Quand c’est un peu trop étrange.

Ce billet est le cinquième dans la série (Més)aventures sur sites de rencontres.

Beaucoup de gens me parlaient de Tinder.  Et justement, mon travail de concierge de l’époque me fournissait un iPhone gratuit.  Alors pourquoi pas?  Le temps de m’inscrire, d’écrire une courte description, de rajouter quelques photos, incluant une p’tite BD pour être original, et j’ai commencé à parcourir les profils.

J’utilisais le même principe que sur Jasez.ca, OK Cupid et Plenty of Fish: J’ouvrais le profil, je lisais la description, et je choisissais si je voulais communiquer ou non.  Je dois dire que j’étais déçu de voir que 9 profils sur 10 n’avaient aucune description, seulement des photos.  Faut croire que sur cette application, y’a que le look qui compte.

Je finis par tomber sur une jeune femme que je trouve bien intéressante Julie 38. (Le chiffre est son âge, si j’ai bien compris). Québécoise, Francophone, et à seulement 4 km de chez moi.  Artiste, thérapeute, blogueuse, cinéaste de documentaires, et, si j’ai bien compris l’abréviation, en post doctorat.  ET, ce qui ne gâche rien, belle jeune femme blonde, souriante et athlétique. 

Je glisse la photo à droite, pour dire que j’aime ce profil.  Et quelques minutes plus tard, je reçois une notification comme quoi elle m’a liké en retour.  Nous pouvons maintenant communiquer.  Je commence: 

STEVE
Bonjour. Ta description était courte, mais je m’y suis beaucoup reconnu. Sauf pour le doctorat. (Si j’ai bien compris la définition de « Dr/postDoc »)

JULIE
Bon matin
☕️ j’aime ton bande dessiner ✍🏼 juste hier j’ai commencé une pour une séries de toile. So what did u feel reconnu avec?

Euh… Quoi?  

Bon!  Il semblerait que, malgré le fait qu’elle ait écrit Français comme unique langue, mieux vaut continuer en anglais. Je vais quand même traduire à partir d’ici pour votre convenance.

JULIE
J’ai tous les mêmes intérêts que tu as décrit lol

Bon! Encore une autre qui remplace la ponctuation par des LOL.

STEVE
Serais-tu plus confortable en anglais?  Je suis totalement bilingue, alors y’a pas de problème.

Donc, pour répondre à ta question, voyons voir…
– Thérapeute: Ok, je ne le suis pas, mais j’ai un blog nommé
Mes Prétentions de Sagesse. Je m’y amuse à analyser le comportement des gens et l’interaction sociale.
– Artiste: Oui! Voir https://en.wikipedia.org/wiki/Steve_Requin

– Cinéaste de documentaires: Je n’en ai jamais fait, par contre j’aime en regarder.  J’ai surtout tourné des sketchs.

– Blogueur: Bien sûr!
– FR: Oui, d’où mon premier message en French.

Alors… Parle-moi un peu de toi.

JULIE
👋🏼 Merci pour m’avoir écrit tout ça.  En ce moment, je déjeune avec ma famille alors je ne suis pas seule.  Mais à mon retour, je te répondrai.  J’aimerais en savoir plus sur toi car on a beaucoup en commun en effet.  ☕️ Je suis blogueuse aussi, alors en attendant tu peux aller y jeter un oeil, sur [lien vers son blog]

STEVE
D’ac!  à bientôt! 🙂

Je vais donc visiter sa page.  J’y vois que Julie se décrit comme étant originaire d’Autriche.  Et son site est un blog de voyage. Elle y décrit plus de vingt différents pays qu’elle a visité, photos à l’appui.  Et le dernier, au sujet de l’Australie, datait de la semaine dernière.

M’ouais… Une globe trotter.  Je n’ai ni le temps ni les moyens de me plier à ce style de vie.  Faut j’me rende à l’évidence, nous n’avons aucun avenir à long terme.  Mieux vaut le lui dire maintenant, pour ne pas lui faire perdre son temps.  

JULIE
De retour!  Impressionnant, ta page sur Wikipedia.  « MensuHell », ça sonne comme la partie Auteur de mon site, « My Hell ».  

STEVE
Donc, Julie… Je vois que tu es du style globe trotter…  C’est intéressant!  Mais puisque les voyage ça semble être ta vie, je ne crois pas que nos emplois du temps soient compatibles.  Bien que je sois un artiste, ça ne paie pas le loyer.  Voilà pourquoi  je travaille comme concierge à temps plein.  Je n’ai que deux semaines de vacances en août.  J’ai un bon salaire, mais je ne crois pas que je puisse me permettre d’être globe trotter comme toi.  Sincèrement désolé. 😦   

Eh bien voilà!  Dommage, vraiment!  Pour une fois que je tombe sur une personne vraiment intéressante.  Il ne me reste plus qu’à attendre son message d’adieu, et recommencer à parcourir des profils. 

JULIE
Hahaha! C’est drôle! Moi non plus, je n’aime pas voyager.

Euh… Quoi?

Récapitulons:

  • Se dit québécoise, mais serait en fait autrichienne. 
  • Se dit francophone, mais est en fait anglo. 
  • Fait un blog de voyage, avec une centaine de photos d’elle dans divers pays… Et me dit qu’elle n’aime pas voyager!? 

C’est quoi, ce bordel?.

JULIE
Je voyage à travers les dimensions, et non dans le monde réel en 3D.

Ok! Là, c’est juste trop fucké pour moi. 

Est-ce que je veux vraiment d’une relation avec une personne qui ne cesse de se contredire dans sa description de ce qu’elle est et ce qu’elle fait?  Surtout si elle me parle de ses voyages extra-dimensionnels? 

La réponse est NonMaisCestQuoiCePutainDeDélire?????  

Je clique sur la touche We don’t match!, ce qui coupe nos contacts.  L’application me demande une courte explication pourquoi je veux couper les ponts.  Je ne m’attendais pas à ça, mais j’écris ceci:

« Ce qu’elle dit être entre en contradiction avec ce qu’elle est.  En plus d’avoir des propos un peu trop WTF-ogène à mon goût! » 

Nous autres, les gars, contrairement aux filles, nous ne sommes jamais aux prises avec des obsédés du sexe.  Par contre, comme vous pouvez le voir depuis déjà cinq billets, ça n’empêche pas que l’on tombe sur d’assez étranges individus.

Quand l’autre n’est qu’égocentrisme et mépris.

Ce billet est le quatrième dans la série (Més)aventures sur sites de rencontres.

Jasez.ca et Plenty of Fish ne m’ayant pas donnés grand chose d’intéressant, je décide de m’essayer sur un autre site de rencontres gratuit: Ok Cupid.   Celui-ci propose plusieurs questionnaires sur plusieurs sujet, de façon à pouvoir nous faire la liste des gens avec qui nous avons le plus en commun. On répond aux questions que l’on veux et on peut ignorer celles qui nous plaisent moins.  Évidemment, à plus de questions on répond, et meilleure est l’idée que l’on peut se faire de notre compatibilité lorsque l’on compare nos réponses avec celles d’une candidate.  Et on parle ici de près d’un millier de questions.  Des heures de plaisir (?).

Après avoir répondu à quelques centaines de ces questions, je me rends à la section Browse matches.  Je parcours la liste des membres qu’ils me proposent.  Chacune de ces femmes est classée selon son pourcentage de compatibilité avec moi, du plus grand au plus petit.  En visitant les profils, je vois déjà la première faille dans le système: Si la personne n’a répondu qu’à trois questions sur 1000, et qu’il se trouve que tu as donné les mêmes réponses à ces mêmes trois questions, alors vous êtes classée 100% match.  Bref, leur truc, c’est pas au point a 100%. 

Dès le départ, j’en élimine quelques unes:

  • Les unilingues anglaises.  C’est que je pense à long terme, ici.  Si je tombe sur une avec qui ça devient sérieux au point où nous deviendrions conjoints, j’aimerais que mes parents et elle puissent se parler sans que j’aille à servir de traducteur jusqu’à la fin de nos jours.
  • Celles qui n’écrivent rien dans leurs profils, et/ou, tel que mentionné plus haut, n’ont répondu à presque rien du questionnaire.
  • Variante: Celles qui ne disent presque rien à leur propre sujet, à part « C’est à toi de le découvrir! »  Dites-donc, si j’avais voulu draguer à l’aveuglette, je ne me serais pas inscrit sur un site qui demande des heures pour remplir près de mille questions servant à établir avec qui je suis compatible. 
  • Celles qui, au lieu de se décrire, ne font que décrire le genre d’hommes qu’elles ne veulent pas.  Voilà qui est plus hargneux qu’informatif.
  • Les globetrotters qui disent aimer voyager 3-4-5-6 fois par an et ont 97 photos d’elles-mêmes avec un lieu exotique / historique en arrière-plan.  Je ne sais pas ce que vous faites dans la vie, mais moi je suis un travailleur à temps plein qui n’a que deux semaines de congé par année.  
  • Également, les « J’aime les bons vins, les restos, les sorties »… Je n’ai rien contre une sortie occasionnelle.  Mais la soirée au resto qui gobe un jour et demi de salaire net, j’ai déjà donné.  Alors si en plus c’est ce qu’elles souhaitent en guise de routine régulière, non merci.
  • Celles avec qui nous ne sommes que peu compatibles dans le questionnaire sexuel.  Parce que, soyons franc, si nous sommes pour passer notre vie ensemble, mieux aimer les mêmes choses de ce côté-là.
  • Enfin, celles qui ont des enfants à temps plein.  Celles qui ont des enfants en garde partagée ou des ados autonomes, passent toujours.  Mais sinon, des enfants, j’en ai eu quatre, ils sont maintenant tous adultes, alors cette partie-là de ma vie est derrière moi.     

Pour celles qui restent, je lis les descriptions qu’elles ont écrit, et je contacte celles qui me plaisent.  Et il y en a très peu.

Et c’est là que je trouve mon match parfait.  Dès le départ, son texte d’introduction m’accroche, avec des phrases telles que:

« Artiste visuelle à la semi-retraite. »
C’est tout à fait moi, ça.  Je ne dessine plus de manière professionnelle depuis que j’ai changé de carrière pour un boulot manuel à temps plein avec salaire stable.  

« Je suis cook.  Je le dis en anglais pour ne pas me faire traiter de four. »
Un jeu de mot avec cuisinière, et qui demande un peu de réflexion pour la comprendre? Humour et sens de la répartie. J’aime!

« Bricoleuse, je ramasse des rebuts pour en faire des oeuvres d’art ou des objets utiles. »
Ça alors!  Je suis pareil.  Par exemple: J’ai ramassé une guitare acoustique brisée et j’en ai fait une  tablette-étagère murale pour petits livres.  J’ai récupéré de vieux panneaux lumineux EXIT que j’ai transformés en lampe de chevet.

Je jette un oeil à ses photos.  Elle est petite, rouquine avec les taches de rousseur qui viennent avec.  Cheveux courts, toujours habillée en chemise de travail ou en bricoleuse.  Son visage n’a pas tellement de traits féminins.  D’ailleurs, la photo sur laquelle elle arbore une casquette de travers me fait penser à la figurine du sale gamin Fisher Price.

Ayant toujours eu une préférence pour les tomboys plutôt que les princesses, elle me convient parfaitement sur tous les points.  Je like son profil, ce qui me donne l’option de lui écrire.  Si je lui plais, elle me like en retour et on peut communiquer.  Je lui écris donc un message personnalisé, dans lequel je lui dis quels sont les points que j’aime dans sa description, et pourquoi.

Le soir venu, un like et une réponse:

TARA
• J’ai liké pour te répondre, parce que c’est le genre de personne que je suis… mais honnêtement je ne pense pas qu’on ait grand chose en commun 🧐 Peut-être que je me trompe!

Hum!?  Pas grand chose en commun?  Non seulement je lui ai donné trois points sur lesquels nous correspondons, OK Cupid dit que l’on matche globalement à 92%, dont 98% dans notre style de vie, 96% du côté éthique et 95% sur le plan sexuel, les autres pourcentages plus bas étant pour divers détails moins importants.  Si malgré ça, elle ne pense pas qu’on ait grand chose en commun, alors c’est parce qu’elle ne veut pas les voir, nos points en commun.  Et quand l’autre ne veux pas les voir, c’est parce qu’on ne l’intéresse pas.  Décevant, mais au moins elle s’est donné la peine de me répondre, ce qui est appréciable.  Je lui dis donc: 

STEVE
• D’accord. Aucun problème. J’apprécie toujours une réponse. Même négative, ça vaut mieux que du ghosting. Bonne journée. 🙂

Et voilà!  Il ne me reste plus qu’à retourner sur ma liste de membres compatibles et à en parcou-…

TARA
• Bah je ne fais pas ça… le ghosting je veux dire. Mais comme je disais peut-être que je me trompe.

Ah ben!?  Elle me relance, en utilisant pour la seconde fois la formule du peut-être que je me trompe.  Autrement dit, je lui plais, finalement.  C’est juste qu’elle n’est pas totalement convaincue.  Et le fait qu’elle me relance, c’est une invitation à la convaincre.  

Puisqu’elle a montré son sens de l’humour dans son texte de profil, je vais faire de même dans ma réponse.  Ce sera un point commun de plus à lui démontrer.

STEVE
•  Bon, ok, je vais plaider ma cause, tiens: Je bricole: Je transforme des guitares brisées en tablettes-étagères pour petits livres, des vieux panneaux lumineux EXIT en lampe de chevet, j’ai passé 7 ans à Safarir, ce qui peut être un succédané de carrière artistique, et j’ai un blog nommé Mes Prétentions de Sagesse dans lequel je décortique les relations en société, bikozz que je me prends pour un psychologue amateur

• Quoi d’autre… Je ne bois pas de vin, mais j’en fait de la vinaigrette
• Je suis bon ami avec la plupart de mes ex, parce que bon, je n’ai jamais compris pourquoi on peut haïr quelqu’un que l’on a aimé. D’ailleurs, on se fait du cat-sitting quand l’un de nous part en voyage.

