Pourquoi aller vers l’incompatibilité?

Je parle souvent de gens qui ont de la difficulté dans leurs relations interpersonnelles. Plusieurs facteurs peuvent causer ces problèmes. L’un d’eux est trop souvent le fait qu’ils insistent pour entretenir des relations amicales et amoureuses avec des gens avec qui ils sont très clairement incompatibles. Laissez-moi vous raconter une expérience personnelle qui remonte à l’automne 2003, et dont le dénouement va probablement vous surprendre.

J’avais alors 35 ans. J’étais allé à un petit party entre amis. Par petit, je parle ici d’environs dix personnes. Parmi les invités, il y avait cette fille de 19 ans. Elle venait de terminer le cégep et commençait l’université. Ses sujets favoris étaient le cinéma classique, la littérature et la philosophie. Elle était belle, grande, mince, portait plusieurs couches de vêtements longs et ajustés avec un foulard au cou.  Elle avait de beaux grands yeux bleus et de courts cheveux blonds avec une longue mèche rose qui lui passait en diagonale sur le front. Juste par son regard et sa façon de se tenir, elle dégageait une aura qui exprimait un aplomb, une certaine classe et un inébranlable sentiment de confiance en soi. On voyait que c’était le genre de fille qui a une personnalité forte, qui sait s’exprimer et qui n’hésite jamais à le faire. Le genre que, quand tu la regardes, il te vient généralement un mot en tête: Snob!

Sur ce dernier point, je faisais probablement erreur. La preuve : C’est elle qui est venue me parler. Quoique… c’est peut-être justement le fait qu’elle est venue me parler à moi plutôt qu’aux gars de son âge présent au party qui démontrait son snobisme. Après tout, j’étais de 16 ans son ainé, cinéaste amateur, dessinateur et auteur régulièrement publié. Et même si ce n’était que dans Summum et Safarir, j’étais quelqu’un qui vit de son art. Chez les étudiants-artistes, ça inspire une certaine crédibilité. Mais bon, là n’est pas le sujet du billet.

Elle vient donc briser la glace en me demandant depuis combien de temps je connaissais les hôtes du party et dans quelles circonstances je les avait rencontrés. Je lui raconte que c’était à la première d’un film au Cinéma du Parc, lors de la réception post-projection. Je lui parle de mes propres expériences dans ces domaines: Films underground au New Jersey, acting et scénarisation, et le fait que j’étais moi-même auteur. Elle me dit qu’elle sait que je travaille pour Safarir. Je suppose que ce sont nos amis communs qui le lui ont dit. Et c’est là qu’elle commence à me donner son avis au sujet du Safarir d’octobre 2002, un spécial Halloween avec Ozzy Osbourne en couverture, qui se trouve à être le numéro dans lequel j’ai écrit et/ou réalisé le plus de pages durant mes sept ans à leur emploi.

Depuis le temps, je ne me souviens plus trop en détail de ce qu’elle m’a dit ce soir-là. Ce dont je me rappelle cependant, c’est que tous ses commentaires avaient une chose en commun : Aucun n’était positif. Et chaque commentaire venait avec une longue explication du comment et du pourquoi que mes écrits suçaient des bites de cheval. J’étais malgré tout très ouvert à ses commentaires. Mes réponses le montraient bien. Elles étaient toutes dites avec calme et politesse, et allaient dans le style de :

  • Vraiment ?
  • Hum, c’est possible.
  • Tiens!? C’est pourtant vrai!
  • Ah, ben tu vois, au départ, la seule vision que j’avais de la chose, c’était que…
  • Je n’avais pas vu ça sous cet angle-là. Ça se tient!

Je ne faisais pas que répondre. J’alimentais la conversation. Au bout d’une heure à discuter ainsi, son visage originalement sévère se détend et elle me sourit de plus en plus. Elle me confesse qu’elle me trouve désarmant. En fait, elle est agréablement surprise. Elle se serait attendue à l’une de ces trois réactions de ma part :

  1. Que je sois sur la défensive en me sentant personnellement attaqué.
  2. Que je sois renfermé en disant Ben oui, ben oui!, sans pour autant lui accorder de la crédibilité.
  3. Que je sois sur la justificative, c’est à dire me justifier contre tous les points qu’elle apportait au lieu d’y voir de la pertinence.

Je lui explique donc que j’ai réalisé il y a longtemps que quand j’ai une idée très claire en tête et que je la traduis en texte, il m’est difficile de voir si cette idée est aussi claire pour ceux qui en prennent connaissance pour la première fois en le lisant. Et c’est la raison pour laquelle je suis ouvert aux commentaires, quels qu’ils soient. Parce que si le lecteur n’a pas compris mon message, je considère que ce n’est pas le lecteur qui est cave, mais plutôt que c’est moi qui n’a pas été capable de m’exprimer clairement. Ça signifie que je n’ai pas fait mon travail correctement. Et ça, je n’arriverai jamais à l’améliorer si je n’écoute pas ce que les autres ont à en dire. Elle m’a trouvé admirable d’être aussi ouvert d’esprit.

Au fil de la soirée, nous avons été quelquefois interrompus et séparés lorsque d’autres personnes sont venues nous faire la conversation. Puis, quand vint le temps pour elle de partir, l’un des gars présent lui a demandé son adresse courriel Hotmail / MSN. (En 2003 il n’y avait ni Facebook ni Skype ni texto via cellulaire.) Elle le lui a écrit sur un bout de papier. Puis, se tournant vers moi, papier et crayon à la main, elle me demande :

« Le veux-tu? »
« Non! »

À ma réponse, elle a littéralement figé sous la surprise. Que dis-je ; sous le choc! Je suppose que jamais un gars ne lui avait dit non avant. Et elle devait s’en attendre encore moins de la part d’un homme qui a passé la soirée à se montrer ouvert à sa vision des choses.

Or, l’ouverture d’esprit n’exclut pas la capacité de faire la différence entre un commentaire constructif et une critique sans pertinence. D’accord, ses arguments ne manquaient pas d’une certaine logique qui apportait une justification à ses points. Le problème, c’est que cette justification se basait sur la conviction que son opinion personnelle était le reflet de l’opinion de la population universelle. Ou plus clairement : Il ne lui est jamais venu en tête que des textes et des bandes dessinées traitant de sujets actuels et populaires chez les adolescents ne s’adressaient pas nécessairement à une universitaire de 19 ans fervente de cinéma vintage, de littérature classique et de philosophie. Elle n’a jamais compris que Safarir s’adressait à ses lecteurs et non à ses propres auteurs, donc que ce serait idiot que moi, un homme cultivé dans la mi-trentaine, j’aille y traiter de sujets ne pouvant plaire qu’aux hommes cultivés dans la mi-trentaine. Elle avait pourtant l’intelligence et la logique requise pour s’en rendre compte. Hélas, son premier réflexe a plutôt été d’utiliser son intelligence et sa logique afin de déprécier mon travail plutôt que de le mettre en contexte. Juste sur ce point, ça en dit long sur sa personnalité. Et ça n’en dit rien de bon.

J’ai appris il y a longtemps que des personnes de ce genre-là, tu ne peux rien leur apprendre. Autant ils prétendent que tous ceux qui refusent de les écouter font preuve de mauvaise foi, autant ils refusent de reconnaître qu’ils puissent être eux-mêmes dans l’erreur. Ça fait ses premiers pas dans l’âge adulte et ça croit avoir tout vu, tout vécu, et ça se pense imprégné de sagesse infaillible. Voilà pourquoi, au lieu de perdre mon temps à lui expliquer les points du paragraphe précédent, points qui auraient dû lui être évidents si elle avait eu la sagesse qu’elle prétendait détenir, j’ai préféré ne pas m’obstiner, ne pas la frustrer, et ainsi ne pas apporter une mauvaise ambiance dans le party. Mais de là à vouloir garder le contact au-delà de cette soirée, la marge est large. Voilà pourquoi j’ai décliné son offre.

Après 2-3 secondes de silence dans lequel elle me regarde avec de grands yeux incrédules démontrant qu’elle n’arrive pas à comprendre ce qui se passe, elle me dit :

« Sérieux? »
« Ben là, r’garde… T’as passé la soirée à m’expliquer pourquoi tu n’aimes rien de ce que je fais. Pourquoi est-ce que tu voudrais garder le contact avec un gars comme ça? »
« J’t’ai-tu frustré? »
« Non! Chuis pas fâché, j’t’haïs pas, j’ai rien contre toi. C’est juste qu’on ne vit pas dans le même monde, toi et moi. Je ne dis pas que l’un de nos monde est meilleur ou pire que l’autre. Je dis juste qu’on n’a rien en commun, voilà tout. »

Plus haut dans ce texte, je disais que vous alliez être surpris du dénouement de cette anecdote. Vous vous attendiez probablement à ce que je vous raconte que j’avais dit oui, et que j’avais ensuite vécu une relation misérable avec elle par la suite. Eh bien non! Parce que je n’ai pas eu besoin de la vivre, cette relation, pour savoir que ça allait s’enligner dans cette voie. C’était l’évidence-même. Parlant d’évidence: Sérieux là, tu ne peux pas passer la soirée à démolir tout ce que fait un gars et t’attendre ensuite à ce qu’il en redemande. À moins que le gars soit désespéré. Dans ce temps là, il peut être motivé à garder le contact parce que…

A) Il n’a pas d’amis. C’est pas mon cas, j’en ai. Ce sont ou bien des amis avec qui j’ai plein de points en commun, ou bien des amis totalement différents de moi mais avec qui il y a un respect mutuel, et ce même si nos points de vues divergent sur certains sujets.
B) Il n’a pas de blonde. J’ai ai déjà une. Et même si j’étais célibataire, jamais je n’irais vers le genre de fille qui passe sa première rencontre avec moi à se donner comme mission de prouver systématiquement mon inaptitude.
C) Il n’a pas de vie sexuelle. J’ai ai une. Et même si elle s’était limités à des séances de pilotage manuel, une fille qui exprime clairement qu’elle n’aime rien de ce que je fais, personnellement je ne vois rien de bandant là-dedans.

Alors pourquoi est-ce que j’irais m’accrocher à quelqu’un avec qui je suis clairement incompatible? Pourquoi est-ce que je voudrais me soumettre à une relation qui ne s’enlignait à n’être rien d’autre qu’abusive. Une relation dans laquelle elle n’aurait jamais été satisfaite. Une relation dans lequel elle aurait sans cesse tenté de détruire tout ce qui me constituait afin de le remplacer par des choses qui n’auraient pas été moi.

Il n’y a pas qu’en amour que s’applique le proverbe mieux vaut être seul que mal accompagné.  Personne n’a besoin d’une relation de ce genre-là dans sa vie. Ni en amitié, ni en amour.

Le potentiel de violence domestique des conflictuodépendants

L’an dernier, j’ai posté ici ce que j’appelle Le Questionnaire Landru, qui est une liste de trente comportements servant à déterminer si vous êtes en couple avec une personne vous faisant subir manipulation et violence domestique.  C’est en allant le relire aujourd’hui que j’ai constaté quelque chose qui m’avait d’abord échappé:  Plus de la moitié des situations de ce questionnaire décrivent avec précision ce que j’ai déjà observé/vécu/subi de la part des gens conflictuodépendants que j’ai connu. 

Voici donc ces seize comportements, qui les a eu, à quelle occasion, exemples et liens à l’appui si ça s’applique.

Votre conjoint(e) vous discrédite-t-il/elle au sujet de questions qui vous sont chères ou qui touchent votre identité? (travail, enfants, habillement, loisirs, etc.)
Mon père s’en prend sans cesse à mon choix de carrière, affirmant que ça prouve que je ne suis qu’un paresseux qui ne fera jamais rien de sa vie.
Geneviève, dès notre premier jour en couple: Mes verres de contacts prouvent que je n’ai pas de cerveau, mon resto favori que je n’ai pas de goût, ma cuisine que je suis sans talent…

Dominique affirme que mon choix de repas au resto fait de moi un quétaine, mes études un loser, mon choix de cégep un cave, mon sexe un violeur potentiel...
Tamara me discrédite pour mon identité sexuelle, comme quoi mon hétérosexualité fais de moi un être à l’esprit fermé plein de préjugés.
Maryse, pour le nombre incalculable de fois en quatre ans où elle a sous-entendu sinon carrément affirmé que ma tendance à me sentir blessé de ses insultes fait de moi un susceptible, un frustré, un misogyne…

Votre conjoint(e) vous a-t-il/elle déjà frappé, tenté ou menacé de le faire avec ou sans objet contondant?
Mon père et Geneviève m’en ont menacés, et l’ont fait.

Vos conversations avec votre conjoint(e) sont-elles laborieuses, insatisfaisantes et stériles?
Si c’est dans le sens où on perd son temps à discuter avec quelqu’un qui a décidé de rester fermement sur ses positions négatives, alors:
Mon père: Lui dire que je travaille et gagne de l’argent n’a servi à rien. Il a continué de m’accuser d’être un paresseux sans emploi qui se fait vivre par les autres.
Geneviève: Tenter de lui demander pourquoi elle agissait ainsi n’a mené à rien.  Elle a continué de me descendre sans jamais s’expliquer autrement qu’en disant que je le méritais.
Dominique: Peu importe ce que je lui explique au sujet de mes études, elle trouve toujours le moyen de tordre la chose pour en faire une preuve de mon loserisme.
Tamara: Peu importe comment je lui expliquais en quoi j’étais sécure et affirmatif de mon hétérosexualité, elle continuait d’affirmer que j’étais un bisexuel en déni pour cause d’esprit fermé.
Maryse: Tenter de discuter avec elle de son comportement désagréable n’a mené à rien.  Elle l’a nié, m’en a responsabilisé et l’a continué.

Votre conjoint(e) vous pose-t-il/elle des questions sans vous laisser le loisir d’y répondre, sans s’intéresser à votre réponse, ou sans en tenir compte?
Il n’y a qu’à voir l’exemple précédent pour comprendre qu’en effet ils refusaient de tenir compte de ce que je disais.

Avez-vous l’impression qu’avec votre conjoint(e), vous n’avez jamais raison?
Ce n’est pas qu’une impression.
Mon père a démontré que j’ai tort de laisser la télé allumée sans lui demander, que j’ai tort de l’éteindre sans lui demander, et que j’ai tort de lui demander si je dois la laisser allumée ou bien l’éteindre.
Geneviève a passé l’heure de notre diner à me multiplier les raisons pourquoi j’avais tort d’aimer ce resto.
Dominique a démontré que j’avais tort d’être allé au Cégep du Vieux Montréal, pour ensuite dire que j’avais tort de ne pas y être allé.
Tamara a passé une partie du voyage en auto à enligner les raisons comme quoi j’avais tort de m’affirmer hétéro.
Maryse s’est acharné pendant une heure et douze minutes à tenter de prouver que j’avais tort d’utiliser « Face de cadavre à la Tim Burton » pour décrire le maquillage d’Halloween de quelques amies.

