté.   Et avoir du sexe contre la volonté de notre partenaire, c’est un viol.  Et même si ce viol est consenti, ça reste un viol quand même.

Je l’ai souvent répété: En situation sexuelle, 75% de mon excitation provient du fait que je sais que la fille me désire, qu’elle a envie de moi, qu’elle aime ce que l’on fait.  Que ce soit de l’instinct naturel, un réflexe acquis, du respect ou de l’orgueil, peu importe, il reste que c’est comme ça.  Dans de telles conditions, après ce qu’elle vient de me dire, il m’est impossible de voir en Audrey quelqu’un avec qui je puisse prendre plaisir à avoir une relation sexuelle.  Par conséquent, mon excitation a tombé et mon désir a disparu.

J’aurais pu tenter de la rassurer en lui répondant que j’avais compris son message.  Mais j’ai aussi compris que cette fille avait peur.  Peur de mon désir sexuel.  Peur que j’insiste.  Peur de moi.  Elle avait donc probablement tout aussi peur que je vois clair dans son bluff, en comprenant qu’en réalité elle ne voulait rien faire de sexuel avec moi.  Voilà pourquoi je lui ai répondu la seule chose qui pouvait la rassurer: Lui dire que finalement, je suis trop fatigué pour en avoir envie. Ça lui a évité de devoir faire les activités sexuelles qu’elle m’avait proposé à contre-coeur, et ça lui a enlevé la crainte de subir des représailles de ne pas me les avoir fait.

Toute ma vie jusque-là, à force de voir les gars gentils et timides se faire dire non par les filles, et à voir les gars fonceurs se faire dire oui par ces mêmes filles, j’en suis arrivé, comme la majorité des gars, a croire que les filles aiment les gars fonceurs.  Eh bien ce soir-là, pour la première fois, j’ai compris que si une fille dit oui à un gars fonceur, ce n’est pas nécessairement parce qu’elle le veut vraiment.  C’est parfois parce qu’elle a peur des conséquences de lui dire non.  

… Ce qui signifie que, de toutes ces filles qui m’ont dit oui depuis que j’utilise cette méthode, il y en a peut-être qui auraient préféré me dire non.  Ce qui signifie que sans le savoir, j’aurais été un agresseur sexuel.

Et voilà pourquoi j’ai changé ma méthode d’approche.  Depuis ce soir-là, il m’arrive encore de proposer lorsque la fille me fait envie.  Et bien entendu, je continue de respecter son manque d’intérêt.  Mais maintenant, non seulement j’attends son approbation avant d’agir, je suis beaucoup plus attentif aux signes qui pourraient démontrer qu’elle ne m’aurait dit oui que par peur des conséquences de me dire non. 

Parce que même lorsqu’un agresseur sexuel reçoit l’autorisation de sa victime, ça ne change rien au fait qu’il est un agresseur sexuel.  Et ça, ce n’est pas quelque chose que je veux être.

La page La Clique Vidéo sur Facebook

Eh oui, quoi de mieux pour me pousser à garder le rythme de production, qu’en publiant les BD de La Clique Vidéo dans une page Facebook deux fois par semaine, les mardis et jeudis!?

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« Tope-la sur la tronche » en québécois.

Rappelons que lors du dernier Festival de BD francophone de Québec, j’ai remporté le prix Jacques-Hurtubise pour encourager la nouvelle création en BD.  Il m’a été remis par Hélène Fleury, membre du jury et cofondatrice du magazine Croc.  Un chèque de mille dollars, gracieuseté de Brouillard Communication, m’a été remis par le sympathique Jean Brouillard, président et fondateur de la firme. 

La Clique Vidéo, l’album: C’est un départ!

Dans un article datant du 26 janvier dernier et publié sur mon blog BD Requin Roll, je déplorais que l’état de mes yeux m’obligeait à interrompre ma série de BD La Clique Vidéo après quinze pages et quart.