TARA
• Tu ne bois pas de vin?!?  

STEVE
•  Exact! Je n’ai jamais vraiment aimé le goût. Avantage: Ta bouteille ne descendra jamais.

TARA
• Oh…

• Bon point!

Ah! Une première réponse positive.  Voilà qui m’encourage.  Allons-y pour la finale.

STEVE
•  Pis là, je sors les gros guns dans une tentative ultime de t’impressionner: J’ai ma propre page sur Wikipedia. English & français. Parce que je suis un authentique has been, moi, vous savez.

• (je relis ton profil pour voir si je peux rajouter autre chose)
• Ah, tiens: comme toi, je fais des listes aussi. Des to-do list, mais aussi des trucs genre « 20 noms de familles composés qui font des jeux de mots amusants », « 8 sujets insignifiants qu’utilisent certaines personnes pour se sentir supérieures aux autres. » , « 30 comportements qu’il faudrait cesser d’avoir sur Facebook », etc. 
• Pis là je viens d’épuiser ma liste de nos points-z-en commun, selon ton profil. Fa que voilà, je déclare forfait pour l’impression. 😉

Bon ben voilà!  Si avec ça elle ne voit toujours pas ce que l’on a en commun, c’est parce que je ne lui plais vraiment pas.  Sa réponse:

TARA
• Ouais, ben tu perds ton temps, je ne suis pas vraiment impressionnable.   Si tu veux m’impressionner, sois toi-même tout simplement!

Ah bon?  Quand elle se décrit de manière humoristique, il faut le prendre au second degré.  Mais quand je lui réponds de la même manière, elle me prend au sérieux?  Rétablissons les faits:

STEVE
•  Étant donné que tout ce que j’ai dit à mon sujet est vrai, alors techniquement, JE SUIS resté moi-même.

TARA
• Ok

Ah, tout de même!  

TARA
• Mais je ne comprends pas comment tout ça peut être relié à mon profil…  Je ne vois pas le rapport.  Mais peut-être que je me trompe!

Elle ne voit pas le rapport?  Non mais elle me niaise, là?  Et avec ce troisième « Mais peut-être que je me trompe!« , elle veut vraiment que je perde mon temps à lui expliquer ce qui est pourtant évident?

D’accord!  Je vais lui accorder un dernier bénéfice du doute.  Et allons-y pour le mansplaining:

STEVE
•  Sur ton profil, J’ai vu: « I’M really good at: Faire des listes! »  Bon ben voilà: Je te dis que moi aussi je fais des listes.

• Sur ton profil, J’ai vu: « Artiste visuelle à la semi-retraite. »  Bon ben voilà: Je te dis que moi aussi je suis un Artiste visuel à la semi-retraite, d’où ma mention de Safarir + la page Wiki pour le prouver.
• Sur ton profil, J’ai vu: « Bricoleuse, je ramasse des rebuts pour en faire des oeuvres d’art ou des objets utiles. »  Bon ben voilà: Je te dis que Je transforme des guitares brisées en tablettes-étagères pour petits livres, des vieux panneaux lumineux EXIT en lampe de chevet.
• Sur ton profil, J’ai vu: « Je fais de la psychologie amateure! »  Bon ben voilà: Je te dis que moi aussi  c’est ce que je fais, sur mon blog.

Ça ne peut pas être plus clair que ça.  Si elle insiste une ligne de plus comme quoi elle « ne voit pas ce que l’on peut avoir en commun », alors là ce sera de la mauvaise foi ou du trollisme.

Sur ce, il est temps de mettre un terme à cette discussion, en lui montrant que moi aussi je suis travailleur à temps plein.  Et que si je ne lui plais toujours pas, eh bien qu’elle aille se faire voir ailleurs. (Plus poliment, il est vrai.)

STEVE
• 
Et sur ce, je quitte le net pour la soirée. Couché à 22:00, réveil à 5:30… Je travaille comme surintendant (un joli mot pour dire concierge-en-chef) dans un garage de bus. Heureux d’avoir pu échanger quelques mots. Et peut-être d’en apprendre plus sur toi plus tard si ça te tente. Sinon, comme je disais plus tôt, y’a pas de mal. Bonne nuit.

Le lendemain soir, je rentre du travail.  Je me logue sur OKC, et j’y trouve cette réponse:

TARA
• J’avoue que tu as piqué ma curiosité avec la « has been » fan page bilingue, mais c’est un peu une curiosité malsaine… J’ai blogué pendant un bout, il y a (déjà) quelques années. Ça me semble une autre vie!

Ah bon?  Le premier truc à mon sujet qui lui donne envie de s’intéresser à moi, et elle appelle ça de la curiosité malsaine?  Je ne sais vraiment pas quoi répondre à ça.  Ceci dit, elle a enchaîné avec le sujet du blog, ce qui semble être une invitation a jaser.  Étant donné que jusqu’à maintenant je suis celui qui devait animer la conversation et que je n’ai plus envie de continuer dans ces conditions, je lui écris la seule chose qui me vient en tête.  

STEVE
• Hello.
• Ok, je ne m’attendais pas à ce que la conversation continue. 

TARA
• Bah, je suis toujours ouverte à jaser et je ne me fie pas à mes premières impressions… je pars du principe de la vraie vie plutôt que du magasinage. Tsé tu peux développer un intérêt pour quelqu’un dans un contexte réel, alors qu’on essaye de nous faire accroire que dans le virtuel ça devrait être instantané… je trouve ça ridicule et j’essaie de ne pas embarquer dans cette game. Voilà!
• Donc Stéphane/Steve… pourquoi Steve?
🧐

Eh bien!  Finalement, il semblerait que  tout ça n’était qu’un simple mécanisme de défense de sa part, et qu’elle ait maintenant abaissé ses barrières.  Et non seulement elle s’est expliquée, elle me pose des questions, ce qui est un signe d’intérêt.  Alors allons-y:  

STEVE
• Quand j’ai commencé à faire de la BD, en 1994, je faisais un fanzine adulte de mauvais goût nommé Requin Roll. À ce moment-là, mes enfants étaient en bas-âges. Je me suis dit que si mes trucs devenaient populaires, je ne voulais pas qu’ils soient connus comme étant « le fils / la fille du gars qui dessine des cochonneries. » Alors pour les protéger, j’ai changé de nom. Bien m’en pris car ça a eu son petit succès. Par exemple, dans un numéro de La Presse en 1997, un reportage sur les BD alternatives nommait Requin Roll en tant que l’une des 4 publications les plus populaires
• Quelques années plus tard, ça m’a amené à Safarir, où j’ai travaillé de 2001 à 2008.  Pour eux, il a fallu que je diminue de beaucoup le ton vulgaire et sexuel de mes trucs.
• Je ne travaille plus pour eux, et depuis j’ai lâché la vie d’artiste, mais j’au quand même continué d’utiliser ce nom, par habitude.
• Voilà!

• Et toi, qu’est-ce que tu fais / faisais comme art visuel?

TARA
• Whoa… l’historique complet avec les dates pis toutes. Est-ce que tu vis dans le passé?


C’est quoi, cette réponse de merde?

STEVE
• Non, mais tu m’as posé une question, alors je t’ai donné ma réponse, avec le contexte pour que tout soit clair.
• J’ai une mémoire précise et encyclopédique. Je me souviens de (presque) tout. Ça fait de moi le cauchemar de celles qui sont allergiques aux conjoints capable de leur faire la liste exhaustive de leurs écarts de conduite des 12 dernières années. 😉

TARA
• Ok pour les dates,
• mais outre ça tu en parles quand même… donc ma question demeure!

Sa question demeure?  Le premier mot de ma réponse était « Non », ET SA QUESTION DEMEURE?  Elle veut me faire dire quoi, elle? « Oui, je vis dans le passé! »?  

Alors là,  plus le moindre doute possible; Cette fille me trolle.  Et elle le fait avec mépris.

Je suis patient et compréhensif, et je connais le principe du negging, mais il y a des limites à accepter de se faire chier dessus.  Tout le long de cette conversation, cette femme ne m’a démontré que deux traits de sa personnalité:

  1. Le mépris. Elle prétend à plusieurs occasion ne pas voir ce que nous pouvons avoir en commun. Elle dit que s’intéresser à moi, c’est faire preuve de curiosité malsaine. Je ne peux rien lui écrire sans avoir droit à des accusations de vivre dans le passé ou de ne pas être moi-même, ou d’être sans rapport avec son profil. 
  2. L’égocentrisme.   Je dois lui expliquer à répétition quels sont nos points en commun.  Et elle me manipule à le faire avec ses « Peut-être que je me trompe! »  Et tandis qu’elle me fait lui démontrer non-stop mon intérêt pour elle, elle n’en montre aucun envers moi.  Et malgré le fait que je donne deux portes de sortie comme quoi elle peut cesser de m’écrire si on est à ce point différent, elle me relance, toujours avec ses « Peut-être que je me trompe!« , pour que je continue à lui donner de l’attention. 

Est-ce que je veux d’une relation dans laquelle une fille désagréable, méprisante et égocentrique essaye sans cesse de me manipuler à essayer de la convaincre que je suis assez bien pour elle, sans jamais se montrer satisfaite de ce que je lui dis? 

La réponse est non.  Fuck que non!

Sur ce, je la bloque.  

Y’en a, j’vous jure, on peut voir tout de suite dans leur comportement pourquoi ils ont absolument besoin d’un site de rencontres pour trouver l’âme soeur.

Lorsque se pointe la personnalité possessive manipulatrice.

Ce billet est le troisième dans la série (Més)aventures sur sites de rencontres.

Ça ne faisait que quelques heures que j’étais inscrit à Plenty of Fish, que je reçois déjà un message:

ELSA
Salut!

Je demeure en banlieue. Mais je vais souvent à Montréal. J’ai mon véhicule. Et le métro aussi est pratique. 
Éducatrice service de garde scolaire. Alors création et animation pour les jeunes. Ma fille aînée est journaliste et son copain artiste. Enfin je suis jeune de coeur et curieuse.
Au plaisir! 🙂 

Tel que je l’ai écrit dans le premier billet de cette série, je considère qu’il faut beaucoup plus que « nous sommes tous les deux célibataires et hétéros » pour se mettre en couple.   Aussi, il est important d’avoir des points en commun.  Et je ne parle pas des classiques/clichés « J’aime le bon vin, les bons restos, les voyages et je suis sapiosexuel(le). »   Mon profil me décrit comme étant créatif, travailleur à temps plein et artiste à temps libre, qui cherche une femme avec intérêts communs, de Montréal parce que je n’ai pas de véhicule.  Sa réponse me montre qu’elle a bien lu mon profil, ce qui commence bien la relation.

On jase et on se découvre d’autres points en commun: On se tient en forme, on va au gym, on aime la BD, elle est même un peu plus geek que moi car elle va au ComicCon.  Ah, et nous avons le même âge.  Moi qui sors toujours avec des plus jeunes, ça fait changement.   

Le lendemain, jour 2 de notre correspondance, voilà, de sa part, ses premiers compliments:

ELSA
Oui effectivement vous êtes matures, toi et ton ex, de rester bons amis après la séparation. 

STEVE
J’avoue que je craignais que ça te cause un problème. Beaucoup de gens ne croient pas en l’amitié entre homme et femme, encore moins avec des ex.

ELSA
Du moment que ce n’est pas pour un ménage à trois! Il y a des gens en couple qui sollicitent les gens célibataire sur POF.

Moi je ne partage pas!

Mais étant donné que tu fais pas ton âge. Tu dois être sollicité par les jeunes femmes aussi.

STEVE
Haha, non, je n’en attire pas. 😀

D’abord, je mène une vie simple, rangée. Je ne suis pas tellement sorteux. Je ne suis pas un gars de bar. Ensuite, j’ai toujours tenu mordicus à garder ma vie privée séparée de mon travail. Alors je me suis toujours fait un point de préciser que je dois garder une distance professionnelle avec les locataires.
Il n’y a rien qui puisse autant saboter une carrière qu’une relation en milieu de travail qui vire mal. Et en tant que concierge résident, donc qui habite à son travail, c’est encore pire.  C’est un risque que je ne tiens pas à prendre.

ELSA
Mon mari m’a laissé tomber pour une ptite jeune princesse sur internet après 20 ans ensemble.  4 ans célibataire, 2 ans que je cherche.  Je suis trop gentille.
🙂

Au moment de se quitter, elle me dit que demain, un dimanche, elle part visiter sa famille et elle ne sait pas à quelle heure elle reviendra.  Pas de problème, elle n’aura qu’à me faire signe à son retour.

Le lendemain, dimanche, je travaille de mes dessins sur Photoshop.  J’ouvre une fenêtre internet sur Plenty of Fish, je me logue.  Comme ça je recevrai le signal quand elle m’écrira à son retour.  Le soir venu, je poste mon dessin sur ma galerie DeviantArt, puis je me couche à 23h00, sans avoir eu de ses nouvelles.

Le lendemain matin, juste avant d’aller travailler, je me logue sur POF.  Je vois qu’elle m’a écrit, la veille, quatre minutes après que je sois parti du site.

ELSA
Bonne soirée! J’apprécie ce que tu mets sur DeviantArt. J’espère que Pof te traite bien.
😊

Euh…

Alors ça, si ce n’est pas une remarque manipulatrice passive-agressive d’une personne possessive, mon nom est Cochon!

