Être un Nice Guy a ruiné ma vie sociale, amoureuse et sexuelle (2e partie)

Cinq ans se sont écoulés depuis ma mésaventure avec Daniella.  J’ai maintenant 24 ans et j’habite à Montréal, en appartement, seul.  Je travaille comme pâtissier, sur le quart de nuit, dans un Dunkin Donuts.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que le célibat me pèse.  À 24 ans, j’ai une libido qui atteint des sommets inégalés.  Hélas, impossible pour moi d’obtenir le soulagement qui baisserait quelque peu la pression de mes hormones en furie. D’abord, en tant que gars maigre et peu attirant, je n’arrive pas à  trouver une fille voulant être en couple avec moi.  Ensuite, mon salaire aussi maigre que moi ne me permet pas d’en rencontrer une par les moyens classiques qui sont aller dans les bars, m’inscrire à une agence de rencontre, ou bien passer une petite annonce dans un journal. Enfin, nous sommes en 1992, période pré-internet, ce qui signifie que non seulement je n’ai aucune opportunité de rencontrer des inconnues, je n’ai même pas le loisir d’avoir accès à de la porno gratuite, ce qui améliorerait grandement la qualité de mes séances de ménage-à-un. De toutes façons, ce n’est pas comme si j’aurais pu me payer la connexion internet, et encore moins l’ordinateur.

L’avantage de travailler au Dunkin Donuts en tant que pâtissier de nuit, c’est qu’il y a un roulement incessant dans le personnel féminin.  Ce qui est normal quand on y pense. Peu de gens considéreraient comme choix de carrière le fait de servir des clients majoritairement crétins et antisociaux (ce qui décrit bien les BS qui vivent la nuit, surtout ceux qui le font au Dunkin) pour le salaire minimum. Je ne me plaignais pas de la chose, puisque ça faisait que mon stock de blondes potentielles se renouvelait régulièrement.  Hélas, comme j’ai précisé plus haut, je n’ai rien pour faire de moi un gars populaire pour la gent féminine. Côté physique, je suis maigre, faible et pas beau.  Côté finances, une fois tout payé il me reste 9$ par mois. Quant à ma personnalité, eh bien…

En ce beau matin de fin août, peu avant que je termine mon quart de travail, je vois entrer une petite nouvelle dans la cuisine.  Isabelle, de son prénom, avait été embauchée la veille.    Cinq pieds deux, les yeux bleus, blonds cheveux, mince sans pour autant être maigre, son corps est ferme, ses dents sont blanches et droites, et ses seins sont plus volumineux que ceux de la moyenne des filles de sa taille.  Elle travaille de matin, ce qui fait que l’on se voit de trente à quarante-cinq minutes avant mon départ.  C’est suffisant pour apprendre à se connaître quelque peu.

Au bout de deux  mois, Isabelle commence déjà à me faire de petites remarques coquines comme quoi elle me trouve de son goût.  Mais bon, puisqu’elle a déjà un chum, je prends la chose à la blague.  J’ai l’habitude!  Ce n’est pas la première fois qu’une fille me manifeste son sens de l’humour de cette façon.  Depuis aussi loin que mon secondaire I, si une fille est très belle, et qu’elle agit comme si elle est amoureuse folle de moi, et qu’elle le fait seulement lorsqu’on est en public, alors ce n’est jamais autre chose qu’une blague.  Quand tu passes toute ton adolescence à constater que la seule façon pour qu’une belle fille puisse te démontrer de l’intérêt, c’est dans le but de faire rire ses amies, ça ne fait rien de bon pour ton estime de soi.

Je trouve Isabelle intéressante.  Cependant, je suis un soi-disant Bon Gars. Aussi, mes bonnes valeurs morales et mon désir de rester irréprochable me dictent un code de conduite exemplaire, comme en témoignent ces extraits de mon journal personnel de l’époque:

Mercredi 14 octobre 1992: C’est le lancement des mini-donuts au Métropolis.  J’y vois entre autres Isabelle, une sympathique collègue de travail pseudo-vicieuse.  Je me demande parfois si ses jokes de sexe et ses sous-entendus ne sont vraiment que des jokes, ou bien si tout n’est pas vraiment rose dans sa vie de couple.  À moins, tout simplement, qu’elle me trouve de son goût?  Théorie intéressante quoi que improbable, et plutôt que de faire un fou de moi en y croyant, j’ai opté pour la retraite stratégique, c’est à dire que j’ai sacré l’camp du Métropolis alors que le party commençait vraiment.  Ben quoi, elle a un chum, non?

L’idée derrière ma décision de partir tôt du party, c’est que je ne voulais pas prendre le risque de céder à la tentation si jamais elle continuait à me draguer, cette fois en contexte de sortie en gang dans un bar, plutôt qu’en milieu de travail, là où il ne peut rien se passer. Il n’y a peut-être pas grand chose entre Isabelle et moi, mais le peu qu’il y a, j’y tiens.  Je ne veux pas mettre notre amitié en danger en faisant quelque chose qui pourrait tout gâcher.  Et puis, pour les raisons mentionnées quelques paragraphes plus haut, j’ai toujours trouvé difficile à croire qu’une fille belle et intelligente puisse vraiment s’intéresser à moi.  Je préfère être méfiant.

Samedi 24 octobre 1992: C’est bizarre, je sens qu’il pourrait se passer quelque chose entre Isabelle et moi […] Et pourtant, elle aussi a un chum.  Et moi, les filles qui ont un chum, j’y touche PAS!

Je ne peux nier que je ressens de l’attirance pour elle et je crois bien qu’elle le sent malgré ma retenue.  Aussi, le matin du jeudi 29 octobre, je décide de l’inviter à dîner chez moi après son quart de travail.  Nous pourrons parler et ça va me permettre de mieux savoir où est-ce que nous nous situons au juste dans notre relation.  Elle semble ravie de mon invitation et me dit que l’idée de passer du temps avec moi hors du travail lui plaît, mais qu’elle n’est pas sûre de son emploi du temps aujourd’hui.  Le mieux serait que je lui revienne là-dessus le lendemain.  J’accepte!  Hélas, le jour suivant..:

    Vendredi 30 octobre 1992:  À la fin de [mon quart de travail], j’ai espéré en vain de voir Isabelle.  En vain parce qu’elle est arrivée en retard au Dunkin. (Si elle y est allée).  Moi, j’ai sacré l’camp de là à 6:25.  Je me demande…  J’adore sa compagnie et je crois que je peux peut-être oser croire la chose presque réciproque, mais…  ELLE A UN CHUM, BON! Ch’ra aussi ben de l’oublier.  Anyway, la vie m’a montré que quand quelque chose semble trop beau pour être vrai, c’est que c’est trop beau pour être vrai… Et elle, elle est très belle.

Oui, en écrivant ces précédentes lignes dans mon journal, je crois qu’Isabelle est arrivée délibérément en retard au travail afin de me faire faux bond.  Ce ne serait pas la première fois qu’une fille préfère m’éviter plutôt que d’avoir le cran de me refuser en face une proposition, et là encore ce ne sera pas la dernière.  Aussi, c’est avec grande surprise que le lendemain…:

Samedi 31 octobre 1992:  Isabelle est venue dîner chez moi et m’a révélé qu’elle a trompé son chum vendredi soir avec un gars nommé Sébastien.  Je trouve ça quand même épouvantablement frustrant que des gars qui, comme moi, ont des principes qui les empêchent de s’engager avec une fille qui a un chum sont LOSER alors que des vilains garçons comme ce Sébastien se retrouvent avec des perles comme Isabelle.

Avec les années, j’ai fini par comprendre qu’en me racontant cette anecdote (qui était d’ailleurs possiblement fausse), Isabelle me lançait en sous-entendu le message comme quoi le fait qu’elle ait un chum ne devrait pas m’empêcher de répondre positivement aux avances qu’elle me faisait depuis quelques semaines. 

Mais voilà, en tant que soi-disant-Bon-Gars-irréprochable, je ne le voyais pas de cette façon.  Ce que je n’ai pas dis dans mon journal, c’est que cette vantardise de sa part m’a profondément blessé.  Je croyais que cette attirance que l’on avait l’un pour l’autre était exclusive, et que l’on pourrait éventuellement y donner libre cours dès qu’elle se déciderait enfin à quitter son chum actuel qui, manifestement, n’a plus ce qu’il faut pour éveiller son intérêt.  Maintenant qu’elle m’a parlé de son aventure avec ce Sébastien, je réalise que je m’étais fait des idées à son sujet.  Isabelle n’est qu’une infidèle qui ne quittera jamais son chum.  Ce n’est pas ça que je veux d’une relation.  Je me lève de table et la regarde.  D’une voix calme et grave, je lui dis:

MOI: J’peux pas croire que je me suis trompé sur ton compte à ce point-là.  Si ça t’déranges pas, j’aimerais mieux que tu t’en ailles.
ISABELLE: T’es-tu sérieux?
MOI: Oui! Je suis désolé mais dans de telles conditions, je ne peux pas continuer à être ami avec toi.

Complètement abasourdie par mes paroles, sans avoir trop l’air de comprendre ce qui se passe, Isabelle se lève. Je la reconduit à la porte, je la lui ouvre.  Elle s’arrête et me regarde.

ELLE: Mais pourquoi est-ce que tu m’as demandé de venir ici, d’abord?
MOI: Ben, pour diner!?

Elle reste là, immobile pendant quelques secondes, comme si elle avait du mal à comprendre mes mots.  Puis, elle part et je referme doucement derrière elle.  Après avoir verrouillé la porte, je pousse un soupir de déception. J’aurais dû me douter qu’une fille aussi parfaite à tous les points de vue ne pourrait pas vraiment tomber en amour avec un gars comme moi.  Pour ces filles-là, je n’ai pas ce qu’il faut pour être leurs chum, je suis tout juste bon pour tromper leur chums. Et de toutes façons, est-ce que je voudrais être le chum d’une infidèle? Parce qu’il est évident dans ma tête de soi-disant Bon Gars que si elle le tromperait avec moi, alors elle me tromperait avec un autre.

Apparemment, ma réaction l’a affectée plus que je ne l’aurais imaginé parce que plus jamais je ne reverrai Isabelle.  À mon retour au Dunkin, j’apprendrai qu’elle a donné sa démission.

Je me suis rendu compte, quelques années plus tard, que ma réaction digne d’une dramatique théâtrale avait de quoi surprendre. Dire à une fille qui nous attire « Je suis désolé mais dans de telles conditions, je ne peux pas continuer à être ami avec toi », parce que son comportement n’est pas pur et irréprochable à 100%, c’est le genre de chose que l’on peut voir dans les romans, à la télé ou au cinéma. Dans la vraie vie, par contre, on ne s’attend pas à ça, et surtout pas de la part d’un gars de 24 ans, pauvre, maigre, laid, dépendant affectif, en manque de sexe et ayant un boulot minable dans un quartier de BS. Mais quand, comme moi, on a vécu une enfance et une adolescence isolée des autres, alors les romans, la télé et le cinéma sont les seuls endroits où l’on peut apprendre comment se comporter en société et dans nos relations avec les autres.

Alors si en plus on essaye d’avoir le comportement le plus irréprochable possible parce qu’on est un soi-disant bon gars, les rares filles qui s’intéressent à nous n’ont pas fini de se trouver dans des situations aussi aberrantes que celles-là.

Et quand je dis qu’elles n’ont pas fini, c’est que j’avais encore ce comportement à 28 ans.

À SUIVRE

Être un Nice Guy a ruiné ma vie sociale, amoureuse et sexuelle (1e partie)

Saviez-vous que l’une des raisons pourquoi une bonne partie des soi-disant Bon Gars (alias Nice Guys) ne font vraiment pas de bons amoureux et/ou amants, c’est qu’ils sont trop à l’écoute des filles? Eh oui!  Le tout commence très tôt, à l’adolescence, alors que le garçon vit à répétition la situation semblable :

  • Le garçon n’a rien pour plaire à ce qui sert de standards à une jeune fille de son âge.
  • Le garçon, d’une façon quelconque, démontre son attirance pour la fille.
  • Le garçon ne plait pas à la fille.
  • Les raisons pourquoi le gars ne plait pas à la filles ne sont pas socialement acceptables (Pas beau, pas riche, pas athlétique, etc) ou bien insultantes (Ennuyant, idiot, etc).
  •  Comme tout le monde, la fille tient à éviter le conflit, autant que possible.  Alors, au lieu de lui dire la vraie raison de son rejet, elle lui sert une raison socialement acceptable: Déjà en amour avec un autre, pas de sexe sans être amoureuse, ses parents et sa religion lui empêchent toute relation, etc.
  • Le garçon, qui cherche absolument à plaire et à mettre fin à son célibat un jour, tire une leçon et prend en note mentale ce que lui dit la fille, et ajuste sa mentalité et son comportement envers les filles en se basant là-dessus.

… Mais le problème, c’est que plus il se fait rejeter par des filles qui lui servent diverses raisons socialement et/ou moralement acceptables, et plus le gars est conditionné à croire que les filles dans leur ensemble ont un comportement parfait, comportement parfait qu’elles exigent de la part des garçons.  Et c’est ainsi que le garçon commence sa vie adulte avec une idée erronée de ce que sont les filles, et surtout de ce qu’elles désirent. 

Pendant ce temps-là, les filles prennent de l’âge, de l’expérience de vie et de la maturité.  Leurs standards en choix de garçons cessent d’être influencés par Disney et Jersey Shore [remplacez ce dernier exemple par quelque chose de plus moderne si vous lisez cet article après 2013] et descendent à un niveau normal et réaliste.  On se retrouve donc avec le cas classique du soi-disant Bon Gars qui ne comprends rien aux filles, malgré le fait qu’il est à leur écoute dans le but de justement les comprendre.

