Ajuster ses résolutions du nouvel an. Ou: Cesser de penser négatif.

À chaque année, c’est la même chose:  On se donne des résolutions dans le style de…

  • Perdre du poids.
  • Se mettre en couple.
  • Avoir un bon travail.
  • Devenir riche.
  • Devenir célèbre. (Si on est artiste)

… et à chaque année, on est déçu de ne pas avoir réussi.  Mais ce n’est pas grave.  Voici la nouvelle année.  Cette fois, c’est dit: On se donne des résolutions dans le style de…

  • Perdre du poids.
  • Se mettre en couple.
  • Avoir un bon travail.
  • Devenir riche.
  • Devenir célèbre.  (Si on est artiste.)

Vous savez ce qui ne va pas dans ces résolutions?  Très simple : Ce ne sont pas des actions.  Ce sont des résultats d’actions. Voilà pourquoi ça ne marchera pas plus cette année que l’année d’avant.

Vous ne voyez pas la différence? D’accord, je précise : Si je vous dis : Perds du poids! Maintenant!  Là! Tout de suite!  Vas-y!  Go! Allez, maigris!  Êtes-vous capable faire ça sur commande? Non, hein!?

Par contre, si je dis :  Fais du jogging!  Vous pouvez vous lever et courir immédiatement.  Si je dis Mange moins et mange mieux.  Vous pouvez vous préparer sur le champ un truc bon pour la santé et n’en manger qu’une portion raisonnable.

Ça parait simple, anodin, voire ridicule comme ajustement.  Pourtant, c’est ce petit changement qui va faire toute la différence. Voyez plutôt: Si votre focus est de perdre 10 kgs / 20 lbs, alors ça prendra 2, 3, 4, 5 mois avant de pouvoir enfin ressentir la satisfaction. D’ici à ce que vous atteigniez votre but, vous risquez de trouver le temps long, ce qui augmente les possibilités d’abandonner en chemin.

Par contre, si votre but est de faire du jogging trois fois par semaine, alors ce sera trois fois par semaine que vous ressentirez la satisfaction de l’avoir atteint, ce but. Focussez sur bien manger, et vous ressentirez en plus cette même satisfaction trois fois par jour.  Non seulement la satisfaction d’avoir atteint son objectif sera quotidienne et multiple, la perte de poids ne deviendra qu’un effet secondaire, un  bonus qui se rajoute à tout le positif que l’on a déjà vécu. Avouez que c’est bien plus encourageant comme ça.

Pour rester dans le sujet de la perte de poids: 

Il y a un autre truc qui nous décourage toujours un peu au niveau du subconscient : Le mot perdre !  De tous les temps, dans tout ce qu’il entreprend, l’être humain cherche à réussir.  Aussi, le concept de perdre, c’est contre-nature pour lui.  Normal, le mot perdre est associé à un nombre incalculable d’expressions toutes aussi négatives les unes que les autres: Perdre son travail, perdre son argent, perdre sa copine, perdre ses clés, perdre son portefeuille, perdre son chemin, perdre son temps, perdre un match, perdre la partie, perdre la raison, perdre la face, etc.  Dans la vie, il n’y a pas plus grande honte que d’être étiqueté comme étant un loser, un perdant. Voilà pourquoi c’est le qualificatif le plus populaire chez ceux qui dénigrent les autres: Dans une société basée sur la réussite, se faire traiter de perdant, c’est l’insulte suprême.  Alors qu’on le veuille ou non, même s’il est suivi des mots du poids, quand le premier mot de notre but est perdre, il ne faut pas être surpris que ce but soit rarement atteint.  Et quand on échoue à perdre, on est doublement loser.

Et si on focussait plutôt sur gagner? Et si au lieu de guetter notre perte de poids, on constatait plutôt que l’on gagne de bonnes habitudes alimentaires?  Que l’on gagne de bonnes habitudes de vie? Que l’on gagne un meilleur rythme cardiaque? Que l’on gagne des muscles? Que l’on gagne quelques mètres de plus à chaque fois que l’on court? Que l’on gagne de la vitesse?

Mieux encore: Au lieu de compter à rebours, pourquoi ne pas aller de l’avant? Par exemple, pour rester dans le sujet de la course, admettons que votre but est de courir non-stop sur une distance d’au moins 200 mètres.  La majorité vont focusser sur leur fin de course de cette manière: « Plus que cinq mètres… Quatre… Trois… Deux… Un… Zéro! »  Agir ainsi est une erreur, et ce pour trois raisons:

  1. Vous ne gagnez pas de la distance pour arriver vers votre objectif de deux-cent mètres.  Au contraire, vous partez de votre objectif de deux-cent mètres et vous en perdez. Vous partez donc sur une note négative.
  2. Peu importe la distance que vous arriverez à parcourir, que ce soit deux-cent mètres ou vingt kilomètres, compter de cette façon fait qu’au bout du compte, vous arrivez toujours à zéro. Mettre autant d’effort pour toujours être à zéro, ça diminue le sentiment d’accomplissement. Un sentiment que vous gagneriez si, au contraire, vous vous voyiez évoluer, de deux cent mètres à vos débuts à vingt kilomètres quelques mois plus tard.
  3. Zéro, ça vous force à arrêter, et ce même si vous avez l’énergie d’aller plus loin. Normal, vous n’allez quand même pas continuer en disant « Moins un, moins deux, moins trois… » Zéro est donc une limite que vous vous imposez.  Mais si vous comptez à partir de zéro, et que vous arrivez à deux-cent, alors rien ne vous empêche de dépasser vos limites en faisant deux-cent dix, deux cent vingt, deux-cent-cinquante mètres. Il faut reconnaître que ça améliore la performance, et surtout le résultat.


Bref, tout ça pour dire que la meilleure façon d’atteindre ses objectifs, c’est non seulement de savoir choisir l’action plutôt que le résultat de l’action, il faut également agir de façon positive.

Et ça, c’est aussi vrai pour l’amaigrissement que pour n’importe quel autre objectif de vie.

21 raisons pourquoi on vous coupe la parole.

Quoi de plus énervant que de se faire couper la parole.  On ne le croirait pas comme ça, mais même des gestes aussi déplaisants que celui-là ont leurs raisons d’être.  Bon, pas toujours des bonnes raisons, mais des raisons quand même.  J’en ai recensé 21 : 

RAISON 1:  Pour corriger votre vocabulaire.
C’est quelque chose que l’on voit souvent chez certaines jeunes femmes passives-agressives de 16 à 25 ans (Ou plus, si manque de maturité).  Elles agissent comme si ça les dérangeait, que certains gars ne se plient pas aux règles du bon vocabulaire français.  Alors elles se permettent de les interrompre pour les corriger à chaque écart de langage.  Ça donne une conversation dans le genre de… :

LUI: J’va aller au buffet me…
ELLE: « JE VAIS aller au buffet. »
LUI: Oui, je vais aller me prendre une sandwich, et
ELLE: « UN sandwich. »
LUI: … Et me prendre un drink au bar.  Tu veux-tu que je te ramène…
ELLE: « VOUDRAIS-TU que je te ramène. »
LUI:  (Irrité), Dis donc, toi, si j’aurais su que t’…
ELLE:  « Si J’AVAIS su. »
LUI:  HEY, VA DONC CHIER, TABARNAK!
ELLE:  « TaBERnacle.« 

Évidemment, si le gars leur plaît, alors là elles se montrent pas mal plus conciliantes. 

RAISON 2:  Pour raconter le punch (la chute) à ta place.
Tu racontes une blague ou bien une anecdote vécue, en présence de plusieurs personnes.  Et lui, fort amusé par cette blague ou anecdote qu’il connait déjà, a tellement hâte que tu arrives à sa conclusion qu’il ne peut s’empêcher de t’interrompre en la récitant à ta place.  C’est toi qui a pris la peine d’attirer l’attention des gens, qui a raconté tout le contexte, mais c’est lui qui reçoit rires et admirations pour en avoir délivré la fin. 

RAISON 3:  Parce qu’on ne t’écoute pas (en privé).
Voilà dix minutes que tu parles à ton conjoint de quelque choses de significatif pour toi, que tu as vécu dans ton enfance.  Et voilà qu’au beau milieu d’une phrase, il t’interrompt pour te dire un truc tellement sans rapport que tu comprends immédiatement qu’il ne t’écoutait pas du tout.  Que le sujet de l’intéresse pas, soit, ça arrive.  Mais qu’il démontre à ce point-là combien il se fout que ce soit important pour toi, ça blesse.

RAISON 4:  Parce qu’on ne t’écoute pas (en public).
Même situation que la précédente, mais cette fois-ci en groupe.  C’est encore plus humiliant parce que cette fois-ci, lorsque l’on t’interrompt, ce n’est pas en s’adressant à toi.  On se sent encore plus insignifiant.

RAISON 5:  Parce qu’on a toujours le mot pour rire.
Lors d’une conversation en groupe, il ne trouve rien pour y contribuer.  Ça peut être parce qu’il ne connait rien au sujet, ou tout simplement parce qu’il a la personnalité d’un clown de la classe.  D’une façon comme d’une autre, il ne veut pas être tenu à l’écart de la discussion, alors il va l’interrompre à tout bout de champ pour faire un jeu de mots avec quelque chose qui vient d’être dit, ou alors il posera une question délibérément stupide, juste pour faire rigoler.  Bref, dans son cas, c’est moins « toujours le mot pour rire » que « jamais le mot pour être sérieux. »

RAISON 6:  Pour pointer des défauts insignifiants.
Un peu comme le précédent, il ne trouve rien pour contribuer de façon positive à la conversation.  Alors, il va en pointer les défauts, aussi insignifiants soient-ils. 

C’est que, de façon inconsciente, il se dit que s’il est incapable d’améliorer le sujet, alors il va pointer aux autres ce qu’ils ont à améliorer.  Ça lui donne l’impression d’être au moins utile pour quelque chose, et ça lui permet de dénoncer la mauvaise foi de ceux qui seraient irrités par ses interruptions négatives constantes, puisque techniquement, ces points, sont vraiment négatifs. 

Une faute de phrape

RAISON 7:  Pour faire chier.
Ça, c’est lorsque tu essayes de dire quelque chose, et que cette personne t’interromps à chaque phrase pour te poser une question insignifiante, faire une remarque idiote, ou soulever un point que tu allais aborder un peu plus loin.  Et tu peux parfaitement voir dans son visage ou son intonation de voix que ça l’amuse beaucoup, donc qu’il ne fait ça que pour te tourner au ridicule. 

Et c’est encore pire lorsque tu essayes de t’adresser à plusieurs personnes, car il te met dans une situation cornélienne dans laquelle quoi que tu fasses, tu perds la face: 

  • Tu l’ignores? Tu es impoli.
  • Tu lui réponds gentiment? Tu le laisses t’interrompre à répétition.
  • Tu te fâches? OMG QUE TU ES SUSCEPTIBLE!

