Elle sera soumise ou abusive, mais jamais égalitaire

Depuis plus de 3 ans, je consomme du contenu masculiniste Red Pill. Ça a commencé par curiosité éducative.  Il est vrai qu’après une décennie complète à me faire exclusivement bourrer le crâne de contenu féministe, il me semblait logique d’étudier l’autre facette de la vision des relations hommes-femmes.  

Je ne crois pas que cela ait influencé mon comportement ni ma mentalité. J’ai constaté que beaucoup de revendications masculinistes sont à base de frustrations de la part d’hommes qui veulent dominer les femmes de manière abusive.  Par exemple Andrew Tate qui affirme que chaque femme qui entre en relation avec un homme devient automatiquement sa propriété, tout juste bonne à être exploité sexuellement et financièrement. Cependant, certaines choses, dites par certains autres influenceurs font du sens, afin d’éviter, inversement, les abus des femmes contre les hommes. Bref, j’en prends et j’en laisse. 

Il y a quelques jours, dans un podcast masculiniste, j’ai entendu une phrase qui m’a fait l’effet d’une gifle dans une douche froide. De tout le contenu masculiniste auquel j’ai pu être exposé, ceci est la phrase la plus intelligente et la plus révélatrice que j’ai entendu. Cette phrase est : Aucune femme ne respecte l’homme qu’elle peut dominer.

La raison pour laquelle cette phrase fut pour moi une révélation, c’est qu’elle m’a permis de comprendre pourquoi la majorité de mes relations se déroulent de la même manière, dans ces neuf étapes.

1. La femme m’approche.
2. Période de flirt.
3. Elle s’offre comme étant soumise.
4. Je la rassure comme quoi elle n’a pas besoin de se soumettre à moi pour m’intéresser, puisque je veux une relation égalitaire.
5. À mesure que la relation avance, elle perd peu à peu son respect envers moi.
6. Elle me méprise et/ou abuse de moi.
7. Je la confronte immédiatement pour son mépris et ses abus, en lui rappelant que je ne tolérerai rien d’autre qu’une relation égalitaire.
8. Elle réagit violemment comme si mes revendications d’égalité étaient le pire des abus envers elle.
9. Rupture chaotique.

Chacune des relations comporte sa petite variante. N’empêche qu’en gros, ouais, ça correspond. Ce ne sont pas les exemples qui manquent. Parmi ceux que je vais vous donner, certains seront nouveaux, tandis que d’autres seront des femmes dont j’ai déjà parlé sur ce blog.

Geneviève la coloc de l’enfer (Lien plus bas)
On se rencontre. Elle se montre fragile et me dit être victime d’abus de son entourage familial. Nous devenons amis. Je l’invite pour un weekend. En accord avec la convention sociale du Si tu viens, tu couches, comme quoi inviter chez soi une personne hétéro du sexe opposé, c’est une invitation au sexe. Et y aller, c’est dire oui au sexe. (Lien plus bas) Elle croit que je planifie de la baiser. En voyant que je ne fais aucune tentative d’approche, elle prend les devants et m’offre sa virginité. Après coup, elle est surprise d’apprendre que jamais je n’avais eu d’intentions cachées à son sujet en l’invitant. Dès le lendemain et pour le reste de la relation, elle sera méprisante, méchante et abusive. Tout ça parce que je la traitais avec égalité, et non en dominant qui la soumet.

Parce que pour être dans sa vie, je devais ou bien être le dominant, ou bien le soumis. Il n’y avait aucune autre option à part ces deux extrèmes.

Nathalie
Un jour, je reçois une demande de contact sur Facebook de la part d’une ancienne camarade de classe de l’école primaire et secondaire. Durant les onze ans où nous avions fréquentés les mêmes écoles et les mêmes classes, on ne s’est jamais échangé un mot. Et là, 33 ans plus tard, voilà qu’elle m’écrit comme si nous étions d’anciens amis qui s’étaient perdus de vue. Elle a flirté avec moi, et j’ai répondu de manière positive.

Dès nos premières rencontres, elle s’est tout de suite dévoilée en tant que quelque chose que bien des gens qualifieraient de Pick-Me Girl. (Lien plus bas) Elle m’a dit qu’elle ne croit pas du tout au féminisme. Que pour qu’une relation soit harmonieuse, il faut que la femme suive l’homme, point final. Et la première fois que nous avons pris son véhicule, elle m’a remis ses clés, en disant que la place de l’homme dans une auto, c’est en tant que conducteur.

Sexuellement, elle était performative, au point où elle en faisait trop. Histoire de se montrer extrèmement sensuelle, elle prenait son temps. Beaucoup trop de temps. C’était la première fois de ma vie que j’avais envie de dire à une partenaire de conclure parce que je commence à trouver le temps long. De plus, lors de nos discussions précédentes, elle m’avait expliqué avoir certaines pratiques sexuelles en horreur, en rapport à certains de ses ex-partenaires qui avaient abusés d’elle de cette manière. Pour, peu après, me les faire de son propre chef, en disant adorer le faire parce que c’était avec moi.

Lorsqu’une femme se plaint d’avoir toujours été abusée par ses ex, un homme tant soit peu décent n’a pas envie de faire partie du problème. Aussi, considérant que c’est son attitude de soumise qui lui attirait tout naturellement les abuseurs, j’avais avec elle une attitude égalitaire.

Après un an de relation à distance, dans laquelle on ne se voyait que les weekends, elle m’a invité à aller habiter avec elle et son fils qui avait des besoins particuliers. À partir de ce moment-là, je devais m’occuper de son fils, du ménage, des repas, et de toute autre tâche ménagère, en plus de contribuer financièrement. Et en retour, je recevais reproches, insatisfaction, blâmes et insultes. Et lorsqu’elle ne trouvait rien à me reprocher, elle en inventait. Elle a pourri ma réputation partout, histoire de s’assurer que je sois isolé. Le tout sous menace sous-entendue de m’expulser de chez elle, ce qui ferait de moi un itinérant. Ce qui a quand même fini par arriver le premier jour de l’été 2020.

Parce que pour être dans sa vie, je devais ou bien être le dominant, ou bien le soumis. Il n’y avait aucune autre option à part ces deux extrèmes.

Nadia
Elle m’avait contacté à l’époque du site MonClasseur. Lors de nos premières correspondances, alors que nous n’avions pas encore couché ensemble, elle m’écrit ceci :

Voilà qui est intéressant. Mais le soir venu, alors que je la cajole, elle me tourne le dos,, sans jamais bouger. Une statue. Je comprends qu’elle a changé d’idée. Alors j’arrête, me retourne et m’endors.

Quelques jours plus tard, un soir où on ne peut pas se voir, elle m’écrit ceci :

À notre rencontre suivante, même scénario. Elle me tourne le dos. Je la cajole. Cette fois, je pousse la chose plus loin, en glissant ma main dans sa petite culotte. Je la caresse intimement pendant quelques minutes. Jusqu’au moment où, par sa respiration, je vois qu’elle commence à ressentir les premiers signes d’un orgasme naissant.

… Et c’est à ce moment précis qu’elle agrippe ma main, la retire de sa culotte, et me dit :

« N’allons pas trop loin ! »

Euh… QUOI ?  C’est elle qui m’a affirmé que nous allions coucher ensemble. C’est elle qui m’a affirmé qu’elle ne changerait pas d’idée. Et la masturber, c’est aller trop loin?

J’ai souvent entendu des filles et des femmes se plaindre que leur homme est égoîste au lit, qu’il ne pense qu’à son plaisir à lui, négligeant celui de sa partenaire. Mais c’était la première fois (et la dernière aussi) que je voyais une femme qui s’empêche d’avoir un orgasme, en arrêtant son partenaire alors qu’il s’en va lui en donner un, afin de ne pas aller trop loin.

Mais bon! Insister sexuellement auprès d’une fille qui a dit non, c’est immoral, mais c’est surtout illégal. Je la lâche donc, et je me retourne pour peu après m’endormir.

Le lendemain matin, nous vivons cette scène, alors que alors que je me dirige vers sa cuisine. Elle me demande:

« Où tu vas? »
« Boire de l’eau! »
« Tu vas quand même pas boire l’eau du robinet!? »
« Ben oui, pourquoi pas?! »
« Elle est dégueulasse. »
« Ah!?  Pourtant, l’eau de Montréal est réputée pour être l’une des meilleures au Québec. »
« R’garde, si tu dois absolument boire, je vais te refiler une bouteille d’eau. »
« Ok! »

Elle va me chercher une bouteille d’eau.  Je l’ouvre et je bois sous son regard sévère.  Alors que je viens d’en avaler le deux-tiers, elle me dit sur un ton amer :

« Mes chats et moi, on n’aura rien à boire demain.  Mais bon, c’est pas grave! »
« Ben là!?  Pourquoi tu me l’as pas dit? »
« À t’entendre, il fallait ABSOLUMENT que tu boives. »

Depuis quand est-ce qu’un besoin aussi de-base que de boire de l’eau puisse être un sujet de reproches ? Mais bon, à chaque problème sa solution, que je lui propose :

« Bon, regarde, c’est pas si grave.  Je vais aller à l’épicerie du coin et t’en acheter d’autres, c’est tout. »
« Y’ont pas la marque que je bois! »
« Où est-ce que tu les achète, tes bouteilles? »
« Au Costco! »
« Bon ben allons-y! »
« J’ai pas d’argent. »
« Moi oui!  Je vais t’en acheter une nouvelle caisse. »
« Non!  J’aime pas que les autres paient pour moi. »
« Quand est-ce que tu vas avoir de l’argent? »
« Mercredi, dans trois jours. »
« Et tu essayes de me faire accroire que tes chats et toi alliez vivre sur une seule bouteille d’eau pendant trois jours? »
« Ben non! Ma mère va m’avancer l’argent demain. »
« Ah bon!?  Il me semblait que t’aimais pas que les autres payent pour toi! »
« C’pas pareil, c’est ma mère! »
« Bon ben voilà, problème réglé! »
« Sauf qu’elle finit de travailler à 17 :00 demain, ce qui va nous laisser 24 heures sans rien à boire. »
« Pardon?  Premièrement, j’ai vu dans ton frigo que tu as du lait et des jus, t’auras qu’à boire ça.  Quant à tes chats, tiens, reprends donc la bouteille, il en reste un tiers, c’est suffisant, ils mourront pas de soif.  Alors avant de dire que tes chats et toi aurez rien à boire… »
« J’respecte mes chats.  J’leurs donne pas de l’eau usagée.   Et je tiens trop à leur santé pour leur refiler de l’eau pleine des microbes des autres! »

Ses chats, comme tous les chats de la planète, se servent de leurs propres langues comme papier-cul.  Alors elle ne me fera pas accroire qu’un atome de ma salive sur un rebord de goulot va les empoisonner.  Mais bon, quand la personne tient à ce que tu sois le problème, elle tient mordicus à ce qu’il n’y ait pas de solution.

À partir de ce jour-là, à ses yeux, je ne pouvais plus rien faire de correct. Tout était sujet aux reproches. Aller aux toilettes. Me laver. Manger. Vouloir la voir. Ne pas vouloir la voir. Et ceci a vite fait de mettre fin à la relation, qui n’aura duré que six semaines. Au final, il semblerait que ce qui lui a déplu, c’est le fait que j’ai respecté son manque d’enthousiasme sexuel. Pour lui plaire, il aurait fallu que je la prenne de force. Et puisque je suis un partisan de relation égalitaire, ce qui implique un respect de ses limites, alors voilà, je ne l’ai pas fait. Par conséquent, je n’avais plus droit qu’à son mépris.

Parce que pour être dans sa vie, je devais ou bien être le dominant, ou bien le soumis. Il n’y avait aucune autre option à part ces deux extrèmes.

Mégane la mystique qui nie la réalité. (Lien plus bas)
On se rencontre dans notre classe de formation de préposés aux bénéficiaires. Je lui tombe dans l’œil. Elle me fait des avances. Dans celles-ci, elle multiplie les « Qu’est-ce que tu me fais, vilain !? Tu m’ensorcelles et me contrôles, Witcher ! » Comme si c’était moi qui allais vers elle, alors que c’était l’inverse.

Nous devenons amants.  Elle désire la fessée, elle désire être attachée, elle désire être fouettée.  Et, aussi paradoxal que je ça puisse sonner, elle désire que je la prenne contre son gré.

Mais ce n’est pas moi, ça. Je ne veux rien savoir d’une relation dans laquelle l’un de nous deux sera soumis à l’autre. Je veux une relation égalitaire, dans le respect de nos désirs et de nos limites. En constatant que je ne remplis pas le rôle du mâle dominant qu’elle m’avait réservé, elle a commencé à me manquer de respect, avant de me laisser tomber pour un homme abusif de qui elle se plaint sans cesse, mais de qui elle reste volontairement la chose.

Elle tenait cependant à me garder dans sa vie, mais pour un rôle bien précis : larbin et commanditaire. Un bel exemple se trouve dans l’une de nos dernières communications, datant de l’année dernière.

Oui, c’est elle-même qui a liké son commentaire.

Mon refus d’accepter ce rôle s’est conclus par une grosse crise de frustration de sa part, qui a mené à la fin de nos contacts.

Parce que pour être dans sa vie, je devais ou bien être le dominant, ou bien le soumis. Il n’y avait aucune autre option à part ces deux extrèmes.

Violaine
Cette relation a duré environ un an. On se contacte via un site adulte à la MeetMeat. La rencontre dans un motel fut un mélange de fougue, de passion et de douceur. Au point où, ce qui ne devait être qu’une rencontre sexuelle, est devenue à ses yeux un possible point de départ pour une relation plus sérieuse. Malheureusement…

Qu’est-ce qui est arrivé à la notion de faire l’amour avec tendresse?

Voilà qui ne ressemble en rien à la relation égalitaire à laquelle j’aspirais. Mais sinon, dans la vie de tous les jours, nos personnalités étaient tellement compatibles, il eut été dommage de dire non à une relation harmonieuse juste à cause de quelques divergences sexuelles,

J’ai bien essayé de jouer le jeu. Mais quand le coeur n’y est pas, ce n’est pas agréable. Et puisqu’il est impossible de maintenir une facade éternellement, plus je revenais à mon naturel, et plus nos séances sexuelles la laissaient insatisfaite. Nous étions en couple ouvert, alors elle pouvait aller chercher ailleurs ce qu’elle ne trouvait pas en moi. Mais parallellement, j’ai eu droit à de plus en plus de reproches, sur tout, sur rien, sur n’importe quoi. Ça a évolué à un point où, peu importe ce que je lui disais, elle me répondait en riant « Pourquoi tu me racontes ça ? » démontrant qu’elle se foutait totalement de toute tentative de ma part de maintenir une communication entre nous. Et le jour où elle m’a dit que plus jamais nous n’allons baiser ensemble, j’ai vu que mon rôle dans sa vie n’était plus que colocataire, guichet automatique lorsqu’elle n’arrivait pas dans son budget, et celui qui assumait 50% des tâches ménagères et des dépenses. Bref, un larbin à son service. Le jour-même, je faisais mes bagages. Le lendemain matin je la quittais.

Parce que pour être dans sa vie, je devais ou bien être le dominant, ou bien le soumis. Il n’y avait aucune autre option à part ces deux extrèmes.

Océane (Lien plus bas)
On se rencontre dans notre classe d’Espagnol. Elle a 19 ans, moi 28. Nous devenons de plus en plus amis. Mais elle est déjà en couple, alors je comprends que ça n’ira pas plus loin.