Un des trucs qu’il y a de bien d’être un auteur dans l’âme depuis l’adolescence, c’est que j’écris pratiquement tout ce qui m’arrive, et ce depuis toujours.  Et puisque j’ai longtemps été un soi-disant Bon Gars, justement à force de vivre les étapes décrites plus haut, je possède encore des textes de l’époque que l’on peut voir aujourd’hui comme étant un témoignage de ce qui se passe dans leur tête.  En voici un qui décrit une anecdote que j’ai vécu à l’âge de 19 ans:

C’est au Collège Dawson que j’ai rencontré Daniella, petite, menue, délicate et toute mignonne, avec cette voix qui, bien que plus aiguë que la normale, était tout de même mélodieuse.  Elle adorait les bandes dessinées que je faisais, bien qu’elle ne comprenait pas trop puisqu’elle était unilingue anglaise. À chaque fois que l’on se voyait, on se rapprochait de plus en plus l’un de l’autre. Côté musical, elle n’aime qu’un seul groupe et c’est les Beatles. Le jour où elle m’apprend ça, en revenant de Dawson, je passe chez Sam The Record Man et j’achète la compilations THE BEATLES 20 greatest hits. Je les écoute en pensant à elle et en me conditionnant à aimer cette musique, histoire d’avoir un bon point commun avec elle.

Un jour, décidant de mettre à profit mes talents en dessin dans un but purement séducteur, j’ai pris quelques photos d’elle et j’ai fait son portrait en noir et blanc, utilisant encre et mine. Je pousse la chose à mettre le tout dans un cadre sous verre, et je lui donne. Sa réaction est allée bien au-delà de mes espérances. Elle était tellement surprise et ravie que pendant une demi-heure, elle avait les larmes aux yeux et ne cessait de me serrer contre elle en me remerciant, allant jusqu’à me donner tout plein de bisous, et certains sur la bouche. Elle montrait fièrement son portrait à tout l’monde, ne manquant pas de vanter mes mérites.

Puis, elle me dit qu’elle trouvait tellement extraordinaire que j’ai pris le temps de faire ça pour elle alors que nous ne sommes rien d’autres que des amis. Que je suis vraiment un ami extraordinaire.

« Ami » ? M’ouais! Voilà qui me fait déchanter un peu. Malgré tout, dans les jours qui suivent, je lui montre des signes de plus en plus évident de mon attirance pour elle. Malheureusement, elle finit par m’apprendre qu’elle est mariée.  Eh oui !  Comme le faisaient bien des cégépiens dans ce temps là, elle s’était mariée civilement afin d’obtenir de plus gros montant de prêts et bourses d’études. Elle disait bien que le gars n’était rien d’autre qu’un ami et coloc pour elle, et qu’ils divorceront à la fin de leurs études, mais que lui prenait la chose très au sérieux et que tant qu’ils ne seraient pas divorcés il prendrait mal qu’elle ait une autre relation.

Lorsque je lui dis que j’ai été induit en erreur à cause de toutes les fois où elle me touchait, j’apprends que, au cégep, les choses ne sont pas comme je suis habitué. Au cégep, les gens sont plus rapprochés, plus ouverts les uns envers les autres. Ils se touchent et se cajolent, non pas par amour ou désir sexuel mais bien parce qu’ils sont chaleureux. C’est en effet très différent de mon univers. Je ne sais pas si c’est à cause que c’est comme ça dans ce cégep en particulier, ou le fait que je vienne de St-Hilaire où les gens ne se touchent pas si ce n’est pas dans un but intime, mais bon.

Étant de nature naïve, je me suis montré compréhensif… Jusqu’à ce que j’apprenne par mon ami Carl une semaine plus tard qu’elle trippait ben raide sur Benny, guitariste d’un band de garage. Voyant que son mariage qui semblait interdire notre relation n’entrait étrangement pas en ligne de compte quand il s’agissait de Benny, j’ai compris qu’elle n’avait pas été assez honnête pour me dire qu’elle n’était pas intéressée à moi. Ça m’a pas mal frustré sur le coup, mais puisqu’elle restait amicale avec moi, je me suis dit que puisque de ce côté là ça allait, ce serait inutile de gâcher tout.

Me trouver une job de laveur de vaisselle fit que j’ai éventuellement cessé de fréquenter Dawson, et Daniella par la même occasion.

Plusieurs mois plus tard, vers février à 11:30 du soir, le téléphone sonne. C’était Daniella. Surpris mais ravi par son appel, je jase avec, et on parle de tout et de rien, mais surtout de ce que nous avons fait ces derniers mois. Elle m’apprend qu’elle habite seule, qu’elle est divorcée et qu’elle travaille comme bibliothécaire.

Et puis, comme ça, au détour d’une conversation, elle me demande si je voudrais bien aller passer la nuit chez elle. Elle me rajoute «As a friend!». (En tant qu’amis, pour les malenglophonants)   Je lui dis que j’en serais ravi, mais qu’alors il vaut mieux que l’on raccroche car le dernier bus vers Montréal passe dans une vingtaine de minutes. Je prends son adresse en note, je mets le papier dans ma poche, je me prépare en vitesse et je pars.

Daniella habite dans un petit 1½ dans un grand bloc à Montréal près du métro Mc Gill. Il est 1:30 am lorsque je sonne à son appartement. Elle m’ouvre, j’entre et je monte.

Elle m’accueille, toujours aussi mignonne et souriante qu’avant. Or, bien que je la trouve très attirante, il y a longtemps que je me suis fait une raison à son sujet. Anyway, elle a pris la peine de préciser «As a friend!», alors c’est sûr qu’elle ne me voit pas comme étant autre chose qu’un ami.

On parle et jase de toutes sortes d’affaires jusqu’à 4 heures du matin. On se dit qu’il serait peut-être temps de dormir maintenant.

Comme je disais, elle habite dans un 1½, donc tout se trouve dans la même pièce. Son lit double est situé en face du fauteuil du salon. Sans même que je me pose la question, il était très clair dans ma tête que j’allais dormir sur le fauteuil. Aussi, je suis très surpris lorsqu’elle me dit que je peux partager son lit. En fait, je me sens très honoré par cette marque de confiance. Tellement de gars pourraient voir en ça une invitation à s’essayer sexuellement avec elle.  Je suis content qu’elle sait que je ne suis pas comme ça.

Et on se couche. Elle est en chemise de nuit. Moi, Je suis torse nu, sans mes bas, mais j’ai gardé mes pantalons. Nous sommes couchés sur le côté, faisant face tous les deux à la fenêtre, et je suis derrière elle. J’ai un sérieux coup de barre. Aussi, je commence à m’endormir presque immédiatement. Là, elle me dit un truc. Je lui réponds et on échange 2 ou 3 phrases. Puis, je me sens sombrer de nouveau. Là encore, elle me reparle. Elle me fait le coup 2-3 autres fois comme ça. Puis, elle tourne la tête vers moi et me dit :

– Aren’t you gonna kiss me goodnite ?

Un bisou de bonne nuit ? Pourquoi pas. Je me rapproche, je lui donne un bec sur la joue, je lui souhaite bonne nuit et je me recouche. Au moment où je sombre de nouveau dans le sommeil, elle me demande si je veux bien me rapprocher et me serrer contre elle.

Fiou! Heureusement qu’elle m’a déjà fait remarquer que les cégépiens sont calins et chaleureux sans que ça veuille dire quoi que ce soit. Je me rapproche donc et la colle. Je passe mon bras autour de sa taille. Malheureusement, le mental et le physique, c’est deux. Bien que je savais que jamais il ne se passerait quelque chose avec elle, ce contact physique fut suffisant pour me donner une érection (Ben quoi? J’avais dix-neuf ans.  On s’érige à rien à cet âge là.) Un peu gêné, je me décolle doucement le bassin de ses fesses. La dernière chose que je veux, c’est qu’elle se rende compte que Popaul est au garde-à-vous, elle le prendrait sûrement mal. Je lui dis alors bonne nuit et je commence à sombrer dans le sommeil.

Trois ou quatre minutes plus tard, elle se lève en furie et débarque du lit. Surpris et à moitié abruti par le sommeil, je lui demande ce qui ne va pas. D’un ton impatient, elle me dit :

– Why do you think I asked you to come here ?

Oh fuck !  À ses paroles, je comprends que je n’ai pas du tout saisi la raison pour laquelle elle m’a demandé de venir ici. J’en arrive à la seule conclusion logique : Puisqu’elle m’a demandé de venir ici as a friend, j’ai dû accidentellement dire ou faire un geste déplacé qui lui fait penser que je désire plus que ça de sa part, et ça la choque. Je lui bafouille donc mes excuses en chaîne, je lui dis que je suis désolé si j’ai eu un geste déplacé mais je ne m’en étais vraiment pas rendu compte. Je lui demande de bien m’excuser et la rassure que puisqu’elle m’a dit d’être là as a friend seulement, jamais je n’ai eu l’intention d’aller plus loin.

Après m’avoir écouté, elle reste silencieuse. Puis elle me tend les bras. Je l’approche et on s’enlace. Je suis content de voir que peu importe que j’aie pu faire de pas correct, elle semble m’avoir pardonné. Elle relève la tête vers moi.

– Kiss me !

Je lui donne donc un petit bec amical sur le front, pour lui prouver que j’ai bien compris. C’est que ce n’est pas facile, en anglais. Nous, les francophones, selon le genre de baiser, on dit embrasser ou bien donner un bec, ou un bisou. En anglais, il n’y a que le mot kiss. Aussi, je suis fier qu’elle m’ait, par ce test, donné l’occasion de lui montrer que je comprends et respecte parfaitement ses limites.  Elle pousse un long soupir, que je suppose être de soulagement ou de fatigue. Puis elle me lâche et retourne se coucher. Je la suis. Je me couche à côté d’elle, cette fois en lui tournant le dos, pour être certain de lui enlever la peur qu’elle semble avoir comme quoi je la désire sans son consentement. On s’endort sans mot dire.

Le lendemain, du réveil jusqu’à mon départ vers midi, elle m’a fait l’air bête tout le long, évitant de me regarder et de me parler. Plutôt étrange !

Moins d’une semaine plus tard, Carl me rapportait qu’elle racontait dans tout le collège à quel point j’étais un pauvre con vraiment pas déniaisé qui n’est même pas capable de comprendre quand une fille s’offre à lui.

BEN FUCK, LÀ, TSÉ ! Comment voulez-vous que je puisse comprendre ce qu’elle voulait dire si ses paroles entraient en contradiction avec ses gestes ? Non mais ça s’peux-tu !? Les filles sont vraiment des contradictions ambulantes! D’abord ça va se plaindre que les gars n’écoutent pas ce qu’elles leur disent, et ensuite elles gueulent contre eux justement parce qu’ils l’ont fait.  Décidément, je ne comprendrai jamais rien aux filles.

On pourrait être porté à dire que j’étais encore jeune, donc que mon inexpérience de la vie, et surtout des relations interpersonnelles, explique mon erreur et surtout ma naïveté.  Mais là n’est pas le problème.  Il se situe plutôt dans les cinq points suivants:

1 ) Écouter scrupuleusement tout ce que les filles disent et tout prendre au pied de la lettre. C’est que le soi-disant Bon Gars est tellement désespéré de plaire à une fille qu’il va prendre la moindre parcelle d’information au sujet de celle-ci afin de lui plaire, ou du moins de ne pas lui déplaire.  Ici, lorsqu’elle m’a dit d’aller passer la nuit avec elle as a friend, dans ma tête c’était coulé dans l’acier que ça allait être as a friend et absolument rien de plus.  La seule chose qui aurait pu changer mon comportement avec elle, ça aurait été qu’elle me dise en paroles directes et claires qu’elle me voulait en tant que partenaire sexuel.  Et ceci, c’est à cause du point 2 qui est:

2 ) Perdre totalement confiance en son instinct et en ses capacité d’interpréter les signes.  Normal.  À force de se faire dire qu’il a mal compris les gestes des autres à son égard, un gars finit par conclure que les gestes ne veulent jamais rien dire, qu’ils ne comportent aucun message. Il cesse alors d’y porter la moindre attention. Ici, n’importe qui aurait compris que de se faire inviter à venir passer la nuit avec une fille que l’on n’a pas vu depuis quelques mois, se faire inviter à la coller au lit, et surtout se faire demander de l’embrasser, il n’y avait pas plus clair comme message.  Hélas, tant qu’existe la moindre ambiguïté, la moindre parcelle infinitésimalement minuscule comme quoi un geste ou une parole puisse avoir une signification anodine, alors c’est la facette anodine qu’il croira. Comme ici, dans les différentes significations possibles du mot kiss lorsqu’elle me demande de l’embrasser. Et ça, c’est à cause que:

3 ) Il y a de grandes chances que le Soi-disant Bon Gars ait déjà été « testé » par des filles.
Lorsqu’une fille cherche à prendre ses distance avec un gars, mais qu’elle n’arrive pas à trouver une bonne raison de le faire, il arrive parfois qu’elle use de cet hypocrite stratagème: Elle lui demande son avis sur un truc, attend sa réponse, et prétend ensuite qu’en fait, elle lui passait un test.  Elle dit ensuite être tellement en désaccord avec sa réponse qu’elle se voit obligée de mettre de la distance entre eux.   

