Pas obligé de rester loser, 6e partie: Évitez l’uniforme officiel du loser.

Toujours dans mon billet Autopsie du Loser, voici ce que j’ai à dire au sujet de son apparence:

Dans son look :
Si le Loser porte des lunettes, ce sera d’un modèle qui est passé de mode depuis au moins cinq ans.  Il s’habille de façon remarquable, dans le sens qu’il se fait remarquer par son habillement.  Parfois il a l’air de sortir de la page 346 du catalogue Sears, parfois on dirait qu’il s’habille chez Canadian Tire.  La plupart du temps, le Loser, s’il a de plus de 25 ans, s’habille et se coiffe encore comme il le faisait quand il avait 15 ans car il n’a pas remarqué que la mode a évolué.

Il faut dire que le concept de suivre la mode, ça a toujours été majoritairement un truc de jeunes. On s’en rend compte quand, à 25 ans, on a l’air d’essayer de se donner le look de quelqu’un qui en a 15, et que ça a l’air ridicule.  On choisit alors de s’habiller de façon un peu plus neutre, et on continuera ainsi pour le reste de notre vie. Le problème, c’est que quand on est loser, l’une des façons dans laquelle on cherche à attirer l’attention, c’est en ayant un look remarquable.   Hélas, comme déjà mentionné dans l’autre billet, il faut dire que, pour des raisons encore mal définies, un style, une pièce de vêtement ou une coiffure qui paraît bien sur quelqu’un d’autre devient automatiquement horrible lorsque portée par le Loser.  En fait, les raisons ne sont pas vraiment « mal définies ».  Ça peut être parce que les dernières tendances modes s’adressent à plus jeune que lui.  Ça peut également être à cause de son physique.  Par exemple, un beau grand black athlétique peut se permettre de porter une camisole noire et des shorts.  Sur lui, c’est beau.  Sur un petit blanc maigre, par contre…

Et c’est là que beaucoup de losers se mettent à réfléchir sur leur look.  Ils constatent que d’un côté, il leur est difficile de trouver un look à la mode qui leur va bien.  Surtout que plus c’est actuel, plus ça coûte cher.  Et puisque la mode évolue sans cesse, un look qui le rendra superbe pendant quelques temps fera de lui, tôt ou tard, objet de ridicule puisqu’il sera dépassé.  Consciemment ou non, il en arrive donc à la conclusion qu’il doit se créer son propre look. Un look qui ne sera jamais démodé parce ça n’aura jamais été à la mode pour commencer.  Un look distingué, qui le fera ressortir de la masse, qui aura de la classe.

Il songe à son visage…  Rester glabre, ça manque de distinction. La barbe, la moustache, le bouc, les longs favoris, l’anneau de poil autour de la bouche, tout ça a déjà été porté.  La barbe en collier, par contre, n’a jamais été arborée  par le grand public.  Tout au plus, on a pu la voir sur des gens distingués, tels professeurs et intellectuels. Il porte donc son choix là-dessus.

Il songe à ses vêtements… Pour ne pas être dépassé, il faut rester dans le classique: Chemises, vestons, parfois cravate…  Ou à l’inverse, pour prouver qu’il ne craint pas la critique et l’étiquette d’immature, il portera fièrement des T-shirts à l’effigie de produits et de personnages destinés aux enfants.  Ou pire encore: Il combinera les deux, portant T-shirt sous veston ou chemise ouverte.

Tant qu’à faire dans le classique, aussi bien avoir de la classe.  Et qu’est-ce qui fait plus classe qu’un chapeau?  De Humphrey Bogart à Indiana Jones, les classiques héros masculins du grand écran en arborent un. Il portera donc fièrement un Fedora ou un Trilby.

Hélas, alors que les chapeauphiles  normaux ne vont porter leur couvre-chef que lorsqu’ils sortent, le loser portera le sien à l’intérieur comme à l’extérieur, du lever au coucher, 7 jours semaine, 365 jours par année.

Ainsi, le loser se crééra ce qui sera SON look, sa marque de commerce éternelle, qu’il affichera partout, à l’école comme en sorties, à l’épicerie comme à un mariage.

Sauf que, en faisant ceci, le loser se comporte exactement comme des  millions d’autres losers qui, en vivant les mêmes problèmes que lui, se sont fait les mêmes réflexions, et en sont arrivés aux mêmes conclusions. Ainsi, sans le savoir, en croyant se créer un look original, distingué et classe, il a en fait endossé l’uniforme officiel du loser, ainsi que sa façon de le porter.  Celui qui permet au reste de la population de voir au premier coup d’oeil qu’il en est un, car il n’y a qu’eux qui arborent ce style.












Bref, non seulement ça ne vous donne pas la classe que vous pensez avoir, ça n’a rien d’original.  Voilà pourquoi, dans l’Autopsie du loser, ça dit également:  Parfois, le loser a un petit côté artistique qui le pousse à se créer lui-même son propre style. Il fait ça dans le but de se donner une image hyper cool de non-conformiste. Hélas, dans son cas, ça foire lamentablement. Sans compter qu’il n‘y a rien qui fasse plus loser que d’essayer de se distinguer par son look, histoire de compenser pour le fait que l’on n’a absolument rien d’autre pour se distinguer.

Bref, si vous ne voulez pas que les autres vous voient comme un loser, il faut d’abord cesser d’avoir l’air d’un loser. Tant qu’à avoir l’air de ça, mieux vaut n’avoir l’air de rien.

Simple opinion personnelle? Non, fait reconnu!
Le site Feminspire a un article intitulé The Fedora isn’t the problem – The men wearing them are! où son auteure écrit que les adeptes de ce look sont généralement les soi-disant bons gars qui n’ont rien pour attirer les filles.  Le site Know your Meme a une page intitulée Fedora Shaming qui explique de façon très détaillée les raisons pourquoi ce look est irrémédiablement associé aux losers.  Et sur cette autre page, on explique que ce look n’a rien pour attirer la gent féminine puisqu’il est issu des années 1930 et 1940, époque où les hommes ne permettaient aux femmes que d’être secrétaire ou épouse/mère/ménagère.  Ici, on donne 20 raisons pourquoi ne pas sortir avec un porteur de Fedora. Sur cette page-ci, on retrouve 23 témoignages d’ex-porteurs-de-Fedora-à-barbe-en-collier qui racontent comment leur vie se sont améliorées à partir du moment où ils ont renoncé à ce look et à l’attitude qui va avec.  Et quand un site s’appelle ForeverAloneFedoras, ça veut tout dire.  Je pourrais rajouter des dizaines, voire une centaine de liens semblables.  Une simple recherche sur Google en y entrant les mots Fedora et Neckbeard (« barbe en collier ») vont tous vous les donner.  Et ils ont presque tous ceci en commun: Ils démontrent à quel point ce look est considéré comme étant source de ridicule, surtout à cause de la personnalité de ceux qui le porte.

Personne ne prend au sérieux un porteur de Fedora. La preuve: En novembre 2014, il y en a un qui a tenté de commettre un vol à main armée dans une pharmacie.  Personne ne l’a pris au sérieux, tout le monde l’a ignoré, et ce malgré le fait qu’il brandissait un revolver. Il a donc réagi comme tout bon Fedora Neckbeard face au rejet: il a abandonné et est reparti, humilié, probablement dans le sous-sol de ses parents, à pleurer en étreignant la seule personne qui le comprend, soit un oreiller recouvert d’une taie à l’effigie de Twilight Sparkle de la série My Little Pony, Friendship is Magic

Il y en a qui vont dire que l’on n’a pas besoin d’être un Fedora-Neckbeard pour faire rire de soi parce que quand quelqu’un veut te rabaisser, toutes les excuses sont bonnes.  Haters gonna hate!  C’est vrai! Mais c’est justement ça, mon point: Il y a tellement de façons de se faire ridiculiser, rejeter et rabaisser par les autres, pourquoi faire exprès pour arborer un look qui est universellement reconnu pour attirer ce genre de chose?

Pas obligé de rester loser, 5e partie: Le réflexe de s’auto-saboter

Encore une fois, afin que nos amis Européens comprennent cette anecdote estudiantines, voici une courte structure du système éducatif du Québec:

  1. Maternelle, entrée à 5 ans, dure une année, obligatoire.
  2. École primaire, entrée à 6 ans, dure 6 ans, obligatoire.
  3. École secondaire, entrée à 12 ans, dure 5 ans, obligatoire.
  4. Cégep (Pour: Collège d’Enseignement Général Et Professionnel), entrée à 17 ans, dure 2 ans, volontaire
  5. Université, entrée à 19 ans, dure le temps qu’il faut, volontaire.

Et c’est parti:

C’est à l’âge de seize ans que, pour la première fois, j’ai essayé d’améliorer ma vie en changeant mon univers.  Durant toutes mes études au secondaire, j’avais comme seul ami constant un gars nommé Carl. La bande avec qui je me tenais, ce n’était pas la mienne, c’était celle de Carl. J’ai bien eu quelques autres amitiés durant ces cinq années, mais ça n’a jamais duré longtemps. Carl était le genre de gars que j’aurais voulu être. Il était beau, extraverti, original, rigolo et avait du charme. Je faisais tout pour l’imiter mais j’étais toujours dans son ombre. De toutes façons, qui aurait été attiré par la pale copie que j’étais alors que les gens qui nous entouraient avaient accès à l’original?

C’est durant les vacances de Noël de 1984, alors que  j’étais au 5e secondaire, que je me suis mis à réfléchir sur ma situation. J’en suis arrivé à la conclusion que jamais je n’arriverai à passer de loser à winner si je continue à rester parmi les gens qui m’ont toujours vu comme étant un loser durant tout le secondaire. Pour évoluer, j’aurais besoin d’un nouvel environnement. Un univers constitué de gens qui ne me connaissent pas, donc qui n’ont pas d’idées préconçues à mon sujet. C’est pourquoi, plutôt que de m’inscrire pour le Cégep de St-Hyacinthe comme Carl et presque tous les élèves de ma polyvalente, j’ai opté pour partir vers l’inconnu: Le Cégep Édouard Montpetit de Longueuil.

Automne 1985.  J’ai 17 ans et je suis au cégep. Les deux premiers mois de la première session, tout allait relativement bien. Je pouvais enfin être ce que je voulais être sans que personne ne m’en empêche. Cette fois, c’était moi le boute-en-train, le rigolo, l’extraverti, l’original… Je me suis fait plein d’amis, et j’avais même une petite bande de copains avec qui je passais mes heures de dîner et mes pauses café. Quatre personnes qui n’avaient rien en commun, sinon leur amitié envers moi. Pour la première fois, j’étais la tête d’un groupe. La colle qui tenait les pièces ensemble pour former une unité.

