Christine, 5e partie: Motel California (Légèrement NSFW)

Lundi 1er juillet 1991.  Voilà trois semaines aujourd’hui que j’ai accepté l’offre de Christine d’être son amant.   Comme je m’en suis douté en lui faisant faussement accroire que j’avais déménagé chez une retraitée il y a deux semaines, Christine pense que la madame est toujours dans l’appartement, donc qu’il nous est impossible d’y avoir de l’intimité.  Quant à aller chez elle, même problème, avec sa mère et son demi-frère.  Voilà pourquoi, trois semaines plus tard, nous n’avons toujours rien fait de ce côté-là.

Vers quatre heure du matin, tandis que nous faisons notre shift de nuit au Dunkin Donuts, Christine m’approche, un peu moqueuse.

« Pis? Pas trop frustré, de ne pas m’avoir encore baisée? »

Frustré?  Pas tellement! En fait, j’avoue que ça m’arrange.  Pour être franc, je me sens mal de tromper Marie-France, même si techniquement je ne l’ai pas encore fait.  Et puis, de la façon dont je vois Christine agir, j’en suis arrivé à une conclusion.  Et cette conclusion, puisqu’elle me pose la question, je vais la partager avec elle.

« Meuh non, voyons.  Je ne me fais pas d’illusions. »
« Qu’est-ce que tu veux dire? »
« Je veux dire que je sais très bien qu’il ne se passera jamais rien entre nous deux.  Oh, mais t’inquiètes, je ne t’en tiens pas rigueur.  C’est quelque chose que j’ai accepté depuis le début. »
« Comment ça, « Depuis le début? »
« R’garde, si t’étais vraiment en manque au point où tu m’as dit que tu l’étais il y a trois semaines, ça ferait longtemps qu’on aurait passé au lit.  Tu ne te cacherais pas tout le temps derrière l’excuse bidon de la présence de ta famille ou de ma coloc. »
« C’est pas des excuses bidon, c’est des faits. »
« Peut-être, mais on n’est quand même pas les seules personnes au monde à être des amants qui habitent avec d’autres gens.  Ils trouvent quand même le moyen de baiser, eux.  Mais bon, regarde, j’ai connu assez de filles dans ma vie pour avoir constaté que plus une fille a peur du sexe, plus elle ressent le
besoin de crier haut et fort le contraire.  Et c’est d’autant plus vrai pour celles qui savent qu’elles auront toujours des situations hors de leur contrôle pour leur empêcher d’en avoir.  Comme ça, elles peuvent dire vouloir du sexe, tout en se cachant derrière cette excuse pour ne pas en avoir. »

Je m’empare d’un plateau de muffins fraichement cuits, je me retourne, je regarde Christine et lui dis:

« Fa que, pour répondre à ta question si je suis frustré de ne pas avoir baisé avec toi, la réponse est non.  Comment est-ce que je pourrais frustrer de ne pas avoir vécu quelque chose, quand j’ai toujours su que ça n’arrivera jamais? »

Sur ce, je la plante là et m’en vais porter le plateau de muffins en avant, à la caissière. 

S’il y a une chose que les filles détestent, c’est bien la psychanalyse non-sollicitée, surtout si c’est pour se faire dire ce qui ne va pas chez elle.  C’est bien fait pour elle, selon moi.  Quand une fille promet de la baise à un gars et qu’elle n’a rien fait pour que ça arrive après trois semaines, c’est signe qu’elle niaise le gars.  Alors si en plus elle amène le sujet en lui demandant s’il est frufru, c’est qu’elle tient à établir clairement auprès de lui le fait qu’elle le niaise.  Et c’est ça, mille fois plus que le fait que notre relation est toujours platonique, qui me fait frustrer.

Nous passons les deux heures suivantes à travailler sans s’adresser la parole.  Il ne faut pas y voir là un signe de bouderie.  C’est juste que l’on a du travail à faire.  Mais à six heure du matin, au moment de partir, Christine me dit.

« Non! Tu pars pas chez vous.  Tu viens avec moi! »
« Ah? Où ça? »
« Au motel!  Tu veux baiser?  On va baiser! »
« Attend…  Après m’avoir fait dépenser pour partir en appartement, là tu veux me faire dépenser pour une chambre de motel? »
« C’est moi qui paye! Pas d’excuses! »

Bon!  Je suppose qu’il n’y a pas moyen de m’en tirer.  Je ne m’attendais pas à ce qu’elle voit un défi dans mes paroles, et encore moins qu’elle le relève.  Ne voulant quand même pas rentrer trop tard chez Marie-France, je suggère le plus près motel que je connais.

