La culpabilisation sociale abusive envers le chanceux occasionnel

Avis à mes lecteurs européens: Ce texte parle d’argent en dollars canadiens, mais ça ne vous empêchera nullement de comprendre l’idée générale.

Je suis membre d’un groupe sur Facebook dans lequel on nous a récemment posé une question très classique. Et les réponses qu’elle a engendrée ne le sont pas moins. J’en ai triées quelques unes. Vous verrez vite une constante parmi celles-ci.

Il y avait plusieurs autres genres de réponses. Ça parlait de se payer des maisons, des véhicules, et surtout des voyages autour du monde. Quelques uns disaient en blague des variantes de « D’la poudre et des putes. » Et comme il faut s’y attendre, il y a toujours un irréfléchi dans le lot pour nous ressortir cet argument cliché qui possède toute l’intelligence du lombric:

Mais sinon, ouais, environs une réponse sur quatre était sur le thème de « Je vais gâter tout mon entourage. »

Je vais sonner cynique, et je le suis probablement. Mais je ne comprendrai jamais cette mentalité qui impose que l’on devrait absolument disséminer nos avoirs autour de nous lors des très rares fois où la chance nous sourit. Aider nos parents, payer les études de nos enfants, d’accord. Mais pourquoi en faire profiter en plus tout notre entourage?

On a tendance à oublier que dans notre entourage, il y a beaucoup de gens qui ont toujours été bien plus fortunés que nous. Est-ce qu’ils nous gâtent, eux? Non, hein!? Et personne ne s’attend non plus à ce qu’ils le fassent. C’est normal. S’ils faisaient ça, ils ne connaîtraient pas la sécurité financière très longtemps. Si tu veux être gâté, tout le monde va te le dire: Gâtes-toi toi-même. C’est ta responsabilité, pas celle des autres.

Certains d’entre vous me diront: « D’accord, mais il y en dans notre entourage qui sont dans la misère. » À ça, je réponds une variante de ma question précédente : Est-ce que les gens fortunés de ton entourage aident gens miséreux dont tu parles? Non, hein!? Alors pourquoi serait-ce à toi de le faire? Surtout lors de la seule et unique fois dans ta vie où c’est toi qui a la chance d’être fortuné? Ce n’est pas pour rien que l’on dit que la charité bien ordonnée commence par soi-même.

Pourquoi est-ce que la (sur)vie des autres serait ta responsabilité? Surtout si elle ne l’était pas avant que tu gagnes à la loterie. Ils ont bien réussi à survivre jusque-là. Pourquoi n’en seraient-ils plus capables, et ce à partir du moment exact où tu as enfin de l’argent?

Le problème, c’est que l’être humain est hypocrite de par sa nature. On cherche toujours à améliorer nos conditions de vie. Mais on digère mal de voir que les conditions de vies de ceux qui nous entourent s’améliorent tandis que la nôtre reste stable. Surtout si cette amélioration est un fait du hasard, et non le but de tes efforts. Lorsque tu gagnes à la loterie, ton entourage est envahi d’un grand sentiment de déception. Ils ne peuvent s’empêcher de penser que tu n’as pas mérité de recevoir tout cet argent. Qu’il n’y a aucune raison pourquoi toi tu y as eu droit et pas eux. Que cette situation est tout simplement injuste. Et ceci fait naitre en eux l’envie, la convoitise, la jalousie et le mépris.

Si tu as des gens qui t’entourent, c’est parce qu’ils sont confortable avec ce que tu es. Ainsi, si tu es pauvre et qu’ils te fréquentent, c’est parce qu’ils sont à l’aise avec ta pauvreté. Sinon, ils ne fréquenteraient que des riches. Mais à partir du moment où tu passes de pauvre à riche, tu cesses d’être tel qu’ils t’acceptent.

Et c’est là que tu te fais bombarder de commentaires comme quoi tu serais un égoïste de ne pas partager ta fortune, toi qui a reçu tout sans efforts alors qu’eux n’ont rien malgré les leurs. Alors pour soulager ta conscience d’une culpabilité qu’ils te créent eux-mêmes, tu leur distribues généreusement tes gains jusqu’à ce qu’il ne te reste plus rien. Autrement dit, tu te fais manipuler à te remettre toi-même dans la pauvreté dont tu as passé ta vie à souhaiter de te tirer. Et ce pour racheter des amitiés qui était jusque-là gratuites.

Hélas, dans cette situation, l’amitié devient comme un appartement: Tu ne l’achètes pas, tu le loues. Dès que tu ne peux plus te le payer, tu le perds et tu te retrouves seul dans la rue. Et c’est là que tu te rends compte que ton choix au départ se résumait à garder l’argent et perdre tes amis, ou bien perdre l’argent et quand même perdre tes amis. Et dans ce dernier cas, tu passes le reste de ta vie entre les ingrats qui te méprisent pour ne pas leur en avoir donné plus, et les jugementaux qui te méprisent pour t’être ruiné en tentant d’acheter l’amitié de ton entourage.

Depuis l’âge de 25 ans, je sais exactement ce que je ferais avec un million de dollars. En partant du fait que l’âge de la retraite est à 65 ans, et que 65 – 25 = 40, un million divisé par 40 ans = $25 000.00 par année, soit seulement deux ou trois mille dollars au-dessus du seuil de pauvreté actuel. On peut en vivre modestement maintenant. Mais à mesure que passeront les quarante prochaines années, ce montant deviendra peu à peu trop ridicule pour en vivre. Et arrivé à l’âge de la retraite, pas de pension à espérer si tu n’as pas travaillé, et donc pas cotisé au régime d’épargne-retraite.

Ce million ne me rendrait pas riche. Il ne me servirait qu’à assurer ma survie de base pour le restant de mes jours, en payant mon loyer, un 4½ maximum, et ma nourriture. Et pour pouvoir m’offrir le reste, j’aurai un boulot, comme tout le monde.

Mais ça, c’est seulement pour un million. Si un jour je gagne cinq, dix, trente, cinquante millions, ça sera autre chose. Afin d’être prêt pour cette éventualité, j’ai créé un plan en dix points.

POINT 1: Je ne le dis à personne. Quand les gens ne savent pas ce que tu as, ils ne peuvent pas te l’enlever. Alors la solution est simple: Ta gueule!

Puisque c’est un tabou social de divulguer son salaire, pourquoi serait-il plus acceptable de parler de nos gains de loterie? Alors quand je dis que je vais n’en parler à personne, je veux vraiment dire PERSONNE! Ni amis, ni parents, ni enfants, ni même la femme que je fréquente, si j’en ai une. Dans ce genre de situation, une personne de confiance, ça n’existe pas. Cette nouvelle, c’est juste trop gros. Toute personne à qui tu te confies sera incapable de garder ça pour elle. Elle va se confier à son tour à sa propre personne de confiance. Et c’est cette personne-là qui ira tout raconter à tout le monde. Et c’est là que les emmerdes commencent.

Je suppose que j’ai fait froncer plus d’un sourcil en disant au paragraphe précédent que je ne le dirais même pas à celle que je fréquente. Mais rappelez-vous ce que je dis plus haut. Quand tu es pauvre, les gens te fréquentent car ils sont à l’aise avec ta pauvreté. Dès que tu deviens riche, à leurs yeux, tu n’es plus du tout cette personne qu’ils apprécient.

Et sans vouloir généraliser, il est très rare qu’une personne riche se mette en couple avec une personne pauvre sans que leur inégalité financière, et surtout leurs manières opposées de gérer un budget, soit problématique. Attend-toi donc à vivre l’enfer quotidien de la part de cette personne qui va passer la moitié de son temps à te mettre de la pression pour dépenser, et l’autre moitié à rager que tu ne l’écoutes pas. Et ça, c’est sans parler de tous ceux dans son entourage qui vont tenter de l’influencer négativement à ton sujet, comme quoi tu n’es qu’un salopard d’égoïste de ne pas la couvrir de fourrures, de bijoux et autres choses frivoles et inutiles.

Pourquoi rester en couple avec quelqu’un qui fait de ta vie un enfer et qui va s’assurer de te faire tout perdre en moins de trois ans? Car c’est en effet dans ce laps de temps qu’en moyenne un millionnaire de loterie se retrouve encore plus pauvre qu’avant d’avoir gagné.

POINT 2: J’évite de donner des signes extérieurs trop évidents de ma nouvelle richesse. Je ne vais pas m’acheter une Lamborghini, surtout si c’est pour la laisser dans la rue parce que je n’ai pas d’espace de stationnement dans le taudis où je loue mon 3½.  Non seulement ça va attirer sur moi l’attention des criminels, ça va attirer sur moi l’attention de la police… qui va me soupçonner d’être un criminel, d’être capable de me payer ça alors que j’habite ce quartier.

POINT 3: Je déménage.  Pour un endroit où personne ne me connait, et dans un quartier et logis plus sûr, plus sécuritaire.

POINT 4: …Mais je ne passe pas tout de suite d’un 3½ dans un taudis, à un château de 8 millions.  Même si c’est une amélioration, ce changement est trop radical.  Une personne qui n’est pas habituée à vivre dans ce luxe perd tous ses points de repères.  Surtout que maintenant, tu es trop riche pour garder tes amis pauvres, et tu n’as ni la personnalité ni les manières pour avoir des amis riches. Et c’est là que tu réalises que tu t’es mis dans une prison de ta propre création. Trop de millionnaires de loterie sont virés dépressifs à changer de vie de manière aussi abrupte.  Je commence donc par habiter un simple 4½ dans une propriété impeccable. Puis, je prends le temps de réfléchir et d’évoluer. Je verrai dans un an ou deux si je suis prêt pour un condo, une maison avec terrain, ou autre chose.

Et par réfléchir et évoluer, je veux dire:

POINT 5: Je travaille sur moi, j’investis en moi, je prends soin de moi. Qu’on le veuille ou non, un tel changement, c’est difficile pour l’équilibre mental. Surtout si on se retrouve du jour au lendemain à ne plus savoir quoi faire de ses journées car on n’a plus besoin de travailler. Alors non seulement j’occupe ce temps libre à autre chose qu’à me morfondre, je le fais de manière à améliorer tous les aspects de ma vie.

  • Je me paie un psy que je consulte afin de m’assurer de garder mon équilibre tandis que je me fais peu à peu à ma nouvelle vie.
  • Je vais au gym et je me paie un entraineur.
  • Je me paie nutritionniste.
  • Je vais dans les bibliothèques publiques et je prend un peu de culture. Théâtre, biographies, Histoire, grands romans classiques.
  • Et surtout, maintenant que j’en ai le temps et les moyens, je suis des cours et des formations dans des domaines qui m’intéressent et qui étaient jusque-là hors de ma portée.

Toutes ces activités ont pour but de m’aider à faire peu à peu la transition de vie pauvre à vie de millionnaire, ainsi qu’à me donner des points en commun avec les autres riches qui ont certainement une meilleure éducation que moi. Et tant qu’à n’avoir aucune obligation de travailler, aussi bien acquérir des compétences dans un domaine qui me plaît. Car avoir un travail et/ou fonder ma propre entreprise, c’est avoir une source de revenus. Peu importe que ces revenus soient réels ou imaginaires, l’important c’est que ton entourage croit que tu en as. Et ceci est la meilleure façon de cacher que l’on est un millionnaire de loterie, et ainsi on s’évite l’envie, les convoitises, la jalousie et le mépris.

POINT 6: J’offre une aide financière modeste à mes parents et/ou à mes enfants, s’ils sont dans le besoin. Évidemment! Je ne suis pas égoïste, tout de même. Et s’ils me demandent comment je puis me le permettre, je dis que j’ai décroché un meilleur boulot, d’où mon déménagement pour m’en rapprocher, et que pour l’instant je n’ai pas besoin de ce surplus salarial. Et oui, je prends bien soin de leur préciser « pour l’instant », pour ne pas qu’ils abusent en s’imaginant que c’est une rente à vie.

POINT 7: Je me répète mais JE NE LE DIS À PERSONNE, pas plus à mes nouvelles fréquentations qu’à mes anciennes. Est-ce que je veux avoir une vie sociale et une vie de couple avec des gens qui s’intéressent à moi, ou bien qui s’intéressent à mon argent?

POINT 8: Je prépare mes feintes et ripostes face aux arnaqueurs. Bien que ce n’est pas tout le monde qui lit les journaux, il y en a qui cherchent spécifiquement les noms des nouveaux riches instantanés car ils savent que ces gens ne sauront pas comment gérer adéquatement autant d’argent. Aussi, je me suis préparé pour les appels téléphoniques que je ne manquerai pas de recevoir de la part de mille-et-un experts en placements financiers ou autres inconnus qui veulent profiter de mon gain. À eux, je réponds: « Ha! Ha!  Ok, je comprends. Vous cherchez à rejoindre L’AUTRE Stéphane Johnson, celui qui a gagné 50 millions? Oui, je reçois beaucoup d’appels depuis qu’il a gagné. Mais ce n’est pas moi, malheureusement, je n’ai pas son argent, j’ai juste le même nom que lui. » Comment voulez-vous qu’ils vérifient si c’est vrai ou non?

POINT 9: Les meilleurs conseillers financiers travaillent pour ta banque. Penses-y sérieusement: C’est une banque. Leur travail, c’est l’argent. Leur expertise, c’est le faire fructifier. Ils ont besoin de ton argent pour faire des profits, et ils connaissent les meilleurs investissements à long termes et à risques minimes. Alors évidemment, qu’ils vont te donner les meilleurs conseils. Il y va de leurs intérêts, littéralement. Et contrairement à une firme privée, de soi-disant experts en conseils financiers, les banques travaillent en collaboration avec le Gouvernement et sont étroitement surveillées par celui-ci. Elles ne peuvent donc jamais faire faillite, ni fermer pour disparaître avec ton argent.

Enfin, POINT 10, mais qui pourrait aussi bien s’appeler le point zéro puisqu’il s’agit du point de départ: Beaucoup de gens vont te mépriser parce que tu achètes des billets de loterie. Ils vont dire qu’il s’agit là d’une taxe volontaire. Ou bien ils vont te sortir des statistiques démontrant que tu as plus de chance de te faire frapper par la foudre que de devenir millionnaire de la loterie. Sauf que… Peu importe le pays où tu habites, est-ce qu’il y a de 5 à 60 personnes par semaine qui se font frapper par la foudre? Parce que tout dépendant de ton pays, tel est le nombre de nouveaux millionnaire que la loterie fait sur une base hebdomadaire. Alors pour ce que ça vaut, les statistiques…

Et ce sont ces mêmes gens-là, ceux qui te méprisent d’acheter des billets de loterie, qui vont ensuite vouloir profiter des gains que tu t’es fait en achetant ces billets qu’ils te décommandaient d’acheter. Alors la meilleure réplique à servir à ceux qui voudraient profiter de tes gains, c’est: « Fais comme j’ai fait; achète des billets! »

Que tu sois pauvre, de classe moyenne ou bien riche, il y a une vérité universelle, et c’est que la meilleure façon de perdre ton argent, c’est d’en faire ce que te conseillent ceux qui n’en ont jamais réussi à en avoir.

