Quatre ans se sont écoulés depuis le premier billet de la sérieComment j’ai appris à fermer ma gueule. Voici donc la suite que personne n’a jamais demandée.
Au début de l’année 2002, la montée de la popularité de l’internet combinée avec celle du manga en tant que style de dessin, fit exploser le phénomène du webcomic avec des séries populaires maintenant disparues comme Mac Hall, Chugworth Academy, Sexy Losers (de qui on doit le mot FAPcomme onomatopée de masturbation), et quelques autres qui existent encore aujourd’hui comme Something Positive, Penny Arcade, et Sinfest.
Considérant que telle serait la voie de l’avenir dans la BD, j’ai (possiblement) créé le premier webcomic québécois avec Collège Artiztech, sur la plateforme gratuite Geocities. Sans pour autant prétendre que la série se qualifie en tant que manga, le style graphique de plusieurs personnages emprunte à différents degrés à l’école japonaise de la BD.
Pour le personnage du directeur du collège, je tenais surtout à m’éloigner le plus possible du cliché que l’on voit trop souvent dans les mangas lorsqu’il s’agit d’une personne dans un poste d’autorité, c’est à dire un monsieur petit, vieux, chauve et obsédé sexuel. J’ai juste gardé le côté obsédé et j’ai changé le reste. Voici sa fiche de personnage:
FICHE DE PERSONNAGE: Ayant fait fortune au milieu des années 80 en tant que chanteur populaire, Richard Dicaire eut envie d’aider les jeunes artistes amateurs à faire connaître leurs talents. Voilà pourquoi il a fondé le Collège Artiztech, une école qui se spécialise dans tous les domaines des arts. Directeur du collège, il est surnommé Le Dic par les étudiant. Comme on peut le voir au premier coup d’oeil, Richard n’a pas l’air de s’être rendu compte que la mode a évoluée depuis qu’il était adolescent. Voilà pourquoi il porte encore le même style de vêtements et de coiffure que dans les années 80, en croyant toujours que ça lui donne l’air jeune et branché. Richard a également une forte libido qui le pousse encore et toujours à tester ses charmes chez tout ce qui bouge, est jeune et féminin, en particulier les étudiantes. Il est l’archétype du playboy qui vieillit mal.
Alors que je travaillais sur la série, je l’ai annoncée d’avance sur un forum de BD québécoise. Dans ce sujet, on parlait de nos projets de BD personnels. Après avoir donné un bref résumé de la série, je décris le personnage du directeur du collège comme étant « Un cave qui ne s’est pas rendu compte que la mode avait changé en 20 ans, voilà pourquoi il se coiffe et s’habille encore comme lorsqu’il était ado dans les années 80: Parce qu’il croit stupidement que ça lui donne encore l’air jeune. » Personnellement, je ne connaissais personne qui était comme ça. N’empêche que c’était un phénomène que j’avais déjà observé quelquefois chez les gens de mon âge.
Environs une semaine plus tard, je poste fièrement sur le forum le premier strip de Collège Artiztech.
À l’époque, je travaillais pour Safarir. Et il se trouve que le rédacteur en chef était membre du forum. En voyant ça, il commente: « Pas mal! Mais pourquoi est-ce que le directeur est un adolescent? »
Avant que j’aille eu le temps de voir son message, un autre membre du forum a répondu en me citant. Comme ça, tout le monde a pu voir que je considérais que mon rédac-chef était « Un cave qui ne s’est pas rendu compte que la mode avait changé en 20 ans », car, comme le démontre son commentaire, « il croit stupidement que [ce look dépassé] lui donne encore l’air jeune. »
Et voilà qui a jeté un froid dans notre relation. Puisque j’avais écrit ça quelques jours avant son commentaire, c’est évident que je ne le visais pas LUI particulièrement. Je n’avais aucune idée que lui aussi, comme trop de gens, ne se rendait pas compte que la mode des jeunes avait évoluée en vingt ans. Mais d’un autre côté, en traitant ces gens-là de cave, ça voulait aussi dire que je le trouvais cave lui aussi. S‘en est suivi un malaise qui fit que notre relation garda un froid pour le reste du temps où il occupa ce poste à Safarir. Même que pendant ses deux ou trois derniers mois à ce poste, il a tout simplement cessé de me passer des commandes.
Ce n’est que l’un des nombreux faux pas que j’ai commis dans le milieu de la BD québécoise, jusqu’à ce que je le quitte pendant sept ans à la fin de l’été 2008. Celui-là n’a pas été le dernier et surtout pas le pire. Mais j’en ai tiré une bonne leçon: Ce n’est jamais une bonne idée de se moquer des travers des gens, et encore moins de passer de sévères jugements à leur sujet, sans savoir si notre entourage inclut des gens qui peuvent s’en sentir visés.
Surtout si l’une de ces personnes est celui qui signe ton chèque de paie.
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Si vous voules voir les 50 gags suivants de Collège Artiztech, c’est ici.
Face à une même situation, plusieurs personnes réagiront de manières différentes, selon leur personnalité. Imaginons, par exemple, différents hommes qui manifestent de l’intérêt envers une femme, mais que ce n’est pas réciproque.
Un gars réagira en étant frustré et entrera dans une terrible colère.
Un autre ressentira de la tristesse.
Un autre se sentira humilié.
Un autre se fera une raison, haussera les épaule et passera à autre chose.
Un autre tirera des leçons de cette expérience et en ressortira grandi et/ou plus sage.
Un autre décidera de mettre des efforts afin de devenir un jour le genre d’homme qui aura ce qu’il faut pour plaire au genre de femme qu’elle est.
Et un autre aura comme réflexe de manifester un méprisant déni de la situation.
Et c’est là le sujet de ce billet.
Cette personne (se) dira alors des trucs du genre de : « Pfff… Je n’en voulais pas, de toute façon! Je faisais juste la tester parce qu’elle avait l’air de s’intéresser à moi. Je voulais juste lui remettre les pendules à l’heure afin de lui éviter de languir pour rien, puisque je n’en ai rien eu à foutre. Mais bon, je vois bien qu’elle ne m’aime pas. Ou du moins, qu’elle PRÉTEND ne pas m’aimer. Comme si elle avait ce qu’il faut pour me plaire. Pauvre conne! »
Par le passé, j’ai plusieurs fois parlé de ce que j’appelle le réflexe de survie. En gros, c’est une méthode qu’utilise l’ego afin de diminuer chez certaines personnes l’impact de se trouver face à une situation qui est, pour elle, trop décevante. C’est le réflexe d’essayer de se convaincre soi-même que non seulement la situation que l’on vit n’est pas quelque chose de négatif, c’est une situation volontaire, une que l’on contrôle.
Tant que la personne se limite à essayer de s’en convaincre soi-même, ça reste un choix personnel qui ne regarde qu’elle. Mais voilà, on a beau essayer de se convaincre, on ne peut se cacher à soi-même la vérité. Dans ce temps-là, deux choses peuvent arriver :
Ou bien la personne décide de faire face à la vérité. Ensuite, elle agit selon ses capacités morales et/ou physiques et/ou financières.
Ou alors, cette personne n’a pas la capacité morale de faire face à la vérité, et elle pousse le bouchon plus loin: Pour mieux se convaincre elle-même, elle va d’abord commencer par en convaincre son entourage.
Vous connaissez la classique « Qui est-ce que vous essayez de convaincre ici? Les autres, ou bien vous-mêmes » Eh bien voilà, c’est ce genre de cas : Ceux qui se créent une personnalité bidon par réflexe compensatoire.
En général, il est assez facile de repérer ces gens. Il y a quatre signes qui ne trompent pas :
Premier signe comme quoi c’est une personnalité bidon : Il insiste toujours pour se présenter en tant que personne respectueuse, honnête, droite et irréprochable. En général, il se vante de suivre un code de conduite et d’avoir de belles valeurs de morale, de vertu, et surtout, DE RESPECT! Il en tire fierté et orgueil, et il ne s’en cache pas.
Second signe comme quoi c’est une personnalité bidon : On constate que ce code de conduite, il l’exige sans cesse chez les autres. Mais on n’a que rarement, sinon jamais, l’opportunité de le voir l’appliquer lui-même.
Troisième signe comme quoi c’est une personnalité bidon : Il utilise très souvent ce code afin de rabaisser les autres. Or, rabaisser les autres, c’est à l’extrême opposé de la plus grande vertu qu’il prétend posséder : le respect.
Quatrième signe comme quoi c’est une personnalité bidon : À la première opportunité qu’il a de montrer qu’il pratique ce qu’il prêche, il échoue de façon aussi lamentable que spectaculaire.
Le 4e signe met parfois des années à se manifester. Mais tôt ou tard, cette personne sera confrontée au genre de situation qui lui demandera d’appliquer sur elle-même son code de conduite. Et si je dis qu’elle échouera, c’est pour une raison bien simple: Quand quelqu’un a besoin de suivre un code de conduite pour être respectueux, honnête, droit et irréprochable, tout ce que ça veut dire, c’est que ce n’est pas dans sa nature d’être respectueux, honnête, droit et irréprochable. Et si je dis que c’est spectaculaire, c’est que quand on ne cesse d’attirer l’attention du public sur nos prétendues vertus, alors on a toute l’attention du public, donc on se donne en spectacle, lorsque l’on démontre que tout ça c’était bidon.
Dans ma vie, j’ai connu au moins cinq personnes qui agissaient ainsi. Toutes les raconter prendrait une éternité. Aussi, j’ai décidé de prendre un exemple au hasard. Ça va comme suit:
La situation négative : La nature n’a pas été généreuse avec Armand. N’ayons pas peur des mots : Il est laid. Et il le sait. De ses 14 à 26 ans, il a vu tous les membres de son entourage expérimenter le couple et le sexe. Tandis que lui, aucune fille ne l’a jamais regardé.
Le réflexe de survie : Faire comme si son célibat et sa chasteté étaient quelque chose de volontaire. Il a commencé à s’afficher comme étant l’apôtre des belles vieilles valeurs en matière de couple et de sexualité.
Pour convaincre les autres : Il porta ainsi son jugement sur les relations des autres, étalant l’erreur qu’ils font de croire qu’ils sont compatibles, pointant leurs trop grandes différences sur les points qui comptent vraiment, démontrant qu’ils ne sont pas en couple pour les bonnes raisons. Il les jugea comme dépendants affectifs ou sexuels, sinon comme des désespérés au point de prendre n’importe qui. Quant aux gens infidèles, (quant aux gars infidèles, devrai-je dire, car là-dessus il ne juge que les hommes) il roulait des yeux, déplorant que 99.999999% des hommes sont tellement contrôlés par leurs hormones que pour eux, les filles ne sont rien que des vide-couilles, et sont totalement interchangeables.
Lui, par contre, est capable de se contrôler. Lui, il respecte la femme. Lui, il a de belles valeurs sociales. Lui, ne sortira pas avec n’importe qui. Lui, saura trouver LA bonne, celle qui lui convient vraiment. Et quand on a trouvé celle qui nous convient, la fidélité ne demande aucun effort, puisque l’on n’a nul besoin d’aller voir ailleurs.
Un jour, il a choisi une fille belle et populaire de son entourage,et a décidé que ce serait celle-là, la sienne. Il est devenu son bon ami proche, son confident. Pendant les huit années qui suivirent, il était toujours là pour elle. Il l’encourageait dans son désir d’avoir une relation de couple avec tel ou tel gars, alors qu’il savait bien qu’ils ne lui conviendraient pas. Et lorsque ça se terminait inévitablement en catastrophe, il était toujours là pour la comprendre, la soutenir, la consoler. Il était doux, câlin, affectueux. Il la prenait dans ses bras, toujours en contact physique avec elle. Mais attention, toujours de manière platonique.
Au bout de ces huit ans, lasse, découragée et moralement démolie par tous ses échecs amoureux répétitifs, elle lui a enfin dit la phrase classique qu’il attendait depuis si longtemps :
« Au fond, c’est un gars comme toi qu’il me faudrait! »
Il n’a pas attendu qu’elle reprenne ses esprits, il l’a prise au mot. Il l’a embrassé. Confuse, en moment de faiblesse, déjà habituée au contact physique avec lui, et ayant quand même provoqué cette réaction par ses paroles, elle s’est laissée faire.
Le soir-même, après avoir couché avec elle pour la première fois, il l’a demandé en mariage. Elle était surprise de la rapidité de cette proposition. Mais il a su la convaincre avec les arguments logiques qu’il avait soigneusement préparé pour ce jour depuis plusieurs années : Elle l’a dit elle-même, c’est un gars comme lui qu’il lui faut. Quant à lui, il l’a toujours aimé. Et ça fait presque une décennie qu’ils sont bons amis proches, alors ce n’est pas comme s’ils avaient encore besoin d’apprendre à se connaître. Alors si elle décline sa proposition de mariage, ça peux juste vouloir dire qu’elle ne voulait pas vraiment vivre dans un couple solide et harmonieux. Sinon, pourquoi hésiter à rendre la chose officielle avec lui? Ce n’est pas comme si elle n’avait pas perdu les huit dernières années de sa vie à essayer de trouver mieux que lui. En vain!