« Ok, ben y’a un motel pas loin sur la rue De l’Église. »
« Non!  Je paye, je choisis! »
« Ah? Euh, ok! »

Il est 7:15 lorsque j’entre au bureau du motel.  De tous ceux qu’il peut y avoir à Montréal, elle a choisi le Motel California, qui est situé à dix stations de métro de chez elle, et à dix-sept de chez moi.  Y’a pas à dire, elle tenait vraiment à ce que l’on ne tombe pas par hasard sur quelqu’un que l’on connait. 

Christine, qui a préféré rester dehors, m’a refilé l’argent nécessaire.  Je paie, prends les clés et je sors.  On se dirige vers la chambre en question. On y entre et referme la porte. On prend chacun une douche.  Je m’attendais à ce que ce soit ensemble, mais elle refuse.  Non seulement dois-je me laver seul, elle me fait quitter la chambre, le temps qu’elle prenne la sienne.  Debout, dehors, devant la porte, je marmonne:

« Me faire quitter la chambre en disant qu’elle se sentirait intimidée que je la vois nue. C’est elle qui m’a amené ici dans le but de la baiser, et Madame est « intimidée que je la vois nue ».  C’est tellement n’importe quoi! »

La porte s’entrouvre.  Christine me dit:

« Compte jusqu’à trente, pis viens me rejoindre. »

Puis elle referme la porte.  Roulant des yeux, je me met ensuite à compter trente secondes.  Puis j’entre, referme la porte et la verrouille.  Malgré le fait que les stores sont fermés, ça reste assez éclairé à cause du soleil du matin qui plombe directement sur la vitrine. Elle est déjà au lit sous les couvertures.  Je commence à me déshabiller.  Elle dit:

« Chus pas tout-nue, j’ai garde mes sous-vêtements. »

Oh well, j’imagine que la déshabiller moi-même fait partie du jeu.  Je garde mes petits caleçons et je vais la rejoindre sous les draps.  Je commence à lui caresser le ventre et je remonte ma main sur ses volumineux seins.  Elle grimace, prend ma main et la retire.

« S’cuse, j’aime pas qu’on me touche là.  Depuis que j’ai eu ma poussée de croissance à treize ans, j’ai toujours eu des gros seins, pis ça a toujours attiré l’attention, les vieux cochons, les regards lubriques et les remarques déplacées.  C’est pour ça que je ne me sens pas très à l’aise avec cette partie de mon anatomie. »

Je vois!  Bon ben je n’insiste pas.  Je fais glisser ma main vers le bas et commence à lui toucher l’entrejambe, par dessus sa petite culotte.  Mon doigt glisse délicatement sur le tissus.  Elle grimace.  Je demande:

« Y’a què’que chose qui va pas? »
« Ben…  J’ai eu un accident de vélo dans ma jeunesse.  J’avais pris le bécique de mon frère, un bécique de gars beaucoup trop grand pour moi, pis je suis tombée raide, la vulve sur la barre.  Ça m’a laissé les petites lèvres avec des taches noires, pis c’est resté très très sensible. »

Bon!  Ça commence bien.  Heureusement que je suis un gars d’expérience.

« Pas de problème.  Je peux te faire de l’oral.  C’est beaucoup plus délicat que le digital. »
« Non!  Je ne veux pas être obligé de te rendre la pareille après. »
« Hein? Comment ça? »
« La fellation, c’est un symbole de la soumission de la femme envers l’homme.  Je refuse d’être une femme soumise. »

Bon, v’la autre chose! Je suis tombé sur une féministe radicale qui politise la relation en laissant ses convictions envahir sa vie, jusque dans la chambre à coucher.  Je fais quoi, maintenant?