Et je sais de quoi je parle.  Lorsque j’étais ado et dans la jeune vingtaine, j’étais moi-même un possessif passif-agressif qui se voulait manipulateur.  Je me souviens de mes 22 ans, et de cette fille que je convoitais, et qui avait plusieurs amants.  Un soir où elle m’a présenté sa conquête du jour, j’ai songé à lui dire, devant lui, d’un air faussement joyeux et chaleureux: « Ah, cool, tu t’es trouvé un autre gars pour te fourrer ce soir?  J’espère que tu vas avoir plus de fun qu’avec celui d’hier! »   Bien sûr, je n’aurais jamais osé le lui dire en face.  N’empêche que j’y ai songé.  Et n’empêche que tout était exactement comme ce dernier message que j’ai reçu de la part d’Elsa: L’air joyeux, un témoignage d’appréciation, suivi immédiatement d’un « j’espère que » sur un sujet qu’en réalité je désapprouve.   

Avec les années, en m’améliorant sur tous mes aspects et en prenant confiance en moi, j’ai peu à peu cessé d’être comme ça.  Mais je me souviens encore de la personnalité merdique que j’avais à cette époque, et de la manière que celle-ci se manifestait.  Si cette femme est encore comme ça aujourd’hui alors qu’elle est rendue dans la quarantaine, je doute fort qu’elle change un jour.

Toute la journée, à mon travail, j’ai réfléchi.  J’ai cherché comment répondre à ça de manière à ce que ça ne cause pas de drame.  C’est que, après tout, cette femme n’est pas n’importe qui.  Mature, professionnelle, belle, qui prend soin de sa forme et sa santé, avec beaucoup de trucs en commun avec moi, rendue au même point que moi dans sa vie…

Au bout de ma journée de travail, après avoir pensé à une bonne douzaine de façons différentes d’agir et de lui répondre, je constate ce que je viens de faire.  Et c’est là que je me pose la question suivante: 

Est-ce que je veux m’engager dans une relation avec une personne avec qui j’ai besoin de réfléchir pendant huit heures sur quoi lui dire pour éviter un drame?

La réponse est non!  Ce n’est pas ce que je veux dans une relation. 

Sérieusement, là!  Ça fait à peine plus de 48 heures que l’on correspond.  On ne sait même pas encore si on va être amis, encore moins amants ou amoureux.  Et déjà, elle tente de me manipuler à ressentir du malaise, face à elle, d’être encore sur le site de rencontres où on vient de se connaître!?  Non!  Juste non!

Et c’est à ce moment précis que je trouve exactement la meilleure réponse à lui écrire.  Je m’empresse de rentrer chez moi, je m’installe à mon ordi, et je lui envoie ceci:

STEVE
Ah? D’accord! Bon eh bien, désolé que je ne t’ais pas plu. Ce n’est pas grave, je ne t’en veux pas. Bonne chance dans tes recherches présentes et futures
. 🙂

Ben quoi?  Quand une fille dit à un conjoint potentiel qu’elle souhaite qu’un site de rencontre le traite bien, c’est parce qu’elle espère qu’il s’en trouve une autre.  Et quand une femme espère qu’il s’en trouve une autre, c’est qu’elle n’est pas intéressée à lui, pas vrai!?    

Elle me répond en faisant du patinage qui n’a rien d’artistique.

ELSA
Voyons lol

J’ai pas fermé la porte lol
Je sais et très normale que tu discutés avec d’autres.
Désolé si ça sonne autrement😊

Un peu boiteuse, cette troisième phrase.  On peut sentir la panique.  En tout cas, c’est pire que je le pensais.  Elle affirme qu’elle sait que je discute avec d’autres?  Je me demande bien duquel de ses orifices elle tire ce savoir, puisque, au contraire, depuis mon inscription, elle était la seule sur POF avec qui j’avais discuté.

Alors comme ça, on voulait me donner une leçon de conduite en se basant sur du faux,  hm!?  Eh bien c’est le contraire qui va se produire.  La leçon, c’est moi qui vais la lui donner.  Et en ne me basant que sur du vrai:  

STEVE
Ah bon!?

Avec ton « je ne partage pas », ton « étant donné que tu fais pas ton âge, tu dois être sollicité par les jeunes femmes », et le fait que ton mari t’a quitté pour une autre, tu me donnais l’impression d’être une personne qui ne veut pas d’un gars qui court plusieurs lièvres à la fois.

Et là, tu souhaites qu’un site de rencontre « me traite bien »?

Pourquoi est-ce qu’une femme qui désire l’exclusivité irait dire à un gars qu’elle souhaite que ça se passe bien pour lui avec d’autres femmes sur un site de rencontres?

De deux choses l’une: Ou bien tu n’es pas intéressée. …Option exclue puisque tu dis que tu ne m’as pas fermée la porte. Ou bien tu t’amuses à dire le contraire de ce que tu penses.

Dans quel but? Pourquoi est-ce qu’une personne qui prend la peine de dire qu’elle cherche un gars honnête, irait lancer des messages contraires, pour qu’il ne puisse pas comprendre ce qu’elle veut?

Donc, désolé, mais c’est juste trop compliqué pour moi, ton truc.

Jouer des games, je laisse ça aux adolescents.

Bonne soirée.

Et voilà!

Si elle ne m’avait pas accusé mensongèrement de vouloir aller voir ailleurs. alors je n’aurais jamais eu véritablement envie d’aller voir ailleurs.  C’est quand même fou, à quel point les prophètes auto-réalisateurs maîtrisent l’art de se tirer dans le pied. 

Elle me répond:

ELSA
Je joue pas . Mais j’ai les yeux ouverts. Tu étais en ligne sur POF et tu me parlais pas.

FuckingWHAT!?  Toute la journée de dimanche, pendant que je travaillais sur mon illustration, j’ai attendu qu’elle m’écrive pour me signaler qu’elle était revenue.  Et pendant ce temps-là, Madame attendait en ligne que ce soit moi qui se manifeste?  Tout le temps où je l’attendais, elle m’observait hypocritement, passant des jugements négatifs, d’avance, à mon sujet? 

Ok, non, définitivement, ce n’est pas ÇA que je veux comme relation.

Elle rajoute:

ELSA
D’accord, ça va, je comprends. C’est normal que sur un site de rencontres, tu discutes avec plusieurs femmes.  Et le fait que je comprenne, ça s’appelle « maturité ».

Désolé d’être si compliquée à tes yeux.
Merci de m’avoir répondu.

Et ainsi se termine notre conversation.  Je la retire de mes contacts.

Pour un instant, alors que je me remémore notre correspondance des deux premiers jours, correspondance positive à 100%, j’ai comme un sentiment de regret.  Je m’en veux, de n’être pas allé périodiquement vérifier sur POF pour voir si elle était revenue.

Puis, je me suis ravisé.  Au contraire, c’est une bonne chose d’avoir agi comme je l’ai fait.  Mon comportement n’était ni erroné ni immoral ni répréhensible.  Il a même été très utile, puisqu’il m’a permis de voir immédiatement dans quel genre de relation merdique j’aurais pu me jeter.

Parce que lorsque quelqu’un a une personnalité possessive, manipulatrice et passive-agressive, tôt ou tard, ça se manifeste.  Dans ce cas-là, mieux vaut très tôt que trop tard.  

Entendre ses mots -VS- comprendre ce qu’elle dit.

Ce billet est le second dans la série (Més)aventures sur sites de rencontres.

Après un an de célibat, je me sentais prêt à y mettre fin.  Après tout ce temps, je savais que j’en avais vraiment envie, je savais ce dont j’avais envie, et surtout je savais que ce n’était pas simplement par rebound, par habitude d’être en couple. 

Je me suis inscrit sur l’un des rares site où on peut encore échanger gratuitement.  J’ai rempli ma fiche.  J’ai mis des photos récentes.  J’ai décrit ce que je suis et ce que je cherche.  C’est que je considère très important que ma future associée de vie ait des points en commun avec moi dans ses goûts, ses activités et ses buts.  Parce que bon, entre les séances de baise, il faut bien avoir des choses intéressantes à jaser et à faire.

Je ne crois ni en la drague ni au jeu de la séduction.  La raison est simple: Lorsque l’on a beaucoup de points en commun, des passions communes, des buts similaires, alors on va adorer passer du temps ensemble.  Et s’il y a en plus attirance mutuelle, ben voilà, ça va se faire tout seul.  Dans cette optique, je considère que draguer, c’est essayer, à répétition, de faire naître chez l’autre un sentiment qui n’y est pas.  À la limite, c’est une forme de harcèlement.  

Quant au jeu de la séduction, le terme le dit: C’est un jeu!  Tu joues à te faire passer pour le genre de personne qui l’intéresse.  Autrement dit, excusez mon langage, mais tu n’en as rien à chier de ce qu’elle veut vraiment.  Tu cherches juste à l’avoir, point!  Sauf que, quand on y pense, quand on est prêt à se faire passer pour ce que l’on n’est pas, quand on est prêt à se mettre en couple avec une personne qui n’est pas attirée par ce que l’on est vraiment, il y a un mot pour ça: Désespéré!

Sans oublier que, le jour où le hasard placera sur ta route ton match parfait, tu auras l’air malin, tiens, d’être déjà en couple stable établi avec Miss Mieux-que-rien.

Donc, je parcours les profils, je les lis, je contacte celles chez qui je retrouve les points communs qui me sont importants.  Mais attention, pas de « allo bb », « hey sexy » ou de « ta dlair cochonnelooooooooolllllll »…  Non! Chaque message commence par un Bonjour suivi de son nom.  J’enchaîne en lui disant que je trouve que l’on a plusieurs choses en commun, je lui en fais la liste en expliquant ce qu’il y a de semblable chez moi, et je conclus en l’invitant à visiter mon profil, et à me contacter si ce qu’elle y voir lui convient. 

Ah, et je bookmarke son profil aussi, pour ne pas lui réécrire par erreur dans le futur.  je ne veux pas qu’elle prenne ça pour de l’insistance.   

Certaines ne me répondent pas, d’autres oui.  On jase.  On échange.  Avec le temps, je constate que quand ce n’est pas dû pour fonctionner entre nous, peu importe la raison, alors la conversation ne dépasse pas trois jours.

Puis, cette femme me contacte.  Elle me complimente sur la qualité et la quantité de mon texte de profil.  Et voilà que l’on commence à jaser.  On se trouve encore plus en commun que ce qu’il y a sur nos profils. 

Arrivé à notre 4e jour de correspondance, je la demande en contact Facebook, puisque je n’ai plus de raisons de rester sur ce site.  J’enlève mes photos de profil, j’efface mon texte de présentation et le remplace par le mot « Indisponible. »  Je sais bien que nous ne sommes encore qu’au stade d’un début d’amitié, mais je ne vois juste pas comment je pourrais établir un contact significatif avec une personne si je ne me consacre pas sérieusement à notre relation naissante.

Le 6e jour, je lui propose une rencontre dans un salon de thé.   Le plan de match que je suggère est: On se rencontre, on jase une heure ou deux, puis on se quitte.  Ensuite, chacun chez soi, on se dit franchement si on a envie de se revoir ou non.  Comme ça, lors de cette première rencontre, il n’y aura aucune pression, aucun malaise.  Elle accepte.

On se rend au lieu du rendez-vous, on se reconnaît tout de suite.  C’est elle qui amorce le mouvement de bisous-sur-les-joues, alors je vois que c’est OK pour moi de le faire.  On se rend au salon, on prend place, on commande, et on jase.  La conversation se passe très bien.  Il n’y a pas de temps mort.  La conversation est intéressante, les sujets sont positifs, beaucoup de sourires et de rires. 

Toute bonne chose à une fin, incluant le contenu de la théière.  En sortant, elle me propose un truc.  Elle n’habite pas loin.  Puisque nous avons une fringale tous les deux, on pourrait passer prendre une baguette, du pâté et du fromage, et s’en faire un petit snack chez elle.  Ravi, j’accepte!

Il y a quelques années, j’ai découvert la convention sociale du « Si tu viens, tu couches! » .  Vous savez, cette règle non-écrite (et trop souvent source d’abus) qui dit:  Inviter seul(e), chez soi, une personne du sexe opposé, c’est une invitation au sexe. Et accepter cette invitation, c’est dire oui au sexe.  J’avoue que ça me surprendrait car je n’ai pas ressenti de sa part un quelconque désir charnel envers moi.  Mais bon, si ça arrive, maintenant que je m’y attend, je ne serai pas pris au dépourvu.

Nous faisons les achats, nous entrons chez elle, elle me fait visiter, on passe à table, et on passe une autre heure à jaser tout en mangeant.  Ma première impression semble avoir été la bonne, car rien dans son langage parlé ou corporel ne me lance le moindre signal sexuel.  Je reste neutre, ni déçu ni soulagé, je ne fais que prendre les choses telles qu’elles sont entre nous.

Puis, constatant comme une fatigue dans nos sujets de conversations, je propose que l’on passe à la vaisselle, puis je rentrerai chez moi.  Elle acquiesce, mais décline mon offre pour la vaisselle.  Je n’insiste pas.  Elle s’offre de me raccompagner jusqu’au métro.  En se quittant, nouveaux bisous-joues, elle me dit qu’elle a déjà hâte à la prochaine fois.  Je rentre chez moi, tout heureux.  Puis, je lui écris ceci:

STEVE
De retour chez moi.

Alors, mes impressions sur cette rencontre:
Je te trouve gentille, charmante, intéressante. Et aussi très jolie. Bon, ce n’est pas ce que je regarde en premier chez l’autre (D’où le fait que c’est le premier compliment physique que je te fais en une semaine de correspondance), mais c’est un agréable bonus 🙂

Nos intérêts communs me donnent un genre de sentiment de confort en ta présence.
J’ai envie de te connaitre plus, et j’ai déjà hâte de te revoir.

Et je vais attendre tes impressions avant d’en dire plus

Ses impressions me sont arrivées une heure plus tard:

CLÉO
Bonsoir Steve.
C’est bizarre, j’avais l’impression que toute la semaine on échangeait tous les deux.  Et que là, il n’y avait pas beaucoup de partage.  Peut-être était-ce ma faute?  Y avait-il de la nervosité?  Je n’étais pas super à l’aise, et j’espérais que cela change jusqu’à la dernière seconde car je trouvais qu’on était fait pour s’entendre.