Et puis, les choses ont changé. Sans comprendre pourquoi, j’ai peu à  peu commencé à me sentir mal à l’aise dans ce rôle. Car oui, c’était bien un rôle. Ce que j’étais, ce n’était pas moi, c’était Carl. Je jouais le rôle de Carl. J’aimais jouer le rôle de Carl. J’aimais obtenir les mêmes choses que Carl. Le problème, c’est que je n’étais pas Carl. Je n’étais pas habitué à assumer les fonctions de chef de bande, à toujours suggérer des choses, à prendre des décisions. Jusqu’alors, j’avais toujours été un suiveur, jamais un suivi. Passer d’un extrême à l’autre aussi rapidement n’était pas une chose naturelle pour moi.  Au début, c’était un agréable changement.  Mais une fois que fut passé le charme de la nouveauté, je me retrouvais quelque peu désemparé. 

Et puis, un jour de semaine où je n’avais pas à aller à mon Cégep, je me suis payé une petite visite au Cégep de St-Hyacinthe, histoire de voir comment ça se passait du côté de mes vieilles connaissances du secondaire.  J’ai été accueilli comme une bonne surprise par Carl et les vieux amis. Par conséquent, j’ai rapidement trouvé le Cégep de St-Hyacinthe beaucoup plus charmant qu’Édouard Montpetit.

Après deux semaines, j’en étais rendu à passer plus de temps au Cégep de Carl que dans le mien. Cette situation pourtant ridicule ne me dérangeait pas. Il est vrai que la vie m’y était beaucoup plus facile. Je connaissais presque tout le monde, je n’avais plus besoin d’aller vers les autres moi-même pour me faire de nouveaux amis, on me les présentait. Je n’avais plus à prendre de décision sur comment passer une soirée, j’étais invité à des sorties. Cette douce sensation, c’était comme revenir chez soi. Je n’avais tellement plus rien à foutre d’Édouard Montpetit que je n’allais même plus à mes cours.  Et quand vint le temps de s’inscrire pour la seconde session, j’ai demandé à être transféré à St-Hyacinthe.  Dès janvier ’86, j’en étais un étudiant officiel, rendant enfin pertinente ma présence à cet endroit.

Or, les choses reprirent rapidement le cours qu’elles avaient eu durant tout le long du secondaire. J’étais de nouveau dans l’ombre de Carl, où je ne pouvais plus du tout briller. Je recommençais à être un loser, ayant droit aux mêmes railleries de la part des même gens que lors de mon secondaire. Pire encore : Influencés par mes vieux amis, voilà que les nouveaux amis se mettaient de la partie pour refaire de moi la tête de turc du groupe.

Après un mois et demi, déçu et déchu, j’en suis venu à regretter Édouard Montpetit. tellement qu’un mercredi, au lieu d’aller à St-Hyacinthe, je me suis payé une visite à Édouard Montpetit, histoire de retrouver la vieille gang, les vieux amis, la vieille atmosphère du bon vieux temps, celle pendant laquelle, pour un court moment, j’ai réussi à être un winner aimé et admiré.  Hélas, rien n’était plus pareil.  Certains de mes amis avaient disparus, et les autres avaient évolués au-delà de leur envie de passer du temps en ma compagnie.  Pour compléter le tout, quelques travaux de rénovations avaient changé certains murs, corridors et locaux de place. Il ne restait plus grand chose de l’Édouard Montpetit que j’avais connu et aimé.

D’un côté il y avait mon univers de loser de St-Hyacinthe.  De l’autre, il y avait mon univers de winner que je m’étais créé moi-même à Édouard Montpetit, dont il ne restais désormais plus rien.  Je me retrouvais donc seul, sans vrais amis, désemparé, à ma place nulle part.  Je regrettais atrocement d’avoir abandonné l’univers que je m’étais créé.  Ce n’étaient pas les circonstances qui avaient fait de moi un loser. C’était moi. C’étaient mes mauvaises décisions inspirées de mes mauvaises habitudes.

C’est là que j’ai compris que quelqu’un qui a vécu trop souvent une situation négative finit par se la recréer lui-même.  Non pas parce qu’il aime ça.  Mais bien parce que l’être humain est une créature qui a besoin d’avoir la stabilité autour de lui.  Il a des habitudes bien ancrées, il ne se sentira donc pas à l’aise dans un univers différent que celui où il est habitué. Tu as beau détester ta vie de merde, il reste que c’est TA vie de merde.

Un enfer familier est beaucoup moins intimidant qu’un paradis inconnu.  Voilà pourquoi dans le texte Autopsie du Loser, j’ai écrit ceci:  De toute façon, peu importe le sujet, lorsque le Loser arrive enfin à obtenir quelque chose qu’il a toujours voulu avoir, il s’arrange pour le perdre d’une façon ou d’une autre.  C’est que même si le Loser déteste être un loser, c’est tout ce qu’il sait être.  S’il devient un winner du jour au lendemain, il ne saura ni comment réagir ni quoi faire pour le rester.  Et même s’il le sait en théorie, en pratique il n’est pas habitué à être un winner. Il pratique son attitude et sa personnalité de loser depuis tellement d’années que c’est rendu naturel chez lui d’en être un.  Or, chassez le naturel…

Un an plus tôt, à seize ans, j’ai compris que pour me tirer de ma situation de loser, je devais quitter l’univers où on me voyais/considérais/traitais comme tel.  Et là, à dix-sept ans, j’ai réalisé qu’il y avait une grande différence entre savoir où se situe notre problème, trouver la volonté de pouvoir y changer quoi que ce soit, et persévérer dans cette voie afin de ne pas retomber dans la merde dont on a mis tant d’effort à se tirer.  C’est une erreur que je ne referai plus.

…Du moins, presque plus.

à suivre

Pas obligé de rester loser, 4e partie : La nécessité de changer d’amis

Un gars vit une rupture après avoir passé 3-4-5 ans en couple. Quel est le premier réflexe de son entourage? Chercher à lui présenter une autre fille. Pendant ce temps-là, dans le même cercle d’amis, il y a celui qui cherche désespérément à mettre fin à son célibat depuis des années, et ça tout le monde le sait. Mais lui, par contre, y’en a pas un estie pour l’aider. Ainsi, le winner reste un winner sans qu’il ait à faire d’efforts pour le rester, et le loser reste un loser peu importe l’effort qu’il met pour y remédier.

Une personne souffrant d’embonpoint décide de perdre du poids.  Quel est le premier réflexe de son entourage?  Lui servir ces charmantes répliques:

  • Franchement, t’es pas si gros que ça.
  • Tout ça c’est dans ta tête!
  • On est fait comme on est fait, faut apprendre à s’accepter.
  • À quoi ça te servirait de perdre du poids? Tu vas tout le reprendre.
  • Et même si tu réussissais, y’aura toujours kek’chose qui va te déplaire en toi, tu pourras jamais tout arranger.
  • Un anorexique c’est laid.
  • Un gars full musclé c’est laid.
  • C’est la personnalité qui compte, le look c’est d’la merde.
  • Pfff… Tu vas être motivé pendant 2-3 semaines, et ensuite tu vas tout laisser tomber.
  • Si les autres ne t’acceptent pas tel que tu es, ce sont eux qui sont cons.
  • Tu veux vraiment perdre ta qualité de vie en te privant de ce que t’aimes, juste pour perdre quelques kilos?
  • C’est ça, et moi j’aimerais être plus grand, avoir les dents droites et gagner 100 millions à la loterie. On n’a pas toujours tout c’qu’on veut dans la vie.

Dans le chapitre 2 de la série Harceler Nathalie, je raconte comment je me suis fait aborder par une fille dans un party.  Ça ne faisait même pas cinq minutes que l’on se parlait que mon bon copain Carl (Oui, celui de la BD de la partie 1) a tenté de m’humilier aux yeux de celle-ci. Au chapitre suivant, mieux encore : Il récidive à répétition : Nathalie et moi passons les heures suivantes à continuer à jaser ensemble de tout et de rien. Nos conversations se font cependant interrompre quelques fois par Carl qui a toujours une remarque rabaissante en joke à dire à mon sujet. Ce n’est pas la première fois qu’il essaye de saboter mes premiers contacts avec une fille. Des fois, je pense que ça fait tellement longtemps qu’il me connait en tant que loser, particulièrement dans mes relations avec les filles, qu’il aurait de la difficulté à s’adapter à un tel changement dans le status quo. De toute façon, il n’est pas le seul de la gang à avoir une allergie à l’idée que je puisse être heureux en amour. Par exemple, Cynthia, la blonde de Loïc, est grandement responsable de ma rupture avec Julie l’année dernière.

Ces situations vous rappellent t-elles des souvenirs pour les avoir déjà vues ou peut-être vécues? Il ne faut pas le prendre personnel. C’est qu’en matière de changement, l’être humain en société est un paradoxe: Autant il cherche à évoluer, autant il déteste l’évolution dans ce qui constitue son univers. Pour lui, les choses doivent rester telles qu’il les a toujours connues. Il tient à ses petites habitudes. La stabilité est sa religion, le status quo est son Dieu.

Quand on a des amis, c’est parce que ceux-ci nous acceptent tel que l’on est.  Ils sont confortables avec nous et avec ce que nous sommes.  Hélas, pour le loser, ça signifie non seulement qu’ils connaissent son statut de loser, c’est comme ça qu’ils l’apprécient. C’est le rôle qu’on lui a assigné dans le groupe, et toute tentative d’en changer ne fera que les déranger, puisque ça les tirera hors de leur zone de confort.  Leur premier réflexe sera alors de tenter de garder les choses telles qu’ils les ont toujours connues. C’est là qu’on se rend compte à quel point les gens qui nous entourent ont le pouvoir de décision sur notre réussite et nos échecs.  Un pouvoir dont ils se sont emparés sans notre consentement, et dont ils usent et abusent sans retenue ni considération.

Et ça, ça signifie que tant et aussi longtemps qu’on les aura dans notre entourage, ils ne nous laisseront jamais évoluer. La seule option qui s’offre à nous est de cesser de les fréquenter.  C’est peut-être beaucoup plus facile à dire qu’à faire, c’est cependant un fait incontournable.  Une fois ces personnes nuisibles loin de vous, vous pourrez exploiter votre plein potentiel et améliorer votre vie.  Par conséquent, les prochains amis que vous vous ferez ne vous auront jamais connus comme étant un loser, et ainsi ne seront jamais portés à vous pousser à le redevenir.

À suivre

Pas obligé de rester loser, 3e partie : Parler pour ne rien dire.

Dans le billet Autopsie du Loser, on peut lire ce passage :

En amitié :
Le loser n’a pas d’amis, ou alors très peu.  À chaque fois qu’il commence à lier d’amitié avec des gens brillants et intéressants, c’est toujours la même chose.  Au début, tout va bien.  Puis, à mesure que le temps passe et que ces gens apprennent à le connaître, ils se désintéressent de lui et le laissent de côté.  Le Loser aimerait bien comprendre pourquoi ça se passe toujours ainsi mais personne n’est capable de lui donner une réponse claire à ce sujet.

