40 signes pour détecter d’avance une personne conflictuodépendante

On m’a fait constater qu’il y a une faille dans la conclusion d’un de mes billet au sujet de la conflictuodépendance. Dans celui-ci, je dis qu’il faut se tenir loin de ces gens.  Or, dès qu’ils nous font passer à travers les dix étapes démontrant qu’ils le sont, ça nous amène à ça de toute façon. Et rendu-là, il est trop tard, le dommage est fait. La question est donc : Comment les reconnaître afin de pouvoir s’en éloigner avant que ça en arrive là? Je vous ai préparé une liste des comportements les plus communs que j’ai pu observer chez les six personnes conflictuodépendantes que j’ai eu le malheur de côtoyer dans ma vie.

L’an dernier, j’ai posté ici ce que j’appelle Le Questionnaire Landru, qui est une liste de comportements servant à déterminer si vous êtes en couple avec une personne vous faisant subir manipulation et violence domestique.  La personne n’a pas besoin de poser tous les gestes listés pour en être coupable.  Mais plus grand est le nombre de situations où on la reconnait, et plus grande est la preuve qu’elle l’est.  C’est pareil ici.

D’abord, petit rappel. Une personne conflictuodépendante manifeste cette personnalité lorsqu’elle passe à travers les dix étapes suivantes:

  • ÉTAPE 1: Cherche la querelle à une personne calme et sans histoire.
  • ÉTAPE 2: Le motif utilisé pour démarrer les hostilités est tellement anodin qu’il en est insignifiant.
  • ÉTAPE 3: Devant le refus de l’autre à entrer dans le conflit, insiste.
  • ÉTAPE 4: Envoie des accusations farfelues en prétendant connaître les motivations cachées de l’autre.
  • ÉTAPE 5: Accuse mensongèrement l’autre de quelque chose dont il est lui-même coupable et/ou honteux.
  • ÉTAPE 6: Manipule l’autre à l’attaquer sur ce point faible et/ou honteux.
  • ÉTAPE 7: Se victimise en se plaignant comme quoi l’autre l’a l’attaqué sur ce point faible et/ou honteux.
  • ÉTAPE 8: Fuit le conflit qu’il a lui-même créé.
  • ÉTAPE 9: Cherche à rallier leur entourage commun contre l’autre.
  • ÉTAPE 10: Cherche à rendre l’autre coupable de s’être défendu, et (s’il le peut) le punit pour l’avoir fait.

Et c’est pour détecter ce genre de personne, afin de mieux s’en tenir éloigné, que je vous donne aujourd’hui 40 signes qui ne trompent pas.

Tout d’abord, le plus important lorsque vous commencez à lier une nouvelle amitié, c’est de garder votre relation entre vous.  En ne l’amenant pas tout de suite dans votre cercle social, ça vous permettra de prendre le temps de la connaitre.  Il ne faut jamais oublier qu’au début de la relation, une personne va faire l’effort de se montrer sous son meilleur jour.  Avec les semaines et les mois, elle se sentira de plus en plus à l’aise et se montrera ainsi sous son visage véritable.  Et ce qu’il y a de bien de nos jours, c’est qu’avec Facebook, il est très facile de voir comment elle se comporte autant avec les autres qu’avec vous.  Voici donc les signes desquels il faut être à l’affut afin de déterminer si la personne est ou non conflictuodépendante.

1) À l’entendre, sa vie est une longue suite d’expériences négatives causées par des imbéciles et des abuseurs.
Si elle est introvertie, on peut comprendre que les gens prennent sa timidité pour de la soumission, ce qui attire en effet les abuseurs.  Mais si elle se montre au contraire extravertie et dynamique, méfiance. 

2) Tout est prétexte à comparaison en sa faveur.
Pour elle, il n’existe que deux manière de faire les choses: De sa façon, ou bien de la mauvaise façon.

3) Tout est prétexte à compétition en sa faveur.
Tout ce que tu as, elle a mieux.
Tout ce que tu fais, elle le fait mieux.
Tout ce que tu sais, elle le sait mieux.
Tout ce que tu dis, elle trouve à redire.

4) A très peu, sinon pas du tout, de tolérance pour les goûts différents des siens.
Tu aimes une série télé qu’elle n’aime pas? Alors tu as mauvais goût.
Tu n’aimes pas une série qu’elle aime? Tu n’as pas de goût.
Tu n’aimes pas quelque chose qu’elle et 98% de la population aiment? Tu es snob.
Elle n’aime pas quelque chose que toi et 98% de la population aiment? Tu es un mouton.
S’applique également au cinéma, aux arts, à la musique, la nourriture, les vêtements, les passe-temps, etc.

4) Et inversement, va te rabaisser sur les goûts que vous avez en commun.
Lorsqu’elle aime quelque chose, son esprit de compétition fait qu’elle pousse la chose à la limite du fanatisme.  Ainsi, ne va surtout pas lui dire que tu aimes une série télé qu’elle apprécie également.  Elle va alors te poser 8624 questions-tests, pour en arriver à un jugement sans appel: Comment peux-tu prétendre être une fan d’une série télé si tu ne connais pas la biographie exhaustive des 27 acteurs de la série ainsi que de leurs 27 personnages, des auteurs de la série, de la maison de production, ni être abonnée à chacune de leurs pages officielles?  ARRÊTE DE FARE SEMBLANT QUE TU ES UNE
VRAIE FAN, ESPÈCE DE POSEUSE. S’applique également au cinéma, aux arts, à la musique, la nourriture, les vêtements, les passe-temps, etc.

6) A une curieuse tendance à prendre personnel toute opinion différente de la sienne. 
Même si l’autre la respecte dans ses opinions, elle prend la divergence de celle de l’autre comme une attaque contre la sienne, et n’aura de cesse d’essayer de le convaincre qu’il a tort.  S’il reste sur ses positions, il doit s’attendre à des remarques condescendantes et/ou des insultes, si ce n’est pas de l’auto-victimisation en passant des commentaires du style de: « Ok, j’ai compris ton point de vue: C’est moi qui est conne de penser ça.  Merci bien! »

7) Elle est prudente.  Tu es parano.
C’est comme ça qu’elle voit la chose: Si elle se méfie de toi, elle est prudente.  Mais si tu te méfies d’elle, alors tu es parano.

8) Utilise beaucoup plus le moi que le je lorsqu’elle se compare avantageusement.
Moi, j’aime mieux…  Moi, je sais que…  Moi, j’ai…  Tandis que Moi…  Heureusement que Moi… Selon Moi… Parce que Moi… Je ne suis pas comme ça, Moi!

9) S’exprime de façon vague, pour pouvoir ensuite accuser l’autre de n’avoir rien compris.
Ce qui lui permet d’établir que l’autre n’est pas très intelligent et/ou qu’il est susceptible. 

10) Prend très mal le rejet.
Elle va quotidiennement casser les oreilles de tout son entourage comme quoi le gars sur qui elle a l’oeil depuis les 97 dernières semaine est le plus parfait spécimen d’être humain au monde, doux, gentil, intelligent, sans le moindre défaut.  Mais dès qu’il se montrera clairement non-intéréssé à elle, soudainement il sera con, superficiel, imbécile, rabaissant, hypocrite, immature, agressif, violent, pédosadozoophile…  Elle a également tendance à inverser les rôles au sujet de qui rejette qui.  Par exemple, il n’est pas rare qu’elle passe des années, voire des décennies, à suivre sur le net les moindres mouvements d’une personne qui a rejeté ses avances, tout en disant à tous que c’est lui qui la harcèle, qu’il est obsédé par elle, et qu’il a mal pris qu’elle lui ait dit non.  Ou quand elle tente d’avoir un boulot mais ne l’obtient pas, elle dira plutôt qu’ils ont tenté de la recruter mais qu’elle a refusé car cette compagnie n’est qu’une bande de [insérer défauts fantaisistes quelconques]

11) Trouve toujours à redire contre tes possessions.
Automobile, télévision, ordinateur, cellulaire, peu importe, elle se fera grand plaisir de te donner un commentaire aussi négatif que non-sollicité.  Ou bien tu l’as payé trop cher, ou bien c’est de la merde, ou bien c’est une vieillerie préhistorique, quand ce n’est pas carrément affirmer que « T’as pas besoin de ça! »

12) Se répète dans ses affronts.
L’exemple précédent n’arrivera pas qu’une fois.  Dès qu’elle aura décidé de te faire des remarques négative sur une de tes possessions, elle te les répètera à chaque fois qu’elle verra cet objet.

13) Insulte sans retenue en appelant la chose humour et sarcasme.
Si on lui fait remarquer que ses paroles sont blessantes, elle s’en défendra comme quoi ce n’était qu’une blague et que vous êtes décidément susceptibles.  Mais voilà, en disant ceci, elle ne fait que confirmer que ce qui la fait rire, c’est de blesser les autres.

14) Se vante que son usage constant d’ironie et de sarcasme est un signe d’intelligence supérieure.
Comme le démontrent certaines études sur le sujet, ce n’est pas faux. L’ironie et le sarcasme sont des exercices intellectuels.  Plus on pratique son intellect, plus il se développe.  Or, considérez ceci: De tous les sujets possibles sur lesquels faire travailler son cerveau pour l’amener à des niveaux supérieurs, elle a choisi de mettre ses efforts dans l’art d’insulter autrui.  Voilà qui en dit long sur sa personnalité, surtout si elle trouve qu’il y a de quoi s’en vanter.

– Au téléphone avec la seule personne capable de l’endurer à long terme: sa mère.

15) Jamais repentante, toujours furieuse.
Si tu oses lui dire qu’elle t’a blessé, insulté ou causé du tort, jamais elle ne va s’excuser ni être compréhensive.  Au contraire, ça va la plonger dans une grosse colère.  Et ça c’est parce que…:

16) C’est toujours la faute des autres.
Tu es insultée de sa remarque? Ce n’est pas elle qui est insultante, mais toi qui est susceptible.
Tu ne comprends pas ses sous-entendus?  Ce n’est pas elle qui manque de clarté, mais toi qui manque d’intelligence.
Elle a brisé une de tes possession?  Ce n’est pas elle qui est maladroite, mais toi qui a acheté de la mauvaise qualité.
Elle te fais la leçon? Ce n’est pas elle qui est condescendante, mais toi qui est stupide.
Elle te gifle? Ce n’est pas elle qui est violente, mais toi qui l’a provoquée.

17) Intervient souvent de façon à ternir publiquement l’image d’autrui.
Soit en démontrant (de façon pertinente ou non) qu’il est dans l’erreur, soit en comparant ce qu’il vient de dire/faire à quelque chose qu’il a dit/fait par le passé, afin de démontrer qu’il se contredit, est menteur, malhonnête, a mauvaise mémoire, etc. Non pas lors d’une dispute, non pas contre un ennemi, mais bien à son entourage, gratuitement, comme ça, pour le plaisir de leur faire perdre la face.

18) Attaque ceux à qui elle demande de l’aide.
Exemple vécu: Une amie vient chez moi chercher un peu de réconfort moral car rien ne va plus dans sa vie amoureuse. On en discute au salon. Au milieu de ses confidences, elle prend une pause pour me dire que mon divan est laid.  Puis elle reprend son récit en s’attendant toujours à de la compassion de ma part.

19) Attaque ceux qui lui demandent de l’aide.
Posez-lui une question, demandez-lui un renseignement. Son premier réflexe ne sera pas d’y répondre.  Elle va plutôt se montrer très intéressée du fait que vous l’ignorez.  Elle vous servira alors du:

  • Hein?  Tu l’sais pas?
  • Comment ça s’fait / en quel honneur que tu ne le sais pas? 
  • C’est toi qui [insérer activité quelconque] pis tu sais même pas ça?
  • Même [insérer le nom d’une personnes non-impliquée et/ou non-qualifiée] le sait, franchement! » 
  • Ben là, c’est évident!
  • Ça se dit tout seul!
  • T’as pas appris ça? / On te l’as pourtant appris / On te l’a pourtant dit.
  • Quoi, tu sais pas utiliser Google?

Pour elle, montrer qu’elle sait, c’est important.  Mais montrer que vous ne savez pas, ÇA, c’est mille fois plus important.  D’ailleurs…

20) les seules connaissance importantes et acceptables sont les siennes.
Tu ne sais pas quelque chose qu’elle sait?  Alors tu es ignorante et inculte.
Tu sais quelque chose qu’elle ne sait pas?  Alors tu perds ton temps à t’intéresser à des niaiseries sans importances.

21) Utilise La Vérité comme excuse pour manquer de délicatesse et de respect.
Elle ne se gênera pas pour pointer tous les travers d’autrui, en rajoutant que « Ben là, c’est la vérité, c’est pas de ma faute à moi si elle n’est pas capable de l’assumer. » 

22) Elle fait dans le deux poids deux mesures.
Par contre, si toi tu oses lui dire une vérité négative, alors là, tu l’attaques sur ses points faibles par pure méchanceté, par frustration, par susceptibilité…

23) A beaucoup de difficulté à décrocher lorsqu’elle (croit qu’elle) a une bonne raison pour blâmer autrui.
Tu reconnais tes torts?  Ça ne lui suffit pas, tu dois t’excuser.
Tu lui fais tes excuses?  Ça ne lui suffit pas, tu dois ne jamais recommencer.
Tu lui dis que tu ne le feras plus?  Ça ne lui suffit pas, tu l’as déjà fait.
Tu la rassures que tu feras attention désormais?  Ça ne lui suffit pas, c’était avant qu’il fallait faire attention.

24) Souffre du syndrome de la pédanterie grammaticale. (VF de Grammar Nazi)
Enfin, souffre, c’est vite dit.  En fait souffrir les autres serait plus exact. Lorsque cette personne ressent le besoin de se montrer supérieure aux autres / de descendre les autres plus bas qu’elle, elle ne peut s’empêcher de sauter furieusement sur cette occasion légitime de démontrer à tous que c’est elle qui a raison. 


25) S’exaspère exagérément afin de démontrer que la stupidité d’autrui est pour elle un très lourd fardeau moral à supporter.
Voir l’exemple précédent.

26) Utilise très souvent les qualificatifs frustré et susceptible pour désigner autrui.
Vous constaterez assez rapidement qu’elle fait ça dix fois plus que n’importe qui, alors qu’elle n’est pourtant entourée que de gens doux et passifs. 

27) Accuse autrui de défauts que, étrangement, elle est la seule à voir en eux.
Demandez à ceux qu’elle traite régulièrement de susceptibles et de frustrés, ils vous confirmeront que personne à part elle ne dit ceci à leur sujet.