« Bon ben c’est pas grave.  Je vais te le faire quand même, et je ne te demande rien en retour, voilà tout. »
« Ah non!  J’peux pas accepter ça!  Ça me ferait sentir comme si j’étais une profiteuse égoïste! »
« En quoi tu serais profiteuse?  C’est toi qui a payé la chambre. »
« Non, là, de la façon dont tu dis ça, c’est comme si je payais pour avoir du sexe.  Chus pas désespérée à ce point-là. »

Je vois!  Je n’insiste pas.  Je pose ma tête sur l’oreiller et reste silencieux, sans bouger.  Au bout d’une minute de silence, elle demande:

« T’es-tu frustré? »
« Non, je m’interroge.  J’peux pas te toucher les seins, j’peux pas te toucher la vulve, j’peux pas te cunnilinguer, tu suces pas, pis de toute façon ça a l’air qu’il faut garder nos sous-vêtements.  Fa que, je commence à me demander qu’est-ce qu’on est venu faire ici, au juste. »
« Ben… Baiser!? »
« Euh…  Pis tes douleurs aux petites lèvres? »
« Si j’ai les jambes assez écartées, tu vas pouvoir rentrer sans y toucher. »

Bon! Tout un défi, ça!  Elle semble vouloir y mettre de la bonne volonté car, sous les couvertes, elle retire sa petite culotte.  Je fais de même avec mon caleçon.  Je me place entre ses jambes, ce qui est difficile puisqu’elle tient à déplacer les draps à mesure que je bouge de façon à toujours être couverte, car elle ne tient pas à ce que je lui vois le sexe.  Alors que je baisse ma main pour empoigner le mien, histoire de me le diriger, elle dit:

« Attend!  T’as-tu des condoms? »
« Euh… Tu m’as pas déjà dit que tu prenais la pilule? »
« Oui, mais c’est juste que…  T’sais, dans l’fond, on ne se connait pas tellement.  Ça m’tente pas de prendre le risque de pogner une MTS. »

Voila une insinuation qui m’insulte.  Il faut dire que, lorsqu’un jeune homme est au sommet de son appétit sexuel, le sexe est beaucoup plus excitant sans condoms.  Et à ce moment-là, à l’âge de 22 ans, je ne fais pas exception.  Aussi, savoir que je dois quand même en mettre un alors qu’elle prend la pilule, ça me frustre.  Je plaide ma cause:

« Une MTS? Moi?  Tu sauras qu’il n’y a que deux filles avec qui j’ai baisé sans condoms dans ma vie, et c’était dans des relations de couple stables: Laurie, ma première, et elle était vierge.  Et Marie-France, qui n’a eu qu’un seul chum avant moi. »
« Oui, mais son ex-chum l’a peut-être trompée.  On l’sait pas, ça.  Il aurait pu lui refiler une maladie sans le savoir.  Ça se pourrait. »

Devant cette nouvelle manifestation de sa mauvaise foi, j’ai beaucoup de difficulté à garder un ton de voix calme lorsque je lui réponds:

« Non, je n’en ai pas, de condoms!  Est-ce que tu veux que j’aille en acheter à la pharmacie que j’ai vu à côté du métro, ou bien est-ce que tu préfères qu’on arrête tout? »

À ce point-ci, je commence à me foutre de baiser ou non.  Tout ce que je veux, c’est de savoir d’avance si ça va être oui ou non, que je cesse de perdre mon temps.  Elle répond:

« C’est beau, j’en ai dans ma sacoche. »

J’avoue qu’avec toutes les objections qu’elle m’enfile en chaine depuis que nous sommes ici, je ne m’y attendais pas.  Je me faufile hors des couvertes et je vais chercher sa sacoche sur la chaise au coin de la pièce.  Elle l’ouvre et en sort un condom de marque Kimono, ainsi qu’un petit tube de lubrifiant soluble K-Y.

« Ça s’peut que je sois sèche, fa que tu t’en mettras. »

J’enfile le condom, j’ouvre le tube de K-Y et je commence à me lubrifier le Kimono.  Au moment où je me retourne vers elle, elle dit:

« Oh! Non! Attend! »
« Attendre quoi? »
« Regarde au plafond. »

Je lève la tête.  Je vois qu’il y a un miroir au plafond, juste au dessus du lit.

« J’ai pas envie de me regarder en train de baiser.  Chus quand même pas cochonne à ce point-là! »
« Pas de problème!  Lève-toi, je vais déplacer le lit. »

Elle se lève, tout en se gardant bien enroulée avec les couvertures.  Je déplace le lit loin du miroir.  On rembarque sur le lit pour se réinstaller, mais…

« Shit! »
« Quoi, encore? »
« Regarde au plafond. Y’a une araignée! »

Ah ça, je me doute bien qu’en effet elle a une araignée dans le plafond, cette fille.  Je ne dis rien.  Je prend mon soulier et je grimpe sur le lit.

