Le Talent, ce concept mal compris

Dans la tête de la majorité des gens, le talent divise la population en deux catégories : Ceux qui en ont, et ceux qui n’en ont pas. Peu importe la discipline, que ce soit le dessin, la mécanique, la cuisine, l’écriture ou les arts martiaux, ça se passe toujours de la même façon. En utilisant ce dernier sujet comme exemple, on va commencer avec…

Comment ça se passe pour LES GENS SANS TALENT

ÉTAPE 1 : La décision La personne a un jour décidé qu’elle voulait devenir ceinture noire de karaté.

ÉTAPE 2 : L’apprentissage La personne s’inscrit à des cours de karaté.

ÉTAPE 3 : La pratique Elle sera peu portée à pratiquer en dehors de ses heures de cours car elle trouve ça chiant, en plus qu’elle n’est pas assez disciplinée pour pratiquer seule.

ÉTAPE 4 : L’expérience Éventuellement, si elle persiste à suivre ses cours, l’expérience finira par s’accumuler et elle deviendra karatéka de niveau acceptable. Mais elle ne dépassera jamais une certaine limite et n’atteindra jamais la ceinture noire convoitée.

Nous venons de voir comment ça se passe d’habitude pour la majorité des gens qui se donnent un but dans la vie: Beaucoup de patience pour obtenir un résultat positif, certes, mais qui reste bien en dessous de leurs attentes. Et ici, je parle de gens qui n’abandonnent pas en cours de route.

Pourtant, ceux qui arrivent à la ceinture noire sont tout de même innombrables. Voilà pourquoi les gens disent « Ben oui mais c’est pas pareil. Y’a du talent là-dedans, lui. Moi j’en ai pas. » Et en effet, peu importe la discipline, il y en a toujours qui ont de meilleures aptitudes que d’autres pour réussir. Et vous savez pourquoi ? C’est parce que les étapes à travers lesquelles ils passent sont différentes. 

Comment ça se passe pour LES GENS AVEC TALENT

ÉTAPE 1 : Avoir une passion Déjà enfant, il se découvre une passion pour la karaté. Il lit tout ce qu’il peut trouver sur le sujet. Il regarde tous les films d’arts martiaux. Il passe son temps sur le net à chercher textes, images et vidéos de karatéka en action.

ÉTAPE 2 : la pratique Sans que personne ne le pousse à le faire, il commence, par lui-même, à se pratiquer. Loin de trouver ça chiant, il y passe des heures et des jours et des semaines et des mois sans jamais s’en lasser. Normal : Il aime ça !

ÉTAPE 3 : l’apprentissage Oui, ici, l’apprentissage vient après la pratique. Parce que c’est une chose de savoir faire du karaté, c’en est une autre de savoir le faire correctement. Il va donc prendre des cours, histoire d’apprendre les trucs, les méthodes, les disciplines, les styles. Bref, la vraie façon de faire.

ÉTAPE 4 : l’expérience L’apprentissage des règles de cet art, combinée avec sa passion qui ne le font jamais arrêter de pratiquer, font qu’il passe à travers les étapes et les ceintures dans le temps de le dire. Non seulement il atteint rapidement la ceinture noire, il atteint 2e dan, 3e, dan, et même plus haut.

Vous voyez la différence?  Non? Alors laissez-moi vous la pointer plus clairement:

  • La personne avec talent ne s’intéresse qu’à son travail. La personne sans talent me s’intéresse qu’à la récompense du travail.
  • La personne avec talent est passionnée par son travail. La personne sans talent est ennuyée par son travail.
  • La personne avec talent travaille autant qu’elle le peut, et ce par plaisir. La personne sans talent travaille autant qu’il le faut, et ce par obligation.
  • La personne avec talent est plus enthousiasmée, donc passe plus de temps à son travail, donc s’y améliore rapidement. La personne sans talent manque d’enthousiasme, donc ne passe à son travail que le temps qu’il faut, donc ne s’y améliore que lentement.

Donc, forcément, la personne avec talent progresse beaucoup plus vite et va beaucoup plus loin que celle sans talent. Parce que c’est ça, le talent: C’est la conséquence d’avoir une passion infinie pour ce sur quoi on travaille, passion qui nous pousse à s’y consacrer le plus souvent possible.

Hélas, dans la tête de la majorité des gens, avoir du talent, c’est avoir une facilité naturelle à réussir quelque chose non seulement du premier coup mais aussi toutes les fois suivantes.  Cette croyance est non seulement stupide, elle est totalement irréaliste. En fait, ils confondent talent avec super-pouvoir.

Je ne peux plus compter le nombre de mes amis, passés ou présents, qui ont fait cette erreur et qui ont abandonné une discipline dans laquelle ils avaient pourtant la capacité de réussir. Mais voilà, dès qu’ils se sont rendus compte qu’ils avaient encore des choses à apprendre dans le domaine, ils sont arrivés à la conclusion erronée qu’ils n’avaient pas ce qu’il faut pour réussir, et ils ont préféré abandonner, en croyant qu’ils perdaient leur temps.

Et c’est encore pire dans le domaine des arts. La population générale a toujours vu l’artiste comme un paresseux qui gagne des millions à faire quelque chose qui demande peu d’efforts : Peindre une toile, écrire une chanson… Il existe d’ailleurs une amusante parabole au sujet de Pablo Picasso. Je ne sais pas si c’est un fait réel ou une légende urbaine, mais la leçon que l’on peut en tirer n’en est pas moins pertinente. Ça va comme suit :

Un jour, un homme reconnaît Picasso dans la rue. Il va le voir, se présente et lui demande de lui faire un petit dessin. Picasso s’exécute. En une minute, il lui fait son petit dessin. Puis, il remet le dessin à l’homme et lui demande un million (de pesetas, soit environs $8 500.00 dollars canadiens)
« QUOI? Un million? Mais ça vous a pris juste une minute pour faire ce dessin. »
« Peut-être, répondit l’artiste, mais j’ai pris cinquante ans pour apprendre à le faire en une minute. »

Alors pour ceux qui pensent que c’est facile d’être un artiste à succès, que c’est facile d’avoir du talent, sachez que vous n’y connaissez rien. Peu importe la discipline, que ce soit le dessin, la mécanique, la cuisine, l’écriture ou les arts martiaux, on ne devient talentueux qu’à partir du moment où on a un nombre incalculable d’heures de travail et de pratique derrière soi. Parce que le talent, ce n’est pas quelque chose que l’on a au début. C’est au contraire le résultat final.

Et pour ceux qui pensent que, parce que quelqu’un a le talent qui lui apporte la facilité et la rapidité dans son travail, ça signifie qu’il ne mérite pas d’être payé, vous êtes encore plus dans l’erreur. Le talent, ça s’obtient par l’expérience. L’expérience, ça vient à force de travail. Et le travail, ça se paye!

Le fameux « Hommage aux Bons Gars »… et ce que j’en dis !

Depuis plusieurs années, il y a un texte qui circule sur le net au sujet des Bons Gars.  Non seulement il renforce auprès des losers  l’idée comme quoi les filles sont idiotes dans leurs choix d’hommes, il rend hommage aux soi-disant bons gars en soulignant chacun des gestes typiques, chacune des situations cliché et chaque mauvaise erreur de jugement classique qu’ils commettent.

Et vous savez le pire dans tout ça? Ces gars apprécient ce texte. Ils le voient comme un véritable témoignage positif. Pourtant, il n’y a pas de quoi être fier. Parce qu’en réalité, loin d’être une preuve de l’idiotie des filles, ce texte est au contraire une preuve de celle des bons gars. C’est une analyse qui explique parfaitement pourquoi ces gars-là ne reçoivent aucun respect.

Détail important: Que ce soit dans ce texte ou dans la vraie vie, l’utilisation du terme Bon Gars ne décrit pas les véritables bon gars, mais bien ceux qui se décrivent eux-mêmes comme étant des bons gars. Parce que, entre la perception de soi et la réalité, la marge est large. On ne parle donc pas ici de véritables bons gars, mais bien de soi-disant bons gars.

Dans le billet qui suit, le texte original est rouge-vin large italique, tandis que mes commentaires sont juste dessous en noir mince droit.  C’est parti:

Ceci est un hommage à tous les bons gars.
Ceci est en fait une traduction (boiteuse) du texte Ode to the Nice Guys,  originalement écrit par Fu-zu Jen en 2003 pour le journal de l’université Warton en Pennsylvanie. Mais bon… Détails! Passons :

Les bons gars qui finissent toujours derniers, qui ne deviennent jamais plus qu’un simple ami,
Autrement dit: Les gars qui ont approché des filles en leur faisant faussement accroire qu’ils voulaient seulement être amis avec elles, parce qu’ils étaient trop lâches pour être capable de s’affirmer auprès d’elles en tant qu’amoureux potentiel.

 …qui endurent des heures de chiâlage et de frustrations sur «les gars sont tous des crosseurs!», alors qu’en fait, leur présente personne en prouve même le contraire.
Vraiment? Pourtant, tu te fais passer faussement pour un ami alors que ton but caché depuis le début est de devenir son amoureux. Si ça ce n’est pas être crosseur, c’est quoi? Par conséquent, oui, ta présente personne prouve son point.

C’est une dédicace à ces gars qui présentent leur épaule et qui se restreignent uniquement aux tentatives de caresses
Ok, mettons les choses au clair: Ou bien on caresse, ou bien on ne caresse pas. Il n’y a pas de tentative. Les seuls moments où il y a tentative de quoi que ce soit, c’est lorsque la chose est impossible, interdite, illégale, ou bien contre la volonté d’autrui.  Il n’y a donc qu’une seule raison pourquoi un gars ferait une tentative de caresses envers une fille, et c’est parce qu’il sait que la fille ne veut pas de ses caresses. Alors s’il tente d’en faire malgré tout, il y a un mot pour ça : Harcèlement!

Ces gars qui laissent leur porte ouverte et qui fournissent un endroit rassurant pour se retirer
Juste cette phrase, ça en dit long sur deux aspects de la mentalité du soi-disant Bon Gars:

  1. Fermer la porte, c’est mettre des limites, donc établir des règles. Ouvrir la porte, c’est s’affirmer. Inviter à entrer, c’est avoir le contrôle. Mais laisser la porte ouverte, c’est être totalement passif, désintéressé, négligeant.
  2. Il est tellement mal dans sa peau qu’il ne considère pas faire partie du reste du monde. Il vit dans un endroit pour se retirer, donc en retrait.  Et c’est cette isolation qui fait de son univers un endroit rassurant pour lui. Au lieu de sortir de sa retraite et se joindre au monde, il espère que la fille se retirera du monde pour s’en aller en retrait avec lui.

ces gars qui restent assis patiemment attendre à l’extérieur, qui n’osent jamais
Tout ce que ça passe comme message, c’est: Je sais que je ne suis pas assez bien pour être en ta présence. Alors je vais m’éloigner de mon propre chef et attendre à l’écart
 dans l’espoir que tu viennes me chercher. Mais voilà: Pourquoi irait-elle chercher quelqu’un qui la fuit parce qu’il l’accuse de se croire trop bien pour lui?

et qui restent aussi assit, à attendre patiemment, à l’extérieur de la salle d’essayage de magasins sans jamais oser.
Donc, pour les gars qui se plaignent de leur statut d’esclave, et ce après s’être délibérément offert comme esclaves parce qu’ils n’ont pas l’impression de mériter mieux.

Ceci est en honneur des gars qui réitèrent toujours que leurs amies sont belles, merveilleuses, intelligentes, drôles, sexy, etc. au bon moment, parce qu’ils savent qu’elles en ont besoins.
Donc: Aux prédateurs mous, qui n’osent passer à l’attaque qu’aux moments où leurs cibles traversent une période de faiblesse morale et de détresse affective.

En honneur des gars qui sont ouvert d’esprit,
Aux désespérés qui sont prêt à tout accepter, juste pour ne pas être seuls.

avec une attitude relaxe,
Avec une attitude qui donne l’impression qu’il n’est pas intéressé, puisque au lieu d’aller vers la fille qu’il désire, il attend que ce soit elle qui aille vers lui. Ce n’est pas une attitude relaxe, ça. C’est une attitude lâche.  Quelle fille pourrait ressentir de l’intérêt pour un gars qui a cette attitude?

avec des propos honnêtes
Oui, c’est ça, des propos honnêtes… Comme de l’avoir approché en s’annonçant en tant qu’ami, alors que ses intentions véritables étaient d’être plus que ça.

En honneur des gars qui respectent les filles dans tout leur intégrité ; de leur vie privée jusqu’à leurs idéologies et leur façon de s’habiller.
Donc, pour les gars qui font exprès pour chercher les difficultés en s’en allant vers des filles avec qui ils n’ont rien en commun, histoire de mieux chialer ensuite du fait qu’elles disent, avec raison, qu’elles ne voient pas ce qu’elles feraient avec un gars comme lui.

 Ceci est pour ces gars qui escortent leurs déroutées amies saoules en revenant des partys
Voyez le pattern qui sort de ce texte depuis le début. Le Bon Gars ne cherche que:

  • Une fille qui a besoin d’un endroit où se retirer.
  • Une fille qui a besoin d’être complimentée et rassurée.
  • Une fille qui a besoin de quelqu’un pour s’en occuper parce qu’elle n’a plus toute sa tête.

La seule raison pourquoi le soi-disant Bon Gars ne recherche que des filles dans le besoin, c’est parce qu’il se sent trop minable pour pouvoir plaire à une fille qui est à 100% de ses capacités et en parfait contrôle de sa vie. Malheureusement, à toujours courir après les filles en détresse, ils ne se ramasse qu’avec ça: Des filles en détresse, qui cessent de vouloir de sa présence dès que le moment de détresse est passé. C’est ce que j’appelle La malédiction du bon gars gentil et sauveteur.

sans jamais en prendre avantage une fois arrivée à leur porte.
Sérieusement, les gars… À vos yeux, « Je ne t’ai pas violée alors que j’en avais l’opportunité », c’est un argument valable pour convaincre une fille de vous aimer? Vous n’hésitez pas à sous-entendre que pour les hommes, il est normal de vouloir prendre avantage sexuel d’une fille qui n’a plus toute sa tête?  Vous n’hésitez pas à dire que tous les hommes sont des violeurs, sauf vous?  Ou pire encore: Que tous les hommes sont des violeurs, incluant vous, mais que vous, au moins, avez pour elle le respect que n’aurait pas eu tout autre homme?

Quand le gars est incapable de se trouver une qualité afin de séduire, alors il essaye de séduire en prouvant qu’il n’a pas tel ou tel défaut. C’est dire fièrement: « Je ne suis pas meilleur que les autres. Je suis juste moins pire qu’eux. »  C’est essayer de rabaisser le reste du monde plus bas que soi parce que l’on est incapable de s’élever plus haut qu’eux. C’est une technique d’approche particulièrement minable, surtout qu’elle ne marche jamais.

Pour ces gars qui accompagnent les filles dans les bars pour servir de butoir tampon face à l’effrayante population mâle.
La fille invite le gars dans le but de se servir de lui comme excuse bidon afin de repousser les avances de dragueurs potentiels, et lui il accepte. On peut comprendre pourquoi la job de cockblocker lui plait: Puisqu’il n’a pas les couilles de draguer la fille qu’il aime, il peut au moins vivre la satisfaction d’empêcher de le faire ceux qui en ont.

Hélas, il arrive inévitablement un moment où l’un de ces dragueurs plaît à la fille. Dans ce temps-là, le Bon Gars se fait vite remercier de ses services et devient aussitôt persona non grata auprès d’elle. Autrement dit: Après avoir utilisé le Bon Gars pour se débarrasser des dragueurs, la fille se sert de son dragueur pour se débarrasser du Bon Gars.  Le voilà, ton paiement pour l’avoir protégé de ses indésirables: Tu en es devenu un toi-même. Bravo!

