Elle sera soumise ou abusive, mais jamais égalitaire

Depuis plus de 3 ans, je consomme du contenu masculiniste Red Pill. Ça a commencé par curiosité éducative.  Il est vrai qu’après une décennie complète à me faire exclusivement bourrer le crâne de contenu féministe, il me semblait logique d’étudier l’autre facette de la vision des relations hommes-femmes.  

Je ne crois pas que cela ait influencé mon comportement ni ma mentalité. J’ai constaté que beaucoup de revendications masculinistes sont à base de frustrations de la part d’hommes qui veulent dominer les femmes de manière abusive.  Par exemple Andrew Tate qui affirme que chaque femme qui entre en relation avec un homme devient automatiquement sa propriété, tout juste bonne à être exploité sexuellement et financièrement. Cependant, certaines choses, dites par certains autres influenceurs font du sens, afin d’éviter, inversement, les abus des femmes contre les hommes. Bref, j’en prends et j’en laisse. 

Il y a quelques jours, dans un podcast masculiniste, j’ai entendu une phrase qui m’a fait l’effet d’une gifle dans une douche froide. De tout le contenu masculiniste auquel j’ai pu être exposé, ceci est la phrase la plus intelligente et la plus révélatrice que j’ai entendu. Cette phrase est : Aucune femme ne respecte l’homme qu’elle peut dominer.

La raison pour laquelle cette phrase fut pour moi une révélation, c’est qu’elle m’a permis de comprendre pourquoi la majorité de mes relations se déroulent de la même manière, dans ces neuf étapes.

1. La femme m’approche.
2. Période de flirt.
3. Elle s’offre comme étant soumise.
4. Je la rassure comme quoi elle n’a pas besoin de se soumettre à moi pour m’intéresser, puisque je veux une relation égalitaire.
5. À mesure que la relation avance, elle perd peu à peu son respect envers moi.
6. Elle me méprise et/ou abuse de moi.
7. Je la confronte immédiatement pour son mépris et ses abus, en lui rappelant que je ne tolérerai rien d’autre qu’une relation égalitaire.
8. Elle réagit violemment comme si mes revendications d’égalité étaient le pire des abus envers elle.
9. Rupture chaotique.

Chacune des relations comporte sa petite variante. N’empêche qu’en gros, ouais, ça correspond. Ce ne sont pas les exemples qui manquent. Parmi ceux que je vais vous donner, certains seront nouveaux, tandis que d’autres seront des femmes dont j’ai déjà parlé sur ce blog.

Geneviève la coloc de l’enfer (Lien plus bas)
On se rencontre. Elle se montre fragile et me dit être victime d’abus de son entourage familial. Nous devenons amis. Je l’invite pour un weekend. En accord avec la convention sociale du Si tu viens, tu couches, comme quoi inviter chez soi une personne hétéro du sexe opposé, c’est une invitation au sexe. Et y aller, c’est dire oui au sexe. (Lien plus bas) Elle croit que je planifie de la baiser. En voyant que je ne fais aucune tentative d’approche, elle prend les devants et m’offre sa virginité. Après coup, elle est surprise d’apprendre que jamais je n’avais eu d’intentions cachées à son sujet en l’invitant. Dès le lendemain et pour le reste de la relation, elle sera méprisante, méchante et abusive. Tout ça parce que je la traitais avec égalité, et non en dominant qui la soumet.

Parce que pour être dans sa vie, je devais ou bien être le dominant, ou bien le soumis. Il n’y avait aucune autre option à part ces deux extrèmes.

Nathalie
Un jour, je reçois une demande de contact sur Facebook de la part d’une ancienne camarade de classe de l’école primaire et secondaire. Durant les onze ans où nous avions fréquentés les mêmes écoles et les mêmes classes, on ne s’est jamais échangé un mot. Et là, 33 ans plus tard, voilà qu’elle m’écrit comme si nous étions d’anciens amis qui s’étaient perdus de vue. Elle a flirté avec moi, et j’ai répondu de manière positive.

Dès nos premières rencontres, elle s’est tout de suite dévoilée en tant que quelque chose que bien des gens qualifieraient de Pick-Me Girl. (Lien plus bas) Elle m’a dit qu’elle ne croit pas du tout au féminisme. Que pour qu’une relation soit harmonieuse, il faut que la femme suive l’homme, point final. Et la première fois que nous avons pris son véhicule, elle m’a remis ses clés, en disant que la place de l’homme dans une auto, c’est en tant que conducteur.

Sexuellement, elle était performative, au point où elle en faisait trop. Histoire de se montrer extrèmement sensuelle, elle prenait son temps. Beaucoup trop de temps. C’était la première fois de ma vie que j’avais envie de dire à une partenaire de conclure parce que je commence à trouver le temps long. De plus, lors de nos discussions précédentes, elle m’avait expliqué avoir certaines pratiques sexuelles en horreur, en rapport à certains de ses ex-partenaires qui avaient abusés d’elle de cette manière. Pour, peu après, me les faire de son propre chef, en disant adorer le faire parce que c’était avec moi.

Lorsqu’une femme se plaint d’avoir toujours été abusée par ses ex, un homme tant soit peu décent n’a pas envie de faire partie du problème. Aussi, considérant que c’est son attitude de soumise qui lui attirait tout naturellement les abuseurs, j’avais avec elle une attitude égalitaire.

Après un an de relation à distance, dans laquelle on ne se voyait que les weekends, elle m’a invité à aller habiter avec elle et son fils qui avait des besoins particuliers. À partir de ce moment-là, je devais m’occuper de son fils, du ménage, des repas, et de toute autre tâche ménagère, en plus de contribuer financièrement. Et en retour, je recevais reproches, insatisfaction, blâmes et insultes. Et lorsqu’elle ne trouvait rien à me reprocher, elle en inventait. Elle a pourri ma réputation partout, histoire de s’assurer que je sois isolé. Le tout sous menace sous-entendue de m’expulser de chez elle, ce qui ferait de moi un itinérant. Ce qui a quand même fini par arriver le premier jour de l’été 2020.

Parce que pour être dans sa vie, je devais ou bien être le dominant, ou bien le soumis. Il n’y avait aucune autre option à part ces deux extrèmes.

Nadia
Elle m’avait contacté à l’époque du site MonClasseur. Lors de nos premières correspondances, alors que nous n’avions pas encore couché ensemble, elle m’écrit ceci :

Voilà qui est intéressant. Mais le soir venu, alors que je la cajole, elle me tourne le dos,, sans jamais bouger. Une statue. Je comprends qu’elle a changé d’idée. Alors j’arrête, me retourne et m’endors.

Quelques jours plus tard, un soir où on ne peut pas se voir, elle m’écrit ceci :

À notre rencontre suivante, même scénario. Elle me tourne le dos. Je la cajole. Cette fois, je pousse la chose plus loin, en glissant ma main dans sa petite culotte. Je la caresse intimement pendant quelques minutes. Jusqu’au moment où, par sa respiration, je vois qu’elle commence à ressentir les premiers signes d’un orgasme naissant.

… Et c’est à ce moment précis qu’elle agrippe ma main, la retire de sa culotte, et me dit :

« N’allons pas trop loin ! »

Euh… QUOI ?  C’est elle qui m’a affirmé que nous allions coucher ensemble. C’est elle qui m’a affirmé qu’elle ne changerait pas d’idée. Et la masturber, c’est aller trop loin?

J’ai souvent entendu des filles et des femmes se plaindre que leur homme est égoîste au lit, qu’il ne pense qu’à son plaisir à lui, négligeant celui de sa partenaire. Mais c’était la première fois (et la dernière aussi) que je voyais une femme qui s’empêche d’avoir un orgasme, en arrêtant son partenaire alors qu’il s’en va lui en donner un, afin de ne pas aller trop loin.

Mais bon! Insister sexuellement auprès d’une fille qui a dit non, c’est immoral, mais c’est surtout illégal. Je la lâche donc, et je me retourne pour peu après m’endormir.

Le lendemain matin, nous vivons cette scène, alors que alors que je me dirige vers sa cuisine. Elle me demande:

« Où tu vas? »
« Boire de l’eau! »
« Tu vas quand même pas boire l’eau du robinet!? »
« Ben oui, pourquoi pas?! »
« Elle est dégueulasse. »
« Ah!?  Pourtant, l’eau de Montréal est réputée pour être l’une des meilleures au Québec. »
« R’garde, si tu dois absolument boire, je vais te refiler une bouteille d’eau. »
« Ok! »

Elle va me chercher une bouteille d’eau.  Je l’ouvre et je bois sous son regard sévère.  Alors que je viens d’en avaler le deux-tiers, elle me dit sur un ton amer :

« Mes chats et moi, on n’aura rien à boire demain.  Mais bon, c’est pas grave! »
« Ben là!?  Pourquoi tu me l’as pas dit? »
« À t’entendre, il fallait ABSOLUMENT que tu boives. »

Depuis quand est-ce qu’un besoin aussi de-base que de boire de l’eau puisse être un sujet de reproches ? Mais bon, à chaque problème sa solution, que je lui propose :

« Bon, regarde, c’est pas si grave.  Je vais aller à l’épicerie du coin et t’en acheter d’autres, c’est tout. »
« Y’ont pas la marque que je bois! »
« Où est-ce que tu les achète, tes bouteilles? »
« Au Costco! »
« Bon ben allons-y! »
« J’ai pas d’argent. »
« Moi oui!  Je vais t’en acheter une nouvelle caisse. »
« Non!  J’aime pas que les autres paient pour moi. »
« Quand est-ce que tu vas avoir de l’argent? »
« Mercredi, dans trois jours. »
« Et tu essayes de me faire accroire que tes chats et toi alliez vivre sur une seule bouteille d’eau pendant trois jours? »
« Ben non! Ma mère va m’avancer l’argent demain. »
« Ah bon!?  Il me semblait que t’aimais pas que les autres payent pour toi! »
« C’pas pareil, c’est ma mère! »
« Bon ben voilà, problème réglé! »
« Sauf qu’elle finit de travailler à 17 :00 demain, ce qui va nous laisser 24 heures sans rien à boire. »
« Pardon?  Premièrement, j’ai vu dans ton frigo que tu as du lait et des jus, t’auras qu’à boire ça.  Quant à tes chats, tiens, reprends donc la bouteille, il en reste un tiers, c’est suffisant, ils mourront pas de soif.  Alors avant de dire que tes chats et toi aurez rien à boire… »
« J’respecte mes chats.  J’leurs donne pas de l’eau usagée.   Et je tiens trop à leur santé pour leur refiler de l’eau pleine des microbes des autres! »

Ses chats, comme tous les chats de la planète, se servent de leurs propres langues comme papier-cul.  Alors elle ne me fera pas accroire qu’un atome de ma salive sur un rebord de goulot va les empoisonner.  Mais bon, quand la personne tient à ce que tu sois le problème, elle tient mordicus à ce qu’il n’y ait pas de solution.

À partir de ce jour-là, à ses yeux, je ne pouvais plus rien faire de correct. Tout était sujet aux reproches. Aller aux toilettes. Me laver. Manger. Vouloir la voir. Ne pas vouloir la voir. Et ceci a vite fait de mettre fin à la relation, qui n’aura duré que six semaines. Au final, il semblerait que ce qui lui a déplu, c’est le fait que j’ai respecté son manque d’enthousiasme sexuel. Pour lui plaire, il aurait fallu que je la prenne de force. Et puisque je suis un partisan de relation égalitaire, ce qui implique un respect de ses limites, alors voilà, je ne l’ai pas fait. Par conséquent, je n’avais plus droit qu’à son mépris.

Parce que pour être dans sa vie, je devais ou bien être le dominant, ou bien le soumis. Il n’y avait aucune autre option à part ces deux extrèmes.

Mégane la mystique qui nie la réalité. (Lien plus bas)
On se rencontre dans notre classe de formation de préposés aux bénéficiaires. Je lui tombe dans l’œil. Elle me fait des avances. Dans celles-ci, elle multiplie les « Qu’est-ce que tu me fais, vilain !? Tu m’ensorcelles et me contrôles, Witcher ! » Comme si c’était moi qui allais vers elle, alors que c’était l’inverse.

Nous devenons amants.  Elle désire la fessée, elle désire être attachée, elle désire être fouettée.  Et, aussi paradoxal que je ça puisse sonner, elle désire que je la prenne contre son gré.

Mais ce n’est pas moi, ça. Je ne veux rien savoir d’une relation dans laquelle l’un de nous deux sera soumis à l’autre. Je veux une relation égalitaire, dans le respect de nos désirs et de nos limites. En constatant que je ne remplis pas le rôle du mâle dominant qu’elle m’avait réservé, elle a commencé à me manquer de respect, avant de me laisser tomber pour un homme abusif de qui elle se plaint sans cesse, mais de qui elle reste volontairement la chose.

Elle tenait cependant à me garder dans sa vie, mais pour un rôle bien précis : larbin et commanditaire. Un bel exemple se trouve dans l’une de nos dernières communications, datant de l’année dernière.

Oui, c’est elle-même qui a liké son commentaire.

Mon refus d’accepter ce rôle s’est conclus par une grosse crise de frustration de sa part, qui a mené à la fin de nos contacts.

Parce que pour être dans sa vie, je devais ou bien être le dominant, ou bien le soumis. Il n’y avait aucune autre option à part ces deux extrèmes.

Violaine
Cette relation a duré environ un an. On se contacte via un site adulte à la MeetMeat. La rencontre dans un motel fut un mélange de fougue, de passion et de douceur. Au point où, ce qui ne devait être qu’une rencontre sexuelle, est devenue à ses yeux un possible point de départ pour une relation plus sérieuse. Malheureusement…

Qu’est-ce qui est arrivé à la notion de faire l’amour avec tendresse?

Voilà qui ne ressemble en rien à la relation égalitaire à laquelle j’aspirais. Mais sinon, dans la vie de tous les jours, nos personnalités étaient tellement compatibles, il eut été dommage de dire non à une relation harmonieuse juste à cause de quelques divergences sexuelles,

J’ai bien essayé de jouer le jeu. Mais quand le coeur n’y est pas, ce n’est pas agréable. Et puisqu’il est impossible de maintenir une facade éternellement, plus je revenais à mon naturel, et plus nos séances sexuelles la laissaient insatisfaite. Nous étions en couple ouvert, alors elle pouvait aller chercher ailleurs ce qu’elle ne trouvait pas en moi. Mais parallellement, j’ai eu droit à de plus en plus de reproches, sur tout, sur rien, sur n’importe quoi. Ça a évolué à un point où, peu importe ce que je lui disais, elle me répondait en riant « Pourquoi tu me racontes ça ? » démontrant qu’elle se foutait totalement de toute tentative de ma part de maintenir une communication entre nous. Et le jour où elle m’a dit que plus jamais nous n’allons baiser ensemble, j’ai vu que mon rôle dans sa vie n’était plus que colocataire, guichet automatique lorsqu’elle n’arrivait pas dans son budget, et celui qui assumait 50% des tâches ménagères et des dépenses. Bref, un larbin à son service. Le jour-même, je faisais mes bagages. Le lendemain matin je la quittais.

Parce que pour être dans sa vie, je devais ou bien être le dominant, ou bien le soumis. Il n’y avait aucune autre option à part ces deux extrèmes.

Océane (Lien plus bas)
On se rencontre dans notre classe d’Espagnol. Elle a 19 ans, moi 28. Nous devenons de plus en plus amis. Mais elle est déjà en couple, alors je comprends que ça n’ira pas plus loin.

Un soir, elle vient chez moi, en me sous-entendant qu’elle a un peu trop bu de vin. (Lien plus bas) Puis, elle me donne un signe direct comme quoi elle me désire sexuellement. Avant de fermer les yeux en restant là, soumise, offerte. Le message est clair : Je dois la prendre, la posséder, en faire ma chose. Puisqu’elle est en couple et (apparemment) saoule, je refuse d’en profiter. Je l’accompagne plutôt à l’arrêt de bus.

Dès le lendemain, elle devient froide, distante. Elle ne me parle plus que pour me faire des remarques condescendantes. Et elle me fait croire qu’un cours que nous avions avait été annulé. Ce qui était faux. Ce qui en a provoqué mon absence. Bref, elle me soumettait à son mépris.

Parce que pour être dans sa vie, je devais ou bien être le dominant, ou bien le soumis. Il n’y avait aucune autre option à part ces deux extrèmes.

Je pourrais donner d’autres exemples, mais ceux-là sont déjà bien suffisants. Et toujours, à la fin de la relation, je suis dans l’incompréhension la plus totale. Comment est-ce qu’une personne peut passer de soumise à abusive, et ce aussi rapidement ?  Et surtout, pourquoi est-ce que la notion d’égalité dans le couple semble à être aussi difficile, voire impossible pour ces femmes-là ? Pourquoi vivent-elles dans un extrême ou dans l’autre, mais jamais dans le juste milieu ?

Est-ce à dire que toutes les femmes sont incapables de vivre dans une relation égalitaire ? J’ai déjà posé la question sur un forum.  Et toutes les femmes qui m’ont répondu avaient la même réplique à me donner : « Eh bien moi j’ai une relation à 100 % égalitaire avec mon conjoint, et ça fait 5-10-15-20 ans que nous sommes ensemble. »

Cette réponse me démontre deux choses. D’abord, que oui, il y a des femmes qui sont capable d’avoir une relation égalitaire. Mais l’autre chose, c’est justement le fait que celles-là sont en couple stable à long terme. Ça me porte à croire qu’il y a cause à effet. Ce qui signifie que c’est justement leur personnalité égalitaire qui fait que ça dure aussi longtemps.

Quant aux autres, celles qui restent, ce sont celles qui sont convaincues que dans un couple, la notion d’égalité n’existe pas. À leurs yeux, il faut absolument que l’un domine l’autre.  Et dans leur vision étroite de ce qu’est le couple, si un homme n’est pas dominateur, alors il est soumis. Et si c’est ce qu’elle pense/croit à son sujet, alors elle va automatiquement tenter de le dominer avec son mépris et ses abus. Ce qui fait que la relation ne dure pas. D’où célibat.

