10 réalités d’être né avec une densité osseuse anormalement élevée.

Parfois, la nature donne aux gens certaines particularités physiques qui les distinguent du reste de la population.  Je songe à Alexis Lapointe, dit Le Trotteur, à qui la nature a donné un système cardiaque et des jambes exceptionnellement fortes.  Non seulement pouvait-il courir comme le cheval, il pouvait maintenir ce rythme pendant des heures sans fatiguer. 

Mais parfois, la nature donne à notre physique un détail particulier qui, sans être vraiment un handicap, n’en est pas une bénédiction pour autant.  Dans mon cas personnel, il s’agit de ma densité osseuse.  J’ai, en effet, une densité osseuse anormalement élevée.

Qu’est-ce que ça change à ma vie, à comparer au reste de la population?  Eh bien…

1- Je ne me suis jamais brisé un seul os de ma vie.
Et pourtant, comme tous les enfants, j’ai eu plus que ma part de chûtes : Accidents de vélos, chutes en bas d’arbres, plantage solide dans les terrains de jeux, et même renversé par une auto une fois.  J’ai subi des impacts qui m’ont disloqué un pied, déplacé une côté, brisé une dent.  Mais jamais ne me suis-je brisé ni fêlé le moindre nonosse.  Mon squelette est, pour ainsi dire, incassable.  Ou du moins, ça prendrait un impact considérable pour en rompre un os.

Mais cela est le seul et unique point positif que cette particularité a apportée dans ma vie.  Pour le reste…

2- Être l’équivalent de Wolverine,  Kick-Ass, Bruce Willis dans Unbreakable? Eh non, ça ne marche pas comme ça.
Avoir des os super solides, ça ne donne pas de super-force.  Ça ne rend pas plus insensible aux coups.  Ça ne diminue en rien la douleur.  Le seul point en commun que j’ai avec Wolverine, (Bon, le 3e, si on compte que je suis canadien et assez poilu), c’est que…

3- Mon poids est plus élevé que la moyenne. 
À l’école primaire, où on nous pesait à chaque début d’année scolaire, j’ai toujours pesé plus que 90% des autres élèves, malgré le fait que j’étais toujours l’un des trois plus petits de la classe. Depuis que je suis adulte, je pèse de 25 à 35 lbs de plus que quiconque ayant une grandeur et taille similaire à la mienne.  Par conséquent…

4- Ça cause certaines déformations physiques.
Enfant, mon physique était disproportionné.  Petits bras, corps maigre, grosses cuisses, gros mollets.  Normal, puisque mes jambes devaient supporter tout ce poids. Aussi…

5- Ça peut créer des malformations.
Les os des jambes ont beau être super-solides, lorsque l’on est enfant, ils grandissent.  C’est comme un arbre, quoi.  Or, même l’arbre au bois le plus dur va pousser de travers si un obstacle l’empêche de grandir tout droit.  C’est ainsi que mon poids anormalement élevé pour mon âge fit que j’ai maintenant les deux jambes et un pied croche, ce qui m’a causé quelques problèmes en 2011, me faisant développer une fasciite plantaire alors que je m’entraînais pour le marathon.

6- Ton poids devient un obstacle social.
Vous êtes-vous déjà inscrits sur un site de rencontres, dans lequel ils demandent des détails tels la taille et le poids?  Écris ton poids réel, et tu te feras accuser d’avoir mis une fausse photo dans ton profil, ou du moins une vieille photo.

7- Ton poids devient un obstacle dans tes loisirs.
Adolescent, j’ai essayé le breakdance. Alors que les autres tournaient comme des toupies sur le dos, je n’ai jamais réussi à faire un tour complet.  Dans les glissades d’eau, à moins que la pente soit particulièrement à pic, mon poids m’immobilise dans la glissade, et je risque de prendre le glisseur suivant en pleine tronche.  J’ai essayé une fois la chute libre intérieure, dans un tube de verre avec un ventilo géant au plancher.  Avec ma maigreur, je n’accrochais pas dans le vent.  Avec mon poids, je n’ai pas dépassé 10 centimètres d’altitude.  On m’a remboursé, c’est déjà ça.

8- Ton poids devient un obstacle sportif.
Lorsque tu as des os à densité supérieure, tu peux oublier la moindre carrière athlétique.  Par exemple :

  • Les arts martiaux : On pourrait s’attendre à ce que mon poids me rende plus difficile à projeter en l’air, donc soit un avantage pour moi.  Hélas, il n’y a que dans les films et la bande dessinés que l’on voit des gens faire ça.  Dans la réalité, dans les tournois d’arts martiaux, le vainqueur est celui qui arrive à plaquer son adversaire au sol.  Dans de telles conditions, mon poids, loin de m’avantager, avantage plutôt mon adversaire, en l’aidant à me descendre.
  • La course :  Un surplus de poids sabote tous les genres de courses qui existent.  En sprint, ça me ralentit, et en marathon, ça bousille les genoux et les pieds.
  • La natation : Je sais nager et je me maintiens à la surface de l’eau, mais croyez-moi qu’il faut que je me donne à fond non-stop pour ne pas couler.  Je suis incapable de faire la planche.  Alors pour ce qui est de faire compétition…
  • La boxe : Surtout pas!  Savez-vous que les boxeurs sont classés selon leurs poids, et n’affrontent que des adversaires de leur propre catégorie?  En décembre dernier, à 215 lbs, Malgré un physique de catégorie moyen, j’entrais dans la catégorie poids lourd.  Et aux olympiades?  Je suis un super-lourd.  Vous savez quel autre boxeur entre dans cette catégorie? Mike Tyson.  Alors moi, boxeur? Je me ferais massacrer dès le premier jab. 

9- Ton poids devient un obstacle au boulot.
Bon, ça dépend du boulot.  Par exemple, j’ai des amies qui gagnent de 2000$ à 4000$ par mois, juste à tester des médicaments dans des laboratoires pharmaceutiques.  Premier problème : Tu dois avoir un poids santé.  Il y en a qui vont me dire « Ben là, quand le docteur va te rencontrer, il va bien voir que tu as un physique moyen normal. »  En théorie, oui, en effet.  Mais dans la réalité, l’inscription se fait en ligne.  Dès que tu inscrits ton poids, tu es automatiquement éliminé, et ce sans jamais avoir eu le loisir d’expliquer à qui que ce soit pourquoi ton poids fait de toi une exception.

Et même si je mentais sur mon poids à l’inscription, le médecin qui me rencontrerait par le suite constaterait mon vrai poids, serait obligé de l’inscrire dans mon dossier, et serait obligé de m’éliminer. Parce que je doute qu’il soit autorisé à mentir sur le poids des candidats.

10- Ton poids devient un obstacle à… Ta perte de poids.
En 2010, je faisais des exercices sur Wii Fit.  Voici de quoi j’avais l’air, et voici comment le jeu me représentait, en se basant sur ma grandeur et mon poids. (5’7″, 195 lbs / 173 cm, 88.5 Kg)

C’était toujours un peu déprimant, lors de la pesée au début de chaque séance, de voir mon Mii (le personnage dans l’écran) gonfler plus que je ne l’étais, et d’entendre ensuite le jeu me dire « You’re obese! »

En 2011, à force d’exercice, de régime et de travail physique intense, j’ai réussi le tour de force de descendre mon poids à 179 lbs / 81 kg.  J’étais maigre comme je ne l’avais pas été depuis mon adolescence.  Et comme à cette époque, je rentrais de nouveau dans des pantalons de taille 32.  Or, selon l’indice corporel de masse, un homme de mon âge et de ma grandeur devait peser entre 145 et 160 lbs J’avais les joues creuses, un cou de poulet, presque plus de gras sur le corps… Et on me demandait de perdre encore 19 lbs pour avoir « un poids santé »?  euh… Non!

Mais bon, il y a des avantages à tout.  Si un jour je retourne aux États Unis, j’essaierai de trouver une de ces foires foraines, dans lequel il y a un kiosque où on essaie de deviner ton poids, avant de te peser pour vérifier.  Plus ils se trompent, plus grand est le prix que tu te mérites.  Par conséquent, je devrais revenir avec une Cadillac.

La Clique Vidéo, l’album: C’est un départ!

Dans un article datant du 26 janvier dernier et publié sur mon blog BD Requin Roll, je déplorais que l’état de mes yeux m’obligeait à interrompre ma série de BD La Clique Vidéo après quinze pages et quart.

Je dois porter des lunettes ou des verres de contacts depuis l’âge de dix ans.  Au fil des années, ma myopie a progressé de façon alarmante.  Comme si ça ne suffisant pas, avec l’âge, la presbytie est venue s’y mettre, et hélas l’un n’annulait pas l’autre.  Aussi, j’ai eu à subir une chirurgie aux deux yeux.  On m’y a implanté en permanence des lentilles intra-oculaires.  Le seul mauvais côté de ce genre d’intervention, c’est que ça laisse avec une presbytie de 2 degrés, et que les yeux ne sont plus capable de se mettre au focus, puisqu’il s’agit d’une vision artificielle.

J’ai bien des lunettes de lecture, hélas ça ne vaut rien pour dessiner.  Pour bien voir ce que je fais, je dois mettre ma tête trop loin du papier, ce qui rend l’encrage pénible et imprécis.  Alors deux choix s’offraient à moi: Ou bien je me mettais à dessiner des cases géantes, genre une image par page.  Ou bien je ne procurais une dispendieuse tablette graphique.

Il y a deux semaines, je me suis rappelé que, pour la seconde année de suite, le Festival de la BD Francophone de Québec offrait le prix Jacques Hurtubise, ainsi nommé en l’honneur du fondateur de la légendaire revue Croc. 

Ce prix est destiné aux auteurs n’ayant pas publiés plus d’un album, et qui planifient en publier un de façon indépendante.  Voyant que ça venait avec une bourse qui m’aiderait grandement à me procurer une tablette graphique, j’ai tenté ma chance: J’ai préparé un dossier et j’ai proposé ma candidature.
 

… Et j’ai gagné!  

Le prix Jacques-Hurtubise m’a été remis par Hélène Fleury, membre du jury et cofondatrice de Croc.  Un chèque de mille dollars, gracieuseté de Brouillard Communication, m’a été remis par le sympathique Jean Brouillard, président et fondateur de la firme. 

Il fallait bien que je m’inscrive sous mon vrai nom, je n’aurais pas pu encaisser un chèque au nom de Steve Requin.  De toute façon, si j’ai pris cette identité en 1994, c’est parce que dans le temps, je faisais dans le fanzine adulte de goût douteux, et je ne tenais pas à ce que mes enfants en souffrent.  Aujourd’hui, puisqu’ils sont tous adultes et aussi douteux que leur père l’était à l’époque, ça n’a plus d’importance.

Et c’est à la suggestion de Mme Fleury elle-même que, au moment où on me remettait mon prix, j’ai partagé avec le public une anecdote personnelle au sujet du regretté Jacques Hurtubise.  Celle-ci fut reproduite dans cet article au sujet du Bedeis Causa 2017 tiré de ActuaBD.com:

Alors voilà, ce qui fut dit fut fait:  Je me suis procuré la tablette dont j’avais besoin pour reprendre mon projet d’album, et le terminer.

