Les Trois Raisons Possibles de l’Échec

Des formules comme Quand on veut, on peut, ou bien La vie est ce que l’on en fait sont supposés être des outils de motivations avant et pendant que l’on entreprend un projet. Hélas, c’est surtout utilisé par les autres afin de nous rabaisser, et ce après que le projet se soit soldé par un échec.  Dans ce temps-là, ils vous disent qu’« on n’a qu’à ne pas se laisser arrêter par cet obstacle » ou alors qu’« il n’y a qu’à le contourner ».

Eh bien moi, je n’ai qu’une chose à répondre à ça, et c’est Bullshit!

Petite dose de réalité: Prétendre que chacun est la seule et unique cause de sa propre réussite ou son propre échec, c’est aussi irréaliste que stupide.

Prenons, comme exemple, quelqu’un qui a réussi dans la vie: François Pérusse. Pour ses capsules d’humour, il fait tout: Le texte, les différentes voix, la musique, les effets sonores, le mixage et l’enregistrement. Vous direz que son succès, il ne le doit à personne parce que lui seul a tout fait de A à Z? Désolé mais non, c’est une erreur. Si aucun dirigeant de maison de disque n’avait voulu de son produit, tous ses efforts et tout son travail lui  auraient valu un beau zéro. Le plus qu’il pouvait faire, c’était d’essayer de rendre son produit le plus attrayant possible.  Là s’arrêtait sa responsabilité sur son succès. Le reste dépendait des autre.

Quant à sa carrière d’auteur de capsules humoristiques, ce n’est pas comme s’il l’avait planifiée d’avance. Ça lui est tombé dessus par hasard, comme on peut le voir sur sa page de Wikipédia: « En 1990, il réalise une publicité pour l’album Sauvez mon âme de Luc De Larochellière. Cette capsule publicitaire humoristique suggère que le disque de De Larochellière permet d’entendre, si on le fait jouer à l’envers, des messages subliminaux diaboliques : cela attire l’attention de la station CKOI-FM qui l’embauche pour créer ses 2 minutes du peuple. »

C’est bien beau, la philosophie de la pensée positive et le concept comme quoi chacun est le seul et unique maître de son destin afin d’expliquer les échecs. C’est bien beau les théories comme quoi on n’a qu’à ne pas se laisser arrêter par les obstacles, et qu’il s’agit tout simplement de les contourner.  Mais si on lâchait un peu les théories philosophiques et qu’on parlait un peu du concret, hm? Si on parlait de faits vécus?

FAIT VÉCU 1 : Mes efforts pour être embauché au gym. À l’entrevue, on m’apprend que certains cours de formation se donnent au cégep. Or, à cause que mon ex m’a fait abandonner le cégep une fois de trop il y a 15 ans, je n’ai plus le droit de m’y réinscrire. Comment est-ce que je pourrais « ne pas me laisser arrêter par ça » ou bien « contourner cet obstacle »?

FAIT VÉCU 2 : L’armée, quand je me suis enrôlé comme steward dans les marines, un poste difficile à obtenir parce que rare. Ils ne prennent pas les gens sous probation, ce que j’étais à cause que mon ex m’a trainé en cour. Ensuite c’est 3 ans d’attente avant d’avoir le droit de me réinscrire. Comment est-ce que je pourrais « ne pas me laisser arrêter par ça » ou bien « contourner cet obstacle »?

FAIT VÉCU 3 : Il y a quelques semaines, ma blonde m’a fait comprendre que mon projet de livre pour enfant ne pourra pas se produire parce que l’auteur n’a pas le droit d’illustrer son propre texte. Eh non, à cause de certaines lois qui protègent les illustrateurs,  il doit être dessiné par un dessinateur à l’emploi de l’éditeur. Or, pour être illustrateur, il faut être membre de Illustrations Québec, ce qui coûte de $183.96 à $344.93. Et payer ces frais qui dépassnt largement tout profit que je ferais dans les ventes ne garantit en rien que je serai embauché par l’éditeur, et encore moins que je sois assigné à illustrer mon propre livre. Comment est-ce que je pourrais « ne pas me laisser arrêter par ça » ou bien « contourner cet obstacle »?

FAIT VÉCU 4 : Je n’ai rien pour entreprendre une grande carrière? Ok, je me résigne: Je viens d’appliquer pour une job au salaire minimum au Rona de mon quartier. Je me suis fait refaire le même coup qu’au PFK l’an passée, c’est à dire me faire dire par le gérant que mon CV démontre que j’ai trop de potentiel pour le perdre dans ce genre de job, donc qu’il ne me rendrait pas service de m’embaucher. Comment est-ce que je pourrais « ne pas me laisser arrêter par ça » ou bien « contourner cet obstacle »?

FAIT VÉCU 5 : D’accord, être embauché, ça dépend des autres. Alors je choisis une activité dans lequel je suis le seul maître de ma réussite: M’entraîner à la course dans le but de courir le marathon: Après cinq mois d’entraînement, j’ai développé une fasciite plantaire, ce qui limite désormais, et pour le reste de ma vie, le temps que je dois passer debout. Un handicap permanent qui m’empêche de courir à tout jamais.  Comment est-ce que je pourrais « ne pas me laisser arrêter par ça » ou bien « contourner cet obstacle »?

Je pourrais continuer longtemps comme ça, j’ai des douzaines d’exemples. Alors allez-y, expliquez-moi comment je peux «ne pas laisser» mon ex me causer des problèmes avec la loi, «ne pas laisser» les règlements de l’armée m’empêcher de m’enrôler,  «ne pas laisser» un éditeur refuser de me publier puisque j’illustre mes propres histoires, «ne pas laisser» un Rona refuser de m’embaucher, «ne pas laisser» un handicap physique se développer?

Donc, désolé pour tous les bien-pensants qui nous font la morale avec leur réponse universelle comme quoi tout est de notre responsabilité, mais non, les échecs ne s’expliquent pas tous par une seule et unique raison. La réalité, c’est que ça peut être dû à une, deux ou bien les trois raisons suivantes.

Les trois raisons possibles de l’échec:

  • Ta propre faute: Un abandon, de mauvaise décisions, de la négligence, une gaffe, créer des tensions, avoir choisi un projet irréaliste ou hors de sa portée, etc. Consciemment ou non, beaucoup de gens se sabotent eux-mêmes.
  • La faute des autres: Il est très rare que l’on n’ait à compter sur personne d’autres que nous-mêmes pour réussir. Et quand celui qui a le pouvoir d’en faire une réussite ou un échec décide que ce sera un échec, alors rien à faire, ce sera un échec. Et ça, c’est sans compter ceux qui vont délibérément te saboter.
  • Le hasard. Il arrive que des hasards malheureux et imprévus se produisent et ont comme conséquence de saboter ton projet. Une panne. Un problème de santé. Un accident. Ce sont des choses qui arrivent sans que rien ni personne ne puissent les prévenir, les contrôler ou les contourner.

Parce que quand on commence à croire que tout ce qui nous arrive, sans aucune exception, est toujours de notre faute, on finit par perdre contact avec la réalité. Comme tous ceux qui sont d’accord avec le livre Le Secret lorsque celui-ci affirme que si vous recevez des factures d’électricité, de téléphone, de câble, de loyer et de carte de crédit, ce n’est pas parce que vous avez l’électricité, le téléphone, le câble, un loyer et une carte de crédit, mais bien parce que votre imagination fait surgir ces factures de nulle part. Voyez plutôt:

Vous en voulez, une formule à la fois réaliste et non-pessimiste au sujet de la réussite ou de l’échec d’un projet que l’on entreprend? La voici: Essayer, c’est réussir ou bien échouer. Ne pas essayer, c’est échouer.

Et ça, c’est tout ce que l’on peut se permettre d’affirmer à ce sujet.

Autopsie du Loser

IMPORTANT: Beaucoup de gens font l’erreur d’écrire Looser au lieu de Loser. Lose avec un seul O signifie perdre. Tandis que Loose avec deux O signifie relâché, qui a du jeu, ou en bon québécois lousse, ou de l’anglais slack. Bref, écrire looser au lieu de loser, c’est loser!

Ceci étant précisé, passons à l’article.

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Êtes-vous votre propre pire ennemi?
Être malchanceux, c’est le fruit du hasard.  Être loser, c’est aider le hasard à nous rendre malchanceux. La preuve:

En amitié :
Le loser n’a pas d’amis, ou alors très peu.  À chaque fois qu’il commence à lier d’amitié avec des gens brillants et intéressants, c’est toujours la même chose.  Au début, tout va bien.  Puis, à mesure que le temps passe et que ces gens apprennent à le connaître, ils se désintéressent de lui et le laissent de côté.  Le Loser aimerait bien comprendre pourquoi ça se passe toujours ainsi mais personne n’est capable de lui donner une réponse claire à ce sujet. 

Dans son image personnelle :
Souvent sur la défensive, le Loser est un être qui aime étaler au grand jour les défauts des autres.  C’est que, puisqu’il n’arrive pas à égaler ou à dépasser les autres, il compense en démontrant que les autres ne valent pas mieux que lui. Il est capable de faire une liste exhaustive de tous les écarts de conduite et des erreurs qu’a fait quelqu’un durant les cinq dernières années si cette personne a osé faire une remarque négative au Loser. C’est que Le Loser ne supporte pas que quelqu’un possédant de pires défauts que lui ose lui faire la morale. Or, à ces yeux, ça représente 99.999999999999999999999% de la population.

Dans ses études :
À l’école, le loser se distingue par une caractéristique particulière :  Il lui manque toujours quelque chose. Toujours le dernier à se procurer un livre important, celui-ci est souvent épuisé lorsqu’il vient pour se le procurer.  Ainsi, en classe, c’est celui qui est pris pour suivre avec un autre. Il se retrouve souvent sans crayon ni papier lorsqu’il y a des notes à prendre. Oublie son numéro de cadenas. Oublie de faire ses devoirs.  Et s’il les fait, il les oublie chez lui. Oublie d’étudier.  Et s’il le fait, ce ne sera pas le bon livre.  Se trompe dans son horaire.  Dans les dates importantes de son agenda, il notera les dates de partys et écrira des réflexions sur des filles sur qui il a l’oeil, plutôt que de noter les devoirs ou dates d’examen. D’ailleurs, il sera toujours surpris d’apprendre, en entrant en classe, qu’il y a un examen, alors que tous les autres n’ont pas cessé de se préparer durant toute la semaine.

Souvent, à la fin de la session, le Loser ne se donne même pas la peine de se présenter à ses examens finaux.  Il n’aime qu’une chose à l’école :  La vie sociale.  Or, il se trouve bien désemparé lorsque ses amis et connaissances réussissent, avancent dans leurs études et changent d’école alors que lui reste là.  Privé de la seule chose qui le garde à l’école, le Loser finit par décrocher.

Dans son look :
Il s’habille de façon remarquable, dans le sens qu’il se fait remarquer par son habillement.  Par exemple, si le Loser porte des lunettes, ce sera d’un modèle qui est passé de mode depuis au moins cinq ans.  La plupart du temps, le Loser, s’il a de plus de 25 ans, s’habille et se coiffe encore comme il le faisait quand il avait 15 ans car il n’a pas remarqué que la mode a évolué.

Parfois, le loser a un petit côté artistique qui le pousse à se créer lui-même son propre style. Il fait ça dans le but de se donner une image de hyper cool de non-conformiste. Hélas, dans son cas, ça foire lamentablement.  Il faut dire que, pour des raisons encore mal définies, un style, une pièce de vêtement ou une coiffure qui paraît bien sur quelqu’un d’autre devient automatiquement horrible lorsque portée par le Loser.