Parce que, tel que mentionné plus haut, aucune femme ne respecte l’homme qu’elle peut dominer.

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Y’A LIENS LÀ

Geneviève la coloc de l’enfer
La convention sociale du « Si tu viens, tu couches ».
La Pick-Me Girl sur Wikipedia.
Mégane la mystique qui nie la réalité.
Océane
Pourquoi est-ce que Femme + Alcool = Drague ?

Et sinon, du côté du dating ?

Lors de mon voyage à Paris de juin dernier, j’ai été surpris de constater qu’en Europe, Facebook Rencontre (ou Facebook Dating) n’existe pas. Alors pour les gens du vieux continent, qui constituent 86,4% de mon lectorat, je vous explique le principe.

Ici, en Amérique, lorsque l’on ouvre Facebook sur le téléphone, on peut voir un coeur sur la barre d’outils tout en bas de l’écran.

Comme son nom l’indique, il s’agit d’une app de rencontre pour les membres de Facebook. Il n’est pas accessible sur ordinateur ou laptop. Seulement sur téléphone. On s’y fait un profil dans lequel on peut mettre jusqu’à 12 photos, et un texte de présentation d’un maximum de 500 mots.

Comme je l’ai déjà expliqué sur quelques billets déjà, ma formule gagnante pour attirer l’attention sur les sites et apps de rencontres est un texte rigolo + des photos dans lesquelles je fais le beau (dans le sens non-canin du terme.) Et ça donne ceci :

Puis, on peut aller sur la page principale. Et celle-ci nous montre les profils de gens qui correspondent avec les préférences que l’on a inscrit dans l’engin de recherche. Dans mon cas personnel : Femme, 35 à 60 ans, proximité de 100 km, non-fumeuse.

Pas sûr que l’age corresponde à la réalité.

En bas à droite de la photo, il y a un coeur et un X. J’appuie sur le bouton qui correspond à mon intérêt, ou à mon manque de. Ce qui me permet de passer au profil suivant. Et ainsi de suite.

Et lorsque des femmes visitent mon profil et cliquent sur le coeur, ou bien m’envoient un message (ce qui est automatiquement enregistré comme un J’aime), ou bien répondent positivement à mon approche, je reçois une notification.

À partir de là, il n’en tient qu’à moi d’y donner suite ou non.

Comme le savent mes lecteurs de longue date, je suis célibataire et j’ai passé les dernières années sur différents sites de rencontres. Mais cette année, je me contente de Facebook Rencontre, puisque celui-ci a deux avantages sur les autres. De un, c’est gratuit. Et de deux, un tiers de la planète est sur Facebook. Ce ne sont donc pas les candidates qui manquent.

L’Amour est dans le champs de patates, la suite.
Bien que mon but premier dans l’exercice de ces rencontres n’est pas de m’accumuler du nouveau matériel pour la suite de mon livre, je dois reconnaître que depuis le début de l’année, mes différentes expériences ne me donnent que ça.

Mais avant d’aborder le sujet…

Il faut prendre en considération un fait important, et c’est que bien des choses ont changé en moi depuis le début du 21e siècle. D’abord, physiquement. En 2008, l’année de mes 40 ans, j’avais une libido à tout casser. C’était au moment de ma toute première remise en forme, musculaire, alimentaire et cardio, suite à Défi Diète 2008. J’étais beau. J’avais la cote chez les femmes. Et j’avais l’énergie pour en profiter à fond.

J’avais toujours eu une libido d’ado, mais cette année-là elle atteignait des sommets jusque-là inégalés. Alors je prennais chaque opportunité qui passait, en plus de draguer moi-même, chose qui n’est pourtant pas dans mes habitudes. Le résultat : dix différentes partenaires cet été-là. Jeunes, vieilles, belles, laides, minces, obèses, célibataires, mariés, en couple ouvert, en couple fermé, de mon quartier, à 750 km de chez moi. Aucun obstacle de temps, d’argent ou de distance ne pouvait se mettre entre moi et une opportunité de baiser.

Malheureusement, de l’autre côté de la médaille, le fait de prendre n’importe qui fait que l’on se retrouve avec n’importe quoi. La quasi-totalité de ces partenaires ne me convenaient pas, au-delà du sexe, pour diverses raisons d’incompatibilité. Et la moitié de celles-ci avaient des défauts de caractères et de personnalités qui les ont transformées en méprisantes ennemies, suite à mon refus de rendre officielles nos relations.

Depuis autour-de-2013, mon corps a peu à peu diminué sa production de testostérone. Rendu en 2024, il n’en produisait presque plus. Ma libido était morte. Constat réalisé peu après avoir pris avec nonchalance les avances de Noémie, 25 ans, l’une des rares jeunes femmes qui fantasment sur des hommes de l’âge de leur père, tout en ayant un look de mannequin d’OnlyFans.

Image de modèle libre de droit, mais qui ressemble à la vraie Noémie.

Une opportunité pareille, si on ne la saisit pas au moment où elle s’offre, on la perd pour toujours. Je ne l’ai pas saisie. Son désir pour moi est tombé et ne s’est plus jamais relevé. Quinze ans plus tôt, aucun obstacle de temps, d’argent ou de distance ne pouvait se mettre entre moi et une opportunité de baiser. Et là, je venais d’en laisser filer une, de la part d’une candidate qui représente le wet dream ultime de tous les vieux pervers hétéros.

Depuis, je suis en traitement de remplacement de la testostérone. Ma libido a ressuscitée. Or, il y a une différence majeure entre maintenant et jadis. En jouant habilement sur mon dosage, ça me permet de controler ma libido, plutôt que d’être controlé par celle-ci. Et ceci fait toute la différence, car ça me permet de mieux saisir les Red Flags que soulèvent certaines femmes lors de nos premiers contacts.

Bon, en fait, j’ai toujours été capable de les voir, ces Red Flags. C’est juste qu’il fut une époque où mon désir de baiser me poussait à m’en foutre. Tandis que maintenant, je suis beaucoup plus sélectif. Ce qui est une bonne chose, lorsque l’on voit les spécimen de célibat qui s’offrent à moi ces temps-ci. Par exemple :

Celle qui m’insulte dès le tout premier message.
L’expérience m’a appris à la dure que lorsque le premier contact commence de cette façon, non seulement le reste de la relation suit le même thème, ce genre de chose a tendance à empirer avec le temps.

Dans ce temps-là, je règle la question sans tarder.

Celle qui confond ses correspondants.
Difficile de sentir spécial pour une personne qui entretient plusieurs correspondances en même temps.

Celle pour qui le positif est un signe de négatif.
Au mois d’août dernier, je jase pendant quelques jours avec une femme sur Facebook Rencontre. Elle traverse un mauvais moment, alors je suis à son écoute, je la rassure. Elle est même agréablement surprise que je lui fasse remarquer certaines choses, qui peuvent être à la source de certains de ses problèmes. Et surtout, je lui fais prendre conscience que rien de ce qui lui arrive n’est de sa faute. Et ceci lui procure un sentiment de soulagement.

Puis elle m’annonce qu’elle va mettre fin à nos communications. Elle a parlé de moi à sa coach de vie. Et celle-ci lui a dit de se méfier de moi, car mon comportement, c’est à 100 % du pervers narcissique qui fait semblant d’être à l’écoute, de manière à ce qu’elle baisse sa garde face à moi, ce qui va me permettre de mettre le grappin dessus, et de l’exploiter de toutes les façons.

Alors voilà, mesdames et messieurs, nous avons fini par faire le tour. La bienveillance masculine est désormais un Red Flag.

Celle qui est à 100% négative et à 0% informative.
Elle m’écrit : « Salut. » Je vais voir son profil. Je vois ceci:

Aucune description personnelle, à part le fait qu’elle a le feu au cul, mais dans son cas c’est sous forme d’inflammation de l’intestin. Sinon, elle n’offre aucune description de ce qu’elle recherche. Rien que du négatif. Next !

Celle dont la correspondance est incompréhensible.
Elle m’écrit en premier. Côté positif, c’est une très belle et mince jeune femme. Du côté négatif, eh bien…

Quelle étude ?

Quelles recherches sur FB ?

Mais c’est quoi, ces réponses qui n’ont rapport en rien de ce que je lui demande ? Remarquez que ses questions et ses affirmations ne sont pas mieux. Vous savez quoi ? À l’âge où je suis rendu, il ne me reste plus assez d’années de vie pour avoir le temps de déchiffrer son vocabulaire. Bloquée et next !

Après le Speed Dating, voilà le Speed Hating. Ou : celle qui s’attend au pire de ma part… Avant même notre première rencontre.

J’entre au restaurant et me dirige, tout souriant, vers ma correspondante, que je reconnais aisément.

« Bonsoir! T’es bien Émilie? »

Elle me regarde avec un air pas amusé du tout.

« J’aime mieux te prévenir tusuite : si c’est yink pour du cul ou ben si t’es pour me ghoster, aussi ben arrêter là. »
« Euh… je vois ! »
« Ben oui, tu vois une fille qui est écœurée de se faire niaiser. C’pas dur à comprendre. »

Je la regarde pendant quelques secondes, encore un peu déstabilisé du fait que je ne m’attendais pas à ce genre d’accueil. Puis…

« D’accord ! Bonne soirée. »

J’ai tourné les talons. Je suis parti. La plus courte rencontre de toute ma vie. Je n’ai même pas eu le temps de m’asseoir.

Ma motivation pour partir n’était pas que je ne planifiait que de l’utiliser pour du cul avant de la ghoster. C’est le fait que je m’enlignais pour devoir prouver ma bonne foi à une personne qui refuse tellement d’y croire qu’elle le nie avant même que l’on se soit rencontrés. Ce qui me manipulerait à devoir montrer des signes d’intérêt envers une personne qui n’en aurait aucun pour moi. Et surtout, de devoir payer pour ce que d’autres hommes lui on fait. Ce qui n’est pas ma responsabilité.

Celle qui n’en est pas à sa première vie.
Au mois de mai, j’ai eu rendez-vous avec une femme dans la quarantaine. En fait, c’est surtout mon statut d’auteur publié qu’il l’a attiré vers moi.

On commence à jaser de choses et d’autres. Et voilà qu’elle me confie qu’elle est réincarnée. Bon, pas de quoi en faire un plat, beaucoup de gens croient en la réincarnation. Mais attention, elle, c’est spécial. Elle m’affirme qu’elle est la réincarnation d’un des chats de Simone de Beauvoir.

Elle m’a demandé si j’avais des contacts avec des maisons d’édition de la France. Je lui ai demandé pourquoi. Elle m’a proposé de co-écrire avec elle sa biographie féline. Car elle a des révélations à faire qui vont complètement bouleverser ce que l’on croit savoir au sujet de la relation de Simone avec le philosophe Jean-Paul Sartre. Un sujet qui risque de moins intéresser les Québécois que les Européens, d’où sa question.

Je lui ai répondu qu’il y a quelques années, après vérification, j’ai constaté que les maisons d’édition de chaque pays ne prennent pas les manuscrits en provenance de pays étranger. Ce qui est vrai. Elle a trouvé ça vraiment dommage.

Pourquoi est-ce que je me retrouve toujours avec les crackpots ?

Celle qui ne recevra pas de sitôt le trophée Maman de l’Année.
Je jase quelques fois par jours avec cette femme, mère de trois filles. Et là je reçois un message vocal. Je l’écoute.

« Quand tu te doigtes, tu prends combien de doigts ? Hi Hi ! « 

Aussitôt, je me glace d’horreur. C’était la voix d’une fillette qui ne devait pas avoir plus de dix ans. Donc l’une des filles de cette femme

Je l’efface aussi sec, et je dis à cette femme de ne plus jamais refaire ça. Parce que, de 1, en tant qu’homme de 57 ans (à ce moment-là), je suis très mal à l’aise avec le concept de faire des jokes de cul avec une mineure. Et de 2, avec ce vocal dans mon messenger, il suffirait d’un policier zelé pour me faire coller au fion une accusation de possession de matériel trop louche pour être honnête. Et ça risque d’être encore pire pour cette femme, pour production et distribution de ce même matériel.

La femme me fait le coup de la mère épouvantée, de se rendre compte de ce qu’elle venait de faire. Elle me dit qu’elle ne pensait pas à mal. Que c’est le genre de chose qu’elle fait tout le temps avec ses amis de gars, et que c’est juste drôle.

Et une heure plus tard, elle coupe et tout contact avec moi, en disant que d’une certaine manière, mon humour est toxique pour elle. Parce que je l’incite à faire de l’humour également, mais que ça faisait ressortir le pire en elle.

Alors voilà ! C’est elle qui incite sa fille de dix ans à dire des cochonneries à un homme de 57, mais c’est moi qui suis un monstre. NEXT !

Celle qui n’assume pas son physique.
Je me rend à un premier rendez-vous à un café. Je ne reconnais pas ma correspondante parmi les clients. Il n’y a qu’une femme seule dans ce café. La première chose qui me vient en tête en la voyant est:

« Oh shit ! J’espère que c’est pas elle. »

Aussitôt, elle me salue en m’appellant par mon nom.

À quoi je m’attendais, aussi, avec une photo de profil retouchée par I.A.

Je n’ai rien contre les femmes qui sont en surpoids. Mais quand elle est légèrement grassette en photo, et qu’en personne elle a la silhouette de Barbapapa… Ça donne un choc, disons.

Pas Barbamaman. BARBAPAPA !

Il y a des hommes qui sont amateurs de ce genre de chose. Si elle pouvait assumer son physique, alors elle les trouverait plus facilement qu’en se présentant comme autre chose que ce qu’elle est vraiment.

Celle qui m’éblouit (temporairement) par son haut niveau d’éducation.
Je suis impressionné. Une femme de ma génération, célibataire, sans enfants, de ma région, et qui possède un PhD.

Pour les non-initiés, un PhD est le diplôme de troisième cycle universitaire, nommé Philosophiæ Doctorate par les anglophones. C’est le diplôme d’études le plus full méga Einstein-esque atteignable, et ce uniquement dans les insititutions d’études de niveau supérieur.

Au final, dans son cas, PHD, c’était pour Polyvalente Hyacinthe-Delorme. Pas tout à fait du même niveau, mettons. Pourquoi perdre son temps à discuter philosophie quand on peut s’interroger sur les futures éliminations des candidats de la télé-réalité populaire du moment, pas vrai ?

Dans la série Pas l’temps d’niaiser !

Je me suis fait aussitôt ghoster. Pourtant, j’ai été on-ne-peut-plus conciliant.

Celle qui me fait des propositions en commentaire déplacé.
Déplacé, car le sujet dans lequel elle m’a abordé, c’était l’annonce du décès de mon oncle par infarctus.

Non pas que j’aurais répondu autrement à ce genre de message s’il m’eut été envoyé ailleurs.

Concluons avec Celle qui amorce le contact en me servant une tonne métrique de bullshit.
Bullshit
, littéralement caca de taureau, est un mot anglais qui signifie foutaise ou baratin. Ce terme est utilisé pour qualifier des propos mensongers ou bidon. Et c’est exactement ce que m’a offert ce plus récent spécimen, en m’envoyant une demande de messages sur Facebook.

Un Stéphane, mon véritable prénom. De Québec, ville où j’ai habité de juillet l’an dernier jusqu’a la fin de juin de cette année. Qui a un profil drôle sur Facebook Rencontre, ce qui est mon cas. Et qui liste Steve Requin sur Facebook dans la catégorie Famille, alors que je n’ai aucune famille à part mon alter ego sur Facebook ? De qui pourrait-il donc bien s’agir, d’après vous ?

Effectivement, je me souviens de cette femme qui m’avait dit avoir fait erreur en n’ayant pas vérifié ma ville sur mon profil de FB Rencontre. Je me souviens également qu’elle trouvait dommage que la distance soit un obstacle. Mais là s’arrêtent les faits. Car tout ce qu’elle affirme par la suite n’est que pure foutaise. Aussi …

Logiquement, elle a pourtant tout pour m’intéresser. Une femme qui a fait l’effort de cliquer sur l’option Voir le profil sur Facebook Rencontre, ce qui l’a amené à mon profil de Stéphane Lussier Johnson de Facebook, ce qui lui a permis de parcourir ma liste d’amis, ce qui l’a amené à mon compte de Steve Requin… Une femme qui prend la peine de me dire que je représente ce qu’elle recherche car je suis célibataire et drôle. Une femme qui va même me dire qu’elle me trouve sexy. Une femme qui, même si elle ne m’a pas reconnu d’un compte à l’autre, m’a tout de même choisi les deux fois. Ce qui signifie que, physiquement, je correspond au type d’homme qu’elle préfère. Une femme qui habite à proximité, maintenant que je suis de retour sur la Rive-Sud de Montréal.

Il y a dix ans et plus, voilà une opportunité de baise assurée, voire de relation sérieuse, que je n’aurais certainement pas laissé passer. Car en partant de la logique comme quoi ses mensonges n’étaient que dans le but de se rapprocher de moi, je les lui aurais pardonnés.

Or, peu importe la raison pourquoi elle m’a menti dans son tout premier message, il reste qu’elle m’a menti dans son tout premier message. Un mensonge qui n’était absolument pas nécessaire. Un mensonge totalement gratuit, de son propre chef, car je ne lui ai rien demandé. Ce qui en fait fort probablement une menteuse compulsive. Alors effectivement, si j’ai droit à ça dès le tout premier contact, ça promet pour la suite. Ce n’est pas la paranoïa qui parle. C’est l’expérience. Une expérience acquise à la dure, à l’époque où je fermais les yeux devant ce genre de Red Flags.

Finalement, pour les sorties, mieux vaut me contenter de mes bonnes amies qui sont fières d’être vues en ma compagnie.

