La conflictuodépendance : La logique derrière l’illogisme.

Comme je l’ai déjà écrit, une personne manifeste sa personnalité  conflictuodépendante lorsqu’elle cherche querelle à autrui en passant à travers les dix étapes successives que voici:

ÉTAPE 1: Cherche la querelle à une personne calme et sans histoire.

ÉTAPE 2: Le motif utilisé pour démarrer les hostilités est tellement anodin qu’il en est insignifiant. 

ÉTAPE 3: Devant le refus de l’autre à entrer dans le conflit, insiste. 

ÉTAPE 4: Envoie des accusations farfelues en prétendant connaître les motivations cachées de l’autre.

Et voilà qu’arrive le sujet du billet d’aujourd’hui :

ÉTAPE 5, et celui-ci est non seulement le plus illogique de tous, c’est à partir de ce point que l’on voit qu’il s’agit de conflictuodépendance et non d’une simple querelle banale: Accuse mensongèrement l’autre de quelque chose dont il est lui-même coupable et/ou honteux.

Et en effet, avouez que c’est très illogique. S’il est important pour quelqu’un de descendre les autres plus bas que soi, pourquoi essayer le faire en se tirant dans le pied de cette façon?   Je veux dire, prenez les exemples que j’ai déjà donné dans les billets précédents :

  • Mon père. S’il avait vraiment voulu me descendre, ce n’était pas les arguments qui manquaient. Par exemple, il aurait pu m’engueuler sur le fait que je méprisais le travail physique. Il aurait pu m’accuser d’être un snob qui se croit bien meilleurs que lui.  Un ingrat, alors qu’il me fournit gite et couvert. Ça aurait eu le mérite d’être vrai. Mais non, il choisit plutôt de m’accuser mensongèrement d’être un BS, ce qui est faux dans mon cas, et vrai dans le sien. Et il le fait avec mépris.
  • Pareil pour Geneviève. Elle aurait pu me faire des remarques sur le désordre dans ma chambre, ou du fait que je ne nettoyais jamais la salle de bain après utilisation. Ça aurait eu le mérite d’être vrai. Mais non, elle choisit plutôt de m’accuser mensongèrement d’avoir besoin de soins psychiatriques, ce qui est faux dans mon cas, et vrai dans le sien. Et elle le fait avec mépris.
  • Tamara? Je ne sais pas de quoi elle aurait pu m’accuser car c’était notre première rencontre, elle ne pouvait pas connaître mes travers. N’empêche qu’elle a choisi de m’accuser mensongèrement d’avoir l’esprit fermé envers ceux dont les préférences sexuelles sont différentes des miennes, ce qui est faux dans mon cas, et vrai dans le sien. Et elle l’a fait avec mépris.

Attaquer l’autre sur un défaut qu’ils ont eux-mêmes, ce n’est que la première moitié de l’illogisme de ce comportement. La seconde moitié, c’est leur choix de victime. Car en effet…

  • Si mon père ressentait le besoin de mépriser les BS, pourquoi a t-il choisi de s’attaquer à quelqu’un qui ne l’était pas?
  • Si Geneviève ressentait le besoin de mépriser ceux qui ont besoin de soins psychiatriques, pourquoi a t-elle choisi de s’attaquer à quelqu’un qui avait toujours été sain d’esprit?
  • Si Tamara ressentait le besoin de mépriser les gens qui ont l’esprit fermé, pourquoi a t-elle choisi de s’attaquer à quelqu’un qui avait l’esprit ouvert?

Admettons que mon père s’était attaqué à un BS en le traitant de BS. Le plus qu’il risquait, c’est de se faire répondre : « Heille, t’es su’l’BS toé aussi, fa que t’es pas mieux que moi! » Par sa réponse, mon père entendrait « Toi et moi, sommes à égalité! » Par contre, s’il s’attaque à un travailleur en le traitant de BS, il est évident que ce dernier, piqué au vif par par cette accusation injuste parce que fausse, va immédiatement vouloir lui remettre les pendules à l’heure. Il va donc répliquer : « Non! Je travaille, MOI! Le BS, c’est TOI. » Et ça, aux oreilles de mon père, ça se traduit par : « Je vaux mieux que toi! »  Et c’est ÇA que le conflictuodépendant veut entendre de la part de sa cible.

ÉTAPE 6: … et ainsi, consciemment ou non, manipule l’autre à l’attaquer sur ce point faible et/ou honteux.

Car oui, ce point faible est si honteux qu’il lui cause de terribles complexes.

  • Mon père a du mal à assumer d’être sur le BS. La preuve: C’est avec mépris qu’il lance des accusations à ce sujet.
  • Geneviève a du mal à assumer d’avoir besoin de soins psychiatriques.  La preuve: C’est avec mépris qu’elle lance des accusations à ce sujet.
  • Tamara a du mal à assumer d’être, à ses propres yeux, une salope.  Elle n’a donc pas l’esprit aussi ouvert qu’elle voudrait (se) le faire croire.  La preuve: C’est avec mépris qu’elle lance des accusations à ce sujet.

Où est la logique de chercher à se faire contre-attaquer sur un défaut que l’on a par quelqu’un qui ne l’a pas, surtout si ce défaut nous donne des complexes? Parce que s’il est impossible de fuir le sentiment de mépris lorsqu’il vient de soi-même, il est beaucoup plus facile de l’ignorer si ça vient de quelqu’un d’autre.  Surtout si on arrive à se convaincre soi-même que l’autre a des motivations cachées pour agir ainsi.

Et voilà pourquoi le conflictuodépendant a d’abord passé par l’ÉTAPE 4:  Envoie des accusations farfelues en prétendant connaître les motivations cachées de l’autre.  Parce qu’en combinant l’étape 4 avec la 5 (Accuse mensongèrement l’autre de quelque chose dont il est lui-même coupable et/ou honteux) et la 6 (manipule l’autre à l’attaquer sur ce point faible et/ou honteux), ça lui permet de faire ceci:

  • Mon père sous-entend que mon âge fait de moi un je-sais-tout qui croit détenir la vérité absolue: « Christ d’enfants de cul de tabarnak, il faut toujours qu’ils aillent raison, hostie. » Ainsi, ce n’est plus sa conscience qui le méprise parce qu’il est sur le BS.  C’est moi!  Et moi, il peut prétendre que si je l’attaque là-dessus, c’est à cause que je suis un p’tit christ de jeune qui pense qu’il a tout le temps raison.
  • Geneviève sous entend que je suis misogyne, avec: « Tu l’sais-tu c’est quoi ton vrai problème, toé? C’est que ça t’fais chier de voir qu’une fille sache mieux que toé comment se diriger en ville! » Elle sous-entend que je suis immature avec « Ayoye! Préférer déchirer pis flusher la lettre plutôt que de me laisser la voir. Hostie que t’es bébé, man. C’est vraiment pas la maturité qui t’étouffe. »  Enfin, elle sous-entend que je suis cruel et que j’aime rabaisser les autres, avec: « Tu t’penses ben bon, hein, d’attaquer une fille sur ses points faibles?  […]  C’est drôle, hein? C’est drôle de niaiser une fille sur la période où elle n’a jamais été aussi bas de toute sa vie? Ça t’aides-tu à te sentir supérieur, de varger sur une fille pendant qu’elle est à terre? » Ainsi, ce n’est plus sa conscience qui la méprise parce qu’elle a des troubles psychiatriques.  C’est moi!  Et moi, elle peut prétendre que si je l’attaque là-dessus, c’est à cause que je suis un misogyne, un immature, un chien sale qui aime rabaisser les autres et les frapper pendant qu’ils sont par terre.
  • Et Tamara sous-entend que je la juge et que je la traite de salope.  C’est du moins ce que m’a rapporté mon amante Julie en me disant: « C’est parce que pour elle, le fait que tu lui ais dit que t’étais straight, sans vouloir essayer autre chose, c’est comme si tu lui disais que c’t’une salope d’être bi. » Ainsi, ce n’est plus sa conscience qui la méprise parce qu’elle couche avec n’importe qui.  C’est moi!  Et moi, elle peut prétendre que si je l’attaque là-dessus, c’est à cause que je suis un jugemental a l’esprit fermé qui la traite de salope.

Tant et aussi longtemps que c’était sa propre conscience qui le méprisait pour ce point honteux, le conflictuodépendant ne pouvait pas fuir ce complexe.  Mais là, en remplaçant sa conscience par un bouc émissaire extérieur, et en lui prêtant des intentions malveillantes,  il change cette réalité insupportable contre une qu’ils peut plus facilement assumer.  Et ceci, inconsciemment, était le but véritable du conflictuodépendant. Ce but étant atteint, ils vont à:

ÉTAPE 7: Se victimise en se plaignant comme quoi l’autre l’a l’attaqué sur ce point faible et/ou honteux.

La preuve comme quoi son but était de faire semblant que son complexe est causé par une personne malveillante et non sa propre conscience: À partir du moment où il a atteint ce but, il perd brusquement intérêt au conflit, alors que jusque là il insistait non-stop pour le prolonger .  Il passe donc à:

ÉTAPE 8: Fuit le conflit qu’il a lui-même créé.

Et il le fait à toute vitesse, car il ne faut surtout pas laisser à l’autre le temps de lui remettre la vérité en face. C’est ce qu’a fait…:

  • Mon père, qui quitte la pièce et la maison en gueulant, m’interrompant alors que je lui disais ses quatre vérités.
  • Geneviève, qui part s’enfermer dans sa chambre et hurle pour s’assurer qu’elle ne puisse plus m’entendre répliquer.
  • Tamara, qui met la musique à tue-tête dans l’auto, empêchant la conversation de continuer.

Il ne leur reste plus qu’à s’assurer que l’autre ne contamine pas leurs amis communs avec la vérité sur leur conflit. D’où:

ÉTAPE 9: Cherche à rallier leur entourage commun contre l’autre.

Dans ce but, la personne conflictuodépendante se montrera soudain très amicale, gentille, complice et proche avec leurs amis communs.  Elle ne manquera pas de glisser à chacun, au détour de conversations, les conclusions qu’elle a si sophistement créées à l’étape 4, comme quoi la raison du conflit est que l’autre est un prétentieux, un misogyne, un être louche au comportement narcissique, un salaud qui aime rabaisser les autres, etc. Bref, n’importe quoi sauf reconnaître son propre comportement de merde, et encore moins reconnaître qu’il est causé par ses propres complexes.  L’important, c’est de convaincre les gens que l’autre est une personne tellement méprisable que toute opinion de sa part ne devrait avoir aucune valeur.

ÉTAPE 10: Cherche à rendre l’autre coupable de s’être défendu, et (s’il le peut) le punit pour l’avoir fait.

Normal: L’autre est celui qui connait la vérité à son sujet.  Il faut donc l’éliminer car il en sait trop, ou du moins l’amener à prendre sur soi tous les torts en relation avec cette querelle.

Mais bon, comme tous ceux qui ont un problème de comportement, la personne conflictuodépendante ne peut s’empêcher d’être ce qu’elle est.  Tôt ou tard, elle recommencera à chercher querelle à son entourage, en commençant généralement (et illogiquement) par ceux à qui elle s’est plaint le plus de son conflit précédent.

Autrement dit, même si vous ne vous débarrassez pas de cette personne toxique parce que vous êtes patient et compréhensif, sa dépendance aux conflits l’obligera éventuellement à prendre ses distances avec vous.  Et elle le fera en vous faisant porter la responsabilité pour le conflit qu’elle ira elle-même mettre entre vous.  Malheureusement, ne croyez pas qu’elle va lâcher le morceau contre vous.  Elle est parfaitement capable de tenter de vous salir publiquement pendant les 5, 10, 20, 30 années à venir.

La Conflictuodépendance: Barcelone, 1964.

Tout d’abord, voici une image de profil de l’acteur français Alain Delon, tirée de l’un des films qui en fit l’idole des foules en Europe  dans les années 60.

Le rapport?  Cette BD que je vous ai promis il y a quelques temps.   Elle est tirée de l’album autobiographique Les Professionnels de Carlos Gimenez, dans lequel il décrit un ex-collègue de travail qui a exactement le profil-type d’un conflictuodépendant.  Ça se passe à Barcelone, vers 1964, dans les bureaux d’un magazine de bandes dessinées.















Dans cette histoire, Cervantés passe à travers les 10 étapes, déjà décrites dans ce billet, qui démontrent sa conflictuodépendance: 

ÉTAPE 1: Cherche querelle à une personne calme et sans histoire.  Pablito cherche juste à travailler en paix.  Le fait que Cervantés le provoque dans la joie et non la haine, comme c’est souvent le cas avec les conflictuodépendants, ne change rien au fait qu’à la base, son but est d’écraser l’autre, de prouver être son supérieur.

ÉTAPE 2: Le motif utilisé pour démarrer les hostilités est tellement anodin qu’il en est insignifiant. Ici, c’est la beauté, les fléchettes…

ÉTAPE 3: Devant le refus de l’autre à entrer dans le conflit, insiste.  Il est en effet très insistant: Beauté, grandeur, fléchettes, flipper et bras de fer.

ÉTAPE  4: Envoie des accusations farfelues en prétendant connaître les motivations cachées de l’autre. Comme quand il lui dit: « T’as peur, hein?  Tu sais que je suis bien plus fort que toi. », au lieu de simplement reconnaître que Pablito veut juste travailler en paix.

ÉTAPE  5: Accuse mensongèrement l’autre de quelque chose dont il est lui-même coupable et/ou honteux.  Dans ce cas-ci, son professionnalisme.

ÉTAPE  6: … et ainsi, consciemment ou non, manipule l’autre à l’attaquer sur ce point faible et/ou honteux.  En effet, Pablito force Cervantés à reconnaître qu’il n’est pas si professionnel qu’il le prétend.

ÉTAPE  7: Se victimise en se plaignant comme quoi l’autre l’a l’attaqué sur ce point faible et/ou honteux.  Ici, il ne se plaint pas verbalement.  Mais son air de chien battu passe le message très bien à leurs collègues dans le studio.

ÉTAPE 8: Fuit le conflit qu’il a lui-même créé. Cervantés quitte la pièce.

ÉTAPE 9: Cherche à rallier leur entourage commun contre l’autre. Deux fois.  Au début, lorsqu’il demande à leur collègue Adolfo de trancher sur qui est le plus beau.  Adolpho refuse de s’en mêler.  Alors il le fait une seconde fois, passivement, avec son air triste.  Là ça réussit, ce qui pousse Adolfo à dire à Pablito qu’il n’aurait pas dû.  Mieux encore, cette fois, Adolfo convainc Pablito à être d’accord comme quoi Cervantés est le plus beau, sujet sur lequel il avait d’abord refusé de trancher.

ÉTAPE  10: Cherche à rendre l’autre coupable de s’être défendu, et (s’il le peut) le punit pour l’avoir fait.  Pablito se sent coupable, en effet.  Et alors qu’il vient faire la paix en lui offrant une cigarette, Cervantés le punit en recommençant à le rabaisser, cette fois-ci sur leurs choix de tabacs.

Les seuls moments où Cervantés n’a pas l’air déprimé,  c’est lorsqu’il tente de rabaisser Pablito.  Ce qui démontre non seulement qu’il s’agit d’une personne qui souffre d’une basse estime de soi, son bien-être dépend des conflits, ce qui en fait un conflictuodépendant.  Puisque l’histoire se passe en Espagne dans les années 60, ça prouve que ce genre de comportement, et la personnalité qui vient avec, est universel et intemporel.  

Je dois admettre que d’essayer de lui faire accroire qu’il ressemblait à Alain Delon de profil était un coup de génie.  D’abord, parce qu’il lui serait difficile de se voir de profil dans le miroir.  Ainsi, il est obligé de croire les autres sur parole. Ensuite, parce que grâce à cette prétendue ressemblance, son Ego est gonflé en permanence.  Il n’a donc plus besoin d’emmerder ses collègues en essayant de les  rabaisser plus bas que lui.  Ce qui en revient à dire que si vous avez un conflictuodépendant dans votre entourage, le seul moyen de vous éviter ses tentatives de vous rabaisser, c’est de le complimenter faussement sur un sujet qui lui tient à coeur. 

Ironiquement, il est fort possible que Cervantés était vraiment supérieur à Pablito en beauté, grandeur, fléchettes, flipper et bras de fer. C’est juste que son insistance à aller chercher l’autre pour le rabaisser sur ces points, ça fait de lui une personne désagréable.  Personnellement, avoir été à la place de Pablito, non seulement je n’aurais jamais essayé de faire la paix avec un tel enfoiré, je n’aurais eu aucun remord à le laisser misérable, en le forçant à regarder ses travers en face.  Mais bon, quand il s’agit de quelqu’un que l’on est obligé de revoir sur une base presque quotidienne (collègue de travail, voisin, famille, colocataire), je peux comprendre que laisser ses illusions à un tel déficient social, c’est un faible prix à payer pour ne pas pourrir l’ambiance.

Ah, en passant…

C’est lui, Fernandel.

Faut avouer qu’il y avait ressemblance, en effet.  Plus qu’avec Delon en tout cas.

