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A propos Steve Requin

Auteur, blogueur, illustrateur, philosophe amateur et obsédé textuel.

C’est pas un cadeau!

J’ai déjà chialé contre les vacances d’été de mon adolescence ainsi que contre l’Halloween. Pourquoi pas continuer sur ma lancée avec Noël ?

Sur l’air de Petit Papa Noël :
Quand arrive le temps de Noël
Les dépensiers se saignent à blanc
Afin de pouvoir offrir telle
Ou telle affaire à leurs enfants
C’est pareil comme l’année dernière
C’est toujours la même maudite affaire

Quand vient le temps d’Noël
On achète plein de bebelles
Qu’on n’vou… drais jamais posséder
Par contre on… veut bien les donner
On n’arrête pas d’s’offrir
Ds patentes lettes à vomir
Qui font… rien d’autre que prendre d’la place
Achetés… au Tout à Une Piastre

Quand j’étais enfant, je recevais des jouets
Avec lesquels j’pouvais pas jouer
La boite disait pourtant « piles non incluses » mais
Y’étaient trop cons pour n’acheter

Maudits cadeaux d’Noël
Qui finissent à la poubelles
Pourquoi faut-il donc s’en acheter ?
C’est bien parce qu’on est obligés
Hostie d’cadeaux d’Noëëëëëëël

Quand j’étais petit, ma famille était pauvre. Mais attention: nous n’étions pas des pauvres typiques. Nous étions bien habillés, sans être chics. La maison était impec, quoi que petite et reçue en héritage (sinon jamais nous n’aurions pu en avoir une). Aucun problème avec la loi. Jamais d’alcool à la maison à part le vin pour les occasions spéciales et les recettes. Zéro tabagisme incluant celui illégal qui pue. Non, c’est juste que mon père était un manuel qui avait rarement un emploi stable. Le fait de toujours repartir à zéro ou être en chômage ou su’l’BS fit que l’on a rarement dépassé le seuil de la pauvreté. Bref, nous avions des revenus de BS sans pour autant en avoir l’allure ou la personnalité.

Hélas, quand on est enfant unique dans un quartier de retraités, on n’a pour tout compagnon que la télévision. Et celle-ci me montrait toujours de superbes sapins de salons sous lesquels s’entassaient des boites recouvertes d’emballages-cadeau de toutes les tailles et de toutes les couleurs. Chez moi, le sapin était juste à côté de la télé, ce qui m’obligeait à comparer. Les deux, maximums trois cadeaux emballés du même papier de Noël terne que mes parents avaient depuis genre 1970 faisaient dur en comparaison.

Et si ce n’était que de la télé… Mais non! Partout où on allais en décembre, chaque maison privée avait son sapin débordant de cadeaux ensevelissant la crèche, le bœuf, l’âne, Marie, Joseph pis le p’tit Christ.

Ceci dit, il n’y a tout de même pas un Noël que j’ai passé sans recevoir de cadeau. Certains étaient très beaux. Hélas, notre pauvreté faisait que je pouvais rarement en profiter. Par exemple :

Catégorie IMPOSSIBLE À UTILISER
Des disques-aventures de Walt Disney: Oliver Twist, Peter Pan, Robin des Bois… Bien joli, sauf que nous n’avions pas de tourne-disque. J’ai passé mon enfance à ne pouvoir que regarder la pochette. Quand on a enfin eu une table tournante, j’avais 12 ans, et donc me considérais comme trop vieux pour écouter ça.

Un jour, je questionne mes parents au sujet d’un truc rangé sous l’escalier de la cave qui prenait la poussière depuis aussi longtemps que je me souvienne: Une petite auto à pédales pour enfant. Celle-ci ne fonctionnait pas, les pédales étant cassées. Ma mère m’a expliqué que j’étais trop jeune pour m’en souvenir, mais c’était un cadeau de mon grand-père que j’ai reçu à 3 ans ½. Or, par jalousie ou par simple stupidité, sa fille, ma tante, qui devait bien avoir 16 ou 17 ans à ce moment-là, l’a essayé. Avec son poids et/ou sa force, elle me l’a cassé alors que ça faisait moins de cinq minutes que je l’avais reçu. Mon grand-père était peut-être plus riche que nous, il ne l’était pas au point d’accepter de m’acheter deux fois un jouet aussi luxueux. Bonne chose que j’étais encore trop jeune pour comprendre ce qui s’était passé. N’empêche que ce jouet qui aurait pu être la joie de mon enfance qui fut sans vélo (trop pauvres pour en avoir un avant mes 11 ans) ne m’a jamais servi a rien.

Une année, je reçois une auto téléguidée. On parle d’un modèle des années 70, c’est a dire avec un fil qui relie la télécommande au véhicule, un bouton vert avance, un bouton rouge recule… Et piles non incluses, ni dans le jouet, ni par les parents.

L’année suivante, mes parents m’ont ré-emballé le même cadeau, mais cette fois avec un paquet de batteries. Une fois la déception passée de voir que je n’en avait pas deux pour faire la course, j’avais au moins la compensation de pouvoir enfin jouer avec. Du moins, je croyais!

Le moteur faisait un bruit épouvantable, énervant mes parents qui m’ont vite donné l’ordre d’arrêter.  Et comme la maison était petite, je ne pouvais jouer nulle-part avec sans que ça leur casse les oreilles. Et comme c’était l’hiver, pas question d’aller jouer avec dehors. Et puisque mes parents étaient pauvres, donc que ce jouet leur avait couté cher, je n’avais pas le droit d’aller l’abimer dehors une fois l’été arrivé. Je l’ai rangé dans mon garde-robe de chambre, en cave humide, où les batteries ont coulé dedans, foquant la télécommande.

L’année où es sorti La Guerre des Étoiles, j’étais fanatique de ce film. La première génération de jouets Star Wars venait de sortir. Ma tante me demande ma wishlist. Je décide de faire ça très détaillé et clair: Je découpe dans le catalogue tous les jouets Star Wars qui me plairaient, et colle le tout sur des feuilles, pour qu’elle en choisisse un dans le lot.

En voyant ma liste, ma mère insiste pour que je mette autre chose que des items Star Wars, sinon je risque de passer auprès de ma tante pour un fanatique malsain. Je me crois malin en mettant un Kodak Spiderman sur la liste, car cet item est deux fois plus cher que le plus cher des jouets Star Wars de ma liste. Vous pouvez deviner la déception qui m’a envahi en voyant que ce fut cet item-là qu’elle a décidé de m’offrir. Un appareil photo… mais pas de film, pas de flashcubes, pas de batteries, rien!  Et même si j’avais eu ces trois items, il aurait fallu que mes parents payent pour le développement du film. Comme vous le devinez, je n’ai jamais pu l’utiliser.

Ceci dit, j’ai quand même reçu pour mes 7 ans un jouet extrêmement convenable : Une boite de Lego. Et je ne parle pas de ces kits merdiques qui ne contiennent rien de plus que les pièces pour ne faire qu’un seul jouet. Non, je parle du kit 135, une boîte full de pièces diverses incluant des roues, des portes et des fenêtres. Avec ça, je n’avais pas qu’un seul jouet. J’en avais 1000. Pouvoir créer tous les jouets que je voulais, ÇA c’était très chouette, en plus de développer l’imagination. J’ai joué avec jusqu’à mes 13 ans, soit lorsque j’ai eu une prise de conscience comme quoi un gars rendu en secondaire II est supposé être trop vieux pour jouer aux Legos.

Catégorie QUE C’EST ÇA?
Javais 15 ans ½ (très importantes les demies à cet âge-là) et une vieille dame, amie de ma mère, m’a offert… Comment dire? Ok, imaginez un bâton de bois de la dimension d’une saucisse à hot-dog recourbé en demi-lune. À chaque extrémité, il y avait 2 billes en bois de la circonférence d’un 5¢ de chaque côté. Je me suis débarrassé de la chose un mois après l’avoir reçu, Mais je vous l’ai dessiné de mémoire:

Ce n’est qu’en 2008, soit il y a 2 ans, que j’ai appris que c’était un cossin à massages. Les implications m’en laissent un ti-brin déstabilisé.

Ceci dit, officiellement, la madame pensait que ce n’était qu’une auto-jouet en bois, et n’a pas réalisé qu’à 15 ans on n’est pu un enfant. Tk…

Catégorie INUTILE
Une de mes anciennes blondes m’avait offert une montre car elle n’aimait pas la mienne. Bon, déjà là, c’est insultant. Ensuite, le bracelet métallique était trop grand, il aurait fallu que je paye pour le faire réduire. Ensuite, le métal me causait tout plein de petits boutons d’irritation autour du poignet en plus de m’arracher les poils. Enfin, à chaque jour, je devais réajuster l’heure car elle retardait quotidiennement de 5 minutes. Elle avait jeté facture et la garantie avant de me l’offrir. Mais bon, si je ne la portais pas, elle prenait ça personnel comme étant un manque de respect.