Confuse devant un tel étalage d’arguments logiques, elle s’est laissée manipuler à croire que lui seul pouvait lui offrir le couple harmonieux qu’elle n’a jamais réussi à obtenir lorsqu’elle choisissait elle-même ses partenaires. Et puis, maintenant que leur relation de profonde amitié vient de passer à l’étape sexuelle, qu’elle le veuille ou non, voilà, c’est fait, ils sont intimes maintenant. Ça ne sera plus jamais pareil entre eux. Veut-elle risquer de perdre une amitié si chère en s’obstinant à chercher ailleurs, alors qu’elle a huit ans d’échecs amoureux derrière elle pour lui prouver que ce sera lui ou personne? Elle s’y est donc résignée.
Quelques mois plus tard, ils s’épousaient. Et ceci n’a fait que lui confirmer qu’il avait toujours eu raison de penser et d’agir comme il l’a fait.
Mais voilà, il a beau s’en faire accroire, il reste que si sa femme était vraiment celle qui lui était destinée, elle aurait voulu de lui dès le départ, et non par découragement après avoir été manipulée stratégiquement pendant huit ans. Il n’en est que trop conscient. Et ça, c’est une autre chose que son ego a de la difficulté à assumer. Aussi, par réflexe compensatoire, il cherche à prouver, aux autres autant qu’à lui-même, que son couple repose sur des bases supérieures à celles des autres.
Aussi, il fallait toujours qu’il fasse la leçon à son entourage, sermonnant ceux dont la vie amoureuse n’était pas aussi droite et harmonieuse que la sienne semblait l’être. J’ai personnellement eu droit de sa part un commentaire plein de mépris. En m’entendant décrire à un ami commun un problème que j’avais avec la mère de mes enfants, il vient se mêler à la conversation pour me dire: « Ben là, pourquoi tu fais des enfants à une femme de qui tu n’as rien à chier? »
C’est ça, le réflêxe compensatoire: Quand on n’arrive pas à s’élever au-dessus des autres, on compense en rabaissant les autres plus bas que soi.
Mais voilà, tôt ou tard, la personne vit une situation qui teste les convictions qu’elle prétend avoir. Et c’est là qu’elle se montre sous son vrai jour, qui se trouve à l’extrême opposé de tout ce qu’elle prétend être.
La situation qui l’a testé: Il était marié depuis environs trois ans. Une jeune femme, vague connaissance à lui, vient un jour frapper à sa porte. Je ne sais pas sous quel prétexte elle s’était rendu là. Mais une chose est certaine: Elle s’est offerte à lui. Sexuellement!
Sa réaction : Il l’a baisée!
Eh oui! Lui! L’apôtre de la fidélité. Celui qui a toujours répété qu’il était contre le sexe sans amour. Celui qui a toujours prétendu être l’homme d’une seule femme. Lui, l’homme marié. Celui qui a toujours prétendu que l’homme qui est en couple avec la bonne n’a pas besoin d’aller voir ailleurs. Celui qui se dit en parfait contrôle de ses impulsions sexuelles. Celui qui s’est toujours permis de rabaisser quiconque étant dans une relation qui n’entrait pas dans ses étroits standards moraux.
À la première opportunité qu’il a eu de démontrer qu’il pratique ce qu’il prêche, il a plutôt démontré à quel point il n’a jamais été rien d’autre que totalement bidon.
Mais bon, quand on ne croit pas avoir ce qu’il faut pour plaire à une femme, on s’attend encore moins à pouvoir plaire à deux femmes en même temps. C’est facile de se prétendre fidèle, dans ce temps-là.
Constater qu’il ne valait pas mieux que tous ceux qu’il rabaissait, ce fut difficile à avaler pour son ego. Aussi, histoire de rattraper le coup, il décida d’utiliser la situation afin de pouvoir encore se montrer meilleur que tout le monde: Les autres hommes caupables d’adultères essayent toujours de s’en tirer? Ils essayent de passer la chose sous silence? Ils essayent de se justifier? Ils sont irresponsables et cherchent à ne subir aucune conséquences de leur transgressions? Eh bien il ne sera pas comme ça, lui. Il fera la chose noble, lui. Aussi, il a décidé qu’il ne méritait pas son épouse. Il a décidé de faire son mea culpa. Il a décidé d’avouer publiquement son adultère. Il a décidé de quitter le logement commun et de divorcer. Et il a décidé d’annoncer tout ça sur Facebook.
Mais voilà…
Est-ce qu’il a consulté sa femme avant de la tromper? Non!
Est-ce qu’il a consulté sa femme avant de décider à sa place qu’elle ne voudrait plus de lui? Non!
Est-ce qu’il a consulté sa femme avant de décider de quitter leur appartement commun? Non!
Est-ce qu’il a consulté sa femme avant de décider de divorcer? Non!
Est-ce qu’il a consulté sa femme avant de l’afficher comme étant cocue à tous leurs parents et amis sur Facebook? Non!
Ce qui prouve que dans le fond, tout le respect qu’il a toujours prétendu accorder à la femme en général, et à la sienne en particulier, ça n’a jamais existé. Toutes ses belles paroles, toutes ses belles valeurs morales, ça n’a jamais été que du vent. Rien d’autre qu’un Viagra pour son ego.
En tout cas, tout le long où j’étais avec la mère de mes enfants, je ne l’ai jamais trompée. Ce qui démontre clairement c’est lequel de nous deux qui n’en avait vraiment rien à chier de sa conjointe, finalement.
Si votre réflexe de survie vous oblige à vous faire croire que vous êtes autre chose que la réalité, c’est votre affaire. Mais si vous imposez votre moralité bidon autour de vous, sachez que tôt ou tard, les circonstances vous amèneront à vivre publiquement le genre de situation contre lequel vous sermonnez les autres. C’est inévitable. Et là, tout le monde verra ce que vous êtes vraiment. Par conséquent…
Ceux qui vous appuient vont se sentir stupides, de voir que tout ce temps-là ils n’appuyaient que du vent.
Ceux qui comptent sur vous vont se sentir choqués, déçus, abandonnés, que vous les laissiez si brusquement tomber.
Ceux qui vous ont subi se sentiront humiliés et frustrés de voir que vous leurs avez imposé un code moral que vous n’êtes même pas fichu de suivre vous-même.
En fait, les seules personnes qui vont voir du positif dans tout ceci, ce sont vos détracteurs. Détracteurs qui, m’en doutez pas, existent en grande partie à cause de votre attitude sermonneuse chiante dont ils ont étés la cible. Ceux-là n’ont pas fini de se réjouir de vos déboires, d’en rire et de les raconter à la moindre occasion.
Et voilà pourquoi personne n’a de pitié ni de respect pour ceux qui se font passer pour ce qu’il ne sont pas, n’ont jamais été et ne seront probablement jamais.
Une fille vient de changer de photo de profil sur Facebook. Elle est mince, dans la mi-vingtaine, et a les cheveux noirs attachés en deux queues de cheval de chaque côtés de la tête. Sur sa photo, on la voit en chemise blanche à manches courtes. La chemise, très serrée, est ouverte et contourne ses volumineux seins, qui sont eux-mêmes dans un soutien-gorge rouge ouvert en V, le tout bordé de dentelles. Le visage légèrement penché par en avant, elle regarde directement la caméra par-dessus ses lunettes, tout en suçant un popsicle.
Les commentaires sous la photo se divisent en cinq catégories :
CATÉGORIE 1 : Ses ami-e-s qui lui disent des trucs anodins du style de « Jolie photo! »
CATÉGORIE 2 : Des hommes qui lui font des commentaires sensuels et/ou sexuels et/ou pervers.
CATÉGORIE 3 : La fille de la photo qui se plaint de recevoir des commentaires sensuels et/ou sexuels et/ou pervers.
CATÉGORIE 4 : Les gens qui lui disent que si elle ne veut pas recevoir des commentaires sensuels et/ou sexuels et/ou pervers, alors elle a juste à ne pas poster une telle photo.
CATÉGORIE 5 : Les gens qui répliquent que rien ne justifie de tels commentaires, et que c’est son droit de choisir son look sans devoir subir des commentaires déplacés.
Il y a quelques jours, on a attiré mon attention sur cette photo et sur les commentaires, histoire de me demander mon avis. Je me suis trouvé un peu désemparé. C’est que je dois admettre que c’est un sujet sur lequel je refuse de me pencher depuis un bon dix ans. Mais j’avais une bonne raison pour ça. Et la voici:
Durant les quinze années où les forums étaient populaires (1998-2012) je me suis vite rendu compte que lorsque le sujet de discussion est sur le thème de la relation agresseur/victime, l’un des premiers commentaire amène la notion de la responsabilité. Et ça, comme le veut le cliché, c’est la gazoline sur le feu, et personne ne sera à court de bidons (pleins) à y lancer. Peu importe ton opinion, peu importe la logique de tes arguments, peu importe que tu responsabilises l’un, l’autre, les deux, aucun des deux, les circonstances, le hasard ou rien du tout, tu vas te faire massacrer par tous ceux qui ont une opinion différente de la tienne. Car sur ce genre de sujet, les gens ne vont pas attaquer tes arguments, ils vont t’attaquer TOI! Et la confrontation va continuer comme ça pendant plusieurs jours, sans jamais que personne ne recule d’un pouce. À la fin, lorsque les gens en auront marre de cette dispute qui ne mène nulle-part, le sujet mourra par lui-même. Mais rendu là, le mal sera fait. L’opinion des gens à ton sujet sera négative, et ce pour de bon. Et au nombre de gens qui ont vu leurs vies se faire ruiner suite à quelque chose qu’ils avaient écrit en ligne, plus personne n’est assez idiot pour encore affirmer que « internet, c’est pas la vraie vie! » Et c’est pour ça que je me tiens loin de ce genre de truc.
Mais aujourd’hui, je me rends compte que oui, je peux avoir une opinion là-dessus sans pour autant me faire scalper à coup de marteau. Et c’est parce que je vais m’adresser aux hommes de la catégorie 2, ceux qui lui font des commentaires sensuels et/ou sexuels et/ou pervers. Et je m’adresserai à eux, non pas pour leur taper dessus, non pas pour leur faire la leçon, mais pour leur donner quelques trucs à retenir, afin qu’ils puissent se protéger des désagréments décrits dans le paragraphe précédent. Ça va comme suit :
Truc à retenir 1. Est-ce que la fille t’a envoyé cette photo à toi, personnellement, tout seul, en privé? Non? Alors ça veut dire que tout le côté sexy de cette image ne s’adressait pas à toi personnellement. Par conséquent, elle ne veut rien savoir de l’effet qu’elle te fait. Est-ce que tu veux te subir un incessant barrage d’insultes de toutes part pour lui avoir envoyé ce que tu croyais qu’elle voulait recevoir?
Truc à retenir 2. Depuis #MoiAussi #MeToo, c’est la mode de dénoncer tout comportement qui puisse être vu comme étant inapproprié de la part d’un homme envers une femme. Ça inclut les commentaires sensuels et/ou sexuels et/ou pervers. Dans cette optique, une photo de profil telle que décrite plus haut, ça sert aussi à repérer les gars qui font ce genre de commentaires. Une fois qu’ils se sont fait prendre, ils se font dénoncer et crucifier publiquement. Voulez-vous être victime de la mode?
Truc à retenir 3. Parfois, une victime aura trop peur de son agresseur pour le confronter. Alors pour se défouler, elle va provoquer des gens, jusque-là innocents, à faire ou dire un truc qui puisse sonner similaire à ce que disait/faisait son agresseur. Ça lui donne une excuse pour se venger sur vous, sans avoir peur de subir de représailles. Avez-vous envie de payer pour ce qu’un autre lui a fait?
Truc à retenir 4. Certaines personnes ont besoin d’exorciser quelques frustrations de jeunesse. Alors elles, leur truc, c’est de provoquer les autres, pour ensuite les confronter, pour ensuite se faire passer mensongèrement comme pauvres victimes, afin de monter l’opinion des autres contre vous, afin de les manipuler à se battre à leur place contre vous, tandis qu’elles restent bien à l’abri, lâchement, derrière eux. Et elles se donnent comme mission sacrée d’entacher votre réputation dans tous les aspects de votre vie : Cercle social pour vous faire abandonner, famille pour vous faire renier, conjointe pour vous faire jeter, travail pour vous faire renvoyer… Vous ne trouvez pas que prendre le risque de ruiner votre vie pour avoir écrit un commentaire sous une photo, c’est un peu cher payer?