Mais avant ça, il était clair que mon tout premier dessin sur cet instrument revenait de droit aux gens qui l’ont rendu possible.  

 

Quand « L’image positive que l’on veut projeter » confirme « Le réel négatif que l’on est vraiment »

L’une des plus grandes ironies de la vie en matière de comportement et de personnalité, c’est, comme le dit le titre, lorsque l’image positive que l’on veut projeter ne fait que confirmer le réel négatif que l’on est vraiment.

Comme premier exemple, je vais vous donner une anecdote personnelle.

J’avais 27 ans et j’étais de retour aux études, au cégep, après dix ans de vie adulte. Et me voilà donc, en ce lundi matin, dans le corridor de cette institution scolaire, en me dirigeant vers ma toute première classe.  Je la trouve, j’y pénètre, choisis un pupitre libre et m’y assois.  

Je ressens une certaine fierté d’être là.  Je suis pleinement conscient d’être beaucoup plus intelligent, beaucoup plus mature et beaucoup plus réfléchi que la dernière fois que je suis allé à l’école, une décennie plus tôt.  Il est vrai que lorsque j’avais 17 ans, non seulement je n’étais pas porté à faire d’efforts en classes, je n’avais vraiment pas mes priorités à la bonne place.

« Oui! » me dis-je fièrement!  « Cette fois, les choses vont changer.  Je suis déterminé à ne plus répéter les erreurs idiotes de ma folle jeunesse.  Si je suis ici, c’est pour suivre mes cours. C’est pour apprendre.  C’est pour avoir de bonnes notes.  C’est fini, ça, de négliger d’écrire mes devoirs dans mon agenda scolaire, pour y écrire des dates de party.  Je ne suis pas ici pour faire le party, je suis là pour étudier.  C’est fini, de courir après les filles.  Je ne suis pas ici pour draguer, je suis ici pour étudier.  C’est fini, de consacrer tout mon temps à me faire une gang d’amis.  Je ne suis pas ici pour faire du social, je suis ici pour étudier.   C’est fini, de joindre des comités comme le journal étudiant où le groupe loisirs.  Je ne suis pas ici pour consacrer mon temps et mes énergies sur des choses qui n’ont pas rapport à mes études, je suis ici pour mettre mon temps et mes énergies sur mes travaux scolaires.  Cette fois-ci, je vais prendre mes études au sérieux.  Je vais être attentif.  Je vais me concentrer.  Je vais être à mon affaire. C’est fini, le niaisage.  C’est fini, de ne pas écouter en classes.  C’est fini, de me laisser distraire par n’importe quoi.  C’est fini de… »

« C’est bon, vous pouvez commencer! »

Cet ordre du professeur me tire de mes réflexions.  Et je vois soudain, à ma grande surprise que toute la classe commence à écrire un texte sur une feuille lignée.  Je constate avec horreur que je n’ai pas la moindre idée de ce que le prof a demandé.  J’étais tellement concentré sur ma détermination à être attentif en classe, que ça m’a empêché d’être attentif en classe.

Ironie?  Oui, mais en même temps, c’est un peu plus que ça.  C’est que ce genre de comportement, il m’est arrivé de le voir sur d’autres personnes que moi, dans plusieurs situations différentes.  Avec le temps, j’ai fini par constater que dans chaque cas, le vrai problème, c’est qu’au lieu de mettre de notre concentration et nos énergies dans l’effort de faire, on les met plutôt dans notre désir de paraitre.  

J’ai un second exemple qui m’implique.  À ceci près que ce comportement, je l’ai retrouvé dans une amante d’un soir. Celle-là, j’en ai déjà parlé il y a quelques années dans un billet intitulé L’altruisme égocentrique.  Elle se vantait d’être l’amante parfaite.

J’étais au lit avec cette fille rencontrée le jour-même après quelques semaines de jasette sur le net. Elle utilisait ses dents pendant la fellation. Bon, chacun ses trips, c’est juste pas le mien, voilà tout. En plus, elle insistait pour me mettre une forte pression sous le scrotum avec ses doigts, ce qui était franchement inconfortable.  Je lui suggère donc de rétracter la dentition un ti-peu et de cesser de me presser le sous-sac, ça ne me fera que mieux apprécier sa job de siphonnage phallique.

Elle se retourne vers moi, insultée, et me dit sur un ton brusque :  « Heille! Je l’sais, moé, c’est quoi que les gars aiment qu’on leur fassent! » … Et elle se remet aussitôt à l’ouvrage en ne changeant pas sa technique le moins du monde.

Dans les deux cas, l‘image positive que l’on veut projeter ne fait que confirmer le réel négatif que l’on est vraiment. C’est le fait de prétendre que j’étais attentif en classes qui m’a rendu inattentif en classes.  Et c’est le fait qu’elle prétendait être l’amante parfaite qui l’a poussé à agir de façon à être exactement le contraire.

Le bon orgueil et le mauvais orgueil

Tout comme le cholestérol, l’orgueil (aussi appelé amour-propre) est quelque chose que la société a un jour étiqueté comme étant indésirable chez l’individu.  Pourtant, de nos jours, tout le monde sait qu’il y a une différence entre le bon et le mauvais cholestérol.  Il en va de même pour l’orgueil: il y a le bon orgueil, et le mauvais orgueil. Voici comment les différencier:

Le Mauvais Orgueil: On va commencer par celui-là puisqu’il est le plus répandu, le plus détesté, donc le plus remarqué.  Le mauvais orgueil, c’est celui qui va faire sans cesse obstacle, non seulement à celui qui le possède, mais également à son entourage.  Voici quelques traits de caractères que l’on retrouve chez les gens qui le possèdent:

  • Un sens de l’auto-importance démesuré.  Il prétend valoir bien plus qu’en réalité, aussi bien aux autres qu’à soi-même.
  • Un désir de toujours rabaisser les autres plus bas que soi.
  • Une tendance à toujours se sentir en compétition, à voir le succès des autres comme étant une atteinte contre nos propre capacités.
  • Ce qui les motivent à mettre de l’effort dans un projet: Dépasser les autres, leur prouver que l’on est meilleurs qu’eux.
  • Une intolérance à toute critique ou remarque négative dirigée contre soi.
  • Une envie constante de toujours remettre à sa place quiconque attirant l’attention.
  • Se sentir constamment insultés, rabaissés et attaqués, même sur des sujets qui ne les concernent pas.
  • Toujours sur la défensive, toujours sur la contre-attaque.
  • Refuser de reconnaître ses propres erreurs.
  • Refuser de s’améliorer sur nos faiblesses et nos torts, puisque ça équivaudrait à admettre nos faiblesses et nos torts.

Le Bon Orgueil, c’est celui qui va permettre d’abattre les obstacle qui se dressent non seulement devant celui qui le possède, mais également devant son entourage.  Voici quelques traits de caractères que l’on retrouve chez les gens qui le possèdent:

  • Un sens de l’auto-importance réaliste.  Il sait ce qu’il vaut, rien de plus, rien de moins, il connait son potentiel, et ne prétend pas autrement.
  • Un désir de toujours se monter plus haut.
  • Une tendance à voir le succès des autres comme étant un bon exemple, un modèle à suivre.
  • Ce qui les motive à mettre de l’effort dans un projet: Se dépasser soi-même, se prouver que l’on peut s’améliorer.
  • Une capacité d’écouter toute critique ou remarque négative dirigée contre soi.
  • Sait faire la différence entre les sujets qui les concernent ou non.
  • Explique ses erreurs, sans les défendre ni y trouver d’excuses.
  • Reconnaît volontiers ses propres erreurs, afin de pouvoir…
  • … s’améliorer sur ses faiblesses et ses torts.

La seule raison pourquoi l’orgueil, bon comme mauvais, est mal vu en société, c’est parce qu’il est étroitement lié à l’égocentrisme et au narcissisme.  Et en effet, dans les deux orgueils, ce qui prédomine, c’est non seulement le Moi, c’est également le désir de ne pas se satisfaire de ce que l’on est.  C’est un besoin de toujours vouloir être plus que notre valeur actuelle.  Or, alors que le bon orgueil pousse les gens à faire des efforts dans ce but, le mauvais orgueil, bien au contraire, prêche l’inaction.  Afin de mieux comprendre, voici une charte montrant comment réagit le bon orgueil et le mauvais orgueil face à la même situation:

Bref, Avoir du bon orgueil, C’est être capable de faire la différence entre une critique pertinente et une qui ne l’est pas, c’est reconnaître volontiers sa propre imperfection, et c’est la volonté de travailler sur soi-même.  Et cela ne peut qu’apporter du positif dans tous les aspects de sa vie, sociale, amoureuse, carrière, financière, santé, etc.

Bref, Avoir du mauvais orgueil, c’est juger impertinentes toutes critiques contre soi, c’est refuser de se croire autrement que parfait, et c’est le refus de travailler sur soi-même.  Et par conséquent, c’est s’assurer de foutre la merde de façon répétitive et perpétuelle dans tous les aspects de sa vie, sociale, amoureuse, carrière, financière, santé, etc.

Un autre aspect non-négligeable entre le bon orgueil et le mauvais, c’est que celui qui fait preuve de mauvais orgueil devient une cible facile pour les manipulateurs.  La raison est simple: Celui qui possède du bon orgueil ne ressent le besoin de se prouver des choses qu’à lui-même.  Par contre, celui qui possède le mauvais orgueil ressent toujours le besoin de se prouver aux autres.  Ainsi, si dans les autres il y a une personne manipulatrice, elle pourra aisément prévoir comment le mauvais orgueilleux va réagir face à certains gestes et à certaines paroles.  À partir de là, la personne qui possède le mauvais orgueil peut se faire manipuler, sans jamais s’en rendre compte, tout en ayant l’impression qu’elle agit de son propre gré.  Et ça, c’est quelque chose que savait parfaitement l’un des plus grand général de guerre de l’Histoire. 

Pour une existence saine dans tous les aspects de notre vie, il n’y a pas que la charité bien ordonnée qui commence par soi-même.  L’orgueil, lorsque bien ordonné, peut être le plus puissant de nos alliés.

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Le fils maltraité patient. (Une parabole)

Un homme vivait en retrait des autres avec son fils unique.

Le père était un homme qui ne pouvait supporter l’idée de ne pas avoir le contrôle sur tout. C’est la raison pourquoi il vivait à l’écart des autres en obligeant son fils à avoir le moins de contacts possibles avec le reste du monde. Il avait aussi un esprit soupçonneux. Ne pouvant être partout à la fois, donc ne pouvant pas surveiller tous les gestes de son fils, il se disait : « Qu’est-ce qui l’empêche de faire des choses incorrectes lorsque je ne le vois pas ? »  Aussi, il songea à un moyen de lui faire passer le goût de même songer à l’indiscipline. Dès que le fils atteint l’âge de cinq ans, tous les soirs, le père lui donna une fessée. « Pourquoi ? » Demanda le fils en larmes après le sévice. « Tu le sais, pourquoi ! », répondit le père.

