30 situations fréquentes lorsque l’on est dans un couple ouvert (suite et fin)

Ce billet est la suite de 30 situations fréquentes lorsque l’on est dans un couple ouvert (1e partie).  

16) Il est plus facile de draguer lorsque l’on est en couple ouvert.
Il y a plusieurs raisons pour ça.  Par exemple, un célibataire qui drague et se fait rejeter en est quitte pour finir la soirée à se faire du pilotage manuel sur PornHub.  Tandis qu’en couple, quoi qu’il arrive, il/elle a son/sa partenaire.  En n’ayant rien à perdre, ça enlève de la pression, et ainsi on est plus à l’aise pour approcher un(e) candidat(e).  

Mieux encore: Un célibataire qui ne veut qu’une aventure sexuelle doit le dire directement, et passe pour un sale macho pervers en manque.  Et une célibataire qui ne veut qu’une aventure sexuelle doit le dire directement, et passe pour une salope désespérée.  Par contre, quand tu dis « Je suis dans un couple ouvert »,  l’interlocuteur comprends immédiatement et simultanément tous les points suivants:

  • Tu n’es pas en manque.
  • Tu n’es pas désespéré(e).  
  • Tu es dans un couple assez solide pour vous permettre ce genre de fantaisies.
  • Tu ne chercheras pas à mettre le grappin dessus pour partir en couple.  
  • Lui faire cette révélation est une possible invitation sexuelle.

Et voilà, nul besoin d’être plus direct.  À partir de là, c’est la réaction (ou le manque de) de l’interlocuteur qui montrera s’il est intéréssé ou non.  Mais qu’il accepte ou refuse, il n’y aura ni pression ni frustration. Bref, ça met tout le monde à l’aise.

 Mais malheureusement, quand on baise avec un(e) inconnu(e)… :  

17) Aimer le sexe est parfois notre seul et unique point en commun.
Ça, c’est le mauvais côté de commencer à fréquenter des gens par la couchette.  On se rencontre, on passe au lit.  Le courant passe, tout va bien. Puis, on se rhabille, on prend un verre, on jase… Et c’est là qu’on voit qu’on a fuck/all à se dire, soit parce que nos goûts ne correspondent pas, soit parce que nos opinions sont opposées.  Même si on a eu la plus géniale séance de sexe ever, si on ne s’entend pas hors du lit, ça en gâche le souvenir, et il n’y aura jamais de suite. 

18) Les lâcheurs sont légion.
D’après ce que j’ai vécu, ce que j’ai pu observer, et ce qu’on m’a rapporté, il n’est pas rare qu’une séance prévue de sexe-à-trois-ou-plus n’a finalement pas eu lieu. Les raisons en vrac :

  • Il s’agissait d’un cas classiques de gros parleurs, p’tits faiseurs.  Généralement, quelques personnes qui ont un jour décidé d’expérimenter le sexe en groupe.  Mais qui, une fois réunis, réalisent qu’ils ne sont pas si à l’aise que ça avec cette idée. Si ce sont tous des débutants, c’est moins pire, puisque c’est tout le monde qui lâche en même temps.
  • J’ai déjà vu un cas comme le précédent, dans lequel il y avait un couple ouvert expérimenté dans le lot.  Plutôt que de voir les signes de malaise et y renoncer, ils ont pris ça comme un cas de « Il faut que quelqu’un brise la glace en donnant l’exemple ».  Ils ont commencé à se déshabiller et à baiser.  S’en est suivi un malaise général qui fit que les autres quittèrent la pièce, certains pour retourner chez eux.
  • Il y a eu la fois où les gars n’avaient pas prévenu leurs blondes (qui n’avaient jamais fait ça avant), et elles ne l’ont pas bien pris du tout du tout.  C’est vrai que c’était pas cool, les gars!
  • L’amant potentiel arrive chez le couple pour un premier ménage-à-trois ensemble.  À mesure que la soirée passe, il constate que la fille du couple semble bien excitée, mais que l’autre gars parle de tout sauf de ça.  Rendu près de minuit, l’amant potentiel se rend à l’évidence que si la soirée avait eue à virer sexuelle, ce serait déjà fait.  Il leur dit donc qu’il doit partir s’il ne veut pas rater le dernier métro.  Le couple le salue bien, sans jamais faire mention de sexe.  Le lendemain, la fille écrit à l’amant potentiel pour lui expliquer que son chum n’avait pas aimé le fait que « ils avaient trop l’air d’en avoir envie. » Bref, un cas de gars qui n’était pas vraiment fait pour être en couple ouvert.
  • Le couple ouvert invite plusieurs personnes, autant gars que filles.  Pas une fille ne s’y présente.  Il y en a bien un qui a suggéré de transformer la soirée d’échangisme en soirée gangbang pour la maîtresse de maison, mais personne n’était chaud à l’idée, surtout pas le couple.

19) Même chez les libertins, il existe la jalousie, la possessivité et le désir d’exclusivité.
Un truc vécu personnellement: J’avais cette amante totalement bi qui avait elle-même une amante régulière.  Un soir, lors d’une sortie, tout s’enlignait pour que ça finisse entre nous trois.  Même que l’autre fille m’a dit, pendant la soirée, qu’elle était contente que son amie partage.  Arrive la fermeture du bar.  Mon amante me prend à part et me dit que finalement, l’autre fille est trop fatiguée, et que de toute façons elle n’était pas très à l’aise à l’idée de le faire avec moi.  Je comprends et accepte.  Je retourne donc seul chez moi.

Le lendemain, l’autre fille me demande en ami Facebook, et elle m’exprime trouver dommage que j’étais trop fatigué la veille pour finir la soirée avec elles.  Car oui, mon amante nous avait menti à tous les deux sur le sujet, en racontant à chacun de nous que c’était l’autre qui ne pouvait pas.  Sauf que, une fois rendues chez elle, pour satisfaire leur désir de phallus, elles ont invité un autre gars, qui est arrivé chez elle complètement saoul à cinq heure du matin, qui n’a jamais réussi à avoir une érection, et qui s’est endormi pendant l’acte.  J’ai été très déçu de voir que mon amante m’avait menti, et encore plus insulté qu’elle ait préféré ÇA à moi.  J’ai appris plus tard, par une autre amie commune que ma (désormais ex) amante m’avait dans la peau, disait-elle, et ainsi ne voulait pas me partager.  Ça valait bien la peine de prendre une amante libertine, tiens!

Aussi, il n’est pas rare qu’une personne avec qui vous couchiez soit en couple, partouze deux fois par semaine et ait plusieurs amant(e)s régulier(e)s, mais qu’elle prenne très mal que vous osiez considérer coucher avec quelqu’un d’autre.  Faut pas chercher la logique. 

20) La bisexualité n’est pas toujours du côté que l’on croit.
Dans la majorité des couple ouverts que j’ai connu, l’un des deux était bi.  Quand on apprend ça, on présume automatiquement que c’est la fille.  Or, j’ai vu assez souvent des cas où la fille était hétéro, et que c’était le gars qui était bi.  Et dans presque tous les cas, ils amenaient l’idée avec prudence, voire avec une certaine crainte du jugement.  Et c’est normal.  Faire une fellation et se faire pénétrer, ce sont des activités sexuelles propres à la femme.  Dans une société misogyne comme la nôtre, tout ce qui met en doute notre masculinité est vu comme étant rabaissant. Ainsi, aucun gars ne veut être démasculinisé.  Ironique, quand on pense que quand on est à 100% gai, personne ne met notre virilité en doute.

21) Les limites préétablies ne sont pas toujours respectées.
Dans le feu de l’action, il y en a toujours un qui s’essaye à faire plus que ce que l’autre lui permet.  On se retrouve donc avec le choix entre le laisser faire, ce qui est malaisant pour celui/celle/ceux qui ont établi la limite.  Ou le lui rappeler gentiment, en espérant qu’il réagisse bien.  D’une façon ou d’une autre, ça entache un peu une soirée qui était, jusque-là, impeccable.

22) La liberté sexuelle provoque plus de frustrations que d’épanouissement.
Tout le monde a sa petite idée et ses attentes et ses espoirs au sujet de séances de sexe à plusieurs.  Ça pousse les gens à s’attendre à ce que tous leurs désirs soient assouvis.  Alors quand ils voient que ce n’est pas le cas, ils frustrent. C’est incroyable comment, dans un contexte sexuel, certaines personnes peuvent être susceptibles.

23) Être dans un couple ouvert amène parfois un sentiment de culpabilité.
 Prenons ce couple où la fille a 25 ans et le gars 40.  Elle aime son chum et est certaine de vouloir passer sa vie avec lui.  Or, elle trouve dommage de devoir renoncer si jeune à explorer sa sexualité.  Pas de problème; l’homme a déjà été jeune, lui aussi était fringuant à cet âge, et lui aussi en a profité.  Il comprend parfaitement et lui propose de former un couple ouvert.  La fille est heureuse d’avoir comme amoureux un homme aussi compréhensif.  Aussi, elle a une aventure d’un soir avec un autre.  Et une autre journée, elle se prend un amant régulier.  Et un jour, en revoyant un de ses ex, elle s’offre un trip nostalgique en re-baisant avec lui une fois.  Cependant, elle s’interroge.  Bien qu’il soit libre de forniquer avec qui en voudra, son fiancé n’a pas l’air de vouloir en profiter.  Elle lui demande pourquoi.  Il lui répond qu’il a déjà vécu dans sa jeunesse toutes les expériences qu’il voulait vivre, et ainsi ne ressent plus le besoin de recommencer.  Elle a beau comprendre son point, n’empêche qu’elle se sent un peu égoïste d’être la seule à en profiter.  Et il y a toujours cette crainte qu’il utilise un jour contre elle l’argument du « Je sais être fidèle en couple. MOI! »  Elle en vient même à l’encourager à coucher avec d’autres filles, histoire de moins culpabiliser.  

24) Qu’on le veuille ou non, il y a de la compétition.
Il y a toujours des gens qui auront des doutes sur leurs propre valeur, qui seront insécures et qui verront de la compétition partout.  Alors quand il s’agit de voir, ou même d’imaginer, son/sa partenaire en acte sexuel avec une autre personne, ça les angoisse.  Va t-il préférer le physique de l’autre fille?  Va t-elle préférer le calibre de l’autre gars?  Elle est plus sollicitée que moi, c’est injuste.  Il a un plus grand appétit sexuel que moi, c’est injuste.  Est-ce que je dois me montrer plus performant / plus cochonne pour m’assurer qu’il/elle ne me quitte pas pour l’autre?  C’est décevant de constater que la liberté sexuelle, qui est supposée être le signe que l’on est plus épanoui que les autres, peut au contraire provoquer autant de malaises.

D’ailleurs, parlant de compétition…

25) Certains en profitent pour laver leur linge sale sexuel en public, en faisant des comparaisons malvenues.
Deux exemples en particulier dont j’ai été témoin :

  • Le gars en couple qui pénètre une amante, en disant, devant sa blonde « Mmmm… Enfin, une fille qui l’a étroite! »
  • La fille en couple, dont l’amant l’a fait jouir en lui stimulant le point G.  Elle se retourne ensuite vers son chum en disant : « Tiens, tu vois? Il est capable, LUI! »

26) Il y en a toujours un qui a le don de faire des remarques déplacées.
OK, pour celle-là, j’avoue, c’est probablement moi qui a une imagination qui prend les choses un peu trop au pied de la lettre.  Mais on dirait qu’il y en a pour qui la liberté sexuelle semble demander l’utilisation d’un vocabulaire dégradant. Voici quelques trucs que j’ai entendu, toujours de la part d’hommes, et pourquoi ça me faisait sourciller.

  • Alors qu’on s’apprête à passer à la chambre, il dit tout fier de lui: « Ouain, ça va sentir le cul icite à’ soir! » C’est p’t’être juste moi, mais là d’où je viens, quand on dit que ça sent le cul, ça veut dire que ça sent la merde, ou du moins qu’il flotte une odeur désagréable.  Donc, rien de tellement érotique à entendre.  À moins d’être scato, je suppose.
  • « On va la fourrer solide comme une p’tite chienne. » J’ai souvent entendu des gens utiliser « petite chienne » dans un contexte sexuel.  Je n’en suis pas fan.  D’abord parce que la bestialité ne fait pas partie de mes fantasmes.  Et ensuite, parce que pour moi, traiter une femme de chienne, c’est une insulte et c’est rabaissant.  Ça non plus, je n’y vois rien d’érotique. 
  • Une fois, alors qu’il se faisait faire une pipe par une mignonne demoiselle, le gars lui a dit : « Aah, ouais, ah, t’aimes ça, sucer des queues, hein? »  La fille cesse aussitôt pour lui répondre « Pas vraiment, non! »  Sans vouloir faire de jeu de mots, le gars ne savait plus où se mettre, et la fille n’avait plus tellement envie de continuer.  C’est ça qui arrive quand on prend les dialogues de films porno comme modèle de vocabulaire.

27) À trois, oui! À deux, non!
Quand un couple accepte d’être ouvert, c’est sous certaines conditions. Et parfois, l’une de celle-ci, c’est que l’un des membres ne doit jamais exclure l’autre.  Hélas, comme je l’ai dit plus haut, quand il s’agit de désirs sexuels, les conditions préétablies ne sont pas toujours respectées.  Il m’est arrivé à quatre reprise d’entendre une histoire comme quoi, au matin, le lendemain d’un ménage à trois, l’une des deux personne du couple se réveille et constate que sa moitié baise avec l’autre sans l’inclure.  Pas cool!

28) Les orgies ne se passent jamais comme on se l’imaginait.
Blâmons l’influence de la porno qui démontre dans ces films que tout le monde est actif non-stop, avec tout le monde, sans condoms, que les filles sont toutes bi et se laissent pénétrer dans leurs trois orifices, et qu’après en avoir profité au max, tout le monde vient à peu près en même temps.  Dans la réalité, non seulement rien de tout ça n’est vrai, rares sont ceux qui ont un physique de pornstar.  Ce qui fait que même visuellement, ce n’est pas vraiment ça.

29) Vous vous retrouvez avec des ennemis dont vous n’aviez jamais entendu parler avant qu’ils se manifestent contre vous.
Épouses trompées, fiancés cocus, amoureux jaloux, envieux frustrés, parents contrôlants, familles vindicatives… Ils surgissent de nulle-part avec violence car ils viennent d’apprendre que vous avez eu des relations sexuelles avec telle personne, et ils vous en veulent à mort pour ça.  Vous en êtes les premiers surpris, car il est évident que votre partenaire ne vous a jamais parlé de sa situation amoureuse et/ou familiale, ou alors il/elle vous a menti à ce sujet.  Et voilà comment, sans avoir rien fait de mal, vous vous retrouvez avec des problèmes.

