Geneviève, la coloc de l’enfer, 4e partie: Le premier mois

Pour ce qui est du côté sexuel de notre relation, je me suis rendu compte le soir-même où j’ai aménagé dans cet appartement que je n’avais fait que fabuler.

Afin de nous aider à transporter mes biens, elle a obtenu l’aide de Lucien, un ami cégépien qui lui courait après depuis un an (en fait, il courait après toutes les filles célibataires). Il n’était que trop heureux de venir aider au déménagement afin de bien paraître à ses yeux. J’avais même fait une blague à Geneviève à ce sujet, en lui disant:

« Pourquoi tu demandes pas à Lucien d’être ton coloc à la place ? Chu sûr qu’il va dire oui, dans l’espoir de coucher avec toi un jour. »

Ce à quoi elle a répondu d’un air dégoûté:

 « Lui ? Oh YARK! Non, jamais! »

 On emménage donc mon stock, j’arrange ma chambre rapidement, et Lucien reste à coucher étant donné l’heure tardive. Je m’installe sur mon lit et Lucien sur le fauteuil.  Geneviève, prétextant avoir encore envie de jaser un peu, viens nous rejoindre et amène son matelas de futon dans ma chambre.  On parle et je finis par m’endormir.  Geneviève me réveille et me dit d’aller à la salle de bain, prendre une douche, pour raisons sexuelles. Ça m’étonne qu’elle dise ça ouvertement comme ça devant Lucien, mais à voir la façon dont ils ont de se minoucher, j’en déduis qu’elle a envie de faire un ménage à trois, d’où la demande pour que je me lave. Eh bien je me trompais:  Elle voulait juste que je sois occupé ailleurs, le temps qu’elle baise avec lui. J’ai donc été expulsé de ma propre chambre, ma première nuit dans mon nouvel appartement, le temps qu’elle y baise avec un gars de qui elle disait « Oh YARK! Non, jamais! » il n’y a pas huit heures de ça.   Ça commence bien.

Au fil des jours et des semaines, jeme suis rendu compte qu’être bon ami proche avec quelqu’un, ce n’est vraiment pas pareil comme habiter avec.  En tout cas, avec elle. Pour une raison que je ne comprendrai jamais, son comportement envers moi a changé instantanément dès que j’ai mis les pieds dans cet appart’. De gentille, amicale et calineuse, elle est devenue bitch, profiteuse, menteuse, voleuse, tyrannique, injuste, et m’a fait subir son sens de l’humour qui était tellement immature et imbécile que je n’ai jamais imaginé qu’on puisse en retrouver un semblable chez une fille de vingt et un ans.   Un exemple: J’étais dans la salle de bain et commençais à prendre une douche. Aussitôt, elle entre. D’accord, la poignée de porte avait une serrure, mais je ne voyais pas pourquoi je devais lui interdire l’accès à la salle de bain si elle en avait besoin. Elle m’avait souvent vu tout nu de toutes façon. Elle vient donc faire pipi. Je lui demande de ne pas tirer la chasse d’eau, rapport que je suis dans la douche. Elle me dit:

« Ben non, voyons! Pour qui tu me prends? »

et elle flushe aussitôt. L’eau de ma douche devient automatiquement brûlante. Elle part en riant. Me voilà donc pris à me tasser du jet en attendant que l’eau redevienne supportable.  Après quelques trop longues minutes,  je me remets sous le jet d’eau et commence à me shampooiner. Geneviève revient dans la salle de bain, flushe la toilette de nouveau, et repart en riant. Me v’là donc re-pris à me re-tasser à devoir ré-attendre que l’eau redevienne re-vivable. Irrité, je me marmonne:

« Sacrament! C’est pas long, d’abord, pour que la toilette finisse de se remplir quand la douche lui détourne de son eau!? »

 L’eau est encore un peu trop chaude à mon goût quand je me remets dessous, mais là il faut absolument que je me rince du shampooing qui m’a coulé dans la face et les yeux. À peine suis-je sous le jet, devinez ? Eh oui, elle revient me refaire le coup du flush-a-bye une 3e fois.  Une fois, c’est une blague.  Deux fois, c’est louche côté immaturité. Mais trois fois!?   En tout cas j’ai appris ma leçon car depuis cette histoire je verrouillais la porte lorsque j’utilisais la salle de bain, ce qui me donnait droit, à chaque fois à ses remarques moqueuses et insultantes:

