9 raisons qui expliquent l’incompétence des travailleurs sociaux

Il y a un an, j’ai écrit un court sketch qui, s’il est fortement caricatural, décrit des situations qui ne sont hélas que trop réelles lorsque nous avons affaire aux travailleurs sociaux. On le trouve ici. Pour ceux qui comprendraient mal l’anglais ou qui n’ont pas envie de se le taper, l’esprit du texte se résume bien dans l’illustration suivante:

Ainsi que dans celle-ci:

La liste de ce que je leur reproche est longue:

  • N’écoutent pas ce qu’on leur dit.
  • Ont des jugements erronés.
  • Refusent de voir la réalité en face.
  • Lancent n’importe quand et n’importe comment des slogans préfabriqués sans même avoir assez de jugement pour voir si ça s’applique ou non à la situation.
  • Posent des questions qui sont en fait des accusations déguisées.
  • Tournent les phrases de façon à te laisser le choix entre être d’accord avec eux ou bien passer pour [insérer comportement négatif au choix].
  • Donnent des conseils propres à créer de nouveaux problèmes au lieu d’arranger celui que tu as.
  • Refusent d’être clairs dans leurs conseils et leurs attentes.
  • Feignent l’ignorance.
  • Sont rabaissants.
  • Sont insultants.
  • ET SURTOUT refusent d’admettre qu’ils puissent avoir tort de procéder ainsi.

Ce que je viens de décrire ici, ça s’applique à la majorité totalité des travailleurs sociaux à qui j’ai eu affaire dans ma vie.

Reconnaissons-le: Pour devenir travailleur social, ça prend un haut niveau d’intelligence. Et c’est justement ça, le problème: Leur intellect fait qu’il est impossible pour eux de ne pas se rendre compte que leur façon d’agir fait plus de tort que de bien, autant à leurs patients qu’à leur propre réputation. Alors pourquoi agissent-ils ainsi? Pourquoi est-ce que ces gens qui sont supposés nous aider vont préférer faire le contraire en choisissant délibérément la voie de l’incompétence?

Après avoir beaucoup réfléchi à la question, j’en suis arrivé à la conclusion qu’il y a neuf raisons possibles pouvant expliquer l’incompétence des travailleurs sociaux.

RAISON 1: Ils n’ont pas la réponse à ton problème. Tout le monde s’attend à ce que les travailleurs sociaux aient réponse à tout. Quand ce n’est pas le cas, ça les met dans l’embarras. Si toi, le patient, tu te rends compte de son impuissance à t’aider, tu pourrais croire que c’est un incompétent. Et se faire juger comme tel par un inférieur intellectuel, c’est inacceptable pour leur orgueil. Alors ils essaient de te faire accroire que ton problème est autre chose que ce qu’il est vraiment. Car cet autre problème qu’ils affirment à tort que tu as, c’en est un qu’ils sont capables de régler. Voilà pourquoi c’est celui-là qu’ils ont choisi d’essayer de te faire accroire que tu as.

RAISON 2: Il s’agit de gens dont la personnalité fait qu’ils ont besoin de rabaisser les autres pour se sentir mieux avec eux-mêmes, et ne supportent pas qu’on les en empêche. Ils ont donc besoin d’avoir une bonne raison pour justifier leurs bitcheries. Voilà pourquoi ils choisissent un métier qui va les mettre au dessus de tout soupçons de méchanceté: Un dont le but est d’aider les gens. Comme ça, en tant que travailleurs sociaux, peu importe les vacheries qu’ils nous lancent, on n’a pas à protester. Parce que s’ils font ça, au bout du compte, c’est pour notre bien.

RAISON 3: Certaines personnes choisissent un métier qui compense pour les carences de leurs vies. La preuve: Combien y a t-il d’esthéticiennes vraiment belles? De sexologues sexy? De spécialistes en enfance qui ont eux-mêmes des enfants? Et regardez de quoi ont l’air la majorité des gynécologues et des photographes érotiques. Si ce n’était de leur métier, combien de femmes se déshabilleraient devant eux?

Pour les travailleurs sociaux, c’est la même chose: Quand tu n’as pas ce qu’il faut pour vivre une situation socialement, tu es porté à choisir un métier qui oblige ces situations à venir à toi. Hélas, il est impossible d’exceller professionnellement dans quelque chose où tu n’as fait qu’échouer dans ta vie privée.

