6 faits mensongers que l’on nous conditionne à croire

Si le récent scandale de Wikileak m’a appris quelque chose, c’est que la population générale voit d’un bon oeil le fait d’étaler la vérité, et ce peu importe les dommages que cette vérité peut causer à la société. Alors pourquoi ne pas m’y mettre moi aussi? Voici donc toute la vérité sur six faits complètement bullshit que l’on nous conditionne à croire:

La bullshit : Le mal que l’on fait aux autres nous revient toujours. (ou bien nous revient trois fois.)
La réalité : À moins que l’on soit victime d’une vengeance personnelle, les malheurs que l’on reçoit sont indépendants de ceux que l’on cause aux autres. La preuve: Combien de gens se plaignent de malheurs non-mérités parce qu’ils n’ont jamais rien fait de mal contre autrui? Sans compter que ce trois fois est un chiffre pris au hasard qui ne repose sur rien de concret.
Exemple : Il n’y a qu’à voir à quel point une personne abusive arrive à se tirer sans peine des conséquences méritées de ses multiples abus, juste parce que la peur qu’elle fait naitre chez les autres lui apporte le respect. Un respect qui fait que même quand quelqu’un a les couilles de faire en sorte que justice soit faite, tout le monde, victimes inclues, tentent de le dissuader et se rangent du côté de l’abusif.

La bullshit : Deux négatifs ne font pas un positif.
La réalité : La vie n’est pas une équation mathématique. Par conséquent, oui, très souvent, une seconde action négative peut sauver plusieurs gens des conséquences catastrophiques de la première.
Exemple : Exemple simplet et vécu: Quand j’étais petit, je me faisais souvent réprimander pour avoir oublié de verrouiller le porte de l’auto quand j’en sortais.  (C’était avant l’existence du verrouillage automatique).  Un jour, premier truc négatif, ma mère en est sortie en laissant ses clés sur le contact.  Or, second truc négatif, j’avais encore oublié de verrouiller ma porte.  Ma mère a donc pu entrer et récupérer ses clés.  Ainsi, deux négatifs ont fait un positif.

Exemple plus élaboré: Un gars a un jour cédé à la tentation de tromper sa blonde une fois. Ce sera un écart de conduite malsain, certes, mais qui ne se reproduira plus. S’il commet un second geste négatif, soit de le lui cacher pour toujours, leur vie de couple restera harmonieuse. Mais s’il commet l’erreur de vouloir faire la chose honorable en lui avouant tout, qu’est-ce qui risque de se passer? Potentiellement:  La femme se sentira trahie, ne voudra plus lui faire confiance, sera enragée, détruira la réputation de l’autre femme, il y aura dispute, probablement rupture, divorce, sans oublier comment cela va affecter les enfants s’ils en ont. Et si en plus il pousse la stupidité à faire une confession publique (Vive Facebook), il sera vu comme étant adultère par tous pour le reste de ses jours. En quoi est-ce que le fait d’apporter autant de problème dans la vie de tant de gens peut être perçu comme étant un geste honorable? Le geste honorable, c’est au début qu’il aurait fallu qu’il le fasse, en choisissant de ne pas la tromper. Une fois son choix fait et le geste commis, il est trop tard pour revenir en arrière.  Par contre, il n’est pas trop tard pour limiter les dégâts.

Que tu suives les lois en traversant la rue au feu vert (geste irréprochable) ou bien que tu brises la loi en choisissant de traverser au feu rouge (geste reprochable) parce qu’un rapide coup d’oeil t’a montré que tu peux le faire, la seule chose de sure, c’est que dans les deux cas, si tu hésites et t’arrêtes au milieu du chemin, c’estque tu vas avoir des problèmes. Parce que ce qui perd son homme, c’est d’abord et avant tout de faire les choses à moitié. Quand tu choisis de commencer quelque chose d’une façon, et que tout fonctionne bien jusque là, alors termine-là de la même façon.

La bullshit : Tout finit par se savoir.
La réalité : Peu importe ce que tu as fait, il n’y a que dans trois cas où ça puisse être appris : Tu en a parlé, tu as eu un témoin ou tu as laissé des traces.
Exemple : John Allen Muhammad, le tueur de Washington qui a tiré sur 17 personnes en octobre 2002, tuant 11 et blessant 6. Il avait bricolé son auto de façon à pouvoir tirer les gens de loin sans être vu ni entendu à partir du coffre de son véhicule. Ne jamais sortir de l’auto lui permettait de ne laisser aucune trace sur le terrain ni douille de projectile. Il aurait pu ne jamais être trouvé. Mais voilà, il en a parlé via appels téléphoniques dans le but de provoquer la police. Il a ensuite délibérément poussé la provocation en laissant des traces à la police près de ses victimes, sous forme de douilles, cartes de tarot et notes écrites de sa main. Enfin, il avait un témoin sous la forme d’un complice qui, pour sauver sa propre peau, a témoigné contre lui, lui valant ainsi la peine de mort. Il fut exécuté en 2009.

Pour beaucoup de gens, il ne suffit pas de savoir qu’ils sont plus malin que les autres. Il veulent aussi que les autres reconnaissent et confirment leur génie.  Alors quand ils ont utilisé leur intelligence pour commettre un geste condamnable, ils se condamnent eux-même via vantardise, témoins et  traces.  Comme quoi le fait de vouloir démontrer que l’on est intelligent, c’est souvent la plus grande preuve de sa stupidité. C’est que l’orgueil aussi perd souvent son homme.

La bullshit : Faute avouée est à moitié pardonnée.
La réalité : C’est vrai quand tu es enfant, car il faut bien te conditionner à y croire. Par contre, une fois que tu es rendu adulte, cette croyance n’est rien d’autre qu’un piège à cons.
Exemple : J’ai vu assez d’émissions de crime sur Canal D pour voir que ceux qui cèdent à leurs remords de conscience ne trouvent dans l’auto-dénonciation ni le pardon ni la paix intérieure qu’ils souhaitaient avoir. Normal: Comment peux-tu trouver la paix quand ta seule récompense pour ce geste honorable sont les ennuis judiciaires et un casier qui te suivra toute ta vie?