Le Loser étant mal à l’aise en société, il se jette de tout son âme dans les séries de fiction.  Celles-ci influencent parfois sa garde-robe.  Ainsi, on le verra souvent arborer des vêtements à l’effigie de telles séries, quand il ne va pas carrément copier le look d’un personnage particulier.  Non pas dans le cadre d’un événement spécial, mais bien dans la vie de tous les jours.

On dirait parfois que les Losers partagent une conscience collective, car nombreux sont ceux qui se créent exactement le même look, et ce sans jamais avoir su que d’autres l’arborent: Le style Fedora-Neckbeard.  Il y a quelques variantes d’une personne à l’autre, mais dans l’ensemble, on y retrouve une combinaison de la majorité des éléments suivants, qu’ils portent à toute occasion, à l’intérieur comme à l’extérieur :

  • Chapeau Fedora ou Trilby.
  • Barbe en collier.
  • Long imperméable.
  • Chemise et cravate.
  • Veston de soirée.
  • T-shirt à l’effigie d’un dessin animé.

C’est un look qui, croit-il, fait original, classe, badass.  Or, sans le savoir, il a en fait recréé l’uniforme officiel du Loser.  Celui qui permet au reste de la population de voir au premier coup d’oeil qu’il en est un, car il n’y a qu’eux qui arborent ce style.












Ce qui distingue le Loser du chapeauphile normal, c’est que ce dernier ne va porter son couvre-chef que lorsqu’il sort.  Tandis que le Loser portera le sien à l’intérieur comme à l’extérieur, du lever au coucher, 7 jours semaine, 365 jours par année.

Dans son travail :
Lorsque le Loser ne vit pas aux crochets du chômage / du BS / de ses parents / de sa conjointe, il occupe le genre d’emploi qu’obtient habituellement un ado en vacances: Livreur d’épicerie, laveur de vaisselle, classeur de marchandises sur les tablettes, employé de ménage au McDo… Même s’il aimerait pouvoir trouver mieux, il ressent quand même une petite fierté, car ce sont des boulots qu’il n’arrivait même pas à décrocher quand il était ado, tellement il était déjà loser à cette époque. Aujourd’hui, son âge et son expérience de vie étant plus grande que ses collègues de travail, il leur est au moins supérieur sur ce point. Pas étonnant qu’il se sent bien à travailler là, même si ce boulot est loin d’être son idéal.

Parfois, la chance lui permet de lire une petite annonce au sujet d’un emploi génial, le genre qu’il a toujours rêvé d’avoir.  Si l’annonce dit que tous les CV reçus après vendredi le 27 ne seront pas considérés, le Loser laissera bêtement le temps passer.  Samedi le 28, il réalisera soudain que ce qu’il fait là est stupide car il possède toutes les qualités que ce travail demande et que ce serait trop bête de laisser passer une opportunité pareille. Il consacrera la fin de semaine complète à travailler fiévreusement sur son CV, ramassant toutes sortes de preuves au sujet de ses compétences.  Il y inclura une lettre dont une des premières phrases sera :  « Je sais que j’ai dépassé la limite de temps que vous avez fixé pour l’envoi de CV mais si vous vous donnez la peine de jeter un œil à mon envoi, vous verrez que je réunis toutes les compétences qui…» Le Loser sera malheureux car il ne sera jamais rappelé.

Dans ses projets :
Le Loser sait qu’il est destiné à un avenir fabuleux où la gloire et la richesse l’attendent. Le problème, c’est justement ça :  Peu importe le temps qui passe, c’est toujours dans l’avenir que ça l’attend.  Jamais dans le présent.

Le Loser ne s’abaisse pas à faire les mêmes efforts que tout le monde pour réussir.  Il sait déjà comment faire.  Par exemple, s’il est un graphiste talentueux, il se dira qu’il est inutile de devoir perdre temps et argent aux études car lorsqu’il montrera ses œuvres aux employeurs potentiels, ceux-ci le verront bien de leurs yeux qu’il a du talent.  De toute façon, peu importe la discipline qu’il a choisi, le Loser sait qu’il a du talent.  Il ne voit pas la logique de s’endetter de quelques milliers de dollars étendus sur quelques années d’études afin d’obtenir un papier disant : «Oui, cher employeur potentiel, ce gars là a du talent!»

Le Loser a toujours des projets extraordinaires.  Il en commence beaucoup mais en finit peu. Ceux qu’il choisit de finir sont habituellement ceux qui ont le plus de chances d’être voués à l’échec.  Le loser, c’est souvent celui qui est en train d’écrire un scénario de film alors qu’il n’y connaît absolument rien dans l’industrie du cinéma.  Même s’il arrive vraiment à écrire le scénario du siècle, il restera pris avec car il ne saura même pas où, à qui et comment le placer.  En fait, il ne saura même pas comment se renseigner pour l’apprendre.

Le Loser est un autodidacte. Il lit beaucoup et sait énormément de chose sur une tonne de sujets que la population générale ignore.  De ce fait, le Loser gagne souvent lorsqu’il joue à Quelques Arpents de Pièges. Par contre, les connaissances pouvant lui permettre de réussir à faire quelque chose de bien de sa vie, il ne les a pas.  Car étrangement, à l’école, aucune matière importante ne lui rentre convenablement dans la tête.

Dans ses communications:
Souffrant d’un sentiment d’infériorité dans tous les domaines, le Loser se rassure dans le fait que là où ça compte vraiment, c’est à dire intellectuellement, c’est lui qui est supérieur. Ainsi, dans ses textes, au lieu d’écrire « Malgré son air bête, l’inquiétant millionnaire fit un sourire », il optera plutôt pour « Nonobstant sa mine renfrognée, le patibulaire cossu esquissa un rictus. » Il est tellement occupé à étaler son intelligence qu’il en oublie d’avoir l’intelligence de comprendre que lire de tel textes, c’est comme marcher avec des raquettes quand on est enfoncé jusqu’aux cuisses dans la mélasse : Faisable, mais inutilement pénible. Alors si en plus le Loser parle de la même façon qu’il écrit, il a beaucoup de difficulté à comprendre pourquoi ses interlocuteurs tiennent rarement à avoir une seconde conversation avec lui.

Sur le net, il arrive que le Loser s’exprime clairement. En personne, par contre, peu habitué à l’interaction face-à-face, il est un piètre interlocuteur. Il bafouille, cherche ses mots, transforme tout en blague et dit souvent des conneries. Il est le champion de la remarque qui apporte (accidentellement) le malaise. Étrangement, s’il est francophone, il s’exprimera mieux en anglais puisque c’est une langue seconde qu’il a eu à apprendre sur le tard. N’ayant jamais eu le temps d’apprendre convenablement toutes les subtilités de celles-ci, il n’aura d’autre choix que de s’exprimer clairement lorsqu’il l’utilise.

Et puisque l’on parle de langue seconde (en tenant compte que ce blog est Canadien)  : Lorsqu’il a envie d’apprendre une nouvelle langue, le loser ne choisit jamais l’espagnol qui est la 3e langue la plus parlée en Amérique. Non, il choisira plutôt l’allemand ou le japonais, deux langues qui ne lui serviront jamais à rien, que ce soit dans sa vie privée ou dans son travail. De toute façon, ce n’est pas comme s’il allait vraiment réussir à l’apprendre, peu importe les années qu’il va y mettre.

Dans son physique :
Le Loser est né avec un physique défectueux.  Il est ou bien trop grand, ou trop petit, ou trop maigre, ou trop gros, ou trop laid, ou juste trop non-remarquable. Il rêve du jour où il sera beau, grand et fort. Étant pauvre, il ne peut se permettre de s’inscrire à un gym ni de s’acheter de l’équipement. Il ne peut donc que se contenter d’en rêver.  Le loser a quelquefois fait de l’entrainement musculaire et/ou sportif en cachette, mais le plus longtemps qu’il l’a fait avant d’abandonner fut deux mois.  Le loser qui arrive à s’acheter de l’équipement sportif le laisse prendre la poussière au bout de quelques semaines et n’y retouche plus, sauf lors de déménagements. Et quand le Loser peut se permettre un abonnement d’un an au gym, il y va à tous les jours lors des deux premières semaines, puis trois autres fois pour le reste de l’année, avant d’abandonner définitivement.

Le Loser se déplace surtout à bicyclette car étant pauvre, il ne peut se permettre d’avoir un auto ou une titre de transports en commun.  Qu’importe, le Loser est fier de sa situation de cycliste.  Puisqu’il fait beaucoup de vélo, il se vante que cette activité le tient en grande forme physique.  Étrangement, tous les amis du Loser qui eux ont des autos sont en meilleure forme que lui.

De toute façon, le loser ne garde jamais son vélo longtemps car il se le fait toujours voler.  Même s’il le laisse parmi 8624 vélos attachés, le seul qui se fera voler, ce sera le sien.  À moins que ce soit une vieille patraque.  À ce moment-là, il ne se le fera pas voler. Il se le fera seulement vandaliser.

Dans son passé amoureux et/ou sexuel:
Le manque de confiance que le Loser a toujours ressenti envers lui-même a fait qu’à l’époque de ses premiers désirs amoureux et/ou sexuels, il était trop intimidé par les filles de son âge.  Il se sentait inadéquat, puisque ces filles étaient attirées par les gars plus beau, plus athlétiques, plus sérieux que lui.  Les seules filles avec qui il se sentait à l’aise, c’était les pré-pubères, voire les enfants.  Puisqu’elles étaient encore trop jeunes pour ressentir de l’attirance pour le sexe opposé, elles ne le mettaient pas en compétition avec les autres gars.  Le Loser, sans comprendre pourquoi puisque ça se passe au niveau de l’inconscient, confondra cette aisance pour du sentiment et du désir.  Et c’est ainsi qu’il fantasmera pendant plusieurs années sur des situations imaginaires dans lesquelles il se verra vivre des amourettes avec de jeunes filles telles que…

  • Jolie jeune immigrante perdue et confuse dans ce nouvel environnement, à qui il servira d’abord de guide social, avant de devenir, à sa demande à elle, son guide amoureux et/ou sexuel. (De ce fantasme particulier, le Loser caucasien gardera parfois toute sa vie une attirance marquée vers noires et asiatiques.)
  • Petite voisine qui l’admire juste parce qu’à ses jeunes yeux, il est grand et fort, ce qui fait qu’elle finira par vouloir faire de lui son initiateur amoureux et/ou sexuel.
  • Jeune adolescente récemment jetée dans la rue sans famille ni amis, qu’il recueillera chez lui (dans un appartement lui aussi imaginaire, puisqu’il reste encore chez ses parents), avant qu’elle le récompense pour sa générosité en lui offrant d’être sa chose amoureuse et/ou sexuelle.
  • La petite cousine.  Ou pire encore, la petite soeur, car, situation familiale oblige, ils sont toujours en contact.  Ce qui fait que, lorsqu’elle ressentira ses premiers désirs pour le sexe opposé, elle se tournera vers le premier mâle de son environnement, celui le plus proche de leur groupe d’âge: Lui-même, son oni-chan (grand-frère).

Ce dernier fantasme peut devenir problématique si le Loser a vraiment une petite soeur.  C’est que ce fantasme-là est particulièrement à portée de main en été, alors que les parents travaillent et que les enfants et ados sont en vacances, en ayant pour eux-seuls la maison.  Le Loser pourrait alors être tenté de faire de son fantasme une réalité.  Dans ses fantasmes énoncés plus haut, on constate que dans tous les cas, c’est toujours la jeune fille qui initie la relation amoureuse et/ou sexuelle.  Mais dans la réalité, ce serait l’inverse, et il le sait.  À partir de là, ce qu’il fera ou non dépendra de plusieurs facteurs de sa personnalité, du degré de ses désirs et de sa force morale.