… Et ce n’était pas du tout ce a quoi je m’attendais.

STEVE
Ah bon!?

Je ne sais pas trop quoi dire.

Mais bon, une chose est sûre, je ne veux pas te mettre mal à l’aise. Je vais te laisser le temps et la liberté de faire comme tu le sens. Tu communiques avec moi quand (si?) tu en as envie. Et on ne se reverra que si ça te tente. Je ne veux pas te mettre dans une situation inconfortable.

CLÉO
Je sais, tu es une bonne personne. J’aurais aimé que tu me parles plus de toi… Mais vraiment de toi. Tes goûts, tes rêves, tes espoirs, ce genre de truc. J’avais une vision peut-être un peu trop romantique de notre rencontre. Je m’excuse.

Okay!  C’est vraiment n’importe quoi, ça.  Regardons les faits:

FAIT 1: Non, désolé, il n’y avait aucun malaise, aucune gène entre nous.  Sinon, elle ne m’aurait pas invité chez elle après le thé.  Elle aurait été juste soulagée que le rendez-vous prenne fin.
FAIT 2: Chez elle, tout comme au salon de thé, je me suis comporté en parfait gentleman, en ami platonique totalement irréprochable.  Il est donc impossible qu’elle ait été à l’aise avec moi au salon, et ensuite mal à l’aise chez elle.
FAIT 3: Quand on veut qu’un gars nous parle de ce  qu’il est, on amorce la conversation en ce sens.  Elle n’a eue aucun malaise à me parler de toutes sortes de choses, à amener toutes sortes de sujets, alors pourquoi pas celui-là?
FAIT 4: En une semaine de correspondance, j’ai parlé de moi de cette manière.  Et j’ai les conversations pour le prouver.
FAIT 5: Cette raison qu’elle me donne…  Est-ce que c’est suffisant pour qu’une fille soit déçue d’un gars au point de ne plus vouloir le revoir?

La réponse est non. Ça ne l’est pas! 

Je ne vois qu’une seule façon d’en avoir le coeur net: Lui proposer deux options, et ce de manière non-confrontante:

STEVE
Hum… Tu sais, ce n’est jamais facile de deviner ce que l’autre attend de nous.. Je ne te le reproche pas, ceci dit.   Je sais m’ouvrir aux gens. Je n’ai juste pas l’habitude qu’ils veulent ça de moi aussi vite. Parce que, tu sais, d’habitude, les filles de sites de rencontres veulent surtout que le gars s’intéresse à elles.

Donc, d’accord, je parlais de moi, mais juste pas des sujets que tu espérais.  Je comprend, et ça peut aisément s’arranger.

Un quart d’heure passe.  Aucune réponse.  Alors je rajoute:

STEVE
… ou peut-être que le courant ne passe juste pas entre nous aussi bien que je le croyais et l’espérais.  Ça arrive.

CLÉO
Peut-être?..
.😢

Bon ben voilà!  À ma proposition de lui donner ce qu’elle demande, aucune réponse.  À ma suggestion que nous ne sommes pas fait l’un pour l’autre, ÇA, par contre, elle y répond immédiatement, et en ce sens.  Ça ne peut pas être plus clair.

Je lui donne donc ce qu’elle espère de moi: Une rupture propre, rapide, sans histoire.  

 STEVE
D’accord. Je ne cacherai pas que je suis un peu déçu. Mais je ne t’en veux pas. Ça ne se contrôle pas, ces choses-là.

Désolé et bonne chance.

Et ce furent là les derniers mots échangés entre nous.

Pourquoi est-ce que j’ai lâché prise aussi facilement?   C’est vrai, j’aurais pu en débattre.  J’aurais pu lui expliquer à quel point son comportement avec moi en me quittant au métro était à l’extrême opposé de celui qu’elle avait maintenant.  J’aurais pu essayer de lui faire prendre conscience d’à quel point son excuse sonnait bidon.  J’aurais pu lui montrer combien la solution était facile: Maintenant qu’elle m’a dit ce qu’elle attendait de moi, alors là je pouvais lui donner.  Je pourrais même lui faire une leçon de morale comme quoi c’est le comportement d’un enfant gâté, ce qu’elle nous fait là.  Hey, je pourrais même la confronter avec un « Ben là si j’te mettais mal à l’aise, pourquoi tu m’as invité chez toi après le salon de thé, d’abord? » , tout en en lui servant la classique « J’essaye juste de comprendre! »

Mais voilà, en faisant ceci, oui, j’écouterais ses mots…  Mais je ne comprendrais pas ce qu’elle me dit.

Et ce qu’elle me dit, c’est qu’elle ne veut plus me revoir. 

Oh, elle ne me le dit pas dans ces mots.  N’empêche que, juste à voir son comportement, c’est ça qu’elle me dit vraiment.

J’ai assez d’expérience de la vie et des relations interpersonnelles, vécues ou observées, pour comprendre ce qui vient de se passer.  Pour une raison qu’elle n’ose pas m’avouer, elle veut mettre fin abruptement à notre relation.  Puisqu’il s’agit d’une fille de site de rencontres, et que son attitude a fait un 180° aussi brusque qu’illogique, voici la théorie la plus plausible qui me vient en tête: Après m’avoir laissé au métro, elle a probablement été contactée par un gars qui lui plaisait plus que moi.  Et vu la vitesse à laquelle elle a changé d’idée à mon sujet, il s’agissait sûrement d’un ancien contact pour qui elle avait déjà des désirs et/ou des sentiments.  Avec lui de retour, je suis soudainement de trop, elle doit donc se débarrasser de moi.  

Trop lâche pour me le dire et/ou trop irresponsable pour assumer sa décision, elle essaye de me faire gober que notre séparation, c’est de ma faute.  Or, petit problème, puisque j’ai eu un comportement irréprochable, elle n’a aucune bonne raison à me donner pour se justifier de me repousser.  Elle est donc obligée d’inventer une excuse.  Et une excuse inventée, ça sonne bidon.  Normal, c’est une excuse bidon.

À une certaine époque, j’aurais réagi comme bien des gars.  Je lui aurais demandé des explications.  Mais à quoi est-ce que ça aurait servi?  Ne pas vouloir de moi, ce n’est pas un crime, que je sache.  Alors pourquoi devrait-elle se justifier pour quelque chose qui n’est pas une injustice?   

Peu importe la raison pourquoi elle ne veut pas de moi, le fait est qu’elle ne veut pas de moi.  À partir de là, je n’ai plus la moindre raison de vouloir poursuivre cette relation.  

Quand l’autre personne tient à être frustrée.

Ce billet est le premier dans la série (Més)aventures sur sites de rencontres.

Je ne me souviens plus si je l’ai déjà précisé, mais lorsque je l’ai créé en 2009, ce blog se nommait Le Sélectif, et était associé à un site de rencontres.  Le thème était l’art de faire les bons choix sur les sites de rencontres.

En fait, c’était surtout pour montrer comment éviter de faire les mauvais choix, donc de montrer comment reconnaître quelles sont les mauvaises personnes, celles à éviter.  Parce que oui, il est toujours plus facile de pointer les failles dans le comportement d’autrui que ses bons côtés. 

La raison est simple: Puisque nous sommes tous différents dans nos goûts et préférences, une qualité qui sera fort prisée par une personne en laissera une autre complètement indifférente. Les mauvais côtés, par contre, ont tendance à déplaire à pas mal tout le monde.

Et des mauvais côtés, non seulement je vais en démontrer au fil des prochaines semaines, je vais même vous donner des trucs pour en reconnaître les signes subtils qui vous permettrons des éviter ces gens négatifs dès le départ.  Pour ce faire, je vais piger dans mes vieilles expériences passées, à l’époque où Karine et moi venions de nous séparer après 12 ans ½ ensemble.

Pour commencer, je vais vous donner un exemple facile, dans lequel la subtilité n’était pas vraiment au rendez-vous.

Peu après la séparation, je me suis inscris à quelques sites de rencontres.  Il faut dire qu’après avoir passé plus d’une décennie en couple et en cohabitation, me retrouver soudainement seul me laissait un grand vide. 

J’ai commencé par aller sur certains sites qui annonçaient fièrement que l’inscription était gratuite.  J’avais ensuite la mauvaise surprise de constater que si l’inscription l’était, tout ce qui permettait de communiquer avec les autres membres était payant.  Bref, arnaque.

J’ai tout de même fini par en trouver un qui permettait le contact gratuit: Jasez.ca.  À peine eus-je fini de remplir mon dossier avec informations, photo et description, je reçois la notification suivante. (Évidemment, je change ici le nom et la photo) :

 17:30

Le membre HELLène666 vous a envoyé une suggestion de jasette.

Une suggestion de jasette, c’est quand une personne survole ton profil (Traduction: Ne regarde que les photos de la liste des nouveaux membres) et qui envoie l’équivalent d’un poke / salutation  à ceux qui ont l’air d’avoir une binette pas trop vomitive.  Option parfaite pour les gens qui ne veulent même pas se donner la peine de visiter ta fiche et t’écrire un truc personnel démontrant qu’elle t’a lu.

Je regarde la photo de la fille.  Elle est jeune et jolie.  Je trouve même qu’elle est peut-être un peu trop belle pour être vraie.  Tirant leçon de mes mauvaises expériences sur les sites précédent, je décide d’être prudent dans ma réponse. 

17:37

Bonsoir.
Ceci est ma première fois sur un site de rencontres depuis 2009, alors j’espère que cette suggestion de jasette me vient d’une vraie personne et non d’un programme automatique. 😉 

Voilà! Si c’est un programme automatique, je me ferai répondre n’importe quoi.  Et si c’est une vraie fille, je m’attends à une réponse à la « Ha! Ha! rassure-toi, je suis une vraie personne. », et c’est sur cette note joyeuse que le dialogue pourra s’engager. 

La réponse ne tarde pas, car une minute plus tard… 

17:38

Humm
En voila une question idiote
Tu travaille dans quoi pour demander une stupidité comme ça?

Woah boy!  Je sens un peu d’hostilité ici. 

En général, lorsqu’une personne te pose une question dans le genre de « Tu travailles dans quoi? » , surtout si c’est suivi par « pour demander une stupidité comme ça« , tu peux être certain que tout ce que tu diras ne servira qu’à te rabaisser.  Si tu réponds un travail bas de gamme, elle dira « Alors là, ça ne me surprend pas! »  Et si tu réponds un truc haut de gamme, alors ce sera plutôt dans le genre de: « Ah? Bizarre! D’habitude, ces postes-là sont occupés par des gens intelligents. »

Mais bon, qui sait, peut-être que son irritation face à ma question est due à un problème extérieur.  Je vais donc répondre avec courtoisie:  

17:41

Je doute qu’un programme dirait « Humm ».  Voilà qui répond à ma question.
Je suis homme à tout faire dans un garage de bus.  Mon travail porte le titre peu glorieux de « concierge ».

Voilà.  Réponse simple, efficace, à la syntaxe irréprochable, à l’orthographe parfaite, dans un ton neutre et désarmant.  Attendons la suite. 

17:42

J’ai été plutôt fâchée de me faire traitée de programme…il y a 12 ans de ça je disais à un de mes profs que je connais les ordi. oses-tu dire que t aussi con qu’un ordinateur?

Oses-tu dire que tu es aussi con qu’un ordinateur?… Bon!  Ça ne peut pas être plus clair, cette fille tient à me rabaisser.  Au lieu de répondre à sa question, essayons de désamorcer. 

17:45

Alors désolé pour ça. Je n’avais aucune intention d’être désagréable. Je viens de m’inscrire et je suis encore à l’étape de me familiariser avec l’endroit. Sur ce genre de sites, il vaut toujours mieux être prudent. D’où ma question.

17:47

Pourquoi tu viens ici si tu penses autant de négativité de ce site ?

Elle insiste, cette fois avec des accusations farfelues.  Une tentative de me faire passer pour un cave, en démontrant que je me contredis. 

À ce point-ci, je pourrais juste la bloquer et passer à une autre.  Je ne peux tout de même résister à l’opportunité de continuer de lui démontrer que de nous deux, c’est elle qui est irraisonnable ici.  La tactique: Garder mon calme, en répondant sans me justifier, sans être sur la défensive, en donnant une explication claire. 

17:51

Je ne pense pas de négativité de ce site, mais il faut quand même rester prudent.  Comme je dis, je débute ici, je ne connais pas l’endroit. 

Avant d’arriver ici, je me suis inscris à plusieurs autres sites, qui tentaient de me faire accroire que je recevais plein de messages de femmes top-modèle, et me proposaient une inscription payante afin que je puisse lire les dits messages.  La chose était évidemment une arnaque, puisque je ne m’étais qu’inscris, sans avoir encore mis de photo ni de description.

Bref, j’étais juste prudent, d’où ma question. 🙂

 Je ne pense pas pouvoir être plus clair que ça.  Toute personne un tant soi peu raisonnable trouverait cette réponse satisfaisante et passerait à autre chose.  

17:52

Sérieusement si tout ce que tu trouves à dire aux gens qui te contacte c’est que tu penses qu’ils sont des fakes, abstiens toi de répondre à leurs messages.  C’est pas comme si tu pouvais te permettre d’être parano.  T’es pas le seul gars sur le site et t’es loin d’être le plus attirant tsé.

Mais voilà, on ne peut raisonner qu’avec des personnes raisonnables.  Rendu là, plus l’ombre d’un doute possible; je peux me permettre d’affirmer qu’il n’y a rien de bon à tirer de prolonger le contact avec cette personne. Je mets donc fin à la conversation. 

17:55

Merci, je me souviendrai de ce conseil.
Sur ce, je vais me préparer à souper. Bonne soirée.

17:55

C’est ça, fuit, c»’est tellement plus facile que se regarder en face

Classique!  Elle tente de me garder dans le conflit en jouant sur mon orgueil.  Ça ne marche pas.  Je la bloque.  Face à une personne qui ne cherche qu’à dire / penser / prouver du mal d’autrui, on n’a pas à ressentir le besoin de se justifier.