RAISON 4: On cherche toujours à aider les autres à réussir là où on a nous-mêmes échoué. Une personne a passé une enfance merdique dans la violence, l’abus verbal, physique, sexuel, etc, tout en étant impuissante à y changer de quoi? Alors elle va vouloir un métier dans lequel elle pourra redresser chez d’autres victimes les torts qu’elle a elle-même subi. Jusque là, rien à redire, c’est un noble objectif.

Le problème, c’est que si elle a passé sa vie à être abusée, alors elle a passé sa vie à être conditionnée à craindre les abuseurs. Comment peut-elle exorciser ses démons alors? Simple: Elle va cibler un gars inoffensif et le traiter comme s’il était un abuseur, en l’accusant de toutes sortes de choses aussi mensongères que farfelues. Puisqu’il est inoffensif, elle n’est pas conditionnée à le craindre, lui. Elle pourra alors le démolir sans retenue.

Criminaliser un innocent pour se racheter de laisser un coupable tranquille, ça lui permet de fermer les yeux sur sa propre lâcheté tout en se donnant un ersatz de la satisfaction qu’elle pourrait ressentir, si un jour elle trouvait en elle assez de courage pour rendre vraiment justice contre ceux qui le mériteraient.

RAISON 5: Certaines personnes sont tellement orgueilleuses qu’elles sont incapable de reconnaître qu’elles puissent avoir tort. Et c’est encore plus vrai chez ceux qui ont choisi d’occuper une position sociale dans laquelle ils sont supposés avoir toujours raison. Un travailleur social, c’est comme un politicien: Lorsqu’il fait mal son travail, il ne va ni l’admettre ni changer sa façon de travailler, puisque ça équivaudrait à l’admettre. Dans ce temps-là… :

  • Ou bien il s’empresse d’effacer toutes traces de son erreur.
  • S’il ne le peut pas, alors ils essaye de te convaincre que c’est toi qui n’a pas été en mesure de comprendre que là n’a jamais été le sujet de la discussion.
  • Ou alors il va se dissimuler derrière le contenu de ses livres, de façon à essayer de te faire accroire qu’il est impossible pour lui de se tromper à ton sujet.
  • Et si aucun des 3 trucs précédent ne fonctionne, alors il refuse d’aborder le sujet, te disant: « Je n’ai pas à me justifier. » …Et en rajoutant parfois « à toi! » à la fin de cette phrase, s’ils souffre en plus d’un complexe de supériorité.

Ça donne des travailleurs sociaux pour qui leur image personnelle est plus importante pour eux que le fait d’être au service et à l’écoute de leurs patients.

RAISON 6: Cette personne a une basse estime d’elle-même. Connaissez-vous ce sketch de François Pérusse dans lequel le personnage téléphone à un autre en se disant: « M’as pas attendre que le prochain malheur me tombe dessus, m’en va le provoquer moi-même. »? C’est similaire, sauf qu’au lieu de malheur, il s’agit ici de protestation.

Cette travailleuse sociale vit dans l’impression constante que son travail ne sera pas apprécié. Comment peut-elle le savoir avant même d’avoir dit quoi que ce soit à son patient? C’est ça que je veux dire quand je parle de mauvaise estime de soi.

Alors au lieu de vivre dans l’angoisse de ne pas savoir si elle va être appréciée ou non, elle va pour la solution facile: Se préparer à être dépréciée et s’arranger dès le départ pour que ce soit le cas. Puisqu’il est beaucoup plus facile de déplaire au gens que de leur plaire, alors ÇA, au moins, elle a le contrôle là-dessus. Ayant créé une situation de prophétie auto-réalisatriceelle peut alors commencer son travail en disant « Je sais que tu n’aimeras pas ce que je vais te dire », et ce dès sa toute première intervention. En t’envoyant un reproche non-mérité parce que lancé d’avance, elle fait semblant que la personne qui a une faible opinion sur elle et son travail, ce n’est pas elle-même, c’est toi. Par conséquent, la seule personne à qui elle cherche à prouver le contraire, ce n’est pas à toi, c’est à elle-même.

Quand elle te met défi d’être capable d’apprécier son travail, elle fait  l’équivalent professionnel de « J’gage que t’es pas game de… » pour te manipuler à l’apprécier, et ce peu importe que son travail soit bien fait ou non. Ça lui permet de se dire que si les gens ne l’apprécient pas, ce n’est pas parce qu’elle a été incompétente. Non, c’est juste c’est parce qu’elle a choisi de ne pas flatter les gens dans le sens du poil. Cette excuse la met donc à l’abri du moindre sentiment de comme quoi elle fait mal son métier, chose qui serait trop difficile à vivre pour elle.