Votre conjoint(e) vous reproche-t-il/elle de vous plaindre de lui auprès de tiers? Vous rapporte-t-il/elle des propos défavorables d’autrui à votre endroit?
Mon père nous faisait subir une colère noire dès qu’il apprenait que ma mère ou moi avions parlé à quiconque de ce qu’il nous faisait subir.
Geneviève a fait les deux.  Et elle m’a rapporté des propos défavorables et surtout faux de la part de Kathleen à mon endroit.
 Puis, l
ors de la soirée retrouvailles des anciens du cégep, elle s’est plaint à Lucien que j’avais écrit sur ma première page web un texte décrivant ses agissements datant de lorsque nous étions colocs.
Maryse
dénonce actuellement que je reproduis nos disputes ici malgré le fait que je lui donne l’anonymat et que je change les situations assez pour qu’elle ne puisse être reconnue.  Ironie; ce sont ces mêmes disputes qu’elle n’avait pourtant aucun problème à déclencher elle-même publiquement sur Facebook sous nos vrais noms.  Et que dire de nos conversations privées, qu’elle allait ensuite étaler elle-même auprès de nos amis.

Votre conjoint(e) entretient-il/elle directement ou indirectement des menaces […] qu’il/elle pourrait vous discréditer auprès de votre famille, vos enfants, votre employeur, vos amis, votre thérapeute?
Ils ne l’ont pas formulé sous forme de menaces, ils l’ont fait.
Mon père, en me discréditant auprès de ma mère.
Geneviève,
en me discréditant auprès de nos amis communs.
Tamara, en me discréditant auprès de mon amante.
Maryse
, en me discréditant auprès de nos amis communs.

Avez-vous l’impression qu’une crise menace d’éclater, que vous pourriez, sans le savoir, dire ou faire quelque-chose qui pourrait provoquer une crise, ou que votre vie est une suite de crises?
Ce n’est pas qu’une impression.  Ce fut le cas maintes fois.
Mon père, alors que je lui demande s’il veut ou non que je laisse la télé allumée, afin d’éviter de faire une erreur sans le savoir.  Peine perdue, le simple fait de le lui demander a provoqué une crise.
Geneviève: Notre première journée en tant que couple était en elle-même une suite de crises.
Dominique: Il est arrivé un moment où je ne savais plus quoi dire.  J’ai donc passé le reste du repas à juste acquiescer poliment.
Tamara: Au milieu de ce chapitre, je décris la longue suite de crises qui se sont succedées par effet domino durant les trois jours de ce weekend, gâchant celui-ci du début à la fin.
Maryse, alors que j’ai passé une heure et douze minutes à choisir précautionneusement mes mots afin d’éviter qu’elle m’insulte de ses commentaires rabaissants.  Peine perdue, elle a quand même trouvé le moyen de le faire.

Votre conjoint(e) a-t-il/elle l’habitude de quitter ou de menacer de quitter la pièce au moment où vous tentez d’avoir une conversation avec lui?
Mon père, alors que j’étais en train de lui étaler l’injustice et l’hypocrisie de son comportement au sujet de la télé, est sorti de la maison.
Geneviève
, dès qu’elle n’avait plus le choix de reconnaitre que c’était elle et non moi qui était coupable de ce dont elle m’accusait, a couru s’enfermer dans sa chambre en hurlant.
Tamara
, qui conduisait l’auto en pleine autoroute, ne pouvait pas fuir physiquement lorsque je lui ai fait comprendre que contrairement à ce qu’elle affirmait, c’était elle et non moi qui faisait preuve d’étroitesse d’esprit.  Elle a donc mis la musique à tue-tête afin d’empêcher la discussion de continuer.
Maryse, a quitté la conversation plutôt que de reconnaitre ses mensonges dans la conversation privée, et a fui la discussion publique plutôt que de reconnaitre ses torts.
Bref, ils ont tous appliqué la 8e des dix étapes de la conflictuodépendanse: Fuir le conflit qu’ils ont eux-même causé.

Est-ce que vos conversations aboutissent souvent en dispute?
Ça dépend.  Avec Tamara et Maryse, j’avais le choix entre me laisser rabaisser sans rien dire afin de garder la paix, ou bien me défendre et ainsi créer la dispute.   Avec mon père et Geneviève, par contre, ça aboutissait en dispute même quand je ne répliquais pas.  Quant à Dominique, de la façon aussi insultante que brusque qu’elle me répondait, si j’avais répliqué au lieu de garder le silence, ça aurait viré en dispute.

Est-ce que votre conjoint(e) vous « fait la leçon? »
Mon père me faisait la leçon comme quoi j’étais un futur assisté social.
Geneviève me faisait la leçon comme quoi j’avais mauvais goût.
Dominique m’a fait la leçon comme quoi je n’ai rien pour impressionner personne
Tamara me faisait la leçon comme quoi je n’avais pas le droit de m’affirmer hétéro.
Maryse m’a fait la leçon sur la définition de visage de cadavre a la Tim Burton.

Est-ce que votre conjoint(e) vous insulte?
Mon père me qualifie de BS, de paresseux.
Geneviève:
Pas de tête, pas de goût, frustré, misogyne, attardé, malade mental…
Dominique
dit que je suis quétaine, loser, fif, cave, idiot, BS,  violeur potentiel…
Tamara
dit que j’ai l’esprit fermé.
Maryse
me qualifie aussi bien directement qu’en sous-entendus de susceptible, frustré, méchant, pas bien dans sa tête, misogyne…

Avez-vous l’impression qu’avec votre conjoint(e), il y a de nombreux sujets qu’il vaut mieux ne pas aborder?
De nombreux sujets?  Je dirais plutôt TOUS les sujets.  Dans leur désir de rabaisser autrui, n’importe quel sujet était prétexte à la médisance, l’insulte et à la dispute:
Mon père: Que la télé soit allumée ou éteinte.
Geneviève: Porter des verres de contact, acheter des tomates,

Dominique: Manger un club sandwich, avoir étudié en Lettres, être allé au Cégep du Vieux Montréal, NE PAS être allé au Cégep du Vieux Montréal…
Tamara:
Être hétérosexuel.
Maryse: Dire « Tim Burton ».

Votre conjoint(e) refuse-t-il/t-elle de respecter votre volonté quand vous demandez de mettre fin à une conversation qui ne mène nulle-part?
Mon père: Je n’avais pas encore la cran de lui demander clairement de cesser.  Cependant, les réponses que je donnais à chacune de ses questions auraient dû terminer la conversation là.
Geneviève: Si on remplace conversation par harcèlement et voies de faits non-stop qui durent plus d’un quart d’heure afin de s’emparer de mon courrier personnel qui ne la concernait en rien malgré toutes mes demandes pour qu’elle arrête.
Dominique: J’ai fait quelques tentatives de détourner la conversation vers elle, histoire qu’elle me lâche un peu.  Rien à faire.
Tamara:  Tout comme avec mon père, je ne lui ai pas demandé directement de cesser.  Mais chaque réponse que je lui donnait au sujet de mes raisons d’affirmer mon hétérosexualité aurait dû être suffisante pour régler la question.
Maryse relance sans cesse la conversation privée à chaque fois que je tente d’en finir. (Pour ensuite m’accuser d’être celui qui en rajoute, of course.)

Votre conjoint(e) vous accuse-t-il/elle injustement d’avoir des comportements que vous n’avez pas, d’avoir des défauts que vous ne reconnaissez pas, d’avoir des intentions que vous n’avez pas?
Mon père m’accuse d’être un BS, ce qui est faux dans mon cas et vrai dans le sien.
Geneviève m’accuse d’avoir des troubles mentaux, ce qui est faux dans mon cas et vrai dans le sien.
Tamara m’accuse d’avoir l’esprit fermé, ce qui est faux dans mon cas et vrai dans le sien.
Dominique: M’accuse de vouloir la baiser, ce qui est faux dans mon cas et vrai dans le sien.
Maryse: M’accuse de chercher à la descendre pour me sentir supérieur, ce qui est faux dans mon cas et vrai dans le sien.

Avez-vous l’impression qu’au moment de prendre une décision (le choix des activités de vacances, l’aménagement de la maison, le menu d’un repas,) votre suggestion ne vaut que si elle convient à votre conjoint(e) et que la réciproque ne vaut pas?
Je n’en avais jamais parlé en ligne avant de celle-là, mais lors de mon anniversaire en juillet 2013 alors que j’exposais à mes invités les activités que je nous avais planifiées pour la journée, Maryse m’a fait tout annuler afin que nous puissions tous aller à un concert qu’elle voulait assister.

Si vous avez coché quatre situations ou plus, alors vous êtes victime de violence domestique. Vous devriez considérer la possibilité d’obtenir de l’aide, ou du moins de quitter cette personne abusive.
Quatre, vous dites?
Mon père: 15 situations.
Geneviève: 15 situations.
Dominique: 11 situations.  En une seule rencontre.
Tamara:
13 situations. 
Maryse:
15 situations.

Même si on en enlève la moitié en prétendant que j’exagère, ça dépasse tout de même largement la limite de quatre.  Ça démontre de manière incontestable qu’il y a un lien étroit entre la personnalité conflictuodépendante et le tempérament abusif.  Que cette personne soit notre conjointe ou non, ça ne change rien au fait qu’il vaut mieux s’en tenir très loin. 

J’ai déjà entendu un argument comme quoi il est possible que ce genre de personne n’agirait pas ainsi avec celui/celle qu’elle aime.  À ça je répond: Attendez seulement qu’arrivent les premières disputes inévitables dans le couple.  Vous verrez que dans une situation de conflits, il n’y a pas de naturel qui revient plus vite au galop que celui des gens conflictuodépendants.

La conflictuodépendance se voit dès l’enfance

À chaque fois que je pense avoir fait le tour du sujet, il me revient en tête un autre aspect négligé jusqu’ici.

Il n’y a que deux moments dans lesquels nous sommes assurés que quelqu’un montre sa véritable personnalité.   Lorsqu’il est ivre puisque l’alcool lui a enlevé ses inhibitions.  Et lorsqu’il est enfant, avant qu’il ait appris à se restreindre selon les règles sociales de la politesse et de la retenue.

Jusqu’au tout dernier billet sur le sujet, j’ai affirmé avoir eu à faire avec six personnes conflictuodépendantes dans ma vie.  Je faisais erreur.  Je viens de me rendre compte que c’était plutôt sept.  Et que ce dernier, c’est mon propre fils.  Cette anecdote remonte à il y a environs une décennie et demie.

Je suis père de quatre enfants.  Par un bel avant-midi de juillet, j’attends au coin de la rue à un arrêt de bus.  Je suis avec l’un de mes fils, qui a sept ans.  Aujourd’hui, je l’amène à La Ronde, un parc d’attractions de 591 000 m2 (146 acres) situé sur l’île Sainte-Hélène, à Montréal.  C’est une activité fort coûteuse, ce qui fait que je ne peux pas me permettre de les y amener tous en même temps, alors leur mère et moi nous divisons la tâche en deux visites chacun réparties durant l’été.  Les minutes passent et d’autres gens viennent se mettre derrière nous à la queue.  Comme tout petit garçon normal, il a hâte d’arriver alors attendre le bus l’impatiente.  En regardant une auto passer, il me dit:

« Pourquoi t’as pas d’auto? »
« Parce que ça coûte trop cher. »
« Papi et Mamie y’en ont, une auto. »
« Oui! C’est parce qu’ils ont plus d’argent que moi. »
« Pourquoi y’ont plus d’argent que toi? »

Oh boy!

« Parce que moi je paye une pension alimentaire à ta mère pour quatre enfants. »
« Qu’est-ce que ça change? »
« Chacun de tes grands-parents gagne deux fois plus d’argent que moi. À eux deux, ils gagnent donc quatre fois mon revenu.  Puisqu’ils habitent ensemble, ils payent chacun la moitié des coûts reliés à un appartement, contrairement à moi qui paye le plein prix en vivant tout seul.  Donc, une fois tout payé, ils leur reste huit fois plus que moi.  Enfin, puisque je donne la moitié de mes avoirs à ta mère en guise de pension alimentaire, j’ai donc seize fois moins d’argent qu’eux autres.  Et c’est pour ça qu’ils peuvent se permettre d’avoir une auto, et pas moi. »

Je n’aime pas tellement devoir parler de l’état de mes finances alors que je fais la queue entouré d’étrangers.  Mais je ne tiens pas non plus à me faire juger publiquement comme étant mauvais père si je lui dis de cesser de poser des questions sur des sujets qui ne le concernent pas.  J’espère que ma réponse lui suffira et qu’il n’insistera pas.

« T’as-tu un permis de conduire? »

Pourquoi est-ce qu’il me pose cette question?  Au nombre de fois où il a été passager lorsque j’ai conduit l’auto de mes parents, de ma belle-mère ou d’un véhicule loué, il sait très bien que j’en ai un. 

« Oui, tu le sais! »
« Pourquoi t’as un permis de conduire si t’as pas d’auto? »

Oh boy!

« Parce que quand on est adulte, c’est important d’en avoir un. »
« Pourquoi? »
« Pour les fois quand j’emprunte l’auto de mes parents ou de ceux des parents de ta mère.  Et parce que des fois, avoir un travail demande de conduire un des véhicules de la compagnie.  En plus, quand il faut donner notre identité et notre adresse, c’est toujours ça qu’on nous demande comme preuve. »

Voilà qui devrait répondre à sa question.  Du moins, le crois-je.  Je me trompe.

« Tu peux pas montrer ta carte d’assurance maladie? »
« Non, c’est juste sur le permis de conduire qu’il y a l’adresse. »
« Ben oui mais c’est con. »

Je garde le silence malgré cette marque d’impolitesse.  Il rajoute: 

« Quand t’as pas d’auto, c’est pas un permis de conduire, que t’as.  C’est un permis de rien. »

Il commence à pousser le bouchon un peu loin à mon goût.  Devant mon silence, il insiste.

« Hein papa? Tu trouves pas ça con, toi, d’avoir un permis pour conduire une auto quand t’as pas d’auto? »

Je suis patient. Je suis conciliant.  Je ne cherche pas la confrontation et encore moins faire une scène.  Mais là, il est carrément en train d’essayer de m’humilier publiquement.  Et il n’arrête pas:

« Tu trouves pas que ce serait moins con de ne pas payer de permis si t’es pas capable de te payer une auto? »

Très bien!  Tu me cherches? Tu viens de me trouver!  D’une voix calme, néanmoins assez forte pour que tous ceux qui l’ont entendu me lancer ces affronts répétitifs entendent également ma réplique, je dis:

« Non! Moi, ce que je trouve con, c’est de dépenser une fortune pour t’amener passer une journée à La Ronde, alors que tu trouves rien de mieux à faire que d’essayer de m’insulter en public.  Ben tu sais quoi?  T’as raison, j’vais arrêter de faire le con.  Y’en n’auras pas de La Ronde pour toi cette année.  Je te ramène chez ta mère. »

Sur ce, je lui prends la main et on quitte la queue.  Sous le choc, réalisant ce qu’il vient de perdre, il crie, il hurle, il résiste.  Rien à faire, je tiens bon et continue de l’amener d’un pas calme mais ferme.  C’est en hurlant et en se lançant lui-même par terre qu’il entre chez sa mère, qui me demande aussitôt ce qui se passe.  Je lui explique.  Nous avons beau être ex, il y a des points sur lesquels nous nous entendons parfaitement.  La discipline, le respect et les conséquences en font partie.  En le relevant, elle lui dit:

« Tu trouves pas ça con, d’insulter ton père alors qu’il allait t’amener à La Ronde? Hein?  Tu trouves pas que c’est con, ce que t’as fait, de faire exprès pour perdre ta chance d’aller à La Ronde cette année? »

Pour toute réponse, il hurle deux fois plus et court s’enfermer dans sa chambre où il passera sa rage sur ses jouets en criant que je suis un menteur qui ne tient pas ses promesses.  Elle devra le mettre en punition alors qu’il pètera ses tiroirs de commode dans sa rage, punition, du reste, qu’il passera à crier à l’injustice, en disant que c’est de ma faute s’il a vandalisé ses meubles, j’avais juste à l’amener à La Ronde.