Ironiquement, bien que dans ce cas-ci il agit en pur pédophile, dans 90% des cas, le Losers ne l’est même pas.  Il s’en rend compte, en constatant qu’il ne trouve pas dans ces premières relations ce qu’il cherche.  Aussi, il y perd intérêt et son focus passe vers les filles de son âge.  Hélas, pour ses jeunes victimes s’il y en a, le mal est fait.

Avec les filles :
Il y a un genre de filles que le Loser attire tout particulièrement : Celles qui ne voudraient jamais sortir avec lui.  Le Loser ressent de la frustration envers ces filles qui veulent que leur relation soit amis seulement, alors qu’ils ont tant de choses en commun. … Enfin, quand je dis tant de choses en commun, en général, ça se limite à « Nous sommes tous les deux hétéros et célibataires. »  C’est que le loser croit dur comme fer à l’adage qui dit qu’en amour, nos différences n’ont aucune importance.  C’est sa façon à lui de justifier le fait qu’il sortirait avec n’importe qui, pourvu que ce soit une fille.

Il arrive parfois qu’une de ses amies particulièrement en manque ou désespérée consente à avoir une relation plus intime avec le Loser.  Elle y posera cependant une condition :  Leur relation devra rester secrète.  Elle invoquera toutes sortes de raisons que le Loser gobera ou non mais qu’il acceptera quand même puisque c’est ça ou bien rester célibataire.  Elle ne lui avouera jamais que la vraie raison, c’est parce qu’elle aurait honte que les autres sachent qu’elle est avec lui.

En amour :
À cause de son complexe d’infériorité, le loser s’imagine et/ou constate que comparé aux autres hommes, il fait piètre figure, surtout dans le domaine de la séduction.  Aussi, il fantasme souvent sur des situations imaginaires du genre de:

  • Il est sur une île, seul survivant mâle d’un naufrage ou d’un écrasement d’avion, en compagnie d’une autre survivante.
  • Variante: Dans un bateau, qui contient eau et nourriture en abondance, mais une seule cabine et un seul lit. 
  • Il se retrouve coincé plusieurs heures, voire plusieurs jours, avec une fille, dans un ascenseur en panne, un cockpit d’avion écrasé… 

Les trois points en commun que l’on retrouve dans ces différents fantasmes de situations sont toujours les mêmes:

  1. La fille et lui sont isolés de tous.
  2. Ce qui fait qu’elle n’a pas le choix de lui parler.
  3. Et éventuellement craquer pour lui.

Puisqu’il ne vivra jamais de tels fantasmes, le Loser jette alors son dévolu sur toute fille qu’il sent isolée, mais cette fois au niveau social.  Celles qui sont renfermées, timides maladives, angoissées…  Car la nature de ces filles-là apporte deux intéressantes garanties au loser.  La première, c’est qu’il n’aura pas de compétition, car aucun homme normal n’irait s’intéresser à ça.  Et la seconde, de par leur nature facilement intimidable, elles n’oseront jamais lui résister clairement, ce qui fait qu’elles finiront bien à céder sous son insistance.  Hélas pour le loser, son sentiment de victoire sera de courte durée, car il vivra avec elle une relation cahoteuse qui sera négative et décevante du début à la fin.

Dans des conditions normales, le loser ne plait pas. Pourtant, en amour, c’est un être courageux qui n’a pas peur des obstacles.  La preuve: La fille sur qui il jette son dévolu est toujours ou bien déjà en amour avec un autre, ou bien trop jeune, ou bien trop vieille, ou bien lesbienne, ou bien d’un style de vie / de look / de mentalité / de milieu trop différent de lui, ou bien mariée, ou bien habitant à plus de 50 km de chez lui, ou bien qui ne veut rien savoir de lui, quand ce n’est pas une combinaison de plusieurs de ces éléments.  S’il arrive tout de même à sortir avec cette fille, le Loser vivra une relation cahoteuse qui sera négative et décevante du début à la fin.

Ceci étant dit, le Loser n’est pas forcément un être désespéré. Parfois, il est capable d’attendre La Bonne. Tandis que ses amis vont d’une relation à l’autre et vivent toute une gamme d’émotions, ont du plaisir, des loisirs et de la baise, le Loser ne sort jamais avec personne. Il a une idée très précise sur son idéal féminin et il s’est  juré que tant et aussi longtemps qu’il ne l’aura pas rencontré, il se gardera pur pour elle. S’il finit par la trouver, et que par miracle elle accepte de sortir avec, (souvent après avoir été poursuivie pendant des années par le Loser) leur relation sera de courte durée. Normal: Un gars qui n’a jamais eu de relation amoureuse ou sexuelle, ça n’a aucune expérience du comportement amoureux et sexuel. Ça fait que même si elle est son idéal féminin, en revanche il est loin d’être son idéal masculin.

Les amours du Loser commencent souvent de la même façon que n’importe qui. Par exemple: Il rencontre une fille dans une fête entre amis, ils se plaisent, ils commencent à se rapprocher. Ils peuvent même passer la soirée à se bécoter et la nuit à baiser. Puis, après quelques jours, si ce n’est pas dès le lendemain, elle s’en détache, s’en désintéresse et ne veut plus rien savoir de lui, même en ami.  Le Loser aimerait bien comprendre pourquoi ça se passe toujours ainsi mais là encore personne n’est capable de lui répondre ou n’a envie de le faire.  Tout ce qu’il sait, c’est que ce qu’il entend dire à ce sujet n’a jamais rapport avec ce que la fille lui a dit.  Par exemple, si elle lui dit qu’elle ne se sent pas prête à embarquer dans une relation à ce point-ci de sa vie, les autres lui rapportent plutôt qu’elle lui trouvait tout un tas de défauts, dont certains que le Loser ne savait même pas qu’il avait.  Le Loser part alors en croisade à la recherche de la vérité, ce qui ne fera qu’empirer son cas et lui donner l’impression que tous l’ont trahi et lui ont menti.  Surtout qu’une fois sur deux, la fille se retrouve embarquée dans une nouvelle relation moins de deux semaines après avoir rompu avec le Loser.

Lorsqu’il ne s’agit pas de ses amours personnelles, le Loser est un grand observateur.  Il est capable de dire si la relation débutante d’un(e) de ses ami(e) va durer ou non.  En fait, il dira toujours que c’est non, que cette relation est condamnée d’avance, qu’ils ne sont pas faits l’un pour l’autre, qu’ils sont trop différents.   Lorsque la relation sera terminée, que ce soit au bout de dix jours, dix semaines, dix mois ou bien dix ans, il sera fier de clamer haut et fort qu’il savait depuis le début que ça ne marcherait pas.

Enfin, certains losers sont plus fins stratèges: D’abord, ils repèrent une fille qui est déjà en couple avec un gars qui a un physique et/ou un style semblable à lui.  Il s’arrange pour devenir bon ami avec cette fille.  Puis, il deviendra son confident, histoire d’apprendre ce qu’elle aime ou non chez son mec, et ce qui ne va pas dans le couple.  Armé de ces informations, le Loser peut donc montrer à la fille qu’il a en lui tout ce qu’elle aime chez son amoureux actuel, MOINS ses défauts.  Et c’est comme ça que dans 75% des cas, il arrive à finir avec la fille.

Et avant de penser que, puisqu’il a réussi, il n’est donc pas si loser que ça, considérez ceci: La seule façon qu’il a trouvé pour réussir à plaire, ce n’est pas en restant lui-même.  Non, c’est en se donnant les qualités de l’autre gars, et en évitant d’avoir les défauts de l’autre gars.  Bref, il n’a réussi à plaire qu’en se basant sur la personnalité d’un autre.

Dans son couple:
Lorsque le Loser a une relation stable, sérieuse et à long terme, c’est avec une fille qui est loin d’être un modèle de beauté et/ou d’intelligence et/ou d’amabilité.  Voilà pourquoi il a trop honte pour s’afficher avec elle en public, surtout en tant que son conjoint.  Qu’est-ce qu’il fait avec elle, alors?  Pas le choix, c’est la seule qui veut de lui.  Le loser classera cette relation sous le dossier « En attendant de trouver mieux », et essayera sans cesse de la tromper.  Or, les rares fois qu’il y réussira, il ne trouvera vraiment pas mieux que sa relation actuelle.  Et si par miracle, oui, il trouve vraiment mieux qu’elle, ça va se terminer en catastrophe. Non seulement parce que le Loser a déjà une copine, mais souvent à cause qu’il habite avec elle.

Dans sa mentalité :
Le Loser est un être réfléchi.  Il pense beaucoup.  On dirait même qu’il pense trop, car tandis qu’il réfléchit, il n’agit pas.  Adolescent, il observe ses amis qui s’amusent en buvant, fumant, prenant de la drogue, allant d’une relation non-sérieuse à une autre.  Le Loser se dit que faire tout ça est tellement inutile puisque cela ne leur servira pas dans leur avenir.  Et oui, sur ce point, il a raison à 100%.  Or, l’erreur qu’il commet ici, c’est de ne pas vivre au moment présent.  Son intelligence le pousse à une maturité prémature, ce qui lui donne le réflexe de vouloir passer immédiatement de l’enfance à la vie adulte, sans passer par la phase transitoire de l’adolescence.  Phase où, justement, on expérimente plein de choses, dont la majorité s’avèrera inutile dans l’avenir.  Le Loser, qui s’exclut ainsi volontairement des autres, s’emmerde tout seul dans son coin.  Pendant ce temps là, les autres s’amusent et vivent pleinement leur vie de jeunesse en groupe.  Rendus adultes, tous ces ex-saoulons et ces drogués repentis arrivent à trouver travail et âme sœur facilement tandis que le Loser qui s’est abstenu n’y arrive pas.  Peut-être que ça a à voir au fait que les employeurs et âmes sœurs sont eux aussi des trippeux repentis, donc des gens avec qui le loser a peu de choses en commun.  Il faut dire que…

Dans sa vie sociale :
Le Loser commet trop souvent la faute de décider à la place des autres ce que les autres devraient penser de lui, ce qui est doublement une faute puisque cette opinion qu’il communique à son propre sujet est toujours négative.  Il va exprimer le fait qu’il se sent mal à l’aise, inadéquat.  Il va exprimer avoir tel ou tel défaut qui le rabaisse à leurs yeux, alors que pourtant personne ne lui a fait la moindre remarque négative sur quoi que ce soit.  Et souvent, il va faire des remarques à ses amis comme quoi il leur est inférieur dans de nombreux domaines.  Si on complimente le Loser où qu’on lui offre des opportunités, son premier réflexe ne sera pas de remercier, mais bien de débattre sur qu’est-ce qui leur a fait commettre l’erreur de penser qu’il mérite ce positif de leur part.  Et puisqu’il ne raconte majoritairement que ses échecs passés et obstacles présents, réels autant qu’imaginaires, il finit par conditionner son entourage à avoir vraiment la mauvaise opinion de lui qu’il leur prêtait dès le départ.  Par conséquent…

Dans son entourage immédiat.
Chaque personne n’attire autour de lui que les gens qui sont intéressés à ce qu’il sont.  Ainsi, puisque le Loser projette autour de lui une image de victime, il attire tout naturellement trois genres de personnes

  1. Les agresseurs et fauteurs de troubles à la recherche de victimes.  Le prédateur saura toujours reconnaitre instinctivement une proie.  Pour celui-là, le loser est la victime idéale, alors il ira toujours l’exploiter, le rabaisser, le faire échouer. Et si le Loser réussit tout de même, ils vont s’arranger pour le saboter, l’empêcher d’avancer.
  2. Les autres losers.  Tout le monde a besoin d’avoir un sentiment d’appartenance.  Ainsi, par simple désir de ne pas être les seuls losers de leur entourage, les autres losers vont toujours décourager ou déconseiller le Loser qui aurait la chance de vivre une opportunité de réussite.  Et si le Loser réussit tout de même, ils vont s’arranger pour le saboter, l’empêcher d’avancer.
  3. Les surprotecteurs.  Très souvent, il s’agit des parents.  Ceux-là ressentent un besoin viscéral de protéger le Loser.  Et puisqu’ils ont besoin que le Loser dépende d’eux, ils vont faire en sorte pour que le Loser ne réussisse jamais rien.  Et si le Loser réussit tout de même, ils vont s’arranger pour le saboter, l’empêcher d’avancer.