Enfin, le plus grand problème que cette méthode cause: Quand on veut vraiment aider les gens, alors on ne se montre pas hostile dès le tout premier contact envers la personne que l’on prétend vouloir aider. Commencer par accuser le patient de ne pas aimer ce qu’on va lui dire, c’est apporter dès le départ un sentiment agressif dans une relation qui est supposée être de confiance entre l’aidant et l’aidé. L’aidant devient donc lui-même rien d’autre qu’un nouvel agresseur pour l’aidé. Et ça, ça ne porte pas le patient à collaborer. Par conséquent, les probabilité que son problème se règle se trouvent fortement diminuées, sinon carrément annulées.

Mais ça, c’est une situation parfaitement acceptable aux yeux des travailleurs sociaux, puisque ça assure qu’en cas d’échec, la seule personne qui en sera tenue responsable, ce sera le patient, puisqu’il s’est montré réticent à collaborer et ce depuis le début.

RAISON 7: Ils le font pour l’argent (A). Un travailleur social, ce n’est pas payé au nombre de cas réglés. Ça l’est au rendez-vous. Dès que ton problème se règle, tu n’as plus besoin de le voir, donc tu cesses de le payer. Il est donc bien plus payant pour lui que ton problème ne se règle jamais.

RAISON 8: Ils le font pour l’argent (B). Beaucoup de gens sont attirés dans la profession parce qu’elle est payante, et non pas parce qu’ils ont la capacité d’être à l’écoute des gens. Voilà pourquoi autant de postes de travailleur sociaux sont occupés par des gens qui ont zéro compétences dans le domaine.

RAISON 9: Enfin, si la travailleuse sociale incompétente et hostile n’entre dans aucune des catégories précédentes, alors elle entre automatiquement dans celle-ci: Ceux qui aiment rabaisser autrui sans autre raison que pour le plaisir de le faire. Mais ça, ce n’est pas le propre du travail social puisque c’est le genre de personne que l’on peut retrouver partout, tous métiers confondus.

C’est sûr qu’il y a des travailleurs sociaux qui sont compétents. Mais si on y avait affaire plus souvent, on n’aurait pas besoin de les analyser comme je viens de le faire.

Qui suis-je, d’ailleurs, pour me permettre d’analyser les travailleurs sociaux et de porter des jugements sur eux? Non, je ne suis ni psy, ni moi-même travailleur social. Par contre, les livres que les gens comme eux ont eu à lire pour le devenir, ce sont des gens comme moi qui les on écrit. Ils ont beau étudier ces livres pour apprendre les découvertes des gens observateurs, aucune étude ne peut leur apprendre à devenir eux-mêmes observateurs  si ça ne fait pas déjà partie de leur personnalité.

Si tu ne sais pas observer les autres, tu ne peux pas être à leur écoute. Et si tu n’es pas à l’écoute des gens, alors tu n’as pas ce qu’il faut pour être compétent dans le métier de travailleur social.

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A propos Steve Requin

Auteur, blogueur, illustrateur, philosophe amateur et concierge de profession.
Cet article, publié dans Dose de Réalité, Fait vécu, Listes, Psychologie et comportement social, Santé & bien-être, est tagué , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

11 commentaires pour 9 raisons qui expliquent l’incompétence des travailleurs sociaux

  1. Steph dit :

    Y’a qq trucs que t’ecris que j’aime bien mais celui sur les travailleurs sociaux c’est magnifique, de tte beauté.

    Sincèrement Wow.
    Stéphane.

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  2. Steve Requin dit :

    Merci!

    je viens de lire sur le forum de DYLG, dans le sujet où tu as mis un lien vers mon blog, que ce texte semble décrire l’une des forumiennes. Si c’est le cas, c’est un hasard. Parce que lorsque j’ai écrit mon sketch il y a 14 mois, tout comme quand j’ai écrit ce billet de blog plus récemment, j’avais quatre travailleuses sociales en tête: Trois en rapport à mes enfants, rencontrées entre 1997 et 2007, et une qui est la femme d’un ex collègue de travail. C’est cette dernière qui m’a fait constater un pattern dans leur comportement, après qu’elle m’ait fait particulièrement chier. C’est ce qui a mené à l’écriture de mon sketch, qui a mené ensuite à l’analyse présente.

