C’est pas un cadeau!

J’ai déjà chialé contre les vacances d’été de mon adolescence ainsi que contre l’Halloween. Pourquoi pas continuer sur ma lancée avec Noël ?

Sur l’air de Petit Papa Noël :
Quand arrive le temps de Noël
Les dépensiers se saignent à blanc
Afin de pouvoir offrir telle
Ou telle affaire à leurs enfants
C’est pareil comme l’année dernière
C’est toujours la même maudite affaire

Quand vient le temps d’Noël
On achète plein de bebelles
Qu’on n’vou… drais jamais posséder
Par contre on… veut bien les donner
On n’arrête pas d’s’offrir
Ds patentes lettes à vomir
Qui font… rien d’autre que prendre d’la place
Achetés… au Tout à Une Piastre

Quand j’étais enfant, je recevais des jouets
Avec lesquels j’pouvais pas jouer
La boite disait pourtant « piles non incluses » mais
Y’étaient trop cons pour n’acheter

Maudits cadeaux d’Noël
Qui finissent à la poubelles
Pourquoi faut-il donc s’en acheter ?
C’est bien parce qu’on est obligés
Hostie d’cadeaux d’Noëëëëëëël

Quand j’étais petit, ma famille était pauvre. Mais attention: nous n’étions pas des pauvres typiques. Nous étions bien habillés, sans être chics. La maison était impec, quoi que petite et reçue en héritage (sinon jamais nous n’aurions pu en avoir une). Aucun problème avec la loi. Jamais d’alcool à la maison à part le vin pour les occasions spéciales et les recettes. Zéro tabagisme incluant celui illégal qui pue. Non, c’est juste que mon père était un manuel qui avait rarement un emploi stable. Le fait de toujours repartir à zéro ou être en chômage ou su’l’BS fit que l’on a rarement dépassé le seuil de la pauvreté. Bref, nous avions des revenus de BS sans pour autant en avoir l’allure ou la personnalité.

Hélas, quand on est enfant unique dans un quartier de retraités, on n’a pour tout compagnon que la télévision. Et celle-ci me montrait toujours de superbes sapins de salons sous lesquels s’entassaient des boites recouvertes d’emballages-cadeau de toutes les tailles et de toutes les couleurs. Chez moi, le sapin était juste à côté de la télé, ce qui m’obligeait à comparer. Les deux, maximums trois cadeaux emballés du même papier de Noël terne que mes parents avaient depuis genre 1970 faisaient dur en comparaison.

Et si ce n’était que de la télé… Mais non! Partout où on allais en décembre, chaque maison privée avait son sapin débordant de cadeaux ensevelissant la crèche, le bœuf, l’âne, Marie, Joseph pis le p’tit Christ.

Ceci dit, il n’y a tout de même pas un Noël que j’ai passé sans recevoir de cadeau. Certains étaient très beaux. Hélas, notre pauvreté faisait que je pouvais rarement en profiter. Par exemple :

Catégorie IMPOSSIBLE À UTILISER
Des disques-aventures de Walt Disney: Oliver Twist, Peter Pan, Robin des Bois… Bien joli, sauf que nous n’avions pas de tourne-disque. J’ai passé mon enfance à ne pouvoir que regarder la pochette. Quand on a enfin eu une table tournante, j’avais 12 ans, et donc me considérais comme trop vieux pour écouter ça.

Un jour, je questionne mes parents au sujet d’un truc rangé sous l’escalier de la cave qui prenait la poussière depuis aussi longtemps que je me souvienne: Une petite auto à pédales pour enfant. Celle-ci ne fonctionnait pas, les pédales étant cassées. Ma mère m’a expliqué que j’étais trop jeune pour m’en souvenir, mais c’était un cadeau de mon grand-père que j’ai reçu à 3 ans ½. Or, par jalousie ou par simple stupidité, sa fille, ma tante, qui devait bien avoir 16 ou 17 ans à ce moment-là, l’a essayé. Avec son poids et/ou sa force, elle me l’a cassé alors que ça faisait moins de cinq minutes que je l’avais reçu. Mon grand-père était peut-être plus riche que nous, il ne l’était pas au point d’accepter de m’acheter deux fois un jouet aussi luxueux. Bonne chose que j’étais encore trop jeune pour comprendre ce qui s’était passé. N’empêche que ce jouet qui aurait pu être la joie de mon enfance qui fut sans vélo (trop pauvres pour en avoir un avant mes 11 ans) ne m’a jamais servi a rien.

