12 faits sur les conjoints qui choisissent de te juger négativement

L’une des leçons de couple les plus pénibles que j’ai eu à apprendre, surtout parce que c’est l’une de celles qui m’a pris le plus de temps à comprendre, c’est que tu ne peux pas changer la mentalité de l’autre au sujet de la vision qu’elle a choisi d’avoir de toi. 

Surtout si cette vision est aussi erronée que négative.  

Il y a quelques temps, je parlais des prophètes auto-réalisateurs.  Il s’agit de gens qui, justement, choisissent d’avoir une vision de toi aussi fausse que négative, pour ensuite  mettre tout en œuvre pour prouver qu’ils ont raison à ton sujet.  Et ça inclut créer eux-mêmes le problème, dans le but de provoquer en toi ce comportement qu’ils cherchent sans cesse à te reprocher.

Tout le long de ma vie, j’ai plusieurs fois été confronté à ce genre de personnes.  C’est déjà assez pénible d’en avoir dans notre entourage, imaginez quand en plus il s’agit de la personne avec qui vous êtes en couple. 

Ce dernier cas m’est arrivé à trois reprises.

D’abord, La mère de mes enfants, qui s’attendait à ce que je sois infidèle.  Tout le long de notre relation, elle m’accusait de l’être, en se basant sur les indices les plus anodins et illogiques pour appuyer ses soupçons.  Mais puisqu’elle n’a jamais trouvé de véritables preuves (assez difficile en effet de prouver quelque chose qui ne s’est jamais produit) alors elle s’est arrangée avec son amie Linda pour tenter de créer elle-même cette situation jusque-là inexistante : Elles m’ont offert un ménage-à-trois.  Même en déclinant leur offre, ça ne lui a jamais enlevée l’idée que je voulais en baiser une autre.  Ça lui a juste fait croire que je voulais en baiser une autre, sans sa présence.

Puis il y a eu Christine, qui s’attendait à ce que je sois un frustré sexuel.  Alors tout le long de notre relation, elle m’accusait d’en être un, et s’arrangeait toujours pour trouver des indices anodins et ridicules pour appuyer ses soupçons.  Et puisqu’elle n’en trouvait pas, alors elle s’arrangeait pour créer elle-même des situations pouvant provoquer ce genre de frustrations. 

Enfin, il y a eu Geneviève la coloc de l’enfer, qui tenait à prouver que j’étais un frustré tout court.  Mais dans son cas, c’est compréhensif, puisqu’elle est conflictuodépendante.  Alors évidemment, elle créait le conflit non-stop.

À chaque fois que tu es confronté à cette personne, c’est la même chose :  Ça ne sert à rien de lui répéter que tu n’es pas comme ça.  Ça ne sert à rien de lui démontrer que tu n’es pas comme ça. Le mieux que tu puisses faire suite à ses accusations mensongères, c’est de lui prouver qu’elle se trompait à ton sujet. 

Or, peu importe le nombre de fois où tu le lui prouve, ça ne la décourage pas de t’en accuser.  Bien au contraire.  Elle continuera toujours à chercher à te prendre en défaut.  Des défauts qu’elle est la seule à voir en toi. 

Un jour, j’ai compris douze vérités de base toutes simples à ce sujet : 

  1. Les gens normaux te jugent d’après tes faits, gestes et paroles.
  2. Au-delà de ça, tu n’as pas à prouver quoi que ce soit à qui que ce soit. 
  3. S’ils te jugent d’après des faits, gestes et paroles qui n’existent que dans leur imagination, alors ce n’est pas avec toi qu’ils ont une relation.  C’est avec leur imagination.  En fait, c’est avec eux-mêmes.   
  4. Si l’autre s’acharne à avoir une image erronée de toi, bien que cette image ait été mille fois prouvée fausse, c’est parce que c’est avec ce genre de personne qu’elle veut vraiment être.
  5. Autrement dit, cette personne n’en a rien à foutre de ce que tu es vraiment.  Pour elle, seule compte l’image qu’elle a choisi d’avoir de toi.
  6. C’est parce qu’elle s’est conditionnée à d’être confrontée à ça.
  7. C’est parce que ça lui convient, d’être confrontée à ça.
  8. C’est parce qu’elle a besoin d’être confrontée à ça.
  9. C’est parce qu’une personne qui s’est conditionnée à survivre dans la discorde est incapable de vivre dans l’harmonie.
  10. C’est parce qu’elle a beaucoup de ressentiment envers le genre de personne qu’elle voudrait que tu sois.  Et tant et aussi longtemps que tu lui prouves que tu n’es pas comme ça, alors tu l’empêches d’obtenir la satisfaction morale de confronter cette personne imaginaire qu’elle projette en toi.  Donc plus tu lui donnes des preuves comme quoi elle n’a aucune raison de t’en vouloir, et plus ça lui donne des raisons de t’en vouloir.
  11. Par conséquent, avec cette personne, inutile d’être franc, droit et irréprochable, elle refusera toujours de croire que tu l’es.
  12. Et surtout, inutile d’être patient et inutile d’être compréhensif, car c’est inutile de croire qu’elle va finir par entendre raison.  Avec une personne qui ne voit en toi que ce qu’elle veut voir, tu perds ton temps.

À l’époque où j’étais un Nice Guy / White Knight, je croyais bêtement que ces filles étaient du matériel de choix pour fonder un couple. Tu prends une fille qui a toujours sorti avec des trous d’cul, tu lui montres que tu n’es pas comme ça, et voilà : Ayant vécu le pire, elle trouve que tu es une extraordinaire amélioration, en comparaison avec le reste de la population masculine.  Heureuse d’avoir enfin trouvé l’homme idéal, elle t’aime sans retenue et vous vivez dans l’amour et l’harmonie jusqu’à la fin des temps.  

