Une autre faille dans le concept d’aller refaire sa vie ailleurs

Au mois de mars dernier, j’ai écrit un billet de blog intitulé Se présenter comme étant l’inverse de ce que l’on est.  Si je le déplace ici aujourd’hui, avec ce nouveau titre et quelques modifications, c’est parce qu’il décrit très bien l’une des raisons qui fait foirer le concept d’aller refaire sa vie ailleurs.  Et cette raison est: On ne peut pas éternellement faire semblant d’être autre chose que ce que l’on est.

J’ai rencontré plusieurs personnes qui agirent ainsi.  Je n’en nommerai que quatre.

GENEVIÈVE, la coloc de l’enfer.
Le changement d’univers:  À 18 ans, elle est partie d’Abitibi pour aller vivre à Montréal.
La présentation : 
Elle a fui cette région pour venir à Montréal pour pouvoir enfin étudier et être elle-même, sans devoir subir le harcèlement constant de ses proches.  Elle a des relations tendues avec sa mère, distantes avec son père, et abusives avec son frère qui, bien qu’il soit de deux ans son cadet, la méprise et la maltraite. Elle a passé une partie de son adolescence en refuge pour jeunes filles abusées.  Elle n’a pas d’amis.  Elle est toujours jugée, méprisée, repoussée, sans raisons valables.
Le naturel qui revint au galop : Deux mois plus tard, et pour le reste du temps où elle était dans mon entourage, elle fut rabaissante, méprisante, violente, malhonnête, hypocrite, voleuse, calomnieuse, conflictuodépendanteBref, loin d’être la victime, elle était à 100% l’agresseur.   J’ai déjà écrit une longue série de billets à son sujet.
Le retour à l’expéditeur:  Après ses études, elle est retourné en Abitibi où elle a coincé un homme dans une relation en lâchant la pilule sans lui dire.  Aux dernières nouvelles, elle était tellement mère indigne que la DPJ lui a retiré la garde complète de sa fille cadette.

VICKY.
Le changement d’univers:
À 26 ans, elle est partie des Îles-de-la-Madeleine pour aller vivre à Sherbrooke.  
La présentation :
  Elle a fui un ex violent et rabaissant, et une famille manipulatrice.  Elle se montre tout de suite à moi comme étant une véritable Manic Pixie Dream Girl.  Il n’y a pas de traduction officielle pour cette expression, mais ce qui s’en rapproche le plus selon moi serait  « Fille de tes rêves, fée-marraine, survoltée. »   Dans les films, ce personnage apparaît de nulle part dans l’existence terne et ennuyante d’un homme pour transformer sa vie en lui apportant la joie de vivre par sa présence, son humour, ses compliments et les activités qu’elle concocte pour faire avec lui.  J’ai vécu exactement ça avec Vicky.  Dès le départ, elle dit qu’elle trouve que je n’ai pas vraiment vécu, et elle m’écrit une liste de 14 activités à faire ensemble.  Nous sommes vite devenus bons amis et complices.
Le naturel qui revint au galop : Au cours des trois mois qui ont suivi,
 Vicky s’est vite révélée comme étant une personne déprimée, négative, angoissée au point d’avoir besoin de prescriptions de médicaments.  Et elle traînait dans la boue nos collègues dans nos conversations sur Messenger, tout en leur étant amicale et chaleureuse en personne.  Elle a annulé tous nos plans de sorties et activités à la dernière minutes, sauf trois.  Et ces trois-là furent ennuyants et courts, puisqu’elle n’avait jamais la tête à ça, et elle les a interrompus.  Elle est le sujet de mon récent billet, Mon année 2019, 1 de 3, dans lequel je décris comment elle a porté son choix amoureux et sexuel sur un collègue que tout le monde savait violent et manipulateur. Elle-même manipulatrice, elle cessa aussitôt de me parler et tenta de me causer des problèmes au travail.  Ça s’est retourné contre elle lorsque tous les aspects de sa personnalité merdique furent exposés.  Elle s’est fait  renvoyer, et quatre autres collègues ont cessé de travailler là par sa faute.
Le retour à l’expéditeur:  La dernière chose qu’elle a dit à nos collègues avant de disparaître, c’est que maintenant que plus rien ne la retenait ici, elle repart aux Îles-de-la-Madeleine.

RHONDA
Le changement d’univers:
Un nouvel emploi.
La présentation : Femme de 50 ans et collègue lorsque je travaillais de nuit pour un garage de bus.  Elle se présente comme une bonne mère de cinq, catholique pratiquante, respectueuse envers les gens qui l’entourent, qui considère le sexe hors du mariage comme étant une aberration.
Le naturel qui revint au galop :
Au bout de trois semaines, elle commence à me parler de sa vie sexuelle avec son amant, avec qui elle n’est pas mariée.  4e semaine, elle m’envoie de subtiles invitations à se voir hors du travail.  Quant à l’évolution de ses paroles, eh bien…
6e semaine : 
« Ok, je vais faire un somme pendant la pause.  Profites-z-en pas pour me violer. »
7e semaine : « Tu sais, quand la fille est consentante, c’est pas un viol! »
8e semaine :« Si tu me laisse dormir une heure de plus, je te fais une pipe à mon réveil. »
À force de rester impassible ou à décliner ses offres, elle a fini par comprendre.  Elle a aussi viré en mode full bitch.  Parce que bon, c’est bien connu que l’enfer n’est rien comparé à la furie d’une femme repoussée.
Le retour à l’expéditeur:  Ses frustrations sexuelles la rendirent d’humeur tellement insupportable avec tout le monde qu’elle s’est fait renvoyer. 

MANON
Le changement d’univers:
Passer de Granby à Montréal, où elle s’est décroché un nouvel emploi.  Elle fuyait son lieu d’origine où, depuis l’école secondaire, quelques gars lui ont fait une très nuisible réputation de salope infidèle.
La présentation :
 Dès que l’on commence à travailler ensemble, elle se décrit comme étant en couple, fiancée, et de nature calme, sage et peu portée sur le sexe.
Le naturel qui revint au galop : Au bout d’un mois ou deux, elle me parle d’un ménage-à-trois qu’elle a vécu la veille avec un couple, sans son fiancé.  Et pour les quelques mois où nous travaillerons ensemble, elle ne cesse de me parler de sexe, me faisant des propositions malvenues, allant même jusqu’à m’agresseren s’arrangeant pour me faire passer pour le coupable aux yeux de nos collègues.
Le retour à l’expéditeur: 
Elle est retournée à Granby après que son conjoint lui ait montré la porte, après avoir appris qu’elle le trompait non-stop depuis le début de leur relation.

Et voilà pourquoi, dans leurs cas, leur nouvel univers s’est si vite écroulé.  Quand on se présente comme étant l’inverse de ce que l’on est vraiment, on attire des gens qui apprécient cette façade.  Alors lorsque cette façade s’écroule, ils ne reconnaissent plus en nous la personne qu’ils ont aimé.  Normal, puisque cette personne n’a jamais existé.  

Il est vrai qu’en théorie ça a l’air facile, de changer d’attitude.  Quand on va là où personne ne nous connaît, là où personne ne peut nous empêcher d’évoluer.  Ainsi, les gens qui changent d’univers ont souvent le réflexe de se présenter non pas comme ils sont, mais plutôt comme ils voudraient être.  Fonceurs quand ils sont angoissés.  Prudes quand ils sont obsédés.  Victimes quand ils sont agresseurs.  Intéressants quand ils sont ennuyeux.  Actifs quand ils sont sédentaires.  Or, changer pour le mieux, ça ne s’improvise pas.  Ça demande un long travail d’introspection.  Mais surtout, ça prend beaucoup d’honnêteté et d’humilité pour être capable de reconnaître soi-même ses propres défauts, et ça prend ensuite de la volonté et de la bonne foi pour être capable de vraiment changer.

 

La prétention par réflexe de survie

On a tous déjà rencontré ce genre de personnes hyper-vantardes. Et elles ont toutes ceci en commun : Pour le moment elles traversent une période creuse. Mais à les entendre, ce n’est que temporaire car elles sont appelés à de grandes destinées dans laquelle gloire et richesse les attendent. C’est ce que j’appelle, comme le dit le titre, la prétention par réflexe de survie.

Qu’est-ce qui distingue les prétentieux par survie des autres vantards? Simple : Un vantard classique va parler de faits et d’accomplissements présents et passés. Il manque de modestie, n’empêche qu’il a des raisons de se vanter. Le survivant par prétention, par contre, n’a encore rien accompli. Ses vantardises sont au sujet d’un futur hypothétique qu’il se planifie.

Et si je dis que c’est un réflexe de survie, c’est parce que :

Ce sont des gens complexés.
Par leur origine, par leur poids, par leur faciès, par leur pauvreté, par leur virilité comparable à celle d’un escargot, par leur piètre performance scolaire et/ou athlétique, par leur historique sentimental inexistant, peu importe la raison, ces gens ont un sentiment d’infériorité qui est profondément ancré en eux. Et lorsque l’on sent à ce point inférieur, l’idée que l’on puisse être capable de s’améliorer ne nous vient même pas à l’esprit. Alors que ce soit dans leurs têtes ou bien inconsciemment, ils sentent qu’ils ne valent rien et n’ont aucun avenir.

Quand on a la conviction profonde que notre vie est un cul-de-sac, deux choses peuvent arriver : La dépression, ou bien le déni total de la réalité. Si c’est le second cas, alors compenser pour nos lacunes ne suffit pas. Il nous faut surcompenser. On commence alors à se croire meilleurs que tout le monde, ce qui est un peu culotté quand on n’est même pas capable de s’élever à leur égalité. Mais bon, pour les gens qui souffrent d’un tel complexe, penser ainsi est une question de survie morale. Et c’est ce qui les pousse à adopter la mentalité et les comportements qui suivent.

Leur but dans la vie est de passer directement de moins-que-rien à plus-que-tout.
Directement, dans le sens qu’ils ne vont pas avoir envie travailler pour. Ils vont vouloir que ça soit quelque chose d’instantané.  Pour ça, ils comptent sur la chance. Par exemple, ils rêvent d’un héritage surprise d’un parent fortuné inconnu. Ou de gagner quelques millions à la loterie. Ou d’avoir la chance de se trouver au bon endroit au bon moment dans mille situations avantageuses hors de l’ordinaire. Ou de rencontrer une personne fortunée qui, pour aucune raison logique, va consacrer sa vie à améliorer la leur. C’est que quand on ne pense pas pouvoir compter sur ses propres capacités, on ne compte que sur la chance.

Ce sont très souvent des artistes.
Leur manque de confiance en soi est tel que tu ne les verras jamais étudier pour décrocher un boulot traditionnel qui les rendra prospères mais anonymes. Non! Ils cherchent à devenir riches, célèbres, adulés. La seule manière qu’ils se voient y parvenir, c’est par la voie artistique : Dessin, peinture, écriture, musique, arts de la scène, télé, cinéma, etc.

Ils croient au American Dream (ou à son équivalent régional)
Le genre de personne qui déménage de Ste-Antoinette-du-Ouaouaron vers Montréal en affirmant que son manque de succès jusqu’à maintenant est dû au manque d’opportunité dans son coin d’origine. Et elle raconte à qui veut l’entendre (ou non) que d’ici trois ans elle animera sa propre émission de télé.

Cinq ans plus tard, elle fêtera plutôt ses quatre ans et neuf mois d’embauche au Dollarama de Hochelaga. Et ça, c’est à cause que…

Ils ont des buts qui sont totalement hors de leur portée.
Le problème, c’est qu’ils ne connaissent jamais rien aux industries dans lesquelles ils veulent percer. Par exemple, c’est le genre de personne capable de mettre le temps et l’effort pour écrire toute une saison d’une série télé (autobiographique dans 75% des cas que j’ai pu observer), mais qui ne saura pas où, à qui et comment la proposer. En fait, cette personne ignore tellement tout du milieu qu’elle ne saura même pas où aller se renseigner pour l’apprendre.

Leur motivation première : Faire chier les autres.
L’un des moyens qu’ils ont de survivre moralement à leur manque de confiance en soi, c’est de prétendre que ce sont tous les autres autour de lui qui ne croient pas en lui. Donc que tout le monde cherche à le saboter. Par conséquent, ils ont des comptes à régler avec l’humanité entière. Alors quand on leur demande quel est leur ultime désir, ils répondront sans hésiter un truc du genre de « Réussir à percer dans le milieu au plus vite, afin de faire chier tous ceux qui m’en ont toujours cru incapables. »

Ils sont mauvais perdants.
À chaque fois qu’ils essuient un revers, ces gens-là ne vont jamais se questionner sur eux-mêmes, leur capacités, leur manière d’agir ou de faire. Par contre, ils ne manqueront pas d’excuses et d’accusations pour expliquer leurs échecs : C’est toujours à cause que les autres les sabotent, ou à cause de hasards extrêmement malchanceux, d’une injustice quelconque ou bien d’un préjugé dont ils sont toujours la victime.

Une, deux, trois fois, passent toujours, car il se peut très bien que ça arrive. Mais plus les mois et les années passent, et plus ces personnes accumulent les « échecs explicables par toutes les raisons (in)imaginables, sauf moi-même. »

Et ils sont encore plus mauvais gagnants.
Chez les gens normaux, une victoire ou une réussite apporte un sentiment de joie et d’accomplissement. Chez les survivants par prétentions, ça apporte plutôt une incontrôlable arrogance haineuse. Ainsi, au lieu de se réjouir pour eux-mêmes, leur premier réflexe sera d’utiliser cette opportunité pour régler leurs comptes, rabaisser, insulter. En général, avec des commentaires sur le thème de « Ha! Ha! Vous pensiez que j’étais pas capables, hein!? Vous vous pensiez meilleurs que moi, hein!? DANS VOS FACES, LES LOSERS! ».

En réagissant de cette manière, cette personne démontre deux choses : Premièrement, le fait qu’elle ne s’attendait pas elle-même à remporter cette victoire. Car en effet, quelqu’un qui a confiance en soi et en ses capacités ne va jamais agir comme si ses réussites étaient des événements aussi extraordinaires. Et ensuite, ça démontre un total manque de confiance en soi, sentiment qu’elle projette sur tous ceux qui considéraient (avec raison) que ses chances de l’emporter étaient minces.