Truc à retenir 5. Ces temps-ci, la société considère que la chasse est ouverte contre les gars dans votre genre. Vous agissez de façon qu’ils jugent réprimandables? Ils vont vous le faire payer cher. Vous dites des paroles qu’ils jugent réprimandables? Ils vont vous le faire payer cher. Vous vous plaignez de ce fait? Ils vont vous le faire payer cher. Vous vous rebellez contre ce fait? Ils vont vous le faire payer encore plus cher. Sérieusement, là, c’est vous contre la planète. Non seulement vous ne gagnerez jamais, vous allez juste vous enfoncer de plus en plus profond. Et tout ça pourquoi, hm? Pour envoyer un commentaire à une fille qui va vous mépriser de l’avoir écrit? Est-ce que ça vaut tous ces emmerdements?
J’en vois déjà qui vont désapprouver les arguments que j’utilise ici, puisque nulle-part je ne suggère à ces homme d’avoir du respect envers les femmes. C’est parce que si vous pensez ça, ça signifie qu’il y a deux petites choses que vous n’avez jamais comprises.
Dire aux hommes de respecter les femmes, ça ne sert à rien. Les hommes respectueux le font déjà, alors dans leur cas c’est inutile. Et les irrespectueux ne vont pas changer parce que vous le leur demandez, alors dans leur cas c’est également inutile.
Si un gars est irrespectueux, c’est qu’il est égoïste. Et un égoïste, ça ne songe qu’à ses propres intérêts. Aussi, mes cinq trucs à retenir leur montrent qu’il est à l’encontre leurs propres intérêts de leur manquer de respect.
On demande souvent « Pourquoi est-ce que l’on dit aux filles de ne pas se faire agresser au lieu de dire aux gars de ne pas agresser? » Eh bien voilà, c’est fait, je viens de dire à l’homme de ne pas agresser la femme, en lui donnant cinq raisons de s’en abstenir. Alors peu importe la raison pourquoi il la respecte, l’important c’est qu’il la respecte.
Il y a deux ans, j’écrivais un long statut sur Facebook que je comptais recycler en billet de blog. Je l’ai ensuite oublié. Puis, il m’est revenu il y a quelques jours, grâce à leur fonction Vos souvenirs / On this day. Voici donc la chose dans son intégralité:
Steve Requin 19 août 2016 Voilà un an que je suis en chômage, soit depuis la fin de mon dernier contrat à long terme. Cependant, je ne chôme pas (si je puis dire) puisque je me cherche du travail, faisant de 8 à 14 applications par semaine via la page d’Emploi Québec.
Tout ce que j’ai trouvé en un an, ce furent deux jobs temporaires, pour remplacer des travailleurs absents pour vacances. Au moins, la dernière m’a rapporté une belle lettre de recommandation vantant mes mérites.
N’empêche que jamais je n’ai eu autant de difficulté à me trouver un emploi. Depuis que j’ai enlevé toute activité artistique sur mon CV, Je n’ai jamais pris plus que trois semaines pour trouver un emploi. Et maintenant que j’ai full d’expérience, personne ne veut m’embaucher? Ça n’a aucun sens! »
Mon père n’a jamais aimé la femme rude qui fut mon patron du 21 septembre 2012 au 21 septembre 2014 . Aussi, il m’a dit: « Ça doit être c’te(mot d’église)de vieille sacoche-là qui t’mets des bâtons dins roues. À’ t’a jamais apprécié malgré toutte c’que t’as faite pour elle, la vieille(mot d’église). » Mon père a toujours été prompt à soupçonner n’importe qui pour n’importe quoi, alors je m’y attendais de sa part. Mais bon, ce n’est pas ça qui va expliquer mon problème, et encore moins le régler.
Il y a deux semaines, le jour-même où je terminais mon contrat de cinq semaines à la clinique, on m’offre du travail. Un vieux couple italien sont propriétaires d’un édifice à logements et se cherchent un concierge. Ils ont reçu mon CV. La Signora m’appelle. En fait, elle m’appelle « Stéphane Gauthier », ce qui n’est pas du tout mon nom de famille. Je le lui dis. Elle vérifie auprès de son mari, et en effet, son mari lui avait dit d’appeler un autre Stéphane, c’est juste qu’elle a mélangé nos CV.
Et c’est là que son ton change. La Signora me dit, d’une voix sévère et méprisante que les gens comme moi, ça ne se trouve pas de travail. Je lui ai demandé de s’expliquer. Elle me dit que son mari a appelé mes anciens patrons. Et que celle pour qui j’ai travaillé en 2012-2014 lui a dit que j’étais un employé incompétent, pas fiable, paresseux, sans-coeur… Totalement le contraire de l’homme dépeint dans la lettre de recommandation que j’ai eue de la clinique à mon départ.
Je n’en revenais pas. Je ne sais pas ce qui m’a donné le plus grand choc. Le fait que, depuis un an, cette mégère ment à mon sujet dans le but de saboter mes chances de me trouver un emploi auprès de tous ceux à qui j’ai soumis ma candidature. Ou bien le fait que, pour une fois, malgré le fait que son jugement était hâtif et irréfléchi, mon père avait raison.
J’ai réécris mon CV. J’ai enlevé cet emploi. Je suis retourné sur Emploi-Québec. J’ai fait 10 applications avec ce nouveau CV.
… Et à ce jour, j’ai reçu 7 retours d’appels sur ces 10.
SEPT! EN UNE SEMAINE!!!
La morale de cette histoire: Je sais bien qu’il ne faut pas voir nos problèmes comme étant toujours de la faute des autres. Et en effet, toute personne responsable commence par chercher en soi la source du problème, afin de faire en sorte d’y remédier. N’empêche que ouais, parfois, ça peut vraiment être de la faute des autres.
__________ Rien à rajouter, sinon que j’ai été chanceux sur deux points. Tout d’abord, que la Signora se trompe de CV. Et ensuite qu’elle ait possédé le genre de personnalité condescendante qui la pousse à faire la leçon aux autres, ce qui fit qu’elle n’était que trop heureuse de me rapporter les paroles de mon ex-patronne. Sans ça, qui sait, je serais peut-être encore à me rechercher un emploi aujourd’hui, et à me demander (en vain) qu’est-ce qui ne va pas chez moi.
Et après ça, on dira encore que deux négatifs ne font pas un positif. Comme quoi la vie n’est pas une équation mathématique.
Lorsque je regarde celui que j’étais dans la jeune vingtaine, je constate que je ne suis plus du tout la même personne. En particulier de la façon dont je vois les choses.
Par exemple
Généreux altruiste à l’époque, dépensier irresponsable aujourd’hui. Il y a quelques temps, j’ai vu une image-texte qui se promenait sur Facebook. J’aurais aimé la retrouver pour la montrer dans cet article, mais je n’ai pas réussi. En gros, ça disait quelque chose dans le sens de :
« Une personne donne 20$ à un itinérant, alors que la seconde donne 10$. Tout le monde va trouver que le premier est bien plus généreux que le second. Or, ce que les gens ignorent, c’est que le premier gagne $100 000.00 par année et avait plus de $3000.00 dans son portefeuille, alors que le second est sans emploi, et ce 10$ qu’il a donné, c’est tout ce qu’il avait pour passer sa semaine. Maintenant que vous savez ça, lequel d’entre eux est VRAIMENT généreux et admirable, hm? L’homme riche qui ne donne qu’une minuscule partie de son excédent, ou l’homme pauvre qui est prêt à sacrifier son nécessaire pour autrui? Comme quoi il est facile de juger les gens lorsque l’on ne connait rien à leur sujet. »
Ma mentalité à l’époque : J’étais tout à fait d’accord avec ce texte. Et pour cause : Il m’était arrivé de mettre la chose en pratique.
Je ne me souviens plus exactement si j’en ai déjà parlé, mais lorsque j’étais dans la jeune vingtaine, au début des années 90, et que je travaillais au Dunkin Donuts, dès que j’avais payé les dépenses mensuelles incontournables (Loyer, électricité, téléphone et nourriture), il ne me restait que 9$ par mois. Et malgré tout, si je me faisais aborder par un itinérant, je lui donnais de l’argent. Il y en a même un qui m’a carrément demandé 40$, pour je ne sais plus quelle raison. Je suis allé au guichet automatique et je le lui ai donné. En sachant très bien que ça signifiait que mon chèque de loyer allait rebondir, ce qui m’occasionnerait des frais de 15$. 30$, en fait, lorsque le propriétaire m’exigerait le remboursement de ses propres frais pour ce chèque à fonds insuffisants. Mais bon, peu m’importait ce don de 40 qui allait m’en coûter 70. Au moins, j’avais un travail et un toit, et je pouvais manger à ma faim (moins 70$ pour la prochaine épicerie, tout de même), contrairement à ce pauvre homme. Je tirais grande vanité d’être généreux au point d’être capable de me sacrifier de la sorte.
Ma mentalité maintenant : Je trouve irresponsable, voire carrément imbécile, le gars que j’étais, et la mentalité qui venait avec.
Qu’est-ce qui a changé en moi? J’ai commencé à voir les choses avec logique, plutôt qu’avec orgueil.
Je n’aime pas citer des proverbes, mais il y a une raison pour laquelle on dit que charité bien ordonnée commence par soi-même. À l’époque du Dunkin, je travaillais fort à un boulot qui était chiant et mal payé. Je savais que ma survie mensuelle de base me gobait tous mes revenus, sauf 9$. Et ce 9$ était largement insuffisant pour avoir une vie sociale normale avec des activités normales demandant des dépenses normales. En quelque part, ça me donnait des complexes d’infériorité. Ainsi, en me montrant mille fois plus généreux que mes amis qui, eux, avaient un bon travail et de bons revenus, je pouvais au moins m’enfler l’orgueil en me disant que du côté de la générosité en tout cas, j’étais leur supérieur. Et que moi, au moins, mes dépenses étaient pour aider autrui, et non pour des choses frivoles tels bar, resto ou cinéma.
Autre chose : À l’époque, j’avais des idées de grandeur. Surtout en matière de logement. À chaque année, au travail, j’avais une augmentation. Et à chaque année, je déménageais dans un appartement plus grand, donc plus cher. C’est que dans ma vision, un grand appartement était un signe de prospérité, de réussite. Par conséquent, je vivais toujours à la limite de mes moyens. Déjà là, je démontrais que ma priorité était dans les apparences, plutôt qu’à avoir un budget balancé.
Par conséquent, lorsque j’avais besoin de lunettes, de bottes pour l’hiver, de médicaments ou de toute autre dépense imprévue néanmoins nécessaire, alors là mon budget était débalancé pendant des mois. Bonne chose que je travaillais dans un Dunkin Donuts. Ça me permettait de me nourrir sur place deux fois par jour, cinq jours semaine, et même d’amener chez moi les restants de soupe qui devaient être jetées à toutes les huit heures. Pas vraiment le comportement d’un homme prospère qui a réussi.
Surtout qu’avoir des appartements de plus en plus grand fit que je me suis éventuellement retrouvé avec une pièce vide et inutile, ce qui fait que je payais 100$ par mois en pure perte. (C’était l’époque où les appartements à Montréal étaient encore à 100$ la pièce.) C’est là que j’ai compris que finalement, non seulement je vivais au-dessus de mes moyens, je vivais au-dessus de mes besoins.
Je me suis ajusté par la suite, vivant en simplicité ou en colocation. J’ai même passé plusieurs années à vivre dans des appartements sans avoir de chambre, dormant sur le divan. Et si aujourd’hui je vis seul dans un 5½ (cette fois avec chambre et lit), c’est que non seulement je peux me le permettre, toutes les pièces ont une fonction.
Pour en revenir au texte au sujet de la générosité du riche contre celle du pauvre : Aujourd’hui, je regarde les faits. Et les faits sont : Lequel des deux est le plus intelligent, le plus logique et surtout le plus responsable? Celui qui donne ce qu’il peut se permettre? Ou celui qui donne ce qu’il ne peut pas se permettre, causant des problèmes à sa survie, occasionnant en plus des frais bancaires à son proprio? Ce n’est pas le geste d’une personne généreuse, ça. Ce sont les agissements de celui qui est prêt à poser des gestes irréfléchis juste pour bien paraître, ne serait-ce qu’à ses propres yeux. Bref, ce sont les gestes d’un loser qui a quelque chose à (se) prouver.
Il y a trois semaines, deux de mes amis ont démarré une campagne de socio-financement. La raison est qu’ils avaient été victime d’un accident de lessiveuse qui avait inondé leur appartement, occasionnant pour $3000.00 dollars de dégâts à rembourser au propriétaire, chose que leur budget d’artiste ne pouvait pas leur fournir.
Je n’ai pas une telle somme en banque pour le moment puisque je travaille depuis peu à mon nouveau boulot. Mais j’ai une assez grande marge de crédit sur ma Visa, que j’aurais pu leur payer la totale d’un seul coup. J’aurais mis trois mois à la rembourser, et ça n’aurait nullement affecté ma qualité de vie. Mais voilà, aujourd’hui, je n’ai plus rien à prouver aux autres, et encore moins à moi-même.
