Pas obligé de rester loser, 8e partie: Peut-on vraiment changer pour le mieux?

 Parmi ceux qui m’ont demandé comment j’ai pu sortir du loserisme, il y en a qui demeurent sceptiques.  Par exemple, voyez ce que m’a écrit Toni ici : Vous savez quoi?  Je vais vous raconter les grandes lignes des trois périodes marquantes de ma vie, qui correspondent avec mes trois longues relations sérieuses.  Vous en jugerez-vous-même:

PÉRIODE 1.
Moi:
J’avais 22 ans.  Physiquement, j’étais maigre et laid.  Je travaillais au salaire minimum au Dunkin’ Donuts à faire des beignes, un boulot que je n’aimais pas et qui me rapportait tout juste de quoi survivre.  Je rêvais d’une vie d’artiste, sans vraiment avoir assez de talent pour l’obtenir.  J’étais contre le travail manuel parce que je n’avais pas la vaillance physique et morale requise, chose que j’essayais de cacher sous une attitude à la Je-vaux-mieux-que-ça.  J’avais une libido à tout casser, et mon besoin de satisfaire mon appétit sexuel m’obligeait parfois à prendre ce qui passait parce que mon physique peu attrayant ne me permettait pas d’être sélectif.
Elle: 19 ans, petite, grosse, laide, les dents croches, ne s’aimait pas donc ne pouvait pas imaginer pouvoir vraiment plaire, donc cherchait à coincer un gars dans une relation avec elle. Aucun plan de carrière à court ou long terme.  Dépensière compulsive.  Manipulatrice, profiteuse et parasite.
La relation: Nos seuls points en commun étaient le célibat et l’hétérosexualité.  Elle a utilisé le sexe avec pilule pour m’attirer, et a utilisé le sexe sans pilule (et sans me le dire) pour me garder. Mais puisqu’elle savait qu’en faisant ceci elle me faisait rester par obligation paternelle et non pour elle, elle me l’a fait payer en me faisant régulièrement subir 22 des 30 situations décrites dans le questionnaire Landru: Harcèlement, harcèlement psychologique, manipulation, tentative d’extorsion, extorsion, tentatives de fraudes, fraudes, accusations mensongères contre moi à la police, chantage, menaces de suicide, menaces de mort, menace de voies de faits, voies de faits, menaces d’atteinte à la réputation, atteinte à la réputation, vol et vandalisme. Et bien sûr, lorsque je suis parti après tout ça, les problèmes ont continué de façon légale sous forme de pension alimentaire et autres obligations décrétées en Cour.

PÉRIODE 2.
Moi: J’avais 30 ans. Travaillais pour des magazines, ce que j’aimais, bien que ça me procurait un revenu instable. Je m’étais quelque peu entraîné aux exercices muscu ces dernières années en plus de prendre du gras, deux choses qui ont radicalement amélioré mon look.  Ma libido était forte mais contrôlable.  Ça faisait 3 ans que je me contentais de n’avoir que des amantes, puisque mon ex m’avait radicalement guéri de ma dépendance affective.
Elle: 20 ans, petite, maigre, pas laide mais pas un canon non plus.  Un brin tomboy. Gentille, respectueuse, bon sens de l’humour, bonne imagination, artiste, positive, joyeuse, sensée, débrouillarde.  Travail de bureau stable et bien payé.  A publié quelques livres pour enfants.
La relation: Nous étions tout deux auteurs de bandes dessinées, ce qui fait que pour une fois je pouvais être dans une relation dans laquelle l’autre n’allait pas me demander sans cesse quand est-ce que me trouverais un vrai travail au lieu de rêver à une vie d’artiste comme un ado attardé.  Pour être franc, on a commencé à sortir ensemble un peu parce qu’on se disait chacun de notre bord qu’on ne pourrait probablement pas trouver quelqu’un d’autre avec qui on s’entendrait aussi bien.  On s’aimait vraiment, mais disons que ce n’était pas la grosse passion. On a quand même vécu en harmonie pendant 12½ ans, et même la rupture a été sans heurts.

PÉRIODE 3.
Moi: J’ai presque 45 ans.  Physiquement au sommet de ma forme, malgré ces 10 lbs en trop qui ne me dérangent pas.  Ma vie d’artiste n’existe plus que comme passe-temps puisque je suis l’homme à tout faire de mon édifice à 260 logements.  Travailler dur et savoir faire de la menuiserie, de la plomberie, de l’électricité, savoir faire de la rénovation et les connaissances techniques pour réparer poêles et frigos, ça garde en forme, ça paye bien et ça attire le respect, surtout des parents de celles que l’on veut fréquenter, ce qui n’était pas le cas ni en tant qu’auteur/artiste ni pâtissier de Dunkin.  Célibataire depuis deux ans, j’avais tout de même une mignonne amante de 36 ans depuis huit mois.
Elle: 25 ans, belle, grande, mince, coquette et féminine. Graphiste et dessinatrice, chroniqueuse pour des blogs de mode, et, ce qui ne gâchait rien, lectrice de Mes Prétentions de Sagesse.