28) Fait dans la prophétie auto-réalisatrice.
 Souvent par combinaison des deux points précédents:  Commence par sous-entendre que c’est dans votre nature d’être un susceptible et un frustré.  Puis, vous envoie à répétition des accusations farfelues et des remarques rabaissantes, dans le but de vous piquer au vif, afin de vous fâcher, ce qui a pour but de prouver qu’elle avait raison de vous qualifier d’être un susceptible frustré.

29) Mord la main qui la nourrit.
Parents, professeurs, patrons, on pourrait croire qu’une personne de qui elle dépend puisse être à l’abri de ses attaques.  Au contraire, elle ne manque jamais une occasion de leur démontrer qu’elle vaut mieux qu’eux, ou du moins qu’ils ne valent pas mieux qu’elle.  Et si l’opportunité ne se présente pas, elle la créera elle-même.

30) A déjà perdu son emploi pour des motifs ridicules.
Lorsque l’on a le malheur d’avoir une personne conflictuodépendante en milieu de travail, nous sommes coincés avec elle huit heures par jour, cinq jours par semaine.  Éventuellement, à force de faire chier ses collègues et patrons avec ses remarques condescendantes, elle rend l’atmosphère de travail tellement désagréable que la direction saute sur la première excuse, aussi ridicule soit-elle, pour s’en débarrasser.  Ainsi, j’en ai déjà connu une qui s’est fait renvoyer pour « avoir volé des dépliants publicitaires. »

31) Possède une mentalité Celui qui le dit c’est lui qui l’est et pire que moi d’abord alors ta gueule.
On le voit rapidement dès qu’elle reçoit la moindre critique.

32) Son temps libre pour argumenter en ligne dépend de qui est cible de reproches.
Si elle a quelque chose à te reprocher, une remarque négative à t’envoyer, un procès moral à te faire subir, elle peut y consacrer des heures. Par contre, cite la moindre de ses failles, elle mettra aussitôt fin à la conversation avec un Bye!  Fin de conversation, du reste, qu’elle ne respectera pas plus de trente secondes, avant d’en rajouter une couche (ou douze) de répliques sur la défensive-offensive.

33) Passe beaucoup de temps à tenter de te convaincre de l’appuyer dans ses guerres contre autrui. 
Ai-je dit appuyer?  En fait, attends-toi plutôt à ce qu’elle te demande de te battre à sa place et en son nom, puisqu’elle est trop lâche pour prendre part aux conflits qu’elle provoque elle-même.  Elle ira même jusqu’à te dicter quoi dire à sa cible.  Et elle n’hésitera pas à exprimer que ton hésitation fait qu’elle met ton amitié en doute, histoire te mettre de la pression à prendre son parti.  D’ailleurs… :

34) Ou bien tu es avec elle, ou bien tu es contre elle.
Puisqu’elle croit qu’il est impossible qu’elle puisse avoir tort, elle considère que ceux qui veulent rester neutre le font par refus de reconnaître qu’elle a raison. Donc, à ses yeux, rester neutre est une manière passive de l’accuser d’avoir tort.  Et ça, c’est un affront qu’elle n’encaisse pas.  D’ailleurs…

35) Elle prévient/menace son entourage qu’elle peut être leur amie ou leur ennemie. 
Que ce soit sur Facebook, son blog ou bien sa fiche de présentation sur un site quelconque, elle ne manque pas de décrire la chose en ces termes:

  • « Je peux être ta meilleure amie ou bien ta pire ennemie. »
  • « Mon comportement avec toi dépendra de ton comportement avec moi. »
  • « Je serai ton rêve le plus doux ou ton pire cauchemar. »
  • Et toute autre variante voulant dire la même chose.
  • …En rajoutant parfois des « Il n’en tient qu’à toi. ». « C’est toi qui choisis. » « Ça va dépendre entièrement de toi. », « C’est toi qui vois. », etc.

36) Évidemment, on la voit souvent passer avec autrui les trois premières (au moins) des dix étapes de la conflictuodépendance:

  • ÉTAPE 1: Cherche la querelle à une personne calme et sans histoire.
  • ÉTAPE 2: Le motif utilisé pour démarrer les hostilités est tellement anodin qu’il en est insignifiant.
  • ÉTAPE 3: Devant le refus de l’autre à entrer dans le conflit, insiste.

Et à cause de ceci…

37) Ou bien elle agit en agresseur arrogant envers sa cible, ou bien elle essaye très fort de se faire passer comme étant victime de cette même cible. 
Si elle n’arrive pas détruire sa vie sociale, amoureuse et professionnelle, alors elle inversera les rôles en prétendant mensongèrement que l’inverse est arrivé.  Comme ça, elle pourra au moins détruire sa réputation.  Mais ne lui demandez surtout pas des preuves de ce qu’elle avance, elle vous fera une grosse colère parce que vous avez osé commettre l’affront de mettre sa parole en doute.  À ce moment-là, attendez-vous à devenir une cible de plus pour elle.
  

38) C’est une ArguMenteuse.
Quand elle veut rabaisser quelqu’un, elle ne se laisse pas arrêter par des concepts ridicules tels l’honnêteté, la logique ou bien la vérité.   Elle fait plutôt dans l’interprétation biaisée des gestes et paroles de sa cible, exagérations, fabulations, déformation des faits, et autres mensonges. Autant il est facile de démontrer que ses attaques ont zéro pertinence, autant c’est une perte de temps pour sa cible de le faire plus d’une fois. Parce que peu importe quelle preuve l’autre amènera pour se disculper, elle répliquera toujours avec d’autres interprétations biaisées de gestes et paroles de sa cible, exagérations, fabulations, déformation des faits, et autres mensonges.  Et malheur à vous si vous le lui faites remarquer, elle vous accusera en braillant de la rabaisser.

39) Elle trouve un côté négatif à tout ce qui te procure de la joie. 
Peu importe ce que tu as à annoncer, elle a toujours la question ou la remarque pour te faire redescendre de ton nuage.

40) Elle va toujours te faire une comparaison tordue pour te faire passer pour un/e imbécile. 
Même si ton erreur est aussi anodine que d’arroser deux fois une plante qui ne demandait qu’un arrosage, elle te sortira des sophismes du genre de « Ça, c’est aussi intelligent que de rajouter de l’essence dans le réservoir d’huile te ton auto parce que ton réservoir d’essence est plein! »  

Si vous avez gardé cette personne à l’écart de votre cercle social pour vos premiers six à douze mois de contacts et que durant ce laps de temps elle n’a eu occasionnellement qu’entre zéro et trois de ces quarante comportements (parce que personne n’est parfait, quand même), vous pouvez la garder près de vous et la mêler à vos autres amis sans craindre quoi que ce soit.   Mais plus elle accumule de ces comportements, et mieux vaut accumuler la distance avec cette personne.

L’inutilité de laisser sa chance à une conflictuodépendante

Sérieusement, si vous avez une personne conflictuodépendante dans votre vie, éloignez vous-en au plus vite.  Ne croyez pas que vous êtes à l’abri de ses attaques.  Tôt ou tard, elle vous prendra pour cible.  Vous y laisserez votre amour-propre, votre respect de soi, et fort probablement votre vie sociale.  Depuis Geneviève la coloc de l’enfer, j’ai stupidement cru qu’une telle personne ne pouvait nous affecter que si on avait commis l’erreur de s’être mis en couple avec.  J’ai hélas appris à la dure que même une relation d’amitié pouvait nous exposer aux conséquences désagréables de ceux qui ont une telle personnalité.

D’actualité? Depuis quand est-ce que les gens se limitent à ne se déguiser qu’en ce qui est actuel? Dracula est-il actuel? Un clown est-il actuel? Pourtant il y a toujours plein de gens déguisés en Dracula et en clown à chaque année. Je ne vois pas la pertinence de son commentaire.

Pourtant, d’habitude, Maryse utilise des arguments logiques. En fait, les seuls moments où elle dit n’importe quoi publiquement sur le mur de Facebook de quelqu’un, c’est lorsque son besoin de se prouver supérieure à autrui est si grand qu’elle se fout de la logique de ses arguments, pourvu que ça puisse l’amener à descendre son interlocuteur. C’est ce qu’elle avait fait avec son neveu, si vous vous rappelez.

Est-ce qu’elle aurait décidé ce jour-là de me prendre pour cible dans ce but?  J’espère sincèrement que non.

Vous qui lisez ceci en ce moment, Je pense ne pas me tromper en affirmant que si quelqu’un vous dit « Visage de cadavre à la Tim Burton », à moins que vous proveniez d’une culture très différente de la mienne, les deux premières images qui vont vous venir en tête seront Monsieur Jack de L’Étrange Noël de Monsieur Jack et la mariée cadavérique du film du même nom au Québec, connu en Europe sous Les Noces Funèbres.

Euh… Une fille comme elle, grande fan de tout ce qui est Tim Burton, prétendre ne pas comprendre ce que je veux dire? C’est impossible! Je ne veux pas sauter aux conclusions mais je pense qu’elle cherche vraiment à m’humilier publiquement. C’est la seule raison logique pourquoi elle ferait semblant de ne pas comprendre. Je vais essayer de lui dire un truc démontrant qu’il m’est impossible de répondre à sa question. Avec un peu de chance, ça finira sur cette impasse et on pourra passer à autre chose.

Oh shit! Elle veut comprendre MA définition de Tim Burton. Voilà une phrase qui ressemble beaucoup trop à « Je cherche à t’amener à me donner une opportunité de démontrer publiquement que tu dis n’importe quoi. »  C’est le genre de piège grossier que les gens réservent pour ceux qu’ils méprisent.

Et elle insiste. 😦 Très bien alors!  Une seule façon de connaître ses intentions véritables : Étirer la sauce en faisant semblant moi aussi de ne pas comprendre. Si elle s’explique clairement, alors je me trompe sur son compte et c’est tant mieux. Mais si j’ai raison, alors elle va insister pour rester vague jusqu’à ce que je lui donne ce qu’elle veut de moi, c’est à dire une excuse pour me descendre publiquement. Passons-lui le test : Je vais lui demander pourquoi elle me pose cette question.

Bon! Ça ne peut pas être plus clair. Si ses intentions étaient de me rendre service en me renseignant, elle le ferait. Mais là, de son propre aveu, elle cherche à me faire passer un test, pour ensuite me juger sur ma réponse. Et puisqu’elle garde le silence sur ce qu’elle considère être la bonne réponse, ça signifie qu’elle attend de savoir ce que je vais dire pour être sûre de pouvoir trouver à contredire. D’un côté je veux éviter la confrontation. Mais d’un autre, je ne veux pas non plus accepter passivement de me faire humilier publiquement, surtout par quelqu’un qui se prétend mon amie.

Si je garde le silence, elle va revenir me harceler pour celui-ci. Si je lui réponds que je vois clair dans son jeu, elle va me traiter de susceptible. Et quoi que je réponde, elle aura une réplique qui aura comme but de démontrer que je suis dans l’erreur. Ce n’est pas de la parano, je l’ai vu faire ça tellement souvent par le passé avec d’autres. C’est la raison pour laquelle ça fait plus d’un an que je me suis désabonné de son fil de nouvelles et que je ne commente plus rien de ce qu’elle écrit. J’en avais marre de la voir sans cesse provoquer la dispute avec tout le monde, incluant d’autres membres de sa propre famille.

Je suppose que je n’ai pas le choix. Histoire de ne pas avoir à lui donner « MA définition de Tim Burton », je vais aller chercher patiemment les images requises sur les albums photos de l’année dernière de mes amies FB qui arboraient de tels maquillages, et en faire un montage.

Alors c’est ça, son argument? Que le seul moment où on a le droit d’utiliser « face de cadavre à la Tim Burton » pour décrire un maquillage, c’est lorsque la personne investit un nombre incalculable de temps et d’argent dans un cosplay? Mais à part les fanatiques qui se transforment ainsi lors de conventions, qui donc, parmi le commun des mortels avec un horaire chargé, un travail, de l’école, des enfants, et surtout qui n’a pas toujours le physique approprié pour être le sosie parfait d’un personnage fictif, va vouloir/pouvoir y consacrer le temps que ça prendrait?  Et tout ça pourquoi, pour accompagner ses enfants pendant deux heures pendant leur tournée de bonbons, ou pour passer quatre heures maximum dans un party entre amis?  Personne ne s’investirait à ce point pour si peu.

Je pourrais lui faire part de cet argument, mais à quoi bon!?  Elle a eu de moi ce qu’elle voulait.  Elle s’est prouvé ce qu’elle avait à se prouver.  Elle est satisfaite.  Il ne me reste plus qu’à y mettre de la bonne volonté et de conclure avec grâce.

Et voilà, c’est terminé. Nous pouvons maintenant passer à autre cho-

…

Elle insiste!

Ok, là, je craque!  Cette manifestation supplémentaire de son mépris dépasse les bornes.

Pour mes lecteurs qui ne sont pas calés en culture américaine, ceci est le logo de The More You Know, une série éducative destinée aux enfants.  Voilà donc une superbement condescendante claque sur ma gueule de sa part malgré tous les efforts que j’ai mis pour l’éviter.  J’ai essayé de détourner le sujet! J’ai été patient! J’ai été raisonnable! J’ai collaboré! Je me suis plié de bonne grâce! Mais là, il y a des limites à se faire chier dessus.

Et voilà! C’était inévitable. Bon ben maintenant qu’elle a officiellement établi que je ne sais pas de quoi je parle, que j’ai l’âge mental d’un enfant et que je suis un susceptible, est-ce qu’il me reste encore quelque chose à perdre?


Ok, wow! Ou bien j’accepte ses insultes, ou bien je suis misogyne. Je sais qu’il y a des gens qui ont une haute estime de leurs propres opinions. Et moi le premier. Par contre, qu’une fille se croit tellement dans son droit de rabaisser un autre qu’elle considère que la seule raison pourquoi il se défend, c’est parce qu’il a des préjugés contre le sexe opposé? Je n’avais encore jamais vu ça.

Euh… En fait, je me trompe. J’ai déjà vécu ça avant, de la part de Geneviève la coloc de l’enfer. Je suis renversé de voir que deux personnes qui ne se sont jamais rencontrées ont pu, à quinze ans d’intervalle, me servir la même réplique sans pertinence.  À personnalités semblables, arguments sophistes semblables, faut croire. (C’est cet élément qui m’amènera à me pencher sur les raisons de ce comportement, ce qui m’amènera une semaine plus tard à découvrir le phénomène que je baptiserai conflictuodépendance.)

Et encore un argument accusateur à base de n’importe quoi. Elle sait parfaitement que tout ce qui est envoyé via Facebook reste archivé par Facebook. Je n’ai donc pas d’obsession à tout garder, contrairement à ce qu’elle prétend.  En tout cas, on reconnait bien là l’hypocrisie propre aux trolls: Faire tout pour frustrer autrui, pour ensuite le blâmer d’être frustré.