Je porte peu de parfum, voilà pourquoi une bouteille me dure 3-4 ans. Rendu au bout de ce temps, j’ai envie de sentir autre chose alors je change. J’ai bien aimé le parfum Drakkar Noir que m’avait offert ma blonde de l’époque. Mais quand la suivante en a vu la bouteille dans ma salle de bain, et qu’elle m’en a offert une du double de la taille de la première, ben… Disons que depuis ce temps-là, mes blondes successives ont toutes reçu une wishlist, soit une liste de trucs que je veux, qui incluait à la toute fin une liste de trucs que je ne veux PAS:
– Montres
– Parfums
– Vêtements
– Et surtout, si c’est quelque chose que je possède déjà, non merci.

Catégorie COUDONC, Y’A JAMAIS MOYEN DE S’EN TIRER!?
Quand tu ne reçois jamais des cadeaux qui te plaisent, la solution est simple: Achètes-toi ce que tu veux. Il y a une coupl’ d’années, le premier décembre, je vois qu’il y a un jeu Evil Dead pour la Wii. J’aime Evil Dead. Ma blonde a une Wii dans notre salon. Je me l’offre.

Quand ma blonde revient du travail et me voit y jouer, grosse déception! Sa soeur m’avait acheté ce jeu pour Noël. Mon achat impulsif oblige ma blonde à me gâcher la surprise en me le disant, et il faut que je remballe le jeu et que je le retourne au magasin. Ils ne remboursent pas,  ils donnent juste un bon d’achats de la même valeur. Comme je ne suis pas un gamer, aucun autre jeu ne me plaît.  Ma blonde s’est donc retrouvée avec le bon, et moi j’en fus quitte pour attendre vingt-cinq jours avant de recommencer ma game à partir du début.

Comme quoi, même quand tu t’achètes toi-même tes propres cadeaux, tu n’es jamais à l’abri des déceptions.

Bref, tout ça pour dire que ceux qui chialent contre le principe de la wishlist sont des gens qui aiment se compliquer l’existence. Parce que c’est tellement pratique. Ça te rassure que tu ne recevras pas de trucs inutiles ni décevant, et ça rassure les gens qui  t’entourent comme quoi tu vas vraiment apprécier les trucs qu’ils t’offrent. À condition, bien entendu, que tu ne te laisse pas influencer à y mettre des items qui ne t’intéressent pas du tout, histoire de bien paraître.

Parce que, soyons réalistes : De tous les temps, le mythe comme quoi c’est la pensée qui compte, ça n’a jamais été rien d’autre que ça: Un mythe. Sinon, on s’offrirait des pensées au lieu de cadeaux.

Maudite vaisselle!

C’est bien beau parler de relations et de donner des trucs afin de comprendre et régler les problèmes que l’on peut avoir avec les gens. Mais voilà, il n’y a pas que les gens qui nous entourent. Il y a aussi les objets. Des objets comme la vaisselle.

S’il y a une chose qui fait l’unanimité dans la catégorie « Tâches Détestables », c’est bien laver la vaisselle. C’est probablement parce que c’en est une qui n’attend pas que tu partes en appartement pour te faire ch*er. Déjà, chez tes parents, tu te faisais donner l’ordre de la faire. Par conséquent, lorsque tu pars en appartement, toutes les tâches de ta nouvelle vie autonome te semblent intéressantes, même les plus pénibles, car elles tombent sous le charme de la nouveauté…  Toutes, SAUF celle-là!

Au moins, maintenant que tu es chez toi, tes parents ne sont plus là pour te pousser sans arrêt à la faire. Tu peux te contenter de mettre ça sur le comptoir, en attendant, et tu la feras bien à un moment donné, quand ça te conviendra. Hélas, cette méthode a le don de remplir le comptoir au point de le rendre inutilisable, et ce avant même que l’on ait eu le temps de s’en rendre compte.

Mais bon, il n’y a pas de raison de paniquer. On s’est promis de la faire, on va la faire. On commence donc par mettre de l’eau dans l’évier et on la laisse tremper un peu afin que ça décolle, histoire de nous faciliter la tâche. En attendant, on quitte la cuisine et on fait autre chose.

Première chose que l’on se rend compte: il s’est écoulé tellement de jours depuis que la vaisselle a été mise à tremper qu’on est rendu avec un écosystème qui s’est développé dans l’évier.

J’ai longtemps été un adepte de la méthode « j’vais la laver quand j’n’aurai plus l’choix. » Hélas, lorsque ce moment arrivait, je perdais presque toujours courage devant l’ampleur de la tâche. Je me contentais donc de laver juste ce dont j’avais besoin pour le moment. Ça laissait ma cuisine dans un état bordélique permanent.

Les rares fois où j’avais le courage de m’y attaquer et de la liquider au complet, ça me prenait un bon deux heures. Même qu’à deux occasions, je n’avais tellement plus rien de propre dans la cuisine que je n’avais même plus d’espace pour y travailler, incluant pour laver la vaisselle. Ces deux fois-là,  c’est dans le bain que j’ai tout mis à tremper. Vu l’urgence de la situation, je ne l’ai pas laissé fermenter, mais ça m’a quand même pris deux heures et demi non-stop pour passer à travers le tout.

Le problème, c’est que quand tu sais d’avance que tu t’enlignes pour deux heures à deux heures trente de travail chiant, c’est loin de t’encourager à la tâche.

Et puis un jour, j’ai eu une révélation: Je n’ai pas besoin de 10 bols, 12 tasses 15 soucoupes, 20 assiettes, 27 verres, 32 couteaux, 35 fourchettes, et 40 cuillères… J’HABITE TOUT SEUL, BORDEL! Personne n’a besoin de posséder pour lui tout seul le même nombre de vaisselle qu’il y avait chez ses parents pour servir toute la famille.  Quand je pense que ça m’a pris douze ans de vie en appartement (1987-1999) avant de me rendre compte d’un détail aussi anodin.  Comme quoi l’habitude nous aveugle souvent de la solution la plus simple.

Alors c’est devenu la règle de trois. Désormais, je n’avais plus que ceci:

Pour le reste, je me suis gardé:
– 1 mini marmite
– 1 marmite normale
– 1 très grand chaudron
– 1 poèle a frire
– Et un seul exemplaire de chaque item que l’on retrouve habituellement dans une cuisine: Louche, cuiller à mesurer, ouvre-boite, etc.

Non seulement ça m’oblige à faire ma vaisselle à tous les jours si je veux manger avec du propre, mais ça prend un gros maximum de 10 minutes à tout faire. Ça peut monter à 15 si j’inclus les chaudrons et autres items de cuisine.

FAIT DE BASE: Dans une journée, il y a trois repas. Pourquoi quelqu’un aurait-il besoin de plus de trois de ces items quotidiennement? Ainsi, la règle de trois est la solution idéale afin de garder la cuisine vivable tout en s’assurant que la tâche vaissellière ne devienne pas un calvaire laxatif.

Eh bien oui, j’y ai pensé. Et voici la réponse en quatre points:

Point 1: Quand j’ai commencé à appliquer la règle de trois, je n’ai pas jeté le reste de mon kit de vaisselle. Je l’ai juste rangé dans une boite au fond d’un placard. … Le placard situé le plus loin de la cuisine.

Point 2: Comme ça, ma vaisselle supplémentaire est juste assez loin pour que ce soit plus simple de laver ce dont j’ai besoin plutôt que d’aller m’en chercher du propre. Et en même temps, ça reste à portée de main pour aller chercher du supplément en cas de visite.

Point 3: Depuis que je vis en couple, c’est devenu la règle de 4, mais le principe demeure le même et la vaisselle continue de se faire rapidement.

Et en réponse à l’une des deux questions que l’on me pose parfois à ce sujet, soit:  « Pourquoi la règle de 4 et non de 6 quand vous vivez en couple? », c’est très simple: Au déjeuner, que ce soit pour les céréales ou le gruau, c’est un bol dont on a besoin, et non une assiette. Ça laisse quatre assiettes, soit une par personne pour les deux repas restant de la journée. Et s’il y a de la soupe à diner, ça prend deux autres bols, pour un total de quatre, soit justement le nombre que l’on a de disponible.

L’autre question, c’est: « Et si vous prenez des assiettes, genre pour un déjeuner de toasts-oeufs-bacon?  Qu’est-ce que tu fais quand tu manques d’assiettes rendu au souper? » C’est simple:  Je les lave.  Parce que je n’ai pas le choix. C’est ça le but de la règle de 3 ou 4.