Comme ici, mais fières.

Mais pour le reste, comme le dit le proverbe, mieux vaut être seul que mal accompagné.

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Y’A LIENS LÀ

Juste si vous êtes curieux, puisque j’ai fait référence à certains sujets déjà traité dans ce blog:

Noémie, ou le rêve devenu réalité. C’est le premier d’une série de six billets à son sujet.
L’intérêt d’une femme vient avec une date d’expiration. Le premier de trois billets, qui expliquent pourquoi Noémie ne m’a pas pardonné ma nonchalance face à ses avances.
Le lobe frontal et l’effrontée, au sujet de Marieke, qui m’a qualifié de nouille dans son tout premier message.

Le lobe frontal et l’effrontée

Depuis environs trois ans, je suis de retour sur les sites et apps de rencontres. Et comme vous le savez puisque je m’en vante sans cesse, je me suis inspiré de mes mésaventures de rencontres pour écrire un livre, dans lequel je pousse la mégalomanie jusqu’à me mettre en couverture. En plus des librairies du Québec, il est sur Amazon, alors allez l’acheter, il est excellent.

Comme je crois vous l’avoir déjà dit environs deux centaines de fois, plus j’avance en âge, et plus je travaille fort pour me garder jeune et vigoureux. Et effectivement, à part pour mon traitement de remplacement de la testostérone, je n’ai besoin d’aucun médicament, ne souffre d’aucune blessure, aucun handicap.

Le problème, c’est que j’ai 57 ans. Et que contrairement à moi, la quasi-totalité des femmes de ma génération ne prennent soin ni de leur alimentation ni de leur forme ni de leur santé. Par conséquent, celles qui m’approchent sur les sites et apps de rencontres ont entre 50 et 65 ans, et elles ressemblent majoritairement à ceci.

Rassurez-vous, je ne manque pas de classe au point de mettre ici leurs vraies photos. Celles-ci furent créé par I.A. N’empêche que j’exagère à peine.

Et ceci m’a amené à regarder la réalité en face. C’est bien beau de vouloir se plier à la pensée SocioWokeAcceptable comme quoi c’est l’intérieur qui compte. Mais quand, en plus de son physique disgracieux, elle peut à peine me suivre parce qu’elle a le souffle court, et doit se prendre quotidiennement des injections et des pilules pour son foie, son coeur, ses reins, son cholestérol, son diabète, son arthrite, sa digestion, ses hanches, sa pression et sa dépression, eh bien disons que malgré nos âges similaires, nous ne sommes pas tout à fait au même niveau.

Aussi, comme résolution pour 2026, j’ai décidé de laisser libre cours à mes désirs clichés de mâle vieillissant full typique. Désormais, je vais approcher des jeunes femmes à partir de l’âge de mes propres filles. Il me semble que ma cadette a 27 ou 28 ans. Alors voilà, je vais les prendre peu après l’âge où Leonardo Di Caprio les largue.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire à prime abord, cette limite est tout à fait acceptable, socialement, moralement et surtout biologiquement. Une étude réalisée par Van Koppen en 2018 et appuyée par celles de Lindell et Goodpoint en 2022 a démontré que le lobe frontal continue de se développer jusqu’à l’âge de 25 ans. Le lobe frontal, c’est la partie du cerveau qui créé et contrôle le raisonnement, la logique, la créativité, la prise de décision, le jugement, et surtout la maîtrise des impulsions.  Autrement dit, nos comportements volontaires.

Ce que ça signifie, c’est que lorsqu’une femme a plus de 27 ans, donc avec un lobe frontal pleinement développé, elle sait ce qu’elle fait. Par conséquent, personne, pas même elle quelques années plus tard, ne pourra m’accuser d’en avoir pris avantage à un âge où elle eut été trop jeune et inexpérimentée pour savoir à 100% dans quoi elle s’embarque.

Et je sais par expérience que c’est vraiment le cas. Il y a 9 ans, sur ce blog, j’ai écrit un billet intitulé Quand l’amitié arrive à sa date d’expiration. Dans celui-ci, je reproduis ma dernière discussion sur Messenger avec une jeune femme, que je renomme Emmy, et qui vient d’avoir 27 ans.

Emmy est une ex-amante. C’était une lectrice de Safarir, et grande fan de mes textes et BD. À l’âge de 18 ans et deux mois, elle me retrace sur Facebook. Et voilà qu’elle commence à me draguer de manière aussi ouverte qu’insistante. Pour que ça passe mieux, elle le fait avec humour. Et moi, à ce moment-là à 39 ans, je prends effectivement la chose pour des blagues. C’est en venant me rencontrer chez moi, et en retirant devant moi sa culotte sous sa jupe, que j’ai compris qu’elle était sérieuse. S’en suivit une relation de passions déchainées. Et c’est avec elle que je fêterai très intimement mon 40e anniversaire.

Mais voilà… 18, 40… Nous n’étions pas rendus au même niveau dans la vie. De plus, dans nos goûts, nos aspirations, dans la façon dont nous vivions notre quotidien, nous n’avions aucun points en commun. Au bout de quatre mois, il a fallu se rendre à l’évidence que ça ne pouvait pas marcher. La rupture n’a pas été douce. Mais nous sommes tout de même restés en contact sur Facebook et Messenger. Et peu à peu, l’amitié s’est développée. Comme tout contact FB nornal, on se laissait parfois des commentaires sur nos publications, et des fois on dialoguait en privé sur un sujet ou un autre.

Puis, arrivèrent ses 27 ans. Et dans le dialogue reproduit dans le billet à son sujet, elle me dit, en gros, qu’elle a honte de la personne qu’elle était à 18 ans. Qu’elle ne ressent aucune nostalgie en relisant nos vieux trucs. Elle décrit cette période comme étant son « vieux MOI de merde. » Et que, en restant en contact avec moi sur Facebook, ma simple présence lui rappelle ce passé honteux qu’elle cherche activement à oublier. Voilà pourquoi elle veut me retirer de sa liste d’amis, et cesser tout contact avec moi. Je comprends sa démarche, et surtout j’apprécie qu’elle ait la maturité, et surtout le respect, de me le dire, plutôt que simplement me ghoster.

Ainsi, de la bouche d’une femme de 27 ans, donc avec un lobe frontal parfaitement développé, j’ai eu la confirmation que dans les premières années de son âge adulte, une personne peut croire sincèrement qu’elle sait ce qu’elle fait. Mais en réalité, ce n’est pas le cas. Ce ne sera que plusieurs années plus tard qu’elle se rendra compte de ses agissements de l’époque, et qu’elle en ressentira de la honte. Car elle le sera plus du tout la personne qu’elle était à ce moment-là.

Évidemment, je ne vais pas me borner qu’à ne draguer des femmes de 27 ans. De nos jours, on peut aisément vieillir avec grâce jusqu’à 45 ans et même plus. J’en suis la preuve vivante. Alors en me limitant autour du groupe de 27-45, je devrais m’enligner à vivre des relations avec de jeunes adultes fraiches et matures brillantes, belles. Et full tatouées parce que bon, c’est ça maintenant.

La belle et le grand-père vert.

Et justement, il y a quelques jours, sur Facebook Rencontre, je me suis fait contacter par une femme qui correspond à mes nouveaux critères. 43 ans. En forme. Belle. Et si j’en crois ses photos, active. En trouvant mon profil, elle a mis un commentaire sous l’une de mes images. Celle où je tiens une photo de Dick Rivers, en disant que c’est ma Dick pic.

Malheureusement…

Elle me sert l’équivalent de« Ha ha ha, hostie qu’t’es con ! » Et ceci est un red flag qui ne trompe jamais. Tel que je l’ai écrit ici l’an dernier, l’expérience m’a appris à la dure que toute personne qui me sert cette phrase démontre n’avoir aucun respect pour moi. Et à chaque coup, effectivement, j’ai vécu avec ces gens des relations abusives.

Je tiens malgré tout à connaître le fond de sa pensée, en lui demandant de terminer sa seconde phrase. Parce que, bon, qui sait, ma première impression pourrait être erronée. En attendant sa réponse, je vais jeter un oeil à son profil.

Okay ! … « Si tu n’aimes pas la vérité, tiens-toi loin de moi. » Cette phrase d’introduction dit tout ce que j’ai à savoir sur cette femme. C’est le genre à être indélicate, à dire n’importe quel commentaire blessant qui lui passe par la tête, sans le moindre filtre. Et qui se cache derrière l’excuse de « ne rien faire d’autre que de dire la vérité » pour se justifier. Le simple fait qu’elle ajoute un émoticone de vomi pour signaler qu’elle déteste se faire ghoster vient cimenter la chose. Car de 1, ça démontre qu’elle se fait souvent ghoster. Et puisqu’il s’agit d’une belle jeune femme, ça ne doit certainement pas être à cause de son physique. Et de 2, s’il y a une chose que les pervers narcissiques sont incapable de supporter, c’est lorsque les autres ne veulent pas entendre « la vérité » qui leur sort de la bouche. Dans de telles conditions, « entretenir quelque chose de réel », ça veut certainement dire « accepter ses abus parce que les relations parfaites n’existent pas dans le réel. » J’ai déjà entendu ça, et ce beaucoup trop souvent à mon goût.

Presque sept heures plus tard, elle finit par m’écrire. Mais pas pour répondre à ma question. Elle me propose de passer directement à Messenger. Or, rendu là, mon idée à son sujet était faite. Et je ne me suis pas gêné pour la lui dire.

En moins de cinq secondes, ceci changea sur mon écran.

Traduction : Bloqué !

Apparemment, elle n’aime pas la vérité, voilà pourquoi elle a décidé de se tenir loin de moi. Et elle, qui se prononce contre ceux qui ghostent, m’a ghosté. La dernière chose que j’ai besoin dans ma vie, c’est une sermonneuse qui est incapable de pratiquer ce qu’elle prêche. Bon vent et bon débarras.

Il y a un avantage sérieux à connaitre les réalités de la maturité du lobe frontal.
Toute personne qui a au moins 27 ans, donc avec deux ans de maturité derrière elle, sera aussi réfléchie qu’une personne de 40, 50, 60 ans. Ce qui signifie qu’à partir de cet âge, sa personnalité et ses agissements seront les mêmes pour le reste de sa vie.

Lorsque l’on prend conscience de ce fait, on cesse de s’imaginer stupidement qu’une personne abusive peut changer avec le temps. Rendue à cet âge, la personne est ce qu’elle sera pour toujours.

Et savoir ça, ça nous permet de s’éviter bien des déboires. Comme je viens de le faire avec cette Marieke.

Le respect dès le départ nous évite les déboires. (3 de 3)

Cet article est au sujet de relations naissantes entre un homme et une femme, tous deux hétéros.  Puisque je parle de mon expérience personnelle, cet article sera relaté d’un point de vue masculin. On va peut-être me traiter de misogyne, mais Basta ! J’ai vécu ce que j’ai vécu, et les faits sont les faits.

L’une des plus grandes erreurs que l’on puisse faire, c’est d’ignorer les signes de manque de respect lorsqu’ils apparaissent au début de la relation.
Les première fois, c’est subtil.  Une remarque sarcastique. Un mot blessant déguisé en blague.  Une limite anodine qui n’est pas respectée. Au fil des jours, des semaines et des mois, ça escalade au point où elle n’accorde ni importance ni crédibilité à ce que tu dis. Et bientôt elle agit à sa guise en te maltraitant sans raison ni logique, et surtout sans arrêt.

J’avais 53 ans, et elle 44.

Le problème, c’est qu’au début on ne veut pas en faire de cas. On s’attend à ce qu’un homme soit solide. On ne peut donc pas se montrer fragile en étant intolérant, impatient, incompréhensif. La dernière chose que l’on veut, c’est que la femme voit en nous un Red Flag.  Alors on laisse passer un désagrément. Puis un autre. Puis un autre. Et un jour on se retrouve dans une relation dans laquelle l’autre ne nous fait que subir du désagrément sans la moindre once de respect. Et là il est trop tard. Tu peux essayer de protester, te fâcher, lui demander d’arrêter, le lui ordonner… Tu perds ton temps. Parce que rendu à ce point, votre relation, c’est ça ! Et elle ne sera jamais autre chose.

Pourquoi certaines femmes tentent-elles d’abuser dès le départ de celui qu’elles prétendent désirer ?
N’en déplaise aux apôtres socio-moralistes, il reste que biologiquement, psychologiquement et surtout socialement, l’homme et la femme ne sont pas, n’ont jamais été et ne seront jamais égaux. Et ceci est dû aux deux points que voici.

POINT 1. La société permet aux femmes qui le désirent de n’être responsables de rien. 
Que ce soit la réalité ou bien une opinion purement misogyne, l’homme a toujours dit que la femme est contrôlée par ses émotions. Et quand l’émotion prend les commandes, il n’y a de place ni pour la logique ni pour l’intellect. Et pour enlever toute pertinence aux revendications de la femme en colère, on leur a ensuite collé l’excuse du syndrôme prémenstruel. Ce qui fait que si elle agit de manière insensée, ce n’est jamais de sa faute, c’est sa nature féminine, tout simplement. Alors si une femme est dotée d’une personnalité irresponsable, elle n’hésitera jamais à user et abuser de ces excuses que l’homme lui a si gentiment fourni.

J’avais une amie comme ça. Un été, au mois de juin, j’ai noté sur mon calendrier toutes les fois où elle évoquait le syndrôme prémenstruel. J’ai été bien amusé de voir que trois jours après la fin de sa semaine, elle évoquait de nouveau les SPM. À la fin du mois, si on en croyait ses dires, un petit calcul montrait qu’elle aurait été en menstru ou en pré-menstru 26 jours sur 30.

POINT 2.  Socialement, l’homme donne à la femme le poste de responsable de la sexualité.
On a beau dire que l’homme est un prédateur qui voit la femme comme une proie, il reste que la majorité des hommes hétéros ne sont pas des agresseurs sexuels. Chez cette majorité, les femmes réalisent assez rapidement à quel point elles peuvent avoir du pouvoir sur les hommes. Car elles possèdent ce qu’ils cherchent le plus au monde à avoir à leur disposition : un vagin.

Il n’y a qu’à voir sur les sites de rencontres. La majorité des femmes y reçoivent de 10 à 50 propositions sexuelles par jour. Tandis que l’homme, s’il est chanceux et particulièrement beau, en recevra peut-être une ou deux par mois. Ainsi, la femme comprend vite qu’elle est ce que l’homme convoite.

Ce pouvoir montera à la tête de certaines d’entre elles. Aussi, elle sera portée à le tester pour voir jusqu’à quel point il sera prêt à accepter ses caprices, en échange de la possibilité d’avoir accès à son entrejambe. Et ça commence toujours de la même façon : avec des remarques rabaissantes et des mots blessants dits sous le couvert de la blague.

MAIS ATTENTION ! Je ne dis pas que toutes les femmes agissent ainsi. Je dis seulement qu’à cause des deux points cités plus haut, celles qui veulent agir ainsi le peuvent. Et j’en ai rencontré un assez grand nombre dans ma vie pour pouvoir affirmer que oui, ces femmes existent.

À partir d’ici, c’est l’homme qui décide s’il accepte ça ou non. Dès les tout premiers signes d’abus, l’homme qui contrôle son propre respect met son pied à terre en disant de manière claire que non, il ne tolère pas ça. Aucune discussion, aucune négociation. C’est à prendre ou à laisser.

Ce qui en revient à dire deux choses :

  1. C’est la femme qui a le contrôle de la sexualité.
  2. C’est l’homme qui a le contrôle de la relation.

Et c’est très bien ainsi. Parce que l’inverse signifierait que l’homme serait abusif sexuellement, et la femme abusive socialement. Ce serait un tel chaos que toute société fonctionnelle serait impossible.

L’erreur d’avoir recours à la logique.
Un homme et une femme se rencontrent, peu importe que ce soit virtuellement ou dans la vraie vie. Il y a un intérêt réciproque entre les deux. Mais bientôt, la femme commence à se moquer de lui. Et certaines de ces moqueries sont blessantes.

L’homme respectueux qui a l’esprit ouvert donnera à la femme le bénéfice du doute. Il tentera d’ouvrir le dialogue afin de comprendre son raisonnement. Il demande à la femme « Pourquoi agis-tu comme ça ? », « Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça ? »

Et c’est là qu’il commet son erreur fatale. Pour lui, c’est normal de vouloir raisonner. Or, on ne peut raisonner qu’avec des gens raisonnables. Et une femme qui va agir ainsi avec lui sera tout sauf raisonnable.

En lui posant ces questions, le message qu’il lui passe, c’est qu’il croit qu’elle puisse avoir une raison valide de lui manquer de respect. Elle comprend aussitôt dans son subconscient qu’il considère que le respect est quelque chose qui se discute et se négocie.

Poser ces questions, c’est demander à la femme de décider elle-même quelle est la valeur qu’elle veut bien accorder à l’homme qu’il est. Et pire encore, c’est lui demander ce qu’il doit faire pour mériter son respect. L’homme donne donc à la femme le plein pouvoir sur leur relation. Et si elle a commencé la relation en lui manquant de respect, elle ne manquera pas d’abuser de ce pouvoir qu’il lui donne. Ça commence par des suggestions peu raisonnables. Suivies par des demandes exagérées. Et ça finit par lui ordonner de se plier à des caprices de plus en plus insensés.

D’instinct, la femme est attirée par le Mâle Alpha. Celui qu’elle ne pourra jamais contrôler. C’est bien connu. Combien de fois a-t-on entendu les hommes se lamenter que les femmes disent vouloir des Nice Guys, mais qu’elles choisissent les Bad Boys ? C’est parce que l’homme qui se soumet aux caprices d’une femme est tout le contraire d’un Alpha-Bad-Boy. Par conséquent, aucune femme ne peut ressentir de respect pour lui. Plus cet homme fera tout pour lui être agréable, et plus profond sera le mépris qu’elle ressentira pour lui.

