Avez-vous déjà constaté que nos (arrières-) grands-parents s’habillent et se coiffent toujours comme lorsqu’ils étaient adolescents? C’est quelque chose que je constatais déjà lorsque j’étais adolescents, dans les années 80. Je n’ai jamais su si c’était par habitude, parce qu’ils ne se sont pas rendus compte que la mode changeait, ou si c’était en ayant l’impression (erronée) que ça continuait de leur donner une apparence jeune. N’empêche que, peu importe la raison, beaucoup de gens de chaque génération ont tendance à garder leur look de jeunesse.
Ce qui nous amène à cette anecdote qui remonte à l’automne de 1995.
J’ai 27 ans et je suis de retour aux études, au Cégep. La semaine de la rentrée, je suis allé au local du journal étudiant, le Vox Populi, afin de soumettre ma candidature comme illustrateur. Deux semaines plus tard, on m’offrait le poste de rédacteur en chef sans même que je m’y porte candidat. Il semblerait que mes idées pour améliorer le journal et attirer une plus grande participation des lecteurs ont impressionné le staff.
… Mais pas aussi impressionnés qu’ils le seront un mois plus tard alors que je ferai de nouveau preuve de mon sens de l’observation en matière de look et de modes.
Le local du Vox se trouve au fond du café étudiant, le Café Inn. Ce jour-là, je demande à Geneviève, notre photographe, d’aller prendre une photos des jeunes au Café. Je lui demande de laisser un grand espace libre en haut de l’image. Cet espace doit recevoir le gros titre « LE DÉCROCHAGE SCOLAIRE. Qui sera la prochaine victime? » Je dessinerai ensuite et collerai moi-même sur la photo les quatre petites cases-à-textes-et-à-bras que vous y voyez ici :
Après 27 ans passées dans mes archives, la première case a perdu son bras.
C’est en observant la photo que je constate un détail qui détonne du reste. Ce gars-là porte du linge et une coiffure qui ont vingt-cinq ans de retard sur la mode de 1995.
Les cheveux séparés sur le côté, je n’avais pas vu ça depuis la télésérie Mannix (1967-1975)
En général, les profs ne vont jamais au Café Inn. Alors qui était ce bonhomme dans la quarantaine avancée et qu’est-ce qu’il pouvait donc bien faire dans un café étudiant de cégep?
En plus d’être situé au fond du Café-Inn, le local du Vox est pourvu d’une fenêtre qui nous permet d’y voir. Dans les jours qui ont suivi, ça m’a permis de constater le manège quotidien de cet homme. À tous les jours, il s’introduisait au Cégep par la porte de la cafétéria, celle qui n’a pas de gardien. Il entrait au Café Inn. Il prenait un café. Et il s’assoyait là, en retrait, et il passait deux ou trois heures à ne rien faire d’autre que de regarder les filles.
Au bout d’une semaine, j’étais convaincu qu’il n’était pas un prof, et encore moins un étudiant. J’ai brièvement pensé qu’il pouvait être parent avec un/e des étudiant/e. Mais son manque d’interaction avec qui que ce soit m’a vite convaincu du contraire. Il n’avait rien à faire ici.
Un avant-midi, je l’attend. Dès que je le vois entrer, je pars aussitôt aux bureaux de la direction, leur faire part de mes observations, photo à l’appui. Ils me demandent :
« Êtes-vous sûr que ce n’est pas un prof ? » « Positif ! Il a l’air d’habiter sur la rue derrière le cégep. »
Une adjointe de la direction a aussitôt demandé au gardien à l’entrée de nous accompagner. Je les ai amenés jusqu’au monsieur louche, toujours à sa table avec son café. Ils lui ont demandé qui il était et ce qu’il faisait là. Ce n’est qu’après cinq secondes de silence embarrassé qu’il a répondu prendre un café. Ils ont posé de nouveau la question. Et comme de fait, ce n’était pas un prof. C’était un BS qui n’avait rien d’autre à faire de ses journées que de venir ici reluquer des filles de 17-20 ans.
Ils lui ont bien fait comprendre qu’il est illégal de se trouver au cégep si on n’est ni prof ni étudiant ni employé. La sécurité l’a raccompagné jusqu’à la sortie, en l’avertissant bien que si on le revoit encore ici, cette fois ce sera la police qui s’occuperont de son cas.
On ne le reverra au cégep que la semaine suivante. Mais cette fois, ce sera en photo de couverture du Vox Populi de novembre ’95. Mais sinon, en personne, on ne l’y reverra plus.
Sous le regard désapprobateur de Lupin le chat.
Peut-être que son but était sinistre, et peut-être pas. Peut-être que les choses seraient allées plus loin, et peut-être pas. Le fait est qu’il n’avait juste pas à être là. Et que grâce à mon sens de l’observation, qui sait, peut-être ai-je évité à l’une de ces filles de se faire suivre jusque chez elle.
D’où l’importance d’avoir un bon sens de l’observation au sujet de ce qui nous entoure. Et de se méfier de toute situation qui puisse nous sembler anormale.
Tel que quasi-annoncé dans le billet précédent, j’ai pris une résolution du nouvel an au sujet de ce blog. Désormais, chaque texte relatant un fait vécu et/ou observé aura comme conclusion les leçons de vie que j’en aurai tiré.
Cette anecdote remonte au début des années 2000. Àplusieurs reprises depuis la création de ce blog, j’ai parlé de monbon copain Carl. Ça faisait près de quatre ans que je ne le fréquentais plus. Après m’avoir retracé par le net, il m’apprend qu’il travaille sur une série créée par l’un de nos bédéistes québécois, Raymond Parent. Le titre temporaire de la série est Les Poaros, puisque les personnages ont un physique en forme de poire. Au final, la série portera le titre de Klootz. Ce mot ne voulant rien dire, ça en fait un titre universel.
Si Carl m’appelle, c’est pour m’offrir une place dans l’équipe de réalisation, en tant que designer graphique.
Je le remercie d’avoir pensé à moi. Mais je lui dis que moi aussi j’ai évolué côté carrière. Je gagnais ma vie en tant qu’auteur et scénariste, entre autres pour les magazines Safarir et Summum. Il n’y a donc que dans l’écriture que je veux travailler. Je me suis cependant laissé convaincre par ma conjointe qu’il valait mieux accepter. Ça me permettrait d’avoir un pied dans la place, ce qui me donnera l’opportunité de leur proposer mes services comme auteur plus tard. Carl est ravi. Il me donne donc une liste de 56 objets à produire.
Ce travail ne demande aucune formation en 3D. Il faut simplement que je dessine chaque objet demandé sous différents angles. Ces images servent de guide aux graphistes qui les refont en 3D, avant de les refiler aux animateurs. Carl me dit que ma présence n’est pas requise aux studio d’animation. De toute façon, on ne me demande que des dessins en noir et blanc. Il va s’occuper lui-même d’en choisir les couleurs et les indiquer à son équipe. Je travaille donc de chez moi, ce qui me convient.
Au lieu de simplement produire ce qui m’est demandé en apportant des dessins génériques, je me met à fond dans l’esprit des BD et des dessins de Raymond Parent. Ainsi, c’est avec un style proche du sien que je produis une gourde, une mitrailleuse, un canon, un casque de sécurité rond et un carré, etc.
Et on verra tout ça apparaître dans les épisodes.
Je pousse ensuite la chose à en proposer certains gags visuels de mon propre chef. Par exemple, dans la liste, on me demande une boite dans laquelle un magicien va scier un spectateur en deux. Non seulement je donne à la boite la forme d’un cercueil, j’y ajoute une ligne pointillée à découper.
Deux gags visuels qui sont présents en version colorée et animée.
Mieux encore : Je me permets même de faire un peu de zèle, en y ajoutant de mes propres suggestions. Par exemple, dans une série de sketchs où les personnages sont des cowboys, je suggère trois choses : La moustache et le chapeau noir pour le personnage qui est toujours grognon, ainsi qu’un poster WANTED pour ce dernier, où son visage sera dessiné à l’ancienne.
Bien que non-sollicitées, ces propositions ont été acceptées.
Autre suggestion accompagné d’un dessin non-sollicité : évoquer la chaleur du désert en montrant deux oeufs et du bacon qui cuisent sur un rocher. Le tout rappelant la forme d’une tête de mort et deux os croisés.
Dans cet épisode, ils ont ajouté une scène rien que pour y inclure ce gag. Juste pour ça, on peut dire que j’ai contribué au scénario.
Et ceci démontre que dès le départ, ma relation avec cette boite d’animation allait être bien plus que simple pousse-crayon. Je m’infiltrais dans le processus créatif, et j’y étais le bienvenu. Voilà qui augurait bien pour mon avenir dans les séries animées en général, et au au sein de cette boite en particulier. Une nouvelle carrière prometteuse et lucrative s’ouvrait à moi. Et tout ça grâce à Carl.
Mais pourquoi avais-je coupé tout contact avec Carl quatre ans plus tôt? J’ai rencontré Carl au tout début de notre école secondaire alors que nous avions tous les deux douze ans. Tous deux passionnés d’humour et de BD, nous sommes vite devenus inséparables. Mais peu à peu, un espace s’est creusé entre nous. Malgré nos nombreux points en commun, nous étions à l’extrême opposé sur des aspects qui sont importants dans nos années de jeunesse.
Il était beau. J’étais laid.
Les filles lui couraient après. Avec moi, si elles courraient, c’était pour me fuir.
Il avait toujours de l’argent. J’en avais rarement.
Son père était gérant de banque. Le mien était le chômeur du village.
Son père lui a payé des cours de conduite à 17 ans. J’ai payé moi-même les miens à 26.
Il venait d’une bonne famille, et ses connexions lui assuraient un bon avenir. Tandis que le mauvais nom de mon père m’a toujours porté ombrage.
Mais surtout, autant Carl avait-il une chance infernale qui lui collait au cul, autant avais-je au contraire une poisse pas possible. Il n’y a qu’à lire le billet précédent, dans lequel je raconte comment j’ai essayé pendant deux ans d’entrer au Collège Dawson en vain, alors que Carl y a étudié deux ou trois ans sans le moindre obstacle.
Mais surtout, sa chance inouïe me portait souvent préjudice. Car à force d’être ensemble, le hasard détournait vers lui des choses qui auraient dû me revenir. J’ai deux exemples en particulier qui remontent à l’époque de l’école secondaire.
Exemple 1. On m’avait demandé de réaliser des affiches pour une activité caritative scolaire. En retour, j’allais pouvoir y participer au lieu d’aller en classes. J’ai fait les affiches. Bien que Carl n’avait rien fait pour eux, c’est lui et non moi qui a été inclut dans l’activité. Et c’est son nom et non le mien qui figura dans le journal dans la liste des gens à remercier.
Exemple 2. Durant l’année scolaire, j’ai publié 14 articles et BD dans le journal étudiant. Carl n’y avait participé que deux fois. Chaque participation nous donnait droit à un coupon pour un tirage en fin d’année. Il y avait une bourse de $100 et chaque nom pigé remportait $5. Mon nom est sorti deux fois. Et le nom de Carl, cinq fois. Pour deux participations. Toujours habitués à nous associer et/ou à nous confondre, les profs avaient également donné 14 billets à Carl. Il s’emparait donc injustement du quart de la bourse à lui tout seul. 25$ en 1983, c’est un peu plus de $100 en argent de 2024. Une somme appréciable lorsque l’on a 14 ans.
Dans les deux cas, même en sachant très bien qu’il récoltait le fruit de mes efforts, fruits qu’il n’avait nullement mérité, jamais il n’a tenté de rétablir la vérité auprès des profs. Pourquoi l’aurait-il fait? Quand le destin fait de toi un tel winner à 14 ans, il est évident que tu veux juste en profiter. Et tant pis pour le pauvre loser qui sera privé de ce qui lui revient de droit. Ce n’est pas de ta faute à toi si les profs n’ont pas été capables de faire leur travail correctement.
Même lorsque l’on n’évoluait pas dans le même milieu, le fait de vivre des situations semblables se terminait toujours de manière positive pour lui et négative pour moi. Par exemple, alors que nous étions dans la fin de la vingtaine, nous travaillions chacun pour deux grandes compagnies d’informatique. Moi c’en était une qui créait et gérait des pages web pour de grandes compagnies. Tandis que lui travaillait pour une boite d’animation 3D. Presque en même temps, nous avons eu des problèmes similaires, sous la forme de nos chefs d’équipe qui nous faisaient subir leur harcèlement moral au travail, allant même jusqu’à saboter nos boulots pour se trouver des raisons pour nous descendre. Nous avons chacun porté plainte à nos grands patrons. Dans mon cas personnel, ça a juste empiré mon problème car les dirigeants se tiennent entre eux. Et j’ai continué d’en subir jusqu’à ce que je sois obligé de démissionner.
Mais dans le cas de Carl, son patron a pris son problème au sérieux. Il a observé comment Carl et son chef d’équipe travaillaient. Il a vu que Carl faisait un bon travail irréprochable. Et il a vu que le chef, en sabotant le travail de Carl, sabotait toute l’équipe, et ainsi affectait négativement le rendement de la boite. Il a donc mis le chef à la porte. Et il a donné son poste à Carl.
Et quel a été le tout premier contrat à se retrouver sur le nouveau bureau de Carl? Le JourNul de François Pérusse. Eh oui ! Alors que pour les animateurs normaux ça prend des années, voire des décennies avant de tomber sur LE contrat qui va leur apporter succès et richesse, Carl voit ça lui tomber dessus à la seconde même où il entre en poste.
Après ce coup-là, j’ai tout simplement cessé de lui donner signe de vie. Ce gars-là était juste trop chanceux. Ce n’était pas un problème d’envie ni de jalousie de ma part. C’était la reconnaissance du fait que Carl et moi ne vivions pas du tout dans le même monde, et que jamais je ne ferai partie du sien. À ses yeux, ce qui venait de se passer à son travail, ça n’avait rien d’exceptionnel. Pour lui, c’était Business as usual. Par conséquent, pour lui, les gens comme moi qui ont à travailler dur et à se battre pour une réussite qui parfois nous échappe malgré tout, ce sont des incompétents, des ratés, des gens qui ne veulent pas vraiment réussir. Me tenir avec lui, c’était me faire influencer à croire que son destin exceptionnel était la norme. La norme pour tous, sauf moi! Ça déformait ma perception de la réalité, mettant sur mes épaules une pression morale inutile, néfaste et toxique.
