Dans la tête d’un Nice Guy

Les célibataires involontaires, les incels, les Gentlemen, les Nice Guys, les Elliot Rogers, les Alek Minassian… Tout commence avec une mentalité décrite (et approuvée) par un texte tristement célèbre, Ode to the Nice Guys, dont j’ai déjà analysé la version française dans ce vieux billet. (Tous ces liens ouvrent d’autres onglets.)

Il y a quelques temps, une amie facebookienne à posté l’image qui suit, en se plaignant de tous les Nice Guys qui partagent ce genre de message dans lequel ils chialent comme quoi la simple décence sociale de base (être gentil et respectueux d’autrui) n’est pas suffisant pour leur rapporter amour et sexe :

Aujourd’hui, comme je le répète souvent, je sais qu’il faut beaucoup plus que « nous sommes tous les deux célibataires et hétéros » pour qu’il y ait attirance solide et couple stable.  Mais il fut une époque, avant mes 27 ans, où j’étais exactement comme ces gars-là.  Et ma vision de la chose était exactement celle-là.

Alors si vous vous demandez ce qui se passe dans la tête d’un Nice Guy pour leur faire croire de telles choses, réjouissez-vous, je suis très bien placé pour vous l’expliquer. 

Ça va comme suit:

(Dans la tête d’un Nice Guy, DÉBUT)
De mes 14 à 26 ans, une fille n’avait qu’à être hétéro et célibataire pour attiser mon désir de sortir et coucher avec.  Je n’avais aucun concept des affinités, des passions communes. Par conséquent, TOUTES les filles célibataires étaient des conjointes/amantes potentielles.

Et d’après ce que je pouvais voir, du côté des filles, c’était pareil. Au nombre de filles qui se plaignaient de leurs mecs, il me semblait évident qu’elles non-plus n’en avaient rien à chier, d’avoir des trucs en commun avec le gars qui partagera sa vie.  Le couple, dans le fond, c’était juste une garantie de baiser sur une base régulière, point. Le reste, on s’en fout. On s’adapte pour que chacun ne dérange pas trop l’autre dans ses habitudes, voilà tout.

Ah, et les filles avaient le beau jeu. Pas question qu’elles draguent, ça leur donnerait l’air de salopes. Alors fallait juste qu’elles se laissent draguer par un gars. Et, là encore, pour ne pas avoir l’air salope, elles se sentent obligées d’opposer une résistance de principe. NOUS SOMMES DONC OBLIGÉS D’INSISTER!!!!

À cette époque, comme tout le monde, j’entendais que la majorité des filles disaient que « c’est l’intérieur qui compte ». Que « La beauté, l’argent, ça n’a aucune importance. » Donc, à mes yeux, moi qui suis loin d’être un athlète, loin d’être riche, loin d’être beau, je n’avais qu’à agir en bon gars, me montrer doux, gentil, romantique, et j’allais toutes les avoir à mes pieds.

Mais voilà, au lieu de succomber à mes charmes, elles préféraient un beau grand riche. QUELLES SALOPES PROFITEUSES! Un beau grand riche, de qui elles vont se plaindre ensuite comme quoi il la maltraite. Bien fait pour toi, pauvre conne, de ne pas avoir choisi un Nice Guy comme moi.

Et puis là, on frustre, évidemment! Ce n’est pas ces gars-là qui devraient se faire offrir du vagin. C’est MOI! Chuis gentil, chuis romantique, chuis tendre… Bref, je suis tout ce qu’elles disent vouloir. Pourtant, c’est lui, qui n’est rien de tout ça, qui y a droit. Ces filles me privent donc injustement du sexe qui me revient de droit, pour le donner à ceux qui ne le méritent pas.

En plus, ces filles sont toutes des hypocrites. Quand on leur demande de s’expliquer pourquoi elles cèdent aux avances de ces gars qui ne leur conviennent pas, elles répondent « Pas eu le choix, il a insisté! » Par contre, quand MOI j’insiste, non seulement elles résistent, je me fais parfois menacer de me faire mettre la police au cul.

Eh oui! Quand moi, le bon gars, j’insiste, puisque telle est la règle du jeu, elle ne cède pas. Mais quand LUI, le trou d’cul, il insiste, elle cède? Sans le menacer? MAIS QU’EST-CE QU’ELLES SONT INJUSTES, CES SALOPES!

Non mais pensez-y sérieusement, c’est nous, les victimes, ici. On fait tout ce qu’on a à faire pour être en couple. Par conséquent, on DEVRAIT être en couple. Ce sont elles, avec leurs décisions stupides, qui font de nous des célibataires involontaires. Il est de notre droit de refuser d’être victime de cette injustice. Et la seule façon de cesser d’être victime, c’est de s’arranger pour prendre ce qu’elles nous refusent injustement. Ce n’est que Justice!

Alors il nous vient des idées, des fantaisies. On longe les allées de la pharmacie, en cherchant pour voir si de puissants somnifères sont en vente libre. On fait des recherches sur ce fameux chloroforme, présent dans les BD et les films. On est fasciné par le concept de drogues de viol et on passe des heures à googler sur le sujet, à voir comment pouvoir en commander en ligne.

Ben quoi? Si elle ne veulent pas nous donner du sexe volontairement, et si on ne veut pas se retrouver en prison si on insiste, on est bien obligés de trouver des façons pour obtenir en douce ce qui nous revient de droit.

Et c’est normal que l’on pense ainsi, on ne nous montre que ça, partout, toute notre vie.  Si le prince a fini avec Blanche Neige et la Belle au Bois Dormant, c’est parce qu’il a commencé à être intime avec elles alors qu’elles étaient inconscientes.  Dans le film Revenge of the Nerds, le nerd en chef séduit la copine de la grosse brute sportive en se faisant passer pour lui dans le noir.  Et après s’être montré meilleur baiseur que lui, il se révèle à la fille qui jette immédiatement la brute en faveur du nerd, en regrettant de ne pas lui avoir laissé sa chance avant. 

Cette scène résume parfaitement notre situation:  On sait qu’on peut les faire nous aimer, il faut juste qu’elle nous laisse une chance. Et si elle ne veut pas nous la laisser, cette chance?  Eh bien, ne nous répète t’on pas sans arrêt que « la chance, c’est quelque chose que l’on se fait soi-même » ?
(Dans la tête d’un Nice Guy, FIN)

Et ouais, voilà la terrifiante mentalité incel, que j’ai eu moi-même de mes 14 à 26 ans.  

Avec de telles convictions, la suite dépend entièrement de la personnalité de chaque gars. Certains vont juste passer leur vie à chialer contre cette injustice. Comme ceux qui font et/ou distribuent des images comme celles au début de cet article.  Certains vont passer à l’action, en violant. Certains vont se défouler dans des tueries.

Et puis il y en a d’autres, comme moi, qui se sont arrêtés, se sont observés, ont observé les autres, et ont fait ce qu’ils avaient à faire pour devenir agréables, mériter le respect, être désirables.

Et en général, c’est là qu’on se rend compte que les filles ne sont pas si pires que ça. C’est  juste nous qui nous obstinions toujours à ne désirer que les filles à problèmes: Celles qui ne préfèrent vraiment que les irrespectueux.

J’ai eu de la chance. Dans mon cas personnel, tout ce que ça m’a pris pour m’en tirer, ce fut faire du sport (pour améliorer mon physique) faire de la BD (pour me faire connaitre) et faire une longue introspection, afin de voir ce qui me rendait loser en amour comme partout ailleurs, afin de changer mes mauvaises habitudes.  J’en ai fait une série de billets il y a quelques années, regroupés dans la série Pas obligé de rester loser.

En ressortant mes notes à la mine au deux tiers effacés par le temps sur papier ligné jauni, qui furent mes journaux intimes de mes 15 à 26 ans, je redécouvre un ancien Moi qui est beaucoup plus incel que je le croyais.

Par exemple, à 20 ans, je considérais que toute fille qui me disait « Allo! » était une amante potentielle. Et quand je la draguais et qu’elle répondait négativement, en me disant toutefois que nous pouvions rester amis, je trouvais ça stupide. Je lui répondais alors que ce n’est pas une amie que je veux, c’est une blonde. Des amies, j’en ai déjà. Je n’ai pas besoin d’en avoir une de plus.


Et la meilleure, c’est que j’étais vraiment sincère en disant ça. Dans ma tête, ma façon de penser était logique et incontestable.

Et en effet, j’en avais, des amies. Trois! Celles-là, il y avait une excellente raison pourquoi je ne les avais jamais vues comme étant des blondes potentielles. La première était la blonde d’un de mes amis. La seconde me semblait d’une classe sociale beaucoup trop élevée pour moi, et n’a de toute façon jamais manifesté intérêt pour moi. Et la troisième, comment dirais-je!? … « Butinait » beaucoup, disons. Et moi je voulais une relation stable, chose que je ne pouvais pas envisager avec une fille incapable de s’engager sérieusement.

Quand je voyais celle en couple stable se plaindre que mon ami lui manquait parfois de respect, comme la fois où il l’avait traitée de grosse épaisse devant nous tous, de ne pas être aussi habile que lui avec un jeu vidéo, j’entrais dans une colère noire. Non pas contre lui, mais bien contre elle. Car je suis là, moi, qui ne lui ferais jamais un tel affront. Mais moi, elle m’ignore. Par contre, lui, qui la rabaisse sur son intelligence et son poids, eh bien LUI, elle l’aime.

La fois où elle m’a confié avoir été blessée de cette remarque de sa part, je n’ai pas hésité à lui dire: « Ben là, si t’aimes ça, un gars qui t’insulte, viens pas te plaindre après ça! » Ça l’a insulté. Elle m’a dit que ce commentaire, c’était très bas de ma part, et qu’elle s’attendait à mieux de moi. Ma réplique: « Ben c’est ça! Insulte celui qui te respecte, et respecte celui qui t’insulte. Tu vois comment tu agis? Exactement ce que je disais. » Furieuse, elle a quitté la pièce. Et moi, impassible, je n’ai fait que hausser les épaules, la trouvant pathétique d’être ainsi incapable de faire face à la vérité.

Mon ami était fils de bonne famille, beau, bon étudiant, travailleur salarié, avec un excellent avenir. Moi, j’étais un laid fils de BS qui ne foutait rien à l’école, sans emploi ni ambitions. Il avait un avenir, il faisait de quoi de sa vie. Pas moi! Il était donc un bien meilleur prospect que je pouvais être. Pourtant, à mes yeux, il n’y avait aucune différence entre lui et moi, à part le fait que je respectais les filles, et pas lui. Donc, puisqu’il avait une fiancée et pas moi, la seule conclusion à laquelle je pouvais arriver était que les femmes sont toutes des hosties de folles qui aiment se faire maltraiter.

Ou alors, c’est parce qu’il était beau et riche et moi pas, ce qui signifie que les filles sont toutes des profiteuses superficielles.  ET des menteuses d’affirmer le contraire.

Donc, ma conclusion en trois points pour résumer la mentalité Nice Guys / Incel est:

  • De 1) Nous nous sentons inférieurs à la population en général, pour une ou plusieurs raisons.
  • De 2) On ne veut pas faire l’effort de s’améliorer. On préfère blâmer les autres de ne pas nous donner les mêmes avantages sociaux que ceux qui le méritent.
  • Et de 3) Quand on n’a rien pour nous côté physique, beauté, talents, argent, habiletés, etc, alors il est extrêmement important pour nous d’avoir au moins une copine/conjointe/amante et du sexe pour compenser.