La bullshit : Karma is a bitch.
La réalité : Le karma n’existe pas. La seule raison pourquoi la vie te remet tes mauvaises actions, c’est à cause de ta négligence et de tes mauvaises décisions, telles que citées en exemple plus haut. Une personne prudente qui se protège adéquatement peut faire tout ce qu’elle veut sans jamais se faire prendre.
Exemple : Je ne peux évidemment pas vous donner un exemple de quelqu’un qui cache bien son jeu, puisque le fait qu’il le cache bien fait que je n’ai aucune idée de ce qu’il a pu faire de pas correct. Tout comme jamais je ne parlerai de mes propres gestes incorrects passés que je suis le seul à connaître. De toutes façons, je crois que la majorité d’entre nous avons déjà commis quelques gestes isolés qui, s’ils étaient connus de tous, nous vaudraient un casier judiciaire.

Il arrive parfois qu’une personne commette délibérément un geste mesquin contre un autre, en citant cette phrase.  À moins que Karma soit l’un des noms écrit sur ton certificat de naissance et que tu te qualifies toi-même de bitch, ça n’a aucun rapport.

La bullshit : Une personne peut échapper à la justice, mais elle ne peut jamais échapper à sa conscience.
La réalité : Si la personne avait une conscience, elle n’aurait jamais commis le délit en question pour commencer.
Exemple : Qui a tué JonBenét Ramsay? Où est Jimmy Hoffa? Pourquoi y a t’il plus de 350 meurtres non-résolus répertoriés sur Wikipedia? Tout simplement parce que les coupables vivent  avec leur secret, ne le divulguant jamais à personne. C’est tout ce que ça prend pour échapper aux ennuis et à la justice.

Et vous savez quoi? C’est justement pour nous empêcher d’un jour devenir une personne comme ces derniers, ceux qui s’en tirent à bon compte, que l’on essaye de nous convaincre depuis notre plus tendre enfance que le mal que l’on fait aux autres nous revient toujours, que deux négatifs ne font pas un positif, que tout finit par se savoir, que faute avouée est à moitié pardonnée, que karma is a bitch et que l’on ne peut jamais échapper à notre conscience. Parce que ceux qui tentent de nous manipuler dans le but de nous faire accroire ces idioties savent que dans bien des cas, si ce n’était du fait qu’ils nous ont conditionnés à ressentir l’envie de nous dénoncer nous-mêmes, jamais ils ne réussiraient autrement à avoir la moindre preuve contre nous.

Et voilà! La vérité, toute la vérité, rien que la vérité, je le jure, amen. Et si personne ne semble se soucier si c’en est une qui est bonne à dire ou non, alors personne ne devrait venir chialer non plus d’avoir à en subir les conséquences par la suite .

Les Trois Raisons Possibles de l’Échec

Des formules comme Quand on veut, on peut, ou bien La vie est ce que l’on en fait sont supposés être des outils de motivations avant et pendant que l’on entreprend un projet. Hélas, c’est surtout utilisé par les autres afin de nous rabaisser, et ce après que le projet se soit soldé par un échec.  Dans ce temps-là, ils vous disent qu’« on n’a qu’à ne pas se laisser arrêter par cet obstacle » ou alors qu’« il n’y a qu’à le contourner ».

Eh bien moi, je n’ai qu’une chose à répondre à ça, et c’est Bullshit!

Petite dose de réalité: Prétendre que chacun est la seule et unique cause de sa propre réussite ou son propre échec, c’est aussi irréaliste que stupide.

Prenons, comme exemple, quelqu’un qui a réussi dans la vie: François Pérusse. Pour ses capsules d’humour, il fait tout: Le texte, les différentes voix, la musique, les effets sonores, le mixage et l’enregistrement. Vous direz que son succès, il ne le doit à personne parce que lui seul a tout fait de A à Z? Désolé mais non, c’est une erreur. Si aucun dirigeant de maison de disque n’avait voulu de son produit, tous ses efforts et tout son travail lui  auraient valu un beau zéro. Le plus qu’il pouvait faire, c’était d’essayer de rendre son produit le plus attrayant possible.  Là s’arrêtait sa responsabilité sur son succès. Le reste dépendait des autre.

Quant à sa carrière d’auteur de capsules humoristiques, ce n’est pas comme s’il l’avait planifiée d’avance. Ça lui est tombé dessus par hasard, comme on peut le voir sur sa page de Wikipédia: « En 1990, il réalise une publicité pour l’album Sauvez mon âme de Luc De Larochellière. Cette capsule publicitaire humoristique suggère que le disque de De Larochellière permet d’entendre, si on le fait jouer à l’envers, des messages subliminaux diaboliques : cela attire l’attention de la station CKOI-FM qui l’embauche pour créer ses 2 minutes du peuple. »

C’est bien beau, la philosophie de la pensée positive et le concept comme quoi chacun est le seul et unique maître de son destin afin d’expliquer les échecs. C’est bien beau les théories comme quoi on n’a qu’à ne pas se laisser arrêter par les obstacles, et qu’il s’agit tout simplement de les contourner.  Mais si on lâchait un peu les théories philosophiques et qu’on parlait un peu du concret, hm? Si on parlait de faits vécus?

FAIT VÉCU 1 : Mes efforts pour être embauché au gym. À l’entrevue, on m’apprend que certains cours de formation se donnent au cégep. Or, à cause que mon ex m’a fait abandonner le cégep une fois de trop il y a 15 ans, je n’ai plus le droit de m’y réinscrire. Comment est-ce que je pourrais « ne pas me laisser arrêter par ça » ou bien « contourner cet obstacle »?

FAIT VÉCU 2 : L’armée, quand je me suis enrôlé comme steward dans les marines, un poste difficile à obtenir parce que rare. Ils ne prennent pas les gens sous probation, ce que j’étais à cause que mon ex m’a trainé en cour. Ensuite c’est 3 ans d’attente avant d’avoir le droit de me réinscrire. Comment est-ce que je pourrais « ne pas me laisser arrêter par ça » ou bien « contourner cet obstacle »?