Enfin, désolé d’aborder le sujet qui suit, mais c’est quand même une réalité qui est hélas trop répandue dans ce milieu :

30) Certaines filles en couple ouvert sont devenues libertines afin d’exorciser une agression sexuelle subie à l’enfance ou à l’adolescence.
Subir un viol démontre à la fille que ce sont les hommes et non elle-même qui ont le contrôle sur sa propre sexualité.  C’est quelque chose de très difficile à vivre.  Tellement que parfois, au niveau du subconscient, elle en arrive à la conclusion que la meilleure façon d’éviter que le sexe soit utilisé comme arme contre elle, c’est d’aimer ça.  Car comme l’une d’elle m’a déjà dit : « You can’t rape the willing! » (Ça ne peut pas être un viol si la personne est consentante.) 

Elle s’affiche donc au grand jour comme étant une nympho.  Elle se trouve un gars avec qui être en couple ouvert.  Les premiers temps, ça marche.  Les hommes qui fantasment à soumettre la femme de force ne voient pas en elle la victime qu’ils recherchent, et ainsi ne l’approchent pas.  Et le fait d’avoir déjà un amoureux stable la protège de tout homme qui voudrait en prendre possession par insistance.  Par contre, les hommes respectueux et/ou plus timides et/ou qui n’ont rien du conquérant ni du prédateur s’intéressent à cette fille qui fait les premiers pas.  Ils sont gentils, ils la complimentent, ils sont attentifs.  Sexuellement parlant, ils ne s’imposent pas: Ils demandent, proposent, se montrent disponibles.  C’est elle qui décide si elle couche, quand elle couche, avec qui elle couche, et ses choix sont respectés.  Et même s’il y en a un ou deux qui chialent de ne pas avoir obtenu d’elle ce qu’ils espéraient, ils n’oseront jamais rien faire contre elle.  Car elle est populaire, maintenant, ce qui fait qu’elle peut compter sur l’appui de beaucoup de personnes s’il y a conflit. Les hommes sont à ses pieds, et elle en fait ce qu’elle veut.  Bref, c’est elle qui les contrôle via sa sexualité.  Et elle adore ça.

Puis, l’impensable arrive: Elle s’offre à un gars hétéro célibataire actif sexuellement, et celui-ci décline poliment ses avances.  Ça la trouble.  Elle ne comprend pas.  Pourquoi est-ce qu’il lui dit non?  Est-ce qu’elle est trop salope? Est-ce qu’elle ne l’est pas assez?  Elle n’a encore jamais rencontré un homme qui ne voulait pas coucher avec elle.  De force, s’il le faut.  Son viol le prouve. Alors pourquoi est-ce que lui n’en veut pas, alors qu’elle le lui offre?  Est-ce qu’il est gai?    Non, pourtant!  Alors c’est quoi son putain de problème?  Pour qui il se prend, d’agir comme si elle n’était pas assez bien pour lui?  Elle est frustrée, insultée, en colère, triste, confuse.  

Toute autre fille se dirait « Meh, whatever, j’en ai d’autres, des candidats, ça se bouscule aux portes. »  et n’y attacherait aucune importance.  Mais pour elle, ce rejet est inexplicablement troublant.  Et ceci est la première manifestation comme quoi elle n’est peut-être pas si à l’aise que ça dans ce style de vie.

Bientôt, le charme de la nouveauté s’estompe.  Son libertinage ne lui procure plus le bien-être qu’elle y trouvait avant, et elle ne comprend pas pourquoi. Elle augmente la fréquence de ses aventures sexuelles, y cherchant le bonheur des débuts, mais c’est en vain.  Elle déprime de plus en plus, ce qui conduit trop souvent à l’alcool, la drogue, la dépression. 

Dans le pire des cas, ça se termine en (tentative de) suicide.  Dans le meilleur, elle a la chance de rencontrer un(e) thérapeute qui lui fera comprendre que tout ça a rapport avec l’agression qu’elle a subie.    Et là, l’illumination se fait.  Elle comprends tout:  Son agression était sa première expérience intime avec un homme.  La seule chose en elle qui intéressait cet homme, c’était son sexe.    Elle a donc eu le réflexe de croire qu’en elle, pour les hommes, seul son sexe avait de la valeur.  Elle a donc appris à contrôler toute sa vie sociale avec son sexe.  Aussi, lorsqu’un homme décline ses avances sans raison valable, elle réalise que dans son cas à lui, elle n’a aucun contrôle.  Alors elle panique.  Elle est troublée. Elle ne sait pas comment composer avec une personne qui la voit comme étant autre chose qu’un vagin à désirer.  Parce que elle-même ne voit pas ce qu’elle peut bien être à part ça.  

Dès qu’elle a compris ceci, elle coupe brutalement tout contact avec le milieu, lâche son chum, déménage, poursuit sa thérapie, commence à prendre confiance en elle, réalise qu’elle a d’autres valeurs que son entrecuisse, se trouve un nouveau chum gentil et compréhensif qui accepte son passé, l’épouse, fait des enfants, fait la paix avec son passé, et passe le reste de sa vie dans une relation heureuse, et surtout monogame.

À lire tout ça, on pourrait croire qu’être dans un couple ouvert, ça rapporte plus de mal que de bien.  En fait, le sexe est pareil que l’alcool et la drogue: Lorsqu’on le consomme de façon intelligente et contrôlée, ça reste agréable.  Or, puisque c’est un plaisir, il n’est pas toujours facile d’avoir la discipline requise pour être capable de se modérer.  Et à partir du moment où on en perd le contrôle, notre plaisir cesse d’en être un, et c’est nous qui nous faisons consommer. Et même si on arrive à éviter les dérapages, rien ne garantit que notre entourage qui partage ce style de vie auront eux aussi cette force de caractère.  Dans ce temps là, on peut se retrouver avec des problèmes sans même les avoir causés.  

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Y’a liens là:

Si vous aimez les faits vécus pleins de rebondissements, qui sont justement sur le thème du couple ouvert, je vous recommande mon texte autobiographique Fantasme VS Réalité: Le ménage à trois.

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30 situations fréquentes lorsque l’on est dans un couple ouvert (1e partie)

Généralement, la première chose qui nous vient en tête lorsque l’on parle de couple ouvert, c’est d’imaginer des gens qui participent à des orgies 2-3 fois par semaine car leur vie tourne autour du sexe. Mais au-delà de ce cliché irréaliste sommeille une réalité qui, bien que possédant quelques bons côtés, n’est pas toujours de tout repos.

Entre mes trois relations monogames à long terme passées et présente, j’ai eu deux périodes de célibat. La première a duré quatre ans (1995-1998). La seconde fut de deux ans (2011-2013). Dans les deux cas, j’ai eu des amantes. Avec elles, on ne peut pas vraiment parler de couple ouvert proprement dit, puisque techniquement nous ne formions pas un couple. N’empêche que l’arrangement était assez similaire, c’est-à-dire que nous nous fréquentions régulièrement tout en ayant des aventures chacun de notre côté. C’est lors de ces périodes que j’ai rencontré quelques véritables couples ouverts. Ceci m’a non seulement permis de voir comment ça se passe, ça m’a également permis de le vivre. Et c’est ainsi que j’ai appris qu’il existe 30 situations assez fréquentes lorsque l’on fait partie de ce milieu.

1) Vous êtes obligés d’en parler.
Il y a des gens qui disent : « Pourquoi est-ce que les lesbiennes, les gais, les bis et les couples ouverts se sentent toujours obligés de s’annoncer comme tel? Tu ne verras jamais un hétéro aller se présenter à quelqu’un en disant « Bonjour, je suis hétéro! » Vrai, mais c’est normal puisque nous vivons dans une société dans laquelle l’hétérosexualité monogame est l’orientation par défaut. Mais lorsque tu ne fais pas partie du cadre hétéro-normatif, le seul moyen de savoir si les gens autour sont compatibles avec ton orientation, c’est de le dire.

2) Tâter le terrain comporte des risques.
Car il est en effet impossible de savoir comment l’autre personne va réagir en apprenant ça. Ça peut être positif. Ça peut être neutre. Ça peut être négatif. Ça peut être carrément haineux. Tout comme la personne peut se montrer neutre ou positive devant toi, mais vous massacrer verbalement dans ton dos. C’est vraiment un coup de dés. Et une fois que vous l’avez lancé, vous ne pouvez pas revenir en arrière.

3) Certains commentaires annoncés comme étant respectueux et ouvert d’esprit sont en fait de la négativité passive-agressive.
Exemple : « C’est sûr que si t’aimes pas assez ton chum pour être capable de lui être fidèle, tu es tout à fait dans ton droit de le faire cocu. » Ou bien « J’admire la façon sereine que tu as d’assumer le fait que tu n’es pas capable de le/la satisfaire sexuellement. » Avec ses encouragements hypocrites, cette personne te laisse le choix entre ne rien dire et ainsi confirmer son accusation, ou bien lui expliquer, ce qui est peine perdue car la personne reviendra toujours avec d’autres questions aux sous-entendus tout aussi méprisants. Dans son cas, quand elle dit « J’essaye juste de comprendre. », ça veut dire en réalité « J’essaye juste de tourner les phrases et les questions de manière à te faire admettre que tu es une salope / que tu es un loser cocu volontaire / que vous n’êtes pas vraiment en amour / que vous êtes des dépravés. »

4) Certaines personnes totalement non-concernées prennent votre choix de vie comme une attaque personnelle.
Il y a des gens qui ressentent un grand besoin d’être vus comme étant parfaits et irréprochables.  Pour eux, en principes, la sexualité est une chose de sacrée qui ne se fait qu’entre deux personnes amoureuses et en couple stable monogame.  S’ils ont le malheur d’apprendre que vous vivez votre sexualité autrement que selon leurs principes à eux, attendez-vous à des attaques où aucun mot ne sera mâché.  Cette personne réagit comme si vous l’aviez personnellement attaquée, et jamais elle ne cessera de vous démolir verbalement car jamais elle ne se remettra de ce qui, à ses yeux, est un impardonnable écart de conduite.  Si vous avez le malheur d’avoir cette personne dans votre entourage, attendez-vous à avoir la pire des réputations sexuelle, et ce pour le reste de votre vie.

5) Vous recevez beaucoup plus de sollicitation sexuelle lorsque vous êtes dans un couple ouvert que lorsque vous êtes célibataire.
Il est vrai que lorsque l’on approche une personne célibataire sans autre raison que le sexe, on risque fort de se faire virer.  Mais quand elle s’affiche comme étant en couple ouvert, on comprend automatiquement que même si nos propositions sexuelles seront déclinées, elles ne seront pas malvenues.  Ça rassure.  Cependant…

6) Dans un couple ouvert, la fille est beaucoup plus sollicitée que le gars.
Un homme seul qui va vers ce couple, c’est sûr qu’il va vouloir la fille. Une lesbienne, une bi ou une bi-curieuse, là encore, n’aura rien à foutre du gars. Mais là où c’est décevant, c’est que même les couples vont majoritairement solliciter la fille, en tâtant le terrain pour voir si elle accepterait de le faire sans son mec.

7) Il arrive parfois que l’un des partenaires se sente obligé de consentir.
Ça parait généralement dans la soirée, par exemple, lorsque la femme n’est pas très active, et ne semble pas vraiment en tirer de plaisir.  On comprend alors qu’elle ne fait ceci que pour satisfaire les fantasmes de Monsieur.  À moins de se foutre du confort des autres, voilà qui apporte une touche de malaise dans la soirée.  J’ai également vu un gars qui s’était fait complimenter sur son ouverture d’esprit, d’accepter que sa blonde couche avec d’autres.  Il a répondu d’un air abattu et résigné: « Je fais ce que j’ai à faire pour m’assurer qu’elle reste avec moi. »  Ouch!

8) Il y a le risque qu’un(e) amant(e) essaye de se mettre entre vous.
Soyons réalistes: Dans un couple, la compatibilité sexuelle est importante.  Aussi, l’avantage d’être libertin, c’est que ça nous permet de voir si le sexe avec telle ou telle personne est mauvais, bon, satisfaisant ou génial.  Ainsi, parfois, un amant peut tout faire pour se montrer comme amant génial pour la fille en couple.  Une fois leur compatibilité sexuelle établie, il se montre doux, gentil, attentionné.  Il cherche à savoir quels sont les aspects qui ne fonctionnent pas dans le couple, afin de mieux essayer par la suite de se montrer meilleur que son chum, histoire de prendre sa place.  Et si, comme dans le point précédent, la fille n’est en couple ouvert que par obligation, elle se laissera certainement séduire par l’idée d’un nouveau chum avec forte compatibilité sexuelle, qui lui offre une relation monogame.  J’ai vu ça arriver assez souvent.

9) Le nombre de gens qui veulent le faire sans condoms est assez aberrant.
Dans une soirée de sexe à plusieurs, il n’est en effet pas rare que l’un des hommes se prononce contre le port du condom, en disant que « Moi, fourrer du plastique, j’sens rien! » ou bien que « Ça m’fait débander parce que c’est trop serré! »   Ils vont même se donner un air boudeur et contrarié tout le long de la soirée, et n’hésiteront pas à sous-entendre que ce malaise est de la faute de ceux qui insistent pour être sécuritaires. Et lorsque l’on évoque les dangers de contractions d’une ITS, ils sont prêts à nous jurer que chacun des 97 partenaires qu’ils ont eu ces derniers mois acceptaient de le faire sans protections car ils sont tous en parfaite santé car ils ont tous des habitudes sexuelles sans risques.  Personnellement, je n’ai jamais compris comment on peut affirmer être sécuritaire lorsque l’on a plusieurs partenaires sans protection, ce qui est un comportement à risques. Mais bon, c’est p’t’être juste moi.

De la part d’hommes, on s’y attend.  Or, j’ai été très surpris de voir qu’il y avait des femmes toutes aussi insistantes à être contre le port du condom.
 

10) Des fois, le couple ouvert, c’est juste une façon déguisée de trouver mieux.
Je me souviens, à l’époque de mon retour aux études, qui correspondait à une de mes périodes de célibat, de cette amante que j’ai eu et qui était dans un couple ouvert. Elle ne cessait de se plaindre, comme quoi elle était malheureuse avec lui, et me donnait de plus en plus de signes comme quoi elle était en train de tomber en amour avec moi. Puis, un jour, elle m’appelle, toute heureuse, pour me dire qu’elle avait lâché son chum, donc que rien ne nous empêchait désormais de former un couple. Acculé au pied du mur, je n’ai eu d’autre choix que de lui remettre les pendules à l’heure en lui disant: « J’ai toujours été clair comme quoi je ne veux rien savoir d’une relation sérieuse. Pourquoi, tu penses, que je ne couche qu’avec des filles déjà en couple? » C’était brusque, j’avoue, mais ce n’est pas comme si j’avais eu le choix.  Aujourd’hui, elle est mariée à cet homme de qui elle se plaignait tant, et ils ont eu deux ou trois enfants. Comme quoi elle s’est résignée et a cessé de chercher mieux.