Si ces gens sont attirés par le Loser, c’est parce qu’ils ont besoin d’avoir un loser dans leur entourage.  C’est en tant que tel qu’ils l’ont connu, c’est en tant que tel qu’ils l’ont accepté, et c’est en tant que tel qu’ils en ont besoin.  Ainsi, peu importe que leur motivation soit d’écraser, d’avoir un sentiment d’appartenance, ou l’altruisme, il reste qu’ils vont toujours faire en sorte pour que le Loser reste un loser.  

Dans sa morale et ses principes:
Le Loser a bonne conscience et une grande capacité de sacrifice dicté par un code d’honneur strict. Par exemple, s’il a abandonné un travail payant, c’est parce qu’il savait qu’il n’était pas assez qualifié pour ce travail et qu’il prenait la place d’un autre qui, lui, la méritait mieux et saurait donner un meilleur rendement à son patron.  S’il a mis fin à se relation, c’est parce qu’il l’aimait.  Il savait qu’il n’était pas assez bien pour elle et qu’elle méritait beaucoup mieux que lui. Si une connaissance lui propose une entrée via contacts dans un bon travail, il va refuser car il ne pourra ressentir de fierté puisqu’il n’aura pas réussi à avoir l’emploi par lui-même. Le Loser tire beaucoup de vanité du fait d’avoir des principes et un code d’honneur.  C’est d’ailleurs la seule chose dont il peut en tirer.  Il a beau se dire qu’il a bonne conscience d’agir ainsi, il est toujours malheureux des décisions que ses principes lui ont dictés. C’est normal puisque tout ce que ce que ce code lui fait faire, ce ne sont jamais des choses qui lui permettent d’avancer. Au contraire, ce sont toujours des choses qui vont le ralentir, lui faire obstacle et le saboter.  

Dans ses plans de vie :
Le loser est un extrémiste. Il passe 50% de son temps à nous expliquer joyeusement quelconque plan à dormir debout devant lui assurer fortune, gloire, amour et richesse, et 50% de son temps à se plaindre parce que ça ne marche pas.  

Il faut dire que le Loser a la très mauvaise habitude de vendre la peau de l’ours.  Par exemple, s’il est obèse et s’inscrit à un gym à l’automne, il se vante dès le départ qu’il saura perdre 60 lbs / 28 kgs en six mois, et il n’hésite pas à parler de tous les plans qu’il fait pour lorsqu’il aura enfin son physique idéal.  En se vantant et en éblouissant ses amis, il obtient immédiatement la satisfaction du travail bien fait.  Il ne lui reste plus qu’à le faire, ce dit travail.  Or, cette situation dans laquelle il vient de se coincer, c’est similaire à recevoir d’avance six mois de salaire, et de l’avoir tout dépense avant de commencer à travailler.  Ce n’est plus du tout motivant pour faire le dit travail.  Alors lorsqu’il échouera, ce sera d’autant plus humiliant, puisque tout le monde le saura.

D’ailleurs, le plus grand ennemi du Loser, ça reste sa grande gueule.  Quand il médit contre un autre, ses paroles sont rapportées et ça lui retombe sur le nez.  Quand il planifie quelque chose, le fait d’en parler donne tous les renseignements nécessaires à ses ennemis pour lui couper l’herbe sous le pied.  Si, à son travail, il a à signer une entente de confidentialité sur un projet dont la réussite dépend grandement du silence, il en parlera et fera échouer le projet.  Et même s’il prend la peine de confier quelque chose sous le sceau du secret, ça se sait en un rien de temps. 

L’incapacité du Loser à garder un secret prend sa source dans sa faible estime de soi. Quand on possède un secret, on sent que l’on détient enfin quelque chose qui saura capter l’attention et l’admiration des autres.  Et quand on est en mal d’attention et d’admiration comme le Loser l’est, pas étonnant que ça lui soit aussi difficile de garder le silence.  

Dans ses victoires :
Comme tout le monde, il arrive parfois que le Loser ait de la chance.  Or, il est tellement peu habitué à en avoir que lorsqu’il en a, il a tendance à adopter un comportement qui sabote tout, tellement il est méfiant ou pris au dépourvu.  Par exemple, si une belle et brillante fille lui montre des signes comme quoi elle s’intéresse à lui, il reste là sans bouger comme s’il avait de la difficulté à croire que ça lui arrive vraiment.  Il attendra d’autres signes de la part de la fille mais à chaque fois que ceux-ci arriveront, il aura toujours un doute et en attendra un autre.  Voyant qu’il ne répond pas à ses signes répétés, la fille finit par se lasser et se désintéresse de lui.  Le loser passera alors des mois, voire des années, à tenter de rattraper le coup et à se morfondre d’avoir laissé passer une chance pareille mais il sera alors trop tard.  Devant son idéal, le Loser attend toujours qu’il soit trop tard pour agir.

Dans ses projets comme dans ses amours comme dans sa mentalité, non seulement le Loser ne craint pas les obstacles, il les recherche.  Et pour cause.  En tant que Loser, consciemment ou non, il sait qu’il ne peut pas gagner à armes égales contre les autres.  S’en aller vers un but hors de sa portée, c’est d’abord s’assurer que ce but est également hors de la portée de la majorité des gens.  Dès le départ, ça élimine la compétition, donc l’humiliation de de faire battre par un autre.  Ensuite, si par miracle le Loser réussit à atteindre son but, il sait qu’on va l’admirer d’avoir réussi malgré tous les obstacles.  Sa réussite n’en sera que plus extraordinaire et il en tirera beaucoup de satisfaction.  Enfin, s’il ne réussit pas à atteindre son but, il sait que personne ne pourra l’en blâmer car comme le dit le proverbe, à l’impossible, nul n’est tenu.  Malheureusement,  celui qui se fixe toujours des buts impossibles ne fait que s’assurer qu’il va passer le reste de sa vie à subir échec sur échec sur échec.

De toute façon, peu importe le sujet, lorsque le Loser arrive enfin à obtenir quelque chose qu’il a toujours voulu avoir, il s’arrange pour le perdre d’une façon ou d’une autre.  C’est que même si le Loser déteste être un loser, c’est tout ce qu’il sait être.  S’il devient un winner du jour au lendemain, il ne saura ni comment réagir ni quoi faire pour le rester.  Et même s’il le sait en théorie, en pratique il n’est pas habitué à être un winner. Il pratique son attitude et sa personnalité de loser depuis tellement d’années que c’est rendu naturel chez lui d’en être un.  Or, chassez le naturel…

Dans sa famille:
Il faut dire que dès le départ, le Loser n’a pas eu de chance dans son milieu de vie.  Il est né dans une famille qui n’était ni assez riche ni assez influente pour pouvoir lui fournir les connexions nécessaires pour pouvoir réussir dans la vie, contrairement à la majorité des gens qu’il connaît.  De toutes façons, même s’ils étaient influents, ses parents ne croient ni en lui ni en ses capacités de réussir. Ainsi, il est né avec un handicap qui lui fournira l’excuse nécessaire pour expliquer les échecs qui se vont se succéder tout le long de sa vie, peu importe le domaine.

Et quand le loser finit par quitter sa famille pour en fonder une nouvelle, il se retrouve inévitablement avec une conjointe, une belle-famille et des enfants qui lui feront vivre exactement le même genre de problème qu’il a toujours vécu du temps où il vivait chez ses parents. Hélas, s’il est normal et socialement acceptable de quitter ses parents, ça l’est beaucoup moins de quitter sa femme et ses enfants. Et même s’il le fait, la pension alimentaire et les ennuis judiciaire qui y sont reliés seront là pour s’assurer qu’il ne puisse jamais se tirer de la merde dans lequel il s’est volontairement embourbé.

S’il est vrai que le succès attire le succès, il en va de même pour l’inverse. Puisqu’il met dans la tête des gens qui l’entourent qu’il est une victime, un malchanceux, et un abusé, alors ce sera en victime, en malchanceux, et en abusé que les gens vont le traiter.  C’est pour ça que le Loser ne sera jamais rien d’autre que ce qu’il a toujours été : Un Loser!


L’origine de ce texte remonte au début des années 90, lorsque je me suis mis à réfléchir sur tout ce qui n’allait pas chez moi, en comparant chaque point avec d’autres gens qui eux y réussissaient. Il s’agit donc d’une longue auto-analyse. Depuis, le loser en moi est mort, d’où le « Autopsie » du titre.

Vous voulez savoir comment je me suis tiré de mon loserisme?  Alors allez lire

Goût pour l’exotisme OU besoin de justifier une situation difficile?

C’est à 17 ans que j’ai eu ma 3e relation de couple.  Celle-ci a durée un an. C’est avec cette fille que j’ai eu mes premières relations sexuelles. Elle était d’origine Haïtienne. Je l’ai rencontré grâce à une petite annonce dans un magazine pour ados, dans laquelle je disais être à la recherche d’une petite amie et que j’avais un faible pour les asiatiques et les noires.

Voyez-vous, de 15 à 30 ans, j’ai eu un gros trip Black & Asian. À part l’ex sus-mentionnée, je n’en ai jamais eu aucune autre. Ça ne m’empêchait pas de les désirer à fond. Je ne me suis jamais demandé pourquoi j’étais attiré vers l’exotisme. Je croyais juste que ça faisait partie de mes goûts, voilà tout.

Prise de conscience.
J’ai quand même fini par me la poser, cette question. C’était lors d’une sortie au cinéma, en 1997. Ce soir-là, j’étais accompagné de Fatima, une amie iranienne qui était également mon amante. Elle n’était au Québec que depuis deux ans, après avoir passé la première moitié de sa vie en Iran et la seconde en France.  cette double nationalité lui donnait un accent assez unique dans la voix.  Nous étions allés voir Boogie Nights, dont l’action se passe à l’époque Disco, fin années 70, début années 80. Plusieurs fois dans le film, j’ai été amusé de voir des références à des choses auquel j’ai assisté ou entendu parler de, puisque ce sont les années de mon enfance et de mon adolescence. Quand je lui en faisais la remarque, elle me répondait toujours la même chose: Que ça ne lui disait rien.

Je me souviens clairement qu’à ce moment là, je l’ai regardé du coin de l’oeil et je ne suis posé cette question: Qu’est-ce que je fous avec elle?

Non mais c’est vrai.  On n’avait tellement rien en commun. Pourquoi est-ce que j’avais cette fille-là comme amante alors qu’il y avait autant d’obstacles pour nous séparer?

Obstacle 1: Elle a 19 ans. J’en ai 29. Nous n’avons pas vécu aux mêmes époques.

Obstacle 2: Elle a vécu sa jeunesse en Iran sous le régime dictatorial guerrier de Khomeini. J’ai vécu au Québec dans l’ère post Révolution Tranquille sous le régime libéral du parti du même nom, suivi de celui de René Lévesque.

Obstacle 3: Elle a une culture, voire deux dans son cas, complètement différentes de la mienne. Impossible pour nous de parler de télé, musique, cinéma, mode, etc.

Obstacle 4: Pour sa famille, je suis un étranger que l’on traite avec méfiance. Pour ma famille, elle est une étrangère que l’on traite avec condescendance.

Obstacle 5: Sexuellement, elle trippait domination/soumission, me voyant maître, se voulant esclave. Ma personnalité et mon éducation m’interdit toute violence envers la femme. Le fait de savoir qu’elle le désire ne change rien au malaise que je ressens à la soumettre et la dominer.