Pour ces gars qui savent lorsqu’une fille cherche uniquement à se faire complimenter et qui les complimentent quand même.
Pour les manipulateurs, donc. Parce que lui donner ce qu’elle veut en espérant avoir de quoi en retour, c’est de la manipulation. Ou du moins, une tentative de.

Pour ces gars qui respectent toujours les règles dans un jeu qui favorisent les tricheurs.
Donc pour ceux qui veulent faire pitié. Or, quand un gars pense que la seule façon pour lui de plaire, c’est par pitié, c’est que son estime de soi est à un niveau très bas.

Ah, et autre chose: Quand tu fais comprendre à une fille qu’elle favorise les tricheurs, tu l’accuses automatiquement d’être elle-même tricheuse, puisqu’en d’acceptant ça, elle non plus ne suit pas les règles. Et pour couronner le tout, en lui remettant dans sa face que toi, au moins, tu les respectes, les règles,  alors tu lui dis que tu vaux mieux qu’elle. Quelle fille voudrait d’un gars comme ça?

Enfin, te cacher derrière l’excuse de suivre les règles pour expliquer tes échecs, ça t’évite de devoir être obligé de regarder les vraies raisons de ton loserisme, soit ton comportement avec elle. C’est peut-être plus facile pour toi à vivre, mais ce n’est pas en niant les faits que tu vas améliorer ton sort.

 Pour ces gars qui sont traités comme un petit ami et qui, pour quelconques raisons, ne finissent jamais à être ce petit ami.
Dans le billet Autopsie du Loser, cette situation est décrite dans ces termes: « Il arrive parfois qu’une de ses amies particulièrement en manque ou désespérée consente à avoir une relation plus intime avec le Loser.  Elle y posera cependant une condition :  Leur relation devra rester secrète.  Elle invoquera toutes sortes de raisons que le Loser gobera ou non mais qu’il acceptera quand même puisque c’est ça ou bien rester célibataire. »   Et si il ne finit jamais par devenir véritablement son chum, ce n’est pas « pour quelconque raisons ». C’est parce qu’elle aurait honte que les autres sachent qu’elle sort avec lui. Si vous avez lu ce billet de blog jusqu’ici, vous comprenez sans problème le pourquoi de cette honte.

Pour tous ces bons gars qui sont délaissés
C’est normal qu’il soit délaissé: Qui voudrait d’un gars comme ça à long terme? C’est déjà un miracle qu’il ait trouvé quelqu’un pouvant l’endurer à court terme.

sous-estimés
Comment peux-tu espérer être estimé par les autres alors que tu es le premier à avoir une basse estime de toi-même?

et inappréciés
Voir commentaire précédent en remplaçant le mot estimé par apprécié.

Pour tous ces bons gars qui se font manipuler, tromper, injustement abandonnés,… ceci est pour vous.
Manipuler, c’est vrai! Tromper, c’est vrai! Abandonner, c’est vrai!  Mais injustement?  Ça, c’est faux!

Quand on veut recevoir quelque chose de la part des gens, il faut d’abord leur faire savoir ce que l’on attend d’eux, que ce soit par nos gestes, nos paroles ou notre attitude. Par exemple, si les salauds reçoivent amour, attention, admiration et sexe de la part des filles, ce n’est pas parce qu’ils l’ont mérité. C’est parce qu’ils n’hésitent pas à faire savoir aux filles que c’est ça qu’il veulent recevoir. Par conséquent, bien que certaines d’entre elles ont refusé, d’autres ont tout de même accepté.

Alors si ces filles ne te donnent que mépris, manipulation, tromperies, abus et abandon, tu ne fais que récolter ce que tes gestes, tes paroles et ton attitude leur a demandé.

 Ceci est pour la fois qu’elle a envoyée une tonne de messages urgents sur votre téléphone cellulaire. Et lorsque vous l’avez rappelé, elle a passé trois heures à minutieusement disséquer deux phrases que son chum lui a dit lors du souper. Et même si vous pensiez que son chum n’était qu’une merde, vous l’aviez rassuré en lui disant que tout allait s’arranger et qu’elle ne devrait pas s’en faire.
Ok, question importante qu’il faut absolument poser ici:

Comment est-ce que tu peux penser que ton attitude va séduire la fille? Tout le long de votre relation, tu restes à l’écart, tu ne lui démontres jamais d’intérêt à part la simple amitié, et tu l’encourages à sortir avec d’autres gars et/ou à continuer d’être en couple même si ça va mal avec son chum. Dans de telles conditions, comment est-ce que la fille pourrait imaginer que tu puisses t’intéresser à elle?

Et toi, pendant ce temps-là, tu t’attends à ce qu’elle tombe en amour avec toi alors que tu lui donnes zéro raisons pour que ça puisse arriver.  Tu penses que c’est elle qui devrait, de son propre chef, faire l’effort de s’intéresser à toi,  d’aller vers toi, de te découvrir… Il faudrait que ce soit elle qui prenne toutes les décisions en ce qui vous concerne. Tu exiges que ce soit elle qui t’appelle, qui te sorte, qui te drague, qui te baise et qui te demande d’être en couple avec elle, tout ça parce que tu es trop passif pour lui offrir le moindre signe d’intérêt, alors que c’est pourtant toi qui est en amour avec elle.

Non mais sérieusement, tu te prends pour qui? Aucune fille n’agirait comme ça, à part peut-être pour le gars le plus beau, le plus athlétique et le plus winner qui soit.  Et toi qui n’est rien de tout ça, tu espères un tel traitement de sa part? Tu dérailles!

Ceci est pour la fois qu’elle vous a dérangé quand vous étiez en feu à GTA San Andreas (Grand Thief Auto – un jeu vidéo) pour déblatérer à propos d’une rumeur qui la mettait en couple avec le gars qu’elle trouve le plus répugnant du monde. Et même si vous pensiez que c’était immature de croire à de telles sottises et qu’en plus, vous n’aviez rien contre le gars en question, vous avez mis votre partie sur pause pendant deux heures pour l’aider à concocter une contre rumeur à propager.
Ceci est donc pour ces gars qui n’ont tellement pas de personnalité qu’ils sont prêt à calquer celle de la fille. Ou pire encore: ceux qui sont tellement fakes qu’ils lui font accroire qu’ils pensent comme elle, même si en réalité sa mentalité est à l’opposé de la sienne.

Anyway, comme je dis plus bas dans ce texte, « Être trop pareils », c’est souvent la raison qu’évoque une fille pour expliquer pourquoi elle ne veut pas sortir avec un ami de gars.  Alors c’est non seulement une perte de temps d’essayer de lui faire croire que vous êtes pareils, c’est  contreproductif.

Ceci est aussi pour la fois que vous l’avez accompagné, et bien que nombre de voeux qu’il n’y avait rien de «sérieux» entre vous deux, elle vous traîna a un «party» où vous ne connaissiez personne, où la bière n’était pas buvable et qu’elle flirta sans pitié avec vous, justifiant chaque geste d’agace imprudente en annonçant à tout le monde : «Oh, mais on est juste des amis!». Et même si vous étiez invités symboliquement, purement en tant qu’être chaleureux pour son ego, vous y êtes allés quand même. Parce que vous êtes bon comme ça.
Autrement dit, ceci est pour les gars de qui l’amie-cible s’est rendue compte à quel point c’était un mou pas d’colonne, alors elle s’amuse à le niaiser à mort, et ce impunément. puisqu’il l’accepte et en redemande. C’est donc tout à fait normal qu’elle se comporte avec lui de manière aussi irrespectueuse, puisque personne ne peut respecter un gars comme ça. Lui-même ne se respecte pas, alors pourquoi les autres le feraient-ils à sa place?

  Les bons gars ont rarement le crédit qu’ils devraient, lorsqu’ils le méritent vraiment. Et encore plus dérangeant, les bons gars n’ont pas de sexe aussi souvent qu’ils le devraient.
Euh… Quoi?  Non!  Fuck que non!  Ce n’est pas le fait que les bons gars n’ont pas de sexe qui est encore plus dérangeant.  C’est plutôt la partie disant qu’ils n’en ont pas aussi souvent qu’ils le devraient.  Ce qui est encore plus dérangeant, c‘est cette mentalité disant que, dans certaines circonstances, les filles DOIVENT du sexe aux gars.  Une mentalité qui est à la base de la majorité des abus sexuels dont les femmes sont la cible de la part des hommes dans notre société. 

Et j’aimerais tant pouvoir expliquer cette tendance de façon logique, mais j’en suis incapable. De tout ce que j’ai pu observer sur le campus, ainsi que de ce que j’ai appris en parlant à des amis provenant d’ailleurs, la seule conclusion que j’ai pu former est que plusieurs filles agissent de manière illogique ; en salopes manipulatrices.
De quelle autre façon veux-tu qu’elles agissent? À date, ce texte démontre qu’il s’agit de gars qui font tout ce que la fille veut, des gars qui donnent à la fille tout le pouvoir sur lui et sur son temps, des gars qui se sacrifient sans cesse, et ce volontairement, pour répondre aux moindres caprices de la fille.  Bref, des gars qui disent aux filles « Faites de moi ce que vous voulez, vous seules avez de l’importance, moi je n’en ai aucune et je suis parfaitement à l’aise avec ça! »  Ce comportement de victime volontaire ne va attirer qu’un seul genre de filles: Les salopes manipulatrices dont vous vous plaignez.  Alors ne venez pas chialer si vous ne vous retrouvez qu’avec rien de plus que ce que vous appâtez.

 Plusieurs réclament qu’elles veulent seulement sortir avec un bon gars, mais lorsqu’elles sont en présence d’un tel spécimen, elles parlent irrationnellement, de choses confuses, tel que : «Oh, c’est un trop bon gars pour que je sorte avec lui.», ou bien : «Il serait un super bon gars pour moi, mais il n’est pas pour moi.»
C’est normal qu’elles sonnent confuses: Aucune fille ne va vouloir passer pour une bitch en disant la vérité, qui est dans le style de: « Je ne veux pas de lui comme chum parce que c’est un pauvre crétin mou pas d’couilles. Mais bon, il a son utilité comme esclave et paillasson, alors aussi bien en profiter, c’est ça qu’il demande de toute façon. »  Elles sont donc obligées d’inventer une raison. Et quand on doit improviser un mensonge, on sonne confus, mais surtout irrationnel.

Vous allez dire que c’est de l’hypocrisie de la part de ces filles?  Eh oui, exactement, tout comme c’est de l’hypocrisie de la part des soi-disant Bons Gars, toutes ces attitudes bidon qu’ils ont, face à elles, en se pliant à tout ce qu’elles sont, dans l’espoir caché d’obtenir quelque chose en retour.

 ou bien : «Il a tant de points en commun avec moi, je ne pourrais possiblement pas lui demander d’être avec moi.»
Normal! Parce que si en amitié c’est Qui se rassemblent s’assemblent, en amour c’est plutôt Les contraires s’attirent. Alors si tu l’as d’abord convaincue de te voir en tant qu’ami seulement, et que tu as ensuite consolidé la chose en lui montrant sans cesse à quel point vous êtes semblables, faut pas s’étonner si « ami seulement » est tout ce qu’elle voit en toi.

ou pire encore : «On s’entend tellement bien, je ne voudrais pas ruiner notre amitié!».
Là-dessus, elle ne ment pas.  Ne l’as-tu pas approché en te proposant comme ami, esclave, conseiller, remontant et flatteur d’ego? Eh bien bravo, c’est réussi, tu l’as convaincue de t’accepter comme tel. Tu as maintenant une place importante dans sa vie en tant qu’esclave, conseiller, remontant et flatteur d’ego. Pourquoi voudrait-elle ruiner ça?

Encore, elles continuent à se lamenter du manque de bon gars dans ce monde.
Et avec raison. Parce que ces filles-là ont le don de s’entourer d’extrêmes: Ou bien de gars forts, avec une personnalité et du caractère, mais qui sont abusifs. Ou bien de gars gentils, mais qui sont mous, indécis, pas d’colonne, passifs, lèche-culs, esclaves. Par contre, les vrais bon gars, ceux qui combinent de façon modérée les meilleurs côtés de ces deux extrêmes, ça, elles n’en trouvent pas.

Ce qui revient à constater un fait trop souvent ignoré: Le genre de filles que les soi-disant Bons Gars choisissent, ce sont des filles à problèmes.  Alors même lorsque le 0,00001% des rares « chanceux » finissent en couple avec l’une d’elle, leur bonheur est toujours de courte durée.

et elles s’attendent de leur ami gars «trop-bon-pour-moi» à sympathiser et à s’excuser du fait que les gars sont tous stupides.
Normal: Ne pas savoir doser son comportement et aller dans les extrêmes, genre en pensant que les seuls comportements à adopter avec les filles c’est esclave dévoué ou salaud indépendant, déjà ça, c’est une preuve de stupidité.

 Désolé les gars, ces phénomènes sont au dessus de mes capacités de compréhension. Je ne suis pas capable de comprendre pourquoi la connexion ne se fait pas entre ce qu’elles disent (Je désire un bon gars!) et ce qu’elles font (Maintenant, je vais coucher avec un salaud).
Si c’était dans tes capacités de compréhension, ça signifierait que tu aurais l’intelligence de voir à quel point ton attitude de soi-disant bon gars est en fait une attitude de loser volontaire, et tu cesserais automatiquement de l’être avec les filles. Mais puisque ce n’est pas le cas, pas étonnant que tu ne comprennes pas non plus que tu ne fais que récolter ce que tu as semé.

 Si il n’y a qu’une chose que je puisse faire, c’est dire que ce phénomène du «bon-gars-qui-finit-toujours-dernier» n’est pas éternel. Il y a définitivement plusieurs filles qui ont grandies sans cette culture de la pensée et qui réaliseront qu’elles devraient sortir avec les bons gars, sans les considérer comme acquis.
Si tu es prêt à attendre qu’elle ait entre 40 et 65 ans, donc de passer le 3/4 de ta vie à attendre après quelque chose, c’est ton choix. Tu ne feras que terminer ta vie de la façon dont tu l’as toujours vécue: En attendant et en passant en dernier.

Sauf que, soyons réalistes: Autant une fille finit par ne plus être capable d’endurer les salauds avec le temps, autant un salaud finit par s’assagir avec l’âge. Alors le passage du temps ne garantit pas du tout qu’un jour ce sera ton tour. Bien au contraire. Parce que les délinquants repentis ont toujours été plus populaires que les gars calmes et ennuyants qui n’ont jamais eu à évoluer parce qu’ils ont toujours été calmes et ennuyants.

 La partie compliquée, c’est de trouver ces filles. Et encore plus compliqué, trouver celles qui sont libres.
Oh, mais y’a pas de problème: Comment agit un soi-disant Bon Gars lorsqu’il trouve une fille qui l’intéresse et qu’elle est déjà en couple? Il l’approche en tant qu’ami en attendant qu’elle se rende compte qu’il vaut mieux que son conjoint actuel.  Et le cycle du bon gars incompris qui aime une fille qui l’ignore pour rester avec un salaud repart pour un autre tour. Donc, peu importe le temps qui passe, non, ça ne changera jamais rien à rien.

  Alors, jusqu’à ce que l’on trouve ces filles, je propose de faire un toast à tous les bons gars du monde. Vous savez qui vous êtes, et je sais à quel point vous êtes tannés d’entendre dire que vous êtes bons.
Se définir comme étant bon gars, mais être tanné de se faire dire qu’on est des bons gars. Se conduire en tant qu’ami seulement avec une fille, mais se plaindre que la fille ne nous voit seulement qu’en tant qu’ami. Manquer totalement de self-respect pour ensuite déplorer de ne pas être respecté. Se soumettre en esclave pour se plaindre d’être utilisé en esclave. C’est à ça que l’on reconnait les losers volontaires: Ils cherchent toujours les situations qui vont leur apporter l’échec et les raisons de se plaindre.

