17 bonnes raisons de ne pas ressentir de nostalgie pour nos années d’adolescence

Nous autres, les adultes, nous considérons que les adolescents ont la vie facile.  Ne sont-ils pas habillés, nourris et logés gratis?  Ne sommes-nous pas à la fois leur entretien ménager, leur employés de buanderie, leurs chauffeurs, leurs cuisiniers, leurs serviteurs et leurs guichets automatique?  N’ont-ils pas deux mois de vacances en été, chose qu’aucun adulte ne peut se permettre à moins d’être millionnaire? (ou prof, réalise-je soudain)  Juste pour ces raisons-là, on se dit que des fois, on aimerait bien retourner dans notre passé lorsque nous étions d’insouciants élèves de l’école secondaire.

Pourtant, plus j’y repense et plus je me rends compte ces années-là étaient loin d’être la vie insouciante que nous avons étrangement tendance à nous rappeler. En réalité, notre quotidien était une période pleine de contrariétés et d’injustices, un enfer constant qui ne semblait pas vouloir prendre fin. regardons les choses en face: L’adolescence et le début de la vie adulte sont les pires années de notre vie.

Vous croyez que j’exagère? Rappelez-vous seulement comment…


1- Le détail le plus insignifiant est suffisant pour faire de toi la risée de tout ton entourage.

À douze ans, il n’était pas rare que je vois en hiver un camarade de classe hésiter à ôter sa casquette ou sa tuque en entrant à l’école. Et c’est normal, il essayait tout simplement de cacher aux autres une chose qui allait attirer sur lui l’attention négative. C’est que, la veille, il lui était arrivé quelque chose hors de son contrôle : Il a eu à subir … *gasp!* … UNE COUPE DE CHEVEUX!  Eh oui, à cause d’une simple et banale coiffure, il passera la journée à subir les moqueries de son entourage qui l’appelleront « Rase-bol » ou lui demanderons en riant « T’as-tu passé au feu? »

Un détail n’a pas besoin d’être visuel ni hors-normes pour attirer le mépris.  Par exemple, quoi de plus banal et insignifiant qu’avoir un nom de famille? Le mien, mon vrai, est Johnson. St-Hilaire, la ville où j’ai passé mon enfance dans les années 70 et mon adolescence dans les années 80, était majoritairement francophone.  Or, à cette époque, il était coutume d’haïr les anglais, de les prendre pour des snobs. Il suffisait que l’on entende quelqu’un parler en anglais pour se dire « T’chèque-moé donc c’t’estie d’frais chié! »  Alors avoir un nom anglais, même si je n’en parlais pas un mot, ça m’a apporté dès le départ l’hostilité de mes semblables.

Ce qui n’aidait pas, c’est que la télé passait régulièrement des pubs pour les produits de marque Johnson & Johnson.  C’était l’époque où CFTM 10 (TVA) et Radio Canada (SRC) étaient les seules chaines francophones au Québec.  Et puisque c’était vingt ans avant internet, tout le monde regardait la télé, et tout le monde voyait ces pubs. Les gens accrochaient particulièrement au slogan « La poudre pour bébé Johnson’s ». Ce qui fait que de mes 5 à 16 ans, soit de mon premier jour de maternelle jusqu’à la fin de mon secondaire, j’ai eu à subir le sobriquet « Bébé Johnson ».  

Et pas besoin d’avoir un nom de famille spécial pour que ça arrive. J’ai connu un gars qui a passé toutes ses années scolaire à faire rire de lui en se faisant surnommer Banane.  Pourquoi? Parce que ça rime avec Stéphane, son prénom.

Quand tous les gens que tu as côtoyé dans ta vie entière ont passé la leur à te ridiculiser, donc à ne jamais te prendre au sérieux, à ne jamais te respecter, c’est une habitude profondément ancrée en eux. Une habitude qu’ils ne perdent pas, même lorsqu’ils sont rendus adultes et (supposément) matures.


2- Tu as embrassé deux garçons en moins d’un an?  Alors t’es une pute.