Où est la logique ? Il n’y en a pas ! Rappelez-vous du point 1. La femme ne fonctionne pas par logique, Elle fonctionne à l’instinct et à l’émotion. Face à une femme qui se comporte ainsi, être compréhensif, conciliant, et faire des compromis n’apportera jamais à l’homme le respect ni l’harmonie.

C’est quand même ironique quand on y pense. Tous ces hommes qui se plaignent que les femmes vont vers les Bad Boys... Et ces mêmes hommes sont les premiers à aller se jeter aux pieds des Bad Bitchs.

Et tout ça commence par un simple petit mot blessant envoyé à la blague. Un mot que l’homme a commis l’erreur de laisser passer.

Dans le billet précédent, je parle de Daisy qui ne peut s’empêcher de me traiter de con lorsque je la fais rigoler.  Pour moi, ce mot est une gifle.  Et je le lui ai dit.  Mais elle insiste comme quoi dans sa tête, dans le contexte où une personne la fait rire, ce mot n’a aucune connotation négative ou irrespectueuse. Voilà pourquoi elle n’a pas l’intention d’arrêter de l’utiliser.

Malgré le fait que nous semblons compatibles en tout point…  Malgré le fait qu’elle est une artiste comme moi, chose que je n’ai retrouvé que chez Karine et Flavie qui furent mes meilleures relations…  Malgré le fait qu’il est évident pour nous deux que nous ressentons de l’attirance envers l’autre… Malgré tout ça, son insistance à d’abord me traiter de con, puis à continuer de le faire en sous-entendus après que je le lui ai interdit, c’est venu à bout de ma patience.  Sans pour autant lui servir un ultimatum, je lui ai fait comprendre que je n’en endurerai pas davantage.  Ou bien elle cesse, ou bien nous n’avons aucun avenir ensemble. 

Rendu à ce point, elle était trop habituée à me traiter de con pour pouvoir accepter d’arrêter de le faire. Elle a choisi de mettre fin à la relation. Chose que j’aurais fait moi-même de toute façon. Mais le fait que ça vienne d’elle démontre clairement qu’à partir du moment où tu laisse une femme te manquer de respect, il n’y a plus moyen de revenir en arrière.

Aut respectus, aut ruptura.
« Ou bien le respect, ou bien la rupture. » Mais pourquoi suis-je aussi radical dans mes relations amoureuses, sexuelles, familiales, sociales et professionnelles ?  La raison est simple. À l’aube de mes 57 ans, j’ai vécu assez longtemps pour constater que la majorité des gens ne changeront jamais. Surtout dans les côtés négatifs de leur personnalité.

Lorsque j’étais enfant, ma mère avait toujours quelque chose à dire pour se moquer de moi. Certaines de ses paroles me hérissaient, au point où j’osais braver ma peur de l’autorité pour lui dire d’arrêter. Ça lui montrait qu’elle avait trouvé une phrase qui me faisait réagir. Ce qui ne faisait que l’encourager à me la répéter. C’est ainsi qu’elle a gardé en tête une liste de sujets blessants, qu’elle me lançait comme ça, à tout bout de champ, parce que ça l’amusait de savoir que ça allait me frustrer.

Ma mère fait partie de cette catégorie de gens qui considèrent que rabaisser les autres est une forme d’humour acceptable. Elle ne voyait donc pas pourquoi elle arrêterait, puisque « C’est rien qu’des blagues ! » 

Cependant, jamais elle n’aurait osé agir ainsi avec un homme. Mais nos positions, elle en tant que mère et moi en tant qu’enfant, faisaient qu’elle n’avait à craindre aucune conséquence sociale ou physique d’abuser de moi. Elle respectait l’homme qui avait dominance sur elle. Mais elle ne pouvait respecter le garçon qu’elle dominait. Alors si je réagissais de manière trop colérique à son goût, elle me mettait en punition. Le message était clair. Je pouvais rendre ma mère joyeuse en acceptant ses abus. Ou bien les refuser et ainsi être privé de son amour, la faire frustrer contre moi, et en subir les conséquences.

Et voilà comment j’ai commencé ma vie adulte. En ayant été conditionné à trouver acceptable et normal de devoir me faire rabaisser par une femme, si je voulais me mériter son attention et son amour. Un pattern que j’ai mis toute la décennie 90 à briser. Or, tu as beau tout faire pour évoluer, il reste que les gens qui t’entourent vont toujours vouloir te garder dans le rôle auquel ils t’ont confiné dans leurs vies.

Durant toute mon existence, que je sois enfant, adolescent ou adulte, à chaque jour que je voyais ma mère, c’était inévitable, il fallait qu’elle me rappelle en riant à quel point telle ou telle phrase me faisait fâcher lorsque j’étais enfant. Plusieurs fois, dans ma vingtaine, ma trentaine et ma quarantaine, je lui ai dit clairement que je ne voulais plus entendre ces phrases. Alors elle faisait comme Daisy : elle utilisait des détours pour pouvoir continuer d’évoquer ces paroles blessantes en sous-entendus. Et à chacune de mes nouvelles copines qu’elle a rencontré, elle prennait plaisir à m’humilier en leur transmettant ces phrases devant moi. Et elle ne manquait pas de les encourager à prendre sa relève, en rajoutant à tout coup : « Parce que moi, j’ai pu l’droit de lui dire. » Déclaration hypocrite, du reste, car non, elle n’a jamais arrêté.

Puisque notre relation a débuté avec elle qui a abusé de moi dès le départ, il lui était impossible de pouvoir changer. Par conséquent, j’ai eu à subir ça non-stop pendant cinquante ans. Soit jusqu’au 3 mai 2022, le jour où je me suis enfin décidé à renier mes parents, à l’âge de 53 ans. Pour une longue série de raisons, certes. Mais celle-ci était tout de même située assez haut sur la liste. Depuis, mon seul regret sera de ne pas l’avoir fait trente ans plus tôt.

Exiger le respect, ce n’est pas une question d’avoir des Mommy issues non-résolus.
Si je parle de ma mère, c’est parce qu’en tant que membre de ma famille immédiate, c’est l’une des personnes que j’ai eu le plus longtemps dans mon entourage. Et ceci me permet de vous démontrer que lorsqu’une femme est butée avec l’idée de te répéter des paroles blessante, tu auras beau être patient, tu auras beau espérer qu’elle finisse par s’en lasser, tu auras beau lui dire d’arrêter, de le lui ordonner, tu perds ton temps. Tu vas juste attendre après quelque chose qui n’arrivera jamais. Le simple fait que j’ai eu à endurer ça, je le répète, PENDANT CINQUANTE ANS, ça le prouve hors de tout doute.

À la lumière de cette réalité, est-ce que je veux m’en aller dans une relation avec une femme qui insiste pour me traiter de con en rigolant ? Est-ce que je veux vraiment recommencer à subir le même comportement qui a empoisonné ma vie jusqu’à mes 53 ans ? Suis-je à ce point désespéré de trouver l’amour, que je suis prêt à accepter de me faire dévaloriser pour le reste de mes jours ?

La réponse est : Non !  Je ne l’accepterai pas.  Je n’ai qu’une seule vie, et je refuse de la vivre de cette manière. 

Face à un comportement comme celui de Daisy, je refuse d’être compréhensif, conciliant, ou de faire des compromis.  Il y a une raison pourquoi ces trois mots commencent par la syllabe CON. Parce que si j’acceptais de le faire, alors là, Daisy aurait raison de me répéter que je le suis.

Le respect dès le départ nous évite les déboires. (2 de 3)

Depuis environ un mois, je correspondais avec Daisy, femme de 50 ans de la rive Nord de Montréal. Et malgré les 800 km qui nous séparent, l’attirance entre nous était palpable. Ce n’était pas que physique. Sans pour autant être tombés en amour, on s’est trouvés des traits de caractères assez semblables pour nous permettre de tisser des liens assez profonds.

Comme j’en ai parlé à plusieurs reprises dans ce blog depuis sa création, il n’y a que deux relations de couples à long terme qui ont vraiment compté pour moi, Karine et Flavie, avec qui j’ai été ami avant, pendant et après notre période couple et colocataires. Et je crois sincèrement que ça vient du fait que, tout comme moi, ce sont des artistes. Et il se trouve que Daisy fut autrefois designer pour une compagnie de jouets. Elle m’a montré de son travail. Ses dessins et sa couleur sont époustouflants. Son art égale le mien, le dépasse même. De là à penser que j’ai enfin trouvé mon match parfait, il n’y a qu’un pas. Un que nous franchirons peut-être, qui sait, lorsque l’on se rencontrera dans deux semaines, alors que j’aurai à faire à Montréal.

Entretemps, à ma grande déception, est arrivé un Red Flag. Et c’en était un que je ne pouvais pas ignorer.

Il y a trois mois, j’ai posté ici un billet qui s’intitule « Hostie qu’t’es con ! » ou: Le Red Flag qui ne trompe jamais. J’y démontre qu’à chaque fois que j’ai eu une personne dans mon entourage qui m’a traité de con de façon joyeuse et en riant, dans 100% des cas, cette personne était condescendante, rabaissante, et avait comme opinion de moi que je lui étais inférieur. Chose qu’elle démontrait en ne m’accordant aucune crédibilité et encore moins de respect. Et à tout coup, sans la moindre exception, ça a évolué en relation qui fut pour moi abusive et toxique. Ayant appris la leçon, je ne tolère plus le manque de respect, surtout si celui-ci se pointe au début de la relation.

Or, en réponse à une de mes blagues, Daisy m’a envoyé un message vocal dans lequel elle disait « Ha! Ha! Ha! Hostie qu’t’es con ! » … Soit exactement le Red Flag en question. Mot pour mot.

Ma déception était terrible. Parce que jusque-là, à part un petit problème de compréhension ou trois datant de nos premiers jours, le courant passait à merveille entre nous deux. J’ai même interrompu la rédaction de mon manuscrit pendant deux jours pour la soutenir moralement alors qu’elle passait à travers une terrible épreuve. Et j’ai su l’aider et la conseiller, en lui faisant prendre conscience de certaines choses qu’elle n’avait jamais pris en compte. Elle m’en était tellement reconnaissante que je me suis dit que logiquement, en retour, elle pourrait bien accepter de ne plus jamais me traiter de con lorsque je la rend joyeuse.

Malgré tout le respect qu’elle disait avoir pour moi, elle ne voulait pas en entendre parler. Toute sa vie, elle a toujours traité de cons les gens qui l’entourent. Et toujours, c’était dans un contexte humoristique. Ce mot était pour elle l’équivalent de drôle, amusant ou comique. Même si ce mot est reconnu et utilisé en tant qu’insulte dans tous les peuples francophones de la planète, il reste qu’elle s’obstine à dire que ce n’est pas son cas à elle. Et que c’est donc à moi de ne pas en prendre ombrage lorsqu’elle me qualifie de con.

Je l’ai donc envoyé lire mon billet de blog, afin qu’elle apprenne les expériences que j’ai vécues avec ceux qui me qualifiaient de con en riant, pour qu’elle comprenne mon point de vue sur le sujet. Apparemment elle a compris, car après lecture elle m’a écrit ceci :

Effectivement, elle a arrêté. Enfin, si on veut.

Durant les douze jours qui ont suivis, à chaque fois que je disais quelque chose pour la faire rire, j’avais droit à ceci :

Cinq commentaires qui peuvent tous se traduire par « Je veux te qualifier de con, mais tu l’interdis. » Donc, même si je lui ai demandé d’arrêter, elle continue de le faire. De façon détournée, mais elle le fait.

La raison de son obstination, c’est qu’elle ne considère pas que le mot con est une insulte. Ce qui signifie qu’à ses yeux, elle n’a aucune raison d’arrêter de me le lancer, donc que je dois accepter de le recevoir. C’est l’équivalent de te permettre de rentrer de force des arachides dans la gorge d’une personne allergique, juste parce que TOI tu ne l’es pas.

Puisqu’elle refuse de respecter ma limite, elle ne me laisse plus le choix.

« Tu sais parfaitement que je ne tolère aucun manque de respect. 

Je ne vois pas pourquoi c’est à ce point-là important pour toi, de me répéter aussi souvent que tu me traiterais de con, si ce n’était pas du fait que je te l’interdis. Mais à chaque fois que tu me fais ça, ça reste l’équivalent de me traiter de con.  Le fait que tu me le dises en sous-entendu, ça ne change rien au fait que tu me le dis quand même

J’ai été très patient. Personne ne peut dire le contraire. Mais là j’ai atteint ma limite. 

Je ne pense pas t’avoir jamais manqué de respect.  Mais peut-être que je me trompe.« 

Sa réponse n’a pas tardé

« Je vais me permette d’être franche. Tu as mis ta limite, oui. Je t’ai expliqué mon point de vue par rapport à ce mot qui pour moi n’est pas un manque de respect, mais plutôt une mauvaise habitude « dans le parler ».  Dans mon entourage, je traite tout le monde de con et ça n’a aucune connotation négative, ni manque de respect, JAMAIS.

Je suis désolé de ne pas avoir respecté ta limite. Par contre pour ma défense, tu as joué à ça ! Toujours à trouver la blague pour me faire répliquer ce mot.« 

Voilà un discours qui est assez similaire à celui d’un homme qui commet du harcèlement sexuel.  Il s’en justifie en disant que c’est l’autre qui l’a provoqué.

« Je suis en période de recherche de simplicité, et notre manque dans notre communication me cause des maux de tête. Je n’ai aucune amertume de ce que nous avons vécu mais cela devient trop lourd pour moi.  Je suis en quête de légèreté et je dois constant surveiller mes mots, mon vocable, comment je dis les choses… ça m’ajoute de la charge mentale.« 

Tu me fucking niaises ? 

Tout ce que je lui demande, c’est de ne pas me traiter de con lorsque je la fais rire. Et elle réagit avec l’équivalent de OMG TU M’OBLIGES À SURVEILLER CHAQUE MOT DE CHACUNE DE NOS CONVERSATIONS AVANT QU’ILS SORTENT DE MA BOUCHE, TU M’IMPOSES TELLEMENT TROP DE PRESSIOOOON!!!  À l’entendre, on pourrait croire que le fait de l’empêcher de me traiter de con fait de moi une personne toxique.

Sur ce, elle termine son message sur ces mots:

« Merci d’avoir été là! Je te souhaite une belle continuité! Malheureusement, comme je n’aime pas ce que je te fais ressentir (et que ça n’a jamais été mon intention), je mets fin à nos discussions.  On s’est parlé de vive voix, tu as pu ressentir que je n’ai jamais eu de mauvaises intentions, mais tu continues de croire que j’en ai, à toujours me ramener ça.« 

Il est plus simple pour elle de foutre notre relation en l’air que de s’abstenir de m’insulter. Et jamais elle ne va se remettre en question. Toujours, elle se qualifiera de bonne personne, sans malice ni intentions malveillantes. Je veux bien croire que c’est l’intention qui compte. Un enfant qui donne du chocolat à un chien ne le fait pas dans le but de le tuer. Il cherche à le rendre heureux. N’empêche qu’après ça, le chien est mort. Est-ce que ça lui donne le droit de continuer de donner du chocolat aux chiens ?  

Est-ce que j’en demande trop ?
Imaginons que j’aurais passé mon enfance à subir des agressions sexuelles d’un homme qui commençait toujours ses assauts en me disant « Bonjour ! »  Et qu’à cause de ça, je ne puisse plus supporter que l’on me dise bonjour.  Je pourrais comprendre que les gens auraient de la difficulté à respecter ma limite, puisque ce mot n’est ni une insulte ni une agression. En fait, ce serait à moi de suivre une thérapie, afin d’accepter d’entendre ce mot sans me sentir attaqué.

Mais ici, on parle du mot CON.  Une insulte !  Je veux bien croire que dans un certain contexte, il peut être utilisé pour remplacer des mots comme drôle, amusant ou comique.  Mais c’est justement ça, mon point : Pourquoi ne peut-elle pas remplacer le mot con par drôle, amusant ou comique ?  Contrairement au mot bonjour, elle a le choix. Il y a plusieurs autres mots qui conviennent beaucoup mieux à ce qu’elle veut me dire lorsque je la fais rire. Mais sur lequel porte-t-elle obstinément son choix ? Sur celui qui peut blesser. Et ce, en toute connaissance de cause. Et elle refuse d’arrêter.

Dans les années 70, 80 et 90, j’ai utilisé à plusieurs reprises le mot-qui-commence-par-N.  Ce n’était pas par racisme.  Ça faisait juste partie de mon vocabulaire.  En fait, pas juste du mien.  Ne dit-on pas d’une personne vaillante qu’elle travaille comme un n**** ?  Combien de fois a-t-on entendu Normand Brathwaite dire n**** à la radio ou à la télé ?  En sa compagnie, lors d’un Bye-Bye de fin d’année, François Pérusse n’a-t-il pas parodié la chanson L’Aigle Noir en N**** Noir ?  Du côté littéraire, le livre Les n***** blancs d’Amérique est considéré comme étant le meilleur document québécois sur les conditions de vie des années 1960.  L’un des romans classiques d’Agatha Christie se nomme Dix petits n*****.  Et que dire de Dany Laferrière, avec son roman devenu film, Comment faire l’amour avec un n**** sans se fatiguer. Et puisque l’on parle de littérature, n**** est le mot utilisé pour parler d’un ghost writer, c’est à dire personne qui rédige anonymement un livre qui sera publié sous le nom d’un autre auteur.

Malgré ça, on me dit que je ne dois plus utiliser ce mot parce que les gens concernés le considèrent comme une insulte.  Est-ce que j’ai revendiqué mon droit de le dire quand même, en me justifiant du fait que ce mot étant un synonyme pour noir, ce n’est techniquement pas une insulte ?  Me suis-je obstiné en disant que moi, personnellement, je n’ai jamais utilisé ce mot pour rabaisser ou blesser qui que ce soit ?  Ben non !  Les individus concernés m’ont dit que pour eux, ce mot était malvenu. Alors j’ai tout simplement cessé de l’utiliser.  Parce que je respecte leurs limites.  Parce que c’est la chose décente à faire.