L’une des premières choses qui m’a aidé à changer, c’est lorsque j’ai réalisé que pour mieux comprendre le comportement des autres avec moi, je devais me voir avec les yeux des autres. J’ai donc pris au hasard l’un des winners de mon entourage (Un gars normal, en fait, mais winner lorsque comparé à moi) et j’ai joué son rôle dans ma tête. J’ai imaginé être lui lors d’une réunion d’amis, tout en ayant ses comportements, disant ses paroles. Puis, afin de ne me pas m’influencer en bien ou en mal, j’ai décidé de ne pas me mettre moi-même dans cette scène. J’ai plutôt imaginé un gars quelconque qui n’existait pas en réalité, et je lui ai donné mon rôle, mon comportement, mon genre de paroles. Le moins que je puisse dire, c’est que cet exercice a été extrêmement révélateur.

Vous connaissez l’expression Toujours le mot pour rire? Eh bien dans mon cas personnel, c’était Jamais le mot pour être sérieux. Je me suis rendu compte que la majorité du temps où je prenais part à une conversation, ce n’était jamais pour la faire avancer en lui amenant un point pertinent. Non, tout ce que je faisais, c’était tourner à la blague un des trucs qui venait d’être dit, le parodier, le rendre ridicule, ou faire un jeu de mots. Et c’est là, en me mettant dans la peau de quelqu’un qui a à subir ça, que j’ai compris à quel point ça pouvait être dérangeant, énervant et ennuyant.

Mon premier réflexe suite à cette constatation fut de me demander pour quelle raison est-ce que j’agissais toujours ainsi. J’ai vite compris pourquoi : Comme je le dis déjà dans un des billets de la série Harceler Nathalie, mes amis de l’époque m’étaient tous supérieurs en tout. Je ressentais, face à eux, un complexe d’infériorité. À cause de ça, même si c’était inconscient, j’avais toujours cette peur d’être mis de côté, d’être rejeté, par ceux-là qui constituaient la totalité de ma vie sociale. D’où le réflexe de vouloir faire partie de la conversation. Mais voilà, puisque la majorité du temps, les sujets qu’ils abordaient en étaient dont je ne connaissais rien, je n’avais rien de pertinent à rajouter. Quand on ressent le besoin vital de parler aux autres afin d’avoir leur attention mais qu’on n’a rien d’intelligent à rajouter, il ne nous reste que l’option de dire des conneries. C’est ce que je faisais. Alors forcément, je passais pour un con. Un con dérangeant, énervant et ennuyant.

Toujours dans Autopsie du Loser, le passage suivant décrit un peu plus mon vocabulaire de l’époque : Souffrant d’un sentiment d’infériorité dans tous les domaines, le Loser se rassure dans le fait que là où ça compte vraiment, c’est à dire intellectuellement, c’est lui qui est supérieur. Ainsi, dans ses textes, au lieu d’écrire « Malgré son air bête, l’inquiétant millionnaire fit un sourire », il optera plutôt pour « Nonobstant sa mine renfrognée, le patibulaire cossu esquissa un rictus. » Il est tellement occupé à étaler son intelligence qu’il en oublie d’avoir l’intelligence de comprendre que lire de tel textes, c’est comme marcher avec des raquettes quand on est enfoncé dans deux pieds de sloshe: Faisable, mais inutilement pénible. Là-dessus, je blâme mes lectures, en particulier Achille Talon qui a eu une grande influence sur moi.

Le fait que j’étais rejeté lorsque enfant m’a donné beaucoup de temps libre, ce qui m’a permis de lire beaucoup de BD, ce qui a influencé mon vocabulaire, ce qui dérangeait les autres, ce qui me faisait être rejeté. Un cercle vicieux dans lequel le loserisme nourrit le loserisme en un mouvement perpétuel dont il est quasi-impossible de sortir.

Comme si ça ne suffisait pas, je m’amusais à créer mon propre vocabulaire en créant des mots, en disséquant les expressions à leur origine, en ramenant les mots à leur sens de base, ou en inventant des mots. Par exemple, au lieu de dire quelqu’un, je disais un quelque. Au lieu de con je disais flocon, puisque flake est utilisé dans ce contexte en anglais. Au lieu de dire J’ai vu Eve qui attendait devant le resto, je disais J’ai vu Eve stationnée devant le resto. Je me faisais répondre que j’ai dû me tromper car Eve n’avait pas d’auto. Et moi, je riais bien de leur ignorance, de ne pas savoir que le mot stationner signifie à la base rester sur place sans bouger, ce qui n’a rien à voir avec un véhicule.  Je suppose que j’avais besoin de me prouver supérieur à la masse, ne serait-ce qu’intellectuellement, d’où ce besoin incessant de me distinguer, même si pour le faire je dois rendre pénible leur relation avec moi. Voilà pourquoi je termine ce constat par : Alors si en plus le Loser parle de la même façon qu’il écrit, il a beaucoup de difficulté à comprendre pourquoi ses interlocuteurs tiennent rarement à avoir une seconde conversation avec lui.

Et c’est suite à cet exercice que je me suis dit : Les winners ne font pas ça! J’ai donc cessé de parler pour ne rien dire.  J’ai cessé de faire des blagues sauf si tel était le contexte.  J’ai cessé de rendre mon vocabulaire pénible à déchiffrer.  J’ai cessé de faire passer mes interlocuteurs l’idée que je les trouve cons de ne pas comprendre ce que je dis.  En échange, j’ai commencé à dire mes opinions sérieuses sur les sujets sérieux qui m’étaient familiers.  Et devinez quoi? Les gens ont commencé à voir que je pouvais être intelligent et pertinent, et ils ont commencé à me consulter et me demander mon avis sur ces sujets.  J’avoue que j’en ai été le premier surpris.  Et que ce n’était pas désagréable du tout.

Aujourd’hui encore, le succès de cette approche ne se dément pas.  Par exemple, la page Facebook de ma série d’humour Konar, le héros de BD le pllus con qui soit n’a que 55  j’aime.  La série a pourtant bénéficié du support visible qu’est Safarir de 2005 à 2008, et sa page FB existe depuis septembre 2008.  Tandis que la page FB pour Mes Prétentions de Sagesse a 700 j’aime,  alors que le blog n’existe que depuis avril 2009, et le groupe depuis avril 2013.

C’était la première fois que je constatais que l’un de mes comportements en était un que les winners n’ont pas, et que je me suis dit qu’il y avait peut-être un lien entre ça et mon loserisme. Ce ne sera pas la dernière.

À suivre

Pas obligé de rester loser, 2e partie: Tout passe par le physique

Dans le billet Autopsie du Loser, la description physique de ce dernier est en ces termes:  Le Loser est né avec un physique défectueux.  Il est ou bien trop grand, ou trop petit, ou trop maigre, ou trop gros, ou trop laid, ou juste trop plain. Il rêve du jour où il sera beau, grand et fort. Étant pauvre, il ne peut se permettre de s’inscrire à un gym ni de s’acheter de l’équipement. Il ne peut donc que se contenter d’en rêver.  Le loser a quelquefois fait des push-ups ou bien des haltères en cachette mais le plus longtemps qu’il en a fait avant d’abandonner fut deux mois.  Le loser qui arrive à s’acheter de l’équipement sportif le laisse prendre la poussière au bout de quelques semaines et n’y retouche plus, sauf lors de déménagements. Et quand le Loser peut se permettre un abonnement d’un an au gym, il y va à tous les jours lors des deux premières semaines, puis trois autres fois pour le reste de l’année, avant d’abandonner définitivement. C’est cet aspect que nous allons attaquer aujourd’hui.

Il y a vingt ans, j’avais plein de défauts.  En vrac:

  • Aucune confiance en moi-même.
  • Loser.
  • Reject.
  • Orgueilleux et vaniteux.
  • Maigre et laid. Il y a des gars à qui la maigreur leur va bien, moi ça me déforme la face et me rend la dentition chevaline.
  • Jaloux et envieux.
  • Frustré de la vie.

C’est en faisant une liste de ce qui n’allait pas chez moi que je me suis rendu compte que ces défauts pouvaient se diviser en 3 catégories:

A) Les défauts physiques:
Laid parce que trop maigre, épaules tombantes, le tonus musculaire d’un lombric dystrophique, peu d’énergie, peu de force physique, peu de résistance à l’effort.
B) Les défauts sociaux:
Pas de travail, pas de chance, pas d’amis, pas d’amoureuse, donc pauvre, loser et reject.
C) Les défauts de la personnalité:
Jaloux, envieux, frustré, avec zéro confiance en moi et en mes capacités. En plus d’être orgueilleux et vaniteux malgré le fait que la vie ne m’avait rien donné pour être ni l’un ni l’autre.

C’est en observant cette liste que j’ai constaté un fait troublant. La majorité de la liste C, mes défauts de la personnalité, étaient causés par la liste B, mes défauts sociaux, qui à leur tour étaient causés par la liste A, mes défauts physiques. Car en effet, être maigre, faible et laid, c’est ce qui fait que personne ne veut de moi, ni comme petit ami ni comme employé. C’est ce qui fait de moi un gars pauvre et rejet, donc loser. Par conséquent, ça me rend envieux et jaloux des autres à qui on donne volontairement tout ce que l’on me refuse.

Donc, la source de tous mes malheurs, à la base, c’était parce que je n’avais pas un physique attrayant.

En vérité je vous le dis: C’est l’apparence extérieure qui compte en premier! On a beau dire que c’est l’intérieur qui importe le plus, ça ne change rien au fait que c’est ton extérieur que les gens voient en premier. Et c’est ça qui détermine s’ils ont envie de le connaitre ou non, ton intérieur. C’est une vérité que l’on cherche toujours à cacher, à nier, à contrarier, parce que c’en est une qui va à l’encontre de ce que l’on voudrait que les choses se passent. Il reste quand même que c’est un fait. La preuve: Nous avons tous constaté au moins une fois dans notre vie qu’aux yeux de plusieurs filles, les beaux gars ont toutes les qualités.

Au bout du compte, nos options se limitent à trois choix:

  1. Continuer de chialer comme quoi ces gars-là ont tout et que c’est pas juste.
  2. Mépriser ces gars-là, et mépriser encore plus ceux et celles qui les aiment.
  3. Faire l’effort requis pour devenir l’un de ces gars-là, et ainsi obtenir les mêmes avantages qu’eux reçoivent.

On est TOUT ce que l’on est!
Chaque personne est, à la base, constituée de la somme de ses côtés positifs et ses côtés négatifs. Cependant, on a beau essayer de se faire accroire au Power of Love, c’est plus souvent dans les côtés négatifs de la personnalité que se retrouve la volonté (le mental) et l’énergie (le physique) qui pousse quelqu’un à se lever de son cul pour agir.

Prenons comme exemple les pires défauts de la personnalité qui existent en amour, et qu’heureusement je n’ai jamais eu: La jalousie et la violence.

La jalousie va pousser un homme à sortir de chez lui pour espionner sa copine à toute heure du jour et de la nuit, alors que d’habitude c’est le genre à protester lorsqu’il a à sortir pour aller acheter un truc au coin de la rue.
La violence va le pousser à faire un effort physique contre la fille alors qu’il n’utilise jamais sa force physique, ni dans un boulot qui demande de forcer, ni en faisant du sport.