Un soir, elle vient chez moi, en me sous-entendant qu’elle a un peu trop bu de vin. (Lien plus bas) Puis, elle me donne un signe direct comme quoi elle me désire sexuellement. Avant de fermer les yeux en restant là, soumise, offerte. Le message est clair : Je dois la prendre, la posséder, en faire ma chose. Puisqu’elle est en couple et (apparemment) saoule, je refuse d’en profiter. Je l’accompagne plutôt à l’arrêt de bus.

Dès le lendemain, elle devient froide, distante. Elle ne me parle plus que pour me faire des remarques condescendantes. Et elle me fait croire qu’un cours que nous avions avait été annulé. Ce qui était faux. Ce qui en a provoqué mon absence. Bref, elle me soumettait à son mépris.

Parce que pour être dans sa vie, je devais ou bien être le dominant, ou bien le soumis. Il n’y avait aucune autre option à part ces deux extrèmes.

Je pourrais donner d’autres exemples, mais ceux-là sont déjà bien suffisants. Et toujours, à la fin de la relation, je suis dans l’incompréhension la plus totale. Comment est-ce qu’une personne peut passer de soumise à abusive, et ce aussi rapidement ?  Et surtout, pourquoi est-ce que la notion d’égalité dans le couple semble à être aussi difficile, voire impossible pour ces femmes-là ? Pourquoi vivent-elles dans un extrême ou dans l’autre, mais jamais dans le juste milieu ?

Est-ce à dire que toutes les femmes sont incapables de vivre dans une relation égalitaire ? J’ai déjà posé la question sur un forum.  Et toutes les femmes qui m’ont répondu avaient la même réplique à me donner : « Eh bien moi j’ai une relation à 100 % égalitaire avec mon conjoint, et ça fait 5-10-15-20 ans que nous sommes ensemble. »

Cette réponse me démontre deux choses. D’abord, que oui, il y a des femmes qui sont capable d’avoir une relation égalitaire. Mais l’autre chose, c’est justement le fait que celles-là sont en couple stable à long terme. Ça me porte à croire qu’il y a cause à effet. Ce qui signifie que c’est justement leur personnalité égalitaire qui fait que ça dure aussi longtemps.

Quant aux autres, celles qui restent, ce sont celles qui sont convaincues que dans un couple, la notion d’égalité n’existe pas. À leurs yeux, il faut absolument que l’un domine l’autre.  Et dans leur vision étroite de ce qu’est le couple, si un homme n’est pas dominateur, alors il est soumis. Et si c’est ce qu’elle pense/croit à son sujet, alors elle va automatiquement tenter de le dominer avec son mépris et ses abus. Ce qui fait que la relation ne dure pas. D’où célibat.

Parce que, tel que mentionné plus haut, aucune femme ne respecte l’homme qu’elle peut dominer.

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Y’A LIENS LÀ

Geneviève la coloc de l’enfer
La convention sociale du « Si tu viens, tu couches ».
La Pick-Me Girl sur Wikipedia.
Mégane la mystique qui nie la réalité.
Océane
Pourquoi est-ce que Femme + Alcool = Drague ?

Et sinon, du côté du dating ?

Lors de mon voyage à Paris de juin dernier, j’ai été surpris de constater qu’en Europe, Facebook Rencontre (ou Facebook Dating) n’existe pas. Alors pour les gens du vieux continent, qui constituent 86,4% de mon lectorat, je vous explique le principe.

Ici, en Amérique, lorsque l’on ouvre Facebook sur le téléphone, on peut voir un coeur sur la barre d’outils tout en bas de l’écran.

Comme son nom l’indique, il s’agit d’une app de rencontre pour les membres de Facebook. Il n’est pas accessible sur ordinateur ou laptop. Seulement sur téléphone. On s’y fait un profil dans lequel on peut mettre jusqu’à 12 photos, et un texte de présentation d’un maximum de 500 mots.

Comme je l’ai déjà expliqué sur quelques billets déjà, ma formule gagnante pour attirer l’attention sur les sites et apps de rencontres est un texte rigolo + des photos dans lesquelles je fais le beau (dans le sens non-canin du terme.) Et ça donne ceci :

Puis, on peut aller sur la page principale. Et celle-ci nous montre les profils de gens qui correspondent avec les préférences que l’on a inscrit dans l’engin de recherche. Dans mon cas personnel : Femme, 35 à 60 ans, proximité de 100 km, non-fumeuse.

Pas sûr que l’age corresponde à la réalité.

En bas à droite de la photo, il y a un coeur et un X. J’appuie sur le bouton qui correspond à mon intérêt, ou à mon manque de. Ce qui me permet de passer au profil suivant. Et ainsi de suite.

Et lorsque des femmes visitent mon profil et cliquent sur le coeur, ou bien m’envoient un message (ce qui est automatiquement enregistré comme un J’aime), ou bien répondent positivement à mon approche, je reçois une notification.

À partir de là, il n’en tient qu’à moi d’y donner suite ou non.

Comme le savent mes lecteurs de longue date, je suis célibataire et j’ai passé les dernières années sur différents sites de rencontres. Mais cette année, je me contente de Facebook Rencontre, puisque celui-ci a deux avantages sur les autres. De un, c’est gratuit. Et de deux, un tiers de la planète est sur Facebook. Ce ne sont donc pas les candidates qui manquent.

L’Amour est dans le champs de patates, la suite.
Bien que mon but premier dans l’exercice de ces rencontres n’est pas de m’accumuler du nouveau matériel pour la suite de mon livre, je dois reconnaître que depuis le début de l’année, mes différentes expériences ne me donnent que ça.

Mais avant d’aborder le sujet…

Il faut prendre en considération un fait important, et c’est que bien des choses ont changé en moi depuis le début du 21e siècle. D’abord, physiquement. En 2008, l’année de mes 40 ans, j’avais une libido à tout casser. C’était au moment de ma toute première remise en forme, musculaire, alimentaire et cardio, suite à Défi Diète 2008. J’étais beau. J’avais la cote chez les femmes. Et j’avais l’énergie pour en profiter à fond.

J’avais toujours eu une libido d’ado, mais cette année-là elle atteignait des sommets jusque-là inégalés. Alors je prennais chaque opportunité qui passait, en plus de draguer moi-même, chose qui n’est pourtant pas dans mes habitudes. Le résultat : dix différentes partenaires cet été-là. Jeunes, vieilles, belles, laides, minces, obèses, célibataires, mariés, en couple ouvert, en couple fermé, de mon quartier, à 750 km de chez moi. Aucun obstacle de temps, d’argent ou de distance ne pouvait se mettre entre moi et une opportunité de baiser.

Malheureusement, de l’autre côté de la médaille, le fait de prendre n’importe qui fait que l’on se retrouve avec n’importe quoi. La quasi-totalité de ces partenaires ne me convenaient pas, au-delà du sexe, pour diverses raisons d’incompatibilité. Et la moitié de celles-ci avaient des défauts de caractères et de personnalités qui les ont transformées en méprisantes ennemies, suite à mon refus de rendre officielles nos relations.

Depuis autour-de-2013, mon corps a peu à peu diminué sa production de testostérone. Rendu en 2024, il n’en produisait presque plus. Ma libido était morte. Constat réalisé peu après avoir pris avec nonchalance les avances de Noémie, 25 ans, l’une des rares jeunes femmes qui fantasment sur des hommes de l’âge de leur père, tout en ayant un look de mannequin d’OnlyFans.

Image de modèle libre de droit, mais qui ressemble à la vraie Noémie.

Une opportunité pareille, si on ne la saisit pas au moment où elle s’offre, on la perd pour toujours. Je ne l’ai pas saisie. Son désir pour moi est tombé et ne s’est plus jamais relevé. Quinze ans plus tôt, aucun obstacle de temps, d’argent ou de distance ne pouvait se mettre entre moi et une opportunité de baiser. Et là, je venais d’en laisser filer une, de la part d’une candidate qui représente le wet dream ultime de tous les vieux pervers hétéros.

Depuis, je suis en traitement de remplacement de la testostérone. Ma libido a ressuscitée. Or, il y a une différence majeure entre maintenant et jadis. En jouant habilement sur mon dosage, ça me permet de controler ma libido, plutôt que d’être controlé par celle-ci. Et ceci fait toute la différence, car ça me permet de mieux saisir les Red Flags que soulèvent certaines femmes lors de nos premiers contacts.

Bon, en fait, j’ai toujours été capable de les voir, ces Red Flags. C’est juste qu’il fut une époque où mon désir de baiser me poussait à m’en foutre. Tandis que maintenant, je suis beaucoup plus sélectif. Ce qui est une bonne chose, lorsque l’on voit les spécimen de célibat qui s’offrent à moi ces temps-ci. Par exemple :

Celle qui m’insulte dès le tout premier message.
L’expérience m’a appris à la dure que lorsque le premier contact commence de cette façon, non seulement le reste de la relation suit le même thème, ce genre de chose a tendance à empirer avec le temps.

Dans ce temps-là, je règle la question sans tarder.

Celle qui confond ses correspondants.
Difficile de sentir spécial pour une personne qui entretient plusieurs correspondances en même temps.

Celle pour qui le positif est un signe de négatif.
Au mois d’août dernier, je jase pendant quelques jours avec une femme sur Facebook Rencontre. Elle traverse un mauvais moment, alors je suis à son écoute, je la rassure. Elle est même agréablement surprise que je lui fasse remarquer certaines choses, qui peuvent être à la source de certains de ses problèmes. Et surtout, je lui fais prendre conscience que rien de ce qui lui arrive n’est de sa faute. Et ceci lui procure un sentiment de soulagement.

Puis elle m’annonce qu’elle va mettre fin à nos communications. Elle a parlé de moi à sa coach de vie. Et celle-ci lui a dit de se méfier de moi, car mon comportement, c’est à 100 % du pervers narcissique qui fait semblant d’être à l’écoute, de manière à ce qu’elle baisse sa garde face à moi, ce qui va me permettre de mettre le grappin dessus, et de l’exploiter de toutes les façons.

Alors voilà, mesdames et messieurs, nous avons fini par faire le tour. La bienveillance masculine est désormais un Red Flag.

Celle qui est à 100% négative et à 0% informative.
Elle m’écrit : « Salut. » Je vais voir son profil. Je vois ceci:

Aucune description personnelle, à part le fait qu’elle a le feu au cul, mais dans son cas c’est sous forme d’inflammation de l’intestin. Sinon, elle n’offre aucune description de ce qu’elle recherche. Rien que du négatif. Next !

Celle dont la correspondance est incompréhensible.
Elle m’écrit en premier. Côté positif, c’est une très belle et mince jeune femme. Du côté négatif, eh bien…

Quelle étude ?

Quelles recherches sur FB ?

Mais c’est quoi, ces réponses qui n’ont rapport en rien de ce que je lui demande ? Remarquez que ses questions et ses affirmations ne sont pas mieux. Vous savez quoi ? À l’âge où je suis rendu, il ne me reste plus assez d’années de vie pour avoir le temps de déchiffrer son vocabulaire. Bloquée et next !

Après le Speed Dating, voilà le Speed Hating. Ou : celle qui s’attend au pire de ma part… Avant même notre première rencontre.

J’entre au restaurant et me dirige, tout souriant, vers ma correspondante, que je reconnais aisément.

« Bonsoir! T’es bien Émilie? »

Elle me regarde avec un air pas amusé du tout.

« J’aime mieux te prévenir tusuite : si c’est yink pour du cul ou ben si t’es pour me ghoster, aussi ben arrêter là. »
« Euh… je vois ! »
« Ben oui, tu vois une fille qui est écœurée de se faire niaiser. C’pas dur à comprendre. »

Je la regarde pendant quelques secondes, encore un peu déstabilisé du fait que je ne m’attendais pas à ce genre d’accueil. Puis…

« D’accord ! Bonne soirée. »

J’ai tourné les talons. Je suis parti. La plus courte rencontre de toute ma vie. Je n’ai même pas eu le temps de m’asseoir.

Ma motivation pour partir n’était pas que je ne planifiait que de l’utiliser pour du cul avant de la ghoster. C’est le fait que je m’enlignais pour devoir prouver ma bonne foi à une personne qui refuse tellement d’y croire qu’elle le nie avant même que l’on se soit rencontrés. Ce qui me manipulerait à devoir montrer des signes d’intérêt envers une personne qui n’en aurait aucun pour moi. Et surtout, de devoir payer pour ce que d’autres hommes lui on fait. Ce qui n’est pas ma responsabilité.

Celle qui n’en est pas à sa première vie.
Au mois de mai, j’ai eu rendez-vous avec une femme dans la quarantaine. En fait, c’est surtout mon statut d’auteur publié qu’il l’a attiré vers moi.

On commence à jaser de choses et d’autres. Et voilà qu’elle me confie qu’elle est réincarnée. Bon, pas de quoi en faire un plat, beaucoup de gens croient en la réincarnation. Mais attention, elle, c’est spécial. Elle m’affirme qu’elle est la réincarnation d’un des chats de Simone de Beauvoir.

Elle m’a demandé si j’avais des contacts avec des maisons d’édition de la France. Je lui ai demandé pourquoi. Elle m’a proposé de co-écrire avec elle sa biographie féline. Car elle a des révélations à faire qui vont complètement bouleverser ce que l’on croit savoir au sujet de la relation de Simone avec le philosophe Jean-Paul Sartre. Un sujet qui risque de moins intéresser les Québécois que les Européens, d’où sa question.

Je lui ai répondu qu’il y a quelques années, après vérification, j’ai constaté que les maisons d’édition de chaque pays ne prennent pas les manuscrits en provenance de pays étranger. Ce qui est vrai. Elle a trouvé ça vraiment dommage.

Pourquoi est-ce que je me retrouve toujours avec les crackpots ?

Celle qui ne recevra pas de sitôt le trophée Maman de l’Année.
Je jase quelques fois par jours avec cette femme, mère de trois filles. Et là je reçois un message vocal. Je l’écoute.

« Quand tu te doigtes, tu prends combien de doigts ? Hi Hi ! « 

Aussitôt, je me glace d’horreur. C’était la voix d’une fillette qui ne devait pas avoir plus de dix ans. Donc l’une des filles de cette femme

Je l’efface aussi sec, et je dis à cette femme de ne plus jamais refaire ça. Parce que, de 1, en tant qu’homme de 57 ans (à ce moment-là), je suis très mal à l’aise avec le concept de faire des jokes de cul avec une mineure. Et de 2, avec ce vocal dans mon messenger, il suffirait d’un policier zelé pour me faire coller au fion une accusation de possession de matériel trop louche pour être honnête. Et ça risque d’être encore pire pour cette femme, pour production et distribution de ce même matériel.

La femme me fait le coup de la mère épouvantée, de se rendre compte de ce qu’elle venait de faire. Elle me dit qu’elle ne pensait pas à mal. Que c’est le genre de chose qu’elle fait tout le temps avec ses amis de gars, et que c’est juste drôle.

Et une heure plus tard, elle coupe et tout contact avec moi, en disant que d’une certaine manière, mon humour est toxique pour elle. Parce que je l’incite à faire de l’humour également, mais que ça faisait ressortir le pire en elle.

Alors voilà ! C’est elle qui incite sa fille de dix ans à dire des cochonneries à un homme de 57, mais c’est moi qui suis un monstre. NEXT !

Celle qui n’assume pas son physique.
Je me rend à un premier rendez-vous à un café. Je ne reconnais pas ma correspondante parmi les clients. Il n’y a qu’une femme seule dans ce café. La première chose qui me vient en tête en la voyant est:

« Oh shit ! J’espère que c’est pas elle. »

Aussitôt, elle me salue en m’appellant par mon nom.