Alors en quoi serait-ce si difficile de faire pareil pour le mot con, qui EST une insulte ?

Je dois avouer que les derniers mots qu’elle m’a écrit ont fait naitre du remors en moi. Elle déplore que je la juge comme étant une mauvaise personne, ce qu’elle n’est pas. Avais-je vraiment raison ? Est-elle vraiment dans le tort ?

Et puis, j’ai considéré la chose objectivement :

  • Je revendique mon droit au respect.
  • Elle revendique son droit de me manquer de respect.

Alors finalement, est-ce une si mauvaise chose qu’elle ne fasse plus partie de ma vie ?

À CONCLURE

Le respect dès le départ nous évite les déboires. (1 de 3)

Cet article est au sujet de relations naissantes entre un homme et une femme, tous deux hétéros.  Puisque je parle de mon expérience personnelle, cet article sera relaté d’un point de vue masculin. Mais je vous fais confiance, vous saurez adapter la chose à d’autres situations.

Comme vous le savez, depuis quelques temps, je suis de retour sur les apps et sites de rencontres. Et tout récemment, en l’espace de trois jours, j’ai annulé deux rencontres. Ce qui porte à trois le nombre de rendez-vous que j’ai eu à annuler en un mois. Et dans chacun de ces cas, si j’ai laissé tomber, c’était pour une seule et même raison : le manque de respect.

Loser s’écrit avec un seul O, loser !

Que me valait donc cette insulte totalement gratuite ?
Cette femme connaissait l’existence de mon blog depuis quelques semaines. Et parmi les nombreux billets qu’elle y a lu, il y avait mon grand classique Autopsie du Loser. J’ai écrit ce billet en 2010, il y a 15 ans. Son origine remonte au début des années 90, lorsque je me suis mis à réfléchir sur tout ce qui n’allait pas chez moi, en me comparant aux winners, ou du moins aux non-losers. Il s’agit donc d’une longue auto-analyse qui s’est étendue sur une décennie complète. Rendu au 21e siècle, le loser en moi était mort. D’où le « Autopsie » du titre. Et c’est quelque chose que je dis très clairement à la fin du billet.

C’est en référence à ce billet que mon interlocutrice a décidé de me lancer un jugement de valeur. Mais elle l’a fait non pas en se basant sur celui que je suis aujourd’hui, mais plutôt sur celui que j’étais il y a plus de trente ans.

En plus, il a fallu que ce soit moi qui trouve la raison de son insulte.

Qu’est-ce que ce comportement dit au sujet de cette femme ?
Dès le départ, voyons ce choix qu’elle a fait. Des 548 billets que l’on retrouve sur ce blog, celui auquel elle a choisi de faire référence, c’est celui où je décris le loser que j’étais autrefois. Et par autrefois je veux dire au siècle dernier. Littéralement !

Ensuite, si elle avait voulu me complimenter, ça aurait été simple. Il lui aurait suffi de dire « pour un ex-loser. » Ce qui aurait vraiment fait référence au sujet du billet. Mais non ! Comme tant d’autres, il était important pour elle de me manifester son mépris. Et surtout de s’en justifier.

Ce qu’elle me dit: Beau bonhomme.
Ce qu’elle dit vraiment: Tu as une chance de te retrouver dans mon lit. Alors tu feras mieux d’accepter l’insulte qui va suivre.

Ce qu’elle me dit: Pour un Looser.
Ce qu’elle dit vraiment: Ta seule valeur à mes yeux est dans ton physique. Alors si tu ne veux pas perdre ça aussi, sois beau et ta gueule.

Ce qu’elle me dit: C’est une blague.
Ce qu’elle dit vraiment: Ce qui me fait rire, c’est de te rabaisser.

Ce qu’elle me dit: Je ne dirais pas ça si je le pensais.
Ce qu’elle dit vraiment: J’essaye de te gaslighter de manière à toujours pouvoir rester floue sur mes intentions.

Ce qu’elle me dit: Je suis souvent 2e degré.
Ce qu’elle dit vraiment: Je veux que tu acceptes sans broncher mes insultes présentes et futures. Et si jamais tu te sens insulté, alors c’est toi le cave, de ne pas comprendre que c’est du second degré.

Ce qu’elle me dit: Ce mot ne me serait jamais venu (en tête) sinon.
Ce qu’elle dit vraiment: Que c’est de ma faute. Ce qui démontre qu’elle ne veut prendre aucune responsabilité pour ses faits, gestes et paroles. Au même titre qu’un agresseur sexuel qui va blâmer sa victime, en affirmant qu’elle s’habillait trop sexy, ce qui l’a provoqué à l’agresser.

Pourquoi certaines femmes agissent-elle ainsi ?
D’où est-ce que ça vient, au juste, ce réflexe de manifester du mépris envers l’homme à qui elles démontrent ressentir de l’intérêt ? Un power trip ? La curiosité de voir à quel point le gars va accepter de se faire rabaisser et humilier, en échange d’une promesse vide de vagin à sa disposition ? Est-ce pour elles une manière de bien nous faire comprendre que dans le contexte des sites de rencontres, ce sont elles qui ont le beau jeu ? Pour nous, les gars hétéros, les propositions sexuelles sont rares comme l’or. Mais pour elles, c’est commun comme le gravier. Elles savent très bien que si l’homme ne tolère pas leur manque de respect, c’est lui et non pas elle qui aura de la difficulté à se trouver une autre partenaire. Ainsi, dès le départ, elles fixent le tarif. Le prix d’entrée entre ses cuisses, c’est l’humiliation, la soumission morale.

Et ça, c’est un prix que je considererai toujours comme étant trop élevé pour ma bourse.

Ce qui est ironique, c’est que lorsqu’elle a découvert mon blog, elle a dit qu’elle aurait de la difficulté à se sentir à l’aise en ma présence. Parce qu’elle ne pourra pas s’empêcher de se demander si j’analyse ses paroles et son attitude. Et que ça la porterait à vouloir se justifier sur tout. Plutôt étrange alors, qu’elle s’est ensuite comportée comme elle l’a fait.

Voyez avec quelle désinvolture elle accepte mon départ. Je refuse de me plier à ses règles de dominance ? Alors je suis expulsé du jeu. Ce qui en dit long au sujet de la valeur que je pouvais avoir à ses yeux.

On pourrait croire que mon analyse de chacune de ses phrases puisse être biaisée. Peut-être. N’empêche que ce n’est pas mon opinion qui parle. C’est mon expérience. Je pourrais donner des dizaines d’exemples, vécues de mon enfance jusqu’à mes 26 ans. Mais je vais me contenter d’une seule, la pire.

L’importance d’établir ses limites dès le départ.
Au début de la décennie 90, je n’avais rien pour plaire aux filles. Ni du physique ni de la personnalité. Pauvre, maigre, laid, inéduqué, sans diplôme de secondaire V, donc sans avenir… Et une libido à tout casser.

La seule fille qui me donnait de l’attention, c’était pour se moquer, me rabaisser, m’insulter, m’humilier. Mais toujours elle le faisait sur le ton de la blague, avec le sourire, sous des prétentions d’amitié et de complicité. Au niveau du subconscient, le message était clair. Ou bien j’acceptais d’être mal accompagné. Ou bien je finirais ma vie seul.

Ça commence subtilement.
Je fais une petite blague pour détendre l’atmosphère. Elle en rit, en disant « Eh qu’y’est con, c’t’enfant-là ! » … Insulte, et aussi infantilisation. De la part d’une fille plus jeune que moi de 5 ans, rien de moins. Le tout dans la joie et la complicité pour bien m’imprégner de l’idée que ses paroles rabaissantes sont en fait un signe d’appréciation, pour la bonne humeur que je lui procure.

Un jour, je fais une petite erreur sans importance, genre oublier le lait sur la table après déjeuner. Sur un ton sarcastique, j’y ai droit. « Eh qu’y’est con, c’t’enfant-là ! »

Au resto, au buffet chinois. Il y a une petite flaque par terre. J’y glisse et échappe mon assiette, qui se brise en répendant son contenu autour. Elle éclate de rire, en s’exclamant devant tous les clients : « Eh qu’y’est con, c’t’enfant-là ! »

Un jour, je me fais voler mon portefeuille, qui contenait l’argent du loyer. Elle m’engueule en ne manquant pas de commenter : « Eh qu’y’est con, c’t’enfant-là ! »

J’avais beau être désespéré, même moi j’avais mes limites, et elle était en train de les faire atteindre. Et elle a dû le deviner. Voilà pourquoi elle a lâché la pilule sans m’en parler, afin de me coincer dans la relation via paternité imposée. Nul doute que sa pensée envers moi était « Eh qu’y’est con, c’t’enfant-là ! » de voir que j’étais tombé dans un piège aussi grossier.

Et ceci fut une leçon que j’ai apprise à la dure.
Au début d’une relation, les gens seront portés à te tester, histoire de voir jusqu’à quel point ils peuvent te manquer de respect. C’est vrai dans les relations intimes, et c’est tout aussi vrai dans les relations amicales, que dans les relations professionnelles. Voilà pourquoi il est important d’établir dès le départ, et ce de manière claire, les limites de ce que tu vas tolérer ou non. Il ne s’agit pas d’exploser au moindre petit signe qui puisse être interprété comme étant une injure. Réagir ainsi ne réussira qu’à te donner une image de fou furieux susceptible au max. Mais il y a moyen de juste dire « Non ! Désolé, ça c’est un commentaire rabaissant, et ça ne passe pas. »

Généralement, la personne fautive va se rétracter. Parfois en te faisant ses excuses. Mais plus souvent, ce sera en se justifiant comme quoi elle n’avait aucune intention malveillante. Hey, elle va peut-être réagir avec furie, en te traitant de susceptible. Peu importe ! Ne discute pas. À ce point-ci, l’important, c’est que le message soit passé. À partir de là, dans 90% des cas, la personne ne recommencera pas. Et ce, parce que tu as su établir dès le départ que tu n’es pas son chien, et que tu n’as pas à accepter d’être traité comme tel. Et surtout, tu l’as fait avant qu’elle prenne cette habitude avec toi.

À partir de ce moment-là, deux choses peuvent arriver.

  1. La personne cesse de te manquer de respect. Ce qui est positif.
  2. La personne sort de ta vie. Ce qui est positif.

Et si la personne reste dans ta vie, et persiste à te manquer de respect ?
Il arrive parfois que la personne dise quelque chose qui t’offense,. Tu lui explique pourquoi ça t’offense. Elle dit qu’elle comprend, et jure de ne plus le refaire. Mais elle récidive. Ou pire, encore, elle le fait de manière juste assez subtile pour ne pas utiliser les mots qui te heurtent, mais qui te communiquent quand même l’idée offensante. Que faire dans ce temps-là ?

Ce sera le sujet du prochain billet.

À SUIVRE

La responsabilité, l’irresponsabilité et la SURresponsabilité.

Avez-vous déjà remarqué que ceux qui vont vous accuser de jouer à la victime, ce sont les mêmes personnes qui vont vous reprocher d’avoir fait ce que vous aviez à faire pour ne plus en être une ?

La semaine dernière, j’écrivais une série de deux billets de blog au sujet d’Ariane, une ex-amie et ex-collègue de travail. J’ai raconté que, suite à avoir eu à endurer ses insultes pendant trois heures et demie dans mon auto, j’ai mis fin à la relation. Je ne l’ai pas confrontée. Je n’ai pas tenté d’ouvrir le dialogue. Je suis juste parti sans même lui dire au-revoir. Je l’ai bloquée de partout, la bannissant de ma vie pour toujours.

J’ai reçu en privé un commentaire d’un lecteur qui, après avoir lu ce billet, me reprochait mon évitement de la confrontation, et surtout ma fuite, tout en affirmant que je n’avais qu’à dire à Ariane un truc du genre de « Je ne me sens pas respecté » ou bien « Cette communication ne me convient pas » pour que tout s’arrange.

Il se trouve que tenter d’ouvrir le dialogue en m’exprimant de manière neutre et objective sur le sujet, c’est exactement ce que j’ai fait toute ma vie, et ce depuis que j’ai dix ou onze ans. Et à chaque fois, sans la moindre exception, ça n’a fait qu’empirer les choses. Car lorsque l’on exprime à l’autre notre sentiment de malaise face à son comportement, on lui dit en fait que son comportement est inacceptable. Ce qui l’insulte. Ce qui provoque chez l’autre une explosion de colère. Ce qui met fin à la relation de toute façon. Sauf que dans ce cas-ci, ça y met fin dans la haine. En 2015, j’ai fait cette petite BD qui représente parfaitement la chose.

Il y a d’ailleurs trois cas dans lesquels mes tentatives d’en discuter entre adultes matures ont dégénérés en croisades ouvertes contre moi qui perdurent depuis les 11, 21 et 22 dernières années. Car oui, on me rapporte souvent que ces gens continuent régulièrement de parler en mal à mon sujet à qui veulent (ou non) l’entendre. Ce qui est ironique, c’est que dans les trois cas, ces personnes sont trop orgueilleuses pour reconnaître les vraies raisons de notre conflit. L’expliquer, ça les obligerait à avouer publiquement leurs torts. Ainsi, pour justifier leur acharnement, elles sont obligées d’inventer toutes sortes de raisons bidon, en me collant des défauts, faits et gestes qu’elles sont les seules à voir en moi. Ce qui ajoute une couche d’ironie supplémentaire, c’est qu’en agissant ainsi, ces personnes démontrent posséder elles-mêmes de bien pires défauts que ceux qu’elles m’inventent.

La raison pourquoi il est impossible de dialoguer objectivement avec ce genre de personnes, c’est qu’on ne peut raisonner qu’avec des gens raisonnables. Si la personne avait été raisonnable, elle n’aurait pas créé ce conflit pour commencer. Il ne faut donc pas s’attendre à ce qu’elle devienne soudainement raisonnable si on lui remet ses abus en face.

Il y a une école de pensée qui affirme que chaque personne est responsable de ce qu’elle subit. Là où cette doctrine démontre avoir zéro logique, c’est que si tu prends sur toi la responsabilité des agressions que tu reçois, ça signifie automatiquement que tu déresponsabilise ton agresseur. Comment peut-on à la fois affirmer qu’il faut être responsable, tout en surresponsabilisant l’un afin de déresponsabiliser l’autre?

Ce réflêxe social qui est hélas beaucoup trop répandu, provient d’une logique qui va comme suit: Ça prends deux personnes pour créér un conflit. Traduction : Tant et aussi longtemps que tu vas endurer les abus avec le sourire tout en fermant ta gueule, tout ira bien. Mais à partir du moment où tu refuses d’en subir davantage, alors là, c’est TOI qui cause la merde.

En 2014, lorsqu’il a été poursuivi en justice pour propos haineux, Gab Roy (et ses supporters) avait le même discours.

Et un an plus tard, il entrait en prison pour agression sexuelle sur une fille de 15 ans.

En 2016, même chose avec l’humoriste (?) Mike Ward.

Et rappelez-vous en 2017, lorsque Gilbert Rozon a été accusé d’agression sexuelle par plusieurs femmes, beaucoup ont jeté le blâme sur ces femmes, les tenant pour responsables de la débâcle de l’empire Rozon qui a suivi.

Pourquoi est-ce que ce serait la responsabilité de la personne qui subit, de porter seule tout le poids de l’harmonie de la relation? J’en reviens à Ariane. Certains diront que la vitesse à laquelle j’ai mis fin à notre amitié, ça démontre que celle-ci n’avait pas grand valeur à mes yeux. Étrangement, ils ne leur viendra jamais en tête de se demander quelle valeur avait notre amitié aux yeux d’Ariane, pour avoir passé trois heures et demie à me faire subir ses insultes non-stop, et ce sans la moindre raison valable. Elle est où, sa responsabilité, là-dedans?

À l’été de 2012, je m’exprimais déjà sur le sujet, en utilisant des personnages de Rage Comics d’internet. À commencer par cette citation faussement attribuée à Marylin Monroe.

Je me suis également attaqué à cette pensée gaslight-ogène qui semble avoir été créee dans le but de manipuler les gens à endurer les abus qu’ils subissent dans les relations de couple.

Et ça vaut tout autant pour les relations d’amitié.

Et je ne suis pas le seul à le dire.

Source: https://www.avancersimplement.com/la-culpabilite/

L’un des premiers billets de ce blog a pour titre Insulter en prétendant que c’est de l’humour, et a été écrit en juillet 2009. J’y donne quelques exemples vécus de gens qui faisaient partie mon entourage, qui faisaient sans cesse des remarques rabaissantes, blessantes, condescendantes, toujours en affirmant qu’il ne s’agit que de blagues, et que je serais vraiment susceptible de leur en tenir rigueur. Là encore, même si ces remarques se prétendaient être « des jokes sans importance entre bons amis », le fait de leur demander poliment d’arrêter a déclanché de violentes hostilités. Ce qui, ironiquement, démontrait clairement deux choses. De un, contrairement à ce qu’ils affirmaient, avoir le droit de rabaisser autrui avait beaucoup d’importance pour eux, au point où leur demandser d’arrêter leur faisait piquer des crises d’hystéries. Et de 2, par leur réaction, on voyait clairement que le plus susceptible de nous deux, ce n’était certainement pas moi.

Ça m’a pris 45 ans d’essais à tenter d’ouvrir le dialogue lorsque je vivais cette situation, et à échouer à tout coup, pour enfin apprendre la leçon qui suit: Face à ce genre d’individu, tenter d’en discuter ne sert à rien. Il n’y a que deux voies que l’on puisse prendre.