FAIT VÉCU 3 : Il y a quelques semaines, ma blonde m’a fait comprendre que mon projet de livre pour enfant ne pourra pas se produire parce que l’auteur n’a pas le droit d’illustrer son propre texte. Eh non, à cause de certaines lois qui protègent les illustrateurs,  il doit être dessiné par un dessinateur à l’emploi de l’éditeur. Or, pour être illustrateur, il faut être membre de Illustrations Québec, ce qui coûte de $183.96 à $344.93. Et payer ces frais qui dépassnt largement tout profit que je ferais dans les ventes ne garantit en rien que je serai embauché par l’éditeur, et encore moins que je sois assigné à illustrer mon propre livre. Comment est-ce que je pourrais « ne pas me laisser arrêter par ça » ou bien « contourner cet obstacle »?

FAIT VÉCU 4 : Je n’ai rien pour entreprendre une grande carrière? Ok, je me résigne: Je viens d’appliquer pour une job au salaire minimum au Rona de mon quartier. Je me suis fait refaire le même coup qu’au PFK l’an passée, c’est à dire me faire dire par le gérant que mon CV démontre que j’ai trop de potentiel pour le perdre dans ce genre de job, donc qu’il ne me rendrait pas service de m’embaucher. Comment est-ce que je pourrais « ne pas me laisser arrêter par ça » ou bien « contourner cet obstacle »?

FAIT VÉCU 5 : D’accord, être embauché, ça dépend des autres. Alors je choisis une activité dans lequel je suis le seul maître de ma réussite: M’entraîner à la course dans le but de courir le marathon: Après cinq mois d’entraînement, j’ai développé une fasciite plantaire, ce qui limite désormais, et pour le reste de ma vie, le temps que je dois passer debout. Un handicap permanent qui m’empêche de courir à tout jamais.  Comment est-ce que je pourrais « ne pas me laisser arrêter par ça » ou bien « contourner cet obstacle »?

Je pourrais continuer longtemps comme ça, j’ai des douzaines d’exemples. Alors allez-y, expliquez-moi comment je peux «ne pas laisser» mon ex me causer des problèmes avec la loi, «ne pas laisser» les règlements de l’armée m’empêcher de m’enrôler,  «ne pas laisser» un éditeur refuser de me publier puisque j’illustre mes propres histoires, «ne pas laisser» un Rona refuser de m’embaucher, «ne pas laisser» un handicap physique se développer?

Donc, désolé pour tous les bien-pensants qui nous font la morale avec leur réponse universelle comme quoi tout est de notre responsabilité, mais non, les échecs ne s’expliquent pas tous par une seule et unique raison. La réalité, c’est que ça peut être dû à une, deux ou bien les trois raisons suivantes.

Les trois raisons possibles de l’échec:

  • Ta propre faute: Un abandon, de mauvaise décisions, de la négligence, une gaffe, créer des tensions, avoir choisi un projet irréaliste ou hors de sa portée, etc. Consciemment ou non, beaucoup de gens se sabotent eux-mêmes.
  • La faute des autres: Il est très rare que l’on n’ait à compter sur personne d’autres que nous-mêmes pour réussir. Et quand celui qui a le pouvoir d’en faire une réussite ou un échec décide que ce sera un échec, alors rien à faire, ce sera un échec. Et ça, c’est sans compter ceux qui vont délibérément te saboter.
  • Le hasard. Il arrive que des hasards malheureux et imprévus se produisent et ont comme conséquence de saboter ton projet. Une panne. Un problème de santé. Un accident. Ce sont des choses qui arrivent sans que rien ni personne ne puissent les prévenir, les contrôler ou les contourner.

Parce que quand on commence à croire que tout ce qui nous arrive, sans aucune exception, est toujours de notre faute, on finit par perdre contact avec la réalité. Comme tous ceux qui sont d’accord avec le livre Le Secret lorsque celui-ci affirme que si vous recevez des factures d’électricité, de téléphone, de câble, de loyer et de carte de crédit, ce n’est pas parce que vous avez l’électricité, le téléphone, le câble, un loyer et une carte de crédit, mais bien parce que votre imagination fait surgir ces factures de nulle part. Voyez plutôt:

Vous en voulez, une formule à la fois réaliste et non-pessimiste au sujet de la réussite ou de l’échec d’un projet que l’on entreprend? La voici: Essayer, c’est réussir ou bien échouer. Ne pas essayer, c’est échouer.

Et ça, c’est tout ce que l’on peut se permettre d’affirmer à ce sujet.

Autopsie du Loser

IMPORTANT: Beaucoup de gens font l’erreur d’écrire Looser au lieu de Loser. Loser avec un seul O signifie perdant. Ça vient du mot lose, signifiant perdre. Looser avec deux O signifie qui est relâché, qui a du jeu, ou en bon québécois qui est plus slack. Ça vient du mot loose, qui n’a pas d’équivalent en français, sinon dans l’expression jouale lousse. Bref, écrire looser au lieu de loser, c’est loser!

Ceci étant précisé, passons à l’article.

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Êtes-vous votre propre pire ennemi?
Être malchanceux, c’est le fruit du hasard.  Être loser, c’est aider le hasard à nous rendre malchanceux. La preuve:

En amitié :
Le loser n’a pas d’amis, ou alors très peu.  À chaque fois qu’il commence à lier d’amitié avec des gens brillants et intéressants, c’est toujours la même chose.  Au début, tout va bien.  Puis, à mesure que le temps passe et que ces gens apprennent à le connaître, ils se désintéressent de lui et le laissent de côté.  Le Loser aimerait bien comprendre pourquoi ça se passe toujours ainsi mais personne n’est capable de lui donner une réponse claire à ce sujet.

Dans son image personnelle :
Le Loser est un être qui aime étaler au grand jour les défauts des autres.  C’est que, puisqu’il n’arrive pas à égaler ou à dépasser les autres, il compense en démontrant que les autres ne valent pas mieux que lui. Il est capable de faire une liste exhaustive de tous les écarts de conduite et des erreurs qu’a fait quelqu’un durant les cinq dernières années si cette personne a osé faire une remarque négative au Loser. C’est que Le Loser ne supporte pas que quelqu’un possédant de pires défauts que lui ose lui faire la morale. Or, à ces yeux, ça représente 99.999999999999999999999% de la population.

