Les ruptures qui réglèrent tous mes problèmes, 3 de 3. Mes 10 principes pour prolonger ma réussite

Dans le premier billet de cette trilogie, je raconte que lors de ma relation de deux ans avec Mégane, mon côté carrière a essuyé de nombreux échecs.  J’ai été renvoyé abusivement de mon premier boulot de préposé aux bénéficiaires qui me rapportait le double du salaire minimum.  Mon employeur suivant a cessé ses activités.  S’en suivit un an de chômage dans lequel j’ai écrit un livre révélant des facettes encore jamais étudiées sur le règne de Maurice Duplessis, mais aucun éditeur n’en veut.  Et que ma seule perspective d’avenir était de finir dans un abattoir de dindons pour quelques dollars de plus qu’au chômage.  Mais puisque Mégane a mis fin à notre relation, je me suis inscrit sur Facebook Rencontres, où j’ai été recruté pour redevenir préposé aux bénéficiaires, cette fois dans les régions maritimes, au triple du salaire minimum.

Dans le second billet, j’explique que contrairement à ce que l’on pourrait s’attendre, les amis, le couple et la famille sont parfois les obstacles qui t’empêchent d’évoluer et de récolter les fruits de tes efforts.  Ce billet est surtout consacré à mes parents que j’ai eu à renier, après avoir découvert qu’ils ont passés ma vie entière à saboter mes relations et mes carrières, dans le but de me garder éternellement dépendant d’eux.

Et dans le 3e billet que vous lisez en ce moment, maintenant que je suis libre, mobile, compétent à mon boulot et prospère, je peux enfin repartir ma vie à zéro sans personne pour me la saboter.

… Personne d’autre que moi-même, en fait. 

Car en effet, sans plus avoir de parents ni qui que ce soit d’autre de mon ancienne vie pour me remettre à ma place, le seul qui puisse encore me saboter, c’est moi.  Aussi, pour éviter que ça arrive, j’ai décidé de suivre dix principes simples qui m’évitent de commettre les erreurs classiques qui pourraient saboter cette nouvelle vie que je me construis.

PRINCIPE 1 : Reconnaitre qu’aucune situation n’est garantie à long terme.
Traduction : Tout va bien maintenant parce que j’ai un bon travail qui me rapporte gros.  Mais mes deux derniers boulots d’il a deux ans étaient aussi de bons emplois qui me rapportaient gros, et qui devaient me permettre de commencer enfin à vivre la vie normale d’un adulte normal.  Hé, c’est également ce que je disais il y a quatre ans au sujet de mon emploi à La Firme de Sherbrooke, et deux ans plus tard, je devenais itinérant.  Fa que tsé!

Et c’est la raison pour laquelle je dois suivre scrupuleusement le…

PRINCIPE 2 : Dire non à la gratification instantanée.
La gratification instantanée, c’est s’offrir une récompense immédiate.  Généralement en se lançant dans de grandes dépenses dès que l’on obtient un boulot payant, et ce avant même d’avoir reçu son premier chèque de paie.  Par exemple, à l’été de 2020, alors que l’on commençait notre stage au CHSLD à $26 de l’heure, je ne peux plus compter le nombre de fois où mes camarades de classe tout comme mes nouveaux collègues, incluant Mégane, me mettaient de la pression pour que je me paie une auto neuve, un condo, des meubles. Ils disaient tous qu’au salaire que l’on fait, je pouvais bien me le permettre. 

J’avais beau leur expliquer que j’avais des dettes, sous la forme de ma marge de crédit à la banque, et de carte de crédit, ils n’en démordaient pas.  J’avais droit à des arguments sophistes comme quoi il est normal, lorsque l’on est adulte, d’avoir des dettes.  J’ai refusé de les écouter.  Leur obstination à insister (ou, de leur point de vue, mon obstination à ne pas les écouter) m’a mis en froid avec certains d’entre eux.

Mais voilà, ceux qui jugent et conseillent ne sont pas ceux qui paient.  J’aurais eu l’air fin, tiens, avec des paiements de char de l’année et de condo sur le dos après avoir perdu deux boulots, en me retrouvant au chômage pour un an, et en allant travailler à l’abattoir.  J’aurais eu à casser mes contrats d’achats, ce qui m’aurait donné un mauvais dossier de crédit pendant sept ans.  Et jamais je n’aurais récupéré mon argent de départ en les revendant.  J’aurais décuplé ma dette initiale sans jamais avoir eu les moyens de la rembourser.

D’accord, pour avoir mon emploi actuel, il a fallu que je me procure un véhicule usagé.  Mais là c’est différent, puisqu’il m’est nécessaire pour mon travail, au point où son essence m’est remboursée.  Ce qui se prend bien en cette époque du autour-du-$2-le-litre.

Mais comme je dis plus tôt, j’ai des dettes, voilà pourquoi, en matière de dépenses, ma priorité est le…

PRINCIPE 3 : Payer mes dettes avant tout.
Mes dettes, c’est ma carte Visa, et la marge de crédit que m’a offert la banque. Ces dettes ne sont pas constituées de dépenses folles, mais bien de nécessités subvenues lorsque mon revenu était insuffisant ou inexistant. J’ai également un prêt auto comme la majorité des propriétaires de véhicules, mais ça c’est moins urgent.

En ce moment, je vis dans un 1½ qui m’est fourni gratuitement.  Et franchement je n’ai pas besoin de plus grand.  La seule dépense non-nécessaire que je me suis permise est le gym local. Mais à part ça, vivre en spartiate me permet de ne garder dans mon compte de banque que l’argent destiné à l’auto et à mon 3½ à Saint-Jean-Baptiste.  Le reste va directement sur ma Visa, qui est prioritaire avec son 19.9% d’intérêts.  Au rythme où je la rembourse, encore deux paies et je l’aurai enfin remise à zéro.  Je m’attaquerai ensuite à ma marge de crédit de la banque.  Et ensuite, ce sera l’auto. 

On parle ici d’au moins un an à travailler sans pouvoir disposer librement de mon salaire.  Mais ceci importe peu pour moi.  Car je crois que vraiment riche est l’homme qui n’a pas de dettes. Et si je ne veux pas avoir de dettes, je dois particulièrement respecter le…

PRINCIPE 4 : Ne pas écouter les conseils des ignorants.
La seule et unique personne qui connait à fond ma situation, c’est moi-même et personne d’autre.  Par conséquent, ceux qui me conseillent au sujet de quoi faire de mon argent et de ma vie sont forcément ignorants.  Écouteriez-vous les conseils d’un ignorant?  Moi non plus!

Parmi les conseils que j’ai reçus, il y a ceux qui ne comprennent pas pourquoi je ne déménage pas dans ma nouvelle ville.  Mes raisons sont nombreuses.  La première est que j’ai toujours mon bail, je ne peux pas le casser comme ça.  Ensuite, avec mes possessions, il me faut au moins un 3½.  De nos jours, ça va chercher dans les $1 100 – $1 500.  Mon 3½ à Saint-Jean-Baptiste ne me coûte que $500.  Puis, il y a le coût et le temps requis pour déménager.  On parle de 767 km de distance, ce qui prend 8-9h à parcourir en auto.  En camion de déménagement, si on compte le temps pour le charger d’abord, et le décharger après, j’en ai pour deux jours.  La location, l’essence, le tarif kilométrique, le motel, les restos… Je dois m’attendre à payer entre $1 000 et $1 200 en tout.  Le double, voire le triple, si je loue les services de déménageurs au lieu de tout faire moi-même.

Ensuite, je perdrais ma prime d’éloignement et d’essence.  Ajouté au coût du nouveau loyer, on parle d’une perte de $2 000 par mois sur mon budget. Ou $24 000 par année. Une dépense aussi exorbitante que complètement inutile.  Surtout quand on pense que cet argent, mis sur mon auto, le rembourserait en entier en moins d’un an. 

Enfin, oui, en ce moment, je suis à Carleton-sur-mer.  Mais à la fin de mon contrat, on pourrait très bien m’envoyer aux Îles-de-la-Madeleine, Gaspé, Percé, Paspébiac, ou même à la Baie James.  J’aurai l’air fin, avec mon 3½ à Carleton. Est-ce qu’il va falloir que je déménage de nouveau?  Est-ce qu’il y aura seulement un 3½ de libre? 

Pourquoi me mettre de telles complications sur le dos, alors que mon agence se charge de me loger gratis?

Je le répète : ceux qui jugent et conseillent ne sont pas ceux qui paient.  J’ai pris ce travail pour payer mes dettes, pas pour les alourdir. Alors n’en déplaise à ceux qui s’obstinent à ne pas vouloir comprendre, je vais continuer de garder mon 3½ à $500 et mon adresse officielle à Saint-Jean-Baptiste, merci, bonsoir.

PRINCIPE 5 : Être en couple même si je suis célibataire.
J’ai eu assez de boulots dans ma vie pour avoir appris à la dure qu’il n’y a rien de pire que d’être célibataire en milieu de travail.  Oui, même si on est un homme.  Cliquez sur ce lien, ça va ouvrir dans un nouvel onglet un de mes vieux billets intitulé Les 12 risques d’avoir une relation en milieu de travail.  Intrigues.  Jalousies.  Médisance.  Étalage de vie privée.  Et la principale : si la relation ne dure pas, on se retrouve à devoir côtoyer notre ex cinq jours par semaine, ce qui n’est jamais bonne chose.

Vous me direz que si une collègue du CHSLD m’approche et tente sa chance, je n’ai qu’à lui expliquer les raisons pourquoi je décline ses avances?  Ha! Ha!  Pauvres naïfs.  Vous croyez qu’elle va bien le prendre?  On a beau dire que cette situation est moins pire pour les hommes que pour les femmes, j’ai appris à la dure qu’il y a du vrai dans le dicton qui affirme que l’enfer n’a point de furie qui égale celle d’une femme repoussée. D’accord, peut-être ne réagira t-elle pas de manière négative. Mais pourquoi prendre ce risque?

Quant à expliquer que je suis demisexuel, soyons francs, ça ne me tente pas que mon orientation sexuelle soit discutée dans mon milieu de travail. Et encore moins mise en doute par des ignorants qui ne se donneront pas la peine de faire des recherches, ne serait-ce que pour apprendre que oui, ça existe.

Et le harcèlement sexuel au féminin en milieu de travail, vous connaissez? Oui, ça aussi ça existe! Je l’ai vécu. Alors imaginez quand elle va en plus raconter ça à nos collègues, en inversant les rôles. En cette époque de #MeToo #OnVousCroit #DénonceTonPorc, il n’en faudrait pas plus pour détruire ma carrière présente et future. Là encore, ce genre de truc, je ne l’ai toujours vécu que lorsque l’on me savait célibataire.

Aussi, d’expérience, j’ai constaté qu’une conjointe rencontrée au travail sera étrangement portée à laver notre linge sale publiquement à ce même travail. Je l’ai vécu à chaque fois que j’en ai eu une. Et dans l’un des cas, il a même fallu que je démissionne, tellement elle avait injustement dégueulassé ma réputation.

Voilà pourquoi au travail je dis que je suis en couple, même lorsque je suis célibataire.  C’est le seul moyen pour s’éviter tout ce cirque.  Comme ça, mon milieu de travail reste harmonieux, l’atmosphère reste positive, et c’est la tête libre de ces soucis inutiles que je vais travailler, à cet endroit dans lequel j’aime travailler. Et je ne veux pas que ça change.

Cependant, il ne faut pas croire que je tiens à passer le reste de mes jours sans amour. Voilà pourquoi j’ai le…

PRINCIPE 6 : Si je me prend vraiment une copine, choisir une femme de carrière et occupée.
Deux raisons. D’abord, parce que si elle est occupée, elle ne va pas passer son temps à chialer comme quoi je la néglige parce que je travaille trop. Et ensuite, si elle gagne bien sa vie, elle connait la valeur de l’argent et du temps requis pour le gagner. En plus que je n’aurai pas à payer pour deux.

PRINCIPE 7 : Garder certains secrets par prévention du sabotage.
Il y a quelques années, lorsque je me suis trouvé un emploi de surintendant dans une tour à condos de luxe, j’ai parlé de la chose de long en large dans ce billet de blog, incluant photos de la place. Une semaine plus tard, mes patrons recevaient une lettre anonyme qui racontait les pires choses à mon sujet. Lettre évidemment envoyée par un ennemi qui prenait mal que mes efforts pour me sortir de la merde portaient fruit. Mais voilà, cette lettre n’a eu aucun effet négatif. D’abord parce que la personne décrite dans cette missive ne me ressemblait en rien. Ensuite parce que la majorité de mes soi-disant défauts n’avaient aucun rapport avec mon travail. Et enfin, parce qu’en travaillant avec moi, mes patrons savaient ce que j’étais et ce que je valais. Ils m’ont donc juste remis la lettre en riant, en me disant que mon succès ne semblait pas plaire à tout le monde.

Ici, vous constaterez qu’en effet, je ne dis pas explicitement où je travaille. Je pourrais le faire. D’abord, parce que là encore, mes employeurs savent ce que je vaut, et c’est la raison pourquoi on m’offre autant de temps supplémentaire. Et ensuite, admettons que je perde cet emploi. Et alors? Mon employeur véritable, ce n’est pas le CHSLD. C’est l’agence de placement. Si mon CHSLD actuel décide de se passer de mes services, mon agence va immédiatement me relocaliser dans un autre CHSLD, et je serai relogé tout près gratuitement. Ça me fera juste voyager et découvrir de nouveaux horizons, chose que je ferai peut-être de toute façon à la fin de mon contrat actuel. Alors pour ce que ça va changer.

PRINCIPE 8 : Éviter toute vie sociale.
Parce que dans mon cas particulier, la vie sociale peut avoir un côté négatif, et un côté positif qui aura des conséquences négatives.

Du côté positif, admettons que je me fasse une vraie bonne bande de copains avec qui il fait bon socialiser. Ça va entrer en conflit avec mes plans de carrière et financiers. Ça implique travailler moins d’heures supplémentaires afin de pouvoir les fréquenter. Et ça me laisse le choix entre demeurer ici afin de ne pas briser notre amitié, ou continuer de voyager et vivre le désagrément de les quitter. Bref, ça ferait d’eux un entourage qui fait obstacle à mon évolution, du même genre de ceux dont je parle dans les deux précédents billets.

Quant au côté négatif, la vie sociale implique des sorties. Et qui dit sortie dit restos, alcool, essence, ce qui n’est pas gratuit, ce qui interfère sur mon plan de remboursement de dettes.

Et avoir des amis, c’est s’exposer encore une autre fois aux jugements et à la pression sociale de « profiter de mon argent si durement gagné », et de « m’acheter un char de l’année pis un condo à c’t’heure que je peux me le permettre », et surtout de « déménager icite puisque je paye un appartement pour rien à Saint-Jean-Baptiste. » Je déteste devoir me répéter presque autant que j’ai en horreur l’obligation de me justifier.

Et justement, l’une des manière d’éviter de devoir faire ça, c’est de suivre le…

PRINCIPE 9 : Ne jamais parler de mon passé de dessinateur et d’auteur d’humour à qui que ce soit.
Lisez cette conversation, que j’ai eue avec une correspondante de Facebook rencontres le 21 septembre dernier. J’ai eu le malheur de lui envoyer une de mes œuvres, histoire de l’amuser. Et voyez le résultat:

Son insistance commençait à devenir lourde.

Et voici une autre conversation avec une autre femme de FB Rencontres, survenue un mois plus tôt.

Et en effet, cette détestable conversation, je l’ai déjà eue des dizaines de fois. Bizarrement, c’était toujours lorsque j’étais au début d’une bonne carrière avec un bon salaire. Dès que je montre ce que je sais faire en texte et en dessin, c’est immanquable, on insiste pour me faire lâcher ma bonne carrière sérieuse naissante, afin de me faire replonger dans celle qui m’a laissé sous le seuil de la pauvreté pendant les trente-cinq ans où je l’ai exercée.

Donc, leçon apprise: À mon nouveau travail, personne ne saura jamais que je suis un wannabe-artiste juste assez bon pour amuser les gens, mais vraiment pas assez talentueux pour faire carrière dans le domaine. Il m’est déjà arrivé par le passé de perdre un emploi après 24h, parce que mon CV ne montrait qu’un passé artistique. C’était un PKF, justement. En me renvoyant, la patronne m’a dit:

« Tu as beaucoup trop de potentiel pour le perdre à travailler à un travail bas de gamme comme celui-ci. Je ne te rendrais pas service de te garder à mon emploi. »

Et m’empêcher de gagner ma vie, ça me rend service, d’après toi, pauvre tarte? En tout cas, faire valoir mes talents artistiques dans un milieu qui n’en demande aucun, voilà une erreur que je ne commettrai plus.

PRINCIPE 10 : Attendre de pied ferme le syndrome de l’imposteur.
Comme moi, beaucoup de gens ont passé leur vie entourés de gens qui les rabaissaient, histoire de les remettre à leur place. Aussi, même si comme moi ils se sont débarrassés de leurs agresseurs, il reste que leur travail de destruction a laissé des traces. Ces gens n’ont donc aucune confiance en eux ni en leurs capacités.

Dans ce temps-là, lorsque comme moi ils ont l’opportunité de briller dans la carrière qui leur convient le mieux, ce manque de confiance en soi font qu’ils finissent par ne pas se sentir à leur place. Inconsciemment, ils sentent qu’ils ne méritent pas de recevoir ce positif. Ils quittent alors volontairement ce travail. Ou alors ils sont portés à s’auto-saboter en y commettant des erreurs délibérées ou bien en faisant preuve de négligence.

Eh bien moi, il n’est pas question que ça m’arrive. Si je me suis débarrassé des saboteurs qui empoisonnaient mon existence, ce n’est certainement pas pour faire leur travail de destruction à leur place. Aussi, croyez-moi que je suis à l’affut du moindre signe dans mon comportement qui puisse démontrer que je commence à être atteint de ce syndrome. Ça ne risque donc pas d’arriver.

En suivant ces dix principes, non seulement je m’assure de garder mon emploi longtemps, j’aurai remboursé toutes mes dettes, incluant mon prêt automobile, avant qu’un an se soit écoulé. Je pourrai ensuite passer les dix années qui me restent avant l’âge de la retraite à m’en assurer une qui sera confortable.

Et franchement, avec la vie que j’ai vécue et tout ce que j’ai fait pour m’en sortir, je l’aurai bien mérité.

L’autre rupture qui régla tous mes problèmes, 2 de 3 : l’évolution est une route solitaire

On connait tous l’histoire classique de celui ou celle qui rate plusieurs opportunités de faire quelque chose de bien de sa vie, et qui blâme les autres pour ses échecs en les accusant d’être la source de tous ses problèmes. Ceci est ce genre d’histoire.  Voilà pourquoi le sous-titre de ce billet est l’évolution est une route solitaire.  Parce que ce n’est pas une théorie.  C’est un fait vécu.

À ceci près que d’habitude, la personne qui lance le blâme est en situation d’échec.  Tel que vu dans le billet précédent, ce n’est plus mon cas.  J’ai un travail que j’aime, dans lequel je suis compétent, avec un excellent salaire.  Travail qui m’oblige à avoir une auto (gage de réussite dans mon cas personnel) au point où celle-ci et son utilisation me sont partiellement remboursés.  À 54 ans, je commence enfin à vivre la vie normale d’un adulte normal.

D’accord, il a fallu un hasard inouï pour que cette opportunité de travail me tombe dessus. Et sur Facebook Rencontres en plus.  N’empêche que ce travail correspond en tout point à la formation que je suis allé chercher il y a deux an et demi, et à l’expérience que j’ai ensuite acquise dans le domaine.  C’est l’une des rares fois dans ma vie où j’ai vécu le proverbe Aide toi et le Ciel t’aidera

Donc, Pourquoi l’évolution est-elle une route solitaire?
Dans le meilleur des mondes, toute personne doit sa réussite à l’aide que lui a apporté son entourage.  Encouragements, aide financière et matérielle, coup de main, etc.  Du moins, c’est ainsi que ça se passe dans le monde présenté en fiction dans les livres, à la télé, au cinéma. Et aussi par les Beatles avec I’ll get by with a little help from my friends.

Or, dans la réalité, les choses ne se passent que rarement ainsi.  En parcourant certains de mes billets on peut constater que dans les faits, l’entourage est au contraire un obstacle à l’évolution. Par exemple: (Les liens ouvrent un nouvel onglet)

Dans Général Menteurs, le post-scriptum: L’allergie aux changements, je raconte comment la mère de mes enfants, rencontrée alors que je commençais ma vingtaine au bas de l’échelle, a tout fait pour m’empêcher d’évoluer. En voici un extrait:

Quand on part de rien, on est entouré de gens de rien.  Et dans mon cas, « partir de rien », c’était avoir un travail au salaire minimum qui ne demandait pas d’expérience.  Je suis devenu pâtissier dans un Dunkin Donuts.  Pendant les deux ans et demi où j’ai exercé ce métier, j’ai constaté que 80% de mes collègues de travail n’avaient même pas leur secondaire III, et parmi eux la moitié avaient un dossier judiciaire.  Pour eux, travailler au Dunkin, c’était le maximum qu’ils pouvaient atteindre.