Cependant, la vraie réponse à cette question est : le monde a besoins de notre patience dans les salles d’essayage des magasins, il a besoins de votre porte toujours ouverte, de votre service d’escorte aux parties, de votre propension à être le «tetteux» pour un beau sourire. Pour toutes les choses folles, absurdes, démentes,… que vous tolérez. Pour toutes les situations où vous étiez l’héro sans nom, sans face,… Envers vous tout mon honneur, ma reconnaissance et ma gratitude. Vous jouez vraiment un rôle important dans notre société. Vos humbles et méritées revendications arriveront bientôt. D’ailleurs, j’oublie quelque chose : ces gars mérites tout le crédit.
La question, et surtout le problème, ne réside pas dans le fait que certaines filles ont besoin de ce genre de gars-là. C’est plutôt dans le fait que vous autres, les soi-disant Bons Gars, vous êtes à ce point-là volontaires pour aller occuper cette situation tout en sachant qu’elle est abusive et ingrate. Contrairement à vous, les gars normaux  regardent cette situation, se disent « Je vaux mieux que ça! »,  et ils ne s’y soumettent pas. Et contrairement à vous, ce sont eux, les gars normaux, qui se retrouvent avec les filles.  Il ne vous est jamais venu en tête qu’il pouvait y avoir un lien?

Ceci est pour tous les bon gars qui ont de la difficulté à trouver des petites amies, et qui finissent toujours blessés. Pour les bons gars qui, lorsqu’ils sont en amour, donnent tout ce qu’ils ont à leur petite amie et qui ne reçoivent rien en retour. Pour les bons gars qui n’ont jamais trouvés «la bonne».
Ce billet de blog est clair dans le fait que même s’il trouvait « la bonne » , ce n’est certainement pas avec une attitude comme celle-là qu’il pourrait la séduire. Alors forcément, oui, il aura toujours de la difficulté, sera toujours blessé, donnera tout et ne recevra rien en retour.

Je lève mon verre à tous les bons gars
… et je leur en balance le contenu sur la gueule, en espérant que cette douche froide puisse les réveiller une bonne fois pour toute.


En passant, pour ceux qui se demandent de quoi a l’air la personne qui a écrit Ode to the Nice Guys:

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Y’a liens là:

Je change les dialogues d’une page de l’album Astérix et Cléopâtre pour montrer ce qu’était probablement Le Premier soi-disant Bon Gars.
Pour changer d’attitude, il faut d’abord savoir où se situent nos erreurs. D’où mon Autopsie du Loser.
L’expérience personnelle m’a montré que pour séduire une fille qui nous a friendzoné, Il ne suffit pas que d’être gentil.
Ne croyez surtout pas aux Douze illusions fallacieuses qu’essayent de vous vendre les guides de séduction.
Ah, et si vous n’êtes pas un soi-disant bon gars mais que vous en connaissez, il se peut que vous compreniez de travers leurs revendications.  D’où La réputation injustifiée des soi-disant bons gars.

Du reste, voici tous les billets classés dans la catégorie Les Bons Gars.  Ils sont hélas automatiquement classés du plus récent au plus ancien.

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Quand le hasard s’en mèle

Mardi dernier, mon amie Stéphanie et moi sommes allés à la bibliothèque municipale située non loin de chez elle afin de remettre nos livres qui avaient deux jours de retard. Pour s’y rendre, il faut prendre une rue au Nord, puis quatre rues à l’Ouest. mais voilà: Il neige et le vent qui vient du Nord nous arrive dans la face.

Pour éviter ce désagrément, je décide de prendre la ruelle vers l’Ouest, déduisant que l’étroitesse des ruelles va nous protéger du vent. Ça fonctionne. Nous marchons ainsi en traversant quelques rues. Puis, en voyant une ruelle perpendiculaire qui va vers le Nord, je décide de la prendre, sans aucune autre raison que « voir des arrières-cours recouvertes de neige ».

Après une centaine de mètres de marche, j’aperçois à mes pieds un petit bout de métal qui dépasse de la neige. Je m’arrête et le ramasse. C’est un téléphone cellulaire. Contrairement à moi, Stéphanie a eu plusieurs cells dans sa vie, et me dit que ce modèle est assez dispendieux.

Dans l’arrière-cour clôturée en bois devant laquelle nous nous sommes arrêtés, il y a un chien. Celui-ci se met à nous japper après. La porte patio s’ouvre et une madame engueule son chien, lui disant de se la fermer. À tout hasard, je demande à la madame si elle a perdu son cell.  Elle, non, mais son amie en visite chez elle, oui. En fait, elle ne s’en était même pas rendue compte avant que je le lui demande. Je le lui redonne sous une tonne de remerciements, comme quoi « sa vie est dans ce cell », tellement elle y a mis des trucs importants. En repartant, Stéphanie m’a expliqué que, de la façon dont les forfaits cellulaires fonctionnent, j’aurais aussi bien pu l’utiliser pour faire des appels obscènes à Tokyo, c’est la proprio qui se serait ramassée avec la facture. Pas étonnant qu’elle soit reconnaissante.

Nous vivons dans un monde où ça prend beaucoup d’efforts pour que tout se passe bien, mais que le moindre petit détail peut escalader en catastrophes et tout faire foirer. Pourtant, des fois, c’est comme si l’univers entier faisait tout pour t’empêcher de subir un malheur. Prenez, par exemple, la série d’événements suivante:

  • Pourquoi est-ce que j’ai perdu de vue la date de remise des livres de la bibliothèque, moi qui la suit scrupuleusement d’habitude?
  • Pourquoi est-ce qu’il a fallu qu’il vente du Nord ce soir-là?
  • Et ce n’est pas comme si le vent était terrible. Il se supportait. Pourquoi ais-je décidé de prendre la ruelle?
  • Qu’est-ce qui m’a pris de bifurquer dans une ruelle perpendiculaire pour «voir des arrières-cours recouvertes de neige»?
  • Moi qui, tout le long, regardait les cours et les trois étages de balcons, pourquoi est-ce que j’ai regardé par terre à ce moment-là?
  • Pourquoi est-ce que ce petit morceau de métal dépassant de la neige, que je ne reconnaissait pas comme étant un cell, a attiré mon attention?
  • Quelles sont les chances que le chien soit dehors justement à ce moment-là?
  • Et qu’il soit indiscipliné pour japper après les passants?
  • Et que sa proprio soit justement là, de l’autre côté de la porte patio, au lieu d’être dans une autre pièce de la maison?
  • Et qu’elle soit du genre à sortir à -12°C pour engueuler son chien?
  • Et que j’ai eu la présence d’esprit de lui demander si c’était elle qui avait perdu le cell?

Ce que je viens de nommer, ce sont onze faits du hasard grâce auquel l’amie de la madame a pu récupérer son cell. Qu’un seul de ces événements ne se soit pas produit, la neige tombante l’aurait recouvert et elle ne l’aurait jamais retrouvé.

Des fois, le hasard fait tout pour t’empêcher de réussir. Et des fois, le hasard fait tout pour t’empêcher de perdre. Ce n’est pas le destin. Ce n’est pas une main divine. C’est le hasard, tout simplement. Je veux dire, pourquoi est-ce qu’une force divine enlignerait ses balances cosmiques juste pour quelque chose d’aussi insignifiant que de rendre son cell à une madame qui l’a perdu sans le savoir? C’est absurde!

Le problème, c’est que l’esprit humain n’aime pas les hasards. Il n’aime pas croire qu’une série d’événements randoms puisse se conclure par la défaite d’un projet qui avait tout pour réussir, ou bien la réussite de quelque chose qui avait tout pour échouer. Dans ce temps-là, les gens disent :
Ça devait arriver!
C’est le destin.
Il n’y a pas de hasards.
Ce n’était pas dû pour arriver.
Je n’étais juste pas prêt pour ça.

Cette façon de penser est l’une des plus dangereuse qui soit. Parce qu’à partir du moment où on commence à croire que l’univers s’enligne pour diriger notre destin, alors on relâche notre propre contrôle sur notre vie. Un contrôle que n’importe quel manipulateur se fera un grand plaisir de saisir afin de nous exploiter à sa guise, tout en prenant bien soin de renforcer en toi l’idée comme quoi On n’y peut rien, c’est le destin.

Il n’y a pas de destin. Il n’y a que les décisions que nous prenons, et ce que le hasard en fait.

Ma Philosophie (4): Réflexions Courantes!

Depuis vendredi dernier, suite à une suggestion, j’ai légèrement changé mes habitudes de course. Maintenant, je cours le matin, deux heures après le déjeuner. Je n’en dors que mieux le soir venu. Parce que oui, depuis que j’ai commencé à m’entrainer, je courrais de soir. Je dormais majoritairement quatre à cinq heures par nuit, malgré la fatigue née de l’effort. Je suppose que c’était l’oxygénation qui me requinquait et diminuait mon temps de sommeil. Bref, depuis que je cours le matin, je recommence à dormir mes sept heures habituelles.

Hier matin, il paraît que l’on a battu des records de froid pour pareille date. J’étais probablement le seul à m’en réjouir.

Un truc amusant, c’est que ceux qui se plaignaient de la température dans leur statut Facebook parlaient plutôt de -38°C. Il ne s’agissait pas de la température réelle mais bien de la température ressentie.

Je me suis donc habillé chaudement, couvrant tout ce que j’avais à couvrir, combinant tuque, cache-cou et capuchon de kangourou pour m’improviser une cagoule qui ne m’exposait que des sourcils au nez, et je suis parti. Non seulement ais-je à peine ressenti le froid durant l’heure et demie de mon entrainement, j’ai fait une constatation une fois rendu à la moitié de mon parcours : Moi, personnellement, la température que je ressentais, c’était dans les -12°C.

Courir me rend philosophe.
Depuis mon tout premier jour d’entraînement le 4 décembre dernier, je me suis rendu compte que le fait de courir en n’ayant rien d’autre à faire mentalement que de réfléchir, ça me porte à trouver beaucoup de vérités sur les gens, la société et la vie en général. Ces vérités, je les ai partagées avec vous deux fois : le 9 décembre dans le billet Ma Philosophie 2 et le 4 janvier dans le billet Ma Philosophie 3.

Ces réflexions me viennent majoritairement en faisant le parallèle entre ce que je vis lors de mon entrainement et des situations de vie réelle. Par exemple, à mon premier jour de course, je songeais à deux choses : D’abord, à tous ces gens qui, dans ma vie, m’ont accusé de manière farfelue de toujours chercher la voie facile. Ensuite, au contraire, à toutes les fois où je me suis saboté en recherchant la difficulté. J’en suis arrivé à la conclusion suivante :

  • Il y a des choses qui peuvent s’obtenir par la voie facile. Un boulot, par exemple, via connections. Et il y a des choses qui ne s’obtiennent uniquement que par la voie difficile. Genre, avoir un corps d’athlète. Évidemment, on ne peut pas obtenir un corps d’athlète en utilisant nos connections de travail, ni trouver un boulot en levant des poids. Mais si tu démontres assez de sagesse et de logique pour être capable de choisir la voie qui convient à chacun de tes buts, tu les obtiendras. Par contre, si ta lâcheté t’empêche de prendre la voie difficile lorsque obligé, ou si ton orgueil t’empêche de prendre la voie facile lorsque disponible, alors tu t’imposes toi-même des obstacles qui vont te condamner à vivre inutilement beaucoup d’échecs.

Vers la seconde semaine d’entrainement, je songeais à une suggestion que j’avais reçu, comme quoi je devrais me prendre un entraineur privé pour m’encourager à courir. Hélas, il est bien connu que souvent, un entraineur à son propre compte, non associé à un gym, est du genre à utiliser la détestable méthode Je vais t’accuser sans arrêt d’être un lâche pas d’colonne, c’est à toi de me prouver le contraire. Ça m’a amené à ceci :

  • Lorsque quelqu’un ne cesse d’insinuer le pire de toi en te mettant au défi de lui prouver le contraire, ignore-le. Pourquoi voudrais-tu perdre ton temps à essayer de plaire à une personne qui démontre sans cesse son manque de respect envers toi?
  • La valeur que tu dois donner aux opinions d’autrui à ton sujet doit être égale à la valeur que tu as à ses yeux. Si tu ne vaux rien pour lui, alors ses opinions devraient automatiquement ne rien valoir pour toi.
  • Ne pas être abusif, ça ne signifie pas qu’il faut accepter d’être abusé. Pas plus que le fait de refuser d’être abusé signifie qu’il faut devenir abusif. Il y a cette chose située entre les deux que l’on appelle le respect. Ais-en pour les autres, et exiges-en autant pour toi-même. Une relation dans laquelle le respect n’est pas réciproque n’a aucune raison d’être.
  • Le respect est un droit que tu dois accorder à tous dès votre premier contact. Ensuite ça devient un privilège qui doit être révoqué si la personne s’en montre indigne.
  • Il y a tellement de gens qui sont volontaire pour te faire la vie dure de façon totalement gratuite que c’est idiot de payer quelqu’un pour le faire.

Les réflexions précédentes sont reprises de mes billets précédents. Rassurez-vous, c’était seulement pour l’exemple. Voici mes plus récentes réflexions philosophiques, celles-là inédites, avec petite explication de comment chacune sont nées:

L’extrémisme, dans un sens comme dans l’autre, est aussi ridicule qu’irréaliste. L’eau n’est pas toujours ou bien gelée ou bien bouillante. Entre zéro et cent Celsius, il y a quatre-vingt-dix-neuf différents degrés. il en va de même pour la plupart des aspects de la vie.
En songeant à un commentaire dit à mon sujet, comme quoi je perds mon temps à m’entrainer à courir car jamais je ne pourrai gagner le marathon. Là n’a jamais été mon but. Ce que je cherche, c’est le faire et le finir.

La détermination ne doit jamais exclure le bon sens, la logique et la prudence. Un repos, un arrêt temporaire ou un repli stratégique n’est pas un abandon. C’est une détermination intelligente.
En songeant aux nombreux Ben là, t’arriveras jamais à rien faire si tu t’arrêtes à la moindre difficulté reçus lorsque je m’arrête au premier signe de douleur des articulations, histoire d’en récupérer rapidement au lieu d’insister et en faire une blessure grave.

S’il est vrai que dans la vie on ne fait pas toujours ce que l’on veut, il est également vrai que ça ne nous oblige nullement à toujours faire ce que l’on ne veut pas.
En songeant à tous ces gens qui essayent de jouer sur notre orgueil pour nous manipuler à accepter l’inacceptable.

Quand quelqu’un t’oblige à faire du sur-place, il t’empêche d’avancer. C’est à toi de choisir entre t’accrocher à ce poids mort et en devenir un toi-même, ou bien le lâcher et poursuivre ton chemin. J’ai souvent regretté d’avoir choisi le premier. Je me suis toujours félicité d’avoir choisi le second.
En songeant à une amie qui voulait courir avec moi, mais qui évoquait toutes sortes de raison pour en faire le moins possible. M’entraîner avec elle, c’était réduire mon entrainement à 50% dans le meilleurs cas, et carrément à 0% dans les pires. Je l’ai laissé tomber. Elle appelle ça de la lâcheté. J’appelle ça du bon sens.

Il est parfois bon de se mentir à soi-même, en autant que l’on n’oublie pas ces deux règles: Utilise cette fantaisie pour t’aider à avancer vers ton but, et ne sois pas assez crédule pour continuer à y croire dès que tu l’as atteint.
Ça, c’est quand je fantasme qu’au bout de ce kilomètre de course ininterrompu m’attend une jeune et sexy demoiselle qui va récompenser ma détermination par une pipe. Ben quoi? Peu importe ce qui nous motive, l’important c’est d’être motivé.