Quelques exemples flagrants des 10 étapes de la conflictuodépendance

D’abord, offrons-nous un moment de détente et tapons-nous la version française de la page du dimanche de la série Peanuts, du 8 aout 1965.


Qu’est-ce qu’on rigole!

Bon! Passons maintenant aux choses sérieuses.  La raison pour laquelle j’ai remis sur le net, après cinq ans d’absence, une version retravaillée de Geneviève la coloc de l’enfer, c’est parce que je me suis rendu compte que cette dernière avait posé exactement les mêmes gestes que d’autres personnes conflictuodépendantes dont j’ai déjà parlé ici dans plusieurs de mes textes.  

Dans le second billet de cette série, je reproduis une scène tirée de ma série Fantasme -VS- réalité: Le ménage à trois dans laquelle une fille nommée Tamara a un tel comportement.  Dans un autre billet intitulé Un rendez-vous traumatisant, ma blind date me joue cette scène:

Et ça continue comme ça, jusqu’au moment où elle décide de donner un virage sexuel à la conversation. Elle le fait avec cette question:

ELLE: T’as-tu déjà baisé avec des gars?

Et voilà! LA conversation classique que j’ai eu à subir des dizaines de fois par le passé. Je la connais tellement par coeur que je peux prévoir exactement ce qui va se passer, à quelques variantes près.  Et c’est parti pour un autre tour:

MOI: Non, je ne suis pas gai.
ELLE: Comment tu le sais?
MOI: J’ai couché avec 20 filles, zéro gars, et j’ai 4 enfants
ELLE: Avoir des enfants, c’est pas une preuve. Tu peux être bisexuel.
MOI: Non, chu hétéro.
ELLE: Tu peux pas en être sûr à 100%.
MOI: Ben oui j’peux. Je sais que j’aime les femmes, et je sais ce que je n’aime pas les hommes. Par conséquent, je sais que chu hétéro.
ELLE: Comment tu peux savoir que t’aimes pas ça si tu l’a jamais fait?
MOI: Je le sais parce que les hommes ne m’attirent pas.
ELLE: Ça veut pas dire que t’aimerais pas ça.
MOI: J’aimerais pas ça parce que l’idée de me faire toucher par un homme dans un but sexuel, c’est suffisant pour me faire perdre ma libido. Je me souviens de la première fois où je me suis retrouvé dans une soirée orgiaque. Pour la première fois de ma vie, ce soir là, j’ai eu des problèmes d’érection. La présence d’autres gars tout nus me dérangeait.
ELLE: Je trouve que tu te défend beaucoup. Qui c’est que t’essayes de convaincre ici? Moi, ou bien toi-même?

Vous voyez le genre de mentalité? Si tu ne te défends pas, c’est parce que tu l’es. Si tu te défends, ça veut dire que tu l’es, mais essaye de le cacher. Peu importe ce que tu leur dis, à ces filles-là, rien ne leur fera changer d’idée à ton sujet.

L’expérience m’a appris une chose importante dans ce genre de situation: Quand une fille insiste à mort comme quoi tu es bi, si tu ne veux pas gâcher la soirée, alors dis-lui ce qu’elle veut entendre. La date ayant déjà assez mal commencé comme ça à mon goût, ça ne me tente pas d’en rajouter en la contrariant. Je lui donne donc ce qu’elle veut:

MOI: Oui, une fois, quand j’habit…

Elle fait immédiatement une moue de dégoût et m’interrompt en disant:

ELLE: YARK! T’es ben dégueulasse!

Eh oui, son insistance à me faire avouer une relation fifosexuelle n’était pas pour tester mon ouverture d’esprit. C’était juste dans le but de pouvoir me descendre verbalement encore une fois.  J’ai déjà subi des attaques totalement gratuites dans le passé, mais c’était la première fois qu’on prenait la peine de mettre autant d’effort pour me tendre un tel piège.

Et dans cet autre billet de la série Harceler Nathalie, mon père me joue sa version de la chose:

Comme d’habitude, dès qu’il me voit, il me tombe dessus en gueulant.  Et moi, tout en marchant vers la porte de l’escalier qui mène à ma chambre, je réponds avec calme :

PÈRE : Veux-tu ben m’dire où c’est que t’étais allé trainer, encore?
MOI : À Montréal!
PÈRE : T’as pas une crisse de cenne pis tu t’en va dépenser à Montréal?
MOI : Non, je suis allé porter mes dessins à Échec et Maths, et recevoir ma paye.
PÈRE : Tu vas jamais rien faire de bon dans’ vie avec tes p’tits crisses de dessins.
MOI : Je fais de l’argent, c’est déjà ça.
PÈRE : « J’fais d’l’argent, j’fais d’l’argent! » Han han! Toutte pour pas travailler.
MOI : Si tu le dis!
PÈRE : Je l’sais moé c’est quoi qu’tu veux faire.
MOI : Bon ben dis-moi le, comme ça moi aussi je vais le savoir.
PÈRE : TU VEUX PAS TRAVAILLER, CALICE! TU VEUX JUSTE TE FAIRE VIVRE PAR LES AUTRES EN TE POGNANT L’ CUL!

La perche qu’il me tend est beaucoup trop belle pour ne pas être attrapée à 2 mains. Je m’arrête, je me retourne et le regarde.  Puis, de façon calme, hautaine et méprisante, je lui réponds :

MOI : J’en connais un autre, moi, qui ne travaille pas, pis qui se fait vivre par les autres en étant su’l’BS.

Sur ce, je me retourne et descends l’escalier tranquillement, sans me presser.  Après quelque secondes de silence dans lequel il n’a pas l’air de croire que j’ai pu oser lui répondre de cette façon, il se met à m’engueuler d’une tirade composée majoritairement de mots d’église. Ça me passe 10 pieds par-dessus la tête.

Le soir venu, ma mère vient me rejoindre dans ma chambre alors que je travaille sur d’autres illustrations. Elle me parle doucement, timidement, voire même un peu inquiète.

MÈRE : Ton père m’a dit que tu l’avais niaisé aujourd’hui parce qu’y’é su’l’BS…
MOI : Pardon? C’est lui qui m’accuse faussement de ne pas travailler.  Tu le vois bien, je dessine, là, et je suis payé pour ça.  Si c’est pas du travail, c’est quoi?
MÈRE : Je l’sais ben! Mais tu devrais pas faire exprès pour le provoquer.

L’injustice de cette nouvelle accusation me pique au vif.

MOI : Le provoquer? Moi, le provoquer? C’est lui qui vient me chercher, qui me tombe dessus en m’accusant de pas travailler alors que c’est même pas vrai… Pis c’est moi qui le provoque LUI?
MÈRE : Tu lui as répondu!
MOI : J’ai juste dit la vérité.
MÈRE : T’aurais pu rester poli!

« Être poli! »  Une façon polie (justement) pour les parents de dire « Farme ta yeule! » quand ils sont trop orgueilleux pour être capable de reconnaître que tu as raison et qu’ils ont tort.

MOI : Pis lui, il l’est-tu, poli, avec moi? Toujours à me traiter de p’tit crisse de paresseux qui fera rien de bon dans’ vie pis qui va passer sa vie su’l’BS alors que lui-même y’a passé le trois quart de sa vie su’l’BS ou sur le chômage.
MÈRE : Je l’sais ben, mais r’garde… Tu l’sais que c’est un chialeux. Y’é d’même, y va pas l’changer à l’âge qu’y’ést rendu. C’t’à toi d’être le plus intelligent des deux pis de le laisser parler sans t’en occuper, pis y va arrêter.

Non mais c’est quoi ce raisonnement de merde? Elle est déconnectée de la réalité ou bien quoi?

MOI : Non! Toute ma vie, je me suis écrasé pis je t’ai vu t’écraser devant lui. Pis y’as-tu arrêté? Jamais! Si personne ne lui répond, si personne ne lui dit jamais « Heille, ça suffit! », il va jamais arrêter.
MÈRE : Tu vas juste empirer la situation.  Regarde, t’es pas si pire que ça.  Ça fait 21 ans que tu l’endures, alors que moi ça en fait 23.
MOI : Non : Toi tu l’as juste enduré la moitié de ta vie. Alors que moi c’est ma vie complète.  Y’a des limites, il faut que ça arrête!
MÈRE : Écoute, sois plus intelligent.  Fais-le pour moi, ok? Tu l’sais que chus pas capable de vivre dans’ chicane.

Geneviève la coloc de l’enfer contient deux exemples.  Le premier, dans la scène où nous traversons la ville en auto:

Une journée en particulier, je me suis vite rendu compte qu’elle essayait juste de me faire frustrer. Histoire de voir à quel point, j’ai décidé de faire exprès pour répondre à chacune de ses attaques par une phrase dite avec calme, zen et sans contradiction.

 « Qu’est-ce que tu fais, là? Tasse-toé, j’viens de te dire de tourner icite. »
« Je ne peux pas, c’est un sens unique, tu vois la pancarte!? »
« Ben t’es donc cave. Pourquoi t’es pas arrivé deux rues plus à gauche d’abord? »
« C’est fermé pour travaux. »
« Franchement, si tu le savais que c’était fermé, pourquoi t’allais par-là tantôt? »
« J’ai seulement appris que c’était bloqué quand j’ai vu les panneaux de détour. »
« Ben oui, pis tu nous as pognés dans le trafic. »
« Désolé, la prochaine fois je me renseignerai. »
« Hostie qu’c’est con d’passer icite. »
« Possible! Mais c’est le seul chemin que je connais pour me rendre. »

« Tu connais pas grand chose. »
« Eh non. Hélas, je n’ai pas la connaissance des rues de Montréal d’un chauffeur de taxi. »
« Pas besoin d’être chauffeur de taxi. Lucien, lui, il sait par où passer pour se rendre partout rapidement. »
« Ah ça c’est normal, Lucien conduit dans Montréal depuis des années, soit bien plus longtemps que moi. »
« Pas rapport! J’conduis pas pis moi aussi j’le sais. »
« Excellent! Comme ça, grâce à toi, on ne pourra pas se perdre. »
« Bon! Bon! Bon! Ga’ lé là si y’é frustré! »

À celle-là, bien que je continue de parler calmement avec un petit sourire, je ne peux m’empêcher de lui lancer un petit sarcasme.

« Frustré ? Hum… Oui, je suppose qu’entre toi qui ne cesse de me lancer des insultes et moi qui te réponds calmement, j’imagine qu’en effet c’est moi, le frustré, ici. Oui, tu as parfaitement raison. »

Elle hausse le ton.

« Tu l’sais-tu c’est quoi ton vrai problème, toé? C’est que ça t’fais chier de voir qu’une fille sache mieux que toé comment se diriger en ville! »

Ok, wow!  Je sais qu’il y a des gens qui ont une haute estime de leurs propres opinions.  Et moi le premier.  Par contre, qu’une personne se croit tellement dans son droit de rabaisser un autre qu’elle considère que la seule raison pourquoi il se défend, c’est parce qu’il a des préjugés contre le sexe opposé?  Je n’avais encore jamais vu ça.  Ou bien j’accepte ses insultes, ou bien je suis misogyne…

Et la seconde, dans ce qui sera notre dernière confrontation.   En résumé: Elle voit que j’ai écrit une lettre.  Elle passe douze minutes à m’empoigner et me frapper et essayer de me l’arracher des mains.  Je me réfugie dans la salle de bain.  Elle passe huit autres minutes à tenter de forcer la serrure et à défoncer la porte.  Je n’ai d’autre choix, pour faire cesser ce cirque, de déchirer la lettre et l’expédier dans la toilette. Nous avons ensuite cet échange, qui commence lorsqu’elle me dit:

« Ayoye! Préférer déchirer pis flusher la lettre plutôt que de me laisser la voir. Hostie que t’es bébé, man. C’est vraiment pas la maturité qui t’étouffe. »
« Me faire sermonner sur la maturité par quelqu’un qui a passé vingt minutes à  essayer de voir du courrier qui ne la concerne pas.  Tu peux ben parler! »
« T’es malade, man! »
« Moi, chus un malade? »
« Pour préférer déchirer pis flusher une lettre plutôt que de laisser une autre personne la voir, faut être malade mental en tabarnak. »
« S’cuse, mais
aux dernières nouvelles, c’est pas moi qu’on a été obligé d’enfermer pendant trois mois à Douglas. »

Mes paroles lui font l’effet d’une gifle. Elle ouvre la bouche en écarquillant les yeux.  Après deux où trois secondes dans lesquelles elle n’a pas l’air de croire que je viens de lui dire ça, elle se met à gueuler.

« Hostie de chien! Hostie de calice de tabarnak de chien sale!  T’as pas d’affaire à me dire des écoeuranteries de c’te genre-là.  Tu t’penses ben bon, hein, d’attaquer une fille sur ses points faibles?  Hein?  Tu penses-tu que chus fière d’avoir perdu l’été de mes dix-huit ans, enfermée dans un hôpital psychiatrique parce que j’étais trop décrissée moralement pour être même capable de manger?  J’AI FAITE UNE DÉPRESSION, CALICE!  C’est drôle, hein? C’est drôle de niaiser une fille sur la période où elle n’a jamais été aussi bas de toute sa vie? Ça t’aides-tu à te sentir supérieur, de varger sur une fille pendant qu’elle est à terre? »

Elle éclate en sanglots.

« TIENS, T’ES CONTENT, LÀ?  TU M’FAIS BRAILLER, TABARNAK! »

Sur ce, elle tourne les talons et entre dans sa chambre, fermant la porte dans un vacarme, et se met à pousser des hurlements qui ne sont entrecoupés que par des sanglots qu’elle pousse avec force.  Je n’arrive pas à croire la scène surréaliste qu’elle vient de me jouer.  Pour être certain que j’ai bien saisi la situation, je me la résume à voix basse.

« Elle vient dans ma chambre, me chercher querelle, et elle réagit comme si c’était moi l’agresseur.  Elle m’a attaqué physiquement, je me suis défendu verbalement, et elle agit comme si je l’avais frappée.  Elle me traite de malade mental alors que c’est elle qui a été suivie en psychiatrie.  Elle ne se gêne pas pour me lancer un nombre incalculable d’insultes et des fausses accusations, mais quand je lui dit une seule vérité objective, ça fait de moi un écoeurant de chien sale.  Où bien j’accepte ses abus et elle me traite en loser, ou bien je ne les accepte pas et elle me traite en agresseur.  Elle vient toujours me chercher pour déclancher la confrontation, et quoi que je fasse, elle s’arrange pour me donner le mauvais rôle. »

Quels sont les points communs de ces six exemples?  Le fait qu’ils passent par les dix étapes suivantes:

ÉTAPE 1: Cherche la querelle à une personne calme et sans histoire.

Tamara: Je voyage dans l’auto, calme et silencieux.
Mon père: Je rentre chez moi du travail.
La fille du rendez-vous: On jase de choses et d’autres.

Geneviève (en auto): Je conduit une auto.
Geneviève (la lettre): J’ai écrit une lettre qui ne la concerne pas.
Lucy:  Charlie Brown fait juste se tenir là en regardant ailleurs.

Bah ouais, pourquoi croyez-vous que j’ai mis cette BD en haut de cette page? Ça a beau être un exemple fictif, il représente très bien le sujet.

ÉTAPE 2: Le motif utilisé pour démarrer les hostilités est tellement anodin qu’il en est insignifiant. 

Tamara: Elle me demande si je suis bi.
Mon père: Je reviens de Montréal.
La fille du rendez-vous: Elle me demande si j’ai eu une expérience homosexuelle.
Geneviève (en auto): Il y a des rues fermées pour travaux
Geneviève (la lettre): Elle veut savoir ce que j’écris et à qui.
Lucy: Charlie Brown est peut-être d’accord avec elle.

ÉTAPE 3: Devant le refus de l’autre à entrer dans le conflit, insiste. 

Je pense qu’il est inutile de reproduire de nouveau les dialogues, je suis sûr que vous vous souvenez de comment ils insistaient.  Verbalement pour la plupart, mais aussi physiquement dans le cas de Geneviève avec la lettre.  Et Lucy aussi, dans l’image 4.

ÉTAPE 4: Envoie des accusations farfelues en prétendant connaître les motivations cachées de l’autre.

Tamara: « Ah, moi, le monde qui ont des préjugés! »
Mon père: « Je l’sais moé c’est quoi qu’tu veux faire.  TU VEUX PAS TRAVAILLER, CALICE! TU VEUX JUSTE TE FAIRE VIVRE PAR LES AUTRES EN TE POGNANT L’ CUL! »
La fille du rendez-vous: « Qui c’est que t’essayes de convaincre ici? Moi, ou bien toi?« 
Geneviève (en auto): « Ça t’fais chier de voir qu’une fille sache mieux que toé comment se diriger en ville! »
Geneviève (la lettre): Tu t’penses ben bon, hein, d’attaquer une fille sur ses points faibles? »   « Ça t’aides-tu à te sentir supérieur, de varger sur une fille pendant qu’elle est à terre? »
Lucy: Prétend que Charlie Brown l’insulte.

ÉTAPE 5, et celui-ci est non seulement le plus illogique de tous, c’est à partir de ce point que l’on voit qu’il s’agit de conflictuodépendance et non d’une simple querelle banale: Accuse mensongèrement l’autre de quelque chose dont il est lui-même coupable et/ou honteux.