Quand on considère que chaque réussite personnelle est en fait une victoire contre le reste de la population, ça donne une idée du nombre de gens envers qui on se sent en compétition, et inférieur. Ceci dit, ce n’est pas comme si ce genre de personne allait savourer longtemps sa victoire. Car plus souvent qu’autrement…

Leur besoin irrésistible de se vanter les sabote.
Lorsque c’est le genre de travail qui demande signature de contrats, le secret est souvent de mise. Mais chez ces gens-là, leur besoin de se vanter est tel que même si on leur fait signer une entente de confidentialité, ils vont la violer avant même que l’encre soit sèche, en s’en vantant à tous, aussi bien en personne que sur le net.

Quand on a une personnalité aussi merdique, on se crée forcément quelques ennemis au fil des ans.  Annoncer d’avance un projet en cours de réalisation, c’est donner à ces ennemis l’opportunité de nous offrir un bien mérité retour de karma en nous le sabotant.

Ils vendent la peau de l’ours.
Le problème lorsque l’on vit de rêves au lieu d’être réalistes, c’est que l’on prend ses rêves pour des réalités. Par exemple :

Les faits : Une personne qui travaille pour la télé l’a complimenté sur un de ses dessins.
Son interprétation des faits : « YES! Télétoon va faire une série avec mes personnages! »

Les faits : Un chef d’équipe d’un boulot quelconque lui suggère d’envoyer sa candidature.
Son interprétation des faits : « YES! On m’offre un poste à la vice-présidence avec un salaire de $80 000.00 par année pis j’commence la semaine prochaine! »

Les faits : Elle a eu une conversation avec une personnalité publique quelconque.
Son interprétation des faits : « YES! Il est full amoureux de moi, tous les signes sont là, juste de la façon dont il m’a regardé en éternuant dans son café! »

Ses fabulations ont toutes ceci en commun : Aucune ne se réalisera.

Cependant…

Ils arrivent parfois à se créer des opportunités extraordinaires.   …  Trop extraordinaires pour pouvoir en profiter. 
J’en ai connu deux qui ont visé très haut et qui ont atteint leurs cibles: Hollywood!  En envoyant art et textes, ils ont fini par attirer l’attention d’une personnalité du milieu.  Les pourparlers se sont écroulés dès le départ.  Citoyen américain?  Non!  Membre de l’union des artistes?  Non!  Membre du Writers Guild (union des auteurs) ?  Non!  Assez riches pour faire une demande d’immigration? Non!  Impossible de travailler à Hollywood dans de telles conditions.  Depuis, ces deux personnes vivent avec la torture morale de savoir qu’ils « auraient ce qu’il faut pour réussir, si les choses avaient été différentes », au lieu de commencer par des buts qui sont à leur portée, pour ensuite grimper aux buts suivants.

Céline Dion n’est pas passée directement de petite inconnue de la ville de Charlemagne, Qc, à superstar de Las Vegas.  il y a eu du parcours.

Ils n’ont que deux opinions aux sujet des autres : Ou bien extrêmement positive, ou bien extrêmement négative.
Quand elle a l’œil sur un homme, alors elle en parle comme étant la plus parfaite représentation de l’humanité dans son entier. Mais dès qu’il repoussera ses avances, alors là il sera imbécile, macho, misogyne, pédosadozoophile. Le même principe va s’appliquer à tout ce qui ne lui donnera pas ce qu’elle demande : Les gens, les boulots, les associations et organismes, etc.

Ils n’ont que deux opinions à leur propre sujet : Ou bien extrêmement positive, ou bien extrêmement négative.
Quand ils ont l’opportunité unique d’avoir du succès, par exemple sous la promesse de décrocher un emploi de rêve, haut placé, bien payé, c’est « OMG je suis le plussse meilleur winner de tous les temps de toute l’Histoire de l’humanité dans toute son entier » … Mais si au final ils ne l’obtiennent pas, c’est « OMG je suis la pire des merdes de ce cloaque de purin qu’est mon existence depuis toujours. »

Ils ont toujours besoin de se faire réconforter par les autres.
Incapables de se trouver du (vrai) mérite, ils ont besoin que ce soit les autres qui leur en trouve. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle ils vont se plaindre publiquement en s’accusant d’être des moins que rien. En le faisait de manière exagérée, ils savent (ou du moins ils espèrent) que leurs amis vont venir leur remonter le moral en leur vantant leurs mérites.

… ce qui ne donne pas toujours les résultats escomptés.

Ceci dit, l’image précédente n’est qu’un gag irréaliste. Dans la réalité, ces gens-là ne recevraient jamais ce genre de réponses. Et la raison est simple :

Ils ne s’entourent que de lèche-culs.
Tout le long de leurs vies, leur entourage va se diviser en quatre groupes :

  1. Ceux qui en ont vite marre de son attitude merdique. Ces gens-là vont juste s’en éloigner.
  2. Ceux qui ne sont pas dupes de sa bullshit et qui n’hésitent pas à la confronter. Dans ce cas-ci, c’est elle qui va les bannir.
  3. Les membres de la famille, obligés d’être là parce que membres de la famille.
  4. Et ceux qui, pour diverses raisons, acceptent son attitude, s’en foutent, ou (étrangement) l’y encouragent. C’est ceux-là qui vont constituer son entourage.

Ils ne vont jamais reconnaître leurs erreurs…
… et ils refusent de faire tout effort pour s’améliorer. Parce que changer leur façon de faire, c’est l’équivalent d’avouer avoir fait erreur. Et ça, ils sont trop orgueilleux pour l’admettre, même envers eux-mêmes. En fait, la seule fois où ils vont l’admettre, c’est en disant un truc du genre de: « Ma seule erreur fut d’avoir fait confiance aux mauvaises personnes. », Ce qui est une façon détournée de mettre encore la faute sur les autres.

Leur haine est éternelle et ils ne décrochent jamais.
J’ai un jour rencontré un gars de 38 ans qui parlait encore en mal de sa prof de maths du secondaire III. Jusque-là, passe encore, même si c’est rare qu’on voit des gens qui restent aussi longtemps accro à ce genre de truc. Mais lui, sur ma console de jeu vidéo, il a créé un joueur au nom et à l’effigie de cette prof. Puis, il s’amusait à jouer ce personnage en s’arrangeant pour obtenir les scores les plus minables qui soient. Pour ensuite me montrer ça en riant d’elle.

Je répète : Le gars avait trente-huit ans.
Et c’était vingt-cinq ans après avoir eu cette prof.
Oui!
Vraiment!

Ils passent plus de temps à planifier comment détruire moralement / physiquement / financièrement / socialement /  ceux qui les ont rejetés, que de trouver le moyen d’être acceptés.
Par exemple:

  • Un employeur refuse de l’embaucher? Il part en campagne de salissage publique contre cet employeur. Et il rêve du jours où ils sera assez riche pour racheter la compagnie, et la fermer.
  • Un homme / une femme refuse ses avances? Il part en campagne de salissage publique contre cet homme / cette femme. Et il rêve du jour où il sera méconnaissablement beau pour le/la séduire, et lui briser le cœur en le/la repoussant.
  • Au fil des années, il a vu un de ses amis commencer à jouer du violon, passant d’amateur minable à véritable musicien, à professionnel, à l’orchestre Symphonique de Montréal? Alors il rêve de pouvoir un jour posséder un Stradivarius, juste pour le plaisir de le briser à coup de massue devant ses yeux horrifiés, en brûler les morceaux, manger les cendres et les chier dans une assiette avant de lui écraser au visage.

Et quel fut le crime de son ami pour mériter ça?  Avoir réussi dans la vie!

Du reste, ce genre de personne a très hâte d’être couverte de gloire, d’argent et de pouvoir, pour ensuite retourner dans son village d’origine pour en faire baver à tous ceux qui ont commis le crime de ne pas l’avoir mise sur un piédestal pendant les vingt-et-quelques premières années de sa vie.

Avec les années, ils accumulent un nombre de plus en plus aberrant d’ennemis.
Tel que démontré plus haut, non seulement ils finissent par détester chaque personne, chaque entreprise, chaque organisme, chaque TOUT qui passe dans leur vie, leur rancune est perpétuelle et éternelle. Ce qui fait que, dès la mi-trentaine et jusqu’à leur mort, ils n’ont plus que deux sujets en bouche : Parler en bien de leurs projets, et parler en mal contre tous ceux qui (à leurs yeux) les ont sabotés, causés du tort, snobés. Et plus les années passent, moins il parle de projets, plus il gueule contre les autres.

Ceci dit, la liste de ses ennemis peut se diviser en trois :

  • 20% de vrais ennemis, avec qui le sentiment négatif est réciproque.
  • 30% qui lui font la belle façon car ils ignorent que telle est leur relation.
  • 50% qui ne savent même pas que cette personne existe, ou qui ne se souviennent même plus d’elle.

Si le moindre revers lui cause tant de haine, c’est que cette personne perçoit chaque échec comme preuve de plus qu’elle n’est pas à la hauteur. Et quand on a besoin de se prétendre mieux que tout le monde par réflexe de survie, on ne peut pas laisser passer ça. Chaque personne qui nous ramène à cette réalité insupportable devient donc la personne à abattre, celle qui en sait trop.

Heureusement pour leur ennemis, ses planifications ne dépasseront jamais le stade de la fantaisie. Normal : Si cette personne était capable d’accomplir tout ceci, elle serait déjà une personne à succès.

Mais tant et aussi longtemps que cette personne perdra son temps et ses énergies dans la prétention et les apparences et les buts hors de sa portée, plutôt que d’apprendre de ses erreurs et de s’investir dans les moyens de se réaliser, son succès ne risque pas d’arriver de sitôt.

15 signes démontrant qu’une relation mieux-que-rien est une relation pire-que-tout!

Il y a des gens qui ne supportent pas le célibat.  Pour eux, être seul, ça signifie ne pas être aimé, donc être rejeté, donc être loser.  Il doivent absolument être en couple, c’est un besoin vital.

Leur premier but dans la vie étant d’être en couple, ils choisissent n’importe qui, sans se soucier d’avoir des affinités avec cette personne.  Pour eux, tant que tu es célibataire et que ton orientation sexuelle est compatible avec la leur, vous avez tout pour être ensemble.

Mais voilà, le couple, ça ne fonctionne pas comme ça.   Sans affinités, tu ne pourras pas répondre à ses attentes, ses besoins et ses envies en matière de partenaire.  Alors à partir du moment où la relation commence, la personne te traite comme une obligation et non un désir.  Ce qui fait que l’autre te fait vivre sa frustration d’être dans une relation qui ne lui convient pas.  De la part de la personne qui t’a draguée, c’est un comble.

Voici 15 signes qui prouvent sans l’ombre d’un doute que tu es dans ce genre de relation avec ce genre de personne.

SIGNE 1 :   La personne n’a pas l’air de vouloir être avec toi.
Tu es là mais tu fais partie du décor.  Plus souvent qu’autrement tu as l’impression de déranger.  Même quand l’autre t’invite à son domicile, tu passes après son temps de jeu, ses épisodes de séries, sa lecture et réponse à ses mails, son Facebook, ses appels…

SIGNE 2 :   La personne semble toujours frustrée et contrariée.
Certains jours où vous êtes ensemble, la personne est distante, semble contrariée, frustre silencieusement contre tout, mais ne va jamais te dire ce qui ne va pas.  Une fois, passe encore.  Mais ça arrive tellement souvent que tu finis par te demander si c’est ta présence qui dérange.  Le lui demander rapporte généralement une réponse évasive du style de : « Ben non… Tu comprends pas… Laisse faire! »

SIGNE 3 :   Tu dois lui rembourser la relation.
Même si tu payes ta part des dépenses quand vous sortez, voilà que l’autre commence à dire, de façon sérieuse et légèrement irritée, que de sortir avec toi, ça lui coûte cher.  Il y a l’essence pour l’auto.  Et puis, tout ce que tu manges quand tu es à son logement, ça gonfle sa facture d’épicerie.  Sans oublier les sorties.  Parce que bon, tu as beau payer ta part, n’empêche qu’il ne ferait pas ces sorties et ces dépenses s’il n’était pas en couple avec toi, hm!?

SIGNE 4 :   L’autre fait tout pour cacher votre relation.
Qu’il/elle ne veuille pas changer son statut de  célibataire pour  en couple sur Facebook passe encore.  Mais qu’il/elle ne veuille faire aucune activité en groupe.  Qu’il/elle ne te présente pas à ses amis, et encore moins aux membres de sa famille.  Qu’il/elle ne veut même pas que vous soyez vus ensemble en public, du moins pas dans son quartier.  Rendu là, il est évident que quelque chose ne tourne pas rond dans la relation.  

SIGNE 5 :   Et il/elle ne veut rien savoir de ton entourage non plus.
C’est comme s’il/elle avait peur que votre relation soit vue comme étant officielle aux yeux des autres.  En tout cas, à force de parler à ton entourage d’un partenaire de couple qu’ils ne voient jamais, ils vont finir par croire que tu l’as inventé.

SIGNE 6 :   Tous tes amis et les membres de ta famille désapprouvent votre relation.
C’est sûr que votre relation, c’est de vos affaires, pas les leurs.  Et peu importe avec qui tu sortiras, il y en aura toujours un ou deux qui vont désapprouver.  Mais là on ne parle pas juste d’une coupl’ de personnes.  On parle de la majorité d’entre eux.  Et même s’il y en a qui restent neutres, ils vont se contenter de dire « C’est ta relation, pas la mienne! »,  Et ça, ce n’est pas quelque chose qu’ils diraient si tu étais dans une relation saine qu’ils approuvent.

SIGNE 7 :   Il ne veut rien faire sauf baiser.  (Et ta présence n’est plus requise une fois ce but atteint.)
Oui, je dis « il » parce que bon, ça a beau être un cliché, les clichés existent pour une raison.  Mais au-delà de la généralisation disant que les hommes ne pensent qu’au sexe, il reste que si c’est tout ce qu’il veut faire avec toi, alors ça veut dire que la seule utilité qu’il te trouve dans le couple est sexuelle, donc que c’est la seule valeur que tu as à ses yeux.  Si vous aviez des choses en commun, vous feriez des activités en dehors du lit.  Mais là?  Non!  Rien!  La preuve, c’est qu’il perd même intérêt en ta présence une fois ses pulsions satisfaites.