Et pourquoi faire une obsession sur ÇA, en particulier? Simple: De tout ce qu’un gars peut avoir, c’est la seule chose qui, selon rumeurs, ne demande rien de plus que « être gentil, car le reste est sans importance. »  eh bien il se trouve que « Être gentil », ça, on peut le faire. Alors on tient mordicus à avoir l’amour et le sexe d’une fille, en échange de notre gentillesse, tel que socialement promis.

Et voilà pourquoi c’est si frustrant pour nous, que la seule chose que l’on nous miroite comme étant à notre portée, nous est quand même refusée.

Je ne prétend pas que tous les Nice Guys pensent exactement ainsi. Mais telle était la mentalité que j’avais avant 1995, jusqu’à mes 27 ans.

12 faits sur les conjoints qui choisissent de te juger négativement

L’une des leçons de couple les plus pénibles que j’ai eu à apprendre, surtout parce que c’est l’une de celles qui m’a pris le plus de temps à comprendre, c’est que tu ne peux pas changer la mentalité de l’autre au sujet de la vision qu’elle a choisi d’avoir de toi. 

Surtout si cette vision est aussi erronée que négative.  

Il y a quelques temps, je parlais des prophètes auto-réalisateurs.  Il s’agit de gens qui, justement, choisissent d’avoir une vision de toi aussi fausse que négative, pour ensuite  mettre tout en œuvre pour prouver qu’ils ont raison à ton sujet.  Et ça inclut créer eux-mêmes le problème, dans le but de provoquer en toi ce comportement qu’ils cherchent sans cesse à te reprocher.

Tout le long de ma vie, j’ai plusieurs fois été confronté à ce genre de personnes.  C’est déjà assez pénible d’en avoir dans notre entourage, imaginez quand en plus il s’agit de la personne avec qui vous êtes en couple. 

Ce dernier cas m’est arrivé à trois reprises.

D’abord, La mère de mes enfants, qui s’attendait à ce que je sois infidèle.  Tout le long de notre relation, elle m’accusait de l’être, en se basant sur les indices les plus anodins et illogiques pour appuyer ses soupçons.  Mais puisqu’elle n’a jamais trouvé de véritables preuves (assez difficile en effet de prouver quelque chose qui ne s’est jamais produit) alors elle s’est arrangée avec son amie Linda pour tenter de créer elle-même cette situation jusque-là inexistante : Elles m’ont offert un ménage-à-trois.  Même en déclinant leur offre, ça ne lui a jamais enlevée l’idée que je voulais en baiser une autre.  Ça lui a juste fait croire que je voulais en baiser une autre, sans sa présence.

Puis il y a eu Christine, qui s’attendait à ce que je sois un frustré sexuel.  Alors tout le long de notre relation, elle m’accusait d’en être un, et s’arrangeait toujours pour trouver des indices anodins et ridicules pour appuyer ses soupçons.  Et puisqu’elle n’en trouvait pas, alors elle s’arrangeait pour créer elle-même des situations pouvant provoquer ce genre de frustrations. 

Enfin, il y a eu Geneviève la coloc de l’enfer, qui tenait à prouver que j’étais un frustré tout court.  Mais dans son cas, c’est compréhensif, puisqu’elle est conflictuodépendante.  Alors évidemment, elle créait le conflit non-stop.

À chaque fois que tu es confronté à cette personne, c’est la même chose :  Ça ne sert à rien de lui répéter que tu n’es pas comme ça.  Ça ne sert à rien de lui démontrer que tu n’es pas comme ça. Le mieux que tu puisses faire suite à ses accusations mensongères, c’est de lui prouver qu’elle se trompait à ton sujet. 

Or, peu importe le nombre de fois où tu le lui prouve, ça ne la décourage pas de t’en accuser.  Bien au contraire.  Elle continuera toujours à chercher à te prendre en défaut.  Des défauts qu’elle est la seule à voir en toi. 

Un jour, j’ai compris douze vérités de base toutes simples à ce sujet : 

  1. Les gens normaux te jugent d’après tes faits, gestes et paroles.
  2. Au-delà de ça, tu n’as pas à prouver quoi que ce soit à qui que ce soit. 
  3. S’ils te jugent d’après des faits, gestes et paroles qui n’existent que dans leur imagination, alors ce n’est pas avec toi qu’ils ont une relation.  C’est avec leur imagination.  En fait, c’est avec eux-mêmes.   
  4. Si l’autre s’acharne à avoir une image erronée de toi, bien que cette image ait été mille fois prouvée fausse, c’est parce que c’est avec ce genre de personne qu’elle veut vraiment être.
  5. Autrement dit, cette personne n’en a rien à foutre de ce que tu es vraiment.  Pour elle, seule compte l’image qu’elle a choisi d’avoir de toi.
  6. C’est parce qu’elle s’est conditionnée à d’être confrontée à ça.
  7. C’est parce que ça lui convient, d’être confrontée à ça.
  8. C’est parce qu’elle a besoin d’être confrontée à ça.
  9. C’est parce qu’une personne qui s’est conditionnée à survivre dans la discorde est incapable de vivre dans l’harmonie.
  10. C’est parce qu’elle a beaucoup de ressentiment envers le genre de personne qu’elle voudrait que tu sois.  Et tant et aussi longtemps que tu lui prouves que tu n’es pas comme ça, alors tu l’empêches d’obtenir la satisfaction morale de confronter cette personne imaginaire qu’elle projette en toi.  Donc plus tu lui donnes des preuves comme quoi elle n’a aucune raison de t’en vouloir, et plus ça lui donne des raisons de t’en vouloir.
  11. Par conséquent, avec cette personne, inutile d’être franc, droit et irréprochable, elle refusera toujours de croire que tu l’es.
  12. Et surtout, inutile d’être patient et inutile d’être compréhensif, car c’est inutile de croire qu’elle va finir par entendre raison.  Avec une personne qui ne voit en toi que ce qu’elle veut voir, tu perds ton temps.

À l’époque où j’étais un Nice Guy / White Knight, je croyais bêtement que ces filles étaient du matériel de choix pour fonder un couple. Tu prends une fille qui a toujours sorti avec des trous d’cul, tu lui montres que tu n’es pas comme ça, et voilà : Ayant vécu le pire, elle trouve que tu es une extraordinaire amélioration, en comparaison avec le reste de la population masculine.  Heureuse d’avoir enfin trouvé l’homme idéal, elle t’aime sans retenue et vous vivez dans l’amour et l’harmonie jusqu’à la fin des temps.  

… Du moins, ça me semblait logique. 

Malheureusement, j’ai appris à la dure que quand une personne se plaint d’avoir toujours eu le même problème dans toutes ses relations, ça veut généralement dire que (au choix) :

A ) Elle n’est attirée que par ce genre de personne.
B ) Elle est convaincue que tous les hommes sont ce genre de personne.

C ) 
Elle les accuse tous (à tort ou à raison) d’être ce genre de personne.
D ) 
Elle tient à prouver que tous les hommes sont ce genre de personne.
E ) Elle les provoque tous à devenir ce genre de personne.
F ) 
Toutes ces réponses.

Au mois d’avril dernier, alors que je testais les rencontres sur Tinder, il y avait cette femme avec qui le courant passait bien.  Cependant, elle se méfiait des hommes qui étaient encore amis avec leurs ex.  Selon elle, l’amitié entre ex, ça n’existe pas.  Il faut toujours qu’il y en ait un des deux qui continue de désirer l’autre.   

Lors de notre seconde et dernière rencontre dans un café, elle me demande :

 « Depuis combien de temps que t’es pu avec ton ex? »
« Quatorze mois, soit depuis le 16 février 2017. »

Elle allume alors son téléphone et me montre cette photo de moi, tirée de mon Facebook. 

« Le 16 février 2017, tu dis?  Eh bien ton ex a posté cette photo de toi sur ton mur de Facebook le 5 août 2017. »
« Ok! »
« Je suppose que c’est elle qui a pris la photo? »
« Exact! »

Et là, avec un ton de voix où se mêlent le reproche et la condescendance, elle me brandit son cell au visage.

« Tu t’es-tu vu la face?  Tu vois-tu comment tu la regardes?  C’est pas le regard d’un gars qui n’est plus amoureux de son ex, ça!   Un gars qui regarde son ex de-même, c’est parce qu’il est toujours accro à elle. »

Eh boy!

J’aurais pu lui expliquer que mon expression faciale venait tout simplement du fait que l’on sortait de table et que j’étais repu d’une délicieuse et bourrative soupe Ramen maison, et que j’étais maintenant assis devant mon émission télé favorite en compagnie de mes deux minets ronronnants.  Et c’est en me voyant dans ce moment de bien-être total que Flavie s’était amusée à m’immortaliser. 

J’aurais pu également lui montrer d’autres photos de mon Facebook, prises par aucune de mes ex, dans lequel j’ai le même air de béatitude, démontrant que je n’ai pas besoin d’être amoureux pour faire cette face d’ahuri.

En fait, j’aurais même pu tordre la vérité pour à la fois lui donner raison, histoire de la satisfaire, tout en me disculpant de manière logique de ses accusations : Je n’aurais eu qu’à lui dire que même si j’avais encore été amoureux lorsque Flavie a pris cette photo, il s’était écoulé huit mois depuis.  Et, tel que je venais de lui dire, ça faisait quatorze mois depuis notre séparation.  Donc que même si j’avais encore eu quelques restants de sentiments amoureux pour mon ex au moment de cette photo, ceux-ci auraient eu largement le temps de disparaître.  D’où mon inscription sur Tinder le mois précédent, d’où notre rencontre.   

Mais voilà, face à une attitude soupçonneuse et accusatrice comme la sienne, j’ai compris immédiatement que ça ne me servirait rien de me justifier sur quoi que ce soit.  Cette femme était convaincue que l’amitié post-couple n’existait pas, et elle était à l’affût du moindre indice qui pourrait lui prouver son point contre moi.  Même si j’effaçais toutes mes photos de toutes mes ex, même si je coupais tout contact avec elles, même si je mettais aux poubelles tous mes meubles et toutes mes possessions du temps où j’étais avec elles, ça ne lui suffirait jamais.  Elle continuerait toujours de me faire vivre ses soupçons.  Je le sais, c’est exactement ce que j’ai vécu avec la mère de mes enfants.

Je me suis donc épargné un avenir négatif, frustrant et moralement énergivore, en lui disant ce qu’elle voulait entendre :

« Ouais, tu as raison!  Si je suis sur Tinder, c’est pour l’oublier en me jetant dans une nouvelle relation.  Si ça ne te convient pas, je comprendrai. »

Ça ne lui convenait pas.  Elle m’a dit de rentrer chez moi, d’aller régler mes problèmes personnels, au besoin d’aller suivre une thérapie, au lieu de faire perdre leur temps aux autres en prétendant mensongèrement être guéri de mon obsession pour mon ex.