Une année, je reçois une auto téléguidée. On parle d’un modèle des années 70, c’est a dire avec un fil qui relie la télécommande au véhicule, un bouton vert avance, un bouton rouge recule… Et piles non incluses, ni dans le jouet, ni par les parents.

L’année suivante, mes parents m’ont ré-emballé le même cadeau, mais cette fois avec un paquet de batteries. Une fois la déception passée de voir que je n’en avait pas deux pour faire la course, j’avais au moins la compensation de pouvoir enfin jouer avec. Du moins, je croyais!

Le moteur faisait un bruit épouvantable, énervant mes parents qui m’ont vite donné l’ordre d’arrêter.  Et comme la maison était petite, je ne pouvais jouer nulle-part avec sans que ça leur casse les oreilles. Et comme c’était l’hiver, pas question d’aller jouer avec dehors. Et puisque mes parents étaient pauvres, donc que ce jouet leur avait couté cher, je n’avais pas le droit d’aller l’abimer dehors une fois l’été arrivé. Je l’ai rangé dans mon garde-robe de chambre, en cave humide, où les batteries ont coulé dedans, foquant la télécommande.

L’année où es sorti La Guerre des Étoiles, j’étais fanatique de ce film. La première génération de jouets Star Wars venait de sortir. Ma tante me demande ma wishlist. Je décide de faire ça très détaillé et clair: Je découpe dans le catalogue tous les jouets Star Wars qui me plairaient, et colle le tout sur des feuilles, pour qu’elle en choisisse un dans le lot.

En voyant ma liste, ma mère insiste pour que je mette autre chose que des items Star Wars, sinon je risque de passer auprès de ma tante pour un fanatique malsain. Je me crois malin en mettant un Kodak Spiderman sur la liste, car cet item est deux fois plus cher que le plus cher des jouets Star Wars de ma liste. Vous pouvez deviner la déception qui m’a envahi en voyant que ce fut cet item-là qu’elle a décidé de m’offrir. Un appareil photo… mais pas de film, pas de flashcubes, pas de batteries, rien!  Et même si j’avais eu ces trois items, il aurait fallu que mes parents payent pour le développement du film. Comme vous le devinez, je n’ai jamais pu l’utiliser.

Ceci dit, j’ai quand même reçu pour mes 7 ans un jouet extrêmement convenable : Une boite de Lego. Et je ne parle pas de ces kits merdiques qui ne contiennent rien de plus que les pièces pour ne faire qu’un seul jouet. Non, je parle du kit 135, une boîte full de pièces diverses incluant des roues, des portes et des fenêtres. Avec ça, je n’avais pas qu’un seul jouet. J’en avais 1000. Pouvoir créer tous les jouets que je voulais, ÇA c’était très chouette, en plus de développer l’imagination. J’ai joué avec jusqu’à mes 13 ans, soit lorsque j’ai eu une prise de conscience comme quoi un gars rendu en secondaire II est supposé être trop vieux pour jouer aux Legos.

Catégorie QUE C’EST ÇA?
Javais 15 ans ½ (très importantes les demies à cet âge-là) et une vieille dame, amie de ma mère, m’a offert… Comment dire? Ok, imaginez un bâton de bois de la dimension d’une saucisse à hot-dog recourbé en demi-lune. À chaque extrémité, il y avait 2 billes en bois de la circonférence d’un 5¢ de chaque côté. Je me suis débarrassé de la chose un mois après l’avoir reçu, Mais je vous l’ai dessiné de mémoire:

Ce n’est qu’en 2008, soit il y a 2 ans, que j’ai appris que c’était un cossin à massages. Les implications m’en laissent un ti-brin déstabilisé.