À quoi je m’attendais, aussi, avec une photo de profil retouchée par I.A.

Je n’ai rien contre les femmes qui sont en surpoids. Mais quand elle est légèrement grassette en photo, et qu’en personne elle a la silhouette de Barbapapa… Ça donne un choc, disons.

Pas Barbamaman. BARBAPAPA !

Il y a des hommes qui sont amateurs de ce genre de chose. Si elle pouvait assumer son physique, alors elle les trouverait plus facilement qu’en se présentant comme autre chose que ce qu’elle est vraiment.

Celle qui m’éblouit (temporairement) par son haut niveau d’éducation.
Je suis impressionné. Une femme de ma génération, célibataire, sans enfants, de ma région, et qui possède un PhD.

Pour les non-initiés, un PhD est le diplôme de troisième cycle universitaire, nommé Philosophiæ Doctorate par les anglophones. C’est le diplôme d’études le plus full méga Einstein-esque atteignable, et ce uniquement dans les insititutions d’études de niveau supérieur.

Au final, dans son cas, PHD, c’était pour Polyvalente Hyacinthe-Delorme. Pas tout à fait du même niveau, mettons. Pourquoi perdre son temps à discuter philosophie quand on peut s’interroger sur les futures éliminations des candidats de la télé-réalité populaire du moment, pas vrai ?

Dans la série Pas l’temps d’niaiser !

Je me suis fait aussitôt ghoster. Pourtant, j’ai été on-ne-peut-plus conciliant.

Celle qui me fait des propositions en commentaire déplacé.
Déplacé, car le sujet dans lequel elle m’a abordé, c’était l’annonce du décès de mon oncle par infarctus.

Non pas que j’aurais répondu autrement à ce genre de message s’il m’eut été envoyé ailleurs.

Concluons avec Celle qui amorce le contact en me servant une tonne métrique de bullshit.
Bullshit
, littéralement caca de taureau, est un mot anglais qui signifie foutaise ou baratin. Ce terme est utilisé pour qualifier des propos mensongers ou bidon. Et c’est exactement ce que m’a offert ce plus récent spécimen, en m’envoyant une demande de messages sur Facebook.

Un Stéphane, mon véritable prénom. De Québec, ville où j’ai habité de juillet l’an dernier jusqu’a la fin de juin de cette année. Qui a un profil drôle sur Facebook Rencontre, ce qui est mon cas. Et qui liste Steve Requin sur Facebook dans la catégorie Famille, alors que je n’ai aucune famille à part mon alter ego sur Facebook ? De qui pourrait-il donc bien s’agir, d’après vous ?

Effectivement, je me souviens de cette femme qui m’avait dit avoir fait erreur en n’ayant pas vérifié ma ville sur mon profil de FB Rencontre. Je me souviens également qu’elle trouvait dommage que la distance soit un obstacle. Mais là s’arrêtent les faits. Car tout ce qu’elle affirme par la suite n’est que pure foutaise. Aussi …

Logiquement, elle a pourtant tout pour m’intéresser. Une femme qui a fait l’effort de cliquer sur l’option Voir le profil sur Facebook Rencontre, ce qui l’a amené à mon profil de Stéphane Lussier Johnson de Facebook, ce qui lui a permis de parcourir ma liste d’amis, ce qui l’a amené à mon compte de Steve Requin… Une femme qui prend la peine de me dire que je représente ce qu’elle recherche car je suis célibataire et drôle. Une femme qui va même me dire qu’elle me trouve sexy. Une femme qui, même si elle ne m’a pas reconnu d’un compte à l’autre, m’a tout de même choisi les deux fois. Ce qui signifie que, physiquement, je correspond au type d’homme qu’elle préfère. Une femme qui habite à proximité, maintenant que je suis de retour sur la Rive-Sud de Montréal.

Il y a dix ans et plus, voilà une opportunité de baise assurée, voire de relation sérieuse, que je n’aurais certainement pas laissé passer. Car en partant de la logique comme quoi ses mensonges n’étaient que dans le but de se rapprocher de moi, je les lui aurais pardonnés.

Or, peu importe la raison pourquoi elle m’a menti dans son tout premier message, il reste qu’elle m’a menti dans son tout premier message. Un mensonge qui n’était absolument pas nécessaire. Un mensonge totalement gratuit, de son propre chef, car je ne lui ai rien demandé. Ce qui en fait fort probablement une menteuse compulsive. Alors effectivement, si j’ai droit à ça dès le tout premier contact, ça promet pour la suite. Ce n’est pas la paranoïa qui parle. C’est l’expérience. Une expérience acquise à la dure, à l’époque où je fermais les yeux devant ce genre de Red Flags.

Finalement, pour les sorties, mieux vaut me contenter de mes bonnes amies qui sont fières d’être vues en ma compagnie.

Comme ici, mais fières.

Mais pour le reste, comme le dit le proverbe, mieux vaut être seul que mal accompagné.

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Y’A LIENS LÀ

Juste si vous êtes curieux, puisque j’ai fait référence à certains sujets déjà traité dans ce blog:

Noémie, ou le rêve devenu réalité. C’est le premier d’une série de six billets à son sujet.
L’intérêt d’une femme vient avec une date d’expiration. Le premier de trois billets, qui expliquent pourquoi Noémie ne m’a pas pardonné ma nonchalance face à ses avances.
Le lobe frontal et l’effrontée, au sujet de Marieke, qui m’a qualifié de nouille dans son tout premier message.

Deux rencontres parfaites.

Ceci est le j’sais-plus-trop-combientième billet de la série (Més)aventures sur sites de rencontres.

Il y a trois semaines, le jour où j’ai terminé mon assignation pour mon travail en Gaspésie, j’ai changé mon adresse sur le site de rencontres MeetMeat, passant de Carleton en Gaspésie, à Baie-Comeau sur la Côte-Nord.  Presque simultanément, deux femmes de Sept-Îles, Côte-Nord, m’écrivent.  Aucune des deux n’a de photo de profil.  La première se nomme Fanny.  Je commence par lui dire que malheureusement, Sept-Îles est à deux heures trente de Baie-Comeau, et je mets ma limite à une heure.  Elle est déçue. Elle tente de me faire changer d’idée en m’envoyant des selfies. Je constate que Fanny est une belle femme dans la quarantaine.  Petite, blonde, mince, joli sourire.  Finalement, je crois bien que je pourrais faire exception pour elle. 

Ce soir-là, on passera des heures sur la messagerie de MeetMeat. Jusqu’au moment où, alors que l’on s’apprête à se quitter pour dormir, elle se sent assez en confiance avec moi pour que l’on échange nos adresses Messenger. On y jase encore quelques jours, mais je finis quand même par y renoncer.

MOI
Tu es bien gentille mais ça ne marchera pas.  2h30 de route, ça reste deux fois et demie ma limite.

FANNY
Ah? Bon! C’est dommage. Mais je comprends

L’autre femme de Sept-Îles se nomme Brigitte.  Je commence par lui dire la même chose qu’à Fanny, comme quoi Sept-Îles étant situé à 2h30 de chez moi, c’est un peu trop loin.  Elle me répond qu’elle le pense aussi.  Mais elle a aimé mon profil, donc elle a pris une chance.  Sur ce, elle m’envoie des photos.  Et il se trouve qu’elle aussi est une belle, mince et petite femme, celle-ci ayant les cheveux bruns légèrement frisés.  Avec elle, je jase un peu, mais je finis par laisser laisse la conversation en suspens.

Trois semaines plus tard, lundi 12 mai.  Voilà deux semaines que je suis installé à Baie-Comeau. Demain j’ai congé, et la météo annonce très ensoleillé avec quelques passages nuageux.  Tant qu’à ne rien faire chez moi, et si je partais en exploration de la région ?  Et tant qu’à avoir deux belles potentielles à Sept-Îles, pourquoi ne pas me rendre jusque-là ?  En même temps, ça me permettrait de régler la situation ridicule que je vis depuis mon arrivée à Baie-Comeau, où il n’y a pas moyen de trouver un barbier sans prendre rendez-vous plusieurs semaines d’avance.  Puisque je ne connais pas mon horaire plus que dix jours d’avance, je ne peux pas choisir une date.  Peut-être qu’à Sept-Îles j’en trouverai un qui pourra me passer tout de suite.  Et tant qu’à être là, j’ai plusieurs petits achats à faire, entre autres des outils pour mon vélo.  Aussi bien les faire sur place.

Pour me sauver du temps ey parce que je suis un coquin, je décide de faire comme Archie en me planifiant deux rendez-vous en même temps avec deux femmes différentes.  À toutes les deux, j’envoie le même message.

MOI
Bonjour à toi. 

Eh oui, un revenant.  Et un arrivant aussi.  Voilà deux semaines que je suis à Baie-Comeau.Est-ce que je t’ai déjà dit que l’année dernière, j’ai failli être assigné à Sept-Îles ?  J’avais laissé ma candidature, Mais je n’avais pas été pris car il y avait plus de candidats que de postes disponibles.

Étant donné que j’ai congé demain et qu’il est supposé faire nuageux quoique ensoleillé, j’ai décidé que je vais aller visiter la place.  Baie-Comeau c’est bien, mais on en fait vite le tour. Tandis que Sept-Îles, c’est beaucoup plus grand.  Je vais en profiter pour faire du magasinage de printemps.  Et aussi voir si je peux trouver un barbier qui ne demande pas un rendez-vous.

Aucune obligation de rencontre, bien sûr. Je ne sais pas combien de temps je vais passer là demain.  Mais je pourrais te faire signe à un moment donné vers la fin d’après-midi, pour voir si ça te tente et/ou si tu es disponible pour un petit café.

C’est Fanny, la petite blonde, qui me répond en premier.

FANNY
Je suis contente que tu aimes Baie-Comeau. Il y a des activités à faire mais ce n’est pas toujours connu.  Si tu aimes marcher genre randonnée il y a de beau sentier au Parc Nature de Pointe aux outardes.  On y voit beaucoup d’oiseaux.  Le boisé de la pointe St-Gilles est bien également.  La Baie St-Pancrase.  Il y a Attitude Nordique pour kayak de mer et activités.  Et pour les restos, Uzumaki très bon.  Et le Riviera à Chutes-aux-Outardes est excellent.

… Ok !

Je lui dis que je veux visiter Sept-Îles, et peut-être la rencontrer.  Et elle me donne une liste d’activité à faire près de chez moi. Son message ne peut pas être plus clair : Reste donc chez vous.

Brigitte la petite brunette, par contre, est beaucoup plus réceptive.

BRIGITTE
Cool.  Je finis de travailler à 15h30.

Voilà qui est plus positif. 

Le lendemain matin, je me réveille vers 05h00.  À 05h17, juste comme je prends mon téléphone, elle m’écrit.

BRIGITTE
Bon matin à toi.

Cool !  Elle me relance dès l’aube.  Voilà qui augure très bien. À moins que ce soit pour me dire que finalement elle ne soit pas disponible ?

BRIGITTE
Aux Galeries Montagnaises de Sept-Îles, tu vas trouver un salon de coiffure.  Sinon, je pense qu’il y a un barbier sur la rue Brochu, Chez Jimmy. 

Wow !  Je suis allé à bien des rendez-vous dans ma vie, mais c’est la première fois qu’il y en a une qui prend l’initiative de me guider pour trouver ce que je cherche, et ce près de chez elle.  C’est autre chose que la réponse de Fanny.

Ravi, je saute dans la douche. Puis, je me fais tout beau, je monte dans l’auto, et je pars en direction de Sept-Îles.

Tout le long du chemin que je découvre, je trouve le décor de toute beauté.  Il est vrai que le soleil matinal contribue à l’améliorer.  La grande quantité de conifères apporte beaucoup de vert, malgré l’absence des feuilles dans les arbres.

Alors que je m’arrête à moitié chemin pour faire le plein, je reçois un texto.

BRIGITTE
Est-ce que tu es en route ?

Elle est vraiment charmante, de prendre sans cesse des nouvelles comme ça.  On sent vraiment sa hâte de me rencontrer.  On échange quelques messages.  Elle m’envoie un selfie pris à l’extérieur.  Je lui en envoie un à mon volant.  En guise de réponse, elle envoie un émoticon animé qui a des cœurs à la place des yeux, et dont la bouche bouge de manière à dire « Wow ! » 

Ça augure vraiment bien pour ce soir. Je reprends la route, tout heureux de me sentir autant désiré.

J’arrive aux Galeries Montagnaises de Sept-Îles.  J’entre et j’y trouve aussitôt un petit salon de barbier.  Il me prend immédiatement, et j’ai droit à une coupe bien faite et vite faite.  En sortant, j’écris à Brigitte pour lui dire que j’ai enfin la coupe que je voulais, et je lui envoie des selfie.  Qu’elle commente de coeurs.

Je fais mes autres achats sur place.  Puis arrive 11H00.  J’ai faim.  Il y a justement un A&W pas loin.  Ça fait des années que je n’en ai pas eu.  Je m’y stationne, j’entre, je vais au comptoir, je passe ma commande, pour manger sur place.  Je suis servi en un éclair.  J’amène mon cabaret à une table et je m’y installe.  Je prends mon téléphone, juste comme je reçois un message.

BRIGITTE
Je suis libre pour le diner de 11h30 à 12h50.  Veux-tu me rejoindre au Casse-Croute du Pêcheur ?

Je suis émerveillé.  Elle a tellement hâte de me voir qu’elle ne peut même pas attendre après la fin de son travail. 

Quand une femme exprime le désir de te rencontrer maintenant, si tu ne veux pas tout faire foirer, alors tu y vas right fucking now.  C’est une leçon que j’ai apprise à la dure, entre autres l’année dernière avec Noémie, ma tatouée gothique de 25 ans. Je confirme à Brigitte que j’y serai.  Mon A&W, ça sera mon souper, voilà tout.  Je me relève et je retourne au comptoir avec mon cabaret pour demander au caissier s’il pourrait me mettre ça pour emporter SVP.  Il me regarde d’un air méfiant.

« Vous ne voulez plus manger ici ?  Quelque chose vous déplait dans notre salle à dîner ? »

Ça ne me tente pas vraiment de lui expliquer que je crains de mettre mon avenir amoureux et sexuel en jeu en mangeant un hamburger-frites seul plutôt que des fruits de mer avec une potentielle conjointe.  Je baratine donc comme quoi j’ai reçu un texto du travail disant que je dois y retourner immédiatement.  Il me met le tout dans un sac, et je pars.  Le temps de trouver l’autre resto sur Google Map, je reprends la route, tout souriant, en me disant que ça fera une amusante anecdote à raconter à nos futurs enfants.

Naah, je plaisante.  Je suis vasectomisé.

Je me rends au Casse-Croute du Pêcheur et j’arrive en premier. Je vois son auto arriver et se stationner.  On se reconnait, petit câlin, petit bisou. Elle est souriante et aussi belle que sur ses photos. 

Quelques minutes plus tard, nous sommes à table.  La conversation se passe très bien.  On parle de nous, de notre travail, notre parcours de vie. Et finalement ce qui nous amène sur MeetMeat.  Elle me dit que depuis son divorce, elle a renoncé au concept du couple.  Maintenant, elle vit pour elle-même, et rencontre de temps en temps les hommes qui lui plaisent.  Je constate que c’est à peu près semblable à moi, en inversant les sexes.  Ce qui est normal dans mon cas, puisque mon travail fait que je ne tiens pas en place. Elle me parle de sa maison, et je constate que sa propriété et sa façon de vivre ressemble incroyablement à mes anciens buts de vie, avant que je lâche tout pour devenir travailleur nomade. 