Mon premier réflexe en lisant ceci fut de vouloir lui demander pourquoi, lorsqu’elle attaque autrui, personne ne lui dit rien. Mais dès que l’une de ses victimes ose exposer son comportement désagréable, alors là, scandale! Puis je me suis ravisé. C’est que j’ai réalisé qu’avec ce commentaire qu’il m’a écrit, Dérek m’offrait l’opportunité de décrire le problème tel qu’il est :

« Et le combat cessa, faute de combattants. » (Pierre Corneille, Le Cid, Acte IV, Scène 3, Rodrigue.)  Je n’ai cependant pas pu résister à l’envie de conclure comme il se doit, en lui rendant son…:

J’avais à peine posté ce dernier commentaire qu’un message apparut dans ma boite, de la part d’une amie commune.  Je me serais attendu à des réprimandes.  Mais non:

S’en suivirent deux autres messages en provenance d’autres amis communs:

Cette dernière phrase me fait réfléchir.  Je me demande en quoi est-ce que ce serait une bonne chose qu’elle me pardonne?  Elle provoque le conflit, elle est condescendante, elle cherche toujours à descendre tout le monde. Il y a un an et demi, j’ai tenté d’en discuter avec elle en privé, sans succès. Elle ne peut donc pas se cacher derrière l’excuse comme quoi elle ignorait que ce comportement de sa part me déplait. Pourtant, elle vient de récidiver.  En quoi est-ce que quelqu’un qui agit de la sorte puisse être digne du titre d’ami?  C’est cette question qui m’a décidé, deux jours plus tard, à faire cette petite (?) modification à mon dernier commentaire:


Deux mois s’écoulent.  Ma conjointe décide de profiter de ses semaines de congé de l’université pour planifier la pendaison de crémaillère de notre condo à l’Ile-des-Soeurs.  On se choisit une date entre Noël et le jour de l’an, histoire de ne pas entrer en conflit d’horaire avec ceux qui fêtent en famille.  Je me charge de créer l’événement sur Facebook.  Notre dispute étant déjà de l’histoire ancienne dans ma tête, je cherche Maryse dans ma liste d’amis pour l’inviter.

… Pour réaliser qu’elle n’y est plus.  Elle m’a enlevé de ses contacts.

J’en parle à ma conjointe, et nous arrivons à la conclusion que nous voilà dans un vilain dilemme.  Si nous invitons tous nos amis communs incluant son Jules, il est évident qu’elle va le prendre furieusement personnel.  Quant à nos amis, à qui elle s’est tous plaint de notre dispute, ça va les mettre dans la très inconfortable position de devoir choisir entre accepter notre invitation à un party où elle ne sera pas, ou s’en abstenir pour ne pas la choquer.  Ce n’est pas ce que nous souhaitons leur faire.  Il a donc fallu se résigner à n’inviter que la poignée d’amis non-communs que nous avions.  Ce qui devait être une fête de vingt à trente personnes est devenu un simple souper à cinq.   Sa conflictuodépendance avait gâché notre soirée en particulier, et notre vie sociale en général.  Elle s’en lavera les mains, disant que c’était de notre responsabilité de se faire de nouveaux amis durant les deux mois dans lesquels nous ignorions qu’elle m’avait banni.

Les dix étapes de la conflictuodépendance.  Encore une fois, tout comme les autres personnes dont il a été question jusqu’ici dans cette série de billets, elle les a, elle aussi, toutes franchies:

ÉTAPE 1: Cherche la querelle à une personne calme et sans histoire.
Je ne fais qu’écrire un statut anodin sans rapport à elle.

ÉTAPE 2: Le motif utilisé pour démarrer les hostilités est tellement anodin qu’il en est insignifiant.
La définition de ce que devrait être « visage de cadavre à la Tim Burton ».

ÉTAPE 3: Devant le refus de l’autre à entrer dans le conflit, insiste.
Mon refus de m’y prêter et son insistance sont ici très clairs.

ÉTAPE 4: Envoie des accusations farfelues en prétendant connaître les motivations cachées de l’autre.
Selon elle, si je n’aime pas me faire humilier publiquement, c’est parce que je suis un misogyne.

ÉTAPE 5, et celui-ci est non seulement le plus illogique de tous, c’est à partir de ce point que l’on voit qu’il s’agit de conflictuodépendance et non d’une simple querelle banale: Accuse mensongèrement l’autre de quelque chose dont il est lui-même coupable et/ou honteux.
Elle dit que j’attaque les autres dans le but de me donner une impression de supériorité, alors que c’est elle seule qui venait de passer une heure et douze minutes sur mon statut à ne faire que ça.

ÉTAPE 6: … et ainsi, consciemment ou non, manipule l’autre à l’attaquer sur ce point faible et/ou honteux.
Ce que je fis, deux fois: D’abord en exposant la fois où elle avait eu un comportement semblable avec son neveu.  Et ensuite dans la révision de mon dernier commentaire.

ÉTAPE 7: Se victimise en se plaignant comme quoi l’autre l’a l’attaqué sur ce point faible et/ou honteux.
Elle se présente en victime de ma susceptibilité, de ma frustration, de ma misogynie, du fait que je garde tout en archives pour faire des hosties de comeback…  Car en effet, puisqu’elle ne peut nier l’évidence publique de ses comportements désagréables, alors elle se plaint que je les expose.

ÉTAPE 8: Fuit le conflit qu’il/elle a lui/elle-même créé.
« Ok, ça suffit, j’me casse! »

ÉTAPE 9: Cherche à rallier leur entourage commun contre l’autre.
Encore une fois, quelques uns de nos amis communs nous ont en effet rapportés des plaintes qu’elle  leur faisait à mon sujet.

ÉTAPE 10: Cherche à rendre l’autre coupable de s’être défendu, et (s’il le peut) le punit pour l’avoir fait.
Les problèmes que ça cause au niveau de notre vie sociale, comme le démontre le gâchis de notre soirée planifiée.

Je conclus donc en vous rappelant de vous tenir aussi loin que possible de ces gens.  Parce qu’une fois que cette personne sentira qu’elle s’est incrustée assez dans votre vie pour vous laisser le choix entre accepter ses insultes ou bien ruiner votre réputation et votre vie sociale, elle le fera.  C’était vrai avec Geneviève la Coloc de l’Enfer il y a seize ans, et c’était encore vrai avec Maryse l’an dernier. 

Il n’y a pas que la charité bien ordonnée qui commence par soi-même. Le respect aussi.  Vous vous devez bien ça.

L’inutilité du dialogue avec une personne conflictuodépendante.

Il arrive parfois que les gens me disent « Si une personne X a un comportement aussi désagréable que tu le décris, pourquoi est-ce que tu ne lui en parles pas en privé, au lieu d’étaler ça sur ton blog? » Il est vrai que le dialogue est l’option la plus logique afin de régler un conflit. La preuve: Voici une capture d’écran non-retouchée d’un tel échange dans une situation où c’était moi le fautif.

Le contexte : Je fais partie d’un groupe privé facebookien nommé The Incorrect Humour Group, dans lequel on se permet de rire de sujets de mauvais goût. J’y ai posté une image dont l’humour douteux est à base de redhead shaming (humiliation des rouquins), une pratique popularisée par l’épisode 11 de la 9e saison de South Park. Une minute plus tard, je reçois un message privé de l’un des autres membres :


À quelques fautes de frappe près, vous venez d’assister à un excellent exemple de résolution de conflit tel que c’est supposé se passer :

  • Il me dit que j’ai fait un truc avec lequel il n’est pas à l’aise.
  • Je comprends son point.
  • Je vois que j’ai fait une erreur.
  • Je lui fais mes excuses.
  • Je me rétracte.
  • Il voit ma bonne foi et en est satisfait.
  • J’en tire une leçon grâce à laquelle je ne referai pas cette erreur dans l’avenir.

Et voilà! Tout le monde est poli, tout le monde comprends le point de vue de l’autre, tout le monde collabore, le tout se fait en privé, et le problème est réglé maintenant et jusqu’à l’heure de notre mort, amen!   Et regardez l’heure de nos échanges.  De 21:55 à 22:03.  Le tout a été résolu en huit minutes.

Si la situation s’est réglée aussi facilement, c’est que ni lui ni moi ne sommes des personnes conflictuodépendantes. Parce qu’à partir du moment où l’un des deux l’est, c’est plus long, c’est plus pénible, et ça ne résout rien. Ce qui suit se base sur une discussion réelle dans laquelle j’ai tenté d’ouvrir le dialogue avec une conflictuodépendante au sujet de son comportement pénible.  Pour l’afficher ici, j’ai non seulement changé l’identité de la personne, j’ai dû fortement tronquer le texte sinon on y passait la journée.




M’ouais…

  • Je lui dis qu’elle fait un truc avec lequel je ne suis pas à l’aise.
  • Elle nie, me blâme et se victimise.
  • J’explique plus clairement.
  • Elle nie et me blâme.
  • Voyant que ça ne mène à rien, je lui fais mes excuses et termine la conversation.
  • Elle me blâme.
  • Je lui fais mes excuses et termine la conversation.
  • Elle insiste pour continuer à me blâmer.
  • Je me réexplique.
  • Elle me blâme, se victimise et ment.
  • Je lui pointe comme quoi elle ment.
  • Elle me blâme d’en rajouter alors que c’est elle qui ne cesse d’insister après que je lui ai dit par deux fois que c’était terminé, se victimise, et fuit.

Ainsi, le problème reste non-réglé et se reproduira dans l’avenir. Et ça ne parait pas ici puisque c’est une reproduction et qu’elle est très abrégée, mais cet échange a commencé un peu avant minuit et s’est terminé à 7:22 le matin suivant.  On est loin du huit minutes de mon premier exemple.  Et dans les quarante-huit heures qui suivirent, quatre personnes m’ont fait savoir qu’elle avait partagé notre échange avec eux.  Voilà pour le côté « on règle ça en privé ».  Mais bon, ce n’est pas pour rien que la 9e des dix étape de la conflictuodépendance est: Cherche à rallier leur entourage commun contre l’autre.

Une conflictuodépendante n’agit pas comme telle qu’avec une seule personne.  Tôt ou tard, tous les gens constituant son entourage font les frais de sa personnalité.  Aussi, il est inévitable qu’avec le temps, elle reçoive de plus en plus de commentaires au sujet de son comportement désagréable et/ou que le nombre de gens avec qui elle se met en froid augmente.   Éventuellement, même si elle continue d’essayer de se le nier à elle-même, il est impossible qu’elle ne s’en rende pas compte. Dans ce temps-là, il se produit parfois un miracle: Elle donne l’impression qu’elle puisse être prête à avoir l’esprit ouvert sur le sujet :


Et voilà pourquoi je dis qu’elle ne fait que donner l’impression d’avoir l’esprit ouvert.  Ce que la personne conflictuodépendante cherche vraiment à faire, ce n’est pas d’apprendre si son comportement est fautif. Et c’est encore moins de le corriger puisque le faire équivaudrait à s’admettre qu’il l’est, chose qu’elle refuse de s’avouer. Non, son but est plutôt de le nier car la réalité lui est trop difficile à accepter. C’est de blâmer la victime afin de s’innocenter elle-même.  C’est d’inverser les rôles agresseur/victime afin de s’approprier elle-même le statut de victime.  Tel que j’en ai déjà parlé dans le billet au sujet de sa tentative d’humilier son neveu, mettre la chose publique comme elle le fait, c’est chercher l’approbation des autres.  C’est désirer recevoir la confirmation comme quoi elle a raison. Bref, c’est avoir besoin d’être rassurée comme quoi elle est dans son droit de se croire supérieure. Ainsi, même si dix, cent ou mille personnes lui disent qu’elle est dans le tort, elle va les ignorer, en ne portant son attention que sur la seule et unique qui ne lui dira que ce qu’elle désire entendre.

Voilà pourquoi on peut classer les gens de son entourage en quatre catégories :

  1. Ceux qui la connaissent depuis peu et qui sont patient, croyant qu’elle ne fait que traverser une phase, en espérant qu’elle finisse par se calmer.
  2. Les victimes consentantes qui savent qu’elle est comme ça et qui acceptent son manque de respect et ses abus.
  3. Les lèche-cul qui ne sont là que pour lui dire qu’elle est belle, gentille et parfaite et que ce sont tous les autres qui sont dans le tort.
  4. Les membres de sa famille qui, à cause du statut familial, ont une obligation de l’endurer.

La conflictuodépendante bannira promptement de son cercle de fréquentations tous ceux qui n’entrent pas dans ces catégories.  Et ça, c’est s’ils ne s’en sont pas déjà éloignés de leur propre chef par écoeurement.

Je reviens à mon premier exemple, tout en haut de cet article, lorsque Louis-Sébastien m’a expliqué pourquoi il ne se sentait pas à l’aise avec mon gag de mauvais goût.  Je ne me suis pas caché derrière l’excuse comme quoi il est normal que ce genre de choses soit posté dans un groupe nommé Incorrect Humour, Je ne lui ai pas fait remarquer que si ça le dérange, personne ne l’oblige à rester.  Je ne l’ai pas attaqué en le qualifiant de susceptible. Et ne n’ai pas non plus été moi-même un susceptible insulté que l’on ose trouver à redire contre l’un de mes gestes. Quant à lui, après ma rétraction et mes excuses, il n’a pas non plus insisté comme quoi j’étais une personne irréfléchie.  Il s’est encore moins acharné à utiliser des arguments mensongers, et a encore moins conclus en se faisant passer pour pauvre victime de mon épouvantable méchanceté, contrairement à « Maryse Aubry ».

Essayer d’engager le dialogue avec une personne conflictuodépendante dans le but de régler un conflit, c’est une perte de temps. Parce que, comme le dit le mot, sa basse estime d’elle-même fait qu’elle est dépendante des conflits. Le conflit lui permet de rabaisser les autres plus bas qu’elle, ce qui est le seul moyen que son subconscient a trouvé pour lui procurer temporairement le sentiment de supériorité dont elle a tant besoin moralement pour (sur)vivre.  Dans de telles conditions, la dernière chose qu’elle veut entendre et surtout reconnaitre, c’est qu’en faisant ceci, elle a un comportement fautif.

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La capture d’écran du neveu humilié.
Wikipedia: Denialism.
Wikipedia: Blâmer la victime.
Journal du Net: Stop au processus d’auto-victimisation.
Les autres articles classés sous « La Conflictuodépendance ».