  1. La voie de la confrontation. Conséquences : on transforme une amitié en haine féroce, et un(e) ami(e) en ennemi acharné(e) qui tentera de te causer du tort dans ta vie sociale, dans ton travail, dans ta famille, dans ton couple, pendant des mois, des années, voire des décennies.
  2. La voie de la fuite et du ghosting. Conséquences : On passe pour un susceptible, voire un lâche, aux yeux de notre agresseur. Mais ça finit là.

Voilà pourquoi je ne tente plus de dialoguer et que je prends maintenant la voie de l’évitement. Parce que cette situation négative dans laquelle l’autre t’entraine sans ton consentement, c’est la raison pourquoi existe le proverbe « De deux maux, il faut choisir le moindre. » Quand tu ne peux pas éviter les dégats, ton choix se résume à les limiter, ou à les empirer.

S’accrocher à une relation toxique, c’est affirmer que notre estime de soi est tellement basse que l’on a l’impression que l’on ne mérite pas mieux. On démontre que l’on se croit tellement loser et désespéré, que notre choix se limite à endurer les abus, ou bien passer sa vie seul. C’est faux. Il y a là, ailleurs, des gens respectueux. J’ai plusieurs amis de longue date qui le sont. Ils sont là, ils existent. Il suffit juste de les trouver. Chose qui n’arrivera pas si tu t’obstines à rester dans une relation dans laquelle l’autre ne cessera jamais d’être ce qu’il est : un agresseur qui t’a choisi comme cible pour ses comportements merdiques, et de qui tu restes la victime volontaire.

Et c’est là où elle se situe, ta responsabilité : envers toi-même. Devenir ton agresseur, c’est son choix. Ne pas rester sa victime, c’est le tiens.

Je terminerai avec cette phrase que j’ai lu quelque part sur le net: Personne n’a jamais ressenti le besoin de rabaisser quelqu’un qui lui était déjà inférieur. Alors si une personne tente sans cesse de te rabaisser sans raison valable, sans argument pertinent et surtout sans provocation, sache que ça en dit bien plus sur sa propre valeur que sur la tienne.

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Y’A LIENS LÀ

Depuis que ce blog existe, nombreux sont les billets au sujet des gens déraisonnables qui vont te rabaisser et te faire subir encore pire si tu oses leur tenir tête. J’ai réuni la majorité d’entre eux sous ce lien: SÉRIE : La Conflictuodépendance.

Ariane, 2 de 2 : Road Trip vers l’irréconciliable

Nous sommes dimanche matin, le lendemain de mon arrivée chez Ariane. Elle habite Laval, tout juste après Montréal. J’ai dormi dans la chambre du rez-de-chaussée, et elle dans la chambre du sous-sol. Au matin, on fait le plan de la journée.

Elle me dit qu’elle a plusieurs achats à faire aujourd’hui. Entre autres, passer à la boutique Ardène pour des bottes d’hiver. Et puisque nous sommes dimanche, les commerces ferment à 17h00. Quant à moi, je dois aller à Beloeil récupérer mes pneus pour mon rendez-vous au concessionnaire demain matin, 07h15. J’irai donc les chercher en soirée, après son shopping. Avec la distance Laval-Beloeil, et en tenant compte de la circulation et des travaux routiers, je devrais en avoir pour deux heures à faire l’aller-retour.

Ariane considère que c’est idiot de perdre la soirée à faire ça. Elle me fait une suggestion qui démontre clairement qu’elle ne comprend rien aux réalités des embouteillages des heures de pointe, car elle s’imagine qu’en partant à 06h00 demain matin, j’aurai le temps de traverser Montréal, d’aller chercher mes pneus, puis d’arriver au concessionnaire, tout ça en une heure et quart. Je sais que c’est impossible. Surtout au matin, alors que cinq voies doivent se combiner pour n’en faire qu’une seule pour passer par le tunnel Louis-Hyppolite Lafontaine.

Si je rate mon rendez-vous pour l’auto, et je vais certainement le rater si je fais comme elle dit, la prochaine date disponible ne sera pas avant la mi-janvier, dans deux mois. Et puisqu’au Québec la loi exige les pneus d’hiver pour le 1er décembre, ce qui est dans deux semaines, ça va me mettre dans la merde.

Elle insiste tout de même comme quoi j’aurai bien le temps de tout faire ça le lendemain matin. D’accord, je cède. On passera la soirée ensemble. Mais alors, il faudra que je me lève à 04h00 du matin pour partir aussi sec afin d’éviter l’heure de pointe. J’irai récupérer mes pneus, je petit-déjeunerai dans un Tim Hortons, puis j’irai au rendez-vous, voilà tout.

Elle n’aime pas mon plan. Elle dit que ça ne tient pas debout, que c’est stupide de couper sur mon temps de sommeil. Mais je n’en démords pas. J’ai habité à Montréal pendant 28 ans. Je connais les conditions de route montréalaise le matin. Je dois récupérer mes pneus, et ce sera ou bien ce soir, ou bien demain avant l’aube. C’est l’un ou c’est l’autre. Pas d’autre choix.

Elle me demande pourquoi je n’ai pas pensé à aller les reprendre hier, en arrivant, puisque Beloeil est sur le chemin de Montréal. Je lui rappelle qu’hier, mon auto était encombrée de ses machines de gym, et qu’il n’y a pas assez de place dans mon auto pour ça et mes pneus.

En soupirant, elle me propose une 3e option. On va tout de suite les chercher, et on ira ensuite au centre d’achats. Je lui dis qu’il y a plusieurs centres d’achats près de mon entrepôt, et dans les villes avoisinantes. Mais non, elle refuse. Il n’y a qu’un seul centre qui lui convient, et celui-ci est à Laval. Très bien, j’accepte. Mais alors, il faudra partir immédiatement car il est déjà 11h00.

Je prends la route vers le tunnel Louis-Hippolyte Lafontaine. Elle me dit de plutôt prendre le pont Jacques-Cartier. Je lui explique que le tunnel Lafontaine, c’est l’autoroute 20, et que mon entrepôt longe l’autoroute 20. Je ne vois donc pas la logique de faire un détour. Elle insiste comme quoi ça irait beaucoup plus vite. Je soupire.

Les Anglais ont un terme pour ce genre de personnes : Back-Seat Driver. C’est lorsqu’un passager tente de s’approprier le contrôle du véhicule en adressant au chauffeur des suggestions aussi répétitives que non-sollicités et des commentaires majoritairement négatifs sur sa manière de conduire, mais surtout sur sa connaissance de la route.

En 1997, j’ai subi ça de la part de Geneviève la Coloc de l’Enfer. Je n’ai pas envie de revivre cette merde avec Ariane vingt-sept ans plus tard. Aussi, j’utilise une option qui n’était pas disponible à l’époque : j’allume Google Map. Je dis au micro le nom de mon entrepôt. Et aussitôt, Google Map nous donne le chemin le plus rapide pour y arriver. Et ce n’est pas par le pont Jacques-Cartier. Mais bien, comme je le disais, le tunnel Lafontaine. Devant cette preuve, elle répond :

« En tout cas, moi, quand mon amie Joanne me reconduit de Longueuil à Laval, elle prend Jacques-Cartier et ça lui prend juste vingt minutes. »

Ah ? Je suppose que son amie Joanne a son brevet de pilote et son propre avion.

Je ne comprends pas pourquoi Ariane insiste de si mauvaise foi. Mais bon, puisque j’utilise Google Map, elle ne peut pas balayer mes dires comme étant la simple opinion d’un ignorant. Comme je l’espérais, voilà qui met fin cet irritant sujet de conversation.

Il est midi lorsque nous sortons du tunnel Lafontaine. Ariane s’en plaint.

« Au temps que ça prend, le centre d’achats va être fermé à notre retour. »
« Ah oui? Tu dis que ça va nous prendre quatre heures pour faire l’aller-retour ? Pourtant, ce matin, tu disais que le chemin pouvait se faire en une heure et quart. »
« Oui, si tu passes par le pont Jacques-Cartier. »

Je ne peux pas croire qu’elle insiste encore là-dessus. J’essaye d’acheter la paix, ne serait-ce que d’esprit.

« Alors écoute : je vais prendre la prochaine sortie, me rendre à Jacques-Cartier, et on va faire ton magasinage tout de suite. D’accord? Ensuite, je vais suivre mon plan original, qui est de passer prendre mes pneus tôt demain matin. »
« Ben là ! Non ! Laisse faire ! On est déjà sorti de Montréal, là. On va les chercher, tes pneus, ce sera fait. »
« Comme tu voudras. »

On arrive à Beloeil. On se rend à mon entrepôt. Je récupère mes pneus. Puis, d’un ton condescendant, elle me dit :

« Est-ce que tu sais comment te rendre au pont Jacques-Cartier à partir d’ici ? Ou bien est-ce t’as absolument besoin de ta petite machine pour être capable de le faire ? »

Je ne la savais pas si orgueilleuse. Elle n’a vraiment pas digéré que Google Map me donne raison.

« D’habitude pour aller à Jacques-Cartier, je prends la route 116. »
« La 20 est plus rapide. On n’a pas de temps à perdre. »

Il est vrai que juste avant de prendre le tunnel Lafontaine, la dernière sortie permet de rejoindre le pont Jacques-Cartier. Je ferai ça. On reprend donc la 20, direction Montréal.

Arrivés à la hauteur de Boucherville, on passe sous le viaduc de l’autoroute 30. Elle me dit :

« Pourquoi t’as pas pris la sortie qu’on vient de passer ? »
« Pourquoi est-ce que j’aurais sorti là ? »
« Pour se rendre au pont Jacques-Cartier. »
« Ah bon? Pourquoi est-ce que tu l’as pas dit ? »
« T’as dit que tu savais comment te rendre à Jacques-Cartier en passant par la 20. »
« Ben oui : en prenant la dernière sortie avant le tunnel. Ça aussi, ça mène à Jacques-Cartier. »
« Ouais, sauf que ça va nous rallonger de vingt minutes. »

Vraiment ? Voyons ce qu’en dit Google Map.

Je ne sais pas à quelle école elle a étudié. Mais apparemment, elle y a appris que soixante secondes, ça équivaut à vingt minutes. Je lui demande :

« Ça s’appelle comment, au juste, là où on va? »
« Le Méga Centre Notre-Dame, à Laval. »

Je répète aussitôt « Méga Centre Notre-Dame, Laval » au micro de Google Map. Et ceci semble contrarier Madame.

« Ferme ça ! Je l’sais par où passer pour s’y rendre. Je vais te le dire. »
« Ah oui ? Comme tu m’as dit de prendre la sortie pour l’autoroute 30, tantôt ? »

Elle ne répond pas. Mais sa mine renfrognée en dit long sur le frustration que mes paroles lui causent. Aussi, pour qu’elle le prenne moins personnel, je rajoute :

« Désolé si je préfère me fier à Google Map. Mais ni toi ni moi ne savons s’il y a des détours, des accidents et des travaux. Il le sait, lui. »

On traverse le pont Jacques-Cartier et on prends l’autoroute Ville-Marie. Après une quinzaine de minutes, comme de fait, voilà que Google Map annonce :

« Il y a un ralentissement pour cause d’accident sur la route. Prévoyez un retard de vingt minutes. »

Ariane soupire d’exaspération.

« Calice ! Il est déjà 14h00. Ça va être fermé quand on va arriver. »
« Regarde en bas de l’écran. Ça dit qu’on n’est qu’à 11 km de notre destination. Même si on y allait à pied, ça ne prendrait pas trois heures pour s’y rendre. »
« Pourquoi t’es pas parti plus tôt ? »

Sa mauvaise foi me hérisse.

« Pardon? À midi, quand on est sorti du tunnel, est-ce que oui ou non, je t’ai proposé d’y aller immédiatement ? »
« Qu’est-ce que ça aurait changé ? »

C’est quoi, cette question stupide ?

« Premièrement, on aurait pris Jacques-Cartier une heure et demie plus tôt. Et deuxièmement, grâce à ça, l’accident qui cause l’embouteillage ne serait pas encore arrivé. Voilà, ce que ça aurait changé. Si t’avais accepté. »

Sur ce, Google Map dit :

« Il y a un chemin plus rapide qui peut vous sauver quinze minutes. Pour le prendre, appuyer sur ACCEPTER. »

Cinq minutes de retard plutôt que vingt ? Très acceptable. Tandis que j’appuie sur ACCEPTER, Ariane prend son téléphone et elle appelle sa fille. Après les salutations d’usage, elle passe aussitôt à ce qui semble être le but réel de cet appel : me faire des reproches sans s’adresser directement à moi.

« Non, on n’est pas encorre arrivé. À cause qu’il voulait aller prendre ses pneus à Beloeil, on a perdu toute la journée. Là, on est pogné dans le trafic. Ça m’a complètement turnée off pour mon magasinage. J’ai juste envie de laisser faire pis de retourner à la maison. »

Je songe aussitôt à remplacer l’adresse du centre d’achats par celle de l’appartement d’Ariane sur Google Map. Mais je me doute bien que c’est le genre de réaction qu’elle cherche à provoquer en moi, dans le but d’ajouter inutilement du conflit. Aussi, je n’en fais rien, me contentant de prendre la route alternative que Google Map me propose pour éviter la scène de l’accident.

Nous arrivons enfin au Méga Centre Notre-Dame à 14h20. Il lui reste deux heures et quarante pour faire ses emplettes. Ça devrait lui suffire.

« Tourne à gauche. »
« Google Map
me dit de tourner à droite. »
« J’ai habité dans le quartier pendant vingt ans. Si tu penses que je suis trop cruche pour savoir où je m’en va, ok, continue de te fier sur ta p’tite machine plutôt qu’à ma parole. »

Ce que je fais : je tourne à droite. Et ce que je vois droit devant me donne raison.

« Tiens ! Regarde la boutique en face de nous. Ardène. Tu m’as bien dit que tu devais aller y acheter des bottes d’hiver, non ? »

Elle ne répond pas. Je stationne devant l’entrée principale. Elle débarque en me disant de l’attendre ici. Aussi bien !

Sérieusement, c’est quoi son problème aujourd’hui ? J’avais le plan parfait : On serait parti de chez elle à 11h00. On serait arrivé au centre d’achats à 11h30. On aurait fait tout le shopping qu’elle désire. On aurait ensuite passé la soirée ensemble, à faire ce tout ce dont elle aurait eu envie, ciné, resto, bar, etc. On se serait couchés. Je me serais levé à 04h00. Et puisque nous ne dormons pas dans la même chambre, ni au même étage, ça ne la réveillerait même pas. Je serais allé récupérer mes pneus, je serais allé au concessionnaire, et je serais revenu ensuite. Pourquoi tenait-elle à ce point-là à dérailler cet horaire impeccable ? Pour ensuite se plaindre non-stop des problèmes qu’elle a causé elle-même, tout en refusant les solutions que je proposais. Sans oublier cette manie qu’elle a, d’exagérer sans cesse sur le temps qu’il nous reste ou pas. C’est comme si son objectif, depuis son réveil, était de chercher à tout prix des raisons pour me faire des reproches. Mais dans quel but ? Pourquoi gâcher ce qui est l’un des rares moments que l’on pourra passer ensemble, maintenant que 800 kilomètres nous séparent ?

Même pas dix minutes plus tard, elle ressort du Ardène avec ses bottes. Impressionnant ! Je me dis qu’à ce rythme, grandes sont les chances qu’elle aura terminé tous ses achats bien avant la fermeture. En bon chauffeur, je lui demande :

« C’est quoi la suite du programme ? »
« On retourne à la maison. »
« Déjà ? T’avais pas d’autres achats à faire ? »
« Tant qu’à subir ton air bête, j’aime mieux rentrer. »

Mon air bête? C’est elle qui a passé les trois dernières heures à me faire la gueule non-stop et à chialer à cause de ses propres décisions… Mais c’est moi qui fais l’air bête ? La meilleure, c’est qu’avec tout ce qu’elle m’a fait endurer depuis notre départ, j’aurais été en droit d’être bougon. Mais je suis juste las. Si elle veut mettre fin à son shopping, ainsi soit-il. Le temps de mettre son adresse sur Google Map et on repart.

Il est vrai que je suis fatigué. Et depuis que je connais Ariane, je sais que lors de ses journées de congé, elle fait habituellement une sieste l’après-midi. Je crois bien qu’un petit repos nous ferait du bien à tous les deux. Aussi, je dis :

« Aussi bien ! J’ai un coup de fatigue. »
« Ben dans ce cas-là, t’appelleras ton amie Flavie, pis tu iras t’installer chez elle. Si tu penses que je vais te regarder dormir deux heures pendant que j’ai des achats urgents à faire… »

Pardon ?

Lorsque je l’amène faire ses achats, elle veut rentrer chez elle. Et lorsque je l’amène chez elle, elle veut faire ses achats ?

« J’ai seulement évoqué l’idée d’une sieste parce que tu as mis fin à tes achats. Mais si tu en as d’autre à faire, allons-y. »
« Laisse donc faire ! Si tu penses que ça me tente de magasiner avec quelqu’un qui n’a pas l’air de vouloir être là. »

Je vois !

Et c’est à cet instant précis qu’une chose devient claire dans ma tête. Entre nous, c’est terminé. Je ne veux plus jamais revoir cette femme. Elle demande :

« Combien de temps ça va te prendre pour rapatrier dans ton char toutes tes affaires qui trainent chez moi? »
« Pas longtemps. »

On arrive chez elle. On entre. Puis, je commence à ramasser mes affaires, que je ramène dans mon auto. Tandis que je remets dans ma glacière portable tout ce que j’avais mis dans son frigo, elle fait de la projection en me disant que je n’ai aucune raison de faire mon frustré, juste parce qu’elle a autre chose à faire que me regarder dormir. Elle me répète ses accusations, comme quoi on voit bien que je n’ai nullement envie de magasiner avec elle.