Et c’était le cas de Kim.  Alors quand on a commencé à sortir ensemble, elle s’attendait à ce que je sois un gars sans avenir, comme la majorité de nos collègues.  Mais en voyant que j’avais de l’ambition, elle craignait que je m’élève au-dessus d’elle.  Ne pouvant pas elle-même s’élever au-dessus de sa classe d’origine, il lui était donc logique que si je m’élève, je la quitte.  Elle a donc lâché la pilule sans m’en parler, pour me forcer par responsabilité paternelle à rester avec elle, dans les bas-fonds.  Parce qu’il était plus facile pour elle de faire en sorte que les choses restent comme elles le sont, plutôt que d’accepter que ça puisse changer. Même si ce changement était une amélioration. 

Et lorsque je suis retourné aux études, histoire de ne pas élever nos enfants dans la pauvreté, même chose.  Maintenant diplômé, je pouvais aspirer à de meilleurs emplois, donc un meilleur salaire.  Mais au lieu d’accepter que je puisse changer notre vie pour le mieux, elle a préféré tout saboter pour que les choses restent comme elles sont.  Elle aurait pu m’aider à nous construire, elle a préféré me détruire. Et elle l’a fait en me laissant le choix entre cesser les études, ou me faire expulser de la maison par la police sous des accusations mensongères.  J’ai choisi d’évoluer. 

Ne l’acceptant pas, elle passera les deux décennies suivantes à utiliser les enfants et la pension alimentaire pour toujours m’empêcher de m’élever au-dessus des conditions de vie d’un pauvre.  Ce qui fait que même lorsque je gagnais le double du salaire minimum, j’avais encore moins d’argent pour vivre que lorsque j’étais au Dunkin.  Quant à elle, étant sur le BS, son chèque était amputé du montant de ma pension, par conséquent elle continuait de vivre dans la pauvreté à laquelle elle était habituée. 

Et dans Général Menteurs 10e partie: 21 ans plus tard, l’exorcisme, je raconte comment, à l’aube de mes 30 ans, je me fais une amoureuse d’une famille riche. Ça se passe juste au moment où je termine mes études et me trouve un bon emploi qui me rapporte dès le départ le double du salaire minimum. Mon beau-père est un patron très haut placé chez GM, d’où sa fortune. Dans un monde idéal, il aurait été impressionné par mon évolution, et il m’aurait même offert un emploi encore meilleur que celui que j’occupais. Mais lui, en apprenant mes origines de pauvre, il a décidé que je n’étais pas l’homme qu’il faut à sa fille. Afin de me remettre à ma place, il utilise son influence de manière à me faire perdre mon emploi, me prend dans une arnaque qui me ruine financièrement, et me provoquer une dépression. Cette anecdote est d’ailleurs la raison pour laquelle j’ai refusé de me procurer une automobile avant mes 54 ans.

Et comme je dis dans Témoignage d’un ex-gros, 1 de 2, même lorsque tu entreprends quelque chose d’aussi positif à tous les niveaux que de te mettre en forme et perdre du poids, aucune personne de ton entourage ne va t’encourager à atteindre ton but. Dans le meilleur des cas, tu auras droit à une opinion neutre dans le style de « L’important c’est que tu te sentes bien dans ta peau. » Mais sinon, ils tenteront tous te convaincre de rester tel que tu es.

Quatre des quatorze billets de ma série Pas obligé de rester loser expliquent que pour réussir son évolution personnelle, il faut inévitablement se débarrasser de son entourage. Les billets sont :

1e partie: Le mythe du winner où j’explique que le fait d’avoir un winner comme meilleur ami ne te garantit pas de devenir winner toi-même. En fait, c’est l’inverse, puisque son statut de winner fait qu’il s’empare (ou qu’on lui donne) le peu de wins qui te seraient revenus de droit.

Dans la 4e partie: La nécessité de changer d’amis, je démontre que lorsque l’on a des amis, c’est parce que ceux-ci sont confortables avec nous et avec ce que nous sommes.  Hélas pour le loser, ça signifie qu’ils connaissent ton statut de loser, et c’est comme ça qu’ils t’apprécient. C’est le rôle qu’ils t’ont assigné dans le groupe, et toute tentative d’en changer ne fera que les déranger, puisque ça les tirera hors de leur zone de confort.  Leur premier réflexe sera alors de tenter de garder les choses telles qu’ils les ont toujours connues, en te sabotant et en te rabaissant.

Et si j’ai intitulé la 7e partie: Les revoir? Pourquoi pas! Les re-fréquenter? Surtout pas!, c’est parce que j’ai moi-même brièvement re-fréquenté dans un cadre professionnel mon ex-meilleur ami Carl, après plusieurs années d’évolution sociale, éducatrice et professionnelle. Dès le départ, il me re-colle mon ancien surnom de loser, puis s’arrange pour m’en donner la réputation auprès de sa patronne. Et mon travail, bien qu’utilisé, ne m’a jamais été crédité, m’empêchant de grimper les échelons dans le domaine.

Enfin, dans la 13e partie: se tenir loin des autres losers, je démontre que si les winners vont saboter ton évolution afin de t’empêcher de les rejoindre, les losers vont saboter ton évolution dans le but que tu ne les quitte pas. Deux motivations différentes pour un seul but : te garder à ta place.

À force de vivre ce genre de situation, on finit par se rendre compte à quel point les gens qui nous entourent ont le pouvoir de décision sur notre réussite et nos échecs.  Un pouvoir dont ils se sont emparés sans notre consentement, et dont ils usent et abusent sans retenue ni considération. Alors quand je dis que pour évoluer de manière positive il faut se débarrasser de son entourage, c’est qu’il faut VRAIMENT se débarrasser de son entourage pour réussir.

Et ce n’est pas que dans mon cas personnel.  Il y a quelques années, Eric Abramovitz, l’un de nos plus talentueux clarinettistes canadien, a défrayé les manchettes de la Presse mondiale, alors qu’il avait été accepté au conservatoire Colburn à Los Angeles, le plus prestigieux et contingenté en Amérique.  Les étudiants admis dans cet établissement se voient offrir une chambre et reçoivent une bourse d’étude complète ainsi qu’une allocation pour les repas. Sa copine, ne voulant pas qu’il quitte Montréal pour la Californie, s’est fait passer pour lui en déclinant l’offre. 

Voir l‘article complet sur La Presse

Ce n’est que deux ans plus tard qu’Abramovitz, cette fois célibataire, a repassé une audition devant le même professeur qui lui a fait la première offre.  Ce dernier lui a demandé pourquoi il l’avait décliné, et c’est ainsi que la vérité fut mise à jour.

En fait, même être dans un couple harmonieux, ça peut être suffisant pour t’empêcher d’avancer dans la vie. Tel que démontré dans mon billet précédent, si ma relation avec Mégane avait continué, j’aurais fini ma vie en travaillant dans une chaine de production dans un abattoir de dindons, dans un village que je ne pourrais jamais quitter, avec un salaire me rapportant à peine plus que le chômage. En devenant célibataire, ça m’a libéré de toute attache, ce qui m’a permis de partir à l’aventure, décrochant au loin un travail qui me rapporte le triple du salaire minimum. L’amour me gardait pauvre et sans avenir. Le célibat m’a rendu prospère, avec mobilité et avenir. Ça a beau ne pas être politically correct à dire, les faits sont les faits.

Au mois de mai dernier, il a fallu que je me débarrasse de la plus grande source de sabotage de ma vie : mes propres parents. Ça n’a pas été quelque chose de facile à faire. Et ça l’est encore moins d’en parler, car l’un des plus grands tabous social est d’être un enfant ingrat. Mais quelle gratitude puis-je ressentir envers des gens qui ont toujours tout fait pour me faire perdre conjointes, amis, vie sociale, appartements, emplois, santé, argent et réputation?

Vous connaissez peut-être le phénomène des parents hélicoptères. Il s’agit de parents qui supervisent étroitement la vie de leurs enfants, en intervenant sans cesse dans celle-ci. Mais alors que les parents hélicoptères surprotecteurs normaux ont comme but la réussite de leur progéniture, les miens au contraire n’ont toujours eu comme but que de m’isoler et me faire tout perdre, afin que je reste éternellement dépendant d’eux.

Or, pardonnez mon manque de modestie, mais je suis mille fois plus évolué, intelligent et débrouillard que les boomers pauvres et inéduqués qui me servent de parents. Ainsi, la seule manière pour que je puisse dépendre d’eux, ça serait en étant socialement plus bas qu’ils le sont. Dans mon cas personnel, ça signifie, comme je le dis plus haut, perdre conjointe, amis, vie sociale, logis, emploi, santé, argent et réputation. Il n’y a que là qu’ils puissent intervenir en se donnant le beau rôle, celui de bons parents qui aident leur fils unique, en l’hébergeant. Consciemment ou non, ils sont certainement arrivés à cette conclusion. Ça expliquerait pourquoi ils m’ont fait vivre cette situation quatre fois.

Le plus pathétique dans ce comportement, c’est qu’ils ne se rendent probablement même pas compte qu’ils agissent ainsi. Car, désolé encore, ils sont juste trop stupides pour être capables de planifier de si élaborées manœuvres de manipulation. N’empêche que dès qu’ils rencontrent quelqu’un que je côtoie, ils déduisent instinctivement ce qu’ils doivent lui dire afin de s’assurer que cette personne décide désormais de me tenir à l’écart.

Vous voulez des exemples? J’en ai cent. J’en ai mille! Mes prétentions de sagesse est un blog dans lequel j’ai écrit plus de 500 billets depuis sa création en avril 2009. Eh bien, je pourrais en créer un autre, que j’intitulerais Un câble d’acier ombilical, dans lequel je raconterais tous les agissements que je leur reproche, et la quantité de texte serait encore plus volumineuse. Et je n’exagère pas. Mais pour l’exemple, je ne vais donner que l’un des plus récents et des plus aberrants : Mon déménagement de Montréal vers Sherbrooke.

Dans ma série de quatre billets Le jour où tout a basculé, j’avais raconté que depuis 2016, j’étais surintendant dans une usine de portes et fenêtres. Jusqu’au 15 février 2018, alors qu’une chute dans un escalier verglacé m’a fendu la vertèbre T5, juste entre les omoplates, m’interdisant tout travail physique pour au moins huit mois. J’aurais pu passer tout ce temps à glander en vivant sur 51% de mon salaire, tel que me l’allouait mon chômage de maladie. J’ai préféré évoluer. Puisque la position assise était la plus confortable pour moi, j’ai décidé de me trouver un travail de bureau. En mai, j’en ai décroché un, à La Firme de Sherbrooke. Car tel que décrit dans le 3e billet, malgré mon CV de concierge, j’ai su les impressionner lors de l’entrevue d’embauche. Mon meilleur emploi et salaire jusque-là.

Ce que je me suis abstenu de préciser dans ces billets, c’est que je réalisais enfin mon vieux rêve. Recommencer ma vie dans une ville inconnue, ce qui me permettrait de prendre ma mesure en partant de rien, et surtout à l’abri de la supervision parentale. Évidemment, il a bien fallu que je leur annonce que je déménageais.

Le lendemain, ma mère m’appelle toute heureuse, pour m’annoncer qu’ils ont remis leur loyer et qu’ils vont me suivre à Sherbrooke. Là-bas, loin de leurs familles et amis, j’allait être leur seule et unique vie sociale. Le rêve de toute une vie venait de se transformer en cauchemar avant même d’avoir commencé.

Mon séjour a débuté avec eux qui se sont imposés chez moi, y habitant pendant les six premières semaines. Dans cette période, ils ont réussi à me mettre en froid avec le concierge en allant plusieurs fois vider la litière à chats dans mon bac de recyclage. Et avec mes voisins d’en dessous, en allant vider le porte-poussière par-dessus mon balcon, sur leur linge propre qui séchait sur la corde. Malgré toute ma patience et mon self-control, je n’arrivais pas toujours à garder mon calme face à cette exaspération que je subissais de manière quotidienne dans mon propre logis.

J’ai pris bien soin de leur trouver un appartement éloigné, à 11 km de là. Afin de prolonger leur séjour chez moi, mon père est allé rencontrer mon propriétaire et il lui proposa ses services pour pas cher, afin de rénover mon appartement. Il a fallu que j’intervienne en disant clairement à mon propriétaire que je paye pour occuper un logement et non un chantier, et que je refuse que soient entrepris de tels travaux pendant que j’y habite. Ça fait six semaines que je suis envahi, ça suffit! De par mon passé de concierge, je suis très au fait des lois de la Régie du Logement (Aujourd’hui le Tribunal Administratif du Logement) Le proprio m’a fait ses excuses. Pour sa défense, mon père lui avait dit mensongèrement que je le savais et que j’étais d’accord.

Malgré mes efforts pour les garder loin de chez moi, qu’est-ce que 11 km quand on a une auto et tout son temps libre parce que retraités? Ils ont continué de m’imposer leur présence partout, comme ils ont toujours eu l’habitude de faire : Chez moi évidemment. Mais aussi à l’épicerie, puisque j’habitais près d’un Maxi. Et aussi à mon gym, où je devais servir de coach à mon père, ce qui ne me laissait pas le temps de m’entrainer. Là encore, faisant obstacle à une facette de mon évolution.

Il était fichu, mon beau plan pour refaire ma vie correctement en repartant à zéro. Comment voulez-vous que je puisse me faire une vie sociale et amoureuse avec mes parents qui me collent au cul?

Ils allaient même m’attendre de leur propre chef dans le parking de mon travail. Et ils s’y présentaient plusieurs heures avant que je termine, ce qui leur permettait d’aller jaser de moi à mes collègues et patrons lorsque ceux-ci sortaient diner ou en pause cigarette. Et c’est comme ça qu’ils ont pourri ma réputation auprès d’eux, ce qui a provoqué mon renvoi en janvier 2020, après un an et neuf mois à cet emploi.

Entretemps, je m’étais fait une copine d’une manière dans laquelle mes parents ne pouvaient pas intervenir. Un an plus tôt, Nathalie, une ancienne camarade d’école de mon Mont-Saint-Hilaire d’origine m’avait retracé sur Facebook, et on est devenus amants, puis couple officiel. Et ceci me donna une issue de secours afin de ne pas redevenir dépendant de mes parents en perdant mon emploi, alors qu’elle et son fils m’invitèrent à aller vivre avec eux.

Durant les cinq mois où nous avons cohabité, il m’est arrivé à quatre reprises de sortir seul pour une ballade à pied. Sur ces quatre fois, avant même que j’ai eu l’occasion de parcourir cent mètres, il y en a trois où j’ai croisé mes parents qui passaient dans le coin. Oui, alors que j’habitais à St-Hilaire, et qu’ils habitaient toujours à Sherbrooke, à 130 km de là.

Ils ont toujours prétendu que leur présence en région était à cause de rendez-vous à la ville voisine de Beloeil. Par conséquent, nos rencontres près de chez Nathalie n’étaient que le fruit du hasard. Je veux bien croire qu’en effet, ils ont toujours continué de garder les mêmes cliniques, médecins, pharmaciens. Mais qu’ils se trouvent dans ma ville, sur mon chemin, trois des quatre rares fois où je sors seul, par hasard? Alors qu’ils habitent encore à Sherbrooke qui est, je le répète, à 130 km de là? C’est un peu gros comme coïncidence, vous ne trouvez pas?

Du reste, je n’ai en effet habité chez Nathalie que pendant cinq mois. Soit jusqu’à ce que mes parents, Nathalie et mon beau-fils se rencontrent. Devant moi, mes parents étaient courtois. Mais lorsque l’on m’envoyait chercher des choses à l’épicerie ou au restaurant, ils en profitaient pour raconter les pires vacheries à mon sujet à Nathalie et son fils. Entre autres, en se plaignant comme quoi « À Sherbrooke, on faisait tout pour lui, et il nous faisait l’air bête et il nous engueulait. »

En trois petits visites étalées sur deux semaines, mes parents leur ont raconté tellement de merde à mon sujet que mon beau-fils en est venu à me craindre. Quant à Nathalie, face à de telles révélations, elle en arriva à la conclusion que pendant un an et demi, ma personnalité positive, chaleureuse et altruiste n’était qu’une facette. De la manière dont mes parents m’ont dépeint, j’étais une bombe à retardement qui risquait de leur exploser dessus sans préavis à la moindre contrariété. Le défunt mari de Nathalie, le père de son fils, était un homme violent, et ils craignaient par-dessus tout de retomber dans le même genre de situation avec ce même genre d’homme à la maison. Et à quoi s’attendre d’autre d’un fils ingrat de 51 ans qui traite si mal ses propres parents?

Après dix-huit mois de relation harmonieuse et sans histoire, dont les cinq derniers à cohabiter, ni Nathalie ni son fils ne pouvaient endurer l’angoisse que mes parents ont fait naître en eux à mon sujet. Ils m’ont donc jeté à la rue.

21 juin, le premier jour de l’été 2020, à un mois de mes 52 ans. Assis sur ce banc de parc, je contemple la merde qu’est devenue ma vie, en me demandant bien comment est-ce que j’ai pu en arriver là après tous les efforts que j’y ai mis. Encore une fois, cette vie adulte normale j’avais tant travaillé pour me construire venait d’être détruite. Conjointe. Logis. Carrière. Argent. Réputation. J’avais tout perdu. Il m’était déjà arrivé à trois reprises par le passé d’être obligé de repartir ma vie à zéro. Mais là, c’était la première fois que je me retrouvais itinérant. J’avais toujours l’option de retourner vive chez mes parents, comme les fois précédentes. Mais ça aurait signifié abandonner mes cours de formation de préposé aux bénéficiaires, à cause de la distance entre mon école et le logement de mes parents.

Et c’est là, soudainement, que je prends conscience de cette réalité que j’étais jusque-là trop naïf pour remarquer: Ça ferait quatre fois, depuis le début de ma vie adulte, que je suis obligé d’aller retourner vivre chez mes parents. Ce n’est pas normal. Il peut arriver dans la vie de certaines personnes qu’un malheur les y oblige à une occasion. Mais quatre fois? Je répète, CE N’EST PAS NORMAL!

Et c’est là que je réalise enfin que mes parents ont toujours tout fait pour détruire ma vie, de manière à ce que je reste éternellement dépendant d’eux. C’est ce qu’ils ont toujours fait par le passé, et c’est ce qu’ils viennent de refaire. Et si je retourne chez eux de nouveau, je devrai en plus abandonner mes cours de formations de préposé aux bénéficiaires, ce qui m’empêchera définitivement de faire quelque chose de ma vie à partir de ce point.

Ils ont détruit mon passé. Ils ont détruit mon présent. Ils ne détruiront pas mon avenir. Plutôt la rue que de retomber entre leurs mains.

Et c’est ainsi que commencèrent mes 40 jours d’itinérance de l’été de 2020. Ce qui devint l’une des plus positives et fantastiques expériences de ma vie. Une expérience qui m’a enfin permis de prendre ma mesure, sur ma vaillance, ma débrouillardise, et surtout mon esprit aventurier jusque-là sans cesse réprimé. Une expérience qui m’a mis dans la meilleure forme de ma vie, physiquement mais surtout moralement.

N’empêche… Dans les familles normales, les parents vont vanter les qualités de leur progéniture en public, et lui parler en privé de ce qu’ils lui reprochent. Avec eux, ça a toujours été l’inverse. Parce que leur amour pour moi est tellement égoïste, qu’ils sont prêts à tout afin de s’assurer que je ne les quitterai jamais. Et être prêt à tout, dans leur cas, ça signifie faire en sorte que je perde tout ce qui puisse me rendre indépendant d’eux. Ça signifie m’isoler totalement du reste du monde. C’était le cas lorsque j’étais enfant. C’était le cas lorsque j’étais adolescent. C’est encore le cas depuis que je suis adulte. Et c’était toujours le cas à ce moment-là, à l’aube de mes 52 ans.

Mes propres parents. Les gens sur qui nous somme supposés compter toute notre vie pour nous soutenir et nous aider à évoluer. Sous leur façade de bons parents catholiques irréprochables, ils ont passé ma vie à abuser de ma confiance en étant pour moi les plus hypocrites de mes pires ennemis. Ceci est le plus triste constat de ma vie.

J’ai tenté de leur en parler. J’ai même écrit plusieurs textes que je leurs ai remis. Mais ma mère est trop orgueilleuse pour reconnaitre ses torts. Elle a juste passé les textes à la déchiqueteuse. N’empêche que mon message était passé. Aussi, pour les deux années qui ont suivi, j’ai espéré que les choses allaient changer pour le mieux. Mais encore une fois, j’étais trop naïf. On ne peut pas changer du jour au lendemain les mauvaises habitudes que l’on a ancré en soi pendant plus de 50 ans.

Le 3 mai 2022, ma patience ayant atteint ma limite finale, j’ai renié mes parents. Et mon seul regret, c’est de ne pas l’avoir fait il y a trente ans. Mais voilà, je suis un naïf de nature. Juste parce que je suis capable d’évoluer pour le mieux, j’ai toujours stupidement cru que c’était pareil pour tout le monde. Ce qui démontre au fond à quel point je suis modeste, puisqu’à mes yeux je n’avais rien de spécial de le faire. Mais il a bien fallu que je me rende à l’évidence. La majorité des gens sont incapables d’évoluer, et une encore plus grande quantité de gens ne veulent même pas faire l’effort d’essayer. Parce qu’il est beaucoup plus facile de rabaisser les autres plus bas que soi, que de mettre le temps et l’effort de s’élever à leur niveau.