Le repas terminé, elle propose une balade sur le bord de la mer, pour le temps de pause qu’il lui reste.  Nous sortons du resto.  Juste comme nous foulons l’asphalte, un gars se dirige vers nous en souriant.  Brigitte est surprise.  Elle le reconnait.  En souriant, elle va se jeter dans ses bras.  Je constate que le gars a un look et un style un peu similaire au mien.  À ceci près qu’il est plus jeune, plus grand et plus beau. 

Il se penche pour lui murmurer quelque chose à l’oreille.  Et c’est d’un ton surpris et ravi dans la voix qu’elle lui répond.

 « Hein ? T’es-tu sérieux ? »

Puis, elle le quitte pour revenir vers moi. Tandis que le gars entre au resto, Brigitte m’entraine vers le bord de l’eau, là où j’ai laissé mon auto.  Elle m’explique :

« Ce gars-là, c’est un de mes amants.  Je suis obsédée par lui en particulier depuis au moins un an. Mais il ne pouvait rien se passer de sérieux entre nous deux, à part le sexe, parce qu’il était en couple.  Et là, il est venu ici parce qu’il savait que j’y viens souvent pour diner.  Il vient tout juste de m’annoncer qu’il est célibataire. »

Ces mots font naître en moi un malaise.  Je sens que ça augure mal.  Ce sentiment se confirme alors qu’elle me fait un petit câlin et me dit :

« Bon et bien, bonne fin de séjour à Sept-Îles. »

… avant de repartir en direction du resto.

…

Tu me fucking niaises ?

Je reste là, sur le parking, en totale aberration devant ce qui vient de se passer, en la regardant se diriger vers la porte du restauirant, l’ouvrir et y entrer.  Je reste figé sous le choc pendant une bonne minute, avant de finalement remonter dans mon auto.

Par le passé, il m’est déjà arrivé qu’un plan de rencontre se fasse annuler parce qu’un gars plus intéressant que moi a entretemps surgi dans le décor.  Mais je n’aurais jamais imaginé que je pouvais vivre cette situation pendant la rencontre.  Et surtout pas par une femme qui avait passé toute la journée jusque-là à multiplier ses signes d’intérêt pour moi. 

Elle était ma rencontre parfaite. Mais c’est lui qui était la sienne. (D’où le titre.)

Le chemin du retour m’a semblé beaucoup moins charmant que celui du matin.  Pour le reste de la journée, mon humeur était à l’image de mon souper, avec mon burger froid, mes frites molles qui avaient pris le goût du carton de son emballage, et de ma root beer tiède et flate.

Cinq heures de transport, $80 d’essence et $60 pour deux restaurants, en pure perte.  Bon, ma coupe de cheveux et les autres achats, je ne les compte pas là-dedans.  C’est quelque chose qui était prévu.  Mais pour le reste, ça fait quand même $140 aux poubelles.

Mais bon, c’est la règle du jeu.  Lorsque tu es un homme sur un site de rencontres dans lequel le ratio homme-femme est de 50 contre 1, il faut s’attendre à ce que la compétition soit féroce.  Et surtout, qu’il y aura toujours un gars qui lui plaira plus que toi. 

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ANNONCE.
Suite à cette expérience, j’ai décidé de suivre les suggestion que je reçois parfois, et j’ai décidé de rédiger un livre qui va raconter mes expériences de rencontres les plus abracadabrantes. Son titre : L’Amour est dans le champ de patates. Ou : Les réalités du dating pour un homme dans la cinquantaine à l’ère des apps et sites de rencontres. Et c’est pour vous en offrir un extrait que j’ai rédigé ce billet.

La rupture qui régla tous mes problèmes, 1 de 3

On connait tous l’histoire classique de celui ou celle en couple avec une personne abusive et dépensière.  Et qui voit ensuite sa vie s’améliorer à tous les niveaux après s’être séparé de cette personne qui était la source de tous ces problèmes.

Ceci n’est pas ce genre d’histoire.

Tout d’abord, mise en contexte.  Il y a deux ans et demi, j’ai suivi une formation accélérée afin de devenir préposé aux bénéficiaires.  Formation offerte par le Gouvernement du Québec, face à la crise du manque de personnel dans le milieu de la santé, alors que les employés démissionnaient en bloc par crainte de la Covid-19 qui n’avait encore aucun vaccin à ce moment-là. 

À ma grande surprise, bien qu’étant âgé de 51 ans, j’étais le second plus jeune homme de ma classe.  Et aussi le plus beau, mes 40 jours d’itinérance ayant fait de moi un athlète.  À ma connaissance, au moins cinq femmes de cette classe se sont intéressées sérieusement à moi. Mais la majorité étant en couple avec le père de leurs enfants, elles n’étaient pas une option.  Et puis, j’ai toujours évité comme la peste les relations au travail.  Car si la relation tourne au vinaigre, il n’y a rien de pire que de d’être obligé de côtoyer son ex cinq jours par semaine.

Cependant, j’ai dû faire exception pour Mégane.  Non seulement était-elle la plus directe et la plus insistante, son langage corporel et ses réactions physiques face à moi démontraient une attirance profonde, un instinct de désir quasi-animal qui allait bien au-delà du simple caprice. En plus d’être d’une grande beauté et bien plus jeune que moi, ce qui ne gâchait rien.  Rarement ai-je eu une si grande compatibilité sexuelle avec une partenaire, et ce dès la toute première fois.  Chacun de nous était convaincu avoir trouvé son match parfait, et il était même dans nos projets de nous marier.

Si notre relation fut sans histoires, il n’en était pas de même pour les autres aspects de ma vie, alors que j’ai eu à faire avec un impressionnant nombre de problèmes. Pour ne citer que les principaux :

  • Des 16 de ma classe embauchés par le CHSLD local, je fus le 8e à être abusivement renvoyé.
  • Je me suis aussitôt trouvé du travail dans une maison pour personnes retraitées, mais celle-ci a dû fermer lorsque ma patronne a perdu sa licence (et n’a jamais voulu nous dire pourquoi.) 
  • J’ai eu droit à 50 semaines de chômage.  J’ai décidé de faire comme s’il s’agissait d’une bourse d’écriture, le prendre, et d’écrire un livre sure une facette encore inconnue sur le règne de Duplessis.  Mais à ma grande surprise, bien que la majorité des maisons d’éditions me félicitent pour mon travail de recherche dantesque (pour citer l’un de ceux-ci) aucun ne veut le publier.  Certains m’ont même recommandés des maisons concurrentes, qui n’en ont pas plus voulu.  
  • Bien que ma page Autour du Mont-Saint-Hilaire d’autrefois m’ait apporté de bonnes connexions avec l’administration de la ville de Saint-Jean-Baptiste où j’habite, aucune de leurs promesses d’emploi, de poste ou de contrat ne s’est concrétisée.
  • Saint-Jean-Baptiste étant surtout une ville agricole, les perspectives d’emploi au-dessus du salaire minimum sont rares.  Et sans véhicule, impossible pour moi d’aller travailler ailleurs.

À la fin de mon chômage, ma seule option de travail était d’aller joindre l’abattoir de dindes pas loin de chez moi, à travailler sur une chaîne de production.  Et ceci me pose deux problèmes.  L’abattoir n’a qu’un seul quart de travail, le jour, du lundi au vendredi. Mégane travaille de soir et n’a pas droit au weekend, ses congés étant des jours variés en semaine.  Alors dès que je commencerai à travailler, on ne se verra plus. 

Second problème, un calcul rapide me démontre qu’une fois les déductions salariales retirées, travailler à l’abattoir ne me rapportera que $36 de plus par chèque que le chômage.  Ce n’est pas avec ce salaire-là que je vais pouvoir me payer un véhicule qui me permettra d’aller chercher du travail ailleurs.  Je me vois donc condamné à passer le reste de ma vie pauvre.  Pauvre et seul.  Car déjà que ma pauvreté était un obstacle à toute perspective d’avenir sérieux avec Mégane, tenter d’y remédier en travaillant à l’abattoir, ma seule option, allait nous séparer pour de bon.

Ce que je ne savais pas, c’est que je n’étais plus en couple avec Mégane depuis deux mois.  Elle avait juste omis de me le dire.

Au début du mois d’avril, l’un de ses ex d’il y a trente ans l’a retrouvé et recontacté sur Facebook.  Il est marié, est père de jeunes ados. Après quelques jours de Hey-salut-comment-ça-va-qu’est-ce-que-tu-deviens, il lui a sorti le grand jeu du je-ne-t’ai-jamais-oublié-tu-a-toujours-été-la-femme-de-ma-vie.  Et elle a embarqué.

Ne s’attendant pas elle-même à (re)tomber en amour avec un autre, elle était désemparée et ne savait pas comment me le dire.  Mais en deux ans, j’ai appris à la connaître parfaitement.  Et j’ai une grande expérience de ce genre de situation.  Je sais voir le changement de comportement d’une conjointe envers moi, et je sais ce que ça signifie.  J’ai compris qu’elle m’avait remplacé par un autre.  Il a fallu que ce soit moi qui aborde le sujet.  Elle n’a eu d’autres choix que d’avouer.

Elle m’a dit que l’une des choses qui a miné notre amour est le fait que, pendant les deux ans de notre relation,  je lui ai démontré que je serais incapable de contribuer à notre avenir commun de manière significative.  Car tout le long de notre relation, elle m’a seulement vu plonger de plus en plus bas.  En un an, elle m’a vu perdre un bon emploi.  Puis un second.  S’en suivit un an de chômage, dans lequel elle m’a vu me démener en vain pour me trouver un bon poste dans l’administration de la Ville.  Elle qui croyait en moi et en mon talent, m’a vu travailler très sérieusement sur un livre, reconstituant une partie inédite de l’Histoire du Québec, un sujet garanti de se faire publier… Et personne n’en veut.  Et mon seul avenir à ce point-ci, c’est de finir dans une chaine d’abattoir de dindons pour à peine plus cher que le chômage.  Tandis que son nouvel homme travaille pour le Gouvernement depuis 25 ans.  S’ils finissent un jour par vivre ensemble, sa contribution au revenu ménager total leur assurera un avenir bien meilleur que tout ce que je pourrais lui offrir.

À ce point-là de ma vie, Mégane constituait à elle-seule mon unique vie sociale.  Ma semaine de deuil de notre relation de couple fut rude pour mon moral. 

À la fin de celle-ci, histoire de me changer les idées, j’ai décidé de m’inscrire sur Facebook Rencontres.  Tirant leçon de mes expériences de 2018 sur Tinder et autre sites de rencontres, j’y suis allé avec une approche différente de celle des autres hommes : Description courte non-sexuelle, et photos empreintes d’humour.  J’y ai tout de même ajouté une photo d’extérieur pour faire mon beau, et une photo du temps où j’étais préposé aux bénéficiaires, histoire de cacher que j’étais ex-chômeur et futur chaînon de production. Ce n’était pas dans l’unique but de ruser pour me faire passer pour plus riche que j’étais.  C’est surtout que, étant au début du mois d’août, je réalisais que j’avais encore droit à trois, peut-être quatre mois de températures permettant l’utilisation de mon vélo.  Je songeais à aller poser ma candidature à l’une des nombreuses maisons de retraite et CHSLD des villes environnantes.  Évidemment, j’aurais à démissionner au retour des grands froids.  Mais en attendant, j’aurais droit à un bon salaire.

Mon profil sur Facebook Rencontres était comme suit :

Et comme il y a quatre ans, ceci a attiré l’attention de bon nombre de femmes.  Mais sans posséder de véhicule autre que mon vélo, la majorité habitait beaucoup trop loin pour moi.  Incluant Anne-Marie qui, passant la majorité de son temps dans les provinces maritimes, était vraiment trop éloignée.  Ce qu’elle avait à me dire, par contre, valait la peine que je m’y arrête, comme le démontre cette version abrégée de nos échanges. D’habitude, par respect de la pudeur sociale au sujet des salaires, je ne divulgue jamais le mien.  Mais là, Basta!  Impossible de donner une bonne idée en ne faisant que sous-entendre les faits.

ELLE : J’ai vu ta photo de préposé aux bénéficiaires. Tu travailles où?
MOI :
Sans emploi, mais je suis justement en train de refaire mon CV pour commencer à faire application demain.  Il y a tellement de demande dans le milieu que je suis assuré de commencer à travailler dans les 48h.
ELLE :
Laisse faire ça, ils vont juste te payer $26 de l’heure.  Viens travailler avec moi dans les Maritimes.  Ici, on commence à $35. 
MOI :
Sérieux?  Pour quel CHSLD?
ELLE :
Non, je travaille pour une agence de placement qui fournit des préposés là où la demande est une urgence.  On m’envoie partout, Gaspé, Iles-de-la-Madeleine, Rimouski, Campbellton, Terre-Neuve, Baie James…  Plus c’est loin, plus haut est le salaire.  Par exemple, à la Baie-James, on commence à $46.  Mais peu importe où tu vas, ils te donnent en plus une allocation de $60 par jour pour te nourrir, et tu es logé gratuitement.  Et ton déplacement est payé aussi, on te donne 45¢ du kilomètre entre chez toi et ton lieu de travail.  Et le plus beau, c’est que c’est toi qui décide de ton horaire.  Tu dis que tu es disponible de telle date à telle date, on te case ces dates-là, et voilà.  Et le taux d’absentéisme chez les employés de CHSLD est tellement grand que l’on va te proposer souvent double quart de travail.  Et au-delà de 40 heures par semaine, toute heure supplémentaire est payée temps et demi.

Voilà une situation qui semble trop belle pour être vraie.  Je ne vois cependant pas de raison logique expliquant pourquoi elle me ferait un tel baratin.  Ça valait le coup d’essayer. Elle m’a donné la page web de son agence.  J’y suis allé.  J’ai fait application.  J’ai eu un retour d’appel.  On m’a confirmé que tout était vrai.  J’ai donc fourni les documents prouvant ma formation et mon expérience.  Et voilà que l’on m’annonce que l’on m’offre un premier contrat d’un mois à Carleton-sur-Mer.

Petit problème : Pour avoir le travail, j’ai besoin d’une auto.  Et pour acheter une auto, il me faut un travail.  Les concessionnaires en ayant vu d’autres, ils ont communiqué avec mon futur employeur, afin de s’assurer que oui, j’allais bientôt avoir un revenu stable.  Et puisque j’ai toujours géré mes finances de manière intelligente, j’ai un excellent dossier de crédit.  Je me suis donc procuré un véhicule usagé pour $22 000.

J’ai déjà écrit par le passé à quel point un véhicule était, dans mon cas, une dépense totalement inutile, qui me handicaperait financièrement.  Sans compter la fois où je me suis fait avoir comme c’est pas possible avec un représentant de Général Menteurs il y a 25 ans.  Mais cette fois, la situation est totalement différente.  De un, j’achète au lieu de louer.  De deux, il est usagé et non neuf.  De trois, mon essence est remboursée.  Et le plus beau, de quatre, puisque je peux prouver que j’ai été obligé de l’acheter pour avoir mon travail, un bon comptable pourra en déduire une partie sur mes impôts.