Sur ce sujet au moins, nous les gars avions le beau jeu.  L’adolescence est le seul moment où on avait raison de dire « quand un gars a eu full de filles, on l’admire, mais quand une fille a eu full de gars, on dit que c’est une salope », et ce même s’il n’y avait rien de sexuel d’impliqué. Parce que oui, pour une raison que je n’arrive pas à m’expliquer, il était très mal vu qu’une fille laisse libre cours à son cœur et/ou ses désirs pour plus d’un gars par année scolaire. Je suppose que, même si les moeurs étaient plus libérées, nous étions élevés par des gens pour qui ce n’était pas le cas.

Ça expliquerait pourquoi, dans les partys, les filles en provenance d’autres écoles que la nôtre étaient toujours beaucoup plus open : Elles n’avaient pas à nous revoir par la suite.  Ça leur permettait de laisser libre cours à leurs désirs normaux tout en épargnant leurs réputations.


3- Les adultes ont seulement besoin de savoir ton âge pour porter un jugement décisif et sans appel sur toi.

Exemple vécu : À 14 ans, sans que je ne lui demande rien, mon père me dit que pour le jour de mes 16 ans, il va me payer des cours de conduite.  Deux ans plus tard, lorsque je lui rappelle sa promesse, il revient sur sa décision car il n’est pas question que j’aille prendre son auto, que je me saoule et que je le démolisse dans un accident.

Même si on met de côté le fait légèrement aberrant que, de son propre aveu, ce n’est pas la mort de son fils qu’il cherche à éviter mais bien qu’on lui accidente son char, le fait demeure que j’ai toujours été le plus sobre de ma famille, et ce des deux côtés. Mais voilà : J’étais un jeune.  Et quand tu es jeune, alors tu es automatiquement un délinquant qui se saoule au volant, conduit trop vite et  provoque des accidents.

J’aurais pu lui faire remarquer que baser son raisonnement uniquement sur mon âge était stupide.  Ce n’est pas l’âge qui aurait pu provoquer l’accident dont il parlait. C’est le fait d’être imprudent, fou de la vitesse, et consommateur d’alcool.  Trois choses que je n’avais jamais été, et il le savait très bien. Mais voilà, essayer de lui démontrer qu’il avait tort n’aurait rien changé, parce que…


4- Les adultes ont toujours raison… SURTOUT lorsqu’ils ont tort.

Personne n’aime reconnaître ses torts, et c’est encore plus vrai quand il s’agit d’un adulte face à un jeune.  Pourtant, puisque personne n’est parfait, il arrive souvent qu’un adulte use d’arguments irréfléchis pour expliquer une décision.  Lorsque le jeune ose démontrer de façon irréfutable que l’adulte fait erreur dans son raisonnement, ce dernier réplique alors quelque chose dans le style de:

  • « À ton âge, t’as pas de leçons à me donner! »
  • « Attends-donc d’avoir le nombril sec avant de croire que tu sais de quoi tu parles. »
  • « Heille, sois poli! »
  • Ou plus clairement : « C’est moé l’adulte icite, fa que c’est ça qui est ça fa que farme  ta yeule! »

Et si je dis qu’ils ont raison surtout lorsqu’ils ont tort, c’est parce que quand tu prouves qu’ils ont tort, tu leur fait subir une humiliation.  Par le fait même, tu les fâche contre toi, donc tu leurs donne une raison de te faire subir leur mauvaise foi encore plus. Voilà pourquoi, quand tes parents te traitent de mal élevé, il n’est pas bon de leur répondre « Mal élevé par qui? », même si c’est la réplique PWND-esque parfaite.

Cette situation, c’est parce que quand tu es jeune…


5- Tout le monde exige de toi le respect et la politesse que personne ne te donne.

Pour tes parents, tu es celui à qui l’on ordonne sans ménagement.  Pour les figures d’autorité, tu es cette forte tête qu’il faut casser. Pour les autres adultes, tu es source de mépris et bouc émissaire pour toutes sortes d’accusations farfelues.  Et même des vieux que tu ne connais pas n’hésitent pas à te parler bête comme on le ferait à un chien. Bien sûr, on s’attend à ce que tu l’acceptes sans répliquer.