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Y’A LIENS LÀ.


La Saga du Casino, une histoire en trois parties qui raconte comment la mère d’une de mes ex s’est littéralement retrouvée dans la rue cinq mois après avoir gagné une auto au casino de Montréal. Et comment, suivant son exemple, sa fille nous a ruiné.

Ma philosophie (7)

Garde le secret sur tes projets en chantier.  Si personne ne connait l’itinéraire que tu t’es planifié, personne n’aura l’opportunité de te barrer la route.

Observe ceux qui critiquent tes réussites et méfie-toi toujours de ces gens.  Rabaisser tes victoires, c’est le premier réflexe de la personne qui préfère te voir échouer.

C’est au moment où tu crains d’avancer qu’il faut avancer, sinon tu n’iras jamais nulle part.

Il y a des amours qui sont plus néfastes et plus toxiques que la pire des haines. 

Là où d’autres ont réussi, tu peux réussir.  Là où d’autres ont échoué, tu peux réussir.

Une personne qui n’admet jamais ses torts et te fait porter le blâme pour tout est une personne à fuir sans délais.

Si tu ne peux résister au besoin de relever un défi que l’on t’a lancé avec mépris, alors tu l’as déjà perdu.

Si tu es facile à offenser, tu es facile à manipuler.

Si un ami fait une erreur, dis-lui.  Si ça te fais perdre cet ami, alors ça n’a jamais été un ami.

Accepte les excuses de ceux qui t’ont trahi, mais ne leur accorde plus ta confiance.

Accepte de te faire corriger pour tes erreurs, mais n’accepte pas de te faire humilier pour celles-ci.

La plus grande des erreurs est de ne pas reconnaitre ses erreurs.

Si tu déclines une offre d’aide, explique pourquoi.  La personne qui agit par altruisme va comprendre et accepter.  La personne qui agit par égoïsme va insister et frustrer.

Laisse les médisants se tromper à ton sujet.  Plus grande sera leur erreur, plus éclatante sera ta réussite.

Les gens cherchent à te faire perdre ton temps par peur que tu l’utilise pour atteindre le genre de but qui sera toujours hors de leur portée.

Dénonce! Le plus grand complice de ton agresseur, c’est ton propre silence.

Lorsque tu vis des situations difficiles, éloigne-toi de ceux qui te les créent, apprécie ceux qui te te viennent en aide, et fuis particulièrement ceux qui vont te les créer dans le but d’être ceux qui vont te venir en aide.

Prend les décisions qui te sont importantes, sans te soucier de comment ça va affecter les autres.  Tu as la responsabilité de ton propre bonheur, pas de celui des autres. 

Ne t’attends pas à ce que je m’arrête si tu te mets en travers de ma route.

Les amateurs donnent des leçons.  Les experts donnent l’exemple.

Reconnaitre qu’un but est hors de ma portée, ce n’est pas un échec.  Cesser de perdre mon temps et mes énergies, c’est au contraire une réussite. Et c’en est une que beaucoup de gens ne seront jamais capables d’atteindre.

La sagesse, c’est ce qui différencie la ténacité de l’obstination.

Savoir choisir ses batailles, c’est la différence entre investir dans une réussite, et perdre son temps à tenter de faire croire que tu as raison à des gens qui n’en valent pas la peine.

Je ne changerai pas si je te déplais. Par contre, je vais changer si je me déplais.

Je dois certaines de mes réussites au fait que j’ignorais que j’étais supposé échouer.

Ton insistance à me changer afin de faire de moi ton idéal pour te plaire, ça démontre seulement ton incapacité de plaire à ceux qui sont ton idéal.

Ceux qui le font pour les autres abandonnent.  Ceux qui le font pour soi continuent.

Peu de gens auront une vision de toi qui est conforme à la réalité.  Elle sera plutôt conforme à l’idée qu’ils ont besoin d’avoir à ton sujet.

Il faut planifier pour avancer, mais il ne faut pas s’arrêter sous prétexte qu’on ne peut pas tout prévoir.

Un échec, c’est seulement une opportunité pour vouloir mieux, faire mieux, trouver mieux, réussir mieux et récolter mieux.

Devient le genre de personne que l’on attendait, plutôt que d’être la personne avec qui on est en attendant.

Ne perd pas ton temps à te justifier.  Les gens n’entendent que ce qu’ils veulent entendre, et ne voient que ce qu’ils veulent voir.

Le premier pas vers l’échec, c’est de décider à la place des autres ce qu’ils devraient penser de toi.

Je préfère un ennemi qui va tenter de m’arrêter par sa peur de mon succès, qu’un proche qui va tenter de m’arrêter par sa peur de mon échec.  Parce que même si le premier est haineux, il croit en moi et en mes capacités.  Tandis que le second, malgré tout l’amour qu’il a pour moi, n’y croit pas.  Et bien qu’il soit beaucoup plus pénible moralement de s’éloigner d’un proche que d’un ennemi, il reste que l’un comme l’autre ne pourront jamais s’empêcher de se mettre entre mes buts et moi. M’éloigner de ces gens n’est pas qu’une option. C’est une nécessité.

Si j’ai réussi à détruire les murs qui m’emprisonnaient, ce n’est pas pour me laisser arrêter par les murs qui emprisonnent les autres.

Une personne déterminée à réussir va voir la sagesse dans ces paroles et agira en conséquence.  Une personne déterminée à échouer invalidera chacune d’entre elles pour justifier son inaction.

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Y’A LIENS LÀ

Voici les six billets précédents de ma série Ma Philosophie.

Ma Philosophie.
Ma Philosophie (2).
Ma Philosophie (3).
Ma Philosophie (4) Réflexions courantes.
Ma Philosophie (5) Parfois….
Ma Philosophie (6).

Et dans le même ordre d’idées.

Regarder derrière soi pour mieux aller de l’avant.
C’est à toi de choisir.
Je me méfie de ceux qui me disent...
100 leçons de vie que j’aurais aimé apprendre plus tôt.

Préposés aux Maléficiaires, suite et fin

Ce texte est la suite, et la fin, de ces deux billets:
Préposés aux Maléficiaires, 1 de 5: L’embauche et la désillusion.
Préposés aux Maléficiaires, 2 de 5: L’aprentissage et les premiers abus.

Non, il n’y aura pas cinq parties finalement. La raison est simple: J’en ai ras-le-bol de ressasser de vieilles histoires négatives en détaillant à l’excès chaque situation merdique que j’ai pu voir et/ou vivre. Cette histoire est finie, je veux passer à autre chose.

Mais bon, non seulement vous ai-je promis cette histoire, je devais vous révéler comment j’ai pu m’en tirer, afin que tous ceux qui ont vécu la même situation que moi puissent suivre mon exemple pour continuer de travailler dans ce domaine. Alors voilà le compromis: Je vous résume le tout dans les grandes lignes, et on n’en reparle plus. C’est parti :

Résumé de la situation:
Comme bien des gens au Québec, au printemps de 2020, j’ai entendu l’appel du ministre Legault.  Avec la pandémie qui surcharge notre système de santé, ils avaient besoin de former et d’embaucher 10 000 préposés aux bénéficiaires.  Je me suis porté candidat.  J’ai été choisi.  En juin, j’ai commencé la formation de trois mois, que j’ai réussi diplômé.  Le 21 juillet, j’ai commencé mon stage dans un CHSLD.  Le 11 septembre, j’ai été embauché officiellement.  Et après une probation de 45 jours (45 jours de travail, et non 45 jours de suite), je devais devenir employé syndiqué, avec les mêmes droits et protection que tous les autres travailleurs de la santé. Oui, « devais »… Car on m’a congédié au jour 38 de ma probation.
 

Au CHSLD, même si j’ai tout fait pour être le bon petit employé qui collabore, on m’a fait subir des choses inacceptables. Pas besoin que je vous les décrive, il ne se passe pas une semaine sans que des journaux ne rapportent des témoignages de gens qui sont dans la même situation que moi. Et comme eux, dès que j’ai commencé à porter plainte, on m’a foutu dehors. Sur les 16 embauchés de ma classe, j’étais le 8e de parti en 3 mois. Et d’autres se sont fait mettre à la porte après moi.

Jeudi le 29 octobre. Lors de l’entrevue de débauche (Car oui, le mot débaucher est l’antonyme d’embaucher) la directrice du CHSLD m’a expliqué que, après mure réflexion, il est pour elle évident que je n’ai pas ce qu’il faut pour travailler dans ce milieu. Et elle n’a eu aucun scrupule à me dire que si j’essaye de me faire embaucher dans un autre CHSLD, elle irait me descendre aux yeux des futurs employeurs potentiels qui l’appelleraient. Car, me dit-elle, elle « n’aura d’autre choix que de leur dire ce qu’il y a dans mon dossier. » Et en effet, c’est ce qu’elle a fait lorsque je me suis essayé dans un autre centre du système public. J’ai ainsi perdu treize jours à tenter de me recaser, en vain.

Pour me tirer de cette situation, j’ai renoncé au système public pour m’en aller au privé. J’ai googlé et j’ai trouvé un répertoire de tous les centres d’accueils au Québec, classés par régions. Et à tous, on peut faire application via internet. Voici l’adresse, le lien ouvre un nouvel onglet.

emploienresidence.com/region

Avant de commencer à soumettre ma candidature aux employeurs potentiels, j’ai fait deux ajustement afin d’éviter que mon ex-directrice ne sabote ma carrière: De un, j’ai modifié mon CV et ma lettre de présentation. J’ai parlé de ma formation, mais pas de mon emploi au CHSLD. Et de deux, je sais que les employeurs potentiels vont se demander pourquoi je ne suis pas dans un CHSLD, puisque l’emploi était garanti à la fin de la formation. À eux, je dirai: « Quand j’ai voulu m’inscrire au programme de Legault, il était trop tard. Mais puisqu’il restait une place disponible, j’ai quand même décidé de suivre la formation. Et je l’ai terminé diplômé, du moins avec mon attestation d’études professionnelles. » Si la dernière phrase est vraie, la première est fausse. Mais nier l’existence de mon court passage au CHSLD, c’était la seule solution pour pouvoir travailler dans ce domaine dans lequel j’ai les attestations scolaires qui prouvent que je suis qualifié.

Désolé pour tous les bien-pensants qui considèrent que « le mensonge n’est acceptable en aucune circonstances. » Il se trouve que dans un monde de tricheurs, il n’y a que ceux qui suivent les règles qui ne gagnent jamais. Et puis, ce mensonge-là n’est ni dans le but de porter préjudice à autrui, ni dans le but de m’octroyer quelque chose que je ne mérite pas. C’est au contraire pour éviter que ma carrière subisse un préjudice non-mérité.

Mercredi le 11 novembre, j’ai fait 20 applications en ligne, toutes dans des centres privés où logent beaucoup moins de résidents qu’en CHSLD.

Jeudi le 12 novembre, je reçois cinq rappels. J’ai un rendez-vous en personne pour le lendemain. J’ai deux autres entrevues par téléphone. Et j’ai deux autres entrevues virtuelles via Skype. Ces quatre entrevues se terminent toutes avec eux qui me demandent: « Quand seriez-vous prêt à commencer? », ce qui démontre que je correspond parfaitement au profil de l’employé recherché. À tous, je répond « Le 1er décembre. » C’est que j’ai une préférence pour un centre en particulier, celui où je passerai une entrevue en personne le lendemain. Je tiens à voir s’ils vont m’embaucher, avant de dire oui ailleurs.

Vendredi le 13 novembre, je passe une entrevue en personne au centre où je souhaite travailler.

Samedi le 14 novembre, je suis embauché au centre où je souhaitais travailler. J’ai donc réussi en 3 jours au privé ce que j’ai tenté de faire en vain pendant 13 jours au public. J’ai rappelé les quatre autres pour leur dire que finalement, j’avais accepté un travail ailleurs.

Vendredi le 20 novembre, j’étais rendu à 19 rappels sur les 20 centres où j’avais appliqué. C’est dire à quel point les centres, autant privés que conventionnés que publics, sont en manque de personnel.

Pour un gars qui n’a pas ce qu’il faut pour travailler dans ce milieu, je suis bizarrement très en demande par ce même milieu.

Voici les raisons pourquoi je tenais à travailler à ce centre en particulier:

  • C’est autour du Mont-Saint-Hilaire, donc je reste dans mon coin d’origine.
  • Il n’y a que 18 résidents, contre 120 en CHSLD.
  • Aucun cas lourd, ils sont tous semi-autonomes.
  • Il n’y a que 6 employés, incluant la directrice / proprio.
  • Par conséquent, aucune guerre de gangs possible entre les anciens et les nouveaux, contrairement aux CHSLD.
  • Presque le même salaire qu’au CHSLD.
  • Et la directrice m’a offert ce qui est pour moi l’horaire de rêve : Temps double + temps double + temps simple. Traduction: Je fais mes 37.5 heures par semaine en trois jours. Ça me laisse 4 jours de congés par semaine pour me consacrer à mon art, mes loisirs, mes rendez-vous pour médecins, optométristes, orthésistes, dentistes, etc, sans devoir perdre un jour de travail et de salaire.

Depuis, je travaille dans une ambiance qui est 1000 fois meilleure que le fut mon meilleur jour au CHSLD, et je ne pourrais pas être plus heureux.

Par un heureux hasard, au moment où j’écris ces lignes, voilà deux mois et demi que je suis à l’emploi de cette résidence, soit le même temps que j’ai été employé au CHSLD. Quand j’étais au CHSLD, j’étais, selon la direction, un incompétent, un lunatique, un perdu, un impoli, un frustré, un ignorant, un danger pour les résidents. Bref, le verdict final était que je ne suis pas fait pour cette carrière. Mais depuis que je travaille dans un foyer privé, je suis, selon la direction et les résidents, courtois, poli, professionnel, qui inspire confiance et sécurité, avec une excellente mémoire, qui apprend vite. Bref, leur verdict est que je suis fait pour cette carrière.

Même travail. Deux employeurs. Deux opinions à l’extrême opposé l’une de l’autre.

Alors à tous ceux qui ont suivi le programme de Legault mais qui n’ont pas pu garder leur travail en CHSLD pour une raison X, faites comme moi. Le simple fait que j’ai reçu 19 retours d’appel sur 20, et ce en 9 jours, ça prouve que ce n’est pas l’embauche qui manque.

Lorsque votre environnement porte sur vous un jugement de valeur, et que celui-ci est implacablement négatif, changez d’environnement. Ça vous permettra de découvrir qu’au final, le problème, ce n’était peut-être pas vous.

Sur quelle planète est-ce que je vis? Ou: Explication logique pour une existence faite de rebondissements extrêmes.