De nature joyeuse, douce, gentille et respectueuse.  Collectionneuse de bandes dessinées qui aimerait bien en faire. Elle était célibataire après avoir cassé trois ans plus tôt avec un douchebag manipulateur condescendant. (Quand ton chum t’exaspère au point où tu finis par utiliser tes connaissances en taekwondo pour le rentrer dans l’mur, c’est qu’il est temps de rompre.)  Elle avait un amant depuis un an qu’elle espérait transformer en relation stable.
La relation: Le soir où je l’ai rencontré, j’ai vu que nous étions tellement semblables là où ça comptais que j’ai compris que c’était une fille dans son genre qu’il me fallait.  Ça m’a fait réaliser que, au point où j’en étais rendu dans mon évolution personnelle au sujet des relations, je n’avais plus envie de faire le moindre compromis.  Ce serait une fille comme celle-là ou rien. Le lendemain je rompais avec mon amante. Notre relation fut d’abord amicale, et à chaque fois où on se rencontrait, on ne manquait jamais de sujets de conversations. Plus on se connaissait, plus on se rendait compte que nous étions ou bien semblables ou bien complémentaires. Et surtout, tout entre nous était positif. Deux semaines plus tard, je lui ai fait des avances, mais elle a reculé.  La 3e semaine, elle a réalisé qu’elle aussi avait des sentiments pour moi.  La 4e semaine, elle me les a exprimés.  Aujourd’hui, après un an, nous habitons ensemble.  Nous planifions nous fiancer l’année prochaine et se marier l’année suivante.  Quand l’idée de n’être qu’avec une seule personne ne te cause aucune hésitation, quand l’idée d’en fréquenter d’autres n’a plus aucun attrait pour toi, c’est là que tu sais que non seulement tu as rencontré la bonne, tu es également prêt pour elle.

Donc, d’une période à l’autre: J’ai fait l’effort physique d’améliorer mon cardio et ma musculature, et l’effort mental d’apprendre quelques connaissances de base de métiers utiles et universels.  Ça a amélioré les emplois que je peux décrocher, mes revenus et mon train de vie, ce qui a à son tour amélioré mon humeur et ma personnalité, et tout ça ensemble a amélioré le genre de fille  que je peux attirer, elles aussi, autant du côté look que de la personnalité.  Alors, est-ce que je suis sorti du loserisme?  Je pense bien que oui.

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A propos Steve Requin

Auteur, blogueur, illustrateur, philosophe amateur et concierge de profession.
Cet article a été publié dans Dose de Réalité, Facebook, Psychologie et comportement social, SÉRIE: Pas obligé de rester loser, Succès et Échec. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

2 commentaires pour Pas obligé de rester loser, 8e partie: Peut-on vraiment changer pour le mieux?

  1. Ping : Pas obligé de rester loser, 13e partie : Se tenir loin des autres losers. | Mes Prétentions de Sagesse

  2. Simon dit :

    Là ou Toni se trompe, je pense, c’est quand il parle de « changer la nature d’un homme » car le loserisme ne fait clairement pas partie de la nature d’une personne puisqu’il s’agit plutôt d’un état d’esprit qui induit certains comportements qui entretiennent une situation d’échec permanente, dans un ou plusieurs domaines. Ce n’est pas un trait de caractère en tant que tel, j’en suis maintenant persuadé, les domaines concernés sont nombreux et les comportements que cela induit sont variés. Je viens de découvrir un terme, l’impuissance apprise https://fr.wikipedia.org/wiki/Impuissance_apprise, qui me semble étroitement liée aux situations qu’on rencontre chez les losers. En tant qu’état d’esprit, le loserisme est changeable, bien que le (auto-)conditionnement puisse être tel que le changement est long et difficile, avec possibilité de rechutes. Authentique non-déniaisé depuis la naissance (bien qu’ayant passé la trentaine), des années d’auto-conditionnement à croire que ce n’était pas pour moi, que je n’y avais pas droit, etc., au point de rejeter d’avance les occasions qui auraient pu se présenter (en prévoyant les obstacles qui feraient que ça échouerait, que ces obstacles existent effectivement ou non), et se mettre (parfois en toute connaissance de cause !) dans des situations vouées à être des échecs (par exemple en jetant mon dévolu sur la fille la moins sociable de la classe et la plus difficile d’accès, alors que la classe comptait trois fois plus de filles que de gars). C’est seulement maintenant que j’en prends vraiment conscience… et de la pente à remonter.

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