Fort de ma première expérience en CHSLD, je m’attendais à être reçu comme un malpropre, et subir le harcèlement et le rabaissement quotidien.  Il n’en fut rien.  Tout le monde, collègues, patrons, chefs d’équipe, infirmiers, sont chaleureux, aidants, compréhensifs, positifs.  De toute ma vie, jamais n’ai-je travaillé dans un environnement aussi harmonieux.  Et toutes les promesses d’Anne-Marie se sont révélées exactes. 

À la fin de ce premier contrat d’un mois, j’ai pris deux semaines chez moi à Saint-Jean-Baptiste.  Après ce temps de réflexion, mon idée était faite.  Je suis reparti et me suis remis disponible pour trois mois.  Incluant les jours fériés de la fin de l’année.  Et pourquoi pas!?  Je suis célibataire.  Mes enfants sont partis fonder leurs propres familles.  Mes chats sont avec Flavie.  Je n’ai même pas une plante verte.

Ah, et en passant : Il se trouve que l’intérêt qu’avait Anne-Marie envers moi n’était que financier.  Lorsqu’un employé de l’agence recrute un candidat qui fait l’affaire, il reçoit un bonus de $1 000. Mais qu’importe, puisque Facebook Rencontres m’a permis de débuter ici, près de mon nouveau travail, une nouvelle relation.  Et pas avec n’importe qui : il s’agit d’une autrice qui a 21 livres publiés à son actif.  Je me retrouve donc avec une amie de cœur avec qui j’ai beaucoup plus de passions artistiques en commun que je pouvais en avoir avec Mégane.

À quelques reprises, dans des billets écrits par le passé, je faisais état de l’effort que je mettais dans mon évolution de carrière.  Voici la chose, mise à jour :

  1. Il y a onze ans, j’étais artiste et auteur à mon compte, et sans emploi.
  2. Il y a dix ans, j’ai commencé au bas de l’échelle en allant faire du ménage dans un garage de bus.
  3. Il y a neuf ans, cette expérience m’a permis de décrocher un emploi comme concierge résident.
  4. Il y a sept ans, cette expérience m’a permis de décrocher un emploi comme surintendant.
  5. Il y a cinq ans, cette expérience m’a permis de décrocher un travail de bureau pour une grande firme.
  6. Il y a deux ans et demi, cette expérience m’a permis d’être l’un des 10 000 choisi parmi les 90 000 candidats à la formation de préposé aux bénéficiaires, qui m’a permis ensuite de travailler brièvement dans un CHSLD.
  7. Il y a deux ans, cette expérience m’a permis de décrocher un emploi dans une maison de retraite.
  8. Cette année, ces deux expériences précédentes m’ont permis de décrocher mon emploi actuel.  Emploi qui, avec les bonus, me rapporte trois fois le salaire minimum.  Avant temps supplémentaire.

Ça m’a pris dix ans mais j’y suis enfin arrivé.  Je suis parti de rien.  Et aujourd’hui, j’ai tout ce que j’ai toujours voulu.  J’ai un travail dans lequel je suis compétent. J’ai un salaire qui me permettra bientôt de vivre une vie normale d’adulte normal. Mon travail m’amène à voyager dans des endroits touristiques magnifiques.  Et j’ai l’amour avec une femme qui partage ma passion de l’écriture.

Si l’ex de Mégane n’était pas venu me la ravir, j’aurais fini ma vie pauvre et seul, sur une chaine de production d’un abattoir de dindons, malgré tous les efforts que j’ai pu faire pendant une décennie complète pour m’en sortir.  Mais parce qu’il a mis fin à mon couple, je me suis inscrit sur Facebook Rencontres, et à partir de là tout est tombé en place.  Non seulement ça a réglé tous mes problèmes, je vis maintenant la vie idéale à laquelle j’ai toujours rêvé.

J’avais tout ce qu’il faut pour réussir. La preuve, c’est que j’ai réussi. Il me fallait juste une opportunité pour pouvoir y arriver. Cette opportunité ne se serait jamais présentée si l’autre gars était resté fidèle à sa femme, et Mégane fidèle à moi. C’est tout de même ironique.  Mais c’est le propre de la réalité: Trop souvent, la réussite ou l’échec dépendent de situations qui n’ont rien à voir avec les règles de la morale ou de la logique.

À SUIVRE

12 faits sur les conjoints qui choisissent de te juger négativement

L’une des leçons de couple les plus pénibles que j’ai eu à apprendre, surtout parce que c’est l’une de celles qui m’a pris le plus de temps à comprendre, c’est que tu ne peux pas changer la mentalité de l’autre au sujet de la vision qu’elle a choisi d’avoir de toi. 

Surtout si cette vision est aussi erronée que négative.  

Il y a quelques temps, je parlais des prophètes auto-réalisateurs.  Il s’agit de gens qui, justement, choisissent d’avoir une vision de toi aussi fausse que négative, pour ensuite  mettre tout en œuvre pour prouver qu’ils ont raison à ton sujet.  Et ça inclut créer eux-mêmes le problème, dans le but de provoquer en toi ce comportement qu’ils cherchent sans cesse à te reprocher.

Tout le long de ma vie, j’ai plusieurs fois été confronté à ce genre de personnes.  C’est déjà assez pénible d’en avoir dans notre entourage, imaginez quand en plus il s’agit de la personne avec qui vous êtes en couple. 

Ce dernier cas m’est arrivé à trois reprises.

D’abord, La mère de mes enfants, qui s’attendait à ce que je sois infidèle.  Tout le long de notre relation, elle m’accusait de l’être, en se basant sur les indices les plus anodins et illogiques pour appuyer ses soupçons.  Mais puisqu’elle n’a jamais trouvé de véritables preuves (assez difficile en effet de prouver quelque chose qui ne s’est jamais produit) alors elle s’est arrangée avec son amie Linda pour tenter de créer elle-même cette situation jusque-là inexistante : Elles m’ont offert un ménage-à-trois.  Même en déclinant leur offre, ça ne lui a jamais enlevée l’idée que je voulais en baiser une autre.  Ça lui a juste fait croire que je voulais en baiser une autre, sans sa présence.

Puis il y a eu Christine, qui s’attendait à ce que je sois un frustré sexuel.  Alors tout le long de notre relation, elle m’accusait d’en être un, et s’arrangeait toujours pour trouver des indices anodins et ridicules pour appuyer ses soupçons.  Et puisqu’elle n’en trouvait pas, alors elle s’arrangeait pour créer elle-même des situations pouvant provoquer ce genre de frustrations. 

Enfin, il y a eu Geneviève la coloc de l’enfer, qui tenait à prouver que j’étais un frustré tout court.  Mais dans son cas, c’est compréhensif, puisqu’elle est conflictuodépendante.  Alors évidemment, elle créait le conflit non-stop.

À chaque fois que tu es confronté à cette personne, c’est la même chose :  Ça ne sert à rien de lui répéter que tu n’es pas comme ça.  Ça ne sert à rien de lui démontrer que tu n’es pas comme ça. Le mieux que tu puisses faire suite à ses accusations mensongères, c’est de lui prouver qu’elle se trompait à ton sujet. 

Or, peu importe le nombre de fois où tu le lui prouve, ça ne la décourage pas de t’en accuser.  Bien au contraire.  Elle continuera toujours à chercher à te prendre en défaut.  Des défauts qu’elle est la seule à voir en toi. 

Un jour, j’ai compris douze vérités de base toutes simples à ce sujet : 

  1. Les gens normaux te jugent d’après tes faits, gestes et paroles.
  2. Au-delà de ça, tu n’as pas à prouver quoi que ce soit à qui que ce soit. 
  3. S’ils te jugent d’après des faits, gestes et paroles qui n’existent que dans leur imagination, alors ce n’est pas avec toi qu’ils ont une relation.  C’est avec leur imagination.  En fait, c’est avec eux-mêmes.   
  4. Si l’autre s’acharne à avoir une image erronée de toi, bien que cette image ait été mille fois prouvée fausse, c’est parce que c’est avec ce genre de personne qu’elle veut vraiment être.
  5. Autrement dit, cette personne n’en a rien à foutre de ce que tu es vraiment.  Pour elle, seule compte l’image qu’elle a choisi d’avoir de toi.
  6. C’est parce qu’elle s’est conditionnée à d’être confrontée à ça.
  7. C’est parce que ça lui convient, d’être confrontée à ça.
  8. C’est parce qu’elle a besoin d’être confrontée à ça.
  9. C’est parce qu’une personne qui s’est conditionnée à survivre dans la discorde est incapable de vivre dans l’harmonie.
  10. C’est parce qu’elle a beaucoup de ressentiment envers le genre de personne qu’elle voudrait que tu sois.  Et tant et aussi longtemps que tu lui prouves que tu n’es pas comme ça, alors tu l’empêches d’obtenir la satisfaction morale de confronter cette personne imaginaire qu’elle projette en toi.  Donc plus tu lui donnes des preuves comme quoi elle n’a aucune raison de t’en vouloir, et plus ça lui donne des raisons de t’en vouloir.
  11. Par conséquent, avec cette personne, inutile d’être franc, droit et irréprochable, elle refusera toujours de croire que tu l’es.
  12. Et surtout, inutile d’être patient et inutile d’être compréhensif, car c’est inutile de croire qu’elle va finir par entendre raison.  Avec une personne qui ne voit en toi que ce qu’elle veut voir, tu perds ton temps.

À l’époque où j’étais un Nice Guy / White Knight, je croyais bêtement que ces filles étaient du matériel de choix pour fonder un couple. Tu prends une fille qui a toujours sorti avec des trous d’cul, tu lui montres que tu n’es pas comme ça, et voilà : Ayant vécu le pire, elle trouve que tu es une extraordinaire amélioration, en comparaison avec le reste de la population masculine.  Heureuse d’avoir enfin trouvé l’homme idéal, elle t’aime sans retenue et vous vivez dans l’amour et l’harmonie jusqu’à la fin des temps.  

… Du moins, ça me semblait logique. 

Malheureusement, j’ai appris à la dure que quand une personne se plaint d’avoir toujours eu le même problème dans toutes ses relations, ça veut généralement dire que (au choix) :

A ) Elle n’est attirée que par ce genre de personne.
B ) Elle est convaincue que tous les hommes sont ce genre de personne.

C ) 
Elle les accuse tous (à tort ou à raison) d’être ce genre de personne.
D ) 
Elle tient à prouver que tous les hommes sont ce genre de personne.
E ) Elle les provoque tous à devenir ce genre de personne.
F ) 
Toutes ces réponses.

Au mois d’avril dernier, alors que je testais les rencontres sur Tinder, il y avait cette femme avec qui le courant passait bien.  Cependant, elle se méfiait des hommes qui étaient encore amis avec leurs ex.  Selon elle, l’amitié entre ex, ça n’existe pas.  Il faut toujours qu’il y en ait un des deux qui continue de désirer l’autre.   

Lors de notre seconde et dernière rencontre dans un café, elle me demande :

 « Depuis combien de temps que t’es pu avec ton ex? »
« Quatorze mois, soit depuis le 16 février 2017. »

Elle allume alors son téléphone et me montre cette photo de moi, tirée de mon Facebook. 

« Le 16 février 2017, tu dis?  Eh bien ton ex a posté cette photo de toi sur ton mur de Facebook le 5 août 2017. »
« Ok! »
« Je suppose que c’est elle qui a pris la photo? »
« Exact! »

Et là, avec un ton de voix où se mêlent le reproche et la condescendance, elle me brandit son cell au visage.

« Tu t’es-tu vu la face?  Tu vois-tu comment tu la regardes?  C’est pas le regard d’un gars qui n’est plus amoureux de son ex, ça!   Un gars qui regarde son ex de-même, c’est parce qu’il est toujours accro à elle. »

Eh boy!

J’aurais pu lui expliquer que mon expression faciale venait tout simplement du fait que l’on sortait de table et que j’étais repu d’une délicieuse et bourrative soupe Ramen maison, et que j’étais maintenant assis devant mon émission télé favorite en compagnie de mes deux minets ronronnants.  Et c’est en me voyant dans ce moment de bien-être total que Flavie s’était amusée à m’immortaliser. 

J’aurais pu également lui montrer d’autres photos de mon Facebook, prises par aucune de mes ex, dans lequel j’ai le même air de béatitude, démontrant que je n’ai pas besoin d’être amoureux pour faire cette face d’ahuri.

En fait, j’aurais même pu tordre la vérité pour à la fois lui donner raison, histoire de la satisfaire, tout en me disculpant de manière logique de ses accusations : Je n’aurais eu qu’à lui dire que même si j’avais encore été amoureux lorsque Flavie a pris cette photo, il s’était écoulé huit mois depuis.  Et, tel que je venais de lui dire, ça faisait quatorze mois depuis notre séparation.  Donc que même si j’avais encore eu quelques restants de sentiments amoureux pour mon ex au moment de cette photo, ceux-ci auraient eu largement le temps de disparaître.  D’où mon inscription sur Tinder le mois précédent, d’où notre rencontre.   

Mais voilà, face à une attitude soupçonneuse et accusatrice comme la sienne, j’ai compris immédiatement que ça ne me servirait rien de me justifier sur quoi que ce soit.  Cette femme était convaincue que l’amitié post-couple n’existait pas, et elle était à l’affût du moindre indice qui pourrait lui prouver son point contre moi.  Même si j’effaçais toutes mes photos de toutes mes ex, même si je coupais tout contact avec elles, même si je mettais aux poubelles tous mes meubles et toutes mes possessions du temps où j’étais avec elles, ça ne lui suffirait jamais.  Elle continuerait toujours de me faire vivre ses soupçons.  Je le sais, c’est exactement ce que j’ai vécu avec la mère de mes enfants.

Je me suis donc épargné un avenir négatif, frustrant et moralement énergivore, en lui disant ce qu’elle voulait entendre :

« Ouais, tu as raison!  Si je suis sur Tinder, c’est pour l’oublier en me jetant dans une nouvelle relation.  Si ça ne te convient pas, je comprendrai. »

Ça ne lui convenait pas.  Elle m’a dit de rentrer chez moi, d’aller régler mes problèmes personnels, au besoin d’aller suivre une thérapie, au lieu de faire perdre leur temps aux autres en prétendant mensongèrement être guéri de mon obsession pour mon ex.

En étant faussement d’accord avec elle, j’ai donné à cette femme quelque chose qu’elle aurait pu gâcher le reste de nos deux vie à chercher en vain : Une preuve comme quoi elle avait raison de croire que j’étais aussi pire qu’elle m’imaginait.  En lui accordant ça dès le départ, tout le monde gagne :  Elle est satisfaite d’avoir eu raison à mon sujet, et moi je suis satisfait de m’être évité une relation de couple merdique.  Un couple dans lequel elle n’aurait pas été en relation avec moi, mais plutôt avec la version imaginaire qu’elle s’était créée pour prendre la place de celui que je suis vraiment.

Il y a une raison pourquoi il est inutile de perdre son temps avec ces gens-là. C’est que quand une personne prétend savoir d’avance ce que tu es et ce que tu fais, c’est qu’elle est aussi prétentieuse qu’orgueilleuse.  Les personnes de ce genre-là ne sont pas reconnues pour admettre leurs erreurs.  Et surtout pas face à ceux qu’ils préjugent de façon négative et méprisante.

 ________________
Y’A LIENS LÀ:

Truc simple pour savoir (gratuitement) qui vous a choisi sur Tinder

Ce billet est le treizième de la série (Més)aventures sur sites de rencontres.

DÉTAIL IMPORTANT:  Ce truc fonctionnait parfaitement au moment d’écrire ce billet, en avril 2018.  Mais puisque rien n’évolue plus vite que la technologie, rien n’est garanti pour l’avenir.