Point 4: Tu as des colocataires? Alors introduis-les à la règle de 3, mais avec leur propre vaisselle. Comme ça, vous avez chacun votre set de vaisselle. S’ils acceptent, tant mieux. S’ils refusent, ça ne change rien à ta vaisselle à toi qui restera rapide à laver.

Beaucoup de gens croient que quelqu’un ne peut pas avoir une vie rangée et des relations harmonieuses s’il n’est même pas capable d’être rangé et en harmonie avec son propre appartement. Personnellement, je crois que c’est un raisonnement idiot parce que ça met dans le même panier les pommes avec les tracteurs. Mais bon, si c’est ce que la majorité pense, alors aussi bien leur donner une bonne impression sur nous-mêmes en s’arrangeant pour garder la vaisselle sale au minimum. Nos relations avec eux n’en seront que plus rangées et plus harmonieuses.

Ma Philosophie (2)

Ce billet est la suite de Ma philosophie. Certaines de ces pensées ont servi de base ou de conclusion pour d’autres textes passés.

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Si en amitié c’est Qui se ressemblent s’assemblent, en amour c’est plutôt Les contraires s’attirent.

Commencer à agir au lieu d’attendre après un oui. Cesser d’agir après avoir reçu un non. C’est comme ça que l’on fait preuve d’un caractère fonceur, d’un bon esprit de décision, de spontanéité, et de respect.

Chez ceux qui veulent du tort à autrui, il y a deux mots pour décrire la prudence. Lorsque qu’ils en ont eux-mêmes, ils appellent ça de la prévention. Lorsque les autres en ont, ils appellent ça de la paranoïa.

Lorsque quelqu’un ne cesse d’insinuer le pire de toi en te mettant au défi de lui prouver le contraire, ignore-le. Pourquoi voudrais-tu perdre ton temps à essayer de plaire à une personne qui démontre sans cesse son manque de respect envers toi?

Pour illustrer le principe du compromis, rien ne vaut l’exemple du temps passé à faire des exercices. On s’y épuise, mais ça nous rend endurant. On s’y affaiblit, mais ça nous endurcit. Et surtout, on accepte d’y avoir l’air temporairement ridicule, mais ça nous fait ensuite bien paraître à long terme.

La valeur que tu dois donner aux opinions d’autrui à ton sujet doit être égale à la valeur que tu as à ses yeux. Si tu ne vaut rien pour lui, alors ses opinions devraient automatiquement ne rien valoir pour toi.

Ne pas être abusif, ça ne signifie pas qu’il faut accepter d’être abusé.  Pas plus que le fait de refuser d’être abusé signifie qu’il faut devenir abusif. Il y a cette chose située entre les deux que l’on appelle le respect. Ais-en pour les autres, et exiges-en autant pour toi-même. Une relation dans laquelle le respect n’est pas réciproque n’a aucune raison d’être.

De tous ceux qui exigent de toi la perfection, peu d’entre eux ont intérêt à ce que tu l’atteignes. Pour beaucoup trop de gens, tes imperfections ont une importance capitale dans leurs vies. Ça les réconforte sur ce qu’ils sont, et ça les justifie pour ce qu’ils font.

L’homme qui toujours obéit sans questionner se fait sacrifier et détruire au profit de la majorité.
L’homme qui toujours questionne sans obéir sacrifie et détruit la majorité pour son propre profit.
L’homme qui toujours a l’intelligence de comprendre quand questionner ou non saura quand obéir ou non pour le plus grand profit de tous.

Entre ce que tes parents voulaient faire de toi, ce que tes amis veulent que tu sois, ce que la société t’oblige à être, ce que tes amours auraient voulu que tu sois, ce que les circonstances t’ont fait devenir, et ce que tu voudrais être, il n’y a guère de place pour la personne que tu es vraiment.

Quand la personne à qui tu parles a le pouvoir de faire de toi une réussite ou un échec, ce n’est jamais une bonne idée de lui démontrer que tu vaux mieux que lui. Ou pire encore: De lui prouver qu’il ne vaut pas mieux que toi.

Il y a des choses qui peuvent s’obtenir par la voie facile. Un boulot, par exemple, via connections. Et il y a des choses qui ne s’obtiennent uniquement que par la voie difficile. Genre, avoir un corps d’athlète. Évidemment, on ne peut pas obtenir un corps d’athlète en utilisant nos connections de travail, ni trouver un boulot en levant des poids. Mais si tu démontres assez de sagesse et de logique pour être capable de choisir la voie qui convient à chacun de tes buts, tu les obtiendras. Par contre, si ta lâcheté t’empêche de prendre la voie difficile lorsque obligé, ou si ton orgueil t’empêche de prendre la voie facile lorsque disponible, alors tu t’imposes toi-même des obstacles qui vont te condamner à vivre inutilement beaucoup d’échecs.

DÉNOMMÉ-SURPRENANT : mon texte le plus populaire

Si vous êtes sur internet depuis 1997, alors vous avez probablement lu ce qui fut le premier texte viral québécois sur internet.

LE DÉCOMPTE REQUIN ROLL
des noms de famille composés les plus difficiles à assumer.

20- Labelle-Binette. Qu’y soit beau ou non y va s’faire niaiser.
19- Lavoie-Ferré. Toujours le train-train quotidien.
18- Desjardins-Fleury. Profession: Jardinier.
17- Dupont-Davignon. Danse t’il tout en rond ?
16- Boileau-Desfossés. Pas ben ben hygiénique.
15- Jetté-Lapierre. Que celui qui n’a jamais péché…
14- Morand-Voyer. Y’é souvent malade de boisson.
13- Tétreault-Cauchon. C’est pour ça qu’aucune fille ne veut sortir avec.
12- Lalumière-Dufour. Elle est toujours dans des endroits HOT et est facile à allumer.
11- Sanschagrins-D’amours. Tout va bien dans sa vie de couple.
10- Legros-Rathé. C’t’un hostie d’loser !
9- Laporte-Barré. Il oublie souvent ses clés.
8- Lebeau-Fyfe. Pourquoi est-ce qu’à chaque fois que je rencontre un beau gars, y’est aux hommes ?
7- Legrand-Brulé. Pyromane victime d’un accident de travail.
6- Beausoleil-Brillant. Y’est bright !
5- Leboeuf-Hachey. Y’a d’l’avenir dans l’McDo.
4- Hétu-Guay. Non, chu straight !
3- Viens-Sansregrets. Il trompe sa blonde sans remords.
2- Lemoyne-Allaire. Un exibitionniste.
1- Parent-Dostie. Mets-en, pour nous faire hériter de noms composés aussi idiots!

Ou peut-être êtes-vous plus familiers avec la version image:

Cette liste, on la retrouve aujourd’hui sur des centaines de blogs et de forums, et elle a été envoyée des milliers, voire des millions de fois sous forme de courriel de blagues. Elle est souvent précédée de l’en-tête suivante: « Ce sont de vrais noms de québécois!!! Le Décompte des noms de famille composés les plus difficiles à assumer. Ce décompte a paru originalement dans le journal étudiant Vox Populi du Cégep André-Laurendeau en mars 1995. » Cet en-tête est erroné à deux endroits.

Historique de ce texte
Février 1996. J’ai 27 ans et je suis de retour aux études. Je fais partie du journal étudiant.  J’ai laissé mon poste de rédacteur en chef en janvier, mais je conserve mes autres fonctions de journaliste, illustrateur, et j’ai une page complète que je remplis de textes et dessins d’humour : La Page Requin Roll.  Récemment divorcé, je suis temporairement de retour chez mes parents à St-Hyacinthe.  À la recherche d’idées d’articles rigolos à mettre dans le numéro de mars 96, je feuillette une copie de mon fanzine auto-publié Requin Roll qui date d’avril 1995. Je m’arrête à une page dans laquelle j’avais écrit une liste de sept de ces noms, intitulée « Le décompte des noms de famille composés les plus honteux à avoir » et dont le punch final est « Dion-Angelil ».  Ce gag, qui serait de mauvais goût aujourd’hui, vient du fait que cette liste a été écrite à l’époque où ce couple a décidé d’avouer leur relation au monde entier. Une idée qui, dans le temps, nous faisait quelque peu sourciller.

Voyant qu’il y aurait peut-être là matière à creuser, je me suis assis à ma table de travail et j’ai commencé à feuilleter le bottin téléphonique de St-Hyacinthe. Celui-ci est beaucoup moins volumineux que celui de Montréal, en plus de ne contenir que peu de noms non-québécois. Ça facilitait grandement ma tâche. J’ai pris en note tous les noms qui me semblaient avoir du potentiel pour faire un jeu de mots. Quelques heures plus tard, mélangeant mes nouvelles trouvailles aux anciennes, j’avais ma liste de vingt noms. 