Rendu à dix ans, le fils était déjà trop grand pour continuer à recevoir la fessée. Le père changea donc de tactique.

Désormais, il fit mettre le fils, torse nu, contre le mur de la maison et il lui administra dix coups de sa ceinture de cuir rigide sur le dos. « Pourquoi ? » Demanda le fils en larmes après le sévice. « Tu le sais, pourquoi ! », répondit le père.

Rendu à quinze ans, après sa correction quotidienne, le fils se dit : « À tous les jours depuis dix ans, mon père me bat. À tous les jours depuis dix ans, je lui demande pourquoi. À tous les jours depuis dix ans, il me répond que je sais pourquoi. Or, j’ai beau réfléchir, j’ai beau chercher, je ne vois rien dans mon comportement qui ait jamais mérité telle punition. Je suis poli. Je suis respectueux. Je suis obéissant et j’exécute mes tâches sans rechigner. De plus, il n’a jamais hésité à s’exprimer long et fort sur ce qui lui déplaît. Comment se fait-il alors qu’il soit incapable de me dire pourquoi il me bat?  Une seule réponse possible : Il n’a aucune raison de me punir, et il le sait. Pourquoi le fait-il quand même alors? Une seule réponse possible:  Mon père est une brute insensée. Je ne devrais pas accepter d’endurer ses sévices. Hélas, je suis encore trop petit, trop faible pour lui résister. Je pourrais m’enfuir, aller demander la protection des autres contre lui, et même le faire payer pour ses abus. Mais non, ce serait trop facile comme solution. Un jour, je serai assez fort pour être capable de le confronter. Un jour, je le ferai payer pour tout ce qu’il m’a fait.  Et j’aurai la fierté de pouvoir me dire que je l’aurai fait moi-même, sans avoir besoin de l’aide des autres. En attendant, je vais prendre mon mal en patience. En attendant, je vais, peu à peu bâtir mes forces, moralement, psychologiquement et physiquement. »

Rendu à vingt ans, le fils était maintenant un homme dans la force de l’âge. Il était grand. Il était fort. Il s’était conditionné à ne plus avoir peur de son père. Aussi, le premier soir de ses vingt ans, lorsque le père approcha avec sa ceinture et ordonna de se mettre face au mur, le fils fit quelque chose qu’il n’avait jamais osé faire avant. Il se tint debout, droit devant son père, bras croisé.  Il le regarda droit dans les yeux, et il lui répondit « Non! » 

Le père, sous le choc, s’arrêta net. Avec de grands yeux surpris, il demanda : « Qu’est-ce que tu as osé me répondre ? » le fils comprit alors que sa résistance avait porté fruit. Il lui répéta donc fièrement « Non ! » Le père prit cette double indiscipline comme une gifle au visage. Sa surprise fit place à une colère noire. Il se mit à ruer son fils de coups de ceinture.  Et il frappa, frappa, frappa, avec violence, colère, frustration, perdant totalement le contrôle de lui même.  Mais son fils, après quinze ans à supporter de tels sévices, était habitué et ne broncha pas. Plus le père frappait, moins ça avait d’effet. Le père avait beau frapper, ses coups se faisaient de moins en moins violents. C’est qu’il était maintenant un vieil homme, et l’effort requis était plus que ce que son corps usé ne pouvait fournir.  Bientôt, il dut s’arrêter, à bout de souffle, épuisé.

Le fils, malgré ses blessures, n’avait pas bronché.  Il était était toujours debout, les bras croisés, toujours à le fixer du regard. Pour la première fois, il vit son père tel qu’il était vraiment. Un minable! Un lâche! Un homme faible qui a tellement peur des autres qu’il cherche à s’imposer par la peur à plus faible que lui. Le fils compris à ce moment-là qu’il n’aurait plus jamais peur de son père. Calmement, le fils dit: « Pendant quinze ans, tu m’as battu. Pendant quinze ans, j’ai eu à endurer quotidiennement les coups de ta main ou de ta ceinture. Pendant ces quinze ans, tu m’as infligé en tout 5475 sévices, dont pas un seul n’était mérité. Non seulement ça prends fin aujourd’hui, c’est également aujourd’hui que tu va commencer à payer pour tes abus. Et nous allons le faire selon tes propres règles, celles que tu m’as si cruellement imposées durant le dernier trois quart de ma vie. Et moi, au moins, lorsque je te dirais « Tu le sais, pourquoi » , on saura tous les deux que ce sera vrai: Ce sera la juste punition pour tes abus. »

Le père dut se rendre à l’évidence : Il avait perdu le contrôle sur son fils. Il avait perdu le contrôle sur sa propre vie. Il allait devoir payer pour tous ses abus. Le père pris donc son fusil et tira son fils en plein cœur, le tuant net. Il enterra profondément son corps loin dans le bois, et vécut le reste de son existence paisiblement sans jamais avoir eu à payer pour ses crimes.

MORALE : Lorsque tu vis avec une personne qui t’isole et te soumet à une discipline non-méritée, c’est un abuseur. On ne peut pas raisonner avec un abuseur car un abuseur n’est pas un être raisonnable. On ne peut pas retourner les propres règles de l’abuseur contre lui car un abuseur ne respecte aucune règle, même pas les siennes. Face à un abuseur, fuir et demander de l’aide est la seule option. Toutes les autres options te feront perdre ton temps, et possiblement ta vie.

Et ça vaut aussi bien pour les relation de famille que de couple.

10 choses que j’ai apprises en tant que gars hétéro qui a couché avec une lesbienne (3 de 3)

Voici la première partie de ce récit.
Et voici la seconde.

Quelques années se sont écoulées.  Ma relation de couple d’alors s’est terminée en bons termes.  Elle a pris fin pour des raisons qui n’ont aucun rapport avec Vanessa.  Je n’ai plus revu cette dernière, ni tous nos autres amis et contacts impliqués dans 1 Gay, 1 Hétéro depuis que la série a pris fin.  J’ai déménagé.  J’ai changé d’emploi.  On peut dire que j’ai complètement changé de vie.  J’ai réappris à vivre en célibataire, ayant quelques aventures ici et là.  J’ai même eu une amante régulière pendant quelques mois.  Puis, après un an et demi, j’ai rencontré Flavie, qui deviendra ma blonde, puis ma conjointe, et enfin ma fiancée.

L’été dernier, peu après avoir fêté nos trois ans en tant que couple, nous étions au salon, à relaxer tout en jasant.  Je lui parlais de l’invitation que j’avais reçue en mars dernier, pour faire partie du troisième recueil annuel de BD nommé Crémage. Crémage, dont la mission est de parler de sexualité autrement, suggère à leurs auteurs de raconter leurs expériences sexuelles inusitées.

FLAVIE: Ça fait déjà trois mois.  Nous sommes presque à la date de tombée. As-tu pensé à ton récit?
MOI: Ouais! J’en ai un!  Mais j’hésite.  Je ne crois pas t’en avoir déjà parlé avant.  C’est un truc que j’ai vécu à l’époque où je jouais l’hétéro dans la série de photowebcomic 1 Gay, 1 Hétéro. 

Et voilà que je lui raconte mon histoire avec Vanessa, dans tous les détails.  Puis, je lui parle de toutes les réactions que ce récit avait suscitées sur le forum.

MOI: Et c’est pour ça que j’hésite.  Si les commentaires que j’ai reçu à ce moment-là sont le reflet de la mentalité collective, alors j’ai de bonnes raisons pour penser que si j’en fais une BD, ça ne sera vraiment pas bien reçu.
FLAVIE: Mais chéri…  Est-ce que tu te rends compte que l’histoire que tu viens de me raconter…  C’est un viol?

Je soupire, roulant les yeux au ciel.  Flavie étant féministe et plutôt militante, ça m’aurait surpris qu’elle n’arrive pas à cette conclusion elle aussi.

MOI: Je sais, je sais!  Puisqu’elle était saoule, ça signifie que j’ai abusé d’elle.  Parce que même si c’était elle qui me harcelait non-stop pour baiser, l’alcool faisait qu’elle n’avait pas toute sa tête.  Donc, en lui disant oui, j’ai profité de la situation, ce qui en fait un viol.  Je sais, on me l’a déjà dit.
FLAVIE: Non! C’est pas ça que je dis. Bien au contraire.  Oui, c’était un viol…

LEÇON 9: … Mais c’est moi qui l’a subi.

Surpris par cette affirmation, je reste silencieux quelques secondes.

MOI: … Euh… Comment ça?
FLAVIE: La définition d’un viol, c’est d’avoir une relation sexuelle avec une personne non-consentante, ou bien qui n’est pas en état d’être capable de donner un consentement.
MOI: Bah ouais, je sais! Mais c’est pas pareil.  J’ai consenti!
FLAVIE: Oui, tu as consenti.  Mais seulement après qu’elle t’ait harcelé. Après qu’elle ait insisté de multiples fois.  Après qu’elle se soit arrangée pour ne pas te laisser le choix.  En refusant de te dire où elle habitait, pour te manipuler à l’héberger.  En t’embrassant malgré le fait que tu lui avait dit non une demie-douzaine de fois.
MOI: Ben…  Avoir vraiment voulu refuser, je n’aurais jamais changé d’idée.  Je suppose donc qu’au fond de moi, je le voulais.
FLAVIE: Vraiment? Tu me l’as dit tantôt, qu’elle t’avait manipulé de façon à te donner l’impression que si tu refuses de coucher avec elle, ça la mettrait dans un état de déprime épouvantable.  Elle t’a mis en tête que tu étais son dernier recours, pour ne pas se croire laide ou imbaisable.  Et puisque tu l’avais déjà vécu avant, tu savais qu’une fille qui se fait dire non pour du sexe, des fois, ça peut se venger en détruisant ta réputation, ta vie sociale, ton couple.   Alors je te repose la question: Le voulais-tu vraiment? Ou bien est-ce que tu avais peur des conséquences de lui dire non?

Je reste coi.

FLAVIE: Parce que, si tu lui as dit oui par peur des conséquences de lui dire non, alors ce n’est pas du consentement.  La preuve, c’est que tu n’as pas arrêté de lui dire non, ou d’essayer de trouver une façon d’y échapper, jusqu’à ce que tu te rendes compte qu’elle pourrait te faire payer cher ton refus.  Ce n’est pas du consentement, c’est de la peur.  Dire oui par peur, c’est baiser contre son gré.  Et baiser contre son gré, c’est un viol.

Je ne sais pas quoi répondre à ça.  je suis sous le choc de ces révélations.  