Dans ses études :
À l’école, le loser se distingue par une caractéristique particulière :  Il lui manque toujours quelque chose. Toujours le dernier à se procurer un livre important, celui-ci est souvent épuisé lorsqu’il vient pour se le procurer.  Ainsi, en classe, c’est celui qui est pris pour suivre avec un autre. Il se retrouve souvent sans crayons et sans feuilles lorsqu’il y a des notes à prendre. Oublie son numéro de cadenas. Oublie de faire ses devoirs.  Et s’il les fait, il les oublie chez lui. Oublie d’étudier.  Et s’il le fait, ce ne sera pas le bon livre.  Se trompe dans son horaire.  Dans les dates importantes de son agenda, il notera les dates de partys et écrira des réflexions sur des filles sur qui il a l’oeil, plutôt que de noter les devoirs ou dates d’examen. D’ailleurs, il sera toujours surpris d’apprendre, en entrant en classe, qu’il y a un examen, alors que tous les autres n’ont pas cessé de se préparer durant toute la semaine.

Souvent, à la fin de la session, le Loser ne se donne même pas la peine de se présenter à ses examens finaux.  Il n’aime qu’une chose à l’école :  La vie sociale.  Or, il se trouve bien désemparé lorsque ses amis et connaissances réussissent, avancent dans leurs études et changent d’école alors que lui reste là.  Privé de la seule chose qui le garde à l’école, le Loser finit par décrocher.

Dans son look :
Il s’habille de façon remarquable, dans le sens qu’il se fait remarquer par son habillement.  Par exemple, si le Loser porte des lunettes, ce sera d’un modèle qui est passé de mode depuis au moins cinq ans.  La plupart du temps, le Loser, s’il a de plus de 25 ans, s’habille et se coiffe encore comme il le faisait quand il avait 15 ans car il n’a pas remarqué que la mode a évolué.

Parfois, le loser a un petit côté artistique qui le pousse à se créer lui-même son propre style. Il fait ça dans le but de se donner une image de hyper cool de non-conformiste. Hélas, dans son cas, ça foire lamentablement.  Il faut dire que, pour des raisons encore mal définies, un style, une pièce de vêtement ou une coiffure qui paraît bien sur quelqu’un d’autre devient automatiquement horrible lorsque portée par le Loser.

Le Loser étant mal à l’aise en société, il se jette parfois de tout son âme dans les séries de fiction.  Celles-ci influencent parfois sa garde-robe.  Ainsi, on le verra souvent arborer des vêtements à l’effigie de telles séries, quand ce n’est pas carrément copier le look d’un personnage particulier.  Non pas dans le cadre d’un événement spécial, mais bien dans la vie de tous les jours.

On dirait parfois que les Losers partagent une conscience collective, car nombreux sont ceux qui se créent exactement le même look, et ce sans jamais avoir su que d’autres l’arborent: Le style Fedora-Neckbeard.  Il y a quelques variantes d’une personne à l’autre, mais dans l’ensemble, on y retrouve une combinaison de la majorité des éléments suivants, qu’ils portent à toute occasion, à l’intérieur comme à l’extérieur :

  • Chapeau Fedora ou Trilby.
  • Barbe en collier.
  • Long imperméable.
  • Chemise et cravate.
  • Veston de soirée.
  • T-shirt à l’effigie d’un dessin animé.

C’est un look qui, croit-il, fait original, classe, badass.  Or, sans le savoir, il a en fait recréé l’uniforme officiel du Loser.  Celui qui permet au reste de la population de voir au premier coup d’oeil qu’il en est un, car il n’y a qu’eux qui arborent ce style.












Dans son travail :
Lorsque le Loser ne vit pas aux crochets du chômage / du BS / de ses parents / de sa blonde, il occupe le genre d’emploi qu’obtient habituellement un ado en vacances: Livreur d’épicerie, laveur de vaisselle, classeur de marchandises sur les tablettes, employé de ménage au McDo… Même s’il aimerait pouvoir trouver mieux, il ressent quand même une petite fierté, car ce sont des boulots qu’il n’arrivait même pas à décrocher quand il était ado, tellement il était déjà loser à cette époque. Aujourd’hui, son âge et son expérience de vie étant plus grande que ses collègues de travail, il leur est au moins supérieur sur ce point. Pas étonnant qu’il se sent bien à travailler là, même si ce boulot est loin d’être son idéal.

Parfois, la chance lui permet de lire une petite annonce au sujet d’un emploi génial, le genre qu’il a toujours rêvé d’avoir.  Si l’annonce dit que tous les CV reçus après vendredi le 27 ne seront pas considérés, le Loser laissera bêtement le temps passer.  Samedi le 28, il réalisera soudain que ce qu’il fait là est stupide car il possède toutes les qualités que ce travail demande et que ce serait trop bête de laisser passer une opportunité pareille. Il consacrera la fin de semaine complète à travailler fiévreusement sur son CV, ramassant toutes sortes de preuves au sujet de ses compétences.  Il y inclura une lettre dont une des premières phrases sera :  « Je sais que j’ai dépassé la limite de temps que vous avez fixé pour l’envoi de CV mais si vous vous donnez la peine de jeter un œil à mon envoi, vous verrez que je réunis toutes les compétences qui…» Le Loser sera malheureux car il ne sera jamais rappelé.

Dans ses projets :
Le Loser sait qu’il est destiné à un avenir fabuleux où la gloire et la richesse l’attendent. Le problème, c’est justement ça :  Peu importe le temps qui passe, c’est toujours dans l’avenir que ça l’attend.  Jamais dans le présent.

Le Loser ne s’abaisse pas à faire les mêmes efforts que tout le monde pour réussir.  Il sait déjà comment faire.  Par exemple, s’il est un graphiste talentueux, il se dira qu’il est inutile de devoir perdre temps et argent aux études car lorsqu’il montrera ses œuvres aux employeurs potentiels, ceux-ci le verront bien de leurs yeux qu’il a du talent.  De toute façon, peu importe la discipline qu’il a choisi, le Loser sait qu’il a du talent.  Il ne voit pas la logique de s’endetter de quelques milliers de dollars étendus sur quelques années d’études afin d’obtenir un papier disant : «Oui, cher futur employeur potentiel, ce gars là a du talent!»