Et au cas où vous vous demandez le rapport entre ça et la température d’hier: Que la majorité des gens ressentaient -38°C ou bien que moi personnellement je ressentais -12°C, la réalité, c’est qu’il faisait -27°C. ça m’a amené à la réflexion philosophique suivante:

Les gens font de la réalité ce qu’ils veulent bien en faire, en autant que ça sert leurs buts. Le pessimiste va empirer les faits pour justifier son désir de rester sur place. L’optimiste va les embellir pour motiver sa détermination à avancer. Ils ont beau être aussi irréaliste l’un que l’autre, n’empêche qu’au bout du compte, l’un est resté sur place tandis que l’autre a avancé.

Et lorsque l’on utilise cette réflexion en parallèle avec celle qui la précède, alors rien ne peut nous arrêter. Et ça, c’est aussi vrai en entrainement sportif que dans tous les autres aspects de la vie.

6 faits mensongers que l’on nous conditionne à croire

Si le récent scandale de Wikileak m’a appris quelque chose, c’est que la population générale voit d’un bon oeil le fait d’étaler la vérité, et ce peu importe les dommages que cette vérité peut causer à la société. Alors pourquoi ne pas m’y mettre moi aussi? Voici donc toute la vérité sur six faits complètement bullshit que l’on nous conditionne à croire:

La bullshit : Le mal que l’on fait aux autres nous revient toujours. (ou bien nous revient trois fois.)
La réalité : À moins que l’on soit victime d’une vengeance personnelle, les malheurs que l’on reçoit sont indépendants de ceux que l’on cause aux autres. La preuve: Combien de gens se plaignent de malheurs non-mérités parce qu’ils n’ont jamais rien fait de mal contre autrui? Sans compter que ce trois fois est un chiffre pris au hasard qui ne repose sur rien de concret.
Exemple : Il n’y a qu’à voir à quel point une personne abusive arrive à se tirer sans peine des conséquences méritées de ses multiples abus, juste parce que la peur qu’elle fait naitre chez les autres lui apporte le respect. Un respect qui fait que même quand quelqu’un a les couilles de faire en sorte que justice soit faite, tout le monde, victimes inclues, tentent de le dissuader et se rangent du côté de l’abusif.

La bullshit : Deux négatifs ne font pas un positif.
La réalité : La vie n’est pas une équation mathématique. Par conséquent, oui, très souvent, une seconde action négative peut sauver plusieurs gens des conséquences catastrophiques de la première.
Exemple : Exemple simplet et vécu: Quand j’étais petit, je me faisais souvent réprimander pour avoir oublié de verrouiller le porte de l’auto quand j’en sortais.  (C’était avant l’existence du verrouillage automatique).  Un jour, premier truc négatif, ma mère en est sortie en laissant ses clés sur le contact.  Or, second truc négatif, j’avais encore oublié de verrouiller ma porte.  Ma mère a donc pu entrer et récupérer ses clés.  Ainsi, deux négatifs ont fait un positif.

Exemple plus élaboré: Un gars a un jour cédé à la tentation de tromper sa blonde une fois. Ce sera un écart de conduite malsain, certes, mais qui ne se reproduira plus. S’il commet un second geste négatif, soit de le lui cacher pour toujours, leur vie de couple restera harmonieuse. Mais s’il commet l’erreur de vouloir faire la chose honorable en lui avouant tout, qu’est-ce qui risque de se passer? Potentiellement:  La femme se sentira trahie, ne voudra plus lui faire confiance, sera enragée, détruira la réputation de l’autre femme, il y aura dispute, probablement rupture, divorce, sans oublier comment cela va affecter les enfants s’ils en ont. Et si en plus il pousse la stupidité à faire une confession publique (Vive Facebook), il sera vu comme étant adultère par tous pour le reste de ses jours. En quoi est-ce que le fait d’apporter autant de problème dans la vie de tant de gens peut être perçu comme étant un geste honorable? Le geste honorable, c’est au début qu’il aurait fallu qu’il le fasse, en choisissant de ne pas la tromper. Une fois son choix fait et le geste commis, il est trop tard pour revenir en arrière.  Par contre, il n’est pas trop tard pour limiter les dégâts.

Que tu suives les lois en traversant la rue au feu vert (geste irréprochable) ou bien que tu brises la loi en choisissant de traverser au feu rouge (geste reprochable) parce qu’un rapide coup d’oeil t’a montré que tu peux le faire, la seule chose de sure, c’est que dans les deux cas, si tu hésites et t’arrêtes au milieu du chemin, c’estque tu vas avoir des problèmes. Parce que ce qui perd son homme, c’est d’abord et avant tout de faire les choses à moitié. Quand tu choisis de commencer quelque chose d’une façon, et que tout fonctionne bien jusque là, alors termine-là de la même façon.

La bullshit : Tout finit par se savoir.
La réalité : Peu importe ce que tu as fait, il n’y a que dans trois cas où ça puisse être appris : Tu en a parlé, tu as eu un témoin ou tu as laissé des traces.
Exemple : John Allen Muhammad, le tueur de Washington qui a tiré sur 17 personnes en octobre 2002, tuant 11 et blessant 6. Il avait bricolé son auto de façon à pouvoir tirer les gens de loin sans être vu ni entendu à partir du coffre de son véhicule. Ne jamais sortir de l’auto lui permettait de ne laisser aucune trace sur le terrain ni douille de projectile. Il aurait pu ne jamais être trouvé. Mais voilà, il en a parlé via appels téléphoniques dans le but de provoquer la police. Il a ensuite délibérément poussé la provocation en laissant des traces à la police près de ses victimes, sous forme de douilles, cartes de tarot et notes écrites de sa main. Enfin, il avait un témoin sous la forme d’un complice qui, pour sauver sa propre peau, a témoigné contre lui, lui valant ainsi la peine de mort. Il fut exécuté en 2009.

Pour beaucoup de gens, il ne suffit pas de savoir qu’ils sont plus malin que les autres. Il veulent aussi que les autres reconnaissent et confirment leur génie.  Alors quand ils ont utilisé leur intelligence pour commettre un geste condamnable, ils se condamnent eux-même via vantardise, témoins et  traces.  Comme quoi le fait de vouloir démontrer que l’on est intelligent, c’est souvent la plus grande preuve de sa stupidité. C’est que l’orgueil aussi perd souvent son homme.

La bullshit : Faute avouée est à moitié pardonnée.
La réalité : C’est vrai quand tu es enfant, car il faut bien te conditionner à y croire. Par contre, une fois que tu es rendu adulte, cette croyance n’est rien d’autre qu’un piège à cons.
Exemple : J’ai vu assez d’émissions de crime sur Canal D pour voir que ceux qui cèdent à leurs remords de conscience ne trouvent dans l’auto-dénonciation ni le pardon ni la paix intérieure qu’ils souhaitaient avoir. Normal: Comment peux-tu trouver la paix quand ta seule récompense pour ce geste honorable sont les ennuis judiciaires et un casier qui te suivra toute ta vie?

La bullshit : Karma is a bitch.
La réalité : Le karma n’existe pas. La seule raison pourquoi la vie te remet tes mauvaises actions, c’est à cause de ta négligence et de tes mauvaises décisions, telles que citées en exemple plus haut. Une personne prudente qui se protège adéquatement peut faire tout ce qu’elle veut sans jamais se faire prendre.
Exemple : Je ne peux évidemment pas vous donner un exemple de quelqu’un qui cache bien son jeu, puisque le fait qu’il le cache bien fait que je n’ai aucune idée de ce qu’il a pu faire de pas correct. Tout comme jamais je ne parlerai de mes propres gestes incorrects passés que je suis le seul à connaître. De toutes façons, je crois que la majorité d’entre nous avons déjà commis quelques gestes isolés qui, s’ils étaient connus de tous, nous vaudraient un casier judiciaire.

Il arrive parfois qu’une personne commette délibérément un geste mesquin contre un autre, en citant cette phrase.  À moins que Karma soit l’un des noms écrit sur ton certificat de naissance et que tu te qualifies toi-même de bitch, ça n’a aucun rapport.

La bullshit : Une personne peut échapper à la justice, mais elle ne peut jamais échapper à sa conscience.
La réalité : Si la personne avait une conscience, elle n’aurait jamais commis le délit en question pour commencer.
Exemple : Qui a tué JonBenét Ramsay? Où est Jimmy Hoffa? Pourquoi y a t’il plus de 350 meurtres non-résolus répertoriés sur Wikipedia? Tout simplement parce que les coupables vivent  avec leur secret, ne le divulguant jamais à personne. C’est tout ce que ça prend pour échapper aux ennuis et à la justice.

Et vous savez quoi? C’est justement pour nous empêcher d’un jour devenir une personne comme ces derniers, ceux qui s’en tirent à bon compte, que l’on essaye de nous convaincre depuis notre plus tendre enfance que le mal que l’on fait aux autres nous revient toujours, que deux négatifs ne font pas un positif, que tout finit par se savoir, que faute avouée est à moitié pardonnée, que karma is a bitch et que l’on ne peut jamais échapper à notre conscience. Parce que ceux qui tentent de nous manipuler dans le but de nous faire accroire ces idioties savent que dans bien des cas, si ce n’était du fait qu’ils nous ont conditionnés à ressentir l’envie de nous dénoncer nous-mêmes, jamais ils ne réussiraient autrement à avoir la moindre preuve contre nous.

Et voilà! La vérité, toute la vérité, rien que la vérité, je le jure, amen. Et si personne ne semble se soucier si c’en est une qui est bonne à dire ou non, alors personne ne devrait venir chialer non plus d’avoir à en subir les conséquences par la suite .

Le Complexe de Super-HOT-ité

J’me trouvais pas mal hot dans mon chandail de Superboy

Normal, r’gardez-le: On se ressemble tellement que j’aime bien m’imaginer des fois que j’lui ai servi de modèle.

J’ai donc eu l’idée de chercher des images de Superboy pour les comparer à des photos de moi afin de montrer à tous à quel point chus aussi hot que lui.

Sur que-c’est que je tombe t’y pas? Un set de photos sur ce site de cosplay montrant que c’te gars-là est 100 fois plus hot que moi, autant dans son physique que dans sa ressemblance Superboyesque.

Ça a ben l’air que j’me trouvais pas mal plus hot que je l’étais en réalité. Voilà qui porte un dur coup à mon fragile Ego.

Fa que, j’fais quoi à c’t’heure? Eh bien, j’ai deux options:

OPTION A) M’apitoyer sur mon sort.
OPTION B) M’entraîner jusqu’à ce que je sois aussi hot et super-ressemblant que l’autre gars.

Est-ce que je vais avoir la volonté et la discipline pour le faire, ou bien est-ce que je vais abandonner en chemin?  Nous aurons vous et moi la réponse à ces questions le 1er mai 2011. Oui, parce que c’est pas tout de se donner des buts. Faut y aller de façon réaliste aussi.

C’est que je viens de réaliser un truc important: Depuis que mon blog existe, je suis là à vous faire la morale et à vous donner des conseils sur comment faire les bons choix dans la vie, comment réussir, comment mettre du coeur à l’ouvrage, comment utiliser tous les éléments de notre vie incluant le négatif comme source de motivation, et comment l’échec n’est souvent dû qu’à une cause extérieure sur laquelle on n’a aucun contrôle.

… Sauf que, jusqu’à maintenant, je n’ai absolument rien de concret à vous montrer pour backer mes écrits. Tout dans la théorie, rien dans la pratique.

Voilà pourquoi j’ai décidé de prendre 6 mois afin de prouver aux autres, mais d’abord à moi-même, que je ne suis pas yink un nom dans la déjà trop longue liste des gros parleurs petits faiseurs. J’ai décidé de le faire de la façon la plus crédible possible: En améliorant mon physique.

Il y a plusieurs raisons pourquoi j’ai choisi cette voie. D’abord, parce que perdre du gras et prendre du muscle, c’est quelque chose que personne ne peut faire à ta place. Il me serait donc impossible de faker les résultats. Inversement, à moins de subir un accident t’incapacitant physiquement, rien ni personne ne peut saboter tes efforts en t’empêchant de travailler sur ton physique. En choisissant un sujet sur lequel personne d’autre que moi ne peut avoir le contrôle sur la réussite, je ne me donne aucune excuse derrière laquelle me cacher en cas d’échec.

… Mais surtout, avec un ego comme le mien, ma plus grande raison est: Quoi de plus motivant comme but que d’entreprendre un projet qui va m’assurer d’entrer dans l’été de mes 43 ans dans la meilleure forme de ma vie? 

J’me trouve super hot avec mes prétentions de sagesse? Eh ben on va voir si chus capable de les utiliser pour me rendre vraiment super hot dans la vraie vie.


(À la mémoire d’Édouard Carpentier qui fut une grande influence dans ma vie en me faisant réaliser, lorsque j’avais 13 ans, que vieillir ne signifie pas nécessairement perdre  santé et en forme)

Les Trois Raisons Possibles de l’Échec

Des formules comme Quand on veut, on peut, ou bien La vie est ce que l’on en fait sont supposés être des outils de motivations avant et pendant que l’on entreprend un projet. Hélas, c’est surtout utilisé par les autres afin de nous rabaisser, et ce après que le projet se soit soldé par un échec.  Dans ce temps-là, ils vous disent qu’« on n’a qu’à ne pas se laisser arrêter par cet obstacle » ou alors qu’« il n’y a qu’à le contourner ».

Eh bien moi, je n’ai qu’une chose à répondre à ça, et c’est Bullshit!

Petite dose de réalité: Prétendre que chacun est la seule et unique cause de sa propre réussite ou son propre échec, c’est aussi irréaliste que stupide.

Prenons, comme exemple, quelqu’un qui a réussi dans la vie: François Pérusse. Pour ses capsules d’humour, il fait tout: Le texte, les différentes voix, la musique, les effets sonores, le mixage et l’enregistrement. Vous direz que son succès, il ne le doit à personne parce que lui seul a tout fait de A à Z? Désolé mais non, c’est une erreur. Si aucun dirigeant de maison de disque n’avait voulu de son produit, tous ses efforts et tout son travail lui  auraient valu un beau zéro. Le plus qu’il pouvait faire, c’était d’essayer de rendre son produit le plus attrayant possible.  Là s’arrêtait sa responsabilité sur son succès. Le reste dépendait des autre.

Quant à sa carrière d’auteur de capsules humoristiques, ce n’est pas comme s’il l’avait planifiée d’avance. Ça lui est tombé dessus par hasard, comme on peut le voir sur sa page de Wikipédia: « En 1990, il réalise une publicité pour l’album Sauvez mon âme de Luc De Larochellière. Cette capsule publicitaire humoristique suggère que le disque de De Larochellière permet d’entendre, si on le fait jouer à l’envers, des messages subliminaux diaboliques : cela attire l’attention de la station CKOI-FM qui l’embauche pour créer ses 2 minutes du peuple. »

C’est bien beau, la philosophie de la pensée positive et le concept comme quoi chacun est le seul et unique maître de son destin afin d’expliquer les échecs. C’est bien beau les théories comme quoi on n’a qu’à ne pas se laisser arrêter par les obstacles, et qu’il s’agit tout simplement de les contourner.  Mais si on lâchait un peu les théories philosophiques et qu’on parlait un peu du concret, hm? Si on parlait de faits vécus?

FAIT VÉCU 1 : Mes efforts pour être embauché au gym. À l’entrevue, on m’apprend que certains cours de formation se donnent au cégep. Or, à cause que mon ex m’a fait abandonner le cégep une fois de trop il y a 15 ans, je n’ai plus le droit de m’y réinscrire. Comment est-ce que je pourrais « ne pas me laisser arrêter par ça » ou bien « contourner cet obstacle »?

FAIT VÉCU 2 : L’armée, quand je me suis enrôlé comme steward dans les marines, un poste difficile à obtenir parce que rare. Ils ne prennent pas les gens sous probation, ce que j’étais à cause que mon ex m’a trainé en cour. Ensuite c’est 3 ans d’attente avant d’avoir le droit de me réinscrire. Comment est-ce que je pourrais « ne pas me laisser arrêter par ça » ou bien « contourner cet obstacle »?

