Une rupture harmonieuse, c’est possible.

Au début de la relation en 1999, nous avions presque tout en commun. Nous finissions tous les deux le cégep, nous commencions à travailler pour deux grandes compagnies (Air Canada et Météomedia), nous n’avions encore jamais rencontrés un membre de l’autre sexe avec qui nous nous entendions aussi bien, elle sortait de chez ses parents, je sortais de chez mon ex, et surtout nous avions tous les deux des aspirations artistiques (Je commençais à Safarir, elle commençait à illustrer des livres pour enfants.) Bref, nous étions faits l’un pour l’autre.

Puis, peu à peu, avec les années, nous avons, chacun de notre côté, accumulés des goûts, des projets, des passe-temps, et des passions qui ne plaisaient qu’à l’un mais pas à l’autre. Qu’importe! Nous étions fiers de dire que la réussite de notre vie de couple se basait sur le respect de l’individualité:

  • Elle avait son univers, avec ses amis, ses activités, les choses qu’elle aime.
  • J’avais mon univers, avec mes amis, mes activités, les choses que j’aime.
  • Et nous avions notre univers commun avec nos amis commun, nos activités communes, les choses que nous aimons en commun.

Sauf que, avec les années, notre univers commun a de plus en plus diminué, jusqu’à ce qu’il n’en reste plus grand chose. Sans que l’on s’en aperçoive, ça a influencé notre vie de couple. De deux personnes sincèrement amoureuses, nous sommes peu à peu devenus, lors deux ou trois dernières années ensemble, rien de plus que grands amis proches et colocs. Lorsqu’elle a réalisé qu’elle était en train de tomber en amour avec un autre, nous n’avons pas eu le choix de constater ce changement. Après quelques jours de réflexion, nous avons décidé qu’il ne servait à rien de continuer de vivre en tant que couple. Nous y avons donc mis officiellement fin.  Entre nous!

Car oui, nous avions décidé de garder la chose secrète pendant quelques mois. C’est parce qu’après douze ans et demi ensemble, notre vie commune ne peut pas cesser d’être commune du jour au lendemain. Les réécritures de testaments, les assurances-vies, la séparation des biens, tout ça demande temps, réflexion et travail. Et sans vouloir pointer du doigt qui que ce soit, il reste que les gens qui entourent les deux ex ont trop souvent le réflexe de les monter l’un contre l’autre, juste au moment où ce genre de chose pourrait leur être le plus nuisible. Aussi, nous tenions à ce que la transition se fasse en douceur et en harmonie. Donc, entre nous, personne d’autre.

Le hasard a fait en sorte que nous perdions au même moment une importante partie de notre vie de couple des huit années précédentes: Notre logement. Notre nouveau propriétaire a reçu une subvention pour rénover le bloc en entier, il aurait donc fallu quitter la place pendant trois mois. Cependant, il nous a demandé de lui faire une faveur, soit de ne pas revenir, car il souhaiterait y loger de sa famille immédiate. Nous sommes donc partis chacun de notre côté, chacun dans son nouveau logement.

Même si l’amour que nous ressentions l’un pour l’autre n’existe plus, il n’a jamais été remplacé par de la haine, du ressentiment, de la frustration ou des regrets. Il a juste disparu, c’est tout. Nous sommes encore amis très proche, et nous nous considérons toujours comme étant membres d’une même famille. Nous avons chacun les clés de chez l’autre, ce qui fait que je me suis occupé de ses poubelles et son courrier pendant ses vacances, et qu’elle s’est occupée de mon chat (anciennement notre chat) pendant les miennes.

Aujourd’hui, chacun habitués à sa nouvelle routine de vie individuelle, nous continuons de communiquer et nous sommes toujours autant en harmonie. Elle a été ma meilleure relation. Elle est devenue ma meilleure séparation. Je pense que, selon les circonstances, je ne peux rien demander de plus.

On considère que le couple, c’est un travail d’équipe. On l’a construit avec patience, une étape à la fois, et c’est de cette même façon que nous l’avons déconstruit. Parce que le contraire de « Construire », ce n’est pas obligé d’être « Détruire ».

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A propos Steve Requin

Auteur, blogueur, illustrateur, philosophe amateur et concierge de profession.
Cet article a été publié dans C'est personnel, Fait vécu. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

7 commentaires pour Une rupture harmonieuse, c’est possible.

  1. leblogdalexa dit :

    Le point important, il me semble, est le respect que vous avez gardé l’un pour l’autre. On n’a pas envie de détruire ceux qu’on respecte.

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  2. Ping : Mon année 2012, 1ere partie « Mes Prétentions de Sagesse

  3. c’est beau!! alors on peut rêver aussi ça, une chouette rupture !

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  4. Ping : Comment le fait d’être un Bon Gars a ruiné ma vie sociale, amoureuse et sexuelle (Conclusion) | Mes Prétentions de Sagesse

  5. Takuan dit :

    Joliment dit, mr. Requin

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  6. Ping : Choisir celles qui n’ont pas le choix | Mes Prétentions de Sagesse

  7. Ping : Quand la libido est notre seul point en commun | Mes Prétentions de Sagesse

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