Il y a 23 ans, lorsque je travaillais en support technique pour la page web d’Air Canada, on m’a appris que pour chaque personne qui pose une question ou fait un commentaire, il y en a 50 à 100 autres qui pensent la même chose mais qui ne le disent pas.  Dans une telle optique, ça voudrait dire qu’il doit bien y avoir de 300 à 600 personnes qui me regardent aller en se demandant bien comment est-ce que je fais pour avoir une vie aussi anormale. 

Prenez juste l’année 2020 qui s’achève.  J’ai eu cinq boulots. J’ai habité à neuf endroits.  Je suis retourné aux études.  J’ai été itinérant pendant 40 jours. Je suis redevenu obèse (selon la charte de masse corporelle et de poids), puis de nouveau athlétique.  Barbu puis glable.  TDAH puis médicamenté.  Support technique, préposé aux enfants handicapés, étudiant, préposé aux bénéficiaires, préposé aux résidents.  Fiancé, célibataire.

Il est vrai que l’année 2020 a été exceptionnellement négative pour la plupart du monde.  Mais dans mon cas personnel, personne ne peut nier que j’ai vécu plus de rebondissements qu’une série télé ou un roman.  En fait, même une série-télé ou un roman ne mettrait jamais autant de détails dans sa saga.  Et surtout pas en une seule saison.  À moins d’être une comédie extrême ou une parodie.  Parce qu’il faut bien se l’avouer, ce que je vis, c’est juste trop exceptionnel pour être réaliste.  Et pourtant, c’est la réalité. 

Et ceci fait que, depuis plusieurs années, les gens qui me lisent sur le net ou me voient aller dans la vraie vie, me servent des questions et/ou des commentaires dans lesquels ils expriment qu’ils me trouvent bizarre. 

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Il y a deux ans, lorsque je croyais que ma vie était enfin devenue normale.

Ce n’est pas étonnant qu’ils pensent ça de moi et de ma vie.  Parce que la norme, surtout pour un homme dans la cinquantaine, c’est la stabilité.  En général, à mon âge, on a eu deux, maximum trois carrières longues et stables.  On a eu une, maximum deux conjointes, dans des relations longues et stables.  Des conjointes sérieuses, avec une tête sur les épaules.  La moitié de ces hommes ont eu deux, maximum quatre logements / maisons / condos.  Ils ont un véhicule, un bout de terrain, un revenu stable et confortable.

Alors pourquoi est-ce que dans mon cas personnel, la vie n’est que chaos, instabilité et simplicité involontaire?  D’habitude, lorsque quelqu’un a une vie aussi mal foutue, c’est parce que c’est une personne à problèmes.  Problèmes d’alcool, de drogues, de jeu.  Problème psychologique.  Peu ou pas d’éducation, de logique, de débrouillardise, d’intelligence.  Repris de Justice.  Lâche, paresseux, négatif, défaitiste, dépressif. 

Les gens qui m’entourent et/ou qui me lisent voient bien que je ne suis rien de tout ça.  Au contraire, je suis réfléchi, logique, sobre, positif, courageux, vaillant, tenace.  Pas étonnant que ces gens ne comprennent pas comment je me retrouve sans cesse dans de telles situations.

Il y a une explication logique et celle-ci tient en deux mots : Maturité tardive.  Car en effet, jusqu’à mes 25 ans, j’étais un con.  J’ai fini par m’en rendre compte et j’ai beaucoup travaillé sur moi-même afin de cesser d’avoir les comportements qui me sabotaient à tous les tournants.  Malheureusement, rendu à cette période de ma vie, j’avais déjà tellement pris de mauvaises décisions, que celles-ci allaient me valoir des conséquences négatives pour les trente années qui allaient suivre. 

Oui, 25 + 30 = 55, alors que j’ai 52 ans.  C’est que j’estime que j’en ai pour encore environs trois ans avant que mon passé cesse définitivement d’influencer ma vie à la négative. 

Ce qui va suivre n’est ni une plainte ni une justification ni de la victimisation.  C’est une explication.  Avis tout de même aux âmes sensibles et aux bien-pensants ; attendez-vous à vous sentir agressés par certaines de mes déclarations.  Il se trouve que la vraie vie n’est pas politiquement correcte.  J’ai vu ce que j’ai vu, j’ai vécu ce que j’ai vécu, et les faits sont les faits.

Donc…

Lorsque mes projets échouent, mon premier réflexe a toujours été de me regarder en premier.  De trouver où se situait mon erreur de jugement. De voir ce que j’ai bien pu dire ou faire pour m’attirer tel ou tel problème.  Car s’il est une personne qui a passé sa vie à apprendre de ses erreurs, c’est bien moi. Ce blog le prouve. En douze ans d’existence, je ne cesse d’y publier des billets dans lesquels je raconte de long en large ce qui n’allait pas chez moi, et ce que j’ai fait pour m’améliorer, et ce à tous les niveaux.  Pour les curieux, j’ai mis des liens vers ceux-ci en bas de cet article. 

Cependant, ce sera la première fois que je vais parler de mon manque de maturité, et que j’expliquerai pourquoi et comment est-ce que ça a gâché plus de la moitié de ma vie, la presque totalité de ma vie adulte.

Qu’est-ce que je veux dire par manque de maturité?  En langage clair, enfant, ado et jeune adulte, je me foutais de tout et de tout le monde.  Jusqu’à mes 25 ans, tout ce que je voulais, c’était m’amuser, rire, baiser, et devenir riche et célèbre en y mettant le moins d’effort possible. Voilà pourquoi je me voyais artiste. Faire quelque chose qui me plait et qui demande peu d’efforts, rendre la chose publique, des millions de personnes vont aimer ça, ça fera de moi un multimillionnaire. Comme plan de carrière, difficile de faire plus simple. J’avais déjà du talent en dessin et en rédaction, et puisque tout le monde aime l’humour, moi le premier, bien voilà! Je ferai n’importe quoi, pourvu que ça transmette mon humour: Auteur, bédéiste, scénariste, gagman, humoriste…

Jusqu’à mes 25 ans, j’étais pauvre, maigre, faible, laid, d’une famille qui avait mauvaise réputation dans mon village d’origine.  Et sans pour autant être totalement idiot, mon TDAH me rajoutait de la difficulté d’apprentissage à l’école, ce qui m’a laissé sans diplôme à la fin de mon secondaire, car j’étais en retard de deux ans en maths. Pas grave; je me suis inscrit au cégep en Arts et Lettres, là où les maths ne sont pas un prérequis. J’y suis allé deux sessions, que j’ai abandonné et coulé parce que ça s’est avéré beaucoup plus difficile que je le croyais. De toute façon, seule la vie sociale y avait de l’importance à mes yeux. Je n’en avais rien à foutre, de ne pas être diplômé. J’étais convaincu que mon talent d’artiste et d’humoriste allait me rendre immensément riche. 

Mon comportement était un réflexe compensatoire.  Se prendre pour un plus-que-tout, c’est un réflexe classique qu’ont certaines personnes afin de survivre au sentiment de n’être qu’un moins-que-rien.  Et l’une des manières de se sentir supérieur aux autres, c’est en rabaissant les autres plus bas que soi.  Ainsi, mon humour se concentrait particulièrement sur le dénigrement d’autrui.  Et puisque j’ai toujours eu le don de pouvoir détecter le moindre défaut de chaque personne avec une étonnante exactitude, je me servais tout naturellement de ça comme base pour faire des blagues, textes et dessins à leur sujet.  Le genre d’humour qui apporte beaucoup plus de malaise que d’amusement.

Je ne m’en rendais pas compte, mais j’avais l’humour kamikaze.  Mes cibles premières étaient ce qui m’entourait : Ma ville, mes écoles, mes boulots, mes activités, ma parenté, mes amis, mes collègues, mes professeurs, mes copines et mes conjointes.  Ce besoin de rire des autres et de les rabaisser était tel que lorsque j’étais en classe, je n’hésitais pas à saboter un travail ou un devoir, si ça pouvait me donner une opportunité de donner l’impression aux autres que le prof, le travail ou le devoir était stupide.  Même si ça signifiait échouer.   Et je ratissais large.  Tout ce qui était aimé et populaire, je le prenais comme cible, pour en démontrer l’aspect le plus merdique que je puisse trouver.

Un exemple entre mille, puisque nous sommes dans le temps des fêtes.  À chaque année, des humoristes font d’amusants monologues ou des chansons drôles sur le thème de Noël.  Moi?  Mes créations n’avaient qu’un seul thème : La discorde.  Je vous ferai grâce du monologue, mais son titre dit tout : Le temps des fights.  Quant aux chansons, voici un court extrait de ma parodie de Vive le vent :

C’est du vent, c’est du vent, la période des fêtes
On se dit qu’on s’aime mais toute l’année on s’fait l’air bête
Oh! C’est du vent, c’est du vent, la période des fêtes
Politesses et compliments qui n’ont rien de sincères.
«Joyeux joyeux Noël»
Que l’on se dit
Alors qu’au fond on pense
«Va donc chier mon estie!»
Oh! C’est du vent, c’est du vent, la période des fêtes
Heureusement que l’on se ment sinon ce s’rait l’enfer

Toujours à tout rabaisser.  Toujours à tout tourner au négatif.  Et trop con pour réaliser qu’en persistant dans cette voie, qu’en m’acharnant à dire sans cesse ce que personne n’a envie d’entendre, je ne gagnais pas en popularité.  Bien au contraire.

Et voici en quoi cette immaturité a saboté ma vie adulte jusqu’à aujourd’hui.

C’est à 21 ans que j’ai quitté la maison, suite à une dispute avec mon père.  À ce moment-là, j’avais la chance d’avoir une copine, Marie-France.  Comme la majorité de celles que j’avais eues jusque-là, celle-ci habitait à Montréal.  Car en effet, dans mon St-Hilaire d’origine ainsi que dans les villes avoisinantes, pas une fille sensée ne voulait de moi.  Il fallait que j’aille les chercher loin pour que ma réputation ne me précède pas.  Je suis donc allé vivre avec elle, chez sa mère, devenant du même coup montréalais.

(Mon immaturité prétentieuse m’a poussé à rompre quelques temps plus tard car je ne la trouvais pas assez bien pour moi, mais ceci est une autre histoire.)

Lorsque l’on commence la vie adulte, nos premiers emplois sont à la mesure de nos expériences de travail d’été d’adolescents et/ou de nos études. Dans mon cas personnel, contrairement à mes amis, personne ne m’a refilé un bon emploi pendant mon adolescence, à cause de la mauvaise réputation que me causait ma personnalité immature. Et je n’avais pas mon diplôme de secondaire. Par conséquent, rendu adulte, je ne pouvais que me décrocher des boulots minables et sans avenir au salaire minimum, comme plongeur de restos ou cuisinier de chaine de fast-food.  Le genre de travail qui garde son employé sous le seuil de la pauvreté.  Dans ce temps-là, on va habiter là où les loyers sont les moins chers, et si possible près de notre travail. 

C’est ainsi qu’en 1990, je me suis retrouvé dans le quartier Ville-Émard, à ce moment-là pauvre et mal famé, en tant que cuisinier de nuit dans un Dunkin’ Donuts.  Dès que mes dépenses incontournables du mois étaient payées, c’est à dire loyer, téléphone et épicerie, il me restait 9$ par mois.

Un commerce situé dans un quartier mal famé va forcément avoir à son emploi des habitants de ce quartier.  C’est-à-dire des gens à problèmes.  Problèmes d’alcool, de drogues, de jeu.  Problème psychologique.  Peu ou pas d’éducation, de logique, de débrouillardise, d’intelligence.  Repris de Justice.  Lâche, paresseux, négatif, défaitiste, dépressif. 

Quand tu es un jeune homme de 21 ans en manque affectif et sexuel, mais que tu es pauvre, laid, faible de corps et d’esprit, sans diplômes, que tu n’as que 9$ par mois pour tes loisirs, et que ton manque d’éducation fait que ceci est le summum que tu puisses atteindre, il ne faut pas s’attendre à ce que tu ailles ce qu’il faut pour plaire à une fille belle, intelligente, réfléchie, diplômée et qui a de l’avenir.  Déjà qu’elles sont introuvables dans le quartier pauvre où est situé le taudis que tu habites. Alors tu dois te contenter de celles qui restent.  Vulgaires, inéduquées, laides, grosses, droguées, sans avenir, avec problèmes légaux, psychologiques et comportemental. Et surtout, tout comme toi, tellement désespérées de plaire à quelqu’un qu’elles prendraient n’importe qui, en se foutant bien d’être compatibles au-delà de l’orientation sexuelle.

C’est facile à dire, que mieux vaut être seul que mal accompagné.  Mais quand notre choix se limite justement à être mal accompagné ou bien à passer le reste de notre vie seul, on finit par se résigner à devoir faire des compromis. 

Et c’est comme ça que je me suis retrouvé avec la seule qui a daigné s’abaisser à vouloir de moi: Kim, une grosse laide vulgaire dépensière compulsive avec problème de jeu, légaux, psychologiques et comportemental. Et tellement désespérée de se trouver un homme, et de le garder, qu’elle a lâché la pilule sans me prévenir, afin de me coincer dans cette relation via paternité imposée.  Et c’est ainsi que je suis devenu père, peu après mes 25 ans, sans être prêt financièrement ou émotivement à faire face à cette situation.

Oui, d’accord, j’ai été victime d’un coup de cochon.  N’empêche que si, plus jeune, j’avais eu la maturité de prendre mes études au sérieux, et si je n’avais pas brûlé mes ponts en tournant tout le monde au ridicule, alors je me serais trouvé une copine et un travail dans ma région d’origine. Jamais je n’aurais eu à aller habiter à Montréal, jamais je n’aurais travaillé à ce Dunkin’ Donuts, et jamais je n’aurais rencontré cette fille.  Donc, même si on ne peut nier que je suis la victime et que c’est elle qui a agi de manière malhonnête, il reste que ce qui m’arrivait-là, c’était les conséquences de mon immaturité.

Et c’est là que je n’ai eu d’autre choix que de prendre de la maturité.  J’ai amorcé une longue introspection pour trouver ce qui n’allait pas chez moi.  Je suis retourné aux études.  J’ai terminé mon secondaire et j’ai reçu mon diplôme.  J’ai poursuivi mes études au cégep en journalisme.

Au lieu de comprendre que je faisais ça pour pouvoir fournir une vie confortable à ma femme et à nos enfants, Kim a préféré s’imaginer que dès que j’aurai un bon travail, j’irais les abandonner.  Elle a donc tout fait pour saboter mes études, allant jusqu’à appeler la police pour me faire expulser de la maison sous de mensongères accusations de violence envers elle.  À 27 ans, j’ai eu à retourner vivre chez mes parents, maintenant à St-Hyacinthe.  Mon prêt étudiant était calculé pour une personne qui habite le quartier de son école.  Le transport quotidien maison-cégep a tout gobé.  Trois semaines avant les examens, il ne me restait plus rien pour payer le voyage.  J’ai dû interrompre mes études.