En cessant de le fréquenter, j’ai cessé de me comparer à lui, j’ai pu constater que ma réalité était bien plus semblable à celle de la moyenne des hommes qu’à la sienne, et j’ai enfin pu évoluer à mon rythme. Et ce qui ne gâchait rien, c’est que lorsque je rencontrais une fille, il n’était plus là pour détourner son attention et/ou me rabaisser afin de la dissuader d’être plus que simple amie avec moi. Il est vrai qu’il m’avait toujours connu comme ayant des difficultés avec ma vie amoureuse. Me voir heureux en couple aurait brisé le statu quo auquel il était habitué.
Avec les années, j’ai eu quelques belles réussites. Je suis retourné aux études, au Cégep, où j’ai joint le journal étudiant. On m’y a offert le poste de rédacteur en chef sans même que je ne m’y porte candidat. J’ai habité aux résidences étudiantes où, après avoir jasé quelques minutes avec le propriétaire, il m’a spontanément offert le poste de superviseur de la place. J’ai créé le premier texte viral humoristique québécois d’internet. J’ai fondé MensuHell, j’ai été publié dans Safarir, Summum, Le Journal de Montréal, ce qui m’a donné ma propre page sur Wikipedia. Je me suis également amélioré physiquement. J’ai perdu du poids et pris du muscle. Je me suis mis à la course à pieds, pouvant courir 200 mètres le premier jour avant de tomber épuisé-mort, et quatre mois plus tard je courrais 5 km ininterrompus. Ça m’a permis de voir que dans le fond, quand je m’y mettais, je n’étais pas un loser. C’est juste que, comparé à Carl et sa chance infernale, n’importe qui avait l’air d’en être un.
Et c’est là, quatre ans plus tard, que Carl m’a recontacté pour m’offrir du travail sur la série Klootz. Étant donné notre historique, j’étais réticent à l’idée de le ramener dans ma vie. Mais ma conjointe m’a convaincu que je n’étais qu’un pauvre parano qui s’imagine que tout le monde cherche à lui nuire. Et que si je tiens tant que ça à laisser passer l’opportunité d’avoir un ami haut placé pouvant me donner un bon poste et un bon salaire, alors ça prouverait non seulement je n’ai jamais cessé d’être un loser, mais je démontrerais que j’en suis moi-même la cause. Y’a rien comme des paroles encourageantes de la part de la femme qui t’aime pour t’aider à prendre les bonnes décisions. Il est vrai que Carl et moi étions maintenant des adultes dans la mi-trentaine. Il a sûrement pris de la maturité. Qui sait, il est possible qu’il ait décidé de m’amener dans son monde et me donner le coup de pouce nécessaire pour m’y tailler une place.
Au début, Carl était impressionné de mon parcours, autant côté social que carrière que physique. Cependant, il a totalement refusé d’accepter l’un de mes changements, en me disant « Si tu penses que m’as t’appeler « Steve Requin ! » … Pour moi tu seras toujours Jon-Son! » Ce surnom qui date de notre école secondaire se prononce comme si on inversait les syllabes du mot songeons. C’est une façon de prononcer caricaturalement à la française mon vrai nom de famille qui est Johnson. Disons que je n’étais pas très chaud à l’idée de me faire recoller ce nom qui représente toute la période loser de ma vie que j’ai réussi à mettre derrière moi à force de travail. Mais bon, je savais que les gens étaient désemparés face aux changements de ce qui les entourent. Et moi, j’avais changé radicalement. Aussi, qu’il s’accroche à un détail aussi anodin que le surnom sous lequel il m’a toujours connu, je ne voyais pas en quoi ça pourrait me causer préjudice.
À la seconde même où j’ai accepté son offre d’emploi, les choses sont redevenues telles que lorsque je le fréquentais. Il ma demandé combien de temps est-ce que ça me prendrait pour lui fournir 56 dessins d’objets et 3 décors. Songeant à comment je pouvais coordonner la chose avec mes autres contrats, je lui répondu trois semaines. Il me réplique sèchement que c’est beaucoup trop long puisqu’il lui faut ça dans 10 jours maximum. Il rajoute qu’il est désappointé puisque, de la manière dont je lui parlais, je lui avait laissé l’impression erronée que j’étais un professionnel.
C’est là que j’ai compris que son insistance à s’accrocher à mon vieux surnom de loser n’avait rien d’anodin. Il agissait vraiment de manière à me recoller cette image qu’il avait toujours connu de moi, celle avec qui il était à l’aise. S’il avait vraiment voulu être amical et conciliant, il m’aurait dit « Hey, j’ai besoin de 56 dessins et 3 décors dans 10 jours. Penses-tu que tu peux faire ça? » À ce moment-là, j’aurais dit oui et je me serais arrangé avec mes autres boulots. Mais là, il m’a tendu un piège afin de nous démontrer dès le départ que j’étais un incompétent.
Tel que j’ai raconté plus haut, je lui ai fait ses dessins dans les temps convenus, incluant mes propres suggestions. Pour les objets, rien à redire. Par contre, pour les décors, bien que j’avais suivi à la lettre les instructions de Carl, sa patronne n’était pas satisfaite. Alors qu’elle me faisait part des raisons pourquoi mes décors suçaient des culs de babouins, Carl m’a regardé avec un petit sourire condescendant et il a dit devant elle :
« Sacré Jon-Son! Toujours égal à lui-même! Tu changeras jamais! »
Si j’avais encore des doutes comme quoi il cherchait à me (re)coller une image de loser, ces paroles et son attitude me les ont définitivement ôtés.
Dès que les décors ont été refaits, j’ai été payé. Non pas avec un chèque au nom de la boite, mais bien par chèque personnel. Un geste qui signifie deux choses très claires. De un, je n’ai jamais été à l’emploi de cette boite. (Je n’avais d’ailleurs jamais signé de contrat avec eux.) Et de deux, jamais je n’en ferai partie. J’en ai eu la confirmation lorsque j’ai vu les épisodes de la série pour laquelle Carl m’a fait travailler. Bien que tous mes designs et toutes mes suggestions ont été utilisées, jamais ne retrouve-t-on mon nom au générique.
Voyez vous-mêmes !
Non seulement Carl avait-il stoppé mon évolution, il s’arrangeait pour me faire régresser. S’il avait fait subir ça à n’importe quel de ses employés, celui-ci aurait pu démissionner et se retrouver du travail dans une boite concurrente. Mais moi, sans avoir de formation, n’ayant été embauché que par contact, n’ayant même pas droit à avoir mon nom au générique pour prouver mon expérience, je n’avais pas cette opportunité. Si je voulais travailler en animation 3D, mon choix se limitait à rester avec eux, c’est à dire continuer d’être exploité, insulté, rabaissé, tout en me faisant ôter toute possibilité d’avancement et même d’obtenir un salaire décent. Ou bien démissionner, ce qui me fermerait les portes de l’animation 3D pour toujours.
Devant ces faits, ma conjointe a bien été obligée de reconnaitre que ma relation avec Carl était toxique. Cette fois, elle était d’accord lorsque je lui ai annoncé mon intention de cesser de travailler pour la boite et prendre de nouveau mes distances avec lui
Les leçonsde vie que j’en ai tiré. Je dois avouer que je ne les ai pas tirées immédiatement après avoir vécu cette aventure-là en particulier. Mais il m’est arrivé de vivre des situations qui étaient semblables sur certains points. Et c’est en les comparant que j’y ai vu certaines constantes.
LEÇON 1 : Les gens ne changent pas, surtout lorsqu’il s’agit de leurs défauts. Je sais que c’est un paradoxe, puisque ce blog est justement consacré aux changement et à l’amélioration de soi. N’empêche que s’il y a une constante chez les gens, c’est que chacun nait avec sa personnalité distincte, et que celle-ci ne change pratiquement jamais durant le cours de son existence. La personne peut reconnaître ses défauts. Elle peut les combattre. Elle peut modifier son comportement afin de le rendre acceptable socialement. Mais au fond, elle sera toujours ce qu’elle a toujours été. Alors quand la personne ne reconnait pas comme tel l’un de ses défauts, l’idée de changer ne lui viendra jamais à l’esprit.
C’est pour souligner ce fait que je suis allé chercher deux anecdotes d’école secondaire qui précèdent de vingt ans son offre d’emploi pour Klootz. À 14 ans, Carl n’avait aucun scrupule à récolter le fruit de mes efforts. Et il n’avait aucun problème avec l’idée que je ne sois pas crédité pour ceux-ci. Et il avait encore moins de problème à recevoir beaucoup plus d’argent que moi pour un travail que j’ai effectué seul. En me faisant revivre à 34 ans ce qu’il m’a déjà fait endurer à 14, il démontrait ne pas avoir changé du tout.
LEÇON 2 : Beaucoup de tes proches refuseront de te voir évoluer. Quand on a des amis, c’est parce que ceux-ci nous acceptent tel que l’on est. Ils sont confortables avec nous et avec ce que nous sommes. Hélas, pour celui qui vit misérablement pour cause de faible revenu, ça signifie que c’est comme ça que son entourage l’apprécie. C’est le rôle qu’on lui a assigné dans le groupe. Toute tentative d’en changer va les mettre hors leur zone de confort. Leur premier réflexe sera alors de tenter de garder les choses telles qu’elles ont toujours été. Quitte à le saboter, de manière à ce qu’il reste à sa place. Comme Carl qui faisait en sorte de refaire de moi le loser à faible revenu qui vit misérablement, tel qu’il m’avait toujours connu.
LEÇON 3 : Le manipulateur va toujours te rabaisser pour pouvoir t’isoler, tout en se mettant en position d’indispensable. Carl m’offre un travail prestigieux. Je lui dois ma reconnaissance. Carl se montre aussitôt déçu de moi. Je ne veux surtout pas décevoir celui qui m’a fait une telle faveur. Alors je fais l’effort de faire ce qu’il me demande. Et j’en fais même plus. Et je le fais si bien que toutes mes suggestions non-sollicitées ont été acceptées par l’équipe de production.
Le problème, c’est que si ses collègues et patrons voient que j’ai ce qu’il faut pour faire partie de la boite, ils vont m’y inclure. Donc, Carl va cesser d’être indispensable pour moi. Il perdra le contrôle qu’il s’est donné sur ma carrière, et par extension sur moi. Il doit donc me remettre à ma place. Celle que j’ai toujours eue à ses yeux.
Pour ce faire, il me donne ensuite de mauvaises instructions pour les décors. Puis il expose mes mauvais décors à sa patronne, dans le but que celle-ci me juge indigne de travailler là. Et pour que ça soit bien clair pour moi, il arrange ensuite une rencontre pour qu’elle puisse me rabaisser en personne sur mon travail minable. Et il en rajoute une couche en me rabaissant lui-même auprès d’elle, et ce devant moi, afin de s’assurer que je comprenne que non, je n’ai pas et je n’ai jamais eu ce qu’il faut pour faire partie de la boite. De tous ces gens, seul Carl a la générosité de me tolérer pour mon évidente incompétence. Alors même si je ne reçois rien, je lui dois tout.
Et voilà comment il peut me conditionner à trouver normal le fait que je dois toujours faire plus que ce qui m’est demandé, que je ne sois pas crédité pour mon travail, et que celui-ci me rapporte si peu. Et je dois le remercier car il m’est indispensable, puisque ce n’est qu’à travers lui que je peux vivre la fierté de voir mon travail passer à la télé.
LEÇON 4 : Beaucoup de gens font semblant de vouloir t’aider, mais en réalité ils ne cherchent qu’à s’aider eux-mêmes. Dans un précédent billet, je racontais comment une amie m’avait offert la colocation afin de me rendre service car je venais de me séparer d’avec Karine. En réalité, elle cherchait juste un larbin pour s’occuper de l’appartement, de ses animaux et aussi pour payer le loyer puisqu’elle partait vivre chez son nouvel amoureux. Ici, le principe est le même. Carl me rend service en m’incluant dans son travail d’animation 3D, mais je me retrouve à faire son travail à sa place. Puis, sans me nommer, il présente mes designs et mes idées à ses patrons. Et c’est lui qui récolte le prestige et le gros salaire.
Et la plus difficile à digérer :
LEÇON 5 : L’entourage de l’arnaqueur / profiteur / manipulateur va toujours prendre son parti contre toi. Si tu racontes ce qui est arrivé, si tu exposes ses faits et gestes, même si tu apportes des preuves solides, son entourage aura l’une (ou plusieurs) de ces réactions.
Nier que c’est arrivé, peu importe l’évidence apportée.
Te rabaisser en te qualifiant de rancunier qui vit dans le passé incapable de décrocher de ses petites frustrations.
Te faire porter seul la responsabilité de ce qu’il t’a fait subir, en te disant un truc dans le style de : « Si tu le savais qu’il était comme ça, et que tu es quand même retourné t’exposer à ça, alors c’est ton problème. C’était à toi de faire les bons choix. »
Certains vont se montrer un peu plus ouvert. Ils vont reconnaître tes preuves de son mauvais comportement, mais ils vont répondre un truc comme « Ok, wow! Je suis surpris. Je n’aurais jamais imaginé ça de lui. » … Pour ensuite continuer de le fréquenter en l’estimant tout autant qu’avant, comme s’il n’avait jamais rien fait de mal.
Aussi tordue soit-elle, il y a une logique derrière ces réactions : Qu’est-ce que ça apporterait à son/sa conjoint/e, à sa famille et à ses amis de se mettre en froid avec lui, pour prendre ton parti ? Rien ! Ça peut seulement leur causer des ennuis. Il y va donc de leurs propres intérêts de continuer de le soutenir. Et de te bannir de leur bel univers harmonieux, puisque tu ne fait rien d’autre que d’y apporter de la merde, avec tes revendications négatives.
Lorsque l’on a quelqu’un comme ça dans sa vie, la meilleure chose à faire est de la maintenir à distance. Ou mieux encore, si on le peux, couper tout contact avec cette personne.
Je ne pensais pas faire une série avec le billet précédent, jusqu’à ce que plusieurs personnes m’en demandent une suite. Alors pourquoi pas ! Mais cette fois, j’y vais de mes souvenirs car je n’ai jamais mis ces anecdotes sur Facebook, alors je n’ai aucune capture d’écran pour les appuyer.