La Conflictuodépendance: Le réflexe compensatoire

Comme j’en ai déjà parlé dans le billet Les Raisons de la Colère, la fonction de base du cerveau est de produire l’instinct de survie. Ce n’est pas exclusif à l’être humain. Tous les animaux l’ont: Le lion qui court après la gazelle afin de manger.  La gazelle qui fuit pour ne pas l’être.  Le chaton naissant qui, malgré un cerveau totalement vierge d’expérience de vie, sait qu’il lui faut trouver la mamelle et téter   Chez l’être humain moderne, la civilisation s’occupe déjà de nous fournir tout ce dont on a besoin pour la survie de base, et ce dès la naissance : Nourriture, chaleur, logis. Ainsi, une personne peut passer sa vie entière sans que son instinct de survie ne soit sollicité. Or, sollicité ou non, cet instinct fait partie de nous. Et puisque nous n’en avons pas besoin pour survivre au niveau physique, il se manifeste alors au niveau psychologique.

Tout le monde connait le principe de la survie du plus fort. À notre époque, la survie a été remplacée par un autre concept: Le succès.  C’est sur cette base que l’on jauge la force ou la faiblesse de l’individu.  La preuve, c’est que depuis les trente dernières années, il n’est pire tare sociale que d’être étiqueté comme étant un perdant, un loser.  Pour cette raison, ce qualificatif est devenu l’insulte de choix pour rabaisser les autres.  C’est ainsi que la peur du loserisme porte certaines personnes à vivre sous la crainte des conséquences de leurs propres faiblesses.  C’est ce que l’on appelle le sentiment d’infériorité. Et puisque c’est pour eux un sentiment trop difficile à assumer, leur instinct de survie se manifeste sous une forme que j’ai nommé le réflexe compensatoire.  C’est quelque chose que le psychothérapeute Alfred Adler, père de la psychologie individuelle, avait déjà découvert.  Mais lui, il l’a tout simplement appelée la compensation.

Les hommes de cinéma Arnold Schwarzenegger et Woody Allen sont deux excellents exemples de ce phénomène. Arnold, était un adolescent chétif.  Il a compensé en devenant, à une époque, l’homme au physique le mieux développé de l’univers.  Woody y est allé autrement.  Petit, moche, maigre, faible, n’ayant rien pour séduire selon les standards de beauté, il a passé sa vie à compenser de trois façons.  La première, en se mettant en scène dans des comédies où ses carences physiques l’amènent à vivre toutes sortes de déboires qui ont pour but de lui gagner la sympathie du public, donc d’être aimé malgré son apparence.  La seconde, en se mettant en scène dans des films où il finit au lit avec une ou plusieurs belles jeunes filles.  Et dans les deux cas, il ne manque pas de passer le message comme quoi il est un excellent baiseur, ce qui est le réflexe compensatoire classique de l’homme complexé.  La troisième façon, c’est dans la vraie vie, en ayant des relations avec le genre de femmes que l’homme moyen considèrerait hors d’atteinte, comme les actrices Diane Keaton et Mia Farrow.  Dans cette optique, son ultime tour de force compensatoire fut de séduire, à 56 ans, une jeunette de 19,  Soon-Yi Previn, qui est aujourd’hui son épouse.

Le réflexe compensatoire pour une basse estime de soi est également à la base de la personnalité conflictuodépendante.

D’abord, petit rappel. Une personne conflictuodépendante manifeste cette personnalité lorsqu’elle passe à travers les dix étapes suivantes:

  • ÉTAPE 1: Cherche la querelle à une personne calme et sans histoire.
  • ÉTAPE 2: Le motif utilisé pour démarrer les hostilités est tellement anodin qu’il en est insignifiant.
  • ÉTAPE 3: Devant le refus de l’autre à entrer dans le conflit, insiste.
  • ÉTAPE 4: Envoie des accusations farfelues en prétendant connaître les motivations cachées de l’autre.
  • ÉTAPE 5: Accuse mensongèrement l’autre de quelque chose dont il est lui-même coupable et/ou honteux.
  • ÉTAPE 6: Manipule l’autre à l’attaquer sur ce point faible et/ou honteux.
  • ÉTAPE 7: Se victimise en se plaignant comme quoi l’autre l’a l’attaqué sur ce point faible et/ou honteux.
  • ÉTAPE 8: Fuit le conflit qu’il a lui-même créé.
  • ÉTAPE 9: Cherche à rallier leur entourage commun contre l’autre.
  • ÉTAPE 10: Cherche à rendre l’autre coupable de s’être défendu, et (s’il le peut) le punit pour l’avoir fait.

Et pourquoi cette personne entre-t-elle dans l’étape 1 pour commencer?  C’est le sujet de ce billet.

Lorsque l’on souffre d’un complexe d’infériorité, notre réflexe compensatoire consiste à convaincre les autres, à commencer par se convaincre soi-même, que l’on est au contraire leur supérieur.  Tout dépendant de la façon dont on s’y prend pour atteindre ce but, on peut être classés dans l’un de ces trois différents types:

  1. Le complexé de type 1:  Il reconnait qu’il est inférieur.  Il accepte le fait qu’il doit mettre de l’effort pour devenir supérieur.  Il y travaille sérieusement. Il réussit.  Exemple: Arnold Schwarzenegger qui a passé d’adolescent chétif à Monsieur Univers.
  2. Le complexé de type 2: Il reconnait son infériorité mais refuse de la laisser l’arrêter. Il veut avoir les mêmes avantages que ceux qui lui sont supérieurs, mais sans y mettre les mêmes efforts.  Il trouve donc des moyens détournés pour y arriver. Exemple: Woody Allen qui a obtenu pouvoir de séduction, non par son physique mais via notoriété cinématographique.
  3. Le complexé de type 3: Refuse d’accepter son complexe d’infériorité, ou bien ne possède pas la force morale pour être capable de reconnaitre en avoir un.  Compense en se prétendant supérieur.  A besoin de se le prouver pour se rassurer.  Tente sans cesse de descendre les autres plus bas que lui, histoire d’être leur supérieur par défaut.  Exemple: Les conflictuodépendants.

Pour le complexé de type 3, le sentiment de supériorité est un réflexe de survie.  Voilà pourquoi son bien-être moral et mental dépend du conflit car il n’y a que ça qui puisse lui donner l’opportunité de se prouver supérieur sur une autre personne.  Dans l’ouvrage Relation of threatened egotism to violence and aggression: the dark side of high self-esteem, les auteurs décrivent la chose en ces termes (que je traduis): L’individu qui souffre de mauvaise estime de soi va avoir le réflexe de vouloir démarrer des conflits dans des situations où il croit pouvoir triompher.   Un peu plus loin, on explique le choix de sa cible en ces mots: S’en prendre à une cible puissante demanderait une grande confiance en soi.  Mais lorsque la cible est faible, les chances de succès lui semblent meilleures.  […]  Ainsi, c’est celle-ci qu’il ira attaquer.  Non pas parce que la faible estime de soi cause la violence, mais bien parce qu’elle les pousse à se chercher le genre de victime qui lui semble peu portée à se défendre.

Facebook étant le terrain de choix dans lequel les conflictuodépendants se manifestent, c’est de là que viennent les exemples qui vont suivre.  Bien que ceux-ci soient fictifs, incluant les noms et photos, ils se basent sur des faits bien réels. Voici donc l’exemple d’une complexée de type 3 qui applique ici les étapes 1 (initie le conflit avec une personne calme sans histoires) et 2 (sur un sujet anodin) :

Son statut d’adulte et son titre et de matante lui donne naturellement un sentiment  d’autorité sur le jeune homme.  Et le statut de neveu de ce dernier l’oblige à garder envers elle un certain respect.  Pour toutes ces raisons, il est donc pour elle, tel que cité plus haut, le genre de victime qui lui semble peu portée à se défendre. Voilà pourquoi elle l’a instinctivement choisi.

Il aurait pu s’agir d’une simple boutade entre membres d’une même famille, une plaisanterie entre gens proches.  Alors qu’est-ce qui  permet d’affirmer que c’est plutôt un cas de conflictuodépendante qui rabaisse les autres pour se sentir supérieure afin de compenser pour un sentiment de basse estime de soi?  Simple: Le fait qu’elle en a pris une capture d’écran afin de montrer fièrement la chose à ses amis.

Agir ainsi, c’est chercher l’approbation des autres.  C’est désirer recevoir la confirmation comme quoi elle a raison. Bref, c’est avoir besoin d’être rassurée comme quoi elle est dans son droit de se croire supérieure.  Malheureusement, lorsque notre complexe d’infériorité nous pousse à sauter sur chaque opportunité de prouver le contraire, on ne prend pas toujours la peine de vérifier la pertinence de nos arguments.  La preuve, c’est que l’argument de Maryse repose sur deux points qui ne tiennent pas la route.  Le premier est erroné, car la citation bouddhiste ne parle pas de simplicité volontaire,  Elle dit d’accepter le fait que certaines choses ne nous sont pas destinées.  Par exemple, l’amour d’une personne qui nous intéresse sans que ce soit réciproque.  Et son second point est illogique, car elle compare une chose qui ne lui serait pas destinée avec un iPhone qu’il possède.

J’ai songé à lui pointer ces deux failles dans son raisonnement.  Mais sachant à quel point elle était susceptible, j’ai plutôt choisi de lui répondre un commentaire neutre, qui ne faisait que de décrire ce qu’elle venait de faire.

… Ce qui l’a quand même mise en colère.

Là encore, j’aurais pu lui pointer les deux erreurs qu’elle faisait à comparer ses commentaires à mes billets de blog.  Mes lecteurs savent le genre de textes qu’ils vont trouver ici, alors ils me visitent volontairement, en toute connaissance de cause.  Tandis qu’elle, elle va envahir le mur Facebook des autres pour leur rentrer ses opinions négatives de force dans la gorge en public.  Et lorsque j’expose des captures d’écran, je change le nom et les photos, chose qu’elle n’avait pas fait en distribuant sa capture d’écran originale.  Mais là encore j’ai préféré m’abstenir de le lui dire.  Parce que soyons francs, pour écrire ce qu’elle a répondu à mon commentaire qui était pourtant objectif, il faut être extrêmement susceptible. 

Et justement, Alfred Adler voit dans l’extrême susceptibilité le signe révélateur d’un sentiment d’infériorité, en ce qu’elle surgit chaque fois que la personne a le vague sentiment qu’on a mis le doigt sur le défaut de sa cuirasse.  On ne peut pas nier que c’est exactement ce qui s’est passé ici. Cette théorie se retrouve également dans l’ouvrage The dark side of high self-esteem: Ces gens deviennent agressifs lorsqu’ils reçoivent des commentaires qui vont à l’encontre de l’image favorable qu’ils ont d’eux-mêmes.  Bref, ils deviennent frustrés dès que l’on insinue qu’ils ne sont peut-être pas aussi supérieurs qu’ils le prétendent. 

Ce comportement est également décrit ici en ces termes:  La peur de se trouver en état d’infériorité vis-à-vis d’autrui s’est ainsi enracinée dans le cœur des hommes et a créé le sentiment de l’amour-propre (autre nom de l’orgueil). Une offense à l’amour-propre se traduit quelquefois par la pâleur, le plus souvent par la rougeur émotive (honte dans le cas d’acceptation de l’infériorité, colère dans le cas de révolte).  […] Conserver la face vis-à-vis de l’opinion publique est donc le fondement de l’amour-propre et, par conséquent, le fondement de la morale.

Ce qui en revient à ce que je disais dans mon billet Les Raisons de la Colère: Celui que l’on empêche d’agir selon son instinct de survie réagit avec violence.  Puisque c’est son instinct de survie morale qui l’a poussé à tenter de démontrer publiquement son neveu inférieur à elle, la contrarier sur ce point, ou même refuser de prendre son parti par désir de rester neutre, ce fut instinctivement pris comme étant une menace pour sa survie. D’où sa réaction de colère.

La personnalité narcissique n’est pas toujours source de conflits.  Beaucoup de gens ont une haute estime d’eux-mêmes sans pour autant ressentir le besoin de rabaisser les autres.  Alors pourquoi certains narcisses sont-ils incapables de vivre en harmonie avec les autres, ce qui les rends conflictuodépendants? L’une des raisons est bien expliquée au point #5 de cet article de Cracked: Lorsqu’il s’agit de succès et d’estime de soi, les gens ont la fâcheuse tendance à prendre le problème à l’envers:  Au lieu de reconnaitre que c’est le succès qui apporte l’estime, la fierté et la confiance, on nous bourre le crane dès notre enfance que nous devons d’abord ressentir de l’estime de soi, de la fierté et de la confiance en nos capacités, et que c’est ça qui va nous apporter le succès.  Tu grandis donc avec l’idée erronée que même sans avoir accompli quoi que ce soit, tu vaux autant que ceux qui ont accompli quelque chose. Hélas, ça a eu comme conséquence fâcheuse de t’apporter instinctivement le sentiment que tu veux mieux que ceux qui ont été obligés de travailler fort pour atteindre la même valeur que tu crois avoir. 

Et voilà comment nous avons créé une superbe génération de douchebags auto-suffisants qui croient que tout leur est dû. Alors quand leur sentiment de supériorité se bute au fait qu’ils n’ont rien pouvant le justifier, c’est là que se manifeste leur réflexe compensatoire.

Tant qu’ils s’agit de complexés de type 1 et 2, ça va.  Mais si vous avez le malheur d’avoir un complexé du type 3 dans votre entourage, alors attendez-vous à une relation abusive.  Normal: Abuser des autres en les rabaissant sans cesse, c’est le propre des conflictuodépendants.

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Les liens internes cités dans ce texte:
Mes Prétentions de Sagesse: Les Raisons de la Colère.
Mes Prétentions de Sagesse: Autopsie du Loser.
Mes Prétentions de Sagesse: SÉRIE: La conflictuodépendance

Liens externes.  Parce que des fois, il est bon de démontrer que mes  théories sont confirmées par des recherches reconnues.
Wikipedia: Alfred Adler.
Wikipedia: La Psychologie Individuelle.
Psychologie.com: La psychologie adlérienne.
Psychologie.com: La compensation (avec l’exemple d’Arnold Schwarzenegger)
Relation of threatened egotism to violence and agression: The dark side of self-esteem  (PDF)
Encyclopédie anarchiste: L’infériorité
Cracked: 6 bullshit facts about psychology that everyone believes.
Santé Psy: Qu’est-ce que la compensation.
Psychoweb: Narcissisme et culte de la consommation.

Christine, première partie: La moitié de mon âge.

Mercredi 4 mars 2015.  Je profite de cette première journée chaude et ensoleillée de l’année pour me balader dans Hochelaga, ce quartier de Montréal dans lequel le hasard me ramène pour la première fois depuis 1991-92.  Je constate plusieurs choses. D’abord, que 90% des bâtiments et habitations de ce quartier n’ont pas changé d’un poil en vingt-trois ans.