Et surtout, personne ne m’a jamais demandé de prendre sur moi la facture complète. D’ailleurs, si on me l’avait suggeré, j’aurais refusé. Alors pourquoi me porterais-je volontaire pour le faire?
J’ai donc fait un don, correspondant à la moyenne des montants fournis par leurs autres donateurs. Ils ont atteint leur objectif dans les temps voulus. Ils ont pu rembourser le propriétaire. Je suis content d’avoir pu aider. Je n’en tire aucune vanité. Parce que mon but était d’aider mes amis, et non de me montrer plus généreux que les autres. Et c’est parfait comme ça pour tout le monde!
Dans la situation actuelle, un grand nombre de personnes ont été heureuses de les aider. Et dans le cas de mes amis, ça leur a fait un bien fou de voir autant de témoignages d’amour et de solidarité envers eux. Si j’avais tout payé moi-même, j’aurais empêché ces gens de poser un geste décent, j’aurais empêché mes amis de se savoir autant apprécié par tous, et j’aurais gardé pour moi seul leur reconnaissance. En fait, ils auraient été obligés d’être reconnaissants, ils n’auraient pas eu le choix.
Autrement dit, ce geste aurait peut-être été généreux sur le plan monétaire. Mais sur le plan social et moral, il aurait été fortement égoïste.
Lorsque je regarde celui que j’étais dans la jeune vingtaine, je constate que je ne suis plus du tout la même personne. En particulier de la façon dont je vois les choses.
Par exemple :
Héros à l’époque, pitoyable aujourd’hui. Jetez un oeil à cette vidéo d’une course de cinq kilomètres, dans laquelle un homme s’écroule d’épuisement à dix mètres de la ligne d’arrivée, distance qu’il met ensuite trois minutes à franchir.
Cette vidéo n’existait pas lorsque j’étais dans la vingtaine, mais j’ai déjà été témoin d’une scène semblable.
Ma mentalité à l’époque : Le fait qu’il a déployé un effort physique surhumain qui l’a vidé de toutes ses forces, et qu’il trouvait malgré tout assez de volonté pour se traîner jusqu’à la ligne d’arrivée par ses propres moyens, en refusant toute aide. Quelle détermination. Quel courage. Ce gars-là était mon héros. Un modèle à suivre.
Ma mentalité maintenant : Je trouve ce gars stupide, voire carrément pitoyable.
Qu’est-ce qui a changé en moi? Plusieurs choses. Avant, je n’étais nullement athlétique. Tout le long de mon école primaire et secondaire, j’étais toujours le dernier en gym. Alors pour moi, le fait que tout le reste de la population était plus en forme que moi, c’était mon quotidien. C’était une fatalité que, même si je détestais, j’avais toujours acceptée. Voilà pourquoi j’étais porté d’instinct à me reconnaître en ce gars-là, pour qui c’est cent fois plus difficile que pour tout le monde de réussir.
Il y a huit ans, plutôt que d’avoir du ressentiment envers les bons coureurs, j’ai décidé d’en devenir un. Je me suis renseigné sur la façon de commencer à m’entraîner. J’ai investi l’effort physique et mental requis. Je me suis mis à la course de façon intelligente, de manière à me renforcer, plutôt que de m’endommager. Et, peu à peu, je suis devenu capable de courir sur de plus en plus longues distances sans mettre ma santé en jeu. En trois mois et demi d’entrainement, ma distance de course non-stop a passé de 200 mètres à 5.2 km.
Ce qui fait que maintenant, lorsque je visionne cette vidéo, au lieu de ne regarder que lui, je regarde les 86 autres personnes qui le dépassent (je ne blague pas, je les ai vraiment comptés)et qui terminent leur cross-country sans pour autant être incommodés. Si tous ces gens sont capables de le faire en étant à peine essoufflés, alors pourquoi est-que lui est sur le bord de crever? Tout ce que cette situation démontre, c’est que contrairement à eux, il ne s’est pas préparé adéquatement.
Lorsque j’ai découvert cette vidéo il y a dix ans, j’avais une curieuse sensation en regardant cette scène. Quelque chose me dérangeait. Je n’aurais pas pu dire quoi exactement, mais j’avais la vague impression que quelque chose ne collait pas. Comme s’il y avait un illogisme en quelque part. Il faut dire qu’à ce moment-là, ça prendra encore deux ans avant que je me mette moi-même à la course.
Aujourd’hui, avec l’expérience que j’ai en course, lorsque je regarde de nouveau cette scène, je vois immédiatement d’où me venait cette impression : S’il avait été le dernier à arriver, je ne me serait pas posé de question. Sa position parmi les coureurs aurait concordé avec sa piètre condition physique.
Mais LÀ, il se fait dépasser par 86 personne au final, et il y en a encore plein d’autres qui passent la ligne d’arrivée après lui. Si ce gars-là est aussi faible, vous ne trouvez pas ça étrange que, tout le long de la course, il se trouvait devant tous ces gens-là?
Ça ne peut vouloir dire qu’une seule chose : Tandis qu’eux courraient à rythme modéré afin de conserver leur énergie, lui a dû sprinter tout le long pour tous les dépasser. Ça explique pourquoi il était devant eux, ça explique son état d’épuisement total, et ça confirme que comme bien des gens qui ne connaissent rien au sport dans lequel ils ont décidé de se démarquer, il croyait probablement qu’il lui suffirait juste de se pousser à fond non-stop avec volonté et détermination pour montrer à tous qu’il est capable de faire bien mieux qu’eux. Il était convaincu que les préparatifs et l’entrainement n’étaient qu’une stupide et inutile perte de temps. Je suppose que le fait que quelques personnes aient franchis la ligne d’arrivée après lui, ça lui a permis de se vanter qu’il a tout de même eu raison de le penser.
S’il s’était préparé correctement, s’il avait couru de la bonne manière, il n’aurait pas fini cette course au bout du rouleau. Ce qui en revient à dire que les problèmes qu’il a subi durant cette course, c’est lui-même qui se les ai causés. Ce gars-là a été lui-même son propre obstacle.
Hier, quand j’étais encore ignorant, ce gars-là était mon héros. Aujourd’hui, un gars qui a besoin de se pousser à l’épuisement physique total pour faire égal ou mieux qu’une personne qui ne sera que légèrement fatiguée d’avoir accompli la même tâche, je n’appelle plus ça un modèle à suivre. C’est plutôt le modèle parfait de tout ce qu’il ne faut pas faire. C’est le parfait exemple du loser qui a quelque chose à (se) prouver.
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Bientôt: Généreux altruiste à l’époque, dépensier irresponsable aujourd’hui.
Tel que décrit dans les billets de la série Le jour où tout a basculé, en particulier le 5e et dernier, depuis que j’ai accepté de changer d’emploi et de ville, ma vie a pris un tournant positif à tous les niveaux.
… Enfin, à presque tous les niveaux. Car me voilà de nouveau célibataire. Et puisque ça fait dix semaines que j’habite dans cette ville dans laquelle je ne connais personne, alors ce serait bien d’avoir quelqu’un avec qui partager ma nouvelle vie.
Bon, j’exagère un peu. Je connais déjà une vingtaine de personnes, le deux-tiers étant des femmes. Mais voilà, s’agit de collègues de travail. Il y a 25 ans, avec Christine, j’ai appris à la dure qu’il valait mieux garder ma vie privée séparée de mon travail. Parce que d’abord, si la relation se ternit, ça peut affecter négativement l’atmosphère. Ensuite, même si tout va bien entre nous, certains collègues peuvent prendre la relation en ombrage. Et là encore, ça peut affecter négativement le travail. Je tiens à éviter ça.
Je me suis donc réinscrit sur Ok Cupid. Une fois mes informations et critères entrés, déception : Seuls deux profils féminins de ma région y correspondent. Et pour être franc, en les lisant, à part le célibat et l’hétérosexualité, je ne vois pas ce que nous pouvons avoir en commun. Il fut une époque où, influencé par une forte libido, ça m’aurait suffi comme critères. Hélas, ça donne la situation classique dans laquelle la femme se plaint que son mec ne pense qu’au sexe. Déplorable mais normal, si la sexualité est tout ce qu’ils ont en commun. Ça aussi, je tiens à l’éviter.
Délaissant Ok Stupid, je me suis ouvert un compte sur Tinder vendredi soir dernier. Sous un pseudo, of course, car on n’est jamais trop prudent. Une fois que mes photos, ma description et mes critères d’âge et de distance furent entrés, j’y suis resté inactif toute la soirée et toute la nuit, histoire de laisser à mon profil le temps d’aller se faire voir chez les célibataires féminines du site.
Le lendemain matin, je m’y rebranche. Les profils que Tinder nous suggèrent se divisent en deux catégories : Ceux qui entrent dans nos critères d’âge et de distance, et les membres qui nous ont choisis. Je suis donc allé dans mon profil, j’ai fait passer la distance de 10 à 2 km, et je suis retourné voir les profils proposés. Tel que prévu, tous les profils situés à plus de 2 km de distance étaient de femmes qui m’avaient choisis. Il ne me restait plus qu’à les choisir en retour. En quelques minutes, j’avais 33 matchs sur les 36 femmes qui m’avaient choisi.
Il ne me restait plus qu’à faire le tri : J’ai enlevé celles sans photos de visage, celles sans texte de présentation, celles situées à plus de 5 km parce que je n’ai pas envie d’une relation à longue distance, celles dont le look / le style ne me plaisait vraiment pas, les miss bière-vin-taverne, les globetrotter avec assez de temps et d’argent pour visiter 27 pays par année, et les mères à marmailles parce que maintenant que mes enfants sont adultes je n’ai plus envie de repasser par là. Au bout du compte, il restait trois candidates.
Ce qui me décevait un peu, c’est qu’aucune d’entre elles ne semblait avoir un côté créatif artistique. Ce point en commun avec moi est la raison pour laquelle mes deux plus récentes relations, avec Karine puis Flavie, ont duré aussi longtemps. Je crois même que c’est ce qui nous a permis de continuer à cohabiter en harmonie pendant quelques mois suite à notre rupture, et que nous sommes encore en bons termes aujourd’hui. Je sais que je me répète ici, mais il faut bien plus que «nous sommes tous les deux hétéros et célibataires » pour avoir une relation durable.
Mais en même temps, je me suis demandé si je n’étais pas un peu trop intransigeant. Après tout, bien que je fasse encore de la BD dans mes temps libres, les arts ne constituent plus mon activité principale. Peut-être qu’il me serait possible de connecter avec quelqu’un sur un autre aspect que celui-là.
J’ai donc commencé à jaser avec la première candidate. Elle est sympathique et on s’entend bien. Elle me suggère même de son propre chef de me faire visiter la région le lendemain. Or, le matin suivant, elle annule, pour une raison qui me semble fort bidon. Je me montre compréhensif et n’insiste pas davantage.
La seconde, même scénario, à ceci près qu’au lieu de canceller, elle a juste disparu de mes connexions.
La 3e, appelons-là Louise, fut la plus prometteuse. Seulement 5 ans de moins que moi, jolie, en forme, sans enfants et n’en veut pas non plus, elle occupe le poste de préposée au crédit chez l’un des nombreux concessionnaires du coin, donc sérieuse et indépendante financièrement. Elle a un grand sens de l’humour et apprécie le mien qu’elle a vu dans mes photos et mon texte de présentation. Puis, vint le moment où je lui dis que je travaille pour La Firme. Elle me répond:
« Ah oui? Est-ce que tu connais Constantina Peloza? »
« Non! Elle travaille pour La Firme? »
« Oui, à la branche mère, sur Bissette. »
« Ah, d’accord, c’est pour ça alors. Je suis au bureau qui vient d’ouvrir, sur Cartier. C’est une amie à toi? »
« Oui, c’est ma meilleure amie. C’est l’une des vice-présidentes. » « Ah? Ok! Je serai sage alors. » « HAHAHA, je savais que tu répondrais ça. »
Sur ce, puisqu’il se faisait tard, nous nous sommes souhaités bonne nuit en nous promettant de continuer de jaser le lendemain.
Je savais parfaitement que je n’allais jamais tenir cette promesse. À partir du moment où elle m’a dit que sa bonne amie était une de mes vice-présidentes, j’ai immédiatement compris qu’il valait mieux que je me tienne loin de cette femme. Je l’ai d’abord retiré de mes contacts, avant de détruire mon compte sur Tinder en me félicitant de ne jamais y avoir mis mon vrai nom.
Parano? Peut-être! Mais voyons les choses avec logique. Tout d’abord, bien que nous avions du plaisir à jaser, il reste que nous avions peu de choses en commun. Et une relation de couple sans points communs, ça ne risque pas de durer éternellement.
Dans le cas de Karine et Flavie, comme je dis plus tôt, bien que nous ayons eu à rompre, c’est probablement nos passions artistiques communes qui faisaient que nous sommes restés colocataires harmonieux et bons amis par la suite. Mais dans le cas de Louise, si on casse, on n’a plus rien en commun. Et quand on casse avec quelqu’un avec qui nous n’avons aucune raison d’être amis pour commencer, en général, ça donne des ruptures négatives pleines de ressentiments.