FAIT VÉCU 3 : Il y a quelques semaines, ma blonde m’a fait comprendre que mon projet de livre pour enfant ne pourra pas se produire parce que l’auteur n’a pas le droit d’illustrer son propre texte. Eh non, à cause de certaines lois qui protègent les illustrateurs,  il doit être dessiné par un dessinateur à l’emploi de l’éditeur. Or, pour être illustrateur, il faut être membre de Illustrations Québec, ce qui coûte de $183.96 à $344.93. Et payer ces frais qui dépassnt largement tout profit que je ferais dans les ventes ne garantit en rien que je serai embauché par l’éditeur, et encore moins que je sois assigné à illustrer mon propre livre. Comment est-ce que je pourrais « ne pas me laisser arrêter par ça » ou bien « contourner cet obstacle »?

FAIT VÉCU 4 : Je n’ai rien pour entreprendre une grande carrière? Ok, je me résigne: Je viens d’appliquer pour une job au salaire minimum au Rona de mon quartier. Je me suis fait refaire le même coup qu’au PFK l’an passée, c’est à dire me faire dire par le gérant que mon CV démontre que j’ai trop de potentiel pour le perdre dans ce genre de job, donc qu’il ne me rendrait pas service de m’embaucher. Comment est-ce que je pourrais « ne pas me laisser arrêter par ça » ou bien « contourner cet obstacle »?

FAIT VÉCU 5 : D’accord, être embauché, ça dépend des autres. Alors je choisis une activité dans lequel je suis le seul maître de ma réussite: M’entraîner à la course dans le but de courir le marathon: Après cinq mois d’entraînement, j’ai développé une fasciite plantaire, ce qui limite désormais, et pour le reste de ma vie, le temps que je dois passer debout. Un handicap permanent qui m’empêche de courir à tout jamais.  Comment est-ce que je pourrais « ne pas me laisser arrêter par ça » ou bien « contourner cet obstacle »?

Je pourrais continuer longtemps comme ça, j’ai des douzaines d’exemples. Alors allez-y, expliquez-moi comment je peux «ne pas laisser» mon ex me causer des problèmes avec la loi, «ne pas laisser» les règlements de l’armée m’empêcher de m’enrôler,  «ne pas laisser» un éditeur refuser de me publier puisque j’illustre mes propres histoires, «ne pas laisser» un Rona refuser de m’embaucher, «ne pas laisser» un handicap physique se développer?

Donc, désolé pour tous les bien-pensants qui nous font la morale avec leur réponse universelle comme quoi tout est de notre responsabilité, mais non, les échecs ne s’expliquent pas tous par une seule et unique raison. La réalité, c’est que ça peut être dû à une, deux ou bien les trois raisons suivantes.

Les trois raisons possibles de l’échec:

  • Ta propre faute: Un abandon, de mauvaise décisions, de la négligence, une gaffe, créer des tensions, avoir choisi un projet irréaliste ou hors de sa portée, etc. Consciemment ou non, beaucoup de gens se sabotent eux-mêmes.
  • La faute des autres: Il est très rare que l’on n’ait à compter sur personne d’autres que nous-mêmes pour réussir. Et quand celui qui a le pouvoir d’en faire une réussite ou un échec décide que ce sera un échec, alors rien à faire, ce sera un échec. Et ça, c’est sans compter ceux qui vont délibérément te saboter.
  • Le hasard. Il arrive que des hasards malheureux et imprévus se produisent et ont comme conséquence de saboter ton projet. Une panne. Un problème de santé. Un accident. Ce sont des choses qui arrivent sans que rien ni personne ne puissent les prévenir, les contrôler ou les contourner.

Parce que quand on commence à croire que tout ce qui nous arrive, sans aucune exception, est toujours de notre faute, on finit par perdre contact avec la réalité. Comme tous ceux qui sont d’accord avec le livre Le Secret lorsque celui-ci affirme que si vous recevez des factures d’électricité, de téléphone, de câble, de loyer et de carte de crédit, ce n’est pas parce que vous avez l’électricité, le téléphone, le câble, un loyer et une carte de crédit, mais bien parce que votre imagination fait surgir ces factures de nulle part. Voyez plutôt:

Vous en voulez, une formule à la fois réaliste et non-pessimiste au sujet de la réussite ou de l’échec d’un projet que l’on entreprend? La voici: Essayer, c’est réussir ou bien échouer. Ne pas essayer, c’est échouer.

Et ça, c’est tout ce que l’on peut se permettre d’affirmer à ce sujet.

Autopsie du Loser

IMPORTANT: Beaucoup de gens font l’erreur d’écrire Looser au lieu de Loser. Lose avec un seul O signifie perdre. Tandis que Loose avec deux O signifie relâché, qui a du jeu, ou en bon québécois lousse, ou de l’anglais slack. Bref, écrire looser au lieu de loser, c’est loser!

Ceci étant précisé, passons à l’article.

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Êtes-vous votre propre pire ennemi?
Être malchanceux, c’est le fruit du hasard.  Être loser, c’est aider le hasard à nous rendre malchanceux. La preuve:

En amitié :
Le loser n’a pas d’amis, ou alors très peu.  À chaque fois qu’il commence à lier d’amitié avec des gens brillants et intéressants, c’est toujours la même chose.  Au début, tout va bien.  Puis, à mesure que le temps passe et que ces gens apprennent à le connaître, ils se désintéressent de lui et le laissent de côté.  Le Loser aimerait bien comprendre pourquoi ça se passe toujours ainsi mais personne n’est capable de lui donner une réponse claire à ce sujet. 

Dans son image personnelle :
Souvent sur la défensive, le Loser est un être qui aime étaler au grand jour les défauts des autres.  C’est que, puisqu’il n’arrive pas à égaler ou à dépasser les autres, il compense en démontrant que les autres ne valent pas mieux que lui. Il est capable de faire une liste exhaustive de tous les écarts de conduite et des erreurs qu’a fait quelqu’un durant les cinq dernières années si cette personne a osé faire une remarque négative au Loser. C’est que Le Loser ne supporte pas que quelqu’un possédant de pires défauts que lui ose lui faire la morale. Or, à ces yeux, ça représente 99.999999999999999999999% de la population.

Dans ses études :
À l’école, le loser se distingue par une caractéristique particulière :  Il lui manque toujours quelque chose. Toujours le dernier à se procurer un livre important, celui-ci est souvent épuisé lorsqu’il vient pour se le procurer.  Ainsi, en classe, c’est celui qui est pris pour suivre avec un autre. Il se retrouve souvent sans crayon ni papier lorsqu’il y a des notes à prendre. Oublie son numéro de cadenas. Oublie de faire ses devoirs.  Et s’il les fait, il les oublie chez lui. Oublie d’étudier.  Et s’il le fait, ce ne sera pas le bon livre.  Se trompe dans son horaire.  Dans les dates importantes de son agenda, il notera les dates de partys et écrira des réflexions sur des filles sur qui il a l’oeil, plutôt que de noter les devoirs ou dates d’examen. D’ailleurs, il sera toujours surpris d’apprendre, en entrant en classe, qu’il y a un examen, alors que tous les autres n’ont pas cessé de se préparer durant toute la semaine.

Souvent, à la fin de la session, le Loser ne se donne même pas la peine de se présenter à ses examens finaux.  Il n’aime qu’une chose à l’école :  La vie sociale.  Or, il se trouve bien désemparé lorsque ses amis et connaissances réussissent, avancent dans leurs études et changent d’école alors que lui reste là.  Privé de la seule chose qui le garde à l’école, le Loser finit par décrocher.

Dans son look :
Il s’habille de façon remarquable, dans le sens qu’il se fait remarquer par son habillement.  Par exemple, si le Loser porte des lunettes, ce sera d’un modèle qui est passé de mode depuis au moins cinq ans.  La plupart du temps, le Loser, s’il a de plus de 25 ans, s’habille et se coiffe encore comme il le faisait quand il avait 15 ans car il n’a pas remarqué que la mode a évolué.

Parfois, le loser a un petit côté artistique qui le pousse à se créer lui-même son propre style. Il fait ça dans le but de se donner une image de hyper cool de non-conformiste. Hélas, dans son cas, ça foire lamentablement.  Il faut dire que, pour des raisons encore mal définies, un style, une pièce de vêtement ou une coiffure qui paraît bien sur quelqu’un d’autre devient automatiquement horrible lorsque portée par le Loser.

Le Loser étant mal à l’aise en société, il se jette de tout son âme dans les séries de fiction.  Celles-ci influencent parfois sa garde-robe.  Ainsi, on le verra souvent arborer des vêtements à l’effigie de telles séries, quand il ne va pas carrément copier le look d’un personnage particulier.  Non pas dans le cadre d’un événement spécial, mais bien dans la vie de tous les jours.

On dirait parfois que les Losers partagent une conscience collective, car nombreux sont ceux qui se créent exactement le même look, et ce sans jamais avoir su que d’autres l’arborent: Le style Fedora-Neckbeard.  Il y a quelques variantes d’une personne à l’autre, mais dans l’ensemble, on y retrouve une combinaison de la majorité des éléments suivants, qu’ils portent à toute occasion, à l’intérieur comme à l’extérieur :

  • Chapeau Fedora ou Trilby.
  • Barbe en collier.
  • Long imperméable.
  • Chemise et cravate.
  • Veston de soirée.
  • T-shirt à l’effigie d’un dessin animé.

C’est un look qui, croit-il, fait original, classe, badass.  Or, sans le savoir, il a en fait recréé l’uniforme officiel du Loser.  Celui qui permet au reste de la population de voir au premier coup d’oeil qu’il en est un, car il n’y a qu’eux qui arborent ce style.












Ce qui distingue le Loser du chapeauphile normal, c’est que ce dernier ne va porter son couvre-chef que lorsqu’il sort.  Tandis que le Loser portera le sien à l’intérieur comme à l’extérieur, du lever au coucher, 7 jours semaine, 365 jours par année.

Dans son travail :
Lorsque le Loser ne vit pas aux crochets du chômage / du BS / de ses parents / de sa conjointe, il occupe le genre d’emploi qu’obtient habituellement un ado en vacances: Livreur d’épicerie, laveur de vaisselle, classeur de marchandises sur les tablettes, employé de ménage au McDo… Même s’il aimerait pouvoir trouver mieux, il ressent quand même une petite fierté, car ce sont des boulots qu’il n’arrivait même pas à décrocher quand il était ado, tellement il était déjà loser à cette époque. Aujourd’hui, son âge et son expérience de vie étant plus grande que ses collègues de travail, il leur est au moins supérieur sur ce point. Pas étonnant qu’il se sent bien à travailler là, même si ce boulot est loin d’être son idéal.

Parfois, la chance lui permet de lire une petite annonce au sujet d’un emploi génial, le genre qu’il a toujours rêvé d’avoir.  Si l’annonce dit que tous les CV reçus après vendredi le 27 ne seront pas considérés, le Loser laissera bêtement le temps passer.  Samedi le 28, il réalisera soudain que ce qu’il fait là est stupide car il possède toutes les qualités que ce travail demande et que ce serait trop bête de laisser passer une opportunité pareille. Il consacrera la fin de semaine complète à travailler fiévreusement sur son CV, ramassant toutes sortes de preuves au sujet de ses compétences.  Il y inclura une lettre dont une des premières phrases sera :  « Je sais que j’ai dépassé la limite de temps que vous avez fixé pour l’envoi de CV mais si vous vous donnez la peine de jeter un œil à mon envoi, vous verrez que je réunis toutes les compétences qui…» Le Loser sera malheureux car il ne sera jamais rappelé.

Dans ses projets :
Le Loser sait qu’il est destiné à un avenir fabuleux où la gloire et la richesse l’attendent. Le problème, c’est justement ça :  Peu importe le temps qui passe, c’est toujours dans l’avenir que ça l’attend.  Jamais dans le présent.

Le Loser ne s’abaisse pas à faire les mêmes efforts que tout le monde pour réussir.  Il sait déjà comment faire.  Par exemple, s’il est un graphiste talentueux, il se dira qu’il est inutile de devoir perdre temps et argent aux études car lorsqu’il montrera ses œuvres aux employeurs potentiels, ceux-ci le verront bien de leurs yeux qu’il a du talent.  De toute façon, peu importe la discipline qu’il a choisi, le Loser sait qu’il a du talent.  Il ne voit pas la logique de s’endetter de quelques milliers de dollars étendus sur quelques années d’études afin d’obtenir un papier disant : «Oui, cher employeur potentiel, ce gars là a du talent!»

Le Loser a toujours des projets extraordinaires.  Il en commence beaucoup mais en finit peu. Ceux qu’il choisit de finir sont habituellement ceux qui ont le plus de chances d’être voués à l’échec.  Le loser, c’est souvent celui qui est en train d’écrire un scénario de film alors qu’il n’y connaît absolument rien dans l’industrie du cinéma.  Même s’il arrive vraiment à écrire le scénario du siècle, il restera pris avec car il ne saura même pas où, à qui et comment le placer.  En fait, il ne saura même pas comment se renseigner pour l’apprendre.

Le Loser est un autodidacte. Il lit beaucoup et sait énormément de chose sur une tonne de sujets que la population générale ignore.  De ce fait, le Loser gagne souvent lorsqu’il joue à Quelques Arpents de Pièges. Par contre, les connaissances pouvant lui permettre de réussir à faire quelque chose de bien de sa vie, il ne les a pas.  Car étrangement, à l’école, aucune matière importante ne lui rentre convenablement dans la tête.

Dans ses communications:
Souffrant d’un sentiment d’infériorité dans tous les domaines, le Loser se rassure dans le fait que là où ça compte vraiment, c’est à dire intellectuellement, c’est lui qui est supérieur. Ainsi, dans ses textes, au lieu d’écrire « Malgré son air bête, l’inquiétant millionnaire fit un sourire », il optera plutôt pour « Nonobstant sa mine renfrognée, le patibulaire cossu esquissa un rictus. » Il est tellement occupé à étaler son intelligence qu’il en oublie d’avoir l’intelligence de comprendre que lire de tel textes, c’est comme marcher avec des raquettes quand on est enfoncé jusqu’aux cuisses dans la mélasse : Faisable, mais inutilement pénible. Alors si en plus le Loser parle de la même façon qu’il écrit, il a beaucoup de difficulté à comprendre pourquoi ses interlocuteurs tiennent rarement à avoir une seconde conversation avec lui.

Sur le net, il arrive que le Loser s’exprime clairement. En personne, par contre, peu habitué à l’interaction face-à-face, il est un piètre interlocuteur. Il bafouille, cherche ses mots, transforme tout en blague et dit souvent des conneries. Il est le champion de la remarque qui apporte (accidentellement) le malaise. Étrangement, s’il est francophone, il s’exprimera mieux en anglais puisque c’est une langue seconde qu’il a eu à apprendre sur le tard. N’ayant jamais eu le temps d’apprendre convenablement toutes les subtilités de celles-ci, il n’aura d’autre choix que de s’exprimer clairement lorsqu’il l’utilise.

Et puisque l’on parle de langue seconde (en tenant compte que ce blog est Canadien)  : Lorsqu’il a envie d’apprendre une nouvelle langue, le loser ne choisit jamais l’espagnol qui est la 3e langue la plus parlée en Amérique. Non, il choisira plutôt l’allemand ou le japonais, deux langues qui ne lui serviront jamais à rien, que ce soit dans sa vie privée ou dans son travail. De toute façon, ce n’est pas comme s’il allait vraiment réussir à l’apprendre, peu importe les années qu’il va y mettre.