RAISON 8:  Par faute d’avoir la capacité d’attirer l’attention sur soi par ses propres moyens.
Il y a des gens qui n’arrivent pas à attirer sur eux l’attention des autres, ou qui n’osent juste pas essayer par peur de l’échec.  À ce moment-là, il est beaucoup plus facile d’aller vers une personne qui a l’attention des autres, et de tenter de lui voler cette place en  l’interrompant. 

RAISON 9:  Parce que vous êtes une femme.
Plusieurs études sérieuses ont démontré que les femmes se font couper la parole de trois à huit fois plus souvent que les hommes.  Même celles qui occupent le poste de juge, et ce pendant les procès.

RAISON 10:  Vous allez dire une vérité que l’autre ne veut pas entendre.
Chose assez typique chez les conflictuodépendants.  Ils sont capable de vous faire la leçon pendant des heures au sujet de quelconques failles, souvent farfelues, qu’ils sont généralement les seuls à voir en vous.  Mais dès que vous essayez de leur parler de leurs propres défauts, ceux-là véritables, attendez-vous à ce qu’ils vous interrompent afin de fuir cette conversation, incluant physiquement.

RAISON 11:  Parce que l’on saute aux conclusions négatives trop vite.
Tu commences en abordant un sujet à controverse.  Tu n’as même pas le temps de dire que tu es contre, que tu te fais immédiatement tomber dessus comme si tu étais pour.  Et ne va pas dire à la personne qu’elle se trompe sur tes intentions.  Tu lui dis qu’elle est dans l’erreur, ce qui la met encore plus en fureur contre toi, ce qui fait qu’elle ne veut encore moins entendre.

C’est encore plus remarquable lorsque ça arrive sur un blog, chose que j’ai déjà expérimenté moi-même quelquefois. 

Par exemple, il y a un peu plus de deux ans, j’ai écrit un article intitulé La convention sociale du « Si tu viens, tu couches! »  J’y explique que pour beaucoup de gens, inviter chez soi une personne du sexe opposé, c’est une invitation à la baise.  Et accepter cette invitation, c’est l’équivalent de dire oui à cette proposition de baise.  Je donne même plusieurs exemples (vécus personnellement) dans lesquels des filles furent surprises / déçues / frustrées que mes invitations à passer chez moi n’avaient aucun but sexuel. 

Le billet était à peine posté que j’ai eu droit à un commentaire incendiaire à la « Je n’ai pas pris la peine de tout lire mais je n’ai pas besoin de le faire pour voir parfaitement où ce billet de merde s’en va.  C’est à cause de salauds dans ton genre qui sont toujours prêts à excuser et à appuyer les prédateurs que tant de femmes se font violer.  Je te souhaite que toi et les autres pourritures dans ton genre se retrouvent en prison où ils se feront copieusement sodomiser sans leur consentement. » 

Si elle avait pris la peine de lire jusqu’au bout, elle aurait vu ma conclusion qui est:

J’en reviens à la fille dont je parle au début, qui accepte sans cesse des invitation chez des inconnus, pour être ensuite surprise d’être sollicitée sexuellement à chaque coup.  Rassurez-vous, mon but en écrivant ce billet n’est pas de la blâmer sur le fait qu’elle ignore la convention sociale du si tu viens, tu couches.  Ce serait très hypocrite de ma part puisque moi-même, ce n’est qu’à l’âge de 45 ans que j’ai fini par découvrir qu’elle existait, cette règle non-écrite-et-non-dite. 

En fait, mon but, c’est d’abord de dire que cette règle existe, et ensuite de dire qu’elle ne devrait pas exister. 

Ceci dit, si vous visitez ce billet, n’allez pas y chercher le commentaire de la dame.  Au sujet des répliques de mes lecteurs, je n’ai qu’une seule règle, et c’est que tout commentaire qui commence par « Je n’ai pas pris la peine de tout lire » s’assure automatiquement que je ne prendrai pas la peine de le publier.

RAISON 12:  Parce que vous parlez peut-être un peu trop lentement.
Faut bien se l’avouer, des fois, ce n’est pas facile pour les autres de savoir si on a fini de parler.  Par conséquent, les interruptions ne sont pas toujours de mauvaises foi.  Elles sont parfois accidentelles.

Et parler trop lentement, ça amène également le truc suivant : 

RAISON 13:  Pour finir vos phrases.
Impatiente de vous voir aboutir, la personne termine votre phrase. Malheureusement, dans 90% des cas, elle se trompe de sujet, et vous recommencez la phrase au complet, ce qui prend encore plus de temps que si elle ne vous avait pas interrompu pour commencer. 

RAISON 14:  Pour finir vos phrases avec des sous-entendus navrants.
Il y a des gens comme ça qui ont l’air de penser le pire de toi.  Et rien ne le démontre aussi bien que lorsqu’ils terminent tes phrases de cette façon.  J’ai quelques exemples vécus personnellement: 

À l’époque où j’étais concierge résident.  En voulant raconter qu’en me levant ce matin-là, j’ai constaté une panne d’électricité. 
MOI: « En me levant ce matin, j’ai vu que… »
ELLE: « … t’avais pesé sur « snooze » trop souvent, fa que t’étais en retard pour la job? »

Non seulement n’ai-je jamais utilisé la fonction snooze de ma vie (Bouton qui permet de remettre la sonnerie du réveil dix minutes plus tard, pour dormir un peu plus), qu’est-ce que c’est que cette tentative de me faire passer pour un mauvais employé? 

En passant sur la rue Ste-Catherine en galante compagnie, je vois un resto chinois de l’autre côté de la rue.  J’y attire l’attention de la demoiselle pour lui suggérer d’y dîner, car j’aime beaucoup leurs soupes-repas.
MOI: « J’aime beaucoup… »
ELLE: « … gaspiller ton argent pour aller te branler dans des cabinets de films pornos? »

Je veux bien croire qu’il y avait un commerce de peepshows à proximité du resto, mais tout de même.

En attachant mes souliers, je viens pour exprimer la difficulté que j’ai à réussir à me trouver des souliers à prix abordables dans lesquelles je puisse y mettre mes orthèses.
MOI: « J’ai beaucoup de difficulté à… »
ELLE: « … endurer les gens qui ont des opinions différentes des tiennes? »

C’était tellement gratuit et venant de nulle-part, celle-là, que j’ai failli lui montrer la porte, tellement cette insinuation était insultante. 

En tout cas, puisqu’il y a des avantages à tout, ce qu’il y a de bien d’être la cible de ce genre de truc, c’est que ça nous en permet de savoir long sur la personnalité de l’autre, et surtout de ce qu’elle pense de nous.  Ça nous permet de savoir de qui il vaut mieux maintenir ses distances.

RAISON 15:  Vous avez accidentellement dit un mot qui rappelle à l’autre un sujet qui lui tient particulièrement à coeur.
VOUS:  « …Et c’est là que le médecin a dit que le cancer de mon fils ne pourrait… »
L’AUTRE: « OH! Tu savais que mon fiancé est un cancer?  On m’avait dit que ça ne pouvait pas s’entendre avec une sagittaire.  Quelle foutaise!  Notre première nuit, il m’a tellement fait jouir que … »

RAISON 16:  Pour vous faire sentir inutile, invisible et insignifiant.
C’est quelque chose que l’on constate surtout lorsqu’une personne a du ressentiment envers vous.  Par exemple, d’avoir un jour refusé ses avances.  Cette personne fait donc exprès d’agir comme si vous n’existiez pas, et ça inclut faire semblant de ne pas vous entendre parler.  Là où sa passivité devient franchement agressive, c’est lorsque cette personne fait exprès de vous interrompre pour répéter exactement ce que vous alliez dire.

RAISON 17:  Pour faire semblant de remettre les gens sur le droit chemin.
C’est quelque chose que l’on voit souvent, lors d’une discussion publique, en groupe d’amis, en classe, etc.  Par exemple, si la discussion commence au sujet des salaires de grandes entreprises.  Arrive l’inévitable dénonciation des femmes qui gagnent moins que les hommes.  Et, au fil des diverses interventions, on en vient à jaser des différences sociales entre les hommes et les femmes.  Et on constate que le sujet passionne vraiment tout le monde, car tout le monde a quelque chose à y apporter.

… sauf UNE personne, qui n’a pas encore prise part à la conversation.  Lorsqu’elle se décide enfin à le faire, c’est pour tout interrompre, en disant: « Dites, c’est parce que le sujet, c’est les salaires des entreprises, ou bien la différence entre les hommes et les femmes? »  Ceci a comme effet de jeter quelques sacs de sable dans les engrenages d’une conversation jusque-là bien huilée.  Ayant réussi à avoir l’attention de tous, tout en influençant les échanges, la personne se tait de nouveau, pour tout le restant du débat. 

Ce qui démontre que dans le fond, elle n’en avait rien à cirer du sujet véritable.  Elle a juste vu une opportunité d’intervenir en ayant techniquement raison contre tous, et elle en a profité. 

RAISON 18: Pour vraiment remettre les gens dans le droit chemin. Les gens ne nous interrompent pas toujours dans un but mesquin et/ou narcissique.  Il arrive parfois que l’interruption soit nécessaire.Parce que bon, faut bien se l’avouer, des fois on commence par dire un truc et on diverge et finalement on perd le fil et le but de ce que l’on voulait dire.

RAISON 19:  Pour enculer des mouches.
Il y en a qui ressentent toujours le besoin de corriger les autres sur les choses les plus insignifiantes qui soient.  Pour eux, la moindre virgule mal placée est suffisante pour faire accroire qu’un message pourtant clair devient incompréhensible, ou pour qu’une phrase pourtant anodine prenne un sens répréhensible.

RAISON 20:  Vous êtes en train de dire quelque chose qui va mettre le malaise.
Pour celle-là, j’ai un exemple personnel qui est assez spectaculaire, dans le vrai sens du terme. 

J’avais environs 25 ans, et un organisme charitable de l’église du quartier planifiait faire un spectacle de Noël.  Je m’y propose, avec un monologue de dix minutes au sujet des réveillons en famille.  Mon texte, récité du point de vue d’un jeune de 15-à-25-ans, se moquait ouvertement des vieux qui nous reçoivent, de la décoration chez eux, de leurs habitudes de vie, etc.  Or, dans show donné dans un sous-sol d’église, devinez de quoi était constitué 90% du public?  Exactement ceux de qui je me moquais dans mon monologue.  Je ne l’avais pas prévue, celle-là!   

L’animateur, constatant que j’insultais copieusement son public, m’a coupé le micro au bout de trois minutes.  Voyant que je ne m’en était pas rendu compte et que je ne m’arrêtais pas, il est venu m’interrompre, annonçant avec son micro, bien branché celui-là: « Et c’était Monsieur Requin! On l’applaudit! »  C’était probablement la dernière fois qu’ils acceptaient un numéro sans d’abord l’avoir entendu. 