MOI:  Mais, je…  Me semble que… Avoir vraiment voulu, j’aurais pu trouver une solution.  Je me souviens très bien m’être dit, dans la salle de bain, avant d’aller la rejoindre, que dans le fond, coucher avec une lesbienne, ce serait un grand honneur.  Une chance unique à ne pas laisser passer.
FLAVIE: Oui, mais tu t’es dit ça quand? Au début, la première fois qu’elle te l’a proposé?  Non! Tu t’es dit ça, seulement une fois que tu t’es senti acculé au pied du mur.  Et ce n’était même pas ta pensée, tu ne faisais que répéter ce qu’elle t’avais dit. 
Tu sais, c’est une situation classique, ça, quand une fille vit une situation semblable.  Plutôt que de s’avouer elle-même qu’elle est en train de se faire manipuler à avoir du sexe contre son gré, elle se convainc elle-même que dans le fond, elle le voulait.

Et voilà! Après toutes ces années, je comprends enfin quel était ce curieux malaise qui m’a habité durant plusieurs semaines, suite à mon aventure avec Vanessa.  C’était un mélange de tout ça.  Peur. Culpabilité. Humiliation. Remords. Regrets. Honte.

FLAVIE: Une autre preuve comme quoi c’était un viol…  Tu sais, les commentaires que tu as reçu?  Eh bien…

LEÇON 10:  Ces réactions à 100% négatives en mon endroit, que j’ai eues suite à mon témoignage, c’est exactement ce que subit toute femme victime d’une agression sexuelle.
C’est ce que Flavie m’a fait constater, en reprenant point par point chaque commentaire que j’ai reçu.

  • On ne me croit pas?  C’est ce qu’elles subissent.
  • On trouve des raisons logiques pour démolir la crédibilité d’une telle anecdote? C’est ce qu’elles subissent.
  • On me dit que je prends mes rêves pour des réalités? C’est ce qu’elles subissent.
  • On évoque le fait que j’ai menti au moins une fois dans ma vie, pour mettre un doute raisonnable sur mon récit? C’est ce qu’elles subissent.
  • On me dit que si j’avais vraiment voulu m’en tirer, ce ne sont pas les options qui manquent: Quitter l’appartement en courant, appeler la police, etc? C’est ce qu’elles subissent.
  • On me dit que dans le fond, être forcé à avoir une relation avec elle, c’est ce que je voulais, puisque je suis juste incapable d’assumer mes désirs? C’est ce qu’elles subissent.
  • On cherche à me convaincre que dans le fond, je le voulais vraiment? C’est ce qu’elles subissent.
  • On inverse les rôles, disant que c’est moi qui est coupable? C’est ce qu’elles subissent.
  • On cherche à ruiner ma vie de couple, pour avoir commis un adultère, même s’il était forcé? C’est ce qu’elles subissent.
  • On évoque le fait que je n’ai pas toujours été fidèle, pour rendre non-crédible le fait que je ne voulais pas tromper ma blonde? C’est ce qu’elles subissent.
  • On dit qu’en fait, je me vante? C’est ce qu’elles subissent.
  • On dit que je ne suis pas assez attrayant pour avoir subi un viol?  Eh oui, là encore, croyez-le ou non, c’est ce qu’elles subissent.


Je n’en reviens pas!

MOI: Alors comme ça… J’aurais vécu un viol!  Eh bien! 

Flavie se rapproche, passant ses bras autour de moi, réconfortante.

FLAVIE: Comment tu te sens, face à tout ça?
MOI: Ben…  Je sais pas trop.  Je suis pas traumatisé, si ça peut te rassurer.  Je veux dire, avant que tu me fasses prendre conscience de ça, c’était déjà une expérience pas trop agréable, sans plus.  Je ne peux pas dire que ça a empiré depuis. C’est juste que ça me permet de comprendre beaucoup plus ce que j’ai subi, et ce que j’ai ressenti.
FLAVIE: Eh bien maintenant, j’espère que tu y penseras à deux fois, avant de rajouter du désagrément à une fille qui te dit avoir déjà subi une agression sexuelle.
MOI: Qu’est-ce que tu veux dire?
FLAVIE: Tu es d’accord avec moi comme quoi tu as subi un viol.  Et on s’entend que le viol est un crime.  Est-ce que tu vas dénoncer Vanessa à la police?
MOI: Euh…  Bah, non!
FLAVIE: Pourquoi?
MOI: Ben là!  Ça fait tellement longtemps.  Et puis, elle va certainement le nier.  Et ça, c’est si elle s’en rappelle pour commencer.  Et puis, je sais pas trop… J’ai vécu avec cette histoire jusqu’à maintenant et ça ne m’a pas affecté outre-mesure.  C’était désagréable,  d’accord, mais pas traumatisant.  Et puis, bon, c’est du passé.  J’ai tiré les leçons que j’avais à en tirer pour ne pas que ça se reproduise.  Je ne vois pas quel bien il y aurait à en tirer, de ramener cette histoire-là, surtout devant les tribunaux.  En plus, ça apprendrait à mon ex que je l’ai faite cocue une fois de plus, alors qu’elle me refaisait confiance.  Sans compter tout le bordel que ça va faire à tous nos entourages respectifs.  En plus qu’il va falloir que je repasse à travers les mêmes commentaires déjà reçus sur le forum.
FLAVIE: Bon ben pourquoi tu m’en a parlé, alors?  Tu voulais te victimiser, en t’en plaignant, sans rien faire, alors qu’il y a tellement de lois et d’organismes à ta disposition?

Je me rends soudain compte de ce qu’elle est en train de faire.

MOI: Je reconnais ces arguments.  Ce sont les miens, lorsque j’en vois qui se plaignent d’agression sexuelle, mais qui laissent leurs agresseurs s’en tirer.
FLAVIE: Eh oui!  Se faire mettre de la pression pour poursuivre un violeur en justice malgré le fait que l’on n’y tient pas pour des raisons personnelles, sous peine de se faire qualifier de victimes volontaires, de lâches, de chialeuses qui font dans la victimisation, d’hypocrites qui font semblant qu’il n’y a pas de solutions, d’irresponsables qui contribuent au crime en laissant aux criminels tout le loisir de recommencer…  Ça aussi, c’est ce qu’elles subissent.  Et ça aussi, c’est aussi désagréable à vivre que tout le reste. Sinon plus!

Jusqu’à ce moment-là, j’avais toujours cru être une personne bien intentionnée.  Ça me semblait tout ce qu’il y a de plus logique, de mettre de la pression sur une victime afin de faire arrêter son agresseur.  J’avais comme arguments que si l’agresseur ne subit aucune conséquences de ses gestes, alors il n’aura aucune raison de cesser de les commettre.  Ainsi, les prochaines victimes qu’il fera, ce sera autant de la faute de l’agresseur, que de ses victimes précédentes qui auraient pu le faire arrêter, mais ont choisi délibérément de ne pas le faire.  

Il m’aura fallu vivre un viol, moi aussi, pour enfin comprendre que dans ce genre de situations, les faits ne sont pas toujours du tout-noir-ou-tout-blanc.  Dans la réalité, c’est du cas par cas, et chacun est beaucoup plus compliqué que ça.

En conclusion, je réalise que je dois beaucoup d’excuses à beaucoup de personnes.

10 choses que j’ai apprises en tant que gars hétéro qui a couché avec une lesbienne (2 de 3)

Ceci est la suite du billet précédent.

Quatre jours plus tard.  Ma blonde est revenue de Suisse.  Elle termine de vider et ranger le contenu de ses bagages tout en me racontant ses anecdotes de voyage.  Ça cogne à la porte de balcon.  C’est Vanessa, tenant mon oreiller et ma douillette.  Je lui ouvre.  Voyant ma blonde, elle lui dit:.

VANESSA: Hey! Hello! T’es revenue d’Europe.
MA BLONDE: Oui, je suis arrivée ce matin.  Chuis encore sous le décalage.  Sept heures de différence.
VANESSA: Fa que ouais, je reviens porter la douillette et l’oreiller de ton chum.
MA BLONDE: Oui, il m’a dit ça tantôt, que t’avais dormi ici parce que t’avais trop bu pour conduire.
VANESSA: Oui oui, mais rassure-toi, j’ai dormi dans ma van. On n’a pas couché ensemble!
MA BLONDE: Ben là, j’pense pas que t’étais saoule au point de le prendre pour une fille. Ha! Ha! Ha!

Je ris aussi, mais jaune.  Je ne peux pas croire que Vanessa vient vraiment de lui dire ça.  C’est une chose de garder le secret sur notre séance de sexe illicite, c’en est une autre de délibérément amener le sujet à ma blonde dans le but unique de lui mentir en face.

Tard en soirée, tandis que ma blonde dort afin de se remettre au fuseau horaire du Québec, je parcours le net.  J’ai essayé de ne pas trop y penser ces derniers jours, mais depuis la visite surprise de Vanessa cet après-midi, je dois reconnaître que je suis un peu troublé par le souvenir de notre expérience intime.  Je ne saurais cependant dire pourquoi.  Aussi, un peu par réflexe inconscient, je google à la recherche de témoignages d’autres personnes ayant vécu une histoire d’un soir gars hétéro / fille lesbo. 

Je finis par trouver un forum dans lequel il y a justement un tel sujet.  Je lis l’histoire du gars qui l’a démarré.  Je trouve que son récit tient un peu de la romance fantaisiste, surtout le bout où il écrit que la fille l’a remerciée de l’avoir aidée à découvrir son propre corps.  Parce qu’il me semble que s’il y a un genre de fille qui connait bien tous les recoins et fonctions de son corps, c’est bien une lesbienne.  Mais qu’importe!  Je  m’y inscris.  Puis, je passe l’heure suivante à écrire ce que vous avez lu dans le billet précédent.  J’attends ensuite les réactions.  Pour le moment, il n’y en a pas.  Je décide donc d’aller me coucher.

Le lendemain et les semaines suivantes, par contre, les réactions se succèdent.  Bientôt, il y a plusieurs pages de commentaires à la suite de mon histoire.  Et c’est en les lisant que je constate quelques points troublants sur la façon dont les gens perçoivent les histoires comme la mienne.  J’en ai tiré dix leçons:

LEÇON 1:  Pour plusieurs raisons, personne ne trouve la chose crédible.
Une grande partie des répondants qualifient mon histoire de fantaisie de loser puceau qui prend des rêves pour des réalités.  Quelques raisons:

  • Une lesbienne, désirer un gars?  Déjà là, c’est peu crédible.  Alors une butch en plus…
  • Une lesbienne, désirer un gars, alors que sa seule expérience avec des gars était un viol? À d’autres!
  • Pour qu’une lesbienne ait envie d’un gars, il faudrait que ce dernier soit exceptionnellement beau. On parle, mannequin Hollywood-style beau.  J’ai beau m’être amélioré physiquement depuis mon adolescence, je suis loin d’avoir leur look.
  • De toute façon, l’alcool ne change pas la personnalité et encore moins l’orientation sexuelle.  Au contraire, en enlevant les inhibitions, elle ne fait que la raffirmer.
  • Et même si on admet qu’un jour, une lesbienne puisse avoir envie de sortir de sa routine sexuelle afin d’expérimenter la baise avec un gars.  Eh bien, comme elle le dit, c’est le fantasme de tous les gars.  Elle aurait donc l’embarras du choix, les candidats se bousculeraient au portillon.  Elle en choisirait donc un beaucoup mieux foutu que moi. 
  • Certains vont tout de même me qualifier de rafraîchissant, d’avoir utilisé une butch dans mon récit plutôt que la classique belle & jeune lipstick lesbian.  Ce qui fait que certains autres en arrivent à la conclusion que, si j’ai choisi comme personnage une fille avec des traits plus masculins, alors mon récit serait la manifestation d’une homosexualité refoulée que je cherche à nier.
  • Autre chose que les gens trouvent peu crédible: Mon manque d’enthousiasme. Un gars hétéro, hésiter quand une lesbienne lui propose du sexe? Lui refuser? Ne pas avoir envie de jouir?  Dis-donc, nous ne sommes pas nés de la dernière mouille, hein!
  • Et puis d’abord, tout le monde a menti au moins une fois dans sa vie.  Si, à l’âge de huit ans, j’ai menti en disant à mes parents que ce n’est pas moi qui a vidé le pot de beurre d’arachide dans le grille-pain, voici donc la preuve comme quoi je suis un menteur. Et si j’ai menti pour ça, alors il y a un doute raisonnable comme quoi je mens certainement, trente-cinq ans plus tard, en disant m’être tapé une lesbo.  