SIGNE 8 :  Elle fait tout pour repousser à plus tard le sexe promis.
Oui, je dis « elle », parce que bon, ça a beau être un cliché, les clichés existent pour une raison.  Mais au-delà de la généralisation disant que les femmes font des promesses  sexuelles vides pour manipuler les hommes à avoir de l’intérêt pour elles, il reste que si elle agit ainsi, c’est parce qu’elle-même est incapable de voir de quelle autre façon elle pourrait être intéressante à tes yeux.  Ce qui démontre vraiment à quel point vous n’avez rien à faire ensemble.  Preuve de plus : Même sexuellement, malgré le fait qu’elle va délibérément t’allumer, elle n’a aucun intérêt pour toi.

SIGNE 9 :   Tu n’as jamais l’impression que votre relation est normale.
Quand tu regardes autour de toi, tu vois les autres couples agir.  Ils parlent.  Ils rient.  Ils se donnent la main.  Ils se donnent des signes d’affection.  Ils sont complices.  Ils font des choses ensemble.  Et surtout; Ils ont l’air heureux d’être ensemble.  Et toi, qui regarde ça, tu ne reconnais pas du tout ton couple là-dedans.

SIGNE 10 :   L’autre ne donne des signes d’affection que rarement, et ce n’est toujours qu’au moment où tu  arrives au bout de ta patience.
Par exemple, après avoir passé plusieurs heures à t’ignorer, l’autre rend compte que tu es à deux doigts de te lever et partir.  L’autre t’approche, t’embrasse et s’excuse, c’est juste qu’il/elle est très préoccupé(e) en ce moment.  Mais un peu de patience et il/elle sera à toi bientôt.  Rassuré et surtout soulagé de voir que ton calvaire prendra bientôt fin, tu restes.  Mais ça ne change rien à rien.  Et la situation se répète encore et toujours.

SIGNE 11 :   Tu passes toujours après ses amis.
Tu lui propose une activité à deux.  Pas de chance, il avait réservé ce temps avec ses amis.  Bon, une fois de temps en temps, ça peut arriver.  Ce qui est plus décevant, c’est quand ça arrive a répétition.  Ou pire encore: Quand vous aviez quelque chose de prévu, mais qu’il annule parce que des amis lui ont ensuite proposé autre chose.  Et ce sont toujours des choses dans lesquelles tu es exclus.

En tant que partenaire de couple, dans la hiérarchie sociale, tu serais logiquement supposé te situer à au moins une coche au-dessus de ses amis.  Ou au pire, à leur égalité.  Pas plusieurs niveaux en-dessous.

SIGNE 12 :   L’autre te garde à sa disposition toute la journée, juste au cas-où.
10:00 am.  Vous avez congé tous les deux.  Allez-vous passer la journée ensemble?  Ben, ça dépend.  L’autre a deux-trois petites choses à faire, des gens à appeler… Il/elle ne sait pas trop.   L’autre te demande de lui envoyer un texto dans quelques heures.  On verra bien à ce moment-là.

Après quelques heures et quelques textos de ta part qui ont droit à une réponse vague (si réponse il y a pour commencer), tu décides en milieu d’après-midi de lui dire de laisser faire.  Pour celle-là, par contre, la réponse arrive sans tarder, te demandant un peu de patience s’il te plait.  Alors tu restes sur la touche.  Jusqu’à ce que, rendu à 19:00, tu reçois un texto de sa part, disant qu’après la journée qu’il/elle a eu(e), il/elle a besoin de se reposer et décompresser.  Tu as donc perdu ton temps à attendre, sans avoir eu le droit de faire quoi que ce soit de toute ta journée.  Pour rien!

Déjà que passer après tout le monde, c’est rabaissant.  Ceci est un niveau encore plus bas :  Avoir laissé passer tout le monde devant toi, pour ensuite ne pas te laisser passer du tout.

SIGNE 13 :   L’autre créé des situations de conflits totalement cul-de-sac à partir des choses les plus basiques, dans lequel c’est toi qui est le gros méchant.
Avec ce genre de partenaire, tu as toujours l’impression que tu déranges.  Et même si tu prends bien soin de ne jamais rien faire de mal, alors tu auras droit à des reproches sur des choses ridicules.  Et l’autre prendra bien soin de ne choisir que des choses inévitables pour en faire des sujets de discorde.  Par exemple, si tu vas à la toilette la nuit, il va prétendre que le bruit de la chasse d’eau va réveiller les voisins et il se fera engueuler par ta faute.  Si tu proposes alors de ne pas tirer la chasse, alors tu es dégueulasse.  D’ailleurs, ce va-et-vient dans le lit le réveille.  Déjà que le son de ta respiration l’empêche de dormir.  Et dire que si tu as passé la nuit là, c’était sur son invitation.

Même quelque chose d’aussi insignifiant que de vouloir prendre un verre d’eau peut dégénérer en la proverbiale tempête.  Je le sais, je l’ai vécu.  J’étais chez cette fille, et alors que je me dirigeais vers sa cuisine, elle me demande:

« Où tu vas? »
« Boire de l’eau! »
« Tu vas quand même pas boire l’eau du robinet!? »
« Ben oui, pourquoi pas?! »
« Elle est dégueulasse. »
« Ah!?  Pourtant, l’eau de Montréal est réputée pour être l’une des meilleures au Québec. »
« R’garde, si tu dois absolument boire, je vais te refiler une bouteille d’eau. »
« Ok! »

Elle va me chercher une bouteille d’eau.  Je l’ouvre et je bois sous son regard sévère.  Alors que je viens d’en avaler le deux-tiers, elle me dit sur un ton amer :

« Mes chats et moi, on n’aura rien à boire demain.  Mais bon, c’est pas grave! »
« Ben là!?  Pourquoi tu me l’as pas dit? »
« À t’entendre, il fallait ABSOLUMENT que tu boives. »
« Bon, regarde, c’est pas si grave.  Je vais aller à l’épicerie du coin et t’en acheter d’autres, c’est tout. »
« Y’ont pas la marque que je bois! »
« Où est-ce que tu les achète, tes bouteilles? »
« Au Costco! »
« Bon ben allons-y! »
« J’ai pas d’argent. »
« Moi oui!  Je vais t’en acheter une nouvelle caisse. »
« Non!  J’aime pas que les autres paient pour moi. »
« Quand est-ce que tu vas avoir de l’argent? »
« Mercredi, dans trois jours. »
« Et tu essayes de me faire accroire que tes chats et toi alliez vivre sur une seule bouteille d’eau pendant trois jours? »
« Ben non! Ma mère va m’avancer l’argent demain. »
« Ah bon!?  Il me semblait que t’aimais pas que les autres payent pour toi! »
« C’pas pareil, c’est ma mère! »
« Bon ben voilà, problème réglé! »
« Sauf qu’elle finit de travailler à 17 :00 demain, ce qui va nous laisser 24 heures sans rien à boire. »
« Pardon?  Premièrement, j’ai vu dans ton frigo que tu as du lait et des jus, t’auras qu’à boire ça.  Quant à tes chats, tiens, reprends donc la bouteille, il en reste un tiers, c’est suffisant, ils mourront pas de soif.  Alors avant de dire que tes chats et toi aurez rien à boire… »
« J’respecte mes chats.  J’leurs donne pas de l’eau usagée.   Et je tiens trop à leur santé pour leur refiler de l’eau pleine des microbes des autres! »

Ses chats, comme tous les chats de la planète, se servent de leurs propres langues comme papier-cul.  Alors elle ne me fera pas accroire qu’un atome de ma salive sur un rebord de goulot va les empoisonner.  Mais bon, quand la personne tient à ce que tu sois le problème, elle tient mordicus à ce qu’il n’y ait pas de solution.

SIGNE 14: L’autre évite toute tentative de ta part pour discuter de son comportement à problème.
Personne n’aime la confrontation, et encore moins être la personne qui se fait confronter, surtout si tu as des raisons pertinentes de le faire, contre lesquelles l’autre ne pourra pas se défendre.  Alors dès que tu essayes de lui en parler, oups, un instant, il faut que l’autre aille aux toilettes.  En ressortant, une minutes s’il-te-plaît, l’autre est au téléphone.  L’appel est fini?  Bien!  Là vous allez pouvoir parl-Un instant SVP!  L’autre doit absolument aller chercher le courrier / parler au propriétaire / demander un truc au voisin.  Et à son retour, minute, il a ce mail très important à lire.

Si l’autre n’arrive pas à t’avoir à l’usure et que tu réussis à le confronter avec tout ce qu’il/elle te fait subir, alors tu recevras des accusations d’exagérer, ou d’avoir une idée trop parfaite de ce que devrait être une relation, probablement influencé par tes lectures ou les séries que tu regardes. 

« Dans la vraie vie, ce genre de couple n’existe pas, alors redescends un peu sur terre, veux-tu!? »

SIGNE 15 : L’autre ne s’intéresse à toi qu’à partir du moment où tu mets fin à la relation.
Éventuellement, tu finis par en avoir ras le bol de cette situation et tu mets fin à la relation.  L’autre se met soudain à te traiter comme si tu étais la chose la plus précieuse au monde, et te demande de revenir sur ta décision.  Mais à partir du moment où tu le fais, tout recommence, rien ne change.

C’est que, vois-tu, peu importe à quel point le fait de sortir avec toi rend  l’autre personne malheureuse, il n’y a qu’une seule chose qui puisse la rendre encore plus misérable, et c’est d’être célibataire.

Cette personne est un problème pour lequel tu ne seras jamais une solution.

On ne veut pas connaitre la vérité. On veut juste avoir raison.

Fin des années 90, résidences étudiantes de mon cégep.  Ça frappe à la porte.  J’ouvre.  Deux résidents me donnent une liste de signatures et un stylo.

« Ouais, c’est une pétition pour que le propriétaire baisse le prix d’la laveuse pis d’la sécheuse.  C’est ben qu’trop cher! »

Face à pareille ignorance, je décide de leur expliquer quelques petits faits de la vie :

« Ok, je vois!  Je suppose que les résidences étudiantes, c’est votre premier appartement?  Vous êtes habitués à avoir votre lavage gratis chez vos parents, c’est ça?  Vous n’avez jamais eu à faire votre lavage dans une buanderie publique, hm?   Eux-autres, ils chargent  $1.75 par lavage alors qu’ici c’est $1.25.  Et c’est $1.25 par séchage contre 1$ ici.  Et savez-vous seulement combien ça coûte, trois laveuses et trois sécheuses?  Ça va de 400$ à 600$ par appareil.  Ça veut dire que le propriétaire a payé environs $3 000.00 pour que l’on aille ces machines-là à notre disposition.  Et c’est pas comme si ça fonctionnait gratuitement.  L’électricité pour faire marcher le moteur de la laveuse, pour l’eau chaude, et surtout pour la sécheuse… Hydro Québec, c’est pas gratuit.  C’est pas comme si le propriétaire faisait du profit en nous chargeant $2.25 par brassée.  En fait, il est probablement en déficit.  Fa que non, désolé, mais le prix qu’il nous charge, c’est pas cher pantoute.  Au contraire, on a probablement la buanderie la moins chère en ville. »

Les deux gars restent silencieux quelques secondes, ayant l’air de peser mes paroles.  Puis, ils reprennent leur liste et leur stylo en disant :

« Ouais, ok!  Bonne journée!”

Et ils repartent.  Alors que je referme la porte, je les entends cogner à celle d’en face.  J’ouvre la porte et je vois les mêmes deux gars devant le voisin qui leur ouvre. Ils lui donnent la liste de signatures et le stylo.

« Ouais, c’est une pétition pour que le propriétaire baisse le prix d’la laveuse pis d’la sécheuse.  C’est ben qu’trop cher! »

Ils n’ont même pas pris une seconde pour remettre en question leur démarche. Je referme la porte, en aberration devant ce qui vient de se passer.  

Mais pourquoi est-ce qu’ils continuent de faire ça, alors que je viens tout juste de leur expliquer clairement qu’ils sont dans l’erreur?  Qu’est-ce qu’ils n’ont pas compris dans mon explication?  Tout ce que je leur ai dit est pourtant la plus stricte vérité.  Pourquoi font-ils comme si ce n’était pas le cas?

Comment peut-on faire preuve d’une telle mauvaise foi?

C’est que certaines personnes sont tellement orgueilleuses qu’elle supportent très mal l’idée de faire erreur.  Dans ce temps-là, savoir que quelqu’un d’autre sache qu’elle fait erreur, ça leur est insupportablement humiliant. Juste en m’ignorant dès que je fermais ma porte, ça réglait mon cas.  N’empêche qu’à partir de ce moment-là, ils connaissaient la vérité.  Ils ont délibérément choisi de l’ignorer pour faire comme s’ils avaient toujours raison.

Dès le départ, je comprends, leur cause était noble.  Ils croyaient que le proprio était un exploiteur.  Ils ont décidé de prendre les choses en main.  De devenir les chevaliers sauveteurs des résidences étudiantes.  Ça leur donnait une cause sociale, une fonction.  Ils avaient enfin l’occasion d’améliorer la société en combattant les injustices et les abus.  Ils sont heureux et fiers, car même s’ils n’ont pas pris le temps de vérifier les faits, ils croient très fort avoir raison.   

… Et dès qu’ils cognent à ma porte, je leur apprends qu’ils sont dans l’erreur, qu’ils ne connaissent rien sur le sujet, que leur cause n’a aucune raison d’être.  Bref, qu’ils sont aussi ignorants qu’insignifiants.  Et en exigeant que le proprio diminue le coût des appareils, alors qu’il a tant dépensé pour eux, ça fait d’eux les abuseurs, et ça fait du proprio l’abusé.  Bref, ça fait d’eux exactement ce qu’ils prétendent combattre.  Ça inverse les rôles, leur donnant celui du méchant.

 Il y a des vérités que l’orgueil est incapable de reconnaître.  Ceci, pour eux, en était une.  Ils ont donc fait comme si je n’avais rien dit, pour continuer de vivre leur illusion de justiciers sociaux.