RAISON 21:  Par simple narcissisme naturel.
Pour bien des gens, c’est comme s’il n’y avait qu’eux-mêmes qui existaient.  Par conséquent, ils n’ont pas l’air de se rendre compte que d’autres parlent. Ainsi, ils ne se rendent même pas compte qu’ils interrompent.

Harceler pour se victimiser

Croisez un conflictuodépendant avec une personne qui fait  dans la victimisation, et vous aurez cet hybride: Une personne qui cherche par tous les moyens à prouver qu’il est la victime incessante des agissements d’une autre.  Mais puisqu’il est trop lâche pour dénoncer ses vrais agresseurs (s’il en a), alors il prend pour cible une personne sans histoire.  Il va alors harceler sans cesse sa cible d’accusations aussi mensongères que farfelues dans ce but.  Bref: Harceler une personne en se plaignant mensongèrement d’être harcelé par la personne que l’on harcèle.  Eh oui, ça existe.  Et j‘ai eu autrefois la malchance d’avoir un voisin exactement de ce genre-là.  

Mai 1996. J’habite avec Kim, la mère de mes enfants, dans un duplex.  Nous habitons le rez-de-chaussée et avons droit à la cour arrière.  Le second et unique autre logement, situé au-dessus de nous, est vaquant depuis que Linda (Voir la série Camping chez Roger) est partie sans laisser d’adresse l’automne dernier. 

Par un bel après-midi de printemps, la place vient de se trouver un locataire. C’est un gars que j’estime à 20-22 ans. Grand, mince, arbore de très long cheveux blonds frisés jusqu’à la moitié du dos, moustache, jeans sales, cigarette à la gueule, T-shirt Metallica.  En bon voisin conciliant, je suis allé lui ouvrir les grilles pour lui permettre de stationner le camion de déménagement dans la cour, qu’il puisse aménager via l’escalier droit qui mène à son balcon arrière. Dès que le camion fut parti,  je suis sorti fermer la grille et la verrouiller.  Puis, constatant qu’il ne reste aucune trace de ce déménagement dans notre cour, je suis rentré.

Un quart d’heure plus tard, le nouveau voisin est descendu chez nous, cogner à notre porte.  On lui ouvre.  Il nous demande si les déménageurs n’avaient pas laissé de son stock dans notre cour, par hasard. On lui répond que non, sinon on l’aurait vu.

« Ça, ça veut dire que quelqu’un m’a volé une coupl’ de boites! »

Il nous raconte alors que les boites qui ont mystérieusement disparu contenaient ses plus précieuses possessions.  Et ce n’est pas tout: Les déménageurs ont fait exprès de manipuler les autres boites de manière à casser ses choses fragiles. Comme preuve, il nous montre un bol cassé, qu’il a pris soin de descendre avec lui afin de nous le montrer

Sa plainte n’était pas formulée avec une voix fâchée de quelqu’un légitimement irrité de s’être fait vandaliser et voler ses possessions.  C’était plutôt avec un ton presque enfantin, qui faisait « Pauvre de petit moi, le monde y’é donc ben méchant. »  Mais bon, croyant là un légitime problème de déménagement, j’ai cru que l’incident serait isolé. Je me trompais! 

On ne peut pas dire que c’était un voisin bruyant. Ça non! Jamais on n’entendait de chez lui de musique ni télé ni bruit quelconque.  Plus tranquille qu’une souris, qu’il était. Mais comme ce rongeur, il a su vite montrer son côté vermine. 

Un jour alors que nous étions dans la cour arrière, Kim, les enfants et moi, il est descendu nous rejoindre.  Il nous a questionné sur la personne qui habitait là avant lui. On lui parle de Linda, sans préciser pour autant depuis quand elle est partie. Il nous raconte alors comment, la nuit dernière, un gars louche se serait supposément introduit dans la cour, serait monté jusque chez lui, et aurait commencé à épier dans l’appartement par toutes les fenêtres donnant sur le balcon.  Puis, surpris par le nouveau voisin, il se serait enfui  à toutes jambes.

Kim et moi n’avons rien répliqué, mais on trouvait cette histoire un peu étrange.  D’abord, la cour arrière est protégée par une clôture fermée et cadenassée.  Je veux bien croire que ça s’escalade, mais tout de même.   Ensuite, oui, Linda avait bien des amis, mais aucun d’eux n’était du genre petit ratoureux hypocrite.   Enfin, fallait-il que ce rôdeur soit en retard dans les nouvelles, puisque ça faisait huit mois que Linda était partie.  Bref, c’était un cas d’histoire possible, mais ça demeurait très improbable.

Une fin d’après-midi, je suis seul à la maison avec bébé que je nourris à la bouteille, tandis que Kim est allé visiter ses parents avec notre fils aîné.  Je suis au salon, sur le divan, à regarder la télé, tout en tenant bébé dans mes bras.  Ça cogne à la porte.  Je me lève pour répondre, tout en continuant de tenir bébé.  C’est le gars d’en haut.

« T’as-tu bientôt fini tes travaux de rénovations? »

Je ne comprends pas de quoi il parle. Il me dit alors qu’il y a quelqu’un qui s’amuse à cogner sur les murs à grands coups de marteau depuis une bonne demie-heure. Et puisque je suis son seul voisin, ça ne peut être que moi.  Et il en rajoute une couche.  Pas seulement une, d’ailleurs:

  • 2e couche: « Ça frappait tellement fort que les murs en ont tremblés. » 
  • 3e couche: « Ça bougeait tellement que l’horloge de ma cuisine s’est décrochée du mur. » 
  • 4e couche: « L’horloge étant accrochée après un clou a grosse tête, donc qu’il fallait que ça cogne vraiment fort pour que l’horloge s’en décroche. » 
  • 5e couche:  « L’horloge, en tombant par terre, s’est cassée. »  
  • 6e couche: « Cette horloge, c’était le seul souvenir qui me restait de mon père. »
  • 7e couche:  Il me la montre.  Car oui, tout comme avec le bol brisé, il l’a apportée comme preuve. 

Cette horloge a le verre (en plastique) brisé en miettes.  Or, j’ai assez souvent échappé mes propres horloges pour savoir que ça prend bien plus qu’une simple chute par terre pour faire ça.  L’égratigner, d’accord.  Le fissurer, passe toujours. Mais pour détruire à ce point-là le plastique qui le recouvre, faut vraiment faire exprès et y mettre de l’effort.  Aussi, voyant que son histoire n’est que bullshit de A à Z, je lui répond calmement. 

« Ok! Ben premièrement je n’ai pas de marteau.  Deuxièmement je suis en train de nourrir bébé, comme tu peux le voir dans mes bras.  Troisièmement, si les murs avaient tremblés de la façon dont tu le dis, je pense que non seulement je m’en serais rendu compte, mais j’aurais moi aussi entendu des coups. »

Toujours avec son air de chien battu, il me répond: 

« T’es-tu en train de me traiter de menteur? » 

là, je commençais à en avoir un peu ras le bol de son complexe de persécution.  Évitant le piège que constitue sa question, je lui répond la chose la plus neutre que je puisse dire dans ce cas là: 

« Non, je suis juste en train de dire que je ne sais pas d’où les coups sur tes murs peuvent venir, mais il est impossible que ça vienne d’ici.  Fa que, bonne chance dans ton enquête, tu m’excuseras mais là je dois aller préparer le souper parce que ma femme et notre fils ainé reviennent tantôt. » 

Et, du pied, je lui referme doucement la porte au nez, sans lui laisser la chance de répliquer une nouvelle jérémiade. 

Une semaine plus tard, par un bel après-midi, ça cogne à la porte. Kim ouvre.  Un grand homme en uniforme se présente.. 

« Bonjour madame. Germain Sheperd, agent de la SPCA. On a reçu un appel comme quoi vous avez maltraité et tué un chat. » 

Kim et moi on se regarde sans comprendre.  On lui parle de nos deux chats, qui sont en superbe santé.  On les lui montre même, alors qu’ils font la sieste sur le lit.  Il peut voir qu’ils sont bien nourris, propres, calmes et en confiance.  Bref, loin d’être des animaux maltraités.  Il nous précise que l’appel qu’il a reçu parlait d’un chat tué dans la cour arrière. On ne comprends pas, nous étions nous-mêmes dans cette même cour il n’y a pas un quart d’heure de ça.  S’il y avait eu un cadavre de chat, on l’aurait certainement vu.  Mais bon, nous sortons tous les trois.

… Pour y voir, au beau milieu du terrain, un chat blanc, couché sur le côté, face à nous, comme s’il se reposait.  

Incompréhension totale de la part de Kim et moi.  Mais d’où est-ce qu’il sort, celui-là?  Surtout que c’était la toute première fois que Kim et moi voyions ce matou dans le quartier.  En s’approchant, on ne peut que constater qu’il ne respire pas.  Je le touche.  Il est raide.  Je lui soulève une patte.  Son corps complet se déplace, figé.  Il s’agit donc bien d’un cadavre. 

Le monsieur de la SPCA semble bien nous croire, comme quoi nous ignorons tout de ce chat.  Aussi, aucune accusation ne sera portée contre nous.  Il met la carcasse du maton dans un sac et repart avec. 

Une fois l’agent parti, on ne peut s’empêcher de se questionner.  C’est que de la façon dont notre cour est clôturée, oui, d’accord, un passant dans la ruelle aurait pu le voir le chat couché là.  Mais puisque l’animal tournait le dos à la ruelle, impossible pour un passant de voir qu’il était mort.  Il avait l’air tout bonnement endormi.  Ensuite, à l’époque, personne n’avait de cellulaire.  Alors même un passant, croyant le chat mort, n’aurait pas pu nous dénoncer.  Encore eut-il fallu que cette personne quitte la ruelle, contourne la rue transversale, aille sur notre rue et trouve notre numéro de porte exact.  Ça reste donc très improbable, surtout pour un chat qui n’a l’air qu’endormi.

Regardez cette carte de Montréal:  

Il est impossible qu’un chat soit entré dans ma cour, y meurt subitement, qu’un passant voit le chat, devine qu’il soit mort, trouve notre adresse, trouve un téléphone public dans ce quartier résidentiel, (époque pré-tout-l’monde-a-un-cell), trouve le numéro de la SPCA dans l’annuaire (époque pré-internet), les appelle, leur explique le problème, que la SPCA remplisse un  rapport, envoie un agent, et que celui-ci ait le temps de faire tout le trajet à partir des bureaux de la SPCA jusqu’à chez nous, dans les quinze dernières minutes.  Impossible! 