Dans son physique :
Le Loser est né avec un physique défectueux.  Il est ou bien trop grand, ou trop petit, ou trop maigre, ou trop gros, ou trop laid, ou juste trop non-remarquable. Il rêve du jour où il sera beau, grand et fort. Étant pauvre, il ne peut se permettre de s’inscrire à un gym ni de s’acheter de l’équipement. Il ne peut donc que se contenter d’en rêver.  Le loser a quelquefois fait de l’entrainement musculaire et/ou sportif en cachette, mais le plus longtemps qu’il l’a fait avant d’abandonner fut deux mois.  Le loser qui arrive à s’acheter de l’équipement sportif le laisse prendre la poussière au bout de quelques semaines et n’y retouche plus, sauf lors de déménagements. Et quand le Loser peut se permettre un abonnement d’un an au gym, il y va à tous les jours lors des deux premières semaines, puis trois autres fois pour le reste de l’année, avant d’abandonner définitivement.

Le Loser se déplace surtout à bicyclette car étant pauvre, il ne peut se permettre d’avoir un auto ou une titre de transports en commun.  Qu’importe, le Loser est fier de sa situation de cycliste.  Puisqu’il fait beaucoup de vélo, il se vante que cette activité le tient en grande forme physique.  Étrangement, tous les amis du Loser qui eux ont des autos sont en meilleure forme que lui.

De toute façon, le loser ne garde jamais son vélo longtemps car il se le fait toujours voler.  Même s’il le laisse parmi 8624 vélos attachés, le seul qui se fera voler, ce sera le sien.  À moins que ce soit une vieille patraque.  À ce moment-là, il ne se le fera pas voler. Il se le fera seulement vandaliser.

Dans son passé amoureux et/ou sexuel:
Le manque de confiance que le Loser a toujours ressenti envers lui-même a fait qu’à l’époque de ses premiers désirs amoureux et/ou sexuels, il était trop intimidé par les filles de son âge.  Il se sentait inadéquat, puisque ces filles étaient attirées par les gars plus beau, plus athlétiques, plus sérieux que lui.  Les seules filles avec qui il se sentait à l’aise, c’était les pré-pubères, voire les enfants.  Puisqu’elles étaient encore trop jeunes pour ressentir de l’attirance pour le sexe opposé, elles ne le mettaient pas en compétition avec les autres gars.  Le Loser, sans comprendre pourquoi puisque ça se passe au niveau de l’inconscient, confondra cette aisance pour du sentiment et du désir.  Et c’est ainsi qu’il fantasmera pendant plusieurs années sur des situations imaginaires dans lesquelles il se verra vivre des amourettes avec de jeunes filles telles que…

  • Jolie jeune immigrante perdue et confuse dans ce nouvel environnement, à qui il servira d’abord de guide social, avant de devenir, à sa demande à elle, son guide amoureux et/ou sexuel. (De ce fantasme particulier, le Loser caucasien gardera parfois toute sa vie une attirance marquée vers noires et asiatiques.)
  • Petite voisine qui l’admire juste parce qu’à ses jeunes yeux, il est grand et fort, ce qui fait qu’elle finira par vouloir faire de lui son initiateur amoureux et/ou sexuel.
  • Jeune adolescente récemment jetée dans la rue sans famille ni amis, qu’il recueillera chez lui (dans un appartement lui aussi imaginaire, puisqu’il reste encore chez ses parents), avant qu’elle le récompense pour sa générosité en lui offrant d’être sa chose amoureuse et/ou sexuelle.
  • La petite cousine.  Ou pire encore, la petite soeur, car, situation familiale oblige, ils sont toujours en contact.  Ce qui fait que, lorsqu’elle ressentira ses premiers désirs pour le sexe opposé, elle se tournera vers le premier mâle de son environnement, celui le plus proche de leur groupe d’âge: Lui-même, son oni-chan (grand-frère).

Ce dernier fantasme peut devenir problématique si le Loser a vraiment une petite soeur.  C’est que ce fantasme-là est particulièrement à portée de main en été, alors que les parents travaillent et que les enfants et ados sont en vacances, en ayant pour eux-seuls la maison.  Le Loser pourrait alors être tenté de faire de son fantasme une réalité.  Dans ses fantasmes énoncés plus haut, on constate que dans tous les cas, c’est toujours la jeune fille qui initie la relation amoureuse et/ou sexuelle.  Mais dans la réalité, ce serait l’inverse, et il le sait.  À partir de là, ce qu’il fera ou non dépendra de plusieurs facteurs de sa personnalité, du degré de ses désirs et de sa force morale.

Ironiquement, bien que dans ce cas-ci il agit en pur pédophile, dans 90% des cas, le Losers ne l’est même pas.  Il s’en rend compte, en constatant qu’il ne trouve pas dans ces premières relations ce qu’il cherche.  Aussi, il y perd intérêt et son focus passe vers les filles de son âge.  Hélas, pour ses jeunes victimes s’il y en a, le mal est fait.

Avec les filles :
Il y a un genre de filles que le Loser attire tout particulièrement : Celles qui ne voudraient jamais sortir avec lui.  Le Loser ressent de la frustration envers ces filles qui veulent que leur relation soit amis seulement, alors qu’ils ont tant de choses en commun. … Enfin, quand je dis tant de choses en commun, en général, ça se limite à « Nous sommes tous les deux hétéros et célibataires. »  C’est que le loser croit dur comme fer à l’adage qui dit qu’en amour, nos différences n’ont aucune importance.  C’est sa façon à lui de justifier le fait qu’il sortirait avec n’importe qui, pourvu que ce soit une fille.

Il arrive parfois qu’une de ses amies particulièrement en manque ou désespérée consente à avoir une relation plus intime avec le Loser.  Elle y posera cependant une condition :  Leur relation devra rester secrète.  Elle invoquera toutes sortes de raisons que le Loser gobera ou non mais qu’il acceptera quand même puisque c’est ça ou bien rester célibataire.  Elle ne lui avouera jamais que la vraie raison, c’est parce qu’elle aurait honte que les autres sachent qu’elle est avec lui.

En amour :
À cause de son complexe d’infériorité, le loser s’imagine et/ou constate que comparé aux autres hommes, il fait piètre figure, surtout dans le domaine de la séduction.  Aussi, il fantasme souvent sur des situations imaginaires du genre de:

  • Il est sur une île, seul survivant mâle d’un naufrage ou d’un écrasement d’avion, en compagnie d’une autre survivante.
  • Variante: Dans un bateau, qui contient eau et nourriture en abondance, mais une seule cabine et un seul lit. 
  • Il se retrouve coincé plusieurs heures, voire plusieurs jours, avec une fille, dans un ascenseur en panne, un cockpit d’avion écrasé… 

Les trois points en commun que l’on retrouve dans ces différents fantasmes de situations sont toujours les mêmes:

  1. La fille et lui sont isolés de tous.
  2. Ce qui fait qu’elle n’a pas le choix de lui parler.
  3. Et éventuellement craquer pour lui.

Puisqu’il ne vivra jamais de tels fantasmes, le Loser jette alors son dévolu sur toute fille qu’il sent isolée, mais cette fois au niveau social.  Celles qui sont renfermées, timides maladives, angoissées…  Car la nature de ces filles-là apporte deux intéressantes garanties au loser.  La première, c’est qu’il n’aura pas de compétition, car aucun homme normal n’irait s’intéresser à ça.  Et la seconde, de par leur nature facilement intimidable, elles n’oseront jamais lui résister clairement, ce qui fait qu’elles finiront bien à céder sous son insistance.  Hélas pour le loser, son sentiment de victoire sera de courte durée, car il vivra avec elle une relation cahoteuse qui sera négative et décevante du début à la fin.

Dans des conditions normales, le loser ne plait pas. Pourtant, en amour, c’est un être courageux qui n’a pas peur des obstacles.  La preuve: La fille sur qui il jette son dévolu est toujours ou bien déjà en amour avec un autre, ou bien trop jeune, ou bien trop vieille, ou bien lesbienne, ou bien d’un style de vie / de look / de mentalité / de milieu trop différent de lui, ou bien mariée, ou bien habitant à plus de 50 km de chez lui, ou bien qui ne veut rien savoir de lui, quand ce n’est pas une combinaison de plusieurs de ces éléments.  S’il arrive tout de même à sortir avec cette fille, le Loser vivra une relation cahoteuse qui sera négative et décevante du début à la fin.

Ceci étant dit, le Loser n’est pas forcément un être désespéré. Parfois, il est capable d’attendre La Bonne. Tandis que ses amis vont d’une relation à l’autre et vivent toute une gamme d’émotions, ont du plaisir, des loisirs et de la baise, le Loser ne sort jamais avec personne. Il a une idée très précise sur son idéal féminin et il s’est  juré que tant et aussi longtemps qu’il ne l’aura pas rencontré, il se gardera pur pour elle. S’il finit par la trouver, et que par miracle elle accepte de sortir avec, (souvent après avoir été poursuivie pendant des années par le Loser) leur relation sera de courte durée. Normal: Un gars qui n’a jamais eu de relation amoureuse ou sexuelle, ça n’a aucune expérience du comportement amoureux et sexuel. Ça fait que même si elle est son idéal féminin, en revanche il est loin d’être son idéal masculin.

Les amours du Loser commencent souvent de la même façon que n’importe qui. Par exemple: Il rencontre une fille dans une fête entre amis, ils se plaisent, ils commencent à se rapprocher. Ils peuvent même passer la soirée à se bécoter et la nuit à baiser. Puis, après quelques jours, si ce n’est pas dès le lendemain, elle s’en détache, s’en désintéresse et ne veut plus rien savoir de lui, même en ami.  Le Loser aimerait bien comprendre pourquoi ça se passe toujours ainsi mais là encore personne n’est capable de lui répondre ou n’a envie de le faire.  Tout ce qu’il sait, c’est que ce qu’il entend dire à ce sujet n’a jamais rapport avec ce que la fille lui a dit.  Par exemple, si elle lui dit qu’elle ne se sent pas prête à embarquer dans une relation à ce point-ci de sa vie, les autres lui rapportent plutôt qu’elle lui trouvait tout un tas de défauts, dont certains que le Loser ne savait même pas qu’il avait.  Le Loser part alors en croisade à la recherche de la vérité, ce qui ne fera qu’empirer son cas et lui donner l’impression que tous l’ont trahi et lui ont menti.  Surtout qu’une fois sur deux, la fille se retrouve embarquée dans une nouvelle relation moins de deux semaines après avoir rompu avec le Loser.

Lorsqu’il ne s’agit pas de ses amours personnelles, le Loser est un grand observateur.  Il est capable de dire si la relation débutante d’un(e) de ses ami(e) va durer ou non.  En fait, il dira toujours que c’est non, que cette relation est condamnée d’avance, qu’ils ne sont pas faits l’un pour l’autre, qu’ils sont trop différents.   Lorsque la relation sera terminée, que ce soit au bout de dix jours, dix semaines, dix mois ou bien dix ans, il sera fier de clamer haut et fort qu’il savait depuis le début que ça ne marcherait pas.

Enfin, certains losers sont plus fins stratèges: D’abord, ils repèrent une fille qui est déjà en couple avec un gars qui a un physique et/ou un style semblable à lui.  Il s’arrange pour devenir bon ami avec cette fille.  Puis, il deviendra son confident, histoire d’apprendre ce qu’elle aime ou non chez son mec, et ce qui ne va pas dans le couple.  Armé de ces informations, le Loser peut donc montrer à la fille qu’il a en lui tout ce qu’elle aime chez son amoureux actuel, MOINS ses défauts.  Et c’est comme ça que dans 75% des cas, il arrive à finir avec la fille.

Et avant de penser que, puisqu’il a réussi, il n’est donc pas si loser que ça, considérez ceci: La seule façon qu’il a trouvé pour réussir à plaire, ce n’est pas en restant lui-même.  Non, c’est en se donnant les qualités de l’autre gars, et en évitant d’avoir les défauts de l’autre gars.  Bref, il n’a réussi à plaire qu’en se basant sur la personnalité d’un autre.

Dans son couple:
Lorsque le Loser a une relation stable, sérieuse et à long terme, c’est avec une fille qui est loin d’être un modèle de beauté et/ou d’intelligence et/ou d’amabilité.  Voilà pourquoi il a trop honte pour s’afficher avec elle en public, surtout en tant que son conjoint.  Qu’est-ce qu’il fait avec elle, alors?  Pas le choix, c’est la seule qui veut de lui.  Le loser classera cette relation sous le dossier « En attendant de trouver mieux », et essayera sans cesse de la tromper.  Or, les rares fois qu’il y réussira, il ne trouvera vraiment pas mieux que sa relation actuelle.  Et si par miracle, oui, il trouve vraiment mieux qu’elle, ça va se terminer en catastrophe. Non seulement parce que le Loser a déjà une copine, mais souvent à cause qu’il habite avec elle.

Dans sa mentalité :
Le Loser est un être réfléchi.  Il pense beaucoup.  On dirait même qu’il pense trop, car tandis qu’il réfléchit, il n’agit pas.  Adolescent, il observe ses amis qui s’amusent en buvant, fumant, prenant de la drogue, allant d’une relation non-sérieuse à une autre.  Le Loser se dit que faire tout ça est tellement inutile puisque cela ne leur servira pas dans leur avenir.  Et oui, sur ce point, il a raison à 100%.  Or, l’erreur qu’il commet ici, c’est de ne pas vivre au moment présent.  Son intelligence le pousse à une maturité prémature, ce qui lui donne le réflexe de vouloir passer immédiatement de l’enfance à la vie adulte, sans passer par la phase transitoire de l’adolescence.  Phase où, justement, on expérimente plein de choses, dont la majorité s’avèrera inutile dans l’avenir.  Le Loser, qui s’exclut ainsi volontairement des autres, s’emmerde tout seul dans son coin.  Pendant ce temps là, les autres s’amusent et vivent pleinement leur vie de jeunesse en groupe.  Rendus adultes, tous ces ex-saoulons et ces drogués repentis arrivent à trouver travail et âme sœur facilement tandis que le Loser qui s’est abstenu n’y arrive pas.  Peut-être que ça a à voir au fait que les employeurs et âmes sœurs sont eux aussi des trippeux repentis, donc des gens avec qui le loser a peu de choses en commun.  Il faut dire que…

Dans sa vie sociale :
Le Loser commet trop souvent la faute de décider à la place des autres ce que les autres devraient penser de lui, ce qui est doublement une faute puisque cette opinion qu’il communique à son propre sujet est toujours négative.  Il va exprimer le fait qu’il se sent mal à l’aise, inadéquat.  Il va exprimer avoir tel ou tel défaut qui le rabaisse à leurs yeux, alors que pourtant personne ne lui a fait la moindre remarque négative sur quoi que ce soit.  Et souvent, il va faire des remarques à ses amis comme quoi il leur est inférieur dans de nombreux domaines.  Si on complimente le Loser où qu’on lui offre des opportunités, son premier réflexe ne sera pas de remercier, mais bien de débattre sur qu’est-ce qui leur a fait commettre l’erreur de penser qu’il mérite ce positif de leur part.  Et puisqu’il ne raconte majoritairement que ses échecs passés et obstacles présents, réels autant qu’imaginaires, il finit par conditionner son entourage à avoir vraiment la mauvaise opinion de lui qu’il leur prêtait dès le départ.  Par conséquent…

Dans son entourage immédiat.
Chaque personne n’attire autour de lui que les gens qui sont intéressés à ce qu’il sont.  Ainsi, puisque le Loser projette autour de lui une image de victime, il attire tout naturellement trois genres de personnes

  1. Les agresseurs et fauteurs de troubles à la recherche de victimes.  Le prédateur saura toujours reconnaitre instinctivement une proie.  Pour celui-là, le loser est la victime idéale, alors il ira toujours l’exploiter, le rabaisser, le faire échouer. Et si le Loser réussit tout de même, ils vont s’arranger pour le saboter, l’empêcher d’avancer.
  2. Les autres losers.  Tout le monde a besoin d’avoir un sentiment d’appartenance.  Ainsi, par simple désir de ne pas être les seuls losers de leur entourage, les autres losers vont toujours décourager ou déconseiller le Loser qui aurait la chance de vivre une opportunité de réussite.  Et si le Loser réussit tout de même, ils vont s’arranger pour le saboter, l’empêcher d’avancer.
  3. Les surprotecteurs.  Très souvent, il s’agit des parents.  Ceux-là ressentent un besoin viscéral de protéger le Loser.  Et puisqu’ils ont besoin que le Loser dépende d’eux, ils vont faire en sorte pour que le Loser ne réussisse jamais rien.  Et si le Loser réussit tout de même, ils vont s’arranger pour le saboter, l’empêcher d’avancer.