11) Certaines personnes semblent penser que votre situation de couple ouvert fait que vous n’avez aucun droit de leur refuser du sexe.
Comme si le fait de coucher avec qui on veut signifiait automatiquement que l’on couche avec n’importe qui. Et c’est d’ailleurs ça leur argument : « Ah bon!? Alors comme ça, t’as pas de problème à coucher avec n’importe qui… Sauf MOI!? ». Pas surprenant qu’en ayant une aussi étroite mentalité, ils le prennent personnel. Et voilà pourquoi… :

12) La frustration sexuelle peut transformer une relation harmonieuse en guerre haineuse.
Que ce soit en déclinant les avances d’une femme qui ne m’intéressait pas, ou bien que je mettais fin à mes activités sexuelles avec mes amantes, ou bien comme au point 9 lorsque j’insistais pour porter le condom, j’ai eu droit à tout: De la déprime à la colère noire, des crises de larmes aux crises d’hystéries, des lettres d’amour aux mails d’insultes, de celles qui m’ont instantanément banni et oublié à celles qui sont restés accrochés sur mon cas en me retraçant partout jusqu’à un an et demi plus tard.  Je me compte quand même chanceux, j’en ai connu une qui a perdu son emploi, lorsqu’un ex amant frustré est allé y foutre la merde. 

13) Il y a toute une problématique au sujet de la discrétion.
Il est normal de vouloir laisser libre cours à ses fantasmes, sans pour autant vouloir que notre entourage le sache.  Malheureusement, concilier ces deux aspects n’est pas de tout repos.  Comment rester discrets si, pour trouver des partenaires, il faut s’afficher? Est-ce que vos amant(e)s vont bien le prendre, que vous ne voulez pas que les gens sachent que vous couchez avec eux? Ou bien vont-ils le prendre personnel, en vous accusant d’en avoir honte?  Comment éviter que les gens vertueux, les candidats insultés d’avoir été refusée, et les ex-amant(e)s frustré(e)s se fassent un haineux plaisir de vous exposer partout afin de détruire votre réputation?  C’est que le si le monde est petit, la haine est grande.  Parlez-en à une de mes ex-amantes, qui a perdu son travail dans une garderie, lorsque l’un de ses ex-amants est allé y inscrire son enfant, l’a reconnue et l’a dénoncée aux autres parents.  Ça avait beau faire 9 ans qu’ils ne s’étaient pas vus et 8 qu’elle avait cessé d’organiser des soirées, il avait gardé des photos et des textes qu’elle avait eu le malheur de laisser sur le net à l’époque.C’est un sacré casse-tête pour lequel il n’y a aucune solution.  On peut juste espérer que ça n’arrive pas, et c’est pas mal tout ce qu’on peut faire.

14) Il peut être difficile pour le couple de cesser d’être ouvert.
Il vient parfois un temps où on se rend compte que le charme s’est estompé, et que l’on ne prend plus autant de plaisir qu’avant à faire ces activités.  Qu’est-ce qui arrive si notre partenaire n’est pas prêt(e) à arrêter?  Et nos bons amis proches, avec qui on baise en groupe sur une base hebdomadaire, comment vont-ils prendre de ne plus pouvoir le faire avec vous? Vont-ils l’accepter? Vont-ils continuer de vous fréquenter si ça devient platonique?  Vont-ils insister et vous mettre de la pression? Vont-ils se mettre à vous haïr parce que vous les frustrez sexuellement? Vont-ils prendre ça comme une attaque personnelle, parce que là, soudainement, vous avez évolué au-dessus de tout ça, ce qui équivaut à dire (dans leurs têtes) que vous valez mieux qu’eux?  

15) Aux amants, le cul.  Aux conjoints, la merde.
Dans tous les couples, il y a des aspects positifs et négatifs.  Et la majorité des points négatifs sont directement reliés au quotidien, au fait de faire vie commune.  Et plus notre vie est commune (cohabitation, enfants, etc), plus une séparation demanderait un bouleversement de vie, et plus on doit se forcer à endurer.   Ainsi, une femme qui vit un ménage de plus en plus pénible ira de plus en plus souvent oublier ses soucis entre les bras de son amant.   Un amant qui l’apprécie beaucoup plus que son conjoint.  Mais c’est normal.  L’amant n’a pas à vivre avec elle, lui.  Il ne sait pas ce que c’est, que le quotidien avec elle, lui.  Il n’a d’elle que de la tendresse et du sexe, lui.  Par conséquent, plus les amants s’apprécient, plus ils se réservent leurs côtés positifs, et moins il reste de ce positif pour leurs conjoints respectifs.

C’est sûr qu’il y a des gens qui font du couple ouvert un mode de vie et que celui-ci ne leur rapporte que peu de négativité.  Mais ça prend un couple solide, intelligent, complice et équilibré, et ils doivent aussi exceller dans l’art de réussir à ne s’entourer que de gens qui ont les mêmes habilités à vivre cette situation.  Donc, c’est possible, mais ça reste quand même un exploit.

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Y’a liens là:

Il y a une suite: 30 situations fréquentes lorsque l’on est dans un couple ouvert (suite et fin).

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Les 11 étapes de la création d’un quartier huppé

Au printemps de 1990, à l’âge de 21 ans, je partais de mon petit village de Mont Saint-Hilaire, Qc, Canada, pour aller m’installer à Montréal.  Dès cette première phrase, on imagine généralement que suivra une de ces anecdote qu’on a entendu mille fois, dans laquelle le jeune homme vit le charme d’avoir un premier appartement dans la grande ville.  Un logis quelque peu délabré et pauvre, certes, mais riche en Histoire. Et c’est là qu’il découvre peu à peu les différentes facettes de la vie de l’adulte qu’il est en train de devenir.  

Ça sonne un peu moins glamour quand je précise que dans mon cas, je suis juste allé trouvé refuge chez la mère de ma blonde de l’époque, après qu’une dispute de trop avec mon père se soit soldée par mon expulsion de la maison familiale.  Mais bon, quand on est sans le sou, on vit du bon-vouloir du maître des lieux.  Dans ce temps-là, la vie est rarement ce que l’on en fait, et bien plus souvent ce que nous imposent ceux qui sont plus puissants que nous.

Depuis que je suis montréalais, le hasard a fait que ma vie a presque toujours tourné autour du Canal (de) Lachine, qui est la première ligne bleue sur ce bout de carte où j’ai marqué d’un point (20 points, en fait) les endroits où j’ai habité, étudié et travaillé: Ville-Émard, Verdun, Saint-Henri, LaSalle.

Habiter l’endroit pendant 25 ans, soit de 1990 à 2015, m’a permis de le voir évoluer, ce qui m’a permis de constater qu’il y a onze étapes qui permettent de transformer un coin pauvre en quartier huppé.

ÉTAPE 1) Un quartier est industriel. Beaucoup de travail disponible, beaucoup de travailleurs y vivent.
de 1865 à 1970, le Canal Lachine était en opération.  Ainsi, tout le long de ses deux rives, se sont multipliées les industries et commerces vivant du cargo des innombrables bateaux de transports de marchandises et de matières premières qui passaient par là.  Évidemment, de nombreuses maisons et édifices à logements se sont bâties à proximité afin de loger tous ces travailleurs et leurs familles.

ÉTAPE 2) Le travail déménage à un endroit plus économique / plus moderne / mieux adapté aux récentes tendances du marché.
C’est ainsi qu’en 1970, le Canal Lachine a fermé, en ouvrant ses écluses pour de bon, ce qui a cessé de retenir l’eau, rendant le passage impraticable aux bateaux. Lorsque je suis arrivé dans le quartier Ville-Émard 20 ans plus tard, en 1990, l’eau y ruisselait en cours tellement minces par endroits que l’on pouvait le traverser à pied.


ÉTAPE 3) Sans travail, le quartier est déserté par les travailleurs qui vont vivre ailleurs.
Normal! Il faut aller là où le boulot est.  N’empêche que ça fait bien des logements vides, tout ça.

ÉTAPE 4) Les propriétaires sont obligés de laisser les loyers peu coûteux s’ils veulent avoir des locataires qui vont daigner y vivre.
Et moins les loyers rapportent, moins les propriétaires peuvent se permettre de rénover.  Et plus l’endroit se délabre, et plus les loyers restent généralement au même prix pendant une décennie ou deux, tandis que le reste du coût de la vie augmente.

ÉTAPE 5) Les loyers les moins chers attirent les gens pauvres.
Quand on parle de gens pauvres, on songe tout de suite à ceux qui ne peuvent pas se trouver un bon emploi pour diverses raisons, aucune vraiment édifiantes: Peu éduqués, alcooliques, violents, criminels, consommateurs et/ou revendeurs de drogues, délinquants de toutes sortes, problèmes psychologiques, BS chroniques…  Mais aussi, et c’est là l’ingrédient vital de la transformation de l’endroit: Les artistes amateurs, donc sans le sou, tels peintres, sculpteurs, jongleurs, musiciens, chanteurs, bédéistes, qui commencent à occuper le quartier.

ÉTAPE 6) Le quartier devient une communauté artistique.  Il y nait plusieurs artistes, mouvements artistiques et tendances qui percent au grand public.
Le roman Bonheur d’Occasion et le film qui en fut tiré raconte la vie du quartier ouvrier de Saint-Henri, qui longe le Canal Lachine.


Vous connaissez Yvon Deschamps? Il est lui aussi originaire du quartier Saint-Henri, un endroit qui a influencé ses monologues dans lequel il décrivait la vie moyenne du canadien-français d’un milieu ouvrier.  La comédienne Marina Orsini vient du quartier voisin, Ville Émard, ainsi que, comme son nom l’indique, le légendaire Ville Émard Blues Band.  Au printemps de 2001, Bran Van 3000 tourna une bonne partie du vidéoclip de leur chanson Astounded sur le bord du Canal de Lachine à Saint-Henri.  

Du reste, pour connaître les personnalités artistiques qui en sont originaires ou qui y ont habitées, il n’y a qu’à consulter les pages Wikipédia de Ville Émard, Verdun, Saint-Henri et Lasalle.

ÉTAPE 7) Le quartier est remarqué par les riches qui sont attirés par son côté artistique, donc très branché.
Que ce soit à la télé, les journaux, les magazines ou la radio, la majorité de ce que l’on y voit, lit et entend a rapport aux artistes.  Donc, forcément, le lieu d’origine de l’artiste peut être fascinant pour les fans.

ÉTAPE 8) Les riches envahissent la place, démolissant les logements pauvres pour y construire des condos.

Quand on n’a pas le talent pour être un artiste, on essaye de s’approprier son univers.  Et puisqu’il s’agit de gens riches, ils ne vont certainement pas accepter d’habiter des taudis.  Bref, ils vont vouloir observer la vie du pauvre, mais du point de vue d’un riche.  … Et sans la présence du pauvre, si possible.  C’est normal: Depuis 2002, le Canal Lachine est de nouveau ouvert à la navigation, afin que les riches puissent y installer des quais pour leurs bateaux.  Ils ne veulent certainement pas les voir se faire couvrir de tags et graffitis.  Aussi:

ÉTAPE 9) Le quartier devient trop riche pour que les pauvres puissent encore y vivre.
Les propriétaires pauvres demandent des subventions pour rénover leurs édifices à logements, puisque la présence des condos de riches démontrent que le quartier a un soudain potentiel économique qui promet.  Mais voilà, les banques ne prêtent qu’aux riches.  Les proprios pauvres tentent alors d’augmenter les loyers.  Les locataires pauvres ne peuvent plus y vivre et partent.  Mais personne ne veut payer cher pour un loyer délabré, le voilà donc avec un édifice délabré et déserté.  La présence des riches font que les taxes des propriétés font un bond spectaculaire que le propriétaire pauvre ne peut se permettre.  Les riches lui rachètent son édifice pour une bouchée de pain, et obtiennent aisément les subventions pour le rénover, ou bien pour tout raser et construire d’autres condos.  

Pour les commerces, même scénario: Les grandes chaines s’installent et paient aisément un loyer exorbitant, qui devient soudain le barème  pour les commerçants déjà établis.  Incapables d’assumer une telle hausse, ils doivent fermer boutique.

ÉTAPE 10) Les pauvres quittent le quartier à la recherche d’un autre coin pauvre où ils pourront recommencer à vivre et à créer artistiquement.
En ce moment, c’est surtout Hochelaga-Maisonneuve qui a pris la relève des berges du Canal Lachine.  La preuve, c’est que depuis environs cinq ans, il commence à y pousser des condos.  Et les restos chics commencent peu à peu à y remplacer les patateries pas chères, une gentrification qui ne plaît pas à tout le monde.


ÉTAPE 11) Une fois les pauvres partis, les riches mettent partout dans le quartier des plaques commémoratives historiques racontant fièrement les réalisations des gens qu’ils en ont chassés.
Le pauvre vit l’Histoire.  Le riche se l’approprie.

Bref, pour qu’un quartier devienne huppé, ça prend tout d’abord des gens pauvres.  Des pauvres qui, après avoir créé de l’intérêt ayant enrichi le quartier à plus d’un niveau, s’en voient expulsés.  Ce fut le cas pour le Plateau Mont Royal dans les années 70-80, du Canal Lachine dans les années 90-2000, et c’est ce qui est en train de se passer à Hochelaga-Maisonneuve qui commence à se faire surnommer HoMa.  Tout comme South Houston qui est devenu SoHo.  Car oui, tout ce que je viens de vous raconter au sujet du Canal Lachine, c’est arrivé à SoHo 30 ans plus tôt.

Mais bon, comme je disais plus haut: Quand on est sans le sou, on vit du bon-vouloir du maître des lieux.  Dans ce temps-là, la vie est rarement ce que l’on en fait, et bien plus souvent ce que nous imposent ceux qui sont plus puissants que nous.

12 leçons que j’ai apprises en m’entraînant pour le marathon.

Il y a cinq ans, au début de l’hiver de 2010-2011, j’ai décidé, comme ça, sur un coup de tête, de m’entraîner pour participer au Marathon de Montréal, une course de 42 km se tenant le (ou autour du) 15 septembre. De toutes les activités physiques qui puissent exister, la course à pied avait toujours été mon point le plus faible. J’ai toujours été celui qui courait le moins vite et le moins longtemps.  J’ai décidé de m’y attaquer, et ce sans attendre le printemps. Bien m’en pris car…

1) L’hiver est la meilleure saison pour commencer à s’entraîner.
En été, un coureur doit être habillé comme un coureur. C’est l’uniforme qui fait la différence entre un coureur et un fuyard, surtout aux yeux de la police qui patrouille le quartier louche où tu habites. Or, autant on remarque un civil qui court, autant on remarque un coureur qui marche. En hiver, par contre, coureurs comme passants doivent être habillés en gros manteau chaud. Ainsi, lorsque je marchais plutôt que de courir, rien ne me distinguait d’un passant et je n’avais pas l’air d’avoir abandonné l’entrainement.