Flavie, mon ex avec qui j’ai toujours de bons contacts et avec qui on se partage toujours la garde de nos deux chats à l’occasion, me l’a dit elle-même, que depuis que j’ai coupé tout contact avec mes parents, ma vie a pris un tournant positif radical.

Et voilà pourquoi le titre de ce billet s’intitule L’autre rupture qui régla tous mes problèmes, puisqu’il s’agit cette fois de ma relation avec mes parents. Et pour tous les exemples concrets que je donne dans ce billet, je peux me permettre d’affirmer, comme le dit le reste du titre, que le chemin de l’évolution est effectivement une route solitaire. Parce que pour pouvoir enfin évoluer de manière à atteindre une vie normale avec le revenu normal d’un adulte normal, il a fallu que je sois sans parents ni amis ni conjointe pour me retenir. Pour me remettre à ma place. Une place qu’ils ont choisi pour moi et qu’ils ont passé ma vie à m’imposer.

En dénonçant tout ceci, je contreviens à la règle biblique et sociale disant qu’il faut honorer son père et sa mère. Mais dans la réalité, baiser sans protection, ça ne transforme pas automatiquement un enfoiré en figure irréprochable de sainteté. Ça ne fait que lui rajouter le titre de parent. Du reste, si les parents étaient tous irréprochables, la DPJ n’existerait pas, hm!?

C’est bien beau de m’être débarrassé de ceux qui ont toujours saboté ma vie et qui m’ont empêché d’évoluer. Mais ce n’est que la moitié du problème. Je dois maintenant m’assurer de ne pas prendre leur relève en me sabotant moi-même inconsciemment. Aussi, dans le 3e et dernier billet de cette série, j’expliquerai comment je fais en sorte de m’assurer de ne pas perdre cette nouvelle vie, la meilleure que j’ai réussi à me construire jusqu’à maintenant.

La rupture qui régla tous mes problèmes, 1 de 3

On connait tous l’histoire classique de celui ou celle en couple avec une personne abusive et dépensière.  Et qui voit ensuite sa vie s’améliorer à tous les niveaux après s’être séparé de cette personne qui était la source de tous ces problèmes.

Ceci n’est pas ce genre d’histoire.

Tout d’abord, mise en contexte.  Il y a deux ans et demi, j’ai suivi une formation accélérée afin de devenir préposé aux bénéficiaires.  Formation offerte par le Gouvernement du Québec, face à la crise du manque de personnel dans le milieu de la santé, alors que les employés démissionnaient en bloc par crainte de la Covid-19 qui n’avait encore aucun vaccin à ce moment-là. 

À ma grande surprise, bien qu’étant âgé de 51 ans, j’étais le second plus jeune homme de ma classe.  Et aussi le plus beau, mes 40 jours d’itinérance ayant fait de moi un athlète.  À ma connaissance, au moins cinq femmes de cette classe se sont intéressées sérieusement à moi. Mais la majorité étant en couple avec le père de leurs enfants, elles n’étaient pas une option.  Et puis, j’ai toujours évité comme la peste les relations au travail.  Car si la relation tourne au vinaigre, il n’y a rien de pire que de d’être obligé de côtoyer son ex cinq jours par semaine.

Cependant, j’ai dû faire exception pour Mégane.  Non seulement était-elle la plus directe et la plus insistante, son langage corporel et ses réactions physiques face à moi démontraient une attirance profonde, un instinct de désir quasi-animal qui allait bien au-delà du simple caprice. En plus d’être d’une grande beauté et bien plus jeune que moi, ce qui ne gâchait rien.  Rarement ai-je eu une si grande compatibilité sexuelle avec une partenaire, et ce dès la toute première fois.  Chacun de nous était convaincu avoir trouvé son match parfait, et il était même dans nos projets de nous marier.

Si notre relation fut sans histoires, il n’en était pas de même pour les autres aspects de ma vie, alors que j’ai eu à faire avec un impressionnant nombre de problèmes. Pour ne citer que les principaux :

  • Des 16 de ma classe embauchés par le CHSLD local, je fus le 8e à être abusivement renvoyé.
  • Je me suis aussitôt trouvé du travail dans une maison pour personnes retraitées, mais celle-ci a dû fermer lorsque ma patronne a perdu sa licence (et n’a jamais voulu nous dire pourquoi.) 
  • J’ai eu droit à 50 semaines de chômage.  J’ai décidé de faire comme s’il s’agissait d’une bourse d’écriture, le prendre, et d’écrire un livre sure une facette encore inconnue sur le règne de Duplessis.  Mais à ma grande surprise, bien que la majorité des maisons d’éditions me félicitent pour mon travail de recherche dantesque (pour citer l’un de ceux-ci) aucun ne veut le publier.  Certains m’ont même recommandés des maisons concurrentes, qui n’en ont pas plus voulu.  
  • Bien que ma page Autour du Mont-Saint-Hilaire d’autrefois m’ait apporté de bonnes connexions avec l’administration de la ville de Saint-Jean-Baptiste où j’habite, aucune de leurs promesses d’emploi, de poste ou de contrat ne s’est concrétisée.
  • Saint-Jean-Baptiste étant surtout une ville agricole, les perspectives d’emploi au-dessus du salaire minimum sont rares.  Et sans véhicule, impossible pour moi d’aller travailler ailleurs.

À la fin de mon chômage, ma seule option de travail était d’aller joindre l’abattoir de dindes pas loin de chez moi, à travailler sur une chaîne de production.  Et ceci me pose deux problèmes.  L’abattoir n’a qu’un seul quart de travail, le jour, du lundi au vendredi. Mégane travaille de soir et n’a pas droit au weekend, ses congés étant des jours variés en semaine.  Alors dès que je commencerai à travailler, on ne se verra plus. 

Second problème, un calcul rapide me démontre qu’une fois les déductions salariales retirées, travailler à l’abattoir ne me rapportera que $36 de plus par chèque que le chômage.  Ce n’est pas avec ce salaire-là que je vais pouvoir me payer un véhicule qui me permettra d’aller chercher du travail ailleurs.  Je me vois donc condamné à passer le reste de ma vie pauvre.  Pauvre et seul.  Car déjà que ma pauvreté était un obstacle à toute perspective d’avenir sérieux avec Mégane, tenter d’y remédier en travaillant à l’abattoir, ma seule option, allait nous séparer pour de bon.

Ce que je ne savais pas, c’est que je n’étais plus en couple avec Mégane depuis deux mois.  Elle avait juste omis de me le dire.

Au début du mois d’avril, l’un de ses ex d’il y a trente ans l’a retrouvé et recontacté sur Facebook.  Il est marié, est père de jeunes ados. Après quelques jours de Hey-salut-comment-ça-va-qu’est-ce-que-tu-deviens, il lui a sorti le grand jeu du je-ne-t’ai-jamais-oublié-tu-a-toujours-été-la-femme-de-ma-vie.  Et elle a embarqué.

Ne s’attendant pas elle-même à (re)tomber en amour avec un autre, elle était désemparée et ne savait pas comment me le dire.  Mais en deux ans, j’ai appris à la connaître parfaitement.  Et j’ai une grande expérience de ce genre de situation.  Je sais voir le changement de comportement d’une conjointe envers moi, et je sais ce que ça signifie.  J’ai compris qu’elle m’avait remplacé par un autre.  Il a fallu que ce soit moi qui aborde le sujet.  Elle n’a eu d’autres choix que d’avouer.

Elle m’a dit que l’une des choses qui a miné notre amour est le fait que, pendant les deux ans de notre relation,  je lui ai démontré que je serais incapable de contribuer à notre avenir commun de manière significative.  Car tout le long de notre relation, elle m’a seulement vu plonger de plus en plus bas.  En un an, elle m’a vu perdre un bon emploi.  Puis un second.  S’en suivit un an de chômage, dans lequel elle m’a vu me démener en vain pour me trouver un bon poste dans l’administration de la Ville.  Elle qui croyait en moi et en mon talent, m’a vu travailler très sérieusement sur un livre, reconstituant une partie inédite de l’Histoire du Québec, un sujet garanti de se faire publier… Et personne n’en veut.  Et mon seul avenir à ce point-ci, c’est de finir dans une chaine d’abattoir de dindons pour à peine plus cher que le chômage.  Tandis que son nouvel homme travaille pour le Gouvernement depuis 25 ans.  S’ils finissent un jour par vivre ensemble, sa contribution au revenu ménager total leur assurera un avenir bien meilleur que tout ce que je pourrais lui offrir.

À ce point-là de ma vie, Mégane constituait à elle-seule mon unique vie sociale.  Ma semaine de deuil de notre relation de couple fut rude pour mon moral. 

À la fin de celle-ci, histoire de me changer les idées, j’ai décidé de m’inscrire sur Facebook Rencontres.  Tirant leçon de mes expériences de 2018 sur Tinder et autre sites de rencontres, j’y suis allé avec une approche différente de celle des autres hommes : Description courte non-sexuelle, et photos empreintes d’humour.  J’y ai tout de même ajouté une photo d’extérieur pour faire mon beau, et une photo du temps où j’étais préposé aux bénéficiaires, histoire de cacher que j’étais ex-chômeur et futur chaînon de production. Ce n’était pas dans l’unique but de ruser pour me faire passer pour plus riche que j’étais.  C’est surtout que, étant au début du mois d’août, je réalisais que j’avais encore droit à trois, peut-être quatre mois de températures permettant l’utilisation de mon vélo.  Je songeais à aller poser ma candidature à l’une des nombreuses maisons de retraite et CHSLD des villes environnantes.  Évidemment, j’aurais à démissionner au retour des grands froids.  Mais en attendant, j’aurais droit à un bon salaire.

Mon profil sur Facebook Rencontres était comme suit :

Et comme il y a quatre ans, ceci a attiré l’attention de bon nombre de femmes.  Mais sans posséder de véhicule autre que mon vélo, la majorité habitait beaucoup trop loin pour moi.  Incluant Anne-Marie qui, passant la majorité de son temps dans les provinces maritimes, était vraiment trop éloignée.  Ce qu’elle avait à me dire, par contre, valait la peine que je m’y arrête, comme le démontre cette version abrégée de nos échanges. D’habitude, par respect de la pudeur sociale au sujet des salaires, je ne divulgue jamais le mien.  Mais là, Basta!  Impossible de donner une bonne idée en ne faisant que sous-entendre les faits.

ELLE : J’ai vu ta photo de préposé aux bénéficiaires. Tu travailles où?
MOI :
Sans emploi, mais je suis justement en train de refaire mon CV pour commencer à faire application demain.  Il y a tellement de demande dans le milieu que je suis assuré de commencer à travailler dans les 48h.
ELLE :
Laisse faire ça, ils vont juste te payer $26 de l’heure.  Viens travailler avec moi dans les Maritimes.  Ici, on commence à $35. 
MOI :
Sérieux?  Pour quel CHSLD?
ELLE :
Non, je travaille pour une agence de placement qui fournit des préposés là où la demande est une urgence.  On m’envoie partout, Gaspé, Iles-de-la-Madeleine, Rimouski, Campbellton, Terre-Neuve, Baie James…  Plus c’est loin, plus haut est le salaire.  Par exemple, à la Baie-James, on commence à $46.  Mais peu importe où tu vas, ils te donnent en plus une allocation de $60 par jour pour te nourrir, et tu es logé gratuitement.  Et ton déplacement est payé aussi, on te donne 45¢ du kilomètre entre chez toi et ton lieu de travail.  Et le plus beau, c’est que c’est toi qui décide de ton horaire.  Tu dis que tu es disponible de telle date à telle date, on te case ces dates-là, et voilà.  Et le taux d’absentéisme chez les employés de CHSLD est tellement grand que l’on va te proposer souvent double quart de travail.  Et au-delà de 40 heures par semaine, toute heure supplémentaire est payée temps et demi.

Voilà une situation qui semble trop belle pour être vraie.  Je ne vois cependant pas de raison logique expliquant pourquoi elle me ferait un tel baratin.  Ça valait le coup d’essayer. Elle m’a donné la page web de son agence.  J’y suis allé.  J’ai fait application.  J’ai eu un retour d’appel.  On m’a confirmé que tout était vrai.  J’ai donc fourni les documents prouvant ma formation et mon expérience.  Et voilà que l’on m’annonce que l’on m’offre un premier contrat d’un mois à Carleton-sur-Mer.

Petit problème : Pour avoir le travail, j’ai besoin d’une auto.  Et pour acheter une auto, il me faut un travail.  Les concessionnaires en ayant vu d’autres, ils ont communiqué avec mon futur employeur, afin de s’assurer que oui, j’allais bientôt avoir un revenu stable.  Et puisque j’ai toujours géré mes finances de manière intelligente, j’ai un excellent dossier de crédit.  Je me suis donc procuré un véhicule usagé pour $22 000.

J’ai déjà écrit par le passé à quel point un véhicule était, dans mon cas, une dépense totalement inutile, qui me handicaperait financièrement.  Sans compter la fois où je me suis fait avoir comme c’est pas possible avec un représentant de Général Menteurs il y a 25 ans.  Mais cette fois, la situation est totalement différente.  De un, j’achète au lieu de louer.  De deux, il est usagé et non neuf.  De trois, mon essence est remboursée.  Et le plus beau, de quatre, puisque je peux prouver que j’ai été obligé de l’acheter pour avoir mon travail, un bon comptable pourra en déduire une partie sur mes impôts.

Fort de ma première expérience en CHSLD, je m’attendais à être reçu comme un malpropre, et subir le harcèlement et le rabaissement quotidien.  Il n’en fut rien.  Tout le monde, collègues, patrons, chefs d’équipe, infirmiers, sont chaleureux, aidants, compréhensifs, positifs.  De toute ma vie, jamais n’ai-je travaillé dans un environnement aussi harmonieux.  Et toutes les promesses d’Anne-Marie se sont révélées exactes. 

À la fin de ce premier contrat d’un mois, j’ai pris deux semaines chez moi à Saint-Jean-Baptiste.  Après ce temps de réflexion, mon idée était faite.  Je suis reparti et me suis remis disponible pour trois mois.  Incluant les jours fériés de la fin de l’année.  Et pourquoi pas!?  Je suis célibataire.  Mes enfants sont partis fonder leurs propres familles.  Mes chats sont avec Flavie.  Je n’ai même pas une plante verte.

Ah, et en passant : Il se trouve que l’intérêt qu’avait Anne-Marie envers moi n’était que financier.  Lorsqu’un employé de l’agence recrute un candidat qui fait l’affaire, il reçoit un bonus de $1 000. Mais qu’importe, puisque Facebook Rencontres m’a permis de débuter ici, près de mon nouveau travail, une nouvelle relation.  Et pas avec n’importe qui : il s’agit d’une autrice qui a 21 livres publiés à son actif.  Je me retrouve donc avec une amie de cœur avec qui j’ai beaucoup plus de passions artistiques en commun que je pouvais en avoir avec Mégane.

À quelques reprises, dans des billets écrits par le passé, je faisais état de l’effort que je mettais dans mon évolution de carrière.  Voici la chose, mise à jour :

  1. Il y a onze ans, j’étais artiste et auteur à mon compte, et sans emploi.
  2. Il y a dix ans, j’ai commencé au bas de l’échelle en allant faire du ménage dans un garage de bus.
  3. Il y a neuf ans, cette expérience m’a permis de décrocher un emploi comme concierge résident.
  4. Il y a sept ans, cette expérience m’a permis de décrocher un emploi comme surintendant.
  5. Il y a cinq ans, cette expérience m’a permis de décrocher un travail de bureau pour une grande firme.
  6. Il y a deux ans et demi, cette expérience m’a permis d’être l’un des 10 000 choisi parmi les 90 000 candidats à la formation de préposé aux bénéficiaires, qui m’a permis ensuite de travailler brièvement dans un CHSLD.
  7. Il y a deux ans, cette expérience m’a permis de décrocher un emploi dans une maison de retraite.
  8. Cette année, ces deux expériences précédentes m’ont permis de décrocher mon emploi actuel.  Emploi qui, avec les bonus, me rapporte trois fois le salaire minimum.  Avant temps supplémentaire.

Ça m’a pris dix ans mais j’y suis enfin arrivé.  Je suis parti de rien.  Et aujourd’hui, j’ai tout ce que j’ai toujours voulu.  J’ai un travail dans lequel je suis compétent. J’ai un salaire qui me permettra bientôt de vivre une vie normale d’adulte normal. Mon travail m’amène à voyager dans des endroits touristiques magnifiques.  Et j’ai l’amour avec une femme qui partage ma passion de l’écriture.

Si l’ex de Mégane n’était pas venu me la ravir, j’aurais fini ma vie pauvre et seul, sur une chaine de production d’un abattoir de dindons, malgré tous les efforts que j’ai pu faire pendant une décennie complète pour m’en sortir.  Mais parce qu’il a mis fin à mon couple, je me suis inscrit sur Facebook Rencontres, et à partir de là tout est tombé en place.  Non seulement ça a réglé tous mes problèmes, je vis maintenant la vie idéale à laquelle j’ai toujours rêvé.

J’avais tout ce qu’il faut pour réussir. La preuve, c’est que j’ai réussi. Il me fallait juste une opportunité pour pouvoir y arriver. Cette opportunité ne se serait jamais présentée si l’autre gars était resté fidèle à sa femme, et Mégane fidèle à moi. C’est tout de même ironique.  Mais c’est le propre de la réalité: Trop souvent, la réussite ou l’échec dépendent de situations qui n’ont rien à voir avec les règles de la morale ou de la logique.

À SUIVRE

Dépenser pour prospérer en 15 étapes

Ça prend de l’argent pour faire de l’argent, que dit le proverbe. Et c’est vrai. J’aurais quand même apprécié apprendre au début de ma vie adulte les quinze règles qui vont suivre. Au pire, avant mes trente ans. Parce que là, à la veille de mes 54, il faudrait que je gagne au moins un ou deux million à la loterie pour pouvoir être capable de les appliquer. Mais bon, apprenons tout de même, qui sait, ça peut toujours servir.

Avant tout, il y a une chose qu’il faut comprendre. C’est une idée qui va sembler étrange pour la plupart d’entre nous, mais ça n’en demeure pas moins un fait: L’argent, ça n’existe pas. Ce n’est qu’un concept social. C’est la raison pour laquelle celui-ci change sans cesse de valeur. C’est la raison pourquoi le prix des actions en bourse ne cesse de fluctuer. C’est la raison pour laquelle le Bitcoin valait $1 il y a dix ans, $68 000 il y a un an, et $17 500 il y a un mois. Et que dire du prix de l’essence. Près de chez moi, en ce jour du 2 juillet 2022, il est à $2.20 le litre. En avril 2020, après un mois et demi de pandémie, je le payais à 73¢. Est-ce que le pétrole est plus difficile à extraire et à raffiner aujourd’hui qu’il l’était il y a deux ans et quart? Non, pourtant!

L’argent, ça s’évapore.
Lorsque tu travailles, tu gagnes un salaire, et le pouvoir d’achat de ce dernier est taxé sur tous les niveaux.

  • Tu paies des frais d’utilisation à chaque fois que tu utilises ta carte bancaire.
  • Tu paies des intérêts quand tu utilises ta carte de crédit.
  • Peu importes ce que tu achètes, tu paies en plus une taxe. Deux taxes, si tu es au Québec.

Tu crois que la solution est simple. Comme le disent nos boomers de (grands-) parents : « Pour ne pas voir notre argent diminuer, on n’a qu’à ne pas y toucher. » Ha! Ha! Elle est bonne, celle-là! Mais mon pauvre ami, tu n’as pas besoin de toucher à ton argent pour le voir s’évaporer. Avant même que tu reçoives ton salaire, on lui a d’abord enlevé…

  • Les cotisations pour la Régie des Rentes du Québec.
  • L’Assurance Emploi.
  • Le Régime Québécois d’Assurance Parentale.
  • L’impôt fédéral.
  • L’impôt provincial.
  • Pour certaines jobs, il y a aussi la cotisation syndicale et/ou le régime d’assurances collectif.

Mais bon, une fois tes dépenses du mois effectuées, tu peux te dire qu’au moins, tu as toujours l’argent qui te reste en banque. Cependant, sur celui-ci, il y a …

  • Les frais mensuels de tenue de compte.
  • La charmante obligation annuelle qu’est la déclaration de revenus, aussi connu comme étant le temps des impôts.
  • Sans oublier l’inflation qui augmente les prix, et qui par le fait même diminue ton pouvoir d’achat.

Alors que tu y touches ou non, ton argent, c’est du sable fin dans une passoire.

Vivre, c’est payer.
Pour la plupart d’entre nous, dès que l’on commence notre vie d’adulte, nos deux priorités sont le logement et le véhicule. Un appartement, c’est une perte, car il faut payer à tant par mois. Une maison l’est encore plus car même si on nous en fait cadeau, elle nous coûte sans cesse de l’argent. Le coût annuel des taxes municipales et scolaires en plus des frais d’entretien et l’électricité, ça va chercher dans les $12 000. Soit un peu plus de la moitié de ce que rapporte le salaire horaire minimum actuellement. Pour une auto, c’est la même chose. On connait tous le cliché qui dit qu’au moment où tu as signé ton contrat d’achats d’une auto, celle-ci perd automatiquement quelques milliers de dollars en valeur. Or, ce n’est pas qu’un cliché. C’est un fait!