Et je sais de quoi je parle. C’est exactement ce que j’ai vécu avec la mère de mes enfants, une femme avec qui je n’avais en commun que l’hétérosexualité et la forte libido. Des 28 ans où j’ai vécu à Montréal, il y en a eu 24 qu’elle a réussi à détourner et ruiner, en utilisant les enfants.
Autre chose : Il y a 21 ans, je me suis procuré une automobile. Vous savez, cette rumeur comme quoi les concessionnaires ne sont que des arnaqueurs? Je suis tombé sur le genre de vendeur qui contribue fortement à cette réputation. Le jour où j’en ai eu assez de ses magouille et que j’ai pris action contre lui, il m’a appris un petit détail que j’ignorais : Le président directeur général et fondateur de la compagnie pour laquelle je travaillais à ce moment-là, eh bien… C’était son petit frère. Eh ouais! Le monde est petit, des fois. À partir de ce moment-là, non seulement ai-je commencé à subir du harcèlement moral au travail, toutes mes plaintes à ce sujet aux ressources humaines et aux différents supérieurs que j’avais ne faisait qu’empirer mon cas. J’ai eu à démissionner. Et n’ayant que cette compagnie à mettre sur mon CV en guise de référence, inutile de dire qu’ils ne m’ont pas aidé. Ma carrière était brisée.
À la lueur de tout ceci, est-ce que je veux me lancer dans une relation amoureuse avec une personne avec qui j’ai si peu en commun que l’on ne pourrait même pas avoir une relation d’amitié platonique durable pour commencer? Donc une relation de couple qui a tout le potentiel pour mal finir? Avec une personne dont la meilleure amie est très bien placée pour détruire ma carrière, si tel est son bon plaisir? Je viens tout juste de refaire ma vie, et celle-ci est la plus positive que j’ai eue à date, et ce sous tous ses aspects. Est-ce que je veux vraiment risquer de perdre tout ça? En échange de quelques orgasmes?
La réponse est non! !/$%?&* que non!
Il y en a qui, en lisant ceci, vont penser que plutôt que de disparaître sauvagement, j’aurais dû avoir la décence de lui expliquer pourquoi je préférais en rester là. Je comprends. Et dans une autre situation, j’aurais été d’accord. Mais voilà, on parle ici d’une personne que je ne connaissais que depuis trois heures. Je n’ai pas la moindre idée si elle aurait bien pris mon désir de cesser tout contact. Surtout si je lui explique que je veux prendre mes distances parce que je considère qu’elle serait capable de ruiner ma carrière et gâcher ma vie. C’est le genre de déclaration qui risque de l’insulter. Et si je l’insulte, je prend le risque qu’elle veuille me le faire payer, en utilisant son amie pour faire de mes craintes une réalité.
Donc, dommage pour Louise. Il est fort possible que c’était une personne bien qui ne m’aurait jamais causé le moindre problème, mais ce n’est pas quelque chose que j’ai envie d’apprendre à la dure. Parce que j’ai trop à perdre si tel n’est pas le cas. Éventuellement, je trouverai bien quelqu’un qui me convient mieux, avec qui j’aurai des choses en commun, et qui n’aura aucun lien de près ou de loin avec mon boulot. Mais en attendant, je préfère être prudent.
Il y a des moments dans la vie où il vaut mieux prendre le risque de passer pour parano en croyant qu’une situation est dangereuse, que de faire aveuglément confiance et de prouver qu’elle l’était vraiment. Ceci est l’un de ces moments.
AVERTISSEMENT : Ce billet comporte des scènes sexuelles explicites enrichies de TMI. Vous v’là prévenus.
Par le passé, je vous ai déjà parlé des prophètes auto-réalisateurs. Il s’agit de gens qui vous accusent de quelque chose de faux, de manière à ce que la dite chose s’accomplisse. L’un des exemples les plus classique est la personne qui ne cesse de vous reprocher à tort d’être susceptible, jusqu’au moment où cette accusation non-fondée finisse par vous énerver, ce qui lui donne automatiquement raison de vous accuser d’être susceptible. C’est ce qui en fait une prophétie auto-réalisatrice.
Du reste, les prophètes auto-réalisateurs sont assez facile à repérer : Si le défaut qu’ils vous accusent d’avoir est quelque chose que vous avez déjà entendu à plusieurs reprises à votre sujet, alors c’est probablement vrai. Par contre, si c’est un défaut qu’ils sont les seuls à voir en vous, il y a de grandes chances que ce soit totalement injustifié, donc faux. Une fois, passe encore, puisque tout le monde peut se tromper. Mais si cette accusation fausse arrive à répétition, alors là, pas de doute, la personne qui vous la fait est une prophète auto-réalisatrice. À ce moment-là, attendez-vous à ce qu’elle mette tout en oeuvre pour faire de cette accusation mensongère un fait réel, ne serait-ce que dans les apparences.
Il me revient en tête un exemple particulièrement frustrant que j’ai vécu personnellement, dans lequel une fille a réussi à me faire passer pour quelque chose que je ne suis pas. Et elle a tellement bien réussi qu’il m’était impossible de m’en disculper. Ça va comme suit :
Il y a quelques années, je vous ai parlé d’une certaine Christine, avec qui je travaillais au Dunkin Donuts de Ville-Émard coin Monk et Jolicoeur en 1991. En résumé : Je travaille avec cette jolie jeune femme d’allure semi-punk et de physique naturellement costaud. Un jour, elle m’a proposé que nous devenions amants, ce que j’ai bien évidemment accepté.
Au bout de trois semaines, alors qu’il n’y a toujours rien eu entre nous, voilà qu’elle commence à me demander si je suis frustré, de ne pas avoir encore obtenu le sexe qu’elle me promet depuis 21 jours. Voyant qu’au contraire je ne m’attendais à rien de sa part, elle m’invite au motel, allant jusqu’à payer la chambre elle-même. Et là, non-stop, elle me met de la pression pour que je la baise, tout en multipliant les obstacles pour m’empêcher de le faire. Et bien que je reste calme, compréhensif et patient, elle ne cesse de m’accuser d’être frustré. À ce moment-là, avec calme et logique, j’ai réussi à la coincer dans une confrontation verbale dans laquelle elle n’a eu d’autre choix que de reconnaitre que de nous deux, c’était elle, depuis le début, qui avait le comportement de merde et la personnalité qui vient avec.
J’avais commencé à vous réciter notre histoire, pour finalement arrêter au bout de sept billets. (Liens plus bas, à la fin de ce billet-ci.) J’avais conclus la série avant d’en arriver à l’époque où elle avait vraiment fini par devenir mon amante.
Voilà un mois que j’habite seul dans un demi-sous-sol. La place vient avec un petit comptoir-table fixe avec deux grands tabourets de bar. Christine ayant payé une partie du premier mois de loyer, je lui ai laissé un double des clés, ce qui fait qu’elle vient souvent m’y tenir compagnie.
Ce jour-là, chez moi, par ce bel après-midi de juin alors que nous avons congé, elle me parle du film qu’elle a vu la veille, Le Déclin de l’Empire Américain. Elle me décrit une scène dans laquelle un homme d’âge mûr visite un salon de massage érotique. Tandis que la jeune masseuse masturbe l’homme, elle lui raconte qu’elle fait ça pour payer l’université, et elle lui décrit de long en large le contenu de ses études de sociologie. Bref, une atmosphère qui est tout sauf érotique. Puis, timidement, l’homme l’interrompt en disant « Excusez-moi, mademoiselle. Je vais jouir. » Christine était particulièrement amusée par cette scène.
« As-tu déjà vu ce film-là? » « Non! » « Ah, ok, fa que tu peux pas vraiment comprendre la scène. » « Pas grave, tu en fais une bonne description. »
Elle jette un coup d’œil du côté du divan-lit et y voit mon oreiller.
« Je pourrais te la refaire. Est-ce que ça te tenterait? » « Euh…!? Ok! »
Après l’humiliant séjour au motel qu’elle m’a fait subir il y a un mois et demi, le sujet du sexe n’est jamais revenu entre nous. Aussi, si j’accepte, ce n’est pas par espoir sexuel, mais bien par curiosité. Car, en sachant maintenant à quel point elle ressent du malaise face à l’intimité sexuelle, je me demande bien ce qu’elle va m’inventer pour me « montrer » une scène de branlette.
Elle se lève, va au divan-lit, ramène mon oreiller et le pose sur le comptoir-table, au coin où celui-ci est fixé au mur.
« Couche-toi! » « Euh… Là, sur la table? » « Bah ouais! Si t’as envie que je te le fasse. Est-ce que t’as de l’huile pour bébé dans la salle de bain? » « Dans la pharmacie! »
Elle s’en va aussitôt dans la salle de bain, pour en ressortir avec la bouteille d’huile Baby’s Own de Johnson & Johnson. Contre toute attente, sa proposition semble vraiment sérieuse. Bien que j’en sois surpris, je ne me fais pas prier. Je me couche. Le comptoir-table est petit et mon fessier arrive tout juste sur le rebord de l’extrémité opposée. Mais c’est exactement ce que Christine espérait. En s’emparant d’un tabouret, elle me suggère d’enlever pantalon et caleçon. Réalisant que ça va vraiment arriver, je m’exécute, l’engin déjà au garde-à-vous. Elle s’installe entre mes jambes, sur le tabouret. Elle se verse de l’huile dans la paume, se frotte les deux mains, puis, doucement, elle me l’empoigne et amorce un mouvement de haut en bas.
J’ai, à ce moment-là, 22 ans. Je suis au sommet de ma forme sexuelle. Voilà deux mois qu’elle me promet du sexe, et voilà que ça arrive enfin. Et c’est formidablement bon. Comme je l’ai souvent écrit depuis que je tiens ce blog, 75% de mon excitation provient du fait de savoir que ma partenaire en a envie. Et là, c’est elle qui a amorcé la chose. Et c’est elle qui est active. Et c’est elle qui veut me faire jouir. Par conséquent, je suis super excité.
La poigne de sa main chaude qui glisse en montant et descendant me procure une sensation de plaisir extrême tel que je n’en avais jusque-là jamais connu. Car bien que j’avais déjà eu quelques partenaires sexuelles avant elle, aucune ne m’avait jamais fait ça. Avec les autres, je ne faisais que prendre mon plaisir moi-même, après m’être occupé d’elles. Christine est la première à faire l’effort de s’occuper de moi en premier. En fait, elle est la première à s’occuper de moi sexuellement tout court. Voyant que je regarde avec fascination ce qu’elle est en train de faire, elle en rajoute. Malgré l’huile, tout en me regardant droit dans les yeux, elle se penche, sort la langue et me la passe doucement sur le bout. Je sens déjà les premiers signes de l’orgasme qui commen-
« Vous voulez un beigne fourré à la crème et un café? Ok! Un chausson avec ça? »
Euh… Pourquoi est-ce qu’elle me parle comme si j’étais un client du Dunkin Donuts?
« Une douzaine de munchkins et un muffin aux bleuets? Bien sûr monsieur! »
Non seulement ses paroles déraillent l’atmosphère, elles me mettent dans un état de totale incompréhension. Qu’est-ce qui lui prend, de dire ces conneries pareilles, alors qu’elle me masturbe? Ça dépasse mon entendement. Et bien que le mouvement de ses mains me garde raide, ses paroles sans rapport gâchent le moment, détruisant tout érotisme.
Aujourd’hui, je réalise qu’elle essayait probablement d’adapter à son propre vécu le rôle de la masseuse du Déclin de l’Empire Américain. Également, avec du recul, je peux comprendre que la situation pouvait la mettre un peu mal à l’aise, surtout si elle avait encore de la difficulté à concilier ses désirs sexuels avec son éducation religieuse stricte. Normal que dans ce temps-là, on se réfugie dans l’humour et la dérision pour détendre l’atmosphère. Mais à l’époque, je n’avais pas compris ça. Tout ce que je voyais, c’était qu’encore une fois, tout comme elle l’avait fait au motel six semaines plus tôt, elle m’entrainait dans une activité sexuelle pour ensuite y dresser des obstacles afin de m’empêcher d’en jouir. J’ai donc vu sa proposition masturbatoire comme un piège élaboré qu’elle avait mis au point dans le but de me frustrer sexuellement.
De voir qu’après tout ce temps elle cherchait encore à m’humilier en rapport à l’aspect sexuel de notre relation, ça m’a mis dans un état de rage. Rage que j’ai néanmoins réussi à contrôler. J’ai juste remis ma tête sur l’oreiller, j’ai fermé les yeux, je me suis concentré à imaginer des scènes full cochonnes, tout en ignorant du mieux que je pouvais la voix de Christine qui, maintenant, récitait a capella des chansons de pubs télé du Dunkin.
Tu parles d’un truc à chanter à un gars pendant que tu lui manipules le zgeg.