Ceci dit, officiellement, la madame pensait que ce n’était qu’une auto-jouet en bois, et n’a pas réalisé qu’à 15 ans on n’est pu un enfant. Tk…

Catégorie INUTILE
Une de mes anciennes blondes m’avait offert une montre car elle n’aimait pas la mienne. Bon, déjà là, c’est insultant. Ensuite, le bracelet métallique était trop grand, il aurait fallu que je paye pour le faire réduire. Ensuite, le métal me causait tout plein de petits boutons d’irritation autour du poignet en plus de m’arracher les poils. Enfin, à chaque jour, je devais réajuster l’heure car elle retardait quotidiennement de 5 minutes. Elle avait jeté facture et la garantie avant de me l’offrir. Mais bon, si je ne la portais pas, elle prenait ça personnel comme étant un manque de respect.

Je porte peu de parfum, voilà pourquoi une bouteille me dure 3-4 ans. Rendu au bout de ce temps, j’ai envie de sentir autre chose alors je change. J’ai bien aimé le parfum Drakkar Noir que m’avait offert ma blonde de l’époque. Mais quand la suivante en a vu la bouteille dans ma salle de bain, et qu’elle m’en a offert une du double de la taille de la première, ben… Disons que depuis ce temps-là, mes blondes successives ont toutes reçu une wishlist, soit une liste de trucs que je veux, qui incluait à la toute fin une liste de trucs que je ne veux PAS:
– Montres
– Parfums
– Vêtements
– Et surtout, si c’est quelque chose que je possède déjà, non merci.

Catégorie COUDONC, Y’A JAMAIS MOYEN DE S’EN TIRER!?
Quand tu ne reçois jamais des cadeaux qui te plaisent, la solution est simple: Achètes-toi ce que tu veux. Il y a une coupl’ d’années, le premier décembre, je vois qu’il y a un jeu Evil Dead pour la Wii. J’aime Evil Dead. Ma blonde a une Wii dans notre salon. Je me l’offre.

Quand ma blonde revient du travail et me voit y jouer, grosse déception! Sa soeur m’avait acheté ce jeu pour Noël. Mon achat impulsif oblige ma blonde à me gâcher la surprise en me le disant, et il faut que je remballe le jeu et que je le retourne au magasin. Ils ne remboursent pas,  ils donnent juste un bon d’achats de la même valeur. Comme je ne suis pas un gamer, aucun autre jeu ne me plaît.  Ma blonde s’est donc retrouvée avec le bon, et moi j’en fus quitte pour attendre vingt-cinq jours avant de recommencer ma game à partir du début.

Comme quoi, même quand tu t’achètes toi-même tes propres cadeaux, tu n’es jamais à l’abri des déceptions.

Bref, tout ça pour dire que ceux qui chialent contre le principe de la wishlist sont des gens qui aiment se compliquer l’existence. Parce que c’est tellement pratique. Ça te rassure que tu ne recevras pas de trucs inutiles ni décevant, et ça rassure les gens qui  t’entourent comme quoi tu vas vraiment apprécier les trucs qu’ils t’offrent. À condition, bien entendu, que tu ne te laisse pas influencer à y mettre des items qui ne t’intéressent pas du tout, histoire de bien paraître.

Parce que, soyons réalistes : De tous les temps, le mythe comme quoi c’est la pensée qui compte, ça n’a jamais été rien d’autre que ça: Un mythe. Sinon, on s’offrirait des pensées au lieu de cadeaux.

SOUVENIRS D’ADO: 18 choses qui gâchaient mes vacances d’été.