Le Loser a toujours des projets extraordinaires.  Il en commence beaucoup mais en finit peu. Ceux qu’il choisit de finir sont habituellement ceux qui ont le plus de chances d’être voués à l’échec.  Le loser, c’est souvent celui qui est en train d’écrire un scénario de film alors qu’il n’y connaît absolument rien dans l’industrie du cinéma.  Même s’il arrive vraiment à écrire le scénario du siècle, il restera pris avec car il ne saura même pas où, à qui et comment le placer.  En fait, il ne saura même pas comment se renseigner pour l’apprendre.

Le Loser est un autodidacte. Il lit beaucoup et sait énormément de chose sur une tonne de sujets que la population générale ignore.  De ce fait, le Loser gagne souvent lorsqu’il joue à Quelques Arpents de Pièges. Par contre, les connaissances pouvant lui permettre de réussir à faire quelque chose de bien de sa vie, il ne les a pas car étrangement, à l’école, aucune matière importante ne lui rentre convenablement dans la tête.

Dans ses communications:
Souffrant d’un sentiment d’infériorité dans tous les domaines, le Loser se rassure dans le fait que là où ça compte vraiment, c’est à dire intellectuellement, c’est lui qui est supérieur. Ainsi, dans ses textes, au lieu d’écrire « Malgré son air bête, l’inquiétant millionnaire fit un sourire », il optera plutôt pour « Nonobstant sa mine renfrognée, le patibulaire cossu esquissa un rictus. » Il est tellement occupé à étaler son intelligence qu’il en oublie d’avoir l’intelligence de comprendre que lire de tel textes, c’est comme marcher avec des raquettes quand on est enfoncé dans deux pieds de sloshe: Faisable, mais inutilement pénible. Alors si en plus le Loser parle de la même façon qu’il écrit, il a beaucoup de difficulté à comprendre pourquoi ses interlocuteurs tiennent rarement à avoir une seconde conversation avec lui.

Ceci dit, il arrive aussi que le Loser s’exprime clairement sur le net. En personne, par contre, peu habitué à l’interaction face-à-face, il est un piètre interlocuteur. Il bafouille, cherche ses mots, transforme tout en blague et dit souvent des conneries. Il est le champion de la remarque qui apporte (accidentellement) le malaise. Étrangement, s’il est francophone, il s’exprimera mieux en anglais puisque c’est une langue seconde qu’il a eu à apprendre sur le tard. N’ayant jamais eu le temps d’apprendre convenablement toutes les subtilités de celles-ci, il n’aura d’autre choix que de s’exprimer clairement lorsqu’il l’utilise.

Et puisque l’on parle de langue seconde : Lorsqu’il a envie d’apprendre une nouvelle langue, le loser ne choisit jamais l’espagnol qui est la 3e langue la plus parlée en Amérique. Non, il choisira plutôt l’allemand ou le japonais, deux langues qui ne lui serviront jamais à rien, que ce soit dans sa vie privée ou dans son travail. De toutes façons, ce n’est pas comme s’il allait vraiment réussir à l’apprendre, peu importe les années qu’il va y mettre.

Dans son physique :
Le Loser est né avec un physique défectueux.  Il est ou bien trop grand, ou trop petit, ou trop maigre, ou trop gros, ou trop laid, ou juste trop plain. Il rêve du jour où il sera beau, grand et fort. Étant pauvre, il ne peut se permettre de s’inscrire à un gym ni de s’acheter de l’équipement. Il ne peut donc que se contenter d’en rêver.  Le loser a quelquefois fait des push-ups ou bien des haltères en cachette mais le plus longtemps qu’il en a fait avant d’abandonner fut deux mois.  Le loser qui arrive à s’acheter de l’équipement sportif le laisse prendre la poussière au bout de quelques semaines et n’y retouche plus, sauf lors de déménagements. Et quand le Loser peut se permettre un abonnement d’un an au gym, il y va à tous les jours lors des deux premières semaines, puis trois autres fois pour le reste de l’année, avant d’abandonner définitivement.

Le Loser se déplace surtout à bicyclette car étant pauvre, il ne peut se permettre d’avoir un auto ou une titre de transports en commun.  Qu’importe, le Loser est fier de sa situation de cycliste.  Puisqu’il fait beaucoup de vélo, il se vante que cette activité le tient en grande forme physique.  Étrangement, tous les amis du Loser qui eux ont des autos sont en meilleure forme que lui.

De toutes façons, le loser ne garde jamais son vélo longtemps car il se le fait toujours voler.  Même s’il le laisse parmi 8624 vélos attachés, le seul qui se fera voler, ce sera le sien.  À moins que ce soit une vieille scrap.  À ce moment-là, il ne se le fera pas voler. Il se le fera seulement vandaliser.

Dans son passé amoureux et/ou sexuel:
Le manque de confiance que le Loser a toujours ressenti envers lui-même a fait qu’à l’époque de ses premiers désirs amoureux et/ou sexuels, il était trop intimidé par les filles de son âge.  Il se sentait inadéquat, puisque ces filles étaient attirées par les gars plus beau, plus athlétiques, plus sérieux que lui.  Les seules filles avec qui il se sentait à l’aise, c’était les pré-pubères, voire les enfants.  Puisqu’elles étaient encore trop jeunes pour ressentir de l’attirance pour le sexe opposé, elles ne le mettaient pas en compétition avec les autres gars.  Le Loser, sans comprendre pourquoi puisque ça se passe au niveau de l’inconscient, confondra cette aisance pour du sentiment et du désir.  Et c’est ainsi qu’il fantasmera pendant plusieurs années sur des situations imaginaires dans lesquelles il se verra vivre des amourettes avec de jeunes filles telles que…

  • Jolie jeune immigrante perdue et confuse dans ce nouvel environnement, à qui il servira d’abord de guide social, avant de devenir, à sa demande à elle, son guide amoureux et/ou sexuel. (De ce fantasme particulier, le Loser caucasien gardera parfois toute sa vie une attirance marquée vers noires et asiatiques.)
  • Petite voisine qui l’admire juste parce qu’à ses jeunes yeux, il est grand et fort, ce qui fait qu’elle finira par vouloir faire de lui son initiateur amoureux et/ou sexuel.
  • Jeune adolescente récemment jetée dans la rue sans famille ni amis, qu’il recueillera chez lui (dans un appartement lui aussi imaginaire, puisqu’il reste encore chez ses parents), avant qu’elle le récompense pour sa générosité en lui offrant d’être sa chose amoureuse et/ou sexuelle.
  • La petite cousine.  Ou pire encore, la petite soeur, car, situation familiale oblige, ils sont toujours en contact.  Ce qui fait que, lorsqu’elle ressentira ses premiers désirs pour le sexe opposé, elle se tournera vers le premier mâle de son environnement, celui le plus proche de leur groupe d’âge: Lui-même, son oni-chan (grand-frère).