Toi, par contre, fais juste regarder un vieux de façon un peu trop croche à son goût, et tu n’auras pas fini de sitôt d’entendre le scandale causé par ton incroyable impolitesse.

Même les autres jeunes en général et tes amis en particulier ne cessent de te manquer de respect.  Mais dans leur cas, c’est normal : On ne peut pas donner ce que l’on n’a jamais reçu. Voilà pourquoi…


6- On juge négativement ton quotient intellectuel selon tes goûts personnels

Tu auras beau n’avoir que des A ou des 100% sur ton bulletin scolaire, il suffit que tu aimes quelque chose en particulier, une musique, un artiste, une émission de télé, pour être perçu comme étant un cave: Les critiques disent que ça ne vaut rien et que pour aimer ce truc, faut être imbécile.  Les adultes te demandent comment tu peux aimer de pareilles niaiseries.  Tes amis te collent l’étiquette de qui n’a pas de goût, en particulier ceux qui entrent dans leur période snob, celle dans laquelle à leurs yeux, presque tout est de la merde ou signe d’immaturité.  Mais malgré le snobisme qu’ils affichent afin de se donner une apparence mature…


7- Tes amis sont immatures.

À 15 ans, au printemps 1984, j’étais bénévole pour Miaouf Adoption, un refuge pour animaux abandonnés.  Un jour, les autres jeunes bénévoles et moi faisions partie d’une levée de fonds pour l’organisme.  On vendait des macarons au Mail Montenach.  Étant le plus vieux, j’étais en charge de récolter l’argent de nos ventes.  À la fin de notre journée, une des filles de 14 ans voulait savoir combien on avait fait. J’ai refusé de lui refiler l’enveloppe d’argent.  Elle a tenté de me la retirer des mains, mais j’étais plus rapide et je lui ai tourné le dos.  Elle m’a  alors sauté dessus, grimpant sur moi, tentant d’agripper l’enveloppe que je tenais hors de sa portée.  … Et ce publiquement, dans les allées intérieures du centre d’achats.  Le hasard a voulu qu’à ce moment-là, son père s’est adonné à passer par là, et qu’il a vu toute la scène depuis le début.  Dès qu’elle a constaté la présence paternelle, inutile de dire qu’elle m’a vite lâché et qu’elle a filé droit vers lui, sans mot dire.

Vous me direz que c’est normal d’agir ainsi à son âge?  En 1998, alors que j’avais 29 ans, je subissais exactement la même chose de Geneviève la Coloc de l’Enfer, alors âgée de 21 ans, parce qu’elle voulait absolument voir qu’est-ce que j’avais écrit dans une lettre sans rapport à elle qui ne lui était pas destinée.


8- Tu deviens repoussant(e)!

De 14 à 15 ans, tes os poussent plus vite que ta viande et ton gras, ce qui te déforme solide le corps et la gueule. Pas encore habitué à ton nouveau format, tu te cognes partout, accroche tout, fait preuve d’une maladresse que tes parents ne manquent pas de te reprocher.  Ta voix devient grave et monotone. Il te pousse juste assez de poil au menton et sous le nez pour que ça paraisse, mais pas assez pour te raser. Déjà que l’idée d’approcher une lame de ton visage ne te met pas à l’aise du tout, surtout avec ta nouvelle maladresse. Tes nouvelles glandes encore mal ajustées font du zèle et te font puer des pieds et mouiller du dessous de bras jusqu’aux côtes, même si tu ne fais rien d’autre que de rester allongé immobile. Tu as le cheveu gras, la peau qui boutonne et une haleine de filet de saumon oublié tout un weekend dans un coffre d’auto au soleil. Et c’est à l’unisson que les filles (dégoûtées) tout comme tes amis (amusés) te disent : « Hostie qu’t’es lette, man! »


9- Ta puberté attire le genre d’attention dont tu pourrais te passer.

Vous vous rappelez de l’année où votre corps a décidé de passer de fille à femme sans vous demander votre avis? Et que la poussée de vos seins a commencé à dévier les regards masculins vers ces nouvelles courbes?  Et que toute cette nouvelle attention vous foutais un malaise pas possible?  Et que dire de la fois où, lors d’une réunion familiale, une parenté quelconque est venue vous dire « Comme ça, t’es devenue une grande fille!? », ce qui signifiait que votre mère était aller raconter à toute la famille que vous avez commencé à être menstruée?  Ah, doux souvenirs.