En ressortant du cinéma ce soir là, je n’étais plus le même homme qui y était entré deux heures plus tôt. C’est que je venais de me rendre compte que dans le fond, ce n’était pas l’exotisme qui me faisait aller vers ces filles-là. C’était la difficulté. Les obstacles. Ça m’a pris un grand travail d’introspection, mais j’ai fini par comprendre que la raison pourquoi j’allais vers elles, c’est à cause que j’avais un complexe d’infériorité.

Avant de sauter au plafond et me traiter de raciste, lisez ce qui suit.
Comme je l’ai souvent raconté, le moi adolescent et jeune adulte était pauvre, maigre, laid. La majorité des filles, même les plus laides, préféraient le célibat plutôt que de m’avoir pour chum. C’est une réalité qui est très difficile à encaisser car elle blesse fortement l’estime de soi. Dans ce temps-là, pour survivre aux situations trop pénibles, le cerveau réagit en nous poussant à rechercher des situations plus acceptables. Puisqu’on ne s’en rend pas compte, ça se passe au niveau de l’inconscient. Du subconscient, si vous préférez le terme anglo plus populaire.

C’est ainsi que, de façon inconsciente, j’ai commencé à jeter mon dévolu sur des filles de races différentes, de cultures différentes, d’un grande différence d’âge. Ainsi, si ça ne marchait pas entre nous, je pouvais toujours me dire que c’était à cause de la différence d’âge, de race ou de culture. Puisque la raison principale de mon rejet pouvait désormais s’expliquer par autre chose que ma maigreur, ma laideur ou ma pauvreté, alors mon estime de soi n’était plus atteint. Ok, un rejet reste un rejet. Ça reste une expérience plate à vivre. Mais au moins, maintenant que je pouvais l’expliquer sans me remettre en cause, alors c’était supportable.

Et voilà pourquoi je dis que mon attirance pour l’exotisme venait de mon complexe d’infériorité: Parce que je n’aimais pas ces filles pour les bonnes raisons. Ce qui m’attirait en elles, ce n’était pas nos compatibilité ni leurs personnalités. C’était le fait que, si la relation ne marcherait pas, nos différences pouvaient expliquer pourquoi, de façon plus acceptable pour mon estime de soi.

Et pourquoi est-ce que je partais à la base avec l’idée que ma relation avec une fille ne pourrait pas marcher? EXACTEMENT! S’attendre d’avance à ce que notre relation avec la fille ne marche pas, et ce avant même d’avoir une fille en vue, ÇA, c’est un signe flagrant qu’on a un complexe d’infériorité.

Éventuellement, à force de travail constant sur ce qui me faisait défaut, j’ai fini par perdre ces derniers. Les filles de ma race, de ma culture et de mon âge ont commencé à me trouver intéressant, et même à faire les premiers pas. J’ai pris de la confiance en moi. J’ai cessé de rechercher les difficultés.

Aujourd’hui, j’ai quelques amies noires et asian. Elles sont aussi québécoises que moi dans la naissance, la culture et l’accent parlé. La femme de ma vie des onze dernières années est blanche, mais elle aurait tout aussi bien pu être noire ou asian, puisque ce n’est plus la race qui importe pour moi, mais bien la compatibilité des personnalités et nos points communs.

Quand tu vis une relation difficile, c’est probablement de la faute de l’autre. Quand tu vis plusieurs relations difficiles de suite, il y a de grandes chances que ce soit toi qui recherche les obstacles. Réfléchis et essaye de trouver pourquoi. C’est seulement lorsque tu auras trouvé la source du problème que tu pourras y travailler, cesser de vivre des relations cul-de-sac, et enfin connaître le bonheur auquel tu as droit. Parce que LÀ, tu sortiras avec l’autre pour les vraies bonnes raisons.

Nous sommes injustes envers la vie.

On se lève le matin et tout porte à penser qu’il s’agit d’une journée comme les autres. Puis, arrive une série de petits malheurs. Il n’y a pas d’eau chaude pour la douche. Le lait a caillé. L’ordinateur cesse de fonctionner. L’auto a un problème de moteur et/ou une crevaison. Et tout ça arrive dans le pire des moments. Et on est là, découragé, à se demander pourquoi la vie est aussi injuste avec nous.

Sauf que dans les faits, c’est le contraire. Ce sont nous, les êtres humains, qui sommes injustes avec la vie, et ce depuis que la civilisation existe.

Voyez comment les choses fonctionnent depuis que le monde et l’humanité existe. Dès la naissance, la mort guette déjà bébé qui n’a absolument aucune capacité à survivre par lui-même. Il devait compter sur ses néandertaliens de parents pour réussir à vivre assez vieux pour procréer, et la nature ne faisait rien pour leur venir en aide : Épidémies, températures qui ne sont toujours pas clémentes, nourriture rare et difficile à se procurer, végétaux empoisonnés, prédateurs, etc. Pas étonnant que l’on mourrait de vieillesse entre 20 et 30 ans dans ce temps-là.

L’humain a réussi, peu à peu, à prendre des éléments de la nature et à les transformer de façons dont la nature n’a jamais permis. Ça a commencé par les maisons, les vêtements, l’agriculture, l’élevage. Les siècles ont passé, la science a progressé, et nous avons continué de transformer le monde. Nous l’avons fait de façon à s’offrir d’abord des conditions de survie, puis de vie, puis de luxe. Nous avons aujourd’hui les maisons, l’électricité, l’automobile et mille autre choses qui font partie de notre quotidien, et ce depuis notre naissance.

Et c’est justement le fait que nous avons ceci depuis notre naissance qui fait que pour beaucoup, la vie, le naturel, c’est ça : Un univers dans lequel tout fonctionne à merveille. Un univers où les autos roulent sans problème, ou l’électricité ne manque jamais, où on n’a jamais faim, jamais froid, où on ne s’ennuie jamais. Et à cause de ça, on a de la difficulté à comprendre qu’il est contre-nature que toutes ces choses non-naturelles fonctionnent. La nature, c’est le métal qui rouille. C’est caoutchouc qui s’assèche et s’effrite. Ce sont les composantes d’une pile qui corrodent. Le bois qui moisit. La terre qui bouge et fait craquer l’asphalte et les fondations de maison.

Et il ne s’agit pas que des choses matérielles. L’humain est un animal. Les animaux ont l’instinct de se battre, de tuer. Alors, pour aller contre notre nature, nous avons créé des lois pour empêcher ça. Et pour beaucoup d’hommes et de femmes, être monogame n’est pas dans leur nature. Nous avons donc crée des règles de société qui nous obligent moralement à la fidélité. Mais là encore, parfois, nous devenons victime lorsqu’une personne près de notre entourage tombe en panne morale. Une amitié se brise. Un couple cesse de fonctionner.

À chaque fois que quelque chose brise, tombe en panne, cesse de fonctionner, ce n’est pas la vie qui est injuste envers nous. C’est nous qui avons, pour un instant, cessé d’être injuste envers la vie. Une vie qui ne fait rien d’autre que suivre son cours et qui, en défaisant ce que nous avons fait contre son gré, ne fait que reprendre ses droits.

Ceci n’est pas une vision pessimiste de la vie. C’est tout simplement quelque chose à se souvenir à chaque fois que l’on ressent de la frustration lorsque quelque chose qui aurait dû fonctionner ne fonctionne pas. Parce que dans les faits, justement, ça n’aurait jamais dû fonctionner pour commencer.

Alors au lieu de frustrer contre quelque qui ne fonctionne plus, il faudrait au contraire être reconnaissant que ça ait fonctionné le temps que ça l’a fait.

36 phrases clichés que l’on retrouve dans les profils de tous les sites de rencontres

Il existe deux genres de clichés dans les profils que l’on retrouve dans les réseaux sociaux:

GENRE 1: Ceux auquel on peut répondre afin d’en démontrer l’insignifiance.

J’aime les bons vins.
Premièrement, je doute que quelqu’un aime les mauvais vins. Ensuite, ce cliché est tellement répandu que je vais finir par croire que ces sites ne sont fréquentés que par des alcolos. Ou du moins des diplômés en expertise vinicole, puisqu’ils prétendent tous savoir ce que c’est, un bon vin.

J’aime les bons repas.
Tu aimes manger des trucs qui goûtent bon? Ah ben, ça c’est rare!

Je ne mord pas… Sauf si on le demande LOL.
Ayoye, mes côtes! C’est juste la 4e fois que je la lis cette semaine, celle-là.

J’aime sortir avec mes amis.
Ah ouain? Wow! Moi qui croyais que le monde aimaient faire des sorties avec des gens qui les font chier. Tu m’en apprends.

Je suis bisexuelle.
Avoir embrassé une fille quelconque dans un party alors que t’étais saoule, juste pour le fun d’allumer les gars présents, ça ne fait pas de toi une bi.

Je cherche une fille souriante et bien dans sa peau.
J’imagine mal un gars chercher une air bête full complexée.

Pis moi le monde qui font yink voter des 1/10, tk, si ça vous amuse, mais moi ça m’dérange pas pantoute tellement c’est insignifiant.
En effet, c’est tellement insignifiant pour toi que tu n’en parles même pas dans ton profil. … Oh, wait!?

GENRE 2: Ceux que les gens vont interpréter autrement.

Je suis une personne simple.
Traduction: J’ai zéro personnalité et je suis prêt à m’adapter à la tienne si ça peut m’aider à pogner.

Je suis une épicurienne.
Traduction: Je suis obèse.

J’aime pas les hypocrites.
Traduction: J’ai full de défauts pis ça m’fait chier que le monde le remarque et en parlent entre eux, juste pour vérifier s’ils sont les seuls à les voir et/ou à les subir.

Je vis l’instant présent.
Traduction: Je n’ai aucune ambition et aucun but dans la vie, mais ça parait mieux de faire passer ça comme un esprit libre et bohème.

J’ai l’esprit ouvert, sans préjugés.
Traduction: Je suis tellement désespéré(e) que je prendrais n’importe qui, même si on a zéro point en commun.

Je ne suis pas ici pour _____
Je n’aime pas_____
Si tu es ______, ben passe à une autre fiche.
Traduction: Je ne sais tellement pas moi-même ce que je suis et ce que j’aime que chuis juste capable de pouvoir te dire ce que je ne suis pas et ce que je n’aime pas. Ce qui est ironique parce que généralement, ces fiches-là contiennent aussi la phrase Chus d’même pis j’changerai pas pour personne.

Je suis jeune de coeur.
Traduction: Je suis vieille de corps.

J’ai gardé mon coeur d’enfant.
Traduction: Je suis un immature mal à l’aise dans sa vie d’adulte.

J’aime les plaisirs simples: Vélo, randonnée, etc.
Traduction: Je suis trop pauvre pour me payer les mêmes loisirs que les gens de mon âge.

Je cherche un gars généreux et fidèle.
Traduction: J’veux me faire gâter par un gars qui n’ira pas vérifier si les autres filles sont aussi exigeantes que moi.

J’aime écouter un bon film collé avec mon chum.
Traduction: Je suis cheap, antisociale et préfère ne pas te présenter à mon entourage car je suis aussi jalouse que possessive.

Je suis quelqu’un de très sociable qui cherche à se faire de nouveaux amis.
Traduction: Je suis incapable de me faire des amis dans la vraie vie, c’est pour ça que j’en cherche sur le net.

Ça ne me servirait à rien de me décrire parce qu’on ne peut pas vraiment connaitre qqn via le net.
Traduction: Je suis trop insécure et allergique à la critique pour oser dire en public ce que je suis vraiment.