Et one more time, Les dix étapes de la conflictuodépendance.  

ÉTAPE 1: Cherche la querelle à une personne calme et sans histoire.
Je ne fais qu’attendre le bus avec lui.

ÉTAPE 2: Le motif utilisé pour démarrer les hostilités est tellement anodin qu’il en est insignifiant.
La possession d’une auto.

ÉTAPE 3: Devant le refus de l’autre à entrer dans le conflit, insiste.
Mon refus de répondre à son premier commentaire comme quoi c’est con l’a fait insister sur le sujet trois autres fois.

ÉTAPE 4: Envoie des accusations farfelues en prétendant connaître les motivations cachées de l’autre.
Si j’ai un permis mais pas d’auto, ce n’est pas à cause de mes finances et de la pension alimentaire.  C’est à cause que je suis con.

ÉTAPE 5, et celui-ci est non seulement le plus illogique de tous, c’est à partir de ce point que l’on voit qu’il s’agit de conflictuodépendance et non d’une simple querelle banale: Accuse mensongèrement l’autre de quelque chose dont il est lui-même coupable et/ou honteux.
C’est plutôt lui qui n’est pas tellement brillant d’insister pour me faire perdre la face en public alors que je m’apprête à lui faire une coûteuse faveur.

ÉTAPE 6: … et ainsi, consciemment ou non, manipule l’autre à l’attaquer sur ce point faible et/ou honteux.
En lui expliquant, devant ce même public, pourquoi c’est plutôt lui le con dans cette histoire.

ÉTAPE 7: Se victimise en se plaignant comme quoi l’autre l’a l’attaqué sur ce point faible et/ou honteux.
Se victimise, oui, en hurlant, pleurant, disant que c’est pas juste.  Le reste n’est pas vraiment applicable ici.

ÉTAPE 8: Fuit le conflit qu’il/elle a lui/elle-même créé.
Dès que sa mère se montre d’accord avec moi, il part s’enfermer dans sa chambre.

ÉTAPE 9: Cherche à rallier leur entourage commun contre l’autre.
En hurlant à qui veut l’entendre que je suis un menteur qui ne tient pas ses promesses.  A tenté auprès de sa mère de me faire porter la responsabilité pour avoir lui-même brisé les tiroirs de ses meubles.

ÉTAPE 10: Cherche à rendre l’autre coupable de s’être défendu, et (s’il le peut) le punit pour l’avoir fait.
A tenté auprès de sa mère de me faire porter la responsabilité pour avoir lui-même brisé les tiroirs de ses meubles.

Et aujourd’hui encore, à l’âge adulte, il n’a pas changé.  Je l’ai vu plusieurs fois chercher ainsi querelle à d’autres, arrangeant ses tournures de phrases de façon à ce que l’autre ait le choix entre reconnaître être con, ou bien passer comme étant de mauvaise foi.  Pas étonnant qu’avec une personnalité aussi toxique, il soit rejeté et abandonné de tous.

Et il n’est pas le seul.  Vous vous rappelez Geneviève la coloc de l’enfer?  Vingt ans après notre première rencontre, elle non plus n’a pas changé.  Voici les dernières nouvelles que j’avais eu à son sujet, telles que relatées dans un billet précédent:

Une heure plus tôt, pendant le repas, en discussion avec le gars à côté d’elle, elle a dit quelque chose que j’ai trouvé plutôt aberrant:

« Oui, mon bébé, c’est mon 3e enfant.  Ce qui me fait chier, c’est que j’ai toujours voulu avoir un garçon, pis que j’ai eu rien que des filles. Mais là, mon chum, y trouve que trois, c’est ben suffisant, y’en veut pu d’autres. »
« Fa que tu va y renoncer. »

« Ben là, j’va pas me sacrifier pour lui.  Non, je vais m’essayer une dernière fois. »
« Pis ton chum? Comment tu vas le convaincre d’en avoir un autre? »
« Y’é pas obligé de l’savoir.  J’va juste lâcher la pilule sans lui dire. »

Je viens d’aller jeter un oeil à son Facebook, auquel j’ai accès même si nous n’y sommes pas amis car il est ouvert à tous.  Ça m’a permis de voir qu’elle a vraiment mis son plan à exécution.  Elle l’a eu, son 4e enfant.  Pas de chance, elle qui voulait tant avoir un garçon, c’est encore une fille.  Je ne sais pas si ça l’a déçu ni à quel point.  Tout ce que je sais, c’est que l’on peut voir ceci sur son mur:



Avec les déboires que j’ai eu avec la mère de mes enfants lors de notre séparation, je suis très bien placé pour savoir que peu importe les agissements de la mère, la loi lui accorde toujours la garde des enfants.  Dans de telles conditions, je n’ose imaginer ce que Geneviève a bien pu faire pour perdre la garde de sa cadette.  Mais bon, comme toute bonne conflictuodépendante qui se respecte à défaut de respecter autrui, elle ne supporte aucune critique au sujet de ses agissements

Qui sommes-nous pour vous juger, chers conflictuodépendants? Vos victimes! Voilà qui nous sommes.  Ça fait de nous, en quelque sorte, des experts en ce qui vous concerne.

40 signes pour détecter d’avance une personne conflictuodépendante

On m’a fait constater qu’il y a une faille dans la conclusion d’un de mes billet au sujet de la conflictuodépendance. Dans celui-ci, je dis qu’il faut se tenir loin de ces gens.  Or, dès qu’ils nous font passer à travers les dix étapes démontrant qu’ils le sont, ça nous amène à ça de toute façon. Et rendu-là, il est trop tard, le dommage est fait. La question est donc : Comment les reconnaître afin de pouvoir s’en éloigner avant que ça en arrive là? Je vous ai préparé une liste des comportements les plus communs que j’ai pu observer chez les six personnes conflictuodépendantes que j’ai eu le malheur de côtoyer dans ma vie.

L’an dernier, j’ai posté ici ce que j’appelle Le Questionnaire Landru, qui est une liste de comportements servant à déterminer si vous êtes en couple avec une personne vous faisant subir manipulation et violence domestique.  La personne n’a pas besoin de poser tous les gestes listés pour en être coupable.  Mais plus grand est le nombre de situations où on la reconnait, et plus grande est la preuve qu’elle l’est.  C’est pareil ici.

D’abord, petit rappel. Une personne conflictuodépendante manifeste cette personnalité lorsqu’elle passe à travers les dix étapes suivantes:

  • ÉTAPE 1: Cherche la querelle à une personne calme et sans histoire.
  • ÉTAPE 2: Le motif utilisé pour démarrer les hostilités est tellement anodin qu’il en est insignifiant.
  • ÉTAPE 3: Devant le refus de l’autre à entrer dans le conflit, insiste.
  • ÉTAPE 4: Envoie des accusations farfelues en prétendant connaître les motivations cachées de l’autre.
  • ÉTAPE 5: Accuse mensongèrement l’autre de quelque chose dont il est lui-même coupable et/ou honteux.
  • ÉTAPE 6: Manipule l’autre à l’attaquer sur ce point faible et/ou honteux.
  • ÉTAPE 7: Se victimise en se plaignant comme quoi l’autre l’a l’attaqué sur ce point faible et/ou honteux.
  • ÉTAPE 8: Fuit le conflit qu’il a lui-même créé.
  • ÉTAPE 9: Cherche à rallier leur entourage commun contre l’autre.
  • ÉTAPE 10: Cherche à rendre l’autre coupable de s’être défendu, et (s’il le peut) le punit pour l’avoir fait.

Et c’est pour détecter ce genre de personne, afin de mieux s’en tenir éloigné, que je vous donne aujourd’hui 40 signes qui ne trompent pas.

Tout d’abord, le plus important lorsque vous commencez à lier une nouvelle amitié, c’est de garder votre relation entre vous.  En ne l’amenant pas tout de suite dans votre cercle social, ça vous permettra de prendre le temps de la connaitre.  Il ne faut jamais oublier qu’au début de la relation, une personne va faire l’effort de se montrer sous son meilleur jour.  Avec les semaines et les mois, elle se sentira de plus en plus à l’aise et se montrera ainsi sous son visage véritable.  Et ce qu’il y a de bien de nos jours, c’est qu’avec Facebook, il est très facile de voir comment elle se comporte autant avec les autres qu’avec vous.  Voici donc les signes desquels il faut être à l’affut afin de déterminer si la personne est ou non conflictuodépendante.

1) À l’entendre, sa vie est une longue suite d’expériences négatives causées par des imbéciles et des abuseurs.
Si elle est introvertie, on peut comprendre que les gens prennent sa timidité pour de la soumission, ce qui attire en effet les abuseurs.  Mais si elle se montre au contraire extravertie et dynamique, méfiance. 

2) Tout est prétexte à comparaison en sa faveur.
Pour elle, il n’existe que deux manière de faire les choses: De sa façon, ou bien de la mauvaise façon.

3) Tout est prétexte à compétition en sa faveur.
Tout ce que tu as, elle a mieux.
Tout ce que tu fais, elle le fait mieux.
Tout ce que tu sais, elle le sait mieux.
Tout ce que tu dis, elle trouve à redire.

4) A très peu, sinon pas du tout, de tolérance pour les goûts différents des siens.
Tu aimes une série télé qu’elle n’aime pas? Alors tu as mauvais goût.
Tu n’aimes pas une série qu’elle aime? Tu n’as pas de goût.
Tu n’aimes pas quelque chose qu’elle et 98% de la population aiment? Tu es snob.
Elle n’aime pas quelque chose que toi et 98% de la population aiment? Tu es un mouton.
S’applique également au cinéma, aux arts, à la musique, la nourriture, les vêtements, les passe-temps, etc.

4) Et inversement, va te rabaisser sur les goûts que vous avez en commun.
Lorsqu’elle aime quelque chose, son esprit de compétition fait qu’elle pousse la chose à la limite du fanatisme.  Ainsi, ne va surtout pas lui dire que tu aimes une série télé qu’elle apprécie également.  Elle va alors te poser 8624 questions-tests, pour en arriver à un jugement sans appel: Comment peux-tu prétendre être une fan d’une série télé si tu ne connais pas la biographie exhaustive des 27 acteurs de la série ainsi que de leurs 27 personnages, des auteurs de la série, de la maison de production, ni être abonnée à chacune de leurs pages officielles?  ARRÊTE DE FARE SEMBLANT QUE TU ES UNE
VRAIE FAN, ESPÈCE DE POSEUSE. S’applique également au cinéma, aux arts, à la musique, la nourriture, les vêtements, les passe-temps, etc.

6) A une curieuse tendance à prendre personnel toute opinion différente de la sienne. 
Même si l’autre la respecte dans ses opinions, elle prend la divergence de celle de l’autre comme une attaque contre la sienne, et n’aura de cesse d’essayer de le convaincre qu’il a tort.  S’il reste sur ses positions, il doit s’attendre à des remarques condescendantes et/ou des insultes, si ce n’est pas de l’auto-victimisation en passant des commentaires du style de: « Ok, j’ai compris ton point de vue: C’est moi qui est conne de penser ça.  Merci bien! »

7) Elle est prudente.  Tu es parano.
C’est comme ça qu’elle voit la chose: Si elle se méfie de toi, elle est prudente.  Mais si tu te méfies d’elle, alors tu es parano.

8) Utilise beaucoup plus le moi que le je lorsqu’elle se compare avantageusement.
Moi, j’aime mieux…  Moi, je sais que…  Moi, j’ai…  Tandis que Moi…  Heureusement que Moi… Selon Moi… Parce que Moi… Je ne suis pas comme ça, Moi!

9) S’exprime de façon vague, pour pouvoir ensuite accuser l’autre de n’avoir rien compris.
Ce qui lui permet d’établir que l’autre n’est pas très intelligent et/ou qu’il est susceptible. 

10) Prend très mal le rejet.
Elle va quotidiennement casser les oreilles de tout son entourage comme quoi le gars sur qui elle a l’oeil depuis les 97 dernières semaine est le plus parfait spécimen d’être humain au monde, doux, gentil, intelligent, sans le moindre défaut.  Mais dès qu’il se montrera clairement non-intéréssé à elle, soudainement il sera con, superficiel, imbécile, rabaissant, hypocrite, immature, agressif, violent, pédosadozoophile…  Elle a également tendance à inverser les rôles au sujet de qui rejette qui.  Par exemple, il n’est pas rare qu’elle passe des années, voire des décennies, à suivre sur le net les moindres mouvements d’une personne qui a rejeté ses avances, tout en disant à tous que c’est lui qui la harcèle, qu’il est obsédé par elle, et qu’il a mal pris qu’elle lui ait dit non.  Ou quand elle tente d’avoir un boulot mais ne l’obtient pas, elle dira plutôt qu’ils ont tenté de la recruter mais qu’elle a refusé car cette compagnie n’est qu’une bande de [insérer défauts fantaisistes quelconques]

11) Trouve toujours à redire contre tes possessions.
Automobile, télévision, ordinateur, cellulaire, peu importe, elle se fera grand plaisir de te donner un commentaire aussi négatif que non-sollicité.  Ou bien tu l’as payé trop cher, ou bien c’est de la merde, ou bien c’est une vieillerie préhistorique, quand ce n’est pas carrément affirmer que « T’as pas besoin de ça! »

12) Se répète dans ses affronts.
L’exemple précédent n’arrivera pas qu’une fois.  Dès qu’elle aura décidé de te faire des remarques négative sur une de tes possessions, elle te les répètera à chaque fois qu’elle verra cet objet.

13) Insulte sans retenue en appelant la chose humour et sarcasme.
Si on lui fait remarquer que ses paroles sont blessantes, elle s’en défendra comme quoi ce n’était qu’une blague et que vous êtes décidément susceptibles.  Mais voilà, en disant ceci, elle ne fait que confirmer que ce qui la fait rire, c’est de blesser les autres.

14) Se vante que son usage constant d’ironie et de sarcasme est un signe d’intelligence supérieure.
Comme le démontrent certaines études sur le sujet, ce n’est pas faux. L’ironie et le sarcasme sont des exercices intellectuels.  Plus on pratique son intellect, plus il se développe.  Or, considérez ceci: De tous les sujets possibles sur lesquels faire travailler son cerveau pour l’amener à des niveaux supérieurs, elle a choisi de mettre ses efforts dans l’art d’insulter autrui.  Voilà qui en dit long sur sa personnalité, surtout si elle trouve qu’il y a de quoi s’en vanter.

– Au téléphone avec la seule personne capable de l’endurer à long terme: sa mère.

15) Jamais repentante, toujours furieuse.
Si tu oses lui dire qu’elle t’a blessé, insulté ou causé du tort, jamais elle ne va s’excuser ni être compréhensive.  Au contraire, ça va la plonger dans une grosse colère.  Et ça c’est parce que…:

16) C’est toujours la faute des autres.
Tu es insultée de sa remarque? Ce n’est pas elle qui est insultante, mais toi qui est susceptible.
Tu ne comprends pas ses sous-entendus?  Ce n’est pas elle qui manque de clarté, mais toi qui manque d’intelligence.
Elle a brisé une de tes possession?  Ce n’est pas elle qui est maladroite, mais toi qui a acheté de la mauvaise qualité.
Elle te fais la leçon? Ce n’est pas elle qui est condescendante, mais toi qui est stupide.
Elle te gifle? Ce n’est pas elle qui est violente, mais toi qui l’a provoquée.