Je pourrais me défendre. Dieu sait que je ne manque pas d’arguments logiques et de preuves comme quoi elle interprète, exagère, déforme les faits, ment. Mais mon but premier dans une relation, ce n’est pas de gagner la guerre des arguments. C’est de vivre en harmonie. Si elle refuse de me donner ça, alors je n’ai aucune raison de discuter, et encore moins de rester.

Sans mot dire, je rentre mes derniers bagages dans mon auto. Puis, je la bloque sur mon téléphone, mes textos, Messenger, Facebook, Tik Tok, Hotmail, Gmail, Instagram, et partout où elle pourrait me communiquer. Puis, sans aller la saluer, je m’installe au volant. Je démarre. Je sors de son stationnement et de sa vie pour toujours.

Pourquoi est-ce que je préfère mettre fin à notre amitié plutôt que d’en discuter ? Simple : Ariane a 48 ans. À son âge, voilà bien longtemps qu’elle est adulte. Une adulte est supposée avoir la capacité de raisonner, ainsi que de savoir gérer ses émotions. Surtout lorsqu’elle n’a jamais été provoquées de la moindre façon que ce soit. Alors c’est de deux choses l’une. Ou bien elle ne se rend pas compte que son comportement est déraisonnable. Ce qui signifie qu’elle n’a pas la capacité de raisonner. Ce qui fait que je perdrais mon temps à tenter de le lui expliquer. Ou bien elle sait très bien ce qu’elle fait. Ce qui en fait une obstinée de mauvaise foi. Là encore, il ne servirait rien à tenter de lui expliquer quoi que ce soit. D’une manière comme de l’autre, rien ne pourra l’empêcher de me faire subir ses abus. Rien, sauf m’en éloigner pour de bon.

D’habitude, lorsque j’écris une anecdote, c’est pour raconter quelle leçon de vie j’en ai tiré. Mais aujourd’hui, je fais l’inverse. Je n’ai pas tiré de leçon de cette histoire. J’y ai plutôt appliqué des leçons que j’ai apprises à la dure tout le long de ma vie.

LEÇON 1: Une personne qui cherche à te prendre en défaut va toujours te prendre en défaut, quitte à créer elle-même le problème pour le faire.
Elle ne me dit pas de prendre la sortie pour l’autoroute 30, pour ensuite me blâmer de ne pas l’avoir fait. Elle m’insulte si je n’utilise pas Google Map, et m’insulte lorsque je le fais. Si je l’amène faire son shopping, je suis dans l’erreur car elle veut rentrer. Et si on rentre, je suis dans l’erreur car elle doit faire son shopping. Elle fait tout pour m’enlever l’envie de passer du temps avec elle, pour ensuite me reprocher de perdre l’envie de passer du temps avec elle.

LEÇON 2 : Un(e) ami(e) qui cesse d’agir en ami(e) n’est plus un(e) ami(e).
En fait, elle ne l’a jamais été. C’est sûr qu’il y a quelque chose qui attirait Ariane vers moi, puisque nous nous sommes fréquentés pendant quatre mois. Mais peu importe la raison, ce n’était certainement pas de l’amitié. Une amie n’agit pas comme elle l’a fait avec moi. Ce comportement, c’est celui d’une ennemie.

LEÇON 3 : On ne peut raisonner qu’avec des gens raisonnables.
C’est la raison pour laquelle je n’ai pas discuté, ni ne me suis-je défendu de ses accusations farfelues. Il était impossible qu’elle voyait pas qu’elle causait elle-même les problèmes pour lesquels elle me blâmait. Elle savait parfaitement ce qu’elle faisait. Alors non seulement je ne lui apprendrais rien en le lui disant, je perdrais mon temps. Une personne déraisonnable ne va jamais reconnaître ses torts. Je n’obtiendrais d’elle que déni et gaslighting.

LEÇON 4 : Le negging est une méthode de manipulation.
Personne n’aime faire mauvaise impression. Voilà pourquoi beaucoup de manipulateurs utilisent la méthode du « Je vais penser le pire de toi sans raison pertinente, c’est à toi de faire l’effort constant de me prouver le contraire. » L’idée est de contrôler sa cible en menaçant l’orgueil de ce dernier.

Comme si l’opinion d’une personne manipulatrice avait la moindre valeur.

 Face à une personne qui ne cherche qu’à dire / penser / prouver du mal d’autrui, on n’a pas à ressentir le besoin de se justifier. Surtout lorsque l’on sait que, même si j’avais tout fait pour lui enlever ses idées erronées à mon sujet, ça n’aurait pas marché. Je serais juste devenu son esclave volontaire. Lorsque la personne manipulatrice voit que sa méthode marche, pourquoi abandonnerait-elle une formule gagnante ? Elle aurait donc continué de me mépriser. Et ça, c’est à cause que…

LEÇON 5 : Aucune femme ne respecte une lavette.
À ma place, plusieurs hommes lui aurait demandé pourquoi elle agissait ainsi. Et ils le feraient avec une voix et une attitude démontrant un mélange d’incompréhension et de désespoir. Ou pire encore, ils insisteraient pour aller faire son shopping, l’accompagner avec le sourire, affirmer que oui, ils ont envie d’être avec elle. Ces réactions ne sont rien de plus qu’une déclaration d’impuissance et de soumission. Aucune femme ne respecte un impuissant soumis. Surtout si, pour le réduire à cet état, elle n’a eu qu’à se montrer illogique et déraisonnable. L’homme qui (ré)agit ainsi donne à la femme tout le pouvoir, et par le fait même ne fait que l’encourager à continuer ses abus.

LEÇON 6 : Les gens ne changent jamais, surtout dans leurs défauts.
À 18 ans, elle portait des accusations mensongères contre son conjoint. Trente ans plus tard, à 48, elle portait des accusations mensongères contre moi. Oh, c’est sûr que ce n’est pas du même niveau, puisque lui a été faussement accusé de violence conjugale, tandis que moi c’était d’être frustré, de ne pas savoir s’orienter en auto, de l’avoir mise en retard, d’être grognon. N’empêche que dans un cas comme dans l’autre, à la base, ça reste des accusations mensongères. Si elle a fait ça toute sa vie, ce n’est pas rendue à 48 ans qu’elle va pouvoir changer.

LEÇON 7 : C’est en regardant le passé que l’on peut apercevoir l’avenir.
Son passé à démontré qu’elle portait des accusations mensongères, au point où ça a causé des problèmes légaux et sociaux pendant des années à (au moins) un de ses ex. Il démontre également qu’elle a fait (au moins) un séjour en prison. Qu’elle a eu des accusations de menaces de voies de fait portées contre elle. Qu’elle a été également poursuivie pour harcèlement par un autre de ses ex. Si je combine tout ça avec les six autres Red Flags que j’ai aperçu en elle depuis que je l’ai rencontré il y a cinq mois, alors il n’y a qu’une seule conclusion logique : Cette femme est dangereuse. Si on se fie à son histoire personnelle, ce qu’elle m’a fait vivre ce jour-là dans l’auto, ce n’est que la pointe de l’iceberg. Pas question que je fasse un Titanic de moi.

LEÇON 8 : Personne n’est irremplaçable.
Il y a huit milliards d’humains sur terre. Elle saura bien se trouver une autre victime. Une qui, contrairement à moi, acceptera son statut de victime. Et je saurai bien me trouver une autre amie. Une qui, contrairement à elle, saura conserver son attitude d’amie.

Trop souvent, au nom de l’amitié, on est portés à fermer les yeux sur les abus que l’autre nous fait subir. C’est parce que trop souvent, on oublie que « mieux vaut être seul que mal accompagné », ça s’applique également dans les relations d’amitié.

Ariane, 1 de 2 : une amitié parsemée de Red Flags

À notre époque, les gens voient des Red Flags partout.  En fait, c’est rendu tellement normal d’avoir des Red Flags que le fait de ne pas en avoir est considéré comme étant louche, ce qui soulève un Red Flag.  C’est que puisque personne n’est parfait, chacun de nous va forcément évoquer des Red Flags aux yeux de quelqu’un.  Voilà pourquoi on a appris à les tolérer.  Parce que si on se coupait de tous ceux en qui on voit des Red Flags, on ne fréquenterait plus jamais personne. 

Ariane est devenue ma collègue en juin dernier.  48 ans, belle grande femme, en forme, énergique, elle travaillait toujours avec sourire et enthousiasme.  

Représentation aproximative d’Ariane via I.A.

Peu après son arrivée, elle a commencé à se plaindre comme quoi elle était la cible de harcèlement constant de la part de notre collègue Kevin.  Ariane m’a montré des textos qu’il lui envoyait.  Le gars ne faisait pas dans la subtilité.  Déclarations d’amour, propositions sexuelles…  Et, voyant qu’elle ne lui répondait plus, il lui a même écrit : « Réponds-moi sinon je t’embrasse passionnément au poste des infirmières devant tout le monde lol. »  Elle a fini par porter plainte à la direction, textos comme preuves, et il a été immédiatement congédié.

J’ai déjà parlé ici, il y a quelques années, de l’importance de la première impression que l’on fait sur les autres.  Par exemple, lorsqu’un conjoint devient abusif, sa femme va continuer de s’accrocher à l’image de l’homme bon, respectueux et romantique qu’il était au début.  C’est comme ça qu’elle l’a connu, alors c’est comme ça qu’est « le vrai lui » à ses yeux.  Ainsi, à cause du harcèlement qu’Ariane a subi dès son entrée en poste, elle a obtenu dès le départ une image de victime pure et innocente, s’attirant la sympathie et la solidarité de tous.

Et voilà pourquoi je serai porté à fermer les yeux devant les Red Flags que soulèveront les comportements d’Ariane dans les semaines qui allaient venir. 

1er RED FLAG : La vérité au sujet de sa relation avec Kevin.
Elle a fini par m’avouer certains trucs qui remettent les choses en perspective. Quelques semaines plus tôt, le 24 juin, jour de la Saint-Jean-Baptiste, elle était allé sur la plage pour voir les feux d’artifices. Elle y a croisé Kevin par hasard. Ils ont passé la soirée sur la plage, ensemble, à boire et s’amuser. Puis, il l’a reconduit chez elle. Et là, au moment où elle allait entrer, elle cède à une impulsion. Elle l’agrippe, l’embrasse, lui dit bonne nuit, entre chez elle et ferme la porte.

Le reste de leur courte relation diverge selon qui me la racontait. Mais une chose concorde, et c’est qu’elle avait un comportement envers lui qui changeait sans cesse, passant d’amicale à froide et inversement. Disons que je comprennais un peu mieux pourquoi il lui envoyait des textos comme s’ils étaient en couple. Le gars ne savait plus sur quel pied danser.

Tout Red Flag que c’était, je me disais que, bof, la personnalité de cette fille ne m’attire pas. Alors si elle tente ce genre de repprochement avec moi, je lui ferai comprendre immédiatement que non, désolé, je ne le sens pas. Donc, pas de risque pour moi.

2e RED FLAG : Les conflits de plus en plus nombreux avec les collègues.
Un jour, alors qu’il y avait une section isolée pour cause de covid, il fallait bien évidemment porter l’uniforme de sécurité, incluant gants, masque et visière.  Lors d’une conversation sur Messenger avec notre collègue Francine, cette dernière avait écrit à Ariane qu’elle détestait porter le masque et qu’il n’était pas question qu’elle le mette.  Elle ajouta même que, devant les patrons, elle le mettra.  Mais dès qu’elle sera dans la section isolée, là où les patrons ne vont pas, elle le retirera.

Ariane considérait que l’attitude de Francine représentait un danger de contamination pour les résidents sains.  À juste titre, je dois dire.  Elle a donc envoyé des captures d’écran de cette conversation aux patrons.  Et ceux-ci ont tôt fait de renvoyer Francine. 

Mais bientôt, pour diverses raisons, elle déposait des plaintes au sujet d’un autre collègue.  Et d’un autre.  Et d’un autre.  Rendu à sa sixième plainte en deux mois, c’en était rendu un peu n’importe quoi: Une collègue avait demandé congé pour deuil. Il se trouve que la collègue était sa voisine d’en face, leurs deux portes étant opposées. Ariane ayant entendu la collègue rire et recevoir des amis, elle l’a dénoncé au directeur, comme quoi elle n’avait vraiment pas l’attitude d’une personne en deuil. Donc qu’elle avait demandé congé pour des raisons bidon.

À partir de ce point, le directeur lui a carrément dit que là, puisque ça sortait du cadre du lieu de travail, c’était une atteinte à la vie privée. Et qu’à partir de maintenant, il ne voulait plus l’entendre se plaindre de qui que ce soit.  Il est vrai que si on l’écoutait, il faudrait mettre tout le monde dehors, alors que nous sommes déjà en manque de personnel

De plus, elle me parlait souvent des conflits qu’elle avait eu avec les différents propriétaires des logis successifs qu’elle a occupé.  Dont le proprio actuel et les deux précédents, et ce simultanément.  Elle leur adressait des plaintes, des menaces d’appels à la police, ils ont eu droit à des mises en demeure et à des poursuites à la Régie du Logement, et aux tribunaux légaux, au civil et au criminel.

Tout Red Flag que c’était, je me disais que, bof, personnellement, je ne risquais rien.  Je n’avais aucun comportement répréhensible, ni dans mon travail, ni envers elle.  Elle n’avait donc aucune raison de me causer des problèmes avec mon travail et/ou avec la loi. 

Puisqu’elle habitait sur mon chemin, que nos horaires correspondaient et qu’elle n’avait pas de véhicule, elle a commencé à me demander de passer la prendre.  Ce que j’ai accepté.  Et c’est comme ça qu’on a commencé peu à peu à se voir en dehors des heures de boulot.

Au travail, notre complicité était évidente.  Ce qui fait que la moitié de nos collègues croyaient que nous formions un couple.  Et l’autre moitié, qui savaient que ce n’était pas le cas, trouvaient néanmoins que l’on irait bien ensemble. Je n’étais pas de cet avis.  Premièrement, tel que je l’explique dans ce billet, pour douze raisons, je suis radicalement opposé aux relations amoureuses et/ou sexuelles avec une collègue de travail.  Surtout qu’à partir du moment où tu es en couple, l’autre se croit en droit de t’imposer des exigences de toutes sortes.  Je connais assez Ariane pour savoir qu’elle est facile à contrarier.  Être avec elle deviendrait pénible assez vite.

3e RED FLAG : Son alcoolisme.  
Un jour, elle me demande s’il y a de bons restos et bars dans le coin.  Il y en a près de chez moi.  Puisqu’elle n’a pas de transport et moi oui, c’est ainsi qu’on a commencé à faire des sorties ensemble.  Elle ne buvait jamais de bière, mais se rattrapait amplement dans les cocktails.  Elle en buvait d’ailleurs beaucoup lors de ces sorties.

Au fil des semaines, je constate que lors de nos pauses de diner au travail, elle boit du vin rouge, du rosé, du mousseux.  Un matin alors que je vais la chercher avant le travail, je la réveille.  Elle se lève, va à la cuisine, ouvre le frigo, prend une bouteille de vodka, en boit deux ou trois gorgées.  Puis, elle remet la bouteille au frigo et se prépare un café. 

Tout Red Flag que c’était, je me disais que, bof, qu’est-ce que ça donnerait que je lui en parle?  Elle a 48 ans.  Elle doit bien le savoir, qu’elle est alcoolique.  Tout commentaire de ma part à ce sujet serait considéré comme étant jugemental. 

Un soir, au travail, alors que nous mangions à une table à l’extérieur, elle a bu la moitié d’un carton d’un litre de vin pendant son repas, et elle a vidé le reste dans sa gourde pour pouvoir continuer de boire pendant le reste de son quart de travail.  Le lendemain, elle était congédiée.

4e RED FLAG : Son côté revanchard, impulsif et irréfléchi.  
Dès qu’elle a appris qu’elle était renvoyée pour consommation d’alcool sur les lieux de travail, j’ai été le premier qu’elle a soupçonné de l’avoir dénoncé.  Par écrit et par message vocaux, j’ai eu droit à ses menaces, comme quoi elle avait contacté plusieurs de nos anciens collègues de travail, afin de déposer des plaintes contre moi à la direction, également pour consommation d’alcool au travail.   Qu’importe que ce soit faux, l’important était que je ne me tire pas impunément de cette trahison. 

Tout Red Flag que c’était, je me disais que, bof, il est vrai que de son point de vue, j’étais effectivement la seule personne qui savait qu’elle buvait au travail.  Il était donc normal que je sois le premier suspect de cette délation.  Et qu’avec sa promptitude explosive à réagir face aux comportements négatifs des autres, il fallait que je m’attende à ses plans de vengeance. 

Le lendemain, elle m’appelle en larmes et implore mon pardon. Elle a appris qu’en fait, c’était un collègue dans une auto, dans le parking, qui l’avait vu faire, et qui l’a dénoncé à la direction.  On a donc pu faire la paix. Puisqu’en perdant son emploi elle perdait automatiquement son logis, elle a eu à retourner à Laval. Je l’ai amené prendre le bus à Rimouski, à trois de route heures d’ici, ce qui a grandement diminué son temps de voyagement.  Elle n’a pas pu emporter son encombrant équipement de gym.  Je l’ai laissé dans mon auto, en lui promettant que je le lui apporterais lors de ma prochaine semaine de congé dans trois semaines.

On a continué de se texter à tous les jours.  Et c’est là, à l’avant-veille de mon départ, que j’ai eu mon…

5e RED FLAG : Son passé criminel. 
Déjà qu’il est difficile de se retrouver un emploi si on s’est fait renvoyer pour consommation d’alcool au travail, voilà qu’elle se plaint que les enquêtes des employeurs où elle a soumis sa candidature ont révélés la présence de plumitifs à son nom. Les plumitifs, ce sont les registres publics informatisés qui contiennent l’historique des dossiers judiciaires des gens et des entreprises au Québec.  Elle en aurait trois en tout. Un datant de 1995, dont elle ne se souvient plus la raison. Un de 2005, pour violence conjugale. Et le dernier, pour harcèlement, pas plus tard qu’il y a trois ans, en 2021.