J’ai persévéré.  L’année suivante, j’habitais aux résidentes étudiantes du cégep et j’ai pu y poursuivre mes études.  Je m’y suis fait une nouvelle copine.  Camélia.  Belle, avec de l’avenir, et provenant d’une famille aisée avec un père riche avec des connexions partout. Peu après, je me trouvais un travail à La Boite, à m’occuper de la page web d’Air Canada, à $14.00 de l’heure alors que le salaire minimum était de $7.35. 

À 28 ans, est-ce que j’allais enfin commencer une vie adulte prospère et normale?  Eh non!  Maintenant travailleur, je dois rembourser mon prêt étudiant. Et puisque Kim est sur le BS, et que le BS c’est le Gouvernement, et que le Gouvernement cherche à couper dans les prestations autant que possible, ce sont eux qui me collent pour elle un max de pension alimentaire. Pension qui, du reste, ne leur rapporte pas un sou de plus, car le montant exact que je leur verse est retiré de son chèque de BS. Et tout ceci fait que je ne reçois que 36% de mon revenu brut. Ça signifie que même avec mon excellent salaire, il me reste encore moins d’argent pour vivre que lorsque je travaillais au Dunkin.  La seule chose qui me sauve, c’est le bas coût de mon loyer car je suis en colocation avec deux personnes.

Au début de la relation, les parents de Camélia m’appréciaient pour ma maturité.  Mais lorsqu’ils ont appris que j’étais père divorcé (ou l’équivalent), ils ont convaincu Camélia de me laisser tomber.  Car un père divorcé, ça n’aura jamais d’argent, ce qui signifie que ça sera elle qui devra me faire vivre.  Et pour aider sa fille à prendre cette décision, son père a usé de ses connexions de manière à me faire perdre mon emploi et à me ruiner financièrement et socialement, ce qui m’a fait plonger dans une terrible dépression.

Là encore, j’ai été victime d’un sale coup de cochon.  Mais là encore, si j’avais été plus mature étant jeune, je n’aurais pas subi cette paternité imposée, et ça n’aurait pas provoqué le père de Camélia à agir de la sorte.

Perdre mon emploi a eu ceci de bon : ça a annulé mon obligation de payer une pension alimentaire, chose que j’aurais eu à faire jusqu’à ce que la cadette de mes enfants aille 18 ans, 21 si elle poursuit ses études.  Je n’ai donc pas eu le choix : Tant et aussi longtemps que mes enfants n’étaient pas tous majeurs, je devrai renoncer à toute carrière pouvant faire de moi un homme prospère, sous peine d’être de nouveau victime d’abus financiers, et du harcèlement qui vient avec.  Dans de telles conditions, choisir l’option de rester pauvre, ce n’est pas de la fraude, c’est une question de survie.  Et surtout, c’est parfaitement légal.  De toute façon, que je paye ou non le centre jeunesse et la pension, ça ne changera rien du tout aux finances de mon ex, ni aux soins reçus par mes enfants.  Je serais juste puni pour avoir commis le crime d’avoir eu une ex qui a lâché la pilule sans m’en parler.

J’ai donc vécu ainsi, en simplicité involontaire, jusqu’en 2016.  À ce moment-là, j’étais rendu à 48 ans.  J’avais passé la moitié de ma vie, et la presque totalité de ma vie adulte, à être obligé par Kim et par la Loi à rester pauvre.

Je n’ai pas perdu tout ce temps-là à ne rien faire.  Tel que je l’ai décrit dans la majorité des billets de ce blog, j’ai beaucoup travaillé sur moi.  Sur ma personnalité, ma maturité, mon caractère, ma volonté, ma discipline. Sur mon alimentation, ma force, ma résistance cardio, ma santé.  Sur mon éducation et mon acquisition de nombreuses compétences dans divers métiers.  Sur mes choix de buts réalistes.  Ce n’est qu’à 48 ans que j’avais enfin ce qu’il faut pour me construire une vie d’adulte normal, faite de succès et de prospérité.

En théorie du moins. Car si du côté légal je n’ai plus rien qui puisse m’empêcher de réussir ma vie, mon passé d’immature continue encore et toujours à me faire obstacle au niveau social, financier et amoureux.

Et quel est le lien entre les mauvaises décisions que j’ai prises avant mes 25 ans, et le fait que ma vie est encore et toujours un chaos d’instabilité qui m’oblige sans arrêt à recommencer ma vie à zéro?  Simple : Vous vous rappelez lorsque je disais, plus haut dans ce billet, qu’un homme de mon âge, avec ma maturité et ma personnalité, c’est supposé avoir une longue carrière, un bon revenu, un véhicule, une propriété?  Eh bien moi, je n’ai rien de tout ça.  Mieux encore : Avec absolument rien de bon à mettre sur mon CV, il a fallu que je recommence tout en bas de l’échelle, en devenant d’abord gars de ménage dans un garage de bus, avant de devenir concierge, puis surintendant.  Hélas, et c’est quelque chose que tous les médias nous rapportent depuis plusieurs années, si en vingt-cinq ans le salaire minimum a doublé, le coût de la vie en revanche a presque quadruplé.  Ce qui fait que là encore, à 48 ans, j’ai commencé ma vie adulte en gagnant tout juste de quoi survivre.

Comme si ça ne suffisait pas, mon année et demie de chômage de 2015-2016 m’a endetté de $10 000.00 (Une marge de crédit que ma banque m’a offerte à 3.5% d’intérêts afin de payer ma Visa qui elle me chargeait 19.9% d’intérêts), une dette qui perdure à ce jour et que je n’ai jamais été capable de régler.  J’ai déjà réussi à la baisser à $7 500.00, mais quelques imprévus m’ont obligé à aller re-piger dedans.

Comme je l’ai souvent écrit ici, j’ai passé les neuf dernières années à me trouver du travail, y rester un an ou deux, utiliser cette expérience pour me trouver un meilleur travail à meilleur salaire, et recommencer cette manœuvre pendant un an ou deux. Ce qui m’a permis de grimper peu à peu les échelons de carrières, sociaux et financiers.  Avouez que ça démontre débrouillardise, intelligence, persévérance, et surtout d’une grande capacité d’adaptation.

Hélas, à un âge où les hommes avec mes capacités ont une longue carrière derrière eux, les efforts et manœuvres que je fais pour sans cesse améliorer mon sort ne me font pas trouver grâce aux yeux de la population en général. Ils n’y voient pas de l’évolution. Ils n’y voient pas du progrès. Tout ce qu’ils voient, c’est de l’instabilité.

Imaginez que vous êtes une femme dans mon groupe d’âge.  Vous avez une longue carrière, un revenu confortable, des économies, un véhicule et une propriété.  Est-ce que vous allez vous mettre en couple avec un gars comme moi, pauvre, endetté, qui change sans cesse d’emploi et d’adresse? 

Surtout que, comme je le dis plus haut, quand un homme de mon âge vit une situation comme la mienne, c’est parce qu’il a des problèmes légaux, psychologiques, comportemental, de jeu ou de consommation. Moi, non seulement n’ai-je rien de tout ça, j’ai tout pour réussir. Alors les gens ne comprennent pas pourquoi quelqu’un comme moi a une vie comme celle-là.

Et c’est ça qui fait qu’aux yeux des gens normaux, je suis bizarre. Et les gens bizarres, on s’en méfie. Je ne sais plus compter le nombre de fois où j’ai entendu à mon sujet des variantes de « Il a sûrement un problème, c’est juste qu’il cache bien son jeu », ou alors « Personne ne peut vivre ce qu’il a vécu sans que ça laisse des séquelles psychologiques. C’est sûr qu’il est une bombe à retardement, prêt à exploser sans préavis a la première contrariété. » Et en se méfiant de moi de la sorte, les gens bien se tiennent loin de moi. Et puisque ce sont les gens bien qui ont le contrôle sur tout ce qui est bien, socialement comme financièrement, ça ralentit mon évolution dans ces domaines. Quand ça ne va pas carrément l’empêcher..

Rajoutons à ça que, comme me l’a fait remarquer ma BFF Stéphanie, à l’âge où nous sommes rendus, les gens biens sont déjà tous casés depuis longtemps.  Si on veut être en couple, on doit se contenter des restants : Mères monoparentales, hommes ruinés par le divorce et la pension, ou alors des gens à problèmes. À problèmes légaux, psychologiques, comportemental, de jeu ou de consommation.  Le genre de personne qui, lorsqu’ils partagent notre vie, sabotent nos progrès car ils tiennent à nous garder au même niveau qu’eux.

Un niveau au-dessus duquel j’ai passé les derniers 28 ans de ma vie à tout faire pour m’élever.

Et c’est ça, la raison pour laquelle ma vie est un tel chaos.  C’est le fait que je suis pauvre et endetté à 52 ans, sans autre possessions que la base.  C’est le fait que je saute d’une opportunité d’emploi à l’autre.  Et c’est le fait que, malgré que je sois sérieux, mature, réfléchi, logique, sobre, positif, courageux, vaillant, tenace, et en meilleure forme physique que la majorité des hommes de de mon âge, je n’arrive à plaire qu’à des femmes à problèmes qui se mettent de la partie en tentant de m’empêcher de mener une vie normale, et qui vont jusqu’à mentir dans le but de m’expulser de notre appartement, alors que je suis de retour aux études dans le but d’améliorer notre sort. C’est ce que j’ai vécu à l’automne de 1996, et c’est ce que j’ai vécu en juin 2020. Mais cette fois, au lieu de retourner chez mes parents à St-Hyacinthe et ainsi devoir interrompre mes études, j’ai préféré rester dans la région, d’abord en squattant une cabine de motel abandonné, avant d’aller m’installer de façon pas très légale dans un locker d’entrepôt.

Je m’étais bien aménagé, quand même.

Itinérant pendant 40 jours sans raison pertinente de l’être. Raison de plus pour donner à un homme la réputation de « bizarre », de « personne à problèmes qui cache bien son jeu« , donc de « gars de qui il vaut mieux se méfier. » Quand tout le monde croit ça de toi, ils contribuent à te garder là-dedans, et tu reste coincé dans un mouvement perpétuel dans lequel il est quasiment impossible de sortir.

Et ça, ça reste encore et toujours causé par l’effet domino amorcé par ce manque de maturité qui m’a fait prendre de mauvaises décisions avant mes 25 ans. Et c’est pour ça que jusqu’à maintenant, malgré tous les efforts que j’y mets, ma vie demeure chaos, instabilité et simplicité involontaire.

Ceci étant expliqué:

Dans trois ans (ou moins), j’aurai enfin une vie normale à la mesure de la moyenne des hommes de mon âge.  Comme je vous l’expliquerai un jour si je finis par conclure ma série Préposés aux maléficiaires, j’ai enfin fini par décrocher mon emploi de rêve.  Depuis maintenant un mois, je suis préposé dans une résidence privée pour personnes âgées, qui n’a que 18 résidents.  Et il se trouve que je suis beaucoup plus compétent dans ce poste que dans tous mes autres emplois précédents réunis.  L’ambiance est chaleureuse et positive.  Je suis apprécié par tous, autant la direction que les collègues que les résidents.  On est surpris à quel point j’ai appris vite et bien toutes les facettes de mon travail.  La direction a déjà confiance en moi et en mes capacités au point où, après trois semaines, on m’a laissé de garde de nuit, seul, chose qui d’habitude prend de deux à trois mois.  Et le plus beau, c’est que j’ai le genre d’horaire que j’ai toujours souhaité.  En trois jours, je fais mes 37.5 heures par semaine, ce qui me laisse quatre jours par semaine pour mes projets et loisirs.  Et je me suis trouvé un 1½ à coût ridiculement bas, électricité et internet fourni, à huit minutes à pied de mon travail. 

Grâce au salaire et à la Prime Covid du Gouvernement Legault, je gagne presque le double de mon salaire précédent, qui était le meilleur que j’avais eu jusque-là.  Ce qui fait que je reçois en ce moment 4.5 fois plus que ce que j’ai à dépenser pour vivre.  Non seulement suis-je dans la meilleure situation financière de ma vie, j’aurai remboursé la totalité de ma dette à la RBC d’ici à juin 2021.  À partir de là, si je continue à vivre modestement, alors à l’automne de 2023, j’aurai une longue carrière stable, des économies et des placements. À ce moment-là, je pourrai enfin, comme un homme de mon âge, obtenir du financement bancaire pour un véhicule et/ou une propriété. Et là, enfin, aux yeux de tous, je vivrai la situation normale d’un homme normal. Et plus personne ne va se méfier de moi, ni contribuer à me remettre dans la misère qui fut mienne durant toute ma vie jusqu’à maintenant, et qui le sera jusqu’à mes 55 ans.

En attendant que ça arrive, vivre aussi modestement alors que je gagne autant, ça me fait maintenant passer pour un grippe-sou. Je ne plaisante pas, on m’a posé la question. Et puisque pour chaque personne qui pose une question ou fait un commentaire, il y en a de 50 à 100 autres qui pensent la même chose sans le dire, alors voilà, nouvelle raison pour pour les gens normaux de se méfier de moi et m’empêcher d’évoluer.

Mais bon, peu m’importe de ne plus pouvoir avancer, puisque j’ai finalement atteint un point où ma carrière et mes finances sont élevées, stables et sécurisées. Encore trois ans de patience, et plus jamais les mauvaises décisions de mon passé d’immature ne pourront m’empêcher d’avoir une vie normale, ni de la partager avec une femme bien.

Parce que , je vivrai enfin sur la même planète que tout le monde.

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Y’A LIENS LÀ:
Toutes les références que l’on retrouve dans ce billet.


La longue introspection que j’ai faite porte un nom: Autopsie du Loser.

Je m’en suis guéri, tel que l’on peut voir dans cette série de 14 billets intitulés Pas obligé de rester loser. (Cette page les montre à-rebours.)

La super-longue saga en 11 parties qui raconte mon retour aux études, ma rupture avec Kim, ma relation avec Camélia, mon travail à La Boite, et comment mon beau père a usé de son influence pour me faire tout perdre et me faire tomber en dépression. GM = Général Menteurs. (Cette page les montre à-rebours.) Ou alors, vous pouvez commencer par le premier billet de cette série.

Sinon, le plus court billet qui puisse expliquer pourquoi Kim et le père de Camélia ont travaillé fort pour s’assurer que je reste dans la misère, c’est le onzième : L’allergie aux changements.

Non seulement ai-je observé Le réflexe compensatoire, j’ai l’appui de recherches scientifiques sérieuses.

Au début de ce texte, je parle de Marie-France, ma copine de mes 21-22 ans, une jeune fille très bien, jolie, sérieuse et tout. Mais après avoir rencontré Christine, je ne la trouvais plus assez bien pour moi.