Première erreur de l’en-tête
La première erreur, c’est moi-même qui l’ai commise, suite à l’erreur de la graphiste du Vox Populi. C’est que, bien que mon décompte fut publié dans le numéro de mars 1996, la date au-dessus de La Page Requin Roll disait effectivement Mars 1995.

Deux ans plus tard, en automne 1997, je créais sur Geocities ma toute première page web. Histoire de meubler, j’y ai créé une section dans laquelle j’ai reproduit tous les Décomptes Requin Roll que j’avais écrit, en mentionnant pour chacune leur premier lieu et date de publication. C’est ainsi que sur celle des noms de famille, j’ai bêtement écrit « Ce décompte a paru originalement dans le journal étudiant Vox Populi du Cégep André-Laurendeau en mars 1995 » en me fiant à la date sur ma page et non sur celle en couverture. Je ne me doutais pas que cette erreur allait faire partie de l’histoire.

Vers 1999, une lectrice de ma page web m’a signalé que, à la fin des années 60, lorsque les enfants ont commencé à porter les noms de famille de ses deux parents, l’humoriste Yvon Deschamps s’était amusé à imaginer ce que ça donnerait au bout de quelques générations :  « Moreau Bordeleau Lemoine Allaire Durant Lacasse Dubois Léger Auger Gagné Legros Montant Moran Voyer Leboeuf Haché ». Le hasard a voulu que trois des noms de famille composés de ma liste s’y retrouvaient. La coïncidence m’a amusé et j’ai rajouté ce fait en bas de la page de ce décompte.

À la fin de l’été 2002, une amie que je n’avais pas vu depuis le cégep me signale qu’on lui a envoyé ma liste par courriel… En fait, elle l’a reçue trois fois lors des deux années précédentes.

Seconde erreur de l’en-tête
« Ce sont de vrais noms de québécois!!! » C’est fou comment les gens aiment pouvoir se dire que quelque chose de bizarre puisse être vrai. On dirait que ça met plus d’impact dans la chose. Bon, techniquement, oui, chacun des noms de famille avant combinaison sont vrais. Mais composés tels quel, à part pour le fait que j’ai créé ces combinaisons moi-même, je doute!

En tapant « Labelle-Binette » sur Google, je me suis vite rendu compte à quel point ma liste avait, par elle-même, acquis une popularité qui dépassait ce que j’avais pu imaginer, en voyant que plus de 800 pages en parlent. Au fil des années, j’ai aussi pu voir de mes propres yeux ma liste dépasser les frontières d’internet et être publiée dans divers journaux et magazines, parfois en article et parfois en courrier des lecteurs. Mieux encore: En 2003, Marc-André Labrosse l’a citée lors de son émission de soirée à CKMF / Radio Énergie / NRJ.  En 2005, ce fut Patrice Lécuyer dans son émission du midi à CKOI. Elle a même passé à la télé dans l’émission du matin Salut Bonjour en 2005. Aussi récemment que 2011, on l’a citée en ondes et sur la page web de NRJ.   Et je ne parle ici que ce dont j’ai été moi-même témoin.

Histoire de montrer que je suis toujours aussi habile dans la composition de jeu de mots, j’ai continué de faire à temps perdu d’autres listes de noms composés rigolos. Ceux-ci sont beaucoup moins connus mais ont été créés avec la même imagination et écrits dans le même style que la première.

LISTE 2
Montpetit-Brindamour: Les filles sont folles de lui.
Avard-Fortuné: Y’a pas plus gratteux.
Larivière-Richelieu: Elle a tendance à se jeter dans l’fleuve.
Desbiens-Pesant: Le cauchemar des déménageurs
Dubois-Brûlé: Il résidait dans un foyer.
Dulac- St-Jean: On le reconnais à son accent.
Laframboise-Deschamps: A tendance à virer tarte.
Beauregard-Daigle: Il a une vue perçante.
Gemme-Laliberté: Un célibataire endurci de St-Amable.
Lemaire-Veilleux: C’est un bon gars.
Malo-Talon: Il devrait consulter un podiatre.
Gagnon-Lapalme: Un winner.
Taillon-Lahaie: Profession: horticulteur.
Ducas-Ross: Il se promène en char de luxe.
Baril-Léger: Il est complètement vidé.
Chiasson-Bacon: Après l’avoir bien digéré.
Plouffe-Aubin: Il adore aller se laver.
Moreau-Roy: Il préfère la démocratie.
Paiement-Audette: Elle rend toujours son dû.
Comte-Aubut: Il arrive toujours à scorer.

LISTE 3
Auclair-Dupuis:
Elle est rafraîchissante.

Lara-Courcy: Une amputée des deux jambes.
Lamarre-Dallaire: Y’a encore des propriétaires de chiens qui ne la ramassent pas.
Noël-Leblanc: He’s… dreaming of a white… Christmas…
Racine-Carré: Il est peu aimé, on ne songe qu’à l’extraire.
Savard-Boucher: Alors mieux vaut racheter du débouche-évier.
Gravel-Duchemin: Un rocker rural.
Beaugrand-Perron: Y’é bien bâti.
Arpin-Lamontagne: Ça va lui faire une méchante facture de peinture.
Beauchamp-Pion: Il arrive premier dans tout.
Labbé-Bell: Les enfants l’aiment beaucoup.
Lido-Desautels: N’importe-qui peut coucher avec.
Ouellet-Talon: Dans l’écurie, probablement.
Halley-Curie: Oui, c’est là où est l’étalon.

Viens-Lavallée: Dialogue de film porno.
Petit-St-Gelais: Y’a l’air d’un affreux p’tit macaque
Meilleurs-Champagne: Alcolo, d’accord! Mais quelle classe.
Boisonneau-Potvin: C’est pour éviter ça aux invités de la noce de Cana qu’on y a invité Jésus.
Santerre-Gall: Elle est à 100% naturelle.
Delage-Gingras: Il a hâte d’être adulte.
LISTE 4
Tremblay-Vandal:
La terreur des délinquants.

Labranche-Duchesne: Il ne plie pas facilement.
Dupire-Marchand: Y’a pas plus crosseur
Laforce-Desrochers: Il est dûr à faire bouger.
Beaulac-Desnoyers: Disparu lors d’une séance de patinage en juillet.
Lejeune-Sansoucy: Un ado irresponsable.
Lagacé-Bell: Forcément qu’elle est belle, ce serait dur d’être agace sinon.
Lepré-Paré: Comme un scout, toujours prêt.
Richer-Joly: Toujours les mêmes qui ont toutte.
Lamarre-Chaput: Un nettoyeur d’escaliers.
Lafond-Dery: Il travaille le métal.
Lamie-Gall: Elle t’attire dans sa toile.
Toutant-Plante: Elle vedge!
Légaré-Delisle: Il a tendance à se perdre dans les rues de Montréal.
Dupré-Stone: Toujours dans les moteurs.
Patry-Potter: Il garde ses mains pour lui
Latendresse-Duguay: C’est toujours eux autres les plus fins.
Bécotte-Lacroix: Un catholique pratiquant.
Hétu-Dion: Il donne le bon exemple en classe.
Brosseau-Champagne: Y’é saoul raide.

LISTE 5
Latour-Niquette:
Un grand étourdi.

Lafleur-Delage: Il est jeune et vigoureux.
Voyer-Laperrière: Ia veille, il était au bar topless.
Legendre-Bienheureux: Sa belle-mère est morte.
St-Paul – Hervieux: Elle vient de se faire refaire la poitrine.
Dussault-Monrose: Il sent le poisson.
Paiement-Tardif: Il a de la misère à payer ses factures.
Lefour-Millier: Un insectivore.
Lapointe-Dumas: Il atteint des sommets.
Allarie-Dugas: Elle aime les jokes sexistes
Déry-Daudelin: Il est toujours à sa fenêtre.
Boulanger-Dumoulin: Il fait son pain à l’ancienne.
Riendeau-Tailleur: Il a cherché partout.
Lefranc-Masson: Il est membre d’une fraternité.
Mondoux-Seigneur: On est découragé de lui.
Tessier-Dutronc: On lui a amputé la moitié du corps.
Bellefeuille-Duchesne: Un arboriculteur.
Morency-Berri: Une autre victime du régime communiste.
Sauvé-Lebrun: Elle vient de s’épargner 100$.
Talon-Chaussé: Profession: Cordonnier.

LISTE 6
Godbout-Sanchez:
Il n’a aucun talent à la chaise musicale.