Seule une personne ayant accès à la cour, que dis-je, au chat lui-même, pouvait savoir qu’il était mort.  Cette plainte contre nous à la SPCA ne pouvait donc provenir de personne d’autre que notre voisin d’en haut, qui est justement très bien placé pour connaitre notre adresse.  Et puisqu’il est impossible que le temps entre le présumé meurtre du chat sur notre terrain et la visite de l’agent se fasse en un quart d’heure, la théorie la plus plausible pour cet incident est la suivante: Le voisin d’en haut était déjà en possession de ce cadavre de chat. (Allez savoir comment.)  Il a décidé de nous en faire endosser la mort.  Il a donc porté plainte à la SPCA il y a au moins une heure ou deux, sinon plus.  Puis, pour éviter que l’on trouve le cadavre du chat dans notre cour et que l’on s’en débarrasse avant l’arrivée de l’agent, il aurait épié à sa fenêtre l’arrivée de celui-ci.  À l’arrivée de l’agent, tandis que nous étions à l’avant, occupé à lui répondre, le voisin se serait dirigé à l’arrière pour lancer, de son balcon, le cadavre du chat dans la cour.

Ça a beau sonner comme de la parano, n’empêche que ça reste la seule explication possible.  Nous réalisons avec horreur que notre voisin direct semble posséder les symptômes d’un schizophrène, sinon un psychopathe.  S’il est capable d’en arriver à de telles extrémités dans le but de nous faire passer pour de mauvais propriétaires d’animaux domestiques, on n’ose penser ce qu’il fera le jour où il aura l’idée d’essayer de prouver que nous sommes de mauvais parents.  Avec lui ici, nos enfants ne sont plus en sécurité.  Surtout qu’il est impossible de porter plainte contre lui à la police à ce point-ci, puisque c’est le genre de situation dans laquelle il est impossible de prouver quoi que ce soit, avant qu’une tragédie n’arrive.

Heureusement, cet incident de voisinage fut le dernier.  Non pas parce qu’il a cessé, mais bien parce que nous étions à quelques jours du 1er juillet.  Kim et les enfants partaient vivre en HLM, tandis que moi j’allais emménager aux Résidences du Cégep André-Laurendeau. 

Je ne saurai donc jamais à quoi d’autre nous avons échappé de la part de ce voisin, et c’est probablement pour le mieux.  Parce que quand une personne choisit de te harceler dans le but de prouver qu’il est ta victime, aucun geste n’est trop tordu à ses yeux pour arriver à ses fins.

9 sujets insignifiants qu’utilisent certaines personnes pour se sentir supérieures aux autres.

Il y a quelques années, je vous ai offert une série de billets au sujet des conflictuodépendantsIl s’agit de ces gens pour qui l’estime de soi dépend fortement de leur capacité à rabaisser autrui plus bas qu’eux-mêmes.  Ce genre de personne est très facile à repérer car pour eux, tout est prétexte à se comparer à vous, en mieux.  Voici neuf situations particulièrement insignifiantes dans lesquelles ils ne peuvent se retenir de le faire.

1- Manger avec des baguettes.  Lorsque tu es en présence de cette personne dans un resto asiatique, (et crois moi qu’elle va t’y entraîner un jour, c’est inévitable), tu n’y échapperas pas.  Prendre une soupe avec une cuillère?  Des nouilles avec une fourchette? Des sushis avec tes doigts?  N’y pense même pas!  Tu vas t’attirer automatiquement ses remarques moqueuses à la « HEIIIIN? Tu ne sais pas utiliser des bagueeettes? »   Pour ce que ça change: Si tu les utilises, alors elle dira avec surprise, « HEIIIIN? Tu sais utiliser des bagueeettes? », avant de te donner un cours détaillé en quatorze points sur tout ce que tu fais d’incorrect dans ta manière de les tenir, les manipuler et les utiliser. 

C’est que cette personne n’a tellement rien en elle qui puisse la distinguer des autres, qu’elle se rabat sur sa maîtrise des baguettes pour se sentir supérieure.  En démontrant que toi aussi tu sais les utiliser, tu lui enlèves ce qui fait d’elle une personne spéciale.  Et ça, c’est pour elle très difficile à avaler.

Ceci dit, on parle ici d’un adulte qui ressent le besoin de crier sur tous les toits qu’il est capable d’utiliser une technique que maîtrise n’importe quel enfant asiatique âgé de quatre ans.  Bravo, champion!

2- Manger épicé.  Il y a des gens comme ça qui semblent croire sincèrement que manger épicé est un exploit.  Alors à chaque fois qu’ils vont au resto en groupe, c’est inévitable, ils commandent toujours le plat le plus épicé.  Puis, histoire de prouver qu’ils ont fait ce choix dans le but de rabaisser les autres et non par simple goût personnel, ils se moquent aussitôt de celui qui, à table, a commandé des mets non-épicés. 

Parce que oui, pour cette personne, même quelque chose d’aussi basique que se nourrir, c’est une opportunité de se mettre en compétition avec les autres.  Mais sérieusement, faut-il avoir un complexe d’infériorité en béton pour considérer que  transformer ses repas en expérience désagréable, c’est une raison pour se sentir supérieur aux autres?  

3- Ne pas utiliser Google.  Il y a quelques temps, sur un forum de BD européenne, j’ai décidé d’expliquer un gag de la série Achille Talon, dans lequel la chute était une citation latine.  J’ai cherché une version française de la citation sur Google, et j’en ai posté le résultat sur le forum.  Les commentaires que j’ai reçu n’ont eu aucun rapport avec Achille Talon, ni avec la citation.  C’était des conseils pour éviter d’utiliser Google. 

Parce que oui, Google étant très populaire, c’est automatiquement le mal incarné.  Et  honte à ceux qui l’utilisent car, puisque c’est justement l’engin de recherche le plus connu, ça démontre que tu ne connais pas grand chose, contrairement à eux qui connaissent des solutions alternatives.  

Oui, mais… À quoi bon amener une solution alternative quand la première solution fonctionne déjà très bien?  Il y en a qui vont apporter l’argument comme quoi il faut éviter Google car il fait des publicités ciblées à ses usagers en se basant sur leurs habitudes du net.  Bah ouais, et alors?  Vous croyez qu’au lieu de voir une pub qui pourrait m’être utile,  je vais préférer avoir une pub de Tampax?

4- Ne pas utiliser Facebook. On en a tous connu au moins un comme ça, qui prétend que Facebook ne sert qu’à faire perdre du temps au gens, les empêchant de faire ce qui est vraiment important dans le quotidien.  Mais voilà, il est trop intelligent pour tomber dans ce genre de piège, lui.  FUCK FACEBOOK!

Dites, vous en connaissez beaucoup, vous autres, des gens qui négligent leurs vies pour excès de Facebook?  Moi non plus.  Ce qui en revient à dire qu’en déclarant ceci, il nous affirme que c’est lui qui, contrairement à la majorité, n’a pas la volonté de se contrôler face à Facebook.  Et il trouve le moyen de tordre ça de manière à s’en vanter.  Tsk! Tsk!

Il y en a une autre comme ça qui, en 2007, décida de se démarquer du reste de l’humanité de cette façon.  La comédienne Jessica Barker décida de ne pas s’inscrire sur Facebook, qui venait d’atteindre 50 millions d’abonnés Elle prétendait que Facebook n’était qu’une mode passagère.

Mais voilà, ne pas aimer Facebook ne lui suffisait pas.  Elle décida de haïr Facebook.  Et pour pouvoir bien rentrer de force sa haine dans la gorge de tous les passants, elle décida d’imprimer, arborer et vendre des T-shirts « Fuck Facebook ».  Et pour se faire de la pub, elle demanda à l’autrice Raphaële Germain et aux comédiens Guillaume Lemay-ThiviergeVincent Bolduc et Patricia Paquin de les porter fièrement avec elle pour une séance de photo…  

…sur laquelle les deux premiers ont plutôt l’air de porter un chandail qui dit « Fuckface ».  Assez amusant lorsque l’on sait que fuckface est synonyme de stupide, idiot, irritant, grande gueule, je-sais-tout.

Le mois dernier, Facebook comportait 2.07 milliard d’usagers actifs.  Nombre qui n’inclut toujours pas Jessica qui continue d’affirmer que Facebook n’est qu’une mode passagère qui disparaîtra de la surface de la terre d’ici quelques années.

Si, histoire d’expliquer la non-utilisation de Google et Facebook, on te propose des arguments sérieux, dénonçant leurs failles niveau modèle économique, vie privée, monopole, NSA, etc, là, d’accord.  Mais lorsque le seul argument que l’autre puisse te donner est de te regarder comme si tu étais un attardé en disant  « Bah là, parce que c’est Facebook/Google. C’est suffisant comme raison. », c’est non seulement méprisant, c’est idiot.

5- Ne connaitre que la Pop Culture d’il y a 20-30-40 ans.  Ces gens, en général âgés entre 35 et 55 ans, considèrent comme étant une hérésie le fait que des moins de 25 ans ne peuvent comprendre des références vieilles de plus de deux décennies. La BD qui suit en montre un excellent exemple.



Source: Le webcomic The non-adventures of Wonderella.

Avez-vous déjà remarqué que ceux qui ne jurent que par la pop-culture de leurs années de jeunesse sont tous, sans exception, totalement incapable de nommer les équivalents actuels de ces mêmes sujets?  Ça vit dans le passé pour compenser le fait qu’ils sont incapable d’évoluer pour vivre avec leur temps, et ça se permet de vous rabaisser parce que vous ne pouvez pas connaitre les détails d’une époque dans laquelle vous n’étiez pas encore nés. 

6- Être utilisateurs de produits Apple.  Cette personne ne cesse de répéter à quel point Mac vaut 100 000 fois mieux que PC.  Elle ne manque pas de faire des commentaires rabaissants, et surtout non-sollicités, à tous les utilisateurs de PC autour d’elle, et elle en profite pour mettre en doute leur intelligence.  Elle est ce qu’on appelle une iSnob.

J’ai été amené à travailler en informatique pour de nombreux clients importants.  Aussi, il m’est arrivé à trois reprises de poser la question suivante à ce genre de personne.

« Si Apple est supérieur, pourquoi est-ce que BMO (Banque de Montréal), le Mouvement Desjardins, Air Canada, le système de paie des employés de la Ville de Montréal, les Bibliothèques et Archives Nationales du Québec, etc, utilisent tous PC au lieu de Mac? »  

Dans les trois cas, la réponse fut une variante de :

« Parce que c’est une bande de caves! »  

Voilà des arguments qui mettent bien en évidence l’intelligence supérieure qu’ils proclament posséder.

7- Les voyages.  Ils méprisent ceux qui ne voyagent pas car selon eux, les voyages, il n’y a que ça pour donner culture, maturité et intelligence.  Et si tu as voyagé aux USA, en République Dominicaine ou à Cuba, HORREUR!  À leurs yeux, c’est encore pire que de ne jamais avoir voyagé. 

