Surveiller Nathalie, chapitre 21 : Le post scriptum

(Il existe maintenant une version roman en ligne beaucoup mieux travaillée de cette série de blogs, juste ici: SURVEILLER NATHALIE; dans la tête d’un harceleur)

Puisque j’ai eu à subir les mensonges, les cachotteries et les silences, autant de la part de Nathalie que de mon entourage, je ne saurais jamais ce qui s’est vraiment passé pour la faire virer du jour au lendemain de blonde aimante et intéressée à ex qui veut me fuir. Tout au plus, en me basant sur le peu que je sais, je peux utiliser mon esprit de déduction pour émettre la théorie la plus plausible qui soit :

D’abord, je dois reconnaître mes propres erreurs. Pour les gens normaux, leurs parents ne sont pas des gens à moitié fous qui cherchent sans cesse à rabaisser leurs enfants.  Par conséquent, même si ce que je disais au sujet de mon père était vrai, c’était un adulte et moi un jeune.  J’avais donc zéro crédibilité. En plus de passer moi-même comme étant le sans-allure des deux, de dire de telles choses à son sujet.  Ensuite, je reconnais maintenant que sans vraiment m’en rendre compte, j’ai dit à Nathalie que je la trouvais stupide de poser la question « Tu trouves pas que tu vas un peu trop vite? ».  En fait, pire que ça, je l’ai forcé à reconnaitre devant moi que c’était une question stupide.   Enfin, quelle a été ma réaction lorsqu’elle s’est cognée la tête dans ma chambre? Montrer de la compassion? Nullement: Je m’en suis lavé les mains en lui disant que c’était de sa faute, elle n’avait qu’à m’écouter lorsque je lui ai dit d’enlever ses souliers.

Lorsqu’elle est revenue chez elle après notre premier rendez-vous, elle ne devait pas être de très bonne humeur, après que je sois allé trop vite à son goût, que je l’ai humilié 2 fois et qu’elle se soit cognée la tête 2 fois.  Elle en a fort probablement parlé à sa mère, à sa sœur, d’où les réactions haineuses qu’elles avaient envers moi alors que nous nous entendions si bien la veille:

  • Sa mère est une adulte. Elle n’a pas dû apprécier mes paroles, dans lequel je n’exprime rien de moins que je considère que je vaux mieux que mon père, un adulte. Et que mon père était sur le BS, ça n’a pas dû aider.  D’où le fait qu’elle n’était plus du tout charmée par moi, la madame.
  • Sa sœur a dû trouver que mes attouchements signifiaient que je n’attendais qu’une occasion de lui sauter dessus, comme le prouve ma réponse quand je traite Nathalie de stupide de m’avoir demandé si je ne trouvais pas que j’allais trop vite.  Ça expliquerait pourquoi elle nous suivait dans toutes les pièces, ne nous laissant jamais seuls. Probablement à la demande de Nathalie elle-même, car je doute qu’une fille de 16 ans, si mature, s’amuse à suivre sa soeur et le chum de cette dernière partout dans la maison dans le simple but de les écoeurer. Surtout qu’elle était agressive verbalement contre moi seulement, et que ça ne semblait pas déranger Nathalie.
  • Quant à Cynthia, comme je la connais, elle a dû appeler Nathalie pour lui poser des questions au sujet de notre rendez-vous.  Puis, elle lui aurait alors proposé de lui présenter Christian en le décrivant comme étant un gars mieux que moi sur tous les points de vue: Plus grand, plus beau, plus riche, en paix avec sa famille, possédant permis de conduire et auto…Un gars qu’elle connaissait depuis au moins un an, si j’en crois la remarque de Loïc comme quoi « S’il te rencontre 5 fois dans un an, il te contera les 5 fois la même blague ». Loïc qui ne l’appréciait pas, ce qui me porte à penser qu’elle a déjà cassé avec lui pour sortir avec ce Christian.

Charmée par l’idée de me remplacer par lui, mais n’osant pas me faire de reproches sur mon attitude, et ne pouvant tout de même pas me dire « Je veux casser car tu es un pauvre fils de BS, maigre, pas beau et sans auto », Nathalie a essayé une stratégie passive: Essayer de me décourager de rester dans cette relation en me disant qu’elle avait un horaire incroyablement chargé : Le travail qui l’oblige à se coucher à 10 pm, ses correspondants, ses sorties entre amis, les appels de ses ex, etc. Le simple fait que tous ces obstacles n’existaient plus avec Christian prouvent que c’était des excuses bidon.

Je suis un gars patient et compréhensif que l’on a trop souvent accusé faussement de se décourager. J’ai donc tenu bon car j’avais quelque chose à prouver. Son but étant de se débarrasser de moi et non de me passer un test de courage, ma résistance face aux obstacles ne pouvait pas lui plaire. Voilà pourquoi elle a agrippé à deux mains la première bonne excuse qu’elle a trouvé pour me domper: M’accuser de l’avoir surveillée, alors que j’avais toutes les circonstances avec moi pour donner un doute très raisonnable en ma faveur à ce sujet.

Et voilà, selon moi, comment les choses ont dû se passer. Je ne peux hélas que deviner, parce que quand on se fait jouer dans le dos par quasiment tout notre entourage, il n’y a jamais personne pour nous dire ce qui s’est vraiment passé. Mais bon, ça me semble être la théorie la plus plausible.

Ça peut sembler simplet comme conclusion, mais la raison principale pourquoi beaucoup de gars virent harceleur, c’est souvent à cause que personne ne prend le temps de les avertir que la relation est terminée.  Car comme j’en parlais déjà dans mon billet La difficulté de dire Non merci, certaines filles sont capable de se cacher du gars pendant des semaines et des mois juste pour ne pas avoir à le confronter avec la décision de rupture. Salomé ne me dira t-elle pas quelques années plus tard, pour expliquer un comportement semblable, qu’elle « ne supporte pas l’idée de devoir être celle qui met fin à la relation parce que ça lui donne le rôle de la méchante » ?  Alors elles blâment mensongèrement les circonstances.  Par conséquent, le gars continue d’avoir espoir.  Un espoir qu’il n’aurait plus si la fille lui disait carrément que non, c’est fini, elle ne l’aime plus, elle en aime un autre.

Les répercutions:
Lorsque l’on se fait mentir, lorsque l’on nous cache des détails, il est difficile de passer à autre chose, puisque l’on a cette désagréable impression que notre histoire n’a pas de conclusion. C’est comme un film interrompu. On veut en savoir la fin, sinon on reste sur notre faim. Voilà pourquoi il est si difficile de décrocher.

En fait, c’est comme une blague que tout le monde se raconte et que personne ne veut te conter.   Tu ne comprends pas pourquoi on te cache quelque chose de si anodin, et tu en viens à la seule conclusion logique : Que c’est toi le sujet de la farce.  Plus tu veux le savoir, plus on te le cache, plus ta curiosité devient de la frustration, et plus tu es obligé d’essayer de te renseigner en douce, en cachette, sournoisement, puisque personne ne te répond lorsque tu le demande directement, de face, franchement.

Et cette manière qu’elle avait de toujours rejeter la faute sur moi pour expliquer notre séparation:

  • Je ne dis rien? J’aurais dû car mon silence l’éloigne.
  • Je dis quelque chose? Je n’aurais pas dû car elle l’a mal interprété et ça l’éloigne.
  • Je ne fais rien? J’aurais dû car j’ai l’air de m’en foutre et ça l’éloigne.
  • Je fais quelque chose? Je n’aurais pas dû car j’ai gaffé et ça l’éloigne.

Ce n’est jamais agréable d’apprendre que si on a échoué, c’est de notre propre faute.  Et ça devient atrocement invivable de voir que, peu importe ce que l’on fait, on est dans l’erreur. On cherche alors une solution à notre comportement à problèmes.  Sauf que la solution est impossible à trouver puisque ce n’est qu’une excuse mensongère, donc que problème n’existe pas.

Puisqu’elle veut cacher que le fait de casser est sa décision à elle, elle nous fait croire que c’est à cause d’une gaffe que l’on a fait. Alors on finit par croire que l’on ne fait rien de bon, que l’on gaffe toujours, que l’on est incapable de prendre une décision intelligente, que l’on est trop cave pour trouver une solution, que l’on est incapable d’agir correctement. Ça nous mine le moral, ça atteint notre estime de soi. Voilà pourquoi j’ai développé plein de complexes qui m’ont pris des années de travail sur moi-même afin de m’en débarrasser.

Mieux encore: C’est en écrivant les 20 chapitres précédents que, au fil de mon ouvrage, je me suis rendu compte d’un truc: Ma situation de l’époque a grandement influencé les oeuvres fictives que j’allais produire pour les années à venir. Prenons par exemple l’un de mes premiers romans, Riverstock. Le personnage principal, Ricky, est devenu vedette de la musique grâce aux connexions de son père dans le showbiz. Situation semblable à mes amis, qui ont presque tous eu du boulot grâce aux connexions haut-placées de leurs pères. Il y a aussi Pat le Loser, le fils du BS du village, que tout le monde méprise injustement parce qu’il est le fils de son père. (D’où Paterson, son nom de famille), et qui a mis au point un plan de meurtre par dépit. Exactement ce que j’ai vécu.

Évidemment, puisque je suis l’auteur, je rétablis les choses selon mon propre sens de la justice: Ricky est exposé comme un sans-talent, perd tout et se fait exploiter par son père qui se révèle étant un crosseur. Quant à Pat le Loser, a un retour de Karma qui le fait se retrouver avec plus d’un million de dollars et une auto, et il quitte la ville pour aller refaire sa vie ailleurs, là où son nom de famille n’ira pas gâcher sa vie.