En étant faussement d’accord avec elle, j’ai donné à cette femme quelque chose qu’elle aurait pu gâcher le reste de nos deux vie à chercher en vain : Une preuve comme quoi elle avait raison de croire que j’étais aussi pire qu’elle m’imaginait.  En lui accordant ça dès le départ, tout le monde gagne :  Elle est satisfaite d’avoir eu raison à mon sujet, et moi je suis satisfait de m’être évité une relation de couple merdique.  Un couple dans lequel elle n’aurait pas été en relation avec moi, mais plutôt avec la version imaginaire qu’elle s’était créée pour prendre la place de celui que je suis vraiment.

Il y a une raison pourquoi il est inutile de perdre son temps avec ces gens-là. C’est que quand une personne prétend savoir d’avance ce que tu es et ce que tu fais, c’est qu’elle est aussi prétentieuse qu’orgueilleuse.  Les personnes de ce genre-là ne sont pas reconnues pour admettre leurs erreurs.  Et surtout pas face à ceux qu’ils préjugent de façon négative et méprisante.

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Y’A LIENS LÀ:

Les commentaires sensuels et/ou sexuels et/ou pervers.

Une fille vient de changer de photo de profil sur Facebook.  Elle est mince, dans la mi-vingtaine, et a les cheveux noirs attachés en deux queues de cheval de chaque côtés de la tête.  Sur sa photo, on la voit en chemise blanche à manches courtes.  La chemise, très serrée, est ouverte et contourne ses volumineux seins, qui sont eux-mêmes dans un soutien-gorge rouge ouvert en V, le tout bordé de dentelles.  Le visage légèrement penché par en avant, elle regarde directement la caméra par-dessus ses lunettes, tout en suçant un popsicle. 

 Les commentaires sous la photo se divisent en cinq catégories :

  • CATÉGORIE 1 : Ses ami-e-s qui lui disent des trucs anodins du style de « Jolie photo! »
  • CATÉGORIE 2 : Des hommes qui lui font des commentaires sensuels et/ou sexuels et/ou pervers.
  • CATÉGORIE 3 : La fille de la photo qui se plaint de recevoir des commentaires sensuels et/ou sexuels et/ou pervers.
  • CATÉGORIE 4 : Les gens qui lui disent que si elle ne veut pas recevoir des commentaires sensuels et/ou sexuels et/ou pervers, alors elle a juste à ne pas poster une telle photo.
  • CATÉGORIE 5 : Les gens qui répliquent que rien ne justifie de tels commentaires, et que c’est son droit de choisir son look sans devoir subir des commentaires déplacés.

 Il y a quelques jours, on a attiré mon attention sur cette photo et sur les commentaires, histoire de me demander mon avis.  Je me suis trouvé un peu désemparé.  C’est que je dois admettre que c’est un sujet sur lequel je refuse de me pencher depuis un bon dix ans.  Mais j’avais une bonne raison pour ça.  Et la voici:

Durant les quinze années où les forums étaient populaires (1998-2012) je me suis vite rendu compte que lorsque le sujet de discussion est sur le thème de la relation agresseur/victime, l’un des premiers commentaire amène la notion de la responsabilité.  Et ça, comme le veut le cliché, c’est la gazoline sur le feu, et personne ne sera à court de bidons (pleins) à y lancer.  Peu importe ton opinion, peu importe la logique de tes arguments, peu importe que tu responsabilises l’un, l’autre, les deux, aucun des deux, les circonstances, le hasard ou rien du tout, tu vas te faire massacrer par tous ceux qui ont une opinion différente de la tienne.  Car sur ce genre de sujet,  les gens ne vont pas attaquer tes arguments, ils vont t’attaquer TOI!  Et la confrontation va continuer comme ça pendant plusieurs jours, sans jamais que personne ne recule d’un pouce.  À la fin, lorsque les gens en auront marre de cette dispute qui ne mène nulle-part, le sujet mourra par lui-même.  Mais rendu là, le mal sera fait.  L’opinion des gens à ton sujet sera négative, et ce pour de bon.  Et au nombre de gens qui ont vu leurs vies se faire ruiner suite à quelque chose qu’ils avaient écrit en ligne, plus personne n’est assez idiot pour encore affirmer que « internet, c’est pas la vraie vie! »  Et c’est pour ça que je me tiens loin de ce genre de truc.

Mais aujourd’hui, je me rends compte que oui, je peux avoir une opinion là-dessus sans pour autant me faire scalper à coup de marteau.  Et c’est parce que je vais m’adresser aux hommes de la catégorie 2, ceux qui lui font des commentaires sensuels et/ou sexuels et/ou pervers.  Et je m’adresserai à eux, non pas pour leur taper dessus, non pas pour leur faire la leçon, mais pour leur donner quelques trucs à retenir, afin qu’ils puissent se protéger des désagréments décrits dans le paragraphe précédent.  Ça va comme suit :

Truc à retenir 1. Est-ce que la fille t’a envoyé cette photo à toi, personnellement, tout seul, en privé?  Non? Alors ça veut dire que tout le côté sexy de cette image ne s’adressait pas à toi personnellement.  Par conséquent, elle ne veut rien savoir de l’effet qu’elle te fait.  Est-ce que tu veux te subir un incessant barrage d’insultes de toutes part pour lui avoir envoyé ce que tu croyais qu’elle voulait recevoir?

Truc à retenir 2. Depuis #MoiAussi #MeToo, c’est la mode de dénoncer tout comportement qui puisse être vu comme étant inapproprié de la part d’un homme envers une femme.  Ça inclut les commentaires sensuels et/ou sexuels et/ou pervers.  Dans cette optique, une photo de profil telle que décrite plus haut, ça sert aussi à repérer les gars qui font ce genre de commentaires.  Une fois qu’ils se sont fait prendre, ils se font dénoncer et crucifier publiquement.  Voulez-vous être victime de la mode? 

Truc à retenir 3. Parfois, une victime aura trop peur de son agresseur pour le confronter.  Alors pour se défouler, elle va provoquer des gens, jusque-là innocents, à faire ou dire un truc qui puisse sonner similaire à ce que disait/faisait son agresseur.  Ça lui donne une excuse pour se venger sur vous, sans avoir peur de subir de représailles.   Avez-vous envie de payer pour ce qu’un autre lui a fait?

Truc à retenir 4. Certaines personnes ont besoin d’exorciser quelques frustrations de jeunesse.  Alors elles, leur truc, c’est de provoquer les autres, pour ensuite les confronter, pour ensuite se faire passer mensongèrement comme pauvres victimes, afin de monter l’opinion des autres contre vous, afin de les manipuler à se battre à leur place contre vous, tandis qu’elles restent bien à l’abri, lâchement, derrière eux.  Et elles se donnent comme mission sacrée d’entacher votre réputation dans tous les aspects de votre vie : Cercle social pour vous faire abandonner, famille pour vous faire renier, conjointe pour vous faire jeter, travail pour vous faire renvoyer…  Vous ne trouvez pas que prendre le risque de ruiner votre vie pour avoir écrit un commentaire sous une photo, c’est un peu cher payer?

Truc à retenir 5. Ces temps-ci, la société considère que la chasse est ouverte contre les gars dans votre genre.  Vous agissez de façon qu’ils jugent réprimandables?  Ils vont vous le faire payer cher.  Vous dites des paroles qu’ils jugent réprimandables? Ils vont vous le faire payer cher.  Vous vous plaignez de ce fait? Ils vont vous le faire payer cher.  Vous vous rebellez contre ce fait? Ils vont vous le faire payer encore plus cher.  Sérieusement, là, c’est vous contre la planète.  Non seulement vous ne gagnerez jamais, vous allez juste vous enfoncer de plus en plus profond.  Et tout ça pourquoi, hm?  Pour envoyer un commentaire à une fille qui va vous mépriser de l’avoir écrit?  Est-ce que ça vaut tous ces emmerdements?

J’en vois déjà qui vont désapprouver les arguments que j’utilise ici, puisque nulle-part je ne suggère à ces homme d’avoir du respect envers les femmes.  C’est parce que si vous pensez ça, ça signifie qu’il y a deux petites choses que vous n’avez jamais comprises. 

  1. Dire aux hommes de respecter les femmes, ça ne sert à rien.  Les hommes respectueux le font déjà, alors dans leur cas c’est inutile.  Et les irrespectueux ne vont pas changer parce que vous le leur demandez, alors dans leur cas c’est également inutile. 
  2. Si un gars est irrespectueux, c’est qu’il est égoïste.  Et un égoïste, ça ne songe qu’à ses propres intérêts.  Aussi, mes cinq trucs à retenir leur montrent qu’il est à l’encontre leurs propres intérêts de leur manquer de respect. 

On demande souvent « Pourquoi est-ce que l’on dit aux filles de ne pas se faire agresser au lieu de dire aux gars de ne pas agresser? »  Eh bien voilà, c’est fait, je viens de dire à l’homme de ne pas agresser la femme, en lui donnant cinq raisons de s’en abstenir.  Alors peu importe la raison pourquoi il la respecte, l’important c’est qu’il la respecte.

 

Mieux vaut la parano temporaire que le regret éternel

Tel que décrit dans les billets de la série Le jour où tout a basculé, en particulier le 5e et dernier, depuis que j’ai accepté de changer d’emploi et de ville, ma vie a pris un tournant positif à tous les niveaux.

 … Enfin, à presque tous les niveaux.  Car me voilà de nouveau célibataire.  Et puisque ça fait dix semaines que j’habite dans cette ville dans laquelle je ne connais personne, alors ce serait bien d’avoir quelqu’un avec qui partager ma nouvelle vie.

Bon, j’exagère un peu.  Je connais déjà une vingtaine de personnes, le deux-tiers étant des femmes.  Mais voilà, s’agit de collègues de travail.  Il y a 25 ans, avec Christine, j’ai appris à la dure qu’il valait mieux garder ma vie privée séparée de mon travail.  Parce que d’abord, si la relation se ternit, ça peut affecter négativement l’atmosphère.  Ensuite, même si tout va bien entre nous, certains collègues peuvent prendre la relation en ombrage.  Et là encore, ça peut affecter négativement le travail.  Je tiens à éviter ça.

Je me suis donc réinscrit sur Ok Cupid.  Une fois mes informations et critères entrés, déception : Seuls deux profils féminins de ma région y correspondent.  Et pour être franc, en les lisant, à part le célibat et l’hétérosexualité,  je ne vois pas ce que nous pouvons avoir en commun.  Il fut une époque où, influencé par une forte libido, ça m’aurait suffi comme critères.  Hélas, ça donne la situation classique dans laquelle la femme se plaint que son mec ne pense qu’au sexe.  Déplorable mais normal, si la sexualité est tout ce qu’ils ont en commun.  Ça aussi, je tiens à l’éviter.

Délaissant Ok Stupid, je me suis ouvert un compte sur Tinder vendredi soir dernier.  Sous un pseudo, of course, car on n’est jamais trop prudent.  Une fois que mes photos, ma description  et mes critères d’âge et de distance furent entrés, j’y suis resté inactif toute la soirée et toute la nuit, histoire de laisser à mon profil le temps d’aller se faire voir chez les célibataires féminines du site.

Le lendemain matin, je m’y rebranche.  Les profils que Tinder nous suggèrent se divisent en deux catégories : Ceux qui entrent dans nos critères d’âge et de distance, et les membres qui nous ont choisis.  Je suis donc allé dans mon profil, j’ai fait passer la distance de 10 à 2 km, et je suis retourné voir les profils proposés.  Tel que prévu, tous les profils situés à plus de 2 km de distance étaient de femmes qui m’avaient choisis.  Il ne me restait plus qu’à les choisir en retour.  En quelques minutes, j’avais 33 matchs sur les 36 femmes qui m’avaient choisi. 