Ceci dit, ce n’était pas la première fois que j’étais témoin de ce genre de situation.  Par exemple, dans les années 90 et dans la première moitié des années 2000, lorsque j’habitais encore à Montréal, j’ai vécu par trois fois le genre de situation qui m’a inspiré pour mon récent billet Les 12 risques d’avoir une relation en milieu de travail. 

J’occupe un emploi.  Je ne drague jamais au travail, mais il m’arrive de devenir bon ami avec une collègue.  En général, elle est déjà en couple, alors il n’y a pas d’ambiguïté entre nous.   Et le gars n’a aucun problème avec notre relation d’amitié.   On se voit en dehors des heures de bureau, on s’appelle, on fait des activités sociales avec des amis et des collègues.

Puis, il y a rupture, son couple prend fin.  Et c’est là que je me rend compte que c’est le genre de fille qui prendrait n’importe qui, tellement elle est incapable de vivre sans avoir de relation, car pour les trois semaines suivante, elle enchaîne les relations courtes les unes après les autres.  Jusqu’au jour où elle me confie qu’elle a l’oeil sur un de nos collègues.

D’habitude, je ne me mêle pas de ses relations.  Mais pour celle-là, je lui fait la liste des risques auquel elle s’expose:  Le fait que c’est impossible de garder ça secret, les collègues jaloux, le fait que ça ne durera pas (Normal, quand on prend n’importe qui plutôt qu’une personne avec qui on est vraiment compatibles), et, à la fin de la relation, les problèmes que ça lui causera au travail, d’être obligé de revoir son ex cinq jours par semaine, etc.

À chaque fois, la fille n’en faisait qu’à sa tête, en me disant qu’elle sait ce qu’elle fait.  Alors elle commence à sortir avec lui.  Dès le départ, le gars n’aime pas trop voir que sa nouvelle blonde a un ami masculin proche, surtout au travail.  Inévitablement, elle lui dit que je l’ai mise en garde de sortir avec lui.  Il la convainc alors qu’il vaut mieux s’éloigner de moi car je suis «  celui qui qui essaye de l’empêcher d’être heureuse ».  À partir de là, je ne suis plus invité à rien.  Ni sorties ni party ni la moindre activité en groupe.  Et puisque mes amis sont ses amis, ça détruit totalement ma vie sociale.

Éventuellement, les problèmes que j’avais prédit (tels que listés ici) commencent à arriver.  Plutôt de reconnaître que j’avais raison, ces filles faisaient exprès pour faire tout le contraire de ce que je leur conseillais.  Parce que pour elles, tout faire pour essayer de prouver que je me trompais, c’était plus important que de s’épargner des ennuis en entendant raison. 

Je peux comprendre pourquoi elles ne voulaient pas m’écouter: Lorsqu’elles m’ont annoncé leurs futures relations, ces filles étaient joyeuses, sur un nuage.  Alors quand je leur faisait mes avertissements, en soulignant bien que je parlais par expérience et observation, elle ne voyaient pas que je voulais les aider.  Elle voyaient juste que… :

  • Je pète leurs bulles, je gâche leurs joies, je détruis leurs rêves.  Bref, je leur dis quelque chose qu’elle n’avaient vraiment pas envie d’entendre.

  • Lorsque je leur disais qu’agir ainsi, c’était faire erreur, elle prenaient ça comme une insulte.  Comme si j’affirmais qu’elles étaient irréfléchies, ignorantes, stupides…  Vont-elle vouloir écouter une personne qui les fait sentir comme ça?  Oh que non!  Elles vont donc faire tout le contraire.
  • Et à chaque fois qu’arrivait l’un des problèmes que je leurs avais prédit, ça les enrageaient.  Car elles ne voulaient PAS que j’aille raison.
  • Alors elles se forçaient à rester dans cette relation catastrophique, pour me pas m’accorder la victoire.  Mais en faisant ça, elle prolongeaient leurs problèmes.  Des problèmes qu’elles ne subiraient plus si elle mettaient fin à la relation.  

Eh oui, elles me jugeaient en m’accusant mensongèrement de les juger.  Ça avait beau n’être que dans leurs imaginations, elles réagissaient tout de même envers moi comme si ça avait été le cas pour de vrai.   

À partir de ce point, peu importe l’issue de leurs relations, une chose était certaine :  Pour avoir commis le crime d’avoir voulu les aider à éviter tous ces ennuis, j’avais transformé de bonnes amies proches en ennemies acharnées qui ont tout fait pour me rabaisser aux yeux de notre entourage, détruisant du même coup ma vie sociale.  Et, dans un cas, ma carrière, car il a fallu que je démissionne, tellement je n’en pouvais plus du harcèlement constant dont j’étais victime.

Pour sauver leur orgueil, ces filles pouvaient faire semblant d’ignorer la vérité.  Elles pouvaient cacher la vérité aux autres.  Mais moi, je la savais, la vérité, depuis le tout début.  Voilà pourquoi j’étais pour elles l’homme à abattre.  Car comme le dit le cliché : J’en savais trop. 

 Allez, un dernier exemple: 

 Il y a quelques années, j’avais écrit une série de billets au sujet des gens conflictuodépendants, soit ceux qui ne peuvent s’empêcher de rechercher le conflit.  Et je citais souvent en exemple une certaine Maryse Aubry, nom fictif, qui représentait parfaitement ce genre de personnalité.  Tôt ou tard, tous les gens constituant son entourage font les frais de sa personnalité.  Aussi, il est inévitable qu’avec le temps, elle reçoive de plus en plus de commentaires au sujet de son comportement désagréable et/ou que le nombre de gens avec qui elle se met en froid augmente.   Éventuellement, même si elle continue d’essayer de se le nier à elle-même, il est impossible qu’elle ne s’en rende pas compte. Dans ce temps-là, il se produit parfois un miracle: Elle donne l’impression qu’elle puisse être prête à avoir l’esprit ouvert sur le sujet :


… Mais ce n’était qu’une illusion.

Tous ces gens-là ne voulaient pas connaitre la vérité.  Ils voulaient juste avoir raison.  Et à défaut d’avoir raison, leur orgueil les a poussé à tout faire pour au moins se maintenir dans l’illusion qu’ils étaient dans le vrai.  C’est le genre de situation pour laquelle existe la question « Qui est-ce que vous essayez de convaincre ici, les autres ou bien vous-mêmes? »

Pour beaucoup trop de gens, la seule vérité qui importe, c’est celle qui va dans le sens de leurs intérêts.  Parce que sinon, la vérité, ils n’en ont rien à faire.  Et dans ce temps-là, malheur à celui qui, dans leur entourage, la connait, la vérité.

Les 12 risques d’avoir une relation en milieu de travail

De tous les endroits où l’on puisse rencontrer son partenaire amoureux et/ou sexuel, le plus risqué reste le milieu de travail. Autant par observation que par expérience personnelle, j’ai pu répertorier les douze risques les plus communs dans cette situation.

Comme d’habitude, les sexes sont interchangeables.

RISQUE 1 : Ça peut être vu/traité comme étant du harcèlement.
À moins que les deux personnes impliquées vivent un moment magique dans lequel, simultanément, ils se regardent, réalisent soudain qu’ils sont attirés l’un par l’autre et s’embrassent passionnément, ça va plutôt se passer de manière un peu plus normale : L’un va faire savoir à l’autre son attirance, et attendre sa réaction.

Or, il arrive trop souvent que, pour toutes sortes de raisons, la personne sollicitée ne réagisse pas, en espérant que l’autre comprenne que son manque de réaction équivaut à un NON. Pendant ce temps-là, la personne intéressée considère que son manque de réaction peut être dû à l’une de ces raisons :

  • Elle n’a pas compris qu’elle se fait draguer.
  • Elle croit que ce sont des blagues.
  • Elle est trop timide pour dire oui.
  • Elle a oublié qu’il l’a draguée.
  • Elle attend qu’il continue, car qui ne dit mot consent.
  • Elle ne lui oppose qu’une résistance passive de principe.
  • Elle n’est pas intéressée.

Mais puisque cette dernière option ne représente que 14.3% des possibilités, il y a donc 85.7% de chance qu’il soit dans l’erreur. Il se sent donc obligé de revenir à la charge, ne serait-ce que pour la pousser à lui dire franchement si oui ou non elle est intéressée. Et si elle ne l’est pas, mais espère qu’en restant silencieuse « il finisse par comprendre », alors son insistance devient malaisant pour elle. Elle confie donc son désarroi à une collègue, qui lui tord le bras aussitôt pour qu’elle dépose plainte contre lui pour harcèlement en milieu de travail. Par conséquent :

RISQUE 2 : Ça détruit vos réputations.
À partir de maintenant, le gars est vu comme étant un harceleur de qui il faut se tenir loin. Et la fille ne s’en tire pas tout-à-fait blanche comme neige non plus. Il y aura quelques personnes médisantes qui vont lui en vouloir d’avoir causé des problèmes au gars, et/ou qui n’hésiteront pas à l’accuser d’être une allumeuse, une agace qui a couru après.

Mais admettons que ça se passe bien, que l’attirance est mutuelle et que vous formez un couple. Alors :

RISQUE 3 : Ça rend envieux et jaloux les collègues.
À moins d’avoir un physique particulièrement disgracieux et/ou avoir un certain âge, chaque femme au boulot est le sujet des fantaisies amoureuses et/ou sexuelle d’un ou plusieurs de ses collègues. Alors de savoir qu’elle est maintenant en couple, avec un collègue en plus, c’est difficile pour eux à accepter. Aussi… :

RISQUE 4 : Ça créé la médisance.
Ça va du « Qu’est-ce qu’il a de plus que moi, lui? » au « Mais qu’est-ce qu’elle fait avec un con pareil? », sans oublier la classique « Quelle pute, il lui les faut tous! », votre relation est le sujet des conversations des commères de bureau.  Sans oublier ceux et celles qui vont oser venir vous avertir de vous méfier de l’autre, à cause de son passé.

Afin d’éviter ça, certains nouveaux couples de bureau décident de garder leur relation secrète. Cependant :

RISQUE 5 : Il est impossible de garder ça secret.
Dans un couple, il arrive que celui qui se fait suggérer le secret par l’autre ne le prenne pas très bien.  La première pensée qui lui vient en tête est « Pourquoi?  A-tu honte de moi? Veux-tu continuer de te faire passer pour libre pour pouvoir me tromper? »   Avec ou sans l’accord de l’autre, cette personne insécure révélera alors leur relation dans les 48 heures. 

Autre scénario: L’un de vous se confie à une personne de confiance qui, quel hasard, est un(e) de vos collègue.  Or, une personne de confiance ne l’est jamais tout-à-fait. Elle va en parler à une amie qui travaille ailleurs, et ce sans retenue puisque ce n’est pas une collègue. Celle-ci en parlera à tout son entourage. Entourage qui inclut une personne proche d’un de vos collègues, à qui il se fera un plaisir de tout raconter.  Et bientôt, tout le monde au travail le sait et les ennuis commencent.

RISQUE 6 : En général, ça ne dure pas.
Le problème le plus fréquent en matière de drague, c’est que l’on se met ensemble avant de se connaître vraiment.  Alors quand on se rends compte que nous ne sommes pas compatibles, la relation est déjà commencée, il faut donc y mettre fin.  Au moins, chez les couples qui se sont rencontrés n’importe où, c’est simple: Quand on cesse d’être un couple, on cesse de se voir.  Mais vous deux, vous travaillez ensemble.  Ainsi… :

RISQUE 7 : Les choses deviennent malaisantes pour l’un, pour l’autre ou pour les deux.
Il est rare qu’une rupture soit une décision mutuelle et harmonieuse. Aussi, après la relation, il est souvent difficile d’être obligé de côtoyer l’autre huit heures par jour, cinq jours par semaine. Surtout si l’un est encore un peu accro à l’autre.  Par conséquent… :

RISQUE 8 : Ça affecte le rendement et la performance.
Difficile de se consacrer à notre travail quand on ne pense qu’à l’autre.  En plus, on ressent le besoin d’en parler au lieu de travailler.  Et le/la collègue à qui vous vous confiez vous écoute au lieu de travailler.  Et si l’un harcèle l’autre, ça en fait une de plus qui ne travaille pas.  Ni le patron ni les collègues ne risquent d’apprécier. 

RISQUE 9 : Ça détruit la vie sociale.
Pendant la planification d’un 5 à 7, il suffit qu’elle leur dise qu’elle se sentirait mal à l’aise à cause de votre présence, puisque vous êtes son ex. Il n’en faut pas plus que vous vous retrouviez persona non grata sans autre forme de procès. Vous êtes désormais exclus de toute activité entre collègues et amis.

RISQUE 10 : Tout le monde connait vos secrets les plus intimes.
Quand la relation finit mal –Que dis-je : Même quand tout se passe bien— il est quasiment inévitable que l’un ou l’autre raconte tout au sujet de votre vie sexuelle : Elle demande la fessée, il a besoin de se faire sodomiser pendant l’acte, elle exige d’uriner sur son partenaire, il est pédosadozoophile, etc.

Vous vous rappelez ce que je disais plus haut, au sujet de la personne de confiance?  Ben voilà! En un rien de temps, tout le monde sait tout, et plus personne ne vous regarde du même oeil.

RISQUE 11 : On est à la merci des désirs de vengeance.
À partir du moment où l’autre te fait connaitre son intérêt pour toi, tu es à risque.

  • Tu étais en relation avec cette personne et ça a mal tourné? Elle peut te faire la vie dure au travail pour se venger.
  • Tu n’as jamais été en relation avec cette personne car tu as décliné ses avances? Elle peut te faire la vie dure au travail pour se venger.
  • Et même si l’autre ne te cause pas de misère, aux yeux de collègues jaloux, tu as commis le crime de lui plaire?  Ils peuvent te faire la vie dure au travail pour se venger.

RISQUE 12 : Vous perdez votre emploi.
Ou bien vous êtes renvoyé, ou bien vous démissionnez parce que c’est la seule option qui puisse mettre fin à tous ces problèmes.

En fin de compte, le seul moyen d’être en couple avec un(e) collègue de travail, sans que ça cause de problèmes, c’est d’être déjà en couple ensemble avant de vous faire tous les deux embaucher.

C’est sûr que comme dans toutes les situations il y a des exceptions.  Mais pour ma part, je considère que de risquer ma vie professionnelle, financière et sociale en échange de quelques orgasmes, ça n’en vaut vraiment pas la peine.