Lorsque l’on est adolescent, on voit arriver les vacances avec ravissement. Hélas, dans mon cas personnel, les vacances étaient toujours synonyme de déception, et ce du début à la fin. J’imagine que j’étais trop chialeux, ou bien que je mettais mes attentes trop hautes. Voici les dix-huit choses qui venaient me gâcher mon été :

1- Les jours raccourcissent dès que l’été commence.
L’école se finissait toujours autour du 21 juin, soit le premier jour de l’été. Or, cette date représente aussi le solstice d’été, ce qui signifie que c’est le jour le plus long de l’année, celui qui est ensoleillé le plus longtemps. Dès le lendemain, on perd une minute de soleil par jour. Le simple fait de savoir que les jours raccourcissent dès notre tout premier jour de vacances, ça les faisait commencer sur une note négative.

2- Me faire mettre de la pression pour me trouver du travail.
Vacances signifie temps libre pour décompresser… Sauf quand tu as un père qui considère que le fait de profiter de tes vacances pour faire autre chose que travailler, c’est la preuve comme quoi tu n’es qu’un paresseux qui va passer sa vie aux crochets des autres. J’ai eu à subir ça quotidiennement, du matin au soir. Normal : Avec un père sur le BS, il avait beaucoup de temps de libre pour me harceler avec ça.

3- Ne pas réussir à me trouver du travail.
S’il est vrai que l’idée de travailler ne me plaisait guère lors de mes vacances de secondaires 1-2-3, au contraire je recherchais activement du travail en 4 et 5. Hélas, quand on vit dans un village où tout le monde connaît tout le monde, et que ton BS de père passe des années à raconter à l’entourage combien tu es paresseux, personne ne veut te donner du travail. Je ne saurais compter le nombre de fois où, après avoir lu mon nom de famille sur une feuille d’application, on m’a demandé si j’étais bien le fils de mon père, le réputé BS du village au caractère insupportable. Apparemment, tout le monde croyait à l’adage Tel père, tel fils, parce que personne ne me donnait ma chance de me prouver. Pendant ce temps-là, tous mes amis, sans la moindre exception, pouvaient compter sur les connections de leurs familles pour avoir des jobs. Et des bonnes!

Répercutions inattendues dans ma vie d’adulte: Nos premières jobs d’adultes sont à la hauteur de nos expériences de travail d’ados. Alors que tous mes amis avaient de quoi de bien sur leur CV grâce à leurs parents, ils ont pu aisément se trouver de quoi de bien tout seul par la suite. Moi, non!

4- La piscine qui est plus d’entretien que de plaisir.
Mon père a acheté une piscine 3e main pour 100$. Une fois celle-ci montée et remplie, on a constaté que la toile avait un trou à une couture à la base. Gros dégât d’eau, vidage, démontage, changement de toile, remontage, re-remplissage. La piscine était trop large pour la cour arrière, alors il l’a installée en avant, devant la rue, là où on avait zéro intimité. Elle était sous les arbres, donc toujours à l’ombre, donc toujours plus froide que celle des voisins. Elle recevait, par la même occasion, beaucoup plus de feuilles, de branches et de chiures de moineaux, nécessitant plus d’entretien que celle des autres. Et puisque c’était une vieille scrap, son aspirateur ne tirait presque pas. Je m’y suis baigné peut-être 10 fois la première année, et pas plus que 3 la seconde. Ensuite, il l’a vendue.

5- Les amis qui partent en vacances.
L’un part pour tout l’été chez les scouts, l’autre part tout un mois avec ses parents en Floride, un autre va 3 semaines avec ses parents à Cuba, un autre part vivre en campagne chez sa mémé, un autre a une job de rêve comme G.O, un autre encore profite de sa nouvelle bagnole pour partir en nomade sur les routes du Québec avec des amis assez fortunés pour pouvoir se payer de quoi vivre pendant le voyage. En étant pauvre, sans travail malgré mes efforts et fils de BS, j’pouvais pas aller ben loin.