Par deux fois, avant ma nuit as a friend, il m’est arrivé que des filles avec qui je n’étais qu’ami me demandent si elle me plaisent, si j’aimerais sortir avec elles.  Voyant là une chance d’être en couple, j’attrapais à deux mains la perche qu’elles me tendaient, leur déclarant mon intérêt à être plus qu’amis.  C’est là qu’elles me répondaient de manière sèche et distante quelque chose dans le sens de: « Je vois! C’était juste un test que je te passais. Je voulais voir si tu étais sincère quand tu disais que tu ne ressentais rien de plus que de l’amitié pour moi.  Maintenant, je vois que tu me mentais.  Désolé, mais de savoir que tu m’aimes sans que ce soit réciproque, ça me rend mal à l’aise.  Dans de telles conditions, j’aimerais mieux que l’on cesse de se voir. »  À force de se faire tendre ce genre de piège, un gars finit par développer la phobie suivante:

4 ) Craindre que la fille s’imagine qu’il ne veut d’elle que du sexe.  Voilà pourquoi Il fait tellement d’effort, se conditionne depuis tellement longtemps à s’auto-castrer, afin de devenir le gars parfait… Sauf que dans la tête du soi-disant bon gars, être parfait, ça signifie être le plus irréprochable possible. Ici, oui, Daniella me plaisait, et oui j’espérais toujours que notre relation d’amitié monte au stade d’amoureux et/ou amants. Sauf que, dans ma tête, il était logique de croire que jamais elle ne me donnerait ma chance de le devenir si je ne lui démontre pas d’abord que je sais tenir ma place en tant qu’ami. Donc, que lorsqu’elle me dit quelque chose, je l’écoute!  Je savais par expérience que me montrer des signes d’intérêt, ça pouvait être un test.  Je savais par expérience que me poser des questions, ça pouvait être un test.  Alors la seule chose qui aurait pu me faire passer de simple ami à amoureux et/ou amant, c’eut été qu’elle me l’affirme clairement, directement, en paroles autant qu’en gestes.  

Et enfin, la plus grande erreur de toute, et celle la plus répandue chez les soi-disant Bons Gars:

5 ) Prendre les filles non pas par cas individuel, mais bien dans leur ensemble. C’est exactement ce que mon dernier paragraphe démontre. Dans ma tête, toutes les filles sont semblables, elles s’expriment toutes de la même façon,  et désirent toutes le même comportement parfait et irréprochable de la part des gars. …et dès que l’une d’elle a un comportement qui me semble contradictoire à leurs paroles, alors là elles sont TOUTES des contradictions ambulantes.

Et non, contrairement à ce qu’on pourrait penser, ce n’était pas un comportement passif-agressif d’un gars qui cherche à se venger des filles en se comportant en gars irréprochable à l’extrême, en poussant la chose à la limite du caricatural, par frustration d’avoir été plusieurs fois rejeté par des excuses bidon.  C’était une sincère tentative de comprendre les filles en leur donnant ce qu’elles veulent. Et c’est de ça que je parle, quand je dis que les soi-disant Bons Gars ne font pas de bons amoureux. Parce que dans leur désir de plaire, ils ont un comportement qui sabote tout.  Mais comme ils sont sincère dans leurs efforts et leur incompréhension, il leur est impossible de s’en rendre compte, et ainsi de changer.

 Et le plus grand problème avec un comportement acquis au cours de plusieurs années de conditionnement, c’est que ça reste en soi longtemps. Ici, j’avais 19 ans.  Me croiriez-vous si je vous disais que j’étais tout aussi naïf à 24 ans?

À SUIVRE

Lire en public = « Harcelez moi! »

Il y a quelques mois, un lien a fait le tour de Facebook. Il menait à un billet de blog anglophone dans lequel son auteure se plaint d’être victime de harcèlement dans les transports en commun.

Résumé de son billet de blog: Lorsque Mademoiselle veut avoir la paix dans le métro, elle met un anneau de mariage à son doigt même si elle n’est pas mariée, et lit un livre dans lequel elle se penche la tête tout en se repliant sur elle-même.  Elle fait ceci afin que son langage corporel envoie aux gens qui l’entourent le message comme quoi elle veut qu’on la laisse tranquille.   Hélas, une fois sur deux, elle se fait quand même aborder par un homme.  Et lorsqu’elle lui dit clairement qu’elle ne veut pas être dérangée, l’homme le prend tellement mal qu’au lieu de lui foutre la paix, il l’agresse verbalement non-stop, et ce tant et aussi longtemps qu’ils sont tous les deux dans le même wagon. Conclusion: Il est difficile de vivre dans une société dans laquelle, pour avoir commis le simple crime d’être née femelle, on ne peut mettre un pied dehors sans être immédiatement sujette au harcèlement et à l’intimidation masculine. Et ce même si l’on prétend (silencieusement) être mariée.

Permettez-moi d’être quelque peu cynique en disant que je comprends que pour certaines femmes, toutes les excuses sont bonnes afin de démontrer que les hommes sont majoritairement des néandertaliens attardés machos et harceleur.  Le fait qu’elle se fasse ainsi aborder contre son gré une fois sur deux lorsqu’elle est dans le métro le prouve. Tant qu’il y aura des hommes en liberté, une femme ne sera en sécurité nulle part.

Sauf que… Si c’était vraiment le cas, ça arriverait à toutes les femmes, pas seulement à elle, non?  Je veux dire, la majorité de mes amis sont des femmes, elles prennent les transports en commun quotidiennement, et là-dessus il y en a peut-être deux ou trois qui ont déjà été la cible d’un freak dans le métro ou dans le bus.  Et il y avait généralement plusieurs mois, voire plusieurs années d’écart entre chacun de ces incidents.  Et pas besoin de me croire sur parole, faites juste regarder autour de vous lorsque vous êtes dans les transports en commun.  Avez-vous déjà été témoin d’une telle situation, vous?  Et si oui, est-ce que ça vous est arrivé aussi souvent qu’à cette blogueuse?

ATTENTION: Je ne dis pas qu’elle ment.  Au contraire, je crois à 100% qu’elle vit vraiment ces expériences.  Sauf que, il ne lui est apparemment jamais venu en tête que la source de son problème pouvait être autre chose que simplement être une femme.

Rassurez-vous, je ne cherche pas à blâmer la victime en l’accusant d’attirer, voire de provoquer ses harceleurs.  Je ne dis pas non plus qu’elle a juste à être moins belle, ne pas se maquiller ou bien de s’habiller moins sexy, et autres jugements machos faciles. Un nombre incalculable de belles filles maquillées et habillées sexy prennent les transports en commun sans jamais se faire déranger, alors là n’est pas le problème.  Enfin, je ne cherche surtout pas à justifier le comportement de ces hommes.  Oui, ce comportement de merde est totalement inacceptable.

Tout ce que je dis, c’est qu’on ne peut nier l’évidence: Si ça lui arrive à elle beaucoup plus qu’aux autres femmes, c’est parce que, consciemment ou non, elle fait quelque chose qui attire ces hommes vers elle.

Ce que je dis, c’est: Si elle ne veut pas se faire aborder dans le métro, est-ce qu’elle a déjà essayé de ne pas lire en public?

Ça vous semble ridiculement simplet comme solution?  Vous croyez que je suis un insensible crétin déconnecté de la réalité, d’oser émettre l’hypothèse comme quoi la source de son harcèlement n’est rien d’autre qu’un geste aussi banal et insignifiant que de lire en public? Je n’affirme pourtant pas ça à la légère.  Je sais de quoi je parle.  L’image qui suit est une capture d’écran tirée de la section Le Petit Désagrément du Jour de mon ancienne page La Zone Requin. Voyez ce que j’y raconte:


J’ai écrit ça en 2004.  Et même à cette époque, ça n’était pas la première fois que je constatait ce phénomène.  Le simple fait d’avoir rédigé une chronique sur ce thème le prouve.  Depuis que j’utilise les transports en commun, c’est à dire depuis 1985, j’ai vécu ce problème, et je le vis encore lorsque je lis en public.  Et pourtant, je suis un homme.  On ne peut donc pas prétendre que c’est parce que « l’homme harcèle la femme. »  Jusqu’à date, voici le genre de personnes que j’ai attiré en lisant en public:

  • Les gars saouls/drogués qui délirent.
  • Les vieux/vieilles fatigant(e)s, tels que décrits sur ma capture d’écran, qui me posent plein de questions sur ma vie privée, plus que je ne suis confortable de répondre.
  • Et au moins une fois l’an, généralement à l’arrêt de bus / au terminus, il y a une folle débraillée qui s’exprime en hurlant des insanités, capable de me crier des insultes pendant une heure non-stop.

Comme vous voyez, la moitié de mes harceleurs sont des femmes.  On ne peut donc pas dire que c’est un phénomène exclusivement homme-envers-femme.

Et quand je ne lis pas en public, vous savez ce qui arrive? Rien! Les gens me foutent la paix.

Je ne dis pas que c’est de sa faute, ni ne prétends-je qu’elle fait exprès pour attirer le harcèlement.  Comment pourrait-elle savoir que c’est le fait de lire qui attire les freaks?  Moi-même, si je n’avais pas personnellement vécu cette situation aussi souvent, je n’aurais jamais pu faire le lien de cause à effet.  Pourtant, il est là.   

Mais d’où viennent ces freaks et pourquoi sont-ils attirés par les gens qui lisent?  Des gens mal à l’aise en société, il y en a partout. Consciemment ou non, le malaisé a l’impression qu’il n’a sa place nulle-part.  Et lorsqu’il est dans un lieu public, son malaise le pousse à ignorer les gens qui, eux, semblent être à leurs places: Ceux qui parlent, qui  marchent, qui regardent autour, qui cherchent ou attendent quelque chose.  Des gens à l’aise, fonceurs, voire agressifs.  Ces gens qui semblent à l’aise dans cet environnement intimident le malaisé, qui s’en tient donc à l’écart.

Et dans cette foule de gens inaccessible, il y a elle, elle aussi à l’écart des autres:  Assise, ne regardant personne, repliée sur elle-même, le nez dans son livre…

Pour les gens normaux, oui son langage corporel dit qu’elle veut avoir la paix.  Et puisque ce sont des gens normaux, ils comprennent et acceptent.  Mais pour le malaisé, le langage corporel de cette fille ne lui dit pas qu’elle veut être tranquille.   Il lui dit qu’elle n’est pas fonceuse, qu’elle n’est pas agressive, qu’elle est passive.  Mieux encore: Il lui donne l’impression qu’elle est encore plus mal à l’aise que lui en public.  Son instinct reconnait donc immédiatement en elle une personne qui est semblable à lui.  La seule dans cette foule qui ne l’intimide pas.  La seule qui lui semble accessible.  Ça peut même aller jusqu’à lui donner inconsciemment l’impression que cette fille pourrait bien être son âme soeur. (J’ai déjà parlé de ce phénomène dans le billet Dose de réalité: La mystérieuse charmeuse)

Une personne malaisée souffre de ne pas avoir d’interaction sociale. Hélas, sa nature de malaisée fait qu’elle a également une peur bleue de subir du rejet.  Plus elle veut mettre fin à sa solitude, moins elle ose. C’est une véritable torture morale.  Voilà pourquoi, lorsque que son subconscient lui fait croire qu’elle vient enfin de trouver quelqu’un qui lui est aussi accessible que compatible, c’est un peu normal qu’elle perde le contrôle de ses gestes et paroles, et l’abordera un peu n’importe comment. Et voilà également pourquoi le malaisé réagira aussi mal du refus: Il se fait repousser par la seule personne qui, à ses yeux, avait un langage corporel qui l’a mis en confiance en l’invitant à venir lui parler.  Même si c’était seulement dans son imagination, n’empêche qu’il se sent blessé, humilié, trahi.  Pas surprenant qu’il réagisse si mal.

Vous me répondrez peut-être: «Ouais, ok, je comprends ça.  Mais ça n’explique pas pourquoi il se conduit envers elle comme un freak et non comme un être civilisé.» C’est simple : Nous parlons ici d’un être qui n’est pas habitué à faire du social.  Par conséquent, il est totalement ignorant des règles de comportements en société. Voilà pourquoi il considère de manière erronée que l’attitude de la fille qui lit est invitante.  Voilà pourquoi il l’aborde maladroitement, et voilà pourquoi il frustre et l’exprime sans retenue.

Ceci, bien entendu, n’excuse pas ce comportement.  Ça ne fait que l’expliquer.

Oui, je suis tout à fait d’accord avec vous, le fait de lire en public ne devrait pas faire de vous la cible de n’importe quel rejet frustré.  Oui, je suis d’accord comme quoi leur comportement est inacceptable.  Je suis d’accord comme quoi les choses ne devraient pas se passer ainsi.  Malheureusement, ça ne change rien au fait que oui, c’est ainsi que les choses se passent.  Qu’on le veuille ou non, chaque foule contient sa part de freaks. Et si vous ne voulez pas les attirer à vous, alors vous devriez vous abstenir de faire la seule chose qui va les encourager à le faire, c’est à dire lire en public, surtout en se repliant sur vous-même.  Les femmes ont déjà bien assez de soucis avec les harceleurs, si un truc aussi simple peut suffire pour diminuer le nombre de ceux qui vont l’approcher, aussi bien l’utiliser.

Parce que des fois, on a beau se méfier de la voie facile, il arrive que la source du problème, tout comme sa solution, ne soit pas plus compliquée que ça.

17 bonnes raisons de ne pas ressentir de nostalgie pour nos années d’adolescence

Nous autres, les adultes, nous considérons que les adolescents ont la vie facile.  Ne sont-ils pas habillés, nourris et logés gratis?  Ne sommes-nous pas à la fois leur entretien ménager, leur employés de buanderie, leurs chauffeurs, leurs cuisiniers, leurs serviteurs et leurs guichets automatique?  N’ont-ils pas deux mois de vacances en été, chose qu’aucun adulte ne peut se permettre à moins d’être millionnaire? (ou prof, réalise-je soudain)  Juste pour ces raisons-là, on se dit que des fois, on aimerait bien retourner dans notre passé lorsque nous étions d’insouciants élèves de l’école secondaire.

Pourtant, plus j’y repense et plus je me rends compte ces années-là étaient loin d’être la vie insouciante que nous avons étrangement tendance à nous rappeler. En réalité, notre quotidien était une période pleine de contrariétés et d’injustices, un enfer constant qui ne semblait pas vouloir prendre fin. regardons les choses en face: L’adolescence et le début de la vie adulte sont les pires années de notre vie.

Vous croyez que j’exagère? Rappelez-vous seulement comment…


1- Le détail le plus insignifiant est suffisant pour faire de toi la risée de tout ton entourage.