Même aujourd’hui,  de façon non fictive, je n’ai de cesse d’exposer les comportements négatifs, fakes et aberrants qu’ont certaines catégories de gens. Et à force d’observations, je suis devenu assez fin psychologue non seulement pour pouvoir être capable de dire pourquoi ils se comportent ainsi, il m’arrive même de pouvoir prédire d’avance comment une personne va agir/réagir tellement elle est prévisible.

Autrement dit, sans l’influence négative qu’ont eu ces personnes sur moi, il n’y aurait pas de Mes Prétentions de Sagesse.

Surveiller Nathalie, chapitre 20 : Dans la tête d’un harceleur

(Il existe maintenant une version roman en ligne beaucoup mieux travaillée de cette série de blogs, juste ici: SURVEILLER NATHALIE; dans la tête d’un harceleur)

Il y a plusieurs raisons possibles pouvant faire d’un homme un harceleur.  En me basant sur ma propre expérience, voici celles que j’ai répertorié. Selon les cas, le harceleur peut en avoir une, plusieurs, voire même toutes.

La conviction que la vie / le destin / la société nous doit la fille de nos rêves.
Depuis notre enfance,on voit ça dans nos lectures, à la télé et au cinéma. On est donc conditionné à croire que c’est la norme. Alors quand on la trouve et qu’elle ne veut pas de nous, ça nous déplait.

La conviction que la fille nous appartient, ou devrait nous appartenir.
Elle est tout ce que nous avons toujours souhaité, alors on s’attend à ce qu’elle se donne à nous.  On ne se pose même pas la question si nous, nous sommes son idéal. Elle est le notre et ça devrait suffire.

La conviction que ce n’est pas à la fille de choisir.
Ou alors oui, elle a le droit de choisir.  Mais seulement si elle nous choisit. Parce que si elle en choisit un autre, elle se trompe. Il faut donc lui montrer son erreur.

La conviction qu’il suffit de confesser son amour pour que ce soit automatiquement réciproque.
Avec qui Blanche-Neige est-elle tombée en amour? Le forestier chargé de la tuer qui l’a épargné? Non! L’un des nains qui l’a recueillie, logée et nourrie? Non! Le gars qui n’a rien fait pour elle, est arrivée à la fin, l’a embrassée sans son consentement (dans la version Disney, du moins) et lui a dit qu’il l’aimait? Eh oui!

La conviction que la fille nous a fait des promesses non-tenues.
Si la fille ne nous dit pas clairement qu’elle n’est pas intéressée, alors ça veut dire qu’elle l’est. N’y a t-il pas un diction disant Qui ne dit mot consent?

La conviction que les signes démontrent qu’elle est faite pour nous.
C’est qu’un gars qui est accro à une fille va s’accrocher au moindre signe lui démontrant qu’il a une chance de l’avoir… Même si ce signe est l’absence de signes qu’il n’en a aucune.

La conviction que la fille nous doit ce qu’elle donne à l’autre.
Les gars rêvent d’avoir une fille full cochonne , le genre à avoir un score de plus de 90 sur l’Échelle de Kev. Par contre, il ne prends pas qu’elle le soit avec un autre. Voilà pourquoi la définition (non-officielle) du mot salope est « une fille qui baise, mais pas avec toi. »

La conviction d’être trop inadéquat pour pouvoir la garder.
Parce que oui, il arrive qu’un gars soit stalker/harceleur envers la fille avec qui il est déjà en couple. C’est parce qu’il a une si basse estime de lui-même qu’il ne lui vient pas à l’idée qu’elle puisse se contenter de lui.

La conviction qu’elle nous trompe.
Voir raison précédente.

La conviction qu’elle nous ment.
Ça peut être parce qu’elle agit de façon suspecte, tout comme ça peut être juste dans notre tête. Dans un cas comme dans l’autre, on est convaincu qu’elle nous ment. Et se faire mentir  est une insulte car ça signifie que la fille nous prend pour un con.

La conviction que les filles considèrent que le harcèlement est une preuve d’amour.
Every Breath You Take du groupe The Police, est une chanson qui dit: Ne vois-tu pas que tu m’appartiens? Chaque mouvement que tu feras, chaque pas que tu marcheras, chaque bouffée d’air que tu prendras, je te surveillerai.  Toutes les filles que j’ai connu, sans exception, ont aimé la chanson, la trouvant romantique.

La conviction qu’on sera incapable de la remplacer si on la perd.
L’or ne serait pas autant convoité s’il y en avait partout. Il en va de même pour certains gars au sujet des filles qui s’intéressent à lui : Elles sont tellement rares que quand il a la chance d’en trouver une, il ne veut surtout pas la perdre car ce sera peut-être la dernière.

La conviction qu’elle est la seule chose positive dans notre vie.
Si en effet le gars a une vie de merde dans tous ses autres aspects, on peut comprendre pourquoi il s’accroche si désespérément à la seule chose de positive qu’il possède: Elle.

La conviction qu’on n’a aucun contrôle sur elle… et qu’on devrait l’avoir.
Il existe plein de manuels qui font accroire aux gars qu’il existe des méthodes pour séduire. Autrement dit, contrôler la fille. Or, s’il sent que la fille n’est pas toute à lui, il sent qu’il n’a pas le contrôle.  et ça, ça le fait paniquer.

La conviction d’être en situation d’injustice.
Tout le monde a droit à avoir une blonde, tout le monde a le droit d’avoir une fille qui l’aime, mais pas lui? C’est une injustice et il ne l’acceptera pas.

La conviction qu’il ne faut jamais se décourager.
Le concept comme quoi la seule voie de la réussite est la persévérance, c’est quelque chose que l’on nous a appris dès notre plus jeune âge : Quand on veut, on peut. À cœur vaillant, rien d’impossible. Un gagnant ne lâche jamais, un lâcheur ne gagne jamais. Etc.  La preuve : À la télé, le bon gars finit toujours par avoir la fille qu’il convoite, et ce peu importe le nombre de saisons que ça lui prend. Surtout que nous avons tous connu au moins une fille qui prétendait ne pas être intéressée par tel gars, pour finir par lui céder quand même. Enfin, peu importe le sujet, lorsqu’on abandonne, il y a toujours quelqu’un pour s’en moquer et appeler ça du découragement. Dans ces conditions, il est parfois difficile pour un gars d’être capable de faire la différence entre la persévérance et le harcèlement. Tellement que même s’il se fait arrêter pour harcèlement, il trouvera consolation dans le fait de se dire qu’au moins il est allé jusqu’au bout, au moins il n’a jamais abandonné avant d’y avoir été contraint.

Vous considérez ces convictions déraisonnables? Vous avez raison, mais si le gars pensais de façon raisonnable, il ne harcèlerait pas.  Le problème, c’est qu’il est difficile, voire impossible de raisonner quelqu’un qui a ces convictions car c’est quelque chose qui se passe au niveau de l’inconscient, des tripes.

Et surtout, s’il y a des gars qui, comme moi, deviennent harceleur parce que la fille a tout fait pour que je le devienne, il y en a hélas d’autres qui le sont naturellement, sans besoin d’avoir été provoqué.  C’est surtout ceux-là qu’il faut repérer au plus vite et éviter comme la peste.

Surveiller Nathalie, chapitre 19 : Plus jamais!

(Il existe maintenant une version roman en ligne beaucoup mieux travaillée de cette série de blogs, juste ici: SURVEILLER NATHALIE; dans la tête d’un harceleur)

Geneviève et moi avons commencé à sortir ensemble en octobre 1989. En février 1990, une confrontation de trop avec mon père a eu pour résultat que j’ai quitté la maison familiale. De toute façon, avec ma réputation irrémédiablement salie dans le coin à cause que je portais son nom de famille, et avec ma vie sociale gâchée à cause de ma relation avec Nathalie, je n’avais plus le moindre avenir dans ce village, si j’en avais déjà eu un pour commencer. Je suis allé habiter temporairement avec Geneviève chez sa mère. Geneviève travaillait au Dunkin Donuts coin Monk et Jolicoeur à Ville Émard. Elle m’a signalé qu’ils avaient besoin d’un employé pour le ménage.  Je suis allé appliquer pour le poste.  À la fin de l’entrevue, le gérant me dit :

GÉRANT : Je t’écoute parler depuis le début, pis on voit que t’es une personne éduquée, sérieuse.  T’as ben qu’trop de potentiel pour le perdre au ménage.  Tu voudrais pas plutôt devenir pâtissier pour moi? Y’a un poste qui se libère dans un mois. Même salaire, mais beaucoup plus d’heures.

C’est avec surprise et joie que j’ai accepté. C’était la première fois que l’on reconnaissait mes capacités et qu’on me faisait confiance pour un poste plus haut que celui pour lequel j’ai appliqué. J’étais loin de St-Hilaire.

Geneviève et moi avons mis fin à notre relation en avril 1992.  Elle a eu à déménager à Québec pour ses études à l’automne précédent, et la distance a eu raison de notre couple. Peu de temps après, cette même année, je rencontrais la future mère de mes quatre enfants.

En 1994, considérant que le nom « Stéphane Johnson » ne m’a jamais porté chance et qu’il était de toute façon trop stigmatisé,  j’ai changé pour Steve Requin.  J’ai créé le fanzine Requin Roll.