Tamara: Elle m’accuse d’avoir l’esprit fermé aux préférences sexuelles des autres, ce qui est faux dans mon cas et vrai dans le sien, et elle le sait.
Mon père: Il m’accuse de ne pas travailler et d’être un BS en puissance, ce qui est faux dans mon cas et vrai dans le sien, et il le sait.
La fille du rendez-vous: (Dans le billet et non dans l’exemple donné ici) Elle m’accuse de vouloir la baiser, ce qui est faux dans mon cas et vrai dans le sien. 
Geneviève (en auto): Elle m’accuse de frustrer, ce qui est faux dans mon cas et vrai dans le sien, et elle le sait.
Geneviève (la lettre): Elle m’accuse d’avoir des troubles psychiatriques, ce qui est faux dans mon cas et vrai dans le sien, et elle le sait.
Lucy: Accuse Charlie Brown de provoquer les hostilités, ce qui est faux dans le cas de Charlie et vrai dans le sien. et elle le sait.

ÉTAPE 6: … et ainsi, consciemment ou non, manipule l’autre à l’attaquer sur ce point faible et/ou honteux.

Tamara: Lorsque je lui répond: « En fait, il me semble que la première chose qu’on est supposée démontrer quand on a un esprit ouvert, c’est avoir du respect pour les gens qui sont différents de nous. Par exemple: Toi t’es bi.  Donc t’es différente de moi qui suis straight.  Moi, je respecte ton orientation sexuelle et je ne la questionne pas, même si elle est différente de la mienne.  Pourquoi est-ce que faire pareil avec les autres, c’est si difficile pour toi?  « 
Mon père: Lorsque je lui répond: « J’en connais un autre, moi, qui ne travaille pas, pis qui se fait vivre par les autres en étant su’l’BS. »
La fille du rendez-vous: Inapplicable car je ne l’ai pas confrontée sur le sujet.  par contre, dans le billet, elle commence par me dire qu’elle ne me dévoilera pas où elle reste puisque je pourrais être un violeur.  Alors quand elle m’invite à aller chez elle, je décline.
Geneviève (en auto): « Frustré ? Hum… Oui, je suppose qu’entre toi qui ne cesse de me lancer des insultes et moi qui te réponds calmement, j’imagine qu’en effet c’est moi, le frustré, ici. Oui, tu as parfaitement raison. »
Geneviève (la lettre): « S’cuse, mais aux dernières nouvelles, c’est pas moi qu’on a été obligé d’enfermer pendant trois mois à Douglas. »
Lucy: Charlie Brown la frappe.

ÉTAPE 7: Se victimise en se plaignant comme quoi l’autre l’a l’attaqué sur ce point faible et/ou honteux..

Tamara: Mon amante m’a dit à ce sujet: « C’est parce que pour elle, le fait que tu lui ais dit que t’étais straight, sans vouloir essayer autre chose, c’est comme si tu lui disais que c’t’une salope d’être bi. »
Mon père: Ma mère m’a dit à ce sujet: « Ton père m’a dit que tu l’avais niaisé aujourd’hui parce qu’y’é su’l’BS… »
La fille du rendez-vous: Inapplicable puisque je ne l’ai pas confrontée, ni l’ais-je revu par la suite.
Geneviève (en auto): Inapplicable ici, mais elle se rattrape au centuple dans:
Geneviève (la lettre): « T’as pas d’affaire à me dire des écoeuranteries de c’te genre-là.  Tu t’penses ben bon, hein, d’attaquer une fille sur ses points faibles?  Hein?  Tu penses-tu que chus fière d’avoir perdu l’été de mes dix-huit ans, enfermée dans un hôpital psychiatrique parce que j’étais trop décrissée moralement pour être même capable de manger?  J’AI FAITE UNE DÉPRESSION, CALICE! »
Lucy: « Ça suffit, Charlie Brown, j’en ai assez de tes insultes! » alors que c’est elle qui a amené le sujet.

ÉTAPE 8: Fuit le conflit qu’il/elle a lui/elle-même créé.

Tamara: Fuit la discussion en mettant de la musique à tue-tête.
Mon père: Pas dans cette confrontation-là puisque c’est moi qui a quitté la pièce.  Mais dans la précédente, lors de l’incident de la TV, il est parti dehors au lieu de répondre à ma réplique.
La fille du rendez-vous: Inapplicable puisque je ne l’ai pas confrontée, ni l’ais-je revu par la suite.
Geneviève (en auto): Inapplicable ici, mais elle se rattrape au dans:
Geneviève (la lettre): … en allant s’enfermer dans sa chambre.
Lucy: S’enfuit en courant.

ÉTAPE 9: Cherche à rallier leur entourage commun contre l’autre.

Tamara: S’en est plaint à mon amante.
Mon père: S’en est plaint à ma mère.
La fille du rendez-vous: Inapplicable car nous n’avions pas de contacts en commun.
Geneviève (en auto et au sujet de la lettre): S’était plaint à Cassandra, notre coloc.
Lucy: Peut être applicable, si on prend le fait qu’elle a l’air de se plaindre à quiconque pouvant l’entendre lorsqu’elle hurle « IL m’a frappé! », au lieu de s’adresser directement à Charlie Brown en disant « TU m’as frappé! »

ÉTAPE 10: Cherche à rendre l’autre coupable de s’être défendu, et (s’il le peut) le punit pour l’avoir fait.

Tamara: Ça a abouti à ma rupture avec mon amante.
Mon père: Ma mère m’a sermonné, me traitant d’indélicat, d’impoli, et me sommant de continuer à endurer les abus de mon père sans rien dire, sinon ce sera de ma faute s’il lui fait vivre de la chicane.
La fille du rendez-vous: Inapplicable puisque j’ai coupé tout contact avec elle.
Geneviève (en auto): M’accuse d’être misogyne.
Geneviève (la lettre): « TIENS, T’ES CONTENT, LÀ?  TU M’FAIS BRAILLER, TABARNAK! »
Lucy: Lui fait faire une crise de culpabilité, et lui casse la gueule en beauté.

Mais pourquoi est-ce que tous ces gens qui ne se connaissant pas et qui viennent tous de milieu différents agissent de la même façon?  C’est qu’à la base, ils ont tous Le même point commun:

POINT COMMUN DE BASE:  Toutes ces personnes semblent souffrir de basse estime de soi-même, soit de façon naturelle, soit provoquée par leur entourage. 

Tamara: Est une ex-abusée sexuelle et domestique, qui a quatre enfants de quatre pères différents.
Mon père: Était un bâtard, à une époque où ça dérangeait le village, qui l’ont donc méprisé durant toute sa jeunesse. (Les années 1940-50.)
La fille du rendez-vous: Je ne l’ai pas connu assez pour le savoir.  Cependant, il est possible qu’elle souffrait de complexes en rapport à son physique, que je décris dans le billet: « (elle avait un surplus de poids et ) était une géante de plus de six pieds avec des épaules comme un joueur de football. Je ne fais que 5’7″ et j’étais loin d’être un athlète. Et bien qu’elle était quand même trop petite pour souffrir de gigantisme, elle en avait quand même quelques caractéristiques physiques, comme le front large, le menton surdéveloppé et un sourire qui montre deux fois plus de gencives que de dents. « 
Geneviève:  Abusée et rabaissée par son entourage, a fait un séjour en hôpital psychiatrique.
Lucy: Inapplicable puisque c’est un personnage fictif.

Voilà pourquoi on dirait que leur bien-être dépend de leur capacité à rabaisser les autres plus bas qu’eux, ce qui expliquerait pourquoi ils réagissent aussi mal lorsqu’on leur en empêche.  Ils sont dépendants de ces conflits, donc conflictuodépendants.

Il y a des situations conflictuelles qui nous permettent d’en apprendre plus sur soi-même, ainsi que dans nos rapports avec les autres.  Je l’ai déjà démontré au début du second billet lorsque je liste les trois raisons qui poussent les gens à initier un conflit.  Ainsi, si l’on prétend que tous ceux qui viennent nous chercher conflit, sans exception, sont conflictuodépendants, c’est croire qu’il est impossible que l’on soit dans le tort, et c’est démontrer que l’on souffre de narcissisme.

Par contre, quand quelqu’un cherche à descendre un autre plus bas que lui-même, et qu’il le fait en passant à travers les 9 premières étapes décrites ici, alors là, il est pertinent d’affirmer que nous avons affaire à une personne qui souffre de conflictuodépendance.


PS: Pour conclure cette étude, j’aurais aimé publier une BD tirée de l’album autobiographique Les Professionnels de Carlos Gimenez, dans lequel il décrit un ex-collègue de travail qui a exactement le profil-type d’un conflictuodépendant.  Puisque l’histoire se passe en Espagne dans les années 60, ça montre que ce genre de personnalité est universel et intemporel.  Hélas, suite à mon déménagement récent, je ne ai pas encore retrouvé l’album.  Mais ça ne saurait tarder.

2e partie: Savoir reconnaitre la conflictuodépendance.

Une personne qui initie un conflit n’est pas nécessairement conflictuodépendante. En fait, il y a trois raisons qui poussent les gens à initier des conflits :

Par obligation. Dans ce premier cas, la personne est mêlée à une situation qui ne peut plus durer, ou bien elle voit la situation arriver. Elle est donc obligée d’intervenir, soit pour prévenir, soit pour guérir. Cette personne a généralement des raisons pertinentes d’initier ce conflit. Ce dernier se règle donc pour peu que l’autre reconnaisse et/ou cesse ses agissements reprochables. Ce n’est pas de ce genre de personne dont il sera question dans cette série de billets.

Par plaisir personnel. Il y en a qui aiment la confrontation. Qu’ils aient tort, qu’ils aient raison, ils vont l’initier. Si l’autre se défend, on va assister pendant quelques heures, voire quelques jours, à des attaques, défenses, arguments, contre-arguments, répliques, jusqu’à ce que, à court d’arguments, l’un, l’autre ou les deux abandonne(nt), laissant le conflit dans une impasse, chacun restant sur ses positions. Là encore, ce n’est pas d’eux dont nous parlerons.

Par besoin. Comme dans le cas précédent, cette personne ira initier le conflit.  Et peu lui importe si elle a raison ou tort, puisque son but premier n’est pas de chercher la vérité mais bien de gagner le conflit.  Elle tient tellement à cette victoire que tant et aussi longtemps que l’autre ne lui dira pas ce qu’elle veut entendre pour le caler, elle insiste, persiste, s’acharne.  Mais dans ce cas-ci, elle prend toute défense comme une attaque personnelle. Dans sa tête, consciemment ou non, quand on l’empêche de rabaisser les autres plus bas qu’elle, c’est comme si on la rabaissait elle plus bas que les autres.  Il n’en faut pas plus pour qu’elle se sente attaquée, insultée et blessée. Elle réagit donc en sautant une coche, attaquant l’argumenteur plutôt que l’argument, traitant l’autre de susceptible, s’abaissant à l’accuser de mille choses rarement pertinentes. Et toute tentative pour essayer de discuter avec elle des raisons de ce comportement ne produira de sa part que fuite et/ou déni. Elle ira plutôt se victimiser en accusant les autres de chercher à la faire se sentir inférieure, l’écraser, lui faire du mal. Avec elle, il n’y a pas d’entre-deux : Ou bien elle agit de façon abusive, ou bien elle se décrit comme étant abusée. Puisque son bien-être moral dépend de sa capacité de créer et gagner des conflits, ça en fait une conflictuodépendante.  C’est de ces personnes-là dont il sera question.

Je ne m’en suis pas rendu compte sur le coup, mais j’ai plusieurs fois écrit des billets de blogs où il était question de gens conflictuodépendants. Par exemple, dans le billet 50 personnalités clichés que l’on retrouve dans les communautés virtuelles, il y en a plusieurs qui peuvent entrer dans cette catégorie.  Par exemple:

15- Le RéponDétourneur / La RéponDétourneuse
Lorsqu’on lui parle à raison des torts qu’elle a, cette personne répliquera avec une question au lieu d’adresser le sujet. Une question qui essaye nous faire passer comme ayant un problème mental ou comportemental. Une question du genre de: « Bon, t’as-tu fini, là? », « Bravo, tu as exprimé tes frustrations. Ça va mieux? » ou bien « Coudonc, t’es-tu en SPM? ». Ce qui apporte l’aberration de cette dernière phrase à l’échelon supérieur, c’est que dans 90% des cas, c’est une fille qui la pose à un homme, et que c’est le genre de fille qui ferait une révolte monstre si c’était un homme qui la poserait à une femme.

16- La MartyRisible
Cette fille se permet tous les écarts de conduites possible sur un forum et/ou un chat: Insultes déguisées en blagues, mensonges compulsifs et sans fin, humiliation d’autres membres sur un coup de tête, harcèlement, etc. Mais quand on essaye de discuter avec elle au sujet de ces comportements inacceptables, alors là elle part à brailler que son loyer est en retard, sa grand-mère vient de se faire diagnostiquer un cancer, son beau-frère est dans le coma, ses ex la battaient, sa cousine lui pique tous ses amoureux potentiels, son patron cherche juste une bonne excuse pour la mettre dehors, elle a été victime d’un viol collectif à l’age de 4 ans au mariage de sa tante par les 97 gens présent incluant le prêtre et le traiteur, elle n’arrête pas de grossir même si elle prend juste un repas à tous les 48 heures, et maintenant on l’accuse d’être la cause de tous les problèmes du forum incluant probablement ceux arrivés 7 ans avant qu’elle en devienne membre. C’EST TROP INJUSTE!!! Elle conclut alors qu’elle va quitter la place pour toujours… Ce qu’elle fera, pendant environs 36 à 48 heures, avant de revenir et de recommencer.

19- L’AutoMartyr
Celui-ci possède deux caractéristiques particulière. La première: Il se choisit un nom dans le style de Le Maudit, Martyr, Le Banni, Cursed, Reject, Paria, et autres mots pouvant signifier « Pauvre de moi, tout l’monde me haït. »  La seconde: Il se comporte de façon à mériter ce nom en faisant tout pour se faire haïr des autres. Bref, il s’agit d’un passif-agressif qui manipules les gens dans le but de faire de son nom une prophétie autoréalisatrice. Ça a un double but: D’abord pour le fun de pouvoir contrarier les autres à loisir, et ensuite  pour pouvoir blâmer les autres en les accusant d’être des bitchs qui l’attaquent par mesquineries personnelles.

20- L’HypoCritique
Elle commence par faire des critiques rabaissantes. Lorsque la personne visée par ces critiques ose lui répondre, l’HypoCritique va devenir susceptible et se mettre sur la défensive en lui répliquant hypocritement : « Hostie que t’es susceptible et/ou sur la défensive. » C’est ça l’avantage d’être attaqué par une personne HypoCritique: Tout ce dont elle t’accuse après ta première réponse s’applique d’abord à elle-même.

21- Le ManipulActeur / La ManipulActrice
Cette personne constate qu’elle ne peut pas avoir le dessus sur toi parce que tu as des arguments pertinents pour appuyer ton opinion, tandis qu’elle n’en a aucune pour justifier d’être contre. Elle essaye donc de te manipuler à te taire, en t’accusant d’être un manipulateur, donc que tes arguments ne sont que manipulations. Bref, elle te donne son rôle tout en essayant de prendre le tien.

28- L’insulTannant / L’insulTannante
Cette personne considère qu’insulter quelqu’un est une forme d’humour acceptable, alors elle ne s’en gêne pas. Et si son commentaire est suivi d’un lol ou d’un 😉 alors il faut s’attendre à ce que le dit commentaire soit particulièrement rabaissant. Si on le lui fait remarquer, l’InsulTannant va se montrer très surpris qu’on prenne son commentaire si mal, et il s’en défendra en utilisant la grande classique « J’essayais juste de détendre l’atmosphère » en rajoutant que les gens de ce forum sont vraiment susceptibles.

Dans la série Les dommages collatéraux de l’auto-importance démesurée, je raconte comment je provoquais Allen, mon supérieur immédiat au travail, afin de pouvoir ensuite me plaindre à notre patron comme quoi, pauvre de moi, Allen cherche juste à me causer des problèmes. Mon but en faisant ça était de rabaisser Allen.  Mon orgueil avait besoin de ça.  Mais quand le patron a vu clair dans mon jeu et m’a congédié, j’ai passé une partie de l’après-midi à me plaindre comme quoi la société est injuste envers les gars comme moi.  Tout est là:

  • Initie le conflit.
  • Cherche à rabaisser l’autre plus bas que moi.
  • Insiste, persiste, s’acharne. (à manipuler Allen à me chercher du trouble, à prouver au patron qu’il fait erreur de le garder à son emploi)
  • Refuse de discuter avec le patron sur les raisons de mon comportement.
  • Passe aux accusations/insultes.
  • Me victimise.

Dans le premier chapitre de la série Fantasme VS réalité: Le ménage à trois, il y a ce passage dans lequel non seulement une fille essaye de me faire passer pour ce que je ne suis pas, et ce de façon particulièrement persistante.  Et elle réagit très mal lorsque je lui explique de façon objective pourquoi elle se trompe à mon sujet:

TAMARA: Pis toi, Steve, t’es tu bi?
MOI: Non, straight!
TAMARA: Comment tu l’sais?
MOI: Le fait que je suis attiré par les filles et non par les gars, j’dirais que c’est un assez bon indice comme quoi chus hétéro.