« Qu’est-ce tu fais? »
« M’as l’écraser! »
« Non! »
« Pourquoi non? »
« Parce que si tu la rates, elle va tomber sur le lit »
« Ok alors, déplaçons le lit de nouveau, je la tuerai après en montant sur la chaise. »
« Oui mais là elle pourrait tomber par terre et filer n’importe où.  Je ne pourrais pas rester ici en sachant qu’il y a une araignée qui se balade dans la pièce. »

Heureusement que je n’ai que 22 ans.  Ça doit être la seule chose qui me permet d’avoir encore la pine d’acier malgré cette atmosphère qui dégage autant d’érotisme qu’une poignée de clous rouillés.

N’empêche que, érection ou pas, je déclare forfait parce que là, moralement, j’ai atteint ma limite.  Ce n’est pas de la frustration.  Je le dis souvent: 75% de mon excitation sexuelle provient du fait que je vois que la fille a envie de moi, a envie de sexe, aime ce que l’on fait.   Et je ne reconnais Christine dans aucun de ces trois cas.  Il me semble évident que malgré tous les beaux discours pro-sexuels qu’elle me sert depuis trois semaines, elle n’est pas encore prête à passer cette étape avec moi.  Il est temps que j’aille une discussion sérieuse avec elle à ce sujet.

Je débarque du lit, lui demande de s’enlever, que je puisse le remettre à sa place originale.  Elle se lève, toujours bien emballée avec les couvertures.  Une fois le lit replacé, je me tourne vers elle.  Avec calme et douceur, je lui dis:

« Tu sais Christine, j’ai toujours été un gars compréhensif.  Regarde,  si tu ne te sens pas encore prête à passer à l’acte avec moi, t’as juste à le dire.  Je n’insisterai pas.  Comme ça, toi tu ne subiras pas de pression, et moi j… »
« FRUSTRE PAS, ESTIE! »

Ironiquement, LÀ, elle me fait frustrer.  Et en tabarnak à part ça.  Il n’y a rien qui me fasse plus chier que de me faire accuser de quelque chose de négatif.  Surtout quand c’est faux.  Surtout en me criant après.  Surtout quand c’est pour m’accuser de frustrer.  Et surtout quand c’est de la part de la personne qui fait exprès de tout faire pour me frustrer.  Refusant de lui accorder cette victoire, et histoire de lui démontrer de façon passive que de nous deux, c’est plutôt elle qui a le problème de comportement ici, je reste d’un stoïcisme spartiate.  Toujours d’une voix douce et compréhensive, je lui demande:

« Allons, arrête de crier des menteries et répond-moi franchement.  Est-ce que tu veux baiser avec moi en ce moment, oui ou non? »
« Oui, mais l’idéal serait dans le noir total.  Chus juste mal à l’aise de voir ça.  Tu sais, j’ai été élevé dans un environnement très religieux, fa que… »

M’ouain…  Nous sommes en plein jour, ce qui fait que même avec les rideaux tirés, la chambre est très éclairée. Je lui propose un dernier truc, même si je n’y crois vraiment pas.

« Tu pourrais te mettre à genoux par terre, devant le lit, le reste du corps couché sur le lit, en te mettant une couverte par-dessus la tête.  Comme ça je pourrai te prendre en levrette, tu verrais rien, et tout le monde sera content. »
« À quatre pattes comme des chiens?  Oh, YARK, non! »

Évidemment!

« Bon! Eh bien si tu veux vraiment baiser, est-ce que t’as une solution à apporter?  Parce que sinon, je vais repartir chez moi.  Non pas par frustration, comme tu as l’air d’insister pour m’accuser sans arrêt de l’être, aujourd’hui… »

Je ne pouvais pas m’empêcher de la lui souligner, celle-là.

« … mais bien parce que je suis très fatigué, rapport que habituellement je dors à cette heure-ci.  Et je ne peux pas dormir ici parce que je porte mes verres de contact et que je n’ai pas mon kit pour les enlever. »

Pour toute réponse, elle se jette dans le lit.  Elle se couvre entièrement, tête comprise, avec les couvertures et ne bouge plus. Je la regarde là, masse immobile sous les draps, pendant une dizaine de secondes, ne comprenant rien à son comportement.