Par trois fois, j’ai prouvé, devant toute la classe, que les profs disaient des stupidités. Ça m’a valu L’étoffe des zéros.

À la fin de mes 26 ans, voici Comment j’ai appris que je n’étais pas un humoriste.

Nous sommes tous la génération décevante de nos ainés

Je me permet d’interrompre ma série Préposés aux maléficiaires car aujourd’hui, l’options Souvenirs Facebook m’a ramené à un long texte que j’avais divisé en un statut et quelques commentaires il y a deux ans. Réalisant qu’il y avait là matière à billet de blog, j’ai fait quelques ajustements pour le mettre à jour, et le voici.

À 52 ans, je suis enfin rendu à cet âge où beaucop de gens de ma génération rabaissent la génération suivante, pour la simple et mauvaise raison que celle-ci ne vit pas selon des principes semblables à la mienne. Alors, en réponse à…

Cette génération n’est pas « fragile », vous êtes juste frustrés parce que vous ne pouvez plus vous montrer ouvertement homophobes / transphobes sans vous faire rabrouer.

Ben non, ce n’est pas pour ça qu’on dit que cette génération est fragile. Je vais vous le dire, moi, les vraies raisons de pourquoi on dit ça.

Si on dit que cette génération est fragile, c’est parce que quand on change l’heure, il leur faut un arrêt de travail payé de six semaines, quatorze séance de psy, quatre mois de prescriptions de Lexapro, Cipralex, Sipralexa et Seroplex, et six mois de luminothérapie pour s’en remettre.

Cette génération est fragile parce qu’ils ne se nourrissent que de restos, de livraison ou de plats congelés déjà prêts, pour se plaindre ensuite du coût de la vie qui les oblige à vivre dans un placard. S’ils faisaient l’effort d’apprendre a cuisiner, ça leur coûterait 2,5 fois moins cher pour bouffer, et ils pourraient se payer un appartement plus grand. Calculez vous-mêmes: 750$ de resto contre 300$ d’épicerie = 450$ d’économies par mois. En cette époque du 200$-la-pièce, faire l’effort de cuisiner signifie un appartement de 2 pièces de plus. Ou mieux encore: Un appartement pour toi tout seul, sans colocataires.

Cette génération est fragile car elle abuse du snooze.

Allez, encore cinq minutes. (Répéter de deux à huit fois)

Si tu trouves ça pénible, de te faire réveiller le matin, pourquoi est-ce tu fais exprès pour multiplier cette mauvaise expérience de deux à huit fois, quotidiennement? ELLE EST OÙ, LA LOGIQUE?

Tiens, dans le même ordre d’idées que la cuisine, j’ai fait un petit calcul: Un pot de café, une boite de sirop d’érable et un 4-litres de lait = 20$. Avec ça, je me fais de 20 à 25 litres de café glacé à l’érable. Vous avez combien de café glacé trop sucré de chez Starbuck pour le même prix? Trois? Ça fait quoi comme quantité, un litre et demi?

Les commerce l’ont bien compris, eux, que vous êtes une génération tellement molle que vous êtes prêts à payer le gros prix, pourvu que l’on fasse les choses à votre place. Et aussi que l’image, la beauté, est importante, donc que vous débourserez aisément quelques dollars de plus pour qu’un barista vous fasse un joli p’tit dessin dans votre mousse de café, qui ne survivra pas quinze minutes.

Cette génération est fragile car elle préfère aller attendre vingt minutes pour un déjeuner au Tim Horton + le temps de le manger, parce qu’elle n’a pas le temps de prendre les quinze minutes requises pour se le préparer et le manger chez soi.

Un conseil: Lâche le snooze et tu vas l’avoir, le temps.

Il y a douze ans, pour mes 40 ans, j’ai pensé me faire tatouer sur un côté de la poitrine les mots « Courage, Ténacité, Sagesse », à l’envers, pour pouvoir les lire dans le miroir. Puis, je me suis ravisé. Je suis parfaitement capable de vivre ma vie selon ces principes, sans avoir à me les écrire dessus pour m’en rappeler. Il y a quelques années, j’ai vu une femme dans la vingtaine, qui s’était fait tatouer « Rêve, Espoir, Chance »… Le mien parle de mettre l’effort physique et logique pour faire de quoi de sa vie. Le sien parle juste d’attendre que tout lui arrive sans efforts.

Mais moi, je suis d’une autre génération. Pas un Millénial. Pas un Boomer. Je suis l’entre-deux. La Génération X. Et en tant que tel, j‘ai passé ma vie à me faire rabaisser, me faisant traiter de faible, de sans-coeur, de paresseux, de mou, de lâcheur, de gars qui recherche toujours la voie facile, et ce de la part de mes ainés, les Boomers. Pourtant, considérez ceci:

Il y a 27 ans, alors qu’une paternité non-prévue (de mon côté, du moins) ne me laissait plus assez d’argent pour vivre, pendant un mois et demi, j’ai eu deux boulots simultanés de pâtissiers à temps plein dans deux Dunkin’ Donuts différents, l’un de jour, l’autre de nuit. Mon appartement n’était plus qu’un dortoir.

Il y a 26 ans, alors que tous mes amis avaient leurs permis de conduire depuis dix ans, tous payés par leurs papas pendant les vacances d’été dans les rues calmes de St-Hilaire / Beloeil / Otterburn Park, j’ai ramassé chaque sou pour apprendre à conduire en plein hiver dans Montréal, le soir au gros trafic, tout en travaillant à temps plein.

Il y a 24 ans, au lieu de brailler que mon manque de diplôme de 5è Secondaire me condamne à des boulots chiants et cul-de-sac de lavage de vaisselle et de préparation de fast-food au salaire minimum, je suis allé aux cours aux adultes pour finir mon secondaire. Oui, malgré ma dyscalculie, j’ai fait l’effort de ne me ne concentrer que sur ces deux ans de maths qui me manquaient pour avoir mon diplôme. Et je l’ai obtenu.

Il y a 22 ans, alors que le harcèlement moral au travail était encore légal, j’y ai eu tellement droit que j’en ai fait une dépression qui m’a amené à l’hôpital psychiatrique Douglas. Après un séjour et une foule de tests et de consultations, on m’a prescrit des médicaments. Je les ai pris pendant quatre jours avant de les foutre aux poubelles. Me faire droguer pour être capable d’accepter de me faire abuser avec le sourire? Pas question! Ce n’était pas moi le problème, c’était lui. Je me suis pris en main, je l’ai traîné en justice, et j’ai gagné.

Il y a 17 ans, en me voyant de plus en plus grossir, à en avoir le corps en forme de quille, j’aurais pu prendre la voie facile et devenir défenseur de la Fat Pride. À la place, je me suis levé, je suis allé au gym, et j’ai appris à mieux m’alimenter.

Il y a 12 ans, je lâchais Safarir après une 3e diminution de salaire, puisque ça me rapportait maintenant trop peu pour vivre. Je ne savais rien faire d’autre que des arts. Alors j’ai commencé en bas de l’échelle: Faire du ménage dans un garage de bus. Et le taux d’absentéisme parmi mes collègues était si haut que, en étant seul gars fiable de la place, je faisais 2-3 quarts de travail doubles par semaine, et je travaillais souvent des 10-12-15 jours de suite.

Il y a 11 ans, je me mets à la course à pied, activité physique dans laquelle j’ai été le plus nul de toute ma vie. Le premier jour, j’ai fait 200 mètres avant de tomber épuisé-mort, les poumons en feu. Quatre mois et demie plus tard, je faisais 5.2 km non-stop.

Il y a 9 ans, alors que je m’entraînais pour le marathon, foudroyante fasciite plantaire double, me permettant à peine de marcher, m’interdisant le marathon pour toujours.

Est-ce que j’ai fait une dépress’-à-pilules, de voir mon but dans la vie être détruit? Non! Je me suis ajusté à cette nouvelle réalité: J’ai renoncé au marathon, certes, mais maintenant, pour garder la forme, je cours pendant l’hiver, dans la neige, ce qui élimine l’impact. Et l’été, c’est vélo et trampoline.

Il y a 8 ans, je constate que mon travail au garage de bus est abusif et cul-de-sac. Est-ce que je suis resté là à chialer? Non! J’ai utilisé cette expérience pour me trouver un boulot de concierge résident. Je ne sais rien du travail de concierge? J’y ai appris la menuiserie, la plomberie et l’électricité.

Il y a 7 ans, je rencontre la fille parfaite pour moi, bien qu’elle soit de 20 ans ma cadette. Je lui fais des avances. Elle recule. Est-ce que je pars en drama-queen comme quoi elle me friendzone et que dans de telles conditions j’aime mieux prendre mes distances? Du tout! Je l’apprécie pour ce qu’elle est, en tant que personne et en tant qu’être humain, et non parce qu’elle a un vagin. Deux semaine plus tard, c’est elle qui me drague, et on a été ensemble les 4 années suivantes.

Il y a 6 ans, j’ai lâché la conciergerie dans un vieil édifice, pour un poste de surintendant dans une tour à condos de l’Île-des-Soeurs. Mauvaise idée car l’horaire, la quantité de travail et la direction étaient super abusives. On parle de 60 à 80 heures de travail par semaine. Et contrairement au garage de bus, j’avais un salaire fixe qui ne payait pas le temps supplémentaire. Et en 6 mois, j’ai eu un seul jour de congé: Noël. J’ai laissé tomber et je suis parti à la recherche d’un nouveau boulot.

Il y a 5 ans, je me suis retrouvé en chômage pendant quinze mois, à Hochelaga. Tous ces efforts pour me retrouver là. Ai-je déprimé? Ai-je renoncé? Du tout! Je me suis inscrit à un programme de création d’entreprise. Mon projet de buanderie a été approuvé à tous les niveaux.

Il y a également 5 ans, mon appartement est envahi par les punaises de lit, et le proprio ne fait rien pour régler le problème. Je n’ai pas perdu la tête ni le sommeil. Je ne me suis pas contenté de me plaindre contre ce nouveau problème non-mérité qui me tombait dessus. J’ai fait des recherches, j’ai appliqué les solutions, j’ai été patient et logique. Et en partant de là, j’y ai juste laissé les tapis, le lit et le divan, tout le reste a été sauvé.

Il y a 4 ans, impossible d’obtenir du financement pour ce projet de buanderie sur lequel j’ai tant travaillé. Je n’ai pas perdu de temps à chialer contre l’injustice des autres. Je suis retourné en conciergerie, cette fois dans une usine de portes et fenêtres. Bon salaire, horaire fixe, pas trop loin de mon appartement. Mon meilleur travail jusque-là.

Il y a 2 ans et 10 mois, suite à une chute dans les escaliers verglacés, je me pète une vertèbre entre les omoplates. Ce qui m’empêche de faire du travail manuel. Est-ce que je me suis mis en boule dans un coin en délirant à un psy comme quoi la vie et le destin n’arrêtent pas de me saboter à chaque tournant, s’arrangeant pour que je ne puisse jamais gagner ma vie, malgré tous les efforts que j’y mets? Et pis quoi encore!? J’ai utilisé le côté support technique de mon expérience de conciergerie pour me trouver un travail de bureau avec les meilleures conditions de travail de ma vie jusque-là, à Sherbrooke où le coût de la vie est le moins cher au Québec.

Et encore, attendez que je vous raconte mon année 2020 dans un billet futur. Cinq déménagements, la fin de mon couple, quarante jours d’itinérance, un retour aux études, un boulot avec des conditions abusives, couronnées par un renvoi. Tout ça pour m’arranger ensuite pour finir l’année en beauté en tant que préposé dans une résidence pour personnes âgées semi-autonomes. Et encore une fois, il s’agit d’un boulot meilleur que tous mes boulots précédents. Mes meilleures conditions de travail, mon meilleur horaire, avec mon meilleur salaire, à vie.

Et mon but, d’écrire tout ça? Oui, me vanter, je ne le nierai pas, c’est pratiquement tout ce que je fais depuis que ce blog existe. Mais je me sens justifié, du fait qu’à chaque fois que la vie m’a envoyé un coup de pied sur la gueule, j’ai roulé avec le coup, j’ai changé de direction, mais j’ai continué d’avancer, au lieu de rester là à brailler en attendant / espérant que l’on prenne soin de moi. J’ai ouvert de nouvelles portes, au lieu de m’écraser devant celles qui m’étaient désormais fermées.

Mais aussi, rappelez-vous, au début, quand je disais que j’avais passé ma vie à être rabaissé, toujours accusé d’être un faible constamment à la recherche de la solution facile. Eh bien sachez que je subis encore ça, de la part de gens de la génération qui a précédée la mienne. Des gens qui considéraient que d’avoir lâché le travail manuel pour une job de bureau mieux payée avec de meilleures conditions de travail, c’était un signe comme quoi je ne suis pas trop-trop vaillant. Et que d’être passé de Montréal à Sherbrooke, c’était fuir mes problèmes.

Et que d’avoir lâché tout ça pour revenir dans ma Montérégie d’origine? Ce qui m’a rapporté mon travail actuel dans lequel je suis apprécié de tous, collègues comme résidents? Où je suis nourri gratuitement? Dans lequel j’ai un horaire génial où je fais mes 37,5 heures en trois jours, ce qui me laisse quatre jours de temps libre par semaine? Qui me rapporte en salaire net le double de ce que je gagnais à mes quatre boulots précédents, depuis 2011? À six minutes à pied de mon nouveau chez-moi? Un chez-moi à loyer ridiculement bas, avec électricité et internet fourni? Moi j’appelle ça de l’évolution. Eux appellent ça de l’instabilité.

Peu importe ce que vous allez faire dans la vie, vous allez toujours vous faire rabaisser par quelques représentants de la génération d’avant. C’est inévitable. Alors, comme moi, faites de votre mieux, et fuck le reste!

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Une précision et quelques lien.

Au sujet du fait que j’ai dit non aux médicaments.
Je ne prétends pas que tout l’monde est capable de s’en passer. Ma dépression était due à une source extérieure. Une fois la source partie, je suis revenue à la normale. Ou, devrais-je dire, à ma normale personnelle qui, je le sais très bien, n’est pas celle de tout le monde.

Au sujet de mes prises et perte de poids.
Il y a ici mon témoignage d’un ex-gros.

Au sujet de mon entrainement pour le marathon, suivi de ma fasciite plantaire.
Le billet Dans l’espoir d’un marathon, décrivant mon premier mois d’entrainement.
Le billet Quatre mois d’entrainement: Le résultat
Le billet Rouler avec les coups, expliquant pourquoi j’ai gardé le moral malgré ce handicap.
Enfin, dans Anecdote de course, je montre comment la police peut nous trouver louche lorsque l’on est un coureur sans en avoir l’air.

Au sujet de cet accident qui m’a fendu une vertèbre.
Voici le premier de quatre billets intitulés Le jour où tout a basculé.