10- Tu déranges tout le monde car tu n’as ta place nulle-part.

Lorsque tu es chez toi au salon, dans ta chambre, à regarder la télé, un film, jouer à des jeux ou être sur l’ordi, tes parents te disent d’aller jouer dehors.

Tu marches sur le trottoir.  Les vieux voisins méfiants sont à leurs fenêtres à épier tes moindres faits et gestes, n’attendant qu’un mouvement suspect pour appeler tes parents ou la police.

Tu vas dans un parc public.  Les mères qui surveillent leurs enfants qui jouent te regardent avec mépris en considérant que tu n’as pas d’affaire là.

Tu vas dans un centre d’achats. Tout le monde te surveille et se méfie. Si tu restes debout immobile pendant plus de 10 secondes en présence d’un surveillant, il viendra aussitôt te donner l’ordre de circuler.

Que font des adultes lorsqu’ils sont assis sur un banc public? Ils se reposent. 
Que font des adolescents lorsqu’ils sont assis sur un banc public? Ils flânent!

Bref, quand tu es ado, le seul endroit où tu es le bienvenu, c’est à l’école.  Mais attention: Seulement pendant les heures de cours.  Parce que si tu as le malheur de te trouver sur leur terrain lorsque c’est fermé, c’est un gardien de sécurité ou bien la police qui va t’en expulser en t’ordonnant de retourner chez toi.  Et de là, le cercle recommence.  Le problème, c’est que…


11- Tu es toujours le premier suspect.

Quoi qu’il soit arrivé de négatif, tu peux être certain que tu seras toujours soupçonné en premier.  Ais-je dis soupçonné?  Je voulais dire accusé.  Quelque chose brise dans la maison?  C’est le jeune!  On entend une auto passer en trombes?    C’est le jeune!  La police patrouille dans le secteur?  C’est sûrement pour le jeune qui habite pas loin.  Un accident? Du vandalisme?  C’est le jeune!  Et bien qu’il soit prouvé statistiquement que la majorité des vols à l’étalage sont d’abord commis par des retraités, puis des adultes, laissant les jeunes bons derniers de ces crimes, ils restent encore et toujours ceux qui en sont le plus accusés.  Bref, ta jeunesse te rend coupable d’avance de tout ce qui arrive de négatif, même quand la chose ne s’est même pas encore produite. 


12- Tu dépends du bon-vouloir de tout le monde.

Quand tu n’as aucun droit, tu as besoin de la permission de tout le monde: Chez toi, c’est: permission pour sortir, pour utiliser l’ordi, pour manger entre les repas. En classes, c’est: Permission pour parler, pour aller aux toilettes.

Sans oublier que tu es totalement dépendant de tes parents pour te déplacer, que ce soit avec eux qui vont te reconduire en auto ou bien te fournir de quoi utiliser les transports en commun.  Et pour tes dépenses personnelles, il faut leur demander de l’argent pour tout: Ton électronique, tes sorties, tes vêtements… Et puisque c’est eux qui payent, ils ont le droit de regard sur ce que tu veux avoir. Alors si ça ne leur plait pas, bonne chance pour l’obtenir.


13- Les parents se mêlent toujours de ce qui ne les regarde pas.

Tu penses que sur les sujets dans lesquels ils n’ont rien à payer, les parents n’ont rien à dire? C’est vrai, mais ça ne les empêche pas de le faire quand même:

Tu ramènes ton nouveau (ou futur) petit ami chez vous.  Une fois qu’il est reparti, ta mère te dit : « Que c’est ça, c’t’èspèce de grand tarla-là? J’veux pu jamais r’voir ça icite! »

Situation inverse pour un gars: Quand ta blonde t’annonce quelle ne peut plus te voir parce que ses parents voient votre relation d’un mauvais oeil, car ils disent que sortir avec toi va la distraire de ses études. Ou bien que, puisque tu es un gars, tu n’as qu’un seul but en sortant avec elle: La dévierger!  Ou mieux encore: Que tu es un futur assisté social qui ne fera jamais rien de sa vie, en se basant sur le fait qu’à quatorze ans tu ne sais pas encore quel métier tu compte exercer quand tu seras adulte.