Perdue-Montcalm: Toujours en SPM.
Leroux-Loranger: Il s’est fait remettre à sa place par son pâtissier.
Sauvé-Monplaisir: Un sexologue.
Épars-Pion: Il ne reste pas en place.
Paul-Hus -Sillon: Il se fout de l’environnement.
Déry-Hervieux: C’t’un vieux trou d’…
Carrière-Ratté: Il a manqué sa vocation.
Amiot-Ouellette: Il fréquente des gens chiants.
Larue-Barbe: Elle est parfois acide.
Monette-Talon: Éleveur de chevaux.
Chabot-Théroux: En effet, comme on a pu le voir dans Shrek, il est roux.
Legrand-Lachapelle: Ça prend un lâche comme lui pour casser par téléphone.
Monet-Royal: Il fait beaucoup d’argent.
Desmarteau-Pilon: Ça casse où il passe.
Levert-Derome: Il aime l’alcool jamaïcain.
Hart-Rose: Il a des problèmes d’articulations.
Pageau-Lee: La nature ne l’a pas gâtée.
Allaire-Thérrien: Il ne veut rien ébruiter.
Comte-Fleurette: Un flirteur.

LISTE 7
Labelle-Villeneuve:
Un globetrotter.

Reddy-Lemoyne: On le surnomme « Viagra ».
Turmel-Auclair: Un nettoyeur de piscine.
Méthot-Matte: Un producteur de ketchup.
Lemire-Wathier: Il fabrique des miroirs.
Plante-Chrétien: Un athée militant.
Lecavalier-Laporte: Livreur à cheval.
Lagarde-Dery: Elle aime beaucoup les enfants.
Lamoureux-Dugas: Encore un gai.
Lara-Massé: Une tombeuse
Patry-Hotte: Québécois pure laine.
Doré-Paré: Il a vu un bon chiro.
Tétreault-Comtois: Sa stupidité dépasse les bornes.
Leroux-Pion: Il fait la sieste
Mercier-Bienvenu: Un gars poli.
Garant- Thivierge: Elle peut se marier en blanc.
Beaujoie-Levert: Elle a mauvais caractère
Croteau-Bordeleau: Il habite près d’une sortie d’égout.
Lépine-Hotte: Prénom: A. Rachid?
Beaunoyer-DeLafontaine: Un assoiffé qui a perdu le contrôle.

LISTE 8
Leloup-Berger: Il y a un traitre parmi nous.
Boudreau-Binet: Fournisseur de pièces de plomberie.
Laprès-Sillon: Un stressé.
Painchaud-Dufour: C’t’un p’tit frais.
Vinet-Grenon: Il préfère ses frites nature.
Martineau-Paradis: L’album final de la série.
Lamarche-Guay: Il parade fièrement.
Grosjean-Bon: Il est un peu cochon.
Lecor-Morand: C’t’une cervelle d’oiseau.
Gagné-Lacoursière: Elle a remporté le marathon la veille.
Leboeuf-Bourgignon: Il a un air de boeuf.
Brûlé-Ducap: Il aurait dû mettre un condom.
Meunier-Tudor: Son moulin va trop vite.
Dumas-Thériault: Menuisier avec piètre grammaire.
Dessault-Méthiller: On dit qu’il n’y en a pas.
Perron-Déglise: Une grenouille de bénitier.
Lapalme-D’or: Un winner!
Cyr-Lamarche: Il glisse dans les escaliers.
Dubois-Joly:  Il court, il court, le furet…
Degrace-Viens: Sa blonde est frigide

LISTE 9:
Santerre-Mercier: un ingrat.
Lurette-Boucher: il fais des pierres au reins.
Lecoq-Auvin:  Il est à croquer.
Viau-Paradis: C’était un homme bon.

Les quatre règles évitant la facilité

1) C’est sûr que je pourrais probablement allonger ma liste d’une centaine d’autres combinaisons juste en réutilisant sans cesse Lebeau, Legros ou Legrand comme premier nom, mais ça deviendrait vite redondant

2) Si je me suis permis d’utiliser quelques rares noms anglais et un espagnol avec Ross, Lee et Sanchez, je me suis tout de même limité à des noms très connus de la population francophone du Québec.

3) Je n’utilise pas des noms trop exotiques. Par exemple Saal-Konar qui sont deux vrais noms tamoul. D’abord parce que, avant de les lire ici, vous ne saviez probablement même pas que c’était des noms. Ensuite, pour autant que je sache, le phénomène des deux noms de famille, c’en est un de culture québécoise et non tamoule.

4) Enfin, ne pas utiliser de prénoms, bien que certains comme Jean ou Benoit sont aussi des noms de famille.

Je sais bien que sans ces quatre règles, je pourrais faire d’amusantes combinaisons telles Jean-Kuhle, Cox-Hucker, Masse-Turban, Dérek-Sillon, mais ce que je perd en vulgarité, je le gagne en originalité. N’empêche que malgré ces règles, j’ai déjà trouvé 165 noms (les listes + le titre) à moi seul, ce qui est déjà remarquable.

Faudrait que je trouve le moyen de me faire verser des droits d’auteur sur ma première liste. Ça me rapporterait probablement de quoi me payer un mois de loyer ou deux.

Être!

Entre ce que tes parents voulaient faire de toi, ce que tes amis veulent que tu sois, ce que la société t’oblige à être, ce que tes amours auraient voulu que tu sois, ce que les circonstances t’ont fait devenir, et ce que tu voudrais être, il n’y a guère de place pour la personne que tu es vraiment.

Je me souviens du jour où je me suis rendu compte de ce fait. J’avais 28 ans, et jusqu’à ce moment-là, jamais je n’avais vraiment été moi-même, aussi bien avec les autres qu’avec moi. J’ai décidé à ce moment-là que ma philosophie allait être I gotta be me. En cessant d’agir dans le but de plaire à tous, en cessant d’être ce que les règles me dictaient, et surtout en cessant de chercher à bien paraître à mes propres yeux, j’ai commencé à être à l’écoute de moi-même. Je me suis découvert tel que j’étais, avec mes qualités, mes véritables traîts de caractères, mes goûts, mes envies. Et surtout mes défauts.

Est-ce vraiment une mauvaise chose, d’avoir des côtés moins reluisants? Il ne faut pas oublier que, tout comme j’ai déjà dit au printemps dernier, il y a moyen de Tirer profit de ses défauts. Que nous le voulions ou non, nous sommes le total de tous les côtés de notre personnalité, le bon comme le mauvais.  Ce qui est vraiment important, ce n’est ni de nier ces mauvais côtés, ni d’essayer de les détruire. C’est tout simplement de les utiliser en temps et lieu afin d’en tirer du positif.

Être mis au congélateur

Laissez-moi vous parler un peu de Rock. Non pas le genre de musique, mais plutôt un gars qui porte ce prénom.

Rock pouvait être chiant des fois. Ah, c’est sûr, c’était un bien bon gars, gentil, jovial et tout. Je m’entendais très bien avec et jamais il n’y a eu le moindre accrochage entre nous. Mais voilà : Quand on sortait dans un bar en groupe et qu’il y avait une table de billard dans la place, on y jouait. Et quand on y jouait, Rock nous massacrait tous.

C’est que Rock était un champion du billard. Aussi champion qu’on puisse l’être sans être un joueur professionnel. Le truc qui était chiant n’était pas le fait qu’il gagnait tout le temps. Son talent, il l’avait mérité à force de pratique. Il n’y avait donc aucun sens d’injustice ni de jalousie d’impliqué. Non, le problème, c’était une technique qu’il utilisait. Chaque fois qu’il avait une boule à lui arrêtée devant un trou, il la laissait là et portait son attention sur ses autres boules. Lors d’une partie que je disputais contre lui, trois des six trous étaient ainsi bloquées par ses boules.

MOI : Ben là, fuck, come on, t’en a trois faciles. Qu’est-ce t’attends pour les rentrer?
LUI : Stratégie, mon chum! Ces trois boules-là, c’est des choses sures. Je l’sais que je peux les rentrer quand je veux. Alors, en attendant, je les met au congélateur pis je m’essaye avec les autres. Quand j’aurai pu l’choix parce que j’en aurai pu d’autres à jouer, alors m’as les sortir du congélateur pis les jouer.

Puis, avec un petit sourire, il conclut avec le côté chiant de sa stratégie :

LUI : Sans compter que ça t’empêche à toi de jouer ces trous-là. Ça te cause un handicap supplémentaire.

Ça m’a pris quelques années avant de faire le lien entre cette stratégie et une situation que vivent beaucoup de gens, peu importe leur sexe ou leur orientation sexuelle : Être mis au congélateur. Ça ne m’est personnellement jamais arrivé, mais j’ai vu ça assez souvent chez d’autres personnes pour savoir que la situation existe. Pour vous expliquer, je vais prendre comme exemple une relation entre un gars et une fille. Et puis tiens, histoire de faire changement un peu, c’est au gars que je vais donner le mauvais rôle cette fois-ci.