Et ensuite, le fait qu’il a fallu passer à travers le plus froid mois de février en 115 ans pour considérer que le 1°C d’aujourd’hui puisse être chaud.  Comme quoi il est vrai que certaines choses doivent être mises en contexte pour être comprises. 

Tiens, parlant de comprises, je constate que je ne peux plus lire, entendre, dire ou penser ce mot sans que ça me rappelle cette citation d’Oscar Wilde, Les femmes sont faites pour être aimées, non pour être comprises.  Bonne chose que l’homosexualité ne soit pas un choix délibéré, sinon un cynique pourrait avancer l’hypothèse que celle de ce Monsieur Wilde serait due au fait qu’il a compris les femmes, lui.  Ou du moins, qu’il aurait connu Christine.  Christine à qui je pense en ce moment car elle habitait justement ici, chez ses parents, au coin des rues Ontario et Montgomery.  Christine qui était ma collègue de travail lorsque je travaillais au Dunkin Donuts, coin Monk et Jolicoeur à Ville-Émard.  Christine qui était mon amante.  Et c’est le genre d’amante qui pourrait pousser un homme hétéro à reconsidérer son orientation sexuelle.  Un rapide calcul me montre qu’à ce moment-là j’avais 23 ans, soit la moitié de mon âge actuel. 

Tout en parcourant ces vieilles rues, je me laisse aller à la nostalgie, à mes souvenirs, à ce que j’ai vécu, à ce que j’ai fait, à ce que j’ai dit, à ce que je pensais, et… Et c’est là que je fais ma plus grande constatation de toutes: Celui que je suis aujourd’hui n’a plus rien en commun avec celui que j’étais à l’époque.  Et c’est incroyable à quel point c’est une bonne chose.  Pour quelqu’un qui s’est toujours cru plus sage, plus réfléchi et plus intelligent que la moyenne, j’ai de la difficulté à croire que j’ai pu être aussi stupide, odieux, hypocrite, loser, et même un peu douchebag.  Bon, dans ce dernier cas, je parle de la personnalité, parce que franchement je n’avais rien pour l’être physiquement.  En tout cas, j’étais vraiment une personne désagréable.  Et le pire, c’est que je croyais sincèrement être un bon gars.  Hélas, mes souvenirs ne mentent pas.  Pour ma défense, je suppose que la vie m’avait fait évoluer de façon à pouvoir survivre dans mon environnement.

J’ai déjà glissé quelques mots sur Christine le mois dernier.  Je vais le refaire, en complétant l’histoire.  Commençons, afin de comprendre, par mettre les choses en contexte: 

Avril 1991, j’ai 22 ans. J’en aurai 23 dans trois mois.  Je viens d’adopter un petit chaton gris tigré trouvé en pleine rue sur le Boulevard Monk, un matin en revenant de travailler. Révolté par la stupidité et l’irresponsabilité de ceux qui ont laissé un si jeune chat dehors dans un coin si dangereux, je considérais qu’ils ne méritaient pas de l’avoir. Je l’ai ramené avec moi chez Marie-France et je l’ai baptisé Calvin.

Marie-France, c’est ma blonde.  Eh oui, malgré ce dont j’ai l’air, j’ai réussi à séduire une jolie jeune fille de quatre ans et demi ma cadette.  Et pas n’importe quoi. C’est une fille sérieuse, studieuse, de bonne famille.  Ça fait un an et demi que je sors avec elle, et un an que nous habitons ensemble, chez sa mère, dans un condo sur la rue Galt. 

Je devrais être heureux.  Pourtant, je ne le suis pas.  Je vis dans un état de déception et de frustration permanente.  La raison?  J’ai trop d’ambitions pour mes capacités, pour mes moyens et apparemment pour mon karma. 

L’année précédente, dès le premier janvier 1990, je m’étais juré que je ferais quelque chose de ma vie.  Bien déterminé à laisser derrière moi les situations de loser qui m’ont amené à Harceler Nathalie en 1989, j’ai multiplié les projets et sauté sur toutes les opportunités qui se sont présentées. En voici une liste, et comment ça a tourné:

  • Album de BD intitulé Les Dangers du Rock mettant en vedette Sonic Steve, un personnage que j’ai créé lorsque je travaillais au magazine Wow!  J’ai eu le temps de faire une couverture et douze pages.  En septembre, les six pages des deux seules aventures que j’ai réussi à compléter sont publiées dans le fanzine Zonar.  Ils ne m’ont jamais rendu les pages, ils les ont perdues.  Après tout l’effort que j’y ai mis, je n’avais ni le temps ni l’envie de les refaire, ce qui m’a découragé de continuer.
  • BDpub: Un dessinateur nommé Dany me contacte afin de fonder avec moi BDpub, une compagnie qui offrirait un service de publicité sous forme de bandes dessinées.  J’interromps Sonic Steve, le temps de faire plusieurs pubs non-sollicitées mettant en vedette de vraies compagnies, histoire d’avoir de quoi à montrer à nos futurs clients.  Dany a pris mes pages, les a combinées aux siennes et est parti en faire un portfolio.  Je n’ai plus jamais réentendu parler de lui.
  • Promotion Sélect.  Je répond à une petite annonce dans le journal de la part d’une boite de pub qui porte ce nom.  Je me vois déjà concepteur publicitaire.  En fait, les autres répondants et moi nous sommes faits baratiner sur le sujet de façon évasive pendant deux jours, pour apprendre au bout du compte qu’il s’agissait de faire de la vente porte-à-porte.  Je ne suis pas resté.
  • Logement et relations familiales: Une dispute de trop avec mon père s’est terminée dans la violence, et j’ai eu à quitter la maison familiale, comme un délinquant.  Encore heureux que j’avais ma blonde.  Sa mère a eu assez de compassion pour m’héberger chez elle, à Montréal.
  • Scénario de film: J’ai écrit un scénario de films que j’ai proposé à trente-deux studios.  Un seul me l’a acheté: Les Film Chouinard Inc, une division de Radio-Canada à Sept-Îles.  En sachant que le budget moyen pour un film à l’époque était entre deux et quatre million de dollars, et que le scénariste reçoit 4% de ce budget, j’allais me faire entre $80 000.00 et $160 000.00. (En argent d’aujourd’hui, puisque le salaire minimum a doublé, ça signifie de 160 à 320 mille dollars.  Un tiers de million.  À 22 ans!)  Une semaine avant la date prévue pour signer le contrat, Radio-Canada procède à d’importantes coupures de budgets dans les studios situés dans les régions éloignées de Montréal.  Chouinard fait partie des sacrifiés. De tous les revers que j’ai subi cette année-là, c’est celui qui a été le plus dur à prendre.
  • Transports: J’ai un bon vélo et un cadenas bien solide pour l’attacher.  Je me vois déjà parcourir les rues de Montréal, explorant ce nouvel univers. Trois jours après mon arrivée, je l’attache à une clôture Frost.  À mon retour, la clôture était découpée et mon vélo disparu.
  • Travail et argent: En aout, devant mes échecs à démarrer ma vie d’artiste riche et célèbre, je me suis fait embaucher au Dunkin Donuts où ma blonde travaillait.  Dans un rare accès d’intelligence et de sagesse, je décide de profiter du fait que je vis gratuitement chez ma belle-mère pour déposer systématiquement toutes mes payes sans y toucher.   Un mois et demi plus tard, en buvant trop vite un verre de Sprite trop froid tandis que j’ai trop chaud, je vis la situation trop ridicule de perdre connaissance sous le choc thermique.  Je tombe en pleine face sur le plancher de tuiles de céramique qui me brise une dent d’en avant.  L’ambulance, le dentiste et la prothèse dentaire me coûtent tout l’argent que je m’étais épargné, me laissant sans le sou en novembre après plus de trois mois de travail.

Et c’est ainsi que j’ai terminé 1990.  Je pense que vous comprendrez pourquoi, même quatre mois plus tard, mon moral a du mal à se remettre de cette année d’enfer pleine de promesses dont aucune n’a été tenue.  Une année qui ne m’a rien rapportée, et ce peu importe les efforts, le travail et la prévention que j’y ai mis.  Oui, d’un côté, je suis reconnaissant que Marie-France était dans ma vie pour me sauver. Mais de l’autre, par la force des choses, cette fille est devenue à mes yeux le symbole d’une bonne partie de ce qui n’allait pas dans ma vie. Normal!  Elle a été ma bouée de sauvetage sur plusieurs plans.  Or, si on a besoin d’une bouée de sauvetage, c’est signe que notre bateau a coulé.  Si j’habite ici avec elle, c’est à cause de la folie de mon père qui m’a expulsé.  Ce travail que j’ai au Dunkin, c’est à elle que je le dois. Un travail minable, fatiguant, ennuyant, qui n’a de disponible pour moi que l’horaire de nuit. Un travail qui m’a défiguré pour la vie.  Un travail où j’ai travaillé d’arrache-dent à salaire minimum pendant douze semaines de suite pour absolument rien.  Et comme si ça ne suffisait pas, avec la mère et le frère de Marie-France qui sont toujours ici en même temps que nous, jamais moyen d’avoir un peu d’intimité.  Surtout que, pour une raison architecturale qui m’échappe, sa chambre et celle de son frère sont séparées par deux portes coulissantes de garde-robe et que celles-ci ne ferment pas tout à fait.  Pas facile à vivre quand, comme moi, on a une libido d’enfer, multipliée à cause des saloperies sexuelles que me raconte Manon, une collègue de travail.  Rajoutons à ça le fait que mon horaire de nuit fait que Marie-France et moi ne vivons plus aux mêmes heures.  De toute façon, ce n’est pas comme si elle était sorteuse.  C’est le mauvais côté d’être en couple avec une fille sérieuse, je suppose.  Moi qui rêve d’une vie excitante faite de liberté, de richesse, d’arts et de sexe, elle m’ennuie.  Aussi, c’est avec un frisson d’horreur que je l’entends déjà me parler de mariage et de fonder une famille dès qu’elle terminera ses études d’arpenteur-géomètre dans deux ans.  La perspective de me voir ainsi condamné à vie dans un morne quotidien dans lequel j’aurai la responsabilité d’élever des enfants après avoir passé ma journée à faire le beigne, ça me déprime sans bon sens.

Ce destin de merde qui s’acharne à saboter tous les aspects de ma vie passée, présente et future, même les plus anodins, me fait sérieusement chier.  Voilà pourquoi, depuis le début de 1991, je suis éternellement insatisfait, dégoûté, frustré.

Et c’est là, dans ce contexte, qu’au printemps, arrive une nouvelle caissière-pâtissière au Dunkin.  20 ans, belle grande blonde aux épaules larges et athlétiques.  Et comme je crois l’avoir déjà dit, son look et son physique me rappellent ceux d’une jeune Brigitte Neilsen

Il s’agit là de Christine.

À SUIVRE

Le harcèlement sexuel en milieu de travail… Au féminin! (5 de 5)

Pourquoi les hommes qui sont la cible de harcèlement sexuel féminin ne sont pas portés à en parler?
Les raisons sont multiples. Voici celles que j’ai personnellement vécues.

RAISON 1: Lorsqu’il y a dénonciation, la fille inverse toujours les rôles.
Dans le fond, je peux comprendre.  Il n’y a pas pire salisseur de réputation qu’une accusation de harcèlement sexuel.  Heureusement pour elles, nous vivons dans un monde où le harcèlement sexuel de l’homme envers la femme est beaucoup plus reconnu que l’inverse. Intervertir les rôles a donc le double effet de blanchir Madame et de lui permettre de se venger contre ce sale prétentieux qui se croit trop bien pour elle. Ainsi ..:

  • Dans le billet précédent, je raconte comment Manon me traite de menteur quand je dis à nos trois collègues que c’est elle qui a pris ma main pour lui mettre sur un sein.
  • Dans Sept Semaines en Appartement, je raconte à quelques reprises comment Cynthia, la blonde-par-moments d’un ami, m’a dragué. Elle a été tellement insultée de mon refus qu’elle est allé raconter que c’est moi qui l’a harcelé.
  • Dans le même roman autobio, ma nouvelle cousine par alliance m’a fait des propositions sexuelles crues et osées pendant quatre ans. Le jour où j’en ai eu assez et que je lui ai fait savoir clairement que ça n’arrivera jamais, elle est allé tout raconter à ma famille… Mais en inversant qui a harcelé qui.

RAISON 2: En matière de harcèlement sexuel, l’homme a zéro crédibilité.
La preuve, c’est que dans les exemples précédents deux choses se sont passées.  Certaines, comme ma cousine, ont été crues sur paroles.  Pour les autres, même s’il n’y avait pas de preuves, ou bien si leur histoire ne tenait pas debout, ou bien même si les gens qui me connaissaient trouvaient que ça ne semblait pas crédible étant donné ma personnalité, il vient un moment où, à force d’entendre les mêmes histoires, on finit par se dire qu’il n’y a pas de fumée sans feu. Donc, que si je suis aussi souvent accusé de harcèlement, c’est qu’il doit bien y avoir une raison.

RAISON 3: Les gens s’attendent à ce que l’on se comporte comme une victime.
J’ai été harcelé sexuellement, donc je devrais ressentir de la peur et du traumatisme.  Sinon, je ne suis pas crédible. 

RAISON 4: Les gens s’attendent à ce que l’on ne se comporte PAS comme une victime.
Je suis un homme, donc je ne devrais pas ressentir de la peur et ni traumatisme.  Si oui, je ne suis pas crédible.

RAISON 5: C’est traité comme étant une tentative d’invalider la souffrance de la femme.
Essaye de te plaindre contre le harcèlement sexuel féminin lorsque tu es un homme, et tu te feras vite répliquer « Oh, pitié, pooOOOooovres hommes et leurs Male Tears. Que les oppresseurs cessent de se plaindre, juste pour descendre les féministes.  Ce ne sont pas eux qui ont à subir l’objectivation des femmes, la culture du viol, le plafond de verre et à la différence de salaire à travail égal.  Un homme harcelé par une femme, c’est une exception.  Une femme harcelée par un homme, c’est la norme. »  Il semblerait donc que dans ce cas-ci en particulier, si tu ne vis pas pire qu’elles, tu dois te taire.

RAISON 6: Ça sonne comme de la vantardise.
Comparez un gars qui se vante que plein de filles lui courent après et lui font des propositions sexuelles, avec un gars qui se plaint que plein de filles lui courent après et lui font des propositions sexuelles.  Où est la différence? À part pour le fait que l’un aime ça et que l’autre prétend trouver ça malvenu, ça reste quand même deux gars qui racontent que plein de filles lui courent après et lui font des propositions sexuelles. Et puisque c’est quelque chose que beaucoup de gars souhaiteraient, ben voilà, on voit le plaintif comme un vantard qui essaye hypocritement de faire dans la victimisation. Et quoi de plus pathétique et enrageant que quelqu’un qui se plaint de quelque chose que tout le monde souhaiterait avoir et/ou être.