17) Intervient souvent de façon à ternir publiquement l’image d’autrui.
Soit en démontrant (de façon pertinente ou non) qu’il est dans l’erreur, soit en comparant ce qu’il vient de dire/faire à quelque chose qu’il a dit/fait par le passé, afin de démontrer qu’il se contredit, est menteur, malhonnête, a mauvaise mémoire, etc. Non pas lors d’une dispute, non pas contre un ennemi, mais bien à son entourage, gratuitement, comme ça, pour le plaisir de leur faire perdre la face.

18) Attaque ceux à qui elle demande de l’aide.
Exemple vécu: Une amie vient chez moi chercher un peu de réconfort moral car rien ne va plus dans sa vie amoureuse. On en discute au salon. Au milieu de ses confidences, elle prend une pause pour me dire que mon divan est laid.  Puis elle reprend son récit en s’attendant toujours à de la compassion de ma part.

19) Attaque ceux qui lui demandent de l’aide.
Posez-lui une question, demandez-lui un renseignement. Son premier réflexe ne sera pas d’y répondre.  Elle va plutôt se montrer très intéressée du fait que vous l’ignorez.  Elle vous servira alors du:

  • Hein?  Tu l’sais pas?
  • Comment ça s’fait / en quel honneur que tu ne le sais pas? 
  • C’est toi qui [insérer activité quelconque] pis tu sais même pas ça?
  • Même [insérer le nom d’une personnes non-impliquée et/ou non-qualifiée] le sait, franchement! » 
  • Ben là, c’est évident!
  • Ça se dit tout seul!
  • T’as pas appris ça? / On te l’as pourtant appris / On te l’a pourtant dit.
  • Quoi, tu sais pas utiliser Google?

Pour elle, montrer qu’elle sait, c’est important.  Mais montrer que vous ne savez pas, ÇA, c’est mille fois plus important.  D’ailleurs…

20) les seules connaissance importantes et acceptables sont les siennes.
Tu ne sais pas quelque chose qu’elle sait?  Alors tu es ignorante et inculte.
Tu sais quelque chose qu’elle ne sait pas?  Alors tu perds ton temps à t’intéresser à des niaiseries sans importances.

21) Utilise La Vérité comme excuse pour manquer de délicatesse et de respect.
Elle ne se gênera pas pour pointer tous les travers d’autrui, en rajoutant que « Ben là, c’est la vérité, c’est pas de ma faute à moi si elle n’est pas capable de l’assumer. » 

22) Elle fait dans le deux poids deux mesures.
Par contre, si toi tu oses lui dire une vérité négative, alors là, tu l’attaques sur ses points faibles par pure méchanceté, par frustration, par susceptibilité…

23) A beaucoup de difficulté à décrocher lorsqu’elle (croit qu’elle) a une bonne raison pour blâmer autrui.
Tu reconnais tes torts?  Ça ne lui suffit pas, tu dois t’excuser.
Tu lui fais tes excuses?  Ça ne lui suffit pas, tu dois ne jamais recommencer.
Tu lui dis que tu ne le feras plus?  Ça ne lui suffit pas, tu l’as déjà fait.
Tu la rassures que tu feras attention désormais?  Ça ne lui suffit pas, c’était avant qu’il fallait faire attention.

24) Souffre du syndrome de la pédanterie grammaticale. (VF de Grammar Nazi)
Enfin, souffre, c’est vite dit.  En fait souffrir les autres serait plus exact. Lorsque cette personne ressent le besoin de se montrer supérieure aux autres / de descendre les autres plus bas qu’elle, elle ne peut s’empêcher de sauter furieusement sur cette occasion légitime de démontrer à tous que c’est elle qui a raison. 


25) S’exaspère exagérément afin de démontrer que la stupidité d’autrui est pour elle un très lourd fardeau moral à supporter.
Voir l’exemple précédent.

26) Utilise très souvent les qualificatifs frustré et susceptible pour désigner autrui.
Vous constaterez assez rapidement qu’elle fait ça dix fois plus que n’importe qui, alors qu’elle n’est pourtant entourée que de gens doux et passifs. 

27) Accuse autrui de défauts que, étrangement, elle est la seule à voir en eux.
Demandez à ceux qu’elle traite régulièrement de susceptibles et de frustrés, ils vous confirmeront que personne à part elle ne dit ceci à leur sujet.

28) Fait dans la prophétie auto-réalisatrice.
 Souvent par combinaison des deux points précédents:  Commence par sous-entendre que c’est dans votre nature d’être un susceptible et un frustré.  Puis, vous envoie à répétition des accusations farfelues et des remarques rabaissantes, dans le but de vous piquer au vif, afin de vous fâcher, ce qui a pour but de prouver qu’elle avait raison de vous qualifier d’être un susceptible frustré.

29) Mord la main qui la nourrit.
Parents, professeurs, patrons, on pourrait croire qu’une personne de qui elle dépend puisse être à l’abri de ses attaques.  Au contraire, elle ne manque jamais une occasion de leur démontrer qu’elle vaut mieux qu’eux, ou du moins qu’ils ne valent pas mieux qu’elle.  Et si l’opportunité ne se présente pas, elle la créera elle-même.

30) A déjà perdu son emploi pour des motifs ridicules.
Lorsque l’on a le malheur d’avoir une personne conflictuodépendante en milieu de travail, nous sommes coincés avec elle huit heures par jour, cinq jours par semaine.  Éventuellement, à force de faire chier ses collègues et patrons avec ses remarques condescendantes, elle rend l’atmosphère de travail tellement désagréable que la direction saute sur la première excuse, aussi ridicule soit-elle, pour s’en débarrasser.  Ainsi, j’en ai déjà connu une qui s’est fait renvoyer pour « avoir volé des dépliants publicitaires. »

31) Possède une mentalité Celui qui le dit c’est lui qui l’est et pire que moi d’abord alors ta gueule.
On le voit rapidement dès qu’elle reçoit la moindre critique.

32) Son temps libre pour argumenter en ligne dépend de qui est cible de reproches.
Si elle a quelque chose à te reprocher, une remarque négative à t’envoyer, un procès moral à te faire subir, elle peut y consacrer des heures. Par contre, cite la moindre de ses failles, elle mettra aussitôt fin à la conversation avec un Bye!  Fin de conversation, du reste, qu’elle ne respectera pas plus de trente secondes, avant d’en rajouter une couche (ou douze) de répliques sur la défensive-offensive.

33) Passe beaucoup de temps à tenter de te convaincre de l’appuyer dans ses guerres contre autrui. 
Ai-je dit appuyer?  En fait, attends-toi plutôt à ce qu’elle te demande de te battre à sa place et en son nom, puisqu’elle est trop lâche pour prendre part aux conflits qu’elle provoque elle-même.  Elle ira même jusqu’à te dicter quoi dire à sa cible.  Et elle n’hésitera pas à exprimer que ton hésitation fait qu’elle met ton amitié en doute, histoire te mettre de la pression à prendre son parti.  D’ailleurs… :

34) Ou bien tu es avec elle, ou bien tu es contre elle.
Puisqu’elle croit qu’il est impossible qu’elle puisse avoir tort, elle considère que ceux qui veulent rester neutre le font par refus de reconnaître qu’elle a raison. Donc, à ses yeux, rester neutre est une manière passive de l’accuser d’avoir tort.  Et ça, c’est un affront qu’elle n’encaisse pas.  D’ailleurs…

35) Elle prévient/menace son entourage qu’elle peut être leur amie ou leur ennemie. 
Que ce soit sur Facebook, son blog ou bien sa fiche de présentation sur un site quelconque, elle ne manque pas de décrire la chose en ces termes:

  • « Je peux être ta meilleure amie ou bien ta pire ennemie. »
  • « Mon comportement avec toi dépendra de ton comportement avec moi. »
  • « Je serai ton rêve le plus doux ou ton pire cauchemar. »
  • Et toute autre variante voulant dire la même chose.
  • …En rajoutant parfois des « Il n’en tient qu’à toi. ». « C’est toi qui choisis. » « Ça va dépendre entièrement de toi. », « C’est toi qui vois. », etc.

36) Évidemment, on la voit souvent passer avec autrui les trois premières (au moins) des dix étapes de la conflictuodépendance:

  • ÉTAPE 1: Cherche la querelle à une personne calme et sans histoire.
  • ÉTAPE 2: Le motif utilisé pour démarrer les hostilités est tellement anodin qu’il en est insignifiant.
  • ÉTAPE 3: Devant le refus de l’autre à entrer dans le conflit, insiste.

Et à cause de ceci…

37) Ou bien elle agit en agresseur arrogant envers sa cible, ou bien elle essaye très fort de se faire passer comme étant victime de cette même cible. 
Si elle n’arrive pas détruire sa vie sociale, amoureuse et professionnelle, alors elle inversera les rôles en prétendant mensongèrement que l’inverse est arrivé.  Comme ça, elle pourra au moins détruire sa réputation.  Mais ne lui demandez surtout pas des preuves de ce qu’elle avance, elle vous fera une grosse colère parce que vous avez osé commettre l’affront de mettre sa parole en doute.  À ce moment-là, attendez-vous à devenir une cible de plus pour elle.
  

38) C’est une ArguMenteuse.
Quand elle veut rabaisser quelqu’un, elle ne se laisse pas arrêter par des concepts ridicules tels l’honnêteté, la logique ou bien la vérité.   Elle fait plutôt dans l’interprétation biaisée des gestes et paroles de sa cible, exagérations, fabulations, déformation des faits, et autres mensonges. Autant il est facile de démontrer que ses attaques ont zéro pertinence, autant c’est une perte de temps pour sa cible de le faire plus d’une fois. Parce que peu importe quelle preuve l’autre amènera pour se disculper, elle répliquera toujours avec d’autres interprétations biaisées de gestes et paroles de sa cible, exagérations, fabulations, déformation des faits, et autres mensonges.  Et malheur à vous si vous le lui faites remarquer, elle vous accusera en braillant de la rabaisser.

39) Elle trouve un côté négatif à tout ce qui te procure de la joie. 
Peu importe ce que tu as à annoncer, elle a toujours la question ou la remarque pour te faire redescendre de ton nuage.

40) Elle va toujours te faire une comparaison tordue pour te faire passer pour un/e imbécile. 
Même si ton erreur est aussi anodine que d’arroser deux fois une plante qui ne demandait qu’un arrosage, elle te sortira des sophismes du genre de « Ça, c’est aussi intelligent que de rajouter de l’essence dans le réservoir d’huile te ton auto parce que ton réservoir d’essence est plein! »  

Si vous avez gardé cette personne à l’écart de votre cercle social pour vos premiers six à douze mois de contacts et que durant ce laps de temps elle n’a eu occasionnellement qu’entre zéro et trois de ces quarante comportements (parce que personne n’est parfait, quand même), vous pouvez la garder près de vous et la mêler à vos autres amis sans craindre quoi que ce soit.   Mais plus elle accumule de ces comportements, et mieux vaut accumuler la distance avec cette personne.

L’inutilité de laisser sa chance à une conflictuodépendante

Sérieusement, si vous avez une personne conflictuodépendante dans votre vie, éloignez vous-en au plus vite.  Ne croyez pas que vous êtes à l’abri de ses attaques.  Tôt ou tard, elle vous prendra pour cible.  Vous y laisserez votre amour-propre, votre respect de soi, et fort probablement votre vie sociale.  Depuis Geneviève la coloc de l’enfer, j’ai stupidement cru qu’une telle personne ne pouvait nous affecter que si on avait commis l’erreur de s’être mis en couple avec.  J’ai hélas appris à la dure que même une relation d’amitié pouvait nous exposer aux conséquences désagréables de ceux qui ont une telle personnalité.

D’actualité? Depuis quand est-ce que les gens se limitent à ne se déguiser qu’en ce qui est actuel? Dracula est-il actuel? Un clown est-il actuel? Pourtant il y a toujours plein de gens déguisés en Dracula et en clown à chaque année. Je ne vois pas la pertinence de son commentaire.

Pourtant, d’habitude, Maryse utilise des arguments logiques. En fait, les seuls moments où elle dit n’importe quoi publiquement sur le mur de Facebook de quelqu’un, c’est lorsque son besoin de se prouver supérieure à autrui est si grand qu’elle se fout de la logique de ses arguments, pourvu que ça puisse l’amener à descendre son interlocuteur. C’est ce qu’elle avait fait avec son neveu, si vous vous rappelez.

Est-ce qu’elle aurait décidé ce jour-là de me prendre pour cible dans ce but?  J’espère sincèrement que non.

Vous qui lisez ceci en ce moment, Je pense ne pas me tromper en affirmant que si quelqu’un vous dit « Visage de cadavre à la Tim Burton », à moins que vous proveniez d’une culture très différente de la mienne, les deux premières images qui vont vous venir en tête seront Monsieur Jack de L’Étrange Noël de Monsieur Jack et la mariée cadavérique du film du même nom au Québec, connu en Europe sous Les Noces Funèbres.

Euh… Une fille comme elle, grande fan de tout ce qui est Tim Burton, prétendre ne pas comprendre ce que je veux dire? C’est impossible! Je ne veux pas sauter aux conclusions mais je pense qu’elle cherche vraiment à m’humilier publiquement. C’est la seule raison logique pourquoi elle ferait semblant de ne pas comprendre. Je vais essayer de lui dire un truc démontrant qu’il m’est impossible de répondre à sa question. Avec un peu de chance, ça finira sur cette impasse et on pourra passer à autre chose.

Oh shit! Elle veut comprendre MA définition de Tim Burton. Voilà une phrase qui ressemble beaucoup trop à « Je cherche à t’amener à me donner une opportunité de démontrer publiquement que tu dis n’importe quoi. »  C’est le genre de piège grossier que les gens réservent pour ceux qu’ils méprisent.

Et elle insiste. 😦 Très bien alors!  Une seule façon de connaître ses intentions véritables : Étirer la sauce en faisant semblant moi aussi de ne pas comprendre. Si elle s’explique clairement, alors je me trompe sur son compte et c’est tant mieux. Mais si j’ai raison, alors elle va insister pour rester vague jusqu’à ce que je lui donne ce qu’elle veut de moi, c’est à dire une excuse pour me descendre publiquement. Passons-lui le test : Je vais lui demander pourquoi elle me pose cette question.

Bon! Ça ne peut pas être plus clair. Si ses intentions étaient de me rendre service en me renseignant, elle le ferait. Mais là, de son propre aveu, elle cherche à me faire passer un test, pour ensuite me juger sur ma réponse. Et puisqu’elle garde le silence sur ce qu’elle considère être la bonne réponse, ça signifie qu’elle attend de savoir ce que je vais dire pour être sûre de pouvoir trouver à contredire. D’un côté je veux éviter la confrontation. Mais d’un autre, je ne veux pas non plus accepter passivement de me faire humilier publiquement, surtout par quelqu’un qui se prétend mon amie.