Suite à ce premier contact qui a gâché mon arrivée sur ce site, mon tout premier sentiment face à cette discussion fut de ressentir quelque regrets d’avoir commencé le dialogue en lui posant cette question stupide.  Puis, je me suis ravisé. Non, ma question n’était pas stupide.  C’était de la simple prudence de base, et nullement la manifestation d’un sentiment de paranoïa comme elle le prétend.   De plus, ma question n’était en aucun cas une insulte.  Elle n’avait donc aucune raison d’y réagir ainsi. 

Alors au contraire, puisque ma question m’a permis de voir, dès le départ, la vraie personnalité de cette fille, c’est une très bonne chose que je la lui ai posée.  Ça m’a évité bien des déboires futurs.

___________

La suite dans quelques jours avec une autre expérience, et ma façon d’y mettre fin de manière rapide et efficace.

24 heures dans un petit resto 24 heures

Ainsi, vous songez à travailler dans un petit resto ouvert 24 heures?  Bien!  Il y a un quart de siècle de ça, je travaillais dans un Dunkin Donuts, où les gens pouvaient venir consommer café, beignets et sandwiches 24/7.  Laissez-moi vous apprendre ce à quoi vous devez vous attendre.  Voici à quoi ressemblait une journée typique:

Le matin: Il reste peut-être encore 1 ou 2 saoulons de la nuit pour qui l’idée de rentrer seuls dans leur appartement vide les terrifie.  Mais à cette heure-ci, ils sont calmes. Arrivent les gens qui viennent déjeuner. Ce sont des gens civilisés, ils viennent manger avant d’aller travailler.

L’avant-midi: Les gens qui font leurs emplettes vont et viennent dans un flot continu quoi que modéré.

Le midi: Il y a quelques étudiants en groupe qui sont un peu bruyant, mais vraiment rien de grave. Il repartent à l’école et tout reste calme.  Les clients de l’après midi sont surtout des mémés qui prennent une pause entre deux emplettes.

 Le soir: Gros rush de monde pour le souper. 60% de ces clients sont des gens fatigués de leur journée de travail, ils viennent juste s’offrir le souper qu’ils n’ont pas envie de se préparer. Le 40% qui reste est partagé entre ceux qui magasinent, ceux qui flânent, et ceux qui viennent prendre une dernière bouchée avant une sortie (bar, cinéma, etc) Donc encore des gens civilisés.

 20h00: Apparition du premier groupe de fêtards énervés et ivres de leur soir de liberté, et/ou du premier client ivre, d’alcool cette fois.

 21h00: Le calme avant la tempête

 22h00: On remarque un manège un peu louche dans la salle de bain. V’là la pute du coin qui commence a racoler parmi les clients, allant jusqu’à la caisse dire à un client déjà accompagné: « Heille, ça te tentes-tu de te faire sucer pour dix piasses? »

 23h00 à minuit: Arrivent les premiers clients sortant des bars. ‘Ils ne sont pas énormément ivres, mais déjà très bruyant. Heureusement, ceux qui ont pris un coup assez tôt, c’est avec le rire et la joie qu’ils se font entendre.

 01h00 à 04h00: À partir de là, c’est la descente aux enfers. Les gens civilisés sont presque tous partis chez eux. La majorité des clients qui restent de sivisent en deux catégories de sauvages: Ceux qui le sont naturellement, et ceux qui le sont après avoir bu.  Mais le pire de tous que l’on voit parfois: Le sauvage de nature qui a bu. Lui, quand il est là, on peut être certain que ça se termine en vandalisme quelconque ou en bagarre. Ceux qui ont pris un coup sur le tard, ce n’est plus vraiment avec le rire et la joie qu’ils se font entendre, c’est surtout par leurs frustrations et leurs conneries.

 5h00 du matin: Aucun employé n’ose aller dans les toilettes publiques. Qu’est-ce qu’on va y retrouver cette fois ci? Des seringues souillées? Des flaques de pisse faites délibérément par terre? Du vomi? Des murs maculés de sang et/ou de merde?  On plaint l’employé d’entretien qui arrivera dans une heure, et pour qui ces découvertes sont son lot quotidien.

 6h00 du matin: Les cons sont tous partis se coucher afin d’être de nouveau frais et dispo et plein d’énergie pour leur connerie du soir suivant. reste un ou deux saoulons calmés. La civilisation se réveille et les travailleurs reviennent déjeuner. Et le cycle recommence.

La faune typique de ce genre d’endroits:

  •  Le vieux crasseux qui se promène entre les tables en délirant sa philosophie de la société en général d’une voix forte, passant ses commentaires sur les autres clients.
  • La grosse madame ou le p’tit monsieur, bien tranquilles, qui sont là quasiment 24/7 devant leur café, à ne rien faire que lire le journal et regarder le monde passer.
  • Les flaneux qui, eux autres, n’achètent absolument rien. Variante: Celui qui demande un verre d’eau chaude, ce qui est souvent gratos, et qui va se faire un thé avec, qu’il va étirer à sa table pendant 14 heures d’affilée.
  • Le/la client/e qui veut être remboursée car le jus / le lait / la soupe / la bouffe était, dit-il/elle, passée date, et malgré tout il/elle l’a avalé au complet avant de venir se plaindre.
  • Ceux qui essayent de discrètement mettre le feu dans les poubelles.
  • Celui qui fait le coup du sucrier débouché et renversé.
  • Ceux qui viennent engueuler la caissière pour des raisons absolument hors de son contrôle: Les prix des items, le téléphone public défectueux, les graffitis dans les toilettes, un item épuisé, etc.

Et parmi les employés, je pourrais parler de:

  • La fille qui ne fous rien de tout son quart de travail et qui ose vous appeler à l’aide car elle n’arrivera pas à finir son ménage avant la fin de sa journée.
  • La fille dont le chum vient lui faire des scènes de jalousie devant les clients.
  • La fille qui passe discrètement plein de stock gratos à son chum et/ou ses amis.
  • Variante: Celle qui vient faire ça sur votre quart de travail, pour que ça vous passe sur le dos.
  • La fille qui ne fait pas les rotations des produits dans les frigos, laissant le plus vieux stock en arrière et mettant le neuf à l’avant.
  • La fille qui fait son p’tit boss, se permettant de vous donner des leçons sur un travail que vous faites parfaitement bien.
  • La bitch qui pense pouvoir tout se permettre car elle sort avec le proprio / le gérant / l’assistant gérant.
  • Le gars qui ne peut pas s’empêcher de draguer chaque nouvelle employée féminine qui commence à travailler là.

Et j’en passe. J’en ai tellement vu…

Que ce soit un Dunkin Donuts à Montréal il y a 25 ans, un Tim Horton’s à St-Hyacinthe il y a 12 ans ou un McDonald’s à Québec l’an passé, ces gens-là ne changent pas. D’une génération à l’autre, on y retrouve toujours les mêmes comportements. Comme dans tous les cas, il y a des exceptions, mais j’ai vu trop souvent ce programme se dérouler fidèlement pour ne pas généraliser.  

La pire des manipulations amoureuse et sexuelle

Dénoncer ce genre de comportement, c’est parfois mal interprété.  Car bien que le but est d’informer et éduquer les victimes potentielles, certaines personnes craignent que d’exposer les trucs des manipulateurs, c’est l’équivalent de donner un manuel d’instruction pour encourager les gens à le devenir.  À ça je répond: Rien à craindre.  La manipulation, c’est comme l’orientation sexuelle: C’est quelque chose que l’on est ou que l’on n’est pas.  Ceux qui le sont connaissent déjà les trucs et les utilisent.  Et ceux qui ne le sont pas ne vont certainement pas le devenir.  Le seul changement que cette connaissance va leur apporter, ce sera d’être désormais capable de reconnaître la situation pour mieux l’éviter.

Donc… :

De toutes les manipulations amoureuses et sexuelles, j’ai décidé d’exposer l’une des plus insidieuses :  Celle qui pousse la victime à accepter volontairement à se soumettre à n’être rien de plus qu’un objet sexuel

Afin de faciliter la lecture, je vais rester dans le cliché accepté et reconnu comme quoi le manipulateur est un homme et sa victime une femme.  De toute façon, vous saurez bien adapter les exemples à votre vécu, s’il y a lieu.  Alors ça va comme suit.

Portrait typique de ce genre d’homme:  Dès le départ, oubliez Christian Grey, des 50 shades of.  Celui qui s’adonne à ce genre de manipulation n’est ni beau, ni athlétique ni riche.  Consciemment ou non, il souffre d’un complexe d’infériorité (parfois relié à son physique) qui lui donne l’impression qu’il n’est pas à la hauteur lorsque face aux femmes.  Et c’est là qu’est la source de sa perversion.  N’ayant pas l’impression qu’il puisse garder une femme dans une relation égalitaire, il cherchera à avoir le contrôle total sur elle.  Pour ce faire, il a besoin de la dominer.  Or, dans le cas d’une personne souffrant de complexe d’infériorité, il ne se sentirait jamais capable de se placer au-dessus d’elle.  Il se rabat donc vers la solution alternative: La descendre plus bas que lui. 

Choisir sa victime: Une victime de choix.   Ce ne sont pas toutes les femmes qui peuvent se laisser facilement manipuler.  Cet homme le sait bien.  Aussi, il est à l’affût d’un genre en particulier.

Portrait typique de ce genre de femme:  Elle est sociable, un peu timide, mais tout de même relativement à l’aise en groupe.  En amour, elle n’a jamais vraiment eu de chance.  Son ex, ainsi que la majorité de ses prédécesseurs, avaient généralement tendance à la rabaisser, à lui faire des reproches.  Elle qui était pourtant si gentille avec eux.

Le manipulateur reconnait d’instinct en elle la proie parfaite.  Aussi, peu importe les circonstances de leur rencontre, il devient vite très amical avec elle.  Il se montre gentil, intéressé, oreille attentive.  La fille retrouve en lui toutes ces qualités qu’elle espérait en vain chez ses ex.  Puis, au bout d’un certain temps, peu importe que ce soit lui ou elle qui fasse les premiers pas, le résultat est le même: Ils finissent ensemble.

Et c’est là que, sexuellement, ils arrivent à:

L’ÉTAPE 1: Adoration inconditionnelle de tout ce qu’elle est.
Dès leurs toutes premières relations sexuelles, il est vraiment l’amant parfait.  Il est doux, il est expérimenté, et surtout, il est respectueux.  Car jamais il n’osera faire quelque chose sans d’abord lui demander son avis.  Et plusieurs fois, il ira lui rappeler qu’elle peut dire non à tout moment.  Et malgré tout, il se montre très passionné, très désirant, et ne cesse de lui montrer en paroles et en gestes. 

Par-dessus tout, vers la fin de la séance, il la complimentera sans retenue sur son sexe: Il est chaud, il est doux, il est étroit, il est confortable, et il me manquera pas de lui dire combien il adore la faire jouir avec sa bouche, tellement il apprécie son goût.

La fille, agréablement surprise d’avoir enfin trouvé la perle rare, est comblée, heureuse, amoureuse comme jamais.

Quelques temps plus tard, alors qu’il sent qu’elle est mure pour ajouter quelque chose dans leur routine, il passe à:

L’ÉTAPE 2: Lui retirer son statut de femme adulte.
Il lui suggère, mais toujours en la rassurant qu’elle peut refuser, un petit jeu de rôle.  Cette fois-ci, il lui dira quoi faire, et elle n’aura qu’à obéir.  Cette idée amuse la fille.  Elle se dit que pourquoi pas.  Après tout, il est si gentil, si respectueux, si bon amant… Si ça peut lui faire plaisir, elle n’est que trop heureuse d’accepter.

Au fil de leurs séances de sexe, il installe peu à peu le ton.  Il la fait mettre à genoux devant lui.  Elle doit l’appeler Monsieur et lui dire vous. Elle reçoit la fessée.  Se fait mettre en punition.  Bref, il l’infantilise.  Elle agit comme une enfant, et donc cesse d’agir en femme.  Il se masturbe et éjacule sur ses seins, sur son visage. 

Là encore, jamais il n’osera faire quelque chose sans d’abord lui demander son avis.  Et plusieurs fois, il ira lui rappeler qu’elle peut dire non à tout moment.  Mais elle, reconnaissante de son respect, n’est que trop heureuse de le laisser faire.

Et là encore, il la complimentera sans retenue sur son sexe. 

Après la baise, alors qu’il la câline doucement, il ne manquera pas de lui dire à quel point elle est sexy, avec son sperme au visage et aux seins.  Sur ce dernier point, il choisit subtilement ses mots.  Il ne lui dit pas qu’il la trouve sexy.  Il dit qu’elle est sexy.  Ça peut paraître minime, mais c’est une variante qui fait toute la différence dans l’idée qu’elle aura d’elle-même par la suite.

Quelques temps plus tard, alors qu’il sent qu’elle est mure pour ajouter quelque chose dans leur routine, il passe à:

L’ÉTAPE 3: Lui retirer son statut d’être humain. 
Il lui suggère, mais toujours en la rassurant qu’elle peut refuser, un petit jeu de rôles.  Cette fois-ci, il utilisera un langage un peu plus cru, et fera d’elle son animal obéissant : Sa chienne.  Il utilisera des termes comme chienne en chaleur, et des te baiser comme une chienne.  Il lui dira quoi faire, et elle n’aura qu’à obéir.  Cette idée surprend un peu la fille au début.  Mais bon, elle est déjà habituée à obéir à ses ordres.   Sa suggestion est bien mineure comme changement.  Aussi, elle se dit que pourquoi pas.  Après tout, il est si gentil, si respectueux, si bon amant…  Elle n’est que trop heureuse de lui procurer du plaisir en retour.

(Détail: Étant donné la connotation négative et insultante qu’a le mot chienne, il arrive souvent qu’ils optent plutôt pour la chatte.  Ce qui est encore mieux, étant donné le sens sexuel de ce mot.)