À douze ans, il n’était pas rare que je vois en hiver un camarade de classe hésiter à ôter sa casquette ou sa tuque en entrant à l’école. Et c’est normal, il essayait tout simplement de cacher aux autres une chose qui allait attirer sur lui l’attention négative. C’est que, la veille, il lui était arrivé quelque chose hors de son contrôle : Il a eu à subir … *gasp!* … UNE COUPE DE CHEVEUX!  Eh oui, à cause d’une simple et banale coiffure, il passera la journée à subir les moqueries de son entourage qui l’appelleront « Rase-bol » ou lui demanderons en riant « T’as-tu passé au feu? »

Un détail n’a pas besoin d’être visuel ni hors-normes pour attirer le mépris.  Par exemple, quoi de plus banal et insignifiant qu’avoir un nom de famille? Le mien, mon vrai, est Johnson. St-Hilaire, la ville où j’ai passé mon enfance dans les années 70 et mon adolescence dans les années 80, était majoritairement francophone.  Or, à cette époque, il était coutume d’haïr les anglais, de les prendre pour des snobs. Il suffisait que l’on entende quelqu’un parler en anglais pour se dire « T’chèque-moé donc c’t’estie d’frais chié! »  Alors avoir un nom anglais, même si je n’en parlais pas un mot, ça m’a apporté dès le départ l’hostilité de mes semblables.

Ce qui n’aidait pas, c’est que la télé passait régulièrement des pubs pour les produits de marque Johnson & Johnson.  C’était l’époque où CFTM 10 (TVA) et Radio Canada (SRC) étaient les seules chaines francophones au Québec.  Et puisque c’était vingt ans avant internet, tout le monde regardait la télé, et tout le monde voyait ces pubs. Les gens accrochaient particulièrement au slogan « La poudre pour bébé Johnson’s ». Ce qui fait que de mes 5 à 16 ans, soit de mon premier jour de maternelle jusqu’à la fin de mon secondaire, j’ai eu à subir le sobriquet « Bébé Johnson ».  

Et pas besoin d’avoir un nom de famille spécial pour que ça arrive. J’ai connu un gars qui a passé toutes ses années scolaire à faire rire de lui en se faisant surnommer Banane.  Pourquoi? Parce que ça rime avec Stéphane, son prénom.

Quand tous les gens que tu as côtoyé dans ta vie entière ont passé la leur à te ridiculiser, donc à ne jamais te prendre au sérieux, à ne jamais te respecter, c’est une habitude profondément ancrée en eux. Une habitude qu’ils ne perdent pas, même lorsqu’ils sont rendus adultes et (supposément) matures.


2- Tu as embrassé deux garçons en moins d’un an?  Alors t’es une pute.

Sur ce sujet au moins, nous les gars avions le beau jeu.  L’adolescence est le seul moment où on avait raison de dire « quand un gars a eu full de filles, on l’admire, mais quand une fille a eu full de gars, on dit que c’est une salope », et ce même s’il n’y avait rien de sexuel d’impliqué. Parce que oui, pour une raison que je n’arrive pas à m’expliquer, il était très mal vu qu’une fille laisse libre cours à son cœur et/ou ses désirs pour plus d’un gars par année scolaire. Je suppose que, même si les moeurs étaient plus libérées, nous étions élevés par des gens pour qui ce n’était pas le cas.

Ça expliquerait pourquoi, dans les partys, les filles en provenance d’autres écoles que la nôtre étaient toujours beaucoup plus open : Elles n’avaient pas à nous revoir par la suite.  Ça leur permettait de laisser libre cours à leurs désirs normaux tout en épargnant leurs réputations.


3- Les adultes ont seulement besoin de savoir ton âge pour porter un jugement décisif et sans appel sur toi.

Exemple vécu : À 14 ans, sans que je ne lui demande rien, mon père me dit que pour le jour de mes 16 ans, il va me payer des cours de conduite.  Deux ans plus tard, lorsque je lui rappelle sa promesse, il revient sur sa décision car il n’est pas question que j’aille prendre son auto, que je me saoule et que je le démolisse dans un accident.

Même si on met de côté le fait légèrement aberrant que, de son propre aveu, ce n’est pas la mort de son fils qu’il cherche à éviter mais bien qu’on lui accidente son char, le fait demeure que j’ai toujours été le plus sobre de ma famille, et ce des deux côtés. Mais voilà : J’étais un jeune.  Et quand tu es jeune, alors tu es automatiquement un délinquant qui se saoule au volant, conduit trop vite et  provoque des accidents.

J’aurais pu lui faire remarquer que baser son raisonnement uniquement sur mon âge était stupide.  Ce n’est pas l’âge qui aurait pu provoquer l’accident dont il parlait. C’est le fait d’être imprudent, fou de la vitesse, et consommateur d’alcool.  Trois choses que je n’avais jamais été, et il le savait très bien. Mais voilà, essayer de lui démontrer qu’il avait tort n’aurait rien changé, parce que…


4- Les adultes ont toujours raison… SURTOUT lorsqu’ils ont tort.

Personne n’aime reconnaître ses torts, et c’est encore plus vrai quand il s’agit d’un adulte face à un jeune.  Pourtant, puisque personne n’est parfait, il arrive souvent qu’un adulte use d’arguments irréfléchis pour expliquer une décision.  Lorsque le jeune ose démontrer de façon irréfutable que l’adulte fait erreur dans son raisonnement, ce dernier réplique alors quelque chose dans le style de:

  • « À ton âge, t’as pas de leçons à me donner! »
  • « Attends-donc d’avoir le nombril sec avant de croire que tu sais de quoi tu parles. »
  • « Heille, sois poli! »
  • Ou plus clairement : « C’est moé l’adulte icite, fa que c’est ça qui est ça fa que farme  ta yeule! »

Et si je dis qu’ils ont raison surtout lorsqu’ils ont tort, c’est parce que quand tu prouves qu’ils ont tort, tu leur fait subir une humiliation.  Par le fait même, tu les fâche contre toi, donc tu leurs donne une raison de te faire subir leur mauvaise foi encore plus. Voilà pourquoi, quand tes parents te traitent de mal élevé, il n’est pas bon de leur répondre « Mal élevé par qui? », même si c’est la réplique PWND-esque parfaite.

Cette situation, c’est parce que quand tu es jeune…


5- Tout le monde exige de toi le respect et la politesse que personne ne te donne.

Pour tes parents, tu es celui à qui l’on ordonne sans ménagement.  Pour les figures d’autorité, tu es cette forte tête qu’il faut casser. Pour les autres adultes, tu es source de mépris et bouc émissaire pour toutes sortes d’accusations farfelues.  Et même des vieux que tu ne connais pas n’hésitent pas à te parler bête comme on le ferait à un chien. Bien sûr, on s’attend à ce que tu l’acceptes sans répliquer.

Toi, par contre, fais juste regarder un vieux de façon un peu trop croche à son goût, et tu n’auras pas fini de sitôt d’entendre le scandale causé par ton incroyable impolitesse.

Même les autres jeunes en général et tes amis en particulier ne cessent de te manquer de respect.  Mais dans leur cas, c’est normal : On ne peut pas donner ce que l’on n’a jamais reçu. Voilà pourquoi…


6- On juge négativement ton quotient intellectuel selon tes goûts personnels

Tu auras beau n’avoir que des A ou des 100% sur ton bulletin scolaire, il suffit que tu aimes quelque chose en particulier, une musique, un artiste, une émission de télé, pour être perçu comme étant un cave: Les critiques disent que ça ne vaut rien et que pour aimer ce truc, faut être imbécile.  Les adultes te demandent comment tu peux aimer de pareilles niaiseries.  Tes amis te collent l’étiquette de qui n’a pas de goût, en particulier ceux qui entrent dans leur période snob, celle dans laquelle à leurs yeux, presque tout est de la merde ou signe d’immaturité.  Mais malgré le snobisme qu’ils affichent afin de se donner une apparence mature…


7- Tes amis sont immatures.

À 15 ans, au printemps 1984, j’étais bénévole pour Miaouf Adoption, un refuge pour animaux abandonnés.  Un jour, les autres jeunes bénévoles et moi faisions partie d’une levée de fonds pour l’organisme.  On vendait des macarons au Mail Montenach.  Étant le plus vieux, j’étais en charge de récolter l’argent de nos ventes.  À la fin de notre journée, une des filles de 14 ans voulait savoir combien on avait fait. J’ai refusé de lui refiler l’enveloppe d’argent.  Elle a tenté de me la retirer des mains, mais j’étais plus rapide et je lui ai tourné le dos.  Elle m’a  alors sauté dessus, grimpant sur moi, tentant d’agripper l’enveloppe que je tenais hors de sa portée.  … Et ce publiquement, dans les allées intérieures du centre d’achats.  Le hasard a voulu qu’à ce moment-là, son père s’est adonné à passer par là, et qu’il a vu toute la scène depuis le début.  Dès qu’elle a constaté la présence paternelle, inutile de dire qu’elle m’a vite lâché et qu’elle a filé droit vers lui, sans mot dire.

Vous me direz que c’est normal d’agir ainsi à son âge?  En 1998, alors que j’avais 29 ans, je subissais exactement la même chose de Geneviève la Coloc de l’Enfer, alors âgée de 21 ans, parce qu’elle voulait absolument voir qu’est-ce que j’avais écrit dans une lettre sans rapport à elle qui ne lui était pas destinée.


8- Tu deviens repoussant(e)!

De 14 à 15 ans, tes os poussent plus vite que ta viande et ton gras, ce qui te déforme solide le corps et la gueule. Pas encore habitué à ton nouveau format, tu te cognes partout, accroche tout, fait preuve d’une maladresse que tes parents ne manquent pas de te reprocher.  Ta voix devient grave et monotone. Il te pousse juste assez de poil au menton et sous le nez pour que ça paraisse, mais pas assez pour te raser. Déjà que l’idée d’approcher une lame de ton visage ne te met pas à l’aise du tout, surtout avec ta nouvelle maladresse. Tes nouvelles glandes encore mal ajustées font du zèle et te font puer des pieds et mouiller du dessous de bras jusqu’aux côtes, même si tu ne fais rien d’autre que de rester allongé immobile. Tu as le cheveu gras, la peau qui boutonne et une haleine de filet de saumon oublié tout un weekend dans un coffre d’auto au soleil. Et c’est à l’unisson que les filles (dégoûtées) tout comme tes amis (amusés) te disent : « Hostie qu’t’es lette, man! »


9- Ta puberté attire le genre d’attention dont tu pourrais te passer.

Vous vous rappelez de l’année où votre corps a décidé de passer de fille à femme sans vous demander votre avis? Et que la poussée de vos seins a commencé à dévier les regards masculins vers ces nouvelles courbes?  Et que toute cette nouvelle attention vous foutais un malaise pas possible?  Et que dire de la fois où, lors d’une réunion familiale, une parenté quelconque est venue vous dire « Comme ça, t’es devenue une grande fille!? », ce qui signifiait que votre mère était aller raconter à toute la famille que vous avez commencé à être menstruée?  Ah, doux souvenirs.


10- Tu déranges tout le monde car tu n’as ta place nulle-part.

Lorsque tu es chez toi au salon, dans ta chambre, à regarder la télé, un film, jouer à des jeux ou être sur l’ordi, tes parents te disent d’aller jouer dehors.

Tu marches sur le trottoir.  Les vieux voisins méfiants sont à leurs fenêtres à épier tes moindres faits et gestes, n’attendant qu’un mouvement suspect pour appeler tes parents ou la police.

Tu vas dans un parc public.  Les mères qui surveillent leurs enfants qui jouent te regardent avec mépris en considérant que tu n’as pas d’affaire là.

Tu vas dans un centre d’achats. Tout le monde te surveille et se méfie. Si tu restes debout immobile pendant plus de 10 secondes en présence d’un surveillant, il viendra aussitôt te donner l’ordre de circuler.

Que font des adultes lorsqu’ils sont assis sur un banc public? Ils se reposent. 
Que font des adolescents lorsqu’ils sont assis sur un banc public? Ils flânent!

Bref, quand tu es ado, le seul endroit où tu es le bienvenu, c’est à l’école.  Mais attention: Seulement pendant les heures de cours.  Parce que si tu as le malheur de te trouver sur leur terrain lorsque c’est fermé, c’est un gardien de sécurité ou bien la police qui va t’en expulser en t’ordonnant de retourner chez toi.  Et de là, le cercle recommence.  Le problème, c’est que…


11- Tu es toujours le premier suspect.

Quoi qu’il soit arrivé de négatif, tu peux être certain que tu seras toujours soupçonné en premier.  Ais-je dis soupçonné?  Je voulais dire accusé.  Quelque chose brise dans la maison?  C’est le jeune!  On entend une auto passer en trombes?    C’est le jeune!  La police patrouille dans le secteur?  C’est sûrement pour le jeune qui habite pas loin.  Un accident? Du vandalisme?  C’est le jeune!  Et bien qu’il soit prouvé statistiquement que la majorité des vols à l’étalage sont d’abord commis par des retraités, puis des adultes, laissant les jeunes bons derniers de ces crimes, ils restent encore et toujours ceux qui en sont le plus accusés.  Bref, ta jeunesse te rend coupable d’avance de tout ce qui arrive de négatif, même quand la chose ne s’est même pas encore produite. 


12- Tu dépends du bon-vouloir de tout le monde.

Quand tu n’as aucun droit, tu as besoin de la permission de tout le monde: Chez toi, c’est: permission pour sortir, pour utiliser l’ordi, pour manger entre les repas. En classes, c’est: Permission pour parler, pour aller aux toilettes.

Sans oublier que tu es totalement dépendant de tes parents pour te déplacer, que ce soit avec eux qui vont te reconduire en auto ou bien te fournir de quoi utiliser les transports en commun.  Et pour tes dépenses personnelles, il faut leur demander de l’argent pour tout: Ton électronique, tes sorties, tes vêtements… Et puisque c’est eux qui payent, ils ont le droit de regard sur ce que tu veux avoir. Alors si ça ne leur plait pas, bonne chance pour l’obtenir.