Ce dernier fantasme peut devenir problématique si le Loser a vraiment une petite soeur.  C’est que ce fantasme-là est particulièrement à portée de main en été, alors que les parents travaillent et que les enfants et ados sont en vacances, en ayant pour eux-seuls la maison.  Le Loser pourrait alors être tenté de faire de son fantasme une réalité.  Dans ses fantasmes énoncés plus haut, on constate que dans tous les cas, c’est toujours la jeune fille qui initie la relation amoureuse et/ou sexuelle.  Mais dans la réalité, ce serait l’inverse, et il le sait.  À partir de là, ce qu’il fera ou non dépendra de plusieurs facteurs de sa personnalité, du degré de ses désirs et de sa force morale.

Ironiquement, bien que dans ce cas-ci il agit en pur pédophile, dans 90% des cas, le Losers ne l’est même pas.  Il s’en rend compte, en constatant qu’il ne trouve pas dans ces premières relations ce qu’il cherche.  Aussi, il y perd intérêt et son focus passe vers les filles de son âge.  Hélas, pour ses jeunes victimes s’il y en a, le mal est fait.

Avec les filles :
Il y a un genre de filles que le Loser attire tout particulièrement : Celles qui ne voudraient jamais sortir avec lui.  Le Loser ressent de la frustration envers ces filles qui veulent que leur relation soit amis seulement, alors qu’ils ont tant de choses en commun. … Enfin, quand je dis tant de choses en commun, en général, ça se limite à « Nous sommes tous les deux hétéros et célibataires. »  C’est que le loser croit dur comme fer à l’adage qui dit qu’en amour, nos différences n’ont aucune importance.  C’est sa façon à lui de justifier le fait qu’il sortirait avec n’importe qui, pourvu que ce soit une fille.

Il arrive parfois qu’une de ses amies particulièrement en manque ou désespérée consente à avoir une relation plus intime avec le Loser.  Elle y posera cependant une condition :  Leur relation devra rester secrète.  Elle invoquera toutes sortes de raisons que le Loser gobera ou non mais qu’il acceptera quand même puisque c’est ça ou bien rester célibataire.  Elle ne lui avouera jamais que la vraie raison, c’est parce qu’elle aurait honte que les autres sachent qu’elle sort avec lui.

En amour :
À cause de son complexe d’infériorité, le loser s’imagine et/ou constate que comparé aux autres hommes, il fait piètre figure, surtout dans le domaine de la séduction.  Aussi, il fantasme souvent sur des situations imaginaires du genre de:

  • Il est sur une île, seul survivant mâle d’un naufrage ou d’un écrasement d’avion, en compagnie d’une autre survivante.
  • Variante: Dans un bateau, qui contient eau et nourriture en abondance, mais une seule cabine et un seul lit. 
  • Il se retrouve coincé plusieurs heures, voire plusieurs jours, avec une fille, dans un ascenseur en panne, un cockpit d’avion écrasé. 

Les trois points en commun que l’on retrouve dans ces différents fantasmes de situations sont toujours les mêmes:

  1. La fille et lui sont isolés de tous.
  2. Ce qui fait qu’elle n’a pas le choix de lui parler.
  3. Et éventuellement craquer pour lui.

Puisqu’il ne vivra jamais de tels fantasmes, le Loser jette alors son dévolu sur toute fille qu’il sent isolée, mais cette fois au niveau social.  Celles qui sont renfermées, timides maladives, angoissées…  Car la nature de ces filles-là apporte deux intéressantes garanties au loser.  La première, c’est qu’il n’aura pas de compétition, car aucun homme normal n’irait s’intéresser à ça.  Et la seconde, de par leur nature facilement intimidable, elles n’oseront jamais lui résister clairement, ce qui fait qu’elles finiront bien à céder sous son insistance.  Hélas pour le loser, son sentiment de victoire sera de courte durée, car il vivra avec elle une relation cahoteuse qui sera négative et décevante du début à la fin.

Dans des conditions normales, le loser ne plait pas. Pourtant, en amour, c’est un être courageux qui n’a pas peur des obstacles.  La preuve: La fille sur qui il jette son dévolu est toujours ou bien déjà en amour avec un autre, ou bien trop jeune, ou bien trop vieille, ou bien lesbienne, ou bien d’un style de vie / de look / de mentalité / de milieu trop différent de lui, ou bien mariée, ou bien habitant à plus de 500 km de chez lui, ou bien qui ne veut rien savoir de lui, quand ce n’est pas une combinaison de plusieurs de ces éléments.  S’il arrive tout de même à sortir avec cette fille, le Loser vivra une relation cahoteuse qui sera négative et décevante du début à la fin.

Ceci dit, le Loser n’est pas forcément un être désespéré. Parfois, il est capable d’attendre La Bonne. Tandis que ses amis vont d’une relation à l’autre et vivent toute une gamme d’émotions, ont du plaisir, des loisirs et de la baise, le Loser ne sort jamais avec personne. Il a une idée très précise sur son idéal féminin et il s’est  juré que tant et aussi longtemps qu’il ne l’aura pas rencontré, il se gardera pur pour elle. S’il finit par la trouver, et que par miracle elle accepte de sortir avec, (souvent après avoir été poursuivie des années par le Loser) leur relation sera de courte durée. Normal: Un gars qui n’a jamais eu de relation amoureuse ou sexuelle, ça n’a aucune expérience du comportement amoureux et sexuel. Ça fait que même si elle est son idéal féminin, en revanche il est loin d’être son idéal masculin.