Si ces gens sont attirés par le Loser, c’est parce qu’ils ont besoin d’avoir un loser dans leur entourage.  C’est en tant que tel qu’ils l’ont connu, c’est en tant que tel qu’ils l’ont accepté, et c’est en tant que tel qu’ils en ont besoin.  Ainsi, peu importe que leur motivation soit d’écraser, d’avoir un sentiment d’appartenance, ou l’altruisme, il reste qu’ils vont toujours faire en sorte pour que le Loser reste un loser.  

Dans sa morale et ses principes:
Le Loser a bonne conscience et une grande capacité de sacrifice dicté par un code d’honneur strict. Par exemple, s’il a abandonné un travail payant, c’est parce qu’il savait qu’il n’était pas assez qualifié pour ce travail et qu’il prenait la place d’un autre qui, lui, la méritait mieux et saurait donner un meilleur rendement à son patron.  S’il a mis fin à se relation, c’est parce qu’il l’aimait.  Il savait qu’il n’était pas assez bien pour elle et qu’elle méritait beaucoup mieux que lui. Si une connaissance lui propose une entrée via contacts dans un bon travail, il va refuser car il ne pourra ressentir de fierté puisqu’il n’aura pas réussi à avoir l’emploi par lui-même. Le Loser tire beaucoup de vanité du fait d’avoir des principes et un code d’honneur.  C’est d’ailleurs la seule chose dont il peut en tirer.  Il a beau se dire qu’il a bonne conscience d’agir ainsi, il est toujours malheureux des décisions que ses principes lui ont dictés. C’est normal puisque tout ce que ce que ce code lui fait faire, ce ne sont jamais des choses qui lui permettent d’avancer. Au contraire, ce sont toujours des choses qui vont le ralentir, lui faire obstacle et le saboter.  

Dans ses plans de vie :
Le loser est un extrémiste. Il passe 50% de son temps à nous expliquer joyeusement quelconque plan à dormir debout devant lui assurer fortune, gloire, amour et richesse, et 50% de son temps à se plaindre parce que ça ne marche pas.  

Il faut dire que le Loser a la très mauvaise habitude de vendre la peau de l’ours.  Par exemple, s’il est obèse et s’inscrit à un gym à l’automne, il se vante dès le départ qu’il saura perdre 60 lbs / 28 kgs en six mois, et il n’hésite pas à parler de tous les plans qu’il fait pour lorsqu’il aura enfin son physique idéal.  En se vantant et en éblouissant ses amis, il obtient immédiatement la satisfaction du travail bien fait.  Il ne lui reste plus qu’à le faire, ce dit travail.  Or, cette situation dans laquelle il vient de se coincer, c’est similaire à recevoir d’avance six mois de salaire, et de l’avoir tout dépense avant de commencer à travailler.  Ce n’est plus du tout motivant pour faire le dit travail.  Alors lorsqu’il échouera, ce sera d’autant plus humiliant, puisque tout le monde le saura.

D’ailleurs, le plus grand ennemi du Loser, ça reste sa grande gueule.  Quand il médit contre un autre, ses paroles sont rapportées et ça lui retombe sur le nez.  Quand il planifie quelque chose, le fait d’en parler donne tous les renseignements nécessaires à ses ennemis pour lui couper l’herbe sous le pied.  Si, à son travail, il a à signer une entente de confidentialité sur un projet dont la réussite dépend grandement du silence, il en parlera et fera échouer le projet.  Et même s’il prend la peine de confier quelque chose sous le sceau du secret, ça se sait en un rien de temps. 

L’incapacité du Loser à garder un secret prend sa source dans sa faible estime de soi. Quand on possède un secret, on sent que l’on détient enfin quelque chose qui saura capter l’attention et l’admiration des autres.  Et quand on est en mal d’attention et d’admiration comme le Loser l’est, pas étonnant que ça lui soit aussi difficile de garder le silence.  

Dans ses victoires :
Comme tout le monde, il arrive parfois que le Loser ait de la chance.  Or, il est tellement peu habitué à en avoir que lorsqu’il en a, il a tendance à adopter un comportement qui sabote tout, tellement il est méfiant ou pris au dépourvu.  Par exemple, si une belle et brillante fille lui montre des signes comme quoi elle s’intéresse à lui, il reste là sans bouger comme s’il avait de la difficulté à croire que ça lui arrive vraiment.  Il attendra d’autres signes de la part de la fille mais à chaque fois que ceux-ci arriveront, il aura toujours un doute et en attendra un autre.  Voyant qu’il ne répond pas à ses signes répétés, la fille finit par se lasser et se désintéresse de lui.  Le loser passera alors des mois, voire des années, à tenter de rattraper le coup et à se morfondre d’avoir laissé passer une chance pareille mais il sera alors trop tard.  Devant son idéal, le Loser attend toujours qu’il soit trop tard pour agir.

Dans ses projets comme dans ses amours comme dans sa mentalité, non seulement le Loser ne craint pas les obstacles, il les recherche.  Et pour cause.  En tant que Loser, consciemment ou non, il sait qu’il ne peut pas gagner à armes égales contre les autres.  S’en aller vers un but hors de sa portée, c’est d’abord s’assurer que ce but est également hors de la portée de la majorité des gens.  Dès le départ, ça élimine la compétition, donc l’humiliation de de faire battre par un autre.  Ensuite, si par miracle le Loser réussit à atteindre son but, il sait qu’on va l’admirer d’avoir réussi malgré tous les obstacles.  Sa réussite n’en sera que plus extraordinaire et il en tirera beaucoup de satisfaction.  Enfin, s’il ne réussit pas à atteindre son but, il sait que personne ne pourra l’en blâmer car comme le dit le proverbe, à l’impossible, nul n’est tenu.  Malheureusement,  celui qui se fixe toujours des buts impossibles ne fait que s’assurer qu’il va passer le reste de sa vie à subir échec sur échec sur échec.

De toute façon, peu importe le sujet, lorsque le Loser arrive enfin à obtenir quelque chose qu’il a toujours voulu avoir, il s’arrange pour le perdre d’une façon ou d’une autre.  C’est que même si le Loser déteste être un loser, c’est tout ce qu’il sait être.  S’il devient un winner du jour au lendemain, il ne saura ni comment réagir ni quoi faire pour le rester.  Et même s’il le sait en théorie, en pratique il n’est pas habitué à être un winner. Il pratique son attitude et sa personnalité de loser depuis tellement d’années que c’est rendu naturel chez lui d’en être un.  Or, chassez le naturel…

Dans sa famille:
Il faut dire que dès le départ, le Loser n’a pas eu de chance dans son milieu de vie.  Il est né dans une famille qui n’était ni assez riche ni assez influente pour pouvoir lui fournir les connexions nécessaires pour pouvoir réussir dans la vie, contrairement à la majorité des gens qu’il connaît.  De toutes façons, même s’ils étaient influents, ses parents ne croient ni en lui ni en ses capacités de réussir. Ainsi, il est né avec un handicap qui lui fournira l’excuse nécessaire pour expliquer les échecs qui se vont se succéder tout le long de sa vie, peu importe le domaine.

Et quand le loser finit par quitter sa famille pour en fonder une nouvelle, il se retrouve inévitablement avec une conjointe, une belle-famille et des enfants qui lui feront vivre exactement le même genre de problème qu’il a toujours vécu du temps où il vivait chez ses parents. Hélas, s’il est normal et socialement acceptable de quitter ses parents, ça l’est beaucoup moins de quitter sa femme et ses enfants. Et même s’il le fait, la pension alimentaire et les ennuis judiciaire qui y sont reliés seront là pour s’assurer qu’il ne puisse jamais se tirer de la merde dans lequel il s’est volontairement embourbé.

S’il est vrai que le succès attire le succès, il en va de même pour l’inverse. Puisqu’il met dans la tête des gens qui l’entourent qu’il est une victime, un malchanceux, et un abusé, alors ce sera en victime, en malchanceux, et en abusé que les gens vont le traiter.  C’est pour ça que le Loser ne sera jamais rien d’autre que ce qu’il a toujours été : Un Loser!


L’origine de ce texte remonte au début des années 90, lorsque je me suis mis à réfléchir sur tout ce qui n’allait pas chez moi, en comparant chaque point avec d’autres gens qui eux y réussissaient. Il s’agit donc d’une longue auto-analyse. Depuis, le loser en moi est mort, d’où le « Autopsie » du titre.

Vous voulez savoir comment je me suis tiré de mon loserisme?  Alors allez lire

Les 4 règles du succès

Je ne suis pas homme à copier les textes des autres. J’ai déjà bien assez de choses à dire comme ça sans avoir besoin de prendre mon inspiration ailleurs. Je vais cependant faire exception aujourd’hui parce que j’ai récemment lu un truc qu’il vaut vraiment la peine de partager.

Cracked.com a beau être un site d’humour, certains de leurs articles sont très pertinents. Celui-ci en particulier: The 10 Most Important Things They Didn’t Teach You In School, par David Wong. Si vous comprenez l’anglais, allez le lire au complet. C’est long mais ça vaut la peine. De toutes façons, je ne compte vous entretenir ici que du sujet numéro 6 qui résume en trois courts points ce que ça prend pour réussir sa vie en général et sa carrière en particulier. Dans ce qui suit, ce qui est rouge italique est traduit et adapté de l’article de Cracked. Le reste, c’est de moi:

Vous savez, ces gens que vous voyez qui ont la grosse maison, la bagnole de l’année, l’écran télé géant et le gros salaire qui peut leur payer tout ça? Environs 100% d’entre eux se sont rendus là où ils sont dans la vie parce qu’ils ont eu quatre choses qui ont joué en leur faveur:

1- Ils ont du talent
2- Ils ont travaillé fort.
3- Ils ont eu la chance de rencontrer les bonnes personnes.
4 (ou 3b)- … et ils ne les ont pas fait chier.

Pourquoi ai-je coupé le point 3 en deux parties?
Comme je dis plus haut, dans l’article de Cracked, il n’y a que trois points. Le 3e et dernier va comme suit: Randomly meeting the right people and not pissing them off. Dès que j’ai lu ce point, j’ai vu que Mr Wong a fait une petite erreur: Il aurait dû en faire deux points plutôt qu’un seul, car ce sont deux choses très différentes. Parce que si l’un demande de la chance, l’autre demande de l’intelligence et un bon jugement.

Au sujet du point 3 : Avoir la chance de rencontrer les bonnes personnes
Lorsque ces gens qui ont réussi dans la vie racontent leurs histoires à succès, peu d’entre eux osent parler de ce point. Et c’est normal puisque le public a toujours tendance à croire que quand tu as eu cette chance-là, ça signifie automatiquement que tu n’as jamais eu besoin du points 1 (talent) ni du point 2 (travail).

Pourtant, il n’y a rien de plus faux. On n’a jamais vu un sans-talent avoir une carrière durable juste parce qu’il a de bons contacts. Même si demain René Angelil me signait un contrat de disque, ça ne change rien au fait que je n’ai aucun talent en tant que chanteur.

Exemple pertinent: Jacques Villeneuve. Il a eu tous les contacts requise pour faire un CD de chansons. Est-ce que ça lui a ouvert une carrière de chanteur? Oh que non!

Le point 3 est aussi détesté par ceux qui s’obstinent à croire que seuls le talent et le travail donnent de la valeur à ta réussite.
Par exemple, en 2006-2007, lorsque j’allais à l’École Nationale de l’Humour, programme Auteur, certains de nos profs se vantaient d’avoir plein de connections. À chaque fois que quelqu’un lui demandait de les partager, la réponse de ces profs étaient toujours la même: « Non, je ne peux pas faire ça. Ce serait trop facile. Ce ne serait pas te rendre service, de te donner tout cuit dans le bec tes connections de carrière. Pense à la fierté que tu vas ressentir de pouvoir te dire que si tu as réussi, c’est entièrement par toi-même. »

Le problème, c’est que mon talent, c’est l’écriture, pas l’auto-gérance ni les relations publiques.  Je sais écrire, je sais faire des blagues, la seule chose que je ne sais pas c’est où et comment présenter mes projets.  J’écris professionnellement de l’humour dans les magazines depuis juin 1988. La seule raison pourquoi je me suis endetté de $12 000.00 pour aller à cette école-là, c’était justement pour les contacts.  Laissez-moi vous dire qu’à chaque fois que j’ai du mal à payer mon prêt étudiant, dette totalement inutile au bout du compte, ou bien mon loyer et autres dépenses obligatoires de la vie, je ne trouve pas vraiment consolation dans le fait que si j’avais la carrière me permettant de payer tout ça, je ne ressentirais aucune fierté parce que « je les aurais obtenus par la voie facile ».

Au sujet du point 4 : Ne pas les faire chier
Celle-là, je suis particulièrement bien placé pour savoir que c’est vrai. C’est la raison pour laquelle la phrase Randomly meeting the right people and not pissing them off m’a frappé à ce point-là.

Plusieurs fois dans ma vie je me suis trouvé à collaborer avec des gens qui auraient pu faire de ma carrière un succès. Qu’est-ce que j’ai fait? Je les ai fait chier en pointant les failles dans leur comportement et leurs décisions de business. Et à chaque fois, j’apportais des preuves concrètes de ce que j’avançais afin de leur montrer que ce n’était pas qu’une simple opinion mais bien des faits. Des exemples:

Technicien en informatique pour une grosse compagnie informatique.  Mon supérieur immédiat faisait preuve d’incompétence et de mauvaise foi, en plus de saboter mon travail. J’ai déposé plainte un échelon plus haut que lui. Ma plainte fut ignorée. J’ai donc porté plainte plus haut contre le fautif et contre celui qui m’a ignoré. À chaque fois que ma plainte était ignorée, je portais la plainte toujours plus haut. Jusqu’au jour où j’ai fini par faire chier tous les dirigeants de la place. En revanche, ils ont fait de ma vie un enfer.  Ils n’ont pas le droit, me direz vous? Exact! Voilà pourquoi s’en est suivi une bataille juridique de 7 ans qui s’est terminée sur un match nul, mais qui assure que plus jamais je ne pourrai espérer y faire carrière de nouveau.

Le monde de la bande dessinée: Les bédéistes se plaignent de nos conditions de travail. Je trouve des solutions et je pars un mouvement pour faire valoir nos droits. Les bédéistes virent lâches et reculent. Pourtant, si on était solidaires, les dirigeants n’auraient autre choix que de céder. Je leur démontre donc que la seule raison pourquoi ils endurent les situations dont ils se plaignent, c’est parce qu’ils sont trop lâches pour se tenir debout. J’ai donc fait chier à la fois les travailleurs et les employeurs. Et comme le milieu est petit et que tout l’monde connait tout l’monde, je peux dire adieu à toute carrière dans le domaine.

L’École de l’Humour: On nous donne des humoristes professionnels comme professeurs. Or, être humoriste professionnel talentueux, ça ne fait pas de toi automatiquement un professeur compétent. J’ai démontré ce fait, point par point, à la direction, afin de les aider à améliorer la façon dont ils donnent leurs classes. Le résultat: Je n’ai jamais eu le stage qu’on m’avais promis à la fin des classes et toutes mes demandes d’emploi dans le domaines ne m’ont jamais rapporté un seul appel de retour.