Les défauts sont-ils obligés d’être des défauts?
C’est là que je me suis posé la question suivante: Et si, au lieu d’essayer de se débarrasser des défauts de notre personnalité comme le voudrait une société trop bien-pensante, on les accepterait plutôt comme étant partie intégrante de soi-même? Mieux encore: Et si on utilisait plutôt toute l’énergie physique et mentale contenue dans nos défauts pour l’investir dans quelque chose de positif?

Je suis orgueilleux et vaniteux? Ok alors, voilà ma source de motivation mentale pour changer mon apparence. Je suis jaloux et envieux du physique des gars qui plaisent? Voilà la source de ma motivation physique pour faire de l’exercice. Je suis frustré d’avoir été rejeté par des filles qui disaient préférer des bons gars comme moi, mais qui s’en allaient toujours vers des gros machos violents qui auraient pu m’envoyer à l’hôpital d’une pichenette? Voilà ma source de rage, ce qui me fournit en énergie, qui me pousse à aller toujours plus loin, à faire de plus en plus d’efforts.

On connait tous le proverbe « À quelque chose malheur est bon« . Ça signifie que l’on peut tirer du positif de n’importe quoi, même les pires négativités de notre existence. La preuve: C’est avec de la merde que l’on fait du fumier, le fumier est un engrais, et quelle est la fonction de l’engrais? Faire pousser, aider à grandir. Oui, bon, à condition d’être végétal, mais vous voyez l’idée.  Orgueilleux, vaniteux, jaloux, envieux et frustré. Cinq traits de caractère qui auraient pu me pousser à commettre des gestes négatif envers mon entourage et moi-même. Cinq défauts qui auraient pu me détruire. Je les ai plutôt utilisés pour me construire.

Aujourd’hui, vingt ans après mon constat de loserisme, je suis dans la meilleure forme physique de ma vie. Peu après avoir commencé à utiliser mes défauts pour me prendre en main, les filles ont commencé à me trouver regardable, les gars ont cessé de me mettre dans leur liste de victimes faciles, j’ai cessé d’être repoussé, et on m’a offert volontairement des postes de travail que je n’arrivais pas à obtenir quand je les voulais. Quand les autres ont confiance en tes capacités, tu finis par gagner toi-même de la confiance en soi. N’ayant plus de raisons d’être jaloux, envieux et frustré, j’ai cessé de l’être. Comme quoi c’est exactement le contraire de ceux qui disent qu’il suffit d’avoir confiance en soi pour réussir. Faut plutôt commencer par réussir afin d’avoir confiance en soi. Et pour ça, faut travailler.

Aujourd’hui, de toute ma longue liste de défauts qui m’empoisonnaient l’existence, les seuls qui me restent encore, c’est mon orgueil et ma vanité. Mais puisque c’est de mon orgueil et de ma vanité que je tire l’énergie de faire ce que j’ai à faire pour grandir et avancer dans la vie, autant socialement que physiquement que psychologiquement, est-ce qu’on peut encore parler de défauts?

Ayant derrière moi vingt ans à expérimenter diverses façons d’améliorer mon physique, je suis à même de répondre à vos questions et objections, telles que..:

Je n’ai pas d’équipement de gym. Regarde autour de toi.  Tu es entouré d’objets de poids variés. Utilise-les!  N’aie pas peur du ridicule, personne ne te regarde.
Je ne sais pas comment m’exercer. Youtube est plein de vidéos dans lesquels des entraineurs démontrent des techniques d’exercice.
Je n’ai pas le temps de m’exercer. On trouve toujours le temps quand on le veut vraiment. Remplace les véhicules par la marche et le vélo sur les courtes distances.  Prends les escaliers au lieux de l’escalier mobile.  Monte le plus d’étages que tu le peux avant de prendre l’ascenseur. Laisse tes bras en L pour travailler les biceps lorsque tu tiens quelque chose de lourd. Même lorsqu’il allait au cinéma, Bruce Lee trouvait le moyen de s’exercer, en agrippant les accoudoirs, comprimant, tirant, poussant.  Tout est là pour toi, il faut juste que tu ouvres tes yeux et ton imagination.
Je suis gros. Mange moins, mange mieux, et entraine-toi.
Je suis maigre. Mange plus, mange mieux, et entraine-toi.
C’est quoi ça, « manger mieux?«  Google est ton ami. Demande-lui.
Est-ce que les régimes miracles fonctionnent? J’en ai testé, et la réponse est non. Voir ma série de billet sous Undersize me.
Tripler ma masse musculaire ne va certainement pas aider à séduire, avec ma gueule de gorille. Et Arnold Schwarzenegger dans sa jeunesse, il avait une belle gueule, peut-être!?
Pourtant, j’ai lu dans une édition du magazine Muscles & Fitness une anecdote datant de l’époque où il s’entrainait pour les compétitions Monsieur Monde / Monsieur Univers / Monsieur Olympia, donc pendant sa période pré-Hollywood, alors qu’il était encore inconnu du grand public:  Lorsqu’il passait en décapotable dans les rues de Los Angeles, il se faisait siffler par des piétonnes qui remontaient leur gilet, lui montrant leurs seins.  C’est que quand on a un physique athlétique, le visage n’a plus tellement d’importance pour séduire. Pourquoi? Parce que ça montre au gens, au premier coup d’oeil, que tu es une personne forte, déterminée, disciplinée, courageuse,  qui n’a pas peur du travail.  Bref, rien que des qualités.  Et le plus beau, c’est que tu n’as même pas besoin d’aborder les gens pour leur faire savoir que tu as ces mérites puisque ça se voit tout seul.
Qu’est-ce qui a le mieux fonctionné pour toi? Trois choses:

  • Les pompes (push-up).  Au boulot, j’allais m’enfermer aux toilettes à toutes les heures pour en faire le plus possible.  En 6 mois, j’ai passé de 5 à 110.  Ça a vraiment développé mes épaules.
  • Tout travailler à la fois.  Les premières années, je commettais l’erreur de ne travailler que les bras.  Les résultats étaient là, mais étaient moindre.  Le progrès ne s’est vraiment fait voir qu’à partir du moment où j’ai travaillé tout le corps à la fois.  Je ne vois pas la logique mais je ne peux nier les résultats.
  • La course à pied. En quatre mois d’hiver à courir quotidiennement, j’ai passé de pouvoir courir 200 mètres à 5 km ininterrompus, j’ai rajouté de la masse à mes cuisses, amélioré mon rythme cardiaque, amélioré ma concentration et mon humeur, et perdu 22 lbs (9.97903214 kg).  Si j’avais su ça quand j’étais encore étudiant, j’aurais pu passer de zéro à héros en classe de gym dès que serait revenue la saison des sports d’été en joignant l’équipe de soccer/football, ce qui aurait fait de moi un sportif admiré et apprécié, ce qui aurait complètement changé ma vie sociale.

Pour le reste des détails et voir comment ça s’est passé pour moi, consultez les billets de la série Mise en forme.

Je termine en répondant à un message que j’ai eu me demandant si je faisais de la consultation personnelle afin d’aider les autres.  La réponse est non car comme je le dis dans Ma Philosophie: Lorsque les gens demandent ton aide pour se sortir d’une vie malheureuse, contente-toi de les renseigner sur ce qu’ils peuvent faire afin de s’en tirer eux-mêmes. À partir de là, ceux qui veulent vraiment s’en sortir vont y arriver tout seul, et ceux qui se complaisent dans leur malheur vont y rester. Dans un cas comme dans l’autre, en les aidant plus que ça, tu perdrais ton temps.  C’est donc à partir de maintenant que se fera la distinction entre la personne déterminée à réussir, et le vrai loser qui ne fera rien.

à suivre

Pas obligé de rester loser, 1e partie : Le mythe du winner

Je crois que c’est en 1998 que j’ai mis sur un forum la première version du billet Autopsie du Loser. Dans celui-ci, je décris tous les signes qui démontrent que l’on en est un, en amitié, avec les filles, en amour, en couple, avec notre image personnelles, nos études, notre look, notre travail, nos projets, nos communications, notre physique, nos conversations, notre mentalité, nos victoires et notre famille. L’origine de ce texte remonte à 1993, lorsque je me suis mis à réfléchir sur tout ce qui n’allait pas chez moi, en comparant chaque point de ma vie avec d’autres gars qui réussissaient là où j’échouais. Il s’agit donc, à la base, d’une longue auto-analyse. Depuis, le loser en moi est mort, d’où le Autopsie du titre.

Après tout ce temps, quelqu’un a enfin songé à me poser la question suivante :

Bonjour Steve! Je corresponds quasiment en tous points au profil du loser. Tu dis que tu étais un. Peux-tu nous décrire plus précisément les étapes de ton changement? Comment tu as fait pour changer ça et quels sont les résultats? Merci d’avance.

Je suis le premier surpris de constater que l’idée d’en parler ne m’étais jamais venue. Mon but premier en écrivant ce texte était de dire : Bon ben voilà, si tu fais ceci, tu es un loser. Si tu veux cesser d’être un loser, cesse de faire ceci. Sauf que j’avais oublié la plus simple règle de toutes en matière de conseils: Dire quoi ne pas faire, c’est un bon début. Mais dire quoi faire, ce serait beaucoup mieux. Je vais donc commencer une série de billets sur le thème Pas obligé de rester loser, chacun consacré à un aspect de sa vie, tel que listé plus haut, et comment j’ai réussi à m’en tirer.

Tout d’abord, je me dois d’attaquer ce que j’appelle Le Mythe du Winner.  C’est parce que, dès le départ, il faut s’ôter de la tête une idée erronée comme quoi cesser d’être un loser va faire automatiquement de nous un winner.  Voici pourquoi:

Portrait du winner.
On reconnait le winner facilement.  Il est beau, grand et naturellement athlétique sans avoir eu à faire d’efforts pour le devenir.  Il est né dans une famille influente et riche, et il réussit tout ce qu’il entreprend sans trop se les casser. Côté essentiel, sa famille et ses amis lui procurent les contacts dont il a besoin pour réussir dans la vie. Côté caprices, il est tellement charmant qu’on lui donne volontairement tout ce qui pourrait lui faire plaisir. C’est le genre de gars à qui l’on offre sans qu’il le demande des choses que beaucoup travaillent fort pour avoir, en vain.  Il est l’exemple parfait comme quoi les beaux gars ont toutes les qualités.

Ce genre de winner à qui tout réussit sans efforts, on en a tous rencontré au moins un dans notre vie.  Moi-même, j’ai eu la chance (?) d’en avoir un comme ami lorsque j’étais adolescents, comme le démontrent ces pages tirées de mon webcomic Sexe, Drague, Requin Roll:






(25$ en 1983, c’est à peu près l’équivalent de 65$ en 2014.  Une somme appréciable lorsque l’on a 14 ans.)