 Il ne me restait plus qu’à faire le tri : J’ai enlevé celles sans photos de visage, celles sans texte de présentation, celles situées à plus de 5 km parce que je n’ai pas envie d’une relation à longue distance, celles dont le look / le style ne me plaisait vraiment pas, les miss bière-vin-taverne, les globetrotter avec assez de temps et d’argent pour visiter 27 pays par année, et les mères à marmailles parce que maintenant que mes enfants sont adultes je n’ai plus envie de repasser par là.  Au bout du compte, il restait trois candidates. 

 Ce qui me décevait un peu, c’est qu’aucune d’entre elles ne semblait avoir un côté créatif artistique.  Ce point en commun avec moi est la raison pour laquelle mes deux plus récentes relations, avec Karine puis Flavie, ont duré aussi longtemps.  Je crois même que c’est ce qui nous a permis de continuer à cohabiter en harmonie pendant quelques mois suite à notre rupture, et que nous sommes encore en bons termes aujourd’hui.  Je sais que je me répète ici, mais il faut bien plus que «nous sommes tous les deux hétéros et célibataires » pour avoir une relation durable. 

Mais en même temps, je me suis demandé si je n’étais pas un peu trop intransigeant.  Après tout, bien que je fasse encore de la BD dans mes temps libres, les arts ne constituent plus mon activité principale.  Peut-être qu’il me serait possible de connecter avec quelqu’un sur un autre aspect que celui-là.

J’ai donc commencé à jaser avec la première candidate.  Elle est sympathique et on s’entend bien.  Elle me suggère même de son propre chef de me faire visiter la région le lendemain.  Or, le matin suivant, elle annule, pour une raison qui me semble fort bidon.  Je me montre compréhensif et n’insiste pas davantage. 

La seconde, même scénario, à ceci près qu’au lieu de canceller, elle a juste disparu de mes connexions. 

La 3e, appelons-là Louise, fut la plus prometteuse.  Seulement 5 ans de moins que moi, jolie, en forme, sans enfants et n’en veut pas non plus, elle occupe le poste de préposée au crédit chez l’un des nombreux concessionnaires du coin, donc sérieuse et indépendante financièrement.  Elle a un grand sens de l’humour et apprécie le mien qu’elle a vu dans mes photos et mon texte de présentation.  Puis, vint le moment où je lui dis que je travaille pour La Firme.  Elle me répond:

« Ah oui?  Est-ce que tu connais Constantina Peloza? »
« Non!  Elle travaille pour La Firme? »
« Oui, à la branche mère, sur Bissette. »
« Ah, d’accord, c’est pour ça alors.  Je suis au bureau qui vient d’ouvrir, sur Cartier.  C’est une amie à toi? »
« Oui, c’est ma meilleure amie.  C’est l’une des vice-présidentes. »
« Ah?  Ok!  Je serai sage alors. »
« HAHAHA, je savais que tu répondrais ça. »

Sur ce, puisqu’il se faisait tard, nous nous sommes souhaités bonne nuit en nous promettant de continuer de jaser le lendemain. 

Je savais parfaitement que je n’allais jamais tenir cette promesse.  À partir du moment où elle m’a dit que sa bonne amie était une de mes vice-présidentes, j’ai immédiatement compris qu’il valait mieux que je me tienne loin de cette femme.  Je l’ai d’abord retiré de mes contacts, avant de détruire mon compte sur Tinder en me félicitant de ne jamais y avoir mis mon vrai nom.

Parano?  Peut-être!  Mais voyons les choses avec logique.  Tout d’abord, bien que nous avions du plaisir à jaser, il reste que nous avions peu de choses en commun.  Et une relation de couple sans points communs, ça ne risque pas de durer éternellement.

Dans le cas de Karine et Flavie, comme je dis plus tôt, bien que nous ayons eu à rompre, c’est probablement nos passions artistiques communes qui faisaient que nous sommes restés colocataires harmonieux et bons amis par la suite.  Mais dans le cas de Louise, si on casse, on n’a plus rien en commun.  Et quand on casse avec quelqu’un avec qui nous n’avons aucune raison d’être amis pour commencer, en général, ça donne des ruptures négatives pleines de ressentiments.

Et je sais de quoi je parle.  C’est exactement ce que j’ai vécu avec la mère de mes enfants, une femme avec qui je n’avais en commun que l’hétérosexualité et la forte libido. Des 28 ans où j’ai vécu à Montréal, il y en a eu 24 qu’elle a réussi à détourner et ruiner, en utilisant les enfants.

Autre chose : Il y a 21 ans, je me suis procuré une automobile.  Vous savez, cette rumeur comme quoi les concessionnaires ne sont que des arnaqueurs?  Je suis tombé sur le genre de vendeur qui contribue fortement à cette réputation.  Le jour où j’en ai eu assez de ses magouille et que j’ai pris action contre lui, il m’a appris un petit détail que j’ignorais :  Le président directeur général et fondateur de la compagnie pour laquelle je travaillais à ce moment-là, eh bien… C’était son petit frère.  Eh ouais!  Le monde est petit, des fois.  À partir de ce moment-là, non seulement ai-je commencé à subir du harcèlement moral au travail, toutes mes plaintes à ce sujet aux ressources humaines et aux différents supérieurs que j’avais ne faisait qu’empirer mon cas.  J’ai eu à démissionner.   Et n’ayant que cette compagnie à mettre sur mon CV en guise de référence, inutile de dire qu’ils ne m’ont pas aidé.  Ma carrière était brisée.

À la lueur de tout ceci, est-ce que je veux me lancer dans une relation amoureuse avec une personne avec qui j’ai si peu en commun que l’on ne pourrait même pas avoir une relation d’amitié platonique durable pour commencer?  Donc une relation de couple qui a tout le potentiel pour mal finir?  Avec une personne dont la meilleure amie est très bien placée pour détruire ma carrière, si tel est son bon plaisir?  Je viens tout juste de refaire ma vie, et celle-ci est la plus positive que j’ai eue à date, et ce sous tous ses aspects.  Est-ce que je veux vraiment risquer de perdre tout ça?  En échange de quelques orgasmes?

La réponse est non!   !/$%?&* que non!  

Il y en a qui, en lisant ceci, vont penser que plutôt que de disparaître sauvagement, j’aurais dû avoir la décence de lui expliquer pourquoi je préférais en rester là.  Je comprends.  Et dans une autre situation, j’aurais été d’accord.  Mais voilà, on parle ici d’une personne que je ne connaissais que depuis trois heures.  Je n’ai pas la moindre idée si elle aurait bien pris mon désir de cesser tout contact.  Surtout si je lui explique que je veux prendre mes distances parce que je considère qu’elle serait capable de ruiner ma carrière et gâcher ma vie.  C’est le genre de déclaration qui risque de l’insulter.  Et si je l’insulte, je prend le risque qu’elle veuille me le faire payer, en utilisant son amie pour faire de mes craintes une réalité.   

Donc, dommage pour Louise.   Il est fort possible que c’était une personne bien qui ne m’aurait jamais causé le moindre problème, mais ce n’est pas quelque chose que j’ai envie d’apprendre à la dure.  Parce que j’ai trop à perdre si tel n’est pas le cas.  Éventuellement, je trouverai bien quelqu’un qui me convient mieux, avec qui j’aurai des choses en commun, et qui n’aura aucun lien de près ou de loin avec mon boulot.  Mais en attendant, je préfère être prudent.

Il y a des moments dans la vie où il vaut mieux prendre le risque de passer pour parano en croyant qu’une situation est dangereuse, que de faire aveuglément confiance et de prouver qu’elle l’était vraiment.  Ceci est l’un de ces moments.

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Y’a liens là:
Si vous n’êtes toujours pas convaincu, alors vous devez lire Les 12 risques d’avoir une relation en milieu de travail.

Les prophètes auto-réalisateurs et votre reputation (Le retour)

AVERTISSEMENT : Ce billet comporte des scènes sexuelles explicites enrichies de TMI.  Vous v’là prévenus.

Par le passé, je vous ai déjà parlé des prophètes auto-réalisateurs.  Il s’agit de gens qui vous accusent de quelque chose de faux, de manière à ce que la dite chose s’accomplisse. L’un des exemples les plus classique est la personne qui ne cesse de vous reprocher à tort d’être susceptible, jusqu’au moment où cette accusation non-fondée finisse par vous énerver, ce qui lui donne automatiquement raison de vous accuser d’être susceptible.  C’est ce qui en fait une prophétie auto-réalisatrice.

Du reste, les prophètes auto-réalisateurs sont assez facile à repérer :  Si le défaut qu’ils vous accusent d’avoir est quelque chose que vous avez déjà entendu à plusieurs reprises à votre sujet, alors c’est probablement vrai.  Par contre, si c’est un défaut qu’ils sont les seuls à  voir en vous, il y a de grandes chances que ce soit totalement injustifié, donc faux.  Une fois, passe encore, puisque tout le monde peut se tromper.  Mais si cette accusation fausse arrive à répétition, alors là, pas de doute, la personne qui vous la fait est une prophète auto-réalisatrice.  À ce moment-là, attendez-vous à ce qu’elle mette tout en oeuvre pour faire de cette accusation mensongère un fait réel, ne serait-ce que dans les apparences.

Il me revient en tête un exemple particulièrement frustrant que j’ai vécu personnellement, dans lequel une fille a réussi à me faire passer pour quelque chose que je ne suis pas.  Et elle a tellement bien réussi qu’il m’était impossible de m’en disculper.  Ça va comme suit :     

Il y a quelques années, je vous ai parlé d’une certaine Christine, avec qui je travaillais au Dunkin Donuts de Ville-Émard coin Monk et Jolicoeur en 1991.   En résumé : Je travaille avec cette jolie jeune femme d’allure semi-punk et de physique naturellement costaud.  Un jour, elle m’a proposé que nous devenions amants, ce que j’ai bien évidemment accepté.

Au bout de trois semaines, alors qu’il n’y a toujours rien eu entre nous, voilà qu’elle commence à me demander si je suis frustré, de ne pas avoir encore obtenu le sexe qu’elle me promet depuis 21 jours.  Voyant qu’au contraire je ne m’attendais à rien de sa part, elle m’invite au motel, allant jusqu’à payer la chambre elle-même.  Et là, non-stop, elle me met de la pression pour que je la baise, tout en multipliant les obstacles pour m’empêcher de le faire.  Et bien que je reste calme, compréhensif et patient, elle ne cesse de m’accuser d’être frustré.  À ce moment-là, avec calme et logique, j’ai réussi à la coincer dans une confrontation verbale dans laquelle elle n’a eu d’autre choix que de reconnaitre que de nous deux, c’était elle, depuis le début, qui avait le comportement de merde et la personnalité qui vient avec.

J’avais commencé à vous réciter notre histoire, pour finalement arrêter au bout de sept billets.  (Liens plus bas, à la fin de ce billet-ci.) J’avais conclus la série avant d’en arriver à l’époque où elle avait vraiment fini par devenir mon amante.  