Tinder fonctionne sur un principe tout simple:

  • Vous créez un profil.
  • Vous inscrivez ce que vous cherchez.
  • On vous montre les membres avec qui vous êtes possiblement compatibles.
  • Si la personne vous plaît, vous cliquez sur l’icone de coeur (ou vous glissez à droite).
  • Si cette même personne voit votre profil et clique sur l’icone de coeur (ou glisse à droite), alors il y a un match.  Vous pouvez maintenant communiquer ensemble.

Le problème avec cette méthode, c’est qu’il impossible de savoir d’avance qui vous a choisi.  Sauf si vous payez pour l’option Gold.  Mais si comme moi vous êtes avare, alors il n’est pas question de débourser un sou.  Par conséquent, vous utilisez Tinder de la manière classique:  Vous faites votre choix à l’aveuglette et vous espérez un heureux hasard.

Autre problème: une personne que vous éliminez maintenant de vos choix en est une qui n’a peut-être pas encore vu votre profil, et qui vous aurait peut-être choisi plus tard.

Certaines personnes optent pour juste glisser à droite tous les profils.  Malheureusement, Tinder a prévu le coup.  Après 80 ou 100 J’aime,  c’est terminé, tu ne peux plus en choisir, et ce pour de bon.

Eh bien réjouissez-vous, j’ai trouvé une méthode quasi infaillible qui vous permettra de voir à presque tout coup qui vous a J’aime-é.  À partir de là, vous pourrez choisir vous-même si c’est réciproque ou non. 

Tout d’abord, puisque Tinder est programmé pour montrer les plus récents profils en premier, créez-vous un nouveau profil, avec photo et description.

Une fois votre profil bien rempli, laissez la fenêtre de Tinder ouverte une heure ou deux, sans rien y faire.  Ceci laissera le temps à votre profil d’aller se faire voir chez les autres membres.

Au bout d’une heure ou deux, allez à la section où on peut faire défiler les profils des autres membres.  À moins d’avoir un profil particulièrement repoussant, vous devriez avoir à ce moment-là une notification comme quoi vous avez reçu des J’aime.  … Ainsi qu’une invitation à devenir membre payant Gold pour les voir.

Vous voulez savoir, sans débourser un sou, qui vous a choisi?
Alors allez dans la section où vous pouvez modifier votre profil, et réglez la distance acceptables de vos contacts à 2 ou 3 km. (Il ne descendait pas plus bas lorsque j’ai essayé).

Retournez dans la section où défilent les profils des candidats potentiels.  À partir de là, Tinder va vous montrer deux catégories de profils:

  • Ceux qui sont dans un rayon de 2 ou 3 km, tel que vous l’avez demandé.
  • Et ceux qui vous ont choisis, peu importe leur situation géographique.

Si un profil apparaît, et que ça dit que la personne habite plus loin que la limite kilométrique que vous avez établi…

… alors ça veut automatiquement dire que cette personne vous a liké.  Il ne vous reste plus qu’à décider si vous voulez rendre la chose mutuelle ou non.

Enfin, dernière étape importante, rafraîchissez la page.  Parce que sinon, ça va toujours indiquer que vous avez des J’aime, même lorsque vous n’en aurez plus, ce qui vous fera les chercher pour rien, gâchant ainsi plusieurs futurs matchs potentiels. (NOTE: Cette étape est réalisable si, comme moi, on va sur Tinder à partir de son ordi et non du téléphone.)

Évidemment, cette méthode a un petit défaut.  Elle ne vous permet pas de deviner qui, dans un rayon de 2 ou 3 km, vous a choisi.  N’empêche que c’est une énorme amélioration sur leur méthode dans laquelle tous les matchs ne sont que le fruit du hasard.

Si vous êtes économe sur les glisse-à-gauche, et que vous avez la patience d’attendre quelques heures entre chaque séance de cueillette de match, vous pourrez vous faire tout plein de contacts pendant longtemps.

Savoir éviter les clichés.

Ce billet est le douzième de la série (Més)aventures sur sites de rencontres.

Je suis allé sur OK Cupid et j’ai concocté un profil irréprochable.  Je décrivais ce que je suis, ce que j’aime, ce que je recherche.  J’ai bien pris soin d’être très descriptif.  Voici ce que ça a donné.

My self-summary
Travailleur à temps plein, artiste à temps perdu. Auteur, dessinateur, bricoleur… Ah, et excellent cuisinier aussi.

Je suis un gars calme, posé, réfléchi, qui fait ce qu’il a à faire, dans la vie et avec les autres. Je ne joue pas de game, je laisse ça aux ados. Je respecte les gens, leurs limites, et le dialogue est toujours ouvert car je considère que tout se discute si c’est fait dans le respect et la compréhension.

What I’m doing with my life
Quand je dis la phrase classique « Mon passé est réglé! », ça veut dire:

– Pas d’ex éprouvantes dans l’décor. (Elles sont loin, nous sommes sans contacts.)
– Pas d’enfants dans les pattes. (‘Sont tous majeurs et partis.)
– Pas de pension alimentaire. (Voir point précédent.)
– Pas de dettes. (Je sais faire un budget et m’y tenir.)
– Pas de problème de drogues. (J’ai essayé une fois en 1995, je n’ai pas accroché.)
– Pas de problème d’alcool. (Je bois environs 3 fois par année.)
– Pas de problème de jeu. (Mon ex-belle-mère a tout perdu au Casino, ça donne une leçon durable.)
– Pas de problème judiciaire. (J’ai même déjà fait partie d’un jury.)

The first thing people notice about me
Je dirais bien « Que je fais plus jeune que mon âge », mais pour que ce soit la première chose qu’ils constatent, faudrait d’abord qu’ils sachent mon âge.

Je dirais donc mon accent, qui est un mélange de québécois et de bon français. Ce sont mes origines et mon éducation qui cohabitent.

Favorite books, movies, shows, music, and food
Mes intérêts, dans le désordre, sont: Arts, Télé, Ciné, Dessin, Bande dessinée, Gym, Santé, Biographies, Histoire (comme dans « historique), Documentaires, Cuisine, Vélo, Roadtrips, Antiquités, Camping, Humour, Philosophie, Étude du comportement humain, Psychologie, Féminisme, Amélioration de soi, Thé, Café glacé, Écriture.

Six things I could never do without
1. Le thé.

2. L’exercice.
3. Les arts.
4. Un chat.
5. L’amitié.
6. Les bibliothèques publiques.

I spend a lot of time thinking about
L’amélioration de soi, au niveau physique, moral et social.

On a typical Friday night I am
Vendredi, c’est mon soir de famille. J’invite mes parents à souper chez moi. La famille est importante.

The most private thing I’m willing to admit
Je me teins les cheveux de mon châtain de jeunesse, parce que pour le moment, ma couleur naturelle est « dalmatien ».

You should message me if
Je ne crois ni en la drague, ni au jeu de la séduction via tromperies, manipulations et fausse représentations. Voilà pourquoi je cherche une femme avec qui j’ai des intérêts communs, de 35 à 55 ans, de Montréal.

Si on se plaît sur le site, on se communique. Si on se plait dans nos communications, on se rencontre. Si on se plaît en personne, tant mieux, on va plus loin. Si on ne se plaît pas, eh bien merci pour cette soirée qui fut tout de même agréable et bonne chance pour les rencontres futures.

Et si on s’entend bien, mais sans attirance physique, j’ai cru comprendre qu’il existait un truc appelé « amitié ». Ça pourrait être une option.


Au nombre de filles qui déplorent que les gars n’écrivent pas grand chose, j’ai cru avoir la description parfaite.  C’est élaboré, c’est clair, c’est descriptif, c’est sincère, c’est gentil. 

… Mais voilà, en trois mois et demi, je n’ai eu onze like et quatre messages.  Décevant!  Mais en même temps, je ne peux le nier, qui dit profil irréprochable dit également profil cliché.

J’ai donc décidé de me démarquer de la masse.  Je me suis créé un second compte sur OK Cupid.  Mais cette fois, en guise de photo de profil et d’introduction, j’ai plutôt mis ceci:

My self-summary
Je suis un grand voyageur. Je visite régulièrement des endroits aussi exotiques que Verdun, Ville-Émard, St-Henri, Hochelaga, Rosemont, NDG, Ville-Marie, Lasalle et même Wesmount. Que voulez-vous, on est globetrotter ou on ne l’est pas.
(Précision pour mes lecteurs européens: Ce n’est qu’une liste des différents quartiers de Montréal, ville où j’habite, d’où gag.)

J’aime les restos, car grâce à leurs prix exorbitants qui m’empêchent d’y aller, ils m’encouragent à faire l’épicerie et à cuisiner moi-même.

J’aime faire des sorties : Je sors les poubelles, je sors chercher le courrier, je sors pelleter… Je sors même au dépanneur. Non mais YOLO, s’tie!

Je parais plus jeune que mon âge actuel, surtout quand on regarde mes vieilles photos de bébé prises en 1968. Je n’ai vraiment pas l’air d’avoir 49 ans là-dessus.

La culture a une grande importance dans ma vie car sans elle il n’y aurait pas de patates, donc pas de poutine.

J’aime bien prendre un verre, quand il sort du lave-vaisselle, afin de le ranger dans l‘armoire avec les autres verres propres.

J’ai horreur des drames. Par contre j’aime les comédies et les documentaires.

J’apprécie particulièrement une bonne bouteille, remplie d’eau du robinet. Rien de plus rafraîchissant et réhydratant, surtout quand on a soif.

C’est pas pour me vanter, mais au lit, je sais faire pas mal de trucs: Dormir, changer la literie, placer une douillette, mettre une taie à l’oreiller, et même poser un drap contours. Pis environs deux fois par année, quand je feel ben ben physique, je vire le matelas de bord.

Je cherche une femme dont le passé est réglé, donc qui a eu ses règles le mois passé, puisque ça signifie qu’elle n’est pas enceinte.

Je suis sexuellement fluide, après l’orgasme, mais rien à craindre, le condom retient tout.

Je suis sapiosexuel, so I’ll fuck your brains out!

J’aime les choses que je préfère, surtout lorsqu’elles me plaisent parce qu’elles sont à mon goût.

Je cherche une femme qui vit à Montréal. Et si tu es toujours en vie lorsque hors de Montréal, encore mieux.

Enfin, tu seras toujours sage et aimable, sinon je serai obligé de te peinturer en jaune et te mettre en punition comme une vilaine petite banane indisciplinée.

(C’était: L’art de retravailler les vieux clichés de profils.)


Quant aux photos, je ne fais pas dans le cliché non plus:





 

Les résultats?  En une semaine, j’avais reçu 42 like et ces 12 messages:












Disons que certaines d’entre elles n’étaient pas contentes-contentes quand je leur ai répondues que ma présence sur OKC et ce profil n’étaient que dans le but de faire une expérience sociale. 

Mais qu’importe, mon expérience fut une réussite.  Car j’ai réussi à démontrer une grande vérité au sujet des profils de ce genre de sites: Si tu veux te faire remarquer, arrange-toi pour te démarquer.  Sérieux, là!  Mon intro était ridicule, mes photos étaient loin de m’avantager.  N’empêche que  que j’ai reçu quatre fois plus de like et de messages en une semaine avec ce profil rigolo, qu’en trois mois avec mon profil à 100% sérieux.

40 gars typiques de sites de rencontres.

Ce billet est le dixième de la série (Més)aventures sur sites de rencontres.  En fait, c’est un vieux billet que j’ai retravaillé en rajoutant plein de nouveaux exemples.

La plupart de mes lecteurs étant des lectrices, je me suis souvent fait demander par celles-ci de répertorier le genre de gars que l’on retrouve sur les sites de rencontres. En particulier ceux qui ont un comportement peu appréciable. Voici donc, à la demande générale, 40 gars typiques de ce genre de sites:

1- L’Homme de peu de mots.
Une coupl’ de pics, aucun texte.  Et voilà, mesdemoiselles, qui sera l’heureuse élue?

2- L’Emojiste
Au lieu de trouver les mots justes, l’émojiste se décrira ainsi:
 » 6’2 fr/an 🐶🍦🍹🚤 »
Traduction : Je fais 6’2 je suis bilingue, j’ai/j’aime les chiens la bonne bouffe les plaisirs l’alcool voyager et la plage pis je fais du snow, cherche fille tellement simple qu’elle ne lit que les emojis.

3- Le Dixhuitophile de longue durée.
Ça, c’est le gars entre 26 et 38 ans qui n’écrit qu’à des filles qui en ont 18.  En général, il finit par se calmer lorsqu’il arrive à la veille de la quarantaine.  Il commence alors à  s’intéresser à des filles plus vieilles. Genre, celles qui en ont 20.  Voire même 21. 

4- Le Recherchiste Facebookien.
Sur le site de rencontres, il voit ta photo, ton prénom, ta ville et ta profession.  Afin de se démarquer de la compétition du site, il va sur Facebook, entre ton prénom et ta profession dans l’engin de recherche, reconnait ta photo, et te contacte là.   

5- Le Copieur-Colleur
Il t’a envoyé un mot gentil et tout plein de compliments? Bien! Est-ce qu’il y a au moins une chose dans son message qui te décrit personnellement? Ne serait-ce que ton nom? Non? Dans ce cas, les chances sont grandes qu’il t’a juste copié-collé le même message qu’il a envoyé à un grand nombre de filles. Tu peux t’en rendre compte assez vite quand tu en parles à tes amies du site, et qu’elles te disent qu’elles ont reçu exactement le même message du même gars.

6- Le CONtre-Argumenteur
Pas besoin d’avoir mis des photos sexy sur ton profil.  Le simple fait d’être de sexe féminin suffit pour attirer cet excité du gland qui va vite te suggérer d’allumer ta cam pour lui montrer tes seins ou ton entrecuisse. Tu déclines?  Il insiste, d’abord gentiment. Puis il va te demander pourquoi tu refuses. À chaque argument que tu sors, il aura un contre-argument car à ses yeux aucune de tes raisons de lui refuser n’est bonne. Et il va insister. Et insister. Et insister. Et insister. Et insister. Et insister. Et insister. Et insister. Et il va se montrer très déçu que ton non ne se transforme pas en oui et il va conclure en tentant de discréditer publiquement sur ce qui, pour lui, est un manque de cohérence de ta part, avec des phrases du genre de « Mais kess’tu fous sur un site de cul si tu veux pas le montrer?  »

7- Le Jeckyl et Hyde
Il est vrai que l’amour et la haine sont des sentiments très près l’un de l’autre. La preuve: Ce gars-là va t’approcher en parfait gentleman respectueux et irréprochable. Puis, il va te faire tout plein de compliments: Tu es gentille jolie, intéressante, intelligente, etc. Et si tu as un surplus de poids, aucun problème. Bien au contraire, il sait apprécier la beauté des femmes bien en chair et ne se gène pas pour te le dire. Voici le moment où il te sens mure pour recevoir ses propositions sexuelles. Mais voilà, le gars ne te plaît pas, alors tu déclines.  Peu importe la raison que tu lui donnes pour refuser ses avances, le fait est que tu refuses ses avances. Et ça, il ne le prend pas. Il change alors complètement son opinion sur toi, te disant que tu n’es qu’une  grosse vache laide à en vomir qui devrait le remercier à genoux d’avoir daigné s’abaisser à t’accorder son attention. Le bout un peu étrange, c’est qu’il va te traiter de salope parce que tu refuses d’avoir du sexe. Mais bon, quand on est frustré, on ne regarde pas à la logique de nos insultes.