Ce genre de winner, on ne peut pas le devenir.  Pour en être un, il faut être né comme ça.  Il faut que ce soit le hasard qui te donne une bonne famille, qui te fournit les bons gênes pour ton physique, qui te fournit le karma qui donne envie aux autres de t’aider à te rendre encore plus gagnant, et qui te donne l’intelligence et la personnalité qu’il faut pour en profiter à fond.  Plus jeune, j’ai longtemps commis l’erreur d’essayer d’être comme Carl en tentant de l’imiter dans son look et sa personnalité.  Mais voilà, ça n’a jamais marché pour moi.  Ça ne pouvait pas marcher.  Je ne pouvais pas être Carl.  Seul Carl pouvait être Carl.  Et les atouts qui faisaient de Carl un winner étaient inimitables, impossibles à se procurer, peu importe l’effort que l’on puisse y mettre.

Être un winner ou un loser, ce sont deux extrêmes. Et entre le gars qui WIN et le gars qui LOSE, il y a celui au milieu qui est un peu des deux : Le gars normal.


Celui qui, comme le reste des gens normaux, parfois perd et parfois gagne.  C’est celui-là qu’il faut aspirer à devenir.  Parce que si être un winner est quelque chose qui ne se contrôle pas, en revanche on peut avoir assez de contrôle sur ce qui nous rend loser afin de cesser de l’être.

Et c’est à suivre

« Ægidius », un extrait.

Les lettres AE, lorsque reliées en Æ, se prononcent É, comme dans curiculum vitæ. Je précise car on me demande parfois comment se prononce le prénom de mon plus illustre ancêtre, Ægidius Fauteux, de qui je planifie écrire une biographie.

Enfin, quand je dis ancêtre, je ne suis pas son descendant direct.  Il s’agit en fait de mon arrière-grand-oncle.


En 1899 à l’âge de 22 ans, Ægidius Fauteux reçoit sa licence en théologie. Il n’aura cependant pas la vocation. Il poursuivra ses études en Droit et sera reçu au Barreau en 1903, mais il ne pratiquera jamais. En 1902, il fonde le journal Le rappel.  Il joint le journal La Patrie en 1905, puis La Presse en 1912.  Il consacrera sa vie à ses deux passions, le journalisme et l’histoire du Québec.

Au début des années 90, mon grand-père René Lussier a commencé à écrire la biographie de son oncle, combinant souvenirs personnels et familiaux avec les faits historiques.  Son décès en 1995 a interrompu son travail.  J’ai décidé de continuer et d’achever celui-ci dans mes temps libres, Et de nommer la chose Ægidius Fauteux, la petite histoire d’un grand historien.  En voici un extrait:

Montréal, le quartier Côte des Neiges, en début d’après-midi.

La cloche du tramway annonce l’arrivée du véhicule de transport en commun urbain. Il y a peu de voyageurs, et Ægidius est surpris de constater que ceux-ci sont constitués de vieillards malades et d’éclopés. Le wagon rouge s’immobilise devant l’arrêt situé en face du Collège Notre-Dame. Ægidius en descend en premier. Il est accueilli par un petit homme aux cheveux blancs qui ne doit pas faire plus de cinq pieds de haut et qui porte un manteau brun foncé trop grand pour lui. D’une petite voix enrouée, il dit :

« Bonjour monsieur. Est-ce que je peux vous aider ? »

À peine a t-il posé sa question que le petit homme d’apparence fragile se met à tousser. Ægidius a pitié de lui.  Histoire de lui éviter tout effort superflu, il lui répond :

« Je viens voir mon oncle, l’abbé Pierre-Louis Fauteux. Vous n’avez pas besoin de vous déplacer, je saurai bien le trouver tout seul. Merci! »

Ægidius part à pas rapides vers la bâtisse du collège. Le vieil homme le salue de la main et se retourne vers le tramway où il aide une vieille dame en béquilles à débarquer.

Debout dans son bureau, devant la fenêtre qui donne sur la cour arrière du Collège Notre-Dame, L’abbé Pierre-Louis Fauteux, regarde une trentaine d’enfants de cinq à douze ans s’amuser dehors, profitant de la récréation qui vient avec l’heure du dîner. L’homme qui fêta récemment ses cinquante ans est costaud, bien en forme, malgré cette calvitie qui trahit son âge, et cette panse bien ronde sous sa chemise noire qui témoigne de son penchant pour les plaisirs de la table. Comme quoi même le plus assidu des hommes de Dieu peut parfois être soumis à certains péchés, furent-ils capitaux, comme celui de la gourmandise.

Dans les couloirs du collège, Ægidius tourne le coin et avance tout en parcourant des yeux les plaques sur les portes de bureaux qu’il croise. Il s’arrête devant une porte grande ouverte et y voit la mention Pierre-Louis Fauteux, directeur adjoint. Il reconnaît aussitôt la silhouette de son oncle devant la fenêtre. Il cogne à la porte afin de signaler sa présence.

« Monsieur l’abbé… euh… Monsieur le directeur… Directeur adjoint, Fauteux ?»

Le visage de l’abbé reste impassible. Sans se retourner, il l’invite, du geste de la main, à entrer. Ægidius fait quelques pas et s’immobilise à un mètre des chaises placées devant le bureau de travail en bois verni. Dehors, le frère Anselme, armé d’une cloche, sonne la fin de la récréation.

« Quelle date sommes-nous aujourd’hui? » demande le directeur adjoint.
« Le 16 juin. » répond Ægidius.
« Exact ! Vendredi, le 16 juin 1899. Et qu’est-ce qu’il s’est passé, aujourd’hui-même, il y a exactement deux cent quarante ans ? »
« Le 16 juin 1659 ? »
L’homme murmure « Hm ! » en acquiesçant d’un geste de la tête. Ægidius répond.
« Bien… C’est la date où Monseigneur François de Montmorency-Laval est arrivé de France. Quatre ans plus tard, le 26 mars 1663, il fondera le Grand Séminaire de Québec. En 1668, il mettra sur pied le Petit Séminaire de Québec en tant que résidence pour les futurs prêtres. Et en 1674, il devient le premier évêque du diocèse de Québec nouvellement fondé. »

L’abbé lève un sourcil. Visiblement l’éducation de son neveu, autant que sa mémoire, sont remarquables. Il se retourne et marche en direction de la porte de son bureau. Il adresse de bons mots au jeune homme lorsqu’il le croise.

« Très bien, cher neveu. Très, très bien! »

Il tend la main vers la porte et la pousse. Celle-ci se referme dans un bruit de loquet. Aussitôt, l’homme se retourne et son visage austère s’illumine de joie. Sans plus de retenue dans ses gestes que dans son débit de voix, il tend les bras en direction de son neveu.

« Eh ben ? Enwèye mon p’tit Gigi, viens voir ton mononc’ Pi-Wi. »

D’abord surpris, Ægidius prend lui aussi un air joyeux et ravi. En riant, ils se jettent dans les bras l’un de l’autre et se donnent une chaleureuse accolade. Il n’y a plus d’étudiant, plus d’abbé, plus de directeur. Il n’y a que deux membres proches d’une même famille enchantés de se revoir. En le serrant contre lui, Pierre-Louis donne de grandes tapes fraternelles dans le dos de son neveu.

« Non mais regarde-toi rien qu’un peu. C’est que t’es devenu un vrai homme. Quel âge que t’es rendu, là ? »
« Vingt-deux ans. J’en aurai vingt-trois le 27 septembre. »
« Ca fait que t’as terminé tes études là ? »
« Oui ! »
« Et puis ? »
« J’ai obtenu ma licence de théologie. »
« Merveilleux ! Faut fêter ça ! Un petit verre ? »
« Ce ne serait pas de refus. »

L’homme marche à grands pas vers une armoire qu’il ouvre.

« Tu vas voir, ton mononc’ Pi-Wi n’a pas rien que du vin de messe pis de l’eau bénite dans ses bouteilles. »

Ægidius a un petit sourire amusé.

« Tu ne me laissera jamais oublier ça, hm ? »
« Quoi donc ? »
« Mononc Pi-Wi. Sais-tu combien c’est difficile pour un enfant qui sait à peine parler de dire mon oncle Pierre-Louis ? Ça fait vingt ans, faudrait que t’en revienne. »

L’homme revient avec deux verres remplis de liquide ambré. Il en donne un à Ægidius.

« Ah, je l’sais bien, mais c’était tellement mignon. Santé ! »

L’homme salue son neveu et avale son verre d’un trait. L’imitant, Ægidius fait également cul sec. Aussitôt il grimace, ouvre la bouche et expire bruyamment, surpris par la morsure du liquide.

« HHHH…. C’était quoi ça ? »
«  Du whisky ! Mais attention, c’est du bon vieux scotch importé directement d’Écosse. Rien à voir avec la pisse de cheval à base de seigle qu’ils distillent en Alberta. Je remets ça ? »

Déclinant poliment du geste, Ægidius dépose son verre sur le bureau. Ça n’arrête pas Pierre-Louis qui s’en sert un second. Cette fois-ci, il n’en prend qu’une gorgée. Puis, il tapote fièrement l’épaule de son neveu.

« Tu peux pas savoir à quel point je suis fier de pouvoir bientôt te compter parmi nous. »

Pierre-Louis avance à pas lent vers le mur où est encadrée sous verre une grande carte du Québec.

« Tu vois, ici au Québec, chaque petit village a son église. Et dans les grandes villes comme Montréal où la population est gigantesque, chaque quartier en a une, deux, trois, voire même dix, pour servir toute cette population. Nous administrons les hôpitaux, les organismes de charité, les orphelinats. Sans oublier l’éducation. Chacune des petites écoles, chaque collège comme celui-ci, chaque université, est sous administration catholique. De plus, chaque entreprise possède sa chapelle et son prêtre entre leurs murs. Chaque mairie a son curé qui récite aux politiciens la prière du matin. Chaque caserne militaire a son aumônier. L’Assemblée Nationale ne peut pas commencer son travail avant la prière matinale. Nous sommes partout. Depuis les deux cent quarante dernières années, soit depuis le débarquement de François de Montmorency-Laval, comme tu l’as si bien cité tantôt, c’est nous qui administrons le territoire. Même Sir Wilfrid Laurier, le premier Canadien français à occuper le siège de premier ministre du Canada, a moins de pouvoir que nous dans le pays. C’est sous notre influence qu’il a créé les écoles catholiques au Manitoba lorsqu’il est monté au pouvoir il y a trois ans. Et grâce à lui, dans les écoles anglaises, les élèves Canadiens français ont maintenant droit à une demi-heure d’enseignement religieux à la fin des classes. Mais la politique étant ce qu’elle est, il a à faire face à beaucoup d’opposition, contrairement à l’église. Puisque le Canada fait partie de l’Empire Britannique, le Royaume-Uni s’attend à ce que l’on envoie l’armée pour les aider dans la Seconde Guerre des Boers qui fait rage ne ce moment. Laurier est pris entre les Canadiens anglais impérialistes fidèles à la couronne britannique, qui veulent que l’on envoie nos troupes, et les Canadiens français qui s’y opposent fortement. Avec lui trop occupé pour nous aider, c’est vraiment pas la job qui manque. C’est pourquoi l’église a vraiment besoin d’un garçon éduqué et intelligent dans ton genre. Dis-moi quand t’es prêt à commencer, je te donne le titre que tu veux, la fonction que tu veux, dans la région que tu veux. »

Ægidius qui, jusque-là, regardait son oncle, baisse les yeux, embarrassé. Il pousse un léger soupir. Sa réaction laisse l’homme d’église quelque peu perplexe.