« Christine? »

Elle ne répond pas.  Je lui parle, lui pose des questions, mais peu importe ce que je lui dis, elle ne répond plus rien à rien. 

D’un profond soupir de découragement, je déclare forfait.

Je retire le condom et le jette dans la corbeille.  Puis, je me rhabille.  Me voilà prêt à partir, mon sac à l’épaule et la main sur la poignée de porte.  Je regarde en direction du lit pendant quelques secondes.  Toujours rien de sa part, ni mouvement ni son.  En haussant les épaules, j’ouvre la porte et je sors, croisant un couple qui se dirige vers leur propre chambre.  C’est là que Christine hurle :

« MERCI POUR LA BAISE! »

Je soupire.  Avec ce qu’elle vient de me faire vivre, j’aurais pu me passer de cette humiliation publique.

Mais pourquoi agit-elle comme ça?  Sérieusement là, pourquoi est-ce qu’une fille prendrait la peine d’inviter un gars au motel, d’insister, allant même jusqu’à payer elle-même la chambre, pour ensuite lui faire subir ce traitement-là?  Je rentrerais bien lui demander de s’expliquer, mais puisqu’elle vient de me faire le coup du traitement de silence alors que j’ai tenté d’ouvrir le dialogue, je vois bien que je perdrais mon temps.  Tout ce qu’elle a fait aujourd’hui fut de me contrarier à répétition.

  • Je suis son amant.  Elle ne me baise pas.
  • Je lui dis que je ne ressens pas le besoin de baiser avec elle.  Elle insiste pour qu’on aille au motel le faire.
  • J’essaye de la baiser.  Elle m’arrête.
  • J’arrête.  Elle me demande de continuer.
  • Je trouve des solutions.  Elle trouve de nouveaux problèmes.
  • Je viens pour appliquer la solution. (Exemple, écraser l’araignée) Elle m’empêche de le faire.
  • Je suis calme et compréhensif.  Elle m’accuse de frustrer.
  • J’essaye d’ouvrir le dialogue.  Elle me donne le traitement de silence.
  • Je respecte son manque de désir sexuel.  Elle me hurle un sarcasme en reproche.

Aussi, je ne dis rien, je referme doucement la porte et je repars. En quittant le parking du motel, je soupire, découragé.

« Alors c’est ça que ça donne, de respecter les filles?  Se faire niaiser d’aplomb pendant des heures? C’est ça que ça nous rapporte, d’être patient et compréhensif?  Se faire quand même accuser d’être impatient et frustré?  À quoi ça sert de respecter leurs limites si c’est pour se faire chier dessus?  C’était quoi, son but, de me faire accroire qu’elle voulait baiser au point de payer elle-même le motel?  J’y ai rien demandé, moi! C’est quoi la logique de me dire sans arrêt OUI en paroles mais NON en gestes?  Elle voulait quoi?  Que je la viole? Chus sûr que n’importe quel autre gars à ma place l’aurait fait.  Pis elle, au lieu d’apprécier mon comportement, ma retenue, mon respect, elle frustre, me fait chier, m’insulte.  Voyons donc! » 

Mes réflexions sur la situation continuent alors que je suis dans le métro en direction de chez Marie-France.

« Une sulfureuse relation adultère qui a pris fin au bout de trois semaines, et ce avant même d’avoir commencée.  Au bout du compte, non seulement je n’aurai jamais trompé ma blonde, j’ai même très bien fait de n’être jamais parti de chez elle.  J’ai investi deux-cent piasses à me faire un look que Christine était supposé trouver irrésistible. À voir ce que ça a donné jusqu’ici, payer un appartement en plus aurait été du gaspillage pur et simple. »

En tout cas, ça a l’air que j’avais raison beaucoup plus que je le croyais, en arrivant à la conclusion que cette fille-là avait peur du sexe.  Je ne comprends juste pas pourquoi elle s’acharne à affirmer le contraire.

À SUIVRE

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A propos Steve Requin

Auteur, blogueur, illustrateur, philosophe amateur et concierge de profession.
Cet article a été publié dans Fait vécu. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

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