Après de longues minutes, elle me dit d’un ton de voix moqueur:
« Eh ben!? T’en mets, du temps pour venir! »
Si j’avais encore le moindre doute comme quoi elle ne cherchait qu’à se moquer de moi, ces paroles les dissipent automatiquement. Exaspéré, je me redresse :
» MAIS TA YEULE! »
Elle me regarde, bouche bée, sous le choc. Elle ne devait pas s’attendre à ça. Je poursuis, tout aussi enragé.
» D’abord, tu fais exprès pour dire des niaiseries pour me distraire, pour que j’puisse pas venir. Et après ça, tu me reproche de pas venir. Non mais tu te vois-tu agir? Tu vois pas que le problème que tu me reproches, c’en est un que tu causes toi-même? ENCORE UNE FOIS! «
Christine me regarde, toujours silencieuse, toujours désemparée. Je me recouche. Avec une voix un peu plus calme, je dis:
» R’garde, si t’as pas envie de me branler, arrête! Ok? J’ai jamais forcé personne à faire quoi que ce soit. Fa que, fais-le, fais-le pas, mais branche-toé, pis arrête de me faire niaiser. »
Elle recommence à me masturber. Silencieusement cette fois, J’avoue que je ne m’y attendais pas. N’empêche que, encore une fois, à cause de ses conneries, la belle atmosphère intime, érotique, et surtout positive, qu’il y avait entre nous, est irrémédiablement gâchée. Puisque la vue de sa moue de culpabilité et de tristesse n’a rien d’excitant, je ferme les yeux et me concentre sur autre chose.
Au bout de quelques minutes, je sens de nouveau les premiers signes d’un orgasme qui commencent à monter en moi. Pendant un instant, je songe à y mettre du mien et remettre du positif entre nous en lui disant « Excusez-moi, mademoiselle. Je vais jouir. » Je suis sûr que ça l’amuserait et que ça désamorcerait la situation. Mais au final, je décide que non. Elle m’a tellement fait chier en gâchant ce qui est techniquement notre première fois, que je considère qu’elle ne mérite pas que je lui fasse cette faveur. Et puis d’abord, pourquoi est-ce que ce serait à moi de régler un problème qu’elle a causé? Ma dernière pensée avant d’atteindre la conclusion orgasmique tant attendue est:
» Ces deux derniers mois, elle a travaillé très fort pour faire de moi un frustré sexuel. Elle a bien mérité de récolter le fruit de ses efforts. »
Et c’est avec cette dynamique de merde que notre relation a commencé à être sexuelle.
Peu à peu, à chaque fois, nous nous voyions, nous allions de plus en plus loin. Ça a pris du temps puisqu’à chaque fois je respectais ses limites sans discuter. Mais éventuellement, nous avons fini par avoir des rapports complets.
Mais voilà, ça ne rendait pas notre vie sexuelle plus normale pour autant, comme je l’ai amèrement constaté dans les jours qui ont suivis.
Un soir, alors que je sens que je suis en train de l’amener à l’orgasme, elle me demande d’arrêter. J’arrête! Elle dit:
« Ouf! T’as vraiment failli réussir cette fois. » « Failli réussir quoi? » « À me faire venir. » « HEIN!? Mais pourquoi tu m’as fait arrêter? » « Je ne veux rien te devoir. »
La première fois, j’ai trouvé la chose aberrante. Je veux dire, au nombre de filles qui se plaignent que leurs chums sont égoistes au lit, moi je fais l’effort de me préoccuper de son plaisir, et elle refuse. Je suppose qu’en quelque part, en m’empêchant de la faire jouir, elle égratignait mon orgueil de mâle qui aime se dire qu’il est un bon baiseur. Mais là encore, j’ai décidé de prendre la chose avec cynisme. Elle ne veut pas jouir? Très bien! Elle veut que je sois le seul qui en profite quand on baise? D’accord! C’est son choix. Pour ma part, je ne vois pas pourquoi je m’empêcherais d’avoir du plaisir, alors je ne vais certainement pas m’en priver.
Une autre chose qu’elle me rappelait souvent, c’est qu’elle n’avait pas envie de pratiquer la sodomie. C’est elle qui a amené le sujet. De la manière dont je voyais ça, elle faisait juste me prévenir d’avance des pratiques qu’elle était à l’aise de faire ou non, voilà tout. Cette interdiction ne me dérangeait pas le moins du monde. Premièrement, jamais je ne le lui aurais suggéré. Et ensuite, même si j’en avais eu envie, eh bien à partir du moment où elle m’avait dit non, jamais je n’en aurais reparlé. Quand une fille me met ses limites, je me les tiens pour dit.
Malgré mon manque évident d’intérêt pour ses fesses, à chaque fois que l’on baisait, elle ne manquait jamais de me préciser que cet orifice m’était interdit. À chaque fois, je répondais d’une voix calme et rassurante des trucs du style de « Bah non! », « Rien à craindre! », « Je sais! », « Pas de problème! », « Oui, je l’ai bien compris les vingt-sept dernières fois où tu me l’as dit! » … Je trouvais ça un peu ennuyant et répétitif. Mais bon, si ça l’amuse de se répéter pour rien, c’est son choix.
Un soir, alors que nous travaillions ensemble au Dunkin, je viens pour lui demander un truc en rapport à notre travail.
« Christine! Est-ce que tu… » « Non, Steve! J’te l’ai déjà dit, que j’ai pas envie que tu m’encules. »
Insister pour me refuser non-stop une sodomie que je ne lui ai jamais demandé, passe encore si nous sommes dans un contexte sexuel. À ce moment-là, je peux comprendre qu’elle puisse craindre que je m’essaye. Mais LÀ? Au boulot? Sur notre quart de travail? En m’accusant mensongèrement de le lui avoir demandé? C’est pire que de la provocation. C’est pire que du trollisme. C’est une tentative gratuite d’essayer de me faire passer pour quelque chose que je ne suis pas, que je n’ai jamais été et que je ne serai jamais. Autrement dit, c’est une insistante tentative de salir ma réputation. Et ça a beau n’être qu’entre nous deux, je ne l’accepte tabarnaquement pas.
« HEY! ÇA SUFFIT! »
Comme d’habitude, elle sursaute devant mon ton de voix enragé. Je poursuis.
« Est-ce que j’ai déjà essayé de t’enculer? Hein? Ben envoye, répond! Est-ce que j’ai déjà envoyé ma queue se promener du côté de ton cul? » « N-non! » « Est-ce que je te l’ai déjà demandé? » « Non! » « Est-ce que je te l’ai déjà suggéré? » « Non! » « Est-ce que j’ai déjà amené le sujet de quelque façon que ce soit? » « Non! » « BON BEN FARME DONC TA CRISSE DE YEULE, TABARNAK! »
Eh ouais, lorsque je suis vraiment exaspéré, je reprends l’accent québécois que mon éducation arrive d’habitude à masquer. Je suppose que cette fois, j’y suis allé un peu fort, autant dans le propos que dans le volume, car les deux caissières viennent nous rejoindre dans la cuisine.
« Ben voyons? C’est quoi qu’y s’passe? »
Christine se tourne vers elles et, tout en pointant vers moi, leur dit d’une voix nerveuse:
« Steve est frustré après moi parce que je viens de lui dire j’ai pas envie qu’il m’encule. »
Les caissières me regardent avec un air d’aberration au visage. Sentiment que je partage, en constatant le piège dans lequel Christine vient de me faire tomber. Elle rajoute:
« Pis c’est pas la première fois que je le lui dit, en plus. »
Le visage des caissières passe de choqué à dégoûté à méprisant. Je reste silencieux. Paralysé par le choc de ce qui vient de se passer. Totalement bouché. Qu’est-ce que je suis supposé faire, maintenant? Peu importe ce que je pourrais dire pour essayer de me disculper, je n’aurais aucune crédibilité.
C’est que techniquement, elle ne ment pas. Oui, je viens de l’engueuler. Oui, c’est parce qu’elle vient de me dire qu’elle ne voulait pas être sodomisée. Et oui, c’est quelque chose qu’elle m’a dit à répétition. Si j’essaye d’expliquer que ça fait un mois qu’elle me répète ça sans raisons puisque je ne le lui ai jamais demandé, personne ne va me croire.
En moins de 24 heures, ma réputation était totalement salie dans cette succursale de Dunkin Donuts, autant parmi les employés que chez certains clients réguliers, à qui les caissières n’ont pas manqué de répéter ça. Ça m’a valu du mépris, des remarques rabaissantes, des insultes. Il a fallu que je démissionne quelques jours plus tard tellement l’atmosphère était devenu invivable à force de subir ce harcèlement non-mérité. Un départ qui, à l’avis de quelques cyniques, constituait, de ma part, un aveu de culpabilité.
Consciemment ou non, Christine avait bien planifié son coup. Depuis le début de notre relation en tant qu’amants, elle ressentait le besoin implacable de me faire passer pour un frustré sexuel. Et lorsqu’elle me refaisait à sa manière la scène de branlette du Déclin de l’Empire Américain, elle a pu voir que la meilleure façon de me faire enrager, c’était de me faire subir une accusation mensongère. À partir de là, elle n’avait qu’à agir de manière à m’accuser, en sous-entendus, d’être quelque chose que je ne suis pas, dans ce cas-ci, un harcelant sodomite, et le refaire non-stop pour me faire monter la pression. Et en voyant que, malgré mon exaspération, je restais compréhensif puisque c’était dans un contexte sexuel, elle a trouvé comment me faire péter les plombs: Me faire ce reproche mensonger dans un contexte non-sexuel, donc de manière totalement injustifiée. Et quel meilleur endroit pour ça que sur notre lieu de travail, en présence de témoins. Il ne lui resterait plus qu’à interpréter les faits à sa manière devant eux pour atteindre enfin ce but qu’elle s’était donné trois mois plus tôt.
Et elle a réussi. Aux yeux de tous, j’étais un frustré sexuel.
Pourquoi agissait-elle ainsi? Je ne l’ai jamais su, et je ne le saurai jamais. Si ça se trouve, Christine elle-même ne le savait probablement même pas non plus. Mais bon, peu importe la raison pourquoi elle ressentait le besoin de me coller l’étiquette de frustré sexuel –en fait, peu importe si elle avait une raison pour commencer— ça ne change rien au fait qu’elle en ressentait le besoin. Et que ce besoin était plus fort qu’elle. Plus fort que toute logique. Plus fort que tout ce que je pouvais dire ou non, ou faire ou non, pour lui montrer qu’elle se trompait à mon sujet. La seule vérité qui intéresse les gens, c’est celle qui va dans le sens de leurs intérêts. Dans cette optique, ce que j’étais vraiment, elle n’en avait rien à chier. Pour elle, seule comptait l’image qu’elle avait choisi d’avoir de moi, et de (se) le prouver.
Lorsque vous voyez qu’une personne de votre entourage essaye de vous faire passer pour quelque chose que vous n’êtes pas, éloignez-vous-en. Limitez les contacts, et coupez les ponts si c’est possible. Parce qu’une personne qui est vraiment déterminée à vous donner mauvaise réputation va toujours réussir à le faire.
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QUELQUES LIENS:
Ce billet est le dixième de la série(Més)aventures sur sites de rencontres.En fait, c’est un vieux billet que j’ai retravaillé en rajoutant plein de nouveaux exemples.
La plupart de mes lecteurs étant des lectrices, je me suis souvent fait demander par celles-ci de répertorier le genre de gars que l’on retrouve sur les sites de rencontres. En particulier ceux qui ont un comportement peu appréciable. Voici donc, à la demande générale, 40 gars typiques de ce genre de sites:
1- L’Homme de peu de mots. Une coupl’ de pics, aucun texte. Et voilà, mesdemoiselles, qui sera l’heureuse élue?
2- L’Emojiste Au lieu de trouver les mots justes, l’émojiste se décrira ainsi: » 6’2 fr/an🐶🍦🍹🚤 » Traduction : Je fais 6’2 je suis bilingue, j’ai/j’aime les chiens la bonne bouffe les plaisirs l’alcool voyager et la plage pis je fais du snow, cherche fille tellement simple qu’elle ne lit que les emojis.
3- Le Dixhuitophile de longue durée. Ça, c’est le gars entre 26 et 38 ans qui n’écrit qu’à des filles qui en ont 18. En général, il finit par se calmer lorsqu’il arrive à la veille de la quarantaine. Il commence alors à s’intéresser à des filles plus vieilles. Genre, celles qui en ont 20. Voire même 21.
4- Le Recherchiste Facebookien. Sur le site de rencontres, il voit ta photo, ton prénom, ta ville et ta profession. Afin de se démarquer de la compétition du site, il va sur Facebook, entre ton prénom et ta profession dans l’engin de recherche, reconnait ta photo, et te contacte là.