Si je garde le silence, elle va revenir me harceler pour celui-ci. Si je lui réponds que je vois clair dans son jeu, elle va me traiter de susceptible. Et quoi que je réponde, elle aura une réplique qui aura comme but de démontrer que je suis dans l’erreur. Ce n’est pas de la parano, je l’ai vu faire ça tellement souvent par le passé avec d’autres. C’est la raison pour laquelle ça fait plus d’un an que je me suis désabonné de son fil de nouvelles et que je ne commente plus rien de ce qu’elle écrit. J’en avais marre de la voir sans cesse provoquer la dispute avec tout le monde, incluant d’autres membres de sa propre famille.

Je suppose que je n’ai pas le choix. Histoire de ne pas avoir à lui donner « MA définition de Tim Burton », je vais aller chercher patiemment les images requises sur les albums photos de l’année dernière de mes amies FB qui arboraient de tels maquillages, et en faire un montage.

Alors c’est ça, son argument? Que le seul moment où on a le droit d’utiliser « face de cadavre à la Tim Burton » pour décrire un maquillage, c’est lorsque la personne investit un nombre incalculable de temps et d’argent dans un cosplay? Mais à part les fanatiques qui se transforment ainsi lors de conventions, qui donc, parmi le commun des mortels avec un horaire chargé, un travail, de l’école, des enfants, et surtout qui n’a pas toujours le physique approprié pour être le sosie parfait d’un personnage fictif, va vouloir/pouvoir y consacrer le temps que ça prendrait?  Et tout ça pourquoi, pour accompagner ses enfants pendant deux heures pendant leur tournée de bonbons, ou pour passer quatre heures maximum dans un party entre amis?  Personne ne s’investirait à ce point pour si peu.

Je pourrais lui faire part de cet argument, mais à quoi bon!?  Elle a eu de moi ce qu’elle voulait.  Elle s’est prouvé ce qu’elle avait à se prouver.  Elle est satisfaite.  Il ne me reste plus qu’à y mettre de la bonne volonté et de conclure avec grâce.

Et voilà, c’est terminé. Nous pouvons maintenant passer à autre cho-

Elle insiste!

Ok, là, je craque!  Cette manifestation supplémentaire de son mépris dépasse les bornes.

Pour mes lecteurs qui ne sont pas calés en culture américaine, ceci est le logo de The More You Know, une série éducative destinée aux enfants.  Voilà donc une superbement condescendante claque sur ma gueule de sa part malgré tous les efforts que j’ai mis pour l’éviter.  J’ai essayé de détourner le sujet! J’ai été patient! J’ai été raisonnable! J’ai collaboré! Je me suis plié de bonne grâce! Mais là, il y a des limites à se faire chier dessus.

Et voilà! C’était inévitable. Bon ben maintenant qu’elle a officiellement établi que je ne sais pas de quoi je parle, que j’ai l’âge mental d’un enfant et que je suis un susceptible, est-ce qu’il me reste encore quelque chose à perdre?


Ok, wow! Ou bien j’accepte ses insultes, ou bien je suis misogyne. Je sais qu’il y a des gens qui ont une haute estime de leurs propres opinions. Et moi le premier. Par contre, qu’une fille se croit tellement dans son droit de rabaisser un autre qu’elle considère que la seule raison pourquoi il se défend, c’est parce qu’il a des préjugés contre le sexe opposé? Je n’avais encore jamais vu ça.

Euh… En fait, je me trompe. J’ai déjà vécu ça avant, de la part de Geneviève la coloc de l’enfer. Je suis renversé de voir que deux personnes qui ne se sont jamais rencontrées ont pu, à quinze ans d’intervalle, me servir la même réplique sans pertinence.  À personnalités semblables, arguments sophistes semblables, faut croire. (C’est cet élément qui m’amènera à me pencher sur les raisons de ce comportement, ce qui m’amènera une semaine plus tard à découvrir le phénomène que je baptiserai conflictuodépendance.)

Et encore un argument accusateur à base de n’importe quoi. Elle sait parfaitement que tout ce qui est envoyé via Facebook reste archivé par Facebook. Je n’ai donc pas d’obsession à tout garder, contrairement à ce qu’elle prétend.  En tout cas, on reconnait bien là l’hypocrisie propre aux trolls: Faire tout pour frustrer autrui, pour ensuite le blâmer d’être frustré.

Mon premier réflexe en lisant ceci fut de vouloir lui demander pourquoi, lorsqu’elle attaque autrui, personne ne lui dit rien. Mais dès que l’une de ses victimes ose exposer son comportement désagréable, alors là, scandale! Puis je me suis ravisé. C’est que j’ai réalisé qu’avec ce commentaire qu’il m’a écrit, Dérek m’offrait l’opportunité de décrire le problème tel qu’il est :

« Et le combat cessa, faute de combattants. » (Pierre Corneille, Le Cid, Acte IV, Scène 3, Rodrigue.)  Je n’ai cependant pas pu résister à l’envie de conclure comme il se doit, en lui rendant son…:

J’avais à peine posté ce dernier commentaire qu’un message apparut dans ma boite, de la part d’une amie commune.  Je me serais attendu à des réprimandes.  Mais non:

S’en suivirent deux autres messages en provenance d’autres amis communs:

Cette dernière phrase me fait réfléchir.  Je me demande en quoi est-ce que ce serait une bonne chose qu’elle me pardonne?  Elle provoque le conflit, elle est condescendante, elle cherche toujours à descendre tout le monde. Il y a un an et demi, j’ai tenté d’en discuter avec elle en privé, sans succès. Elle ne peut donc pas se cacher derrière l’excuse comme quoi elle ignorait que ce comportement de sa part me déplait. Pourtant, elle vient de récidiver.  En quoi est-ce que quelqu’un qui agit de la sorte puisse être digne du titre d’ami?  C’est cette question qui m’a décidé, deux jours plus tard, à faire cette petite (?) modification à mon dernier commentaire:


Deux mois s’écoulent.  Ma conjointe décide de profiter de ses semaines de congé de l’université pour planifier la pendaison de crémaillère de notre condo à l’Ile-des-Soeurs.  On se choisit une date entre Noël et le jour de l’an, histoire de ne pas entrer en conflit d’horaire avec ceux qui fêtent en famille.  Je me charge de créer l’événement sur Facebook.  Notre dispute étant déjà de l’histoire ancienne dans ma tête, je cherche Maryse dans ma liste d’amis pour l’inviter.

… Pour réaliser qu’elle n’y est plus.  Elle m’a enlevé de ses contacts.

J’en parle à ma conjointe, et nous arrivons à la conclusion que nous voilà dans un vilain dilemme.  Si nous invitons tous nos amis communs incluant son Jules, il est évident qu’elle va le prendre furieusement personnel.  Quant à nos amis, à qui elle s’est tous plaint de notre dispute, ça va les mettre dans la très inconfortable position de devoir choisir entre accepter notre invitation à un party où elle ne sera pas, ou s’en abstenir pour ne pas la choquer.  Ce n’est pas ce que nous souhaitons leur faire.  Il a donc fallu se résigner à n’inviter que la poignée d’amis non-communs que nous avions.  Ce qui devait être une fête de vingt à trente personnes est devenu un simple souper à cinq.   Sa conflictuodépendance avait gâché notre soirée en particulier, et notre vie sociale en général.  Elle s’en lavera les mains, disant que c’était de notre responsabilité de se faire de nouveaux amis durant les deux mois dans lesquels nous ignorions qu’elle m’avait banni.

Les dix étapes de la conflictuodépendance.  Encore une fois, tout comme les autres personnes dont il a été question jusqu’ici dans cette série de billets, elle les a, elle aussi, toutes franchies:

ÉTAPE 1: Cherche la querelle à une personne calme et sans histoire.
Je ne fais qu’écrire un statut anodin sans rapport à elle.

ÉTAPE 2: Le motif utilisé pour démarrer les hostilités est tellement anodin qu’il en est insignifiant.
La définition de ce que devrait être « visage de cadavre à la Tim Burton ».

ÉTAPE 3: Devant le refus de l’autre à entrer dans le conflit, insiste.
Mon refus de m’y prêter et son insistance sont ici très clairs.

ÉTAPE 4: Envoie des accusations farfelues en prétendant connaître les motivations cachées de l’autre.
Selon elle, si je n’aime pas me faire humilier publiquement, c’est parce que je suis un misogyne.

ÉTAPE 5, et celui-ci est non seulement le plus illogique de tous, c’est à partir de ce point que l’on voit qu’il s’agit de conflictuodépendance et non d’une simple querelle banale: Accuse mensongèrement l’autre de quelque chose dont il est lui-même coupable et/ou honteux.
Elle dit que j’attaque les autres dans le but de me donner une impression de supériorité, alors que c’est elle seule qui venait de passer une heure et douze minutes sur mon statut à ne faire que ça.

ÉTAPE 6: … et ainsi, consciemment ou non, manipule l’autre à l’attaquer sur ce point faible et/ou honteux.
Ce que je fis, deux fois: D’abord en exposant la fois où elle avait eu un comportement semblable avec son neveu.  Et ensuite dans la révision de mon dernier commentaire.

ÉTAPE 7: Se victimise en se plaignant comme quoi l’autre l’a l’attaqué sur ce point faible et/ou honteux.
Elle se présente en victime de ma susceptibilité, de ma frustration, de ma misogynie, du fait que je garde tout en archives pour faire des hosties de comeback…  Car en effet, puisqu’elle ne peut nier l’évidence publique de ses comportements désagréables, alors elle se plaint que je les expose.

ÉTAPE 8: Fuit le conflit qu’il/elle a lui/elle-même créé.
« Ok, ça suffit, j’me casse! »

ÉTAPE 9: Cherche à rallier leur entourage commun contre l’autre.
Encore une fois, quelques uns de nos amis communs nous ont en effet rapportés des plaintes qu’elle  leur faisait à mon sujet.

ÉTAPE 10: Cherche à rendre l’autre coupable de s’être défendu, et (s’il le peut) le punit pour l’avoir fait.
Les problèmes que ça cause au niveau de notre vie sociale, comme le démontre le gâchis de notre soirée planifiée.

Je conclus donc en vous rappelant de vous tenir aussi loin que possible de ces gens.  Parce qu’une fois que cette personne sentira qu’elle s’est incrustée assez dans votre vie pour vous laisser le choix entre accepter ses insultes ou bien ruiner votre réputation et votre vie sociale, elle le fera.  C’était vrai avec Geneviève la Coloc de l’Enfer il y a seize ans, et c’était encore vrai avec Maryse l’an dernier. 

Il n’y a pas que la charité bien ordonnée qui commence par soi-même. Le respect aussi.  Vous vous devez bien ça.

L’inutilité du dialogue avec une personne conflictuodépendante.

Il arrive parfois que les gens me disent « Si une personne X a un comportement aussi désagréable que tu le décris, pourquoi est-ce que tu ne lui en parles pas en privé, au lieu d’étaler ça sur ton blog? » Il est vrai que le dialogue est l’option la plus logique afin de régler un conflit. La preuve: Voici une capture d’écran non-retouchée d’un tel échange dans une situation où c’était moi le fautif.

Le contexte : Je fais partie d’un groupe privé facebookien nommé The Incorrect Humour Group, dans lequel on se permet de rire de sujets de mauvais goût. J’y ai posté une image dont l’humour douteux est à base de redhead shaming (humiliation des rouquins), une pratique popularisée par l’épisode 11 de la 9e saison de South Park. Une minute plus tard, je reçois un message privé de l’un des autres membres :


À quelques fautes de frappe près, vous venez d’assister à un excellent exemple de résolution de conflit tel que c’est supposé se passer :

  • Il me dit que j’ai fait un truc avec lequel il n’est pas à l’aise.
  • Je comprends son point.
  • Je vois que j’ai fait une erreur.
  • Je lui fais mes excuses.
  • Je me rétracte.
  • Il voit ma bonne foi et en est satisfait.
  • J’en tire une leçon grâce à laquelle je ne referai pas cette erreur dans l’avenir.

Et voilà! Tout le monde est poli, tout le monde comprends le point de vue de l’autre, tout le monde collabore, le tout se fait en privé, et le problème est réglé maintenant et jusqu’à l’heure de notre mort, amen!   Et regardez l’heure de nos échanges.  De 21:55 à 22:03.  Le tout a été résolu en huit minutes.

Si la situation s’est réglée aussi facilement, c’est que ni lui ni moi ne sommes des personnes conflictuodépendantes. Parce qu’à partir du moment où l’un des deux l’est, c’est plus long, c’est plus pénible, et ça ne résout rien. Ce qui suit se base sur une discussion réelle dans laquelle j’ai tenté d’ouvrir le dialogue avec une conflictuodépendante au sujet de son comportement pénible.  Pour l’afficher ici, j’ai non seulement changé l’identité de la personne, j’ai dû fortement tronquer le texte sinon on y passait la journée.




M’ouais…

  • Je lui dis qu’elle fait un truc avec lequel je ne suis pas à l’aise.
  • Elle nie, me blâme et se victimise.
  • J’explique plus clairement.
  • Elle nie et me blâme.
  • Voyant que ça ne mène à rien, je lui fais mes excuses et termine la conversation.
  • Elle me blâme.
  • Je lui fais mes excuses et termine la conversation.
  • Elle insiste pour continuer à me blâmer.
  • Je me réexplique.
  • Elle me blâme, se victimise et ment.
  • Je lui pointe comme quoi elle ment.
  • Elle me blâme d’en rajouter alors que c’est elle qui ne cesse d’insister après que je lui ai dit par deux fois que c’était terminé, se victimise, et fuit.

Ainsi, le problème reste non-réglé et se reproduira dans l’avenir. Et ça ne parait pas ici puisque c’est une reproduction et qu’elle est très abrégée, mais cet échange a commencé un peu avant minuit et s’est terminé à 7:22 le matin suivant.  On est loin du huit minutes de mon premier exemple.  Et dans les quarante-huit heures qui suivirent, quatre personnes m’ont fait savoir qu’elle avait partagé notre échange avec eux.  Voilà pour le côté « on règle ça en privé ».  Mais bon, ce n’est pas pour rien que la 9e des dix étape de la conflictuodépendance est: Cherche à rallier leur entourage commun contre l’autre.

Une conflictuodépendante n’agit pas comme telle qu’avec une seule personne.  Tôt ou tard, tous les gens constituant son entourage font les frais de sa personnalité.  Aussi, il est inévitable qu’avec le temps, elle reçoive de plus en plus de commentaires au sujet de son comportement désagréable et/ou que le nombre de gens avec qui elle se met en froid augmente.   Éventuellement, même si elle continue d’essayer de se le nier à elle-même, il est impossible qu’elle ne s’en rende pas compte. Dans ce temps-là, il se produit parfois un miracle: Elle donne l’impression qu’elle puisse être prête à avoir l’esprit ouvert sur le sujet :


Et voilà pourquoi je dis qu’elle ne fait que donner l’impression d’avoir l’esprit ouvert.  Ce que la personne conflictuodépendante cherche vraiment à faire, ce n’est pas d’apprendre si son comportement est fautif. Et c’est encore moins de le corriger puisque le faire équivaudrait à s’admettre qu’il l’est, chose qu’elle refuse de s’avouer. Non, son but est plutôt de le nier car la réalité lui est trop difficile à accepter. C’est de blâmer la victime afin de s’innocenter elle-même.  C’est d’inverser les rôles agresseur/victime afin de s’approprier elle-même le statut de victime.  Tel que j’en ai déjà parlé dans le billet au sujet de sa tentative d’humilier son neveu, mettre la chose publique comme elle le fait, c’est chercher l’approbation des autres.  C’est désirer recevoir la confirmation comme quoi elle a raison. Bref, c’est avoir besoin d’être rassurée comme quoi elle est dans son droit de se croire supérieure. Ainsi, même si dix, cent ou mille personnes lui disent qu’elle est dans le tort, elle va les ignorer, en ne portant son attention que sur la seule et unique qui ne lui dira que ce qu’elle désire entendre.