6- Les émissions d’été sont ennuyantes.
Pas d’amis et pas de job. Ça me laissait plus de temps libre pour regarder mes émissions favorites à la télé, pas vrai? Eh non! La programmation d’été signifiait également que mes émissions favorites débarquaient de l’antenne. Je ne retrouvais donc avec plein d’émissions inconnues dans un horaire qui bouleversait complètement mes habitudes. Rajoutons à ça que l’on était trop pauvre pour se permettre le câble et vous comprendrez que dans notre cas, quand on disait « Y’a rien de bon à’ TV », c’était vrai.

7- Les magazines qui font leur numéro juillet-aout.
Pas d’amis, pas de job, pas de loisirs parce que pas d’argent et pas de télé.  Il me reste quoi pour me distraire? La lecture. De nature, je suis un grand lecteur. Alors quand les magazines que tu lis font un numéro double en juillet afin de ne pas avoir à en sortir un en août, tu trouves la 2e moitié de ton été ben plate.

8- Je me trouve un travail… De soir!
La première job que j’ai réussi à me trouver, rendu à 17 ans, c’était laver de la vaisselle dans un restaurant du club nautique du coin. Or, comme la plupart des restos chics, celui-ci était surtout achalandé le soir jusqu’à 10-11pm. Le temps de ramasser la vaisselle et la laver, incluant les chaudrons des cuisiniers, je sortais rarement de là avant minuit. Ça avait pour effet de ruiner ma vie sociale. Comment sortir avec tes amis qui, eux, travaillent de jour, quand toi tu travailles de soir? Pour ce qui est des partys de sous-sol chez les parents de mes amis, j’ai vécu cet été là la frustration de tous les avoir ratés puisque j’arrivais au moment où c’était fini.

9- Les boutiques fermées pour l’été.
Comme je dis plus haut, j’étais un grand lecteur. Aussi, il arrivait parfois que je me bute à une porte barrée lorsque j’allais dans une librairie, tout en voyant en vitrine une note disant « fermé pour 2-3-4 semaines ». C’est même arrivé quelquefois avec les bibliothèques municipales.

10- Tous les problèmes imaginables relatifs au vélos.
Me le faire emprunter par mon père sans qu’il me le dise, me faire dire par mon père « J’ai envoyé ton bécique en réparation », ce qui voulait dire qu’il l’avait emprunté sans me le dire et l’avait accidenté, les crevaisons sans que j’ai d’argent pour les faire réparer, le vandalisme, la chaine qui casse à 10 km de chez moi, la roue qui crochit et frotte sur les barres, me laissant là avec un vélo dont la roue était bloquée à 15 km de chez moi, me le faire voler, la vieille scrap acheté 10$ dont le dérailleur est coincé soit en 1ère soit en 10e vitesse… Et je ne décris ici que l’été de mes 16 ans.

11- Ma fête.
Mon anniversaire est le 21 juillet. Là-dessus, rien à redire. J’ai toujours préféré avoir ma fête en été que pendant les jours d’école. Le problème, c’est que de mes 12 à 15 ans, mes amis n’étaient pas disponibles, rapport aux raisons sus-mentionnées. Pour mes 16 et 17 ans, des amis planifiaient de m’amener aux glissades d’eau de La Ronde, toutes dépenses payées. Mes parents m’ont obligé à refuser. Ma tante avait planifié de quoi, et il ne fallait surtout pas l’insulter en lui refusant. Normal : Elle me fêtait mon anniversaire depuis ma naissance et aurait mal pris que je la remercie en refusant ces années-là.  À 18 ans, j’ai enfin pu accepter l’invitation de mes amis.  On était en route lorsque l’on a été frappé par une tornade, provoquant un déluge et un refoulement d’égout à Montréal. Inutile de dire qu’après avoir pu reprendre la route, une fois rendus à La Ronde, on s’est frappé à une porte fermée.