 

Quand l’autre devient soudainement déraisonnable, illogique et nébuleux.

Dans ce texte, les sexes sont interchangeables puisque j’ai pu observer ce comportement autant chez les hommes que chez les femmes.

Tu es en couple. Ça peut être depuis cinq semaines, cinq mois ou cinq ans, peu importe.   Vous avez du plaisir ensemble.  Il te complimente.  Il est attentif. Il veut passer le reste de sa vie avec toi.  Il n’y a jamais de temps mort dans la discussion.  Vous faites des plans, des projets à deux.  Votre quotidien est harmonieux et la communication entre vous passe comme un savon huileux sur de la glace mouillée.

Puis, du jour au lendemain, sans qu’il y ait le moindre signe avant-coureur, son attitude change.  Il multiplie les comportements nouveaux, étranges et inexplicables. 

Par exemple :

COMPORTEMENT 1 : Il est soudainement distant physiquement.
Il entre dans l’appartement, tu lui sautes au cou et l’embrasse.  C’est à peine s’il bouge ou te rend ton signe d’affection. 

COMPORTEMENT 2 : Il est soudainement distant en regard et en paroles.
Tu lui parles, il répond avec une voix basse, fatiguée, tout en ayant le regard fuyant.  Mentalement, il n’a pas l’air d’être là avec toi.

COMPORTEMENT 3 : Il cesse avec toi toute interaction.
Au fil des heures et des jours, tu constates que tu es maintenant la seule personne du couple qui entame une conversation avec l’autre, qui embrasse l’autre, qui touche l’autre.

COMPORTEMENT 4 : Il ne te donne pas signe de vie pour un temps exceptionnellement long, comparé à vos habitudes.
Celle-là arrive si vous n’habitez pas ensemble :  Pas de conversation, pas un mail, rien, pendant des jours.  Ou alors un court message évoquant une situation surprise/exceptionnelle qui réclame son attention et sa présence.

COMPORTEMENT 5 : Il est « un peu fatigué en ce moment! »
Tu lui demandes si quelque chose ne va pas.  Il répond de manière évasive que non, ça va, tu n’as pas à t’inquiéter, c’est juste qu’il est un peu fatigué en ce moment.  Si tu insistes, il va évoquer un problème au travail / avec la famille / avec des amis, toujours de manière vague. 

COMPORTEMENT 6 : Son supposé « moment de fatigue » n’a pas l’air de vouloir prendre fin.
Les jours passent, les semaines, mais rien ne change.  Il garde sa nouvelle attitude évasive et silencieuse 24/7.

COMPORTEMENT 7 : Il est sur la défensive.
Tu lui demandes encore ce qui ne va pas.  Mais au lieu de te répondre, il te reproche de lui poser cette question.  Tu l’énerves.  Aussi, tu n’oses plus ramener le sujet, et tu continues de subir son attitude distante.

COMPORTEMENT 8 : Il a soudain des amis que tu n’as jamais vu et dont il ne t’a jamais parlé avant, et qui l’invitent, SEUL.
Des sorties, des réunions pour un projet spécial, des réservations avec liste hermétique d’invités, une fin de semaine en gang dans le chalet du père d’une des personnes du groupe, pour participer à des événements pour lequel il n’avait jamais démontré le moindre intérêt avant. Ses absences se multiplient.

COMPORTEMENT 9 : Il a soudainement un horaire super-rempli…
… dans lequel il n’y a plus de temps libre pour faire quoi que ce soit avec toi.   Mais bon, il te rassure que ce n’est que temporaire.  Il te demande juste un peu de patience.

COMPORTEMENT 10 : Il t’exclut de toutes ses activités, mêmes lorsqu’il est seul.
Alors qu’avant, vous alliez au cinéma, maintenant il va au cinéma.  Alors qu’avant, vous alliez prendre un café, maintenant il va prendre un café.  Alors qu’avant, vous sortiez prendre un verre, maintenant il sort prendre un verre.   

COMPORTEMENT 11 : Il reste neutre à tes demandes/suggestions de l’accompagner à tel ou tel truc.
Ses réponses manquent d’enthousiasmes.  Il te sert du « T’es pas obligée! », « Si tu veux! », « Si tu y tiens vraiment. »

COMPORTEMENT 12 : (Suite du précédent) Il annule le truc où tu l’as convaincu de te laisser l’accompagner.
Ça ne lui tente plus.  Il a la migraine.  C’est annulé.  Il vient de réaliser que son budget ne le lui permet pas. Etc. 

COMPORTEMENT 13 : Il te fait part de son admiration sur certaines choses que l’on retrouve chez plusieurs autres filles.
Et ce sont toutes des choses que tu n’as pas et que tu ne pourrais jamais avoir : Sa grandeur, sa voix, son origine ethnique, son emploi, ses diplômes, sa famille, ses connexions, son talent artistique / musical / athlétique…  Tout pour te faire sentir inadéquate.

COMPORTEMENT 14 : Il te compare défavorablement à d’autres gens.
Tu as réussi dans la vie?  Alors il ne peut pas te respecter.  Une personne privilégiée comme toi ne sais pas ce que c’est que la misère.  Tu as de la misère?  Alors il ne peut pas te respecter, car tu ne sais pas ce c’est que d’être capable de réussir dans la vie.

COMPORTEMENT 15 : Il te trouve plein de défauts que tu ignorais avoir.
Et mieux encore : À l’entendre, tout le monde les voit, ces défauts.  C’est juste qu’il est « la seule personne assez honnête pour oser te le dire en face. »

COMPORTEMENT 16 : Il prétend maintenant être énervé par des choses qui ne le dérangeaient pas jusque-là.
La façon dont tu ris.  La manière dont tu prononces son nom.  La façon dont tu cuisines.  Tes vêtements.  Tes moindres habitudes de vie.  Et elles ont toutes ceci en commun : Ce sont toutes des petites choses insignifiantes.

COMPORTEMENT 17 : Il te pose des questions pièges « pour te tester ».
Il te demande ton opinion sur divers sujets.  Dès que tu as répondu, il te révèle que c’était juste un test,  « pour voir le genre de personne que tu es vraiment. »  Et il se montre déçu, blessé, scandalisé, désapprobateur, de ce qu’il entend.

COMPORTEMENT 18 : Il commence à évoquer la possibilité d’aller vivre seul.
En se justifiant avec d’étranges raisons.  Comme par exemple en disant qu’il ne se sent pas vraiment chez lui, avec ta présence constante dans cet appartement. « Avant toi, je vivais avec mes parents et/ou avec mon ex. Je n’ai jamais eu droit à un vrai chez-moi. J’ai besoin d’avoir MA place. »

COMPORTEMENT 19 : Il dit les phrases qui, peu importe comment on les retourne, évoquent une rupture.
« Je ne suis plus vraiment sûr de ce que je veux dans la vie! » « Je suis mêlé dans ma tête en ce moment! »  « J’ai besoin de temps pour réfléchir sur nous deux! »  « Une séparation temporaire ne peut que nous faire du bien. »  

COMPORTEMENT 20 : Bizarrement, « réfléchir sur vous deux pour le bien de votre couple », ça exclut toute intervention de ta part.
Vous avez beau être deux dans le couple, il n’y a que lui qui a le droit de « réfléchir sur vous deux. »  Pourtant, avec tout ce qu’il te reproche, logiquement ce serait vous deux qui auraient besoin d’y réfléchir ensemble et d’en discuter.

COMPORTEMENT 21 : Il devient impatient.
Depuis quelques temps, il faut marcher sur des œufs en sa présence.  Non seulement il perd patience à la moindre petite chose imparfaite que tu fais, on dirait que tu ne sais plus rien faire correctement. 

COMPORTEMENT 22 : Il n’a pas l’air de vouloir entendre les solutions à votre problème
Elles sont pourtant simples, ces solutions.  Il suffirait de vous en parler pour lui faire entendre raison.  Mais voilà, il n’a pas l’air de vouloir trouver de solution, ni les entendre, et encore moins les appliquer.

COMPORTEMENT 23 : Il te dit que si tu veux casser, il respecterait ta décision.
Tout en affirmant qu’il ne veut PAS casser.  En fait, il te rassure que non, au contraire, il veut que vous restiez ensemble.  Il t’aime encore.  La preuve : Est-ce qu’il perdrait son temps à réfléchir sur votre couple, si son but était de casser?  Tu le vois bien, qu’il fait des efforts pour sauver la relation.  Mais bon, casser, si c’est ce que tu veux…

COMPORTEMENT 24 : Quoi que tu fasses, c’est de ta faute s’il s’éloigne.
Tu t’accroches?  Il dit que tu l’étouffes, voilà pourquoi il prend ses distances.  Tu lui laisses son espace?  Il dit que tu lui donnes l’impression de t’en foutre, voilà pourquoi il prend ses distances.  

Quand on est dans cette situation, on vit un véritable enfer.  Et on a beau chercher la source du problème, on ne trouve rien.  Par conséquent, on a beau tout faire pour essayer de sauver la situation, rien ne fonctionne.  Ce mélange de frustration et de désespoir occupe nos pensées à chaque moment du jour et de la nuit.  C’en est rendu insoutenable.  C’est à vous rendre fou. Si seulement on pouvait savoir où se situe le problème, au juste.

Il est où le problème?  Je vais te le dire, moi : Il a rencontré quelqu’un qui lui plaît plus que toi.  Et si ça se trouve, leur relation est déjà commencée.  Ce qui fait que dans sa tête, vous deux, c’est terminé.

Ce n’est pas un préjugé, ni un jugement facile.  Tout le long de ma vie, une bonne vingtaine de fois, j’ai vu et/ou vécu cette situation.  Et je peux vous affirmer que dans 100% des cas, à chaque fois qu’une personne avait cette attitude, c’était toujours ça. Il y a une autre personne dans sa vie amoureuse.

Maintenant que tu le sais, repense à ses nombreux comportements étranges, tu verras que ça explique tout.

Mais pourquoi agir ainsi au lieu de le dire franchement et mettre fin à la relation de façon claire, nette et rapide?  Ça peut être parce qu’il est lâche, et/ou irresponsable, et/ou honteux, et/ou parce qu’il ne veut pas avoir le mauvais rôle en étant celui qui détruit le couple.  Hey, c’est peut-être même parce qu’il veut juste te mettre au congélateur, pour revenir vers toi si ça ne marche pas avec l’autre.  Mais que ce soit l’une ou plusieurs de ces raisons, ça explique le fait qu’il s’éloigne.  Ça explique le fait qu’il ne veut mettre aucun effort pour sauver la relation.  Ça explique toutes ces sorties / événements / absences, tout ce qu’il fait maintenant sans toi.  Et surtout, ça explique pourquoi ses raisons de se plaindre de toi sonnent bidon.  Normal : Ce SONT des raisons bidons.  Et c’est pour ça qu’il a un comportement aussi illogique, aussi impossible à comprendre.

Et puisque c’est un lâche irresponsable, il rend la relation de plus en plus pénible pour toi, dans le but que tu finisses par en avoir ras-le-bol, de façon à ce que ce soit TOI  qui y mette fin.  Comme ça, il pourrait reprendre sa liberté tout en se gardant le beau rôle.  Ce ne serait pas lui qui te laisse tomber pour une autre.  Ce serait toi qui le repousse car tu es « incapable de faire face à la vérité sur ton propre sujet, vérité qu’il est le seul à oser te dire. »

Ceci dit, il y a un autre avantage à prétendre d’avoir besoin de temps pour réfléchir au sujet de nous deux:  Si ça me marche pas avec l’autre, eh bien il pourra toujours revenir vers toi en prétendant que voilà, son processus de réflexion est terminé. 

Se faire rejeter d’une manière aussi irresponsable, ça peut avoir des conséquences terrible sur l’estime de soi.  Parce que dans son besoin de faire semblant que tu étais la personne fautive, il a eu à mettre beaucoup d’effort pour te faire croire que tu étais inadéquate dans ta personnalité, dans tes manies, dans ta façon de vivre, dans ton travail, dans tes décisions, en tant qu’être humain, et surtout en tant que moitié d’un couple. 

Tout ceci fait que tu te remets en question.  Mais puisqu’en réalité, tu ne fais rien de mal, tu ne peux pas trouver où se situe ton problème.  Mais puisqu’il t’a convaincu du contraire, le fait de ne pas le trouver t’enlève tout espoir de le régler.  

Alors tu n’oses plus croire en toi, en tes capacités, en tes valeurs.  Et c’est quelque chose qui va affecter négativement ton travail et tes relations pour les prochaines années à venir.

POUR RIEN!

Tout ça parce que l’autre était trop lâche pour assumer sa décision de te laisser tomber pour quelqu’un d’autre.

La résistance de principe, et la nécessité de la respecter.

Lors du dernier temps des fêtes, il y a eu un scandale d’internet au sujet d’une chanson de Noël, un classique (que je n’avais encore jamais entendu), Baby it’s Cold Outside.  Chanté en duo par un homme et une femme, l’homme insiste pour que la femme passe la nuit chez lui car il fait trop froid dehors pour la laisser partir. Tout le long de la chanson, elle émet des objections.  Aucune ne venant d’elle-même, cependant.  Ce n’est que du : Ma mère va s’inquiéter, mon père va rager, mes tantes vont me juger, qu’est-ce que les voisins vont penser, etc.  Et lui, à chaque argument, il insiste pour qu’elle reste. 

Il faut comprendre que la chanson a été écrite en 1944, une époque à laquelle, comme le démontrent les paroles, une femme devait toujours cacher ses désirs sexuels pour ne pas faire de scandale social.  Elle devait donc offrir une résistance de principe, et c’était à l’homme d’insister.  Et afin de démontrer que c’est bien le cas ici, elle ne dit jamais que ça ne lui tente pas.  Elle propose elle-même de rester encore un peu pour une dernière cigarette, un dernier drink…  D’où la ligne qui a parti le scandale, « Hey, what’s in that drink? », ce qui, de nos jours, a vite été interprété comme étant un hymne à la drogue de viol.  Aussi, quelques articles sur le sujet ont plutôt démontré que blâmer l’alcool était l’excuse classique qu’utilisait la femme pour sauver la face à l’époque dans cette situation.