Voilà pourquoi on peut classer les gens de son entourage en quatre catégories :

  1. Ceux qui la connaissent depuis peu et qui sont patient, croyant qu’elle ne fait que traverser une phase, en espérant qu’elle finisse par se calmer.
  2. Les victimes consentantes qui savent qu’elle est comme ça et qui acceptent son manque de respect et ses abus.
  3. Les lèche-cul qui ne sont là que pour lui dire qu’elle est belle, gentille et parfaite et que ce sont tous les autres qui sont dans le tort.
  4. Les membres de sa famille qui, à cause du statut familial, ont une obligation de l’endurer.

La conflictuodépendante bannira promptement de son cercle de fréquentations tous ceux qui n’entrent pas dans ces catégories.  Et ça, c’est s’ils ne s’en sont pas déjà éloignés de leur propre chef par écoeurement.

Je reviens à mon premier exemple, tout en haut de cet article, lorsque Louis-Sébastien m’a expliqué pourquoi il ne se sentait pas à l’aise avec mon gag de mauvais goût.  Je ne me suis pas caché derrière l’excuse comme quoi il est normal que ce genre de choses soit posté dans un groupe nommé Incorrect Humour, Je ne lui ai pas fait remarquer que si ça le dérange, personne ne l’oblige à rester.  Je ne l’ai pas attaqué en le qualifiant de susceptible. Et ne n’ai pas non plus été moi-même un susceptible insulté que l’on ose trouver à redire contre l’un de mes gestes. Quant à lui, après ma rétraction et mes excuses, il n’a pas non plus insisté comme quoi j’étais une personne irréfléchie.  Il s’est encore moins acharné à utiliser des arguments mensongers, et a encore moins conclus en se faisant passer pour pauvre victime de mon épouvantable méchanceté, contrairement à « Maryse Aubry ».

Essayer d’engager le dialogue avec une personne conflictuodépendante dans le but de régler un conflit, c’est une perte de temps. Parce que, comme le dit le mot, sa basse estime d’elle-même fait qu’elle est dépendante des conflits. Le conflit lui permet de rabaisser les autres plus bas qu’elle, ce qui est le seul moyen que son subconscient a trouvé pour lui procurer temporairement le sentiment de supériorité dont elle a tant besoin moralement pour (sur)vivre.  Dans de telles conditions, la dernière chose qu’elle veut entendre et surtout reconnaitre, c’est qu’en faisant ceci, elle a un comportement fautif.

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La capture d’écran du neveu humilié.
Wikipedia: Denialism.
Wikipedia: Blâmer la victime.
Journal du Net: Stop au processus d’auto-victimisation.
Les autres articles classés sous « La Conflictuodépendance ».

La Conflictuodépendance: Le réflexe compensatoire

Comme j’en ai déjà parlé dans le billet Les Raisons de la Colère, la fonction de base du cerveau est de produire l’instinct de survie. Ce n’est pas exclusif à l’être humain. Tous les animaux l’ont: Le lion qui court après la gazelle afin de manger.  La gazelle qui fuit pour ne pas l’être.  Le chaton naissant qui, malgré un cerveau totalement vierge d’expérience de vie, sait qu’il lui faut trouver la mamelle et téter   Chez l’être humain moderne, la civilisation s’occupe déjà de nous fournir tout ce dont on a besoin pour la survie de base, et ce dès la naissance : Nourriture, chaleur, logis. Ainsi, une personne peut passer sa vie entière sans que son instinct de survie ne soit sollicité. Or, sollicité ou non, cet instinct fait partie de nous. Et puisque nous n’en avons pas besoin pour survivre au niveau physique, il se manifeste alors au niveau psychologique.

Tout le monde connait le principe de la survie du plus fort. À notre époque, la survie a été remplacée par un autre concept: Le succès.  C’est sur cette base que l’on jauge la force ou la faiblesse de l’individu.  La preuve, c’est que depuis les trente dernières années, il n’est pire tare sociale que d’être étiqueté comme étant un perdant, un loser.  Pour cette raison, ce qualificatif est devenu l’insulte de choix pour rabaisser les autres.  C’est ainsi que la peur du loserisme porte certaines personnes à vivre sous la crainte des conséquences de leurs propres faiblesses.  C’est ce que l’on appelle le sentiment d’infériorité. Et puisque c’est pour eux un sentiment trop difficile à assumer, leur instinct de survie se manifeste sous une forme que j’ai nommé le réflexe compensatoire.  C’est quelque chose que le psychothérapeute Alfred Adler, père de la psychologie individuelle, avait déjà découvert.  Mais lui, il l’a tout simplement appelée la compensation.

Les hommes de cinéma Arnold Schwarzenegger et Woody Allen sont deux excellents exemples de ce phénomène. Arnold, était un adolescent chétif.  Il a compensé en devenant, à une époque, l’homme au physique le mieux développé de l’univers.  Woody y est allé autrement.  Petit, moche, maigre, faible, n’ayant rien pour séduire selon les standards de beauté, il a passé sa vie à compenser de trois façons.  La première, en se mettant en scène dans des comédies où ses carences physiques l’amènent à vivre toutes sortes de déboires qui ont pour but de lui gagner la sympathie du public, donc d’être aimé malgré son apparence.  La seconde, en se mettant en scène dans des films où il finit au lit avec une ou plusieurs belles jeunes filles.  Et dans les deux cas, il ne manque pas de passer le message comme quoi il est un excellent baiseur, ce qui est le réflexe compensatoire classique de l’homme complexé.  La troisième façon, c’est dans la vraie vie, en ayant des relations avec le genre de femmes que l’homme moyen considèrerait hors d’atteinte, comme les actrices Diane Keaton et Mia Farrow.  Dans cette optique, son ultime tour de force compensatoire fut de séduire, à 56 ans, une jeunette de 19,  Soon-Yi Previn, qui est aujourd’hui son épouse.

Le réflexe compensatoire pour une basse estime de soi est également à la base de la personnalité conflictuodépendante.

D’abord, petit rappel. Une personne conflictuodépendante manifeste cette personnalité lorsqu’elle passe à travers les dix étapes suivantes:

  • ÉTAPE 1: Cherche la querelle à une personne calme et sans histoire.
  • ÉTAPE 2: Le motif utilisé pour démarrer les hostilités est tellement anodin qu’il en est insignifiant.
  • ÉTAPE 3: Devant le refus de l’autre à entrer dans le conflit, insiste.
  • ÉTAPE 4: Envoie des accusations farfelues en prétendant connaître les motivations cachées de l’autre.
  • ÉTAPE 5: Accuse mensongèrement l’autre de quelque chose dont il est lui-même coupable et/ou honteux.
  • ÉTAPE 6: Manipule l’autre à l’attaquer sur ce point faible et/ou honteux.
  • ÉTAPE 7: Se victimise en se plaignant comme quoi l’autre l’a l’attaqué sur ce point faible et/ou honteux.
  • ÉTAPE 8: Fuit le conflit qu’il a lui-même créé.
  • ÉTAPE 9: Cherche à rallier leur entourage commun contre l’autre.
  • ÉTAPE 10: Cherche à rendre l’autre coupable de s’être défendu, et (s’il le peut) le punit pour l’avoir fait.

Et pourquoi cette personne entre-t-elle dans l’étape 1 pour commencer?  C’est le sujet de ce billet.

Lorsque l’on souffre d’un complexe d’infériorité, notre réflexe compensatoire consiste à convaincre les autres, à commencer par se convaincre soi-même, que l’on est au contraire leur supérieur.  Tout dépendant de la façon dont on s’y prend pour atteindre ce but, on peut être classés dans l’un de ces trois différents types:

  1. Le complexé de type 1:  Il reconnait qu’il est inférieur.  Il accepte le fait qu’il doit mettre de l’effort pour devenir supérieur.  Il y travaille sérieusement. Il réussit.  Exemple: Arnold Schwarzenegger qui a passé d’adolescent chétif à Monsieur Univers.
  2. Le complexé de type 2: Il reconnait son infériorité mais refuse de la laisser l’arrêter. Il veut avoir les mêmes avantages que ceux qui lui sont supérieurs, mais sans y mettre les mêmes efforts.  Il trouve donc des moyens détournés pour y arriver. Exemple: Woody Allen qui a obtenu pouvoir de séduction, non par son physique mais via notoriété cinématographique.
  3. Le complexé de type 3: Refuse d’accepter son complexe d’infériorité, ou bien ne possède pas la force morale pour être capable de reconnaitre en avoir un.  Compense en se prétendant supérieur.  A besoin de se le prouver pour se rassurer.  Tente sans cesse de descendre les autres plus bas que lui, histoire d’être leur supérieur par défaut.  Exemple: Les conflictuodépendants.

Pour le complexé de type 3, le sentiment de supériorité est un réflexe de survie.  Voilà pourquoi son bien-être moral et mental dépend du conflit car il n’y a que ça qui puisse lui donner l’opportunité de se prouver supérieur sur une autre personne.  Dans l’ouvrage Relation of threatened egotism to violence and aggression: the dark side of high self-esteem, les auteurs décrivent la chose en ces termes (que je traduis): L’individu qui souffre de mauvaise estime de soi va avoir le réflexe de vouloir démarrer des conflits dans des situations où il croit pouvoir triompher.   Un peu plus loin, on explique le choix de sa cible en ces mots: S’en prendre à une cible puissante demanderait une grande confiance en soi.  Mais lorsque la cible est faible, les chances de succès lui semblent meilleures.  […]  Ainsi, c’est celle-ci qu’il ira attaquer.  Non pas parce que la faible estime de soi cause la violence, mais bien parce qu’elle les pousse à se chercher le genre de victime qui lui semble peu portée à se défendre.

Facebook étant le terrain de choix dans lequel les conflictuodépendants se manifestent, c’est de là que viennent les exemples qui vont suivre.  Bien que ceux-ci soient fictifs, incluant les noms et photos, ils se basent sur des faits bien réels. Voici donc l’exemple d’une complexée de type 3 qui applique ici les étapes 1 (initie le conflit avec une personne calme sans histoires) et 2 (sur un sujet anodin) :

Son statut d’adulte et son titre et de matante lui donne naturellement un sentiment  d’autorité sur le jeune homme.  Et le statut de neveu de ce dernier l’oblige à garder envers elle un certain respect.  Pour toutes ces raisons, il est donc pour elle, tel que cité plus haut, le genre de victime qui lui semble peu portée à se défendre. Voilà pourquoi elle l’a instinctivement choisi.

Il aurait pu s’agir d’une simple boutade entre membres d’une même famille, une plaisanterie entre gens proches.  Alors qu’est-ce qui  permet d’affirmer que c’est plutôt un cas de conflictuodépendante qui rabaisse les autres pour se sentir supérieure afin de compenser pour un sentiment de basse estime de soi?  Simple: Le fait qu’elle en a pris une capture d’écran afin de montrer fièrement la chose à ses amis.

Agir ainsi, c’est chercher l’approbation des autres.  C’est désirer recevoir la confirmation comme quoi elle a raison. Bref, c’est avoir besoin d’être rassurée comme quoi elle est dans son droit de se croire supérieure.  Malheureusement, lorsque notre complexe d’infériorité nous pousse à sauter sur chaque opportunité de prouver le contraire, on ne prend pas toujours la peine de vérifier la pertinence de nos arguments.  La preuve, c’est que l’argument de Maryse repose sur deux points qui ne tiennent pas la route.  Le premier est erroné, car la citation bouddhiste ne parle pas de simplicité volontaire,  Elle dit d’accepter le fait que certaines choses ne nous sont pas destinées.  Par exemple, l’amour d’une personne qui nous intéresse sans que ce soit réciproque.  Et son second point est illogique, car elle compare une chose qui ne lui serait pas destinée avec un iPhone qu’il possède.

J’ai songé à lui pointer ces deux failles dans son raisonnement.  Mais sachant à quel point elle était susceptible, j’ai plutôt choisi de lui répondre un commentaire neutre, qui ne faisait que de décrire ce qu’elle venait de faire.

… Ce qui l’a quand même mise en colère.

Là encore, j’aurais pu lui pointer les deux erreurs qu’elle faisait à comparer ses commentaires à mes billets de blog.  Mes lecteurs savent le genre de textes qu’ils vont trouver ici, alors ils me visitent volontairement, en toute connaissance de cause.  Tandis qu’elle, elle va envahir le mur Facebook des autres pour leur rentrer ses opinions négatives de force dans la gorge en public.  Et lorsque j’expose des captures d’écran, je change le nom et les photos, chose qu’elle n’avait pas fait en distribuant sa capture d’écran originale.  Mais là encore j’ai préféré m’abstenir de le lui dire.  Parce que soyons francs, pour écrire ce qu’elle a répondu à mon commentaire qui était pourtant objectif, il faut être extrêmement susceptible. 

Et justement, Alfred Adler voit dans l’extrême susceptibilité le signe révélateur d’un sentiment d’infériorité, en ce qu’elle surgit chaque fois que la personne a le vague sentiment qu’on a mis le doigt sur le défaut de sa cuirasse On ne peut pas nier que c’est exactement ce qui s’est passé ici. Cette théorie se retrouve également dans l’ouvrage The dark side of high self-esteem: Ces gens deviennent agressifs lorsqu’ils reçoivent des commentaires qui vont à l’encontre de l’image favorable qu’ils ont d’eux-mêmes.  Bref, ils deviennent frustrés dès que l’on insinue qu’ils ne sont peut-être pas aussi supérieurs qu’ils le prétendent

Ce comportement est également décrit ici en ces termes:  La peur de se trouver en état d’infériorité vis-à-vis d’autrui s’est ainsi enracinée dans le cœur des hommes et a créé le sentiment de l’amour-propre (autre nom de l’orgueil). Une offense à l’amour-propre se traduit quelquefois par la pâleur, le plus souvent par la rougeur émotive (honte dans le cas d’acceptation de l’infériorité, colère dans le cas de révolte).  […] Conserver la face vis-à-vis de l’opinion publique est donc le fondement de l’amour-propre et, par conséquent, le fondement de la morale.

Ce qui en revient à ce que je disais dans mon billet Les Raisons de la Colère: Celui que l’on empêche d’agir selon son instinct de survie réagit avec violence.  Puisque c’est son instinct de survie morale qui l’a poussé à tenter de démontrer publiquement son neveu inférieur à elle, la contrarier sur ce point, ou même refuser de prendre son parti par désir de rester neutre, ce fut instinctivement pris comme étant une menace pour sa survie. D’où sa réaction de colère.