Il existe trois situations dans laquelle on peut se faire mettre au congélateur:

SITUATION 1 : La fille est amoureuse du gars. Elle est plus ou moins timide. Pas trop, ce qui lui permet de lui faire savoir clairement qu’elle le veut. Mais juste assez pour ne pas lui mettre de pression avec ça. Parce que la dernière chose qu’elle veut, c’est de faire en sorte de lui tomber sur les nerfs, ce qui réduirait ses chance d’être un jour avec lui.

Le gars, de son côté, est flatté de savoir qu’il plaît à la fille. La fille lui plaît aussi, mais quand même moins que plusieurs autres. Alors en sachant d’avance que cette fille est une chose sure, il la met au congélateur.

Pendant des mois, sinon des années, la fille voit le gars passer d’une relation à l’autre. À chaque fois qu’il est célibataire, elle voit sa chance arriver. Elle se prépare mentalement, repasse mille fois les détails de sa stratégie de peur de rater son coup, et quand elle se décide enfin à foncer: Trop tard, il a déjà commencé une nouvelle relation. La fille attend donc patiemment la prochaine période de célibat du gars pour s’essayer de nouveau.

De son côté, le gars se permet de s’essayer sur le genre de filles qui l’intéressent vraiment. Il ne craint pas l’échec, puisque la fille qu’il garde au congélateur lui garantit qu’elle sera toujours là en cas de besoin. Il ne se retrouvera donc jamais seul à 100%, même en cas d’échec. C’est le principe de la chasse : Le chasseur ne se garde de la viande au congélateur que pour le jour où il n’arrivera plus à en ramener à la maison. Il ne la consommera alors que parce qu’il n’a plus le choix. Parce que c’est mieux que rien.

Cette première situation peut se conclure de l’une ou l’autre de ces façons :

  • Il finit par sortir la fille du congélateur et accepte enfin d’être en couple avec elle lorsqu’il a fini par épuiser toutes ses ressources et que plus personne d’autre ne veut de lui.
  • Il laissera la fille dans le congélateur pour toujours, puisqu’il a réussi à trouver l’amour véritable et la relation à long terme avec une fille qui lui plaît vraiment.
  • Ou pire encore : Il sort la fille du congélateur après avoir passé toutes les autres, sort avec elle, constate que finalement il aurait encore une chance ailleurs, casse avec, et la remet au congélateur.

SITUATION 2 : Même chose que la précédente, sauf qu’ici la fille ne l’intéresse vraiment pas. Au lieu de lui dire franchement et clairement, il la laisse se faire des espoirs. Lorsqu’il est célibataire, il lui donne des excuses comme quoi il n’est pas prêt pour l’instant à se lancer dans une nouvelle relation. Sauf que, quel hasard incroyable, à chaque fois qu’il devient soudainement prêt, c’est toujours une autre qui se trouve au bon endroit au bon moment pour en profiter.

Le gars peut avoir plusieurs raisons pour agir ainsi envers la fille, et aucune n’est vraiment gratifiante. Ça peut être parce que son Ego a besoin de se sentir désiré, même quand c’est par quelqu’un qui ne lui plaît pas. Ça peut être parce qu’il considère que cette fille-là pourrait encore être acceptable en dernier recours. Mais voilà : Il n’est pas encore à son dernier recours. Ça peut être parce qu’il sait que la fille le veut tellement qu’elle va sauter sur chaque opportunité qu’elle aura d’essayer de l’avoir, ne serait-ce qu’en lui montrant quelle bonne baise elle peut être. La fille peut donc l’attendre ainsi pendant des mois, des années, voire des décennies.

Cette seconde situation peut se conclure de l’une ou l’autre de ces façons:

  • Il ne sortira jamais la fille du congélateur.
  • Il ne la sortira qu’à certaines conditions, l’une d’elle étant que leur relation doit rester secrète. Et ce ne sera jamais une relation sérieuse. Tout au plus sexuelle.

SITUATION 3 : Ici, la relation a commencé sans d’abord passer par l’étape de la congélation. Sauf que, après avoir commencé à sortir avec elle, le gars constate qu’il pourrait avoir des chances avec une autre qui correspond mieux avec ses désirs. Il casse donc avec la fille en prétendant l’excuse bullshit classique comme quoi il a besoin de réfléchir à leur relation, ainsi que une séparation momentanée ne peut que leur faire du bien. Il la met donc au congélateur, histoire de pouvoir profiter de sa liberté sans qu’elle puisse faire pareil de son bord.

Cette troisième situation peut se conclure de l’une ou l’autre de ces façons :

  • Il ne sortira jamais la fille du congélateur parce qu’il aura trouvé mieux ailleurs en permanence.
  • Il va la ressortir car ça n’a pas marché avec l’autre. Ça fait qu’en un sens, il n’a pas menti : S’il dit avoir besoin de réfléchir, c’est afin de savoir s’il doit se résigner à se contenter de la fille ou bien s’il est capable d’avoir celle qu’il désire vraiment. Et là où la séparation momentanée ne peut que leur faire du bien, c’est que s’il voit par expérience qu’aucune autre ne veut de lui, alors il va se résigner à la fille et ne perdra plus de temps à espérer trouver mieux ailleurs.

Ce que les gens mis au congélateur oublient trop souvent, c’est qu’ils ne sont pas obligés de laisser l’autre mettre leurs vies en suspens. Ils ont tous la capacité d’en sortir afin d’aller chercher ailleurs la chaleur que jamais ne leur donnera celui ou celle qui les y a enfermés.

Hélas, les gens qui acceptent de se laisser mettre au congélateur en toute connaissance de cause se justifient souvent en disant qu’ils n’ont pas à avoir honte de la situation. En fait, ils en sont même fiers. Parce qu’en agissant ainsi, ils ne font que prouver que leur amour pour l’autre est véritable et à l’épreuve de tout. Ils vivent dans l’espoir que l’autre finisse par s’en rendre compte. Ils récolteront alors enfin l’amour et le respect auquel ils ont droit.

Le problème, c’est que tu passes ta vie à vouer un amour véritable à une personne qui se fout de toi, ou bien qui te fais passer en dernier parce qu’elle considère que tu es tout juste mieux que rien. Et ça, tu le sais très bien.

Comment peux-tu espérer quand tu es aussi désespéré?
Comment peux-tu être aimé quand tu n’as aucun amour-propre?
Comment peux-tu être respecté si tu a zéro respect pour toi-même?
Comment peux-tu être fier de n’avoir aucune fierté?

Sans compter qu’être au congélateur, ça t’empêche d’avoir des relations avec les autres. Ce qui, comme disait Rock, te cause un handicap supplémentaire.

La Fille en Détresse Éternelle

Avez-vous remarqué que les bons gars, ou du moins ceux qui prétendent l’être, se retrouvent toujours avec des filles à problèmes qui sont sans cesse dans des situations de détresse? Je suppose que les sexes peuvent être inversés dans certains cas. Mais puisque je suis un gars hétéro qui parle d’après expérience personnelle, et pour faciliter la lecture, je vais m’en tenir au style gars qui parle de femmes.

Il y a deux raisons qui font qu’un gars se retrouve avec ce genre de filles. La première, c’est quand il va volontairement vers elles. J’en ai déjà parlé dans un autre billet intitulé La malédiction du bon gars gentil et sauveteur.  La seconde, c’est l’inverse: C’est quand le gars attire involontairement ce genre de filles. Il est gentil, courtois, amical, toujours prêt à aider. Bref, le genre de gars toujours prêt à voler au secours d’une demoiselle en détresse. Alors quand la fille veut attirer son attention, quoi de mieux que de jouer sur son sens de la solidarité et de son humanisme!?

Utiliser la détresse afin d’attirer mon attention, on m’a fait le coup trop souvent. Selon le cas, ça pouvait impliquer l’un des quatre genres de détresse qui existent. Ils sont:

La détresse inévitable: La fille est toujours dans la merde à cause qu’elle est coincée dans une situation dont il est impossible pour elle de se tirer. Je ne peux donc rien faire pour elle. Elle passe alors notre relation à se plaindre à moi de quelque chose pour laquelle je ne peux rien. C’est plate, ça pompe l’énergie morale, et c’est une perte de temps.

La détresse optionnelle: Même chose que la précédente, sauf que la différence est qu’elle pourrait s’en sortir si elle allait chercher de l’aide là où elle est supposée, car il existe des moyens mis en place pour venir en aide aux femmes prises dans le même genre de situation qu’elle. Elle choisis plutôt l’option de ne rien faire et de se contenter de se plaindre. Non seulement c’est plate, ça pompe l’énergie morale et c’est une perte de temps comme dans le cas précédent, c’est enrageant.

La détresse provoquée: Ici, La fille fait exprès de se mettre dans des situations pénibles, juste parce qu’elle veut que je lui donne de l’attention en venant à son secours. Si je le fais, elle comprends que ça marche, alors elle s’arrange pour rester dans la merde le plus longtemps possible, afin de prolonger l’attention que je lui porte. J’en ai amèrement eu la preuve des dizaines de fois: Quand j’en ai assez et que je pars, la situation à problème qui était pourtant sans issue se règle automatiquement d’elle-même.