Tu joues avec un petit voisin et vous vous amusez.  Soudain, petit accident; il fait un faux mouvement, il se cogne et il pleure.  Avant même que la douleur diminue et que les choses reviennent à la normale, sa mère arrive en trombe.  Même si elle n’a rien vu du tout, il est totalement clair dans sa tête que c’est toi qui l’a maltraité.  Elle t’engueule comme du poisson pourri en criant à tue-tête, ramène fiston dans la maison en lui arrachant quasiment le bras de l’épaule, et t’interdit de t’approcher de lui ou de la maison pour le reste de tes jours.  Ce qui aurait pu être une bête anecdote insignifiante et rapidement oubliée dans l’histoire de votre camaraderie a été transformée par cette mégère en rien de moins qu’une agression, voire en déclaration de guerre, qui fout en l’air une belle amitié qui ne la concernait même pas.


14- Être un gars vient avec des standards sociaux bien établis duquel il ne faut pas déroger sous peine d’être socialement émasculé.

Secondaire II, gymnase, classe d’éducation physique. Gilles, notre prof, se couche face contre terre.  Raide comme une planche, il se met en position de push-up, se tenant sur ses mains et le bout de ses orteils. Il nous dit : Il y a deux façons de faire des push-ups. D’abord, cette façon-ci, qui s’appelle « les push-ups de gars »… Et il se met à faire des pompes de façon standard. Puis, il arrête.  Il s’installe sur les genoux plutôt que sur les orteils.  Puis, il recommence à en faire, en disant : « …Et comme ceci, sur les genoux, ce qu’on appelle « les push-ups de filles ».

Je ne sais pas si c’est encore le cas, mais à l’époque, Éducation Physique était un cours dans lequel les gars et les filles étaient séparés. Alors même si, comme moi à l’époque, on avait de la misère à faire trois push-ups sans risquer l’infarctus, personne n’aurais osé se rabaisser devant la classe constituée uniquement de gars en faisant des push-ups de filles.

Au 3e secondaire, je ne me souviens plus du nom du cours…  C’était une classe dont le cours changeait à toutes les six semaines.  Et là encore, il y avait deux options :

  • Option gars avait Méthodologie de travail, Initiation à la technologie, Mécanique automobile et Coupe de viande (théorie seulement).
  • Option filles avait Cuisine, Premiers soins, Entretien ménager et Tenue budgétaire.

Je n’exagère pas, les classes s’appelaient vraiment Option gars et Option filles. Je suis sûr que je n’étais pas le seul gars qui n’en avait rien à chier d’apprendre la mécanique, le principe des poulies et les différentes parties du bœuf.  Surtout que, peu importe notre sexe, que l’on soit célibataire, en couple, avec ou sans enfant, il est important de savoir cuisiner, appliquer les premiers soins, faire du ménage et tenir un budget. J’ai donc fait comme tous les gars :  J’ai commencé ma vie adulte à être totalement nul dans ces domaines, réduit à les apprendre à la dure.


15- Le seul critère que les adultes utilisent pour te juger, c’est ta famille.

Non, sérieux, personne n’en a rien à cirer de ce que tu es vraiment.  Tu auras beau être le plus vertueux, le plus droit et le plus travaillant, si tu viens d’une famille de BS, aucun adulte ne va te donner ta chance de prouver ta valeur.  Les employeurs te refuseront du travail, les parents refuseront que leurs filles te fréquentent.  Et inversement, tu peux être violent, voleur et violeur, en autant que tu sois un fils de bonne famille, toutes les portes se seront ouvertes. 