LEÇON 2: Techniquement, il est impossible pour un homme de coucher avec une lesbienne. 
C’est exactement ce que plusieurs personnes répondent: « Il est impossible pour un homme de coucher avec une lesbienne, car à partir du moment où elle couche avec un gars, elle n’est plus lesbienne mais bien bisexuelle. »   Mais d’autres démentent cette théorie en disant qu’en fait, il existe un moyen pour une lesbienne de baiser avec un gars tout en restant lesbienne: Subir un viol!  Et justement…  

LEÇON 3:  Selon l’opinion générale, je serais coupable d’avoir commis un viol.
Je suis un homme. C’est une femme.  Elle était saoule.  Donc, en couchant avec elle, j’ai profité du fait qu’elle n’avait pas toute sa tête.  Parce que sinon, si elle avait vraiment voulu de moi, disent-ils, elle n’aurait pas hésité à me le dire lorsque à-jeun.  La preuve: Après le sexe, elle m’a fui pour aller se verrouiller dans sa minivan.  Et au matin, réalisant toute l’horreur de ce que je lui ai fait subir la veille, elle a fui sans revenir me donner signe de vie.  TOUTES LES PREUVES SONT LÀ! 

D’ailleurs, il y a une campagne américaine de prévention du viol qui dit exactement ça:

LEÇON 4: Au nom de « Faire ce qui est Juste », tout le monde s’attend à ce que tu n’hésites pas à mettre toutes tes relations en jeu.
Et c’est quoi, faire ce qui est juste, selon eux? C’eut été lui servir un NON! catégorique, et ne jamais céder.  Et si c’eut été la plonger dans une déprime?  Et si ça l’aurait mené à une dépression, vu son très bas état moral?  Et si, comme il m’est arrivé maintes fois par le passé, elle aurait frustré et tenté de se venger en détruisant ma vie sociale et professionnelle en racontant notre soirée, mais en inversant les rôles?  DES EXCUSES QUE TOUT CELA!  Je ne cherche qu’à me justifier d’avoir commis un adultère, voilà tout!

LEÇON 5: Pour deux raisons, ce n’est vu que comme étant de la vantardise.
Raison 1: Ben oui! Relisez le texte, vous verrez:

  • Je dis qu’elle me trouve beau.
  • Je confirme qu’en effet, je suis un ex-laideron devenu beau.
  • Je raconte que la fille insiste pour coucher avec moi, et insiste, et insiste, et insiste.
  • Je rajoute même que j’ai tellement eu d’offres de sexe par le passé que j’ai eu, à maintes reprises, à leur dire non.
  • ET ÇA LES AVAIS TELLEMENT FRUSTRÉES!!!!!!!11!!!!!

Si ce n’est pas de la vantardise, c’est quoi?

Et la raison 2; Ça part du point comme quoi le lesbianisme de Vanessa n’avait aucune importance dans mon récit.  La preuve: Enlevez-en toute mention et l’histoire ne change pas d’un poil.  Ça reste l’histoire d’un gars qui se fait proposer du sexe, refuse pour ne pas tromper sa blonde, puis finit par céder.  Donc, si je prends la peine de préciser son orientation sexuelle, c’est juste par envie de me vanter au monde entier comme quoi j’ai eu l’extrêmement rare honneur d’avoir pu faire du pine-gouine.

LEÇON 6:  Certaines personnes cherchent tellement à nuire à autrui, qu’ils mettent un temps fou et des efforts inouïs à ce but, même s’ils ne connaissent même pas leur cible.
Une semaine après avoir publié mon article sur le forum, ma blonde revient de travailler, toute hilare.

ELLE: Hey, tu devineras jamais quoi?  Y’a un gars tantôt qui m’a envoyé un message sur Facebook comme quoi tu me trompais avec Vanessa.
MOI: Hein? Qui ça? 
MA BLONDE: Je sais pas! Dès que le gars m’a envoyé son message, son nom a changé pour « Utilisateur Facebook », et je ne pouvais même pas lui répondre.  Dommage! J’ai pas eu la chance de lui dire: « Heille, Chose, ton récit serait déjà plus crédible si t’avais pas choisi notre seule amie lesbienne butch. Ha! Ha! Ha! »

Finalement, je me ravise: Ça m’arrange beaucoup, que cette histoire ne soit pas vraiment crédible.  Soulagé, je me penche sur la question suivante: Qui a donc bien pu me dénoncer? 

Premièrement, je ne crois pas que Vanessa se serait vantée de ça auprès de nos amis.  Ensuite, si elle s’était confiée, ça aurait été à son meilleur ami, soit Daniel.  Et agir de cette façon, ce n’est pas son genre.  Il tient trop à notre amitié et à nos projets pour tenter de saboter mon couple. Il ne reste donc que trois suspects possibles: L’un des trois administrateurs du forum.  Pour s’inscrire à un forum, il faut entrer une adresse de courriel.  L’administrateur du forum, après avoir lu mon récit, serait donc allé voir mon profil.  En tant qu’admin, il aurait eu accès à mon adresse de courriel.  Il serait ensuite allé sur Facebook et l’aurait entré dans l’engin de recherche, ce qui l’aurait amené à mon compte.  À l’époque, il y avait moins d’options de sécurité.  Il y aurait donc vu que j’étais en couple, et avec qui.  Enfin, il aurait parcouru la liste de mes amis, aurait visité les profils de toutes les filles, et y aurait trouvé la seule lesbienne célibataire que j’y avais dans le lot. À partir de là, il aurait pris le temps de se créer un faux compte Facebook, juste pour le temps de me dénoncer à ma blonde, avant de le fermer.

Je n’ose même pas imaginer le temps que ça a dû lui prendre.

Eh oui!  Il existe des gens, comme ça, qui sont prêts à tout pour tenter de nuire à autrui, sans même les connaître.  Ça ne devrait pas me surprendre.  Quelques années plus tard, après avoir lu mon très fameux article 30 comportements qu’il faudrait cesser d’avoir sur Facebook, un lecteur anonyme a cru que les fausses captures d’écran que j’y expose étaient vraies.  Ainsi, il a écrit au « mari » (homosexuel dans la vraie vie) de cette fille pour l’avertir qu’elle le faisait cocu avec moi:

… Et là encore, le délateur a détruit son compte une fois son message envoyé.

LEÇON 7: On est confus!  On se demande si nos sentiments, suite à une telle expérience, sont bien normaux, ou bien si c’est nous qui sonnes anormaux. 
Parce que, autant de la part de Vanessa que de la part ce la majorité des répondants sur le forum, parce que c’est une lesbienne et parce que je suis un gars hétéro, j’aurais dû aimer ça.  J’aurais dû être super excité.  J’aurais dû profiter de la chose en venant 7-8 fois en ligne. Ce n’était pas mon cas.  Suis-je normal, docteur?

LEÇON 8: Entendre ce genre d’expérience ne suscite en général que des sentiments négatifs. 
J’ai pu le voir de la part de tous les répondants: Incrédulité, envie, mépris, jalousie, colère, condescendance, désir de me nuire et ruiner mon couple, et j’en passe.  

Alors pourquoi est-ce que je décide d’en parler de nouveau?  C’est à cause des deux dernières leçons, les plus importantes de toutes.

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La suite: Les deux dernières leçons, les plus importantes de toutes.

10 choses que j’ai appris en tant que gars hétéro qui a couché avec une lesbienne (1 de 3)

Cette anecdote se passe à l’époque où je jouais le rôle de l’hétéro dans  1 Gay, 1 Hétéro.  Cette série racontait les aventures de deux colocataires, l’un gai, l’autre hétéro, comme. C’était comme une bande dessinés, mais en photo-roman au lieu de dessins. Pour vous donner une idée, en voici un gag:

Bien qu’il n’ait jamais été mon colocataire pour vrai, celui qui jouait le rôle de Daniel était véritablement homosexuel.  Et comme on peut s’attendre d’un jeune gai montréalais, il avait beaucoup d’amis gais, autant hommes que femmes.  Et comme le veut le cliché, ceux-ci étaient des fervents du nightlife, sortant dans les bars, à boire, danser, draguer et s’amuser jusqu’à 2-3 heures du matin.  .

L’une des meilleures amies de Daniel s’appelait Vanessa.  Elle était ce que j’appelais, avec toute mon incorrectitude politique de l’époque, une lesbienne génétique.  Vous savez, ces femmes qui sont grandes, ont un grand menton, des épaules larges, des mains d’hommes, pas laides mais sans vraiment avoir de traits féminins, et qui, quel hasard, sont généralement lesbiennes et butchs?  Bon ben voilà, je viens de vous décrire Vanessa.

Vanessa était gentille, amusante, mature, joyeuse.  Cependant, sa vie avait récemment pris un mauvais tournant.  Ou un bon, c’est selon.  Son couple venait de prendre fin.  Elle venait de déménager de Montréal vers l’Île-des-Sœurs (Verdun) afin de fuir sa conjointe des dix dernières années.  Une conjointe petite, jolie, délicate, douce…  Mais qui lui faisait subir de la violence psychologique et physique depuis plusieurs années.  Comme quoi la personne violente dans un couple n’est pas toujours celle que l’on s’imagine.  Bref, reprenant sa liberté après des années d’esclavagisme dans lequel elle était sans cesse rabaissée, elle redevenait célibataire, devant réapprendre à vivre, et surtout réapprendre qui elle était.  Et ça, ce n’est pas toujours facile.

Depuis sa rupture, Vanessa avait pris deux habitudes qui nous dérangeaient un peu.  La première, c’est qu’elle s’était mise à draguer sans bon sens, approchant toutes les filles sur qui elle posait les yeux.  Non seulement aux bars du Village gai où nous sortions, mais également celles qu’elle savait pourtant hétéro.  Et la seconde, c’est que depuis son célibat, elle avait fortement augmenté sa consommation d’alcool.  Je me souviens d’une journée en particulier, où Daniel et moi sommes allés la retrouver chez elle dès 10 :30 du matin, et que nous ne nous sommes quittés que passé minuit.  Eh bien tout le long, elle avait une bouteille de bière à la main.  Elle s’en est tapé au moins une à l’heure. 