RAISON 7: En parler, ça fait de toi un misogyne.
Il y a quelques années, j’avais mis en ligne un roman autobiographique qui racontait les grandes lignes des abus que j’ai eu à subir pendant seize ans de la part d’une fille qui avait lâché la pilule en secret afin de me coincer dans une relation.  Bien que j’ai reçu quelques témoignages de sympathie (toutes de la part de femmes me rassurant qu’elles ne sont pas toutes comme ça), la majorité des autres commentaires (à 90% des hommes) ressemblaient à ceci:

 Et ça, c’est sans compter les fois où on a dit à mon sujet qu’il fallait se méfier de moi car ce livre, rempli de rancoeur et de frustration contre la femme, c’était du  Marc Lépine tout craché.  Je ne faisais pourtant que raconter des faits réels en toute objectivité.  Donc, selon cette logique, si une fille me fait subir du harcèlement sexuel, en parler signifie que je parle contre la fille, donc que j’ai un discours antiféministe, donc que je suis potentiellement un tueur en série misogyne. Eh oui!

RAISON 8: Pourquoi moi?  Ou : Une autre raison d’être non-crédible.
Ce ne sont pas tous les gars qui subissent le harcèlement sexuel féminin. Et comme je vous l’ai déjà montré en photo à la fin de la 1e partie, j’étais loin de ressembler au mannequin mâle de la photo ci-dessus. Alors pourquoi moi en particulier?  Juste poser cette question, c’est un argument valable pour enlever toute crédibilité à mon témoignage.

… Du moins à première vue car au contraire, c’est justement l’une des raisons expliquant pourquoi je fus la cible de ce harcèlement.  J’en suis arrivé à cette conclusion il y a quelques années grâce à ma bonne amie Stéphanie.  Un jour, je lui ai demandé pourquoi elle me faisait toutes ces confidences intimes qui, dans certains cas, pouvaient être interprétées comme de la drague sous-entendue.  Sa réponse:

« Tu n’as pas un comportement intimidant.  Tu es inoffensif.  Ça met une fille à l’aise. »

Puisque je suis passif, j’attire tout naturellement des gens actifs.  Puisque je ne suis ni manipulateur ni contrôlant, je donne l’impression que je peux être manipulé et contrôlé.  Puisque je suis inoffensif, j’attire tout naturellement des gens offensant.  Et puisque je ne représente aucun danger, j’encourage tout naturellement les autres à prendre des risques avec moi.

C’est le principe de l’anneau de Gygès. À partir du moment où les gens se rendent compte que leurs gestes n’auront pas de conséquences, il y en a qui se permettent alors les pires excès, incluant certains que l’on n’aurait jamais pu imaginer de leur part. En philosophie, l’anneau de Gygès dénonce le fait que des concepts moraux tels que le respect, l’honnêteté, la bonté et la retenue ne sont pas des traits de caractères naturels chez l’être humain mais bien des règles que l’on ne suit que par peur des conséquences sociales.  Voilà pourquoi plus une personne est riche et/ou puissante, plus on tolère ses gestes immoraux, moins elle craint les conséquences, moins elle a de retenue, et plus elle commet des excès et des abus.  Comme par exemple tous ces politiciens au Québec qui font impunément du harcèlement sexuel. 

Pourquoi certains sont harcelés et d’autre pas?
À l’école, lequel est toujours la cible des  intimidateurs les plus violents?  C’est le plus timide des non-violents.  Donc celui de qui on s’attend le moins à subir des conséquences.  C’est pareil ici.  Mon attitude calme, passive, sans histoire, lance autour de moi un message que les gens captent au niveau de l’inconscient comme quoi on peut tout me faire subir sans risques. Voilà pourquoi j’attire autant d’abuseurs et de conflictuodépendants: Ils font l’erreur de confondre mon respect et ma patience pour de la soumission.  D’où le gros scandale qu’ils font lorsque je me défends.

Hélas, dans le cas du harcèlement sexuel de la part de femmes envers les hommes, il est très difficile de s’en défendre.  Dès qu’on parle de harcèlement sexuel, l’opinion publique va toujours déclarer l’homme coupable, même sans savoir un seul mot de l’histoire. Raison de plus pour ces femmes de se savoir à l’abri des conséquences. 

Donc, en résumé: Ces femmes sont face à un garçon calme, sans histoires, qui n’est pas intimidant, même au niveau physique car il n’est ni fort ni beau.  Aucune conséquence à craindre de sa part, et aucune conséquence à craindre non plus de la part de l’opinion publique.  Alors dans de telles conditions, s’il leur prend l’envie de lui faire subir du harcèlement sexuel, pourquoi est-ce qu’elles s’en gêneraient?

Quel est le but de ce témoignage en cinq parties?
Mon but en écrivant ceci n’était ni de m’en plaindre, ni de faire pitié.  Je voulais juste démontrer trois choses:

  1. Que contrairement à ce que l’on essaye de nous faire croire, ce comportement n’est pas exclusivement quelque chose de masculin. 
  2. Qu’il y a plusieurs raisons pourquoi les hommes gardent le silence sur le harcèlement sexuel féminin dont ils sont victimes.
  3. Que même si les hommes ne vivent pas les mêmes conséquences que les femmes suite au harcèlement, ils en subissent quand même, des conséquences.  Elles n’en sont pas moins négatives, et peuvent parfois s’avérer dévastatrices.

Voila!

Le harcèlement sexuel en milieu de travail… Au féminin! (4 de 5)

Voici une anecdote qui m’est revenue en tête peu après avoir écrit le premier billet. Ça implique Manon, la jeune collègue de travail que j’avais au Dunkin Donuts, celle qui jouait à l’agace non-stop. Un soir, elle vient me rejoindre dans la cuisine. Elle me demande de me placer face à elle. Je le fais. Elle lève sa main et la met à plat, la paume face à moi, comme si elle me faisait stop. Elle me dit :

« Met ta main comme ça. »

Sans trop comprendre où elle veut en venir, je m’exécute : Je lève ma main et la met à plat, la paume face à elle, comme si je lui faisais stop. Aussitôt, elle m’agrippe le poignet et elle tire mon bras vers elle, envoyant ma main sur l’un de ses seins. Tout en maintenant ma main en place, elle crie aux deux caissières et à la pâtissière :

« HEILLE, REGARDEZ L’ESTIE D’COCHON QUI ME POGNE LES TOTONS!!! »

Les trois filles regardent dans notre direction, les yeux écarquillés et la bouche bée. Je tire mon bras mais elle le retient sur place à deux mains, en disant :

« Ne-non! Tu t’es fait prendre la main sans l’sac. Assume tes cochonneries! Ha! Ha! Ha! »

Les trois autres filles nous regardent sans trop y croire.  L’une rit aux éclats.  La seconde a l’air de se demander si c’est une farce ou bien si c’est vrai.  La 3e, amusée, joue le jeu en y rajoutant sa propre fausseté :

« Ça m’surprend pas de lui, l’maudit vicieux, y’é tout l’temps en train d’essayer de r’garder en d’sous d’nos jupes. »
« Pour vrai? »
demande la seconde, sérieusement surprise par cette affirmation.

En panique, j’arrive à arracher mon bras de l’étreinte de Manon.

« NON MAIS ÇA VA PAS!? C’est elle qui a pris ma main pis qui me l’a posée sur elle de force. »
« Hostie de menteur! », répond Manon, amusée.
« Ouain, prends pas tes fantasmes pour des réalités. »  dit la 3e, avant de conclure avec: « Heille, Manon, faudrait pas que ton chum apprenne ça, jaloux pis violent comme il est. »

Je retourne calmement à ma table de travail, en soupirant, disant à Manon avec un air abattu:

« T’as pas d’allure! »
« C’est toé qui m’pogne les boules pis c’est moé qui a pas d’allure? T’as du front en estie, toé. Ha! Ha! »

Je me remet au travail sous les derniers rires et commentaires des  filles, qui retournent elles aussi au boulot.  Bien que j’arrive aisément à afficher une attitude extérieure calme, je suis simultanément envahi depuis les vingt dernières secondes par plusieurs sentiments aussi négatifs que violents:

PANIQUE! je viens de me faire plonger de force dans une situation qui ne peut être que négative pour moi et mon seul réflexe est de désespérément essayer de fuir, de m’en sortir.  Mais je n’arrive pas à trouver la sortie.  

TRAHISON! J’ai fait ce que Manon m’a dit de faire, sans jamais penser qu’elle pouvait chercher à me faire du tort, lui faisant d’instinct confiance.  Elle en a profité pour me faire ce sale tour.

INJUSTICE!  C’est elle qui ne cesse de me harceler sexuellement, et c’est moi qui passe pour le harceleur. Moi qui me suis toujours fait un point d’honneur a respecter la femme, à ne jamais faire de remarques déplacées, à ne jamais poser le moindre geste malvenu.  En quelques secondes, Manon a su démolir une vie entière d’efforts à me forger une bonne réputation.  Elle a réussi à me faire passer pour ce que je ne suis pas, pour ce que je n’ai jamais été.

ANGOISSE!  Qu’est-ce qui va arriver, maintenant?  Quelles seront les conséquences de son geste?  Il est évident que nos trois collègues, amusées par la scène, vont raconter ça à d’autres.  Et si, même celles qui ont compris que c’était un piège orchestré par Manon, considèrent que ce serait plus amusant de dire que c’était vraiment moi qui lui a fait des attouchements de mon propre chef? Si ça vient aux oreilles du patron, je risque de perdre mon emploi.  Et si quelqu’un met de la pression à Manon pour qu’elle porte plainte à la police?  Si elle ne veut pas avouer avoir inventé, elle sera bien obligé de la déposer, cette plainte.

PEUR! Et même si ça ne se rend pas jusqu’à la police, il est évident que l’une de nos collègue connait assez bien le chum de Manon pour savoir qu’il est possessif et violent.  Qu’est-ce qui va m’arriver si elle lui dit?

ABERRATION!  Alors c’est ça, notre récompense, lorsque l’on respecte la femme? Se faire manquer de respect en retour?  Voir sa réputation se faire salir?  Se faire planer la menace d’un renvoi ou de voies de faits? Un prédateur avec une attitude irrespectueuse ne va jamais subir de telles choses de la part des femmes.  Normal, elles ont peur de lui alors elles n’iront surtout pas le provoquer.  Est-ce que ça signifie que pour ne pas se faire donner une réputation de salaud, il faut vraiment être un salaud?  La seule façon d’obtenir le respect des femmes, ce n’est pas en les respectant mais bien en les intimidant?  C’est aberrant!  Je ne peux pas y croire.  Pourtant, après ce que je viens de vivre…     

DÉSESPOIR! Si je reste, je continue de subir le harcèlement de Manon, en plus de voir ma réputation se faire entacher. Si je fuis la situation en donnant ma démission, c’est comme si je donnais un aveu de culpabilité, sans compter que rien ne garantit que je me retrouverai du boulot de sitôt.   Si je tente de rétablir les faits, ce sera la parole d’une faible femme, et de trois témoins, contre un salopard d’homme. Qui va me croire?  Personne!  Qu’est-ce que je peux y faire?  Rien!

 Je disais, dans le billet précédent, que mon statut d’homme faisait que je ne ressentais pas la peur de me faire violer puisque je ne crois pas qu’il soit possible de me forcer à avoir des relations sexuelles contre mon gré.  Eh bien j’ai appris que ce n’est pas parce que seul l’homme est capable physiquement d’agression sexuelle que ça le met automatiquement à l’abri des problèmes moraux, légaux et même physiques reliées au harcèlement sexuel en milieu de travail.  Selon la réputation sociale acceptée par tous, l’homme est fort et la femme est faible.  À cause de la faiblesse de la femme, tout le monde va la croire si elle se plaint de harcèlement sexuel contre un homme.  Et parce que l’homme est trop fort pour elle, alors la loi, la police, et même d’autres hommes seront toujours là, derrière elle, prêts à l’écraser pour elle.  Ainsi, la faiblesse de la femme est sa force.  Et la force de l’homme est sa faiblesse.

Ah, mais j’oubliais: Penser ceci, même après ce que Manon m’a fait vivre, ça fait de moi… Un misogyne!  Chose de plus à rajouter à mon désespoir comme quoi dans une situation de harcèlement sexuel au travail de la part d’une femme, l’homme ne peut absolument pas s’en tirer.

À CONCLURE.

Le harcèlement sexuel en milieu de travail… Au féminin! (3 de 5)

Comment un homme vit-il le harcèlement sexuel en milieu de travail de la part de femmes?
Je ne peux répondre au nom de tous les chromosomes Y, mais voici la chose dans mon cas personnel.

Quels ont été mes sentiments en subissant ce harcèlement?
Tout de suite, je peux dire que jamais je n’ai ressenti de la peur au niveau physique. En tant que gars, je me savais à l’abri du viol. J’avais beau être maigre et faible, j’aurais été extrêmement étonné qu’une fille arrive à me forcer physiquement au coït. Juste la façon dont j’ai bousculé Sharon lorsqu’elle m’a agrippé pour me faire des attouchements, ça l’a prouvé. C’est mon privilège masculin, je suppose.

Pour le reste, mes sentiments étaient variés. C’était du cas par cas.

  • Pour Manon (22 ans, mince, jolie malgré un gros nez, habite avec son chum) : Amusé les premières semaines.  Puis humilié.  Puis irrité pour les mois qui suivirent.
  • Pour Sharon (26 ans, grassette, habite avec son chum chez la mère de ce dernier) : Ennuyé au début.  Frappé d’horreur en la voyant prête à me faire connaitre ses intentions.  Choqué, insulté et fâché par son agression physique.
  • Pour Kim (19 ans, petite grosse laide) Insulté qu’elle répande de fausses rumeurs à mon sujet en milieu de travail.  Choqué, insulté et fâché par son agression physique.  (le pied sous la table) Humilié qu’elle me la fasse subir alors que j’étais assis à côté de ma blonde.
  • Pour Sylvie (La petite frisée timide) Amusé les premiers temps, puis dérangé après m’être rendu compte que ça ne mènerait à rien, puis humilié et fâché de voir qu’elle m’avait caché son statut de couple depuis le début.
  • Pour Hélène (21 ans, la superbe métisse) Irrité de savoir depuis le début que ce ne serait que des agaceries, dégoûté de certains de ses récits.
  • Pour Isabelle (24 ans, mince et jolie blonde à gros seins) : Déçu de recevoir sans cesse des avances inutiles de la part d’une fille qui me plait, puisque son statut de couple m’empêchait d’y répondre.  Extrêmement déçu qu’elle me dise qu’elle avait déjà trompé son chum puisque ça signifiait que, contrairement à ce que j’espérais, je n’étais pas si spécial pour elle.
  • Pour Christine (23 ans, belle, grande, athlétique) : Surpris mais ravi.  Il faut dire que dans son cas, ça n’a jamais été du harcèlement.
  • Pour Rhonda (50 ans, petite grosse laide) : Fortement ennuyé, et frustré que mon refus se mérite des conséquences.
  • Pour Gréta (Ma voisine de 50 ans qui avait l’air d’en avoir 80) : Ennuyé, dérangé, exaspéré, insulté, violé dans ma vie privée, excédé, enragé, totalement écoeuré et dégoûté, au point où elle fut un facteur important de ma démission.  C’est qu’elle m’a fait endurer ça non-stop pendant deux ans.