Afin d’obtenir de meilleurs résultats, j’ai eu l’idée de courir dans la neige sur des pistes non-dégagées où on enfonce parfois jusqu’aux genoux. Ça épuise plus vite, ça fait suer, ça réchauffe au point où j’ouvrais souvent mon manteau même s’il faisait -12°C, et je ne ressentais pas le froid puisque j’étais moi-même ma propre source de chaleur. C’était un avantage non négligeable, comme je le démontre dans le point suivant qui est :

2) Les bienfaits sont d’abord petits mais immédiats et omniprésents.
Si vous vivez dans un pays où l’hiver est rude, vous connaissez la désagréable sensation de devoir prendre une douche alors que l’hiver refroidit la salle de bain. Eh bien moi, en revenant de mon entrainement de course, j’allais immédiatement à la douche. Et jamais je n’y ai eu froid de l’hiver, pour la simple et bonne raison que la chaleur provenait de moi. Je me permettais même de prendre des douches à peine plus chaudes que tièdes. Moins d’eau chaude, douches de moins longue durées, moins d’énergie électrique dépensée, donc économie. Une économie qui se prolongeait dans l’appartement, où je n’avais soudainement plus besoin de chauffer autant.

Parmi les autres avantages que m’a procuré la course à pied, notons un sommeil plus profond, un réveil plus reposé, une amélioration de la concentration, une meilleure humeur en général. La libido aussi se réveille, et on a soudain une plus grande énergie et une meilleure résistance pendant l’acte. Et l’économie dont je parlais au paragraphe précédent s’étalait jusque dans ma facture d’épicerie, tel qu’expliqué dans le point suivant qui est :

3) La perte de poids est immédiate parce que…
A) L’appétit diminue. On pourrait croire que dépenser autant d’énergie pourrait donner un appétit d’ogre. Mais non, au contraire. Je ne sais pas ce que l’activité physique fait à l’estomac, mais non seulement j’ai perdu envie de manger entre les repas, je mangeais moins durant ceux-ci. Je n’ai même pas eu à changer mon alimentation pour du végé-santé.
B) Les calories brûlent. Faire un effort puissant à court terme brûle les sucres. Par contre, l’effort constant à long terme, comme celui de la course à pieds, consomme le gras.  Voilà pourquoi:

4) La perte de poids est spectaculaire.  … Mais temporaire.
Non pas temporaire dans le sens où on le reprend tout aussi vite, mais bien dans le sens ou on cesse éventuellement d’en perdre. Voici le poids que j’ai perdu durant les quatre mois de mon entrainement :

1er mois : 13 lbs. (5.90 kg)
2e mois : 7 lbs. (3.18 kg)
3e mois : 2 lbs. (0.90 kg)
4e mois : 0 lbs. (0 kg [/mansplaining] ) 

Voilà pourquoi beaucoup de gens se découragent et abandonnent l’entrainement au bout de deux mois.  Il est logique de penser qu’en poursuivant l’entrainement avec la même intensité, la perte va continuer au même rythme qu’au premier mois. Mais voilà, cette logique est fallacieuse. Dans les faits, à mesure que le corps s’habitue à l’effort, il devient de plus en plus performant. Il réclame donc moins de calories pour fonctionner.  Et c’est pour ça que c’est le premier mois où j’en ai le plus perdu, car:

5) Ça prend un mois avant d’être vraiment performant.
Par un bel après-midi ensoleillé entre Noël et le jour de l’An de décembre 2010,   j’étais allé courir le long du Canal Lachine.  

Ça faisait trois semaines que je m’entraînais. Tandis que j’alternais course et repos sous forme de marche lente, un passant promenait son chien.  D’abord derrière moi, il m’a dépassé et a pris de plus en plus de distance.  De voir ainsi un homme parcourir plus vite plus de distance que moi, alors qu’il ne fait que marcher et que je suis en course intermittente, ça m’a donne une fracture de l’orgueil.  Mais pas assez pour me faire abandonner.  D’abord, parce que j’étais déjà bien plus performant qu’à mes débuts, où j’étais tombé épuisé-mort après 200 mètres de course.  Mais aussi parce que: 

6) Le bien-être ressenti est incroyable.
Sérieux là, après la première semaine, on commence à ressentir un état d’euphorie quasi-permanent.  Je ne sais pas si c’est à cause de l’oxygénation ou des bienfaits mentionnés au point 2.  Toujours est-il qu’on se sent comme si on était sur la boisson énergie, mais sans le rush du sucre.  On se sent mieux, plus énergique, plus éveillé, bref, plus jeune.  Et moi qui était du genre à attraper 2-3 rhumes par saison froide, pour la première fois de ma vie, j’en ai eu un gros total de zéro cet hiver-là.

Mieux encore: Pour certaines personnes, dont je faisais partie, l’hiver n’est pas une saison tellement intéressante ni agréable.  Eh bien cette année-là, en décidant que l’hiver serait mon gym, j’ai complètement transformé ma vision de cette saison en quelque chose de positif, vision qui perdure encore aujourd’hui.  Quoi de mieux pour le moral que d’apprécier les températures extérieures à l’année longue.

7) On ne peut s’empêcher de vouloir partager nos progrès.
C’est quelque chose que l’on fait autant pour s’encourager soi-même que pour s’en vanter.  Et c’est normal.  Quoi de mieux pour le moral de revenir sur nos entrées précédentes sur Facebook ou sur notre blog pour revoir tout le progrès que l’on a fait.  Sans compter les encouragements et les félicitations que l’on reçoit de la part d’amis.  Hélas, il n’y a pas qu’eux qui constatent nos progrès.  Et si je dis hélas, c’est parce que, pour une grosse part de notre entourage … :

8) On dérange!
Qu’on le veuille ou non, notre entourage est adapté à notre style de vie. Ainsi, les oisifs attirent les oisifs, et les sportifs sont entourés de sportifs. Aussi, lorsque l’on change radicalement nos habitudes de vie, c’est tout notre entourage qui s’en trouve affecté. les gens se divisent alors dans ces catégories :

  • Le/la conjoint/conjointe qui commence à craindre, consciemment ou non, que tu deviennes trop bien pour elle/lui. Ce ne fut pas mon cas, heureusement.  Mais j’ai déjà vu ça.
  • Ceux qui regardent tes progrès avec malaise car ton courage devient pour eux le symbole de leur propre lâcheté.
  • Ceux qui sabotent ton entrainement en voulant t’aider. Généralement en affirmant que si tu avais plutôt utilisé une méthode X, tes progrès seraient au moins trois fois ce que tu as obtenu par la tienne.  Et même s’ils n’arrivent pas à t’imposer leur méthode, leurs commentaires minent le moral.
  • Ceux qui qui sabotent ton entrainement en voulant que tu les aide. Hélas, puisqu’ils ne sont pas à ton niveau, les aider signifie que tu cesses de te pousser, et ainsi cesse d’obtenir des résultats.
  • Ceux qui te découragent de continuer, et qui le font pour ton bien.  En effet, convaincus que tu vas échouer, ils ne veulent pas que tu subisse cet échec. Ils sont de la mentalité du Qui rien n’essaie rien n’échoue, et cherchent à te l’imposer.

Et voilà pourquoi:

9) Tu te sens bien seul tout à coup….
… en réalisant qu’il n’y a personne dans ton entourage avec qui tu peux parler de ta nouvelle passion. Puisqu’ils ne la partagent pas, ils ne peuvent pas comprendre, ni te soutenir, ni t’aider.  La majorité du temps, en leur en parlant, tu les ennuies.  Et essayer de trouver de nouveaux amis sur le net qui, eux, peuvent te comprendre, c’est moins facile qu’on pourrait le croire, parce que :

10) Internet regorge de faux experts et de gens haineux.
Je me suis inscrit sur un forum montréalais de course à pied. Je n’y suis pas resté plus que vingt minutes, et ce pour deux raisons.

  • La première : Un membre se décrivant comme étant entraîneur professionnel travaillant dans un gym, a parti un sujet dans lequel il affirme que courir ne fait pas perdre de poids. Et il avais les liens d’expertises pour le prouver.  Je suppose donc que mon pèse-personne, mon miroir, mes vêtements, mon corps, mes yeux et tout mon entourage me mentent depuis quatre mois.
  • La seconde : J’ai découvert par hasard qu’un de leurs membres y avait mis un lien vers l’un de mes billets de blogs dans lequel j’avais posté des images de moi avant-après, qui montraient ma perte de poids et ma prise de muscles. Le lien venait avec le commentaire suivant : « Ça ne donne pas envie de se mettre à courir! » Une remarque aussi méprisante et gratuite que totalement injustifiée.  

Face à pareille atmosphère empreinte de mauvaise foi, faut pas se demander pourquoi j’ai renoncé à fréquenter l’endroit.

11) Le choix de bons souliers est primordial.
Pendant longtemps, j’ai cru que les boutiques sportives bullshittaient lorsqu’ils affirmaient que pour courir sans problèmes, il faut absolument débourser une fortune pour se procurer chez eux un soulier en mélange de polyester et soie de cocons de papillons de l’Arctique avec semelle en fibre d’élastine coussiné à la mousse de nombril de panda, sinon nos pieds vont pourrir et tomber. Et je suppose que j’ai raison jusqu’à un certain point car je ne vois pas en quoi un soulier à 600$ la paire pourrait donner de meilleurs résultats qu’une paire à 150$. Par contre, cette petite BD que j’ai faite à l’époque montre comment j’ai appris à la dure les réalités d’être bien chaussé.

Je suppose que j’ai dû me faire des micro-fractures au tibias car j’en ai eu pour un mois à ne plus être capable de courir. Ensuite, j’ai commencé à travailler à plus-que-temps-plein, alors je n’avais plus le temps de m’entrainer. Hélas, il était trop tard pour moi, le dommage était fait. Car en effet :

12) Si vous n’avez jamais été bon à la course, il y a peut-être une raison.
Comme je le dis tout en haut de cet article, la course avait toujours été mon point le plus faible.  J’ai appris pourquoi quand, en décembre 2011, un an après avoir commencé à faire de la course, mes pieds sont soudainement devenus trop douloureux pour que je puisse me tenir debout.  Le podiatre a constaté que j’ai une jambe et les deux pieds croches.  

Voilà pourquoi je n’ai jamais été bon coureur.  Voilà pourquoi je n’ai jamais tenu sur des skis, des patins, des raquettes et des rollerblades.  À cause de ce handicap de naissance jamais détecté avant parce que jamais recherché spécifiquement, j’ai toujours marché sur le rebord de mes pieds plutôt qu’à plat.  Jusque là, je pouvais l’endurer.  Mais en m’entraînant, je les ai forcés en leur imposant un effort qu’ils n’étaient pas conçus pour soutenir.  S’en suivit une fasciite plantaire sévère aux deux pieds qui m’a laissé un mois en béquilles et deux mois sans pouvoir travailler.  Comme quoi il faut toujours consulter un médecin et se faire examiner les parties qui vont travailler, avant de se mettre à l’exercice.

Aujourd’hui, je me suis fait une raison.  Je ne courrai jamais le marathon.  J’ai changé mon entrainement pour un plus musculaire parce que bon, il y a plus d’une façon de devenir athlétique.  Je m’entraîne toujours au cardio à mon gym, non pas sur le tapis roulant mais plutôt sur la machine elliptique sans impact.  Au moins une fois par hiver, je ne peux résister à l’envie de courir dans la neige, ce qui me permet de constater que je suis encore capable de parcourir une distance de 2 km non-stop.  C’est moins que les 5 km que je pouvais faire au dernier jour de mon entrainement, mais ça demeure bien mieux que les 200 mètres du premier jour.

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Y’A LIENS LÀ:

Le billet Dans l’espoir d’un marathon, décrivant mon premier mois d’entrainement.
Le billet Quatre mois d’entrainement: Le résultat. 
Le billet Rouler avec les coups, expliquant pourquoi j’ai gardé le moral malgré ce handicap.
Enfin, dans Anecdote de course, je montre comment la police peut nous trouver louche lorsque l’on est un coureur sans en avoir l’air.

Avez-vous des questions?  Des commentaires?  Venez en discuter ici, ou bien sur Mes Prétentions de Sagesse sur Facebook.  Vous pouvez aussi partager ce billet avec les liens suivants:

Deux catégories de gens…

… et deux qualités de vie sociale.

Avant qu’on me pose la question, non, il n’existe pas de série nommée « Kid Mecha ». De toute façon, le sujet de discussion n’a aucune importance. C’était juste pour montrer la différence entre les gens normaux et ceux qui accordent une importance démesurée à ton ignorance, car ils ressentent un tout aussi démesuré besoin de rabaisser autrui.

100 leçons de vie que j’aurais aimé apprendre plus tôt

Des résolutions pour la nouvelle année?  Non; des leçons pour toute une vie.

AU SUJET DES ÉTUDES

  • 1) N’étudie pas en Arts ou en Philosophie à moins que ton but soit de devenir prof d’Arts ou de Philosophie.
  • 2) N’étudie pas en graphisme à moins de vouloir passer ta vie à te plaindre que tu ne trouves jamais de travail dans ta branche.
  • 3) Aucun étudiant n’a besoin d’une carte de crédit. Tu vis déjà sur de l’argent emprunté que tu auras à rembourser avec intérêts. Inutile d’en rajouter.
  • 4) Le but d’un travail d’équipe n’est pas le travail mais bien l’équipe. C’est pour ça que l’on vous oblige souvent à travailler en groupe: C’est important puisque c’est quelque chose que vous aurez à faire plus tard sur le marché du travail.
  • 5) Le conseil étudiant, le journal étudiant et tous les autres comités n’existent que dans un seul but: te distraire de tes études afin d’augmenter tes possibilités d’échec, ce qui t’oblige à prolonger tes études, et ainsi apporter plus d’argent aux établissements scolaires et augmenter ta dette (et les intérêts) aux banques et au gouvernement. La preuve, c’est que faire partie de ces comités ne t’apportera rien sur le marché du travail.
  • 6) Il n’y a que deux règles à suivre pour réussir ses études:  Se rappeler du contenu des livres, et être d’accord avec le prof.
  • 7) Tu auras tout le temps de faire valoir tes droits et tes idées lorsque tes études seront terminées.  Mais en attendant, tes opinions risquent juste de te nuire, alors ta gueule!


AU SUJET (du début ) DE LA VIE ADULTE

  • 8) Avant d’avoir ce que tu veux, tu auras à faire ce que tu ne veux pas. C’est la réalité pour tout le monde. Tu n’es pas une exception.
  • 9) Trouves-toi un travail à temps plein.  On s’en fout que ce soit au salaire minimum, ce n’est pas comme si tu avais à payer quoi que ce soit si tu habites chez tes parents.
  • 10) Personne n’est trop bien pour une McJob.  Tes futurs employeurs n’en auront rien à cirer de là où tu as travaillé. Ce qui les intéressera, c’est le fait que tu as travaillé.
  • 11) Profite du fait que tu vis encore gratuitement chez tes parents pour acheter les meubles et tout ce dont tu auras besoin en appartement.  Parce que si tu pars en appartement avant de te meubler, ce n’est pas en payant loyer, bouffe, électricité et téléphone que tu y arriveras.
  • 12) Rembourse ton prêt étudiant.
  • 13) Obtiens ton permis de conduire.
  • 14) Apprend à cuisiner.
  • 15) Ce que l’on te fait miroiter est en réalité moins bien que décrit et te coûtera plus qu’annoncé. C’est vrai pour les objets, ça l’est tout autant pour les produits, les services et surtout les gens.
  • 16) À tort ou à raison, tu auras toujours l’impression que les autres l’ont plus facile que toi, et ce sans le mériter. Si la vie était Les Simpsons, tu serais Frank Grimes.