TAMARA: Mais t’as jamais couché avec un gars?
MOI: Non.
TAMARA: Comment tu l’sais que t’es pas bi d’abord?
MOI: Parce que ‘me semble que c’est pas mal difficile de se prétendre bi quand on a toujours eu rien que des relations hétéros.
TAMARA: Ça veut rien dire.
MOI: Euh… J’comprends pas.

TAMARA: Tu dis que t’as jamais couché avec un gars.
MOI: Exact!
TAMARA: Ben dans ce cas-là, comment tu l’sais, que t’es pas bi, si t’as pas essayé?
MOI: Pour autant que je sache, la raison pourquoi on a du sexe, c’est pour répondre à nos désirs sexuels. Puisque je n’ai jamais eu de désirs sexuels pour les gars, je peux donc affirmer être straight.

C’est pourtant logique. Je ne vois pas comment on pourrait être plus clair.

TAMARA: Oui mais r’garde… Si t’as jamais couché avec un gars, tu peux pas dire que t’aimes pas ça.
MOI: Ben oui!
TAMARA: Ben non! Tu peux pas dire que t’aimes pas kek’chose sans l’avoir essayé.
MOI: Mais oui je peux: Puisque je n’ai pas envie de le faire, alors c’est évident que je n’aimerais pas le faire.

Loin de voir mon point de vue, Tamara soupire de découragement.

TAMARA: Pffff….  Ah, moi, le monde qui ont des préjugés…
MOI: Des préjugés?
TAMARA: Tu juges sans savoir si t’aimerais vraiment ça ou non baiser avec un gars. Tu peux pas l’savoir sans l’avoir fait. Tsé, quand t’es dans l’noir total pis que tu te fais sucer, tu peux pas l’savoir si c’est un gars ou une fille qui te suces.  Tu vas trouver ça bon pareil.  Fa que c’est quoi la différence, d’abord? Y’en a pas!

Sophisme à l’état pur.  Tandis que je compose mentalement une réplique pour lui expliquer où se situe l’erreur dans son jugement, elle conclut avec une phrase qui m’insulte quelque peu.

TAMARA: T’sé, on ne peut pas être épanoui sexuellement quand on n’a pas l’esprit ouvert.

[…]

MOI: Puisque tu es une personne ouverte d’esprit, tu pourrais peut-être répondre à une question qui me tracasse depuis ben longtemps.
TAMARA: Vas-y!
MOI: Pourquoi est-ce que les personnes qui se disent être ouvertes d’esprit sont toujours celles qui ont l’esprit le plus fermé au fait que les autres puissent avoir des goûts différents des leurs?

Elle ne répond pas.  Je continue:

MOI: En fait, il me semble que la première chose qu’on est supposée démontrer quand on a un esprit ouvert, c’est avoir du respect pour les gens qui sont différents de nous. Par exemple: Toi t’es bi.  Donc t’es différente de moi qui suis straight.  Moi, je respecte ton orientation sexuelle et je ne la questionne pas, même si elle est différente de la mienne.  Pourquoi est-ce que faire pareil avec les autres, c’est si difficile pour toi?

[…]

MOI: Tu vois, quand je suis retourné aux études il y a 3 ans et que je restais aux résidences étudiantes. Il est arrivé un soir qu’on se retrouve à 5 personnes à baiser dans ma chambre: Moi et ma blonde de l’époque, l’amie de ma blonde, son chum et une de leurs amies. Il n’y avait pas d’échange, c’était plus un trip de voyeurisme qu’autre chose.  Mais je me suis rendu compte que la présence d’un autre gars tout nu dans la pièce, ça m’intimidait. C’était la première fois de ma vie que je bandais mou alors que j’étais en contexte sexuel. Si chus juste capable de la garder raide à 60% rien qu’à voir un gars tout nu, j’ose à peine imaginer ce que ça va être s’il me touche.
TAMARA: Ben là, c’est parce que tu t’es pas donné la chance d’apprendre à aimer ça. Faut se forcer au début, tsé. Faut que tu te donnes le temps de t’y faire.
MOI: Euh… C’parce que, me semble que le sexe, c’est laisser libre cours à ses désirs et à ses envies. Pourquoi est-ce que j’aurais du sexe avec quelqu’un pour qui je ne ressens ni désir ni envie? À partir du moment ou il faut apprendre à aimer ça, c’est parce qu’on n’aime pas ça. Quand le sexe arrête d’être quelque chose que l’on aime, ça devient quelque chose que l’on est obligé de faire. Quand c’est une obligation, c’est pu du plaisir. Pis pour être franc… Me semble que juste le principe d’être forcé à faire quelque chose sexuellement… C’est un viol. Non?

Tamara ne répond pas à ça. Je suppose qu’elle voit la logique dans mon explication. Je conclus donc mon point avec la réplique que je planifiais lui servir plus tôt, soit celle qui explique où se situe l’erreur dans son jugement,:

MOI: Pis, ben, ton histoire comme quoi je devrais aimer coucher avec un gars parce que dans le noir je ne peux pas voir la différence entre un suceur masculin ou féminin… C’est comme si je te disais que tu devrais aimer l’inceste, parce que dans le noir, tu ne saurais pas faire la différence entre un cunnilingus donné par ton chum ou un donné par ton père. C’est pas une question qu’une bouche sera pas aussi bonne que l’autre. C’en est une de désirer un partenaire plutôt que l’autre. D’être à l’aise avec un partenaire plutôt qu’un autre. C’est tout. J’veux dire, peu importe la raison pourquoi tu veux pas coucher avec quelqu’un, le simple fait que tu veux pas coucher avec, c’est une raison suffisante pour pas le faire. Non?

Tamara garde le silence. En fait, pendant près d’une minute, personne ne dit rien. J’ai comme une vague impression qu’un malaise plane dans le véhicule. Ce malaise se confirme lorsque Tamara brise son silence et demande à Britney de lui refiler le premier album des Colocs, qu’elle met dans le lecteur CD et fait aussitôt jouer à tue-tête.

Et dans ce chapitre, son comportement m’est expliqué par une amie commune:

MOI: Pis sa remarque, là, comme quoi j’allais encore l’engueuler comme dans le char… Que c’est ça, cette insistance-là qu’elle a à me faire passer ou bien pour un cave ou bien pour un chialeux?
JULIE: C’parce qu’à pense que tu la juges sur sa sexualité.

Cette accusation injustifiée me fait sauter au plafond.

MOI: Que…?  Moi, la juger ELLE? Alors que c’est elle qui n’arrête pas de me chier dessus parce que chus straight!?
JULIE: C’est parce que pour elle, le fait que tu lui ais dit que t’étais straight, sans vouloir essayer autre chose, c’est comme si tu lui disais que c’t’une salope d’être bi.

Je suis en totale aberration devant ces paroles.

MOI: Ben voyons donc? Comment est-ce que la sexualité de quelqu’un pourrait constituer une attaque personnelle contre la sexualité d’une autre? Ça n’a pas de bon sens.

Tout est là:

  • Initie le conflit sans raison valable.
  • Insiste, persiste, s’acharne. (sur la bisexualité de l’autre)
  • Passe aux accusations/insultes (Accuser l’autre d’avoir des préjugés, d’avoir l’esprit fermé)
  • Refuse de discuter sur les raisons de son comportement.
  • Fuit le conflit (en mettant de la musique tellement fort que ça empêche de parler) lorsqu’elle est confrontée à la preuve indéniable qu’elle était dans le tort.
  • Se victimise en prenant mes explications pour des attaques personnelles.

À la fin de ce chapitre de la série Harceler Nathalie, j’ai ce joyeux exemple avec mon père :

Ce n’est pas faute d’essayer d’être conciliant.  Par exemple, un soir alors que j’ai terminé de regarder la télé au salon, mon père est assis à la table de la salle à diner adjacente. Là où il est, il peut apercevoir l’écran de télé.  Histoire de faire plaisir à ma mère, même si elle n’est pas là, j’opte pour faire en sorte de ne pas provoquer sa colère en gardant la télé allumée ou bien fermée par erreur. Il m’a déjà disputé par le passé dans les deux cas.  Mais bon, à quoi s’attendre d’autre d’un gars qui m’a engueulé sans retenue il y a 2 ans en m’accusant d’avoir détraqué la couleur de la TV sur la chaine 12, parce que les reprises de l’émission The Honeymooners (diffusée originalement en 1955-1956) qui y passaient était en noir et blanc. Voilà pourquoi je choisis d’être prudent et de poser lui la question suivante:

MOI: Est-ce que je ferme la télé ou bien tu veux l’écouter?

De son habituel ton sévère et méprisant, il me répond:

PÈRE: Rouvre tes yeux, tabarnak! Chus dans’ cuisine, je r’garde pas la TV. Pense avec ta tête, calice!

Révolté, je me lève, monte le ton et lui dit d’un air exaspéré:

MOI: Quand je ferme la TV, tu chiales parce que tu veux l’écouter.  Quand je laisse la TV allumée, tu chiales parce que personne ne l’écoute.  Pis quand je prends la peine de te poser la question justement pour pas t’entendre faire du chialage, là tu…

Pour toute réponse, mon père se lève, me tourne le dos en levant les bras et dit un très impatient « OK! OK! OK! OK! » avant de sortir de la maison. Tandis qu’il passe dehors devant la fenêtre du salon, je l’entends se parler à lui-même:

PÈRE: Christ d’enfants de cul de tabarnak, il faut toujours qu’ils aillent raison, hostie. Ça mériterait juste une bonne coupl’ de calice de coups de pieds dans l’cul.

Tout est là:

  • Initie le conflit sans raison valable. 
  • Refuse de discuter sur les raisons de son comportement.
  • Fuit le conflit lorsqu’il est confronté à la preuve indéniable qu’il n’avait aucune raison valable de l’avoir initié. 
  • Passe aux accusations/insultes. 
  • Se victimise. 

Sinon, mon billet sur La lâcheté davidienne décrit un comportement typique de gens souffrant de conflictuodépendance.   Et que dire du billet Insulter en prétendant que c’est de l’humour.  Je n’y parle que de ça. On y retrouve d’ailleurs quelques phrases dites par Geneviève la coloc de l’enfer, dont je ne cesse de promettre de remettre son histoire en ligne.

À suivre

Prochaine série / prochain billet: La conflictuodépendance

Je me suis rendu compte aujourd’hui que dans ma vie, j’ai eu à faire avec six personnes qui, sans ne jamais s’être rencontrées, avaient exactement le même comportement négatif envers moi ainsi qu’avec la majorité de leur entourage.  Faute d’un meilleur mot, j’ai nommé ce comportement la conflictuodépendance.

Qu’est-ce que la conflictuodépendance?
Il ne s’agit pas simplement de quelqu’un qui aime les situations de conflits.  C’est également quelqu’un qui en a besoin pour vivre.  Cette définition n’est ni un sarcasme ni une exagération.  De mon père à quelques une de mes ex en passant par la légendaire Geneviève la coloc de l’enfer, de quelques amis que j’ai eu aussi bien sur le net que dans la vraie vie, ils avaient tous ces quelques points en commun:

  • Recherche constamment à démontrer aux autres qu’il vaut mieux qu’eux, en sait mieux qu’eux, est plus logique qu’eux.
  • Recherche constamment à rabaisser les autres plus bas que lui.
  • Utilise la moindre opportunité de trouver une bonne raison de le faire.
  • Au besoin, s’invente des raisons: Mensonges, exagérations, déformations des faits, interprétation farfelue (et négative) des faits, gestes et paroles des autres.
  • Tant et aussi longtemps que l’autre ne lui dira pas ce qu’il veut entendre pour le caler, il insiste, persiste, s’acharne.
  • Ne réserve pas ce comportement que pour ses ennemis/rivaux.  Il s’attaque tout autant à ses amis, membres de sa famille, conjoint(e), etc.
  • Et surtout, et c’est là que se justifie la section dépendance du mot, il prend très mal la moindre contrariété dans ses efforts de démolition d’autrui.  Même si cette contrariété est aussi anodine que de lui pointer une erreur dans un aspect de son jugement de l’autre, ce sera suffisant pour qu’il entre dans une colère noire.
  • Colère qui se manifestera ironiquement en accusant/projetant sur l’autre, à tort, son propre comportement négatif.  Exemple: Accuser l’autre de vouloir rabaisser son entourage, alors que c’est lui-même qui l’a fait en attaquant l’autre pour commencer.  Accuser l’autre d’être frustré, même si l’autre reste calme. 
  • Refuse de reconnaitre qu’il a tort d’agir ainsi avec son entourage et préfère (essayer de faire) croire que l’autre a des motifs négatifs/immoraux de se défendre de ses attaques.
  • Fuit le conflit lorsqu’il réalise que celui-ci n’est pas en sa faveur car il n’a pas raison. 
  • Si on insiste à lui faire reconnaitre que ce comportement est négatif, il ira se victimiser: Accuser les autres d’essayer de la démolir, de l’humilier, de le rabaisser, jusqu’à faire semblant de sombrer dans la dépression, en accusant ceux qui n’acceptent pas sa bullshit d’être la cause de son état.
  • Cherche à rallier à sa cause les amis que sa cible et lui ont en commun.

La seconde moitié de cette liste démontre que les gens conflictuodépendants ont tellement besoin de rabaisser les autres que même si on ne les attaque pas en retour, le simple fait de les empêcher de le faire est suffisant pour les perturber.

Dans les jours et semaines qui vont suivre, je vais vous raconter mes expériences avec ces six personnes.  Et, à la demande générale (oui, on me l’a vraiment demandé plusieurs fois) je vais commencer avec Geneviève la coloc de l’enfer.

Être accro à l’idée de plaire

Je vais vous faire une confidence quelque peu embarrassante.  Vers 2002-2003, j’ai écrit un livre que n’ai jamais envoyé chez un éditeur, faute d’en trouver un dont la ligne éditoriale aurait correspondu avec le sujet.  De ce manuscrit de 229 pages, en voici la première:

Avec le temps, beaucoup d’aspects de ce que j’y ai écrit ont changé et ont cessé d’être valable. (Incluant mes coordonnées.)  Au fil des années, afin de ne pas tout perdre, il m’est arrivé de modifier et recycler quelques articles contenus dans ce projet de livre.  Environs le ¾ du manuscrit fut transformé pour devenir ces billets de blog:

La difficulté de dire « Non merci! » (Titre Original dans le Livre: Pourquoi nous mentent-elles? Les vraies raisons.)
Ce que les filles disent -VS- ce que ça veut dire.  (T.O.L: Décoder le langage féminin)
Les mensonges de la rupture.  (T.O.L: Décoder le langage féminin… Lors de la rupture.)
Échanger une prison contre une autre.
Salomé: Portrait d’une sociopathe.  (T.O.L: Salomé, celle qui obtient tout ce qu’elle veut.)
Les gaffes du premier rendez-vous.  (T.O.L: Les erreurs à ne pas faire.)
L’impuissance de voir une amie délibérément abusée. (T.O.L: Plus je lui ouvre les yeux sur le comportement abusif de son chum et plus elle s’éloigne de moi.  Pourquoi?)
Comment le fait d’être un bon gars a ruiné ma vie sociale, amoureuse et sexuelle, (1ère partie) (T.O.L: Daniella, ou: As a friend!)
Comment le fait d’être un bon gars a ruiné ma vie sociale, amoureuse et sexuelle, (3e partie) (T.O.L: Océane. Comment peut-on être encore aussi naïf à 28 ans?)
TARD ne vaut pas toujours mieux que JAMAIS.
L’analyse malvenue.  (T.O.L: Toi, t’es le genre de fille qui…)
Déclaration d’amour? Grosse erreur.  (T.O.L: Condamné par sa propre bouche.)
La malédiction du bon gars gentil et sauveteur. (T.O.L: l’ingratitude de la fille en détresse.)
Le pire des gars qui soit: Le Bon Gars
.  (T.O.L: Être un gars correct, ou seulement être un gars qui ne fait rien de pas correct.) ‘
Autopsie du Loser.  (T.O.L: Autopsie du Loser.  Êtes-vous votre propre pire ennemi?)
Le Chum idéal? Vraiment?  (T.O.L: Le gars idéal? Y’en a qui s’en font accroire pis pas à peu près!)
L’ÉCHELLE DE KEV, pour mesurer l’appétit sexuel de votre copine.
Misogyne? Moi?  (T.O.L: En guise de conclusion.)

Originalement, le message contenu dans ces textes disait « Dans telles situations, les filles agissent comme ça, et puis voilà, faut pas chercher à comprendre, c’est comme ça et pas autrement, faut l’accepter où se faire rejeter. » C’est qu’à l’époque, bien que j’étais déjà observateur, je n’avais pas encore acquis un haut niveau de sagesse.  Bref, c’était peut-être un pas dans la bonne direction, il reste que ce n’était qu’un pas.  Et un seul pas, ça ne va pas loin. Aussi, les modifications que j’ai apporté à ces textes avant de les reprendre sur ce blog sont surtout au niveau de la compréhension.  C’est à dire que maintenant j’explique le comment et le pourquoi de tels comportement au lieu de simplement les dénoncer.  J’ai aussi constaté avec les années que bon nombre de ces comportements sont unisexes.