Les éditeurs: Quand un éditeur refuse mes manuscrit, j’accepte le refus sans discuter. Mais quand il me donne une liste de raisons pourquoi il l’a refusé, et que ces raisons sont bidons, je ne me gène pas pour leur faire savoir que je n’avale pas leur bullshit.  Et quand, en décembre dernier, l’un d’eux a accepté de publier mon roman Miki contre les Forces Occultes, mais que son correcteur faisait une job de merde qui empirait mon manuscrit au lieu de l’améliorer (enlevait des détails importants, introduisait des erreurs de continuités, gâchait des punchs en les annonçant d’avance, enlevait des gags, etc), et que l’éditeur se rangeait du côté de son correcteur, je leur ai démontré, preuve à l’appui, l’incompétence dont ils faisaient preuve. Pensez-vous vraiment que je vais un jour pouvoir être publié si je continue de me mettre les éditeurs à dos comme ça?

Forum et site social : Je ne saurais compter le nombre de fois où j’ai fréquenté ce genre de site et que je me suis hissé à un poste, pour le perdre quelques semaines plus tard et être banni de la place, parce qu’il semblerait que je suis le seul qui a les couilles de faire quelque chose contre les fauteurs de trouble. Sauf que, pour appuyer mon point, je le faisais en démontrant que la direction qui avait pourtant le pouvoir de régler le problème, préférait ne rien faire et laisser la marde envahir la place. Et c’était pire lorsque les fauteurs de trouble en question étaient modérateurs.

Dans chacun de ces cas, mon but n’a jamais été rien d’autre que d’améliorer les conditions de vie et de travail du milieu. Sauf que les gens au pouvoir, eux, même s’ils voyaient le bien de mes efforts, même s’ils voyaient que j’avais raison, ça ne change rien au fait qu’en exposant leurs failles, je les insultais car je démontrait qu’ils étaient incompétents. Et ça, ça ne porte pas la personne à t’appuyer, que tu ais raison ou non.

Dans un monde où la justice règne, où les gens font ce qu’ils ont à faire, et où seuls ceux-là peuvent avancer dans leur carrière, ma vie serait un Succes Story. Mais nous ne vivons pas dans ce monde-là. Dans la réalité, la compétence et l’intégrité vont te rapporter beaucoup plus d’obstacles que de bienfaits. Surtout quand tu es au bas de l’échelle et que tu te permet d’appliquer ta compétence et ton intégrité aux échelons supérieurs afin de démontrer que ceux qui les occupent n’ont pas d’affaire là.

Le succès, ce n’est pas une question d’avoir raison.
Je donnais un exemple imaginaire au début de ce billet: René Angelil me signant un hypothétique contrat, en disant que je n’ai hélas pas de talents dans le domaine. Imaginez que je lui réponde: « Et toi? En avais-tu, du talent, quand tu copiais les chansons des Beatles, en te contentant de les traduire pour ton groupe, Les Baronnets? Non seulement ça t’as pas empêché d’avoir la carrière que t’as aujourd’hui, c’est grâce à ça que tu l’as eue. » J’ai raison parce que c’est la vérité. Tout le monde le sait. Sauf que, le lui dire dans sa face, pensez-vous que ça va le convaincre de me signer un contrat? Ou bien est-ce que je vais juste le faire chier, m’assurant ainsi que la seule chose qu’il fasse pour moi dans le milieu, c’est m’empêcher d’y faire carrière?

En conclusion, la chose à ne jamais oublier:
Quand la personne à qui tu parles a le pouvoir de faire de toi une réussite ou un échec, ce n’est jamais une bonne idée de lui démontrer que tu vaux mieux que lui. Ou pire encore: De lui prouver qu’il ne vaut pas mieux que toi.

Témoignage d’un ex-gros, 1 de 2

(AVIS : le texte qui suit contient des marques déposées, des noms de commerces et autres institutions. Ce n’est ni dans le but de leur faire de la publicité ni celui de leur nuire, mais bien par simple soucis de l’authenticité des faits.)

Aujourd’hui, j’en ai gros à raconter.
Normal: Je vais parler des variations de poids, en particulier de l’obésité, et de comment je l’ai vécue.

J’ai commencé ma vie naturellement maigre.

Ma mère pesait 98 lbs pour 5’2 » quand elle m’a eu. Elle fait dans les 140 aujourd’hui. Mon père se balade autours de 150-160 pour 5’1″. Il est menuisier de métier, alors même s’il mange beaucoup et un peu n’importe comment, il brûle le gras sans l’accumuler. L’obésité n’a jamais fait partie de ma famille. Jusqu’à mes 25 ans, j’étais tellement maigre qu’on pensait que j’étais anorexique. Voyez ma photo de finissant comparé à une récente:



Nos habitudes alimentaires.

À la maison, on ne portait pas d’attention particulière à ce que l’on mangeait. Des fois c’était santé, des fois c’était junk. Pour nous, toutes nourritures se valaient. On ne la choisissait simplement qu’en se basant au goût.

Moi, personnellement, j’ai passé les 32 premières années de ma vie à manger comme un cochon. À la maison, j’me faisais des pâtes en sauces riches, et ce à la tonne. En plus de tout ce que je pouvais piger dans le frigo entre les repas. À l’extérieur, c’était frites, poutine, pizza, hot-dogs, burgers, McDo régulièrement, etc.

Photobucket

Pourquoi est-ce que je mangeais à ce point-là?
Je n’ai jamais considéré que je mangeais mes émotions. Il reste que manger était le seul plaisir constant et fidèle dans ma vie. L’amour, ça vient et ça repart. L’argent ça vient et ça repart. La chance, ça vient et ça repart. En fait, tout ce qui est positif dans la vie ne fait que passer. Le plaisir de se régaler, par contre, c’est toujours là. C’est la seule constante à laquelle on peut se fier.

Comment suis-je resté mince si longtemps?
Non, je ne faisais pas de sports. En fait, j’étais le plus piètre sportif de mon école. Mais voilà, quand tu habites St-Hilaire qui est une ville majoritairement en pente à cause que c’est situé entre une montagne et une rivière, et que tu es trop pauvre pour te déplacer autrement qu’à pied ou à vélo, à une époque où personne n’avait internet, et où on était trop pauvre pour avoir un Nintendo, ben voilà! Pour moi, la maison familiale était surtout un dortoir-cafétéria où je passais peu de temps. Le reste, c’était: marche, vélo, escalade de la montagne, randonnée dans la nature, etc.

Comment ais-je commencé à grossir?

Mes habitudes de vie ont changé. Je suis allé vivre à Montréal. Je me faisais sans cesse voler mes vélos, alors je me suis rabattu sur le transport en commun. Enfin, je me retrouve avec une job de bureau. Mes 24 heures se divisent désormais ainsi: 8 heures de sommeil + 8 heures de travail assis + 2 heures de transport en commun assis + 4 heures chez moi assis devant la télé, assis devant l’ordi ou assis à ma table à dessin, ça totalise 22 heures sur 24 assis ou couché, à bouger à peine.

Mes habitudes alimentaires, par contre, sont restées les mêmes. La cafétéria était fermée puisque je travaillais de soir. Alors souvent je commandais chez Vincent Sous-Marins et je prenais leur spécial Achetez un sous-marin 14 pouces et obtenez un 7 pouces supplémentaire gratuit. Très souvent, je mangeais les 21 pouces au complet avec deux canettes de Pepsi, la version non-diète.

C’est sûr qu’on ne devient pas obèse du jour au lendemain, surtout si ton organisme est habitué à dealer avec une grande quantité de nourriture. J’en ai donc pris lentement entre mes 22 et 30 ans. Le gras s’est déposé partout sur mon corps de façon uniforme. Et la meilleure, c’est que comme j’étais trop maigre en partant, le fait de prendre du poids m’embellissait. Vous comprendrez donc pourquoi je n’étais pas alarmé de voir mon poids augmenter.

Toute bonne chose à une fin:
Le problème, c’est que continuer de grossir ne pouvais pas m’embellir éternellement. Rendu à 31 ans, même si je me voyais enfler, je ne pouvais pas l’accepter. J’essayais beaucoup de me mentir à moi-même à faisant tout pour camoufler la chose: Porter du linge foncé, me rentrer le ventre, porter mes jeans plus hautes en utilisant la ceinture pour me compresser le bedon…

Voir la réalité en face.
Je ne me souviens plus pourquoi exactement (Je crois que c’était pour prendre une photo pour une fausse pub) mais à l’été de 2001 il a fallu que je me rase la poitrine. Pour la première fois depuis mes 12 ans, je me suis regardé dans le miroir, torse sans poils. C’est là que j’ai réalisé que ces poils, la nature les avaient placés de façon à donner l’illusion que j’avais des pectoraux légèrement découpés. En réalité, j’avais le torse mou, sans formes.

Sous le choc de la déception, j’ai voulu savoir la vérité. Pour la première fois en trois ans, je me suis permis de relâcher mon ventre devant un miroir. C’est là que j’ai vu de quoi j’avais vraiment l’air.

De ÇA!

J’étais sérieusement dégoûté. Oh, c’est sûr que puisque j’avais déjà ma blonde actuelle, je n’avais pas besoin d’être beau puisque je n’avais pas besoin de plaire. N’empêche que j’avais quasiment envie de vomir devant l’espèce de quille flasque que je m’étais laissé devenir.

Zéro support de ton entourage.
Hostie que c’est facile de dire « T’as yink à te prendre en main », sauf que quand tu commences à faire de l’exercice et à mieux t’alimenter, ton entourage le voit bien que tu fais quelque chose d’inhabituel. As-tu déjà essayé d’annoncer publiquement que tu voulais perdre du poids? Si oui, alors tu as dû entendre l’une de ces charmantes répliques:

  • Franchement, t’es pas si gros que ça.
  • C’est toutt’ dans ta tête!
  • On est fait comme on est fait, faut apprendre à s’accepter.
  • À quoi ça te sert de perdre du poids? Tu vas toutt’ le reprendre.
  • Pis même si tu réussissais, y’aura toujours kek’chose qui va te déplaire en toi, tu pourras jamais tout arranger.
  • Un anorexique c’est lette.
  • Un gars full musclé c’est lette.
  • C’est la personnalité qui compte, le look c’est d’la marde.
  • Pfff… Tu vas être ben crinqué pendant 2-3 semaines pis après ça tu vas toutt’ laisser tomber.
  • Si l’monde t’accepte pas tel que t’es, c’t’eux autres les caves.
  • Tu veux vraiment perdre ta qualité de vie en te privant de ce que t’aimes, juste pour perdre une coupl’ de lbs?
  • Ben oui, pis moi j’aimerais être plus grand, avoir les dents drettes pis gagner 100 millions à la loterie. On n’a pas toujours toute c’qu’on veut dans’ vie.

Oui, on me les a toutes servies, ces phrases-là. Mes parents, mes amis, mes collègues de travail, mon ex, même ma blonde… Tout le monde était contre ma décision. Alors non, quand tu veux perdre du poids, il ne s’agit pas seulement de combattre ta paresse, combattre ta gourmandise, combattre tes mauvaises habitudes de vie. Il faut aussi combattre ton entourage. Un entourage qui ne se gênera pas de te passer des commentaires négatifs tout le long de ton travail sur toi, et ce même si tu ne leurs a rien demandé.

Dans mon cas personnel, j’ai eu la chance (?) de passer ma jeunesse dans un environnement hostile et rabaissant. Par habitude, j’étais donc immunisé à la critique, ce qui fait que je ne me suis nullement laisser influencer. J’en ai fait à ma tête et en un an et demi, j’ai passé de 230 lbs à 185.

Qui perd (re)gagne.
Problème #1 : C’est que n’ayant personne pour m’encourager, je n’avais pas non plus personne pour me guider. Alors pendant deux ans, je me suis improvisé une diète à base de privations. Les résultats parlent d’eux-mêmes:

Problème #2 : C’est que tu ne peux pas passer ta vie à te priver. Surtout que souvent, la joie d’avoir atteint ton poids santé fait que tu te sens invulnérable. Tu as réussi, tu as atteint ton but, alors tu te permet une exception alimentaire une fois. Et une autre exception. Et une autre. Et une autre. Ça m’a pris un an et demi pour perdre 45 lbs? Et bien ça m’a pris deux ans pour en reprendre 35.

Problème #3 : La première fois que j’ai pris du poids, ça c’est fait doucement, en se répandant partout sur mon corps, de manière uniforme, sur une période d’une dizaine d’années. Cette fois-ci, en deux ans, au lieu d’en reprendre de partout, ça s’est seulement accumulé à ma taille. Par conséquent, même si j’étais encore 10 lbs plus léger qu’en 2001, j’avais l’air encore plus gros.



Support tardif de l’entourage:

En janvier 2008, j’étais revenu à mon poids initial de 230 lbs. Vous vous souvenez de tous les commentaires décourageants que j’avais de mon entourage, tout le long de ma diète? Eh bien ce même entourage a fait un 180 degrés. Les commentaires étaient maintenant devenus:

  • Pourquoi tu t’es laissé allé? T’étais si beau avant.
  • Come on, làche pas, t’es capable.
  • Une bedaine de même, c’est lette. Fais de quoi.
  • etc.

Défi Diète 2008
Ma blonde, qui était elle aussi contre mon idée de maigrir au début, était maintenant devenue la première à déplorer mon retour à l’obésité. Aussi, en janvier 2008, c’est elle qui m’a suggéré de m’inscrire à Défi Diète en voyant dans le Journal de Montréal qu’ils prenaient les candidatures. Pour peu que je sois parmi les 10 choisis, Défi Diète m’offrait gratuitement trois mois de suivi par un entraineur privé, une nutritionniste et un motivateur. On pouvait poser notre candidature sous forme de texte, de photos ou de vidéo. J’ai choisi la vidéo.

En faisant quelque chose de drôle, court, et surtout original car j’ai été le seul de tous les candidats qui a avoué sans retenue que son but premier était de devenir beau, j’ai été choisi. Mon ventre et moi avons même fait la couverture du Journal de Montréal.

À toutes les semaines, durant les trois mois qu’à duré Défi Diète, leurs lecteurs ont pu suivre nos progrès sous forme de reportage hebdomadaire.

(Pensiez-vous vraiment que je m’appelais Steve Requin?)

Avec eux, j’ai enfin appris à manger correctement, sans me priver, et à m’exercer de la bonne façon. J’ai terminé avec 22 lbs de moins, et nous avons fait la couverture du numéro de juin du magazine Dernière Heure.

L’après Défi Diète
En gardant les bonnes habitudes, j’ai réussi à descendre jusqu’à 187 lbs… Et c’est là que j’ai vu que j’étais allé trop loin. C’est que mon ossature du visage est mince. Plus je perdais de poids, et plus je recommençais à ressembler à ma photo de finissants. J’avais encore une bonne couche de gras aux abdominaux. J’aurais bien voulu avoir un de ces corps de rêve full athlétique, avec des abdos saillants en six-pack. Malheureusement, j’avais oublié un détail important: Je n’avais plus 34 ans, comme la dernière fois où j’ai pesé 185 lbs. J’en avais maintenant 40. Continuer de maigrir pour obtenir le corps parfait, ça aurait été au prix d’un visage fatigué et enlaidi par les rides qui se faisaient de plus en plus nombreuses.

À quoi bon avoir un beau corps quand ta face laide enlève aux autres l’envie de le voir?

Alors j’ai fait mon choix. J’ai relâché quelque peu mes bonnes habitudes, et je suis remonté à un poids qui convenait mieux à mon orgueil : 195 lbs. Ce poids me donnait la parfaite balance entre la minceur physique et la beauté du visage. Je ne serai jamais le bel athlète finement ciselé, mais là, enfin, je pouvais sincèrement dire que j’étais bien dans ma peau.

Ais-je réussi à me stabiliser à ce poids?
Oui, pendant près d’un an. Puis, j’ai recommencé à en reprendre quelque peu. Mais ça, c’est une histoire que je vous réserve pour la suite.