« Eh bien ! J’avoue que je m’attendais à un peu plus d’enthousiasme. »
« Je suis désolé mon oncle, c’est que… J’ai bien peur que je vais vous décevoir. »

Même s’il ne sait pas encore pas ce qui trouble son neveu, Pierre-Louis voit bien le malaise dans ses gestes. Aussi, il dépose son verre de scotch et s’approche du jeune homme. Une main sur l’épaule, il l’entraine vers les chaises en l’invitant à s’asseoir. Lui-même prend l’autre chaise et s’assoit face lui.

« Qu’est-ce qui ne va pas, Ægidius ? »

Le jeune homme reste d’abord silencieux, mais le ton de voix rassurant de son oncle le met en confiance. Après un nouveau soupir qui exprime bien le fardeau moral qui pèse sur lui, il dit :

« J’ai essayé. J’ai vraiment essayé. Je ne peux pas être un homme d’église. Je n’ai juste pas la vocation. »
« Je vois ! Et… Quand est-ce que tu t’en es rendu compte ? »
« Je sais pas… Je… »
« Dis-moi la vérité. »
« Je… Écoutez, il ne faudrait pas croire que… Je veux dire, j’ai énormément de respect pour… Je ne voudrais pas… »

Pierre-Louis pose une main rassurante sur l’épaule de son neveu.

« Ægidius, oublie que je suis un homme d’église, d’accord ? C’est ton oncle qui te parle. Ton ami ! Si ce que tu me dis est la stricte vérité, alors rien de ce que tu puisse me dire ne sera un manque de respect. Alors parle-moi s’il te plaît. »

Rassuré, quoique toujours un peu mal à l’aise, Ægidius accepte de de confier.

« Je ne crois pas en Dieu ! »

Comme si cette révélation avait demandé un effort nécessitant un temps pour récupérer, Ægidius reste silencieux quelques secondes. Puis, après un profond soupir, il reprend la parole.

« Enfin, si, mais… Ah, je ne sais pas trop. Quand j’étais petit et que les religieuses nous apprenaient le petit catéchisme à l’école, je ne pouvais jamais m’empêcher de voir certaines incongruités dans ce que l’on nous disait. Par exemple, Adam et Eve, qui n’ont eu que deux fils. Comment est-ce que la race humaine a pu exister dans de telles conditions ? Et après avoir tué Abel, Cain ne voulait pas quitter le territoire de peur que les autres le mettent à mort. Quels autres, puisque la race humaine n’était supposément constituée que de trois personnes ? »
« Je vois ! Les questions classiques. »
« Quand on m’a envoyé au séminaire dans le but de faire de moi un homme d’église, je me disais que j’allais enfin apprendre les réponses à mes questions. Que l’on allait me donner des faits. Mais non ! Tout ce que l’on reçoit de nos éducateurs, c’est ce que l’on est destiné à donner au peuple : Des textes flous et aucune preuve tangible pour en appuyer les dires. Toute question directe sur un sujet nébuleux nous mérite une réponse en paraboles aussi claire que du jus de boudin. Tout ce que je puis dire après ces douze années d’études, c’est que non seulement je ressors de là avec mille fois plus de questions que quand j’y suis entré, pas une seule personne, pas un seul fait, pas le moindre artéfact n’a pu me prouver l’existence de Dieu. Et on me demande de croire, croire, croire. Mais comment est-ce que je puis croire quelque chose qui est impossible à prouver ? »

Ægidius se tait. Tel un enfant honteux qui aurait posé un geste qu’il sait inacceptable, il ose à peine lever les yeux vers son oncle. Il conclut son témoignage :

« Dans de telles condition, je ne peux pas, en toute bonne foi, joindre l’église. Je ne serais rien d’autre qu’un hypocrite. »

La main de l’abbé se resserre doucement sur l’épaule du jeune homme qui comprend que ce geste se veut réconfortant. Il rajoute :

« Je suis désolé mon oncle, je ne voulais pas vous manquer de respect, ni à vous ni à vos croyances. »

L’homme fait un sourire triste. Soupirant lui aussi, il répond ;

« Non Ægidius. En te confiant à moi, en me disant une vérité qui va en sens contraire de mes convictions, tu me témoigne d’une grande confiance. Tu me démontres que tu me sais capable de comprendre malgré nos différents points de vue. Ce n’est pas me manquer de respect, ça. Bien au contraire. Et t’as pas à cesser de me tutoyer non plus. »

Ces paroles rassurent le jeune homme. Celui-ci lève enfin les yeux pour regarder en face son oncle qui poursuit :

« Tu sais Ægidius, tu es peut-être juste trop intelligent pour joindre l’église. Toute ta vie, je te voyais aller. Tu as toujours été curieux, fasciné par les détails, toujours à chercher le comment du pourquoi. Tu es né avec un esprit qui a une grande soif de connaissances. Tu as un cerveau logique, mathématique. Pour toi, chaque réaction doit correspondre à une action antérieure. Tu as l’esprit d’un savant, mon petit. Et dans de telles conditions, en effet, ce serait du gaspillage de le perdre dans un environnement dans lequel ni toi ni ton intelligence ne pourrait s’épanouir. Tout comme l’église n’a pas vraiment besoin dans ses rangs de quelqu’un qui va répondre Euh, ben, on n’a pas de preuves scientifique là, là, mais…à quelqu’un qui va lui demander si Dieu existe. »

Bien que le jeune homme soit un peu embarrassé, l’amusante image mentale qu’il se fait de cette scène met sur son visage un petit sourire amusé.

« Tu me demandes si Dieu existe, mon cher neveu ? Je ne te donnerai pas de paraboles ni de réponses floues. Je vais te donner la réponse la plus logique qui soit pour cette question : Si on le savait, on serait des savants. Mais nous, nous croyons. Nous sommes donc des croyants. La science et la foi sont deux choses qui n’ont aucun rapport entre elles. Essayer d’utiliser le premier pour expliquer le second, c’est comme essayer d’utiliser une règle de grammaire pour résoudre une équation mathématique. Ça ne se fait juste pas. Tu comprends ? »

Pendant quelques secondes, Ægidius semble réfléchir. Puis, il redresse la tête. Tout en regardant son oncle, il acquiesce d’un signe de tête.

« Ce que je comprends… C’est que je ne peux pas comprendre, finalement. »
« T’as tout compris ! »

Ægidius pose sa main sur celle de son oncle. Les deux hommes se regardent. Bien qu’ils comprennent qu’ils ne verront jamais les choses du même œil, ça ne les empêche pas de ressentir ce soutient et ce respect qui les unis. Pierre-Louis conclut avec ces paroles rassurantes :

« Allez, ne t’en fais pas. T’as pas la vocation ? T’as pas la vocation, voilà tout. De toutes façons, avec moi, mon cousin Joseph-Anselme, et mon autre neveu Adélard, il y a déjà bien assez de Fauteux comme ça dans les ordres. L’honneur de la famille est plus que sauf. »

L’homme se lève et invite son neveu à faire de même.

« Remarque, si comme Saint-Thomas tu as besoin de voir pour croire, j’ai justement l’homme qu’il te faut ici. Tu connais notre portier, Alfred Béssette ? »
« Le petit monsieur au cheveux blancs qui m’a accueilli à la descente du tramway ? »
« C’est ça ! Si je te dis le frère André ? »
« Le guérisseur ? Celui dont on parle dans les journaux ? »
« Celui-là même. Eh bien c’est lui ! »

Ægidius se montre fort incrédule.

« Voyons donc ? Le petit monsieur malade, là ? C’est lui le frère André ? C’est votre guérisseur, ça ? Soyons sérieux, il est tellement mal en point qu’il ne passera pas l’hiver. Il a un rhume carabiné en plein mois de juin. Si jamais il éternue, il va se dévier la colonne. »
« Et pourtant, depuis 1877, soit depuis vingt-deux ans, ses dons de thaumaturge sont des faits reconnus et archivés dans nos… »

L’abbé est interrompu alors que l’on cogne à la porte de son bureau.

« Entrez ! »

La porte s’ouvre, Frère Anselme entre, visiblement ennuyé.

« Je suis désolé de vous déranger Monsieur le Directeur, mais on vient de recevoir des inspecteurs des autorités sanitaires de la ville, à cause du vieux graisseux, encore. Ils vous attendent en bas. »
« Merci Frère Anselme, j’arrive tout de suite. »

Le Frère Anselme se retire promptement, toujours avec cet air en rogne au visage. Ægidius est perplexe.

« Le vieux graisseux? » S’interroge-t-il.
« Le frère André, justement. Sa manie de brûler de l’huile d’olive devant sa statue de St-Joseph lui a valu ce triste sobriquet de la part de certains autres frères. Il faut dire qu’il est un peu simple d’esprit. Ses frasques ont le don d’irriter la confrérie qui ne l’apprécient pas tellement. »

Ægidius, perplexe, se gratte la tête.

« Eh bien ! Un guérisseur malade que même sa propre congrégation ne respecte pas. Si c’est ça qui est supposé me donner la foi, c’est qu’on croit vraiment aux miracles. »

Et maintenant que j’ai rendu la chose publique, me voilà bien obligé de continuer, et éventuellement d’achever.  😉

Objets sexuels: On n’est pas si différents!

Depuis aussi longtemps que je me souviens, les femmes ont protesté contre Barbie au sujet de son physique qui manque de réalisme.

Mais voilà que depuis quelques années, des hommes ont décidé d’y répondre avec cette image-ci:

Généralement, les répliques des femmes vont dans le sens de: « Oui, mais c’est pas pareil. Les modèles masculins comme He-Man (Musclor) sont baraqués car ce sont des héros, des aventuriers. Contrairement aux modèles féminins qui ne sont que sexy, le physique du modèle masculin n’est pas utilisé en tant qu’objet sexuel ne servant qu’à répondre aux fantaisies du sexe opposé. »

Vraiment? Et ces romances écrites pour les femmes, alors?  On y retrouve quoi, en couverture, sinon des hommes à la Musclor, utilisés en tant qu’objets sexuels qui ne servent qu’à répondre aux fantaisies du sexe opposé?


Je veux bien admettre que contrairement à Barbie, on puisse obtenir le corps de Musclor.

Mais sinon, sur les autres points, on n’est pas si différents.  Hommes autant que femmes, nous sommes bombardés de modèles de standards extrêmement difficiles à atteindre.

La libido masculine, source de tous les maux de l’humanité

Deux ou trois semaines après la création de ce blog (qui était, à l’origine, affilié à un site de rencontres), une lectrice m’a posé la question suivante : Toi qui est un gars, pourrais-tu m’expliquer pourquoi vous êtes toujours super frustrés quand vous vous attendiez à baiser et que ça n’arrive pas?