À 55 ans, j’en suis à mon 38e logis. Et là-dessus, croyez-le ou non, ce n’est que la seconde fois que je déménage volontairement. Toutes les autres fois étaient par obligations. Je déménageais pour cause d’études, ou de fin de celles-ci. Pour le travail, ou pour fin de ceux-ci. Pour habiter en couple, ou partir à la fin de ceux-ci. Pour colocation avec des amis, jusqu’au départs de ceux-ci, rendant le loyer trop cher pour mon budget. Pour infestation de parasites, souris, punaises, rats. Pour rénovations. Pour reprises de baux par les propriétaires. Et, non le moindre, tel que déjà raconté dansce billetde la série Un câble d’acier ombilical, j’ai souvent eu à déménager à cause de mes parents qui m’ont fait perdre, à de nombreuses reprises, logis, carrières et couples.
Cette fois-ci, au lieu de dénoncer la bêtise humaine des autres, je vais plutôt vous raconter comment on a essayé de m’arnaquer, en pensant que ce serait moi qui ferais preuve de bêtise.
L’appartement qui est une voie publique. 1996, J’ai 27 ans et je suis de retour aux études. Je trouve une petite annonce pour un loyer grand et abordable. Il est dans le sous-sol d’une maison privée. Le sous-sol est divisé en deux appartements. Le superviseur de l’endroit, qui me fait visiter, habite l’autre moitié du sous-sol. L’appartement libre est une grande pièce qui n’a aucune division. Il y a un comptoir cuisine. Il y a une porte vers l’extérieur. Celle-ci mène à la cour arrière. Et il y a une porte intérieure. Celle-là donne sur un corridor, la porte du logis du superviseur, ainsi que sur l’escalier qui monte vers le logis du propriétaire. La toilette est dans le corridor, donc partagée avec le superviseur. Et même en plein jour, il faut allumer la lumière car les deux minuscules fenêtres rectangulaires éclairent très peu.
Il me dit quatre choses qui m’enlèvent immédiatement envie d’habiter là.
C’est dans mon logement que sont situées les boites électriques, le contrôle de l’eau et les câbles de téléphone et de la télé. Je dois donc m’attendre à ce que le propriétaire et autres techniciens viennent y travailler n’importe quand.
La loi exige que chaque logement possède deux issues. La seule porte extérieure du sous-sol est dans mon appartement. Ainsi, pour des raisons de sécurité, il n’y a pas de verrou à ma porte intérieure, afin de laisser libre accès au voisin en cas d’incendie.
D’ailleurs, le soir, afin de ne pas déranger les propriétaires qui habitent en haut, le superviseur passe toujours par la porte extérieure du sous-sol pour entrer et sortir de la maison. Porte qui est dans mon logis.
Afin de « lui fournir une preuve comme quoi je suis vraiment étudiant », il demande une copie de mon horaire de cours.
« Je ne l’ai pas encore. Mais je peux vous fournir ma carte d’étudiant du Cégep. » « N’importe qui peut s’inscrire à un cégep et décider par la suite de ne pas y aller, et de faire quand même passer pour un étudiant avec sa carte. »
Ah bon !? En quoi est-ce qu’un horaire de cours est une meilleure preuve de non-abandon-d’études qu’une carte étudiante ? Déjà qu’il n’y a aucune raison logique ni légale pour laquelle je devrais fournir à un propriétaire une preuve comme quoi je suis étudiant, je ne vois qu’une raison pourquoi il exige mon horaire de cours : Savoir quand je serai absent de mon appartement. Un appartement dans lequel les propriétaires et lui auront accès à tout moment, via la porte non-verrouillable. Tant qu’à habiter dans un lieu public où j’aurai zéro intimité et qu’aucune de mes possessions ne seront en sécurité puisqu’il n’y a aucune pièce où je pourrais embarrer mes choses, je crois inutile de préciser que je suis allé me chercher un logis ailleurs.
L’ « amie » qui me voulait comme homme à tout faire… et homme à tout payer. En 2011, après 12½ ans de relation de couple, Karine et moi nous sommes séparés à l’amiable. En plus, le propriétaire reprenait notre logement pour y installer des membres de sa famille. Karine est partie habiter ailleurs, et je suis allé vivre dans petit appartement de sous-sol près de mon travail. Ça faisait un mois que je m’y étais installé lorsque j’y a reçu un appel de Salomé, une amie datant de mon cégep. Elle a entendu dire que Karine et moi étions séparés, et elle m’offre une pièce de son appartement. Je décline ! D’abord, son appartement pue la pisse de chat et la ménagerie. Elle a en effet (au moins) trois chats, un lapin, des serpents, des lézards et je ne sais quoi d’autre. Elle insiste, comme quoi elle s’ennuie de moi, et que le fait d’habiter ensemble nous permettra de repartir sur plein de projets artistiques comme dans le temps.
À ce moment-là, voilà quatorze ans que Salomé est dans mon entourage, et ça fait quatorze ans que je la vois agir. C’est une opportuniste sans la moindre empathie qui n’hésite jamais à manipuler et utiliser les gens pour son profit personnel. Puisqu’elle sait très bien que je la connais parfaitement, je me suis souvent cru à l’abri de ses magouilles. C’est la raison pour laquelle j’ai quelquefois accepté de travailler avec elle sur certains projets. Mais à chaque fois que ceux-ci commençaient à fonctionner, elle m’en écartait pour en récolter seule les profits. Au moment où elle m’appelle, voilà plusieurs mois, voire quelques années, que nous n’avons pas eu de contacts à part l’occasionnel LIKE sur Facebook. Et là, comme ça, spontanément, je dois croire qu’elle s’ennuie de moi, et qu’elle est mue par une pulsion humaniste de venir à mon secours ? Ça ne lui ressemble pas du tout. Aussi, je décline de nouveau, invoquant le bail que je viens de signer et qui me lie légalement aux paiements de cet appartement. J’invoque également la distance entre son appartement et mon travail, distance que je ne pourrais plus couvrir à pied. Enfin, il y a mon chat, Tommy, qui virerait certainement fou à se voir devenir coloc avec (au moins) trois autres chats. Elle me demande une dernière fois si je suis vraiment sûr et certain de ma décision. Je lui confirme que oui. Elle met donc fin à l’appel.
Deux heures plus tard, Une amie commune (qui ignorait que Salomé venait de m’appeler) m’apprend via MSN que Salomé est en couple, qu’elle va aménager chez son nouveau mec, et qu’elle se cherche quelqu’un pour vivre dans son appartement. Et, bien sûr, le payer à sa place puisqu’elle n’y logera plus. Et puisqu’elle ne peut pas amener sa ménagerie chez son nouveau conjoint, la personne devra également s’occuper de ses animaux.
Et voilà! Il me semblait bien, aussi, que son offre sonnait faux. Encore une fois, Salomé m’avait pris pour un imbécile exploitable en croyant que j’allais gober ses histoires. Et elle l’a fait dans le but de me coincer à payer son appartement puant et à prendre les responsabilités, en travail, en temps en en argent, de nourrir, soigner et ramasser la merde de son zoo.
Il me semble que depuis le temps que l’on se connait, elle sait que je la vois venir avec ses arnaques. Sûr, je suis tombé dans le panneau à quelques reprises au tout début de notre relation. Mais j’ai appris ma leçon et plus jamais je ne l’ai laissé me prendre au piège de nouveau. Pourtant, elle essaie encore et toujours, ce qui démontre qu’elle me croit trop stupide pour apprendre de mes erreurs passées. C’est ce qui est le plus insultant.
Celle qui ne voulait pas payer ses quatre derniers mois. Décembre 2020. Je paie un prix fort pour habiter en chambre dans une maison où je dois garder le silence en tout temps, et où toute visite est interdite. Puisque le prix de la chambre et du local de l’entrepôt où reposent mes possessions (et où j’ai habité clandestinement pendant tout le mois de juillet de l’année précédente) me coûtent ensemble le prix d’un 4½, je cherche un appartement où je pourrai enfin vivre une vie normale. Ma copine Mégane m’en trouve un. Il s’agit d’un très grand logement au prix étonnement abordable, situé tout près de mon nouveau travail. Je le visite en compagnie de Mégane. Il est situé en demi-sous-sol. Grandes fenestrations. Cinq pièces. Cuisine et salle à diner séparé par un îlot de travail. Beaucoup de rangement. Accès à la cour par une porte patio. Et, puisque c’est à Saint-Jean-Baptiste, ville agricole, on a droit à superbe vue sur la nature, la forêt, les champs, le Mont-Saint-Hilaire. Et la meilleure : Ce demi-sous-sol n’est pas situé sous la maison, mais bien sous l’annexe de celle-ci qui sert en partie de garage. Donc, aucun risque de subir le bruit des propriétaires, ni de les déranger avec le nôtre. La fille qui y habite y est restée pendant trois ans. Et là, elle quitte pour aller habiter avec son fiancé qui vient de s’acheter une maison. Voilà pourquoi elle partira le premier mars. Mégane, ravie, se voit déjà redécorer la place. Je le prends. Mais avant de signer la cession de bail, il me manque juste quelques renseignements pour remplir le contrat. Nous partons donc en promettant de revenir dans une heure.
En sortant, nous croisons le propriétaire qui revient de travailler. Nous allons nous présenter, et lui expliquer la raison de notre présence ici. Le courant passe bien et il semble nous faire confiance. C’est alors qu’il nous dit :
« Elle vous a bien précisé que c’est un bail de quatre mois ? » « Bah non ! Mais ça me semble logique, puisque je suppose que son bail se termine le 30 juin, comme tout le monde. Le prochain bail sera à mon nom. » « Non ! Il n’y aura pas de prochain bail. Je reprends la place le premier juillet pour y loger mon fils, qui va avoir seize ans. Elle ne vous l’a pas dit ? Elle cherche quelqu’un pour finir son bail parce qu’elle ne veut pas payer les quatre derniers mois. »
Non, elle ne nous l’a pas dit. Je ne vais quand même pas aller m’installer à un endroit d’où je serai obligé de déménager de nouveau dans quatre mois. Bonne chose que le propriétaire s’adonnait justement à passer au moment où nous sommes sortis, sinon cette arnaqueuse me mettait cette charge légale sur le dos.
Payer la moitié, pour occuper le 1/6e On m’apprend qu’une collègue dessinatrice se cherche un colocataire. Je visite l’appartement. Je vois qu’elle possède déjà tous les meubles et électroménagers requis. Elle occupe donc à elle seule quatre des cinq pièces, en plus du cabanon extérieur. Elle exige que tout ce que je possède soit entreposé dans ma chambre, et que celle-ci soit fermée et verrouillée en tout temps. Je dois me débrouiller pour entreposer ma nourriture, car son frigo et garde-manger sont pleins. Il n’y a pas de place non plus dans ses armoires et tiroirs pour ma vaisselle. Et aussi, ça serait apprécié que je ne sois pas là lorsqu’elle reçoit son copain, histoire qu’ils puissent avoir leur intimité.
Bref, elle voulait la part financière du colocataire, sans le colocataire. Là encore, je crois inutile de préciser que je n’ai pas fait la bêtise d’accepter cet arrangement.
Le principe du Bait-and-Switch Le Bait and Switch est une technique malhonnête qui consiste à annoncer un appartement (d’où bait, l’appât) et à en offrir un autre (d’où switch, changer) au moment de la visite. J’en ai moi-même vécu quelques-uns. Voici ceux dont je me souviens.
L’annonce dit que c’est un 3½ pour $450 dollars. Je le visite. La propriétaire me montre un 2½. Je lui dis que l’annonce parlait d’un 3½. Elle me répond : « J’en ai un, mais il est plus cher. »
Une autre annonce parle d’un 3½ pour 400$. C’est bien un 3½, mais il est $500. Je lui rappelle que l’annonce disait 400. Il me dit que j’ai mal lu car ce logis a toujours été 500. Je lui montre l’annonce, disant bien $400, avec photo du building, donc impossible que je me trompe. Il me baratine alors comme quoi le journal a dû faire une erreur en retranscrivant l’annonce. Et que ce n’est pas à lui de se faire pénaliser de $100 pour les erreurs des autres. Étrangement, cette « erreur » persistera pendant plusieurs mois dans les éditions suivantes de ce journal.
Il y a aussi plusieurs proprios d’édifices à logements qui annoncent « 2½, 3½, 4½, à partir de $400 », lorsque tu appelles, il t’annonce qu’il ne lui reste plus que « des 4½ à partir de $600 », et que lorsque tu visites, il ne lui reste plus qu’un grand 4½ à $750.
Je me souviens également ce celle qui avait annoncé un 2½ mais m’a fait visiter un 1½. Lorsque je lui ai fait remarquer, elle me pointe par terre, montrant que la moitié du plancher est recouvert de prélart et l’autre moitié d’un tapis. Elle dit : « Ça c’est la cuisine. Et ça c’est le salon. »
Si un propriétaire se montre aussi malhonnête dès le départ, il ne faut pas s’attendre à ce qu’il soit correct si vous acceptez de devenir son locataire. Alors tout comme moi, il suffit de ne pas commettre la bêtise de prendre ces logements, et vous éviterez ces ennuis. Car il est inutile d’en dénoncer ces propriétaires malhonnêtes au Tribunal Administratif du Logement. Tout ce qu’ils vont vous répondre est : « Si vous voyez que c’est une arnaque, c’est à vous de ne pas signer le bail. » Et ceci laisse ces propriétaires libres de continuer leurs tentatives d’arnaques jusqu’à ce qu’ils arrivent à faire une victime. Et inutile pour celle-ci de dénoncer ces propriétaires malhonnêtes au Tribunal Administratif du Logement. Tout ce qu’ils vont vous répondre est : « Si vous avez signé le bail, vous êtes tenus de le respecter. C’était à vous de faire attention avant de signer. »
J’avoue que j’ai déjà été tenté de me faire imprimer des cartes d’affaires avec un nom fictif et en ayant comme titre « Enquêteur du Tribunal Administratif du Logement », avec les vraies coordonnées du T.A.L. Comme ça, à chaque fois que je tomberais sur un/e propriétaire malhonnête, je lui remettrais ma carte en disant : « Nous avons eu quelques plaintes à votre sujet. C’est pour ça que je suis venu constater par moi-même que ces plaintes étaient bien fondées. Je vais remettre mon rapport à mon supérieur. Vous aurez de nos nouvelles bientôt. Bonne journée. » Voilà qui devrait l’effrayer un brin et lui faire passer l’envie de recommencer. Mais bon, étant donné que j’espère à chaque fois que ça sera mon dernier déménagement, je n’imagine jamais que ça puisse me servir.