13- Les parents se mêlent toujours de ce qui ne les regarde pas.

Tu penses que sur les sujets dans lesquels ils n’ont rien à payer, les parents n’ont rien à dire? C’est vrai, mais ça ne les empêche pas de le faire quand même:

Tu ramènes ton nouveau (ou futur) petit ami chez vous.  Une fois qu’il est reparti, ta mère te dit : « Que c’est ça, c’t’èspèce de grand tarla-là? J’veux pu jamais r’voir ça icite! »

Situation inverse pour un gars: Quand ta blonde t’annonce quelle ne peut plus te voir parce que ses parents voient votre relation d’un mauvais oeil, car ils disent que sortir avec toi va la distraire de ses études. Ou bien que, puisque tu es un gars, tu n’as qu’un seul but en sortant avec elle: La dévierger!  Ou mieux encore: Que tu es un futur assisté social qui ne fera jamais rien de sa vie, en se basant sur le fait qu’à quatorze ans tu ne sais pas encore quel métier tu compte exercer quand tu seras adulte.

Tu joues avec un petit voisin et vous vous amusez.  Soudain, petit accident; il fait un faux mouvement, il se cogne et il pleure.  Avant même que la douleur diminue et que les choses reviennent à la normale, sa mère arrive en trombe.  Même si elle n’a rien vu du tout, il est totalement clair dans sa tête que c’est toi qui l’a maltraité.  Elle t’engueule comme du poisson pourri en criant à tue-tête, ramène fiston dans la maison en lui arrachant quasiment le bras de l’épaule, et t’interdit de t’approcher de lui ou de la maison pour le reste de tes jours.  Ce qui aurait pu être une bête anecdote insignifiante et rapidement oubliée dans l’histoire de votre camaraderie a été transformée par cette mégère en rien de moins qu’une agression, voire en déclaration de guerre, qui fout en l’air une belle amitié qui ne la concernait même pas.


14- Être un gars vient avec des standards sociaux bien établis duquel il ne faut pas déroger sous peine d’être socialement émasculé.

Secondaire II, gymnase, classe d’éducation physique. Gilles, notre prof, se couche face contre terre.  Raide comme une planche, il se met en position de push-up, se tenant sur ses mains et le bout de ses orteils. Il nous dit : Il y a deux façons de faire des push-ups. D’abord, cette façon-ci, qui s’appelle « les push-ups de gars »… Et il se met à faire des pompes de façon standard. Puis, il arrête.  Il s’installe sur les genoux plutôt que sur les orteils.  Puis, il recommence à en faire, en disant : « …Et comme ceci, sur les genoux, ce qu’on appelle « les push-ups de filles ».

Je ne sais pas si c’est encore le cas, mais à l’époque, Éducation Physique était un cours dans lequel les gars et les filles étaient séparés. Alors même si, comme moi à l’époque, on avait de la misère à faire trois push-ups sans risquer l’infarctus, personne n’aurais osé se rabaisser devant la classe constituée uniquement de gars en faisant des push-ups de filles.

Au 3e secondaire, je ne me souviens plus du nom du cours…  C’était une classe dont le cours changeait à toutes les six semaines.  Et là encore, il y avait deux options :

  • Option gars avait Méthodologie de travail, Initiation à la technologie, Mécanique automobile et Coupe de viande (théorie seulement).
  • Option filles avait Cuisine, Premiers soins, Entretien ménager et Tenue budgétaire.

Je n’exagère pas, les classes s’appelaient vraiment Option gars et Option filles. Je suis sûr que je n’étais pas le seul gars qui n’en avait rien à chier d’apprendre la mécanique, le principe des poulies et les différentes parties du bœuf.  Surtout que, peu importe notre sexe, que l’on soit célibataire, en couple, avec ou sans enfant, il est important de savoir cuisiner, appliquer les premiers soins, faire du ménage et tenir un budget. J’ai donc fait comme tous les gars :  J’ai commencé ma vie adulte à être totalement nul dans ces domaines, réduit à les apprendre à la dure.


15- Le seul critère que les adultes utilisent pour te juger, c’est ta famille.

Non, sérieux, personne n’en a rien à cirer de ce que tu es vraiment.  Tu auras beau être le plus vertueux, le plus droit et le plus travaillant, si tu viens d’une famille de BS, aucun adulte ne va te donner ta chance de prouver ta valeur.  Les employeurs te refuseront du travail, les parents refuseront que leurs filles te fréquentent.  Et inversement, tu peux être violent, voleur et violeur, en autant que tu sois un fils de bonne famille, toutes les portes se seront ouvertes. 


16- Ton univers n’est pas aussi bien qu’il serait supposé l’être

Quand tu regardes autour de toi, qu’est-ce que tu vois? Ton père est chauve.  Ta mère est grosse. Ils s’habillent de façon kétaine. Ils ne connaissent rien à la vie d’aujourd’hui. Vous vivez en appartement dans un 4½, ou bien dans une maison qui te semble bien petite et sans goût. Pourquoi est-ce que tu n’as pas eu la chance de vivre dans une famille normale, comme celles que l’on voit partout à la télé, au cinéma, dans les magazines, là où tout le monde est moderne, beau, mince, athlétique, riche?

Heureusement, cette vie de médiocrité n’est que temporaire, parce que toi, au moins…


17- Tu as des attentes très précises et haut de gamme au sujet de ta future carrière.

Peu importe le travail dans lequel tu souhaites aller, il y a trois critères qui ne changent pas d’une personne à l’autre:

  1. Il faut que ce soit aussi facile et amusant qu’un passe-temps.
  2. Ça doit te donner une excellente réputation qui te fera connaitre.
  3. Et ça doit bien payer. Pas nécessairement te rendre riche, mais au moins te mettre à l’abri du besoin.

Tout travail qui ne rencontre pas au moins le premier critère est ennuyant à mort et bon pour les losers. Voilà pourquoi beaucoup d’entre nous rêvons d’une carrière artistique ou bien de bureau.  Il ne faut surtout pas nous parler d’un travail manuel, puisque manuel = ne demande pas d’intelligence = réservé pour les caves.

Je me rappelle d’ailleurs qu’on ne pouvait pas imaginer une job plus bas de gamme, plus loser, plus BS, que concierge.  La preuve :  En 1995, lorsque j’étais rédacteur en chef du Vox Populi, journal étudiant de mon cégep, j’ai réalisé une petite entrevue avec Yanie Dupont-Hébert, alors animatrice à MusiquePlus, dans laquelle je lui demande des conseils pour débuter dans son métier.  Entrevue que, une fois publiée, j’ai terminé avec un petit dessin dans lequel je me suis mis en vedette en situation auto-dérisoire.

Aujourd’hui, comme j’en ai déjà parlé dans ce billet, après 20 ans de vie artistique, je suis vraiment devenu concierge. Et tous les avantages que ce travail me rapporte en font la meilleure job que j’ai eu de toute ma vie, et ce sur tous les points. Comme quoi la vie adulte est rarement conforme à l’idée que l’on s’en fait quand on est ado.

En conclusion: Je ne prétends pas connaitre ou comprendre la vie des jeunes. Par contre, je me rappelle comment les choses se passaient lorsque j’en étais un. Et si les modes, le langage et la mentalité évoluent d’une génération à l’autre, il reste que certaines choses ne changent jamais. Voilà pourquoi la majorité des jeunes d’aujourd’hui subissent de notre part les mêmes désagréments que nous avons nous-même vécu à leur âge.

Des désagréments que nous leurs faisons subir parce qu’on a oublié ce que c’est, que d’être jeune.

Déclaration d’amour? Grosse erreur!

Comme d’hab’, le texte est écrit d’un point de vue masculin bikôze que j’ai un chromosome Y, bien que la situation puisse s’appliquer dans les deux sens.

Ces situations devraient vous rappeler quelques souvenirs … et pas nécessairement des bons:

Situation 1: Vous avez une bonne amie que vous aimez beaucoup plus que par simple amitié.  Un jour, vous avez le courage de lui déclarer votre affection. 
Le résultat : Après quelques jours où il règne comme un malaise entre vous, non seulement vous ne vous êtes pas fait une blonde, vous avez perdu une amie.

Situation 2: Il y a cette fille qui vous plaît beaucoup.  Vous décidez de le lui dire en lui envoyant  un mail, ou bien de lui écrire une lettre manuscrite.  Ou mieux encore : Vous lui composez un poème. 
Le résultat: Non seulement elle reste insensible à votre déclaration romantique, elle la montre à tous ses amis.  Vous devenez ainsi le sujet des moqueries de son entourage qui continuera de vous associer à ce texte pour les décennies à venir.

Je suis désolé de briser vos illusions, mais il faut bien voir les choses en face: La déclaration d’amour, lorsque utilisée en guise de moyen de séduction pour commencer une relation, ça ne fonctionne pratiquement jamais.   Le problème, c’est que ce concept date d’une période où on n’avait pas le droit de se fréquenter avant le mariage, une époque dans laquelle seul l’homme avait le droit de faire la cour.  Mais voilà, nous ne sommes plus au temps où l’homme venait faire sa déclaration sous le chaperonage des parents de celle-ci, afin que ce soit eux qui décident s’il ferait un bon parti, ce qui fait que la fille avait rarement son mot à dire.  De nos jours, non seulement la fille a le droit d’être attirée par un gars, passer à l’étape amoureux/amant vient tout naturellement lorsqu’il y a attirance réciproque.

… Et ça, ce que ça signifie maintenant, c’est que si on est obligé de déclarer son amour a une fille, c’est pour l’une des deux raisons suivantes:

  • Elle ne sait rien de nos sentiments.
  • Elle les connaît déjà, mais feint de les ignorer.

Dans un cas comme dans l’autre, ça signifie qu’elle ne les ressent pas elle-même.  Et le fait de déclarer son amour à une fille, ça n’a jamais fait naitre spontanément en elle des sentiments réciproques.   À moins, bien sûr, que ce soit le genre de désespérée prête à prendre n’importe qui.  Si ça vous convient, allez-y fort! N’oubliez juste pas que ça veut dire qu’elle n’est pas avec vous par amour véritable, donc qu’elle peut mettre fin à votre relation dès qu’elle se trouvera un meilleur parti.  Ou pire encore: Au moment où elle trouvera un gars avec qui elle tombera vraiment en amour.

Alors si en plus vous avez commis la bêtise de mettre votre déclaration par écrit, attendez-vous à ce que votre déception d’être rejeté s’accompagne d’humiliation pour les mois à venir, voire les années.  Il y a une raison pourquoi on dit que les paroles s’envolent mais les écrits restent. Et c’est encore plus vrai à l’ère de l’internet.

Quant aux poèmes, il serait temps que vous vous rendiez compte d’un truc important :  À moins d’être un auteur professionnel, n’importe quel gars de plus de douze ans qui fait de la poésie romantique est automatiquement classé sous l’étiquette de molasson pas-de-couilles.  Y’a pas une fille qui puisse être intéressée par ça. 

La seule raison pour laquelle elle se rapprocherait de vous en rapport à votre poème, ce serait pour vous demander de lui en écrire un, au sujet d’un gars sur qui elle a l’œil, pour qu’elle puisse le signer de son propre nom et le lui envoyer.  Je l’ai vécu assez souvent lorsque j’étais ado pour le savoir.

De nos jours, les déclarations d’amour c’est comme la galanterie : Appréciée dans une relation de couple qui est déjà amorcée.  Mais totalement inutile avant ça, sauf si votre but est d’avoir l’air d’un loser désespéré.

Se faire connaître pour les mauvaises raisons.

Dans le billet précédent, je raconte comment j’ai décidé de rester anonyme plutôt que de saisir l’opportunité de me faire connaître à travers le monde, parce que cette opportunité me demandait de commettre un geste négatif, soit noyer la torche olympique des jeux de 2010 en la lançant en bas d’un pont, et que ce n’est pas pour ce genre de chose que je veux être connu.

À l’inverse, il y en a d’autres qui cherchent tellement à se faire connaître, ils considèrent que tous les moyens sont bons pour y parvenir. L’exemple le plus flagrant de ce genre de personne est sans nul doute celui que nos cousins Européens ont surnommé Le Dépeceur Canadien:  Luka Rocco Magnotta.