1995 fut l’année de ma renaissance. J’ai commencé à m’entrainer. J’ai recommencé à m’intéresser à la musique actuelle. J’ai changé de look. J’ai produit plus de textes et BD cette année-là que de toute ma vie à date.  J’ai bronzé. Je suis retourné aux études.  Je suis entré au journal étudiant Vox Populi comme simple illustrateur, et un mois plus tard on m’offrait le poste de rédacteur en chef sans même que j’y applique. Les filles ont commencé à s’intéresser à moi.  Et la meilleure : Je suis devenu beau.

En 1996, j’ai une relation de trois semaines avec une fille dont l’attitude envers moi comporte des similitudes troublantes avec celle de Nathalie.  Sauf que cette fois, après une semaine à voir que la relation ne marche plus, j’y mets fin moi-même. Et je ne fais aucune rechute de stalker/harceleur car maintenant que je suis rendu attrayant, je sais que je pourrai la remplacer n’importe quand. Comme quoi, plutôt que de jalouser et frustrer contre les gars qui sont populaires, il est beaucoup plus constructif de mettre les efforts pour en devenir un.

Un beau samedi ensoleillé de juillet de cette même année, Carl organise un après-midi party et piscine, dans lequel la vieille gang (sans Nathalie) se retrouve.  Puisqu’ils ne m’ont pas vu évoluer de 1989 à 1996, j’en épate plus d’un avec mon nouveau look et ma nouvelle personnalité zen, réfléchie et sure de soi. Megan, près de qui je reste assis un quart d’heure, fait le saut en m’entendant parler.  Elle ne m’avait pas reconnu du tout avant d’entendre ma voix.  Même Cynthia me dit que si elle m’avait croisé dans la rue, elle ne n’aurait jamais su que c’était moi.

1998 est l’année où je suis le plus actif dans le domaine de la BD underground, apparaissant dans plusieurs publications simultanément, participant à des événements BD, en mettant d’autres sur pied. Un reportage dans La Presse parle de Requin Roll comme l’une des quatre plus populaires publications de BD underground. Je lance une nouvelle série nommée Les Plagiats de la BD.  Le lancement de Requin Roll #7 est sujet d’un reportage à l’émission La Fin du Monde est à 7 Heures. Je provoque aussi quelques scandales lorsque je monte l’opinion publique contre le Festival de BD de Québec qui fait toujours faire l’affiche officielle de l’événement par un dessinateur européen au lieu d’un québécois.  Ça m’a valu d’être banni de l’événement, mais au moins l’affiche est maintenant faite par le talent local.

En 1999, je fonde MensuHell, le fanzine qui aura (probablement) le record de longévité avec 109 numéros en neuf ans. Je rencontre Karine, une bédéiste comme moi, avec qui j’ai une relation de couple de douze ans et demi, et nous resterons très bons amis à la fin de celle-ci.

En 2001, je joins le magazine Safarir auquel je collaborerai pendant sept ans.  Bien que le métier d’auteur de BD est loin de rendre aussi populaire qu’être acteur ou musicien, j’aurai quand même quelques fans, et même une ou deux jeunes et jolies groupies.

Et je pourrais vous en conter plein d’autres comme ça.  Ce ne sont que les grandes lignes de ma vie post-Nathalie, Post-St-Hilaire, mais surtout post-pauvre de petit moi qui n’as pas eu de chance dans la vie de naitre maigre, pas beau et fils du BS du village. C’est surtout pour vous dire qu’après  Nathalie, je n’ai plus jamais été un harceleur.  Ce qui ne peut signifier qu’une chose: Être un stalker, ce n’est pas dans ma nature.  Comme je l’explique dans le texte Vivre sa jalousie ou accorder sa confiance, il existe deux sortes de jalousies: La jalousie naturelle, et la jalousie provoquée. La mienne était définitivement provoquée par la façon dont Nathalie agissait avec moi. La preuve, c’est que sept ans plus tard lorsqu’une cégépienne a eu avec moi le même comportement, j’ai d’abord commencé par ressentir le même genre de malaise qu’avec Nathalie.  Mais au lieu d’avoir envie de la surveiller à la recherche de la vérité, j’ai juste perdu intérêt à la relation et j’y ai mis fin.

Ce qui est peut-être un peu décevant, c’est la morale de cette histoire.  Parce que, dans le fond, ce que ça dit, c’est que je suis devenu socialement et mentalement équilibré à partir du moment où j’ai eu ce que je voulais: Avoir une blonde idéale, devenir beau, séduire des filles, être populaire, être reconnu dans mon travail et dans mon art… Est-ce à dire qu’il suffit simplement de donner ce qu’il veut à un harceleur pour qu’il cesse d’en être un? Je ne saurais répondre à ça.  Je suppose que c’est du cas par cas.  Tout ce que je peux dire, c’est que dans mon cas personnel, à partir du moment où tous les aspects de ma vie ont enfin fonctionné tel que supposés, alors là, avoir une vie de couple avec la fille parfaite n’avait plus une aussi grande importance à mes yeux. J’avais autre chose dans ma vie qui pouvait me rendre heureux.

N’empêche que je me demande parfois ce qui serait arrivé si Geneviève ne m’avait pas appelé, au moment où j’étais le plus imprégné de ma folie envers Nathalie. Mais bon, l’important, c’est qu’après cet appel, je n’ai plus jamais revu Nathalie, ni ne suis-je retourné passer près de chez elle, ni n’en ai-je réentendu parler. C’est comme si elle avait cessé d’exister.

Et c’est tant mieux!

Surveiller Nathalie, chapitre 18 : Le duel intérieur

(Il existe maintenant une version roman en ligne beaucoup mieux travaillée de cette série de blogs, juste ici: SURVEILLER NATHALIE; dans la tête d’un harceleur)

(La Geneviève dont il est question ici n’est pas celle que je mentionne parfois en tant que Geneviève, la Coloc de l’Enfer, dont certains se souviennent à cause d’un texte éponyme sur ma défunte page La Zone Requin (2003-2009) À part le prénom, elles n’ont rien en commun.)

Lorsque je raccroche, j’ai passé une bonne heure au téléphone avec Geneviève.  On s’est raconté notre dernière année.  Je lui ai parlé de la mort de Wow! et de mon contrat pour Échec et Maths. Je lui ai dit qu’elle pourra me voir à la télé la semaine prochaine, battre mon adversaire à plate couture à l’émission Fais-Moi un Dessin.  Je lui ai parlé du fait que j’ai joint la Télé Communautaire de la Vallée du Richelieu à Beloeil il y a 3 semaines. Ça ne paye pas, mais je compte y prendre assez d’expérience pour un jour pouvoir être embauché par une vraie télé commerciale. J’ai cependant bien évité de faire la moindre mention au sujet de Nathalie. D’abord parce que je doute qu’elle soit intéressée à savoir à quel point j’ai pu être obsédé par une autre fille.  Mais surtout, c’est pour éviter d’avoir l’air du loser que je suis.

De son côté, Geneviève m’annonce qu’elle est célibataire, qu’elle a cassé avec son chum il y a 2 mois parce qu’elle a appris qu’il la trompait, et qu’elle aimerait bien me revoir, si ça me tente. Pourquoi pas!? On s’est donné rendez-vous pour vendredi qui s’en vient pour aller voir Young Einstein, une comédie mettant en vedette un certain Yahoo Serious à qui on prédit une grande carrière.

Je passe une bonne partie de la journée dans la joie que me procure son appel.  Puis, sans que je m’en aperçoive, l’amertume qui habite mon âme depuis 2 mois corrompt peu à peu mes sentiments.  Ma source de joie passe de l’appel de Geneviève au fait qu’elle a dompé son cave.  Puis, au fait que le temps a montré à Geneviève à quel point elle était stupide de continuer de sortir avec lui l’an passé plutôt que de le laisser pour moi.  …et en quelques heures, la joie que je ressentais a fait place au même genre de haine que je voue à Nathalie, de l’avoir choisi lui plutôt que moi. Voilà pourquoi, à la tombée de la nuit, je m’assois à ma table de travail et je commence à écrire un nouveau plan.  Dans celui-ci, sans pour autant planifier un laps de temps, je compte aller à notre rendez-vous, être gentil, la séduire, la faire craquer pour moi, et baiser avec elle.  Puis, dès que j’aurai eu mon fun, me retirer, me rhabiller et lui dire « Ouain ben finalement, j’pense que je vais rester avec ma blonde. » Et ce sera bien fait, parce que c’est tout ce qu’elle mérite, que je lui remettre le coup qu’elle m’a fait l’an passée. Bon, nous n’avions pas eu de sexe à ce moment-là, mais quand même, la situation est assez similaire pour que…

… pour que…

En relisant mon plan, je réalise ce que je suis en train de faire.  Je réalise ce que je suis devenu.  Et surtout, je réalise que je ne me reconnais plus.  Depuis le temps que je veux qu’une fille comme Geneviève s’intéresse à moi.  Ce n’est pas moi, ça, de planifier de la jeter comme une merde.

En moi, ma raison et mes émotions s’affrontent dans un combat sans merci.