Son alcoolisme a commencé à devenir alarmant lorsque, après une soirée aux bars, elle s’est offerte d’aller nous reconduire dans son minivan, puisque les métros étaient fermés.  Jamais je n’oublierai cette nuit-là. Trois heures du matin, sur l’échangeur Turcot.  La radio qui blaste à tue-tête Poker Face de Lady Gaga.  On dit que les gens saouls conduisent tout-croche.  Eh bien Vanessa, elle, conduisait droit…  Y compris dans les courbes.  Par quatre fois, il a fallu que j’agrippe le volant pour éviter que l’on percute le muret de béton.  Bonne chose que je ne suis pas cardiaque.  Je crois que la majorité de mes cheveux blancs actuels ont pris naissance lors de cette ballade.

Dès que nous sommes arrivés chez Daniel pour le déposer, j’ai été catégorique : Ou bien elle me laisse conduire, ou bien….  Non, en fait, il n’y a pas eu de ou bien! Je l’ai obligé à me céder la place, point!  Elle a accepté.  De toute façon, si elle refusait, je m’emparais des clés. 

Sur le chemin du retour, alors que je conduis en longeant le fleuve en direction de Verdun, voilà qu’elle me dit :

ELLE : Bon ben là, y va être obligé de se passer de quoi entre nous deux.
MOI : Ha! Ha! ‘Est bonne!
ELLE : J’niaise pas!
MOI : Qu’est-ce tu veux qu’y se passe entre nous? J’ai une blonde, pis t’es lesbienne.
ELLE : C’est sûr qu’y va se passer d’quoi!  T’as passé la soirée à danser sensuellement avec moi au Cocktail. 
MOI : Ben là! Tu m’as collé pis tu m’as agrippé les fesses!  J’étais supposé faire quoi?  Partir à courir en criant « AU VIOL! »?  Ben non!  T’as fait semblant de me draguer, pis j’ai embarqué dans le jeu. C’était drôle, pis c’est tout.

Quelques instants de silence.  Puis elle dit:

ELLE : Ça t’tenterais pas de me faire un enfant?

Je ne m’attendais pas à me la faire poser, celle-là. 

MOI : J’peux te refiler un des miens, si tu veux.  J’en ai déjà quatre avec mon ex, je ne tiens pas à en faire d’autres.
ELLE :  Naaah!  Je voudrais un enfant à moi.  Pis si c’est toi le père, je l’sais qu’y va être beau. 

Vanessa pose sa main sur mon épaule.

ELLE: Tu l’savais, ça, que t’es beau?

J’ai toujours ressenti un certain malaise de recevoir des compliments au sujet de mon physique.  J’ai passé ma jeunesse à être laid.  Et à cette époque-là, les seules qui me disait me trouver beau, c’était pour se moquer de moi.  Ce n’est qu’à la veille de mes quarante ans, à l’âge où d’habitude on commence à décliner, que moi, au contraire, j’ai inexplicablement commencé à être regardable. 

Bref, non seulement je manque d’habitude de me faire dire ça, j’ai toujours de la difficulté à croire que c’est un compliment sincère.  Alors de la part d’une lesbienne en plus, ça devient carrément surréaliste.    

MOI :  Eh bien merci, c’est gentil.
ELLE : Chus sérieuse!
MOI : Alors c’est encore plus gentil, fa que encore plus merci.
ELLE : Ça te tenterais pas qu’on couche ensemble?

J’ai le sens de l’humour, mais je commence à trouver qu’elle insiste lourdement.

MOI : Bah! Si j’étais célibataire et toi straight, je sais pas…  Mais on n’est ni l’un ni l’autre, fa que, pour être franc, je n’y ai jamais pensé.
ELLE : T’aimerais pas ça, coucher avec une lesbienne?  ‘Me semble que c’est le fantasme de tous les gars.  C’est ce que tu montres dans le dernier épisode de 1 Gay 1 Hétéro, non, que t’aimerais ça en avoir une?
MOI : Oh, faut pas confondre.  Je ne suis pas comme ça, je dénonce ceux qui le sont.

Je crois comprendre.  Puisqu’elle est en état d’ébriété, elle craint peut-être que j’essaye d’en profiter.  Je la rassure donc, comme quoi je ne suis pas ce genre de gars.

MOI :  Tu vois, coucher avec une lesbienne, ça ne m’a jamais traversé l’esprit.  Je ne suis pas du genre à perdre mon temps sur des causes perdues.  75% de mon excitation vient du fait que je sais que la fille me désire.  Une lesbienne ne peut pas me désirer, fa que les lesbiennes ne m’allument pas.
ELLE : Ben j’te désire, moi!  Pis si ça peut te rassurer, tu serais pas le premier gars avec qui je couche.
MOI : Ah bon?
ELLE : Non, mais par contre, tu serais le premier avec qui je le fais volontairement. 

Est-ce qu’elle est en train de me dire qu’elle a déjà été victime d’une agression sexuelle?

ELLE: Tu lisais-tu le journal Photo-Police y’a 10 ans?
MOI : Ça m’arrivait, ouais!
ELLE : Ben y’a eu un article de deux pages sur moi.  J’avais été enlevée par trois gars qui m’ont violée tour à tour, toute une fin de semaine.

Je reste silencieux quelques secondes, sous le choc de cette confidence.  C’est d’une voix hésitante que je réponds.

MOI : … Holy shit!

S’en suit quelques secondes d’un silence malaisant, que je brise en disant :

MOI :  Euh… Bon! On va être au pont de Verdun-Île-des-Sœurs dans 3-4 minutes.  Va falloir que tu me guides, j’ai un peu de misère à m’orienter puisque leurs rues sont en courbes au lieu d’être en quadrilatères.
ELLE : Ta blonde es-tu chez vous?
MOI : Non, elle est en Suisse, pour présenter son nouveau livre.
ELLE : Bon ben amène-moi chez vous.
MOI : Euh… Tu veux pas que je te ramène chez toi?
ELLE : Comment tu vas faire pour revenir chez vous après?  Y’a pas de bus à cette heure-ci.  Non, regarde, tu m’amène chez vous, pis on va coucher ensemble, pis demain matin je repartirai.

Je suis en couple!  Elle est saoule!  Elle ne m’attire pas du tout!  Une seule de ces raisons est suffisante pour que je refuse, et là j’en ai trois.  Aussi…   

MOI :  Non, r’garde, j’peux pas faire ça à ma blonde.
ELLE : T’es pas obligé de lui dire.  De toute façon, tu deviendras pas mon amant régulier. C’est juste pour un soir.
MOI :  J’aimerais mieux pas.  Ce ne serait pas correct.

Vanessa soupire.  Sa voix prend un ton triste, découragé.

ELLE :  Mon ex avait ben raison, de me dire que si je la quittais, je m’en trouverais jamais une autre.  Ça fait deux mois que je cruise comme une malade, pis y’en a pas une qui veut de moi.
MOI :  Ah bon? Mais d’après Daniel, tu t’en es ramassée deux ou trois.
ELLE :  C’était juste des one-night! Après ça, elle ne veulent plus me revoir.  Je sais pas si c’est parce que je suis laide ou bien si c’est parce que je baise mal.

Je ne vois pas ce que je pourrais répondre à ça.  J’aimerais bien la rassurer, lui dire « Ben non, voyons, t’es pas laide.  En plus, t’es une bonne fille, gentille, charmante, etc.  T’as juste pas encore trouvée la bonne personne.  Un jour tu vas bla bla bla cliché cliché. »  Mais je crains qu’elle n’attende que ça pour revenir à la charge, en me demandant pourquoi est-ce que je ne veux pas d’elle, si je suis vraiment sincère en lui disant ça.  Voyant que je ne répond pas, elle ajoute:

ELLE :  Comment est-ce que je peux espérer plaire à une fille si chus même pas capable de plaire à un gars, malgré le fait que tous les gars rêvent de fourrer une lesbienne?

Je ne dis rien, mais ce dernier commentaire joue sur mon sentiment de culpabilité.  Je savais que ce n’était pas la joie pour elle depuis sa rupture.  J’ignorais que ça l’avait affecté à ce point au niveau de son estime personnelle.  Et là, elle vient carrément de me mettre sur les épaules la responsabilité de la fragilité de son ego, de son équilibre moral et de son estime personnelle.  Je suis supposé faire quoi, maintenant?  Accepter de coucher avec elle et ainsi tromper ma blonde, chose que je m’étais promis ne plus jamais refaire?  Ou bien refuser et être responsable d’une déprime décuplée par son état éthylique?  Vanessa vient de me mettre dans une situation cornélienne dans laquelle je serai dans le tort, quoi que je fasse.

Alors que je stationne la minivan dans ma cour arrière, j’espère juste que Vanessa n’insistera plus.  En silence, nous montons les escaliers en colimaçon qui mènent jusqu’à mon balcon arrière, à mon appartement qui occupe la totalité du 3e  et dernier étage.  J’entre, suivi par Vanessa, dans la cuisine faiblement éclairée par la lumière de la cuisinière.

MOI : Bon ben nous y v’là! Fa que, t’as le choix.  Tu peux dormir sur mon lit dans ma chambre, ou sur le lit de ma blonde dans sa chambre, ou même le fauteuil du salon si ça te chante.
ELLE : Je vais me coucher dans ton lit, avec toi.

Doucement, elle me prends par les épaules et me tourne face à elle.  Elle approche son visage du mien et m’embrasse.  Sa bouche s’entrouvre, sa langue au goût de bière et de tabac trouve la mienne.  Résigné, je choisis de me laisser faire.  Je passe mes bras autour d’elle et nous prolongeons ce french-kiss toute une minute.  Puis, j’y mets fin.  Je sépare ma bouche de la sienne, j’ouvre les yeux et regarde dans les siens.

MOI : Ok…  Tu veux vraiment faire ça!?
ELLE :
 Oui!
MOI : D’accord!  Mais avec condoms.
ELLE : Comme tu veux!

La dernière chose que je veux, c’est une cinquième paternité. Surtout avec une personne qui traverse une telle période d’instabilité émotionnelle. Je l’amène à ma chambre.

MOI : Voilà! Installe-toi, je reviens!
ELLE : Tu vas où? 
MOI : Aux toilettes.

Avec un peu de chance, l’alcool aidant, et le fait qu’il est passé quatre heures du matin, si je la fais attendre, il est possible qu’elle s’endorme.  On dirait qu’elle a lu dans mes pensées, parce que… 

ELLE : Tu reviens, hein?  Oublie pas, tu m’as promis.  N’espère pas que je m’endorme en t’attendant.  Je vais rester debout, ici, dans le cadre de porte.

Bon! Ça m’a tout l’air que je n’y échapperai pas.  