PROCHAIN BILLET : Il y a un peu plus d’un an, dans la série un câble d’acier ombilical, j’ai donné plusieurs exemples de la bêtise de mes deux parents, et celle de mon père en particulier. Dans cet ordre d’idées, je ne pouvais pas passer à côté de vous raconter leur dernier déménagement, celui d’avril 2021, un an avant que je coupe les ponts avec eux. Vous verrez que dans les derniers temps de notre relation, leur bêtise atteignait des sommets qui étaient devenus extrêmement pénibles à endurer.
Aux dires de plusieurs, ici au Québec, notre sport national n’est pas le hockey mais bien le déménagement annuel. Pendant longtemps, la coutume sociale voulait que les visites de logements se fassent durant tout le mois d’avril (d’où la tradition du ménage du printemps au mois de mars), et que le déménagement se fasse le premier mai.
Ceci causait un réel problème aux commissions scolaires qui voyaient une partie des enfants changer d’école à un mois et demi de la fin des classes, se voyant pris à passer des examens sur des sujets qu’ils n’avaient pas nécessairement étudiés. Voilà pourquoi le gouvernement s’en est mêlé, et a proposé le premier juillet, jour d’été, de congé et férié, comme date officielle pour déménager.
Évidemment, il y en a toujours pour briser la tradition. Comme moi, en ce moment. J’ai eu la chance de trouver un superbe condo abordable construit il y a cinq ans, et j’y aménage demain, le 30 décembre. Avec du travail, de la détermination, et surtout en coupant les ponts avec les gens toxiques qui m’entouraient, ça m’aura pris trois ans pour passer de l’itinérance à la propriété. Et c’est ce qui nous amène au sujet de ce billet.
Comme nous le savons tous, la bêtise humaine est une ressource infinie. L’expérience m’a montré que c’est surtout lors d’un déménagement que celle-ci se manifeste. On la retrouve parfois parmi les gens qui nous aident à déménager. Par exemple, il semble y avoir une vague de papyrophobie (peur du papier) chez les déménageurs amateurs, parce que….
Mais bon, je suppose que certaines personnes rechignent à la tâche de devoir trimballer des trucs lourds. Mon classeur à dossiers à quatre tiroirs a cet effet sur bien des gens.
Et n’oublions pas cet ami de mon père qui, après avoir offert son aide (et son pick-up Ford) il y a 12 ans, a regardé avec horreur mes boites de livres. Et qu’il a aussitôt déclaré: « J’amène pas ça! C’est pas des vraies affaires, ça, c’est rien qu’des livres. Ça sert à rien. » Mais bon, mon père et ses amis n’ont jamais été vraiment intellos.
À deux reprises, il m’est arrivé de retrouver cette bêtise chez les gens qui déménagent. Par exemple, j’allais aider une amie à déménager. La veille du déménagement, je loue la camionnette. Puis, je me rends chez elle pour lui apporter des boites. Lorsque j’entre chez elle, surprise: Elle n’a rien emballé, rien mis en sac, rien emboîté. Ne comprenant pas mon état d’urgence, elle me dit : « Ben là, panique pas! Demain, je vais remplir les boites pendant que tu les entres à mesure dans la camionnette. Ça ne devrait pas nous prendre plus qu’une coupl’ d’heures, franchement! »
J’insiste pour que l’on commence immédiatement. Huit heures plus tard, il était minuit et on n’avait pas encore terminé. Elle a bien vu que non, un déménagement, ça ne s’improvise pas à la dernière minute. J’ai été obligé de dormir là et nous lever le lendemain à six heures du matin. On a tout juste eu le temps de terminer à midi, lorsque les locataires suivants sont arrivés.
La seconde fois, c’était dans un appartement où nous aménagions, Karine et moi. Les locataires passaient du 3e étage au rez-de-chaussée du même triplex. Lorsque nous sommes arrivés vers midi, nous les avons réveillés. Ils avaient fait une petite beuverie la veille, en compagnie de leurs amis venus pour les aider à déménager. ils se sont mis en tête que, puisqu’ils ne faisaient que transférer leurs possessions deux étages plus bas, que le tout pourrait se faire en une heure ou deux. Donc pas besoin de rien emballer. Et moi, j’étais là, avec mes aides et le camion loué en bas que je devais rendre le soir-même, sans pouvoir rien entrer dans l’appartement. Je les ai donc prié de vider au moins une pièce, où on pourra y entreposer nos meubles et boites, en attendant qu’ils finissent leur déménagement. Au final, puisqu’ils étaient en gueule de bois, il a fallu les aider à descendre leur stock. On s’est donc tapés deux déménagements en un jour.
Mais là où la bêtise humaine qui déménage est la plus présente, c’est parmi les gens qui s’intéressent à ton logis. En voici quelques beaux exemples. Commençons avec celle qui ne sait apparemment pas lire.
J’aurais pu lui faire remarquer que non seulement l’adresse est le titre de l’annonce elle-même, sa disponibilité est écrite dans la première ligne. Mais bon, j’ai opté pour être conciliant, ne pas faire de cas de sa bêtise, et lui donner les réponses à ses deux questions. Regardez ce que ça m’a apporté :
Je suppose qu’elle a vu mon exaspération pour ses questions stupides et la conversation s’est arrêtée là. Enchainons donc avec d’autres gens qui ne savent pas lire.
Mais même chez ceux qui savent lire, ça ne rend pas les communication plus simples pour autant.
Ben oui! Parce que c’était beaucoup plus simple de m’écrire une phrase que de taper trois chiffres. C’est une tendance qui est hélas beaucoup trop répandue. Par exemple, chez cette femme de qui je prenais le bail.
Et que dire des visiteurs. Constatez que lorsque je m’énerve, je reprends mon accent québécois:
Mon voisin d’en dessous m’en a d’ailleurs parlé, de cette visiteuse particulière.
La raison pourquoi c’est moi et non mes divers proprios qui ont eu droit à ces spécimens, c’est parce que c’était des baux que je cassais en dehors de la saison des déménagements. À ce moment-là, le proprio acceptait de casser mon bail, mais à condition que je passe moi-même l’annonce et que je me charge des visites. Heureusement, pour mon déménagement hors-saison actuel, tout s’est bien passé. Les premiers visiteurs ont repris mon logis. L’ancienne occupante du condo est partie il y a un mois. Je paie des déménageurs professionnels. Bref, pour une fois, zéro bêtise humaine dans mon déménagement.
… enfin, presque. La semaine dernière, je suis allé au bureau de poste pour leur demander une boite postale pour ma nouvelle adresse. Ils m’ont dit que les clés seraient prêtes après trois jours ouvrables. Aussi, aujourd’hui…
Si vous travaillez dans les arts, que ce soit comme illustrateur, photographe, musicien, cinéaste ou autre, alors vous avez inévitablement rencontré le spécimen suivant. Il n’a jamais travaillé dans votre domaine, mais il vous arrive avec l’idée du siècle, un truc capable de rejoindre chaque homme, femme, enfant, trans et minéral sur terre. Il faut juste que vous lui réalisiez son projet. Oh, il n’a pas d’argent pour vous payer. Mais qu’importe, puisque son idée vaut une fortune. Il vous paiera plus tard, dès que son projet sera sur le marché et que les milliards commenceront à s’engranger.
On a beau rouler des yeux, il reste que, qui sait, peut-être que son idée vaut la peine qu’on y jette un œil. Vous demandez à en savoir plus. Il recule alors et refuse catégoriquement. Il n’est pas question qu’il vous dise quoi que ce soit de son idée géniale, VOUS ALLEZ LA LUI VOLER! No-non, d’abord, vous devrez signer le contrat qui va vous lier légalement à lui, vous obligeant à réaliser son projet, tout en vous engageant à respecter la clause de confidentialité. C’est seulement ensuite, qu’il vous dira de quoi il s’agit. Deal? Évidemment, vous refusez de signer. Personne ne serait assez fou pour aller s’engager dans un contrat légal sans savoir en quoi consiste le travail qui lui sera demandé. Il repart donc, en vous traitant de tous les noms, vous maudissant pour votre étroitesse d’esprit, gueulant comme quoi les artistes se plaignent d’être pauvres, mais dès que quelqu’un est prêt à se pencher charitablement sur eux pour les sortir de la misère, ils refusent. Ça prouve donc une chose : Si les artistes sont pauvres et méconnus, c’est parce qu’ils le veulent.
Bon, le second paragraphe arrive plus rarement que le premier. N’empêche que, dans un cas comme dans l’autre, en général, on décline. Tant qu’à travailler sans garantie de revenus, aussi bien consacrer notre temps et nos énergies sur nos propres projets.
Eh bien moi, à quelques reprises, j’ai commis l’erreur de laisser sa chance à une telle personne. Il est vrai que dans leurs cas, ile n’avaient pas laissé le projet au stade de mystère. Expliqué en détail, celui-ci semblait exceptionnellement prometteur.
Maintenant, si je dis que c’était une erreur, c’est parce que je me suis rendu compte en travaillant avec eux que le fait d’être capable de produire un concept viable, ça ne veut pas dire pour autant que la personne aura une attitude professionnelle. Par conséquent, je n’ai pas su saisir à temps les signes qui auraient dû me sonner une alarme dans la tête. Ou lever un Red Flag, comme le dit l’expression populaire. Mais d’un autre côté, perdre mon temps avec eux, ça m’a permis d’apprendre à la dure à les reconnaître, ces signes,
RED FLAG : Il est hargneux à la limite du haineux. Visitez son Facebook, ça va se voir tout de suite. Alors que certaines personnes vont poster des nouvelles dénonçant des abus de toutes sortes, lui va prendre une nouvelle anodine, genre « Facebook atteint 2 milliards d’utilisateurs », et la postera en écrivant un truc du style de « Je chie sur Zuckerberg! » Et regardez ce qu’il a mis dans sa section des citations. Dans toute l’histoire de l’humanité, des milliers de gens ont dit des millions de choses positives et inspirantes. Or, lui, il a mis un truc du style de « Je ne tuerai jamais personne, sauf si la personne me fait chier. (Trey Parker) »
Pourquoi est-ce un problème? Lorsqu’une citation nous accroche, c’est parce que celle-ci nous parle. Parce qu’elle s’accorde avec nos valeurs profondes. Parce qu’elle est le reflet de notre personnalité. Parce qu’on s’y reconnait, ne serait-ce qu’au niveau du subconscient. Dans le cas de cette citation en particulier, sans pour autant croire que la personne qui l’a mis sur son Facebook serait capable de se rendre jusqu’au meurtre, il reste que ça démontre une personnalité revancharde. Le genre de personne qui cherche toujours une excuse pour se justifier dans son désir d’attaquer autrui. Quitte à provoquer soi-même le conflit, même si on ne trouve que des détails anodins pour le faire. Quand la personne est comme ça, nul n’est à l’abri de ses attaques et de ses campagnes de salissage. Incluant ls gens qui ont le pouvoir de faire de vos projets un succès.
RED FLAG : Il vous dit « J’aimerais ça, faire __________! » « J’aimerais ça, savoir dessiner. » « J’aimerais ça, jouer de la guitare. » « J’aimerais ça, perdre du poids. » Constatez que dans tous les cas, jamais il ne dit qu’il aimerait apprendre à dessiner, apprendre à jouer de la guitare, apprendre ce qu’il faut faire pour perdre du poids.
Pourquoi est-ce un problème? Déjà là, inconsciemment, il vous dit qu’il n’est pas prêt à investir l’effort requis pour apprendre. De toute façon, quelqu’un qui veut vraiment savoir dessiner ou jouer d’un instrument, il dessine et il joue. Mal, certes, mais il le fait, par lui-même, et c’est comme ça qu’il apprend. Et puis, ça fait quoi, 25 ans que Google est notre ami? Quand une simple recherche peut nous donner des centaines de sites avec tous les renseignements requis pour atteindre notre but, on n’a aucune excuse pour demander à un autre de le faire à notre place.
RED FLAG : Ses projets demandent plus de ressources qu’il n’en a accès. Avoir l’idée du siècle, c’est facile. La réaliser, un peu moins.
Pourquoi est-ce un problème? S’il ne vous propose que des projets qui sont hors de sa portée, alors il est évident qu’il perd son temps et qu’il va vous faire perdre le vôtre.
RED FLAG : Il a des attentes irréalistes… Et il les délègue. Je me souviens de l’un d’eux pour qui on tournait un court sketch. Il s’était mis en tête que son projet méritait d’avoir des commanditaires. Il m’a donc chargé d’aller visiter les commerçants du quartier pour leur demander de l’argent en échange de publicité dans notre sketch. J’ai particulièrement aimé son « Va voir le gérant du McDo et demande-lui 2 ou 3 containers de 5 litres de café gratuit pour l’équipe de tournage. »
Pourquoi est-ce un problème? Le problème réside surtout dans le fait que son implication dans les aspects les plus difficiles du projet se limite à dire aux autres de les faire. Cette manière de travailler ne sert qu’à lui. Car si tu réussis, alors il en prend le crédit puisque ça prouve qu’il est un excellent directeur. Et si tu échoues, alors il s’en lave les mains puisque c’est ta faute et non la sienne.
RED FLAG : Il n’a aucune expérience du milieu, donc il n’a aucune idée de ce que son projet implique en dépenses, en temps et en travail. J’en ai rencontré un comme ça. Le gars avait un projet de pièce de théâtre qui, et je cite, allait arranger les erreurs qui sont trop souvent commises sur scène, et qui ennuient le spectateur. Les erreurs, selon lui, résidaient dans le fait qu’il n’y avait qu’un décor, s’il y en a pour commencer. Et ensuite, de un à six comédiens, ce n’est pas suffisant. Il me parle alors de son projet de pièce dans lequel le personnage voyagerait à travers des dimensions parallèles, et rencontrerait huit peuples extraterrestres différents. Et il prévoyait plus de 20 décors géants et mobiles, actionnés par des gens derrière le décor. Du jamais vu!
Pourquoi est-ce un problème? Si c’est du jamais vu, c’est qu’il y a une raison. Vous ne vous êtes jamais demandés pourquoi un humoriste ne fait ses tournées qu’avec un minimum de gens, d’accessoires et de décor? C’est parce que plus le spectacle est élaboré, plus ça coûte cher, et plus petit est son revenu. Voilà pourquoi il n’est pas rare que l’artiste fait sa tournée seul dans son véhicule, et souvent dort dedans. Comme ça, ses dépenses se limitent à l’essence, sa nourriture et la location de la salle de spectacle et les employés sur place (son, éclairage, régie de plateau).