La personnalité narcissique n’est pas toujours source de conflits.  Beaucoup de gens ont une haute estime d’eux-mêmes sans pour autant ressentir le besoin de rabaisser les autres.  Alors pourquoi certains narcisses sont-ils incapables de vivre en harmonie avec les autres, ce qui les rends conflictuodépendants? L’une des raisons est bien expliquée au point #5 de cet article de Cracked: Lorsqu’il s’agit de succès et d’estime de soi, les gens ont la fâcheuse tendance à prendre le problème à l’envers:  Au lieu de reconnaitre que c’est le succès qui apporte l’estime, la fierté et la confiance, on nous bourre le crane dès notre enfance que nous devons d’abord ressentir de l’estime de soi, de la fierté et de la confiance en nos capacités, et que c’est ça qui va nous apporter le succès.  Tu grandis donc avec l’idée erronée que même sans avoir accompli quoi que ce soit, tu vaux autant que ceux qui ont accompli quelque chose. Hélas, ça a eu comme conséquence fâcheuse de t’apporter instinctivement le sentiment que tu veux mieux que ceux qui ont été obligés de travailler fort pour atteindre la même valeur que tu crois avoir. 

Et voilà comment nous avons créé une superbe génération de douchebags auto-suffisants qui croient que tout leur est dû. Alors quand leur sentiment de supériorité se bute au fait qu’ils n’ont rien pouvant le justifier, c’est là que se manifeste leur réflexe compensatoire.

Tant qu’ils s’agit de complexés de type 1 et 2, ça va.  Mais si vous avez le malheur d’avoir un complexé du type 3 dans votre entourage, alors attendez-vous à une relation abusive.  Normal: Abuser des autres en les rabaissant sans cesse, c’est le propre des conflictuodépendants.

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Les liens internes cités dans ce texte:
Mes Prétentions de Sagesse: Les Raisons de la Colère.
Mes Prétentions de Sagesse: Autopsie du Loser.
Mes Prétentions de Sagesse: SÉRIE: La conflictuodépendance

Liens externes.  Parce que des fois, il est bon de démontrer que mes  théories sont confirmées par des recherches reconnues.
Wikipedia: Alfred Adler.
Wikipedia: La Psychologie Individuelle.
Psychologie.com: La psychologie adlérienne.
Psychologie.com: La compensation (avec l’exemple d’Arnold Schwarzenegger)
Relation of threatened egotism to violence and agression: The dark side of self-esteem  (PDF)
Encyclopédie anarchiste: L’infériorité
Cracked: 6 bullshit facts about psychology that everyone believes.
Santé Psy: Qu’est-ce que la compensation.
Psychoweb: Narcissisme et culte de la consommation.

Christine, première partie: La moitié de mon âge.

Mercredi 4 mars 2015.  Je profite de cette première journée chaude et ensoleillée de l’année pour me balader dans Hochelaga, ce quartier de Montréal dans lequel le hasard me ramène pour la première fois depuis 1991-92.  Je constate plusieurs choses. D’abord, que 90% des bâtiments et habitations de ce quartier n’ont pas changé d’un poil en vingt-trois ans.

Et ensuite, le fait qu’il a fallu passer à travers le plus froid mois de février en 115 ans pour considérer que le 1°C d’aujourd’hui puisse être chaud.  Comme quoi il est vrai que certaines choses doivent être mises en contexte pour être comprises. 

Tiens, parlant de comprises, je constate que je ne peux plus lire, entendre, dire ou penser ce mot sans que ça me rappelle cette citation d’Oscar Wilde, Les femmes sont faites pour être aimées, non pour être comprises.  Bonne chose que l’homosexualité ne soit pas un choix délibéré, sinon un cynique pourrait avancer l’hypothèse que celle de ce Monsieur Wilde serait due au fait qu’il a compris les femmes, lui.  Ou du moins, qu’il aurait connu Christine.  Christine à qui je pense en ce moment car elle habitait justement ici, chez ses parents, au coin des rues Ontario et Montgomery.  Christine qui était ma collègue de travail lorsque je travaillais au Dunkin Donuts, coin Monk et Jolicoeur à Ville-Émard.  Christine qui était mon amante.  Et c’est le genre d’amante qui pourrait pousser un homme hétéro à reconsidérer son orientation sexuelle.  Un rapide calcul me montre qu’à ce moment-là j’avais 23 ans, soit la moitié de mon âge actuel. 

Tout en parcourant ces vieilles rues, je me laisse aller à la nostalgie, à mes souvenirs, à ce que j’ai vécu, à ce que j’ai fait, à ce que j’ai dit, à ce que je pensais, et… Et c’est là que je fais ma plus grande constatation de toutes: Celui que je suis aujourd’hui n’a plus rien en commun avec celui que j’étais à l’époque.  Et c’est incroyable à quel point c’est une bonne chose.  Pour quelqu’un qui s’est toujours cru plus sage, plus réfléchi et plus intelligent que la moyenne, j’ai de la difficulté à croire que j’ai pu être aussi stupide, odieux, hypocrite, loser, et même un peu douchebag.  Bon, dans ce dernier cas, je parle de la personnalité, parce que franchement je n’avais rien pour l’être physiquement.  En tout cas, j’étais vraiment une personne désagréable.  Et le pire, c’est que je croyais sincèrement être un bon gars.  Hélas, mes souvenirs ne mentent pas.  Pour ma défense, je suppose que la vie m’avait fait évoluer de façon à pouvoir survivre dans mon environnement.

J’ai déjà glissé quelques mots sur Christine le mois dernier.  Je vais le refaire, en complétant l’histoire.  Commençons, afin de comprendre, par mettre les choses en contexte: 

Avril 1991, j’ai 22 ans. J’en aurai 23 dans trois mois.  Je viens d’adopter un petit chaton gris tigré trouvé en pleine rue sur le Boulevard Monk, un matin en revenant de travailler. Révolté par la stupidité et l’irresponsabilité de ceux qui ont laissé un si jeune chat dehors dans un coin si dangereux, je considérais qu’ils ne méritaient pas de l’avoir. Je l’ai ramené avec moi chez Marie-France et je l’ai baptisé Calvin.

Marie-France, c’est ma blonde.  Eh oui, malgré ce dont j’ai l’air, j’ai réussi à séduire une jolie jeune fille de quatre ans et demi ma cadette.  Et pas n’importe quoi. C’est une fille sérieuse, studieuse, de bonne famille.  Ça fait un an et demi que je sors avec elle, et un an que nous habitons ensemble, chez sa mère, dans un condo sur la rue Galt. 

Je devrais être heureux.  Pourtant, je ne le suis pas.  Je vis dans un état de déception et de frustration permanente.  La raison?  J’ai trop d’ambitions pour mes capacités, pour mes moyens et apparemment pour mon karma. 

L’année précédente, dès le premier janvier 1990, je m’étais juré que je ferais quelque chose de ma vie.  Bien déterminé à laisser derrière moi les situations de loser qui m’ont amené à Harceler Nathalie en 1989, j’ai multiplié les projets et sauté sur toutes les opportunités qui se sont présentées. En voici une liste, et comment ça a tourné:

  • Album de BD intitulé Les Dangers du Rock mettant en vedette Sonic Steve, un personnage que j’ai créé lorsque je travaillais au magazine Wow!  J’ai eu le temps de faire une couverture et douze pages.  En septembre, les six pages des deux seules aventures que j’ai réussi à compléter sont publiées dans le fanzine Zonar.  Ils ne m’ont jamais rendu les pages, ils les ont perdues.  Après tout l’effort que j’y ai mis, je n’avais ni le temps ni l’envie de les refaire, ce qui m’a découragé de continuer.
  • BDpub: Un dessinateur nommé Dany me contacte afin de fonder avec moi BDpub, une compagnie qui offrirait un service de publicité sous forme de bandes dessinées.  J’interromps Sonic Steve, le temps de faire plusieurs pubs non-sollicitées mettant en vedette de vraies compagnies, histoire d’avoir de quoi à montrer à nos futurs clients.  Dany a pris mes pages, les a combinées aux siennes et est parti en faire un portfolio.  Je n’ai plus jamais réentendu parler de lui.
  • Promotion Sélect.  Je répond à une petite annonce dans le journal de la part d’une boite de pub qui porte ce nom.  Je me vois déjà concepteur publicitaire.  En fait, les autres répondants et moi nous sommes faits baratiner sur le sujet de façon évasive pendant deux jours, pour apprendre au bout du compte qu’il s’agissait de faire de la vente porte-à-porte.  Je ne suis pas resté.
  • Logement et relations familiales: Une dispute de trop avec mon père s’est terminée dans la violence, et j’ai eu à quitter la maison familiale, comme un délinquant.  Encore heureux que j’avais ma blonde.  Sa mère a eu assez de compassion pour m’héberger chez elle, à Montréal.
  • Scénario de film: J’ai écrit un scénario de films que j’ai proposé à trente-deux studios.  Un seul me l’a acheté: Les Film Chouinard Inc, une division de Radio-Canada à Sept-Îles.  En sachant que le budget moyen pour un film à l’époque était entre deux et quatre million de dollars, et que le scénariste reçoit 4% de ce budget, j’allais me faire entre $80 000.00 et $160 000.00. (En argent d’aujourd’hui, puisque le salaire minimum a doublé, ça signifie de 160 à 320 mille dollars.  Un tiers de million.  À 22 ans!)  Une semaine avant la date prévue pour signer le contrat, Radio-Canada procède à d’importantes coupures de budgets dans les studios situés dans les régions éloignées de Montréal.  Chouinard fait partie des sacrifiés. De tous les revers que j’ai subi cette année-là, c’est celui qui a été le plus dur à prendre.
  • Transports: J’ai un bon vélo et un cadenas bien solide pour l’attacher.  Je me vois déjà parcourir les rues de Montréal, explorant ce nouvel univers. Trois jours après mon arrivée, je l’attache à une clôture Frost.  À mon retour, la clôture était découpée et mon vélo disparu.
  • Travail et argent: En aout, devant mes échecs à démarrer ma vie d’artiste riche et célèbre, je me suis fait embaucher au Dunkin Donuts où ma blonde travaillait.  Dans un rare accès d’intelligence et de sagesse, je décide de profiter du fait que je vis gratuitement chez ma belle-mère pour déposer systématiquement toutes mes payes sans y toucher.   Un mois et demi plus tard, en buvant trop vite un verre de Sprite trop froid tandis que j’ai trop chaud, je vis la situation trop ridicule de perdre connaissance sous le choc thermique.  Je tombe en pleine face sur le plancher de tuiles de céramique qui me brise une dent d’en avant.  L’ambulance, le dentiste et la prothèse dentaire me coûtent tout l’argent que je m’étais épargné, me laissant sans le sou en novembre après plus de trois mois de travail.

Et c’est ainsi que j’ai terminé 1990.  Je pense que vous comprendrez pourquoi, même quatre mois plus tard, mon moral a du mal à se remettre de cette année d’enfer pleine de promesses dont aucune n’a été tenue.  Une année qui ne m’a rien rapportée, et ce peu importe les efforts, le travail et la prévention que j’y ai mis.  Oui, d’un côté, je suis reconnaissant que Marie-France était dans ma vie pour me sauver. Mais de l’autre, par la force des choses, cette fille est devenue à mes yeux le symbole d’une bonne partie de ce qui n’allait pas dans ma vie. Normal!  Elle a été ma bouée de sauvetage sur plusieurs plans.  Or, si on a besoin d’une bouée de sauvetage, c’est signe que notre bateau a coulé.  Si j’habite ici avec elle, c’est à cause de la folie de mon père qui m’a expulsé.  Ce travail que j’ai au Dunkin, c’est à elle que je le dois. Un travail minable, fatiguant, ennuyant, qui n’a de disponible pour moi que l’horaire de nuit. Un travail qui m’a défiguré pour la vie.  Un travail où j’ai travaillé d’arrache-dent à salaire minimum pendant douze semaines de suite pour absolument rien.  Et comme si ça ne suffisait pas, avec la mère et le frère de Marie-France qui sont toujours ici en même temps que nous, jamais moyen d’avoir un peu d’intimité.  Surtout que, pour une raison architecturale qui m’échappe, sa chambre et celle de son frère sont séparées par deux portes coulissantes de garde-robe et que celles-ci ne ferment pas tout à fait.  Pas facile à vivre quand, comme moi, on a une libido d’enfer, multipliée à cause des saloperies sexuelles que me raconte Manon, une collègue de travail.  Rajoutons à ça le fait que mon horaire de nuit fait que Marie-France et moi ne vivons plus aux mêmes heures.  De toute façon, ce n’est pas comme si elle était sorteuse.  C’est le mauvais côté d’être en couple avec une fille sérieuse, je suppose.  Moi qui rêve d’une vie excitante faite de liberté, de richesse, d’arts et de sexe, elle m’ennuie.  Aussi, c’est avec un frisson d’horreur que je l’entends déjà me parler de mariage et de fonder une famille dès qu’elle terminera ses études d’arpenteur-géomètre dans deux ans.  La perspective de me voir ainsi condamné à vie dans un morne quotidien dans lequel j’aurai la responsabilité d’élever des enfants après avoir passé ma journée à faire le beigne, ça me déprime sans bon sens.

Ce destin de merde qui s’acharne à saboter tous les aspects de ma vie passée, présente et future, même les plus anodins, me fait sérieusement chier.  Voilà pourquoi, depuis le début de 1991, je suis éternellement insatisfait, dégoûté, frustré.

Et c’est là, dans ce contexte, qu’au printemps, arrive une nouvelle caissière-pâtissière au Dunkin.  20 ans, belle grande blonde aux épaules larges et athlétiques.  Et comme je crois l’avoir déjà dit, son look et son physique me rappellent ceux d’une jeune Brigitte Neilsen

Il s’agit là de Christine.

À SUIVRE

Témoignage d’un ex-harceleur obsessionnel

Aujourd’hui, une amie partagé son désarroi sur sa page de Facebook.  (Appelons-là Rose, puisque c’est la couleur de ses cheveux.)  Tous les matins, lorsque Rose se rend au travail via transports en commun, il y a un homme qui la suit. Il se place près d’elle, la regarde à la dérobée, se rapproche afin de se placer dans son champs de vision. Il est évident que cet homme a un horaire de travail semblable à Rose, d’où leur utilisation des mêmes transports publics aux mêmes heures. Dans de telles conditions, que la chose se produise à quelques reprises, c’est normal. Sauf que ce manège qu’il lui fait, c’est au quotidien. En fait, ça fait plusieurs mois que ça dure. On ne peut plus parler ici d’une coïncidence.

La réaction de Rose? Elle freake, évidemment. Qui est cet homme? Pourquoi agit-il ainsi? Qu’est-ce qu’il lui veut? Non seulement elle en a marre de cette situation, elle commence à en avoir peur. D’où son statut Facebook où elle en parle. Les réponses de ses contacts sont majoritairement du même avis, soit prendre les devants, aborder l’homme et lui dire de façon claire et précise de cesser d’agir ainsi avec elle, sinon elle devra porter plainte aux autorités pour harcèlement. Les suggestions de la procédure varient selon les personnes : L’un lui propose de l’aborder pour lui dire que quoi qu’il lui veuille, elle n’est pas intéressée.  Un autre dit que le mieux serait de le confronter avec amis témoins et caméra pour tout filmer.  Et un autre lui suggère de juste faire une scène publique en lui hurlant dessus sans ménagement de lui foutre la paix sinon police.  C’est bien joli, mais à quel genre de réaction s’expose t-elle?