Où est donc la logique de cette dévaluation?
La valeur d’un véhicule repose sur un concept imaginaire : Avant la signature, c’est un véhicule neuf. Après la signature, c’est un véhicule usagé, puisqu’il a (eu) propriétaire. À la seconde même ou un véhicule passe de neuf à usagé, sa valeur marchande tombe automatiquement. Il s’agit pourtant du même véhicule, qui n’a pourtant pas changé d’un atome entre le moment où tu as pris le stylo, et les cinq secondes qu’il t’a fallu pour apposer ta signature. Normal! Une auto, c’est quelque chose de tangible, physique, réel. Par contre, neuf et usagé, sont des concepts imaginaires, et ils n’ont de valeur que celle que veulent leur accorder ceux qui possèdent le véhicule que vous désirez avoir. Si tu veux l’acheter, tu n’as pas le choix, tu dois te plier à cette règle abusive qui te fait payer pour rien, ou bien tu devras t’en passer. En Justice, c’est une pratique illégale qui a un nom: Extorsion. Mais en business, c’est une pratique légale qui porte un tout autre nom: Business.

Financièrement parlant, en société, il y a deux catégories de gens. Il y a ceux qui travaillent pour de l’argent. Ceux-là n’arrivent jamais à en avoir. Et il y a ceux pour qui l’argent travaille pour eux. Ceux-là en reçoivent sans cesse, même en se tournant les pouces.

Mais comment faire pour passer du premier au second? Comment peut-on y arriver si l’on part de rien? Comment faire de l’argent si on n’a pas d’argent puisque ça prend de l’argent pour faire de l’argent?

Ça fait plusieurs années que je me penche sur le sujet, m’intéressant au monde de la finance, des investissements, des placements, et sur les différentes méthodes de faire fructifier ses avoirs. Et surtout, sur l’art d’utiliser le crédit de manière intelligente. À ça, j’y ajoute mes propres expériences qui m’ont apprises quelques vérités que l’on ne nous montre pas dans les tutoriels financiers.

J’ai constaté qu’il existe plusieurs méthodes qui nous amènent à prospérité, et celles-ci comportent toutes diverses variantes pour s’adapter à la situation de chacun. Mais l’une des plus sécuritaires, les plus stables et garanties de fonctionner à long terme est cette méthode en quinze points. Plus on l’applique jeune, plus on est assurés d’y parvenir pendant que l’on peut encore profiter de la vie.

En admettant que l’on part avec un capital de $0.00, ça va comme suit:

ÉTAPE 1: Étudie le marché pour connaitre quelles sont les professions qui paient le plus. 
Et où peut-on trouver cette liste de professions? Mais sur Google, évidemment. Au 21e siècle, nous avons un avantage incroyable que n’ont pas eues les générations précédentes : Nous avons accès à internet, qui contient toute la connaissance de toute l’humanité, aussi bien ancienne qu’actuelle. Peut importe ce que tu veux savoir, Google le sait.  Google sait tout!

ÉTAPE 2: De ces domaines, étudie dans celui qui te convient le mieux.
La vie est trop courte pour se faire chier à une profession que l’on déteste et que l’on ne choisit que pour l’argent. Il faut donc aller vers un domaine qui nous plaît, ou au pire qui nous ennuie pas trop. Mais si tu as une personnalité spartiate, alors va pour le job le plus payant, quel qu’il soit.

À ça, il faut aussi en choisir un dont les études ne vont pas exiger que l’on y consacre la majorité de nos jeunes années en nous endettant pour le reste de notre vie. De deux à cinq ans d’études restent une bonne moyenne.

ÉTAPE 3: Pratique cette profession.
À la fin de tes études, évidemment, le plus tôt possible.

ÉTAPE 4: Vis modestement.
Le piège dans lequel tombent 90% des jeunes professionnels qui démarrent avec un gros salaire, c’est de vouloir immédiatement vivre le prestige de posséder le condo et la bagnole. Pas grave si c’est à crédit, que l’on se dit. Avec notre salaire on peut se le permettre.

Sauf que l’idée ici, c’est de pouvoir se mettre de l’argent de côté pour que cet argent travaille éventuellement pour nous. Comment pourras-tu faire ça si ton salaire part au fur et à mesure dans l’auto, l’essence, l’assurance auto, le prêt hypothécaire, la taxe de bienvenue, les taxes municipales, les taxes scolaires, l’assurance habitation, la cotisation à l’association des propriétaires de condos, l’électricité, l’ameublement, les électroménagers, internet, le téléphone, la nourriture, et ton prêt étudiant? La réponse: JAMAIS! En planifiant de te mettre ces responsabilités sur le dos avant même d’avoir ton premier chèque de paie, tu viens de t’assurer que tu vas passer ta vie d’adulte en tant qu’endetté qui ne fera que payer non-stop.

Prend un petit appartement pas cher. Près de ton travail si possible. Ne mange que rarement au resto. Pas de nourriture livrée non plus. Apprend à cuisiner au lieu d’acheter des produits tout prêts. Cuisine de grandes portions, sépare et congèle. Conditionne-toi à te lever à la première sonnerie. Tu peux te préparer d’avance, chez toi, entre cinq et dix litres de café glacé pour le prix d’un verre de 550 ml. Prépare ton déjeuner d’avance la veille s’il le faut, tu n’auras qu’à le passer au micro-ondes le matin. Juste en faisant ceci, tu dormiras mieux, tu dormiras plus longtemps, tu seras en meilleure forme, tu n’auras pas à partir plus tôt pour faire la file derrière ces milliers de gens qui sont trop lâches pour se préparer à déjeuner. Et non seulement vas-tu sauver beaucoup d’argent, tu vas sauver du temps. Et le temps, c’est de l’argent.

Avec Internet et le téléphone, plus personne n’a besoin de télé câblée de nos jours. Et Youtube déborde de tutoriels pour s’entrainer comme des athlètes sans avoir à aller au gym. Deux autres dépenses inutiles en moins.

ÉTAPE 5: Ne fréquente jamais une personne dépensière compulsive et/ou qui ne pratique aucun métier sérieux et/ou qui cherche à avoir un enfant rapidement. 
Cette personne causera ta ruine. C’est inévitable! Fait vécu et maintes fois observé. Désolé si ce n’est pas politically correct de le dire, mais les faits sont les faits.

Et je ne parle ici que d’une potentielle conjointe. Mais dans les faits, pour les premiers 2-3 ans de ta vie professionnelle, la triste réalité est que tout le monde va te mettre de la pression pour que tu dépenses ton argent. Tes collègues, tes amis, ta famille. Je te garantis que d’ici peu, tu ne sauras plus compter le nombre de fois où tu vas te faire mettre de la pression pour acheter une auto, te payer un condo, où même des sorties de resto-bars à n’en plus finir qui te coûteront de $100 à $300 la soirée. Je peux t’assurer que toute cette pression constante va te mettre dans un état de ras-le-bol à répétition. C’est là qu’il va falloir faire preuve de force de caractère et ne jamais céder. Au bout de quelques mois, ils vont bien finir par voir que ça ne sert à rien d’insister et ils vont se lasser et te foutre la paix sur le sujet. Mais en effet, ça peut prendre jusqu’à 2-3 ans avant que tout le monde l’accepte.

Pourquoi voudriez-vous accepter de vous laisser ruiner par des gens qui manquent à ce point de respect envers vos limites?.

ÉTAPE 6: Paie tes dettes d’études.
Le plus vite possible, à tant par mois.  Pas de paiements mensuels trop cher pour ne pas déséquilibrer ton budget, mais pas trop bas pour éviter de payer le double en intérêts. Trouve le juste équilibre.

ÉTAPE 7: Dès que tes dépenses du mois seront payées, il te restera de l’argent. Va à la banque pour le placer et l’investir. 
Tel que déjà abordé dans le point 10 d’un billet précédent, il est beaucoup plus sécuritaire de faire affaire avec ta banque qu’avec un bureau de conseillers financiers. Même si les placements ne rapportent que peu d’intérêts, il faut quand même y investir.  Car avec les frais bancaires mensuels et l’augmentation du coût de la vie qui diminue le pouvoir d’achat de ton argent, le laisser dans ton compte, c’est le voir s’évaporer.

ÉTAPE 8: Au bout de dix ans à travailler dur, gagner cher et vivre en spartiate, tu devrais avoir récolté au moins un demi-million
Les banques ne prêtent que la somme d’argent équivalente à ce que possède déjà l’emprunteur. Tu as un demi-million? Alors contracte avec eux un prêt hypothécaire d’un demi-million sur dix ans.

ÉTAPE 9: Avec ton million, achète une maison avec terrain.
Posséder et habiter une maison, ça coûte cher. Juste en taxes municipales et scolaires, en assurances et en entretien, tu t’enlignes pour payer $12 000 par an. Et n’oublions pas la taxe de bienvenue de la première année. À ça, rajoute les $60 000 que tu dois donner annuellement pendant dix ans à la banque, soit $600 000, c’est à dire le $500 000 emprunté + $100 000 qui représentent 19.9% d’intérêt. Pour un total de $82 000 annuellement, ou $6834 par mois, juste pour habiter là. Et encore, tu peux te compter chanceux, tu n’as emprunté qu’un demi-million pour te l’acheter car tu en possédais déjà la moitié. Toute autre personne aurait eu à emprunter plus, et rembourser plus. En moyenne, on parle de $120 000 par année.

Cependant, le plan n’a jamais été d’y vivre soi-même. Le but ici est de gagner de l’argent, pas d’en dépenser. Aussi…

ÉTAPE 10: Dès que tu es propriétaire, met immédiatement la maison à louer.
En sachant que de nos jours, un 4½ va chercher dans les $1 000 par mois, et on parle d’un vieux logis moyen à la limite du taudis, une maison avec un terrain trouvera facilement locataire à $6 000 par mois. La maison va donc te rapporter $72 000 par année. Beaucoup de jeunes professionnels sont prêts à payer ça pour la louer, plutôt que de l’acheter à $120 000 par an.

Une fois que tu auras payé les taxes scolaires, les taxes municipales, l’entretien et les assurances, il te reste $60 000 de profit net, soit exactement ce que la banque te demande pour rembourser l’hypothèque. Autrement dit, ta maison ne te coûte plus un sou, elle va se rembourser toute seule pendant les dix prochaines années. Plus vite, si tu augmente le loyer annuellement.

Ça t’a pris dix ans en partant de rien. Mais là, enfin, tu viens de passer dans la seconde catégorie de gens. Tu es dans celle où ton argent travaille pour toi.

ÉTAPE 11: Au bout de ces dix ans de sacrifices, tu es maintenant au summum de ton budget.
Tu as maintenant dix ans d’expérience de travail dans ton domaine. Tu as été augmenté sur une base annuelle. Tu n’as plus besoin d’économiser pour acheter ta maison, elle se paie toute seule. Tu n’as plus besoin de payer ton prêt étudiant, il est remboursé. Plusieurs choix s’offrent maintenant à toi.

  • Vivre moins modestement et commencer à t’accorder un peu de confort.
  • Avoir une relation sérieuse, voire même fonder une famille.
  • Ou bien tu peux continuer sur ta lancée en prolongeant la vie modeste tout en continuant tes investissements, en y ajoutant en plus l’argent que tu mettais jusque-là sur ton prêt étudiant. 

    ÉTAPE 12. Si tu es un homme hétéro, ne te marie surtout pas. 
    Fais tes propres recherches et tu le verras toi-même: Il n’y a aucun avantage social, légal ni financier à se marier quand on est un homme.  Bien au contraire!  50% des mariages finissent en divorce, et 70% des divorces sont initiés par la femme.  Pour une belle cérémonie inutilement coûteuse et un bout de papier sans valeur pour toi, tu joues à pile-ou-face les fruits de toute une vie de travail et de planification financière pourtant intelligente.

    ÉTAPE 13. Dix ans après avoir acheté ta maison et vingt ans après avoir commencé ta carrière, tu as de nouveau un demi-million en investissements.
    En fait, si tu as continué à vivre comme un pauvre en investissant tes augmentations de revenus + l’argent que tu donnais jadis en prêt étudiant, tu auras probablement plus. Quelque chose entre ¾ de million et un million complet.  Ton prêt hypothécaire s’est remboursé tout seul. Ta propriété vaut maintenant $2 millions de dollars à cause de la hausse de la valeur du marché immobilier.  Une personne qui voudrait en acheter une semblable devra obtenir une hypothèque sur 20, 25 ou 30 ans, au bout duquel il devra rembourser le double, soit $4 millions.  Mais toi, en l’achetant intelligemment, tu l’as eu pour $500 000, soit huit fois moins. Et à partir de maintenant, elle te rapporte $100 000 par an, puisque tu as augmenté peu à peu le loyer à chaque année. Donc, encore cinq ans et elle se sera remboursée au complet. Quatre, si tu continues d’augmenter.

Tandis que la majorité des propriétaires vont prendre un prêt habitation qu’ils devront payer pendant 20, 25, 30 ans, toi tu as une maison qui ne t’aura pas coûtée un sou car elle se sera remboursée au complet, toute seule, en moins de 15 ans.

ÉTAPE 14. As-tu besoin d’un véhicule?  Si oui, n’achète pas, loue!
Tel qu’expliqué plus haut, à partir du moment où tu l’achètes, la valeur du véhicule ne fait que tomber. Inversement, les frais d’entretien ne font qu’augmenter à mesure que le besoin de réparations se fait de plus en plus fréquent.  Alors si tu as une auto, vend-là.  Va au concessionnaire et loues-en une neuve sur trois ans.  Tu n’auras plus jamais à te soucier de l’entretien puisque c’est le concessionnaire qui s’occupe de tout. Tu l’échangeras contre un modèle tout neuf avant-même que les premières avaries n’y apparaissent.  Et puisqu’il appartient toujours au concessionnaire et que son but est de le revendre au meilleur prix dans trois ans, tu es assuré qu’il ne va pas te refiler un citron. Il y va de son propre intérêt. Et le tout, auto, immatriculation, assurances, entretien, essence, ne te coûtera au gros maximum que le tiers de ce que te rapporte ta maison en loyer. 

Autrement dit, quinze ans après son achat et pour le reste de tes jours, ta maison gratuite te fournira l’appartement gratuit, la nourriture gratuite, et tu rouleras toujours dans un char neuf gratuit. Et pendant ce temps-là, ceux qui te mettaient de la pression il y a quinze ans pour que tu dépenses ton argent à mesure sont TOUS esclaves de leurs dettes, qu’ils n’auront probablement même pas fini de rembourser lorsqu’ils seront rendus à l’âge de la retraite.

ÉTAPE 15. Tu as maintenant la liberté de pouvoir choisir ce que tu vas faire du reste de ta vie.
Admettons que tu as commencé tes études à 20 ans et commencé à travailler à 25, tu as maintenant entre 40 et 45 ans et tu vaux environ $3 millions. Si en plus tu as pris soin de ta santé, de ta forme et de ton alimentation, tu peux pleinement profiter de ta jeunesse adulte en prenant ta retraite 20-25 ans avant tout le monde. Car en effet, à partir de ce point, tu peux vivre confortablement mais sans excès avec les $66 000 annuels (si on enlève les dépenses du véhicule) que te rapportent ta maison + tes placements. Ou alors tu continues de pratiquer ton métier et tu continues de prospérer en y ajoutant ton salaire.  Ou alors tu continues d’appliquer ce principe en achetant une seconde maison et la mettre à louer. Hey, tu peux même continuer de travailler, expulser ton locataire et vivre avec zéro dette dans ta maison qui, en se remboursant toute seule en 14-15 ans, ne t’a pas coûté un sou. Ou, le meilleur des deux mondes, habiter une seconde maison qui sera payée par le loyer de la première. C’est la beauté de la chose : rendu à ce point-ci de ta vie, tu as le choix!

Et ceci, si tu as des enfants, te permet de leur assurer une fortune générationnelle. Car non seulement vont-ils hériter de la maison en tant que source de revenus, ils vont également hériter de ton exemple, de ton savoir-faire, pour que leur argent travaille pour eux et non l’inverse.

Il y en a qui vont dire qu’au lieu d’acheter une maison, mieux vaudrait acheter un duplex, triplex, quadruplex ou un bloc-appartements de 10, 20, 40 logements. Les revenus n’en seront que plus grands. En théorie, c’est vrai! Mais j’ai été concierge et surintendant assez longtemps pour savoir qu’un locataire = un problème, vingt locataires = vingt problèmes, quarante locataires = quarante problèmes… Plus on a de locataires, plus grandes sont les possibilités de devoir faire face aux loyers non-payés, aux accidents, aux dégâts d’eau, à la négligence, aux incendies, aux punaises de lit… On passe alors tout notre temps et une bonne partie de notre revenu à devoir s’en occuper, ou alors à devoir embaucher des gérants d’immeubles et des concierges. C’est juste trop compliqué pour moi. Au moins, en louant une maison d’un million de dollars, je sais que j’ai affaire à une personne sérieuse qui gagne très bien sa vie. En général, ce ne sont pas ces gens-là qui vont causer des problèmes. J’échange donc un revenu potentiellement immense pour un revenu somme toute assez bon et la tranquillité d’esprit. Mais ça, c’est mon choix personnel.

L’important, c’est que rendu à ce point, et pour le reste de notre vie, on fait partie des gens pour qui l’argent travaille, plutôt que des gens qui travaillent pour l’argent. C’est surtout d’être capable de comprendre que le fait de valoir trois millions ne veut pas dire posséder trois millions de dollars comptant et vivre en dépensant cet argent. Parce que faire ceci, c’est s’assurer qu’au bout d’une période allant de trois à sept ans, il ne nous restera plus rien. Non seulement aura-t-on échangé le confort à long terme pour une vie de millionnaire à court terme, on aura détruit notre source de revenus, et on aura saboté pour de bon nos chances de pouvoir refaire fortune un jour.

En conclusion, mieux vaut l’argent qui travaille pour nous, que de travailler pour l’argent. Car comme le dit le proverbe : L’argent est un bon serviteur mais un mauvais maître.

Trois chansons de dragueurs qui racontent la même anecdote (et qui ont la même conclusion homophobe)

Il y a un nouveau scandale ces jours-ci au sujet de l’orientation sexuelle d’un personnage de fiction. Jon Kent, fils de Clark Kent et de Lois Lane, a hérité des pouvoirs de son père, et est aujourd’hui un jeune Superman. Et celui-ci est ouvertement bisexuel.

On pourrait penser que les nombreuses protestations actuelles sur le sujet démontrent que la société est encore intolérante à ce genre de chose. Or, le simple fait qu’existe ce personnage et que l’on lui donne cette orientation, ça aurait été encore impensable au siècle dernier où la bisexualité, surtout masculine, était taboue. Mais surtout, elle était vue comme étant un signe de loserisme flagrant et extrême chez l’homme hétéro.

À l’époque, on disait que c’était de deux choses l’une: ou bien l’homme était hétéro, ou bien il était homo. Il n’y avait pas d’entre-deux. Pour qu’un homme soit bi, il fallait qu’il entre dans l’une de ces trois catégories:

  • Jeune et confus, donc « ça ne durera pas. »
  • Incontrôlable obsédé sexuel pathologique qui devrait se faire soigner car il baise tout ce qui bouge, alors cachez vos enfants et vos animaux domestiques.
  • Hétéro qui n’a rien pour séduire les femmes. Il ne lui reste donc que l’option loser qui est de se payer des putes. Ou bien pire encore, l’option gratuite, qui démontre qu’il est loser désespéré trop radin et/ou trop pauvre pour se payer une femme: être obligé de s’abaisser à satisfaire ses désirs sexuels avec des hommes gais.

C’est de ce dernier point dont il est question ici.

Au Québec, sur une période de dix ans, soit de 1986 à 1995 inclusivement, nous avons pu entendre à la radio trois chansons qui racontaient essentiellement la même anecdote.  C’est-à-dire :

  • Un homme sort en boite dans le but de draguer.
  • Il décrit l’endroit, l’ambiance, les conquêtes potentielles.
  • Il tente sa chance.
  • Il accumule les revers.
  • Il n’a plus aucune autre option, à part accepter de coucher avec un autre homme.
  • Il rentre chez lui aux petites heures du matin. 
  • Et seul, parce qu’il n’est pas désespéré à ce point-là, tout de même.

La première chanson vient du Québec et les deux autres de France.  Par ordre chronologique, il s’agit de :

ARRÊTE DE BOIRE – Rock et Belles Oreilles, 1986
Rock et Belles Oreilles, ou RBO, est composé essentiellement de quatre, cinq ou six membres, tout dépendant de l’époque. Ils ont eu plusieurs émissions à la radio, à la télé, et ont composé et interprété de nombreuses chansons humoristiques qui ont eu beaucoup de succès. Leur premier fut Ça Rend Rap, jeu de mots avec Saran Wrap. Et le second, encore plus populaire que le premier, fut Arrête de Boire.