« Bon, ga’ donc le peureux qui va s’enfermer dans’ chambre de bain. Kess’ que t’as? T’as peur qu’on rentre? Franchement, comme si ça nous tentait de voir une amanchure comme toé tout nu. »

 Encore au sujet de la salle de bain: Un matin, alors que je vais pour me laver après le déjeuner, elle me demande:

 « Tu t’en vas-tu prendre ta douche? »
« Oui! »
« Ben laisse-moi y aller avant, faut juste que je me lave les mains, ce sera pas long. »

Je la laisse y aller. Elle entre, referme la porte et la verrouille. Je trouve ça bizarre, de s’enfermer pour se laver les mains. J’ai eu mon explication quelques longues minutes plus tard, lorsque j’ai entendu la douche partir. Elle a fait exprès pour prendre une douche extra longue, monopolisant la salle de bain, ce qui fait que j’ai eu à aller travailler sale, pas peigné, pas rasé, et sans mes verres de contacts qui étaient dans la salle de bain.   Lunettes à part, je n’avais vraiment pas le look qui sied à un travail de bureau.

Le soir de l’Halloween 1997. Ce soir là était exceptionnel. D’abord, parce que c’est très rare qu’il fasse un confortable et estival 16°C un 31 octobre. Ensuite, on était un vendredi.   À ce moment là ça faisait une semaine que nous habitions ensemble. À part l’histoire de la baise avec Lucien, et son humour de douche, je n’avais encore rien subi de véritablement négatif de sa part. C’est ici que ça allait changer.

Toute la journée, Geneviève et Cassandra ont préparé leur costume d’Halloween. Or, à mesure que le temps passait, je ne pouvais m’empêcher de ressentir un petit malaise qui grandissait peu à peu. D’habitude, Geneviève est la première à m’inviter à des partys et des sorties. Là, je vois bien qu’elles se préparent à un party. Deux filles de dix-neuf et vingt et un ans ne vont quand même pas passer aux maisons pour des bonbons. Or, ni l’une ni l’autre ne me glissent mot à ce sujet.  Rendu à neuf heure le soir, les filles ont terminé leurs costumes. Moi, je travaille à ma table à dessin dans ma chambre. Geneviève vient me voir. Elle me demande:

« Pis, tu fais-tu de quoi à soir? »
« Moi? Non! »

Je m’attends à ce qu’elle m’invite à leur soirée.  À la place, elle insiste:

« Rien de prévu? »
« Nope! »
« Pas de sorties? »
« Non! »
« Pas de party? »
« Non! »
« T’as vraiment rien au programme? »
« Non! »
« Rien du tout? »
« Rien du tout! »
« Fa que, t’es parfaitement libre à’ soir? »

Je ne vois pas pourquoi elle étire la sauce de la sorte, mais je me réjouis en voyant qu’elle a l’air de vouloir vérifier si j’ai de quoi de prévu avant de m’inviter en quelque part. Je réponds donc:

 « Exact, chus parfaitement libre.  Pourquoi? Est-ce que c’est une invitation? »
« Non! »

 Sur ce, elle me plante là et repart vers sa chambre, préparer son départ avec Cassandra.

Lorsque je l’ai rencontré il y a deux ans, je l’ai introduit dans mon univers.  Elle en a profité pour m’en isoler. Et aujourd’hui, elle s’en va faire le party avec SES amis, en ayant la gentillesse de me dire un joli petit « Amuse-toi bien, là! » avant de partir avec Cassandra, en m’abandonnant seul dans l’appartement.

Halloween est soir de party.  Vendredi soir est jour de sortie.  Seize degrés Celsius est une température d’été.  Tout, ce soir, a une atmosphère de fête.  Tout le monde a une place où aller, des amis avec qui faire la fête.   Tout le monde sauf moi, comme Geneviève s’était acharnée à me le faire dire et redire moi-même.   Ça faisait au moins dix ans qu’on ne m’avait pas fait sentir aussi loser, aussi reject.   Je ne pouvais pas croire que quelqu’un qui se disait être ma bonne amie proche puisse mettre autant d’efforts dans un tel but.

C’est pas fini

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A propos Steve Requin

Auteur, blogueur, illustrateur, philosophe amateur et concierge de profession.
Cet article a été publié dans Ces filles à éviter, Fait vécu, Psychologie et comportement social, SÉRIE: La conflictuodépendance. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

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