Fantasme -VS- Réalité: Le ménage à trois (5e partie: la conclusion)

À quelque chose, malheur est bon, que dit le proverbe.  Et en effet, de ces trois jours merdiques, j’ai réussi à tirer du positif, sous la forme de huit leçons de vie:

LEÇON 1 : Les gens survivent à leurs traumatismes comme ils le peuvent, pas nécessairement comme ils le devraient.
Tamara se fait abuser sexuellement.  Tamara devient donc une personne dont la vie tourne autour du sexe.  Elle se forge elle-même une réputation justifiée de folle du sexe qui baise avec n’importe qui, n’importe comment.  Par conséquent, puisque tout le monde sait qu’elle aime le sexe sous toutes ses formes, plus personne ne peut utiliser le sexe pour lui faire de mal.

D’un côté, oui, j’ai longtemps considéré Tamara comme étant pathétique de réagir ainsi.  Mais d’un autre, le simple fait qu’elle ait réagi ainsi, ça prouve que son viol incestueux l’a traumatisé.  Puisqu’elle n’a pas en elle le force de faire payer ses agresseurs, il ne lui reste que quatre options:

  1. Devenir elle-même abusive sexuellement.
  2. La dépression, les médicaments et les thérapies.
  3. Le suicide
  4. Se faire accroire qu’elle aime tellement le sexe, qu’il est impossible de lui faire de mal en utilisant le sexe.

D’accord, la 4e option n’est pas la meilleure ni la plus irréprochable.  Mais au moins, elle lui permet de survivre.  C’est l’option qui lui permet le mieux de vivre en harmonie avec son entourage et en société. Et dans le fond, c’est ça qui compte.

LEÇON 2 : Personne n’aime un chialeux.
Sérieux là, même moi en me relisant, je me trouvais chiant. Même si j’avais des raisons pertinentes de me plaindre, il reste que tout ce que je faisais, c’était de démontrer aux filles à quel point c’était des connes d’agir comme elles le faisaient. Et le fait que j’avais raison, c’était encore pire pour elles. Si j’avais exagéré ou menti, elles auraient pu s’en défendre. Mais là, elles ne pouvaient pas. Elles étaient obligées de reconnaître mes remarques rabaissantes en tant que faits indéniables.

N’oublions jamais que la majorité des gens suivent la loi du moindre effort. Si elles ne voulaient plus m’entendre leur faire la leçon sur la façon de gérer leurs relations, leurs sexualités et leurs vies, elles avaient deux choix :

  1. Ou bien changer complètement d’attitude dans tous ces aspects, ce qui aurait demandé des efforts de tous les instants et ce pendant de nombreux mois, voire des années.
  2. Me bannir de leurs vies.  Aucun effort à faire, et arrêt immédiat de mes remarques jugementales et insultantes.

Doit-on être surpris qu’elles aient choisi cette dernière option?  Raison de plus pourquoi il existe un proverbe comme qui dit que toute vérité n’est pas bonne à dire.

LEÇON 3 : Faire les choses à moitié, ça ne règle jamais rien.
Sincèrement, même aujourd’hui je trouve stupide que Tamara ait pris la peine de déménager à deux heures de route de Montréal afin de fuir son ex abusive, mais lui a tout de même laissé son numéro de téléphone et son adresse.  Si elle avait complètement disparu de la carte, son ex aurait fini par être obligée de l’oublier et passer à autre chose.  Mais en lui laissant toujours la possibilité de la contacter, elle prolongeait la situation.  Non seulement elle continuait de la harceler, le risque qu’elle aille la rejoindre pour lui mettre une raclée existait toujours.

LEÇON 4 : Il ne faut jamais parler de viol et d’inceste à une fille que l’on vient de rencontrer.
Parce que ce n’est pas écrit dans sa face si elle a été victime de l’un, de l’autre ou des deux.

LEÇON 5 : Il faut toujours être fidèle à soi-même, au lieu de s’annoncer comme ce que l’on n’est pas. 
Certaines filles feraient tout pour avoir l’air d’être des bonnes amantes. Dans ce cas-ci, Julie: Elle se forçait à apprendre à être bisexuelle alors que ce n’était pas du tout dans sa personnalité.  Tout comme elle m’a proposé d’avaler alors qu’elle détestait ça.  Elle n’a jamais réussi à être le premier, et n’a jamais fait le second.