Je dois porter des lunettes ou des verres de contacts depuis l’âge de dix ans.  Au fil des années, ma myopie a progressé de façon alarmante.  Comme si ça ne suffisant pas, avec l’âge, la presbytie est venue s’y mettre, et hélas l’un n’annulait pas l’autre.  Aussi, j’ai eu à subir une chirurgie aux deux yeux.  On m’y a implanté en permanence des lentilles intra-oculaires.  Le seul mauvais côté de ce genre d’intervention, c’est que ça laisse avec une presbytie de 2 degrés, et que les yeux ne sont plus capable de se mettre au focus, puisqu’il s’agit d’une vision artificielle.

J’ai bien des lunettes de lecture, hélas ça ne vaut rien pour dessiner.  Pour bien voir ce que je fais, je dois mettre ma tête trop loin du papier, ce qui rend l’encrage pénible et imprécis.  Alors deux choix s’offraient à moi: Ou bien je me mettais à dessiner des cases géantes, genre une image par page.  Ou bien je ne procurais une dispendieuse tablette graphique.

Il y a deux semaines, je me suis rappelé que, pour la seconde année de suite, le Festival de la BD Francophone de Québec offrait le prix Jacques Hurtubise, ainsi nommé en l’honneur du fondateur de la légendaire revue Croc

Ce prix est destiné aux auteurs n’ayant pas publiés plus d’un album, et qui planifient en publier un de façon indépendante.  Voyant que ça venait avec une bourse qui m’aiderait grandement à me procurer une tablette graphique, j’ai tenté ma chance: J’ai préparé un dossier et j’ai proposé ma candidature.
 

… Et j’ai gagné!  

Le prix Jacques-Hurtubise m’a été remis par Hélène Fleury, membre du jury et cofondatrice de Croc.  Un chèque de mille dollars, gracieuseté de Brouillard Communicationm’a été remis par le sympathique Jean Brouillard, président et fondateur de la firme. 

Il fallait bien que je m’inscrive sous mon vrai nom, je n’aurais pas pu encaisser un chèque au nom de Steve Requin.  De toute façon, si j’ai pris cette identité en 1994, c’est parce que dans le temps, je faisais dans le fanzine adulte de goût douteux, et je ne tenais pas à ce que mes enfants en souffrent.  Aujourd’hui, puisqu’ils sont tous adultes et aussi douteux que leur père l’était à l’époque, ça n’a plus d’importance.

Et c’est à la suggestion de Mme Fleury elle-même que, au moment où on me remettait mon prix, j’ai partagé avec le public une anecdote personnelle au sujet du regretté Jacques Hurtubise.  Celle-ci fut reproduite dans cet article au sujet du Bedeis Causa 2017 tiré de ActuaBD.com:

Alors voilà, ce qui fut dit fut fait:  Je me suis procuré la tablette dont j’avais besoin pour reprendre mon projet d’album, et le terminer.

Mais avant ça, il était clair que mon tout premier dessin sur cet instrument revenait de droit aux gens qui l’ont rendu possible.  

 

Quand « L’image positive que l’on veut projeter » confirme « Le réel négatif que l’on est vraiment »

L’une des plus grandes ironies de la vie en matière de comportement et de personnalité, c’est, comme le dit le titre, lorsque l’image positive que l’on veut projeter ne fait que confirmer le réel négatif que l’on est vraiment.

Comme premier exemple, je vais vous donner une anecdote personnelle.

J’avais 27 ans et j’étais de retour aux études, au cégep, après dix ans de vie adulte. Et me voilà donc, en ce lundi matin, dans le corridor de cette institution scolaire, en me dirigeant vers ma toute première classe.  Je la trouve, j’y pénètre, choisis un pupitre libre et m’y assois.  