 

8- Le ContraDictateur
Sa fiche dit qu’il s’agit d’un couple bi de 60 ans qui habite Québec et qui recherche une femme bi de 30-60 ans, de leur région, pour trips de sexe. Ta fiche dit que tu es une femme hétéro de 25 ans de Montréal, qui recherche une relation sérieuse avec un homme de Montréal dans la vingtaine. Il te contacte pour une soirée de sexe. Tu déclines en lui expliquant qu’ils ne sont pas ce que tu cherches. Il insiste. Tu lui dit que, selon leur fiche, toi non plus tu n’es pas ce qu’ils cherchent. Il te répond que seuls les fous ne changent pas d’idée, et continue d’insister. Donc, non seulement il insiste malgré le manque total de compatibilité entre vous, ils se permet de te traiter de folle.

9- Le cunnilinguiste

La toute première chose qu’il te dit sur le site (ou la deuxième, s’il a la patience de te saluer avant), c’est « J’aimerais te manger la chatte!  »  Il ne faut pas s’en étonner. C’est que nous autres, les gars, avons maintes fois entendu des filles se plaindre que leurs partenaires passés et/ou présents n’aiment pas leur faire plaisir oralement. On en vient donc à la conclusion logique qu’offrir la chose, c’est la baise assurée.  Et lorsqu’il essuie un refus, il est totalement confus.  C’est qu’il n’arrive pas à comprendre que même quand une fille a une folle envie de se faire servir oralement, ça ne signifie pas pour autant qu’elle est prête à laisser n’importe quel inconnu le lui faire.  Ceci dit, lorsqu’un gars utilise cette suggestion comme première approche, c’est surtout parce qu’il se doute bien qu’il n’a pas grand chose d’autre pour réussir à plaire. 

10- Le Drogué Raide

Ça, c’est le gars qui t’approche en te disant « Hé, ça te dit de baiser toute la nuit? J’ai pris du Viagra et/ou de l’XTC et j’en ai pour une semaine à avoir la pine d’acier!  » Comment voulez-vous que la fille se sente excitante et désirée si la première chose que lui dit le gars est qu’il a besoin de se doper pour se la garder raide avec elle? 

11- L’Analpha-Bête
Dragueur que l’on nomme ainsi ou bien parce qu’il ne sait pas lire, ou bien il est trop bête pour comprendre quand tu dis sur ton profil ne pas chercher quelqu’un comme lui.

12- Le Membre Fantôme
Un jour, un membre dont  tu n’as jamais entendu parler avant t’écrit en privé qu’il te trouve intéressante et aimerait bien te connaître plus. Tu visites son profil, histoire d’en savoir plus. Il n’a pas de photo, son nombre de messages dans la place est de zéro, et il y est membre depuis trois ans et demi. WTF?

13- L’Amoureux Instantané
Il commence par t’envoyer un mot gentil et amical, et il va rester gentil et amical jusqu’au moment où vous aller passer aux conversations privées.  Il passe alors d’amical, à dragueur en blagues, à dragueur de moins en moins en blagues, à totalement amoureux full-accro qui te supplie de le rencontrer, et ce moins de 48 heures après votre premier contact.

14- L’Ortho-Grave
lui sé selui ki écrit telman mal que si il baize comm e qui écri sa esplique pkoi yé sélibaterre lollllllllllll

15- Le Grosse-o-phobe
Toute femme avec le moindre surplus de poids a un jour eu à faire avec ce triste individu qui a utilisé son poids pour l’insulter.  Et ce, peu importe l’argument.  Par exemple:

  • Tu t’apprêtes à aller dîner: « C’est ça, va donc te remplir la face de McDo, crisse de grosse conne! »
  • Tu déclines ses avances: « Penses-tu qu’une grosse laide comme toi peut se permettre d’être sélective? »
  • Tu es bonne en maths: « Tu peux ben avoir le temps d’étudier. Grosse comme que t’es, c’est pas comme si tu pouvais avoir une vie sociale et sexuelle. » 

16- Le Tape-d’une-main
Vous échangez de façon courtoise pour une période pouvant aller de quelques minutes à quelques heures.  Puis, il te révèle qu’il n’a pas cessé de se branler tout le long de votre conversation, malgré le fait que tu n’as rien fait d’autre que de lui parler de ta journée au boulot et de ce que tu prépares pour souper.

17- Le Respectueux Extrémiste

Ça, c’est le gars qui s’est rendu compte que beaucoup de femmes se plaignent que les gars ne respectent pas leurs limites. Par conséquent, il croit avoir trouvé la formule pour être un gars parfait: Le Respect! Il n’arrête jamais d’attirer l’attention sur le fait qu’il va toujours rester à sa place et que jamais il ne forcera une femme à faire quoi que ce soit car il est respectueux, lui. Le problème, c’est que puisque son respect est juste une façade qu’il se donne pour séduire, il ne sait pas où s’arrêter. Alors si une femme lui fait des proposition, il va les décliner, en rajoutant fièrement qu’il refuse par respect pour elle. Il aura bien du mal à comprendre pourquoi, suite à cette douche froide, elle s’éloigne de lui, puisqu’il l’a pourtant toujours traitée avec respect.

18- Le Malléable
Celui-là est prêt à prendre n’importe qui, de n’importe quel site, habitant n’importe où, voulant n’importe quoi, n’importe quand. Au lieu de se décrire tel qu’il est, il te dira plutôt ce qu’il n’est pas: Il n’est pas jaloux, il n’est pas drogué, il n’est pas infidèle, bref, tous les défauts que les femmes détestent chez les hommes, il ne l’est pas. Il va te poser tout plein de questions sur tes goûts et activités, de façon à pouvoir s’y conformer en répondant « Je suis pareil!  », chose qu’il n’aurait pas pu prétendre s’il s’était décrit en premier. Ça ne l’empêchera pas d’affirmer que tu es spéciale pour lui car il n’est pas désespéré.

19- L’ÉnerVantard
Tout ce dont il parle, c’est he, himself and him. Il a tout vu, il a tout fait, et beaucoup mieux que les autres. Il ne dialogue pas avec toi, il monologue!  Il est tellement pris dans sa mission de t’éblouir qu’il se fout complètement de ce que toi tu as à dire.

20- Le ProfessioNul
Les femmes et le sexe, il connait ça! Il a tout lu, tout étudié, et tout appris pour devenir l’amant parfait, et a utilisé ses vastes connaissances afin de développer sa propre formula gagnante sexuelle : D’abord, préliminaires d’embrassades et de caresses pendant 10 minutes. Ensuite, cunnilingus pendant 10 minutes. Ensuite, pénétration, stimulation du point G et changement de position aux 10 minutes. Répéter tant qu’il ne t’aura pas procuré au moins 3 orgasmes. C’est bien!  Mais il faut avouer que parfois, ce n’est pas la peine qu’il se donne autant de mal, puisque tu es tellement allumée que tu n’as pas besoin de préliminaires.  Dans ces moments-là, tu as juste envie de te déculotter et te faire enfiler immédiatement sans ménagement. Et ça…

  • A) il ne le comprends pas, parce qu’il n’a appris à baiser que de sa façon technique.
  • B) il est pris au dépourvu parce que tu lui empêches de montrer à quel point c’est un bon baiseur expérimenté et adroit.
  • C) il se demande si tu te fous de sa gueule, parce qu’il est convaincu qu’aucune fille n’aime se faire baiser avec force et passion.
  • D) il frustre, prétend qu’il sait mieux que toi ce que tu aimes vraiment, et insiste pour te baiser à SA façon.

Autrement dit, même s’il prétend être attentif aux besoins sexuels des femmes, en réalité la seule chose qui l’intéresse c’est son image d’amant parfait. Sauf que s’il était vraiment l’amant parfait, il t’écouterait au lieu d’en faire à sa tête.

21- Le SexTremiste
Il se vante que la nature a été généreuse avec lui, ce qui lui permet de pouvoir garder une femme éveillée toute la nuit car qu’il est aussi insatiable que résistant. Lorsque tu lui laisses la chance de le prouver, tu constates qu’il se limite à la pénétration et que tu n’as pas senti grand chose de sa bite de schtroumpf durant les huit minutes qu’ont duré la baise.

22- Mister Dick Pics
Parce que les gars s’excitent à voir une photo d’entre-jambe de fille, il pense que c’est pareil en inversant les sexes.  Alors il t’envoie une photo sur laquelle il a le zgeg qui fait Heil Hitler, en croyant que ça va te rendre automatiquement glissante jusqu’aux chevilles.

23- L’AlphaBite
Il a une grosse bite, il est convaincu que ça fait de lui un mâle alpha, alors tout tourne autour de ça: Sa photo de profil est sa bite. Ses galeries sont des photos de sa bite. Sa cam est braquée sur sa bite. Et il ne parle que de sa bite.

24- Le Vif du Sujet
Avec lui, pas de temps à perdre! Son premier message est court et droit au but: Quand ce n’est pas « On baise quand?  », c’est quelque chose d’aussi rapide disant sensiblement la même chose . Et si tu ne lui réponds pas, il est fort possible qu’il ne s’en rendra jamais compte, puisqu’il a envoyé le même message à 8624 autres filles.

25- Le ConPétiteur
Dès qu’il voit un autre gars attirer l’attention d’une (ou plusieurs) des filles du site, il ne le digère pas. Il part alors en croisade contre celui qu’il voit maintenant comme un adversaire, dans le but de le rabaisser dans l’estime des filles. Pour ce faire, il prendra la moindre parcelle d’information à son sujet et la déformera de façon négative afin d’étaler au grand jour, dira t-il, la vraie nature de l’autre gars. En fait, en agissant ainsi, c’est plutôt sa propre nature qu’il étale: Insécure, jaloux, mesquin, envieux, menteur, manipulateur, etc.

26- Le Moqueur-Agressif
Lui, il ne perd pas de temps à jouer au bon gars.  Sur le forum ou le t’chat, il fait tout plein de blagues sexistes.  Ces remarques vont faire que…

  • 50% des filles vont l’ignorer.
  • 35% vont le trouver cave, et le dire publiquement.
  • 10% vont le trouver drôle, et même que…
  • 5% vont le défendre contre celles le trouvant cave.

On pourrait penser que cette attitude est stupide comme technique d’approche. Pourtant, ça marche. La preuve: Quel membre gentil et respectueux peut se vanter d’avoir réussi à  attirer l’attention et mettre de son bord 15% des membres féminines du site, comme lui vient de le faire?

27- L’impaChiant
N’arrête pas de se plaindre que ça fait 36 heures qu’il est membre ici, il a envoyé 97 demandes de contacts, et il n’a toujours pas une seule fille intéressée par lui… CE SITE EST UNE MERDE!

28- Le Cliché Cliché.
Sa photo de profil entre dans l’une de ces très typiques catégories:

  • Le mec et sa bagnole.
  • La bagnole SANS le mec.
  • Le mec et sa moto.
  • Le mec et son chien.
  • Le mec qui a la main de son ex sur l’épaule (il a découpé le reste).
  • Le mec à casquette et verres fumés.
  • Le mec torse nu.
  • Le mec qui montre sa langue.
  • Le mec en habit de chasseur/pêcheur en tenant fièrement un poisson / orignal mort.
  • Le mec encordé en activité d’escalade.
  • Le mec en bermudas au Beachclub de Pointe-Calumet avec une foule de douchettes en arrière-plan. 
  • Le mec sportif, habillé de tout l’équipement du randonneur, en plein bois ou en montagne.
  • Le selfie en situation dangereuse.
  • Les photos de voyage, le mec devant la Tour Eiffel, le Sphinx, le Parthénon, le panneau routier nommant une ville, etc. 
  • Le selfie pris de beaucoup trop près, sous un mauvais angle, qui fait apparaître ses trois mentons, son acné, la petite guédille dans sa narine gauche et son air vraiment trop motivé à séduire
  • La photo inexistante.

29- Le Tout-Faux
Il est gentil et charmant, mais c’est bien la seule chose chez lui qui est vraie.  Pour le reste: Sa photo de profil date d’il y a plus de 5 ans.  Il dit avoir 29 ans mais il est dans la quarantaine. Il dit ne pas avoir d’enfants alors qu’il en a déjà deux.  Il est toujours prêt à te rencontrer mais jamais chez lui car, bien sûr, il se dit célibataire alors qu’il est en couple et habite avec sa conjointe. Lorsqu’il sera finalement démasqué au bout de deux ou trois mois, il braillera qu’il n’avait pas le choix de s’inventer une vie parce que, étrangement, personne ne l’aime tel qu’il est vraiment.  La preuve: Maintenant que tu sais la vérité à son sujet, tu as perdu intérêt pour lui.

30- L’habitué
Sa fiche dit qu’il est membre de la place depuis plus de cinq ans. Ça peut vouloir dire trois choses:

  1. Ou bien il n’a vraiment rien pour plaire.
  2. Ou bien il est en chasse permanente.
  3. Ou bien il a été membre ici il y a longtemps, il a eu une relation, et maintenant que celle-ci est terminée, il est de retour.  Ce qui veut dire qu’il s’attendait à ce que la relation ne dure pas, et à avoir à revenir.

D’une façon comme d’une autre, on ne peut pas dire qu’il constitue du bon matériel pour une relation monogame.

31- L’Esthète-de-noeud
Les photos de sa liste d’amis ne sont qu’une collection de filles de style mannequins et douchebaguettes. Voilà qui en dit long sur ses préférences, donc sur sa personnalité.

32- Le N’importe-Quoi-Pourvu-que-ça-Baise
L’inverse du précédent. Grand croyant de la rumeur populaire comme quoi les vieilles, les grosses et les laides sont les plus allumées et/ou les plus désespérées, c’est celles-là qu’il approche. Par conséquent, s’il ne s’occupe pas de toi, c’est ironiquement parce qu’il te croit trop bien pour lui.

33- L’accro grave
Un soir, tu as eu envie d’un plan cul sans prise de tête.  Tu as visité son profil.  Tu as aimé ses photos.  Tu as aimé sa description.  Il a l’air sympathique.  Vous jasez.  Il n’a rien d’un douchebag.  Tu l’invites.  Vous baisez.  Voilà, c’était bien, à un de ces jours, ou non, peut-être, whatever, bye.  Moins d’un quart d’heure après vous être quittés, il te texte comme quoi il a adoré votre séance et a déjà hâte de te revoir.  Il te téléphone.  Il te laisse full de messages sur ta boite vocale.  Il te retrace sur Facebook.  En trois jours, le ton de ses très nombreux messages va de gentil (compliments, hâte de te revoir), à interrogateur (Pourquoi tu ne me donnes pas signe de vie?), à plaintif (Pourquoi ce silence? Qu’est-ce que je t’ai fait?) à suppliant (Laisse-moi une chance, je suis une bonne personne), à pitoyable (J’ai de la peine ). 

34- Le Passif Non-Agressif
Il te fait une demande de contact, tu l’acceptes, et vous vous échangez quelques messages.  Il est gentil, drôle, mais plus les jours passent plus tu réalises qu’il ne te dit que des banalités. Il ne montre aucun signe d’intérêt particulier pour toi, même que sa conversation devient de plus en plus courte et insipide.  Tu finis par ne plus lui répondre, et il cessera de te donner signe de vie pendant une semaine ou deux. Puis, il te relance, toujours sur des banalités, et tu te demandes bien pourquoi il te dérange ainsi pour rien.

En fait, il cherche à se faire draguer.  Il veut que tout vienne de toi: Les premier pas, les propositions de rencontres, les propositions de baise, et ce sans jamais rien faire pour t’en donner envie.