Ce que je suis? Si tu veux le savoir, écrit-moi.
Traduction: À la réception de ton message privé, si ta photo me plaît, j’irai lire ton profil et je me baserai là-dessus pour te faire accroire qu’on a plein de points communs.

L’essentiel est invisible pour les yeux.
Traduction: Chus grosse pis chus laide pis y’a 9 chance sur 10 que je suis trop inculte pour savoir que cette phrase est tirée des pages de Le Petit Prince.

La femme n’est pas faite pour être comprise mais bien pour être aimée.
Traduction: Chus petit, chus lette, j’ai rien pour pogner physiquement fa que je joue la carte du romantisme, pis y’a 9 chance sur 10 que je suis trop inculte pour savoir que cette phrase, qui se voulait sarcastique, a été écrite par Oscar Wilde… qui était homosexuel.

Pis si ça te plait pas, passe à une autre fiche.
Traduction: J’ai tellement peu d’estime de soi que je m’attends à me faire flusher. Alors aussi bien faire semblant que c’est voulu.

Mon attitude envers toi dépend de la tienne envers moi.
Ou: Je peux être ta meilleure amie ou bien ta pire ennemie.
Ou: Je serai ton rêve le plus doux ou ton pire cauchemar.
Ou toute autre variante voulant dire la même chose, en y rajoutant parfois des « Il n’en tient qu’à toi. ». « C’est toi qui choisis. » « ¨Ça va dépendre entièrement de toi. », etc.
Traduction: Je suis une passive-agressive.

Je ne perdrai pas mon temps à me décrire…
Ça peut avoir deux significations selon le sexe de la personne.  Si c’est une femme, ça veut dire: Je n’ai ni l’imagination ni la cohérence requise pour écrire un texte à mon sujet. Si c’est un homme, ça veut dire: J’me suis inscrit icite pour me pogner une plote, pas pour perdre mon temps à remplir des fiches.

…personne ne lit les profils anyway.
Traduction: Pour détourner le fait que je suis trop lâche pour prendre le temps d’écrire à mon sujet, je blâme les autres en disant que c’est de leur faute. Car oui, je suis irresponsable en plus.

Je vais là où la vie (ou bien le vent) me pousse.
Traduction: Je suis sans emploi, et/ou j’ai pas d’amis, pas de loisirs, pas de vie, pas rien, alors propose-moi de quoi, je suis sans but et désespéré(e).

Je suis une personne directe qui n’a pas peur de dire ce qu’elle pense.
Traduction: J’aime insulter les autres, alors j’utilise l’excuse de « ne faire rien d’autre que dire la vérité » et/ou « ne faire qu’exercer mon droit à la liberté d’expression » afin de leur chier dessus à loisir.

Je suis une personne amicale et sympathique, mais si tu me cherches tu vas me trouver.
Traduction: Je ne comprends pas pourquoi mais je suis toujours impliqué dans toutes sortes de chicanes, alors aussi bien faire accroire que c’est à la fois voulu ET de la faute des autres.

Je suis sarcastique.
Traduction: Je suis insultante et susceptible. 

Ça a l’air qu’une fille fonceuse qui sait ce qu’à veut, ça fait peur aux gars. LOL
ou: Hostie que les gars sont superficiels, y’a pas yink les barbies dans’ vie.
Ce serait trop difficile pour moi d’accepter le fait que c’est ma personnalité de marde qui fait que je suis célibataire, alors j’aime mieux mettre ça sur la faute des gars ou de mon embonpoint.

Pis les gars, arrêtez donc d’agir en trou de cul en donnant de faux espoirs aux filles.
Traduction: Je suis une dépendante affective qui pense que chaque gars qui lui parle est automatiquement un chum potentiel, et qui frustre ben raide lorsque même le fait de lui montrer mes boules dans les 15 premières minutes ou lui dire que j’aime avaler ne réussit pas à le séduire.

Je ne recherche rien pour l’instant.
Traduction: Je cherche un gars beau, athlétique et riche, et en attendant de le trouver j’veux rien savoir des crapets qui constituent 99% des membres de ce site.

« La vérité choque », et autres proverbes mal utilisés

Lorsque mes enfants étaient encore à l’école primaire, ce qui remonte à quelques années à peine, ils y apprenaient la chanson Chevalier de la Table Ronde. Vous êtes-vous déjà arrêté à en écouter les paroles?

Allons voir si le vin est bon
j’en prendrai cinq à six bouteilles, une femme sur mes genoux.
Si je meurs, je veux qu’on m’enterre, dans une cave où y a du bon vin
Les deux pieds contre la muraille, et la tête sous le robinet
Sur ma tombe, je veux qu’on inscrive, ici git le roi des buveurs.

Cette chanson n’est rien d’autre qu’une incitation à l’alcoolisme et à la débaucherie. Et encore, ici au Québec, on majoritairement droit à une version tronquée. On peut lire ici, sur Wikipédia, les paroles complètes, incluant un couplet incitant à l’adultère. Parce que oui, la femme que le chanteur a sur ses genoux, c’est une femme mariée, et pas à lui. Voilà le genre de chanson que les écoles primaires considèrent comme étant du bon matériel pour comptines à apprendre à nos enfants.

Lorsque j’ai fait part de mes observations en réponse aux travailleurs sociaux qui me blâmaient pour une raison X (Je suis père, donc peu importe la raison, il faut que j’en sois coupable) en leur demandant s’ils considéraient vraiment, en toute bonne conscience que c’est une chanson appropriée à leur mettre en tête, voici ce que j’ai eu comme réponse: C’est juste une chanson à apprendre par coeur dans le but de tester leur mémoire. Pour eux, c’est juste un refrain. Ils ne s’arrêtent pas à réfléchir sur le sens des paroles. Ils les disent, c’est tout.

Il est vrai que dans mon temps, on apprenait Pomme de rainette et pomme d’api, petit tapis rouge. Pomme de rainette et pomme d’api, petit tapis gris. On la savait tous par coeur, y’en avait pas un estie qui aurait été capable de nous dire c’était quoi une rainette ou un api. Pourtant, on ne s’est jamais posé la question, pas plus qu’on se demandait c’était quoi le fuckin’rapport entre des pommes pis des tapis rouge ou gris. On se contentait de réciter ce refrain aveuglément sans se poser de questions sur son sens.

Je me suis rendu compte avec le temps que le même phénomène s’applique aux proverbes. Les gens les utilisent à tort et à travers sans même prendre le temps de réfléchir cinq secondes sur ce que ça veut vraiment dire. Par conséquent, ils les utilisent rarement de façon pertinente. En particulier les cinq suivants:

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Le proverbe: La vérité choque!

Utilisé surtout lorsque: Quelqu’un veut t’insulter de façon totalement gratuite? Alors il n’a qu’à te traiter de pédophile. Tu te fâches de cette accusation mensongère, ce qui est tout à fait normal. Il te répond alors La vérité choque.

Pourquoi c’est mal utilisé: La majorité des proverbes proviennent d’Europe et datent d’il y a quelques siècles. Or, en temps et lieu de la création de cette phrase, choque est pris dans le sens de qui donne un choc, donc qui saisit par la surprise. Or, ce sont généralement les nouvelles fâcheuses qui nous donnent un choc. C’est ainsi que peu à peu, être choqué est devenu synonyme de être fâché dans la pensée populaire.

Un exemple de mauvaise utilisation: Dans un épisode de The Simpsons, Bart créé une série de courts clips animés sur le net. Le personnage, inspiré de son père, se nomme Angry Dad.  Dans la version québécoise, au lieu de l’appeler Pôpa Fâché comme ils auraient dû, ou même Papa Furax comme en Europe, ils l’ont appelé Super Choqué!
Le bon contexte pour ce proverbe: Lorsque Ricky Martin a avoué son homosexualité, ça a donné tout un choc à certains de ses fans. Ainsi, la vérité choque.

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Le proverbe: La vengeance est un plat qui se mange froid

Utilisé surtout lorsque: Une personne exerce sa vengeance sur un autre en lui faisant un coup de cochon, se frottant les mains avec un petit sourire cruel, se disant avec grande satisfaction: La vengeance est un plat qui se mange froid. Gniark! Gniark!

Pourquoi c’est mal utilisé: Allez à un resto et commandez votre repas chaud favori. Imaginez qu’au lieu d’être chaud lorsqu’on vous le sert, le tout sort du frigidaire. Même si c’est le plat commandé, vous n’allez pas ressentir la satisfaction attendue en le mangeant. C’est exactement ce que ce proverbe veut dire.  Loin d’être un hymne à la vengeance, cette phrase a plutôt été créé afin d’en dissuader les gens, en leur montrant que la satisfaction que l’on a à se venger est en réalité bien minime comparé à ce que l’on croyait.

Un exemple de mauvaise utilisation: Dans la chanson intitulé Fallait pas Commencer, de la chanteuse française Lio, elle dit: La vengeance est un plat qui se mange froid et tu vas te glacer d’effroi. Elle (ou du moins la personne qui en a écrit les paroles) commet l’erreur classique de dire que c’est la victime de la vengeance qui va souffrir du froid, alors que c’est plutôt supposé être la personne vengeresse.

Le bon contexte pour ce proverbe: Ton chum/ta blonde te trompe, tu l’apprends, tu décides de tout étaler ça en détails sur Facebook. Ton but est de montrer publiquement le vrai visage de cette personne afin de la rabaisser dans l’estime des autres. Hélas, en faisant ça, tu t’exposes aussi au jugement des gens: Stool, cocu, pas de classe d’étaler ça en public, qui aime rabaisser les autres. C’est sûr que tu auras atteint ton but, soit de montrer ton ex telle qu’il/elle est vraiment. Mais en même temps, tu te rabaisses toi-même encore plus à leurs yeux. Ainsi, tu as que tu voulais, mais ce n’est pas aussi satisfaisant que tu l’avais cru. C’est même décevant. Tout comme un repas mangé froid. Ainsi, la vengeance est [comme] un plat qui se mange froid.

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Le proverbe: C’est l’exception qui confirme la règle.

Utilisé surtout lorsque: Quelqu’un ou quelque chose fait un truc qu’il ne devrait pas, ou bien fait le contraire de ce qu’il dit. On dit alors que cette personne ou cette chose est l’exception qui confirme la règle.

Pourquoi c’est mal utilisé: La phrase est comprise de travers à cause de sa formulation qui date de quelques siècles. De nos jours, pour en saisir le vrai sens, il faudrait ou bien la raccourcir en L’exception confirme la règle ou bien dire plus clairement L’existence du règlement est confirmée par le fait qu’il existe des exceptions à ce même règlement.

Un exemple de mauvaise utilisation: Quand une phrase veut dire Ce sont les exception aux règlements qui prouvent que ces règlements existent, je pense que c’est assez safe d’affirmer que 100% des gens qui utilisent ce proverbe le font mal.

Le bon contexte pour ce proverbe: Un jeune pêcheur se dirige sur un quai où pèche un vieux pêcheur. Le jeune demande si le vieux sait que c’est interdit de pêcher. Le vieux ne crois pas qu’existe cette règle. Le jeune lui montre alors son permis de pèche qui lui permet, à lui, de pêcher. Le vieux, constatant la validité du permis, comprends que la règle existe, sinon il n’y aurait pas de permis lui faisant exception. Donc, c’est cette exception qui confirme [que] la règle [existe].

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Le proverbe: À bon entendeur, salut!

Utilisé surtout lorsque: On veut conclure une discussion. L’équivalent de Et toc! ou bien Point final!

Pourquoi c’est mal utilisé: Encore une fois, cette phrase a au moins un siècle d’usage. Elle date d’une époque où entendre était utilisé comme synonyme de comprendre ou bien de obéir. Quant au mot salut, il faut le prendre dans le sens de le salut de ton âme. Donc, cette phrase veut dire: Ceux qui comprennent et obéissent seront sauvés.