Voilà un mois que j’habite seul dans un demi-sous-sol.  La place vient avec un petit comptoir-table fixe avec deux grands tabourets de bar.  Christine ayant payé une partie du premier mois de loyer, je lui ai laissé un double des clés, ce qui fait qu’elle vient souvent m’y tenir compagnie.  

Ce jour-là, chez moi, par ce bel après-midi de juin alors que nous avons congé, elle me parle du film qu’elle a vu la veille, Le Déclin de l’Empire Américain.  Elle me décrit une scène dans laquelle un homme d’âge mûr visite un salon de massage érotique.  Tandis que la jeune masseuse masturbe l’homme, elle lui raconte qu’elle fait ça pour payer l’université, et elle lui décrit de long en large le contenu de ses études de sociologie.  Bref, une atmosphère qui est tout sauf érotique.  Puis, timidement, l’homme l’interrompt en disant « Excusez-moi, mademoiselle.  Je vais jouir. »   Christine était particulièrement amusée par cette scène.  

« As-tu déjà vu ce film-là? »
« Non! »
« Ah, ok, fa que tu peux pas vraiment comprendre la scène. »
« Pas grave, tu en fais une bonne description. »

Elle jette un coup d’œil du côté du divan-lit et y voit mon oreiller.

« Je pourrais te la refaire.  Est-ce que ça te tenterait? »
« Euh…!?  Ok! »

Après l’humiliant séjour au motel qu’elle m’a fait subir il y a un mois et demi, le sujet du sexe n’est jamais revenu entre nous.  Aussi, si j’accepte, ce n’est pas par espoir sexuel, mais bien par curiosité.  Car, en sachant maintenant à quel point elle ressent du malaise face à l’intimité sexuelle, je me demande bien ce qu’elle va m’inventer pour me « montrer » une scène de branlette.  

Elle se lève, va au divan-lit, ramène mon oreiller et le pose sur le comptoir-table, au coin où celui-ci est fixé au mur.

« Couche-toi! »
« Euh… Là, sur la table? »
« Bah ouais! Si t’as envie que je te le fasse.  Est-ce que t’as de l’huile pour bébé dans la salle de bain? »
« Dans la pharmacie! »

Elle s’en va aussitôt dans la salle de bain, pour en ressortir avec la bouteille d’huile Baby’s Own de Johnson & Johnson.  Contre toute attente, sa proposition semble vraiment sérieuse.  Bien que j’en sois surpris, je ne me fais pas prier.  Je me couche.  Le comptoir-table est petit et mon fessier arrive tout juste sur le rebord de l’extrémité opposée.  Mais c’est exactement ce que Christine espérait.   En s’emparant d’un tabouret, elle me suggère d’enlever pantalon et caleçon.  Réalisant que ça va vraiment arriver, je m’exécute, l’engin déjà au garde-à-vous.  Elle s’installe entre mes jambes, sur le tabouret.  Elle se verse de l’huile dans la paume, se frotte les deux mains, puis, doucement, elle me l’empoigne et amorce un mouvement de haut en bas.  

J’ai, à ce moment-là, 22 ans.  Je suis au sommet de ma forme sexuelle.  Voilà deux mois qu’elle me promet du sexe, et voilà que ça arrive enfin.  Et c’est formidablement bon.  Comme je l’ai souvent écrit depuis que je tiens ce blog, 75% de mon excitation provient du fait de savoir que ma partenaire en a envie.  Et là, c’est elle qui a amorcé la chose.  Et c’est elle qui est active.  Et c’est elle qui veut me faire jouir.  Par conséquent, je suis super excité.

La poigne de sa main chaude qui glisse en montant et descendant me procure une sensation de plaisir extrême tel que je n’en avais jusque-là jamais connu.  Car bien que j’avais déjà eu quelques partenaires sexuelles avant elle, aucune ne m’avait jamais fait ça.  Avec les autres, je ne faisais que prendre mon plaisir moi-même, après m’être occupé d’elles.  Christine est la première à faire l’effort de s’occuper de moi en premier.  En fait, elle est la première à s’occuper de moi sexuellement tout court.   Voyant que je regarde avec fascination ce qu’elle est en train de faire, elle en rajoute.  Malgré l’huile, tout en me regardant droit dans les yeux, elle se penche, sort la langue et me la passe doucement sur le bout.  Je sens déjà les premiers signes de l’orgasme qui commen-

« Vous voulez un beigne fourré à la crème et un café?  Ok!  Un chausson avec ça? »

Euh…  Pourquoi est-ce qu’elle me parle comme si j’étais un client du Dunkin Donuts?

« Une douzaine de munchkins et un muffin aux bleuets? Bien sûr monsieur! »

Non seulement ses paroles déraillent l’atmosphère, elles me mettent dans un état de totale incompréhension.  Qu’est-ce qui lui prend, de dire ces conneries pareilles, alors qu’elle me masturbe?   Ça dépasse mon entendement.  Et bien que le mouvement de ses mains me garde raide, ses paroles sans rapport gâchent le moment, détruisant tout érotisme.  

Aujourd’hui, je réalise qu’elle essayait probablement d’adapter à son propre vécu le rôle de la masseuse du Déclin de l’Empire Américain.  Également, avec du recul, je peux comprendre que la situation pouvait la mettre un peu mal à l’aise, surtout si elle avait encore de la difficulté à concilier ses désirs sexuels avec son éducation religieuse stricte.  Normal que dans ce temps-là, on se réfugie dans l’humour et la dérision pour détendre l’atmosphère.  Mais à l’époque, je n’avais pas compris ça.  Tout ce que je voyais, c’était qu’encore une fois, tout comme elle l’avait fait au motel  six semaines plus tôt, elle m’entrainait dans une activité sexuelle pour ensuite y dresser des obstacles afin de m’empêcher d’en jouir.  J’ai donc vu sa proposition masturbatoire comme un piège élaboré qu’elle avait mis au point dans le but de me frustrer sexuellement.  

De voir qu’après tout ce temps elle cherchait encore à m’humilier en rapport à l’aspect sexuel de notre relation, ça m’a mis dans un état de rage.  Rage que j’ai néanmoins réussi à contrôler.  J’ai juste remis ma tête sur l’oreiller, j’ai fermé les yeux, je me suis concentré à imaginer des scènes full cochonnes, tout en ignorant du mieux que je pouvais la voix de Christine qui, maintenant, récitait a capella des chansons de pubs télé du Dunkin.

Tu parles d’un truc à chanter à un gars pendant que tu lui manipules le zgeg.

Après de longues minutes, elle me dit d’un ton de voix moqueur:

« Eh ben!? T’en mets, du temps pour venir! »

Si j’avais encore le moindre doute comme quoi elle ne cherchait qu’à se moquer de moi, ces paroles les dissipent automatiquement.  Exaspéré, je me redresse :

 » MAIS TA YEULE! »

Elle me regarde, bouche bée, sous le choc.  Elle ne devait pas s’attendre à ça.  Je poursuis, tout aussi enragé.

 » D’abord, tu fais exprès pour dire des niaiseries pour me distraire, pour que j’puisse pas venir.  Et après ça, tu me reproche de pas venir.  Non mais tu te vois-tu agir?  Tu vois pas que le problème que tu me reproches, c’en est un que tu causes toi-même?  ENCORE UNE FOIS! « 

Christine me regarde, toujours silencieuse, toujours désemparée.  Je me recouche.  Avec une voix un peu plus calme, je dis:

 » R’garde, si t’as pas envie de me branler, arrête!  Ok?  J’ai jamais forcé personne à faire quoi que ce soit.  Fa que, fais-le, fais-le pas, mais branche-toé, pis arrête de me faire niaiser. »

Elle recommence à me masturber.  Silencieusement cette fois,  J’avoue que je ne m’y attendais pas.  N’empêche que, encore une fois, à cause de ses conneries, la belle atmosphère intime, érotique, et surtout positive, qu’il y avait entre nous, est irrémédiablement gâchée.  Puisque la vue de sa moue de culpabilité et de tristesse n’a rien d’excitant, je ferme les yeux et me concentre sur autre chose.

Au bout de quelques minutes, je sens de nouveau les premiers signes d’un orgasme qui commencent à monter en moi.  Pendant un instant, je songe à y mettre du mien et remettre du positif entre nous en lui disant « Excusez-moi, mademoiselle.  Je vais jouir. »   Je suis sûr que ça l’amuserait et que ça désamorcerait la situation.  Mais au final, je décide que non.  Elle m’a tellement fait chier en gâchant ce qui est techniquement notre première fois, que je considère qu’elle ne mérite pas que je lui fasse cette faveur.   Et puis d’abord, pourquoi est-ce que ce serait à moi de régler un problème qu’elle a causé?  Ma dernière pensée avant d’atteindre la conclusion orgasmique tant attendue est:

 » Ces deux derniers mois, elle a travaillé très fort pour faire de moi un frustré sexuel.  Elle a bien mérité de récolter le fruit de ses efforts. »

Et c’est avec cette dynamique de merde que notre relation a commencé à être sexuelle.

Peu à peu, à chaque fois, nous nous voyions, nous allions de plus en plus loin.  Ça a pris du temps puisqu’à chaque fois je respectais ses limites sans discuter.  Mais éventuellement, nous avons fini par avoir des rapports complets.  

Mais voilà, ça ne rendait pas notre vie sexuelle plus normale pour autant, comme je l’ai amèrement constaté dans les jours qui ont suivis.  

Un soir, alors que je sens que je suis en train de l’amener à l’orgasme, elle me demande d’arrêter.  J’arrête!  Elle dit:

« Ouf!  T’as vraiment failli réussir cette fois. »
« Failli réussir quoi? »
« À me faire venir. »
« HEIN!? Mais pourquoi tu m’as fait arrêter? »
« Je ne veux rien te devoir. »

La première fois, j’ai trouvé la chose aberrante.  Je veux dire, au nombre de filles qui se plaignent que leurs chums sont égoistes au lit, moi je fais l’effort de me préoccuper de son plaisir, et elle refuse.  Je suppose qu’en quelque part, en m’empêchant de la faire jouir, elle égratignait mon orgueil de mâle qui aime se dire qu’il est un bon baiseur.  Mais là encore, j’ai décidé de prendre la chose avec cynisme.  Elle ne veut pas jouir?  Très bien!  Elle veut que je sois le seul qui en profite quand on baise?  D’accord!  C’est son choix.  Pour ma part, je ne vois pas pourquoi je m’empêcherais d’avoir du plaisir, alors je ne vais certainement pas m’en priver.

Une autre chose qu’elle me rappelait souvent, c’est qu’elle n’avait pas envie de pratiquer la sodomie.  C’est elle qui a amené le sujet.  De la manière dont je voyais ça, elle faisait juste me prévenir d’avance des pratiques qu’elle était à l’aise de faire ou non, voilà tout.  Cette interdiction ne me dérangeait pas le moins du monde.  Premièrement, jamais je ne le lui aurais suggéré.  Et ensuite, même si j’en avais eu envie, eh bien à partir du moment où elle m’avait dit non, jamais je n’en aurais reparlé.  Quand une fille me met ses limites, je me les tiens pour dit.