AU SUJET DU TRAVAIL ET DU SUCCÈS

  • 17) Personne ne te doit rien.
  • 18) Un travail est ou bien ardu, ou bien stressant, ou bien ennuyant. Plus vite tu te feras à l’idée et mieux tu te porteras.
  • 19) Les gens ne veulent pas d’un perfectionniste.  Ils veulent juste que le travail soit fait.
  • 20) Peu importe le nombre de diplômes que tu auras obtenu, tu vas commencer au bas de l’échelle.
  • 21) Avoir raison est beaucoup moins une garantie de succès que être d’accord.
  • 22) Si on ne t’a rien demandé, ferme-la!
  • 23) Personne n’aime les vantards, les plaintifs, les dramaturges, les paniers percés et les je-sais-tout. C’est aussi vrai au travail que partout ailleurs.
  • 24) Si tu fais le travail parfaitement, c’est l’équipe qui sera félicitée. Si tu fais foirer le travail, c’est toi seul qui sera blâmé. C’est inévitable.
  • 25) La réussite se compose de ces 7 ingrédients : De la volonté, du travail, du talent, être au bon endroit, être au bon moment, avoir la chance de rencontrer les personnes clés, et ne pas les faire chier.
  • 26) Les gens haut-placés n’ont que faire de ton succès. C’est le leur qui les intéresse. Ce n’est qu’en démontrant que tu peux augmenter le leur qu’ils vont daigner s’occuper du tiens.
  • 27) « Réussir par soi-même sans l’aide de personne » est un mythe qui te fera obstacle et sabotera tes chances de succès si tu persistes à t’y tenir. Ou bien tu saisis les opportunités, ou bien tu restes en bas.
  • 28) L’idéalisme et l’intégrité ne paient pas le loyer.
  • 29) Si c’est légal, fais-le!
  • 30) Le loser est celui qui se trouve des excuses pour son travail. Le saboteur est celui qui ne fait que chercher les problèmes dans le travail des autres. Le winner est celui qui cherche, trouve et applique des solutions pour tous les travaux.
  • 31) Ais de bonnes relations avec tes collègues, mais n’oublie jamais que tu ne dois ta loyauté qu’à ceux qui te paient.
  • 32) Chercher à réussir sans autre motivation que faire chier les autres, ça n’a jamais réussi à personne à long terme.
  • 33) Tu n’est pas irremplaçable!


AU SUJET DE L’ARGENT

  • 34) Quand tu vis chez tes parents, “de l’argent”, c’est tout l’argent que tu reçois. Quand tu vis à ton propre compte, “de l’argent”, c’est le peu qui te reste une fois que tu as payé le nécessaire.
  • 35) Tout le monde veut te faire dépenser ton argent.
  • 36) Quand tu reçois un chèque de paie, tu payes des retenues.  Quand tu le déposes, tu payes des frais de tenue de compte. Quand tu achètes, tu payes des taxes. Quand tu règles avec Interac, tu paies des frais d’administrations.  Ton véritable salaire, c’est ce qui reste une fois que tout le monde a pris sa part.  Alors ne calcule pas ton budget sur ton revenu brut.
  • 37) Et ce n’est pas tout: Quand tu déclares tes revenus, tu payes de l’impôt. Alors met un p’tit 20$ de côté à chaque paie et tu ne seras jamais pris au dépourvu à la fin de l’année.
  • 38) Ouvre au moins deux comptes de banque/caisse: Un compte d’épargne, et un compte chèque avec opérations.
  • 39) La banque/caisse va te charger des frais de tenue de compte et d’opérations à chaque mois, que tu l’utilises ou pas. Alors déposes-y régulièrement sinon les frais vont finir par le vider et tu paiera l’amende lorsque ça tombera en dessous de $0.00.
  • 40) Oui, quand quelqu’un n’a pas l’argent pour faire ses paiements, on le punit en lui chargeant encore plus d’argent.  C’est illogique mais c’est ça quand même. Vis avec, ou arrange-toi pour que ça ne t’arrive pas.
  • 41) Payer cash est une valeur dépassée car elle ne laisse aucune trace, et ainsi ne rapporte rien de bon sur ton dossier de crédit.


AU SUJET DES CARTES DE CRÉDIT

  • 42) Tout le monde a besoin d’une carte de crédit.
  • 43) Personne n’en a besoin de plus qu’une.
  • 44) Va à ta banque/caisse et demande à voir un conseiller pour en obtenir une. Ils font affaire avec Visa et Mastercard, alors ça va te faciliter la tâche, autant pour l’obtention que pour les paiements.
  • 45) Ne l’utilise que si tu as un revenu régulier.
  • 46) Ne met jamais sur ta carte plus que ce que tu pourrais te permettre si tu n’en avais pas.
  • 47) Utilise-la pour tous tes achats habituels au lieu de ta carte débit, tu t’épargneras les frais Interac.
  • 48) Visite régulièrement ton dossier de carte de crédit en ligne afin de ne jamais perdre de vue tes transactions.
  • 49) Rembourse-la à toutes les semaines.
  • 50) Assures-toi de la remettre à $0.00 au moins trois jours ouvrables avant la date d’échéance.  Ainsi, tu payeras $0.00 d’intérêts.
  • 51) Tu recevras souvent des offres d’augmenter ta limite de crédit. Accepte-les toutes, mais ne les utilise jamais.
  • 52) Agir ainsi t’épargnera des frais, te rapportera un bon dossier de crédit, et une haute marge de crédit.
  • 53) Un jour ou l’autre, tu seras obligé de payer quelque chose qui coûte plus d’argent que tu n’en as. (Ordinateur, électroménager, etc) C’est là que tu vas apprécier ce bon dossier et cette haute marge.


AU SUJET DES RESTAURANTS

  • 54) Le resto devrait être une occasion spéciale et non une habitude.
  • 55) On va te servir ta boisson gazeuse au moins un quart d’heure avant ton repas pour t’inciter à la boire immédiatement, donc à en commander une autre pendant le repas. Demande un verre d’eau pour l’instant, et précise que tu veux ta boisson avec le repas.
  • 56) Ou mieux encore: Reste à l’eau. Pourquoi payer l’équivalent de quatre bouteilles de deux litres pour une boisson gazeuse coupée à 60% d’eau et de glaçons?
  • 57) L’entrée, le dessert et l’alcool vont doubler, voire tripler ta facture.
  • 58) Les taxes et le pourboire obligatoire vont y ajouter un autre 30%. Alors ne soit pas surpris si ton burger affiché à $9.99, pris en repas complet, finit par te coûter $40.00.
  • 59) Obligé de manger ailleurs car loin de chez toi? Oublie les restos. Achète au marché d’alimentation et mange dehors. Tu sauveras beaucoup d’argent et de temps.


AU SUJET DES GENS ET DE LA VIE SOCIALE

  • 60) Trois personnes voudront faire partie de ta vie: Celle qui va avancer à tes côtés, celle qui va rester immobile en te regardant avancer, et celle qui va s’immobiliser devant toi pour t’empêcher d’avancer.  Accueille la première, abandonne la seconde, et fuit la troisième.
  • 61) Donne ton respect et ta loyauté à tous dès le départ.  Retire-les ensuite à ceux qui s’en montreront indigne.
  • 62) Au début, les gens se montrent sous leur meilleur jour.  Ce n’est qu’avec le temps que la véritable personnalité de tout un chacun ressort.
  • 63) Tout le monde est plus ou moins endommagé ou traumatisé par son passé, et t’en feront subir les séquelles.
  • 64) Pour toutes les raisons précédentes, attend de bien connaitre une personne avant de voir si c’est une bonne chose de la mêler à ton univers déjà établi et harmonieux.  
  • 65) Une vie sociale harmonieuse ne peut s’accomplir qu’entre gens qui se considèrent égaux.  
  • 66) N’accepte ni le rôle de leader qui doit porter sur lui le groupe, ni celui de mascotte juste bon pour servir de sujet de moqueries. 
  • 67) Les gens pénibles dans ta vie sont comme les Band-Aids.  Tu peux les enlever rapidement, ça fait mal sur le coup, mais c’est vite terminé.  Ou tu peux perdre ton temps en allongeant inutilement une situation pénible qui ne cessera pas d’être douloureuse qui ne s’améliorera jamais. 
  • 68) On ne peut pas repousser tous les gens qui ne font pas notre affaire.  Il y en aura toujours de qu’il vaudra mieux garder dans son entourage tout en gardant une certaine distance.
  • 69) Sans pour autant être parano, il y a des gens de qui il vaut mieux se méfier En voici une liste. (Le lien ouvre une 2e fenêtre).


AU SUJET DU COUPLE

  • 70) Le couple n’est pas une solution. Si le célibat est pour toi un problème, c’est que le problème est en toi. Trouve-le et règle-le!
  • 71) Tes premières relations ne dureront pas. Elles ne sont que des brouillons pour tes futures relations sérieuses.
  • 72) Pour se mettre en couple, il faut beaucoup plus de points communs que juste « nous sommes tous les deux célibataires ».
  • 73) Les relations de couple sont comme une carrière: Si tu refuses de prendre de l’expérience avant de trouver ton idéal, alors tu n’auras pas ce qu’il faut pour l’obtenir, en encore moins pour le garder.
  • 74) Arrête d’espérer trouver un jour le prince charmant / la fille parfaite.  Même si il/elle existait, tu n’as probablement pas ce qu’il faut pour lui plaire.
  • 75) La technique d’approche « Je vais te chérir, te combler, répondre à tous tes besoins et faire tes quatre volontés » est pathétique, et ce pour trois raisons. La première, c’est que loin de te donner une image de chevalier romantique servant une princesse, ça démontre que tu es un loser désespéré.  La seconde: les gens  normaux recherchent une relation normale avec une personne qui sera leur égal, et n’ont donc rien à faire d’un esclave avec qui ils ne pourront pas échanger. Et la troisième, c’est que les seules personnes qui peuvent s’intéresser à avoir un esclave, ce sont les manipulateurs contrôleurs profiteurs qui feront de ta vie un enfer et te rejetteront après t’avoir tout enlevé: Argent, biens, santé et réputation.
  • 76) Ne t’attache pas à une personne qui a plus de dettes que de moyens de les payer.
  • 77) La façon dont les films et les séries télé décrivent les couple n’est pas plus conforme à la réalité que ne l’est la porno au sujet de la sexualité.
  • 78) Celui qui cherche à séduire avec son argent et ses biens finit toujours avec une personne qui ne s’intéresse qu’à son argent et ses biens.
  • 79) Parce que chaque personne est différente, très peu de ce que tu as appris au sujet du sexe opposé dans ton couple précédent ne s’appliquera dans ton prochain couple.
  • 80) Le match parfait n’existe pas. Même chez les couples les mieux assortis, il a fallu que l’un et l’autre fassent quelques ajustements et compromis afin que la compatibilité puisse exister.
  • 81) Si tu es la seule personne des deux qui fait les ajustements, des compromis et des sacrifices, vous êtes incompatibles.
  • 82) Les couples qui vivent le plus longtemps sont composés de gens qui n’ont pas besoin d’être en couple pour vivre.
  • 83) Les condoms existent.  Utilise-les!
  • 84) Tu n’est pas irremplaçable!


AU SUJET DE LA PARENTÉ

  • 85) Avoir un enfant n’est la solution à aucun problème. Ça ne l’a jamais été. Ça ne le sera jamais.
  • 86) Élever un enfant seule, c’est ton choix.  Être élevé par un seul parent, ce n’est pas le choix de ton enfant, c’est quelque chose que tu lui imposes.  Il se peut que ton choix de vie lui convienne, mais ce n’est pas garanti.
  • 87) Dès que tu as un enfant, oublie-toi, tu n’existes plus.
  • 88) Oublie aussi ton argent, tes loisirs et tes projets personnels.
  • 89) Oui, ton enfant est spécial et remarquable, tout comme le sont aux yeux de leurs parents chacun des centaines de milliers d’enfants qui naissent chaque jour à travers le monde.
  • 90) En tant que parent, tout ce que tu feras ou ne feras pas sera potentiellement mal vu aux yeux des autres. Fais-toi à l’idée.
  • 91) Quoi que tu lui achète, il va le salir, le casser, le ruiner, ne pas l’utiliser correctement, ou au contraire s’en foutre totalement. C’est comme ça!
  • 92) Noël/anniversaires: Que tu lui donnes trois ou vingt jouets d’un coup, il n’y en aura que deux dans le lot qu’il va préférer et régulièrement jouer avec. Limite-toi à ça, tu sauveras de la place dans sa chambre et de l’argent pour toi.
  • 93) Aucun enfant ne nait avec la notion du respect. Inculque-lui ou vous en subirez les conséquences, lui, toi et votre entourage.
  • 94) La discipline n’est pas un abus de pouvoir. C’est une nécessité.
  • 95) L’abus de pouvoir, ce n’est pas de la discipline.  C’est de l’abus.
  • 96) Les enfants sont malléables jusqu’à un certain point. Ensuite, c’est leur personnalité qui entre en ligne de compte.
  • 97) Certains de leurs gestes seront de votre faute, d’autres pas.
  • 98) Lorsqu’il n’est pas à un endroit spécifiquement conçu pour les enfants, il s’emmerde. Amène-lui toujours jeux, livres, cahiers, crayons, au resto, en visite, lors de longs trajets, etc.
  • 99) Deux enfants, c’est suffisant.


AU SUJET DE LA VIE EN GÉNÉRAL

  • 100) Il existe des exceptions à tout ce que vous venez de lire. Mais si vous basez vos choix de vie là-dessus pour toujours faire le contraire de ce que dicte le bon sens, attendez-vous à accumuler beaucoup plus d’échecs que de réussites.  Ce n’est pas pour rien que ça s’appelle des exceptions.

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Y’a liens là:

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Le texte Je me méfie de ceux qui me disent… aide à reconnaître les gens toxiques dès le début.

Il ne suffit pas que d’être gentil.