En survolant sa biographie, on voit que dès le début de sa vie adulte, il croit qu’il peut devenir riche et célèbre avec un minimum d’efforts, en n’utilisant rien d’autre pour avancer que son look, son charme et sa personnalité. Magnotta se considère supérieur à la masse populaire. Ce n’est pas le genre de personne qui se voit travailler physiquement et/ou occuper un boulot simple, banal et anonyme. En fait, son comportement porte à penser que, consciemment ou non, il a la conviction que l’attention et l’amour de tous sont dus. Les gestes qu’il posera plus tard ne serviront qu’à attirer l’attention sur lui. C’est une façon d’interpeler les autres, une façon de dire « Hey! Je suis ici! Bon, maintenant que vous m’avez trouvé, oubliez la raison qui vous a fait découvrir que j’existe, et commencez à admirer ma personne, tel que vous êtes supposés le faire. »

Selon sa page Wikipedia, ses gestes provoquant l’attention se sont déroulés de la façon typique des gens en manque de reconnaissance, c’est-à-dire en passant par ces sept étapes :

ÉTAPE 1, l’attente légitime : Il s’attend à être légitimement admiré. Alors il agit de façon passive, en se faisant voir, tout simplement, en attendant d’être découvert et qu’on lui offre le monde. Il cherche à se faire trouver beau, se faire trouver intéressant. Dans son cas :
– A subi quelques chirurgies esthétiques afin d’augmenter sa ressemblance avec James Dean.
– Maquillage, photos, poses de mannequin.
– Changer son nom, de Eric Newman à Luka Rocco Magnotta.
… Mais ça n’a que peu marché.  Donc:

ÉTAPE 2, la séduction d’un petit groupe : Voyant que la façon passive ne fonctionne pas, il commence à se faire voir le plus qu’il peut, et ce dans des situations où il apparait comme étant séduisant. Dans son cas :
– Est devenu danseur nu pour club gai.
– A posé pour Fab, un magazine gai de Toronto.
– Est devenu escorte mâle.
– Est devenu acteur de film porno gai. (D’où, probablement, le Rocco de son nom, en référence à Rocco Siffredi)
… Mais ça n’a que peu marché.  Donc:

ÉTAPE 3, tenter la séduction d’un large public : L’étape précédente lui ayant rapporté quelques échantillons de l’admiration qu’il réclame, il en veut encore plus. Il tente alors de se faire voir par un plus large public. Dans son cas :
– A auditionné pour le show réalité COVERguy.
– A auditionné pour le show Plastic Makes Perfect.
… Mais ça n’a pas marché.  Donc:

ÉTAPE 4, se créer une fausse popularité : Voyant que l’étape précédente a été un échec, il tente de créer lui-même de façon artificielle cette popularité qui, dans sa tête, lui est due et lui est injustement refusée. Dans son cas :
– A créé 70 comptes Facebook sous de faux noms, comptes où il se faisait passer pour des admirateurs de Magnotta, parlant en bien de lui-même, se faisant de la pub partout où il le pouvait.
– A créé 20 pages web, sous différentes identités, dans le même but.
… Mais ça n’a pas marché.  Donc:

ÉTAPE 5, passer de vouloir être admiré à vouloir faire pitié : Rendu à cette étape, l’espoir a fait place au désespoir. Obligé de constater son incapacité à obtenir l’admiration, il change de stratégie : Puisqu’on ne lui permet pas d’avoir exposition, gloire et fortune par admiration, il va tenter d’avoir exposition, gloire et fortune par pitié, en se faisant passer pour une pauvre petite victime injustement harcelée qui réussirait dans la vie si seulement les gens cessaient de lui mettre des bâtons dans les roues. Dans son cas :
– En utilisant ses pages web et faux comptes Facebook, il a répandu une fausse rumeur comme quoi il aurait fréquenté Karla Homolka peu après sa sortie de prison.
– Ensuite, utilisant cette rumeur fabriquée lui-même, il sollicita une entrevue au Toronto Sun et à la radio afin de la démentir.
– S’est plaint mensongèrement d’avoir perdu des contrats de modélismes et d’avoir reçu des menaces de mort à cause de ces fausses rumeurs.
– Bref, il utilise les médias pour attirer l’attention sur le fait qu’il est un mannequin à la recherche d’une place sous les spots.
… Mais ça n’a pas marché.  Donc:

ÉTAPE 6, se faire connaître coûte que coûte : Rendu à cette étape, le désespoir a fait place à la frustration. Il n’arrive pas à se faire connaître en se faisant aimer? Il n’arrive pas à se faire connaître en se faisant pitié? Alors il se fera connaître en se faisant haïr. Il se justifie en se disant que ce n’est pas de sa faute. Il a tout fait pour se faire aimer, c’était aux autres de lui donner ce qu’il demandait. Il se lave donc les mains des gestes aberrants qu’il se croit obligé de poser. Dans son cas :
– Il se filme en train de suffoquer des chatons à l’aide d’un aspirateur.
– Il se filme en train de donner un chaton vivant à manger à un boa.
– Il met les vidéos sur son propre compte YouTube, et poste les liens sur divers forums, toujours sous de fausses identités, histoire de ne pas avoir l’air de se faire de la pub lui-même.
… Mais ça n’a que peu marché.  Donc:

ÉTAPE 7, exprimer son FUCK THE WORLD final : Rendu à cette étape, la frustration a fait place à la haine. Puisqu’il est plus facile de déplaire aux gens que de leur plaire, ses vidéos de chats tués lui ont apporté plus d’attention que toutes ses tentatives d’expositions précédentes. Hélas, ça ne reste qu’un échantillon, comparé à la notoriété qu’il désire tant avoir. Victime de son Ego démesuré, il se dit que puisqu’on l’empêche de devenir la personne la plus aimée au monde, alors il deviendra la personne la plus détestée. Si c’est ça que ça prend pour avoir enfin l’attention médiatique mondiale qui, dans sa tête, lui revient de droit, alors ainsi soit-il. Dans son cas :
– A torturé, tué, démembré et violé, dans cet ordre, un étudiant chinois nommé Lín Jùn, avant de se livrer à des actes de cannibalisme sur son cadavre.
– S’est filmé pendant son meurtre.
– A posté le vidéo sur le net.
– A envoyé par le poste différentes partie du corps de sa victime : À une école, au Parti Conservateur du Canada et au Parti Libéral.
… Et ÇA, ça a marché.

Après s’être arrangé pour devenir la personne la plus recherchée au pays, il a trouvé une façon à la mesure de son Ego pour s’assurer de ne jamais se faire prendre: Déménager à l’autre bout de la planète. Mais voilà, l’orgueil mal placé perd toujours son homme: Il s’est fait prendre dans un café internet à Berlin alors qu’il googlait à son propre sujet.

Faire le parallèle avec les gens qui nous entourent.
Dans la vie de tous les jours, on retrouve chez beaucoup de gens le même genre de côté narcissique que possède Magnotta. Et bien que ça prend une personnalité psychopathe pour en arriver à de tels extrêmes, n’empêche qu’en les regardant agir, on constate qu’il leur arrive parfois de passer à travers les sept étapes décrites ici. À degré moindre, j’ai vu (et subi) ça de la part de wannabe-artistes qui n’avaient ni le talent ni la patience de travailler pour se développer le talent en question. Ces gens sont d’abord et avant tout en amour avec eux-mêmes, et ils prennent très mal que les autres ne partagent pas cette admiration qu’ils croient légitime. Alors dès qu’on a la chance de les repérer, il faut couper les ponts avec eux sans hésiter.

Parce que pour les gens égocentriques et narcissiques, les autres ne sont pas des gens. Ils ne sont que des objets à utiliser, à exploiter, mais surtout à parasiter afin d’en vivre.

Le chum idéal? Vraiment?

Aujourd’hui, je vais ramener certaines d’entre vous 10 ans en arrière. Car c’est en effet en mars 2003 que ma BFF Stéphanie m’a écrit ceci:

Oulà, mon Dieu! J’ai reçu ce lien d’un gars qui me cruisait sur un forum.  Ok j’avoue que j’aime bien rire des tentatives de ces gars pathétiques pour me draguer.  Et cette fois j’ai frappé le gros lot! Juges-en toi-même!

Et c’est ainsi que j’ai découvert une page web qui en valait le détour : La page du Chum Idéal.   Bien qu’elle n’existe plus depuis longtemps, j’avais conservé une copie de son contenu, ce qui fait que je peux vous en parler aujourd’hui. Si je me permet de la ressortir une décennie plus tard, c’est parce que même de nos jours, trop de soi-disant Bons Gars font les mêmes erreurs que lui lorsqu’ils cherchent à séduire.

D’abord, une description de la chose: Dès que l’on arrivait sur ce site, une fenêtre pop up apparaissait aussitôt.  C’est une invitation à mettre cette page dans nos favoris.  Une fois cette fenêtre fermée, c’est là que le fun commence.

Tout en haut de la page, il y a le mot BIENVENUE qui clignote (c’était à l’époque où le code <BLINK> </BLINK> était encore fonctionnel), entouré de deux rangées de lumières clignotantes.  S’en suit quatre photos du gars : Deux gros plans couleur de son visage, qui sont tellement semblables qu’on se demande pourquoi il n’en a pas mis qu’une seule, et deux autres photos noir et blanc qui semblent avoir été prises dans les années 80, si on se fie à ses vêtements.   Le tout est souligné par deux autres rangées de p’tites lumières clignotantes.

Ce qui suit en rouge est une reproduction fidèle et non corrigée du texte de sa page, à l’exception de son identité et adresse de courriel.  J’ai même les p’tites lumières.


Mon Courriel-Email Regulier

lechumideal@AdresseDeCourriel.com

(si tu veux envoyer des photos, ca fait toujours plaisir)

(indique ton surnom et le site rencontre)

 

Il est difficile de se décrire en détails sans avoir l’air prétentieux…Je ne le suis pas du tout, bien au contraire…Egalement, je suis loin d’être désespéré……Pour moi ce n’est qu’un moyen supplémentaire de faire des rencontres.

FILLE RECHERCHÉE

Une fille jolie, libre, aimable, gentille, sensuelle, féminine, propre, sans mts, humaine, flexible. Qui a du respect, affectueuse, fidele, franche, pas snob.  S’abstenir les contolantes, agressives, soupe au lait, dominatrices.  Pour terminer, le revenu. les diplômes, québecoises ou étrangeres ou autres détails similaires et superficiels sont sans importance… je suis ouvert a vivre dans une autre ville ou pays pour la perle rare.  Je ne cherche pas la fille parfaite….loin de la…mais pas n importe qui non plus !… Je ne desire pas nécessairement une fille avec le meme genre de caractéristiques que les miennes , si oui ca vas, si non ca vas aussi.

JE ME PRESENTE

Propriétaire d’une petite entreprise individuelle sur Internet, 6 pieds, 170lbs, 1.80m 75kg. Yeux vert-gris-bleu, voix calme et posée. beau style vestimentaire.  Québecois, race blanche, jamais marié, pas d’enfant, ni amante, vraiment libre présentement.  Très intelligent et possede un grande culture générale, mais je n’ai pas la grosse tête. j ai une personnalité modeste.  Grande Maturité, aimable, calme, savoir vivre, disponibilité en temps, attentions, amour, échange, sensualité, discutions, soutien, ect .  Aime savourer les plaisirs de la vie.(simples comme rafinés) Independant, affectueux sans être collant, aime les conversations intimes, bon sens de l’écoute, pas jaloux ou contrôlant. Bon jugement. Riche univers intérieure, profond, sensible, philosophe.

Égalitaire dans les relations amoureuses. Grande sensualité, Viril au lit,ou doux selon l occasion. Performent (durée) N’a jamais eu de maladies sexuelles MTS…. Circoncis..hihi…. ( beaucoup plus propre, moins de risque de mts, plus beau aussi :o) …….Mais quoi! être une fille, je detesterais pas savoir cela d avance :o)  Ouvert a déménager de ville (pour une perle rare). Vie en modeste appartement avec tres belle vue, a Montreal. Sans horaire de travail fixe, je travaille a la maison. Propre, rangé, tolérant, patient, sans préjugés, ambitieux, fidèle (n’a jamais trompé), franc, honnête. sincere, authentique. Je suis ouvert a l autre. Je suis plutot rationnel, intellectuel. J’aime le plein air. Je ne suis pas un sportif de télévision bien que je m’y connait en sport et suis bon aussi a le pratiquer. En terme de lecture, de télévision, de cinéma, j aime ce qui m informe, sur des sujet qui me touche, j aime apprendre, J aime les documentaires, les films profonds, la sciences fiction, et l humour intelligent, entre autre. Je suis ouvert aux decouvertes.

Je ne suis pas alcolique, pas violent, pas droguer (si tu en prends un peu pas de probleme), pas colérique, ou soupe au lait. J aime prendre un verre en bonne compagnie. Sympa, facile a vivre, pas compliqué, aime donner mais aussi recevoir. Aime la nature, comme le night-life branché. Je suis pas snob du tout. J ai un grand cœur prêt a aimer, et être aimer, mais attention , je ne suis pas naif. J aime les personne differente ou similaire a moi, c est l ame de la personne qui compte.  Sans problèmes ou gros défaults MAJEURS cachés….mais je ne suis pas parfait, je suis tres humain. De toute facon les défaults sont des caractéristiques tres relatives et subjectives a chacuns. J’accepte l’autre telle qu’elle est, sans vouloir la changer, je m’attends a la même chose. Finalement, ais-je besion de preciser….mon profil sans pretention est veridique de A a Z . Il est le fruit plus des observations des autres et de mon auto-analyse que d une vanité deplacée.

 Si tu es de l’ exterieur de Montreal ou du Quebec. DES PHOTOS DE TOI SONT NECESSAIRES pour établir une correspondance significative. Si tu en as pas maintenant, conserve mes adresses pour plus tard quand tu en auras…il ne sera peut-être pas trop tard..!

Si tu n as pas la possibilité d envoyer des photos par internet, Tu peux m envoyer des photos standards sur papiers par la poste conventionnelle a une addresse postale sur demande. Je vais te retourner les photos le lendemain que je les aurai recues, apres les avoir enregistrer sur mon ordinateur, tu peux en être rassurée. Je te donne ma parole. Je peux meme te payer dans le retour les frais que tu as encourus pour faire les photos et les envoyer.

Alors écris-moi ! Sois pas timide ! au plaisir xxx

(avec photos si c est la premiere fois)

Quel sont tes buts avec cette eventuelle correspondance?

amour? simple amitier Internet? aventure sexuel? rencontre?

PHOTOS ANCIENNES MOI

 3 ans— 4 ans— 5 ans— 5ans— 6 ans— 7 ans— 8 ans—

PHOTOS DE MONTREAL ET DU QUEBEC

Mon Courriel-Email Regulier lechumideaL@oxmptlk.com

(la seule option si tu veux envoyer des photos)

(indique ton surnom et le site rencontre)



Lorsque l’on descendait plus bas, on constatait que la 2e moitié de la page était un énorme vide noir.  En utilisant la fonction surlignage de notre curseur, on découvrait qu’il s’agissait en fait de texte noir dissimulé sur fond noir. Ce texte, le voici :

OD @ occupation double, Occupation Double 2 1 Hugo hugo Martin martin JF J-F Jean-Francois jean-francois agence de rencontres site de rencontres jeune beau gars celibataires ocupation double Ocupationdouble celibataire, hommes, celibataires, montreal, Montreal, Celibataires, CELIBATAIRES HOMMES OCCUPATION DOUBLE OCUPATION DOUBLE OCCUPPATION DOUBLE OCUPPATION DOUBLE MARIAGES BEAUX INTELLIGENTS AGENCE DE RENCONTRES SITE WEB DE RENCONTRES RENCONTRES INTERNET foreign men marriages mariages handsome western men agency agencies foreign usa canada france europe europeens canadians canadiens american men love romance marriage husbands man quebec quebecois montreal dating photos young nice sincere marriages foreign american canada canadians usa europeens men photos handsome rich cute look intelligent mature faithfull gentle real men real man marriages agency agencies agancy agancies love relation foreign man men photos star académie beau mec hommes gars garou

Ce paquet de mots citant partiellement les termes les plus populaires à l’époque dans les moteurs de recherches y était reproduit cinq fois de suite.  C’était une façon de s’assurer d’apparaître dans les résultats.