Le bon contexte pour ce proverbe: Un prêtre affirmant « Ceux qui suivent la voie de Dieu seront sauvés. À bon entendeur salut. »

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Le proverbe: Seuls les fous ne changent pas d’idée.

Utilisé surtout lorsque: On cherche à se justifier pour avoir changé d’idée.

Pourquoi c’est mal utilisé: D’abord, cette phrase n’est pas supposée être utilisée pour ceux qui changent d’idée mais bien contre ceux qui refusent de le faire. Ensuite, quand quelqu’un change d’idée trop souvent, il a l’air fou. Dans un cas comme dans l’autre, ce proverbe ne convient pas à la situation.

Le bon contexte pour ce proverbe: Quand une personne est trop orgueilleuse pour reconnaître qu’elle a tort, elle continue de faire comme si de rien n’était. Or, ne pas vouloir changer d’idée lorsque l’on sait que l’on est dans l’erreur, c’est de la folie. Donc, seuls les fous ne changent pas d’idée.

6 raisons fallacieuses de snober la St-Valentin

À chaque année, c’est la même chose.  Dès qu’approche la St-Valentin, on peut entendre une tonne de gens dire qu’ils n’y participeront pas, voire même qu’ils détestent l’événement.

Pour expliquer leur sentiments anti-St-Valentin, ces gens évoquent généralement l’une ou plusieurs des six mêmes raisons que voici:

RAISON 1: La St-Valentin, c’est trop commercial.
Trop commercial? Vraiment? En comparaison avec quelle autre fête, au juste? Voyons voir:

  • Pâques? Lors de cette fête, on offre des chocolats et/ou des cartes, non seulement à la personne que l’on aime, mais aussi à la famille et aux amis. C’est comme la St-Valentin, sentiment amoureux en moins et dépenses en plus
  • Halloween? Il faut acheter/distribuer/récolter plus de bonbons en un soir qu’il est humainement possible d’en consommer en un mois. Sans compter les décorations et/ou le costume.
  • Noël? Hum… Est-ce que je dois vraiment vous décrire les dépenses reliées à celle-là?
  • La Fête des Mères / La Fête des Pères? Ha! Essayez-donc de négliger ces fêtes-là, si vous osez.
  • Les anniversaires? La seule différence entre les fêtes commerciales et celles des gens qui vous entourent, c’est que ces dernières ne sont pas affichées dans les médias et les commerces. Est-ce que ça signifie pour autant que vous les négligez, sous prétexte que anniversaires = cadeaux = achats = commercial?

Alors pourquoi est-ce que vous iriez boycotter la St-Valentin sous le prétexte idiot que celle-là est commerciale? Les autres le sont toutes autant, sinon plus. La St-Valentin, au moins, est faite pour que vous ne fêtiez qu’une seule personne: Celle que vous aimez. Si vous participez volontairement à toutes les autres fêtes dans laquelle vous donnez à tout le monde, où est la logique de refuser de le faire pour la personne que vous prétendez aimer?

On continue:

RAISON 2: Je n’ai pas besoin d’une fête spéciale pour montrer à mon amoureux/reuse que je l’aime.
Jusqu’à maintenant, la majorité des personnes que j’ai entendu dire ça, ce sont justement ceux qui ont de la difficulté à montrer leur appréciation à leur amoureux/reuse le reste de l’année. Par contre, les couples qui s’aiment et se le démontrent à l’année longue, eux, voient la St-Valentin arriver avec grande hâte. Est-ce qu’on peut dire ici qu’il s’agit d’un besoin? Pas du tout! Ça prouve que ceux qui disent ne pas avoir besoin d’une fête spéciale sont au contraire ceux dont le couple en aurait le plus besoin.

RAISON 3: Je n’aime pas que l’on me mette de la pression pour que j’exprime mon amour.
Je ne sais pas pour vous, mais dans mon cas personnel, quand je suis en amour, je ne ressens aucune pression à le lui faire savoir. Pour qu’il y ait de la pression, il faut qu’il y ait de la résistance. Si je l’aime, pourquoi résisterais-je à l’idée de le lui exprimer? Que l’idée vienne de moi ou bien de la suggestion des autres, rien ne me rend plus heureux que d’exprimer mon amour à la personne que j’aime.

RAISON 4: Je suis célibataire.
C’est une bonne raison pour ne pas y participer, en effet. Par contre, puisque ça ne te concerne pas, pourquoi critiquer négativement cette fête et/ou ceux qui l’apprécient? Laisse-moi deviner: Parce qu’en tant que célibataire, tu n’aimes pas te faire rentrer dans la gorge le bonheur des autres, c’est ça?  Jaloux et envieux! Bravo, belle personnalité. Faut peut-être pas chercher plus loin les raisons de ton célibat.

RAISON 5: La St-Valentin est une fausse obligation crée par la société.
Les gens se plaignent sans cesse comme quoi la société est froide, inhumaine, sans compassion et sans le moindre respect pour l’individu. Alors ne devriez-vous pas au contraire vous réjouir que quelque chose qu’aussi beau que l’Amour soit reconnu par la société, au point de lui consacrer un jour de fête officielle?

RAISON 6: La St-Valentin, c’est juste une invention des compagnies de cartes et de chocolat, créé rien que pour nous faire acheter leurs produits.
Totalement faux! Le pape Gélase 1er  a officiellement célébré la première Saint-Valentin le 14 février de l’an 496. Ensuite, même si c’était vrai, et alors? Vous pouvez être un rebelle et militer contre les règles de la société autant que vous voulez. C’est vos affaires. Je ne comprends juste pas pourquoi la personne que vous prétendez aimer devrait être négligée et privée de vos signes d’affection, juste parce que vous ressentez le besoin de prouver un point. Surtout si ceux à qui vous voulez le prouver (Les compagnies de cartes, celles de chocolats et la société en général) n’en ont rien à cirer, parce qu’ils ne savent même pas que vous existez pour commencer.

Quand on est en amour, tous les jours sont spéciaux. C’est juste que le jour de la St-Valentin est un peu plus spécial que les autres, voila tout.

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Pour conclure, je vous invite à aller jeter un oeil sur une amusante collection de cartes de St-Valentin les plus bizarres qui soient, sur la page Unfortunate Valentines Card, au http://www.capnwacky.com/valentines/valcard1.html

Découragement –ou- Gros Bon Sens?

À l’époque où je faisais partie de Défi Diète 2008, le motivateur professionnel Guy Bourgeois nous montrait la différence entre ce qui nous fait réussir ou bien échouer. Loin de moi l’idée de contester ses enseignements, mais il y a un truc qu’il nous a dit qui m’a fait tiquer. Dans la liste des comportements qui mènent à l’échec, il a mis un mot que j’ai en horreur. Ce mot, c’est découragement.

Pourquoi est-ce que j’ai ce mot en horreur? Parce que c’est un mot que l’on a trop souvent utilisé contre moi à tort et à travers tout le long de ma vie, de la part de gens qui ne savaient pas faire la différence entre le découragement et le gros bon sens.

D’abord, Analysons un brin les deux comportements:

  • Découragement: Dé-courage-ment… Cesser d’avoir du courage. Abandonner, par manque de volonté, un projet qui pourrait réussir sinon.
  • Gros bon sens: Capacité d’analyse logique. C’est avoir la volonté de continuer, tout en étant capable de reconnaître si une option est vouée à la réussite ou à l’échec. Attention: Je dis bien une option, et pas nécessairement le projet complet.

Vous saisissez la différence?

Voici l’exemple le plus fragrant de la mauvaise utilisation du mot découragement contre moi, de la mauvaise influence que ça a eu dans ma vie, et des conséquences que ça m’a fait subir:

Déjà enfant, j’ai su que je voulais faire carrière dans l’humour. Rendu adolescent, j’ai tout fait, tout essayé en ce sens: Théâtre, improvisation, stand-up, textes, bandes dessinées… Les deux derniers étaient fort appréciées par les gens, adultes comme ados. Par contre, côté interprétation, quoi que je faisais, je foirais lamentablement. Et puis, un jour, je me suis dit: « Ce n’est pas parce que Plamondon écrit les meilleures chansons que ça fait de lui un chanteur. » Malheureusement, j’étais entouré de gens bien-pensants qui me condamnaient pour ce qu’ils jugeaient comme étant du découragement. J’ai eu droit au grands slogans classiques du genre de Quand on veut, on peut. Un gagnant ne lâche jamais, un lâcheur ne gagne jamais. À coeur vaillant, rien d’impossible, et plusieurs autres du même genre.

Lâcheur, découragé, non-vaillant… Qui veut être vu comme tel? J’ai donc pris mon courage à deux mains et j’ai insisté, et j’ai continué, et je n’ai pas lâché. J’ai persévéré.  De 1985 à 2005. Oui, pendant 20 ans, je me suis essayé à être humoriste, malgré le fait que je suis sujet au trac, que je n’ai pas assez de mémoire pour retenir mes textes, que je ne sais pas jouer naturel, que je n’ai aucun sens du timing, et que j’ai une voix trop basse et monotone. Plusieurs fois, j’ai passé des auditions pour des shows d’humour amateur. Je n’ai jamais été pris. Plusieurs fois, j’ai passé des auditions pour des activités qui m’auraient mis en avant scène. Je n’ai jamais été pris. Plusieurs fois, je suis allé passé une audition comme humoriste à l’école Nationale de l’humour. Je n’ai jamais été pris.

Quand tu essuies un échec et que tu continues, on peut parler de courage. Mais quand ça fait vingt ans que tu accumules les échecs dans un domaine, est-ce qu’on peut encore parler de courage, ou bien il faut se rendre à l’évidence que ça fait longtemps que c’est rendu de la stupidité?

En 2005, je décide de faire les choses à ma façon. Je passe une audition à l’École Nationale de l’Humour. Je ne le fais pas en tant qu’humoriste. Je le fais en tant qu’auteur. Je suis pris immédiatement.

Lorsqu’une personne de ton entourage t’encourage dans la voie de l’échec, alors ça me peut dire que trois choses:

  1. C’est un con, car il n’a pas assez de jugeote pour être capable de faire la différence entre le découragement et le gros bon sens.
  2. C’est un salopard, car au lieu de t’aider à régler ton problème, il veut te forcer à rester dans une situation d’échec.
  3. C’est un manipulateur, car il essaye de jouer sur ton orgueil de façon à te forcer à faire des choses à l’encontre de ton bon jugement.

Personne n’a besoin d’un con salopard manipulateur dans son entourage. Débarrassez-vous de ça au plus vite, votre vie ne s’en portera que mieux.

5 insultes anglaises qui sont en fait des compliments

Il y a des insultes classiques que les gens se balancent à la gueule depuis tellement longtemps qu’ils en ont oublié le sens profond. Un sens que, quand on s’arrête à y penser, n’a rien d’insultant. Même que c’est souvent un compliment. J’en ai répertorié cinq:

Insulte #1: Fucker!
Ce que ça veut dire: Baiseur!
Pourquoi est-ce que ce n’est pas vraiment une insulte: Dans une société ou le succès de l’homme est jugé, entre autres, selon sa vie sexuelle, en quoi est-ce que le fait d’être un baiseur serait une insulte? Ce serait plutôt l’absence de vie sexuelle qui en est une. Parce que quand t’es un fucker, t’es un winner.

Insulte #2: Motherfucker!
Ce que ça veut dire: Baiseur de mamans.
Pourquoi est-ce que ce n’est pas vraiment une insulte: Où, dans le mot motherfucker, est-ce que ça précise que c’est ta mother que tu fucke? Nulle part! Donc, le fait de baiser une mère peut vouloir dire 3 choses:

  • C’est la mère de tes enfants. Donc, tu baises avec une femme qui t’aime tellement qu’elle est partie en famille avec toi. En quoi est-ce une insulte?
  • Tu n’es pas le père de son enfant. Donc, si tu baises avec elle, c’est que tu vaux mieux que son ex. Là encore, où est l’insulte?
  • C’est une MILF! Man, tu scores avec une femme full expérimentée qui est dans son peak sexuel. C’pas une insulte, c’t’un méga fuckin’ WIN!!!