Je m’étais déjà penché sur la question sans jamais avoir trouvé de réponse.  J’avais quand même déjà constaté la chose aussi bien chez les autres gars que sur moi-même. Dans mon cas personnel, bien que j’arrivais toujours à me contrôler et à avoir l’air zen, j’étais tout de même déçu et surtout frustré de ne pas avoir eu la baise promise.  Et j’ai souvent vu des gars qui n’avaient pas mon self-control face à cette situation, et ceux-là n’hésitaient pas à exprimer leur colère à la fille via commentaires aigris, bouderie, voire même insultes.

Sans pouvoir expliquer le pourquoi de ce phénomène, je l’ai tout de même dénoncé quelquefois par le passé.  Par exemples, dans le billet 26 gars typiques des sites de rencontres:

3- Le Jeckyl et Hyde
Il est vrai que l’amour et la haine sont des sentiments très près l’un de l’autre. La preuve: Ce gars-là va t’approcher en parfait gentlemen respectueux et irréprochable. Puis, il va te faire tout plein de compliments: Tu es gentille jolie, intéressante, intelligente, etc. Et si tu as un surplus de poids, c’est pas grave. Bien au contraire, il sait apprécier la beauté des femmes bien en chair et ne se gêne pas pour te le dire. Voici le moment où il te sent mure pour recevoir ses propositions sexuelles. Mais voilà, tu ne peux pas y répondre positivement. Peut-être parce que tu as déjà un chum, peut-être parce que tu trouves qu’il va trop vite, ou peut-être tout simplement parce que ce gars-là ne te plaît pas physiquement. Ça arrive! Mais peu importe la raison que tu lui donnes pour refuser ses avances, le fait est que tu refuses ses avances. Et ça, il ne le prend pas. Il change alors complètement son opinion sur toi, te disant que tu n’es qu’une grosse vache laide à en vomir qui devrait le remercier à genoux d’avoir daigné s’abaisser à t’offrir ses faveurs, au lieu de te penser trop bien pour lui en les refusant. Le bout un peu étrange, c’est qu’il va te traiter de salope parce que tu refuses d’avoir du sexe. Mais bon, quand on est frustré, on ne regarde pas à la logique de nos insultes.

Je dois tout de même admettre que je n’arrivais pas toujours à faire comme si de rien n’était dans cette situation.  Par exemple, comme on peut le voir dans la série de billets Fantasme VS réalité : Le ménage à trois, mon amante et sa copine m’attirent chez eux pour un weekend de trois jours de ménage à trois, et je ne cesse de frustrer parce que les choses ne se passent pas comme je l’avais prévu.

Une autre chose que j’ai constaté, c’est que dès que nous, les gars, on s’apprête à baiser, notre logique fout le camp et toute notion de prudence disparait. Par exemple, au sujet du port du condom. Je ne saurais compter le nombre de fois où j’ai entendu des gars excuser leur désir de le faire sans protection, en disant que « ça coupe la circulation et ça fait ramollir », ou bien que « Moi, fourrer du plastique, je ressens rien! », et ce malgré les possibilités de grossesses et/ou de ITS.  Combien de femmes ont vécu la désagréable expérience de voir leur partenaire insister et insister et insister pour avoir du sexe jusqu’à ce qu’elles cèdent, et qui, une fois l’orgasme obtenu, furent pris de remords.  Et que dire de tous les risques que l’homme est prêt à courir pour avoir une relation extraconjugale. Il met en jeu son couple, son argent, ses biens matériels, ses enfants, en échange de quelques orgasmes. N’importe qui peut voir combien il est absurde de prendre de tels risques pour si peu. Pourtant, si un homme se retrouve avec l’opportunité de vivre ses désirs sexuels, ces risques lui sembleront soudainement très acceptables.  Pourquoi sinon est-ce que Gab Roy, homme de 30 ans, qui travaille fort pour devenir une personnalité publique, donc qui est une cible facile quand il a tout à perdre, prendrait le risque d’amener une inconnue de 15 ans baiser au motel?  Mieux (?) encore:Pourquoi est-ce que Joël Legendre, animateur télé, comédien populaire, en couple stable, père de trois enfants, est allé se masturber dans un parc public, en pleine vue des passants, dans l’espoir de se ramasser un partenaire inconnu pour une p’tite vite?  Il a beau expliquer que ses trois mois de thérapie ont révélé que c’est dû à un traumatisme de jeunesse dû au fait que « C’est difficile de grandir en rêvant de devenir danseur à claquettes quand tous les autres gars veulent devenir fermier », il reste que là encore, c’était une pulsion sexuelle qui bloquait tout sentiment de prudence et de logique.

Même quand un homme décline l’opportunité de vivre une baise parce que sa raison aura eu le dessus comme quoi le jeu n’en vaut pas la chandelle, il aura tout de même d’abord pris le temps d’y penser.  Et c’est généralement avec regrets qu’il dira non.

En y songeant sérieusement, j’ai constaté que la libido masculine est source de problèmes au niveau personnel, au niveau social et au niveau international.

Au niveau personnel:
Bien qu’il s’agit d’une histoire fictive, mon roman inachevé Un Été à Saint-Ignace-de-Montrouge est construite d’anecdotes qui me sont réellement arrivées. Par exemple, cette scène dans laquelle le personnage principal explique les raisons de sa récente panne de libido :

Quand j’étais plus jeune, genre entre seize et vingt-cinq ans, j’avais une très forte libido. Hélas, dans ce temps-là, je n’arrivais pas à séduire une fille normale avec qui j’aurais pu avoir une relation normale. Alors pour satisfaire mon désir sexuel je devais me contenter de celles qui restaient : Connes, profiteuses, méchantes, losers, BS, craquées mentales, etc. La majorité des anecdotes négatives de ma vie sont reliées aux filles. Pourquoi? Parce que toute ma vie je voulais avoir une blonde. Et pourquoi est-ce que je voulais avoir une blonde? Par désir romantique, oui, mais surtout pour soulager mes envies de baiser. Donc, la raison pourquoi j’ai eu tous ces problèmes de couples? Mon désir sexuel.

Tu sais comment quand on est jeune, on pense que les maladies transmises sexuellement, c’est juste quelque chose que les autres attrapent? Eh bien moi, en moins d’un an, j’en ai contracté deux. J’ai eu de la chance, ce que j’avais se soignait par prise de médicaments aux huit heures pendant une semaine. La première fois j’ai vu ça comme un cas isolé. La seconde comme un avertissement. Donc, la raison pourquoi j’ai eu deux ITS? Mon désir sexuel.

Comme tu dois t’en douter, quelqu’un qui a une aussi grosse libido consomme beaucoup de porno sur le net. Mais quand un site sur dix est plein de virus, tu devines ce qui se passe. Donc, la raison pourquoi mon ordi attrape plein de virus qui ralentissent et sabotent mon outil de travail principal pour écrire et dessiner? Mon désir sexuel.

Et quand tu ne t’y connais pas assez pour débugger ton ordi toi-même, tu fais appel à un support technique qui, évidemment, voit tout ton historique sur le net. Donc, la raison pourquoi je vis à plusieurs reprises ces situations aussi humiliantes que coûteuses? Mon désir sexuel.

Puis, évidemment, il y a quand je travaillais au Dunkin et que j’ai rencontré Nadia, j’ai fait la plus grosse erreur de ma vie. Je suppose que tu connais le cliché qui dit que plus une fille est grosse et laide, et plus elle est gentille et cochonne? J’y ai bêtement cru. Ça fait que quand elle a montré de l’intérêt pour moi, même si elle ne me plaisait pas, j’ai quand même accepté de coucher avec. Oui, côté baise, elle était bien. Mais côté personnalité, elle s’est vite montrée déraisonnable, avec ses crises de jalousies qui sortaient de nulle part. Alors j’ai cassé avec elle. Mais voilà, comment te libérer de quelqu’un avec qui tu travailles, et qui passe vos huit heures ensemble à te mettre de la pression incessante pour que vous repreniez? Surtout quand elle sait à quel point tu aimes le sexe, surtout quand elle est prête à faire les choses les plus cochonnes pour te ravoir. Je reprenais avec elle pour le sexe, je cassais pour sa jalousie. Ma vie se limitait entre subir son harcèlement quand on était en couple, ou subir son harcèlement si on était séparé. Donc, la raison pourquoi je vivais du harcèlement incessant? Mon désir sexuel.

Tu peux me croire que jamais je n’oublierai mes cinq semaines de célibat il y a onze ans, entre deux ruptures avec Nadia. Oui, cinq semaines. J’avais vraiment tenu mon bout cette fois-là. Et pour m‘y aider, j’essayais activement de trouver une autre partenaire sexuelle. Le problème, c’est que je n’y suis pas arrivé. Et quand tu es un gars en manque, tu finis par te tanner de tes mains. Surtout que je n’avais pas de connexion internet à ce moment-là, alors je n’avais même pas de visuel pour me soulager. Donc, la raison pourquoi je suis revenu avec elle alors que je m’en étais enfin débarrassé? Mon désir sexuel.

Et elle, elle a utilisé le sexe pour me coincer dans cette relation en lâchant la pilule sans me le dire.  Résultat: Une paternité non-désirée pour laquelle je n’étais prêt ni financièrement ni émotionellement, et qui a défini le reste de mon existence. Donc, la raison pourquoi je vis une existence misérable depuis les dix dernières années? Mon désir sexuel.

Tu sais ce que j’ai toujours trouvé aberrant par rapport au sexe? C’est le fait que pour la majorité des gens, le fait que j’aimais le sexe au point où j’en aurais eu de une à trois fois par jour si j’avais une blonde avec un appétit semblable au mien, à leurs yeux ça faisait automatiquement de moi un potentiel bisexuel, un violeur, un pédophile, un client de prostituées, et peut-être même un zoophile. Tu vois, au lit, je te dirais que le trois quart de mon excitation vient du fait de savoir que ma partenaire me désire et aime ce que l’on fait ensemble sexuellement. À cause de ça, c’est évident que je ne pourrais jamais être un agresseur sexuel, un pédophile, un harceleur ou un zoophile, puisque c’est le genre de chose qui se fait sans le consentement de l’autre. En fait, même pendant la baise, si je sais que la fille n’aime pas telle ou telle pratique, c’est suffisant pour m’en enlever le goût. Mais ça, ce sont des choses que Nadia, ses amies et beaucoup trop de gens n’ont jamais voulu comprendre. Donc, la raison pourquoi je suis soupçonné d’être un détraqué sexuel? Mon désir sexuel.

Et je n’ai même pas besoin d’avoir des désir sexuels. Il suffit que Nadia s’imagine que j’en ressens envers d’autres filles pour me le faire payer. Donc, la raison pourquoi je paye d’avoir un désir sexuel qu’elle s’imagine que j’ai? Mon désir sexuel, qu’elle s’imagine que j’ai.