Malgré mon manque évident d’intérêt pour ses fesses, à chaque fois que l’on baisait, elle ne manquait jamais de me préciser que cet orifice m’était interdit.  À chaque fois, je répondais d’une voix calme et rassurante des trucs du style de « Bah non! », « Rien à craindre! », « Je sais! », « Pas de problème! », « Oui, je l’ai bien compris les vingt-sept dernières fois où tu me l’as dit! » …  Je trouvais ça un peu ennuyant et répétitif.  Mais bon, si ça l’amuse de se répéter pour rien, c’est son choix.

Un soir, alors que nous travaillions ensemble au Dunkin, je viens pour lui demander un truc en rapport à notre travail.

« Christine!  Est-ce que tu… »
« Non, Steve!  J’te l’ai déjà dit, que j’ai pas envie que tu m’encules. »

Insister pour me refuser non-stop une sodomie que je ne lui ai jamais demandé, passe encore si nous sommes dans un contexte sexuel.  À ce moment-là, je peux comprendre qu’elle puisse craindre que je m’essaye.  Mais LÀ?  Au boulot?  Sur notre quart de travail?  En m’accusant mensongèrement de le lui avoir demandé?  C’est pire que de la provocation.  C’est pire que du trollisme.  C’est une tentative gratuite d’essayer de me faire passer pour quelque chose que je ne suis pas, que je n’ai jamais été et que je ne serai jamais.  Autrement dit, c’est une insistante tentative de salir ma réputation.  Et ça a beau n’être qu’entre nous deux, je ne l’accepte tabarnaquement pas.

« HEY! ÇA SUFFIT! »  

Comme d’habitude, elle sursaute devant mon ton de voix enragé.  Je poursuis.

« Est-ce que j’ai déjà essayé de t’enculer?  Hein?  Ben envoye, répond!  Est-ce que j’ai déjà envoyé ma queue se promener du côté de ton cul? »
« N-non! »
« Est-ce que je te l’ai déjà demandé? »
« Non! »
« Est-ce que je te l’ai déjà suggéré? »
« Non! »
« Est-ce que j’ai déjà amené le sujet de quelque façon que ce soit? »
« Non! »
« BON BEN FARME DONC TA CRISSE DE YEULE, TABARNAK! »

Eh ouais, lorsque je suis vraiment exaspéré, je reprends l’accent québécois que mon éducation arrive d’habitude à masquer.  Je suppose que cette fois, j’y suis allé un peu fort, autant dans le propos que dans le volume, car les deux caissières viennent nous rejoindre dans la cuisine.

« Ben voyons?  C’est quoi qu’y s’passe? »

Christine se tourne vers elles et, tout en pointant vers moi, leur dit d’une voix nerveuse:

« Steve est frustré après moi parce que je viens de lui dire j’ai pas envie qu’il m’encule. »

Les caissières me regardent avec un air d’aberration au visage.  Sentiment que je partage, en constatant le piège dans lequel Christine vient de me faire tomber.  Elle rajoute:

« Pis c’est pas la première fois que je le lui dit, en plus. »

Le visage des caissières passe de choqué à dégoûté à méprisant.  Je reste silencieux.  Paralysé par le choc de ce qui vient de se passer.  Totalement bouché.  Qu’est-ce que je suis supposé faire, maintenant?  Peu importe ce que je pourrais dire pour essayer de me disculper, je n’aurais aucune crédibilité.  

C’est que techniquement, elle ne ment pas.  Oui, je viens de l’engueuler.  Oui, c’est parce qu’elle vient de me dire qu’elle ne voulait pas être sodomisée.  Et oui, c’est quelque chose qu’elle m’a dit à répétition.  Si j’essaye d’expliquer que ça fait un mois qu’elle me répète ça sans raisons puisque je ne le lui ai jamais demandé, personne ne va me croire.

En moins de 24 heures, ma réputation était totalement salie dans cette succursale de Dunkin Donuts, autant parmi les employés que chez certains clients réguliers, à qui les caissières n’ont pas manqué de répéter ça.  Ça m’a valu du mépris, des remarques rabaissantes, des insultes.  Il a fallu que je démissionne quelques jours plus tard tellement l’atmosphère était devenu invivable à force de subir ce harcèlement non-mérité.  Un départ qui, à l’avis de quelques cyniques, constituait, de ma part, un aveu de culpabilité.

Consciemment ou non, Christine avait bien planifié son coup.  Depuis le début de notre relation en tant qu’amants, elle ressentait le besoin implacable de me faire passer pour un frustré sexuel.  Et lorsqu’elle me refaisait à sa manière la scène de branlette du Déclin de l’Empire Américain, elle a pu voir que la meilleure façon de me faire enrager, c’était de me faire subir une accusation mensongère.  À partir de là, elle n’avait qu’à agir de manière à m’accuser, en sous-entendus, d’être quelque chose que je ne suis pas, dans ce cas-ci, un harcelant sodomite, et le refaire non-stop pour me faire monter la pression.  Et en voyant que, malgré mon exaspération, je restais compréhensif puisque c’était dans un contexte sexuel, elle a trouvé comment me faire péter les plombs:  Me faire ce reproche mensonger dans un contexte non-sexuel, donc de manière totalement injustifiée.  Et quel meilleur endroit pour ça que sur notre lieu de travail, en présence de témoins.  Il ne lui resterait plus qu’à interpréter les faits à sa manière devant eux pour atteindre enfin ce but qu’elle s’était donné trois mois plus tôt.

Et elle a réussi.  Aux yeux de tous, j’étais un frustré sexuel.

Pourquoi agissait-elle ainsi?  Je ne l’ai jamais su, et je ne le saurai jamais.  Si ça se trouve, Christine elle-même ne le savait probablement même pas non plus.  Mais bon, peu importe la raison pourquoi elle ressentait le besoin de me coller l’étiquette de frustré sexuel –en fait, peu importe si elle avait une raison pour commencer—  ça ne change rien au fait qu’elle en ressentait le besoin.   Et que ce besoin était plus fort qu’elle.  Plus fort que toute logique.  Plus fort que tout ce que je pouvais dire ou non, ou faire ou non, pour lui montrer qu’elle se trompait à mon sujet.  La seule vérité qui intéresse les gens, c’est celle qui va dans le sens de leurs intérêts.  Dans cette optique, ce que j’étais vraiment, elle n’en avait rien à chier.  Pour elle, seule comptait l’image qu’elle avait choisi d’avoir de moi, et de (se) le prouver.  

Lorsque vous voyez qu’une personne de votre entourage essaye de vous faire passer pour quelque chose que vous n’êtes pas, éloignez-vous-en.   Limitez les contacts, et coupez les ponts si c’est possible.  Parce qu’une personne qui est vraiment déterminée à vous donner mauvaise réputation va toujours réussir à le faire.
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QUELQUES LIENS:

Christine, la première partie, si vous voulez l’histoire au complet, ça débute ici.
Christine; Motel California, si vous voulez juste l’anecdote du motel.
Les prophètes auto-réalisateurs et votre reputation 1.  Le premier billet de cette série.
Les prophètes auto-réalisateurs et votre reputation 2.  Et sa suite.

40 gars typiques de sites de rencontres.

Ce billet est le dixième de la série (Més)aventures sur sites de rencontres.  En fait, c’est un vieux billet que j’ai retravaillé en rajoutant plein de nouveaux exemples.

La plupart de mes lecteurs étant des lectrices, je me suis souvent fait demander par celles-ci de répertorier le genre de gars que l’on retrouve sur les sites de rencontres. En particulier ceux qui ont un comportement peu appréciable. Voici donc, à la demande générale, 40 gars typiques de ce genre de sites:

1- L’Homme de peu de mots.
Une coupl’ de pics, aucun texte.  Et voilà, mesdemoiselles, qui sera l’heureuse élue?

2- L’Emojiste
Au lieu de trouver les mots justes, l’émojiste se décrira ainsi:
 » 6’2 fr/an 🐶🍦🍹🚤 »
Traduction : Je fais 6’2 je suis bilingue, j’ai/j’aime les chiens la bonne bouffe les plaisirs l’alcool voyager et la plage pis je fais du snow, cherche fille tellement simple qu’elle ne lit que les emojis.

3- Le Dixhuitophile de longue durée.
Ça, c’est le gars entre 26 et 38 ans qui n’écrit qu’à des filles qui en ont 18.  En général, il finit par se calmer lorsqu’il arrive à la veille de la quarantaine.  Il commence alors à  s’intéresser à des filles plus vieilles. Genre, celles qui en ont 20.  Voire même 21. 

4- Le Recherchiste Facebookien.
Sur le site de rencontres, il voit ta photo, ton prénom, ta ville et ta profession.  Afin de se démarquer de la compétition du site, il va sur Facebook, entre ton prénom et ta profession dans l’engin de recherche, reconnait ta photo, et te contacte là.   

5- Le Copieur-Colleur
Il t’a envoyé un mot gentil et tout plein de compliments? Bien! Est-ce qu’il y a au moins une chose dans son message qui te décrit personnellement? Ne serait-ce que ton nom? Non? Dans ce cas, les chances sont grandes qu’il t’a juste copié-collé le même message qu’il a envoyé à un grand nombre de filles. Tu peux t’en rendre compte assez vite quand tu en parles à tes amies du site, et qu’elles te disent qu’elles ont reçu exactement le même message du même gars.

6- Le CONtre-Argumenteur
Pas besoin d’avoir mis des photos sexy sur ton profil.  Le simple fait d’être de sexe féminin suffit pour attirer cet excité du gland qui va vite te suggérer d’allumer ta cam pour lui montrer tes seins ou ton entrecuisse. Tu déclines?  Il insiste, d’abord gentiment. Puis il va te demander pourquoi tu refuses. À chaque argument que tu sors, il aura un contre-argument car à ses yeux aucune de tes raisons de lui refuser n’est bonne. Et il va insister. Et insister. Et insister. Et insister. Et insister. Et insister. Et insister. Et insister. Et il va se montrer très déçu que ton non ne se transforme pas en oui et il va conclure en tentant de discréditer publiquement sur ce qui, pour lui, est un manque de cohérence de ta part, avec des phrases du genre de « Mais kess’tu fous sur un site de cul si tu veux pas le montrer?  »

7- Le Jeckyl et Hyde
Il est vrai que l’amour et la haine sont des sentiments très près l’un de l’autre. La preuve: Ce gars-là va t’approcher en parfait gentleman respectueux et irréprochable. Puis, il va te faire tout plein de compliments: Tu es gentille jolie, intéressante, intelligente, etc. Et si tu as un surplus de poids, aucun problème. Bien au contraire, il sait apprécier la beauté des femmes bien en chair et ne se gène pas pour te le dire. Voici le moment où il te sens mure pour recevoir ses propositions sexuelles. Mais voilà, le gars ne te plaît pas, alors tu déclines.  Peu importe la raison que tu lui donnes pour refuser ses avances, le fait est que tu refuses ses avances. Et ça, il ne le prend pas. Il change alors complètement son opinion sur toi, te disant que tu n’es qu’une  grosse vache laide à en vomir qui devrait le remercier à genoux d’avoir daigné s’abaisser à t’accorder son attention. Le bout un peu étrange, c’est qu’il va te traiter de salope parce que tu refuses d’avoir du sexe. Mais bon, quand on est frustré, on ne regarde pas à la logique de nos insultes.