RAISON : Mais voyons donc… Pourquoi est-ce que je fais ça?
ÉMOTIONS : Parce qu’elle le mérite.
RAISON : Geneviève, ce n’est pas Nathalie.  Elle ne m’a rien fait.
ÉMOTIONS : Rien fait? Elle t’a fait accroire qu’elle s’intéressait à toi pour finalement en choisir un autre. Exactement comme Nathalie t’a fait.
RAISON : Mais non, c’est pas pareil.  Nathalie m’a laissé tomber pour commencer à sortir avec un autre gars.  Geneviève sortait déjà avec l’autre gars quand elle m’a rencontré.
ÉMOTIONS : On s’en christ! Dans les 2 cas, elles ont considéré qu’un cave avec un char, ça valait mieux que toi.
RAISON : Si Geneviève était comme Nathalie, elle aurait lâché son chum pour moi, tout comme Nathalie m’a lâché pour Christian. Si ça prouve une chose, c’est que Geneviève vaut mieux que Nathalie.
ÉMOTIONS : Dans les deux cas, ça a été toi le loser.  Tu vas accepter ça?
RAISON : Non, dans le cas de Geneviève, c’est son ex qui est loser, pas moi.  Il a eu la chance d’avoir une fille comme elle, et il s’est arrangé pour la perdre en étant macho, en faisant son indépendant, en la négligeant, en la trompant…
ÉMOTIONS : …ce qui veut dire que, pendant tout un an, Geneviève considérait qu’un gars comme lui, ça valait mieux que toi. C’est insultant!
RAISON : Et même si c’était vrai… Geneviève te veux, maintenant. C’est ce que tu voulais, non?
ÉMOTIONS : Oui, c’est ce que je voulais… L’an passé, quand c’était le temps!
RAISON : Pourquoi est-ce que ce ne serait pas encore le temps aujourd’hui?
ÉMOTIONS : Parce que l’an passé, te choisir toi, ça aurait démontré son intelligence, en plus de montrer qu’elle t’aimait vraiment.  Tandis que là, ça démontre juste que tu es mieux que rien. T’es rien qu’un rebound.
RAISON : Ben, deux mois plus tard, j’appelle pu tellement ça un rebound.
ÉMOTIONS : Moi non plus, en fait, j’appelle ça « Tellement désespérée de ne  pas avoir été capable de se pogner un chum en 2 mois qu’elle en est réduite à t’appeler toi. » Heille, soyons sérieux! Elle habite Montréal, et toi St-Hilaire. Qui veut d’une relation à longue distance? Où est la logique de faire appel à toi?
RAISON : Justement: Si la distance n’est pas un obstacle, c’est parce qu’elle m’aime vraiment.
ÉMOTIONS : … euh… mais… Mais même si c’était le cas, c’est l’an passé que…
RAISON : Eh oui, ça aurait été mieux l’an passé. Mais bon, mieux vaut tard que jamais.
ÉMOTIONS : Si Geneviève t’avait choisi l’an passé, tu aurais eu une blonde quand tu as rencontré Nathalie, et tu n’aurais pas vécu toute la marde que tu as eu ces 2 derniers mois. Donc, ton histoire avec Nathalie, c’est en partie de sa faute.
RAISON : C’est idiot! Geneviève ne pouvait pas deviner ça, et elle n’a sûrement pas choisi de rester avec son chum dans le but de que ça me créé des problèmes un an plus tard.
ÉMOTIONS : Mais ça l’a fait quand même!
RAISON : Ce sont des choses qui arrivent.
ÉMOTIONS : Ce sont des choses qui t’arrivent à TOI, à cause de décisions prises par des filles comme ELLES.
RAISON : Il est peut-être temps que je pardonne et que j’oublie.
ÉMOTIONS : Le pardon et l’oubli sont pour les faibles qui sont trop lâches pour être capable de faire en sorte d’obtenir justice.
RAISON : Le principe de la justice, c’est d’être jugé par ses pairs.  D’être reconnu par la société comme étant fautif. Je n’obtiendrai jamais justice contre Nathalie parce que personne ne veut m’écouter, me croire ou m’appuyer.
ÉMOTIONS : Mais… Mais le fait que Nathalie t’a fait cocu, qu’elle a commencé à sortir avec l’autre avant de casser avec toi, qu’elle a commencé à te mentir depuis au moins 24 heures après le début de ta relation et qu’elle n’a jamais arrêté par la suite, et qu’elle s’est mise entre toi et tes amis pour t’isoler de ta gang pendant les sorties… C’est la vérité.  Tout le monde le sait.
RAISON : En effet! Mais voilà, la seule vérité qui importe aux gens, c’est celle dont ils peuvent tirer profit.  La mère de Nathalie n’aurait aucun profit de se ranger de mon bord, malgré tout ce que je lui ai révélé au sujet de sa fille.  Nathalie n’aurait aucun profit à se mettre en froid avec Cynthia, même si c’est elle qui a tout dit à Loïc, qui me l’a ensuite révélé.  Et Ni Loïc ni Carl ni personne d’autre de la gang ne tirerait profit à se ranger de mon bord pour ce que Nathalie et Cynthia m’ont fait.  Même le fait que Cynthia a sorti avec le frère de Loïc, ça n’a pas réussi à la faire boycotter de la gang, malgré le fait que tout le monde trouvait qu’elle n’avait pas d’allure et qu’elle dépassait les bornes.  Alors pourquoi est-ce que tout ce beau monde-là irait se mettre en situation de conflit avec des gens qui leur sont proche? Il est beaucoup plus facile d’ignorer la vérité lorsque celle-ci ne nous convient pas.
ÉMOTIONS : Mais elle ne peut pas s’en tirer comme ça.
RAISON : Oui, elle le peut!  La preuve, c’est qu’elle le fait depuis le début.
ÉMOTIONS : MAIS.. MAIS C’EST INJUSTE!!!
RAISON : Vrai, mais si je m’acharne à obtenir justice, c’est moi qui va en subir les conséquences, ce qui va être encore plus injuste.
ÉMOTIONS : … Ce n’est pas comme ça que les choses devraient se passer.
RAISON : C’est vrai! Mais ça ne change rien au fait que c’est comme ça que les choses se passent.
ÉMOTIONS : C’est tellement…
RAISON : On n’y peut rien!
ÉMOTIONS : Alors tu vas laisser Nathalie s’en tirer à bon compte, t’oublier et vivre le parfait bonheur avec son cave, pendant que toi tu…
RAISON : …pendant que je vais moi-même l’oublier et vivre le parfait bonheur avec Geneviève.
ÉMOTIONS : Nathalie ne mérite pas son bonheur.
RAISON : Mais moi je mérite le mien. Il est temps que je tourne la page et que je m’y consacre, avec Geneviève.
ÉMOTIONS : Geneviève qui t’a…
RAISON : Geneviève qui ne mérite pas de payer pour ce que Nathalie m’a fait.  Une relation négative se termine.  Une relation positive commence.  
C’est tout ce qui compte!
ÉMOTIONS : …

Mes émotions se taisent.  Ma raison est venue à bout de ma rancoeur et de mon amertume.  Le calme et la sérénité m’habite pour la première fois depuis 2 mois.  J’ai l’impression de recouvrer mes esprit. Je me sens comme si je me réveillais d’un long cauchemar.  Je me laisse ramollir sur ma chaise, cabrant mon dos et laissant ma tête se pencher par en arrière, par dessus le dossier.  Dans cette position, les yeux au plafond, je lâche un long soupir de soulagement.

Lorsque j’étais enfant, il m’arrivait souvent d’allumer la télé très tôt le matin, avant que commencent les émissions du Canal 10, pour écouter un animateur réciter la programmation du jour.  Il terminait toujours en citant la même prière.  Une prière qui me revient en tête. Une prière que je me récite doucement à haute voix:

MOI : Mon Dieu, donne-moi la force d’accepter les choses que je ne peux changer, le courage de changer les choses que je peux, et la sagesse d’en connaitre la différence.

Pour la première fois depuis 2 mois, je crois que je peux prétendre avoir cette sagesse.

BIENTÔT: La conclusion

Surveiller Nathalie, chapitre 17: Des plans et du non-planifié

(Il existe maintenant une version roman en ligne beaucoup mieux travaillée de cette série de blogs, juste ici: SURVEILLER NATHALIE; dans la tête d’un harceleur)

Dimanche, 17 septembre 1989 au matin, après déjeuner.  Je relis mon plan une fois de plus.  Bien que je le considère parfait, il y a tout de même un nombre incalculable de hasards qui pourraient le faire foirer.  Par exemple, qu’il n’y ait pas de passants sur l’accotement ce soir-là, ou au contraire qu’il y en ait plusieurs.  Ou bien que, parmi les autos qui passent, l’un d’eux en soit un de la police qui pourrait s’arrêter pour voir ce qui se passe.  Sans oublier la possibilité que mes parents constatent mon absence et celle de l’auto pendant que je suis parti. Ce sont des facteurs de risques importants. Mais d’un autre côté, avec tout ce qui m’est arrivé ces derniers temps, j’en suis venu à avoir un nouveau concept à ce sujet: Le hasard est aveugle et sans préjugés.  Il peut frapper ou non, autant de façon positive que négative.   Si j’agis, il n’y a pas moyen d’être sûr que mon plan va se réaliser ou non.  Par contre, si je n’agis pas, c’est sûr que c’est non. Voilà pourquoi, malgré le haut taux de risque impliqué, je suis convaincu que ça en vaut la peine.

Tout à coup, je réalise l’absurdité à la base de mon plan:

MOI: Mais qu’est-ce que je suis en train de planifier là? C’est complètement stupide!

Est-ce que je viens de me libérer de ma folie meurtrière? Jugez-en vous-même:

MOI:  Il y a trois personnes d’impliquées dans mon plan: Nathalie, qui est à 100% responsable de l’été de merde que j’ai passé.  Christian, qui n’est responsable qu’à 50%.  Et ce passant inconnu, qui en est responsable à 0%.  Si mon plan s’exécute, le passant est celui qui est puni à 100% puisqu’il le paye de sa vie.  Christian est puni à 50%, puisqu’il restera vivant et que ses ennuis avec la loi ne seront pas éternels.  Quant à Nathalie, celle qui a tout fait, elle subit 0% des problèmes.  Ça n’a pas d’allure.  C’est elle qui devrait avoir le plus de problèmes.  C’est elle qui le mérite.  C’est elle que je devrais écraser avec le char, au lieu d’un innocent qui ne m’a jamais rien fait. Sauf que bon, non seulement je ne pourrais pas planifier ça, je serais le premier soupçonné puisque je suis son ex harceleur.