Quant à la fréquence de nos relations, je ne savais plus où donner de la tête.  Si ma libido est forte, elle dit que c’est la preuve que je la trompe parce que je ne peux pas me satisfaire d’une seule partenaire.  Mais si ma libido faiblit, alors là encore elle dit que c’est une preuve que je la trompe puisque ça signifie que je n’ai pas l’énergie pour en fournir plusieurs. Donc, la raison pourquoi je suis soupçonné de la tromper? Mon désir sexuel, peu importe qu’il soit élevé, normal ou inexistant.

95% des problèmes que j’ai eu dans ma vie, qui m’empêchent d’avancer, qui sabotent mes efforts, qui me font perdre le peu que j’ai, et qui continuent encore et toujours de me faire subir désagréments par dessus désagréments, ça n’a qu’une seule source : Mon désir sexuel. Dans de telles conditions, est-ce qu’on peut me blâmer d’avoir finit par ne plus ressentir que du dégoût pour le sexe, et que ma libido soit tombée en panne?

Au niveau social:
Comme je le dis dans La réputation injustifiée des soi-disant bons gars, pourquoi est-ce que l’homme a la réputation d’être un obsédé, un pervers, un adultère, un con qui ne pense qu’avec sa queue, qui ne voit les femmes que comme un orifice dans lequel se vider, qui distribue les ITS, qui met une femme enceinte pour ensuite la planter là? Parce que c’est la libido masculine qui a maintes fois poussé certains hommes à commettre ces gestes, ce qui fait que nous avons maintenant tous cette réputation.  Pourquoi est-ce que les bars de danseuses nues, la pornographie et la prostitution existent-ils?  Pour satisfaire la libido masculine. Qu’est-ce qui est à l’origine des viols?  De la pédophilie? Des séquestrations dans le but de l’esclavagisme sexuel?  La libido masculine.  Et bien qu’il y aura toujours quelqu’un pour dire « Oui mais des fois ces crimes sont commis par des femmes », ce qui est vrai, le nombre de celles qui l’ont fait est infiniment minuscule comparé au nombre d’hommes coupables de ces mêmes choses.

Mais pourquoi est-ce que la libido masculine est-elle incontrôlable au point de causer tous ces maux?
Il y a quelques années, j’ai écrit un billet intitulé Les Raisons de la Colère dans lequel j’ai écrit ceci au sujet des hommes préhistoriques: Le cerveau savait également reconnaitre une situation dans laquelle un congénère cherchait nuire à l’individu. À l’époque, les nuisances ne pouvaient affecter que deux niveaux de la vie: Le droit de se nourrir et celui de se reproduire. Deux choses étroitement reliées la survie individuelle, donc à la survie de l’espèce.  Face à une telle situation, le cerveau a créé la colère, qui bloque le raisonnement et donne du courage, transformant un être normalement paisible en machine à tuer. La nuisance compromettait la survie de la race, il fallait donc éliminer la nuisance. C’est la loi de la nature.

On a beau être évolués et civilisés, n’empêche qu’à la base nous sommes toujours des animaux régis par la nature. Voilà pourquoi l’homme frustre à ce point lorsqu’il n’a pas la relation sexuelle qu’il espérait, et voilà pourquoi il préfère baiser sans protection malgré les risques de paternité non-désirée ou d’infections transmises sexuellement :  Parce que quand il s’agit de sexe, c’est l’instinct qui prends le contrôle. Ce même instinct qui pousse tout animal à faire ce qu’il a à faire pour perpétuer la race.  Ce qui nous amène…

… Au niveau international:
C’est en relisant le passage qui parle de la colère, qui bloque le raisonnement et donne du courage, transformant un être normalement paisible en machine à tuer que j’ai compris quelque chose de crucial au sujet de l’humanité: De tous les temps, les gouvernements et les chefs religieux ont su que la frustration sexuelle rendait l’homme violent.  Et de tous les temps ils ont utilisé ce fait pour faire avancer leurs causes.  Pourquoi pensez-vous que l’armée a aussi longtemps refusé les femmes et les homosexuels dans leurs rangs?  Parce qu’un homme frustré sexuellement, c’est un homme colérique, un homme violent, et par conséquent un bien meilleur combattant.  Et quelle est généralement la première chose qui arrive quand une armée envahit un territoire? Les soldats en violent les femmes.

Encore de nos jours, quels sont les peuples les plus guerriers et les plus violents? Ce sont ceux guidés par les religions qui sont les plus restrictives au niveau de la sexualité.  Restrictives au point où ils obligent les femmes à se cacher, histoire de ne même pas donner à l’homme la satisfaction visuelle. Tout ça dans le but d’augmenter leur frustration sexuelle au point où ils feraient n’importe quoi pour la soulager.  La preuve: Comment arrivent-ils à recruter des volontaires pour des attentats-suicides? En leur faisant croire que ce n’est qu’au Paradis qu’ils pourront enfin baiser sans limite.  Ce qui en revient à dire que ce qui fait fonctionner le terrorisme, c’est la libido masculine.
Devant ce constat plus que traumatisant, je crois que la prochaine fois que je vais voir une féministe enragée crier haut et fort que tous les maux de la terre sont dû à la libido masculine, je n’aurai d’autre choix que de reconnaître qu’elle n’a pas tout à fait tort.

Conseiller la victime, est-ce la blâmer?

Quand quelqu’un dit que Chacun est le seul responsable de son propre malheur, tout le monde est d’accord avec lui. À ça, je répond: Va dire ça à une victime de viol! Je serais curieux de voir le nombre de personnes qui vont encore approuver ses paroles s’il ose le faire. Comme quoi, contrairement à ce qu’essayent de nous faire croire les bien-pensants, il n’existe aucune règle de vie qui s’applique à toutes les situations.

Ce qui m’amène au sujet du jour: L’an dernier, j’ai écrit un billet au sujet d‘une femme qui se plaint d’être sans cesse harcelée dans les transports en commun. En lisant le billet de blog qu’elle a écrit à ce sujet, j’ai tout de suite vu ce qu’elle faisait pour attirer les harceleurs: Elle lit en public, repliée sur soi.  Après avoir expliqué comment et pourquoi ça encourage une certaine catégorie de gens à aller la déranger, j’ai conclu en recommandant de cesser de le faire. Or, ceci m’a valu la haine et les accusations comme quoi je blâmais la victime.

Malgré le fait que ma principale accusatrice use de mensonges, déforme les faits, réinterprète mes écrits à sa façon et démontre dans un de ses billets qu’elle est pro-viol en autant qu’elle puisse décider qui en sera la victime, je crois voir la logique derrière la raison de ses attaques contre moi. C’est que mon billet s’adresse à la victime en lui disant « Voici ce que tu dois faire si tu ne veux pas te faire harceler », au lieu de m’adresser aux agresseurs en leur disant « Veuillez ne pas harceler/agresser/violer les femmes! » Ainsi, en ne m’adressant qu’à la victime afin que cesse le harcèlement qu’elle subit, c’est comme si je lui faisais porter l’entière responsabilité de son agression.

Il y a une logique toute simple derrière ceci, et la voici: Si on dit à un violeur « Ne viole pas! », ce conseil va à l’encontre de ses intérêts, puisque son but est de violer. Pensez-vous qu’il va écouter? Par contre, si on donne à une victime un conseil pour diminuer les risques qu’elle se fasse harceler, alors là, ce conseil concorde avec ses intérêts, qui sont de ne pas subir d’agressions. Logiquement, il y a donc plus de chance pour qu’elle écoute et applique le conseil.

Et voilà la raison pourquoi c’est toujours aux victimes que l’on demande de faire des efforts pour diminuer le risque d’agressions. Parce que contrairement à l’agresseur, la victime désire que ça cesse, elle.  Je suis tout à fait d’accord comme quoi, dans un monde idéal, ça ne se passerait pas ainsi. Hélas, nous ne vivons pas dans un monde idéal.  Le choix de la victime se limite donc à deux choses: Cesser de faire ce qui attire le harcèlement, ou bien passer le reste de sa vie à le subir tout en gueulant comme quoi c’est à l’Homme et non à elle de changer son comportement.  Elle a beau avoir raison sur ce point, ce n’est pas ça qui va améliorer son sort.

Vous croyez que je ne peux pas comprendre ce que vit une femme car en tant qu’homme dans la quarantaine, je suis à l’abri de ce genre de situations?  Détrompez-vous!

  • Harcèlement amoureux: À 40 ans, lorsque je tenais mon blog de Défi Diète 2008, je suis tombé dans l’oeil d’une des programmeuses/modératrices de Canoë.com.  Après plusieurs semaines à subir ses propositions non-sollicitées et à les refuser, elle a commencé par hacker mon blog, m’en empêchant l’accès, avant de le détruire.
  • Harcèlement sexuel: À 42 j’en ai subi pendant trois mois de la part du fils de mon patron lorsque je travaillais dans un garage: Non-respect de mon hétérosexualité, propositions amoureuses, vol de mon chèque de paie afin d’obtenir mon adresse qui était inscrite dessus, visites surprises chez moi, appels incessants, et harcèlement sous forme de comportement agressif et négatif au travail puisque je n’ai jamais répondu positivement à ses avances.  Il a fallu que je l’engueule sans retenue en public pour avoir enfin la paix.
  • Harcèlement haineux en public: Durant tout l’été de 2011, après plusieurs mois d’entrainement qui m’ont amené au sommet de ma forme physique, j’ai subi à plusieurs reprises des agressions verbales et physiques dans la rue. Dans ce dernier cas, j’ai fini par comprendre que ce qui m’attirait ces agressions, c’était le fait d’être maigre aux cheveux longs.  Je me suis coupé les cheveux et je me suis laissé reprendre un peu de poids.  Les agressions ont automatiquement cessés et je n’en ai plus jamais subi depuis.

Ce qui fait que moi aussi je me suis retrouvé dans la situation où j’ai eu à choisir entre cesser de faire ce qui m’attirait le harcèlement, ou bien passer le reste de ma vie à le subir tout en gueulant comme quoi ce sont mes agresseurs et non moi qui devraient changer de comportement. J’ai choisi de faire ce qu’il fallait pour ne plus attirer les agresseurs, et ainsi ne plus être une victime. Vous comprendrez donc que dans de telles conditions, j’ai quelques difficultés à comprendre que le simple fait de dire à une femme de cesser de lire dans le bus/métro/train pour cesser d’attirer les harceleurs, ça me vaut des accusations d’être misogyne et machiste.   Pourtant…

Ce qui en revient à la question que je pose dans le titre de ce billet: Lorsque l’on voit où se situe la raison du harcèlement que vit une personne, faut-il le lui dire afin qu’elle cesse de le subir? Ou vaut-il mieux se taire et la laisser continuer de se faire harceler, parce que conseiller la victime, ça équivaut apparemment à la blâmer?  Je comprends qu’il faut changer la société en s’attaquant à la base des mentalités, afin que l’on ne vive plus dans la culture du viol. Mais ce n’est pas prêt d’arriver.

Alors en attendant que ça arrive, on fait quoi?  On conseille et on passe pour une basse ordure (pour citer ma principale détractrice) ?  Ou bien on se tait, et ainsi, par notre silence, on devient automatiquement complice de l’agresseur?