Le problème lorsque l’on séduit quelqu’un en se donnant l’air de ce que l’on n’est pas vraiment, c’est qu’on ne peut pas jouer le jeu éternellement.  Tôt ou tard, pour rester dans les proverbes, chassez le naturel, il revient au galop. L’autre nous reproche de ne pas être la personne qui l’a séduit.  Normal, cette personne n’a jamais existé, puisque c’était un rôle que l’on s’est donné. Pas étonnant que Gainsbourg disait:

LEÇON 6 : Apprécie ce que l’on fait pour toi, au lieu d’y voir une occasion de chialer pour ce qu’on ne fait pas.
Parce que justement, se forcer à être bi même si elle ne l’est pas, vouloir essayer d’avaler même si elle n’aime pas ça, me proposer un ménage à trois alors qu’elle aurait très bien pu me garder pour elle seule, ce sont là autant d’efforts qu’elle a fait pour moi.  J’aurais dû lui montrer mon appréciation en la remerciant.  Mais non, à la place, je préférais me plaindre non-stop, alors que tout le long de ce weekend planifié pour être sexuel, c’est  la seule à m’avoir baisé de façon satisfaisante.

LEÇON 7 : Ne perd jamais de vue quel est ton but premier.
Il y a des moments dans la vie où, avant d’agir ou bien de s’ouvrir la gueule, il faut s’arrêter et se demander « Qu’est-ce que j’essaye d’accomplir, au juste.  C’est quoi mon but? Est-ce que mes gestes et paroles vont me rapprocher de ce but, ou au contraire vont-ils être contreproductifs? « 

Mon but premier en allant à cette fin de semaine, c’était de baiser deux filles.  un but que j’ai oublié, tellement j’étais focussé à faire la leçon à Tamara dans l’auto qui nous amenait chez elle.  Un but que j’ai oublié, tellement je ressentais le besoin de me défouler verbalement de mes frustrations sur Julie.  En ayant perdu de vue ce but, j’ai finit par le perdre tout court.

Et surtout, LEÇON 8 : Parfois, il vaut mieux faire semblant d’être d’accord avec son interlocuteur, surtout si c’est sur un point qui est à la fois anodin pour toi et important pour l’autre.
Après cette mésaventure, il m’est arrivé à quelques reprises de me faire poser la question par quelques filles (et un gay) au sujet de ma possible bisexualité. À chaque fois, j’ai répondu : « J’ai eu des expériences sexuelles au cégep avec des gars, ce qui m’a permis de me rendre compte que non, je n’aime pas. » Ce n’est pas un mensonge : Oui il m’est arrivé d’avoir du sexe à deux couples, donc en présence du chum de l’autre fille. Techniquement, même si l’autre gars et moi ne nous sommes jamais touchés, ça reste une expérience sexuelle, et c’est avec un gars présent.  Et puisque la première fois, sa présence m’intimidait au point où je bandais mou et que j’ai horreur d’être sous-performant, il est vrai que ça m’a permis de me rendre compte que non, je n’aime pas. Comme ça, la personne est satisfaite et n’insiste pas comme quoi je ne peux pas le savoir sans jamais l’avoir fait, et la discussion s’arrête là.

C’est sûr qu’il y en a qui vont dire que puisque je joue sur les mots, ça reste malhonnête de ma part, que c’est hypocrite, que mieux vaut dire la vérité, que si l’autre n’est pas capable de le prendre c’est son problème pas le mien. Eh bien au contraire, pendant ces trois jours, ça a été mon problème, pas le sien.  Parce qu’on a beau dire que c’est à elle d’accepter la vérité, personne ne peut l’en obliger.  Et si elle décide que non, elle ne l’accepte pas, alors on ne peut rien faire, à part subir. Par conséquent, non, dire la vérité, ça ne vaut pas toujours mieux.

Parce que la vérité, ce n’est pas tout le monde qui est capable de la prendre.

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A propos Steve Requin

Auteur, blogueur, illustrateur, philosophe amateur et concierge de profession.
Cet article a été publié dans Ces filles à éviter, Ces gars à éviter, Dose de Réalité, Fait vécu, Psychologie et comportement social, SÉRIE: Fantasme -VS- Réalité: Le ménage à trois. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

2 commentaires pour Fantasme -VS- Réalité: Le ménage à trois (5e partie: la conclusion)

  1. Denis dit :

    J’ai lu les 5 parties et j’ai trouvé ça vraiment intéressant! Je viens de me faire unfriender sur facebook par un ami parce que je ne voulais pas lui donner raison même si je n’étais pas d’accord, des fois les gens sont comme ça…

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