35- Le multiplicateur.
Il a 3-4-5-6 profils sur le même site, nicks différents mais mêmes photos et sensiblement la même description.   À se demander pourquoi il a fait l’effort de se donner plusieurs identités.

36- Le Nique-ma-Race
Trois éléments invariables:

  1. Il est d’une autre race / couleur / culture que toi.
  2. Il t’aborde et te fait des propositions sexuelles.
  3. « Tu refuses? Mais t’es raciste, salope! »

Faut juste pas confondre.  Ceci n’est pas un comportement ethnique. C’est simplement un comportement de con.  Et des cons, on en retrouve partout, dans toutes les races / couleurs / cultures.

37- Le ghosteur
Vous vous contactez, vous échangez des messages, vous vous jasez sur messagerie.  Le courant passe à merveille, vous vous entendez super bien, vous discutez même d’une rencontre bientôt. Puis, sans prévenir, il te bloque de partout sans le moindre mot d’explication, et tu n’en entendras plus jamais parler pour le reste de ta vie.

38- L’Apparition Interrogatrice
Vous vous jasez sur une période allant de quelques heures à quelques jours.  Et puis, pour une raison X, tu ne lui réponds plus pendant 48 heures.  C’est là que tu as la désagréable surprise de le voir se pointer en personne sur ton lieu de travail, en te demandant des explications sur ton silence.  Ou pire encore: À ton domicile.

39- Le Mature Responsable Intense et Tourmenté
Il est beau, athlétique, il est séparé/divorcé et a au moins un enfant. Il vit seul et il partage son temps entre travailler, tenir maison propre et assumer ses responsabilités paternelles. C’est un miracle qu’il arrive à trouver du temps libre pour être sur un site de rencontres. La preuve: Ça fait au moins deux ans qu’il n’a pas baisé. Mais ça ne le dérange pas outre-mesure. Ce n’est pas vraiment ce qu’il cherche. Et il n’a pas le temps pour une romance non plus. Il cherche juste quelqu’un à qui parler.

Il est si mature, si responsable, et en même temps si victime des circonstances qui ne sont pas de sa faute à lui… Quelle fille ne craquerait pas pour un tel homme? Alors tu t’en rapproches, tu deviens vite son ami, vous passez vos soirées à jaser.  Il trouve un trou dans son horaire pour une rencontre.  Vous passez une excellente soirée ensemble et une très géniale nuit de baise. Tu te sens honorée d’être sa toute première baise en deux ans, baise dans laquelle il t’a avoué avoir ressenti avec toi des sentiments qu’il ne croyait plus être capable d’avoir. Tu es certaine d’avoir trouvé l’homme de ta vie et te sens prête à partager la sienne, incluant responsabilités et tourments.

Mais dès le lendemain et pour les jours suivants, il devient distant et utilise son travail et ses responsabilités paternelles comme excuses pour annuler vos rendez-vous l’un après l’autre, jusqu’au jour où il disparaît de tes contacts et de ta vie. Normal: Il est maintenant occupé à faire son numéro de mature responsable intense et tourmenté à une autre fille qui craque pour lui. Une fille qui sera très honorée d’être sa toute première baise en deux ans.

40- L’inévitable Nice Guy.
Vous connaissez le genre.

C’est tout?
Bah ouais, que voulez-vous, en tant qu’homme hétéro, je n’ai pas tellement l’expérience de l’interaction avec les gars de sites de rencontres.  Mais j’ai quand même observé ceux-là.

Avez-vous déjà eu à faire avec ces types de comportements?  En avez-vous constatés d’autres?  Parlons-en dans les commentaires.

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(Contributrices: Sara C, Cindy RJ, Rachel H, Tania DG)

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Les profils négatifs des gens agressifs

Ce billet est le neuvième de la série (Més)aventures sur sites de rencontres. 

L’expérience m’a appris à me méfier des gens qui écrivent certaines choses dans leurs profils.  En particulier, des phrases dans lesquelles ces personnes justifient d’avance l’attitude négative qu’elle ne manquera pas d’avoir avec toi.  par exemple:

Je n’ai pas de filtre.
La personne qui écrit ça ne fait que t’annoncer d’avance qu’elle va te dire tout ce qui lui passe par la tête.  Jusque là, ça pourrait sembler anodin.  Voire même admirable, puisque ça peut être vu comme étant un signe de sincérité, d’honnêteté.  Malheureusement, d’après ce que j’ai pu voir à date, chez 100% des personnes qui se décrivent ainsi, ça veut juste dire qu’elle ignore délibérément toute notion de courtoisie et de politesse.  Vous vous en rendrez vite compte lorsque vous verrez que son manque de filtre, c’est seulement utilisé pour vous faire des commentaires négatifs et rabaissants.  Jamais positifs.

Je suis sarcastique.
Voilà une excuse qui est trop souvent utilisé par des gens qui ont besoin de rabaisser les autres plus bas que soi pour se sentir bien avec eux-mêmes, ou pour se donner un sentiment de contrôle sur la situation.  Je veux dire, c’est quoi, dans le fond, un sarcasme, quand on y pense, hm?  C’est une remarque que l’on envoie à l’autre dans le but de la déstabiliser, de la rabaisser, de la tourner au ridicule, de l’insulter.  Et on masque ça sous le couvert d’une blague parce que l’on est trop irresponsable et/ou trop lâche pour assumer le fait que rabaisser l’autre, c’est un choix délibéré.  C’est un signe de personnalité narcissique.  La preuve: Si tu lui dis que son commentaire t’a déplu ou offensé, jamais elle ne s’excusera.  Au contraire, elle va immédiatement contre-attaquer et te traitant de susceptible.  Comme quoi, à ses yeux, elle n’est jamais dans le tort.  Ce sont les autres, le problème.  Tous les autres.  Toujours!  

Dans le même ordre d’idées:

Je suis une personne directe qui n’a pas peur de dire ce qu’elle pense.
Traduction: J’aime insulter les autres, alors j’utilise l’excuse de « ne faire rien d’autre que dire la vérité » et/ou « ne faire qu’exercer mon droit à la liberté d’expression » afin de leur chier dessus à loisir.

Je suis une personne amicale et sympathique, mais si tu me cherches tu vas me trouver. 
En réalité, il s’agit là d’une personne agressive qui ne cherche qu’une bonne raison pour pouvoir attaquer autrui.  Et là encore, en se justifiant en faisant passer la responsabilité sur l’autre.  Et pour l’avoir moi-même vécu à de nombreuses reprises, pas besoin de lui donner une vraie raison pour le faire.  Tôt ou tard, elle va t’attaquer, et si elle n’a aucune raison de le faire, elle n’hésitera pas à interpréter tes gestes et paroles à sa façon.  Elle va déformer, inventer, juger, préjuger, mentir…  Et pas obligé d’être en couple avec pour que ça arrive.  Faire partie de son entourage suffit bien.  (Voir ma série sur les gens conflictuodépendants) 

Mon attitude envers toi dépend de la tienne envers moi.
Je peux être ta meilleure amie ou bien ta pire ennemie.
Je serai ton rêve le plus doux ou ton pire cauchemar.
Ou toute autre variante voulant dire la même chose, en y rajoutant parfois des
… il n’en tient qu’à toi.
… c’est toi qui choisis.
… ça va dépendre entièrement de toi.
Traduction: Je suis une passive-agressive, je vais éventuellement devenir active-agressive avec toi, et je t’en blâme d’avance.  Parce qu’à mes yeux, c’est toujours de la faute de la victime.  Du moins, tant que ce n’est pas moi, la victime.

On pourrait croire que le fait de dénoncer ici ce genre d’attitude, ça puisse être contre-productif.  Dans le sens où une personne affligée d’une telle personnalité négative pourrait lire ce billet de blog, puis retourner sur son profil et le modifier, afin de mieux prendre au piège ses futures victimes.  Eh bien rassurez-vous, d’après ce que j’ai pu voir, les gens qui sont négatifs dans leurs profils sont également le genre à avoir la mentalité (et à parfois écrire) « Je suis comme je suis et je ne changerai pour personne. »  Normal!  Eux, tout ce qui les intéresse, ce n’est pas devenir aimable.  C’est de se justifier dans leur besoin d’abuser des autres.  Par conséquent, ils continueront encore et toujours de s’afficher comme tel(le)s.  Comme ça, ils auront toujours le loisir de dire à leurs futures victimes « Tu l’savais que j’étais comme ça, je t’avais prévenu! »

Et nous, les gens qui veulent vivre en harmonie, ça nous permettra toujours de pouvoir les éviter. 

26 clichés dans les profils de sites de rencontres

Ce billet est le huitième de la série (Més)aventures sur sites de rencontres.  Parce que quand je pars sur un thème, je ne compresse pas le citron qu’à moitié.

Il y a plusieurs clichés que l’on retrouve d’un profil à l’autre.  J’en ai recensé 26 qui sont particulièrement utilisés.

CLICHÉ 1:  J’aime les bons vins.
Premièrement, je doute que quelqu’un aime les mauvais vins. Ensuite, ce cliché est tellement répandu que je vais finir par croire que ces sites ne sont fréquentés que par des alcolos. Ou du moins des diplômés en expertise vinicole, puisqu’ils prétendent tous savoir ce que c’est, un bon vin.

CLICHÉ 2:  J’aime les bons repas.
Tu aimes manger des trucs qui goûtent bon?  Ah ben ça alors!

CLICHÉ 3:   Je ne mord pas… Sauf si on le demande LOL. 
Mon Dieu, quel humour original, ça fait seulement quatre fois que je la lis cette semaine, celle-là.

CLICHÉ 4:  J’aime sortir en bonne compagnie. 
Le jour où je lirai que quelqu’un aime faire des sorties avec des gens qui les font chier, je serai vraiment surpris.

CLICHÉ 5:  Je cherche une fille souriante et bien dans sa peau. 
Tout comme le cliché précédent, j’ai du mal à imaginer qu’un gars cherche une morose  complexée.

CLICHÉ 6: Je suis une personne simple, qui accepte les autres dans leurs différences. 
Bref, tu as zéro personnalité et tu es prêt à t’adapter à la sienne si ça peut t’aider à mettre fin à ton célibat.

CLICHÉ 7:  Je suis une épicurienne. 
Comme ça, tu aimes les plaisirs de la vie?  Et moi qui croyait que tout le monde était maso.  Quelle exception tu es, dis donc.

CLICHÉ 8: Je  n’aime pas les drames ni les complications. 
Malheureusement, beaucoup des gens qui disent ceci sont passés champions dans l’art d’interpréter de travers ce que les autres disent, afin de les accuser justement de chercher le conflit.  Ce qui fait que, ironiquement, ce sont eux, ceux qui se disent allergiques aux drames et aux complications, qui font des drames et qui compliquent tout.

CLICHÉ 9:  Je veux une femme qui prend soin d’elle,  ou Je veux que tu sois en forme.
Compris: Tu ne veux pas de grosses, mais t’as pas les couilles pour le dire franchement.

CLICHÉ 10: Je suis maniaque de la photographie. 
Prendre 50 selfies par jour, c’est être maniaque, mais pas de la photo.

CLICHÉ 11:  Je vis l’instant présent. 
C’est sûr que quand on n’a aucune ambition et aucun but dans la vie, ça parait mieux de faire passer ça comme un esprit libre et bohème.

CLICHÉ 12:  J’ai l’esprit ouvert, sans préjugés. 
Traduction: Je suis tellement désespéré(e) que je prendrais n’importe qui, même si on a zéro point en commun.

CLICHÉ 13:  Je suis jeune de coeur / J’ai gardé mon coeur d’enfant. 
Traduction: Je suis vieille de corps / Je suis immature

CLICHÉ 14:  Je cherche un gars généreux et fidèle. 
Compris: Tu es matérialiste, profiteuse et possessive.

CLICHÉ 15:  Je suis quelqu’un de très sociable qui cherche à se faire de nouveaux amis. 
Je pense qu’une personne vraiment sociable arriverait à se faire de nouveaux amis sans devoir passer par un site de rencontres, mais c’est peut-être juste moi.

CLICHÉ 16:  L’essentiel est invisible pour les yeux. 
Traduction: Je suis loin d’être une Barbie, et il y a 9 chance sur 10 que je sois trop inculte pour savoir que cette phrase est tirée des pages de Le Petit Prince.

CLICHÉ 17:  La femme n’est pas faite pour être comprise mais bien pour être aimée.
Traduction: Je suis un nice guy désespéré et prêt à tout accepter pour ne pas finir ma vie seul, et il y a 9 chance sur 10 que je sois trop inculte pour savoir que cette phrase, qui se voulait sarcastique, a été écrite par Oscar Wilde… qui était homosexuel.

CLICHÉ 18:  Je suis ronde / j’ai des enfants.  Alors si ça ne te plait pas, passe à une autre fiche. 
Traduction: J’ai une personnalité de merde qui explique mon célibat.  Mais par orgueil, je préfère me faire accroire que c’est parce que je suis ronde / que j’ai des enfants.

CLICHÉ 19:  Je déteste les hypocrites. 
Traduction:  Je ne veux surtout pas que tu apprennes mes défauts de la bouche d’un autre.

CLICHÉ 20: Je ne perdrai pas mon temps à me décrire… 
Ça peut avoir deux significations selon le sexe de la personne.  Si c’est une femme, ça veut dire: Je n’ai ni l’imagination ni la cohérence requise pour écrire un texte à mon sujet. Si c’est un homme, ça veut dire: J’me suis inscrit icite pour du sexe, pas pour perdre mon temps à remplir des fiches.

…personne ne lit les profils anyway. 
Traduction: Pour détourner le fait que je suis trop lâche pour prendre le temps d’écrire à mon sujet, je blâme les autres en disant que c’est de leur faute. Car oui, je suis irresponsable en plus.

CLICHÉ 21:  Ça ne me servirait à rien de me décrire parce qu’on ne peut pas vraiment connaitre quelqu’un via le net. 
Traduction: Si tu savais dès le départ ce que je suis, tu passerais à une autre fiche. 

CLICHÉ 22:  Ce que je suis? c’est à toi de le découvrir. 
Dites, pourquoi est-ce que je devrais mettre l’effort de prendre des heures / des jours / des semaines pour « découvrir » quelqu’un qui n’est même pas capable de prendre quelques minutes pour se décrire?  

CLICHÉ 23:  Ce que je suis? Si tu veux le savoir, écrit-moi. 
Traduction: À la réception de ton message privé, si ta photo me plaît, j’irai lire ton profil et je me baserai là-dessus pour te faire accroire qu’on a plein de points communs.

CLICHÉ 24:  Je vais là où la vie (ou bien le vent) me pousse.
Ça sonne comme une personne sans emploi, sans amis, sans loisirs, sans buts.

CLICHÉ 25: Je ne recherche rien pour l’instant. 
Traduction: Je cherche un gars beau, athlétique et riche, et en attendant de le trouver j’veux rien savoir des crapets qui constituent 99% des membres de ce site.

Enfin, le cliché le plus répandu de tous dans les profils de femmes,
CLICHÉ 26:  Mentionner le yoga comme activité.
Et ça m’a amené à faire une découverte scientifique majeure au sujet du célibat féminin:

Sérieusement, il n’y a aucune autre explication logique pourquoi tant de femmes qui pratiquent le yoga puissent être célibataires.  Il faut que ce soit une cause à effet.

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Merci à Tania DG, Cindy RJ et Rachel H pour leurs désopilantes contributions.