Au fil de leurs séances de sexe, il installe peu à peu le ton.  Il la fait mettre à quatre pattes.  Elle portera un collier et/ou de fausses oreilles animales.  Elle ne s’exprimera qu’en sons d’animaux.  Bref, il la bestialise.  Elle agit comme un animal, et donc cesse d’agir en humain.  Il se masturbe et éjacule sur ses seins, sur son visage. 

Là encore, jamais il n’osera faire quelque chose sans d’abord lui demander son avis.  Et plusieurs fois, il ira lui rappeler qu’elle peut dire non à tout moment.  Mais elle, reconnaissante de son respect, n’est que trop heureuse de le laisser faire.

Et là encore, il la complimentera sans retenue sur son sexe.  Et là encore, après la séance, il ne cessera de lui dire à quel point elle a été parfaite, excitante, sexy.

En général, ces pratiques ne dépassent pas l’étape 2 ou 3.  Cependant, certains hommes vont pousser la chose plus loin:

L’ÉTAPE 4: Lui retirer son statut d’être vivant, en faisant d’elle sa poupée.  Il lui fera porter certaines pièces de vêtements, en lui disant bien que dès qu’elle sera habillée, alors elle n’aura plus la permission de bouger ni de dire un mot, autre que le safe word (Mot de code permettant de tout arrêter.)    

L’ÉTAPE 5: Lui retirer son sa forme humaine, en faisant d’elle son objet sexuel.  Cette fois, plus question de songer à son plaisir à elle.  Il l’introduit au principe du deep throat : Elle doit se coucher sur le dos, sur le lit, la tête pendante sur le rebord, ouvrir grand la bouche, et ne pas bouger tandis qu’il lui pénètre la gorge comme un vagin.  Bien sûr, elle a encore droit au safe word… Mais comment pourrait-elle le prononcer pendant cette pratique, si elle change d’idée en cours de route?  Elle devra donc se résigner à le laisser faire.

L’ÉTAPE 6: Lui retirer son statut d’objet sexuel, en faisant d’elle un objet qui, bien que intime, n’a plus rapport avec le sexe.  Généralement, sa toilette.  

Rares sont ceux qui se rendent jusque-là car pour ce faire, il faut être particulièrement pervers.  N’empêche que la méthode reste la même:  Dépouiller peu à peu la femme de tout ce qui constitue son identité en tant que femme, en tant qu’être humain, en tant qu’être vivant.  Et ce, tout en continuant de lui montrer à quel point il apprécie son sexe, et à quel point elle est belle lorsque soumise à lui.

Ceci dit, peu importe à quelle étape la relation se stabilise, une chose ne change pas:  À force de se faire seulement apprécier au niveau du sexe, et dénigrer en tant que femme, qu’adulte, qu’être humain, la fille se laisse peu à peu conditionner à ne plus voir en elle-même de valeur en tant que femme, ni adulte ni être humain.  Sa seule valeur, elle n’en voit plus que dans son sexe.

Ce changement dans son estime personnelle se passe au niveau de l’inconscient, tellement le travail du manipulateur est subtil.  Elle constate cependant elle-même combien elle a pu changer sur un autre sujet:  Tout ce qu’elle n’aurais jamais accepté de faire avec ses ex, elle le fait volontiers avec lui.  Et puisqu’il lui a toujours laissé le choix, alors elle croit que son statut de soumise, d’infantilisée, d’animale, d’objectifiée, que ça vient d’elle.  Il n’a fait que l’aider à se découvrir elle-même, voilà tout.

Et c’est là qu’elle fait erreur.  Deux erreurs, pour être précis. 

Première erreur :  Toutes ces idées, là, de jouer à l’enfant, à la chienne (ou à la chatte), à la poupée…  Est-ce que c’est venu d’elle?  Non!  Tout ça, c’est venu de lui.  Parce que sinon, jamais elle n’y aurait pensé par elle-même.  Dans de telles conditions, lorsqu’elle dit que c’est ce qu’elle est vraiment, elle se trompe.   

Seconde erreur :  Bon, d’accord, l’idée de jouer à l’enfant, à la chienne (ou à la chatte), à la poupée, ça ne venait pas d’elle.  N’empêche qu’il lui a laissé le choix, et qu’elle a accepté.  Donc, ça doit bien être la preuve comme quoi oui, c’est ce qu’elle est vraiment

Mais voilà, il ne faut pas oublier un détail important: Si cet homme a choisi cette fille en particulier, c’est parce qu’elle souffrait d’être rabaissée par les autres hommes, qui lui manquaient de respect, qui lui faisaient des reproches.  Tout ce qu’il a eu à faire pour gagner les faveurs de cette fille, c’était de se comporter de manière inverse avec elle.  Il l’a toujours respectée.  Il l’a toujours fait sentir spéciale.  Dans de telles conditions, il n’y a rien d’étonnant à ce qu’elle tient à lui rendre la pareille, en acceptant de lui faire plaisir, en VOULANT lui faire plaisir.  Et puisqu’elle aime lui faire plaisir, alors elle a cru qu’elle aimait faire ça.  Il l’a conditionné à confondre l’aimer lui avec aimer ces pratiques.

Et c’est comme ça que, patiemment, au compte-goutte, non seulement a-t-il réussi à lui faire accepter de ne plus être autre chose qu’un objet sexuel, il a réussi à lui faire croire à chaque étape que tout ça, c’était ses décision à elle.

Puisqu’elle considère (de manière erronée) qu’il s’agit de la plus géniale relation de couple de sa vie, elle ne peut s’empêcher d’en parler dans tous les détails à son entourage, à  la grande horreur de ces gens qui l’aiment, de la voir ainsi être devenue un enfant / animal / objet sexuel soumis et rabaissé. Par conséquent, si une tierce personne essaye de lui ouvrir les yeux sur sa condition véritable de soumise et de rabaissée, la fille ne voudra rien savoir.  Elle répondra alors des trucs du genre de:  « Pourquoi tu essayes de te mettre entre nous deux?  Pourquoi essayes-tu de gâcher mon bonheur?  Tu ne le connais pas.  Tu ne sais rien de lui. Tu ne connais rien de ce qu’il y a entre nous.  Tu ne connais rien aux pratiques BDSM. Je sais parfaitement ce que je fais, et je le fais en toute connaissance de cause. Tu ne sais pas de quoi tu parles.  Et puis d’abord, ça ne te regarde pas. »

Et lui, lorsque cette confrontation lui arrivera aux oreilles, il ressentira une grande satisfaction, de voir qu’il a atteint son but.  Il est respecté par une fille qu’il ne respecte pas.  Il est tenu en haute estime par celle qu’il ne fait que rabaisser.  Il l’a manipulée à croire qu’elle n’a jamais été manipulée.  Et il a tellement bien réussi son coup qu’elle protège son agresseur, et elle agresse ses protecteurs.  Il contrôle ce qu’elle fait, ce qu’elle est, et même ce qu’elle aime.  Il a donc le contrôle total sur elle, à tout les niveaux.

Et c’est là sa plus grande force: Puisque tout le monde doit respecter ce qui se passe entre adultes consentants, il a su faire de la fille une victime consentante. 

 

 

Ajuster ses résolutions du nouvel an. Ou: Cesser de penser négatif.

À chaque année, c’est la même chose:  On se donne des résolutions dans le style de…

  • Perdre du poids.
  • Se mettre en couple.
  • Avoir un bon travail.
  • Devenir riche.
  • Devenir célèbre. (Si on est artiste)

… et à chaque année, on est déçu de ne pas avoir réussi.  Mais ce n’est pas grave.  Voici la nouvelle année.  Cette fois, c’est dit: On se donne des résolutions dans le style de…

  • Perdre du poids.
  • Se mettre en couple.
  • Avoir un bon travail.
  • Devenir riche.
  • Devenir célèbre.  (Si on est artiste.)

Vous savez ce qui ne va pas dans ces résolutions?  Très simple : Ce ne sont pas des actions.  Ce sont des résultats d’actions. Voilà pourquoi ça ne marchera pas plus cette année que l’année d’avant.

Vous ne voyez pas la différence? D’accord, je précise : Si je vous dis : Perds du poids! Maintenant!  Là! Tout de suite!  Vas-y!  Go! Allez, maigris!  Êtes-vous capable faire ça sur commande? Non, hein!?

Par contre, si je dis :  Fais du jogging!  Vous pouvez vous lever et courir immédiatement.  Si je dis Mange moins et mange mieux.  Vous pouvez vous préparer sur le champ un truc bon pour la santé et n’en manger qu’une portion raisonnable.

Ça parait simple, anodin, voire ridicule comme ajustement.  Pourtant, c’est ce petit changement qui va faire toute la différence. Voyez plutôt: Si votre focus est de perdre 10 kgs / 20 lbs, alors ça prendra 2, 3, 4, 5 mois avant de pouvoir enfin ressentir la satisfaction. D’ici à ce que vous atteigniez votre but, vous risquez de trouver le temps long, ce qui augmente les possibilités d’abandonner en chemin.

Par contre, si votre but est de faire du jogging trois fois par semaine, alors ce sera trois fois par semaine que vous ressentirez la satisfaction de l’avoir atteint, ce but. Focussez sur bien manger, et vous ressentirez en plus cette même satisfaction trois fois par jour.  Non seulement la satisfaction d’avoir atteint son objectif sera quotidienne et multiple, la perte de poids ne deviendra qu’un effet secondaire, un  bonus qui se rajoute à tout le positif que l’on a déjà vécu. Avouez que c’est bien plus encourageant comme ça.

Pour rester dans le sujet de la perte de poids: 

Il y a un autre truc qui nous décourage toujours un peu au niveau du subconscient : Le mot perdre !  De tous les temps, dans tout ce qu’il entreprend, l’être humain cherche à réussir.  Aussi, le concept de perdre, c’est contre-nature pour lui.  Normal, le mot perdre est associé à un nombre incalculable d’expressions toutes aussi négatives les unes que les autres: Perdre son travail, perdre son argent, perdre sa copine, perdre ses clés, perdre son portefeuille, perdre son chemin, perdre son temps, perdre un match, perdre la partie, perdre la raison, perdre la face, etc.  Dans la vie, il n’y a pas plus grande honte que d’être étiqueté comme étant un loser, un perdant. Voilà pourquoi c’est le qualificatif le plus populaire chez ceux qui dénigrent les autres: Dans une société basée sur la réussite, se faire traiter de perdant, c’est l’insulte suprême.  Alors qu’on le veuille ou non, même s’il est suivi des mots du poids, quand le premier mot de notre but est perdre, il ne faut pas être surpris que ce but soit rarement atteint.  Et quand on échoue à perdre, on est doublement loser.

Et si on focussait plutôt sur gagner? Et si au lieu de guetter notre perte de poids, on constatait plutôt que l’on gagne de bonnes habitudes alimentaires?  Que l’on gagne de bonnes habitudes de vie? Que l’on gagne un meilleur rythme cardiaque? Que l’on gagne des muscles? Que l’on gagne quelques mètres de plus à chaque fois que l’on court? Que l’on gagne de la vitesse?

Mieux encore: Au lieu de compter à rebours, pourquoi ne pas aller de l’avant? Par exemple, pour rester dans le sujet de la course, admettons que votre but est de courir non-stop sur une distance d’au moins 200 mètres.  La majorité vont focusser sur leur fin de course de cette manière: « Plus que cinq mètres… Quatre… Trois… Deux… Un… Zéro! »  Agir ainsi est une erreur, et ce pour trois raisons:

  1. Vous ne gagnez pas de la distance pour arriver vers votre objectif de deux-cent mètres.  Au contraire, vous partez de votre objectif de deux-cent mètres et vous en perdez. Vous partez donc sur une note négative.
  2. Peu importe la distance que vous arriverez à parcourir, que ce soit deux-cent mètres ou vingt kilomètres, compter de cette façon fait qu’au bout du compte, vous arrivez toujours à zéro. Mettre autant d’effort pour toujours être à zéro, ça diminue le sentiment d’accomplissement. Un sentiment que vous gagneriez si, au contraire, vous vous voyiez évoluer, de deux cent mètres à vos débuts à vingt kilomètres quelques mois plus tard.
  3. Zéro, ça vous force à arrêter, et ce même si vous avez l’énergie d’aller plus loin. Normal, vous n’allez quand même pas continuer en disant « Moins un, moins deux, moins trois… » Zéro est donc une limite que vous vous imposez.  Mais si vous comptez à partir de zéro, et que vous arrivez à deux-cent, alors rien ne vous empêche de dépasser vos limites en faisant deux-cent dix, deux cent vingt, deux-cent-cinquante mètres. Il faut reconnaître que ça améliore la performance, et surtout le résultat.


Bref, tout ça pour dire que la meilleure façon d’atteindre ses objectifs, c’est non seulement de savoir choisir l’action plutôt que le résultat de l’action, il faut également agir de façon positive.

Et ça, c’est aussi vrai pour l’amaigrissement que pour n’importe quel autre objectif de vie.

21 raisons pourquoi on vous coupe la parole.

Quoi de plus énervant que de se faire couper la parole.  On ne le croirait pas comme ça, mais même des gestes aussi déplaisants que celui-là ont leurs raisons d’être.  Bon, pas toujours des bonnes raisons, mais des raisons quand même.  J’en ai recensé 21 : 

RAISON 1:  Pour corriger votre vocabulaire.
C’est quelque chose que l’on voit souvent chez certaines jeunes femmes passives-agressives de 16 à 25 ans (Ou plus, si manque de maturité).  Elles agissent comme si ça les dérangeait, que certains gars ne se plient pas aux règles du bon vocabulaire français.  Alors elles se permettent de les interrompre pour les corriger à chaque écart de langage.  Ça donne une conversation dans le genre de… :

LUI: J’va aller au buffet me…
ELLE: « JE VAIS aller au buffet. »
LUI: Oui, je vais aller me prendre une sandwich, et
ELLE: « UN sandwich. »
LUI: … Et me prendre un drink au bar.  Tu veux-tu que je te ramène…
ELLE: « VOUDRAIS-TU que je te ramène. »
LUI:  (Irrité), Dis donc, toi, si j’aurais su que t’…
ELLE:  « Si J’AVAIS su. »
LUI:  HEY, VA DONC CHIER, TABARNAK!
ELLE:  « TaBERnacle.« 

Évidemment, si le gars leur plaît, alors là elles se montrent pas mal plus conciliantes. 