Eh oui, encore un billet au sujet des Nice Guys / Soi-Disant Bon Gars.  En fait, ceci est la suite de mon avant-dernier billet Heureux d’être friendzoné.  Je l’écris parce que j’ai reçu deux messages privés sur la page Facebook de fans de Mes Prétentions de Sagesse.  Leurs auteurs semblaient croire que le message que je passe dans ce billet est qu’il suffit d’être gentil lorsqu’on se fait friendzoner pour que la fille change d’idée et nous dé-friendzone.  Eh bien non, les gars, c’est un peu plus compliqué que ça.  Voici tous les éléments qui ont joué en ma faveur pour faire de cette amie ma conjointe et fiancée :

1) Aucun des deux n’a essayé de plaire à l’autre.
Combien de fois ais-je vu ça, une personne qui cherche à s’adapter aux goûts et aux idées de l’autre, dans l’espoir de lui plaire en lui faisant accroire qu’ils sont semblables?  Très mauvaise idée, et ce pour quatre raisons:

  1. Si tu as à changer pour lui plaire, ça signifie que tu ne lui plais pas.  Déjà-là, ça démontre que vous n’avez même pas la base requise pour une relation amoureuse.  
  2. Ensuite, ça démontre à quel point tu es désespéré, puisque tu choisis n’importe qui, au lieu d’une personne qui t’es compatible.
  3. Tu n’as aucun amour-propre, puisque tu es prêt à nier complètement tes opinions, tes goûts, tes besoins et tout ce que tu es, afin te créer une identité complètement bidon.
  4. Agir ainsi pour la tromper sur ton compte démontre que tu es menteur, hypocrite, manipulateur…  C’est ça que tu appelles être un bon gars? 

Agir ainsi n’était pas dans notre nature, ni à elle ni à moi.  Et même si ça l’avait été, nous n’aurions pas eu besoin de tels stratagèmes parce que… 

2) Nous avons beaucoup en commun.
Nous dessinons, nous écrivons, nous aimons les bandes dessinées, les dessins animés, les objets et affiches vintage rétro, les films de Bardot, les chansons de Gainsbourg et l’Histoire en général.  Nous avons l’esprit ouvert et les mêmes convictions sur l’égalité, le féminisme, la communication, les relations interpersonnelles en société et dans le couple.  Et nous étions déjà comme ça avant de se rencontrer.  

Toute ma vie, on a essayé de me bourrer le crane avec le fallacieux concept comme quoi on n’avait pas besoin d’être semblables pour être en couple car en amour, nos différences n’ont aucune importance.  Je veux bien le croire, mais il faut quand même avoir un bon lot de trucs en commun pour ne pas que nos différences se mettent entre nous.  Parce que sinon, on ne peut pas avoir le point suivant qui est:

3) Nous sommes devenus tout naturellement amis.
C’est normal, car quand on a beaucoup en commun, alors on a beaucoup de sujet pour parler, échanger, discuter.  Et quand il y a beaucoup de communication et que celle-ci est intéressante autant pour l’un que pour l’autre, on cherche à revoir l’autre, partager des activités, faire des projets.  

Faites le test: Imaginez si la fille qui vous intéresse était un gars.  À supposer que vous n’êtes pas bisexuel, aimeriez-vous encore passer du temps en sa compagnie?  Seriez-vous amis?  Auriez-vous seulement des sujets de conversations qui vous intéressent sincèrement tous les deux?  Si la réponse est non, ça veut dire que vous n’avez aucune affinité, donc aucune amitié possible, donc aucune base pour l’amour.  Tout ce que vous voulez de cette fille, c’est une relation de couple juste pour ne pas être seul, et/ou pour avoir du sexe régulier.  Voilà pourquoi tant de garçons cessent automatiquement d’être amis dès qu’ils comprennent que ça n’ira pas plus loin.

4) Je fais quelque chose de ma vie / j’ai de l’ambition.
Il n’y a qu’à voir comment j’ai évolué au cours des six dernières années.

  • 2010: Ma carrière artistique stagne.  Comme tant d’autres dans ce milieu, je pourrais me contenter de chialer contre les injustices de la vie et du métier.  Mais je suis un homme d’action. Donc…
  • 2011: Je change de métier et je repars à zéro.  Je me trouve du travail d’homme à tout faire dans un garage de bus.  J’y apprends le ménage, une base de mécanique, la conduite de lourds véhicules.  J’accepte tous les remplacements et toutes les heures supplémentaires.  Ça démontre à mes patrons mon sérieux et ma vaillance, ils apprécient que je leur sauve la mise, et ça améliore mon budget.
  • 2012: L’expérience et la bonne réputation requise au garage me permet de devenir concierge résident dans un vieil édifice à logements.  J’y apprends la menuiserie, la plomberie, l’électricité.
  • 2014: L’expérience et la bonne réputation requise en tant que concierge me permet de devenir superviseur résident d’une tour à condos toute neuve.
  • 2015: … que je quitte pour mettre sur pied l’étape suivante de mon projet de carrière (que je ne pourrai révéler publiquement que le lendemain de mon 50e anniversaire en 2018)

Bref, je démontre que je suis fonceur, capable d’apprendre, que je sais m’adapter, que j’ai su grimper les échelons au lieu de me contenter de mon niveau, et surtout que je suis travaillant.  Les filles trouvent ça respectable et sécurisant chez un amoureux potentiel.  Leurs parents aussi.

5) Je lui ai fait savoir qu’elle m’intéressait.
Come on, les gars!  Quand on veut être en couple avec une fille, le lui faire savoir, C’EST! LA! BASE!  Je ne peux pas croire le nombre de gars qui optent pour avoir une attitude platonique et asexuée envers la fille qu’ils désirent, et qui ne font qu’attendre en espérant stupidement qu’elle tombe spontanément en amour avec eux.  Je dénonçais déjà cette attitude de loser il y a quatre ans et demi dans le billet dans lequel je massacre le fameux texte « Hommage aux Bons Gars » :

Comment est-ce que tu peux penser que ton attitude va séduire la fille? Tout le long de votre relation, tu restes à l’écart, tu ne lui démontres jamais d’intérêt à part la simple amitié, et tu l’encourages à sortir avec d’autres gars et/ou à continuer d’être en couple même si ça va mal avec son chum. Dans de telles conditions, comment est-ce que la fille pourrait imaginer que tu puisses t’intéresser à elle?

Pis toi, pendant ce temps-là, tu t’attends à ce qu’elle tombe en amour avec toi alors que tu lui donnes zéro raisons pour que ça puisse arriver.  Tu penses que c’est elle qui devrait, de son propre chef, faire l’effort de s’intéresser à toi,  d’aller vers toi, de te découvrir… Il faudrait que ce soit elle qui prenne toutes les décisions en ce qui vous concerne. Tu exiges que ce soit elle qui t’appelle, qui te sorte, qui te drague, qui te baise et qui te demande d’être son chum, tout ça parce que tu es trop passif pour lui offrir le moindre signe d’intérêt alors que c’est pourtant toi qui est en amour avec elle.

Non mais sérieusement, tu te prends pour qui? Aucune fille n’agirait comme ça, à part peut-être envers le gars le plus beau, le plus athlétique et le plus winner qui soit.  Et toi qui n’est rien de tout ça, tu espères un tel traitement de sa part? Tu dérailles!

6) J’ai compris et respecté son refus.
J’ai essayé.  J’ai failli.  Soit!  On n’en meurt pas.  Au moins, j’étais fixé.  Et l’important, c’est que nous sommes toujours restés amis après ça.  Car comme je l’ai écrit dans Heureux d’être friendzoné, nous avions tellement de choses en commun, je passais tellement de bons moments en sa compagnie, jamais je n’aurais voulu cesser de la fréquenter.  Voilà pourquoi j’étais sincèrement heureux d’être encore son ami.  

7) La relation n’est pas devenue pénible.
Il arrive trop souvent que le gars qui essuie un refus réagit en prenant ses distances, en étant moins amical, en étant moins joyeux.  Pas moi!  Suite à son refus, notre relation amicale n’a nullement perdue de notre belle complicité pré-déclaration.  Rien n’avait changé.  Et ça, si ça n’avait pas été le cas, jamais elle n’aurait développé des sentiments amoureux pour moi par la suite.

ATTENTION: N’allez pas croire que les sept points précédents garantissent qu’une fille qui vous friendzone va automatiquement vous dé-friendzoner.
Parce que, croyez-le ou non, il arrive des fois que la fille ne soit nullement attirée amoureusement et/ou sexuellement par un gars, même s’ils sont tous les deux célibataires et hétéros.  Et rien au monde ne pourra la faire changer d’idée, puisque ce n’est pas une question de choix volontaire mais bien d’attirance naturelle. 

Exemple concret: Je parle souvent ici de mon amie, ma BFF, Stéphanie.  Ça fait treize ans cette année que nous nous fréquentons.  Avec elle aussi, nous avons les trois premiers points, qui sont:  

  1. Aucun des deux n’a essayé de plaire à l’autre.
  2. Nous avons beaucoup de choses en commun.
  3. nous sommes tout naturellement devenus amis.

Mais voilà, à part ça, nous n’avons jamais été attirés l’un envers l’autre. Ironiquement, depuis le tout début, tout ceux qui nous voient ensemble pour la première fois s’imaginent que nous formons un couple.  Pourtant, rien dans notre attitude le démontre.  On ne se touche pas, on ne se dit pas des mots doux, on n’échange même pas des regards complices.  Nous sommes pareils que deux amis du même sexe et hétéros.  En tout cas, si nos points commun et notre amitié font automatiquement croire aux autres que nous sommes amoureux, ça prouve bien qu’une relation amoureuse doit avoir à la base les points communs et l’amitié.  Voilà pourquoi ça fait dix ans qu’on leur répond que nous sommes frère et soeur.  Parce que oui, étrangement, les gens ont plus de facilité à croire à ça, plutôt qu’en une amitié platonique entre homme et femme hétéros.

Ma fiancée, par contre, avait en elle le potentiel d’être attirée par moi.  Je le répète: Ça aurait pu ne jamais arriver.  Mais ça l’a fait.   Et au moment où elle s’est déclarée…

8) Je n’ai pas joué à Suis-moi je te fuis, fuis-moi je te suis.
Sérieux, là, pourquoi aurais-je fait ça?  Par vengeance? Pour lui donner une leçon?  Pour la faire passer pour une folle qui ne sait pas ce qu’elle veut?  Parce que mon orgueil est plus grand que mes sentiments pour elle?  Non!  Quand on aime sincèrement quelqu’un, jouer à ça ne nous vient même pas en tête car on n’a aucun orgueil mal placé, aucun désir de se vengeance, aucune envie de lui faire la leçon, aucun besoin de la rabaisser.  Et surtout pas au moment où elle éprouve enfin pour nous l’amour que l’on espérait avoir de sa part.

Donc, non, il ne suffit pas que d’être gentil.  Ça aide, mais il n’y a pas que ça.  

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Y’A LIENS LÀ:

Le billet Heureux d’être friendzoné.
Le billet Le fameux « Hommage aux Bons Gars » … Et ce que j’en dis.
Autres billets au sujet des Nice Guys / Soi-Disant Bon Gars.

Avez-vous des questions?  Des commentaires?  Venez en discuter ici, ou bien sur Mes Prétentions de Sagesse sur Facebook.

 

 

Heureux d’être friendzoné.

Mai 2013.  Je suis à un party entre amis.  Je suis célibataire.  J’ai bien une amante, mais elle a refusé de m’accompagner.  Elle a une espèce d’allergie aux situations dans lesquelles on pourrait nous prendre pour un couple officiel.  Bizarre, mais bon, si c’est ce qu’elle préfère, je respecte ça.  

Arrive une demoiselle que l’on me présente.   Il s’agit d’une gamine de 24 ans.  Un peu timide, elle me dit:

« Allo! Euh… Je lis ton blog! »

Elle est un jour tombée sur Mes Prétentions de Sagesse en suivant un lien sur le Facebook d’un ami commun.  Elle aime beaucoup mes billets qui lui font dire « Enfin un gars qui dit les vraies choses! » Au début, on ne fait que s’échanger quelques mots.  Pas trop, car elle a aussi à socialiser avec tous ceux qu’elle connait dans la place.  

Tout le long de la soirée, on se jase sporadiquement, s’échangeant quelques mots pour ensuite jaser avec d’autres.  Je la trouve bien gentille et agréable.  Lors de nos plus longues conversations, j’apprends qu’elle est illustratrice, chroniqueuse pour un blog de mode, et parfois mannequin.  Elle me dit qu’elle aimerait bien faire de la BD, il lui faudrait juste un scénariste.  Je ne saute pas tout de suite sur l’opportunité de proposer mes services.  Ce n’est pas la première fois que je m’associe avec des amateurs, pour me rendre compte ensuite qu’ils n’étaient pas sérieux.  Alors avant de perdre mon temps, je préfère apprendre à connaitre la personne.  En attendant, plus je vois que nous avons des choses en commun et plus j’en suis charmé.

En me parlant de ses expériences de scène, elle me raconte une fois où elle a chanté comme Bardot les onomatopées de la chanson Comic Strip de Serge Gainsbourg tandis qu’un de ses amis chantait le reste. Et voilà qu’elle me parle de ses compositions favorites de Gainsbourg, dont quelques une que je ne connaissais pas.  Je suis surpris.  J’ai 44 ans, je suis fan de cet artiste depuis 1988, et jamais je n’ai trouvé quelqu’un de ma génération pour qui c’était le cas.  Je ne m’attendais certainement pas à en rencontrer une de vingt ans ma cadette.  

À la fin de la soirée, je songe à un truc que je ne fais jamais d’habitude, soit la demander en contact Facebook.  Elle me bat de vitesse en me le demandant en premier. 

Dans le métro, sur le chemin du retour, seul en compagnie de ma BFF Stéphanie, je dis à cette dernière:

« Tu sais quoi?  C’est une fille comme ÇA, que je veux dans ma vie.  Artiste, fonceuse, positive, qui prend soin d’elle, sans complexes…  À l’âge que je suis rendu, je n’ai plus envie de faire des compromis.  Dès que j’arrive à la maison, j’écris à mon amante pour lui dire que c’est fini. »
« Sérieux? »
« Totalement! Je suis tanné de me contenter de relations dont la qualité ne vont que de médiocres à passables.   Au stade où j’en suis dans ma vie, je trouve l’idée du célibat éternel plus attrayante que de continuer de sortir avec des filles avec qui je n’ai rien en commun. »
« Wow! T’es déterminé! »
« Absolument. Je retrouve en elle tout ce que j’ai toujours cherché chez une fille.  Ce sera ou bien elle, ou alors une fille dans son genre s’il en existe d’autres, ou bien personne. »

Si Stéphanie a approuvé, elle n’en était pas moins surprise du côté radical de ma décision.  Et moi donc, pensez-vous.  Jamais, depuis mon adolescence, je n’avais ressenti un tel coup de foudre.  Quoique, coup de foudre était-il le bon terme?  Voilà au moins vingt ans que je suis guéri de ma dépendance affective.  Je ne suis donc plus du genre à tomber amoureux en un claquement de doigts, surtout d’une gamine que je ne connaissais même pas il y a cinq heures.  Donc non, ce n’est pas pas être tombé amoureux.  C’est seulement être tombé sur mon idéal féminin, voilà tout.  En fait, c’est surtout apprendre que cet idéal existait.

