Le harcèlement sexuel en milieu de travail… Au féminin! (2e partie)

Bon, ça a l’air que j’ai exagéré au billet précédent en disant que ça fait 25 ans que je subis le harcèlement sexuel en milieu de travail de la part de femmes. Oui, ça fait depuis 25 ans, mais ça ne fait pas 25 ans non-stop. Entre 1993 et 2010, je n’en ai pas subi, pour la simple et bonne raison que je n’ai presque pas eu de milieu de travail classique.  Durant cette période, j’ai été sur le BS, puis aux études, avant de gagner ma vie en tant qu’auteur et/ou scénariste, ce qui est un travail solitaire que l’on fait généralement à partir de chez soi.

Cette précision étant faite, continuons là où le dernier billet s’est terminé.  J’ai déjà couvert la période 1990-1992, voici la suite:

1993-1995 : Je suis sur le BS avec la mère de mes enfants. J’ai reçu des avances non-sollicitées d’une des amies de celle-ci durant cette période, mais ce n’était pas en milieu de travail. En plus, c’était juste une ruse de sa part pour essayer de nous séparer.  Longue histoire.
1995-1997 : Le cégep, de retour aux études. Beaucoup de filles m’ont fait des avances, j’ai accepté certaines, j’en ai décliné d’autres. Et bien que certaines histoires avaient un petit côté harcèlement de leur part après qu’elles furent frustrées, comme Océane de qui j’ai refusé les avances parce qu’elle était en couple, c’était à l’école et non au travail, donc ça ne compte pas.
1997-2000 : Travail pour la page web d’Air Canada. Une seule collègue femme (et récemment fiancée) de jour, et aucune de soir, donc zéro harcèlement durant cette période.
2001-2008 : Dessinateur et scénariste pour le magazine Safarir, travaillant de chez moi, donc zéro harcèlement durant cette période. Du moins, pas au travail.
2008 : Pendant Défi Diète 2008, nous devions animer un blog sur Canoë.com. Une des programmeuse/modératrice du site m’a fait des avances que j’ai refusées. Elle a détruit mon blog. Techniquement, ne compte pas comme du harcèlement sexuel au travail, mais tout de même.
2008-2010 : Travail à mon compte, donc aucun collègue.

… et c’est là, en avril 2010, que j’ai décidé de lâcher la vie d’artiste et de me remettre au travail physique. Et que presque aussitôt, le harcèlement féminin a recommencé. La meilleure, c’est que je ne pouvais pas m’imaginer qu’une telle chose puisse m’arriver puisque je travaillais dans un garage de bus. Pourtant…

Rhonda, une collègue de travail d’origine haïtienne.  Elle fait moins de 5 pieds de haut, est obèse, unilingue anglaise, crie au lieu de parler, se rase la tête, a 5 enfants et a 50 ans. Bref, ce n’est pas comme si elle avait de quoi m’intéresser.

SEMAINE 1: Elle est amicale et a un comportement normal.
SEMAINE 2: Elle veut savoir si j’ai une blonde.
SEMAINE 3: Elle commence à parler de sexe.
SEMAINE 4: Elle m’envoie de subtiles invitations à se voir hors du travail qu’elle lance ici et là au fil des conversations.
SEMAINE 5: Tandis que je suis à l’extérieur du bus à faire le plein de lave-vitres, elle est à l’intérieur pour nettoyer les fenêtres. Elle cogne pour attirer mon attention. Je la regarde. Sur la fenêtre, elle dessine un cœur transpercé d’une flèche avec sa bombonne de nettoyant en mousse. Je me facepalme mentalement.  Dès qu’elle sort du bus, je lui dis : « Je ne dirai pas à ma blonde que tu me dessine des cœurs, je ne pense pas qu’elle apprécie. » Ça lui a donné un choc.

« T’as une blonde? Bullshit! Depuis quand? »
« Deux semaines! »
« C’est quoi son nom? »
« Nadia! »
« Pourquoi tu m’en a jamais parlé? »

« Tu ne me l’as pas demandé. »
« Fuck you! »

Vrai, j’avais depuis peu une amie nommée Nadia, mais nous n’étions pas un couple.  Ce petit mensonge a néanmoins calmé Rhonda, du moins sur les avances sexuelles, pendant un bon mois. 