… Du moins, ça me semblait logique. 

Malheureusement, j’ai appris à la dure que quand une personne se plaint d’avoir toujours eu le même problème dans toutes ses relations, ça veut généralement dire que (au choix) :

A ) Elle n’est attirée que par ce genre de personne.
B ) Elle est convaincue que tous les hommes sont ce genre de personne.

C ) 
Elle les accuse tous (à tort ou à raison) d’être ce genre de personne.
D ) 
Elle tient à prouver que tous les hommes sont ce genre de personne.
E ) Elle les provoque tous à devenir ce genre de personne.
F ) 
Toutes ces réponses.

Au mois d’avril dernier, alors que je testais les rencontres sur Tinder, il y avait cette femme avec qui le courant passait bien.  Cependant, elle se méfiait des hommes qui étaient encore amis avec leurs ex.  Selon elle, l’amitié entre ex, ça n’existe pas.  Il faut toujours qu’il y en ait un des deux qui continue de désirer l’autre.   

Lors de notre seconde et dernière rencontre dans un café, elle me demande :

 « Depuis combien de temps que t’es pu avec ton ex? »
« Quatorze mois, soit depuis le 16 février 2017. »

Elle allume alors son téléphone et me montre cette photo de moi, tirée de mon Facebook. 

« Le 16 février 2017, tu dis?  Eh bien ton ex a posté cette photo de toi sur ton mur de Facebook le 5 août 2017. »
« Ok! »
« Je suppose que c’est elle qui a pris la photo? »
« Exact! »

Et là, avec un ton de voix où se mêlent le reproche et la condescendance, elle me brandit son cell au visage.

« Tu t’es-tu vu la face?  Tu vois-tu comment tu la regardes?  C’est pas le regard d’un gars qui n’est plus amoureux de son ex, ça!   Un gars qui regarde son ex de-même, c’est parce qu’il est toujours accro à elle. »

Eh boy!

J’aurais pu lui expliquer que mon expression faciale venait tout simplement du fait que l’on sortait de table et que j’étais repu d’une délicieuse et bourrative soupe Ramen maison, et que j’étais maintenant assis devant mon émission télé favorite en compagnie de mes deux minets ronronnants.  Et c’est en me voyant dans ce moment de bien-être total que Flavie s’était amusée à m’immortaliser. 

J’aurais pu également lui montrer d’autres photos de mon Facebook, prises par aucune de mes ex, dans lequel j’ai le même air de béatitude, démontrant que je n’ai pas besoin d’être amoureux pour faire cette face d’ahuri.

En fait, j’aurais même pu tordre la vérité pour à la fois lui donner raison, histoire de la satisfaire, tout en me disculpant de manière logique de ses accusations : Je n’aurais eu qu’à lui dire que même si j’avais encore été amoureux lorsque Flavie a pris cette photo, il s’était écoulé huit mois depuis.  Et, tel que je venais de lui dire, ça faisait quatorze mois depuis notre séparation.  Donc que même si j’avais encore eu quelques restants de sentiments amoureux pour mon ex au moment de cette photo, ceux-ci auraient eu largement le temps de disparaître.  D’où mon inscription sur Tinder le mois précédent, d’où notre rencontre.   

Mais voilà, face à une attitude soupçonneuse et accusatrice comme la sienne, j’ai compris immédiatement que ça ne me servirait rien de me justifier sur quoi que ce soit.  Cette femme était convaincue que l’amitié post-couple n’existait pas, et elle était à l’affût du moindre indice qui pourrait lui prouver son point contre moi.  Même si j’effaçais toutes mes photos de toutes mes ex, même si je coupais tout contact avec elles, même si je mettais aux poubelles tous mes meubles et toutes mes possessions du temps où j’étais avec elles, ça ne lui suffirait jamais.  Elle continuerait toujours de me faire vivre ses soupçons.  Je le sais, c’est exactement ce que j’ai vécu avec la mère de mes enfants.

Je me suis donc épargné un avenir négatif, frustrant et moralement énergivore, en lui disant ce qu’elle voulait entendre :

« Ouais, tu as raison!  Si je suis sur Tinder, c’est pour l’oublier en me jetant dans une nouvelle relation.  Si ça ne te convient pas, je comprendrai. »

Ça ne lui convenait pas.  Elle m’a dit de rentrer chez moi, d’aller régler mes problèmes personnels, au besoin d’aller suivre une thérapie, au lieu de faire perdre leur temps aux autres en prétendant mensongèrement être guéri de mon obsession pour mon ex.

En étant faussement d’accord avec elle, j’ai donné à cette femme quelque chose qu’elle aurait pu gâcher le reste de nos deux vie à chercher en vain : Une preuve comme quoi elle avait raison de croire que j’étais aussi pire qu’elle m’imaginait.  En lui accordant ça dès le départ, tout le monde gagne :  Elle est satisfaite d’avoir eu raison à mon sujet, et moi je suis satisfait de m’être évité une relation de couple merdique.

Un couple dans lequel elle n’aurait pas été en relation avec moi, mais plutôt avec la version imaginaire qu’elle s’était créée pour prendre la place de celui que je suis vraiment.

 

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A propos Steve Requin

Auteur, blogueur, illustrateur, philosophe amateur et concierge de profession.
Cet article a été publié dans Ces filles à éviter, Ces gars à éviter, Dose de Réalité, Fait vécu, Les bons gars, Psychologie et comportement social, SÉRIE: (Més)Aventures sur sites de rencontres., Site de Rencontres. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

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