    Tk, si le chapeau semble lui faire, malgré le fait que je l’ai écrit sans la connaître, ça me rassure comme quoi je n’écris pas toujours que des conneries.

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  3. Sicile dit :

    Bonjour,
    j’arrive par hasard ici!
    Je viens justement d’écrire un texte sur les travailleurs sociaux.
    Je suis moi-même éducatrice, et j’ai actuellement affaire à un groupe de travailleurs sociaux pour ma famille suite à un signalement abusif.
    Est-il possible d’avoir votre e-mail pour vous envoyer des infos? Merci!

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    • Steve Requin dit :

      Vous savez, je ne suis qu’un blogueur qui écrit sur différents sujets. Ceci est le seul et unique texte que je compte produire au sujet des travailleur sociaux. Je ne veux pas paraître insensible mais je ne vois pas ce que je ferais des renseignements que vous me proposez. Si c’est pour m’en parler en mal, c’est inutile. Mon but n’est pas d’être activement en croisade contre eux. J’avais juste quelque chose à dire selon expérience personnelle, voilà tout. Et si c’est pour m’en parler en bien, là encore c’est inutile, car même s’il existe des travailleurs sociaux compétents, je n’en ai jamais rencontré. Je ne peux donc pas me prononcer sur le sujet. Enfin, je n’ai plus affaire à eux, ni personnellement, ni en rapport à mes enfants, depuis quatre ans ce mois-ci. Ce n’est donc plus mon combat. Désolé!

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  4. @lex dit :

    Merci pour tous, maintenant je me sens moins seul

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  5. comitecedif dit :

    Voila une expertise des travailleurs sociaux qui est tout à fait convaincante. Allons plus loin et disons le, il y a trop de travailleurs sociaux : http://comitecedif.wordpress.com/2013/05/24/pour-la-suppression-de-postes-dans-les-foyers/

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  8. LB dit :

    Ah, donc vous avez eu affaire à des travailleurs sociaux par rapport à vos enfants? Avez-vous déjà songé à analyser votre propre rapport à ces professionnels et ce qui fait que vous vous sentiez aussi rapidement jugé et dévalorisé?
    Des travailleurs sociaux j’en ai vus beaucoup, et de tous types. Des qui ne s’y sont, à mon sens, pas bien pris, mais surtout des êtres humains avec leurs failles (qui ne devraient certes, pour certains, pas avoir tant « d’autorité » sur autrui). Mais si je suis encore là aujourd’hui c’est aussi grâce à une éduc que je n’oublierais jamais.
    En généralisant ainsi vous ne valez pas mieux que tous ceux qui nous étiquettent de cas sociaux bons pour la tombe ou la prison…

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    • Steve Requin dit :

      Amusant. Sans vous connaitre, j’avais déjà répertorié votre étiquette il y a six ans dans ce billet: http://wp.me/p15Dz4-g

      On ne peut pas nier que c’est exactement ce que vous dites dans votre dernière phrase. Ce qui démontre que quand on sait de quoi on parle, on peut se permettre de généraliser.

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  9. J’ai lu beaucoup de vos textes et je les trouve très intéressants et nuancés et instructifs. Mais celui-là… J’avoue avoir vérifié deux fois si j’étais encore sur le même blogue de la même personne. Je ne vous reconnaissais pas à travers ce texte plein de généralités, de préjugés parfois semi-sexistes (sur les esthéticienne laites, les sexologues pas sexy—> wow, quéssé ça?).

    Je connais plusieurs travailleurs sociaux qui font un métier tough sur l’émotif et qui voient tous les jours des situations difficiles à cerner et à améliorer (si ça se peut). Que ce soit dans le Grand Nord ou dans centre-sud à Mtl. Je suis désolée, mais pour moi, ce texte sonne comme un grand déversement de frustrations qui vous touchent tellement qu’elles vous aveuglent dans votre jugement. Je ne nie pas que vous ayez pu tomber malencontreusement sur 4 incompétents-tes (ça se peut très bien), mais ça ne fait pas des travailleurs sociaux tous des caves hautains, plus intelligents que la norme (je l’ai pas compris celle-là non plus), qui compensent quelque chose qu’ils n’ont pas.

    Je vais continuer à vous lire. J’aime vos observations et analyses, mais là, pour moi, vous vous êtes tendu un piège et vous êtes tombé dedans à pieds joints! 😉

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