Tandis que je me brosse les dents, je tente un dernier coup de trouver une façon de lui dire non. Mais plus j’y pense et plus j’ai un doute: Est-ce vraiment une bonne idée? Il m’est arrivé plusieurs fois de dire non à des filles par le passé.  Et qu’est-ce qui est arrivé? Pour la majorité, elles ne l’ont pas pris et elles ont frustré solide.  Certaines d’entre elles m’ont ensuite fait mauvaise réputation, racontant ce qui s’était passé, mais en inversant qui avait harcelé qui.  Si jamais il prend à Vanessa l’envie de me faire ce coup-là, c’en est fini de ma vie amoureuse et sociale.  Déjà que personne ne me croyais quand je disais la vérité pour me défendre de leurs accusations, je vais être encore mille fois moins crédible, de prétendre que c’est moi, un homme, qui s’est fait harceler sexuellement par une lesbienne. 

Voyons plutôt la chose du bon côté. C’est une fille qui m’offre du sexe.  J’aime les filles. J’aime le sexe.  Et puis, hey, comme elle me le répète sans cesse: LESBIENNE!    Combien de gars peuvent se vanter d’avoir couché avec une lesbienne?  Et surtout, combien d’entre eux se le sont fait proposer de façon aussi insistante?  Je devrais prendre son offre comme un grand honneur.  C’est une opportunité unique qui ne se reproduira jamais.  Alors dans le fond, à part pour le fait que ça signifie tromper ma blonde, chose que j’ai déjà faite par le passé, je ne vois pas en quoi ça devrait être si terrible, d’accepter.

Après m’être fait un petit brin de toilette aux parties intimes, je vais la rejoindre.  Tandis qu’elle se dirige vers le lit, j’éteins la lumière.  Elle ne proteste pas.  Tant mieux.  Je ne saurais dire pourquoi au juste, mais je ne me sens pas à l’aise avec l’idée que l’on se voit nus.

À tout hasard, je me risque à lui dire:

MOI: Tu sais, si tu changes d’idée, faut pas hésiter à me le dire.  Je suis compréhensif pour ce genre de choses-là, je ne le prendrai pas mal. 

Elle me répond sur un ton moqueur:

ELLE:  Heille, tout l’monde sait que quand un gars invite une fille saoule chez lui, c’est dans le but de la sauter.  Essaye pas de dire le contraire!  Si j’avais pas voulu, j’t’aurais pas suivi.  Enwèye!  Pas besoin de préliminaires, je suis prête.  Veux-tu que je te chevauche?
MOI : Euh… Ok!

Je m’installe sur le dos tandis qu’elle prend place au-dessus de moi.  Alors que j’ouvre l’enveloppe du condom que j’ai amené, elle pose doucement sa main sur les miennes pour m’interrompre.

ELLE : T’as pas besoin de ça!
MOI : Vanessa! J’étais d’accord, mais juste à cette condition-là!

Elle ne dit rien mais retire sa main.  J’enfile le condom.  Puis, elle me guide vers son entrée, m’engloutissant en descendant.  Elle n’avait pas menti en disant être prête.  Son sexe est chaud et glisse sans problème.  Tandis qu’elle monte et descends, je me demande si elle s’attend à ce que je lui fasse des choses avec mes doigts et ma langue.  Je suppose que non. Après tout, c’est une lesbienne.  Les doigts et la langue, elle a déjà ça de la part des autres lesbiennes, et elles sont probablement bien plus habiles à ça que je le suis.  Si elle veut d’un gars ce soir, c’est parce qu’elle veut la seule chose que ses amantes ne puissent anatomiquement lui apporter.  Je vais donc m’en tenir à ça, sauf si avis contraire.

Au fil des minutes, à mesure que nous nous activons, nous changeons quelquefois de position.  De la chevauchée, nous passons en levrette, ce qui me permet de la pénétrer plus en profondeur.  Puis, nous changeons de nouveau.  Je ne connais pas le nom de cette position, si elle en a un.  Elle est couchée sur le côté, une jambe relevée.  Et moi, chevauchant la cuisse couchée, je lui fait du va et viens.  À la pénétration, je décide de rajouter des caresses clitoridiennes avec mes doigts.  Bien m’en pris, moins d’une minute plus tard, ça l’amena à l’orgasme.  Se mettant sur le dos, elle me lance une petite vulgarité.

ELLE : Allez! À ton tour! Viens! Je veux voir ta face quand ta queue va jouir dans ma petite plotte de lesbienne.

C’est qu’elle tient vraiment à jouer la carte de son orientation sexuelle afin de m’exciter.  Je m’installe en missionnaire.  Elle est chaude.  Elle est glissante.  Elle est étroite.  Elle me désire.  Elle me dit d’allumantes cochonneries.  Mais bien que je m’active, je ne peux me nier plus longtemps ce sentiment qui m’habite depuis le tout début de nos ébats: Je sens que n’arriverai pas à jouir.  Je ne sais pas si c’est parce que je me sens manipulé ou si c’est par culpabilité pour mon adultère, ou même si c’est parce que j’ai l’étrange impression que notre union est contre-nature.  Il y a aussi le fait que je sais qu’elle ne m’a proposé du sexe que dans le but de lui faire un enfant.  En portant un condom, je lui enlève sa seule raison de vouloir coucher avec moi.  Alors en la baisant malgré tout, j’ai la désagréable impression que je suis en train de commettre un genre de viol.

Mais bon, peu importe la raison pourquoi je ne suis pas à l’aise, le fait est que je n’ai juste pas envie d’atteindre l’orgasme.  Je songe à le lui dire, mais je crains qu’elle insiste, qu’elle le prenne mal.  Je décide donc de prendre la meilleure option qui s’offre à moi: Faire semblant.  Comme ça, elle sera satisfaite, et ça me permettra d’y mettre fin.  De toute façon, il fait noir, et ça m’étonnerait qu’elle inspecte ensuite le condom pour vérifier si j’ai bien joui dedans.

Ainsi, sur elle, en elle, je feins l’orgasme tout en la regardant dans les yeux, tandis que je distingue sur son visage, malgré la pénombre, un sourire satisfait.  Ceci fait, je me retire.  Puis, elle se lève, se rhabille et me dit un truc auquel je ne m’attendais pas.

ELLE : je vais t’emprunter un oreiller et une douillette. Je vais aller dormir dans ma van.
MOI : Hein? Mais pourquoi?
ELLE : Je serai plus à l’aise!
MOI : Ben là! On a trois lits ici, t’es vraiment pas obligé de…
ELLE : Non! Je dors dans ma van, point final!

Je n’y comprends rien!  Mais bon, ce n’est pas la première fois ce soir qu’elle dit et fait des choses qui dépassent mon entendement.  Aussi, je n’insiste pas.

Le lendemain, vers 10:00, je me réveille.  Je jette un coup d’oeil en bas du balcon arrière.  La minivan y est toujours.  

MOI :  Bon ben, le temps de prendre une douche, je vais nous préparer à déjeuner.  Je vais laisser la porte déverrouillée, au cas-où.

Un quart d’heure plus tard, en sortant de la salle de bain, je regarde de nouveau en bas du balcon, et… Plus rien.  Elle est partie.

La suite, chapitre 2 de 3.

 

Ce que vivent les femmes sur les sites de rencontres (sur l’air de « Je l’aime à mourir »)

Tout le monde connait le grand classique Je l’Aime à Mourir de Francis Cabrel. En m’inspirant de quelques malheureux témoignages de mes amies, je me suis amusé à en faire une version qui décrit ce qu’une fille vit généralement lorsqu’elle fréquente un site de rencontres. Ça va comme suit:

(allumez musique pour l’ambiance)

Chuis célibataire
et je me suis inscrit
À un site dans lequel
Il y a plein de gars qui
Essayent de séduire

Ils peuvent bien m’écrire
tout ce qui leur plaira
Si leurs profils n’a rien
qu’des pics de leur gros bras
Je n’vais pas mentir :
Ça va me faire fuir
Oui je vais m’enfuir

Il y a ceux qui disent
Vouloir de l’amitié
Et dès la troisième phrase
Ils parlent de me baiser
Qu’est-ce qu’ils me font rire

Il y a les gars casés
Mais ne les trouvent pas belles
Et qui espèrent trouver
Sur ce site, bien mieux qu’elles
Alors qu’eux mêmes ils
Alors qu’eux mêmes ils
Sont laids à vomir

Au lieu d’se taire
Ces gens vulgaires
S’imaginent que c’est comme ça qu’il
Faut agir pour
Pouvoir nous plaire
Et trouver… de l’amour ainsi.

Il y a aussi les cons
Qui croient que pour séduire,
En baissant leur caleçon
Ça va leur réussir
C’est loin de m’faire jouir

Il y a ces fiches qu’on
Ne peut pas déchiffrer
Aucune ponctuation
Et des fautes par milliers
C’est trop dur à lire
C’est trop dur à lire
Ils savent pas écrire

Enfin, il y a ceux qui
Se disent « des bons gars »
Qui voudraient me séduire
Mais ne font rien pour ça
C’est ceux-là les pires

Eux, ils restant à l’écart
Et s’permettent de juger
Mon envie de vouloir
Un gars déterminé
Qui va me choisir
Qui va réussir
Lui, à me ravir

Au lieu d’se taire
Ces gens vulgaires
S’imaginent que c’est comme ça qu’y
Faut agir pour
Pouvoir nous plaire
Et trouver… de l’amour ainsi

Chuis célibataire
et je me suis inscrit
À un site dans lequel
Il y a plein de gars qui
M’ennuient à mourir

Après tellement de temps
Perdu sur ces sites-là
Voilà que finalement
J’apprécie l’célibat
Je vais m’désinscrire
Et je vais partir
Ne plus revenir.

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Le sexisme et la misogynie existent… Mais peut-être pas de la façon que l’on croit.

Bien que je sois un homme, j’ai déjà vécu le harcèlement sexuel intense au travail.  C’était de la part d’un jeune gai qui se croyait tellement irrésistible qu’il s’imaginait être capable de convertir n’importe quel homme à la gaieté.  On peut en lire l’histoire juste ici, c’est le billet précédent.  Voici en gros ce à quoi j’ai eu droit de sa part: 

  • Il commence par me faire des compliments.
  • Commence à me faire des commentaires grivois.
  • Augmente de plus en plus la fréquence et la quantité de ces commentaires.
  • Me drague en sous-entendus.
  • Devant mon manque de réaction, me fait des avances directes, que je décline.
  • Commence à exprimer qu’il met en doute mon intelligence.
  • Vole mon talon de paie.
  • Se présente chez moi sans y avoir jamais été invité, pour me le rendre.
  • Vole mon savon dans les douches au travail. Se présente chez moi sans y avoir jamais été invité, pour me le rendre.
  • Me fait des commentaires gratuits de plus en plus rabaissants.
  • Trouve mon numéro de téléphone et appelle sans cesse.
  • Me dérange constamment dans mon travail afin de mettre ma compétence en doute
  • Commence à m’humilier publiquement au travail en tentant de planter le doute sur ma compétence dans l’esprit de nos collègues.