Pour le billet d’aujourd’hui, j’expérimente une approche différente: Je reprend un autre texte de ce manuscrit en le laissant tel quel.  Et à la fin de celui-ci, j’apporterai corrections et compléments requis.   C’est parti:

Accros à l’idée de plaire
Cesser de vouloir une fille, c’est l’insulter? WTF?

Dans le chapitre Pourquoi nous mentent-elles? Les vraies raisonsj’ai parlé de l’incapacité de certaines filles de pouvoir dire à un gars de façon directe et précise qu’il ne l’intéresse pas au-delà de la simple amitié.  Or, j’ai appris à mes dépens que si c’est une bonne chose de réussir à décrocher d’une fille qui ne veut rien savoir de nous, ce n’est vraiment pas une bonne idée de le lui faire savoir.

En vingt ans de fréquentations féminines diverses, il m’est arrivé à au moins quatre reprises de vivre la situation suivante : Je suis attiré émotivement ou sexuellement par une fille, et je lui fais savoir.  Me demandant de patienter car elle ne peut accéder à ma demande pour l’instant, elle me fait staller durant une période allant de quelques semaines à quelques mois, soit parce qu’elle n’est pas prête à ça pour le moment, ou bien parce qu’elle a un chum.  J’ai beau être patient, il vient un moment où un gars se rend compte qu’il attend en vain. Par exemple, quand tu lui as déclaré ta flamme pendant qu’elle est célibataire, qu’elle te demande de patienter, puis qu’ensuite elle commence à sortir avec un autre gars tout en sachant que toi tu trippes sur elle, c’est généralement un bon signe comme quoi tu perds ton temps.  Dans ce temps là, puisque je vois bien que la fille n’est pas intéressée, je réalise que ça ne sert à rien d’insister puisque ça me fait attendre quelque chose qui n’arrivera jamais, tandis qu’elle a à subir mon désir non sollicité.   Quant à son chum, c’est jamais l’fun de savoir qu’on a un rival, qu’il ait des chances ou non.

Aussi, pour nous rendre service à tous, je me fais une raison et j’oublie ça.  Afin de la rassurer,  je lui fais savoir qu’elle peut enfin me voir sans avoir peur que je la viole, car mon intérêt pour elle a complètement disparu, à part la simple amitié que l’on a déjà.

La réaction de ces filles face à mes paroles qui se voulaient sincèrement rassurantes ?  Elles ont frustré, m’ont insulté, calomnié, m’ont évité, ont inventé plein d’écoeuranteries à mon sujet pour me descendre aux yeux des autres, et j’en passe et des pires.

 What the fuck ?

 Le plus frustrant, c’est que non seulement je prends la peine d’être assez compréhensif pour décrocher d’elles, j’accepte le fait qu’il ne se passera rien entre nous et je me retire dans le calme, l’harmonie et la dignité, tout en voulant continuer la relation amicale, plutôt que de frustrer après et de les traiter de toutes sortes de noms. Logiquement, si elle n’a pas envie de moi au-delà de l’amitié, la nouvelle comme quoi elle n’a plus rien à craindre de mes envies non-partagées ne peut qu’être accueillie positivement, non ?  Décrocher et te le faire savoir, n’est-ce pas la réaction idéale que peut avoir quelqu’un qui ne t’intéresse pas ?  Alors pourquoi une telle réaction ? Pourquoi ces filles m’ont-elle traité comme si je leur avait fait le pire des affronts alors que tout ce que j’ai fait c’est de les libérer d’un poids inutile ?

Quelle fut mon erreur ?  Mon erreur fut de réagir comme un gars, donc en utilisant la logique pour contrôler mes sentiments.  Or, au sujet des sentiments, rares sont les femmes qui font appel à la logique.  Ce n’est pas parce qu’une situation est meilleure pour tout le monde que ça signifie que cette solution va automatiquement lui plaire.

Les valeurs que véhiculent la société font que la femme ressent le besoin de plaire et de séduire afin de se sentir valorisée.  C’est sûr que de nos jours, une femme peut se trouver valorisée autrement, que ce soit dans sa carrière ou dans son rôle de membre actif de la société, de par son intellect, ou même comme mère modèle.  Hélas, pour celle qui n’a pas l’étoffe d’une femme de tête, de carrière ou de famille, son potentiel séducteur est pas mal tout ce qui lui reste pour se valoriser.  Je pense, par exemple, aux grosses dans les sites de rencontres, qui ne font rien d’autre que de passer leurs journées et leurs soirées devant leur webcam, en déshabillé transparent, à jouer la carte de la fille facile en offrant du sexe à tous les hommes, même ceux qui ne lui plaisent pas, juste pour avoir leur attention et leur affection.  Dans de telles conditions, lui faire savoir qu’elle a baissé sur notre échelle de désir, ça équivaut à lui dire qu’elle ne vaut pas grand chose.  Et ça, c’est insultant.

La dernière avec qui ça m’est arrivé était une belle jeune fille de 26 ans, le genre a avoir l’embarras du choix et à vouloir le garder.  Voyant que je n’avais aucune chance, je l’ai rassurée que j’avais décroché.  Elle me faisait la belle façon en face, tout en écrivant dans son journal personnel online que j’étais rien qu’un hypocrite plein d’marde qui lui joue dans l’dos. Confrontée aux écoeuranteries qu’elle écrivait en public à mon sujet, elle m’a donné comme explication que, puisque j’avais perdu tout désir charnel pour elle, il était donc évident que je ne voulais plus rien savoir d’elle, même en ami. (Et on dira après ça que seules les femmes sont la cible de préjugés sexistes.)  Et puisque dans son raisonnement, lorsque l’on n’est pas ami on est ennemi, alors elle ne se gênait pas de me traiter comme tel, du moins dans son journal.

Un conseil en passant, pour les auteurs de blogs : Un journal personnel ne peut pas être à la fois ONLINE et SECRET.  C’était la 4e fois qu’elle perdait des amis parce qu’ils avaient découvert de cette façon ce qu’elle pensait d’eux. Y’en a qui n’apprennent jamais.

Comment ne pas faire cette erreur ?  Sans pour autant faire exprès de continuer d’entretenir faussement chez elle l’idée que tu trippes dessus, la meilleure chose à faire est de fermer ta yeule.  Mieux vaut que ton manque de désir pour elle reste nébuleux, plutôt que d’avoir sa frustration pour toi qui soit claire.

J’en vois déjà qui vont s’objecter du fait que quand une fille repousse un gars, il faut l’accepter, mais quand c’est un gars qui repousse une fille, elle ne l’accepte pas.

Est-ce que c’est injuste?  Oui!
Est-ce que c’est immature comme réaction et comme comportement féminin?  Oui!
Qu’est-ce qu’on peut y faire?  Rien!

 Celui qui se donnerait comme mission d’éduquer les filles sur ce point et de les forcer à faire face à la réalité de l’injustice de ce comportement doit s’attendre à passer une longue vie solitaire, s’il croit vraiment pouvoir à lui tout seul changer la mentalité de 50% de la population.  Alors c’est toi qui as le choix :  Si tu veux jouer, il va falloir accepter leurs règles, sinon tu vas passer le reste de ta vie à devoir t’amuser tout seul dans ton coin.

Attendrissant, non, ce petit côté frustré, misogyne et passif-agressif que l’on peut déceler dans ce texte? Il ne faut pas m’en vouloir.  D’abord, parce qu’en 2002, j’étais encore ignorant.  Et ensuite, non seulement j’y démontrais que je m’étais résigné à jouer selon les règles injustes établies par les femmes, j’invitais les autres hommes à en faire autant. On ne peut donc pas nier que j’avais l’esprit ouvert.  Ignorant, d’accord, mais tout de même ouvert.  De toutes façons, au nombre de fois où on m’a cité Oscar Wilde avec son « Les femmes sont faites pour être aimées, pas pour être comprises. », je m’étais également résigné au fait que personne ne nous demandait de comprendre pourquoi une fille tenait à avoir l’affection de gars qui ne l’intéressaient pas.  Je devais juste l’accepter.

Et nous voici au moment où je vous fais ma confidence embarrassante. Non, ce n’est pas le fait que j’ai un jour écrit un tel livre.  C’est le fait que six ans après avoir écrit l’article reproduit ci-haut, j’ai moi-même adopté l’attitude que j’y dénonce.

Janvier 2008, je m’inscris à Défi Diète.  J’ai déjà raconté cette histoire alors on n’y reviendra pas. Il suffit juste de voir les résultats…
… et de savoir que pour la première fois de ma vie, je plaisais avec mon physique. 

Ça a débuté de façon anodine, sur le blog de Défi Diète que les participants étaient encouragés à écrire sur (le maintenant défunt) Espace Canoë.  Lorsque j’y ai posté mes photos post-défi, plein de gens que je ne connaissais pas m’ont écrit des commentaires positifs.  Les gars étaient impressionnés.  Les filles disaient me trouver beau.  Et gars comme filles m’exprimaient ne pas croire que j’allais avoir 40 ans au milieu de cet été-là.

Peut-être par manque d’habitude ou peut-être pour cause d’Ego déjà naturellement porté à trop se gonfler, ces flatteries me sont vite montées à la tête.  Plus je recevais de compliments, plus ça me faisait du bien et plus je voulais en avoir.  C’était une drogue.  Voilà pourquoi je n’ai de ma vie jamais autant fait preuve de narcissisme que durant les mois de juin, juillet et aout 2008.

À la recherche d’autres flatteries, je suis allé dans les quelques forums que je fréquentais et j’y ai posté un résumé de mon parcours dans les section sports/santé/bien-être, avec photos à l’appui, bien entendu.  Ça n’a pas trainé: Témoignage d’étonnement, mots d’admiration, et surtout des compliments de la part de filles qui ne m’avaient jusque-là jamais donné que leur indifférence.  Je m’inscris à d’autres forums et je retourne sur ceux que j’avais abandonné depuis des années, incluant un créé par et pour des femmes ayant de l’embonpoint mais où les messieurs étaient les bienvenus.  J’ai poursuivi ma lancée en allant m’afficher sur de mes blogs inactifs sur MySpace.  J’ai même poussé la chose jusqu’à aller m’inscrire sur plusieurs sites de rencontres.  Sans pour autant dire sur ma fiche que j’étais en couple, je prenais néanmoins la peine d’y écrire que je n’étais là que pour amitié seulement.  C’est que je me doutais bien que ça allait m’attirer beaucoup plus de compliments et d’attention que si je disais que j’avais déjà une blonde. 

De celles qui venaient à moi d’elles-même, je buvais les compliments et l’attention, toujours en y répondant d’un air faussement naïf, les poussant à continuer, à me multiplier les témoignages d’affection, me laissant désirer.  Beaucoup m’offraient leur adresse MSN (Version préhistorique de Skype, mais dans le style de la messagerie Facebook.) afin de jaser en privé.  J’en acceptais certaines, j’en refusais d’autres.  Je jouais le jeu du naïf qui ne se rend pas compte qu’il se fait draguer.  Et j’étirais la sauce autant que possible, jusqu’au moment où la fille, désespérée de me voir réagir, finissait par me dire clairement que je lui plais et/ou qu’elle me désire sexuellement.  C’est là que, à mon grand regret, j’ai eu à mettre les choses au clair avec elles et que j’ai eu à les repousser.  Et si je dis que c’était à mon grand regret, c’est parce que ça signifiait que ça allait diminuer l’attention et les compliments que j’allais recevoir.

Hélas, se faire repousser, peu de gens le prennent bien.  Surtout quand l’autre n’a jamais été clair et t’a laissé rêver à son sujet.  J’ai eu droit à tout: De la déprime à la colère noire, des crises de larmes aux crises d’hystéries, des lettres d’amour aux mails d’insultes, de celles qui m’ont instantanément banni et oublié à celles qui sont restés accrochés sur mon cas en me stalkant partout jusqu’à un an et demi plus tard.  Ayant eu la stupidité d’avoir joué ce jeu avec une des programmeuses/modératrices d’Espace Canoë, elle a commencé par m’en interdire l’accès en changeant le mot de passe de mon blog, avant de le détruire pour de bon la semaine suivante. Du côté des forums, il n’était pas rare que des gens soient membres de plusieurs de ceux-ci, alors partout où j’allais, il y en avait au moins un qui me connaissait, ne serait-ce que de (mauvaise) réputation, et en parlait aux autres.  Rendu en septembre 2008, tout le monde s’était passé le mot et voyait clair dans mon jeu.  Les seules personnes à me manifester encore de l’intérêt, c’était pour me démolir.  Les autres m’ignoraient avec mépris. 

Pendant 90 jours, je me suis comporté exactement comme ces femmes que je dénonçais six ans plus tôt dans mon texte, en désirant avoir l’amour et l’attention de gens à qui je n’aurais jamais rendu la pareille.  Après ces trois mois de rêve à me faire idolâtrer, j’étais redevenu un moins que rien.  Je ne suis pas un haineux de nature, alors je ne me suis pas mis à haïr ces femmes et ces filles pour avoir commis le crime de cesser de m’aimer.   N’empêche que ça m’a rendu très déprimé.

C’est là que j’ai appris qu’il est facile de juger quelqu’un pour son comportement égoïste et illogique.  Mais quand on se met à la place de cette personne, même si ce comportement reste égoïste et illogique, on peut quand même mieux comprendre ce qui la pousse à agir ainsi.  Peut-être pas l’accepter, mais au moins le comprendre.

Pas obligé de rester loser, 13e partie : Se tenir loin des autres losers.

Il y a un proverbe anglais qui dit Misery loves company, ce que l’on peut plus ou moins traduire par Les gens misérables préfèrent vivre leur misère en compagnie d’autres miséreux, parce que c’est plus facile d’essayer d’attirer les autres en bas avec toi que de faire l’effort de t’élever vers eux. Et c’est vrai! Il m’est arrivé plusieurs fois d’observer ou de vivre ce phénomène.

Quelques chapitres plus tôt, je parlais de deux catégories de gens qui cherchent à te garder loser : Ceux qui le font par mesquinerie car ils veulent rester au-dessus de toi, et ceux qui le font par crainte que tu essuies un échec si tu essayes de t’en tirer. J’avais oublié qu’il existe une 3e catégorie : Les losers qui ne veulent pas être les seuls à être losers.

On a beau être loser, ça ne nous empêche pas d’avoir un peu d’orgueil et d’amour-propre.  Même qu’on en a plus que la majorité puisque le fait d’être loser nous dérange sans cesse. Voilà pourquoi, tel qu’expliqué dans plusieurs des chapitres précédents, le loser se cherche toujours une bonne raison pour expliquer et excuser son loserisme.  Généralement, en démontrant que ses échecs ne sont pas de sa faute, et que n’importe qui à sa place se serait tout autant cassé la gueule que lui. Ce besoin de se justifier va parfois l’inspirer à se lancer dans les trois étapes suivantes:

  1. Entreprendre un projet personnel dans lequel il n’a que peu de chances de réussite.
  2. Convaincre une personne de lui servir de partenaire dans ce projet.
  3. Faire en sorte pour que le projet échoue.

Ou bien, alternativement:

  1. Choisir une personne qui entreprend un projet dans lequel elle peut réussir.
  2. Convaincre cette personne de l’accepter comme partenaire dans ce projet.
  3. Faire en sorte que le projet échoue.

Dans un cas comme dans l’autre, malheur à toi si tu es la personne en partenariat avec le loser.  De son côté, en s’arrangeant pour que ça échoue pour vous deux, ça va lui donner l’illusion que le problème puisse se situer ou bien dans le projet, ou bien en toi, ou bien dans des circonstances hors de contrôle dans lequel tu joues le rôle de témoin pour confirmer que le problème ne vient pas nécessairement lui. Mais de ton côté, puisqu’il s’arrange pour que toi aussi tu échoues, cette personne fait de toi un loser. Normal: Comment être autre chose qu’un perdant quand on perd temps, argent et énergie sur quelque chose destiné à foirer?

Des gens comme ça, j’en ai vu et j’en ai subi.  En voici quatre exemples:

EXEMPLE 1: La fille qui (ne) voulait (pas) apprendre à dessiner.
Elle aime mes dessins, elle est abonnée à ma galerie sur DeviantArt, et elle me dit qu’elle aimerait savoir dessiner aussi bien que moi.  Je lui réponds que pour devenir bon en dessin, il faut d’abord aimer dessiner.  À force de le faire, la technique personnelle se développe, le talent vient peu à peu et le résultat évolue. Elle comprend, mais elle aimerait tout de même qu’on lui donne des trucs, au lieu de devoir perdre son temps à les apprendre par elle-même via essai et erreur.  Elle me demande de lui donner des cours de dessins.  J’accepte!  Les deux phrases que nous échangerons immédiatement après donnent dès le départ le ton que prendra ce projet:

MOI: Tout d’abord, je vais te faire une liste du matériel dont tu auras besoin.
ELLE: Ben oui hein, quelle longue liste: Un papier, un crayon, une efface! Wooooow! C’est vrai que c’est compliqué en hostie comme matériel.