Alors l’autre, là, avec ses 20 décors à transporter qui vont nécessiter 2-3 camions et 40-à-50 personnes à loger, nourrir et payer, il faudrait qu’il fasse salle comble au stade olympique (location du stade: $12 000 par jour) pour commencer à faire des revenus.
RED FLAG : La qualité de son travail n’est pas à la hauteur des échantillons de son CV. Un gars m’a amené une BD qu’il avait fait. Le dessin était amateur, mais ça importait peu car l’idée était de me montrer ce qu’il savait faire en tant que scénariste. Et en effet, c’était un bon scénario, bien monté, qui suit une formule populaire. Bizarrement, la qualité de tout ce qu’il m’a pondu par la suite allait de nulle à médiocre. Et pour cause: Ce ne sera que quelques années plus tard que je constaterai que le scénario de sa première BD avait été plagiée d’un comic de la série Archie.
Et il avait remplacé tous les personnages par des gens qu’ils connaissait… Sans leur demander.
Pourquoi est-ce un problème? Parce que quand on investit temps et argent dans les projets des autres, encore faut-il que le projet en question soit rentable. Et il n’y avait rien à tirer des merdes qu’il était capable de produire par lui-même.
RED FLAG : Il plagie. (Encore faut-il s’en rendre compte dès le départ) J’ai eu un scénariste extraordinaire qui est venu me voir à ma table lors d’un événement BD avec l’idée du siècle : Des albums qui vont parodier les films de la série Star Wars. Son raisonnement était simple et contenait une bonne part de logique : « C’est le principe de Weird Al Yankovic. Si tu produis une oeuvre originale, tu ne sais pas si elle va réussir à plaire au grand public. Tu peux perdre plusieurs années là-dessus. Tandis que si tu prends Star Wars, tout le monde connait ça, Et puisque tout le monde aime l’humour, alors voilà, succès assuré. »
Puis, il me donne les grandes lignes de son scénario et des blagues de sa parodie de Star Wars. Et il se trouve que je les connaissais toutes. Il n’a fait que reprendre celles des parodies de Star Wars publiées dans le magazine Mad.
Pourquoi est-ce un problème? C’est quand même ironique que celui-là même qui me sort l’argument de « ne pas perdre mon temps à dessiner une série sans savoir si elle sera populaire ou non » tient à me faire perdre mon temps à dessiner une série qui sera impopulaire pour cause de plagiat total.
RED FLAG : Il brûle des étapes. Un ancien collaborateur était tellement pressé de réaliser son projet qu’il nous a fait commencer à filmer avant même d’avoir fini le premier tiers de son scénario.
Pourquoi est-ce un problème? Parce que quand il se remettait à l’écriture du scénario, il trouvait toujours une nouvelle idée géniale demandant de réécrire les scènes déjà tournées. Ce qui signifiait qu’il avait passé plusieurs jours à faire travailler bénévolement trois comédiens, une preneuse de son, une perchiste, deux caméraman et un accessoiriste. … Pour rien !
RED FLAG : Sa façon de résoudre un problème, c’est insister jusqu’à ce que l’autre cède. Autrement dit, ne pas respecter les limites de l’autre.
Pourquoi est-ce un problème? Parce que dans le langage légal, il y a un mot qui décrit ce genre d’insistance: Harcèlement.
RED FLAG : Il devient votre coach / manager sans vous en parler, et prends en votre nom des obligations sans vous demander votre avis. Revenons à mon cinéaste amateur. Histoire de pouvoir les utiliser plus tard dans ses projets, il s’est lié d’amitié avec une équipe de tournage. En entendant qu’il leur manquait un acteur, il a sauté sur l’occasion pour bien paraître à leurs yeux: il leur a vendu mes services en vantant une grande expérience sur scène que je n’avais même pas. Il est vrai que j’ai été plusieurs fois figurant muet dans des films et séries télé, mais là s’arrêtait mon expérience. C’est tout fier de lui qu’il m’annonça que l’équipe de tournage m’attendrait le lendemain matin. Mon choix se limitait donc à refuser et décevoir tous ces gens qui comptaient sur moi, ou bien le faire.
Pourquoi est-ce un problème? Ce genre de personne ne voit pas que tu as une vie, des obligations, des projets. Il ne lui vient pas à l’idée que si tu n’exerces pas le métier d’acteur, c’est parce que tu n’as aucun intérêt ni talent dans ce métier. Tous ces détails ne lui importent pas. Dans sa vision étroite et narcissique, les gens sont comme des choses : disponibles pour lui à tout moment pour qu’il les utilise à sa guise.
RED FLAG : C’est le Messie. À l’entendre, tous les gens impliqués dans son projet lui seront reconnaissant car ce sera grâce à lui s’ils seront reconnus par la suite dans le métier. J’en ai même eu un, une fois, qui comptais offrir un rôle à Dominique Michel qui, et je cite, « Sera heureuse de travailler gratuitement pour nous puisque ça va la ramener aux yeux du public et redémarrer sa carrière. » Je suppose que ça peut être possible, si on ne tient pas compte du fait que non seulement notre grande comédienne qui avait à ce moment-là 78 ans avait volontairement prise une retraite bien méritée, elle l’aurait prise quinze ans plus tôt si elle n’avait pas été fraudée par son comptable.
Pourquoi est-ce un problème? Premièrement, il n’y a rien de plus dangereux que de s’associer à quelqu’un qui croit qu’on lui devra quelque chose. Et ensuite, son raisonnement au sujet de Dominique Michel prouve qu’il n’a fait aucune recherche à son sujet avant d’en arriver à ses conclusions erronées.
RED FLAG : Il ne prend aucune critique négative. Et au lieu d’apprendre de ses erreurs, il les justifie. Nous avions tourné un sketch de 15 minutes écrit et co-joué par mon collaborateur. Suite à une critique négative dans lequel on l’avait qualifié de maillon faible du tournage, il me demande ce qui ne va pas dans son jeu et son scénario. Il s’en suivit alors l’échange suivant :
LUI : « Qu’est-ce qu’y veut dire en prétendant que mes paroles ne sonnent pas naturelles? » MOI : « Ben, prend juste la scène où tu réponds au téléphone. Tu dis « Comment vas-tu? » Ça aurait sonné plus naturel de dire « Comment ça va? » LUI : « Ben là! C’est comme ça que je parle dans la vraie vie! » MOI : « OK, je peux bien comprendre. Mais quand on est un acteur, on doit savoir changer notre vocabulaire selon le personnage que l’on joue! » LUI : « Mais c’est pas un personnage! C’est moi! Pourquoi tu penses que je joue sous mon vrai nom? » MOI : « Ok! Mais les gens ne savent pas comment tu parles dans la vraie vie. » LUI : « Ben là! C’est à eux-autres de comprendre. »
Pourquoi est-ce un problème? Je crois que nous sommes tout familiers avec le proverbe qui dit que ceux qui oublient l’histoire sont condamnés a la répéter. Peu importe la raison pourquoi il parle de manière non-naturelle, il reste qu’il parle de manière non-naturelle, et que ça dérange le public et les critiques. Puisqu’il nie le problème au lieu de le corriger, le problème va se répéter, ainsi que les critiques négatives qui vont en résulter.
RED FLAG : Il est plus revanchard que travaillant. La semaine qui a suivi la projection publique de notre sketch, nous avons eu droit à quelques critiques suivies de quelques entrevues. Ensuite, nous devions travailler sur notre projet suivant. Il m’était malheureusement impossible de le faire se concentrer sur notre travail. Il relisait sans cesse chaque critique négative en gueulant contre. Et il lisait les commentaires des lecteurs en bas de chaque article. Il prenait en note chaque nom ou courriel accompagnant chaque commentaire négatif pour les retracer sur Facebook. Et de là, trouver leur emploi, leur numéros de téléphone et autres adresses, ce qui lui permettait parfois de trouver leurs comptes sur Kijiji et autres sites où l’on trouve les véritables coordonnées de la personne. Et il parlait de ses plans d’écrire aux employeurs, aux conjoints, aux familles de ces gens, pour écrire les pires mensonges à leur sujet, afin de ruiner leurs carrières et vies sociales. Et ses idées d’aller passer à toute vitesse sur leurs rues en lançant au passage des projectiles à travers leurs fenêtres, ou leur faire subir un vandalisme quelconque.
J’ai tenté de le dissuader en lui disant que l’enquête saura démontrer que ces gens auront tous le même point en commun: nous avoir avoir critiqués. Et cela fera de nous les premiers suspects. Sa réponse m’a donné froid dans le dos: « Oui, mais ça ne veut rien dire. Ça pourrait être un de nos fans qui qui se serait senti insulté que ces gens-là rabaissent ses idoles, et qui aurait fait ça pour nous défendre! »
Pourquoi est-ce un problème? Premièrement, il y a qu’il mettait tout son temps et tous ses efforts dans ses plans de revanche contre ceux qui avaient commis le crime de ne pas nous adorer, plutôt que de travailler sur notre projet suivant. Une sacrée perte de temps. Et ensuite, son commentaire démontre clairement qu’à ses yeux, le public était supposé nous idolâtrer (l’idolâtrer LUI, en fait). Quiconque faisant le contraire méritait les pires rétributions. Sérieusement!
Disons que je n’avais pas tellement envie d’écrire mes projets futurs à partir d’une cellule de prison. Un caprice comme ça.
RED FLAG : Il règle ses comptes dans son oeuvre. Il n’aimait pas sa prof de maths de son secondaire IV. Il en a fait un personnage ridicule dans un de ses sketchs. Et comme si ça ne suffisait pas, il a fait un truc que je ne pouvais pas imaginer qui puisse venir à l’esprit de quelqu’un rendu à 37 ans. J’avais une console de jeu Wii. Dans Wii Sports, il a fait un avatar de cette prof, qu’il jouait en faisant exprès de tout rater, pour ensuite nous montrer son score minable afin que l’on en rit avec lui.
Pourquoi est-ce un problème? Parce qu’il y a une sacrée différence entre un simple règlements de compte et une obsession malsaine. Ça faisait 21 ans qu’il n’avait plus revu cette prof, et il avait encore l’esprit coincé sur elle. S’il est capable de faire ça pour elle, attends-toi à y avoir droit toi aussi, le jour où ses conneries vont vous séparer.
RED FLAG : Sa fierté est mal placée. Je ne me souviens plus si c’était sa dette de carte de crédit ou son prêt étudiant. Toujours est-il qu’il était endetté de quelques milliers de dollars, et qu’il avait réussi à convaincre son nouveau conjoint, un jeune homme riche, de la payer pour lui. Ceci fait, il racontait ensuite fièrement comment il a surpris la conseillère financière lorsqu’il a dit qu’il remboursait tout en un seul paiement, alors qu’elle voulait lui proposer des versements mensuels. Et il n’avait aucune honte de nous dire que son conjoint avait payé ses dettes à sa place.
Pourquoi est-ce un problème? Parce que se vanter d’une telle chose, c’est montrer à tous que nous n’avons aucune hésitation à exploiter financièrement les gens qui nous entourent. Bonne chance pour te trouver des collaborateurs sérieux après ça.
RED FLAG : Seules les apparences comptent pour lui. C’était à l’époque où Candy Crush était un jeu très populaire sur Facebook. Il avait trouvé sur le net un cheat code qui jouait à sa place et qui multipliait le score par dix. Et non seulement était-il fier de dire qu’il avait l’intelligence de l’avoir trouvé et utilisé, il se vantait fièrement des scores de quelques millions qu’il obtenait.
Pourquoi est-ce un problème? Parce que se vanter d’une telle chose, c’est montrer à tous que nous sommes fiers d’être des tricheurs, des arnaqueurs, des menteurs, des bullshiteux. Bonne chance pour te trouver des collaborateurs sérieux après ça.
RED FLAG : Il se met en vedette partout. En 2011 est sorti le film québécois Funkytown dans lequel l’action se passe dans les années 70, autour de la discothèque montréalaise Starlight. Ce gars-là a réussi le tour de force d’aller interviewer les ex-propriétaires du véritable Starlight, et de les convaincre de s’associer avec les propriétaires actuels de la place pour une soirée nostalgie, avec les employés et clients de l’époque. Et il a produit un DVD de cette soirée. Jusque-là, chapeau, admirable travail.
Mais voilà, sur la pochette du DVD, il n’a rien mis qui en représente le sujet. Il n’a pas mis une photo extérieure de la disco. Il n’a pas mis une photo des gens qui s’amusent à l’intérieur. Il n’a pas mis la photo des propriétaires. Non ! C’était une photo de lui-même, tenant un micro. Pour se justifier, il disait que ça représentait bien le contenu, puisque tout le long, il est là à interviewer les clients, le personnel et les propriétaires.
Pourquoi est-ce un problème? Imaginez l’affiche du film Star Wars qui ne serait qu’une photo de Georges Lucas. Ou l’affiche de la pièce Les Belles Soeurs, qui ne serait qu’une photo de Michel Tremblay. Ou de Starmania, qui ne serait qu’une photo de Luc PLamondon. Impensable ! Ça ne représente en rien le contenu de l’Oeuvre. Et encore, Lucas, Tremblay et Plamondon sont connus du grand public, EUX ! Ce qui n’était fichtrement pas le cas du reporter.
RED FLAG : Il demande des garanties de succès avant d’avancer, et ce sans avoir fait ses preuves. J’ai connu un loser de ce genre-là, qui nous a cassé les oreilles pendant deux mois sur Facebook, comme quoi il était en pleine rédaction d’une histoire d’horreur. On parle ici d’un inconnu avec zéro expérience dans le milieu de l’écriture de roman ou du cinéma. Je le précise car le premier mois, c’était sous forme de roman. Puis, le mois suivant, réalisant qu’il y a plus d’argent à faire avec un film qu’un livre, il a réécrit son projet sous forme de scénario. Puis, découragé par le temps qu’il a perdu à réécrire ce qu’il avait fait plutôt que d’avancer dans son histoire, il a demandé à ses contacts FB s’il y en avait parmi eux qui avaient des connexions dans le monde du cinéma, afin qu’il puisse leur présenter ce projet à qui il manque encore les trois quarts. Car, disait-il, « Je ne vais pas perdre mon temps à écrire un film si personne ne va le tourner. » Deux semaines plus tard, puisqu’aucun cinéaste ne l’a contacté, il a jeté furieusement son projet aux poubelles, en gueulant contre l’étroitesse d’esprit du milieu.
Pourquoi est-ce un problème? Ce qu’il démontre ici, c’est que sa passion, ce n’est pas l’écriture ou le cinéma. C’est de chercher la manière la plus rapide de devenir riche et célèbre. C’est la raison pourquoi il n’arrive pas à se brancher sur un projet.