Les amours du Loser commencent souvent de la même façon que n’importe qui. Par exemple: Il rencontre une fille dans une fête entre amis, ils se plaisent, ils commencent à se rapprocher. Ils peuvent même passer la soirée à se bécoter et la nuit à baiser. Puis, après quelques jours, si ce n’est pas dès le lendemain, elle s’en détache, s’en désintéresse et ne veut plus rien savoir de lui, même en ami.  Le Loser aimerait bien comprendre pourquoi ça se passe toujours ainsi mais là encore personne n’est capable de lui répondre ou n’a envie de le faire.  Tout ce qu’il sait, c’est que ce qu’il entend dire à ce sujet n’a jamais rapport avec ce que la fille lui a dit.  Par exemple, si elle lui dit qu’elle ne se sent pas prête à embarquer dans une relation à ce point-ci de sa vie, les autres lui rapportent plutôt qu’elle lui trouvait tout un tas de défauts, dont certains que le Loser ne savait même pas qu’il avait.  Le Loser part alors en croisade à la recherche de la vérité, ce qui ne fera qu’empirer son cas et lui donner l’impression que tous l’ont trahi et lui ont menti.  Surtout qu’une fois sur deux, la fille se retrouve embarquée dans une nouvelle relation moins de deux semaines après avoir rompu avec le Loser.

Lorsqu’il ne s’agit pas de ses amours personnelles, le Loser est un grand observateur.  Il est capable de dire si la relation débutante d’un(e) de ses ami(e) va durer ou non.  En fait, il dira toujours que c’est non, que cette relation est condamnée d’avance, qu’ils ne sont pas faits l’un pour l’autre, qu’ils sont trop différents.   Lorsque la relation sera terminée, que ce soit au bout de dix jours, dix semaines, dix mois ou bien dix ans, il sera fier de clamer haut et fort qu’il savait depuis le début que ça ne marcherait pas.

 

Enfin, certains losers sont plus fins stratèges: D’abord, ils repèrent une fille qui est déjà en couple avec un gars qui a un physique et/ou un style semblable à lui.  Il s’arrange pour devenir bon ami avec cette fille.  Puis, il deviendra son confident, histoire d’apprendre ce qu’elle aime ou non chez son chum, et qui ne va pas dans le couple.  Armé de ces informations, le Loser peut donc montrer à la fille qu’il a en lui tout ce qu’elle aime chez son chum actuel, MOINS ses défauts.  Et c’est comme ça que dans 75% des cas, il arrive à finir avec la fille.

Et avant de penser que, puisqu’il a réussi, il n’est donc pas si loser que ça, considérez ceci: La seule façon qu’il a trouvé pour réussir à plaire, ce n’est pas en restant lui-même.  Non, c’est en se donnant les qualités de l’autre gars, en évitant d’avoir les défauts de l’autre gars.  Bref, il n’a réussi à plaire qu’en se faisant comparer à pire que lui.

Dans son couple:
Lorsque le Loser a une relation stable, sérieuse et à long terme, c’est avec une fille qui est loin d’être un modèle de beauté et/ou d’intelligence et/ou d’amabilité.  Voilà pourquoi il a trop honte pour s’afficher avec elle en public, surtout en tant que son conjoint.  Qu’est-ce qu’il fait avec elle, alors?  Pas le choix, c’est la seule qui veut de lui.  Le loser classera cette relation sous le dossier « En attendant de trouver mieux », et essayera sans cesse de la tromper.  Or, les rares fois qu’il y réussira, il ne trouvera vraiment pas mieux que sa blonde actuelle.  Et si par miracle, oui, il trouve vraiment mieux qu’elle, ça va se terminer en catastrophe…  Non seulement parce que le Loser a une blonde, mais souvent à cause qu’il habite avec elle.

Dans sa mentalité :
Le Loser est un être réfléchi.  Il pense beaucoup.  On dirait même qu’il pense trop, car tandis qu’il réfléchit, il n’agit pas.  Adolescent, il observe ses amis qui s’amusent en buvant, fumant, prenant de la drogue, allant d’une relation non-sérieuse à une autre.  Le Loser se dit que faire tout ça est tellement inutile puisque cela ne leur servira pas dans leur avenir.  Le Loser, qui s’exclut ainsi volontairement des autres, s’emmerde tout seul dans son coin.  Pendant ce temps là, les autres s’amusent et vivent pleinement leur vie de jeunesse en groupe.  Rendu adulte, tous ces ex-saoulons et ces drogués repentis arrivent à trouver travail et âme sœur facilement tandis que le Loser qui s’est abstenu n’y arrive pas.  Peut-être que ça a à voir au fait que les employeurs et âmes sœurs sont eux aussi des trippeux repentis, donc des gens avec qui le loser a peu de choses en commun.

Le Loser a beaucoup de bonnes raisons pour expliquer ses échecs.  À l’entendre, il y a toujours quelqu’un quelque part qui sabote ses efforts.  Le pire, c’est que c’est souvent le cas, car puisqu’il projette une image de victime, il attire tout naturellement vers lui les agresseurs et fauteurs de troubles à la recherche de victimes.  Mais comme il est loser, personne ne va le croire ou bien ne voudra lui venir en aide.

Dans sa morale et sa moralité:
Le Loser a bonne conscience et une grande capacité de sacrifice dicté par un code d’honneur strict. Par exemple, s’il a abandonné un travail payant, c’est parce qu’il savait qu’il n’était pas assez qualifié pour ce travail et qu’il prenait la place d’un autre qui, lui, la méritait mieux et saurait donner un meilleur rendement à son patron.  S’il a cassé avec sa blonde, c’est parce qu’il l’aimait.  Il savait qu’il n’était pas assez bien pour elle, elle méritait beaucoup mieux que lui. Si une connaissance lui propose une entrée via contacts dans un bon travail, il va refuser car il ne pourra ressentir de fierté puisqu’il n’aura pas réussi à avoir la job par lui-même. Le Loser tire beaucoup de vanité du fait d’avoir un code d’honneur.  C’est d’ailleurs la seule chose dont il peut en tirer.  Il a beau se dire qu’il a bonne conscience d’agir ainsi, il est toujours malheureux des décisions que son code d’honneur lui a dicté. C’est normal puisque tout ce que ce code lui dicte, ce ne sont jamais des choses qui lui permettent d’avancer. Ce sont, au contraire, toujours des choses qui vont le ralentir, lui faire obstacle et le saboter.