Bon! Je ne suis pas libre à 100% de ma psychose. Mais au moins, ma logique fonctionne toujours. Et c’est cette même logique qui, en ce moment, se rend compte de quelque chose que pourtant je savais sans jamais l’avoir particulièrement remarqué:  Le fait que l’être humain est porté à respecter ceux qui les opposent et les méprisent, tout en étant capables de faire subir les pires choses à ceux qui ne lui ont jamais rien fait.  Je constate même que c’est une situation qui se passe chez moi depuis toujours: À chaque fois que mon père travaille, il file doux devant son patron et ses collègues.  Mais quand il est à la maison, il se défoule sur nous des frustrations qu’il ressent par rapport à son boulot. Et depuis le temps qu’il nous fait la vie dure, c’en est devenu une habitude qui ne nécessite même plus des raisons de travail pour le faire.  Et moi, sans le savoir, j’étais en train de me comporter envers Nathalie, Christian et le passant inconnu exactement comme mon père le fait envers ses patrons, ma mère et moi.  Je ne sais pas pourquoi les gens ont un tel comportement, mais une chose est sûre, je n’aime pas ça du tout. Non seulement est-ce un comportement illogique et imbécile, j’ai honte d’avoir failli moi-même l’adopter.

Et puis, un autre truc me vient en tête: Supposons que j’exécute mon plan et qu’il se passe à la perfection, que Christian va en prison et que Nathalie casse avec lui… J’imagine quoi, là? Qu’elle va le pleurer et rester célibataire pour le restant de ses jours? Si ça se trouve, elle va le remplacer le jour-même par un autre gars, et j’aurai mis fin à une vie en en gâchant une autre absolument pour rien.

MOI: Et puis, dans le fond, c’est quoi, au juste, le crime que Christian a commis contre moi? Il a juste dit oui à Nathalie.  Non pas pour me faire chier, mais bien parce que Nathalie est irrésistible. Et je suis bien placé pour le savoir.

Je passe les trente minutes suivantes à relire mon plan, à essayer de voir comment est-ce que je pourrais plutôt nuire à Nathalie, comme elle le mérite, sans que je puisse être soupçonné de près ou de loin.  Mais je ne trouve rien.  Résigné, je range mon plan dans le cartable avec le reste de mes notes.

Le téléphone sonne.  Je réponds.

MOI: Oui allo!?
INTERLOCUTRICE : Hey, salut, ça va? Tu me reconnais? C’est Geneviève!  La fille du terrain de camping, l’été passé.

À SUIVRE

Surveiller Nathalie, chapitre 16: Mange un char!

(Il existe maintenant une version roman en ligne beaucoup mieux travaillée de cette série de blogs, juste ici: SURVEILLER NATHALIE; dans la tête d’un harceleur)

La nuit tombée, je prends mon vélo, je tourne sur Chemin des Patriotes, et je longe la rivière Richelieu sans me presser pour une petite balade dans le calme. Ça me permet de contempler l’état actuel de mon existence. Ma vie de famille est gâchée par un père de plus en plus fou qui, chaque jour, repousse un peu plus loin les limites de ce que je peux endurer. Ma vie sociale est de plus en plus sous le signe du malaise, car depuis ma relation avec Nathalie je sens bien que je ne suis plus autant le bienvenu qu’avant avec ma gang.  Ma vie amoureuse est inexistante et ça ne risque pas de changer de sitôt.  Ma vie professionnelle, avec le transport en commun qui me gobe entre 70% et 85% de ma paye lorsque je vais la chercher, est tout simplement pathétique.  Voilà pourquoi je passe autant de temps à vélo.  Il n’y a que là que je suis bien. Non seulement est-ce mon véhicule, non seulement est-ce mon seul moyen d’évasion, il n’y a que là, sur la route, avançant, que je suis inatteignable.  Ici, j’ai la paix.  Personne ne vient me déranger.  Normal, puisque je ne reste pas sur place. Et puisque je me promène tard le soir, les gens sont presque tous chez eux, la circulation est au plus bas. Bref, j’ai la sainte paix.

Une auto me dépasse. Je sens comme si quelqu’un me donnait une claque dans le dos avec un objet souple. J’entends « FLAC! » sur l’asphalte derrière moi comme si quelqu’un venait de renverser un grand verre d’eau. Je me retourne, surpris.  Je vois, sur l’asphalte, une grosse éclaboussure d’eau formant un cercle presque parfait.  Mon regard revient vers l’avant au moment où l’auto disparait dans une courbe.  Ne comprenant pas du tout ce qui vient de se passer, j’arrête mon vélo et je reviens en arrière.  Je m’arrête près de l’éclaboussure.  Près de celle-ci, il y a les restes d’une balloune en caoutchouc. Incrédule, je me tasse vers le trottoir. Quelques minutes plus tard, assis sur ce même trottoir, mon vélo contre un arbre, je contemple fixement la flaque.  Je suis tout simplement abasourdi de ce que cette chose implique.  Tellement que je me parle tout seul à voix haute.

MOI : Au mois de mai dernier, quand j’étais allé porter ma page de BD à Wow, un char a tourné le coin où j’attendais de traverser, et le passager arrière m’a lancé le contenu de son verre de Coke de McDo. Même si on met de côté l’aberration de son geste, il reste que c’était quelque chose d’improvisé.  Il se trouvait à avoir un verre rempli, je me trouvais à être au coin, il se trouvait à être en char, ce qui lui permettait de poser un geste gratuit et s’en tirer à bon compte…

Je tends les bras vers la flaque que je désigne à deux mains.

MOI : Mais ÇA! Ça ne pouvait pas être improvisé.  Ça ne pouvait pas être sous l’impulsion du moment.  Ça, ça veut juste dire une chose : Quelque part, à St-Hilaire ou une ville voisine, il y a deux personnes qui se sont dit « Heille, on s’promène-tu en char pour envoyer des ballounes d’eau su’l’monde? » …  Ça veut dire qu’ils ont pris la peine de se procurer des ballounes, ont pris le temps de les remplir d’eau, de les amener dans le char en faisant bien attention pour ne pas en péter une par accident… Et que l’un s’est mis au volant, tandis que l’autre s’est installé en arrière pour les lancer.  Et comme il faut un permis de conduire, ça ne peut pas être des enfants qui ont fait ça.  Il faut que ce soit des adultes.  Du monde supposément mature.

Et pire que la stupidité de ce geste, il y a le fait que cette situation aussi aberrante que peu crédible, ça me soit tombé dessus, à moi, encore une fois.  Je pourrais me compter chanceux que la balloune a rebondi sur mon dos au lieu d’éclater.  Mais si j’étais vraiment chanceux, est-ce que j’aurais été victime de cette agression totalement gratuite pour commencer? Quelles sont les chances pour que ces deux idiots aient envie de faire ça justement ce soir-là, justement à cette heure-là, et qu’ils s’adonnent à passer sur la même rue que moi dans la même direction que moi au même moment que moi?  Et surtout : Quelles sont les chances de vivre deux fois en quatre mois la situation d’être la cible de gens qui, en auto, ont le but de t’arroser? Comme pour la majorité des malheurs qui m’affligent, mon premier réflexe est de prendre la faute sur moi, en me demandant: Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça?  Qu’est-ce que j’aurais pu faire pour éviter que ça m’arrive? Hélas, j’ai beau y penser, j’ai beau réfléchir, je ne vois pas du tout comment j’aurais pu prévoir et éviter ça. Ça aurait pris des dons paranormaux de clairvoyance, ce que je n’ai pas.  Par conséquent, encore une autre fois, me voilà victime d’un geste aberrant, abracadabrant, illogique et inexplicable.  Et puisque c’est illogique que quelqu’un m’agresse ainsi, mais que j’ai tout de même été agressé ainsi, alors aux yeux des autres, ça peut juste vouloir dire que c’est de ma faute.  C’est idiot mais c’est comme ça.  Je l’ai vécu assez souvent pour le savoir. En tout cas, ma dernière illusion de paix et de sérénité vient de m’être enlevée.  Même à vélo, même mobile, je suis la cible de gestes négatifs, voire haineux, et ce même si je ne connais pas mes agresseurs, même si je n’ai rien fait pour les provoquer.

Samedi 16 septembre 1989.  Les feuilles viennent tout juste de commencer à jaunir et à rougir. Malgré le fait que c’est le début de la fin du pire été de ma vie, je suis déçu que celui-ci se termine avant que j’ai pu en faire quelque chose de positif.  Ce n’est pas faute d’avoir essayé. Il y a quelques jours, j’ai participé au jeu télévisé Fais-Moi un Dessin sur TVA animé par Yves Corbeil.