RED FLAG : Il confond avoir du succès avec avoir une personnalité désagréable. Un ex collaborateur avait pour son dire que les grandes vedettes telles Prince ou Madonna, ou même notre Michelle Richard nationale, étaient reconnues pour avoir de grands caprices et être désagréables. Il en est aussitôt arrivé à la conclusion que si l’on veut avoir un succès semblable au leur, il fait agir comme eux. Il se permettait donc d’être exigeant, capricieux et chiant avec ses collaborateurs et ses contacts.
Pourquoi est-ce un problème? Dose de réalité : Tu n’es pas une vedette populaire avec 30-40-50 ans de carrière derrière toi. Tu n’es pas un grand nom qui, posé en tête d’affiche, va attirer les foules. Tu es un inconnu qui n’a pas encore fait ses preuves. En agissant ainsi, tout ce que tu prouves, c’est que tu n’es pas le genre de personne avec qui on a envie de travailler. Une grande vedette peut se permettre des exigences et des caprices car elles sont irremplaçables. Toi? Non!
RED FLAG : Au premier accroc entre vous deux, il te bannit de son univers et tente de s’emparer du tiens. Après trois ans de collaboration, nous n’avions réussi que deux de ses huit projets. Et même ceux-là étaient en perte de vitesse, à cause que ses conneries nous sabotaient sans cesse. Il m’a alors m’a demandé ce qui n’allait pas dans ses projets. Heureux de voir qu’il était enfin prêt à entendre raison, je lui ai démontré point par point, en suggérant une ou plusieurs solutions pour chacun des cas. Insulté dans son orgueil, il me bloqua aussitôt de partout. C’en était fini de notre collaboration.
Quelques temps plus tard, il a fait une soirée chez lui dans lequel il a invité tous nos collaborateurs et la majorité de mes amis. Et il a pris une photo de groupe, qu’il a mis en bannière sur son Facebook, de façon à bien me mettre en face le fait qu’il tentait de me les enlever. Ils n’ont pas été dupes longtemps. Il a ensuite tenté de me faire perdre mon emploi en écrivant à mes patrons, ce qui a foiré car ces derniers ne me reconnaissaient en rien dans ce qu’il leur a écrit. Il a ensuite essayé de refaire les projets que nous avions réussis, cette fois sans moi. Mais il n’a jamais trouvé quelqu’un pouvant faire aussi bien que moi et/ou étant capable d’endurer sa personnalité toxique. Aux dernières nouvelles, tout en se faisant vivre par son conjoint, il s’est recyclé en tant qu’auteur. En auto-édition, bien sûr, puisqu’aucun éditeur sérieux et reconnu ne peut s’intéresser à ce qu’il écrit.
Pourquoi est-ce un problème? Le véritable problème, c’est le fait que j’ai ignoré toutes les alarmes précédentes. Parce que rendu à ce point-ci, le dommage est déjà fait.
Et j’aurais eu plusieurs autresRED FLAG dans ce genre à vous présenter: Il brûle des ponts, il fait dans l’auto-Sabotage, il fait dans l’auto-victimisation, pour attirer la sympathie, il cherche à faire de son entourage son armée personnelle, non pas pour combattre avec lui mais plutôt pour combattre à sa place, etc. Une chose demeure sure, et c’est que lorsque quelqu’un a ce qu’il faut pour faire partie d’un milieu artistique, alors il fait déjà partie de ce milieu. S’associer avec quelqu’un qui n’a ni le talent ni les accomplissements ni la connaissance ni la personnalité requise, c’est une perte de temps.
AVERTISSEMENT HABITUEL. Puisque je suis un homme hétérosexuel, je ne peux parler que de la perspective d’un homme au sujet de femmes. N’y voyez pas de la misogynie. Je suis parfaitement conscient qu’en inversant les genres, une femme va vivre des situations similaires ou bien pire.
Que ce soit en personne ou bien via les apps de rencontres, il y a des signes qui ne trompent pas, comme quoi l’autre va toujours garder une certaine distance envers toi. Heureusement, ça se voit habituellement dès le départ, dès vos premières conversations. Si ce n’est pas carrément dans la description de son profil. Il y en a cinq qui se démarquent en particulier dans cette pratique. Il s’agit de…
Celle qui ne se présente pas. (À part son nom.) Lorsque l’on s’intéresse à une personne, on lui fait une présentation dans laquelle on dévoile certaines facettes de soi-même. « J’habite à tel endroit. J’aime ceci. Je pratique tel sport. J’aime tel animal. Je travaille dans tel domaine. Et toi ?Parle-moi donc un peu de toi ? » Pour toute réponse, celle qui ne se présente pas te dira: « Si tu veux savoir quelque chose, pose des questions. »
Le premier problème avec ce genre de comportement, c’est que c’est à nous de deviner ce qu’il faut poser comme question. Par exemple, il ne te viendra probablement pas à l’idée de lui demander si elle parle couramment l’Espagnol. Alors si c’est le cas, elle ne te le dira jamais, puisque tu ne lui as pas demandé. Ainsi, Toute sa famille le sait, tous ses amis le savent, probablement ses collègues de travail aussi. Mais pas toi. Parce que « tu ne le lui a jamais demandé. »
Le second problème, c’est que cet échange que vous avez entre vous, ce n’est pas un dialogue. C’est un questionnaire. Si elle se contente de répondre aux questions sans rien dire de plus, la conversation ne peut juste pas exister.
Ainsi, non seulement dois-tu lui donner ton attention, c’est également à toi de solliciter la sienne. Alors que dans les couples normaux, chaque personne a eu à faire 50% du chemin, elle te donne 100% de la charge morale de votre relation. Ceci démontre que son intérêt n’est pas envers toi. Il est envers elle-même. Et les rares fois où elle démarrera les conversations, ce sera en faisant de toi la cible de ses sarcasmes et/ou de ses insinuations farfelues.
En faisant ceci, elle se met en position supérieure à toi, elle en tant que juge envers qui tu dois sans cesse te justifier, et toi en inférieur en quête constante de son approbation. Et cette dynamique ne changera nullement si vous finissez par être en couple. Au contraire. Le simple fait que tu as consenti à aller dans une relation avec elle après la manière dont elle t’a traité, ça lui démontre que son comportement est la formule gagnante. Pourquoi irait-elle changer ça?
Celle qui annonce dès le départ que son enfant sera toujours sa priorité. Entendons-nous bien : je ne dis pas qu’il est anormal ou incorrect qu’un enfant soit la priorité de sa mère. Au contraire, cette situation va de soi. Cependant, tous les psychologues vous le diront : l’amour maternel et l’amour romantique sont deux choses totalement différentes, et vécues indépendamment l’une de l’autre. C’est le fait qu’elle les met tous les deux au même niveau, ET en compétition, ET en annonçant dès le départ que tu ne seras toujours que le numéro deux, qui est anormal et incorrect.
C’est le genre de femme qui va souvent dire à son entourage « Si ma fille / mon fils ne l’aime pas, alors il n’y aura rien entre nous. » Il est impossible d’avoir une relation de couple normale avec une femme qui se laisse dicter sa vie amoureuse par un enfant qui n’a ni la maturité émotionnelle ni l’expérience de vie requise pour prendre ce genre de décision. Et même si ses enfants étaient adultes, ça les regarde en quoi? Ce que cette attitude démontre surtout, c’est un refus de sa part de prendre ses responsabilités en matière de couple.
Une chose est sure, c’est qu’avec elle, tu seras toujours mis à l’écart. Il y aura EUX, il y aura TOI, mais il n’y aura jamais de VOUS.
Celle qui annonce d’avance sa négativité et sa toxicité. J’en ai ici un excellent exemple, tiré de ma dernière expérience sur Facebook Rencontres l’année dernière.
Le doigt d’honneur. La mention BITCH sur ses vêtements. Aucune description de ce qu’elle aime. Longue liste de ce qu’elle déteste. Revendications colériques. Et surtout, pour seule et unique description de soi, la mention qu’elle a des idées merdiques, qu’elle est sarcastique, et qu’elle cherche un homme capable d’accepter ses abus. Pour elle, tu ne seras jamais la tendre moitié de son couple. Tu ne seras rien d’autre qu’une merde, et elle ne cessera jamais de te traiter comme tel.
Celle qui a une meilleure amie qui est sa sœur spirituelle. L’amitié, c’est important. Mais si elle te parle, en ces termes, de son amitié avec cette autre femme, alors oublie toute forme de vie privée. Tout ce que tu dis, tout ce que tu fais, toutes vos activités romantiques, amoureuses, sexuelles, tout ce qui est supposé être le jardin secret de deux personnes amoureuses, lui sera aussitôt divulgué dans les moindres détails. Et celle-ci ne manquera pas de te juger sur tous les points.
Ce qui soulève particulièrement un Red Flag, c’est lorsque tu rencontres son amie et qu’elle te dit un truc dans le genre de : « J’aime mieux te prévenir tout de suite : si j’entends que tu lui fais du mal, alors ça va aller mal pour toi. » Et même si ces menaces qu’elle te fait ne se concrétiseront jamais, deux choses restent certaines. La première, c’est que peu importe comment on retourne la chose, il reste qu’il s’agit de menaces, donc d’intimidation, ce qui est illégal, voire criminel. Et la seconde, même dans le plus harmonieux des couples, tôt ou tard, il va arriver un malentendu qui peut dégénérer en dispute. C’est inévitable, et ce pour tout le monde. Elle va aussitôt en parler à cette amie, et probablement aussi à sa famille complète. À partir de ce point, et pour le reste de ta relation avec cette femme, ne t’attend jamais à être accepté dans son univers. Tu y seras seulement toléré, tandis qu’ils attendent avec impatience le jour où elle va enfin se débarrasser de toi.
Celle qui n’est pas en relation avec toi, mais plutôt avec l’idée négative qu’elle a décidé d’avoir de toi. Un ou plusieurs de ses ex l’ont trompée? Elle est influencée par les voix misandres qui dépeignent tout homme comme étant un abuseur? Elle souffre d’un complexe de persécution? Peu importe la raison, il reste qu’avant même de te rencontrer, elle avait déjà une idée très négative des hommes. Votre relation commence donc dans la méfiance et les soupçons. Et lorsque l’on se méfie d’une personne que l’on soupçonne des pires choses, on n’est certainement pas portés à s’investir émotionnellement dans le couple. Au premier conflit entre vous (qu’elle provoquera elle-même avec ses soupçons injustifiés) attends-toi à te faire jeter comme un déchet.
Un couple est supposé être basé sur une relation amoureuse. L’amour, c’est se dévoiler et se donner à l’autre sans retenue. Une personne qui garde ses distances, ou qui te garde à distance, ne peut ni se dévoiler ni se donner, et donc n’est pas amoureuse. C’est aussi simple que ça.
Lorsque l’on évolue dans un milieu saturé par de grosses sommes d’argent, c’est comme être dans un autre monde. Un univers dans lequel les règles sont non-seulement abusives, elles ne font aucun sens pour le reste de la population.
Cette anecdote remonte à l’année 1997 et se passe au Casino de Montréal, alors ouvert depuis quatre ans. Elle est arrivée à Cédric, un ami que j’ai perdu de vue depuis.
Je venais de terminer deux ans de cégep et je travaillais depuis peu pour La Boite, une compagnie d’informatique. Puisque je n’en étais qu’à mes premières semaines, j’y gagnais $11 de l’heure avec promesse (qu’ils tiendront) que ça allait monter à $14 si je faisais l’affaire une fois ma formation terminée. À une époque où le salaire minimum était $6.80, le mien était fort honorable, même s’il n’était encore qu’à $11.
Un soir, Cédric m’appelle pour me faire l’offre suivante :
« Ça te tentes-tu de torcher des bécosses à seize piasses de l’heure a’ec moé ? »
Il m’apprend qu’il vient de se faire embaucher au Casino de Montréal en tant que préposé au ménage. Et bien que le travail ne consistât pas seulement qu’à nettoyer des toilettes, comme il me l’avait si poétiquement décrit dans son offre, le travail payait effectivement $16 l’heure. Et puisque c’était $5 de plus que mon travail à La Boite, il a pensé à me référer afin que nous puissions travailler ensemble.
Bien que le travail de concierge était moins stressant, moins compliqué et beaucoup plus payant que celui que j’allais avoir à faire pour La Boite, j’ai décliné. Il faut préciser qu’à l’époque, j’avais des idées de grandeur qui me donnaient un côté snob, limite discriminatoire. Dans ma tête, être concierge, je ne pouvais pas imaginer plus bas de gamme comme métier. Alors même si le salaire était extrêmement concurrentiel, je préférais garder mon travail de bureau. Parce que celui-là, au moins, je pouvais en être fier. (Si on m’avait dit à ce moment-là que je deviendrais moi-même concierge de 2012 à 2018, je ne l’aurais jamais cru.)
Histoire de m’influencer à changer de carrière, Cédric allait m’appeler quotidiennement afin de me raconter ses expériences de travail. Il ne s’attendait juste pas à ce que ces expériences soient aussi mauvaises.
LA CONCIERGERIE AU CASINO, JOUR 1. Peu après la fin de son heure de diner, Cédric est convoqué au bureau des ressources humaines. Ils ont reçu des plaintes contre lui. À quel sujet ? Eh bien, pendant son heure de diner, il est allé faire un brin de conversation avec des préposé(e)s aux tables de jeux, également en pause de diner.
« Un employé du ménage n’a pas à s’adresser aux employés situés aux échelons supérieurs, et encore moins aller s’asseoir à leurs tables. Au fond de la salle à diner, il y a une porte sur laquelle c’est écrit SECTION RÉSERVÉE AUX EMPLOYÉS D’ENTRETIEN. Tiens-toi-le pour dit ! »
Et c’est ainsi que Cédric apprit que les employés du Casino n’étaient pas tous égaux. L’élitisme et la ségrégation régnait entre eux, et ce avec l’approbation de la Direction.
LA CONCIERGERIE AU CASINO, JOUR 2. Ce jour-là, il pleuvait. Alors que Cédric faisait sa ronde à l’extérieur afin de ramasser les déchets sur les pelouses longeant le bâtiment, il constata un problème à une gouttière. Le tuyau qui descendait d’un mur était courbé au sol et continuait un mètre plus loin, où il se terminait au-dessus de la grille d’un égout. Or, à 50 cm au-dessus du sol, le tuyau était brisé. L’eau en sortait en une cascade sur la pelouse, ce qui menaçait de l’abimer et d’éroder une partie du terrain. En bon employé soucieux d’éviter des frais à son patron, Cédric a remis en place la section brisée du tuyau, qu’il a consolidé avec le ruban adhésif Duct Tape qu’il avait sur lui. L’eau coulait de nouveau dans son tuyau jusqu’à l’égout sans toucher à la pelouse.