Répercutions inattendues d’avoir un anniversaire en été: On entre en secondaire I à 12 ans. Pendant les dix mois que durent l’année scolaire, la majorité des élèves ont leur anniversaire pendant. Par conséquent, ils finissent leur secondaire à 13 ans. Moi, j’avais 12 ans du début à la fin. Or, pendant l’enfance et l’adolescence une année de vie fait une énorme différence au niveau de la croissance physique. Ce qui fait que, du début de la maternelle jusqu’à la fin du secondaire V, j’ai toujours été le plus jeune, donc le plus petit, le plus frêle et le moins développé de mon année scolaire. Ça a toujours fait de moi le dernier en gym, le dernier à plaire aux filles, mais le premier à être la cible facile de harcèlement et d’intimidation.

12- La maison envahie par les délinquants.
La raison principale pourquoi j’ai vite coupé les ponts avec la famille du côté de ma mère, c’est qu’ils sont surtout constitués de délinquants et que j’ai compris à un jeune âge que je valais mieux que le genre de vie que je risquais d’avoir si je me tenais avec eux. Il se trouve que le plus délinquant de tous, mon cousin Éric, a un jour demandé l’hospitalité à mes parents pour deux semaines, qu’ils ont accepté, et qu’il est resté de février à novembre.

Il utilisait la maison pour y cacher du stock volé, se couchait rarement avant 5 heure du matin ce qui fait qu’il se levait rarement avant midi, et puisqu’il dormait dans le salon il ne fallait pas faire de bruit, il fumait comme une cheminée, mangeait comme quatre, payait zéro pension, invitait ses chums pour faire le party sans demander la permission. Il commettait tous les abus moraux et légaux qu’il voulait sans que mes parents ne lui dise rien. Mieux encore: J’ai une fois entendu mon père dire à ma mère qu’il songeait à offrir à Éric des cours de conduite parce que, pauvre petit, il n’a jamais eu de chance dans la vie. Ce même père qui a refusé de le faire pour moi sous accusations fantaisistes que j’allais me souler et me tuer au volant, moi qui suis le plus sobre de ma famille des deux bords, et qui a zéro histoire de délinquance contrairement à mon cousin.

Moi qui ne commettait même pas le 1/100 des abus d’Éric, je me faisais soumettre à une discipline abusive.  Mais lui, par contre, avec un dossier judiciaire long comme le bras, sans aucun respect pour personne incluant mes parents, il ne recevait qu’aide et respect de la part de ces derniers. Disons que cet été-là m’a donné ma première vision aussi réaliste qu’amère sur comment les choses se passent vraiment dans la société.

13- Le snobisme de ceux que je fréquentais
Trois exemples flagrants :

On est une dizaine de personnes chez un ami, on décide de louer un film. Qu’est-ce qu’on prend? Une comédie? Ben non, c’est trop kétaine. Un film d’ados? Ben non, c’est trop kétaine. Un film de vacances? Ben non, c’est trop kétaine. Le dernier film à succès? Ben non, c’est trop kétaine. On a donc passé la soirée à se faire chier à regarder Caligula. Le titre de ce film ne vous dit rien? JUSTEMENT!!!

Êtes-vous déjà allé à un party où c’que la majorité s’emmerdent parce que ceux qui s’occupent de la musique « ont du goût, eux autres »? Ben voilà! Je me souviens d’un party d’ado où, lors d’un slow, la piste de danse était vide. Et pour cause : Au lieu de faire jouer les slows les plus populaires de l’époque (donc kétaines à leurs yeux) comme Careless Whispers de Wham ou Stairway to Heaven de Led Zeppelin, on a eu droit à C’est La Vie de Emerson, Lake & Palmer.

Vous connaissez l’Expo Agricole de St-Hyacinthe? Il y a presque autant de manèges qu’à La Ronde (du moins en 1988) pour beaucoup moins cher à l’entrée, et des files d’attentes beaucoup moins longues aux manèges. J’y suis allé pour mes 18 ans (Le déluge qui avait fermé La Ronde n’avait pas atteint St-Hyacinthe), et j’y ai fêté mon anniversaire tout seul, puisque la place était trop kétaine pour mes amis.