Je ressens une certaine fierté d’être là.  Je suis pleinement conscient d’être beaucoup plus intelligent, beaucoup plus mature et beaucoup plus réfléchi que la dernière fois que je suis allé à l’école, une décennie plus tôt.  Il est vrai que lorsque j’avais 17 ans, non seulement je n’étais pas porté à faire d’efforts en classes, je n’avais vraiment pas mes priorités à la bonne place.

« Oui! » me dis-je fièrement!  « Cette fois, les choses vont changer.  Je suis déterminé à ne plus répéter les erreurs idiotes de ma folle jeunesse.  Si je suis ici, c’est pour suivre mes cours. C’est pour apprendre.  C’est pour avoir de bonnes notes.  C’est fini, ça, de négliger d’écrire mes devoirs dans mon agenda scolaire, pour y écrire des dates de party.  Je ne suis pas ici pour faire le party, je suis là pour étudier.  C’est fini, de courir après les filles.  Je ne suis pas ici pour draguer, je suis ici pour étudier.  C’est fini, de consacrer tout mon temps à me faire une gang d’amis.  Je ne suis pas ici pour faire du social, je suis ici pour étudier.   C’est fini, de joindre des comités comme le journal étudiant où le groupe loisirs.  Je ne suis pas ici pour consacrer mon temps et mes énergies sur des choses qui n’ont pas rapport à mes études, je suis ici pour mettre mon temps et mes énergies sur mes travaux scolaires.  Cette fois-ci, je vais prendre mes études au sérieux.  Je vais être attentif.  Je vais me concentrer.  Je vais être à mon affaire. C’est fini, le niaisage.  C’est fini, de ne pas écouter en classes.  C’est fini, de me laisser distraire par n’importe quoi.  C’est fini de… »

« C’est bon, vous pouvez commencer! »

Cet ordre du professeur me tire de mes réflexions.  Et je vois soudain, à ma grande surprise que toute la classe commence à écrire un texte sur une feuille lignée.  Je constate avec horreur que je n’ai pas la moindre idée de ce que le prof a demandé.  J’étais tellement concentré sur ma détermination à être attentif en classe, que ça m’a empêché d’être attentif en classe.

Ironie?  Oui, mais en même temps, c’est un peu plus que ça.  C’est que ce genre de comportement, il m’est arrivé de le voir sur d’autres personnes que moi, dans plusieurs situations différentes.  Avec le temps, j’ai fini par constater que dans chaque cas, le vrai problème, c’est qu’au lieu de mettre de notre concentration et nos énergies dans l’effort de faire, on les met plutôt dans notre désir de paraitre.  

J’ai un second exemple qui m’implique.  À ceci près que ce comportement, je l’ai retrouvé dans une amante d’un soir. Celle-là, j’en ai déjà parlé il y a quelques années dans un billet intitulé L’altruisme égocentrique.  Elle se vantait d’être l’amante parfaite.

J’étais au lit avec cette fille rencontrée le jour-même après quelques semaines de jasette sur le net. Elle utilisait ses dents pendant la fellation. Bon, chacun ses trips, c’est juste pas le mien, voilà tout. En plus, elle insistait pour me mettre une forte pression sous le scrotum avec ses doigts, ce qui était franchement inconfortable.  Je lui suggère donc de rétracter la dentition un ti-peu et de cesser de me presser le sous-sac, ça ne me fera que mieux apprécier sa job de siphonnage phallique.

Elle se retourne vers moi, insultée, et me dit sur un ton brusque :  « Heille! Je l’sais, moé, c’est quoi que les gars aiment qu’on leur fassent! » … Et elle se remet aussitôt à l’ouvrage en ne changeant pas sa technique le moins du monde.

Dans les deux cas, l‘image positive que l’on veut projeter ne fait que confirmer le réel négatif que l’on est vraiment. C’est le fait de prétendre que j’étais attentif en classes qui m’a rendu inattentif en classes.  Et c’est le fait qu’elle prétendait être l’amante parfaite qui l’a poussé à agir de façon à être exactement le contraire.