C’est qu’ils se sont endettés pour aller au Japon et en Allemagne, eux!  Ils ont vu Istanbul et ont passé trois semaines dans un cachot de trois mètres carré avec 17 autres prisonniers à Copenhague, eux!  Et ils l’ont fait à pied, en sac-à-dos, car ils snobent particulièrement les voyages tout-inclus.  Ça leur a permis de voir le vrai visage du pays qu’ils ont visité, eux!  

Autrement dit, tandis que « tous ces cons de touristes en voyage organisés » visitent des endroits historiques, reçoivent de brèves leçons d’histoire, mangent bien, sont logés et sont en sécurité, tout ça à prix modique, eux vivent en vagabonds, sans abris, à la merci des éléments et des gens mal intentionnés, en ne voyant de ces pays rien de plus que ce que l’on retrouve ici en se promenant dehors: Des quartier pauvres, des routes et de la végétation. Pour le même prix qu’un tout-inclus, sinon plus.  Et ils s’en vantent.

8- Ton téléphone mobile.  Sur ce sujet en particulier, rien à faire pour s’en tirer.  Quoi que tu fasses ou non, tu ne peux échapper à son mépris.  La preuve:

  • Tu as le modèle sorti il y a 18 mois?  « OMG! Attardé!  Arrive au 21e siècle! »
  • Tu as le modèle sorti il y a 3 jours? « OMG! Mouton! Tu achèterais n’importe quoi, pourvu que ce soit nouveau. »
  • Tu as un Sam Koogers?  « OMG! Mais c’est tellement de la merde comparé à mon iBelléotron. »
  • Ton forfait te coûte [X]?  « OMG! J’ai trois fois le double de tes services et apps pour le quart du prix que tu payes. »
  • Tu te crois à l’abri car tu n’as pas de téléphone mobile? « OMG! Attardé!  Arrive au 21e siècle! »

9- Ce qui n’est pas du vrai / de la vraie [insérer sujet quelconque].  Si cette personne vous demande ce que vous planifiez manger ce soir, et que vous avez bien envie de vous taper un sachet ou deux de ceci…
… alors n’allez surtout pas lui répondre « Des nouilles ramen au poulet ».  Ça a beau être des nouilles, ça a beau être écrit « Ramen » sur le sachet, et ça a beau être à goût de poulet, C’EST PAS ÇA, DES VRAIS RAMEN!  Cette personne vous fera alors la leçon comme quoi quand elle mange du Ramen, alors c’est du VRAI Ramen, composé de nouilles Udon, de miso, de dashi, d’huile de sésame et de chili, de coeur de pousses de bambou de Kobe, d’oignons du printemps, de gingembre, de feuilles de Nori et d’émincé de poulet ou de foie de panda égorgé sur place avec une lame d’acier composite San-Maï, le tout préparé par un vrai chef japonais ayant reçu son diplôme culinaire des mains de l’empereur régnant de l’ère Kyōwa.  Toute dérogation ne mérite pas de porter le nom de Ramen.  Et ceci, à ses yeux, cimente définitivement votre statut de péquenaud inculte pour avoir déjà cru autre chose. 

Ce genre de comportement ne s’arrête pas à la nourriture.   Par exemple, si vous aimez le whisky canadien (Rye), elle vous fera la leçon comme quoi le vrai whisky est écossais (Scotch).  Et que la musique que vous appréciez, ce n’est pas de la vraie musique, contrairement à ce qu’elle écoute.   Et que le Maxwell House que vous osez appeler café n’est pas du vrai café, contrairement à ce qu’elle boit.  Etc.

Il n’y a pas de mal à savoir manger avec des baguettes, aimer manger épicé, n’utiliser ni Google ni Facebook, apprécier la pop-culture rétro, voyager, avoir un bon forfait mobile, et préférer les « vraies » choses.  Mais lorsque l’on ressent le besoin d’utiliser ceci pour prendre les autres de haut, les rabaisser, s’affirmer supérieur à eux, alors là, ce n’est pas non plus de la vraie amitié.   Par conséquent, on n’a aucune vraie bonne raison de se soumettre aux jugements de ce genre de personne en la gardant dans notre entourage. 

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Pour en savoir plus sur ce genre de personnes, je vous invite à lire le billet suivant: 37 signes pour détecter d’avance une personne conflictuodépendante,  ou à consulter les billets de la série La Conflictuodépendance.

50 éléments clichés (pardon: classiques) du Temps des Fêtes au Québec.

D’abord, un grand classique pour se mettre dans l’ambiance:

Et maintenant, voici 50 éléments classiques du temps des fêtes!

1- Le beau linge propre que l’on met une fois par an et qui nous semble avoir rétréci depuis l’année dernière.

2- Le seul espace de stationnement situé à 3.7 kilomètres de la personne que l’on visite.

3- La nouvelle blonde du grand cousin, une air bête qui ne dit pas un mot de toute la soirée.

4- La mémé qui te pince pis t’étire les joues.

5- Les 8624 bibelots sur les bibliothèque de matante Thérèse.

6- Le lit de grand-maman qui sert de vestiaire, dans la sinistre chambre mal éclairée qui sent bizarre, aux murs grisâtres sur lequel sont accrochés des crucifix, images religieuses, portraits d’ancien papes et cadres de photos noir et blanc de membres de la famille morts depuis plusieurs décennies.

7- La matante qui te dit « Comme ça, t’es enfin devenue une grande fille! », ce qui signifie que ta mère a raconté à toute la famille que tu as eu tes premières règles.

8- Les lumières du sapin qui décident de foquer, après que l’on a mis deux heures à poser toutes les décorations par dessus.

9- Les remarques à la « Eh qu’ça a grandi c’t’enfant-là! » qu’on te disait en te tapotant le haut de la tête.

10- Les remarques à la « Eh qu’ça a grandi c’t’enfant-là! » qu’on te dit en te tapotant le bedon, maintenant que tu es adulte.

11- Les souhaits de bonne année, bonne santé pis du succès dans tes études.

12- Les questions embêtantes à la Où c’qu’à l’est, ta blonde? T’avas-tu peur qu’on te la vole? alors que, au choix:

  • Tu t’es disputée avec elle et n’a pas envie d’en parler.
  • Tu souffres d’être célibataire.
  • Tu es gai.
  • Tu ne ressens ni le besoin d’être en couple, ni celui de te justifier sur le sujet.

13- Le mononc’ cochon dont le regard ne te lâche pas les rondeurs hautes-avant et basses-arrière.

14- Les ti-cousins morons qui foutent le bordel dans tes affaires.

15- La cousine de 14-19 ans qui snobe Noël et tout ce que ça représente car elle traverse sa phase rebelle à la conscience (anti)sociale profonde, engagée et militante, en se croyant originale d’avoir exactement les mêmes réflexions sur le sujet qu’ont déjà eu tous les ados des 60 dernières années.

16- Le bitchage plus ou moins subtil entre belles-sœurs.

17- Les engueulades entre beaux-frères au sujet de sport ou de politique.

18- La vieille frustrée qui en profite pour régler ses comptes publiquement en faisant des remarques amères au sujet de combien sa famille sont des ingrats, après tout ce qu’elle a fait pour eux.

19- Les nouveaux cousins / nouvelles cousines, pour cause de familles reconstituées, que tu trouves très hot, mais que tu ne peux rien faire avec, parce que c’est maintenant de la famille.

20- Le chum de ta nièce, un Ti-Jo-Connaissant dont les conseils non-sollicités démontrent qu’il est convaincu qu’il saurait bien mieux que toi comment gérer ta carrière, gérer tes finances, élever tes enfants, etc.

21- La matante qui te fait honte en ressortant le vieil album photo de votre party de Noël d’il y a 10 ans, avec plein de pics sur lesquelles tu as l’air gniochon.

22- Les petits hors d’oeuvres servis au salon et qui disparaissent le temps de poser le plateau, tellement tout l’monde est affamé.

23- Les chaises dépareillées, la chaise berçante, les chaises pliantes, la chaise d’ordi et le pouf que l’on sort afin de pouvoir asseoir tout le monde.

24- La table autour duquel on a de la misère à placer tout le monde.

25- Les adultes qui insistent pour que les garçons enfants et ados prennent de la bière et du vin en disant Enwèye, mon ti-gars, fa un homme de toé!

26- Les farces épicées de mauvais goût de mononc’ Roland.

27- La farce épicée de mauvais goût de la dinde.

28- Le p’tit kid difficile qui n’aime que le 1/10e de ce qu’il y a dans son assiette.

29- La bûche de Noël cheap, sèche et sans goût achetée au Wal Mart.

30- La bûche de Noël à la crème glacée riche et ultra-chère dont personne ne veut pour cause de régime, de diabète ou d’avoir déjà assez mangé.

31- Les enfants malades d’avoir trop mangé.

32- Les ados malades d’avoir trop bu.

33- Les enfants qui arrachent le papier d’emballage de leurs cadeaux en 0.03 secondes.

34- Les adultes qui déballent précautionneusement leur cadeaux en 8 minutes dans le but de pouvoir un jour réutiliser le papier.

35- Les jouets piles non-incluses que les adultes offrent aux enfants en oubliant d’acheter des piles.

36- Le jouet pour enfants que tu reçois à 15-16 ans de la part de la mémé qui ne s’est pas encore rendu compte que tu n’es plus un enfant depuis un maudit boutte.

37- La collection d’emballages-cadeaux sous forme de sacs multicolores métallisés non-recyclables qui va encombrer le débarras pour des années à venir.

38- Le linge que tu reçois en cadeau et que tu n’apprécie pas vraiment parce que, au choix :

  • C’est trop petit.
  • C’est trop grand.
  • C’est trop laid.
  • C’est du linge, ciboire!

39- L’émission Bye Bye _ _ _ _ [insérer l’année qui se termine] aux sketchs ennuyants ou bien vulgaires qui ne font jamais rire personne à part les enfants.

40- La cousine qui va se cacher dans son coin pour brailler au sujet de Dieu-sait-quoi.

41- La matante fofolle qui pense avoir gardé son coeur d’enfant mais qui en fait traumatise ses neveux et nièces avec son exubérance et son rire à fendiller les fenêtres panoramiques.

42- Ciné Cadeau qui présente « C’est Astérix et la Ballade de Garfield au Temple de Cléopâtre à Daisy Town, Charlie Brown » pour la 107e année de suite.

43- Le colportage de rumeurs comme quoi « On peut même pu dire « Noël » pour pas choquer les esties d’immigrés », qui ne se base sur rien de vraiment concret. 

44- Le vieil oncle qui s’endort assis sur le fauteuil du salon.

45- Les 10-à-30-ans qui ont de la misère à te parler, tellement ils ont le nez dans leurs appareils mobiles.