Arrivé chez moi, un message m’attend sur Facebook.  C’est cette gamine que je viens de rencontrer.  Ça ne fait que renforcer ma décision de terminer ma relation avec mon amante, ce que je fais avec un message privé.  Je lui offre l’opportunité d’aller la voir une dernière fois afin de lui expliquer ma décision en personne, mais elle préfère me bloquer et couper tout contact.  Bizarre, mais bon, si c’est ce qu’elle préfère, je respecte ça.  

J’échange plusieurs messages par jour avec ma nouvelle amie.  Puis, dans un statut Facebook, elle demande si quelqu’un aurait des cadres à lui refiler pour ses sérigraphies.  Quelle coïncidence, voilà depuis 1995 que j’achête des magazines des années 40-50-60 pour en encadrer de vieilles pubs.  Je lui propose quelques cadres qui ne me servent pas.  Et voilà comment elle vient chez moi pour la première fois.  Ce ne sera pas la dernière.

Plus on passe de temps ensemble, plus on se trouve des choses en commun.  On parle, on échange, on rit, on a du plaisir.  On commence à planifier un webcomic.  Il n’y a jamais de temps mort dans nos conversations, jamais de moment ennuyants.  C’est toujours avec surprise qu’on se rend compte, le soir venu, à quel point le temps a passé vite.

Quinze jours après notre première rencontre, je décide qu’il faut que je passe à l’attaque.  Cette fille me plaît de plus en plus.  Or, comme je l’ai déjà expliqué dans je ne sais plus trop quel billet, j’ai constaté à maintes reprises par le passé qu’au début d’une relation amicale entre deux personnes hétéro de sexe opposé, il y a une période d’ambiguité qui dure trois semaines.  Vingt et un jours dans lesquels on ne sais pas trop si on est ou non attiré et/ou attirant.  C’est le bon moment de prendre une chance tandis que l’autre a encore l’esprit ouvert à ton sujet à cause du charme de la nouveauté.  Parce que sinon, une fois passé ce délais, le charme s’estompe, l’autre croit que tu n’est pas intéressé, elle a eu le temps de s’habituer à ce que votre relation ne soit que platonique, son intérêt se perd, et tu entres dans la friendzone.  

La suite?  Cette conversation FB que j’ai eue avec une amie de longue date explique la chose en détail:

Steve Requin
Elle est venue chez moi hier

Jenny Colorado
Alors?  Tu t’es essayé ou bien t’as pas osé comme une épave amorphe?

Steve Requin
Après avoir passé une très bonne soirée, je voyais bien le temps passer, minuit approchait, et elle qui continuait à jaser joyeusement.  Je me suis dit qu’elle essaye peut-être de me faire le coup du « Oops, j’ai manqué le dernier bus, faut kj’passe la nuite icite ».  Je me trompais. À un moment donné, elle demande l’heure, elle constate avec surprise qu’il est presque minuit.  Elle essaye de voir les horaires de bus sur son iPhone mais ici je n’ai pas internet sans fil

Elle dépose son iPhone a côté d’elle.  Je me dis alors que c’est maintenant ou jamais.  Je viens pour m’assoir à côté d’elle pour l’embrasser, mais je dois d’abord prendre son iPhone pour ne pas m’assoir dessus.

Je trouve ça un peu difficile de faire des avances. D’habitude, j’ai des amantes.  On sait qu’on s’est rencontrés dans un possible but sexuel.  Mais ici, c’est différent.  Démontrer mon attirance profonde à une fille avec qui je n’étais qu’ami jusque-là, c’est une toute autre chose.  Je ne peux m’empêcher de baisser un peu la tête sur son iPhone que je tiens, en disant « hm… chuis pas très bon avec ces affaires-là ».  Je parlais de mon idée de tenter de l’approcher pour l’embrasser.

Je me retourne vers elle, je m’en rapproche… Et elle a un mouvement de recul.  J’improvise aussitôt en regardant son iPhone que j’avais toujours en main: « Non, j’vois pas comment ca marche, je vais consulter les horaires de bus sur mon ordi. »

Ce que je fis.

Donc, si elle croit vraiment que j’essayais de voir l’horaire de bus sur son iPhone, elle pensera avoir peut-être mal compris mon geste de rapprochement

Quant à moi, j’ai compris le message comme quoi elle ne me désire pas.  Et en même temps mon honneur est sauf, puisque c’est comme si je n’avais pas essayé

Qui sait, peut-être a t’elle vraiment compris, mais fait semblant de rien pour ne pas mettre du malaise.

En tout cas, le timing était pourtant parfait, et tout dans son langage corporel me montrait que j’avais le feu vert. Donc, si elle m’avait trouvé attirant, ça aurait marché. Fa que, ben coudonc, j’aurai essayé.

Jenny Colorado
Aww. *calin*

Steve Requin
Merci.

Dommage!  Ça faisait longtemps que je n’avais pas ressenti une forte attirance pour quelqu’un. Mais bon, un petit haussement d’épaules, me dire « Oh well! », et apprécier la relation telle qu’elle est. Ça ne va pas me demander grand effort, on s’entend super bien.

 

Le lendemain, la conversation continue:

Jenny Colorado
J’ai vu que tu as fait un dessin montrant que tu es sorti en gang et qu’elle y était aussi.  Tu l’as vue hier soir? C’était cool?

Steve Requin
Oui, y’a eu zéro malaise, elle revient même mardi

Hier on a eu ben du fun, on a ri, et on dérangeait tout l’monde à se chanter des duos Gainbourg-Bardot.

Jenny Colorado 
Ahah good!

Steve Requin
Toujours est-il que rien n’est changé entre nous, on a toujours autant de fun et on aime toujours passer full de temps ensemble

Jenny Colorado
Bon ben en tout cas, si elle veut te revoir, C’EST QUE TU L’ÉCOEURES PAS!

Le soir venu, après qu’elle soit venue chez moi et repartie chez elle, je continue mon compte-rendu:

Steve Requin
Bon ben là, ELLE SAIT TOUT.  Je ne serai jamais son chum, mais c’est pas grave, parce que ça nous a full rapproché, pis chus épouvantablement heureux.

Fallait j’te l’dise .

Jenny Colorado
Ah oui?
T’es épouvantablement heureux de te faire friendzoner d’aussi proche par une fille qui t’intéresse?

Steve Requin
Hum…
Tu sais quoi?
OUI 😀

Steve Requin
Autant, quand j’étais jeune et pas beau et dans ma période « soi-disant bon gars », je frustrais que des filles disent « Je ne veux pas sortir avec toi, je ne veux pas prendre le risque de gâcher notre amitié » parce que je considérais que c’était une excuse bullshit, autant aujourd’hui j’ai VRAIMENT peur de gâcher l’amitié si j’exprime une attirance qui ne sera pas partagée. Parce que je m’entend super bien avec elle et qu’on a une tonne de trucs en commun. Voilà pourquoi je suis aussi content qu’elle l’ait pris aussi bien. Ça nous a amené à nous dire tout ce qu’on pensait l’un de l’autre, fa que voilà pkoi je dis que ça nous a rapproché, pis que chuis super content que l’on va continuer de se voir en ami et d’avoir du fun comme avant.

Steve Requin
Et anyway, même si je n’en fait pas mon but dans la vie (contrairement à beaucoup de Bon Gars), je garde espoir qu’elle craquera pour moi un jour. C’est parce que le Bon Gars va essayer de se conformer à la fille en tout points, tandis que nous, avant même de se rencontrer, on aimait Gainsbourg, on faisait du dessin, on expérimentait des recettes non-conformistes (Elle fait une délicieuse limonade aux concombres), on aimait les objets et trucs vintage, on collectionnait de la BD, on passait des heures dans les bibliothèques à lire n’importe quoi… Même si je ne deviens jamais son amoureux et son amant, comment puis-je me passer d’une fille comme ça?

Steve Requin
Être intime avec aurait été la cerise su’l’sundae. Tandis que là, j’ai quand même le sundae complet. Je n’ai pas à me plaindre. 

Jenny Colorado
Je peux comprendre ça!

Le temps passe, on continue de se fréquenter en ami seulement et tout va bien.  Malgré que je m’étais résigné à n’être qu’un ami pour elle, je ne peux pas honnêtement appeler ça de la résignation.   Être résigné, ça sonne comme s’obliger à accepter une sitation désagréable.  Mais notre relation n’a rien de désagréable, bien au contraire.  C’est sûr que je trouvais dommage qu’elle ne serait jamais mienne.  Malgré tout, être en sa compagnie ne me torturait nullement.  Nous devenions de plus en plus complice.

24 juin 2013, jour de la Saint-Jean Baptiste.  Je fais un petit party chez moi.  Je constate que Flavie me tient bien plus compagnie que les autres fois où nous étions en groupe.  Une semaine plus tard, elle revient chez moi et…

Steve Requin
… Et ça a l’air que ça fait une semaine, soit depuis le party de la St-Jean qu’elle est sûre de ses sentiments pour moi.  Elle a décidé de se déclarer.

Elle se doutait bien que je ne comprendrais jamais les signes si elle la jouait subtilement avec moi.  Parce qu’à partir du moment où on me friendzone, je me le tiens pour dit.

Jenny Colorado 
Ça c’est awesome. Elle a de l’estime pour toi.

Steve Requin
Fa que, elle a commencé par me dire « J’ai rencontré un gars avec qui je suis tombé en amour. On se voit souvent et je n’arrête pas de penser à lui »

Et moi, le cave, quand j’entends ça, je pense: « Eh bout d’barnak!  Elle vient d’en rencontrer un autre! Ça a bien l’air qu’elle et moi, ça n’arrivera jamais! »

Jenny Colorado 
AHAHAH GNIOCHON!!!!11!!!!

Steve Requin
Mais là, plus elle récite son histoire et plus j’ai des doutes…  Elle dit « Un gars que j’ai rencontré il y a un mois dans un party »…  « On se voit 2-3 fois par semaine » …  « On a plein de projets artistiques » …  Plus elle en rajoute, plus je vois que ça correspond avec moi.

Mais là, tout le monde sait que quand un gars est mis dans la friendzone, il n’en ressort plus jamais. Alors je n’arrive pas à y croire.

Finalement, incapable d’endurer le suspense, je lui demande « C’est de moi que tu parles? ».  Tu peux pas imaginer à quel point j’avais peur du ridicule si je me trompais.  Mais après 2-3 secondes de pause, elle a dit « Oui, Steve.  Je t’aime! »

Jenny Colorado 
Et elle t’aimait encore, même alors que tu lui paradais ta gnochonnerie. How fucking cute!

Steve Requin
Sa nervosité était due au fait qu’elle avait peur d’essuyer un revers, sous forme de moi qui frustre en lui disant : « Pfff, trop tard, le moment est passé! »

Jenny Colorado 
ou « Foutez-moi la paix, toi et ta jeune poitrine fraiche! »

Steve Requin
Moi, lui dire ça?  PAS FOU, NON!!!

Et c’est ainsi que nous sommes devenus un couple.  Et une des choses qui y a contribué, c’est que je n’ai pas réagi comme le font trop souvent les gars qui se font friendzoner:

  • Ils frustrent!  
  • Ils dépriment!  
  • Ils boudent!
  • Ils se victimisent!
  • Ils insistent!
  • Ils tentent de la culpabiliser.
  • Ils s’éloignent en disant que ça leur ferait trop mal, de ne voir que comme amie celle dont ils sont amoureux.
  • Ils disent « Être amis? Pourquoi faire? Des amis, j’en ai déjà! »
  • « C’est pas une amie que je cherche, c’est une amoureuse. »

Sérieux là, comment est-ce qu’on peut prétendre être amoureux d’une personne si on n’est même pas capable d’être son ami?  Ça n’a pas de sens!

Je ne dis pas que c’est le fait que j’étais heureux d’être friendzoné qui l’a rendue amoureuse de moi.  Par contre, si j’avais réagi en frustré, jamais elle n’aurait développé de sentiments amoureux envers moi.  C’est parce qu’en étant heureux d’être son ami, je lui ai montré que l’affection que je lui portais était sincère.  Et ça, même si la relation ne dépasse jamais le stade de l’amitié, c’est la base de toute bonne relation.

Et vous savez quoi?  Je suis encore plus heureux qu’elle n’ait pas cédé à mes avances tandis que j’étais encore dans la période charme de la nouveauté.  Parce qu’en profitant d’un moment dans lequel elle n’était pas certaine de ses sentiments envers moi, je n’aurais jamais su si elle m’aimait vraiment ou si je l’avais manipulée à le croire.  Tandis que là, en tombant en amour avec moi alors que j’étais ami seulement, nous sommes tous les deux certains que ses sentiments sont réels.

Raison de plus pour être heureux d’avoir été friendzoné.

Choisir celles qui n’ont pas le choix

J’ai déjà raconté dans un billet précédent comment Karine et moi avons vécu notre rupture dans l’harmonie et la collaboration après une relation de couple de douze ans et demi.  À l’époque, elle m’avait dit un truc que je ne savais pas trop comment prendre.  Je ne me souviens plus des mots exacts, mais en gros elle disait que si elle a accepté de sortir avec moi dans le temps, c’est parce qu’elle n’avait pas vraiment le choix.  Je ne l’ai pas interrompue pour lui demander de clarifier sa pensée, puisqu’elle était en train de m’expliquer autre chose.  Mais je trouvais ça étrange puisque je n’ai jamais été le genre de gars à essayer de conquérir par imposition et insistance.  

Puis, j’ai compris ce qu’elle voulait dire.  Selon ce qu’elle m’avait déjà raconté de sa vie d’avant moi, les gars de son entourage se divisaient en trois catégories:

  1. Ceux de la famille.
  2. Les bullies qui lui faisaient subir intimidation et violence.
  3. Les amis homosexuels et/ou déjà casés.

J’étais donc, à ses 20 ans, le premier garçon à s’intéresser à elle de manière romantique.  Et puisqu’elle n’avait encore jamais vécu ça, elle n’avait pas de point de repère pour savoir si elle-même était vraiment attirée par moi ou bien juste flattée de cette attention.  Dans de telles conditions, je comprends ce qu’elle voulait dire par « Pas le choix! » 

Comprendre ceci ne m’a pas insulté. En fait, j’ai trouvé la chose fascinante car ça m’a permis de constater quelque chose à mon propre sujet.  En repensant à la majorité de mes relations passées, j’ai vu que j’avais trop souvent eu tendance à m’en aller vers des filles qui n’avaient pas le choix, pour reprendre son expression.  Remarquez que c’est normal dans mon cas.  Avec le physique que j’avais à l’adolescence et au début de la vingtaine, il était évident que jamais je n’aurais fini avec la fille qui l’avait, le choix.   