RAISON 2:  Pour raconter le punch (la chute) à ta place.
Tu racontes une blague ou bien une anecdote vécue, en présence de plusieurs personnes.  Et lui, fort amusé par cette blague ou anecdote qu’il connait déjà, a tellement hâte que tu arrives à sa conclusion qu’il ne peut s’empêcher de t’interrompre en la récitant à ta place.  C’est toi qui a pris la peine d’attirer l’attention des gens, qui a raconté tout le contexte, mais c’est lui qui reçoit rires et admirations pour en avoir délivré la fin. 

RAISON 3:  Parce qu’on ne t’écoute pas (en privé).
Voilà dix minutes que tu parles à ton conjoint de quelque choses de significatif pour toi, que tu as vécu dans ton enfance.  Et voilà qu’au beau milieu d’une phrase, il t’interrompt pour te dire un truc tellement sans rapport que tu comprends immédiatement qu’il ne t’écoutait pas du tout.  Que le sujet de l’intéresse pas, soit, ça arrive.  Mais qu’il démontre à ce point-là combien il se fout que ce soit important pour toi, ça blesse.

RAISON 4:  Parce qu’on ne t’écoute pas (en public).
Même situation que la précédente, mais cette fois-ci en groupe.  C’est encore plus humiliant parce que cette fois-ci, lorsque l’on t’interrompt, ce n’est pas en s’adressant à toi.  On se sent encore plus insignifiant.

RAISON 5:  Parce qu’on a toujours le mot pour rire.
Lors d’une conversation en groupe, il ne trouve rien pour y contribuer.  Ça peut être parce qu’il ne connait rien au sujet, ou tout simplement parce qu’il a la personnalité d’un clown de la classe.  D’une façon comme d’une autre, il ne veut pas être tenu à l’écart de la discussion, alors il va l’interrompre à tout bout de champ pour faire un jeu de mots avec quelque chose qui vient d’être dit, ou alors il posera une question délibérément stupide, juste pour faire rigoler.  Bref, dans son cas, c’est moins « toujours le mot pour rire » que « jamais le mot pour être sérieux. »

RAISON 6:  Pour pointer des défauts insignifiants.
Un peu comme le précédent, il ne trouve rien pour contribuer de façon positive à la conversation.  Alors, il va en pointer les défauts, aussi insignifiants soient-ils. 

C’est que, de façon inconsciente, il se dit que s’il est incapable d’améliorer le sujet, alors il va pointer aux autres ce qu’ils ont à améliorer.  Ça lui donne l’impression d’être au moins utile pour quelque chose, et ça lui permet de dénoncer la mauvaise foi de ceux qui seraient irrités par ses interruptions négatives constantes, puisque techniquement, ces points, sont vraiment négatifs. 

Une faute de phrape

RAISON 7:  Pour faire chier.
Ça, c’est lorsque tu essayes de dire quelque chose, et que cette personne t’interromps à chaque phrase pour te poser une question insignifiante, faire une remarque idiote, ou soulever un point que tu allais aborder un peu plus loin.  Et tu peux parfaitement voir dans son visage ou son intonation de voix que ça l’amuse beaucoup, donc qu’il ne fait ça que pour te tourner au ridicule. 

Et c’est encore pire lorsque tu essayes de t’adresser à plusieurs personnes, car il te met dans une situation cornélienne dans laquelle quoi que tu fasses, tu perds la face: 

  • Tu l’ignores? Tu es impoli.
  • Tu lui réponds gentiment? Tu le laisses t’interrompre à répétition.
  • Tu te fâches? OMG QUE TU ES SUSCEPTIBLE!

RAISON 8:  Par faute d’avoir la capacité d’attirer l’attention sur soi par ses propres moyens.
Il y a des gens qui n’arrivent pas à attirer sur eux l’attention des autres, ou qui n’osent juste pas essayer par peur de l’échec.  À ce moment-là, il est beaucoup plus facile d’aller vers une personne qui a l’attention des autres, et de tenter de lui voler cette place en  l’interrompant. 

RAISON 9:  Parce que vous êtes une femme.
Plusieurs études sérieuses ont démontré que les femmes se font couper la parole de trois à huit fois plus souvent que les hommes.  Même celles qui occupent le poste de juge, et ce pendant les procès.

RAISON 10:  Vous allez dire une vérité que l’autre ne veut pas entendre.
Chose assez typique chez les conflictuodépendants.  Ils sont capable de vous faire la leçon pendant des heures au sujet de quelconques failles, souvent farfelues, qu’ils sont généralement les seuls à voir en vous.  Mais dès que vous essayez de leur parler de leurs propres défauts, ceux-là véritables, attendez-vous à ce qu’ils vous interrompent afin de fuir cette conversation, incluant physiquement.

RAISON 11:  Parce que l’on saute aux conclusions négatives trop vite.
Tu commences en abordant un sujet à controverse.  Tu n’as même pas le temps de dire que tu es contre, que tu te fais immédiatement tomber dessus comme si tu étais pour.  Et ne va pas dire à la personne qu’elle se trompe sur tes intentions.  Tu lui dis qu’elle est dans l’erreur, ce qui la met encore plus en fureur contre toi, ce qui fait qu’elle ne veut encore moins entendre.

C’est encore plus remarquable lorsque ça arrive sur un blog, chose que j’ai déjà expérimenté moi-même quelquefois. 

Par exemple, il y a un peu plus de deux ans, j’ai écrit un article intitulé La convention sociale du « Si tu viens, tu couches! »  J’y explique que pour beaucoup de gens, inviter chez soi une personne du sexe opposé, c’est une invitation à la baise.  Et accepter cette invitation, c’est l’équivalent de dire oui à cette proposition de baise.  Je donne même plusieurs exemples (vécus personnellement) dans lesquels des filles furent surprises / déçues / frustrées que mes invitations à passer chez moi n’avaient aucun but sexuel. 

Le billet était à peine posté que j’ai eu droit à un commentaire incendiaire à la « Je n’ai pas pris la peine de tout lire mais je n’ai pas besoin de le faire pour voir parfaitement où ce billet de merde s’en va.  C’est à cause de salauds dans ton genre qui sont toujours prêts à excuser et à appuyer les prédateurs que tant de femmes se font violer.  Je te souhaite que toi et les autres pourritures dans ton genre se retrouvent en prison où ils se feront copieusement sodomiser sans leur consentement. » 

Si elle avait pris la peine de lire jusqu’au bout, elle aurait vu ma conclusion qui est:

J’en reviens à la fille dont je parle au début, qui accepte sans cesse des invitation chez des inconnus, pour être ensuite surprise d’être sollicitée sexuellement à chaque coup.  Rassurez-vous, mon but en écrivant ce billet n’est pas de la blâmer sur le fait qu’elle ignore la convention sociale du si tu viens, tu couches.  Ce serait très hypocrite de ma part puisque moi-même, ce n’est qu’à l’âge de 45 ans que j’ai fini par découvrir qu’elle existait, cette règle non-écrite-et-non-dite. 

En fait, mon but, c’est d’abord de dire que cette règle existe, et ensuite de dire qu’elle ne devrait pas exister. 

Ceci dit, si vous visitez ce billet, n’allez pas y chercher le commentaire de la dame.  Au sujet des répliques de mes lecteurs, je n’ai qu’une seule règle, et c’est que tout commentaire qui commence par « Je n’ai pas pris la peine de tout lire » s’assure automatiquement que je ne prendrai pas la peine de le publier.

RAISON 12:  Parce que vous parlez peut-être un peu trop lentement.
Faut bien se l’avouer, des fois, ce n’est pas facile pour les autres de savoir si on a fini de parler.  Par conséquent, les interruptions ne sont pas toujours de mauvaises foi.  Elles sont parfois accidentelles.

Et parler trop lentement, ça amène également le truc suivant : 

RAISON 13:  Pour finir vos phrases.
Impatiente de vous voir aboutir, la personne termine votre phrase. Malheureusement, dans 90% des cas, elle se trompe de sujet, et vous recommencez la phrase au complet, ce qui prend encore plus de temps que si elle ne vous avait pas interrompu pour commencer. 

RAISON 14:  Pour finir vos phrases avec des sous-entendus navrants.
Il y a des gens comme ça qui ont l’air de penser le pire de toi.  Et rien ne le démontre aussi bien que lorsqu’ils terminent tes phrases de cette façon.  J’ai quelques exemples vécus personnellement: 

À l’époque où j’étais concierge résident.  En voulant raconter qu’en me levant ce matin-là, j’ai constaté une panne d’électricité. 
MOI: « En me levant ce matin, j’ai vu que… »
ELLE: « … t’avais pesé sur « snooze » trop souvent, fa que t’étais en retard pour la job? »

Non seulement n’ai-je jamais utilisé la fonction snooze de ma vie (Bouton qui permet de remettre la sonnerie du réveil dix minutes plus tard, pour dormir un peu plus), qu’est-ce que c’est que cette tentative de me faire passer pour un mauvais employé? 

En passant sur la rue Ste-Catherine en galante compagnie, je vois un resto chinois de l’autre côté de la rue.  J’y attire l’attention de la demoiselle pour lui suggérer d’y dîner, car j’aime beaucoup leurs soupes-repas.
MOI: « J’aime beaucoup… »
ELLE: « … gaspiller ton argent pour aller te branler dans des cabinets de films pornos? »

Je veux bien croire qu’il y avait un commerce de peepshows à proximité du resto, mais tout de même.

En attachant mes souliers, je viens pour exprimer la difficulté que j’ai à réussir à me trouver des souliers à prix abordables dans lesquelles je puisse y mettre mes orthèses.
MOI: « J’ai beaucoup de difficulté à… »
ELLE: « … endurer les gens qui ont des opinions différentes des tiennes? »

C’était tellement gratuit et venant de nulle-part, celle-là, que j’ai failli lui montrer la porte, tellement cette insinuation était insultante. 

En tout cas, puisqu’il y a des avantages à tout, ce qu’il y a de bien d’être la cible de ce genre de truc, c’est que ça nous en permet de savoir long sur la personnalité de l’autre, et surtout de ce qu’elle pense de nous.  Ça nous permet de savoir de qui il vaut mieux maintenir ses distances.

RAISON 15:  Vous avez accidentellement dit un mot qui rappelle à l’autre un sujet qui lui tient particulièrement à coeur.
VOUS:  « …Et c’est là que le médecin a dit que le cancer de mon fils ne pourrait… »
L’AUTRE: « OH! Tu savais que mon fiancé est un cancer?  On m’avait dit que ça ne pouvait pas s’entendre avec une sagittaire.  Quelle foutaise!  Notre première nuit, il m’a tellement fait jouir que … »

RAISON 16:  Pour vous faire sentir inutile, invisible et insignifiant.
C’est quelque chose que l’on constate surtout lorsqu’une personne a du ressentiment envers vous.  Par exemple, d’avoir un jour refusé ses avances.  Cette personne fait donc exprès d’agir comme si vous n’existiez pas, et ça inclut faire semblant de ne pas vous entendre parler.  Là où sa passivité devient franchement agressive, c’est lorsque cette personne fait exprès de vous interrompre pour répéter exactement ce que vous alliez dire.

RAISON 17:  Pour faire semblant de remettre les gens sur le droit chemin.
C’est quelque chose que l’on voit souvent, lors d’une discussion publique, en groupe d’amis, en classe, etc.  Par exemple, si la discussion commence au sujet des salaires de grandes entreprises.  Arrive l’inévitable dénonciation des femmes qui gagnent moins que les hommes.  Et, au fil des diverses interventions, on en vient à jaser des différences sociales entre les hommes et les femmes.  Et on constate que le sujet passionne vraiment tout le monde, car tout le monde a quelque chose à y apporter.

… sauf UNE personne, qui n’a pas encore prise part à la conversation.  Lorsqu’elle se décide enfin à le faire, c’est pour tout interrompre, en disant: « Dites, c’est parce que le sujet, c’est les salaires des entreprises, ou bien la différence entre les hommes et les femmes? »  Ceci a comme effet de jeter quelques sacs de sable dans les engrenages d’une conversation jusque-là bien huilée.  Ayant réussi à avoir l’attention de tous, tout en influençant les échanges, la personne se tait de nouveau, pour tout le restant du débat. 

Ce qui démontre que dans le fond, elle n’en avait rien à cirer du sujet véritable.  Elle a juste vu une opportunité d’intervenir en ayant techniquement raison contre tous, et elle en a profité. 

RAISON 18: Pour vraiment remettre les gens dans le droit chemin. Les gens ne nous interrompent pas toujours dans un but mesquin et/ou narcissique.  Il arrive parfois que l’interruption soit nécessaire.Parce que bon, faut bien se l’avouer, des fois on commence par dire un truc et on diverge et finalement on perd le fil et le but de ce que l’on voulait dire.

RAISON 19:  Pour enculer des mouches.
Il y en a qui ressentent toujours le besoin de corriger les autres sur les choses les plus insignifiantes qui soient.  Pour eux, la moindre virgule mal placée est suffisante pour faire accroire qu’un message pourtant clair devient incompréhensible, ou pour qu’une phrase pourtant anodine prenne un sens répréhensible.

RAISON 20:  Vous êtes en train de dire quelque chose qui va mettre le malaise.
Pour celle-là, j’ai un exemple personnel qui est assez spectaculaire, dans le vrai sens du terme. 