Je peux comprendre qu’une personne qui ne travaille pas dans le dessin puisse ignorer tout ce qui a rapport au matériel.  Mais de là à prétendre s’y connaitre mieux qu’un professionnel avec 20 ans de carrière derrière lui, et le faire en montrant de façon sarcastique qu’on le prend pour un con, y’a de l’abus.  Ais-je précisé que, puisqu’on ne pouvait pas se rencontrer à cause de la distance et de nos horaires, elle voulait que je lui donne des leçons de dessin par webcam?  Et qu’à chaque chose que je lui disais, elle trouvait toujours à redire et à m’obstiner, comme quoi elle avait vu dans tel ou tel reportage, tel ou tel artiste s’y prendre différemment?  En voyant que je perdais mon temps, j’ai fini par lui donner une liste de liens de vidéos sur Youtube, dans lequel plusieurs dessinateurs donnent des leçons de dessins sous forme de clips.  Elle a refusé de les utiliser parce que « ça pouvait pas être aussi bon qu’avec un prof privé en personne. »

En tout cas, maintenant elle peut dire que si elle ne dessine pas bien, c’est parce que c’est moi qui a failli à la tâche pourtant simple de lui apprendre.  Donc, que l’échec de ce projet a démontré que nous sommes deux losers.

EXEMPLE 2: La fille qui (ne) voulait (pas) perdre du poids.
Tel que je l’explique dans Témoignage d’un ex-gros, à chaque fois que j’ai décidé d’essayer de perdre du poids, j’ai réussi. Évidemment, grosse tête que je suis, je ne pouvais m’empêcher de m’en vanter publiquement.  Arrive cette fille jolie et coquette, mais qui a un bon 50 lbs en trop.  Elle a essayé bien des régimes commerciaux dans sa vie, mais aucun n’a fonctionné. Heureuse de voir en moi quelqu’un qui a réussi à trouver une méthode qui fonctionne, elle me demande de la coacher.  J’accepte!  Je commence donc par lui donner les bases: Côté alimentation, je lui explique l’importance de ne sauter aucun repas, surtout le déjeuner, puisque ce sont les repas irrégulier qui affament le corps, ce qui fait que celui-ci, craignant une famine, a le réflexe de garder toutes les calories qu’il absorbe.  Et côté exercice, je lui recommande de commencer par quelque chose de simple, soit prendre les escaliers au lieu des escalateurs mobiles. Le lendemain, nous avons eu cet échange:

MOI:  Alors? Qu’est-ce que tu as pris à déjeuner et en snack entre-repas?
ELLE:  Rien!
MOI:  Comment ça, rien?
ELLE:  Sois logique.  Si je ne mange pas, je ne consomme pas de calories.  Et si je ne consomme pas de calories, je ne peux pas grossir.

Quand je pense que j’ai pourtant pris la peine de lui expliquer pourquoi cette méthode donne le contraire de l’effet recherché. Je ne peux pas croire qu’elle s’obstine à continuer de faire cette erreur stupide que dénoncent tous les nutritionnistes de la planète.

MOI: Et pour les exercices? Tu prends les escaliers?
ELLE: Non! Y’a rien qui m’empêche à la fois de prendre l’escalateur et d’en grimper les marches.  Comme ça j’ai mon exercice, je ne perds pas de temps et j’arrive même plus vite en haut.

Ouais, sauf que le but de l’exercice n’est pas de sauver du temps ni d’arriver en haut plus vite. C’est de brûler des calories, chose qui ne se fait pas avec sa méthode. 

En tout cas, maintenant elle peut dire que si elle n’a pas perdu de poids, c’est parce que c’est moi qui a failli à la tâche pourtant simple de lui apprendre.  Donc, que l’échec de ce projet a démontré que nous sommes deux losers.

Sérieusement, quand ta méthode personnelle ne fonctionne pas, et que la méthode de l’autre a prouvé fonctionner pour lui, où est la logique d’insister pour continuer de le faire de ta façon?

Maintenant que je vous ai parlé de gens qui m’ont embarqué dans leurs projets, passons à l’inverse: Ceux qui ont insisté pour que je les embarque dans les miens:

EXEMPLE 3: La fille qui (ne) voulait (pas) apprendre à courir.
Comme je m’en suis quelquefois vanté dans cette série, je me suis mis à la course à pieds en décembre 2010. Ma méthode était simple:

  • Courir en ligne droite jusqu’à épuisement.
  • Marcher le temps de récupérer.
  • Répéter sans cesse les deux étapes précédentes.
  • Se rendre à un point où on est trop fatigué pour courir un pas de plus. 
  • Retourner à la maison, ce qui nous oblige à marcher en sens inverse tout le chemin parcouru, ce qui nous fait brûler encore plus de calories. 
  • Répéter à tous les jours.
  • Cesser de courir lorsque l’on commence à ressentir la moindre douleur, particulièrement aux articulations, et ne plus courir tant que la douleur n’est pas disparue. Parce que le but ici est d’améliorer sa forme physique et non de se ruiner les genoux pour la vie, comme ce fut le cas pour certains participants de The Biggest Loser.

Au début, je ne pouvais faire que des segments de 200 mètres avant de tomber épuisé.  Quatre mois plus tard, en avril 2011, je pouvais courir des segments de 5 km.  Non seulement ais-je fortement amélioré mon cardio et mes muscles, cet exercice m’a fait perdre une vingtaine de lbs, ce qui me donne un corps particulièrement découpé.

Arrive cette amie qui, voyant mes progrès, décide de se mettre à la course elle aussi. Mais voilà, elle veut s’entrainer avec moi, ce que je refuse.  Non pas pour être désagréable, mais le fait est que je suis trop avancé pour elle.  Si je m’entraine à mon rythme, elle ne pourra pas me suivre. Et si je descends à son rythme, je ne me pousserai pas à bout, et ainsi je ne ferai plus de progrès.  En réponse, elle me propose une méthode trouvée dans un livre qui, m’assure t-elle, est bien meilleure que la mienne.  Car en effet, ça dit que si j’avais suivi celle-là, ce serait 15 km ininterrompus que je serais capable de courir aujourd’hui, plutôt que seulement 5 .  Autrement dit, en n’ayant obtenu qu’un tiers des résultats possible, ce que je considère stupidement comme étant un accomplissement, c’est plutôt du loserisme.

Ainsi, dès le départ, en transformant mon fier accomplissement en honteux échec, elle donne le ton de ce que sera notre association pour le mois à venir.

Je lui rappelle que de toute façon, elle porte des orthèses à cause de ses problèmes de pieds.  Il existe tellement d’exercices cardio qui font perdre du poids, pourquoi veut-elle choisir le seul dans lequel elle a un handicap qui risque de tout faire foirer?  Elle me répond que ceci est un raisonnement de loser car si on se laisse arrêter par le moindre petit obstacle, on n’arrive jamais à rien dans la vie.  Je cède donc et accepte de lui servir de partenaire de course.  Je mets ma méthode de côté pour utiliser la sienne.

Durant quatre semaines, à tous les trois jours, on doit courir de cette façon: Deux minutes de course, une minute de marche, répéter pendant 30 minutes. Au bout de quatre semaines, on est supposé être capable de courir pendant un quart d’heure non-stop.

Après un mois à suivre scrupuleusement cette méthode, arrive le moment de vérité.  On commence à courir.  Et trois minutes plus tard, elle se voit obligé d’arrêter, à bout de souffle.  Après une minute de repos, elle repart, mais malgré toute son obstination, après deux minutes, elle se voit incapable de courir un pas de plus.  Elle s’en va agripper un poteau sur lequel elle s’effondre en larmes. 

Je regarde la scène, complètement découragé. J’ai donc sacrifié tout un mois d’entrainement fonctionnel pour ça!?  Un mois à me faire dire que ma méthode personnelle était merdique.  Un mois dans lequel je n’ai pu ni me pousser à bout ni faire reculer mes limites.   Un mois à endurer de la négativité non-stop depuis le tout premier jour, et une fin sous le signe de l’échec et du loserisme.   Cette activité que j’aimais et qui, les quatre premiers mois où je l’ai faite seul, ne me rapportait que du positif autant physiquement que moralement, était devenue une épreuve pénible dont je ne tirais plus rien de bon. 

EXEMPLE 4: La fille qui (ne) voulait (pas) se sortir de la pauvreté. (N’allez pas croire que je suis misogyne si je ne parle que de femmes.  Il y a sûrement des hommes qui ont une telle attitude, il se trouve juste que je n’en ai personnellement jamais rencontré.)
Ici, il s’agit de Kim, mon ex, la mère de mes enfants, dont je parle  en tant que première relation, au chapitre 8. Nous étions tous les deux sur le BS et je considérais que ce n’était pas la situation idéale pour élever des enfants. Je planifie donc retourner aux études et finir mon secondaire, avant d’aller au cégep me prendre un diplôme en lettres, ce qui me permettra d’avoir un travail qui nous fera sortir de la misère.  Elle trouve que c’est une bonne idée et suggère d’embarquer dans mon plan de cette façon: Elle m’aide dans mes études s’il y a des matières dans lesquelles je suis faible, et elle s’occupe des enfants.  Et dès que je suis diplômé on fera l’inverse: Elle retourne aux études tandis que je m’occupe du reste. Ainsi, on sera deux diplômés capable tous les deux de trouver un bon emploi. J’accepte! 

Lors de la partie des études secondaires, tout se passe comme prévu.  Mais dès que je me rend au cégep, l’attitude de Kim change.  Elle me sort de nulle part des accusations de chercher à la tromper avec des p’tites jeunes salopes briseuses de ménage (Traduction: des cégepiennes) et voilà qu’elle fait tout pour saboter mes études: M’empêche de faire mes devoirs à la maison, me garde éveillé toute la nuit pour m’empêcher d’aller à mes examens le lendemain, vient m’agresser physiquement à coup de poing dehors à l’arrêt de bus qui devait m’amener au cégep, me fais expulser de la maison par la police sous de mensongères accusations de violence conjugale…  Alors que je faisais tous les efforts possible pour tirer ma famille de la merde, elle faisait tout son possible pour me garder dedans avec eux.  Et elle a réussi: Par sa faute, j’ai cumulé tellement d’échecs au cégep que je n’ai plus le droit de m’y réinscrire, et ce pour le reste de ma vie.

Les six ans qui ont suivi, elle a souvent répété à qui voulait l’entendre que mon échec avait prouvé qu’elle avait fait une erreur en me permettant d’aller au cégep, et que c’est plutôt elle qui aurait dû reprendre ses études en premier. La dernière fois qu’elle a osé le dire en public, je l’ai mis au défi de le faire.  Je l’ai assuré, devant tous ces témoins que j’allais m’occuper des enfants malgré le fait que je travaillais à temps plein, même si ça signifie ne jamais dormir plus que cinq heures par jour.  Elle ne pouvait pas refuser sans perdre la face. 

À la fin du mois d’aout, elle retournait au cégep.  En décembre, à force d’accumuler les absences et les retards, elle a coulé.  

En collaborant avec elle du début à la fin, sans que jamais je ne mette le moindre petit bâton dans les roues de son retour aux études, je lui ai laissé sa chance de réussir. Ça a juste prouvé que la seule responsable de l’échec de ce projet, autant de mon bord que du sien, c’était elle. Et que son insistance à me faire échouer mes études, c’était juste pour camoufler le fait qu’elle était incapable de réussir les siennes. 

En conclusion: Ce n’est pas parce que tu as réussi à trouver en toi la volonté de te sortir de ton loserisme, et le courage de faire ce qu’il faut pour y arriver, que ça signifie qu’il en est de même pour tous les autres losers.  Je suis très bien placé pour savoir que quand on est un ex-loser, on peut être porté à vouloir s’investir à aider un autre qui dit vouloir cesser de l’être.  Or, s’en sortir, c’est un cheminement personnel, un parcours que l’on ne peut faire que soi-même. Par conséquent, il est impossible de jouer au sauveur avec ces gens-là. Je vais me répéter, mais c’est quelque chose de trop important pour l’oublier: Lorsque les gens demandent ton aide pour se sortir d’une vie malheureuse, contente-toi de les renseigner sur ce qu’ils peuvent faire afin de s’en tirer eux-mêmes. À partir de là, ceux qui veulent vraiment s’en sortir vont y arriver tout seul, et ceux qui se complaisent dans leur malheur vont y rester. Dans un cas comme dans l’autre, en les aidant plus que ça, tu perdrais ton temps.

La libido masculine, source de tous les maux de l’humanité

Deux ou trois semaines après la création de ce blog (qui était, à l’origine, affilié à un site de rencontres), une lectrice m’a posé la question suivante : Toi qui est un gars, pourrais-tu m’expliquer pourquoi vous êtes toujours super frustrés quand vous vous attendiez à baiser et que ça n’arrive pas?

Je m’étais déjà penché sur la question sans jamais avoir trouvé de réponse.  J’avais quand même déjà constaté la chose aussi bien chez les autres gars que sur moi-même. Dans mon cas personnel, bien que j’arrivais toujours à me contrôler et à avoir l’air zen, j’étais tout de même déçu et surtout frustré de ne pas avoir eu la baise promise.  Et j’ai souvent vu des gars qui n’avaient pas mon self-control face à cette situation, et ceux-là n’hésitaient pas à exprimer leur colère à la fille via commentaires aigris, bouderie, voire même insultes.

Sans pouvoir expliquer le pourquoi de ce phénomène, je l’ai tout de même dénoncé quelquefois par le passé.  Par exemples, dans le billet 26 gars typiques des sites de rencontres:

3- Le Jeckyl et Hyde
Il est vrai que l’amour et la haine sont des sentiments très près l’un de l’autre. La preuve: Ce gars-là va t’approcher en parfait gentlemen respectueux et irréprochable. Puis, il va te faire tout plein de compliments: Tu es gentille jolie, intéressante, intelligente, etc. Et si tu as un surplus de poids, c’est pas grave. Bien au contraire, il sait apprécier la beauté des femmes bien en chair et ne se gêne pas pour te le dire. Voici le moment où il te sent mure pour recevoir ses propositions sexuelles. Mais voilà, tu ne peux pas y répondre positivement. Peut-être parce que tu as déjà un chum, peut-être parce que tu trouves qu’il va trop vite, ou peut-être tout simplement parce que ce gars-là ne te plaît pas physiquement. Ça arrive! Mais peu importe la raison que tu lui donnes pour refuser ses avances, le fait est que tu refuses ses avances. Et ça, il ne le prend pas. Il change alors complètement son opinion sur toi, te disant que tu n’es qu’une grosse vache laide à en vomir qui devrait le remercier à genoux d’avoir daigné s’abaisser à t’offrir ses faveurs, au lieu de te penser trop bien pour lui en les refusant. Le bout un peu étrange, c’est qu’il va te traiter de salope parce que tu refuses d’avoir du sexe. Mais bon, quand on est frustré, on ne regarde pas à la logique de nos insultes.

Je dois tout de même admettre que je n’arrivais pas toujours à faire comme si de rien n’était dans cette situation.  Par exemple, comme on peut le voir dans la série de billets Fantasme VS réalité : Le ménage à trois, mon amante et sa copine m’attirent chez eux pour un weekend de trois jours de ménage à trois, et je ne cesse de frustrer parce que les choses ne se passent pas comme je l’avais prévu.

Une autre chose que j’ai constaté, c’est que dès que nous, les gars, on s’apprête à baiser, notre logique fout le camp et toute notion de prudence disparait. Par exemple, au sujet du port du condom. Je ne saurais compter le nombre de fois où j’ai entendu des gars excuser leur désir de le faire sans protection, en disant que « ça coupe la circulation et ça fait ramollir », ou bien que « Moi, fourrer du plastique, je ressens rien! », et ce malgré les possibilités de grossesses et/ou de ITS.  Combien de femmes ont vécu la désagréable expérience de voir leur partenaire insister et insister et insister pour avoir du sexe jusqu’à ce qu’elles cèdent, et qui, une fois l’orgasme obtenu, furent pris de remords.  Et que dire de tous les risques que l’homme est prêt à courir pour avoir une relation extraconjugale. Il met en jeu son couple, son argent, ses biens matériels, ses enfants, en échange de quelques orgasmes. N’importe qui peut voir combien il est absurde de prendre de tels risques pour si peu. Pourtant, si un homme se retrouve avec l’opportunité de vivre ses désirs sexuels, ces risques lui sembleront soudainement très acceptables.  Pourquoi sinon est-ce que Gab Roy, homme de 30 ans, qui travaille fort pour devenir une personnalité publique, donc qui est une cible facile quand il a tout à perdre, prendrait le risque d’amener une inconnue de 15 ans baiser au motel?  Mieux (?) encore:Pourquoi est-ce que Joël Legendre, animateur télé, comédien populaire, en couple stable, père de trois enfants, est allé se masturber dans un parc public, en pleine vue des passants, dans l’espoir de se ramasser un partenaire inconnu pour une p’tite vite?  Il a beau expliquer que ses trois mois de thérapie ont révélé que c’est dû à un traumatisme de jeunesse dû au fait que « C’est difficile de grandir en rêvant de devenir danseur à claquettes quand tous les autres gars veulent devenir fermier », il reste que là encore, c’était une pulsion sexuelle qui bloquait tout sentiment de prudence et de logique.