Au sujet du harcèlement au travail qui m’a mené à la dépression.
J’ai plusieurs billets de blog à ce sujet, le premier étant ici, au milieu de la série Général Menteurs.

Tomber et rebondir pour monter plus haut.

De 1988 à 2008, j’ai travaillé dans le domaine des arts et de la publication. Or, la crise de la presse écrite fit que les contrats se firent de plus en plus rares, et je n’arrivais plus à gagner ma vie convenablement.

Qu’est-ce qu’on fait quand on a passé sa vie à être artiste et que l’on ne sait rien faire d’autre? Simple : On part à zéro, en commençant en bas de l’échelle. C’est ce que j’ai fait.

De 2008 à 2011, je me suis mis à l’activité physique.  Gym, course à pied, vélo, poids et haltères, histoire de perdre du gras et prendre du muscle. C’est que si je dois me recycler dans le travail manuel, il faut que mon physique, dès le premier coup d’oeil, montre à l’employeur potentiel que je suis vaillant.

2011-2013. Je travaille comme homme de ménage pour un garage de bus.
2013-2015. Cette expérience me permet de devenir concierge résident dans un édifice de 22 étages. J’y apprends la menuiserie, la plomberie et l’électricité.
2015. Cette expérience me permet de devenir surintendant résident dans une tour à condos de luxe de 34 étages. Je ne prolonge cependant pas mon premier contrat de six mois, les conditions de travail étant abusives.
2016-2018. Cette expérience me permet de devenir surintendant dans une usine de portes et fenêtres.

Le 15 février 2018, une chute dans un escalier verglacé me brise la vertèbre T5, juste entre les omoplates. Un coup à paralyser un homme pour la vie. Je m’en sors par miracle, mais la douleur m’empêche de travailler. Les médecins me recommandent de huit à dix mois de repos. Au bout de deux mois, l’inactivité commence à me rendre dingo. Et puis, le chômage ne me donne que 50% de mon salaire.  J’ai beau être économe, mon budget est trop serré pour être confortable.

Ma vertèbre ne m’empêche pas de travailler assis.  Je décide donc de me recycler dans le travail de bureau. Je cherche sur Google les pages de grandes compagnies situées à Montréal, et je m’abonne à leurs newslists.  Trois semaines plus tard, j’y apprend qu’une firme ouvre un bureau à Sherbrooke.  Ils recrutent à Montréal car ils n’arrivent pas à trouver le personnel qualifié là-bas. À l’entrevue, je leur explique combien mon ancien boulot de concierge et surintendant avait en commun avec le service à la clientèle et le support technique. Si j’accepte de déménager à Sherbrooke, ils m’embauchent, formation incluse et payée. J’accepte. Donc :

2018-2020. Cette expérience me permet de décrocher un boulot en support technique, payé une fois et demie le salaire minimum.  Mon meilleur revenu à vie.  Le coût de la vie à Sherbrooke est le plus économique du Québec.  Ça me permet de vivre seul dans un 5½, payer mes obligations, et investir l’excédent.

Le 4 janvier 2020, je réalise que n’eut été de mon accident de vertèbre, j’aurais continué à vivre de mon boulot de surintendant. Donc, que si je n’y avais pas été obligé, je n’aurais jamais évolué au-delà de ce travail manuel à salaire modeste. Je me rend compte que je suis en train de faire exactement la même chose ici: Me complaire dans ma zone de confort, stagner au lieu d’évoluer.

Je décide donc d’utiliser mon expérience à La Firme pour monter encore plus haut, et  continuer à améliorer mon sort.

Il y a quelques années, j’ai créé une page nostalgique nommée Autour du Mont-Saint-Hilaire d’autrefois. Et comme son nom l’indique, j’y parle des six municipalités qui entourent la montagne, c’est à dire McMasterville, Beloeil, St-Hilaire, Otterburn Park, St-Jean-Baptiste et Ste-Madeleine. Au moment où j’écris ces lignes, il y a 4 915 abonnés.

Depuis juin 2019, la popularité grandissante de ma page m’a apporté beaucoup de contacts, ainsi que plusieurs contrats et projets.

Marylin Nadeau, Mairesse de St-Jean-Baptiste, m’a contacté afin de m’offrir un contrat pour animer une soirée d’autrefois pour la semaine des ainés.
La Coopérative d’Électricité de St-Jean-Baptiste m’a contacté pour que je leur monte un petit magazine commémoratif pour les 75 ans de la coop.
• Rédaction d’un livre historique et biographique au sujet de Louis Pasquier, le premier directeur de la Raffinerie de Sucre de St-Hilaire, en collaboration avec ses petits-fils, François et Michel Cormier.
• Collaboration avec Sonia et Laurent Bonet, enfants de Jordi Bonet, pour une exposition pour le 40e anniversaire du décès de leur père.
• Pourparlers sur la possibilité de faire une exposition du Mont-Saint-Hilaire d’autrefois au centre culturel de St-Hilaire.
Je suis devenu membre, contributeur et auteur pour la Société d’Histoire et de généalogie de Beloeil / Mont-Saint-Hilaire.
• Je devais même souper chez M. Yves Corriveau, le maire de Mont-Saint-Hilaire, le 10 avril 2020.

Lorsque j’ai quitté St-Hilaire en 1990 à l’âge de 21 ans, c’était en tant que fils du BS du village, méprisé de tous. Et là, grâce à ma page, j’étais maintenant l’historien du citoyen, apprécié de tous. Ceci me décide de revenir dans ma ville d’origine après exactement 30 ans d’exil.

1er février 2020. Je quitte La Firme, je quitte Sherbrooke et je redeviens officiellement hilairemontais. Je travaille sur les contrats et projets mentionnés plus haut, en attendant de décrocher le travail honorable à temps plein qui m’assurera respect et prospérité. Idéalement, je vise un boulot à l’Hôtel de Ville.  Avec tous les bons contacts que je me fais, ça ne devrait être qu’une question de semaines.

Et c’est là qu’arrive le Vendredi 13 mars 2020. Le genre de vendredi 13 qui donne si mauvaise réputation à cette date. Ce fut le début de la pandémie.

Mes contrats:  Annulés.
Mes projets: Annulés.
Mes rencontres:  Annulées.
Mes chances de décrocher un emploi pour la Ville: Annulées.

Puisque j’ai quitté moi-même La Firme à Sherbrooke, il s’agit d’un départ volontaire. Je n’ai donc pas droit aux prestations gouvernementales versées aux salariés qui ont perdu leur emploi à cause de la pandémie. Et voilà comment je me retrouve sans emploi et sans revenus. Je vis de mes économies.  Je vend mes placements.  Et j’ai une excellente marge de crédit.  Mais je ne pourrai pas en vivre éternellement.

Une amie hilairememontaise est téléphoniste pour Urgence Santé. Puisque son travail est un besoin essentiel, elle peut travailler de la maison.  Hélas, elle a quatre problèmes.  De un, elle a un fils handicapé.  De deux, l’école est fermée depuis le 13 mars.  De trois, la pandémie interdit aux grands-parents de faire du babysitting.  Et de quatre, elle est mère célibataire.  Il lui est impossible de travailler tout en s’occupant de son fils.

Elle m’apprend que justement, étant donné sa situation, elle a le droit de demander une subvention afin d’engager une gouvernante pour s’occuper de la maison et de son fils.  J’ai été moi-même père quatre fois, et deux d’entre eux souffraient de troubles du comportement.  Et en tant que concierge, je sais parfaitement tenir maison.  Je saisis l’opportunité au vol.

Je passe une entrevue téléphonique.

Ils vérifient mes antécédents judiciaires.  Tout est Ok.
Ils vérifient mes anciens employeurs.  Tout est Ok.
Ils vérifient mes antécédents médicaux.  Ils découvrent que j’ai été soigné à l’Hôpital Douglas en 2000 pour une dépression.  Celle-ci ayant été causée par deux ans de harcèlement psychologique au travail, la cause ne venait pas de moi.  Donc, je suis un être sain et équilibré.  Ils trouvent cependant dans mon dossier un diagnostic de TDAH.  Problème: Je ne peux pas obtenir le poste si ce n’est pas soigné.

À l’époque, j’avais essayé d’avoir la médication appropriée pour traiter mon problème.  Hélas, lorsque c’est un adulte qui le demande pour lui-même, c’est refusé.  Ça prend un papier d’un médecin de famille, ce que je n’avais pas.  Et toutes mes tentatives pour en obtenir un furent vaines.

Mais cette-fois, c’est différent.  Cette fois, c’est le système de santé qui a besoin de moi.  Alors six jours plus tard, j’avais un médecin de famille, et une prescription de Vyvanse renouvelable pour deux ans.  Comme quoi ça paie, d’être du bon côté du système.

J’ai donc obtenu le boulot.  Et à ma bonne surprise, à 50¢ de plus l’heure que ce que je gagnais à la firme.

Juin 2020. Dans quelques semaines commencent les camps de jour pour enfants handicapés, signifiant que j’allais perdre mon emploi.

Et c’est là qu’arrive le Ministre Legault avec son plan de réforme du système de santé lourdement surtaxé par la Covid-19. On demande 10 000 personnes pour devenir préposés aux bénéficiaires, formation de trois mois gratuite avec une bourse faramineuse, et un contrat de travail garanti d’un an dans un CHSLD, payé le double du salaire minimum.  C’est une opportunité qui ne se présente qu’une seule fois dans une vie.  Une à ne surtout pas laisser passer.

Je me suis inscrit. J’ai passé deux entrevues téléphoniques, puis une en personne.  Je leur ai expliqué que, ayant été support technique et surintendant, je suis habitué à faire du service à la clientèle aussi bien au téléphone qu’en personne. Ayant été père quatre fois ainsi que concierge, je n’ai aucun problème à travailler avec tous les fluides corporels imaginables. Et étant un habitué des gyms, j’ai la force physique et l’endurance dont ils ont besoin.  Qui plus est, mes enfants sont tous adultes et partis, et je suis célibataire.  Je suis donc disponible pour eux 24/7.

Parmi les 70 000 à 90 000 candidatures qu’ils ont reçu (le chiffre varie selon la source), j’ai été l’un des 10 000 à être retenu.

Depuis le 15 juin, je suis en formation. Et à la fin de mes études, j’irai travailler dansun centre pour personnes âgées, là où il n’y a pas (encore) de cas de Covid-19.

Ces études, cet emploi et ce revenu s’inscrivent parfaitement dans mon programme d’évolution personnel et professionnel que j’ai amorcé il y a neuf ans.  Car rien de ceci ne me serait arrivé si je n’avais pas décidé, en janvier dernier, de quitter mon emploi et ma ville pour partir à la recherche d’un meilleur sort dans ma ville d’origine.

Il est important de bien planifier sa vie. Cependant, il arrive que même les meilleurs plans se cassent la gueule. Ce fut le cas ici, alors que la pandémie rendit obsolète les domaines dans lesquels j’avais appris à travailler. Mais quand on arrive à se ressaisir, à attraper les opportunités au vol, et que l’on possède la souplesse, la capacité d’adaptation et le désir d’aller plus loin, alors on peut transformer une catastrophe en meilleure chose qui puisse nous arriver. Et le fait de travailler dur pour passer d’artiste à homme de ménage, à concierge, à surintendant et à support technique, ça n’a pas été inutile. Car même si je ne peux plus me trouver du travail dans ces domaines, ça m’a apporté le meilleur atout qui soit : l’expérience.

Une expérience sans laquelle je n’aurais pas pu décrocher la carrière honorable bien rémunérée que j’amorce aujourd’hui.

Les conséquences de la conflictuodépendance

Voilà un bon moment que je n’avais pas parlé des conflictuodépendants. Il s’agit de gens qui souffrent d’une estime de soi aussi basse que profonde, souvent à cause d’une enfance et adolescence dans laquelle ils ont été constamment rabaissés par leur entourage.  Ils sont complexés, en général parce qu’ils sont ou bien obèses, laids, faibles, pauvres, de mauvaises familles, et/ou toute autre raison qui puisse nous attirer les moqueries et le mépris social. 

Devenus adultes, trop lâches pour être capables de travailler sur leurs problèmes et les régler, ils ont recours à la seule option qui est à leur portée afin de se sentir mieux avec eux-mêmes : Tenter de rabaisser les autres plus bas qu’eux. Ainsi, puisque leur bien-être moral dépend des situations de conflit, ça fait d’eux des gens conflictuodépendants.

Je vais vous présenter une situation potentiellement négative, tirée de ce que je vis en ce moment.  Puis, je comparerai deux réactions : Celle de la personne confluctuodépendante, et celle de la personne normale.

LA SITUATION.
Je déménage bientôt pour retourner dans ma Montérégie d’origine. Habitué d’être membre au gym de la chaine Éconofitness, j’ai cherché sur Google pour voir s’il y en avait dans la région. J’ai été déçu de voir que non. Par contre, il y en a une dizaine d’autres.  Deux appartiennent à des chaînes bien connues, soit Énergie Cardio et Nautilus Plus, tandis que les autres sont des gyms privés ou indépendants.

Seconde déception : Si les chaînes affichent clairement leurs tarifs (avant taxes), les gyms indépendants ne disent pas un mot sur le sujet. Ils utilisent des termes comme tarifs avantageux, ainsi que forfaits économiques. Mais à part ça, pas un ne daigne afficher ses prix.

J’ai cru avoir trouvé une exception en constatant que la page web de l’un d’eux avait une sections FRAIS ET TARIFS. J’ai déchanté en y cliquant. Au lieu d’y trouver une grille tarifaire, on a plutôt droit à ce texte :

« Ici, chez HE’S DEAD, GYM! Nous croyons que la qualité d’une salle d’entrainement sérieuse se mesure à l’équipement fourni, à l’ambiance générale de l’endroit, à la courtoisie du personnel, et la propreté des lieux. C’est la raison pour laquelle nous ne donnons nos tarifs ni sur le net ni par téléphone. »

Lire ceci m’a allumé une alarme dans la tête. Je sais par (mauvaise) expérience qu’il y a deux raisons pourquoi un commerce va refuser de dire franchement ses prix dès le départ.

RAISON 1 : C’est très onéreux. Dans ce temps-là, le commerce fragmente le produit, chaque partie ayant son tarif qui lui est propre. Par exemple, une automobile sera divisée ainsi : Le produit principal qui est l’auto elle-même, Puis, les options, c’est-à-dire les pneus, l’antirouille, l’antivol, les assurances, etc. Évidemment, puisqu’il est impossible de rouler sans pneus et illégal de le faire sans assurance, et que les assurances vont t’obliger à prendre l’antivol et l’antirouille, on n’a d’autre choix que d’acheter ces options et on ne sait jamais combien on paie avant les toutes dernières secondes, soit lorsque vient le moment d’apposer notre signature sur le contrat. Et à tout coup, c’est beaucoup plus cher que l’on espérait.