16- Ton univers n’est pas aussi bien qu’il serait supposé l’être

Quand tu regardes autour de toi, qu’est-ce que tu vois? Ton père est chauve.  Ta mère est grosse. Ils s’habillent de façon kétaine. Ils ne connaissent rien à la vie d’aujourd’hui. Vous vivez en appartement dans un 4½, ou bien dans une maison qui te semble bien petite et sans goût. Pourquoi est-ce que tu n’as pas eu la chance de vivre dans une famille normale, comme celles que l’on voit partout à la télé, au cinéma, dans les magazines, là où tout le monde est moderne, beau, mince, athlétique, riche?

Heureusement, cette vie de médiocrité n’est que temporaire, parce que toi, au moins…


17- Tu as des attentes très précises et haut de gamme au sujet de ta future carrière.

Peu importe le travail dans lequel tu souhaites aller, il y a trois critères qui ne changent pas d’une personne à l’autre:

  1. Il faut que ce soit aussi facile et amusant qu’un passe-temps.
  2. Ça doit te donner une excellente réputation qui te fera connaitre.
  3. Et ça doit bien payer. Pas nécessairement te rendre riche, mais au moins te mettre à l’abri du besoin.

Tout travail qui ne rencontre pas au moins le premier critère est ennuyant à mort et bon pour les losers. Voilà pourquoi beaucoup d’entre nous rêvons d’une carrière artistique ou bien de bureau.  Il ne faut surtout pas nous parler d’un travail manuel, puisque manuel = ne demande pas d’intelligence = réservé pour les caves.

Je me rappelle d’ailleurs qu’on ne pouvait pas imaginer une job plus bas de gamme, plus loser, plus BS, que concierge.  La preuve :  En 1995, lorsque j’étais rédacteur en chef du Vox Populi, journal étudiant de mon cégep, j’ai réalisé une petite entrevue avec Yanie Dupont-Hébert, alors animatrice à MusiquePlus, dans laquelle je lui demande des conseils pour débuter dans son métier.  Entrevue que, une fois publiée, j’ai terminé avec un petit dessin dans lequel je me suis mis en vedette en situation auto-dérisoire.

Aujourd’hui, comme j’en ai déjà parlé dans ce billet, après 20 ans de vie artistique, je suis vraiment devenu concierge. Et tous les avantages que ce travail me rapporte en font la meilleure job que j’ai eu de toute ma vie, et ce sur tous les points. Comme quoi la vie adulte est rarement conforme à l’idée que l’on s’en fait quand on est ado.

En conclusion: Je ne prétends pas connaitre ou comprendre la vie des jeunes. Par contre, je me rappelle comment les choses se passaient lorsque j’en étais un. Et si les modes, le langage et la mentalité évoluent d’une génération à l’autre, il reste que certaines choses ne changent jamais. Voilà pourquoi la majorité des jeunes d’aujourd’hui subissent de notre part les mêmes désagréments que nous avons nous-même vécu à leur âge.

Des désagréments que nous leurs faisons subir parce qu’on a oublié ce que c’est, que d’être jeune.

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A propos Steve Requin

Auteur, blogueur, illustrateur, philosophe amateur et concierge de profession.
Cet article a été publié dans Dose de Réalité, Fait vécu, Psychologie et comportement social. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

4 commentaires pour 17 bonnes raisons de ne pas ressentir de nostalgie pour nos années d’adolescence

  1. miriade dit :

    bien pire que tout celà…….tes parents ont juste oublié ton existence en tant qu’enfant…..pour ne se souvenir que de de leurs contraintes…..tu n’étais qu’une contrainte en plus!

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  2. Marina dit :

    GENIAL Ce post !!! J’ai été une ado de fin des années 90 et début des années 2000 et pourtant oui, j’ai ressenti la même chose. Quelque chose de troublant me vient à l’esprit : parfois quand je vois des ados passés en bande aujourd’hui, j’ai l’impression qu’ils me regardent d’un air de défi, limite désinvolte, comme si eux ne ressentaient pas ce que tu viens de décrire dans ton post. Drôle d’impression, je me demande si c’est vrai?

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  3. unbelgegeek dit :

    A reblogué ceci sur Un Belge Geek and commented:
    Je n’ai lu que quelques articles pour l’instant mais c ‘est très prometteur. Ca me donne l’envie d’écrire sur des sujets qui m’interpellent.

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