Il n’y a pas eu de vidéoclip filmé pour cette chanson.

Donc, ça commence alors que l’homme va à la disco dans le but de draguer. 

Minuit passé, quand les gens font dodo
Moi je m’en vais cruiser à la disco.

Tous les soirs je sors dans les bars.

Il commence par décrire l’endroit et les conquêtes potentielles.

Là-bas au bar, je spotte une fille
Elle me regarde, me déshabille
.

Sur le plancher de danse, je vais tenter ma chance
Avec une fille qui a l’air du sosie de Martine St-Clair

Il essaie de se rapprocher de ces femmes, et il accumule les revers.

« Salut! Tu viens souvent ici? »
« Oui mais j’pense que je r’viendrai pu. »

« Heille! Va jouer ailleurs! », qu’elle me dit
Un coup d’genou dans les parties.

Incapable de plaire aux femmes, il ne lui reste plus que l’option de se taper un gai, s’il veut satisfaire ses désirs sexuels.

J’ai tant dansé, j’ai tant cruisé, sans jamais avoir pogné
Que j’pense que j’vas virer aux gais, aux gais, aux gais.

Mais puisqu’il n’est pas désespéré à ce point-là, il rentre chez lui, seul.

Je rentre chez nous, saoul comme un trou
Je rentre à la maison, seul comme un toton.
Je rentre à la maison, me faire un Dîner Swanson.

Deux ans plus tard, deux Français nous arrivent avec une chanson qui raconte exactement la même chose. Est-ce un hasard ou bien se sont-ils inspirés de RBO? Mystère!

PANIQUE AU DANCING – Zap Shaker, 1988
Zap Shaker est un trio formé de Dominique Sylvère Jacquin et des frères Daniel et Joe Nathan Dahan. En 1989, ils changent de nom pour Sylvère et les Zap, le temps de sortir Mama Gouyé, avant de redevenir Zap Shaker, puis de se séparer en 1992. Les frères Dahan se sont fait ensuite connaître sous le nom de Trampoline. À ma connaissance, leur seul succès à avoir traversé l’Atlantique est Panique au Dancing.

L’homme va au bar dans le but de draguer.  Il commence par décrire l’endroit et les conquêtes potentielles.

Ça clope à gogo,
ça bouge sur le tempo,
ça mouille les maillots
Ça gémit, ça s’effleure

et ça s’secoue comme un shaker
Blacks, blancs, beurs.
Les jeans moulés, les minijupes,

et les Marylin et les balais
Les petits lolos, les chambre d’écho,

les dures, les très mollos
Et go go go.

Il tente sa chance et accumule les revers.

Je fonce dans le troupeau,
j’en prends une au lasso
C’est good pour le slow
J’ai la touffe d’un héros
Elle dit:  « Zappe, zappe, je suis sur une autre affaire. »
Ah! C’est la guerre!?

Je sors les dollars,
je m’pose au bar
j’ai l’œil en rut sur les pétards.
Encore un canon,

faut j’sois béton
« Hello! Je suis le champion de la super-position. »
(Panique au dancing, panique au dancing)
Elle me fait: « No comprendo! Ciao, ciao!
Et encore un bide!

Et lorsqu’il croit enfin en avoir trouvé une qui veut de lui, pas de chance, c’est un homme.

Par Belles-et-putes, v’la une comète.
Faut pas qu’je foire, faut j’me la mette.
L’air Sainte-Nitouche.  Mes seins, pas touche…
Ça y est, j’ai une touche! 

« Alors baby, would you light my fire? »
« Bien sssûr, beau garçççon! »
Aaah merde! Un travelo!  La queue d’la comète.

Et au matin, il rentre chez lui bredouille.

J’me casse, eh!  Cinq heures du mat, Paris s’éveille.  Pas de « Crac! Boum! Hue! »

Cette chanson est truffée d’amusantes tournures de phrases et de jeux de mots, tels Belzébuth / belles et putes, l’étoffe d’un héros / la touffe d’un héros, superposition / super position, ou bien les capotes sont cuites.  Il y a aussi des références qui échappent au Québécois moyen.  Par exemple :

« Black, blanc, beur » ne fait pas que décrire le fait que les clients du dancing sont noirs, blancs et maghrébiens. C’était un slogan qui parlait de la jeunesse désoeuvrée dans la France des années 80, et remonterait à 1984. Il faisait référence au drapeau Français, remplaçant bleu-blanc-rouge par black-blanc-beur.  Puis, ce slogan a été récupéré dans les années 90 lors de la victoire d’une équipe de foot de France (donc de soccer) dont les membres étaient majoritairement de ces trois origines.

« Cinq heures du mat, Paris s’éveille. »  D’après la chanson Il est cinq heures, Paris s’éveille de Jacques Dutronc.

« Crac! Boum! Hue! »  D’après Les Playboys, également chanson de Jacques Dutronc, qui utilise cette onomatopée en rapport avec l’acte sexuel.

« Nous avons les moyens de vous faire danser, »  dit avec l’accent allemand, est en rapport à cette phrase entendue dans je ne sais plus trop quel film de guerre, dans lequel un membre de la Résistance se fait interroger par un officier nazi qui lui dit « Nous avons les moyens de vous faire parler. »

« You know what? I’m happy! » est un mème pré-internet.  Il s’agit d’une phrase prononcée per Droopy, célèbre chien d’allure dépressive de dessin animé, créé en 1943.

Vers le milieu des années 90, en entrevue, les membres de Zap Shaker étaient surpris que l’on se rappelle encore d’eux en rapport à Panique au Dancing.  Aujourd’hui, vu le côté kitsch, misogyne et homophobe de cette chanson, ils préféreraient probablement qu’on les oublie.

Ce qui nous amène à :

COOL BABY COOL – Roman Photo, Sorti en France en 1994, puis au Québec en 1995.
Roman Photo est un projet musical français qui a eu trois hits au milieu des années 90 avec des chansons se basant sur du sampling de succès de l’époque Disco.  Deux d’entre eux se sont rendus jusqu’au Québec. Il s’agit de Souds of Summer, puis de la chanson dont il est question ici, Cool Baby Cool.

Là encore, pas de vidéoclip tourné, seulement une version sono.

Et ici encore, même formule: l’homme va en disco dans le but de draguer.  Il commence par décrire l’endroit et les conquêtes potentielles. 

Il est tard, les cafés ont fermé.
La discothèque est pleine à craquer.
Ok, ok, j’avance, j’essuie
Le disk jockey joue du funky.

« J’essuie » comme dans essuyer des revers, je suppose. Détail original : contrairement aux deux premières chansons, celle-ci commence non pas au début de la soirée, mais plutôt alors que ça fait cinq heures qu’il est dans ce bar

Ça fait cinq heures que j’tourne en rond
Je trouve le temps vraiment trop long
Je bois des bulles de mousse et de bons tons
J’entends des « Oooh! »
Blasé de tout, soudain complètement fou.

Elle!  J’la vois, je l’appelle.
Mon Dieu c’qu’elle est belle.
Canon, une bombe, d’la vraie dynamite
Les pages centrales de « Lui » dans mon orbite
Elle me dit « Moi, c’est Claire! »
Comme l’éclair

À chacune il sert le discours / refrain qui suit :

Viens!
Prends ma main.
J’vais t’raconter l’histoire d’un amour sans retard
Sans gare, sans fard, sans part, ni désespoir
Genre de bêtises qu’on dit par pur hasard
La nuit est belle,
Tu m’ensorcelles, baby.
Surtout l’accroche de ton porte-jarretelles.
Dans mes yeux, luit, observe, c’est la lueur de mon envie
Regarde bien, au fond tu verras mon lit.

Plus le temps avance, plus il accumule les insuccès. La première à qui il sert ce refrain lui répond :

« Ah, mais tu planes, toi, ou quoi?  Salut! »

La seconde, alors qu’il dit que « ça fait six heures que j’tourne en rond », lui réplique :

« T’en fais trop, mec.  J’en ai marre. Salut! »

Et à la troisième, alors que « ça fait sept heures que j’tourne plus rond », c’est la fille qui l’approche en disant :

« Salut, moi c’est lise.  Tu viens? »

Le « Tu viens ? » sous-entend qu’il s’agit d’une prostituée.  Et ceci marque le début de son désespoir, alors qu’il commente « Ok, ok, je m’enlise. »

Apparemment, il la vire, car voici la suite et fin de l’histoire :

La fille s’est envolée
sur l’air de pas trop y toucher
Le genre de tarte à oublier.
Le plan s’évère sévère.
Mon calme a des ratés,
Je deviens cinglé
Ce soir je récidive
Je persévère sévère

« Salut mon bichon. Tu danses? »

la voix de cette dernière phrase semble venir d’un homme gai.  Ainsi, s’escalade le loserisme du dragueur : Après avoir passé plus de sept heures à draguer en vain les femmes célibataires libres, on passe à plus bas; la pute qui offre ses services.  Enfin, déchéance totale, il ne lui reste plus que des gais et/ou travelos comme option.

Ici, pas de mention qu’il rentre chez lui seul.  Mais on se doute bien que c’est le cas.  S’il a passé sept heures à draguer en vain les femmes, et qu’il a refusé de payer pour du sexe, ce n’est certainement pas pour se contenter d’un homme.

Le côté homophobe que l’on reconnaît aujourd’hui à ce genre d’histoire vient du fait qu’à l’époque, l’homosexualité était une source acceptable de moqueries.  Cette orientation était considérée inférieure, du fait qu’aux yeux de la majorité de la population, un homme, un vrai, ça baise une femme.  Et que, dans l’ignorance populaire, si un homme aime les hommes, c’est parce qu’il se prend pour une femme.  D’où ces quatre raisonnements tordus :

  • Un homme, un vrai, ça attire les femmes.  Si tu n’en attires pas, tu n’es pas un homme.
  • Un homme, un vrai, ça se voit dans son allure, qu’il est hétéro.  Si tu attires un gai, c’est parce que tu as l’air gai.  Voilà qui explique automatiquement aux yeux du public la raison de tes bides auprès des femmes.
  • Un homme, un vrai, ça baise des vraies femmes.  Si tu baises une fausse femme, donc un gai, tu es un loser désespéré.
  • Mais surtout, et c’est ce qui ressort de ces trois chansons, et c’est que peu importe à quel point il est désespéré, un homme, un vrai, ça ne s’abaisse pas à baiser avec un autre homme. Voilà pourquoi ils repartent chez eux, seuls.

Certes, il nous reste encore bien du chemin à faire pour que toutes les différentes orientations sexuelles soient normalisées, et surtout respectées. Mais quand on voit celui que l’on a parcouru depuis le début du 21e siècle, il y a de l’espoir comme quoi les choses changent peu à peu pour le mieux.

La mauvaise influence positive.

J’ai été élevé dans un entourage dans lequel la moindre de mes failles était pointée.  Un entourage dans lequel la moindre de mes faiblesse était exploitée.  Un entourage dans lequel mes malheurs résultant des deux défauts précédents étaient sujets de moquerie et/ou de mépris.  Un entourage dans lequel tout ce qui peut t’arriver de fâcheux est automatiquement de ta faute.  M’en plaindre était perçu comme un signe de faiblesse de plus, et me valait encore plus de moqueries et de mépris. 

Je devais tout de même reconnaître qu’il y avait du vrai dans ce qu’ils disaient.  Mes défauts, c’est moi qui les ai, personne ne me les a donnés.  Mes faiblesses, personne d’autre que moi ne peut les surmonter.  Les mauvaises décisions, c’est moi qui les prends.  Puisque je suis responsable ce de que je suis et de ce que je vis, alors en effet, si je ne fais rien pour améliorer la situation, c’est de ma faute si elle reste négative.

Alors je me suis retroussé les manches et j’ai travaillé.  Travaillé sur moi.  Travaillé sur mes défauts.  Travaillé à m’améliorer.  Travaillé à prendre les décisions non pas par impulsion, mais bien par réflexion.  Avec le temps, à force de discipline, de courage, de ténacité, de logique, de sagesse, j’ai cessé d’être faible et défectueux.  Et j’ai développé une force de caractère qui m’a permis de passer à travers des expériences qui auraient poussé bien des hommes à la dépression, l’alcoolisme, la drogue, la violence, le crime, le meurtre, le suicide.  Et ce n’est pas moi qui le dis.  Ce sont des commentaires que j’ai reçu durant les vingt dernières années.  Mais bon, je n’en tire aucune vanité.  Si je l’ai fait, c’est que je n’avais pas le choix.  Voilà pourquoi j’ai toujours été étonné que l’on vante mes mérites à ce sujet.  Dans ma tête, le principe du marche ou crève, c’était la normale pour tout le monde.

Cette vie ne m’a cependant pas appris à donner autre chose que ce que j’avais reçu.  Élevé sans pitié de la part des autres, j’ai donc été élevé à ne pas avoir de pitié envers les autres.  Si moi j’ai réussi à surmonter mes faiblesses, je ne vois aucune raison pourquoi les autres n’y arriveraient pas.  Si moi je n’ai reçu que du mépris pour mes défauts, il n’y a aucune raison pourquoi je devrais ressentir autre chose que du mépris pour les défauts des autres.

Alors je réagissais aux problèmes des autres de la même façon que l’on a toujours réagi aux miens : en responsabilisant la personne qui les a. 

  • Tu as un problème de consommation?  Tu n’avais qu’à ne pas commencer à te droguer. 
  • Tu es alcolo?  Personne ne t’a jamais obligé à boire.
  • Tu es obèse?  Lâche-donc cette excuse bidon comme quoi « C’est un problème de glandes », ou alors prouve-le avec un certificat médical. Sinon, assume le fait que tu es tout simplement trop lâche pour être capable de contrôler la qualité et la quantité de ce que tu manges.
  • Accro au jeu?  Est-ce que quelqu’un te pointe un gun sur la tête pour te forcer à aller t’assoir devant une machine à poker électronique?  Surtout que le hasard électronique, ça n’existe pas.  Il y a forcément de la programmation.  Et si ça doit être programmé, ça peut tricher.  Pense avec ta tête, loser! 
  • Tu n’arrives pas à arrêter de fumer?  Soyons objectifs et regardons les deux côtés du paquet : Du côté négatif, fumer, ça pue, c’est sale, donc ça empeste et salit le moindre millimètre carré de la maison. Ça cause des problèmes de santé qui amènent souvent à de précoces fins de vies aussi misérables que douloureuses. Ça cause des incendies qui ont tué un nombre incalculables d’hommes, femmes et enfants. Et c’est de l’argent, une fortune, qui part en fumée, littéralement. Et du côté positif, ça rapporte quoi, de fumer?  Rien!  Tu savais parfaitement tout ça avant de commencer, et tu as quand même choisi de commencer

Car en effet, tout ça, ce sont des choix.  Personne ne peut le nier, à moins d’avoir mauvaise foi.  Alors ne viens pas te plaindre pour ça. Tu savais parfaitement dans quoi tu t’embarquais.  Si tu as commis l’imbécilité de choisir de commencer, alors c’est à toi d’avoir l’intelligence de choisir de t’arrêter.  Et surtout, si tu n’y arrives pas, c’est à toi d’avoir la volonté de surmonter ta lâcheté.

Et vous savez ce qui m’a le plus surpris ces dernières années?  Et par dernières années, je dirais aux environs de 2005-2015?  C’est de constater que la population en général se montre compréhensive et tolérante envers les gens faibles, pris dans leurs dépendances.  Au point où je me suis fait maintes fois huer pour mon intolérance, parce que, m’a-t-on souvent répété, « Ces gens-là n’ont pas demandés d’être comme ils le sont. »

En fait, plus que me surprendre, ça me frustrait.  Si personne n’a eu de compréhension pour moi ni de tolérance pour mes défauts et mes faiblesses, pourquoi est-ce qu’ils comprennent et tolèrent ceux des autres?  Si je suis responsable de mes problèmes, pourquoi est-ce que les autres se font déresponsabiliser des leurs?  Pourquoi les encourager à chialer sans rien faire, alors qu’il est beaucoup plus productif de les pousser à se retrousser les manches et à se prendre en main?  À l’école, j’étais le plus petit, le plus faible, le plus indiscipliné, le plus lâche. Moi non plus, je n’ai pas demandé d’être comme ça. Mais je me suis pris en main.  Et à 53 ans, je suis un athlète avec une volonté de fer, qui continue d’accumuler des diplômes et des certificats de formations, alors que je n’avais même pas mon 5e secondaire avant mes 26 ans.  Je suis la preuve vivante que de se faire donner le choix entre avancer ou crever, ça marche! 

Constater que tout le monde avait droit à une tolérance que l’on m’a toujours refusé, je prenais ça comme une injustice.  J’étais amer.  Sur les forums de discussions, j’ai probablement écrit des centaines de variantes de la phrase suivante :

« Ah, on sait bien! Lorsque n’importe qui dit / fait / vit ça, il ne reçoit que compréhension, commentaires positifs, aide, encouragements…  Par contre, quand c’est MOI qui dit / fait / vit la même chose, alors là, OH-LA-LAAAA, GROS SCANDAAAAALE!  Est-ce qu’il y a une raison pour ça? »

Impossible à mes interlocuteurs de répondre à ça sans s’entacher. Ou bien ils reconnaissent les faits et se démontrent coupable d’hypocrisie. Ou bien ils ne nient et ils s’affichent comme étant malhonnête. Voilà l’un de mes plus grands talents. Inutile de préciser que ça ne m’apportait rien de positif comme réaction.  Ce qui me permettait d’utiliser leurs réponses pour renforcer mon point, et aussi comme preuve de leur mauvaise foi, en répliquant cet autre truc que j’ai également écrit des centaines de fois :

« Vous pouvez tous voir de vos propres yeux ce qu’il vient d’écrire.  Ce n’est quand même pas moi qui l’invente. »

Et puis, il y a six ans, un déclic logique s’est fait dans ma tête. On fait souvent l’erreur de croire que l’environnement dans lequel on a été élevé, c’est la norme. J’ai peut-être été élevé sous une mauvaise influence, n’empêche qu’elle s’est avérée positive, puisqu’elle m’a poussé à surmonter mes faiblesses morales, physiques et intellectuelles. Raison de plus de penser sincèrement que ces valeurs que l’on m’inculquait étaient universelles.

Voilà pourquoi j’avais un sentiment d’injustice, de me faire huer lorsque je démontrais que je faisais ce que j’avais à faire, et que j’en demandais autant chez les autres. À mes yeux, ça voulait dire que nous vivons dans une société hypocrite qui ne cherche qu’à rabaisser autrui. Elle n’hésite pas à se contredire et faire usage de mauvaise foi et à m’imposer des paradoxes et des situations deux-poids-deux mesures: On me rabaisse parce que je suis faible, pour ensuite me rabaisser parce que je suis fort.

Et c’est là que j’ai enfin fini par constater que mon environnement d’origine, et la société en général, c’est deux. Si je me fais huer pour ma mentalité « Marche avec courage ou crève comme un lâche! », ça veut dire que cette mentalité est socialement inacceptable. Et si cette mentalité est inacceptable, alors ça veut dire que le milieu dans lequel je suis né et où j’ai été élevé était composé d’enfoirés intolérants.  Et qu’en ne tolérant pas chez les autres ce que l’on n’avait pas toléré chez moi, j’en étais devenu un moi-même.

C’est à peu près à la même époque que j’ai découvert que j’étais demisexuel.  Ce qui signifiait que la retenue et le respect que j’ai toujours ressenti envers la femme et ses limites sexuelles, ça n’était pas une question de volonté, contrairement à ce que j’avais toujours cru jusque-là.  C’était tout simplement la manière dont la nature avait programmé mes neurones.  Ce qui signifie que les alcolos, fumeurs, drogués, paresseux, dépressifs, suicidaires, obsédés sexuels, etc, ne le sont pas par choix. Ils le sont parce que la nature les a créés ainsi. 

Et c’est comme ça que dans la seconde moitié de la quarantaine, je me suis rendu compte que oui, bien des choses sont des choix personnels. Et beaucoup de comportements sont influencés par le milieu et l’éducation. Et pour certaines gens dont je suis, on peut travailler sur soi-même pour perdre nos mauvaises habitudes, nos mauvaises manies, améliorer sa force, sa forme cardio, son alimentation, son physique, son éducation, sa culture, son intellect… Mais pour beaucoup d’autres, la nature leur a donné un corps et un cerveau qui ne peut tout simplement pas décider du jour au lendemain de changer pour le mieux. En fait, si, ils peuvent le décider. Mais contrairement à ce qu’affirme le proverbe, quand on veut, on ne peut pas nécessairement.

Si j’ai la force de caractère requise pour survivre dans le chaos, si j’ai la souplesse d’esprit pour transformer en fumier la merde que l’on m’a lancé afin de mieux grandir, comme je dis souvent, c’est parce que la nature m’a ainsi fait. Une autre personne, dans le même environnement, aurait été détruit, ou bien serait devenu destructeur, ou alors se serait autodétruit. Et elle ne serait pas plus responsable pour ça, que je puisse être admirable d’y avoir survécu en m’y adaptant.