5- Le Copieur-Colleur Il t’a envoyé un mot gentil et tout plein de compliments? Bien! Est-ce qu’il y a au moins une chose dans son message qui te décrit personnellement? Ne serait-ce que ton nom? Non? Dans ce cas, les chances sont grandes qu’il t’a juste copié-collé le même message qu’il a envoyé à un grand nombre de filles. Tu peux t’en rendre compte assez vite quand tu en parles à tes amies du site, et qu’elles te disent qu’elles ont reçu exactement le même message du même gars.
6- Le CONtre-Argumenteur Pas besoin d’avoir mis des photos sexy sur ton profil. Le simple fait d’être de sexe féminin suffit pour attirer cet excité du gland qui va vite te suggérer d’allumer ta cam pour lui montrer tes seins ou ton entrecuisse. Tu déclines? Il insiste, d’abord gentiment. Puis il va te demander pourquoi tu refuses. À chaque argument que tu sors, il aura un contre-argument car à ses yeux aucune de tes raisons de lui refuser n’est bonne. Et il va insister. Et insister. Et insister. Et insister. Et insister. Et insister. Et insister. Et insister. Et il va se montrer très déçu que ton non ne se transforme pas en oui et il va conclure en tentant de discréditer publiquement sur ce qui, pour lui, est un manque de cohérence de ta part, avec des phrases du genre de « Mais kess’tu fous sur un site de cul si tu veux pas le montrer? »
7- Le Jeckyl et Hyde Il est vrai que l’amour et la haine sont des sentiments très près l’un de l’autre. La preuve: Ce gars-là va t’approcher en parfait gentleman respectueux et irréprochable. Puis, il va te faire tout plein de compliments: Tu es gentille jolie, intéressante, intelligente, etc. Et si tu as un surplus de poids, aucun problème. Bien au contraire, il sait apprécier la beauté des femmes bien en chair et ne se gène pas pour te le dire. Voici le moment où il te sens mure pour recevoir ses propositions sexuelles. Mais voilà, le gars ne te plaît pas, alors tu déclines. Peu importe la raison que tu lui donnes pour refuser ses avances, le fait est que tu refuses ses avances. Et ça, il ne le prend pas. Il change alors complètement son opinion sur toi, te disant que tu n’es qu’une grosse vache laide à en vomir qui devrait le remercier à genoux d’avoir daigné s’abaisser à t’accorder son attention. Le bout un peu étrange, c’est qu’il va te traiter de salope parce que tu refuses d’avoir du sexe. Mais bon, quand on est frustré, on ne regarde pas à la logique de nos insultes.
8- Le ContraDictateur Sa fiche dit qu’il s’agit d’un couple bi de 60 ans qui habite Québec et qui recherche une femme bi de 30-60 ans, de leur région, pour trips de sexe. Ta fiche dit que tu es une femme hétéro de 25 ans de Montréal, qui recherche une relation sérieuse avec un homme de Montréal dans la vingtaine. Il te contacte pour une soirée de sexe. Tu déclines en lui expliquant qu’ils ne sont pas ce que tu cherches. Il insiste. Tu lui dit que, selon leur fiche, toi non plus tu n’es pas ce qu’ils cherchent. Il te répond que seuls les fous ne changent pas d’idée, et continue d’insister. Donc, non seulement il insiste malgré le manque total de compatibilité entre vous, ils se permet de te traiter de folle.
9- Le cunnilinguiste La toute première chose qu’il te dit sur le site (ou la deuxième, s’il a la patience de te saluer avant), c’est « J’aimerais te manger la chatte! » Il ne faut pas s’en étonner. C’est que nous autres, les gars, avons maintes fois entendu des filles se plaindre que leurs partenaires passés et/ou présents n’aiment pas leur faire plaisir oralement. On en vient donc à la conclusion logique qu’offrir la chose, c’est la baise assurée. Et lorsqu’il essuie un refus, il est totalement confus. C’est qu’il n’arrive pas à comprendre que même quand une fille a une folle envie de se faire servir oralement, ça ne signifie pas pour autant qu’elle est prête à laisser n’importe quel inconnu le lui faire. Ceci dit, lorsqu’un gars utilise cette suggestion comme première approche, c’est surtout parce qu’il se doute bien qu’il n’a pas grand chose d’autre pour réussir à plaire.
10- Le Drogué Raide Ça, c’est le gars qui t’approche en te disant « Hé, ça te dit de baiser toute la nuit? J’ai pris du Viagra et/ou de l’XTC et j’en ai pour une semaine à avoir la pine d’acier! » Comment voulez-vous que la fille se sente excitante et désirée si la première chose que lui dit le gars est qu’il a besoin de se doper pour se la garder raide avec elle?
11- L’Analpha-Bête Dragueur que l’on nomme ainsi ou bien parce qu’il ne sait pas lire, ou bien il est trop bête pour comprendre quand tu dis sur ton profil ne pas chercher quelqu’un comme lui.
12- Le Membre Fantôme Un jour, un membre dont tu n’as jamais entendu parler avant t’écrit en privé qu’il te trouve intéressante et aimerait bien te connaître plus. Tu visites son profil, histoire d’en savoir plus. Il n’a pas de photo, son nombre de messages dans la place est de zéro, et il y est membre depuis trois ans et demi. WTF?
13- L’Amoureux Instantané Il commence par t’envoyer un mot gentil et amical, et il va rester gentil et amical jusqu’au moment où vous aller passer aux conversations privées. Il passe alors d’amical, à dragueur en blagues, à dragueur de moins en moins en blagues, à totalement amoureux full-accro qui te supplie de le rencontrer, et ce moins de 48 heures après votre premier contact.
14- L’Ortho-Grave lui sé selui ki écrit telman mal que si il baize comm e qui écri sa esplique pkoi yé sélibaterre lollllllllllll
15- Le Grosse-o-phobe Toute femme avec le moindre surplus de poids a un jour eu à faire avec ce triste individu qui a utilisé son poids pour l’insulter. Et ce, peu importe l’argument. Par exemple:
Tu t’apprêtes à aller dîner: « C’est ça, va donc te remplir la face de McDo, crisse de grosse conne! »
Tu déclines ses avances: « Penses-tu qu’une grosse laide comme toi peut se permettre d’être sélective? »
Tu es bonne en maths: « Tu peux ben avoir le temps d’étudier. Grosse comme que t’es, c’est pas comme si tu pouvais avoir une vie sociale et sexuelle. »
16- Le Tape-d’une-main Vous échangez de façon courtoise pour une période pouvant aller de quelques minutes à quelques heures. Puis, il te révèle qu’il n’a pas cessé de se branler tout le long de votre conversation, malgré le fait que tu n’as rien fait d’autre que de lui parler de ta journée au boulot et de ce que tu prépares pour souper.
17- Le Respectueux Extrémiste Ça, c’est le gars qui s’est rendu compte que beaucoup de femmes se plaignent que les gars ne respectent pas leurs limites. Par conséquent, il croit avoir trouvé la formule pour être un gars parfait: Le Respect! Il n’arrête jamais d’attirer l’attention sur le fait qu’il va toujours rester à sa place et que jamais il ne forcera une femme à faire quoi que ce soit car il est respectueux, lui. Le problème, c’est que puisque son respect est juste une façade qu’il se donne pour séduire, il ne sait pas où s’arrêter. Alors si une femme lui fait des proposition, il va les décliner, en rajoutant fièrement qu’il refuse par respect pour elle. Il aura bien du mal à comprendre pourquoi, suite à cette douche froide, elle s’éloigne de lui, puisqu’il l’a pourtant toujours traitée avec respect.
18- Le Malléable Celui-là est prêt à prendre n’importe qui, de n’importe quel site, habitant n’importe où, voulant n’importe quoi, n’importe quand. Au lieu de se décrire tel qu’il est, il te dira plutôt ce qu’il n’est pas: Il n’est pas jaloux, il n’est pas drogué, il n’est pas infidèle, bref, tous les défauts que les femmes détestent chez les hommes, il ne l’est pas. Il va te poser tout plein de questions sur tes goûts et activités, de façon à pouvoir s’y conformer en répondant « Je suis pareil! », chose qu’il n’aurait pas pu prétendre s’il s’était décrit en premier. Ça ne l’empêchera pas d’affirmer que tu es spéciale pour lui car il n’est pas désespéré.
19- L’ÉnerVantard Tout ce dont il parle, c’est he, himself and him. Il a tout vu, il a tout fait, et beaucoup mieux que les autres. Il ne dialogue pas avec toi, il monologue! Il est tellement pris dans sa mission de t’éblouir qu’il se fout complètement de ce que toi tu as à dire.
20- Le ProfessioNul Les femmes et le sexe, il connait ça! Il a tout lu, tout étudié, et tout appris pour devenir l’amant parfait, et a utilisé ses vastes connaissances afin de développer sa propre formula gagnante sexuelle : D’abord, préliminaires d’embrassades et de caresses pendant 10 minutes. Ensuite, cunnilingus pendant 10 minutes. Ensuite, pénétration, stimulation du point G et changement de position aux 10 minutes. Répéter tant qu’il ne t’aura pas procuré au moins 3 orgasmes. C’est bien! Mais il faut avouer que parfois, ce n’est pas la peine qu’il se donne autant de mal, puisque tu es tellement allumée que tu n’as pas besoin de préliminaires. Dans ces moments-là, tu as juste envie de te déculotter et te faire enfiler immédiatement sans ménagement. Et ça…
A) il ne le comprends pas, parce qu’il n’a appris à baiser que de sa façon technique.
B) il est pris au dépourvu parce que tu lui empêches de montrer à quel point c’est un bon baiseur expérimenté et adroit.
C) il se demande si tu te fous de sa gueule, parce qu’il est convaincu qu’aucune fille n’aime se faire baiser avec force et passion.
D) il frustre, prétend qu’il sait mieux que toi ce que tu aimes vraiment, et insiste pour te baiser à SA façon.
Autrement dit, même s’il prétend être attentif aux besoins sexuels des femmes, en réalité la seule chose qui l’intéresse c’est son image d’amant parfait. Sauf que s’il était vraiment l’amant parfait, il t’écouterait au lieu d’en faire à sa tête.
21- Le SexTremiste Il se vante que la nature a été généreuse avec lui, ce qui lui permet de pouvoir garder une femme éveillée toute la nuit car qu’il est aussi insatiable que résistant. Lorsque tu lui laisses la chance de le prouver, tu constates qu’il se limite à la pénétration et que tu n’as pas senti grand chose de sa bite de schtroumpf durant les huit minutes qu’ont duré la baise.
22- Mister Dick Pics Parce que les gars s’excitent à voir une photo d’entre-jambe de fille, il pense que c’est pareil en inversant les sexes. Alors il t’envoie une photo sur laquelle il a le zgeg qui fait Heil Hitler, en croyant que ça va te rendre automatiquement glissante jusqu’aux chevilles.
23- L’AlphaBite Il a une grosse bite, il est convaincu que ça fait de lui un mâle alpha, alors tout tourne autour de ça: Sa photo de profil est sa bite. Ses galeries sont des photos de sa bite. Sa cam est braquée sur sa bite. Et il ne parle que de sa bite.
24- Le Vif du Sujet Avec lui, pas de temps à perdre! Son premier message est court et droit au but: Quand ce n’est pas « On baise quand? », c’est quelque chose d’aussi rapide disant sensiblement la même chose . Et si tu ne lui réponds pas, il est fort possible qu’il ne s’en rendra jamais compte, puisqu’il a envoyé le même message à 8624 autres filles.
25- Le ConPétiteur Dès qu’il voit un autre gars attirer l’attention d’une (ou plusieurs) des filles du site, il ne le digère pas. Il part alors en croisade contre celui qu’il voit maintenant comme un adversaire, dans le but de le rabaisser dans l’estime des filles. Pour ce faire, il prendra la moindre parcelle d’information à son sujet et la déformera de façon négative afin d’étaler au grand jour, dira t-il, la vraie nature de l’autre gars. En fait, en agissant ainsi, c’est plutôt sa propre nature qu’il étale: Insécure, jaloux, mesquin, envieux, menteur, manipulateur, etc.
26- Le Moqueur-Agressif Lui, il ne perd pas de temps à jouer au bon gars. Sur le forum ou le t’chat, il fait tout plein de blagues sexistes. Ces remarques vont faire que…
50% des filles vont l’ignorer.
35% vont le trouver cave, et le dire publiquement.
10% vont le trouver drôle, et même que…
5% vont le défendre contre celles le trouvant cave.
On pourrait penser que cette attitude est stupide comme technique d’approche. Pourtant, ça marche. La preuve: Quel membre gentil et respectueux peut se vanter d’avoir réussi à attirer l’attention et mettre de son bord 15% des membres féminines du site, comme lui vient de le faire?
27- L’impaChiant N’arrête pas de se plaindre que ça fait 36 heures qu’il est membre ici, il a envoyé 97 demandes de contacts, et il n’a toujours pas une seule fille intéressée par lui… CE SITE EST UNE MERDE!