Remarquez qu’à la base, l’idée était logique : Plutôt que de toujours devoir se présenter de nouveau à chaque contact qu’il se fait sur les forums et les sites de rencontre, il se fait un site et n’a qu’à envoyer l’adresse aux filles qui l’intéresse.

Mais voilà, une logique aussi froide et calculée, ça n’a pas sa place dans la drague.  Et si la réaction de Stéphanie était typique de celles à qui il a envoyé ce lien, il a seulement réussi à avoir l’air pathétique.

Et même si on met de côté le fait qu’il s’était fait une page web pour draguer, il reste qu’il y a des erreurs à ne pas faire lorsque l’on veut séduire.  Et lui, ces erreurs, il les a toutes faites.

ERREUR #1: Démontre qu’il ne fout rien de sa vie.
Pièces à conviction:   

  • Propriétaire d’une petite entreprise individuelle sur Internet
  • disponibilité en temps
  • Sans horaire de travail fixe, je travaille a la maison.

Remarquez qu’il ne précise jamais de quoi il s’agit comme entreprise. Moi aussi j’ai été propriétaire d’une petite entreprise individuelle sur Internet, je devais bien vendre 3 à 4 copies de mes bandes dessinées par année via ma vieille page web autobiographique La Zone Requin.  N’empêche que ça part mal.  Quelle fille veut d’un gars qui reste toujours à la maison?  L’impression que ça donne, même si elle peut être erronée, c’est qu’il ne veut pas et/ou n’est pas capable de se trouver du travail.

ERREUR #2 : Insister lourdement sur sa supposée modestie.
Pièces à conviction :

  • Il est difficile de se décrire en détails sans avoir l’air prétentieux…Je ne le suis pas du tout, bien au contraire…
  • mais je n’ai pas la grosse tête
  • j ai une personnalité modeste.
  • mon profil sans pretention
  • Il est le fruit plus des observations des autres et de mon auto-analyse, que d’une vanité deplacée.

Hum… Dire ça une fois, c’est l’affirmer. Le dire trois fois, c’est craindre que les gens le pensent.  Le dire cinq fois, c’est mettre beaucoup d’efforts pour convaincre les autres. Ça donne vraiment l’impression qu’il l’est mais tente très fort de le cacher.

ERREUR #3 et 4 : Se contredire, et avoir l’air désespéré.
Pièces à conviction :

  • Egalement, je suis loin d’être désespéré……

Cette déclaration entre en contradiction avec les extraits suivants :

  • le revenu. les diplômes, québecoises ou étrangeres ou autres détails similaires et superficiels sont sans importance…
  •  je suis ouvert a vivre dans une autre ville ou pays..
  • pas drogué (si tu en prends un peu pas de probleme
  • Ouvert a déménager de ville (pour une perle rare).

ERREUR #5 : Démontre qu’il est prêt à prendre n’importe quoi.
Pièces à conviction :

  • J aime les personne differente ou similaire a moi
  • Je ne desire pas nécessairement une fille avec le meme genre de caractéristiques que les miennes , si oui ca vas, si non ca vas aussi.
  • Quel sont tes buts avec cette eventuelle correspondance? amour? simple amitier Internet? aventure sexuel? rencontre?

Remarquez que jamais dans le texte il ne dit ce qu’il cherche comme relation. Au contraire, il attend de savoir ce que la fille veut afin de pouvoir s’y adapter. Donc, il prendrait n’importe qui, de n’importe où, qui fait n’importe quoi, et qui veut n’importe quel genre de relation.  Mais ne vous méprenez pas à son sujet : il est loin d’être désespéré.

ERREUR #6 : Démontrer clairement que la seule chose qui compte chez l’autre, c’est son apparence physique.
Pièces à conviction :

  • le revenu. les diplômes, québecoises ou étrangeres ou autres détails similaires et superficiels sont sans importance…

suivi de:

  • si tu veux envoyer des photos, ca fait toujours plaisir
  • Si tu n as pas la possibilité d envoyer des photos par internet, Tu peux m envoyer des photos standards sur papiers par la poste conventionnelle a une addresse postale sur demande.
  • Alors écris-moi ! Sois pas timide ! au plaisir xxx (avec photos si c est la premiere fois)
  • DES PHOTOS DE TOI SONT NECESSAIRES pour établir une correspondance significative. Si tu en as pas maintenant, conserve mes adresses pour plus tard quand tu en auras…

Les photos? Tellement important que c’est nécessaire. Le revenu, les diplômes, québecoises ou étrangères ou autres détails similaires? Superficiels et sans importance. Enfin, un gars qui a les valeurs à la bonne place.

ERREUR #7 :  Mettre un pop-up automatique pour mettre ce site dans les favoris des visiteurs.  Si la fille veut le mettre dans ses favoris, elle va le faire sans avoir besoin d’un pop up pour le lui faire penser. Surtout que, que tu mets la page dans tes favoris ou non, la fenêtre va continuer d’apparaître à chaque visite. C’est très fatigant et ça enlève l’envie de revenir.

ERREUR #8 :  L’aurtograffe défissiant. Les accords de verbes boiteux et les coquilles comme S’abstenir les contolantes, ou bien écrire amitier avec un R comme si ce mot était un verbe, ça fait dur un ti-peu.  En général, et ce depuis que l’école existe, les filles ont toujours eu un meilleur orthographe que les gars. Alors soignez le votre si vous ne voulez pas laisser une mauvaise première impression.

ERREUR #9 : Si, comme lui, vous pensez qu’il suffit d’être extrêmement libre et ouvert pour pogner Les filles, détrompez-vous.  Y’en a pas une qui est intéressée par un gars sans travail, sans personnalité, qui ne fait rien de ses journées et qui n’a tellement pas de vie sociale qu’il peut tout abandonner pour aller rejoindre n’importe qui n’importe où sur la planète, pourvu qu’elle soit belle.

Il est beaucoup plus intéressant pour une fille d’essayer de mettre le grappin sur un gars qui s’affirme tel qu’il est, avec ses goûts, et avec une idée bien précise de ce qu’il recherche.  Elle va se sentir beaucoup plus valorisée de sortir avec un gars qui a mis la barre un peu haute, qu’avec un gars qui dit « J’veux n’importe quoi ! » en tentant de cacher ça sous l’excuse de Je respecte l’autre telle qu’elle est.  S’il y a du défi, si le gars ne semble justement pas vouloir prendre n’importe quoi, ce sont ELLES qui vont faire des efforts, voire même s’adapter, pour répondre aux critères du gars. Et beaucoup, même si elles n’y répondent pas, vont tenter leur chance quand même.

C’est quelque chose que je sais par expérience.  Vers la fin de mon adolescence, bien avant l’époque internet, j’avais passé une petite annonce dans un magazine pour adolescent, dans lequel je décrivais très précisément ce que je recherchais chez une fille.  J’ai reçu quatre-vingt huit réponses étalées sur six mois, et seulement deux d’entre elles présentaient tous mes critères recherchés.  Les autres s’essayaient quand même, souvent en commençant leur lettre par :  Contrairement à ce que tu demandes, je ne suis pas […], et elles essayaient de compenser en me vantant tel ou tel de leur mérite afin d’attirer mon attention.

Conclusion: Faut pas avoir peur de mettre la barre haute, sans pour autant exagérer non plus, quand même.  Car moins on donne l’impression qu’on veut n’importe quoi, et moins on a nous-même l’air d’être n’importe quoi. La preuve: Combien de fois on entend une fille se plaindre de son chum, disant : « Ouain, ok, mon chum y’agit en con des fois, mais je l’aime » ?  Un gars qui a une personnalité, ÇA, ça attire les filles,

… et ce même s’il n’est pas Le Chum Idéal.

Les gens attrayants ont toutes les qualités

Avez-vous déjà remarqué que l’opinion des gens au sujet des autres est grandement influencée par l’apparence physique de tout-un-chacun?  Je m’en suis rendu compte moi-même, en constatant au fil des années à quel point les gens se comportaient de manière différente avec moi, selon mon look. Par exemple, me voici il y a dix ans, en 2007, en comparaison avec le moi actuel de 2017: 

Une paire de shorts, ça vous change un homme.

Sans pour autant prétendre que je suis devenu un superbe Adonis, il est vrai que je me suis beaucoup amélioré avec le temps.  Et parallèlement, mes relations avec les autres se sont également améliorées.  En particulier lors des premiers contacts.  

Ce n’est pas la première fois que je m’améliore physiquement.  En fait, c’est la quatrième fois depuis 1995 (et j’espère que cette fois sera la bonne).  Et tout le long de ces fluctuations dans mon look et mon poids, j’ai constaté que le comportement des gens en général fluctuaient de la même façon.  

En me basant autant sur mes expériences personnelles que sur mes observations des autres, et qu’il s’agit de mes périodes gars attrayant VS gars moche, ce sont les termes que je vais utiliser pour décrire ces situations :

SITUATION 1:
Lorsque le gars attrayant
 fait une gaffe, il est amusant.

Mais quand le gars moche fait une gaffe, il est con.

SITUATION 2:
Lorsque le gars attrayant 
 raconte une blague idiote, il est drôle.

Mais quand le gars moche raconte la même blague idiote, il est ennuyant.

SITUATION 3:
Lorsque le gars attrayant 
 est distant, perdu dans ses pensées, n’accordant qu’à peine un regard à celles qui s’adressent à lui, il a une nostalgie et une profondeur en lui qui lui donne un charme mystérieux.

Mais quand le gars moche est distant, perdu dans ses pensées, n’accordant qu’à peine un regard à celles qui s’adressent à lui, c’est un snob prétentieux.

SITUATION 4:
Lorsque le gars attrayant 
 ouvre la porte dans un lieu public à une fille qu’il ne connait pas, il est gentil.

Mais quand le gars moche ouvre la porte dans un lieu public à une fille qu’il ne connait pas, c’est un loser désespéré.

SITUATION 5:
Lorsque le gars attrayant 
 observe en cachette celle qu’il aime, c’est mignon, c’est la preuve d’un amour pur, ça fait de lui un romantique.


Mais quand le gars moche observe en cachette celle qu’il aime, c’est creepy,  c’est la preuve qu’il a un sérieux problème mental, ça fait de lui un voyeur malsain.

SITUATION 6:
Lorsque le gars attrayant 
 échoue dans un projet, il aura au moins essayé et donné son 100%.  C’est ce qui compte.

Mais quand le gars moche échoue dans un projet, c’est un loser. La preuve: Même en donnant son 100%, il a quand même échoué.

SITUATION 7:
Lorsque le gars attrayant 
 a un dossier judiciaire, c’est un incompris, un rebelle qui a le courage de ne pas s’en laisser imposer par la dictature et les abus de la société.

Mais quand le gars moche a un dossier judiciaire, c’est un malhonnête, un criminel.

SITUATION 8:
Lorsque le gars attrayant aime les comics, les jouets, les jeux vidéos, les jeux online, il est une personne qui a su garder son coeur d’enfant tout en se cultivant une intelligence en matière de stratégies et de logique.

Mais quand le gars moche aime les comics, les jouets, les jeux vidéos, les jeux online, c’est un loser pas-de-vie mal ajusté dans le vrai monde.

SITUATION 9:
Lorsque le gars attrayant
 casse la gueule à un autre, il a été provoqué et s’est juste défendu.

Mais quand le gars moche casse la gueule à un autre, c’est un violent qui aurait besoin de suivre une thérapie pour apprendre à contrôler ses crises de rage qui font de lui un agressif dangereux pour la société.

SITUATION 10:
Lorsque le gars attrayant
 démolit verbalement une fille en exposant ses mauvais côtés, histoire d’expliquer pourquoi il ne veut aucun contact avec elle, c’est un gars sérieux qui ne se laisse pas contrôler par des choses frivoles telles la beauté physique et l’attrait du sexe. Et anyway, la fille est une bitch et il était temps que quelqu’un ait l’honnêteté, la franchise et le courage de le dire.

Mais quand le gars moche démolit verbalement une fille en exposant ses mauvais côtés, histoire d’expliquer pourquoi il ne veut rien savoir d’elle, c’est une tapette, un misogyne frustré, un incel, un Marc Lépine en puissance de qui il faut se tenir loin.

SITUATION 11:
Lorsque le gars attrayant 
 drague une fille de force jusqu’au lit, alors c’est un Homme, un vrai! La fille n’a cédé que parce que personne ne peut résister à un tel mâle.

Mais quand le gars moche drague une fille de force jusqu’au lit, alors c’est un dangereux violeur potentiel.  La fille n’a cédé que parce qu’elle avait peur pour sa santé ou sa vie de résister à un tel malade.

Bref, lorsque le gars attrayant  agit en con, c’est un beau gars.
Mais quand le gars moche agit en con, c’est un con!

Tout ça, je l’ai observé de mes yeux ou bien moi-même vécu.  Alors de deux choses l’une: ou bien un hasard extraordinaire fait que je ne suis entouré que de gens négatifs quand je suis gros et négligé, et uniquement des gens positifs quand je suis mince et attrayant… Ou alors il faut se rendre à l’évidence comme quoi notre physique influence le comportement des gens envers nous.