Il avait presque terminé son quart de travail lorsqu’il fut convoqué au bureau des ressources humaines. Ils ont reçu des plaintes contre lui. À quel sujet ? Le fait qu’il a réparé la gouttière.
« En faisant ça, tu as enlevé du travail au menuisier en l’empêchant de changer la tuyauterie, et au paysagiste en lui enlevant des dégâts de terrain à arranger. Ces hommes auraient été supposés faire du temps supplémentaire pour réparer les dégâts. Et maintenant, à cause de toi, ils n’ont rien à faire. En te mêlant de ce qui ne te regarde pas, tu les as privés de leurs revenus. C’est une faute très grave. »
Et c’est ainsi que Cédric apprit que les employés du Casino n’avaient pas à éviter des frais à leur employeur. Ils devaient s’en tenir à leurs définitions de tâches, rien de plus.
LA CONCIERGERIE AU CASINO, JOUR 3. De nos jours, le Casino est ouvert 24h. Mais à l’époque, il était fermé la nuit de 03:00 à 06:00. Pendant sa pause de diner, alors qu’il attendait à la caisse, Cédric a entendu un bout de conversation entre deux hommes qui faisaient partie du personnel administratif. Ils discutaient du fait que les cinq membres du boys band The Backstreet Boys étaient en tournée à Montréal. Et qu’ils avaient demandés, et obtenus, la permission de venir visiter le Casino la nuit, pendant les heures de fermeture.
De retour au boulot après diner, le chef du personnel convoque les employés de ménage. Il leur demande d’être particulièrement méticuleux ce soir, en faisant bien en sorte que tout reluise. Afin de démontrer son sérieux et rassurer son chef, Cédric répond fièrement :
« C’est sûr que pour la visite des Backstreet Boys, on va mettre les bouchées doubles pour que tout soit impeccable. »
Trente minutes plus tard, Cédric est convoqué au bureau des ressources humaines. Ils ont reçu une plainte contre lui. À quel sujet ? Son commentaire sur la visite des Backstreet Boys.
« Quoi ? Parce que j’étais pas supposé en parler ? » « Non ! Parce que t’étais pas supposé le savoir ! » » Ben là! C’est les deux gars du personnel administratif qui en ont parlé dans la cafétéria. C’est quand même pas de ma faute si je les ai entendus. « » Oui ! Si tu étais resté dans la section réservée au personnel de l’entretient ménager comme je t’ai dit de le faire hier, tu n’aurais pas entendus des renseignements qui ne te concernaient pas. » » On faisait tous les trois la queue à la caisse avec nos plateaux de repas. Ils étaient juste derrière moi. J’étais supposé faire quoi? Me boucher les oreilles jusqu’à ce que j’arrive dans ma section? « » Ça ne change rien au fait que c’est la troisième plainte sur ton dossier en trois jours. Conformément aux réglements de Loto-Québec et de la Régie des Loteries et Courses du Québec, après trois avertissements, c’est un renvoi. «
On lui a aussitôt confisqué ses clés, sa carte d’accès, son uniforme. C’est sous escorte étroite de deux membres de la sécurité qu’on l’a raccompagné jusqu’à son casier pour qu’il récupère ses affaires avant qu’on l’expulse des lieux en lui rappelant bien qu’il lui sera interdit de revenir au Casino pendant deux ans sous peine de poursuite judiciaire. (Un réglement crée afin d’éviter que des ex-employés frustrés reviennent se venger.)
Et c’est ainsi que Cédric apprit que la logique n’a aucun poids sur la balance de la justice lorsque d’un côté il y a deux membres du personnel administratif, et de l’autre il n’y a qu’un concierge embauché l’avant-veille, dont le dossier comporte déjà deux plaintes à son actif.
Comme quoi les boulots les plus payants viennent trop souvent des règles qui, dans le monde extérieur, ne font absolument aucun sens. Et c’est ce qui rend ces boulots très faciles à perdre. Je ne pouvais que me féliciter d’avoir gardé mon travail à La Boite qui ne me payait pour l’instant « que » $11 de l’heure.
Camélia fut une courte relation que j’ai eu lors de mon retour aux études. J’avais 28 ans et elle 20. C’est elle qui a fait les premiers pas, en me violant presque. Il est inutile que je vous raconte les détails des premières semaines de notre relation, sinon que je croyais avoir trouvé celle qui me réconcilierait avec la vie de couple. Elle était gentille, mince, très jolie avec sa peau couleur amande au miel grillé. Et elle avait ce petit look d’étudiante d’école privée (Lunettes, chemise blanche, jupe rouge à carreaux et longs bas blancs) qui éveillait certaines perversions que j’ignorais encore avoir en moi à ce moment-là.
Malheureusement, elle était aussi d’une grande maladresse. Durant les quelques mois qu’a duré notre relation, elle a massacré la moitié de mes verres, assiettes, ainsi que plusieurs autres de mes trucs cassants. Malgré ma réticences à endurer les contrariétés de la vie de couple, je me contentais de simplement soupirer de résignation lorsque de tels accidents arrivaient. Elle ne le faisait pas exprès après tout.
Je dois avouer que Camélia et moi n’avions pas grand chose en commun. Les discussions ne tournaient qu’autour de sujets généraux d’une ennuyante banalité. Élevée dans la soie dans une famille de riches, elle ne connaissait rien de la vie et avait zéro débrouillardise. Par exemple, un soir où elle m’aidait à faire le repas, je lui ai refilé mon ouvre-boite manuel. Elle me regarde, confuse, en me demandant qu’est-ce que je voulais qu’elle fasse avec ça. À 20 ans, elle n’avait jamais vu un ouvre-boite non-électrique de sa vie.
La raison pourquoi j’endurais son ignorance et sa maladresse, c’est que jusque-là, de toute ma vie, jamais n’avais-je eu une si belle jeune femme de si bonne famille tomber amoureuse de moi. Et surtout, le faire sans que je la drague. Et sexuellement, elle était au top. Elle faisait tout, elle aimait faire tout, elle en avait envie à tout moment, prenait la pilule, et avait la capacité d’avoir des orgasmes répétitifs avec ou sans mon aide. Le genre de partenaire sexuelle que l’on puisse considérer comme l’idéal lorsque, comme moi à l’époque, on est un très fringuant jeune homme.
Mais voilà, le sexe a beau être important dans la vie de couple, on ne peut pas passer nos journées à baiser. Ça prend donc bien plus que ça pour vivre en harmonie.
La maladresse de Camélia n’était pas que physique. Il lui arrivait de passer quelques heures dans mon appartement aux résidences étudiantes lorsque j’étais absent. Parfois, je revenais chez moi et elle me disait que quelqu’un m’avait laissé un message sur mon répondeur, mais ne pouvais pas me dire qui car elle avait effacé le message avant de le prendre en note. Le temps de trouver un crayon et un papier dans mes affaires, elle ne se souvenait plus du nom ni du numéro de l’appelant.
Parfois, elle me demandait des explications sur des choses qu’elle avait trouvé dans mes tiroirs. Je n’avais rien à lui cacher, mais je commençais à trouver un peu lassant de toujours lui expliquer que telle ou telle photo de moi avec une fille a été prise il y a des années, et non depuis que nous sommes en couple. Surtout sur des photos sur lesquelles je n’arbore pas du tout la même coupe de cheveux que celle que j’ai adopté depuis qu’elle me connait.
La pire violation de ma vie privée m’est arrivée un soir où, dès que j’ai ouvert la porte, elle me tombe en sanglots dans les bras. La cause : Ma demande d’inscription pour une 3e année au cégep avait été refusée. Elle avait trouvé ma clé de boite à lettres et était allé chercher mon courrier. Jusque-là, pas de problèmes. Qu’elle ait ouvert la lettre provenant du cégep, j’accepte encore. Mais elle s’était permise en plus d’ouvrir la lettre personnelle que m’avait envoyé un lecteur de ma série de bandes dessinée nommée Requin Roll. Pour celle-là, je trouvais qu’elle dépassait un peu les limites. Sa réponse :
« Ben là, on est un couple. Quand on s’aime et qu’on est sincère, on n’est pas supposé avoir de secrets l’un pour l’autre.«
Je veux bien le croire. Mais tout de même.
(J’ouvre une parenthèse afin de préciser que l’anecdote qui va suivre se passe à l’époque pré-tout-l’monde-a-un-téléphone-portable. Mon téléphone était branché au mur chez moi, tout comme mon répondeur téléphonique. Par conséquent, il nous était impossible de s’appeler ou bien de se texter à n’importe quelle heure, comme c’est le cas aujourd’hui.)
L’incident qui allait sonner le début de la fin pour notre couple est survenu un matin de printemps. C’est que la veille au soir, j’étais allé chez un ami et j’en suis parti à trois heure du matin, donc bien trop tard pour prendre le dernier métro. Le problème est que je devais aller chez Camélia au matin vers 8:00. Je fais un rapide calcul mental : Mon rendez-vous est dans cinq heures. Attendre le bus de nuit et le prendre jusque chez moi prendrait deux heures. Ensuite, le temps de m’habiller, partir et me rendre au terminus, c’est encore une heure. Enfin, le bus qui m’amènera chez ses parents à Kirkland prend une heure. Il ne me resterait alors qu’une seule heure de sommeil. Dormir si peu ne servirait qu’à m’abrutir pour le reste de la journée. J’ai donc décidé de renoncer au sommeil et traverser la ville à pied jusqu’au terminus. C’est la meilleure façon de tuer le temps tout en restant éveillé.
Trois heures de marche plus tard, j’arrive au terminus et prend le bus vers chez Camélia. Lorsque j’arrive devant la porte de la maison de ses parents, je regarde ma montre. Il est 7:45. Je suis un peu en avance, mais je suppose que ce ne sera pas si grave si jamais je la réveille. Je sonne. Le père m’ouvre la porte et il sort, suivi de la mère, qui s’en vont tous les deux travailler. J’entre et vois Camélia en robe de chambre en haut de l’escalier. Aussi surprise qu’enragée, elle me crie :
« QU’EST-CE QUE TU FAIS LÀ ? »
Je fige de surprise. Je suis quinze minutes en avance, mais ce n’est quand même pas une raison pour se fâcher contre moi. Elle me demande où est-ce que j’étais ce matin. Je lui raconte donc ma soirée d’hier, comment j’ai raté le métro, ma décision de rester éveillé, et ma nuit de marche à travers Montréal. Pourquoi cette question ?
Il se trouve que lorsqu’elle s’est réveillée ce matin vers 6:30, elle a eu l’idée de m’appeler pour s’assurer que je me lèverais bien à temps pour notre rendez-vous. Comme je ne répondais pas, alors la première (et la seule) conclusion à laquelle elle est arrivée, c’était que j’avais décidé de faire la grasse matinée, que j’avais déconnecté la ligne, et que je m’en foutais si ça ruinait nos plans. Elle m’a donc rappelé pour m’engueuler sur mon répondeur. Cinq fois. Elle m’a laissé cinq messages d’insultes. Elle me traite de pourri, d’égoïste, de salaud, de menteur, d’écœurant qui ne pense qu’à lui, de sale plein de marde qui se fout d’elle, et autres gentils compliments de ce genre.
Après avoir écouté tous ses messages à distance sous son regard gêné et angoissé, je regarde l’heure. Il est 7:58. Le regard que je lui lance en raccrochant en dit long sur mon humeur.
« Merci ! Merci, c’est très gentil. Et après que j’ai pris la peine de ne pas dormir, justement pour être ici à l’heure. C’est l’fun de voir que j’ai une blonde qui apprécie les efforts que je fais pour elle. Que tu penses des affaires de-même à mon sujet alors que je ne t’ai jamais donné de raisons de le faire, c’est déjà assez insultant…«
« Ben… Tu répondais pas. Les apparences…«
« Les apparences ? R’GARDE L’HORLOGE ! Y’É MÊME PAS ENCORE HUIT HEURE, TABARNAK! C’était tellement important pour toi de m’accuser de ne pas venir ici que t’as même pas attendu que je sois en retard pour le faire.«
Elle éclate en sanglots et se confond en excuses. Faisant de grands efforts pour regagner mon calme, je lui dis :
« Après l’affront que tu viens de me faire, je devrais juste m’en aller chez moi pour dormir. Mais voilà, ça ferait juste te donner raison comme quoi je préfère dormir plutôt que de passer l’avant-midi avec toi. Alors voilà ce qu’on va faire : Moi je vais monter prendre une douche pour m’aider à me garder réveillé. Pendant ce temps-là, toi tu prépares nos lunchs. Ça va nous permettre de passer à autre chose, et ensuite on prendra les vélos et on ira passer l’avant midi et le diner aux parcs sur le bord de l’eau, comme on l’avait prévu.«
Elle a accepté. La journée se passa telle que prévue. Bien que je n’ai plus reparlé de l’incident pour le reste de la journée, et que je démontrais une humeur positive comme si rien ne s’était passé, il était clair dans ma tête que je ne voulais plus rien savoir de continuer ma relation avec elle. Je sors d’une pénible relation avec Kim, la mère de mes enfants qui m’a accusé faussement de vouloir la tromper pendant toutes les années où nous étions ensemble. La dernière chose que j’ai envie est une autre relation de couple avec une soupçonneuse.
Ne voulant pas prendre une telle décision à la légère, réalisant que ma frustration pouvait être amplifiée par la fatigue que je ressentais, j’ai décidé de dormir là-dessus et laisser passer quelques jours.
Trois jours plus tard, après m’être bien reposé et avoir bien réfléchi, ma décision n’avait pas changé. Même le meilleur sexe au monde ne vaut pas le manque de respect pour ma vie privée, la destruction physique régulière du peu que je possède, et le fait d’être la cible de soupçons non-fondés, pour lesquels elle me fait payer d’avance, sans preuves. Mon ex, au moins, craignait seulement que je la trompe. Tandis que Camélia, elle, me démontrait qu’elle me soupçonnait négativement sur TOUT.