Comme il fallait s’y attendre, avec mes aptitudes en dessin, j’ai aisément remporté la victoire. Voilà qui a mis un peu de baume sur mon estime de soi quotidiennement bafoué. Ça n’a hélas pas duré.  À chaque fois que je regarde cette émission, les concurrents gagnent toujours des prix intéressants : Télévisions, chaines stéréo, caméras, ameublement, etc. Et quels étaient les prix de cette semaine?  Un coupon donnant droit à un séjour pour deux personnes, pour trois jours et deux nuits, deux repas par jour inclus, dans un grand hôtel chic quelque part dans les Laurentides. Je n’ai pas d’auto pour y aller. Je n’ai pas de blonde pour m’y accompagner. Et même si je décidais d’y aller seul, je n’ai certainement pas l’argent pour me payer le voyage en bus. Lorsque j’ai raconté ce nouveau mauvais tour du destin à mes amis ce soir, Carl et Gina m’ont proposé une solution : Leur donner mon prix.  Tout le monde a trouvé que c’était une excellente idée.  J’avais donc le choix entre faire profiter du fruit de mes efforts deux personnes qui ont déjà tout dans la vie.  Ou bien garder mon prix, le laisser se perdre, et me montrer à tous comme étant mauvais perdant. Aussi bien dire que j’ai été obligé d’accepter de leur céder.  Encore une fois, ce permis de conduire que tout le monde a le droit d’avoir sauf moi fait d’eux des winners, et de moi un loser.  C’est dans cet état d’esprit imprégné d’amertume que je reviens chez moi en vélo vers 10 :30 ce soir-là.

Tant qu’à être dans la montagne, aussi bien revenir chez moi par la seconde moitié de mon parcours athlétique.  Avec ce qui s’est passé avec Nathalie cet été, cette route est désormais synonyme de souvenirs négatifs, et il n’y a plus moyen pour moi d’y repasser sans y repenser.  Alors que je tourne sur la rue Nadeau, je me dis qu’au moins, maintenant que ça fait trois semaines qu’elle est à Sherbrooke, je ne risque plus de voir l’auto de Christian stationné devant le bloc-appartements de Nathalie.  C’est déjà ça de…

MOI : HEIN!? Est-ce que j’ai rêvé ou bien est-ce que je viens de passer à côté de l’auto de Christian stationné devant le bloc-appartements de Nathalie?

Incrédule et le cœur battant, je ralentis et reviens en arrière.  Je m’approche du véhicule gris.  Je regarde sur le siège arrière.  J’y vois un rouleau d’essuie-tout.  Et pour m’enlever tout doute que je pourrais avoir, la plaque d’immatriculation me confirme que c’est bien lui. La rage que je ressentais contre elle, rage qui s’effritait lentement depuis trois semaines parce que je croyais qu’elle était partie pour de bon, me revient avec force et intérêts.

MOI : Hostie! Elle qui disait qu’elle ne reviendrait plus à St-Hilaire avant ses vacances de Noël… Elle m’a menti!  Elle m’a ENCORE menti!

Apparemment, grâce au véhicule de Christian, Nathalie peut se permettre de revenir chez sa mère les fins de semaines.  Cette mauvaise surprise en est une de trop pour mon moral que le destin et mon entourage ne cessent de mettre à l’épreuve.  Quelque chose brise dans ma tête.  Je repars et pédale rapidement vers chez moi. Je me parle à haute voix avec fureur.

MOI : Ah, ils ont dû bien rire de moi, tiens! Nathalie, sa mère, Christian, de savoir que j’ignorais qu’elle revenait les fins de semaines… Pis si Nathalie est revenue, c’est sûr que Cynthia le sait, donc aussi bien dire Loïc.  Et avec sa grande gueule, si Loïc le sait, tout le monde le sait! Ça, ça veut dire que tantôt, quand j’étais chez Carl avec la gang, pendant que je me plaignais que j’avais pas de blonde pour m’accompagner dans le voyage que j’avais gagné, tout le monde le savait que Nathalie était ici. Tout le monde, sauf MOI! Ah, ils ont donc bien dû me trouver drôle, de me voir donner mon prix à Carl et Gina.  Ils savent très bien que contrairement à eux, puisque je n’ai pas de char, je ne peux pas avoir de blonde… De blonde comme Nathalie. Nathalie qui sort avec Christian parce qu’il a un char.  Nathalie qui revient icite les fins de semaines parce que Christian a un char!  NATHALIE QUI REVIENT ICITE À TOUTES LES CALICE DE FINS DE SEMAINES MALGRÉ LE FAIT QU’ELLE M’A DIT QU’ELLE NE REVIENDRAIT PAS AVANT FIN DÉCEMBRE!!!

Je rentre chez moi, furieux comme jamais de ces dernières humiliations. Après tout ce que je subis de toutes parts depuis deux mois, là c’est juste trop. Avec l’avertissement que j’ai reçu de la mère de Nathalie, je ne peux plus rien faire contre elle.  Ça me laisserait juste Christian comme cible.  Si seulement je pouvais faire en sorte de briser leur couple, comme Cynthia a si souvent saboté les miens. Non seulement ça me ferais un bien moral de la savoir en peine d’amour, elle cesserait vraiment de revenir les fins de semaine puisqu’il ne lui servirait plus de taxi. Sauf qu’il faudrait que je fasse ça d’une façon qui me tiendrait loin de tout soupçon. Aussi, je passe les heures suivantes à y penser. J’y réfléchis jusqu’à ce qu’un plan me vienne en tête.  Un plan diabolique.  Je m’assois à ma table de travail, prends papier et crayon, et je commence à écrire :

ÉTAPE 1- Acheter un rouleau d’essuie-tout.
ÉTAPE 2- Enlever les 10 premières feuilles, les jeter.
ÉTAPE 3- Mettre le rouleau dans mon sac à dos.
ÉTAPE 4- Aller me cacher dans le boisé de côté de chez Nathalie vendredi soir.
ÉTAPE 5- Attendre que Christian et Nathalie arrivent.
ÉTAPE 6- Attendre 5-10 minutes après qu’ils soient entrés.
ÉTAPE 7- Prendre quelques feuilles d’essuie-tout.
ÉTAPE 8- Aller frotter pour nettoyer le devant, côté passager, de l’auto de Christian.
ÉTAPE 9- Retourner me cacher.
ÉTAPE 10- Garder précieusement les essuie-tout sales dans mon sac.
ÉTAPE 11- Attendre jusqu’à ce que Christian remonte dans son auto et parte.
ÉTAPE 12- Mémoriser ce que Christian porte.
ÉTAPE 13- Remonter à vélo et retourner chez moi.
ÉTAPE 14- Mettre des vêtements dont le style ou du moins la couleur sont le plus près possible de ce que Christian porte.
ÉTAPE 15- Passé minuit, mes parents dorment profondément, et puisqu’il commence à faire frais, ils le font les fenêtres fermées.  Je prends donc les clés de l’auto.
ÉTAPE 16- Je n’ai pas de permis de conduire, mais je regarde mes parents faire depuis que j’ai 7 ans.  Je n’ai aucun doute que je saurais le faire à la perfection.  Je prends donc l’auto, une auto grise comme celle de Christian, et j’amène mon sac à dos.
ÉTAPE 17- Entre Mc Masterville et St-Basile-le-Grand, le Boulevard Laurier traverse 4 kilomètres de champs de maïs.  Ce segment de route ne bénéficie de presque aucun éclairage.  Or, je sais pour y avoir souvent passé tard le soir en bus que, le long de la route, sur l’accotement, il n’est pas rare que passe un jogger ou une personne à vélo.  Alors si, en y passant en auto, j’en vois, un, je fonce dessus.
ÉTAPE 18- Je reviens placer l’auto près du corps, de façon à bien le cacher de la route.
ÉTAPE 19- Je prends mon rouleau d’essuie-tout et je sors.
ÉTAPE 20- J’attends que passe une auto.
ÉTAPE 21- À chaque fois que passe une auto, je m’assure que je suis bien visible, habillé comme Christian, rouleau d’essuie-tout à la main, en train d’essuyer le devant de mon char gris, côté passager, de l’autre main.  C’est pour m’assurer que ma victime n’a pas laissé de traces de sang.
ÉTAPE 22- De mon sac, je sors les feuilles avec lesquelles j’ai essuyé l’auto de Christian, et j’y mets le rouleau d’essuie-tout et les feuilles que j’ai utilisé sur mon char.
ÉTAPE 23- Je touche une partie ensanglantée de ma victime avec l’une des feuilles avec laquelle j’ai nettoyé l’auto de Christian.
ÉTAPE 24- Je jette dans le fossé les feuilles avec laquelle j’ai nettoyé l’auto de Christian, feuilles maintenant tachées du sang de la victime.
ÉTAPE 25- Je me rends près du corps, et avec mon doigt, j’écris le numéro de plaque de l’auto de Christian sur la terre et la rocaille de l’accotement.
ÉTAPE 26- Ne sachant pas s’il était droitier ou gaucher, je lui frotte les doigts des deux mains par terre pour les salir.
ÉTAPE 27- Je remonte dans l’auto et j’attends de ne plus voir arriver de phares d’un côté comme de l’autre.
ÉTAPE 28- Je reviens chez moi, remet l’auto et les clés à leurs places, descend au sous-sol.
ÉTAPE 29- Dans le poêle à bois, je brûle les essuie-tout avec lesquels j’ai nettoyé l’auto de mes parents.
ÉTAPE 30- Le lendemain, j’écoute les nouvelles et je lis le journal.