La nature d’une personne, ce n’est pas un accomplissement personnel. L’accomplissement personnel, c’est de réussir à se dépasser soi-même. Mais pour réussir à se dépasser, il faut d’abord que la nature nous donne ce qu’il faut pour être capable de le faire. Tu ne peux pas avoir la volonté de commencer à avoir de la volonté si la nature ne t’a pas donné de volonté. C’est aussi simple que ça. Si on est comme on on est, c’est parce que l’on est comme on nait. Et ce n’est de la faute de personne.

C’est à 47 ans que j’ai enfin compris cette réalité, que je l’ai accepté, et que j’ai appris à être compréhensif et tolérant envers mon prochain.  Et depuis, la seule chose que je ne tolère pas, c’est l’intolérance.

Mais ça, je crois qu’on peut me le pardonner.

La culpabilisation sociale abusive envers le chanceux occasionnel

Avis à mes lecteurs européens: Ce texte parle d’argent en dollars canadiens, mais ça ne vous empêchera nullement de comprendre l’idée générale.

Je suis membre d’un groupe sur Facebook dans lequel on nous a récemment posé une question très classique. Et les réponses qu’elle a engendrée ne le sont pas moins. J’en ai triées quelques unes. Vous verrez vite une constante parmi celles-ci.

Il y avait plusieurs autres genres de réponses. Ça parlait de se payer des maisons, des véhicules, et surtout des voyages autour du monde. Quelques uns disaient en blague des variantes de « D’la poudre et des putes. » Et comme il faut s’y attendre, il y a toujours un irréfléchi dans le lot pour nous ressortir cet argument cliché qui possède toute l’intelligence du lombric:

Mais sinon, ouais, environs une réponse sur quatre était sur le thème de « Je vais gâter tout mon entourage. »

Je vais sonner cynique, et je le suis probablement. Mais je ne comprendrai jamais cette mentalité qui impose que l’on devrait absolument disséminer nos avoirs autour de nous, lors des très rares fois où la chance nous sourit. Aider nos parents, payer les études de nos enfants, d’accord. Mais pourquoi en faire profiter en plus tout notre entourage?

On a tendance à oublier que dans notre entourage, il y a beaucoup de gens qui ont toujours été bien plus fortunés que nous. Est-ce qu’ils nous gâtent, eux? Non, hein!? Et personne ne s’attend non plus à ce qu’ils le fassent. C’est normal. S’ils faisaient ça, ils ne connaîtraient pas la sécurité financière très longtemps. Si tu veux être gâté, tout le monde va te le dire: Gâtes-toi toi-même. C’est ta responsabilité, pas celle des autres.

Certains d’entre vous me diront: « D’accord, mais il y en dans notre entourage qui sont dans la misère. » À ça, je réponds une variante de ma question précédente : Est-ce que les gens fortunés de ton entourage aident gens miséreux dont tu parles? Non, hein!? Alors pourquoi serait-ce à toi de le faire? Surtout lors de la seule et unique fois dans ta vie où c’est toi qui a la chance d’être fortuné? Ce n’est pas pour rien que l’on dit que la charité bien ordonnée commence par soi-même.

Pourquoi est-ce que la (sur)vie des autres serait ta responsabilité? Surtout si elle ne l’était pas avant que tu gagnes à la loterie. Ils ont bien réussi à survivre jusque-là. Pourquoi n’en seraient-ils plus capables, et ce à partir du moment exact où tu as enfin de l’argent?

Le problème, c’est que l’être humain est hypocrite de par sa nature. On cherche toujours à améliorer nos conditions de vie. Mais on digère mal de voir que les conditions de vies de ceux qui nous entourent s’améliorent tandis que la nôtre reste stable. Surtout si cette amélioration est un fait du hasard, et non le résultat de leurs efforts. Voilà pourquoi ton entourage est envahi d’un grand sentiment de déception lorsque tu gagnes à la loterie. Ils ne peuvent s’empêcher de penser que tu n’as pas mérité de recevoir tout cet argent. Qu’il n’y a aucune raison pourquoi toi tu y as eu droit, mais pas eux. Que cette situation est tout simplement injuste. Et ceci fait naitre en eux l’envie, la convoitise, la jalousie et le mépris.

Si tu as des gens qui t’entourent, c’est parce qu’ils sont confortable avec ce que tu es. Ainsi, si tu es pauvre et qu’ils te fréquentent, c’est parce qu’ils sont à l’aise avec ta pauvreté. Sinon, ils ne fréquenteraient que des riches. Mais à partir du moment où tu passes de pauvre à riche, tu cesses d’être tel qu’ils t’acceptent.

Et c’est là que tu te fais bombarder de commentaires comme quoi tu serais un égoïste de ne pas partager ta fortune, toi qui a tout reçu sans efforts, alors qu’eux n’ont rien malgré les leurs. Alors pour soulager ta conscience d’une culpabilité qu’ils te créent eux-mêmes, tu leur distribues généreusement tes gains jusqu’à ce qu’il ne te reste plus rien. Autrement dit, tu te fais manipuler à te remettre toi-même dans la pauvreté dont tu as passé ta vie à souhaiter de te tirer. Et ce, pour racheter des amitiés qui était jusque-là gratuites.

Hélas, dans cette situation, l’amitié devient comme un appartement: Tu ne l’achètes pas, tu le loues. Dès que tu ne peux plus te le payer, tu le perds et tu te retrouves seul dans la rue. Et c’est là que tu te rends compte que ton choix au départ se résumait à deux options:

  • Garder l’argent et perdre tes amis.
  • Ou bien perdre l’argent, et quand même perdre tes amis.

Et dans ce dernier cas, tu passes le reste de ta vie entre les ingrats qui te méprisent pour ne pas leur en avoir donné plus, et les jugementaux qui te méprisent pour t’être ruiné en tentant d’acheter l’amitié de ton entourage.

Depuis l’âge de 25 ans, je sais exactement ce que je ferais avec un million de dollars. En partant du fait que l’âge de la retraite est à 65 ans, et que 65 – 25 = 40, un million divisé par 40 ans = $25 000.00 par année, soit seulement deux ou trois mille dollars au-dessus du seuil de pauvreté actuel. On peut en vivre modestement maintenant. Mais à mesure qu’augmentera l’inflation lors des quarante prochaines années, ce montant deviendra peu à peu trop ridicule pour en vivre. Et arrivé à l’âge de la retraite, pas de pension à espérer si tu n’as pas travaillé, et donc pas cotisé au régime d’épargne-retraite.

Ce million ne me rendrait pas riche. Il ne me servirait qu’à assurer ma survie de base pour le restant de mes jours, en payant mon loyer, un 4½ maximum, et ma nourriture. Et pour pouvoir m’offrir le reste, j’aurai un boulot, comme tout le monde.

Mais ça, c’est seulement pour un million. Si un jour je gagne cinq, dix, trente, cinquante millions, ça sera autre chose. Afin d’être prêt pour cette éventualité, j’ai créé un plan en douze points.

POINT 1: Je ne le dis à personne. Quand les gens ne savent pas ce que tu as, ils ne peuvent pas te l’enlever. Alors la solution est simple: Ta gueule!

Vous me direz que je ne peux pas m’en tirer puisque Loto Québec annonce toujours publiquement le nom de ses gagnants? Oui, et alors? Est-ce que les gens de votre entourage se renseignent à ce sujet à chaque tirage? Pas les miens, en tout cas.

Puisque c’est un tabou social de divulguer son salaire, pourquoi serait-il plus acceptable de parler de nos gains de loterie? Alors quand je dis que je vais n’en parler à personne, je veux vraiment dire PERSONNE! Ni amis, ni parents, ni enfants, ni même la femme que je fréquente, si j’en ai une. Dans ce genre de situation, une personne de confiance, ça n’existe pas. Cette nouvelle, c’est juste trop gros. Toute personne à qui tu te confies sera incapable de garder ça pour elle. Elle va se confier à son tour à sa propre personne de confiance. Et c’est cette personne-là qui ira tout raconter à tout le monde. Et c’est là que les emmerdes commencent.

Je suppose que j’ai fait froncer plus d’un sourcil en disant au paragraphe précédent que je ne le dirais même pas à celle que je fréquente. Mais rappelez-vous ce que je dis plus haut. Quand tu es pauvre, les gens te fréquentent car ils sont à l’aise avec ta pauvreté. Dès que tu deviens riche, à leurs yeux, tu n’es plus du tout cette personne qu’ils apprécient.

Et sans vouloir généraliser, il est très rare qu’une personne riche se mette en couple avec une personne pauvre sans que leur inégalité financière, et surtout leurs manières opposées de gérer un budget, soit problématique. Attend-toi donc à vivre l’enfer quotidien de la part de cette personne qui va passer la moitié de son temps à te mettre de la pression pour dépenser, et l’autre moitié à rager que tu ne l’écoutes pas. Et ça, c’est sans parler de tous ceux dans son entourage qui vont tenter de l’influencer négativement à ton sujet, comme quoi tu n’es qu’un salopard d’égoïste de ne pas la couvrir de fourrures, de bijoux et autres choses frivoles et inutiles.

Pourquoi rester en couple avec quelqu’un qui fait de ta vie un enfer et qui va s’assurer de te faire tout perdre en moins de trois ans? Car c’est en effet dans ce laps de temps qu’en moyenne un millionnaire de loterie se retrouve encore plus pauvre qu’avant d’avoir gagné.

POINT 2: J’évite de donner des signes extérieurs trop évidents de ma nouvelle richesse. Je ne vais pas m’acheter une Lamborghini, surtout si c’est pour la laisser dans la rue parce que je n’ai pas d’espace de stationnement dans le taudis où je loue mon 3½.  Non seulement ça va attirer sur moi l’attention des criminels, ça va attirer sur moi l’attention de la police… qui va me soupçonner d’être un criminel, d’être capable de me payer ça alors que j’habite ce quartier.

POINT 3: Je déménage.  Pour un endroit où personne ne me connait, et dans un quartier et logis plus sûr, plus sécuritaire.

POINT 4: …Mais je ne passe pas tout de suite d’un 3½ dans un taudis, à un château de 8 millions.  Même si c’est une amélioration, ce changement est trop radical.  Une personne qui n’est pas habituée à vivre dans ce luxe perd tous ses points de repères.  Surtout que maintenant, tu es trop riche pour garder tes amis pauvres, et tu n’as ni la personnalité ni les manières pour avoir des amis riches. Et c’est là que tu réalises que tu t’es mis dans une prison de ta propre création. Trop de millionnaires de loterie sont virés dépressifs à changer de vie de manière aussi abrupte.  Je commence donc par habiter un simple 4½ dans une propriété impeccable. Puis, je prends le temps de réfléchir et d’évoluer. Je verrai dans un an ou deux si je suis prêt pour un condo, une maison avec terrain, ou autre chose.

Et par réfléchir et évoluer, je veux dire:

POINT 5: Je travaille sur moi, j’investis en moi, je prends soin de moi. Qu’on le veuille ou non, un tel changement, c’est difficile pour l’équilibre mental. Surtout si on se retrouve du jour au lendemain à ne plus savoir quoi faire de ses journées car on n’a plus besoin de travailler. Alors non seulement j’occupe ce temps libre à autre chose qu’à me morfondre, je le fais de manière à améliorer tous les aspects de ma vie.

  • Je me paie un psy que je consulte afin de m’assurer de garder mon équilibre tandis que je me fais peu à peu à ma nouvelle vie.
  • Je vais au gym et je me paie un entraineur.
  • Je me paie nutritionniste.
  • Je vais dans les bibliothèques publiques et je prend un peu de culture. Théâtre, biographies, Histoire, grands romans classiques.
  • Et surtout, maintenant que j’en ai le temps et les moyens, je suis des cours et des formations dans des domaines qui m’intéressent et qui étaient jusque-là hors de ma portée.

Toutes ces activités ont pour but de m’aider à faire peu à peu la transition de vie pauvre à vie de millionnaire, ainsi qu’à me donner des points en commun avec les autres riches qui ont certainement une meilleure éducation que moi. Et tant qu’à n’avoir aucune obligation de travailler, aussi bien acquérir des compétences dans un domaine qui me plaît. Car avoir un travail et/ou fonder ma propre entreprise, c’est avoir une source de revenus. Peu importe que ces revenus soient réels ou imaginaires, l’important c’est que ton entourage croit que tu en as. Et ceci est la meilleure façon de cacher que l’on est un millionnaire de loterie, et ainsi on s’évite l’envie, les convoitises, la jalousie et le mépris.

POINT 6: J’offre une aide financière modeste à mes parents et/ou à mes enfants, s’ils sont dans le besoin. Évidemment! Je ne suis pas égoïste, tout de même. Et s’ils me demandent comment je puis me le permettre, je dis que j’ai décroché un meilleur boulot, d’où mon déménagement pour m’en rapprocher, et que pour l’instant je n’ai pas besoin de ce surplus salarial. Et oui, je prends bien soin de leur préciser « pour l’instant », pour ne pas qu’ils abusent en s’imaginant que c’est une rente à vie.

POINT 7: Je me répète mais JE NE LE DIS À PERSONNE, pas plus à mes nouvelles fréquentations qu’à mes anciennes. Est-ce que je veux avoir une vie sociale et une vie de couple avec des gens qui s’intéressent à moi, ou bien qui s’intéressent à mon argent?

POINT 8: Je prépare mes feintes et ripostes face aux arnaqueurs. Bien que ce n’est pas tout le monde qui lit les journaux, il y en a qui cherchent spécifiquement les noms des nouveaux riches instantanés car ils savent que ces gens ne sauront pas comment gérer adéquatement autant d’argent. Aussi, je me suis préparé pour les appels téléphoniques que je ne manquerai pas de recevoir de la part de mille-et-un experts en placements financiers ou autres inconnus qui veulent profiter de mon gain. À eux, je réponds: « Ha! Ha!  Ok, je comprends. Vous cherchez à rejoindre L’AUTRE Stéphane Johnson, celui qui a gagné 50 millions? Oui, je reçois beaucoup d’appels depuis qu’il a gagné. Mais ce n’est pas moi, malheureusement, je n’ai pas son argent, j’ai juste le même nom que lui. » Comment voulez-vous qu’ils vérifient si je dis vrai ou non?

POINT 9: J’investis… Mais aux bons endroits
Comme beaucoup de gens, j’ai longtemps pensé que si je gagnais un gros montant, j’allais me faire un point d’honneur de rester sourd aux conseillers de la banque. Lâchez-moi avec vos investissements à la noix. Mon argent restera dans mon compte d’épargne, et j’en ferai bien ce que je voudrai. Et si ça ne vous convient pas, alors mes millions et moi irons faire affaire ailleurs. C’est clair?

Et puis, j’ai fini par comprendre un truc important: De l’argent qui ne bouge pas, c’est de l’argent qui s’évapore. Il y a 25 ans, $50 000 suffisaient pour acheter une petite maison et un terrain. Aujourd’hui, la même propriété coûte $500 000. Ce qui signifie que si j’avais eu un million en banque il y a 25 ans, il ne vaudrait plus aujourd’hui que $100 000 en argent de l’époque. Juste en le laissant stagner, mon million aura perdu le 9/10 de son pouvoir d’achat.

Depuis près d’un siècle, afin de garder un équilibre, l’économie mondiale se base sur la valeur de l’or. Par conséquent, l’or ne dévalue pas. Ainsi, s’il y a 25 ans, j’avais acheté $50 000 d’or à la banque, je pourrais leur revendre $500 000 aujourd’hui. Traduction: acheter une maison avec mon or me coûterait la même chose aujourd’hui qu’il y a 25 ans, parce que mon or n’aurait pas dévalué. Sa valeur aurait toujours été égale à l’augmentation du coût de la vie.

Si l’or est une valeur sure à 100% avec un taux de risque de 0%, il existe d’autres investissements qui permettent non seulement de ne pas perdre la valeur de notre argent, mais aussi de l’augmenter. Mais comment faire les bons choix si on n’y connait rien? Eh bien justement…

POINT 10: Les meilleurs conseillers financiers travaillent pour ta banque. Penses-y sérieusement: C’est une banque. Leur travail, c’est l’argent. Leur expertise, c’est le faire fructifier. Ils ont besoin de ton argent pour faire des profits, et ils connaissent les meilleurs investissements à long termes et à risques minimes. Alors évidemment, qu’ils vont te donner les meilleurs conseils. Il y va de leurs intérêts, littéralement. Et contrairement à une firme privée, de soi-disant experts en conseils financiers, les banques travaillent en collaboration avec le Gouvernement et sont étroitement surveillées par celui-ci. Elles ne peuvent donc jamais faire faillite, ni fermer pour disparaître avec ton argent.

Dis-toi bien une chose: Si un conseiller financier est obligé d’ouvrir son propre bureau, c’est parce qu’il n’est pas assez compétent pour travailler pour une banque.

POINT 11: J’achète une propriété pour aussitôt la mettre à louer.
Aux points 3 et 4, je parle de déménager, mais de ne pas aller vivre dans une grosse propriétés coûtant des millions. Normal! Je suis célibataire. Tout cet espace, c’est juste trop pour moi. Et puis, juste en taxes annuelles municipales et scolaires, et aussi en frais d’entretien, cette propriété va me coûter $20 000 par année. Aussi bien dire que c’est un achat à pertes éternelles, qui va ronger peu à peu le reste de mon argent.

Par contre, je peux totalement renverser la vapeur en achetant cette propriété, et en la mettant aussitôt à louer. Admettons, pour l’exemple, que j’achète maison et terrain pour un million. Je la loue ensuite à une famille passablement aisée à $5 000 par mois. Ainsi, cette propriété va me rapporter $60 000 par année.

Vous allez peut-être me dire « Qui serait assez fou pour louer une maison à $60 000 par année? Il est aussi bien de contracter un prêt à la banque et de l’acheter sur vingt ans. » C’est vrai qu’un million sur vingt ans signifie $50 000 par année. Mais la banque ne va pas prêter cet argent gratuitement. Elle doit faire du profit. Elle charge donc des intérêts. Et en général, un prêt sur vingt ans charge le maximum d’intérêts, ce qui signifie qu’au bout du compte, l’emprunteur aura payé à la banque le double de ce qu’il a emprunté. Ce qui signifie $100 000 par année. $120 000, en fait, puisqu’il ne faut pas oublier les $20 000 de taxes scolaires, municipales, et des frais d’entretien, maintenant à sa charge puisque c’est lui, le propriétaire.

$120 000 par année en tant que propriétaire, ou $60 000 en tant que locataire. Alors dites-moi qui serait assez fou pour contracter un prêt à la banque pour l’acheter sur vingt ans, s’il peut l’habiter à moitié prix en se contentant de la louer?

Quant à moi, une fois les taxes et frais d’entretiens payés, il me reste un revenu de $40 000 par année, comme ça, sans travailler. Pas de quoi vivre comme le millionnaire que je suis, mais de quoi vivre quand même assez confortablement. Tout ça parce que j’ai eu l’intelligence de transformer mon argent en source de revenus. Et puisqu’il s’agit d’un loyer, je peux l’augmenter à chaque année.

Enfin, POINT 12, mais qui pourrait aussi bien s’appeler le point zéro puisqu’il s’agit du point de départ: Beaucoup de gens vont te mépriser parce que tu achètes des billets de loterie. Ils vont dire qu’il s’agit là d’une taxe volontaire. Ou bien ils vont te sortir des statistiques démontrant que tu as plus de chance de te faire frapper par la foudre que de devenir millionnaire de la loterie. Sauf que… Peu importe le pays où tu habites, est-ce qu’il y a de 5 à 60 personnes par semaine qui se font frapper par la foudre? Parce que tout dépendant de ton pays, tel est le nombre de nouveaux millionnaire que la loterie fait sur une base hebdomadaire. Alors pour ce que ça vaut, les statistiques…

Et ce sont ces mêmes gens-là, ceux qui te méprisent d’acheter des billets de loterie, qui vont ensuite vouloir profiter des gains que tu t’es fait en achetant ces mêmes billets qu’ils te décommandaient d’acheter. Alors la meilleure réplique à servir à ceux qui voudraient profiter de tes gains, c’est: « Fais comme j’ai fait; achète des billets! »

Que tu sois pauvre, de classe moyenne ou bien riche, il y a une vérité universelle, et c’est que la meilleure façon de perdre ton argent, c’est d’en faire ce que te conseillent ceux qui n’en ont jamais réussi à en avoir.

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Y’A LIENS LÀ.


La Saga du Casino, une histoire en trois parties qui raconte comment la mère d’une de mes ex s’est littéralement retrouvée dans la rue cinq mois après avoir gagné une auto au casino de Montréal. Et comment, suivant son exemple, sa fille nous a ruiné.

Ma philosophie (7)

Garde le secret sur tes projets en chantier.  Si personne ne connait l’itinéraire que tu t’es planifié, personne n’aura l’opportunité de te barrer la route.

Observe ceux qui critiquent tes réussites et méfie-toi toujours de ces gens.  Rabaisser tes victoires, c’est le premier réflexe de la personne qui préfère te voir échouer.

Quand l’argent fait la loi, la justice fait pitié.

Il y a des amours qui sont plus néfastes et plus toxiques que la pire des haines. 

Là où d’autres ont réussi, tu peux réussir.  Là où d’autres ont échoué, tu peux réussir.

Il ne faut jamais cesser d’avoir des buts, sinon on finit par se faire imposer les buts des autres.