Si cette chanson a causé un scandale, la raison est bien simple : À notre époque moderne, insister auprès d’une femme qui dit non, c’est légalement du harcèlement.  Et c’est une très bonne chose.  Car entre une fille qui veut mais qui oppose une résistance de principe, et une fille qui ne veut vraiment pas mais qui est trop timide/craintive pour oser trop résister, la différence peut être imperceptible. 

En fait, la différence ne se voit qu’après l’acte, alors que la première va s’en vanter et l’autre s’en plaindre.

Comment  faire la différence entre une résistance de principe et une résistance sincère?
Même à notre époque moderne, il y a encore des filles qui s’amusent à utiliser la résistance de principe.  Je ne peux plus compter le nombre de fois où, depuis mon adolescence, j’ai respecté le NON d’une fille, pour qu’elle se moque aussitôt de moi pour mon manque de persévérance.  Ce genre de comportement ne fait que convaincre encore plus les hommes que le NON féminin est juste un OUI qui a besoin d’insistance. 

L’extrait qui suit est tiré de mon roman autobiographique en ligne 52 jours à Montréal, aussi connu sous son titre original Sept semaines en appartement.   Dans ce chapitre, une ex m’explique que durant toute l’année et demie que nous sommes sortis ensemble, (alors que j’avais de 17 à 19 ans, et elle de 15 à 17), elle m’avait opposé une résistance sexuelle de principe.  Et elle me révèle que si j’avais insisté, alors elle aurait cédé et nous l’aurions fait. 

(Début de l’extrait)_____________________________
Je ne suis pas très cool face à ces aveux de sa part.  En fait, j’en suis extrêmement frustré.

« J’ai passé ma vie à entendre les femmes et les filles affirmer que quand elles disent non, ça veut dire non! Pourtant, je ne peux même plus compter l’estie de Christ de calice de tabarnak de nombre de fois où une fille m’a dit que pour obtenir ce qu’on veut avec elle, il faut juste insister. D’un côté vous dites toutes que non c’est non. De l’autre, vous nous montrez que non, ça veut dire oui. Pis après ça, vous vous plaignez quand vous vous faites violer. Pis pendant ce temps-là, nous autres les gars, on a le choix entre vous forcer, ce qui fait de nous des agresseurs, ou bien vous respecter, ce qui fait de nous des imbéciles. À QUOI ÇA SERT DE VOUS RESPECTER SI TOUT CE QUE ÇA NOUS RAPPORTE, C’EST D’ÊTRE LOSERS, HEIN? »  

Julie semble avoir des regrets de m’en avoir dit autant.

« Je l’savais que t’allais réagir comme ça. »
« Ah oui? Félicitations, Sherlock! Ça prend du génie pour deviner que j’allais être frustré, d’apprendre que non seulement tu m’as menti tout ce temps-là au sujet de tes désirs sexuels, tu aurais été correcte avec l’idée que je ne respecte pas tes limites. »

Nous restons silencieux quelques secondes. Ça me laisse le temps de me calmer. C’est avec une voix beaucoup moins frustrée, que je reprends la parole.

« Désolé! Je sais bien que je t’ai juré de ne pas me fâcher. Mais d’apprendre ça, après tous les efforts que j’ai mis pour me contrôler et pour te respecter… »
« Ben… Comme je te l’ai dit, je ne suis pas une sainte. Moi aussi j’ai des envies.  Et à cause de ça, je n’ai peut-être pas toujours agi comme j’aurais dû le faire. »

Peut-être pas, qu’elle dit! Je soupire.  Je me sens tellement découragé en ce moment.  Je ne sais plus où j’en suis.

« S’il te plait, éclaire-moi : Comment est-ce que je suis supposé savoir la différence entre une fille qui oppose une résistance de principe, et une qui oppose une résistance sincère? Comment est-ce qu’un gars peut savoir quand est-ce que c’est correct d’insister, et quand est-ce que ça ne l’est pas?»

Je ne suis pas le premier gars à me poser cette question et je ne serai certainement pas le dernier. Julie comprend mon désarroi et essaye de m’éclairer du mieux qu’elle peut.

« Ben, je ne prétends pas parler au nom de toutes les filles, là, mais… Tsé, des fois, pour toutes sortes de raisons, comme la religion, l’éducation, ou comme moi les principes moraux, il arrive qu’une fille soit coincée entre ses valeurs et ses désirs. Elles veulent vraiment céder à leurs envies, mais si elles le font, c’est comme si elles se résignaient à reconnaitre qu’elles sont des hypocrites, des filles sans morale, voire des salopes. Dans ce temps-là, elles ont besoin d’un gars qui va les forcer. Ben, techniquement, il ne la forcera pas pour de vrai, puisque qu’il lui fera faire quelque chose qu’elle a vraiment envie. N’empêche que c’est lui qui va prendre la décision à sa place. Comme ça, la fille peut avoir ce qu’elle veut, et toujours avoir la conscience tranquille en se disant que ce n’est pas de sa faute à elle, puisque c’est lui qui a décidé. Tu comprends? »

Je comprends. Ça fait du sens. Ça explique pourquoi ma colocataire se cache derrière l’excuse du « J’ai pas eu le choix, il a insisté! » pour justifier le fait qu’elle couche encore avec Hans malgré le fait qu’elle ne cesse de dire du mal de lui.

« Maintenant, quant à savoir qui veut se faire forcer et qui ne le veut pas… Je ne pourrais pas le dire parce que ça va toujours dépendre de la fille, donc que c’est du cas par cas.  Mais dans mon cas personnel, t’étais bien placé pour voir que j’en avais envie. Quand tu me caressais là, je te laissais toujours faire sans résister, pendant une heure ou deux, et je mouillais à chaque coup.  Si tu avais été attentif aux signes, tu aurais compris que j’en avais vraiment envie, même si je disais non. »

Ah, les filles et leurs maudite manie de ne jamais être claires.  « Montrer des signes » … « Espérer que le gars comprenne le message »… Elles restent tellement vagues que quoi que l’on fasse, on risque de faire erreur.
___________________________________(Fin de l’extrait)

Cette explication que m’a donné Julie avait beau être éclairante sur les raisons pourquoi certaines filles sont excitées à l’idée de se faire forcer, ça ne permet pas plus à l’homme de savoir faire la différence entre une résistance sincère et une résistance de principe. Et puisqu’il est impossible de faire la différence, j’ai compris que je ne serais jamais à l’abri de faire erreur.  J’ai donc cessé de perdre mon temps sur la question.  J’ai plutôt porté mon attention sur l’autre aspect du sujet : Les conséquences de la faire, cette erreur.

Si la fille offre une résistance sincère, mais que je fais erreur en insistant :

  • Je commet du harcèlement.
  • Je commet un viol.
  • Je ruine ma réputation.
  • Je m’expose à des ennuis judiciaires.
  • Et à de la prison.
  • Et à un casier judiciaire qui me suivra toute ma vie

Si la fille offre une résistance de principe, mais que je fais erreur en la respectant :

  • Elle se moque de ma naïveté, et je passe pour un cave.

… Et c’est tout!

C’est pour ce genre de situation qu’a été créé le dicton disant que « De deux maux, il faut choisir le moindre. »  J’ai donc fait mon choix.  J’ai toujours respecté le NON d’une fille. 

Et quelques années plus tard, j’ai compris qu’à ce sujet, « Qui ne dit mot consent! » , ce n’est qu’un mythe.  Aussi, j’ai ajusté ma façon de penser, et c’est devenu : « Si ce n’est pas un OUI explicite en gestes et/ou paroles, alors c’est un NON. »  

Lorsque je faisais face à une résistance de principe (souvent sans me rendre compte que ce n’était pas une résistance sincère) et que j’arrêtais aussitôt sans insister, voici ce qui se passait, selon la fille :

  • La fille, croyant/voyant que je n’avais pas compris, me faisait alors savoir clairement son intérêt.  C’était positif, car aucun risque de faire erreur.
  • La fille, croyant/voyant que je n’étais pas intéressé, n’insistait pas.  C’était positif, car qu’est-ce que vous voulez que je fasse d’une fille qui n’est même pas capable de me montrer son intérêt? Désolé mais dans un couple / chez les amants / dans un one-night, une personne ne peut pas être la seule des deux à montrer de l’intérêt à l’autre.
  • La fille, croyant/voyant que je n’avais pas compris, me traitait de cave.  C’était positif car ça me montrait dès le départ à quel point sa personnalité était désagréable. Ça me permettait de l’éviter, et ainsi de m’épargner une relation toxique.
  • La fille, croyant qu’il était impossible qu’un homme ne veuille pas d’elle, m’accusait d’être gai.  C’était positif car ça me montrait dès le départ qu’elle croit que tout homme hétéro désire baiser n’importe quelle femme.  Ça me permettait d’éviter une relation cahoteuse faite de crises de jalousie non-méritées.

Je ne vous cacherai pas que ça peut parfois être très frustrant quand la fille nous montre qu’il aurait pu y avoir quelque chose entre nous si on avait réagi correctement à ses attentes.  Mais il ne faut jamais oublier que face à la Loi, lorsqu’il s’agit de sexe, quand la fille s’obstine à rester floue dans ses attentes et ses désirs, la seule réaction correcte, c’est de s’abstenir.  De toute façon, être cave ou être gai, ça a le mérite d’être légal.  Ce n’est pas le cas quand on est harceleur, et encore moins violeur.  Juste pour ça, ça vaut la peine de ne jamais prendre de risques face à une fille qui oppose de la résistance.

À notre époque moderne où le refus sexuel doit toujours être pris au sérieux, toute résistance doit être vue comme étant sincère. Il n’y a plus de place dans la société pour la résistance de principe.  Si les hommes sont capables de comprendre ça, les femmes le devraient aussi.

_____
Y’A LIENS LÀ, tous en rapport au sujet:

Motel California.  Après trois semaines de relation platonique, Christine m’invite au motel en me disant clairement que c’est dans le but de baiser, allant jusqu’à payer la chambre elle-même.  Dès que nous y sommes, elle ne cesse de me mettre des obstacles pour m’en empêcher, pour aussitôt m’inciter à continuer à chaque fois que je m’arrête. 

La convention sociale du « Si tu viens, tu couches! » Il s’agit de la règle sociale non-écrite qui dit qu’inviter chez soi une personne compatible avec notre orientation sexuelle, c’est une invitation au sexe.  Et accepter l’invitation, c’est dire oui au sexe.  

Daniella l’amie seulement.  Une fille m’invite à passer la nuit chez elle, en précisant que ça sera en amis.  Je me le tiens pour dit, même lorsqu’elle a un comportement qui pourrait faire croire qu’elle a changé d’idée.

Océane.  Elle vient chez moi, me dit qu’elle doit partir tôt, est en couple, me dit que se toucher entre amis n’est rien d’autre pour elle que signe d’amitié… Et passe le reste de la soirée à me provoquer et s’offrir à moi, rester plus tard que prévu, pour ensuite mettre un terme à notre amitié car je refusais de me jeter dans cette situation trop floue. 

Elle a dit OUI par peur des conséquences de dire NON.  La raison pourquoi j’ai cessé de croire à « Qui ne dit mot consent! »

Les beautés étrangères: Pourquoi tombe-t-on dans le panneau?

Comme probablement tout le monde, il m’arrive parfois de recevoir des demandes de contacts sur Facebook de la part d’une beauté étrangère qui semble s’intéresser à moi. J’ai beau être célibataire, j’ai de la difficulté à me faire à l’idée d’avoir une relation avec une femme qui habiterait à plus de 5 km de chez moi. Alors d’un autre continent, imaginez! Par conséquent, lorsque ça arrive, j’expédie ça aussi sec:

Comme vous voyez, quand je reçois une réponse négative à « On se connait », j’arrête la conversation là. Mais ces derniers temps, j’ai vu tellement de mes compatriotes féminines québécoises s’amuser à se foutre de la gueule de leurs prétendants étrangers, tout en faisant exprès de leur parler en québécois, que j’ai décidé de prendre exemple sur elles pour m’amuser un peu.

Le résultat: Cet amusant échange avec cette superbe jeune fille de 20 ans du Maroc. Il y aura un lexique entre chaque partie de la conversation, pour faciliter la compréhension à mes lecteurs-z’et-lectrices non-québécois.

Saint-Ciboire-du-bout-de-Christ: La majorité des villes et villages du Québec sont des noms de saints. Or, nos jurons sont aussi composés de mots d’église. Ce (faux) nom de patelin est donc un long juron.
Moose Jaw: Littéralement Mâchoire d’Élan / Mâchoire d’Orignal. Véritable ville canadienne, mais en Saskatchewan et non au Québec.
Où que tu sois, qui que tu sois, que la force soit avec toi: Référence à La Guerre des Étoiles, certes, mais c’est surtout la phrase d’introduction du quiz télévisé pour enfants, Les Satellipopettes, très populaire au Québec au début des années 80.

Mes bas: Mes chaussettes
Une brassée: Un paquet de linge qui vient d’être lavé
La sécheuse: Le sèche-linge.
Manger ses bas: Expression québécoise, l’équivalent de péter un câble.
Isabelle Huot: Populaire nutritionniste québécoise.
Beau Dommage: Populaire groupe musical québécois des années 70, toujours actif de nos jours.
La Complainte du Phoque en Alaska: Chanson de Beau Dommage, leur plus grand succès.

Chus pas regardant: « Je ne me soucie pas de ces détails. »
Icite: Ici.

Je me suis inspiré d’une amie qui avait eu un désopilant échange semblable, quoique plus long, avec un homme Tunisie. Conversation qui est vite devenue virale.

Hier, j’ai posté ma conversation avec ma marocaine sur mon Facebook. Et parmi les commentaires, j’ai reçu celui-ci, qui est la raison de l’existence de ce billet de blog: « Je ne comprends pas comment ces gens peuvent se croire crédibles. « 

Eh bien la réponse à ça est: Parce que, malheureusement, ça fonctionne trop souvent.

Il y a quelques années, j’étais membre d’un forum (apparemment sérieux) de rencontres. Après deux mois discussion, à ne recevoir que des demandes de contacts de femmes de mon groupe d’âge, pour la plupart assez abîmées par la vie, voilà que m’arrive cette jeune beauté ukrainienne qui me sert du « Je amour toi et please envoyer numéro Visa (la carte de crédit) pour mon visa (le passeport) que moi rejoigne tu, so we love & couchette », et ça venait avec une adresse courriel. (Bon, c’était un peu plus articulé que ça, mais c’était en 2012 et je n’en ai pas gardé copie.)