 Le comportement qu’il avait envers moi avait trois facettes:

1) L’infantilisation:  Tout le long, il a agi non pas comme si j’étais un adulte responsable mais bien un enfant qu’il avait décidé de prendre en charge: Il s’impose dans ma vie, et se comporte envers mes possessions avec la même liberté qu’un adulte, en se permettant de confisquer mon bordereau de chèque de paie, en se permettant d’enlever mon savon des douches au travail pour le ramener chez moi, comme un parent qui ramène dans la chambre de son enfant un jouet oublié dans une autre pièce en lui disant de ramasser ses affaires. De plus, il n’accordait aucune crédibilité à mes paroles.  Je lui dis non?  C’est comme si je n’avais rien dit.  J’affirme être hétérosexuel?  C’est comme s’il savait mieux que moi si je l’étais ou non.  Ce qui nous amène au point suivant qui est:

2) La sexualisation: Au travail, les seules paroles positives à mon sujet qui sortaient de sa bouche, c’était l’expression de son désir pour moi.  Tout le reste était dénigré. Ce qui signifie qu’à ses yeux, la seule valeur que j’avais était sexuelle. Et puisque je refusais de lui donner ce qu’il voulait de moi, c’est comme si j’étais un enfant indiscipliné qui refuse d’obéir: Il faut le punir.  Ce qui va de pair avec… :

3) La dévalorisation:  D’où sa tentative de m’humilier publiquement.  D’où sa tentative pour saboter ma réputation, voire ma carrière, en plantant le doute sur ma compétence dans l’esprit de nos collègues.  Mais cette attitude, il l’avait bien avant ça.  Lorsqu’il a commencé à travailler, non seulement avais-je déjà un an d’expérience dans la place, c’est moi qui lui ai appris le boulot.  En fait, ça faisait au moins neuf mois que j’entraînais chaque nouveau qui entrait.   Il se permettait pourtant de me corriger, me réprimander, me rabaisser.  Comme si, à ses yeux, mes compétences, mon expérience, mes connaissances, n’avaient aucune valeur.  

C’est en relisant ce texte pour correction que j’ai constaté quelque chose qui ne m’avait pas frappé jusque-là: Tout ce que ce gars-là m’a fait subir, c’est exactement le genre d’attitude et de comportement sexiste et misogyne dont les femmes se plaignent de la part des hommes.  

Mais voilà, dans mon cas particulier, c’était un homme envers un autre homme.  Ça ne pouvait donc être ni du sexisme ni de la misogynie.  On ne peut pourtant pas nier que c’était exactement le même comportement.

Et c’est là que j’ai eu une illumination: Le sexisme et la misogynie, ça n’existe pas.  Ou du moins, peut-être pas de la façon que l’on croit.  Parce que toute cette attitude, tous ces comportements, ce n’est que la façon instinctive d’agir envers une personne que l’on désire, ou du moins toute personne qui fait partie du groupe visé par notre orientation sexuelle.  C’est la seule explication pourquoi un homosexuel aurait envers un homme exactement la même attitude misogyne et déplorable qu’un homme hétéro envers les femmes.

Oui, je sais, hétéro ou homo, « Ils ne sont pas tous comme ça! »   Ça ne change rien au fait que, tous sexes et orientations confondus, il y a un assez grand nombre de gens  qui sont portés à rabaisser ceux qu’ils désirent sexuellement pour que ça pose un problème de société. 

Mais pourquoi sont-ils portés à rabaisser ceux qu’ils désirent sexuellement?  C’est que de tous les temps, le désir sexuel n’a jamais été relié à la notion d’égalité.  Bien au contraire, il l’est avec la notion de propriété via domination.  L‘homme parle de conquérir une femme, d’en prendre possession.  Et c’est ce sentiment possessif qui conduit aux abus.

Ça fait longtemps que la société le sait, que le sexe, la possession et l’abus ne font trop souvent qu’un.  Juste dans notre langage, lorsque l’on a été victime d’une arnaque, qu’est-ce qu’on dit?  « Il m’a bien possédé.  je me suis fait baiser. »   Variante québécoise: « Il m’a bien eu!  Je me suis fait fourrer. »   Vous voyez le parallèle?  Mon collègue voulait me baiser.  Il voulait quelque chose de moi que je ne voulais pas lui donner.  Il a donc tenté de se l’approprier contre mon gré.  Comme le fait un arnaqueur.  Il s’emparait de mes possessions.  Il niait mon identité.  Non pas mon nom, mais mon identité sexuelle d’hétéro.  Et comme un conquérant qui envahit un pays, il a tenté de me conquérir en envahissant mon logement.  Bref, il ne me traitait pas en égal mais bien en inférieur.  Lui en vainqueur, moi en (futur) vaincu.

Parce qu’à la base, le sexe, ça reste une personne qui manifeste sa supériorité et son contrôle sur l’autre.  Même entre deux partenaires sexuels hétéros qui se respectent et se voient en égaux, il reste que la nature oblige que pendant l’acte sexuel, l’un a une position dominante sur l’autre.  Quand on parle de faire l’amour, quelles sont les deux premières positions qui nous viennent en tête? Le missionnaire et la levrette.  L’homme est en position supérieure donc dominante, la femme est dessous, couchée ou penchée, position dominée.  L’homme pénètre, la femme se fait pénétrer.  L’homme est actif, la femme est passive.  Et s’il s’agit de leur première fois, l’homme doit défoncer la barrière qu’est l’hymen. Bref s’introduire de force.  Alors qu’on le veuille ou non, la nature fait en sorte de donner aux hommes l’impression que lorsqu’ils désirent sexuellement une personne, il doit la conquérir et ne pas se laisser arrêter par les obstacles.  Bref, comme on dit en bon français, lui rentrer dedans, dans tous les sens du terme.

Et c’est normal.  Le but premier de la nature étant la survie, il n’est pas difficile d’imaginer qu’à l’aube de l’humanité, on ne pouvait pas toujours se permettre d’attendre le consentement sexuel de l’autre.  Aussi, chez certains hommes, le cerveau était programmé avec une forte libido, mais sans la capacité de ressentir du respect et de l’empathie.  Aujourd’hui, lorsque nait un tel homme, son désir sexuel combiné à ce manque de respect peut aller de la simple frustration jusqu’au viol.  Dans mon cas, mon harceleur n’aurait pas pu se rendre jusque-là car j’avais la capacité physique de lui résister s’il avait osé me toucher.  N’empêche que tous les autres comportements que les femmes étiquettent comme sexiste et misogyne lorsque c’est un homme qui l’a envers une femme, lui les avait envers moi.  Ça démontre que si une grande partie des femmes reçoivent un tel traitement de la part des hommes, ce n’est pas parce que ce sont des femmes.  C’est tout simplement parce que… :

  1. Le désir sexuel est relié à la testostérone. 
  2. Les hommes produisent plus de testostérone que les femmes.
  3. Les hommes ont donc une plus grande libido que les femmes.
  4. La population est majoritairement hétérosexuelle.
  5. Par conséquent, ce sont majoritairement les femmes qui sont victimes de cette attitude de la part des hommes. 

Et comme je l’ai constaté personnellement, ça n’empêche pas les non-hétéros d’avoir exactement les mêmes comportement envers ceux qu’ils désirent sexuellement.  Et voilà pourquoi je dis que la misogynie et le sexisme n’existent (peut-être) pas. Si certains hommes agissent ainsi envers les femme, ce n’est pas parce que c’est une femme. C’est parce que la nature a programmé l’être humain de manière à ce qu’il se croit instinctivement supérieur aux gens visés par ses pulsions sexuelles.  Et personne n’est porté à accorder de respect, de crédibilité ou de pertinence à quelqu’un qu’il croit dominer.  

Même en anglais, qu’est-ce que l’on dit d’une personne ou d’une chose que l’on veut dévaloriser?  Fuck him! Fuck that! Fuck you!  N’avoir aucune valeur du tout = n’avoir qu’une utilité sexuelle.

Ça pourrait même donner deux raisons pourquoi, à compétences égales, un candidat homme est favorisé à l’embauche plutôt qu’une femme:
Raison 1) Le recruteur est un homme hétéro. Il se croit donc d’instinct supérieur à la candidate femme, tout en se voyant sur un pied d’égalité avec le candidat homme.  L’homme commence donc avec une longueur d’avance.
Raison 2) Le recruteur peut très bien ne pas être influencé personnellement par le sexe de la candidate. Cependant, il sait que la présence de cette dernière au sein de l’entreprise pourrait ralentir la performance des employés mâles qui dirigeraient leur attention sur elle plutôt que sur leur travail.  Ce n’est pas farfelu comme croyance, car comme je le raconte dans le billet, tout ce que faisait mon harceleur pour attirer mon attention au travail nous faisait perdre de une à deux heures quotidiennement.  Pour un employeur, ces pertes de temps, ça équivaut annuellement à arrêter le travail pendant un mois et demi.  On parle de centaines de milliers de dollars perdus pour l’entreprise, pour un problème qu’il peut éviter facilement s’il embauche un homme hétéro plutôt qu’une femme qui deviendrait aussitôt objet de convoitise par les employés hétéros masculins. 

Alors entre investir temps et argent dans les ateliers de prévention dans le but d’éduquer, ou juste s’abstenir d’embaucher une femme, beaucoup d’employeurs iront vers la solution facile.

Puisque l’attitude dominante et méprisante envers la cible de nos désirs est reliée au désir sexuel, donc au sexe, je suppose qu’on peut toujours parler de sexisme.  Et tant qu’à faire, misogynie peut continuer de  décrire les cas particulier dans lequel ce sont des hommes hétéros qui font subir ça aux femmes.  Mais je tenais quand même à faire prendre conscience que cette attitude n’est pas une question de discrimination volontaire contre un sexe en particulier.  C’est une question de désirs sexuels naturels, et des comportements que ceux-ci engendrent chez ceux qui les ressentent.  

Ceci étant dit, la raison pourquoi j’explique la logique derrière ce comportement, ce n’est pas dans le but de l’approuver.   C’est pour comprendre pourquoi il existe, de façon à mieux pouvoir le contrer, tout simplement.  Parce que même si un tel comportement est voulu par la nature, nous ne sommes pas dans la nature, nous sommes dans une civilisation.  Et dans la civilisation, il n’y a pas de place pour un tel comportement.  Par conséquent, cette attitude est, et sera toujours, inacceptable.

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Y’a liens là:

La même situation, mais plus classique, où c’est la femme qui subit ça au travail: Ingrid; Cinq jours parmi les loups.
Dans Comment nait la culture du viol, j’explique comment, dès son plus jeune âge, le garçon est conditionnés à se croire supérieur aux filles, ce qui l’amène plus tard à ne les voir que comme un sexe à posséder, sans plus.
Dans 11 illusions fallacieuses qu’essaient de nous vendre les guides de séduction, on peut voir comment ces bouquins contribuent à garder vivante l’idée que toute femme peut être conquise, pour peu que l’on possède les couilles d’aller s’en emparer.

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