28- Le Cliché Cliché. Sa photo de profil entre dans l’une de ces très typiques catégories:
Le mec et sa bagnole.
La bagnole SANS le mec.
Le mec et sa moto.
Le mec et son chien.
Le mec qui a la main de son ex sur l’épaule (il a découpé le reste).
Le mec à casquette et verres fumés.
Le mec torse nu.
Le mec qui montre sa langue.
Le mec en habit de chasseur/pêcheur en tenant fièrement un poisson / orignal mort.
Le mec encordé en activité d’escalade.
Le mec en bermudas au Beachclub de Pointe-Calumet avec une foule de douchettes en arrière-plan.
Le mec sportif, habillé de tout l’équipement du randonneur, en plein bois ou en montagne.
Le selfie en situation dangereuse.
Les photos de voyage, le mec devant la Tour Eiffel, le Sphinx, le Parthénon, le panneau routier nommant une ville, etc.
Le selfie pris de beaucoup trop près, sous un mauvais angle, qui fait apparaître ses trois mentons, son acné, la petite guédille dans sa narine gauche et son air vraiment trop motivé à séduire
La photo inexistante.
29- Le Tout-Faux Il est gentil et charmant, mais c’est bien la seule chose chez lui qui est vraie. Pour le reste: Sa photo de profil date d’il y a plus de 5 ans. Il dit avoir 29 ans mais il est dans la quarantaine. Il dit ne pas avoir d’enfants alors qu’il en a déjà deux. Il est toujours prêt à te rencontrer mais jamais chez lui car, bien sûr, il se dit célibataire alors qu’il est en couple et habite avec sa conjointe. Lorsqu’il sera finalement démasqué au bout de deux ou trois mois, il braillera qu’il n’avait pas le choix de s’inventer une vie parce que, étrangement, personne ne l’aime tel qu’il est vraiment. La preuve: Maintenant que tu sais la vérité à son sujet, tu as perdu intérêt pour lui.
30- L’habitué Sa fiche dit qu’il est membre de la place depuis plus de cinq ans. Ça peut vouloir dire trois choses:
Ou bien il n’a vraiment rien pour plaire.
Ou bien il est en chasse permanente.
Ou bien il a été membre ici il y a longtemps, il a eu une relation, et maintenant que celle-ci est terminée, il est de retour. Ce qui veut dire qu’il s’attendait à ce que la relation ne dure pas, et à avoir à revenir.
D’une façon comme d’une autre, on ne peut pas dire qu’il constitue du bon matériel pour une relation monogame.
31- L’Esthète-de-noeud Les photos de sa liste d’amis ne sont qu’une collection de filles de style mannequins et douchebaguettes. Voilà qui en dit long sur ses préférences, donc sur sa personnalité.
32- Le N’importe-Quoi-Pourvu-que-ça-Baise L’inverse du précédent. Grand croyant de la rumeur populaire comme quoi les vieilles, les grosses et les laides sont les plus allumées et/ou les plus désespérées, c’est celles-là qu’il approche. Par conséquent, s’il ne s’occupe pas de toi, c’est ironiquement parce qu’il te croit trop bien pour lui.
33- L’accro grave Un soir, tu as eu envie d’un plan cul sans prise de tête. Tu as visité son profil. Tu as aimé ses photos. Tu as aimé sa description. Il a l’air sympathique. Vous jasez. Il n’a rien d’un douchebag. Tu l’invites. Vous baisez. Voilà, c’était bien, à un de ces jours, ou non, peut-être, whatever, bye. Moins d’un quart d’heure après vous être quittés, il te texte comme quoi il a adoré votre séance et a déjà hâte de te revoir. Il te téléphone. Il te laisse full de messages sur ta boite vocale. Il te retrace sur Facebook. En trois jours, le ton de ses très nombreux messages va de gentil (compliments, hâte de te revoir), à interrogateur (Pourquoi tu ne me donnes pas signe de vie?), à plaintif (Pourquoi ce silence? Qu’est-ce que je t’ai fait?) à suppliant (Laisse-moi une chance, je suis une bonne personne), à pitoyable (J’ai de la peine ).
34- Le Passif Non-Agressif Il te fait une demande de contact, tu l’acceptes, et vous vous échangez quelques messages. Il est gentil, drôle, mais plus les jours passent plus tu réalises qu’il ne te dit que des banalités. Il ne montre aucun signe d’intérêt particulier pour toi, même que sa conversation devient de plus en plus courte et insipide. Tu finis par ne plus lui répondre, et il cessera de te donner signe de vie pendant une semaine ou deux. Puis, il te relance, toujours sur des banalités, et tu te demandes bien pourquoi il te dérange ainsi pour rien.
En fait, il cherche à se faire draguer. Il veut que tout vienne de toi: Les premier pas, les propositions de rencontres, les propositions de baise, et ce sans jamais rien faire pour t’en donner envie.
35- Le multiplicateur. Il a 3-4-5-6 profils sur le même site, nicks différents mais mêmes photos et sensiblement la même description. À se demander pourquoi il a fait l’effort de se donner plusieurs identités.
36- Le Nique-ma-Race Trois éléments invariables:
Il est d’une autre race / couleur / culture que toi.
Il t’aborde et te fait des propositions sexuelles.
« Tu refuses? Mais t’es raciste, salope! »
Faut juste pas confondre. Ceci n’est pas un comportement ethnique. C’est simplement un comportement de con. Et des cons, on en retrouve partout, dans toutes les races / couleurs / cultures.
37- Le ghosteur Vous vous contactez, vous échangez des messages, vous vous jasez sur messagerie. Le courant passe à merveille, vous vous entendez super bien, vous discutez même d’une rencontre bientôt. Puis, sans prévenir, il te bloque de partout sans le moindre mot d’explication, et tu n’en entendras plus jamais parler pour le reste de ta vie.
38- L’Apparition Interrogatrice Vous vous jasez sur une période allant de quelques heures à quelques jours. Et puis, pour une raison X, tu ne lui réponds plus pendant 48 heures. C’est là que tu as la désagréable surprise de le voir se pointer en personne sur ton lieu de travail, en te demandant des explications sur ton silence. Ou pire encore: À ton domicile.
39- Le Mature Responsable Intense et Tourmenté Il est beau, athlétique, il est séparé/divorcé et a au moins un enfant. Il vit seul et il partage son temps entre travailler, tenir maison propre et assumer ses responsabilités paternelles. C’est un miracle qu’il arrive à trouver du temps libre pour être sur un site de rencontres. La preuve: Ça fait au moins deux ans qu’il n’a pas baisé. Mais ça ne le dérange pas outre-mesure. Ce n’est pas vraiment ce qu’il cherche. Et il n’a pas le temps pour une romance non plus. Il cherche juste quelqu’un à qui parler.
Il est si mature, si responsable, et en même temps si victime des circonstances qui ne sont pas de sa faute à lui… Quelle fille ne craquerait pas pour un tel homme? Alors tu t’en rapproches, tu deviens vite son ami, vous passez vos soirées à jaser. Il trouve un trou dans son horaire pour une rencontre. Vous passez une excellente soirée ensemble et une très géniale nuit de baise. Tu te sens honorée d’être sa toute première baise en deux ans, baise dans laquelle il t’a avoué avoir ressenti avec toi des sentiments qu’il ne croyait plus être capable d’avoir. Tu es certaine d’avoir trouvé l’homme de ta vie et te sens prête à partager la sienne, incluant responsabilités et tourments.
Mais dès le lendemain et pour les jours suivants, il devient distant et utilise son travail et ses responsabilités paternelles comme excuses pour annuler vos rendez-vous l’un après l’autre, jusqu’au jour où il disparaît de tes contacts et de ta vie. Normal: Il est maintenant occupé à faire son numéro de mature responsable intense et tourmenté à une autre fille qui craque pour lui. Une fille qui sera très honorée d’être sa toute première baise en deux ans.
40- L’inévitable Nice Guy. Vous connaissez le genre.
C’est tout? Bah ouais, que voulez-vous, en tant qu’homme hétéro, je n’ai pas tellement l’expérience de l’interaction avec les gars de sites de rencontres. Mais j’ai quand même observé ceux-là.
Avez-vous déjà eu à faire avec ces types de comportements? En avez-vous constatés d’autres? Parlons-en dans les commentaires.
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(Contributrices: Sara C, Cindy RJ, Rachel H, Tania DG)
L’expérience m’a appris à me méfier des gens qui écrivent certaines choses dans leurs profils. En particulier, des phrases dans lesquelles ces personnes justifient d’avance l’attitude négative qu’elle ne manquera pas d’avoir avec toi. par exemple:
Je n’ai pas de filtre. La personne qui écrit ça ne fait que t’annoncer d’avance qu’elle va te dire tout ce qui lui passe par la tête. Jusque là, ça pourrait sembler anodin. Voire même admirable, puisque ça peut être vu comme étant un signe de sincérité, d’honnêteté. Malheureusement, d’après ce que j’ai pu voir à date, chez 100% des personnes qui se décrivent ainsi, ça veut juste dire qu’elle ignore délibérément toute notion de courtoisie et de politesse. Vous vous en rendrez vite compte lorsque vous verrez que son manque de filtre, c’est seulement utilisé pour vous faire des commentaires négatifs et rabaissants. Jamais positifs.
Je suis sarcastique. Voilà une excuse qui est trop souvent utilisé par des gens qui ont besoin de rabaisser les autres plus bas que soi pour se sentir bien avec eux-mêmes, ou pour se donner un sentiment de contrôle sur la situation. Je veux dire, c’est quoi, dans le fond, un sarcasme, quand on y pense, hm? C’est une remarque que l’on envoie à l’autre dans le but de la déstabiliser, de la rabaisser, de la tourner au ridicule, de l’insulter. Et on masque ça sous le couvert d’une blague parce que l’on est trop irresponsable et/ou trop lâche pour assumer le fait que rabaisser l’autre, c’est un choix délibéré. C’est un signe de personnalité narcissique. La preuve: Si tu lui dis que son commentaire t’a déplu ou offensé, jamais elle ne s’excusera. Au contraire, elle va immédiatement contre-attaquer et te traitant de susceptible. Comme quoi, à ses yeux, elle n’est jamais dans le tort. Ce sont les autres, le problème. Tous les autres. Toujours!
Dans le même ordre d’idées:
Je suis une personne directe qui n’a pas peur de dire ce qu’elle pense. Traduction: J’aime insulter les autres, alors j’utilise l’excuse de « ne faire rien d’autre que dire la vérité » et/ou « ne faire qu’exercer mon droit à la liberté d’expression » afin de leur chier dessus à loisir.
Je suis une personne amicale et sympathique, mais si tu me cherches tu vas me trouver. En réalité, il s’agit là d’une personne agressive qui ne cherche qu’une bonne raison pour pouvoir attaquer autrui. Et là encore, en se justifiant en faisant passer la responsabilité sur l’autre. Et pour l’avoir moi-même vécu à de nombreuses reprises, pas besoin de lui donner une vraie raison pour le faire. Tôt ou tard, elle va t’attaquer, et si elle n’a aucune raison de le faire, elle n’hésitera pas à interpréter tes gestes et paroles à sa façon. Elle va déformer, inventer, juger, préjuger, mentir… Et pas obligé d’être en couple avec pour que ça arrive. Faire partie de son entourage suffit bien. (Voir ma série sur les gens conflictuodépendants)
Mon attitude envers toi dépend de la tienne envers moi. Je peux être ta meilleure amie ou bien ta pire ennemie. Je serai ton rêve le plus doux ou ton pire cauchemar. Ou toute autre variante voulant dire la même chose, en y rajoutant parfois des … il n’en tient qu’à toi. … c’est toi qui choisis.
… ça va dépendre entièrement de toi. Traduction: Je suis une passive-agressive, je vais éventuellement devenir active-agressive avec toi, et je t’en blâme d’avance. Parce qu’à mes yeux, c’est toujours de la faute de la victime. Du moins, tant que ce n’est pas moi, la victime.
On pourrait croire que le fait de dénoncer ici ce genre d’attitude, ça puisse être contre-productif. Dans le sens où une personne affligée d’une telle personnalité négative pourrait lire ce billet de blog, puis retourner sur son profil et le modifier, afin de mieux prendre au piège ses futures victimes. Eh bien rassurez-vous, d’après ce que j’ai pu voir, les gens qui sont négatifs dans leurs profils sont également le genre à avoir la mentalité (et à parfois écrire) « Je suis comme je suis et je ne changerai pour personne. » Normal! Eux, tout ce qui les intéresse, ce n’est pas devenir aimable. C’est de se justifier dans leur besoin d’abuser des autres. Par conséquent, ils continueront encore et toujours de s’afficher comme tel(le)s. Comme ça, ils auront toujours le loisir de dire à leurs futures victimes « Tu l’savais que j’étais comme ça, je t’avais prévenu! »
Et nous, les gens qui veulent vivre en harmonie, ça nous permettra toujours de pouvoir les éviter.