Puis, sans même me demander si j’étais encore en couple ou non, voilà qu’elle recommence.  D’abord en me parlant de sa vie sexuelle avec son amant.  Puis, en me posant des questions, du genre si j’avais déjà essayé une black. Puis, en me faisant des remarques sexuelles à la blague, sauf qu’il était évident que plus le temps passait et moins c’était des blagues. 

Nous prenions notre heure de pause dans de grands bus confortables. Un jour, elle me dit en y montant: « Ok, je vais faire un somme.  Profites-z-en pas pour me violer. »

Deux jours plus tard, elle me dit: « Tu sais, quand la fille est consentante, c’est pas un viol! »

La semaine suivante, elle me dit: « Si tu me laisse dormir une heure de plus, je te fais une pipe à mon réveil. » 

À force de rester impassible ou à refuser ses offres, elle a fini par comprendre.  Elle a aussi viré en mode full bitch parce que bon, c’est bien connu que l’enfer n’est rien comparé à la furie d’une femme repoussée, ou quelque chose comme ça.

Tout de suite après, c’est Enrique qui a pris la relève.  Fils gai de mon chef de quart, il refusait de s’arrêter au fait que je suis hétérosexuel.  Mais bon, dans son cas, le fait que c’était un homme, j’ai pu lui régler son cas rapidement en l’engueulant publiquement sans retenue et le menacer de plainte et poursuites, chose que je ne pouvais pas vraiment faire contre une femme.  Enfin, oui, je le pouvais, mais je n’aurais juste pas été pris au sérieux.

Bref, lorsque je suis arrivé à un point où d’un côté j’avais à subir ceci, et que de l’autre mes possibilités d’avancement dans ce boulot étaient nulles, j’ai remis ma démission. 

2012-2014: À mon boulot suivant en tant que concierge résident, j’ai eu une voisine nommée Gréta, 50 ans, petite, maigre, ridée comme si elle avait 80 ans. Elle m’a harcelé non-stop de ma première semaine là jusqu’à mon départ deux ans plus tard.  Pas une semaine ne se passait sans qu’elle vienne cogner à ma porte, tentant de s’introduire chez moi sous divers prétextes, me couvrant de cadeaux variés (généralement des plats déjà commencés), me faisait aller chez elle pour toutes sortes de boulots dont la majorité n’étaient pas relatifs à mon travail, me lançant sans cesse des invitations, et s’arrangeant toujours pour se trouver sur mon chemin puisqu’elle m’épiait assez pour connaitre mon horaire.  Par deux fois je l’ai sommé d’arrêter, allant même jusqu’à m’en plaindre à la direction en leur demandant d’envoyer désormais mon collègue à chaque fois qu’elle signalerait un problème chez elle.  Un jour, dans le corridor, elle va même me dire: « Hier, je suis allé te voir mais avant de cogner j’ai écouté et j’ai entendu des gémissements.  C’est bien, de voir que tu t’occupes de ta blonde au lit! » Ce n’était pas une collègue de travail, mais ça restait du harcèlement en milieu de travail, avec une touche sexuelle qui me hérissait.

2014-2015: Je suis concierge résident dans une tout à condos de l’Île-des-Sooeurs.  Dès que j’ai vu Rita, la femme de ménage, et que je l’ai entendu parler, j’ai tout de suite su son genre : 40 ans, ex-belle, désespérée de se trouver un chum, au point où elle voit chaque nouveau collègue comme un potentiel. Dès le départ je lui ai parlé de long en large de ma relation de couple.  Ça m’a permis de la tenir à distance, et de la voir s’essayer sur les nouveaux à chaque fois qu’il y en a un, et leur causer du trouble dès que ça ne marche pas.  Mon statut de couple stable coulé dans le béton ne l’a cependant pas empêché, un jour où elle me racontait sa version de ses déboires avec un collègue, de me rajouter: « Dans le fond, c’est un gars exactement dans ton genre dont j’aurais besoin. »  Une façon subtile d’insister, en me passant le message comme quoi elle me veut encore malgré mon statut de couple, et qu’elle sera mienne si j’y met fin.

LA SUITE: Quelques réflexions sur ces situations.

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A propos Steve Requin

Auteur, blogueur, illustrateur, philosophe amateur et concierge de profession.
Cet article a été publié dans Ces filles à éviter, Ces gars à éviter, Dose de Réalité, Fait vécu, Psychologie et comportement social. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

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