Premier réflexe: Googler l’adresse de courriel de mademoiselle. Je suis tombé sur plein de témoignages d’hommes de partout dans le monde qui se sont fait avoir de plusieurs centaines de milliers de dollars par ce barbu obèse russe.

Quand tu n’arrives même pas à plaire à une femme moyenne de ton propre pays, qu’est-ce qui te fais croire que tu as pu séduire, SANS EFFORTS, une déesse d’un autre continent? C’est pourtant évident, qu’il s’agit d’une arnaque. Alors pourquoi est-ce que ça fonctionne?

La triste réponse à cette question est: Parce que pour ces pauvres hommes seuls, cette fille, ce personnage devrais-je dire, leur vend du rêve. Elle leur donne un espoir comme quoi, malgré leurs 40-70 ans, ils peuvent encore plaire à une jeune beauté, donc qu’ils n’ont rien perdu de leurs attraits.

Quant à ceux qui n’ont jamais eu d’attraits pour commencer, le fait de se commander une beauté étrangère, ça rassure. Son subconscient comprend qu’il est la seule personne qu’elle connait ici, donc qu’il sera sa seule vie sociale si elle vient au pays. Pour les hommes qui ont une faible estime de soi, savoir que cette fille dépendra de lui pour survivre, et surtout que par conséquent il n’aura aucun rival, ça lui procure un sentiment de sécurité.

En conclusion: Le problème, ce n’est pas que ces « femmes » sont crédibles. C’est plutôt que beaucoup d’hommes ressentent le besoin qu’elles le soient. Parce que la réalité est trop difficile à accepter pour eux.

Est-ce que vous vous souvenez du Best Seller de la décennie dernière, Le Secret? La raison pourquoi ce livre a rendu multimillionnaire son auteur, c’est parce qu’il fonctionne sur ce même principe. Par exemple, lisez juste ce passage:

Eh oui! Ce livre (ou du moins cette Lisa Nichols) affirme que si vous recevez des factures d’électricité, de téléphone, de câble, d’internet, de loyer et de carte de crédit, ce n’est pas parce que vous avez l’électricité, le téléphone, le câble, l’internet, un loyer et une carte de crédit, mais bien parce que votre imagination fait surgir ces factures de nulle part. 

Pourquoi tant de gens ont cru à de telles inepties? Parce que beaucoup trop d’entre eux sont pris dans une vie décevante et sont impuissants à y changer quoi que ce soit. Pour ces gens-là, la pensée magique est leur seul refuge. Car d’un côté, ils ont une triste réalité qui est sans issue. Et de l’autre, il y a ce livre qui leur offre un espoir comme quoi les choses peuvent s’arranger. C’était juste ça, le secret derrière Le Secret.

Et c’est sur ce même principe, en donnant l’espoir qui fait rêver, que le piège grossier de la beauté étrangère arrive à attirer autant de gens qui vont aller s’y jeter délibérément.

Quant à moi, ça ne risque pas de m’arriver. Je suis parfaitement au courant que j’ai 50 ans et que je ne suis plus de première fraîcheur. Le jour où je vais me faire draguer par une matante ridée de Ste-Antoinette-du-Ouaouaron, je vais déjà trouver ça plus crédible qu’un top modèle marocain de 20 ans.

General Menteurs, le post scriptum: L’allergie aux changements

Printemps 1979.  J’ai 10 ans.  Hier, ma mère m’a remis une casquette que lui a donnée une voisine pour moi.  C’est ma toute première casquette.  Je la porte fièrement sur le chemin de l’école. 

Ce matin-là, dans la cour d’école avant d’entrer en classes, deux élèves différents m’enlèveront la casquette de la tête en courant.  On me refera le coup une fois ensuite à la récré du matin.  Deux autres fois à l’heure du dîner.  Une fois à la récré d’après-midi.  Et enfin, à la sortie des cours, où cette fois on me la lancera par-dessus la clôture qui délimite le terrain de la cour d’école.  J’ai donc été agressé pour un total de sept fois, de la même manière, le même jour, de la part de six enfants différents, dont deux que je ne connais que de vue.  Et tout ça pour le crime d’avoir porté une casquette.

Sur le chemin du retour, frustré d’avoir été la cible de toutes ces manifestations d’hostilité, surtout pour une raison aussi insignifiante, je m’interroge :

« Mario Lussier, y porte ben sa casquette tout l’temps, lui.  Pis j’ai jamais vu personne lui enlever.  Pourquoi que quand c’est moi qui en porte une, tout l’monde me l’enlève? »

Juste en me disant ça, je vois tout de suite où se situe la différence entre lui et moi.  Mario porte sa casquette depuis le tout premier jour de l’école.  Alors aux yeux des autres, depuis le tout début, Mario Lussier, c’est le gars à la casquette.  Ils sont habitués à le voir avec ça sur la tête.  Mais moi?  Non!  Voilà pourquoi ça a attiré leur attention.  Parce que c’était nouveau. 

En fait, je constate que cette situation est similaire à ce que mes camarade de classe ou moi subissons à l’école après une coupe de cheveux : On passe la journée à être sujet de moqueries non-stop.  Et ça dure parfois deux, voire même trois jours, avant qu’ils finissent par s’habituer à nous voir avec les cheveux courts, et que ça cesse d’attirer leur attention.

Pour la première fois de ma vie, à l’âge de dix ans, je réalise que certains stimulus peuvent provoquer certaines réaction chez les gens.  N’étant âgé que de 10 ans, je n’aurais pas su expliquer le comment du pourquoi de ce comportement.  Mais une chose était sure : Le changement, ça dérange.  Alors quand on essaye d’être autre chose que l’image que les gens ont de nous, on les dérange.  Et puisque ce sont des enfants, il est plus facile pour eux de tenter de remettre les choses comme elles l’étaient, plutôt que de se faire à l’idée que les choses aient pu changer.  D’où le vol répété de ma casquette. 

Chez un adulte, on s’attend à ce que ça soit différent.  Mais dans le fond, un adulte, ce n’est qu’un enfant qui a accepté de se faire imposer des règles pour pouvoir vivre en société.  Ça ne veut pas dire pour autant que sa personnalité ait vraiment changé.  Car comme je le répète souvent, il y a trois moment dans la vie où on voit la vraie personnalité d’autrui :

  1. Lorsqu’il est ivre, et…
  2. Lorsqu’il est frustré.  Deux moments qui lui redonnent la personnalité qu’il avait… :
  3. Lorsqu’il était enfant.  Et un enfant, ça n’accepte pas le changement. 

En fait, le principe du changement créé un curieux paradoxe dans la personnalité de l’être humain : On accueille à bras ouvert tout changement positif dans notre vie.  On veut s’améliorer.  On veut évoluer.  Par contre, on accepte mal le changement lorsqu’il arrive autour de nous.  On ne veut pas perdre nos points de repères. 

Pourquoi est-ce que je prends la peine de vous expliquer tout ça?  Parce que tous les ennuis financiers, sociaux et juridiques que j’ai subi de mes 24 à 48 ans, tel que raconté dans les 10 chapitres de la saga Général Menteurs,  sont dues à deux personnes qui, comme les enfants décrits plus haut, refusaient que je change.  Ni la mère de mes enfants ni le père de Camélia n’acceptaient de me voir m’élever au-dessus de la ma pauvreté d’origine.

Quand on part de rien, on est entouré de gens de rien.  Et dans mon cas, partir de rien, c’était avoir un travail au salaire minimum qui ne demandait pas d’expérience.  Je suis devenu pâtissier dans un Dunkin Donuts.  Pendant les deux ans et demie où j’ai exercé ce métier, j’ai constaté que 80% de mes collègues de travail n’avaient même pas leur secondaire III, et parmi eux la moitié avaient un dossier judiciaire.  Pour eux, travailler au Dunkin, c’était le maximum qu’ils pouvaient atteindre.

Et c’était le cas de Kim.  Alors quand on a commencé à sortir ensemble, elle s’attendait à ce que je sois un gars sans avenir, comme la majorité de nos collègues.  Mais en voyant que j’avais de l’ambition, elle craignait que je m’élève au-dessus d’elle.  Ne pouvant pas elle-même s’élever au-dessus de sa classe d’origine, il lui était donc logique que si je m’élève, je la quitte.  Elle a donc lâché la pilule sans m’en parler, pour me forcer par responsabilité paternelle à rester avec elle, dans les bas-fonds.  Parce que, comme un enfant, il était plus facile pour elle de faire en sorte que les choses restent comme elles le sont, plutôt que d’accepter que ça puisse changer. Même si ce changement était une amélioration. 

Et lorsque je suis retourné aux études, histoire de ne pas élever nos enfants dans la pauvreté, même chose.  Maintenant diplômé, je pouvais aspirer à de meilleurs emplois, donc un meilleur salaire.  Mais au lieu d’accepter que je puisse changer notre vie pour le mieux, elle a préféré tout saboter pour que les choses restent comme elles sont.  Elle aurait pu m’aider à nous construire, elle a préféré me détruire. Et elle l’a fait en me laissant le choix entre cesser les études, ou me faire expulser de la maison par la police sous des accusations mensongères.  J’ai choisi d’évoluer. 

Ne l’acceptant pas, elle passera les deux décennies suivantes à utiliser les enfants et la pension alimentaire pour toujours m’empêcher de m’élever au-dessus des conditions de vie d’un pauvre.  Ce qui fait que même lorsque je gagnais le double du salaire minimum, j’avais encore moins d’argent pour vivre que lorsque j’étais au Dunkin.  Quant à elle, étant sur le BS, son chèque était amputé du montant de ma pension, par conséquent elle continuait de vivre dans la pauvreté à laquelle elle était habituée. 

Il y a six ans, on lui a proposé un travail dans un casino dans une région du Québec à la fois rurale et touristique.  Le genre d’endroit où on ne trouve pas le moindre anglophone à des kilomètres à la ronde.  Ayant passé sa vie à Montréal, elle était bilingue.  Il ne lui en fallait pas plus pour y être embauchée, au salaire faramineux de $49 000.00 par année.  Est-ce que ça a changé sa vie pour le mieux?  Non, car si j’en crois ce que notre cadette m’a rapporté, elle s’est endettée d’au-dessus de $30 000.00.  Aujourd’hui, à 45 ans, elle est obligée de retourner vivre chez son père.  Son salaire a beau être d’environs 30% plus élevé que le miens, elle demeure beaucoup plus pauvre que je le suis.  Bref, elle n’a pas changé et ne changera jamais.  Peu importe son revenu, elle vivra toujours dans les conditions de vie de sa classe pauvre d’origine. Et elle continuera d’entraîner dans la pauvreté tous ceux qui ont le malheur de faire partie de son entourage.

Les parents de Camélia avaient une mentalité similaire.  Dans le sens que pour eux, une personne qui provient de la classe pauvre, ça reste toujours pauvre. (Et de la manière que la mère de mes enfants gère son budget, on peut comprendre pourquoi ce préjugé existe.)  Or, je venais juste de me trouver un emploi à La Boite, à près du double du salaire minimum.  Au lieu d’accepter le fait que je puisse changer pour le mieux et m’élever au-dessus de la classe pauvre, ils ont fait en sorte pour que je reste à ma place.  Son père, haut placé dans la hiérarchie de GM a recherché qui, dans les employés de GM, pouvait avoir un lien avec mon emploi.  Le hasard a voulu qu’un de leurs employés soit le grand-frère de mon PDG.  Voilà pourquoi le beau-père m’a envoyé à ce concessionnaire-là si loin de chez moi, et à ce vendeur-là en particulier.  Ainsi, après avoir détruit mes finances avec un contrat de location abusif, ils ont pu étendre leur influence jusqu’à mon travail pour détruire ma carrière, s’assurant ainsi que je ne sorte jamais de la classe pauvre. 

Bon, « jamais », c’est relatif.  Ces responsabilités imposées ne pouvaient pas durer éternellement.  N’empêche qu’à cause de leurs manigances combinées, la mère de mes enfants et le père de Camélia m’ont quand même volé 24 ans de ma vie adulte. Et puisque ça ne leur a rien rapporté financièrement, ça veut dire que leur motivation n’était pas le profit personnel. C’était juste pour satisfaire leur désir de ruiner la vie d’autrui.    

Ce qui démontre, comme je disais plus haut, que le changement, ça dérange.  Alors quand on essaye d’être autre chose que l’image que les gens ont de nous, ils ne l’acceptent pas.  Et comme pour les enfants, leur premier réflexe est de tenter de remettre les choses telles qu’elles les ont toujours connues, plutôt que de se faire à l’idée que les choses aient pu changer. 

Ils ne pouvaient pas supporter de me voir avec une nouvelle casquette.  Il fallait qu’ils me l’enlèvent.  C’était juste plus fort qu’eux. 

______________
Y’A LIENS LÀ:

J’ai déjà étudié le phénomène démontrant que tout changement majeur de notre vie doit malheureusement s’accompagner d’un changement de notre entourage.  Ces trois billets en particulier décrivent bien la chose :

Pas obligé de rester loser, 4e partie : La nécessité de changer d’amis.

Pas obligé de rester loser, 7e partie: Les revoir? Pourquoi pas! Les re-fréquenter? Surtout pas!

Pas obligé de rester loser, 13e partie : Se tenir loin des autres losers.

Et tant qu’à faire, voici tous les billets de la série Pas obligé de rester loser

General Menteurs, 10e partie: 21 ans plus tard, l’exorcisme.

Le 14 décembre dernier, je publiais ici un billet de blog intitulé L’art de se faire rouler, dans lequel j’imagine le pire scénario catastrophe qui puisse arriver lorsque l’on succombe à une offre alléchante en rapport à l’achat d’une automobile.

À chaque fois que j’écris un nouveau billet, je mets un lien sur mon Facebook. Et c’est sur celui-ci que l’on m’a posé la question qui allait changer ma vie.  Une question composée de deux simples petits mots :

Le début de la fin

Pour la première fois depuis ces événements, j’en ai parlé, là, sur le net. Non sans une certaine appréhension, car comme vous pouvez le voir, je prends la peine de prévenir à quel point ma mésaventure est invraisemblable. J’écris néanmoins trois longs commentaires qui résument les 9 chapitres précédents.