Une personne qui n’admet jamais ses torts et te fait porter le blâme pour tout est une personne à fuir sans délais.

Si tu ne peux résister au besoin de relever un défi que l’on t’a lancé avec mépris, alors tu l’as déjà perdu.

Si tu es facile à offenser, tu es facile à manipuler.

Si un ami fait une erreur, dis-lui.  Si ça te fais perdre cet ami, alors ça n’a jamais été un ami.

Accepte les excuses de ceux qui t’ont trahi, mais ne leur accorde plus ta confiance.

Accepte de te faire corriger pour tes erreurs, mais n’accepte pas de te faire humilier pour celles-ci.

La plus grande des erreurs est de ne pas reconnaitre ses erreurs.

Si tu déclines une offre d’aide, explique pourquoi.  La personne qui agit par altruisme va comprendre et accepter.  La personne qui agit par égoïsme va insister et frustrer.

Laisse les médisants se tromper à ton sujet.  Plus grande sera leur erreur, plus éclatante sera ta réussite.

Les gens cherchent à te faire perdre ton temps par peur que tu l’utilise pour atteindre le genre de but qui sera toujours hors de leur portée.

Dénonce! Le plus grand complice de ton agresseur, c’est ton propre silence.

Lorsque tu vis des situations difficiles, éloigne-toi de ceux qui te les créent, apprécie ceux qui te te viennent en aide, et fuis particulièrement ceux qui vont te les créer dans le but d’être ceux qui vont te venir en aide.

Prend les décisions qui te sont importantes, sans te soucier de comment ça va affecter les autres.  Tu as la responsabilité de ton propre bonheur, pas de celui des autres. 

Ne t’attends pas à ce que je m’arrête si tu te mets en travers de ma route.

Les amateurs donnent des leçons.  Les experts donnent l’exemple.

Reconnaitre qu’un but est hors de ma portée, ce n’est pas un échec.  Cesser de perdre mon temps et mes énergies, c’est au contraire une réussite. Et c’en est une que beaucoup de gens ne seront jamais capables d’atteindre.

La sagesse, c’est ce qui différencie la ténacité de l’obstination.

Savoir choisir ses batailles, c’est la différence entre investir dans une réussite, et perdre son temps à tenter de faire croire que tu as raison à des gens qui n’en valent pas la peine.

Je ne changerai pas si je te déplais. Par contre, je vais changer si je me déplais.

Je dois certaines de mes réussites au fait que j’ignorais que j’étais supposé échouer.

Ton insistance à me changer afin de faire de moi ton idéal pour te plaire, ça démontre seulement ton incapacité de plaire à ceux qui sont ton idéal.

Ceux qui le font pour les autres abandonnent.  Ceux qui le font pour soi continuent.

Peu de gens auront une vision de toi qui est conforme à la réalité.  Elle sera plutôt conforme à l’idée qu’ils ont besoin d’avoir à ton sujet.

Il faut planifier pour avancer, mais il ne faut pas s’arrêter sous prétexte qu’on ne peut pas tout prévoir.

Un échec, c’est seulement une opportunité pour vouloir mieux, faire mieux, trouver mieux, réussir mieux et récolter mieux.

Devient le genre de personne que l’on attendait, plutôt que d’être la personne avec qui on est en attendant.

Ne perd pas ton temps à te justifier.  Les gens n’entendent que ce qu’ils veulent entendre, et ne voient que ce qu’ils veulent voir.

Le premier pas vers l’échec, c’est de décider à la place des autres ce qu’ils devraient penser de toi.

Je préfère un ennemi qui va tenter de m’arrêter par sa peur de mon succès, qu’un proche qui va tenter de m’arrêter par sa peur de mon échec.  Parce que même si le premier est haineux, il croit en moi et en mes capacités.  Tandis que le second, malgré tout l’amour qu’il a pour moi, n’y croit pas.  Et bien qu’il soit beaucoup plus pénible moralement de s’éloigner d’un proche que d’un ennemi, il reste que l’un comme l’autre ne pourront jamais s’empêcher de se mettre entre mes buts et moi. M’éloigner de ces gens n’est pas qu’une option. C’est une nécessité.

Si j’ai réussi à détruire les murs qui m’emprisonnaient, ce n’est pas pour me laisser arrêter par les murs qui emprisonnent les autres.

Une personne déterminée à réussir va voir la sagesse dans ces paroles et agira en conséquence.  Une personne déterminée à échouer invalidera chacune d’entre elles pour justifier son inaction.

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Y’A LIENS LÀ

Voici les six billets précédents de ma série Ma Philosophie.

Ma Philosophie.
Ma Philosophie (2).
Ma Philosophie (3).
Ma Philosophie (4) Réflexions courantes.
Ma Philosophie (5) Parfois….
Ma Philosophie (6).

Et dans le même ordre d’idées.

Regarder derrière soi pour mieux aller de l’avant.
C’est à toi de choisir.
Je me méfie de ceux qui me disent...
100 leçons de vie que j’aurais aimé apprendre plus tôt.

Préposés aux Maléficiaires

Comme bien des gens au Québec, au printemps de 2020, j’ai entendu l’appel du ministre Legault.  Avec la pandémie qui surcharge notre système de santé, ils avaient besoin de former et d’embaucher 10 000 préposés aux bénéficiaires.  Je me suis porté candidat.  J’ai été choisi.  En juin, j’ai commencé la formation de trois mois, que j’ai réussi diplômé.  Le 21 juillet, j’ai commencé mon stage dans un CHSLD.  Le 11 septembre, j’ai été embauché officiellement.  Et après une probation de 45 jours (45 jours de travail, et non 45 jours de suite), je devais devenir employé syndiqué, avec les mêmes droits et protection que tous les autres travailleurs de la santé. Oui, « devais »… Car on m’a congédié au jour 38 de ma probation. 

Au CHSLD, même si j’ai tout fait pour être le bon petit employé qui collabore, on m’a fait subir des choses inacceptables. Pas besoin que je vous les décrive, il ne se passe pas une semaine sans que des journaux ne rapportent des témoignages de gens qui sont dans la même situation que moi. Et comme eux, dès que j’ai commencé à porter plainte, on m’a foutu dehors. Sur les 16 embauchés de ma classe, j’étais le 8e de parti en 3 mois. Et d’autres se sont fait mettre à la porte après moi.

Jeudi le 29 octobre. Lors de l’entrevue de débauche (Car oui, le mot débaucher est l’antonyme d’embaucher) la directrice du CHSLD m’a expliqué que, après mure réflexion, il est pour elle évident que je n’ai pas ce qu’il faut pour travailler dans ce milieu. Et elle n’a eu aucun scrupule à me dire que si j’essaye de me faire embaucher dans un autre CHSLD, elle irait me descendre aux yeux des futurs employeurs potentiels qui l’appelleraient. Car, me dit-elle, elle « n’aura d’autre choix que de leur dire ce qu’il y a dans mon dossier. » Et en effet, c’est ce qu’elle a fait lorsque je me suis essayé dans un autre centre du système public. J’ai ainsi perdu treize jours à tenter de me recaser, en vain.

Pour me tirer de cette situation, j’ai renoncé au système public pour m’en aller au privé. J’ai googlé et j’ai trouvé un répertoire de tous les centres d’accueils au Québec, classés par régions. Et à tous, on peut faire application via internet. Voici l’adresse, le lien ouvre un nouvel onglet.

emploienresidence.com/region

Avant de commencer à soumettre ma candidature aux employeurs potentiels, j’ai fait deux ajustement afin d’éviter que mon ex-directrice ne sabote ma carrière: De un, j’ai modifié mon CV et ma lettre de présentation. J’ai parlé de ma formation, mais pas de mon emploi au CHSLD. Et de deux, je sais que les employeurs potentiels vont se demander pourquoi je ne suis pas dans un CHSLD, puisque l’emploi était garanti à la fin de la formation. À eux, je dirai: « Quand j’ai voulu m’inscrire au programme de Legault, il était trop tard. Mais puisqu’il restait une place disponible, j’ai quand même décidé de suivre la formation. Et je l’ai terminé diplômé, du moins avec mon attestation d’études professionnelles. » Si la dernière phrase est vraie, la première est fausse. Mais nier l’existence de mon court passage au CHSLD, c’était la seule solution pour pouvoir travailler dans ce domaine dans lequel j’ai les attestations scolaires qui prouvent que je suis qualifié.

Désolé pour tous les bien-pensants qui considèrent que « le mensonge n’est acceptable en aucune circonstances. » Il se trouve que dans un monde de tricheurs, il n’y a que ceux qui suivent les règles qui ne gagnent jamais. Et puis, ce mensonge-là n’est ni dans le but de porter préjudice à autrui, ni dans le but de m’octroyer quelque chose que je ne mérite pas. C’est au contraire pour éviter que ma carrière subisse un préjudice non-mérité.

Mercredi le 11 novembre, j’ai fait 20 applications en ligne, toutes dans des centres privés où logent beaucoup moins de résidents qu’en CHSLD.

Jeudi le 12 novembre, je reçois cinq rappels. J’ai un rendez-vous en personne pour le lendemain. J’ai deux autres entrevues par téléphone. Et j’ai deux autres entrevues virtuelles via Skype. Ces quatre entrevues se terminent toutes avec eux qui me demandent: « Quand seriez-vous prêt à commencer? », ce qui démontre que je correspond parfaitement au profil de l’employé recherché. À tous, je répond « Le 1er décembre. » C’est que j’ai une préférence pour un centre en particulier, celui où je passerai une entrevue en personne le lendemain. Je tiens à voir s’ils vont m’embaucher, avant de dire oui ailleurs.

Vendredi le 13 novembre, je passe une entrevue en personne au centre où je souhaite travailler.

Samedi le 14 novembre, je suis embauché au centre où je souhaitais travailler. J’ai donc réussi en 3 jours au privé ce que j’ai tenté de faire en vain pendant 13 jours au public. J’ai rappelé les quatre autres pour leur dire que finalement, j’avais accepté un travail ailleurs.

Vendredi le 20 novembre, j’étais rendu à 19 rappels sur les 20 centres où j’avais appliqué. C’est dire à quel point les centres, autant privés que conventionnés que publics, sont en manque de personnel.

Pour un gars qui n’a pas ce qu’il faut pour travailler dans ce milieu, je suis bizarrement très en demande par ce même milieu.

Voici les raisons pourquoi je tenais à travailler à ce centre en particulier:

  • C’est autour du Mont-Saint-Hilaire, donc je reste dans mon coin d’origine.
  • Il n’y a que 18 résidents, contre 120 en CHSLD.
  • Aucun cas lourd, ils sont tous semi-autonomes.
  • Il n’y a que 6 employés, incluant la directrice / proprio.
  • Par conséquent, aucune guerre de gangs possible entre les anciens et les nouveaux, contrairement aux CHSLD.
  • Presque le même salaire qu’au CHSLD.
  • Et la directrice m’a offert ce qui est pour moi l’horaire de rêve : Temps double + temps double + temps simple. Traduction: Je fais mes 37.5 heures par semaine en trois jours. Ça me laisse 4 jours de congés par semaine pour me consacrer à mon art, mes loisirs, mes rendez-vous pour médecins, optométristes, orthésistes, dentistes, etc, sans devoir perdre un jour de travail et de salaire.

Depuis, je travaille dans une ambiance qui est 1000 fois meilleure que le fut mon meilleur jour au CHSLD, et je ne pourrais pas être plus heureux.

Par un heureux hasard, au moment où j’écris ces lignes, voilà deux mois et demi que je suis à l’emploi de cette résidence, soit le même temps que j’ai été employé au CHSLD. Quand j’étais au CHSLD, j’étais, selon la direction, un incompétent, un lunatique, un perdu, un impoli, un frustré, un ignorant, un danger pour les résidents. Bref, le verdict final était que je ne suis pas fait pour cette carrière. Mais depuis que je travaille dans un foyer privé, je suis, selon la direction et les résidents, courtois, poli, professionnel, qui inspire confiance et sécurité, avec une excellente mémoire, qui apprend vite. Bref, leur verdict est que je suis fait pour cette carrière.

Même travail. Deux employeurs. Deux opinions à l’extrême opposé l’une de l’autre.

Alors à tous ceux qui ont suivi le programme de Legault mais qui n’ont pas pu garder leur travail en CHSLD pour une raison X, faites comme moi. Le simple fait que j’ai reçu 19 retours d’appel sur 20, et ce en 9 jours, ça prouve que ce n’est pas l’embauche qui manque.

Lorsque votre environnement porte sur vous un jugement de valeur, et que celui-ci est implacablement négatif, changez d’environnement. Ça vous permettra de découvrir qu’au final, le problème, ce n’était peut-être pas vous.

Sur quelle planète est-ce que je vis? Ou: Explication logique pour une existence faite de rebondissements extrêmes.

Il y a 23 ans, lorsque je travaillais en support technique pour la page web d’Air Canada, on m’a appris que pour chaque personne qui pose une question ou fait un commentaire, il y en a 50 à 100 autres qui pensent la même chose mais qui ne le disent pas.  Dans une telle optique, ça voudrait dire qu’il doit bien y avoir de 300 à 600 personnes qui me regardent aller en se demandant bien comment est-ce que je fais pour avoir une vie aussi anormale. 

Prenez juste l’année 2020 qui s’achève.  J’ai eu cinq boulots. J’ai habité à neuf endroits.  Je suis retourné aux études.  J’ai été itinérant pendant 40 jours. Je suis redevenu obèse (selon la charte de masse corporelle et de poids), puis de nouveau athlétique.  Barbu puis glable.  TDAH puis médicamenté.  Support technique, préposé aux enfants handicapés, étudiant, préposé aux bénéficiaires, préposé aux résidents.  Fiancé, célibataire.

Il est vrai que l’année 2020 a été exceptionnellement négative pour la plupart du monde.  Mais dans mon cas personnel, personne ne peut nier que j’ai vécu plus de rebondissements qu’une série télé ou un roman.  En fait, même une série-télé ou un roman ne mettrait jamais autant de détails dans sa saga.  Et surtout pas en une seule saison.  À moins d’être une comédie extrême ou une parodie.  Parce qu’il faut bien se l’avouer, ce que je vis, c’est juste trop exceptionnel pour être réaliste.  Et pourtant, c’est la réalité. 

Et ceci fait que, depuis plusieurs années, les gens qui me lisent sur le net ou me voient aller dans la vraie vie, me servent des questions et/ou des commentaires dans lesquels ils expriment qu’ils me trouvent bizarre. 

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Il y a deux ans, lorsque je croyais que ma vie était enfin devenue normale.

Ce n’est pas étonnant qu’ils pensent ça de moi et de ma vie.  Parce que la norme, surtout pour un homme dans la cinquantaine, c’est la stabilité.  En général, à mon âge, on a eu deux, maximum trois carrières longues et stables.  On a eu une, maximum deux conjointes, dans des relations longues et stables.  Des conjointes sérieuses, avec une tête sur les épaules.  La moitié de ces hommes ont eu deux, maximum quatre logements / maisons / condos.  Ils ont un véhicule, un bout de terrain, un revenu stable et confortable.

Alors pourquoi est-ce que dans mon cas personnel, la vie n’est que chaos, instabilité et simplicité involontaire?  D’habitude, lorsque quelqu’un a une vie aussi mal foutue, c’est parce que c’est une personne à problèmes.  Problèmes d’alcool, de drogues, de jeu.  Problème psychologique.  Peu ou pas d’éducation, de logique, de débrouillardise, d’intelligence.  Repris de Justice.  Lâche, paresseux, négatif, défaitiste, dépressif. 

Les gens qui m’entourent et/ou qui me lisent voient bien que je ne suis rien de tout ça.  Au contraire, je suis réfléchi, logique, sobre, positif, courageux, vaillant, tenace.  Pas étonnant que ces gens ne comprennent pas comment je me retrouve sans cesse dans de telles situations.

Il y a une explication logique et celle-ci tient en deux mots : Maturité tardive.  Car en effet, jusqu’à mes 25 ans, j’étais un con.  J’ai fini par m’en rendre compte et j’ai beaucoup travaillé sur moi-même afin de cesser d’avoir les comportements qui me sabotaient à tous les tournants.  Malheureusement, rendu à cette période de ma vie, j’avais déjà tellement pris de mauvaises décisions, que celles-ci allaient me valoir des conséquences négatives pour les trente années qui allaient suivre. 

Oui, 25 + 30 = 55, alors que j’ai 52 ans.  C’est que j’estime que j’en ai pour encore environs trois ans avant que mon passé cesse définitivement d’influencer ma vie à la négative. 

Ce qui va suivre n’est ni une plainte ni une justification ni de la victimisation.  C’est une explication.  Avis tout de même aux âmes sensibles et aux bien-pensants ; attendez-vous à vous sentir agressés par certaines de mes déclarations.  Il se trouve que la vraie vie n’est pas politiquement correcte.  J’ai vu ce que j’ai vu, j’ai vécu ce que j’ai vécu, et les faits sont les faits.

Donc…

Lorsque mes projets échouent, mon premier réflexe a toujours été de me regarder en premier.  De trouver où se situait mon erreur de jugement. De voir ce que j’ai bien pu dire ou faire pour m’attirer tel ou tel problème.  Car s’il est une personne qui a passé sa vie à apprendre de ses erreurs, c’est bien moi. Ce blog le prouve. En douze ans d’existence, je ne cesse d’y publier des billets dans lesquels je raconte de long en large ce qui n’allait pas chez moi, et ce que j’ai fait pour m’améliorer, et ce à tous les niveaux.  Pour les curieux, j’ai mis des liens vers ceux-ci en bas de cet article. 

Cependant, ce sera la première fois que je vais parler de mon manque de maturité, et que j’expliquerai pourquoi et comment est-ce que ça a gâché plus de la moitié de ma vie, la presque totalité de ma vie adulte.

Qu’est-ce que je veux dire par manque de maturité?  En langage clair, enfant, ado et jeune adulte, je me foutais de tout et de tout le monde.  Jusqu’à mes 25 ans, tout ce que je voulais, c’était m’amuser, rire, baiser, et devenir riche et célèbre en y mettant le moins d’effort possible. Voilà pourquoi je me voyais artiste. Faire quelque chose qui me plait et qui demande peu d’efforts, rendre la chose publique, des millions de personnes vont aimer ça, ça fera de moi un multimillionnaire. Comme plan de carrière, difficile de faire plus simple. J’avais déjà du talent en dessin et en rédaction, et puisque tout le monde aime l’humour, moi le premier, bien voilà! Je ferai n’importe quoi, pourvu que ça transmette mon humour: Auteur, bédéiste, scénariste, gagman, humoriste…

Jusqu’à mes 25 ans, j’étais pauvre, maigre, faible, laid, d’une famille qui avait mauvaise réputation dans mon village d’origine.  Et sans pour autant être totalement idiot, mon TDAH me rajoutait de la difficulté d’apprentissage à l’école, ce qui m’a laissé sans diplôme à la fin de mon secondaire, car j’étais en retard de deux ans en maths. Pas grave; je me suis inscrit au cégep en Arts et Lettres, là où les maths ne sont pas un prérequis. J’y suis allé deux sessions, que j’ai abandonné et coulé parce que ça s’est avéré beaucoup plus difficile que je le croyais. De toute façon, seule la vie sociale y avait de l’importance à mes yeux. Je n’en avais rien à foutre, de ne pas être diplômé. J’étais convaincu que mon talent d’artiste et d’humoriste allait me rendre immensément riche. 

Mon comportement était un réflexe compensatoire.  Se prendre pour un plus-que-tout, c’est un réflexe classique qu’ont certaines personnes afin de survivre au sentiment de n’être qu’un moins-que-rien.  Et l’une des manières de se sentir supérieur aux autres, c’est en rabaissant les autres plus bas que soi.  Ainsi, mon humour se concentrait particulièrement sur le dénigrement d’autrui.  Et puisque j’ai toujours eu le don de pouvoir détecter le moindre défaut de chaque personne avec une étonnante exactitude, je me servais tout naturellement de ça comme base pour faire des blagues, textes et dessins à leur sujet.  Le genre d’humour qui apporte beaucoup plus de malaise que d’amusement.

Je ne m’en rendais pas compte, mais j’avais l’humour kamikaze.  Mes cibles premières étaient ce qui m’entourait : Ma ville, mes écoles, mes boulots, mes activités, ma parenté, mes amis, mes collègues, mes professeurs, mes copines et mes conjointes.  Ce besoin de rire des autres et de les rabaisser était tel que lorsque j’étais en classe, je n’hésitais pas à saboter un travail ou un devoir, si ça pouvait me donner une opportunité de donner l’impression aux autres que le prof, le travail ou le devoir était stupide.  Même si ça signifiait échouer.   Et je ratissais large.  Tout ce qui était aimé et populaire, je le prenais comme cible, pour en démontrer l’aspect le plus merdique que je puisse trouver.