J’ai voulu la rassurer en lui écrivant moi-même un commentaire. Or, celui-ci a vite viré en roman. C’est là que j’ai eu l’idée d’en faire ce billet de blog. Car après tout, Rose n’est pas la seule à qui ce genre de situation arrive. Aussi bien que ça serve à tous. Ça va comme suit :

Laisse-moi te rassurer : Il y a 95% de chances pour que ton gars ne soit rien d’autre qu’un grand malaisé. Il n’est probablement pas un maniaque, et encore moins un dangereux. Si je me permets de l’affirmer, c’est que je suis moi-même un ex-stalker dans ce genre-là. Je l’ai été jusqu’à ma mi-vingtaine. Et ce que tu racontes, comment ce gars agis, je l’ai déjà fait.

J’ai toujours été d’un naturel timide, mal à l’aise en société, ne se sentant pas vraiment à ma place, peu importe où j’étais. Et d’après ce que j’ai pu constater, autant par expérience personnelle que par observation chez mes collègues bédéistes, c’est que les gars dans ce genre-là sont tout naturellement attirés par les filles marginales. Voilà pourquoi les geek nerds blancs sont à ce point reconnus pour tripper surtout sur les filles asians, noires, punks, goths… Dans de telles conditions, une fille aux cheveux roses, ça les attire automatiquement.  Elle devient pour eux, comme j’en ai déjà parlé dans un autre billet, la mystérieuse charmeuse.

 Eh oui, ce genre de gars se retrouve beaucoup chez les artistes en général, et les dessinateurs en particulier. Normal! Le dessin est une activité solitaire. On ne devient pas bon là-dedans en étant populaire socialement. Et c’est justement pour pallier à ce manque de vie sociale que l’on se jette dans les arts : Pour se faire voir et admirer via nos oeuvres, pour que ce soit les autres qui viennent à nous.

 Si ce gars est le moindrement comme mes collègues et moi sommes et/ou étions, tu ne risques rien. Son insistance à être près de toi, c’est juste parce qu’il veut t’aborder mais n’osera jamais le faire. Alors il est porté d’instinct à aller se mettre sur ton chemin, dans ton champ de vision, en espérant que quelque chose arrive pour que ce soit toi qui l’aborde. C’est tout!

Tu trouves ça quand même creepy et malaisant? Ben t’es pas la seule, parce que lui aussi! Crois-moi, le gars est parfaitement conscient de son problème, et ça le fait chier. Il aimerait pouvoir aborder les autres comme le font les gens normaux, sans avoir à passer par mille ruses compliquées. Mais voilà, il n’y peut rien. Les gens normaux ne peuvent pas s’imaginer à quel point il est difficile d’être un timide malaisé. Et justement, essaye de te mettre à sa place. Tu passes des semaines, des mois, à espérer un simple échange de paroles banales, un petit quelque chose, n’importe quoi, histoire de voir si vous êtes compatibles. Et là, sans prévenir, brusquement, la personne de tes rêves se retourne et hurle dans ta face DÉCALISSE TABARNAK OU JE TE CRISSE LA POLICE AU CUL POUR HARCÈLEMENT, MAUDIT MALADE MENTAL DANGEREUX!!! Imagine le choc d’être non seulement rejeté sans avoir eu la chance de lui dire un mot ou de poser un geste, mais en plus tu te fais accuser d’avoir envers elle les intentions les plus dégueulasses, intentions que tu n’as en réalité jamais eues. Et comme si ça ne suffisait pas, tu vis ensuite l’injustice de ne pas avoir le droit de lui expliquer, de clairer ton nom et ta réputation, parce que maintenant toute tentative de la contacter sera reçue et traitée comme étant du harcèlement. Je l’ai vécu. Ces sentiments et émotions sont dévastateurs. Je ne souhaite ça à personne. Bon, à part peut-être à mon pire ennemi, mais c’est juste parce que je suis enfoiré et méchant.

Ce que je te conseille de faire? Ce qui aurait marché avec moi à l’époque : Aborde-le et fais-lui passer en douce le message comme quoi il perd son temps à t’espérer. Comment? De la façon la plus banale qui soit : Tu lui demande l’heure. Dès qu’il te la donne, tu le remercie, en expliquant ensuite que si tu n’as pas accès toi-même à l’heure, c’est parce que la pile de ton cellulaire / iPhone / Android / whatever est morte car tu as oublié ton fil chez les parents de ton amoureux après le souper de famille de la veille. Et voilà! Non seulement tu lui as dit ce que tu as à dire, tu épargnes son orgueil car tu lui as évité l’humiliation d’avoir été pris en flagrant délit de t’admirer, et d’avoir été repoussé pour ça.  Il considère alors s’en être tiré à bon compte, et ne nourrira ainsi aucun sentiment négatif envers toi.

À partir de là, c’est de deux choses l’une: Ou bien tu  auras maintenant quelqu’un avec qui faire de la conversation amicale le matin en route vers le boulot, ce qui n’est pas nécessairement une mauvaise chose. Ou bien, plus probable, il va désormais t’éviter et passer à autre chose.  En tout cas, c’est ce que mes collègues bédéistes et moi faisions, à chaque fois que l’on apprenait que la cible de notre attirance était hors de notre atteinte. Et quoi de plus hors d’atteinte qu’une fille qui est officiellement casée au vu et su de toute la famille?

Je ne dis pas que c’est la faute de Rose et qu’elle n’avait qu’à laisser ses cheveux naturels au lieu de les teindre de façon à attirer les harceleurs obsessionnels. Et je ne dis pas non plus que tous les harceleurs silencieux ne sont que des timides inoffensifs. Il y a l’autre 5% qui, en effet, est constitué de véritables dérangés capables d’assassiner l’objet de leur admiration. Je pense à Mark David Chapman au sujet de John Lennon, ou encore Robert J. Bardo envers la comédienne Rebecca Shaeffer. Mais ceux-ci ne représentent qu’un faible pourcentage, et ils n’en sont arrivés à cette extrémité qu’après de longues années d’admirations, dans lesquels ils ont eu le temps de passer de simples fans à carrément fanatiques. Raison de plus pour y couper court le plus tôt possible, et pour le faire de façon à lui faire croire que ce sont les circonstances et non toi qui vous séparent.

Quant à moi, il m’a fallu beaucoup d’introspection et un très long travail sur moi-même pour cesser d’agir comme l’admirateur de Rose. Mais sans vouloir me vanter, ce n’est pas donné à tout le monde car il faut d’abord reconnaître que l’on a ce problème, et ensuite il faut avoir la volonté d’y travailler. Mais bon, au moins, ça aura eu le mérite de me permettre de partager avec vous ce qui se passe dans la tête de la majorité des hommes qui agissent ainsi.

Pour terminer, je vous offre ce que l’on pourrait qualifier de chanson thème de la mentalité du harceleur obsessionnel, Voyeur, de mon  groupe favori des années 90, French B.

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Et, ma foi, si vous tenez absolument à aller dès le départ pour l’option policière et/ou légale, voici des adresses utiles au sujet de ce genre de harcèlement au Québec, en France et en Belgique.  Mais dans tous les cas, on va vous dire qu’avant de porter plainte, il faut d’abord lui faire savoir que son comportement vous dérange, car c’est seulement s’il continue ensuite que c’est considéré comme étant du harcèlement.  Donc, dans un cas comme dans l’autre, il vous faut lui parler.

Le harcèlement sexuel en milieu de travail… Au féminin! (2 de 5)

Bon, ça a l’air que j’ai exagéré au billet précédent en disant que ça fait 25 ans que je subis le harcèlement sexuel en milieu de travail de la part de femmes. Oui, ça fait depuis 25 ans, mais ça ne fait pas 25 ans non-stop. Entre 1993 et 2010, je n’en ai pas subi, pour la simple et bonne raison que je n’ai presque pas eu de milieu de travail classique.  Durant cette période, j’ai été sur le BS, puis aux études, avant de gagner ma vie en tant qu’auteur et/ou scénariste, ce qui est un travail solitaire que l’on fait généralement à partir de chez soi.

Cette précision étant faite, continuons là où le dernier billet s’est terminé.  J’ai déjà couvert la période 1990-1992, voici la suite:

1993-1995 : Je suis sur le BS avec la mère de mes enfants. J’ai reçu des avances non-sollicitées d’une des amies de celle-ci durant cette période, mais ce n’était pas en milieu de travail. En plus, c’était juste une ruse de sa part pour essayer de nous séparer.  Longue histoire.
1995-1997 : Le cégep, de retour aux études. Beaucoup de filles m’ont fait des avances, j’ai accepté certaines, j’en ai décliné d’autres. Et bien que certaines histoires avaient un petit côté harcèlement de leur part après qu’elles furent frustrées, comme Océane de qui j’ai refusé les avances parce qu’elle était en couple, c’était à l’école et non au travail, donc ça ne compte pas.
1997-2000 : Travail pour la page web d’Air Canada. Une seule collègue femme (et récemment fiancée) de jour, et aucune de soir, donc zéro harcèlement durant cette période.
2001-2008 : Dessinateur et scénariste pour le magazine Safarir, travaillant de chez moi, donc zéro harcèlement durant cette période. Du moins, pas au travail.
2008 : Pendant Défi Diète 2008, nous devions animer un blog sur Canoë.com. Une des programmeuse/modératrice du site m’a fait des avances que j’ai refusées. Elle a détruit mon blog. Techniquement, ne compte pas comme du harcèlement sexuel au travail, mais tout de même.
2008-2010 : Travail à mon compte, donc aucun collègue.

… et c’est là, en avril 2010, que j’ai décidé de lâcher la vie d’artiste et de me remettre au travail physique. Et que presque aussitôt, le harcèlement féminin a recommencé. La meilleure, c’est que je ne pouvais pas m’imaginer qu’une telle chose puisse m’arriver puisque je travaillais dans un garage de bus. Pourtant…

Rhonda, une collègue de travail d’origine haïtienne.  Elle fait moins de 5 pieds de haut, est obèse, unilingue anglaise, crie au lieu de parler, se rase la tête, a 5 enfants et a 50 ans. Bref, ce n’est pas comme si elle avait de quoi m’intéresser.

SEMAINE 1: Elle est amicale et a un comportement normal.
SEMAINE 2: Elle veut savoir si j’ai une blonde.
SEMAINE 3: Elle commence à parler de sexe.
SEMAINE 4: Elle m’envoie de subtiles invitations à se voir hors du travail qu’elle lance ici et là au fil des conversations.
SEMAINE 5: Tandis que je suis à l’extérieur du bus à faire le plein de lave-vitres, elle est à l’intérieur pour nettoyer les fenêtres. Elle cogne pour attirer mon attention. Je la regarde. Sur la fenêtre, elle dessine un cœur transpercé d’une flèche avec sa bombonne de nettoyant en mousse. Je me facepalme mentalement.  Dès qu’elle sort du bus, je lui dis : « Je ne dirai pas à ma blonde que tu me dessine des cœurs, je ne pense pas qu’elle apprécie. » Ça lui a donné un choc.

« T’as une blonde? Bullshit! Depuis quand? »
« Deux semaines! »
« C’est quoi son nom? »
« Nadia! »
« Pourquoi tu m’en a jamais parlé? »

« Tu ne me l’as pas demandé. »
« Fuck you! »

Vrai, j’avais depuis peu une amie nommée Nadia, mais nous n’étions pas un couple.  Ce petit mensonge a néanmoins calmé Rhonda, du moins sur les avances sexuelles, pendant un bon mois. 

Puis, sans même me demander si j’étais encore en couple ou non, voilà qu’elle recommence.  D’abord en me parlant de sa vie sexuelle avec son amant.  Puis, en me posant des questions, du genre si j’avais déjà essayé une black. Puis, en me faisant des remarques sexuelles à la blague, sauf qu’il était évident que plus le temps passait et moins c’était des blagues. 

Nous prenions notre heure de pause dans de grands bus confortables. Un jour, elle me dit en y montant: « Ok, je vais faire un somme.  Profites-z-en pas pour me violer. »

Deux jours plus tard, elle me dit: « Tu sais, quand la fille est consentante, c’est pas un viol! »

La semaine suivante, elle me dit: « Si tu me laisse dormir une heure de plus, je te fais une pipe à mon réveil. » 

À force de rester impassible ou à refuser ses offres, elle a fini par comprendre.  Elle a aussi viré en mode full bitch parce que bon, c’est bien connu que l’enfer n’est rien comparé à la furie d’une femme repoussée, ou quelque chose comme ça.

Tout de suite après, c’est Enrique qui a pris la relève.  Fils gai de mon chef de quart, il refusait de s’arrêter au fait que je suis hétérosexuel.  Mais bon, dans son cas, le fait que c’était un homme, j’ai pu lui régler son cas rapidement en l’engueulant publiquement sans retenue et le menacer de plainte et poursuites, chose que je ne pouvais pas vraiment faire contre une femme.  Enfin, oui, je le pouvais, mais je n’aurais juste pas été pris au sérieux.

Bref, lorsque je suis arrivé à un point où d’un côté j’avais à subir ceci, et que de l’autre mes possibilités d’avancement dans ce boulot étaient nulles, j’ai remis ma démission. 

2012-2014: À mon boulot suivant en tant que concierge résident, j’ai eu une voisine nommée Gréta, 50 ans, petite, maigre, ridée comme si elle avait 80 ans. Elle m’a harcelé non-stop de ma première semaine là jusqu’à mon départ deux ans plus tard.  Pas une semaine ne se passait sans qu’elle vienne cogner à ma porte, tentant de s’introduire chez moi sous divers prétextes, me couvrant de cadeaux variés (généralement des plats déjà commencés), me faisait aller chez elle pour toutes sortes de boulots dont la majorité n’étaient pas relatifs à mon travail, me lançant sans cesse des invitations, et s’arrangeant toujours pour se trouver sur mon chemin puisqu’elle m’épiait assez pour connaitre mon horaire.  Par deux fois je l’ai sommé d’arrêter, allant même jusqu’à m’en plaindre à la direction en leur demandant d’envoyer désormais mon collègue à chaque fois qu’elle signalerait un problème chez elle.  Un jour, dans le corridor, elle va même me dire: « Hier, je suis allé te voir mais avant de cogner j’ai écouté et j’ai entendu des gémissements.  C’est bien, de voir que tu t’occupes de ta blonde au lit! » Ce n’était pas une collègue de travail, mais ça restait du harcèlement en milieu de travail, avec une touche sexuelle qui me hérissait.

2014-2015: Je suis concierge résident dans une tour à condos de l’Île-des-Soeurs.  Dès que j’ai vu Rita, la réceptionniste de l’immeuble, et que je l’ai entendu parler, j’ai tout de suite su son genre : 40 ans, ex-belle, désespérée de se trouver un chum, au point où elle voit chaque nouveau collègue comme un potentiel. Dès le départ je lui ai parlé de long en large de ma relation de couple.  Ça m’a permis de la tenir à distance, et de la voir s’essayer sur les nouveaux à chaque fois qu’il y en a un, et leur causer du trouble dès que ça ne marche pas.  Mon statut de couple stable coulé dans le béton ne l’a cependant pas empêché, un jour où elle me racontait sa version de ses déboires avec un collègue, de me rajouter: « Dans le fond, c’est un gars exactement dans ton genre dont j’aurais besoin. »  Une façon subtile d’insister, en me passant le message comme quoi elle me veut encore malgré mon statut de couple, et qu’elle sera mienne si j’y met fin.

LA SUITE: Quelques réflexions sur ces situations.