46- La visite qui ne part plus.

47- Le char qui ne part plus.

48- Les restants de bouffe que des enfants ont caché un peu partout parce qu’ils n’osaient pas dire qu’il n’aimaient pas ça, que l’on retrouve lors du ménage suivant.

49- Les restants du réveillon qui ne semblent pas vouloir diminuer, et ce peu importe le nombre de fois où on en mange, et qui vont traîner dans le frigo jusqu’à la St-Valentin.

50- Les résolutions du nouvel an qui prennent le bord de la poubelle plus vite que les restants du réveillon.

Le Nice Guy: Contributeur (et victime) de la société patriarcale.

Puisqu’il faut bien le préciser: Cet article ne dit pas « Toutes les filles sont comme ça. »  Je ne fais que décrire une situation que j’ai quelquefois observée, et même vécue deux ou trois fois, ainsi que sur quelques témoignages de femmes.

C’est bien connu, le patriarcat impose aux femmes plusieurs règles de société en matière d’amour et de sexualité.  Toute dérogation à ces règles mérite à sa contrevenantes des étiquettes peu flatteuses: Superficielle, bitch, opportuniste, et surtout salope. 

Tout commence à l’adolescence.  La fille est la cible d’un amour non-sollicité de la part d’un garçon qui ne lui plaît pas.  Ou, variante: Elle a commencé à sortir avec un gars, mais maintenant qu’il a perdu le charme de la nouveauté, il ne lui plaît plus.  Elle le repousse donc, ou casse, selon le cas. 

On a trop souvent tendance à oublier qu’à l’adolescence, nos critères de sélection et de refus se basent sur des détails qui ne sont pas socialement acceptables lorsque l’on est adulte.  Aussi, les raisons de repousser un gars peuvent être: Il est gros, ou d’une autre race/culture, ou alors sa famille est pauvre, ou bien il ne travaille pas, ou alors si mais il occupe un poste bas de gamme, ou bien il n’est juste pas assez beau / musclé / athlétique. 

La fille sait trop bien qu’elle vit dans une société patriarcale dans laquelle on ne peut repousser un garçon sans avoir une raison valable.  Et quand je dis valable, je veux dire valable aux yeux des gars de son âge, mais surtout aux yeux des adultes qui l’entourent.  Elle sait bien que si elle donne les vraies raisons de son dégoût, on lui collera les étiquettes de superficielle, raciste, jugementale, plotte à cash...  La fille n’a donc pas le choix: Si elle veut que l’on accepte et respecte sa décision, elle doit donner une raison acceptable et respectable.  Elle donne donc la seule raison qu’elle sait que personne ne va vouloir contester: Elle dit que le gars est trop porté sur le sexe à son goût, et/ou qu’il la harcèle sexuellement. 

La fille ne dit pas ça dans le but mesquin de détruire gratuitement la réputation du gars.  C’est juste que dans notre société, cette accusation est l’excuse idéale.  D’abord, puisque tout le monde s’attend ça de la part d’un gars, tout le monde va la croire.  Ensuite, puisque ce genre de comportement est inacceptable, personne ne va la blâmer de vouloir prendre ses distances avec lui.  Enfin, bonus non négligeable: en donnant ça comme raison de repousser un gars, elle démontre qu’elle n’est pas une salope.

À chaque fois qu’une fille se plaint de l’attitude obsédé sexuelle des gars, que ce soit à tort ou à raison (Parce que oui, des fois, c’est vrai), tout le monde en parle.  Ces histoires arrivent donc aux oreille des gars.  Et parmi eux, il y a ceux qui feraient tout pour plaire aux filles: Les soi-disant bons gars, les Nice Guys. 

Bien que certaines de ces anecdotes sont véritables, ces rumeurs comportent leur lot d’histoires bidon, de faits et gestes pris hors-contexte, et d’accusations mensongères à base d’excuses fausses mais socialement acceptables.  Par conséquent, le pourcentage de gars harceleurs et obsédés s’en trouve tellement gonflé que l’on finit par croire que la majorité des gars sont comme ça. 

Le Nice Guy, voulant plaire, se jure que jamais il ne commettra ces crimes contre la femme, lui!  Il saura les respecter, lui!  Il sera un bon gars, lui!

Le temps passe.  On passe d’adolescents à adultes.  Les filles deviennent des femmes.  Devenant plus matures, elles changent tous naturellement leurs critères de sélection en matières d’hommes et de couple.  Et c’est comme ça que le Nice Guy, ignoré dans sa jeunesse, voit des femmes qui commencent à s’intéresser à lui.  S’ils sont tous les deux célibataires, la situation est idéale pour commencer une relation.

Mais voilà: Il arrive parfois que la situation n’est pas idéale.  L’exemple que je vais vous donner en est un que j’ai vécu deux ou trois fois, en plus de l’avoir quelquefois observé chez d’autres.

La fille est déjà en couple, mais le gars en question ne l’intéresse plus.  Or, lorsque l’on est adulte, casser comporte des changements de vie beaucoup plus compliqués et majeurs que lorsque l’on était ado.  Aussi, tant que l’atmosphère est toujours vivable entre les deux partenaires, beaucoup préfèrent encore maintenir le statu quo en restant ensemble.  Une situation décrite cyniquement comme « avec lui en attendant mieux. »

Or, il se trouve que son ami le Nice Guy est, à ses yeux, mieux que son partenaire actuel.  Il l’intéresse.  Pour lui, elle casserait.  Encore faut-il que ses sentiments soit partagés par le Nice Guy.  Elle va donc tâter le terrain.  

Au fil des jours, elle lui fait des confidences de plus en plus intimes, dans laquelle elle lui donne des indices sur ses préférences sexuelles: Elle aime être prise, dominée, claques sur les fesses, tirer les cheveux, ce genre de trucs.  Le Nice Guy a depuis longtemps compris et accepté qu’ils ne sont qu’amis.  Aussi, il n’y voit pas de message caché, et ça ne fait que l’amuser.  La femme, constatant que non seulement il n’est pas scandalisé par ses confidences, il en est même amusé, elle voit ça comme un bon signe comme quoi il puisse être intéressé.

Un soir, elle invite le Nice Guy chez elle sous un prétexte bidon et platonique.  Avec quelques coupes de vin pour détendre l’atmosphère et chasser les inhibitions, elle détourne subtilement la conversation vers un ton plus sexuel.  Finalement, que ce soit en gestes, en paroles ou en attitude, elle s’offre à lui.

N’importe quel gars sauterait sur l’occasion de la sauter.  Mais voilà, le Nice Guy n’est pas n’importe qui, lui!  Il a passé sa vie adolescente et adulte à étudier les filles, leur comportement, à écouter ce qu’elles disent, pour savoir ce qu’elles apprécient chez les hommes, et surtout ce qu’elles n’apprécient pas.  Aussi, il est sincèrement convaincu des points suivants:

  • Tu es ami avec une femme? Alors tu es automatiquement dans sa friendzone.
  • Toutes les femmes détestent qu’un homme tente de sortir de la friendzone.
  • Quand une femme a bu, elle n’a plus toute sa tête.
  • La preuve: À-jeun, elle ne lui a jamais montré autre que de la simple amitié.  Et maintenant qu’elle a bu, elle le désire sexuellement?  Alors qu’elle est déjà en couple?  C’est bien la preuve que l’alcool enlève à la femme tout son jugement.  
  • Tout homme qui profite d’une femme sous l’influence de l’alcool est un salaud, un agresseur sexuel, un contributeur à la culture du viol.
  • Les femmes ne veulent au lit qu’un homme doux et patient. (Ce qui est généralement vrai à l’adolescence lors de leurs premières relations. Mais après, en général, ça évolue.)
  • Prendre une femme de force, la dominer, claques sur les fesses, tirer les cheveux, c’est de la violence.  La pire de toute; la violence sexuelle.  Autrement dit: Un viol.
  • Et puis d’abord, toutes les femmes sont fidèles. Elles ne supportent ni l’adultère, ni les hommes qui ne respectent pas le fait qu’elles soient en couple.
  • Une femme infidèle, c’est une salope. 
  • Or, son amie n’est pas une salope, et il la respecte trop pour en faire une.  

D’instinct, le Nice Guy voit cette situation comme un test qu’elle lui fait passer.  Il est très fier d’avoir cette opportunité de lui montrer qu’il n’est pas comme tous les autres hommes, lui!  Qu’il est à l’écoute des femmes, lui!  Qu’il sait ce qui est bon pour elle, lui! 

Toute sa vie, les filles et les femmes lui ont fait la leçon en matière de comportement masculin.  Aujourd’hui, il va enfin pouvoir leur montrer qu’il a bien appris sa leçon. 

D’une voix douce et d’une attitude compréhensive, il lui dira alors des trucs du genre de:

  • « Voyons! Tu n’y penses pas. » 
  • « Nous sommes amis seulement. »
  • « On ne peux pas coucher ensemble sans être des amoureux.  Le terme le dit: Faire l’amour! »  
  • « Tu es déjà en couple, ce ne serait pas correct pour lui. »
  • « Je te respecte trop pour te faire ça. »
  • « Je le respecte trop pour lui faire ça. »
  • « Tu as bu, donc tu n’as plus toute ta tête. »
  • « Dans de telles conditions, coucher avec toi, ce serait t’abuser sexuellement. »
  • « On risquerait de le regretter tous les deux. »
  • « Tu sais, tes histoires, là, de domination, de tirage de cheveux, de claques sur les fesses…  Est-ce que tu te rends compte que tu ne fait qu’encourager la violence sexuelle envers la femme?  Que tu la banalise?  Que tu contribues à l’idée comme quoi être violentées sexuellement par des hommes, vous ne demandez que ça? »
  • « Tu sais, si tu étais célibataire, si tu n’étais pas sous l’influence de l’alcool, et si tu ne me demandais pas de te violer, j’adorerais le faire avec toi.  Mais là, non, désolé, je ne peux pas.  Ce serait un manque de respect envers toi, envers ton homme, et envers moi-même. »

Sur ce, le gars repars chez lui.  Frustré sexuellement, certes, mais fier de lui.  Fier d’avoir pu prouver qu’il est respectueux de la femme, lui!  Qu’il est capable de contrôler ses pulsions, lui!  Bref, qu’il est tout à l’opposé de cette société patriarcale qui méprise la femme, lui! 

… Sauf que la femme, chez elle, seule après le départ du Nice Guy, ne ressent pas vraiment les choses de la même façon. 

Elle ne voit pas le déroulement de la soirée comme étant « la preuve comme quoi il y a encore des bons gars sur terre. » 

Elle n’est pas « honorée du respect dont il a fait preuve envers elle. »  

Elle n’est pas heureuse que « par la retenue dont il a fait preuve, il a sauvé leur amitié et son couple. » 

Non! 