Elle m’explique l’accusation de 2005. Alors qu’elle était enceinte, le (futur) père de sa fille aurait appelé la police afin de la faire sortir du logis commun, après qu’elle l’aurait menacé de l’agresser avec un pic à glace pendant son sommeil.  C’est ainsi qu’elle a passé quelques temps à Tanguay, la prison pour femmes.

Bien sûr, elle nie tout.  Elle affirme que, suite à une violente dispute, il voulait la jeter dehors.  Puisqu’elle refusait de partir, il aurait appelé la police et l’a fait sortir en portant de fausses allégations contre elle.

Je dois avouer que je ne suis pas prêt à 100% à croire qu’il mentait.  Lorsque je repense aux menaces qu’elle m’a écrit alors qu’elle croyait à tort que j’avais dénoncé son alcoolisme au travail, je l’imagine aisément être capable de dire n’importe quoi dans le cadre d’une violente dispute de couple.

Tout Red Flag que c’était, je me disais que, bof, je ne suis pas en couple avec elle et je ne le serai jamais. Elle n’a donc aucune raison d’avoir la moindre exigence à mon égard. Cela me met à l’abri de ses menaces de voies de fait.

Et c’est là qu’elle me sert le…

6e RED FLAG : Ses propres allégations mensongères.
Elle me dit que dans le fond, avoir été la cible de plaintes mensongères à la police, c’était un simple retour de karma. Car c’est quelque chose qu’elle faisait déjà elle-même lorsqu’elle avait 18 ans, alors qu’elle était en appartement avec son conjoint de l’époque.  Un soir où elle s’était disputée avec lui, elle l’a fait arrêter en mentant aux policiers, en l’accusant de violence conjugale.  Le pauvre gars a passé la nuit au poste de police.  Mais elle me conclut son anecdote en me disant que le lendemain, elle retirait sa plainte, donc que tout était OK.

Le problème, c’est que non, je sais très bien qu’avec ce genre d’accusations, tout n’est pas OK.  Lorsque la femme retire sa plainte, la loi applique une mesure préventive, au cas où elle ne la retirerait que par peur des représailles de la part de l’homme.  L’homme se voit donc être mis sous probation pendant deux ans.  Deux ans pendant lesquels il lui est interdit d’avoir le moindre démêlé avec la Justice, sinon c’est la prison directe.  Ce qui signifie qu’elle l’a mis en position pour pouvoir abuser de lui à loisir pendant deux ans, à obéir à ses moindres caprices, sinon elle avait le pouvoir de ruiner sa vie, en faisant de lui un criminel.  Et après la fin de la probation, c’est trois ans d’attente avant d’avoir le droit de demander un pardon judiciaire qui effacerait son dossier.  Et c’est un procédé qui prend aisément un an, sinon deux. Ce qui signifie de six à sept ans à avoir un dossier judiciaire.  J’espère qu’il avait déjà un emploi.  Parce qu’il est difficile de touver un employeur qui ne fera pas d’enquête avant l’embauche.  Comme le constate actuellement Ariane avec son plumitif, puisqu’elle ne s’est jamais donné la peine de faire effacer son propre dossier.

À ce Red Flag-là, par contre, je n’ai pas dit bof ! Ses méthodes d’attaques en situation de conflit me rappellent inconfortablement ce que je subissais moi-même de la part de la mère de mes enfants. J’ai toujours trouvé étrange que les femmes victimes de violence conjugale ou d’agressions sexuelles affirment ça ne sert à rien de porter plainte car la loi ne fait rien contre les hommes. Par contre, chaque fois qu’une femme dépose une plainte mensongère à la police contre un homme, ce dernier se retrouve avec des problèmes judiciaires et sociaux pendant de nombreuses années. Il y a quelque chose qui m’échappe dans tout ça.

Mais bon, là encore, puisque je ne serai jamais son conjoint, son amoureux, son amant, ni même son colocataire, et que jamais je n’ai mal agi envers elle, je suis à l’abri de son attitude revancharde. Je suppose que je peux me permettre de fermer les yeux encore une fois sur son comportement.

Pour ma semaine de congé qui approche, Ariane m’invite chez elle, m’offrant l’hébergement pour toute sa durée. Je vais accepter pour le premier soir, puisqu’il est prévu que je passe une partie de mon séjour chez Flavie. (Une ex avec qui j’ai toujours été en bons termes, et avec qui on se partage parfois la garde de nos deux chats.) L’une des raisons pour laquelle je reviens dans la région, c’est que nous voilà au temps de la révision annuelle de mon véhicule, ainsi que la pose des pneus d’hiver. Mes pneus sont dans mon entrepôt à Beloeil, ville située peu avant Montréal. Mais je ne peux pas les embarquer puisque mon auto est encombrée avec les machines de gym d’Ariane. Je dois d’abord aller déposer ces dernières chez elle samedi. J’irai récupérer mes pneus à Beloeil dimanche. Et j’irai à mon rendez-vous au concessionnaire lundi.

Alors que je parcours les 800 km qui nous séparent, je ne me doute nullement que dans 24h, tout va s’écrouler entre nous.

À CONCLURE. Suite et fin juste ici.

Quand l’intérêt ne comporte PAS de date d’expiration.

AVERTISSEMENT.  Puisque la réalité n’a que faire de la rectitude sociale, certains termes utilisés dans ce texte vont probablement choquer certaines âmes sensibles.

Comme on dit au Québec, cette année, je pogne! 
J’ai d’abord plu à Noémie, jeune femme de 25 ans.  Puis à une seconde Noémie, au gym, dans la mi-trentaine. Parallèlement, une de mes collègues de travail a eu un sérieux coup de foudre pour moi.  Mais celle-là, Pierrette, en avait 60.

Il suffirait de presque rien ♫ 25 à 35 ans de moins … ♫
Pour être honnête, malgré son âge, Pierrette n’était pas si mal fichue.  Elle avait gardé un corps mince et en forme.  Si on lui mettait un sac de papier sur la tête, on pourrait certainement croire qu’elle a 20 ans.  Mais comme vous l’avez compris en lisant la phrase précédente, c’est au niveau du visage que son âge est évident.  Et aussi dans sa voix, rauque comme si elle avait fumé toute sa vie.  Ceci, et le fait que je ne connais rien à son sujet, explique qu’elle ne fait naitre en moi aucun intérêt pour elle.

Pierrette a commencé à travailler à la résidence en avril, tout de suite après le fiasco de ma relation avec Noémie, celle de 25 ans.  Ce matin-là, nous allions lever, laver, habiller et installer un résident.  Alors que l’on commençait nos soins, celui-ci m’a demandé :

« C’est-y ta femme? »

Amusée, Pierrette lui répond :

« Ben oui! Stéphane et moi, on vient de se marier, même si ça fait juste deux heures qu’on se connait. »

J’entre dans la blague en ajoutant :

« Ouais, et j’ai dû abuser du champagne, parce que je ne me souviens pas du tout de la nuit de noces. »

Pour le reste de la journée, à chaque fois que l’on croisait un collègue, et à chaque résident assez éveillé cognitivement pour comprendre, Pierrette répétait :

« Hey !  Savais-tu que Stéphane et moi, on est mariés ? »

Rendu à midi, je commençais à être un peu moins à l’aise avec cette blague qui, selon moi, n’aurait pas dû sortir de la chambre du résident qui m’avait posé la question.  Voilà pourquoi j’ai cessé d’ajouter ma remarque au sujet de la nuit de noces.  J’expliquais plutôt que c’était un résident qui avait présumé ce matin que nous étions mariés.

Au bout de deux semaines elle continuait de répéter ça à qui voulait ou non l’entendre. je commençais à trouver ça lourd.  Il y a une raison pourquoi on dit que les blagues les plus courtes sont les meilleures.  C’est là que j’ai eu l’impression que l’idée que nous soyons en couple ne devait pas lui déplaire.

Un soir, elle arrive derrière moi, agrippe l’arrière du col de mon uniforme en en vérifie l’étiquette.  Elle s’explique en disant qu’elle me verrait bien dans un gilet de marque Polo jaune moutarde.  Et là, devant moi, sur son téléphone, elle le commande sur Amazon.  Surpris, je proteste.  Et c’est là qu’elle m’exprime le second indice de son intérêt pour moi :

« Je suis comme ça.  J’ai toujours aimé habiller mes hommes. »

C’est mieux que de me déshabiller, je suppose.  J’insiste quand même pour le lui rembourser sur livraison.

Dans les jours qui suivent, nous ne nous voyons presque plus.  Nos horaires cessent de correspondre, alors que nos heures et sections assignées divergent.  Mais un début d’après-midi, alors qu’elle travaillait dans une autre section de la résidence, elle vient me rejoindre.

« Est-ce que tu voudrais m’accompagner à un mariage? »
« Pas le nôtre, j’espère !? »
« Ha! Ha!  Non!  T’sais, la préposée, Danyka ?  C’est ma nièce.  Elle va se marier le 31 août avec son chum, notre collègue, Jasmin.  Lison aussi va venir, c’est sa demoiselle d’honneur. »
« Attend un peu.  Je vais consulter mon horaire. »

Je prends mon agenda.  Et comme je me souvenais, ce jour-là, je travaillerai à temps double, de 7 :00 le matin jusqu’à 23 :00.  Heureux d’avoir une bonne excuse pour décliner, je le lui montre. 

Pour moi, l’affaire est réglée.  Mais pas pour elle.  Elle insiste.  Elle me dit que je devrais demander congé, et que de toute façon je travaille déjà trop.  Mais je refuse.  Mon horaire de travail, c’est sacré. Surtout que, payé à temps et demi, un double équivaut pour moi à $500 clair sur mon chèque de paie.  Je ne cracherai certainement pas là-dessus pour accompagner une femme qui ne m’intéresse pas à un événement dont je n’ai rien à cirer. J’ai toujours gardé ma vie sociale et ma vie professionnelle séparée, et ce n’est pas pour elle que je vais déroger de cette règle. 

Après qu’elle insiste une fois de trop, je lui dit sèchement :

« Et c’est toi qui va me la rembourser, ma paie à temps-et-demi que je vais perdre cette journée-là? »

Avec un petit sourire, elle se contente de rouler des yeux avant de retourner dans sa section.

Deux jours plus tard, elle me rejoint pour me demander :

« Et puis ?  Est-ce que tu as demandé congé pour le mariage ? »

Étant donné que je lui ai déjà dit non plusieurs fois l’avant-veille, je commence à trouver qu’elle insiste lourdement.  Je trouve cependant l’excuse parfaite.

« C’est impossible !  Ce jour-là, Ta nièce va être absente, son fiancé va être absent, sa demoiselle d’honneur va être absente, et toi tu seras absente.  On manque déjà de personnel, c’est la raison pour laquelle je fais régulièrement des 64 à 80 heures par semaine.  Avec vous quatre qui seront absent, je ne peux certainement pas m’absenter aussi.  Surtout sur deux quarts de travail. »

Et je la laisse sur place, allant m’occuper d’un résident dans sa chambre.

Le lendemain, elle revient me voir.

« Je viens d’aller voir Marie-Jeanne. »

Marie-Jeanne, c’est ma patronne immédiate, ma chef de département.  C’est elle qui s’occupe, entre autres, de mon horaire.

« Je suis allé lui demander de te donner congé pour le 31 août.  Mais elle m’a dit que si tu veux avoir ton congé, il va falloir que tu ailles le lui demander toi-même. »

Ces paroles me frappent comme une gifle.  Là, elle va trop loin.  L’une des nombreuses raisons pourquoi j’ai renié mes parents il y a plus de deux ans, c’est parce qu’ils ont toujours fait en sorte de me faire perdre mes emplois en venant y foutre la merde.  Alors je ne vais certainement pas accepter ça de la part d’une vieille peau désespérée qui n’a aucun respect de mes limites, au point où c’en est devenu du harcèlement. 

Je file droit vers le bureau de Marie-Jeanne, à qui je me confonds en excuse, en lui disant que Pierrette avait mal compris mes intentions, et que dans les faits je ne demande aucun congé.  Évidemment, ma patronne veut comprendre la situation. Je me vois donc obligé de lui raconter l’invitation de Pierrette, et son insistance face à mon refus.  Ce qui me contrarie sans bon sens, puisque je déteste mêler vie privée avec vie professionnelle.  C’est en fulminant que je ressors du bureau et retourne dans ma section.  Pour constater que Pierrette est retournée dans la sienne.  Ce qui lui évite de recevoir ma façon de penser.

Pour les deux semaines qui suivent, je ne revois plus Pierrette.  Pas même sur les horaires des différentes sections.  Ce qui me porte à croire qu’elle ne travaille plus pour la résidence.  Tant mieux si c’est le cas.  Je m’abstiens de poser des questions à ce sujet à sa nièce Danyka, au cas où ça puisse être interprété comme étant un signe d’intérêt de ma part. Étant donné la négativité des sentiments que j’ai pour elle, ça serait extrêmement contreproductif.

Pierrette II, le retour.  Cette fois, c’est personnel.
Un début d’après-midi, voilà Pierrette qui réapparait dans ma section.

« Allo Stéphane.  J’ai quelque chose pour toi. »

Elle me remet un colis.  C’est le chandail Polo jaune moutarde qui a fini par arriver.  Tandis que j’ouvre le paquet, Pierrette me caresse doucement les cheveux et me susurre :

« Je suis contente de te revoir.  Tu m’as beaucoup manqué, tu sais! »
« Euh… Ça doit bien faire deux semaines que je ne te voyais plus ici.  Je pensais que tu ne travaillais plus. »
« Je ne suis plus préposée.  Mais je viens de me faire réembaucher, cette fois en service privé. »

Le service privé consiste à faire de la surveillance, assis dans le corridor, devant la chambre des résidents qui peuvent avoir un comportement dangereux envers les autres et/ou eux-mêmes.  Je ne le savais pas à ce moment-là, mais peu après que j’ai été obligé de raconter mes ennuis à ma patronne, Pierrette a été convoqué au bureau de la direction.  La piètre qualité de son travail a été évoquée pour mettre fin à son contrat.  Et j’ai l’impression que se mêler de mes affaires n’a pas dû aider sa cause.  On pourrait croire qu’elle en aurait tiré une leçon.  Malheureusement…

« Et puis ?  Est-ce que t’as réussi à avoir congé le 31 août ? »

Ironiquement, oui, entretemps, j’ai obtenu congé pour cette date.  Mais c’est pour pouvoir participer à l’exposition Couples Artistes qui va se dérouler les 30 et 31 août ainsi que le 1er septembre, au Manoir Rouville-Campbell de Mont-Saint-Hilaire.  Aussi, sans lui préciser le comment du pourquoi, je lui montre mon agenda.

« Comme tu vois, j’ai pris toute la semaine, trois jours avant cette date et trois jours après. »

Décidant qu’il était temps d’en finir pour de bon avec elle, j’ajoute :

« Étant donné que nos horaires ne correspondent pas, donne-moi donc ton numéro de téléphone.  Ça va faciliter les choses pour la planification. »

C’est toute heureuse qu’elle me le donne, avant de repartir faire sa surveillance.

15 :00, je termine mon quart de travail.
15 :14, j’entre chez moi.
15 :16, j’ouvre mon ordi.
15 :17, j’ouvre Word et je lui prépare un texte court, droit au but.
15 :41, je le lui copie-colle, un paragraphe à la fois.

Eh oui ! J’ai utilisé la ruse toute féminine de m’inventer une relation afin de la décourager pour de bon de m’approcher. Étant donné qu’elle n’a accepté aucun de mes refus, ce n’est pas comme si elle m’avait laissé le choix.

Alors voilà, problème réglé.  Au moment d’écrire ces lignes, je ne l’ai pas revue depuis à la résidence.  Je suppose que si, comme je l’imagine, elle ne s’était fait réembaucher que dans le but de se rapprocher de moi, alors ma réponse fit qu’elle n’avait plus aucune raison d’y rester.

De cette mésaventure, j’aurai au moins tiré un joli gilet jaune moutarde.  Dommage que ce ne soit, au bout du compte, qu’une imitation de Polo.

En avril dernier, je publiais une série de trois billets intitulés L’intérêt d’une femme vient avec une date d’expiration.  Je racontais qu’à six reprises dans ma vie, je n’avais pas répondu à temps aux avances de jeunes femmes qui pourtant m’intéressaient.  Par conséquent, leur intérêt pour moi a disparu pour de bon.

Or, dans mon dernier billet, celui qui précède celui que vous lisez en ce moment, je parle de Nathalie.  À 50 ans, elle m’a démontré s’intéresser à moi.  Et moi, dans l’espoir qu’elle comprenne que ce n’était pas réciproque, j’ai passé deux ou trois mois à jouer au nigaud trop cave pour comprendre.  Tout en ne démontrant moi-même aucun intérêt autre qu’amical pour elle.  Mais tout comme avec Pierrette, j’espérais pour rien, puisque l’intérêt de Nathalie envers moi n’avait PAS de date d’expiration.

Pourquoi l’intérêt de certaines femmes vient avec une date d’expiration et d’autres non?  Je pense que l’indice principal se trouve dans leurs descriptions physiques.

Océane. 18 ans.  Très belle.
Daniella. 19 ans.  Très belle.
Noémie.  25 ans.  Très belle

Tandis que…

Pierrette. 60 ans, avec le visage qui le démontre.
Nathalie.  50 ans.  Obèse.  Divers problèmes de santé. Le corps et le visage ravagé par une vie d’abus d’alcool, drogues, cigarettes, et accident de la route.

Le premier groupe est constitué de belles jeunes femmes.  Quand un gars n’en veut pas, elles peuvent aisément passer au candidat suivant.  Grâce à leur jeunesse et leur beauté, elles ont des options.  Ce qui n’est malheureusement pas le cas du second groupe.

C’est triste pour elles, mais c’est ça quand même.