Lors de sa visite suivante chez moi, je lui ai fait part de ma décision de mettre un terme à notre relation. Je m’attendais à ce que ça l’attriste, mais j’étais loin d’être préparé pour sa réaction : Elle a pleuré de manière incontrôlable pendant près d’une heure, et si fort que je suis certain que la moitié des locataires de l’étage pouvaient l’entendre. Entre les sanglots, elle ne faisait que répéter la raison de sa détresse, comme quoi notre rupture lui démontrait qu’elle allait passer sa vie seule car elle n’a pas ce qu’il faut pour garder un bon gars. Il aura fallu ça pour qu’elle reconnaisse enfin que j’en étais un.
À sa demande, j’ai accepté de continuer de la fréquenter en tant qu’ami, et même de continuer de coucher avec elle, jusqu’au jour où elle se trouverait un nouvel amoureux. On a donc eu une harmonieuse relation d’amitié + sexe durant quelques mois, jusqu’à ce que ses parents (à qui elle a stupidement tout raconté) décident de s’en mêler. Son père m’a pris dans une arnaque financière et m’a fait perdre mon travail afin de me ruiner (Voir la série Général Menteurs), faisant de moi le genre de personne trop pauvre pour encore pouvoir plaire à sa fille. Ça a marché.
Aux dernières nouvelles, Camélia avait le bon mari au métier d’architecte, l’enfant, la maison, l’hypothèque, la cour, le gazon plus vert que chez l’voisin, la piscine, le chien, le barbecue… Bref l’univers dans lequel elle avait été élevée. Je me demande si lui aussi l’abuse et l’intimide, comme les autres hommes dans sa vie avant moi. Probablement, puisqu’avec elle il n’y a pas d’entre deux. Ou bien son amoureux en abuse, ou bien c’est elle qui abuse de son amoureux.
Qu’est-ce qui n’allait pas chez elle ? Camélia était-elle l’une de ces bitchs psychopathes de qui tant d’hommes se plaignent? Je ne crois pas. Camélia était beaucoup trop naïve pour être capable de monter avec intelligence des plans propres à gâcher tous les aspects de la vie d’un homme. De plus, elle était d’un naturel gentil et positif. Mais les relations qu’elle a eu avec les hommes l’ont rendue très méfiante. Son père, son frère, ses ex, tous la traitaient sans le moindre respect. Elle était toujours contrôlée, sous-estimée, insultée, discréditée, réduite au silence, rabaissée.
Et puis, voilà que j’arrive dans sa vie. Je la traite avec respect. Je la traite en égale. Je suis le premier à lui donner confiance en elle et en ses capacités. Elle ne savait donc pas comment dealer avec un gars comme moi. La vie ne l’avait tout simplement pas préparée à ça. En ayant seulement appris à survivre dans la discorde, elle n’avait jamais appris à vivre dans l’harmonie.
Se sentir opprimée par les hommes, c’est tout ce qu’elle a vécu avec eux. Elle a eu toute sa vie pour apprendre que les hommes sont des salopards, menteurs, égoïstes et hypocrites. Elle ne croyait pas qu’un homme puisse être différent. À ses yeux, puisque je n’étais pas salopard, menteur, égoïste ni hypocrite en sa présence, ça voulait juste dire que j’étais salopard, menteur, égoïste et hypocrite en cachette. Par conséquent, à chaque opportunité qu’elle avait de croire que je préparais un mauvais coup, elle réagissait comme si c’était le cas, sans même attendre d’en avoir des preuves. Pour elle, je n’étais pas un gars bien. J’étais aussi merdique que tous les autres. La seule différence, c’est que je cachais mieux mon jeu. Par conséquent, elle était d’autant plus sur ses gardes, du fait qu’avec moi, elle ne pouvait pas voir venir les coups. Normal, puisque je ne lui en réservais pas.
Le syndrome de Lépine. Ou : Pourquoi se défouler sur ceux qui n’ont rien fait pour le mériter ? La réponse est tristement simple : Les gens abusifs sont intimidants. Les gens intididants font peur. Une personne qui n’abuse pas est inoffensive. Les gens inoffensifs ne font pas peur. Après toute une vie de frustrations envers les hommes, j’étais, pour elle, le premier homme contre qui elle n’avait pas peur de se défouler des abus qu’elle avait subi de mes semblables.
Cette réaction, c’est ce que j’appelle Le Syndrome de Lépine. Selon ce que j’ai pu comprendre, Marc Lépine avait de mauvaises relations avec les femmes qui avaient abusé de lui moralement, comme sa mère, ses tantes, sa sœur, et les amies de cette dernière. Lorsqu’il a décidé de prendre sa revanche en tuant des femmes, est-ce qu’il s’est attaqué à celles qui avaient abusé de lui ? Du tout ! Il s’est plutôt rendu à l’école Polytechnique de Montréal, où il a tué quatorze femmes au hasard. C’était plus facile pour lui se défouler sur elles, puisque celles-là ne l’avaient jamais dominé.
À la lumière de ceci, je pouvais comprendre pourquoi Camélia violait ma vie privée à en ouvrir mon courrier, me soupçonnait négativement de n’importe quoi, pourquoi elle réagissait automatiquement à son moindre soupçon, et pourquoi elle le faisait avec une telle haine. Or, j’avais beau comprendre son comportement, je ne pouvais pas l’accepter pour autant.
Il est inacceptable de payer pour des gestes que l’on n’a pas commis, juste parce que la personne offensée n’a pas la force morale de faire face à ceux qui lui ont causé du tort.
_______ QUELQUES LIENS Depuis la création de ce blog en 2009, j’ai parlé de Camélia à plusieurs reprises. Entre autres:
– Un autre exemple d’elle qui fouille dans mes tiroirs pour y trouver des renseigmenents qui ne la concernent pas. Et comment, en parlant ouvertement de ces renseignements à tous, elle a mis la pagaille dans la famille d’une amie commune et ruiné ma vie sociale: Quand l’autre fait de toi la Cassandre du couple.
– Un autre exemple d’elle qui m’accuse de n’importe quoi pourvu que ça soit négatif. Alors que je viens pour acheter une automobile, voilà qu’elle prétend que je vais démissioner de ma job en informatique, parce que je n’aime pas ma job (Quoi?) parce que je suis un artiste. Et ce, devant le vendeur d’auto. General Menteurs 2e partie, un piège à cons.
S’il y a une catégorie de personnes avec qui il ne faut surtout pas perdre son temps, ce sont ceux qui ne ressentent aucun intérêt pour nous. Hélas, comme le dit le cliché, c’est plus facile à dire qu’à faire. C’est surtout à cause que peu de gens auront l’honnêteté ou le courage de nous avouer franchement leur manque d’intérêt.
Il y a une trentaine d’années, j’ai appris à la dure à faire la différence entre une personne intéressée et une qui ne l’est pas. Et les années qui ont suivi ont confirmé mes conclusions à l’effet que le manque d’intérêt se voit dans plusieurs de leurs comportements. L’un des signes les plus clairs, et incidemment le plus frustrant, c’est la contradiction entre leur manière d’agir avec nous, et leurs agissements avec une autre personne. Par exemple:
La personne intéressée excuse. La personne non-intéressée accuse. C’est quelque chose que l’on voit souvent chez ceux et celles qui s’intéressent à une personne peu recommandable. Ils vont trouver toutes sortes d’excuses pour les frasques et autres mauvais comportements de cette personne. Tout ça pour se justifier de l’aimer. Inversement, lorsque ces gens ne sont pas intéressés à une personne, ils vont lui trouver tout un tas de défauts, quitte à exagérer, et même en inventer s’ils n’ont rien de pertinent à lui reprocher. Tout ça pour se justifier de ne pas l’aimer.
La personne intéressée t’invite. La personne non-intéressée t’évite. Ça se voit dans plusieurs situations. Par exemple, la personne qui organise une sortie dans laquelle elle invite tout le monde, sauf toi. Ou dans le couple, comme je l’ai déjà vécu autrefois, alors que ma copine a radicalement changé de comportement avec moi. Par exemple, au début de la relation, elle me disait des « NOUS irons au cinéma, NOUS irons au bar, NOUS irons à une fête » … Et quelques semaines plus tard, son discours était « JE vais aller au cinéma, JE vais aller au bar, JE vais aller à une fête. »
Il se trouve qu’elle avait rencontré un type qui lui plaisait plus que moi, et qu’elle avait commencé une relation avec lui, sans me le dire. Alors pour ne pas « être la méchante de l’histoire » en me laissant tomber pour un autre, elle a préféré me ghoster dans le couple, histoire que je m’écoeure de la situation et ce soit moi qui casse.
Évidemment, moi, trop naïf pour imaginer son manque d’honnêteté, je ne comprennais pas pourquoi elle s’éloignait. J’ai passé deux mois à souffrir moralement de la voir s’éloigner, et à tout faire pour comprendre son changement de comportement, et à tout essayer pour la faire revenir à de meilleurs sentiments. Je lui ai même offert une porte de sortie, en lui disant que si elle n’était plus intéressée à ce que l’on soit en couple, elle n’avait qu’à me le dire. Je vais comprendre et accepter, sans même lui demander de se justifier. Et le lui ai offert non pas une, mais bien deux fois. À chaque fois, elle me répondait les excuses classiques comme quoi « elle était surmenée en ce moment », et que « j’imaginais son éloignement » et que « tout était dans ma tête. » Il a fallu qu’une amie que nous avions en commun prenne pitié de moi, après m’avoir vu me me démener dans cette situation sans issue pendant deux mois, pour enfin mettre fin à ma torture morale en venant me révéler la situation réelle.
La personne intéressée suggère. La personne non-intéressée va se taire. Tu suggères une sortie à une date précise. L’autre personne te répond être désolée mais elle a un autre truc à son horaire ce jour-là. Ce n’est pas nécessairement un signe de manque d’intérêt. Les horaires conflictuels, ça arrive. Cependant, si l’autre ne te suggère aucune autre date et/ou activité en retour, c’est parce qu’elle n’est pas intéressée.
Depuis, plus rien.
En fait, même lorsqu’elle te suggère une activité de rechange, si elle garde le silence à ce sujet jusqu’à la date où devrait se dérouler la dite activité, c’est parce qu’elle n’a toujours aucun intérêt à la faire avec toi. Elle n’a suggéré cette date ultérieuse que parce qu’elle cherchait à gagner du temps, en espérant que tu oublies.
Et ne croyez surtout pas qu’elle a simplement oublié. Une personne qui ressens de l’intérêt pour quelqu’un ne va jamais oublier une activité prévue avec cette personne.
La personne intéressée accepte. La personne non-intéressée s’objecte. La personne qui t’intéresse a certaines préférences en matière de candidat potentiel pour le couple. Qui n’en a pas!? Mais lorsque tu réponds parfaitement à ces critères, et qu’elle ne démontre toujours aucun intérêt pour toi, il faut se rendre à l’évidence comme quoi ce n’était qu’une excuse bidon.
Il correspond pourtant au critère qu’elle lui a imposé.
Ce qui est le plus frustrant, c’est lorsque l’on voit cette même personne s’en aller ensuite dans une relation avec quelqu’un qui ne possède nullement ces critères qu’elle t’imposait. Cette situation a au moins l’avantage de te montrer clairement à quel point tu perds ton temps à tenter de poursuivre toute forme de relation avec cette personne.
La personne intéressée t’implique. La personne non-intéressée t’isole. C’est quelque chose que l’on voit dans les couples, lorsque l’un demande à l’autre de faire une pause car il/elle « a besoin de réfléchir au sujet de nous deux. » Autant par observation que par expérience personnelle, dans 100% des cas, la personne qui donne cette raison vient de rencontrer quelqu’un qui l’intéresse plus que la personne avec qui elle est déjà en couple. Ce temps de réflexion qu’elle demande, c’est en fait du temps pour s’essayer de séduire l’autre.
Soyons réalistes : si tu es intéressé à sauver ton couple, tu va impliquer dans le processus de réflexion la personne avec qui tu sors, non? Si tu ne veux pas l’impliquer, c’est parce que tu cherches un moyen de fuir cette relation, n’est-ce pas? Ben voilà! C’est pareil pour tout le monde.
En conclusion, si la personne démontre un manque d’intérêt pour toi : Décroche! Ne confronte pas la personne. Ne lui fais pas de reproches. Ne la force pas à tenir ses promesses. Ne lui demande pas de se justifier. Ne salis pas sa réputation. N’en parle pas. Évite le sujet. Peu importe la raison pourquoi la personne n’est pas intéressés à toi, le fait demeure qu’elle n’est pas intéressée à toi. À partir de ce moment-là, tout ce que tu ferais à ce sujet te donnerait le mauvais rôle, voire une réputation entachée par accusations de harcèlement. Avoir de l’intéret ou non pour quelqu’un, ça ne se contrôle pas. Personne ne devrait se faire reprocher, et encore moins se justifier, de ne pas ressentir d’intérêt pour autrui. Alors l’option la plus pertinente dans ce cas-là, la seule en fait, c’est : Décroche!
Et n’oublie jamais cette vérité universelle : La personne intéressée va trouver des solutions. La personne non-intéressée va trouver des obstacles.
_____ D’autres articles complémentaires sur ce sujet.
7 raisons pourquoi il est difficile de dire « Non merci! »explique pourquoi la majorité des gens vont prendre mille détours « dans le but que l’autre comprenne le message » plutôt que de leur dire franchement ne pas être intéressés.
Avec la rentrés à nos portes, je me souviens de mes premiers jours d’école du début des années 80. L’année scolaire commençait souvent avec des questionnaires à remplir. Ceux-ci avaient tous des questions à choix multiples, qui se terminaient par l’option « autre. »
Il n’a fallu que peu de temps pour que mes amis et moi pensions à faire la même blague. Lorsque l’on recevait de ces questionnaires, et que l’une des premières cases à cocher était « SEXE: Homme. Femme », on s’amusait à dire à voix haute: « SEXE: Homme? Femme? Autre? », et on se trouvait très drôle de notre gag absurde.
Eh bien aujourd’hui, beaucoup de ces questionnaires le demandent, « Homme? Femme? Autre? », et ça n’a plus rien d’absurde.
On m’a déjà demandé mon opinion sur ce fait. Pour être franc, je n’ai pas d’opinion. Je n’ai pas à en avoir. Étant homme, donc ni femme ni autre, le sujet ne me concerne pas.
Ce que je sais, pas contre, c’est que si j’étais « autre », je crois bien que je serais heureux que le monde reconnaisse enfin mon existence en tant que personne, et non en tant que chute d’une blague parce que l’on me croit trop absurde pour exister.