Elle voit qu’il l’a repoussé.

Elle voit qu’il l’a accusé de ne pas avoir toute sa tête. 

Elle voit qu’il l’a qualifiée d’ivrogne, incapable de tenir l’alcool.

Elle voit qu’il l’a jugée comme étant incapable de savoir ce qu’elle fait.

Elle voit qu’il prétend savoir mieux qu’elle ce qu’elle veut.

Elle voit qu’il a démontré qu’elle manquait de respect.  Envers lui.  Envers son conjoint.  Et surtout envers elle-même. 

Elle voit qu’il l’a fait se sentir comme si elle n’était qu’une salope.

Bref, encore une fois, elle a été humiliée et méprisée par un homme, parce qu’elle a commis le crime de déroger des règles sociales en matière d’amour et de sexualité.  Des règles que la société patriarcale impose à la femme.

Lorsque l’on vit une situation dans laquelle on a été à ce point-là humilié, on ressent le besoin d’en parler, ne serait-ce que pour s’en défouler.  C’est normal.  Mais voilà, la femme a bien apprise sa leçon.  Elle ne veut pas prendre le risque de se faire encore qualifier de salope, ivrogne, irrespectueuse et écervelée.  Aussi, lorsqu’elle raconte cette soirée, elle inverse les rôles au sujet de qui a dragué qui, et qui a repoussé qui. 

D’accord, cette fois-ci, peut-être que la fille ne dit ça que dans le but mesquin de détruire la réputation du gars.  Normal, puisqu’elle est frustrée contre lui.  N’empêche que là encore, cette accusation est l’excuse idéale.  D’abord, puisque tout le monde s’attend ça de la part d’un gars, tout le monde va la croire.  Ensuite, puisque ce genre de comportement est inacceptable, personne ne va la blâmer de vouloir prendre ses distances avec lui.  Enfin, bonus non négligeable: en donnant ça comme raison de le repousser, elle démontre qu’elle n’est pas une salope.

Et comme à chaque fois qu’une fille se plaint de l’attitude obsédé sexuelle des gars, tout le monde en parle.  Ces histoires arrivent donc aux oreille des gars.  Et parmi eux, il y a ceux qui feraient tout pour plaire aux filles: Les soi-disant bons gars, les Nice Guys.  Le Nice Guy, voulant plaire, se jure que jamais il ne commettra ces crimes contre la femme, lui!  Il saura les respecter, lui!  Il sera un bon gars, lui!

Et c’est ainsi que le patriarcat créé le Nice Guy, qui à son tour recréé le patriarcat, qui à son tour recréé le Nice Guy, qui à son tour recréé le patriarcat, qui à son tour recréé le Nice Guy, en un mouvement perpétuel infini dans lequel tout le monde est perdant, les hommes comme les femmes.

Mais, faut le reconnaître, surtout les femmes. 

Le Party avec Salvail chez Rozon (2e partie)

Bien que ces réactions sont à classer dans le dossier CES TRUCS QUE JE NE COMPRENDRAI JAMAIS, il reste que c’est quelque chose que l’on voit (trop) souvent: Il se produit un geste illégal et/ou immoral. Tout le monde le voit, mais personne ne réagit… Sauf UNE personne.  Et étrangement, ça donne la honte aux autres. Ils prennent ça comme une attaque personnelle, comme si l’action de l’intervenant était une dénonciation de leur propre inaction.

Aimez-vous qu’on vous fasse honte en vous attaquant? Eux non plus! Alors leur premier réflexe est de contre-attaquer. Première chose à faire : se prouver à soi-même et aux autres que non, la personne qui a agi ne leur est pas supérieure moralement. On lui invente donc des motifs cachés immoraux.

Autre truc que je ne comprendrai jamais: Depuis plusieurs années, il y a une grande vague de dénonciations envers des gestes autrefois perçus comme étant anodins, et reconnus aujourd’hui comme étant du harcèlement sexuel.  Ou, variante, on dénonce des comportements qui, si on les laisse passer, pourraient éventuellement évoluer en une forme de harcèlement sexuel.  On dénonce à tour de bras, on tire partout, on cherche dans le moindre comportement, on râtisse large, on analyse tout ce qui puisse être perçu comme tel, afin d’en crucifier son auteur sur la place publique.

Par contre, quand on a la chance d’en trouver un qui a vraiment commis un viol, alors là, personne ne le dénonce.  Tout le monde le protège.  Et malheur à celui qui voudrait l’exposer, c’est plutôt lui qui va voir sa réputation se faire salir.

Plus on cherche à criminaliser les innocents qui sont, dans le meilleur des cas des agresseurs optentiels, et moins on veut reconnaitre comme étant des criminels ceux qui le sont vraiment.

Trouvez l’erreur?

Le Party avec Salvail chez Rozon (1ère partie)

Ces dix dernières années, je racontais souvent l’anecdote dans laquelle Éric Salvail m’a appelé « ma chouette ». Mais avec les révélations médiatiques de ces derniers jours, je réalise que le reste de la soirée vaut également la peine d’être racontée.

J’avais d’abord pensé raconter cette anecdote sous forme de texte.  Et puis, je me suis dit que ce serait bien, d’avoir le seul témoignage sur le sujet sous forme de BD.  Veuillez excuser le style graphique un peu primitif.  Je dessine cette histoire pendant mes pauses, au boulot.  Comme ça, chez moi, je ne consacre mon temps qu’à mon projet d’album de La Clique Vidéo, qui a une date de tombée.

C’est parti:

 










À l’époque, je croyais sincèrement que la claque sur les fesses que m’avait donné Éric Salvail était un truc anodin, sans sous-entendu.  Il est vrai que j’aurais trouvé ça un peu plus normal de la part d’un bon copain proche, plutôt que d’un gars que je ne connaissais que depuis un quart d’heure.  Mais bon, j’avais déjà rencontré bien des personnes exubérantes dans ma vie.  Croyant qu’il ne s’agissait-là que de son humour particulier, je ne me suis jamais senti traumatisé ni agressé du geste d’Éric.  La preuve, c’est qu’à chaque fois que je parlais de cette soirée, je ne racontais que la partie « ma chouette / ma chienne » en trouvant ça bien drôle. 

Maintenant, bien que je ne me sens toujours pas traumatisé ni agressé, il reste que les récentes révélations au sujet d’Éric Salvail me font voir ses paroles et ses gestes sous un tout autre angle.

Sur ce, voici la suite.

__________

Références:
– Mon article viral 30 comportements qu’il faudrait cesser d’avoir sur Facebook.
– Mon autre texte viral, la liste de noms de famille.
– La chanson que j’ai écrite et interprétée, et que le prof de l’ENH m’a demandé la permission d’utiliser, s’intitule L’amour, c’est comme ça.  Ça dénonce le fait que certains hommes considèrent que leurs agissements violents puissent être de sincères signes d’amour pur.  Ça le fait de façon bien plus horrible que drôle, je dois dire.

Quand l’amitié arrive à sa date d’expiration

Cette conversation que j’ai eue en mars dernier est auto-explicative.  J’ai changé le nom de mon interlocutrice.  Il suffit de savoir qu’il s’agit d’une ex-amante avec qui j’ai eu une relation passionnée tout un été, relation qui ne pouvais hélas pas durer.  Et grâce à Facebook, ou peut-être à cause de Facebook, nous sommes restés simples amis par la suite, continuant les contacts et dialogues de temps en temps.

Et là, presque neuf ans plus tard…

Emmy
Yo Steve

Steve
C’est moi!
Joyeux 27e anniversaire.

Emmy
Merci! Il a été plutôt à chier, mais qu’importe.

Hey, depuis le début de l’année, je suis en recherche d’emploi dans un domaine un peu rigide, où la vie des candidats est scrutée à la loupe.  Par conséquent, je deviens de plus en plus privée comme personne (et je dois avouer que ça me fait du bien à la santé mentale.)  

Je fais du ménage dans mes vieilles publications sur Facebook.  Un peu par paranoïa, au cas où un employeur potentiel viendrait y fouiner.  Je delete du stock et je me détague.

Steve
Je comprends parfaitement.  Flavie est pareille.  Rassure-toi, je ne me sentirai pas offensé si tu enlèves tous mes trucs.

Emmy
Et puis je me suis rendue compte que… C’est malheureux à dire, mais je suis incapable de ressentir la moindre nostalgie quand je vois tes trucs.

En fait, je pense que l’on est arrivés au bout de notre amitié.

Mais je ne dis pas ça de façon méchante.  C’est juste que…  Je ne sais pas.  Désintérêt total.

Ça me fait bizarre de te dire ça comme ça.

Steve
Je vois!
Mais, hum…!?  « Au bout de notre amitié », tu dis?  Ça inclut me faire retirer de ta liste d’amis FB?

Emmy
Je sais pas.
C’était mon intention quand je t’ai écrit ce matin.
J’ai quitté le forum et j’ai coupé tout contact avec une foule de personnes, et ça me semble tellement thérapeutique jusqu’à maintenant.

Mon doux que je dois sonner bizarre de t’annoncer ça de manière aussi détachée.

Je ne l’aurais jamais fait brusquement sans t’en parler d’abord.

Steve
Pour être franc, c’est sûr que ça surprend.  

Ceci dit, je suppose que je représente probablement pour toi une vie passée, morte, enterrée, exorcisée et oubliée.

Emmy
C’est… Exactement ça!

Je déteste avec passion la personne que j’étais à cette époque-là.  Mon vieux moi de merde.  Et même si tu es un individu totalement séparé de moi, il reste que, à mes yeux, tu demeures un souvenir comme quoi j’ai déjà été cette personne-là.  

Steve
D’accord!  Je vois la logique dans tes propos et ta démarche.  Alors rien à craindre, je comprends.  Je ne t’en tiendrai pas rancune.

Emmy 
Ahahahah ok
T’es pas mal chill

Steve
Ta première responsabilité est envers toi-même.  Si tu te sens mal dans la relation, tu es dans ton droit d’y mettre fin.  Je serais vraiment égoïste de te forcer à la prolonger.  (En plus que je serais un fucking loser de vouloir d’une amitié forcée.) Donc, ne t’inquiètes pas, j’accepte, et je ne le prend pas personnel.  

Emmy
Bon, eh bien ce fut smooth as fuck. 😀 

Steve
Quoi, tu es surprise? 😉
Les gens pensent que j’ai un caractère de pitbull enragé, juste parce que je prends mal leurs insultes gratuites.  Tu ne m’insulte pas, là, tu m’expliques tes sentiments. 

Vrai, ta requête est surprenante, mais elle est compréhensible.  Nous évoluons tous.  Celui que j’étais y’a 9 ans aimait celle que tu étais y a 9 ans.  Mais nous ne sommes plus du tout ces gens-là.  