Évidemment, ce n’était pas conscient.  Je ne regardais pas les fille en les analysant.  Je n’arrivais pas à la conclusion que celle-ci ou celle-là était plus désespérée qu’une autre, donc que c’était avec elles que j’avais mes meilleures chances.  Tout ceci n’était percu qu’au niveau du subconscient.  Voilà pourquoi, sans en comprendre les raisons, j’étais toujours porté à aller vers les handicapées, les laides, les désagréables, les haineuses, les mises-de-côté, les victimes, les sous-estimées, les connes…  Ou, comme dans le cas de Karine, celles que les gars percevaient bien plus comme une petite soeur que comme une romance potentielle.  Bref, celles qui n’avaient pas le choix.  C’était ou bien moi, ou bien le célibat.

Voilà pourquoi je trouvais particulièrement insultantes celles qui préféraient une vie de célibat qu’une relation avec moi.  

Les dangers de choisir n’importe qui.
Constater ceci m’a également permis de comprendre pourquoi la majorité de mes relations pré-Karine étaient catastrophiques: Ces filles avaient beau se résigner à sortir avec moi, je n’étais pas leur idéal pour autant.  Il y a fort à parier que plusieurs d’entre elles me regardaient avec ressentiment.  Normal; j’étais le symbole de leur échec à avoir une relation avec le genre de gars qui leurs plaisaient vraiment.  Rien de surprenant alors qu’elles me cherchaient souvent querelle pour des broutilles, qu’elles me faisaient la gueule sans raison, qu’elles ne semblaient jamais satisfaites ni heureuses, malgré le fait qu’elles n’avaient majoritairement rien de pertinent à me reprocher.  Et je ne cacherai pas que ça m’est arrivé moi-même d’agir ainsi en regardant le physique et/ou la personnalité de l’une ou l’autre de mes ex pendant que j’étais avec.  

Ma série de billets Geneviève la Coloc de l’Enfer donne un bon exemple de ce comportement.  Lorsque je l’ai rencontrée, elle se plaignait d’être abusée et peu attirante.  Un soir, alors que nous partageons le même lit en ami, elle m’offre sa virginité.  C’est que, n’ayant jamais eu de relation amicale avec un autre gars avant, elle confond ma gentillesse et mon amitié pour du désir.  En pensant que j’étais le seul homme sur terre à m’intéresser à elle, elle croyait qu’elle n’avait pas le choix.  Or, non seulement elle se rend vite compte de son erreur, je ne représente en rien son idéal masculin.  Aussi, dès le lendemain matin et pour le reste de notre relation, son comportement avec moi fait un 180 degré.  De gentille et amicale, elle devient insultante et méprisante, et ce en permanence.   D’une façon comme d’une autre, elle ne se sentait pas bien dans cette relation.  Cette situation la frustrait, alors elle s’en défoulait sur moi qui était, à ses yeux, le symbole vivant de son loserisme en amour.

Mais parfois, le hasard fait bien les choses.
Je crois que la raison pourquoi ça n’a jamais été l’enfer entre Karine et moi, c’est que nous étions tous deux artistes, dessinateurs, auteurs de bande dessinées.  C’était la première avec qui j’avais autant en commun.  Ceci nous a permis de vivre en harmonie pendant longtemps.  Hélas, ça ne changeait rien au fait que notre relation ne se basait pas sur une attirance naturelle et mutuelle.  Voilà pourquoi, lorsqu’elle a fini par rencontrer celui avec qui elle était compatible, elle a été la première surprise de voir qu’elle pouvait tomber en amour avec un gars alors qu’elle était en couple stable avec un autre.  Mais voilà, cette fois, elle avait le choix.  Elle a choisi.  

Certains bien-pensants vont dire que le genre de relation que nous avons eue ensemble n’aurait pas dû exister.  Personnellement, je suis en désaccord avec cette théorie.  Je sais, pour l’avoir autant observé que vécu, qu’en amour comme partout ailleurs, il est important de prendre de l’expérience.  C’est quelque chose que je disais déjà il y a cinq ans dans le texte Autopsie du Loser:

Le Loser n’est pas forcément un être désespéré. Parfois, il est capable d’attendre La Bonne. Tandis que ses amis vont d’une relation à l’autre et vivent toute une gamme d’émotions, ont du plaisir, des loisirs et de la baise, le Loser ne sort jamais avec personne. Il a une idée très précise sur son idéal féminin et il s’est  juré que tant et aussi longtemps qu’il ne l’aura pas rencontré, il se gardera pur pour elle. S’il finit par la trouver, et que par miracle elle accepte de sortir avec, (souvent après avoir été poursuivie des années par le Loser) leur relation sera de courte durée. Normal: Un gars qui n’a jamais eu de relation amoureuse ou sexuelle, ça n’a aucune expérience du comportement amoureux et sexuel. Ça fait que même si elle est son idéal féminin, en revanche il est loin d’être son idéal masculin. 

Presque deux ans après que Karine ait rencontré l’homme de sa vie, je rencontrais moi-même mon idéal féminin.  Et elle, qui avait déjà un amant lorsque l’on s’est rencontrés, elle l’avait, le choix.  Elle m’a choisi.

Je sais bien que dans un monde idéal, on se garderait pur pour la personne qui nous est destinée.  Or, nous ne vivons pas dans un monde idéal.  Et bien que ma relation avec Karine n’en était pas une d’amour pur et passionné, ni elle ni moi ne pouvons sincèrement dire que nos douze ans et demi ensembles étaient une perte de temps.  Bien au contraire, ces années passées ensemble nous ont apprises les bases de la vie à deux, ce qui nous permet aujourd’hui de vivre en harmonie, elle avec son fiancé, et moi avec la mienne.

Il y a des relations de couple que je regrette d’avoir eue dans le passé.  Celle-là n’en fait pas partie.  Nous n’avons peut-être jamais été en amour, mais ça ne nous a jamais empêchés de s’aimer.

Les 15 genres d’amitié entre hommes et femmes

(Dans le texte qui suit, l’utilisation des termes hommes et femmes sont à titre d’exemple et sont parfaitement interchangeables.)

Il y a des gens qui colportent l’idée comme quoi l’amitié entre hommes et femmes n’existe pas car tous les hommes qu’une fille va rencontrer dans sa vie vont la désirer sexuellement. Apparemment, pour ces gens, l’homosexualité n’existe pas.  Ceci dit, oui, l’amitié homme-femme existe et n’a aucun rapport avec l’orientation sexuelle de l’un ou de l’autre.  Je me suis penché sur le sujet depuis quelques années, et j’ai découvert que cette amitié pouvait se diviser en quinze genres :

GENRE 1: L’amitié pour se rapprocher
Le gars va désirer une fille de façon romantique. Il est timide et à peur de se faire virer s’il lui parle de ses sentiments. Il va donc l’approcher en lui démontrant qu’il ne veut d’elle que de l’amitié, rien de plus. Dans sa tête à lui, c’est une brillante stratégie car en étant ami avec elle, ça va lui permettre de mieux connaître ce qu’elle est, et surtout ce qu’elle aime. Il pourra ainsi mieux s’ajuster à ses goûts à elle.

GENRE 2: L’amitié en attendant
Souvent la suite de la précédente. Voici comment ça se passe :

  • Le gars devient ami avec la fille.
  • Le gars attend que la fille constate qu’ils vont tellement bien ensemble qu’elle tombera en amour avec lui.
  • La fille se trouve un autre amoureux.
  • Le gars attend que la relation finisse.
  • La relation finit.
  • Le gars n’ose pas s’essayer tout de suite, afin de laisser à la fille le temps de se remettre de sa relation précédente.
  • Le gars attend trop, ce qui fait que la fille se refait un autre amoureux.
  • Le gars attend que la relation finisse.
  • Répéter ad nauseam pendant 5, 10, 15, 20 ans.

Ce qui nous amène à

GENRE 3: L’amitié de la Friendzone
La friendzone est un terme que les hommes utilisent lorsqu’ils désirent une femme amoureusement et/ou sexuellement, qu’ils le lui ont fait savoir de façon plus ou moins directe, mais que celle-ci ne lui a pas répondu positivement.  Cet homme est justement l’un de ceux qui croient que l’amitié homme-femme est impossible.  Il croit donc que toutes les femmes sont à sa portée, pourvu qu’elle finisse par cesser de refuser de lui donner sa chance.  Il reste donc en retrait dans la zone amie en attendant que la fille change d’idée à son sujet, ne serait-ce qu’à l’usure.

Il ne s’agit donc pas d’amitié véritable de la part du gars.  La preuve, c’est que lorsqu’elle va lui dire « On peut toujours rester amis. »  s’il n’a pas la patience d’aller attendre dans la friendzone, il lui répondra avec amertume et frustration un truc dans le genre de: « Non merci! Des amis, j’en ai déjà! »

GENRE 4: L’amitié congélateur
Tel que décrit dans le billet Être Mis au Congélateur, c’est lorsque le gars constate que la fille est en amour avec lui. Il n’est pas vraiment contre l’idée de sortir avec elle, mais il aimerait quand même trouver mieux qu’elle. Il la garde donc en tant qu’amie tandis qu’il s’essaye ailleurs, et finira par consentir à sortir avec elle en dernier recours s’il ne trouve pas mieux à long terme.

GENRE 5: L’amitié post-charme de la nouveauté
Lorsque deux personnes de sexe opposé se rencontrent, les trois premières semaines sont souvent ambigües. On se demande si on est attiré et/ou attirant pour l’autre. À ce stade-ci, l’attirance est surtout causée par la curiosité, le désir de découvrir l’autre. Voilà pourquoi, généralement, une fois que l’on a eu le temps de bien connaître l’autre, le désir disparaît, ne laissant plus que l’amitié simple.

GENRE 6: L’amitié post-désir
Dès la rencontre, ce fut le coup de foudre, l’attirance mutuelle. Ils sont rapidement passés au lit. À ce moment-là, deux choses peuvent se passer:

  • Ils se rendent compte immédiatement qu’ils ne sont pas compatibles sexuellement.
  • Ou bien: La baise était Ok, mais c’est en apprenant à se connaitre par la suite qu’ils se sont rendus compte qu’ils ne sont pas faits l’un pour l’autre.

Alors s’ils continuent de se fréquenter en amis après ça, c’est qu’il s’agit bien d’amitié post-désir.

GENRE 7: L’amitié post-relation
C’est quand un gars et une fille sont ex. Leur relation a duré juste assez longtemps pour qu’ils se rendent compte qu’ils ne sont pas faits pour former un couple. Ils reviennent donc à la case amitié et n’auront plus jamais le désir de pousser la chose plus loin.

GENRE 8: L’amitié qui sert de limite
Lorsque la fille craint qu’un gars veuille d’elle comme blonde ou amante, elle met tout de suite la limite amitié seulement de façon claire et précise, et le lui fait comprendre souvent de façon plus ou moins subtile dans la conversation. Le gars a donc le choix entre rester ami ou bien cesser de la fréquenter. Dans un cas comme dans l’autre, la fille sera soulagée de ne pas subir cette pression.  Ce qui nous amène à:

GENRE 9: L’amitié désespérée
Il arrive hélas parfois qu’une fille est désespérément amoureuse d’un gars qui ne voudra jamais d’elle. Ça peut être parce qu’il est gai, ça peut être parce qu’il est marié, ça peut être parce qu’il y a trop grande différence d’âge entre eux. Peu importe la raison, le fait demeure qu’ils ne pourront jamais être ensemble. Elle se contente donc d’amitié avec lui parce que c’est mieux que rien, et elle fait tout en son possible pour que leur amitié soit la plus profonde et la plus intime possible. Elle trouve consolation en se disant que l’amour, ça vient et ça part, mais au moins l’amitié c’est pour la vie.

GENRE 10: L’amitié de jeunesse
Ils se sont connus à une époque où l’un, l’autre ou les deux n’avai(en)t pas l’âge de ressentir du désir.  Ce qui fait qu’en grandissant, aucun des deux n’a ressenti d’attrait amoureux et/ou sexuel pour l’autre. Ce n’est pas une décision qu’ils ont pris volontairement. C’est juste arrivé comme ça, tout naturellement.

GENRE 11: L’amitié pseudo-fraternelle
Quand une fille veut tenir à distance un gars de qui elle apprécie l’amitié mais qu’il lui semble évident qu’il voudrait plus que ça, alors elle l’adopte officieusement comme frère. C’est sa façon à elle de lui dire qu’elle trouve l’idée romance et/ou sexe avec lui aussi repoussante que le serait une relation incestueuse.

GENRE 12: L’amitié par obligation environnementale
C’est quand deux personnes de sexe opposés sont obligées de se fréquenter : Voisin, coloc, chum d’une amie, conjointe d’un membre de la famille, collègue de travail, camarade de classe… Ces personnes ne se détesteraient pas nécessairement si l’amitié n’était pas requise pour l’harmonie du milieu. Mais sans cette obligation de se voir, elles se laisseraient totalement indifférentes.

GENRE 13: L’amitié internet
Quand on se lie d’amitié avec une personne de sexe opposé que l’on ne rencontrera jamais à cause de la distance, l’amitié n’a pas le choix d’être platonique

GENRE 14: Les amitiés avec bénéfices
Mauvaises traduction de friends with benefits, on utilise surtout le terme fuck friends pour les décrire. Ceux-ci se divisent en quatre sous-catégories :

  • Catégorie A : Ils se fréquentent en amis, et parfois ils ont du sexe ensemble. Leur amitié est réelle, ce qui signifie qu’ils peuvent passer du temps ensemble en ayant des activités non-sexuelles et tout de même l’apprécier sincèrement. C’est juste que ni l’un ni l’autre ne veulent d’une relation stable officielle.
  • Catégorie B : Ce sont des ex. Ils se sont vite rendus compte qu’à part sexuellement, ils ne sont pas fait pour former un couple. Ils continuent donc de se fréquenter en amis et de coucher ensemble, jusqu’à ce que l’un des deux se trouve un chum/une blonde.
  • Catégorie C : Comme catégorie A ou B, sauf qu’ils couchent ensemble même si l’un, l’autre ou les deux sont en couple avec d’autres.
  • Catégorie D : Il est difficile de parler ici d’une amitié car il est rare que ces gens-là se fréquentent autrement qu’à cause de leur lien de désir sexuel. Généralement, leur statut amical est comparable avec l’amitié par obligation environnementale : Si on enlève ce qui rend leur amitié obligatoire, dans ce cas-ci le sexe, alors l’amitié n’existe plus.

GENRE 15: L’amitié platonique depuis le début sans envie de plus que ça de part ou d’autre.
Ben oui, ça existe. Parce que s’ils sont bons amis proches mais que leur amitié ne tombe dans aucune des catégories précédentes, alors il s’agit automatiquement de celle-ci.

Et le plus ironique, c’est que lorsqu’ils sont vus ensemble en public, ils ont beau ne pas être collés ni se toucher ni faire quoi que ce soit pour faire croire le contraire, il y a toujours quelqu’un pour penser qu’ils sont en couple.  On ne compte plus le nombre de fois où ça nous est arrivé, à ma BFF Stéphanie et moi, depuis qu’on a commencé à se fréquenter en 2002.  Ce qui démontre que la croyance comme quoi l’amitié homme-femme n’existe pas, c’est hélas encore trop répandu.


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