Un exemple entre mille, puisque nous sommes dans le temps des fêtes.  À chaque année, des humoristes font d’amusants monologues ou des chansons drôles sur le thème de Noël.  Moi?  Mes créations n’avaient qu’un seul thème : La discorde.  Je vous ferai grâce du monologue, mais son titre dit tout : Le temps des fights.  Quant aux chansons, voici un court extrait de ma parodie de Vive le vent :

C’est du vent, c’est du vent, la période des fêtes
On se dit qu’on s’aime mais toute l’année on s’fait l’air bête
Oh! C’est du vent, c’est du vent, la période des fêtes
Politesses et compliments qui n’ont rien de sincères.
«Joyeux joyeux Noël»
Que l’on se dit
Alors qu’au fond on pense
«Va donc chier mon estie!»
Oh! C’est du vent, c’est du vent, la période des fêtes
Heureusement que l’on se ment sinon ce s’rait l’enfer

Toujours à tout rabaisser.  Toujours à tout tourner au négatif.  Et trop con pour réaliser qu’en persistant dans cette voie, qu’en m’acharnant à dire sans cesse ce que personne n’a envie d’entendre, je ne gagnais pas en popularité.  Bien au contraire.

Et voici en quoi cette immaturité a saboté ma vie adulte jusqu’à aujourd’hui.

C’est à 21 ans que j’ai quitté la maison, suite à une dispute avec mon père.  À ce moment-là, j’avais la chance d’avoir une copine, Marie-France.  Comme la majorité de celles que j’avais eues jusque-là, celle-ci habitait à Montréal.  Car en effet, dans mon St-Hilaire d’origine ainsi que dans les villes avoisinantes, pas une fille sensée ne voulait de moi.  Il fallait que j’aille les chercher loin pour que ma réputation ne me précède pas.  Je suis donc allé vivre avec elle, chez sa mère, devenant du même coup montréalais.

(Mon immaturité prétentieuse m’a poussé à rompre quelques temps plus tard car je ne la trouvais pas assez bien pour moi, mais ceci est une autre histoire.)

Lorsque l’on commence la vie adulte, nos premiers emplois sont à la mesure de nos expériences de travail d’été d’adolescents et/ou de nos études. Dans mon cas personnel, contrairement à mes amis, personne ne m’a refilé un bon emploi pendant mon adolescence, à cause de la mauvaise réputation que me causait ma personnalité immature. Et je n’avais pas mon diplôme de secondaire. Par conséquent, rendu adulte, je ne pouvais que me décrocher des boulots minables et sans avenir au salaire minimum, comme plongeur de restos ou cuisinier de chaine de fast-food.  Le genre de travail qui garde son employé sous le seuil de la pauvreté.  Dans ce temps-là, on va habiter là où les loyers sont les moins chers, et si possible près de notre travail. 

C’est ainsi qu’en 1990, je me suis retrouvé dans le quartier Ville-Émard, à ce moment-là pauvre et mal famé, en tant que cuisinier de nuit dans un Dunkin’ Donuts.  Dès que mes dépenses incontournables du mois étaient payées, c’est à dire loyer, téléphone et épicerie, il me restait 9$ par mois.

Un commerce situé dans un quartier mal famé va forcément avoir à son emploi des habitants de ce quartier.  C’est-à-dire des gens à problèmes.  Problèmes d’alcool, de drogues, de jeu.  Problème psychologique.  Peu ou pas d’éducation, de logique, de débrouillardise, d’intelligence.  Repris de Justice.  Lâche, paresseux, négatif, défaitiste, dépressif. 

Quand tu es un jeune homme de 21 ans en manque affectif et sexuel, mais que tu es pauvre, laid, faible de corps et d’esprit, sans diplômes, que tu n’as que 9$ par mois pour tes loisirs, et que ton manque d’éducation fait que ceci est le summum que tu puisses atteindre, il ne faut pas s’attendre à ce que tu ailles ce qu’il faut pour plaire à une fille belle, intelligente, réfléchie, diplômée et qui a de l’avenir.  Déjà qu’elles sont introuvables dans le quartier pauvre où est situé le taudis que tu habites. Alors tu dois te contenter de celles qui restent.  Vulgaires, inéduquées, laides, grosses, droguées, sans avenir, avec problèmes légaux, psychologiques et comportemental. Et surtout, tout comme toi, tellement désespérées de plaire à quelqu’un qu’elles prendraient n’importe qui, en se foutant bien d’être compatibles au-delà de l’orientation sexuelle.

C’est facile à dire, que mieux vaut être seul que mal accompagné.  Mais quand notre choix se limite justement à être mal accompagné ou bien à passer le reste de notre vie seul, on finit par se résigner à devoir faire des compromis. 

Et c’est comme ça que je me suis retrouvé avec la seule qui a daigné s’abaisser à vouloir de moi: Kim, une grosse laide vulgaire dépensière compulsive avec problème de jeu, légaux, psychologiques et comportemental. Et tellement désespérée de se trouver un homme, et de le garder, qu’elle a lâché la pilule sans me prévenir, afin de me coincer dans cette relation via paternité imposée.  Et c’est ainsi que je suis devenu père, peu après mes 25 ans, sans être prêt financièrement ou émotivement à faire face à cette situation.

Oui, d’accord, j’ai été victime d’un coup de cochon.  N’empêche que si, plus jeune, j’avais eu la maturité de prendre mes études au sérieux, et si je n’avais pas brûlé mes ponts en tournant tout le monde au ridicule, alors je me serais trouvé une copine et un travail dans ma région d’origine. Jamais je n’aurais eu à aller habiter à Montréal, jamais je n’aurais travaillé à ce Dunkin’ Donuts, et jamais je n’aurais rencontré cette fille.  Donc, même si on ne peut nier que je suis la victime et que c’est elle qui a agi de manière malhonnête, il reste que ce qui m’arrivait-là, c’était les conséquences de mon immaturité.

Et c’est là que je n’ai eu d’autre choix que de prendre de la maturité.  J’ai amorcé une longue introspection pour trouver ce qui n’allait pas chez moi.  Je suis retourné aux études.  J’ai terminé mon secondaire et j’ai reçu mon diplôme.  J’ai poursuivi mes études au cégep en journalisme.

Au lieu de comprendre que je faisais ça pour pouvoir fournir une vie confortable à ma femme et à nos enfants, Kim a préféré s’imaginer que dès que j’aurai un bon travail, j’irais les abandonner.  Elle a donc tout fait pour saboter mes études, allant jusqu’à appeler la police pour me faire expulser de la maison sous de mensongères accusations de violence envers elle.  À 27 ans, j’ai eu à retourner vivre chez mes parents, maintenant à St-Hyacinthe.  Mon prêt étudiant était calculé pour une personne qui habite le quartier de son école.  Le transport quotidien maison-cégep a tout gobé.  Trois semaines avant les examens, il ne me restait plus rien pour payer le voyage.  J’ai dû interrompre mes études.

J’ai persévéré.  L’année suivante, j’habitais aux résidentes étudiantes du cégep et j’ai pu y poursuivre mes études.  Je m’y suis fait une nouvelle copine.  Camélia.  Belle, avec de l’avenir, et provenant d’une famille aisée avec un père riche avec des connexions partout. Peu après, je me trouvais un travail à La Boite, à m’occuper de la page web d’Air Canada, à $14.00 de l’heure alors que le salaire minimum était de $7.35. 

À 28 ans, est-ce que j’allais enfin commencer une vie adulte prospère et normale?  Eh non!  Maintenant travailleur, je dois rembourser mon prêt étudiant. Et puisque Kim est sur le BS, et que le BS c’est le Gouvernement, et que le Gouvernement cherche à couper dans les prestations autant que possible, ce sont eux qui me collent pour elle un max de pension alimentaire. Pension qui, du reste, ne leur rapporte pas un sou de plus, car le montant exact que je leur verse est retiré de son chèque de BS. Et tout ceci fait que je ne reçois que 36% de mon revenu brut. Ça signifie que même avec mon excellent salaire, il me reste encore moins d’argent pour vivre que lorsque je travaillais au Dunkin.  La seule chose qui me sauve, c’est le bas coût de mon loyer car je suis en colocation avec deux personnes.

Au début de la relation, les parents de Camélia m’appréciaient pour ma maturité.  Mais lorsqu’ils ont appris que j’étais père divorcé (ou l’équivalent), ils ont convaincu Camélia de me laisser tomber.  Car un père divorcé, ça n’aura jamais d’argent, ce qui signifie que ça sera elle qui devra me faire vivre.  Et pour aider sa fille à prendre cette décision, son père a usé de ses connexions de manière à me faire perdre mon emploi et à me ruiner financièrement et socialement, ce qui m’a fait plonger dans une terrible dépression.

Là encore, j’ai été victime d’un sale coup de cochon.  Mais là encore, si j’avais été plus mature étant jeune, je n’aurais pas subi cette paternité imposée, et ça n’aurait pas provoqué le père de Camélia à agir de la sorte.

Perdre mon emploi a eu ceci de bon : ça a annulé mon obligation de payer une pension alimentaire, chose que j’aurais eu à faire jusqu’à ce que la cadette de mes enfants aille 18 ans, 21 si elle poursuit ses études.  Je n’ai donc pas eu le choix : Tant et aussi longtemps que mes enfants n’étaient pas tous majeurs, je devrai renoncer à toute carrière pouvant faire de moi un homme prospère, sous peine d’être de nouveau victime d’abus financiers, et du harcèlement qui vient avec.  Dans de telles conditions, choisir l’option de rester pauvre, ce n’est pas de la fraude, c’est une question de survie.  Et surtout, c’est parfaitement légal.  De toute façon, que je paye ou non le centre jeunesse et la pension, ça ne changera rien du tout aux finances de mon ex, ni aux soins reçus par mes enfants.  Je serais juste puni pour avoir commis le crime d’avoir eu une ex qui a lâché la pilule sans m’en parler.

J’ai donc vécu ainsi, en simplicité involontaire, jusqu’en 2016.  À ce moment-là, j’étais rendu à 48 ans.  J’avais passé la moitié de ma vie, et la presque totalité de ma vie adulte, à être obligé par Kim et par la Loi à rester pauvre.

Je n’ai pas perdu tout ce temps-là à ne rien faire.  Tel que je l’ai décrit dans la majorité des billets de ce blog, j’ai beaucoup travaillé sur moi.  Sur ma personnalité, ma maturité, mon caractère, ma volonté, ma discipline. Sur mon alimentation, ma force, ma résistance cardio, ma santé.  Sur mon éducation et mon acquisition de nombreuses compétences dans divers métiers.  Sur mes choix de buts réalistes.  Ce n’est qu’à 48 ans que j’avais enfin ce qu’il faut pour me construire une vie d’adulte normal, faite de succès et de prospérité.

En théorie du moins. Car si du côté légal je n’ai plus rien qui puisse m’empêcher de réussir ma vie, mon passé d’immature continue encore et toujours à me faire obstacle au niveau social, financier et amoureux.

Et quel est le lien entre les mauvaises décisions que j’ai prises avant mes 25 ans, et le fait que ma vie est encore et toujours un chaos d’instabilité qui m’oblige sans arrêt à recommencer ma vie à zéro?  Simple : Vous vous rappelez lorsque je disais, plus haut dans ce billet, qu’un homme de mon âge, avec ma maturité et ma personnalité, c’est supposé avoir une longue carrière, un bon revenu, un véhicule, une propriété?  Eh bien moi, je n’ai rien de tout ça.  Mieux encore : Avec absolument rien de bon à mettre sur mon CV, il a fallu que je recommence tout en bas de l’échelle, en devenant d’abord gars de ménage dans un garage de bus, avant de devenir concierge, puis surintendant.  Hélas, et c’est quelque chose que tous les médias nous rapportent depuis plusieurs années, si en vingt-cinq ans le salaire minimum a doublé, le coût de la vie en revanche a presque quadruplé.  Ce qui fait que là encore, à 48 ans, j’ai commencé ma vie adulte en gagnant tout juste de quoi survivre.

Comme si ça ne suffisait pas, mon année et demie de chômage de 2015-2016 m’a endetté de $10 000.00 (Une marge de crédit que ma banque m’a offerte à 3.5% d’intérêts afin de payer ma Visa qui elle me chargeait 19.9% d’intérêts), une dette qui perdure à ce jour et que je n’ai jamais été capable de régler.  J’ai déjà réussi à la baisser à $7 500.00, mais quelques imprévus m’ont obligé à aller re-piger dedans.

Comme je l’ai souvent écrit ici, j’ai passé les neuf dernières années à me trouver du travail, y rester un an ou deux, utiliser cette expérience pour me trouver un meilleur travail à meilleur salaire, et recommencer cette manœuvre pendant un an ou deux. Ce qui m’a permis de grimper peu à peu les échelons de carrières, sociaux et financiers.  Avouez que ça démontre débrouillardise, intelligence, persévérance, et surtout d’une grande capacité d’adaptation.

Hélas, à un âge où les hommes avec mes capacités ont une longue carrière derrière eux, les efforts et manœuvres que je fais pour sans cesse améliorer mon sort ne me font pas trouver grâce aux yeux de la population en général. Ils n’y voient pas de l’évolution. Ils n’y voient pas du progrès. Tout ce qu’ils voient, c’est de l’instabilité.

Imaginez que vous êtes une femme dans mon groupe d’âge.  Vous avez une longue carrière, un revenu confortable, des économies, un véhicule et une propriété.  Est-ce que vous allez vous mettre en couple avec un gars comme moi, pauvre, endetté, qui change sans cesse d’emploi et d’adresse? 

Surtout que, comme je le dis plus haut, quand un homme de mon âge vit une situation comme la mienne, c’est parce qu’il a des problèmes légaux, psychologiques, comportemental, de jeu ou de consommation. Moi, non seulement n’ai-je rien de tout ça, j’ai tout pour réussir. Alors les gens ne comprennent pas pourquoi quelqu’un comme moi a une vie comme celle-là.

Et c’est ça qui fait qu’aux yeux des gens normaux, je suis bizarre. Et les gens bizarres, on s’en méfie. Je ne sais plus compter le nombre de fois où j’ai entendu à mon sujet des variantes de « Il a sûrement un problème, c’est juste qu’il cache bien son jeu », ou alors « Personne ne peut vivre ce qu’il a vécu sans que ça laisse des séquelles psychologiques. C’est sûr qu’il est une bombe à retardement, prêt à exploser sans préavis a la première contrariété. » Et en se méfiant de moi de la sorte, les gens bien se tiennent loin de moi. Et puisque ce sont les gens bien qui ont le contrôle sur tout ce qui est bien, socialement comme financièrement, ça ralentit mon évolution dans ces domaines. Quand ça ne va pas carrément l’empêcher..

Rajoutons à ça que, comme me l’a fait remarquer ma BFF Stéphanie, à l’âge où nous sommes rendus, les gens biens sont déjà tous casés depuis longtemps.  Si on veut être en couple, on doit se contenter des restants : Mères monoparentales, hommes ruinés par le divorce et la pension, ou alors des gens à problèmes. À problèmes légaux, psychologiques, comportemental, de jeu ou de consommation.  Le genre de personne qui, lorsqu’ils partagent notre vie, sabotent nos progrès car ils tiennent à nous garder au même niveau qu’eux.

Un niveau au-dessus duquel j’ai passé les derniers 28 ans de ma vie à tout faire pour m’élever.

Et c’est ça, la raison pour laquelle ma vie est un tel chaos.  C’est le fait que je suis pauvre et endetté à 52 ans, sans autre possessions que la base.  C’est le fait que je saute d’une opportunité d’emploi à l’autre.  Et c’est le fait que, malgré que je sois sérieux, mature, réfléchi, logique, sobre, positif, courageux, vaillant, tenace, et en meilleure forme physique que la majorité des hommes de de mon âge, je n’arrive à plaire qu’à des femmes à problèmes qui se mettent de la partie en tentant de m’empêcher de mener une vie normale, et qui vont jusqu’à mentir dans le but de m’expulser de notre appartement, alors que je suis de retour aux études dans le but d’améliorer notre sort. C’est ce que j’ai vécu à l’automne de 1996, et c’est ce que j’ai vécu en juin 2020. Mais cette fois, au lieu de retourner chez mes parents à St-Hyacinthe et ainsi devoir interrompre mes études, j’ai préféré rester dans la région, d’abord en squattant une cabine de motel abandonné, avant d’aller m’installer de façon pas très légale dans un locker d’entrepôt.

Je m’étais bien aménagé, quand même.

Itinérant pendant 40 jours sans raison pertinente de l’être. Raison de plus pour donner à un homme la réputation de « bizarre », de « personne à problèmes qui cache bien son jeu« , donc de « gars de qui il vaut mieux se méfier. » Quand tout le monde croit ça de toi, ils contribuent à te garder là-dedans, et tu reste coincé dans un mouvement perpétuel dans lequel il est quasiment impossible de sortir.

Et ça, ça reste encore et toujours causé par l’effet domino amorcé par ce manque de maturité qui m’a fait prendre de mauvaises décisions avant mes 25 ans. Et c’est pour ça que jusqu’à maintenant, malgré tous les efforts que j’y mets, ma vie demeure chaos, instabilité et simplicité involontaire.

Ceci étant expliqué:

Dans trois ans (ou moins), j’aurai enfin une vie normale à la mesure de la moyenne des hommes de mon âge.  Comme je vous l’expliquerai un jour si je finis par conclure ma série Préposés aux maléficiaires, j’ai enfin fini par décrocher mon emploi de rêve.  Depuis maintenant un mois, je suis préposé dans une résidence privée pour personnes âgées, qui n’a que 18 résidents.  Et il se trouve que je suis beaucoup plus compétent dans ce poste que dans tous mes autres emplois précédents réunis.  L’ambiance est chaleureuse et positive.  Je suis apprécié par tous, autant la direction que les collègues que les résidents.  On est surpris à quel point j’ai appris vite et bien toutes les facettes de mon travail.  La direction a déjà confiance en moi et en mes capacités au point où, après trois semaines, on m’a laissé de garde de nuit, seul, chose qui d’habitude prend de deux à trois mois.  Et le plus beau, c’est que j’ai le genre d’horaire que j’ai toujours souhaité.  En trois jours, je fais mes 37.5 heures par semaine, ce qui me laisse quatre jours par semaine pour mes projets et loisirs.  Et je me suis trouvé un 1½ à coût ridiculement bas, électricité et internet fourni, à huit minutes à pied de mon travail. 

Grâce au salaire et à la Prime Covid du Gouvernement Legault, je gagne presque le double de mon salaire précédent, qui était le meilleur que j’avais eu jusque-là.  Ce qui fait que je reçois en ce moment 4.5 fois plus que ce que j’ai à dépenser pour vivre.  Non seulement suis-je dans la meilleure situation financière de ma vie, j’aurai remboursé la totalité de ma dette à la RBC d’ici à juin 2021.  À partir de là, si je continue à vivre modestement, alors à l’automne de 2023, j’aurai une longue carrière stable, des économies et des placements. À ce moment-là, je pourrai enfin, comme un homme de mon âge, obtenir du financement bancaire pour un véhicule et/ou une propriété. Et là, enfin, aux yeux de tous, je vivrai la situation normale d’un homme normal. Et plus personne ne va se méfier de moi, ni contribuer à me remettre dans la misère qui fut mienne durant toute ma vie jusqu’à maintenant, et qui le sera jusqu’à mes 55 ans.

En attendant que ça arrive, vivre aussi modestement alors que je gagne autant, ça me fait maintenant passer pour un grippe-sou. Je ne plaisante pas, on m’a posé la question. Et puisque pour chaque personne qui pose une question ou fait un commentaire, il y en a de 50 à 100 autres qui pensent la même chose sans le dire, alors voilà, nouvelle raison pour pour les gens normaux de se méfier de moi et m’empêcher d’évoluer.

Mais bon, peu m’importe de ne plus pouvoir avancer, puisque j’ai finalement atteint un point où ma carrière et mes finances sont élevées, stables et sécurisées. Encore trois ans de patience, et plus jamais les mauvaises décisions de mon passé d’immature ne pourront m’empêcher d’avoir une vie normale, ni de la partager avec une femme bien.

Parce que , je vivrai enfin sur la même planète que tout le monde.

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Y’A LIENS LÀ:
Toutes les références que l’on retrouve dans ce billet.


La longue introspection que j’ai faite porte un nom: Autopsie du Loser.

Je m’en suis guéri, tel que l’on peut voir dans cette série de 14 billets intitulés Pas obligé de rester loser. (Cette page les montre à-rebours.)

La super-longue saga en 11 parties qui raconte mon retour aux études, ma rupture avec Kim, ma relation avec Camélia, mon travail à La Boite, et comment mon beau père a usé de son influence pour me faire tout perdre et me faire tomber en dépression. GM = Général Menteurs. (Cette page les montre à-rebours.) Ou alors, vous pouvez commencer par le premier billet de cette série.

Sinon, le plus court billet qui puisse expliquer pourquoi Kim et le père de Camélia ont travaillé fort pour s’assurer que je reste dans la misère, c’est le onzième : L’allergie aux changements.

Non seulement ai-je observé Le réflexe compensatoire, j’ai l’appui de recherches scientifiques sérieuses.

Au début de ce texte, je parle de Marie-France, ma copine de mes 21-22 ans, une jeune fille très bien, jolie, sérieuse et tout. Mais après avoir rencontré Christine, je ne la trouvais plus assez bien pour moi.

Par trois fois, j’ai prouvé, devant toute la classe, que les profs disaient des stupidités. Ça m’a valu L’étoffe des zéros.

À la fin de mes 26 ans, voici Comment j’ai appris que je n’étais pas un humoriste.