Alors soit: Je te libère de toute responsabilités et obligations morales ou autres envers moi.  Et puis tiens: Puisque c’est toi qui m’a trouvé et ajouté sur FB en 2008, alors je te laisse m’en enlever toi-même aujourd’hui.  Comme ça la boucle sera bouclée, et je crois que ça va aller de pair avec ton auto-thérapie 🙂 

Emmy
Eh bien merci beaucoup 🙂
Passe une excellente journée

Steve
Pareillement.
Alors à +
Ou pas 😉

Tandis qu’elle disparaît de ma liste d’amis FB et de ma vie, je pousse un petit soupir.  Ma relation avec cette fille a été l’un des points les plus marquants de ma vie adulte.  Mais voilà, comme le dit le proverbe, toute bonne chose a une fin.  Surtout lorsque la dite chose cesse d’être bonne. 

Au moins, elle a eue la décence de m’en parler avant, au lieu de juste me bloquer sans explications, comme l’auraient fait la majorité des gens à sa place.  Juste pour m’avoir témoigné d’un tel respect, ça méritait que je fasse l’effort de ne pas lui rendre la tâche plus pénible qu’elle ne l’avait déjà.

Quand la libido est notre seul point en commun

Printemps de 1988.  J’ai 19 ans.  Je suis en couple avec Chantal, 22 ans.  Ce soir-là, je suis avec elle, chez elle, dans la chambre qu’elle loue dans ce sous-sol aménagé dans une propriété privée de la ville de Longueuil.

Après trois mois d’une relation fort insatisfaisante à tous les niveaux, du moins de mon point de vue, voilà qu’elle vient de me dire qu’elle trouve que je suis trop porté sur le sexe, et qu’elle voudrait que nos séances diminuent, aussi bien en temps qu’en fréquences.  Elle m’avoue qu’en fait, elle n’est vraiment pas portée sur la chose.  Alors dans le fond, ça ne la dérangerait même pas si nous n’en avions plus.  Ma réponse ne se fait pas attendre.

« Ok! Bon ben dans ce cas-là, je casse. »

Aussi surprise que scandalisée, elle se lève d’un bond de son lit.

« QUOI? Tu veux me laisser tomber pour ÇA!?  C’est si important que ça pour toi, le sexe? »

Il est vrai que ça puisse sonner extrêmement égoïste.  On pourrait même penser à un odieux chantage à la « On baise ou je te largue! »  Il n’en est rien.  Non seulement mon désir de mettre fin à la relation est-il réel, les raisons sont des plus logiques.

« Non, mais regarde:  Moi je veux me trouver du travail, toi tu veux passer ta vie sur le BS.  La fumée de cigarette me donne des maux de tête, toi tu fumes un paquet par jour.  J’aime faire des sorties, toi tu veux qu’on reste enfermés dans ta chambre.  Je t’ai amené au show de Juste Pour Rire, tu t’es plaint que tu trouvais ça vulgaire.  Je t’ai amené au cinéma voir un film de Disney, tu es sortie une fois de la salle en me disant que tu n’avais pas pu supporter une scène que tu trouvais trop violente.  En plus que tu es sortie deux autres fois pendant la projection pour aller fumer.  Je veux avoir une vie sociale, toi tu ne veux jamais voir personne.  J’aime les bandes dessinées, tu trouves que c’est des niaiseries pour enfants.  Et parlant d’enfants, tu veux que je t’en fasse un, pour que l’on puisse vivre tous les trois ensemble sur ton chèque de BS, qui grossira pour nous inclure, alors que moi je n’ai pas envie d’être père et encore moins assisté social.  La seule chose qu’on a ensemble, c’est du sexe.  Alors si tu nous enlèves ça, il ne nous reste plus rien.  Et si on n’a plus rien, alors, pourquoi est-ce qu’on continuerait d’être ensemble? »

Elle a répondu en pleurant qu’elle n’a jamais voulu que la distance physique qu’elle a tenté de mettre entre nous soit aussi radicale.  Elle m’a supplié de ne pas la laisser tomber.  Et elle a fait machine arrière tellement vite sur sa décision de non-sexe qu’elle m’a quasiment violé ce soir-là.  J’ai accepté de la baiser, en me gardant bien de lui dire que ce serait la dernière fois, histoire de m’éviter une nouvelle crise.  C’est que ma décision était prise, et elle était irrévocable.

En enlevant le côté sexuel de notre relation, elle m’a fait réaliser quelque chose d’important.  Pour la première fois de ma vie, j’ai compris qu’il fallait beaucoup plus que « nous sommes tous les deux célibataires » comme raisons pour se mettre en couple.

Ces jours-ci, tandis que je dessine mon projet d’album de La Clique Vidéo, je regarde sur Youtube (j’écoute, en fait) plein d’émissions Françaises pour me distraire.  En ce moment, je me tape la série Le jour où tout a basculé, car grâce au narrateur, je n’ai pas besoin de voir les images pour comprendre.  Et je ne sais pas si c’est un truc culturel européen qui échappe à mon cerveau de québécois, mais grâce à cette émission qui se base sur des faits divers réels, je constate que nos cousins d’outre-mer ne perdent pas de temps lorsqu’il s’agit de couples:  Coup de foudre dès le premier regard, abordage d’étranger(e)s dans la rue, déclaration d’amour passionnée dans les 24 à 72 heures, cohabitation après un mois ou deux… Ce qui se termine presque toujours par une rupture car forcément, en habitant avec la personne, c’est là que l’on voit comment elle est vraiment.  Et c’est là que l’on réalise que finalement, à part la couchette, on n’est p’t’être pas si compatibles que ça.  

Il y a quelques jours, je discutais avec un ami au sujet des techniques de rapprochements au sujet des hommes et des femmes.  Il me demandait comment est-ce que j’abordais les femmes, si j’étais nerveux et si je perdais mes moyens face à une fille qui me plaisait beaucoup.  Je ne savais trop que répondre.  Le fait est que jamais la beauté d’une fille ne sera le point de départ de l’intérêt que je puisse ressentir pour elle, surtout si c’est une inconnue.  Par conséquent, jamais ne vais-je en aborder une.  Pour moi, toute relation avec une fille, peu importe comment elle évoluera, doit d’abord passer par l’étape de l’amitié.  Et ce n’est même pas une règle que je m’impose.  C’est juste dans l’ordre naturel des choses.  On devient amis d’abord, et on voit si on se plait ensuite.  Si oui, tant mieux, on aura une longue et harmonieuse relation de couple.  Si non, tant mieux aussi, on aura une longue et harmonieuse relation amicale. 

On a beau être attirés l’un par l’autre, on peut avoir un coup de foudre, on peut y céder très vite, et on peut bien avoir un compatibilité sexuelle parfaite… Mais si on n’a pas de points en commun, de goûts communs, de projets en commun, de passions communes, alors on fait quoi quand on n’est pas en train de baiser?  De quoi parle t-on? 

Alors comme ça, tu apprécies l’oxygène toi aussi?

Pendant de longues années, ma mentalité sur le sujet, c’était « Ouais mais quand on s’aime, on n’a que faire de nos différences. » C’est vrai, mais il y quand même a une sacrée marge entre avoir quelques différences, et n’avoir en commun que la couchette.  Parce que dans ce dernier cas, ça donne une relation dans laquelle la fille se plaint que son mec ne pense qu’à baiser.  Et comme je l’ai vécu personnellement il y a presque trente ans, du point de vue du gars, en effet, quand c’est tout ce que l’on a en commun, alors c’est tout ce qui peut nous intéresser chez elle.

Un jour, je me suis rendu compte que dans les relations hommes-femmes, l’amitié sans sexe pouvait durer éternellement, et ce dans l’harmonie la plus totale. Par contre, une relation de sexe sans amitié, ça ne dure que le temps de la passion, chose qui, elle-même, ne dure pas. Et c’est là que j’ai constaté que les relations d’amitiés platoniques se basent sur les points en commun entre deux individus.  La preuve, c’est que s’ils ont beaucoup en commun, un homme hétéro peut être ami avec un autre homme hétéro pendant de longues années, voire toute une vie.  Et si je peux avoir une relation à vie avec une personne avec qui l’idée de baiser ne me viendrait jamais en tête, alors pourquoi est-ce que je ne pourrais pas avoir une aussi longue et harmonieuse relation avec celle avec qui je suis intime?  Ça n’a aucun sens.  Surtout si on prétend s’aimer.

Avec Karine, j’ai eu ma plus longue relation de couple, soit douze ans et demi.  Voici un extrait de mon billet Une rupture harmonieuse, c’est possible :

Au début de la relation en 1999, nous avions presque tout en commun. Nous finissions tous les deux le cégep, nous commencions à travailler pour deux grandes compagnies (Air Canada et Météomedia), nous n’avions encore jamais rencontrés un membre de l’autre sexe avec qui nous nous entendions aussi bien, elle sortait de chez ses parents, je sortais de chez mon ex, et surtout nous avions tous les deux des aspirations artistiques (Je commençais à Safarir, elle commençait à illustrer des livres pour enfants.) Bref, nous étions faits l’un pour l’autre.

Puis, peu à peu, avec les années, nous avons, chacun de notre côté, accumulés des goûts, des projets, des passe-temps, et des passions qui ne plaisaient qu’à l’un mais pas à l’autre. Qu’importe! Nous étions fiers de dire que la réussite de notre vie de couple se basait sur le respect de l’individualité:

  • Elle avait son univers, avec ses amis, ses activités, les choses qu’elle aime.
  • J’avais mon univers, avec mes amis, mes activités, les choses que j’aime.
  • Et nous avions notre univers commun avec nos amis commun, nos activités communes, les choses que nous aimons en commun.

Sauf que, avec les années, notre univers commun a de plus en plus diminué, jusqu’à ce qu’il n’en reste plus grand chose. Sans que l’on s’en aperçoive, ça a influencé notre vie de couple. De deux personnes sincèrement amoureuses, nous sommes peu à peu devenus, lors deux ou trois dernières années ensemble, rien de plus que grands amis proches et colocs. Lorsqu’elle a réalisé qu’elle était en train de tomber en amour avec un autre, nous n’avons pas eu le choix de constater ce changement. Après quelques jours de réflexion, nous avons décidé qu’il ne servait à rien de continuer de vivre en tant que couple. Nous y avons donc mis officiellement fin. 

Le mois dernier, ils se sont épousés après cinq ans de fréquentation, tandis que douze années avec moi ne lui a jamais donné envie de le faire.  Comme quoi plus on a de points en commun, et mieux c’est.

Et voilà pourquoi, dans mon cas personnel, toute relation avec une fille doit obligatoirement d’abord passer par le stade de l’amitié.  Parce que si je ne suis même pas capable d’avoir une relation d’amitié avec une fille, je ne vois pas comment je pourrais réussir à passer ma vie avec elle.