Comment ai-je vécu ces situations?
Avec beaucoup d’interrogations. N’ayant ni la personnalité ni les instincts d’un prédateur, il m’est à peu près impossible de me mettre à la place de ces femmes, et ainsi de pouvoir comprendre ce qui les motivait à agir ainsi.

Parfois, j’avais l’impression que ces filles avaient une curieuse idée de ce qu’un homme était supposé être. Par exemple, dans le cas de Manon et Kim, il n’y avait aucun doute dans leur tête : Si un gars ne harcèle pas sexuellement ses collègues féminines, alors il est gai. Impossible pour elles de croire qu’un gars hétéro ne puisse pas ressentir l’envie de coucher avec elles. Impossible pour elles de croire que même s’il en ressent l’envie, il soit capable d’agir en gentleman et se retenir. Et impossible pour elles de croire que s’il est en couple, il puisse être fidèle.  Dans le cas de Manon en particulier, le concept de l’homme non-harceleur lui semblait tellement étranger qu’elle cherchait d’instinct à faire de moi l’allumé qu’elle s’attendait que je sois. Sinon, pourquoi me provoquer sans cesse sexuellement alors qu’elle n’avait aucune intention d’aller jusqu’au bout? Je peux juste théoriser.

  • Théorie 1: Je suppose que dans son univers, tous les hommes étaient des prédateurs. N’ayant pas appris à dealer avec un gars respectueux, j’imagine qu’il était plus facile pour elle de tenter de me transformer en ce qu’elle connaissait déjà, plutôt que d’essayer de comprendre qu’un gars puisse ne pas être comme ça.
  • Théorie 2: Ayant trouvé en moi un gars non-intimidant, elle pouvait jouer à l’agace sans craindre de représailles, alors elle s’y donnait à fond.
  • Théorie 3: Elle avait sans cesse besoin de se rassurer sur sa capacité de séduire.
  • Théorie 4: Elle avait sans cesse besoin de se rassurer sur sa capacité d’avoir le contrôle.  Genre: Elle m’allume pour me rapprocher, elle se sert du fait qu’elle a un chum pour me repousser.  Je suis le yoyo, elle m’a à sa main.

Vous savez ce qui me surprend le plus? C’est que cinq des sept filles du Dunkin Donuts se foutaient complètement du statut de couple. Manon, Sylvie, Sharon et Isabelle avaient chacune un chum, et Kim m’a fait des attouchements sous la table tandis que moi j’étais en couple, avec ma blonde assise à côté de moi.  Au nombre de fois où on m’a conditionné à penser qu’aucune fille n’agissait ainsi, ça me donnait un choc à chaque fois.

Oui mais… N’étais-je pas supposé aimer ça?
J’étais un jeune homme de 22-23-24 ans. J’étais au sommet de la force de mes hormones. J’étais fringuant. Je ne pensais qu’au sexe. J’étais furieusement en manque. Je me plaignais de ne pas être capable de me trouver une blonde. Je n’étais ni assez beau ni assez riche pour plaire. Alors en effet, tout ce harcèlement sexuel de la part de ces filles, n’étais-je pas supposé aimer ça?

Je ne mentirai pas : Au début, mon Ego de loser chronique appréciait être la cible de ces désirs amoureux et/ou sexuel. Sauf que j’avais certains principes. Toute ma vie jusque-là, je ne voulais rien faire avec une fille déjà en couple. D’abord parce que je me mettais à la place du pauvre gars qui, par ma faute, subirait un cocufiage, chose que je n’aimerais pas vivre moi-même. Et surtout, je ne voulais pas d’une simple aventurette mais bien d’un couple stable. Ces filles déjà en couple ne pouvaient pas m’offrir ça. Et la seule fois où j’ai choisi de céder à la tentation d’être l’amant d’une fille casée, en disant à Manon que je voulais bien si elle était sérieuse, elle a refusé et a continué de tout faire pour m’allumer, sachant maintenant que ça me faisait de l’effet. Ceci m’a démontré de manière cinglante que le prix à payer pour déroger de mes principes, c’était l’humiliation.

Et comme j’en ai déjà parlé ici et surtout là, les gars ont cette réputation de ne vivre que pour le sexe et de vouloir fourrer tout ce qui bouge.  Donc, à part pour Manon et Hélène qui ne faisaient ça que pour m’agacer, je suppose que dans la tête des autres, le fait de s’offrir sexuellement aurait dû me séduire automatiquement. Donc, en ne répondant pas positivement à leurs avances, c’est comme si je leur disais Je coucherais avec n’importe qui sauf toi.  Pas étonnant alors qu’elles le prenaient si mal.  Certaines se sont senties humiliées, elles ont réagi en démissionnant.  Certaines se sont senties insultées, elles ont réagi en me faisant des problèmes au travail. Certaines étaient incapable de dealer avec le rejet, alors elles continuaient de me harceler comme si de rien n’était, mais surtout comme si je ne leur avais jamais dit non.  Et il y en a même une qui a choisi de se venger en me coinçant dans une relation dans laquelle elle pourrait me faire payer non-stop dans tous les sens du terme.  (Très longue histoire, pour un autre jour.)   

Dans quelles situations peut-on vraiment parler de harcèlement?
Il y a quelques années, j’ai écrit une pensée qui, bien que cynique, n’en demeure pas moins un fait : Quelle est la différence entre flirter et être obsédé de façon malsaine et malvenue? Simple : Si ta cible apprécie tes attentions, c’est le premier. Sinon, c’est le second. En sachant que c’est la personne qui reçoit l’attention qui a le pouvoir de te coller l’étiquette de séducteur ou de harceleur, alors draguer au travail est un sacré gros risque à prendre. 

Le problème, c’est que la seule façon de savoir si cette attirance est réciproque (ou si elle peut le devenir), c’est qu’il faut d’abord que l’autre le sache. C’est ce qui m’est arrivé avec Christine. J’étais célibataire, elle était très attirante, j’étais en manque de sexe, elle m’en offrait. Je n’aurais pas fait les premiers pas vers elle puisque jamais je n’aurais pu imaginer qu’elle puisse me trouver de son goût. Mais dès que j’ai su que c’était le cas, j’ai dit oui. Puisque j’ai accepté, on ne saura jamais si elle m’aurait harcelé ou non. Mais j’en doute. La façon dont elle a planifié son approche démontrait qu’elle était bien plus sérieuse et mature que les quatre autres. Juste pour ça, je suis certain que si j’avais refusé, on n’en n’aurait plus jamais parlé et on aurait continué d’être collègues de travail sans plus.

Et c’est ça la différence! Il n’y a pas de mal à faire savoir à un/e collègue de travail qu’il/elle nous intéresse. Mais si cette personne répond négativement, ou bien ne répond pas du tout, et que l’on insiste, alors là ça devient du harcèlement.

 

Prochain billet: Comment une collègue a faite elle-même les attouchements dont elle m’accuse.

Le harcèlement sexuel en milieu de travail… Au féminin! (2 de 5)

Bon, ça a l’air que j’ai exagéré au billet précédent en disant que ça fait 25 ans que je subis le harcèlement sexuel en milieu de travail de la part de femmes. Oui, ça fait depuis 25 ans, mais ça ne fait pas 25 ans non-stop. Entre 1993 et 2010, je n’en ai pas subi, pour la simple et bonne raison que je n’ai presque pas eu de milieu de travail classique.  Durant cette période, j’ai été sur le BS, puis aux études, avant de gagner ma vie en tant qu’auteur et/ou scénariste, ce qui est un travail solitaire que l’on fait généralement à partir de chez soi.

Cette précision étant faite, continuons là où le dernier billet s’est terminé.  J’ai déjà couvert la période 1990-1992, voici la suite:

1993-1995 : Je suis sur le BS avec la mère de mes enfants. J’ai reçu des avances non-sollicitées d’une des amies de celle-ci durant cette période, mais ce n’était pas en milieu de travail. En plus, c’était juste une ruse de sa part pour essayer de nous séparer.  Longue histoire.
1995-1997 : Le cégep, de retour aux études. Beaucoup de filles m’ont fait des avances, j’ai accepté certaines, j’en ai décliné d’autres. Et bien que certaines histoires avaient un petit côté harcèlement de leur part après qu’elles furent frustrées, comme Océane de qui j’ai refusé les avances parce qu’elle était en couple, c’était à l’école et non au travail, donc ça ne compte pas.
1997-2000 : Travail pour la page web d’Air Canada. Une seule collègue femme (et récemment fiancée) de jour, et aucune de soir, donc zéro harcèlement durant cette période.
2001-2008 : Dessinateur et scénariste pour le magazine Safarir, travaillant de chez moi, donc zéro harcèlement durant cette période. Du moins, pas au travail.
2008 : Pendant Défi Diète 2008, nous devions animer un blog sur Canoë.com. Une des programmeuse/modératrice du site m’a fait des avances que j’ai refusées. Elle a détruit mon blog. Techniquement, ne compte pas comme du harcèlement sexuel au travail, mais tout de même.
2008-2010 : Travail à mon compte, donc aucun collègue.

… et c’est là, en avril 2010, que j’ai décidé de lâcher la vie d’artiste et de me remettre au travail physique. Et que presque aussitôt, le harcèlement féminin a recommencé. La meilleure, c’est que je ne pouvais pas m’imaginer qu’une telle chose puisse m’arriver puisque je travaillais dans un garage de bus. Pourtant…

Rhonda, une collègue de travail d’origine haïtienne.  Elle fait moins de 5 pieds de haut, est obèse, unilingue anglaise, crie au lieu de parler, se rase la tête, a 5 enfants et a 50 ans. Bref, ce n’est pas comme si elle avait de quoi m’intéresser.

SEMAINE 1: Elle est amicale et a un comportement normal.
SEMAINE 2: Elle veut savoir si j’ai une blonde.
SEMAINE 3: Elle commence à parler de sexe.
SEMAINE 4: Elle m’envoie de subtiles invitations à se voir hors du travail qu’elle lance ici et là au fil des conversations.
SEMAINE 5: Tandis que je suis à l’extérieur du bus à faire le plein de lave-vitres, elle est à l’intérieur pour nettoyer les fenêtres. Elle cogne pour attirer mon attention. Je la regarde. Sur la fenêtre, elle dessine un cœur transpercé d’une flèche avec sa bombonne de nettoyant en mousse. Je me facepalme mentalement.  Dès qu’elle sort du bus, je lui dis : « Je ne dirai pas à ma blonde que tu me dessine des cœurs, je ne pense pas qu’elle apprécie. » Ça lui a donné un choc.

« T’as une blonde? Bullshit! Depuis quand? »
« Deux semaines! »
« C’est quoi son nom? »
« Nadia! »
« Pourquoi tu m’en a jamais parlé? »

« Tu ne me l’as pas demandé. »
« Fuck you! »

Vrai, j’avais depuis peu une amie nommée Nadia, mais nous n’étions pas un couple.  Ce petit mensonge a néanmoins calmé Rhonda, du moins sur les avances sexuelles, pendant un bon mois. 

Puis, sans même me demander si j’étais encore en couple ou non, voilà qu’elle recommence.  D’abord en me parlant de sa vie sexuelle avec son amant.  Puis, en me posant des questions, du genre si j’avais déjà essayé une black. Puis, en me faisant des remarques sexuelles à la blague, sauf qu’il était évident que plus le temps passait et moins c’était des blagues. 

Nous prenions notre heure de pause dans de grands bus confortables. Un jour, elle me dit en y montant: « Ok, je vais faire un somme.  Profites-z-en pas pour me violer. »

Deux jours plus tard, elle me dit: « Tu sais, quand la fille est consentante, c’est pas un viol! »

La semaine suivante, elle me dit: « Si tu me laisse dormir une heure de plus, je te fais une pipe à mon réveil. » 

À force de rester impassible ou à refuser ses offres, elle a fini par comprendre.  Elle a aussi viré en mode full bitch parce que bon, c’est bien connu que l’enfer n’est rien comparé à la furie d’une femme repoussée, ou quelque chose comme ça.

Tout de suite après, c’est Enrique qui a pris la relève.  Fils gai de mon chef de quart, il refusait de s’arrêter au fait que je suis hétérosexuel.  Mais bon, dans son cas, le fait que c’était un homme, j’ai pu lui régler son cas rapidement en l’engueulant publiquement sans retenue et le menacer de plainte et poursuites, chose que je ne pouvais pas vraiment faire contre une femme.  Enfin, oui, je le pouvais, mais je n’aurais juste pas été pris au sérieux.

Bref, lorsque je suis arrivé à un point où d’un côté j’avais à subir ceci, et que de l’autre mes possibilités d’avancement dans ce boulot étaient nulles, j’ai remis ma démission. 

2012-2014: À mon boulot suivant en tant que concierge résident, j’ai eu une voisine nommée Gréta, 50 ans, petite, maigre, ridée comme si elle avait 80 ans. Elle m’a harcelé non-stop de ma première semaine là jusqu’à mon départ deux ans plus tard.  Pas une semaine ne se passait sans qu’elle vienne cogner à ma porte, tentant de s’introduire chez moi sous divers prétextes, me couvrant de cadeaux variés (généralement des plats déjà commencés), me faisait aller chez elle pour toutes sortes de boulots dont la majorité n’étaient pas relatifs à mon travail, me lançant sans cesse des invitations, et s’arrangeant toujours pour se trouver sur mon chemin puisqu’elle m’épiait assez pour connaitre mon horaire.  Par deux fois je l’ai sommé d’arrêter, allant même jusqu’à m’en plaindre à la direction en leur demandant d’envoyer désormais mon collègue à chaque fois qu’elle signalerait un problème chez elle.  Un jour, dans le corridor, elle va même me dire: « Hier, je suis allé te voir mais avant de cogner j’ai écouté et j’ai entendu des gémissements.  C’est bien, de voir que tu t’occupes de ta blonde au lit! » Ce n’était pas une collègue de travail, mais ça restait du harcèlement en milieu de travail, avec une touche sexuelle qui me hérissait.