RAISON 2 : Leur but premier est de vous soutirer le plus d’argent possible. Pourquoi se contenter de charger $100 pour un produit si le client a les moyens d’en payer $2000? Voilà pourquoi, au lieu de vous dire leurs prix, la première question qu’ils vont vous poser est « Quel est votre budget? » Et à chaque fois, non seulement on ne vous vendra pas ce qui vous convient, ça va vous coûter entre 60% et 110% de plus que la limite que vous aviez pourtant établie en répondant à cette question.

Je me suis fait avoir deux fois de cette manière. La première fois pour un vélo. La seconde pour un système de son. Je me suis juré qu’il n’y aurait pas de 3e fois. Aussi, lorsque je me fais poser cette question, j’ai maintenant la réponse parfaite : « Mon budget, c’est : Voir ce que vous offrez, voir combien ça coûte, et voir si ça me convient. »

Bref, lorsque j’ai lu le texte au sujet de la tarification chez He’s Dead, Gym!, j’ai compris immédiatement que s’inscrire là coûte beaucoup plus cher que chez Nautilus Plus ou Énergie Cardio. Parce que si c’était le contraire, ils n’auraient pas peur de le dire.

LA RÉACTION D’UNE PERSONNE CONFLICTUODÉPENDANTE.
D’instinct, il reconnait une situation dans laquelle il peut confronter l’autre sur son hypocrisie et avoir raison contre lui.  Dans son besoin vital de rabaisser autrui plus bas que lui, il ne peut pas laisser passer une telle opportunité. Prévoyant se rendre à ce gym pour les confronter, il réfléchit au sujet de tout ce que le gym pourrait lui dire.  Et à chaque phrase potentielle, il planifie d’avance de cinglantes répliques.

GYM : « Bienvenue chez He’s Dead, Gym!  Comment puis-je vous aider?»
LUI :
« J’aimerais connaître votre grille tarifaire pour vos différentes options. »

GYM : « Ça dépend! Quel est votre budget? »
LUI: « Ah bon!? Dès le départ, la première chose qui vous intéresse, c’est mon argent?  Donc, dans le fond, ce que je recherche, de quoi j’ai besoin, ça, vous n’en avez rien à chier. »
GYM : « Oui mais je ne peux pas savoir ce à quoi vous avez droit si je ne sais pas combien d’argent vous êtes prêt à investir. »
LUI : « Quoi, vous travaillez ici, et vous ne connaissez même pas les prix de vos propres services? Est-ce que je pourrais parler à quelqu’un de compétent qui connait son travail? »
GYM: « C’est que nous offrons tellement de différents services qu’il me serait impossible de vous donner tous nos différents prix comme ça dès le départ. »
LUI : « Vous refusez de donner vos tarifs sur le net. Vous refusez de donner vos tarifs par téléphone. Et là vous refusez de donner vos tarifs en personne. J’ai jamais vu un commerce avoir peur à ce point-là de dire combien il charge. Du moins, pas un commerce honnête.»
GYM: « C’est que je dois savoir ce qui vous intéresse dans un gym.  Comme ça, je pourrai savoir quel forfait vous convient le mieux. »
LUI: « Ben oui, chose!  Tu veux tellement savoir ce qui m’intéresse, que ta première question est de me demander combien j’ai d’argent dans les poches. Est-ce que ça prend une formation en menterie et en hypocrisie pour travailler ici, ou bien c’est un talent naturel? »
GYM : « Écoutez!  Si on ne commence pas par fournir nos tarifs, c’est parce que justement, il y a trop de gens qui ne pensent qu’à l’argent.  Nous croyons que la qualité d’une salle d’entrainement sérieuse se mesure non pas à ses tarifs mais bien à l’équipement fourni, à l’ambiance générale de l’endroit et à la propreté des lieux. »
LUI : « Traduction : Tu as de l’équipement, de la musique, et tu laves les plancher. Comme tous les autres gyms de la planète, finalement. Ce qui en revient à dire que la seule différence entre ce gym-ci et les autres, c’est vos prix abusifs. Et vous le savez très bien qu’ils sont abusifs. C’est la raison pour laquelle vous avez besoin de prendre le temps d’essayer de les justifier, avant d’oser les révéler. Tu trouves pas que c’est manipulateur?  Tu trouves pas que c’est hypocrite? »
GYM : « Si ça ne vous convient pas, rien ne vous empêche d’aller vous abonner ailleurs. »  
LUI: « Attend!?  Tu dis que les prix ne me conviennent pas, mais en même temps tu m’as jamais dit les prix.  Wow!  Juste… Wow! »  (Aplaudit lentement.)
GYM : « Je ne vais pas perdre mon temps à dire nos tarifs à quelqu’un qui ne va pas s’abonner. »  
LUI: « HEIN!?  T’es capable de savoir ça, toi? 
Non seulement tu lis dans ma tête, mais t’es capable de voir le futur?  Pour vrai, là?  Tu te prétends vraiment télépathe et clairvoyant?   Sérieux, là, tu crois vraiment à ce que tu dis? Ok, wow!  J’ai déjà vu des gens qui n’ont pas les deux pieds sur terre… Mais être à ce point-là déconnecté de la réalité ça tombe dans le domaine du handicap mental.  As-tu déjà pensé à consulter un psychiatre?« 

Lorsque l’on pique quelqu’un au vif en le confrontant avec des preuves de son hypocrisie et du manque de logique de ses arguments, il est très rare que la personne ainsi acculée au pied du mur reste calme et posée.  Le confluctuodépendant le sait.  Voilà pourquoi il attaque l’autre sans répit en parsemant ses répliques d’insultes.  Il cherche à provoquer chez l’autre une contre-attaque violente.  Verbale bien sûr, mais physique serait encore mieux. 

C’est un comportement classique chez le conflictuodépendant, d’agresser quelqu’un pour le faire réagir, dans le but de se faire ensuite passer comme étant la victime de cette personne.  Et pour éviter que ça ne soit qu’un cas de sa parole contre celle de l’autre, il va même jusqu’à songer à acheter une caméra espion déguisée en stylo qu’il portera à la poche de chemise.  Comme ça, il pourra exposer sur le net le mépris, les insultes, les engueulades, les menaces, voire même les voies de fait, de l’employé / du gérant / du propriétaire de ce gym.

Qu’est-ce qui pousse un conflictuodépendant à planifier de transformer une manoeuvre tarifaire légale en conflit haineux et violent pour détruire la réputation d’un commerçant avec qui il ne voudrait même pas faire affaire pour commencer?  Comme tout le monde, les confictuodépendants se sont déjà fait avoir. Et bien qu’ils soient revanchards, ils sont trop lâches pour être capables de se battre pour obtenir justice contre ceux qui les ont vraiment lésés.  Ils vont donc rechercher activement des situations potentiellement semblables.  Ils vont ensuite provoquer eux-mêmes ces situations.  Ils cachent leurs motivations mesquines en appelant ça « Avoir un grand sens de la justice. » 

Qu’est-ce que ça lui rapporte de bien? La satisfaction morale d’avoir renversé les rôles agresseur-victime. La justification de savoir que sa cible l’aura bien mérité. La fierté d’avoir exposé publiquement un arnaqueur.  Et il se vante que, par ses actions, il va diminuer le nombre des victimes potentielles de ce commerce.

Qu’est-ce que ça peut lui rapporter de mal?  Ça, c’est une question sur laquelle les confluctuodépendants ne prennent jamais le temps de réfléchir avant d’agir. 

Par exemple, dans ce cas-ci, si on y réfléchit, on comprend aisément que la Montérégie est un de ces coins de pays peuplés de petites villes et de villages dans lesquels tout le monde connait tout le monde. Et c’est encore plus vrai depuis que nous sommes tous reliés par Internet. Un commerçant a forcément beaucoup d’amis et de contacts dans la communauté. Et pas n’importe qui.  Car s’il charge plus que ses concurrents, il attire forcément les citoyens plus plus aisés.  Donc les notables, les gens qui ont des connexions, les gens haut-placés, membres de la chambre de commerce, maires, députés… Et ces gens-là vont bien se foutre que le confluctuodépendant aille raison ou non d’agir ainsi.  Pour eux, il ne sera rien d’autre qu’une pauvre merde qui cherche à détruire la réputation et le commerce d’un de leurs amis, parents, conjoint, associé, etc.  Et tous ces gens n’hésiteront pas à le décrire comme tel dans tout leur entourage. En un rien de temps, le conflictuodépendant va devenir l’une des personnes les plus méprisées de la région. Une belle façon d’auto-saboter sa réputation, sa vie sociale et ses recherches d’emploi.  Pas la chose la plus brillante à faire quand ton but en déménageant est justement de refaire ta vie en mieux.

Et le plus aberrant, c’est qu’à la base, le confluctuodépendant a monté tout un plan digne d’un scénario de film d’espions, en n’ayant aucune preuve que le gym commencerait par lui demander quel est son budget.  Pour préparer une contre-attaque en prévision d’une attaque qui, pour autant qu’il le sache, n’arriverait probablement jamais, il faut être parano quelque chose de rare.

Et à l’inverse, il y a:

LA RÉACTION D’UNE PERSONNE NORMALE.
Je n’ai pas envie de payer plus cher pour les mêmes services que je peux trouver ailleurs. J’irai donc m’inscrire chez Nautilus Plus ou Énergie Cardio, qui eux affichent leurs prix.

Voilà!  Ça finit là! Pas de baratin.  Pas de pression.  Pas de facture plus élevée.  Pas de sentiment inconfortable comme quoi on me prend pour un con. Pas de frustration.  Pas de confrontation.  Pas d’insultes.  Pas de mépris.  Pas de mauvaise réputation.  Pas de conséquences négatives.  Pas d’ennemis.  Pas d’ennuis.

Bon nombres de conflits dans lesquels nous sommes mêlés n’existeraient même pas si nous ne les avions pas d’abord provoqués nous-mêmes.  Quand on se rend compte de ça, et que l’on prend le temps de réfléchir aux conséquences, alors on apprend à choisir nos batailles. 

Le principe de l’échec perpétuel

OU : Avoir des principes pour s’assurer de rester loser.

Vous savez, ces gens qui se plaignent toujours qu’ils n’ont pas de chance dans la vie. Et que dès qu’on leur donne une opportunité de réussir, ils déclinent pour des raisons stupides? C’est de ces gens dont il est question.

Lorsqu’il s’agit de réussite et d’échec, notre premier réflexe est de se comparer aux autres. Surtout lorsque l’on subit un échec là où un autre réussit. Et c’est normal.  C’est ce qui s’appelle apprendre de ses erreurs.  En voyant pourquoi ça a marché pour l’autre, ça nous aide à comprendre pourquoi ça n’a pas marché pour nous.  À partir de là, on fait ce qu’on a à faire pour améliorer nos chances de réussir dans l’avenir.

Hélas, ce n’est pas tout le monde qui agit comme ça.  Certains ont plutôt le réflêxe de prétendre qu’ils ont des principes.

Par exemple, pour un emploi. Cette personne a mis les mêmes efforts, voire plus d’efforts que l’autre, pour l’obtenir.  Il a les mêmes qualifications, voire plus de qualifications que l’autre.  Il a la même expérience, voire plus d’expérience que l’autre. Or, l’autre a la chance d’être le fils d’une personne influente, ou bien il a déjà des amis dans la boite. C’est donc lui qui a obtenu l’emploi.

Frustré et amer de cette injuste situation, la personne se dit : « Pfff! On sait bien! Il vient d’une famille influente, LUI! Il a des connexions, LUI! Il a une conjointe qui lui a signalé que le poste était offert, LUI! Facile de réussir dans de telles conditions. »  Elle a le réflexe de dire que, elle, au moins, elle a des principes. Lorsqu’elle réussira, elle aura la fierté de dire que ça aura été par ses propres moyens. Et c’est avec un mélange de mépris et de snobisme qu’elle répète à qui veut l’entendre : « Je ne suis pas du genre à toujours vouloir choisir la solution facile, MOI! »

Avec les années qui passent, que ce soit en amour, en argent, au travail, elle voit de plus en plus souvent des gens qui réussissent en utilisant des avantages qu’elle n’a pas.  Et à chaque fois, pour ne pas se sentir inférieure, elle prend ça avec une attitude hautaine et méprisante.  Elle les qualifie de tricheurs, de lâches, de paresseux, de mous toujours à la recherche de la solution facile. Bref : « Exactement le genre de personne que je ne voudrais jamais devenir! »

Évidemment, tout ceci n’est qu’un réflexe de survie morale. Quand on n’a pas de talent, pas de vaillance, pas de courage, pas de connexion, pas de débrouillardise, pas d’amis, ou du moins pas d’amis qui croient en nous et qui nous font confiance, alors il est en effet beaucoup moins dur pour le moral de se faire accroire que si on ne l’a pas facile, c’est parce que l’on a des principes. C’est moins déprimant que de regarder la réalité en face.

Le problème avec ce réflexe, c’est qu’il nous assure de ne jamais réussir. Parce que quand on parle sans cesse contre les méthode de réussite des autres, on se conditionne à mépriser ces méthodes. Alors quand une opportunité de réussite de ce genre s’offre à nous, notre premier réflexe est de la rejeter.

C’est quelque chose que j’ai vu beaucoup trop souvent chez les personnes qui développent des principes par réflexe de survie morale. D’abord elle se plaint que personne ne lève le petit doigt pour l’aider. Puis, un jour, miracle, un ami haut-placé dans une boite lui signale qu’il y a un emploi génial et bien payé disponible. Est-ce qu’elle va en profiter, pour une fois qu’elle a la chance d’avoir les mêmes opportunités que les autres? Du tout! Elle va répondre un truc dans le genre de : « Non, regarde, si je réussis, c’est parce que j’y serai parvenue par moi-même.  Si j’y arrive a cause de l’aide des autres, ça ne vaudra rien. »

Pourquoi un comportement aussi illogique?  Simple: Ça fait tellement d’années qu’elle gueule contre ceux qui utilisent leurs connexions pour avoir un emploi, elle ne va certainement pas se mettre à agir comme ces gens qu’elle méprise. C’est qu’elle a des principes, ELLE!

Dans l’expression solution facile, les gens normaux accrochent au mot solution et ils l’appliquent. Tandis que cette personne accroche au mot facile, et elle laisse son orgueil mal placé dire non à la solution.

Avez-vous remarqué qu’à chaque fois que les gens ont des principes, ils les utilisent toujours pour s’empêcher de réussir? Sérieusement! Observez-les et vous verrez. Jamais on ne voit leurs principes leur apporter du positif. Ça ne fait que leur créer des obstacles là où il n’y en avait pas, et ce à tout coup.

On développe le réflexe de se faire accroire que l’on a des principes, de manière à survivre moralement aux situations qui nous rendent loser. Et on finit par avoir le réflexe d’appliquer ces principes de manière à s’assurer de rester loser dans toutes les situations.