14- J’bronze pas!
Dans les années 80, le teint bronzé était synonyme de beauté, santé, richesse. Moi, mon teint pâle ne bronze pas, il brûle. À un âge où les apparences sont importantes, et à une époque ou être goth, emo ou vampire n’était pas encore à la mode, j’me faisais niaiser souvent à cause de ma blancheur.

15- L’omniprésence parentale.
Comment avoir la moindre intimité avec les rares filles que je réussissais à me ramener chez moi quand on a un père sans emploi donc omniprésent? Oh, c’est sûr que des fois il partait aider des amis ou de la famille à quelques travaux de rénovations, mais dans ce temps-là il restait quand même ma mère. Et quand elle partait, il était inévitable qu’elle revienne nous interrompre en revenant chercher un truc qu’elle avait oublié: Son argent, son portefeuille, ou pire encore: Ses clés, ce qui l’obligeait à cogner à ma fenêtre pour que je lui ouvre. Et pour ce qui est de fermer ma porte de chambre, on peut oublier ça. Quand elle revenait à la maison, la première chose qu’elle faisait était de descendre et cogner à ma porte (sans verrou), disant « T’es-tu là? J’peux-tu rentrer? » J’étais obligé de manifester ma présence en lui répondant d’attendre, sinon elle se croirait seule et allait rentrer et nous surprendre.

La moitié des rares partys où j’ai pu aller, ils venaient me chercher en auto entre 10:30pm et 11pm. Ils ne tenaient pas à ce que je rentre seul la nuit, tout d’un coup qu’un char ne me voit pas et me fonce dessus. Ils refusaient également que j’utilise comme lift un des gars présent, afin de ne pas « mettre ma vie dans les mains d’un p’tit jeune malade adepte de l’alcool au volant. » Leur solution, si je voulais rester plus longtemps? Se stationner devant la maison ou le driveway et m’attendre. Ça te gâche une ambiance de party pas à peu près, surtout quand tous les autres gens présent sont au courant et considèrent ça comme un excellent sujet de moquerie.

J’ai cru pouvoir régler le problème en leur disant de venir me chercher à telle heure précise lorsque je faisais quelques rares activités en gang ou avec l’une des rares blondes que j’ai eu, genre du shopping au centre d’achats. Peine perdue. Ils arrivaient toujours une heure ou deux en avance, entraient et finissaient toujours par me retrouver. Oh, mais ils étaient très respectueux: Ils ne obligeaient pas à partir tout de suite. On partait à l’heure prévue, c’est juste qu’en attendant, ils déambulaient en nous suivant.

16- Les Grandes Ventes de La Rentrée… dès le 7 juillet.
Sérieux, là… On a 8 semaines de vacances, et là-dessus il n’y a que dans les 2 premières où on peut vraiment oublier l’école, avant qu’on te fasse chier à te rappeler pendant les 6 semaines suivantes, dans les journaux comme à la radio comme à la télé comme dans la majorité des commerces, que ton temps est compté parce que la rentrée s’en vient.

17- Rien que du linge d’automne dans les magasins dès la mi-juillet.
Parce que oui, qui dit rentrée dit automne. Essaye de te trouver un maillot de bain dans les magasins dès le 14 juillet, juste pour voir. À part, bien sûr, si tu vas dans les boutiques spécialisées où tu payes 3 fois le prix.

18- La rentrée est la dernière semaine d’août.
La rentrée, c’est toujours associé avec le mois de septembre, non? Alors pourquoi est-ce qu’il faut revenir à l’école dès le premier lundi de la dernière semaine de mois d’août? J’ai toujours trouvé ça très très chiant.

Il y a un point positif à tout ceci : Alors que j’entends beaucoup de gens de mon âge dire être nostalgique de leurs étés de jeunesse, je peux sincèrement dire que ce n’est pas mon cas. J’aime beaucoup mieux les étés depuis que je suis adulte. Voilà au moins un point de mon existence où je n’aurai jamais l’impression que mes meilleures années sont derrière moi.