L’auto grise, le numéro de plaque, le fait qu’il revient de chez Nathalie, le chemin pour retourner chez lui, les essuie-tout avec le sang de sa victime ET tachés de la même poussière que l’on retrouve sur son auto sauf à l’avant du véhicule…   Tout pointe en direction de Christian, rien qui puisse être relié à moi.  Comment est-ce que ça pourrait l’être? Tout le monde sait que je n’ai pas de permis de conduire. Voyons maintenant combien de temps elle voudra sortir avec un gars qui se retrouve en prison pour accident mortel et délit de fuite.  Surtout que, sans lui ni son char, elle ne pourra plus revenir les fins de semaines.  Elle sera obligée de ne revenir qu’aux vacances de Noël, telle qu’elle m’a dit. Et le plus beau: L’auto est depuis longtemps l’objet qui a causé mon malheur, que ce soit lorsque des inconnus l’utilisent pour me lancer des choses, ou bien des gars qui utilisent le leur pour me voler les rares blondes que j’arrive à me faire.  Et cette auto-là en particulier est la raison pourquoi mon père ne veut pas que j’ai mon permis, car il ne veut surtout pas que je la conduise.  Non seulement, en conduisant son auto, je lui tiendrai tête (même s’il ne le saura jamais, ce sera une victoire morale), je l’utilise dans le but d’avoir un accident, chose qui est son argument principal pour m’en priver.  Et mieux encore: Je transforme le fait qu’il m’interdit d’avoir un permis en raison incontestable de ne pas pouvoir être soupçonné du meurtre que je m’apprête à commettre. Le crime parfait!

MOI : Je suis un génie. C’est juste dommage que je ne puisse m’en vanter à personne.

À SUIVRE

Surveiller Nathalie, chapitre 15: L’après-Nathalie

(Il existe maintenant une version roman en ligne beaucoup mieux travaillée de cette série de blogs, juste ici: SURVEILLER NATHALIE; dans la tête d’un harceleur)

Vendredi 1er septembre 1989.  Voilà une semaine que Madame la mère de Nathalie m’a donnée l’ordre de cesser de harceler sa fille sinon elle allait me faire arrêter par la police, et une semaine que je l’ai mise au défi de le faire.  À date, je n’en ai eu aucun écho. Ça veut dire que l’un de ces scénarios s’est produit :

  • Ou bien Madame, après avoir lu ma lettre, a eu une bonne discussion avec sa fille au sujet de son comportement inacceptable.  Comportement qui explique pourquoi elle a subit du harcèlement de ma part.  Très improbable, certes, mais au demeurant possible.
  • Ou bien Madame, en lisant ma lettre, a eu vraiment peur que la réputation de sa fille, et la sienne par la même occasion, soit entachée dans toute la région si je mets à exécution ma menace de rendre notre histoire publique.
  • Ou bien, et celui-là est mon scénario favori, elle a lu ma lettre, a appelé la police, leur a fait lire ma lettre (ou mes lettres).  Et eux, voyant que je n’ai jamais fait aucune menace contre Nathalie, que je n’ai jamais rien fait que de lui rappeler qu’elle avait brisé ses promesses, l’ont dissuadé de porter plainte. D’accord, je l’ai harcelée, ce qui reste illégal. Mais voilà, premièrement elle m’a envoyé un avertissement.  Ça veut dire qu’elle ne pourra me faire arrêter que si je recommence.  Ensuite, avec Nathalie qui part, comment voulez-vous que je le fasse?  Elle passe donc pour une idiote auprès de la police, qui rejette sa plainte.

En tout cas, j’ai appris une leçon valable: Si tu veux que les abus cessent, rend la chose publique (ex : Nathalie en parlant à sa mère) ou bien menace de le faire (ex : moi avec sa mère et mon plan de communiquer avec le journal). C’est suffisant pour que la personne cesse ou bien regrette d’avoir eu la stupidité de s’en prendre à toi. Parce que le plus grand complice de la personne qui t’abuse, c’est ton propre silence.

Le lundi suivant le départ de Nathalie, j’ai décidé de mettre mes énergies dans quelque chose de positif.  Je me suis trouvé un petit contrat d’illustrations pour Échec et Maths, une école de tournois de jeu d’échec.  Je dessine des versions anthropomorphiques de pièces d’échiquier pour illustrer leur journal mensuel et leurs bulletins d’information. Je ne reçois que deux dollars par dessin, ce qui est peu, même à l’époque. Mais bon, il ne s’agit que de petites illustrations à peine plus grandes que la paume, ce qui a le mérite de se faire vite.  Le problème, c’est que quand le gars m’appelle, il ne m’en commande que quatre ou cinq à la fois, et je dois aller lui remettre le jour même.  En 1989, il n’y a pas de scanner, pas d’internet, et nous n’avons pas de fax à la maison. Ça représente donc huit heures de travail et de transport aller-retour, pour revenir à la maison avec la somme faramineuse de $1.00 ou $3.00, selon si j’ai quatre ou cinq dessins à faire.  Normal : Leurs bureaux sont à Montréal. Je dois faire le voyage St-Hilaire/Montréal aller-retour par bus ($2.50 fois deux) et métro ($1.00 fois deux).  Je gagne donc huit ou dix dollars par commande, moins les sept que coûte le transport. Cette situation est totalement ridicule, mais que puis-je faire? Si je la refuse, alors je suis un paresseux qui ne veut pas travailler, comme mon père m’accuse souvent d’être.  Mais en l’acceptant, alors je suis un cave qui accepte de se faire exploiter. Cette situation où je suis injustement perdant quoi que je fasse n’améliore en rien ma mauvaise humeur et ma frustration. Au moins, j’ai quelque chose à mettre sur mon CV tandis que je continue de me chercher un autre emploi.

Parlant de frustrations, celles nées de ma relation avec Nathalie semblent avoir laissé des traces dans ma personnalité. En effet, depuis que j’ai osé confronter ma mère, on dirait que j’ai cessé d’avoir peur des conséquences de dire ce que je pense, et surtout de dénoncer les injustices du comportement de mes parents envers moi. Surtout quand ils mentent à mon sujet parce qu’ils sont incapables de se trouver une vraie raison de me faire des reproches. C’est sûr que je ne vais pas faire exprès pour créer la chicane. Je ne suis pas celui qui va provoquer ou déclencher les hostilités. Mais désormais, si on m’attaque, on ferait bien d’être soi-même sans taches. Parce que si on me cherche, on va me trouver, comme l’a appris mon père ce jour-là. Comme d’habitude, dès qu’il me voit, il me tombe dessus en gueulant.  Et moi, tout en marchant vers la porte de l’escalier qui mène à ma chambre, je réponds avec calme :

PÈRE : Veux-tu ben m’dire où c’est que t’étais allé trainer, encore?
MOI : À Montréal!
PÈRE : T’as pas une crisse de cenne pis tu t’en va dépenser à Montréal?
MOI : Non, je suis allé porter mes dessins à Échec et Maths, et recevoir ma paye.
PÈRE : Tu vas jamais rien faire de bon dans’ vie avec tes p’tits crisses de dessins.
MOI : Je fais de l’argent, c’est déjà ça.
PÈRE : « J’fais d’l’argent, j’fais d’l’argent! » Han han! Toutte pour pas travailler.
MOI : Si tu le dis!
PÈRE : Je l’sais moé c’est quoi qu’tu veux faire.
MOI : Bon ben dis-moi le, comme ça moi aussi je vais le savoir.
PÈRE : TU VEUX PAS TRAVAILLER, CALICE! TU VEUX JUSTE TE FAIRE VIVRE PAR LES AUTRES EN TE POGNANT L’ CUL!

La perche qu’il me tend est beaucoup trop belle pour ne pas être attrapée à deux mains. Je m’arrête, je me retourne et le regarde.  Puis, de façon calme, hautaine et méprisante, je lui réponds :

MOI : J’en connais un autre, moi, qui ne travaille pas. Pis qui se fait vivre par les autres en étant su’l’BS.

Sur ce, je me retourne et descends l’escalier tranquillement, sans me presser.  Après quelque secondes de silence dans lequel il n’a pas l’air de croire que j’ai pu oser lui répondre de cette façon, il se met à m’engueuler d’une tirade composée majoritairement de mots d’église. Ça me passe dix pieds par-dessus la tête.  Le simple fait qu’il ne bouge d’un pouce de l’endroit où il est tandis qu’il gueule comme un malade, ça me montre quelque chose que je n’avais étrangement jamais constaté avant: Il jappe beaucoup pour camoufler le fait qu’il n’a pas le courage de mordre.  Si je lui réponds, si je le confronte, qu’est-ce qu’il va faire? Rien! C’est juste un gros parleur petit faiseur. Je me rends compte maintenant que la seule raison pourquoi j’avais encore peur de lui jusque-là, c’est parce que je suis conditionné à le voir, depuis ma plus tendre enfance, comme une figure autoritaire et imposante. Mais voilà, du bas de ses cinq pieds et un pouce, il n’a plus rien d’imposant pour l’homme de cinq et huit que je suis. Pourquoi est-ce que je me laisserais marcher sur les pieds par quelqu’un qui a besoin d’un escabeau pour les atteindre?

Le soir venu, ma mère vient me rejoindre dans ma chambre alors que je travaille sur d’autres illustrations. Elle me parle doucement, timidement, voire même un peu inquiète.

MÈRE : Ton père m’a dit que tu l’avais niaisé aujourd’hui parce qu’y’é su’l’BS…

Cette nouvelle accusation mensongère m’irrite.

MOI : Pardon? C’est lui qui m’accuse faussement de ne pas travailler.  Tu le vois bien, je dessine, là, et je suis payé pour ça.  Si c’est pas du travail, c’est quoi?
MÈRE : Je l’sais ben! Mais tu devrais pas faire exprès pour le provoquer.

L’injustice de cette nouvelle accusation me pique au vif.

MOI : Le provoquer? Moi, le provoquer? C’est lui qui vient me chercher, qui me tombe dessus en m’accusant de pas travailler alors que c’est même pas vrai… Pis c’est moi qui le provoque LUI?
MÈRE : Tu lui as répondu!
MOI : J’ai juste dit la vérité.
MÈRE : T’aurais pu rester poli!