Même quand un homme décline l’opportunité de vivre une baise parce que sa raison aura eu le dessus comme quoi le jeu n’en vaut pas la chandelle, il aura tout de même d’abord pris le temps d’y penser.  Et c’est généralement avec regrets qu’il dira non.

En y songeant sérieusement, j’ai constaté que la libido masculine est source de problèmes au niveau personnel, au niveau social et au niveau international.

Au niveau personnel:
Bien qu’il s’agit d’une histoire fictive, mon roman inachevé Un Été à Saint-Ignace-de-Montrouge est construite d’anecdotes qui me sont réellement arrivées. Par exemple, cette scène dans laquelle le personnage principal explique les raisons de sa récente panne de libido :

Quand j’étais plus jeune, genre entre seize et vingt-cinq ans, j’avais une très forte libido. Hélas, dans ce temps-là, je n’arrivais pas à séduire une fille normale avec qui j’aurais pu avoir une relation normale. Alors pour satisfaire mon désir sexuel je devais me contenter de celles qui restaient : Connes, profiteuses, méchantes, losers, BS, craquées mentales, etc. La majorité des anecdotes négatives de ma vie sont reliées aux filles. Pourquoi? Parce que toute ma vie je voulais avoir une blonde. Et pourquoi est-ce que je voulais avoir une blonde? Par désir romantique, oui, mais surtout pour soulager mes envies de baiser. Donc, la raison pourquoi j’ai eu tous ces problèmes de couples? Mon désir sexuel.

Tu sais comment quand on est jeune, on pense que les maladies transmises sexuellement, c’est juste quelque chose que les autres attrapent? Eh bien moi, en moins d’un an, j’en ai contracté deux. J’ai eu de la chance, ce que j’avais se soignait par prise de médicaments aux huit heures pendant une semaine. La première fois j’ai vu ça comme un cas isolé. La seconde comme un avertissement. Donc, la raison pourquoi j’ai eu deux ITS? Mon désir sexuel.

Comme tu dois t’en douter, quelqu’un qui a une aussi grosse libido consomme beaucoup de porno sur le net. Mais quand un site sur dix est plein de virus, tu devines ce qui se passe. Donc, la raison pourquoi mon ordi attrape plein de virus qui ralentissent et sabotent mon outil de travail principal pour écrire et dessiner? Mon désir sexuel.

Et quand tu ne t’y connais pas assez pour débugger ton ordi toi-même, tu fais appel à un support technique qui, évidemment, voit tout ton historique sur le net. Donc, la raison pourquoi je vis à plusieurs reprises ces situations aussi humiliantes que coûteuses? Mon désir sexuel.

Puis, évidemment, il y a quand je travaillais au Dunkin et que j’ai rencontré Nadia, j’ai fait la plus grosse erreur de ma vie. Je suppose que tu connais le cliché qui dit que plus une fille est grosse et laide, et plus elle est gentille et cochonne? J’y ai bêtement cru. Ça fait que quand elle a montré de l’intérêt pour moi, même si elle ne me plaisait pas, j’ai quand même accepté de coucher avec. Oui, côté baise, elle était bien. Mais côté personnalité, elle s’est vite montrée déraisonnable, avec ses crises de jalousies qui sortaient de nulle part. Alors j’ai cassé avec elle. Mais voilà, comment te libérer de quelqu’un avec qui tu travailles, et qui passe vos huit heures ensemble à te mettre de la pression incessante pour que vous repreniez? Surtout quand elle sait à quel point tu aimes le sexe, surtout quand elle est prête à faire les choses les plus cochonnes pour te ravoir. Je reprenais avec elle pour le sexe, je cassais pour sa jalousie. Ma vie se limitait entre subir son harcèlement quand on était en couple, ou subir son harcèlement si on était séparé. Donc, la raison pourquoi je vivais du harcèlement incessant? Mon désir sexuel.

Tu peux me croire que jamais je n’oublierai mes cinq semaines de célibat il y a onze ans, entre deux ruptures avec Nadia. Oui, cinq semaines. J’avais vraiment tenu mon bout cette fois-là. Et pour m‘y aider, j’essayais activement de trouver une autre partenaire sexuelle. Le problème, c’est que je n’y suis pas arrivé. Et quand tu es un gars en manque, tu finis par te tanner de tes mains. Surtout que je n’avais pas de connexion internet à ce moment-là, alors je n’avais même pas de visuel pour me soulager. Donc, la raison pourquoi je suis revenu avec elle alors que je m’en étais enfin débarrassé? Mon désir sexuel.

Et elle, elle a utilisé le sexe pour me coincer dans cette relation en lâchant la pilule sans me le dire.  Résultat: Une paternité non-désirée pour laquelle je n’étais prêt ni financièrement ni émotionellement, et qui a défini le reste de mon existence. Donc, la raison pourquoi je vis une existence misérable depuis les dix dernières années? Mon désir sexuel.

Tu sais ce que j’ai toujours trouvé aberrant par rapport au sexe? C’est le fait que pour la majorité des gens, le fait que j’aimais le sexe au point où j’en aurais eu de une à trois fois par jour si j’avais une blonde avec un appétit semblable au mien, à leurs yeux ça faisait automatiquement de moi un potentiel bisexuel, un violeur, un pédophile, un client de prostituées, et peut-être même un zoophile. Tu vois, au lit, je te dirais que le trois quart de mon excitation vient du fait de savoir que ma partenaire me désire et aime ce que l’on fait ensemble sexuellement. À cause de ça, c’est évident que je ne pourrais jamais être un agresseur sexuel, un pédophile, un harceleur ou un zoophile, puisque c’est le genre de chose qui se fait sans le consentement de l’autre. En fait, même pendant la baise, si je sais que la fille n’aime pas telle ou telle pratique, c’est suffisant pour m’en enlever le goût. Mais ça, ce sont des choses que Nadia, ses amies et beaucoup trop de gens n’ont jamais voulu comprendre. Donc, la raison pourquoi je suis soupçonné d’être un détraqué sexuel? Mon désir sexuel.

Et je n’ai même pas besoin d’avoir des désir sexuels. Il suffit que Nadia s’imagine que j’en ressens envers d’autres filles pour me le faire payer. Donc, la raison pourquoi je paye d’avoir un désir sexuel qu’elle s’imagine que j’ai? Mon désir sexuel, qu’elle s’imagine que j’ai.

Quant à la fréquence de nos relations, je ne savais plus où donner de la tête.  Si ma libido est forte, elle dit que c’est la preuve que je la trompe parce que je ne peux pas me satisfaire d’une seule partenaire.  Mais si ma libido faiblit, alors là encore elle dit que c’est une preuve que je la trompe puisque ça signifie que je n’ai pas l’énergie pour en fournir plusieurs. Donc, la raison pourquoi je suis soupçonné de la tromper? Mon désir sexuel, peu importe qu’il soit élevé, normal ou inexistant.

95% des problèmes que j’ai eu dans ma vie, qui m’empêchent d’avancer, qui sabotent mes efforts, qui me font perdre le peu que j’ai, et qui continuent encore et toujours de me faire subir désagréments par dessus désagréments, ça n’a qu’une seule source : Mon désir sexuel. Dans de telles conditions, est-ce qu’on peut me blâmer d’avoir finit par ne plus ressentir que du dégoût pour le sexe, et que ma libido soit tombée en panne?

Au niveau social:
Comme je le dis dans La réputation injustifiée des soi-disant bons gars, pourquoi est-ce que l’homme a la réputation d’être un obsédé, un pervers, un adultère, un con qui ne pense qu’avec sa queue, qui ne voit les femmes que comme un orifice dans lequel se vider, qui distribue les ITS, qui met une femme enceinte pour ensuite la planter là? Parce que c’est la libido masculine qui a maintes fois poussé certains hommes à commettre ces gestes, ce qui fait que nous avons maintenant tous cette réputation.  Pourquoi est-ce que les bars de danseuses nues, la pornographie et la prostitution existent-ils?  Pour satisfaire la libido masculine. Qu’est-ce qui est à l’origine des viols?  De la pédophilie? Des séquestrations dans le but de l’esclavagisme sexuel?  La libido masculine.  Et bien qu’il y aura toujours quelqu’un pour dire « Oui mais des fois ces crimes sont commis par des femmes », ce qui est vrai, le nombre de celles qui l’ont fait est infiniment minuscule comparé au nombre d’hommes coupables de ces mêmes choses.

Mais pourquoi est-ce que la libido masculine est-elle incontrôlable au point de causer tous ces maux?
Il y a quelques années, j’ai écrit un billet intitulé Les Raisons de la Colère dans lequel j’ai écrit ceci au sujet des hommes préhistoriques: Le cerveau savait également reconnaitre une situation dans laquelle un congénère cherchait nuire à l’individu. À l’époque, les nuisances ne pouvaient affecter que deux niveaux de la vie: Le droit de se nourrir et celui de se reproduire. Deux choses étroitement reliées la survie individuelle, donc à la survie de l’espèce.  Face à une telle situation, le cerveau a créé la colère, qui bloque le raisonnement et donne du courage, transformant un être normalement paisible en machine à tuer. La nuisance compromettait la survie de la race, il fallait donc éliminer la nuisance. C’est la loi de la nature.

On a beau être évolués et civilisés, n’empêche qu’à la base nous sommes toujours des animaux régis par la nature. Voilà pourquoi l’homme frustre à ce point lorsqu’il n’a pas la relation sexuelle qu’il espérait, et voilà pourquoi il préfère baiser sans protection malgré les risques de paternité non-désirée ou d’infections transmises sexuellement :  Parce que quand il s’agit de sexe, c’est l’instinct qui prends le contrôle. Ce même instinct qui pousse tout animal à faire ce qu’il a à faire pour perpétuer la race.  Ce qui nous amène…

… Au niveau international:
C’est en relisant le passage qui parle de la colère, qui bloque le raisonnement et donne du courage, transformant un être normalement paisible en machine à tuer que j’ai compris quelque chose de crucial au sujet de l’humanité: De tous les temps, les gouvernements et les chefs religieux ont su que la frustration sexuelle rendait l’homme violent.  Et de tous les temps ils ont utilisé ce fait pour faire avancer leurs causes.  Pourquoi pensez-vous que l’armée a aussi longtemps refusé les femmes et les homosexuels dans leurs rangs?  Parce qu’un homme frustré sexuellement, c’est un homme colérique, un homme violent, et par conséquent un bien meilleur combattant.  Et quelle est généralement la première chose qui arrive quand une armée envahit un territoire? Les soldats en violent les femmes.

Encore de nos jours, quels sont les peuples les plus guerriers et les plus violents? Ce sont ceux guidés par les religions qui sont les plus restrictives au niveau de la sexualité.  Restrictives au point où ils obligent les femmes à se cacher, histoire de ne même pas donner à l’homme la satisfaction visuelle. Tout ça dans le but d’augmenter leur frustration sexuelle au point où ils feraient n’importe quoi pour la soulager.  La preuve: Comment arrivent-ils à recruter des volontaires pour des attentats-suicides? En leur faisant croire que ce n’est qu’au Paradis qu’ils pourront enfin baiser sans limite.  Ce qui en revient à dire que ce qui fait fonctionner le terrorisme, c’est la libido masculine.
Devant ce constat plus que traumatisant, je crois que la prochaine fois que je vais voir une féministe enragée crier haut et fort que tous les maux de la terre sont dû à la libido masculine, je n’aurai d’autre choix que de reconnaître qu’elle n’a pas tout à fait tort.

Le Questionnaire Landru: Êtes-vous dans une relation abusive?

D’habitude, je ne publie pas sur mon blog des textes qui ne sont pas les miens.  Mais pour la seconde fois en cinq ans, je vais me le permettre, puisque c’est pour une bonne cause.  Il s’agit d’un test qui, à l’origine, n’avait pas de nom, et que j’ai baptisé Le Questionnaire Landru la première fois que je l’ai mis sur le net en 1998.

Pourquoi le nommer « Landru »?
Henri-Désiré Landru (1869-1922) est un célèbre tueur en série et criminel français.  Cet homme avait beaucoup de charme, qu’il utilisait afin de séduire de nombreuses femmes. 

Beau parleur, il fait signer à ses victimes des procurations lui permettant ensuite de faire main basse sur leurs comptes bancaires. Il ne lui reste plus qu’à les tuer et à faire disparaître les corps.  La célébrité que lui apportera son procès aura comme répercutions que la majorité des Landru changeront leur nom en Landry ou en Landré. (C’est du moins ce que j’ai entendu Bruno Landry dire en entrevue.)

En 1995, alors que je suis étudiant au cégep André-Laurendeau, il s’y déroule une semaine de la prévention contre la violence.  On y retrouve divers kiosques, chacun s’occupant d’un genre de violence en particulier: Violence faite aux enfants, violence des gangs de rues, violence raciste, etc.  Je m’arrête devant celui de la violence domestique.  Je regarde les pamphlets empilés sur la table et j’en prend un.  Il s’agit d’un questionnaire qui présente une liste de 30 situations:

1Votre conjoint(e) entretient-il/elle directement ou indirectement des menaces…

  • qu’en cas de rupture, il/elle pourrait vous ruiner?
  • qu’il/elle a la possibilité de déposer une plainte contre vous auprès de la police en vous accusant d’être un parent inadéquat ou un conjoint(e) violent(e)?
  • qu’en cas de rupture, votre relation avec vos enfants pourrait être menacée?
  • qu’il/elle pourrait vous discréditer auprès de votre famille, vos enfants, votre employeur, vos amis, votre thérapeute?
  • qu’en cas de rupture, il/elle obtiendrait la collaboration des membres de son entourage pour vous affronter?


2Votre conjoint(e) vous a-t-il/elle déjà frappé, tenté ou menacé de le faire avec ou sans objet contondant?

3Votre conjoint(e) a-t-il/elle déjà endommagé ou menacé d’endommager des objets auxquels vous tenez?

4Votre conjoint(e) a-t-il/elle déjà mis dans une situation difficile en vous entraînant dans une dispute au moment où vous aviez quelque-chose d’important à faire?

5Votre conjoint(e) a-t-il/elle déjà contraint à faire une dépense qui ne vous convenait pas, en utilisant votre bien-être ou celui de vos enfants comme argument pour vous y contraindre?

6 –Votre conjoint(e) vous menace-t-il/elle de s’intéresser à un autre partenaire sexuel, vous invite-t-il/elle à « aller voir ailleurs », parle-t-il/elle souvent de partenaires qu’il/elle a connu dans le passé, de ceux qu’il/elle souhaite avoir dans l’avenir ou de ceux qu’il/elle aurait souhaité avoir?

7 -Votre partenaire vous menace-t-il/elle de vous quitter, répète-t-il/elle qu’il/elle serait mieux sans vous ou évoque-t-il/elle souvent une rupture éventuelle?

8 Votre partenaire utilise-t-il/elle la sexualité ou la privation de relations sexuelles pour sanctionner vos comportements?

9 -Si votre sexualité n’est pas ce que vous souhaiteriez qu’elle soit…

  • votre conjoint(e) vous en fait-il/elle porter seul la responsabilité?
  • votre conjoint(e) tente-t-il/elle de vous empêcher de vous satisfaire?


10Votre conjoint(e) vous discrédite-t-il/elle au sujet de questions qui vous sont chères ou qui touchent votre identité? (travail, enfants, habillement, loisirs, etc.)

11Votre conjoint(e) voit-il/elle d’un mauvais oeil que vous entreteniez des relations avec vos proches? Votre famille, vos enfants, vos amis, vos collègues?

12 -Vos conversations avec votre conjoint(e) sont-elles laborieuses, insatisfaisantes et stériles?

13 -Votre conjoint(e) menace-t-il/elle de se suicider, afin de vous contrôler?

14Votre conjoint(e) vous reproche-t-il/elle de vous plaindre de lui auprès de tiers? Vous rapporte-t-il/elle des propos défavorables d’autrui à votre endroit?

15 -Votre conjoint(e) refuse-t-il/elle vos propositions de participer aux tâches ménagères alors qu’il/elle se plaint que vous ne faites pas votre juste part et que vous le traitez comme un domestique?

16 -Avez-vous parfois l’impression que votre vie est inutile? Entrevoyez-vous votre décès éventuel comme une libération? Avez-vous déjà pensé à la meilleure façon d’en finir? Entrevoyez-vous la possibilité de ne pas faire soigner une maladie grave dont vous seriez éventuellement atteint?

17Lorsque vous avez prévu participer à une fête de famille ou à une activité impliquant des tiers, êtes-vous incertain, jusqu’au moment de l’événement, que votre conjoint(e) vous y accompagnera?

18Avez-vous l’impression qu’une crise menace d’éclater, que vous pourriez, sans le savoir, dire ou faire quelque-chose qui pourrait provoquer une crise, ou que votre vie est une suite de crises?