On a beau essayer de se faire accroire que l’apparence physique extérieure n’a aucune importance et qu’il n’y a que l’intérieur qui compte, il reste que ton apparence physique/extérieure, c’est la première chose qu’ils voient de toi.  Et pour beaucoup trop de gens, c’est ce qui leur donne envie de le découvrir ou non, ton intérieur. 

Dose de réalité : La mystérieuse charmeuse

 Tu vois cette fille qui a un look particulier, qui se démarque. Tu es un gars.  Tu es à un party, ou du moins un événement social quelconque.  Ça peut même être juste à l’école. Généralement, elle est toute de noir vêtue, au maquillage sombre, tatouages, piercings, ou n’importe quoi d’autre qui la marginalise visuellement. Elle bouge peu, semble relax.  Elle est seule.  Elle regarde droit devant elle, parfois prend un regard absent.  Quelque chose en elle t’attire irrésistiblement. Tu tombes sous le coup de son charme mystérieux, de son regard mélancolique, du fait qu’elle semble perdue dans son monde à elle. Tu sens comme une force étrange qui te contrôle et te pousse vers elle, qui te donne le courage d’aller lui parler, alors que c’est quelque chose que tu n’as jamais osé faire avant avec toute autre fille qui te plaisait. Vous vous échangez quelques mots.  Ses réponses restent brèves, vagues, au sens mystérieux. Ça ne fait que piquer ta curiosité, t’attirer encore plus.  Sans pouvoir dire pourquoi, tu as le feeling que toi et elle, vous êtes faits l’un pour l’autre, que vous êtes des âmes sœurs.

Tu as déjà rencontré une telle fille?  Tu as déjà vécu ce genre de chose? Elle te hante toujours malgré le fait que ça n’est jamais allé plus loin entre vous? Alors peut-être as-tu besoin de cette petite dose de réalité, même si je doute qu’elle te plaise :

Réalité #1: Tu te trompes royalement en pensant que vous êtes des âmes sœurs.  La seule chose que vous avez en commun, c’est le fait que vous êtes des marginaux : Elle par choix, et toi parce que tu es un reject.  Dans un monde de pommes, elle est une orange et toi un soulier : Le fait que vous n’avez rien de commun avec la majorité ne signifie pas du tout que vous avez quoi que ce soit de semblable.

Réalité #2: Elle n’est pas mélancolique.  Elle s’emmerde, c’est juste qu’elle n’est pas portée à y faire quoi que ce soit, genre socialiser, ou bien carrément partir si l’événement/l’endroit est si ennuyant que ça.

Réalité #3: Elle n’est pas mystérieuse. Elle s’ennuie, ta présence la dérange, te parler est une torture.  Voilà pourquoi elle ne te parle que très peu, de façon évasive, et toujours en réponse à tes questions, rien de plus.  C’est juste qu’elle essaye le plus vieux truc passif au monde face à une personne que l’on trouve repoussant : Garder ses distances, limiter les contacts, limiter la conversation à son strict minimum, regarder ailleurs et ne pas s’occuper du tout de l’autre, dans l’espoir qu’il comprenne le message et qu’il lui foute la paix au plus vite.

Réalité #4: Ce que tu qualifies de force étrange qui te contrôle et te pousse vers elle, qui te donne le courage d’aller lui parler alors que c’est quelque chose que tu n’as jamais osé faire avec une autre fille qui te plaisait,  c’est loin d’être une main divine qui te guide. Tu le dis toi-même, les autres filles t’intimident. Celle-là, non. Il y a 2 raisons pour ça:

  1. Tel qu’expliqué dans la réalité 1, tu es sous l’impression erronée que votre marginalisme fait que vous êtes semblables.
  2. Les autres filles ont une personnalité, elles parlent, elles bougent.  Tu es donc mal à l’aise face à elles. Tu as peur de les déranger.  Elles t’intimident.  Par contre, tu ne ressens pas de malaise avec une fille qui a l’air encore plus mal ajustée socialement que tu l’es toi. Ça en fait la première avec qui tu as un sentiment de supériorité, donc de confort.

Évidemment, puisque ça se passe au niveau de l’inconscient, tu ne comprends pas pourquoi tu te sens poussé vers elle. Alors tu crois à ces conneries de signes  du destin, alors que ce n’est rien d’autre qu’une réponse chimique du cerveau via stimulation visuelle.

Enfin, parlant de visuel:

Réalité #5: Elle n’a pas un charme.  Elle te plait parce que tu la trouves physiquement attrayante, voilà tout.  Parce que, sois franc : Si une grosse laide se comportait exactement de la même façon tout en ayant exactement le même look, est-ce que tu dirais qu’elle a un charme mystérieux? Non! Tu la trouverais juste désagréablement snob. Et ça, c’est si tu la remarquais pour commencer.

Et ça, c’est la dure réalité.

Se rendre hommage à soi-même

Le texte qui suit a été écrit l’été dernier alors que je venais de quitter mon emploi dans un garage de bus en raison de douleurs aux articulations des coudes causées par la manipulation constante de la pompe à diesel:

Une bonne partie de ma vie, de la mi-vingtaine à la fin de la trentaine, je me suis souvent considéré comme étant un loser. Même si je n’avais plus depuis longtemps l’attitude qui fait de quelqu’un un loser, on aurait pu croire que la vie et le destin s’acharnait sur ma pauvre petite personne pour me faire échouer la majorité de ce que j’entreprenais.  J’avais même une page web intitulée La Zone Requin (2003-2009) dans laquelle je partageais sous forme de textes une quarantaine d’anecdotes négatives, toutes vécues. Et bien qu’un tiers de celles-ci démontraient clairement que certains de mes malheurs étaient causés par ma maladresse, mes mauvaises décisions ou ma stupidité, il reste que les autres échecs étaient dus à des circonstances indépendantes de ma volonté. Donc que oui, c’était le hasard et la vie qui semblait vouloir s’acharner contre moi. Même si j’ai toujours été trop terre-à-terre pour y croire vraiment,  je ne pouvais pas nier l’évidence lorsque ça arrivait.  Et à chaque échec, toujours je récitais une variation de la phrase suivante: « Quand n’importe qui fait ____(insérer geste quelconque)____, ça fonctionne.  Mais quand c’est moi, ___(insérer preuve de fail)___ ».  Exemple récent : Quand n’importe qui fait du jogging, il améliore sa condition physique.  Mais quand c’est moi, je développe une fasciite plantaire qui me handicape dans mon quotidien, pour la vie. Ou encore plus actuel: Tout le monde est capable de manipuler une pompe à essence, mais quand c’est moi je me fais des problèmes aux coudes.

Pourtant, je réalise que depuis que j’ai découvert les trois raisons possibles de l’échec, je ne suis plus du tout porté à avoir cette mentalité.  Mieux encore; quand je repense à mon passé de loser, je constate un truc important: Ce que je n’avais pas considéré à l’époque, c’est qu’il y avait une raison logique pourquoi j’essuyais beaucoup plus d’échecs que la moyenne des gens. Et cette raison, la voici:

Les autres, dans leur jeunesse, pendant leurs études, découvrent la voie qui leur convient le mieux.  Ils vont tout naturellement vers la branche dans laquelle ils ont le plus d’aptitudes, ne mettant des efforts que dans les aires où ils ont déjà du talent ou des prédispositions.  Ils restent donc dans leurs zones de confort. Dans ces conditions, on peut quasiment dire qu’ils vont pour la voie facile. Et lorsque l’on ne se consacre qu’à un seul domaine, il est normal de s’y améliorer, de développer une expertise, ce qui fait d’eux des succès, des gens talentueux, des gens pour qui la réussite dans leur domaine vient tout naturellement.

Moi, de mon côté, je n’ai rien d’exceptionnel.  Je suis un gars ben ordinaire, avec mes forces et mes faiblesses.  La différence, c’est que j’ai toujours refusé de n’être cloitré que dans ma petite palette de possibilités.  C’est pourquoi je suis toujours en train d’essayer de nouvelles choses, d’explorer d’autres facettes. En fait, ce n’est pas un refus, ni une décision volontaire. C’est dans ma personnalité, ma nature profonde.

Et voilà ce qui est la source de ce qui est perçu comme étant du loserisme à mon sujet: Les autres gens essayent peu de choses, et ce qu’ils essayent est rarement situé au-delà de leur zone de confort.  Par conséquent, ils subissent peu d’échecs et récoltent beaucoup de victoires. Tandis que moi, je fais beaucoup d’essai dans beaucoup de domaines variés, et je n’arrête jamais, ayant toujours une nouvelle voie à explorer.

Donc, en faisant dix fois plus de trucs que la moyenne des gens, il est tout à fait normal que mon ratio de fail soit dix fois plus élevé que celui des autres.

Surtout que je me donne toujours le genre de buts que la majorité des gens, dans le même domaine, n’atteignent pas.  Par exemple, la majorité des joggers de longue expérience sont contents de juste jogger deux, cinq, dix kilomètres et  de rentrer chez eux ensuite pour une douche, satisfaits de ne se livrer à cette activité que pour garder la forme. Moi, débutant dans la course à 42 ans, je me donne immédiatement le but ultime de la course à pieds: Faire un marathon. Je confond aller jusqu’au bout avec pousser les choses à bout.  C’est sûr que ça m’a fait passer de pouvoir courir 200 mètres à 5 Km en quatre mois. Mais si je m’étais contenté de ne courir que trois jours par semaine, comme le font les coureurs sérieux, j’aurais obtenu les mêmes bénéfices et fait les mêmes progrès dans le même laps de temps. Mais moi, je courrais sept jours semaine, sans laisser le temps à mes jambes de récupérer. Pas étonnant que dans ces conditions-là, je me suis cassé la gueule.

À quelque chose malheur est bon, que dit le proverbe.  Et c’est vrai! D’accord, je suis maintenant handicapé, probablement à vie. Mais en même temps, ça m’a permis d’être en paix avec tellement de choses que je ne comprenais pas à mon propre sujet.  Par exemple, je sais maintenant que  mes pieds sont arqués et une de mes jambes est croche.  Ça m’explique enfin pourquoi je ne valais rien en course à l’école, pourquoi courir trop vite me fait perdre l’équilibre, pourquoi je suis incapable d’avancer correctement en patin, en rollerblades, en ski. Maintenant, à l’âge de 44 ans, je peux enfin comprendre que ce n’était pas du loserisme ni de l’acharnement de la vie à me faire échouer sans raisons. Ce n’était qu’un handicap physique naturel et non-apparent. Il y avait vraiment une raison logique derrière ceci.

En réalité, je ne suis pas un gars plus malchanceux que les autres.  En fait, selon la loi des moyennes, je suis même plus winner que la majorité. Il n’y a qu’à faire une liste partielle de mes accomplissements pour le constater :

  • Je fais parfois de l’embonpoint, mais qui comme moi a réussi si bien à perdre du poids à se mettre en forme?  Non pas une, non pas deux mais bien trois fois?
  • Je ne peux plus courir, mais qui à 42 ans est passé de sédentaire pouvant ne faire que 200 mètres, à athlétique pouvant courir 5 km non-stop ?
  • J’ai rarement réussi à vivre de l’écriture, mais combien de gens parmi ceux qui le font ont réussi à écrire un texte viral, comme ma liste des noms de familles qui est sans cesse citée dans les journaux, les magazines, à la radio, à la télé et partout sur le net depuis 1997?
  • Qui peut se vanter d’avoir sa propre page sur Wikipedia?
  • Je ne peux plus travailler, mais qui comme moi a réussi à se mettre de côté 1/3 de sa paye pendant 8 mois, ce qui me permettrait de vivre 2-3 mois de vacances si je le voulais, sans vivre au crochets du chômage, du BS ou d’une tierce personne ?

Sans oublier ce que la nature m’a donné :

  • Combien d’hommes de 5 pieds 7 pouces sont nés d’une union entre une mère de 5 pieds 2 et d’un père de 5 pieds 1?
  • Qui peut se vanter d’avoir un ancêtre aussi important dans l’Histoire du Québec (au sujet de l’Histoire du Québec, justement) que Aegidius Fauteux ?
  • Rien de ce qui rend les gens accros n’a de prise sur moi : Alcool, drogue, cigarette, jeu.  Et maintenant, je peux même rajouter : Sexe et dépendance affective.

D’accord, ma liste d’échec est peut-être dix fois plus grande que celle de n’importe qui.  N’empêche que le nombre de mes réussites bat également à plate couture la liste de réussite de n’importe qui.  J’ai beau être un gars bien ordinaire, ça prendrait quelqu’un d’assez exceptionnel pour réussir à me surpasser dans tout ce que j’ai accompli.

Je me souviens qu’après l’avoir écrit, j’ai finalement décidé de ne pas mettre ce texte sur mon blog.  Un peu par modestie, mais surtout par orgueil, ne voulant pas être accusé d’avoir la tête enflée, de me prendre pour un autre. Et puis, j’ai vu la chose sous un angle réaliste.  Celui-ci tient en deux points:

  1. Si ça se trouve, ceux qui vont m’accuser de me prendre pour un autre en me vantant d’être un winner, ce sont les mêmes gens qui m’accusaient de faire dans la victimisation avec mes textes de La Zone Requin démontrant que j’étais un loser.  Pourquoi est-ce que je me laisserais influencer sur ce que je fais ou non par des imbéciles qui cherchent tellement à dénigrer les autres qu’ils sont prêt à se contredire de manière aussi flagrante?
  2. Mon blog sert à partager les réflexions et les expériences qui m’ont aidé à avancer dans la vie. Des réflexions et expériences propres à inspirer positivement ceux qui traversent les mêmes moments difficiles que j’ai eu moi-même à passer. Ce billet montre que même quand tout va mal, ça ne change rien au positif que l’on vit, et ça n’affecte nullement ce que l’on a réussi à accomplir. Dans ce sens, ce billet est nullement différent des autres que j’ai écrit ici.