Dans ses plans de vie :
Le loser est un extrémiste. Il passe 50% de son temps à nous expliquer joyeusement quelconque plan à dormir debout devant lui assurer fortune, gloire, amour et richesse, et 50% de son temps à se plaindre parce que ça ne marche pas.  

Il faut dire que le Loser a la très mauvaise habitude de vendre la peau de l’ours.  Par exemple, s’il est obèse et s’inscrit à un gym à l’automne, il se vante dès le départ qu’il saura perdre 60 lbs / 28 kgs en six mois, et il n’hésite pas à parler de tous les plans qu’il fait pour lorsqu’il aura enfin son physique idéal.  En se vantant et en éblouissant ses amis, il obtient immédiatement la satisfaction du travail bien fait.  Il ne lui reste plus qu’à le faire, ce dit travail.  Or, cette situation dans laquelle il vient de se coincer, c’est similaire à recevoir d’avance six mois de salaire, et de l’avoir tout dépense avant de commencer à travailler.  Ce n’est plus du tout motivant pour faire le dit travail.  Alors lorsqu’il échouera, ce sera d’autant plus humiliant, puisque tout le monde le saura.

D’ailleurs, le plus grand ennemi du Loser, ça reste sa grande gueule.  Quand il médit contre un autre, ses paroles sont rapportées et ça lui retombe sur le nez.  Quand il planifie quelque chose, le fait d’en parler donne tous les renseignements nécessaires à ses ennemis pour lui couper l’herbe sous le pied.  Si, à son travail, il a à signer une entente de confidentialité sur un projet dont la réussite dépend grandement du silence, il en parlera et fera échouer le projet.  Et même s’il prend la peine de confier quelque chose sous le sceau du secret, ça se sait en un rien de temps.  C’est que le Loser n’a pas l’air d’être capable de comprendre que le principe du secret, c’est de ne pas en parler.

Dans ses victoires :
Comme tout le monde, il arrive parfois que le Loser ait de la chance.  Or, il est tellement peu habitué à en avoir que lorsqu’il en a, il a tendance à adopter un comportement qui sabote tout, tellement il est méfiant ou pris au dépourvu.  Par exemple, si une belle et brillante fille lui montre des signes comme quoi elle s’intéresse à lui, il reste là sans bouger comme s’il avait de la difficulté à croire que ça lui arrive vraiment.  Il attendra d’autres signes de la part de la fille mais à chaque fois que ceux-ci arriveront, il aura toujours un doute et en attendra un autre.  Voyant qu’il ne répond pas à ses signes répétés, la fille finit par se lasser et se désintéresse de lui.  Le loser passera alors des mois, voire des années, à tenter de rattraper le coup et à se morfondre d’avoir laissé passer une chance pareille mais il sera alors trop tard.  Devant son idéal, le Loser attend toujours qu’il soit trop tard pour agir.

Dans ses projets comme dans ses amours comme dans sa mentalité, non seulement le Loser ne craint pas les obstacles, il les recherche.  Et pour cause.  En tant que Loser, consciemment ou non, il sait qu’il ne peut pas gagner à armes égales contre les autres.  S’en aller vers un but hors de sa portée, c’est d’abord s’assurer que ce but est également hors de la portée de la majorité des gens.  Déjà là, ça élimine la compétition, donc l’humiliation de de faire battre par un autre.  Ensuite, si par miracle le Loser réussit à atteindre son but, il sait qu’on va l’admirer d’avoir réussi malgré tous les obstacles.  Sa réussite sera extraordinaire et il en tirera beaucoup de satisfaction.  Enfin, s’il ne réussit pas à atteindre son but, il sait que personne ne pourra l’en blâmer car comme le dit le proverbe, à l’impossible, nul n’est tenu.  Malheureusement,  celui qui se fixe toujours des buts impossibles ne fait que s’assurer qu’il va passer le reste de sa vie à subir échec sur échec sur échec….

De toute façon, peu importe le sujet, lorsque le Loser arrive enfin à obtenir quelque chose qu’il a toujours voulu avoir, il s’arrange pour le perdre d’une façon ou d’une autre.  C’est que même si le Loser déteste être un loser, c’est tout ce qu’il sait être.  S’il devient un winner du jour au lendemain, il ne saura ni comment réagir ni quoi faire pour le rester.  Et même s’il le sait en théorie, en pratique il n’est pas habitué à être un winner. Il pratique son attitude et sa personnalité de loser depuis tellement d’années que c’est rendu naturel chez lui d’en être un.  Or, chassez le naturel…

Dans sa famille:
Il faut dire que dès le départ, le Loser n’a pas eu de chance dans son milieu de vie.  Il est né dans une famille qui n’était ni assez riche ni assez influente pour pouvoir lui fournir les connections nécessaires pour pouvoir réussir dans la vie, contrairement à la majorité des gens qu’il connaît.  De toutes façons, même s’ils étaient influents, ses parents ne croient ni en lui ni en ses capacités de réussir. Ainsi, il est né avec un handicap qui lui fournira l’excuse nécessaire pour expliquer les échecs qui se vont se succéder tout le long de sa vie, peu importe le domaine.

Et quand le loser finit par quitter sa famille pour en fonder une nouvelle, c’est immanquable: Il se retrouve toujours avec une conjointe, une belle-famille et des enfants qui lui feront vivre exactement le même genre de problème qu’il a toujours vécu du temps où il vivait chez ses parents. Sauf que s’il est normal et acceptable socialement de quitter ses parents, ça l’est beaucoup moins de quitter sa femme et ses enfants. Et même s’il le fait, la pension alimentaire et les ennuis judiciaire qui y sont reliés seront là pour s’assurer qu’il ne puisse jamais se tirer de la merde dans lequel il est pris.

S’il est vrai que le succès attire le succès, il en va de même pour l’inverse. Puisqu’il met dans la tête des gens qui l’entourent qu’il est une victime, un malchanceux, et un abusé, alors ce sera en victime, en malchanceux, et en abusé que les gens vont le traiter.  C’est pour ça que le Loser ne sera jamais rien d’autre que ce qu’il a toujours été : Un Loser!

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