J’avais environs 25 ans, et un organisme charitable de l’église du quartier planifiait faire un spectacle de Noël.  Je m’y propose, avec un monologue de dix minutes au sujet des réveillons en famille.  Mon texte, récité du point de vue d’un jeune de 15-à-25-ans, se moquait ouvertement des vieux qui nous reçoivent, de la décoration chez eux, de leurs habitudes de vie, etc.  Or, dans show donné dans un sous-sol d’église, devinez de quoi était constitué 90% du public?  Exactement ceux de qui je me moquais dans mon monologue.  Je ne l’avais pas prévue, celle-là!   

L’animateur, constatant que j’insultais copieusement son public, m’a coupé le micro au bout de trois minutes.  Voyant que je ne m’en était pas rendu compte et que je ne m’arrêtais pas, il est venu m’interrompre, annonçant avec son micro, bien branché celui-là: « Et c’était Monsieur Requin! On l’applaudit! »  C’était probablement la dernière fois qu’ils acceptaient un numéro sans d’abord l’avoir entendu. 

RAISON 21:  Par simple narcissisme naturel.
Pour bien des gens, c’est comme s’il n’y avait qu’eux-mêmes qui existaient.  Par conséquent, ils n’ont pas l’air de se rendre compte que d’autres parlent. Ainsi, ils ne se rendent même pas compte qu’ils interrompent.

Harceler pour se victimiser

Croisez un conflictuodépendant avec une personne qui fait  dans la victimisation, et vous aurez cet hybride: Une personne qui cherche par tous les moyens à prouver qu’il est la victime incessante des agissements d’une autre.  Mais puisqu’il est trop lâche pour dénoncer ses vrais agresseurs (s’il en a), alors il prend pour cible une personne sans histoire.  Il va alors harceler sans cesse sa cible d’accusations aussi mensongères que farfelues dans ce but.  Bref: Harceler une personne en se plaignant mensongèrement d’être harcelé par la personne que l’on harcèle.  Eh oui, ça existe.  Et j‘ai eu autrefois la malchance d’avoir un voisin exactement de ce genre-là.  

Mai 1996. J’habite avec Kim, la mère de mes enfants, dans un duplex.  Nous habitons le rez-de-chaussée et avons droit à la cour arrière.  Le second et unique autre logement, situé au-dessus de nous, est vaquant depuis que Linda (Voir la série Camping chez Roger) est partie sans laisser d’adresse l’automne dernier. 

Par un bel après-midi de printemps, la place vient de se trouver un locataire. C’est un gars que j’estime à 20-22 ans. Grand, mince, arbore de très long cheveux blonds frisés jusqu’à la moitié du dos, moustache, jeans sales, cigarette à la gueule, T-shirt Metallica.  En bon voisin conciliant, je suis allé lui ouvrir les grilles pour lui permettre de stationner le camion de déménagement dans la cour, qu’il puisse aménager via l’escalier droit qui mène à son balcon arrière. Dès que le camion fut parti,  je suis sorti fermer la grille et la verrouiller.  Puis, constatant qu’il ne reste aucune trace de ce déménagement dans notre cour, je suis rentré.

Un quart d’heure plus tard, le nouveau voisin est descendu chez nous, cogner à notre porte.  On lui ouvre.  Il nous demande si les déménageurs n’avaient pas laissé de son stock dans notre cour, par hasard. On lui répond que non, sinon on l’aurait vu.

« Ça, ça veut dire que quelqu’un m’a volé une coupl’ de boites! »

Il nous raconte alors que les boites qui ont mystérieusement disparu contenaient ses plus précieuses possessions.  Et ce n’est pas tout: Les déménageurs ont fait exprès de manipuler les autres boites de manière à casser ses choses fragiles. Comme preuve, il nous montre un bol cassé, qu’il a pris soin de descendre avec lui afin de nous le montrer

Sa plainte n’était pas formulée avec une voix fâchée de quelqu’un légitimement irrité de s’être fait vandaliser et voler ses possessions.  C’était plutôt avec un ton presque enfantin, qui faisait « Pauvre de petit moi, le monde y’é donc ben méchant. »  Mais bon, croyant là un légitime problème de déménagement, j’ai cru que l’incident serait isolé. Je me trompais! 

On ne peut pas dire que c’était un voisin bruyant. Ça non! Jamais on n’entendait de chez lui de musique ni télé ni bruit quelconque.  Plus tranquille qu’une souris, qu’il était. Mais comme ce rongeur, il a su vite montrer son côté vermine. 

Un jour alors que nous étions dans la cour arrière, Kim, les enfants et moi, il est descendu nous rejoindre.  Il nous a questionné sur la personne qui habitait là avant lui. On lui parle de Linda, sans préciser pour autant depuis quand elle est partie. Il nous raconte alors comment, la nuit dernière, un gars louche se serait supposément introduit dans la cour, serait monté jusque chez lui, et aurait commencé à épier dans l’appartement par toutes les fenêtres donnant sur le balcon.  Puis, surpris par le nouveau voisin, il se serait enfui  à toutes jambes.

Kim et moi n’avons rien répliqué, mais on trouvait cette histoire un peu étrange.  D’abord, la cour arrière est protégée par une clôture fermée et cadenassée.  Je veux bien croire que ça s’escalade, mais tout de même.   Ensuite, oui, Linda avait bien des amis, mais aucun d’eux n’était du genre petit ratoureux hypocrite.   Enfin, fallait-il que ce rôdeur soit en retard dans les nouvelles, puisque ça faisait huit mois que Linda était partie.  Bref, c’était un cas d’histoire possible, mais ça demeurait très improbable.

Une fin d’après-midi, je suis seul à la maison avec bébé que je nourris à la bouteille, tandis que Kim est allé visiter ses parents avec notre fils aîné.  Je suis au salon, sur le divan, à regarder la télé, tout en tenant bébé dans mes bras.  Ça cogne à la porte.  Je me lève pour répondre, tout en continuant de tenir bébé.  C’est le gars d’en haut.

« T’as-tu bientôt fini tes travaux de rénovations? »

Je ne comprends pas de quoi il parle. Il me dit alors qu’il y a quelqu’un qui s’amuse à cogner sur les murs à grands coups de marteau depuis une bonne demie-heure. Et puisque je suis son seul voisin, ça ne peut être que moi.  Et il en rajoute une couche.  Pas seulement une, d’ailleurs:

  • 2e couche: « Ça frappait tellement fort que les murs en ont tremblés. » 
  • 3e couche: « Ça bougeait tellement que l’horloge de ma cuisine s’est décrochée du mur. » 
  • 4e couche: « L’horloge étant accrochée après un clou a grosse tête, donc qu’il fallait que ça cogne vraiment fort pour que l’horloge s’en décroche. » 
  • 5e couche:  « L’horloge, en tombant par terre, s’est cassée. »  
  • 6e couche: « Cette horloge, c’était le seul souvenir qui me restait de mon père. »
  • 7e couche:  Il me la montre.  Car oui, tout comme avec le bol brisé, il l’a apportée comme preuve. 

Cette horloge a le verre (en plastique) brisé en miettes.  Or, j’ai assez souvent échappé mes propres horloges pour savoir que ça prend bien plus qu’une simple chute par terre pour faire ça.  L’égratigner, d’accord.  Le fissurer, passe toujours. Mais pour détruire à ce point-là le plastique qui le recouvre, faut vraiment faire exprès et y mettre de l’effort.  Aussi, voyant que son histoire n’est que bullshit de A à Z, je lui répond calmement. 

« Ok! Ben premièrement je n’ai pas de marteau.  Deuxièmement je suis en train de nourrir bébé, comme tu peux le voir dans mes bras.  Troisièmement, si les murs avaient tremblés de la façon dont tu le dis, je pense que non seulement je m’en serais rendu compte, mais j’aurais moi aussi entendu des coups. »

Toujours avec son air de chien battu, il me répond: 

« T’es-tu en train de me traiter de menteur? » 

là, je commençais à en avoir un peu ras le bol de son complexe de persécution.  Évitant le piège que constitue sa question, je lui répond la chose la plus neutre que je puisse dire dans ce cas là: 

« Non, je suis juste en train de dire que je ne sais pas d’où les coups sur tes murs peuvent venir, mais il est impossible que ça vienne d’ici.  Fa que, bonne chance dans ton enquête, tu m’excuseras mais là je dois aller préparer le souper parce que ma femme et notre fils ainé reviennent tantôt. » 

Et, du pied, je lui referme doucement la porte au nez, sans lui laisser la chance de répliquer une nouvelle jérémiade. 

Une semaine plus tard, par un bel après-midi, ça cogne à la porte. Kim ouvre.  Un grand homme en uniforme se présente.. 

« Bonjour madame. Germain Sheperd, agent de la SPCA. On a reçu un appel comme quoi vous avez maltraité et tué un chat. » 

Kim et moi on se regarde sans comprendre.  On lui parle de nos deux chats, qui sont en superbe santé.  On les lui montre même, alors qu’ils font la sieste sur le lit.  Il peut voir qu’ils sont bien nourris, propres, calmes et en confiance.  Bref, loin d’être des animaux maltraités.  Il nous précise que l’appel qu’il a reçu parlait d’un chat tué dans la cour arrière. On ne comprends pas, nous étions nous-mêmes dans cette même cour il n’y a pas un quart d’heure de ça.  S’il y avait eu un cadavre de chat, on l’aurait certainement vu.  Mais bon, nous sortons tous les trois.

… Pour y voir, au beau milieu du terrain, un chat blanc, couché sur le côté, face à nous, comme s’il se reposait.  

Incompréhension totale de la part de Kim et moi.  Mais d’où est-ce qu’il sort, celui-là?  Surtout que c’était la toute première fois que Kim et moi voyions ce matou dans le quartier.  En s’approchant, on ne peut que constater qu’il ne respire pas.  Je le touche.  Il est raide.  Je lui soulève une patte.  Son corps complet se déplace, figé.  Il s’agit donc bien d’un cadavre. 

Le monsieur de la SPCA semble bien nous croire, comme quoi nous ignorons tout de ce chat.  Aussi, aucune accusation ne sera portée contre nous.  Il met la carcasse du maton dans un sac et repart avec. 

Une fois l’agent parti, on ne peut s’empêcher de se questionner.  C’est que de la façon dont notre cour est clôturée, oui, d’accord, un passant dans la ruelle aurait pu le voir le chat couché là.  Mais puisque l’animal tournait le dos à la ruelle, impossible pour un passant de voir qu’il était mort.  Il avait l’air tout bonnement endormi.  Ensuite, à l’époque, personne n’avait de cellulaire.  Alors même un passant, croyant le chat mort, n’aurait pas pu nous dénoncer.  Encore eut-il fallu que cette personne quitte la ruelle, contourne la rue transversale, aille sur notre rue et trouve notre numéro de porte exact.  Ça reste donc très improbable, surtout pour un chat qui n’a l’air qu’endormi.

Regardez cette carte de Montréal:  

Il est impossible qu’un chat soit entré dans ma cour, y meurt subitement, qu’un passant voit le chat, devine qu’il soit mort, trouve notre adresse, trouve un téléphone public dans ce quartier résidentiel, (époque pré-tout-l’monde-a-un-cell), trouve le numéro de la SPCA dans l’annuaire (époque pré-internet), les appelle, leur explique le problème, que la SPCA remplisse un  rapport, envoie un agent, et que celui-ci ait le temps de faire tout le trajet à partir des bureaux de la SPCA jusqu’à chez nous, dans les quinze dernières minutes.  Impossible! 

Seule une personne ayant accès à la cour, que dis-je, au chat lui-même, pouvait savoir qu’il était mort.  Cette plainte contre nous à la SPCA ne pouvait donc provenir de personne d’autre que notre voisin d’en haut, qui est justement très bien placé pour connaitre notre adresse.  Et puisqu’il est impossible que le temps entre le présumé meurtre du chat sur notre terrain et la visite de l’agent se fasse en un quart d’heure, la théorie la plus plausible pour cet incident est la suivante: Le voisin d’en haut était déjà en possession de ce cadavre de chat. (Allez savoir comment.)  Il a décidé de nous en faire endosser la mort.  Il a donc porté plainte à la SPCA il y a au moins une heure ou deux, sinon plus.  Puis, pour éviter que l’on trouve le cadavre du chat dans notre cour et que l’on s’en débarrasse avant l’arrivée de l’agent, il aurait épié à sa fenêtre l’arrivée de celui-ci.  À l’arrivée de l’agent, tandis que nous étions à l’avant, occupé à lui répondre, le voisin se serait dirigé à l’arrière pour lancer, de son balcon, le cadavre du chat dans la cour.

Ça a beau sonner comme de la parano, n’empêche que ça reste la seule explication possible.  Nous réalisons avec horreur que notre voisin direct semble posséder les symptômes d’un schizophrène, sinon un psychopathe.  S’il est capable d’en arriver à de telles extrémités dans le but de nous faire passer pour de mauvais propriétaires d’animaux domestiques, on n’ose penser ce qu’il fera le jour où il aura l’idée d’essayer de prouver que nous sommes de mauvais parents.  Avec lui ici, nos enfants ne sont plus en sécurité.  Surtout qu’il est impossible de porter plainte contre lui à la police à ce point-ci, puisque c’est le genre de situation dans laquelle il est impossible de prouver quoi que ce soit, avant qu’une tragédie n’arrive.

Heureusement, cet incident de voisinage fut le dernier.  Non pas parce qu’il a cessé, mais bien parce que nous étions à quelques jours du 1er juillet.  Kim et les enfants partaient vivre en HLM, tandis que moi j’allais emménager aux Résidences du Cégep André-Laurendeau. 

Je ne saurai donc jamais à quoi d’autre nous avons échappé de la part de ce voisin, et c’est probablement pour le mieux.  Parce que quand une personne choisit de te harceler dans le but de prouver qu’il est ta victime, aucun geste n’est trop tordu à ses yeux pour arriver à ses fins.