19 -Votre conjoint(e) a-t-il/elle l’habitude de quitter ou de menacer de quitter la pièce au moment où vous tentez d’avoir une conversation avec lui/elle?

20Avez-vous l’impression qu’avec votre conjoint(e), vous n’avez jamais raison?

21Est-ce que vos conversations aboutissent souvent en dispute?

22Est-ce que votre conjoint(e) vous « fait la leçon? »

23Est-ce que votre conjoint(e) vous insulte?

24Avez-vous l’impression qu’avec votre conjoint(e), il y a de nombreux sujets qu’il vaut mieux ne pas aborder?

25 -Votre conjoint(e) respecte-t-il/elle votre volonté quand vous demandez de mettre fin à une conversation qui ne mène nulle-part?

26 -Votre conjoint(e) vous pose-t-il/elle des questions sans vous laisser le loisir d’y répondre, sans s’intéresser à votre réponse, ou sans en tenir compte?

27 -Votre conjoint(e) vous pose-t-il/elle des questions qui sont formulées de telle sorte qu’elles sont des affirmations déguisées?

28Votre conjoint(e) vous accuse-t-il/elle injustement d’avoir des comportements que vous n’avez pas, d’avoir des défauts que vous ne reconnaissez pas, d’avoir des intentions que vous n’avez pas?

29Avez-vous l’impression qu’au moment de prendre une décision (le choix des activités de vacances, l’aménagement de la maison, le menu d’un repas,) votre suggestion ne vaut que si elle convient à votre conjoint(e) et que la réciproque ne vaut pas?

30Avez-vous l’impression que votre conjoint(e) sait où vous êtes et ce que vous faites à tout moment?

Si vous avez coché quatre situations ou plus, alors vous êtes victime de violence domestique. Vous devriez considérer la possibilité d’obtenir de l’aide d’un conseiller. Il pourrait être utile d’en discuter avec un ami en qui vous avez confiance, un psychologue, un travailleur social du CLSC, un médiateur attaché au Palais de justice, un membre du clergé ou un membre de votre famille. Il n’y a aucune honte à demander de l’aide, au contraire. Assurez-vous cependant que votre volonté de trouver une solution à l’impasse dans laquelle vous vous trouvez est partagée par votre conjoint(e). Si tel n’est pas le cas, vous devriez considérer la possibilité de quitter cette personne abusive.

À l’origine, le questionnaire était exclusivement masculin, ne parlant que de conjoint violent.  Si je l’ai modifié afin de le rendre unisexe, c’est parce qu’à l’époque, alors que je vivais avec Kim, la mère de mes enfants, j’ai constaté qu’elle me faisait subir 22 de ces 30 situations. (Celles, dans ce questionnaire, précédées d’un chiffre en noir gras, si vous êtes curieux.) Réalisant que ces comportements pouvaient aussi bien se retrouver chez l’homme que la femme, il me semblait logique, et beaucoup plus productif, de le multigenrer.  Et si j’ai donné à ce test le nom d’un homme violent, c’est tout simplement parce que, comme je dis plus haut, plus personne ne s’appelle ainsi.  Je ne risque donc pas de froisser qui que ce soit.

Ceci dit, pas besoin de faire un long test pour déterminer si on est dans une relation abusive ou non.  Vous n’avez qu’à penser à la façon dont votre partenaire vous traite actuellement.  Cette personne se comportait-elle de la sorte envers vous lorsqu’elle vous a séduite?  Si la réponse est non, et que les changements ne sont que négatifs, alors déjà là, il y a lieu de remettre son couple en question.

Les dommages collatéraux de l’auto-importance démesurée (7e partie)

Je descends du bus qui me ramène près des résidences étudiantes où j’habite. Cet après-midi de printemps 1997 a beau être ensoleillé, mon humeur est sombre.  Mon âme est imprégnée d’une frustration sans bornes. Toutes mes pensées vont dans le même sens, soit la constatation que la société fonctionne sur des standards aberrants, dans lesquels le respect ne va qu’aux salauds, les récompenses ne vont qu’aux fauteurs de trouble, tandis que les gens irréprochables ne reçoivent que mépris, et que les bons gars se font toujours rejeter.  Je viens d’en avoir la preuve flagrante: Durant les trois dernières semaines, pour autant que le boss le sache, Allen a laissé son désir de vengeance le pousser à gâcher toute la réserve de brioches, à lui mentir au sujet de mon dossier judiciaire, à entrainer la serveuse à lui mentir au sujet de mon diplôme, et à lui causer pour près de $700.00 en pure pertes.  Et qui est-ce que le boss a flanqué à la porte pour ça? Moi, contre qui il n’a aucune preuve d’avoir quoi que ce soit à reprocher.

Depuis le début de cette (més)aventure, j’utilise le method acting popularisé dans les années 50 par mes idoles du moment, Dean et Brando: Sans pour autant croire moi-même à mes propre mensonges, je sais très bien que je n’arriverai à convaincre personne de ma sincérité si je n’agis pas comme si c’était vrai.  Voilà pourquoi je vis à plein la réalité de cette situation, et que je ressens les émotions de rage et de frustration qui viennent avec.  Techniquement, Allen n’est pas vraiment coupable de tout ça, puisque ce sont les fruits de mes propres manigances.  N’empêche que ça, ils ne le savent pas, alors du point de vue du boss, il est indéniable que je suis innocent et que Allen est coupable. Donc, c’est tout comme. Par conséquent, le fait que ce soit moi et non lui qui ai été renvoyé, c’est inacceptable. C’est un congédiement abusif!  Ou, ce que dans le jargon légal on appelle un congédiement sans cause juste et suffisante.

… Et si c’est un congédiement abusif, ça vaut dire que je suis dans mon droit de déposer plainte.  À peine suis-je entré chez moi, je m’empare du téléphone et appuie sur le zéro.  Je demande, reçois et prends en note le numéro de la Commission des Normes du Travail du Québec.

Tandis que je compose leur numéro, j’ai comme un doute sur le bien fondé de ce que je m’apprête à faire.  Est-ce que je ne vais pas un peu trop loin avec toute cette histoire?  Est-ce que le patron du Dunkin mérite vraiment de se retrouver avec une poursuite judiciaire de ma part alors que, dans le fond, il n’a jamais eu rien à voir dans ma guerre contre Allen?  Ma frustration a tôt fait de balayer ces considérations.  D’abord en me répétant que c’est exactement ce que je devrais faire si la situation était réelle.  Et puis, j’ai réussi à pousser Allen à démontrer de ses véritables traits de caractères négatifs,  tels le fait qu’il provoque les employés avec son arrogance, qu’il est prêt à faire n’importe quoi pour mettre les autres dans le trouble, qu’il n’hésite pas à mentir, et qu’il devient potentiellement violent dès qu’il est frustré.  Ça aurait dû compter pour quelque chose.  Hélas, le boss a choisi de prendre le parti d’Allen.  Il a choisi d’approuver ses agissements immoraux et illégaux, et par conséquent d’en devenir le complice.  C’était à lui de ne pas le faire.  Il n’aura personne d’autre que lui-même à blâmer pour les problèmes que ses mauvais choix lui auront rapportés.

L’employé de la Commission me dit deux choses qui s’avèrent décevantes. La première: Si c’est vrai qu’Allen m’a fait des menaces de voies de faits, ce n’est pas un cas de normes du travail mais bien de Justice.  Si je veux intenter quoi que ce soit contre lui, il faudrait que ce soit en Cour.  Hélas, même si ce fut devant témoin, le témoin en question est également celui contre qui je cherche à porter plainte aux Normes du Travail.  Il serait donc très étonnant qu’il coopère en disant la vérité contre Allen pour me rendre service.

Ensuite, si je dépose plainte contre le boss, il y aura enquête, sauf que mes dires seront très difficile à prouver.  Ce sera un cas de ma parole contre la sienne.  Et même si je gagne, oui, il devra payer une amende.  … Sauf que ce n’est pas à moi qu’il devra la verser, mais bien aux Normes du Travail.  Eh oui, c’est moi qui a tout subi, et c’est eux qui s’emparent de toute compensation qui devrait moralement me revenir.  Tout ce qu’ils peuvent faire pour moi, c’est forcer le patron à me reprendre à son emploi.

Le problème, c’est que je ne veux pas retourner travailler là.  Je n’ai jamais voulu travailler là.  Je le dis depuis le début, que je considère que de travailler dans un Dunkin, ça équivaut pour moi à une régression morale, sociale et intellectuelle, et que je n’y étais que parce que je n’avais pas le choix, parce que j’attendais mieux.  Je raccroche, totalement désabusé, déçu de ce système impuissant à m’aider à obtenir justice.

Pour me consoler, je décide qu’il est temps que je cesse de faire comme si.  Je  me dis qu’au moins, puisque tout n’était que manigances de ma part, je ne suis pas vraiment victime.  Qu’au moins, j’ai réussi à démontrer à Allen et au boss que leurs positions ne les rendaient pas intouchables.  Et que si quelqu’un comme moi, un petit moins que rien à leurs yeux, a réussi à leur causer des ennuis moraux, financiers et matériels pendant trois semaines, sans qu’ils puissent prouver quoi que ce soit contre moi, c’est qu’au bout du compte, ce sont eux, les losers.  Et puis, j’étais trop bien pour cet endroit.  Il est évident qu’une place qui se complait à n’accueillir que délinquants, incultes, inéduqués et criminels, ça se retrouve désemparé face à quelqu’un comme moi, honnête, intelligent, diplômé.  Je vaux beaucoup mieux qu’eux, employés tout comme patrons.

… Ou du moins, c’est ce que j’essaye très fort de me convaincre moi-même.  Hélas, tout mes efforts pour m’en faire accroire ne peuvent tout à fait taire ma conscience qui connait la vérité.  Et cette vérité, c’est que, peu importe comment je retourne la situation afin de me faire bien paraître, ça ne change rien aux faits.  Et ces faits sont:

Allen ne s’est jamais trompé dans sa commande. C’est moi qui suis allé dans son bureau lui voler une feuille de commande et qui l’a refaite en y mettant délibérément une erreur.  S’il a fallu que je fabrique moi-même de toute pièce une preuve de son incompétence, c’est bien la preuve qu’au contraire il n’a jamais été incompétent à son travail.

Ce n’est pas Allen qui a choisi de gâcher la réserve de brioches afin de me faire paraitre mal aux yeux du boss. C’est l’inverse, parce que c’est moi qui voulait tirer profit de démolir sa réputation. Une des définitions du vol, c’est de prendre quelque chose qui ne nous appartient pas et l’enlever à son propriétaire légitime pour notre propre profit.  Dans cette optique, ce que j’ai fait avec les brioches, c’est du vol.

Et la partie la plus difficile à reconnaitre pour mon orgueil: Ça signifie qu’Allen avait raison à mon sujet, depuis le début, lorsqu’il a dit que si je m’obstinais à lui mentir à ce point-là pour quelque chose d’aussi anodin que se laver les mains, alors j’avais ce qu’il faut pour être un voleur.  J’ai beau me défendre en me disant que c’est son attitude qui m’a provoqué, qui m’a poussé à faire de ses paroles une prophétie auto-réalisatrice, n’empêche que je ne l’aurais pas fait si je n’avais pas eu en moi le potentiel d’en être un.

Lorsque quelqu’un est trop loser pour accumuler les réussites, il compense en se montrant le plus irréprochable possible.  Pour ces gens-là, le pire affront que tu puisse leur faire, c’est d’avoir raison en leur faisant un reproche.  C’est mon cas!  Pour mon Ego, me faire reprocher par Allen de ne pas m’être lavé les mains alors que j’avais vraiment négligé de me laver les mains, c’était un crime de sa part.  Un crime qui demandait les pires punitions.  Un crime qui justifie de  faire passer Allen pour un incompétent, qui justifie que je falsifie sa feuille de commande, qui justifie que je gâche toute la réserve de brioches, qui justifie de mettre en péril sa relation avec le patron, qui justifie de brouiller sa relation avec son amante, qui justifie de manipuler le boss à lui faire perdre son emploi, qui justifie que notre boss se retrouve à être celui qui doit assumer les coûts des dommages collatéraux de cette guerre que je m’acharnais à mener contre Allen, et non l’inverse. Qui justifie même que je cause des problèmes au Dunkin pouvant obliger le boss à fermer boutique, et à donner un casier judiciaire à Allen qui le suivra toute sa vie.  Tout ça parce qu’il a commis le crime d’avoir eu raison en disant que je ne me suis pas lavé les mains. C’est dire à quel point mon sens de l’auto-importance pouvait être démesuré.

Et la plus grande ironie, c’est que j »ai mis beaucoup d’efforts à faire passer Allen pour un incompétent alors que c’était moi l’incompétent.  J’ai mis beaucoup d’efforts à faire passer Allen pour un hypocrite alors que c’était moi l’hypocrite. J’ai mis beaucoup d’efforts à faire passer Allen pour la source de conflit alors que c’était moi la source de conflit.  J’ai mis beaucoup d’efforts à faire passer Allen comme étant celui qui a causé pour $700.00 de pertes au commerce, alors que c’était moi qui a causé ces pertes.  J’ai mis beaucoup d’efforts à faire passer Allen pour un harceleur alors que c’était moi les harcelait, autant Allen que le boss, même si c’était de façon aussi subtile que détournée.  Et surtout, j’ai mis beaucoup d’efforts à faire passer Allen pour un menteur alors que c’était moi le menteur.

D’accord, sur ce dernier point, oui, Allen a menti, lorsqu’il m’a dit qu’il avait vérifié mon diplôme auprès de la commission scolaire.  Mais voilà, son mensonge était un coup de bluff dans le but de sauver le commerce.  Tandis que dans mon cas, mes mensonges étaient dans le but d’y causer des problèmes.  On peut donc comprendre pourquoi le seul et unique mensonge d’Allen était plus acceptable que tous les miens.

Les bullies, ces grosses brutes lâches, s’attaquent toujours aux innocents plus petits et plus faibles qu’eux.  Mais moi, en m’attaquant à Allen, l’assistant gérant, le Warrior de la crise d’Oka, le gros musclé à forte personnalité devant qui tout le monde s’écrase, je tirais grande vanité à être un justicier fort et courageux. Mais dans les faits, cette aventure m’a plutôt mis à jour ma propre lâcheté.  Parce qu’au lieu d’affronter Allen moi-même, j’ai préféré manipuler son supérieur hiérarchique à le punir.  Et puisqu’il n’avait aucune raison de le faire, je lui en ai fabriqué, des raisons, en m’arrangeant pour lui faire perdre de l’argent.  C’est ça que je considère comme étant de la justice?

Et ça, ça veut dire que le patron a eu raison de me renvoyer. Parce que dans les faits, le seul et unique coupable, c’est moi.  Ça n’a jamais été Allen ni personne d’autre. Dans de telles conditions, comment est-ce que je peux encore affirmer que je vaux mieux que tous les criminels inéduqués à son emploi?  Aucun d’entre eux n’a jamais réussi à lui créer autant de problèmes et à lui coûter autant d’argent que moi.

D’accord, Allen est arrogant.  Mais depuis quand est-ce un crime? Si j’avais mis autant d’efforts dans mon travail que j’en ai mis dans ma tentative de saboter le sien, j’aurais probablement pu monter en grade par mes propres mérites.  Il n’y a pas de mal à tenter de se faire valoir.  Sauf que, quand la seule façon que l’on choisit pour le faire, ce n’est pas en se montrant meilleur que les autres mais bien en tentant de prouver par tous les moyens que les autres sont pires que soi, ça en dit long sur ce que l’on vaut vraiment à nos propres yeux.  Je suppose que, histoire de compenser ou par réflexe de survie, plus notre estime de soi est basse, et plus on veut se prouver le contraire à chaque occasion qui passe.  Ça expliquerait pourquoi j’attachais une importance aussi capitale au fait que je ne voulais pas qu’Allen me prenne en défaut d’incompétence, même quand cette incompétence était une chose aussi anodine qu’un lavage de mains.

Et depuis quand est-ce que mon but est de monter en grade au Dunkin?  Je n’ai jamais voulu la place d’Allen.  Je voulais juste qu’il la perde.  Pas vraiment les meilleures motivations pour réussir dans la vie.

C’est ce que j’appelle le paradoxe du soi-disant bon gars.  C’est ne pas hésiter à poser les gestes les plus négatifs, commettre les actes les plus aberrants, les plus malhonnêtes, les plus cruels, dans le but de démontrer aux autres à quel point l’on est parfait, irréprochable et bon.

Ce qui démontre que, dans le fond, que ce soit en société comme au travail, en amitié comme en amour, le pire des gars qui soit, c’est trop souvent le soi-disant bon gars.

Et voilà pourquoi j’ai si longtemps fait comme si ces trois mois de ma vie ne s’étaient jamais produit. Parce que, durant cette courte période de mon existence, tout ce que j’ai fait, c’est démontrer ma vraie nature, soit susceptible, orgueilleux, prétentieux, menteur, hypocrite, revanchard, lâche, manipulateur, voleur, comploteur, fomenteur, et surtout égocentrique à la limite du sociopathe. C’est une chose de changer pour le mieux, c’en est une autre de reconnaître que l’on a d’abord été aussi pire.