Après avoir tout lu, Louis-Sébastien me pose le genre de question que l’on ne m’a posée que trop de fois déjà:

Louis-Sébastien
Wow toute une histoire! Est-ce que tu t’es questionné et compris pourquoi tu t’étais ramassé dans ce type d’histoire abracadabrante? Genre, pourquoi c’est arrivé à toi et pas à d’autres personnes?

« Et voilà! », me suis-je dit. « Encore une fois, je vais me faire juger comme quoi si ce genre de truc n’arrive qu’à moi, c’est qu’il doit bien y avoir une raison. Traduction: c’est de ma faute, j’ai fait exprès, j’ai couru après, etc. J’aurais dû continuer comme je le fais depuis quinze ans, et juste ne pas en parler. »

Je lui réponds cependant.

Steve Requin
Oh que oui, et c’est justement ça, le problème. J’ai beau réfléchir là-dessus depuis 20 ans, je ne trouve rien, car tout ça a l’air d’être une série de malheureux hasards. 

La fille du boss de GM, je l’ai rencontré au Journal étudiant, car c’était à ce moment-là la blonde d’un journaliste, et c’est elle qui m’a dragué. L’amie qui m’a trouvé ma job payante n’avait aucune connexion de près ou de loin à tout ceci. Le hasard a voulu que le père de ma nouvelle blonde soit le boss d’un gars dont le frère était le président de ma job.

Tu vois à quel point c’est aussi fucké que peu crédible, tellement c’est une série de hasards et coïncidences incroyables. Ben c’est ça !

Comme je m’y attendais, Louis-Sébastien n’y a pas vu là une série de hasards. (Bon, à part peut-être le lien de parenté entre mon PDG et le vendeur chez GM) Il a tout de même une théorie à ce sujet, et me demande si je voudrais la connaître.

Là encore, j’appréhende un sermon sur le fait de se regarder soi-même et de prendre mes responsabilités pour les malheurs que l’on attire soi-même sur soi, et toutes cette sorte de choses. Mais bon, puisque je ne peux pas juger un commentaire que je n’ai pas encore lu parce qu’il n’est même pas encore écrit, je lui ai donné mon Ok.

Trente minutes plus tard, il me poste ceci:

Louis-Sébastien
La première chose problématique qui me saute aux yeux, c’est la nature même de la relation que tu avais avec cette fille. Elle avait 20 ans, tu en avais 29. Juste cette question a plusieurs répercussions conscientes et inconscientes. Tu ne pars pas sur un pied d’égalité avec la fille. Ça peut être un avantage comme ça peut être un désavantage.

Ça sûrement été un avantage au début dans la phase de séduction, parce que c’est probablement ce qui l’attirait, un gars plus vieux qui représente la maturité, la sécurité et même une sorte de rébellion. Mais ce rôle vient avec des responsabilités que tu n’étais finalement pas en état de remplir sur le long terme (surtout à cause de ta situation financière)… que ce soit dans ses yeux à elle ou dans ceux de ses parents. Ta première erreur a été de ne pas t’en rendre compte.

Cette première erreur a menée à toutes les autres. En sachant que tu n’étais plus le bienvenu dans la vie de cette enfant de 20 ans (parce que soudainement tu ne représentante plus la maturité ni la sécurité), ton réflexe a été d’investir dans la relation au lieu de t’en éloigner comme tu aurais dû. 

En sachant que tu n’étais plus le bienvenu dans la vie de la famille, tu es resté. Tu t’es soumis au désir de son père de te procurer une auto, et juste là tu perds de la valeur face à sa fille. Son geste de rébellion qui est de fréquenter un homme plus vieux s’éteint au moment où cet homme plus vieux ce soumet à son puissant père.

Soudainement t’es pu excitant, t’es pu mature et t’es pu sécurisant.

T’es juste la marionnette de son père, qui a bel et bien décidé que tu sortirais de la vie de son enfant parce que t’as rien à lui apporté d’un point de vue rationnel. À partir de là tu contrôle pu rien, tu récoltes les émotions négatives liées à ta défaite contre son père (qui est pas un cadre haut placé dans une multinationale pour rien.. oui il avait tout manigancé). Tu prends des décisions irrationnelles, et ça fais juste empirer les choses à chaque fois.

Tout ça a découlé d’une mauvaise lecture de ce qui était attendu et possible pour toi dans la relation avec cette fille. Mauvaise lecture qui a menée à un gros investissement irréfléchie et irrationnel.

Est-ce que ça fais du sens ce que je dis?

J’avoue que, au sujet des raisons qui ont poussé Camélia à d’abord aller vers moi et ensuite me repousser, ouais, ça avait un certain sens. Mais la chose qui m’a le plus frappée dans son analyse fut:

« Son père [n’]est pas un cadre haut placé dans une multinationale pour rien. Oui, il avait tout manigancé. »

Après 21 ans, l’évidence de la situation me frappe comme une retentissante claque sur la gueule.

Les vendeurs d’auto sont des arnaqueurs. C’est comme ça partout. Toute la planète le sait. Et pour que ce soit l’un des plus vieux clichés du monde moderne depuis que nous sommes entrés dans l’ère de l’industrialisation, c’est bien parce qu’il y a du vrai là-dedans. Pour monter aussi haut au sein de General Motors, cet homme se doit donc d’être un arnaqueur de classe supérieure. D’être un fin stratège exceptionnel. Un homme d’une intelligence froide, calculée, manipulatrice et logique, et qui n’hésite pas à l’utiliser pour arriver à ses fins.

Et soudain, tout fait du sens. Ça explique tellement de choses.

Tout d’abord, comme je l’ai déjà dit, La Boite où je travaillais avait des milliers d’employés dispersés dans plusieurs bureaux parsemés dans tout Montréal et les environs. General Motors, même chose avec ses 14 concessionnaires dispersés dans le Grand Montréal. Alors statistiquement parlant, les probabilités que les employés de l’un aient des contacts parmi les employés de l’autre étaient assez bonnes. Et le hasard a justement voulu que le PDG et fondateur de La Boite ait un frère chez GM.

Pourquoi est-ce que je ne me suis jamais posé de questions sur le fait que, de tous les concessionnaires où il aurait pu m’envoyer, il ma pris rendez-vous à celui de l’Île-des-Soeurs? Même pas dans Montréal.

Une seule réponse possible: Ce n’était pas un hasard. Ce qui voudrait dire que le beau-père a vraiment fait des recherches parmi les employés de GM pour voir s’il y en a un avec des connexions à La Boite. Et en y trouvant le frère de mon PDG, il est tombé sur le jackpot. Il est donc allé le voir et il a tout manigancé avec lui.

Toi qui me lis, imagine que tu sois vendeur de [peu importe]. Un client te dis qu’il travaille pour la compagnie que ton frère a fondée. Tu réagis comment? Comme une personne normale: Tu es amusé(e) par la coïncidence et tu lui dis: « Hey, mais je connais ça, c’t’endroit là! C’est mon frère qui en est le fondateur et le PDG actuel. »

Mais mon vendeur de GM quand je lui ai dit? Aucune réaction. Pas un mot sur le sujet. Comme s’il savait qu’il devait stratégiquement me cacher cette information jusqu’au moment où il pourrait l’utiliser contre moi.

Quoi de plus facile pour lui que d’aller voir son frère, le PDG de La Boite, et de lui dire qu’un de ses employés veut lui acheter une auto, et qu’il désire avoir des renseignements à son sujet. C’est son frère, il ne lui fera donc pas subir tout le protocole de la protection sur les renseignements privés. Il va tout lui révéler: Mon statut d’employé temporaire à contrats, combien je gagne, le retrait direct que m’y fait Revenu Québec Pensions Alimentaires sur mon chèque de paie pour la mère de mes enfants… La totale.

À partir de ça, le vendeur a tout ce qu’il lui faut pour me monter un beau plan: Me faire signer une déclaration comme quoi je suis employé permanent, demander ensuite une preuve comme quoi je le suis, me menacer de poursuite et congédiement si je ne lui falsifie pas une preuve d’employé permanent, etc.

Et comment ai-je pu croire son histoire de la Golf à $150 qui tombe en panne justement le matin où il devait me la livrer? Tout était planifié d’avance. Je ne peux (supposément) pas acheter d’auto, mais puisque j’ai déjà signé un contrat avec lui, je suis forcé de l’honorer, ce qui m’oblige donc à accepter que la vente devienne une location, ce qui entraîne plein de frais imprévus qui me dépouillent, ne me laissant que 15$ pour manger au bout du mois.

Attend un peu…!? $15? Mais c’est le montant que j’ai sauvé en me fâchant lorsqu’il multipliait les frais cachés, ça. C’est le montant que j’aurais eu à payer pour les plaques, s’il ne m’avait pas amadoué en me les offrant.

Ça veut dire que sans ce rabais imprévu, l’auto m’aurait coûté tout l’argent qu’il me restait, au dollar près? ET JE SUIS ENCORE SUPPOSÉ CROIRE QUE C’ÉTAIT UNE COïNCIDENCE? Non, il fallait que ce gars-là connaisse mon salaire. C’est la seule explication qui tienne la route.

Et quand je tente de faire casser le contrat, et que je vendeur me répond que je n’ai pas à me défouler sur lui du fait que Camélia vient de me larguer? Ça ne faisait même pas 48 heures que c’était arrivé, et c’était arrivé au début du weekend. Comment pouvait il le savoir? Une seule explication logique: Le beau-père le lui a dit. Il a dû l’appeler, personnellement, chez lui, immédiatement après la rupture, pour le féliciter pour son travail bien fait. Preuve de plus comme quoi le tout avait été manigancé depuis le début.

Ah, et aussi le fait que l’auto ait été vendue au prix dérisoire de $15 500.00, ce qui fait que je devais à GM le reste de sa valeur, soit $27 000.00… Ce qui est le montant exact que j’aurais eu à payer si je n’avais pas cassé le contrat de location. Je suis supposé croire que c’est juste une autre coïncidence, peut-être?

Dès le départ en tant que travailleur à La Boite, mon statut de temporaire ne m’a pas empêché d’avoir droit au bonus de 50¢ l’heure pour ceux qui travaillent de soir. Mais à partir du moment où j’ai signé avec GM, là, soudainement, mon statut d’employé temporaire m’empêchait d’avoir le bonus de Noël, la double paie de la crise du verglas, l’augmentation des six mois, le contrat de travail après un an, la permanence… Bizarre, comme coïncidence, non?

Et moins d’une semaine après que j’aille rendu l’auto, ma chef d’équipe a droit à une promotion surprise, et on met Le Nazi à sa place, qui me prend aussitôt en grippe sans aucune raison logique de le faire.

Eh, ça explique même pourquoi, de nulle part, Camélia a affirmé devant le vendeur que je n’allais pas garder mon travail longtemps parce que c’est du travail de bureau et je suis un artiste. Ce sont ses parents qui lui ont mis ça en tête. Elle me l’a dit elle-même, que ça faisait des mois qu’ils la prévenaient contre moi. Et avec ses connexions à GM et à mon travail, le beau-père avait tout ce dont il avait besoin pour faire de ses médisances contre moi une prophétie auto-réalisatrice.

Et tout ce temps-là, j’ai cru que ce n’était qu’une suite de hasards malheureux. J’ai cru que c’était le destin qui s’acharnait sur moi. Que j’avais la malchance extrême qui me collait au cul. Mais maintenant que Louis-Sébastien m’avait pointé l’évidence comme quoi c’était mon beau-père qui avait tout manigancé, je réalise enfin la vérité: Je n’ai jamais été l’homme le plus malchanceux du monde! La preuve, c’est au nombre de fois où au contraire j’ai eu des chances durant cette période. Le fait d’avoir gagné des billets d’avion. Le fait que j’ai pu travailler pendant les trois semaines de panne, sinon j’aurais été trois semaines sans revenus. Le fait que le bureau de financement de GM ait perdu ma trace et, au bout d’un an, ait vendu ma dette à une agence de collecte. Ma ruine qui a effacé ma dette de GM à l’agence, et qui a fait cesser la pension. Mon retour d’impôts qui a effacé ma dette de pension.

Tout ce que j’ai subi de négatif durant cette période, ce n’était pas de la malchance. Ce n’était pas du hasard. C’était planifié. C’était juste un père qui tenait à ce que je me tienne loin de sa fille, c’est tout. C’est juste que, avec ses connexions qui s’étendaient jusqu’à mon travail, il pouvait s’assurer que jamais je ne serai assez riche pour qu’elle veuille de moi de nouveau.

Je ne saurais vous exprimer à quel point cette révélation m’a libéré d’un grand poids qui me pesait dessus depuis deux décennies. Cet indescriptible sentiment de soulagement. Tous ces murs qui s’écroulent dans ma tête. Tous ces engrenages libérés des bâtons qui les coinçaient. Je pleurais et je riais en même temps, tellement j’en étais chamboulé. Mais ce fut un chamboulement positif. Car enfin, depuis le temps que je me répétais qu’il était impossible que le sort s’acharne sur quelqu’un à ce point-là en lui balançant des coïncidences aussi extraordinairement négatives, j’ai enfin la preuve comme quoi j’avais raison.

Si j’avais su que le fait d’en parler sur le net allait me donner l’explication qui irait me libérer de ce poids moral, je l’aurais fait bien avant.

Techniquement, j’aurais toutes les raisons d’en vouloir à mon ex-beau-père, mon ex-vendeur de GM, mon ex-PDG… Mais vous savez quoi? Je ne ressens rien de tel. Je suis juste trop envahi par le sentiment de soulagement que m’a apporté le fait de pouvoir enfin comprendre ce qui s’est passé, que je ne suis même pas capable de ressentir de rancune envers qui que ce soit. Pendant deux décennies, j’ai vécu sous l’impression d’être un loser avec la poisse qui lui colle à la peau. En réalisant enfin que je me trompais tout ce temps-là, puisqu’en réalité je n’avais jamais été plus malchanceux que n’importe qui, je ne ressens rien d’autre qu’une profonde paix intérieure.

Et quiconque ne ressens que paix n’a pas de place dans son âme pour la haine.