« Être poli! »  Une façon polie (justement) pour les parents de dire « Farme ta yeule! » quand ils sont trop orgueilleux pour être capable de reconnaître que tu as raison et qu’ils ont tort.

MOI : Pis lui, il l’est-tu, poli, avec moi? Toujours à me traiter de p’tit crisse de paresseux qui fera rien de bon dans’ vie pis qui va passer sa vie su’l’BS alors que lui-même y’a passé le trois quart de sa vie su’l’BS ou sur le chômage.
MÈRE : Je l’sais ben, mais r’garde… Tu l’sais que c’est un chialeux. Y’é d’même, y va pas l’changer à l’âge qu’y’est rendu. C’t’à toi d’être le plus intelligent des deux pis de le laisser parler sans t’en occuper, pis y va arrêter.

Non mais c’est quoi ce raisonnement de merde? Elle est déconnectée de la réalité ou bien quoi?

MOI : Non! Toute ma vie, je me suis écrasé pis je t’ai vu t’écraser devant lui. Pis y’as-tu arrêté? Jamais! Si personne ne lui répond, si personne ne lui dit jamais « Heille, ça suffit! », il va jamais arrêter.
MÈRE : Tu vas juste empirer la situation.  Regarde, t’es pas si pire que ça.  Ça fait vingt et un ans que tu l’endures, alors que moi ça en fait vingt-trois.
MOI : Non : Toi tu l’as juste enduré la moitié de ta vie. Alors que moi c’est ma vie complète.  Y’a des limites, il faut que ça arrête!
MÈRE : Écoute, sois plus intelligent.  Fais-le pour moi, ok? Tu l’sais que chus pas capable de vivre dans’ chicane.

Je ne dis rien, mais cette mentalité de victime consentante qu’elle a et qu’elle essaye de m’imposer m’enrage et me fait bouillir.  Pas étonnant qu’elle a si mal pris que je prenne position contre les abus de Nathalie.

Avec mes amis, les choses ne sont plus comme avant.  Il faut dire que l’amertume me ronge et que ça me pousse à mettre de la tension entre nous. Un jour où nous sommes tous réunis, j’entends Megan dire à Loïc qu’elle connait quelqu’un qui a un commerce et qui se cherche un employé, et qu’elle lui a parlé de lui.  Loïc, qui a déjà un boulot dans un laboratoire, décline. Ça me met hors de moi. Non pas qu’il décline, mais bien qu’on le lui offre.

MOI: Ok, c’est quoi la logique de faire ça, Megan?  Tu le sais que Loïc a une job, et tu le sais que moi j’ai perdu la mienne.  Ce ne serait pas plus logique d’offrir une job à quelqu’un qui n’en a pas et qui s’en cherche?
LOÏC: C’parce que t’as jamais eu tellement l’air de te grouiller le cul pour essayer de t’en trouver une.

Qu’est-ce que c’est que ce raisonnement à la con? Il est évident que pendant les quelques heures par semaine que je passe avec mes amis, je ne suis pas en recherche d’emploi. Et inversement, lorsque j’en cherche, ils ne sont pas là.  Pas étonnant alors qu’ils ne me voient pas faire. Je pourrais leur pointer cette évidence, mais je préfère encore utiliser un argument un peu plus élaboré qui va leur remettre les vrais faits en face, autant à leur sujet qu’au mien.

MOI: Très bien! Apprenez quelque chose: En ’86, ma première job de laveur de vaisselle aux Trois Tilleuls, je suis allé moi-même faire application, j’ai demandé $4.50 de l’heure alors que le salaire minimum était de $4.35, et je l’ai eu.  Le Club Nautique de Beloeil en ’87, même affaire: J’ai fait application, je l’ai eu.  En ’88, ça a été Wow! J’ai fait trois pages de BD, j’ai appelé, j’ai pris rendez-vous, j’y suis allé. Et est-ce que j’ai eu la job?
CARL: Ben oui, on l’sait!
MOI: Non, justement! Je n’ai pas eu la job. Je leur ai fait créer la job.  Parce qu’avant moi, là, la job de bédéiste dans Wow, ça n’existait pas­.  Vous trouvez que c’est des signes comme quoi j’me grouille pas le cul pour travailler, ça, comme vous l’dites?

Ils ne répondent pas.  Ce qui est bien, car ce n’était qu’une introduction pour mon argument principal, alors que je m’adresse à eux un par un.

MOI:  Carl! Je me souviens que quand tu as eu ta première job d’été pour la Ville, tu m’as dit que c’était ton père avec ses connexions de gérant de banque qui te l’a trouvée. Loïc! Ta job aux laboratoires de l’université… Vas-tu m’dire que c’est pas dû à ton père, le prof de cette même université? Ne serait-ce que pour t’apprendre qu’il y avait une ouverture? Yves! T’as hérité de la business de ton père quand y’é mort. Alors comment est-ce que vous pouvez dire que c’est moi qui s’grouille pas le cul pour se trouver une job, quand la majorité icite n’a pas eu à se lever le petit doigt pour s’en trouver une, grâce à son pôpa?

Gina ne prends pas trop bien le point que je soulève.

GINA: Heille, franchement là, c’est cheap!
MOI: Quoi? Qu’on dise des menteries à mon sujet c’est ok, mais quand je dis la vérité c’est cheap?
GINA: Ben moi chus vendeuse chez Meubles Express, pis j’ai pas eu besoin des connexions de mon père pour l’avoir.
MOI: Non, mais toi t’es une fille. C’est beaucoup plus facile de se trouver une job dans une boutique quand t’es une fille.  Si t’es belle pis mince, on te met à la vente.  Si t’es grosse pis laide, on te met à la comptabilité ou à la gérance.

Loïc émet un petit rire en marmonnant « Hostie qu’c’est vrai, quand même! », mais il est bien le seul que ma tirade amuse.

MOI: Tu dis que t’as pas eu la job grâce à ton père? Bravo pour toi! Mais sur la feuille d’application, quand ils ont vu ton nom de famille, s’ils ont entendu parler de ton père, le conseiller municipal, ils ont probablement fait le lien. Ça n’a pas dû te nuire.  Moi, par contre, quand on voit mon nom de famille sur la feuille d’application, j’me fais demander si chus bien le fils du BS du village, et on ne me rappelle jamais. Vous autres, être les enfants de vos pères, dans le meilleurs des cas ça vous aide, et dans le pire des cas ça ne vous enlève rien. Mais dans mon cas à moi, c’est un handicap. Et ça, si c’était votre cas, je serais ben curieux de voir si vous aussi, vous seriez  capable, sans l’aide de personne, de vous trouver des jobs plus payantes que le salaire minimum comme moi je l’ai fait au Trois Tilleuls. Ou bien si vous réussiriez à convaincre votre employeur à créer un poste pour vous, comme moi je l’ai fait au magazine Wow!

En disant tout ça, je cherche seulement à leur expliquer ma situation réelle, de façon à ce qu’ils cessent de baser leur opinion à mon sujet sur des mensonges.  J’ai hélas l’impression qu’ils prennent ça pour des reproches, ou bien comme si j’essayais de leur dire que je vaux mieux qu’eux. Ce qui signifie que là encore, quoi que je fasse, je perds: Ou bien je ne réponds rien et les laisse me faire passer pour ce que je ne suis pas. Ou bien je leur remets les pendules à l’heure et j’apporte le malaise. À la maison, c’est le même scénario. Ce n’est pas faute d’essayer d’être conciliant.  Par exemple, un soir alors que j’ai terminé de regarder la télé au salon, mon père est assis à la table de la salle à diner adjacente. Là où il est, il peut apercevoir l’écran de télé.  Histoire de faire plaisir à ma mère, même si elle n’est pas là, j’opte pour faire en sorte de ne pas provoquer sa colère en laissant la télé allumée ou bien en la fermant contre sa volonté. Il m’a déjà disputé par le passé dans les deux cas.  Mais bon, à quoi s’attendre d’autre d’un gars qui m’a engueulé sans retenue il y a deux ans en m’accusant d’avoir détraqué la couleur de la TV sur la chaine 12, parce que les épisodes de l’émission The Honeymooners (diffusée originalement en 1955-1956) qui y passaient étaient en noir et blanc. Voilà pourquoi je choisis d’être prudent et de poser lui la question suivante:

MOI: Bon, j’ai fini avec la télé. Est-ce que je la ferme, ou bien tu veux l’écouter?

De son habituel ton sévère et méprisant, il me répond:

PÈRE: Rouvre tes yeux, tabarnak! Chus dans’ cuisine, je r’garde pas la TV. Pense avec ta tête, calice!

Révolté, je me lève, monte le ton et lui dit d’un air exaspéré:

MOI: Quand je ferme la TV, tu chiales parce que tu veux l’écouter.  Quand je laisse la TV allumée, tu chiales parce que personne ne l’écoute.  Pis quand je prends la peine de te poser la question justement pour pas t’entendre faire du chialage, là tu…

Pour toute réponse, mon père se lève, me tourne le dos en levant les bras et dit un très impatient « OK! OK! OK! OK! » avant de sortir de la maison. Tandis qu’il passe dehors devant la fenêtre du salon, je l’entends se parler à lui-même:

PÈRE: Christ d’enfants de cul de tabarnak, il faut toujours qu’ils aillent raison, hostie. Ça mériterait juste une bonne coupl’ de calice de coups de pieds dans l’cul.

Décidément, que ce soit avec Nathalie cet été ou que ce soit avec mon père depuis toujours, il n’y a juste jamais moyen de m’en tirer. Quoi que je fasse,  je me fais chier dessus parce que peu importe l’option que je prends, je suis toujours dans l’erreur.

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