La détresse simulée: Contrairement à l’exemple précédent, elle n’est jamais en détresse ni en danger de quelconque façon que ce soit. Elle fait juste semblant. Elle invente. Elle ment. Vous ne le croirez probablement pas, mais tout le long de ma vie, il y a eu très exactement huit filles qui m’ont fait accroire qu’elles avaient été agressées sexuellement. C’est seulement après que j’ai agi comme tout bon citoyen normal, soit en insistant pour qu’il y ait démarches de thérapie, dénonciations et procédures légales, que ça s’était avéré avoir été inventé de A à Z.

Vous vous rendez compte? HUIT FILLES QUI ONT FAIT SEMBLANT D’AVOIR VÉCU UN VIOL! Il me semble que quand ton but est quelque chose d’aussi banal que de vouloir l’attention d’un gars, tu ne va pas inventer une accusation ayant des implications sociales et légales aussi grave. Et pourtant…

Donc, en résumé:

  • Problème qui ne peut pas se régler
  • Problème qu’elle refuse de régler
  • Problème qu’elle se créé volontairement
  • Et problème qui n’existe pas.

Dans les quatre cas, je devais subir inutilement une détresse pour laquelle je perdais mon temps à angoisser et à me casser la tête, tout en me soumettant à un sentiment d’impuissance qui me mettait moralement à terre.

Et puis, un jour, j’en suis arrivé à prendre la décision suivante: Quand j’aide une personne, c’est pour la sortir de la merde, et non pour me faire entrainer dans la sienne. Parce que, jusqu’à maintenant, j’ai vécu ce genre de situation de mes 18 à mes 40 ans. Quand ça fait 22 ans qu’un gars se dit qu’il ne doit pas prendre le risque de négliger ce qui pourrait s’avérer être un vrai problème, au cas où il pourrait vraiment aider la fille à s’en sortir, et à toujours réaliser en fin de compte qu’il a  perdu son temps à chaque estie de fois, il finit par se dire FUCK IT! J’ai assez de problèmes dans ma propre vie sans avoir en plus à me mettre ceux des autres sur le dos. Surtout si ces problèmes sont toujours impossible à régler.

Et c’est là que j’ai créé une façon de faire que je décris dans ce billet de blog intitulé « Ma Philosophie » et que je vous reproduit ici:

Lorsque les gens demandent ton aide pour se sortir d’une vie malheureuse, contente-toi de les renseigner sur ce qu’ils peuvent faire afin de s’en tirer eux-mêmes. À partir de là, ceux qui veulent vraiment s’en sortir vont y arriver tout seul, et ceux qui se complaisent dans leur malheur vont y rester. Dans un cas comme dans l’autre, en les aidant plus que ça, tu perdrais ton temps.

Et c’est pour ça que, dès que je constate plusieurs signes comme quoi la fille  est du genre à être en situation de détresse éternelle, je coupe tout contact. Les filles de ce genre-là, on ne peut être que deux choses avec elles:  Ou bien abusés, ou bien abuseurs.  Après mon ex, je me suis juré que je ne serai plus jamais le premier. Et a force d’exaspération envers ce genre d’agissements, elles me donnent envie de devenir le 2e. Et ça non plus, je me suis juré que je ne le serai jamais.

(Voir une précision importante dans la section des commentaires)

Vie de bloggeur

Petite BD de l’époque où je faisais un webcomic nommé Collège Artiztech.

Les cinq niveaux de l’ignorance

Il y a plusieurs façons d’être ignorant. Et contrairement à ce qu’on pourrait croire, elles ne sont pas toutes déshonorables.

L’ignorance innocente. C’est lorsque tu ignores être ignorant.  Ça arrive généralement lorsque tu as déjà tout su sur un sujet, mais que les choses ont changé sans que tu t’en t’en sois rendu compte. Ou bien quand tu crois que l’on t’a tout dit, mais qu’on t’a caché des détails. C’est tolérable.

L’ignorance repentante. C’est lorsque tu prends le temps de faire des recherches et de poser des questions afin de cesser d’être ignorant. C’est honorable.

L’ignorance imposée. C’est lorsque ceux qui connaissent les réponses à tes questions choisissent de te maintenir dans l’ignorance en refusant de te les donner. C’est excusable. (Dans ton cas, du moins)

L’ignorance négligente. C’est lorsque tu sais être ignorant mais que tu t’en fous, parce que chercher les vrais faits demanderait trop d’effort, et poser des questions démontreraient ton ignorance, ce que tu es trop orgueilleux pour admettre. Ou pire encore: lorsque tu sens que te renseigner prouverait que tu es dans l’erreur, ce qui te forcerait ensuite ou bien à te rétracter, ou bien à persister de mauvaise foi, là encore des options que ton orgueil t’interdit. C’est méprisable.

Enfin, il y a L’ignorance feinte. Ça, c’est quand tu fais semblant de ne pas savoir, parce que si les gens savaient que tu savais, ça irait à l’encontre de tes intérêts. Ceci n’étant pas de l’ignorance mais bien de la stratégie, ça peut, comme toutes les stratégies, être utilisé autant à des fins positives que négatives.  Ça peut donc être justifiable, explicable ou exécrable. Bref, c’est variable.

10 raisons qui expliquent l’incompétence des travailleurs sociaux

À l’automne de 2009, j’ai écrit un court sketch qui, s’il est fortement caricatural, décrit des situations qui ne sont hélas que trop réelles lorsque nous avons affaire aux travailleurs sociaux. On le trouve ici. Pour ceux qui comprendraient mal l’anglais ou qui n’ont pas envie de se le taper, l’esprit du texte se résume bien dans l’illustration suivante:

Ainsi que dans celle-ci:

La liste de ce que je leur reproche est longue:

  • N’écoutent pas ce qu’on leur dit.
  • Ont des jugements erronés.
  • Refusent de voir la réalité en face.
  • Lancent n’importe quand et n’importe comment des slogans préfabriqués sans même avoir assez de jugement pour voir si ça s’applique ou non à la situation.
  • Posent des questions qui sont en fait des accusations déguisées.
  • Tournent les phrases de façon à te laisser le choix entre être d’accord avec eux ou bien passer pour [insérer qualificatif jugemental négatif au choix].
  • Donnent des conseils propres à créer de nouveaux problèmes au lieu d’arranger celui que tu as.
  • Refusent d’être clairs dans leurs conseils et leurs attentes.
  • Feignent l’ignorance.
  • Sont rabaissants.
  • Sont insultants.
  • ET SURTOUT refusent d’admettre qu’ils puissent avoir tort de procéder ainsi.

Ce que je viens de décrire ici, ça s’applique à la –majorité- totalité des travailleurs sociaux à qui j’ai eu affaire dans ma vie.

Reconnaissons-le: Pour devenir travailleur social, ça prend un haut niveau d’intelligence. Et c’est justement ça, le problème: Leur intellect fait qu’il est impossible pour eux de ne pas se rendre compte que leur façon d’agir fait plus de tort que de bien, autant à leurs patients qu’à leur propre réputation. Alors pourquoi agissent-ils ainsi? Pourquoi est-ce que ces gens. qui sont supposés nous aider, vont préférer faire le contraire en choisissant délibérément la voie de l’incompétence?

Après avoir beaucoup réfléchi à la question, j’en suis arrivé à la conclusion qu’il y a neuf raisons possibles pouvant expliquer l’incompétence des travailleurs sociaux.

RAISON 1: Ils n’ont pas la réponse à ton problème.
Tout le monde s’attend à ce que les travailleurs sociaux aient réponse à tout. Quand ce n’est pas le cas, ça les met dans l’embarras. Si toi, le patient, tu te rends compte de son impuissance à t’aider, tu pourrais croire que c’est un incompétent. Et se faire juger comme tel par un inférieur intellectuel, c’est inacceptable pour leur orgueil. Alors ils essaient de te faire accroire que ton problème est autre chose que ce qu’il est vraiment. Car cet autre problème qu’ils affirment à tort que tu as, c’en est un qu’ils sont capables de régler. Voilà pourquoi c’est celui-là qu’ils ont choisi d’essayer de te faire accroire que tu as.

RAISON 2: Il s’agit de gens dont la personnalité fait qu’ils ont besoin de rabaisser les autres pour se sentir mieux avec eux-mêmes, et ne supportent pas qu’on les en empêche.
Ils ont donc besoin d’avoir une bonne raison pour justifier leur hostilité. Voilà pourquoi ils choisissent un métier qui va les mettre au dessus de tout soupçons de méchanceté, un dont le but (sur papier) est d’aider les gens. Comme ça, en tant que travailleurs sociaux, peu importe les vacheries qu’ils nous lancent, on n’a pas à protester. Parce que s’ils font ça, au bout du compte, c’est pour notre bien, n’est-ce pas!?