 

8- Le ContraDictateur
Sa fiche dit qu’il s’agit d’un couple bi de 60 ans qui habite Québec et qui recherche une femme bi de 30-60 ans, de leur région, pour trips de sexe. Ta fiche dit que tu es une femme hétéro de 25 ans de Montréal, qui recherche une relation sérieuse avec un homme de Montréal dans la vingtaine. Il te contacte pour une soirée de sexe. Tu déclines en lui expliquant qu’ils ne sont pas ce que tu cherches. Il insiste. Tu lui dit que, selon leur fiche, toi non plus tu n’es pas ce qu’ils cherchent. Il te répond que seuls les fous ne changent pas d’idée, et continue d’insister. Donc, non seulement il insiste malgré le manque total de compatibilité entre vous, ils se permet de te traiter de folle.

9- Le cunnilinguiste

La toute première chose qu’il te dit sur le site (ou la deuxième, s’il a la patience de te saluer avant), c’est « J’aimerais te manger la chatte!  »  Il ne faut pas s’en étonner. C’est que nous autres, les gars, avons maintes fois entendu des filles se plaindre que leurs partenaires passés et/ou présents n’aiment pas leur faire plaisir oralement. On en vient donc à la conclusion logique qu’offrir la chose, c’est la baise assurée.  Et lorsqu’il essuie un refus, il est totalement confus.  C’est qu’il n’arrive pas à comprendre que même quand une fille a une folle envie de se faire servir oralement, ça ne signifie pas pour autant qu’elle est prête à laisser n’importe quel inconnu le lui faire.  Ceci dit, lorsqu’un gars utilise cette suggestion comme première approche, c’est surtout parce qu’il se doute bien qu’il n’a pas grand chose d’autre pour réussir à plaire. 

10- Le Drogué Raide

Ça, c’est le gars qui t’approche en te disant « Hé, ça te dit de baiser toute la nuit? J’ai pris du Viagra et/ou de l’XTC et j’en ai pour une semaine à avoir la pine d’acier!  » Comment voulez-vous que la fille se sente excitante et désirée si la première chose que lui dit le gars est qu’il a besoin de se doper pour se la garder raide avec elle? 

11- L’Analpha-Bête
Dragueur que l’on nomme ainsi ou bien parce qu’il ne sait pas lire, ou bien il est trop bête pour comprendre quand tu dis sur ton profil ne pas chercher quelqu’un comme lui.

12- Le Membre Fantôme
Un jour, un membre dont  tu n’as jamais entendu parler avant t’écrit en privé qu’il te trouve intéressante et aimerait bien te connaître plus. Tu visites son profil, histoire d’en savoir plus. Il n’a pas de photo, son nombre de messages dans la place est de zéro, et il y est membre depuis trois ans et demi. WTF?

13- L’Amoureux Instantané
Il commence par t’envoyer un mot gentil et amical, et il va rester gentil et amical jusqu’au moment où vous aller passer aux conversations privées.  Il passe alors d’amical, à dragueur en blagues, à dragueur de moins en moins en blagues, à totalement amoureux full-accro qui te supplie de le rencontrer, et ce moins de 48 heures après votre premier contact.

14- L’Ortho-Grave
lui sé selui ki écrit telman mal que si il baize comm e qui écri sa esplique pkoi yé sélibaterre lollllllllllll

15- Le Grosse-o-phobe
Toute femme avec le moindre surplus de poids a un jour eu à faire avec ce triste individu qui a utilisé son poids pour l’insulter.  Et ce, peu importe l’argument.  Par exemple:

  • Tu t’apprêtes à aller dîner: « C’est ça, va donc te remplir la face de McDo, crisse de grosse conne! »
  • Tu déclines ses avances: « Penses-tu qu’une grosse laide comme toi peut se permettre d’être sélective? »
  • Tu es bonne en maths: « Tu peux ben avoir le temps d’étudier. Grosse comme que t’es, c’est pas comme si tu pouvais avoir une vie sociale et sexuelle. » 

16- Le Tape-d’une-main
Vous échangez de façon courtoise pour une période pouvant aller de quelques minutes à quelques heures.  Puis, il te révèle qu’il n’a pas cessé de se branler tout le long de votre conversation, malgré le fait que tu n’as rien fait d’autre que de lui parler de ta journée au boulot et de ce que tu prépares pour souper.

17- Le Respectueux Extrémiste

Ça, c’est le gars qui s’est rendu compte que beaucoup de femmes se plaignent que les gars ne respectent pas leurs limites. Par conséquent, il croit avoir trouvé la formule pour être un gars parfait: Le Respect! Il n’arrête jamais d’attirer l’attention sur le fait qu’il va toujours rester à sa place et que jamais il ne forcera une femme à faire quoi que ce soit car il est respectueux, lui. Le problème, c’est que puisque son respect est juste une façade qu’il se donne pour séduire, il ne sait pas où s’arrêter. Alors si une femme lui fait des proposition, il va les décliner, en rajoutant fièrement qu’il refuse par respect pour elle. Il aura bien du mal à comprendre pourquoi, suite à cette douche froide, elle s’éloigne de lui, puisqu’il l’a pourtant toujours traitée avec respect.

18- Le Malléable
Celui-là est prêt à prendre n’importe qui, de n’importe quel site, habitant n’importe où, voulant n’importe quoi, n’importe quand. Au lieu de se décrire tel qu’il est, il te dira plutôt ce qu’il n’est pas: Il n’est pas jaloux, il n’est pas drogué, il n’est pas infidèle, bref, tous les défauts que les femmes détestent chez les hommes, il ne l’est pas. Il va te poser tout plein de questions sur tes goûts et activités, de façon à pouvoir s’y conformer en répondant « Je suis pareil!  », chose qu’il n’aurait pas pu prétendre s’il s’était décrit en premier. Ça ne l’empêchera pas d’affirmer que tu es spéciale pour lui car il n’est pas désespéré.

19- L’ÉnerVantard
Tout ce dont il parle, c’est he, himself and him. Il a tout vu, il a tout fait, et beaucoup mieux que les autres. Il ne dialogue pas avec toi, il monologue!  Il est tellement pris dans sa mission de t’éblouir qu’il se fout complètement de ce que toi tu as à dire.

20- Le ProfessioNul
Les femmes et le sexe, il connait ça! Il a tout lu, tout étudié, et tout appris pour devenir l’amant parfait, et a utilisé ses vastes connaissances afin de développer sa propre formula gagnante sexuelle : D’abord, préliminaires d’embrassades et de caresses pendant 10 minutes. Ensuite, cunnilingus pendant 10 minutes. Ensuite, pénétration, stimulation du point G et changement de position aux 10 minutes. Répéter tant qu’il ne t’aura pas procuré au moins 3 orgasmes. C’est bien!  Mais il faut avouer que parfois, ce n’est pas la peine qu’il se donne autant de mal, puisque tu es tellement allumée que tu n’as pas besoin de préliminaires.  Dans ces moments-là, tu as juste envie de te déculotter et te faire enfiler immédiatement sans ménagement. Et ça…

  • A) il ne le comprends pas, parce qu’il n’a appris à baiser que de sa façon technique.
  • B) il est pris au dépourvu parce que tu lui empêches de montrer à quel point c’est un bon baiseur expérimenté et adroit.
  • C) il se demande si tu te fous de sa gueule, parce qu’il est convaincu qu’aucune fille n’aime se faire baiser avec force et passion.
  • D) il frustre, prétend qu’il sait mieux que toi ce que tu aimes vraiment, et insiste pour te baiser à SA façon.

Autrement dit, même s’il prétend être attentif aux besoins sexuels des femmes, en réalité la seule chose qui l’intéresse c’est son image d’amant parfait. Sauf que s’il était vraiment l’amant parfait, il t’écouterait au lieu d’en faire à sa tête.

21- Le SexTremiste
Il se vante que la nature a été généreuse avec lui, ce qui lui permet de pouvoir garder une femme éveillée toute la nuit car qu’il est aussi insatiable que résistant. Lorsque tu lui laisses la chance de le prouver, tu constates qu’il se limite à la pénétration et que tu n’as pas senti grand chose de sa bite de schtroumpf durant les huit minutes qu’ont duré la baise.

22- Mister Dick Pics
Parce que les gars s’excitent à voir une photo d’entre-jambe de fille, il pense que c’est pareil en inversant les sexes.  Alors il t’envoie une photo sur laquelle il a le zgeg qui fait Heil Hitler, en croyant que ça va te rendre automatiquement glissante jusqu’aux chevilles.

23- L’AlphaBite
Il a une grosse bite, il est convaincu que ça fait de lui un mâle alpha, alors tout tourne autour de ça: Sa photo de profil est sa bite. Ses galeries sont des photos de sa bite. Sa cam est braquée sur sa bite. Et il ne parle que de sa bite.

24- Le Vif du Sujet
Avec lui, pas de temps à perdre! Son premier message est court et droit au but: Quand ce n’est pas « On baise quand?  », c’est quelque chose d’aussi rapide disant sensiblement la même chose . Et si tu ne lui réponds pas, il est fort possible qu’il ne s’en rendra jamais compte, puisqu’il a envoyé le même message à 8624 autres filles.

25- Le ConPétiteur
Dès qu’il voit un autre gars attirer l’attention d’une (ou plusieurs) des filles du site, il ne le digère pas. Il part alors en croisade contre celui qu’il voit maintenant comme un adversaire, dans le but de le rabaisser dans l’estime des filles. Pour ce faire, il prendra la moindre parcelle d’information à son sujet et la déformera de façon négative afin d’étaler au grand jour, dira t-il, la vraie nature de l’autre gars. En fait, en agissant ainsi, c’est plutôt sa propre nature qu’il étale: Insécure, jaloux, mesquin, envieux, menteur, manipulateur, etc.

26- Le Moqueur-Agressif
Lui, il ne perd pas de temps à jouer au bon gars.  Sur le forum ou le t’chat, il fait tout plein de blagues sexistes.  Ces remarques vont faire que…

  • 50% des filles vont l’ignorer.
  • 35% vont le trouver cave, et le dire publiquement.
  • 10% vont le trouver drôle, et même que…
  • 5% vont le défendre contre celles le trouvant cave.

On pourrait penser que cette attitude est stupide comme technique d’approche. Pourtant, ça marche. La preuve: Quel membre gentil et respectueux peut se vanter d’avoir réussi à  attirer l’attention et mettre de son bord 15% des membres féminines du site, comme lui vient de le faire?

27- L’impaChiant
N’arrête pas de se plaindre que ça fait 36 heures qu’il est membre ici, il a envoyé 97 demandes de contacts, et il n’a toujours pas une seule fille intéressée par lui… CE SITE EST UNE MERDE!

28- Le Cliché Cliché.
Sa photo de profil entre dans l’une de ces très typiques catégories:

  • Le mec et sa bagnole.
  • La bagnole SANS le mec.
  • Le mec et sa moto.
  • Le mec et son chien.
  • Le mec qui a la main de son ex sur l’épaule (il a découpé le reste).
  • Le mec à casquette et verres fumés.
  • Le mec torse nu.
  • Le mec encordé en activité d’escalade.
  • Le mec en bermudas au Beachclub de Pointe-Calumet avec une foule de douchettes en arrière-plan. 
  • Le mec sportif, habillé de tout l’équipement du randonneur, en plein bois ou en montagne.
  • Le selfie en situation dangereuse.
  • Les photos de voyage, le mec devant la Tour Eiffel, le Sphinx, le Parthénon, le panneau routier nommant une ville, etc. 
  • Le selfie pris de beaucoup trop près, sous un mauvais angle, qui fait apparaître ses trois mentons, son acné, la petite guédille dans sa narine gauche et son air vraiment trop motivé à séduire
  • La photo inexistante.