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YA LIENS LÀ

Dans le très long texte Autopsie du Loser, la section Dans sa morale et ses principes décrit comment son code d’honneur ne fait que lui faire obstacle et le saboter.

Toujours dans le thème de s’imposer des principes par réflexe de survie, celui-là va les abandonner aussi sec dès qu’il se retrouve face à une opportunité à laquelle il ne croyait jamais avoir droit un jour. Être bidon par réflexe de survie.

Avoir de l’ambition -VS- ambitionner

Il y a quelques mois, j’ai publié ici un billet intitulé Les derniers seront les premiers.  Dans celui-ci, j’explique que lorsque l’on prend ce principe au premier degré, et qu’on l’utilise adéquatement, on peut grandement augmenter notre chance d’être choisi, que ce soit pour un emploi, un concours, ou quelques autres situations qui nous mettent en compétition avec d’autres.

Le concept est simple :  Lorsque l’on attend à la dernière minute pour se manifester, ça nous donne le charme de la nouveauté, et tous les détails de notre candidature sont encore tout frais dans leur mémoire au moment de prendre une décision.  Ceci peut faire toute la différence entre une candidature rejetée et une approuvée.

En relisant ce billet, j’ai constaté une chose : Dans les quatre exemples que je donne dans lequel ce concept a fonctionné pour moi, il n’y en a qu’un seul dans lequel je l’ai délibérément appliqué.  C’était dans un concours de BD, et ça m’a rapporté mille dollars.  Les trois autres fois, c’était le fait du hasard. J’ai juste constaté par la suite que ça entrait dans cette situation.

Et si je recommençais?  Et si j’appliquais de nouveau ce principe délibérément.  Non pas pour gagner un concours, mais pour améliorer ma carrière et mes finances?

Tout d’abord, petit récapitulatif de mon ascension récente dans le domaine de l’emploi.  Elle se divise en cinq situations :

  1. Il y a huit ans, j’étais artiste et auteur à mon compte et sans emploi.
  2. Il y a sept ans, j’ai commencé au bas de l’échelle en allant faire du ménage dans un garage de bus.
  3. Il y a six ans, cette expérience m’a permis de décrocher un emploi comme concierge résident.
  4. Il y a quatre ans, cette expérience m’a permis de décrocher un emploi comme surintendant.
  5. Il y a deux ans, cette expérience m’a permis de décrocher un travail de bureau pour une grande firme, emploi que j’occupe depuis.

En regardant cette liste, je constate une chose :  La seule raison pour laquelle j’ai passé du 4 au 5, c’est à cause qu’une vilaine chute dans un escalier verglacé m’a fendu une vertèbre, m’interdisant le travail manuel.

Si ça n’avait pas été du fait que j’ai été obligé d’évoluer, j’aurais passé le reste de ma vie comme ça, à vivre modestement d’un travail manuel qui me rapportait de quoi vivre sans avoir à me plaindre, mais sans plus.   Autrement dit, je ne me croyais pas capable de faire mieux.  Dans ma tête, j’avais atteint le sommet de mon potentiel.

Et pourtant, me voilà, depuis presque deux ans, avec un travail assis, à faire du support technique informatique, en gagnant assez pour me permettre de vivre dans un 5½, ne manquer de rien, et faire des placements avec mon excédent.  Le genre de travail et de salaire que je ne m’imaginais pas réussir à obtenir un jour.  Mon échelon supérieur à vie.

Et je réalise soudain que là encore, je n’ai jamais cherché à faire mieux.  Parce que là encore, j’ai l’impression d’avoir atteint mon sommet. J’ai beau vivre une situation qui fait de moi un winner, je constate que je continue d’avoir cette mentalité de loser.  Celle qui démontre que dans le fond, je n’ai pas vraiment confiance en moi, ni en mes capacités.  Il est vrai que les vieilles habitudes ont la vie dure, surtout lorsqu’elles sont mauvaises.  C’est comme l’alcoolisme.  Quand on a ça, on est condamné à devoir faire attention pour le reste de notre vie.  Sinon, sans s’en rendre compte, on y glisse de nouveau.

Eh bien là, ça fait deux ans que je glisse.  Il est temps que je recommence à monter.

Si je suis pour changer de carrière et devoir encore déménager, aussi bien que ça en vaille la peine.  J’ai fait quelques recherches, et j’ai trouvé quelques boulots qui paient de une fois et demi à plus du double de mon salaire actuel.  Je veux dire, tant qu’à ambitionner, let’s go all the way!

Je n’ai pas tout à fait les qualifications demandées.  Mais bon, pourquoi est-ce que je me laisserais arrêter par ça?  Je n’avais pas non plus celles requises pour passer d’artiste à concierge.  Ni pour passer de concierge à surintendant.  Ni pour passer de surintendant à support technique pour une grande firme.  Pourtant, j’y suis arrivé.  Et à chaque fois, je les ai acquises, ces qualifications.

Si je décide à la place des employeurs que je n’ai pas ce qu’il faut pour avoir le travail, alors en effet, je ne l’aurai pas.  Mais ce n’est pas à moi de décider ça.  C’est à eux!

Si j’ose.
Si je fais application.
Si je réécris le même genre de lettre de présentation, originale sans être ridicule, qui m’a aidé à obtenir mon emploi actuel.
Si j’applique ma technique des derniers qui finissent les premiers.
Si j’attends la date de tombée avant d’envoyer ma candidature.
Si j’ai le charme de la nouveauté.
Si mon CV et ma lettre de présentation sont toutes fraîches dans leur mémoire quand viendra le temps de faire un choix.

Ça ne garantit pas que je vais réussir. Mais au moins, ça va me mettre parmi les candidats en tête de course.

Qu’est-ce que j’ai à perdre? Rien!  Ce n’est pas du gambling.  Il n’y a aucun risque d’impliqué.  Si je n’y arrive pas, alors rien ne changera dans ma vie.  J’aurai toujours mon boulot actuel, avec mon salaire actuel, à vivre dans mon appartement actuel.  Mais si je réussis, alors là, je pourrai vivre le même train de vie qui était naturel chez mes baby-boomers de parents, même dans la classe pauvre : Maison, terrain, véhicule.

Afin de ne pas me faire torpiller, je ne dirai évidemment pas ici de quoi il s’agit, ni le poste, ni l’employeur.  J’ai vu trop de gens imprudent s’auto-saboter de cette façon, en vendant la peau de l’ours publiquement.  De toute façon, si ça ne marche pas avec cet employeur-là, eh bien j’essaierai ailleurs, voilà tout.  Et je vais recommencer, tant et aussi longtemps que ça ne fonctionnera pas.

De tous les billets que j’ai écrit durant les onze ans d’existence de ce blog, voici en quoi celui-ci se distingue de la majorité.  C’est l’un des rares où le sujet principal n’est pas une réussite de mon passé, mais bien l’effort que je mets actuellement pour une réussite future.  Une que je pourrais aussi bien ne jamais atteindre.  Mais bon, si tout ce que je risque est mon orgueil, je peux vivre avec ça.

Est-ce que j’ai de l’ambition ou est-ce que j’ambitionne?  Une seule chose saura répondre à cette question, et c’est si je réussis ou non.

(À suivre)

La faille de base dans le concept d’aller refaire sa vie ailleurs

C’est un rêve classique: Insatisfait de la vie que l’on mène, on songe à partir.  Déménager vers une ville où personne ne nous connait, loin des situation et des gens qui nous ont toujours empoisonnés l’existence.  On se dit que de là, on pourra refaire notre vie, passant de loser à winner, de méprisé à respecté, de rejeté à aimé. 

Alors que la majorité vont se contenter d’en rêver, il y en a qui vont vraiment tenter l’aventure.  D’après ce que j’ai pu constater autant par observation que par expérience personnelle, leur nouvelle vie passe généralement à travers les quatre étapes suivantes.

1ère ÉTAPE : l’émerveillement de la découverte.
Nouvelle ville, nouveau quartier, nouvel appartement, nouvelle école et/ou nouveau boulot, ce qui nous amène les nouveaux voisins, nouveaux collègues et/ou camarades de classe.  Tout est beau, la vie est pleine de promesse, l’avenir s’annonce bien.

2e ÉTAPE : La lune de miel.
Sans personne pour nous surveiller et nous imposer sa loi, on peut enfin agir à notre guise. On change d’attitude.  On est fonceur.   Et ici, on possède quelque chose que l’on n’avait pas là-bas : Le charme de la nouveauté.  Par conséquent, les autres s’intéressent à nous et nous approchent.  Les voisins sont polis et affables.  Le patron et/ou les profs sont compréhensifs et sympathiques.  Les collègues et/ou camarades de classe sont irréprochables.  Les nouveaux amis sont intéressants et amusant.  On se retrouve même en couple, ou au moins dans une relation d’amants.  Notre nouvelle vie sociale où on fait plein d’activités en groupe est géniale. 

3e ÉTAPE : Le début des problèmes.
Peu à peu, les choses changent, et pas pour le mieux.
Chez les voisins, certains sont inconfortablement bruyants et ça résonne dans notre appartement.  Il y en a un/une qui commence à s’intéresser à nous de manière un peu trop dérangeante, venant sonner à notre porte n’importe quand pour nous parler de n’importe quoi.  Et il y a un/e qui a décidé de nous prendre en grippe, qui nous reproche des choses totalement fantaisistes et qui nous fait une mauvaise réputation auprès du propriétaire et des autres locataires.  Au travail et/ou à l’école, le patron / les profs sont de plus en plus exigeants et de moins en moins compréhensifs.  Quant aux collègues et/ou camarades de classe, une partie s’est éloignée de nous et ne semblent plus vouloir garder le contact.  Et chez ceux qui restent, il y en a qui deviennent méprisants sans la moindre explication.  On a droit à des insultes déguisées sous forme de sarcasmes, et des reproches faits sur un ton impatient.  Même notre amant(e)/conjoint(e) a toujours le mot pour nous rabaisser depuis quelques temps.  Et toute tentative d’en parler nous mérite des réponses colériques ainsi que le qualificatif de susceptible.  Mais ce n’est rien à côté du choc blessant que l’on reçoit en apprenant que nos copains font maintenant des sorties en groupe sans nous y inviter.

4e ÉTAPE : L’enfer total.
On a perdu nos amis, notre vie sociale, notre vie amoureuse et/ou sexuelle, et les gens au boulot font tout pour nous pousser à démissionner.  Le logement n’est même plus un refuge, à cause du bruit et du harcèlement des voisins.  Plus personne ne veut interagir sauf pour nous saboter, nous mépriser, nous insulter, nous rabaisser ou nous harceler.  Toute tentative de trouver un meilleur travail ne donne rien du tout.  On nous colle la pire des réputations sur tous les points.  On constate que tous les aspects de notre nouvelle vie sont rendus cent fois pire que l’ancienne.  Et le plus désespérant dans tout ça, c’est que l’on n’a pas la moindre idée de la raison pourquoi ça arrive.  Et on en est rendus au point où on n’a plus le choix, il faut retourner d’où on vient, ce que l’on fait de mauvaise grâce en ruminant sur ce frustrant échec.  

Tout dépendant de la personne, ça prend généralement entre trois mois et un an pour que sa nouvelle vie de rêve se transforme en cauchemar.  Non seulement elle a exactement les mêmes problèmes qu’elle tentait de fuir, elle se retrouve avec tout plein de situations négatives qu’elle n’avait jamais vécu avant.  Et le plus surprenant, c’est la vitesse à laquelle notre vie a fait 180° dans le négatif.

Et en effet, pourquoi est-ce arrivé, et surtout si vite?  La raison va vous surprendre, mais elle est parfaitement pertinente.  C’est que, aussi étrange que ça puisse paraître, dans ton coin d’origine, tu avais droit à un genre d’acceptation et de respect.  Oui, vraiment!  Et c’est normal : Depuis le temps que tu habites là, tout le monde est habitué à toi, à ta personnalité, à tes habitudes, à tes mauvaises habitudes…  Ils peuvent bien y réagir une fois de temps en temps, mais plus personne n’en fait de cas, et encore moins de drame, depuis longtemps.  Ça fait tellement partie de leur décor quotidien qu’ils ne le remarquent même plus.  Et les rôles sociaux et hiérarchiques se sont établis tout naturellement autour de toi depuis que tu es en âge d’aller à l’école.  Ta famille est forcément proche de toi.  Tes amis sont près.  Ceux qui n’ont rien à foutre de ton existence restent neutres.  Ceux qui ne t’aiment pas se tiennent loin.  Et ceux qui ne peuvent se tenir loin se sont résignés à t’endurer.  Tout le monde sait si tu es leader, suiveur ou laissé pour compte et agissent avec toi en conséquence.  Bref, tout le monde, toi inclus, connait ta place dans cet univers.

… Ce qui n’est fichtrement pas le cas avec les gens qui peuplent ton nouvel univers.  

Tout à l’heure, je parlais du charme de la nouveauté.  Ben voilà : Quand on change de décor, on devient l’élément nouveau qui détonne de ce décor.  Celui que les gens remarquent parce qu’ils n’y sont pas habitués.  Par conséquent, tous les yeux de cet univers sont tournés vers nous.  Et puisque personne ne nous connait, personne ne peut savoir si entre nous le courant va bien passer ou non.  La seule manière de le savoir, c’est de faire partie de notre entourage, le temps de l’apprendre.  Hélas, c’est quelque chose que l’on va apprendre à la dure. 

L’une des choses que l’on apprend à la dure, ce sont tous les défauts de comportement et de personnalité que l’on nous reproche.  Des défauts qui sont les raisons du revirement négatif de notre nouvelle vie.  Des défauts que l’on ne savait même pas que l’on avait.  Ou alors oui, on le savait, mais puisque personne n’en avait jamais fait de drame avant, on ne s’imaginait pas que c’était aussi pire.  C’est que là encore, puisque les gens de notre nouvel univers n’ont jamais fait partie de notre entourage, ils n’ont pas eu toute une vie pour s’y faire.  Pour eux, c’est quelque chose de nouveau.  De négativement nouveau.  Par conséquent, à leurs yeux, nos défauts sont aussi flagrants qu’insupportables.

À quelque chose, malheur est bon, que dit le proverbe.  Et ça s’applique ici, car cette décevante expérience aura au moins eu le mérite de nous faire prendre connaissance de ce qui ne va pas en nous.  À partir du moment que l’on connait nos défauts, deux choix s’offrent à nous.  On peut travailler sur soi, de manière à devenir une meilleure personne, et ainsi pouvoir vraiment refaire sa vie un jour, cette fois-ci de manière positive.  On bien, si on est aussi lâche qu’orgueilleux, on peut se les nier.  Mais à ce moment-là, il ne faut pas être surpris si l’on vit toujours les mêmes merdes, peu importe le nombre de fois où on tente de refaire sa vie, peu importe où on s’en va pour le faire.