RAISON 3: Certaines personnes choisissent un métier qui compense pour les carences de leurs vies.
La preuve: Combien y a t-il d’esthéticiennes vraiment belles? De conseillers matrimoniaux mariés? De spécialistes en enfance qui ont eux-mêmes des enfants? Et regardez de quoi ont l’air la majorité des gynécologues, ou même des photographes érotiques. Si ce n’était de leur métier, combien de femmes se déshabilleraient devant ça?  
Quand tu n’as pas ce qu’il faut pour vivre une situation socialement, tu es porté à choisir un métier qui oblige ces situations à venir à toi. 

RAISON 4: On cherche toujours à aider les autres à réussir là où on a nous-mêmes échoué.
Il est hélas impossible d’exceller professionnellement dans quelque chose où tu n’as fait qu’échouer dans ta vie privée.  Exemple concret, cette conseillère matrimoniale poignardée à mort par son mari.

Une personne a passé une enfance merdique dans la violence, l’abus verbal, physique, sexuel, etc, tout en étant impuissante à y changer quoi que ce soit? Alors elle va vouloir un métier dans lequel elle pourra redresser chez d’autres victimes les torts qu’elle a elle-même subi. Elle devient donc travailleuse sociale.  Jusque là, rien à redire, c’est un noble objectif.

Le problème, c’est que si elle a passé sa vie à être abusée, alors elle a passé sa vie à être conditionnée à craindre les abuseurs. Comment peut-elle exorciser ses démons alors? Simple: Elle va cibler un homme inoffensif et le traiter comme s’il était un abuseur, en l’accusant de toutes sortes de choses aussi mensongères que farfelues. Puisqu’il est inoffensif, elle n’est pas conditionnée à le craindre, lui. Elle pourra alors le détruire sans retenue.

Criminaliser un innocent pour se racheter de laisser un coupable tranquille, ça lui permet de fermer les yeux sur sa propre lâcheté, tout en se donnant un ersatz de la satisfaction qu’elle pourrait ressentir si un jour elle trouvait en elle assez de courage pour rendre justice contre ceux qui le mériteraient vraiment.

RAISON 5: Certaines personnes sont tellement orgueilleuses qu’elles sont incapable de reconnaître qu’elles puissent avoir tort.
Et c’est encore plus vrai chez ceux qui ont choisi d’occuper une position sociale dans laquelle ils sont supposés avoir toujours raison. Un travailleur social, c’est comme un politicien: Lorsqu’il fait mal son travail, il ne va ni l’admettre ni changer sa façon de travailler, puisque ça équivaudrait à l’admettre. Dans ce temps-là… :

  • Ou bien il s’empresse d’effacer toutes traces de son erreur.
  • S’il ne le peut pas, alors ils essaye de te convaincre que c’est toi qui n’a pas été en mesure de comprendre que là n’a jamais été le sujet de la discussion.
  • Ou alors il va se dissimuler derrière le contenu de ses livres, de façon à essayer de te faire accroire qu’il est impossible pour lui de se tromper à ton sujet.
  • Et si aucun des 3 trucs précédent ne fonctionne, alors il refuse d’aborder le sujet, te disant: « Je n’ai pas à me justifier. » …Et en rajoutant parfois « à toi! » à la fin de cette phrase, s’ils souffre en plus d’un complexe de supériorité.

Ça donne des travailleurs sociaux qui mettent plus de valeur dans leur orgueil que dans le fait d’être à l’écoute et au service de leurs patients.

RAISON 6: Cette personne a une basse estime d’elle-même.
Connaissez-vous ce sketch de François Pérusse dans lequel le personnage téléphone à un autre en se disant: « J’vais pas attendre que le prochain malheur me tombe dessus, ‘m’en va le provoquer moi-même. »? C’est similaire, sauf qu’au lieu de malheur, il s’agit ici de protestation.

Cette travailleuse sociale vit dans l’impression constante que son travail ne sera pas apprécié. Comment peut-elle le savoir avant même d’avoir dit quoi que ce soit à son patient?  Eh bien voilà, c’est ça, la mauvaise estime de soi.

Au lieu de vivre l’angoisse de ne pas savoir si elle va être appréciée ou non, elle va pour la solution facile: S’arranger dès le départ à être dépréciée par son patient. Puisqu’il est beaucoup plus facile de déplaire au gens que de leur plaire, alors ÇA, au moins, elle a le contrôle là-dessus.  Elle commence dont son travail en lui disant « Je sais que tu n’aimeras pas ce que je vais te dire », et ce dès sa toute première intervention, et ce avant même d’avoir dit le moindre mot au sujet de son intervention.

En t’envoyant un reproche non-mérité parce que lancé d’avance, elle fait semblant que la personne qui a une faible opinion sur elle et son travail, ce n’est pas elle-même, c’est toi. Par conséquent, la seule personne à qui elle cherche à prouver le contraire, ce n’est pas à toi, c’est à elle-même.

En te manipulant de la sorte, il n’y a que deux choses qui puissent arriver:

  • Ou bien tu te la ferme et accepte tout ce qu’elle dit, et ce qu’elle ait raison ou tort.  Ce qui fait qu’elle s’en tire gagnante.
  • Ou bien tu vois clair dans son jeu et proteste, ce qui lui permet de (se) dire qu’elle avait raison à ton sujet, depuis le début, en disant que vous ne l’apprécieriez pas. Ce qui fait qu’elle s’en tire gagnante.

En allant dans la prophétie auto-réalisatrice, elle se met elle-même à l’abri du moindre sentiment de comme quoi elle fait mal son métier, chose qui serait trop difficile à vivre pour elle.

Enfin, le plus grand problème que cette méthode cause: Quand on veut vraiment aider les gens, alors on ne se montre pas hostile dès le tout premier contact envers la personne que l’on prétend vouloir aider. Commencer par accuser le patient de ne pas aimer ce qu’on va lui dire, avant même de lui avoir dit quoi que ce soit, c’est un préjugé.  C’est apporter dès le départ un sentiment agressif dans une relation qui est supposée être de confiance entre l’aidant et l’aidé. L’aidant devient donc lui-même rien d’autre qu’un nouvel agresseur pour l’aidé. Et ça, ça ne porte pas le patient à collaborer. Par conséquent, les probabilité que son problème se règle se trouvent fortement diminuées, sinon carrément annulées.

Mais ça, c’est une situation parfaitement acceptable aux yeux des travailleurs sociaux, puisque ça assure qu’en cas d’échec, la seule personne qui en sera tenue responsable, ce sera le patient, puisqu’il a été (manipulé à devenir) réticent à collaborer dès le départ.

RAISON 7: Ils le font pour l’argent (A).
Un travailleur social, ce n’est pas payé au nombre de cas réglés. Ça l’est à sa charge de travail.  Si vos problèmes se règlent, vous n’aurez plus besoin de leurs services.  Et si la demande d’aide diminue, certains postes se verront coupés.  Il y va donc de leurs intérêts à ce que vos problèmes ne se règlent jamais.

RAISON 8: Ils le font pour l’argent (B).
Beaucoup de gens sont attirés par la profession pour le salaire, et non pas parce qu’ils ont la capacité d’être à l’écoute des gens. Voilà pourquoi autant de postes de travailleur sociaux sont occupés par des gens qui n’ont aucune affinités naturelles (écoute, empathie, sympathie) avec le domaine.

RAISON 9: Si la travailleuse sociale incompétente et hostile n’entre dans aucune des catégories précédentes, alors elle entre automatiquement dans celle-ci:
Ceux qui aiment rabaisser autrui sans autre raison que pour le plaisir de le faire. Mais ça, ce n’est pas le propre du travail social puisque c’est le genre de personne que l’on peut retrouver partout, tous métiers confondus.

Et enfin, RAISON 10: Les dossiers changent de mains sur une base annuelle.
C’est ce que j’ai constaté avec mes propres enfants: Dix ans de services sociaux, dix travailleurs sociaux différents, dont les neuf derniers qui ne tenaient jamais compte du travail de leurs prédécesseurs.  Remarquez que ça leur apporte une excellente excuse pour expliquer pourquoi une année ils affirment que la source du problème est un truc, et que l’année suivante ils affirment exactement le contraire.  De là à penser que le processus d’échange de dossier n’existe justement que pour expliquer leur incompétence à trouver la vraie source du problème, il n’y a qu’un pas.

 IMPORTANT: C’est sûr qu’il y a des travailleurs sociaux qui sont compétents.  Ici, on ne fait qu’expliquer pourquoi beaucoup d’entre eux ne le sont pas, voilà tout.