2014-2015: Je suis concierge résident dans une tour à condos de l’Île-des-Soeurs.  Dès que j’ai vu Rita, la réceptionniste de l’immeuble, et que je l’ai entendu parler, j’ai tout de suite su son genre : 40 ans, ex-belle, désespérée de se trouver un chum, au point où elle voit chaque nouveau collègue comme un potentiel. Dès le départ je lui ai parlé de long en large de ma relation de couple.  Ça m’a permis de la tenir à distance, et de la voir s’essayer sur les nouveaux à chaque fois qu’il y en a un, et leur causer du trouble dès que ça ne marche pas.  Mon statut de couple stable coulé dans le béton ne l’a cependant pas empêché, un jour où elle me racontait sa version de ses déboires avec un collègue, de me rajouter: « Dans le fond, c’est un gars exactement dans ton genre dont j’aurais besoin. »  Une façon subtile d’insister, en me passant le message comme quoi elle me veut encore malgré mon statut de couple, et qu’elle sera mienne si j’y met fin.

LA SUITE: Quelques réflexions sur ces situations.

Le harcèlement sexuel en milieu de travail… Au féminin! (1 de 5)

Je sais bien que généralement, je préfère mettre en ligne des photos de moi où je parais le mieux. Sauf quand je veux faire une comparaison avant-après à la « Woah p’tain, regardez comment j’me suis amélioré en passant de Quasimodo à Casanova. »  Mais bon, faut dire ce qu’il en est, je suis surtout regardable lorsque je fais des efforts pour améliorer mon apparence et qu’un appareil photo me prend dans un bon angle. Parce que sinon, dans la vie de tous les jours, au naturel, et surtout au travail,  je n’ai pas de quoi faire mouiller une éponge coincée dans l’épave du Titanic.

Et pourtant, si vous saviez le nombre de fois où j’ai pu être la cible de harcèlement sexuel au travail, de 1990 à aujourd’hui.  On entend souvent parler de ce phénomène quand il s’agit d’hommes qui harcèlent les femmes, mais jamais l’inverse.  Pourtant, ça existe. Ça fait vingt-cinq ans que je le subis.

Ayant été élevé dans un environnement presque exclusivement féminin, j’ai passé toute ma jeunesse à entendre filles et femmes parler contre les travers des hommes.  De leur comportement macho, de leur violence, et surtout de leur désir sexuel qui les pousse à commettre tous les écarts.  Je les ai entendu se plaindre comme quoi ils ont les pires comportements, les pires attitudes avec les femmes, surtout en milieu de travail.  J’ai donc été éduqué de façon à ne pas agir ainsi.  Voilà pourquoi, à chaque fois que j’ai un boulot, j’agis de façon professionnelle avec mes collègues féminines, n’étant jamais rien d’autre qu’amical, agissant d’égal à égal, gardant avec elles la même distance respectueuse que je garde envers mes patrons. 

Eh bien, curieux phénomène, depuis que je suis adulte, à chaque fois que j’ai un travail dans lequel il y a 25% de femmes et plus, ce sont elles qui finissent par initier la sexualité entre nous.  Ça va de la simple remarque osée à la proposition sexuelle, de la confidence intime à la déclaration d’amour, de l’exhibition coquine passive à l’agression violente empoigne-paquet dans un coin désert.  Eh oui!  Je ne sais pas si c’est un phénomène exclusivement québécois ou bien si ça se retrouve partout, mais laissez-moi vous dire que même si ça ne s’est jamais rendu jusqu’au viol proprement dit, je sais par expérience personnelle que les femmes sont capables du même harcèlement sexuel en milieu de travail que celui que l’on essaye de nous faire croire comme étant exclusivement masculin.  Et si ça m’est arrivé aussi souvent, je ne dois tout de même pas être le seul.

Pour le moment, je vais fouiller dans ma mémoire et vous raconter la chose au meilleur de mes souvenirs et des feuilles lignées froissées et jaunies de mes archives.  Bonne chose que depuis que j’ai 11 ans, j’écris presque tout ce qui m’arrive.

Le travail: Pâtissier dans un Dunkin Donuts.
L’époque: De 1990 à 1992
Mon âge: De mes 22 à 24 ans.

Manon est une mince et jolie petite brunette malgré un nez à la Gainsbourg.  Dès les premiers jours, elle me parle et me décrit quelque peu sa vie, me disant qu’elle a un chum avec qui elle habite. 

Une semaine plus tard, elle commence à me parler de sexe en me disant: « Mon chum a envie plus souvent que moi, mais moi chus pas tellement cochonne! »

Dans les jours qui suivent, elle me parle de plus en plus souvent de sexe. 

Un mois plus tard, elle me fera des remarques sexuelles personnelles sur une base quotidienne. 

Devant mon manque de réaction, elle finit par s’interroger.  Elle me demande si je suis gai.  Je lui répond que non, mais que puisqu’elle a déjà un chum, je considère que ses provocations ne sont que des blagues. 

La semaine suivante, elle me raconte qu’elle vient de faire un ménage à trois bisexuel avec une copine et le copain de ce dernier, dans un motel, et elle me donne tellement de détails qu’elle n’en laisse aucun à mon imagination.  Tellement que cette fois, elle réussit à m’allumer.

Étant célibataire et en manque, et voyant que son statut de couple ne semble pas l’empêcher de coucher avec qui elle veut, je me risque à lui dire que si elle est sérieuse, d’accord, je veux bien.  Ou sinon, de cesser ses agaceries, parce que ça me déplait de me faire provoquer pour rien.  Elle refuse mes deux propositions, et continuera à me harceler de remarques sexuelles. Un soir, elle va même jusqu’à lever la jupe de son uniforme devant moi en écartant les jambes, et elle me nargue en disant: « C’est ça qu’tu veux, hein?  Ben tu l’auras seulement si MOI je le veux. Ha! Ha! »  Son sexe est bien sûr caché par sa petite culotte et recouvert de ses collants blancs. N’empêche!  Et j’ai eu à endurer ça jusqu’à sa démission quelques mois plus tard.

Kim: Cinq pieds deux, les yeux bleus et blonds cheveux, elle n’avait rien d’un top modèle avec son surplus de poids, ses dents croches et jaunies par des années de tabagisme, son menton fuyant et son nez dont la courbe évoque le bec d’un vautour. Elle est tout de même d’une nature joyeuse, ce qui en fait une compagne de travail agréable. Du moins, les premières semaines car un mois après ses débuts, une collègue de travail m’apprend que Kim a commencé à répandre la rumeur comme quoi je serais gai. Elle est arrivée à cette conclusion car je ne dis jamais rien à caractère sexuel à mes collègues de travail, ni directement ni en sous-entendus ni en blagues. Et puisque toutes mes collègues de travail sont des filles, ça lui semble louche que je n’en profite pas. J’avais pourtant de bonnes raisons de ne pas agir ainsi. D’abord, parce que ce n’est pas dans ma nature, et ensuite parce que je suis maintenant en couple avec une fille nommée Marie-France.

Un matin, Marie-France est venue me chercher à la fin de mon quart de travail. Kim, surprise que Marie-France existe pour vrai, nous propose d’aller déjeuner à un resto voisin.  Nous acceptons.  Au resto, Marie-France est à mes côtés tandis que Kim est assise face à moi.  Nous jasons de choses et d’autres lorsque soudain, j’ai la surprise de sentir le pied de Kim qui, sorti de sa botte d’hiver, se glisse entre mes genoux. Je referme aussitôt mes jambes. Elle répond à mon geste en poussant plus fort avec son pied. Je sens soudain les deux pattes avant de ma chaise qui lèvent de terre. J’ai le réflexe de m’ouvrir les cuisses. Les pattes de chaise retombent par terre. Je vois le sourire triomphant de Kim. Bien calée sur sa banquette fixée au mur, elle ne pouvais pas basculer sous la poussée de sa jambe, elle. Mes cuisses lui laissant maintenant le passage, Kim envoie doucement son pied plus loin, jusqu’à pouvoir me caresser l’entrejambe. Surpris de son geste et complètement désemparé, je ne sais pas trop comment réagir. Cette situation me rend franchement mal à l’aise, surtout avec ma blonde assise à côté de moi. Je voudrais que Kim cesse, mais comment pourrais-je réagir? Si je ferme les cuisses, Kim va me faire tomber à la renverse, et comme je la connais, elle va sûrement nier y être pour quelque chose. Si je recule avec ma chaise pour me mettre hors de portée de Kim, Marie-France va me demander pourquoi je me distance de la table. Si je dénonce Kim, je créé un malaise, sans compter qu’elle va probablement tout nier. Je n’ai donc pas le choix. Tout le long du repas, il me faut endurer ses attouchements malvenus en faisant semblant de rien.

Sharon était une brunette anglophone quasi-obèse qui avait un chum.  Ils habitaient tous les deux chez la mère de ce dernier. Elle était très visiblement attirée par moi, et plus le temps passait et moins les messages qu’elle me passait à ce sujet étaient subtils. Mais bon, puisque l’on était tous les deux en couple, je passais ça sous le compte de son sens de l’humour. Il est vrai que c’était une jeune femme très enjouée.

Dès qu’elle a appris ma rupture, elle me dit que, quel hasard, elle a elle-même rompu la veille. Bon, elle habitait encore avec lui chez la mère de ce dernier en attendant de se trouver un appartement, ce qui fait qu’il ne faudrait pas qu’elle soit vue publiquement avec un autre garçon pour ne pas créer de scandale. Mais sinon ouais, elle m’assure que tout est vraiment fini entre eux. Son histoire sent la bullshit à plein nez. Mais bon, pour ce que ça change. Ce n’est pas comme si elle m’attirait.

Trois jours plus tard, un soir où je travaille tandis que Sharon a congé, cette dernière entre dans la cuisine vers deux heure du matin. Apparemment, elle revient d’un des bars du quartier parce qu’elle a visiblement une bonne douzaine de verres dans le nez, en plus de s’être habillée sexy. Elle me fait des avances qui n’ont plus rien de subtil et essaye de me faire la prise du calmar en rut. Je l’évite et je fais de mon mieux pour ignorer ses avances, en lui disant que je n’ai pas vraiment le temps de lui parler parce que je vais être en retard dans ma production. Elle me suit dans l’entrepôt arrière alors que je m’en vais chercher une poche de cinquante livres de sucre à glacer pour préparer la crème pâtissière. Elle se met devant la porte et me bloque le chemin, me disant que si je veux en sortir, il va falloir lui passer sur le corps. Elle a un chum, elle ne m’attire pas, et elle est saoule. N’importe laquelle de ces raisons est suffisante pour que je refuse de faire quoi que ce soit avec elle, alors imaginez les trois ensemble. Comme je viens pour passer, elle pose sa main directement sur mon entrejambe et essaye de m’embrasser. Je la bouscule sans considérations en passant mon chemin, mon sac de cinquante livres de sucre à glacer sur l’épaule. Elle n’insiste pas. Je suppose que le lendemain elle a eu honte de son comportement parce que dans la journée elle est revenue afin de rendre son uniforme ainsi que sa démission.

Sylvie était une petite aux cheveux bruns frisés avec taches de rousseurs et une petite voix timide.  Ce qu’elle me disait, par contre, ne contenaient aucun degré de timidité.  J’avais souvent droit à des confidences sur ses préférences sexuelles, comme par exemple: « Pour moi, la journée idéale, c’est me faire baiser au matin avant le travail, puis au retour du travail avant souper, puis après souper, puis après le bain avant de dormir », ou bien « Me faire pénétrer, je trouve ça aussi délicieux en arrière qu’en avant. », ou bien des agaceries du style de « C’est dommage qu’on ne travaille pas seuls, on pourrait aller s’enfermer dans les toilettes pour une petite vite. »  Bien sûr, si je répondais positivement à ses propositions, elle trouvait toujours un truc pour nous empêcher.  Elle a été obligée d’arrêter au bout de quelques mois.  Sa grossesse devenait trop évidente pour qu’elle puisse me cacher plus longtemps la vraie raison pourquoi ce n’était que du harcèlement vide: Elle avait un chum, avec qui elle habitait depuis deux ans.  

Hélène, 21 ans, était une superbe métisse au teint cuivré et à cheveu de corbeau, ce qui est surprenant puisque les corbeaux n’ont que des plumes.  Avec elle, c’était un peu différent.  Dès le départ, elle m’a fait comprendre que je n’aurais aucune chance car elle n’en a que pour les hommes qui ont l’âge d’être son père. Ceci précisé, elle me parlait de cul sans cesse, se décrivait comme une nympho, me taquinait, m’agaçait, m’allumait.  Bon, j’avoue que ça m’allumait moins lorsqu’elle me racontait que l’été précédent, alors qu’elle travaillait avec une équipe de rénovation, elle s’était tapée un collègue de 40 ans dans un appartement vide sur lequel ils travaillaient.  Puisque j’avais 23 ans, j’étais dégoûté à l’idée d’un gars dans la quarantaine qui se fait une fille 20 ans plus jeune.  (Je changerai d’idée en atteignant moi-même la quarantaine, étrangement.) 

Ensuite, il y a eu Isabelle l’infidèle, dont j’ai déjà parlé dans ce billet.  Elle aussi avait un chum, elle aussi habitait avec lui, et elle aussi ne cessait de me draguer.

Christine ressemblait à une jeune Brigitte Nielsen.  Elle m’invite, après notre quart de travail nocturne, à aller déjeuner à un resto du quartier, car elle a quelque chose d’assez important à me dire. Je trouve ça un peu étrange car nous n’avons jamais été autre chose que camarades de travail, mais bon, j’accepte.  Au resto, elle m’explique qu’elle est célibataire depuis trop longtemps à son goût, elle insiste comme quoi elle ne veut surtout pas de relation de couple stable, mais qu’elle a des manques du côté sexuel, et qu’elle n’est pas du genre à avoir des histoires d’un soir ni de coucher avec n’importe qui.  Voilà pourquoi elle me propose une relation de simple collègues de travail devant tout le monde, mais en privé on serait amants.  Je ne m’attendais certainement pas à ça.

Et tout ça durant les deux ans où j’ai travaillé à cet endroit.  De la part de minces comme de grosses, de petites comme de grandes, de belles comme de laides, de célibataires comme en couple.  Et ce n’est pas parce que j’étais exceptionnellement beau ou athlétique.  Bien au contraire. Voici une photo de moi datant d’avril 1991, pendant cette période. 
Remarquez que ce n’est pas non plus comme si toutes les femmes qui subissent le harcèlement sexuel ou même le viol étaient des top-modèles. 

Ces sept filles représentaient, au meilleur de mes souvenirs, le tiers ou le quart de celles avec qui j’ai travaillé durant cette période.  Et  ceci n’était qu’à mon premier travail.  

À SUBIR