Insulte #3: Dick!
Ce que ça veut dire: Pénis.
Pourquoi est-ce que ce n’est pas vraiment une insulte: Le pénis est, chez l’homme, la source de son plaisir sexuel, en plus d’être celui de pas mal de ses partenaires. En quoi est-ce que se faire comparer à la source de tant de plaisir sexuel est une insulte?

Insulte #4: Douche ou Douchebag.
Ce que ça veut dire: Douche vaginale, ou poire de douche vaginale.
Pourquoi est-ce que ce n’est pas vraiment une insulte: Une douche vaginale est constituée d’un petit tuyau rigide que les femmes se rentrent profondément dans le vagin, ne le ressortant que lorsqu’il s’y est vidé la poche. Quel homme hétérosexuel normalement constitué au niveau du désir et des organes génitaux ne serait pas honoré d’être ça?

Insulte #5: Arguing on the net is like running on the Special Olympics. Even if you win, you’re still retarded.
Ce que ça veut dire: Argumenter sur le net, c’est comme courir dans les olympiades pour handicapés. Même si tu gagnes, t’es quand même un attardé.
Pourquoi est-ce que ce n’est pas vraiment une insulte: D’habitude, la personne qui te balance cette phrase, c’est celui qui vient de perdre un argument contre toi. Sauf que, en disant ça, il déclare que vous êtes tous les deux des attardés, puisque vous argumentiez tous les deux. Dans ce contexte, en déclarant que tu es un gagnant attardé, alors il se déclare automatiquement lui-même comme étant un perdant attardé. Bref, il te traite de winner et il se traite lui-même de loser. Il faut vraiment être un attardé pour considérer ça comme une insulte.

Commettre l’erreur de pardonner

Je suis parfaitement d’accord que dans la vie, lorsque l’on est offensé, il y a des situations dans lesquelles le pardon est acceptable.
Par exemple lorsque l’autre nous a fait du tort accidentellement, ou bien par ignorance. Dans le premier cas ce n’est pas de sa faute. Dans le second cas, pour peu qu’on le renseigne dès le départ et qu’il fasse preuve de bonne volonté, il ne s’agira alors que d’un incident isolé qui ne se reproduira plus.

Mieux encore: Je suis même prêt à pardonner à quelqu’un qui n’entre pas dans les deux catégories précédentes, si je suis obligé de le revoir. Par exemple, un membre de ma famille, ou un collègue de travail. À ce moment-là, même si le pardon n’est pas sincère, je veux bien faire preuve de tolérance pour le bien et l’harmonie de l’ensemble des gens qui m’entourent.

Par contre, là où je trouve que le pardon n’est pas une option, c’est quand la personne abuse délibérément de toi en sachant très bien qu’il commet un abus. C’est encore pire s’il refuse de le reconnaître, et ça devient carrément inacceptable s’il continue de le faire même après que tu le lui as dit. Dans ce temps là, pas de pitié: Je jette cette personne hors de ma vie. Le problème disparait en même temps que celui qui le cause, et je peux de nouveau vivre en paix et en harmonie.

Hélas, à ce moment-là, il y a toujours des gens trop bien pensants qui viennent essayer de me faire accroire que je dois absolument pardonner. Ces gens se foutent bien de savoir que le pardon va détruire ma paix en remettant ma vie en situation de discorde. Pour eux, le pardon passe avant tout. Et ils me servent toujours les mêmes arguments illogiques pour essayer de m’en convaincre:

Ce que l’on me dit: En pardonnant, tu démontres que tu vaux mieux que lui.
Ce que j’en pense: Lui, c’est un abuseur. Pas moi! Déjà là, c’est la preuve que je vaux mieux que lui. Ensuite, quand je prend une décision, ce n’est pas dans le but de démontrer que je vaux mieux que qui que ce soit. Je la prend parce que c’est la meilleure option à prendre, tout simplement.

Ce que l’on me dit: Pardonner va te permettre de pouvoir mettre ça derrière toi.
Ce que j’en pense: Au contraire. En ne pardonnant pas, je cesse de fréquenter la personne. La personne ne peut donc plus m’abuser. Par conséquent, c’est là que ses abus sont derrière moi. Si je lui pardonne, ça va lui permettre de recommencer. Alors en quoi est-ce que remettre cette situation inacceptable dans mon présent et mon avenir va me permettre de pouvoir mettre ça derrière moi, comme vous dites? Ça n’a pas de sens.

Ce que l’on me dit: Si tu passes ta vie à en vouloir à quelqu’un, ça va t’empoisonner l’existence. Le pardon va te libérer moralement et mentalement, et tu connaîtras la paix.
Ce que j’en pense: Voici un bel exemple où l’exagération pousse les choses à l’extrémisme. Refuser de pardonner ne signifie pas que l’on entretient un ressentiment féroce de tous les instants envers le fautif. Au contraire, c’est si je continue de la fréquenter, cette personne, qu’elle va continuer de m’abuser moralement, ce qui va m’affecter mentalement, ce qui va renouveler sans cesse mon ressentiment. Vous appelez ça se libérer, vous? Vous appelez ça connaître la paix? C’est plutôt en refusant de pardonner que je garde cette personne et ses abus loin de moi, et que là, enfin, je suis libre et j’ai la paix, moralement et mentalement.

Ce que l’on me dit: Le pardon n’est pas synonyme de faiblesse. C’est au contraire la preuve d’une grande force de caractère.
Ce que j’en pense: Avez-vous déjà remarqué que les personne les plus pro-pardon sont toujours des gens qui se font abuser à répétition? Des gens qui ne peuvent rien faire contre leurs agresseurs afin que cessent les abus? Ou pire encore: Des gens qui ont tous les outils pour faire en sorte que ça cesse, des outils qui sont à même d’enlever à leurs agresseurs le goût de recommencer? Des gens qui n’osent pas utiliser ces outils, ce qui donne donc à l’agresseur tout le loisir de faire d’autres victimes? Peu importe comment on essaye de retourner la chose, le fait demeure que quand on est trop lâche pour être capable de se défendre et se faire respecter, alors le pardon est la seule option qu’il nous reste. Vous pensez vraiment que dans ces conditions, pardonner est faire preuve d’une grande force de caractère?

Ce que l’on me dit: Le pardon n’est pas quelque chose que l’on fait pour l’autre. C’est quelque chose que l’on fait pour soi, afin de se sentir mieux.
Ce que j’en pense: De tous les arguments pro-pardon que j’ai entendu, celui-ci est de loin le plus stupide, sinon le plus mensonger. Le fait de savoir que l’agresseur va croire qu’il n’a rien fait de mal, donc qu’il a le feu vert pour recommencer, donc qu’il n’aura rien appris à part qu’il a le soutient de mes propres amis qui m’encouragent à être sa victime consentante, en quoi est-ce que c’est supposé me faire sentir mieux? Et comment pouvez-vous prétendre que le pardon est quelque chose que l’on fait pour soi, puisqu’il n’y a qu’à l’autre que le pardon rapporte du positif?

Ce que l’on me dit: Refuser de pardonner démontre un manque de maturité.
Ce que j’en pense: Si le fait de vouloir que quelqu’un cesse de nous abuser est un manque de maturité, alors il est quoi, lui, pour abuser des autres? Mature? Et vous, là-dedans? Vous êtes mature, vous, en voulant empêcher une victime de cesser d’en être une? Pire, en vous rangeant du côté de l’agresseur, de façon à faire en sorte que ses abus continuent? Parce que si c’est ça la maturité, alors vous dites que tout le système légal et pénal est immature, incluant les centres d’aide aux personnes victime d’abus.

Ce que l’on me dit: Tu ne dois pas t’abaisser à son niveau, sinon tu ne vaux pas mieux que lui.
Ce que j’en pense: C’est ça, et pendant qu’on ne s’abaisse pas, lui il reste bien à l’abri dans son niveau , ce qui lui permet de continuer à abuser des autres en toute tranquillité. Et en passant… Comme ça, à tes yeux, abuser et faire en sorte que cessent les abus, c’est du pareil au même, hm? Bravo, belle mentalité.

Quand pardonner le vice, c’est l’encourager
Lorsque l’abus n’est ni accidentel ni né de l’ignorance, alors je considère qu’accorder son pardon, c’est faire une erreur de jugement. Parce qu’en pardonnant, tu passes trois messages à ton agresseur:

Le premier, c’est qu’il n’a rien fait de mal.
Le second, c’est que c’est toi qui est fautif d’avoir voulu que ça cesse.
Le troisième, c’est qu’il peut recommencer à loisir, et ce impunément. Normal, puisqu‘il n’a rien fait de mal et que c’est toi le fautif. Et ça doit bien être vrai que c’est toi le fautif, puisque c’est toi et non lui qui se fait dire d’arrêter, et ce par ton propre entourage en plus.

Voilà pourquoi quand je décide que c’est fini, c’est fini. La seule et unique fois dans ma vie où j’ai pardonné à un fautif délibéré, c’était une vieille tante qui ne cessait de m’accuser de mille et une délinquances que je n’avais jamais commises. À 11 ans, j’ai décidé que j’en avais assez et que je ne voulais plus jamais la revoir. Mes parents ont compris, et me laissaient à la maison à chaque fois qu’ils allaient la visiter. Quand j’ai eu 25 ans et que ma mère m’a rapporté que cette tante était sur son lit de mort et implorait mon pardon, je suis allé la voir et je le lui ai accordé. Normal: Mourante, elle ne pouvait plus me faire de tort. Je n’avais donc plus besoin de la tenir éloignée.

Ne confondez pas Bon Sens avec Rancune
Quand une personne a une pièce de vêtement inconfortable et qu’elle s’en débarrasse, est-ce qu’on dit de cette personne qu’elle est rancunière envers ce vêtement? Non! Elle ne fait qu’utiliser son bon sens et sa logique. Elle se sert de son expérience qui lui a prouvé que ce vêtement la rend inconfortable. Alors quand quelqu’un m’a prouvé maintes fois qu’elle me rendait inconfortable, ce n’est pas de la rancune de s’en débarrasser. Ce n’est qu’utiliser mon bon sens et ma logique.

Vous allez me dire qu’on ne peut pas comparer un être humain à une pièce de tissus? Il est vrai que la pièce de tissus ne peut pas reconnaître ses défauts et travailler dessus pour s’améliorer. L’être humain, lui, n’a pas cette excuse, car il la possède, cette capacité. S’il refuse de le faire, alors il ne vaut pas mieux qu’un bout de tissus, et doit donc être traité comme tel.

Ceci dit, même si je ne suis pas d’accord avec votre façon de raisonner, je peux la comprendre.
Quand on est trop faible pour être capable de se faire respecter, alors il est difficile d’accepter qu’il y en ait d’autres qui possèdent la force de caractère pour le faire. On a beau déguiser notre lâcheté derrière le pardon et appeler ça maturité pour essayer de rendre ça plus acceptable à nos propres yeux, ça ne change rien au fait que dans le fond, on le sait qu’on est lâche. Et ça, c’est quelque chose de difficile à s’admettre à soi-même.  Quelle option nous reste t-il alors pour rendre notre impuissance plus supportable? Une seule: Essayer de passer l’idée comme quoi c’est de la sagesse, et que tout le monde pense et agit comme ça.

Ça nous évite de se regarder de trop près et de se voir tel que l’on est vraiment: Une victime consentante dont la lâcheté encourage les abus envers soi-même et envers les autres.