29- Le Tout-Faux
Il est gentil et charmant, mais c’est bien la seule chose chez lui qui est vraie.  Pour le reste: Sa photo de profil date d’il y a plus de 5 ans.  Il dit avoir 29 ans mais il est dans la quarantaine. Il dit ne pas avoir d’enfants alors qu’il en a déjà deux.  Il est toujours prêt à te rencontrer mais jamais chez lui car, bien sûr, il se dit célibataire alors qu’il est en couple et habite avec sa conjointe. Lorsqu’il sera finalement démasqué au bout de deux ou trois mois, il braillera qu’il n’avait pas le choix de s’inventer une vie parce que, étrangement, personne ne l’aime tel qu’il est vraiment.  La preuve: Maintenant que tu sais la vérité à son sujet, tu as perdu intérêt pour lui.

30- L’habitué
Sa fiche dit qu’il est membre de la place depuis plus de cinq ans. Ça peut vouloir dire trois choses:

  1. Ou bien il n’a vraiment rien pour plaire.
  2. Ou bien il est en chasse permanente.
  3. Ou bien il a été membre ici il y a longtemps, il a eu une relation, et maintenant que celle-ci est terminée, il est de retour.  Ce qui veut dire qu’il s’attendait à ce que la relation ne dure pas, et à avoir à revenir.

D’une façon comme d’une autre, on ne peut pas dire qu’il constitue du bon matériel pour une relation monogame.

31- L’Esthète-de-noeud
Les photos de sa liste d’amis ne sont qu’une collection de filles de style mannequins et douchebaguettes. Voilà qui en dit long sur ses préférences, donc sur sa personnalité.

32- Le N’importe-Quoi-Pourvu-que-ça-Baise
L’inverse du précédent. Grand croyant de la rumeur populaire comme quoi les vieilles, les grosses et les laides sont les plus allumées et/ou les plus désespérées, c’est celles-là qu’il approche. Par conséquent, s’il ne s’occupe pas de toi, c’est ironiquement parce qu’il te croit trop bien pour lui.

33- L’accro grave.
Un soir, tu as eu envie d’un plan cul sans prise de tête.  Tu as visité son profil.  Tu as aimé ses photos.  Tu as aimé sa description.  Il a l’air sympathique.  Vous jasez.  Il n’a rien d’un douchebag.  Tu l’invites.  Vous baisez.  Voilà, c’était bien, à un de ces jours, ou non, peut-être, whatever, bye.  Moins d’un quart d’heure après vous être quittés, il te texte comme quoi il a adoré votre séance et a déjà hâte de te revoir.  Il te téléphone.  Il te laisse full de messages sur ta boite vocale.  Il te retrace sur Facebook.  En trois jours, le ton de ses très nombreux messages va de gentil (compliments, hâte de te revoir), à interrogateur (Pourquoi tu ne me donnes pas signe de vie?), à plaintif (Pourquoi ce silence? Qu’est-ce que je t’ai fait?) à suppliant (Laisse-moi une chance, je suis une bonne personne), à pitoyable (J’ai de la peine ). 

34- Le Passif Non-Agressif
Il te fait une demande de contact, tu l’acceptes, et vous vous échangez quelques messages.  Il est gentil, drôle, mais plus les jours passent plus tu réalises qu’il ne te dit que des banalités. Il ne montre aucun signe d’intérêt particulier pour toi, même que sa conversation devient de plus en plus courte et insipide.  Tu finis par ne plus lui répondre, et il cessera de te donner signe de vie pendant une semaine ou deux. Puis, il te relance, toujours sur des banalités, et tu te demandes bien pourquoi il te dérange ainsi pour rien.

En fait, il cherche à se faire draguer.  Il veut que tout vienne de toi: Les premier pas, les propositions de rencontres, les propositions de baise, et ce sans jamais rien faire pour t’en donner envie.

35- Le multiplicateur.
Il a 3-4-5-6 profils sur le même site, nicks différents mais mêmes photos et sensiblement la même description.   À se demander pourquoi il a fait l’effort de se donner plusieurs identités.

36- Le Nique-ma-Race
Trois éléments invariables:

  1. Il est d’une autre race / couleur / culture que toi.
  2. Il t’aborde et te fait des propositions sexuelles.
  3. « Tu refuses? Mais t’es raciste, salope! »

Faut juste pas confondre.  Ceci n’est pas un comportement ethnique. C’est simplement un comportement de con.  Et des cons, on en retrouve partout, dans toutes les races / couleurs / cultures.

37- Le ghosteur
Vous vous contactez, vous échangez des messages, vous vous jasez sur messagerie.  Le courant passe à merveille, vous vous entendez super bien, vous discutez même d’une rencontre bientôt. Puis, sans prévenir, il te bloque de partout sans le moindre mot d’explication, et tu n’en entendras plus jamais parler pour le reste de ta vie.

38- L’Apparition Interrogatrice
Vous vous jasez sur une période allant de quelques heures à quelques jours.  Et puis, pour une raison X, tu ne lui réponds plus pendant 48 heures.  C’est là que tu as la désagréable surprise de le voir se pointer en personne sur ton lieu de travail, en te demandant des explications sur ton silence.  Ou pire encore: À ton domicile.

39- Le Mature Responsable Intense et Tourmenté
Il est beau, athlétique, il est séparé/divorcé et a au moins un enfant. Il vit seul et il partage son temps entre travailler, tenir maison propre et assumer ses responsabilités paternelles. C’est un miracle qu’il arrive à trouver du temps libre pour être sur un site de rencontres. La preuve: Ça fait au moins deux ans qu’il n’a pas baisé. Mais ça ne le dérange pas outre-mesure. Ce n’est pas vraiment ce qu’il cherche. Et il n’a pas le temps pour une romance non plus. Il cherche juste quelqu’un à qui parler.

Il est si mature, si responsable, et en même temps si victime des circonstances qui ne sont pas de sa faute à lui… Quelle fille ne craquerait pas pour un tel homme? Alors tu t’en rapproches, tu deviens vite son ami, vous passez vos soirées à jaser.  Il trouve un trou dans son horaire pour une rencontre.  Vous passez une excellente soirée ensemble et une très géniale nuit de baise. Tu te sens honorée d’être sa toute première baise en deux ans, baise dans laquelle il t’a avoué avoir ressenti avec toi des sentiments qu’il ne croyait plus être capable d’avoir. Tu es certaine d’avoir trouvé l’homme de ta vie et te sens prête à partager la sienne, incluant responsabilités et tourments.

Mais dès le lendemain et pour les jours suivants, il devient distant et utilise son travail et ses responsabilités paternelles comme excuses pour annuler vos rendez-vous l’un après l’autre, jusqu’au jour où il disparaît de tes contacts et de ta vie. Normal: Il est maintenant occupé à faire son numéro de mature responsable intense et tourmenté à une autre fille qui craque pour lui. Une fille qui sera très honorée d’être sa toute première baise en deux ans.

40- L’inévitable Nice Guy.
Vous connaissez le genre.

C’est tout?
Bah ouais, que voulez-vous, en tant qu’homme hétéro, je n’ai pas tellement l’expérience de l’interaction avec les gars de sites de rencontres.  Mais j’ai quand même observé ceux-là.

Avez-vous déjà eu à faire avec ces types de comportements?  En avez-vous constatés d’autres?  Parlons-en dans les commentaires.

————-
(Contributrices: Sara C, Cindy RJ, Rachel H, Tania DG)

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Ce que vivent les femmes sur les sites de rencontres (sur l’air de « Je l’aime à mourir »)

Ce billet est le septième de la série (Més)aventures sur sites de rencontres.  Bon, en fait, c’est un vieux billet que je reprends ici, mais il est approprié au sujet.

Tout le monde connait le grand classique Je l’Aime à Mourir de Francis Cabrel. En m’inspirant de quelques malheureux témoignages de mes amies, je me suis amusé à en faire une version qui décrit ce qu’une fille vit généralement lorsqu’elle fréquente un site de rencontres. Ça va comme suit:

Allumez musique pour l’ambiance, et chantez avec nous.

Chuis célibataire 
et je me suis inscrit
À un site dans lequel 
Il y a plein de gars qui
Essayent de séduire

Ils peuvent bien m’écrire 
tout ce qui leur plaira
Si leurs profils n’a rien 
qu’des pics de leur gros bras
Je n’vais pas mentir :
Ça va me faire fuir
Oui je vais m’enfuir

Il y a ceux qui disent
Vouloir de l’amitié
Et dès la troisième phrase
Ils parlent de me baiser
Qu’est-ce qu’ils me font rire

Il y a les gars casés
Mais ne les trouvent pas belles
Et qui espèrent trouver
Sur ce site, bien mieux qu’elles
Alors qu’eux mêmes ils
Alors qu’eux mêmes ils
Sont laids à vomir

Au lieu d’se taire
Ces gens vulgaires
S’imaginent que c’est comme ça qu’il
Faut agir pour
Pouvoir nous plaire
Et trouver… de l’amour ainsi.

Il y a aussi les cons
Qui croient que pour séduire,
En baissant leur caleçon
Ça va leur réussir
C’est loin de m’faire jouir

Il y a ces fiches qu’on
Ne peut pas déchiffrer
Aucune ponctuation
Et des fautes par milliers
C’est trop dur à lire
C’est trop dur à lire
Ils savent pas écrire

Enfin, il y a ceux qui
Se disent « des bons gars »
Qui voudraient me séduire
Mais ne font rien pour ça
C’est ceux-là les pires

Eux, ils restent à l’écart
Et s’permettent de juger
Mon envie de vouloir
Un gars déterminé
Qui va me choisir
Qui va réussir
Lui, à me ravir

Au lieu d’se taire
Ces gens vulgaires
S’imaginent que c’est comme ça qu’y
Faut agir pour
Pouvoir nous plaire
Et trouver… de l’amour ainsi

Chuis célibataire 
et je me suis inscrit
À un site dans lequel 
Il y a plein de gars qui
M’ennuient à mourir

Après tellement de temps 
Perdu sur ces sites-là
Voilà que finalement 
J’apprécie l’célibat
Je vais m’désinscrire
Et je vais partir
Ne plus revenir.

____
Anecdote.
Il y a quelques semaines, j’ai lu un article sur le net dans lequel une femme décrivait le genre de rencontres merdique qu’elle faisait depuis qu’elle s’était réinscrite sur Tinder, Plenty of Fish, OK Cupid et compagnie. 

Vous me connaissez, je ne rate jamais une occasion d’aller me faire voir.  J’y ai donc copié-collé, dans la section des commentaires, la parodie que vous venez de lire. 

Je ne m’attendais pas à avoir les réponses qui suivirent.

Eh bien oui.  Il semblerait que pour plaire aux femmes, il ne faut parfois rien de plus que savoir écrire correctement.  Et moi qui croyait, en mâle typique, que ça prenait des dick pics pour séduire. C’EST TOUT LE SYSTÈME DE VALEUR DE LA DRAGUE MASCULINE QUI S’EFFONDRE!!!!  😭

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